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Tome premier.
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m ANTIQUITÉ

concilier avec les monumens authentiques, ou nest fondé quefur les additions des Modernes : leurs rêves font assez systéma-tiques & assez suivis. Les Fanatiques outrent tout ; & ce quipeint bien la foiblesse de lefprit humain , toute leur impétuo-sité se porte vers ce quil y a de plus extraordinaire , de plussingulier & de plus absurde dans ces faits imaginaires, &le défendent avec le plus de chaleur. La Multitude mar-che dans le chemin elle est entrée , & oublie dexaminerce que elle croit, comment elle le croit, & pourquoi elle lecroît.

Quant aux Lettrés de lEcole de Confucìus, qui font lesChefs de notre République de Lettres, & les seuls véritablesLettrés, ils fe mocquent des Tao-fée , & les regardent commedes faiseurs de sables ignorans, qui ne pouvant sappuyer de ceque raconte THistoire depuis Yao , font remontés plus haut pournêtre pas exposés à être contredits par des monumens authenti-ques. Si on fait un pas en avant, & quon sépare ces faits de laDoctrine dont ils font la base, pour ne les envisager qu en Histo-rien & en Antiquaire, les circonstances des temps en ont rap-proché ou éloigné plus ou moins les Lettrés qui tenoient à laCour, fuivoient la mode, ou etoient engagés dans quelqueparti. Sous la Dynastie des Han , quoique la secte des Tao-féefut toute-puissante, & eût pour elle les Empereurs, qui enavoient besoin pour eteindre le souvenir de lancien Gouverne-ment, ainsi quil a été dit, on nofa pas lexpofer aux attaquesdes Lettrés. La politique des Han netoit point gauche, tandisque dun côté elle fe faifoit demander les King, quelle com-mandoit de les chercher pour gagner les Lettrés , & différoitde les publier en entier pour les tenir en respect ; elle faifoit delautre côté publier les livres des Tao-fée,fans paroître sen mêler.En Chine, comme ailleurs, la plupart des Princes ne tiennentguere à la vérité & aux mensonges, que par leurs intérêts z