190 T> e i.’ Honneurest le seul mobile du soldat, comme s’il était utîanimal d’une autre nature que ceux qui le dé-priment ainsi, et qui seraient sûrement bienfâchés qu’on les crût eux - mêmes susceptiblesd’être animés par un tel motif.
Dansnos armées, le soldat est réellement réduità la condition des animaux ; comme eux, on ne lemet en action que par la crainte corporelle, et lesbesoins physiques , comme s’ilétoit entièrementprivé des affections sociales. Je demande : est-ildonc nécessaire de l’avilir ainsi? Non, assurément,-chaque homme a reçu de la nature, des passionsdont l’ardeur, dans la poursuite de leur objet,peut être excitée ou ralentie par sa situation dansla société : dès qu’il est libre de crainte et debesoin, il est dans sa nature de chercher leplaisir, c’est un désir qui agite tous les hommesde toutes les classes sans exception : il n’y en adonc aucun qui, par un motif ou par un autre,ne puisse être excité à faire de grandes choses,si sa position dans sa société le lui rend pra-ticable.
CHAPITRE III.
De l’Honneur et de la Honte.
T /honneur est le sentiment du besoin de l’es-time publique , et la honte est la crainte de l’a-