SUR L'INFANTERIE LÉGÈRE. 9
nance, sans discipline et sans bravoure. Connuparticulièrement de tous ses soldats , parcourant àcheval leurs rangs, ce prince les faisait combattrepar devoir et par affection. Darius, à peine aperçuau haut de son char par les essaims de peuples qu’ilrassemblait en armes, pouvait-il leur inspirer cet inte-ret delà victoire qui fait braver la mort?... Pouvait-ilremédier à la confusion que le premier ébranlementdevait produire sur les masses dont il avait couvertles plaines d’Arbelles ? Ce fut là qu’il agglomératoutes les forces de son empire, pour en décider ledestin avec Alexandre.
Celui-ci, après le passage du Granique et la ba-taille d’issus , avait remis la poursuite du monarquepersan à l’année suivante, et avait terminé sa cam-pagne par le siège deTyr et la conquête de l'Egypte .Ayant, au printems suivant, passé le Tigre , queDarius ne songea pas à défendre, il rencontra l’arméedes Perses en avant d’Arbelles. C’était précisémentl’instant de la solution du problème qu’Alexandreavait calculé en sa faveur, l’ordre contre le nombre.
Les historiens portent l’armée de Darius à sixcent mille hommes ; celle d’Alexandre n’en avait passoixante mille. Cette première , dont les ailes étaientformées par plus de cent trente mille hommes decavalerie, pouvait facilement envelopper les Macé-doniens , tandis que son centre, composé de massesénormes d’infanterie , parmi laxquelle il y avait quel-ques phalanges bien ordonnées de Grecs à la soldede Darius, aurait soutenu l’effort des phalanges