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[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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Lecomte Thihaudeau, secrétaire, en donne lecture.

(Voyez à la chambre des représentans.)

M. le comte de Lavalette demande que le ministre de la marineveuille bien donner des détails sur les dispositions qui ont étéprises pour le départ de Napoléon, afin quon ne puisse lui sup-poser de lobstination à ne pas vouloir partir,

M. le président.Jinvite M. le duc Decrès de vouloir biendonner les détails que la chambre paraît désirer.

M. le duc Deci'ès .Je croyais navoir pas à occuper ce soirla chambre de cet objet. Je le croyais dautant moins, que dansle comité secret qui a été tenu hier au soir jai donné tous les dé-tails quon pouvait désirer. Le fait est que jai été chargé parla commission de gouvernement de faire connaître à Napoléonque le gouvernement adhérait à la demande quil avait faite duncertain nombre de bâtimens armés, avec cette condition quil serendrait de suite à sa destination, mais que ne voulant pas com-promettre sa personne, son embarquement serait subordonné àlarrivée des sauf-conduits que lon avait demandés pour lui.

Je ne me rappelle pas le jour jai été chargé de lui fairecette ouverture qui, au fait, n'était pas une ouverture, puisquela demande avait été faite par lui, et je nen ai eu connaissanceque par lordre que jai reçu de lexécuter. Je me suis renduchez celui qui avait été notre empereur, il ny a pas long-tems.Je lui ai exposé quel était de la question. 11 ma dit : je désirene pas me rendre à cette destination, qne je ne sois sûr de partirà l'instant même. Jai fait connaître à la commission le résultatde cette démarche. Les choses restèrent 24 heures en cet état.Je reçus le lendemain des instructions relatives au 5e article desordres que javais reçus, lequel disait que lempereur ne parti-rait que lorsque les sauf-conduits seraient arrivés.

Ces instructions portaient que ce 5e article était regardécomme non avenu. Jen ai fait part à Napoléon, qui me ditquil partirait. Je revenais à Paris lorsque je reçus du gou-vernement une lettre qui mannonçait que de nouvelles dépêchesvenues, rendaient nécessaire lexécution de lart. 5, et que lonmordonnait dinsister sur son exécution. Jétais près des Tui­ leries . Javais pris avec lempereur une sorte dengagement dele faire partir. Je me rendis aux Tuileries , et la commission medéclara quelle ne pouvait pas se désister de celte dernière in-struction par des considérations politiques et même dintérêtpour la personne de Napoléon: tel était létat des choses, lors-que, hier au soir, je reçus un nouvel ordre qui me faisait connaî-tre que l°s sauf-conduits narrivaient pas ; que les circonstancesplus impérieuses rendaient nécessaires le départ de Napoléon ;que la commission de gouvernement soccupait de sa sûreté quia.ait été mise sous la sauve-garde et confiée à la loyauté dupeuple français ; que le plus grand intérêt était quil séloignât