DU P. A M I O T, &c. 4-r
» aucun terme qui puisse le faire dignement, ni exprimer ce» que j’en pense. J’ai lu les livres des anciens, j’ai lu ceux» modernes, & je fuis contraint d’avouer que dans les uns ni» dans les autres je n’ai rien trouvé qui approchât de ce début» lumineux par où Sa Majesté nous fait connoître de quelle»> maniéré les Tourgouths nous font soumis. Tout le reste n’est» ni moins satisfaisant ni moins clairement énoncé.
» La nation des Tourgouths, l’une des branches de celle du» Tchoung-kar, fe sépara du tronc dans le temps que les guerres» cruelles défoloient tout le pays des Eieuths; elle s’éloigna de» fa patrie, s’avança peu-à.peu jusques fur les terres qui font» fous la domination des Russes, & obtint de ceux-ci la permif-» sion de fixer son séjour près des lieux qu’arrofe TEtchil. C’est-» là qu’elle a demeuré plus de 70 ans, dans une ignorance pro-» fonde de ce qui fe passoit au voisinage de notre Empire.
» Les mauvais traitemens que les La té (Princesou Chefs )» des Tourgouths reçurent autrefois de la part du 1 choung-» kar, les obligèrent à abandonner leur propre pays pour aller,» vivre dans lin pays lointain, fous une domination etrangere.» Les mauvais traitemens qu’ils ont ensuite reçus de la part des» Russes, les ont pareillement contraints d’abandonner leurs» climats pour fe soustraire à un joug qui leur devenoit de jour» en jour plus insupportable ; ils fe font déterminés à revenir» dans leur ancienne patrie , pour y vivre tranquillement fous la» domination de notre auguste Empereur.
» Les bienfaits de Sa Majesté s’etendent jufqu’aux régions les» plus éloignées, elle traite les peuples etrangers avec la même» bonté dont elle use envers les Chinois eux-mêmes, qui font» fes propres sujets. Les Tourgouths font venus de leur plein» gré pour pouvoir vivre fous ses loix ; elle ne les a point re-» butés , elle les a reçus même avec plaisir & avec toutes les» marques de l’affection la plus tendre.