Band 
Tome cinquième.
Seite
248
JPEG-Download
 

248

HISTOIRE DE DIX ANS.

que par les efforts surhumains des zouaves. Pas de foin,pas de paille pour les chevaux. Ceux de lartillerie, lesplus utiles, ne recevaient quun tiers de ration dorge parjour, les mulets affamés rongeaient les caissons. Il y eutdes nuits de tempête, effroyables, mortelles. Les soldatscouchaient dans leau, à quelques-uns il fut donné desétendre sur des cailloux ; d'autres, pénétrant dans lecimetière de Koudiat-Aty, se reposèrent sous la voûte destombeaux.

On conçoit ce que de telles souffrances devaient êtrepour des Français , race impétueuse et plus propre à sup-porter le péril que le retard. Aussi, lorsque dans la mati-née du 9, les batteries de Mansourah ouvrirent le feu,larmée tout entière répondit au bruit du canon par unimmense cri de joie. Mais cétait trop peu que déteindreça et le feu de la place, que déchancrer les embrasures :les portes restant closes et rien n'annonçant que la ville sefût émue, les Français appelèrent avec impatience l'heurede lassaut. Pour le rendrepraticable, il fallait achever lestravaux de la batterie de brèche que le mauvais tempsavait interrompus et transporter à Koudiat-Aty, sur unterrain mouvant, inégal, profondément déchiré, des piècesde 24 et de 16 destinées à cette batterie. On y parvint,tant était forte la trempe des courages et des volontés.Alors les Arabes sortent de tous côtés de la ville, et, à lafaveur de ressauts de terrain, ils viennent ramper jus-quau pied des parapets qui couvrent les assiégeants. Legénéral Damrémont arrive suivi du duc de Nemours . Ilordonne aux soldats de sauter par-dessus les parapets. Ala baïonnette ! crient les Français , et les parapets sontfranchis. En un clin-d'œil, les Arabes sont culbutés de