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DES C H.I N O I.S.
•fchacun à fa maniéré. Les Gazettes des différens Royaumesd’Europe, font plus aisées à concilier fur les evénemens d’unecampagne, que tout ce qu’on a fur la guerre de Hoang-ti avecTchi-yeou. Ce Tchi-yeou lui-même, les uns en font un esprit,les autres un Prince,. & quelques-uns-un sujet révolté. II en est:ainsi à proportion de tout le reste.
Que disent de cesfaits les plus anciens Ecrivains?
Rien du tout. Ni les King, ni les livres de Confucius, ni ceuxde ses disciples, ne font mention des générations, ni des Prin-ces , qui ont précédé Yao.Les noms de Fou-hi& de Chin-nongfe trouvent dans les appendices de TY-king attribués à Confu-cius j mais outre que ces appendices font peu authentiques &rejettés par bien des Critiques, il est difficile de concevoir pour-quoi Confucius , qui affecte en toute rencontre de faire defcen-rlre fa Doctrine de la haute Antiquité, & de lui en-faire hon-neur, n’auroit parié de Fou-hi & de Chin-nong que dans cetendroit. Du reste , il ne dit point qu’ils aient régné en Chine.Nous reviendrons dans le moment fur cet article.
Quelle autorité ont en Chine les livres où on trouve ces faits ?
Pour répondre avec plus de précision Sc d’exactitude àcette demande, il faut distinguer les Lettrés de la secte desTao-fée, & les Lettrés de i’Ecole de Confucius. Cette distin-ction supposée, il est inutile d’avertir que les premiers croientaux Chefs Sc aux Docteurs de leur secte. Mais , comme ilarrive dans tous les domaines du mensonge Sc de Terreur, lesSavans, les fanatiques & la multitude ont chacun leur maniéréde croire. Les Savans fe piquent de bons sens , de critique &d’erudition ; & malgré leur déférence pour leurs Maîtres, ilsrejettent ce qui est bifarre & ridicule , ce qui répugne, ou quiest d'un mervâilleux outré, enfin ce qui ne peut absolument fe