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HISTOIRE DE DIX AXS.
« tional était nécessaire pour organiser la Charte, un« congrès national n'est-il pas nécessaire pour organiser« une fraction de la Charte? Si la Chambre de 1830 a ex-« cuséson usurpation sur la souveraineté du peuple par« la nécessité des circonstances, la Chambre de 1831« peut-elle alléguer la même nécessité ? Et si elle ne le« peut pas, nous ne demanderons point quel droit lui« reste, mais quel prétexte. En vain dirait-on que les« électeurs lui ont donné mandat. Un mandat législatif?« oui; mais un mandat constituant? non. Peut-on donner« ce qu'on n'a pas? Eesélecteurs sont-ils le peuple ? Cent« mille citoyens sont-ils 33 millions d'hommes? »
Publié dans le Courrier Français et dans le National,ce pamphlet remua puissamment les esprits, et en répon-dant à M. de Cormenin , dans le Jou nal des Débats,MM. Devaux etlvératry ne firent que provoquer de la partd'un aussi redoutable athlète des répliques par qui l'o-pinion publique fut profondément ébranlée.
Les orateurs qui se déclaraient adversaires de l'héréditéde la pairie étaient MM. Thouvunel, Lherhette, Audrv dePuyraveau, Marchai, de Brigode, Tardieu, Daunou, Bi-gnon, Viennet, Eusèbe de Salverte, le maréchal Clauzel,les généraux Lafayette et Thiard, Odilon Barrot , de Ré-musat. Ceux qui se présentaient pour défendre la pairiehéréditaire étaient MM. Thiers, Guizot , Berryer , lvératry.Jars, Royer-Collard . La discussion dura plusieurs jours ;elle fut animée, brillante, et pourtant au-dessous du sujet,le plus vaste qui puisse occuper l'attention des hommes.
De quelque façon qu’on veuille envisager la pairie, di-saient les adversaires de l'hérédité, on verra que l’héré-dité est inutile, dangereuse, funeste. Considérerons-nous.