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Mf \ - j' >" i \ t - v >•. -,-v j-,-> ,• t : ’ -iÿ , / v 1 Ç^, . ,. - ** r *' - f'('\ 'm ii —, *1’ ' » • * -f * i ■-• *>'"4 :M .'ii) J la: iA TarrnoiVa »»q îu . 1 nmC' ' 9 ofyui« 9 i ’ - 4 -*!■ > •• j ’t »n--ior*n iity/ ^ : 'uÿïu.' ' > '-«fiii ^ -^11 to. i ,-î«t !.* ?iv»fip : ss>oib tfylaroJ {* - i£Xl> -Iw.nt u-.f v>.!*■ .1^1.;• > f 9 ai^.w>in rt. ; h‘ -ni nu> srti.*q< !> ’ ’ ” ' ; - - " ' < s b-.< ftteVf'w* » «rH** ‘iiijül h1 . iiitjêtÎA j -, ' >-»'i >*•!« -: rn’f'tfâ ai> ufl.--. ' I v l> I r : r.wvT iùtteüiii- ui\uvuvmvwiMMvvv\v DICTIONNAIRE GÉNÉRAL, RAISONNÉ ET HISTORIQUE DES EAUX ET FORÊTS, CONTENANT TOUT CE QUI A RAPPORT A LEURS DIVERSES PARTIES PHYSIQUE , ÉCONOMIQUE ET RÉGLEMENTAIRE. E. EAU Eau , aqua. C’est un fluide connu de tout le monde, qui est abondamment répandu sur la surface de la terre, qui entre dans la composition de tous les corps organisés, et que la chimie retire d’un grand nombre de substances minérales, où il paraît être dans un état de combinaison. Ce fluide est insipide, visible , transparent, sans couleur, sans odeur, presque incompressible et très- peu élastique. L’eau n’est jamais parfaitement pure dans la nature, et on ne L’obtient telle que par ta distillation dans des vaisseaux clos : aussi le plus souvent est-elle opaque, colorée, odorante, parce qu’elle est mêlée avec quelque matière étrangère. L’eau n’est point uue matière simple ou un élément, comme on l’a cru pendant long - temps : elle est composée de deux principes distincts l’un de l’autre; savoir, de 85 parties d 'oxygène , qui est la base de l’air pur (Y. Air), et de i5 parties à'hydrogène , qui est la base du gaz hydrogène. en faisant brûler ensemble dans des vaisseaux clos les deux gaz hydrogène et oxygène, dans les proportions ci-dessus, on forme une quantité d 'eau égale au poids des deux gaz. De toutes les substances de la nature , il n’en esl point de plus intéressante à connaître que l’eau. C’est la boisson naturelle des animaux, le véhicule de leurs alimens, la partie la plus essentielle de leurs liqueurs, le premier agent de la végétation, le ciment général, la cause de la dureté des sels et des pierres , de la formation de tous les minéraux; l 'eau enfin concourt si souvent et de tant de manières aux besoins et aux commodités de la vie, qu’il ne faut pas s’étonner si les philosophes anciens l’avaient regardée comme le seul élément, le principe de toutes choses, et si les physiciens et les chimistes modernes ont recherché avec tant d'ardeur sa nature et ses propriétés. L’air dissout l’eau et l’enlève sous la forme de vapeurs avec d’autant plus de rapidité, que la teropéra- Tome II. ture est plus élevée ; mais lorsque cette température s’abaisse jusqu’au-dessous de zéro du thermomètre de Réaumur, elle se solidifie et se change en glace. Si le froid est moins considérable, il condense les vapeurs et les réduit en eau : de là, la circulation continuelle par laquelle l’eau passe de la terre ou de la mer dans l’air, et de l’air sur la terre et dans la mer. Ainsi, c’est parce que l’eau a la propriété de se dissoudre dans l’air au moyen de la chaleur et de se condenser par l’effet du froid, qu’on voit des brouillards, de la rosée, du givre, des nuages; qu’il tombe de la pluie, de la grêle , de la neige $ que les fontaines et les puits s’alimentent; enfin que la vie animale et végétale s’entretient. La chaîne des montagnes étant la cause la plus commune de la direction des vents et de la chute des pluies, il ne tombe pas par-tout la même quantité d’eau : c’est au sommet de ces montagnes qu’il en tombe le plus ; de là, les nombreuses rivières qui en découlent. La quantité d’eau qui tombait autrefois en France était beaucoup plus considérable qu’elle ne l’est en ce moment, ainsi que le prouvent la largeur de l’ancien lit des rivières et les documens historiques. Cette diminution est due, i°. à l’abaissement des montagnes , 3 0 . à la destruction des bois qui en couvraient les sommets. C'est donc un devoir du gouvernement non - seulement de s’opposer aux defri- chemens nouveaux sur le sommet des montagnes , mais encore d’employer des moyens coercitifs pour obliger les propriétaires à les replanter en bois. V. Défrichement et Physiologie vëgèt. On n’a jamais révoqué en doute l’action de l’eau dans la végétation, quoiqu’on ne connaisse que depuis peu de temps la manière dont elle agit. On a démontré qu’un tournesol pesant 3 livres , qui avait été arrosé chaque jour, avait absorbé 22 onces d’eau pure ; qu’un chou pesant une livre 9 onces en avait absorbé la moitié de son poids. L’eau contribue à la nourriture des plantes par elle-même, et en servant I EAU EAU a de véhicule aux autres substances nutritives. L’eau servant d’aliment aux végétaux est décomposée par l’action de la lumière; sa partie inflammable forme les substances huileuses , résineuses , gommeuses ; son air pur produit, en partie, l’acide végétal, et l’autre partie est choisie comme sécrétion. EAUX. ET FORÊTS. Ces deux mots joints ensemble semblaient autrefois n’en former qu’un, dont on se servait communément pour désigner en général les juridictions qui devaient connaître des matières d 'eaux et forêts Ces juridictions étaient do trois sortes, les gru- ries , les maîtrises , les Tables de marbre ou autres tribunaux qui les représentaient, sans compter les capitaineries des chasses. Ces différentes juridictions ont été supprimées par la loi du 29 septembre 179t. Ce n’est point sans motifs que l’Administration des forêts et celle des eaux ont été réunies d’abord chez les Romains, et ensuite en France et dans presque tous les pays. Il y a, entre les unes et les autres, des rapports intimes et une dépendance réciproque. Les forêts alimentent les cours d’eau , et la présence des eaux favorise la végétation des arbres; les unes et les autres ont une grande influence sur la température, la salubrité de l’air, la navigation, l’agriculture et le commerce. M. Rougier de la Bergerie, dans son ouvrage sur les forêts de France , applaudit à la sagesse des anciens réglemens , qui de ces deux choses n’en faisaient qu’une seule, que la langue vulgaire exprimait par ces mots : les eaux-forêts. « La question des eaux, dit-il , est, en quelque sorte , jugée par celle des forêts ; l’homme public en trouvera la trop fatale preuve dans la Carte de Cas- sini : c’est là que se manifeste, plus que dans tous les livres , l’immense changement que le sol de la France a subi dans le court espace d’un siècle ; voilà le livre accusateur de notre indifférence et de notre ignorance, dans le siècle même des lumières ; c’est à ce livre seul que , sans système , sans tribune et sans phrases , on peut livrer tout entière la question des eaux et forêts. *> Cassini a figuré sur sa carte tous les bois et boqueteaux , tous les étangs, viviers et fontaines ; il n’a pas même négligé des arbres isolés , des plantations et des croix qui faisaient des limites ou des points de reconnaissance. Qu’on prenne à la main des plans linéaires, des états de sections pour l’impôt foncier , sur lesquels seulement on aura figuré les bois et les eaux encore existans, qu’on les compare à ceux qui se trouvaient alors sur le sol de la France , et ce calque fatal inspirera sûrement à tout vrai Français un salutaire effroi. » Cet auteur appuie ses observations d’une foule de faits qui prouvent la diminution considérable des eaux en France. Au temps de Cassini, il y avait environ quatre mille rivières, non compris les petits cours d’eau ; mais un travail ordonné par le Comité de salut public , relatif à un système général de navigation , a établi qu’il y avait déjà, sur le sol, une immense diminution dans le volume des eaux courantes et réservées , et les auteurs , sans hésiter, en attribuèrent la principale cause à la destruction des bois et boqueteaux, dont ils préféraient l’existence en superficie à celle égale d’une seule niasse de forêts. Il cite les changemens survemis dans la fertilité de plusieurs contrées de la France depuis qu’elles ont été privées d’une partie de leurs bois , et pa- suite des cours d’eau qui les fécondaient. La Grèce, autrefois le pays le plus beau , leqdu- fertile et le plus puissant dfe la terre , a subi uni- prompte décadence politique et agricole , quand elle a quitté son régime pastoral, quand elle a été privée de Fois, de sources, de pâturages, et conséquemment de troupeaux , et sur-tout quand elle a fondé toutes ses ressources pour vivre sur les seules céréales et sur les fruits que donne exclusivement l’industrie. En France , on trouve encore des vieillards qui ont vu remonter des embarcations beaucoup plus haut qu’au temps présent, qui ont vu , même au centre du royaume, des étangs ou des lacs, des ruisseaux ou des rigoles servir à des moulins, à des flottages et à des irrigations, et dont le cours est languissant ou tout-à-fait perdu. L’auteur cite la Chine, comme un modèle à imiter pour le soin avec lequel on s’y occupe de la conservation des eaux, que les Chinois regardent comme le principe de toute fertilité; tous, dans cet empire, depuis le chef jusqu’au simple laboureur, respectent les arbres des monts et des forêts. 11 s’élève avec force contre la proscription des étangs, prononcée sous la Convention; il fait des vœux pour la conservation.de ceux qui existent encore et pour la création de nouveaux étangs, parce que la présence des eaux entretient l’humidité de l’atmosphère et favorise la végétation ; enfin il présente des détails d’un très-grand intérêt sur la diminution des eaux et forêts , et sur la nécessité de recourir à des mesures réparatrices. Les mêmes documens et les mêmes vues se retrouvent dans un ouvrage de M. Rattcli, ayant pour titre : La régénération de la nature végétale. Il résulte de tous ces documens, que la destruction des forêts, notamment sur les montagnes , est considérée comme ayant eu pour résultats le changement de la température, la diminution des eaux , le tarissement de plusieurs ruisseaux et rivières, l’irrégularité des pluies , la fréquence des ouragans, la gelée des oliviers etdes vignes, privés de leurs abris, et la rareté des bois de toute espèce. V . Montagne. La police des cours d’eau étant confiée aux administrations locales , et l’entretien des rivières navigables et flottables à l’administration des ponts et chaussées, les agens forestiers n’ont à s’occuper de ces cours d’eau que sous le rapport de la police de la pèche. V. Cours d’eau. Mais ils doivent chercher à rendre utiles et à empêcher d’être nuisibles les eaux qui se trouvent dans l’intérieur ou à la proximité des forêts. Ces eaux, suivant leurs diverses situations , offrent des avantages et des inconvéniens ; les premiers consistent en ce qu’elles donnent les moyens de construire des usines, des canaux, des ruisseaux de flottage, des étangs et des abreuvoirs , et en ce qu’elles ralraîchissent l’atmosphère et favorisent la végétation ; mais, dans d’autres positions, elles nui- EBR O ÉBO sent en dégradant le sol forestier, en interrompant Les communications, en s’opposant à l’accroissement des arbres , et en favorisant les mauvais effets de la gelée. Ce sont ces circonstances que le forestier doit examiner, pour maintenir ou procurer le bon emploi des eaux. Il y a des ruisseaux qui, avec peu de dépenses, peuvent être rendus flottables , en y faisant affluer les eaux de quelques autres ruisseaux , de quelques marais , etc. C’est le cas d’examiner les moyens l'exécution et d’en apprécier la dépense , en la comparant à l’amélioration des produits. Les forêts qui reposent sur des fonds glaiseux et compactes renferment souvent des sources , qui , faute d’écoulement, forment des marais ou des inares. 11 est d’un grand intérêt de découvrir ces sources, de les nettoyer et de procurer à leurs eaux un cours convenable, tant [jour rendre productifs les terrains qu’elles inondent, que pour alimenter les rivières flottables qui peuvent exister sur les lieux, et les ruisseaux qui y conduisent; ce que l’on effectue , soit en pratiquant des fossés, soit en formant des étangs. Les forêts des montagnes ont particulièrement à souffrir des eaux des torrens formés par la fonte des neiges et par les pluies, qui arrivent à certaines époques et parfois très-brusquement. Elles font d’autant plus de dégâts que leur chute est plus élevée et plus rapide : c’est aux forestiers à examiner les moyens de diminuer ceyavages. Les forêts situées en plaine renferment ordinairement des eaux stagnantes , des lacs et des marais, qui, naturellement et par suite de révolutions survenues aux localités, n’ont point de communication avec les rivières ou d’écoulement particulier. Leur étendue s’accroît, au détriment du sol forestier, d’une manière d’autant plus considérable, que l’on néglige les movens qui pourraient en procurer l’écoulement et en utiliser l’emploi de diverses manières. Dans dix circonstances, il en est à peine une où la nature puisse s’opposer à cet écoulement, et encore est-elle peu importante, parce qu’elle ne petit concerner que des lacs et des marais sans fond, qui n’ont pas une étendue considérable. On doit s’occuper des moyens de dessécher ces endroits aquatiques. Les moyens d’exécution de ces diverses améliorations, que nous ne pourrions rapporter ici sans exceder les bornes de cet article, sc trouvent indiqués dans le 2 e . volume , p. 119, du Manuel forestier de Burgsdorff, que nous avons traduit de l’allemand. EAUX PLUVIALES. V. l’art. 640 du Code civil et le mot Cours d’eau. EBAUBER. ( T. de jardinage .) Retrancher de menues branches. Les jardiniers ébarbent les haies avec le croissant et le ciseau. Les fagoteurs ébarbent les fagots avec le volin. EBE MER. On appelle ébénier des Alpes ou faux ctiénier le cytise des Alpes, cytisus laburnum. V. Cytise. EBOTTER. On appelle ainsi, dans quelques endroits, l’opération de couper les grosses branches d’un arbre près du tronc, pour lui faire pousser de nouvelles branches et le rajeunir. ÉBOURGEOjSJSER. C’est ôter les bourgeons, supprimer ceux qui sont inutiles, pour ne laisseren place que les plus nécessaires et les plus convenables. Cette opération se fait sur les arbres en espaliers et dans les pépinières. -Nous ne parlerons que de celle qui a lieu dans ce dernier cas. Les arbres qui ont été disposés en tige l’année précédente , de même que ceux qui ont été greffés, poussent nresque toujours aux deux sèves , et surtout à celte du printemps , des bourgeons sur la longueur de leur tige, lesquels tendent à détruire l’effet de la première opération et à empêcher la réussite de la greffe. 11 faut, dans ce cas , enlever ces bourgeons petit à petit, et non en une seule fois, en commençant par ceux du bas de la tige ; il est bon même, ainsi que je l’ai vu pratiquer dans nos pépinières forestières, de tordre les bourgeons quelques jours avant de les enlever, afin de donner le temps à la sève de prendre le cours ascendant. M. Bosc, qui recommande cette pratique, a vu périr une plantation de l’année en acacias, parce qu’on l’avait ébourgeonnée trop tôt et dans la force de la chaleur et de la sécheresse de juillet. 11 faut, surtout pour les jeunes arbres greffés , 11’ébourgeonner qu’avec beaucoup de lenteur, n’enlever que deux ou trois bourgeons par jour , avec un intervalle de deux à trois jours, et toujours laisser au moins un petit bourgeon au-dessus de la greffe , si c’est une greffe à écusson, pour attirer |a sève dans cette partie. Huit jours après, on pince ce bourgeon à son extrémité pour faire refluer la sève dans la greffe , et enfin on le supprime totalement lorsque celle-ci a pris assez de feuilles pour se nourrir elle-même. L’ébourgeonnemerit se fait lorsque les bourgeons ont acquis 12 ou i 5 centim. (4 à 5 pouces) de longueur; trop tôt, l’opération n’empèche pas la production de nouveaux jets, ce qui fatigue l’arbre inutilement, et trop tard elle donne lieu à de grandes plaies, et fait perdre une sève qui eût accru la grosseur et la hauteur de l’arbre. EBOUTURER. C’est, dans quelques pays, enlever les drageons qui naissent au pied des arbres. V. Drageons. ÉBRANCIIAGE. V. Ebrancher. ËBRANCHEMENT. C’est l’action d’ébrancher un arbre ou l’effet de cette action. Lorsqu’on a soin d’élaguer successivement les menues branches d’un jeune arbre , on n’est point obligé de l’ébrancher , c’est-à-dire de supprimer les branches devenues grosses; et par la première opération , qui ne porte aucun préjudice à la tige , on 11e se met pas dans le cas de recourir à la seconde, qui nécessairement l’endommage. On ne petit couper une grosse brandie sans qu’il reste au tronc un nœud plus ou moins gros, selon la grosseur de la branche, et sans y faire une plaie plus ou moins considérable, qui laisse un ■vice intérieur, dans le cas même où la vigueur de l’arbre aurait fourni assez de sucs pour en couvrir la plaie. On ébranche souvent les arbres, soit pour les faire croître en hauteur, soit dans la vue de se procurer du bois de chauffage: dans le premier cas, on man- 1 4 ÉCA ÉCH que quelquefois son but, parce que les arbres se nourrissent autant par leurs feuilles que par leurs racines, et qu’on affaiblit les moyens de croissance en supprimant des branches; dans le second cas, les mêmes inconvéniens arrivent, mais ils doivent céder devant les avantages qu’on retire de cette opération, du moins pour les arbres épars. Quand on est forcé d’ébrancber un arbre, cette opération est sujette à moins d’inconvéniens, si l’on a la précaution de ne couper la branche qu’à une certaine distance du tronc, et d’y laisser un chicot qu’on supprime au printemps suivant, en le coupant proprement au ras du tronc, avant que la sève ait repris sa circulation. Si l’on ne veut pas faire l’é- branchage à deux fois, il est au moins très-essentiel de faire deux sections aux fortes branches, pour éviter les déch iremens que causerait le poids de celles qui souvent éclatent, sur-tout lorsque le bûcheron n’a pas l’attention de donner quelques coups de serpe en dessous avant de couper le dessus. L’ébranchage des arbres résineux est toujours nuisible ; mais si on veut y procéder, il faut le faire avec- plus de ménagement encore que celui des autres , et comme il ne repousse point de branches sur leur tige , il faut leur laisser beaucoup plus de tête qu’aux autres arbres, dont en général on dégarnit trop le sommet. EBRANCHER. C’est couper ou arracher les branches d’un arbre. Les art. 2 et 5 du tit. XVII de l’ordonnance de 1669 ordonnent aux gardes de veiller à ce que les bois chablis ne soient ébranchés, et que sous ce prétexte ils ne soient vendus. Par l’art. 2 du tit. 32 , l’amende pour avoir ébran- ché un arbre est fixée au pied le tour. V. Déshonorer. Il y a délit de la part de celui qui, sans être propriétaire d’un bois, se permet d’en ébrancher les arbres qui ombragent sa propriété. ( Arr. delà C. de cass., du 1 5 février 1811.) Lorsque la dimension des arbres ébranchés ou déshonorés n’est point exprimée dans le procès-verbal constatant que des charges de bois provenant de cet ébranchage, ont été trouvées par des particuliers, il y a lieu, à cet égard , à l’application de la peine, soit de l’art. 3 du tit. XXXII de l’ordonnance de 1669, soit de l’art. 36 du tit. II de la loi du 6 octobre (28 septembre 1791). ( Arr. de la C. de cass. y dwxy octobre i 8 i 5 .) Le maire d’une commune peut autoriser à ébrancher des arbres d’un bois de cette commune. ( Ib .) V . Elagage. EBUARD. C’est un gros coin de bois dur, sec et recuit, qui sert, dans les forêts, à fendre du bois. ECAILLE, squama. En botanique, on donne ce nom à des parties minces qui sont appliquées en recouvrement les unes sur les autres, à la manière des tuiles d’un toit. Les écailles recouvrent entièrement ou en partie seulement les tiges, les rameaux, les pédoncules, les pétioles, les racines de plusieurs plantes; elles forment une ou plusieurs couches sur le bulbe écailleux ; elles servent d’enveloppe aux bourgeons des arbres et des arbrisseaux ; elles tiennent lieu de corolle dans les graminées : on en trouve à la base des calices, des pétales, et quelquefois même parmi les organes sexuels; elles Tecouvrent les semences dans les pommes de pin, de sapin, de mélète, etc. V. Physiologie végét. ECARRISSAGE. V. Equarrissage. ECCLÉSIASTIQUES. V. liais des ecclésiastiques. L’ordonnance de 1669, tit. XV, art. 21, leur défend de se rendre adjudicataires directement ou indirectement des ventes des bois royaux. L’ordonnance de 1600 et celle de 1601 leur défendent de chasser. V. le mot Ecclésiastiques y dans le Dictionn. des Chasses. ECHALAS, du grec chalax, bâton pobr soutenir les ceps de vigne. On fait des échalas avec des bois de brin ou refendus; les meilleurs sont ceux du cœur du chêne ou du châtaignier. On emploie les échalas non-seulement à soutenir la vigne, mais encore à faire de* treillages, des espaliers et des contre-espaliers : on les appelle charniers dans le département du Loiret, et œuvres ou paisseaux dans celui de la Garonne et dans d’autres départemens. Ils sont de différentes hauteurs, suivant la nature des vignes auxquelles ils sont destinés. Les échalas fournis par les taillis ne durent pas autant que ceux fournis par des bois plus âgés, et leur moindre valeur est toujours en raison delà jeunesse du bois. O11 doit préférer ceux qui ont cru à l’exposition du midi et dans une terre maigre, quand ils seraient moins droits. On emploie ordinairement du bois de fente pour faire des échalas; mais on les fait quelquefois aussi avec de menues perches de tilleul, de saule, de peuplier , d’aune, de genévrier, de pin, de chêne, etc., que l’on coupe à 4 pieds et demi de longueur : on les arrange par bottes de cinquante échalas. Les plus mauvais échalas de rondin sont ceux d’aune, ensuite ceux de marcean, de saule, de peuplier : ceux de chêne garnis d’aubier ne sont pas très- bons; mais ceux de pin, de genévrier et de châtaignier, sont très-bons. On augmente la durée des échalas de rondin en leur enlevant l’écorce ; mais les échalas de fente sont toujours préférables. Les ordonnances de i 539, i 548 , i 563 etdei.597, art. 29, et un arrêt du conseil, de i 6 l 5 , défendaient de faire des échalas de quartiers de chêne, et leur prohibition à cet égard était fondée sur la nécessité de ne point dénaturer les bois propres à la construction. ÉCHANGE, ÉCHANGISTE. Lemotéchangevîent du latin barbare excambium. C’est le changé d’une chose pour une autre, ou l’acte par lequel on opère ce change. On appelle échangiste celui qui dénne ou reçoit l’un dès objets de l’échange. 1,41 Les dispositions et les règles à suivre dans les demandes en échange de parties de bois, sont tracées parles décrets des 20 juillet 1808 et 16 jiiillet rÔi 2, et par l’ Instruction de l’Administration-des forêts, du 4 février i 8 i 3 . V. ces réglemens, au Recueil, et le mot Cantonnement y Aans cé Diélionnairé'. IOi La loi du i 3 juillet 179V, relative aux échan- ÉCH pistes des forêts domaniales dont les échanges n’étaient point encore consommés, a ordonné que les coupes ordinaires, tant en futaie qu’en demi-futaie et taillis, recrus sur les futaies coupées ou dégradées, compris dans ces échanges, seraient adjugées conformément à la loi du 29 septembre 1791. Une deuxième loi, du 27 août suivant, a autorise les échangistes à disposer, comme propriétaires iucommutables, de toutes coupes de bois quelconques qui se trouveraient comprises dans leurs échanges , en se conformant aux lois forestières. Celle du 14 ventôse an 7 a fait connaître qu’il serait ultérieurement prononcé sur les concessions de forêts au-dessus de 1 5 o hectares. Celle du 1 j pluviôse au 12 portait que les bois provenant d ''engagement et d ’échange seraient réunis au domaine , moyennant une indemnité. Cette disposition a été rapportée pour les enga- gistes. La loi du 28 avril jbi6 les a admis à devenir propriétaires incommutables, en payant le quart de la valeur du bois. 11 restait à statuer relativement aux échangistes. Une loi du i 5 mai 1816 porte que les dispositions de l’art. 116 de la loi du 28 avril 1816, concernant les échangistes, sont déclarées communes aux échangistes de forêts au-dessus de i 5 o hectares, dont les échanges n’étaient pas consommés avant le i er . janvier 1789. V. cette loi, et Vlnstr. du 28 mai 1818, qui y fait suite. V. aussi Bois tenus d titre d’échange. L’art. 1 er . delà loi du 5 décembre 1814 ne maintient les actes antérieurs du gouvernement, que suivant l’effet qui leur était attribué, et n’imprime pas un caractère définitif aux actes préparatoires. Dès- lors, un échange d’immeubles projeté entre l’éiar et un particulier par de simples actes du gouvernement et arrêtés de préfets, n’est point définitif ; il n’aurait pu l’être qu’autant qu’il aurait été confirmé par une loi, ainsi que l’exige celle du 1 er . décembre 1790, pour tous les échanges dans lesquels l’état a intérêt. Les biens dont le domaine eût fait la cession, si l’échange eût été légalement consommé, sont dans le cas d’être remis à l’ancien propriétaire. ( Ord. du 23 janvier 1820.) Lorsqu’une loi a autorisé l’Administration à échanger une portion du domaine de l’état avec un particulier, c’est aux tribunaux seuls qu’il appartient de connaître des contestations qui peuvent s’élever entre les parties, tantsur l’exécution des conditions d’échange, que sur la résolution du contrat. Les décisions que pourrait prendre le ministre des finances à cet égard , ne peuvent faire obstacle à ce que les tribunaux soient saisis de ces difficultés. ( Décis . du 6 novembre 1822.) ÉCHANTILLON DES BOIS. ( T. de charpenterie C’est l’épaisseur et la longueur des pièces de bois après l’équarrissage. Ainsi on dit cppelles sont d’un fort échantillon quand elles sont fortes dans leur^dimensions, qu’elles sont d’un même échantillon si elLes ( somt de même dimension, et d’ échantillon différent si elles différent dans leurs proportions t l'échantillon est trop faible, si les pièces n’ont pas ^ssez de grosseur dans leurs dimensions pour en tirer le service qu’on se propose. Ainsi, une pièce n’est,pas d 'échantillon pour entrer dans la ECH 5 composition d’ttn vaisseau , lorsqu’elle u’a pas de dimensions assorties à l’épaisseur que doit avoir la muraille de ce vaisseau. De là vient qu’on dit d'un vaisseau qu’il est d’un grand ou d’un faible échantillon lorsque les pièces de bois qui ferment sa muraille sont plus ou moins épaisses. Nous avons indiqué , à 1 ''Atlas, tous les bois qui entrent dans les constructions navales , leur échantillon avec les dimensions convenables des pièces composant toutes sortes de bàtimens de mer, calculées, d’apres l'expérience, sur la force du corps du vaisseau auquel on les destine , et d’après le tarif des différer tes espèces qui en a été arrêté a Brest en 1765. ÉCHAPPÉE. Mot qui vient du verbe échapper, dérivé de l’italien scapare, ou de l’espagnol esca- par. Tous ces mots pourraient avoir été formés du latin barbare esc compare, pour exprimer l’action de ceux qui, après une défaite, se répandent dans les champs. L 'échappée se dit des bestiaux qui, échappant a la surveillance des gardiens, se répandent dans les bois, les terres , les prés mis en défends. L’échappée, n’étant que le résultat d’une négligence, est punie moins sévèrement que la garde faite, la garde à bâton planté $ mais pour que les gardiens soient toujours avertis de l’endroit où se trouvent les bestiaux, l’ordonnance de 1669 veut que ces bestiaux soient munis de clochettes ou clairons. V. ces mots, et le mot Bestiaux. ECHELLE, du latin scala. En géographie, une échelle se dit d’une ligne divisée en parties égales, et placée au bas d’une carte, d’un dessin ou d’un plan, pour servir de commune mesure à toutes les distances et à tous les lieux d’une carte. Les plans à lever pour les forêts doivent reposer sur trois bases principales; savoir, l’uniformité de la disposition des plans, l’uniformité d’échelles, et le rattachement à des points pris hors du terrain mesuré. L 'uniformité d’échelle donne le moyen prompt et certain de rapprocher les plans et de vérifier leur exactitude lorsque ces plans ont un ou plusieurs côtés communs; elle fait plus aisément saisir à l’ceil la véritable étendue de chaque objet, et évite les calculs que nécessitent toujours des plans dressés à des échelles qui ue sont pas exactement comparables entre elles. Plusieurs sortes d’échelles sont adoptées pour la levée des Plans. V. P Instruction du 7 juillet 1824. Chaque arpenteur est tenu de se pourvoir des différentes échelles prescrites, gravées sur cuivre. Celles construites d’après te système décimal sont généralement adoptées. ( Instr. de L’Adm. des forêts, du K) frimaire an 10.) V. Abornement et Arpentage , et Vlnstr. , déjà citée , du y juillet 1824- ÉCHENILLAGE. C’est l’action de détruire les chenilles, ou plutôt les nids et enveloppes qui renferment leurs œufs. Les chenilles, en dévorant les feuilles des arbres, retardent leur croissance et empêchent les arbres fruitiers de donner du fruit. La loi du 25 ventôse an 3 ( i 5 mars 1796) oblige les propriétaires à faire écheniller avant le 21 février, et elle impose cette obligation aux préfets pour les 6 ECL arbres qui appartiennent aux domaines non affermés Les maires et adjoints sont tenus, sous leur responsabilité, de surveiller l’exécution de la loi. L’art. 47 1 (lu Code pénal de 1810 prononce la peine à applicpier en cas de négligence. Ces lois ne concernent point le domaine forestier. (Décis. du min. des fin ., du n avril 1821.) Y. cette décision au Recueil. ECIMEK. Mot composé de la particule extrac tive ex, e, et de cima, cime, sommet. C’est couper la cime des plantes. On dit : beaucoup de baliveaux ont été écitnés par les vents ; il faut écimer les saules. ECLAIRCIE, ÉCLAIRCISSEMENT. Ce mot vient du latin clarescere, rendre clair. On l’emploie, en économie forestière, pour exprimer l’action d’éclaircir un bois, ou l’opération elle-même lorsqu’elle est faite. Les éclaircies ou coupes par éclaircie sont recommandées par Varennes de Fenille, de Perthuis et par les auteurs allemands, comme très-propres à tavoriser la croissance des bois. Nous faisons connaître les avantages de cette méthode au mot Ex ploitation. Les coupes par éclaircie sont l’opposé des coupes à tire et aire , dans lesquelles on abat tout le bois, à l’exception de quelques arbres de plusieurs âges que l’on réserve comme porte-graines, et pour fournir des bois de construction. Ce dernier mode est le seul que permettaient les ordonnances des 1 er . juillet i 544 ? novembre 1076, mai 1579 et août 1669. Cependant l’ancien conseil d’état autorisait quelquefois des coupes par éclaircissement ou nettoiement, sur-tout dans les quarts de réserve, ainsi qu'on le voit par tin arrêt du i 5 novembre 1789. On les permettait toujours pour les forêts d’arbres résineux, et ce mode a été de nouveau autorisé par un décret du 3 o thermidor an i 3 . Edles le sont aussi pour les arbres épars , les boqueteaux disséminés, sur-tout lorsque les arbres à abattre doivent tomber dans des vides ou sur des clairières. {Dccis. rninist. , rapportée dans une Circul. du 20 août 1806. ) Aujourd’hui que le système des éclaircies prend f'veur, on l’introduit dans les futaies, et il sulfit, pour le pratiquer, d’obtenir, à l’égard des bois soumis an régime forestier, l’autorisation du ministre des finances. Mais cette utile pratique ne sera généralisée que lorsque la France aura des forestiers formés dans des écoles spéciales. V. Aménagement, Exploitation et Ecoles forestières. ECLAT. Ce mot vient du grec klaô. C’est la pièce ou la partie d’un morceau de bois qui est brisé, rompu en long. On multiplie quelques arbustes et arbres par éclats île racines. ËCLISSE. Ce mot parait avoir la même origine qu’éclat, dont il serait le diminutif. Il se dit du bois de fente, qui sert à faire des seaux, des minots, des tambours, etc. V. Cerches. Il se dit aussi du second étage que les charbonniers mettent sur le premier lit du fourneau à charbon. Y. Charbon. ÉCO ECLUSE, exclusus, clôture, barrière faite de terre, de pierre, de bois, sur une rivière, sur un canal, ayant une ou plusieurs portes qui se lèvent et se baissent pour retenir et lâcher l’eau. Ecluse se prend particulièrement pour la porte qui se hausse et se baisse. La connaissance de toute action concernant les constructions et démolitions d’écluses, gords, pêcheries et moulins assis sur les rivières, était de la compétence des officiers des eaux et forêts. ( Ord. de 1669, tit. 1 , art. 3 .) Aujourd’hui la connaissance de ces actions appai^ tient aux tribunaux s’il s’agit de la propriété, et à l’autorité administrative s’il s’agit de la police. V. Cours d’eau, Rivières. ÉCLUSÉE. C’est la quantité d’eau qui coule depuis qu’on a lâché l’écluse jusqu’à ce qu’on l’ait refermée : c’est aussi un demi-train de bois qui peut passer dans une éclusée, et qu’on appelle ainsi à cause de ce passage, et autrement coupon et brelle, contenantordinairement trois cents pièces de bois au compte des charpentiers, et ayant 1 3 toises et demie de longueur, sur 12 pieds de largeur. V. Flottagi ECOBUAGE. V. Écobuer. ECOBUE. Instrument d’agriculture et de jardinage, ainsi nommé parce qu’il sert à écobuer la terre. C’est une espèce de pioche recourbée tomme une houe, qui a 16 pouces de longueur et 7 à 8 de largeur; elle est armée d’un manche long de 3 pieds. Ce manche est un peu recourbé par-dessus, afin que l’ouvrier soit moins obligé de se pencher en travaillant, et qu’il puisse en fraopant la terre enfouir l’instrument plus perpendiculairement. Le trou par où passe le manche est rond , et a 3 pouces environ de diamètre en dedans. ECOBUER. C’est enlever la superficie d’un terrain chargé de plantes, à un ou plusieurs pouces d’épaisseur; couper ces tranches carrément, en former de petits fours, y mettre le feu , et répandre ensuite cette terre réduite en cendre sur le sol. Yoici ce que dit l’abbé Rozier, dans son Cours d’agriculture, sur l’opération de l’écohuage. i* On écobue de deux manières, ou à bras d’homme , en se servant de l’écobue , ou avec la forte char rue à versoir; la dernière est la plus économique, mais n’est pas la meilleure. » On écobue ordinairement les friches chargées de bruyères et de mauvaises herbes, les prairies destinées à être converties en terres à grains, au moins pendant quelques années; les luzernières, les espar- cettes qu’on veut déromp/re, etc. Le grand art de l’écobuage consiste à enlever seulement la portion de terre pénétrée par les racines, la portion simplt ment terreuse devient inutile. o Le grand art est encore de conserver à ces tranches toute la terre attachée aux racines, soit qu’on les enlève avec l’écobue ou avec la charrue; on les coupe ensuite carrément, et après les avoir laissé sécher au soleil, elles sont disposées les unes sur les autres, ou carrément ou en rond, et forment de petits fourneaux. Il faut observer que la partie inférieure de la tranche soit à l’extérieur du fourneau , et que la supérieure, chargée d’herbes, soitdans l’intérieur. On met le feu au milieu de ce fourneau , rempli ECO ÉCO d'herbes ou de feuilles, et la petite ouverture qui lui sert de porte est presque bouchée, afin de ne point établir de courant de flamme, mais un feu étouffé, qui gagnera lentement de proche an proche, et consumera les racines jusqu’à l’extérieur de la tranche. On doit, plusieurs fois dans la journée, visiter les fourneaux, afin de boucher exactement les gerçures on crevasses qui s’y formeront sûrement si le feu a trop d’activité; la fumée pénétrera la terre comme l’ëau pénètre une éponge, et se dissipera peu-à-peu dans le vague de l’air. J’ai vu des agriculteurs mouiller extérieurement ces fourneaux avant d’y mettre le feu-, et pétrir la terre tout autour. Cette opération est fort bonne lorsque l’eau est dans le voisinage : on lute pour ainsi dire les tranches les unes contre les autres; car c’est toujours dans leur point de réunion que la llamme s’ouvre un passage lorsqu’on ne prend pas cette précaution, ou du moins lorsque la terre n’est pas assez serrée dans ces endroits. » Ceux qui veulent promptement faire sécher les tranches de terre les réunissent les unes contre les autres par leur sommet, et ainsi disposées elles forment un triangle dont le sol est la base. De cette manière, elles sont de tous eûtes environnées d’un courant d’air, qui, aidé par la chaleur du soleil, accélère l’évaporation de l’humidité. Si on est moins pressé, cette opération coûteuse est inutile ; le soleil seul suffit, excepté dans les provinces naturellement froides, ou sous un ciel pluvieux. » Plusieurs jours après , lorsque les fourneaux ne fument plus, et sur-tout lorsqu’en tirant au dehors la tranche qui formait la porte , on ne sent plus au dedans aucune chaleur, c’est le moment de briser l’édifice, de l’érnietter, et de répandre uniformément les débris sur le sol. » Les avantages de l’écobuage se réduisent, i°. à détruire les mauvaises herbes et leurs semences; 2 °. à fournir un engrais. Examinons actuellement les vrais résultats de cette opération , et quelle espèce de terrain l’exige. » Lorsqu’on écobue , même à feu lent et couvé, on sent au loin une odeur désagréable de corne brûlée, et si l’on se trouve dans l’atmosphère de la fumée , les yeux cuisent et larmoient : c’est l’effet de l’acrimonie de cette fumée. Il s’échappe donc avec elle des principes autres que ceux de l’eau réduite en vapeur. S’ils s’échappent, c’est donc une soustraction réelLe des principes dont le sol aurait été bonifié; mais quels sont ces principes? Les volatils les plus actifs et les plus spiritueux, si je puis m’exprimer ainsi, c’est la partie huileuse et animale auparavant combinée avec les sels, et il ne reste plus que ceux-ci. Actuellement je demande si les sels euls constituent la végétation. Voilà donc de grands frais, de grandes dépenses faites uniquement pour se procurer un peu de cendres chargées de sel. Je ne crains pas d’avancer, i°. que l’écobuage détruit les parties animales contenues dans la terre, et les parties huileuses des plantes; 2 °. que de leur union avec les sels la sève est formée; 3°. que le sel résultant de cetle opération est plus nuisible qu’utile , si la, terre sur laquelle on le répand ne contient pas des substances huileuses et animales; 4°- que de la chaux pulvérisée et répandue sur le sol produit le même effet; 5°. que l’écobuage, dans les provinces voisines de la mer, est nuisible, parce que la terri- est chargée de sels, et qu’elle a besoin de substance -. graisseuses et huileuses : l’écobuage dans aucun de ces cas n’est avantageux; 6°. que le vrai, le seul et unique mérite de cette opération, c’est de priver la terre d’une quantité de mauvaises graines, et de la purger du chiendent. » Plusieurs auteurs peu partisans de Vécobua s, ont dit que la terre se cuisait en manière de briques, et d’autres qu’elle se vitrifiait : c’est pousser la chose à l’excès, ou n’avoir pas d’idée de l’opération. Lu feu couvé a très-peu d’activité; il faut un grand courant de flamme soutenu pendant plusieurs jours pour cuire la brique, et si l’on veut vitrifier les terres, le feu doit être bien autrement violent, plus long ; enfin, le feu poussé à son plus haut degré, on parviendra à vitrifier l’argile. Peut-on faire la plus légère comparaison des petits fourneaux J’écobuace à ceux de chimie ou des arts? On veut renchérir sur n- qui a été dit, et l’on ne sait ce que l’on dit. » Plus les terrains sont maigres, moins ils soni chargés de substances huileuseset animales, et c’est précisément parce qu’ils sont pauvres en principe) qui constituent la terre végétale, qu’ils sont maigres ; les écobuer, c’est les amaigrir encore. » Les terrains maigres, la bruyère, sont presque toujours ferrugineux, et l’expérience la plus décisive a démontré que toute la terre ferrugineuse devient plus stérile après l’incinération. Les terrains sont maigres , parce qu’il y a peu de liaison entre leurs molécules; écobuer, c’est détruire encore plus le lien de leur adhésion. » Les terrains forts sont ou secs ou humides, o:: argileux en différentes proportions. n Plus un sol est naturellement sec, plus il a besoin d’engrais qui tiennent ses parties divisées; le- sels et les cendres produits par L’écobuage sont uni- petite ressource. La quantité d’herbes, de racines qui les a tournis, enfoncée dans la terre par les labours, agirait mécaniquement pendant beaucoup plus de temps, fournirait au sol la même quantité de sels, et, ce qui vaudrait mieux encore , les substances huileuses et savonneuses qui ont déjà servi à leur végétation. » L’écobuage des terrains naturellement humide . ne me parait pas contraire aux bons principes Somme totale, l’écobuage occasionne beaucou'.' de dépenses et produit peu d’effet. Brûlez, plusieurs années de suite, la même terre, et l’expérience vous démontrera combien vous l’appauvrirez. 8 ÉCO ÉCO » Plutôt que d’écobuer, semez des herbes afin de les enterrer; il vous en coûtera moins , et le produit sera plus réel. » Un citera, j’en conviens, l’exemple et la coutume de certains pays ; mais je prie les partisans de l’écobuage de juger par comparaison. Il faut créer de la terre végétale, les matériaux de la sève, et non pas les détruire. o 11 résulte que l’écobuage n’est une bonne opération que dans les terrains substantiels et humides, remplis d’herbes et de broussailles qu’il faut détruire. » M. Bosc , dans le Nouveau Cours d’agriculture , reconnaît la solidité des principes contenus dans cet article, et il ajoute qu’on peut les fortifier encore par les exemples que fournit l’expérience. Il blâme l’é- tobuage sur-tout dans les terrains arides, les sols sablonneux et calcaires ; mais il pense que cette opération est utile dans les terrains argileux et tourbeux, parce que les premiers, étant tenaces, se trouvent plus divisés par les cendres que produit l’écobuage, et que les seconds, ou les tourbes qui, dans leur état de pureté, ne peuvent nourrir qu’un petit nombre de végétaux et aucun arbre, deviennent propres à la culture par l’influence de la potasse et de la cendre sur la tourbe, qu’elles rendent soluble, et qu’elles transforment en un excellent engrais. La chaux produirait le même effet sur la tourbe sans écobuage ; mais la dépense serait plus considérable. L’écobuage a lieu dans quelques forêts pour préparer les terrains à recevoir des graines d’arbres. Les inconvéniens qu’on reconnaît à cette opération dans les terres maigres et légères, existent pour les mêmes terrains dans les forêts, mais avec moins de désavantage, parce que les sels qui résultent de la combustion des bruyères et autres plantes, suffisent ordinairement pour développer les semences, et que la terre, n’étant plus remuée, acquiert la fermeté nécessaire pour conserver un peu d’humidité. D’ailleurs les jeunes plants, en grandissant, fournissent, par leurs dépouilles et l’ombre qu’ils procurent, une fraîcheur et un engrais salutaires. J’ai vu dans la forêt d’Orléans la preuve de cette assertion Des semis considérables de bouleaux avaient été faits sur des terrains sablonneux, après des écobuages et même des incendies qui avaient brûlé les bruyèreset la superficie du sol. Le succès étonnant de ces semis a fait regarder comme un événement heureux l’incendie d’une grande étendue de bruyères qui avait eu lieu dans l’arrondissement de Lorris. X.Bouleau J’ai remarqué un exemple du bon effet de l’écobuage dans les terrains tourbeux et dans les terres de bruyère humides, La forêt des Alluets, à quelques lieues de Versailles, présente une étendue assez considérable de terrain de cette nature. J’ai, avec l’inspecteur forestier, M. Jacquelin, vu ce terrain, qui n’offrait dans son état que bien peu de ressources pour une plantation. Nous avons reconnu qu’on pouvait y faire réussir le pin sauvage et le pin maritime, soit en faisant faire des rigoles pour l’écoulement des eaux, soit en faisant écobuer. Les deux moyens ont été employés avec un égal succès, et aujourd’hui les semis qui y ont été faits présentent un massif d’arbres verts de la plus belle venue. V. Pin. ECOLE, scbola. Lieu où l’on enseigne les belles- lettres , les sciences, les arts , etc. ÉCOLES FORESTIÈRES. On appelle ainsi les établissemens où l’on enseigne l’art de gouverner les forêts. Au moment où nous livrons cet article à l’impression , une ordonnance du roi prescrit de former une école forestière , sous la surveillance du direc-* teur général des forêts. Cette ordonnance, du 26 août 1824, porte qu’il sera fait un réglement pour déterminer le inode d’enseignement. Comme notre article, rédigé depuis plus de dix ans , et inséré, en 1821 , dans le Dictionnaire des arbres et arbustes de l’ Encyclopédie méthodique , contient les motifs qui, depuis longtemps , Font désirer l’établissement d’écoles forestières , et l’indication des connaissances qui nous ont paru devoir y être enseignées , nous croyons utile de le reproduire ici tel qu’il a été imprimé précédemment. Il existe, avons-nous dit, des écoles forestières dans la plupart des états de l’Europe , et notamment en Allemagne. Elles sont destinées à l’instruction des personnes qui désirent exercer des emplois forestiers, ou qui veulent apprendre à administrer leurs propres bois. Il n’y a jamais eu de ces écoles en France , et l’on a souvent agité la question de savoir s’il serait utile d’y en former. Four résoudre cette question, il est nécessaire d’entrer dans quelques détails sur la nature de l’administration des forêts, et des connaissances que cette administration exige. Les administrations publiques se partagent naturellement en deux classes : l’une comprend toutes les administrations qui n’exigent d’autre connaissance que celle des lois et réglemens qui les régissent ; l’autre embrasse les administrations ou services publics , qui, outre la connaissance des ré- glemens, exigent l’étude de quelques parties de sciences ou d’arts. Les emplois de la première classe peuvent être remplis par des sujets qui ont reçu une bonne éducation ordinaire, parce que les règles de ces administrations s’apprennent par la pratique seule. Quant aux emplois de la seconde classe , il est évident qu’ils 11e peuvent être déférés qu’à ceux qui ont étudié les sciences qui s’y rapportent. Nous pouvons ranger dans cette seconde classe le génie militaire , les ponts et chaussées , la topographie , les mines, les salines , la navigation, les poudres et salpêtres , les constructions navales, les opérations géométriques du cadastre , enfin tous les services publics qui exigent le secours et l’application des sciences. Ces faits sont reconnus , et déjà il existe, tant à Faris que dans les départemens , des écoles pour lesdifférens services que nous venons de citer. Il en existe aussi pour l’art vétérinaire , pour les arts et métiers et pour l’agriculture. Enfin , Sa Majesté a ordonné l’établissement de plusieurs fermes expérimentales pour toutes les branches de l’économie rurale. On connaît les bienfaits de ces établissemens, dont la plupart sont cependant de création peu ancienne. ÉCO On a demandé si le service forestier pouvait aspirer au même honneur, et si les connaissances qu’il exige ne pouvaient s’acquérir autrement que par un enseignement spécial. La question a partagé d’opinion des hommes instruits, qui l’ont considérée sous ses différons points de vue économiques , administratifs et politiques. Les partisans du projet des écoles ont regardé l’art d’administrer les bois comme une science sans laquelle il n’y avait proprement point d’économie forestière. Ils ont dit que la pratique qui n’avait pas été précédée de la théorie ne s’acquérait qu’au grand détriment des forêts; que les erreurs causées par l’ignorance étaient presque toujqurs irréparables, et que les préjugés ordinaires aux forestiers sans principes, étaient d’autant plus dangereux, qu’ils se communiquaient auxcommen- çans , incapables de les reconnaître par le défaut de toute instruction première. Enfin , ils ont répété ce qu’ont dit les auteurs allemands sur la nécessité des connaissances qui avaient pour objet la conservation de la plus précieuse partie du domaine de l’état : connaissances qu’on exige , dans presque tous les états de l’Allemagne , des candidats que l’on admet aux emplois forestiers. A ces faits et à ces argumens on a opposé l’état florissant des forêts dans plusieurs pays où il n’y avait jamais eu d’écoles forestières ; la possibilité de suppléer à ces écoles par l’étude de nos bons auteurs, et par l’usage où l’on est ordinairement de faire passer les préposés par les emplois inférieurs et qui n’exigent que des connaissances bornées, avant de les élever à ceux qui en exigent de plus étendues ; enfin on a considéré que ces établissemens, dont l’utilité ne paraissait pas bien démontrée , occasionneraient des dépenses considérables, et qui ne seraient pas rachetées par l’avantage, supposé réel, des écoles forestières. On a ajouté que des élèves placés près des conservateurs et qui les suivraient dans leurs tournées et dans leurs opérations, s’instruiraient mieux que dans des écoles où ils ne recevraient que des leçons difficiles à saisir sans une démonstration pratique. Mais les adversaires des écoles forestières n’ont pas cité les pays où, nonobstant le défaut d’établis- semens d’instruction, les forêts fussent dans l’état prospère qu’ils supposent; tandis qu’on peut citer à l’avantage de ces établissemens les forêts de A e- nise, de la Prusse , des états de la rive droite du Ebin, et de presque tous ceux de l’Allemagne , qui sont aujourd’hui administrés par des hommes dont la première éducation a été dirigée vers la profession de forestier. A l’égard des frais, ils pourraient être réduits à fort peu de chose, si on bornait l’enseignement aux seules parties des sciences que peut exiger l’ccono- mie forestière. Enfin , c’est sans fondement qu’on a cru que des élèves n’ayant aucune instruction fondamentale, qui suivraient les opérations des agens supérieurs, comme le voulait la loi du 29 septembre 1791 , pussent devenir des forestiers dans la rigueur du terme. .Nous allons faire connaître les motifs qui , suivant nous , doivent déterminer la création d’écoles iorestières en France, les projets déjà présentés à Tome II. ÉCO y cet égard, et les établissemens de ce genre qui, à notre connaissance, existent chez les étrangers. § i er . — Projet d’écolesforestières, présenté, en 1808, par Al. van Pecum, ex-député au Corps législatif. a La reproduction de nos ressources forestières , dit-il dans la préface de son ouvrage, intéresse éminemment notre agriculture et notre industrie, notre marine et notre architecture, nos plus douces jouissances et nos plus pressans besoins ; en un mot, elle doit être rangée dans le nombre des grands moyens sociaux , sans le secours desquels nous ne pourrions exister comme nation, ni bientôt comme individus. Cette vérité incontestable nous impose le devoir de rechercher et les causes qui peuvent empêcher cette reproduction, et les moyens d’obtenir une amélioration dans l’administration des forêts ; car , malgré les mesures salutaires qu’on a déjà prises à ce sujet, il reste encore beaucoup à faire. ss Le peu d’instruction des employés forestiers est la source principale du mal qui existe, et je ne me borne pas aux forestiers subalternes , j’entends particulièrement parler des employés supérieurs, dont la plupart 11’ont pas les connaissances positives nécessaires à leur état. » Cependant , toutes les mesures conservatrices du gouvernement, les connaissances les plus profondes de la direction générale , resteront sans effet, si les premiers employés ne connaissent pas leurs fonctions. Les forestiers subalternes, tels que le garde à pied , le garde à cheval, 11e sont que des instrumens dirigés par leurs supérieurs, le garde général, l’inspecteur et le conservateur. Il faut donc que ceux-ci soient instruits, chacun, du moins, autant que l’exige la place qu’il occupe. x Le seul moyen d’obvier à cette pernicieuse ignorance, c’est d’établir des écoles d’instruction. Ce n’est pas la pratique seule qui constitue le bon et habile forestier, il lui faut des connaissances positives , basées sur des principes théoriques. Ces connaissances positives ne consistent pas non plus uniquement dans une sèche nomenclature d’une partie de l’histoire naturelle ou de la botanique: il y a encore beaucoup d’autres connaissances dont un vrai forestier ne peut se passer. » M. van liecum rappelle ensuite que l’on a établi en France des écoles publiques pour le génie militaire , le génie civil, celui de la marine et pour les ponts et chaussées , pour la médecine , le droit et les arts et métiers, etc. , etc. « L’administration des forêts , ajoule-t-il , cette science basée sur des principes raisonnés et certains, ne devrait-elle pas être placée clans la même catégorie? Ne doit-elle pas être étudiée par ceux cjui demandent à y être employés? Ce ne serait pas seulement le moyen de faire respecter cette branche d’administration, ce serait aussi celui de la faire marcher avec succès, jv 11 dit qu’il existe des forestiers instruits parmi les employés supérieurs, mais que dans cette classe on trouve aussi des préposés qui 11’ont pas les connaissances nécessaires à leurs fonctions. Enfin il voudrait que l’on ne demandât que les places vers les- 2 IO ÉCO quelles on aurait dirigé ses études, et que l’on ne vît plus l’administration des forêts , l’une des plus intéressantes pour l’état, servir de refuge à des personnes peu instruites. Les observations de M. van Recum pour démontrer l’utilité des écoles forestières , sont les mêmes que celles présentées par M. Burgsdorf dans son Manuel forestier, dont nous avons donné la traduction , et par plusieurs auteurs allemands. Elles sont suivies d’un plan calqué aussi en grande partie sur celui des écoles d’Allemagne ; mais on remarque que M. van Recum exige même plus que dans ce pays , où cependant l’on porte assez loin la recherche de la science. Il propose, 1 °. l’étude de l’histoire naturelle dans ses trois règnes , minéraL, animal et végétal, auxquels il ajoute l’étude des fossiles, qui sont des substances animales ou végétales altérées par leur séjour dans la terre ; 2 °. celle de la physique générale et de la physique particulière des corps , qui comprend la chimie; 3°. celle des mathématiques , dans lesquelles il renferme l’arithmétique, l’algèbre, la géométrie, la trigonométrie, la mécanique, la statique , l’hydrostatique , l’hydraulique , l’architecture civile et navale ; 4°- celle de la technologie forestière , qui est la connaissance de l’usage et de l’emploi qu’on fait des bois dans les arts et métiers ; 5°. celle de la jurisprudence ; 6°. celle du dessin et du levé des plans. M. van Recum réduit, à l’exemple de Burgsdorf, les sciences dont on vient de parler, à ce qu’elles ont d’utile pour les forêts , et il ne propose pas de les faire étudier dans toute leur étendue par les élèves forestiers ; ce qui serait d’ailleurs aussi impossible qu’inutile. Il veut même que l’on gradue l’instruction selon les fonctions que chacun devra remplir. D’après son plan, il y aurait deux années d’études , et deux cours par année. Chaque cours serait dirigé par quatre professeurs , ce qui ferait seize par école, s’il y avait un professeur par chaque classe peur la même science ; mais comme le même professeur ( de mathématiques, par exemple) peut tenir les première et deuxième classes de cette science dans la même année, soit en alternant les jours, soit en déterminant des heures différentes dans le même jour pour chaque classe , il s’ensuit que le nombre des professeurs se réduirait à huit par école forestière. Mais ce nombre serait encore bien considérable , et donnerait lieu à de grandes dépenses, si, comme le propose M. van Recum , on établissait autant d’écoles qu’il y a de conservationsforestières. il est vrai qu’on pourrait confier les places de professeurs aux inspecteurs les plus instruits, qu’on chargerait de l’enseignement de l’économie forestière , et à des arpenteurs pour le dessin , le levé des plans et même pour les mathématiques, et que ces agens, étant déjà rétribués par le gouvernement , n’auraient droit qu’à une indemnité pour ce surcroît de travail. Quoi qu’il en soit, je ne pense pas qu’on doive établir un si grand nombre d’agens enseignans. Trois professeurs seraient peut-être sufflsans; savoir, un pour les sciences naturelles, un pour les mathématiques et tout ce qui y a rapport , et le troi- ÉCO sième pour l’économie forestière et le droit forestier. Il y a même des écoles , en Allemagne, où un seul professeur enseigne toutes les parties de la science. Mais reprenons l’exposé des connaissances necessaires dans le service forestier. § 2 . — Des connaissances forestières et des causes qui en ont retardé les progrès. Il résulte de ce que nous venons d’exposer sur l’importance des connaissances en matière forestière, qu’on aurait dû en sentir toute la nécessité et qu’elles auraient dû faire de grands progrès. Cependant, il n’en est point ainsi, et l’art de bien administrer les bois est encore loin de la perfection à laquelle il peut être porté. Quelles peuvent être les causes qui ont en quelque sorte rendu stationnaire un art utile , au milieu du mouvement général des sciences et des autres arts ? D’abord , les bois ont été long-temps abondans et à vil prix, et pendant tout ce temps on ne s’est point occupé de la manutention raisonnée des forêts. En second lieu , il n’en est point de l’art du forestier comme de celui du cultivateur : le premier ne se perfectionne que par des expériences séculaires, tandis que la révolution d’une année est souvent suffisante pour rectifier la théorie du second , et apprendre au cultivateur ce qu’il doit craindre ou espérer de ses essais. Ce n’est que lorsque les défrichemens , les pâturages , les coupes arbitraires et vine consommation déréglée eurent amené la dégradation des forêts et considérablement réduit leur étendue, qu’on sentit la nécessité de les soumettre à un régime conserva- vateur. Alors le gouvernement et les particuliers, voyant que le prix du bois augmentait chaque jour, apprécièrent la valeur de ce genre de propriété et cherchèrent les moyens de l’améliorer. On traça quelques règles sur la manière d’exploiter les forêts, sur les saisons les plus convenables de le faire, sur les réserves à conserver, tant pour favoriser le repeuplement des coupes que pour s’assurer des pièces de service pour l’avenir ; mais ces premiers préceptes se ressentaient de l’ignorance et des préjugés du temps. Il suffit, pour s’en convaincre, de lire nos anciens régleinens et les premiers ouvrages écrits sur l’économie forestière. Ils consacrent souvent des pratiques que réprouvent aujourd’hui l’expérience et la saine physique. L’art du forestier resta long-temps dans l’enfance, et d’autant plus de temps que la vénalité des emplois les plaçait souvent dans des mains inhabiles. II ne commença à se développer que vers la fin du dix-septième siècle, époque où furent publiés les ouvrages de M. Defroidour. Cet auteur célèbre signala une foule de pratiques vicieuses dans l’aménagement et l’exploitation des bois ; mais si la grande expérience qu’il avait acquise comme praticien lui a fait découvrir beaucoup d’abus , le défaut de connaissance des principes de la physique lui en a voilé un plus grand nombre encore. Il était réservé aux Duhamel, aux Bnffon , aux Réaumur, de poser les principes de la science forestière ; mais les belles expériences de ces hommes célèbres ne répandirent leurs clartés que dans le cercle des savans et des académiciens, et on ne voit pus LCO un seul réglement auquel elles aient servi de base. La pratique fut long-temps abandonnée aux préjugés et à l’ignorance. La science était dans les livres, et la routine aveugle administrait les forêts; l’instruction, toujours si lente à se répandre quand on u’en fait point un devoir, n’allait point jusqu’aux forestiers, ou du moins si quelques-uns de ses rayons venaient à frapper et à éclairer un petit nombre de praticiens , ils étaient perdus pour la foule ; il était même dangereux de chercher à la propager , tant la force des préjugés maîtrisait la pratique. Cet état de choses n’a point encore disparu , et l’on peut dire qu’il ne disparaîtra absolument que lorsque l’instruction fondamentale sera devenue une condition expresse de l’admissiblité aux emplois forestiers. Alors, seulement, les profondes instructions de Duhamel, de Buffon, de Réaumur, de Varennes de Fenille , de Perthuis, de Burgsdorf, de Hartig, de Laurop et des autres savans forestiers de la France et de l’Allemagne, sortiront de la classe des propositions théoriques pour se répandre dans tout le système des opérations pratiques. Nous venons d’indiquer quelques-unes des causes qui ont retardé la marche des connaissances forestières. Elles ne sont point les seules. En effet, il ne suffisait point que les élémens de la science existassent, il fallait les réunir , les coordonner, en former un corps complet de doctrine ; il fallait surtout que la loi imposât l’obligation d’examiner les aspirans. aux places forestières sur les principes ainsi déterminés de l’état qu’ils voulaient embrasser; niais aucun réglement n’a fixé l’instruction qu’on devait exiger, et cet oubli a été l’une des premières causes du défaut d’instruction des anciens préposés à l’administration des bois. L’ordonnance de 1669 a fait tout ce qu’il était possible qu’elle fît alors, et on ne peut imputer à ses rédacteurs de n’y avoir pas introduit des principes plus développés sur l’économie forestière, lis n’ont pu y renfermer que des dispositions correspondant au degré des connaissances alors existantes. Cette ordonnance, considérée comme un réglement de police , est un des beaux monumens de la législation ; mais si nous l’envisageons sous le rapport de la partie physique et économique des bois , son insuffisance se manifeste de toutes parts. Elle exige bien que les officiers des forêts connaissent les dispositions judiciaires et administratives qu’elle renferme, et qu’ils soient instruits du fait des ea ux etforets ( tit. I er ., art. 16, et tit. II, art. 1 ). C’est ce fait des eaux et forêts , cette matière, qu’il eût été à désirer qu’elle fixât, ainsi que l’examen à faire des candidats, sur les sciences physiques et mathématiques utiles à la science. Quant aux gardes, ces surveillans continuels qui, par leurs observations, seraient à portée de donner d’utiles renseignemens aux officiers supérieurs , et de faire ou de proposer des améliorations raisonnées , s’ils avaient un certain degré d’instruction, l’ordonnance exige seulement qu’ils sachent lire et écrire ( tit. X , art. a). On sent toute l’insuffisance de ces dispositions, quoiqu’on doive croire qu’il est dans l’esprit de ce réglement que les emplois ne soient réellement conférés qu’à des hommes instruits. Une autre cause a, dans ces derniers temps, porté ÉCO 11 une atteinte funeste au désir de l’instruction , en même temps qu’à l’émulation. Les emplois forestiers furent exclusivement réservés pour récompenser des services bien recommandables sans doute , mais qui n’avaient aucun rapport avec le service forestier. Un usage semblable s’était introduit en Prusse; il a été réformé par une ordonnance du souverain , qui, à son avènement au trône, déclara que les emplois seraient conférés dans le seul intérêt des forêts, et non exclusivement à titre de récompense. Et en effet, dit à cette occasion M. de Burgsdorf, le souverain d’un pays riche et florissant manque-t-il de moyens plus convenables et moins dangereux de récompenser de fidèles sujets qui ont passé leur vie au service militaire ? 11 existe un autre obstacle à l’amélioration de l’économie forestière, et qui tient immédiatement à une disposition de la loi. L’ordonnance de 1669 et la loi du 28 septembre 1791 veulent qu’on ait vingt-cinq ans accomplis pour être admis à un emploi forestier, même à celui de simple garde. II résulte de cette disposition que la difficulté d’atteindre un âge aussi avancé pour se faire un état, détourne ceux qui auraient du goût et des dispositions pour la partie forestière , et qu’il se présente souvent, pour remplir les places, des hommes que des circonstances ont privés de leur première profession , et cpii ont par conséquent passé une partie de leur vie dans des occupations étrangères à celles qu’ils embrassent. Or, il est bien difficile à un homme qui n’a aucune idée des fonctions dont il se charge j à vingt-cinq, trente et quarante ans, d’y acquérir de la capacité. Il est plus présumable qu’il restera étranger, indifférent même aux connaissances d’un emploi qu’il n’a recherché que par besoin ou par désoeuvrement ; ses pensées se reporteront toujours [sur ses premières occupations, car il n’appartient qu’au zèle de la jeunesse et à une éducation spéciale d’imprimer ce goût, cette passion du métier , qui fait surmonter les premières difficultés et embrasser toutes les parties de son art. Il faut une activité d’esprit bien rare pour suppléer à cette condition. La vérité de ces observations et leur application à la partie forestière ne peuvent être contestées. § 3 . — De la nécessité de former des sujets pour les emplois forestiers. Nous avons dit que le seul moyen de former des sujets instruits était d’établir des écoles forestières, parce que la pratique, si elle n’est basée sur les principes de la théorie, n’est souvent qu’une routine et un tissu d’erreurs ; et nous avons vu qu’il existait des écoles pour un grand nombre de services publics, auxquels le service forestier peut être assimilé par son importance et par les connaissances qu’il exige. Nous avons aussi rapporté les opinions de ceux qui ont combattu le projet de ces écoles, lis ont dit qu’il était de la nature de la science d'enfanter des systèmes, et ils se sont appuyés de cette opinion pour soutenir qu’en l’introduisant dans l’administration des forêts , on y introduirait à-la-fois un esprit dangereux d’innovation. Ils ont pensé, d’ail- 12 ECO ÉCO leurs, que les écoles forestières pourraient être suppléées par les écoles ordinaires , où l’on enseigne les sciences naturelles, les mathématiques et le droit. Enfin ils veulent que l.i lecture des bons ouvrages forestiers , et un noviciat dans les forêts , auquel on soumettrait les aspirans, puissent remplacer les cours publics. Il est facile de réluter toutes ces opinions. La pcience est bien moins nuisible que l’ignorance dans tous les cas possibles ; si elle s’égare quelquefois , la voix de l’expérience et de la raison la ramène bien vite , tandis que l’ignorance est sourde , et que la présomption, sa compagne ordinaire , applaudit toujours à sa marche. Les écoles publiques ne peuvent pas suppléer au défaut d’écoles forestières , parce que les élèves seraient obligés de parcourir un cercle beaucoup trop étendu. L’art du forestier ne se compose que de quelques portions des sciences, et il faudrait poulies acquérir, suivre des cours entiers dans chaque genre. D’ailleurs, il n’y a point d’école où l’on enseigne l’économie forestière proprement dite. 11 est donc bien plus simple de réunir dans un corps unique d’instruction tout ce qui, dans les sciences, peut être utile à un forestier, et d’en faire l’objet de ses études spéciales. Prenons pour exemple la botanique. Un forestier n’a besoin de connaître que les arbres, arbustes, et les principales plantes qui composent les forêts ou qui peuvent y être cultivées ; et cependant il ne parviendra à cette connaissance, dans les cours ordinaires de botanique, qu’après avoir parcouru toute la série des plantes. Il en est de même de la minéralogie, de la zoologie, de l’étude du droit, des mathématiques, etc., etc. Quant à la lecture des ouvrages forestiers, elle ne peut nullement remplacer un cours réglé d’études , d’abord parce qu’elle exige, pour être fructueuse , des connaissances déjà acquises et même de la pratique; en second lieu, parce que les différentes parties de la science se trouvent disséminées dans un grand nombre d’ouvrages où l’erreur est quelquefois à côté de la vérité , parce qu’il faudrait, pour retirer d’utiles instructions de cette lecture , un jugementcapable de discerner ce qui est conforme à l’expérience, de ce qui n’est basé que sur des hypothèses , et parce que, sans un guide éclairé et sûr qui fasse connaître les motifs des principes généraux, il est souvent difficile de distinguer les applications justes et utiles qu’on doit en faire , des fausses conséquences qui peuvent se présenter à l’esprit peu exercé. Rien de plus commun, en effet, que de voir des personnes qui partent d’un principe vrai pour faire une mauvaise opération. Nous avons sans doute de bons ouvrages qui peuvent nous éclairer sur diverses parties de l’économie forestière, et l’on doit placer au premier rang ceux de notre savant Duhamel, qui forment le recueil le plus étendu (Inobservations et d’expériences relatives aux bois. Mais quel sera l’homme assez dévoué à son art et assez studieux pour aller chercher dans la foule des écrits les lumières dont il aura besoin ? Et en supposant qu’il puisse s’y déterminer, aura-t-il la faculté de se les procurer? Aura-t-il même le temps, au milieu de ses occupations ordinaires, de se livrer à cette étude? L’expérience nous répond qu’à l’exception de quelques forestiers zélés, on n’en trouve point qui s’instruisent par ce moyen , et qu’assez ordinairement ceux qui se disent praticiens mettent très-peu d’intérêt à la lecture des ouvrages scientifiques. Au surplus, ce n’est point après qu’on a obtenu un état qu’on doit commencer à l’étudier, car c’est presque toujours aux dépens de la chose même que se fait cette étude. Il résulte de ces observations qu’un recueil méthodique des principes généraux publiés sur l’économie forestière, et l’explication de ces principes dans des écoles particulières, sont les premiers moyens de former des forestiers , et que la ecture des ouvrages, dans leur état actuel, ne peut procurer des connaissances exactes qu’à ceux qui auront passé par le premier degré d’instruction. Le noviciat de quelques années que l’on exigerait de la part de ceux qui se destineraient à des emplois dans les forêts ne serait utile que lorsque les élèves seraient placés sous des officiers qui posséderaient eux-mêmes les diverses parties qui composent la science forestière ; et comme , jusqu’à présent, on a été peu exigeant à cet égard , la mesure n’aurait que des résultats douteux pour l’avancement des connaissances. D’ailleurs , les moyens d’instruction dans les sciences ne se trouvent réunis que dans les grandes villes , et non dans la plupart des autres localités. Ainsi, les moyens que l’on a présentés comme pouvant tenir lieu d’ëtablissemens spéciaux , ne peuvent réellement remplir cet objet. La crainte des dépenses que pourrait occasionner l’établissement de ces écoles , ne doit pas l’emporter sur les avantages qu’il promet. Les fautes que l’ignorance fait commettre dans la manutention et la plantation des bois , sont souvent irréparables, et le tort qu’elles occasionnent est bien plus considérable que la dépense que nécessiterait l’instruction. Combien d’opérations importantes ont manqué, après avoir coûté des sommes énormes, pour avoir été mal dirigées, et combien les faux systèmes d’aménagement n’entrainent-ils pas de pertes dans les produits! Telle plantation n’a eu aucun résultat utile , tel aménagement a détruit les ressources de l’avenir, parce que les principes de l’art ont été méconnus. Il en est de l’économie forestière comme de l’économie rurale : c’est par l’homme que vaut la chose. Au surplus, on verra bientôt que les frais de ces écoles ne chargeraient pas beaucoup le trésor public. Ce que nous venons d’exposer sur la nécessité des écoles forestières, n’est point le résultat d’une imagination qui s’exagère la difficulté de bien administrer les bois. .Nos observations reposent sur des faits et sur l’expérience de ce qui se passe chez nos voisins. Il s’est élevé en Allemagne un cri général sur la mauvaise administration des bois de ces contrées. Les auteurs forestiers ont prouvé que jamais l’économie forestière n’y atteindrait le degré de perfection désirable, qu’autant qu’elle serait enseignée méthodiquement comme tant d’autres parties qui font l’objet de l’instruction publique. Leurs écrits ont fait impression sur l’esprit des souverains, et c’est aux institutions qui ont été formées à leur ÉCO ÉCO j3 instigation, que sont dus les progrès remarquables que la science forestière a faits en Allemagne depuis cinquante ans. Il existe un grand nombre de ces écoles , parmi lesquelles nous pourrons citer celles de la Prusse, de la Bavière, de la Saxe, de Wir- temberg, du pays de Nassau, de Saxe-Gotha, de Dillembourg et de Fribourg. On dit même qu’il en existe en Russie, etc. Nous savons que le bel état des forêts de Venise est dû non-seulement à l’excellent Code forestier de ce pays, mais encore aux écoles forestières. Nous allons indiquer les diverses parties qui constituent l’administration des forêts, et nous en déduirons les connaissances qu’elles exigent, en adoptant, à cet égard, les principes de MM. Hartig , de Burgsdorf et de van Recum, toutes les fois qu’ils seront compatibles avec notre système d’administration. Nous fondrons leurs observations dans notre travail, de manière à former un traité complet sur cet important objet. § 4- — Des différentes parties qui constituent le régime forestier. Le régime forestier a trois objets principaux , la conservation , l 'amélioration et l ’exploitation des forêts. I) y a deux sortes de services, le service intérieur des forêts et le service extérieur. Le premier comprend toutes les opérations qui se font dans le sein même des forêts , telles que les aménagemens, balivages, martelages , estimations, exploitations, améliorations, et tout ce qui a rapport à la surveillance et à la police intérieures. Le second service se compose de tout le travail qui se fait hors des forêts , c’est-à-dire de ce qui est relatif à l’administration proprement dite et au contentieux. Enfin le service est réparti entre les officiers de différens grades, qui opèrent tous pour les mêmes fins, et correspondent entre eux dans l’ordre hiérarchique. Chacun est responsable de ses propres opérations, et, de plus, garant solidaire des actes de son inférieur , dans le cas de négligence à prévenir on à constater ses erreurs ou ses fautes. § 5. — De la science forestière. L’instruction doit être proportionnée aux difficultés et à l’étendue des fonctions dans chaque grade. L’officier supérieur est obligé de connaître non-seulement tout ce qui concerne ses fonctions 2 >articulières, mais encore ce qui regarde celles des grades inférieurs : autrement ses opérations et sa surveillance seraient toujours incertaines. L’ensemble des connaissances nécessaires pour remplir toutes les parties de l’administration forme la science du forestier ; l’application de ces connaissances dans les opérations constitue l’économie forestière : ainsi, il y a entre la science forestière et l’économie forestière cette différence que l’une enseigne les principes théoriques d’après lesquels on doit conserver les forêts, les améliorer et en tirer le parti le plus avantageux , tandis que l’économie forestière consiste à mettre ces principes en pratique. L’une est donc la théorie et l’autre la pratique. La science forestière est une étude d’autant plus difficile, qu’elle se compose de parties empruntées à un plus grand nombre d’autres sciences, et qu'elle n’est point, comme les mathématiques, par exemple, une science d’une espèce simple. Elle puise ses élé- mens dans l’histoire naturelle, la physique, les mathématiques, la technologie, la jurisprudence, et dans toutes les autres sciences auxquelles se rattache plus ou moins son essence particulière. Nous allons indiquer les rapports de ces sciences avec l’administration des bois, les parties qui lui sont le plus nécessaires, et les degrés de connaissances que l’on doit exiger, d’abord des employés inférieurs , et ensuite des officiers supérieurs. Comme toutes les sciences s’enchaînent et s’en- tr’aident, nous suivrons l’ordre qui nous paraîtra le plus naturel et le plus avantageux dans les études. § 6. — Des connaissances nécessaires aux gardes. Les gardes doivent, pour bien remplir tous les détails de leur service , posséder plusieurs connaissances; savoir, I. Parmi celles que l’on enseigne dans les écoles ordinaires , la lecture, l’écriture et le calcul. II. Dans les mathématiques , les mesures de longueur, de superficie et de solidité, suivant l’ancien et le nouveau système. III. Dans l’histoire naturelle , i°. les caractères principaux qui distinguent les corps dans les trois règnes de la nature ; 2 U . quelques notions sur les climats et leur influence sur les plantes ; 3°. les différentes espèces et qualités des terrains , et leurs effets sur la végétation; 4°- l a description des arbres ; 5°. leur classification forestière et botanique. IV. Dans la partie économique des bois , les cultures des différentes espèces de bois, leurs qualités et l’emploi qu’on en fait dans le pays, leur valeur respective , les âges auxquels sont fixées les exploitations, les différens modes suivis pour les exploitations , les produits de toute nature que l’on tire des forêts, leurs usages et leur valeur; enfin tout ce qui peut concerner la manutention locale des bois confiés à ces gardes. On conçoit, d’après ces détails , combien il est important de conserver les gardes dans les mêmes postes, et combien un ancien garde peut être utile par les renseignemens qu’il est à portée de fournir. V. Dans la partie réglementaire et administrative , la connaissance des dispositions qui concernent leurs fonctions , la rédaction des procès-verbaux, leur affirmation, les citations, la tenue de leur livre-journal, les droits d’usage qui s’exercent dans leurs triages , et tout ce qui intéresse l’ordre et la police intérieurs. Les connaissances d’histoire naturelle que nous venons d’indiquer, sont celles que l’on exige en Allemagne des simples gardes, et que la plupart d’entre eux possèdent jusqu’à un certain degré de perfection. Elles ne sont pas, en effet, si difficiles à acquérir qu’on pourrait se l’imaginer, car nous voyons, tous les jours, des jardiniers qui connaissent les noms botaniques de plusieurs centaines de plantes , leurs descriptions , cultures et usages. 14 ECO §7. — Des connaissances nécessaires aux officiers forestiers. Les officiers supérieurs doivent posséder des connaissances beaucoup plus étendues, ainsi qu’on va le voir par l’exposé ci-après des sciences qui concourent, dans quelques-unes de leurs parties, à former la science forestière. I. Histoire naturelle. — L’histoire naturelle est la description des choses naturelles, c’est-à-dire de tous les corps dans leur état naturel. Cette science, la première dans l’ordre des sciences physiques , n’a d’autres bornes que celles de la nature elle-même. C’est dans ce vaste domaine que s’exercent tous les genres de connaissances et d’industrie. Elle est nécessaire dans différens degrés, suivant que les corps et les productions qu’il s’agit de connaître , de favoriser et d’exploiter, sont plus ou moins variés. L’ensemble des objets qui frappent nos sens constitue la nature. Ces objets se divisent en deux classes : les corps élémentaires ou la matière , et les corps organisés. Ces derniers se partagent, à leur tour , en corps inanimés et en corps animés. Les premiers sont les minéraux. Les corps animés sont les plantes et les animaux. Enfin tous les objets visibles de la nature se divisent en trois règnes, le règne minéral , le règne animal et le règne végétal. Cette division est suffisante pour l’objet dont il s’agit ici, quoiqu’elle ait été reconnue défectueuse par les naturalistes , à cause de la difficulté de tracer une ligne de démarcation entre chaque règne , et de classer plusieurs corps de la nature , comme l’eau, l’air et la lumière , et d’assigner un règne aux polypes de mer et aux lytophites, qui semblent appartenir aux trois règnes. Mais nous devons nous contenter des divisions les plus simples. Dans les trois règnes de la nature , la matière est toujours en mouvement ; elle s’agite, ainsi que tous les corps, dans un cercle continuel de reproduction et de décomposition. Les corps se forment de la matière, suivant les lois qui leur sont propres , et la matière se reconstitue par la décomposition des corps, sans que la quantité primitive soit jamais diminuée , bien que les proportions de la matière organisée et de la matière inorganisée ne soient pas les mêmes dans tous les temps. Il n’entre pas dans le plan de cet ouvrage d’examiner les divers élémens de la matière , que les physiciens ont découverts et décrits. Il nous suffit de remarquer que les plantes et les animaux reçoivent directement ou indirectement de la matière leur nourriture et leur accroissement, et qu’ils se décomposent ensuite par les changemens que l’art ou la nature opère dans la matière dont ils se sont nourris et fortifiés. Quant aux élémens invisibles de la matière, ils n’ont d’intérêt pour le forestier qu’en ce qu’ils contribuent à la nourriture des arbres dont l’éducation et l’exploitation lui sont confiées. L’histoire naturelle des forêts , si elle embrassait la description de tous les êtres qu’elle renferme , serait immense. Mais le forestier doit borner ses Ë CO études aux matières et aux productions dont la connaissance intéresse particulièrement l’économie forestière. Nous ne donnerons donc que des explications générales sur les trois règnes delà nature. i°. Le règne minéral comprend toutes les espèces de pierres et de métaux. Quant aux fossiles , qui sont des substances animales ou végétales altérées par leur séjour dans la terre, elles forment une classe particulière qu’on peut considérer aussi comme appartenant au règne minéral. Les objets de ce règne les plus importans à connaître par le forestier, sont les terres et les pierres qui forment la couche supérieure du sol. C’est dans cette couche de terre que les semences se déposent, que les racines se développent, s’appuient pour soutenir le végétal, et pour lui transmettre une partie des sucs nécessaires à sa nourriture. La nature de la terre et l’action des agens, tels que l’air, la chaleur et l’eau, qui la modifient, ont une grande influence sur la végétation , et ce n’est qu’en les étudiant que l’on parvient à connaître les cultures qui conviennent dans les différens cas. L’argile, la craie, la marne et le sable sont les élémens qui entrent dans la composition ordinaire des terres, et c’est de leur mélange plus ou moins parfait que dépend la fertilité du terrain. 11 faut qu’un forestier distingue ces différentes terres , connaisse leurs propriétés et les effets de leur mélange sur les diverses espèces d’arbres, pour y faire des plantations avec succès. La connaissance des métaux et des combustibles renfermés dans le sein de la terre, lui serait encore utile pour apprécier les ressources que les forêts peuvent présenter en ce genre. Tels sont les objets de la minéralogie forestière. 2 0 . Le règne animal comprend tous les animaux , dont plusieurs se retirent dans les forêts pour s’v nourrir et s’y-propager. Parmi ceux-ci, il y en a qu’il est très-important de connaître. On appelle animaux les corps qui sont organisés d’après des lois constantes et immuables, qui prennent leur nourriture par la bouche, qui le plus souvent se propagent par l’accouplement, qui sont ovipares ou vivipares, qui croissent par le développement des parties toutes formées qui se trouvent en eux-mêmes, qui presque toujours ont la faculté de se locomouvoir, et qui sont doués d’une sensibilité plus ou moins parfaite. Les animaux qui habitent les forêts, sur-tout les insectes , sont, pour la plupart , nuisibles à la reproduction et à la culture des bois ; nous en exceptons les oiseaux qui font la guerre aux insectes , et qui propagent les semences forestières. 11 faut que le forestier connaisse ces animaux , leurs mœurs et leurs habitudes, pour détruire ceux qui sont nuisibles , et protéger ceux qui sont utiles. L’étude des insectes nuisibles est d’une grande importance pour apporter du remède aux ravages qu’ils exercent, ou pour en arrêter les progrès, ün sait que les forêts résineuses sont particulièrement sujettes à ces causes de destruction , et qu’il arrive i5 ÉCO souvent que des étendues considérables de bois sont ravagées , parce que la cause du mal n’a point été connue des forestiers locaux. "V. Insectes. Des connaissances exactes et détaillées sur les principaux quadrupèdes, oiseaux et insectes qui habitent les forêts , font l’objet de la zoologie forestière. 3°. Le règne 'végétal renferme toutes les plantes, par conséquent toutes celles qui composent les forêts. On appelle plantes tous les corps de la nature qui sont organisés d’après des lois constantes , qui se nourrissent par un grand nombre d’organes, qui ont la faculté de se reproduire , faculté qui réside dans les organes de la fructification, qui portent des semences, qui croissent d’après des lois fixes , et qui sont privés de la faculté de changer de place. Ainsi, la différence qu’il y a entre les végétaux et les animaux, est en général très-sensible. Cependant, il y a des animaux qui, sous plusieurs rapports , se rapprochent des plantes, comme il y a des plantes qui participent des caractères propres aux animaux. On les appelle zoophites , mot qui signifie animal-plante, ou plante animale. Mais nous n’aurons point à nous en occuper. Les plantes se distinguent par des organes qui les ont fait ranger par classes, ordres, genres, espèces et -variétés. Le genre comprend tous les arbres, ou toutes les plantes qui présentent des caractères communs dans les principales parties de la fructification ; les espèces sont renfermées dans le genre , et se distinguent entre elles par des caractères plus particuliers ; enfin les variétés ne sont que des dégénérations de l’espèce, qui ne se reproduisent pas toujours par les semences , tandis que le caractère de l’espèce est de se reproduire constamment par les graines. La connaissance de ces caractères distinctifs forme l’objet de la botanique. Mais il ne suffit pas de connaître les caractères extérieurs des plantes et de pouvoir les classer suivant tel ou tel système, il faut encore étudier leur organisation , la nature et les fonctions des diverses parties qui les constituent, les moyens que la nature emploie pour fournir aux végétaux la matière qui leur sert de nourriture, les vaisseaux qui charrient la sève dans toutes les parties de la plante, et les autres organes nécessaires à la vie végétale , la manière dont s’opère l’accroissement en grosseur et en hauteur , les diverses maladies des plantes et leurs causes , la manière dont se fait la reproduction , les substances renfermées dans les végétaux, celles qu’on en tire pour les arts et la nourriture des hommes , en un mot ce qui constitue la physique végétale. Ces connaissances, appliquées aux forêts , forment la botanique forestière. Elles sont nécessaires par les résultats qu’elles peuvent avoir sur l’économie forestière , et principalement sur le succès des cultures. II. Physique. — La physique est la science des choses naturelles. Elle a pour objet de faire connaître les propriétés générales de tous les corps de la nature , les lois du mouvement, la mécanique,, etc. ÉCO Cette science reçoit son application dans tous les arts, et elle est particulièrement utile pour les opérations où il s’agit d’apprécier les propriétés des corps, leurs actions les unes sur les autres, et l’emploi des machines. Ces connaissances sont nécessaires dans l’économie forestière, par exemple, en ce qui concerne les effets des élémens et des climats sur la végétation des arbres , la qualité des bois sous les rapports de leur pesanteur , de leur élasticité , de leur dureté et densité , de leur combustibilité et des substances intérieures qu’ils renferment. i°. Les climats , la température résultant de la situation et de l’exposition des terrains, la nature de ces terrains , l’air et la lumière , exercent une puissante influence sur la végétation des arbres et sur la qualité des bois , et c’est parce que les forestiers ne calculent pas assez les degrés de cette influence , qu’ils commettent des fautes dans les exploitations et la culture des bois , et dans l’appréciation de leurs qualités. 11 leur importe aussi de connaître la direction et la force des vents , pour se conduire dans les exploitations , et pour ne pas planter des arbres à racines traçantes sur les montagnes exposées aux ouragans. 2 °. L’élasticité des corps en dirige l’emploi dans tous les arts. Ceci s’applique sur-tout aux bois. La pesanteur et la dureté sont souvent des qualités , mais quelquefois aussi des défauts dans les bois. Le forestier doit savoir les apprécier suivant les usages auxquels on les destine. 3°. Il doit aussi connaître l’intensité de chaleur que produit chaque espèce de bois par la combustion , et la qualité des charbons, pour se diriger dans son estimation et dans les calculs qu’il se propose de faire. 4°. Souvent il est nécessaire , pour apprécier les propriétés des corps , de les décomposer d’après les procédés de la chimie. C’est ainsi que l’on parvient à connaître les qualités des terres, les parties qui entrent dans la composition du bois, telles que le charbon, la potasse, les gommes et les résines. Cette partie de la physique , si elle n’est pas absolument nécessaire à un forestier, ne peut cependant que lui être utile. III. Mathématiques. — Les mathématiques ont pour objet les propriétés de la grandeur, autant qu’elle est calculable ou mesurable. Elles se divisent en deux classes : la première , qu’on appelle les mathématiques pures , considère les propriétés de la grandeur d’une manière abstraite. Si la grandeur est calculable , elle est représentée par des nombres , et, dans ce cas , les mathématiques pures s’appellent arithmétique. Lorsque la grandeur est mesurable, elle est représentée par l’étendue, et, dans ce dernier cas, les mathématiques s’appellent géométrie. La seconde classe s’appelle mathématiques mixtes : elle a pour objet les propriétés de la grandeur concrète , en tant qu’elle est mesurable. Du nombre des mathématiques mixtes sont la mécanique , Vhydrostatique, l’ hydraulique, l’ architecture , etc. Ces deux classes de mathématiques sont, dans de certains degrés, nécessaires au forestier. Il a besoin de savoir l’arithmétique, l’algèbre, la géométrie ECO 16 élémentaire et pratique, la trigonométrie. 11 faut aussi qu’il possède quelques connaissances de la mécanique , de la statique, de l’hydrostatique , de l’hydraulique et de l’architecture civile et navalp. i«. L’arithmétique , et F algèbre, qui est une autre arithmétique plus simple que le calcul par nombres, sont d’une grande nécessité dans les opérations forestières, sur-tout lorsqu’il s’agit de faire des estimations en fonds et superficie. 2°. La géométrie et la trigonométrie sont indispensables pour mesurer les forêts, les diviser par coupes et en lever le plan ; et quoique des géomètres soient chargés de ces opérations , il est nécessaire que les officiers forestiers soient en état de les exécuter eux-mêmes , pour pouvoir les vérifier ou opérer dans plusieurs circonstances : par exemple , lorsqu’il s’agit de s’assurer de là contenance réelle d’une coupe, pour contrôler l’arpenteur, et de celle d’un terrain à cultiver, pour déterminer la dépense des plantations, la quantité de plants et de semences à employer. Ils en ont besoin aussi pour le cubage et l’estimation des bois , tant de ceux qui sont sur pied, que de ceux abattus. Il faut qu’il puisse calculer combien tel arbre donnera de stères en bois de construction ou en bois d’œuvre , combien de planches , de lattes , etc. C’est l’objet de la stéréométrie. 3 °. La mécanique, qui enseigne l’art de faire mouvoir les corps et de les transporter à l’aide de machines, devient utile lorqu’il s’agit de faire enlever des arbres d’une grandeur considérable , et de les transporter par des routes montueuses et peu praticables ; de fendre des blocs de bois ; d’arracher de gros arbres de terre ; enfin toutes les fois qu’il convient de faire agir des corps sur d’autres corps, et d’employer les forces motrices des premiers sur les seconds, pour obtenir les résultats qu’on se propose, avec le plus de facilité et dans le moins de temps possible. 11 en est de même de la statique, qui considère les corps et les puissances dans un état d’équilibre. 4 °. Les forêts sont bornées ou traversées par des fleuves , des rivières , des torrens , des ruisseaux , des fossés. Il faut empêcher les cours d’eau de franchir leurs limites, ou les diriger et les employer d’une manière utile. C’est l’objet de l’hydraulique et de l’hydrostatique. La première enseigne l’art de conduire les eaux et de les contenir par des canaux et des aqueducs. Elle comprend l’architecture hydraulique , qui est l’art d’établir des constructions sous l’eau et dans l’eau , telles que des digues, môles , écluses , ponts, etc. L’hydrostatique est la partie de la statique qui a pour objet les lois de l’équilibre des fluides , et qui nous fait connaître la pesanteur des corps liquides et des corps solides qui doivent surnager , comme les bois qu’on destine à être flottés. Ces différentes parties des mathématiques, qui sont détaillées dans le Manuel de M. Burgsdorf, en ce qu’elles concernent les forêts , sont exigées en Allemagne des officiers forestiers pour ordonner des constructions contre la force des eaux , conserver et entretenir les rivières , changer ou rétrécir leur cours , établir ou faciliter un flottage , rendre plus EGO sur et plus gçminode le transport des bois ou Je passage (J’uqerivièrq, for nier des nivellemens, opérer des deyséclieme/is,te. 6 °. demandes en bois de cpnstractiop que l’on fait à un forestier, comme dans les cas d’affouage. de, droits d'usage, et dans tous les autres cas , ne seront jamais bien appréciées ni bien remplies , s’il n’a pas quelques connaissances de la qualité et de la quantité des bois nécessaires à chaque partie d’un bâtiment. Il a donc besoin de connaître l’emploi des bois dans l'architecture civile. Il en est de même pour la construction des bâti- mens de mer. Un forestier instruit à cet ég^rd sayira rendre compte des ressources cpie les forêts, présentent pour la marine , surveiller les abus qui se commettraient dans l’exploitation, la réception ot# le rebut des bois de ce genre, réserver comme baliveaux les arbres qui offriraient des configurations avantageuses , et propose^ les mesures les plus propres à accroître les ressources en bois de marine. Enfin on peut dire la mèmè chose des bois propres aux arsenaux de l’artillerie. IV. Technologie. — La technologie est la science qui traite des arts eii général. La partie de cette science qui concerne les-forêts a pour objet de faire connaître l’usage et l’emploi qu’on peut faire des différentes espèces et qualités de bois , et la manière la plus avantageuse de lés débiter, Les Traités de Fexploitation et du transport des bois, par Duhamel, forment une Véritable technologie forestière. Lu forestier instruit doit connaître quels sônt les bois propres aux arts , aux diverses professions , comme l’ébénisterie, la menuiserie, le charronnage , la charpenterie , la boissellerie , la ràclerie , la tonnellerie, la vannerie, etc. Il lui importe de connaître ceux dont on fait le charbon pour la poudre à canon , ceux dont on tire le tau et les résines C’est par ces connaissances qu’il saura apprécier la valeur des bois, et l’importance de la plantation dt telle ou telle espèce. Il doit pouvoir apprécier l’utilité des usines pour l’industrie du pays , et dans quel cas leur suppression serait commandée par l’état des forêts., La connaissance des instrumens propre^ à la culture, à l’exploitation et au transport des bois, est encore indispensable au forestier. Enfin il y a plusieurs productions que l’on tire des forêts , dont il doit connaître l’emploi pour en apprécier la valeur : tels sont les fruits et les graines propres à la nourriture des hommes et des animaux , à la fabrication de l’huile, à la teinture et à divers autres usages économiques. Ce n’est qu’autant qu’il aura quelques connaissances des arts et métiers qui font emploi de ces produits, qu’il pourra juger du parti que l’on pourra en tirer, et par conséquent de leur valeur La technologie forestière se compose , comme on le voit, de connaissances très-variées, qu’on ne peut acquérir sans avoir auparavant étudié,l’histçire naturelle et les mathématiques. V. Dessin. — L’art du dessin consiste à imiter , par des traits avec la plume , le crayon ou le pinceau , la forme des objets que la nature offre à nos yeux. Il fait nécessairement partie des connaissances. LCO ÉCO que doit posséder un forestier, puisque, sans son secours , il ne saurait faire un usage complet des mathématiques, dont nous avons dit qu’il avait besoin. C’est par le dessin qu’il pourra lever le plan d’une forêt ou de quelques-unes de ses parties, toutes les fois qu’il s’agira de contestation sur la propriété, de travaux à exécuter, et de toutes autres opérations où les personnes qui ne sont'pas sur les lieux ne peuvent juger qu’à l’aide d’un plan. La connaissance du dessin est d’ailleurs nécessaire pour bien entendre les opérations des géomètres et pour les vérifier. A I. Jurisprudence. — La jurisprudence est la science du droit, c’est-à-dire de tout ce qui est conforme aux lois et aux principes de justice qui servent à régler nos intérêts. La jurisprudence est aussi la connaissance des décisions rendues par des cours souveraines sur certains points de procédure, ou sur certaines questions. C’est ce qu’on appelle la jurisprudence des arrêts. Les ordonnances, les lois, les réglemens , les coutumes, les arrêts, les décisions, etc., relatifs au domaine en général, à celui des forêts en particulier , à la chasse et à la pêche , forment la base de la jurisprudence forestière. Les principaux objets de cette jurisprudence sont la conservation, l’administration et la police des forêts. Elle renferme par conséquent tout ce qui a rapport à la propriété , aux droits d’usage dans les forêts , à la répression des délits, et aux fonctions des employés de tout grade sur ces divers objets. Cette partie des connaissances nécessaires à un forestier est celle qui a été le moins négligée en France , peut-être parce que nos réglemens présentaient , sous ce rapport, des moyens d’instruction sûrs et faciles, ou peut-être parce que l’esprit du Français le porte plus volontiers vers l’étude des lois que vers celle des sciences physiques et mathématiques , ou peut-être enfin parce que cette science a moins besoin d’être démontrée que les autres, et que la pratique peut, jusqu’à un certain point, suppléer à des cours d’étude réguliers. Quoi qu’il en soit, il se commet encore beaucoup de fautes par l’ignorance des principes du droit forestier et de l'art de la discussion , et ce n’est que par l’enseignement public que l’on peut répandre sur cet objet important des lumières suffisantes, et mettre les officiers fores tiers en état de juger des droits du gouvernement, de défendre ses intérêts , et de n’engager les actions judiciaires et administratives qu’avec les précautions et suivant les formes qui doivent en assurer le succès. § 8. — Ecoles forestières. Les sciences et connaissances dont nous venons de faire l’énumération , exigeraient de longues études si elles n’étaient pas restreintes à ce qui est strictement nécessaire à l’art d’administrer les bois. Mais nous avons indiqué les parties de ces sciences qui sont les plus utiles. Deux années d’étude seraient suffisantes , et c’est dans cet espace de temps que nous allons circonscrire les cours pour les différentes branches de la science forestière. Tome II. Cependant comme , dans un laps de temps aussi court, on ne peut acquérir que des connaissances élémentaires, il nous paraît que l’on devrait exiger trois ans d’étude de la part de ceux qui se destineraient à des emplois supérieurs , à partir de celui de garde gén'ral , à moins que les élèves avant leur admission à l’école, ne possédassent déjà les premiers élémens des sciences les plus nécessaires. Les sciences qui doivent former l’objet de l’enseignement sont en grand nombre , et exigeraient un pareil nombre de professeurs s’il s’agissait de les enseigner complètement; mais comme il ne s’agit que de donner des principes sur ces différons objets, on pourrait charger chaque professeur de faire plusieurs cours. Il nous parait, ainsique nous l’avons déjà dit, que le nombre de ces professeurs serait suffisant s’il était fixé à trois pour toutes les parties de l’enseignement ; savoir, i°. un professeur pour l’histoire naturelle; 2 °. un pour les mathématiques et l’arpentage ; 3°. un professeur pour l’économie forestière et la jurisprudence. première année d’étude. —Semestre d’hiver. { L’histoire naturelle dans les trois règnes , zoologie , minéralogie, physique végétale. Le professeur de mathématiques, i Les mathématiques pures et pratiques , la géométrie élémentaire, le dessin. La stéréométrie ou le cubage des bois. Le professeur d’économie forestière. (Les principes généraux de < l'économie forestière. (La jurisprudence forestière. Semestre d’été. i°. La botanique forestière, avec des explications dans les jardins de botanique et dans les forêts ; continuation de la zoologie et de la minéralogie ; 2 °. Continuation du cours de mathématiques; 3°. Continuation des cours de géométrie et de stéréométrie ; 4°. Continuation du cours d’économie forestière , et explications dans les forêts mêmes sur les diverses opérations de culture, aménagement, exploitation, martelage , balivage , estimations , etc ; 5°. Continuation du cours de jurisprudence. seconde année. — Semestre d’hiver. i°. Reprise du cours de physique végétale , de zoologie et de minéralogie ; 2 °. Reprise du cours de géométrie; 3“. Les mathématiques, en ce qu’elles concernent les parties de l’architecture civile et navale , et de l’hydraulique, applicables à la science forestière , la continuation du dessin pour la levée des plans ; 4°. La technologie forestière et la continuation de l’économie forestière; 5°. Reprise du cours de jurisprudence. 5 18 ECO ECO Semestre d’éte. Les mêmes cours que pour le semestre «l’été.de la première année. Cetlc deuxième année serait doublée si les élèves avaient été admis sans posséder les premiers élémens des sciences. Les besoins de l’instruction exigeraient l’établissement de plusieurs écoles ; mais il convient d’abord d’en former une principale sur le plan que nous venons de tracer , et de l’établir dans le lieu qui présenterait le plus de ressources pour l’enseignement et pour l’instruction des élèves. Ceux qui en sortiraient seraient répartis, à mesure des vacances, dans les différens arrondissemens forestiers , et, autant que possible, sous les chefs les plus instruits dans la pratique , pour y compléter leur éducation forestière. Des écoles secondaires. Il serait ensuite établi des écoles secondaires dans ceux des chefs-lieux de conservations qui présenteraient le plus de moyens pour l’instruction, soit par les jardins botaniques qui s’y trouveraient, soit par la bonne administration des bois. Ces écoles secondaires ne seraient destinées qu’à former des gardes ou des élèves pour l’école principale. Elles seraient dirigées par les principaux agens et géomètres forestiers de l’arrondissement ; les frais de l’instruction seraient à la charge des élèves ; la durée des cours et leur objet seraient bornés à ce que nous avons dit relativement aux gardes ; les professeurs examineraient les élèves à la fin de la seconde année d’étude, et leur délivreraient des certificats de capacité. De la nomination des professeurs de l’école principale , et de leur traitement. Il serait ouvert un concours pour les places de professeurs de l’école principale. Un jury d’examen serait chargé de les présenter à la nomination de l’autorité. Comme le nombre des professeurs serait réduit à trois , et que leur traitement pourrait être fixé à raison de 3 ,oco fr. , la dépense pour cet objet ne dépasserait pas 9,000 fr., à quoi il faudrait ajouter pareille somme pour les frais de l’établissement, la culture d’un jardin d’expériences , le salaire du jardinier et autres frais. Des conditions pour l’admission des élèves à l’école principale. Comme les emplois seraient réservés aux élèves, il est important, pour leur intérêt et pour celui de la chose, de n’admettre dans les écoles que des sujets qui présenteraient les conditions nécessaires pour profiter de l’instruction et mériter les emplois. A cet effet, il serait ouvert, tous les ans, au commencement du cours général, un concours pour l’admission des élèves ; ils seraient examinés par un jury composé de personnes instruites dans les différentes parties de la science. Les conditions pour être admis seraient: i°. d’être âgé de dix-huit ans, au moins, et de vingt-deux au pins ; 8°.' de savoir l’arithmétique ; 3 °. d’écrire correctement; 4 °’ ‘Pètre d’une bonne constitution. ; - On préférerait parmi les élèves destinés aux emplois supérieurs ceux qui auraient fait leurs humanités. ILpouirait être admis des élèves pour leur instruction particulière ; ceux-ci 11e séraient soumis à 791, tit. 1 er., art. 6, a changé l’état de la législation sur les bois des particuliers. Deux arrêts notables du conseil ont dérogé à la disposition de l’article ci-dessus,. pour dès localités particulières, à raison des besoins des tanneries ; le premier est du 8 février 1672, pour la principauté de Château-Regnault, et le second, du 3 o mai 1702, pour le duché d’Harcourt. V. ces arrêts au Recueil. Les marchands de bois de la forêt de Vouvant, et les tanneurs des départemens de la Vendée et des Deux-Sèvres, ont exposé, en 1820, que des procès- verbaux étaient rédigés contre eux, parce que leurs ouvriers suivaient l’usage pratiqué dans cette forêt, dé peler les bois debout ; ce qui était beaucoup plus expéditif que de les peler après l’abatage; et ils ont demandé à jouir des exceptions accordées par les arrêts du conseil. des 8 février 1672 et 3 o mai 1702 , à la principauté de Château-Regnault et au duché d’Harcourt. Une décision ministérielle, du 24 mai 1820, a accueilli leur demande sous les conditions, 1°. qu’avant de pratiquer l’écorcement, il sera fait, au pied de l’arbre ou brin de taillis, et le plus près de terre possible,une incision circulaire bien nette, et d’une largeur suffisante pour que le déchirement de l’écorce ne se communique point aux racines ; 2°. que l’adjudicataire fera abattre les bois écorces dans le jour même de l’écorcement ; 3 ”. que le défaut d’exécution de ces précautions donnera lieu aux peines prononcées par l’art. 28 du tit. XXVII de l’ordonnance de 1669, contre ceux qui pèlent les bois sur pied sans autorisation. Le cahier des charges pour les adjudications des coupes réitère la défense aux adjudicataires de peler ni écorcer aucun des bois de leurs ventes , à moins que le procès-verbal d’adjudication n’en contienne la clause expresse. ( Art. 5 i.) Il ajoute qu’aucun bois ne sera écorce sur pied ; que les ramiers en provenant seront relevés et façonnés avant le 10 juillet. (Ib. ) Quant aux arbres à écorcer, ils doivent être coupés et abattus avant le i 5 juin. (Ib. , art. 49 - ) L’usage où l’on serait, dans une forêt, de faire dos écorces ne pourrait excuser un adjudicataire d’avoir suivi cet usage, s’il n’y était formellement autorisé par son acte d’adjudication. (Décis. minist., du 4 mars 1818. ) Il est défendu d’exporter des écorces , et ce n’est que d’après des autorisations spéciales du gouvernement qu’il peut être dérogé à cette défense. V. les ordonnances du roi , des 10 novembre 1819, et 3 o août, 20 octobre et 29 novembre 1820. Deuxième Section. — Des écorces d’arbres forestiers qui s’emploient dans les arts , et de la manière de les lever sur les arbres. L’écorce des arbres est d’une grande utilité dans les arts. I. Celle du chêne forme la matière principale que l’on emploie dans les tanneries. L’écorce des jeunes tiges et des taillis est beaucoup plus riche en tannin que celle des gros arbres; cependant on emploie aussi cette dernière , à défaut d’autre , sur - tout quand elle est unie , vive et brillante. Lorsque les boutons se gonflent , c’est-à-dire lorsque la sève est en mouvement, ce qui arrive vers la fin d’avril et le commencement de mai, on procède à l’enlèvement de l’écorce des taillis. Cet écorcement dure jusqu’au moment où les feuilles sont entièrement développées. L’enlèvement de l’écorce diminue à la vérité le volume du bois; mais comme un pied cube d’écorce se vend trois et jusqu’à six fois plus cher qu’un pied cube de bois, l’avantage est toujours considérable. 3 * 20 EGO ECO Four enlever l'écorce des taillis, les bûcherons emportent avec leur serpe toutes les branches qui partent du tronc, font ensuite, avec le même outil, une coupure circulaire au haut et au bas des troncs des jeunes chênes qui ont depuis 6 jusqu’à 12 et i 5 pouces de circontérenco, puis fendent l’écorce avec leur serpe dans toute la longueur du tronc , passent un outil de fer ou de bois dur qui ressemble i à une spatule , et dont le plan est un peu recourbé 1 , eritre le bois et l’écorce , qui, dans cette saison , se détache aisément du bois. Vers le soir, on ramassé ces écorces , on les met l’une dans l’autre , pour en faire des paquets, qui se resserrent à mesure que les écorces se dessèchent, et la vente s’en fait à ceux qui Ont des moulins à tan. En Allemagne , 011 écorce les arbres sur pied : on cerne, comme en France, le pied des arbres aussi près de terre que possible , et on fend l’écorce plu - sieurs fois du haut en bas de l’arbre , en prenant d’aussi haut que l’on peut atteindre; puis on arrache à la main les bandes d’écorce, qu’on laisse pendre à la partie supérieure de la tige. Peu de temps après, on abat les arbres dont le pied est déjà dépouillé, on achève l’écorcement sur le reste de la tige et sur les branches. 11 arrive souvent, dans cette méthode , que l’ouvrier, 11e pouvant pas cerner l’arbre tout près de terre sans se gêner un peu , arrache l’écorce aussi profondément qu’il le peut, et qu’il dépouille même les racines ; pratique qui est extrêmement nuisible, sur-tout quand le sol est maigre et pierreux , parce que les racines, qui , dans ce cas, tracent jusqu’à la surface de la terre, se dépouillent facilement et deviennent par là incapables de reproduction. On a reconnu que l’enlèvement de l’écorce diminuait d’un sixième à un huitième la mesure ordi naire d’une corde de bois. 11 faut communément 6 à 8 cordes de bois pour faire un cent de bottes d’écorce ; c’est - à - dire 8 cordes pour les bois de vingt ans et au-dessus , et 6 cordes lorsque les taillis sont plus jeunes. Les tanneurs ou ceux qui ont des moulins à piler l’écorce , la font broyer avec de grosses meules verticales , comme celles des moulins à cidre ; d’autres avec des pilons. Quand elle est pulvérisée , o passe par des cribles ; ce qui passe au travers est du tan , propre à mettre dans les fosses de tanneurs ; ce qui reste, sur le crible se repasse au moulin. Le prix des écorces suit ordinairement celui des bois : ainsi, observe Duhamel, si la corde de bois se vend 26 fr., le cent de bottes d’écorce se vendra 124 fr. , et ainsi à proportion, suivant les différens endroits et le cours des marchandises. Beaucoup de propriétaires ont peine à accorder aux marchands la permission d’écorcer leurs bois sur pied, dans la crainte que cette opération, qui ne se fait guÿre que vers la fin de mai, ne retarde l’abatage , et nç fasse tort au recru des souches, quoiqu’il soit d'expérience que la plupart des souches repoussent avant la fin de l’année quand le? bois sont abattus aussitôt après qu’ils sont écorces ^mais comme on pérd la moitié d’une feniUô f ils peuvent avairrajson.de ne pas le pérrqeftre, et c’est sans doute pour ce motif qu’il est défendu de lever l’é ‘ corce sur pied dans les bois de l’étât. Dans les années fraîches et humides, l’écor®- ment se finît'facilement, aussitôt après que les bdh sont abattus; mars cette opération coûte plus dur, et dans tes. années sèches et hMeusesi, elle est soà- vent impraticable : c’est pour cela que les marchands ne veulent pas courir le risque de perdre leur écorte, en ne consentant à la {aire lever qu’après que le bois est abattu. Ainsi c’est au propriétaire à chercher à se dédommager de la perte qu’il fait d’une demi-lèui’le, sur le prix du bois qu’il vend , et à avoir une graille attention à ce qu’on abatte les àTbrefe Aussitôt qu’il; ont été écorces. T>( ' M ’l’ IL Le ’cb’éne-liége fournit line écorce dont tôtil 1 le monde ronnalt l’usage, laqéfclle'js’c régénéré facilement sur l’arbre. V. Chêne: 1 III . L’ écorce du bouleau est égulemètit Employée par les tanneurs, ^ur-touten j^llemagne; ils l’emploient c onjointement avec celle du clrèhe pour le tannage dès cuirs forts. On l’enlève des gros bouleapx qui Spnt eritore soi pied , et qui 11e peuvent plus 1 repousSer de Souche. Celte opération doit se, faire au printemps, après quoi on ahat les bouleaux. La valeur de l’écorce du bouleau est à'celle du chêne comme un est à 3 . L’enlùvoment de l’écorce occasionne un huitième de diminution dans le volume du bois. . ' ■ O11 rie doit point faire d’écorce dans les taillis de bouleau, parce que les frais seraient trop considérables, et que d’un autre côté la coupe, se trouvant retardée par cette opération , occasionnerait une grande déperdition de sève et le dessèchement de lu souche. L’écorce du bouleau sert encore à faîte des paniers : on fait rouir le bois p.our l’enlever. IV. On obtient aussi de Vécorce du geHêt, par un procédé semblable au rouissagé du chanvre , une sorte de filasse, dont on peuf faire des cordes et même de la toile. d V. L * écorce dé l’aune est très-utilement employée par Les chapeliers et par les teinturiers r pour teindre en noir, en brun , etc. Comme la plupart des aunes occupent les marais, on ne peut guère les couper ni les enlever que pendant l’hiver et par un temps de gelée. On transporte les troncs dans un endroit sec et exposé au soleil, où on les étend les uns à côté des autres. Dès que la sève est en mouvement dans les arbres sur pied , celle que contiennent les arbres abattus, étant échauffée far le soleil , se met également en mouvement, et facilite l’enlèvement de l’écorce. Le prix île l’écorce varie suivant les lieux , et le plus ou moins dé grosseur des aunes. VI. L 'écorce dé épicéa est employée par les tanneurs , à défaut de l’écorçe de chêne. On t’enlève des arbrës de moyenne et de petite dimension , que l’on destine aux constructions à sec , et que; l’on abat eh temps de sève pour les éeorcer aussitôt ajirès. Les gros arbres sont plus difficiles à écorcer, et leur écorce n’est pas aussi bonne que celle des jeûnes. Le prix 3 e l’écorce de l’épicéa est bien au-dessous de celui de l’écorcè de chêne. VU. L 'écorce des tilleuls et des mûriers est employée à fairé des cordes à puits, qui réunissent la ECO ÉCO léjèreté , la souplesse et la durée : c’e?t à la fin de rail ou au commencement de juin, fiarsque le? ar- bies sont en pleine sèye , qu’on les, a fiat j on choisit nème un temps chaud et humide , afiu que l’oqqrce se lève plus facilement : les, ouvriers disent qu’il fa,ut que le vent soit alors à la sève ; ce qui veut dire, sans doute , qu’il laut que le vent ne soit pas troid. L’écorce se lève aussitôt que les arbres sont abattus , afin qu’elle soit moins adhérente au bois. Les tilleuls dçnt on lève l’écorce sont ordinairement âgés de dix à seize an? ; on pourrait eu lever aussi sur de fort gros, pourvu que l’écorce n’en fût point galeuse. Cette écorce peut se lever également sur le tronc et sur les branches qui portent un pouce de diamètre au petit bout. On en fève quelquefois sur des branches plqs rpenues., mais celle-ci ne peut servir qu’à faire dçs liens. ; / On fend l’écqrpe d,u tiilqul et du mûrier dans sa longueur, pour la lever ; on la détache avec un os taillé en pied, de fiighe ; aussitôt qu’on a levé un bout, on achève de la détacher en.la tirant avec les mains. Quand elle est enlqyée, on l'étend, sur la terre pour la faire sécher ; on en met deux ou , au plus, trois lanières les une? sur les aptres. Quand elle est sèche, on la met. eu bpttes. Four cet effet, on met deux perches au milieu d’un cent de lanières, pour les assujettir droites} ensuite on les lie avec quatre liens , et on les conserve daqs.un lieu frais et sec, pour les vendre aux cordiers, qui, lorsqu’ils veulent employer eettè qqorce , la mettent tremper dans de l’eau ; les fepjtiets corticaux , qui forment son épaisseur, se séparent les uns des autres aisément et en jeu de temps : les parties les plus intérieures sont es meilleures ; celles du dehors sont trop grosses jour en faire des cordes ; ouïes vend pour faire des iens pour les gerbes de paille. On fait aussi avec l’écorce du tilleul des nattes grossières. Après ce dépouillement de l’éeorce , on vend les tilleuls, les gJ'Os aux tPUmeurs, qui achètent aussi les grosses peçcfigs , qu’on nomme bourdons ; les moindres aux vignerons ou aux jardiniers, pour servir d’éçkalas ou, de perches à palisser ; les plus menus , qui proviennent des petites branches, aux cultivateurs , pour ramer leurs légumes. M. de Foqcault, dans un mémoire sur les tilleuls, inséré dans les Annales forestières de i 8 i 3 , observe que l’article du gabier des charges, portant que les arbres à écorcer seront coupés et abattus avant le i 5 juin, contient beaucoup trop de latitude, si on l’applique à l’écorcement du tilleul, parce que les cepées de cette essence peuvent être coupées dans les mois de février, mars et avril, quoique destinées à faire de la tille (écorce), et qu’il y a même de l’avantage à écorcer les tilleuls dans ces trois mois. IL cite ia pratique des habitans du Canada , pays infiniment plus frphl que le nord de la France, qui consiste à extraire la sève sucrée d^ plusieurs espèces d’érables pendant tout l’hiver, et sur-tout dans les mois de mars,et d’avril, lorsque de grands dégels succèdent à de fortes gelées. L’auteur du mémoire avait, par une clause par- ticulièredu cahierde^charges 4 restreint au i 5 avril l’époque à laquelle.les tilleyls (le l’arrondissement forestier dont il était chargé, cjevaiènt être abattus, ri l et jamais, dit-il, il ne s’est élevé, de la part des marchands, de réclamation à cet égard. II est certain que l’écorcement se fait! a\ec beaucoup plus de fanilité au retour de la sève , que lorsqu’elle.est dans son plein. C’est lorsque les bourgeons commencent à se développer que cette opération doit avoir Lieu. On pourrait donc , même pour les jeunes chênes , rapprocher le terme de l’abatage. A III. L'écorce du sumac est excellente pour la tannerie. V. Sumac. IX. Celle du noyer sert, comme l’écorce de l’aune, à teindre en noir et en brun. On fait, avec celle du saule, une teinture imitant le nankin. X. L'écorce du marronnier d’Inde a été vantee comme pouvant remplacer le quinquina dans le traitement des fièvres. Mais si cette écorce, comme toutes les plantes amères, peut, jusqu’à un certain point, être utile dans le traitement des fièvres, elle est loin cependant de remplacer l’écorce du Pérou. Comme nous avons fait connaître les propriétés de l’écorce des arbres, dans les différens articles qui les concernent, nous renvoyons à ces articles poulies autres détails qu’on pourrait désirer. Troisième Section. — De l’écorcement en général et de ses effets sur la végétation. L’écorcement se pratique soit pour fournir de l’écorce aux tanneries, soit dans la vue d’augmenter la dureté des bois destinés aux constructions. Dans les deux cas, on choisit l’époque où la sève est montée à son plus haut degré d’éléjation, ce (jui arrive pour l’ordinaire , dans le chêne , vers la fin d’avril et au commencement de mai. Lorsqu’on a pour objet de se procurer de l’écorce pour les tanneries, ou choisit de jeunes arbres, depuis l’âge de dix jusqu’à quinze ans, et quelquefois jusqu’à vingt et trente ans. Les taillis de chêne parvenus à l’àge d’être coupés, sont soumis à cette opération, lorsque les ré- gtemensou la volonté du propriétaire le permettent, dans les pays où les besoins des tanneries donnent de la valeur à l’écorce, et où la main-d’œuvre n’est pas trop chère. L’abatis s’en fait immédiatement après que les arbres ont été dépouillés de leur écorce. Dans d’autres cantons, on commence par abattre les arbres et on les écorce de suite , opération beaucoup plus longue et plus fatigante que dans le premier cas, mais qui ne peut avoir nucun inconvénient pour la touche, et pour laquelte l’adjudicataire de la coupe n’a besoin d’aucune autorisation. La manière d’écoreer les bois, qui consiste à faire une incision circulaire au pied de l’arbre, et à l’abattre dans le jour, est beaucoup moins nuisible que lorsqu’on ne procède à l’abatage que quelques jours après. Elle est recommandée par la décision déjà citée, du 2^ mai 1820, concernant la forêt de You- vant. Y. Cètte décision au Recueil. Lorsqu’on pratique l’écorcement pour donner au bois plus de dureté, on choisit de grands arbres, qui sont arrivés au maximum de leur croissance ; on lés 'écôfée sur pied , dans toute la longueur de ■a a ÉCO ÉCO leur tige, et on les laisse mourir sur place. Ils meurent quelquefois la première année, souvent ù la fin de la seconde, et ne survivent presque jamais à la troisième année révolue Cette pratique, connue des anciens, a été recommandée par BufFon, dont nous ferons connaître plus loin les expériences. En 1794 (l’an a), la commission des subsistances et des approvisionnemens s’occupa des moyens de procurer des écorces aux tanneries. Un projet de décret iut soumis à l’examen de MM. les professeurs au Jardin des Plantes , à Paris ; et M. Tliouin fit, à < cette époque , un rapport, dans lequel il a discuté les inconvéniens de l’éeorcement que l’on proposait d’ordonner dans les forêts, et même dans les bois des particuliers. Voici l’analyse de ce rapport. L’ecorcement des arbres présente plusieurs inconvéniens, qui résultent de l’opération elle-même et des circonstances qui l’accompagnent. « i«. L’opération se faisant à l’époque où la sève est montée et répandue dans toutes les parties supérieures des arbres, les racines épuisées ne peuvent' plus fournir à une noiwellé sève lorsque les arbres sont coupés; elles restent dans l’inaction jusqu’à la saison suivante, ce qui d’abord fait perdre une pousse et retarde d’une année la croissance des nouveaux jets. » 2°. Les souches, privées de la sève descendante que leur procurent les feuilles lorsque l’arbre est entier, languissent ; les racines, obligées de tirer d’elles seules de quoi fournir à la végétation de la saison suivante, ne donnent que des pousses grêles et herbacées que les moindres intempéries des saisons fatiguent et font périr. » Lorsque ce sont de gros arbres qu’on a écorces et laissé mourir sur place, le dommage est beaucoup plus considérable, parce que les arbres continuant de pousser des feuilles pendant deux ou trois ans,cesfeuilles tirent des racinestouteia sèvequ’elles peuvent leur fournir sans jamais leur en transmettre en retour : aussi les racines meurent-elles pour l’ordinaire en même temps que les arbres, » Les inconvéniens qui naissent de l’épocpie à laquelle sefait l’écorcenient, cjuoique d’une autre nature, 11e laissent pas que d’être assez graves. C’est vers le commencement de mai que doit se faire cette opération, temps où les t-avaux de la campagne exigent tous les bras des habitans, et où il est même difficile de s’en procurer pour de l’argent, ce qui rend ce travail en grand sinon impossible, du moins très-dispendieux. » M. le professeur parle ensuite de l’inconvénient que présenterait la vidange tardive des bois écorcés, et pour laquelle on serait dans le cas de rompre beaucoup de jeunes rejets; mais comme 011 accorde aux adjudicataires jusqu’au i 5 septembre pour la vidange des coupes de taillis au-dessous de vingt- cinq ans, et jusqu’au i 5 avril suivant pour celle des autres bois, l’inconvénient dont il parle n’est point particulier aux coupes où l’on fait de l’écorce. « D’après ces faits, ajoute-t-il, il est certain que l’écorcement sur pied, quel qu’en soit l’objet, nuit à la végétation ; qu’il yetarde d’une année la croissance des arbres, et qu’il fait périr une grande partie des vieilles souches des gros arbres, il en résulte donc un inconvénient assez grave pour le faire b,p- nir de l’Administration des forêts de quelque importance, et sur-tout de celles qui appartiennent à l’état. Cependant, comme l’écorce des jeunes chéris est devenue nécessaire à la préparation des cuirs, on pourrait en permettre l’exploitation, la provoquer même dans les taillis de peu d’étendue, et composés pour la plus grande partie de jeunes chênes : le danger serait alors beaucoup moindre , par la raison que ces petites parties de bois appartenant à des propriétaires cjui surveillent eux-mêmes leurs travaux, emploieraient tous leurs soins à diminuer'les inconvéniens et à tirer tout le parti possible de'dêtte branche d’industrie, ce que ne peut faire une grande administration. La masse d’écorce que lés bois' de cette nature peuvent produire, test plus que suffisante your fournir aux besoins du commerce. » M. Thouin observait, relativement à l’époque de l’année où se fait l’écorcement, que si on obligeait les propriétaires et l’Administration forestière à faire écorcer tous les tRillis de chêne (ce qui était dans le projet de décret), on enlèverait aux travaux de la campagne les bras qui lui sont si nécessaires à cette époque; que ce ne serait d’ailleurs qu’en payant les ouvriers fort cher, et qu’enfin cette mesure, funeste à l’agriculture, aurait encore l’inconvénient de jeter dans le commerce une surabondance d’écorces qui nuirait aux intérêts des propriétaires de bois. Ces observations, en ce qu’elles concernent la surabondance des écorces, étaient si bien fondées, que quand, à la demande des tanneurs, on a obligé, dans quelques pays, les adjudicataires à faire de l’écorce, ceux-ci se sont trouvés victimes de cette mesure. V., dans le Recueil, une Décls. du 4 août 1810, qui rejette une demande des tanneurs de Strasbourg. M. Thouin terminait son rapport en proposant les moyens suivans: 1“. inviter les propriétaires de bois à se livrer à cette branche de commerce ; 2°. leur accorder des primes, si cela test nécessaire, plutôt que de les forcer, par une mesure coercitive , à remplir l’objet du projet de décret; 3 °. enfin introduire dans nos tanneries l’usage de l’écorce des vieux chênes, et du bois lui-même réduit en sciure , qui a une vertu septique et astringente; l’usage de cellè du pin qui est déjà employée dans le Nord, et celui des écorces du sumac, du redoul, du tamarisc, du fus - tet, de l'yeuse, du kermès , du nerprun, du smllax et du saule, qu’on emploie avec avantage dans les départemens méridionaux, ce Pourquoi, disait-il, les tanneurs négligent-ils de faire usage de ces substances? Quand ils ne les emploieraient que mélangées avec les autres, ils diminueraient au moins là consommation de l’écorce des jeunes chênes ; ils né feraient pas supporter à un seul arbre, à l’arbre le plus utile de notre hémisphère, tous les frais dé leur fabrication. Par ce moyen, ils varieraient leurs procédés, augmenteraient leurs ressources , les rendraient plus certaines et moins dispendieuses. Enfin, pourquoi ne pas faire usage de la découverte récente faite en Irlande, et dont la Chambre des communes de cette natipna ordonné la publication? On se sert, dans ce pays. de la bruyère pour la préparation des ÉCO cuirs. Rien n’est malheureusement si commun en France que cet arbuste; il couvre dès étendues considérables, de terrains : la Solognfe^ une partie des landes de, divers départemens en -sbnt remplies. Quatrième Section. — De l’écnricment des arbres sur pied, qu’orf- avait proposé dans la vue d’améliorer les bois do construction. J’ai publié)-en i 8 i 3 , un mémoire sur cet objet, je Le reproduis ici avec quelques additions. jlf paraîtra .peut-être étonnant, ai-je dit, de voir publier «lqsi observations sur un point de physique qui, depuis long-temps, est regardé comme démontré,^! dont on a fait dans plusieurs pays des applications en grand ; mais l’étonnement augmentera lor^qvt’on sauta que ces observations tendent à prouver une longue erreur et le contraire de ce qu’on avait cru solidement établi. 11 s’agit, en effet, de faire connaître, d’après des expériences récentes;, que l’écorcement des arbres sur pied et leur abatage après le dessèchement, diminuent au lieu d’augmenter la qualité des bois de construction, et qu’ils les rendent plus corruptibles et moins durables. Ces nouvelles expériences ont été faites dans plusieurs parties de l’Allemagne par des auteurs d’un mérite reconnu. Elles sont appuyées sur des observations de physiologie végétale qui ne paraissent pas dénuées de solidité; mais avant de les rapporter, je vais exposer sommairement les expériences faites antérieurement par plusieurs physiciens, et notamment par BuIftln, Duhamel, Varennes de Feuille et Ilassenfratz. I. On lit dans lu Journal de physique de Rozier, t. VIII, p. 43 7, qu’une poutre de bois écorce qui avait été employée à un ancien édifice, était encore dans toute sa force au bout de trois cents ans. Le Nouveau Dictionnaire df histoire naturelle rapporte que l’qu voit dans les vieux châteaux de l’Auvergne, des pièces de sapins employées dans le dix-septième siècle, et qui sont aussi saines qu’au moment où elles ont été mises en œuvre. Le rédacteur de l’article attribue cet effet à l’écorcement que ces bois avaient subi avant d’être abattus. « On fait, dit-il, une saignée au sapin; on en extrait la gomme ou résine, avec laquelle sort la surabondance de la sève ; ensuite on l’écorce sur pied deux ou trois mois avant de l’abattre. Quand l’arbre est abattu et équarri, on le laisse transpirer quelques jours, en le tenant un.peu élevé au-dessus de terre. Comme la sève du centre a plus de peine à s’évaporer que celle des parties extérieures, on scie la pièce dans toute sa longueur par le milieu; on en retourne les deuif parties^ de manière que ce qui était au centre se trouve à l’extérieqr, et on les assujettit avec deux ou trois liens. On peut les employer ainsi, avec certitude qu’une poutre qui aura subices procédés durera autant que je bâtiment. » En écornant dp, cette manière les chêne» et les sapins, op ürppégalement parti du ta n et de la résine qu’ils fournissent; et l’aubier qui aurait été perdu devient susceptible d'être.travaillé comme le reste du bois, et n’pst pas plus sujet alors que lui à la piqûre des vers. ». Y. Pourriture. ÉCO II. Le même ouvrage fait mention d’un moyen proposé par M. de Limbourg pour donner en même temps à la tige et aux branches du chêne une courbure propre à les faire servir à la construction des vaisseaux, èt en former sur-tout ces chevrons ou pièces qu’on appelle varangues. Yoici le procédé : « On retranche d’abord les branches de toute la ptr- tie destinée à être écorcée; ensuite on fend avec une scie de refente la partie ébranchée , en commençant tin peu en dessus, afin de laisser quelques branches à chacune des divisions pour y attirer la sève; on continue à scier, en allant du haut vers le bas, jusqu’à ce qu’on soit descendu à l’endroit du tronc qui est sans nœud : alors, au lieu de scier le reste du tronc , on achève de le fendre avec un coin de bois chassé à coups de marteau, et qu’on y laisse. Au moyen d’un ciseau ou rabot, on unit les deux nouvelles surfaces formées par la scie, et, pour tes garantir des insectes et des impressions prématurées de l’air, on les enduit d’une çouçhe d’un mélange fondu de poix et de cire. Le bols étant ainsi fendu, on écorce toute la partie dépouillée de branches et la tige même, jusqu’à deux ou trois pouces au-dessus de la racine. Au bout de deux mois, et environ de deux en deux mois, on écarte de plus en plus et insensiblement les deux parties du bois refendu , pour leur faire prendre les courbures convenables. Quand l’arbre est abattu, l’aubier se trouve aussi dur que le reste du bois ; il se sèche sans se fendre, et le bois retient la courbure qui lui a été donnée sur pied. Ce bois peut servir à faire diverses pièces pour la construction navale : les chevrons courbes qu’il fournit doivent être jilus propres à former la carène des vaisseaux que ceux dont on fait communément usage; ils ne sont pas aussi pesans; ils se joignent mieux aux planches dont ils sont revêtus; ils ne peuvent faire aucune saillie dans l’intérieur du bâtiment. l'ar leur ressort et leur souplesse , ils résistent mieux aux chocs , et étant plus minces et plus légers par leur extrémité supérieure que par l’autre, ils laissent mieux le vaisseau dans l’équilibre favorable à son mouvement. » III. En 1738, Buffon publia un mémoire qu’il avait lu à l’Académie des sciences, sur le moyen d’augmenter la solidité, la force et la durée du bois. (Y. les Mémoires de !Académie des sciences, 1738, p. 2,40 , ou l’ Histoire naturelle, édition de Sonnini , partie expérimentale, t. )VI, p. 276). Ce moyen consistait à écorcer et à laisser sécher les arbres sur pied avant de les abattre. L’auteur avait été porté à faire des expériences sur cet objet, par les observations qu’il avait lues dans Vitruve et Evelin. Le premier a dit, dans son Traité d’architecture, qu’avant d’abattre les arbres, il faut les cerner par le pied, jusque dans le cœur du bois, et les laisser ainsi sécher sur pied; après quoi ils sçnt bien meilleurs pour le service, auquel on peut même les employer tout de suite. Lo second rapporte, dans son Traité des forêts, que le docteur Plot assure , dans son Histoire naturelle, qu’autour de Haffon, en Angleterre , on écorce, les gros arbres sur pied dans le temps de la sève; qu’on les laisse sécher jusqu’à l’hiver suivant; qu’on les coupe alors; qu’ils ne laissent pas que de vivre sans écorce; que le bois en tco devient bien plus dur,'et qn’on se sert de l’aufcier cmqme du ctoenr ( i). > ' Le célébré académicien voulutVasèajer'par propres Expériences de l’exactitude) de cèS assertions. Pour cet .effet, le 3 mai lv 33 ^ il fie écorcér sur pieti quatre' chéries d’environ 3 o à, 40 pieds de hauteur, et de 5 à 6 piêdfe de pourtour $ ees arbres étaient tous très-vigoureux, bien en sève y et âgés d’environ soixante-dix ans. Il fit enlever l’écoCCe- depuis le sommet de lu tige jusqu’au pied de l’arbre ■nvec Hne Serpe. Ces'chênes étaient de l’espèce qui jibrpe'le plus gros gland. Quand ils furent entièrement dépouillés de leur écorce, il fit abattre quatre autres chênes de la même espèce, dans le même terrain, et aussi semblables aire premiers qu’il put les trouver. Le lendemain, il en fit écorcer encore deux et abattre deux autres. Des six chênes écorce»,il s’en trotfVa deux qui étaient beaucoup moins en Sève qu^Ies quatre autres. Il fit conduire sous un liangar les'six arbres Abattus , pour les laisser sé- clter dans,lenr écOrte et les comparer ensuite avec nWMtOq 4 ’ii l àtiait fait dépouiller. M. de Buffon remarqua j lé 10 juillet, que l’un des chênes, qui était le?-moins en Sèvte dans le temps de l’écorcenient, laissait voir les premiers -symptômes de la maladie qui devait bientôt le détruire : ses feuilles commenceront à jfiunir du côté du midi, et bientôt jaunirent entièrement, séchèrent et tombèrent, de sorte qu’au 26“ août ri ne lui en restait pas une. M. de Billion le fit abattre le’ 3 odt! même mois, et il rapporte que cet arbre était devenu si dur. que la co- gnce avait peine à entrer, et qu’elle cassa sans que la. maladresse du bûcheron lui parût y avoir part; l’aubier semblait être plus dur que le cœur du bois, qüi était encore humide 1 et plein de sève. Celui dei arbres

TrÀis'des-quatre arbres qui restaient} quiStt-rtynr leurs feuilles au commencement dé septembre; mais le chêne à tête légère les conserva pllis long-temp*, et il ne s’en défit entièrement qu’au 22 du même mois. M. de Buffon le fit réserver pour l’année suivante, arec celui des trois autrqs qui lui parut Ip moins malade, et il fit abattre les deux plus faibles en èjetobre 1734. H laissa l’un dé ces arbres exposé à l’air et aux injures du temps, et il fjt conduite l’autre sous le hangar; ils furent trouvés' ti^s-durs à la cognée, et le cœur du bois était presquè Aéc. Au printemps 1735 , le plus vigoureux (lés (leux arbres réservés donna encore qtlélqùéë signes de vie; les boutons se gonflèrent, mais les feuillçs ne purent se développer. L’atifre parut tbùt -'à - fait mort; et en effet, l’ayant fait abattre au,mois de mai, l’auteur recontfut qu’il n’avait plus d’hijmidfe radical, et il le trouva d’une très-grande dürqtéj tant au dehors qu’en dedans. Il fit abattre le deçniei quelque temps après , et il les fit conduire tous deux au hangar, pour être mis avec les autres à un nouveau genre d’épreuve. a. Pour mieux comparer, ajoute M. de Buffon, la force du bois des arbres écôrcés avec cetly d^'bôis ordinaire, j’eus soin de mettre ensemble chacun d,çs six chênes que j’avais fait amener en griimê^jdve,c un chêne écorcé, de même grosseur iV-péu-p*êsr cai j’avais déjà reconnu, par expérience, que fe'pyis , dans un arbre d’une certaine grosseur , était p\us pesant et plus fort que le bois d’un arbre pTus* pqtjt, quoique de même âge. Je fis scier tous mes arbres par pièces de 14 pieds de longueur; j’en marquai les centres au-dessus et au-dessous ; jé fis tragej-aux deux bouts de chaque pièce un carréqle 6 povf^j, et qu’une solive tle 14 pieds de lohgiiéur sur 0 poqces très-juste d’équarrissage. Je les fis travailler à la varlope, et réduire avec beaucoup de précautiqp à cette mesure dans toute leur longueur, «t j’en fis rompre quatre de chaque es;-ècé, afin dé : re3 A l’égard des bois écorcés sur pied en temps de sève , qui meurent quelques années après , et qu’on abat alors, on a moins d’expériences du même genre. Les partisans de cette méthode s’en tiennent à la pesanteur spécifique et à la dureté plus considérable qu’ils-ont remarquées, et concluent de là, sans autre examen, que la durée du bois doit en être une suite nécessaire. La fausseté de ce jugement est facile à démontrer. Cette pesanteur et cette dureté plus considérables proviennent de ce que le dessèchement s’est fait pl us lentement; les fibres ligneuses ont été resserrées autant que possible, sans que pour cela leur union en soit plus solide ; mais ce resserrement ne durera qu’autant que la pièce de bois restera au même degré de dessèchement; et si on l’expose à l’humidité, elle en absorbera bientôt par ses vaisseaux ouverts tout autant que le bois coupé en temps de sève et desséché promptement. Eu effet, ÉCO ECO 3i les vaisseaux qui s’étaient desséchés et réunis se r’ouvrentdenouveau, et présentent la ihéme largerur dans leurs ouvertures qu’ils avaient au tnotnent où l’arbre a été écorcé. Si alors on fait subir à bette pièce un nouveau dessèchement précipité ,on ne retrouvera plus la pesanteur spécifique qu’elle avait auparavant, et on ne remarquera plus de différence entre elle et le bois qu’on aura coupé en temps de sève> Il en sera de même pour la propriété qu’on lui avait attribuée de résister plus long-temps à la corruption. » JL’auteur termine son article en rapportant qu’il a eu occasion de faire des expériences, il y a quelques années , sur la prétendue manière d’améliorer les bois, proposée par Buffon. lia comparé des chênes écorcéssur piedetabattus àia troisièmeannéede leur écorcement, avec d’autres qui avaient été abattus pendant l’hiver- Pour cet effet, il a exposé des échantillons de diverses dimensions à l’air et à l’humidité. Les résultats l’ont autorisé à penser que la saison la plus favorable pour abattre les bois destinés aux constructions était les mois d’hiver seulement ; mais que l’écorcement des arbres sur pied et leur abatage après leur desséc/ieritent étaient, de même que la coupe en temps de sève , des moyens à proscrire à l’égard des bois de marine. Je passe maintenant à l’analyse des observations que M. Laurop, conseiller supérieur des forêts du grand-duché de Bade , a publiées dans ses Annales forestières en ) 811. IX. Observations de M. Laurop contre la méthode de l’écorcement. Il rappelle les expériences faites par Buffon et Duhamel, et.la conclusion que Buffon en avait tirée en faveur de la durée des bois, conclusion qui parait avoir été généralement adoptée , et il observe que si elle était exacte, l’écorcement serait de la plus grande importance, parce qu’il en résulterait une économie considérable dans la consommation du bois, en ce que l’aubier ne serait plus perdu , et un avantage précieux pour les tanneries par la quantité d’écorce qu’il produirait. Mais il est loin d’admettre que l’écorcement procure aux bois une plus grande durée ; il pense même qu’il en résulte le contraire. Il observe que des expériences faites , il y a quelques années , par un homme digne de foi, établissent que le bois d’un chêne écorcé sur pied, qu’on expose à l'air, tombe plus tôt en pourriture, et que si on L’emploie dans un lieu couvert il severmoule plus •vite que le bois d’un chêne qui n’aurait pas été écorcé. « On avait choisi deux chêne» qui étaient également forts et.sains, d’une croissance égale, et qui se trouvaient sut le même terrain s l’un d’eux tut écorcé sur pied et abattu lorsqu’il fut mort, et on abattit en même temps celui qui n’avait point été écorcé. On employa du bois de tous les deux à former des chàssii de fenêtres , qui furent placés à la même exposition et sains être peints. Le châssis qui avait été fait de bois de chêne écorcé présenta , après dix- sept ans de service, des indices de pourriture à l’extérieur et des piqûres de vers à l’intérieur , tandis que le chàssîS de bois non écorcé était encore par- faitemertt sdin èt frais. » Voici èBmméfrt M. Laurop explique les causes de ce fait : te La ph!ysiol6{tie des plantes nousapprend, dit-il, que la matière destinée à former la nourriture des végétaux, aspirée par les racines et par les feuilles, est charriée par des vaisseaux dans le parenchyme des fouillés, et que là elle se convertit d’une manière qui nous efst inconnue en sucs nourriciers. Cette sève, ainsi préparée, revient par des vaisseaux particuliers dans la tige et les autres parties de l’arbre, pour servir à la nourriture et au développement de ces parties , et les vapeurs aqueuses sont exhalées par les feuilles. » Il est de plus reconnu , ou du moins on peut admettre comme une conséquence naturelle, que les feuilles d’un arbre , considérées comme organes exhalans , doivent être en rapport avec les sucs sé- veux aspirés , ou, en d’autres termes, qu’il doit y avoir une quantité de feuilles suffisante pour élaborer convenablement la sève brute qui est aspirée , convertir les parties homogènes en substance ligneuse , et rejeter au dehors les parties hétérogènes. Si donc un arbre a reçu plus de sève brute que ses feuilles n’en peuvent élaborer, ou si ses feuilles se réduisent à un trop jietit nombre pour opérer cet effet, il en résulte que la sève brute reste dans l’arbre sans pouvoir être élaborée. « Voici les preuves de cette assertion : si on prend deux branches, qu’à l’une on enlève une partie des feuilles, et qu’à l’autre on les laisse toutes, il arrive que la première ne peut absorber autant d’eau que la branche garnie de toutes ses feuilles, et cependant elle acquiert plus de poids que celle-ci , parce que l’eau que la première a absorbée ne peut se décomposer, qu’elle reste en grande partie dans son état naturel, tandis que la branche pourvue de- toutes ses feuilles ne retient que l’hydrogène et une partie d’acide , et qu’elle rejette la plus grande partie de l’oxygène. V. Uslar, Fragmens de nouvelle botanique, partie II, p. 117. a Admettons maintenant l’opinion de Halles, que le mouvement de la sève dans les arbres dépende uniquement de la chaleur et de la sécheresse de l’air ambiant (1) , et nous expliquerons le phénomène de la manière suivante : l’air extérieur qui entoure les arbres, dilate ou resserre les bulles d’air mêlées de sève qui se trouvent renfermées dans l’arbre : or , lorsque ces bulles d’air éprouvent la dilatation produite par la chaleur extérieure, il en résulte que les globules aqueuses (2) éprouvent la même dilatation , ce qui produit le mouvement de la sève. Maintenant la physique nous apprend que l’air enfermé tend (1) Usl.ir pense que cette hypothèse n’est pasantisfaisante. 'et il considère'l'irritabilité comme la cause du mouvement de la sève. Dans Ce cas, l'hypothèse établie sur ce pijncige tombe d’elle-mênte. (a) L’auteur distingue deux sortes de huiles, Ctr vésicule' ; savoir, les bulles d’air, qu’il appelle luftblaschen, mot composé de blae.fchen , vésicule, et de lift, air; et les bulles d’eau, wasserblaschen , -autre met composé de l'un des pré- cédens, et de vasser, eau. J’ai varie' la traduction de ces mots pour me faire mieux entendre. Ainsi, j’ai employ é indistinctement les mots de bulles et de globules. L 02 ECO toujours à se mettre en mouvement lorsqu’il éprouve la plus petite résistance pour se réunir avec l’air extérieur. L’expérience nous apprend aussi que la plus grande évaporation dans les végétaux se fait par les feuilles; on conçoit donc que l’air mêlé avec les sucs séveux doit s’y porter. Cette ascension des globules d’air entraîne avec elle les bulles d'eau ( 1 ) que la vapeur a disposées à la vaporisation, et à mesure qu’une bulle d’air, emportée au dehors par l’évaporation , abandonne la place qu’elle occupait dans l’arbre, elle se trouve remplacée par une autre. Cette marche continue ainsi jusqu’à ce que l’air extérieur redevienne humide et froid , ce qui arrête alors tout mouvement de la sève dans les arbres. » L’expérience apprend de plus que si on enlève autour d’un arbre une ceinture d’écorce, il se forme dans la partie supérieure un bourrelet qui arrête la marche de la sève. » Si maintenant nous appliquons toutes ces observations à l’écorcement des arbres sur pied , nous aurons les résultats suivans : » On a vu que les feuilles des arbres auxquels on a enlevé l’écorce, à l’époque où l’arbre est rempli de sève brute, meurent souvent en totalité dès le premier ou le second mois , que cependant elles reparaissent aussi pendant un ou deux ans, et qn’alors elles disparaissent définitivement ; mais les feuilles que prennent ces arbres dans la première année et dans les années suivantes , à l’époque où la sève est mise en mouvement par la chaleur, sont toujours peu nombreuses , et elles se fanent constamment de bonne heure : alors l’élaboration de la sève brute et l’évaporation des matières hétérogènes par les feuilles ne peuvent plus avoir lieu aussi complètement que sur un arbre sain et garni de ses feuilles. Cette sève brute est donc forcée de rester dans le corps de l’arbre , et comme elle s’est accumulée en grande quantité, elle remplit tous les vides de la masse ligneuse. 11 ne s’évapore d’une tige décortiquée qu’une petite partie de sève dans le commencement, ainsique Duhamel l’a observé; l’air et le soleil, qui agissent puissamment sur le tronc écorcé, le recouvrent bientôt d’une enveloppe dure ( 2 ), qui bouche tous les pores et qui s’oppose à toute évaporation ultérieure (3). » La chaleur occasionne, d’après les causes que nous avons expliquées, et pendant tout le temps que l’arbre écorcé jouit d’un reste de vie , une accumu- (i) C’est sans doute la lymphe ou liqueur lymphatique «le Duhamel. (a) L’auteur entend probablement par cette enveloppe le durcissement qui se fait a l’extérieur «le l’aubier. (3) C’est encore une cause vraisemblable de la moindre durée du bois que l’on abat en été, lorsque l’arbre est imprégné «l'une sève fluide et bmte , parce que cette sève non suffisamment élaborée, et les parties aqueuses, qui deviennent le prinape de la pourriture, n’ont point été séparées «lu bois ni dissipées par l’évaporation , comme dans les « hênes abattus en hiver, lorsque la sève a acquis de la con- sistance. Il y a plus, un arbre non écorcé qu’on abat en été, doit avoir un bois même plus durable que celui «l’un chêne écorcé qu’on n’abat qu’un an après l’écorcement, parce que la sève nuiile s’évapore bien plus facilement après l’abatage, et par l’équarrissage de cet arbre , que celle qui s’est coagulée dans l’arbre sur pieil pendant un ou deux ans. ( Kote de M. Laurop. ) ECO lation de sève brute , qui s’élève des racines dans L tige et vers les feuilles, accumulation qui ne peu plus se dissiper, à cause de la perte d’une grand? partie du feuillage , et qui est telle qu’elle remplt de sucs non élaborés tout l’intérieur de la tige tt toute la masse ligneuse. .Si après l’écorcement il m se faisait plus d’amas de sève, ou si toute la tig; n’en était pas déjà pénétrée, alors il serait possibh que l’humidité préexistante s’évaporât petit à petit, du moins en grande partie, ou qu’elle fût emporté; par l’effet de l’air et du soleil, qui agissent sur 1; tronc dépourvu d’écorce ; mais comme toute la tig; et tous les pores de l’arbre sontremplis de sucs bruts, ilestimpossible qu’ils s’évaporent entièrement, hier que les couches extérieures du bois se dessèchent dans toute l’épaisseur à laquelle la chaleur puiss; pénétrer, et que cet arbre paraisse à l’extérieur entièrement sec. sv Le résultat de toute cette discussion est, çn? le bois de chêne qu’on a écorcé sur pied est, à U vérité f plus dur et plus pesant, mais moins durable que celui qui n’a point subi l’écorcement. » Mais cette plus grande dureté du bois écorcé ne s’étend pas au-delà des couches qui ont été desséchées par la chaleur extérieure ; et quant à sa plus grande pesanteur , elle est une suite naturelle de la quantité de sucs bruts et aqueux dont la masse ligneuse se trouve pénétrée; enfin, sa moindre durée est une conséquence de cette même quantité de sève brute qu’il contient, et qui devient, sur-tout par l’alternative de l’humidité et de la sécheresse, le principe de la fermentation , de la pourriture et de la multiplication des insectes , toutes causes qui opèrent la prompte désorganisation de la masse ligneuse. » X. Les trois mémoires que je viens de traduire nu- paraissent contenir des observations très-justes contre l’écorcement, sur-tout celles qui sont fondées sur l’inconvénient de renfermer dans le corps des arbres un amas de sucs indigestes et fermentescibles; sur la facilité avec laquelle ces sucs, qui ne donnent au boisqu’une dureté factice et momentanée, se dissolvent à l’humidité et donnent lieu à la pourriture; sur les inconvéniens des fentes pendant l’été et pendant les gelées; sur la fragilité et. le défaut de souplesse de ces bois; sur la difficulté de les travailler; sur la cherté de l’opération de l’écorcement; sur la mort des souches; sur la perte de l’écorce des branches ; enfin , sur l’analogie qui existe entre les arbres morts sur pied par l’effet de l’écorcement et ceux qui meurent naturellement et qui sont généralement réputés mauvais par les ouvriers qui font emploi du bois. En ellet, le travail de la nature n’a point été terminé dans ces arbres qu’on tue par l’écorcement, et ces sucs séveux qui abondent au moment de l’opération et «jue l’on force à s’unir à la masse du bois, ne se convertissent pas pour cela en substance ligneuse , ils restent toujours tels qu’ils, sont, c’est-à-dire des matières brutes qui se dissoudront par l’humidité, comme elles se sont durcies, par la sécheresse, qui conserveront tous les principes de la lèrmentation, de la pourriture ou de la vermoulure. Je partage donc entièrement l’opinion des auteurs que je viens d’analyser sur les inconvé- 55 ÉDI niens de l’écorcement, et je pense qu’on ne doit s’écarter en aucune manière de l’ordonnalfçe, qui Te^t que les arbres soient abattus eir Mveriïët.àvçd leuf écorce j mais si on veut améliorer lés hèrs , il faut les faire sécher à l’ombre après les avoir dégrossis, et suivre la méthode en usage dans quelques portsde mer, de les faire séjourner pendant quelques années dans le sable au bord de la mer, où l’eau salée leur communique la propriété de résister plus longtemps. Dans ce cas cependant, il faut encore les dépouiller de leur aubier avant leur immersion dans" le sable , parce qu’il en favoriserait la pourriture. Il est fâcheux, sans doute, d’apprendre qu’une opération qui avait donné tant d’espérance, et qui devait procurer une économie considérable dans la consommation du bois, ne se trouve pas justifiée par l’expérience; mais si les conséquences qu’on en avait tirées se trouvent réellement dénuées de justesse , n’était-il pas important d'ert avertir, ne fût-ce que jionr engager à faire de nouvelles expériences? V. ,an surplus , l’article Pourriture, où nous rendons compte d’un nouvel ônvrage qui fait connaître des expériences dont les résultats ne seraient pas aussi contraires'à l’écorcemént que ceux dont nous venons de parler. ECORCHER, excoriàre. Dépouiller un aniinql | de sa peau. Ce mot s’emploie aussi pour dire enir porter, déchirer une partie de l’écorce d’un arbre. Les charrettes, en passant dans les ventes, écorchent les arbres, çe qui engage quelques agens à stipuler une indemnité dans les clauses particulières du cahier des charges. ECOT. Tronc ou grosse branche d’arbre, dont la taillé n’est'pas droite et unie , èt où il reste des éclats saillaps. Les adjudicataires sbnt tenus de faire couper lep bois sans les écuïsser ni éclater. ( Ord. de 1669, tit. XV, art. 42. ) ' ECUÏSSER. Eènî’ssér un arbre, c’est le faire éclater en l’abattdht, ’dè manière qu’une partie de cet arbre se trouve fe'ûduë dans sa longueur ; ce qui est défendu pàr l’art. .42 du tit. XV de l’ordonnance de 1669. ECUSSON , scutula. Petit morceau d’écorce détaché de quelque jet d’un arbré , et qui coutient un bouton nommé œil, lequel devient un bourgeon en se développant c’est avec ce morceau d’écorce qu’on greffe les arbres fruitiers. édit; édictum. C’est une loi que le prince fait publier de son prppre mouvement, pour défendre où ordonner quelque chose. Lès édits étaient, cumjne les ordonnances , des lettres-patentes du grand-sceau, dont l’adresse était à tous présens et à venir. Ils étaient.seulement datées du mois èt dç Éauoiée. Les édits , étant signés dp roi, étaient visés par le chancelier, et ^celles du grand, sceau en cire verte, sur clés lpçs de soie rouge et verte. Ou n’oÉsèrvait les édits que du jour qu’ils étaient enregistrés. Il devait y avoir un registre au greffe de chaque maîtrise, pour iusinuer tous les .édits.concernant les forêts. ( Urd. de 1669, tit. VIII, art. 3.) Aujourd'hui, tous les actes législatifs portent in- Tome II. ÉGA (Jistinctement le nom de loi. V., dans la Tablé du Recueil, vCTbb 'Tdit , les objets forestiers qui ont (Jtùmfîiiéu à dès édits, EFFAÜTAGE. Rois iherrain de rebut. EFFEUÏLLAISON. On donne mal à proposée nom à ld chute uàtaii'ellë des feuilles , qu’on doit appeler défeuillaison. EFFEUILLER ouEFFANER, exfoliarc. { T. de bot. ) Effeuiller une plante ou l’effaner, c’est la dépouiller dé ses Heurs : c’est pourquoi cffeuillaison ne doit pas être regardé comme synonyme de dé- feuillaison , qui signifie la chute naturelle des feuilles. On effeuille les mûriers pour nourrir le$ vers à soie. Les cultivateurs effeuillent les arbres en automne, pour nourrir leurs bestiaux pendant l’hiver ; dans quelques pays , on appelle cette opération ébrausser, comme qui dirait ôter le brout, ou ce que les animaux pourraient brouter. Comme les plantes se nourrissent autant par leurs feuilles que par leurs racines , l’effeuillage est toujours une opération nuisiblé à la croissance' de l’arbre, sur-tout à la reproduction des branches et des fruits : aussi voit-on lés arbres dont les feuilles ont été mangées par les chenil les Tfe faire que de faibles [tousses, et rester stériles pendant deux ou trois ans. L’effeuillage du printemps est le plus dangereux , celui de l’automne l’est moins. EFFLORESCENCE. ( T. de bot. ) Qui signifie pousser des fleurs. EFFONDRER, cjfringere , synonyme de défoncer. (V. ce mot). C’est fouiller la terre à une certaine profondeur, afin que les racines des arbres et des grandes plantes y pénètrent plus aisément. On dit aussi effoncer ou défoncer un terrain. Lorsque la terre est mauvaise, ori ue doit creuser que jusqu’à la distance d’un mètre ét demi au plus. Cette opération mêle les terres , ramène celles de dessus par-dessous, et lorsqu’on les a jetées dans le creux , les racines trouvent une terre meuble, s’allongent et se multiplient, enfin l’arbre prospère. Si la masse de terre du fond est trop mauvaise , on la transporte hors du champ, du jardin, de l’allée, etc., et on lui en substitue de nouvelle et de meilleure. Les engrais sont nécessaires daiis ce cas; ils doivent couvrir le fond de la fosse, sur une épaisseur de 5 centim. ; on jette par-dessus de la bnnnè terre, jusqu’à la hauteur à laquelle l’arbrè doit' être placé ; enfin on place l’arbre et on i&urpliLla fosse. Ces engrais , qui consistent en feuillages, terreau ou fumier, attirent les racines dans le fond , et les empêchent de tracer horizontalement. En 'effondrant, on a la facilité de ménager lp pivot dé l’arbre que l’on doit planter ; ce qui est très-important pour le suc - cès de la plantation. EFFRITER. Effriter une terre , c’est l’épuiser, la rendre stérile. Les récoltes de céréales, trop multipliées dans les terrains que l'on destine aux plantations dans les forêts , effritent la terre , surtout si on fait succéder le blé au blé, et si on n’alterne pas les cultures, à . Succession, de culture. EGAYER UN ARRRE. C’est le débarrasser des branches surnuméraires, établir un équilibre parfait entre elles , le palisser sans confusion; en un mot, 5 ELA 34 ELA offrir un coup d’œil agréable. Ce miot n’est plus d’usage. EGLANTIER. Arbrisseau , espèce dé rosier sauvage qui croit dans les bois et le long des che- 1 mins , dont le fruit s’appelle gratte-cul. V. Rosier. EGLISE. V. Bois des ecclcsiastiq ues. ÉGRAVILLONNEU. ( T. de jard. ) Lever les arbres en motte et en retrancher une partie de la terre, avant de les replanter, afin que tes racines puissent profiter des sels de la nouvelle terre. EHOUPBR. Eliouper un arbre, c’est lui couper saboupe, sa cime , son bouquet; c’est le déshonorer. L’amende pour cette contravention est fixée au pied le tour par l’art. 2 du tit. XXXII de l’ordonnancé de 1669. EI.AGAGE , inteducatio , élaguer. Ce mot vient du latin barbare elaquere , débarrasser. C’est couper les branchés d’un arbre , ou la plus grande partie des branches inférieures, ou diminuer la longueur des branches d’un arbre. Mais par élagage } on entend plus communément la coupe que l’on fait des branches inférieures. La nature opère elle-même l’élagage des arbres qui croissent dans les massifs des forêts; l’ombre étouffe les branches latérales, et comme celles du sommet sont attirées par les rayons du soleil et les autres influences atmosphériques, elles se rapprochent les unes des autres, et prennent une direction plus droite et plus régulière; les tiges s’élancent et fournissent des pièces longues et droites. On imite cette opération naturelle par l’élagage des arbres isolés, qui, jouissant de l’air et des rayons du soleil dans toute leur surface , étendent leurs branches latérales, et 11e présenteraient qu’une tige basse et une tête surbaissée et évasée , sans le secours de l’élagage. Mais cette opération entraîne de grands inconvéniens quand elle est mal faite, comme cela n’arrive que trop souvent. M. Bosc, dans un mémoire qu’il a lu à la Société d’agriculture de Versailles , en 1811, a développé ces inconvéniens, et les avantages qu’il y aurait à adopter une nouvelle méthode d’élaguer les arbres des grandes routes. Voici l’extrait de ce mémoire : « De nombreuses expériences prouvent que les arbres vivent autant par leurs feuilles que par leurs racines : ainsi, on ne peut plus raisonnablement nier que retrancher quelques-unes de leurs branches, c’est retarder leur croissance. » Les partisans de l’élagage, qui n’ont le plus souvent en vue qu’une misérable récolte de fagots, disent que les arbres projettent trop d’ombre sur les champs voisins et sur la route ; ce qui nuit aux récoltes et au dessèchement de la route. Je ne dissimule pas la gravité de ces inconvéniens ; mais pour y remédier, est-il nécessaire de couper les branches de ces arbres jusqu’au sommet? N’y aurait-il pas un moyen de les diminuer, ces inconvéniens, sans les remplacer par d’autres non moins graves? » Ce moyen existe. On l’emploie dans les pépinières pour accélérer la croissance des arbres qu’on y élève. U a été, à ma connaissance, appliqué pendant quelques années aux jeunes arbres de la route dp Versailles à Saint-Germain , à ceux d’une partie des avenues du parc, et sans doute à ceux de beau- conpfd’aûtre'sîofcalitésde nos environs. C’est la taille ditè èii'crêfchët; taille qui consiste à couper rez du tronc les branches qui rivalisent de grosseur avec ce tronç çt avec la branche perpendiculaire qui le termine et doit le prolonger, et, à quelques pouces du tronc, toutes les autres branches, les plus faibles étant conservées les plus longues. ■n Supposant un arbre planté sur une grande route depuis deux ans, il est évident qu’en coupant toutes ses pousses les plus fortes, excepté celle qui doit prolonger le tronc, rez de ce tronc, et toutes ses petites, à 6, 8 ou 10 pouces du même tronc, on détermine la plus grande partie de la sève à se porter sur celle qui est restée entière ; ce qui la fait pousser d’autant en grosseur et en hauteur, tandis que le reste de cette sève fait sortir de la portion conservée des petites branches, des bourgeons nombreux, qui se chargent généralement de plus de feuilles que l’arbre 11’en eût donné , si on ne l’eût pas taillé. Ainsi on remplit toutes les indications propres à assurer la plus rapide croissance possible de cet arbre, à le rendre droit et d’un beau port. » On continue de répéter cette opération tous les trois , quatre, cinq ou six ans, dans la moitié ou les deux tiers inférieurs de la partie branchue, en allongeant, chaque fois, de quelques pouces la taille des plus faibles branches, et en raccourcissant au contraire celles des moyennes, les grosses continuent à être coupées, non rez du trotjc, pour éviter la formation des chancres , mais à un ou deux pouces de ce tronc, et ce de manière qu’à quelque époque de la vie de ces arbres que ce soit, leurs branches inférieures n’aient jamais plus de 2 ou 3 pieds de longueur de coupe , l’ombre des branches supérieures étant peu à craindre, à raison du peu de temps qu’elle reste sur le même point. » Et qu’on 11e croie pas ces opérations très-difficiles à exécuter : elles le sont moins que l’élagage, tel qu’il se fait aujourd’hui. La serpe, pour couper les grosses branches; le croissant, pour couper les petites, sont les seuls instrumens nécessaires. » Par cette pratique, en concordance avec la plus saine théorie, les arbres des routes seront garnis , pendant tout l’été , d’une foliation suffisante pour favoriser l’accroissement de leur tronc, pour récréer la vue sans cependant nuire par leur ombre aux productions de la culture et à la conservation de la route. Ces arbres seront plus gros, plus droits, vivront beaucoup plus long-temps , et seront moins souvent altérés dans leur intérieur, que ceux qui sont soumis à l’élagage ordinaire. V. Plantation. » ÉLAGAGE DES ARBRES DES FORÊTS. L’ordonnance de 1669 défend aux particuliers d’élaguer, ébrancher, éhouper et étêter les arbres des forêts. Il n’est pas d’usage que l’Administration lasse faire l’élagage de ces arbres, à moins qu’ils ne soient si- tués sur le bord des grandes routes. Cette opération aurait en effet de grands inconvéniens , parce que , ne pouvant se faire que de loin en loin, l’amputation des grosses branches occasionnerait de larges plaies, des gouttières, et par suite la perte des arbres. Cependant elle a lieu dans quelques futaies de la Belgique, notamment dans la forêt de Soignes , qui est peuplée en hêtres. M. Hartig la recommande aussi LL A ÉLI 55 pour les baliveaux qu’on laisse $uç les I^JLUa, afin d’éviter que leurs branches n’étouffent le.taulis. » V. Exploitation. - il( . Elagage demandé par les propriétaires des térrés avoisinant lesforêts , des arbres qui étendent leurs branches sur ces terres. Plusieurs propriétaires de terrains joignant les forêts domaniales ont demandé l’élagage des arbres composant la bordure de ces forêts, eu prétendant que cette bordure ainsi que les arbres qui la forment , ne se trouvaient pas à la distance prescrite ; et ces particuliers ont invoqué les art. 671 et 672 du Code civil. Le premier de ces articles défend, à la vérité , de planter des arbres de haute tige à une distance moindre que celle prescrite par les réglemens particuliers actuellement existans , ou par les usages constans et reconnus ; et statue qu’à défaut de réglement et d’usage , la distance sera de deux mètres de la ligne séparative de deux héritages. L’article suivant porte i°. que le voisin peut exiger que les arbres et haies plantés à une moindre distance soient arrachés ; 2°. que celui sur la propriété duquel avancentles branches des arbres du voisin, peut contraindre celui-ci à couper ces branches. Les dispositions de ces articles sont précises, sans doute , et leur application ne peut pas faire de difficultés lorsqu’il s’agira d’arbres ou de haies entre propriétaires particuliers d’héritages, soit à la ville, soit à la campagne. Mais la loi a -1 - elle entendu par là donner à tous les riverains des forêts le droit d’en exiger l’es- sartenient et l’élagage? On ne saurait se le persuader. D’abord, il n’est fait aucune mention des forêts et bois dans les articles dont on vient de parler, et ce serait forcer le sens de la loi que de les y comprendre. En second lieu , cette mesure, désastreuse pour les forêts, porterait le plus grand préjudice à l’état : c’est en effet sur les rives des forêts que se trouvent les plus beaux arbres5 ceux qui, par leur forme et par leurs dimensions , sont les plus propres, soit à fournir des pièces de marine précieuses pour les arsenaux, soit à donner des bois nécessaires aux grandes constructions civiles. L’expérience prouve que l’opération de l’élagage, pratiquée sur des arbres d’un âge déjà avancé , 11’a pas seulement l’inconvénientgrave de les vicier, mais que la perte de ces arbres en est souvent la suite (1). D’un autre côté, de pareils émondages, qu’on ne manquerait pas de réclamer de toutes jrarts, donneraient infailliblement lieu à tous les genres d’abus et de malversations , qui ne pourraient être prévenus par la plus exacte surveillance. Enfin , la preuve que les articles précités du Code ne s’appliquent point aux forêts domaniales, se tire de l’art. 636 de ce code ; article qui porte, en termes p) -lions disons souvent, parce qu’il n’est pas à présumer qu’on puisse prendte , lors Lite circulaire de l’Administration, du 22 brumaire an 10, n°. 49) charge les conservateurs de désigner, dans les états à former des bois inaliénables en exécution de L’arrêté ci-dessus, du 24 thermidor an 9 , L’origine de ces bois, et de faire connaître les noms et prénoms des émigrés dont ils provenaient. Une autre circulaire, du 9 octobre 1809, n°. 428, contient envoi, à chacun des conservateurs, de l’état des bois séquestrés dans leurs arrondissemens respectifs sur les émigrés , et demande des renseigne- mens sur l’exactitude de ces états. Un décret du 29 décembre 1810 porte que la présomption de la durée de la vie des émigrés pendant cinquante ans, ne peut être opposée à ceux qui rapporteront la preuve de leur décès. Un autre décret, du 3 novembre 1811, porte que l’émigré auquel il a été indûment restitué des biens adjugés au domaine par un arrêté ou partage précédemment fait avec ses parens, 11e peut être dispensé de restituer les fruits perçus pendant son indue jouissance , encore qu’il allègue que sa possession ait été de bonne foi. L’ordonnance du roi, du 21 août, et la loi du 5 décembre 1814, out fendu aux émigrés leurs biens non vendus. V. cette loi au Recueil. il a été recommandé aux conservateurs, par une circulaire du 28 décembre 1814, de fournir aux préfets deprompts renseignemenssurlesboisà restituer. La loi du 5 décembre 181 4 portait que les biens d’émigrés affectés à la caisse d’amortissement 11e devaient être rendus que lorsqu’il aurait été pourvu à leur remplacement; l’art. 116 de la loi du 28 avril 1816a levé cette suspension. V., au Recueil, VInstr. du \ 5 mai 1816; V. aussi Domaines nationaux. ÉMONDER, du latin emundare, nettoyer. C’est couper les branches des arbres , en ôter le bois nuisible ou superflu, pour en faire des fagots. Ces branches s’appellent émondes , On peut, en émondant les arbres, contribuer à leur accroissement; mais il faut des précautions pour éviter les excès nuisibles. L’émondage est aussi l’action de débarrasser le tronc et les branches d’un arbre de la mousse et des lichens , qui , s’ils n’absorbent pas la sève, forment au moins un obstacle à la transpiration de la partie qu’ils recouvrent; de détruire les gales, les gommes, les chancres ; de supprimer les chicots laissés ou oubliés lors de la taille ; en un mot, de rendre l’arbre propre et net, et de n’y laisser subsister aucune partie nuisible ou inutile. V. Ebrancher, Elaguer, Etéter, Excroissance. EMPATURE.,( T. de mar, ) Jonction de deux pièces de bois qui se croisent en se joignant bien entièrement l’une contre l’autre : ainsi, l’on dit Vem~ pâture des varangues avec les genoux ; c’est aussi l’assemblage de® pièce* de quille ou autr es avec écart. EMPHLTEOSE. Motqui vient du grec empha- teusis , ente > greffe y-dérivé d’en , dans , et do pku- teo , planter, enter. >■ Dans la pratique , c’est un contrat par lequel le EMP ENC ] propriétaire d’un héritage en cède à quelqu’un l!i j jouissance à longues années , ou même à perpétuité, . à la charge d’une prestation ou redevance annuelle. : 1 Ce contrat est ainsi appelé du mot enter ou planter, < parce qu’anciennement il n’avait lieu que pour les terres que l’on donnait à défricher, à planter. Il était défendu aux ecclésiastiques de faire des baux emphytéotiques pour leurs bois et autres biens. V. les lois des 24 août et 1 er . décembre 1790, celle du 18 avril 1791 , et l’article Emphytéose du Ré- pert. de jurispr. , où se trouvent rapportés plusieurs décrets , avis du conseil d’état et arrêts sur les baux emphytéotiques. Un arrêt de la cour de cassation , du 8 décembre 1812, décide que la loi du 20 août 1792, portant abolition de la féodalité pour les rentes foncières, n’est pas applicable à celles qui sont indivisibles de leur nature, et spécialement au canon de l’emphy- téose. EMPLOI. Ce mot, dans l’économie politique, signifie l’occupation, la fonction d’une personne qu’on emploie. L’art. i er . du tit. III de la loi du 29 septembre 1791 prescrit des conditions pour occuper les emplois de l’Administration forestière. V. cette loi. Toutes les fois qu’un agent passe à un emploi supérieur à celui dont il était pourvu, il éprouve une interruption de traitement, à compter du jour où il a cessé ses anciennes fonctions, jusqu^à la date de sa prestation de serment en sa nouvelle qualité. Le produit du traitement pendant cette interruption est affecté à la caisse des pensions de retraite, comme celui de tous les emplois vacans par mort, démission ou autrement, en exécution de l’art. 3 de l’ordonnance du roi, du 4 novembre 1814. ( [Instr. gén., du 28 novembre 1817, n°. 812. ) Emplois publics. Les art. 34 , 4 2 r 4 ^ et i *3 du Code pénal déterminent' les cas-où l’exclusion des emplois peut être prononcée par les tribunaux. V. Destitution , Nomination. EMPORTER. On dit qu’un arbre s’emporte quand il pousse plus fortement sur une branche que sur une autre. EMPREINTE, impressio. C’est l’impression, la marque , la figure de ce qui est empreint. Elle se lait par l’application d’uù corps Où est gravée la figure , sur un corps plus tendre. Le marteau royal qui sert à, la marque des arbres de réserve a pour figure une fleur de lis, dont l’impression reste sur le corps de l’arbre après l’application du marteau. V. Adjudicataire , Marteau, Martelage. EMPRISONNEMENT. C’est l’action par laquelle quelqu’un est mis en prison. La durée de la peine d’emprisonnement, dans les cas où elle est prononcée pour des délits ruraux , est fixée par le Code pénal' de -i8to, art. 444 soi- vansq et celle de la même peine pour les contraventions de police, par le liv. IV du même code. A l’égard des délits forestiers, l’emprisonnement remplace les peines corporelles prononcées par divers articles de l’ordonnance de 1669. ( Décis. du min. de la justice , du 18 thermidor an 4- ) Cette peine , d’après la loi du 23 thermidor an 4 ; art. 2, ne peut être moindre de trois jours ; elle peut, d’après un avis du conseil d’état, du 3 pluviôse an 10, être fixée à deux ans, chaque fois qu’il s’agit d’un délit qui, aux termes de l’ordonnance do 1669, serait puni du fouet, du carcan ou des galères. Un arrêt de la cour de cassation, du 29 mai i 8 i 3 , rendu dans une affaire où il s’agissait d’une coupe d’arbre avec scie et pendant la nuit, décide que lorsque la peine d’emprisonnement est prononcée par l’ordonnance, et requise par l’Administration et le ministère public, les tribunaux ne peuvent se dispenser d’appliquer cette peine, sous le prétexte que la durée m’en serait pas fixée par ladite ordonnance. Un autre arrêt, du 3 i décembre 1819, considère l’emprisonnement comme une peine dont l’importance est, à elle seule, au-dessus de la valeur de 100 fr. : d’où il suit qu’un procès-verbal constatant un délit qui emporte cette peine, doit être signé et affirmé par deux gardes , ou soutenu d’un second témoignage. L’emprisonnement a lieu à défaut de paiement des amendes. V., à cet égard, le mot Jugement, § 4. Unecirculaire de la régie des domaines, du i 5 messidor an 7 , chargeait les préposés de n’admettre aux ventes que des marchands connus qu dûment cautionnés, ainsi que le veut encore le cahier des charges actuel; et par une autre circulaire, du 27 brumaire an 9, elle invitait les préposés à exercer contre les enchérisseurs téméraires ou coupables d’intrigues ou de complot contre les intérêts de l’état, la contrainte par corps, dans le cas où ils n’acquitteraient pas leur folle-enchère, ou ne fourniraient pas une bonne caution. Cette mesure est autorisée par l’art, 26 du tit. XV de l’ordonnance de 1669, qui porte que si le marchand adjudicataire se désiste de son enchère et renonce à la vente, il sera arrêté jusqu’à ce qu’il ait payé ou donné caution de sa folle-enchère. V. les mots Adjudication, Caution, Enchère. EMPRUNT. C’est l’action d’emprunter, ou la chose qu’on emprunte; mais lorsqu’il s’agit du mesurage d’une coupe à asseoir, on entend parler d’un arbre d’une ancienne vente, que l’on marque pour servir de paroi ou de pied-cornier à la vente actuelle. L’arpenteur peut prendre des arbres d 'emprunt ; mais il doit les bien désigner, afin qu’il n’en soit point abusé. ( Ord. de 1669, tit. XJ, art. 3 .) ENCENS. Du latin incensum, brûlé, en prenant l’effet pour la cause. L’encens est une espèce d’aromatique qui est le produit du genévrier thurifère qui croit en Arabie. Encens de Thuringe. La Thuringe, et sur-tout le territoire deSaxe, abondent en forêts de pins, qui donnent beaucoup de poix. Les fourmis sauvages en recueillent de petits grumeaux, qu’elles enfouissent ■ dans la terre, quelquefois" jusqu’à 4 pieds de profondeur : là, cette poix, par la chaleur souterraine, reçoit un nouveau degré de coction et se réduit en mâése; on la tire ensuite de terre par gros morceaux : |c’est Cé qu’ôn appelle encens de Thuringe. I Encens madré ou Encens de village. Indépen- dàmméftft du sué résineux qui sort par les incisions qu’on fait aux pins ( V. Résine), l’écorce des vieux pins en transsude natùreliement quelques gouttes, dont la dessiccation forme une espèce de grain, 33 ENC ENC qu’on nomme encens madré, encens de village parce qu’on s’en sert communément dans les églises de la campagne. ENCHÈRE. Du mot cher, précieux. C’est l’offre que l’on fait au-dessus de quelqu’un pour une chose qui se vend par justice au plus offrant. C’est aussi la mise à prix pour quelque meuble pu immeuble, ou pour un bail ou autre objet d’exploitation. On distingue , i°. les enchères dans les ventes par décret forcé $ 2°. les enchères dans les adjudications de biens nationaux et de biens appartenant à des mineurs ; 3 °. les enchères pour coupes de bois dans les forêts de Fétat et des communes. Ces diffé rentes sortes d’enchères se règlent par des lois particulières , et l’on ne pourrait pas appliquer, par exemple, aux enchères dans les adjudications de bois, les dispositions des lois et notamment du Code de procédure , qui concernent les enchères pour les ventes par décret forcé. Ce sont l’ordonnance de 1669 , le cahier des charges et les autres réglemens concernant les forêts qui déterminent les obligations réciproques des enchérisseurs et de ceux qui vendent ; mais les lois qui prononcent des peines contre ceux qui troublent la liberté des enchères peuvent s’appliquer, outre les dispositions de l’ordonnance de 1609 , aux ventes de bois. L’art. 412 du Code pénal de 1810 porte, en renouvelant avec quelques modifications l’art. 22 du tit. II de la loi du 22 juillet 1791, et les art. 11 et 12 de la loi du 24 avril 1793 , que «c ceux qui, dans les adjudications de la propriété, de l’usufruit ou de location des choses mobilières ou immobilières, d’une entreprise, d’une fourniture, d’une exploitation ou d’un service quelconque, auront entravé ou troublé la liberté des enchères ou des soumissions, par voies de fait, violences ou menaces , soit avant, soit pendant les enchères ouïes soumissions, serontpunisd’unemprisonnement dequinze joursau moins, et d’une amende de ioo francs au moins et de cinq mille francs au plus. La même peine aura lieu contre ceux qui, par dons ou promesses , auront écarté les enchérisseurs. » Une ordonnance du roi, du 8 mai 1822, porte que des manœuvres frauduleuses employées pour écarter les enchérisseurs dans une vente nationale , ne peuvent être un motif d’annuler la vente; mais qu’il y a lieu en ce cas à l’application des peines prescrites par les lois. Des 'inchères pour les adjudications de coupes de bois. I. Toutes personnes doivent être reçues à enchérir les ventes de bois , pourvu qu’elles ne soient notoirement insolvables. ( Arr. du Cons., des 17 juillet 1671 et 2r mai 1697.)- Pourvu encore qu'elles ne soient du nombre de ceux auxquels il est défendu de se rendre adjudicataires des bois directement ni indirectement, par les art. 22 et 23 du tit. XV del’ordonnanco de 1669. IL II est expressément défendu aux marchands de faire des associations secrètes , et d’empêcher par voies indirectes les enchères, etc. V. Association. III. Aux termes de l’art. 20 du tit. XV de la même ordonnance , les personnes insolvables ne peuvent enchérir ou surenchérir qu’en présentant caution agréée par le receveur. IV. Toutes personnes qui veulent enchérir sont tenues d’élire domicile au lieu où se font les adjudications, tant pour la validité des actes qui doivent suivre lesdites adjudications, que pour l’exécution de leurs enchères, révocations, tiercemens, etc., et de tous autres actes ; à défaut de quoi, les assignations doivent leur qtre faites au secrétariat du lieu de la vente. {Art. 26 du tit. XV.) V. Lorsque les offres ne sont pas proportionnées à la valeur des bois, et n’atteignent pas les estimations ou ne s’en rapprochent point, l’agent forestier réclame contre l’ouverture des enchères. {Instr. du 23 mars 1821, art. 95.) Si les marchands se liguent pour empêcher les adjudications , c’est le cas de provoquer une ordonnance qui autorise l’exploitation par régie pour le compte du gouvernement, ainsi que cela s’est fait dans quelques circonstances. V, l 'Arr. du Cons., du 23 avril 1724. VI. 11 est libre aux marchands de renoncer à leurs enchères dans le lendemain midi du jour de l’adjudication, en le luisant signifier, dans cet intervalle, au précédent enchérisseur au domicile par lui élu, et au receveur, auquel ils paieront comptant leurs folles-enchères. ( Ord. de 1669, tit. XV, art. 25 .) Ml. I .orsqu’il y a révocation d’enchères, les pré- cédens enchérisseurs sont graduellement et successivement subrogés au lieu et place de ceux qui ont révoqué. ( Ib., art. 26 et 27.) V. Adjudication, § 5 , 4 et 5 , Désistement, et l’article Renonciation , où il est parlé du délai accordé aux enchérisseurs pour renoncer. Relativement au mode de procéder pour la fixation des enchères , leur réception , les contestations qui peuvent naître entre les enchérisseurs , le paiement des folles-enchères et la nouvelle adjudication à faire en cas de déchéance, V. les mots Adjudication , Toile-Enchère et Tiercement. ENCHÉRISSEUR. Les enchérisseurs sont ceux qui mettent prix sur une chose exposée en vente. V. Enchère. Un arrêt du conseil d’état, du 23 avril 1724, a ordonné que , faute d’enchérisseurs, les bois de la maîtrise de Boulogne seraient exploités par régie. Aujourd’hui, il arrive quelquefois que, lorsqu’il n’y a pas d’enchérisseurs, ou que les enchères 11e s’élèvent pas au taux désiré, on provoque, sur l’autorisation du gouvernement, des soumissions pour la vente. Mais nous avons établi, à l’article Exploitation, qu’il y aurait souvent un grand avantage à ce que, suivant ce qui se pratique en Allemagne, le gouvernement fît lui-mèine exploiter les coupes : il aurait le bénéfice de l’adjudicataire , et ne serait point exposé aux intrigues des marchands, qui sont si funestes au prix des ventes. Un enchérisseur auquel le désistement ou la déchéance de l’adjudicataire n’a pas été signifié dans les vingt-quatre heures, et qui n’a pas fourni caution en temps utile , ne peut se prétendre adjudicataire après que la vente a été acceptée par un autre en- ENF ENG chérisseur. (Arr. de la C. de cass., du 6 août 1817., V. Adjudication , Bêlai, Renonciation. ENCLAVE. De latin clavus, clos, et de in et de claudere, renfermer dedans : chose qui est enfermée dans une autre. 11 se dit de terres qui sont enfermées dans une autre terre, de terrains ou fermes qui sont enfermés dans les forêts : ainsi on dit : Unefurêtetses enclaves. XJn décret, du 19 juillet 1791, voulait que les petites fermes, métairies et autres domaines de 5 o ar- pens et au-dessus, enclavés dans les forêts , ne pussent être vendus qu’en suite de l’autorisation de l’Assemblée nationale , après avoir pris l’avis des corps administratifs. Enclave, en matière féodale, était un terrain déterminé , sur lequel le seigneur était fondé à exercer la justice,ou à percevoir un droit général. ENCROUE. Ce mot se dit d’un arbre qui, en ( tombant, s’est accroché sur un antre et qui demeure embarrassé dans les branches de ce dernier. Il est enjoint aux marchands de veiller à ce que les arbres soient abattus, en sorte qu’ils tombent dans les ventes sans endommager les arbres, à peine de tous dépens, dommages et intérêts ; et s’il arrive- que quelqu’un de leurs arbres demeure encroué, ils ne peuvent faire abattre l’arbre auquel il est accroché, sans la permission du conservateur ou des agens forestiers, qui ne peuvent encore l’accorder qu’a- près avoir pourvu ù l’indemnité. ( Ord. de 1669, tit. XV, art. 43 .) Cette indemnité 11e peut être moindre de 3 o fr. pour l’arbre moderne, et de 60 fr. pour l’arbre ancien. Si l’arbre, en cet état, peut encore profiter , l’agent forestier réglera le dommage. L’adjudicataire ou son facteur en signera le procès-verbal, qui sera remis au receveur du domaine pour le recouvrement. ( Cah . des ch. pour les coupes, art. 55 .) Les anciennes ordonnances, telles que cèlles de juillet 1379, art. 23 ; septembre suivant, art. 19; 1088, art. 22; septembre 1402,art. 22; etmars i 5 i 5 , art. 39, portaient : a Ordonnons que chaque adjudicataire se garde d’abattre son arbre si follement qu’il s'encroue sur un autre arbre à nous appartenant, tellement qu’il ne puisse être ôté sans le nôtre abattre, car s’il le fait il perdra son arbre , qui sera acquis à nous. Sur quoi , Saint-Yon observe que cette défense a pour objet d’obvier aux fraudes et abus que peuvent commettre les adjudicataires , en faisant tomber un arbre sur un autre de grand prix pour avoir ce dernier à bon marché. EN ETANT. Y. Etant. ENFANS. Ceux des agens forestiers ne peuvent prendre part aux adjudications (Ord. de 1669, tit. XV, art. 22), ni ceux des usagers conduire au pâturage les bestiaux de leurs pères, (lb., tit. XIX, art. 8.) Les pères et mères sont civilement responsables des délits commis par leurs enfans. ( Ib., tit. XXXII, art. 7 et 10.) Y. Responsabilité. ENFONÇURES. Planches fendues quise vendent aux boisseliers. 3 9 ENGAGEMENT, ENGAGISTE. L’engagement est une aliénation que l’on fait d’une chose pour un temps, et qui 11e transmet point la propriété. L’engagiste est celui qui tient par engagement quelque domaine ou droit, soit de l’état, soit des particuliers. Quoique le domaine de la couronne fût inaliénable, néanmoins le Roi accordait souvent à des particuliers, seigneurs ou autres, la possession et jouissance d’un ou de plusieurs fiefs dépendant du domaine , moyennant certain prix de finance qu’ils payaient; mais la propriété restait toujours au P.oi, qui y rentrait quand il le voulait en remboursant la finance. Les engagistes, observe Massé, dans son Dictionnaire forestier, sont considérés comme usufruitiers ; ils ne peuvent jamais devenir propriétaires du domaine engagé ; leur droit se transmet à leurs héritiers ou ayant cause , sans que , pour les mutations, il soit dû aucun droit seigneurial, ni foi ni hommage. Ils ne jouissent point des droits honorifiques du domaine engagé, et ne peuvent recevoir les foi et hommage , ni donner l’ensaisinement ; mais ils peuvent percevoir les droits utilès. « Les domaines engagés sont regardés , dans les successions, comme propres, sujets au droit d’aînesse, susceptibles d’hypothèque , et peuvent être saisis et vendus par décret sur l’engagiste. 33 La justice se rend au nom du Roi quand la justice royale est attachée au chef-lieu d’une terre engagée, et les engagistes n’ont point la collation des offices , mais seulement la présentation des officiers , qui sont toujours royaux. 33 Si l’engagement n’est que d’une dépendance du chef-lieu et que la justice y soit comprise, cette justice alors n’est plus que seigneuriale, et s’exerce au nom de l’engagiste, auquel, en ce cas, la collation des offices et tous les droits utiles et honorifiques appartiennent, excepté ceux qui sont une suite des mouvances du chef-lieu. 33 L’engagiste est tenu d’acquitter les charges du domaine , comme gages d’officiers , prestations ou rentes annuelles et quotidiennes en argent, fruits ou autrement, entretenir les bâtimens , prisons , moulins, fournir le pain des prisonniers, payer les frais de leur transport, et généralement tous les frais des procès criminels où il n’y a point de partie civile. 33 Les engagistes du domaine 11e peuvent prétendre aucun droit sur les mines, s’il ne leur a été expressément engagé.» (Edit de CharlesIX, du 26 mai i 563 .) 33 Ils ne peuvent jouir de l’effet de leurs contrats et adjudications que les eaux , bois et garennes en dépendant ne soient préalablement évalués en la chambre des comptes, en la présence du grand-maître , ou sur les avis et procès-verbaux par lui sur ce faits , à peine de 10,000 liv. d’amende et de réunion au domaine des eaux et bois engagés. ( Ord. de 1669 tit. XXII, art. 3 . — Arr. du Cons., conformes à cet article, des 8 novembre 1689, e6 septembre 1702, i er . septembre 1705 et 19 décembre 1707.) 33 Les arbres de réserve et baliveaux sur taiUis sont réputés faire partie du fonds. ( Ord. de 1669, tit. XXVII, art. 2.) EN R 4o E N G r ‘ Suivant l’arrêt du conseil , du 22 novembre 1687, ils doivent payer les gages des gardes des bois qui leur sont engagés , comme étant une charge de leur engagement, et ne peuvent les destituer qu’en cas de malversation reconnue par le grand-maître. » Par la déclaration du I er . août 1693 , les donataires, usufruitiers et engagistes furent déchargés de toutes les recherches et peines portées par l’ordonnance, depuis l’année 1669 jusqu’alors, faute d’avoir fait les réserves ordonnées, en payant au Roi 10 liv. par arpent de bois seulement, dont il fut ordonné , par arrêt du conseil d’état du i er . décembre de la même année , aux officiers des maîtrises d’envoyer des états au conseil. » ( Arr, des 27 février 1694 ; 8 et 26 mars 1695.) La loi du 14 ventôse an 7 faisait connaître qu’il serait ultérieurement statué sur les concessions de forêts au-dessus de r 5 o hectares. Celle du it pluviôse an 12 portait que les bois provenant d’engagement et d’échange seraient réunis au domaine moyennant une indemnité. Cette disposition a été rapportée par la loi du 28 avril 1816 , pour les engagistes qui ont été admis à de venir propriétaires incoinmutables en payant le quart de la valeur des bois. Nous avons rapporté , à l’article Bois tenus à titre de douaire, engagement, etc., les dispositions des lois anciennes et nouvelles sur les bois engagés. V. cet article , t. I,p. 38 i. ENGLUMEN. Nouveau nom donné aux diverses compositions qui peuvent être employées à recouvrir les plaies des arbres, et qu’on appelait autrefois onguent, emplâtre. La condition essentielle à la plus prompte guérison des plaies d’arbres, est de les priver du contact de l’air, et l’englumen qu’on applique produit cet effet quand il résiste à l’action alternative de l’air, de la chaleur et de la pluie. Le plus avantageux est celui connu sous le nom à'onguent de Saint-Fiacre. C'est un mélange de bouse de vache et de terre franche , environ par moitié. ENGRAIS. De gras, formé du latin crassus. Ce mot se dit des ’ erbages où i’on met engraisser certains animaux domestiques pour la nourriture de l’homme. Il se dit aussi des fumiers, des marnes, des boues, etc. , qu’on met sur une terre pour l'engraisser, l’amender, la rendre meilleure et plus féconde. On distingue les engrais en engrais d’animaux, engrais minéraux et engrais végétaux. 3 . le mot Engrais dans les Dictionnaires d’histoire naturelle e t d’agriculture, imprimés chez Déterville, où cet article, qui intéresse particulièrement l’agriculture , se trouve traité avec beaucoup de développement. Les engrais naturels des forêts sont les feuilles qui tombent des arbres , les herbes cpii se pourrissent sur le so', enfin les débris des végétaux de toute espèce, qui forment l 'humus ou le terreau du sol des forêts. L’enlèvement de ces matières est un délit. V. Herbage, Feuilles mortes. Les météores agissent aussi comme engrais : c’est pourquoi il est b6n , lorsqu’on veut faire une plantation, de cultiver le terrain ou d’ouvrir les fosses destinées à recevoir les plants, plusieurs mois avant d’exécuter la plantation. Les engrais ordinaires agissent de différentes manières : il y en a dont l’action est purement mécanique , et s’exécute par la division ou le rapprochement des terres, et c’est pour obtenir ces effets, suivant la nature du sol, qu’on emploie le sable, la craie, la terre glaise; d’autres engrais sont purement salins; il en est enfin, tels que ceux tirés des substances végétales et animales, qui contiennent eu eux-mêmes tout ce qui est nécessaire pour la fécondation de la terre, et former de l’humus ou terreau. ENGRAVE. Se dit d’un bateau engagé, embarrassé dans le sable ou gravier, de manière qu’il ne puisse plus flotter. ENLEVEMENT DE PLANTS, TERRES, SABLE, etc. L’art. 12 du tit. XXVII de l’ordonnance de 1669 défend à toutes personnes d’enlever, dans l’étendue et aux reins des forêts domaniales , des sables, terres, marne ou argile, ni d’y faire de la chaux à 100 perches de distance , sous peine de 5 oo liv. d’amende et confiscation des chevaux et harnois. L’art. 4 ° du même titre dit qu’il ne sera tiré terres, sables et autres matériaux , à 6 toises près des rivières navigables, à peine de 100 liv. d’amende. Le réglement général de réformation de la forêt d’Orléans, du 26 avril 167: , autorisé par arrêt du conseil d’état, du 21 mars 1676, dit, art. 4 8u tit. VII, pour la police de ladite forêt, que les officiers assigneront des lieux et places aux habi- tans et riverains, pour prendre terre à bâtir , four à chaux. V. Four, Plants, Terre, Sable. Enlèvement de nois. L’enlèvement de bols sec et des chicots sur des charrettes par des particuliers non adjudicataires ou usagers, est un délit. { Arr. de la C. de cass. , du 2 octobre 1807.) V. Délit, Maraudage. Enlèvement de feuilles. V. Feuilles. ENNEANDRIE, enneandria. Terme de botanique formé de deux mots grecs, qui signifient neuf maris. L’ennéandrie est la classe neuvième du système sexuel : elle renferme les plantes qui ont neuf étamines. V. Botanique , 3 e . section. ENQUETE. L’enquête est, en matière civile , ce qu’est l’information en matière criminelle. 3 . Procès-Verbaux, Usages. ENRACINÉ. Plante qui" a pris racine ou qui a beaucoup de racines. On dit : Cette plante est bien enracinée, pour dire qu’elle a beaucoup de chevelu. Un arbre bien enraciné souffre moins des grandes gelées d’hiver que celui qui est nouvellement planté. ENREGISTREMENT. Formalité établie pour assurer l’existence et la date des actes. Elle se donne en inscrivant sur le registre à ce destiné, par extrait et dans un seul et même contexte , toutes les dispositions de l’acte. ( Foi du 19 décembre 1790, art. 7.) I. Le droit d’enregistrement a été créé en remplacement de celui de centième denier et du contrôle* des actes, dont la loi du 19 décembre 1790 a prononcé la suppression. • La mention de la formalité est portée, pour les actes civils et extrajudiciaires, sur les minutes, brevets ou originaux. ( Loi du 22 frimaire an 7, art. 7. / E1N R EjST 4i Et pour les actes judiciaires sur les minutes ou sur les expéditions, suivant les distinctions établies. La formalité de l’enregistrement doit être donnée tous les jours de l’année , excepté ceux consacrés au repos. II. L’enregistrement des procès-verbaux en matière de délit forestier doit avoir lieu d^ns le délai de quatre jours ( Loi du 22 frimaire an 7, art. 20); mais le délai de l’enregistrement s’étend au cinquième jour, si le quatrième tombe un jour de fête ou de dimanche. ( Arr. de la C. de cass., du 1 & février 1820.) III. La peine contre le garde qui n’a point fait enregistrer sur procès-verbal dans ce délai, est d’unt somme de 25 fr. et, de plus, d’une somme équivalant au montant du droit de l’acte non enregistré. Le procès-verbal non enregistré dans le délai est déclaré nul, et le contrevenant responsable de cette nullité. [Loi du 22 frimaire an 7, art. 34 -) Lorsque plusieurs gardes ont signé un procès- verbal déclaré nul par défaut de formalité, ils sont condamnés solidairement à l’amende de 25 fr. ( Décis. du min. de la justice, rapportée dans une Circul. de l’/ 4 dm. des forets, du 22 brumaire an 1 o, n°. 47.) Ces sortes de condamnations ne peuvent être prononcées (l 'offee par les tribunaux contre les gardes qui auraient omis de faire enregistrer leurs procès- verbaux; elles sont poursuivies par l’administration des domaines. [Arr. de la C. de cass., du 4 ventôse an 12.) IV. Les procès-verbaux des gardes royaux et communaux s’enregistrent en débet. ( Loi du ai frimaire an 7, art. 70. — Décis. du min. desfn., rapportée dans une Circul. de L A dm., du 20 messidor an 10. 11°. 102. — Ord. du mi, du 22 mai 1816. — Instr. de l’adm. des domaines, du 3 juin 1816.) V. Les gardes peuvent présenter leurs actes au bureau le plus voisin de leur résidence, lors même que ce bureau ne serait pas celui de leur arrondissement. [Circul. du 22 février 1810, no. 4 11 -) VI. La formalité de l’enregistrement, quoique donnée au bis de l’acte d’affirmation d’un procès- verbal de délit, n’est relative qu’à ce procès-verbal, et point à l’affirmation, qui en est expressément dispensée. [Arr. de la C. de cass., du 28 avril 1809., VII. L’enregistrement de l’exploit dans un bureau autre que celui de la personne citée, ou de celle qui a rédigé l’exploit, ne rend point cet acte nul, non plus que le défaut de mention de la résidence de l’exploitant. [Arr. de la C. de cass. , du 5 mai 1809.) VIII. Sous le régime des maîtrises, les adjudications de coupes dans les bois du roi et dans ceux des communautés ecclésiastiques et d’habitans, ainsi que les réceptions de cautions et les adjudications au rabais des réparations, étaient exemptes des droits de contrôle ou d’enregistrement. [Décis. du Cons., du 10 janvier 1727. — Arr. du Cons., des il) juin 1728 et j4 octobre 1732.) Mais d'après les lois des 19 décembre 1799 et 22 frimaire an 7 , toutes les ventes de coupes, tant dans les bois de l’état que dans ceux des communes et des établissemens publics, sont soumises à la formalité et aux droits d’enregistrement. Les procès-verbaux d’arpentage, balivage et mar- Tohik II. telage peuvent être rédigés sur papier visé pour timbre, et ne sont point assujettis à Venregistrement dans un délai fixe ; mais ils doivent être présentés avec celui d’adjudication au receveur de l’enregistrement, à l’effet de les viser pour timbre et de les enregistrer, en percevant le droit. ( Circul. des 3 floréal an i 3 , n°. 262; 3 juin i8'0 etz 5 février 1817.) IX. Les droits de timbre et d’enregistrement de ces procès-verbaux, ainsi que ceux de tous autres actes relatifs aux ventes, sont payés comptant par chaque adjudicataire. [Cah. des ch.pour l’ordinaire 1825 , art. 10. ) X. Les procès-verbaux de récolement et de réarpentage doivent aussi être visés pour timbre, et enregistrés en percevant les droits. Les uns et les autres sont des actes d’administration publique, qui ne sont pas soumis à l’enregistrement dans les quatre jours; il suffit qu’ils soient présentés avant le commencement de la procédure. [Décis. du min. des fin., du 19 germinal an i 3 , rappelée dans une Circul. du 3 floréal suivant, n°. 262. — Arr. de la C. de cass., des 8 avril 1808 et 1 er . septembre 1809.) XL Les arpenteurs peuvent faire viser pour timbre et enregistrer en débet les procès-verbaux de leurs opérations dans les bois communaux, sauf a poursuivre contre les communes le paiement des droits exigibles par les coupes alfouagères. [Circul. du 3 juin j 810, n°. 4 ’ 5 -) XII. Le droit d’enregistrement pour les procès- verbaux de délivrances extraordinaires dans des bois domaniaux, faites à un entrepreneur, est exigible. 'Arr. de la C. de cass., du 8 novembre 1807.) XIII. 1 .es droits d’enregistrement sont restituables lorsqu’une adjudication de coupe de bois a été légalement annulée. ( Avis du Cons. d’état, du 18 octobre 1808. — Bulletin des lois, 2 e . semestre 1808 , p. 169.) XIV. Le droit d’enregistrement, tel qu’il est fixé par la loi pour les contrats entre particuliers, est dû pour toutes les ai quisitions faites pour le compte des départemens, arrondissenieiis et communes. Avis du Cons. d’état, du 1 2 février 1811, approuvé le 27 du même mois.) V., pour les différentes matières relatives à l’enregistrement, la Loi du 11 frimaire an 7 , et dans le présent Dictionnaire, l 'art. Estimation, pour les droits à payer en cas de su<- cession à l’égard des bois et des pépinières, et les mots Procès - Terbaux d’adjudication , de baiivage et de délit, et Travaux. XV. Aussi, au Recueil, les Arr. de la C. de cass., des 8 septembre 181 3 er 21 avril 1820, qui décident que la vente séparée du fonds et de la superficied’un bois, donne lieu à deux droits dillérens d’enregistrement; et que la vente de la superficie d'une forêt faite à celui qui était déjà acquéreur du fonds, ne constitue pas une mutation d’immeubles sujette à l’enregistrement dans le délai de trois mois. ENSEMENCEMENT. V. Semis. ENSIFORME. ( T. de bot.) Composé de forma, forme , et de ensis, épée, qui a la figure d’une épée. ENTAILLE. Couped’une partie du corps ligneux. L’arpenteur, lors de l’assieLte d’une coupe, fait au- dessus de chaque empreinte de son marteau et dans la même direction, à la hauteur d’un mètre, une 6 4a ÉPA ÉPI entaille, que l’on appelle miroir ou plaquis, destinée à recevoir l’empreinte du marteau royal, et un peu au-dessus une autre entaille pour l’empreinte du marteau de l’officier qui a fait l’assiette. ( Ord. de 1669, XV> nrt. 9.) ENTER. C’est greffer. ENTIER , integer. En botanique, une feuille est dite entière lorsque son disque ne présente à son contour ni sinuosités remarquables ni denture quelconque. Un calice entier est un calice monophylle dont le bord est très-simple et sans division. ENTOMOLOGIE , du grec entomon, insecte, et de logos, discours. C’est la partie de l’histoire naturelle qui traite des insectes. V. Insecte. ENTONNOIR, infundibulum. {T. de bot.) On se sert de ce terme pour désigner la figure de certaines fleurs et de certains calices qui ont la forme d’un entonnoir. ENTREE. On appelle bois d’entrée celui qui commence à donner quelques marques de dépérissement, qui commence à se couronner. On nommait droits d’entrée et droits de sortie des taxations attribuées aux officiers des eaux et forêts pour les récolemens. ENTRÉES DE VILLE. Les adjudicataires des bois du roi étaient exempts des droits d’entrée des villes pour les bois qu’ils faisaient conduire et débiter pour leur compte. V. Droit. EN TRÉE DES FORÊTS. Est interdite aux vaches et aux chevaux, à moins qu’elle ne soit autorisée par des usages anciens et légalement reconnus. {Proclamation du 3 novembre 1789.) L’entrée seule des bestiaux dans une forêt non déclarée défensable est un délit. V. Pâturage. ENTREPRENEURS. Les entrepreneurs sont responsables des délits commis dans les bois par les ouvriers par qui ils font abattre les arbres qui leur sont accordés pour la réparation des bâtimens. ( Ord. de 1669, XXI, art. 4 - ) Ils sont pareillement responsables, dans ce cas, des amendes et restitutions prononcées contre leurs ouvriers qui auraient disposé des branchages et re- manens des arbres délivrés. {Ib., art. 5 .) V., pour les obligations imposées aux entrepreneurs des coupes communales , les mots Pois communaux, § 3 , p • 37a. Y. aussi Travaux. ENTRETIEN DES BOIS. Il consiste à pourvoir à leur conservation par une bonne garde , par des fossés suffisans,par le repeuplement des parties vides, par une exploitation bien entendue, par les soins que l’on met à prévenir les incendies, à écarter les bestiaux et à réprimer les délits. EOüSE. Nom vulgaire du chêne yeuse. V. ce mot. EPARS, SE, sparsus. (T. de bot.) Ce qui est disposé sans ordre, ou lâchement. EPAVES, du latin expavefactœ, effrayées, égarées. Ce mot a signifié, dans l’origine, des bêtes effrayées , égarées, errantes, sans garde, et dont le propriétaire n’est pas connu. La signification de ce mot s’est étendue aux choses inanimées et perdues, et l’on a distingué les épaves foncières, qui sont les immeubles sans propriétaire, les épaves maritimes et les épaves des rivières, qui sont les effets trouves sur le bord des eaux, et qui ne sont point réclames par le légitime propriétaire. Les seigneurs liants justiciers avaient autrefois b droit de s’emparer des épaves après quarante jouis et les publications faites. La connaissance des épaves trouvées sur les rivières appartenait aux officiers des maîtrises, priva- tivement à tous autres juges, suivant les art. 3 et 1 \ du tit. I, les art. 16 et 17 du tit. XXXI, les arrêts rendus en conséquence, notamment un arrêt di conseil d’état, du 30 octobre 1691 , et un autre di a 1 avril 1693. Ce n’est plus aux officiers des forêts qu’il appartient de connaître des épaves, mais aux administrations. V. les Lois des 7 septembre 1790 et i 5 septembre 1791. Les droits d’épaves, de déshérence, etc. , n’ort été supprimés par l’art. 7 du tit. I er . de la loi di ao avril 1791 , qu’à l’égard des ci-devant seigneurs qui en jouissaient, mais non à l’égard de l’état. Suivant l’art. 539 du Code, tous les biens vacans et sans maître appartiennent au domaine public, et cette disposition est conforme à l’art. 3 de la loi du 2a novembre IT90 : en sorte que lorsque les bois, planches et autres effets mobiliers, entraînés par les eaux, ne sont pas réclamés, et que le propriétaire n’en est pas connu, ils appartiennent à l’état : tout particulier qui voudrait s’en emparer commettrait un vol. ÉPERON, calcar. ( T■ de bot. ) Espèce de corne formée par le prolongement postérieur de la base d’un calice ou d’une corolle au-delà de son point d^cittucli Q * ÉPERON FORESTIER. Par une circulaire du i er . brumaire an i 3 , n°. 242, l’Administration a recommandé, pour repiquer en glands les clairières des bois, l’emploi d’un instrument auquel on a donné le nom d 'éperon forestier. Cet instrument, fabriqué en fer et terminé par un tranchant, s’attache au talon droit comme une sandale. La manière de s’en servir est décrite dans la circulaire; mais il ne parait pas que les gardes auxquels il était destiné en fassent usage, à cause de l’embarras qu’il occasionne dans la marche. Une simple houlette de berger serait plus commode pour faire des repiquages en marchant. ÉPÉE VIER. V. ce mot dans le Dictionn. des Pêches. ÉPI, spica. ( T. de bot ) Assemblage allongé de fleurs, etc., ou sessiles, ou courteinent pédicellées, attachées le long d’un axe commun simple ou non manifestement ramifié. EPICES. Anciennement les parties faisaient présent à leurs juges de quelques objets qu’elles achetaient chez les épiciers : de là est venu le nom d’épices, qui a été conservé pour désigner les droits qui appartenaient au rapporteur et aux juges pour avoir jugé les procès par écrit. Les épices devaient être taxées sur la minute du jugement par celui qui avait présidé. ( Décidé, pour les maîtrises, par arr. du Cons., du 10 août ’ 7 3 4 -) Aux termes de l’arrêt du conseil, du 3 juin 1738, ÉPI c’était au maître, comme président, de faire la taxe des épices, qui au reste devaient être partagées entre le maître et le lieutenant. Pour les affaires qui se jugeaient à l’audience , les juges ne pouvaient se taxer d’épices. L’art. 11 du tit. XII de l’ordonnance de 1669 faisait défenses aux officiers tenant les assises de recevoir aucune cliose en argent, présens ou équiva- lens, sous prétexte d’épices, à peine de concussion. L’art. 4 du tit. XXIX voulait que les contestations pour droits de péages fussent jugées sans épices et sans frais, etc. Les droits d’épices ont été supprimés par la loi du 4 août 1789, art. 7, et par celle du 24 août 1790, tit. II, art. 2. EPICEA. C’est le sapin-pesse. V. Sapin. ÉPIDERME ou SURPEAU, cuticula. On appelle ainsi cette peau mince qui sert d’enveloppe générale et extérieure aux différentes parties des plantes ; elle est assez généralement lisse sur le tronc et les branches des jeunes arbres; elle devient raboteuse et crevassée à mesure qu’ils avancent en âge. V. Physiologie végét., 1 re . et 2 e . section. ÉPIGYNE, epigynus. Inséré sur le sommet de l’ovaire, qui alors est infère. Les étamines et la corolle épigynes doivent être regardées comme insérées au calice. ÉPINES, spince. Ce sont des productions dures et pointues, qui sont continues ou font corps avec les différentes parties des plantes qui en sont pourvues, de manière qu’on ne peut les en séparer sans les casser, à la différence de l’aiguillon, qui est attaché seulement sur l’écorce. L’épine croît avec la jeune branche sans être produite par un bouton particulier. Après l’entier développement de la jeune branche, on ne trouve plus de liqueur dans l’épine ; le corps ligneux qui la composait en partie se durcit; la pointe aiguë de l’épine est beaucoup plus compacte et plus dure que la base, qui adhère à la branche. Epine blanche. V. Aube-Epine. Epine noire. V. Prunier. ÊPINETTE. C’est la même chose que sapinette. V. Sapin. EPINE-VINETTE ou VINETTIER, berberis. Genre de plantes de l’hexandrie monogynie et de la famille des berbéridées, qui comprend des arbrisseaux épineux, indigènes et exotiques. Dénomination. — Elle se nomme en anglais barberry-bush ; en allemand, berberis-beer-strauch y en italien, berberi ou crespino. On croit que cet arbre tire son nom d’un mot indien qui signifie la coquille qui fournit les perles. Les espèces de ce genre sont peu nombreuses , elles se réduisent à trois ou quatre. L’Epine- Vj nette commune , berberis vulgaris (Lin.), est celle qu’on trouve en Europe. C’est un arbrisseau qui s’élève à 4 ou 5 pieds, et qui pousse de ses racines plusieurs tiges droites, dont le bois est fragile et de couleur jaunâtre ; dont les rameaux sont revêtus d’une écorce glabre, mince, cendrée ou grisâtre, armés à leur base de trois épines droites; les feuilles, pour la plupart ramassées par paquets, sont ÉPI 43 alternes, ovales, rétrécies en pétiole à leur base, obtuses et arrondies à leur sommet, assez fermes, épineuses à leur circonférence, longues d’environ un pouce et demi sur un demi-pouce de large, d’un vert clair et luisant à leur surface, blanchâtres et relevées en dessous par des nervures saillantes ; les fleurs, qui sont jaunes dans toutes leurs parties, excepté dans l’ovaire, naissent aux aisselles des feuilles eu petites grappes pendantes comme celles du groseillier : elles paraissent au mois de mai, et elles offrent un exemple de l’irritabilité des plantes. Si on touche légèrement avec une épingle le filet de leurs étamines, elles se replient aussitôt du côté du pistil. Ce mouvement a lieu aussi sans irritation; car on les trouve tantôt collées sur le stigmate , tantôt divergentes. 11 est très-facile d’observer la fécondation de ces fleurs, et de voir, pendant le temps de la floraison, les anthères des étamines se pencher, chacune à leur tour, sur les stigmates , qu’elles couvrent de leur poussière , et se relever ensuite. Elles sont remplacées par des fruits ovales, d’abord verts, et qui deviennent d’un beau rouge à leur maturité, qui a lieu dans les mois de septembre et d’octobre; ils ont la chair rouge et une saveur acide assez semblable à celle du citron ; ils contiennent deux semences allongées. Cet arbuste croît en Europe, le long des bois, dans les haies, et il est cultivé dans presque tous les jardins d’agrément. Il présente plusieurs variétés , qui consistent principalement dans les fruits : l’une est le vinettier à fruits violets ( berberis vio- lacea)i l’autre, à fruits blanchâtres y une troisième, d fruits sans pépins {berberis sterilis ); une quatrième est celle du Canada ( berberis canadensis), qui diffère des autres par ses fruits moins succulens , ses feuilles plus larges, plus rarement dentées, et par ses grappes plus courtes. Culture. — L’épine-vinette vient dans tous les terrains, pourvu qu’ils ne soient pas trop aquatiques , et elle se propage de graines, de drageons enracinés et de boutures, et par l’éclat de ses racines. On sème les graines en automne aussitôt qu’elles sont mûres; on les recouvre de 3 à 4 lignes de terre , et les jeunes plants lèvent au printemps suivant, accompagnés de longues feuilles séminales. Si on ne les sème qu’au printemps, elles restent lin an en terre : on met les plants en pépinière lorsqu’ils ont un an, et on les y cultive pendant deux ans. Comme l’épine-vinette produit des rejetons en abondance, on les emploie de préférence pour sa multiplication; on les lève en automne, et on choisit ceux de l’année. Les marcottes se font au printemps; elles valent mieux pour le succès des fruits, parce que les plants qui en proviennent sont moins sujets à pousser des rejetons, qui épuisent la plante principale. On couche en terre les jeunes branches, et lorsqu’elles ont poussé des racines on les sépare en hiver de la tige-mère pour les planter en pépinière , où elles restent deuxans. Si oncultive l’épine-vinette pour ses fruits, il faut la placer dans un lieu isolé, émonder soigneusement ses jeunes branches tous les ans. La variété sans pépins, qui se trouve dans la forêt de Lyons, et dans plusieurs autres endroits de la 6 * 44 ÉPI Normandie, est celle qu’on doit préférer, parce qu’elle donne les meilleurs fruits. Qualités et usages. — On place l’épine-vinette dans les bosquets, où ses fleurs, jaunes, produisent un effet assez agréable ; mais on doit éviter de la trop multiplier dans les avenues fréquentées, à cause de l’odeur forte et désagréable de ses fleurs. Elle est utilement employée dans la composition des remises, ses fruits étant très-propres à y attirer les oiseaux. On fait d’assez bonnes baies avec l’épine-vinette; mais elles ont l’inconvénient d’être broutées par les bestiaux. On leur reproche aussi, en France et en Allemagne, d’occasionner la rouille de plusieurs sortes de grains dans le voisinage desquels elles se trouvent, reproche qui serait assez fondé d’après les observations récemment faites par M. Yvart, mais que d’autres agronomes regardent comme ayant besoin d’être appuyées par de nouvelles expériences, attendu que la rouille des blés provient d’un champignon parasite, l'uredo segetum, qui ne peut se multiplier que par ses propres semences, et non par l’influence des fleurs de l’épine-vinette, sur laquelle d’ailleurs il ne croît pas. Presque toutes les parties de cette plante sont employées avec avantage : le bois est recherché pour la marqueterie et les petits ouvrages de tour ; les jeunes pousses bien droites servent à faire de bons tuyaux de pipe et des cannes d’une belle couleur jaune; les abeilles aiment beaucoup les fleurs de cet arbuste. « Ses racines sont amères, styptiques; leur décoction passe pour favorable dans la jaunisse, ainsi que celle de l’écorce; le bois, l’écorce, macérés dans une lessive alcaline, fournissent une teinture jaune pour le fil et le coton , pour colorer en jaune les ouvrages de menuiserie, pour donner du lustre au cuir corroyé; les feuilles peuvent servir de nourriture aux chèvres , aux vaches et aux moutons. » (Duhamel, nouv. édit.) cc Les fruits ou baies sont acides, un peu astrin- gens et antiputrides. On peut les manger crus ou cuits avec du sucre; mais plus ordinairement on en fait des conserves, des confitures très-délicates et très-saines, un sirop; on les confit au vinaigre, au sucre. La gelée , le sirop, le rob sont cordiaux; les baies encore vertes remplacent les câpres dans l’assaisonnement des ragoûts. Leur suc convient dans la diarrhée, la dysenterie, les fièvres putrides : on l’emploie dans quelques contrées du Nord aux mêmes usages que celui du citron; il peut même servir à faire du punch. On obtient des fruits, par la fermentation , un vin acide , qui dépose un sel analogue au tartre ; enfin les graines sont astringentes. 33 (Jb.) On fait encore avec les baies de l’excellente eau- de-vie, et en mêlant leur suc avec l’alun une belle couleur rouge, avec l’écorce une teinture jaune ou verte pour le maroquin. Les propriétés de cet arbrisseau et l’avantage qu’il a de croître par-tout dans les terrains les plus arides et les plus pierreux, doivent en encourager la culture. M. Bosc dit avoir vu aux environs de Dijon, ville depuis long-temps renommée par les excellentes confitures d’épine-vinette qui s’ÿ fabriquent , quatre arbres de cette espèce auxquels on LQU donnait plus d’un siècle, et qui rapportaient, dans certaines années, plus de 100 fr. chacun à leurs propriétaires. Il conseille de multiplier cet arbuste dans les mauvaises terres de la Champagne, et dans d’autres de semblable nature qui ne produisent rien ; on tirerait parti de son bois en le coupant, tous les trois ou quatre ans , pour chauffer le four, cuire les briques, la chaux, etc., etc., pour fabriquer de la potasse. Suivant cet auteur , les drageons et les marcottes de l’épine-vinette, employés comme moyens de multiplication, donnent plus promptement des fruits sans pépins que les autres plants, et il incline à penser qu’une culture par marcottes et par boutures long-temps prolongée, est la cause qui influe le plus sur la cessation de la puissance reproductive des fruits. Les autres espèces d’épines-vinettes les plus connues sont celles de Chine, de Crète et de Sibérie : elles sont peu remarquables et peu répandues. ÉPONTILLES. ( r r. de mar . ) Pièces de bois droites et longues d'un mètre (3 pieds), que l’on met verticalement au-dessus de la carlingue, sous les hiloires renversées , ou faix des ponts, pour soutenir le milieu des baux de la même manière que le feraient des étançons. On donne aussi ce nom aux pièces de bois que l’on met le long des eûtes d’un vaisseau pour y passer de menues cordes pour tenir les parois. EPTANDR 1 E, du grec epta, sept, et de anêr, mari. ( T. de bot.) C’est le nom que donne Linné à la septième classe de son système sexuel des plantes, qui comprend celles dont les fleurs ont sept étamines distinctes. V. Botanique. EQU/VRRIR. C’est dresser le bois propre à la charpente, en lui donnant une forme carrée, ou de parallélipipède rectangle ou oblique, le mettant à cinq, six ou huit pans, en le travaillant à la hache et à l’erminette. Équarrir ne devrait être proprement que tailler à angle droit; mais l’usage, dans la charpenterie, est d’appeler également équarrir, travailler une pièce à pans. ÉQUARRISSAGE. Opération par laquelle le bois en grume se réduit avec la hache et l’erminette en bois carré; il se dit aussi de la façon, de la peine et de la dépense d’équarrir. On entend par équarrissage la mesure de la hauteur et de la largeur d’une pièce de bois. On dit qu’une pièce a 16 à 22 centim. (6 à 8 pouces ) d '‘équarrissage, si elle a l’une de ces mesures sur chaque face; et si elle avait 16 centim. (6 pouces) de large sur 22 centim. (8 pouces) de hauteur, on dirait qu’elle a 16 centim. A'équarrissage sur une face et 22 sur l’autre. Ainsi les deux dimensions de Véquarrissage, connues et combinées avec la longueur de la pièce , en font connaître la solidité en stères et parties du stère. Les adjudicataires de bois ne peuvent vendre ou transporter des bois en grume ou équarris sans y avoir appliqué l’empreinte de leur marteau. On divise les bois d 'équarrissage en bois droits et en bois courbes : les premiers sont les plus propres aux bâtimens civils ; lés autres sont recherchés pour les cintres des voûtes, les roues de moulins, les vaisseaux. Tous ces bois se numérotent avec une rouanne. ÉRA ÉRA 45 11 est bon d’équarrir les arbres aussitôt qu’ils sont abattus; l’enlèvement de l’écorce et de l’aubier accélère l’évaporation de la sève, et le bois se dessèche bien plus vite que s’il était laissé en grume. V. Estimation. EQUERRE. Instrument dont les arpenteurs se servent pour la mesure des terrains : c’est un cercle de laiton ou de fer, divisé et coupé en quatre parties égales, à angles droits, par deux traverses immobiles. Aux quatre extrémités de ces traverses ou règles, et au centre, il y a des pinnuies ou visières qui servent à se retourner à*équerre ou à angle droit. Cet instrument est monté sur une simple douille , posée perpendiculairement au centre sans genou ; on y fourre un piquet, ou le bâton de géométrie quand on veut s’en servir sur le terrain. V. Arpentage. ÉRARLE, acer. Genre d’arbre de la polygamie monoécie et de la famille des malpighiacées, dont les caractères sont d’avoir des fleurs monoïques, polygames ou dioïques, petites et jaunâtres, un calice à cinq divisions, une corolle à cinq pétales, de cinq à dix etamines, un style, deux stigmates, deux capsules terminées par une aile membraneuse, des feuilles opposées, lobées ou palmées, excepté dans une seule espèce. Tous les érables fleurissent à la fin de l’hiver ou au retour du printemps. Dénomination. — Le mot érable vient du latin acerbulum, diminutif d'acer, dur, quad acre et durum sit ejus lignum, disent les lexicographes. On le nomme en italien acero, arese ; en espagnol, afrej en allemand, ahom; en anglais, maple. Suivant le traducteur de l’iine, les Grecs nommaient gleinos , mot qui exprime la blancheur, l’érable que nous appelons sycomore ou érable blanc. Histoire. — Pline comptait dix sortes d’érables; il dit que l’érable est à-peu-près de la grandeur du tilleul ; qu’on en faisait des ouvrages très-beaux et très-délicats , et que le bois de cet arbre ne le cède, sous ce rapport, qu’au citronnier : Acer ejusdem ferè amplitudinis , operum elegantia ac subtilitate citro secundum. La première espèce qu’il cite et qu’il appelle érable blanc, parait être notre sycomore; elle croissait au-delà du Pô et même des Alpes : on le nommait acergallicum , érable gaulois. Il parle ensuite d’un érable madré, dont la meilleure espèce venait de l’istrie et de la Rethie, et qu’on nommait érable à queue de paon, parce que, dans la plus grande beauté de son bois, il ressemblait, par ses couleurs, à la queue de cet oiseau : Altemum ge- nus crispo maculatum discursu, qui cùm exccllen- tior fuit, à similitudine caudit pavonum nomen ac- cepit . ( Plin -, lib. XVI, cap. XV.) Ovide fait aussi mention de l’érable madré : . Acerque coloribus impur. IViéram., fil). X , v. qü. Nous remarquons ces mêmes effets sur les jolis ouvrages de tabletterie et d’ébénisterie, que l’on fait avec les loupes et les racines de nos érables. Suivant le même naturaliste, les Grecs distinguaient les érables d’après les lieux où ils croissaient; savoir, en érables de plaines, et en érables des montagnes. Les premiers avaient un bois blanc et sans madrure, tandis que les autres se faisaient rechercher pour les beaux ouvrages, à cause de la qualité de leur bois, qui était dur et marbré. Pline cite encore les bosses ou nœuds des érables comme très-propres à fabriquer des couvertures de tablettes à écrire, et à faire du placage pour revêtir les bois de lits. Cet art est aujourd’hui perfectionné, et nous possédons des meubles de toute espèce fabriqués ou plaqués en érable. Si les anciens nous ont faitconnaitrelespropriétés du bois des érables, les sauvages du Canada nous ont appris aussi que quelques-uns de ces arbres étaient encore utiles par la liqueur sucrée qu’ils retirent en entamant l’écorce jusque dans le bois , et qu’ils convertissent en sucre par l’évaporation. C’est sur-tout de l’érable à sucre proprement dit et de l’érable rouge qu’ils retirent ce produit important. ESPÈCES. 11 y a une vingtaine d’espèces d’érables connues ; nous en possédons quinze en Europe, dont six paraissent indigènes et neuf étrangères, qui sont cultivées dans les jardins, les parcs et avenues, et qu’on peut regarder comme naturalisées. Ces espèces sont : i°. Erable champêtre, érable commun , petit érabledes bois, acercampestre (Lin.) ; en allemand, kleiner ahom ou massholder ahom } en anglais, le- por maple. 2°. Erable-Sycomore, ou faux sycomore, érable blanc, érable de montagne, faux platane , acer pseudo-platanus (Lin.); en allemand ,gemein ahorn; en anglais , sycomore tree. 3°. Erable-Plane, ou de Norwége , ou Erable à feuilles de platane , acerplatanoïdes (Lin.) ; en allemand , spitz ahorn; en anglais, norway-maple. 4°. Erable duret , ou à feuilles d’obier, acer opulifolium (Villars). 5°. Erable de Montpellier, ou érable trilobé, ou à trois pointes , ou à trois feuilles , acer mons- pessulanum (Lin.) ; en allemand, ahorn -von Mont- pelier ; en anglais, Montpeliermaple. 6 °. Erable hybride , acer hybridum, 7 0 . Erable de Crète, acer creticum (Lin.) ; en allemand, kleinblattrige cretische ahom ; en anglais , cretan maple. 8 °. Ei\able opale , ou à feuilles rondes, ou à feuilles d’obier, appelé aussi Erable d’Italie, acer opalus (Mill.); en allemand , italianische opal ahom ; en anglais, italian maple. 9 0 . Erable de Tartarie , acer tartaricum (Lin.) ; en allemand, seiden-wurmer - ahom ; en anglais, tartarian maple. 1 o°. Erable a fruit cotonneux, ou érable blanc, acer eriocarpum (Mich.) ; en anglais, v/hite maple. ij°. Erable rouge, acer rubmm (Lin.); en allemand , rothbluhende ahom ,• en anglais, red flowering maple. 12°. Erable a sucre, acer saccharinum (Lin.); en allemand, zucker- ahorn ; en anglais, svgar maple. i3°. Erable jaspé, acer pensylvanum (Lin.), ou acer striatum (Mich.); en allemand, nordame- rikaniche bergaorhne ; en anglais, moose vtoode, ou american moutain maple. 46 ÉRA ÉRA i4°. Erable noir , acer nigrum (Mich..); en anglais, black sugar tree. i5°. Erable a feuilles de frêne, ou négondo, acer negundo (Lin.); en allemand, eschenblattrige ahorn; en anglais , box-elder ou as h leaved maple. Ces arbres se partagent en deux classes, les grands et les petits érables : les premiers forment de belles tiges droites , sont revêtus d’une écorce unie , chargés de grandes feuilles, et sont très-propres à former des avenues , des bosquets et du couvert ; ils conviennent, et sur-tout le sycomore, à nos cultures forestières, aux plantations en avenues, en quinconce , et sur le bord des routes. Les petits érables ont un accroissement plus lent, le bois plus menu et la feuille plus petite; ils sont utilement employés à former des palissades et des haies, à garnir des massifs, où ils ont la propriété de croître à l’ombre, et ils sont avantageusement placés dans les taillis de dix à vingt ans. Terrain. — Les érables aiment un terrain substantiel, frais et divisé par le sable ou le gravier, une situation ombragée, et par conséquent le revers des montagnes exposé au nord, les pleins-bois et les plaines; cependant ils viennent presque par-tout, dans les terres légères, dans les sols superficiels et dans les lieux élevés : il n’y a que les fqnds glaiseux, mouillés ou d’une extrême aridité qui ne leur conviennent pas Qualités. — Ils prospèrent dans les taillis et donnent du prix aux ventes, parce que leur bois, qui est dur , ferme , liant et agréablement veiné, est recherché par les arts et pour toutes sortes d’usages. Ce bois est d’ailleurs au premier rang comme bois de chauffage. Le sucre est une des parties constituantes de la sève des érables. Ceux de nos contrées laissent souvent échapper ce suc; mais il est moins doux et moins sucré que celui de deux espèces de l’Amérique septentrionale. *■ Culture des érables. — On multiplie les érables par la semence, et quelques espèces au moyen des marcottes et même des boutures. Récolte des semences. — Les semences mûrissent en octobre ; on les récolte sur l’arbre lorsque les capsules commencent à brunir. Cette récolte se fait à la main , ou , pour aller plus vite , en faisant gauler l’arbre par un ouvrier, tandis que quatre autres tiennent un drap tendu sous l’arbre et suivent ses mouvemens pour recevoir les capsules. On peut aussi se servir de croissant; mais ces deux dernières méthodes, bonnes pour les grands arbres sur lesquels la cueillette à la main serait périlleuse, ne doivent être employées qu’avec réserve , à cause du tort qu’elles font aux branches. On les sème avec leurs capsules telles qu’on les récolte. Epreuve des semences. — La maturité s’annonce par la couleur brunâtre de la capsule tsil’amande qui s’y trouve renfermée, et qui est composée des cotylédons roulés ensemble, est verte, succulente, et fraîche , la semence est bonne ; mais si les cotylédons n’ont plus cette couleur verte, ou s’ils sont tellement desséchés qu’en les écrasant entre les doigts ils se réduisent en poussière, la semence ne vaut plus rien. La couleur verte des feuilles séminales n’est même pas un indice certain de la bonté de la semence, car il y a beaucoup de vieilles graines qui conservent cette couleur, et qui ne lèvent pas. Temps des semis. — Il y a deux époques pour les semis, l’automne et le printemps. Cette dernière parait préférable, parce que les mulots, qui sont très- friands des graines d’érable, en détruisent beaucoup, et que d’ailleurs les jeunes plants sont très - sensibles aux dernières gelées du printemps. Les semences se conservent facilement pendant l’hiver, soit dans un grenier planchéié et aéré, soit dans de la terre ou du sable qui ne soit ni trop humide ni trop sec. Cette dernière méthode est préférable , parce que les semences sèches lèvent difficilement et quelquefois pas du tout. On peut les répandre pêle- mêle avec le sable. Soit qu’on ait semé en automne ou seulement après l’hiver, les plants de l’érable-sycomore et de l’érable-plane lèvent dès le printemps ; ils paraissent , dans le dernier cas, cinq à six semaines après l’exécution du semis ; mais ceux du petit érable des bois ne lèvent guère qu’à la seconde et à la troisième année. Quantités de semences et manière de les recouvrir. —Dans les terrains et les situations favorables, il faut, pour les semis en plein , 36 kilogr. ou 3o décal. de semence par hectare.Dans des positions moins avantageuses, on peut élever la quantité à 48 kilogr. ou 42 décal. ; mais si on sème en rayons ou par po- tets, il en faut un tiers de moins; le terrain n’a besoin que d’un labour ordinaire dans les endroits où la charrue peut être employée, et ailleurs d’une culture par bandes ou par places. 11 est important de ne pas trop enterrer les semences; elles ne doivent être recouvertes que de 6 lignes à un pouce au plus. On peut se servir pour cét effet d’une herse ou d’une bourrée d’épines traînées sur le champ. J’ai vu un semis de sycomore d’environ un arpent manquer en totalité, parce qu’on avait, contre mon avis, enterré les semences de plus de 3 pouces. Abris. — Comme les gelées tardives et les grandes chaleurs font beaucoup de tort aux jeunes plants dans la première année, il est utile de leur procurer des abris et de l’ombre; ce qu’on peut faire , soit en les recouvrant de feuilles, soit en semant ensemble des céréales , telles que du seigle et de l’avoine. Mais comme il est rare, dans les semis forestiers à demeure, qu’on n’emploie que l’érable sans le mélanger avec d’autres essences , et que, d'un autre côté, les places vagues qu’on repeuple, sont ordinairement plantées çà et là de gros arbres, on n’aura rien ou peu de chose à craindre des effets de la gelée ou des chaleurs. Nous allons donner la description des diflérentes espèces d’érables que nous avons dénommées au commencement de cet article et exposer leurs propriétés particulières. L’Erarle chajupêtre ( V. la figure à l 'Atlas , PL XII), est un arbre de la troisième grandeur, qui souvent ne forme qu’un arbrisseau , et auquel il faut des circonstances très-favorables pour s’élever à la hauteur de 3o à 40 pieds. Il est très-rameux. Ses racines s’étendent beaucoup, quelquefois jusqu’à 5 pieds et plus; la racine principale s’enfonce ÉRA jusqu’à 18 pouces de profondeur, et pousse une grande quantité de racines latérales. L'écorce du tronc est grise, ou plutôt jaunâtre; celle des jeunes pousses est subéreuse et sillonnée par des côtes longitudinales. Les boutons sont petits, pointus, d’abord verts , puis rougeâtres. Les feuilles ont environ 2 pouces de long et autant de large; elles sont opposées, longuement pé- tiolées , partagées en cinq, rarement en trois lobes obtus, d’un vert foncé et luisant en dessus, et d’un vert clair en dessous ; les pétioles sont rougeâtres et creusés en gouttière. Ces feuilles , ainsi que toutes les parties de l’arbre, contiennent une liqueur sucrée, et se couvrent, dans les grandes chaleurs, d’une substance qui, au goût, a beaucoup de rapport avec la manne. Les fleurs paraissent dans le mois de mai ; elles sont jaunes, disposées en grappes à l’extrémité des branches, et portées par des pédoncules revêtus d’un duvet soyeux. 11 y a des pieds qui ne portent que des fleurs hermaphrodites , d’autres qui portent des fleurs hermaphrodites et des fleurs mâles séparées, et d’autres enfin qui 11’ont que des fleurs mâles. Les fruits ou capsules mûrissent en octobre ; ils sont pubescens, plus petits que ceux de l’érable- plane , composés de deux ailes écartées, opposées , courtes, étroites et rougeâtres, et suspendus par un petit pédoncule; ils restent souvent attachés à l’arbre pendant l’hiver. L’érable champêtre donne des fruits fertiles dès l’âge de vingt-cinq ans. L'accroissement de cet arbre est lent, et moins vigoureux que celui des érables plane et sycomore ; les insectes ne lui font pas plus de tort qu’à ceux-ci; mais ses jeunes liges sont exposées à être dévorées par les animaux sauvages et domestiques, à cause de la saveur sucrée qu’elles contiennent : du reste , il résiste encore mieux que les deux érables dont nous venons de parler, aux accidensetaux maladies. Le bois de cet érable est dur, d’un grain homogène, fin, liant, blanc ou jaune, et quelquefois marbré et susceptible d’un beau poli. 11 pèse, par pied cube, 61 livres ç onces étant vert, etâi livres i 5 onces étant sec. 11 fait très-peu de retraite- Il est recherché par les tourneurs , les ébénistes et les luttiers. On en fait des plats, des assiettes, des jattes, et lorsqu’il a beaucoup de noeuds il est fort estimé pour la marqueterie , pour la fabrication des tabatières , des pipes , de jolis ouvrages de tabletterie. Il donne un excellent chauffage et le meilleur charbon qu’on puisse employer. Comme les jeunes tiges sont flexibles, ou les emploie à faire des fouets pour les cochers. La sève de cet arbre, d’après les expériences de M. Hermbsladt, est aussi riche en principes sucrés que celle du sycomore, mais beaucoup moins abondante. Les feuilles sont très-recherchées par tous les bestiaux , et sur-tout par les chèvres. On les cueille dans beaucoup d’endroits au milieu de l’été, pour les faire sécher et les donner comme fourrage pendant l’iiiver. Culture. — L’érable champêtre se plaît dans les terrains frais , composés de terre végétale , de sable ÉRA 47 et de graviers. Il vient aussi dans les lieux secs; mais il redoute les lieux humides. Il supporte les climats froids; cependant il n’y dépasse pas la hauteur ordinaire des grands arbrisseaux. Semis à demeure. — On sème la graine en automne ; on ne la recouvre que de 6 lignes à un pouce. Les jeunes plants lèvent au printemps avec deux feuilles étroites et de couleur rougeâtre. Il arrive souvent que cette semence reste un an et dix-huit mois en terre avant de lever; on doit donc se garder de remuer le terrain quand, au premier printemps, il ne paraîtrait point de plants. Si on a à craindre le ravage des mulots, qui sont avides de cette semence, il faut la conserver dans du sable, et ne la répandre qu’au printemps. Il y a plusieurs manières de préparer la terre : i°. Si le terrain est fraîchement labouré, on y répand de 4 ° à 5 o kilogr. ou de 3 o à 4 ° décal. de semence par hectare, suivant la nature plus ou moins favorable du terrain, et de plus une demi- semence de seigle ou d’avoine; on fait passer la herse sur la surface jusqu’à ce que la graine soit enterrée à un demi-pouce, puis on raffermit la terre avec le rouleau pour lui conserver son humidité, sur-tout si on opère au printemps; 2 0 . quand le terrain est en friche, on le cultive soiten plein, soit par bandes, soit par petites places carrées, en divisant bien la terre, et on y répand la semence, qu’on recouvre aussi de l’épaisseur d’un pouce, au moyen d’un râteau de fer, si on a labouré par bandes ou par places. Dans ces deux derniers cas, il ne faut que de a 5 à 3 o kilogr. ou de 20 à 25 décal. de semence. L’entretien consiste en un binage ou un sarclage pendant les deux ou trois premières années. Pépinière. —Lorsque l’on sème en pépinière, il faut employer au moins le double de semence. On donne plusieurs façons au semis, on repique les plants dès la seconde année , à i 5 ou 18 pouces de distance; on les met sur un brin, et on les fait monter au moyen de la taille en crochet, comme tous les autres arbres. Ce n’est guère qu’à la cinquième année qu’on les met en place, comme arbres de tige. Plantation en taillis. — L’érable champêtre se plante avec d’autres arbres en taillis, où il se plaît beaucoup. On emploie des plants de deux à trois ans , qu’on se procure soit dans les forêts soit dans les pépinières. On ménage leurs racines , mais on peut leur retrancher la tête. La plantation se fait dans des trous espacés à trois pieds, ou dans des rigoles à une égale distance. Usages. — L’érable champêtre est très - avantageusement employé à former des haies vives , qui , par l’entrelacement de ses branches et une taille souvent répétée , deviennent très-épaisses et très- serrées ; comme on peut le coucher et qu’il prend facilement racine, il offre le moyen de regarnir les trouées des haies vives, et même des espaces assez considérables dans les taillis. 11 est aussi fort bien placé dans les jardins paysagers, dans les palissades des jardins français et dans les massifs. Il souffre très-bien la taille , et se garnit de branches depuis le pied jusqu’à la tête. ERA 48 L’E rable-Sycomore ( V. la figure à l’ Atlas , VL X.II) , ou le sycomore, est un arbre de la première grandeur et de la deuxième classe des bois durs, que l’on trouve dans les bois des montagnes en France, en Suisse, en Allemagne et dans presque toute l’Europe. Le nom de sycomore , qui lui a été donné , est impropre, parce qu’il n’a aucun rapport avec le sycomore des anciens, qui e t un figuier; cependant puisque cette dénomination a prévalu, on doit la conserver. Sa racine principale se divise en nombreuses racines latérales , et s’enfonce souvent jusqu’à 4 pieds et plus de profondeur. Elle est forte et dure, et procure à l’arbre une solidité qui lui fait braver les coups de vent les plus violens; mais dans les jeunes arbres elle casse et se détache facilement de la tige Le tronc s’élève droit et acquiert une hauteur et une grosseur cOnsidéi ables ; il se termine par une belle tête régulière. L'écorce des jeunes tiges et des branches est brune, luisante et ponctuée de taches blanches; celle du tronc est grise et feuilletée : sa couleur varie, au surplus, suivant leclimat, l’exposition et le terrain. Les boutons sont ovales et d’une couleur verdâtre pendant l’hiver; comme ils sont situés à l’aisselle des feuilles, ils sont un peu aplatis, et leur grosseur dépend de leur situation ; les boutons latéraux ont à peine la moitié du volume des boutons terminaux. Les feuilles se développent dans la première quinzaine du mois de mai. Elles sont opposées , portées par s ruches à miel. O11 connaît deux variétés de l’érable-plane : l’une, à feuilles panachées, et l’autre, fort remarquable par ses feuilles laciniées et crépues. Cette dernière est fort recherchée par les curieux ; elle se propage de greffe sur L’érable-plane , ou , mieux , sur le sycomore , dans les jardins paysagers, où elle contraste avec le feuillage des autres arbres. On l’appelle érable à feuilles laciniées , ou érable à feuilles de persil; mais comme cette variété singulière n’est que Le produit d’une maladie , elLe ne fleurit jamais et 11e vit pas long-temps. Les autres espèces d’érables sont moins multi- LRA pliées que les trois précédentes; cependant il en est quelques-unes qui méritent d’être répandues dans nos plantations forestières : nous les indiquerons. L’Erable bi'het, qu’on appelle aussi ayart, est un arbre qui s’élève moins que le sycomore, auquel il ressemble un peu. Sa taille n’est guère que de 6 à 7 mèt. sur une grosseur proportionnée; cependant il existe dans le jardin du collège de Saint-Claude un arbre de cette espèce, qui a plus d’un mèt. de tour. Il vient naturellement dans les Alpes françaises et dans les montagnes des Pyrénées. Son écorce est grise ; ses feuilles sont à cinq lobes arrondis, un peu dentés, d’un vert plus foncé en dessus qu’en dessous; ses fleurs, à grappes pendantes, ressemblent à un fouet d’école; chaque pédoncule part du sommet du pédoncule commun , et en porte deux ou trois comme articulés au point de leur insertion ; ses fruits sont renflés et à ailes écartées, formant presque une ligne droite , comme celles de l’érable- plane. Il est assez commun sur les rochers du Jura. Il est fort recherché et préférable à tous les érables pour la qualité de son bois, qui est plein, dur, sans aubier , se fendant peu , et tellement homogène, qu’il est presque impossible d’y distinguer les couches annufelles. Il prend le plus beau poli. Sa couleur est d’un blanc légèrement nuancé de couleur citrine et quelquefois rougeâtre par plaques, et non par veines. Dans son état de dessiccation complète, il pèse 52 livres 11 onces parpied cube. On l’em- ploiedansle Bugey à faire un charronnage excellent. M. Maratray, inspecteur des forêts du département du Jura, a envoyé , en 1807, à l’Administration un échantillon de ce bois, sur lequel nous avons reconnu tout ce qui a été dit de la finesse et de l’homogénéité de son grain. Il nous a fait passer aussi des graines, que nous avons semées dans la pépinière de Mouceau : une partie a levé la première année, et l’autre partie l’année suivante. Cet arbre a fait assez de progrès; mais il reste à savoir si , cultivé dans des terrains gras, il conserverait la précieuse qualité de son bois. Ce doute ne doit pas empêcher de le cultiver, et d’ailleurs il existe dans les forêts tant de terrains analogues à celui où il croit naturellement, qu’on a tout lieu d’es- perer qu’il y présenterait ies mêmes avantages. Cet arbre est déjà assez répandu dans les pépinières du gouvernement , et notamment dans celles de Versailles dirigées par M. Bosc, dont le zèle et les lumières rendent tant de services à l’économie rurale et forestière. L’Erable de Montpellier, érable trilobé , ou à trois pointes , ou à tfois feuilles C’est un arbre de moyenne grandeur, très-rameux, etqui s’élève quelquefois à la hauteur de 3 o ou 40 pieds; mais souvent il reste en buisson, et ilformede grandes touffes. Il a-l’écorce rougeâtre, les'feuilles petites et à trois lobes pointus, rarement dentées, coriaces et d’un vert foncé en dessus , nerveuses en dessous ; les fleurs petites, peu nombreuses, et les fruits rougeâtres et peu divergens. fl croit naturellement dans les bois des départemens méridionaux et dans le midi de l’Europe. Aucun arbre ne s’accommode mieux des terrains secs et arides; on le voit réussir au milieu des’pterrésijpsur des rochers qui n’ont de terre Ique ÉRA 5i dans les fissures. 11 est très-propre à former des haies par l’entrelacement naturel et la ténacité de ses rameaux, et par la propriété qu’il a de conserver ses feuilles pendant la plus grande partie de l’hiver. C’est un des arbres qui produit le plus d’effet dans les jardins paysagers par sa forme et par ses feuilles persistantes et d’un vert foncé et luisant. On le multiplie de semences, qu’on met en terre avant l’hiver , ou de marcottes, qui s’enracinent dans le courant de l’année. C’est un arbre dont on ne peut trop recommander la culture dans les pays de montagnes et dans les terrains secs et pierreux, soit pour garnir des taillis, soit pour former des clôtures. Son bois, qui est dur et pesant, est employé à des ouvrages de tour et de menuiserie. L’Erable hybride tient le milieu entre l’érable de Montpellier et celui de Tartarie. Il a les feuilles à demi coriaces, à trois lobes fortement et inégalement dentés. Il se cultive dans les jardins et les pépinières des environs de Paris, où on le multiplie par la greffe sur le sycomore. O 11 ignore de quel pays il est originaire. L’Erable de Crète est un arbre que Duhamel appelle aussi érable de Candie , et qui conserve ses feuilles presque tout l’hiver. Il est originaire de la Crète, ainsi que son nom l’indique. Plusieurs auteurs l’ont regardé comme une variété de l’érable de Montpellier; mais il est certain qu’il forme une espèce. Il est plus petit que l’érable de Montpellier. Ses feuilles sont coriaces, trilobées, àlobesentiers. Il se multiplie de semences et par la greffe pour l’ornement des jardins, etpour en faire des haies et des palissades. Ou le traite comme l’érable de Montpellier. L’Érable opale , ou a feuilles d’obier , appelé aussi érable d’Italie (V. la figure à l’ Atlas, PL XIII), est une espèce que l’on doit à M. Richard, qui l’a apportée de Mahpn. C’est un petit arbre très- rameux, fort touffu, qui se couvre de feuilles glabres , un peu coriaces , arrondies etdégèrement dentées dans leur contour, ayant cinq petits lobes et offrant un vert foncé à leur surface supérieure et une couleur glauque à la surface opposée. Il porte des fleurs blanchâtres et rassemblées en grappes courtes, et de petites capsules à-peu-près rondes, et dont les ailes sont minces , en sabre et demi - ouvertes. Cet érable , dit Miller , est fort commun dans plusieurs cantons de l’Italie, et particulièrement aux environs de Rome. Il se plaît dans les lorèts et sur les montagnes; on le cultive dans quelques cantons pour servir de soutien à la vigne. Cet arbre est à-peu-près de la taille de notre érable champêtre, auquel il ressemble un peu. Comme il donne beaucoup d’ombre, on le plante souvent le long des routes et près des habitations. Il supporte fort (lien les hivers du climat de Paris. Il a un asp“ect particulier, qu’il doit principalement à la couleur rouge de ses pétioles, de ses fruits et même de ses feuilles, pendant l’automne. U pousse plus tard que la plupart des autres érables. Son bois est veiné et très-compaçte. Eu Italie, on en fait des montures- de fusil, et l’on recherche particulièrement les racines, ainsi que les tiges qui ont été souvent émondées; parce qu’elles sont noueuses , très-diires, et parsemées de,taches irrégulières. 7 '* 5a ERA On en fait des tabatières et plusieurs jolis ouvrages de marqueterie. On le multiplie dans nos pépinières des environs de Paris, soit de semences cm dé marcottes, soit par la greffe sur le sycdmore. L'Erable de Tartarie , est un arbre dont le nom fait connaître l’origine. Il rie s’élève qu’à la Hauteur de 5 à 7 mèt. Ses feuilles sont en cobur, presque simples , un peu anguleuses , finement dentées, et d’un vert très-gai. Il est très-répandu dans nos jardins et dans les bosquets du printemps, où il produit un effet agréable par son feuillage touffu, élégant et d’une belle verdure. Il ne fleurit qu’eu mai et juin , c’est-à-dire après le développement des feuilles. Ses fleurs sont rougeâtres, petites , nombreuses, rapprochées en corymbe, et ses capsules se teignent aussi en rouge avant la maturité. 11 ne paraît pas délicat ; mais jusqu’à présent il n’a eu d’autre usage que de varier le coup-d’oeil des bosquets. On dit qu’il se plaît dans les terres humides. On le multiplie de graines, qu’il fournit abondamment dès l’âge de quatre à cinq ans , ou par les rejetons qu’il pousse quelquefois du pied , ou par lesramearix, dont on 'fait des marcottes, qui s’enracinent la même année lorsqu’elles ont été faites avant Phiver. Erables de l'Amérique septentrionale. Nous devons ces érables à plusieurs voyageurs et cultivateurs français qui en ont apporté des graines et les ont élevés en France. M. le comte delà Galis- sonnière fit des envois à MM. Duhamel ,qui, par les soins qu’ils ont donnés aux cultures des arbres étrangers , ont tant contribué à les répandre dans nos plantations. MM. Michaux père et fils ont ensuite augmenté et nos connaissances sur les arbres et nos richesses à cet égard. L’Erable a fruits cotonneux ou Erable blanc (V. la figure à Y Atlas, PI. XIII) est un grand et bel arbre, que l’on trouveabondammentdansles contrées de l’ouest des Etats-Unis d’Amérique , sur les bords de l’Ohio et des grandes rivières qui viennent s’y rendre. 11 y acquiert un accroissement considérable en grosseur, et on y trouve des individus qui ont 12 à i 5 pieds (4 à 5 mèt.) de circonférence, mais dont la tige se divise en un grand nombre de branches divergentes , qui donnent à la cime une ampleur remarquable. Il croît sur les bords des rivières dont les eaux sont limpides et coulent sur un fond de gravier, et jâmais, dit M. Michaux, dans les marais Ou autres lieux humides qui sont enclavés dans’ les forêts, et où le sol est noir et bourbeux. On u long-temps pris cet arbre pour l’érable rouge, et dîfjis la pârtre'atlàntique des États-Unis dû tonforid enctire cés deux espèces. ' Les flérift de l’érable blanc paraissent de borine heure dû prié tempe ; elles’ sont Sessiles , petités et groupéés le, lorig ' dés branches; les fruits qirf lé tir succèdent, $orit l^gèfèhtont teints dé fûugé^ ét plus grands que Vehit xfe^autres êk'pfecès d’érables Eps Etfifl-TJriik feù 11 Lôû ‘àm t‘’è’pgirfséÿàj pprtêès'kit’ 'dè‘ longspétiblei ^rfefchldMriërif d?cô'upé%s'ën qûatré’ ÉRA lobes, dentées sur les bords, d’un beau vert en dessus J et (Furie belle fcouleur blanche en dessous; elles garnissent pèa et laissent passer (aisément les rayons du soleil. Le bois de l’érable blanc a le grain'fur et fl est très-blanc; il est aussi plus tendre et pins léger que celui des autres espèces de ce gehre qui croissent dans les États-Unis. On n’y fait presque aucun u'sage de ce bois, parce qu’il manque de'force et pOurrit très-facilement; l’on-s’en sert quelquefois cependant pour faire des écuelleset pour faire des filets blènca, propres à décorer les meubles; d’acajou , de cerisier et de noyer. Quelques habitans des bords de FOliio font du sucre avec la sève de cOt drbrriî'ifràiy il en faut une fois plus que de celte dé 'l’éïaflfe â^Surire pour obtenir le même résultat. ■ ‘ n L’érable blanc est très-répâhôlr'étt ÉuYope dans les pépinières et dans les jardins d’àgrément. Sa végétation extrêmement 1 rapide ; et lè besoin de bois, beaucoup plus grand'rihefe nbus qute'éheg les Américains , doivent'engagée les propriétaires à multiplier cet arbre* mfiiS il ftiufc'avoir l’attenticm de le planter dans 'des terirahis constamment frais 1 , et même exposés à'être souvent submergés : alors on sera surpris de sa végétation aussi belle quê rapide. 11 se multiplié aisément de graines, et parla greffe sur le sycomore. Il en existe dé'très-beaux pieds dans le Jardin du Roi à Paris 1 , èt dans 1 plusieurs autres établissemens. M. DésfontaiiteS pensé, dûprès les essais qu’il a vu feiré de SOiitiois, tfüelés menuîinérs et les ébénistes pourraient en tirer 1, un parti très- avantageux; mais êommè arbre d’oriteinent, il 1 y en a peu qui puissent lui être comparés, à cause de la belle forme et de la belle couleur de ses feuilleSy du rouge éclatant de sef rameaux et‘de ; ses : fenillès en automne. Comme ses Semences mûfissewt au milieu de l’été, elles peuvent être semées sur-le-champ, et donner, dans la riiêmèArinée, du plantdébà’ t OpOu- ces de haut?, si ofii stiin Id’riréëaerr tes Semis'péndant les chaleurs. '■ i)l 1 *< •aaine- L’Érable rouoe (V. la figurieft 1 ’ Allât,', PL XIII) est un arbre qni a de grands rapports avec l’espèce précédente. Les différences qui existent èntre eux se trouvent dans les organes delà fructification. Les fleurs de l’érable rouge sont d’rin porirpre foncé; leurs pédoncules sont plus longs etplus’grêles ; elles ont une corolle à cinq'pétales ; lés ovaires'sont glabres , et les capsules; ainsi que 4 ës graines, sont de moitié plus petites que celles de'l’érable à fruits cotonneux. Vers la fin de l’automne , les feuilles de l’un et de l’autre prennent une belle coillewr de pourpre, ijui éh antforiCe Tri dépérissements A L’érablè" rouge est très-àboridant dans les états du centre et dri midi de l’Amérique Septentrio»»le ; il garnit les boi’ds-des ruisseaux tefc tous'les marâis ex- posés'à êtrC'srfrivewt inondés. Mlthuux dit que nulle part îl ire pàév rentré ‘rine* tdtls haUtie élévartipm, et n’acqüifert riri' ariisî gtâhd diamètre que dans lit Pen • sylvartife èt leNevè-Jérsey, où l*ori trouve de castes matais qui eh sont éXeiusi+ement; cbuverts. DWns de pareilles «iffiariôife j"îE : s’élève 1 à 'ekviroh 7b pieds f ÿî trièt.) stir 3 ‘àt' 4 ‘ plëds (un «tèt. 9 â-üri iBètt ."3 dé- 'diifi 1 ,)' de J drarirêtte,“ , P 33 * Ab • 'L’érâblè'àotigtfeSÉ le ’prièrtiéri'âllri'e'(pii‘idafts les ERA 55 environs de New-Yorck, annoncq le.retour du printemps par l’épanouissement de ses fleurs, qui a lieu du 10 au i 5 avril.Elles précèdent les feuilles de plus de quinze jours. Les sommités de cet arbre, dont un grand nombre de pieds se trouvent toujours réunis dans les endroits où il croît naturellement, présentent un aspect assez remarquable lorsqu’ils sont couverts de fleurs et de graines d’un rouge foncé, dans un moment où la végétation est généralement encore suspendue. L’écorce de l’érable rouge, avant que l’arbre ait acquis de 23 à 3 o pieds de hauteur, est parfaitement lisse, parsemée de larges taches blanches ; mais ensuite ; (dle>Lc u nit et se iendille comme celle du chêne. Etapa.ps l’érable rouge dans plusieurs jar. 4 è n f 4 ec enyiyçns,.de Part* î U y donne, - jd^tqium .^eiqpqces qui mûrissent avant celles de l’érable blanc, et qui se sèment de même, mêmes, et les arbres se ERA placent dans f^a mèmes fieux,des jardins paysagers, il parait que les graines de cet arbjçç,ne, se conservent pas très-bien.par la stratification; car,.en ■.tüoy t une caisse de eps semences ainsi préparées, envoyée à l’Administration, des forêts par M. Ali- chaux, qui explorait les forêts de l’Amérique septentrionale, n’a donné.que très-peu de plants. L’Erable a sucre (Y. la figure à VAtlas, PL XJ 11 ) est l’espèce d’érable la plus intéressante de toutes celles qui croissent dans les Etats-Unis, par les produits qu’on en retire; elle est désignée dans le pays par les différens noms de rock maple , érable des rochers; de /tard maple, érable dur; et de sugar maple , érable à sucre. Cet arbre est très-abondant entre les 43 e . et 46 e . degrés de latitude, intervalle qui comprend le Canada , les provinces de la Nouvelle-Brunswick et de la IVouvelle-Ëcosse, les états de Yermont, de JSetv- Hampshire et le district du Maine, et il entre en grande proportion dans la composition des forêts de ces contrées. Il est aussi très-abondant dans le Gé- nessée et dans la haute Pensylvanie , et en général l’érable à sucre qouvre une plus vaste étendue de terrains dans l’Amérique septentrional^ qu’aucune autre espèce du même genre. Les situations froides et humides, mais dont le sol est fertile et montagneux, sont celles où cet arbre parait se plaire de préférence. L’érable à sucre parvient quelquefois à 60 et 80 pieds ( 23 et 27 mèt..). de haut sur une grosseur proportionnée ; mais le plus communément il ne s’élève qu’à 5 o et 60pieds (iy et 20 mèt.) , sur un diamètre de 12 à j 8 pouces (36 à 5 o centim. ). Les arbres bien venans ont une belle apparence et sont très-reconnaissables à leur écorce, qui est d’une grande blancheur. Les feuilles, qui ont quelquefois 5 pouces ( 14 centim.) de largeur, sont opposées les unes aux autres , attachées sur de longs pétioles et divisées en cinq lobes entiers et aigus, dout les deux supérieurs présentent deux découpures plus profondes; elles sont lisses, d’un vert clair en dessus , et glauques ou blanchâtres en dessous. A l’automue, immédiatement après les premières gelées, elles deviennent rougeâtres ; enfin, à l’exception de la couleur glauque de leur surface inferieure, ces fetiilles ont une très-grande ressemblance avec celles de l 'acer platanoïdes. Les fleurs sont petites, jaunâtres et suspendues par des filets menus et flexibles ; les fruits mûrissent en automne. Le bois de l’érable à sucre nouvellement débité est blanc ; mais après avoir été travaillé et exposé quelque temps à fa lumière, il prend une çouJeur rosée ; le grain en est très-fin, très-serré, ce qui lui donne une apparence soyeuse et comme lustrée lorsqu’il a été poli- Il est assez pesant pt il a. beaucoup de force ; mais il manque de cette qualité si précieuse dans le chêne, le châtaignier ,, etc., celle d’être durable ; car , exposé aux alternativçs^de la sécheresse et del’humidtjté, il pourrit promptement, ce qui fait qu’il ne peufêtre employé dans Ies.gran- des çonstruc tiens cj viles, pumaritimes dont on veut assurer la longue durée;,cependant onl’emploàft,, dans quelques contrée» où le chêne es| rare, pquyla^hpr- pente dos maison^prafes, et on s’en sert ^ prpfé- ERA 54 reuce u l’orme , pour faire des essieux de voitures et des jantes de roues. 11 est, ainsi que le bois de l'érable rouge, employé à la fabrication des chaises dites de PVindsor. Dans le district du Maine, on le préfère au hêtre pour en faire la quille des vaisseaux, parce qu’on trouve des arbres d’une plus grande dimension; et il concourt aussi, avec le hêtre et le bouleau jaune, à en former la charpente inférieure, attendu que cette partie du navire reste constamment submergée. Le bois de cet érable, comme celui de l’érable rouge, offre , dans quelques vieux arbres dont la croissance a été tourmentée , des ondulations ou de petites taches, qui font donner à ce bois le nom cl 'érable à oeil d’oiseau. Comme ces accidens produisent de très-beaux effets, les ébénistes en tirent un grand parti pour faire du plaqué et des meubles très-élégans. La supériorité de l’érable à sucre comme bois de chauffage est reconnue dans le nord de l’Amérique, et elle s’accorde avec les expériences de M. Hartig, qui place l’érable-sycomore au premier rang des bois à feu. lies cendres de l’érable à sucre sont aussi très- riches en principes alcalins. M. Michaux , à qui j’emprunte tous ces details, estime que les quatre cinquièmes de toute la potasse de l’Amérique, importée de Boston et de New-Yorck en Europe, sont fabriqués avec les cendres de cet arbre. Le charbon de ce bois est préféré à celui de tous les autres arbres dans les forges de l’état de Yer- inont et du district du Maine. La pesanteur et la dureté de l’érable à sucre peuvent facilement le faire distinguer de celui de l’érable rouge, qui a la même apparence. M. Michaux a fait connaître fort en détail, dans son Histoire des arbres forestiers de l’Amérique septentrionale , la méthode suivie dans ce pays pour extraire la sève des érables et en fabriquer du sucre. Nous en extrairons les principaux objets. C’est ordinairement dans le courant de février ou dès les premiers jours de mars qu’on commence à s’occuper de ce travail, parce que c’est l’époque où la sève entre en mouvement, quoique la terre soit encore couverte de neige , que le froid soit très-rigoureux , et qu’il s’écoule presqu’un intervalle de deux mois avant que les arbres entrent en végétation. Après avoir choisi un endroit central, eu égard aux arbres qui doivent fournir la sève, on élève un appentis , qui a pour objet de garantir des injures du temps les chaudières dans lesquellesse fait l’opération, et les personnes qui la dirigent. Une ou plusieurs tarières d’environ trois quarts de pouce (20 millim.) «le diamètre, de jretits augets destinés à recevoir la sève, des tuvaux de sureau ou de sumac de 8 à 10 pouces '22'à 27 centim.) , ouverts sur les deux tiers de leur longueur, et proportionnés à la grosseur des tarières; des seaux pour vider les augets et transporter la sève; des chaudières de la contenance de 60 à 64 litres ; des moules propres à recevoir le sirop arrivé au point d’épaississement convenable pour être transformé en pains; enfin ides haches pour couper et fendre le combustible, sont les principaux ustensiles nécessaires à ce travail. ÉRA Les arbres sont perforés obliquement de bas en haut, à 5 o centim. de terre, dedeux trous faits parallèlement, ou à 12 ou 1 5 centim. de distance l’un de l’autre; il faut avoir l’attention que la tarière ne pénètre que d’un demi-pouce {i 3 millim.) dans l’aubier, l’observation ayant appris qu’il y avait un plus grand écoulement de sève à cette profondeur, que plus ou moins avant. On recommande encore de les percer à l’aspect du midi. Un auget est placé à terre au pied de chaque arbre , pour recevoir la sève qui découle par les deux tuyaux introduits dans les trous faits avec la tarière ; elle est recueillie chaque jour et déposée provisoirement dans des tonneaux, d’où on la tire pour emplir les chaudières. On doit la faire bouillir dans les deux ou trois premiers jours de l’extraction, étant susceptible d’entrer promptement en fermentation. On procède à l’évaporation par un feu actif ; on écume avec soin pendant l’ébullition, et on ajoute de la sève jusqu’à ce que la liqueur ait pris une consistance sirupeuse : alors on la passe , après qu’elle est refroidie, à travers une couverture ou toute autre étoffe «le laine, pour en séparer les impuretés dont elle pourrait être chargée. On verse la lùpieur sirupeuse dans une chaudière, qu’on 11’emplit qu’aux trois quarts, et par un feu vif et soutenu on l’amène promptement au degré de consistance reqttis pour être versée dans des moules ou baquets destinés à la recevoir. On connaît qu’elle est arrivée à ce point lorsqifen en prenant quelques gouttes entre les doigts , on sent de petits grains. Si, dans le cours de cette dernière cuite, la liqueur s'emporte , on jette dans la chaudière un petit morceau de lard ou de beurre, ce qui la fait baisser sur-le-champ. La mélasse s’étant écoulée des moules, ce sucre n’est plus déliquescent comme le sucre brut des colonies. Le sucre d’érable obtenu «la cette manière ést d’autant moins foncé en couleur, qit’on a apporté plus de soin à l’operation et que la liqueur a été rapprochée convenablement ; sa saveur est aussi agréable, et il sucre aussi bien que celui des colonies; raffiné, il est aussi beau et aussi bon que celui que nous obtenons dans nos raffineries en Europe ; cependant on ne lait usage du sucre d’érable que dans les parties des Etats-Unis où il se fabrique, et seulement dans les campagnes. Diflérentes circonstances contribuent à rendre la récolte du sucre plus ou moins abondante: ainsi un hiver très-froid et très - sec est plus productif quë lorsque cette s. ison a été très-variable et très-humide. On observe encore que , lorsque pendant la nuit il a gele très-fort, et que dans la journée qui la suit l’air est très - sec et qu’il fait un beau soleil , la sève coule avec une grande abondance , et qu’alors un arbre en donne quelquefois dè 8 à 12 litres en vingt - quatre heures. On estime qüe trois personnes peuvent soigner 25o arbres, qu-i donnent quelquefois jusqu’à 1,000 livres ( 5 quin- taux métriques; de sucre. Les arbres qui croissent dans les lieux bas et humides donnent plus de sève, mais elle est moins -chargée de principes saccharins quë dans ceux îjui sont situés sur les collines ou coteaù.v; on ëe teiiie E RA ERA 33 proportionnellement davantage des- arbres qui sont isolés au milieu des champs ou le long -des clôtures des habitations. Nous renvoyons au Traité des arbres et arbustes de Duhamel, t. I, p. 3 a , et à l’ouvrage même de AI. Michaux, les lecteurs qui désireraient plus de détails sur la fabrication du sucre d’érable. M. Michaux recommande beaucoup la propagation en Europe de l’érable à sucre, qu’il regarde comme très-supérieur sous le rapport de la qualité de bois et de la quantité de sucre qu’on peut en extraire, à l’érable plane et à l’érable-sycomore. Cependant plusieurs personnes pensent que la culture de l’érable à sucre ne serait pas d’un grand produit sous le rapport du sucre , parce qu’il serait très- possible que cet arbre en donnât fort peu en Europe, et parce que, d’un autre côté, la grande quantité du bois qu’il faudrait pour la fabrication de ce sucre diminuerait encore les avantages qu’on s’en promettrait ; mais la raison la plus forte , c’est qu’il faudrait faire des plantations considérables d’érables à sucre, et attendre de vingt à vingt-cinq ans avant de pouvoir les saigner pour en retirer du sucre. On sait d’ailleurs que les arbres que l’on saigne ainsi, comme les arbres résineux, souffrent beaucoup de cette opération , et que le bois perd de sa valeur. On m’a assuré que les érables que le comte Win- gersky avait fait exploiter comme arbres à sucre dans ses.terres en Moravie, étaient morts en grande partie. Il est probable que l’extraction de la sève aura été mal dirigée ; mais toujours est-il certain que les arbres soumis à ces opérations souffrent plus ou moins. L’Erable noir a souvent été confondu avec l’érable à sucre par les botanistes. Il constitue une partie des forêts du Génessée, où il acquiert une très - grande élévation, notamment dans les bas- fonds. Ses feuilles, larges de S A 10 centiin. en tous sens, présentent à-peu-près la même forme que celles du véritable érable à sucre. Elles en diffèrent principalement en ce qu’elles sont d’un vert foncé, d’une texture plus épaisse, et que les échancrures sont plus ouvertes; elles sont aussi légèrement velues en dessous, ce qui s’observe plus sensiblement sur les principales nervures. Les fleurs, comme celles de l’érable à sucre , sont suspendues à des pétioles grêles et flexibles, iongs d’un à 2 pouces (3 à 6 cen- tim.); les graines ont aussi à-peu-près la même configuration, et elles sont à maturité à la même époque, c’est-à-dire vers le i er . octobre. Ee bois de l’érable noir possède encore, à peu de chose près, toutes les qualités de celui de l’érable à sucre, si ce n’est que le grain en est moins fin etparait moins lustré lorsqu’il est travaillé ; il est aussi employé à la fabrication des chaises dites de Windsor, et il produit un bon chauffage ; mais le produit le plus important de cet arbre consiste dans le sucre qu’on retire de sa sève et dont il se fabrique, tous les hivers, une très-grande quantité dans les environs de Pitzbourg. Il est très-propre , à cause de son feuillage noir et touffu , à former des allées où l’on veut se procurer un ombrage épais. L'Erable iaspé est très-abondant dans les pro vinces de la Nouvelle-Ecosse et de New-Brunswick, ainsi que dans le district du Maine et les états de Y ermont. Sa hauteur la plus ordinaire est au-dessous de 8 à 10 pieds (a inet. 5 déciin. à 3 met. 3 decim.,. La tige principale et les branches de l’érable jaspé sont toujours revêtues d’une écorce lisse, de couleur verte et rayée longitudinalement de lignes noires, ce qui suffit pour le faire reconnaître d’abord à toutes les époques de l’année. C’est un des premiers arbres dont la végétation annonce le retour de la belle saison. Les bourgeons et les feuilles, lorsqu’ils commencent à se développer, sont de couleur rose , ce qui donne alors.à l’arbre une apparence assez agréable ; mais bientôt après cette teinte disparait et fait place à la couleur verte. Dans les arbres d’une belle venue, les feuilles, d’une texture assez épaisse et finement dentées dans leur contour, ont 4, 5 et quelquefois 6 pouces en tous sens; elles sont arrondies dans leurs deux tiers inférieurs, et divisées on trois lobes acuminés à leur sommet; les fleurs, de couleur verdâtre, sont disposées en forme de grappes longues et pendantes ; à ces fleurs succèdent des fruits très-semblables à ceux des autres érables, ils n’en diffèrent que par une petite cavité qui se fait remarquer sur un des côtés qui correspond à l’amande : ils sont toujours fort abondans, et mûrissent dans le pays vers la fin de septembre. Comme cet arbre a peu d’élévation et de diamètre, on ne fait aucun usage de son bois dans les constructions. Les ébénistes, à Halifax, l’emploient à cause de sa blancheur et de la finesse de son grain , à former des lignes blanches, dont ils incrustent les meubles d’acajou. Depuis long-temps, cette espèce d’érable estintro- duite en Europe dans les parcs et dans les jardins, où elle ne craint point le froid de nos hivers. On la recherche, parce que ses feuilles se développent de bonne heure , et sur-tout à cause de sa tige, qui est veinée de vert et de blanc. Les pieds qu’on voit dans les jardins sont presque tous greffés sur l’érable-sv- comore, qui est un grand arbre, et qui communique de sa force à l’érable jaspé ; car ce dernier devient en Europe deux fois plus élevé et d’une grosseur souvent quadruple de celle àlaquelle il parvient dans les forêts du nord de l’Amérique. Les graines qu’il donne en Europe avortent en grande partie, et comme, d’un autre côté, il croit bien plus vite lorsqu’il est greffé que lorsqu’il provient de semence , on emploie presque toujours ce premier moyen de multiplication. Cet arbre est d’un joli effet dans les parcs et dans les jardins; mais comme arbre utile il présente peu de ressources. Son bois pèse, sec, d’après les expériences de M. Hassenfratz, 4 o livres i3 onces par pied cube. L’Erable a feuilles de frêne ( V. la figure à {'Atlas, Pl. XIV) est un arbre très-commun dans toutes les contrées à l’ouest des monts Alleghanvs. Il a les feuilles opposées, longues de 6 à 1 5 pouces (16 à 4o centim.), suivant qu’il croit dans des lieux frais et humides , composées de deux paires de folioles et terminées par une impaire, les folioles,pé- tiolées , de forme ovale, acuminées, et fortement dentées. Vers l’automne, le pétiole commun est 56 ÉRl ES R d’ut» rouge foncé. Cet arfrre est dWitjut?, ayant *es fleurs mâles et se* fleurs feméflei? placées snr des pieds différées ; les unes et les autres sont fixées sur d’assez longs pédoncules; et krfstjUé teâ Semences , qui sont ailées et de la même forme que celles dés autres érables , sont arrivées 'h lefif maturité , elles se présentent sous la forme de grappes lâches , péndantes et longues de 6 à y pouces ( 16 à 19 cen- tim.). C’est un arbre de la deuxième grandeur, et il est rare qu’il parvienne à 5 o pieds (16 mèt.‘) de hauteur sut 20 p'ouces ( 6 déeim.) de diamèttè. Il sé r'amifie promptement, et .ne forme pas une belle tige droite et élevée comme lYrable à sucre et l’érable noir; son tronc est revêtu d’une écorce brune. La proportion de l’aubier au cœur est considérable , si ce n’est dans les très-vieux arbres , alors celui-ci est entremêlé de veines roses et bleuâtres. Son grain est fin et très-seTré ; mais comme il est susceptible de s’altérer très-promptement cpiand il est exposé aux injùres de l’air', ou n’en fait aucun usage dans le pafs oû il est lè'yhis'éotnmun. C’est par erreur , dit M. Michaux-, qu’on a avancé que, dans les Etats- Unis, on fabriquait du sucre avec la sève de cet erable. Il y a plus de cinquante ans que cet érable a été introduit en France par l’amiral La Galissonnière, et depuis cette époque il s’est répandu successivement en Allemagne , en Angleterre , où il est fort recherché pour embellir les parcs et les jardins d’agrément, soit à cause de la rapidité de sa végétation, soit sur-tout à cause de la beauté de son feuillage, qui est d’un vert clair et qui tranche agréablement avec celui des arbres à cêté desquels il se trouve placé. Ses jeunes branches, qui sont aussi d’une belle couleur verte , contribuent, encore au choix qu’on en fait ; elles servent aussi à le faire reconnaître dans le cours de l’hiver lorsque tous les arbres ont perdu leur feuillage. M. Michaux pense qu’on a trop exagéré les avantages que le bois de l’érable negundo peut offrir aux arts; cependant il estime que cet arbre, cultivé en taillis et coupé tous les trois ou quatre ans, peut donner de grands produits par ses seuls rejetons, qui sont nombreux. La réussite en sera d’autant plus assurée , que ces plantations seront faites dans un sol profond, constamment frais et humide ; car bien qu’il paraisse prospérer pendant quelques années dans un terrain sec et médiocre , il finit par y dépérir sensiblement. L'Administration des forêts en a fait des semis assei considérables, de graines qu’elle avait obtenues des environs de Lyon, et qui ont été semées eu automne, pvécantion indispensable. Ces semis ont donné' d’immenses quantités de plants, dont là végétation a été étonnante, et qui ont été employés à des plantations en massifs et en lignes; cependant cei plantations ne valent pas celles de nos belles èspèces d’érables, telles que le sycomore et l’ératblé-plane, qu’on ne peut assez multiplier dans lès forêts. •Je 11e terminerai pas cet article sans faire remarquer que presque tous les érables fournissent un chauffage bien supérieur à cëlui qu’oti semblerait dêvbir attendre d’un bois hlàne. Cela tierit sans dôutfe à la nature des sués propre^ qui rèni'plAsènt le tissu ligneux , comme dans les arbres rérittedki, dont le bois eSt également excellent poùt“lé fcfitfdf- fage. ’* • ; ESCAUDE. Petite barque dont on se sert stir les marais et petites rivières. > ESPARTS. On distingue dans les arsehaux les pièces de mâture en mâts, en martreairx en 'esparts doubles et simples. Les plus petites piétés sont rangées dans la troisième classe. I1!3 ESPECE, du latin species, formé •àe$pécio\ je vois, j’envisage. -, urraoii Histoire naturelle. —• La multitude ‘des’êttês tendrait l’histoire naturelle incertaine'èti çorifuse, si l’on n’avait un fil pour se conduite dahs'Yet immense labyrinthe : on a donc imaginé le* mêthttdes. Ces distributions, en groupant lès êtres qui ont entre eux des rapports constans, servent à lés faire connaître avec plus de facilité. On nomme fces diffé- rens groupes, classes, ordres , genr^i , ÈSpèceé / en passant de la classe à l’ordre, de l’Ordre au genre , on arrive facilement à l’espèce. ’ t Botanique. — Les botanistes appellent èitpètè, chaque série d’individus qui se ressemblent tellement par toutes leurs parties et leurs gënératiohs comparées entre elles, que s’il existe quelque^différence, elle consiste seulement dans certaines affections accidentelles, que la reproduction pat graines peut faire disparaître. Ainsi cent plarites qui Ohft entre elles une telle ressemblance, sont tpütliîidl- vidus de la même espèce. Mais lorsque le botaniste isole un individu d’une série spécifique, pour le comparer à d’aùtrèsritfdi- vidus également isolés d'autres séries, il ftùpKcjue aussilenom d'espèce à chaque individu, qui alors re» présente la série à laquelle il appartient» Par exemple , si on compare un peuplier d’Italie à up'jleù- plier noir, le premier représente tous ïék Individus qu’on appelle peupliers d’Italié , comme le sècénd est L’image de tous les peupliers noirs. Les espèces qui ont le plus de rapports entre éïles sont réunies par groupes qu’on appelle genres. Ainsi toutes les espèces de peupliers forment un genre. Chaque espèce , une fois rapportée à son genre , a reçu deux noms : l’un , générique , qui lui êst commun avec toutes les espèces du même gerire; l’antre j spécifique, qui lui est particulier. Le premier e.st fondé sur les rapports que les espèces ont entre elles par leurs parties essentielles; l’autre, au contraire, sur Les différences qu’elles présentent dans ‘dés parties ou par des qualités exceptées du caractère générique comme moins valables. Un choix ét une désignation courte et précise de ces qualités différentielles, forment ce qu’on nomme caractère spêcfiqite. Exemples de ces noms pt dp ce caractère. t * Il> ’ Chêne eédoncuué : feuillks glabres , (Amies , oblongues,p^nnatfides, sinnées; lobes obtus ;glaAds portés par de longs pédoncules. ' ' _ Le mot chêne est le nom générique, pédontéLé est le nom spécifique; la phrase qui suit chaque dénomination est le caractère spécifique. A . Botanique , 3 e . section. Pratique. — Espèce est le fait ou le câs sur lequel ES S une décision a été rendue pu défit se rendre,;Ppur bi«tn euJtAqdre una loi, ilfautis’apflliquflrjMfWr p/endrel’çspàce qu’elle reniertne , aveç toutes-ses circopsfuupes, gula.scillaet ex facta jv$ o/r'rqr. , Espèces se dit de l’argent comptant; on stipule quelquefois qu’un paiement sera fait eu tspii'S? sonnantes, c’est-à-dire en argent et non en billets. ESSARTAGE. Y. Essarts et Sartage. , JESSARTEMENT. C’est Faction d’essarter, de dé?ric%r un. bois, ou le lieu lui-même qui a été défriché. L’ordftiujanpqdo 1669, t ’ t> XXVIII, art. 3 , avait prescrit d’essarter les bois qui se trouveraient dans l’espace de éo pieds ès chemins servant aux voitures publiques. V. Chemin et Route- On emploie ce mot dans les départemens voisins du Rhin, pour celui de recépage; on se sert aussi du mot ravalement pour désigner l’opération par laquelle on coupe rez terre les souches qui ont été coupées trop JbanU ESSARTER. C’est arracher tous les arbres, les arbrisseaux epdes broussailles .qui couvrent un terrain, têts que les genévriers, les houx, les genêts, les joji,es, marins, les ronces, les .bruyères, et enlever les souches et les racines, fins il y a de vieilles souches, plus un terrain est difficile à essarter. Ou met quelquefpis dans une adjudication de bois l’o- bligqtion. d’arracher et d’essarter. ESSARTS. Ce mot vient d’essarter, qui signifie défripher. .11 a plusieurs significations : dans quelques p4-ys, qp,entend par essarts , des terrains incultes, des broussailles; dans d’autres, des taillis que l’qif c.QUpe ,, tous les quinze, dix-huit ou vingt ans, q blanc ptoç, et dont on brûle les ineuus bois sur la çoqpe ppur servir d’engrais au terrain, et y faire, dè^ l’année 4 e 1? coupe, une récolte en grains ; enfin, il planifie l’opération même que l’on fait en brûlant.les meftpf bpjflsur le parterre de la coype et en pultiyaujj le terrain. Y.., à.l’art. Succession de culture y ce que npus avons dit delà manière de faire des essarts, et le mot Sartage. ESSENCE. Ce mot, très-ancien dans le langage forestierest çqnsacré par les ordonnances. 11 ex- priwq,tantôt la nature,, la qualité d’un bois, comme lorsqu’on dit : ce bols.est de bonne essence; tantôt, et c’est le plus souvent, le genre auquel appartient l’arbre dont on parle, comme lorsqu’on dit : un ar- bre t essence de chêne, ou simplement essence chêne. C’est comme si on disait : un arbre du genre chêne. Il 11e désigne doue point, comme le prétendent quelques auteurs, l’espèce particulière de l’arbre. Eu effet, ce mot, lorsqu’on parle du chêne, du peuplier, de. l’erable, ne désigne que les genres auxquels cep arbres appartiennent, et ne fait point connaître s’il s’agft du chêne-rouvre ou du chêne pé- dontùlé, du peu plier noir ou du peuplier d’Italie, de l’érable-pîane ou (le l’érable à ieuilles de frêne. On distingue Tes essences qui peuplent les forêts en bois durs, bois blancs et morts-bois. V. Bois. Remarquez que le mot essence est tellement, restreint aux arbres forestiers et aux grands arbres de cette çlasse, qu’on ne dit point : un arbre , essence de marronnier, essence d’acacia, essence d*épinej tandis qu’on dît, pn parlant des grands arbres véri- Toüie II. EST 5 7 tablement forestiers : essence de chêne, de charme, fl^,h^tre t 4 ’prms, de.bouleau, de tremble, etc. A«f surplus, mot essence est une assez mauvaise .est pression, puisqu’elle ne présente qu’une idée vague. JaSTAlijS. Mot corrompu de l’yngLais stern. On appelle çs tains ou cornières deux branches d’un couple dévoyé, qui est place à l’extrémité arrière de la carcasse d’un vaisseau ; elles sont placées sur l’étam- bot, font portion de cercle, et forment le rond de l’arrière de l’arcasse du navire. V. à V Atlas. ESTANT. On écrivait ainsi autrefois étant. Le boisera étant est celui qui est sur pied, vivant et prenant son accroissement. ESTIMATION, du latin cestimia ou cestimium , formé de ces, argent monnoyé, et du grec timê, prix, parce que tout s’estimait à prix d’argent. Dans la pratique, l’estimation est la prisée ou l’évaluation d’une chose. Ce mot se dit aussi de la somme même qui représente la valeur de la chose. ESTIMATION DES BOIS DE DÉLIT ET DES DÉGRADATIONS COMMISES DANS LES FORÊTS. L’ordonnance de 1669 a elle-même fixé le montant des amendes et restitutions à prononcer pour les délits qui se commettent dans les forêts domaniales. Eu conséquence, l’art. 5 i de l’édit du mois de niai 1716 porte que nulle autre estimation n’aura lieu pour la valeur des arbres coupés en délit dans les bois du roi, et dans ceux des ecclésiastiques et communautés, que celle laite par l’ordonnauce de 1669. Il en est de même à l’égard des bois communaux pour les délits autres que ceux qui sont.punis d’après la loi du 28 septembre 1791, sur la police rurale. V. Bois communaux , JÜégat. La règle prescrite par l’ordonnance de 1669 et par l’édit de niai 1716, était consacrée par les plus an - ■ ciens régiemens, parce que de tout temps on avait reconnu l’impossibilité de faire l’estimation des dommages causés par une foule de délits, notamment par les délits de pâturage, où les gardes ne rencontrent souvent les bestiaux qu’après que ceux-ci ont divagué pendant long-temps dans les bois où ils sont repris. Les amendes étant fixées d’avance d’après la valeur approximative des choses, il n’y a d’ailleurs aucun inconvénient de les prendre pour base des indemnités. Y. , sur l’application de ces principes, les Arr. de la C. de cass. , des 10 août 1804, J 9 novembre 1807, janvier, 11 juin et 8 octobre 1808, i 3 novembre 1 812, 14 août i 8 i 3 , i 3 janvier 1814, 6 avril et 21 septembre 1820, et notamment le réquisitoire qui précède l’arrêt du ■4 août i 8 i 3 . Sous le régime des maîtrises, les maîtres particuliers avaient seuls le droit de faire les visites, expertises et estimations qui pouvaient être ordonnées en matière d'eaux et forêts, lorsqu’il s’agissait, soit de dégradations commises, soit de réparations de bà- timens ou autres objets, et il était défendu aux juges, par l’édit de mai 1708, de confier les expertises à nul autre qu’à eux. Cette disposition , fondée sur ce .que ces officiers avaient acheté leurs charges et devaient en recevoir les émolumens, s’exécutait très- ( régulièr,ement', ainsi qu’on le voit par les arrêts du 8 58 EST EST, J 1 conseil, des 18 mai 1711, 22 décembre 1733 et 20 mai 1755. Les officiers mêmes des Tables de marbre ne pouvaient descendre sur les lieux pour faire aucune vérification ou estimation, ni adresser leurs commissions à d’autres officiers qu’à ceux des maîtrisas. V. les art. 7 et g du fit. XIII de l’ord. de 1669 , et les Arr. du Cons., des 3 juin 16j3 , 4 novembre 1681, i er . ££>«£1682, 6 octobre 1684 et 9 novembre 1691. ESTIMATION DES BOIS ET FORÊTS pour LE PA.IEMEST UES CONTRIBUTIONS. V. , au PiCCUeil, les Lois des i er . décembre 1790, 20 juillet 1791, 3 frimaire an 7 et 19 ventôse an 9 ; l’ Arrêté du gouvern., du 12 brumaire an 11 ; et l 'Instr. du min. des fin ., du 3 février de la môme année , qui résume les différentes lois citées. ESTIMATION DES BOIS ET FORÊTS DES PARTICULIERS, pour la déclaration et le PAIEMENT DES DROITS d’eNREGISTREXIENT DES MUTATIONS par décés. En ne prenant pour base de l’évaluation que l’exploitation de l’année antérieure au décès, où de quelques années voisines, sans en indiquer le nombre, on tomberait dans l’arbitraire, et le droit du trésor public ou les intérêts des particuliers pourraient être lésés, La loi du 22 frimaire an 7 veut, art. i 5 , que pour les mutations par décès, l’évaluation soit faites et portée à vingt fois le produit des biens ou le prix des baux ruraux sans distraction des charges. Il n’y a donc que deux bases : le bail courant produit à l’appui de la déclaration de la partie, ou sa déclaration pure et simple, sauf l’expertise. Si les bois sont affermés avec d’autres immeubles (ce qui n’a guère lieu que pour des boqueteaux, des arbres épars, ou pour des terres et bois servant au roulement clés mines), le bail courant, qui fixe le revenu, sert à dé terminer la valeur capitale des biens transmis. Si les bois sont aménagés en coupes réglées (ce qui est communément établi pour les grandes masses;, les procès-verbaux des coupes annuelles pendant une révolution entière, indiquent l’année commune du revenu, dont le capital, joint à l’évaluation de la futaie, fait connaître la valeur des bois. Les années communes sont pour les bois ce que le prix d’un bail courant, par exemple de neuf ans, est pour les autres immeubles. En effet, le loyer ou fermage annuel représente, dans ce cas, le revenu moyen des neuf années d’habitation ou d’exploitation des biens ruraux. Ainsi, il suffirait que la, partie produisit, à l’appui de sa déclaration , les procès-verbaux des ventes annuelles des coupes, pour prendre le.quinzième, le vingtième ou le ^■ingt-.cin l qui,ème du prix total, suii vant que l'aménagement serait réglé, à quinze, à vingt et vingt-cinq anngqs : ce revenu pommun servirait à établir le capital, en le multipliant par vingt, pour asseoir ensuite et liquider la .perception. Si la partie refuse île produire les procès-verbaux, sa déclaration n’en est pas moins reçue , sauf l’expertise, dont les opératipns (si elles étaient ordonnées) auraient aussi pour objet de déterminer le revenu d’après les connaissances des experts, en faisant une année commune d’après une révolution entière dès couppsjcomme il vient d^etre dit. Si les bois ne sont pas aménagés (ce qui arrive rarement), la déçl^vation de la partie et l’expeptise, pour la vérifier sont les seules bases, sauf à aider lts experts à tirer des renseignemens des rôles de contributions foncières. ESTIMATION D’UNE PÉPINIÈRE en cas de succession. — Comment doivent être considérées pour la liquidation du droit de succession}', les terres d l’usage des pépinières? — On ne peut prétendre qu’il finit distinguer le sol de la superficie, par le motif que celle-ti est dans la classe Èes meubles, au moyen de ce qu’on ne peut considérer que comme tels des arbres destinés, par leur nature, à être séparés du sol et transportés ailleurs, pour en conclure qu’il est dû sur la valeur du sol un droit de transmission immobilière, et sut la valeur des arbres un droit de transmission mobilière. Aux termes des art. 617, 5 18,620 , 521,547 ^ 55 a du Code civil, qui ne font que confirmer ^ancienne jurisprudence, toutes les productions'de la terre pendant par racines et adhérant au sol au moment de la mutation, sont réputées immeubles pour celui qui acquiert simultanément le sol In 'superficie ; il n’est donc pas douteux que le droit 11e 'soit perceptible sur la valeur du sol et de la superficie, comme immeubles, par l’adhérence des arbres .au sol au moment où la mutation s’est effectuée! On citera à l’appui de cette opinion une décision ide 'S. Ex. Je ministre des finances, du 19 juin. 1810. ESTIMATION DE BOIS en cas de cantonnement, ÉCHANGE, PARTAGE ET ALIÉNATIONS. NoUS avons traité , aux mots Cantonnement et Echange , de la manière de procéder aux estimations des bois !en fonds et superficie. V. ces mots, ainsi que te Décret du 20 juillet 1808 5 et l 'Instr. de l’Adm., da 4 février i 8 i 3 , sur les échanges et partages f v\ l’ Instr. du 2 février 1818, 'sur les aliénations. V. aussi l’article stiiVant. n ■ ESTIMATION DES BOIS , soit sur pied , sqit ! EN GRUME. Dispositions réglementaires concernant les ventes des coupes. '■ Les agens forestiers qui ont procédé au balivagq let martelage font l’estim^ticm de la coupe entre eux sur les lieux et /sans le concours des gardes. 11 , P, U i esî dressé un procès-verbal particulier, qu’ils signent ■avant de se séparer, et qu’ils adressent, dans la hui, taine de l’opération terminée, au conservateur, quj |en transmet l’état à l'Administration avant l’apposition de l’affiche. Cette estimation ne doit pas être ' mentionnée dan$ le cahieçdes charges , et ne peut ■être conuué'que des agçns qyi Font faite e,t signqe. Ils manqueraient à leur devoir), s’ils en doutaient connaissance à tout autre quVu président da la (venté ; elle sert de mise à prix à l’adjudication,, et Tes feux ne peuvent être allumés que lorsque lespf- i fres en égalent le montant ou s’en rapprochent; dans j le .cas contraire, les agens forestiers invitent le fonç- 1 lionnaife présidant la vente à la reiuettrç à un ajqtre [jour. .{Instr. du 7 prairial an 9, § i« r ., art. 22, — EST j 4 utre instr., jointe à la circul. du i3 avril 1810. — Instr. gên., du 23 mars 1821 , art. 53.) DE LA MANIÈRE DE PROCÉDER AUX ESTIMATIONS DES BOIS EN GÉNÉRAL. L’estimation des bois a pour objet de déterminer les produits en matières et en argent cju’on peut tirer des arbres ou d’une étendue quelconque de bois, et de fairç connaître les produits actuels d’une coupe et ceux qu’on doit attendre, pour l’avenir, de toute, une forêt. C’est l’une des plus importantes opéra-1 tiçrns de l’économie forestière, soit pour le vendeur, spit pour l’acheteur : elle exige beaucoup d’expérience , età dpfkut d’expériencç beaucoup de calcul., Duhamel, dans son Traité de l’exploitation des ; bois , t. I er ., p. 186 et 252, indique le» procédés à, employer pour l’estimation des taillis et des futaies.! Ses instructions renferment d’excellentes observa-; tions; mais elles sont quelquefois un peu vagues. M. Hartig, dans son ouvrage intitulé Taxation der fors te , et dans son Lehrbuch fûr fors ter, 3 e . volume, enseigne des procédés bien plus exacts : c’est lui que nous prendrons principalement pour guide.. CHAPITRE I er . - DE LA MANIÈRE DE CALCULER LE CUBE DES ARBRES, SOIT SUR PIED, SOIT EN GRUME. § i er . — Du mesurage des arbres en grume. Les opérations que nous allons détailler ont principalement pbür objet de donner à celui qui n’aurait Î ioint encore fait d’estimation, des idées exactes sur es quantités de bois qu’on peut tirer de tel ou tel arbre. Ces opérations seraient trop minutieuses dans la pratique, Où d’ailleurs l’expérience est le meilleur guide; mais c’est en s’y livrant dans le principe qu’on apprendra à devenir bon estimateur. Quand il s’agit de mesurer un arbre en grume, il faut en examiner la figure, pour déterminer py quel moyen on en trouvera la solidité ou le cube. La méthode la plus facile consiste à partager la longueur de l’arbre en plusieurs divisions, à additionner le diamètre supérieur et le diamètre inférieur de chaque division, à prendre la moitié de la somme , et lorsqu’on a trouvé le diamètre moyen et la longueur de chaque tranche ou division, on en calcule le cube, comme si elle formait un cylindre particulier, Quoique cette méthode ne donne pas des résultats frès-rigoureusement exacts, elle est cependant suffisante péur ce genre d’opération, lorsqu’on a l’attention de rapprocher assez les divisions de la tige pour que la différence entre le plus gros diamètre et le plus petit ne soit pas considérable. Ainsi on multipliera les divisions autant que cela sera 1 nécessaire, pour éviter une différence trop sensible entre les deux diamètres, et on calculera la solidité d’après le diamètre moyen et la longueur de la division; ensuite on additionnera le cube dç tçutes lès divisions, pour avoir celui de la tige entière. ’ ! Pour connaître' le diamètre d’un arbre, on peut se servir d’un instrument gradué , semblable à celui dont les cordonniers font usage pour prendre leurs mesures^ ' EST 59 Quant à la circonférence, on la mesure avec une chape légère et flexible ou un ruban gradué, semblable à celui que les gardes emploient pour mesurer les arbres de délit; mais il faut avoir soin que cette mesure soit tenue bien de niveau. Voici maintenant comment on obtient le cube de chaque cylindre, c’est-à-dire comment se fait la rédaction des différens cylindres, qui sont supposés ajoutés les uns aux autres pour former le corps de l’arbre. Pour obtenir, en général, le cube d’une pièce de bois ronde, il faut multiplier d’abord la circonférence moyenne du bois par le quart de son diamètre ou la moitié du rayon , le produit donnera la surface ou l’aire du cercle, que l’on multiplie ensuite par la longueur du bois. Le produit de cette seconde multiplication est alors le cube ou la solidité cherchée de la pièce de bois ronde; mais on a soin de retrancher dans le produit des multiplications autant de chiffres décimaux qu’il y en a dans les dif- rens facteurs. 11 est évident que chaque division de l’arbre qu’on a mesuré peut être considérée comme formant un cylindre particulier, et que cette division n’a eu lieu que parce que le corps de l’arbre ne formait pas, dans toute sa longueur, un cylindre,parfait. On cubera donc chacune de ces divisions de la manière suivante : Supposé que la première division ait 7a centim. de diamètre et 2 mèt. 28 centim. de longueur, sans qu’on en connaisse la circonférence moyenne , il faudra chercher d’abord cette circonférence. Or, on sait que le diamètre est à la circonférence à-peu- près comme 7 est à 22 ; on a donc cette proportion : 7 : 22 : : 72 : X = 2.203. On multiplie 72, diamètre du cylindre, par 22 , et l’on divise le produit 1584 P ar 7• Exemple : 7 2 22 144 ■44_ Produit. , . i584 | 7 | 2.263 Ainsi, ayant trouvé au quotient 2.263 pour la circonférence moyenne du cercle de la portion de la pièce dont on cherche le cube, on multipliera ce nombre par 0,18, quart du diamètre; puis le produit de cette multiplication par 2 mèt. 28 centim., longueur du cylindre. Le produit de cette seconde multiplication est alors le cube ou la solidité cherchée du cylindre particulier dont il est question.. 8 6o EST iB EST 4 Opéfàllàn : , no ' ■ 2.26» ciqoonferenâs moyenrle. a. 18 quart di* diamètre. »6«o4 2263 ,w - produit.. . . 0.40734 surface crnaire iucercle, que l’on multiplie par 2.28 , longueur du cylindre ; - 1 3 r 3a5872 81468 81468 0.9287352 cube cherché. Donc 2.263 X 18 X 2 28 — °>9 28 7 8 ^ 2 : cube •cherché, ou 93 centistères, éii supprimant les cinq derniers chiffres vers la droite, parce que dans le cube des bofli, on néglige les mil lisières, en ayant %oin, tomUië'jé l*ai,fait, (l'ajouter une unité au dernier dès; chiffres tUnYferv’és , lorsque celui qui le suit ■Têts lsf dr’olté fis/faffldqssÜS de cinq. ,ün remarquera ïjljf’èn' faisant l’opération ci-des- iUS, j’ai considéré ïéfc 1 Nombres 2,260, 0,18 et 2,28, comiiié des ndtri^rfes entiers, sans avoir égard à la virgule qui sépare les unités des parties décimales ; mars qhe j’ai’ a joli té fin zéro à la gauche des cinq chiffrés du Jrëmiet' produit, parce qu’il y avait cinq chiffresdécimÜUx .dàjjs les facteurs, et que j’ai également ajouté ün îèro devant les sept chiffres du second produit, parce qu’il y avait sept chiffres décimaux aux facteurs.: de telle, sorte que ce second produit n’exprime que des parties du stère, l’unité principale. Quand on a ainsi trouvé le cube de toute la division de la pièce, on additionne les produits de chacune pour avoir le cube de toute la pièce. Mais cette bpératiûn, quand même on n’aurait à la faire qu’une seule fois pour chaque arbre, serait beaucoup trop longue s’il fallait l’exécuter pour un certain nombre de pièces : aussi la plupart des marchands de bois ét des toiseurs font usage d’une autre méthode plus prompte et plus simple pour trouver la surface ou l’aire du cercle d’une pièce de bois ronde dont ils connaissent le diamètre moyen. Ainsi, pour trouver la circonférence moyenne , au lied de cette proportion 7 est à 22, comme le diamètre copnu est à la circonférence moyenne cherchées ils foni;‘ Celle -ci : 14 est à 11 comme le carré du âiafîètfe moypn est à la surface ou l’aire du cercles d’oü l’on voit que l’on peut obtenir, par une seule op ér a t ipiql â^s u r fa c e ou l’aire du cercle, et quül suffit,' péûf’ybarpenir, 3’élever le diamètre au wui.jic jj suriace cnercnee, 11 ne tau jitftS ôuè là hPilli‘nJYer 3 paf?la longueur dubois pou. 'ètiré’OWriàî i fle ? lê ’iuqe 9 cni ,1 la'solicli£ë en mesures décimales' 9 * 31 ’ 1 ® 193 99 ““ 1 .-. : m . « riémon ï.iV> «o ifÿ&rtpti >> J' 1 -' juV.''‘ 3. — ,i. , ruina'vta su ç wpé s»Y. vs&un iaiVur alo s'a aoit unerpièce de bois ronde de 7 mèt. ^S centim de longueur sur 72 centim. de diamètre, dont 01 ii-vBut 6hife.’Wdiaîtê «ni mm* dl _ dcimblasftâ'siéni 9D uo ebeiq eh aitimon si , aeeupifi j '“■En faisant usage de'la méthode abrégée ci-dessus, jil faut premièrement élever le diamètre 7a ou carré, eù'le multipliant par lui-même. Ainsi, 7»XV 2 c='5t84; et ensuite, pour trouver la surface ou faire du cercle, on fera cette proportion : 14 : 1 > :e 0,5(84 : X —4)07^ sUrfacë Ou aire cherchée du cercle. Opération : On multiplie 72, diamètre, , par lui-même.. 72 . -, . •44 5o4 num . r, , " n' itr .jiu:'. • ntjm.iif iuB abu ilDBxa’i ai I er . produit 5 184, carré du diamètre, que lV>c multiplie par 11 _ ••• :\0' nsA&E.—. 5,84 * . [ . t que .l’on divise 3 5.7024! );ar 14. ,ç, .I02 ( j, 4.073 quotient, qui est la sus- • 44 ni t'ÇC ou l’aireichfifphét 03. connaitre le cube de la pièce de bois ronde dont il s’agit, on cherche celui des grosses branches propres à faire du bois de corde. On les classe, d’après leur grosseur, èn trois ou quatre divisions; on. prend lç diaonètre raoyen>de chaque classe et la longueur de toutes les.brapches appartenant à une même classe, et l’on calcule, comme il a été dit, le cube ou la solidité des différentes branches en particulier. Enfin, l’on additionne le cube de toutes les branches, et l’on a soin de prendre note des cordes de bois de fente et de rondins qu’on en compose. Veut-on savoir aussi combien de fajgbts produiront les menues branches? Oi) fait couper mjp quantité suffisante de ces menues branches pour en former un fagot ordinairepet l’on compare de qiiSl en a fallu avec; en qui reste': de cette manière j onmp- préciera fort exactement de nombre 1 de ïegpjs que l’arbre peut produire. Comme ïés atbrèY 1 à feuillèi càdiiq'treS èofTTt -Ordi- nairemmu, pl^..badinspjé.ÿpntpiit une Kft 8 Mimm 1 *! 8 t 4 Ç sl i né - œssaLrpj. Iqr^qqjqn yeyfc Je.sxupei;, (Je. marquer _jun pluj? gffLqqflÇTBbre ide, d^yjsjon& qite pppr. çèj’éter- qiérsj cenemdant mjè»je H poqr çpux-si, oq pairvipqdra à un résultat bien pliis exact, si on partage la tige en "deux toi Trois sections pour ies xu ber sépar é m ent, au lieu de ne faire qu’une seule: opération en prenant le diamètre supérieur et le diamètre inférieur de la EST pièce. * et.en calcuJflut la solidité d’après le djan^ètre qoxrwunet tonte la longueur det l’anbre, m ■ ', alissi/faire attention que, lorsqu’il s’agit de meurer des troncs d’arbres qui ne sont.pas tout* à-fait ronds? et qui présentent dans leur, grosseur une forme ovale CO, O 111 ne doit pas établir ses calculs d’après le plus grand ni le plus petit diamètre, ni calculer le diamètre d’après leur circonférence: dans ce cas, la meilleure méthode consiste à prendre la moitié du plus grand et la moitié du plus petit diamètre de chaque base, pour avoir le diamètre commun de la base, et à càrcürer d’après ce diamètre réduit. De cette manière, on approche de l’exactitude autant qu’il est nécessaire dans ces sortes de cadxmls. - § 2 .—Réductiondes arbres en grume à l’équarrissage. Lorsque la circonférence moyenne d’un arbre est connue, on obtient facilement, en eu prenant le cinquième, les dimensions oti la grosseur qu’il doit avoir après l’équarrissage,. Cettie grosseur ainsi ob- tehüé, l« cubage du bois, soit e* ^anciennes, soit en nouvelles mesures, se fait en muîtipliant par elle- même la grosseur trouvée, et ce produit par la longueur de l’arbre. Ce second produit donnera alors le cube cherché. “• * Exemple: . A,**"' Soit tin arbre de 36 pieds de longueur sur ç4 pouces de circonférence au-dessus de la naissance des ratines, et de66 pouces au-dessous de celle des tbrandhea, dont on désire connaître la grosseur et cube après l’équarrissage, i ai. Parfaisant l’application da la règle ci-dessus, on ajoutera 94 et 66, eton aüra 160, dont la moitié 80 -iera la circonférence moyenne; en en prenant le 'Cinquième, on aura 16, qui sera la grosseur en •Jxuices, ou les: dimsnsipns que le bois devra avoir après l’équarrissage ;lensmtd pour connaître le cube, bmanra 1 ioSqx pouces cubes ou 64 pieds cubes. Opération : est; Gt ilb : • 1 ' ■ n multipliés par. \ donnent. . . . 16 pouces de largeur, 16 id. d’épaisseur, muljipliés per.,-. 256 pouces carrés, qui , 4-32 pouces de hauteur , jla tige , circonstance qui ne permet jamais d’obtenir lia même exactitude que si l’arbre était abattu. liuy-O'p it est'énaiçdes instruinens appelés den- dromirtmtfôiitiOntft'h À l’aide desquels on peut mesurer très-exactement la’ hauteur et le diamètre des arbres debout; mais, oittœ qb’il n’est pas possible d’avoir toujours ces instrumfins avec soi, on n’a pas cons,tana.«aut,U facilité d’eu faire usage dans .les forêts,,è ca^ise du défaut d’espace. 11 faut donc que le forestier cherche à acquérir l’expérience nécessaire pour estimer d vue d’œii la hauteur et le diamètre des arbres avec autant d’exactitude que possible; il parviendra promptement en faisant usage de la méthode suivante. On mesure sur un arbre une longueur exacte dé 5 pieds ou plutôt de 2 mèt., pour se servir des nouvelles mesures; on indique cette longueur par une marque. On applique plusieurs fois par la pensée cette longueur à toute la hauteur de l’arbre, et ensuite, au moyen d’une longue perche divisée en piedq.ou mètrqs, pn s’assure si l’pp.a bien apprécie.la hauteur île l’arbre. Lorsqu’on a rér pété souvent ces expériences , et acqui^ l’jiabitude d’estiijier exactement des arbres de 2 à 1,0 mèt* de hauteur, il faut, lors des exploitations, apprendre à mesurer des arbres plus élevés .et à calculer lqpjr.s diamètres inférieur et supérieur. Pour cpt effp^, 0/1 examine tous les arbres destinés à être abattus,dans un canton; on remarque plusieurs points facilesù reconnaître sur la longueur du trpnc., et qn estiyie la longueur et le diamètre de l’arbre à chacun de.çps points. Quand l’arbre est abattu, on vérifie les ap- >réciatious qu’on a faites , pour savoir si et de com- >ien on s’est trompé. L’habitude rendra ensuite le coup-d’œil d’une justesse étonnante. Dans çes appréciations , on estime ordinairement avec beaucoup plus d’exactitude la hauteur que le diamètre, parce que celui-ci est souvent fort éloigné de Pœil, et qu’il faut l’apprécier d’après de faibles grosseurs, c’est-à-dire d’après des pocces ou décimètres; mais pour s’exercer à estimer le diamètre des arbres, soit de près, soit de loin, on apprécie à l’œil le diamètre inférieur à'an grand nombre d’arbres gros et petits, placés les uns près de soi, les autres à une grande distance, et chaque fois l’on vérifie avec le compas semblable à ceux des cordonniers, ou en mesurant la circonférence de l’arbre,-si et de combien on s’est trompé. Au moyen de ces exercices, et en faisant des vérifications lors desex- ‘flodhent... i:' . . .■ i-làiqz pouces cubes. -n II' I ÎBld uoIZsq divisant ce nn'ombreide pouce» cubes pa -ip^aS pouces cubes y que contient un pied cube, on uq)64 piedecubes pour là pièce de boisiot 1 O -1 -l*Ii -x*3 . nr E)e4ujf)^nièf^\d^ l mesurer les kfreS sur pied. 9nu Ofi | ptënV}‘i'>otfl- piks ! urèt"leè i â l rbré^‘iuf--pied y érqJ ' 9 jllBy’er léS l 'it‘êtho i dèé Vjijô noui'I'Vérfô'ils 1 , IKndï^lie] ; «) ' r , iupb , eiJéraüib : b in n ' 1 9*- b,,»! ^çdRAlé^par Wmè^mdesei^dessiwin- aiquees, le nombre de pieds ou de mètre» cubej-des 62 EST EST arbres qu’on veut réduire en bois de corde 5 on trouve facilement la quantité de cordes ou de stères que ces arbres doivent produire, si l’on sait une fois combien il faut de pieds cubes en solidité de bois de chaque espèce et de chaque grosseurpour former une corde (1). Beaucoup d’expériences ont été faites sur ce dernier objet : nous les avons rapportées au mot Cordage des bois. 11 nous suffira de présenter' ici les données les plus ordinaires, en rectifiant les erreurs que nous apercevrons. L’ancienne corde des eaux et forêts contient 112 pieds cubes, ayant 4 pieds de hauteur sur 8 pieds de couche, et étant composée de bûches de 3 pieds et demi de longueur. Suivant les expériences rapportées par Duhamel, une telle corde, remplie avec du bois de fente et mesurée avec le plus grand soin, contiexit tout au plus 70 pieds cubes effectifs, et il s’y trouve par conséquent au moins 4 2 pieds cubes de vide ; mais si cette corde était remplie avec des bois ronds , parfaitement cylindriques , et de 3 pouces et demi de diamètre , c’est-à-dire de la grosseur la plus favorable tu remplissage exact de la corde, la solidité réelle serait, dit cet auteur, beaucoup plus considérable, sans cependant aller au-delà de 97 pieds cubes. Ailleurs, Duhamel indique approximativement le nombre de bûches qu’il faudrait pour remplir la corde. Voici ses indications : Bûches de 18 à 20 pouces de grosseur, 116. Ib. de 12 à 1 7 — 240. Ib. de 6 à 11 — 4 °o. Brins de 6 à 9 — 800. Mais ces données sont fausses, comme on peut le voir par les calculs ci-après : Une bûche de 20 pouces de circonférence a pour diamètre 6 pouces, dont le quart est d’un pouce 6 lignes. En multipliant, comme on doit le faire, la circonférence par le quart du diamètre, on a 3 o pouces, lesquels, multipliés par 42 pouces, longueur de la bûche, donnent 1260 pouces cubes pour la bûche. Comme il y a i;6 bûches, on multiplie les 1260 pouces cubes par 116, et on a pour produit i 45 i 6 o pouces cubes, qui , divisés par 1 728 pouces cubes que contient un pied cube, donnent environ 84 pieds cubes pour la solidité de la corde. Ainsi on a les résultats suivans : i u . Les 1 16 bûches de 18 à 20 pouces de grosseur donnent pour solidité environ 84 pieds cubes; 2 0 . Les 240 bûches de 12 à 17 pouces , t to pieds cubes ; 3 °. Les 400 bûches de 6 à 11 pouces, iqûpiedscub.; 4°. Les800bûches deôàçpouces, 3 io pieds cubes. Or , la contenance de la corde n’est, avec les vides, que de 112 pieds cubes, et nous voyons que la solidîfé rêellè de 8c;0 bûches de 6 à 9 pouces de i grosseur serait de 3 lo pieds cubes, c’est-à-dire près^ de trois fois plus fbrtè qtiè la contenance même de la corde. ■ ( ^ Cette erreur, échappée à Duhamel, a été copiée (i}Sije rappelle les anciennes mesures, c’est que les' expériences dont j’ai a rendre compte, ont été faites u’aprè- ces mesures, et qu’on ne pourrait, sans multiplier les chiffres , en faire la réduction en nouvelles mesures. narpresqne tous les auteurs qui ont travaillé aprèi lui sur le même objet. On ne peut donc admettre en aucune façon le» données qu’ils ont présentées à cet égard. Les expériences de M. Hartig, que nous avon» rapportées à l'article Cordage des bois f sont plu» exactes ; mais elles ne le sont pas autant que celles de M. de Werneck, que nous avons fait connaître au même article. D’après ces dernières expériences, on a les données suivantes pour une corde de grand bois de 128 pieds cubes de France, la bûche ayant 4 pieds de longueur, et la corde étant composée de bois vert. NOMBRE de BUCHES. SOLIDITÉ réelle. VIDES. NOMBRE de BUCHES. SOLIDITÉ réelle. VIDES. Hêtr E. Bois a e fente pi ovenant d’ un tronc droit. pied* cub. pied* cub. pied* cub. pied* cnb* 86 107 21 i36 9 3 35 1 12 io5 23 184 82 46 128 97 3 i 202 78 5o Hêtre Bois de fente d*un tronc tortueux et noueux. 90 97 3 i i 36 8l 47 106 9° 38 180 69 3 9 120 86 42 j 96 64 64 Hêtre, Bois de fente provenant de branches. 143 9‘ 3 7 208 67 61 168 83 45 228 60 68 181 72 56 256 52 7 6 Chèxe. Sois de fente d’un tronc druit. IOI 96 32 162 77 5 1 1 29 88 4 0 i 83 7 3 55 i45 83 45 203 65 63 Chèse. Bois de fente d’un tronc noueux et tortueux. 90 89 3 o 1 5q 68 60 116 80 4» i83 ÔO 68 i36 72 56 20 l 55 7 3 Ch ène. Bois de fente provenant de branches. i36 88 40 IÇO 58 70 i 55 76 52 2 15 47 OI j 7 3 70 58 289 4i 8 7 Charme. Bois de fente d’un tronc droit. 168 85 43 223 66 62 189 79 49 1 » T> « Charme, Bois de fente d'un tronc tortueux et noueux. i 5 i 87 4. 224 74 54 172 83 45 259 70 58 Charme. Bois de fente provenant de branches. 206 68 60 274 56 72 240 6l 6 7 309 49 79 Pin sau vaob. Bois de fente d’un tronc droit. 85 108 20 i 36 94 34 io 8 i°7 2 , i65 85 43 123 99 29 ) 190 77 5 i Pi» SAUVAGE. Bois de fente tfun tronc tortueux. 90 98 3o 159 83 45 116 94 34 1 83 7 1 h i 36 89 39 200 67 6 1 Pin SAUVAGE. Bois de fente provenant de branches. i3 1 9 3 35 1 196 70 58 l5 7 86 42 • 21 1 63 '65 1 73 76 5i j n3ç 54 74 EST EST l On. peut voir ^.l’article Cordage des bois, la solidité relative des autres espèces et qualités de bois de fente. Quant aux rondins qu’on exploite pour bois de chauffage, JVL Hartig a trouvé les rapports suivaus dans fa solidité et les vides pour une corde de 12^1 pieds cubes de France ( >44 pieds cubes du Rhin ) : Solidité. Vitlts. i®. Rondins de gros brins. 67 61 a 0 . Rondins de branches d’un viènx tronc. 62 66 3 *; Rondins de taillis de vingt à vingt-cinq ans. , . . . . 58 70 '4°. TCônclîns Je taillis de vingt- cinq à, trente ans. 62 66 5 °. Rondins de taillis de trente à quarante ans- .. 67 61 Mais comme il n’a pas eu égard au nombre de bûches composant chaque corde, et que d’ailleurs les bols du même âge varient en grosseur, suivant lçs essences et les terrains, il est évident que ces données ne sont qu’approximatives. Toutefois, elles peuvent aider à faire une estimation. ' On a vu dans le tableau ci-dessus que la solidité d’une corde de bois varie considérablement, suivant la grosseur et la forme des bûches dont elle est composée. Elle vafie encore suivant la longueur dbs bû cjies , étant plus forte lorsque les bûches sont plus cburtès, parce qu’alors le bois se range mieux dans 1$ corde. C’est au forestier à examiner oes circonstances pour les apprécier dans ses estimations. ■ Mais le moyen le plus sûr de parvenir à connaître djins urie forêt le nombre de cordes que peut donner telle ou telle espèce ou qualité de bois, d’après les mesures qui y sont en usage , est de faire soi-méme d^s expériences lorsqu’on exploite les coupes. Pour cèteffét, on calcule la solidité d’une certaine quantité de bois, que l’on fait ensuite débiter en bois de chauffage d’après les dimensions d’usage ; on les ctorde, et l’on connaît ainsi combien il a fallu de pîeds cubes en solidité pour remplir la corde. On doit répéter plusieurs fois ces expériences sur diverses espèces et grosseurs de bois, et prendre les termes moyens pour en former un tableau, qui servira auxesti mations à. faire par la suite. CSHAPÏTRE II. — dê-r’estimation des abbb.es a « vue d’oeil. Cette manière d’estimer les arbres est la plus or d naife, mais la plus incertaine. On doit, dans cette n éthôde , comparer les arbress qu’on a à estimer arec ççux dont on a précédemment calculé la soli d té, pu qp’ojir réduits en cordes. Ainsi le forestier q li a çalcnlér-la splitji^é. d’un grand qqmbfe d’ar- b es, ou qui éna.çsXjmé beaucoup avant la coupe, el qui a eu soin de vérjijer ensuite ses estimations, sqra ç'ri, état de faire à yue d’œil une appréciation, qéi, sans être, d’une exactitude rigoureuse, sera, au inpins assez juste; mais sans cette expérience, il sia souvent bien loin de la vérifé. Il est donc très important de calculer la solidité d’un grand nombre d’arbres de tlifférentes dimensions, et de vérifier 63 ses estimations dans les coupes après que les arbres ont été débitésen bois de chauffage et mis en cordes. C’est le seul moyen d’acquérir l’habileté nécessaire dans les appréciations .visuelles qui sont le plus en usage, sur-tout quand on n’a pas besoin d’une exactitude rigoureuse, ou qu’il est impossible de calculer exactement la solidité des arbres. CHAPITRE III. - DE LA MANIÈRE DE CALCULER l’age des arbres. Quand on veut estimer un canton de bois dont on ne connaît pas l’aménagement, il est nécessaire de s’assurer de l’âge du bois pour en apprécier la croissance. Le moyen le plus sûr consiste à faire abattre près de terre un arbre de l’âge de la coupe, et à compter les couches ligneuses, à partir du point central ou canal médullaire. Le nombre de ces couches donne le nombre, d’années de la croissance de l’arbre , parce qu’il s’en forme une chaque année. Pour bien calculer ces couches, qui souvent sont fort étroites, il faut que la section soit bien unie et humide. On les rend plus apparentes, si 011 enduit cette section avec un peu de terre , et qu’on la frotte ensuite avec de la mousse ou de l’herbe. En usant de ce moyen et en comptant les cercles avec une épingle, on connaît l’âge de l’arbre aussi exactement que possible ; cependant on doit ajouter au nombre d’années trouvé, un nombre proportionné à la hauteur de la souche sur laquelle reposait l’arbre , et ce dernier nombre se calcule d’après le temps qu’il faut à chaque espèce de bois pour arriver à cette hauteur de la souche. On connaît l’âge delà plupart des arbres résineux, tant qu’ils sont jeunes, par le nombre des verti- celles qui entourent leurs tiges ; mais ces verticelles disparaissent dans les vieux arbres, et d’ailleurs on 11e peut pas compter ceux de la cime. Il faut donc encore avoir recours au calcul des couches ligneuses, comme le moyen le plus sûr. Quant aux arbres à feuilles caduques, qui donnent quelquefois deux couches annuelles, il faut avoir l’attention de ne compter que celle d 'automne, qui est la plus forte et la plus apparente à l’œil, et de négliger celle du printemps, qui est peu sensible dans la plupart des arbres. CHAPITRE IV. — de l’estimation d’un canton ' DE BOIS EN MASSIF. Cette estimation peut se faire de différentes manières : i°. Par le comptage et le cubage de tous les arbres ; 2 0 . Par l’estimation rigoureuse des bois existant sur quelques arpens ou demi-hectares, et. F évaluation de toute l’étendue du canton d’après les résultats qu’on a obtenus sur les arpens estimés. La première méthode est la plus sûre ; mais il y a des cas où la seconde doit être employée et même préférée. EST EST 64 § 1 er .— De l'estimation d’une coupe de futaie d’une étendue peu considérable , par le comptage et le cubage des arbres. Quand une futaie n’est pas frês-peuplée, on peut en ftûre L’estimation par le comptage, en procédant de la manière suivante. On partage le canton en plusieurs divisions principales, suivant les différences qui se trouvent dans l’etat du bois, par des lignes de séparation que l’on établit au moyen de brisées, c’est-à-dire de rameaux séchés en terre ou renversés, ou par des tracés bien appareils sur les feuilles qui recouvrent le sol. Cela luit, on considère chaque division comme formant un canton particulier, et l’on classe les arbres d’après leurs dimensions, c’est-à-dire d’après leur diamètre et leur hauteur. On forme sur un calepin un tableau contenant autant de classes que ceU est nécessaire , d’après le modèle ci-après : 1«. CLASSE. 2 e . CLASSE. 3 e . CLASSE. 4 e . CLASSE. lîmîfii 1111 III Il On fait sur chaque arbre une petite flache qui soit seulement apparente, et l’on inscrit cet arbre au tableau, dans la classe à laquelle il appartient, en faisant un petit trait; mais pour n’oublier de marquer aucun arbre, on a soin de faire toutes les marques du même côté ou au même aspect, et de recommencer toujours l’opération de ce côté. Quand on a ainsi Haché ou flâtré tous les arbres, on calcule le cube de plusieurs arbres de chaque classe, dont on prend le terme commun pour pouvoir déterminer le cube de chacune de ces classes. On multiplie ce terme commun par le nombre des arbres contenus dans la classe, et l’on additionne enfin le produit de toutes les classes , pour connaître combien il y a de bois dans la division sur laquelle on a opéré. On procède de la même manière sur les autres divisions , et l'-on fait le calcul des pieds ou mètres cubes qui se trouvent sur la totalité du canton. On réduit le produit en cordes, si le bois est destiné au chauffage, en faisant usage des données que nous avons présentées dans le 4 e - paragraphe du chapitre I er . Supposé qu’on ait trouvé sur une division les quantités ci-après : Soixante arbres de première classe, donnant chacun, ternie moyen , 5 o pieds cubes, pour bois de fente , îo piedi cubes en rondins, et six fagots; Cent huit arbres de deuxième classe, chacun estimé à 3 o pieds cubçs pour bois de fente, 5 pieds cubes pour rondins, et quatre fagots; Soixante-îdix arbres de troisième classe, chacun de 4 pieds cubes pô’né bois de fente , dé 8 pieds cubes, pour rondin?, et un fagot; Les produits seront ceux-ci : i». 65 ao pieds cubes à convertir en bois de fente; a 0 . 1700 pieds cubes en rondins; 3°. 862 fagots. Mais pour convertir ces pieds cubes en cordes, il faut avoir égard aux différentes données que nous avons exposées. Par exemple, si les arbres, essence de hêtre, sont droits et de belle fente; s’il s’agit de cordes de grand bois de 128 pieds cubes, les bûches ayant4 pieds de longueur ; enfin si l’on se propose de faire des bûches d’une grosseur telle qu’il n’en faille que quatre- vingt-six pour former la corde, il faudrait diviser les 6520 pieds cubes à convertir en bois de fente par 107 pieds cubes, solidité réelle d’une corde de bois de cette espèce , ainsi qu’on le voit dans le tableau, pane 62 : on aura alors 61 cordes. Mais dans les estimations en grand, on doit prendre le terme moyen des différentes solidités que nous avons indiquées au tableau, tant pour les bois droits que pour les bcis tors. Ce terme moyen, d’après nos indications , serait d’environ 78 pieds cubes pour lu solidité : or, 6520 pieds cubes divisés par 78 ~ 83 cordes et demie. Quant aux 1700 pieds cubes de rondins, nous avons vu que M. Hartig estimait à 67 pieds cubes-lu solidité réelle de ces bois dans une corde de 128 pieds cubes : en divisant par 67, on a a 5 cordes un tiers. Quand les bois sont de différentes essences, il faut les estimer séparément, et former un tableau qui les distingue. Par exemple, s’il y a des hêtres ec des lapins, on forme un tableau d’après le modèle suivant : HETRES. SAPINS. CLASSE. CLASSE. CLASSE. CLASSE. CLASSE. CLASSE. 11 arrive aussi, sur-tout dans les vieilles futaies de chênes, que les arbres varient tellement de grosseur, qu’il n’est pas possible d’établir de classification: dans ce cas, il n’y a d’autre moyen que d’estimer à vue d’œil ce que chacun peut donner en bois de construction, en bois.de fente , en roudius et e^i fagots. Pour cet effet, on forme le tableau suivant : BOIS BOIS DE CHAUFFAGE. ARBRES. d« côjrirrirorcoir BOIS de fente. RO\DI?fS. FAGOTS. Nombre. Rfiret ou Solive^. ou Corde*. ■ /Ît ère* ou Corde*.- Nom bj«. 1' EST RS T pf EsUmaftôn d’une-jcnupeode >Jnfate\Âi’ u/to j. .fdppdM* #ünfiie A {jHiir le comptage at üWiU' bage des arbres. • qx;. move • no? -^fêif f ’- -o" ! ' ■ ,oir phi; vqut,s'appliquer au cornue des arbres sur un lu* considérable; mais il fuüt nlgré y employer un plus grand nombre d’hommes. Le forestier choisit à cet eftet parmi ses subordonnés et f au. besoin, [>armi les bûcherons lès plus jgjipéfrÛBem/'s.eties plus habiles, trois ou quatre per- .flppijes qui aient JL’œil exercé. 11 les interroge sur le ytla^fetnehtjdes arbres,ijusqu’à ce qu’il se soit assuré ,lj^,ieur capsflitéjà eetégard. Alors il partage le canton eu plusieurs divisions , d’après les différences qui se trouvent dans l’état des bois, et il forme des lignes de séparation bien apparentes. Cela fait, il considère chaque division comme formant un canton à part, et il classe les arbres comme nous l’avons dit dans le paragraphe précédent. Pour cet effet, il place les estimateur» , munis de calepins et de crayons, suc la, limite de la division et sur une même ligne, ou il les sépare les uns des autres de dix à quinze pas,.ou à.telle distance que chacun puisse facilement, estimer et noter les arbres qui se trouvent entre' Lui et son voisin j il les avertit qu’ils doivent regarder vers l’endroit où lui-même se dirige, marcher très-lentement, rester toujours dans l’alignement , et marquer, chacun sur son tableau et à leurs classes respectives, les arbres qui se trouvent entre ! lui ef son TOisln.Teforestier'eTi chef ne fait point lui- même d’estimations; mais il fait attention à ce que les estima teurs restent toujoursen ligne droite et con- serv^nt'jeur distance. Il doit être suivi d’un bûcheron » ou garde, chargé de marquer par une légère Hache noiydonnnagealde, chaque arbre qui se trouve former la limite du rayon qu’on estime actuellement. Cette marque doit être dirigée dans une direction telle, qu’en retournant par cette ligne on puisse la voir. Après qu’on a fait Le classement exact des arbres de ce premier rayon, les estimateurs se mettent èit ligne àii-déîà dé la limite de la division , comme ils-l’ont fait de l’autre coté. Le premier estimateur reVient, en conséquence, par la ligne des arbres qu’a marqués le bûcheron, et il en fait le classsement, puisqu’ils n’ont pas été compris dans la première opération; les autres estimateurs procèdent comme ila été dît. On continue ainsi de suite jusqu’au par- f fljt classemen t Jes.arLie£aia toute la division. Alors on additionne les marques faites sur le tableau pour chaque eksste, et aün de faciliter la récapitulation , ' on separ fi les marque*.de dix en dix par fine ligrte jtcourbe, comme il est indiqué dans le premier tableau iklu paragraphe précèdent penfin on calculelejeube des forbres d’ajirès’Tes procèdes que nous avons rapportés, j Cèfté méthode d’estiûièr une futaie' par le çomp- Itage est la'plus sûre qu’on puiése employer, et elle j n’est pas aussi fatigante ni aussi longue qu’on pourrait le croire ; car trois estimateurs peuvent classer jen un jour une grande étendue de bois. Les résul- jtats sont aussi exacts que possible, sur-tout si le jforestier, avant le comptage de chaque rayon , s’as- usure de nouveau que les estimateurs savent bien •faire leur classement. Tome II. 65 - S’il ménie division plusietirs a*pètBS çhsrobois ^pj^r exemple- des thê'rtes?'tit 5 'dè§ hêtres, et qu’il soit difficile aux'tfstînltfteursde cl&sser c h a ou ee s j > è c c ep yq:, ( S eq 1 efoj s, .Ufaut, dansce cas, parcoiirir la de fois qu’il ya d’es- Sêncés‘il clàéser. On commeiicera, par exemple, par classer tous les hêtres, çt. ensuite ou formera d’autres tableaux èt on prqçe4èra au classement des chênes. Si cètfé maniéré d’opéper demande un peu plus de témjifc', elle est aussi d’un résultat bien plus exact, ens d’essais sur chaque division, et pour calculer e bois contenu dans chacun de ces arpens; ce temps, disons-nous, sera plus considérable que celui qu’il aurait mis à estimer tout le' canton. Ce cas, du moins, arrivera toujours pour les petits cantons; mais à l’égard des grande, on doit-eonsidérer que le comptage , bien qu’il exige quelques heures de plus, donnB des résultats bien plus exacts. En résumé} l’estimation au moyen d’arpens d’essais ne doit.être .employée que dans les coupes de futaie 1 d’«me 3gMinde ét sndue et d’une composition de bois biairJmiifarmej etncopinae noué: le dirons plus loin, pour les bois qui ne doivent pas être abattus actuellement-, et pont lés taillis oivfe comptage exigerait trop de temps et de frais. Dans tout autre cas, on doit préférer le comptage des arbres,! et nous répéterons encore que.cètté méthode sera de< fait plus'prompte ef plus sûre que celle des arpens* d’essais, dans un canton où la composition de bois tarie beaucoup. 6 7 $ 4- —>■ l’estimabon d’un canton de hautefytaiei non exploitable, au moyen d’arpens d’essais. * fl rj-j ' Quand il s’agit d’estimer un canton de futaie qui n’ast pas encore arrivé à I’àge d’être exploité, et qui contient un grand nombre de brins et de perches qu’il serait trop long de compter, on fait usage, dans ce cas, de la méthode des arpens d’essais, et l’on observe aussi exactement que les circonstances le permettent, les règles que nous avons données précédemment pour l’exécution de cette méthode. Quand la composition de bois est très-uniforme , l’estimation par arpent d’essai dans laquelle on a soin, comme lorsqu’il s’agit d’une coupe à exploiter, de classer tous les brins et d’en calculer la contenance cubique, donne un résultat très-certain , surtout si on fait abattre plusieurs brins de chaque classe, pour les mesurer étant abattus. Mais quand l’état du bois n’est pas uniforme par-tout, et lorsqu’il s’y trouve un grand nombre de places vides, grandes et petites, il faut en calculer l’étendue et la soustraire de la contenance du canton, pour avoir l’étendue réelle du bois à estimer (1). On emploie dans ce cas plusieurs estimateurs, comme dans l’opération du comptage des arbres, et après les avoir disposés en ordre de la même manière, on les avertit qu’ils doivent marcher lentement et estimer en verges carrées ou en ares, selon les mesures qu’on emploie, tous les vides qu’ils rencontreront. Après cela, on examine la proportion à établir entre les divisions de tout le canton, qui doivent comprendre le bon , le médiocre et le mauvais, et c’est d’après cette proportion que l’on détermine l’étendue relative des espaces ou arpens d’essais à estimer rigoureusement dans chaque division. De cette manière on obtient des résultats aussi exacts qu’il est possible. Supposons que le bois à estimer contienne j 00 arpens , et que par la soustraction des vides cette contenance soit réduite à 90 arpens. Supposons de plus, qu’après examen attentif de l’état du bois, on puisse évaluer qu’il y a 4° arpens de bon, 20 arpens de médiocre, et 3o arpens de mauvais. On peut alors procéder de deux manières, soit en faisant quelques estimations dans chacune des parties bonne, médiocre et mauvaise, et en calculant, d’après ces estimations partielles , la quantité de bois existant sur chaque partie semblable; soit en cherchant le terme moyen par des arpens d’essais, pour évaluer tonte la surface. Par exemple, on a trouvé, pour la partie bonne, 20 cordes par arpent; pour la partie moyenne, 16 cordes; et pour la partie mauvaise, .12 cordes. On aura, dans ce premier cas, les résultats suivans^ 4o arpens à 20 cordes = 800 cordes. 30 id. à 16 id. zz 320 id. 3o id. à i2 id. — 36 o ' id. - —, i—-—- il 90 arpens donnent 1480 cordes. (a') Le forestier qui connaît un peu de géométrie, appréciera facilement cette étendue des vides A la simple inspection. Mais , dansie ous contraire , il doit chercher à se procurer un coup d’œil juste dans l’appréciation des espaces 9 * EST 68 Mai9 si l’on veut estimer les 90 '-arpens pi» 1 -le terne moyen d’arpens d’essai, ces'90 arpensidonneront, d’après la règle que nous'avons établie dans le paragraphe précédent, les résultats qui suivent : - ni r t°. J d’arpent de bon ri:'20 ctrfdeé. i°. I id. de médiocre — 8 id.. ''' ' 3 °. ' ~ id. de mauvais — g id. Total . ..j, , .3.7 cordés., O11 divise ces ?rj cordes par 9,, nombre qui exprime la quantité de bois contenue dans ,un quart d’arpent d’essai (1) ; le quotient donne 4 cordes i/9 e . pour terne moyen de chaque quart d’arpent, ou 16 cordes 4/gei. pour terme moyen de tout un arpent d’essai. En multipliant ce dernier terme moyen , 16 4/9 es - ; par les 90 arpens qui forment la contenance totale du canton de bois à estimer, on a 1480 cordes, de mène que dans le premier cas. Quant aux arbres )que l’on trouve dans les bois à estiner, t on en- fait le comptage et l’estimation comme noms l’avons, dit dans les i e *. et 2«. paraphes. Si l’on a l’attention, dans les estimations que l’on fait * d’examiner les diverses circonstances qui se rencontrent, de les apprécier et de les distinguer, pour opérer séparément suivant les données qu’elles fournissent, on parviendra à réduire les cas les plus compliqués à des expressions simples et faciles. § 5 . — De l’estimation d’un taillis qu’on veut couper. r On suit, pour l’estimation d’une coupe de taillis, toutes les règles que nous avons indiquées dans le paragraphe précédent. On emploie donc la méthode des arpens d’essais sans se laisser effrayer par le grand nombre des brins à estimer.- Le forestier qui a fais cette opération plusieurs fois n’a pas besoin de beaucoup de temps pour compter les perches existant sur un arpent de taillis; et si le temps ne le permet pas^ on se borne à estimer un quart, et même au besoin un huitième d’arpent. Ainsi on. forme, comme dans le $ » er ., quatre ou cinq classes de tous les brins du taillis d’après leur grosieur et leur hauteur. On mesure plusieurs brins de chaque classe; on additionne le nombre des pouces ou des centimètres que donnent les différentes grosieursIeShauteurs, puis on prend le terme moyen de clacune dé c.és: dimensions. Exemple On a mesuré cinq brins; Le i et . a 9 pouces de circonférence, Le 2®. , 12 ,x id. Le 3 *., 8 i id. Le ' 4 *- s 11 i Id- - Le fid^Nd.' ' 3tt9: t ?9l j ' ?T » eb a - Total ,, l1ircL 53 pqu£es de circonférence-, qui, diyisi^p^j. rm . io. \ pouces, formant le terme ■ j ' i : ' I ) muVà'W u cvo ]" ■ 1 — » . ' . ■ ' — rgvlui^ moyen rtl’utrquartid’arpçnt. ssvc EST moyen de la grosseur des brins de La première plassebais • . . Le 1 cr . 0*1 5 pieds Je hauteur , 1 Ut | -u 1 ‘ -1 ’ ItU Le 2 e . ,20 Le 3 eî ., 1 5 Lè‘ 4 <,“ >8 " Le 5 & . , 22 id. id. id. Total.... 90 pieds de hauteur, qui, divisés par. . . 5 18, terme moyen de là hauteur de chaque brin. 10 . Connaissant la grosseur et la hauteur moyennes des brins de chaque classe , on calcule d’aptfs lç,ur nombre ce qu’ils donneront en cordes, ,çt,qn pgècq, comme il a été dit dans le paragraphe précédent, pour avoirlo nombre de cordes.-de la totalit^de la coupe. . Quant au sous-bqis qui se trouve entre les perches de taillis, on l’estime à vue d'œil, ou biep^ lorsque cela peut se faire, on le fait couper et façonner en fagots sur une perche carrée, pour avoir une base d’estimation dp toute la coupe. Cette méthode peut encore s’appliquer à.un.canton composé de broussailles ; mais lorsqu’on ne peut faire de coupes par forme d’essai, on estime à vue d’œil ce que peut produire une verge carrée, et.l’on évalue le produit de toute, l’étendue d’après celte donnée. , s ,,. , Les arbres qui se trouvent sur les taiiUh s’estiment particulièrement jrar.lç comptage etparle clas* sement, ainsi que «pus l’avons expliqué dans les i ‘ et 2. nu'l , §6. — Observations générales sur les estimations■ Telles sont les instructions que nous avons ex- traitexen très-grande partie de l’buvragede M. üar- tig. Cet au tourne les considère que comme devant servir aux simples gardes, et,- à l’égard des officiers supérieurs qui ont besoindeconnaitre pluaea grand l?urt compliqué des estimations, il les renvoie aux ouvrages plus développés qui en contiennent les principes. ÎHous avons indiqué ces principes, ainsi que les instructions administratives qui les concernent, aux mots Aménagement et Cantonnement. ; ces mots. Bans les estimations dont nous venons vie parler, nous avons, on général, considéré les huiscotnine principalement destinés au chauffage; mais la valeur des coupes s’augmente considérablement par la destination dea arbres pour les artis et foa> constructions. ,nu 3. '-itéra "V oici, è eei-égaitd, quelques observations extraites du ^Traité ded exploitations, par DuhameLe nu il- Jjorsqu’il s’agi.t -d’une futaie , celui, quiipn,fait la visite distingue,les,arbres en trois dansés beaux, médiocres et-faibles. Dans la classeIdeiccsidenuesi, ü comprendil.eà arbres défectueux 4 ceux deodesseus etiiles ;rafatot;} ensuite ilj examine! engcoailJuâagfc qu’on pourra faire des arbres de vhactvne - do ues classas ; il fait l’estimation de ehaqué.espèce .dhrrhiB, n’ayant-égard qu’ap tronc et aux principales bran - chqs*: çt estimant en gros combiemla -xame- poat fourni/ 4 e. çprdes. Bans Les futaies , , Les jagûfe ne sont point un objet, on peut seulement.les negarder EST EST (romme une indemnité de taux frais. Après cette eva- iluation faite, et le prix de chaque arbre ainsi fixé (suivant les différentes classes, il multipliq le prix îpar le nombre des arbres sur le total; il défalque lies frais d’exploitation, qui montent quelquefois au tiers, d’autres fois à la moitié du prix du bois. Par (ce moyen, il a assez précisément la valeur de cha- ( que arpent, et de même l’estimation totale du bou- iq'uet de futaie, en multipliant le nombre d’arpens ' et leur prix. Quand il s’agit de choisir et marquer des bois pour des ouvrages importans, tels qu’écluses, grandes charpentes , et polir la marine, on ne peut les examiner avec trop d’attention; on doit remarquer la nature, la situation et l’exposition du terrain , pour juger si le.boîs sera fort ou tendre, essayer de découvrir si ées bois n’ont pas quelques défauts intérieurs; sur-tout examiner leur âge, pour juger s’ils ne sont point en retour, qui est le défaut te plus essentiel, etqnéTon ne peut souvent que soupçonner lorsque les arbres sont encore sur pied ou nouvellement abattus,' mais qui se manifestera tôt on tard dans quelques parties de l’arbre, qiii; étantsur le retour, a sûrement un commencement de pourriture dans le cœur. Mais dans le doute, il est plus sage de ne conclure définitivement le marché que quand les arbres sont abattus et en partie débités. La grande habitude de visiter les forêts met, à la vérité,en étatde juger assez bien par le simple coup- d’œil; néanmoins, l’ignorance et le peu d’attention dans les exploitations, sur-tout pour la marine, font abattre et conduire aux ports des bois inutiles, au lieu qu’un travail plus précis qu’un simple coup- d’œil, une mesure prise avec quelques inslrumens peu embarrassans et expéditifs, feraient connaître à très-peu près la longueur des pièces et leur équarrissage avant que les arbres soient abattus. Par ce moyen, on se déterminerait plus précisément sur l’usage qu’on pourrait en faire; on rendrait les fournitures plus exactes, la destination des pièces plus précise, et l’approvisionnement des ports plus assuré; on serait, outre cela, plus en état de faire une juste estimation d'une futaie : le propriétaire et l’acheteur y trouveraient également leur avantage; la hauteur, la grosseur, la tournure et la figure du tronc et des branches devant être autant considérées que le nombre des arbres, pour pouvoir décider de l’enqdoi qu’on en peut faire. On a coutume de prendre la hauteur des arbres avec une planchette taillée en équerre rectangle, et de deux côtés égaux, ayant une rainure à l’un de ses' côtés, dans laquelle passe un -fil garni d’un plomb par un bout, montée', parle moyend’une douille, sur un piquet ferré, qu’on enfonce en têrre. On se sert aussi d’une règle de/jmèt., que l’on applique sur le'trOne de l’arbreet l’rin apprécie tomDieu de toie cette mesure peu té trecbn tortue dans la hauteur de l’arbre; méthodeisirapîe; expéditive; et suffisamment exacte pour peu que l’on -s’^ sort'exercé; mais pour plus de précision ,on petit teé servir de baguettes de 3 pieds de longuewrq-qui s’era boitent t\ vis les un&s au bout des autres, et*dont on ajuste ainsi le nombre convenable pont- atteindre aux branches qui terminent le tronc. t On prend la -grosseur -«vec une chaîne légèretét jfiexible, r teihaut. Les arbres fort branchus sont 1 sujets à- ceidéfolit. Néanmoins, quand les arbres sont dçrbpnpeqaiftlitéjXiapeut, suivant leurs dimensions, oie faire,de* piiue« tournans de moulin, des mèches de cabestan J ou les. couper par tronçons, et les car- tefôbttoqr ou tirerdes ouvrages de fente, etc. S'il est nécessaire.de savoir à quel usage un arbre. ]>ei4t-&FrB: employé» eu égard à. sa grosseur et àt sa figure, et de connaître certains défauts aisésàaper- ç£>i les frais pour l’abatage , la tàeon -de la corde, l’équarrissage ou toqs autres ouvrages ; 5 °. ce qu’on donne au garde-vente, les vovages qu’il faut faire à la-vente; 6«. la facilité du débit! des marchandises; car si c’est dans us pays où -les : bois sont rares, les fagots,les bourrées, lésramilles, les copeaux, les souches et autres menus b(iis peuvent rembourser.une partie des faux frais. On estime aussi le prix des travaux mis à la charge de.jl’adjudica- taire, et enfin Je bénéfice qu’il doit faire, -et qm’ou évalue ordinairement au dixième delà valeurdscfibis*- ESTOC , mot qui parait. pfovenir.d'eJ.’^U.aa^qid stock , tronc d’arbre , et'dont les Italiens font -fait stacco. En terme d’eaux et'iaiêts, c’est un ’tiènc, d’arbre , ou . plu tût la souche d’un arbre." On dit couper un arbre à blanc estoc , pour dire le'coupér à fleur de terre. On dit aussi Jhire une coupe à blanc estoc, pour dire couper tous les arbres et brins d’une portion de forêt sans en laisser aucun. 11 est expressément enjoint aux adjudicataires, de faire couper, recéper et ravaler, le ptus près 3 e terre possible, toutes les- souches on estocs de bois pillfs et rabougris,.qui sont daiigles ventes, ëf «ux àgejis d’y tenir la mainya : péùnfe de suâpension. 'jf Àrt./pô^ du titt XV de tora. de 1^69, confirmé j-ax arrèq du conseil, du 29 juillet j749? qui , au^sûrpîqs, défend expressément de les' nrracher -sotis. quelque prétexte que ’eè soit. 1 3 91; 1 Maison permet souvent 3 ^rt'aCfiét , "léy vieilles- souehès»: et-ii?est-Hneopératibirqtii produit 3 e"bons effets —. 0. E' ■s-pouT-le-'Tepeüpfénsenr. TA&LISSBME 3 JS -PL B -PUBLICS. On appel! e ainsi les hospices ÿ les maisons rééducation et-dé chanté, les fabriques , églises- ^chapitres, et généralement tous les établIssemeftSMDU corporations'aurorisés où maintenus par le gouvernement pour l’utîîiîé publique. ETA, Les bois appartenant à œs-étaljUss^jpens sontspu- mis au régime "forestier j et adù? boHçoâi mup^ux, (Doldu.3q4eptembf^Ÿ9 l , ar?. 5 a et }/É ,X1U, tirt r _ i — Armdugou*. d\yi . ■ nu ai U’- ■ : e:ÉTAMBDTï 4 2 *. de star. ) Piéée de bois; droite en iforte quhjléleyéeà l’extrémitédelarjuilled’ùn vàis- jseau, termine l’arrière de saicarèrie et soq peint diamétral. If étantbatrSSTt «eol d’appui à Parcusse Entière pendant la icctauheucement de la construction d’ua bâtiment; qhà laj r»er, il sert de support au gouvernail,, à L’aide i dé, pen tu ras fixées sur l’un et sur l’autre, léétamhot est divisé par mètres et parties décimales du mètre, pour connaîtra les divers en— foncemens du vaisseau, ou combien le navire tire dé mètres d’eau : c’est ce qu’on appelle ordinairement le tirant d’eau de l’arrière. V. à l 'Atlas. ' ÉTAMINE, t. de bot., qui vient du latinstamen, fil, filet, filament. L’étamine est l’organe sexuel mâle des végétaux. Chacun de certains filamens , terminé comme par une petite tête le plus souvent jaune, qu’on observe dans une fleur, est une étamine.. Le filament retient le nom d e filet, et la petite tête, porte celui d’arc- thère. Le filet peut manquer : alors l’anthère sessile constitue Vitamine, qui n’est pas moins complète, parce que l’essence de celle-ci réside dans cette espèce de poussière qu’on appelle pollen. V. çe mot, et les articles Botanique , 3 e . section, et Physiologie végét., 6 e . section. ÉTANG. V. ce mot dans le Dictionnaire de la pêche. ÉTANT. Ce mot se dit du bois qui est sur pied ( bois en étant ). L’art. XXV du tit. 17 de l’ord. de 1669, fait défenses aux garde-marteaux de marquer, et aux officiers de vendre aucun bois en étant , sous prétexte qu’ils auraient été fourchés ou ébranchés par la chute des chablis , etc. V. Chablis. L’art. 33 du tit. XXVII fait défenses de délivrer aucun bois vert ou sec en étant, etc. ÉTAT, du latin status , disposition dans laquelle se trouve une personne,,une chose, une affaire. ( Administration. ) Etat signifie encore mémoira succinct, liste, registre, tableau. Les administrateurs se font fournir, par leurs préposés , des états des opérations de ces préposés, et des résultats desdites opérations. C’est par la réunion de ces états que le gouvernement connaît l’ensemble de la situation des différens services. V,, à V Atlas, les modèles d’actes et états que les préposés doivent rédiger et fournir pour le service des forêts; V. aussi à la Table du Recueil, verbo Etat, l’ Indication de ces états. ETE , du latin œstas, formé d 'restas, chaleur. C’est une des quatre saisons de l’année , qui commence du 2x au 22 juin, c’est-à-dire lorsque la distance méridienne du -soleil au zénith est la plus petite, et qui finit lorsque sa distance est-précisémen t entre la. plus grande et la plus petité.u ■ nUsï Pour les travaux forestiers à exécuter pendant cette.saison,.V. Calendrier forestier. ; a< ÉTENDAB.D..{ Bot. ^ Se dit du pétale supérieur des, fleura papilionacées. - ÉTERPJB. Sorte de -pioche à fer large et acéré, avec laquéllaon. coupe, entre deux terres, le9bruyères, les sjdncsy les genêts, les bugranes, lés épines, 7 * LTÉ lus ronces, etc., dans les champs qu’on se propose de labourer. ÉTÈTEll. C’est retrancher la tête Ûu toutes les branches qui forment la tête d’un arbre , d’un jeune plant. Cette opération diffère de l’élagage eh ce que, dans cette dernière opération, on ne coupe que les branches inférieures et latérales. On a beaucoup blâmé la méthode d’étêter les plants d’arbres forestiers que l’on tire des pépinières, pour les transplanter. Il est certain que quand ils sont jeunes ,-et qu’on peut les planter de suite avec leurs racines encore fraîches et leur chevelu, on ne doit pas les étêter. Il ne faut pas non plus étêter les plants de bois blancs destinés à la transplantation, comme les saules, les peupliers, les érables, les platanes, le marronnier d’Inde. Mais quand un plant d’orme, par exemple, présente une tige élevée et grêle , ou qu’il a de six à huit ans , on est dans l’usage de l’élêter avant de le planter, parce qu’étant obligé de lui retrancher des racines , on doit aussi lui retrancher des branches pour maintenir un certain équilibre entre ces deux parties, et empêcher qu’il ne se fasse une trop grande évaporation de sève par les feuilles. Les plants qui viennent de loin sont ordinairement étêtés, pour la commodité du transport ; s’ils 11e le sont pas, et que le chevelu et les racines soient un peu desséchés, il faut alors leur retrancher la tête et rafraîchir leurs racines; c’est-à-dire en couper le bout et toutes les parties desséchées. Relativement aux petits plants que l’on emploie pour former des taillis , nous observerons que l’on ne remarque pas une grande différence entre ceux que l’on étête et ceux que l’on plante avec tous leurs rameaux ( V. Bouleaux ■. Cependant l’usage le plus général est de les étêter. Lorsqu’on a étêté un plant destiné à former une. tige droite dans une plantation isolée, le moyen de rétablir un jet principal est de retrancher, après la deuxièmeannéedereplantation, l’extrémité desbranches qu’on destine à être supprimées définitivement, et pour faire prendre une direction perpendiculaire à la branche principale, de la lier à la tige ou à l’une des branches élaguées. Lorsque le maître-brin, redressé, a pris assez de force pour pouvoir se soutenir lui-même, on coupe obliquement le bout de l’ancienne tige ou chicot , on retranche toutes les branches dont le bout avait déjà été élagué, et quand les plaies sont fermées , l’arbre diffère peu de ceux qu’on aurait plantés avec leurs rameaux monlans. La plupart des arbres ne portant leurs fleurs que sur les rameaux , on prive de fleurs et de fruits ceux que l’on étête ; on les réduit à ne produire que des rejets par les endroits entamés. Le saule, le marée au, le peuplier, l'orme, le marronnier d’Inde , se prêtent bien à l’étêtement, et fournissent ainsi des bois abondamment ( V. Têtards ) ; mais les arbres étêtés fréquemment contractent des maladies intérieures, qui sont l’effet du retranchement subit de tant de branches ; et l’on a d’ailleurs observé qu’un arbre étêté pousse moins en racines, lesquelles s’allongent toujours en proportion de l’étendue des branches. On doit sur-tout se garder d’étêtèr les pins et sa- LTR pins, parce que toute amputation leur est funeste, et que leur élévation se faisant par le jet principal, il est rare qu’ils forment une belle tige quand ce jet a été rbmpu ou retranché. Les réglemens forestiers prononcent l’amende au pied le tour contre ceux qui ont étêté des arbres en délit dans les forêts. V. Déshonorer. ETIOLE. On appelle branche ou tige étiolée celle ui s’élève à une hauteur extraordinaire sans pren- re de couleur ni de grosseur. Lorsque les arbres sont trop près les uns des autres, ils s’étiolent. ÉTIOLEMENT. ( T. de bot.) L’étiolement est une maladie des plantes; c’est un état de maigreur qui les fait communément périr avant qu’elles aient pu donner des fruits ; la privation de la lumière, de l’air, ce véhicule si nécessaire, en est ordinairement la cause. C’est pourquoi les plantes semées trop dru, c’est-à-dire trop voisines les unes des autres , et celles qu’on fait croîire dans des caves ou autre lieu obscur, s’étiolent. V. Physiologievését., 8 e . section. ETIQUETTES. Les réglemens de i 58 y, art. 12, t 3 novembre 1697, art. 16, et 4 septembre 1601 , art. 36 , rapportés par Saint-Yon , p. 1107, veulent que les adjudicataires de coupes de bois tiennent un registre des billets et étiquettes par eux délivras aux personnes qui exposent des bois en vente dans les villes et villages voisins des forêts. LTOC. V. Estoc. ETOFFES. V'. Rouelles. ÉTOILÉ (BOIS). On appelle étoilés ou quadrants au cœur les bois où il se trouve une fente, et quelquefois plusieurs, qui se croisent sous différens angles, et qui^ouvreut le cœur des arbres; ce qui les rend défectueux, etannoneeque ces arbres étaient en retour quand on les a abattus. ETRANGERS. Quelles sont les règles à suivre à l’égard des étrangers qui commettent des délits en France, et vice versa, d l’égard des Français qui en commettent en pays étranger? Comment doivent être administrés les bois appartenant à des étrangers, qui sont situés sur le territoire français ? i°. L’étranger qui s’est rendu coupable d’un délit forestier, ou d’une contravention aux lois de police, peut bien être traduit devant les tribunaux français; mais les condamnations prononcées contre lui ne sont exécutoires que sur les biens qu’il possède en France, ou contre sa personne, s’il est trouvé sur le territoire, et que la condamnation entraîne la contrainte par corps. Hors ces deux cas , il n’v a aucun recours à exercer contre lui ; et toute réclamation auprès de l’autorité étrangère pour obtenir la mise à exécution des jugemens rendus en France , est illégale et déplacée lorsqu’elle n’est pas fondée sur quelque disposition formelle des traités, et autorisée par le gouvernement. Mais on doit employer les mesures de surveillance et de police intérieures, pour prévenir de nouvelles dévastations et en 6aisir les auteurs ; en prescrivant aux gardes, conjointement avec la gendarmerie , les perquisitions et arrestations nécessaires ; en faisant poursuivie exactement les procès-verbaux dressés contre les délinquans; et enfin en s’adressaptà M. le préfet du tlépa rte ment pour concerter avec ce magistrat les mesures d’ad- r EVE nùnistrdtion ultérieures, propres 4 uçrè^erlps. dé- yibstations.' ' ' , y!11 ‘' Des Français qûi auraient .commet eq j>o,ys.etrangers des délits qui, suivant les fois françajse^ ,(nYh- traineraiént point des yeines afflictives et inlU- mantés, ne pourraient eire poursuivis es Frante pour raison de ces délits, que par voie civile, à fin de réparations ou dommages-intérêts, à moins que le^ délinquans n’eussent été saisis en flagrant délit, et arrêtés sur le territoire étranger, auquel cas ils pourraient ètjre jpgés par les tribunaux étrangers et punis des peines établies par les lois de ce pays; mais une fois rentrés en France., on ne peut que les traduire devant les tribunaux français, ou intenter une action civile en réparation et dommages-intérêts. Néanmoins, MM. les préfets, sur la plainte qui leur est portée d’un délit, peuvent ordonner les mesures convenables pour faciliter aux propriétaires des forêts situées en France, et à leurs agens, les perquisitions dès bois 'coupés en délit, et la reconnaissance de leur idenlité.dans les maisons des dé- linquans français, lorsque ces perquisitions sont requises par les'plaîgnans. A l’égard de l’administration des bois possédés en France par des étrangers, V. au Recueil, les Dccis. du min. des fin., des 18 novembre 1818 et 1 5 juin 1819. ÉTRAVE. (Ÿ 1 . de mar.) Pièce courbe, ou suite de pièces courbes, qui s’élève dans un vaisseau de glie-rre.sans s’écarter de son plan diamétral, qu'elle termine, depuis l’extrémité de la quille avec laquelle elle fait corps et se lie par le brion , jnsqu’au- desslis du second pont, pour venir présenter s::r L’épaisseur de sa tête un appui ou un repos au mit incliné de beaupré, L 'étrave est la basé et l’appui de toute l’œuvre de cette partie du vaisseau; son contour arrorfdi et élevé donne, une saillie considérable à l’avant des vaisseaux, et cette saillie est ce qu’on nomme, enconstruclion, V élancement de l’étrave. Tes pièces qui composent l'étrave, quoique établies à la suite des autres, sont cependant unies ensemble pa; leurs extrémités, appliquées l’une sur l’autre, ou par des écarts semblables à ceux des pièces de la quille. L 'étrave d’un vaisseau porte, comme l’étam- bot, sur la hauteur de ses faces latérales, des points de division qui forment une échelle de mètres et de décimètres, pour servir à indiquer, eu tout temps et tout état de flottaison, la profondeur à laqi/tdie est l’extrémité' de la quille au-dessous du niveau de l’eau, c’est-à-dire pour marquer le tirant d’eau du vaisseau à l’avant. V . à Y Atlas. ETRONÇOMNEll. Les jardiniers emploient ce mot pour dire couper entièrement la tète d’un arbre et ne-lui laisser que le tronc. Cette, opération a Keu pour greffer en poupée, ou quand la plupart des brandies de la tête dépérissant , on veut le rajeunir en lui faisant pousser dè nouvelles branches. Cela se pratique” à l’égard des ormfes, des noyers, des châtaigniers , des pêchers, des abricotiers et des autres arbres à fruits. EVEUX. Un terrain éveux est celui qui retient l’eau , et qui devient comme de la boue quand il en est pénétré. Tome II. EXC j5 ÉVOCATION. Ce mot vient du latin evocatio, jfo^ng dq.la.paiftjüuje extractive jy hor*, et de xo- Cfire., appeler j.appeler dehors, faire sortir. Evoquer, c’est tirer unç affaire d’une, juridiction qui en est saisie, jypur la porter en une autre : elle n’avait pas lied en'malière d’eaux et forêts, i _ KXA ÇHPN. Ce mot vient du latin exactio, dérivé à'exigere , formé de la particule extractive ex, de, hors, et d eagere, pousser dehors. C’est l’action de demander, d’exiger plus qu’il n’est dû. En terme de pratique, c’est la prévarication d’un officier public qui exige des émolumens au-delà de ce qui lui est dû. V. Concussion. EXAMEN inquisitio, investigatio. C’est une recherche exacte. On appelle aussi examen les questions que l’on fait à quelqu’un pour s’assurer de sa capacité, eruditionis aliéna;periclitatio. L’ordonnance de 1669, tit. X, art. 2 , voulait que nul ne fût reçu dans les offices de judicature des eaux et forêts, sans avoir subi un examen et répondu d’une manière satisfaisante sur les dispositions de cette ordonnance. L’art. 2 de l’ordonnance de juillet l’djG exigeait de plus que les officiers supérieurs connussent les coutumes des pays où ils exerçaient. A l’égard dessergens et autres officiers inférieurs, ils devaient connaître les articles de l’ordonnance de 1669 relatifs à leurs fonctions, et savoir lire et écrire. La loi du 29 septembre 1791 , tit. III, exige pareillement que l’Administration s’assure de la capacité des gardes. Ainsi, sous le régime des maîtrises, on n’exigeait des officiers supérieurs que des connaissances bornées aux dispositions de l'ordonnance des eaux et forêts et aux coutumes locales; et des gardes , que la connaissance des dispositions réglementaires concernant leurs fonctions. Du reste, on ne demandait aux uns ni aux autres aucune connaissance de l.i manutention des bois. Avant l’ordonnance du 26 août 1824, on exigeait encore moins; et lorsque, pour exercer les professions les plus simples de la société, on reconnaissait la nécessité d’un apprentissage , aucune condition de capacité n’était mise à l’obtention des emplois forestiers. Mais aujourd’hui, qu’on a déterminé d’une manière claire et positive las connaissances exigibles dans les différens étages de l’Administration forestière, et qu’une institution spéciale est établie pour l’enseignement de ces connaissances, l’examen des candidats ne sera plus une formalité illusoire. V. Ecoles forestières. EXCEPTION. ( T. de pratiq. ) On donne ce nom aux moyens, aux fins de nou-recevoir et aux autres défenses qu’on oppose à une demande. O11 distingue , en général , trois sortes d’exceptions : les déclinatoires, les dilatoires et les péremptoires. Les exceptions déclinatoires sont celles qui tendent à faire renvoyer la contestation à un tribunal différent de celui devant lequel on est traduit. V. Déclinatoire. Les exceptions dilatoires sont celles qui, sans exclure l’action , tendent à en différer la poursuite. ÎO EXC EXC 74 Les exceptions péremptoires sont de deux sortes : les unes tendent à établir que l’action a été mal intentée; mais elles ne la détruisent pas : telles sont, par exemple , les exceptions fondées sur la nullité de l’exploit. Elles doivent être proposées pour être jugées avant le fond. Les autres sont tous les moyens que le défendeur peut opposer contre le fond de la demande , parce que le demandeur est sans titre valable. Lorsque les exceptions péremptoires de la première espèce sont mal (ondées, le juge peut passer outre à l’instruction et au jugement du fond , sauf à ajouter, dans le prononcé du jugement définitif, sans avoir égard à telle ou telle exception. A l’égard des exceptions péremptoires de la seconde classe, elles peuvent être proposées en tout état de cause. Il y a des exceptions que les juges doivent suppléer d’office lorsqu’elles ont été omises par les parties. V., au Recueil , l’cirr. de la C. de cass., du 26 février 1807, dans l’affaire de Darbois et Henri. L’article 12 du titre 9 de la loi du 29 septembre J791 , sur l’administration forestière , porte que si, dans une instance en réparation de délit, il s’élève une question incidente de propriété , la partie qui en excipera, sera tenue d’appeler le procureur général syndic du département (aujourd’hui le préfet) , et de lui fournir copie de ses pièces dans la huitaine du jour où elle aura proposé son exception, d défaut de quoi il sera passé outre au jugement du délit. D’après cet article , lorsqu’un prévenu de délit forestier oppose , par exception à la plainte portée contre lui, un droit de propriété , le tribunal doit lui accorder un délai suffisant pour faire statuer par le tribunal compétent sur le droit de propriété , et faute par le prévenu d’avoir, dans le délai fixé , justifié de ses diligences à cet égard, le tribunal correctionnel doit prononcer sur le délit, la question de propriété demeurant réservée. Mais dès que le fait est déjà un délit aux yeux de la loi, il 11’y a pas de motif de surseoir à la prononciation. Par exemple , si un individu a défriché un bois, s’il y a fait paitre des moutons, brebis et chèvres ; si, se fondant sur sa qualité d’usager , il a coupé sans délivrance et martelage préalables, ou conduit des bestiaux pâturer dans des cantons non déclarés défensables ; enfin s’il n’oppose pas un droit personnel de propriété , qu’il excipe ou qu’il n’excipe pas de la propriété, c’est toujours un délit, et le tribunal, sans égard à son exception, doit le condamner comme délinquant. Les exceptions de propriété , de droits ou obligations qui s’élèvent dans les instances en réparation de délits, ont donné lieu à un grand nombre de décisions qu’il importe de faire connaître. § 1. —Des cas où il y a lieu de renvoyer les exceptions aux tribunaux civils ou à l’autorité administrative. I. TJn tribunal de police correctionnelle devant lequel un prévenu de délit forestier prétend être propriétaire de la partie de bois où l’acte qui lui est reproché aurait eu lieu , ne peut ordonner des vérifications de limites , des preuves relatives au droit de propriété î il doit renvoyer au tribunal civil pour juger la question de propriété. ( Arr. delà C. de cass., des 25 brumaire an 7 — 1 5 iiovenibre 1798 ; 2 brumaire an 12 —4 novembre 1 8 o 3 ; 3 août et 2 octobre 1807. ) IL Lorsque des habitans d’une commune poursuivis pour raison de pâturage dans le bois d’un particulier, prétendent qu’ils sont en possession de faire paître leurs bestiaux dans ce bois d’après un acte d’échange , le tribunal excède sa compétence , si, prononçant sur le mérite de l’acte d’échange , il déboute les habitans de leurs exceptions déclina*» toires , et les condamne à l’amende et à des dommages et intérêts. ( Arr. de la C. de cass., du 29 vendémiaire an c) — 21 octobre 1800. ) Il en est de même lorsque les prévenue d’un semblable délit excipent d’une possession immémoriale. ( Arr. de la C. de cass. , du 26 -ventôse an 9 — 17 mars 1801. ) III. Lorscpie l’exception porte sur les droits et obligations des parties résultant d’un contrat, l’interprétation de ce contrat doit être renvoyée au tribunal civil. Ce principe s’applique à l’adjudication d’une superficie de bois qui doit s’exploiter en plusieurs années. {Arr. de la V. de cass., du 2 messidor an 1 3 — 21 juin i 8 o 5 . ) IV. Si un maire poursuivi pour contravention aux lois forestières prétend qu’il n’a fait qu’user d’un droit qui lui a été conféré par une délibération du conseil municipal, le tribunal correctionnel 11’est point compétent pour interpréter cette délibération, qui doit être renvoyée à l’examen de l’autorité administrative. ( Arr. de la C. de cass., du 8 frimaire an 1 4 — 29 novembre i 8 o 5 . ) V. Il y a pareillement lieu de renvoyer à la même autorité l’interprétation d’une délibération dont exciperait un prévenu de malversations dans un bois communal. {Arr. de la C. de cass., du j nivôse an 14 • ) VI. Lorsqu’un tribunal, ou une cour, a renvoyé une exception de propriété devant l’autorité administrative , ce tribunal, ou cette cour, doit attendre la décision sur la question du fond , et si la décision est attaquée , l’arrêt de l’autorité supérieure. ( Arr. du 23 mai 1806 , sur une matière de pêche. ) VIL Sid ans un bois affermé par l’état, le fermier qui aurait abattu des arbres de construction prétend que l’état ne se les est pas réservés , tandis que le contraire serait soutenu par l’Administration forestière et par le ministère public , il s’élève alors une question préjudicielle sur le droit de propriété, qui est exclusivement de la compétence des tribunaux civils. ( Arr. de la C. de cass., du 10 avril 1807. ) VIII. 11 y a lieu de renvoyer à l’autorité administrative l’interprétation à donner à l’acte qu’elle a passé pour l’aliénation d’un domaine, lorsque l’acquéreur prétend que le pâturage dans une forêt réservée a fait partie de son acquisition. ( Arr. de la C. de cass., du 16 juin 1809. ) IX. Le procès-verbal d’un garde, portant qu’un arbre a été abattu dans un canton de forêt qu’il désigne , ne fait pas foi jusqu’à inscription de faux, si la propriété de ce canton est revendiquée par un tiers. C’est le cas de renvoyer l’exception au tri- EXC EXC bunal civil. ( Arr. de la C. de cass., du i 3 août 1807.) X. Lorsque, sur un procès-verbal de garde forestier, constatant un délit prétendu commis sur un bois domanial, les prévenus excipent d’un droit de propriété résultant d’un partage de biens communaux , et que l’un d’eux se prétend seul propriétaire et demande son renvoi devant le tribunal civil, il s’élève alors une double question de propriété , d’abord entre l’état et les prévenus, et ensuite entre ces prévenus et celui d’entre eux qui se prétend seul propriétaire. Dans ce cas, si l’affaire est renvoyée au conseil de préfecture, il ne suffit pas que ce conseil déclare que le domaine est sans droit sur la propriété , et que le partage a été régulièrement fait, pour que le litige soit terminé ; il reste encore à décider si celui qui prétend à la propriété exclusive du terrain est fondé dans sa prétention, et cette question ne peut être décidée que par les tribunaux civils. ( Arr. de la C. de cass., du 27 février 1808. ) §3. — Des cas où il y a lieu de passer outre au jugement des délits , nonobstant les exceptions ou allégations des prévenus. XI. L’allégation d’un prévenu de délit forestier , qui prétend que le terrain où il a été repris n’est point domanial, ne suffit pas pour autoriser le tribunal saisi de la connaissance du délit à renvoyer l’action devant le tribunal civil, attendu qu’une question de propriété ne peut être élevée que par ceux qui ont ou prétendent avoir le droit de l’engager comme propriétaires. {Arr. de la C. de cass., du 3 o octobre 1807 , et 24 octobre 1817. ) XII. Les tribunaux ne peuvent se dispenser de passer outre au jugement d’un délit forestier , si les prévenus, alléguant qu’ils sont propriétaires dubois, ne remplissent pas les obligations qui leur sont imposées. Il ne peut y avoir lieu à surseoir à l’action correctionnelle quand le prévenu, habitant d’une commune, n’excipe de la propriété que comme d’un droit appartenant à la commune, et que cette commune n’est point mise en causent n’intervient point. {Arr. de la -C. de cass., du xajuillet 1816.) XIII. Lorsqu’un prévenu excipe d’un droit non contesté, par exemple d’un droit de passagedans un bois, et qu’il prétend, au surplus, que ses bestiaux n’ont point causé de dégâts, son exception ne peut former la matière d’une question préjudicielle, puisqu’il suffit que des bestiaux soient trouvés dans un bois hors des chemins ordinaires, ou dans des cantons non ouverts au pâturage , pour qu’il y ait délit. ( Arr. de la C. de cass., des 28 ventôse an 12 — 19 janvier 18o4 j 7 floréal an 12 — 27 avril \ 8o4- ) XIV. JEn général, il n’y a point de question préjudicielle lorsqu’un prévenu de délit forestier prétend, comme on vient de le dire, que ses bestiaux n’ont point causé de dommages, ou lorsqu'un usager qui ti usé de -son droit sans délivrance, excipe de ce même droit, ou enfin lorsqu’un usager a fait paître dans un bois des chèvres ou des moutons. Ce principe est consacré par les arrêts précédemment cités , et par ceux des 24 messidor an 11,28 nivôse et 'f floréal an 12, 3 o octobre 1807,7 avril et 16 juin •1809 et 28 janvier 181 3 . 7 r > XV. Les usagers ne peuvent, sans délivrance préalable, prendre des bois dans les forêts où ils exercent leurs usages ; ils 11e le peuvent même quand les agens forestiers auraient refusé de faire droit à leurs demandes, attendu que les voies de recours leur sont toujours ouvertes. Dès-lors, un tribunal correctionnel ne peut surseoir au jugement d’un délit de l’espèce, sous le prétexte d’une question préjudicielle sur l’existence du droit d’usage. ( Arr. delà C. de cass. , du o septembre 1808 et du 7 avril 1809. ) XVI. Une coupe faite sans autorisation dans un bois tenu à titre d’engagement perpétuellement révocable , est un délit, et dès que le titre de révocabilité n’est pas contesté par les possesseurs, il ne peut y avoir lieu à renvoyer devant les tribunaux civils l’exception qu’ils fondraient sur le mode de jouissance antérieur à l’époque où ce bois aurait été placé sous le régime forestier. ( Arr. de la C. de cass., du 2 ventôse an i 3 — 21 février i 8 o 5 . j XVII. C’est aux tribunaux civils à connaître des questions préjudicielles résultantes de l’interprétation à donner au cahier des charges pour les coupes de bois , et à tout autre acte dont excipe le prévenu, ainsi qu’il a été jugé par les arrêts de la Cour de cassation du 2 messidor an 1 3 , 10 janvier , 8 février et 28 mars 1806. Mais lorsqu’un adjudicataire, pour repousser l’imputation qui lui est faite d’avoir coupé les arbres compris dans son adjudication , d’une manière prohibée par la loi, allègue que ce mode d’exploitation est justifié par le cahier des charges , cette allégation , si elle est évidemment démentie par le cahier des charges même , 11e constitue pas une question préjudicielle qui nécessite le sursis au jugement du tribunal correctionnel. {Arr. de la C. de cass., du 3 o octobre 1807.) XVIII. En cas de contestation sur l’estimation d’une outre-passe , le tribunal correctionnel peut lui-même ordonner qu’il sera procédé par des experts contradictoires à la vérification des limites de la coupe. (Arr, de la C. de cass. , du 21 février 1806. ) XIX. 11 n’y a point lieu non plus à renvoyer devant le tribunal civil ou l’autorité administrative l’exception d’un adjudicataire, qui , ayant coupé ou enlevé un arbre dont le cahier des charges lui interdisait la disposition , prétend cependant que cet arbre lui appartenait. ( Arr. de la C. de cass., du i 5 avril 1808. ) XX. Au surplus, le tribunal de police correctionnelle, juge d’une action , l’est nécessairement aussi des faits d’exception proposés contre cette action , lorsque ces faits peuvent être appréciés par des expertises, des vérifications, et autres moyens étrangers à une interprétation d’acte ou de convention. ( Arr. de la C. de cass., du 3 novembre 1810. ) XXL II n’y a pas lieu à renvoi au civil, quoique le prévenu excipe de la propriété , s’il justifie de son droit par une reconnaissance formelle de celui qui avait qualité pour le contester. Le tribunal correctionnel peut alors passer outre au jugement du prétendu délit. (Arr. de la C. de cass. , du 16 juin 1809.) EXC 76 XXII. Lorsqu’il s’élève une question de propriété relativement à un fonds sur lequel il a été commis une dégradation , la question de propriété doit être renvoyée à l’autorité judiciaire ; mais un conseil de prélecture peut, si l’aüaire lui est soumise, exprimer son opinion sur les droits du gouvernement. ( Décret du 24 mars 1810. ) XXIII Celui qui, pour passer dans un sentier, a enlevé les brandons que l’autorité publique y a fait placer pour en interdire le passage , ne peut, sur les poursuites qui sont exercées contre lui pour cette voie de fait, demander à prouver qu’il a le droit de passer dans ce sentier à titre de servitude, et cette demande , lorsqu’il la forme , ne constitue pas une question préjudicielle dont le jugement doive être renvoyé aux tribunaux civils. ( Arr. de la C. de cass. , du 4 septembre 1812. ) § 3 . — Dans les exceptions de propriété, il n’est pas nécessaire d’appeler le préfet dans l’instance correctionnelle. XXIY. La disposition de l’art. 12 du tit. IX de la loi du 29 septembre 1791 , qui portait que le préfet serait appelé en instance , était nécessaire à l’époque où cette loi a été rendue , parce que, alors les tribunaux de district jugeaient les délits et questions de propriété ; mais elle n’est plus applicable aujourd’hui, que les tribunaux correctionnels 11e peuvent en aucune manière statuer sur des questions de propriété incidentes à des délits dont le jugement appartient aux tribunaux civils. Ce n’est donc que devant le tribunal civil que le préfet doit être appelé pour défendre les intérêts du domaine. {Arr. de la C . de cass., du 29 mars 1807. ) V. Action, Compétence , Délit forestier , Pdturagef Usage. EXCORTICATION. Opération par laquelle on enlève l’écorce extérieure des arbres , ou la première peau des racines. EXCRÉTIONS DES PLANTES. On sait que les plantes transpirent beaucoup plus abondamment qu’il ne paraîtrait que l’on dut le soupçonner , et qu’il se fait dans les différentes parties qui les composent , à l’aide de certains vaisseaux que l’on nomme conduits excréteurs ou vaisseaux excrétoirs, une dissipation de liqueur superflue, à laquelle on donne le nom d’ excrétion. Y. Physiologie végét ., i te . et 5 e . section. EXCRU. Un arbre excru est celui qui a pris sa croissance hors de la forêt. Les arbres excrus sont moins hauts que ceux qui croissent en massif, mais leur bois est plus dur, à raison de leur situation aérée. Ils donnent aussi plus de graines. V. Accrues. EXCROISSANCE. Tumeur contre nature qui se dévelo) pe dans ou sur les animaux et les végétaux. Dans les plantes , la plupart des excroissances prennent le 110m de loupe. Elles sont occasionnées par des chocs , des retranchemens de branches , des coups de soleil, des gelées , et par la surabondance ou le reflux de la sève. Ainsi, les arbres des routes, qui sont exposés à une foule d’accidens de te genre, et qu’on émonde souvent, sont ceux qui présentent le plus d’excroissances. Les ormes , les frênes , les érables , les peupliers, y sont très-sujets-. Les excroissances acquièrent quelquefois un volume consi- EXÉ dérable , mais c’est aux dépens de la vigueur et de la beauté de l’arbre et de la qualité de son bois. On peut les extirper dans la jeunesse , en ayant soin de recouvrir lu plaie avec de L’ongueutde Saint-Fiacre. Cependant il arrive assez fréquemment que les efforts qu’on fait pour y parvenir, 11e servent qu’à accélérer leur grossissement, ou à faire périr le pied. Presque toujours, lorsqu’elles sont loin des branches, la suppression de ces branches doit être préférée comme plus sûre et comme moins dangereuse. Certaines excroissances sont unies, d’autres sont plus ou moins crevassées; il en est sur lesquelles naissent une grande quantité de petites branches; d’autres, au lieu de former une grosseur , produisent dans la longueur de la tige une éminence qui dérange la forme ronde de l’arbre. Il se forme sur le chêne , tantôt au pied, tantôt au milieu de la tige, quelquefois à la naissance des branches, une petite verrue, qui grossit insensiblement et ressemble ensuite à une grosse bosse ouverte au milieu. Celte excroissance se remplit de vers qui altèrent la sève ; elle s’étend autour de l’arbre , le rend difforme et quelquefois le fait périr. On conseille, pour obvier à ce mal, de retrancher, dès l’hiver, avec un fer bien tranchant, tout l’espace affecté par l’excroissance , et d’en effacer toutes lés traces de manière que le bois de l’arbre soit aussi uni dans cette partie que dans les autres. L’écorce vient ensuite recouvrir la plaie. (Quelquefois les excroissances s’ulcèrent ; mais le plus souvent elles ne s’altèrent que lorsque le tronc l’est déjà. Il est des excroissances qui, dans certains arbres, comme le sycomore et L’orme, acquièrent, par l’entrelacement et la coloration de leurs fibres, comme aussi par leur dureté, une valeur bien supérieure à celle du bois le plus sain , parce qu’on les emploie à faire de petits ouvrages de tour ou d’ébénisterie fort jolis et fort recherchés. V. Broussin et Loupes. EXÉCUTION DES JUGEMENS. On appelle exécution définitive l’accomplissement pur et simple des dispositions renfermées dans un jugement, sans qu’il y ait lieu d’y rien changer par la suite , à la différence de l’ exécution provisoire, qui peut être révoquée par le jugement définitif. V. Jugement. Exécution parée. C’est celle qui est toute prête et que l’on peut faire en vertu de l’acte tel qu’il est, sans avoir besoin d’autre formalité ni d’autre titre. Tout procès-verbal d'adjudication de coupes emporte exécution parée et la contrainte par corps. ( Cah. des ch. de 1824, art. 34. ) EXÉCUTOIRE. Ce terme se dit de tout acte qui donne pouvoir de procéder à une exécution judiciaire, comme un contrat, un jugement, un arrêt. EXÉCUTOIRE DE DÉPENS. C’est l’ordonnance d’un tribunal ou d’un juge, ou d’une autre autorité, contenant la taxe des frais et déboursés adjugés à un particulier, à un huissier ou à un avoué. I. Cet acte n’a d’autre objet cpie d’assurer l’exécution d’un jugement; il ne renferme que ce qui aurait pu être ordonné par le jugement, et il doit être considéré comme en faisant partie ou comme en étant le complément, puisque la condamnation EXF EXP / ; «ux dépens est un acte imparfait jusqu’à ce que la quotité en ait été déterminée. Par ces motifs , le droit d’enregistrement dont l’exécutoirù de dépens est passible, êst celui d’un franc, fixe. ( Décis. des min. desfin . et de la just., des 16 et 2Üfévrier 1809.) Lin exécutoire de dépens doit être enregistré avant d’être signifié. ( Arr. de la C. de cass ., du 1". messidor an 12.) II. Les exécutoires pour frais d’un procès criminel Ou correctionnel doivent être décernés contre la partie Civile, et s’il n’y en a point ou si elle est insolvable , contre la régie de l'enregistrement et des domaines. Y. la Loi du 19 septembre 1790, art. 1 er ; la Loi du 5 pluviôse an i 3 , art. 4 5 P An. du gou- vern. , du 6 messidor an 6, et le Décret du 18 juin 181 t * ’1 .. III. Lorsqu'il y a partie civile, on distingue : ou le délit est purement correctionnel, ou il appartient à la classe des crimes. Au premier cas, ec ceux qui se sont constitués'parties civiles sont personnellement chargés des frais de poursuites, instruction et signification des jugemens. » Au second cas, la régie de l’enregistrement et des domaines doit faire « l’avance des frais d’instruction, expédition et signification des jugemens, du remboursement desquels ceux qui se sont constitués parties civiles sont personnellement'tenus. » (Loi du 5 pluviôse an i 3 , art. 4.) V. le chap. II du tit. III du Décret du 18 juin 1811.) IV'. Les intendans des provinces étaient chargés de viser les exécutoires sur le domaine, et de retrancher les frais qui ne devaient pas y être compris. C’était aussi a eux à permettre qu’ils fussent mis à exécution , après qu’il leur avait été justifié qu’il y avait des fonds pour payer. Lorsqu’on remettait des exécutoires aux intendans pour être visés , on y joignait la procédure et le mémoire en détail des frais. \ . La loi du 19 septembre 1790 ayant, en cette partie, subrogé'"aux intendans les administrations centrales, que les préfets remplacent aujourd’hui, ceux-ci sont appelés à faire, à cet égard, tout ce que les anciens réglemens attribuaient aux intendans. V. VArr. du gouvem. , du 6 messidor an 6 , art. 4 et 25 , et le Décret du 18 juin 1811, art. 1 43 et 1 5 e ; V. aussi Frais de justice. EXEMPTIONS. Les officiers des eaux et forêts jouissaient dedifférentes exemptions, suivantl’art. 1 3 du tit. II de l’ordonnance de 1669, et différens arrêts du conseil d’état, notamment ceux des 2 3 110- vembre i 6 ç 4; 19 février, 8 mars et 1 5 octobre i 6 q 5 $ 1 3 mars 1696, 3 o mars et 10 août 1700 ,3 avril et 2 mai 1702, i 3 mai 1704, 2 février 1711 , 17 septembre 1720,4 avril 1723, 4 août et 22 septembre 1728, 26 février i? 32 , 8 mars'^SS; et les édits de mai 1702, février 1704, mars J707 et niai 1717- EXFOLIATION. C’est la séparation d’une partie morte et desséchée d’avec celle qui est vive. Ce terme s’emploie pour les os des animaux, comme on l’emploie pour le bois et l’écorce. Les gelées , les coups de soleil, les blessures et le passage de l’humidité à une prompte sécheresse, sont les causes les plus ordinaires de l’exfoliation , c’est-à-dire de cette maladie où la partie morte de l’écorce se détache par feuillets de la partie 'vivo continue. Il parait qu’elle provient aussi de raùses internes. Dans tous les cas, l’exfoliation se girérit comme les plaies simples, c’est-à-dire en couvrant la partie exfoliée avec de l’onguent de Saint-Fiacre. Un arbre dont on a couvert l’écorce avec de la paille pour la garantir de la dent des bestiaux 'ou d’un frottement quelconque, est, lorsqu’on lé découvre, plus sujet que les autres à l’exfoliation, parce que son écorce s’est attendrie par l’excès d'humidité et la privation du soleil. Cette opération est justement blâmée par les bons planteurs, sur-tout quand il s’agit de tenir les arbre9 longtemps sous cette couverture. EXHALATION DES PLANTES. Les plantes exhalent ou expirent des fluides aériformes, et elles exsudent des liquides. Elles sont, en général, disposées à expirer de l’acide carbonique; mais il paraît qu’elles l’expirent plutôt à l’ombre, ainsi que l’azote, tandis qu’elles expirent plutôt l’oxvgène à une grande lumière, raison pour laquelle il est dangereux de renfermer des plantes dans le lieu-'où l’on couche. Toutes choses égales, les feuiHes expirent facilement et abondamment l’oxygène, et retiennent fortement l’hydrogène, qui produit la couleur verte. Les fleurs, au contraire, retiennent fortement l’oxygène, qui produit leurs couleurs brillantes; tandis qu’elles expirent facilement des fluides délétères, l’azote et l’acide carbonique. On peut en conclure qu’il est plus dangereux de se renfermer avec des plantes fleuries, qu’avec celles qui ne portent que des feuilles EXOTIQUE ( T. de bot. ) qui vient du grec exôticos , étranger, dehors. Les plantes exotiques sont celles qui sont étrangères au climat qu’elles habitent; les plantes indigènes , au contraire , sont celles qui sont dans leur climat naturel , ou qui , depuis long-temps, y sont naturalisées. EXOSTOSE. V. Excroissance et Loupes. EXPEDITION. Ce mot se dit, dans la pratique et eu administration, de la rédaction et principalement de lacopie d’un acte. On dit délivrer une expédition, une grosse ou copie d’un acte public et authentique. EXPÉDITIONS DES J U GEMEN S ET AU TE ES ACTES CONCERNANT LES FORÊTS. V., pour les expéditions des jugemens et autres actes de procédure, le mot Frais de justice ; pour les expéditions des actes relatifs aux ventes, le mot Adjudication, et pour les expéditions des plans et procès- verbaux d’aménagement, le mot Plan. A l’égard des expéditions des jugemens sous le régime des maîtrises , Y. P Art. 1 o du tit. VIII de Ford, de 1669, et les Arr. du Cons. , du 24 juin 1704, i4 juillet 1722 et 8 mai 1725, qui avaient confirmé et étendu les dispositions de l’article précité de l’ordonnance. EXPÉDITIONS DES ACTES ADMINISTRATIFS. Les expéditions des arrêtés des préfets, de ceux des conseils de préfecture e\ des délibérations des conseils généraux des départemens, doivent être délivrées et signées par les secrétaires généraux des préfectures. V. la Loi du 28 pluviôse an 8, art. 7. Les expéditions des arrêtés des sous - préfets ne EXP 78 EXP peuvent être délivrées et signées que par ces administrateurs. A l’égard des droits qui peuvent être exigés pour les expéditions des actes administratifs, voici ce que porte un avis du conseil d’état, du 4 août 1807, approuvé le 18 du même mois : « Le conseil (l’état, d’après le renvoi qui lui a été fait d’un rapport du ministre de l’intérieur proposant de régler le droit d’expédition des actes déposés dans les archives ou faits par les administrations publiques, » Vu l’art. 37 de la loi du 7 messidor an 2 , portant : tout citoyen pourra demander, dans tous les dépôts, aux jours et heures qui seront fixés , communication des pièces qu’ils renferment ; elle leur sera donnée sans frais et sans déplacement, et avec les précautions convenables de surveillance ; les expéditions ou extraits qui en seront demandés seront délivrés à raison de 1 5 sous du rôle. n Considérant que les administrations publiques expliquent diversement le vœu de la loi , en ce qui doit constituer les archives publiques , ainsi que relativement à la nature des actes dont les expéditions ou extraits doivent être passibles de la taxe, et qu’il convient de fixer, à cet égard, les droits des citoyens et des administrations de préfecture, sous- préfectures et municipalités; n Est d’avis, » i°. Que toutes les premières expéditions des décisions des autorités administratives de préfecture, de sous-préfecture ou de municipalité, doivent être, aux termes des lois, délivrés gratuitement; 2°. que les secondes ou ultérieures expéditions desdites décisions, ou les expéditions de titres, pièces ou renseignemens déposés dans les bureaux des administrations , doivent être payées au taux fixé par l’art. 3 y de la loi du 7 messidor an 2.» Cette disposition s’applique-t-elle aux expéditions que font les agens forestiers des actes relatifs aux délivrances des coupes communales? Plusieurs préfets ont pensé qu’au moins elle les autorisait à accorder quelque indemnité à ces agens, et ils se sont fondés d’ailleurs sur ce que, lorsqu’il y a vente, les frais d’impression étant remboursés à ceux qui en font l’avance, il était juste que les agens fussent indemnisés de leurs écritures, dans le cas de délivrance des coupes en nature; ils ont en conséquence réglé une indemnité par coupe ainsi délivrée. EXPERT. Du latin expertus , participe d 'expe- rior, j’éprouve. En ternie de pratique, un expert est une personne versée dans la connaissance d’une science , d’un art, d’une certaine espèce de marchandise. I. Les avis et rapports des experts sont requis par le juge ou par les parties lorsqu’il s’agit d’éclaircir un point de fait qu’on ne peut bien entendre sans le secours des connaissances propres aux personnes d’une certaine profession. Les experts sont appelés jurés ou experts-jurés , parce qu'ils sont tenus de prêter serment. II. Les experts sont qualifiés d'arbitres dans quelques lois , quoique les fonctions des arbitres soient différentes de celles des experts, attendu que ceux- ci ne sont pas juges. III. Le Code civil et le Code de procédure civile contiennent différentes dispositions sur la nomination et la fonction des experts. V. les Art. 1678 à 1680 du Code civil, pour l’expertise en matière de lésion dans les ventes d’immeubles; les Art. 41, 42 et 43 du Code de procédure civile, pour les expertises à faire devant les juges de paix; les Art. 3o2 à 3 ?. 1 du meme Code , pour les expertises devant les tribunaux ordinaires. IV. Les experts ne sont point juges ; leur rapport n’est jamais considéré que comme un avis donné pour instruire la religion du juge , et celui-t i n’est pas astreint à suivre l’avis des experts : c’est ce qu’avaient jugé deux arrêts de la cour de cassation en l’an i 3 , et ce que porte l’art. 3 a 3 du Code de procédure civile. V. L’avis des experts est cependant regardé comme authentique, et il fait foi de ce qu’il énonce. {Arr. delà C. de cass., du b frimaire an 14, rapporté dans le Répertoire de jurisprudence , verbo Expert. VI. Si les juges ne trouvent point dans le rapport des éclaircissemens suffisans, ils peuvent ordonner d’office une nouvelle expertise ( Code de procéd. civ. , art. 322 .) VII. Un tribunal correctionnel ne peut ordonner une expertise pour vérifier si un adjudicataire a réservé des arbres en suffisante quantité lorsqu’un procès-verbal constate qu’il en a été abattu parmi ceux réservés par le cahier des charges. {Arr. delà C. crim. du département de la Vendée, du 18 brumaire an 6.) VIII. L’amende et la restitution pour baliveaux manquant dans une coupe de bois, se règlent d’après l’ordonnance de 1669 , et non à dire d’experts. ( Arr. de la C. de cass., du 19 décembre 1806.) IX. En général, il n’est point admis d’expertise pour estimer les dommages causés par les délits dans les forêts soumises au régime forestier. Les restitutions et dommages-intérêts doivent toujours être au moins de pareille somme que porte l’amende. {Ord. de i 669 , tit. XXXII, art. 8.— Edit de mai 1 716, art. 5 o.) V. Estimation , Restitution. X. Mais les expertises sont admises pour estimer les dégâts faits dans les bois des particuliers. {Arr. de la C. de cass., du 10 juin 1811.) V. Bois de particuliers. XI. A l’égard des expertises ordonnées par les administrations pour des travaux d’utilité publique, V. la Loi du 16 septembre 1807 , art. 8 et 56 . XII. Sur la manière dont les experts doivent opérer en mafière de partage , d’échange, V. les Décrets des 20 juillet 1,808 et 16 juillet 1812/ Vlnstr. du 4 février 181 3 , et les mois, Cantonne ment, Echange et Partage. Sur la rétribution des experts, V. l‘e Décret du 18 juin 1811. Quant à celle qui est due aux experts employés à l’estimation des bois dont l’aliénation est proposée , V. l 'Instr. du 14 sepembre 1818. XIII. Les frais d’expertise dans une -délivrancu faite à des usagers sont à leur charge. {Décis. minist ., du 3 octobre 1821.) XIV. Par qui doivent être payés les frais d’expertise? S’il s’agit d’opérations faites à l’amiitblé-, Us EXP EXP sont acquittés par les parties, suivant l’intérêt de chacune, mais d’après l’art. 3 iç du Code dçprocédure civilei et pour les cas où l’expertisç est ordonnée par jugement, l’exécutoire est décerné contre la partie quia requis l’expertise, ou qui l’a poursuivie si elle a été ordonné d’office. EXPLOIT. ( T. deprat. ) Ce mot, qui vient du latin placitum, signifie un acte que fait un huissier ou autre officier judiciaire, pour assigner, ajourner, signifier, saisir, etc. I. Les exploits sont des actes ou judiciaires, comme les exploits d’ajournement , ou extrajudiciaires, tels que les sommations, commandemens, saisies, oppositions, dénonciations , protestations. Nous avons traité des assignations et des citations aux articles rédigés sous ces mots ; il ne nous reste a parler ici que des règles applicables aux exploits. II. L’art. 4 du tit. Xde l’ordonnance de 1669 donne aux gardes généraux le droit de faire tous exploits et actes pour raison des eaux et forêts du Roi et de ceux tenus en grurie , grairie , tiers et danger, indivis , apanage , engagement et usufruit. Les art. 7 et 1 5 du même titre donnent aussi aux gardes généraux et aux autres gardes le droit de faire tous exploits concernant les eaux et forets et chasses, et leur défendent d’en faire pour d’autres matières. Ils pouvaient en conséquence faire toutes publications, significations et exécutions des jugemens des maîtrises. III. A l’égard des huissiers audienciers des eaux et forêts, il leur était permis de faire tous exploits de justice ordinaire ( An. du Cons., des 27 décembre 1729, 20 mars et 18 septembre 1736.) IV. Les gardes généraux collecteurs des amendes jouissaient aussi, en vertu de l’édit de leur création du mois de jnai 1708, du droit de mettre à exécution, dans le ressort de la maîtrise où ils étaient établis, toutes ordonnances, sentences, jugemens, arrêts et commissions, tant des juges des eaux et forêts que des juges ordinaires. {Ait. du Cons., des >5 juin 1743, i er . avril 1755 et 6 juin 1708.) V. La question s’est élevée, en 1806, de savoir si le droit conféré aux gardes forestiers de faire les exploits relatifs à la poursuite des délits en matière forestière, leur avait été enlevé par les lois survenues depuis la révolution. La cour de justice criminelle du département de la Vienne avait jugé cette question par l’affirmative, et en conséquence elle avait confirmé un jugement du tribunal correctionnel de Chatellerault, qui avait déclaré nulle une citation donnée par un garde forestier, parce qu’il 11’aurait pas eu qualité pour faire un tel exploit. Mais la cour de cassation, par son arrêt du 16 nivôse an 14 (27 décembre i 8 o 5 ), a annullé celui de la cour de justice criminelle du département de la Vienne, pour violation de l’ordonnance de 1669, et fausse application des lois postérieures. \ . cet arrêt au Recueil. VI. Sous Le régime des maîtrises , il n’était point donné d’assignation au délinquant ; une simple citation verbale que faisait le garde en même temps qu’il déclarait son procès-verbal, était suffisante, et à l’égard des jugemens, ils n’étaient ni levés ni si- 79 gnifiés; on dressait seulement un rôle des amendes, qui était remis au collecteur après avoir été rendu exécutoire : aujourd’hui le procès-verbal doit être signifié au délinquant avec assignation à comparaître devant le tribunal correctionnel; il eu est de meme du jugement : il faut qu’il soit levé et signifié avec commandement d’y satisfaire. Les nouvelles lois , en prescrivant cette marche pour la poursuite des délits forestiers, n’ayant point abrogé les art. 4 et 1 5 de l’ordonnance de 1669 , rien ne s’opposait à ce que que les gardes forestiers continuassent de faire tous actes, exploits et significations relatifs aux eaux et forêts, ainsi que le conseil d’état l’a depuis formellement reconnu, par un avis du 16 mai 1807, suivi d’un décret du 1 er . avril 1808: le premier portant que les gardes généraux et particuliers des forêts peuvent, conformément aux articles 4 et i 5 du tit. X de l’ordonnance de 1669, faire toutes significations d’exploits pour raison des eaux et forêts, à l’exception néanmoins des saisies- exécutions à faire en force des jugemens, lesquelles doivent appartenir exclusivement aux huissiers des tribunaux. Le décret de 1808 pourvoit à l’indemnité due aux gardes pour les écritures extraordinaires auxquelles les assujettit la nouvelle forme de procéder ; il ordonne que tous les actes dans lesquels ils remplacent les huissiers seront taxés comme ceux faits par les huissiers des juges de paix. Ainsi, on doit regarder comme légitimes toutes les significations relatives aux délits forestiers, faites par les gardes : ils peuvent signifier leurs procès- verbaux, ceux dressés par leurs supérieurs, donner les citations à témoins, notifier les jugemens et faire les premiers commandemens. Il n’y a d’excepté que les saisies faites en exécution des jugemens , encore dans ce cas les gardes ont le droit de servir de recors aux huissiers ; mais ils ne peuvent pas plus qu’eux exploiter hors de l’arrondissement où ils exercent leurs fonctions; néanmoins ils peuvent , ainsi que les huissiers, faire des significations à des individus résidant dans leur arrondissement, quoique ces significations aient pour objet une affaire ou une poursuite pendante devant un tribunal d’un autre arrondissement. Observons que s’il s’agissait d’un débat sur la propriété de l’état, ou d’un crime, les gardes seraient sans qualité pour faire des significations. VII. Les gardes de bois des communes ont, comme les gardes des forêts royales, le droit de faire tons exploits en matière d’eaux et forêts. VIII. Les gardes particuliers voisins du délinquant doivent être chargés des citations lorsqu’ils ODt à cet effet l’intelligence nécessaire ; dans le cas contraire, le garde général leur fait passer l’exploit tout rédigé et préparé de manière qu’ils n’aient qu’à remplir le parlant à.. la date , et à signer, sauf à lui à s’entendre ensuite avec les porteurs d’exploits pour être indemnisé des frais de copies et libelles , sur la taxe qui leur aura été allouée. IX. Un garde qui ferait remettre des exploits de citation en son nom par un autre garde , occasionnerait la nullité de la citation , et commettrait un véritable faux, ainsi que nous le verrons plus loin ; il EXP EXP 80 est donc indispensable que ce soit celui qui est chargé de porter la copie de citation et de mettre le parlant à... qui la signe et la remplisse de son immatricule: X. Quoiqu’il ne résulte réellement, ni dé Vor- donnanre de 1669, ni de la décision du conseil d’état, que les gardes soient exclusivement chargés de tous exploits pour délits forestiers, puisqu’elles ne renferment , à cet égard, qu’une disposition facultative et non impérative , cependant il convient que les procureurs du roi, les officiers forestiers et les receveurs du domaine les emploient de préférence aux huissiers, lorsque ce moyen facilite les poursuites, diminue les frais et se concilie avec le bien du service. XI. Les gardes doivent avoir la plus grande attention â observer dans les actes de procédure de leur compétence les formalités prescrites pour leur validité ; mais le défaut de timbre et de visa pour timbre sur les copies des procès-verbaux ou des exploits , ne serait pas un obstacle à ce que le tribunal statuât sur le fond, si d’ailleurs les originaux étaient revêtus det formes légales, et avaient été soumis au timbre ou au visa pour timbre : de même l’exploit dans lequel le domicile de la personne citée et le nom de la personneâ laquelle il a été laissé, seraient vaguement énoncés , ne serait pas nul, pourvu qu’il exprimât l’époque â laquelle il a été signifié; encore l’omission de la date ne tirerait à conséquence que dans le cas où il en résulterait l’incertitude si l’action a été intentée en temps utile. Relativement aux rétributions dues aux gardes forestiers pour les citations et significations dont i s sont chargés à la place des huissiers, Y Citation. XII. Le salaire dû aux gardes pour citations et significations est sujet à la règle de surannation ; ils doivent, pour en obtenir le paiement, suivre la même marche que les huissiers, c’est-â-dire dresser leurs mémoires â la fin de chaque mois ou de chaque trimestre , les faire arrêter par le conservateur ou l’inspecteur des forêts , et les présenter ensuite à la vérification du président du tribunal , pour être rendus exécutoires, eu la présence du procureur du roi, constatée par sa signature. Cette forme de procéder en matière de citation forestière est infiniment favorable, en ce qu’elle réunit l’économie des frais à plus de célérité dans l’expédition des actes. XIII. Relativement au recouvrement des amendes et aux exploits de carence , Y . Collecte. XIV. Il est défendu aux huissiers par plusieurs arrêts de réglemens, de faire faire aucune signification par leurs clercs, à peine de faux, notamment par un arrêt du 22 janvier 1606. O11 trouve dans le Répertoire de jurisprudence plusieurs arrêts de la cour de cassation,qui ont confirmé des jugemens par lesquels des cours de justice criminelle et spéciale s’étaient déclarées compétentes pour juger le crime de faux contre des huis slers qui avaient fait porter par dés tiers des exploits contenant assignation , et qui avaient certifié en avoir remis eux-mômes les copies. Ces arrêts sont des 9 nivôse an 12, 16 janvier et 22 mai 1806 , 2 et 22 janvier 1807, 20 juillet 1809 et 21 juin i'8io. Y. au Rectieiï ce dernier arrêt. XY . If iiYst pas îlêtessàiré ; comme nous l’a- vorts déjS dH’^'cjué'l’bxpIoit soit entièrement écrit de (a 'itffliii'(Jté n I’?rti ) itsi l er ort du garde' èxploltateur ; il peut être'étfit de la mal A de tou te-autre personne; rrtaîsil'iesl nécessaire, â peine de nullité, qu’il en signe 1'origihaL et la copie; XN I. En matière civile, un exploit dans lequel l’huissier énonce qu’il a parlé à un domestique ou k un commis , sans exprimer que c’est le domestique ou le commis de l’assigné, ne remplit point le vœu des art. 61 < t 68 du Code de procéthiré cix’Ui; Il est par conséquent nul. ( Arr. de la C. de cass. ,uies i 5 février et 28 août 1810, rapportés 1 au mot Exploit, du Répertoire de jurispnidenae eX des Questions de droit.) ' > 'g J - 1 i XVII. Observons qu’en matière correctionnelle il n’en est pas ainsi, et que les dispositions de l’art. 64 du Code de procédure ci vile sont étrangères aux notifications qui , d’après l’art. 1I94 du Code du 3 brumaire an 4, doivent être, fai têts aui'prévenus ou à leur domicile. Ainsi, on ne peut appliquer aux exploits donnés pour les matières criminelles ou correctionnelles, les règles qui s’observent en matière civile : c’est ce que décide un arrêt de la cour de cassation du 8 juin 1809. Y. au Recueil. XY 1 JI. On ne peut regarder comnfe mil HhExploit d’assignation dans lequel l’huissier atteste avoir parlé au domestique , serviteur ou commis de la partie , bien qu’il 11’ajoute pas le noin dè ce domestique , serviteur ou commis et.qn’^J ne constate pas le refus de celui-ci de le de latex, V. le- Pla ; - do)erde AJ. Merlir\ et l 'Arr. de Içi C. de çqss., du 18 nivôse an 13, dans les Question x de droit , au mot Exploit. XIX. Les exploits doivent être écrits sur papier timbré , et enregistrés dans le délai de quatre jours de leur date. Y . Citation. XX. La loi ne donne point de recours iï'lâ'partie contre l'huissier pour raison des nullités qu’il peut commettre : c’est pour cela qu’on dit communément à mal exploiter , point de parant ; cependant lorsque la nullité est telle qu’elle emporte ladoçliéance de l’action , l’huissier en est responsable. XXI. 11 est nécessaire que les huissiers fassent mention dans leurs exploits de la patente dont ils sont munis; mais cette obligation, quittait imposée, à peine de nullité, par l’art. 18 de la loi du 6 fructidor an 4, ne l’est aujourd’hui qtf’à peine d’amende d’après l’art. 07 do la loi du i ef . brumaire an 7. ( Arr. de la C. de cass., da 2 novembre 1807.) XXII. IL fafit, pôurqu’un exploit- d’ajouniernen t remis au maire, d’après l’art. 68 du Cède de • , , .Les.adjudicataires oe, peuvent prendre de harts ppur fierlp ,bpi? de,débit que dans les coupes qui teur spqtadjugéesi s’il est reconnu qu’elles ne peuvent produire suffisamment, il peut leur en être aççprdé dans Ips triages au-dessous de six ans par l’inspecteur, sur estimation dont il est dressé procès-verbal, et les ouvriers sont acceptés par lui. (Ib.^qrt. 5 ? . ) Le c^écimq pour franc est dû. sur le montant de cette pstimation. { tiécis. du min. des fin. , du 29 tuais i 8 i 3 , mentionnée dans la Circul.de l’Adm. du 3 o avril suivant , n°. 49 a * — Cah. des ch. de 1821 , art. .57.) L’adjudicataire paie les droits de timbre et d’enregistrement entre les mains de l’agent forestier qui fait l’çstimation desdites harts, à la charge par ce dernier dfen compter au receveur. ( Circul. du 16 juillet i8j 4, n°. 5 i.) Pour^yiter les outre-passes et faciliter le réar- pentage, on oblige les adjudicataires à entretenir et recépe,r les laies.ou tranchées , et à faire enlever le bojs qui tombe dans lesdites laies. ( Cah. des ch. de art. 53 .) Il ne peut être établi aucune faude ou fourneau pour çLarbon , qu’aux endroits qui ont été indiqués surjjé Içrrain par un agent forestier, et désignés par la nûrçjue 4e $op marteau à l’arbre le plus voisin. Il^oitetre dressé procès-verbal du nombre et du plâc^meqt de ces faudes ou fourneaux, qui sont établi^ d^ préférence s.ur les anciennes places ou sur des places vagu.es. ( Ordj de 1669, lit. XXV11, arf.’-fii ,- Cah, des ch. gén. de, 1824 , art. 45.) ‘‘Irësl ffefcndjf i tous adjudicataires, leurs fac- t q u ef.s . d’aj111 rner,,, spos quelque prétexte qne'fÇ sof^ feu a^lleursque dans leurs loges et ateliers, •i — o,,au t >U2nol eniens 1 iv ■ ç-.;» , , . ; Lés loges et ateliers sont désignés par les agens f oi est i c i s. fitb.y TL Tti tfi :) Les adijudioataireésont parSoBrnellement respon- sâtilefc dè tonfcè éolrtraventipri à cetfecard, et de tout , ni -jii n nu « .11 i-j; f/i <■ “ftp #*». 6 quipoupcaifc.^ij, gpsultfjfo ,{/$).) ... .Les adjudicataires, pendant tonte la durée de leur eatploiMden j JetJ ^orôe’-à' ;ce»bn’Hs éïr 1 aient hjbteh'u EXP lier qpmmis dansleqr$ ventes pt à l’pui'e de la pognée , passible dpS amendes prononcée^ .par la loi/et roumis à la juridiction des tribunaux correctionnels jusqu’à. ,pp qu’ils aient obtenu décbaçgi; /fefyntiv/e- t Ond. de 1 . 069 , XX> ad, 4 1 • — Am*, 4 e . fa C- de cassai des 16 germinal an 10,21 fçyrier 1806 et 9 octobre 1807.) La pqupe en délit, dans unn-explpitatip» en jardinant, d’une quantité d’arbres excédant celle adjugée , ne peut être considérée comme g ne simple outre-passe ; elle constitue un délit qvÿ.jen,tralaip ) f’a- mende et la restitution au pied le ^Ogr-,, jj^rTp de (a C. de cass.,du i<*. février ',82^,^ L adjudicataire dont la vente a,]étg£ndqnijfiqgée par quelque accident ou par L'effet jpg J^ferçp majeure, ne peut espérer.de mettre ^.respw^ffpilité à couvert qu’autant qu’il a faif dégâts par des procès-verbaux pu p^f ,les rapports de ses facteurs ou garde -y en tes, lesquels dosent-être affirmés et enregistrés. La remise en est faite dans les cinq joursjau, garde général par La voie du garda de triage. . . Ces rapports ne peuyegt servir de décharge aux adjudicataires qu’autant qu’ils indiquent les délin- quans. ( Arr. de la Q. dépars., des ai germinal an 7 et 2.3 janvier 1807,jt-». L’a A. fies çh. de 1824, art i^7") , , mnciJio, «il q L adjudicataire est meme responsable des délits commis dans.sa,y^n|;qles bS?gefe :1 (,s’>j:p’y l ,pflUt fait son rapport et.lferé |( aifx ppqvaui.fe^ff|$ l’Affrni- nistrationles auteurs dçcesd-éVts-, sa.pfyqii, recours contre ces derniers. ( Ârr. de 'la C. de cass., du 2,3 mars >8> 11) , ?.ia / .iQ / Lesdits adjudicataires ne peuvent, sous la même responsabilité , chasser ni laisser chasser leurs facteurs et ouvriers dans tes’forêts!*( ? CdA. rfe.j ch. de îBaj, art. 47- ) « i '"' ; f >d n< Ils ne peuvent dèposeé ds-pé fiurl» vêtîtes d’autres bois que ceux qui en 1 prtfvïèKftent. \‘ Ord. de 166*9, tit. XV, art. 49.) " -. Ils ne peuvent également faire aucuns travaux ni enlèvemens avant le levér et aprèâ feVcfu'cber du soleil, ni ies jours de dimanches et’ de'îêtes. ( Ib. , tit. XXXII, art. 7.) . ’ . Ils sont civitement responsables dq leurs commis, charretiers, pâtres et domestiques.' ‘ Travaux accéssôlresfieTexptoitaJion. ' uo ^ Les anciennes ordpnnancasiobligeaieBt les adjudicataires de faire desloaséa-ul de les planter de haies vives non-seulement,j&jlodg des routes et grands chemins, mais mènaei tout .autour ; X feeir lefttlvomins libres ; daus leurs ventes* do manière.iquè des voitures yvédssentuyupasser libra- mejtt.en.tôqt tempa.i.'uoïda f l eb tneivonq ^ ; EXP EXP A. remplir tous les trous dés scieurVet des ateliers; A faire fouir , repiquer et ressemer lés places des f'audes et des fourneaux ; ! A rétablir et réparer ies routes, ponts, ponceaux, bornes, barrières et pierrées endommagées ou détruites par le passage de leurs voitures et le transport de leurs bois. Faute par eux de représenter lors du récolement tous ces objets bien réparés, les travaux en sont exécutés à leurs frais, à la poursuite et diligence des agefts forestiers. LèV adjudicataires se soumettent, par le cabier des charges générales, à en payer le montant aux oûériebs *Ur simple mémoire visé par lesdits agens. ( Cah. des ch\ gén. de 1824, art. 77.) Si', 1 d'être-Quelques circonstances, on oblige l’ad- judicataire'à’ttrt ouvrage extraordinaire, tel que le c/eusement d’uri nouveau fossé de clôture , il doit en être fait’ une ’ clause expresse au cahier des charges. * Exploitation par régie. — Oit appelle ainsi des coupes qui se font par des ouvriers au compte du gouvernement, et dont cm vend les bois après qu’ils sontabattas. Un arrêt du doriseil, du 23 avril 1724, a ordonné qne les bois de la maîtrise de Boulogne seraient exploités ainsi, dans le cas où les enchères ue seraient pas proportionnées à la valeur des côupes. Quant aüx disparitions réglemehtaires applicables’ à l’explôîtatîcrrt dés bbis’des particuliers , V. ffôis de particuliers , chap. III, t. 1 , p. 4 o 3 . SECONDE SECTION. — dissertation sur les EXPLOITATIONS DES BOIS1N GÉNÉRAL. U ^Nous traiterons successivement* i°, de l’exploitation des bois en général, et de celle des taillis en particulier ; a°. de l’exploitation par éclaircie des Futaies d’arbres à feuilles; 3 % de l’exploitation des forêts d’arbres résineux. 1. DE Z EXPLOITATION DES BOIS EN GENERAL , ET DE CELLE DES TAILLIS EN PARTICULIER. Chapitre I er . — Des signes auxquels on reconnaît la maturité des bois. Nous avons.établi^tà l’article Aménagement, que les bois devaient s’exploiter lorsque leur accroissement déclinait de. manière à ce que celui de la dernière année n’égalait plus l’accroissement moyen de toutes Jbes années précédente», on, ce qui revient au unôme* lorsque les bois .arrivaient à leur maturité* Cette maturité s’annonèepar des signes extérieurs^ comme calle de toutes le* autres productions végétales. L’oeiliexercé du forestier ies saisit promptement, et il sait distinguer aiT’état de langueur où «e.trouye une partieide bois estfl'effet de Page^Ou seulement celui d’une cause accidentel!». Dans ce dernier cas, V exploitation n’est pas toujours‘Réeès- saire,l«t cui.peuDqiielquefoi« mnimer la forée la végétation , soit en écartant les obstacles qui ify Opposaient,«oit-en procurant'au.-bois lés ressources cpn loi manquaient^' Par exemple ysi laplangnëér 1 d’un taillis provient de l’abroutissement él *- O J d’air et de nourriture ou de la trop grande humidité du sol, on lfeTaviVé par des recépages, dès éclaircie*, des fossés d’assainissement, des rechaussemens en terre nouVelle autbur des souches (1), et par l’extirpation des plantes nuisibles. Mais quand le bois est arrivé à sa maturité naturelle', c’est le terme marqué pour y appliquer la cognée. il est dont nécessaire , avant d’ordonner l’ejr- ploitation d’un bois, de s’assurer si son état est dû à des caéses naturelles inhérentes à sa constitution physique , ou à des causes accidentelles qu’on peut détruire. Nous avons dit que cette différence était facile à saisir par le praticien : en effêt, il y a des traits particuliers qui, dans les végétaux comme dans les animaux, distinguent la vieillesse réelle et l’épuisement naturel, d’une langueur accidentelle. Parmi les signes qui font connaître qu’un bôis végète bien ou qu’il est parvenu à sa maturité , il en est qui sont sensibles : tels sont, dans le premier cas, des pousses annuelles fortes et allongées, un feuillage abondant et large , une écorcè unie et brillante , de jeunes branches ordinairement relevées près du tronc, souples et couvertes d’une écorce foncée; enfin , un air de santé et de vigueur dans toutes les parties de l’arbre : c’est sur-tout par les pousses plus ou moins fortes dé l’année qu’on peut juger du degré de la végétation. Quand ces pousses , qui se distinguent toujours par une verdure plus tendre, sont d’une certaine longueur relative- mentà la croissance naturelle de l’arbre, elles prouvent que le taillis continue de croître en hauteur et eu grosseur; mais lorsqu’elles n’allongent plus les branches que de la longueur du bourgeon , il n’y a plus ou presque plus d’accroissement en hauteur ni en diamètre, et le bois est arrivé à sa maturité. Cette remarque, qui est aussi importante qu’elle est simple , se trouve consignée dans le premier volume de VExploitation des bois , par Duhamel, qui dit que les arbres ne font plus que de faibles productions quand les jets sont très-courts; elle se trouve aussi dans l’ouvrage de M. de Perthuis, qui a fondé son système d’aménagement sur la profondeur dès terrains, et sur l’allongement des pousses annuelles y elle a été répétée par M. Fanon , qui paraît n’avoir pas eu connaissance qu’elle eût été faite avant lui', et qui l’a présentée comme un moyen neuf et infaillible de constater l’état de la végétation des bols. Nous avons vérifié nous-mênïes cette observation dans des taillis de différens âges et situés sur diffé- rens terrains, et nous avons toujours reconnu épijë c’étaitun excellent moyen de s’assurerdu degrédqïà végétation. 11 suffit, pour cela , d’abaisser les principaux brins des cépées dans plusieurs endroits 2 , 1 et d’examiner la pousse terminale des branches : que cette jiousse aura une certaine longucurj^’n' ■ 1 ' ' ! n (j.) Ce moyen a été pratiqué par AI. Sageret, mon eollè- gue à U Société royale d’agriculture de Paris. 11 qtaittUs taillis dont la Végétation était languissante : il a imaginé (le faire, à travers te* noàVelles coupes de ces taillis, (lés fossés d'assainissement, doatil a fait répandre les terres M Id-sel. ï t ps recrus, eutouré? d’un*, terre plus perméable aux bld dentés atnjospaiëriQues, Ofit repris de la vigueur; mata qe ntoyén <1 ft'ù'comvéiiiéiif tfètrt ûn péri coûteux. 8G EXP EXP sera certain que le bois continue de profiter. Le» pendant il faut savoir faire une application raison* née de cette règle : par exemple, il y a des années d’une végétation extraordinaire, ce sont celles où régnent des temps chauds et pluvieux; il y en a d’autres où la végétation est presque nulle, à cause des froids, des sécheresses ou des insectes qui dévorent les feuilles. Telles sont les circonstances qu’on doit apprécier, car autrement on pourrait prendre pour une rigueur ou une langueur habituelle ce qui ne serait que l’eflet d’une cause momentanée. Nous pensons aussi qu’on ne doit pas en faire une application générale dans les futaies pleines, parce que les arbres qui croissent en massif serré s’élèvent d’abord avec rapidité, et qu’une fois arrivés à leur hauteur naturelle, ils ne donnent plus que de faibles pousses , quoiqu’ils continuent de grossir encore pendant long-temps. Quant aux arbres épars et aux baliveaux sur taillis, ils allongent leurs branches tant que dure leur accroissement en diamètre. Au surplus, si ce caractère seul ne suffit pas pour procurer la connaissance qu’on désire, on doit s’aider des autres indices que fournit la nature, et qui sont indiqués par Duhamel, p. i 33 de son premier volume de l 'Exploitation des bois. M. Dralet en a donné l’analyse suivante , dans laquelle il a compris celui dont nous venons de parler : a Lorsqu’un taillis, dit-il, a cessé de s’élever et de grossir, sa tête est arrondie ; les pousses annuelles n’allongent plus les branches que de la longueur du bourgeon ; si l’on coupe une de ces branches , on remarque que les couches concentrique» peuvent à peine se compter, tant elles ont peu d’épaisseur, et que l’aubier cesse de se convertir en bois dur ; le tronc se charge de mouBses , de lichens, d’agarics et de champignons ; l’écorce se détache du bois, elle est inarquée de taches noires ou rousses ; elle se sépare par des gerçures qui occasionnent l’écoulement de 1 r sève; les tranches les plus directes de la cime se dessèchent; les branches latérales s’inclinent vers l’horizon ; enfin, les feuilles paraissent de bonne heure au printemps; celles du bas sont plus vertes que celles du haut, elles jaunissent avant le temps ordinaire. Suivant que ces divers effets sont plus ou moins sensibles, le bois est en parfaite maturité ou il tombe en dépérissement, et il ne faut plus en retarder la coupe. » L’inclinaison des branches vers l’horizon fournit des indices assez sûrs dans les arbres isolés, et on a même considéré les différens degrés de cette inclinaison comme indiquant rigoureusement ceux de la végétation d’un arbre. On a dit, par exemple, qu’un arbre était dans toute sa force' lorsque ses branches décrivaient un angle «le 4 ° à 5 o degrés; qu’il se soutenait lorsque l’angle était de 5 o à 60; qu’il déclinait lorsque les angles s’abaissaient à 70 degrés, et que rarement il durait jusqu’au parallélisme de ses branches avec le 90 e . degré. Cette assertion peut être fondée en général ; mais il y a des exceptions pour les arbres dont les branches s’allongent beaucoup et s’abaissent promptçnieni , comme le hêtre, le cèdre; pour ceux dont les branches sont 'chargées de feuilles persistantes, comme les pins, les' sapins ; pour les arbres enfin dont les branches sont très-llexible», comme le bouleau , le saule de Ba- bylone , été. L’àge ou la maturité des arbres forestiers, et surtout du chêne, se reconnaît encore par une fécondité particulière: 1 n senectâ ferlilissimœclandiferw. {Pline.) C’est de l’ensemble des indices ci-dessus, et de l’examen des autres circonstances locales, comme de la nature et de la profondeur du terrain, de l’état du climat, de l’exposition, etc., qu’on doit former son jugement sur la maturité des bois. Nous avons indiqué, an mot Dépérissement , l’ifge où plusieurs espèces d’arbres dépérissent; les cause» qui hâtent ou retardent ce dépérissement; les signes qui annoncent la vigueur d’un arbre, sa maturité et son dépérissement. V. ce mot. Chapitre II. ■— De la saison la plus favorable à la coupe des bois, sous le double rapport de la durée des bois qu’on abat, et de la reproduction des souches. Dans toutes les sciences, comme dans toutes les matières qni intéressent la société , on ne doit admettre qu’avec une grande réserve et qu’après un mûr et long examen les conséquences qu’on déduit d’expériences nouvelles et de raisonnemens qui tendent à renverser des principes depuis long-teinps établis. Quels que soient, en effet, les progrès des connaissances humaines et de l’art de raisonner, on est forcé de reconnaître dans les usages consacrés parles siècles un caractère de recommandation qui nous fait un devoir, sinon de respecter aveuglément ces usages séculaires, du moins de né les attaquer ou de n'admettre de principes contraires qu’avec la plus grande prudence : autrement on s’expose à des erreurs dont les suites sont souvent irréparables, et on se voit dans l’obligation de revenir à des idées que notre légèreté ou notre orgueil nous avait fait regarder comme des préjugés populaires. Cesaoliser- vations ont une application directe à la matière que nous allons traiter. De tout temps et dans tous les pays, on a été dans l’usage d’ubaltre les bois pendant l’hiver et hors le temps où la sève est active. O11 croit communément, dit Pline, que tout bois qu’on veut équarrir 11e doit se couper qu’après qu’il a porté son fruit. Le chêne-rouvre, si on le conpe au printemps, est fort sujet à devenir vermoulu ; mais si on le coupe vers le solstice d’hiver , il ne se gâte et ne se courbe point, au lieu que, coupé dans un autre temps , il est sujet à se déjeter et à se fendre : Vulgo satispu- tant observare , neque dedolanda arbor slernatnr ante éditas fructus. Robnr itéré cresitm teïedinem sentit: brumd autem neque -viciiitr/r, neque pànda- , tur , aliàs obnoxium eîiam ut torque at sesefndatque. {Pline, liv.XVl ,'chap. XXXIX. Vifruvemotive la défense de couper les arbres en temps de sève, sur ce que les arbres poussent pendant l’été et font im effort pour produire des branches et des'fruits , et sur ce que cet effort fet l'humidité dont ils sont imprégnés à cette époque', les privent deleair force : Vere enitn omîtes arbores ftint pnegnantes , étonnés suæ proprietatrs fertutem èffè'rtléit in Jmndes, EXP EXP anniversariosquefructus, Cùni ergo inanes et humidm temporum necessitatefuerint, vantefiumt, et rarita- libus imbecilltr. ( Vitr., liv. II , chap. II.) Cet usage, qui s’est établi de lui-même, comme tout ce qui est fondé sur la raison et l’expérience, est, devenu par la suite l’objet de dispositions réglementaires, contre lesquelles il ne s’éleva aucune réclamation. L’art. 2 de l’ordonnance de Henri III, de l’an 1 583 , parlant des usagers, défend de couper aucun bois sans permission des officiers, et autrement que dans les temps et saisons convenables. Un réglement de la Table de marbre, du 4 septembre i6qi (Saint- Yon , p. 1020), défendit aux adjudicataires des ventes et autres personnes quelconques dft couper aucun bois dans les forêts en temps de sève ; savoir , depuis la mi-mai jusqu’à la mi-septembre, sous peine de confiscation. Cette disposition , nous dit Saint-Yon dans son Recueil des édits et ordonnances en matière des forêts , était fondée sur ce qu’on avait reconnu que le bois coupé en sève n’était point aussi bon pour être mis en œuvra, et que les arbres ne faisant que sortir de sève ou bien y étant encore* il arrivait que les souilles demeurant découvertes durant les grandes chaleurs de l’été , il se faisait une perte de sève telle qu’elles n’avaient plus la force de pousser des rejets. L’expérience avait si bien démontré l’avantage de ne point couper les bois en sève , qu’il n’avait point fallu de loi pour le défendre , et que l’usage universel de les couper hors sève s’était établi de lui-même; mais comme la sève est plus ou moins avancée ou retardée, suivant les années et les climats, on ne pouvait point fixer une époque générale à laquelle il fût permis à tout adjudicataire de commencer les coupes. Cela a toujours été laissé à la détermination des officiers forestiers, et il n’est intervenu de ré- glemens particuliers sur cet objet que d’après leurs observations. Par exemple, les usagers des forêts de Chizé et Aulnay s’étant permis de couper leurs bois d’usage en temps de sève, il leur fut défendu, par ré- glentens des i 4 et 25 juin 1602 ( Saint - Yon , p. 1 084), de les couper depuis le i er . mai jusqu’à la fin de septembre, parce que , suivant les observations des officiers forestiers de la maîtrise , la sève était déjà avancée au i er . mai. Un arrêt des juges en dernier ressort, du 18 septembre i 634 , défendit de couperet d’abattre aucun bois en temps de sève , c’est-à-dire depuis la mimai jusqu’à la mi-septembre , sous peine de confiscation ; ce qui fut confirmé parl’arrèt du conseil d’état, du a6 février 1689, portant réglement pour l ’exploitation des bois destinés pour les salines de Moyenvic, par lequel il est dit que les bois pour- ront etre coupés etabattus jusqu’au j 5 mai de chaque année ,lequel temp^pasaé, Sa Majesté fait défenses d’en couper. L’art. 7-du tit. 11 'du liv. XXIII de l’ordonnance pour les armées navales et arsenaux de marine j du i 5 avril 1689 , fait défenses d’abattre les bois en temps de sève. Suivant les ordonnances et les coutumes, le temps desève était ainsi réglé : en Nivernois, depuis la mimai jusqu’à la mi-août; de même en Angoumoiset Saintonge ; en Normandie , de la mi-mai jusqu’à la «7 Saint-Jean, un peu plus ou on peu moins : le temps le plus communénfent observé dans le royaume était depuis le i 5 avril jnsqu’nuiâ septembre. Quant à la qualité des bois de chauffage , Saint- Yon dit qu’elle demeure la même , n’importe en quelle saison ils soient coupé; mais il était convaincu que le rejet profitait bien mieux lorsqu’on coupait dans le premier quartier de la lune et hors le temps de sève, parce que les racines concentraient en elles-mêmes, par l’effet de l’humidité de l’hiver , toute la substance qui se distribuait auparavant dans tout le corus de l’arbre ; ce qui faisait que s et racines poussaient bien plus vite et avec bien plus de force au printemps. La défense de couper les bois en sève, portée par les anciens réglemens, et notamment par celui de 1601 , art. 24, fut renouvelée par l’ordonnance de 1669. Elle veut , art. 4 o du tit. XV, que les bois, tant de futaie que taillis, soient eoupés et abattus pour le quinze d’avril, à peine d’amende arbitraire et de confiscation. Cet article ne parle point, il est vrai , de l’époque à laquelle on peut commencer la coupe ; mais nous voyons , dans le Recueil des lois forestières de Pecqnet, t. I, p. 364 , f P le , suivant le réglement de 1706, on est dans l'usage, an moins pour les forêts de l’état, que les marchands entrent en exploitation vers le i 5 octobre, et cessent d’abattre au i 5 avril suivant. I>e son cêté , Chailland nous dit, page 176 de son Dictionnaire , qu’il est d’usage, dans tous les pays, de ne commencer les coupes qu’après le mois de septembre, parce que ce n’est qu'alors que la sève cesse de monter , et que cela est de commune observance sans qu’il y ait rien d’écrit. Les cahiers des charges , rédigés , chaque année , pour les ventes de bois, ne contiennent d’autre disposition que celle qui prescrit aux adjudicataires et aux entrepreneurs des coupes de demander à l’agent forestier local un permis d’exploiter; ce qui laisse à cet officier la faculté de déterminer lui-même le moment où la coupe doit commencer. Cette réserve paraît extrêmement sage, sur-tout quand on considère que le territoire de la France renferme des climats fort opposés. Quant à l’époque où exploitation doit être terminée, les cahiers des charges la fixent au r 5 avril pour les taillis et au i 5 mai pour les arbres. Ces termes sont de rigueur, et il n’y a d’exception que pour quelques circonstances particulières, par exemple pour les arbres à écorcer, dont on prolongé la coupe jusqu’au i 5 juin. La sagesse de ces dispositions est généralement reconnue, et il serait assez inutile d’établir une discussion sur la saison à laquelle on doit couper les bois, si des auteurs d’un grand poids n’avaient semblé admettre que la coupe en sève était sans inconvénient. Duhamel a fait beaucoup d’expériences {Exploitation des bois, 2 e . vol. , liv. III , chap. Y) pont s’assurer si l’usage oit L’on est d’abattre les bois en hiver était fondé sur les principes de la physique, et si réellement les arbres contenaient moins de sève en hiver qu’en été. 11 a résulté de ses expériences z i°. Qu’il y a au moins autant de sève dans les arbres en hiver qu’en été ; 88 EXP EXP a”. Qu’il n’est pas sûr que pour conserver au bois sa bonne qualité, il soit plus avantageux de le dessécher le plus promptement possible ; 3*. Que c’est dans le printemps et en été que les arbres se dessèchent le plus promptement ; 4“. Que les arbres abattus pendant l’hiver se sont trouvés un peu plus pesans après qu’ils ont été secs, que ceux qui avaient été abattus en été; mais que cette différence est peu considérable ; 5°. Que l’aubier des bois abattus en été s’est mieux conservé que celui des arbres qui avaient été al^attus en hiver ; 6°. Que tous ces bois, après avoir été examinés dans leur rupture, ont paru avoir à-peu-près une force pareille ; 7 °. Que la pourriture a affecté à-peu-près également les bois abattus dans toutes les saisons ; S°. Que les bois qui avaient été abattus au printemps et en été n’étaient guère plus gercés que les autres. Nous ferons quelques observations sur la première conséquence déduite des expériences de Duhamel , tendant à établir qu’il y aurait autant de sève dans les arbres en hiver qu’en été, par la raison que , d’après ces expériences, les arbres coupés en hiver et en automne auraient été plus pesans que ceux abattus au printemps et d 4 fpas mieux se tromper, ençpré>• S <4 me '- on Pa fait depuis si Long-teipps , que dç^’p:?, poser à, cQipmettrei des fautes bien plus graves,, en adoptant commp principe général ce qui, dans le fait, ne résultç qûp 4’sxpériences insuffisantes? Nous pourrions J>orn.er. ) ac,e peu de réflexions notre discussion il s'agit? mais, nous le répétons, ,* e Sjfe? par uu physicien tel que Duhamel ne, pi}? .ç/jre ÇQmbattue par une simple déné- gatic^,,fl4,ut luj opposer des faits, ou du moins des r^j^bnpemens positifs. Nous allons donc continue; 1 çêtte dissertation, et comparer ce qu’on a dit pour pu contre l’abatage des arbres en temps de sève. Nous avons vu que Duhamel était porté à croire qu’il n’y avait, quant à la qualité des bois , aucun danger à les abattre en été ; toutefois il mettait à l’écart l’inconvénient des fenteset le dommage qu’on pouvait causer à la souche. 11 observe aussi que l’usage d’abattre les arbres pendant l’hiver n’est pas généralement suivi; que les Hollandais font des coupes considérables en été préférablement à l’hiver, par les motifs que la sève des arbres coupés en été se dissipe plus promptement, et que leurs bois se trouvent plus tôt en état d’être employés, ou du moins d’être assemblés en trains, pour pouvoir être voitures à flot. D’abord il n’y a pas beaucoup de bois en Hollande, et en second lieu , le peu de forêts qui s’y trouvent ne sont guère peuplées que d’arbres verts : or, il est certain que l’inconvénient d’abattre les arbres en été est beaucoup moindre pour les arbres résineux, soit quant à la qualité du bois, soit quant à la souche, qui né repoussé, pas j que pour les arbres à feuilles , dont la sève 1 , dépourvue de principes résineux, s’altère bien plus facilement» Quant aux arbres que les Hollandais font'venir des bords du Rhin, la coupe s’en fait en hiver. Duhamel ajoutait que, dans le royaume de Naples et en plusieurs lieux d’Italie, on coupait les arbres des forets en juillet et août, préférablement à tôus les autres mois ; que ces bois étaient de longue durée, et que des vaisseaux construits en cette saison étaient encore , après a5 ans de construction, très^sains et sans apparence de pourriture. Il citait enfin la Catalogne et le Roussillon , où les paysans coupaient leurs chênes en juillet et août, dans la persuasion que leurs bois en étaient meilleurs. Après avoir établi son opinion , tant sur ses prdpres expériences que sur l’usage de quelques localités, il la proposa avec la bonne foi dont il faisait profession, et il était sur-tout d’avis que, lorsqu’on se trouvait dans le cas d’employer des bois sur-lè-champ, oiî'fen devait faire la coupe en été, parce qu’alors ils se sèchent plus promptement. Cette dernière opinion pourrait bien n’étre pas dénuée de fondement ; mais quant à la coupe des bois en été, hors la circonstance d’urgence dont il s’agit, elle doit être proscrite, nonobstant les usages contraires qu’on pourrait citer , et dont, au surplus , il: Tome II. faudrait examiner motifs et le mérite, pqc rap- jpçr tâ] a.natur.e bois ét aux Ipcalit^, , l{ ; Telles a’AcQs^ ( j) / ensait,',ç;v,ec Jpus ceux quijonf^ •expirer les^boi^ ? çu (i ç£ui. les t ri vai lient, qn/e l’on* devait les bjver. , , . Guyot hqus dit < dutis ? 0 |^ Manuelforestier, que l’on peut, couper-dès le i ^ octobre sans inconvénient; que les. taillis abattu? les premters repoussent aussi les premiers l’année suivante et à la première sève, tandis que. ceux abattus dans, les mois de mais et d’avril ne repoussent qu’à la seconde sève, et qu’il 6e trouve souvent des souches qui attendent l’année suivante : assertions qui sont assez exactes, quoiqu’on ne puisse les généraliser, ainsi que nous le feronsvoir plus loin. 11 pense, en conséquence, qu’il est très-avantageux de couper les taillis et les futaies pendant les mois de novembre, décembre, janvier et février, parce qu’alors les souches repoussent toutes dés la première année, mais que, malgré cet avantage, c’est une erreur de croire que le bois périsse lorsqu’on le coupe pendant la première sève , c’est-à-dire dans les mois d’avril, mai, juin et juillet inclusivement. M. Lintz , dans ses Dissertations forestières, rapporte plusieurs faits qui prouveraient que les taillis exploités comme essarts (i) , dans le ci-devant département de la Sarre, et même des taillis ordinaires , se coupent avantageusement au moment 'de l’ascension de la sève. Nous sommes loin de contester l’exactitude des faits rapportés par M. Lintz, car nous avons remarqué nous-mêmes dans les Ardennes que des coupes essartées dans une saison un peu avancée repoussaient avec vigueur ; mais il faut observer qu’il s’agit ici de pays froids, où la dissipation de la sève, qui affaiblit les souches, et où le dessèchement et la gerçure de ces souches sont beaucoup moins à craindre que dans les pays chauds. D’ailleurs, comme l’observe M. Lintz, la reproduction dans les essarts se fait beaucoup plus par les racines que par les étocs. M. Hartig s’exprime ainsi sur la saison à laquelle il convient de couper les taillis : L’expérience nous apprend que les souches des bois à feuilles coupés- jeunes reproduisent de nouvelles pousses de leur écorce, n’importe dans quelle saison de l’année la coupe en ait été faite; mais elle nous apprend aussi que les bois coupés au printemps, avant le développement des feuilles, dorment les pousses les plus nombreuses et les plus vigoureuses, et en général le plus beau recru. — Si on coupe pendant l’été, les souches s’affaiblissent par la grande quantité de sève qui se perd; le bois est moins bon pour le chauffage, la main d’œuvre est plus chè/e, les feuilles qui tiennent aux bois rendent l’emploi des brun- ches moins avantageux , les plants de semences qui se trouvent sur la coupe éprouvent plus de dommages et la repousse des souches ne se fait qu’au printemps suivant. — Coupe-t-on en automne , après la chute des feuilles, on n’éprouve point, il est vrai, les in- convéniens dont nous venons de parler; mais, dans (i) Ce sont reuv où l’on fait passer le feu après l’exploitation, pour préparer la terre à recevoir un ensemencement en grains. 12 ce cas, comme dans celui de la coupe de l’été , on a à craindre que l’écorce ne se sépare de la souche , si, dans l’hiver qui suit, il arrive subitement, apràs de longues pluies, une forte gelée , qui fasse tuméfier l’eau interposée entre l’écorce et le bois, et occasionne ainsi la désunion de l’écorce. — Enfin, veut-on couper en hiver , non - seulement l’inconvénient ci-dessus est à redouter, mais on éprouve encore celui de ne pouvoir, à cause de la neige , couper le bois tout près de terre, et d’éprouver beaucoup d’embarras pour le façonnage des brins de taillis et des branches. Ainsi, continue M. Hartig, le temps le plus favorable et le plus avantageux pour exploiter les taillis, est celui qui suit la disparition de la neige jusqu’au moment où les bourgeons commencent à se gonfler , par conséquent le milieu de février jusque dans le milieu d’avril. Lorsqu’on coupe à cette époque , les souches peuvent se cicatriser assez pour ne point éprouver une grande perte de sève ; on n’a plus à craindre les effets des gelées sur ces souches, et les pousses nouvelles ont le temps de se mieux aoûter, et de se préparer à mieux supporter les gelées que dans les exploitations faites plus tard au printemps , et seulement dans le mois de mai. Dans ce dernier cas, les pousses ne paraissent que fort tard, et leur extrémité reste tellement tendre et herbacée dans certains pays, que les gelées de l’hiver les détériorent en grande partie. Toutes les fois donc que les circonstances le permettent , on doit couper les taillis depuis le milieu de février jusqu’au milieu d’avril. Il n’y a que quelques cas particuliers où il soit permis de s’écarter de cette règle ', mais il faut éviter , autant que possible, la coupe en été , parce que , de toutes les saisons , c’est la plus mauvaise. Comme on le voit, M. Hartig se prononce fortement contre la coupe en été, et non moins fortement en faveur de celle qui se fait au moment où les bourgeons sont sur le point de s’épanouir. Nul doute, en elfet, que la coupe faite en été ne soit la plus désavantageuse; mais celle qui a lieu en automne, après la chute des feuilles et dans le courant de l’hiver, nous parait avoir, dans les climats tempérés, comme l’intérieur de la France, beaucoup moins d’inconvéniens que dans les pays froids, tels que ceux où M. Hartig a fait ses observations : les neiges et les gelées dont il redoute les effets y sont moins à craindre. Quoi qu’il en soit, les préceptes de cet auteur sont conformes à l’expérience, et il sera toujours utile de s’y conformer toutes les fois que les circonstances ne s’y opposeront pas. Ces observations s’appliquent particulièrement à la reproduction des souches, que Duhamel n’a pas contestée être affaiblie par les coupes en temps de sève. Mais revenons aux inconvéniens de ces coupes par rapport à la qualité des bois. M. Hartig recommande de couper tous les bois de construction dans le milieu de l’hiver, et il a prouvé par ses expériences que les bois coupés en temps de sève valaient beaucoup moins pourle chauffage que ceux coupés en hiver. M. le baron de Wer- neck a également reconnu qu’ils produisaient un charbon de moindre valeur. Quant aux bois de construction, dit M. Hartig, il est certain que lorsqu’on les coupe en hiver, ils ne se gâtent pas aussitôt, ne se gercent pas aussi facilement, sont moins vite attaqués par les insectes, durent plus longtemps, et fournissent plus de chaleur que ceux abattus en temps de sève. On ne doit donc en abattre aucun, si ce n’est en hiver, et on doit sur-tout choisir les mois de décembre, janvier et février ; et si on pouvait admettre quelque exception, ce ne serait que pour ceux qu’on emploie de suite dans des constructions sous l’eau. Outre M. Hartig, un grand nombre d’autres forestiers allemands ont combattu l’opinion de Duhamel ; cependant elle a eu aussi quelques partisans parmi eux. Nous allons rapporter les sentimens des uns et des autres. M. de Carlowitz, dans son ouvrage sur la Culture des arbres forestiers , se prononce contre la coupe des bois en sève, à cause de l’humidité, qui devient le principe de la pourriture qu’on aperçoit bientôt sous l’écorce. Il se prononce également contre celles faites pendant les fortes gelées, et il rappelle le précepte de Pline, qui veut qu’on ne commence les coupes que sur la fin de l’hiver, mais qu’on les continue sans relâche , même pendant le croissant de la lune. M. Doebel observe, relativement au précepte de couper les bois hors sève, qu’il n’est que relatif au plus ou moins de sève que contiennent les arbres, et que, s’il était absolu, il faudrait attendre que les arbres fussent morts et entièrement desséchés, vu qu’ils contiennent de la sève dans tous les temps. M. de Moser , dans ses Principes d’économie forestière, déclare qu’aucune espèce de bois , soit pour le feu , soit pour les constructions et autres usages, ne doit être coupée en pleine sève. M. Beckmann, dans son Supplément à l’amélioration de la science forestière , contredit la descente de la sève dans les racines; mais il admet l’épaississement de cette sève pendant l’hiver, et sa liquéfaction pendant l’été. Sa théorie le conduit à assurer que la sève , comme l’àme et la vie du bois, s’échappe par l’effet de la chaleur quand on le coupe dans les mois de l’été : d’où il suit qu’il faut couper le bois de chauffage en hiver. Quant au bois de construction , il pense que la sève épaissie ne lui est d’aucune utilité. 11 ajoute que si on l’abat en pleine sève et qu’on le fasse sécher convenablement, il devient plus léger, et qu’il est nécessaire de lui faire subir ce dessèchement avant de le mettre en oeuvre. L’opinion de cet auteur se rapproche de celle de Duhamel relativement aux bois de construction, et elle peut être combattue par les mêmes moyens. M. Burgsdorf, dans son Manuel forestier , dont nous avons donné la traduction, nous dit qu’il est important que les arbres destinés aux constructions soient dépouillés de leur écorce, Comme l’entretien des forêts exige que l’on favorise le plus possible la repousse des bois , il importe de les couper à l’époque de l’année qui puisse le mieux faire atteindre ce but. D’après les expériences que j’ai faites à cet égard, on doit, à moins que des circonstances importantes ne s’y opposent, comme par exemple des terrains marécageux , etc., procéder à la coupe du bois au printemps, et surtout à l’époque où les boutons commencent à se développer, ce qui est déjà le commencement de la sève (1). x> L’expérience apprend que la reproduction des souches n’a lieu cjue dans les jeunes bois, tandis qu’elle n’a pas lieu , ou du moins qu’elle est de peu d’importance dans les arbres d’un certain âge : ainsi quand on coupe des arbres, on doit s’attacher principalement à la considération qui doit leur procurer la plus longue durée. » Pour avoir des idées justes à cet égard , il faut consulter , d’un côté , l’organisation et lq végétation du bois , et de l’autre l’expérience. » On a fait, à la vérité, des observations précieuses sur la végétation ; mais il reste encore bien des choses dans l’obscurité. Nous connaissons faiblement la structure des parties constituantes du bois, moins encore les opérations mécaniques de l’accroissement, et très-peu les matières de cet accroissement. Les parties extérieures des arbres sont les racines , la tige, les branches, les feuilles , les fleurs, les fruits, etc. ; si nous les décomposons, nous trouvons des parties fluides, grasses, aqueuses, spiritueuses , gazeuses, savonneuses, etc., et des parties solides , telles que les fibres ligneuses , les pores, les cellules, les membranes, la moëlle , etc.; mais si nous cherchons à expliquer le mouvement de la sève , la formation du bois et des différentes productions de l’arbre , nous sommes forcés de reconnaître notre ignorance sur les opérations particulières de la nature à cet égard, et sur les fonctions de chaque partie séparément. » Les bois à feuilles éprouvent des changemens remarquables suivant les saisons; ils se dépouillent de leurs feuilles en automne; ils restent dans cet état pendant l’hiver, et au printemps ils en prennent de nouvelles. Quel est donc le but de ces changemens? N’est-ce qu’un repos qui est donné à la vie végétale de l’arbre? ou bien l’entrée des fluides qui provoquent la sortie des feuilles , est-elle interdite pendant l’hiver, afin que la sève pompée pendant l’été puisse se durcir et se convertir en bois? Ge qu’il y a de certain , c’est que , pendant l’hiver, le degré de fluidité de la sève dans les arbres est sensiblement diminué, et que le mouvement en est comme suspendu. Au printemps, au contraire, la chaleur et l’humidité , qui agissent avec activité, opèrent la liquéfaction de la sève et la mettent en mouvement ; de nouvelles feuilles se développent, (1) Cette observation revient à ce que nous avons dit précédemment, que, dans les pays froids, les coupes devaient se faire plus tard ; et il s’agit, en effet, d’un pays situé par le 54'. degré de latitude nord. EXP 92 EXP de nouvelles pousses s’allongent •, il s’établit de nouvelles couches de liber; les anciennes se changent en aubier; enfin la vie végétale est dans toute sa vigueur. A cette époque, ainsi 'que'pendant le cours de l’été , tous les vaisseaux de L’arbre sont remplis de sève, et les parties déliées qui entrentdans la constitution de ces vaisseaux et des fibres, sont alors extrêmement délicates et souples; mais, dans l’hiver, l’accroissement de ces parties semble s’arrêter et être terminé. Il est donc certain que les parties ligneuses, qui, dans l’automne , ont terminé leur accroissement , doivent avoir bien plus de solidité , et par conséquent de durée, que celles qui ne font que se former pendant l’été, au moyen de substances fluides. Comme, ici, il est permis de conclure de la partie au tout, avec d’autant plus de raison, que J’agent qui opère la destruction du bois (l’air avec le secours de l’humidité et de la chaleur), finit par en détruire la niasse totale, en désorganisant successivement toutes les parties qui la composent, je suis persuadé que le. bois présente à cet agent une résistance toujours proportionnée au plus ou moins de perfection dans sa formation, c’est-à-dire que le bois aura plus ou moins de durée suivant qu’il sera plus ou moins formé. » Comme je suis aussi dans l’opinion que les nouvelles couches de bois formées pendant l’été prennent de la consistance pendant l’hiver, je pense que la plus longue durée possible sera le partage des bois qu’on ne coupera que sur la fin de l’hiver. » Cette époque dépend de la température, elle peut être fixée ici ( à Rostock , dans le Mecklem- bourg) vers la fin de janvier et le commencement de février; ordinairement la chaleur commence à se faire sentir dans les derniers jours de février, et à agir sur la sève. » Si on voulait prolonger la durée des coupes , ce qu’on est obligé de faire quand on n’a pas assez d’ouvriers dans les forêts d’une certaine étendue, il faudrait alors suivre l’indication de la nature , en n’abattant que les arbres non encore en feuilles. » Des expériences multipliées , que j’ai faites dans des réparations de bàtimens avec des bois coupés en sève , m’ont appris depuis long-temps que ces bois, tant ceux à feuilles que ceux résineux, sont d’un très-mauvais usage et d’une très-courte durée lorsqu’ils sont exposés à l’air. L’examen des parties extérieures du bois fait apercevoir une différence notable entre celui qui est coupé en hiver et celui coupé en été : ce dernier a les pores plus ouverts; il est plus spongieux, et si pn le fait sécher il devient plus léger, il se tourmente davantage, l’aubier se gerce, les couches de l’année sont plus larges , et il est plutôt attaqué par les vers que le bois coupé en hiver. jt.Das^.les bris résineux, qui cependant conservent leurs feuilles pendant l’hiver, à l’exception du mélgae, ou remarqua aussi uu changement sensible quant àiafluidité de lasève. La partie aqueuse semble disparaître pendant l’hiver et se convertir en résine. . » .Quant à la qualité des bçijs.pourle chauffage , M. Hartig a constaté par se* expériences que ceux qui étaient coupés en, hiver donnaient beaucoupplus de jchaleuï, ducajept bien plus long-temps âù feu , et fournissaient un meilleur charbon que ceux coupés en sève. 33 Pour les constructions dans l’eau et sous terre, on emploie ordinairement, sur-tout en bois résineux^ celui qui a été coupé en été, et l’on pense- qu’il dure plus long-temps : c’est l’opinion que ÂI. Klippstein, maître des forêts à Hohenzoim, a émise en ces termes dans l 'Indicateur de l’Empire , de 180o, n°. 262 : « Tous les bois qu’on emploie étant secs à des » constructions dans des endroits humides , et paroi ticulièrement dans l’eau, admettent 'dans leurs 33 vaisseaux séveux, qui se trouvent alors ouvert)»., 33 des fluides étrangers; et comme leur propre sève 33 a beaucoup moins d’effet sur la détérioration dL os bois que ces fluides étrangers, il en.iréBulte lu h nécessité de couper en sève les bois qu 7 on destine 33 à cet usage et de les employer de suite. x> » Je ne puis admettre Cette opinion, car je crois que la sève fluide, qui de sa nature est mucila-gi- neuse, se corrompt bien plus vite et détériore bien plus promptement les parties délicates qui commencent à se former en bois, que l’eau pure qui s’introduit dans les parties solides du bois coupé en hiver; cependant je pense qu’il est nécessaire de dégrossir de suite le bois qu’011 coupe on hiver , et de le plonger dans l’eau, pour éviter qu’il ne soit desséché par l’air, que je regarde comme l’agent de la destruction du bois. Si on observe cette pratique, et si on plonge dans l’eau le bois coupé en hiver, je suis persuadé qu’il durera plus long-temps que s’il eût été coupé en sève. En général, le bois qui a été privé de l’air et jeté dans l’eau est d’une durée si considérable, qu’il est difficile de faire sur la comparaison dont il s’agit des expériences et des recherches exactes. 33 D’après tout ce qui vient d’être dit, je demeure convaincu que le bois coupé en hiver aura une durée beaucoup plus considérable que celui que l’on coupera en été, au printemps ou eu automne.d 33 Les bois de marine , pour lesquels on 11’emploie que des arbres, doivent donc indispensablement' se couper en hiver, sans en excepter les chênes, qu’on abat ordinairement dans le mois de mai pour se procurer du tan , parce que l’avantage de ce produit, si considérable qu’il soit, ne peut, à mon avis, balancer la perte en qualité que le bois de construction éprouve de l’abatage en temps de sève. Il n’en est pas de même des chênes qülon destine à,être employés comme bois de cordera faire des pieux et autres choses semblables, on pqut, dans ce'cas, les abattre en sève pour en -tirer , 1 e tan , qui est'.uni produit d’autant plus important, qu’on n’a pas de moyen de le remplacer ; mais cette considération ne peut déterminer â abattre dans aucune autre saison que l’hiver les bois destinés aux constructions et aux réparations d.es vaisseaux, quiy étant très-coûteuses, exigent qu’on y emploie le* boit- dp la. plus-longue duree,» -lii-u'l mp U( Un auteur anonyme allemand, qui a rédigé yen 1808, un mémoire en réponse à celai de M. Becker, sur la manière de-former des bois-propres ù. la marine , a partagé entiè*ement,ljopinitui deicolui-ci sur les inconvénieas de couper les.bois en.sève, et il y EXP EXP 9 5 a ajouté plusieurs observations importantes sur l’é- corcement des arbres. Nous allons en présenter une courte analyse. Il établit l’analogie qui existe entre la méthode roposée par Buffon et Duhamel, d'écorcer les ar- res sur pied pour les abattre lorsqu’ils sont morts , et celle de la coupe des bois en été ; il en conclut que si l’une a une inilueuce nuisible sur la qualité et la durée du bois , l’autre doit également lui être défavorable. Il observe que , pendant l’hiver, les fibres ligneuses dos arbres sont enveloppées d'un enduit solide et souple , provenant d’un reste de sève, qui était peu de temps auparavant dans un état de fluidité. Cet enduit, cet englurnen, se dissout au printemps par son mélange avec la sève fluide , qui s’y incorpore et vient r’ouvrir les vaisseaux qui charrient la nourriture de l’arbre. Si donc on abat un arbre pen- dantl’hiver,et qu’en le dégrossissant aussitôton procure au bois un commencement de dessiccation, ce bois conservera son élasticité naturelle , ainsi que la dureté et la duree qui doivent l’enduit séveux et solide qui enveloppe les libres ligneuses, d’un autre côté , il résistera plus long-temps à l’introduction de l’àiret de l’humidité extérieure, parce que ces agens de la dissolution n’auront alors qu’une affinité éloignée avec l’enduit qui protège les fibres ligneuses 5 mais lorsque les premières chaleurs du printemps ont mis en activité les pompes aspirantes de la végétation , introduit dans toute la masse ligneuse les fluides de la sève, et dissous l’enduit séveux, qui ne peut plus résister aux fluides de même nature qui abondent de l’extérieur pour se porter dans les diverses parties de la plante , alors toutes les qualités d’un bois parfait sont anéanties; les fibres ligneuses sont plus écartées qu’auparavant ; une humeur aqueuse en remplit les intervalles , et si, dans cet état, ou abat l’ajbre et qu’on l’expose à un dessèchement prompt, les pores resteront ouverts et bàillans, ,ce qui produira un bois léger et spongieux , qui aura encore l’inconvénient de se gercer et de fendre profondément. D’un autre côté, si on ne se hâte de le faire sécher, la sève fermente et occasionne plus ou moins vite la pourriture de la masse qui s’en trouve imprégnée ; les vers s’y établissent et la rongent. Veut-on prévenir ces accidens par un dessèchement prompt, on ne fait que les retarder pendunt quelque temps , et ils se manifesteront dès que l’humidité extérieure aura pénétré dans le bois. En effet, les vaisseaux séveux, qui sont alprs très-ouverts, absorberont avidement l’humidité environnante, qui , n’éprouvant plus d’obstacle , pénétrera touLe la substance du bois , et en occasionnera la désorganisation. Il résulte des observations et des faits rapportés dans le paient chapitre, que de tout temps l’abatage des bois en sève a.été.proscrit comme nuisible à-la-fois à La qualité des bois et* à la reproduction des souches ; que l’usage de les abattre en hiver s’est établi de lui-ipê/ne., et qu’il n’a été l’objet des injonctions réglementaires que parce qu’il était' reconnu comme le seul praticable ; que les expériences dont .oa a voului s’appuyer, pour s’écarter d’une pratique qui.avaù la sanction du temps et l’approbation de tous ceux qui, par état, pouvaient la juger, n’ont point été assez variées pour qu’on puisse en rien conclure de contraire à oette pratiqué, et qu’elles sont d’ailleurs susceptibles de beaucoup d’observations , tandis que la raison et la saine physique , d’accord avec l’exp>ërience du temps, sont toutes favorables aux abatages d’hiver ; que cependant il n’y a point d’époque unique et générale pour commencer ou finir les coupes dans tous les climats, puisque, dans ceux où les froids se prolongent pendant long-temps , le moment le plus favorable est celui où les boutons des arbres commencent à se gonfler; tandis que, dans les pays chauds et tempérés , on peut couper pendant tout l’hiver, à commencer du moment de la chute des feuilles ; qu’ainsi la faculté laissée aux officiers forestiers locaux de déterminer eux-mêmes le moment de l’abatage , est une disposition fort sage, et que c’est à eux à juger, d’après l’expérience des lieux et la température, ce qui peut être le plus avantageux ; que la règle naturelle à suivre à cet égard est de ne commencer les coupes qu après la chute des feuilles , et de Its ces- * w 'ï“--maispuede toutes les saisons, n importe dans quel pays, ta plus mauvaise pour Y exploitation des bois est celle de l’été , puisqu’indépendamment de l’influence qu’elle a sur la détérioration du bois, elle affaiblit les souches par une déperdition de sève considérable; qu’elle fait perdre une feuille; que pendant cette saison on endommage bien plus les jeunes plants qui se trouvent dans la coupe, qu’on paie les journées d’ouvrier plus cher, et que la quantité de feuilles dont les bois sont couverts en rend le travail plus gênant. Renfermons-nous donc, sur ce point, dans les dispositions de nos réglemens , qui sont fondées , non sur des essais trompeurs, mais sur l’expérience respectable de tous les temps et de tous les lieux. Chapitre III. — S’il faut avoir égard aux phases de la lune et aux vents régnans pour la coupe des bois ? On attribuait autrefois beaucoup de puissance à la lune sur les corps terrestres, et plusieurs personnes croient encore à l’influence de cet astre. Pline, qu’on doit toujours consulter pour connaître l’opinion des anciens, nous dit, liv. XVI, chap. XXXIX , où il parle de la coupe des arbres, qu’il est très-important d’observer la lune; qu’on prétend qu’il ne faut couper les bois que depuis le vingtièmede la lune jusqu’au trentième, et que tout le monde convient que la coupe est excellente dans la conjonction de cette planète avec le soleil : Infi- nitum refert et lunaris ratio, nec nisivicesimâ in tri- cesimam cœdi volunt. Cette opinion fut empruntée de Théophraste, et confirmée par Columelle , chez lequel on lit, liv. XI, chiap. I er . : Omnis materia sic casa judicatur carie non infestari. Pline rapporte ensuite que l’opinion de plusieurs personnes est qu’il faut, pour avoir une bonne coupe,que la lune soit en même temps en conjonction et sous terre, ce qui ne saurait arriver que pendant la nuit,*mais que si la lune se trouve en conjonction le jour même du solstice de l’hiver, le bois que l’on coupera alors sera étemel : Quidam di- EXP 94 EXP cunt , ut incoitu, et aub terrâ sit luna : quodjieri nonpotest nisi noctu ; at si competant coitus in no- vissimum diern brumce > ilia sit atema materies. Ecoutons aussi Palladius : Materies adfabricam ccedenda est cùm luna decrescit. Caton l’ancien, que Pline appelle l’homme le plus entendu dans toutes les choses de la vie, hondnum suntmus in omni usu, dit que la coupe de l’orme, du pin, du noyer, et de tel autre arbre que ce soit, doit se faire dans le déclin de la lune , après midi, et lorsque le vent du sud ne souflle plus ; que le vrai temps de couper un arbre est lorsque son fruit est mûr ; qu’il faut avoir Inattention de ne point l’arracher ou l’équarrir lorsqu’il y a de la rosée : Ulmeam,pineam, nueeam, banc atqua aliam materiam omnem cùm tffodies , luna decrescehte eximito post meridiem, sine -vento austro. Tune erit tempestiva , cùm semen suum ma- turum erit. Cavetoque ne per rorem trahas , aut do- les. ( De re rusticà, cap. XXXI.) Le même auteur ajoute, dans le chap. XXXVII : « Ne touchez point à vos arbres, si ce n'est dans la conjonction de la lune ou dans le premier quartier; mais dans ce temps-là même «“ —•>—1-~- r — ~i >»,, uuupezpas. Le meilleur temps pour les arracher, c’est pendant les sept jours de la pleine lune; ayez soin de ne jamais équarrir ou couper votre bois, et de n’y pas même toucher lorsqu’il est chargé de gelée blanche ou de rosée, mais seulement lorsqu’il est sec : Nisi intermestri , lunâque dimidiatâ, ne tangas materiem. Tune ne effodias aut prcecidas abs terra. Diebus septum proximis, quitus luna plena fuerit, optimè eximitur. Omninù caveto ne quam materiem doles , neve ccedas, neve tangas , nisi sieçam ; neve gelidam , neve rorulentam. » Nous voyons aussi dans l’ouvrage de Pline , que le pont des naumachies, à Rome, ayant été brûlé , l’empereur Tibère donna ordre que l’on coupât en Rhétie, dans le temps de la conjonction de la lune, la quantité de mélèzes nécessaire pour le rétablir. Cet auteur ajoute, d’après les historiens, que des flottes furent construites et firent voile quarante à cinquante jours après que le bois en eut été coupé , parce qu’il l’avait été dans un temps convenable : condition tellement essentielle, dit-il, qu’elle peut contre-balancer les défauts qui résultent d’une trop grande précipitation dans la construction et dans l’emploi des navires. Les anciens, comme on le voit, croyaient beaucoup à l’influence de la lune, et leur opinion trouve encore aujourd’hui des partisans, même parmi les personnes instruites. Un célèbre médecin anglais, le docteur Mead, a fait un livre qui a pour titre : De imperd) solis et lunæ in corpore humano, de l’influence du soleil et de la lune sur le corps humain; cependant il n’est plus permis d’ajouter foi à la puissance extraordinaire qu’on a attribuée à cet astre, et en admettant qu'il ait quelque influence réelle, ce ne peut être que d’une manière bien moins forte, et sur un bien plus petit nombre d’objets qu’on ne l’a cru pendant long - temps. V. , à cet égard, ce que dit M. Lacroix, membre de l’institut, dans Nouveau cours d’agriculture , à l’article Lune. Duhamel, qui a voulu vérifier pour ces expériences la solidité de toutes les opinions reçues à l’égard des bois T a reconnu que mal-à-propos on attribuait quelque influence aux lunaisons sur la qualité des bois, et que ceux abattus pendant le croissant valaient au moins autant que ceux abattus dans le décours. Son opinion fut contredite par Tollés d’Acosta, qui demeura convaincu, avec plusieurs marchands de bois, qu’un chêne abattu en nouvelle lune est plutôt piqué des vers, que l’aubier s’altère plus promptement, et que pour préserver le bois de la piqûre des insectes et contribuer à sa conservation, il faut le couper depuis le quatorzième jour de la lune jusqu’au deuxième de la nouvelle. On prétend même, ajonte-t-il, qu’on doit abattre le chêne seulement dans les pleines lunes de décembre et de mars, ayant été observé que, dans la pleine lune de janvier, l’arbre est sec dans sa partie supérieure; que celle adhérente au sol est verte, et qu’elle pousse des jets ; enfin que le gros bois n’est pas le seul qui demande à être coupé en pleine lune ; que celui destiné au chauffage doit être exploité dans le même temps , ainsi que lo pdtit bois destiné à fa’»-» «Latbun , parce qu’en conservant Lu, ecorce le feu en est plus ardent; qu’on s’aperçoit aux forges du temps où le bois a été coupé; qu’on avait même re.marqué que pour donner de la qualité aux bois de taillis et autres qu’on emploie au chauffage , il fallait les couper depuis le i5 septembre jusqu’au i5 décembre, époque où il faut commencer à couper la futaie. , " IL pensait, au surplus, et à cet égard Duhamel avait manifesté la même opinion, que dans les fortes gelées il falL.it cesser l 'exploitation des futaies , parce qu’alors la sève venant à geler depuis un pouce jusqu’à a , il y avait à craindre que les arbres ne s’éclatassent ; que d’ailleurs les bûcherons éprouvent beaucoup de peineàentamer cette partie gelée, dont La résistance est telle qu’elle ébréche les outils. Relativement aux inconvéniens de couper les bois dans le croissant de la lune, nous avons vu plusieurs marchands de bois qui étaient persuadés de leur réalité , et nous avons été témoins, dans les bois de l’inspection de Versailles , que des ouvriers avaient interrompu , dans le croissant de la lune , la coupe d’un taillis de châtaignier , parce qu’ils prétendaient que le bois s’échaufferait et serait piqué des vers. Les menuisiers que nous avons consultés partagent la même opinion. Enfin , en Allemagne comme en France, beaucoup d’exploitans de bois et de forestiers ont encore égard aux phases de la lune. M. de Carlowitz, dont nous avons déjà fait connaître l’opinion sur les inconvéniens de couper les bois en temps de sève , rapporte que Salomon ordonna de couper les arbres destinés à la construction du temple le second jour du mois Sif. Il pense que la lune a une grande influence sur la qualité des bois; qu’il suffit, pour s’en convaincre, d’observer ses effets sur les végétaux ; il la regarde comme l’agent qui pourvoit à leur nourriture et à leur entretien : d’où serait venue la fable de Diane , considérée en même temps comme la lune et comme la déesse des forêts. Il ne suppose pas qu’aucun homme instruit puisse douter de l’avantage de couper les bois dans le décours, et voici ses raisons : « La lune , dans son mouvement, élève les vapeurs EXP EXP delà terre et la aève dans les arbres ; à mesure qu’elle croît, les vapeurs s?élèvewt dan* la même proportion : d'où, il suit que si , dans cette circonstance, oh coupe un arbre, il sera imprégné de fluides qui, en se corrompant, donneront lieu à la vermoulure; mais à mesure que la lune décroît, les vapeurs s’a- baissent et finissent par disparaître. » Nous laissons aux astronomes et aux physiologistes à apprécier le mérite de ces observations. M. de Burgsdorf est loin de croire à l’influence de la lune , et il soutient qu’aucun homme raisonnable ne peut y ajouter foi. Nous ne pousserons pa9 plus loin nos recherches sur cet objet, d’autant qu’elles ne nous conduiraient probablement qu’à réunir un plus grand nombre d’expériences contradictoires , sans qu’on puisse en rien conclure. Nous pensons cependant, avec Duhamel, Burgsdorf et quelques autres auteurs, que rien de positif ne justifie l’opinion assez générale qu’on doive abattre les arbres dans le décours de la lune, et nous croyons qu’il est indifférent de les abattre pendant tout le cours,de cet astre. Quant à la question de savoir s’il faut avoir égard aux vents régnans , elle parait mériter encore moins d’attention, attendu quel’influertce de ces vents, n’étant que momentanée, ne peut produire d’effet durable sur le bois , qui est soumis à tous les ehange- mens successifs que l’atmosphère peut éprouver. V. le mot Vent, où cette opinion est développée. Chapitre IV. — Delà manière de couper les bois pour en favoriser la reproduction.—Observations sur la coupe entre deux terres. — De la nécessité de conserver des baliveaux comme moyens de procurer de l’ombre aux jeunes recrus, et d’opérer le repeuplement par les semences. § i er . De la coupe des bois suivant l’ordonnance. Les art* 4 2 i 43 -, 44 e t 4 ^ du tit. XV de l’ordonnance de 1669 vetilent, cônime nous l’avons déjà dit, que les bois soient coupés à la cognée et le plus près de terre possible ; qtie la serpe et la scie ne soient jamais employées à la coupe des bois; que les étocs soient ravalés très-près de terre, et que les arbres soient abattus de manière à ne point endommager par leur chute les arbres restans. Telles sont les règles prescrites pour l’exploitation des bois de l’état, et que l’on applique également aux bois des communes et des établissemens publics. Les particuliers peuvent même les faire observer dans leurs bois, ainsi qu’il a été jugé par arrêt de la Table de maibre de Paris, du 4 janvier 1678, et récemment par la cour de cassation. V. Bois de particuliers. Ces règles, très-bien expliquées dans l’ordonnance de 1669, et que nous avons rapportées avec détail dans la î 1 ». section de cet article , étaient déjà recommandées par les anciennes ordonnances de i 3 y 6 , i 388 , 1402 et i 5 i 5 , qui s’accordent à dire que si les usagers'et les coutumiers ne font la coupe de leurs bois, c’est-à-dire de celui qu’ils prennent, de manière qu’elle puisse être profitable pour le recru, ils les feront Tecouper à leurs dépens. V. les Lois forest., par Pecquet, t. I, p. 465 . 9 5 Tout le monde convient que ces dispositions sont d’une telle importance, que la conservation des forêts est attachée à leur exécution. Elles défendent l’emploi de la serpe et de la scie, instrumens qui causent des déchirures au bois, ou qui ne permettent pas de le couper rez terre; elles défendent d’é- cuisser ou d’éclater les souches, parce que les fentes et les éclats deviennent le séjour des eaux et exposent lès racines à pourrir , tandis que la section de la tige rez terre, nette et légèrement en talus, prévient ces accidens et donne le meilleur recru possible 5 elles veulent que les anciens noeuds causés par les coupes précédentes soient enlevés, parce que ces nœuds s’opposent à la sortie des bourgeons, ou ne produisent que des brins mal venans, tandis que les pousses qui partent du collet de la racine sont plus vigoureuses. Sur cette dernière disposition, Pecquet observe qu’elle peut toujours s’exécuter pour le chêne ; mais qu’il n’en est pas de même pour le hêtre quand il est vieux, attendu que nul outil ne peut mordre sur d’anciens nœuds à fleur de terre et au-dessus; que l’on est obligé de les laisser avec d’autant moins d’inconvénient, que ce ne sont pas ces anciennes souches ordinairement qui donnent dn reern ; que l’expérience apprend, au contraire, que ces espèces de cabochons sèchent et meurent, et qu’il ne repousse du bois qu’aux environs, soit déracinés, soit de semences; cependant, il recommande de veiller à ce que cette disposition soit exécutée autant que possible. Nous pensons, au contraire, qu’on doit ordonner l’extraction de toutes les vieilles souches qui ne peuvent donner de beaux rejets. V. ce que nous disons ci-après, et le mot Souche. § 2. — De la coupe des bois entre deux terres. Nous devons parler ici d’une nouvelle méthode de couper les bois, qui a été proposée dans la vue d’améliorer le recru , nous en avons déjà rendu compte dans le volume des Annales de 1808. Cette méthode, pratiquée par M. Douette-Richardot, cultivateur à Langres, département de la Haute- Marne , consiste à couper les bois entre deux terres , au lieu de les couper rez terre, comme le veulent nos ordonnances. Un rapport avantageux a été fait sur les résultats de cette pratique, par une commission prise dans le sein de la Société d’agriculture de la Haute-Marne; mais elle a aussi été combattue par plusieurs agronomes, et sur-tout par M. Petit, membre de la même Société d’agriculture. Celui-ci déclare que la seule méthode qui puisse convenir à tous les sols et à toutes les essences, est celle prescrite par l’ordonnance. Il est certain que la loi, dont les préceptes sont généraux , ne pouvait tracer une règle qui s’appliquât mieux à toutes les localités. Cependant il ne serait pas inutile que des propriétaires particuliers fissent quelques expériences sur la nouvelle méthode , elle trouverait peut-être quelques applications avantageuses. Mais il serait imprudent de l’adopter comme règle générale; car si elle a réussi dans quelques circonstances, elle m'aurait certainement pas le même succès dans beaucoup d’autres. Par exemple, elle serait nuisible dans les terrains EXP 9 6 froids et humides, où l’aclion de l’air et de la chaleur sur la souche coupée est si nécessaire pour le développement des jeunes bourgeons, et elle le serait peut-être encore dans les taillis composés de jeune bois, dont les racines n’auraient pas assez d’énergie pour pousser au dehors les surgeons destinés au repeuplement; tandis que dans les pays chauds et dans les terrains secs, où le soleil fait gercer les étocs et occasionne une grande évaporation de sève, elle pourrait être utilement employée, surtout pour les vieilles souches. Cette méthode ne présente donc que des avantages bornés à quelques localités ou circonstances ; et la disposition de l’ordonnance qui prescrit de couper les bois le plus près de terre possible, et qui, par conséquent, évite les inconvéniens des coupes au-dessus du sol et ceux des coupes en terre, est véritablement la seule règle générale que la loi a dû tracer, et dont on ne doit pas s’écarter dans les forêts soumises au régime de l’administration, à moins d’une autorisation spéciale , et dans les forêts des particuliers, sans avoir mûrement examiné toutes les circonstances locales. Guyot, dans son excellent Manuel forestier, rend compte des expériences qu’il a faites sur les différentes manières de couper les taillis et les futaies, et il indique une méthode qui pourrait bien avoir donné lieu à celle de M. Douette-Riehardot ; mais il faut remarquer qu’elle n’est, dans le sens où elle est présentée, que la conséquence de la disposition de l’ordonnance; que l’autour n’en fait point une règle générale applicable à tous les lieux, à toutes les espèces de bois et à tous les âges de taillis ou de futaie. Elle a sur-tout pour objet l’enlèvement des vieilles souches recouvertes de nœuds , et où la sève éprouve mille obstacles dans sa marche et dans ses effets. Pour mettre nos lecteurs à portée de juger dans quel esprit est présentée la méthode de Guyot, nous allons la rapporter textuellement. « Abatage des buis taillis. — Il est surprenant, dit l’auteur, que les bois taillis se coupent encore communément assez mal, malgré la disposition précise de toutes les ordonnances forestières même les plus anciennes. Dès les années i 3 j 6 , i 388 , 14.02 et i 5 i 5 , on avait ordonné le recépage des bois mal coupés. L’ordonnance de 1669 s’explique là-dessus de manière à 11e laisser aucun doute. L’art. 4 2 du tit. XV dit : les futaies seront coupées le plus près de terre que faire se pourra, et les taillis, etc. Les forestiers qui ont rédigé cet article étaient intimement persuadés de quelle conséquence il est pour le bon aménagement Il est évident que Guyot entendait parler de ces vieilles souches usées ou recouvertes de noeuds, et qui ne donnent, en effet, que de faibles rejets. Sa méthode tout entière est renfermée dans ce peu de mots t Séparez les racines latérales des vieilles souches', et enlevez tout ou partie de ces vieilles souches. On ne peut nier que cette méthode ne doive avoir de bons résultats dans le plus grand nombre de cas; mais il serait désirable qu’on fit encore des expériences à cet égard. Voici celles qu’a bien voulu nous faire connaître M. Guyet-Laprade, ex-conser- servateur des forêts à Bordeaux. La première expérience qu’il a faite remonte à 1780; elle fut exécutée sur un bois taillis en côte, anciennement établi; dont les souches étaient de Tome IL La deuxième fut faite en 1788, sur un bois taillis appartenant à la commanderie de Make, commune de Vayres. La troisième eut lieu, en l’an 4 , sur un taillis dépendant d’un bois national en Médcc. J.a quatrième enfin fut exécutée en 1808 sur une partie de futaie dépendant de la forêt royale de (.'nba- nac, dont on fit exploiter les arbres, partie d’après l’ancien mode, et partie d’après la méthode de Guyot et de Richardot. «Le résultat de cette expérience, dit M. Guyet-Laprade, a été que tous les arbres coupés suivant la dernière méthode se trouvent remplacés par de très-belles cépées qui représentent des arbres de tige; tandis que les souches des arbres coupés au-dessus de terre ont péri presque en totalité, puisqu’il en est à peine un dixième qui ait donné quelques cépées, la plupart languissantes, lorsque les autres sont de la plus belle venue. » C’est d’après ces expériences que nous avons acquis l’intime conviction que la coupe d’une futaie par son pivot est le seul moyen efficace de régénérer les bois, et d’obtenir de très-belles tiges propres à être élevées en futaie, moyen bien préférable aux semis , toujours dispendieux et infiniment moins sûrs. » M. Laprade, fort de trente ans d’observations et d’expériences pratiques, s’élève, contre la manière destructive de couper les taillis et les futaies au- dessus de terre, et il ne fait aucun doute que lorsque les avantages de la méthode de Guyot seront connus, on ne s’empresse de la mettre en pratique dans toutes les forêts, soit de l’état, soit des particuliers. 11 fait consister les avantages de cette méthode dans l’addition donnée à la longueur des pièces abattues, dans la supériorité des brins de recru , dans la multiplication et le rajeunissement des cépées, dans la faculté qu’auront des racines devenues racines principales de secondaires qu’elles étaient, de produire et nourrir des brins de chêne propres à être élevés en futaie, puisque ces brins ne seront point adhérens à de vieilles souches, et qu’ils présenteront les mêmes effets que des brins de semences. Il loue l’intention des rédacteurs de-l’ordonnante dans la disposition qui prescrit de couper les futaies le plus près de terre possible; mais il pense que cette disposition laisse trop à l’arbitraire de l’ouvrier et du marchand. Si l’intérêt de celui-ci est d’exécuter l’ordonnance, celui de l’ouvrier est de s’en écarter: d’où il résulte que n’étant pas toujours surveillé, cet ouvrier abat le plus d’arbres qu’il peut dans le moins de temps possible. Alors les souches qu’il a mutilées et coupées en cul-de-lampe ou pied- de-biche, à un décimètre et plus au-dessus de terre, deviennent le séjour des eaux pluviales, qui pourrissent le cœur de ces souches, et portent la mort dans toutes les parties de la végétation. S’il arrive que quelques-unes repoussent, elles ne produisent que de frêles drageons adhérens à l’écorce, sujets à être séparés de leur tronc par le moindre froissement ou par les vents, et qui ne présentent jamais que de mauvaises cépées peu propres à fournir an bon taillis. A la deuxième ou troisième révolution , l5 9 8 EXP la soucjie Unit par périr, ot le plus souvent unpsur 7 face qui naguère était couverte d’une, belle futaie,, ne présente qu’unp terre vague, et oa,f>e sp rappelle son ancienne splendeur que pur le nom ■qu’pu,-lui q conservé. , , AI. Laprade parlant ensuite des taillis y otjserye (|ue si la disposition de l’ordonnance qui Us ,çpn- terne eût toujours été exécutée, ils présenteraient un plus,grand nombre de brins rie tige prqpres à croître.eu-futaie; mais qu’elle a été si peu exceptée dans quelques localités, qu’il est souvent impossible de trouver dans un hectare le nombre de baliveaux de l’âge exigé par l’ordonnance, et que beaucoup de cépées se trouvent sur de nouveaux étocs, venus eux-mêmes sur des milliers de noeuds qui, par leur réunion, donnent à la souche une circonférence d’un à a mètres, et une élévation au-dessus de terre de 2 décimètres au moins. Il rappelle aussi l’observation de M. Clausse , que la nature fait bien plus par les racines que par les semences , pour la prompte régénération des forêts, et il cite pour exemple cette multitude de drageons qui sortent des fossés que l’on ouvre dans les endroits où. il se trouve des racines (1). Puis il fait le rapprochement des différens procédés proposés par Guyot, Clausse et Douette-Richardot. Nous avons vu ceux de Guyot. Quant à la méthode de M. Clausse, elle consiste, relativement aux futaies, à'faire couper les racines à 5 ou 6 pieds de la souche et dans terre, en observant de faire cette coupe nette et en bec de flûte , et de ne point laisser les racines à l’air. Celle de M. Richardot consiste à ouvrir la terre autour de l’arbre, à un pied ou moins de profondeur, à couper très-net les racines que l’on trouve tout autour du tronc, à la distance de 3 décimètres, (il pouces), à couvrir la souche ou la culée de l’arbre coupé par sou pivot, d’un peu de terre et de mousse- Quant aux taillis, on en coupe les cépées sous terre, de manière qu’il ne reste aucun ancien nœud à La réunion des pousses (2). M. Laprade, après avoir comparé les procédés ci-dessus, qui sont fondés sur les mêmes principes, se prononce en faveur de ce que prescrit M. Douette- Richardot sur l’abatage des futaies, et en faveur de ce que recommande Guyot, pour ce qui concerne la coupe des taillis. Il insiste fortement pour qu’on mette en pratique dans les forêts royales ces procédés, qu’ii regarde comme le moyen le plus sûr et le plus économique de régénérer nôs forêts, et comme rentrant d’ailleurs dans l’esprit de l’ordonnance. Nous ne sommes point surpris de la bonne opinion que M. Guyet-Laprade a conçue de la coupe (0 C’était pour cette raison que Duhamel avait conseillé. Jans la vue ue renouveler les futaies d'ormes , d’ouvrir des fossés à quelque distance du tronc de l'arbre et de couper les racines. Ce procédé s’emploie aussi pour multiplier les brins d’acacia, et tonner ainsi des pépinières en quelque sorte perpétuelles. Mais les plants provenus de racines, qu’on appelle crosselleS , ne donnent jamais d'aussi beaux arbres que les plants de semences. ( 2 ) M. de Perthuis avait conseillé de recouvrir de terre la souche coupée. E£P, terres, pui^U l’a, .çjçp,«&mentéj; dans PsW* ; W 1 4 Wiu°d le «wches fait le plus grand tort a la rep^qqncljwn 5 jnajs nous «rnipte? «évadés qpe sU^ expérieriçqs sp^iUbles cfaio#^ Çfàtes jdans les iarets Jïumnje^ip^ uopd de liyjranpa, ellesaurajpnt des rçsultaqynp^us avantageux. , . . ;l . , ., . Uq agronome, du département dç la Haqte- Marnc,, membre, de la Société (l’^rtCtultuce tjp i 3 * I oo EXP EXP de manière «»lli7 b 3 . —^ JJes prqccuttfOf^%pscudëç fH/urla cpup^qs, gros arbrqsj C.emploi ofc, fa.tcie 0 pléfendtqpdt J’ardonnauçe , ef da üq^traftion des, souc y}é*;inini Ouant attxprétùtttkmi'qn’il - (convient dé pfeidVe [èvùr-dv'iter les Ikmlma^es'éè jès 'acridiensj. dî’élêië réduisent, pour Id-coi/pèhles^^rakds arbres, A'fàïre trtrtlbc,+ i’« rîù-e demaViiôfg à e'rido'mmâjM i i 1 les aVbres voisin*) rfh lë rëtW;-^ hift [roi fit l’encrrrûeé;'n lie 'point l’endommager lui-même; à ne point faire des entailles trop •grande**; tjitî"diminuent lé longueur delà pile; h le-eotipér en'thlus et tout près de tferey ainsi qn’mi l’â dffj'à étirer'les accidëns pour Ipshèmnieset les arfittiaux'qn?seraient dans le voi- viiisge as uo , t’ni* 1 1 rei 1* ■3’L’ortkmnà ! rte'e ( fiêfërAl : t*éinplioi de là scie, qui d’ail- iéttrs est pluS f)é»mbl@^t}(lè a ëèlui de la cognée. Cependant le* pttTticfAiêVs'sé trouvent quelquefois dans lè'cas d’en fai‘reüsa'ge*: ;, fia’r ll e*empte, quand ils ont besoin de toutë là lorrgëfétrr d’un arbre. C’est aussi iftv moyen ■’cfeélrain'dé''ftite tomber l’arbre dans la direétiou qu’on Attire ,••‘èrï-*0 servant de coins; et c’est le cas de l’employer lorsqu’on le trouve sur les limites d’une.forèt, ( nopr i empêcher que l’arbre ne tombe sur des, r^ççjtes^u sur des habitations, et aussi lorsqu’il s’agit de ménager une belle tige qu’on endommagerait si on ne la faisait tomber dans une direction donnée. ml L’extraction des gros arbres avec leurs racines est encore une opération que la loi défend dans les bois de l’état, où tes racines doivent rester entières. Elle exigerait beaucoup -deprécautions, parce que le pied de la tige qti’cMya déchaussé, s’éclate bien plus facilement par le poids de l’arbre qui tombe, lors- q ne les racines sont détachées, que dans l’abatage ordinaire y et d’tm autre dû té, on n’est pas le maître de le faire tomber dans la direction la plus avantageuse. Extraction des souches. -— Mais une opération que l'on pratique dans quelques forêts, est l’extraction des souches après la coupe des arbres. Le procédé ordinaire consiste à découvrir les racines, à les séparer de la fiouclæ.'et à fendre cette souche de haut en bas, et piusieAirsi parties , qu’on détache et qu’on extraitau moyen de la hache, du coin et du levier. Ce travail .est pénible, et on a cherché à l’abréger par dca machines qu’on a plus ou moins vantées^ mais comme elles, sont coûteuses, qu’on n’en trouve pas toujours.soas.sa main, ou que leur application éprouve plus ou moins de difficultés, sui- >ant las haaàiitésyjsB.'SÎen tiendra toujours au pro- oédé cl^deesusi -<1 8lsi'. ";ttj ; ni l 9 Quand il ;dagit. de -fendre-de* souches très-difficile»,-on eapaploiediu poudre à canon, et potir‘oêt effet on fiait.p kreeci iuiæ tarière ^un trOu à la pa-rtïe supérieure. de.ticéuchBi qt-daru l'endroit le plus dur; on ÿ met un* cariuuchmpourvue d’une mèohe^ on, rçmplitle rebte du tco* avec;thr sable sec f Cih metlo feu à «n moroeau d’amadou^ui comnjuniqafe à 1* mèche,. etcat sel roticaià.urtQ distinoe «tiffisaînle pour éviter les effets de l’explosion. .àlrêieaàu si lit § A. — Dhtfp.Ÿàtà‘èdlgisés prdcmnan£e et leai^nlniersdca clqtrgeS’.Ri'esçrjvqnt-ain^i «jus nous IVvoiut dit, de les coupe! aussi a la cogrftie et de' ravalé! tes" souches et étocs au mornénrfie li'coupe, le plus près de terre possible,-de manière à fiûrc’disparaitre-'les anciens'noeuds, et J sans cependant rien écuisfer xi éofetfirv C’esf encotB laüeulè règle générale que la loi pouvait tracéry et c’est ceJdd quç if«u .suit dans toute-l’Allemagne’Cnmùieièn Entassa... ! • • On doit reoOmmaajderde iveiller.à ce que l’au- vrier ne se serve que-id’uicrinstpaisent bieu- trail- chant, parce qu’-antretmenJbiil-isdiiiriti-impossible de rendre la section bien. neOtey.et?de ne Ipoint idcvlii- rer l’écorce de la sosjcha.' JdehqiW -d’nriB! huche d’une certaine largenry:etuhi«».acâlé&, eit nétet- saire [lourdes brins jetr.tigçx'ayan*- au.rdessu$ de 3 pouces de diamètrepicpamiaux.lirins plus-petite:, on doit lescouperiadee aha'DOgndo'uriUnaire et bién tranchante'^'[tardé)«piton■ iortnainenibplus lourd 'briserait oa éclftteBtdtiIes'sniuehesi;M. Hartig prescrit, et il est d’accord, sur ce point avecd’uaaga établi par nos réglemensy «le uonpar la i souche des taillis eu talus , afin de ne point éclater cette souche et d'empêcher l’eiiu è l y séjoqraeruPtùir cet effet, dit-il,, il faut faire aux tiges urnpen fortes une on taille, éga- lement profonde-doibhaxufe iDÔtqJiiJaa petits! brins seront enletéis cUua ttjethn’épmuue aucun dommage. 11 est'épiden*, partis motif doiutd»cette disposition, qu’on jrurdoit-pascatténdee le ; » e f. juin quand la repousse se manifestaipluqitût T et que-oe terme est fixé'Comme la demieaoattquiel il «soit possible de s'arrêter. En efietÿlqaqem se montre souvent dès la fin d’avril et le camnrenreinent de mai: dans ce cas, on lui ferait le plus-grand tort en-at- tendant jusqu’au I er . juiq.9h stieyom jk Jni;uÇ' Comme on le voit;: des pninaipes établis pas nos réglemans sur la coupe desjbotq ^observent également ep Allemagne ;-et ils sont Las mêmes relaiûve- nieutà.lù>ooujVe rei terre^ maisaiams’ûeTOiisici rap- pOi'tèruneJolistervatiaù' qui. «dalira pas,échappé xjux torestiors td l *Trivè assez scraveoptqu’tmO ccnipe trôs- biert BXplcdtée dans le prinrcqjteYiet dont les étdcsront «t«e Saviïttés ciout -prW de tflere^naipnésente. plus 1b . rttêpvirjWpe ot quelques riioiqnprèlsy ret que veai mèru es ouvémt ak>rs à un püa/permei amda«Bit«du rtiébau .'dqjset. D’où'proviedtljcBttçKhatissBmfait dns ls0Hjcbesï vation importante de M. Hartig, relativement aut effets du .scieil y de l’air et des pluies sur le» souches i Lorsqu’on a.oa«pé, dit-il, une jeune tige eu -saison iconyenahleieb avec les précautions requises, elle tepoubsênpresque toujours de sa souche; mais les scinueinreurent" bientôt. après, s’ils se trouvent tellentbetitio^fosqués par les bois voisins, qu’ils ne puissèrUure'tseoDlipdeseffets du soleil, de l’air,libre et dest plui^ai 'La stnsche, a/i contraire, se ti’ouve- t-elle-entièeeinent exposée à toute l’action. |de ces météoj-es; et sans aucune ombre, tes scionv poussent d’abord'uuea hier» y > mais le soleil venant à dessécher la terre , prive les racines de l’humidité qui leur était nécessaire pbur fournir de la nourriture aux jeunes pousses, et cet effet se remarque principalement lorsque le terrain est maigre et.exposé à toute l’ardeur du soleil. Il est donc très-utile de ne point couper les taillis ài blanc étoc, maisd’y laisser comme abri contre les ardebasrdu, soldil, quelques brins ou baljveaux à une distance égale les uni,des autres. Leur nombre doit : 4 tre. calculé de roauiere que l’ombre produite par,ie»r tête ne- recouvre que la vingtième ou seizième partie du terrrain. Ainsi la quantité des arbres nécessaires oom me abri, dépend de l’ampleur de leur tête, et doit être déterminée d’après le besoin d’ombre que peut avoir lacoupe eu exploitation, à moins de quelques circonstances dont nous allons parler. Cependant >vl n’est pas avantageux de réserver de fortaatigui dans les taillis , parce qu'elles ombragent trop l'oag-teiaps la même place, qu’elles retiennent lesophiies, et qu’elles étouffent bien davantage le recru que ne le fierait une quantité plus considérable de tiges légères, qui, prises ensemble, ombrageraient :1a même étendue de terrain, mais d’une manière plus divisée. Quant aux moyens de pourvoir au repeuplement des taillis y nous venons de dire qu’on doit réserver sur la coupe des jeunes tiges, brins ou perches, pour procurer• tour-à-tour aux nouvelles pousses, au moyen de l’ombre qu’ils projettent, un abri pendant l’été contre l’ardeur dn soleil, et empêcher ainsi le 1 sol de se trop desséchée. Ces mêmes réserves sont encore destinées à procurer le repeuplement de la coupe par leurs semence». Ce repeuplement sera d tau tant plus complet, que les semences seront plus légères et.se laisseront plus facilement emporter par lés Vents; mais quand les faillissent composés d’essences dont les semences-lourdes tombent au pied de l’arbre et exigent d’ailleurs d’être plus enterrées, on ne peut guère compter sur Le réensemea cernent ndturel, et il faut, dans. ce cas, se borner à laisser des arbres pour Nombre,-et chercher à repeupler les places vides par des semis artificiels et par des plantations. si , - jm M Jioua.AfÇO 8 . déjè indiqué plusieurs fols-un 576, art. 38 ; de Charles VI, en mars i 388 , art. 38 , et en septembre 1402; deFran- cois F r . .en 1 5 1 5 , art. 53 ; de Louis XIV, en 1660, ‘tit. XV, art- 40. ) C’est dans l’esprit de ces lois que l’administration indique d’une manière générale le i 5 septembre de l’année qui suit l’adjudication ponde termenaaj^uel doivent être, faites la traite et la vidange des.taéllis au-dessous de vingt-cinq ans, et celui dtk *6 suivait pour les autres ; mais l’udjninistratiou autorise le» conservateurs à fixer d’autre» délais par une clause particulière du cahier des charges , dans les endroits où le commerce du sabotage et des ter- clés,.ou d’au très circonstances locales- y en font sentir la nécessité. leTle jei leli/s un 102 EÆP ££P lats délai?, què j’cw> ^cpord»en-Al|lBnia^ne pour, la ■vidante dçp, èpupas son!. bb>ri moi*s qlônps qne ceux-là. M. Hartig recommande expressément-d« ne point laisser séjourner surdos potapes le» bois abattus, de les enlevef ,|spâtft Üipftant même-* pour les déposer dan^ les chemins,et les endroits videsy'ioit pendant l’hiver même 'de \'exploitation , et par un temps de neige autant que possible} et de ne jamais attendre la fin de mai pour faire cette extraction, parce que, dit-il-, les jeunes pousses étant très-tendres et remplies de moelle, seraient facilement rom pues par le passage des bois coupés. Ainsi-, et à moins de circonstances extraordinaires, la vidange se fait avant la repousse des taillis ; et quant aux futaies exploitées par éclaircie , elle s’exécute à l’instant même et avant le développement des jeunes plants. ( V. ce que noua avons déjà dit, à cet égard, au mot Aménagement ) Cette pratique est excellente , et son exécution éprouve d’autant moins de difficulté en Allemagne , Ipoint-exposée à se dégarnir de l’esseJxe de hêtre-, èt r que ploitatian en. taillis. D*nn autre Cêrté ioy EX? point queLa. coupé eftle débardage ne puissent s’exé- oupsr que'pendunt les gelées, il faut cRojsh-'èbtte époquaetcomniencêr l’opéra tibtr dêV le' mpiÿ'ltte janvier^ quolquepleà «oucKea de l’auné fepolussétit mieux lorsqu'on exploite dans le mois dé mars. ’ Tafemsouvent; bes sortes de triiltis sè'nt si humides, qu.’ilrnj’eat point nécessaire de laisser des baliveatix pour l’ombrage de la coupe.‘On ii’ft alobà qù’à s’occuper de pourvoir au réenseprencément naturel, ’èti laissant iihtnoinbre de réserves suffisant pour ’Apé-t rer cet effet, et pour obtenir par la suite Ifes bois' d’oeuvre dbnt-on peut avoir besoin.-Cependant oh remarque assez ordinairement que, tnal^ré la quantité de baliveaux qu’on a réservés, le réensemencement est incomplet, parce que les vides, dans les lieux humilies, sont tellement gazonnés et .couverts de mousse, qu’aucune semence ne peut y prospérer. Le plus sûr moyen, dans ce cas, d’en opérer le rê- EXP à se convertir petit à petit efliboUibluACSgcoimne cela arrive tppjpntr* daat d’auttw das. ; , j. Mais lorsqu’une forêt de hêtré estrtropidéghbnié pour quVv.pqissç :; eu espère? fo repeupAeuusttt par L’ensemencement nature 1 , il faut en çhangdr La nature, et y introduira d’auéreaeHpèces rfa bois propres à, Vexploitation- en taillis, Pour cet effet, on y répandra, peu de-temps avanf.,l'exploitation , des semences de bouleau, d’orine^ defïûue, de charma, etc*,, suivant la patftrm.du sol, etiOh doit même y Jtepi- qqpr.des glapd^ ,dpns,l’automne. Le travailde l’err- ploitatjon, suffira).pour efitftrrer les autres semences sous les feuilles et la mousse. , M, lfor.tig : faijtj autre» observations sur les taillis, jje,hètrp, ; il, a remarqué; que ce bois repous- saltsniejux clq.squcl^e danalus-terrnins maigres,que dams lesterrains; co qu’il attribue à.lasura- bqplante de la spve ; , qui noie les yeux cachés, sous l’éçorce et dêstitiés à la .reproduotion.; il a observé peuplement est (ty planter, à chaque exploitation , des jeunes sujets d’aitne qu’on aura 'étevés en pépinière. V. Partiel o Aune. 5°. Des taillis mêlés de fatales .- — Quoique j’aie traité, dans le cours de mes dissertations, des baliveaux sur taillis, et que, j’aie insisté sur la nécessité de maintenir ce système de réserves ppur subvenir aux besoins des constructions , je crois devoir rapporter ici l’opinion entière et les préceptes de M. Hartig sur cet objet. On a déjà vu que cet auteur préfère les futaies et les taillis purs aux taillis mélangés de futaies, et qu'il conseille, quant aux taillis, de couper à chaque exploitation la très- grande quantité de baliveaux qu’il ne réserve que dans la vue de procurer de l’ombre à la coupe et des semences pour le repeuplement naturel. Il convient néanmoins que l’on est quelquefois obligé d’élever des futaies sur taillis ; mais il jmhse que l’on doit planter sur ces mêmes taillis les' arbres qu’on destine à croître comme futaies. Je sais que Cétte- méthode est usitée dans plusieurs localités.-Cependant, je crois que toutes les fois qu’on trouvera sur un taillis de beaux brins de semence, ils seront préférables aux autres qu’on pourra planter; et d’ailleurs on sait que le chêne, essence qu’on réserve principalement pour les constructions, ne réussit qiie difficilement lorsqu’on le plante à un certain flgê. ‘Je vais, au surplus , traduire ce que dit M. Hartig. ' a 11 y a beaucoup d’endroits , dit cet autené; où l’on n’élève ni futaies pures, ni taillis purs, mais où l’on réserve, dans les taillis, des arbres pour la construction et les ouvrages d’art. Quoique ce genre d’ear- ploitation procure moins de bois que les futaies ou les taillis purs, il est cependant des circonstances où l’on ne peut le changer, ou du moins que petit à petit. 33 Lorsqu’on est obligé de maintenir cèttiê mé thode, et qu’on se propose d’obtenir sur les taillis'r/e portes tiges , notamment en chêne, pour les 'Constructions et les grands ouvrages, il faut, autant que possible, observer les règles que nous avons ' indiquées- polir les exploitations en taillis , borner le nombre desarbreà destinés à croître en futaies, parce qu’une grande quantité de gros arbres nuiraient infiniment à la crue du taillis. De plus , il faut avoir l'attention j à chaque exploitation du taillis, de couper les bràn- en flutte, et cela esticqaforraq à l’axpérienuce, que beaucoup dç-srçpçh^ ne repousftûoHtqne ladeuxième ;tnn(fo de, Y 1 exploitation- .Y, L’article Jlétre. 3°. Des tfdllis de péa/yw, .deéèou&na, durable, dçij/fyie, et d’orme- — Le® taillis-«Le ces, «pèces cLe bois , soit pures , soit mélangéeis , sont très-produc- tifs , et occupent le premier rang après ceux de chêne. Ils repoussent parfaitement de souches lorsqu'on les exploite conwmahlement, produisent d'excellent bois de chauffage ^t,:se,conservent en bon état, parce que leurs semences se répandent facilement sur toute. ,l’étendue de^ coupes, et donnent naissance à une quantité de plants qui remplacent les souche? à mesure qu’elles périssent. 11 faut suivre, pour l'exploitation de ces sortes de taillis, les règle? qu’on vient de rappeler dans Les paragraphes précédent,,et fors du martelage des baliveaux des- tuigS| à ipfflCurer des semences et de l’ombre à la CQUpg^, choisir .les espèces les plus, précieuses comme bois dj’oenyye, qontme aussi les brins les plus forts , les plus prppresà donner de la semence, et les moins sujqts à se rompre sous le poids des neiges et des frimas- M. Hartig veut encore, pèur ces sortes de taillis , que le nombre des baliveaux de l’àge soit porté de bo à îoo par hectare. Il conseille même de doubler ce nombre quand le terrain est maigre et très - exposé à l’ardeur du soleil, ou lorsqu’il présente beaucoup de vides. Par la suite, on en diminue la quantité, lorsque le* places vides sont suffisamment ensemencées, et que la coupe qui a été garantie de la sécheresse pendant les premières années n’a plus besoin d’autant de couvert. Cette éclaircie a donc, pour objet de favoriser la pousse du taillis ou JLe. développement des plants de semences. On peut y procéder vers la sixième qu huitième année après,, Mexploitatiçn et il n’en résultera point de dommages notables pour fo jeune forêt, ai Le bûcheron opère avec précaution , et si on a L’attention d’enlever à l’instant les bois coupés pour les transporter daiys lçs chemins, carrrefours ou places vides 4°- Des taillis d’aune. — Lorsque les taillis de cette espèce sont ^itués sur un, sol assez ferme pour qu’on puisse en faire Vexploitation et la vidange au printemps, .on procède comme pour ceux dont nous venons de parler. Mais si le sol est marécageux au io4 E--XP EX P ■chus, iufeciçure* des gros axbreà ,.uo.jtr qu’ils offusquent moins le recru, et pour le»faire Mer en hauteur. .. . , » Mais avant de déterminer le ncfimbrè^dçs arbres à éleverrcomrae bois de construction,' il faut connaître, i°. les besoins annûeh Se lc\ localité; 2*1 l'âge auquel-ces arbres seront propres -à PobJjet qu ’on se propose; 3 °. la révolution fixée pour F exploitation; 4°. l’étendue de la coupe à exploiter 'chaque année. » Supposé maintenant qu’on èit besoin annuellement de ioo arbres de construction ; supposé encore que-chaque arbre doive être âgé de centcinquante ans pour avoir les dimensions nécessaires ; supposé enfin que l’aménagement de la forêt soit fixé à trente ans, et qu’il faille couper, chaque année, une çtèndùe de 5 o arpons { l’arpent du Rhin contient 4 o ares 4 a centiares y : d’après ces suppositions, il est évident qu’il faudra trouver 2 arbres à couper par arpent ( environ 5 par hectare) çour avoir, sur les 5 o arpens, les soo arhres dcutt oiua besoin. Mais comme Vexploitation. sa,renouvelle tous les trente ans, et-que, oftgque fois», il faudra (pouvoir cçupcr 2 arbres , il en, résulte qu’àphaque exploitation il sera nécessaire: de se-ménager a» moins 10 à 12 nouveaux arbres par arpent ( 25 à 3 o par hectare ), afin d’a- vorilr, nonobstant les accidens qui peuvent arriver pendant l’éspaoe de trente ans, au moins deux baliveaux qu'on puisse réserver encore. 1 » Ainsi, dans ce genre à.'exploitation, il faudrait •^chaque coups du taillis trouver par arpent les quantités Marbres suivantes : 2 arbres {5 par hectare) de i 5 o ans. 2 id. ....... .(id.) .de 120 2 id .. {id.) .de 90 2 id. ....... .(id.) .de 60 2 id. 1 . ...'.. .(id. )..... de 3 o . si Mais.connue, les futaies sur taillis sont exposées, jusqu’à,l’âge de soixante ans, à une foule d’aefidens, par exemple, à être renversées par les vents, écrasées pijr les neiges, ou pillées par les délinquans, et qn!qn ne peut Içs remplacer par des arbres de leur âge , il est prudent de conserver, à chaque exploita- tq)p-f.pn nombre de jeunes arbres tel que l’on puisse trçuver, par arpent les quantités suivantes : 2 arbres (3 par hectare) de i 5 o ans. v 2 id .( id .).... de i 5 p ■ 2 id. . (id.).... de 120 au moins 6 . C i 5 id .). . . de 60 et H id.. . . . . . ( 20 id. ). . . de 3 o P Alors on pourra abattre, à chaque coupe, 2 arbres de, çent cinquante ans par arpent ' 5 par hectare), et 4 dp yoixan'té'anS (.10 par hectare), si les derniers ppt,éte bien con$çrvj§ff.' ' Par conséquent, il restera par cou [>e exploitée,: 2' arbrès de 120 ans par arpent (5 par hectare). 2 "id...*i Ak‘ 90. ..... .id:. ... ‘2 id. .. de '6 p..... ..id ......... .(id.) G : à 8 .' dé' 3 o. : . .id.. . . . (06 à 20.) » Mais., observe. M. Hartig, pour obtenir sûrement, çe résultat, il n’y a polnt d’àutre moyen : que de- planter t . après chaque exploitation, ,16 a - 12 beaux brins de chêne par arpent (a5 à 3o pur - hectare^, lèsqifèls doïtent avoir y à 8 pieds de haut, titré placés à tiné distante convenable , et soutenu, î par des tuteurs contre l’effort des vents. Dans et genre A'exploitation, il ne faut pas compter que ; la forêt pourra Se repeupler de semences, soit par ; les Semis naturels, soit parles semis industriels; ce ; repeuplement 11’est jamais complet : ou les jeunes , plants ne lèvent point dans les endroits convenables, ou ils sont étouffés par la repousse du taillis. Ainsi î ce genre d’exploitation où ton élève des futaies sur : les taillis , pour se procurer des bois d'oeuvre et de construction , ne peut avoir lien qu’autaht qu’à cfia- qoe-i exploitation on assurera l'éducation dé* jeunes arbres de réserve par la plantation , et qu’à cet égard on n’abandonnera rien au liasard. » 6°. Des forâls de bois à feuilles, qui ne doivent être exploitées que pendant un Certain tempi en taillis, etqui doivent ensuite crôitre en futaies. — Observations de M. 'Hartig à cet égard. — On voit malheureusement beaucoup de forêts"Oû leà exploitations ont été forcées;'et fjui sont presque entièrement dépourvues de.bois en état d’être coiipës. Souvent la partie la plus âgée de la forêt n’a qûe quarante à cinquante ans : d'otl il suit que si on veut les exploiter cop'iue futaies, c’est-à .'diré'ÿ faire des éclaircies et enlever senlèmentles J)Mhs'dépëïissans, on ne pourra prendre sûr l^docftllté que fort nèu'de bois, les brins dorrrinaîi* devarttêtte'rtpiseryes ppur n’être exploités que plus taltj en bâtîtesfiitdiès. ' Si, comme 'c’est le^cà'S orifinttiré, lé |ieil <(e bois que l’on retire deséclaircieS dans Ife'è^Jeufîes futaies ne peut satisfaire ah* bèsôîtts delà 'céhsbhjmatiôn , il n’y a point d’dV.tre moyen qué de'ùèrntuner l'exploitation en taillis avec l’éducatl^tl en fuldle , .Sur une partie au moins de la forêt, et pendant tin cer ■ tain temps. Par ce moyen, on se prOCuèéta une pful grande quantité dé bois dans lès premières anhé&s. ï’our cet effet', on exploite SucCes'sivéméiit èn VditTii une portion de la filtaîé â^éè dé irehfe 4 quarante ans, et on réserve,lors dé K'èicpiditatûm, tm beau brin tous les i 5 à t6 piedi, dé manière qu’ij réstê par arpent i 5 û à 200 baliveaux ' 3 y 5 4 ' 5 ocS parTiéC- tàre; choisis parmiles tiges lés plus forteS êt éspqéê.s à une égale distance. Par ce mode d’exploitàtfon , On rétife pi'èsqué autant' de bois que si on eût suis i.Id nianjérfe ‘Ordinaire d’exploiter les taillis, et on a l’avantagé de'pïêparér pour lasuite le rétablisseiuéntdéla'futaie, aù mOVén îles nombreuses réserves qu’on a faites. D’Un autre côté, les souches desbrins qu’on a doupés dôhfterctnt un beau recru , qui, à trente ou quarante ans', fournira une bonne coupe. Après CéTte secondé exploitation, les souches ne produisent'plus', il q>t Vrai, un recru bien important, parce que les Isâllvéai.'x rèsérvés lors dé là première èrplbftatlon seront devenus forts et l’étoufferont ; niai* Ja'foèêt Ser^'dâns jl’état d’une haute futaie; donq>oSëe’d , krbféS'Vle'f)ârté jstaUire, et pouvant au besoiïfetre' misé erV'dôùpe sombre et se repeuplèr par les sètnre baltfrelà. 1 " Comme le produit annuel en bt>iè arpent de faillis.est loin d’être aussi .considérable qué celui id’un arpent de futaie, quoftjuë tous les denx blen administrés, ainsi que ’j’e l’ai pfus^ëiifs fQls’plHjùve EXP dans mes écrits j il esg f '4- (lin ÿ .... -Ü *; : W Ji>o* nt . Jijerçt*- tuer l 'exploitation en taillis, Çefgn^xd t jp_ âp*s Taise remarquer que le moyeu, que Je t ien? d’inniqilerjri_e sera praticable qu’aytapt qp’on se. sera assuré que les baliveaux de quarante, ans, à réserver sur là coupe , ne seron-t point exposés à être écrasés parles neiges et les frimas. 11 . DE t’ EXPLOITA ÉlÔX PAR ÉCLAIRCIT ET DES COURTS AL b T R X AT IRES. Chapitre.I* 1 . —- Observations et principes, sur lesquels est fondât le système des éclaircies, par M. Hartig, gian&meitre des forêts de la Prusse. Les instructions, données par M. Hartig sur cet objet {important del’éqonomie forestière, sont à-la- fois si méthodiques, si bien détaillées èt si généralement adoptée^ en Allemagne, que je craindrais, en les analyfanj + d’en affaibli^, le mérite et dç faire perdre au lçptpgr une seqlé,pensée de. cet habile forestier, lq premier de l’Àlïetnagpë. Je vais .donc traduire ces instructions., qt, lêç rendre Içplus littéralement qu'il me sera possible. Je viserai moins à la correction du style qu’à la fidélité de la traduction. On remarquera quelques répétitions,; mais elles sont nécessaires pour bien, faire,sentir l’importance des règles sqr lesquelles l’aq^epra <:ru devoir insister. Si on observe dit. Hartig, la marche de la nature dan 8 la repeyplppiem ies forêts, on remarque que les semences , apyès,I eur parfaite maturité, tombent an'è , ''îès ' ffirêts composées d’essences t espètes de bbié )’ddht'lês*stemences peuvent être endommagées par lës geléës', comme celles du chêne et du hêtre, ltetf coùpes'tiùfverit étrélfaites de manière que les feuilles hH'rrtëA’qùi tëèouTTéht et abritent ces semences, ne pùlsfefettt'jtai’êtrû emportées par les vents. Cinquième règle. — Lesroupes doivent être conduites de manière qtie les jeunes plants qui-viennent d’y naître conservent, pendant leur, émanée,,l’abri tutélaire des arbres porte-graines contre la rigueur des chaleurs et des gelées. Sixième règle. —: ,AussitÔ| que les jeûnes semis provenus des ensemenÇèVrietls 'pàtitrels' n’ont plus besoin de l’abri maternèl, On doit procéder petit k petit et avec précautiori'à l’fefrlêfémtenr dés arbres qui leur ont donné naissanfcë, les- habituer ainsi à la température, ensuite les mettre ïoùt-à-fait à découvert. 11 Septième règle. — Les jeunes forêts, soit qu’elles proviennent de semis naturels, soit qu’elles aient été semées par la main des hommes, doivent être débarrassées des espèces de bois les moins utiles qui ont cru avec elles, et des plantes nuisibles, lorsque celles-ci, malgré toutes les précautions qu’on aura prises, menacent d’étouffer les essences précieuses. Huitième règle. — Il faut extraire d’une jeune forêt, de temps en temps et jusqu’à son entier accroissement, le bois étouffé, afin que les brins les plus beaux et qui dominent les autres, puissent croître d’autant mieux ; cependant on doit conserver l’état serré de la forêt jusqu’au moment où il s’agira de la renouveler par l’éducation d’une nouvelle forêt. Toutes ces règles, appliquées à l 'exploitation des futaies et bien exécutées, sont propres à les rajeunir par un repeuplement d’essences convenables, et à les entretenir dans l’état le plus satisfaisant sans aucune dépense. Quant aux taillis où l’on voudrait suppléer aux souches dépérissantes par l’ensemencement naturel, il n’est pas possible d’y appliquer la plupart des règles ci-dessus, ou du moins on ne le fera que d’une manière très-incomplète et sans pouvoir compter sur le succès. Nous allons donner divers exemples de la manière de procurer le repeuplement naturel des futaies, suivant l’état où elles peuvent se trouver. On verra qu’il est essentiel de s’assurer, avant toute chose, de l’état de la forêt, de l’aménagement qui y a été observé, des essences qui la peuplent, de leur âge et quantité, de la nature du sol, de sa situation, du climat, et d’une infinité de circonstances locales. 11 n’y a point de règles fixes à prescrire, soit pour les époques auxquelles les éclaircies doivent avoir lieu, soit pour le nombre des brins à réserver; et ce sont ces déterminations, toujours variables, qu’on laisse à faire par le forestier, et qui exigent de la part de cet officier des connaissances et de la prudence. «4 EXP 106 Chapitrée Hci-r-r JJel’cxploitation d'rtne futaie'de . hêtre \ en-bon état, et-nanvttnahhemnplgatnie, qu^dn . \tetet repeupler.dlune,in.snièrse complète-parlaréèkl svm.enocm.ent naturel -ex meme, e&itvtcâ panda* t-ja ii durée de l’exploitation, j ,et des*-pilacdléej à* employer ensuite pour le/ traitement de-lapeune. forêt et son éducation jusqu’à la révolution d’uiw nouvelle^ exploitation, lijini-i, ' q ü'r 1 îo! Lt’nent sMmparër delà coupedansVl’intell-alk! qui-Bult transport était retardé plus tottgitèrttfJs, iiipourrdit occasionner'!a perte de DeaucOti p de joorvos plantB I qui existeraient'déjà ou qui seraient suèie point dq se développer. "'»a vy.-.j» n • | Si le district-ou‘éan‘ÏOn‘de«forêtdanse lequel oij doit faire la coupe sombre pendant l’hiver avait- reçu « dès l’automne précédent;un-ensemencement nàtu-j tel en fîtftés, on né devrait pas alors y permettre leat : Hvtoir lieu que dans lë 3 BSs I ''S cio H , pîëd ‘si èSétÉM 1 tffleon prétexte ‘.rt nëVteit'ftfeë^éélkW^reiatëëtlpéiSOtiltfté avant te rftbniért?, s qllaifti'frfATt4 -tjié4aritit «Obligé -d^attfendra lOHgaTën/ps PéiWëtti^érttèrfii'up esii:;ièn- Comme c’est du bon établissement^detfo -cWpe . Sbbi6fe3qba‘«épfeftP^’Wëc%«Pdif»l-epOlî|dértent l na- ' tmik c id ftttWiW_ l plë. I fé4^Séi 0 âok ébsrts^ quçsfei jgawq rCé tes jnatwui«e$.|>l!»nt£e,. qu*,*VHigpl s* «iur des.senti* djq. jjhene ^ d/ornie , d„qraf)j[q.ou.(ip frêne, il n.est poin t nycessaire.tie les plaptey pi tje-les semer en hqtres, parce que i’exîs- teuc^de quelques pf.tjtes places d’aussi peu tf’im- pp/tufyje ne jppiat avqir d’influence sensible sur le pr^jjlit.àyenir. Èlles’nq tardent guère à diminuer d’pt^ni^uè^ et à mesure que le bois prend,de"l’ac- c^qfssefuent, elles se rétrécissent au point qu’à 6 q ans oii ne s’apqr{oit_plus de leur existence. Enfin on est parvenu à remplacer la vieille .futaie par une jeune forêt bien garnie. Elle reste toujours en défends , et on la préserve avec le plus grand soin de toute atteinte , jusqu’à ce qu’elle ait atteint l’àge de 20 à 3o ans et qu’elle n’ait plus à rien redouter de la présence des bestiaux : alors , si en effet le bois a acquis assez d’élévation et de force pour que iq pâturage ne puisse plus lui être nuisible, on peut, lorsqu’ il y a fies droits dé usage sur la, forêt, l’ouvrir au parccjups. Lorsque, comme cela est très-ordinaire, le» bois non portantfruit ( 1 ) et les bois blancs , tels que les bouleaux, les trembles, les saules-marceaux, etc-, se sont répandus dans une coupe et commencent à étouffer la jeune forêt de hêtre, il faut, sans le moindre délai , les faire extraire et ne pqs attendre que ces bois aient pris trop d’accroissement. Si on tardait long-temps, comme cela arrive malheureusement trop souvent, il en résulterait pour la jeune forêt de hêtres des dommages bien plus considérables que ne serait le prix de tous les bois blancs ensemble , et les suite» funestes d’un tel délai feraient regretter, mais trop tard, de ne pas en avoir fait l’extraction. 11 faut donc procéder à l’extraction de çes bois blancs aussitôt qu’on en reconnaît la nécessité, et les sortir de suite des jeunes massifs de futaie pour éviter que leur séjour et leur transport n’y occasionnent de dommages. (Cette opération s’appelle nettoiement des bois blancs .) Mais on doit éviter de faire porter aucune éclaircie sur le hêtre avant que la jeune forêt ait acquis assez de force pour pouvoir résister aux fortes pluies, au poids des neiges et à l’action des frimas. Ainsi lorsqu’elle est arrivée à une quarantaine d’années, et que les bois ont pris un accroissement (i) Les forestiers allemands, dans leur système d’aménagement des bois à feuilles, n’admettent à l’honneur de croître en futaie que le chêne et le hêtre, dont ils lônt une classe particulière, sous le nom de bois portant fruit { trucibar ) . On remarquera aussi que M. Hartig, dans ses éclaircies ou coupes d’expurgation d’une futaie qu’il élève, fait une guerre à outrance aux bois blancs, ainsi qu’à toutes les autres essences désignées sous le nom fie bois non portant fruit. Voici les Taisons de cette préférence bien prononcée : i°. cès bois non portant fruit ont des semences légères que le vent transporte ne loin atftc une facilûéèt line abondance 'incalculables; ils croissent ared plus de rapidité que les bois , durs, qt arrivent plus tôt au terme de dépéd«*euient„ce qui fût qu’on nepent les admettre ni à un anjénpgeinept commun , ni à nif aménagement en futaie ; 2-. ils né préiéilrent pas les mêmes ressources que le cliêue et hr hêtre pour la nourriture des bestiaux; ressources qui, fans une année -riche en gietids et en faines f éc o n omise nt » ht-eeetétè des ! millions de sacs de grains; 3 », ils n’ont pas, comnje lechéne ét fe fiétrë^t’àltdntage de fournir tout-à-la-fois des bois, pré- rièitx jpoüt'.Iéiçh’àtfft.rgè', pour lés consffèt rions* et poimfouie espè'th 'dé séAIce.', ■’ r 1 -u 1. ■ jp ■ ni. 1 IO EXP KXP les plut farts brins aient de b à. ^pouces de diamètre vers le pied , on*peut alors et coa-doit mè me y dans las tlimats tempérés, où l'on/n’ai rienqu pet)' de chose à craindre de là neige ètdes frimas, procéder 1 à L’enlérvei*ent dp tout le bois étouffé et dominé pa*i les beaux brins, opération qu'il faiit fdire avqc la plus grande attention. Si au contraire le'climatétalt rigoureux et qu’on eût à craindre les effets des' neiges et des frimasil faudrait retarder jùsqu’à id’âge : de 6o aas lacoupe des bois étouffes, ou jusqu’à ce que les plus forts brins aient acquis de> bivà îo.,pouces de diamètre près de terre,.et qu’ils n’aient plus rien à redouter de la température. il faut, dans cette première éclaircie des bois durs, avoir la plus grande attention de ne couper aucun brin, ou aucune perche qui serait nécessaire pour maintenir le haut de la futaie dans un.état clos (i); il faut donc ne faire couper que les bois morts ou dépérissons et. entièrement dominés., tCettacoupe'doit œei*ir.e\soiiî) la surmiïburce constante dur forestier ^tljiac des irircherouy instruits , afin d’éviter que

5 cjo à 5,ooo brins par hectare, pourvu encore que la consistance de la forêt soit bien pleine et qu’on n’enlève que le bois étouffé (à). Les avantages de cette première éclaircie de liêtres (on doit se rappeler qu’il s’agit toujours d’une futaie pure de hêtres) sont inappréciables lorsqu’elle est bleiVèxêfdtéêi'ÉUe produit une quantité cônii- dérablê'dé Tois a brûler, et favorise prodigieusement l’afccroissem'efit dès tiges conservées. Les sucs nourriciers qui étaient employés à nourrir le bois étouffé qu’on a coupé , profitent alors aux brins réservés* et l’on est étonné , si l’on vient à abattre, cinqi.à six-aus après, l’un de ces brins, de la diffé- rôQqe.qui se>fait-remarquer entre cet accroissement ef çélui des def.niùres années avant l’éclaircie. ^d.-JLintz site,unlexemple frappant, qui appuie cette nSlerSiqnj^W*AL llartig : il avait assis, eu 1804, un tfctftebunent dé Lois! blancs et autres bois dépéris- sao^. dausr^àé.ijuuaey "forêt de 3o ans; l’année suivante!, il rfi-fe pester û ne ;percbe de hêtre , et il re- coçp>ut-,ie¥f niçitHia|#tjileiS,poucbes concentriques de •tdifonfiid asual ah •jjimàitxa'l ar. ; •. >d », tnu’h tflt'/i rafno* nq Jitsin. (?.n<. . u.q ri <.q .te s- r Wo 0 ,?! 3 miVfl-.WofMif: r ose relie ïnjiit Tes cujlcs sont JS-O/, rapprocher*» pour se hvrsfée pfotpt'Uiè -rippfii IftntuéPP èt’hlèrHr, potte aîfbH jtbgfarôtipaiileriibuü Jnoz e9ïai.<- zal ,zy mur v.auj tftàfffitç /IBfiftÉisqtf idwl ddJûitf fi I<1«I teifl-Aètwsiémf'I et celle qarcxme Te plus de*soins et d atteriio/* ue la parte itrJ’èfflirVrs ril'? Htittfg rto’ivteiit fin-’inbèé teuri'île doit Otn* triiiÙ"Kt>Ul ilh\ ,t\W(A* lié l : A k*tti tOr-Nte ftrediw/,ùéf- par des ouvriers instruits, parce que la quantité rie brins à toril 1 (filet* enlever dans cette operation est trop consrilérab'e pour q*»!oo.(n»iUsaio»«turr{jiud'ééri\iOPaw\nlutttitaneqrnlri'ljotSJ)W,tst,, .tosfti wpMnawiiiSTpracéd aiment q^là'jsltwt'ùwbiuswJirtMtt*» et moins sujet aux abus. .zvûlsarol eaqtannq aol ssk cet prbfô de 3o an* p que l’accroissement de hi dor- nière année égalait le cicr» de la masse du bois prtn idait-ettkqrans; >ed i*q '--re-,. - ai .,.ci nu j Maït, -'cffntldfté M. Hartig, autant èélté oÿéftt - tionest aéatnftigèUlé ldâfsqù’tme est'Bien f*ilè)aulàt(t elle éVt'liifisible sf dn l’eUrrreprend avant que'lë bkis pit acquis unê grosseur suffisante , <>ù di ortcitlêvb d’autre 'boil que celui qui est étouffé, et pà¥'tof/se- Hiient jf'oh sMfcarte’des réglés qU’on a tracées plus naifl.'Aî’nsï'ô'n né doit point éclaircir léi^fèlêts 1 dë bèfr'eÿdîAs 'les climats tempérés dVanrtéù¥ tfféritii |t liême année, et dàns’les climats Hgduééefr avant lèdr soixantlèiné; et il faut Jai¥S ttMil^j | W#‘ l êc'lài¥ i cies, observer exactement ta règle gé h érélé¥r4tprés¥ ' Conserver plutôt trop dé bois quCtrôp pëu pWéfé- mais enlever Une scüfc litjé domijtdrtfe'P ét pai^bh- 'sêquenl né jamais priver la forSt db SffffiqtâifWés. Celui qui' suivra'tette règle t'eu te* r sSlin 1 ièé éo Ai - mettra pbiiiVd'et 'fatrtè' ét x ï>te : tàl i <îeé^é^VttS l: à^ètre , é6^f• ^ ’ , vaincu’de'tcûlfè stt'ri iriijitir'fWiéé'.'l t *qm3i ob eaaq?; Si là ùfeliii^f^ , eclairl:i^ t ïfô 3 fcêtré il eâ4iè , ü:â, n â<ÿ ans, on lîissérk^ïa |fu(al'e'3àr(s éèfetat j'üstj'tl'à l'îgp de ans conde _ _e. a runé au rautre uô ces dBc Oji débarrassera "'éneofê' Ta .fùtaié^iltà boïi%tbhjYés-, ... riL ■AÀii&'hiv âirci erar ,, coup plüs^dç’boïs âü^cefléd^à.'lfaîl'e'** 133 ^ i i ta T > ufive iipi api io iôl i ..aixiicJD-) ela euinsf Lorsqu f ..çet i te ij8 ^rati^ i]S e ^ a à j ^o an^faqs, les climats temps^.*^ H ffei».. nte, la reserye est paf nés : et .étqutïéxipafr les, plup, fogts âl les enlevpf, i( eft 1 qbfW»utT9ê l iQVrs J je .prWÇ’fifr MRr portant de aeèpoinJt^ppvfinU Jpf^jgj sçrrg et •îlpjt— iannid ab : jiada se t zaàloai Jnnvtioi 1 La réservéÆirdiJiaâtejdflrsàé «ftttêÿrpis^èartecpeUiv- cie, est, dates left.ls^/aa/«irfi?m/>d' r 4*».4B,T&q à aooo baliveaux pKàùï:k»]bfifls,,lerfiàiù»^s ; fe4f *40» pot# lesadiùf'npufîfrWsiJ^sie/r/aaéJ/iÀfroftAeicsLlde, i iooo à 1200 batiyeay« £ daùs 1^ bons terràiupfjbtvie.' aà^alsonu aioana ,izniA i -Laifutweirastevriitlna cBt^.étbtajq.fiqUi-’àilMge ddi u®o itw^fépbqu* àdjBjbqllfcqBsprctèîwàdivcqupqidVlaér iemencemej»tiqetimtnéindupljæainaTdifx9 augnol enu ab mign'e Ji’upaiol , uaeviion ab abiiBmmoaa'i al, ‘ op eb eiod ab anoins » è-,?#m phfi.vny^'feritx tîivm uÿitti em>- >cqptwii ( »ft-uiVSvi : w«*njtéi«»kV', lu jWitbrij jfrs,b >(ifi'!V*vi> ïlnfr. Ccpemiunt- coninie il. ne s«j*it nim iLun-rperçu , j ai inVmdPtés¥ùirfrévs? IIi >“ sud na^fi ihige e li uifeièf f .ndPte¥Wiidfi¥s?« Bb 8 MJU “ 9 '» * EXE 111 EXP Mais si la futaie étaifc'destpnéc à. efioitre jusqu’à ia®i£uis, on ferait ouodreune édaiisâe à t-QQ au«i,i dans laquelle on laisserait par hectare ,ç.dans leéi climats t*m.péniîy $e 5oo>[6a3 baliveaux ^sçgrr^es bopy êeptiains, .etyde 6a5 à : y5o sur lq* mauvais. fififin ,à ceupvjugt ans, on procédé** à. Jz çoupp Ahçtfensémenççment, oq çoup^,sombre. . Au moyen de -çes éclaifqies , qui doivent avoir lieu, .tous les ao Ou tous les 3o aria au plus dans les forêts de hêtres, qt s’exécuter d’après Içy principes, que flousqvQps établis, qn obtient, ainsi que l’a^voqs dépt fait observer, des avantages trèsr cpflsijér^bjçs î on se procure de temps en temps des prixléteonportans y on conserve à la futaie, jusqu’au moment^du fOU exploitation définitive, l’état serré, quilvigsf «l àvafltagpûx; on favorise l’accroissement des, plusiipaux bjçins, en les faisant profiter seuls de la «purpiture qu’ils partageaient! avec le bois dépé- rissaatflpr^bpugpi} enfin,onjpb%nt, dans le même espace de temps , par px^tujje qp.. taq ans, une qyantitj^:|dq h°is■ iuccxnparablçmçnt f plus consi- r.-t r.'i-; i_ r_-s. j— r. — Renaissance jus- nnêe à elle- a beaucoup de bpis mort perdu , et- la trop ghynde quantité Je tiges empéçhe celles qui dominent les autres de prendre beaucoup plus d’acprojsseiuent. J’en ai vu un j^rand nqmbre de^preqvès (tans des Forêts qui, à 1 oç^jjs,, ^contenaient pap arpent dù Rhin (4o ares 34 centimes) de 8oç>^ vooottrbres, et qui n’avaient jamais été êcl&ircies j, les brins qui avaient été étouf- fés présén^aiefit ufie grande quantité J de cercles annuels éfu’dn, pouvait à peine distinguer à la loupe, et étjdf eûvïiiàti VVéite' tënts tigës dominantes les cerclé fal liinioiiiiè’de èèthi’a êt^téluldés trois çents ti- gék'd'prrilfi'à'tites'' dahs^cftacritiéj'dés 'annèès qui ont sûiMl céclaiiétié'mfn'j|feit'al fafHiiif^.' " Mite les 1 ŸCÏàircîés sont bien plus nuisibles qu’u- tilëi^'kT, ë'trthirië cëla ‘est souvent arrivé, on dégarnit trdp les jeurtësf forêts, ou si, par la suite, On en extrait en jardinant les plus fortes tiges. Dans ce cas , les lterbés et les plantes nuisibles croissent en abondance, épuisent lé Sol ; et comme la forêt n’est plus daiis un'êtat serté pies neiges et les frimas écrasent lèS' tiges plus faibles. D’un autre'côté, ées tiges, se trouvant isolées , se chargent de branches et ne s’élèvent pointpet 1 il en résulte que les brins à demi étouffes produisent bién moins'} dans un espace de temps donné, qne si on eût de te ni psen temps enlevé les bois dépérissant;, et conservê jusqu’à l 'exploitation de la forêt les tiges dominantes. Ainsi, encore une fois , je -conseille moins de faire deséckirciesqMede siiiype très-exactement îes règles-qup jei viéns de fcratexpetqui sdnt fondées sur une longue expérience jlqui rn’estvpropcec mosn Je recommande de nouveau , lorsqu’il s’agira de faire - de s'éclaircies dans" des cantons dë'boîs’dë 4° à 6p ans.j ^pù jl e£t impossible .<|s. œapguer,t,oqs les brios à-enlever,A raison dq leur trop grande quantité, d’y faire procéder sousia surveillante constante ' J il est alors très-difficile , et souvent tout-à-fait impossible , d’élever une jeune forêt bien garnie par le seul moyen de l’ensemencement naturel et par ['exploitai ton , qui la favorise ; cependant on peut, à l’aide d’une méthode appropriée aux circonstances, surmonter bien des difficultés et atteindre nssez complètement le but. Le premier examen à faire est de s’assurer s’il y al assez d’arbres pour pouvoir fournir à l’ensemencement d’an moins la moitié du terrain. Dans le cas de la négative, je conseille d’abandonner le projet d’élever une jeune forêt de hêtre ; il faut y cultiver, par le moyen du semis artificiel ou de la plantation , une autre espèce de bois qui pourra convenir au sol, à la situation du terrain et au besoin de la consommation , et dont la réussite en plein air sera certaine ; mais si le nombre et la distribution des hêtres existant dans la forêt peuvent assurer l’ensemencement naturel de la moitié au moins de la surface du terrain, il faut alors attendre une année fertile en semences, et faire parcourir jusqu’à cette époque le canton de forêt par des bêtes à cornes et, autant que possible, par un troupeau de cochons, si on s’aperçoit que ces animaux s’amusent à fouiller la terre. Lorsqu’on a une année assez abondante en graines, il faut, dès que les faines sont tombées, faire emonder jusqu’à la hauteur de 10 à 12 pieds les arbres existans, qui ont souvent des branches pendant jusqu’à terre , et alors mettre le canton en défends. Ensuite , si le sol est couvert de bruyère et de myrtille , on fait semer des faines , des graines de charme ou de bouleau sur les places vagues et herser à plusieurs reprises toute la surface de la coupe avec une lourde bourrée de branches aiguës et convenablement écartées, qu’on fait traîner par un cheval. Par ce moyen, on gratte et détache la mousse qui se trouve eutre la bruyère et la myrtille, et on met la plupart des semences en position de pouvoir germer. Lorsque ce moyen n’est pas suffisant pour opérer l’effet qu’on se propose ou que la surface du sol est garnie de gazon , il faut, dans toutes les places où les faines tombées des arbres et celles qu’on a semées ne peuvent être recouvertes par les feuilles mortes, faire houer le terrain avant les gelées , semer sur ce labour des graines de charme et de bouleau, et alors opérer le hersage avec une bourrée d’épines : sans ce travail, qyi n’est pas coûteux , on attendrait pendant de longues années après un repeuplement suffisant, et l’on perdrait bien au- delà des frais de culture. Ainsi, lorsqu’on ne peut s’en dispenser, on fait les Irais d’un labour à la houe; mais toutes les fois qu’on pourra atteindre le même but par l’emploi beaucoup plus économique des bourrées de branches ou d’épines, on doit le préférer. Le forestier qui a déjà exploité un canton de la nature de celui dont nous parlons, se rappellera avoir remarqué que c’est sur les sillons tracés-par les branches et autres bois que les bûcherons traînent, après la chute des semences, par-dessus la bruyère et la myrtille , que se trouve la plus grande quantité de jeunes plants. On voit donc que le moyen très-simple et très-économique que je viens d’indiquer , -celui de faire passer plusieurs fois de pesantes bourrées de branches sur les bruyères et autres plantes nuisibles, est très-propre à atteindre le but qu’on se propose. Je forai connaître dans le chapitre suivant comment on doit, lorsque cette coupe est repeuplée dans toutes ses parties, procéder petit à petit à l’ear- ploitation des arbres , et conduire la jeune forêt. J’observe seulement ici : i°. Que, dans une semblable coupe, lorsqu’on reconnaît la nécessité de procurer de l’air aux jeunes plants, il faut y procéder en coupant plusieurs branches aux arbres à semences , parce que l’enlèvement de l’arbre lui-même laisserait des vides trop considérables (1); 2 0 . Que , lorsque les arbres à semences sont très- forts et très-branchus , la coupe définitive ne doit ras en être trop long-temps retardée , attendu que a chute et Vexploitation d’un grand nombre de gros arbres endommageraient considérablement le jeune bois s’il avait plus de 18 pouces à 2 pieds de de haut. Chapitre IV. — Principes d'après lesquels on doit traiter les futaies de hêtres qui sont composées de bois exploitables (bons à être coupés) (2) et de jeune bois- Quand on veut traiter d’après les principes que nous avons établis une futaie de hêtres composée à-la-fois de bois exploitables et de jeunes bois, il faut, avant tout, examiner les circonstances suivantes : i°. Si le jeune bois ou sous-bois est en quantité suffisante , et encore assez mince et flexible pour pouvoir, lors de la coupe des vieux arbres , plier , se redresser ensuite et continuer à croître ; 2 0 . Si, lorsque le sous-bois est composé de perches ou de tiges , les perches ne sont pas encore étouffées ou malades , et si elles sont en quantité suffisante pour qu’après la coupe des vieux arbres elles puissent former un état serré et braver la température ; 3 °. Si les gros arbres existans sont en quantité suffisante pour que , dans le cas où le sous-bois ne serait pas assez serré et ne pourrait former un repeuplement convenable , on puisse compter sur eux, après l’enlèvement de ce sous-bois , pour fournir un ensemencement complet sur l’étendue de la coupe. (1) Cet émondage tient lieu de coupe claire qu’on pratique dans les ibrèts, telles que celles dont U s’ugit au chapitre II. (2) M. Hartig explique ce qu’on doit entendre par forêt exploitable. Physiquement pariant , c’est une forêt où les arbres ne peuvent plus prendre beaucoup d’accroissement, soit à cause de leur âge , soit par rapport à la qualité du terrain. Economiquement partant, c’est une forêt qui, en égard à la qualité du sol et à sa situation, est arrivée au maximum de son accroissement, et peut en même temps procurer du bois ayant la dimension et la qualité nécessaires pour satisfaire en général aux besoins de la société. Mercantilement parlant , c’est une forêt où le bois est assez fort pour que, d’après les circonstances locales, le propriétaire puisse retirer de sa forêt le plus liaut produit en argent, calculé d’après le prix du bois et l’intérêt île l’argent, dans un espace de temps donné. I I 3 EXP EX P Lorsque le sous-bois ou recru n’est point mal venant, qu’il se trouve en quantité suffisante , -et encore assez mince pour n’avoir’pas beaucoup à sou P frir dwla «bute et de l 'exploitation des vieux arbres, il faut alors faire procéder à l’abatage de ces vieux arbres, en prenant toutes les précautions qnë j'ni indiquées ( chap. II), en parlant de la cottpe‘claire ou secondaire ; niais si le sous-bois ou recru était rabougri, mal venant et étouffé depuis long-temps, ce serait le cas de faire couper ce sous-bois très-près de terre, dans une année de faines et à l’époque de la^maturitê dé ces fruits , et de conserver les vieux arbre#, que l’on émonderait alors jusqu’à la hauteur de 1 o ou i a pieds, si leurs branchesserapprochaient trop de terre. On met le district en défends , et on le traite comme nous l’avons dit dans le chapitre 11 du présènt titre, en parlant de la coupe d’ensemencement "ou coupe sombre. Si les vieux arbres n’étaient pas en nombre suffisant pour pouvoir former l’état serré prescrit pour une coupe sombre ou coupe d’ènsemencement, il faudrait repeupler les places vides , en y semant à la main des faînes , afin d’obtenir la même essence de bois. Si enfin le recru ou sous-bois,était composé de perchés ou de tiges de belle venue, bien saines et en quantité suffisante, on ferait enlever avec précaution lès vieux arbres, qui, dans ce cas, sont répandus isolément sur la coupe; mais alors il faut avp^r l’attention , avant qu’on ne les abatte, de les laiffi?, éhfancher jusqu’à la rourpnne, puis on procède f l’abatfige et à, l’ exploitation, et on en fait transporte/ lp boi§ aussitôt sur les chemins ou dans les vides de la forêt; car autrement le transport ferait plPS. d^ .tQtrt.qyQ l’abatage Lui-même. J’ai, de cette ma^èrp, fait eelevef.de vieux hêtres d’un recru composé, do petcbt$ ,tjt .de brins de 20 à 40 ans, sans leur occ^sipoppr. beaucoup de dommage ; mais ildà^t,avertir les bûçhérons , .ift» Qu’ils do Usent-, lorç de l’émonuage des vxeflx.«ibres r i.rangei'do. côté les branches à me- suis® qu’eues, sont coupées, afin que les brins sur lesquels elles seraient tombées puissent se relever à l’instant ; -2^--Qtle'les 1 ârbres élagués jusqu’à la cime doivent être abattus de-manière à tomber dans la direction otelb'y* àit-'le moins dédommage à craindre; 3 °. Qnddest'frûchérods doivent i-elever les tiges quî auraient "éfé courbéés par là’'chute de quelques arbre#; attendti' qtiè'leb 'tiges ne se redresseraient jamais-et perdraient leur accroissement en hauteur; 4 ?. Qu’ils.doivent éviter , en exploitant les vieux arbres,-d’endemmager ou de couper aucune perche.» ... ,-iî, 5 ur celles de charme, et à 60 ans pour celles de bouleau et d’aune , parce 117 qug l’expérience a appris qu’en général ces termes sont les plus favorables aux plus hauts produits en bois. Nota. Ici se terminent les excellentes instructions de M. Hartig sur la manière d’exploiter les futaies d'arbres d feuilles, pour favoriser le réensemencement naturel, éviter les frais de semis et de plantations , entretenir les forêts en bon état, accélérer l’accroissement des jeunes forêts qu’on est ainsi parvenu à faire succéder à celles qu’on a exploitées ; enfin pour obtenir, avec le moins de frais possible, la succession constante des produits les plus avantageux sous tous les rapports. Je ferai connaître plus loin les instructions de cet auteur sur les futaies d’arbres résineux et sur les taillis de bois à feuilles. Après avoir exposé le système des éclaircies, les motifs qui doivent le faire regarder comme le meilleur moyen de régénérer les futaies, s’il est pratiqué par des forestiers instruits et sûrs, et avoir indiqué les moyens de l’exécuter , je vais proposer un mode d’ exploitation qui admet la coupe par contenance , et qui me paraît réunir une partie des avantages du système des éclaircies sans en avoir les inconvéniens. Chapitre XI. — Des coupes alternatives comme moyens d'accélérer Vaccroissement des futaies , d’y favoriser la production des bois de marine , et le réensemencement naturel. Quelque utile que puisse être une nouvelle méthode, elle ne doit être admise qu’avec beaucoup de réserve, sur-tout lorsqu’il s’agit d’une grande administration. Il est donc prudent de l’essayer en petit dans quelques localités, avant d’en faire l’objet d’une mesure générale. Cette réflexion s’applique naturellement au nouveau système de l’éducation des futaies. Ainsi, en supposant que ce système ne reste point dans la classe des théories à l’égard des futaies de l’état, il se passera encore bien du temps avant qu’il obtienne une application générale. Il n’est donc pas inutile de parler des moyens qui peuvent améliorer l’état des futaies exploitées suivant l’usage ordinaire , et favoriser les productions d’arbres propres aux constructions navales. On sait que l’air et la lumière influent sur la croissance des bois et sur leur direction , et que les arbres placés le long des clairières, sur les lisières , les fossés de séparation, et dans tous les endroits où ils jouissent des fluides atmosphériques , sont toujours les plus propres aux constructions navales, par les courbures naturelles qu’ils présentent, et la densité de leurs bois. Dès-lors il ne peut être que très-avantageux de bien percer les forêts par des chemins de largeur suffisante, et de laisser des bordures sur les routes , chemins et allées qui les traversent , et sur les pourtours. Duhamel conseille , lorsqu’on plante un bois, de le couper par des routes de 8 à 10 mètres de large. Elles sont utiles non-seulement pour faciliter la circulation de l’air, mais encore pour débard.er les bois , arrêter les incendies , favoriser l’exercice de la chasse et la découverte des délits. J’ai, à l’article Inccndèe, répondu à l’objection qu’on pourrait EXP 118 faire que ces chemins, diminuant l’étendue des terrains plantés, diminueraient aussi la masse des produits. J’ai fait remarquer que les forêts convenable- mentpercées par des chemins, des allées et des laies, sont mieux aérées, et qu’elles produisent de meilleur bois et en plus grande quantité sur les bords de ces chemins , que dans le fond des massifs , et qu’en dernier résultat l’avantage était encore du côté des forêts ainsi divisées. Ajoutons à cela que c’e^t un des meilleurs moyens de se procurer des bois de marine. Il est encore un moyen de donner de l’air à une futaie pleine , et d’y favoriser la production des bois de construction. Mais il faut que cette futaie soit dans une position particulière, et susceptible de recevoir le mode d 'exploitation dont je vais parler. Ce moyen consisterait , si la futaie formait une masse d’une certaine étendue , à exploiter par bandes alternatives, c’est-à-dire, par zones, dont les x unes seraient abattues dans un premier ordre de coupes, et les autres à la révolution suivante. Je suppose , par exemple, une futaie de i 5 oo hectares aménagée à 1 5 o ans , dans laquelle on veuille faire une coupe tous les ans. On divisera cette futaie dans le sens qui sera jugé le plus avantageux (j), par cent cinquante bandes ou zones dont la largeur sera d’autant plus faible que la longueur en sera plus grande, et vice versa. La première année , on exploitera , suivant la méthode ordinaire, et avec réserve d’un nombre suffisant de baliveaux.par hectare, la seconde bande , ou bande n°. 2, en laissant la première intacte pour servir de bordure. La seconde année, on exploitera la quatrième bande; la troisième année la sixième, et ainsi de suite, en laissant toujours une bande non exploitée entre deux bandes en exploitation. Ainsi, comme chaque bande contiendra environ 10 hectares , on aura exploité en ’jS ans celles de la première série. A cette époque, on retournera à la première bande qui aura été réservée dans la première exploitation , et on en fera la coupe à la soixante-seizième année. Ensuite, c’est-à-dire, à la soixante-dix-septième année , on exploitera la troisième bande , et on continuera comme dans la première série, en sautant toujours une bande. De cette manière il y aura constamment un intervalle de 73 ans entre la coupe d’une bande et celle de la bande voisine. Ce mode d’ exploitation^ que je ne sache pas qu’on ait encore proposé ( si ce n’est pour les forêts d’épicéas, dans la vue de favoriser le repeuplement des bandes non exploitées par les semences des bandes restantes ), divisera la forêt comme par de grandes allées , donnera de l’air aux bandes non exploitées , favorisera l’expansion des branches des arbres qui se trouveront sur les deux laies, l’accroissement de ces arbres et la courbure de leur tige du côté des bandes exploitées; ce qui produira beaucoup de pièces propres à la marine. Il aura encore l’avantage de donner plus de dureté au bois , de rendre la surveillance plus facile en éclairant la fo- (1) C’est-à-dire, de manière à ce que les coupes exploitées soient abritées des grands vents de l’ouest et du nord parles coupes restantes. EXP rêt, de favoriser le repeuplement, et l’avantage bien important de diminuer le nombre des chablis, si on a eu l’attention de diriger les coupes de manière à les garantir par les bandes restantes, des vents dominans. Ce mode procurera, jusqu’à un certain point, Les avantages des éclaircies, en facilitant la circulation de l’air, et sous le rapport des bois de marine , il sera très-utile. Il se rapprochera encore des petits massifs de futaie que plusieurs auteurs ont conseillé d’établir, et qu’ils regardent comme beaucoup plus avantageux que les grandes masses, en ce que , recevant mieux les impressions de L’air et du soleil, ils produisent des arbres exempts des vices que l’on reproche aux futaies pleines, et que, d’un autre côté , le rapprochement de ces arbres les préserve aussi des défauts attribués aux baliveaux sur taillis. Le pâturage pourra avoir lieu dans les futaies divisées par coupes alternatives, en usant seulement de la précaution de ne le permettre dons les bandes non exploitées que lorsque celles voisines seront dé- fensables. Au reste, je ne me dissimule point toutes les objections qu’on peut faire contre cette proposition , et tous les obstacles réels qu’elle peut rencontrer dans l’exécution. Je sais qu’une forêt d’une certaine étendue doit être exploitée sur plusieurs points à- la-fois pour satisfaire aux besoins des différentes localités, et que d’un autre côté il y a toujours beaucoup de difficultés et d’inconvéniens à changer l’ordre des coupes dans une forêt. Il est vrai encore que le terrain n’est pas toujours de la même qualité , et que les essences ne sont pas non plus de la même nature dans toute l'étendue d’une forêt, ce qui doit faire varier les époques des exploitations. Mais j’ai supposé un aménagement fixe pour toute la futaie , et par conséquent la réunion de toutes les circonstances qui doivent motiver cet aménagement. Ainsi, quoique cette proposition puisse rencontrer beaucoup de difficultés, elle parait pourtant applicable à quelques localités, et c’est assez pour qu’elle ne soit pas tout-à-fait oiseuse. Depuis la publication de ce Mémoire dans les Annalesforestières de 1811, j’ai en occasion de voir (en 1814) M. le comte Orlof, grand-maître des forêts de la Russie, qui m’a dit avoir introduit le mode à'exploitation dont je viens de parler , et que ce mode était très-favorable au repeuplement, sans qu’on fût obligé de réserver beaucoup de baliveaux, parce qu’en sautant toujours uue coupe entre deux, l’ensemencement naturel se faisait bien par la coupe restante. Ainsi, ce que je proposais comme une amélioration probable , ne doit plus être rangé aujourd’hui dans la classe des théories. Indépendamment des moyens qui peuvent tendre à favoriser L’accroissement des futaies, on doit employer tous ceux qui sont propres à faciliter le repeuplement des jeunes coupes. Dans quelques forêts, on a soin de faire extraire, dans l’année qui précède l 'exploitation, les houx, genêts, bruyères, épines et autres mauvaises plantes qui, n’étant que ravalées par les explorateurs, s’emparent du sol après Vex- ploitation , et retardent ou anéantissent le recru des bonnes essences. Après cette extraction, qui a donné EXP EXP ri 9 une espèce de labour au terrain, on répand à la volée une grande quantité de glands et de faines. Il est encore très-utile d’établir des troupeaux de cochons dans les futaies destinées à être abattues, pour qu’ils fouillent la terre et enterrent les semences. Enfin, on fait repeupler les vides par les adjudicataires , par les gardes, les usagers, ou de toute autre manière indiquée dans les instructions de l’Administration. Chapitre XII. — Résumé de ce qui précède. 1°. Les futaies pleines ou en massif sont indispensables dans le système général de l’aménagement des forêts. Leurs principaux avantages sont de fournir des pièces de grandes dimensions qu’on ne pourrait trouver ailleurs , et beaucoup de bois de fente ; de pourvoir aux besoins de la société, soit en argent, soit en matières, dans des circonstances extraordinaires; de procurer de grandes ressources du côté du pâturage et du panage; d’exercer une influence favorable sur l’atmosphère ; d’opposer des obstacles à la dégradation des montagnes , et de fournir plus de bois que les taillis dans le même espace de temps, sur-tout lorsqu’elles sont conduites d’après les bons principes. 2°. Les éclaircies, sagement employées dans les futaies, sont des moyens certains de les régénérer et d’en favoriser considérablement l’accroissement. La méthode de M. Hartig sur cet objet parait complète et ne rien laisser à désirer. Elle borne à 12.0 ans l’aménagement des futaies de hêtres, et à 180 celui des futaies de chênes, et elle assure le repeuplement naturel de ces futaies. 3 °. Il résulte des calculs de M. de Perthuis , que la différence du produitenargent d’une futaie éclaircie à celui d’une futaie non éclaircie , est d’environ six septièmes en faveur du premier; que ce produit , comparé à celui des gaulis avec futaies, aménagés à 70 ans , est encore de moitié plus fort ; que les taillis avec réserve de futaies , conduits d’après son système d’aménagement, produisent beaucoup plus que les taillis sans futaies ; que le produit en bois augmente dans une proportion étonnante , si l’on retarde l’époque des exploitations autant que les terrains peuvent le permettre, et qu’en général il est de l’intérêt du gouvernement de prolonger les aménagemens. Mais il est à observer que M. de Perthuis n’a point calculé l’intérêt de l’argent, et que si les aménagemens prolongés donnent le maximum des produits en matières et des bois de plus belles dimensions , ils ne donnent cependant pas toujours le maximum des produits en argent. En effet , M. Hartig a trouvé que , bien que les futaies aménagées à 120 ans produisissent, dans le même espace de temps, presqu’une fois plus de bois que des taillis aménagés à 3 o ans , le produit en argent de ces taillis était de près de deux cinquièmes au-dessus de celui de ces futaies. Mais il ne demeure pas moins constant que si l’intérêt des particuliers est de préférer-l’aménagement en taillis , celui du Gouvernement est d’avoir des futaies, parce qu’étant le plus grand consommateur de bois de construction , il y trouvera des ressource» qu’il serait obligé de se procurer au dehors ; que d’un autre côté le panage et le pâturage sont beaucoup plus importuns dans les futaies que dans les taillis, et enfin que l’objet principal des forêts de l’état est de fournir à la société le maximum des produits en matières. 4°. Il n’y a point de règles fixes à suivre pour exécuter les éclaircies, soit par rapport aux époques , soit par rapport à la quantité de bois à extraire. Tout cela dépend de l’état de la forêt. Cependant il est assez d’usage que dans une futaie de hêtre , aménagée à 120 ans, et qui a été conduite précédemment d’après le système, on procède de la manière suivante : L’enlèvement des bois blancs se fait de temps en temps pendant les vingt-cinq ou trente premières années. Ce nettoiement ne peut donner lieu à aucun abus, parce qu’il ne porte que sur des essences déterminées. On le pratique dans plusieurs futaies de l’intérieur de la France, et j’ai eu occasion d’en remarquer les bons effets dans les forêts de Senon- ches et de Villers-Cotterets. Mais ce nettoiement de bois blancs ne s’y fait point aux époques fixées par M Hartig. On attend que ces bois soient parvenus à une certaine grosseur, et qu’ils aient de 36 à 40 ans et même plus. O11 est obligé d’attendre cet âge , parce que les coupes n’ayant pas été traitées d’après la méthode du réensemencement naturel en bois durs , elles ne se couvrent d’abord que de trembles et de bouleaux , et que si on enlevait ces essences à 1 5 ou 20 ans , il ne resterait plus rien sur ces coupes. Mais si des coupes de réensemencement ou coupes sombres en avaient préparé le repeuplement en hêtres et chênes, il n’y aurait plus d’inconvénient à avancer l’époque du nettoiement, parce que les bonnes essences seraient bien plus nombreuses. La première éclaircie des bois durs, qui, dans le système allemand, porte sur les bois morts et étouffés et sur les bois blancs , a lieu vers la trentième ou la quarantième année. Dans cette opération, on laisse depuis 3 yoo jusqu’à 5 ooo brins par hectare, suivant l’état de la forêt, la qualité du sol et le climat. C’est l’opération la plus délicate et la plus difficile de tout le système Elle ne peut s’exécuter que sous la surveillance des forestiers et par des ouvriers intelligens. 11 est de la dernière importance de ne point trop dégarnir la forêt et de ne la point priver de son état serré et clos. Les bons effets de cette éclaircie , lorsqu’elle est bien exécutée, sont incalculables ; mais ses inconvéniens , dans le cas contraire, sont aussi considérables. La deuxième éclaircie se fait vers la soixantième ou quatre-vingtième année, suivant l’époque où la première a eu lieu. Le nombre des brins à réserver varie depuis 1 s 5 o jusqu'à 25 oo par hectare, d’après les circonstances qu’on a expliquées. Elle est moins difficile que la première, en ce que le nombre des réserves est moins considérable, et que déjà le martelage peut avoir lieu. La troisième éclaircie se fait à la quatre-vingtième année,si la deuxième a été faite à la soixantième. La réserve ordinaire est depuis 800 jusqu’à i 5 oo baliveaux par hectare. 11 est facile d’y procéder en marquant à la racine les arbres à abattre. 120 EXP La quatrième éclaircie a lieu à 100 ans. Elle laisse de 600 à 1000 baliveaux par hectare. C’est la plus facile , puisque le nombre des arbres à marquer , soit pour être abattus , soit pour être réservés, est encore moins considérable que dans la précédente. A 120 ans, on procède à la coupe dite de réensemencement, dans laquelle on ne laisse que i 5 o à 160 baliveaux par hectare. C’est cette opération qui distingue particulièrement le système de M. Har- tig, et qui lui donne tant d’avantages sur ceux qui ont été proposés en France. Elle est destinée à procurer le repeuplement naturel de la coupe par les semences des arbres réservés. Elle exige sans doute de l’attention comme toutes celles qui composent le savant système des éclaircies ; mais un forestier intelligent et zélé saura surmonter toutes les difficultés. Dans la coupe secondaire ou coupe claire , qui a lieu quelques années après, c’est-à-dire, lorsque la coupe se trouve couverte de jeunes plants de 8 à 12 pouces de haut, on ne réserve que 5 o arbres par hectare , pour achever le repeuplement dans les endroits où il serait incomplet. 11 arrive aussi quelquefois qu’on est obligé de faire une seconde coupe claire avant de procéder à la coupe définitive , parce que le terrain n’est pas assez fourni de plants. Enfin , on procède à la coupe définitive lorsque l’ensemencement est complet, ce qui a lieu ordinairement 9 à 10 ans après la coupe sombre ou de réensemencement. S’il se trouve alors quelques endroits qui n’aient pu être repeuplés naturellement, on y supplée par des semis artificiels. On voit qu’à l’exception de la première éclaircie, toutes les opérations s’exécuteront assez facilement, et que si cette première éclaircie se fait par économie, tout le système peut marcher. Mais , nous le répétons avec M. Hartig, on ne doit jamais forcer les éclaircies , ni trop les réduire. 11 y a un juste milieu à observer , sans quoi le mai serait plus grand que le bien qu’on voudrait opérer. Enfin, il y a plusieurs sortes de forêts où les règles ci-dessus doiventêtre modifiées d’après un grand nombre de circonstances expliquées dans les chapitres que nous avons traduits. 5 °. Il est très-avantageux de procurer de l’air aux futaies exploitées d’après l’ordonnance, en les perçant de routes, de chemins et d’allées. Le produit en bois , loin d’être moindre, sera plus considérable , et on se sera ménagé d’ailleurs des moyens d’arrêter les incendies , d’exécuter les dé- bardages , etc. , etc. Les bordures dont nous avons parlé produisent beaucoup de bois de marine , soit que les futaies s’exploitent par éclaircies ou par contenance , suivant l’ordonnance. On peut aussi introduire dans quelques futaies les coupes alternatives qui présentent l’avantage de favoriser la production des bois de marine, de prévenir les chablis , et de procurer une partie des bons effets du système des éclaircies sans en avoir les inconréniens. EXP III. Des futaies d’arbres résineux et de LEUR EXPLOITATION. Première Partie. — Recherches sur les différent modes d’exploitation usités ou proposés pour les forêts d’arbres résineux. Chapitre 1 er . — Observations préliminaires. Il existe en France des forêts assez étendues , qui sont composées de pins, sapins, épicéas'et mélèzes, soit purs, soit mêlés avec les hêtres et les chênes. Ces forêts ont éprouvé , comme toutes les autres, et peut-être plus que les autres , des réductions considérables dans leur étendue et dans leurs produits en nature, par suite des aliénations , des exploitations vicieuses, et des abus qui, en général, ont porté atteinte au sol forestier avant et pendant la révolution. En ce moment (1824) , la contenance totale des forêts de ce genre, soit royales , soit communales , est encore d’environ 55 o,ooo hectares. Voici les départemens où elles sont situées , et le nombre approximatif d’hectares que chaque département contient. hectares. Allier. 800 Ariège. i 6 , 5 oo Alpes (Basses-). 18,750 Alpes (Hautes-). 53 ,800 Ardèche. 8,270 Aveyron. 160 Aude.. 12,900 Bouches-du-Rhône. 5 ,i 5 o Cantal. 3 , 35 o Corse. 9)700 Drôme. 24,400 Garonne (Haute-)... 6,700 Isère. 4 1 î°°o Loire. 1,100 Loire (Haute-). 750 Morbihan. 170 Puy-de-Dôme. 2,700 Pyrénées ( Basses-).. 4 0 ! 000 Pyrénées (Hautes-).. 10,000 Pyrénées (orient.)... 16,000 Vàr. 18,000 Vaucluse. 5 ,400 Moselle. 6,000 Meurthe. 3 ,000 Vosges. 77,800 Rhin (Bas-). 43,700 Rhin (Haut-). 60,000 Doubs. 22,000 Jura. 1 3 , 6 oo Saône ( Haute- ). 200 Ain. 26,200 Beaucoup de mélèzes. Beaucoup de mélèzes et de pins suffis. Pin et chêne kermès. 548,100 Dans cette masse , il y a trois cinquièmes de bois communaux , c’est-à-dire , environ 3 oo.ooo hectares. Nul doute que l’étendue de nos forêts résinen- EXP EXP iai ses ne fût beaucoup plus considérable autrefois. Cependant nos premiers réglemens se sont peu occupés de Vexploitation des bois résineux. L'ordonnance de 1669, quoiqu’elle fasse mention du sapin dans l’art. I er . du titre des amendes et restitutions, garde le plus profond silence sur la manière de traiter les forêts de ce genre. Mais peu de temps après la publication de ce réglement, plusieurs arrêts du conseil remplirent cette lacune , et il parait que l ’exploitation par pieds d’arbres en jardinant fut généralement adoptée pour les forêts d’espèces résineuses. Un décret du 3 o thermidor an i 3 a maintenu ce mode à l’égard des forêts de sapins et des forêts mêlées de hêtres et de sapins. Cependant ce décret n’exclut pas les autres modes d’ exploitation . Il porte seulement quel’ exploitation en jardinant ne pourra avoir lieu que dans les forêts dont nous venons de parler; ce qui veut dire qu’elle sera proscrite de toutes les autres forêts, mais que , quoique permise dans celles-ci, elle n’exclut pourtant pas les autres modes qui pourraient être jugés préférables par l’autorité supérieure, lin e.ffet, le cahier des charges pour les adjudications des coupes de bois dit que Vexploitation des arbres résineux sera faite suivant P usage des lieux et sans dommages. ür, nous espérons prouver que l ’exploitation en jardinant leur cause beaucoup de dommages, et que les mêmes raisons qui ont fait proscrire ce genre è?exploitation des forêts de bois à feuilles, doivent egalement le faire bannir des forêts résineuses. Nous allons d’abord rapporter les diverses opinions émises sur la manière de traiter ces sortes de forêts. Les détails dans lesquels nous entrerons à cet égard , mettront le lecteur à portée de fixer son jugement, et de reconnaître à quel mode on doit réellement donner la préférence. Duhamel dit, en parlant des sapins et épicéas , que tomme ils se trouvent ordinairement dans les pays de montagnes, il arrive assez fréquemment que les ouragans rompent, déracinent et couchent sur le côté 3 o et 4 ° arpens de bois; que ces espaces se repeuplent très-difficilement, si ou néglige d’en écarter le pâturage , parce que l’herbe sert d’abri aux jeunes plantes , qui sans cela périraient infailliblement , et que d’ailleurs les bestiaux les fouleraient avec leurs pieds. Il ajoute qu’à mesure que les sapius grossissent, les plus forts étouffent les faibles ; qu’alors on peut abattre ceux qui languissent ; que cet éclaircissement sera avantageux aux beaux sapins , pourvu toutefois que ce retranchement ne se fasse que peu-à-peu et sans trop éclaircir la forêt. Il est évident que ce mode àlexploitation, où l’on enlèverait les brins étouffés et languissons , et que Duhamel indique comme fort avantageux aux forêts de sapins, n’est antre chose que l 'exploitation par éclaircie , qu’il 11e faut pas confondre avec l ’exploitation en jardinant , où l’on n’enlève que les plus forts arbres. Il recommande du reste , avec tous les bons auteurs, d’entamer la forêt du côté où le vent est le moins violent ( ordinairement dans la partie de l’est ) , afin, dit-il, que les lisières qui subsistent du côté de l’ouest et du nord- Tojie II. ouest continuent de protéger la futaie, qui, sans cela, courrait risque d’être renversée. Les ravages que les vents occasionnent dans les forêts d'épicéas viennent en effet de ce qu’on néglige ces précautions, et en outre des vides multipliés que laissent les arbres exploités par jardinage. Buffon conseille aussi de faire dans les bois de pins une sorte d’éclaircie, mais qui n’est pas précisément celle qui doit avoir lieu. « Comme cette espèce d’arbre, dit-il, ne se propage et ne multiplie que par les graines qu’elle produit tous les ans , qui tombent au pied , ou sont transportées par le vent aux environs de chaque arbre , ce serait détruire ce bois que d’en faire coupe nette : il faut y laisser 5 o ou 60 arbres par arpent, ou , pour mieux faire encore, ne couper que la moitié ou le tiers des arbres alternativement, c’est-à-dire , éclaircir seulement le bois d’un tiers ou de moitié , ayant soin de laisser les arbres qui portent le plus de graines y tous les 6 ans on féru , pour ainsi dire , une demi- coupe , ou même on pourra, tous les ans, prendre dans ce taillis le bois dont on aura besoin : cette dernière manière , par laquelle on jouit d’une partie du produit de son fonds , ,est de toutes la plus avantageuse. » 11 est bien important de ne point confondre la méthode proposée par Buffon avec l 'exploitation en jardinant ; et ce qui prouve que ce n’était point cette dernière méthode qu’il conseillait, c'est ce qu’il dit plus loin, en parlant des taillis qu’on jardinait dans plusieurs cantons de sa province : il explique que cette manière de couper les taillis ( par jardinage ) diffère de celle qu’il vient de proposer pour les pins, en ce qu’au lieu de laisser les gran is arbres, on ne laisse que les petits dans cette exploitation en jardinant. Il est donc certain que Buffon avait aussi indiqué le mode à?exploitation par éclaircie pour les forêts résineuses. La réserve qu’il conseille de faire de 5 o à 60 arbres par arpent, ou du tiers et même de moitié des arbres les plus propres à fournir des graines , pour les enlever ensuite , se rapproche beaucoup de celle que l’on fait dans la coupe dite de réensemencement, cjui se pratique dans les forêts soumises aux éclaircies périodiques. C’étaient donc, je le répète, des éclaircies qu’il proposait, et non des coupes par jardinage. 11 est essentiel de ne pas perdre de vue qu’il y a cette différence notable entre Vexploitation en jardinant et celle par éclaircie, que, dans la première, ce sont lesplus forts arbres qu’on enlève, tandis que dans l’autre on n’extrait que les bois morts, étouffés ou dépérissans sur chaque coupe , jusqu’à l’époque de l’exploitation fixée par l’aménagement. Il est facile de sentir que les résultats de ces deux modes sont aussi différons que les deux modes entre eux. Nous exposerons dans le deuxième paragraphe de ce titre les incon- véniens de l’un et les avantages de l’autre. N arennes de Fenille , en répondant à la critique qui avait été faite de sa proposition d’éclaircir les bois , assure qu’à moins de vouloir tout détruire, il est impossible d’exploiter autrement les forêts d’arbres résineux. Mais comme cet auteur ne distingue pas toujours d’une manière précise l’exploitation par éclaircie de celle en jàrdinant, je ne tirerai de 16 2a EXP EXP son assertion aucune conséquence pour combattre le jardinage de ces sortes forêts. M. dei’erthuis, qui, suivant mon opinion, ostl’au- teur français qui connaissait le mieux les exploitations, et qui , par ses seules observations, est arrivé à fonder une méthode très-rapprochée de celle que l’expérience avait consacrée en Allemagne , s’est prononcé contre l’exploitation par jardinage des bois résineux. Il reproche à cette manière de couper les bois des inconvéniens réels , dont je ferai mention lorsque je récapitulerai les vices de cette mauvaise méthode. Cependant, comme cet auteur avait moins pratiqué les forêts résineuses que celles des bois à feuilles, il dit qu’il n’a pas, sur le régime de ces forêts , la même expérience , et qu’il ne présente pas son opinion avec la même assurance que sur l’aménagement des autres espèces de forêts. La méthode qu’il propose, consiste à soumettre les bois résineux à un aménagement périodique comme les autres bois; à laisser par arpent , à chaque coupe , 24 ba- liveaux choisis parmi les jets les plus faibles, afin qne les baliveaux 11e soient pas dans un trop grand état de dépérissement à la coupe suivante ; à interdite l’enlèvement des graines , 2 ans avant et 2 ans après chaque coupe 5 à ne laisser entrer les bestiaux dans les forêts résineuses , en aucun temps et sous aucun prétexte ; à fixer l’aménagement des mé- lèaes et des sapins à 100 ans , et celui des pins à ôo ans, parce que c’est à ces âges qu’il les regarde comme susceptibles des plus grands produits. Cette exploitation ne pourrait recevoir d’application qu’autant qu’il s’agirait de forêts d’épicéas ; que les coupes se feraient par bandes étroites pour être repeuplées par les semences du massif restant, et qu’elles seraient dirigées de manière à prévenir les ravages des vents dominans ; car on ne pourrait guère espérer que les 24 baliveaux par arpent que M; de Perthuis conseille de réserver parmi les jets les plus faibles, puissent aiderau repeuplement, ^puisqu’ils seraient trop jeunes ; que d’ailleurs l’épicéa n’ayant que des racines latérales, ces réserves seraient bientôt renversées par les vents. Cette méthode est donc incomplète, même pour l’épicéa. M. de Perthuis ne la donnait pas non plus comme la meilleure possible, il avait reconnu les vices de l’exploitation par jardinage des forêts résineuses , et il émettait plutôt le voeu qu’elle fût changée , qu’une opinion positive sur le mode à y substituer. M. Dumont rappelle, dans son Dictionnaire forestier, que la coupe des sapins se fait quand une partie des arbres commencent à mûrir par la cime ; qu’elle s’exécute en jardinant et en commençant l’exploitation du côté du levant, afin que les Lisières de l’ouest et du nord-ouest puissent garantir la futaie? mais 1 que cette exploitation n’a pas lieu en coupes réglées, comme pour les autres arbres. Cependant , ajoute-t-il , quelques expériences font penser -qu’il ne serait pas impossible que des portions de forêts coupées à blanc se repeuplassent par les semis naturels des graines tombées des an- eiéès arbres. Pour que les coupes à blanc puissent se repeupler , il faudrait la réunion de toutes les circonstances dont nous venons de parler, et encore ce repeuplement sérail bien incertain, Il parait qu’eu Allemagne on avait d’abord remplacé 1 exploitation^ en jardinant des forêts résineuses par la coupe L ^ blanc, mais que les mauvais effets de ces coupes les ont fait promptement abandonner pour toutes les espèces résineuses,à l’exception pourtant del’épicéa, que l’on exploite encore à blanc dans quelques paysfc en prenant les diquées. U exploitation à blanc a été virément ’ert Injustement combattue,par M. Bosc,'dans«on excellent article Sut- le genre' sapin , du nouveau Cours d’agriculture, et ce naturaliste a pen9é que Vexploitation en jardinant était préférable. Nul doute que tout vicieux que soit le jardinage des. forêts résineuses , il ne soit encore préférable aux coupes blanches $, mais ces deux modes doivent faire place aux coupes périodiques paréclajrcie, dont la supériorité à tous égards sera démontrée dans le paragraphe suivant. Enfin, M. Dralet, qui n’avait aussi comparé que les deux premières méthodes, s’estpro- noncé en faveur de Vexploitation en jardinant, et il a proposé , dans un projet de loi sur l’améuage- ment des forêts , de ne permettre que ce seul mode J 'exploitation pour les bois résineux , en citant à l’appui de sa proposition les bons eftets de cette exploitation dans la foret de Belesta, située dans: le département de l’Ariège. Telles sont les düférentes opinions de nos auteurs sur Vexploitation des forêts d’arbres résineux. On voit que la plupart avaient conseillé les éclaircies, comme le moyen le plus avantageux d’élever des futaies. Quant à ceux qui ont paru adopter la méthode du jardinage, ils se sont fondés sur ce que les arbres résineux 11e se reproduisant que de graines, et sur ce qu’étant d’ailleurs sujets à être renversés par les vents , on ne pouvait lçs exploiter par contenance, ni faire dans les coupes des.ré- serves de baliveaux. Ces motifs sont réels , et il n’y a point de doute que les exploitations à tire et aire, telles qu’elles se font dans nos bois à feuilles, ne soient impraticables dans les forêts résineuses ; mais de ce que ces exploitations doivent en être proscrites, il ne suit pas qu’on ne puisse les exploiter autrement qu’en jardinant. En effet, s’il existe des forêts où il soit particulièrement utile de mettre en pratique le système des éclaircies, ce sont sans contredit celles des bois résineux. On n’objectera pas pour celles-ci la multiplicité des coupes qu’exigent les éclaircies périodiques, puisque par le jardinage ces coupes sont bien plus multipliées. On n’objectera pas non plus la difficulté de la surveillance, puisqu’elle sera encore plus facile que dausl’earp&jrfa- üon par jardinage. Nous le répétons donc , ç’est par éclairciçs, expurgades , et en faisant l’juversÇjdu jardinage, qu’il faut traiter les forêts de pins, sapins et mélèzes, c’est-à-dire qu’au lieu d’y couper-, chaque année, les plus forts arbres sur toute leur surface , il faut les diviser par coupes , soumettre ces coupes à des éclaircies périodiques, dans lesquelles on enlèvera les bois étouffés , morts ou languissans, et ensuite à des exploitations conduites (le manière d favoriser le repeuplement naturci. . ?. précautions que nous avons déjà in- \V : 1 . ’ EXP Mais avant d’expliquer ce mode pour chaque es jpèce de bois résineux, nous allons présenter les principaux inconvéniens attachés à y exploitation ]par jardinage, tant dans les forêts d’arbres résineux «que dans les autres. Nous emprunterons une partie (de ce que nous allons dire à cet égard aux ouvrages 1 forestiers allemands de MM. Hartig, Burgsdorf et JLaurop. (Chapitre II. — De l’exploitation par jardinage ou furetage . tant dans les bois résineux que dans les bois à feuilles , de ses conséquences et des moyens d’y substituer petit à petit les coupes périodiques par éclaircies. IIexploitation par pieds d’arbres en jardinant est la plus anciennement pratiquée dans toutes les espèces de forêts. Il était naturel que, dans des pays ■ couverts de bois, on ne s’occupât que de profiter • des arbres tout formés qui se trouvaient à la portée des consommateurs, sans songer au plus ou moins de dégâts que pouvait bauser leur extraction. Cette manière d’abattre les arbres est encore suivie dans la plupart des forêts de la Russie, dans celle de l’Amérique septentrionale, et dans tous les pays où l’abondance des bois semble permettre de ne s’occuper que du présent. Il y a tel arbre qui, sorti d’une forêt, a occasionné la destruction de quelques milliers de brins d’espérance par sa chute, son exploitation et lesabatis qu’il a fallu faire pour le transporter ; mais cette manière désastreuse a été proscrite en France de toutes les forêts de bois à feuilles par les anciennes réformations , confirmées par les ordonnances^ Ord. de François I er -, de juillet 1 544 ! Etats de Blois en novembre 1576 ; Edit de Henri III , du mois de mai i 5 yq, art. 33 ç) , et fut remplacée par l’ exploitation à tire-aire, que prescrit encore l’art. 11 du tit. XXV de l’ordonnance de 1669. Ce dernier mode, qui parait aussi avoir succédé, en Allemagne, aux coup'es par pieds d’arbres, y a été, à son tour, remplacé ,dans ces derniers temps, par les coupes périodiques ou expurgades, dans les futaies de toute espèce, bois à feuilles et bois résineux. Néanmoins, en France et en Allemagne il y a encore quelques endroits où les forêts des particuliers s’exploitent par jardinage ou furetage. Quant aux forêts résineuses, elles s’exploitent toujours chez nous par jardinage, ainsi que nous l’avons déjà rappelé. On va voir combien il y aurait d’avantage à y substituer par-tout les coupes par éclaircie, que nous désignons indifféremment sous cette dénomination, comme sous les noms de coupes successives , de coupes périodiques ou à.'expurgades. L’ exploitation en jardinant consiste, comme on le sait, à prendre annuellement ou de temps à autre dans une forêt les arbres les plus forts, à les extraire seul à seul pour les façonner, et à attendre de la nature Seule le repeuplement des vides que ces extractions occasionnent. Dans I exploitation par coupes successives, on s’attache au contraire, après aèoir divisé la forêt par coupes réglées, à éclaircir lés Coupes de temps en temps, en les débarrassant, jùsqn’à cë qu’elles soient arrivées à leur maturité, des bois morts et étouffés-, et à n’exploiter les coupes qui ont parcouru la révolution qui letrf ést aSsi- EXP gnée que petit à petit, et de manière à obtenir le repeuplement naturel sans travaux ni frais de quelque importance. Dans une forêt soumise au mode des coupes successives , tout le bois du même âge se trouve réuni sur le même district, ou du moins dans des coupes distinctes, au moyen de la division géométrique qui en a été faite, et de l’ordre que l’on a suivi dans les exploitations ; tandis que dans les forêts jardinées, il n’y a point de divisions par coupes, et les bois de tous âges se trouvent mêlés sur toute leur surface : tels sont les principaux caractères qui distinguent ces deux genres &'exploitation ; mais, pour les mieux comparer, nous allons établir entre eux un parallèle suivi. Dans le mode d’exploitation par jardinage, on abat toujous les plus forts arbres, tandis que dans l’autre on n’abat que les plus mauvais jusqu’au moment de l’exploitation définitive. Dans l’un, on coupe, chaque année, sur toute l’étendue de la forêt; dans l’autre , la coupe se borne à quelques endroits seulement; dans l’un , chaque partie de la forêt est composée de bois de tous âges; dans l’autre, tout le bois d’une coupe est du même âge 5 dans l’un, il faut que tonte la forêt soit constamment en défends ; dans l’autre, le pâturage peut être permis sur une très-grande partie de la forêt sans beaucoup de dommages; en un mot, ces deux mode* d’ exploitations sont tellement différens, que, par rapport à leur exécution comme par rapport à leurs résultats, le contraire de ce qui arrive dans l’un arrive presque toujours dans l’autre. Nous allons maintenant présenter les principaux inconvéniens attachés à Vexploitation en jardinant. 1°. Une forêt exploitée par jardinage ne peut, fournir annuellement autant de bois qu’une forêt de la même contenance exploitée par coupes périodiques. Pour se convaincre de l’exactitude de cette assertion , il suffit de se rappeler que de gros atbres épars sur la surface d’une jeune forêt s’étendent beaucoup plus en branches, et occasionnent par conséquent des vides plus considérables que s’ils étaient à des distances naturelles dans un seul massif. Supposons, dans le premier cas, un hêtre d’une certaine grosseur, il étouffera par son ombre 60 à 80 mètres carrés de sous-bois; tandis que ce hêtre, en massif serré étayant par conséquent beaucoup moins de branches, couvrirait à peine une étendue de i 5 à 20 mètres carrés. Il suit de là que , dans les forêts jardinées, les arbres bons à être abattus étant très-disséminés, et par conséquent d’une grande ampleur de tête, couvriront des espaces deux et trois fois plus considérables qu’un pareil nombre d’arbres du même âge dans les forêts soumises à des coupes réglées. Outre cela, les bois jeune et moyen qui se trouvent entre les gros arbres dans les forêts jar- dinérs, ne sont point assez serrés et ne peuvent s’élever en hauteur; car ces gros arbres non-seulement étouffent tous les plants qui se trouvent sous leurs branchies, mais ils empêchent encore les perches 6t les brins qui les séparent de prendrè tout l’accroissement dont ils seraient susceptibles. D’un autre cAté , le recru qui pousse dans les petites 1 (places vides est en grande partie étouffé par les porches 16* EXP EXP 124 e& brins eux * mêmes. Ajoutons à ces- causes de perte et de .dégradation, que Les arbres que i’en coupe tombent suc ceux, qui.' aaav ■ cdnservéâ ,. les écrasent, ou. les mutilent; que pour Ibs? abattit lié ouvriers se ménagent un espace en coupant les jeunes brins qui les gênent autour de chaque arbre ; que le transport s’en fait souvent aVeo dés 1 cheVaüx 1 et des voitures, en se frayant un chemin à travers les bois; que par là on est forcé de couper ou de froisser une grande quantité de jsujetsp'estahs, et de détruire une multitude de jeunes^plants ; que sur les pentes inaccessibles aux Torturés, 1 il est souvent impossible de faire glisser ces arbres én bas à cause des arbres restans; qne ces difficultés augmentent le prix de la main d’œuvre , et diminuent d’autant celui du bois; que les vides se multiplient à chaque exploitation , et ne peuvent se repeupler que 1 très-difficilement, à cause des bois qui les entourent. I9(|'. rOn,peuticonclure de cîe qui précède qu’une quantité donnéedtc 1 gros -a r lires occupe, dans les forêts que'l’ail fftrdïne» puné -stlrfo.ee beaucoup pins grande que dans celle* qui s’exploitent par coupes successives^ et que la mémo étendue de forêt ne peut donner, ^dans le pveniiér cas, que la moitié au plus des hois-qu’on obtiendrait dans les forêts éclaircies, où les' arbres réservé* peuvent parvenir au maximum de leur accroissement* et où ils fournissent d’ailleurs les pièces les plus importantes pour la mâture; tandisque, dans lgs -forêts jardinées, les arbres 11 e sont pas assez serrés pour procurer beaucoup de pièce* de ce genre. a- ment ; il devient indispensable de maintenir tons-j tjuTm.ent toupe l’étendue des la'forêt en défends;; tandis que dans les futaies exploitées par.coupes on peut permettre le pâturage dans tous les cantons , depuis l’âge de 25 ans jusqu’à l’époqne de léur .exploitation. L’exercice du pâturage n’empèche pas la régénération et L’accroissement de la* forêt, pourvu seulement;qu’on ait l’qttentioh de défendre Le& coupes âgées de moins dexSianilla L’introdiic- tion*des bestiaux. La;nécessité d’interdire le pbrt— cours dans les forêts exploitée^ en jardinant, imposé de notables privations dans les pays pauvres en pâturage comme, ceux des montagnes!, où sont ordinairement lès forêts résineuses. Ces privations sont donc à ajouter aux inc cmv é nie ns de ce mode!; mais quand cm est: forcé, comme cela arrireqttel- quefois, de'.souffrit*ce pâturage, il résulte alors les plus grands déminages pour le recru* parce que L’herbe qui croitdans les vides dea'.forèts résineuses est absolument nécessaire (pour favoriser la germination des graines, défendre les plants djj soleil pendant qu’ils sont jeunes, et que les bestiaux-arrachent ces plants avec l’herbe qu’ils paissent ou qu’il* les foulent avec leurs pieds. . ; 4°. Il est difficile de surveiller les hommes employés dans les forêts exploitées par jardinage. Comme c’est sur toute l’étendue de la forêt que se font les coupes, que se façonne le bois, que se cuit le charbon at que l’on voiture les. produits de l ’exploitation , il en résulte naturellement que la surveillance est bien difficile, et que, quels que soient les eftorts que l’on fasse, elle n’est jamais aussi complète que lorsque toutes ces opérations sont concentrées dans un seul ou dans quelques cantons seulement, comme dans les exploitations par contenance. Il en est de même des opérations de martelage ou de récolement. ■ • in 5°. Enfin il est bien plus difficile d’apprécier les ressources dune forêt exploitée en jardinant que celles d’une forêt soumise à un aménagement régulier. Dans les forêts qu’on jardine, les bois de tous âges se trouvent mêLés , et il y a toujours une multitude de vides dont l’étendue ne peut être bien calculée. Ces circonstances rendent presque impossible l’appréciation des ressources de ces sortes de forêts , parce que , d’un côté, on ne peut pas dire dans quelle proportion se trouvent les bois des différent âges , et que , de l’autre , on ne peut également apprécier la consistance plus ou moins serrée de la forêt, ni la proportion des parties peuplées avec celles qui ne le sont pas du tout. Il n’ea est pas de même d’une forêt exploitée par coupes détersni- 1 nées , où l’on prouve réunis dans les mêmes cantons I leiS'bois de' même âge, et où l’on peut également ju- ||er de leur quantité et des produits que chaque àgfe peut fournir. l i£< ; 11 est inutile de pousser plus loin la comparaison de ^exploitation par jardinage avec celle par coupes déterminées, étant bien démontré que .par-tout oùdia première a lieu, on doit s’empresser de la rerivplôcèr'par l’autre; nmis Las-avantages.des coupes EXP EXP réglées seront d’autant plus assurés qu’on les exploitera par éclaircie, d'après les règles qui ont été expliquées pour les futaies de bois à feuilles , et xPan près celles à-peu-près semblables, quirvont être' détaillées dans la seconde partie de ce titre pour les forêts résineuses. M Hartig me fournira encore sur cet objet la ressource de ses savantes instructions. Cet-auteur pense qu’on lie doit pas chercher à effectuer tout d’un Coup le changement d 'exploitation qu’il propose. Ow ne peut l’opérer que petit à petit et le meilleur- mdÿen pour y parvenir consiste à en lever d’abord , sur les cantons pourvus d’un recru suffisant, tous les arbres arrivés ou sur le point d’arriver au terme de leur exploitation, en. prenant les précautions indiquées à cet égard. Après cette pre niière opération, les brins restans seront éclaircis coupes pariconpes, à mesure qu’ils grandiront et qu’ils exigeront plus d’espaces Quant aux besoins de la consommationpon cherchera d’y pourvoir, d’abord par Vexploitation des vieux arbres qui se trouveront, comme on vient de le dire, sur les cantons suffisamment pourvus de jeunes plants, et ensuite par les éclaircies périodiques que l’on fera dans les anciens districts. Ces propositions seront suffisamment développées dans la partie suivante de ce titre Seconde Partie* -— De l’exploitation par éclaircie et coupes périodiques des bois résineux en général. . ,1 Chapitre 111. — Observations préliminaires sur cet objet. Nous venons de faire connaître les caractères principaux qui distinguent le système des éclaircies d’avec les coupes par pieds d’arbres en jardinant, et uous avons suffisamment prouvé que si le premier mode devait être employé dans les futaies, ce devait être principalement dans celles des arbres résineux On a vu que, dans ce mode , les forêts doivent être divisées par coupes comme dans les forêts exploitées par contenance. Ainsi, les forêts résineuses que l’on soumettra au système des éclaircies périodiques se ront aménagées d’après des principes analogues, c’esl-à-dire que si l’aménagement est fixé à îqo ans, et que la forêt puisse fournir une coupe chaque année, on la divisera en cent quarante coupes; mais au lieu d’enlever en une seule fois tout le bois d’une coupe, comme cela se fait dans l 'exploitation par contenance à tire et aire, on ne le fera qu’en plusieurs fois , pour laisser au terrain le temps de se repeupler par les semences des arbres réservés jusqu’à la coupe définitive. Toutes les forêts résineuses peuvent s’exploiter par éclaircie , et c’est le mode indiqué par M. Hartig ; cependant les forêts d’épicéa s’exploitent assez généralement en Allemagne par coupes étroites et à blanc, de manière qu’elles puissent se repeupler par les semences que le massif restant envoie sur la partie exploitée. Quoique les principes généraux de l ’exploitation par éclaircissement s’appliquent à toutes les forêts résineuses, il y a néanmoins des modifications à,Qbc server à l’égard de ces forêts , comme, à l’égard,de 1 33 celle*' qui sont peuplées de bois à feuilles , suivant les espèces et l’état des bois dont ollns sorit composes. Nam9 allons tkiro connaître les instructions de M. Hartig sut ces divers objets (tp, et-nous'y ajouterons quelques observations de M. de BtWgedorf.- Chapitre IV. De l'exploitation des forêts de sapin commun ( 2 ). i \ i cr . De la manière d’exploiter les forêts de cette cspèçe , qui sont dans un état serré et arrivées à l’âge dette abattues , pour en opérer le réensemencement naturel et y favoriser par. la. suite, autant que possible, l’éducation et l’accroissement du nouveau recru. Quand, dit M. Hartig, une^ forêt dé sapin commun est arrivée à l’âge où il convient d’en faire la coupe, et que l’on veut y favoriser le repeuplemant par l’ensemencement naturel pendùmt Vexploitation , on doit alors observer exactement- toutes les règles que nous avons données pour Vexploitatian par éclaircissement des forêts ,de bêtré^, parce que les forêts de sapin commun doivent être traitées absolument de la même manière. On commence donc l 'exploitation par la partie de fa forêt qui présente le bois le plus âgé ou dont la croissance est le plus ralentie, et ou dirige les coupes vers l’ouest ou le sud-ouest , ou le nord-ouest , de manière qvfelles soient abritées des grands vents par U, pacçie.restante de la forêt. On observe aussi ce qui a été dit à l’égard des forêts de hêtre dont une partie se trouve située en montagne, c’est-à-dire qu’il faut commencer la coupe par cette partie lorsqu’on est dans le cas de faire descendre le bois en traîneaux, Ou en le faisant glisser jusqu’au bas de la montagne, et qu’il est impossible de le transporter par voiture* de l’endroit même où il a cru. Cette précaution est nécessaire, parce que si on commençait Y exploitation par le pied de la montagne, le passage des arbres, en descendant, ferait beaucoup de tort au jeune recru qui se serait montré dans les coupes inferieures. Alors on met petit à petit la forêt ou le canton de la forêt qu'on doit exploiter dans L’état d’une coupe d’ensemencement, où l’on réserve , parmi les arbres les plus brauchus et les plus robustes, nu nombre de porte - graines tel qu’il y ait un espace de G à 8 pieds de Vextrémité des branches de l’un aux branches de l’autre (3). La coupe mise dans cet état, on en attend le réensemencement naturel, et lorsqu’il a eu lieu on fait traîner sur toute la coupe (t) J’ai traduit ces instructions, ainsi que celle9 qui ppjçè- deftt, sur lés irtiénagemens , de l'ouvrage de M. Harijg, ayant pour litre: fehrbuch fur [cerner , Instructions poiiries gardes, ; . i . tu* -• ' mv - (ACoromeJes ambres résineux soitt désignés sous plusieurs noms , suivarrt les - diverses localités, je rappellerai la synonymie des principales espèces dont il sera question dans, ce Mémoire » en cpinroerqant ici par le Sapin commun. Cet arbre est çomm aussi sous le» noms de sapin blanc , de sapin argenté, de sapin de tformandie et de sapin à feuillet, A 'if. Abies alba (Juss.) ,pirius abies (du Roi ), abies lia, abies «rpènléa. é s>: t ’ (i) Ce sont à-peu-près deux cents résehrèsf-par hectare. EXP EXP 126 des bourrées d’épines pour en terrer lesgraines; après quoi, on met cette coupe en défends} mais si la semence était tombée en automne avant l’époque de L 'exploitation, qui n’aurait lieu que dans i’hiver on au printemps suivant, il serait alors inutile de faire traîner des épines sur le parterre, parce que le travail de Vexploitation suffirait pour enterrer les graines et les faire entrer dans la mousse. On laisse la coupe dans cet état jusqu’à ce que L’ensemencement soit complet , et qu’il ait de 3 h 4 ans : alors on enlève, autaht que possible, par la neige, environ la moitié des arbres à semences réservés , en prenant de préférence lespluS forts, et on observe du reste toutes les règles concernant la coupe claire, afin d’épargner les jeunes plants; enfin , lorsque le repeuplement a de 9 à 12 pouces ( 24 à 3 a centim. ) de haut, on procède à l’enlèvement définitif de tous les vieux arbres restés sur la covpe, parce qu’alors la forêt naissante est assez forte pour supporter la température, et qu’en retardant cet ènlôvenlent on lui ferait beaucoup de tort pabla chute des arbres, ainsi qne par leur exploitation et leur transport. On laisse la jeune fdrèt en défends jusqu’à ce u’elle soit assez élevée pour n’avoir plus à crainte de la présence des bestiaux , et lorsqu’elle a 4o ans on commence, pour la première fois, à la débarrasser des bois étouffés. Après cette première éclaircie , il reste ordinairement de 4 i 5 oo à 5,000 bpaux brins par hectare. Le bois étôuffé qu’on a enlevé , consiste en perches minces, qui peuvent être utilement employées à faire des échalas pour la vigne et le houWou , et à faire des rames. On l’èinploie aussi pour le chauffage , à faire du charbon et à plusieurs autres usages ^économiques. Par la suite, on répète de 20 en 20 ans le même enlèvement de bois étouffés. Il s’exécute de manière à laisser par hectaré 1 ; savoir , lors de l’é- clsircie qui se fait à 60 ans, de 1 ,500 à 2,000 des plus beaux brins ; lors de celle qui se fait à 80 ans, de 800 à 1,000 brins; et lors de l’éclaircie qui a lieu à 100 ans , de 600 à 800 , toujours des plus beaux brins qui restent, jusqu’à 120 ans , époque de l ’exploitation (1) Mais quand l’aménagement doit être prolongé jusqu’à 14O, 160 ou 180 ans, on continue les éclaircies de manière à laisser toujours parmi les plus beaux arbres ; savoir, à 120 ans, de 5 oo à 600 tiges par hectare ; à 140 ans , de 4oo à 5 oo tiges ; et à 160 ans , de 800 à 400 ; après quoi , on procède à la coupe dite de réensemence- ment , comme il a été dit précédemment. Comme j’ai déjà fait connaître tous les avantages qui résultent des éclaircies bien exécutées, et que j’âi aussi indiqué toutes les précautions à prendre, je ne les répéterai point ici, je ferai seulement observer que, dans les climats rudes et sur les mauvais terrains, la première éclaircie doit souvent être retardée jusqu’à 5 o ou 60 ans, et qu’en général on doit différer cette éclaircie jusqu’à ce que les plus fortes (0 On ne doit pas perdre de vue qu’il sfngît d'une forêt dans un état serre. tiges,-parmi celles dominantes, aient, dans les climats tertipérés , de 5 à 6 potices de diamètre, mesurées près de terre , et dans les rlimats plus rudes, de 6 à 8 pouces aussi de diamètre. Ce serait hasarder que de commencer plus tôt les éclaircies; mais quand les brins ont acquis la force dont ou vient de parler , on peut et on doit même débarrasser la forêt des bois étouffés, morts et dépérissans: alors cette éclaircie, exécutée d’après les règles qu’on a données, produira les effets lest plus avantageux , en favorisant la croissance des beaux brins, et en mettant un obstacle ù la multiplication des insectes , par l’enlèvement des bols dépérissans qui les favorisent. M. de Burgsdorf estime qu’il faut attendre 6 ans avant qu’une coupe de sapins soit repeuplée et garnie de plants qui puissent se passer d’ombre et d’abri : d’où il suit qu’on ne peut opérer la coupe définitive sur un canton que 6 ans après la coupe de réensemencement : or, il convient, ponr établir l’ordre dans une forêt de Cette «attire, pour avoir , chaque année, à-peu-près la même quantité de bois, de commencer les exploitations sur une étendue égale à six coupes annuelles. An bout de 3 ans , on ajoute, chaque année, la valeur d'une coupe annuelle ; de telle manière qu’en 6 ans l’ordre est établi, puisqu’on peut annuellement enlever le reste des vieux arbres sur l’étendue d’une coupe , tandis qu’on en entame uneautre. Ori aufa donc toujours la valeur de huit coupes en exploitation, pour y prendre lesbois dont on aura besoin chaque année. D’après cette observation , c’est le temps présumé nécessaire à une coupe pour se repeupler, et aux jeunes plants pour se passer d’ombre, qui peut déterminer le nombre des coupes annuelles sur lesquelles les exploitations doivent se faire à-la-fois. M. de Burgsdorf dit qu’il faut 6 ans aux jeunes sapins pour pouvoir se passer d’ombre ; mais M. Har- tig borne ce temps à 4 ans. Dans ce dernier cas, et en supposant que les coupes se repeuplassent dès la première année , il 11e faudrait commencer l 'exploitation de la forêt que sur mi espace de quatre coupes au lieu de six. § 2. De la manière de traiter et de repeupler les forêts de sapin commun , qui, arrivées au tenjie de leur exploitation, ne sont plus dans un état serré. M. Hartig dit que l’ exploitation et lê rétablissement des forêts de sapin , qui ne sont plus dans un état serré, doivent se faire d’après les règles qu’il a données en pareil cas pour les forêts de hêtre. Ou sait, en effet, qu’il y a beaucoup de futaies qui, pour n’avoir pas été traitées d’après le système des éclair- ciersq du pour avoir été mât gouvernées, se trouvent clair-semées , et 11e présentent point cette consistance serrée'qui est si importante poué la prospérité de la forêt. Dans ce cas , il est difficile et souvent impossible d’en opérer le repeuplement naturel par la coupe de réensemencement, parce qu’il se trouve des vides qui rie recevraient point de semences, parce qùe beaucoup d’arbres étendent considérablement leurs branchés tout près de terre,-et qné) d’un autre côté , le sol se trouve occupé en pluri'eùri èii- « EXP EX0 droits par les herbes, la bruyère , la myrtille Il faut, dansée cas, examiner s’il se trouva encore assez marbres ppur qu’ils puissent réeusemencer au moins la moitié de la surface du terrain * et alors attendre une anpée fertile en graines, pour mettre le district,en défends aussitôt après, la chute des semences. On coupe, jusqu’à la hauteur de 10 à 12 pieds, les branches pendantes des gros arbres, et on gratte toute la surface du terrain en faisant traîner par-dessus des bourréçs d’ppines, et,,s’ij^pst possible ruae herse de fer; ma,i$ quand J-S terrain se trouve,^ouvert d’herbes, de mauvaises,plantes, ou tellement disposé que le moyen pi-dessus indiqué ne soit pas suffisant pour enterrer les graines, alors , .et avant la chute des semences , on fera remuer à la houe toute la surface des endroits les plus difficiles, ou bien, on la fera gratter par places {1) ï et si l’ensemencement naturel n’est pas suffisant, on y supplée par des semis à la main. Aprgs ces, opérations , on faij; traîner sur le terrairt des bqurrées d’épines ou une herse. de fqp, aulant que cela est praticable. On met le district en défends, le, plus sévèrement possible , et du reste ou le traite d’après les règles prescrites dans le paragraphe précédent, c’est-à-dire qu’on procèdq à l’enlèvement des arbres à mesure que l’état du repeuplement le permet. Mais si, par l’examen qu,’on aura fait d’un tel district, oq n’a pas trouvépn nombred’arbrps suffisant, pour fournirl’enfemqruement naturel, même de la moitié, de la surtu.ee du terrain , alors il convient de procéder au repeuplement par des semis ou des plantatio.ns d’essences propres au sol, et qui puissent réussir sans abris. Chapitre V.— Dé F exploitation desforêtsdç picéas ou épicéas (2f. De la manière dont on doit traiter les forêts de cette espèce arrivéès au tefpie de leur exploitation , et qUi sont dans un état serré , pour en opérer le repeuplement complet par le réensemencement naturel , etprocurerpar la suite la plus grande croissance possible à ce repeuplement. M. Ilartig ne partage pas l’opinion de plusieurs auteurs allemands , qui veulent que les forêts d’épi- cêàs ne puissent être exploitées autrement <\u'àblanc et par càtipes étroites , et qui se fondent sur ce que l’épicéa, n’ayant que des racines latérales, Repaît renversé par les vents si on l’exploitait par éclaircissement. On suit, dit-il, pour l’ exploitation et la régénération de ces forêts, les mêmes règles que pour les forêts de sapin , et je puis assurër qu’en se corifiprmant exactement à res règles, en exécutant la (i) M.Houig (ne dit pas qn’il faille bêcher ni labourer profondément |a terre, ces cultures sont inutiles-dans u't cas. Il dit qu'il faut déchirer la surface du terrain, verwun-■ deh \ 'blesser. E» effet, les arbres résineux, ainsi que l'expérience l’apprend, poussent beaucoup mieux sur un terrain simplement gratté , que sur un terrain profondément labouré. (3) Le prdea est coqnu aussi sous les noms dé sapin-pesse ou pècé, À’éjlicéa ou êpicia , de sapin, de Nonvège otl faux sapiii, I>inu.s picea ( Em. ), pi nus picea (du Koi abies picea f ,J ussiçq )., „ qu3 ,., , , • -, . 0IÔ5 eilm ,3 7 çoqpe j tl’.enseinencement comme je l T ai indiqué eir en dongiant à ta .surface du sol les légers labours q*fç« j’ai reçonsni^mléis y. oui , obtiendra >u«e jertneiforèt de la plus taille venue. Ainsi,,la coupe d’ensemence -' 1 * 3 ment s’exécute dans les mêmes principes' 1 Ottfuifr procéder , aussitôt, que les arbres d sentences se trouvent chargé»,de cônes , à l’extraction des souches des arbres coupés,; «n remplit les trous qui en proviennent , et au printemps, aussitôt après! >la chute des spjuences, ou .'fait traîner de* bourrées d’é- pines sur toute la surface du terrain-s alors on met ta coupe en défends , et aussitôt que d’onaeroeace-- ment naturel se trouve suffisant et que les plants ont de 3 à 4 ans, on donne un peu de jour à ht coupe, en enlevant une partie des plus forts arbres* à semences qu’on avait réservés, lors de la coupe d’ensemencement; enfin lorsque ces plants onbde 9 à 12 pouces de haut, on enlève; phr uu temps' du. neige, tout ce qui reste d â gros arbre*; qu^e^Vm transporte sans délai hors de,ta coupe. i;oq eJiof Cependant, si la situation du dotal se -troirlailT telle qu’on eêt à craindra led mauvais, effets du (vetiü après la coupe d’éclaircissement d* .nelenait point cette coupe, et on attendrait de large , d’en exploiter une nouvelle derrière celle-ci , et de continuer ainsi jusqu à ce que les plus anciennes bandes exploitées soient suffisamment garnies de jeunes bois ( 1 ) , ou bien de laisser des bouquets de bois sur pied çà et là pour qu'ils répandent de la semence autour d’eux. Je ne puis approuver aucune de ces deux méthodes , car si le local est exposé à de grands ■vents, les bandes restantes ou les bouquets de bois conser- servés , qui alors sont exposés à toute l’impétuosité de ces vents, ne peuvent tarderà être renversés. Si, au contraire , on n’a pas à craindre l’effet 1 des vents sur les bandes ou bouquets non exploités , alors c’est le cas de pratiquer la coupe d’ensemencement, qui donne bien moins de prise au vent, puisque , après cette coupe, la forêt conserve encore la moitié de son état serré. Je conseille donc, pour tous les cas où l’on n’aura pas à craindre d’une manière évidente les désastres du vent, de pratiquer dans les forêts d’épicéas les coupes de réensemencement telles que je les ai indiquées; et quand ces coupes ne peuvent avoir lieu , d’y substituer les coupes par bandes et à blanc étcx, de semer ces bandes à la main aussitôt après l’extraction des souches, et de ne pas compter beaucoup sur le massif non exploité pour la réensemencement naturel, qui, dans ce cas , est toujours incertain. Je n’ai pas encore vu de jeunes forêts d’épicéas bien fournies de plants également distribués sur la surface du sol , qui provinssent de l’ensemencement naturel dans le cas de Vexploitation par bandes et à blanc étoc ; au contraire , j’ai toujours remarqué que ces forêts étaient très-imparfaitement repeuplées; qu’il n’y avait que des lisières étroites, c’est- à-dire les bords du massif restant, qui fussent passablement repeuplées, parce qu’à l’époque tnt. la semence s’échappe des cônes, il fait quelquefois si peu de venl, que la semence est à peine portée à quelques toises du massit. Quant à la manière de traiter ensuite uile jeune forêt d’épicéas pour accéléré* sa croissance autant que possible , elle est la même absolument que celle que nous avons indiquée pour les forêts de sapin commun, c’est-à-dire qu’il faut y faire aux mêmes époques les éclaircies dont on a parlé. LO .Ou voit qu’il s’agit ici d’exploiter par. bandes .allcrna- ffves, en laissant toujours entre deux bandes loupées une l>ande de bois sur pied. C’est le moyen que j’ai indiqué pour favoriser la prodtirtion des bois ue mari ee dans ier- taines futaies de cliénes. EXP E.XP Chapitre VI. — Des forêts de pin sanvagefi). De la manière, de conduit^ le fforêts dhpjp fauvpge- pouf en obtenir le repeuplement par l’ensemencement naturel- Le traitement des-forêts de pin saurage ne diffère de celui-que noua venons d’iiutoquer pour lès forêts de sapins -communs et d’épitéaS, qu’en cé que la coupe d’ensemencement doit être uir peu pins claire, et qu’il doit y avoi'rtin SSpaCb de iO à i 2 pfeds| de la pointe des branches dhin arbre à relies : dè l’antro. Cet état clair dola cuupe d’ensemencement est nécessaire, parte qiie-les'jeunes pins’aiment moins l’ombre et s’en accommodent moins bien que les jeunes sapins et épicéas. Ainsi, dans les forêts de pin sauvage on établit la coupe d’ensemencement comme nous venons de le dire ç on enlève de la coupe les souches des arbres abattus et tout le reste du bois coupé-avant la chute des semences , et aussitôt qu’elle a eu lieu, on fuit gratter toute la surface du'terrain avec des bourrées d’épinesou une lieuse à dents de fer: alors on met la coupe en défends, et lorsque le repeuplement est complet et que les jeunes plants ont atteint de 6 à 12 pouces de haut, on enlève-en une seule fois , et autant que possible lorsque la terre est couverte de neige , tous les arbres à semences qu’on avait réservés lors de la coupe d'ensemencement: Si on différait plus Long-temps l’enlèrvement de ces 1 arbres, il arriverait que les jeunes plants do pin sauvage , qui croissent très-vite , deviendraient trop forts, et que, comme ils sont très-cassans , ils auraient beaucoup à souffrir de la chute de ces arbres, de leur exploitation et de leur, transport, ou bien que la coupe étant trop ombragée, ils dépériraient et mourraient en grande partie, notamment sous les arbres. Du- reste, la jeune forêt de pin sauvage se conduit par ht suite d’après- les règles que nous avons données pour le sapin commun et l’épicéa ; cependant comme le pin sauvage-croît beaucoup plus vite dans sa jeunesse que ces dernières espèces, on pourra y faire la première éclaircie dès la vingt-cinquième ou. la trentième année, si, comme cela est assez ordinaire dans les bons terrains , la jeune forêt a acquis la force déterminée dans le chapitre IV , et si d’ailjçurs elle présente déjà beaucoup de perches étouffées ou tonî-à-fait mortes. Il parait-, d’après ce que dit M. de Burgsdorf, qu’en Prusse on a adopté pour base de l’aménagement des.forêfs Je pins, l’àge de cent quarante ans, afin d’avoir de beaux arbres pour les constructions et les grands-ouvrages. On divise donc ces forêts en cent quarante parties, lorsque leur étendue perte et cette ,divi$io** 4 mais comme la coupe sombre n’en T lève.qu’uup partie des.arbres sur ladivision mise en exploitation, il en résulte qu’on est pbfigé , -pour avoir la quantité de bois nécessaire aux besoins de l’année, d’entamer plusieurs coupes à-la-fois. Cet attisât conseille d’en entamer trois pour les forêts /l) Le pjn sauvage est connu aussi sous les noms (le pin ùlvestre, Ce pip suisse et (le pin de Genfue , pinus .sykei- tris ( Lin. ). , : Tomf. II. *■*9 de.pins sauvagesf et de ne prendre sur la totalité de -ces trois eoupes que la quantité de bois qu’on aurait obtenue sué une seule qu’on e&tahattueàbiancéitoc : c’est donc la tiers des arbres existant sur ces'trois coupes qu’il conseille d’exploiter la première année, ün continue l’année suivante d’exploiter darts' la -même proportion, tant sur les trois coupes susdites que sur une nouvelle coupe annuelle qu’on y ajoute. Mais te n’est pas là tout-à-lait la leçon de M. .Hartig, qui-ne conseille que deux coupes stfr chaque division de la forêt ; savoir, la coupe sombre, et après le repeuplement la coupe définitive en nne seulefois ; cependant on n’en sera pas moins obligé d’entamer plusiers coupes à-la-fois, vu la. nécessité d’attendre, polir faire la coupe définitive, que l’ensemencement soit complet, et que les plants aient de 6 à 12 pouces de haut. V., au mot Aménagement, ce que j’ai rapporté sur la manière d’aménager les futaies exploitées par éclaircie. in Chapitre VII. — r De l’exploitation des forêts de mélèze , pinus larix. fLim^ • ' >b La conduite des forêts de mélèze ne diffère en rien de celle des forêts de pin sauvage, dont pou? venons de parler. Chapitre VIII. — De l’exploitation des forêts de pin cepibro , pinus cembra^i). , Comme Içs forêts de pin çenibn? ne «e trouvent que sur les très-hautes montagnes, que les semences fort grosses tombent directement sous l’arbre, et que , dans des climats,froids, les jeunes plants,ont besoin d’abris , je conseillerai d’appliquer à ces forêts le mode d 'exploitation que j’ai indiqué pour les forêts de sapin commun. Chajpitre IX. — De F exploitation des forées de.pin maritime (2). M. Hartig n’a point parlé de l ’exploitation des forêts de pin maritime, parce que cette espèce ne croît point'en Allemagne, ni même dans le nord de la France ; mais il n’y à point de dpijte qu’on ne puisse l’exploiter d’après les règles que notre auteur a données pour le sapin commun, paTce que lés graines du pin de Bordeaux, étant à-peu-près'dv même poids que celles du sapin , ne s’écartent pas davantage en tombant, et que , d’un autre côté, lep jeunes ptants de ces deux espèces ont également besoin d’ombre- Ainsi, il y aura les mêmes distances à observer entre les arbres à réserver lors de là coupe d’ensemencement, et les mêmes précautions à prendre pour exécuter les coupes secondaires ; jjiais comme lé pin de Bordeaux croît très-vite, il faudra. y faire les éclaircies à des époques plus rapprochées. t' . • • Çq) Cet arbre, qui croit sur les montagnes de la Suisse , sur celles (lu riaujihinè, du 'l'yroi, dés Alpes, de la Savoie etc,, etc., ost . connu aussi sous les noms de pia à cinq feuille* 1 (le pin alvier. ,4e opiu/c , de tinier. • ; (fo-üu pin de Bordeaux, ou pin d" Maine, ou grand pin, ou pin pinastre, pinus maritime. ( Willd. ). *7 EXP EXP i3o Ciiapjtrk X. — De l’exploitation des forêts résineuses dont le massif se trouve mêlé d’arbres propres à êtte abattus , de bois plus faibles , ou de bois tout-à-fait jeunes ( i )• ; - lîÿ a - plusieurs circonstances importantes a observer l6r§qu’il s’agit (l’exploiter des forêts résineuses qui se trouvent nièléef de l>oi$ propres. à être abattus, et d’autres bois qui ne sont pas encore parvenus à cet état. Dans ces sortes de forêts, il arrive, qu que lés vieux arbres peuvent être enlevés d’entre le jeune bois sanslqi faire beaucoup de tort, ou que cet enlèvement ne peut avoir lieu sans occasionner la dégradation de ce jeune bois , ou enfin que le sous- bois ne mérite par lui-même aucune attention. Il est donç important de bien examiner l’état de la forêt et toutes les circonstances qui doivent déterminer à prendre tel ou tel parti. Si le jeune bois pu le recru est encore très-petit, mais bien venant et en quantité suffisante, ou si les vieux arbres peuvent être extraits sans causer beaucoup dé tort au jeune bois , alors on ne doit pas différer à exécuter cette extraction, en prenant, au reste, toutes les précautions pour éviter les dommages. Mais si le sous-bois était déjà rabougri, ou en trop faible quantité, ou enfin dans un état tel que si on enlevait les vieux arbres il ne restât pas assez de jeunes plants pour fournir une consistance suffisamment serrée (a), alors ce serait le cas de procéder à l’enlèvement de ce sous-bois , en choisissant une année où les gros arbres seraient très-chargés de graines 5 le district serait mis dans l’état d’une coupe sombre ou d’ensemencement d’après les règles que nous avons données précédemment ^ 3 ). Par la suite, on traitera le distriotainsi exploité, en suivant les règles que nous avons données à l’égard de chaque espèce de bois résineux '4)- Enfin, si le recru consistait déjà en perches et brins assez forts, et qu’il fût non *• seulement en grande quantité, mais encore dans un bel état de croissance, ce qui n’arrive que lorsque les gros arbres sont éloignés les uns des autres, alors il n’y a pas lieu à abattre ces gros arbres , parce qu’il en résulterait trop de dommage pour le jeune bois. Dans ce cas, il faut laisser sur pied le jeune bois, trop faible encore pour être abattu, et lé vieux bois, quoiqu’un peu sur le retour , pourvu cependant qu’il ne soit pas couronné. Par la suite, on exploitera le district , en suivant les règles établies à cet égard. (1) Ce chapitre , où JV 1 . Hartig donue des instructions sur Verploitation des forets résineuses, dont l’Age du bois est tràsriuélanaé, mérite une grande attention, puisque toutes nos forets résineuses, qid, jusqu’à présent, ont été exploitées pur jardinage, se trouvent dans cet état, et que si on!$e décide à les traiter d’après La méthode des éclair- citsemens, périodiques , ce chapitre indiquera la marche à suivre». (ài C'est-à-dire un repeuplement complet. ( 3 ) En effet , comme on aurait enlevé tout le sous-bois , et qu’on n’aurait conservé que les gros arbres, la coupe serait véritablement une coupe d’ensemencement. (j) C'est-à-dire qu’on enlèvera ensuite les arbres à semences en une ou plusieurs fois , suivant l’espèce dé bois résineux, ou l’état plu s ou moins serré de la coupe d’ensemencement, et qu’après cet enlèvement total on fera dans la jeune futaie -les -éclaircies apériodiques que M. Hartig a prescrites. 11 faut, en un mot, pour déterminer \'exploitation de ces sortes (Je forêts, consulter l’expérience , qui nous apprend que les jeunes tiges des bois résineux, écrasées par la chute des arbres, ne repou$sen,t point de souche; que ces tiges se rompent facilement, et que si elles sont renversées , elles se relèvent bien plus difficilement que les perches de bois à feuilles ; qu’en outre les forêts résineuses qui se trouvent dans un état trop .clair, résistent beaucoup moins à L’intempérie que les forêts de bois à feuilles qui se trouvent dans le même état (1). Chapitre XI .—De la manière de traiter lesfutaies mêlées de bois à feuilles ( cliûnc , hêtre, etc.) , et de bois résineux arrivés à l’époque d’être exploités fi). Quand il s’agit d’exploiter des forêts mêléeî de bois à feuilles et de bois résineux, 011 Jqit examiner, S’il convient de respecter et de conserver par la suite ce mélange d'essences ; Ou s’il convient, au contraire, de ne conserver qu’une essence, et dans ce cas quelle est celle à laquelle on doit donner la préférence. Lorsqu’on juge à propos de conserver lq mélange, on inet le district à exploiter dans l’état ^’urie coupe d’ensemencement, en se conformant aux règles établies à cet égard, et en conservant, lors de cette (1) M.Bosc, à qui j’.rvais communiqué ces articles pour les insérer dans les Annales d’agriculture , a fait les observations suivantes : « Fresque par-tout on exploite les iorèts d’arbres résineux en jardinant. Je 11’aî vu , dans mes voyages, que deux endroits très-circonscrits oit on les exploitait autrement. Dans le premier, les laudes de Bordeaux, on suivait la méthode de LU. Hartig , c’est-à-dire celle des éclaircies périodiques. Dans le second , une forêt de la Hante-Auvcrgtte , dont je ne puis me rappeler le tiom , 011 suivait celle de M. Burgsdori, c’est-à-dire par bandes étroites. Il m’a paru qu’on agissait bien dans les landes, relativement au but 1 qu; est «t’avoir beaucoup «le jeunes figes de pin pour les échnlàs, mais qu’on .irait, dans la Haute- Anvergne, dés repoussées bien autrement garnies et 'd’une belle venue. «« Tous ceux qui connaissent la fragilité des arbres résineux «lans leur jeunesse , et la presque impossibilité où ils sont «le s’élever lorsque lenr flèche a été cassée, doivent'en effet juger que , quoique M. Hartig conseille de n’exploiter sa dernière coupe que quand lu terre est couverte de neige, cette manière doit, comme celle en jardinant, mutiler une immense quantité de jeunes arbres, et par conséquent causer leur mort. Dans la pratique recommandée pnrM. Burgsdorf, cet inconvénient n’a pas lieu , parce que dès que les arbres sont coupés, on les enlève , et qu'on ne rentre dans la repoussée que lorsqu’elle a acquis quelques années pour l’éclaircir,' opération toujours avantageuse, qu’on ne fait pas assez soévent. » Je répondrai à ces observations que les coupes par bandes se repeuplent fort mal, sur-tout dans les forêts de sapin commun , parce que les semences de cet arbre sont assez ■grosses et ne s’enlèvent pas lorrf. A l'égard de l'observation que les jeunes pins ou sapins sont mutilés par la chute des gros arbres , et souvent privés de leur ilèche, elle n’est, point d’une application généra Il a sans.rioute beaucoup de plants mutilés , mais ceux qui restent intacts , et le grand nombre de ceux qui lèvent encore après la coupe définitive, suffisent pour opérer un bon repeuplement. Au surplus , l’expérience a prouvé , dans les forêts «le l’Allemagne, et dans celles que la France possédait sur la rive gauche du Rhin , que le système des éclaircies est le plus parfait pour les forets résineuses. (a) Il y a plusieurs forêts de ce genre dans le midi de la France. EXP coupe, des arbres à semences, tant parmi ceux résineux que parmi les autres. De cette manière, on obtient un repeuplement composé de deux sortes de bois , que l’on débarrasse petit à petit de la présence des arbres à semences par la coupe secondaire et la coupe délinitive. Par la suite, on procède aux éclaircies périodiques de la jeune futaie d’après les instructions relatives à ces éclaircies. Mais si on voulait faire cesser le mélange avec la coupe qu’on aurait à faire actuellement, et qu’On se décidât, par exemple, à conserver les bois à feuilles, alors il conviendrait d’attaquer la forêt du côté du sud-ouest ou de l’ouest, pour mettre par là un obstacle à l’expansion des graines résineuses sur la coupe , d’enlever par un vent favorable (1) tous les bois résineux, et de mettre ainsi, et aussi régulièrement que possible, le district dans l’état (Lune coupe d’ensemencement, en ne conservant pour arbres à semences que des bois à feuilles. Si, au contraire, on se détermine en faveur des bois résineux et qu’on veuille les conserver seuls, il faut alors enlever tous les bois à feuilles, en commençant l 'exploitation du côté du nord-est ou de l’est, pourfavoriser le vol des semences résineuses, et établir une coupe de réensemencement aussi régulière que possible, ên ne conservant que des arbres résineux. Dans les deux cas ci-dessus, on obtiendra un succès assuré si-orr suit exactement les règtes que nous avons données dans les chapitres précédens, et si on a l’attention de repeupler par des semis et des plantations à la main des places vides qui peuvent se trouver ci et là. Cependant, si malgré toutes les précautions qu’on aurait prises, la jeune forêt se ti'ouvait encore plus ou mpiris mêlée des deux sortes de bois, je ne conseillerais pas alors de chercher à la réduire à une seule essence par des cultures artificielles coûteuses. Il vaut beaucoup mieux laisser croître cette forêt mélangée, et se borner seulement à favoriser la multiplication et la croissance de l’espèce de bois ln pins précieuse dans les éclaircies qu’on aura à faire par la suite, en enlevant de préférence l’essence la moins utile. Autant je suis l’ennemi des forêts composées à- la-fois d’arbres résineux et de bois à feuilles, autant je suis d’avis qu’on laisse subsister ce mélange, plutôt que de faire des dépenses considérables pour réduire le bois à une essence pure, ou que de n’obtenir qu’une forêt imparfaitement peuplée. En effet, il vaut beaucoup mieux entretenir sans frais, parle, semis naturel, une forêt bien fournie de bois à feuilles et de bois résineux, que d’obtenir, par des cultures plus coûteuses, une forêt pure, à la vérité, mais qui serait mal peuplée (2). (t}‘ C’est-à-dire lois (pie le vent n’fcst pas trop fort et qu’il nPsouffle pas sur la coape. ‘ (2) Les motifs pour lesquels M. H.irtig préfère, nne fore: pure ,■ c’est-à-dire composée seulement de bois à feuilles ou de l ois résineux, sont faciles à concevoir ces deux sortes de bois exigent un traitenient (üli’érent dans toutes les parties de l’économie forestière. On doit donc bien so eordor de les mêler dans les semis et plantationsl II EXP 1 3 1 Chapitre XII. — Résumé du présent titre. La première partie de ce titre a fait connaître que la plupart de nos auteurs , qui ne connaissaient faut, autant que possible, que chacune occupe une place séparée. Observations de M. Bosc. « Cependant il est bon d’observer que les arbres résineux, comme tous les végétaux , sont soumis à la loi de l’assolement, et qu’un terrain qui en a porté pendant plusieurs siècles, demande impérieusement à les remplacer par des arbres d’une autre nature. Dés qu’on coupe, en Amérique , les pins d’une localité que la hache n’avait pas touchés depuis le commencement du monde, ce sont presque exclusivement des arbres feuillus qui les remplacent, ainsi que je m’en suis assuré un grand nombre de lois. Si un tel eflet est aussi remarquable dans les forêts où les débris ont perpétuellement réparé les pertes du sol, à plus forte raison doit-il exister dans celles dont on enlève régulièrement les arbres et leur dépouille. J’attribue principalement ù cette cause la diminution des forêts do pin et sapin dans les Alpes, et sur les montagnes de la ci-devant Auvergne, diminution telle que déjà beaucoup de hautes vallées, autrefois peuplées, sont abandonnées, faute de chauffage pendant l’hiver, qui est de huit mois. Par-tout, les habitans que je questionnais , se plaignaient de l’inutilité de leurs efforts pour repéupler leurs bois dé pin. Quoi que fassent les habitans d’Useren, nu picd.de Saint-Gothard, du coté dé la Suisse, ils 11e poarrout pas empêcher de disparaître le bouquet de pin qui garantit leur village des avalanches; car, ainsi que je l’ai vérifié, il n’y a pas un seul jeune pied dans ce bouquet, et il en périt tous les ans des vieux. Ce village est obligé de tirer son bois de trois à quatrelieues, ses environs en étant totalement dépourvus, au bouquet ci-dessus près, dont il est défendu de couper un seul arbre, sous peine de mort. Sans doute les bois de pin , de sapin , d’épicéa, de mélèze qui restent dans les contrées élevées environnantes, se détruisent plus rapidement par suite de leur exploitation en jardinant, exploitation qui n’est assujettie à aucune règle et réellement barbare , si je puis employer ce terme; mais je crois m’être assuré sur les lieux, je le répète, que leur anéantissement venait en majeure partie de l’impossibilité de leur substituer des arbres feuillus , puisqu’à des hauteurs moins considérables, les bois mélangés de ces (leux sortes d’arbres sont encore fort beaux, quoique exploités de même, ainsi qu’011 peut le voir dans la meme vallée (l’Useren , plus bas , auprès dufameux pont du Diable. u La réunion de ces faits me fonde à faire remarquer, i°. que M. Hartig a oublié de parler dé l’influence de la loi des assolemens dans l’important Mémoire dont on vient de lire le résumé ; 2 U . qu’il est indispensable, d’après cette loi, malgré les inconvéniens réels que cite M. Baudrillart, de mélanger les arbres résineux aux arbres feuillus, (laits les lieux où ils peuvent croître ensemble , toutes les fois qu’on Teut rendre une forêt éternelle t et on doit le vouloir sur toutes les liantes montagnes qui ne sont pas susceptibles de culture. D’ailleurs , ces oeux sortes de bois se protègent mutuellement, ainsi que j’ai eu occasion de le remarquer dans les lieux cités plus hant. Ce n’ést que dans les plaines qu’on peut détruire avantageusement les plantations de pins, pour les remplacer par des cultures de plantes annuelles. Cette pratiqué à lieu dans beaucoup de parties des landes de Bordeaux , comme je m’en suis assuré , principalement dans le voisinage de la ville. « O11 me permettra encore d’ajouter que, si dans ces landes on trouve beaucoup de profit à exploiter les forêts de pin par éclaircies successive!, comme le proposent JIM. Hartig et Baudrillart, parce que là on vend les plus jeuues arbres pottr faire des échalas, il serait impossible d’exiger qu’on jirocédàt de même sur les Hautes-Alpes, où on ne doit couper que des arbres d’une certaine grosseur, pour pouvoir les transporter ou à dos d’hommes, on en les roulant au lieu de lu consommation. J’ai vu des milliers d’endroits où un cheval ne pouvait êné d’aucune utilité à Cet égard. » Je conclus donc 1°. que., quelque fondées en raison qne soient les observations de M. Hartig contre Yexplèita- tian en jardinant des arbres résineux, il faut se résoudre à les voir éternellement exploités ainsi dans les hantes montagnes où il ne peut pas croître d’arbres feuillus ; a°. que 17 * EXP EXP if 15a cependant pas ce qui se pratiquait en Allemagne, s’étaient prononcés contre l ’exploitation par jardinage des forêts résineuses, et en faveur des éclaircies. La différence de ces deux méthodes a été snf- iisammment établie : on a démontré que l’nne était aussi désastreuse que l’autre était utile et avantageuse; que rien ne devait s’opposer à ce que la dernière fût appliquée aux forêts résineuses , puisque le nombre des exploitations à faire sur un même local et dans le même espace de temps, sera bien moins considérable que celui des coupes par pieds d’arbres en jardinant. Tout se réunit donc en faveur de cette méthode, et s’il existe des forêts qui la réclament impérieusement, ce sont les forêts de pins, sapins et mélèzes. Les coupes blanches, qu’on a voulu substituer aux coupes en jardinant, seraient même plus funestes que ces dernières, et il n’y a que les forêts d’épicéas qu’on puisse exploiter de cette manière.: encore souvent esl-il plus avantageux de les traiter suivant la méthode des éclaircies. La seconde partie contient les excellentes instruction.» deM. Hartig sur l’application de cette méthode aux foréta résineuses, soit pures, soit mélangées.. Le traitement des forêts de sapin commun a beaucoup d’analogie avec celui des forêts de hêtre : on y fait, comme dans ces dernières, des coupes de réensemencement, des coupes claires et des coupes définitives, et On commence vers la quarantième année de l’ige du recru à'l’éclaircir par l’enlèvement des’bois morts et étouffés. Cette éclaircie se répète à-peu-près tous les vingt ans, jusqu’à l’époque de Veaiploitationy qui peut être fixée à 120, 140, 160 ou j8o ans, suivant les localités. Quant aux forêt» dè la même espèce qui ne sont plus dans un état serré, on examine s’il se trouve encore assez de gros arbres pour repeupler par leurs semences au moins la moitié du terrain : dans ce cas, on met la forêt en défends à la première année fertile on graines, ; et on achève le repeuplement par des semis artificiels, après quoi on procède à l’enlèvement des gros arbres d’après les règles qui ont été données, Niais si le nombre des vieux arbres était insuffisant pour procurer l’ensemencement naturel, même de la moitié de la surface du terrain , ce serait le cas de faire des semis ou des plantations d’essences propresau sol et capablesde réussirsans abris. Le traitement des forêts d’épicéas diffère peu de quoiqu’il soit désirable, sous le rapportée la facilité de l'exploitation, que les arbres résineux et les arbres feuillus ne soient pas mélangés , il est presque toujours avantageux à la conservation des lorêts, de les laisser croître ensemble sur les montagnes de moyenne élévation, qu’otl 11e peut cul- tiver en céréales ou antres plantes annuelles, après la des- traction de ces lorèt». •> Jè né ramestepoint l’exactitude de ces observations, qui s'appliquent généralement aux forêts des hautes montagnes | mais'si M. Hartig conseille de favoriser les essences «pii. dominent dans un Trois mélangé, c’ést pour suivre l'indication cq la nature, et par conséquent la loi des assole.- mens. Cet auteur veut, au surplus, qu’on respecte le mélange des essences, plutôt que de s’exposer à n’avoir qu’une seule nature de bois mal garnie. Mais je demeure convaincu 3 ue le système des éclaircies peut être appliqué aux forêts es hautes montagneg, comme à celles des autres situations, si on procède comme M. Hartig l’a indiqué pour les situations élevées. • • celui des forêts de sapins communs; cependant lorsqu'on a à craindre les coups de vent, il èst quelquefois dangereux de les exploiter par éclaircisse 1 tètent : alors on lés exploite par coupes étroites et à blanc , de manière à favoriser le vol des semences de la partie restante de la forêt sur la coupe en exploitation. Le traitement des forêts de pins sauvages ne diffère de celui des forêts dte sapins communs qu’en ce que la coupe d’ensemencement doitètre un peu plus claire. L 'exploitation des forêts de pins maritimes né doit pas diftêrerde celle ihdiquéepour le sapin commlln. Quant aux forêts résineuses qui contiennent des bois de différens âges, Comme tontes celles qu’on a exploitées en jardinant, il y a plusieurs circonstances à examiner; savoir, si les vieux arbres peuvent être extraits sans dommage; si le jeune bois peut fournir une consistance assez serrée, ou si, au contraire, ce jeune bois est trop clair pour être conservé, et si, dans ce cas, il convient de l’enlever pour laisser la coupe se repeupler pâr les semences des vieux arbres; et enfin si le recru est trop fort pour qu’on puisse faire l’extraction des grands arbres. C’est d’après cet examen qu’on àé décide à enlever soit les vieux arbres, soit le jteune bois, ou à les conserver tous les deux. S’agit-il de l 'exploitation des forêts composées «le bois résineux et de bois à feuilles, on examine alors s’il convient de faire cesser ce mélange, et lorsqu’on est décidé en faveur d’une espèce , on procède à l’enlèvement de l’autre en prenant toutes les précautions pour en prévenir la renaissance; mai» souvent il est plus avantageux de conserver une forêt mélangée, que de chercher à la réduire à une seule essence. Je 11e terminerai pas ce mémoire sans insister encore sur la nécessité de remplacer les exploitations en jardinant par les coupes périodiques, telles qu’elles viennent d’être indiquées. J’ai dû entrer dans des détails, d’abord parce qu’il s’agit d’un mode dont la pratique est peu répandue dans l’intérieur de la France; d’un autre côté, parcteque les avantages de ce mode pour les bois résineux, sont encore révoqués en doute par quelques forestiers ; et enfin parce que ce n’est qu’eu faisant bien connaître les principes, les moyens d’exécution et les résultats de cette méthode, qu’on peut fixer l’opinion sur son utilité. J’ai la satisfaction d’annoncer qu’en ce moment l’Administration des forêts fait faire, dans plusieurs futaies, des essais de la méthode que je viens d’exposer. EXPLOITER DES BOIS. C’est les abattre, les façonner et les débiter dans la forêt. V. Exploitation. EXPORTATION. C’est l’action de transporter hors d’un état des marchandises qui y ont été fabriquées, ou des produits de son sol. L’exportation des bois et charbons était prohibée parles arrêts du conseil, des 11 avril 1708, 18 août et 3 i octobre 1722, 8 mars 1723 et 2 février 1734 , sous peine de 3 oôo liv. d’amende et de confiscation. Ces lois étaient fondées sur ce que l’exportation produirait la rareté, et pourrait donner lieu à une augmentation dans le prix des bois au préjudice des régnicoles. Les bois feuillards ou cercliés à relier les futailles EXP EXT étaient exceptés de cette défense, et il était permis d’en exporter moyennant un droit desortie de 18 s. par millier. (Air. du Cons., du 10 septembre 1766.) Il était pareillement défendu d’exporter les cendres de bois. ( Arr. du Cons., du 10 février 17S0.) La législation sur les dominos, antérieure à la révolution, a été abrogée, et une législation nouvelle a été établie par la loi du 22 août 1791 et autres lois postérieures ; mais les prohibitions sur l’exportation des bois se trouvent maintenues, et il n’est permis d’en exporter qu’en vertu d'autorisations du gouvernement. Ces autorisations, qui sont rares, ne s’accordent que sur l’avis de l’Administration des forêts, et que lorsqu’il y a utilité pour la contrée. Lés lois des 8 et i 5 mai 1791, le décretdu 2.5 février 1S08, la loi du 12 janvier 1810 et le décret du 22 juin r 8 » 3 , ont autorisé des. exportations particulières de bois dans divers pays, moyennant un droit de sortie. L’exportation des écorces ne peut aussi se faire qu’en vçrtju d’prdounance du roi. Y. au Recueil, ce.Le du 10 septembre >819. BXPOSITION. Ce mot, en terme d’agriculture, s’entend de la situation d’un lieu par rapport aux divers aspects du soleil; savoir, le levant, le midi, le couchant et le nord. L’exposition influe beaucoup sur l’accroissement et la qualité des arbres, à cause de l’action plus ou moins grande que peuvent exercer les aspects du soleil, les vent;s, la gelée et les autres météores. Chaque exposition a ses avantages et ses inconvé- niens, qu’il faut prendre en considération dans les cultures et les exploitations. Nous les avons exposés avec détail au mot Climat, auquel nous renvoyons. EXPURGADE. Ce mot, qui parait provenir de purger, est, dans l’économie forestière, synonyme à nettoiement. C’est une coupe qui se fait par éclaircissement dans des bois à diffèrens âges, et par laquelle on enjève les bois blancs, les morts-bois, les bqis morts ou dépérissans, et les brins superflus, pour donner de l’air au bois dans lequel on l’exécute. ( 3 n renouvelle cette coupe à différentes époques de l’aménagement, en ayant toujours soin de conserver les brins les plus forts, les mieux venans et des meilleures espèces, et de ne pas trop dégarnir la forêt. Cette opération se pratique également dans les taillis et dans les futaies : c’est à dix, douze , quinze ou dix-huit ans qu’elle a lieu dans les taillis, et tous les vingt-cinq ou trente ans dans les futaies. Defroidour, qui l’avait vu pratiquer dans le Languedoc, écrivait, en 1689, que c’était un monstre en matière de forêt, qu’il n’avait cessé de combattre dans ses procès-verbaux sur les aménagemens. Cet auteur, l’un des coopérateurs de l’ordonnance de 1669 , l’avait fait proscrire par ce réglement, en n’y permettant que l’exploitation à tire et aire. Mais à l’époque où il écrivait, la science forestière avait fait peu de progrès , et l’on doit convenir que si l’ordonnance a été regardée comme un chef- d’œuvre de législation, ce 11’a pu être sous le rapport de l’économie forestière proprement dite; car les règles qu’elle trace pour assurer la reproduction des bois et sur-tout celle des futaies, sont d’une insuffisance palpable. Aussi presque toutes nos futaies ont-elles disparu sous l’influence des aménagemens et dçs exploitations dirigés d’après le système qu’elle a établi; et l’on est aujourd’hui convaincu que des futaies aménagées à cent cinquante et lieux cents ans, qu’on abandonne à elles-mêmes pendant cet espace de temps et dans l’exploitation desquelles on laisse dix ou douze baliveaux par arpent, 11e peuvent ni se maintenir en bon état ni se régénérer en bonnes essences. Les expurgades ou éclaircies ont sans doute des inconvéniens lorsqu’elles sont mai exécutées; mais avec un peu d’intelligence et de soin, on peut en faire un moyen puissant de favoriser l’accroissement des bois et d’assurer la conservation des bonnes espèces forestières. V. ce que nous en avons dit au mot Exploitation. EXSUDATION, du latin exsudere, dégoutter de sueur, action de suer. Ce mot se dit en parlant de certaines pièrres et de certains bois qui ont leur exsudation. V. Exhalation , Transpiration. EXTINCTION DES FEUX. Les adjudications des coupes de bois se font à la chaleur *1 es enchères et à l’extinction des feux. ( Ord. doi66i), tit. XVII> ' art. 4 ; tit. XVIII, art. 2.) V. Adjudication. EXTRACTION de Plants, de Sable, de Terre. Y. ces mots. EXTRAI T. C’est ce qui est tiré d’un acte ou d’un registre. V. Jugement, Erais de justice. EXTRAJUD 1 CIAIRE. Ce mot sb dit des actes ou significations qui ne sont point relatifs à un pro- cès actuellement pendant en justice. Le mot extrajiïdiciaire est opposé à judiciaire Les actes judiciaires ou procédures tombent en péremption , au lieu que les actes extrajudiciaiies ne.sQtit sujets qu’à la prescription. EXTRAV ASATION. Les botanistes appliquent ce mot à l’épanchement de la sève ou du suc propre, occasionné par des plaies, des solutions de continuité faites aux différentes parties des végétaux. Ces extravasations produisent quelquefois des excroissances monstrueuses , telles que les pommes de bédéguar , les galles de chêne, de lierre terrestre, les Yessies de l’orme, et les loupes sur la plupart des arbres; quelquefois aussi les liqueurs sortent entièrement des vaisseaux et se répandent sur le tronc des arbres sous la forme de gomme ou de résine, comme sur le cerisier, le prunier, le pin, le sapin, le mélèze, etc. Ces écouieinens extraordinaires ne doivent pas être confondus avec les excrétions, qui désignent ce que les individus parfaitement constitués rejettent habituellement au dehors. Les extravasations autres que les pleurs sur certains arbres, comme sur la vigne, sont toujours des accidens fâcheux, parce que la stagnation des matières à l’extérieur intercepte la transpiration de ia plante ou en corrode les parties, et peut y occasionner une fermentation suivie d’ulcère. Il est bon, quand il s’agit d’un arbre précieux, de le débarrasser de ces matières nuisibles par des aspersions, ou à l’aidé d’instrumens, si elles sont rassemblées. Le suc qui slépanche au dehors cause moins de dommage aux arbres, que lorsqu’il se répand dans les vaisseaux lymphatiques ou dans le tissu cellulaire. V. Thysîùiogie'végcl., 5 e . section. FAÇ F. FAG icu FABRIQUE. C’est ce qui appartient à une église, c’est aussi le corps ou l’assemblée de ceux qui en ont l’administralion. Les biens des fabriques ne peuvent être aliénés que suivant les formalités requises pour l’aliénation des biens de l’église. Les fabriques ne peuvent accepter aucune fondation que sous l’autorisation du gouvernement. ( Code civil, art. 910.) \ ., au Bulletin des lois, un Décret du 3 o décembre 1809,en 1 14 articles, sur les fabriques. Les bois des fabriques sont soumis au régime forestier , comme tous ceux des établissemens publics. 11 s’était élevé la question de savoir si l’arrêté du 7 thermidor an 11 , qui a rétabli les fabriques dans la jouissance de ceux de leurs biens dont le transfert n’était pas encore fait, devait apporter quelques modifications à l’arrêté du 24 thermidor an 9, qui prohibait toute restitution de bois possédés par l’état et composant une masse de cent cinquante hectares, ou qui n’étaient éloignés d’autres bois domaniaux que d’une distance moindre de cinq cents toises. Le ministre des finances a, par une lettre adressée à l’Administration des forêts et insér ée dans une circulaire du 18 ventôse an 12, fait connaître que le gouvernement avait décidé qu’aucune exception ne devait être faite à l’arrêté du 24 thermidor an 9, et qu’en conséquence il y avait lieu de s’opposer à la distraction des bois de cette espèce qui pourraient être revendiqués par les fabriques, sous le prétexte que l’arrêté du 7 thermidor an 11 avait ordonné la restitution des bois non aliénés. D’après cette disposition, les fabriques n’ont pu obtenir la restitution des bois déclarés inaliénables, à raison soit de leur contenance, soit de leur proximité d’autres bois domaniaux. Des décisions conformes ont été rendues par le ministre des finances, le i er . décembre 1814 et dans le mois de février i 8 t 5 . Mais une décision du ta mars 1823 (au Recueil), porte que les bois des fabriques qui ont été réunis au sol forestier sont restituables, en vertu de l’arrêté du gouvernement, du 7 thermidor an 11, lorsque ceux de l’état dont la proximité avait motivé la réunion , ont été aliénés par la caisse d’amortissement. Dureste, une ordonnancedu roi du i4août 1822, porte que l’arrêté du 7 thermidor an 1 1 n’a restitué aux fabriques que les biens qui leur appartenaient anciennement, et dont elles avaient la jouissance et l’administration. FACE. La face d’un baliveau ou d’un pied cor- nier est le côté sur lequel on a appliqué la marque du marteau. Quelques-uns appellent miroir la plaie que l’on fait à l’écorce pour recevoir l’empreinte. On appelle: aussi faces du bois les quatre côtés d’une pièce équarrie. FACE IM ERiSE. ( T. de bot.) La face interne des parties constituantes d’une fleur est celle qui regarde son centre ou son axe , celle d’une feuille répond à son aisselle. FAÇOX. Manière dont une chose est faite; travail d’un artisan qui a fait quelque ouvrage ; labour que l’on donne à une terre. Façon des bois. C’est le travail que l’on fait sur les bois pour les débiter, les réduire en cordes, en bois de charpente, en bois d’œuvre, etc. On dit aussi dans le même sens le façonnage des bois , façonner les bois. Il est défendu aux communes de faire façonner les bois de leurs coupes extraordinaires pour les vendre en détail; elles doivent suivre pour la vente de ces coupes les règles observées pour celle des coupes de bois domaniaux. V., au Recueil, la Décis. du min. des fin., du 28 novembre 1821 , avec les motifs sur lesquels elle est fondée. FACTEUR. C’est celui qui est chargé de quelque négoce pour le compte d’un autre I. Chaque adjudicataire de coupe est tenu d’avoir un facteur ou garde-vente, qui est agréé par l’agent forestier local, et reçu à serment par le juge de paix. Ce facteur ne peut être parent ou allié des gardes du triage, ni du sous-inspecteur, ni caution de l’adjudicataire ou certificateur de caution ; il ne peut s’absenter de la vente, est autorisé à faire des rapports tant dans la coupe qu’à l’ouïe de la cognée, et il tient un registre sur papier timbré, coté et paraphé par Latent forestier local, y inscrit, jour par jour et sans lacune, la mesure et la quantité des bois débités et vendus, avec les noms et demeures des personnes auxquelles il en a été livré. Ce registre est représenté aux agens forestiers, visé et arrêté par eux toutes les fois qu’ils le requièrent. ( Ord. de 1669, tit. XV, art. 47 -— Cah. des ch., art. 47 .) II . Le garde-vente d’une coupe de bois, qui est en même temps caution de l’adjudication , n’a point qualité pour constater par procès-verbal un délit commis dans la réponse de celte coupe. Suivant l’art. 10, tit. lX.de la loi du 29 septembre 1791 , il y a cause valable de récusation contre un semblable procès-verbal. La preuve du délit ne peut être établie ultérieurement que par témoins. (Arr. de la C. decass., du j novembre 1817.) III. Le permis d’exploiter ne peut être délivré à l’adjudicataire qu’après que celui-ci a présenté l’acte en forme de la prestation de serment de son facteur et le registre de ce facteur. (Cah. des ch., art. 43 .) IV. Dans les coupes de taillis de peu d’étendue, l’adjudicataire peut présenter pour garde-vente un de ses ouvriers, qui est assermenté et autorisé à faire des rapports. (Id., art. 44 - ; ^ . Les adjudicataires sont responsables, à dater du permis d’exploiter et jusqu’au congé de cour, de tous les délits commis dans leurs coupes et à l’ouïe de la cognée, si leurs facteurs ou garde-ventes n’en font leurs rapports, lesquels doivent être affirmés et enregistrés. La remise en est faite dans les cinq jour 1 , au garde général par la voie du garde du triage. Ces rapports 11e peuvent servir de décharge aux adjudicataires, qu’autant qu’ils indiquent les delinquans, qu’ils sont revêtus de toutes les formalités légales, et remis à l’agent dans le délai prescrit. ( Ord. de 1669, tit. XV, art. 39. — Arr. du Cons., du 28 octobre \jo 5 . — Cah. des ch., art. 47 • — Arr. de la C. de cass.,des 6 germinal an 10, 21 février 1806 , 23 janvier etc) octobre 1807, 8 avril 1808 et 22 juin i 8 i 5 . — Lettre de l’Adm., du \ tr .juin 1811.) FAGOT, fasciculus ou fascis. C’est un faisceau de FAG F AL manas bois , de branchages, de différentes grosseurs et longueurs, suivant: les pays. Les brindilles ou broussailles que l’on met au centre du fagbt, s’en nomment- l’o/«e; le pourtour, qui est composé des plus belles brandies , forme le parement, et on dit aussi un parement de fagot, en parlant isolément d’un des brins qui le composent; les gros brins s’appellent des triques : les fagots sont assujettis par un lien de bois. On appelle fagotins du petits fagots, et bourrées des fagots qui ne sont formés que de brindilles. I,es fagots se fabriquent non-seulement darts les forêts, lors des exploitations, mais-encore avec le produit de la tonte des arbres isolés, des haies, etc. Ils servent au chauffage de la plus grande partie des cultivateurs pauvres de la France : on en fait aussi une grande consommation pour chauffer le four, et dans la cuisson de la chaux, du plâtre, des briques, des tuiles, de la poterie grossière, etc. Ils donnent moins de chaleur que le bois de fente oïl le rondin de la même espèce, parce que la plus grande partie des brindilles qui les composent ne sont pas encore arrivées à l’état de bois parfait; ils se pourrissent par la même raison plus promptement, et il faut par conséquent ou les employer dans l’année, ou Les mettre.à l’abri de La pluie. On estime ce qu’un bois que l’on recèpe ou qui s’exploite fort jeune peut fournir de fagots, en mesurant use petitéportion de ce bois, telle qu’un demi-arpent ou un arpent, dans un canton qui puisse donner la moyenne proportionnelle de l’état du bois, et en multipliant le nombre des fagots que doit produire cette étendue par le nombre de demi-ar- E îns ou d’arpens compris dans l’étendue de la vente. e prix courant des fagots étant connu , on est instruit du produit que donnera la vente d’un pareil taillis, en soustrayant les frais de l’exploitation. Les recépagesi des semis ou des jeunes bourgeons endommagés par la grêle ou la gelée, ne peuvent produire que des bourrées, qui souvent ne se vendent que le prix de l’exploitation. Les taillis de 6 à 8 pieds de hauteur font de bonnes bourrées, qui se consomment par les boulangers, les briquetiers et chaufourniers. Si les taillis ont 12 ou i 5 pieds de haut, on peut en tirer des échalas de brin , auxquels on donne 4 pieds et demi de longueur; ou bien on en fait de bons et gros fagots, garnis de forts paremens, qui se vendent aux aubergistes, et dont les tuiliers se servent aussi pour achever leurs cuissons, qui ont besoin de grand feu. Ces gros fagots doivent avoir 5 à 6 pieds de longueur, et environ 3 o pouces de circonférence auprès du lien. L’amende pour fagot ou fouée coupé en délit dans les forêts de l’état est d’un fr., outre la restitution de pareille somme. ( Ord. de 1669, tit. XXXII, art. 3 et 8. — Arr. de la C. de cass., du 8 janvier l8l 9 -) On avait prétendu que , d’après la loi du 23 thermidor an 4, portant que pour tout délit forestier l’amende ne pouvait être au-dessous de trois journées de travail, il y avait lieu de fixer l’amende pour l’enlèvement d’un fagot à 3 fr. ’jS c.; mais la cour de cassation a, par l’arrêt du 8 janvier «819, que 1 35 nous venons de citer, décidé que la loi du 20 thermidor était une loi de circonstance, dont l’art. 2, interprétatif d’une disposition du Code p3 V. Marteau, Mise en jugement, Procès- Verbausc. FAUX ACACIA. C’est le robinier. V. ce mot. FAUX AUBIER. C’est une maladie du bois. Lorsqu’on scie un tronc d’arbre attaqué de cette maladie, on aperçoit deux couches d’aubier, séparées l’une de l’autre par une couche de bon bois. Buffon s’est assuré que ce faux aubier était de plus mauvaise qu^jfté que le véritable aubier, en en faisant faire de petites solives, qui cassèrent toujours sous un moindre poids que celles fabriquées avec ce dernier , pris dans le même arbre. Ce savant, et Duhamel avant lui, ont dit que cet effet était produit par les gelées, et leur opinion est appuyée sur l’observation que beaucoup d’arbres leur offrirent du faux aubier dans les couches qui indiquaient l’année <709, qui fut désastreuse par les grandes gelées. M. Bosc, dans le Dictionnaire d’agriculture , observe que les gelées ne sont pas les seules causes du faux aubier; il pense que des causes générales d’un autre ordre, une grande sécheresse, par exemple, occasionnent le même résultat. Il est, dit-il, des causes accidentelles, comme le trou de la larve d’un lucane cerf-volant, d’une chenille de cossus, etc., qui la font naître en tout ou en partie. Une incision annulaire qui entre un peu dans l’aubier, et qui 11’est pas assez large pour être remplie dans le courant d’une année, doit donner lieu à un faux aubier. En effet, il suffit, pour qu’il ait lieu, que la circulation soit interceptée dans une partie de l’aubier, ou que cette partie soit frappée de mort par une cause quelconque. Un arbre attaqué de faux aubier est rejeté par les charpentiers et les menuisiers. V. Double aubier. FAUX BOIS. Branches menues, chiffonnées et mal conditionnées, qui sont hors d’état de devenir belles, fortes et bien nourries, quand on les laisserait subsister. Cette expression est principalement employée dans le jardinage. Quelques personnes l’emploient, mais improprement, pour désigner les branches gourmandes. FAUX EBENIER. V. Cytise. FAUX NERPRUN. V. Argousier- FAUX SÉNÉ. C’est le baguenaudier. FAUX VENTIS. Ce sont les arbres qu’on a fait tomber à force de machines, de manière qu’il semble qu’ils ont été abattus par les vents, ou ceux qu’on a déchaussés afin que le vent pût les jeter à bas plus facilement. Y. Menus marchés. FÉC i/,( FAVEUR. Grâce, bienfait, marque d’amitié, de bienveillance. Un arpenteur qui aurait, par faveur, connivence ou corruption , célé un transport ou arrachement de bornes, souffert ou fait lui-même un changement de pieds corniers, doit être dès la première fois privé de sa commission , et condamné à l’amende de 5 oo francs. {O/rî. de 1669, tit. XI, art. 8.) Quant à la peine contre tout juge ou administrateur qui se décide par faveur pour une partie, V. l 'art. 1 83 du Code pénal, et le mot Corruption. FAYARD ou FAYS. Nom du hêtre dans quelques pays. V. Hêtre. FÉCONDATION , fecundatio. La fécondation , en botanique, est l’action de l’organe sexuel mâle sur l’organe sexuel femelle, par laquelle un ovaire acquiert la faculté de devenir fruit. Le phénomène de la fécondation des plantes a été l’objet d’une foule d’observations; mais il nous suffit de savoir qu’elle s'opère par le contact du pollen des étamines avec le pistil, et que son résultat est le développement de l’ovaire et des ovules qu’il renferme. Quelquefois cependant l’ovaire se développe seul, et alors la fécondation est imparfaite; car elle a pour but principal la formation de l’embryon. V. Physiologie pégét., 6 e . section. FÉCONDITÉ. Qualité par laquelle une chose est féconde. On peut se faire une idée de la fécondité des grands arbres par une expérience d’Odart. 11 prit au hasard un orme de 12 à i 5 ans, dont le trdnc avait 6 pouces de diamètre environ, 20 pieds de hauteur jusqu’à la naissance des branches, et dont les rameaux étaient très-chargés de graines; il fit abattre un de ces rameaux, qui avait 8 pieds de longueur, et sur lequel il compta 16,400 graines. Cet arbre portait plus de 10 branches semblables; mais n’ayai.t compté que sur 10, il en est résulté qu’elles étaient chargées de plus de 1 64 , 5 oo graines. Toutes les branches qui n’avaient pas 8 pieds de longueur faisaient ensemble une somme beaucoup plus considérable que celle des 10 branches principales; mais ce physicien, voulant éviter toute espèce d’exagération , se contenta de les estimer égales entre elles. Sur ce pied, que l’on peut regarder comme faible, la tête de cet arbre devait porter 529,000 graines. Un orme vit plus de 100 ans, et l’âge où il est parvenu à sa fécondité moyenne n’est pas assurément celui de 12 à i 5 ans. On peut donc, pour diminuer les produits et compenser abondamment le temps où cet arbre trop jeune 11e portait point encore, compter, pour une année de fécondité moyenne, au moins 329,000 graines, lesquelles étant multipliées par 100, nombre supposé que l’arbre doit vivre, on aura 82,900,000 graines, qu’un orme aura produites pendant toute sa vie , et qui ne doivent leur origine qu’à une seule graine. Ce nombre est déjà bien considérable ; mais que sera-ce si on suppose que toutes ces graines mises en terre eussent produit, chacune, un arbre aussi fécond que le premier, et ainsi successivement de génération en génération?... En considérant le produit de chacun de ces arbres FEN FEN i4-j pendant 100 ans, on aura une progression géométrique croissante, dont le premier terme sera un; le second, 33 ,000,000; le troisième, le carré de cette somme; le quatrième, son cube, et ainsi de suite à l’infini. Voilà une fécondité effrayante, qui pourrait faire conclure qu’une seule de ces semences pourrait, après la révolution de plusieurs siècles, fournir de quoi couvrir la terre des seuls arbres de son espèce; mais un nombre presque infini d’acci- dens s’y opposent, et font que de presque toutes les semences abandonnées à elies-mêmes, il en périra une grande quantité contre un très-petit nombre qui donne lieu à la reproduction. FEMELLE, du latin femina, femme. Animal destiné par sa nature à concevoir et à produire son semblable. ( Botanique . ) Plante ou jleurfemelle, celle qui, dépourvue d’étamines, n’a que l’organe sexuel féminin, c’est-à-dire un ou plusieurs pistils, FENDEUR. C’est un ouvrier employé à faire du bois de fente. V. Fente. FENDILLE. Ecorce fendillée, cortex rimulosus, celle qui a beaucoup de petites fentes ou crevasses longitudinales. L'ENTE DES ARBRES. Plusieurs causes occasionnent la fente des arbres, soit sur pied , soit lorsqu’ils sont abattus. A l’égard des arbres sur pied, les causes les plus ordinaires qui les font fendre sont le vent, les gelées , la foudre, la surabondance de la sève, l’àge de l’arbre. i°. Le -vent, en agissant sur les grosses branches, les fait éclater à leur aisselle, et la fente qui en résulte traverse toujours le tronc. Les arbres fourchus et certaines espèces, telles que le robinier, l’ay lante, le cerisier, sont principalement dans le cas d’être fendus de cette manière. 2 0 . Les fortes gelées occasionnent quelquefois la fente d’un grand nombre d’arbres, et l’on peut comparer cet effet à celui qui est produit par la gelée sur une futaille remplie d’un liquide dont la congélation, augmentant le volume, fait éclater le vaisseau. C’est en effet parce que la sève éprouve la même augmentation de volume, qu’elle produit la fente de l’arbre. M. Bosc rapporte qu’il a eu occasion d’entendre une fois le craquement de milliers d’arbres dans une futaie, qui se fendaient par cette cause. Cette sorte de fente ne traverse jamais l'arbre de part en part, et il est probable qu’elle va rarement jusqu’au centre; mais, dans les froids rigoureux, la fente prend depuis l’enfourchement des branches et se prolonge jusqu’aux racines; elle présente souvent plusieurs lignes de diamètre dans les jeunes sujets, et sur les vieux troncs elle est proportionnée à leur grosseur. Au dégel, dit l’abbé Rozier, tout reprend sa forme, et à peine dans les jeunes arbres aperçoit- on les vestiges de cette fente perpendiculaire. Dans la suite, elle est recouverte par l’écorce, dont les deux bords ou lèvres s’identifient et se greffent l’un dans l’autre; mais la division du bois reste toujours la même, et la réunion des deux lèvres forme une arête sur le tronc. Ce savant a observé que, dans les grands froids pendant lesquels il y a plusieurs dégels et plusieurs reprises alternatives du froid, la fente dont il s’agit se formait au premier dégel, et qu’au second elle restait entr’ouverte. N’est-ce pas, ajoute-t-il, par rapport à cette circonstance que les noyers éclatés en 1709 ont conservé cette fente, et que les deux bords de l’écorce n’ont pu la recouvrir? Il a remarqué que la fente ne s’opérait point du côté du nord, et qu’elle avait toujours lieu au soleil de midi ou de deux heures. 11 en donne pour motifs que l’arbre se resserre par le froid plus dans la partie du nord que dans toute autre; qu’au midi, au contraire, l’humidité est plus extérieure et en plus grande quantité, parce que dans le jour les rayons du soleil font couler l’eau glacée dans les parties supérieures; que d’ailleurs le soleil pénètre, du côté du midi, l’écorce, le bois, et en ouvre les pores; que la contraction ayant lieu du côté du nord, elle tire à elle des deux côtés et avec égale force les parties relâchées par la chaleur. Ces parties cèdent à cette force sans cesse agissante, et la fente s’exécute en un clin- d’œil. 4 Si pendant le froid, le ciel est toujours couvert, le phénomène sera beaucoup plus rare; mais il aura également lieu si le froid est très-rigoureux, parce que la partie du midi du tronc de l’arbre est toujours plus relâchée qu’aucune autre, parce que le point premier de la crispation est au nord , et qu’il s’étend sur les deux côtés. Ou ne connaît aucun remède à cet accident : rarement un arbre ainsi fendu prospère ; il végète d’une manière triste et languissante. 3 °. La foudre, en tombant sur les arbres, les fend très-souvent dans toute leur longueur. 4 °. La surabondance de la sève fait déchirer l’écorce des arbres dans une direction perpendiculaire, et cet accident arrive pour l’ordinaire aux arbres que l’on taille dans l’été, à ceux qui sont fréquemment arrosés, dont la sève superllue ne peut être dissipée par les branches et par les feuilles au moment de la transpiration ; ce qui contraint l’écorce à éclater dans les endroits les plus amincis et les plus délicats. L’application de l’onguent de Saint-Fiacre est très-bonne pour opérer la cicatrice de cette plaie, qui se fait à la longue, au moyen d’un bourrelet. Lorsque la texture du bois a été attaquée, elle ne se régénère cependant pas; mais comme cette portion finit par être recouverte par l’écorce et qu’elle est mise à l’abri de l’air, la partie affectée ne pourrit plus. Toutefois, il s’établit quelquefois le long de la fente des amas de sève extravasée, d’où résultent des chancres pernicieux. 5 °. Les arbres d’un certain âge ont l’écorce toute fendillée, sans qu’il en résulte des dangers. Les parties mortes de l’écorce sont formées par plusieurs feuilles d’épiderme, qui ont éclaté successivement à la même place; mais un nouvel épiderme a remplacé celui qui avait éclaté, et l’écorce entière ne souffreplus de ces éclats partiels. Les fentes sont perpendiculaires toutes les fois que des nœuds n’en changent pas la direction, et la cause en est sensible, c’est que l’épiderme a moins d’adhérence dans sa longueur que dans sa largeur. Les fentes des arbres ne se soudant jamais, le bois de ceux qui en ont éprouvé devient impropre à FEN FEN plusieurs services, et perd par conséquent beaucoup de sa valeur ; et comme l’ouverture de ces fentes se recouvre presque toujours d’aubier, on ne peut les apercevoir que lorsqu’on travaille le bois, ce qui cause tant de rebuts dans les arbres qu’au premier coup-d’œil on avait crus sains et d’un bon emploi. Les arbres abattus se fendent presque tous par suite du retrait de leurs fibres, que produit l’évaporation de la sève. Il y a à cet égard des différences sans nombre, suivant l’espèce de l’arbre, l’époque de l’année où il a été abattu, le terrain et l’exposition où il se trouvait, son âge, le plus ou moins de rapidité de la dessiccation, etc. TJn arbre abattu se dessèche, diminue de volume, et à mesure qu’il se resserre, les fentes paraissent. Ces fentes sont d’autant plus grandes que le dessèchement est plus prompt, ainsi qu’on le remarque sur les arbres exposés au grand soleil, et que le bois par lui-même est d’une fente plus facile, ce qui dépend de la contexture des fibres ligneuses. Un arbre coupé en sève se fend et se gerce plus que celui qui est coupé en hiver, époque où il renferme moins de sève. 11 est donc utile d’abattre les arbres en hiver, de les laisser dans leur écorce pendant quelque temps, et de les placer à l’ombre, afin que l’évaporation de la sève se fasse le moins promptement possible. On empêche aussi plus ou moins le fendillement des arbres qui viennent d’être abattus, en les mettant pendant un certain temps dans de l’eau douce ou salée. (V. Orme .) Dans ce cas, la sève est dissoute, et l’eau n’étant point visqueuse comme elle, ne favorise nullement le fendillement. L’eau chaude produit plus rapidement le même effet. V. Gerçure , et le mot Marine. Les arbres qu’on a écorcés au printemps et que l’on coupe l’hiver suivant, ne se fendillent presque point; mais nous avons démontré, au mot Ecorce- ment, les inconvéniens de cette opération. Varennes de Fenille a fait des expériences sur les fentes et les gerçures que les différentes espèces de bois éprouvent par le dessèchement. Nous les faisons connaître à l’article de chaque arbre. FENTE(BOISDE). Nousavons ditquelques mots des bois de fente , t. I er ., p. 391. On appelle bois de fente celui qu’on débite en le fendant en plusieurs morceaux, comme on le pratique pour la confection des échalas, des lattes, du douvain, du merrain , etc. Plusieurs motifs déterminent les marchands à taire faire du bois de fente : i°. la position d’une forêt relativement au débit qui peut se faire avanta- geusementdes merrains, traversins, échalas pour les vignes, rames, gournables ou chevilles pour les vaisseaux, cerches pour la boissellerie, lattes pour les couvertures de toits, etc. ; a°. quand le bois n’est pas d’assez bonne qualité pour fournir de bonnes pièces de charpente; 3 °. quand, par la difficulté des chemins, l’éloignement des rivières navigables et des grandes routes, ou la distance trop grande de la forêt, jusqu’aux lieux où l’on en pourrait faire la consommation, le transport devient trop coûteux. Cependant les marchands devraient faire attention que si d’un côté ils retirent un grand produit du corps d’un gros 143 arbre débité en fente, de l’autre il leur en coûte nécessairement un prix considérable pour la façon. Et d’ailleurs, il serait (dit Massé, dans son Traité des bois) d’une bonne police de mettre des entraves à la cupidité des marchands, et de les détourner de couper par tronces les plus beaux et les plus gros arbres pour en faire de la cerche; car on pourrait faire de très-bons seaux avec du merrain de bois blanc, cerclés de fer, et débiter les arbres dont on fait de la cerche en bois de menuiserie, de charpente ou do construction, suivant la qualité et la nature du bois, d’autant mieux que les écha.las, les lattes, le merrain peuvent se prendre dans des arbres qui ne sont pas fort gros. Il y a de l’épargne à fendre le bois plutôt que de le scier, pour les lattes, les douves des futailles, les cerches de boissellerie, etc. ; car outre la perte qu’occasionne la coupe de la scie, qui fait toujours un objet de 2 à 3 lignes, et qui ne produit que du bois tranché, c’est que, par l’industrie dVs ouvriers fendeurs , ces ouvrages sont faits presqu’en un instant. Mais tous les bois ne sont pas également propres pour la fente : les uns se fendent beaucoup mieux que d’autres; le chêne et le hêtre se fendent communément mieux que l’orme, l’érable, etc.; l’orme-teille et Vorme femelle à larges feuilles se fendent ordinairement beaucoup mieux que l’orme tortillard. Parmi les chênes, celui qui porte son fruit en grappes, se fend ordinairement mieux que celui dont les fruits sont attachés à des queues fort courtes. Ce n’est pas cependant une règle générale, puisque la même espèce d’arbre élevée dans le même terrain et à la même exposition, se trouve tantôt de bonne fente, et tantôt hors de pouvoir être employée à cette destination ; et encore souvent il arrive qu’un arbre qui se fendra bien vers les racines, sera très-difficile à fendre vers le haut de sa tige. Mais en général on juge qu’un chêne se fendra bien, quand son écorce est fine, quand l’arbre diminue uniformément de grosseur, et quand il a peu de nœuds. Les bois roux, pouilleux et vergetés se fendent quelquefois assez bien quand ils ont toute leur sève, quoiqu’ils soient défectueux et d’un mauvais emploi- Les bois roulis doivent être rejetés pour les ouvrages de fente, parce qu’ils donnent beaucoup de déchet. On prétend que le hêtre dont la tige 11’est pas exactement arrondie, et où il se trouve des espèces de côtes qui s’étendent suivant la longueur du tronc, est le meilleur de tous pour la fente; que l’on préfère l’arbre où les fibres longitudinales ont une direction droite, et qui forment une hélice ou vrille très-allongée ; que quand les fibres tournent de droite à gauche, l’arbre se fend mieux vers la tête qu’au pied, et que le contraire arrive si les fibres tournent de gauche à droite ; mais il est certain que les arbres se fendent d’autant mieux que leurs fibres suivent une ligne plus droite dans toute la longueur du tronc ; que les jeunes arbres se fendent mieux que les vieux, le bois vert mieux que le bois sec, et ceux qui poussent avec force mieux que ceux qui croissent lentement. Il est difficile de décider si un arbre sur pied sera de bonne fente ou non ; mais on doit absolument FER 144 FER rebuter tous les arbres noueux et ceux qui ont leurs fibres très-torses. Les bois rustiques et très-forts sont rarement propres à la fente, parce que la direction de leurs fibres n’est pas ordinairement droite et régulière. Les bois gras se fendent assez bien, pourvu qu’ils ne soient pas secs ; car Lorsqu’ils ont perdu toute leur sève ils deviennent cassans. Les marchands ont grand soin de faire fendre leurs bois aussitôt qu’ils ont été abattus, parce, que, i°. alors ils se fendent régulièrement et sans qu’aucune pièce se rompe; 2°. les fentes qui se forment dans les bois qui se sèchent leur occasionneraient un déchet considérable ; 3 °. l’aubier du bois vert se fend très-bien , et l’on peut en passer une partie avec le bon bois, au lieu que cet aubier devient en pure perte quand le bois est trop sec ; 4°. si l’on fend une grosse bille de bois gras anciennement abattu , la circonférence de la pièce a peine à se fendre régulièrement; mais le centre conserve ordinairement assez de sève pour qu’on puisse le bien fendre. Ce qui rend l’exploitation de la fente avantageuse, c’est qu’on trouve à employer pour différens ouvrages les billes de toute longueur; savoir, de 6 pieds (2 mèt. ) pour les échalas d’espaliers ; de 4 pieds et demi (un mèt. et demi) pour les échalas des vignes; de 4 pieds (i 3 décim.) pour la latte; de 3 pieds et demi ( 16 centim. ) pour le merrain des demi-queues; de 2 pieds a pouces (70 centim. ) pour leur enfonçure ; de 2 pieds (65 centim.) pour les barres; de 18 pouces (48 centim.) pour le palisson; de 8 pouces (21 centim.) pour les chevilles de tonneliers , etc. En conséquence, on peut tirer parti des billes assez courtes qu’on lève, soit entre deux branches , soit entre deux nœuds. Les outils des fendeurs consistent en un atelier au selle à fendre, une masse ou mailloche, un coulre qui a deux biseaux d’un fer acéré et tranchant , de 4 pouces de largeur, un grand contre, dont le fer est de 3 pouces plus long que l’autre et n’a qu’un seul biseau, le manche 18 pouces de longueur, et fait l’usage d’une hache à main, une cognée, des coins de bois dur, des scies en passe-partout, et des coins de fer. FÉODALITÉ. Qualité de fief. Ce mot signifie aussi la foi et hommage. V. Fief. Le décret du 2.5 août 1792, sanctionné le 28 du même mois, a supprimé sans indemnité tous les droits féodaux ou censuels, toutes les redevances seigneuriales annuelles, les droits de péages, de bacs et voitures d’eau , etc. V. au Dépôt des lois, n°. it. 5 o. La loi du 28 août 1792 , sanctionnée le 14 septembre, a rétabli les communes et les particuliers dans les propriétés et droits dont ils avaient été dépouillés par l’effet de la puissance féodale. Y. cette loi au Recueil ; et pour l’application qui en a été faite aux communes , V. Commune. Les rentes foncières créées par des contrats mélangés de féodalité sont abolies. ( Arr. de la C. de cass., du 25 janvier 1820. ) FER, du latin ferrum. C’est, après l’étain, le métal le plus léger ; il est très-tenace, très-dur à fondre , très-combustible , attirable à l’aimant, et il a la propriété de décomposer l’eau et de s’unir au charbon, qui le convertit en acier. Le fer est le plus utile de tous les métaux, et celui qui intéresse le plus les arts. Le fer, ainsi que les autres métaux, se trouve dans la terre. En France , la majeure partie des mines de fer sont celles qu’on appelle d’alluvion; elles sont formées par des grains d’oxyde jaune mêlés d’argile et d’un petit nombre d’autres substances. On fait fondre la mine à travers des charbons dans des hauts-fourneaux, et on coule le fer fondu dans un canal ouvert, dont il prend la forme en se refroidissant. De longues pièces de 1er ainsi conditionnées s’appellent gueuses. Comme il s’en faut bien que la séparation des parties hétérogènes soit parfaite, on aftine ce fer en le fondant de nouveau; l’opération se peut renouveler tant qu’on le juge à propos. La fonte de fer est cassante, très-dure, incapable, lorsqu’elle est froide, de prendre des formes sous le marteau. Il faut la faire chauffer et la marteler à différentes reprises, pour lui faire perdre l’excès de carbone et les matières étrangères qu’elle contient. C’est le but du travail de la forge d’où sort le fer. La fabrication du fer est d’un grand intérêt pour les produits forestiers; mais la trop grande multiplication des fourneaux et des forges amènerait la ruine des forêts et une excessive augmentation dans le prix du bois. Aussi les agens forestiers sont-ils appelés à donner leur avis sur les établissemens de ce genre : c’est la disposition textuelle de l’art. 74 de la loi du 21 avril 1810, concernant les mines, minières, fourneaux, forges et usines. V. cette loi. FER DE BÊCHE. C’est la portion de bêche qui agit. Quand on dit : travailler la terre de la longueur d’un fer de bêche , c’est la labourer de 8 à 10 pouces de profondeur, hauteur ordinaire d’un fer de bêche; de deux fers de bêche, c’est le double. FERMAGE. Y. Bail, Fermiers. FERME. Mot dérivé du latin Jirma, et qui signifie la convention par laquelle le propriétaire d’un héritage, d’un droit, en abandonne la jouissance à quelqu’un pour un certain temps et moyennant un certain prix. Ferme se dit aussi de la chose elle-même donnée à ferme , et dans ce sens il s’entend des métairies et des autres héritages! L’ordonnance de 1669, tit. II, art. 18, défendait aux officiers des eaux et forêts de tenir aucune ierme des seigneurs, communautés ou particuliers, directement ou indirectement. L’art. 18 du tit. XXA II de la même ordonnance défend de construire des fermes dans l’enclos, aux rives et à demi-lieue des forêts, sous peine d’amende et confiscation du fonds et des bàtimens. Mais cet article 11’est pas toujours observé, et l’on a souvent autorisé la construction de maisons dans la distance qui est ici prohibée. La loi du 19 juillet 179 l a ordonné que les petites termes, métairies ou autres domaines de 5 o arpens et au-dessous, enclavés dans les forêts, ne pour- FEU raient être vendus qu’après avoir pris l’avis des administrations. V. Bail, Domaines nationaux, Fermier. FERMIER. C’est celui qui tient un domaine à bail. Fermiers des domai.ves et Bors. Il leur était défendu de chasser dans les biens qu’ils tenaient à ferme. (Arr. du Cons. du 3 octobre 172-2 ) Les obligations des fermiers de bois du domaine sont en général les mêmes que celles des adjudicataires. V. Adjudication. Le fermier d’un bois domanial, qui vend une coupe dans ce bois sans l’autorisation de l’Administration, est responsable de cette contravention et du fait des acheteurs. ( Arr. de la C. de cass ., du 8 novembre 1811.) Il doit faire sa déclaration de volonté d’abattre, conformément à la loi du 9 floréal an 11 et au décret du >5 avril 1811. {Arr. du 17 mai 1816.) Une amnistie accordée pour délits forestiers n’est point applicable aux malversations commises par un fermier dans les bois domaniaux dépendant de sa ferme. {Arr. du 23 novembre 1810.) Les dilticultés relatives à l’application et à l’exécution des baux, ainsi qu’aux comptes à régler avec les fermiers, sont du ressort des tribunaux ordinaires. {Ord. du 2.5 jévrier 1818.) Fermiers de domaines situés près des forêts. Ils sont responsables des délits commis par leurs pâtres. Y. Bestiaux, Responsabilité. Fermier de la pêche. V. ce mot dans le Dic- tionn. des Pêches. FERREMENS. On donne ce nom à tous les ins- trumens de fer qui servent à l’exploitation des bois. Pour distinguer ceux qui sont permis d’avec ceux qui sont prohibés, V. Cognée, Outils, Scie, Serpe. La proclamation du roi, du 3 novembre 1789, défend aux usagers de se servir de ferremens, même de crochets, à peine d’amende et de confiscation, pour enlever le bois sec et gisant auquel ils ont droit. FERTILE, FERTILITÉ. C’est le contraire de stérile, stérilité. On dit qu’une terre est fertile lorsqu’elle donne constamment de bonnes récoltes, et qu’une année est fertile lorsque les productions sont plus considérables qu’à l’ordinaire. Une année de fertilité des grands arbres abandonnés à eux-mêmes est presque toujours suivie d’une ou de deux années de stérilité : c’est ce qu’on appelle des récoltes biennes ou alternes. Dans les forêts, on ne compte même qu’une année fertile en graines, glands et faines, sur cinq années. 11 paraît que les arbres, épuisés de leurs sucs nourriciers par une production excessive , ont besoin de repos. FETES ET DIMANCHES. L’ordonnance de 1669, tit. X\ , art. 49 j fait défenses aux marchands et à tous autres de travailler, les jours de fête, dans les ventes ouvertes, et d’enlever aucun bois, sous peine de 100 fr. d’amende. Ces défenses sont renouvelées par le cahier des charges. L’art. 4 du tit. XXXI fait défense de pêcher les jours de fête , à peine de 4 o fr. d’amende. FEU. Ce mot vient du latin focus, dérivé du grec fôgâ> brûler. Ce qu’on appelle vulgairement feu n’est autre chose qu’un corps embrasé, dont les Tome II. FEU 145 parties se désunissent et s’évaporent en fumée, en flamme, en vapeur, etc. Les anciens physiciens regardaient le feu comme un élément, parce qu’ils le confondaient avec le calorique, qui est un de ses principes. Les chimistes modernes y distinguent deux objets , le calorique et la lumière. Un corps peut être lumineux sans être chaud , il peut émettre de la chaleur sans être lumineux; mais la réunion du calorique et de la lumière simultanément sensibles, constitue ce qu’on doit appeler feu. Le calorique est un fluide très-subtil, très-rare, très-élastique, qui se trouve par-tout, qui pénètre tous les corps avec plus ou moins de facilité , et qui tend, lorsqu’il est libre, à se mettre en équilibre dans tous. Seul, il suffit pour échauffer les corps; mais seul il ne suffit pas pour les brûler : il faut qu’il soit aidé par un autre fluide , qui est l’air pur , l’oxygène ; et le concours de ces deux fluides ne suffit même pas, si leur action n’est excitée par quelques moyens, tels que le choc ou le frottement des corps solides, la fermentation ou l’effervescence, la réunion des rayons solaires, l’électricité , etc. Nous devons borner à ce peu de mots ce que nous avons à dire de la nature du feu. Quant à la nécessité de se procurer les matières propres à lui servir d’aliment, elle est tellement liée à notre existence, que l’on ne peut concevoir la possibilité de s’y soustraire. La cuisson de nos alimens, la préparation des métaux et d’une foule de matières employées dans les arts, enfin les rigueurs du froid, rendent l’usage du feu indispensable. C’est le bois qu’on emploie le plus communément pour entretenir le feu , parce qu’il a toutes les qualités désirables pour cet objet ; le charbon de terre le supplée dans quelques lieux et quelques cas. Quant au charbon de bois , on l’emploie aussi; mais il ne diffère du bois que parce qu’il a perdu quelques-uns de ses principes par un commencement de combustion. Les mêmes propriétés qui rendent le feu d’une si grande utilité à l’homme, deviennent aussi la cause des plus fâcheux événemens. Nous ne parlerons que de ceux qui concernent les forêts , en rappelant les dispositions réglementaires qui ont pour objet de prévenir ces événemens. I. L’ordonnance de i 5 i 8 défendait de porter feu ès forêts, le réglement de i 584 contenait la même défense, celui du 18 décembre 1601 , pour la forêt de Mouillière , défend de mettre le feu aux bruyères plus près que demi - lieue des forêts; l’arrêt du conseil, du 9 novembre 1 665 , défend à tous pâtres et autres personnes d’allumer aucun feu dans les forêts , à peine du fouet. II. L’ordonnance de 1669 a abrogé tous droits de feu et de loge que les particuliers ou communautés pouvaient avoir dans les forêts royales ; elle fait défenses à toutes personnes d’y porter et allumer du feu, en quelque saison que ce soit, ainsi que.dans les landes et bruyères qui en dépendent, et dans les bois des communautés ou des particuliers, à peine de punition corporelle et d’amende arbitraire, outre la réparation des dommages que l’inceudie pourrait avoir causés, et dont les communautés et autres qui ‘9 1^6 FEU auront choisi les gardes, seront civilement responsables. {Art. 32 et 33 du tit. XXVII. ) III . La déclaration du i 3 novembre 17145 enregistrée au parlement de Bretagne , le 20 mars 1715, a détermine des peines particulières contre ceux «jui, de dessein prémédité, auraient mis le leu aux forêts, landes et bruyères du roi, ou des communautés et particuliers, même d’en avoir allumé à un quart de lieue près desdites forêts, landes et bruyères. \. au R ecueil. IV. Comme le plus souvent ce sont les riverains qui mettent le feu dans les forêts, afin que dans les cantons incendiés il repousse de meilleure herbe pour leurs bestiaux, on a voulu remédier au mal en leur étant toute espérance d’en profiter : c’est pourquoi par arrêts des 29 juin 1728 pour Fontainebleau , i 5 avril et 1 3 juin 1741 pour la Bretagne, il est expressément défendu aux usagers et à tous autres d’envoyer, sous quelque prétexte que ce soit, pendant cinq ans , à compter du jour de l’incendie, leurs bestiaux dans les landes et bruyères où le feu aura été mis , et d’en approcher plus près que d’une demi-lieue, à peine de confiscation des bestiaux et de 5 oo fr. d’amende, qui ne pourra être réputée comminatoire, et de plus grande peine s’il y échoit. Suivant ces arrêts, il devait, à la requête des procureurs du roi, être informé contre les auteurs et complices, etc., pour leur procès être faitet parfait par les officiers des maîtrises, jusqu’à sentence définitive inclusivement, suivant la rigueur des ordonnances , sauf l’appel au conseil, et il était interdit à toutes cours et aux autres juges d’en connaître. V. Par arrêt du 12 octobre 1756, il a été fait expresses défenses à tous bergers, valets, métayers et autres personnes sans distinction, de mettre le feu aux landes, bruyères, garrigues, bois etdévois, sous quelque prétexte que ce soit, dans toute l’étendue de la province de Languedoc, à peine , pour la première fois, de punition corporelle, 100 fr. d’amende, et de tous dépens, dommages et intérêts, et, en cas de récidive, d’être punis comme incendiaires publics : ordonné que dans les cas où les auteurs des incendies ne pourront être découverts, tous les bergers des communautés dans le terroir desquelles seront situés les bois, landes, bruyères et garrigues où le feu aura été mis, seront condamnés solidairement non-seulement au paiementdu dommage causé par l’incendie, mais encore enune amendede3oo fr., sauf aux bergers à déclarer celui qui aura mis le feu. V. VArrêt au Recueil. VI. La réformation de 1671 pour la forêt d’Orléans défend aux pâtres et usagers d’allumer les bruyères à quelque distance que ce soit des forêts. Il y a encore d’autres arrêts du conseil particuliers à quelques provinces, qui contiennent les mêmes prohibitions. VIL L’ordonnance de 1669, tit. XXVII, art. 22, défend de mettre le feu aux arbres, de les brûler ou charmer, sous peine de punition corporelle. V. Charmer. VIII. Un arrêté du Directoire exécutif, du a 5 pluviôse an 6 ( i 3 février 1798) ordonne que les dispositions de l’art. 3 a du tit. XXVII de l’ordonnance de 1669, t l u * défendent de porter ou d’allumer du FEU feu dans les forêts, continueront d’être exécutées selon leurs forme et teneur; et à.Fégard de la forêt d’Orléans, pour laquelle cet arrêté a été provoqué., que lorsqu’un incendie s’y manifestera, toutes les communes seront tenues, à la première réquisition des gardes forestiers, de leur aider à y porter secours et à arrêter les progrès du feu. Celles qui s’y refuseraient, même les particuliers qui, sans raison valable, s'en dispenseraient, seront notés et privés de l’exercice du droit de pâturage dans la forêt. Les agens forestiers et les corps municipaux des communes riveraines sont chargés de prévenir les délits de cette espèce, et d’en rechercher, dénoncer tes auteurs, et de les poursuivre suivant la rigueur des lois. IX. Le ministre des finances a fait connaître à la régie des domaines que l’incendie d’une partie quelconque de-bois appartenant à l’état, serait un motif de destitution envers tous les préposés à la surveillance desquels le lieu du délit était coqfié; et la régie a, par une circulaire du i 3 prairial an 6 , chargé les agens forestiers en chef de rappeler aux gardes que la première do leurs obligations était de garantir les forêts du feu, en s’opposant aux actes d’imprudence ou de malveillance. X. L’instruction de l’Administration des forêts, du 7 prairial an 9, art. 45 , prescrit aux agens forestiers de se porter avec célérité dans les bois en cas d’incendie , d’appeler les riverains pour l’étpindre , et s’ils s’y refusent, de dresser contre eux procès- verbal. Toutes perquisitions, informations ou diligences doivent être faites pour découvrir et faire poursuivre les auteurs de ces accidens , et il doit être aussi dressé procès-verbal de ces mesures. XI. Une circulaire de la même Administration, du i 5 fructidor an 11 (27 septembre i 8 o 3 ), recommande aux conservateurs la plus grande surveillance pour prévenir les incendies dans les forêts, les invite à prendre les mesures les plus promptes pour les éteindre lorsqu’ils se manifestent, et leur fait observer que c’est sur-tout le long des chaussées et sur les reins des forêts qu’il faut veiller; que les gardes doivent sans cesse avoir l’œil sur les personnes inconnues qu’ils rencontreraient, sur les ouvriers et porteurs d’armes à feu, et dresser procès- verbal contre quiconque compromettrait la sûreté des forêts. XII. Une autre circulaire du 21 vendémiaire an 12 ( 14 octobre i 8 o 3 ) renferme une instruction du ministre de la justice sur cet important objet. Cette instruction recommande de veiller avec une scrupuleuse exactitude à l’exécution des art. 32 du tit. XXVII de l’ordonnance de 1669 , et de l’art. 10 du tit. II de la loi du 28 septembre 1791, et de dénoncer à la justice tous ceux qui, soit par mauvaise intention, soit par imprudence ou négligence, auraient occasionné des incendies dans les forêts de l’état, des communes ou des particuliers. XIII. Une circulaire du i ec . mai 1816 recommande aux conservateurs de stimuler le zélé des gardes relativement aux incendies. XIV. L’instruction du directeur général de l’enregistrement, et des domaines et forêts, du a8 février FEU 1818, prescrit les mêmes mesures, et ordonne aux conservateurs et aux directeurs de recommander l’exécution de l’art. 32 du tit. XXY 1 I de l’ordonnance de'1669, et de l’art. 4^8 du Code pénal, portant défenses d’allumer du feu, en aucun temps, dans l’intérieur ou à une distance moindre de 100 mèt. des forêts, landes et bruyères. Le directeur général fait remarquer que ces sortes de délits pouvant entraîner une amende au-dessus de 100 fr. , les procès-verbaux des gardes qui les constatent, doivent être appuyés de preuves suffisantes, indépendamment de l’affirmation, à laquelle ils sont soumis dans les vingt-quatre heures. {Art. 7, tit. IV ; et art. 1 4 , tit. IX de la loi du2.y septembre > 79 '-) XV . La nouvelle Administration des forêts a recommandé aux conservateurs la stricte exécution de l’art. 3 a du tit. XXVII de l’ordonnance de 1669, et de l’art. 10 du tit. II du Code rural, et elle les a invités à faire toutes les diligences nécessaires pour découvrir et poursuivre les auteurs des incendies. ( Instr . du 21 mars 1821 , art. 60.) XVI. Il est inutile d’observer que si le feu avait été occasionné par la malveillance, les procès-verbaux ne pourraient être considérés comme faisant preuve suffisante, et qu’ris devraient être remis au procureur du roi, conformément à l’art. 29 du Code d’instruction criminelle, pour faire faire les informations nécessaires et procéder comme en matière criminelle, parce que, dans ce cas, les art. 95 et 434 du Code pénal de 181 o prononcent la peine de mort. XVII. La cour de cassation a rappelé les tribunaux à la stricte exécution des dispositions pénales de l’ordonnance de 1669, en cassant un jugement du tribunal correctionnel de Chinon, qui n’avait prononcé qu’une amende de 10 fr. contre un homme qui, pour chasser par la fumée un essaim de jeunes abeilles, avait mis le feu à un arbre forestier. Son arrêt, en date du 26 août 1809, est fondé sur ce que ce fait rentrait dans la pénalité fixée par l’art. 32 du tit. XXVII de l’ordonnance de 1669. Cependant la pénalité de l’ordonnance se trouve aujourd’hui rem- f dacée, suivant les cas, par celles que prononcent Es art. 434 et 458 du Code pénal de 1810. XVIII. La même cour,par un arrêt du 6 décembre 1810, a décidé que la peine de l’emprisonnement devait être prononcée contre celui qui allume du feu dans une forêt, lors même qu’il n’aurait causé aucun dommage. XIX. Enfin elle a décidé, par un arrêt du 5 avril 1816, que pour constituer un délit de ce genre, il suffisait que des fourneaux à charbon eussent été établis sans autorisation, quand même il n’en aurait résulté aucun dommage. XX. Il est défendu à tous adjudicataires, leurs facteurs et ouvriers, d’allumer, sous quelque prétexte que ce soit, du feu ailleurs que dans leurs loges et ateliers, qui doivent être désignés par les agens forestiers. Les adjudicataires sont personnellement responsablesde toute contravention à cet égard, et de tout dommage qui peut en résulter. ( Ord. de 1669, tit. XXVII, art. 22.— Cah. des ch. , art. 45 et ^ 6 .) XXI. L’ordonnance de 1669, tit. XXXII, art. 5 , distingue les délits commis par feu ou par scie , ou FEU 147 depuis le coucher jusqu’au lever du soleil, et veut qu’ils soient punis d’une amende double de celle applicable aux délits commis sans ces circonstances. L’art. 39 du tit. XV porte que si le délit est commis de nuit, à feu ou à scie, le procès-verbal du facteur ou garde-vente fera loi. XXII. Par rapport à la chasse et à la pêche à feu , prohibées par l'art. 4 du tit. XXX et par l’art. 18 du tit. XXXI, V. les mots Chasse et Pèche, dans les dictionnaires particuliers à ces objets. Feu en matière d’adjudication. O11 entend par feu de petites bougies qu’on allume pendant les enchères, et qui doivent durer de quatre à cinq minutes. Le premier leu ne s’allume qu’à l’instant où les enchères ont atteint le prix de l’estimation. L’adjudication n’est définitive que lorsqu’un dernier feu a été allumé, et s’est éteint sans que, pendant sa durée, il ait été mis aucune enchère. {Cah. des ch., art. 2. ) V. les articles Incendiaire et Incendie, où nous exposons les peines encourues par les incendiaires, et les moyens d’arrêter les progrès du feu dans les forêts et de repeupler les places incendiées. V. aussi CharmereX Brûlis. FEUILLAGE, frondescentia. C’est l’ensemble des feuilles d’une plante. FEU!LLA 1 SON, foliatio. Temps où une plante vivace ou ligneuse commence à développer de nouvelles feuilles. Les plantes entrent en feuillaison à des époques différentes, et qu’il est utile d’observer ; la feuillaison est un des moyens de comparaison entre divers climats. V. Physiologie végét., 4 e . section. FEÜILLARDSf BOIS). V. Bois feuillards, 1 . 1 , P- V; FEUILLE, folium. C’est cette partie latérale et le plus souvent verte d’un végétal, qui, naissant immédiatement de l’écorce à laquelle elle est continue, s’accroît en longueur et en largeur, et quelquefois, mais plus rarement, en épaisseur. Elle présente deux faces: l’une supérieure, l’autre inférieure 5 des bords latéraux unis ou découpés; deux côtés partagés par une ligne médiane, fictive ou réelle , qui s’étend de la base au sommet, et qu’on appelle ordinairement la côte du milieu. On attribue à la feuille des fonctions analogues à celles des poumons des animaux et à celles des racines, c’est-à-dire qu’on les regarde comme pouvant aspirer les fluides de l’atmosphère et rejeter les substances inutiles au végétal. On considère les feuilles comme des expansions de la tige des plantes, qui tendent a augmenter leur surface aérienne, et chaque feuille comme l’épanouissement d’une ou de plusieurs fibres. Tant que la fibre, séparée du tronc, reste simple et entière, elle constitue ce qu’onnomme le pétiole ( laqueue ) de la feuille; dès qu’elle commence à se diviser, et que ses interstices sont remplis par du tissu Cellulaire, son tronc et ses ramifications prennent le nom particulier de nen’ures, et le tissu cellulaire interposé entre les nervures celui de parenchyme ; la partie de la feuille qui est composée de nervures et de parenchyme prend,lorsqu’on la compareau pétiole, le nom particulier de limbe. Le pétiole et les nervures sont de même nature, c’est-à-dire fermes, coriaces, dé- * 9 * FEU FEU 148 pourvus de pores corticaux, et chargés de poils lorsque la feuille en est munie ; le parenchyme est vert, tendre, herbacé, muni de pores corticaux, au moins sur une des faces. Les deux surfaces de la feuille ont une structure et uneapparence de fonctions différentes; la surface supérieure est généralement lisse, ferme, a son épiderme plus adhérent, et offre peu ou point de pores corticaux; la surface inférieure est, au contraire, plus molle, plus garnie de porcs corticaux, plus souvent velue, et a son épiderme moins adhérent. La première semble destinée à protéger la feuille contre l’action du soleil, la seconde à exhaler et à imbiber les vapeurs. C’est ainsi que sont organisées les feuilles des arbres et d’un grand nombre d’herbes; il en est d’autres où les deux surfaces sont presque semblables, etoflrenl un égal nombre de pores corticaux ; quelques-unes enfin n’out de pores qu’à la surface supérieure, telles sont les feuilles de nénuphars et des autres piaules qui llottent sur l’eau. Au reste, quelle que soit la structure des feuilles, la destination de chaque surface est tellement prononcée, que si on retourne une feuille, elle reprend d’elle - même sa position naturelle, et si, par une force supérieure , on l’empêche de se retourner, elle périt au bout de peu de temps. La disposition des feuilles sur la tige est beaucoup plus régulière qu’on 11e le croirait au premier coup- d’œii; elle tend toujours à placer chaque feuille de manière à ce qu’elle soit le moins possible recouverte parles feuilles supérieures, qu’elle puisse jouir du bénéfice de la lumière, et que les feuilles inférieures puissent recevoir facilement les vapeurs qui s’élèvent de la terre. Les feuilles prennent différens noms, suivant leur succession sur la plante, leur situation, leur disposition , leur attache, leur direction, leur figure, etc. Nous faisons connaître plusieurs de ces noms dans le cours de ce Dictionnaire , et d’autres s’entendent d’eux-mêmes. V., au surplus, l’article Physiologie ■végét., 4 e . section, où se trouvent expliquées les fonctions des feuilles. Feuille d’un bois. Par cette expression, on entend l’àge que le bois a acquis depuis sa plantation ou sa dernière coupe, en sorte que l’on dit indifféremment d’un taillis coupé depuis dix ans, quV/ est âgé de dix ans, ou qu’i/ est à sa dixième feuille. Feuille (prix de la). C’est une manière d’exprimer le revenu annuel d’un bois, suivant l’âge auquel il est coupé. On le trouve en divisant la somme à laquelle s’est montée la vente de chaque hectave, par le nombre des années ou des feuilles qu’il avait acquises au moment de la coupe. C’est ainsi qu’on opère quand il s’agit de faire payer à un adjudicataire le prix d’une feuille de retard dans son exploitation. Supposons, par exemple, qu’une coupe soit vendue à raison de 600 fr. l’hectare, et que l’àge du bois soit de 20 ans , la division donnera 3o fr. pour le prix de la feuille par hectare ; il ne s’agira lus que de multiplier par 3 o le nombre d’hectares ont se composera la coupe, pour avoir le prix de la feuille de tonte cette coupe. Feuille (vente de bois a la). Elle est prohibée par les ordonnances. V. Adjudication à la feuille, t. 1 , p. 1 (4; FEUILLE. Plante feuilléc, planta foliata. Celle qui est naturellement pourvue de feuilles, c’est l’opposé de plante aphylle. FEUILLÉE ou FEUILLAGES. En terme de forêt , ce sont les branches garnies de feuilles vertes, que l’on emploie pour orner quelque lieu ou pour la nourriture des animaux. Il est défendu à toutes personnes de couper et emporter aucuns arbres, branchages ou feuillages des forêts de l’état, des ecclésiastiques, communautés ou particuliers, pour noces, fêtes et confréries, sous peine de l’amende et restitution, dommages et intérêts. {Art. i 3 du tit. XXXII de l’ord. de 1669.) La restitution égale à l’amende doit toujours être prononcée pour ces délits. ( Arr. de la C. de cass., des 11 février 1808 et 9 avril 1809.) FEÜ 1 LLER LE FOURNEAU. C’est recouvrir un fourneau à charbon d’une couche de feuilles vertes qu’on recouvre à son tour de trasil et d’un peu de terre. V . Charbon. FEUILLES MORTES. Ce sont les feuilles dont les arbres se dépouillent. Il est de principe qu’on ne peut rien enlever dans les forêts sans droit et permission. Les feuilles mortes sont comprises dans la défense générale, et leur enlèvement se trouve prohibé d’une manière plus particulière encore par les art. 18 du tit. III, 11 du tit. XXVII, 12 et 1 3 du tit. XXXII de l’ordonnance de 1669, qui font expresses défenses de prendre ni enlever des plants, glands, faines,joncs , herbages et feuillages. Le but de ces inhibitions a été le repeuplement des forêts dont le sol a pour engrais naturel la dépouille des arbres , et le détritus des herbes et des feuilles qui le recouvrent : elles servent d’ailleurs de lit d’incubation aux semences forestières, qui, abandonnées sur une terre nue , seraient exposées à des accidens qui nuiraient à leur germination et au développement des jeunes plants. Ces motifs avaient engagé l’Aministration des forêts à poursuivre les particuliers qui se permettaient d’enlever des feuilles mortes sans autorisation. Quelques tribunaux prononcèrent l’absolution des prévenus, sur le fondement que l’ordonnance de 1669 ne contenait aucune prohibition à cet égard. Ces jugemens furent confirmés sur l’appel, et la cour de cassation en prononça l’annulation. {Arr. des 16 avril, 22 mai, 3 septembre, i er . et 2 octobre 1807. ) Mais l’arrêt de cassation, du 16 avril, ayant été suivi, sur le fond, de la part de la cour criminelle, d’un arrêt conforme à celui qui avait été annulé, la cour de cassation prit le parti d’en référer au conseil d’état, conformément à la faculté que lui en donnait l’art. 3 de la loi du 16 septembre 1807, et sur ce référé, il est intervenu , le 19 juillet 1810, un décret portant que l’art. 12 du tit. XXXII de l’ordonnance de 1669 est applicable au cas d’enlèvement de feuilles mortes. Ce décret est fondé sur les dispositions des articles que nous avons cités plus haut. V. le Décret et les Arrêts au Recueil. En conséquence de ce décret, la cour de cassation FEU a annulé un arrêt de la cour criminelle du Mont- Tonnerre, du 20 décembre 1806, et l’arrêt confirmatif de la cour criminelle de Rhin-et-Moselle , du 18 avril 1809. (Arr. du?t \ janvier 1811.) Un arrêt de la cour de justice criminelle du département du \ar, du 17 mai 181 ! , avait jugé que la peine portée par l’art. 12 du tit. XXXII de l'ordonnance de 1669 , n’était pas encourue par un particulier qui avait été surpris se disposant à charger sur des bêtes de somme un tas de feuilles mortes qu’il avait ramassées dans une forêt de l’état, et qu’il aurait fallu , pour cela , non-seulement qu’il les élit effectivement chargées, mais encore qu’il se fût mis en mouvement pour les emporter. Cet arrêt a été cassé le 28 juin 18i 1 , attendu que les faits énoncés au procès-verbal étaient suffisans pour constituer le délit d’enlèvement de feuilles mortes. Une circulaire de l’Administration des forêts, du 4 juillet 1810, n°. 4>8, recommande au conservateur de ne point tolérer cet enlèvement, et de poursuivre quiçonque s’en permettrait. Le préfet du Haut-Rhin a fait la même recommandation aux maires de son département, par une circulaire du 28 juillet 1810. Le décret du 19 juillet 1810, qui prohibe l’enlèvement des feuilles mortes, s’applique aux bois des communes et desétablissemenspublics; il s’applique aussi aux usagers qui n’auraient pas, d’après leurs titres, le droit de faire cet enlèvement. Dans le cas où les usagers en auraient le droit, ils ne peuvent l’exercer que dans les endroits indiqués par les agens forestiers. ( Circul. de l’Adm. des forêts , du 20 juillet 1811, n°. 445 - ) Le ramas et l’enlèvement non autorisés des feuilles de sapin constituent pareillement un délit. ( Arr . du 28 juin 1811.) Feuilles caractéristiques. Ce sont celles ordinaires de la plante. Feuilles florales. Celles qui naissent ou sont placées à la base des fleurs. Feuilles primordiales. Celles qui naissent immédiatement après les feuilles séminales. Feuilles séminales. Celles qui sortent de la terre au moment de la germination, et qui ne sont que les cotylédons transformés en feuilles. FEUILLES POUR PROCÈS-VERBAUX. Les gardes généraux remettent aux gardes, pour la rédaction de leurs procès-verbaux, des feuilles visées pour timbre, qui portent, pour chaque garde, une série de numéros qui ne peut être intervertie , et dont les gardes rendent compte. ( Instr. du 23 mars 1821 , art. 127. ) FEUILLES DE SERVICE. Une circulaire du 21 août 1821 , transmissive de feuilles de service, charge les conservateurs de les remplir et de les rassembler, défaire disparaître les fractions de traite- mens et les centimes, d’envoyer avec les feuilles de service un état sommaire des traitemens, et de former les états de paiemens dans l’ordre des numéros de chaque triage. V. cette Circulaire au Recueil. FEUILLET. L’écorce des arbres est feuilletée ou composée de feuillets. FEV i4g FEUILLU, foliosus. Très-chargé de feuilles, ou ayant un certain nombre de feuilles très-rapprochées. Dans le langage forestier, on appelle bots feuillus les arbres à feuilles larges, par opposition aux arbres qui ont les feuilles en aiguilles, comme les pins, les sapins, les mélèzes. FEVIER , glcditsia. Genre de plantes de la polygamie dioécie et de la famille des légumineuses, qui forme 4 â 5 arbres ou arbustes susceptibles d’être cultivés en pleine terre dans le climat de Paris, et remarquables par la grosseur et la disposition des épines dont ils sont pourvus. LeFÉviER a trois épines, gleditsia triacanthos, Lin. ( V. la fftr. à VAtlas . pi. XIV')-, est un arbre originaire de 10 à i 3 sâtre et la cime ample, lâche , fort rameuse, et garnie d’un beau feuillage , qui approche de celui des acacies , et qui se renouvelle chaque année. Sa tige est armée de fortes épines ligneuses et rougeâtres, munies, chacune, de deux épines latérales communément opposées, formant une espèce de croix avec celle qui les soutient. Les branches sont aussi armées d’épines semblables, et garnies de feuilles deux fois ailées ; chaque pinnule ou second pétiole est chargé de douze à quinze paires de folioles oblon- gues et d’un vert luisant. Les fleurs sont petites et d’une couleur herbacée. Les gousses qui leur succèdent ont près de 3 décim. (un pied) de longueur, sur 3 à 4 centim. (un pouce et demi) de large; elles sont comprimées, d’un brun rougeâtre, et souvent contournées et difformes. La pulpe qui environne les grains a une saveur douce. Cet arbre croît naturellement dans la Virginie, le Canada, la Louisiane, et dans d’autres parties de l’Amérique septentrionale , où il est connu sous le nom de carouge à miel; il 11e fleurit que lorsqu’il est parvenu à une grosseur considérable. Dans notre climat, ses fleurs paraissent vers le commencement de l’été : on le multiplie de graines, qu’on doit se procurer de l’Amérique; il réussit à toutes les expositions, mais il exige une bonne terre. La beanté de son feuillage, qui se conserve très-avant en automne, lui assigne une place dans les bosquets d’été; de même que la qualité de son bois, la hauteur et la force de sa tige le mettent au rang des arbres forestiers. Ce bois pèse, par pied cube, étant sec, environ 52 livres; il est très-dur, et s’éclate avec beaucoup de facilité; il a une grande ressemblance avec celui du pseudo- et il est aussi pesant. Sa teinte tire sur le rouge. Les fibres transversales y sont très-apparentes, quoique très-fines. On aperçoit dans les zones annuelles les mêmes fibres longitudinales, les mêmes faisceaux en points de Hongrie, qu’on remarque sur le faux acacia. Cette espèce supporte sans peine nos plus grands hivers; mais elle produitrarementdes graines mûres. Les fèves que l’on fait venir ordinairement de l’Amérique pour multiplier cet arbre, sont renfermées dans les gousses dont nous avons parlé ; on les fait tremper pendant trois jours, au printemps, puis on les place dans des rigoles à la distance de 4 pouces, et à demi-pouce de profondeur. O11 les FIB i5o FÉV arrose souvent et doucement, jusqu’à ce qu’elles soient levées, pour leur conserver leur humidité. On accélère beaucoup la levée des jeunes plants, si, aussitôt l'ensemencement, on recouvre le terrain d’un châssis, ou si on sème les graines dans une terrine ou sur couche. Ces plants acquièrent alors bien plus tôt la force nécessaire pour résister aux froids de l’hiver, contre lesquels d’ailleurs on les munit, en les entourant de terre et en les recouvrant de feuillage et de ramilles. Au printemps suivant, on les transplante en pé- i ûnière , en les espaçant à un pied de distance. Dans es premières années, on les abrite pendant l’hiver, en les recouvrant d’une couche très-épaisse de feuilles, qu’on enlève,'au printemps, quand les froids sont passés. On relève alors chaque tige, qu’on attache à un tuteur : de cette manière, on les acclimate petit à petit, et on les met en état de supporter nos hivers, sur-tout si on les place dans des endroits abrités et dans un terrain frais, sablonneux et mêlé de terreau. La transplantation doit toujours avoir lieu au printemps. Les plantations faites en automne sont sujettes à être endommagées par les gelées. Au bout de trois ou quatre ans, on procède à la plantation à demeure. On multiplie encore cet arbre par la greffe, que l’on fait sur des robiniers ou faux acacias, et par bouture 5 mais les plants que l’on élève de cette manière sont toujours délicats et périssent communément dans nos hivers. On connaît trois variétés de févier : l’une , qui a les gousses très-longues et les folioles petites; l’autre, dont les gousses n’ont que 3 à 4 pouces de long, et dont les folioles sont larges; et la troisième, qui n’a pas d’épines. Il parait que cette dernière est due à la culture; car elle se voit dans les semis de l’espèce ordinaire, et ne se trouve point en Amérique, l es autres espèces de févier sont : Le Févier nionospernie , dont les feuilles et les épines diffèrent peu de celles du précédent ; mais dont les gousses sont presque rondes et ne contiennent qu’une seule semence. Il croit en Caroline et en 3 irginie, dans les lieux marécageux, et s’élève à la même hauteur que l’autre; il est très-sujet à la gelée : c’est pourquoi il est peu multiplié en France. Le Févier de la Chine, qui a les feuilles deux fois ailées; les pinuules composées de six à huit paires de folioles ovales-oblongues, deux fois plus longues et trois fois plus larges que celles des précé- dens; les épines plus grosses, plus courtes, moins nombreuses sur les rameaux, et beaucoup plus abondantes et plus longues sur le tronc; les fruits rarement de plus de 6 pouces de long. Cet arbre se cultive dans les jardins des environs de Paris. Il ne le cède pas en grandeur et en beauté au févier à trois épines, il a même sur lui l’avantage d’être moins sensible à la gelée, et de donner plus fréquemment des fruits. On en voit de beaux pieds portant graines au Jardin royal des Plantes et chez M. Cels. Le Févier a grosses épines , gleditsia macrocan- thos (Desf. ) , gleditsia Jerox , a les feuilles deux fois ailées, les pinnulés composées de folioles oblon- gues, coriaces , plus vertes et plus luisantes en dessus; les épines nombreuses, très-grosses, et souvent surcomposées ; le bois couvert de poils extrê- ment courts. On le dit originaire de la Chine, comme le précédent, avec lequel on le confond sous le nom d e févier de la Chine. C’est un arbre très-propre à faire des haies; il ne craint point les gelées, et depuis quelques années on le multiplie de graines provenant d’arbres existant en France. Le Févier de la Caspienne , gleditsia capsica. (Bosc. ) Il est encore très-peu répandu. FI. Nom d’un chêne fort voisin du chêne pédon- ctilé, mais peut-être distinct, qu’on trouve dans la forêt de Chambord. FIBRES LIGNEUSES. Ce sont des filets irréguliers, très-minces, regardés comme formant seuls, ou par leur réunion , des canaux par lesquels circulent les fluides des végétaux. Elles s’élèvent depuis la racine jusqu’à l’extrémité de l’arbre, et se distribuent dans les pédicules des fruits et des feuilles ; mais quoique leur direction soit longitudinale, elles s’écartent souvent pour se rapprocher les unes des autres à certaines distances, et forment une sorte de réseau dont le parenchyme remplit les interstices. Les fibres s’enlèvent plus ou moins facilement à l’aide de la macération dans l’eau, ainsi que cela a lieu pour le chanvre que l’on fait rouir. Elles perdent leur solidité par la putréfaction; il ne subsiste plus d’adhérence entre les parties dont elles sont composées : ces fibres se changent alors en une pulpe friable. U parait que, d’après les nouvelles recherches physiologiques, ou ne considère plus les fibres comme des filets, et qu’on les regarde comme de véritables membranes qui se déchirent longitudinalement (Y. Physiologie xégét. ); mais comme ces fibres se présentent, à l’œil nu , sous la forme de filets, dans le bois, dans l’écorce du chanvre, du lin, etc., nous pouvons leur conserver le nom de filets, qui leur a été donné par Duhamel. Une des perfections des arbres, c’est d’avoir les fibres de leur bois très-droites; mais il y en a dont les fibres sont tellement torses, qu’elles décrivent des hélices autour de la tige, ce qui est un défaut, sur-tout dans le chêne que l’on destine à des oui rages de fente. Cependant cette disposition devient un avantage dans l’orme, qu’on emploie à des ouvrages de charronnage. Les ouvriers qui fendent le hêtre pour en faire des ouviages de ràclerie, ne sont pas fâchés d’y voir des fibres un peu contournées, et à moins que cetle torsion ne soit bien considérable, on ne la craint pas beaucoup, parce qu’au moyen du feu on vient à bout de redresser une pièce de fente qui se trouve un peu voilée en aile de moulin. Cette direction de fibres ne fait aucun tort aux arbres qu’ou emploie en entier. Le bois de bonne qualité doit avoir les fibres fortes et souples, rapprochées les unes des autres lors même qu’il est devenu sec , et les copeaux que l’on coupe à la cognée ne doivent point se rompre quand ou les plie, ou si on les plie au point de les rompre, ils doivent se séparer par grandes filandres : au lieu que les bois que les ouvriers nom- FIG ment bois gras, et qu’on devrait plutôt appeler bois maigres , se rompent net et sans éclats. La direction des fibres dans l’écorce et le bois, est toujours parallèle à l’axe du troilc, et c’est pour cela que l’écorce se déchire plus facilement en longueur, et que le bois se fend et se travaille plus aisément dans le même sens : c’est ce qui constitue le,fil du bois. V. Aubier, Bois, Couche ligneuse, Ecorce, et l’article Physiologie végét. FIBREUX. {Bot.) Fruit fibreux, celui dont la chair ou le péricarpe est rempli ou traversé de illa- mens plus ou moins tenaces, ou difficiles à rompre. Racine fibreuse, celle qui est composée de filets plus ou moins gros, allongés, distincts et simples, ou sans ramification notable. FIEF. On appelait ainsi un héritage tenu du roi ou d’autre seigneur à foi et hommage, et à la charge de quelques autres droits. Celui qui le possédait était appelé vassal, et celui de qui l’héritage relevait était appelé seigneur. Suivant quelques auteurs, le mot fief vient du latin fides, à cause de la foi et fidélité que le vassal était obligé de porter et de garder au seigneur dont il relevait. Suivant d’autres auteurs , il vient de fœdus, traité, alliance. Le seigneur de l’héritage s’en réservait la propriété directe, et n’en translérait au vassal que la propriété utile. Les fiefs possédés par les officiers des eaux et forêts étaient exempts de toutes contributions pour le ban et l’arrière-ban , suivant les arrêts du conseil d’état, des 1 6 juin et 5 septembre 1693, 12 juin et 6 juillet 1694, et autres. Il n’y a plus de fief en France, d’après l’abolition du régime féodal prononcée le 4 août 1789. V., sur les fiefs, leur abolition et les effets de cette abolition, le Répert. de jurispr., au mot Fief. FIEFFER. C’est donner un fief, une terre, un droit, à la charge de foi et hommage et de quelque redevance. FIGUIER , ficus. Genre de plantes de la polygamie dioécie, qui réunit plus de cent espèces, dont une est l’objet d’une culture des plus importantes, et dont le fruit est aussi agréable que sain. Le figuier n’étant pas un arbre forestier, nous renverrons au Dictionnaire d’agriculture, au Dictionnaire de la culture des arbres, faisant partie de l ’Encyclopédie méthodique, et particulièrement au Traité de la culture du figuier, par Bernard , le lecteur qui voudrait prendre connaissance des espèces et variétés nombreuses de cet arbre et de la manière de le cultiver. FIGURE, figura. En physique, c’est la forme extérieure d’une chose matérielle. En géométrie, figure se prend dans deux acceptions différentes : dans la première, il signifie un espace terminé de tous côtés, soit par des surfaces, soit par des lignes; dans la seconde, il signifie une représentation faite sur le papier de l’objet d’un théorème, d’un problème, pour en rendre la démonstration ou la solution plus facile à concevoir. En botanique, il ne faut pas confondre figure avec forme. Le mot figure n’est applicable qu’aux corps plans : ainsi on dit feuille orbiculaire, et non pas d’une forme orbiculaire. Le mot forme, au contraire, FIL 1 51 ne convient qu’aux corps solides : ainsi on dit fruit sphérique , ou d’une forme sphérique. Les figures des plantes sur le papier sont très, propres à rendre l’étiide de la botanique familière, et à la débarrasser, au moyen d’une courte description, de cet appareil scientifique qui la rend impraticable. FILAR 1 A, phyllirea. Genre de plantes de la dian- drie monogynie et de la famille des jasminées, qui renferme trois espèces, originaires des parties méridionales de l’Europe, où on les emploie fréquemment à faire des haies, et qu’on cultive beaucoup dans les jardins des environs de Paris, parce qu’elles forment des buissons d’un aspect agréable, et qu’elles restent vertes pendant l’hiver. Dans ce genxe de plantes, le calice est d’une seule pièce, très-petit, a quatre découpures; la corolle est monopétale, courte, un peu campanulée, et divisée en quatre découpures ovales-poi ntues ; les deux étamines ont des filamens très-courts; le style est surmonté d’un stigmate épais et entier; le fruit est une baie globuleuse à deux loges, dont l’une est sujette à avorter ; les loges ne renferment qu’une seule semence, dure et arrondie. LeFiLAntA a feuilles lahges, phyllirea latjolia (Lin.), est d’une moyenne grandeur. 11 aies feuilles ovales-oblongues, presque en cœur, et dentées en scie. Ses variétés sont : d dents obtuses, à dents épineuses et à feuilles obliques. Le Filaria a feuilles étroites, phyllirea an- gustifolia (Lin.), s’élève moins que l’espèce précédente; il a les feuilles linéaires, lancéolées. Il en existe trois variétés ; savoir, à feuilles lancéolées et rameaux droits, à feuilles de romarin, et une branchue. Le Filaria a feuilles de moyenne grandeur, phyllirea media (Lin.), est un arbrisseau de 12 à i 5 pieds de haut, dont l’écorce est grise, les rameaux droits; les feuilles opposées, lancéolées, d’un vert très-foncé et brillant; les Heurs blanchâtres, très-petites, disposées en petits paquets dans les aisselles des feuilles; les fruits noirs dans leur maturité, et d’un peu plus d’une ligne de diamètre. Il présente plusieurs variétés, dont les plus remarquables sont : celles d feuilles de troène, d rameaux effilés, d rameaux pendons, d feuilles d y olivier, d feuilles de buis, à feuilles panachées , à feuilles bordées de blanc ou de jaune. Ces trois espèces et leurs variétés croissent naturellement dans les départemens méridionaux de la France, en Italie, en Espagne : elles s’élèvent très- bien de semences et par marcottes, et l’on en forme des haies et des buissons agréables. Comme ces arbrisseaux ne deviennent jamais fort gros, on n’en peut faire du bois de service. FILET, du latin filetum, diminutif de filum, petit fil, fil délié. En terme de pêche et chasse, filet se dit d’un rets pour prendre du poisson ou des oiseaux et autre gibier. \. Filet, dans les Dictionn. des Chasses et Pêches. Filet, en botanique, est le nom que l’on donne au support des étamines. V. Botanique. r5a FLA FILIFORME. (Bot.) Délié, cylindrique et flexible comme un filet. FILITENDULE. (Bot.) Qui pend comme par un fil. FILS. Le fils ne peut être employé dans le même arrondissement que son père. (Ord. de 1669, tit. II, art 5 .) Y. Parenté. FINAGE. ( T. de prat.) Étendue d’une juridiction ou d’une paroisse jusqu’aux confins d’une autre. On dit : cette terre, ce bois est situé dans telfinage. FINANCE. On appelait finance ce que l’on payait au roi, lors de la vénalité des charges, pour un office. FINANCES. Ce sont les deniers publics de l’état, et tout ce qui compose le trésor royal. FINS DE NON-RECEVOIR. Ce sont tous moyens proposés contre une demande pour l’anéantir, tels que la prescription, la quittance de la somme demandée, et autres. FISC. Ce mot vient du latin fiscus, panier d’osier, formé du grec phiscos, qui signifie la même chose. C’était un panier dans lequel les anciens mettaient leur argent. On distinguait, chez les Romains, le trésor du prince du trésor de l’état, ærarium. Le fisc appartenait au prince, et le trésor, ærarium., au peuple. Du mot fisc on a fait confiscation. Y. ce mot. Chez nous, le fisc était le trésor du prince, le trésor de l’église; c’était aussi ce qui appartenait à un seigneur dans l’étendue de sa seigneurie. Aujourd’hui le fisc est le trésor public, parce que, de même que chez les Romains, nous distinguons le trésor du prince du trésor public, et que les revenus qui composent le fisc se versent dans le trésor public. Le fisc jouissait de plusieurs privilèges : ses droits étaient imprescriptibles ; il pouvait revenir contre toute sentence et arrêt lorsque son droit se trouvait fondé sur des pièces qui n’avaient pas été produites ; les causes qui l’intéressaient n’étaient pas sujettes à la péremption. Ces divers privilèges sont abolis. Cependant il est toujours réputé solvable et n’est jamais obligé de donner caution. Y., au surplus, les art. 112.1 et 2104 du Code civil. FIXATION DES LIMITES DES FORÊTS. Y. pour la manière d’y procéder, l'Instruction du 7 juillet 1824. FLACIIER. Se dit de l’entaille qu’on fait aux arbres pour y imprimer la marque du marteau. FLAGRANT DÉLIT. C’est le moment même où le coupable vient de commettre le crime ou le délit dont on se plaint. Le mot flagrant vient du latin fia- grans , brûlant ; jlagrante delicto, délit encore chaud, si l’on peut parler ainsi.. Les officiers des eaux et forêts ne pouvaient connaître à l’ordinaire des crimes qui avaient rapport à la matière des eaux et forêts , comme vols, meurtres, rapts, brigandages, etc., quoiqu’ils eussent été commis dans les bois et sur les eaux; mais s’ils prenaient les coupables en flagrant délit, ils pouvaient informer et décréter, après quoi ils étaient tenus de renvoyer incessamment le prisonnier avec les charges aux juges à qui la connaissance en appartenait. ( Art. 8 du tit. 1 de l’ordonnance de 1665.) FLE L’art. 6 de la loi du 11 décembre 1789, sur la répression des dégâts qui se commettaient dans les bois et forêts , a autorisé l’arrestation de ceux qui, le jour ou la nuit, seraient trouvés en flagrant délit. Les gendarmes doivent, ainsi que les gardes forestiers, arrêter et conduire devant le juge de paix ou devant le maire tout individu qu’ils auraient saisi en flagrant délit, qui serait dénoncé par la clameur publique, lorsque le délit emporte la peine d'emprisonnement ou une peine plus grave. ( Loi du 3 brumaire an 4 t art. 41 • — Loi du 28 germinal an 6, art. 125 . — Loi du 7 pluviôse an 9, art. 4 - — Code d’instr. crim., art. 16.) Les conservateurs peuvent dresser procès-verbaux et instruire contre toutes personnes qu’ils surprennent en flagrant délit. ( Loi du 22 mars 1806.) FLAMBARD. Charbon à demi consumé, qui jette encore de la fumée et de la flamme. FLAMME. Combustion avec dégagement de lumière et de calorique des parties volatiles qui s’échappent des corps embrasés. La fumée est formée de ces mêmes parties volatiles non enflammées. Plus la combustion est rapide et le fluide volatil abondant , plus il y a de flamme. L’excès de l’humidité l’empêche de se produire. Chaque espèce de bois, au même degré de dessiccation , donne une quantité différente de flamme. V., sur cet objet, au mot Bois les expériences de M. Hartig sur la combustion des bois. FLASCHEUX (BOIS). On appelle ainsi un bois maléquarri, qui a des défournis aux arêtes, ou qui n’est pas à vive arête. FLASQUES \. Charronnage. FLATTRAGE. C’est l’action d’enlever avec la hachette du marteau ou avec une serpe une portion d’écorce et de bois sur le corps des arbres , pour les désigner comme devant être abattus, ou pour appliquer l’empreinte du marteau sur la place ainsi dégarnie d’écorce. Le flattrage est la même chose que 1 e plaquis ou miroir. FLECHA. On nomme Jlèche la tige, le tronc d’un arbre. Ce mot se dit sur-tout de la partie qui termine la tige des pins et sapins. Il est très-important de ménager la flèche de ces arbres , parce qu’elle se reproduit rarement , et que sa suppression nuit considérablement à l’accroissement en hauteur. FLECARD. Tiare commune, grand chemin. FLEUR, fios. ( Bot.) La fleur est ce produit temporaire d’une plante , par le parfait développement duquel celle-ci indique et le lieu que ses organes sexuels occupent (ou devraient occuper), et le temps de la fécondation , après lequel ce produit tombe ou persiste en s’altérant ou en changeant de nature. Quatre parties principales peuvent entrer dans la composition d’une fleur; savoir, le calice, la corolle, P étamine, le pistil. V. ces mots. Leur disposition relative est ordinairement celle- ci : le centre de la fleur est occupé par le pistil simple ou multiple ; une ou plusieurs étamines avoisinent ou environnent celui-ci ; immédiatement en dehors des étamines est la corolle, qui le porte lorsqu’elle est monopétale, et le calice environne ou limite toutes les autres parties. Lorsque l 'ovaire du FLO pistil fait corps avec le calice , son style devient le centre de cette disposition relative. Les divisions ou pétales de la corolle alternent avec les divisions ou folioles du calice lorsque l’une et l’autre en ont un égal nombre, les exceptions à cette règle et à la suivante sont extrêmement rares. L’égalité numérique des étamines et des divisions du calice établit leur opposition réciproque; mais si le nombre des premières est double du nombre de celles-ci, alors la moitié des étamines répond aux divisions du calice , et l’autre moitié à celles de la cûrolle. La réunion des quatre parties susdites constitue une fleur complète ; mais cette réunion n’est pas tellement essentielle à la structure d’une fleur , que celle-ci ne puisse exister sans elle. Une fleur peut n’avoir que trois, deux et même une seule de ces quatre parties, pourvu qu’il y ait un organe sexuel. La fleurj considérée quant à ses enveloppes, est dite pétalée , pourvue d’une corolle ; apétalée , privée de corolle ou pétale ; calicée, pourvue de calice; incalicée, dépourvue de calice; bractée, pourvue d’une ou plusieurs bractées, qui accompagnent les parties de la fleur. La fleur, considérée quant au sexe, est appelée uniscxuelle, si elle ne porte que les organes de l’un ou l’autre sexe; hermaphrodite, quand elle réunit les deux sexes ; mâle, quand elle n’a que l’organe mâle ; femelle , quand le pistil seul existe ; neutre , quand les organes sexuels ont disparu par suite-d’avortement ou de monstruosité. Considérée par rapport au nombre des étamines , une fleur est dite monandre , diandre, triandre , té- trandre, etc., suivant qu’elle a une , deux, trois, quatre, ou un plus grand nombre d’étamines. V, Botanique et Physiologie végétale. FLEURA 1 SON ou FLORAISON, efflorescentia. (T. de bot.) Temps auquel une plante commence à épanouir ses fleurs. On entend aussi par ce mot l’espace de temps pendant lequel une plante reste en fleur. La feuillaison précède ordinairement la floraison; cependant il y a des plantes où les fleurs paraissent avant les feuilles, telles que le noisetier, dont les chatons paraissent dans l’hiver, Varbre de Judée, l'amandier, etc. La lloraison , de même que la feuillaison, est un moyen de comparer entre eux les divers climats où se trouvent des plantes semblables. V. Physiologie végét., 6 e . section. FLEUYES. V. Rivières. FLORAISON. V. Fleuraison. FLORAL ,floralis. ( T. de bot.) Qui appartient à la fleur. FLOT. Fn terme de flottage, il signifie l’assemblage de bois qui flotte sur une rivière. On dit ordinairement train. FLOTTABLE. Se dit des rivières et des ruisseaux sur lesquels le buis peut flotter , soit à flot perdu , soit en train. V. Cours d’eau, Rivières et Flottage. FLOTTAGE. Mot qui vient de fluitare , flotter; c est le transport du bois par eau, lorsqu’on le fait flotter. Nous parlerons d’abord du flottage en lui-même, Tome II. FLO i5". puis des anciens et des nouveaux réglemens sur cet objet. Première Section. — Du flottage . Le flottage est un moyen de transporter à peu de frais le bois à de grandes distances, d’en procurer à des pays-où il est rare, et de donner du prix à cette production dans les endroits où elle aurait peu de valeur. Quant aux désavantages qu’on lui reproche, ils consistent à faire perdre au bois de chauffage une assez forte partie de sa propriété combustible, et à ce qu’il se perd une assez grande quantité de la masse de bois que l’on confie à l’eau, par l’enlèvement de l’écorce et la disparition des bûches qui tombent au fond de l’eau. Cette perte est évaluée ordinairement à cinq pour cent ; cependant quand la distance à parcourir n’est pas très-grande, que le cours d’eau n’est pas embarrassé par des rochers et qu’en général les eaux sont bonnes , la perte se réduit à trois pour cent, parce que moins le bois séjourne dans l’eau, moins il devient fondrier. Y. Bois de chauffage. Il y a deux manières de faire flotter le bois, à bois perdu et en train. On les connaît en France depuis i 44 ç , qu’un marchandée bois, bourgeois de Paris, nommé Rou- vet, imagina de faire venir par la Seine des bois flottés à Paris , du Morvant, petite province située entre la Bourgogne et le Nivernais. 11 retenait par écluses, dans les saisons convenables , l’eau des petites rivières qui sont au-dessus de Gravant, et y faisait jeter les bûches à bois perdu ; elles se rendaient dans la rivière d’Yonne, où on les assemblait par train pour les conduire à Paris, dont les habitans , pour marquer leur reconnaissance, lors de l’arrivée des premiers trains, firent des feux de joie. Cette entreprise hardie ayantbien réussi, d’autres marchands l’imitèrent, et entre autres un nommé Arnoul, autre bourgeois de Paris, qui s’empara, dix-sept ans après, de l’invention de Rouvet. Le prévût des marchands , qui, après un long hiver, avait été témoin des alarmes sur le défaut d’approvisionnement en combustibles, fit accorder au sieur Arnoul des fonds et des attributions pour l’exécution de son projet. On rendit flottables les ruisseaux de l’isle, de Loupy , et autres petites rivières, qui procurèrent l’avantage d’approvisionner Paris des bois de Lorraine, du Bar- rois, de la Champagne , etc. En i 4 ço , on fit flotter les bois de la forêt de Lyons sur la rivière tl’An- delle, qui se jette dans la Seine un peu au-dessus du prieuré des Deux-Amans. Par ce moyen, on a la facilité d’exploiter avantageusement les bois qui se trouvent à portée des rivières flottables, comme ceux des environs des rivières navigables, et d’en conduire à Paris de très-loin et avec peu de frais. Depuis cette précieuse découverte, l’art du flottage a fait de grands progrès. On connaît ces énormes trains de bois qui flottent sur le Rhin et qui sont conduits en Hollande à l’aide de ce fleuve, ils ont de 700 à 1000 pieds et plus de longueur, sur une largeur et une hauteur proportionnées. Un rand train comprend environ 5 oo,ooo pieds cubes, e bois de construction. V., dans les Annales foiys- 20 FLO i54 tières , année 1809 , la description que nous avons donnée de ces flottes. La théorie du flottage est fondée sur des principes simples On sait que toute espèce de bois, sur-tout quand il est sec , étant spécifiquement plus Léger que l’eau, surnage lorsqu’on le jette dans une masse d’eau assez considérable pour le soutenir ; mais l’application de ce principe au flottage exige des connaissances et des opérations assez étendues : elles consistent à connaître les cours d’eau qui y sont propres 5 à les disposer pour rendre facile la marche des trains de bois ; à savoir préparer ces trains ; à les conduire et à les débàcler. Le flottage a lieu pour le bois de chauffage ou le bois court, et pour le bois de construction ou le bois long. Le flottage du bois de chauffage se fait, comme nous l’avons dit, soit à bois perdu, soit en train. Les ruisseaux, qui, au printemps, conservent constamment une quantité d’eau suffisante, et les petites rivières où l’on peut établir des écluses , sont propres au flottage de ce bois. Les très-grandes rivières, et sur-tout celles qui sont rapides, y sont moins propres, parce que la conduite du bois s’y fait avec moins de tranquillité, et que les trains sont sujets à se déranger. Mais les grandes rivières sont particulièrement employées au flottage des bois de grande dimension. On peut aussi y employer les rivières d’une moyenne étendue, pourvu qu’elles conservent assez d’eau pen- dantla durée du flottage, qu’elles ne présentent point de courbes trop brusques, et que le cours n’en soit point embarrassé par des rochers ou des pierres en trop grand nombre. On fait flotter sur les petites rivières des pièces de construction, seule à seule, en les plaçant dans les endroits où l’eau n’a pas une chute trop torte, ou bien on forme des écluses pour en élever l’eau, et on y rassemble le bois.Quand les rivières et les ruisseaux présentent une largeur suffisante pour que plusieurs pièces de bois placées les unes à côté des autres et liées ensemble puissent passer, 011 en forme des trains dont la largeur et l’épaisseur sont proportionnées à la largeur et à la profondeur de ces rivières. Relativement aux travaux qu’exigent les rivières et les ruisseaux pour le flottage , ils ont pour objet de faire disparaître tous les obstacles qui peuvent contrarier ou embarrasser le flottage ; de prévenir les accidens qui peuvent arriver aux moulins, usines ,.écluses, pertuis , etc.; d’assurer le succès du flottage de manière que le bois arrive à sa destination sans perte, et que le débàclage en soit facile. Les obstacles que peut éprouver le flottage sont principalement ceux-ci : 1 ». La trop faible quantité d'eau : cet obstacle est grand, sur-tout s’il a lieu à la fonte des neiges, époque à laquelle on fait flotter sur les petits ruisseaux. Dans ce cas, on établit des réservoirs et des écluses pour y rassembler la quantité d’eau suffisante et en renforcer le ruisseau à l’époque du flottage. Ces réservoirs, que l’on forme ordinairement, en interceptant l’eau par une digue dans une vallée étroite , doivent avoir une certaine étendue et une direction te^e que l’eau qu’ils renferment puisse, lorsqu’on FLO lui donne cours, s’échapper avec une grande rapidité et mettre à flot le bois qu’on a jeté dans le ruisseau ou le canal de flottage. 11 est souvent nécessaire d’établir plusieurs de ces réservoirs, afin de donner au ruisseau assez de force pour opérer le flottage sans autre secoure, c’est-à-dire pour que ce ruisseau ait au moins un pied et demi à 2 pieds d’eau, quantité nécessaire au flottage du bois de chauffage. 2°. Les courbures ou anses des ruisseaux : lorsque ces courbures sont très-prononcées, elles forment un grand'enibarras pour le flottage. Il faut rectifier le lit du ruisseau , et lui donner une direction aussi droite que-possible. 3 °. La trop grande quantité de pierres ou de rochers. 11 faut les, extraire, ou les aplanir , ou les faire sauter au moyen de la mine. 4 °. Le peu d’.épaisseur du cours d’eau. S’il est occasionné par la trop grande largeur du lit du ruisseau, on resser.rece lit, soit en le creusant dans une partie de sa largeur, soit par des fascines qui en rapprochent les bords. 5 °. Le défaut de pente. On y remédie en creusant le lit du ruisseau dans les endroits où il est trop élevé , ou en l’élargissant dans les parties trop resserrées , ou en l’allongeant. 6°. La multiplicité dos usines. Elles offrent souvent de grandes difficultés pour le flottage. Le bois de chauffage peut, il est vrai, les franchir pour la plupart du temps 5 mais lorsque cela ne peut avoir lieu , ou qu’il s’agit de flotter de grands bois , on est obligé de construire des passages avec écluses , ou d’établir au-dessus des usines, des canaux latéraux , pour conduire le bois jusqu’au-dessous de ces usines. En ce qui concerne les précautions à prendre pour ne pas causer de dommages aux moulins, usines, écluses, pertuis, etc., elles consistent à ce que, pendant le flottage, tous les fossés ou canaux destinés au service de ces usines, dans lesquels le bois ne doit pas entrer, soient fermés ou défendus par des estacades qui arrêtent le bois; à interrompre le flottage à bois perdu dans les hautes eaux, et en général à ne pas mettre à flot trop de bois à-la 4 ois, parce qu’il se jette contre les bords du ruisseau et le dégrade. Comme les bois de chauffage n’ont pas ordinai- rementplus de 6 à 7 pieds de longueur, presque tous les ruisseaux de flottage sont disposés pour le transport de ces bois ; cependant il y a des ruisseaux qui sont tellement resserrés par des rochers, qu’on ne peut y mettre que des bois de 3 pieds de long. Observons enfin que le bois de chauffage destiné à être flotté doitétre fendu, parce que le bois rond ne flotte pas aussi bien que le bois fendu, qu’il s’enfonce plus facilement, et que lorsqu’il est retiré de l’eau, il se sèche moins vite et se gâte plutôt que l’autre. Quant au bois de construction, s’il doit être flotté par pièce isolée , il est indifférent qu’il soit rond ou dégrossi; mais si on en fait des trains, il convient que les pièces soient dégrossies au moins de deux côtés, pour qu’elles puissent être appliquées l’une contre l’autre et liées solidement ensemble La largeur des trains est naturellement subordonnée à celle des rivières et des détroits par lesquels ils FLO FLO doivent passer, de même que leur longueur doit être déterminée d’après les courbures que présente le cours d’eau, parce qu’il serait impossible de faire marcher un train d’une longueur considérable dans une rivière où les courbures seraient très-prononcées et en grand nombre : aussi dans plusieurs pays les réglemens déterminent-ils la longueur que doivent avoir les trains sur chaque rivière , et les sortes de bois qu’on peut y faire flotter. Sur les petites rivières, les trains de bois de construction ont souvent icoo pieds de long et rarement plus de 10 à 12 pieds de large ; mais sur les grandes rivières ils sont beaucoup plus larges et d’une épaisseur bien plus considérable. Les plus grandes flottes sont celles du Rhin, dont nous avons parlé, et qui se forment aux environs d’Andemach ; elles sont composées de longues et fortes pièces d’arbres résineux, que l’on achète partie dans les forêts de Wurtemberg et de Baden , et partie dans celles de Wurzbourg et de Bamberg, sous le nom de bois de Hollande. La partie supérieure de ces flottes est ordinairement composée de fortes pièces de chêne et de hêtre, dont la plupart proviennent des mêmes forêts et du Spessart, et une autre partie des forêts des environs du Rhin, de l’Alsace, des Vosges et de la Lorraine. Duhamel, dans son Traité du transport des bois , décrit le flottage soit du bois de chauffage, soit du bois de construction, et il accompagne sa description de figures qui font connaître la manière de former les trains. Nous nous bornerons à présenter ici un extrait de ce qu’il dit à cet égard, en renvoyant à l’ouvrage même ceux qui voudront prendre une connaissance plus complète de l’opérationdu flottage. Les marchands doivent faire façonner leurs bois en saison convenable, les laisser sécher sur la feuille, les faire voiturer en temps sec près des ruisseaux flottables, et examiner s’ils sont secs et s’ils peuvent flotter sur l’eau avant de les y jeter bûche à bûche; car les bois qui tombent au fond de l’eau, et qu’on nomme jbndriers ou canards , doivent être réservés pour un autre flot, et même pour celui de l’année suivante. Après que les marchands se sont mis en règle vis- à-vis des propriétaires riverains , ils font jeter leurs bois dans l’eau, bûche à bûche ; pendant que le courant les entraîne vers le bas, des ouvriers accompagnent le flot pour pousser en aval les bois qui pourraient s’arrêter dans des anses ou dans les endroits où le lit de la rivière se trouverait embarrassé, et j our la commodité de ce travail les propriétaires sont astreints à laisser aux bords des rivières un sentier de 4 pieds de largeur. On fait pendant ce travail, à l’embouchure de la petite rivière, dans la rivière navigable, une estacade ou traverse avec des pieux ou des perches, afin d’empêcher que le bois ne passe dans la grande rivière. Quand il est arrivé à cet endroit, près de la grande rivière, on le retire de l’eau, et on. l’empile sur le port, en ayant l’attention de séparer les bois qui appartiennent à différens marchands, ce que l’on reconnaît par les marques. Si ces bois n’ont fait qu’un petit trajet à bois pendu et que , pour les rendre à leur destination , on. soit i5j obligé de leur faire remonter les grandes rivières, les marchands les chargent dans des bateaux, et ces bois, qui ont conservé toute leur écorce, sont vendus comme demi-flottés ou comme bois de gravier, qui diffèrent peu des bois neufs ; mais le plus ordinairement on forme des trains avec les bois qui ontété flottés à bois perdu, pour les conduire, suivant le cours des grandes rivières , aux villes où ils doivent être consommés. Trains de bois à brûler. Sur nos rivières, on nomme train une espèce de radeau ou assemblage formé d’une certaine quantité de pièces ou morceaux de bois, réunis au moyen de plusieurs longues perches liées ou attachées les unes aux autres par des harts ou rouettes. Quoiqu’il ne soit pas impossible défaire remonter les riviures à ces trains, néanmoins ils suivent toujours le cours de l’eau ; et c’est par cette raison que le bois flotté ui arrive à Paris vient ordinairement d’Auvergne, u Bourbonnais , du Nivernais , de la Bourgogne , du Morvant, de la forêt de Compiègne, de la Lorraine, de Montargis , et d’autres lieux situés en remontant les rivières au-dessus de Paris. On fait des trains de bois à brûler, de bois de charpente et de bois de sciage. Ceux de bois à brûler sont ordinairement composés de dix-liuit coupons, et chaque coupon est de 12 pieds de long; la longueur de ces trains est de 36 toises ou 216 pieds. On proportionne leur largeur à celle des rivières et des canaux par où ils doivent passer; et, par cette raison , on en. voit qui n’ont de largeur que trois longueurs de bûches, qui font 10 pieds et demi : 011 les nomme trains à trois branches ; d’autres ont quatre branches , et par conséquent i4 pieds de largeur. Ces grands trains fournissent ordinairement 25 cordes de bois ou 5 o voies. Lorsque les trains doivent flotter sur des rivières qui ont beaucoup de fond, ceux à trois branches contiennent autant de bois que ceux à quatre, parce que l’on peut mettre le boisa une plus grande éj>ais- seur, qui, pour les bois de chauffage, varie depuis 18 jusqu’à 20 et 22 pouces. Les coupons de trois ou de quatre branches se font à terre, et on Jes assemble ensuite lorsqu’ils sont à flot. Pour faire les branches, on forme une cou- loire ou plan incliné , composé de perches à la distance de 6, 7 et 8 pouces les unes des autres; on lui donne i 5 pieds de longueur et autant de largeur, afin de pouvoir construire dessus quatre branches de 3 pieds et demi de largeur, et en total i4q>ieds sur 12 de longueur. Cette couloire est arrêtée par de grosses bûches, qu’on met au bout du côté opposé à la rivière, un peu enfoncées dans le terrain , et qui diminuent de grosseur à mesure qu’on avance du côté de la rivière : c’est sur cette couloire que l’on fait les branches, et sur ces perches que le coupon qu’on va frire doit glisser pour être mis à flot. Les branches s’attachent les unes aux autres avec des traverses ou traversins , qui sont des perches de i 4 ài 5 pieds de longueur; on les lie avec des rouettes dans tous les endroits où les traversins croisent et rencontrent les chantiers, et cela forme un coupon. Les dix-huit coupons, qui forment un train, sont tous faits * 20 i56 FLO les uns comme les autres, excepté qu’on ajoute des bourraches o 11 nages aux deux bords du premier coupon de l’avant, q u’on nom me le côupon detete; d’autres au dernier coupon de derrière, qu’on appelle le coupon de queue ; et enfin d’autres au coupon du milieu. La nage est liée aux'chantiers dfe dessus et de dessous et aux perches verticales, qui sont elles-mêmes liées aux deux chantiers et qu’ôn nomme fausses nages y qui servent à affermir la nage ou la bourrache. Ces nages servent à percher, c’est-à-dire à donner un point d’appui à une perche dont le bout inférieur porte au fond de la rivièfe , et le supérieur contre la nage , et qui sert à pousser le train d’un côté ou d’un autre , au moyen d’une secousse que le marinier donne : c’est la laçon la plus ordinaire de gouverner les trains. A mesure que les coupons sont faits sur la cou- loire , on les pousse à l’eau avec des leviers. Si les bois sont lourds, à cause de leur bonne qualité , ou parce qu’ils sont encore chargés d’eau ou de sève, on soutient le train à Ilôt par des demi-muids bien étanches et vides, que l’on place dans l’épaisseur du bois et dans les branches du milieu, en les construisant bien serrés entre les chantiers de dessus et de dessous , afin qu’ils ne se dérangent point. Quand on a iancp à l’eau deux coupons , on les lie ensemble pendant quç'd’autres ouvriers en forment d’autres. Pour un train dè bois flotté de quatorze coupbns à quatre branches , chaque branche composée de soixante bûches, il faut trois cent cinquante perches de ,i $ a 20 pieds de longueur, et trois milliers de liens j.harts ou rouettes de 10 à 12 pieds: ainsi pour 20,000 voies dé bois flotté, on a besoin de sept mille perches'et de soixante mille rouettes , qu’on coupe en sève , afin qu’elles soient plus pliantes, ce qui fait dans les taillis une dégradation considérable , à la- quelleon pourrait remédïerenplantantdans les lieux voisins des ports, où l’on construit ordinairement les trains, des taillis de bois blanc, qui viennent vite , et qui, étant employés à faire ces perches et ces rouettes, ménageraient les taillis de chêne, de charme, etc. V. Rouettes. Le train entièrement fait, 011 le pousse au courant de l’eau , dont il suit le fil : la seule façon de le conduire est , quand il ne se trouve pas une trop grande profondeur d’eau, de le diriger avec la perche , qu’on fait porter d’un bout au fond de la rivière, et de l’autre contre la bourrache , pour donner au train une secousse qui la pousse du côté où l’on veut qu’il prenne sa direction ; et quand les eaux sont basses, comme il faut choisir l’endroit le plus profond du lit de la rivière, ce travail est quelquefois assçf pénible. Lorsque l’eau est trop profonde pour se servir des perchpSj, ,on emploie de longues rames, avec lesquelles on le dirige exactement dans le fil du courant. Quand les éàux sont bonnes, deux hommes suffisent ppur conduire un train de 25 cordes de bois sur les rivières qui affluent à la Seine ; mais comme çette rivière est plus grande , et que la navigation y est plus dangereuse , sur-tout quand les eaux sont fortes, on emploie assez souvent quatre hommes pqur conduire un train. Il y 3 un accident qui est sur-tout à craindre , FLO c’est quand le train se trouve oblique au courant et que l’avant va moins vite que l’arrière, soit qu’il se trouvé dans un courant moins rapide ou qu’il frotte sur un fond de vase; car alors l’arrière , que le courant prend én travers, allant plus vite que l’avant, le train se replie, et il se romprait si l’on ne se hâtait de couper les croupières à l’endroit où le train est plié : alors il se sépare en deux , et l’on tâche de faire aborder ces deux petits trains au plus prochain rivage , pour les joindre et continuer la route. Quoique l’on ne flotte point ordinairement pendant l’hiver, cependant il arrive quelquefois que les trains sont pris par les glaces ; et si la rivière reste long-temps gelée, on doit défaire les trains pour empiler le bois au bord de l’eau jusqu’à ce que le dégel soit venu, parce que dans le temps de la débâcle les trains pourraient être brisés , et que d’un autre côté les bois se'trouveraient tellement imbibés d’eau, qu’ils deviendraient candrds. Les grandes eanx et les crues sont très-contraires au flottage dès trains; on ne peut alors les conduire avec la perche , ni souvent même avec la rame. Le temps le plus propre pour ce llottage est quand il y a dans la rivière 18 pouces , 2 pieds ou 2 pieds et demi d’eau. Les trains arrivés à leur destination, on les amarre au bôrd de l’eau avec un cordage, qu’on attache sui- le train à deux traversins, et quand les eaux sont fortes on met quelquefois deux amarres. Les marchands ne peuvent avoir que deux trains vis-à-vis leur chantier; les autres trains doivent rester au- dessus de Paris jusqu’à ce que ceux qui sont à port, soient débardés ou déflottés, et que le bois soit placé dans le chantier. Pour défaire les trains, on fait précisément le contraire de ce qu’on a fait pour les former. On coupe les croupières ét les rouettes pour séparer les branches des coupons, c’est ce qu’on appelle débâcler. On coupe les rouettes avec le tranchantd’une hache, dont on enfonce la pointe dans les bûches pour les tirer à terre , c’est ce qu’on appelle débarder. On charge le bois sur des crochets pour le porter au chantier, Où on le trique , pour séparer le bois blanc d’avec le bois dur , dont on forme des piles différentes; on élève les piles de fond, qui n’ont d’épaisseur que la longueur d’une bûche ; quand elles ont 8 à 10 pieds, on joint ensemble toutes les piles de fond , et l’on forme ce qu’on appelle un théâtre. Les marchands font commencer à-la-fois plusieurs piles de la même espèce de bois, afin de lui donner le temps de se sécher et de prévenir la pourriture et les champignons , dont les bouts se couvriraient. Ils sont obligés de laisser des routes entre les piles , pour pouvoir les visiter et en connaître la qualité. Pour empêcher les piles de s’écrouler ; sur-tout lorsqu’elles sont élevées à la hauteur de 5o à 60 pieds , on croise les bûches des deux extrémités, de manière qu’au premier lit les bûches sont posées de long; au suivant, elles sont mises en travers et croisent les premières, et ainsi successivement jusqu’au dernier rang:ces piles carrées se nomment grillons ou roseaux , et servent d’arcs-boutans au reste des bûches, qui sont mises en travers, le gros bout tantôt d’un côté, tantôt de l’autre , avec FLO FLO quelques bûches en travers, d'espace en espace, pour regagner l’aplomb. Dans le bois ilotté , on en distingue quatre sortes différentes : i n . le bois blanc, que l’on met à part, qui est le plus mauvais, et dont la voie se vend au- dessous du taux ordinaire aux potiers de terre, cui- seurs de plâtre et autres ; 2°. le bois flotté ordinaire, qui contient au moins deux tiers de chêne, de charme ou de hêtre, qu’on vend à la voie, et dont le débit est considérable pour les cuisines : on en fait aussi des falourdes, liées de deux osiers, qui doivent avoir 26 pouces de circonférence ; 3 °. le bois de gravier ou derni-Jlotté , celui que l^Jfrnarchands achètent aux ports des rivières navigables, et dont ils font faire des trains qui arrivent assez promptement à Paris : ces bois, qui ont peu séjourné dans l’eau, ont conservé leur écorce, et sont aussi bons à l’usage et aussi durs que les bois neufs ; 4°- I e bois de traverse , qui est tout pur hêtre ou charme, dépourvu d’écorce , qui brûle bien, qui fait une belle flamme et peu de fumée , et qui se vend à la voie comme le bois de gravier. Flottage du bois de charpente. Si l’on ne peut gagner qu’une petite rivière qui n’est point navigable, 011 fait flotter les bois par petits radeaux , qu’on proportionne à la force de la rivière pour les conduire jusqu’aux ports des grandes rivières , où l’on forme des trains j mais cette navigation de petits radeaux par les ruisseaux est ordinairement longue et pénible, et les bois à leur arrivée aux ports des grandes rivières se trouvent assez pénétrés d’eau pour être devenus canards. Il faut, dans ce cas , avant d’en former des trains , les tirera terre et les y laisser dessécher , ce qui altère considérablement le bois, parce que d’un côté, l’eau emporte toujours avec elle les parties les moins lixes du bois, et que de l’autre l’augmentation et la diminution du volume des pièces par l’eau qui s’y introduit, et quiensuite sort dubois, produisent un mouvement qui en fatigue beaucoup les parties solides; et après ce premier flottage , il se forme dans les pièces des fentes qui, au second flottage, se remplissent d’eau et de vase, ce qui les endommage encore beaucoup. Les flotteurs ont différentes méthodes pour construire les trains : celle de percer les pièces obliquement vers les angles de chaque bout, pour y passer les riolles ou rouettes, ne vaut rien, parce que les rouettes se pourrissent dans les trous, communiquent leur pourriture aux parties voisines, et mettent dans l’obligation de couper chaque bout des pièces à 18 pouces de longueur pour trouver le bois sain. Il vaut mieux, pour ménager le bois des pièces, se servir de crampes de fer pour former les trains. Les pièces destinées à être rendues dans un port de mer s’embarquent dans des flûtes ou des gabares, par le moyeu d’un sabord qu’on a pratiqué à la poupe et qui répond dans la cale, où l’on ne doit point les renfermer quand elles sont très-remplies de sève ou très-pénétrées d’eau. Pour traîner les bois de charpente sur des rouleaux jusqu’aux ports, on attache à un des bouts ou aux deux bouts de chaque pièce, un anneau, qui passe dans un crampon , saisi par un coin qu’on enfonce l5 7 dans la nièce à coups de masse ; comme ce coin fend quelquefois la pièce, on a trouvé plus à propos de le former en pas de vis ; mais il est mieux d’employer un crochet, qui entre dans un trou fait à la pièce : pour peu que le crochet entre à force, il n’échappe point. On attelle les chevaux sur l’anneau. On fait des trains ou radeaux plus ou moins grands , suivant la force des rivières. Ceux de bois carrés à l’usage des charpentiers se font avec plus de facilité que les trains de bois à brûler , ce qui est fort commode pour les transporter au loin à peu de frais. Ils sont-ordinairement formés de quatre brelles, ce qu’on appelle coupons dans les trains de bois à brûler. Chaque brelle a communément 7 toises et demie de longueur sur une largeur qui varie suivant le besoin; on tient ces trains étroits quand ils doivent descendre des rivières qui ont peu de largeur et beaucoup de sinuosités, ou quand ils doivent passer par des écluses ; néanmoins , suivant l’usage le plus ordinaire sur les grandes rivières, la largeur des brelles varie depuis 14 jusqu’à 18 ou 20 pieds; on en fait quelquefois sur les petites rivières qui n’ont que 6 ou 8 pieds de largeur; mais à l’entrée des grandes rivières, on en réunit plusieurs à côté les unes des autres, pour en former une seule de la largeursusdite. Il n’en coûte pas plus aux marchands de faire conduire un grand train qu’un petit ; ainsi ilestde leur intérêt de les faire aussi grands qu’il est possible. O11 forme plus ou moins de brelles, suivant que les bois sont plus ou moins longs; mais comme toutes les brelles d’un même train ne sont pas de la même longueur , on assortit le mieux qu’il est possible les pièces qui doivent former une brelle, et on a soin que les deux côtés soient formés par deux fortes pièces qui aient toute la longueur de ta brelle; on choisit encore une assez belle pièce , qu’on place au milieu pour y mettre les moussières , qui sont deux chevilles enfoncées à la tête de cette pièce, >our retenir les rames dont on se sert pour conduire e train : ces moussières se placent l’une à la tête et l’autre à la queue du train. Toutes les pièces qui doivent former une brelle doivent être placées à côté les unes des autres et liées sur des traversins, nommés pouliers , qui sont des perches de 6 à 7 pouces de grosseur au milieu , et dont la longueur fait la largeur des brelles. On place cinq pouliers sur chaque brelle , deux près l’un de l’autre à chaque extrémité , et un dans le milieu. On perce avec une tarière un trou oblique, qui commence à la face supérieure d’une pièce, et qui aboutit à une face verticale ; on met dans ce trou une ronette, qui embrasse les pouliers ; on fait un nce.id ou maillon, qui serre fortement le poulier contre la pièce; on fait la même .chose à l’autre extrémité de la pièce, et les cinq pouliers étantainsi liés très-fermement sur toutes les pièces de bois carré qui forment une brelle, elle se trouve achevée. On remarquera qu’on ajuste à terre, à côté les unes des autres, toutes les pièces qui doivent former une brelle ; on pose dessus une règle, qui représente les pouliers, pour marquer où doivent se faire les trous; on sépare les pièces et l’on fait les trous. 11 n’y a souvent dans une brelle que trois pièces qui aient FLO i 58 FLO toute sa longueur , les deux gardes des bords et la pièce du milieu, où l'on place les moussières; les autres pièces, qu’on nomme de remplissage, se trouvant de diftérentes longueurs, sont ajustées de façon que plusieurs puissent faire la longueur de la brelle ; ou les lie les unes aux pouliers de l’avant, les autres aux pouliers de l’arrière et à celui du milieu, sinon on perce des trous au bout des pièces qui se touchent, pour les lier les unes aux autres avec des Touettes. Pour qu’un train puisse bien se gouverner à l’eau, il faut qu’il soit plus large par le bout de derrière que par celui de devant ; ce que l’on peut faire aisément en disposant les pièces de façon que leur bout le plus menu soit placé à l’avant de la brelle et le gros bout vers l’arrière. Lorsque les bois soirt lourds et qu’on les juge pouvoir devenir canards en peu de temps, on ménage entre les pièces de remplissage, sur-tout vers l’avant et vers l’arrière , des places vides , dans lesquelles on place des futailles, que l’on assujcttitfermement avec de fortes liarts. On fait plus ou moins de coupons ou brolles, suivant que les pièces de bois sont plus ou moins longues. Le coupon de devant se nomme coupon ou brelle de tâte ; celui de derrière , brelle de queue : le dessus des brelles doit toujours être de niveau; le dessous ne peut pas toujours l’être, parce que les pièces sont d’épaisseur inégale. Toutes les pièces qui doivent former une brelle ayant été ajustées sur le riyageet percées de leurs trous aux endroits marqués avec la règle, on les jette à l’eau pour lier à flot les pouliers sur les pièces avec des rouettes. Les deux brelles étant faites, ou les lie l’une à l’autre, de façon qu’il y ait du jeu eutre elles suffisamment pour pouvoir leur faire prendre la courbure des sinuosités d’une rivière. Ces trains ainsi dressés, on les conduit de la même manière que ceux de bois à brûler; oq les gouverne avec des perches ou avec deux rames, qu’on place entre les moussières de l’avant et celles de derrière. Trains de bois de sciage. Les trains de bois de sciage se dressent comme ceux de bois à brûler; c’est-à-dire qu’on met les planches, les membrures, etc., en travers. Comme ces pièces ont ordinairement 12 ou 18 pieds de long, elles font la largeur totale d’un coupon, qu’on nomme éclu- see ; au lieu qu’il faut trois ou quatre branches pour faire un coupon de bois à brûler, qui est communément de 14 pieds de largeur. On arrange à terre, sur un plan incliné ou sur une couloire, et sur trois ou quatre chantiers posés dessous, et qui ont souvent 12 ou i4 toises de longueur, un lit de grandes planches ou membrures de la longueur et largeur qu’on veut donner à l’éclusée. En supposant 18 pieds, on arrange sur les chantiers de dessous un lit de planches de j 8 pieds; s’il y a des planches de 6 pieds, on en met trois entre d’autres de 18; si elles ont 9 pieds, on en met deux bout à bout pour faire une longueur de 18 pieds , ou une de 9 et une de 6, et il reste un vide de 3 pieds ; on forme ainsi, lit par lit, l’épaisseur de l’éclusée; ainsi, un train qui qst composé de deux éclusées se trouve avoir de 24 à 28 toises de longueur. Pour l’épaisseur ordinaire de ces trains, on met communément trois solives l’une sur l’autre, ou trois poteaux, ou cinq membrures, ou quatre chevrons, ou quinze planches d’un pouce d’épaisseur, ou dix planches d’un pouce et demi, ou huit de 2 pouces ; de sorte que l’épaisseur des éclusées se trouve être de i 5 à 16 pouces, et que le train entier contient à- peu-près trois cents pièces de bois. On finit toujours les éclusées comme on les a commencées, par des pièces qui aient en longueur toute la largeur de l’éclus%; on pose par-dessus les chantiers de dessus, qu’011 lie à ceux de dessous avec des rouettes, de la même façon qu’on lie les coupons de bois à brûler , et on les pousse de même à l’eau ; on y ajoute encore quelques traversins pour attacher les liarts; l’on attache ensemble les deux éclusées, comme les brelles de buis carré, et ces trains se conduisent aussi avec des rames ou des perches. Quant aux autres manières de transporter les bois, V. Transport des bois. Deuxième Section. — Tes réglemens sur le flottage. I. L’ordonnance de 1669 contient plusieurs dispositions relatives au flottage. Les art. 4 2 » 4 ^ et 44 du tit. XXYI 1 défendent de jeter des immondices dons les fleuves et rivières navigableset flottables, et de rien laire qui nuise au cours d’eau. L’art. 43 du même titre concernant le chômage des moulins établis sur les rivières navigables et flottables, tait défense à toute personne de retarder en aucune manière la navigation et le flottage. V. Chômage. L’art. 5 a du tit. XV défend à toute personne d’empècher ou d’arrêter le flottage des bois, sous prétexte de droits de péage, travers ou autres, à peine de répondre de tous dépens, dommages et intérêts des marchands. II . Suivant l’ordonnance rendue pour la ville de Paris, du mois de décembre 1672, tliap. XM 1 , art. 4 , les marchands peuvent faire tirer et sortir leurs bois des forêts, les faire passer en charrettes ou autrement sur les terres ou par les chemins, depuis les forêts jusqu’aux ports flottables, en dédommageant les propriétaires, à dire d’experts. V. la Loi du 28 juillet 1824. Suivant l’art. 5 de La même ordonnance , ils peuvent faire faire des canaux et se servir des eaux des étangs en dédommageant les propriétaires, à dire d’experts. Suivant l’art. 6 , ils peuvent faire jeter leur bois à bois perdu dans les rivières et ruisseaux, en aver- tissantlespropriétairesdix jours à l’avance, depuis le lieu du jet jusqu’à celui de l’arrêt, et en dédommageant des dégradations si aucunes sont faites. Suivant l’art. 7, les propriétaires sont tenus de laisser un chemin de 4 pieds le long des bords des ruisseaux, pour le passage des ouvriers qui poussent le bois à l’eau. Suivant Part. 8 , il est permis aux marchands de FLO FLO 109 faire passer leurs bois par les étangs et fossés appartenant aux particuliers, qui sont tenus de faire faire l’ouverture de leurs parcs et basses-cours aux ouvriers , en les dédommageant s’il y échoit. Suivant l’art. 9 , il est permis aux marchands de faire pêcher les bois de leur Ilot, qui auront coulé au fond de l’eau, pendant quarante jours après le Ilot passé , et si durant les quarante jours d’autres marchand* jettent du bois, le délai ne court que du jour du dernier flot passé. Suivant l’art. 10, faute aux marchands de faire pêcher leurs bois dans les quarante jours , les seigneurs ou autres ayant droit sur les rivières pouvaient le faire, à la charge toutefois de laisser ces bois sur les bords ; et pour les frais de la pèche et de l’occupation des terres, il devait leur être payé une indemnité fixée par experts, sans que les seigneurs pussent faire enlever ces bois, àpeine de privation de tout remboursement et de restitution du quadruple du prix des bois enlevés. Suivant l’art. 11, les marchands sont tenus, avant de jeter leur flot, de faire visiter parle premier juge, partie présente ou dûment appelée, au domicile des meuniers les vannes, écluses, pertuis et moulins, et faire faire récolement de ladite visite , après le flot passé, par le même officier , à peine d’ètre tenus de toutes les dégradations qui se trouveront. Suivant l’art. 12, si par la visite faite avant le flottage il parait qu’il y ait aucune réparation à faire aux vannes, etc., les propriétaires sont tenus de les faire après une simple sommation à personne ou au domicile du meunier; sinon il est permis au marchand de les faire faire, et le prix est déduit sur le chômage des moulins, et le surplus, s’il y en a, remboursé par préférence sur le loyer des moulins. Suivant l’art. i 3 , quand les moulins bâtis par titres authentiques sur les rivières et ruisseaux flottables chômaient à l’occasion des boisflottés, il devait être payé pour le chômage d’un moulin pendant vingt-quatre heures, de quelque nombre de roues que le corps en fût composé, 4 ° sous, à moins que les marchands ne fussent en possession de payer moindre somme , auquel cas l’usage devait être suivi. Le droit est porté à 4 fr. par la loi du 28 juillet 1824. Y. Chômage. Suivant l’art. 14, les marchands peuvent se servir des terres sur le bord des rivières navigables et flottables, pour y faire les amas de leurs bois, en pavant pour l’occupation; savoir, 18 deniers par corde qui sera empilée sur les terres en pré, un sou sur les terres en labour , lesquelles sommes seront payées chaque année que lesdits bois demeureront empilés ; moyennant quoi, les propriétaires seront tenus de souffrir le passage des ouvriers sur leurs héritages, tant pour faire les empilemens que pour façonner les trains, même de laisser passer les harn ois, partant les rouettes, chantiers et autres choses nécessaires pour cbnstruction des trains. L’indemnité est doublée par la loi du 28 juillet 1824. Suivant l’art. 1 5 , les marchands doivent faire marquer leurs bois, les faire triquer et empiler séparément sur les ports flottables, faire faire les piles de 8 pieds de haut sur la longueur de i 5 toises, ne laissant entre les piles que 2 pieds de distance,' et ne peuvent faire travailler à la construction de leurs trains qu’après avoir payé l’occupatioh , à l’effet de quoi ils sont tenus de faire compter et mesurer les piles par les compteurs des ports, en présence des propriétaires ou eux dûment appelés. III . Cette ordonnance a été confirmée par un arrêt du conseil du 7 septembre 1694, qui ordonne que les art. 52 du tit. XY, 45 et 45 dit tit. XXVII de l’ordonnance de 1669, seront exécutés selon leur forme et teneur, et fait défenses à tous seigneurs , ecclésiastiques et particuliers, officiers et autres, d’empêcher le transport des bois par terre et par eau , et d’en interrompre le flottage sur les rivières qui passent en leurs terrés ou domaines , sous prétexte des dommages et chômages causés par les bois flottans, à la charge et condition qu’après le trâAs- portet flottage des bois, et sans préjudice d’iceux, les marchands seront tenus de réparer et payer lesdits dommages et chômages suivant qu’il sera réglé, etc. Y. cet arrêt au Recueil. IV. Indépendamment desréglemens généraux sur le flottage , il a été rendu plusieurs arrêts particuliers : tels sont, i°. un arrêt du parlement, du i 3 juin 1718, rendu pour Orléans, qui ordonne que les meuniers des moulins de la Loire seront tenus de mettre leurs moulins bout à bout l’un de l’autre, de manière que la voie navigable demeure libre dans une largeur de 8 toises ; 2®. un arrêt du conseil , du 18 mars 1727 , qui ordonne la démolition des moulins nuisibles à la navigation; 3 °. l’arrêt de 1672 pour la ville de Paris, que nous avons analysé; 4°- un arrêt du 9 mai 1741, contre les meuniers de la rivière de Vilaine, etc., etc. V. Les dispositions des art. 4 2 j 4 ^ 44 du tit. XXV 41 de l’ordonnance de 1669 , qui défendent d’embarrasser les cours d’eau, ont été Renouvelées par l’arrêté du Directoire exécutif, du 19 ventôse an 6, et par plusieurs décrets, que nous analyserons ci- après. VL Quant à la police des fleuves, rivières èt canaux , elle est attribuée à l’autorité administrative. Les contraventions doivent être constatées par les maires ou adjoints, les ingénieurs des ponts et chaussées , les agens de la navigation , les commissaires de police et la gendarmerie. VIL La connaissance de ces contraventions est également attribuée à l’autorité administrative, le tout d’aprèsla loidu 29floréal an 10, portant que les procès-verbaux seront adressés au sous-préfet, qui ordonnera, par provision et sauf le recours au préfet, ce que de droit pour faire cesser les dommages, et qu’il sera statué définitivement en conseil de préfecture. VIII. Les difficultésqui peuvent s’élever relativement au paiement des indemnités dues aux propriétaires de moulins et aux riverains des rivières sônt de la compétence des tribunaux ordinaires, qui connaissent également de toutes les questions de droit et de propriétés relatives aux cours d’eau. V. Coûts d’eau. IX. Les agens forestiers n’ont, d’après cès nouvelles dispositions, que des obligations très - restreintes relativement au flottage. i6o FLO FLO La surveillance des rivières flottables et navigables, en ce qui concerne la pécbe et les obstacles que l’exercice de ce droit pourrait éprouver, continue d’appartenir aux agens forestiers, d’après la loi du 14 floréal an 10. De leur côté , les garde-pêches et les gardes forestiers, en leur qualité d’officiers de police judiciaire , peuvent constater les contraventions à la police des rivières, et les délits qui pourraient être commis , soit sur les propriétés des riverains , soit sur les arbres bordant les canaux de navigation ; mais ils doivent, comme pour les délits commis sur les arbres des grandes routes, remettre leurs procès- verbaux au sous-prélèt, ainsi qu’il vient d’être dit. Enfin , il existe quelques réglemens particuliers sur le flottage, dont l’exécution est en partie confiée aux agens forestiers. Un arrêté du Directoire exécutif, du 4 nivôse an 5 , fondé sur les dispositions de l’art. 4 de la loi ilu 11 décembre 1789, et de l’art. 5 du tit. IV de laloiduaç septembre 1791, porte que tout garde forestier qui jugera utile ou nécessaire à la recherche des bois coupés en délit, d’en faire la perquisition dans des bâtimens, maisons, ateliers ou cours adjacentes , requerra le premier officier ou agent municipal, ou commissaire de police , qui sera tenu de l’accompagner dans cette perquisition : d’où il suit qu’ils doivent veiller à ce qu’il ne soit mis à flot aucun bois de délit, et qu’ils peuvent en faire la perquisition par-tout où ils soupçonnent qu’ils ont été transportés. Un autre arrêté, du 26 du même mois, ordonne que les dispositions du précédent arrêté sont applicables à la recherche des bois volés sur les rivières ou ruisseaux flottables et navigables, et charge en conséquence les inspecteurs de la navigation ou gardes des rivières de faire la recherche et perquisition de ces bois. Les garde - pêches et les gardes forestiers ont le droit de faire les mêmes recherches, ainsi que tout officier de police judiciaire ; mais comme il s’agit, dans ce cas , d’objets exposés à la foi publique et que le vol de semblables objets constitue , non pas un simple délit, mais un crime de la compétence des cours d’assises, les procès-verbaux des gardes ne font pas preuve suffisante, ils doivent être remis au procureur du roi pour qu’il soit procédé à une information. X. Un arrêté des consuls, du 7 floréal an 9, relatif à des dégâts causés aux bois destinés à l’approvisionnement de Paris, sur les rivières d’Yonne, Eure, Beuvron et affluens , par l’effet de la crue subite des eaux du 27 au 28 ventôse de la même année, contient plusieurs dispositions fondées sur les lettres-patentes du 20 novembre i582 , l’arrêt du conseil et les lettres-patentes du 23 septembre 1626, la sentence du bureau de la ville, revêtue de lettres- patentes du i er . avril 1642, divers réglemens intervenus dans des cas semblables, et notamment ceux des 14 décembre 1740, 20 février 1749, 18 mai 1779 et 9 mars 1784. U porte que les marchands feront toutes diligences pour recouvrer leurs bois , et qu’ils pourront les enlever sur les îles, terres, prés, jardins et autres héritages, francs et quittes de tous dommages ou indemnités que pourraient prétendre les propriétaires, sous prétexte de dégâts, dommages, ruptures, etc., attendu l’événement de force majeure; qu’il est défendu à toute personne d’emporter et cacher les bois épars par les eaux , à peine dêtre poursuivie, conformément aux lois relatives à la poursuite des délits en matière criminelle et correctionnelle; que les préfets sont chargés de constater ou faire constater par les sous-prélets et maires les événemens de force majeure de la nature de ceux dont il est question; que les contestations qui pourraient s’élever à ce sujet seront réglées par voie administrative, dans les formes indiquées par la loi organique du 22 pluviôse an 9. Il résulte de cet arrêté , que les anciens arrêts du conseil relatifs au flottage , qui n’ont pas été abrogés par les nouvelles lois, conservent toujours leur vigueur, et peuvent être invoqués dans les cas et pour les objets qui les ont fait rendre ; que le vol des bois de flottage doit être poursuivi devant les tribunaux, mais que c’est à l’autorité administrative à statuer sur les contestations qui peuvent s’élever relativement à l’exécution des lois sur le flottage. XI. Il a été rendu , le 25 janvier 1807 , un décret spécial relativement au flottage des bois sur les ruisseaux et canaux qui coulent dans la vallée de ÎSeustadt. Ce réglement, qui est au Recueil , est le plus complet de ceux qui aient été rendus sur la matière depuis la révolution. La part qu’il donne aux agens forestiers dans la surveillance ne peut que contribuer à assurer la bonne police du flottage , et à prévenir les vols de bois. XII. Un second décret , du 11 janvier 180S ( V. au Recueil ) , porte qu’il ne pourra être enlevé des coupes destinées au flottage aucun bois de 54 mil- Ümèt. (2 pouces) de diamètre ou 162 millimètres ’ 6 pouces) de circonférence et au-dessus, avant le comptage du nombre de stères que ces coupes auront produit; que ce comptage sera fait par les agens de la navigation, en présence des agens forestiers et des adjudicataires ; que les marchands ou exploitans seront tenus d’une indemnité de 5 fr. envers l’état par chaque stère de bois distrait des quantités portées dans le procès-verbal de comptage, et qu’il sera statué administrativement sur les procès-verbaux de contraventions. XIII. Un troisième décret, du 29 mai 1808, qui est également au Recueil, est relatif à la police générale de la rivière de Sèvres. Ilordonneque le cours de la rivière sera libre et dégagé de tous obstacles ; détermine la longueur de son cours, et celle des chemins de halage à établir ; statue que les propriétaires ne pourront prétendre à aucune indemnité, aux termes de l’art. 7 du tit. XX 3 II de l’ordonnance de 1669; charge la direction des ponts et chaussées de l’exécution des travaux, de la surveillance de ces travaux et de veiller à la police de la rivière; défend aux riverains et autres de détourner, affaiblir ou embarrasser le cours d’eau ; règle tout ce qui a rapport aux plantations et constructions, et la distance à laquelle elles sont prohibées, et défend d’en faire sans autorisation ; enjoiut aux préfets , sous- préfets, maires et adjoints, ainsi qu’aux officiers de FOL FON police , de veiller à la conservation des ponts, écluses et chemins de halage, et veut que ceux qui y causeront des dégradations soient condamnés à telle indemnité qu’il appartiendra et aux réparations d’icelles, conformément aux lois et réglemens relatifs à la navigation des rivières, et notamment à celle du 29 floréal an 10; enfin, il porte que, conformément aux art. 2 et 3 de cette loi, relatifs aux contraventions en matière de grande voirie, toutes les contraventions au présent réglement seront constatées concurremment par les maires et adjoints , les ingénieurs des ponts et chaussées, leurs conducteurs, les agens de la navigation, les commissaires de police et la gendarmerie ; que les procès-verbaux seront adressés au' sous-préfet, qui ordonnera, par provision et sauf le recours au préfet, ce que de droit pour faire cesser les dommages; que les contraventions seront punies, suivant l’exigence des cas, des peines portées dans les lois et réglemens; qu’en cas de recours, il sera définitivement statué en conseil de préfecture , conformément à la loi du 29 floréal an 10. V. Chômage , Cours d’eau, Curage, Halage, Navigation, Rivières, Transport des bois. FOI. En pratique, la foi pleine et entière est la preuve complète que fait un acte authentique de ce qui y est contenu. Les procès-verbaux des gardes font preuve suffisante jusqu’à inscription de faux. V. Procès - Verbaux. La foi provisoire est la créance donnée par provision à un acte authentique argué de faux : cet acte fait foi jusqu’à ce qu’il soit détruit. La foi publique est la créance accordée par la loi à certaines personnes pour ce qui est de leur ministère. La foi publique est aussi la confiance que la loi place dans la loyauté des citoyens, et c’est dans ce sens que l’on dit qu’une chose est confiée à la foi publique. Foi et hommage, c’est la reconnaissance, l’hom- maçe qu’un vassal rend à son seigneur. I'Ol '(BONNE). Un possesseur de bonne foi est celui qui possède une chose qu’il croit lui appartenir légitimement ; c’est le contraire d’un possesseur de mauvaise foi. V. Possession. FOLIATION. O11 appelle foliation la manière dont les feuilles sont disposées dans les boutons, et la manière d’ètre de leur disque. Linnæus a établi dix sortes de foliation. Y. l’art. Physiologie végét. FOLIOLE , folio'um. ( T. de bot.) Feuille partielle de la feuille composée , chaque pièce d’un calice polyphylle est aussi nommée foliole. FOLLE-ENCHÈRE. C’est une enchère qui est faite témérairement et à laquelle on ne peut satisfaire , ou celle que fait un procureur qui n’a pas un pouvoir suffisant, ou qui se charge d’enchérir pour une personne notoirement insolvable. Dans les ventes d’immeubles, si l’adjudicataire ne satisfait point aux conditions du cahier des charges dans le temps prescrit, on fait laire-une nouvelle adjudication à ses risques et périls, ou , comme on dit, à sa folle-enchère, et s’il ne se présente personne qui porte la chose au prix pour lequel l’adjudication a été faite, l’adjudicataire sur lequel se poursuit la folle-enchère est tenu de fournir ce qui manque pour faire le prix de son adjudication, avec Tome II. 161 tous les frais qui ont été faits pour parvenir à une nouvelle adjudication : c’est ce qu’on appelle payer la folle-enchère ; et celui qui la doit peut être contraint à payer par saisie et vente de ses biens, meubles et immeubles , et même aussi par corps en plusieurs occasions. V. le Code de procéd. civ. , art. qZq à y 45 . En fait de ventes de coupes de bois, lorsque le dernier enchérisseur renonce à son enchère ou lorsqu’il en est déchu, faute d’avoir satisfait aux clauses (le l’adjudication dans le temps prescrit par l’ordonnance, on ne procède pas à une nouvelle adjudication , on substitue seulement les précédens enchérisseurs à son lieu et place, et il est tenu de payer ce cpii manque à la pénultième enchère jusqu’à la concurrence de la sienne. ( Ord. de 1669, fit. NV, art. 26 et 27. — Arr. du Cons., des 1 4 février 1702 et i 5 décembre 1 y 5 o .— Arr. du iZ juillet 1797.— Cah. des ch., art. 2 5 , 26 et 29.) Une foll e-enchère ne peut éprouver ni augmentation ni réduction par suite du plus ou du moins de mesure qui peut se trouver dans la coupe. (Insfr. du 8 juillet 1809.— Cal. des ch,, art. 00.) Une décision du ministre des finances , du 28 juin 1809, 4 U * esl: au Recueil, porte qu’à défaut d’accomplissement des formalités prescrites pour la signification à faire par le receveur des domaines, de la renonciation ou des renonciations faites parles adjudicataires, ce receveur est garant de la différence existant en moins entre le prix de la revente d’une coupe et la somme pour laquelle cette revente a été provoquée. V. Adjudication, Enchère, Tiercement. FONCTION. Ce mot vient du latin functio, dérivé du verbe fungi , s’acquitter des obligations d’une place, d’un emploi. Fonctions dans l’Administration des forêts. Y. Administration des forets, Conservateur, Directeur général, GardeCarde général, Inspecteur, Sous-Inspecteur, Vérificateur général des arpentages. Fonctions administratives. Elles sont séparées des fonctions judiciaires. (loi du 24 août 1790, lit. II, art. XIII. — Arr. de la C. de cass., du 19 décembre 1798.) Les einpiétemens des autorités administratives et judiciaires sur les fonctions des unes et des autres , sont punis des peines prononcées par le Code pénal , art. j27 à i 3 i. Fonctions judiciaires. V. ci-dessus Fonctions administratives. Fonctions des préfets. V. Préfet. Fonctions publiques. Ce sont les fonctions que l’on remplit dans l’intérêt général de la société, en vertu d’un mandat spécial délivré par l’autorité compétente. La peine contre quiconque se sera, sans titre , immiscé dans des fonctions publiques , est de deux à cinq ans d’emprisonnement. (Codepénal,art. 258 .) FONCTIONNAIRE PLBLIC. C’est celui qui remplit une fonction publique dans l’ordre administratif ou judiciaire. C’est un principe consacré par les anciennes lois, que les fonctionnaires ne peuvent céder leur emploi ni le faire exercer par un étranger, sans l’agrément 21 iGa FON du pouvoir qui lesainstltués : Quia eorum persona et induslria electa est. ( D. L. § De mimer, et honor.) Les fonctionnaires publics jouissent de la garantie constitutionnelle, et ne peuvent, pour les faits relatifs à leurs fonctions , être rais en jugement qu’en vertu d’une autorisation spéciale du gouvernement. \ . Alise en jugement. Les lois et notamment le Code pénal déterminent les peines à infliger aux fonctionnaires publics qui se rendent coupables de crimes ou de délits dans l’exercice de leurs fonctions. La destitution est prononcée contre tout fonctionnaire qui aurait touché deux fois son traitement, outre la restitution de la somme indûment perçue et une amende du quadruple. ( Loi du 26 frimaire an 2, art. 3 .) Voyez les art. 80, 81 et 82 du Code pénal, sur les peines à infliger aux fonctionnaires publics et agens qui livrent à l’ennemi le secret d’une négociation ou d’une expédition, et les plans d’une place forte; l’art. 114, sur les actes arbitraires; l’art. 117, sur le refus de déférer à une réclamation légale contre des arrestations illégales ou arbitraires; les art. 124 et 125 , sur le concert de mesures contraires aux lois; l’art. 126 , sur les démissions concertées; les art. i 45 et 146, sur le faux (V. ce mot) ; les articles i66et 167, sur les forfaitures; les art. 169, 170, 171 et 172, sur la soustraction de deniers publics ou privés, d’actes, de titres, d’effets, etc.; l’art. 173, sur la suppression ou soustraction d’actes; l’art. 174, sur la concussion; l’art. 175, sur l’intérêt pris dans une adjudication ou entreprise dont on a la surveillance ou qu’on est chargé de laire payer ; les art. 177 et 178 sur l’acceptation de dons ou promesses pour faire un acte de sa fonction non sujet à salaire ; l’art. i 83 , sur les décisions rendues par faveur ou inimitié; l’art. 184, sur la violation de domicile; l’art. i 85 , sur le déni de justice; l’art. 186, sur les violences exercées envers les personnes ; l’art. 187, sur la suppression ou l’ouverture de lettres confiées à la poste ; les art. 188, 189, 190 et 191 , sur l’emploi illégal de la force publique; l’art. 196 , sur l’entrée en fonctions avant prestation de serment; l’art. 197, sur l’exercice des fonctions après destitution; l’art. 198, sur la gradation des peines encourues par les fonctionnaires publics, pour les crimes et délits auxquels ils auraient participé lorsqu’ils étaient tenus de les surveiller ou réprimer. Un arrêt de la cour de cassation , du 18 nivôse an 9, décide, à l’égard de deux gardes qui avaient trafiqué , moyennant argent, de l’exercice de leurs fonctions, que ce fait constitue un crime , bien que les accusés ne l’eussent point commis pour s’attribuer les deniers de l’état. V. Concussion, Corruption, Gardes, Injures, Mise en jugement, Rébellion, Violence. FOND, du latin fundus ou funduni, l’endroit le plus bas d'une chose creuse. Fond, en terme de pratique , est opposé au mot forme, et signifie ce qui est de la substance d’un acte, ou ce qui fait le vrai sujet d’une contestation. V. Fonds. FONDATIONS. Travaux qui se font pour asseoir lesfondemens d’un édifice. FON C’est aussi un fonds légué pour des œuvres de piété, ou pour quelque autre usage louable. Les fondations qui ont pour objet l’entretien des ministres et l’exercice du culte, ne peuvent être exécutées qu’avec l’autorisation du gouvernement. {Loi du lé» germinal an 10, art. 73.) 11 en est de même de celles d’hospices et d’autres établissemens publics. {Code civil, art. 910.) Les fondations ont été, pendant et depuis la révolution, l’objet de plusieurs lois. Voici l’indication de celles qui concernent les fondations de services religieux : la loi du 12 juillet 1790, qui, en supprimant tous les bénéfices, déclare que dans cette suppression sont compris tous titres et fondations de pleine collation laïcale; la loi du 10 février 1791 , qui a permis la vente des immeubles réels affectés à l’acquit des fondations des services religieux ; la loi du 26 septembre de la même année, relative aux fondations faites en faveur des corporations supprimées; la loi du i 3 brumaire an 2 , qui déclare faire partie des propriétés nationales tout l’actif affecté aux fabriques et à l’acquit des fondations; la loi du 18 germinal an 10, qui a ordonné le rétablissement des fabriques ; le décret du 22 fructidor an 12, qui remet aux administrateurs des fabriques l’administration des biens et revenus rendus auxdites fabriques par les décret et décision des 7 thermidor an 11 et 18 nivôse an 12 ; le décret du 19 juin 1806, qui ordonne aux hospices et bureaux de bienfaisance qui, en vertu de la loi du 4 ventôse an 9, ont été mis en possession de biens et rentes chargés précédemment de fondations pour quelques services religieux, de payer la rétribution de ces services. Les lois et réglemens relatifs aux fondations pour le soulagement des pauvres, sont: la loi du 23 octobre (5 novembre 1790), qui avait ajourné la question de savoir si l’on déclarerait nationaux les biens des hôpitaux; la loi du 19 mars 1793, qui en ordonna la vente ; la loi du i er . mai suivant, qui excepta provisoirement de la vente les biens des hôpitaux et maisons destinées au service des pauvres et au soin des malades; la loi du 23 messidor an 2 , qui leva cette suspension à la vente; les lois des 9 fructidor an 3 , 2 brumaire et 28 germinal an %, et 16 vendémiaire an 5 , qui arrêtèrent et révoquèrent l’exécution de celle de messidor an 2 ; la loi du 20 ventôse an 5 , qui ordonna des mesures pour indemniser les hospices des pertes qu’ils avaient éprouvées ; le décret du 27 prairial an 9, rendu dans le même esprit; l’arrêté du gouvernement, du i 5 brumaire an 11 , et le décret du 12 juillet 1807, qui ont fait l’application de celui du 27 prairial an 9. Ces lois et décrets se trouvent rapportés textuellement dans le Répert. de jurisprud., au mot Fondations. La loi du 5 décembre 181 4 excepte provisoirement de la remise à faire aux émigrés les biens dont il a été disposé en faveur des hospices. Les débiteurs de rentes constituées ci-devant au profit des fabriques, à la charge de fondations qui ne s’acquittent plus, ne sont pas déchargés de ces rentes envers l’état. Ainsi jugé par des arrêts de la FOR FOR i63 cour Je cassation, des 11 floréal et i 3 prairial an 9, 4 nivôse an 10 et 24 pluviôse suivant, cités au mot Fondations du Répert. de jurispr. , et des Quest. de droit, par M. Merlin. Une dotation faite pour cause de fondation ne peut pas être réputée gratuite : elle est toujours censée faite à titre onéreux , puisqu’elle n’a lieu qu’à la charge de prières. V., au Recueil, V Arr. de la C. de cass., du 14 brumaire an i 3 . FONDRIER (BOIS ). C’est celui qui, dans le flottage, va au fond de l’eau. V. Flottage. FONDRIERE. On donne ce nom à des terrains dont la surface parait ferme et solide, mais dont l’intérieur est tellement imbibé d’eau, que les hommes et les animaux qui marchent dessus risquent d’être engloutis. FONDS, en terme d’agriculture, signifie le sol d’une terre, d’un champ, d’une forêt. Fonds, en terme de pratique, signifie les biens réels, comme les fonds de terre et les maisons. Fonds, en terme de commerce et de finances, se dit d’une somme considérable d’argent ou de valeurs destinée à quelque usage, de toutes les marchandises d’un marchand, des effets publics en circulation , etc. V. Traitement. FONDS DES EAUX ET FORÊTS. I.es officiers I des eaux et forêts ne devaient connaître, dans les différens de partie à partie, de la propriété des eaux et bois appartenant aux communautés ou particuliers, que lorsqu’elle était nécessairement connexe à un fait de réformation et visitation, ou incidente, et proposée pour défense contre la poursuite. {Art. 1 o du tit. I de l’ord, de 1669.) Les officiers des maîtrises et des Tables de marbre indistinctement, pouvaient connaître en première instance de tout ce qui concernait les fonds et la propriété des eaux et forêts appartenant nûment au roi, et celles dans lesquelles il avait intérêt. Y. les art. 1 , 3 ,4 et y du tit. XI 11 de l’ord. de 1669. Aujourd’hui ces questions sont de la compétence des tribunaux ordinaires, et les actions se poursuivent à la requête des préfets. Y. Instance. FORCE PUBLIQUE. Les gardes des bois de l’état, des communes et autres établissemens publics, peuvent être employés comme les gendarmes et concurremment avec eux, pour tous les services de police et justice civile et militaire, dans l’étendue du canton où chaque garde exerce ses fonctions. ( Loi du 9 floréal an 11, tit. III, art. 17.) Ces gardes, les gardes champêtres et les gardes des particuliers, sont réputés agens de la force publique , et toute rébellion contre eux, lorsqu’ils agissent dans l’ordre de leurs fonctions, doit être punie comme rébellion à la force publique. Y. les art. 94, 186 , 188, 189, J90, 191, 209,224, a 3 o, 23 i et 234 du Code pénal de 1810, concernant la force publique et son emploi. V . Gardes, Rébellion, et un Arr. de la C. spéciale du départ, du Nord, en date du 2.5 avril 181 5 , qui condamne un particulier à huit années de réclusion , pour rébellion à main armée contre des gardes. FORCINE. Terme de bûcheron, qui signifie un renflement qu’on aperçoit à l’angle formé par la réunion d’une grosse branche avec le tronc d’un arbre. Ce terme signifie aussi l’aisselle des branches. FORESTIER. La dénomination de forestier est fort ancienne. On la trouve employée dans le capitulaire de Charlemagne, de 8 i 3 , où il est dit, art. 18, Ile forestis : ut forestnrii bene illas (fo- restas) défendant simul et custodiant beslias etpis- ces. Elle exprimait alors la qualité des officiers qui avaient la surveillance des forêts et des étangs. lien est fait aussi mention dans l’ordonnance de Philippe-le-Hardi, de 1280, et dans des titres de 1275 et 1276, par lesquels le même roi accorde des droits dans la forêt de Cuise. Ces titres sont adressés : forestariis Cuisicr. 11 paraît, au surplus, que, dans ces anciens temps, il y avait plusieurs titres pour désigner les officiers chargés de la conservation des forêts, tels que ceux de juges, de députés, missi, de verdiers, veridii, de baillifs, balivi, de gardes , forestarum custodes, etc. Une ordonnance de François I er ., de i 534 , porte création d’un grand forestier pour la forêt de Bière. Flenri II, par son ordonnance de i 554 , créa, en titres d’offices, les verdiers, gruyers, maîtres des gardes, maîtres ser- gens, forestiers, capitaines, concierges, etc. Ces différentes qualifications désignaient des fonctions de même nature. V., à cet égard, ce que dit Saint- ion, p. 87, et ce que nous rapporterons plus loin à l’article Forêt. Aujourd’hui le mot forestier désigne d’une manière indéterminée toute personne qui exerce un emploi dans les forêts. Nous avons indiqué , dans l’article Ecole forestière, les connaissances qu’on doit exiger d’un bon forestier, et les moyens qui nous paraissent propres à les procurer. FORÊT, sylva. On appelle ainsi une grande étendue de terre couverte de bois. Autrefois le mot forêt s’appliquait aussi bien aux eaux qu’aux forêts, ainsi que le remarque du Tillet, en pariant de la deuxième branche de Bourgogne et des comtes de Flandre, où il dit que les gouverneurs et gardiens de Flandre, avant Baudouin, surnomme Bras-de-fèr, se nommaient forestiers , parce qu’ils avaient la garde non-seulement de la forêt charbonnière, mais encore de la mer. Nos premiers rois avaient des domaines particuliers , appelés villa regia, ou foreste dominicum , qu’ils faisaient administrer par des officiers désignés sous le nom de juges, auxquels ils recommandaient particulièrement la conservation de leurs forestæ, mot générique qui comprenait alors les étangs royaux pour le poisson, en même temps que les bois pour le pâturage. C’est ce qu’on voit dans la dotation de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés par Childebert, où la pêche de la Seine, vis-à-vis du bourg d’Yssv, est désignée par le mot foresta; et dans une lettre de Zwentibold, par laquelle il donne à un monastère de Flandre son droit de pèche sur la Moselle, forestam suam superfluvium Mosellæ. Le même mot foresta se trouve employé dans les chartes par lesquelles Charles-le-Chauve donna à l’abbaye de Saint-Denis la seigneurie de Cannoche avec la forêt des pêches de la Seine , et à l’abbaye de Saint- Benigne de Dijon la forêt des poissons de la rivière d’Aische. FOR 164 Ainsi les eaux et forets étaient désignées par lai même dénomination comme deux choses indivisibles, sans doute parce qu’elles se lient naturellement et qu’elles dépendent les unes des autres, comme étant à- la-fois causes et effets de leur existence et conservation réciproque. V. Eau. Mais aujourd’hui le mot forêt ne s’applique plus qu’à une étendue de terrain couverte de bois , et 011 *' ' l’é- iie l’emploie même ordinairement que lorsque tendue est considérable. V. le mot Bois. Cependant, sous la dénomination générale de fc rets, on entend tous les bois, quelle que soit leu étendue , grande oq petite, parce que tous sont régis par les mêmes ordonnances et les mêmes régleinens : c’est ainsi que l’usage et même la jurisprudence l’ont consacré. Aussi la cour de cassation a-t-elle jugé, par un arrêt du 4 messidor an 9, que, sous la dénomination àeforêts domaniales , employée dans la loi du 28 brumaire an 7 , on devait comprendre les bois de peu d’étendue, de même que tous autres bois. Comme nous avons, dans l’introduction de Dictionnaire, présenté des considérations générales sur les forêts, et traité de leur histoire sous les rapports physique, économique et réglementaire, et que chacun des articles qui composent cet ouvrage est destiné à développer les principes (le leur culture, police et conservation, nous ne pouvons que renvoyer, pour les détails, aux articles spéciaux, et notamment à ceux qui contiennent le plus de développement, tels que les articles Adjudication, Aménagement, Bois, Délit, Domaine, Exploitation, Futaie, Plantation, Semis, Travaux, Usages. On trouvera sous le mot Domaine, l’ancienne et la nouvelle législation sur l’aliénation des forêts. Forêt close. On entend par cette expression une forêt mise en défends, celle dont l’entrée est interdite aux usagers, et dans laquelle toute délivrance d’usage ou de pâturage est interdite. Virgile, dans ses Géorgiques, égl, 6, dit: Claudite, nymphœ dictœœ, nemorum jam claudite saltus. On trouve l’expression de forêt close dans les anciennes ordonnances, et nommément dans celle de 1390 ( Saint-Ton , p. 74), où il est dit que les maîtres des eaux et forêts connaîtront des délits de ceux qui se permettraient, sous prétexte de droits d’usage, de prendre des bois dans les forêts closes. V. Usages. On entend aussi par forêt close, dans le système des exploitations par éclaircie , une forêt ou plutôt une coupe dans laquelle on a laissé assez d’arbres pour que leurs branches latérales se touchant, le haut de la forêt soit pour ainsi dire clos. \ . Exploitation. Forêts d'arbres résineux. V. Bois résineux , t. I, p- 4 °7- Forêts communales. V. Bois communaux, t. I, p. 36 1 . Forêts domaniales. S. Bois domaniaux, t. I, p. 3 7 8 . Forêts des ecclésiastiques et gens de mainmorte. Y. Bois des ecclésiastiques, t. I , p. 38 7. Forêts d’établissemens publics. V. Bois d’éta- blissemens publics, t. I, p. 390. Forêts de haute futaie. V. Bois de hautefutaie, t. I,p. 392. FOR Forêts en grurie. Y. Bois en grurie, graine , etc., t. I, p. 393, et les mots Orurie, Tiers et Danger. Forêts indivises. V . Bois indivis, t. I ,p. 3 9 4. Forêts des particuliers. V. Bois des particuliers, t. I, p. 396. Forêts de sapins. (V. Bois de sapins, t. I , p. 4 ° 9 -) Les usagers, dans ces forêts, 11e peuvent y exercer leurs droits de pâturage, si elles n’ont été déclarées défensables. ( Arr. de la C. de cass., du 20 février 181 5 .) Forêts en taillis. V. Bois taillis, t. I, p. 409 , et le mot Taillis. FORFAITURE. Ce mot vient d eforfaire, qui est composé du latin facere, faire, et de la particule for, fur ou far, qui, dans ses composés, marque souvent le vice de l’action. C’est ainsi opaeforfait signifie une mauvaise action. La forfaiture exprime ordinairement la prévarication d’un fonctionnaire. Tout crime, dit le Code pénal, art. 166, commis par un fonctionnaire public dans l’exercice de ses fonctions, est une forfaiture. Les anciennes ordonnances forestières appelaient aussi forfaitures les condamnations pécuniaires qui se prononçaient pour délits et malversations, et comme elles attribuaient une partie de ces condamnations aux officiers forestiers, aux receveurs et collecteurs , elles disaient que ces officiers jouiraient des forfaitures, auraient part aux forfaitures. V. VOrd. de i5i 5, dans notre Recueil, et celle de i583, dans Saint- Yon , p. i63. FORGE, du latin fabricia. Lieu où l’on fond le fer quand il est tiré hors de la mine. Ce mot se dit aussi d’un petit fourneau où les ouvriers qui travaillent sur les métaux, les font chauffer pour les mettre en œuvre. Un arrêt du conseil, du 9 août 1723, défend l’établissement d’aucun fourneau, martinet, forge et verrerie, sinon en vertu de lettres - patentes , à peine de 3 ooo liv. d’amende, de démolition des usines et de confiscation des bois, charbons, mines et ustensiles. Les nouvelles lois ont Téitéré cette défense. Y. Fourneau , Usines. V. aussi Incompatibilité. FORME , du latin forma. En terme de pratique, on comprend sous le nom de forme les termes , clauses , conditions , formalités qui servent à constituer un acte. Le mot forme dit plus que formalité : la forme embrasse tout ce qui sert à donner l’essence à l’acte; les formalités, au contraire, ne s’entendent que de certaines conditions nécessaires à remplir pour la validité de l’acte , comme l’enregistrement. Forme est quelquefois opposé au mot fond : la forme se prend alors pour la procédure , et le fond est ce qui en fait l’objet. Forme authentique. C’est celle qui fait pleine foi, tant en justice que dehors. Forme exécutoire. C’est celle qui donne à l’acte l’exécution parée, c’est-à-dire le droit de mettre un acte directement à exécution par voie de contrainte , sans être obligé d’obtenir pour cet effet aucun jugement ou commission. FOS i 65 FOS Forme judiciaire. Sous cette dénomination , on comprend l’ordre et le style qui s’observent dans la procédure ou instruction, ou dans les jugemens. Forme probante. C’est celle qui procure à l’acte une foi pleine et entière, et la rend authentique : aussi sép.ire-t-on rarement ces mot s, fume probante et authentique. FORMULE, du latin formula, fait de forma. On entend par ce mot les termes dans lesquels un acte doit être conçu , ou ceux dans lesquels un serment doit être fait. Une ordonnance du roi, du 3 o août i 8 i 5 (V. au Recueil ), prescrit la rectification de la formule des actes, arrêts ou jugemens expédiés pendant l’absence de Sa Majesté. V., à 1 'Atlas, les Formules des actes et procès-verbaux qui se rédigent pour les forêts. V. aussi Délit et Procès-Verbaux. FORPA 1 TRE, F 0 RPA 1 SER, FORPAISSON. Forpaitre est un terme de chasse, qui se dit des bêtes qui vont chercher leur pâture dans des lieux éloignés de leur séjour ordinaire; il signifie proprement paître dehors. On en a fait, en terme de forêt, le mot forpaisson , qui signifie le délit commis par ceux qui mettent des porcs au panage sans y avoir droit par abonnement, ou permission de l’adjudicataire , et même le délit commis par les usagers qui auraient introduit des porcs dont ils ne seraient point propriétaires, ou en nombre excédant celui autorisé. Ce délit, qui se commet également lorsqu’on fait entrer ces animaux dans les forêts avant le temps permis, donne lieu à la confiscation, d’après l’ordonnance de 1669. V. Paisson. FOSSE , du latin fossa, dérivé d efodere, fouiller, fossoyer. C’est un creux fait dans la terre. FOSSES A CHARBON. Elles doivent être placées aux endroits vi les et les plus éloignés des arbres et du recru. Les marchands peuvent être obligés , s’il est jugé à propos par les agens forestiers, de replanter ces places. ( Art. 22 dutit. XXVII de l’ord. de 1669.) Ils sont obligés d’exécuter ce qui leur a été prescrit à cet égard, sous peine d’amende, et ne peuvent obtenir de congé de cour qu’ils 11’y aient satisfait. (/A) Les agens forestiers indiquent les endroits où doivent être établies les fosses à charbon en marquant de leur marteau l’arbre le plus voisin, et ils dressent procès-verbal du nombre et du placement de ces fauldes ou fourneaux. ( Cah. des ch. de 1825, art. 45 .) Les particuliers non adjudicataires de bois ne peuvent s’autoriser de l’ordonnance de 1669 pour faire des fosses à charbon dans les forêts royales. ( Arr. de la C. de cass., du 4 décembre 1806.) R suffit que des fourneaux à charbon aient été allumés sans permission pour constituer un délit, quand même il n’en serait résulté aucun danger. {Arr. du 5 avril 1816.) FOSSES POUR PLANTATIONS D’ARBRES. Elles doivent être d’autant plus larges et profondes, que le terrain est mauvais et que les arbres sont plus forts. Leur forme est ordinairement carrée ; cependant quelques agronomes recommandent de les faire rondes, parce que c’est la forme que représentent les rayons des racines. Dans ce cas, ou trace un cercle avec une corde attachée par un oeillet ou un anneau à un piquet qu’on a fixé au milieu de l’emplacement du trou, et terminée par un morceau de bois ou plantoir; mais la forme carrée sera toujours préférée , comme étant la plus facile à exécuter. On doit faire les fosses plusieurs mois avant de planter, pour que la terre s’ameublisse par l’influence atmosphérique. On reconnaît qu’un terrain est bon quand les terres extraites d’une fosse se gonflent à l’air , et qu’en les remettant dans le trou au bout d’un ou de deux jours, il en reste une partie notable qui ne peut plus y rentrer. V. Semis et Plantation. FOSSE. Ce mot a la même origine que fosse ; mais il signifie une fosse, une tranchée creusée en long. On fait des fossés pour environner un champ, un bois, un pré ou d’autres propriétés, et en défendre l’entrée, ou pour faire écouler les eaux. Une règle de notre ancien droit français, établie par Loysel, de l’Hommeau et Poquet, est que les fossés qui séparent les héritages sont censés mitoyens, à moins qu’il n’y ait titre au contraire, ou que le jet de la terre provenant du fossé ne soit entièrement d’un seul côté : dans ce cas-ci, on présume que le fossé appartient au propriétaire sur lequel la terre a été jetée. Les coutumes du Boulonnais, d’Auxerre, de Montargis, de Reims, de Sedan, du Grand-Perche, de Berri, de Cambrai et de Normandie, ont des dispositions conformes à cette règle. cc La commune usance (dit Coquille, t. II, question 298), est que celui qui fait un fossé aux confins de son héritage, pour le garder, jette la terre issant dudit fossé de son côté, en sorte que le bord du fossé de l’autre côté fait l’extrémité du confin : d’où vient la règle que le fossé appartient pour le tout à celui du côté duquel est le jet, c’est-à-dire la terre qui a été jetée du fossé ; et si le jet du fossé se trouve tant de part que d’autre, ou qu’il n’apparaisse aucun rejet, la présomption est que le fossé est commun entre les deux voisins. x> Le Code civil consacre expressément ces règles : « Art- 666. Tous fossés entre deux héritages soqt présumés mitoyens, s’il 11’y a titre ou marque du contraire. » Art. 667. Il y a marque de non-mitoyenneté lorsque la levée ou le rejet de la terre se trouve d’un côté seulement du fossé. » Art. 668. Le fossé est censé appartenir exclusivement à celui du côté duquel le rejet se trouve. » Art. 669. Le fossé mitoyen doit être entretenu à frais communs. 33 Y. Haie. Fossés autour des forêts. Ces fossés sont d’une grande importance pour la conservation des forêts, dont ils maintiennent les limites et empêchent l’abroutissement. Les anciennes ordonnances ont consacré des mesures pour procurer la confection et l’entretien de ces fossés. I. Les grands-maître#étaient autorisés, par l’article 17 du tit. III de l’ordonnance de 1669, à employer à cet objet une partie des fonds dont ils avaient la disposition. Cet article fut modifié par l’édit du mois de mai 1716, qui a obligé les grands- FOS FOS îGG maîtresà envoyer, tons lesans, au conseil du roi un état des sommes qu’ils croyaient devoir être employées à l’aménagement des forêts, pour y être arrêté à raison des besoins de chaque généralité. II. Aujourd’hui les fossés de clôture, et autres travaux nécessaires à la conservation des forêts, doivent être approuvés par le gouvernement. ( Décis. du min. des fin., insérée dans une Circul. du 28 mai 1806. ) Cependant les conservateurs peuvent imposer aux adjudicataires l’obligation de faire relever ou faire à neuf, soit les fossés du périmètre des ventes, soit les fossés d’assainissement reconnus nécessaires. ( Circul. du 3 i juillet 1806.) Les adjudicataires des coupes sont tenus, en conséquence, de curer à vif fond, et d’aligner tous les fossés, sangsues et rigoles qui se trouvent dans l’intérieur et au pourtour de leurs ventes. (Cad. des ch., art. 72.) III. L’art. 4 du tit. XXVIT de l’ordonnance de 166g porte que les particuliers qui possèdent des bois joignant les forêts royales, doivent les en séparer au moyen de fossés de 4 pieds de largeur et de 5 nieds de profondeur, et les entretenir en cet état, à leurs frais, à peine de réunion. Cette disposition a été confirmée par des arrêts du conseil, des i 3 mai 1673 et 18 juin 1697, qui en ordonnent l’exécution, à peine de 3 oo liv. d’amende et de tous dommages et intérêts. Y. au Recueil. IV . L’art. 5 du même titre de l’ordonnance de 1669 ordonne aux agens forestiers de faire mention dans leurs procès-verbaux de tournées de l’état des bornes et fossés qui se trouvent entre les forêts royales et les bois des particuliers, et de rendre compte des entreprises qui auraient été faites sur le sol forestier, des jugemens rendus et de leur exécution. V. L’art. 12 du tit. XIX concernant le pâturage ordonne qu’il sera fait, aux frais des communes usagères, des fossés assez larges et profonds pour empêcher les bestiaux de brouter les rejets qui se trouvent le long des chemins conduisant au pâturage. VI. L’art. 10 du tit. X de la même ordonnance prescrit aux gardes de faire , tous les trois mois, un rapport du nombre des bornes et fossés qui sont dans leurs triages, et de le remettre à l’agent forestier, à peine de demeurer responsables des dommages. VII. Enfin l’art. 7 du tit. XI ordonne aux arpenteurs de visiter une fois par an tous les fossés, bornes et arbres de lisière, et de marquer tous les aligne- mens des fossés à faire et à relever. VIH. L’exécution des art. 4 et 5 du tit. XXV II de l’ordonnance, concernant les fossés à faire par les riverains des forêts, a été recommandée aux agens forestiers et aux administrations centrales, par un arrêté du gouvernement, du 19 pluviôse an 6 — 7 février 1798 (V. au Recueil ), qui renvoie à ces administrations les difficultés relatives à cet objet. Une décision du ministrerfles finances, du 3 thermidor an 6, rapportée dans une circulaire de la régie des domaines, du 25 du même mois (12 août 1798 ) (V. au Recueil ), porte que l’on ne peut obliger les propriétairesde terreslabourables voisines des forêts, à les clorre par des fossés ; et qu’à l’égard de ceux qui possèdent des bois aux rives des forêts domaniales, ils doivent exécuter l’art. 4 du tit. XXV II de l’ordonnance de 1669, à moins cependant que leurs bois ne soient bornés par de grandes routes. Une autre décision ministérielle, du 19 septembre 1811 (V. au Recueil), relative à la reconnaissance et fixation des limites des forêts, porte, art. 16, que les fossés seront établis par moitié de chaque côté de la ligne du fond; art. 17 , qu’ils seront exécutés; savoir, ceux dont l’objet est de séparer les forêts domaniales des propriétaires riverains possédant bois, aux frais de ces riverains , et à l’égard des fossés servant à fixer les limites des forêts domaniales et à les séparer des riverains non possédant bois, à frais communs. Une circulaire de l’Administration des forêts , du 26 décembre 181 j , explicative des dispositions ci- dessus rapportées, déclare que, conformément à l’art. 4 du tit. XXVII de l’ordonnance de 1669, les riverains possédant bois doivent supporter toute la dépense de l’ouverture des fossés, et que, relativement aux riverains non possédant bois, cette dépense n’est à leur charge que pour moitié. 11 s’est élevé la question de savoir si l’art, jô de la décision du 19 septembre 1811, portant que les fossés seront établis par moitié de chaque côté de la ligne de fond , entre la forêt et la propriété riveraine, devait s’appliquer aux forêts communales. La négative a été décidée par le ministre des finances, le 3 octobre 1821. V. la Décis. au Recueil, t. Il, p. 960. Observons que l’exécution de l’art. 4 du tit. XXVII de l’ordonnance de 1669 donne lieu aujourd’hui à quelques difficultés. On prétend que, d’après le droit commun qui régit la France, et sur-tout d’après l’art. 545 du Code civil, nul 11e peut être contraint de céder une portion quelconque de sa propriété , si ce n’est pour cause d’utilité publique, et moyennant une juste et préalable indemnité. O11 ajoute que l’art. 646 du même Code oblige bien les propriétaires voisins à contribuer à frais communs au bornage de leurs propriétés; mais que cet article n’impose l’obligation à l’un ni à l’autre de construire des fossés et encore moins à l’un d’eux d’en payer la totalité de la dépense; enfin ou cite l’art. 647, qui laisse à chaque propriétaire la faculté de se clorre. 11 ne nous appartient point de décider la question. Tout ce que nous pouvons dire, c’est que la disposition de l’art. 4 du tit. XXVII de l’ordonnance de 1669 n’a point été rapportée, et que l’exécution en a été au contraire prescrite par la décision du 19 septembre 181 1 , qui est postérieure au Code civil ; mais le nouveau projet de code forestier contient une disposition qui fera rentrer, sous ce rapport , les forêts domaniales dans le droit commun. Fossés boudant tes nouTEs. Un décret du 16 décembre 1811 , contenant réglement sur la construction, la réparation et l’entretien des routes, porte (art. 109 et 110) que les travaux d’entretien, de curement et de réparation de ces fossés, seront exécutés par les propriétaires riverains, d’après les indications et alignemens donnés par les agens des ponts et chaussées. FOU L’exécution de ce décret a été recommandée par une circulaire de M. le directeur général des ponts et chaussées, adressée à MM. les préfets, le 6 juilh t 1 812 . Par suite de cette instruction, l’Administration des forêts a demandé aux conservateurs, par une circulaire du 16 novembre de la même année, le tableau des routes traversant ou longeant les forêts royales , de la longueur des fossés qui bordent ces routes, et de la dépense présumée de ces fossés. Une autre circulaire , du 7 lévrier 181 3 , a chargé les agens forestiers de se concerter avec les préfets et les ingénieurs des ponts et chaussées pour l’exécution des art. 109 et 110 du décret précité. Fossés sur i.es bords des rivières. L’art. 44 ‘l* 1 tit. XXVII de l’ordonnance de 1669 défend de détourner l’eau des rivières navigables et flottables, par des tranchées , fossés ou canaux, à peine , contre les contrevenans, d’être punis comme usurpateurs. V. Cours d’eau. Peines contre ceux qui comblent ou détruisent les fossés. L’art. 456 du Code pénal de 1810 punit d’un emprisonnement d’un mois au moins , et d’une année au plus et d’une amende, quiconque aura comblé les fossés, détruit des clôtures, déplacé des bornes ou arraché des arbres servant aux limites entre différens héritages. FOUËE. Ce mot, ainsi que celui fagot, vient du latin fascis, faisceau. Une fouée est une botte de ramilles de bois. L’amende par fouée de bois pris en délit dans les forêts de l’état est d’un fr., non compris la restitution , qui doit être au moins de pareille somme. ( Art. 3 du tit. JCXXU de l’ord. de 1669.) On ne peut assimiler à des fouées ou fagots les jeunes arbres coupés sur pied par les délinquans ; la condamnation doit être prononcée au pied le tour. {Arr. delà C. de cass.,du 2 janvier 1806.) V. Fagot . FOL’ENE. Corruption du mot faine, fruit du hêtre. V. Hêtre. FOUET, du latin fustis, bâton. Plusieurs espèces de bois, et notamment le micocoulier, sont propres à faire des fouets: Fouet signifie aussi une verge destinée à infliger une punition, et la punition elle-même. Le fouet, en terme de pratique, est une peine afflictive et infamante. Cette peine était prononcée par les art. i 3 du tit. XIX, 8 et 12 du tit. XXX, et 6 du tit. XXXI de l’ordonnance de 1669 ; mais cette peine a été abolie par les nouvelles lois, qui d’ailleurs ne prononcent plus de peines infamantes pour les délits. V. Délit, Emprisonnement. FOUGÈRES ,flices. (Juss.) Famille de plantes de la cryptogamie, dont les caractères consistent dans des feuilles roulées dans leur première jeunesse en forme de crosse, tantôt simples, tantôt composées ou surcomposées, et portant le plus souvent sur leur revers les organes de la fructification, composés de petites follicules uniloculaires, et disposées de différentes manières. Les genres de la famille des fougères, dans lesquels se trouvent les espèces les plus utiles à l’agriculture ou à la médecine, sont les genres polypode, doradille , piéride, adiante, os monde , prêle et cha- FOU 167 ragne. Il y a plusieurs espèces qui sont herbacées et d’autres arborescentes. La ptéride aquiline, pteris aquilina , qu’on nomme vulgairement fougère femelle, est la plus commune des fougères : c’est celle qu’on entend particulièrement quand on parle simplement de la fougère. Line autre fougère est connue sous le nom de fougère mâle, polypodium Jilioc mas. Ces deux plantes vivaces, que l’on rencontre abondamment dans les bois, fournissent une excellente litière à toute espèce d’animaux ; elles absorbent les urines et économisent la paille. Tout terrain où croissent les fougères est bon en général, ou il le devient si les fougères s’en sont emparées depuis nombre d’années. Comme chaque hiver les feuilles périssent, il résulte de leur décomposition une terre noire, qui est un véritable kumus. Si l’on voulait convertir un pareil fond en une terre à grain, il ne faudrait pas brûler les feuilles sur la place ; il vaut beaucoup mieux les voiturer du champ à la ferme, et s’en servir pour les litières. Après le premier labour, qui doit être profond, on conduit les cochons sur cette terre remuée ; ils mangent les racines portées sur la superficie, et fouillent avec leur museau dans l’intérieur du sol pour tirer ce qui reste. Les fougères cueillies un peu après leur complet développement, et principalement la ptérine aquiline, donnent par leur incinération une grande quantité de potasse ou alcali fin végétal. M. de Werneck a reconnu, par ses expériences sur la fabrication de la potasse ,"que 1000 livres de fougère commune donnaient, coupée en juillet, environ 16 livres de potasse ; coupée vers la fin d’août, 14 livres ; et coupée au commencement d’octobre , 10 livres. V. Potasse. Les fougères forment une excellente couverture pour les plantes d’hiver; plusieurs espères servent à la nourriture des bœufs et des chevaux. Il est peu de plantes qui, au dire des anciens, aient plus de vertu que les fougères. Les modernes ont beaucoup réduit leurs propriétés; mais ils n’en font pas moins, sous le nom de capillaire et sous d’autres noms, un grand usage en médecine. Ces plantes sont en général mu- cilagineuses et d’une saveur douceâtre ou légèrement amère , et regardées comme apéritives , incisives, pectorales et un peu astringentes , en conséquence estimées propres dans les maladies chroniques qui affectent les viscères de la poitrine et du bas-ventre. Mais le parti le plus avantageux qu’on en puisse tirçr est pour la fabrication de la potasse. FOUILLE, FOUILLER. Ces mots viennent du latin fodere, qui signifie creuser un trou en terre. La loi du 11 septembre 1790 ordonne que les contestations relatives aux terrains pris ou fouillés pour la confection des chemins, canaux, etc., seront portées devant l’autorité administrative. V. au Recueil. La loi du 28 septembre ( 6 octobre 1791 ), section 6, défend aux agens des ponts et chaussées de fouiller dans un champ pour y chercher des pierres , etc., pour la confection des routes , avant d’avoir averti le propriétaire et assuré son indemnité. La même loi, tit. II, art. 40, 40 et 44 1 contient des dispositions sur les enlèvemens de gazons, terres et pierres dans les chemins. Y. cette loi au Recueil, FOU 168 et celle du 29 floréal au 10, sur la corservation des grandes routes, canaux et rivières navigables , et la compétence en cette matière. La fouille de sable et d’autres matières dans les forêts efct défendue , sous peine de 5 o o fr. d’an.onde, et cette action est punie de la même peine, lors même qu’elle n’est pas suivie de l’enlèvement des matières. ( Ord. de 1669, tit. XXVJI, art. 12. — Arr. de la C. de cass., des 20 prairial an 7 et 20 février 1812.) F 0 U 1 LLETAGE. Manière de couper les bois dans le Haut-Marsan, aujourd’hui departement de l’Yonne. V. Furetage. FOUR. V. Fourneau. FOUR A CHAUX, A PLATRE. V. Chaux. FOURCA.T. (T. de mar.) Varangue dont l’accu- lement est très-considérable, ou dont les branches forment entre elles un angle si aigu, qu’elle présente dans son ensemble la figure d’une fourche ou d’un Y : de mèifte que les varangues de certains couples reçoivent par leur forme le nom de fourcatj de même aussi les varangues de portpies , qui leur ressemblent ou qui leur .correspondent, sont des fourcats de porques. V., à l 'Atlas, Bois de marine. FOURCHE. Instrument de bois ou de fer, emmanché de bois, qui se diviso par l’extrémité en deux on plusieurs branches. Fourche ou fourchet est aussi la division d’une branche en deux. FOURMILLES. On appelle ainsi, dans quelques parties de la France, et notamment dans la ci-devant Normandie, les ramilles et branchages provenant de la coupe des taillis et gaulis. FOURMIS. Les fourmis font souvent beaucoup de tort aux arbres. On conseille de se servir de glu pour les empêcher d’y monter, ou de bouleverser les fourmilières en hiver ou en temps de pluie, et de les arroser avec une infusion de suie ou de feuilles de noyer,-ou enfin de couvrir ces fourmilières avec de la paille humide avant le coucher du soleil, temps où les fourmis sont rassemblées, et d’y mettre le feu ; ensuite on répand de la chaux, de la suie et des cendres, que l’on mêle avec la terre. FOURNEAU, du latin fumellus ou de jurmilia, vaisseau propre à contenir du feu. Fourneau. ( Métallurgie et r errerie.) C’est une grande construction où l'on entretient perpétuellement un feu de charbon destiné à fondre le fer et les autres métaux, et de bois sec, lorsqu’il s’agit de fondre et de façonner le verre. Il y a des fourneaux de liquation qui servent à fondre les métaux ; des hauts-fourneaux destinés à la fonte du fer; des hauts-fourneaux à -vent destinés à réduire le minerai de fer sans soufflet ni machine soufflante. L’ordonnance de 1669, tit. III, art. 18, défend tout établissement de nouveaux fourneaux sans autorisation. Un arrêt du conseil, du 9 août (auRecueil), réitère la défense de faire aucun fourneau , forge, verrerie et martinet, sinon en vertu de lettres-patentes , à peine de 3 ooo liv. d’amende, etc. Les nouvelles lois ont maintenu ces défenses. Il est défendu d’établir aucune usine pour la fonte FOU du minerai sans y être autorisé par une permission accordée par un réglement d’administration publique. (Loi du 28 juillet 1791 , tit. Il, art. 2.‘ —loi du 21 avril 1810, § 4) aTt • ?3.) Tout demandeur en permission d’établir un ou plusieurs fourneaux ou usines, adresse sa pétition au préfet. (Loidu -21 avril 1810, § 4 y ür F- 74 -)'^ Y désigne le lieu où il prétend former son établissement, les moyens qu’il a de se prpcurer'lè minerai, et* l’espèée de èombtretibhs -dont*il" veut Ve servir pour alimenter ses fourneaux. (Loi du là juillet 1791, tit. II, ait. 4.’) Cettepétitirtn est comtnuniqhée à l’Administration dès forêts, qui donne son avis sur l’établissement des bouches à'feu , en 'cè qui Concerne les bois. (Loidu 21 avril 1810; § 4 5 àrt. 74.) V. Usines. FOURNEAU A CHARBON. V. Fosse à charbon et Charbon. FOURRE. On nomme ainsi les lieux très-garnis de bois, les forts où se retirent les bêtes fauves. FOURREAUX D’ÉBÉES. Les lattes'pour les fourreaux de sabre et d’épée sont de vraies lattes de hêtre, qui ont 3 pieds 4 pouces de longueur, 3 pouces et demi de largeur par un bout, et 2 pouces et demi par l’autre : on les fait le plus minces qu’il est possible. Les habiles ouvriers en font qui n’ont qu’une lig. et demie d’épaisseur; mais pour l’ordinaire, leur épaisseur est de 2 lig. Les billes destinée^ à ces ouvrages sont de 14 pouces de diamètre ou'environ. On les fend par quartiers et demi-qnartiers , et l’on réserve du côté de l’écorce une tranche de 3 pouces et demi d’épaisseur; le cœur se met avec le bois à brûler; ensuite le fendeur réduit avec le conlre un des bouts de la tranche à environ 2 pouces et demi d’épaisseur. Cette tranche ainsi préparée est fendue eu deux, chaque morceau encore en deux, et l’ouvrier continue ainsi, jusqu’à ce que ses lattes n’aient au plus que 2 lignes d’épaisseur. La façon se paie au cent, et le marchand les vend au compte : ainsi, plus on fend les lattes minces, plus le marchand tire profit d’un arbre. Le planeur redresse les lattes sur le chevalet, et les réduit à moins d’une demi-ligne d’épaisseur, et les met en bottes de vingt-cinq, liées de trois lanières. On 11e rejette pas les lattes rompues; ôn les met au milieu des bottes, où elles sont retenues par celles qui sont entières, et il ne se trouve dans ces bottes de lattes entières que celles qui font la couverture. Le marchand paie l’ouvrier par cent de lattes , et les vend à la grosse de trois mille feuilles ou lattes. Y. Marchand de bois. FOURRIERE. Ce terme vient du latin fodrum, qui signifie /barre ou fouore, fouerre ou feure, autrement paille ou fourrage. Du vieux mot fouerre , on a fait fourrie, qui se disait anciennement ponr désigner une étable, stabulurn, parce que ces lieux sont ordinairement remplis de fouerre ou fourrage pour la nourriture des bestiaux ou pour leur servir de litière. Du mot fourrie on a fait ensuite fourrière, terme qui, dans notre langue, désigne une saisie de bestiaux qu’on prend en délit dans des terres ensemencées , des vignes, des bois, etc., et qu’on met, par forme de séquestre , en garde dans une écurie ou FRA FRA établi, où ils sont nourris aux dépens du maître auquel ils appartiennent, afin d’obliger ce dernier à payer le dommage qu’ils ont causé. Lorsqu’un garde forestier a saisi des animaux dans un bois, il les met en fourrière dans le lieu de la résidence du juge de paix, et aussitôt après l’affirmation de son procès-verbal, il en fait une expédition, qui demeure entre les mains du greffier , pour en être donné communication à ceux qui réclament les objets saisis. {Loidu 39 septembre 1791, lit. IV, art. 9.) Les juges de paix peuvent donner main-levée provisoire des bestiaux saisis, en exigeant bonne et suffisante caution jusqu’à concurrence de la valeur des objets saisis, et en faisant satisfaire aux frais de séquestre. / b., tit. IX, art. 3 .) Si les bestiaux saisis ne sont pas réclamés dans les trois jours de la séquestration, lesdits juges de paix en ordonnent la vente à l’enchère au marché le plus voisin, après en avoir faitafficher le jour, vingt- quatre heures à l’avance. Les deniers de la vente restent déposés entre les mains de leur greffier, sous la déduction desdits frais de séquestre, qui doivent être modérément taxés. "Y. Séquestre, Bestiaux . Quant à la saisie des bestiaux qui font des dégâts sur les propriétés rurales et leur mise en fourrière, V. l 'art. 12 du tit. II de la loi du 28 septembre 1791. FOUTEAU. Nom du hêtre dans quelques pays. V. Hêtre. FOUTELA 1 E. Vieux mot qui, dans quelques pays, signifie un lieu planté de fouteaux ou hêtres. IRAGON, ruscus. Genre de plantes de la dioécie monadelphie et de la famille des smilacées, qui renferme, cinq à six espèces, la plupart propres aux parties méridionales île l’Europe. L’espèce la plus commune et la seule qui croisse naturellement en France, est le fragon piquant, ruscus aculeatus, connu aussi sous les noms de houx frelon, brusque, buis piquant, myrte épineux. On trouve cet arbuste dans les bois et les haies des parties moyennes et méridionales de l’Europe; il couvre quelquefois exclusivement de grands espaces. 11 est toujours vert, et son feuillage ressemble assez à celui du myrte; sa hauteur est de près d’un mèt. ; ses feuilles, assez petites, nombreuses, sont entières , ovales-pointues, dures et piquantes à leur sommet. A des fleurs solitaires, naissant chacune sur le milieu de la surface supérieure des feuilles, dans l’aisselle d’une petite écaille, succèdent des baies sphériques, de la grosseur d’une petite cerise, qui deviennent rouges en mûrissant l’hiver, et forment alors un contraste éclatant avec les feuilles. Toute espèce de terrain convient au fragon ; cependant un peu d’ombre lui est nécessaire. On le propage par ses graines , qu’on sème au printemps, et qui lèvent rarement la première année, et par la séparation des pieds, qui se fait en hiver, et qui est lacile, parce que les racines de cet arbuste tracent beaucoup. Le fragon est employé à fortifier les haies qui se dégarnissent par le bas ; il fait un bel effet dans les jardins paysagers. Dans quelques endroits on fait des balais avec ses tiges, et dans d’autres on en mange les jeunes pousses en guise d’asperges; ses Tome II. 169 feuilles sont amères et astringentes, et s’emploient comme telles en médecine. Les baies peuvent être mangées , quoiqu’elles partagent la propriété astringente des racines et des feuilles. FRAIS. Ce mot vient du latin barbare fredum, qui proviendrait lui-même de l’allemand friede, paix , et qui se trouve dans les lois des Lombards et dans celles des Frisons, pour l’amende qu’on payait à l’empereur, au roi, aux comtes et autres seigneurs, lorsqu’on avait rompu, violé la paix par cette sorte de petite guerre appelée procès. De fredum on forma le mot freds, que l’on écrit maintenant frais. On entend par frais les dépenses que l’on est obligé, de faire pour parvenir à quelque chose , et, dans la pratique, la dépense et le coût d’un procès. Il y a des frais qui entrent en taxe, et d’autres qui n’y entrent pas; les premiers sont communément appelés dépens. Les frais qui n’entrent point en taxe, ou les faux frais, sont certaines dépenses qu’on est obligé de faire, sans cependant qu’elles puissent être portées dans la déclaration de dépens. V. ci-après Frais de justice. Frais d’adjudication des coupes de bois. \ . Adjudication , § 6 , t. I, p. 106. Frais d’arpentage et de réarpentage des coupes. Chaque adjudicataire paie ces frais pour la coupe qui lui est vendue. ( Cah. des ch., art. io. — Circul. du 3 juin 1823.) Frais de bureau. V. Traitement. Frais d’expertise. V. Expert. Frais d’exploitation et autres a la charge des communes. V. Bois communaux, chap. VI, t. I, p. 374. FRAIS DE JUSTICE OU DE POURSUITES. I. Tout jugement de condamnation rendu contre le prévenu et contre les personnes civilement responsables du délit, ou contre la partie civile, les condamne aux frais, même envers la partie publique. Les frais sont liquidés par le même jugement. {Code d’instr. crim., art. 162 et 1 94 -) II. Le remboursement des frais peut être poursuivi par la contrainte par corps. ( Code pénal, art. 52 .) III. Lorsque des frais sont prononcés au profit de l’état, si, après l’expiration de la peine afflictive Ou infamante, l’emprisonnement du condamné , pour l’acquit de ses condamnations pécuniaires, a duré une année complète, il peut, sur la preuve acquise par les voies de droit de son absolue insolvabilité, obtenir sa liberté provisoire. La durée de l’emprisonnement est réduite à six mois, s’il s’agit d’un délit, sauf, dans tous les cas, à reprendre ia contrainte par corps s’il survient au condamné quelque moyen de solvabilité. ; II., art. 53 . ) IV. Tous les individus condamnés par un même délit sont tenus solidairement des trais. ( Code d’instr. crim., art. 121.) V . La loi du 18 germinal an 7 portait, art. 5 , que les indemnités accordées à ceux qui auraient souffert un dommage résultant d’un délit, seraient prises sur les biens des condamnés avant les frais adjugés à l’état; mais cet article est implicitement abroge par la disposition de la loi du 5 pluviôse an 1 3 , textuel- 22 FIVA FRA t 7 ° lement rappelée dans l’art. \ 5 y du décret du 18 juin 181 r, qai veut qu’en matière de police correctionnelle , ceux qui se constituent parties civiles soient personnellement tenus envers le trésor public, des frais d’instruction, d’expédition et de signification des jugemens, sauf leur recours contre les accusés ou prévenus qui auront été condamnés. Aussi l’art. 54 du Code pénal de 1810 ne donne-t-il qu’aux restitutions et aux dommages-intérêts (sans parler des frais) \ÿ. préférence sur l’amende et la confiscation. Enfin la loi du 5 septembre 1807 a déterminé le privilège du trésor à raison des frais faits par la >artie publicjue , et ce privilège est mentionné par ’art. i2t du Code d’instruction criminelle. VI. Le décret du 18 juin 1811 détermine quels sont les frais compris sous la dénomination de frais de justice, et en règle le taux. Celui du 7 avril 181 3 modifie quelques-unes des dispositions du premier VII. En matière de police correctionnelle et de simple police, les frais fes plus ordinaires sont : i°. Les indemnités accordées aux témoins; 2°. Les frais de mise en fourrière; 3 °. Les droits d’expédition et autres, alloués aux greffiers ; 4“. Les salaires des huissiers; 5 °. L’indemnité accordée aux officiers de justice dans les cas de transport sur le lieu du délit. Ne sont point compris dans les frais de justice les honoraires des conseils ou défenseurs, non plus que les droits et honoraires des avoués ; ni les dépenses des prisons, maisons de correction, d’arrêt et de justice, et toutes autres dépenses, de quelque nature qu’elles soient, qui n’ont pas pour objet la recherche, la poursuite et la punition des délits et contraventions de la compétence des tribunaux correctionnels ou de simple police. ( Décret du 18 juin 1811, art. 3 .) Ainsi l’Administration des forêts, lorsqu’elle succombe dans un procès, ne peut être condamnée à payer les honoraires des conseils ou avoués de la partie adverse. ( slrr. de la C. dp cass., du 12 avril 1821.) Tarif des frais. Témoins. VIII. Pour chaque jour que le témoin aura été détourné de son travail ou de ses affaires, il pourra lui être taxé ; savoir, A Paris. 2 fr. » c. Dans les villes de 40,000 habitans et au-dessus. 1 5 o Dans les autres villes et communes. 1 » Les témoins du sexe féminin et les enfans au-dessous de quinze ans, reçoivent : A Paris. 1 fr. 25 c. Dans les villes de 40,000 habitans et au-dessus. 1 » Dans les autres villes et communes. » {Décret du 18 juin 1811, art. 27 el 28.) IX. Il n’est plus accordé 3 e double taxe aux témoins infirmes ou malades. {Décretdu y avril 181 3 .) X. Les témoins qui ne. sont pas domiciliés à pins d’un myriamètre du lieu où ils sont entendus, n’ont droit à aucune indemnité de voyage. Ceux domiciliés à plus d’un myriamètre reçoivent pour indemnité de voyage, s’ils ne sortent point de leur arrondissement, i fr. par myriamètre parcouru en allant, et autant pour le retour. S’ils sont appelés hors de leur arrondissement, cette indemnité est d’un fr. 5 o c. Dans les deux derniers cas, la taxe fixée par les art. 27 et 28 ci-dessus, dudérretdu 18 juin 1811 , n’est point allouée. {Décret du y avril 181 3 , art. 2.) XL 11 peut être alloué de» frais de séjour aux témoins , et dans ce cas ces frais tiendront lieu de la taxe déterminée par les art. 2 y et 28. ( Décret du 18 juin 1811 , art. 3 o. ) XII. Les témoins qui reçoivent? un traitement quelconque, à raison d’un service public, n’ont droit qu’au remboursement des frais de voyage , s’il y a lieu , et s’ils le requièrent. ( 1 b., art. 3 s. XIII. L’indemnité accordée aux témoins n’est avancée par le trésor qu’autant qu’ils ont été cités, soit à la requête du ministère public , soit en vertu d’ordonnance rendue d’office dans les cas prévus par les art. 269 et 3 o 3 du Code d’instruction criminelle. {Ib., art. 33 . ) XIV. Les témoins cités à la requête, Soit des accusés, soit des parties civiles, sont payés par ceux qui les ont appelés en témoignage. {Ib., art. 34 -) XV. Les officiers de justice énoncent dans les mandats qu’ils délivrent au profit des témoins, que la taxe a été requise. {Ib. art. 36 .) XVI. Lorsque les gardes champêtres ou forestiers sont appelés en justice, soit pour être entendus comme témoins, lorsqu’ils n’auront pas dressé de procès-verbaux, soit pour donner des explications sur les faits contenus dans les procès-verbaux qu’ils auront dressés, ils ont droit aux mêmes taxes que les témoins ordinaires. {Décret du y avril i 8 i 3 , art. 3 . ) Droits d’expédition et autres, alloués aux greffiers. XVII. Les droits d’expédition sont dus pour tous les actes et pièces dont il est fait mention dans les articles du Code d’instruction criminelle, sous les n os . 3 1, 63 , 65 , 66, 68,81, 86, 114 ? 117, 118, 120, 122, 123 , 124, 125,128, 129, i 3 o, 1 3 1, 146, i 53 , 1 5 y, i 58 , 159, 160, 161, 188, 190, 191, 192, 193, 248, 281, 3 oo, 3 o 4 , 3 o 5 , 343 , 358 , 396, 397, 398, 4 > 8 , 419, 452 , 454? 4 ^ 5 , 4 ^ 6 , 4^5, 481 1 568 , 5 95 et 601. ( Décret du 18 juin 1811, art. 42.) XVI 11 . Ces droits d’expédition ne sont dus que lorsque les expéditions sont demandées, soit par les parties qui en requièrent la délivrance à leurs frais, soit par le ministère public : dans ce dernier cas, le trésor royal en fait les avances, s’il n’y a pas de partie civile , ou si la partie civile est dans un état d’indigence dûment constaté. Hors les cas ci-dessus, il n’est rien dû aux greffiers pour les actes sus- énoncés, lorsque la signification, la notification ou la communication en sont faites sur les minutes , ainsi qu’il est dit ci-après. {Ib., art. 43 -) XIX. Il n’est dû qu’un droit fixe aux greffiers pour les* extraits qu’ils sont tenus de délivrer en conformité des art. 198, 202,417 et 472 du Code d’instruction criminelle, et de l’art. 36 du Code pénal. {Ib., art. 44 -) FRA FRA En conformité de l’art. j68 du Code d’instruction criminelle , les droits dVxpudilion dus aux .greffiers, dos maires agissant comme juges de police, sont les; mêmes que ceux des greffiers des autres tribunaux de police. (Décret du 18 juin 1811, art. 47. ) XX. Les droits des greffiers des cours et tribunaux sont fixés à 40; c. par rôle de vingt-huit lignes à la page, et de quatorze à seize syllabes à la ligne. (Ib. t art, 48.) N XXJ. Les droitsfixés pour les extraits en matière criminelle et correctionnelle, sont réglés à 60 ,c. , quel que soit le nombre de rôles de chaque extrait. En matière forestière, les droits ne sont que de 25 c. (, 1 b., art. 5 o, et Décret du 7 avril i 8 i 3 , art. y.) XXII. Il n’est payé que 20 c. pour les extraits de jugemensen matière de police simple, et généralement pour tous extraits délivrés aux receveurs ou préposés des régies, pour le recouvrement des condamnations pécuniaires, sans préjudice de l’art. 62 du réglement, en ce qui concerne les expéditions ou extraits qui auraient été délivrés au ministère public. (Décret du 7 avril , 8 i 3 , art. y.) XXIII. L’ état de liquidation des frais et dépens est dressé par le greffier, et les copies qu’il en délivre lui sont payées à raison de 5 c. par article. ( Décret du 18 juin 1811, art. 5 1. ) XXIV. En matière correctionnelle et de simple police, aucune expédition ou copie des pièces de la procédure ne peut être délivrée aux parties sans une autorisation expresse du procureur général; mais il leur est délivré, sur leur seule demande, expédition de la.plainte, de la dénonciation, des ordonnances et des jugeme/is définitifs. Toutes ces expéditionssont à leurs fiais. (Ib., art. 56 .) Salaires des huissiers. XXV. L’art. 71 du décret du 18 juin 1811 règle ainsi qu’il suit les salaires des huissiers pour tous léi actes de leur ministère, résultant du Code A’instruction criminelle et du Code pénal. i°. Pour toutes citations, significations, notifications, et mandats de comparution, dans les cas prévus par lesart. 19, 34 , 72, 81, 91, 97, 109, 114, 116, 117, 128, 129, i 3 o, i 3 i, i 35 , i4"), 146, 149, i 5 i, i 53 , 157, 1 58 , 160, 172, 174, 177, 182, i 85 , 186, 187, 188, 190, 199, 2o3, 2o5, 212, 21 3 , 214, 229, a 3 ans les villes de 40,000 habitans 44,-iiessus. » y 5 .pausles autres villes et communes. » 5 o 2°. Pour chaque copie des actes ci-dessus désignés , A Paris. ■ > • • • » fr. y 5 c. Dans les villes de 40,000 habitans ett au-dessus... » 60 Dans les autres villes et communes. » . 5 o J 7 I 3 °. Pour l’exécution des mandats d’amener, dans le$ cas prévus par les art. 4°, 61, 80,91, 92 , 237, 369 , 355 , 36 1 et. 462 du Code d’instruction criminelle, y compris l’exploit de signification et la copie, A Paris. 8 fr. » c. Dans les villes de. 40,009 habitans et au-dessus... 6 « Dans.les autres villes et communes. 5 » 4 °. Pour Vexécution des mandats de dépôt, aux cas prévus par les art. 34 , 4° > 61 , 86, 100 , 193, 214, 237, 248 et 390 du Code d’instruction criminelle, y compris l’exploit de signification et la copie , A Paris.. 5 fr. ne. Dans les villes de 4 °, 000 habitans et au-dessus. . . 4 35 Dans les autres villes et communes. 3 » XXVI. Le décret du 7.avril i 8 i 3 , art. 6, a modifié ainsi qu’il suit le u°. 5 de l’art. 71 et l’art. 77 du réglement du j8 juin 1811 , concernant le,droit à allouer aux huissiers, gendarmes, gardes champêtres et forestiers; savoir, Pour capture ou saisie de la personne, eu exécution d’un jugement de simple police, sans qu’il puisse être alloué aucun droit de perquisition, A Paris. 5 fr. n ç. Dans les villes de 40,000 habitans et au-dessus. 4 » Dans les autres villes et communes. 3 » Pour capture en exécution d’un mandat d arrêt, ou d’un jugement ou arrêt en matière correctionnelle emportant peine d’emprisonnement, A Paris. 18 fr. « c. Dans les villes de 40,000 habitans et au-dessus. i 5 » Dans les autres villes et communes. . 12 ri La taxe allouée pour la capture d’un individu condamné à un emprisonnement qui n’excède pas cinq jours, est celle fixée par le n°. 1 de l’art. 6 du décret du 7 avril 181 3 . ( Ord. du roi, du 6 août 1823.; XXVII. Le même décret du 7 avril i 8 i 3 , porte : « Lorsqu’un mandat d’amener sera suivi d’un mandat de dépôt, et que l’un et l’autre auront été exécutés dans les vingt-quatre heures par le même huissier, il ne sera alloué à l’huissier, pour l’exécution de ces deux mandats, que le droit fixé par l’art, yo du réglement, quand bien même les deux mandats n’auraient pas été décernés dans les mémos vingt-quatre heures, ni par le même magistrat. » XXVIII. Ce droit est ainsi fixé par l’art. y"b dudit réglement du 18 juin 1811, A Paris.. . • • Dans les villes de 40,000 habitans et au-dessus...... Dans les autres villes et communes. XXIX. Le n^. 7 de l’art. 71 du réglement, porte : « Pour le procès-verbal de perquisition dont il est fait mention dans l’art. 109 du Code cfinstruction criminelle, et qui n’est pas suivi de capture, y compris l’exploit de signification et la copie du mandat d’arrêt, de l’ordonnance de prise de corps, 1 o fr. « c. 8 a 6 » FRA FR A » fr. 5oc. 4 ° 3o » c. ou de l’arrêt ou -jugement qui auront donné lieu à la perquisition; savoir, n Dans la ville de Paris. 6 fr. » c. » Dans les villes de <$0,000 habi- tans et au-dessus. 4 » » Dans lés autres villes et communes A-. 3 » XXX. he n°. 10 dn même article : « Pour le salaire particulier des scribes potir les copies de tous les actes dont il est fait mention ci-dessus, et de toutes les autres pièces dont il doit être donïtécopie, et co, pour chaque rôle d’écriture de trente lignes à la page, et de dix-huit à vingt syllabe» à chaque ligne, non compris le premier rôle, -» A Paris ... *> Dans les-viltes de 40,000 habi- tans et au-dessus. » » Dans les autres villes et communes » . ... ... » XXXI. Le n°. 1 t : « Pour assistance à l’inscription de l’écrou , lorsque le prévenu se trouve déjà incarcéré, et pour la radiation de l’écrou dans tous les cas, A J ans. i ■ •, v .....*•....... 1 fr, -» Dans les villes de 40,000 habi- tans et au-dessus.... » 75 » Dans les autres villes et communes». .. » 50 XXXU. Lorsque des individus contre lesquels il a été décerné des mandats d’arrêt et ordonnances de prise de.corps, ou rendu des arrêts ou- jugemens emportant saisie de la personne, se trouvent déjà arrêtés d’une manière quelconque, l’exécution des actes ci-dessus, à leur, égard, n’est payée aux huis- sieurs qu’au taux réglé par le n Q . 1 de Part. 71 pour les citations, significations et notifications. ( Même décret, ou Réglementdui & juin 1811, art. 74.) XXX1U. Les huissiers ne doivent dresser un procès-verbal de perquisition , qu’en vertu d’un mandat dferrèt; ordonnance de prise decorps, arrêt ou ju gement de condamnation à une peine afflictive ou infamante, ou à l’emprisonnement. (Ib., art. y5.) XXXIV. Il n’est payé, dans une seule affaire, qu’un seul procès-verbal pour chaque individu, quelque soit le nombre des perquisitions qui auront été faites dans la même communs, (ià., art. 76.) XXXV, Le salaire dea recors est toujours à la •charge des, huissiers qui les ont employés. ( Ib ., art. 78. ) XXX\ I. Les copies.d’actes, de jugemens, d’arrêts et de toutes autres pièces à faire par les huissiers, doivent être correctes et Lisibles, à peine dej rejet dse la taxe. Les papiers employés à.ces copies ne doivent pas contenir plus de trente-cinq lignes par page. do petit papier, plu» de quarante.lignes par -page do moyen papier^ et plus dp cinquante lignes par page de grand papier, à. phina-de, a5 fr. d’a- mçnàer(Décret, du-2X) août ....... /_-.»* Des frais de voyage et dfj scjqyr^^ XXXVJI. L’art. 90 du réglem'1 i 1 i./.// XLV 1 II. Les états-ou : mémoires qui compren- draient, des dépenses autres que celles qui, d’après le présent décret, doivent être payées sur les fonds généraux des frais de justice, sont : rejetés de la-taxe et du visa, sauf aux parties réclamantes.fi diviser leurs mémoires P armature de dépensPxjxJurde n»on- tant eu être acquitté par qui de droit, è/fi., anj. i 48 .) XJLÏX. Les exécu toires qui n’ouLpaa étXprésen tés au visa du, préfet, .dans.le délai d’une, «butée, à compter de l’époque à laquelle les .frais entétéfaits, ou .dont le paiement 11’a pas été réclamé dans les six mois delu'date du msa^iie-peuvent ètre ac- quittés qu’au ta ut qu’il est justifié que les retards nei sont point imputables' à la i>artie dénommée, dans! l’exécutoire. Celte justification ne peut être admise que par le garde.-des-aceapx, après, uvtnr pris l*avisi des procureurs généraux ou desipréfats, s’il y a lie u. (fb.,au. i 49 » 1 .v L. Les préfets ne délivrent leurs mandats et ^apposent leur visa sur Les exécutoires., que d’après les règles, établies par le présent .décret, et après une exacte vérification de chacun des articles de dépense portés dans les états 4-) . ' » . • ' ' • ... L J De la liquidation et du recouvrement des frais. ( LIV. La condamnation aux frais est prononcée, dan/} toutes les procédures, solidairement contre .tfms.los. dnteura et complices du même fait, et Ocnstrcr, las,:personnes civilement responsables du délit. (Ib.r rat. 1 5 y.) . XV. $opt assimilés aux parties civiles : . . To.utftuégie: ou- administration publique^ relati- vemeit^jaux procès suivis, soit à sa requete, soit même d’olfice et dans son intérêt; Les communes et les établissemens publics, dans les procès instruits, ou à leur requête, ou même d’office, pour crimes ou délits contre leurs propriétés. (Ib., art. i 58 .) Ainsi les frais de justice daps les pilaires concernant les communes, régies, administrations ouéu- blissemens publics, sont à leur charge, soit que les poursuites aient eu , lieu .à Ipur requête ou à la requête du ministère public. (Décret du 18 juin 1811. —■ Lettre du garde-des-sceaux , du 3 avril j X &-) Mais toutes ifes fois qu’une affaire intéressant une commune, une administration publique ou un établissement public, est de nature à entrainer une peine afflictive ou infamante, la dépense occasionnée par la procédure doit être acquittée sur les fonâsrge- néraux des frais de justice, d’après les ordonnances du préfet v: mi$es au : pied de la taxe des tribunaux, comme pour les autres affaires poursuivies d’office et-exclusivement à la requête du ministère public, par le. motif que, dans ce cas, les poursuites sont dirigées dans l’intérêt de l’ordre social plutôt que dans celui de telle ou telle administration. (Décis. du min. des fin., du 2a mars 1822. ) LY 1 . Toutes les fois qu’il y a partie civile en cause, et qu’elle n’a pas justifié de son indigence dans la forme prescrite par l’art. 4*0 du Code d’instruction, expédition et signification des jugemens peuvent être décernées directement contre elle. ( Decret du 18 juin 1811 , art. 1 5 ç.) LVII. En matière de police simple ou correctionnelle, la partie civile qui n’a pas justifié de son indigence est tenue, avant toutes poursuites, de déposer au greffe, ou- entre les maius du receveur de l’enregistrement, X somme présumée nécessaire pour les frais de la procédure. Il n’est exigé aucune rétribution pour.la garde de ce dépôt, à peine de concussion. <(Ib., art. 160.) LVI 1 I. Dans les exécutoires décernés sur les caisses de l’administration de l’enregistrement pour des frais qui ne sont point à la charge de l’état, il est fait mention qu’il n’y a point de partie civile en cause , ou que la partie civile a justifié de-son indi- genceil(/fi.^nr^ i6j.) L 1 X. Il est dressé} pour chaque affaire criminelle, correctionnelle ou de simple police, un état de liquidation des-frais; et lorsque cette liquidation n’a pu être insérée, soit dans l’ordonnance de mise en liberté ., soit dans l’arrêt ou le jugement de condamnation , d’absolution ou d’acquittement, le juge compétent décerne exécutoire contre qui de droit 174 FRA fra au bas cluditct.it de lifjuidatioru ( Décret du 1 f> juin 1811, art. 1 63 . ): LX. Le greffier remet, dans le plus court délai ,i au préposé de l’administration de l’enregistrament| chargé du recouvrement, un extrait de i’ordon-j nance, arrêt ou jugement, pour ce qui concerne lai liquidation et la condamnation au remboursement des frais, ou une copié de l’état de liquidation ren-i due exécutoire, ainsi qu’il est dit dans l’article précédent. ‘ . LXL 11 en transmet un double au garde-des-.l sceaux, pour servir à la vérification de Llétat de trimestre dont il est parlé ci-après. (Ib., ait. 164.) LXIJ. Les préfets inscrivent sur un registre particulier , sommairement et par ordre de dates et de numéros, les mandats qu’ils délivrent en vertu du présent décret, ainsi que les -visa qu’ils apposent sur les états ou mémoires, et sur chacune des pièces produites à l’appui : cqg pièces sont', en outre, cotées; par première et dernière. (Ib., art. 1 65 .) LXJII. Dans la première quinzaine de chaque tri-, mestre, les préfets adressent au garde-des-sceaux un état relevé sur le registre mentionné-dans l’article précédent , et conforme au modèle arrêté par ce mi-i nistre ; ils y joignent les doubles des états ou nié-; moires qu’ils ont visés pendant le trimestre expiré. (Ib., art. j 66.) LX 1 V. Dans la première quinzaine du second mois de chaque trimestre, les directeurs de l’administration de l’enrqgistrement adressent au directeur général de cètte administration un état conforme au modèle, avec les mandats et) exécutoires que les receveurs dé leur arrondissement ont acquittés pendant le trimestre précédent.-Ces mandats et exécutoires sont accompagnés des originaux des pièces justificatives. (Ib., art. 167.) LXY. Le directeur général de l’administration de l’enregistrement fait parvenir au garde-des-sceaux, dans les trois mois au plus tard, après l’expiration de chaque trimestre , un état général conforme au modèle arrêté par le ministre, auquel état sont joints les états particuliers des directeurs, ainsi que les mandats et exécutoires accompagnés des originaux des pièces justificatives. (Ib. ; art. 168.) LX .1 I. Le garde-des-sceaux fait procéder à la vérification de l’état général qui lèi a été adressé. 11 l’arrête à la somme totale des paiemens qui lui paraissent avoir été régulièrement faits. Il délivre, du montant, une ordonnance nu profit de l’administration de l’enregistrement; te tout sans préjudice des restitutions qu’il pourrait y avoir lieu d’ordonuer ultérieurement. (Ib., art. 169.) LXY 11 . Cette ordonnance est remise, avec l’état général ci-dessus mentionné, et les pièces à l’appui, par l’administration de l’enregistrement, au ministre du trésor royal, lequel délivre, eu-êchange, un récépissé admissible dans les comptes de cette administration. (Ib.,art. 170.) LXY 111 . Le garde-des-sceaux pent, lorsqu’il lei croit convenable, envoyer des inspecteurs pour visiter les greffes, et y faire toutes vérifications relatives aux frais dejusji^e. (Ib.’, art. 171.) ; LXIX. Toutes les,fois que le garde-des-sceauxt reconnaît que d'çs gommes ontoété indûment al-i louées à titre de frais de'justice criminelle , il en fait dresser .des rôles de restitntiuri', lesquels sont par lui déclarés exécutoires contre qui de droit, lèr.s même que ces sommes- se trouveraient comprises dons des élites'déjà ordOnrtflfifcés'paT lui, pourvu néanmoins qu*il ne se soit fias écoulé plus de deux ans depuis la date de ses ordohnslricès. ( Décret du 18 juin 181 1 , art. t ÿh! )' • ’ LXXj Si dans lésêtats'defCrfik moyens dressés par lesyeceveurs de l’eunegistremént, lfes préfets trouvent iqu’il'ytait-abtis'ou Surtaxé, ils 'dressent, du montant des sommes qu’ils ne crOieht'pas légitimement allouées, des rôles- de réititiition conformes au modèle arrétépiar le ministre ffe la justice, et ils les adressentce' ministre, pour être par lui déclarés exécutoires, s’il y a lieu. {Ib., art. 17O.) LXXI. Le recouvrement des frais de justice avancés par l’administration de l’enregistrement, conformément aux dispbsitiOrfs dn ptésént décret, et qui ncsont point à la tfhàrge del’étàty ainsi que les restitutions-ordonnée^ par le gnrde-deS-Sceaux , en exécution des deux articles précédens, sont poursuivis par toutes voies de droit, et même par celle de la contrainte par -dorjis, à la diligence dès préposés-de ladite , administéatioh ,I , l ‘eil Yéfrtu dès exécutoires mentionnés aux articles eLdeSSirs. ' (Ib., art. 174. ) • 1 LXX 11 . Pour l’exécution de la contrainte par corps, dans-lete cas cLdessrt's -prévus , il suffit'We donner copie au débiteur, en' tête dit commandement à lui signifié, i°. Du rôle ou des articles du rôle slir lesquels est intervenue l’ordonnance de recouvrement ; 2°; De' l’ordtWniàn'ce dit garde-dtes-sreàux , portant restitution de la somme à recotivrér, étl ce qui concerne le débiteur-fort train t.f/ê., àrt. 175.) LXX 1 I 1 . Les huissiers préposés pour les actes ré- latifsau recOuVrehièntç péhvent recevoir les’sômmes dont les parties offYerit de‘Sé : libérer dans leurs mains, à la charge par eux "d’en- faite' mention Sur leurs répertoires, etde'leS verser immédifitemértt dans la caisse du -receveur de- î'enregistretfient',' 'à peine d’ètre poursuivis et-jUmis-'ecnformément aux art. 169, 171 et 172 du Code pé/tal, . s’ils sont en retard de plus de trôis jèurs-.' (Èf.; art. Y 76.)' LXX 1 Y. L’adminlsf ration 1 fde- l’enregistrement, rend compte des rec'OuvCénjens effectués, de la même manière quede ses autrésreee’ttés. En cas d’insolvabilité des partrescohtfe lesquelles sont décernés les exécutoires, lesrecêvéufs sont déchargés des rècouvremens qifi concernent ces parties, en justifiant de leurs diligëhdes 1 , et en rapportant des certificats d'indigence légalement délivrés, sans préjudice toutefois déS poursuites qui peuvent être exercées-dans ie tés oùlesdlfes-'parties devién- draient solvablds>. (Ib.\ drtt ; LXXV. Dans le-courant de sdhaqtte trimestre, l’administration de 1’enregïsfrëmertD renietaugadde- Ides-sceaux des étàt-s d>é Situation des récmivrëfnens du trimestre précédent, dressés dans laTorme qui est par lui déterminéé. ’* ' 1 A la fin de chaque trimestre bu* dè Chaque exercice,'le montant : dès domtfiês éécmtvrée^st compensé jusqu’à due ednctVi 4 ëSée 1 ,' évec le^ avances fh a FRA 175 laites par l'administration pendant lq même exercice , pour frais généraux, de justice ,et il en est.fait déduction daps ses, comptes. Dépret du 18 juin 1811 , art. 178. ) LXXVÎ. Le garde-des-scç^utt présente, chaque année, au gouvernement un , ; bprd,ereau général, tant des ordonnances qji’il,a délivrées pour frais de justice, que des sommes qui ont été recouvrées par l’administraticpi de l’enregistrement sur le montant de ces ordonnances., (Ib., art. *79*) . lxxVii. Tous régiemeif-s relatifs au tarif et au mode de paiement çt recouvrement des frais de justice en matière criminelle, notamment l’arrêté du gouvernement, du 6 messidor an 6 , et le décret du 24 février 1806, sont abrpgés. (f.b., art. 189.) Dispositions particuliÿrés relatives aüæ frais de poursuites en matière forestière. LXXVJJI. La loi dp 39 septembre. 1791, tit. IX, art. 21 et a4, voulait que les frais de poursuites fussent avancés par les ttgens forestiers, qui en seraient remboursés par le? receveurs <1® l’enregistrement. Une décision dp ministre de la justice, du 16 messidor an 10, a ordonné que ces frais ne seraient plus avancés par les agens forestiers, et qu’ils seraient acquittés directement par les receveurs de l’enregistrement, LXXIX. Ces receveurs dressent, à la fin de chaque trimestre, des plats distincts et séparés des salaires des témoins qui ont pu être administrés par les agens forestiers. ,Ces étals indiquent la nature fie chaque délit; ils sont appuyés des.citations, et sont soumis aux formalités de l’exécution, pt du visa. j Y. la De'cis. du 16 messidor an 11, rapportée dans une Ci'cul. de V Adm. des forêts, du 10 thermidor suivant, y?. 1 55 .) LXXX- Les greffiers pour les expéditions , copies et extraits qu’ils sont dans le cas de délivrer, et les huissiers pour les actes de leur compétence, forment aussi df.s mémoires distincts et séparés, à la fin de chaque mois ou de chaque trimestre, et ils les font arrêter par le conservateur ou l’inspecteur des forêts, avant de les présenter au président du tribunal, pour être par lui rendus exécutoires, en présence du procureur du rqi, revêtus de la signature de ces magistrats et visés par le préfet. (Ib.) Les agens forestiers doivent viser les mémoires des frafs relatifs à la poursuite faite par eux des délits commis dans les bois communaux; mais ils ne sont pas teuus de viser les mémoires des frais relatifs aux délits commis sur des terrains non soumis au régime forestier. (De'cis. min., du 18 Juin 182.3.) Les ageps forestiers chargés du visa des mémoires de irais de poursuites et d’instances, doivent toujours indiquer en marge l’exercice et le chapitre du budget sur lesquels la dépense doit être imputée. ( Girçul. du 6 ,octobre 1820.) Ou ne doit point comprendre dans les dépens que l’administratjon des domaines paie pour le compte de l’Administration des forêts, les honoraires des avoués employés par les parties , ni le droit d’appel de cause accordé aux huissiers-audienciers. ( Décis. min., des 11 et 3 i décembre i 8 a 3 .) LXXXL Les frais dûment constatés sont payés immédiatement par les receveurs du domaine dans chaque arrondissement, comme les autres frais de justice, sans 1 que les agens de l’administration puissent, dans aucun cas , être tenus de déposer au greffe la .somme nécessaire pour les frais de pro- céduie. {Lettre du min. de In just.,jointe à celle du direct, srén. de l’adm. , écrite au conserv. de la i 3 e . division , le 16 mars 1812.) LXXXI 1 . Les agens forestiers sont garans de la véracité des articles qu’ils sont chargés d'arrètèr. (l)écis. du 1 6 messidor an i 1 , ci-dessus citée.) LXXX 1 II. L’art. I er . de la loi du 5 pluviôse ail i 3 , concernant la diminution des frais de justice, n’est point applicable aux citations et significations faites à la requête des agens forestiers. Ils sont autorisés à continuer d’employer le ministère des huissiers ; mais ceux-ci 11’ont plus de droit de" prétendre d’autres frais de voyages que ceux cjui leur sont alloués par les réglemens, pour les dlplace- mens auxquels ils seraient obligés danis l’étendue du canton seulement. ( Instr. du min. de la just , du 6 brumaire an 14, contenue dans une Circul. de l’Administr. des forêts, du 2 frimaire suivant, I1 0 . 294.) LXXXIV. Pour économiser les frais, les agens forestiers doivent combiner les significations, de manière il en faire faire plusieurs à-la-fois dans le même canton, par le même huissier, qui 11e peut exiger qu’un seul droit de transport. (Décis. du 16 messidor an 11.) LXXXY; D’après lés mêmes vues, les agens forestiers ne doiveht’lever au greffe que les expéditions évidemment indispensables. ( Ib .') LXXXVI. Ces expéditions doivent être présentées au président et au procureur du roi, qui y mettent leur visa, et donnent au greffier un certificat portant qu’il s’est conformé aux réglemfens, tant sur les actes à délivrer, que sur le nombre de lignes de chaque page, et de syllabes dans chaque ligne. (Décret du 14 février 1806. ) LXXXV 1 I. Ces expéditions en forme doivent être payées 40 c. par rôle ; elles se délivrent sur papier libre. (Circul. du 1 o octobre 1811, n°. , contenant une Décis. du min. de la just., du 4 du même mois. — Autre Circul. du 7 janvier 1812 , n°. 461.) LXXXV 11 I. Le Tôle doit contenir vingt-huit lignes à la page, et seize syllabes à la ligne. (Décret du 18 juin 1811 , art. 43.) LXXXIX. Les greffiers ne sont autorisés à fournir une expédition des jugemens pour L’usage de l’agent forestier, que dans te cas où celui-ci l’a demandée. (Ib.) XC. Tous les trois mois, chaque receveur remet à l’inspecteur de l’enregistrement et des domaines un état des condamnations prononcées et des recou- vremens opérés. L’inspecteur s’assure de l’exactitude de cet état, et s’explique particulièrement, dans sa lettre dd tournée, sur les mesures prises pour accélérer les recouvrèmens. XC 1 . Le directeur, d’aprèfe les états partiels remis par les inspecteurs, dresse un état sommaire par bateau; qu’il envoie au directeur général avec ses observations. (Instr. du direct, gén. de Venregistre- 1 FRA ment et des domaines et forêts , du a décembre 1817, n°. 8 i 3 .j) XCII. Les receveurs sèraient dans le cas d'être rendus responsables personnellement des sommes pour lesquelles ils h’auràiètft pas exercé'les pbnr- suîtes nécessaires dans les trois mois de la réception des extraits de jugemens de condamnation. ( Même instruction.) XCI 1 I. L’indemnité de 25 c. par extrait de jugement de condamnation pécuniaire de toute nature, accordée aux greffiers par l’art. 56 du réglement du ]8 juin 1811, ét' pàr l’art. 7 du décret du 7 avril 1813, n’est due qu’à raison des jugemens devenus definitifs faute d'appel. Lorsque les jugémeni contiennent la liquidation des dépens 1 , lés*greffiers,'au môyèn dé l’indemnité ci-dessus énoncée, sont ténus d'indiquer séparément, sur les extraits qu’ils délivrent àiix préposés de l’enregistrement, lé montant principal des droits de timbre et des droits d’enregistrement en débet compris dans les dépens , sans pouvoir, à raison de cette énonciation, prétendre à aüdune augmentation dé salaire. ( Décis . dû min. des fin. y du è6 août 1820I insérée'dans une. îjïstr, du direct, gên. de F enregistrement et des domàinés, dû \ L septembre 1820, n°. ç 5 i.) XCIV. Les conservateurs vaillent à ce que les tVàif, soient modérément taxés, conformément au dtfifçq du 18 juin 1811, à ce qu'il 11e soit point alloué de frais de tr^nspçrt a,y;x gardes, à moins qu'ils n’agissent dn vertu de mandat exprès du ministère public, et à ce que chaque garde reçoive exactement le t sa ladre qui lui est dù pour ^significations qu’il aiyra faites. £ înstr. gén,., du 2 3 mars 1 fat.» a,f. 107. — péqis. min., des i 5 février et XCY. Si le prévenu demeure 4 une trop grande distance, l’Inspecteur peut employer le îpinisterp d’un huissier. [Instr. du 23 mars, 1811 , art. 1C7.) . If alloué que,5o c. pour les copies des significations, et citations, et les 3 o c. accordés pour les copies d'aptes, qui precedent ces significations ou citations 11e sont dus que dans le cas où elles forment, à elles seules, deux rûlesd’écriture. (Lettredu mm. des fin., du 29 août, 1828.) \ • Citation, pour la répartition des frais entre les agens et gardes. . XCYI. Les communes sont dispensées de rembourser au trésor les Irais de poursuites exercées contre des insolvables , pour la répression des délits commis dans leurs bois, lorsque le trésor est couvert de ces frais par le produit de la venta de6 bois de délit. ,(Décis. du min. des fin., du 24 août 1821 .)* XCYIi. L’emprisonnement des redevables d’amendes ou de frais de justice, doit-il être exécuté par le ministère des gendarmes ou par celui des huis- tien? — Un procureur du roi avaitpensé que c’était lux huissiers, et non aux gendarmes, à mettre à exécution la contrainte par corps employée, à dé- fiut de paiement, contre les individus condamnés à l'amende ou au remboursement des frais'die justice. ■'Ce magistrat motivai» son opinion sur les dispositions des arta 171^ iy 5 et ifoAu décretalu UJ juin 1811, relatif aux irais de justice. Ces dispositions s'appliquent uniquement au re- FRÉ COuvrement qu’ont à poursuivre les préposés des domaines, d 1 avances et de taxes abusives ; tandis que , dans l’espêcë, il s'agit du recouvrement d 'amendes et de frais de justice prononcés au profit de l’étfet, etft raison dôsqn*ls-lacontrainte par corps, lorsque les circonstance#'OtbHgent d'y recouHr, est exercée à la req oète du -prècurent du toi; •■Il n’y* donc pas identité. D’un autrè côté, la loi du a8 germinal an 6, sur l’organisation de lm gendarmerie y porte, art. 140, que c’est aux gendarmes à mettre à exécution les jugera ens et'ordonnances de justice,'lorsque lo soin de cette exécution est chnfià ou dévplu au ministère publia • - Enfin, et c’est-en cela sur-tout que l’admir.is* tration avait intérêt à faire statuer , car l’emprisonnement des redevables, lorsqu’il a lieu à l’aide des gendarmes, est beaucoup moins dispendieux que lorsqu’il est effectué par le ministère des huifcsiers. I M. le sous-setrétaire d’état au-département delà justice'a reconnu cjue, dans le cas dont il s’agit, c’est aux gendarmes à mettre à exécution la contrainte par corps. Frais de ports de Iettres. Y. Correspondance. Frais de séquestre. V. Fourrière, Séquestre. Frais Dr. voyage. V. Frais de justice; . FRAMBOISIER. V. Ronce. \U. FRAS 1 L. V. Charbon. FREGATE-.- Vaisseau de guerre de- soixante canons. Les frégates françaises sont en-géneral -à une seule batterie, dans y comprendre eelle de -leurs gaillards. Ces bâtimens sont un peu plus bas et plus longs cjue lesautréajils sont légers à la voile, et peu chargés de bois, ri’ayant ordin'aReinent que deux ponts. i' nf' : FRÊNE, fraxinus--^ Lin.-). Genre d’arbres -de la polygamie dioécie etde la famille desjasruinées. Dénomination. —- Il se nomme en hébreu be- roch; en grec, me lia ; en espagnol, fresnb ; en italien ,frassino; en anglais, ac&) en allemand, èsche, eschenbaum , asche , aesche , eschem , steinesche ; en belge, eschen; en suédois, ask. Le mot ask , dit le traducteur de Pline, est synonyme de dureX. de viril; aussi Hésiode fait-il des hommes de l’àge d’airain une race de frêne , c’est-à- dire une race dure, comme l’observe le docte Jean lhre au mot ask. Ce même savant fait remarquer que ask signifie aussi hasta, de même que me- lia, en grec, signifie à-la-fois un frêne et une pique. Quant au mot latin fraxinus , quelques auteurs prétendent qu’il vient d’un mot grec qui signifie cloison , parce qu’on se sert quelquefois du frêne pour faire des clôtures : ainsi les dénominations grecque et latine désigneraient, chacune , un usage particulier auquel le frêne aurait été employé Histoire. —Le frêne était cultivé dans la Grece et dans l’Italie. Il est célèbre par la mention honorable qu’en fait Homère, et par la lance d’Achille : Mititumque Homeriproeconio et Achillis hasta no- bilitata. ( P lin ., lib. XVI, cap. XI II.) Ce poëte en pa'rle en effet dans l'Iliade, et voici la traduction latine de'sés 1 \-tts--. Ipsaque penitus FeliaS transivit fraxinus (seu kâsta) , et ailleurs il donne'aux Grecs des lances de frêne : FRE FRE üc tum detpsce cauides, çlari spiendentes E navibus/tjiebaritur, et-scuta mnbtliceUa v v r . Thoracèsyue iolid~fet fraxin& Iflhceœ. ' Le bois de frêne , dit Pline, se prête volontiers à toutes sortes d’ouvrages; il vaut mieux pour faire des lances et des piques que le coudrier ; il est en même temps plus léger que le cornouiller et plus souple que le cormier : Ôbedtentissima quocumque in opéré fraxinus-, eudemque Aastis corylo mèlior, cornu levior, sorbo lentior. { P Un. , lib. XVI , cap. -XUII.) ' U dit encore qu’il n’y a rien de meilleur contre la morsure des serpens que de boire le suc exprimé des feuilles du frêne et d’appliquer ces feuilles mêmessur la plaie. D’ailleurs, ajoute-t-il, le frêne est si contraire aux serpens , que jamais ils tie se mettent à couvert sous son ombre. Voici une expérience qu’il rapporte pourl’avoir faite lui-même: si l’on circonscrit unser- pentdans un cercle dont une partie soit de feuilles de frêne etl’autre moitié de charbons ail urnes, leserpent aimera mieux se jeter à travers les charbons qu’à travers les feuilles.;. In ignés potius , quant in fraœinum fugereserpentent. ( Plin., lib. XVI, cap.XIII.) Dios- coride dit, aussi\ Foliorum fraxini svccus , et folia ipsa À vino porta , atque etiam imposita , viperariun morsibus opitulajitur. {JDioso., lib. II, cap. CVUI.) Valmont de Bomare et plusieurs auteurs modernes ne partagent point cette opinion. On prétend, dit- il , que le suc des feuilles de frêne ou la décoction de l’écorce, bue à la dose de quatre onces, est un contre-poison contre la morsure des serpens. Cette idée vient sans doute de Pline , qui a dit gratuitement que les serpens se jettent plutôt dans le leu que de rester à l’ombre du frêne ou de se cacher sous ses feuilles. Camerarius et Charas ont éprouvé plus d’une fois la fausseté de cette antipathie si surprenante. Il faut seulement convenir que l’égouttement du frêne endommage tous lés végétaux qui en sont atteints. Le traducteur de Pline, Poinsinet de Civry, semble ajouter foi à l’expérience de Pline, et il oppose à" l’assertion de Camerarius et de Charas, qui prétendent que cette même expérience neleur a point réussi sur des vipères, l’attestation formelledeM.de Vérone, témoin très-croyable, dit ce traducteur, qui m’a certifié qué l’expérience lui avait réussi, et plusieurs fois fisur des couleuvres au territoire d’Avignon. Ainsi,'ajoute-t-il, tout ce qu’on peut accorder à Camerarius et a Charas , c’est que les vipères ont moins d’antipathie pour le frêne que les autres serpens, ou que cette antipathie n’affecte les serpens que selon l’espèce de frêne, ou selon le climat, ou peut-être selon la saison. Virgile, dans sa septième églogue, considère le grand frén e, fraxinus excelsior , comme le plus bel arbre des forêts, car c’est de lui qu’il dit : Fraxinus in sylvis pulcherrima, pin us in. hortis, Popltlus l/i flufiis, abies in montibus altis : ' Sœpiits at si me, Lyeida formose, révéras, Fraxinus in sylvis cédât tibi, pinus in hortis. n Rien de plus beau que le frêne dans les forêts, que le pin dans les jardins, que le peuplier sur la rive d’un fleuve, que le sapin sur les hautes montagnes : mais si tu me venais voir plus souvent, aimable Lycïdas , tu effarerais et le frêne des forêts , et le pin de nos ,ardins. » Tome II. 177 Caractères du genre .—*Les caxactères de ce genre d’arbres sont d’avoir les feuilles opposées, ailées , avec une impaire; Les Heurs polygames, dpoïques ou hermaphrodites, disposées en panicules ou grappes, dont le calice est nui ou très-petit y la corolle nulle ou à quatre pétales , renfermant de deux à cinq étamines, attachées sous L’ovaire, Lequel est ovale, aplati, et surmonté d’un style et, d’un stigmate fendu en deux. Cet ovaire se change en une capsule plane, allongée, à deux loges, terminée par une aile membraneuse, et qui 11e s’ouvre pas. Chaque loge contient une graine , mais l’une de ces loges avorte toujours avant la maturité. Les frênes se trouvent dans I’hémisphèfe boréale, et spécialement en Europe et dans l’Amérique septentrionale; quelques-uns se trouvent en Orient. On en connaît une vingtaine d’espècçs, dont la plus importante est le frêne commun , qui est indigène à la France. ESPÈCES. 1“. Le Frêne commun , ou le grand frêne, le frêne des bois , fraxinus eçccelsior (Lin.) ; en allemand , geimen esche ; en anglais , corumon ash. 2 0 . Le Frêne a fleurs, ou le frêne polypétalé, fraxinus omus (Lin.) ; en allemand, zwerg-esche ; en anglais, dworf-ash. 3°. Le Frêne a feuilles rondes, ou à manne, ou frêne de la Calabre, fraxinus rotundifblia (La.m.)ÿ en allemand, mannaesche j en anglais, mannaesche. ESPÈCES DE L’AMÉRIQUE SEPTENTRIONALE. 4 °. Le Frêne a feuilles de lentisque , F. lentiscifolia (Lam.). 5 °. Le Frêne a petites feuilles , F. parvifolia ( Bosc). 6°. Le Frêne a une feuille, ou monophylle, ou hétérophylle, F. monophylla { Walh.). 7°. Le Frêne acuminê, F. acuminata{ Lam.). 8°. Le Frêne blanc d'Amérique , ou simplement le frêne d’Amérique, F. americana (Lin.) ; en allemand, americanische esche ; en anglais, american ash, ou white ash. 9°. Le Frêne rouge , ou tomenteux , ou pubes- cent, F. tomentosa (Mich.) ; F. pubescens (Lam.) ; en anglais , red ash. 10°. Le Frêne vert, ou à feuilles de noyer , F. ■viridis (Bosc); F.juglandifolia (Lam.); en anglais, green ash. ti°. Le Frêne bleu, ou quadrangulaire , F. quadrangulata (Mich.) ; en anglais , bitte ash. i2°. Le Fbêne noir, ou à feuilles de sureau , F. sambucifolia (Lam.); en anglais, black ash. j 3 °. Le Frêne de Caroline, ou à fruits aplatis, F. caroliniana (Walh.); F. platicarpa (Mich.) ; en allemand , nordamericanischc yvetss esche ,• en anglais, carolian ash. i4°. Le Frêne a fleurs d’Amérique, F. omus americana (Bosi). 1 5 °. Le Frêne épiptêrb , F. epiptera ( Mich.). 16 0 . Le Frêne d’un vert sombre , ou à feuilles crépues, F. atrovirens (Duh.); F. crispa (Bosc). 17 0 . Le Frêne nain , F. ttana (Bosc). i8°. Le Frêne roux , F. rufa (Bosc). 23 * ï?8 FRÊ 19 0 . Le Frêne lance , F. lancea (Bosc). 20°. Le Frènf. a longues feuilles, F. longi- folia ( Bosc). 31®. Le Frêne cendré, F. cintrea (Bosc). 22°. Le Frêne a feuilles elliptiques, F. ellip- tica ( Bosc). Il y a encore quelques autres espèces de frênes moins cultivées dans les pépinières et dont on peut voir la description par M. Bosc dans le Nouveau dictionnaire d’agriculture. Les frênes croissent dans les plaines humides, sur les revers des montagnes , le long des vallées ; mais ils ne réussissent pas bien dans les terrains secs. Nous allons traiter de ces différentes espèces de frênes , en commençant par le grandfrêne, le frêne commun , qui est la véritable espèce forestière. Le Frêne commun ou grand frêne ( V. la figure à l 'Atlas, Pl. XIV ), est l’un des plus grands arbres et des plus utiles de notre Continent; il ne craint pas les hivers les plus rudes ; il croit avec rapidité, et s’élève quelquefois jusqu’à la hauteur de 90 et 100 pieds ( 3 o à 33 mèt.). Son tronc est uni et bien filé ; sa tête prend une très-belle forme; il ne craint point le voisinage des autres arbres , et dans les bons terrains il acquiert en soixante et soixante-dix ans une hauteur considérable et tontes les qualités d’un bon bois. Uécorce est lisse et verdâtre sur les rameaux, cendrée et un peu gercée sur le tronc. Les racines , nombreuses , s’enfoncent beaucoup dans les terrains profonds ; elles tracent dans les autres. Les branches sont rares et de peu d’étendue. Les feuilles sont produites par des boutons remarquables par leur couleur noirâtre et leur forme ovale-obtuse ; elles se développent vers le milieu du mois de mai ; elles sont opposées et formées de quatre à six paires de folioles , avec une impaire , qui termine le pétiole commun. Les folioles ou petites feuilles sont lancéolées, aiguës, dentées sur les bords, lisses en dessus, longues de 3 à 4 pouces, et d’une largeur qui varie depuisç jusqu’à 18 lignes ; elles sont attachées par de courts pédicules sur le pétiole commun. Les fleurs précèdent les feuilles, et paraissent dès la fin d’avril ou le commencement de mai; elles forment de petites grappes axillaires et opposées ; elles sont tantôt toutes mâles et stériles sur le même pied, tantôt toutes hermaphrodites, et quelquefois mélangées. Le fruit est une capsule d’un pouce et demi de long sur 3 lignes de large, d’un brun clair, renfermant une semence plat» et longue d’environ 9 lignes. Il mûrit dans le mois d’octobre , et tombe de l’arbre après la chute des feuilles , ordinairement en novembre et en décembre. Culture. — Le frêne se multiplie par les semis , les plantations , les rejetons et la greffe. Les deux premiers moyens sont ceux qu’on emploie dans les cultures forestières. Récolte et consen'ation des semences. — On récolte les semences dans le mois d’octobre, aussitôt qu’elles sont mûres , soit à la main sur l’arbre , soit en les gaulant et les recueillant dans des draps. On les sème en automne ou au printemps suivant : la FRÊ première époque est préférable , parce qu’une partie des plants lèvent dès l’année suivante ; mais quand on a à craindre le ravage des mulots, des écureuils et d’autres quadrupèdes rongeurs, qui en sont très- friands , il faut les conserver dans du sable frais , et non les faire sécher, et 11e les employer qti’nn peu tard au printemps, par exemple , au mois d’avril ; mais alors elles restent un an en terre avant defever. Epreuve des semences -On en rompt plusieurs, et si l’amande, qui est de couleur bleuâtre, a cbn- servé une consistance semblable à celle de la cire, les graines sont bonnes; mais si la substance est sèche et aride , elles ne valent plus rien , et il ne faut pas les employer, parcequ’elles ne lèveraient pas. Quantités d employer. •— Dans les terrains et les situations favorables, il faut, pour les semis en plein, 3 o kilogr. ou 18 décal. de semences par hectare; dans les positions moins favorables, on peut élever les quantités jusqu’à 36 kilogr. ou 24 décal. ; mais si on sème en rayons ou par potets , il n’en faut que les deux tiers de ces quantités. Comme il est rare qu’on fasse des semis purs de frêne dans la vite d’en former des forêts, on diminue les quantités de graines dans la proportion des autres espèces de bois qu’on y fait entrer, soit en semis, soit en plantation. Terrains , climats et situations. —Le frêne résiste bien au froid ; il se plaît et parvient à tout son accroissement dans les terres légères et humides, dans les fonds composés d’un mélange de terre végétale, d’argile, de sable et de gravier, qui réunissent la profondeur à la fraîcheur, ou qui sont traversés par des eaux courantes. 11 vient aussi dans les terrains qui ont moins de fond , parce qu’alors ses racines , quoique pivotantes, tracent et s’étendent au loin dans la superficie du sol. On le voit même croître dans les rochers , pourvu qu’il puisse glisser ses racines dans les fentes et les interstices des pierres et qu’il y ait de l’humidité; cependant les bancs de pierre ou de terre compacte, en contrariant son pivot, nuisent à son élévation. Les argiles dures, les terres crayeuses, sèches , et en général les terrains secs, légers , sablonneux, superficiels, trop pauvres et situés sur-tout dans les coteaux exposés au midi, ne lui conviennent nullement. On le voit prospérer dans les plaines , dans les vallées fraîches et ombragées, sur le bord des ruisseaux, dans les anciens marais desséchés , sur le revers septentrional des collines et même sur les montagnes de moyenne élévation, pourvu qu’il y ait de la fraîcheur. L’ombre des autres arbres ne lui fait point de tort; mais la sienne leur est nuisible lorsqu’il parvient à les dominer d’une manière trop absolue : alors ses branches et ses racines finissent quelquefois par s’emparer du terrain et parfaire mourir les arbres, les arbustes, et même les bois blancs, à l’exception du tremble et du peuplier, dont la végétation rivalise avec la sienne. On attribue au dé- gouttement des feuilles du frêne le dommage qu’il cause aux autres végétaux ; ce qui a fait dire aux anciens que son ombre était dangereuse. Semis à demeure. — Le terrain n’a besoin que d’un labour ordinaire dans les endroits où la charrue peut être employée ; et dans les endroits en friche on peut se contenter de cultiver par bandes FU E FR Ê 179 alternatives, de 3 en 3 pieds de ciiston.ce , ou par petites places, ou par potets. Les qemences ne doivent être recouvertes que de 6 à 8 lignes de terre , ce qu’on opère avec une lierse, ou simplement en faisant traîner des bourrées d’épines sur le sentis. 11 est inutile de raffermir le terrain avec le rouleau, attendu que les graines ne devant lever que six mois ou un an après l’exécution du seruis, la terre a le temps de se tasser. Les plants se montrent avec deux lobes séminaux d’environ 18 pouces de long et d’une consistance délicate; ce qui les rend très-sensibles à la gelée. Entretien des semis. — Les semis de frêne dans les forêts ne réussissent, pas toujours : ils lèvent ordinairement bien; mais bientôt les plants sont arrêtés dans leur croissance par la multiplicité des barbes , qui abondent toujours dans les endroits frais. D’un aqtre côté, le gibier, qui est très-friand du feuillage et de l’écorce de cet arbre , vient endommager le semis. On doit, pour parer au premier inconvénient, semer en rayons et donner defréquens binages, et si on ne peut se défendre du second , élqver les plants dans des pépinières particulières, pour les transporter ensuite dans les forêts et en faire des plantations. Ces difficultés sont sans doute la cause pour laquelle le frêne, cet arbre si utile, est si peu répandu dans les forêts. Des semis en pépinière. — On les fait dans une terre bien ameublie et un peu ombragée s’il se peut, et on observe du reste les règles qu’on vient de rappeler. Les plants restent en terre pendant 2 ou 3 ans, après quoi ou peut en former des plantations à demeure dans les forêts, ou les repiquer eu pépinière pour les élever comme arbres de tige. Des plantations en massif. — Ces plantations se font avec du plant de 2 ou 3 ans, qu’on lève en automne ou à la fin de l’hiver, et qu’on met sur-le- cliamp eu place dans des terrain^ labourés en plein, ou par bandes ou rigoles, de 8 à jo pouces de profondeur et de 5 à 6 de large. On conserve avec soin le pivot du plant destiné à maintenir les arbres à venir contre les coups de vent, et on lui laisse toute sa tète. L’espace à laisser entre les plants de frêne doit être moins considérable que pour le chêne et l’orme, parce qu’il ne s’étend pas autant. On peut rapprocher les plants à 2 pieds et demi ou 3 pieds en tous sens, en en mettant deux dans claque trou. On les bine deux fois pendant l’été et une fois pendant l’hiver des 3 ou 4 premières années , et on remplace ceux qui manquent. Tl n’est pas toujours nécessaire de former des pépinières pour avoir du plant, car on en trouve ordinairement beaucoup qui croissent spontanément sous les massifs de frênes, sur-tout quand ces massifs ne sont pas trop serrés. Ces plants sont même préférables à ceux que l’on tire de pépinières dont le terrais'. .•ail .plus substantiel que çelui à planter. Le meilleur temps popr faire les plantations de- frêne est 8 à i 5 jours après la chute naturelle des feuilles. S’il arrive que la plantation éprouve quelques dommages de la part du bétail ou qu’elle spit languissante , on peut, quoique le frêne n’ainre pas la, serpette, le recéper près de terre. Des pépinières d’çrbres de tige —On élève beaucoup de- plants de frêne comme arbres de tige, pour en planter les routes et les avenues, objets auxquels on ne peut trop l’employer dans les endroits humides. Pour cet effet, on prend des plants de 3 ans dans les pépinières-semis ou dans les endroits des forêts qui en sont peuplés naturellement; on ,les plante à la fin de l’hiver à 2 ou 3 pieds, selon l’espace de temps qu’ils doivent rester eu école. Ou doit se garder de leur couper la tête, parce qu’il est très- rare que les pieds qui ont perdu leur bourgeon supérieur se redressent complètement, et parce que leur végétation est toujours retardée par cette opération. Cependant si les accidens dont nous avons parlé rendaient un recépage nécessaire à la seconde année, on y procéderait, et on mettrait le plant sur un brin à la troisième , et on arrêterait les pousses latérales les plus fortes à la quatrième- Plantation d’arbres de tige —- C’est vers la sixième année, lorsque les pieds ont de 6 à 8 pouces de tour, qu’on les lève de la pépinière pour les planter sur les routes, en avenue, en massif et en quinconce. On procède à la plantation de cet arbre comme pour celle des autres arbres, c’est-à-dire qu’ou ménage le plus possible son pivot et ses racines latérales, qu’on lui conserve sa tête, qu’on le place dans des trous de 3 pieds au moins en tous sens, qu’on entoure sa tige d’épines et qu’ou la fixe même avec un piquet dans les endroits exposés aux coups de vent, et qu’on donne au pied des arbres quelques binages pendant les 3 ou 4 premières années. Plantation dans les marais. — Lorsqii’oujplante des frênes sur des terrains fiwgeux, il faut avoir la précaution de couper le terrain par des fossés de 18 pouces de longueur et d’un pied de profondeur , espacés de 6 en 6 pieds , et de placer les arbres sur les ados de ces fossés. Par ce moyen , on assure le succès de la plantation ; car les racines chanciraient bientôt si elles trempaient dans l’eau. M. ITosc recommande d’en faire des plantations dans les marais à demi desséchés, et il rapporte, d’après Arthur Young, que des propriétaires en Angleterre et en Irlande, qui eu ont fait de ce genre , ont doublé et même triplé leur revenu; mais il ne faut pas oublier, ajoute-t-il, que les terrains fangeux et les tourbières 11’y conviendraient pas , et que si cet arbre aime l’eau, c’rst l’eau courante ou au plus l’eau qui ue reste stagnante que pendant quelque temps. Pour éviter le mauvais effet du séjour des eaux croupissantes , il faut, ainsi qu’il a déjà été.dit, saigner les terrains fangeux par des fossés ,sur la berge desquels on plante les jeunesarbues. Une plantation de frênes sur les bords d’un ruisseau, d’un étang, est bien plus productive qu’une plantation de saules; la plus grande rapidité décroissance de,ces derniers est biqn compensé^ par la meilleure qualité'du bois des premiers. Plantation sur les routes. —Enfin le frêne, quoique fournissant moins d'ombre que l’orme, et ne s’anoommodant pas aussi bien des terrains secs ni de la transplantation , mérite d’ètre planté sur les routes, où il acquerrait uue excellente qualité de bois. M. de Burgsdorf ne veut pas qu’on plante le frêne 23 * i8o FRE F RE dans les villages , parce que cet arbre , dit-il , qui a la propriété de brûler étant vert, pourrait, dans les incendies, servir à propager le Feu. Cette crainte ne me paraît pas fondée ; mais les inconvéniens des cantharides sont des motifs suffisans pour l’écarter des habitations. Plantation pour décoration. — Le frêne se place avec avantage dans les jardins paysagers, soitenmassif, soit isolé, et son feuillage léger, d’un vert brun et luisant, contraste agréablement avec la verdure des autres arbres; mais il a l’inconvénient de donner par lui-même peu d’ombre et d’être sujet à être dépouillé de ses feuilles par les cantharides vers le milieu du mois de juin : c’est pourquoi on lui préfère le frêne à fleurs , dont nous parlerons plus loin , et qui est exempt de cet accident. Plantation pour clôtures. —On cultive encore le frêne commun dans les haies : tantôt on le laisse croître en liberté, pour le couper à 12,1 5 et 20 ans, selon les usages auxquels on le destine ; tantôt on l’arrête à 10 ou »2 pieds de haut, et on le transforme en têtards, qui , dépouillés tous les 3 ou 4 ans, donnent abondamment des cerceaux, desécha- las et des fagots. Ces têtards sont aussi destinés à fournir des feuilles , qu’on fait sécher pour la nourriture des bœufs et des moutons pendant l’hiver. M. Bosc observe avec raison qu’on ne doit couper , chaque année, qu’une partie des branches pendant l’été , parce que les arbres sur lesquels on les coupe toutes souffrent beaucoup et même périssent quelquefois. Il ne partage pas l’opinion de Miller sur le mauvais goût que ce fourrage donnerait au lait et au beurre; il assure, avec Rozier, qu’on ne s’aperçoit pas de ce mauvais goût. Marcottes ou couchages. — Quoique le frêne puisse se multiplier des rejetons que produisentquel- quefois ses racines, et qu’il reprenne même assez facilement de marcottes , on n’emploie guère que la voie du semis ou de la plantation ordinaire ; cependant, ces moyens ne sont pas indifférens dans les taillis f où l’on peut faire des couchages pour repeupler de petits espaces vides autour des cépées. Exploitation. — Le frêne commun s’exploite comme futaie, comme taillis et comme têtard. En futaie. — Il se plaît dans les massifs et s’y exploite, avec tous les avantages dont il est susceptible, à l’âge de 100 et 120 ans ; mais sa durée dans les terrains et Les situations qui lui conviennent, est beaucoup plus longue. On a coupé des frênes de 180 ans qui avaient 90 pieds de haut sur 3 pieds de diamètre, et qui étaient parfaitement sains. M. de Pertbuis cite un frêne qu’il a fait abattre , en 1758, dans le parc de Beauvoir en Brie , et qu’on appelait le beau frêne ; il avait environ i 5 o ans; il présentait 9 pieds détour, 60 pieds de tige sans noeuds ni branches , une envergure de 56 pieds et une hauteur totale de ç 5 pieds. Le frêne,convient donq aux fuo taies -aménagées à longi termes et situées dans les terrains frais. On pcçtënd que si on le coupe depuis le mois de novembre jusqu’en février y il est bien moins sn jèf à être Ittàqué par les versque lorsqufon s’y .prend trop tôt bn automne oO'trbp tard au prin- tedips.p < >m VI. yjlê-U'- m En ikiUis. **- Il convient aussi fort bien en taillis, parce qu’il repousse parfaitement de souche jusqu’à 80 et 100 ans, et qu’il donne des produits, avantageux et rapprochée. On peut le couper de 10 à 1 5 ans pour faire du fagotage, des cercles et des échalas, ou avoir un bon bois de chauffage ; de 20 à 3 o ans, pour avoir des perches qu’on emploie à une infinité d’usages. Les baliveaux de frêne qu’on réserve dans les taillis ont lé grand avantage de ne pas étouffer le sous-bois par leur ombrage. En têtard. — Cet arbre s’explaite aussi en têtard, et fournit de cette manière desh branches pour les cercles, du fagotage et des feuilles pour la nourriture des bestiaux. On remarque assez souvent sur les frênes des terrains montuèux, ainsi que sur ceux que L’on tond fréquemment, de gros,nœuds , occasionnés par un dérangement dans les fibres., d’une grande dureté et variés de couleurs. Les tourneurs en font usage y quoique ce bois soit difficile à travailler. Qualités et usages J —* Le bois du frêne est d’un blanc jaune , veiné longitudinalement y dur et très- liant quand il conserve un peu de'eève : aussi'est- il employé de préférence pour les pièceb 'de charronnage qui doivent avoir du ressort et dé la courbure. On en fait des moyeux, des rayons j des jantes de roues , des instrumens de labourage. Il ne fait retraite que d’undouzièmeeuse desséchant. Il est très-élastique , et Varennes de Fenille a trouvé qu’il fallait 200 livres pour faire casser une de ses solives ; ce qui est le plus fort 'poids supporté par les bois indigènes. If peso par pied cube , suivant le terme moyen des expériences de plusieurs autenrs ; savoir, Vert. 64 üv. qonc. A demi sec. . ... . . 5 j 14 Sec. 49 B On l’emploie dans les grandes constructions, soit à sec , soit dans l’eau ; mais , exposé aux alternatives de la sécheresse et de l’humidité, il est sùjet à la vermoulure, et ne dure pas très - long - temps. Les meilleurs brancards de berlines et de cabriolets sont de ce bois. Comme lès jeunes frênes s’élèvent fort droits, on les dresse à la plane, et on en forme des perches, qui servent ordinairement à faire ces supports que l’on place le long des murs des escaliers , et que l’on nomme écuyers. On en fait encore des échelles, des manches d’outils, et un grand nombre d’autres objets qui exigent de la force. Les tourneurs s’en servent pour la carcasse des chaises et des fauteuils ; mais comme les couches de ce bois, quoique fort dur, ne sont pas assez homogènes, il n’est pas susceptible d’un assez beau poli pour en faire des pièces de tour un peu délicates. Les menuisiers de campagne le débitent en planches pour en faire des armoires, des commodes, des coffre* et autres meubles grossiers, mais solides. On en fait d’excellens arcs, car il plie et se débande avec plus de farce qu’aucun autre bois, le cytise»des jAipês excepté. Les cercles de cuve et de tonneau' fait*» de cé bois sont Supérieurs à tous les autres, dexcé|>té ceux du châtaignier. , : Les frênes les plus estimés'pour le charronnage sont fceux qui ont cru dans une oonèe terre^ ui tvop sèche ni trop marécageuse, et qili Bnt étè'pïdntf^s &n bouquets et non isolés les uns des 1 autres; Le frêne FRE FRÊ planté en massif, dans un terrain humide, donne des jets bien droits et propres à faire de belles perches ; mais quand il est planté dans un terrain trop sec , son bois est cassant. Les adjudicataires font débiter les gros frênes en petites planches ou voliges , bien plus convenables pour Les couvertures eu ardoises que les couvertures ordinaires. oc Lorsque la tige de cet arbre, dit Varennes de Fenille, est fréquemment ctronçonnée , il s’y forme de grosses loupes , où le parallélisme des couches annuelles est troublé par la quantité de petites bran- chesqui s’en échappent $ on le débite alors en feuilles très-minces, et l’on en fait un placage agréable lorsque les morceaux en sont bien choisis, et qu’on aide à leur couleur, naturellement terne, par une couleur artificielle qui pénètre dans l’intérieur des fibres du bois. L’ébéniste en varie les teintes à volonté; les menuisiers en emploient aussi beaucoup pour faire les panneaux des armoires et des commodes destinées pour la campagne. » Le frêne non étronçonné, et dont la fibre est droite , semblerait devoir être spécifiquement plus léger que le broussin du même bois : en effet, le broussin parait plus compacte, plus dur, son poli est plus vif ; j’ai cependant éprouvé qu’il était moins ]>esant. » Cette différence tient sans doute à ce que le bois de broussin est percé de petits trous, et qu’il est moins plein que celui des frênes de droit fil. On a présenté, en 1810, à la Société d’encouragement d’assez jolis meubles plaqués en feuilles tirées des loupes et des broussins de frêne, mais moins beaux que ceux faits en orme. Comme bois de chauffage, le frêne est excellent, il brûle presque aussi bien vert que sec, fournit beaucoup de chaleur et donne un charbon fort estimé. Il est, d’après les expériences de M. Hartig, l’un des premiers bois sbus le rapport du degré et de la durée de la chaleur qu’il dégage , et il n’y a que le Sycomore et le pin sauvage qui lui soient supérieurs sous ce rapport. 11 est placé immédiatement avant le hêtre, et sa valeur est à celle de ce dernier, toujours pour le feu, comme i 55 i est à l 54 o. Son charbon est encore supérieur à celui du hêtre, étant dans les rapports de >646 à 1600. Enfin les cendres qu’il produit sont très-riches en salin ; car, d’après les expériences de M. de Wer- neck, iooo livres de cendres donneraient de 124 à 126 livres de potasse. Les feuilles et l'écorce du frêne commun ont une saveur âcre et amère. Sa semence est aromatique et amère; on en prend l’infusion contre l’hydropisie. L’écorce fournit un tan assez bon. On l’emploie aussi dans la teinture pour faire des couleurs brunes, noires et bleues; la seconde écorce est regardée comme un puissant diurétique et un excellent fébrifuge, Quêrçues médecins l’ont préconisée comme préf. lérahle dans certains cas au quinquina même. I3 - On.a.beaucoup vanté, disent les traducteurs de Miller, les propriétés médicinales du frêne; mais il paraît qu’on y eompte peu aujourd’hui, malgré le témoignage de-Césalpin et de Hobbel; cependant, dit M. IEitour ^il’écorce et le bois de cet arbre peuvent être mis tut;nombre des apéritifs et des dàapho- 181 rétiques légers et employés comme tels dans les fièvres, les obstructions du foie et de la rate, les maladies cutanées, etc. Le sel fixe que l’on retire de ses cendres ne diffère point de celui des autres végétaux , et c’est une erreur de lui attribuer des vertus particulières. La propriété de guérir la surdité qu’on suppose à là sève qui s’écoule par les deux extrémités de ce bois lorsqu’on le met en travers sur le feu est tout-à-fait imaginaire ; car cette sève est de l’eau toute simple, et ne contient aucun principe actif. M. de Perthuis assure que la sève du frêne est un remède éprouvé contre la gangrène, et qu’il en a vu des effets merveilleux. On exprime la sève des feuilles en les macérant, ou on l’extrait du bois vert en le mettant au feu. Ray dit qu’en Angleterre on confit dans le sel et le vinaigre les jeunes fruits du frêne cueillis avant la maturité, et qu’on les mange comme assaisonnement. On prétend aussi que l’usage habituel de cure- dents faits de bois de frêne préserve du mal de dents; mais je ne rapporte cette assertion, à laquelle au reste j’ai vu, en France et en Allemagne, beaucoup de familles ajouter foi, que pour ne rien omettre des qualités qu’on attribue au bois de frène- J’ai déjà fait mention de l’aversion que , suivaiit léé anciens auteurs, les reptiles et sur-tout les serpens avaient pour les feuilleset pour l’ombre de cet arbre. Les feuilles, données vertes ou fanées à.L’ombre, sont une bonne nourriture pour les vaches, les mon, tons et les chèvres ; mais on doit éviter de les employer à cet usage quand elles sont chargées de cantharides. Les’feuilles dévorées par ces insectes sont remplacées par de nouvelles feuilles, qui;,poussent à La seconde sève et qui restent sur l’arbre jusqu’aux premiers froids. Variétés du frêne. Le frêne commun offre plusieurs'variétés qu’üii peut couserver ou multiplier par la greffe; M. Bosc en décrit huit principales; savoir, Le Frêne doré. Son écorce est d’un jaune tiès- vif, et il produit un bel effet dans les jardins paysagers, sur-tout pendantrPbiver. Le Frêne a bois jaspé, fraxinus jaspidea. Son écorce, sur-tout celle des jeunes branches, est rayée de jaune. Le Frêne hobjzontal , fraxinus horizontales. Ses pousses, au lieu de prendre la direction perpendiculaire , s’étendent parallèlement à la terre. Le Frêne-Parasol , fraxinus pendula. Ses branches se recourbent et prennent réellement la forme d’un parasol. Pourque ees deux variétés fort, singulières produisent tout leur effet, il faut qu’elles soient greffées à 8 au.«o pieds de terre, et que l’on place deux ou trois greffes sur chaque pied ; car lorsque la circonférence n’est pas entièrement garnie de rameaux , elles ne sont point agréables. 111, Le Frêne horizontal et le Frêne-Parasol a bois doré. Ces deux variétés sont encores rares;, et méritent peut-être d’être plus multipliées que les dernières, parcequ’elles présentent un effet de plus. FRE 182 Le Frêne a feuilles déchirées. Il a les folioles profondément et irrégulièrement dentées , comme si elles avaient été déchirées et mordues sur les bords. Le Frêne a feuilles panachées de blanc.C ette variété est quelquefois si panachée de blanc qu’011 ne voit plus la couleur naturelle des feuilles. Comme c’est à une véritable maladie qu’elle doit cette singularité, l’arbre est toujours grêle et ne subsiste pas long-temps. _ Le Frêne graveleux , fraxinus verrucosa. Il a l’écorce rude, raboteuse et d’un gris brun ; les jeunes rameaux sont lisses et légèrement striés de blanc. Il est si différent, ajoute M. Bosc, du frêne çommun, qu’il y aurait lieu de croire que c’est une véritable espèce , si tous les pépiniéristes n’assuraient qu’il provient du semis du frêne commun. Toutes ces variétés se multiplient par la greffe sur l’espèce commune, greffe qu’on effectue, soit au printemps en fente et entre deux terres, sur des sujets de 2 ou 3 ans, soit en automne, à œil dormant, sur des sujets de cet âge ou de 2 ou 3 ans plus vieux. Les autres espèces de frêne sont celles ci-aj rès : Le Frêne a fleurs ou Ff.êne polypétalé paraît être le véritable fraximis des anciens, et avoir reçu à tort de Linné le nom d'omus. Cet arbre , qui croit en Italie , ne s’élève guère au-delà de 20 à 2 5 pieds. Son port est plus agréable que celui du frêne commun , sa cime mieux garnie et plus ample, et son 'feuillage est d’un plus beau vert; il a des bourgeons grisâtres ou cendrés, des feuilles composées de neuf à onze folioles aiguës, dentelées et pétiolées ; maïs ce qui le distingue particulièrement, ce sont ses fleurs pourvues de quatre longs pétale blancs , et disposées en panicules pendantes à l’ex trémité des rameaux. Leur nombre est assez consi durable; elles sont communément hermaphrodites, quelquefois la plupart mâles sur certains pieds, comme l’observe Miller. Elles ne s’épanouissent point avant le développement des feuilles , comme dans le frêne commun : elles se montrent en mai, et répandent une odeur douce et agréable. On l’appelle orne dans la Calabre. C’est un de ceux qui fournissent la manne du commerce. Son bois est très-dur, mais rarement d’un fort échantillon. On le cultive beaucoup, en France, dans les jardins d’agrément , auxquels il est bien plus propre que le frêne commun , par la forme de ses rameaux plus nombreux et plus grêles , qui se courbent sous le poids de leurs teuilles; par ses fleurs, qui forment de grosses grappes ; et par ses fruits, qui sont nombreux et pendans, et qui subsistent jusqu’à la fin de l’automne. On le place ordinairement au troisième rang des massifs ; mais il produit également de très-bons effets lorsqu’il est isolé. Il se multiplie de ses graines, qui mûrissent fort bien dans le climat de P,iris, et qu’on sème à une exposition chaude. Le plant se traite comme celui du frêne commun. VI. Bosc , à qui j’emprunte une partie de la description des frênes , assure que cet arbre se contente des plus mauvais terrains, et qu’on pourrait le cultiver avec avantage dans plusieurs cantons. Il existe une variété de cette espèce à feuilles plus étroites, qu’on appelle vulgairement le frêne de Montpellier. Cétte variété croit dans le midi de la FRE France, et ne s’élève qu’à 8 ou 10 pieds ; enfin il y a une autre variété qui a les feuilles plus larges que l’espèce et qu’on cultive de préférence dans les environs de Paris. A oici ce que dit M. Desfontaines, en parlait du frêne à fleurs : « Linnæus a donné le nom â'ormis au frêne à fleurs, il parait que c’est à tort. Théophraste, liv. 111 , chap. XI, distingue deux espèces de frênes: l’un, fort élevé, dont le bois est blanc, avec de larges veines, plus uni, plus tendre et moins noueux; l’autre , plus petit^ plus jaune et plus raboteux. Les Indiens, ajoute Tbéopbraste, croient que le premier n’a ni fleurs ni fruits ; mais son péricarpe contient une petite graine amère comme celle des apian- des sauvages, et il porte des grappes de fleurs disposées comme celles du laurier, excepté qu’elles sont plus denses. Celui-ci vient de préférence dans les lieux ombragés et bumides. Les Macédoniens l’appellent bonmelia (grand frêne). Il paraît bien que c’est là le frêne de nos bois, ou fraxinus excel- sior (Lin.) ; et Columelle lui a appliqué le nom d'ornus : Orni ex sylvestribus fraxini sunt,paulo la- tioribus tamen foliis quant cæterce fraxini. Les ornus sont des frênes forestiers à feuilles un peu plus larges que celles des autres frênes. Tout ce que les anciens ont dit de la taille de Vornus ne peut convenir au frêne à fleurs, qui u’a guère que 6 à 8 met. de hauteur : Advolvunt ingéniés nwnübus ornas. X inc. JExcelsas montibus ornos depellunt. ( Valer ., Flacc., etc.) \. le Mémoire de M. Dureau Delamalle fils, Ann. du Mus. d’hist. nat. , t. IV , p. 242. » Le Frêne a feuilles rondes, ou a manne, ou Le Frêne df. Calabre, a été décrit de la manière suivante par Gaspard Carramone, qui l’a vu dans le pays même : «La manne, dit-il, se tire en Calabre d’une seple espèce de frêne , qu’on appelle communément orne. Cet arbre se trouve et croit sur le penchant des montagnes de moyenne hauteur et dans les lieux remplis de bois, quoiqu’il croisse encore facilement dans des terres cultivées et même dans des vignobles. On n’en voit point dans les plaines maritimes , sur les collines de peu d’élévation , ni sur les coteaux. Le sol sur lequel il se trouve est presque toujours d’un accès rude et difficile, rempli de pierres et de cailloux, ou au moins de petites pierres. Quelquefois encore le terrain est noirâtre, particulièrement dans les vallons. On rencontre dans les mêmes lieux, et abondamment, le chêne, l’alaterne, l’yeuse, l’érable, le charme et autres arbres et arbrisseaux sauvages. » Le tronc de l'orne est dur , solide et lignçux ; il est couvert d’une écorce lisse, marqué^ irrégulièrement de certaines taches blanchâtres ; i) est rond, et sa grosseur ordinaire est d’environ 6 poucçs de diamètre, quoiqu’on en trouve quelques-ups qui aient jusqu’à un pied de diamètre. Cet arbre croit quelquefois isolé et distant des autres; mais très- souvent ils croissent cinq ou six ensemble très-rap- prochés ; sa hauteur est fort variable, et on peut dire FRÈ seulement qu’elle n’arrive jamais à celle des arbres de haute futaie. On en a souvent remarqué de la même hauteur de ceux qu’on appelle ordinairement arbres fruitiers. d Les premières branches sont étendues de chaque côté et sans ordre remarquable ; quant aux rameaux lés plus élevés et les plus tendres, on remarque qu’il en sort du tronc , d’un même côté , deux, trois , et quelquefois même quatre , qui forment un angle presque droit; mais comme plusieurs de ces branches se dessèchent et périssent, c’est la raison pour laquelle celles qui restent semblent être placées sans ordre. 33 Les feuilles sont comme ailées; le pétiole est long, uni et rond, supportant les folioles deux à deux , placées à-peu-près à angle droit , formant trois ou quatre paires, terminées par une impaire. Les premières folioles sont ordinairement plus petites que les autres, et la distance est presque toujours égale entre elles. Les bords de ces feuilles sont unis, entiers, et ne sont point dentelés, comme dans les feuilles du grand frêne ; elles ont chacune une nervure longitudinale , et d’autres petites nervures ou filamens latéraux moins relevés et à peine sensibles , sortant alternativement de la nervure principale. n Tous les ornes ne portent point de fleurs, et ceux qui en portent ne produisent ordinairement point de manne. Les fleurs sont sans pétales; elles poussent sur les cimes les plus hautes de l’arbre en petites quantités et disposées en grappes ; l’extrémité du rameau quitte sa substance ligneuse , et se termine en un pédoncule rameux, dont les ramifications inférieures sont soutenues par les pétioles des feuilles, et dont les supérieures sont sans soutien; à l’extrémité dessubdivisions de la grappe sont placés les fruits. Les grappes sont le plus souvent pendantes, et à-peu-près de la couleur des feuilles de l’arbre. 33 Pour plus d’éclaircissement, il est bon de comparer en partie le frêne ordinaire avec Y orne. Refrène se trouve dans les terrains plats et maritimes, et particulièrement dans les endroits marécageux ; l'orne se trouve seulement sur le penchant des montagnes. La superficie de l’écorce du tronc du frêne n’a pas ces taches blanchâtres qu’on remarque si sensiblement sur celle de l’orne. Les feuilles du frêne sont en forme décomposée, comme celles de l’orne; mais elles en diffèrent e» ce que la dernière foliole est toujours plus grande que les folioles latérales, ce qui n’a pas lieu dàns l'orne. La feuille du frêne est beaucoup plus petite qhe celle de Vomc ; dans ce dernier, elle est unie, et dans le premier, dentelée; ce qui est plus sensible vers la iiointe. L 'orne a la feuille ovale et d’une longueur double de sa largeur; celle du frêne est plutôt elliptique , sa longueur étant le triple de sa largeur. 33 Telle est est, dit Gaspard Carramone , la description des deux espèces de frêne qui se trouvent dans nos contrées (en Calabre), description peut- être trop minutieuse, et d’une précision superflue; mais on a cru que pour faire connaître un arbre utile il fallait en donner les notions les plus claires et les plus distinctes , et détailler tout ce qu’il a de remarquable, afin qu’on pût, sans erreur, FRÊ *85 le distinguer de tous qenx qui lui ressemblent. ( Mémoire inséré dans ceux de la Société d’agriculture de Paris , 178b, trimestre d’hiver.) Le frêne à manne est encore rare en France , et presque tous les pieds de cet,arbre qui existent dans les pépinières et les jardins des environs de Paris , sont greffés sur le frêne à fleurs ou sur le frêne commun, parce qu’il n’y donne point de graines. Quelques personnes disent aussi que ce frêne non plus que le frêne à fleurs ne produisent pas de manne dans le climat de Paris. Cependant M. Desfontaines assure en avoir récolté sur ceux qu’on cultive au Jardin du Roi, ainsi que pur le frêne à feuilles de lentisque ; mais il n’y a pas de doute que le frêne à fleurs ne donne de la manne dans le midi de la France. « On distingue, dit M. Bosc, plusieurs espèces de manne dans le commerce, qui toutes proviennent des frênes à fleurs et à feuilles rondes ; savoir , la manne en larmes , la manne sèche et en sortes , ou manne de Marème, la manne de Cenisy , la manne Romaque, la manne de la Calabre, la manne du mont Saint-Ange, enfin la manne de Rome ou de la Tolfa. 33 La manne est un suc concret, d’un blanc jaunâtre, soluble dans l’eau, d’une odeur approchant de celle du miel, d’une saveur douce et un peu nauséabonde. Il est inutile d’examiner si ce que nous entendons par le nom de manne doit être appliqué à celle dont il est parlé dans l'Ecriture, et qui servit de nourriture aux Hébreux dans le désert. Il n’existe , à coup sûr , aucun rapport entre elle et la manne du commerce. 33 Duhamel, dans son Traité des arbres et arbustes, t. I, p. a 5 o , et M. GeofFroi, dans sa Matière médicale, s’expliquent ainsi sur la récolte de la mai: 11e. a Dans la Calabre et la Sicile, la manne coule d’elle-même ou par une incision pendant les chaleurs de l’été, à moins qu’il ne tombe de la pluie des branches et des feuilles du frêne ; elle se durcit, par la chaleur du soleil, en grains ou en grumeaux. 33 L’époque del’écoulcmentnatureldans la Calabre est depuis le 20 juin jusqu’à la fin de juillet, et il a lieu par le tronc et par les branches. La manne commence à couler.vers midi, et elle continue jusqu’au soir , sous la forme d’une liqueur très-claire; elle s’épaissit ensuite peu-à-peu, et se forme en grumeaux, qui durcissent et qui deviennent blancs. On ne les ramasse que le lendemain matin, en les détachant avec des couteaux de bois, pourvu que le temps ait été serein pendant la nuit, car s’il survient de la pluie ou du brouillard , la manne se fond et se perd entièrement. Après qu’on a ramassé les grumeaux , on les met dans des vases de terre non vernissés, ensuite on les étend sur du papier blanc , et on les expose au soleil jusqu’à ce qu’ils ne s’attachent plus aux mains : c’est là ce qu’on appelle la manne choisie du tronc de P arbre. 33 Sur la fin de juillet, lorsque la liqueur commence à cesser de couler , les paysans font des incisions dans l’écorce du frêne jusqu’au corps de l’arbre , alors la même liqueur découle encore depuis midi jusqu’au soir, et se transforme en grumeaux 184 FRÊ FRÊ plus gros. Quelquefois ce suc est si abondant, qu’il coule jusqu’au pied de l’arbre, et y forme de grandes masses, qui ressemblent à de la cire ouàde la résine} on y laisse ces niasses pendant un ou a jours, afin qu’elles se durcissent; enfin on les coupe par petits morceaux , et on les fait sécher au soleil : c’est ce qu’on appelle la manne par incision. Elle n’est pas si blanche que la première, elle devient rousse et souvent même noire, à cause des ordures et de la terre qui y sont mêlées. n La troisième espèce est celle que l’on recueille sur les feuilles. Au mois de juillet et au mois d’août, vers midi, on la voit paraître d’elle-même , comme de petites gouttes d’une liqueur très-claire, sur les fibres nerveuses des grandes feuilles et sur les veines des petites ; la chaleur fait sécher ces petites gouttes, etelle sechange eri petits grains blancs de la grosseur du milletçOu du froment : elle est rare et difficile à ramasser. » Les Calabrais mettent de la différence entre la manne tirée par incision des arbres qui en ont déjà donné d’eux-mêmes et la manne tirée des frênes sauvages , qui n’en ont jamais donné d’eux-mêmes. On croit que cette dernière est bien meilleure que la première ; de même que la manne qui coule d’elle-même du tronc est bien meilleure que les autres. Quelquefois , dans l’incision faite à l’écorce, on insère des pailles , des fétus ou de petites branches ; le suc qui coule le long de ces corps s’y épaissit et forme de grosses gouttes pendantes en forme de stalactites ; on les enlève quand elles sont assez grandes , on en relire la paille et on les (ait sécher au soleil. 11 s’en forme des larmes très- belles, longues, creuses, légères, et comme cannelées en dedans, et tirant quelquefois sur le rouge; quand elles sont sèches , on les renferme bien précieusement dans des caisses. On en fait grand cas , et on a raison, car elles ne contiennent aucune ordure : on les appelle manne en larmes. r> La manne en larmes naturelle ou factice est préférable à toutes les autres espèces; la dose est depuis une once jusqu’à 3, en solution dans 5 onces d’eau. » 11 est certain que le frêne à fleurs fournit de très-bonne et de très - belle manne dans nos provinces du Midi, et sur-tout près de la Méditerranée. Je me suis amusé à en ramasser quelques onces pour m’assurer de sa qualité, et l’expérience m’a prouvé qu’elle était aussi bonne que celle de la Calabre. Il est donc clair que si on voulait en prendre la peine, il serait possible de récoller en France ce que l’on y consomme. » La manne n’est pas produite uniquement par les frênes que nous venons de dénommer, on en recueille aussi sur des plantes de familles très-éloiguées, telles que le mélèze et l’aihagi, espèce de sainfoin indigène à la Syrie et à la Perse. La manne de cette dernière plante est, suivant 'lournefort, celle qu’on appelle la manne de Perse. Quant à celle qu’on retire du mélèze, elle est connue sous le nom de manne de Briançon. Le Frêne a feuilles de lentisque a les feuilles composées de neuf à onze folioles, très - écartées , petites, ovales, aiguës, dentées, longues de 6 à 8 lignes ; les fleurs sans pétales, les capsules étroites et terminées par une aile large et émoussée vers le sommet ; l’écorce d’un brun noir sur les rameaux; la tige droite et élancée , et les rameaux grêles et allongés. Cet arbre est originaire de l’Asie ; il est assez répandu dans nos jardins d’agrément, où il fait un bel effet par l’élégance et la légèreté de toutes ses parties. On le multiplie par la greffe sur le frêne commun; mais on dit que ses rameaux gèlent quelquefois et ses greffes souvent. Les pépiniéristes des environs de Paris le désignent aussi sous le nom de frêne de la Chine et de frêne à mèche. Le Frêne a petites feuilles, décrit parM. Bosc, parait avoir beaucoup de rapport avec le précédent ; cependant il a les feuilles moins étroites et les rameaux moins allongés; il se rapproche du frêne commun, quoiqu’il s’élève moins haut et que ses feuilles soient très-étroites. On le multiplie aussi par la greffe, pour le placer dans les bosquets du printemps. L’Amérique septentrionale, si riche en arbres forestiers, possède un grand nombre d’espèces de frênes, dont plusieurs se cultivent en France. M. Michaux estime que dans le Canada et les Etats-Unis il en existe plus de trente. Voici, d’après .cet auteur, la description des espèces les plus connues : Le Frêne a une feuille, ou hétérophylle ou monophylle, a les feuilles tantôt à une seule, tantôt à trois et tantôt à cinq folioles ovales, aiguës, dentées , d’un vert foncé et de a à 3 pouces de large ; ses boutons sont noirs , et son tronc est assez élevé. 11 provient de semences envoyées d’Amérique. On voit quelquefois les trois sortes de feuilles dont on vient de parler sur le même pied, lorsqu’il est venu de graines ; mais en général on ne greffe, à cause delà singularité, que les rameaux complètement mono- phylles. C’est un très-bel arbre , qui produit d’agréables effets dans les jardins dits anglais, sur-tout quand on l’isole et qu’on lui laisse prendre la forme globuleuse qui lui est propre. Le Frêne acumïné a les rameaux d’un gris noirâtre , les feuilles composées de sept folioles [(étiolées, ovales-oblongues , acuminées, très-glauques, et légèrement pubescentes en dessous, autour des nervures seulement. 11 croît en Amérique dans les lieux secs. « C’est, dit M. Bosc, le frêne noir des pépiniéristes, le frêne d’Amérique de quelques auteurs , mais non celui de Linnæus : » c’est le plus beau de ceux que je connaisse. La grandeur de ses folioles , souvent de plus de 4 pouces de long sur 2 de large , le contraste de la couleur de leurs deux surfaces , le rendent très-propre à la décoration des jardins paysagers , où il peut être placé au troisième rang. On le multiplie par la greffe sur le frêne commun. Ses rameaux se rapprochent beaucoup , pour la couleur, de ceux du frêne à feuilles de noyer; mais cette couleur est ici plus foncée. Ses boutons sont très- gros. Le Frêne blanc d’Amérique, ou simplement le Frêne d’Amérique (V. la fig. à VAtlas, Fl. XJ B), est, suivant M. Michaux, l’espèce la plus intéressante par les excellentes qualités de son bois, et la plus remarquable par la beauté de son feuillage. Elle est plus multipliée dans les régions situées au nord que dans celles du sud des Etats-Lnis, d’oit 1 85 FRÊ l'auteur conclut qu’une température très-froide est celle qui est la plus favorable à son développement. C’est un grand et bel arbre dont la végétation est rapide , dont le tronc, parfaitement droit, s’élève souvent à 4 ° pieds sous branches, dont l’écorce est d’une grande blancheur ; ce qui a fait donner à cette espèce le nom de frêne blanc , et dont les feuilles, fort grandes, et d’une longueur de 12 à 14 pouces, se composent de trois à quatre paires de folioles et d’une impaire , ayant chacune 3 à 4 pouces de long sur environ 2 pouces de largeur. Ces folioles , portées sur un court pétiole, sont ovales, acuminées, ondulées sur leurs côtés, et rarement dentées, d’un vert clair en dessus et blanchâtres en dessous ; ses graines sont réunies en grappes longues de 4 à 5 pouces, et chacune d’elles a environ 18 lignes de longueur; elles sont cylindriques dans leurs deux tiers supérieurs , et s’élargissent ensuite pour former une aile ou languette , à l’extrémité de laquelle on remarque souvent une petite échancrure. Ces graines sont en maturité, dans les Etats-Unis , au commencement de l’automne. Cet arbre se plaît beaucoup sur les bords des rivières, le pourtour des marais et la partie déclive des coteaux qui les avoisinent ; il y parvient quelquefois à 80 pieds d’élévation sur 3 pieds de diamètre. Le cœur ou le vrai bois est rougeâtre, et l’aubier qui l’entoure est très-blanc. Ce bois réunit la force, la souplesse et l’élasticité ; il présente un grand degré de solidité dans les nombreux usages auxquels on l’emploie. On s’en sert, dans les différentes parties des Etats-Unis, à faire des brancards, des jantes de roues, et la caisse des cabriolets et des carrosses, des traîneaux, des manches de faux, des râteaux , des cercles, du merrain, la charpente infétieure des navires , d’excellentes rames ou avirons , des barres de cabestan. M. Michaux, qui nous donne ces renseignemens, considère le frêne d’Amérique comme une acquisition avantageuse pour les forêts du nord de l’Europe, et il en recommande la propagation comme arbre utile, sans parler , dit-il, de la beauté de son feuillage, qui l’emporte infiniment sur celui de notre frêne commun. Cet arbre réussit bien de semences, ainsi que le prouvent quelques arbres de franc pied que l’on possède dans les jardins, et les semis faits, en 1808, par l’Administration forestière, qui avait reçu des graines de l’Amérique envoyées par M. Michaux. Ces graines, comme toutes celles du frêne, ne lèvent qu’en partie la première année. A défaut de se- 1 rnences, on multiplie le frêne d’Amérique par la 1 greffe sur le frêne commun. I Le I'rène rouge ou tomenteux , au rapport de 1 M. Michaux, est très-multiplié dans la Pensylvanie, 1 le Maryland et la Virginie; il croît, comme l’es- I pèce précédente , dans les endroits humides et fré- 1 quemment submergés. Il a une belle apparence ; il F s eleve parfaitement droit jusqu’à la hauteur de 5 o à ' 60 pieds sur j 5 à 18 pouces de diamètre; ses feuilles, i longues, dans leur ensemble, de i 3 à i 5 pouces, et ] composées de trois à quatre paires de folioles, avec 1 une impaire , sont très-tomenteuses à leur surface s inférieure, ainsi que les pousses annuelles , aux- j Toaiii II. FRÊ l quelles elles sont attachées. Lorsque ces arbres . sont isolés, et aux approches de l’automne, le du- - vet dont elles sont couvertes en dessous est de couleur rousse, d’où est venue probab’ement à cette espèce la distinction de frêne rouge. La forme des i graines est la même que dans le frêne blanc , excepté qu’elles sont moins longues. L’écorce qui couvre le tronc du frêne rouge est d’une couleur très-rembrunie , et le vrai bois est d’une teinte plus rouge que celui du frêne blanc; mais ses qualités sont les mêmes, et il est employé aux mêmes usages. Le Frêne vskt ou a feuilles de noyer, dit M. Michaux, est assez multiplié dans les parties occidentales de la Pensylvanie, du Maryland et de la Virginie. Sa hauteur ne paraît pas dépasser 20 à 25 pieds sur 4 à 5 pouces de diamètre. On le reconnaît aisément à la belle couleur verte et luisante de ses jeunes pousses et de ses feuilles , dont la teinte diffère très-peu dans les deux surfaces. Ces feuilles varient en longueur depuis 6 jusqu’à i 5 pouces, suivant la vigueur des arbres et la fraîcheur du terrain où ils croissent : elles sont composées de trois, quatre et cinq paires de folioles avec une impaire; ces folioles, longues de 2 à 3 pouces, sont pétiolées , ovales, acuminées, et très-sensiblement dentées dans leur contour ; les graines , de moitié moins grandes que celles du frêne blanc, ont la même forme. Le bois doit participer des bonnes qualités des espèces précédentes ; mais comme il est d’une médiocre grosseur et qu’il ne parvient qu’à une hauteur très-bornée, il n’est employé qu’accidentellement. Le frêne vert existe depuis long-temps en France, où il s’est multiplié de graines envoyées par M. Michaux père en 1785. 11 supporte très-bien les froids de nos hivers, et il est recherché par les amateurs de cultures étrangères, à cause de la teinte particulière de son feuillage, qui forme toujours un contraste marqué avec celui des autres arbres près desquels il se trouve placé. Le Frêne bleu ou quadrangulaire est absolument étranger à la partie atlantique des Etats-Unis, il ne se trouve que dans le Kentucky , leTennes- sée et la partie méridionale de l’état de l’Ohio, situés à l’ouest des monts Alleghanys. Il y est connu sous le nom de blue-ash , frêne bleu. Il parvient à un assez grand accroissement, car il dépasse souvent 60 à 70 pieds d’élévation sur 18 à 20 pouces de diamètre. Ses feuilles, longues de 12 à 18 pouces, sont composées de deux, trois et quatre paires de folioles terminées par une impaire, assez grandes, lisses, ovales, acuminées, sensiblement dentées et portées sur de courts pétioles. Les jeunes pousses, auxquelles les feuilles sont attachées, offrent, dans le frêne bleu, un caractère spécifique très - particulier : il consiste à avoir dans toute leur longueur quatre membranes opposées les unes aux autres, de couleur verdâtre et de 2à3 lignes delargeur, qui disparaissent à la troisième et quatrième année , et ne laissent plus que les traces de leur existence. Les graines ressemblent beaucoup à celles du frêne à feuilles de sureau ; elles sont plus aplaties dans toute leur longueur, et seulement un peu plus étroites vers leur base. 24 i8 6 FRÊ Le bois du frêne bleu à la solidité réunit la force et l’élasticité. Il est employé à un très-grand nombre d'usages, et généralement dans les constructions des maisons. . Il existe en France de beaux individus de cette espèce, provenus des graines envoyées par M. Michaux pèfe. Lorsqu’ils donneront des graines, il sera utile de le multiplier dans les forêts, car il est possible que son bois surpasse en qualité celui de notre frêne commun, et ce qui semblerait l’indiquer, c’est qu’il est employé à la construction des maisons. Le FflÊNE NOIR OU A FEUILLES DE SUREAU est Un grand arbre, qui s’élève de 60 à 70 pieds de haut sur environ 2 pieds de diamètre. Il est indigène aux états du nord de l’Amérique septentrionale, où il croit dans des terrains aquatiques. Il a les bourgeons d’une couleur bleue très-foncée, les jeunes pousses de couleur très-verte, les feuilles longues de 10 à i 5 pouees, et composées de quatre paires de folioles vertes , terminées par une impaire, sessiles, ovales, aeuminées , dentées très - sensiblement dans leur contôur , lisses à leur surface supérieure , et ayant leurs principales nervures inférieures couvertes d’un duvet de couleur rousse; froissées, elles ont strié odeur de sureau. Les graines sont disposées en grappes de 4 à- 5 pouces de longueur, aplaties et presque aussi larges à leur base qu’à leur sommet. Le frêne noir se distingue facilement du frêne blanc par la seule couleur de son écorce, qui est pluis terne , moins profondément fendillée, et dont l’épiderme est disposé par plaques minces et assez larges. Le coeur ou le vrai bois est de couleur brune et d’un grain assez fin ; il a plus de ténacité et surtout plus d’élasticité que celui du frêne blanc, mais il est moins durable lorsqu’il est exposé aux alternatives de la sécheresse et-de l’humidité : c’est ce qui fait que le bois du frêne noir est d’un usage bien moins général. L’arbre se charge de nodosités ou loupes, qui quelquefois sont très-grosses , et dont on pourrait tirer des lames minces pour le plaquage. M. Michaux ajoute à ces détails que les cendres de cette espèce de frêne sont les plus riches en principes alcalins. Il pense que cet arbre mérite d’être introduit dans les forêts du nord de l’Europe. Le Frêne de Caroline ou a fruits aplatis est la dernière espèce décrite par M. Michaux. Elle est fort abondante dans la Caroline septentrionale , où elle croit sur les bords très-marécageux des rivières et dans les endroits où l’eau séjourne long - temps. Sa hauteur ne dépasse pas 3 o pieds. Ses feuilles et ses jeunes pousses sont blanchâtres et couvertes en dessous d’un duvet assez épais , qui disparait pro- grfe-sivement à mesure qu’on avance vers l’été ; ces feuilles sont rarement composées de plus de deux paires de folioles avec une impaire; celles-ci sont pétiolées, grandes , presque rondes et sensiblement dentées sur leurs bords. Le» fleurs, comme celles de toutes les espèces de frênes, sont petites et fort peu apparentes; mais les graines sont très-différentes , elles sont ovales, aplaties et beaucoup plus larges que longues. i: Le frêne de Caroline est toujours d’un assez petit diamètre : c’est pour cette raison qu’il n’est point FRÊ employé. M. Bosc dit que cet arbre, que l’on cultive dans les pépinières du gouvernement, est sensible à la gelée. Le Frêne a fleurs d’Amérique , espèce décrite par M. Bosc, se rapproche beaucoup du frêne à fleurs dont nous avons déjà parlé. 11 a les folioles arrondies, les pétales plu9 courts et moins larges. Le Frêne épiftère ou fubescf.nt a les rameaux grêles et couverts de poils gris; les feuilles, composées de sept folioles rapprocliées, aeuminées, velues en dessous, ainsique les pétioles; ses fleurs sont sans pétales. Il est originaire de l'Amérique septentrionale. On le cultive en France dans les pépinières, où il se greffe sur le frênè'cômmun. On l’avait confondu, dit M. Bosc, avec une autre espèce, à laquelle il a donné le nom de frêne à longues feuilles, fraxinus longifolia. (Bosc.) Le Frêne d’un vert sombre ou a feuilles crépues a les feuilles composées de neuf à onze folioles ovales, aiguës, profondément et irrégulièrement dentées, ondulées ou crispées sur leurs bords 1 , d’un vert noir en dessus, velues à leur base en dessous , longues d’un pouce au plus; les boutons sont noirs ; l’écorce de ses rameaux est d’nn gris brun. M. Bosc le croit originaire de l’Amérique septentrionale. C’est un fort petit arbre, qui forme des buissons d’un aspect singulier. On le multiplie par là greffe. Le Fhêne nain a les boutons noirs ; les folioles, au nombre de sept ou neuf, ovales, allongées , dentées , d’un vert très-foncé ; les pétioles communs membraneux ou ailés à leur base , et l’écorce grise sur les rameaux. 11 s’élève fort peu , ainsi que l’indique sa dénomination. On le greffe sur le Irène commun, ou, mieux, sur le frêne à fleurs, comme moins vigoureux. M. Bosc , à qui on doit la description de cette espèce, la regarde aussi comme originaire de l’Amérique septentrionale. Duhamel avait parlé d’un frêne nain à feuilles fort petites , et qu’il appelait frêne de Montpellier : Fraxinus humilior, sive altéra Tkeophrasti minore et tenuiore folio. (C. B. P.) Ce frêne nain de Théophraste est le frêne à manne. Les autres espèces de frênes décrites par M. Bosc dans le Nouveau dictionnaire d'agriculture , sont: Le Frêne pale, fraxinus pallida , espèce de l’Amérique, très-voisine du frêne commun, mais qui s’en distingue par ses folioles plus larges à leur base, et par la couleur dorée de ses bourgeons. Le Frêne strié, fraxinus strigata , dont les rameaux, d’un fauve pâle , sont striés de gris, et dont les bourgeons sont également d’un gris d’ardoise. Le Frêne de Cappadoce , originaire de l’Asie mineure. Le Frêne a feuilles aigues , dont les folioles, au nombre de sept ou de nenf, sont dentées , écartées et allongées comme cellesdu troène, et les fruits mucronés , et qui croit naturellement en Espagne. Le Frêne roux , fraxinus rufa , originaire de l’Amérique septentrionale, dont les feuilles sont composées de cinq paires de folioles très-allongées, mucronées , longuement et inégalement dentées, à nervures couvertes de poils roux , ainsi que les pétioles et les jeunes rameaux. Le Frêne brun , fraxinus fusca , ayant cinq paires Fil E de folioles ovales, mucronées, largement et irrégulièrement dentées, légèrement velues sur les nervures de la surface inférieure , et dont l’écorce iest d’un brun presque noir. Le Frêne noir , fraxinus nigra , apporté de l’Amérique septentrionalequi a le bourgeon d’un brun clair, et l’écorce d’un brun noir , les feuilles composées de sept folioles ovales, aiguës, légèrement sinuées ou dentéqs en Leurs bords, acuminées, longues de 3 pouces, larges de 2, légèrement velues inférieurement sur les nervures, et les pétioles canaliçulés. Le Frêne lance , fraxinus lancea, originaire de l’Amérique, et qui a l’écorce cendrée, sept ou neuf folioles lancéolées, très-aiguës, très-longuement dentées dans les deux tiers de leurs bords, d’un vert noir en dessus , ou peu velues en dessous sur leurs nervures, et d’une longueur qui est quelquefois de plus de 6 pouces. Le Frêne'a. longues feuilles, fraxinus longi- folia , originaire de l’Amérique , et cultivé dans les jardins des environs de Paris; il aies feuilles composées de sept folioles longuement pétiolées, ovales, allongées, acuminées, velues, d’un vert clair en dessus , plus sinuées que dentées, longues de plus de C pouces et larges de 2 ; les pétioles propres et communs très-velus ainsi que les bourgeons. Le Frêne cendré , fraxinus cinerea , qui croît naturellement dans l’Amérique septentrionale , et se cultive dans les pépinières des environs de Paris ; il a les rameaux grêles et couverts de poils cendrés, les feuilles formées de sept à neul folioles écartées , lancéolées , largement et inégalement dentées, d’un vert terne, velues en dessous sur leurs nervures, longues de 3 à 4 pouces. Le Frêne a feuilles elliptiques, qui est cultivé dans les pépinièresdu gouvernement, au moyen des graines envoyées d’Amérique, et qui a les feuilles composées de cinq folioles ovales, mucronées, longuement dentées ou entières, plus ou moins hérissées en dessous, l’impaire plus grande et plus arrondie, de 3 pouces de long sur 2 de large , les bourgeons d’un vert cendré et légèrement velus, les rameaux noirâtres et grêles. Le Frêne rubicond , fraxinus rubicunda , dont les pétioles sont d’un rouge vif. Le Frêne pulvérulent , fraxinus pulverulenta , dont les pétioles sont couverts de poils très-courts et très-nombreux. Le Frêne mixte , fraxinus mixta , dont les pétioles sont garnis de poils écartés. J’ai cité un grand nombre d’espèces de frênes , dont,la plupart sont encore fort rares en Europe, et seront long-temps et peut-être toujours renfermées dans les jardins d’agrément; mais comme cet ouvrage n’est pas seulement destiné aux forestiers , et que d’ailleurs les arbres de décoration s’introduisent petit à petit dans les grandes cultures, j’ai dû ne rien négliger pour montrer toutes les ressources que nous o..re la nombreuse famille dont je viens de parler; mais les forestiers n’oublieront pas que le frêne commun , le grand frêne ou le frêne des bois, fraxinus excelsior , est l’espèce dont ils doivent particulièrement étendre la culture. FRÜ 187 FRICHE. Terre inculte. Il n’y a guère de ces terres où l’pn ne puisse faire utilement des plantations de bois, pourvu qu’on sache approprier les espèces au sol. FRISE, crispus. V. Crépu. l ’R OA 7 DESCE N CE. C ’es 11 a Feuillaison . V. ce mot. Fll U CTICE LEUX, fructiculosus. {T. de bot,') Qui est petit et ligneux, et forme par conséquent un très-petit arbrisseau. Ou dit aussi tige fructicu- FR TJ C TH'I CA TI ON, fructifcatio. ( T- de bot.) I Temps auquel une plante perfectionne son fruit. La fructification de telle espèce est plus précoce ou plus tardive dans tel pays que dans tel autre. On dit aussi qu’une plante est d’une fructification, lente, c’est-à- dire qu’il s’écoule un long espace de temps entre sa fleuraison et la maturité de son fruit. Suivant Linné, les parties de la fructification sont le calice, la corolle, l'étamine, le pistil, le péricarpe et la graine. Ces six parties doivent être considérées particulièrement quant à leur nombre, à leur figure et à leur position. Elles sont les bases sur lesquelles sont fondés les caractères génériques des plantes, et les seules sources où il convienne de puiser leurs rapports essentiels. Y. Physiologie végét., 7 e . section. FRUCTIQUEUX,_//"ucf/cosKs. ( T. de bot.) Qui est ligneux et assez grand pûur mériter le nom d’arbrisseau : ainsi, plante à tige fructiqueuse est synonyme d'arbrisseau. FRUIT, fructus. ( Bot.) Le fruit d’une plante n’est que son ovaire, qui, par la fécondation et son accroissement, a plus ou moins changé de volume, de forme et de nature. Tout fruit parfait est essentiellement composé de deux parties principales; savoir, le péricarpe et la graine. Tout ce qui, dans un fruit, n’est pas partie intégrante de celle-ci, appartient à celui-là. Toutes qualités du fruit indépendantes de la graine sont déterminées par celles du péricarpe : c’est pourquoi celui-ci est vulgairement regardé comme le fruit. La maturité du fruit est essentiellement indiquée par celle de la graine, et celle de la graine par la parfaite formation de l’embryon. * Linné a établi huit espèces de fruit; savoir, la capsule , la silique, la gousse, la follicule , le drupe, la pomme, la baie, le strobile. Il est une neuvième espèce que les botanistes appellent graine nue . Mais combien de fruits ne peuvent être rapportés à aucune de ces espèces ? Y. Physiologie végét., 7 e . section. FRUITS SAUVAGES ou DES FORETS. Ce sont les glands, faines, châtaignes et autres fruits des arbres forestiers. L’ordonnance de 1669, lit. XXVII, art. 27, défend aux usagers de les abattre ou ramasser, à peine de 100 fr. d’amende. L’art. 12 du tit. XXXII de la même ordonnance détermine les peines àprononcer, pour ce délit, contre les personnes non usagères. La loi du 12 fructidor an 2 a permis, pour l’époque où elle a été rendue , à tout particulier dq.ramasser les glands et faînes dans les forêts. La ques- a4* 88 FU AI FUR tion de savoir si cette loi n’a été que transitoire, e'st examinée au mot Glandée. V. ce mot. FRUITIER. On désigne souvent par ée seul mot les arbres des forêts qui portent un fruit pulpeux ët succulent, comme les pommiers, poiriers, mèri- siers , pruniers, aliziers, cormiers, nélliers, amé- lancliiers, azéroliers. ' Ces arbres doivent être réservés dans les bois des communautés. {Art. 3 du tit. XXV de l’ord. de 1669.) Suivant ChaufFourt, p. 2i5, il est défendu aux marchands de faire abattre les arbres fruitiers qui se trouvent dans leurs yentes, comme devant être laissés pour la nourriture des bêtes fauves; cependant il conyient, pour éviter toute contestation d'exprimer cetfç obligation dans las clauses particulières du cahier des charges. D’ailleurs, il est quelquefois utile de faire retrancher une partie de ces arbtes, qui se multiplieraient aux dépens des essences plps, ufjl^s, ( Circitl. du 11 novembre 1824. ) L’amen de pour tous arbres Fruitiers abattus en délit dans le s forets du ro^ est de 4 fr. pour chaque pied de four,. Jienjçpmprisla restitution, qui doit être de pareiUesontJnçdumoIns. [Art. 1er. du lit. XXXII.) FULLOMAlSiE. Mot formé du grec phullon, feuille, et de, tnània , folie. Abondance excessive de maladié. des plantés qui consiste cation prodigièusé de feuilles qui u et? à la Fructification, dulstiii fumata, fait de jfumus. Vapeur plus ôu rnoins sensible ét plus ou moins épaisse qui s’élèyq ÿjçs .qqrps qui brûlpnt. La fumée est composée affaisantes. ( V. , à cet égard, la Note de Poinsinetj au liv.' XIII, chap. XXII de l 'Histoire natùrèljé de Pline. ) Quant à l’étymologie des noms francais^ail- lemand, anglais et italien , elle n’est j>oinè’ f ‘à8ti- tepse : plie, vient du mot fuseau, parce, que '^e Dois de cet arbrisseau est principalement emploÿç a fiire des fuseaux. . / 1 ' ESPiCBS. .-.fi ,T/ Qq connaît.huit espèces de fusains, doqUcînq croissent naturellement en Europe et dans jj*Amérique septentrionale,'et les,autres se trpi^yeylj a la FUS FUS 190 Chine et an Japon. Voici les principales espèces. i°. Le Fusain d’Europe ou commun , vulgairement le fusain des bois, le bonnet-de-prêtre,Te fusain, le fusaire, le fussier, le bois à faire des lar- doires , evonymus europœus (Lin.); en allemand, gemeine spindel-baum ; en anglais, common spindle- tree. 2 0 . Le Fusain a larges feuilles, evonymus latifolius (Lin.); en allemand, breit blattrige spiti- del-baum ; en anglais, broad-leaved spindle-tree. 3°. Le Fusain galeux ou verruquecx, evonymus verrucosus (Duh.); en allemand, ■warzige spindel-baum ; en anglais, warly siberian spindle-tree. 4°. Le Fusain d’Amérique ou de Virginie, evonymus americanus (Lin.); en allemand, nordame- ricanische immergriïne spindel-strauch ; en anglais, evergreen spindle-tree. ftous allons décrire les trois espèces les plus répandues en Europe. Le Fusain d’Europe ou commun est un arbrisseau delà première grandeur, qui croît en France, en Suisse, en Allemagne, dans les haies et les bois taillis. 11 s’élève à 12, i 5 et mèmè 18 pieds. Il se reconnaît par les caractères suivans : écorce verte sur les jeunes rameaux, et relevée par quatre raies épaisses et de couleur grise, qui les rendent un peu quadrangulaires ; tiges et vieilles branches cylindriques et recouvertes d’une écorce grise et finement gercée; bois cassant et d’un jaune pâle; branches nombreuses, et garnies de feuilles opposées, ovales, lancéolées, pointues, finement dentées sur les bords, vertes en dessus, un peu blanchâtres en dessous, longues de 3 à 4 pouce^ sur un pouce et demi à 2 pouces de large, et portées par des pétioles courts; Heurs d’un blanc verdâtre, paraissant au mois de mai par petits paquets aux parties latérales des tiges, portées pflr des pédoncules minces, et composées de quatre pétales en 6roix, de quatre étamines et d’un ■ alice à quatre divisions; capsule à quatre lobes obtus, ordinairement rouge, quelquefois blanche, imitant dans sa forme un bonnet de prêtre, et renfermant quatre semences ovales, recouvertes d’une pulpe de couleur orange. Cet arbrisseau est couvert pendant l’automne d’une quantité de fruits vivement colorés, qui conservent leur belle couleur jusqu’aux gelées, et lui donnent beaucoup d’éclat. Culture. — Le fusain commun se plaît dans les terres de bonne qualité, un peu fraîches, et il vient aussi dans les autres sols. Onne le cultive point dans les forêts; mais il mérite de l’être dans les jardins paysagers, dans les remises et pour la confection des haies. On le multiplie de graines, de marcottes, de boutures et rejetons. Ses semences se sèment én automne aussitôt qu’elles sont mûres, dans un lieu ombragé et frais, ét on les recouvre d’environ un demi-pouce de terre : une partie lève dès le printemps suivant, et l’autre partie au printemps de la seconde année. Les plants sont surmontés de pétités feuilles séminales, ovales et d’un vert clair. On les repique lorsqu’ils ont un an, à 6 ou 8 pouces de distance , et deux ans après on les transplante une seconde fois à une distancé plus.écartée; ils sondions à être levés et ihrs én place à 5 ans. Lès marcottes et les boutures s’effectuent au printemps; elles ne tardent point à s’enraciner, et elles accélèrent la jouissance de 2 et même de 3 ans. Un moyen encore plus expéditif est deprendre les drageons enracinés qui se trouvent au pied du fusain. Le fusain taillé en têtard à un pied de distance forme de bdnnes haies, par le nombre et l’entrelacement dé ses rameaux. Qualités et usages. — Le bois du fusain est jaune, fermé'êt d’une contexture très-fine ; mais 11 se casse ét sé fend àîsëmènt. Lés luthiers en font usage : on en fabrique dés vis , des Tuspaux, des lardoires , des moules, dés âîguilWa tricoter, des' touches de clavecin , dêâ cure-dents, des tuyaux de pipes et au très petits objets.' Dans quelques pays, après avoir divisé les branchés du fusain par lanières longues et mihCés, On frisé ces lanières, et on les réunit pour former de petits balais, qui servent à chasser les mouéhes. On fait âVec les baguettes de fusain un charbon lq- ger, quiëst très-recherchédesdessinateurs,parcequ’il s’effâce facilement. Four cela, on placp les baguettes danS un tube de'fer, que l’on bouche exactement par les bouts et qu’on lait rougir au feu. Quand il est refroidi, on retire les charbons en, crayons ; il faut fairé la taille Sur uti des côtés, pour éviter la rnoëlle. Toutes les parties du fusain ont une odeur nauséabonde, et on dit que les troupeaux n’en mangent pas les feuilles. Clusius prétend cependant qu’elles sont recherchées par les chèvres. Les fruits dé cèt arbrisseau sont employés par les teinturiers , qui en composent trois couleurs, le vert, le jaune et le roux. Four avoir la première, on en fait bouillir les graines encore vertes avec de l’alun. Il serait pfe'ut-être possible, dit Haller, de remplacer lé rocou àii moyen de ces fruits. Leur décoction dans la lessivé donne une couleur rouge aux cheveux, et quelques personnes les font sécher au four et les réduisent éh poudré, pour s’en servir contre la vermine deîs enfans ; on en retire aussi une huile bonne à brûler. Ces fruits sont âcres, purgatifs et émétiques à un baiit degré; on les dit pernicieux au bétail, et il parait que les petits oiseaux, tels que le pierrot, le rougè-gorge et le gros- bec , etc., n’en mâîlgent pas les graines. Le vinaigre dans lequel les fruits ont bouilli guérit la gale des chevaux et des chiens,. Cet arbrisseau sert de retraite à différens insectes: on y trouve fréquemment la larve d’une phalène que Linnæus a nommée ph. evonymella ; elle réduit quelquefois ses feuilles à la texture des toiles d’araignée. Le fusain cbmmun présente deux variétés reraar- uables : le fusain à fruits roses , et le fusain à fruits tancs. Comme elles produisent un joli effet dans les jardins, on les multiplie par les mêmes moyens que l’espèce ordinaire, et par la greffe sur celle-ci. Le Fusain a feuilles larges est un arbrisseau dé 10 à 12 pieds de hauteur, qui croît en Allemagne, én Suisse él dans quelques parties dp la France, et qui ne se distingue du précédent que pat ses feuilles plus larges, la couleur rouge de ses fleurs, la grosseur plus considérable de ses fruits, et des raies moins prononcées sur les jeunes rameaux- Tl se'propage comme l’autre espèce et il en a les FUS mêmes qualités ; mais il fait plus d’çfi’et $ans le? bosquets. . , , . t . Le Fusain galeux ou VERRUquEux est un ai-bris- seau très-totiFfu et d’une forme agréable, qqi ciÿit en Allemagne et dans la Hongrie, et. qu’on; cultivé dans quelques jardins en France. Û sp distingue des espèces précédentes par les glandes ou yerrue?. de couleur brune, noirâtre, dont sa tige es| couverte ; par ses rameaux et ses pétioles, garnis de.poipts blancs; par ses fleurs, d^un pourpre p run et ordinairement formées' dè cinq petlales arrondis; n par ses fruits à çipq logés ét îthinq 8 semëncès, ■ Les autres espèces ‘sfeiit'étrangères. On idistingue parmi elles' ii a . lé fusîîiH Amérique , arbrisseau peu élevé, qül conservé ses feüilles pendant l’hiver, et qu’on multiplie en France de marcottes, en fendant ses jeunes branchés en automne , comme,celles des œilletsj 2“. le fusain noir pourpre, ev. atro- pvrputetts, aussi Originaire'de l’Amérique, qui s’élève à f. 7 , ou i 5 .pieds, et qui .se .distingue par ses rameabx lissés j ptesque téiragpnçs e.t rayés de bandes \ ; ertéV; 8 pai'sës feuilles oyales-allongéçs, aigues'et légèreénent dentéfes en scie; par ses capsules d’un rouge jpâle’: 3b. le fusain odorant, haut de 6 pieds, et qui èïoit au Japon. On dit qu’il ressemble au cerisier par.sà forme, et à l’oranger par ses fleura, qui ont une odeur suave. FUSIL, Arme ‘bffé'nsjve. L’arf. i 3 du tit. X ne du •titfXX^'ïjoiUe que les garde-plaines des capitaineries rpyales ne pourront porter aucun fusil dans le? forêts et plaines du roi, s’ils ne sont à la suite de leur? capitaines ou lieutenans; dans tous les autres cas, Il leur est défendu, ainsi qu’aux gardes en général, de porter le fusil. Ainsi jugé par plusieurs arrêts rendus en la Table de marbre de Paris, les 17 avril 1674» i er . mars 170$, 19 avril 1727, etc.j cê qui est conforme à la dispositipn des anciennes ordonnances, et 1 notamment à celles du 10 décembre i 58 i, art. 6 ; de janvier 1600 et juin 160». {Idem, par arrêt du parlement, du i 3 décembre 1703, contre les gardes de la forêt de Mon- targis. ) Néanmoins, en quelques endroits on leur donna la permission de porter des fusils, par des motifs particuliers exprimés dans les arrêts du conseil qui l’ont accordée. Ainsi par arrêt du conseil, du 11 avril 1724 , il a été permis aux officiers, gardes et arpenteurs dans le département de Metz, de porter des fusils en faisant leurs fonctions. Autre arrêt du conseil, du i 5 août 1724, poür le Hainaut ; autre du i er . octobre 1737, pour la maîtrise de Boulogne-sur-mer; idem, pour Sainte-Menehould, par arrêt du conseil, du 20 mars ^ 55 ; enfin il parait que, soit par des arrêts, soit par tolérance, il a presque toujours été dérogé'à la disposition de l’ordonnance de j 669. Quelques préfets avaient voulu, en rappelant les dispositions de l’art. 6 du tit. XXX de .cette ord.on- nauce, astreindre les gardes à ne porter que des pistolets; mais il a ëté représenté au gouvernement qu’il était d’une Nécessité indispensable- de laisser les gardes atrmés s 'de fusil, parce que cette arme est la seule qui puisse les mettre à même de se défendre FUT i 9 ï contre, dus délinqu^ns.souvent armés et aguerris, et if ^ êfé décidé que, le drqit dei porter le fusil était ii^teifèiü^. l^çoiuaMSsion de garde forestier; mais il a,étéréglé en même temps que ce droit était restreint, nu fusil, simple, et que l’usage du fnsilà deux coups, connue plus particulièrement consacré à l’exercice de la cliasse, était interdit aux gardes. (Çireni, ,duf>i faillit 1806, n°, 3 ai}.) V., dans le Ifictionn^des Chasses, les articles Armes, Fusil, Chasse. FUSTÊT. V. Sumac. FUT, du latin fustis, bâton, qui servait à battre les criminels. Ce mot a été ensuite employé à désigner un bois élevé, un bois de haut fût. On appelle encore fût le bois sur lequel est monté le canon d’un fusil, d’un pistolet. FUTAIE. Ce mot vient du latin fustis^ bâton , fût. Pris isolément, il n’avait point, dans le principe , la signification que. nous lui donnons apijoar- d’hu.I, et il était d’usage qujpu }ui. adjoignit, un adjectif , pour déterminer optte signification. Ainsi-oui disait : un bois, un arbre fie hau( fût, on de haute futaie, et c’est par ellipse qu’on a dit seulement futaie, pour désigner dçs arbres de haute stature. Les Latins désignaient un bois de haute futaie par les mots , sylva alla, ou ardua, ou procera, ou excelsa , forêt élevée. Les chênes, les hêtres, les pins, les ysapins et les mélèzes sont presque les seules espèces qu’on laisse croître en futaie , parce que parmi les grands arbres forestiers les plus communs, ce sont ceux qui fournissent le meilleur bois pour les construcr tions et les autres objets de haut service. Les ormes, les frêne?, les érables, et sur-tout i’érable- sycomore et l’érable-plane, méritent, aussi d’être réservés eu futaie; mais ils sont pins rarçg. Ou distingue généralement deux sortes de futaies dans les forêts; savoir , Içs futaies .pleines^ ou en massif, et les futaies éparses ou sur taillis. Les futaies pleines sont celles qui composent toute une contenance de bois. Elles sont ordinairement aménagées à cent, cent vingt ou cent cinquante ans. Les futaies sur taillis sont celles ,qui-,se composent de tous les baliveaux anciens, nppdeines et Ae l’âge des taillis, que l’on réserve , à chaque révolution , sur les coupes. Dans le langage ordinaire, on appelle jeune futaie le bois qu’on laisse s’élever en futaie depuis son jeune âge jusqu’à quarante ans; demi-futaie, ce même bois depuis quarante jusqu’à soixante ans; jeune haute futaie, depuis soixaute jusqu’à cent et cent vingt ans ; 'vieillefutaie, celui qui est au-dessus de cent vingt ans et jusqu’à cent cinquante et deux cents ans ; futaie sur le, retour , celle qui est dépérissante ; futaie de brins, le semis qu’on laisse, croître en futaie ; revenu ou recru de futaie, ,1a jeune futaie qui s’élève en place de celle qu’on % abattue; futaie sur,souches, le bois ou Je taillis qui repousse de souches et qu’on destine à devenir futaie; futaie sur taillis , 1er .arbres pu baliveaux qu’on réserve, ainsi que nous venons de le dire, lor?, des coupes de taillis, pour n’être coupés dans les révolutions iga FUT suivantes , que lorsqu’ils auront acquis toute leur taleur. On voit que c’est principalement dans la destination d’un bois à parvenir à toute sa hauteur, que consiste sa distinction en futaie, puisqu’un taillis, souvent plus élevé qu’une futaie, conserve néanmoins sa dénomination de taillis. Ainsi il y a des taillis de trente, quarante et même cinquante ans , qu’on appelle haut taillis ou haute taille , mais non futaie , parce qu’ils ne sont point destinés à parcourir une plus haute révolution, et que dans le réglement qui en fixe l’aménagement, ils n’ont reçu que la qualification de taillis. Nous avons dit, à l’article Aménagement, en parlant des taillis, que le mode de reproduction devrait, plus qu’aucune autre considération, déterminer la distinction entre les taillis et les futaies. Un taillis , avons-nous observé, est un bois que l’on coupe à un âge tel qu’il puisse se reproduire de souches et de racines ; tandis qu'une futaie est le bois qui est destiné d n’êtrb abattu qu'à un âge où la reproduction ne se fera guère que par les semences. Cette définition est fondée sur la nature même, abstraction faite des.usages, coutumes ou régle- mens qui peuvent fixer l’àge où un bois est réputé futaie. Nous allons exposer ces réglemens, et nous rappellerons ensuite les règles à suivre pour l’exploitation des futaies, d’après le mode des éclaircies, dont nous avons développé les principes aux articles Aménagement et Exploitation. § i. Des réglemens concernant la propriété et l’usage des futaies. On avait autrefois un grand intérêt à savoir quand un bois devait être considéré comme futaie , tant sous le rapport des droits qui se percevaient sur les coupes, que sous celui de l’usufruit, etc Cette connaissance est encore utile, mais à un moindre degré, parce que les droits seigneuriaux qui étaient dus sur les coupes de futaie appartenant aux particuliers, ont été supprimés, et que les art. 52 r, 590, 5 qi et 5 ç 2 du Code civil règlent les droits de l’usutruitier sur les bois de taillis ou de futaie. Les Coutumes , dit Chailland dans son Dictionnaire des eaux et forêts , ont diversement réglé l’âge auquel il faut que les bois soient parvenus 2>our être réputés bois de haute futaie. Les Coutumes de Sens , tit. XX , art. i 53 ; Troyes, tit. XX, art. 181, et Auxerre, tit. XXIV, art, 267 , portent : 375 ; Montreuil, art. 42 ; Boulonnais, tit. XXill, art. vo8, 2*4 148 j Saint-Pol, tit. VII, art. 46$ Amiens , tit. VI, art. 118 et 119. L’usufruitier peut néanmoins prendre- Nivernais, chap. XXIV, art. 9, Normandie, chap. XV, art. 3 ^ 3 ; Bourbonnais, chap. XXI , art. 262. Telles étaient les dispositions des Coutumes sur les droits de l’usufruitier. Voici celles du Code civil: Art. 590. Si l’usufruit comprend des. l)ois taillis, l’usufruitier est tenu d’observer l’ordre, et la quotité des coupes, conformément à l’aménagement ou à J’usage constant des propriétaires, sans indemnité toutefois en faveur de, l’usufruitier ou de ses héritiers , pour les coupes ordinaires, soit de taillis, soit de baliveaux, soit de futaie, qu’il n’aurait pas laites {rendant sa jouissance. Art. 59t. L’usufruitier profite encore, toujours eu se conformant aux époques et à l’usage des anciens propriétaires, des parties de bois de haute j'u - taie qui ont été mises en coupes réglées, soit que ces coupes se fassent périodiquement sur une certaine etendue de terrain, soit qu’elles se fassent d’une certaine quantité d’arbres pris indistinctement sur toute la surface du domaine. Art. 5 q 2. Dans tous les autres cas, l’usufruitier ne peut toucher aux arbres de hauteyùtoé , il peut seulement employer, pour faire les réparations dont il est tenu , les arbres arrachés ou brisés par accident ; il peut même, pour cet objet, en faire abattre s’il est nécessaire, mais à la charge d’en faire constater la nécessité avec le propriétaire. Cet article est conforme à l’art. 2 du tit. XXVII de l’ordonnance de 1669, qui porte que les arbres de réserve et baliveaux sur taillis sont réputés faire partie du fonds, sans que les douairiers, donataires, engagistes et usufruitiers y puissent rien prétendre, ni aux amendes qui en proviendront. Les bois de haute futaie n’étaient point sujets, comme les autres bois , aux effets de la saisie féodale, ni aux droits de relief ou rachat; c’est-à-dire que le seigneur ne pouvait, pendant l’année du rachat , ou pendant le temps de la saisie léodale, toucher aux bois de haute-futaie qui étaient sur la terre du vassal. Cette maxime, qui a été suivie de tous les jurisconsultes, est tiréedes CoutumesdçDanois, chap. I, art. 22; Tours, lit. XV, art. j 35 ; Lodunois, chap. XI\ , art. "i-, Anjou, tit. Vil , art. 1 13 et 1:7; Maine, ti(. VllI, art. nôet 124 j Bretagne, tit. II, art. 67; Chaulni, tit. XVII, art. 101 ; Orléans, | tit,. I., art. 74 j Montargis, chap. I, art. 71 ; T O .vie IL FUT 193 Blois, chap. Vil, art. 78 ; Berri , tit. V , art. 43 ; Poitou , tit. I, art. 119; Saintonge, tit. IV, art. 23 . JU’après le même principe, les bois de haute .futaie ne.sont pas sujets à la saisie mobilière, et il un est de même à l’égard des taillis, puisque lep unsptles autres sont considérés comme immeubles tant quîils ne,sont pas séparés du fonds. Les bois de liaute futaie vendus pour être coupés étaient, quelques Coutumes, absolument sujets au retrait. Celle.de Normandie, chap. XMll, art. 4-6, porto hois de haute futaie est sujet à retrait, encore qu’il ait été vendu à la charge d’être coupé, pourvu qu’il soit sur pied lors de la clameur signifiée et à la charge du contrat. s> Dans d’autres Coutumes ils n’y étaient sujets que dans certaines circonstances. La Coutume de Sens, tit. VII, art. 66 et 67 , porte : « en vente de coupp de haute futaie, taillis ou arbres pour abattre n’y a retrait; mais si la coupe de haute futaie, taillis ou arbres pour une fois appartient à aucun, et le fonds à un autre, et il advienne que, ladite coupe soit vendue, il sera loisible à,celui auquel appartient et non à autre, avoir, par droif de retrait, las dite coupe en remboursant le prix, frais etloyaux- coèts , et aura lieu ledit retrait, supposé que celui auquel appartient ladite coupe ne soit lignager du seigneur du fonds. » La Coutume de Bar, tit. X, art. 162 , « 11’y a retrait en vente de bois de haute futaie , taillis ou arbres, n’était que telle coupe appartînt pour une fois à aucun , et le fonds à un autre ; auquel cas si la coupe est vendue, celui à qui appartient le fonds, et non autre, peut retirer ladite coupe en remboursant , etc. » On 11e doit donc pas , observe Chailland , prendre pour principe général ce qu’ont dit Dumoulin sur l’art. 201 de la Coutume de Blois, et Ferron sur celle de Bordeaux, au tilre du Retrait, § i 5 , qu’en vente de bois de haute futaie y a retrait, ni ce qu’a dit Ferrière , que le retrait ne peut avoir lieu en vente de bois de haute futaie , taillis et autres, vendus à l’effet d’être coupés. Le retrait lignager a été aboli par la loi du 19 juillet 1790. Ainsi, les dispositions des anciennes Coutumes sur cet objet n’ont plus aujourd’hui d’application. Les bois de haute futaie, vendus sans fraude pour être coupés , n’étaient point sujets aux droits de lods et ventes : c’est le sentiment de Dumoulin sur la Coutume de Paris, § 78, glos. 1 , n. dernier; de Dargentré , Tract, de laudimiis, J 28; de Chopin, sur la Coutume d’Anjou, liv II, tit. II, n. 2; d’Anne Robert, Rerumjudicatarum , lib. III, cap. IX, de Mornac, sur la loi Sed si grandes, 11 , d.de usufruc. et ad leg. si post 9 d. de periculo et comm. rei venditœ. Coquille, sur la Coutume de Nivernais, tit. des fiefs, art. 21, rapporte un arrêt du 5 avril 1569, qui juge que de la vente et de la coupe d’un bois de haute futaie n’est dù profit au seigneur. Jovct eu sa Bibliothèque, au mot Bois, rapporte le même arrêt, avec un autre semblablç , du 25 février 1606. Filleau , partie IV , quest. i 33 , rapporte un ar- a5 194 FUT FUT rèt du parlement de Paris, du z 5 janvier 1606, qui juge que pour vente de bois de haute futaie tenus en fiel, ès quels même consiste tout le fief, ne sont dus aucuns droits de quint et requint, ni autres droits seigneuriaux ; il rapporte encore un arrêt du grand conseil du 5 juin 1610 , et un arrêt du même parlement du 8 mars 1614, qui l’ont jugé ainsi. Cambolas, liv. IX de ses Décisions , rapporte un arrêt du parlement de Toulouse, du 9 décembre i 6 i 3 . Bardet, tom. II , liv. VII , chap. VII, rapporte I un arrêt du parlement de Paris du 36 janvier i 638 , qui juge, comme celui de 1606, rapporté parFilleau, que pour vente de bois de haute futaie tenus en fief, quoique ce bois en fasse la meilleure partie , et qu’après la coupe le fonds dût demeurer inutile , il n’est dû aucun droit de lods et ventes. Duperrier , tom. I, pag. 533 , rapporte un arrêt du parlement de Dijon, du i 5 mars 1677, qui juge qu’il n’est point dû de lods et ventes pour achat de bois futaie , ét ajoute qu’après la prononciation de l’arrêt, M. le premier président dit aux avocats que la c*ur avait jugé la thèse , et qu’ils ne doutassent plus de la question. Taisant, sur l’art, rer. du tit. XI de la Coutume de Bourgogne, n°. 12, rapporte le même arrêt avec les mêmes circonstances. Mais si la vente des bois de haute futaie était faite par anticipation de la vente du fonds, qui devait bientôt suivre, et ex legitimisconjecturis conflet, alors le seigneur était en droit de demander les lods et ventes. V. Dumoulin , sur la Coutume de Paris , § 78, gloss, i , nombre dernier. Si aussi le bois de haute futaie faisait le total du fief, et qu’après la coupe il n’y eût plus d’espérance de retirer aucune utilité du fonds, parce qu’il serait entièrement stérile , le seigneur féodal pouvait demander une indemnité pour consentir à la vente de ce bois ou empêcher absolument qu’elle se fit. V. Coquille, sur [^.Coutume de Nivernais, titre Desfiefs, art. 21 , et en ses Questions notables , quest. 3 o ; Salvaing, De l’usage des fiefs, chap. LXXXI 1 I, où il combat l’opinion de d’Argentré sur l’art. 60 de la Coutume de Bretagne. V. la Coutume de Danois, chap. //, tit. XXX. Toutes ces dispositions se trouvent abrogées par la loi du i 5 mars 1790, et la loi du 18 juin 1792. Quoique tous les bois de haute futaie appartiennent au propriétaire du fonds donné en usufruit, il ne peut abattre sans le consentement de l’usufruitier ou sans dédommagement les arbres qui portent fruits et revenu , ni les bois qui servent à l’ornement , à la promenade ou à la conservation des bà- timens, en les mettant à l’abri des vents; et s’il en était abattu de cette espèce par des étrangers, l’usufruitier aurait droit d’agir et demander des dommages et intérêts : Si quis vi aut clam arbores non fru- gferas ceciderit, veluti cupressos , domino duh- taxat competit interdictum unde vi ; sed si amœnitas quædam ex hujusmodi arboribus prœstetur, potest dici etfructuarii interesse propter voluptatem etges- tatinnem, et esse huic interdicto locum , lib. XVI, § i er ., de quod vi. V. les Coutumes dePéronne, tit. VI, art. \ 5 q ; Boulonnais, tit. XXIll, art. 108; Amiens , tit. VI, art. 119. V. B as nage, sur la Coutume de Normandie, art. 3 y 5 . L’art. 585 du Code civil confirme cette jurisprudence. Il porte que les fruits naturels ou industriels, pendant par branches ou par racines »u moment où l’usufruit est ouvert, appartiennent à l’usufruitier ; et il ne fait aucune distinction entre les aibres forestiers qui portent fruits à revenus, et les arbres fruitiers proprement dits. Ainsi des chênes, des hêtres, des châtaigniers dont le produit entrerait naturellement, par leur destination, dans les revenus d’un bien , ne pourraient être abattus par le propriétaire sans dédommager l’usufruitier. a Le prix des bois de haute futaie, dit encore Chailland, vendus pendant le mariage, n’entre point en communauté; ainsi le remploi est dû à celui des conjoints auquel ces bois appartiennent : Si futidum viro uxor in dotem dederit, isque inde arbores décident, si hœ frite tu s intelligantur, proportions anni debent restitui ; puto autem si arbores cœducc fuerintvelgerminales , dici oportere in fruc- tum cadere ; sin minus, id est si non sint casduœ , quia quasi deleriorem fundttm fecerit, maritum te- neri. Et si vi tempestatis ceciderint, dici oporlet pretium earum restituendum mulieri, necin f'ructum cadere , non magis quam si thésaurus fuerit inven- tus , etc. » L. Divortio, lib. XXIV; De soluto ma- trimonio , § 12. V. Ferriere, sur la> Coutume de Paris , tit. 111 , art. 92; Basnage, sur le$ art. 375 et 538 de la Coutume de Normandie , Renusson, en son Traité du droit de garde, p. 91 ; Denisart, en sa Collection de jurisprudence , verbo Futaie. L’art. i 4 o 3 du Code civil porte 1 : a Les coupes.de bois tombent dans la communauté pour tout ce qui en est considéré comme fruit, d’après les règles expliquées au livre II du Code ' civil. » Si les coupes de bois qui, en suivant ces règles, pouvaient être faites durant la communauté , ne l’ont point été , il en sera dû récompense à l’époux non propriétaire du fonds ou à ses héritiers. » Or, nous voyons que l’usufruitier profite des parties de bois de haute futaie qui sont mises en coupes réglées ( art. bq\) , mais qu’il ne peut, dans les autres cas, toucher aux arbres de haute futaie [art. 692). Il n’y aurait donc lieu à remploi que pour les futaies qui ne sont pas mises en coupes réglées, telles que les réserves faites sur les taillis et' autres, dont l’époque de la coupe n’est pas déterminée par l’aménagement ou l’usage qui en tient lieu. Du reste, les bois taillis aussi bien que les futaies mises en coupes réglées, sont considérés comme immeubles, et les coupes ordinaires de ces bois ne deviennent meubles qu’au fur et à mesure que les arbres sont abattus. [Art. 52 1.) Cependant il suffit qu’une vente de futaie soit faite, pour que la coupe , lors même que l’exploitation n’est pas faite , soit considérée comme fruit. [Arr. de la C. de cass. , du 2 5 février 1812‘.) L’ordonnance de 1669 contient des dispositions qui ont pour objet la conservation des futaies, notamment des futaies sur taillis. Elle défend-, titre XV, art. ] 2 , de ne couper les baliveaux anciens , modernes , et ceux de l’âge des taillis, que dans le cas où ils empêcheraient, par leur ombrage ou au- ' 9 5 FUT trement, le taillis de pousser et de croître, et qu’en vertu d’arrêt du conseil. Elle déclare, tit. XXII, art. 5 et 6, ettit. XXM 1 , art. 2 , que ces arbres font partie du fonds, et elle en interdit la jouissance aux engagistes et usufruitiers , défense qui a été renouvelée par une foule d’arrêts du conseil, entre autres par ceux des i 5 juillet 1684, 8 et a 4 mars i 685 , 22 février 1689, 7 janvier 1698, 18 janvier 1707 , 28 mars 1718, 9 décembre 1749* 8 juin 1756, et par lettres-patentes des 16 novembre 1709,28 août 1780 et9 juin 1783. Elle ordonne, tit. XXIV et XXV , aux ecclésiastiques, communautés d’habitans et établissemens publics, de faire sur les coupes de leurs bois les mêmes réserves que dans les bois royaux, et leur défend de couper les arbres ainsi réserrés, qu’en vertu d’une autorisation expresse. Elle leurordonne, en outre , de conserver le quart de la totalité de leurs bois pour croître en futaie, sans qu’ils puissent y toucher , que dans les cas prévus par ladite ordonnance , et d’après des lettres-patentes. Ces dispositions et celles qui obligeaient les particuliers de réserver des baliveaux sur leurs coupes, ont procuré de grandes ressources aux constructions et aux arts; mais un vice essentiel a régné jusqu’à ce jour dans l’aménagement et l’exploitation des iu- taies en massif. L’ordonnance s’est bornée à prescrire, tit. XV, art. 11, une réserve de 10 arbres par arpent de futaie ou haut recru, et c’est de cette faible réserve que l’on attendait le repeuplement des coupes. 11 en est résulté que les vieilles futaies ont disparu, que le bois blanc a pris la place des bonnes espèces, et que la régénération des futaies s’est faite par-tout avec lenteur , incomplètement, et que la France, si riche autrefois en bois de fortes dimensions , ue compte plus guère aujourd’hui que des taillis, dont les plus beaux seront bien difficilement ramenés à l’état de futaie. L’ordonnance de 1669 , tit. XXVI, art. 1 er ., enjoignait aux particuliers de réserver 10 arbres par arpent de futaie et 16 par arpent de taillis, avec défense de les couper avant 40 ans dans les taillis, et 120 ans dans les futaies. Le même titre, art. 3 , leur défendait d’abattre sans autorisation les bois de haute futaie situés à 10 lieues de la mer et à 2 des rivières navigables. V. Bois des particuliers. Y. aussi, dans notre Recueil, t. I, p. 78, une note très-importante de Pecquet, sur l’obligation qui était imposée] aux particuliers de réserver des baliveaux dans leurs coupes , obligations dont ils ont été affranchis par la loi du 29 septembre > 791. Ln grand nombre d’arrêts du conseil, rapportés dans notre Recueil, t. 1 , p. 102, 104, 123 , 124, i 3 ' , i 4 > , i 43 * 157, i 58 , i 65 , 201, 2o3 , 233 , 236 , 246, 348, a 5 o, a 5 a, 264, 274, 282, a 85 , 291,292, 294, 3o4,3o9, 33 o, 355 , 365 , 368 , 871, 38 i , 4> 1 et 448 , réitéraient la défense faite à tous particuliers et communautés de couper des arbres de futaie, baliveaux sur taillis et arbres épars saqs autorisation. Y. Baliveaux, Bois des communes, Bois des particuliers , Marine. FUT § 2. De l’exploitation des futaies. Nous avons traité amplement de l’utilité des futaies, et de la manière de les aménager, estimer et exploiter, aux mots Aménagement, Estimation et Exploitation , nous nous bornerons ici à rappeler quelques principes généraux. Il est incontestable que ce sont les futaies sur taillis et les futaies pleines qui nous offrent presque toutes nos ressources en bois de construction; que si les premières ont éprouvé le reproche de nuire aux taillis et de produire des arbres viciés ou de peu d’élévation, ce reproche ne peut s’appliquer qu’aux réserves faites dans des taillis coupée trop jeunes ou dans des terrains de mauvaise qualité ; que les futaies pleines produisent des arbres d’une grande hauteur, propres aux constructions navales et aux ouvrages de fente, de charpente >et de menuiserie, et que ces futaies, aménagées à 120 ou i5o ans , donnent des produits en matières presque doubles de ceux qu’on obtient, dans le même espace de temps, des différentes coupes faites stur les taillis situés aussi favorablement; cependant les propriétaires particuliers ne peuvent pas laisser croître leurs bois en futaies, parce qu’ils éloigneraient trop le terme de leurs jouissances,, et qu’ils obtiendraient des produits en argent moins considérables , à raison de l’intérêt de l’argent et du paiement des impôts : aussi il n’y a guère que Je gouvernement et les communes qui possèdent des futaies. La plupart des forêts dépendant du domaine de la couronne étaient autrefois en haute futaie. Les rois de la première et de la seconde race n’y permettaient d’exploitations que celles qui étaient nécessaires pour leurs bâtimens, pour leurs besoins pécuniaires , et pour les besoins des usagers. Ces forêts surannées étaient presque toutes dépérissantes au commencement du quinzième siècle. François I«., par son ordonnance de 1 554 j en régla les coupes à 100 ans; Charles IX, eu 1672, et Henri 111 , en 1587, renouvelèrent cette ordonnance. (Instr. sur les ventes des bois du roi, par JJefroidour. — Traité de l 3 Aménagement des bois, par M. JJ raie t; Saint-Yon, p. 29.) Mais cette disposition était trop générale, parce que les futaies vivent et prospèrent plus ou moins long-temps , suivant les essences dont elles sont composées, la nature des terrains, les situations et expositions. Les unes cessent de. croître depuis 40 jusqu’à 100 ans,d’autres fructifient jusqu’à » 5 o et 180 ans ; mais au-delà de cet âge , le dépérissement s’annonce ordinairement, quoique l’on cite des futaies qui se soient soutenues jusqu’à 2 5 o ans et même 3 00 ans : ces exemples, bien rares, ne peuvent être d’aucune considération dans les aménage- mens. Nous avons même établi que les exploitations par éclaircies amenaient une futaie à son plus haut produit dans l’espace de 120 à 1 5 o ans : c’est, au surplus, d’après les circonstances locales, exposées ci-dessus , que l’on doit régler l’àge de l’exploitation d’une futaie , et en général on ne doit la couper que lorsqu’elle a cessé de croître et de grossir : le législateur ne doit donc point fixer d’âge pour faire l’exploitation des futaies. La loi, dit M. Hrulet, 25 * 196 FUT FUT doit se borner à consacrer quelques principes résultant de la généralité des faits observés dans la nature, de diriger l’application de ces principes vers le bien public, etde tracer la marchequi conduit au but. Les rédacteurs de l’ordonnance de 1669, observe le même auteur , s’abstinrent de rien fixer sur l’a- inénagement des forêts domaniales. Cette loi ne prescrit aucune règle à cet égard ; d’accord avec la nature, elle ne fait aucune classification ; mais elle laisse au conseil d’état le soin de régler les coupes dans chaque forêt d’après les renseignemens fournis par les officiers forestiers. Cette mesure est la seule qui puisse être adoptée sans danger, pourvu que les agens de l’Administration fassent connaître d’une manière positive au gouvernement le sol, l’exposition, l’essence , la croissance et les débouchés de chaque forêt. V. Aménagement. M. Dralet, dont nous reproduisons ici les principes en les adoptant, remarque que l’ordonnance de 1669, qui ne contient que des dispositions sages sur les aménagemens des forêts domaniales, laisse apercevoir quelques imperfections dans ses dispositions sur l’aménagement des bois des communes et des établissemens publics. Rien de plus sage que la disposition qui ordonne d’établir dans ces bois des quarts de réserve pour fournir à des besoins extraordinaires ; mais elle est vicieuse, en ce qu’elle veut que toutes les réserves soient destinées à croître en futaies, et qu’elles ne puissent être coupées qu’en cas d’incendie, de pertes ou d’accidens. Ce Vice a été corrigé par l’ordonnance du roi, du 7 mars 1817, qui porte que les quarts de réserve pourront être coupés en cas de dépérissement et pour cause de nécessité constatée. Il a encore été observé que l’art. 2 du tit. XXV de l’ordonnance de 1669 était trop général; qu’il ne fallait pas établir des quarts de réserve dans les bois qui ne contiennent que quelques hectares, parce que les communes qui les possèdent ont besoin de toutes leurs ressources pour l’affouage , et que d’ailleurs le quart réservé dans ce cas est la cause de l’abroutissement du reste du bois , étant impossible d’empêcher les bestiaux menés dans cette réserve de ■s’écliapper dans les jeunes recrus, qui en sont si voisins. A cet égard, nous remarquons que l’ordonnance 11’a pas reçu son application pour la plus grande partie de ces boqueteaux dont parle M. Dralet , et qu’il en existe beaucoup dans le midi de la France où il n’y a jamais eu de quarts de réserve ; mais l’observation sur la disposition de la loi n’en est pas moins exacte. Le même auteur trouve aussi que l’ordonnance est vicieuse, en ce qu’elle établit une réserve uniforme de 20 baliveaux par chaque hectare de futaie domaniale; elle lui paraît laisser trop à l’arbitraire des officiers forestiers, et établir une règle trop générale. Le nombre d’arbres à réserver doit être déterminé d’après les circonstances du sol, du climat et/ des essences ; il doit varier non-seuleinent dans chaque forêt, mais quelquefois dans chaque triage d’une même forêt : il faut donc qu’il soit fixé de la même manière que l’âge des coupes, c’est-à-dire par l’ordonnance particulière d’aménagement. Sur cet objet, nous observerons que le minimum du nombre des baliveaux à réserver peut être fixé à 5o par hectare , mais que l’on ne doit conserver dans les coupes suivantes que ceux qui prospèrent. Enfin l’ordonnance a parti défectueuse , en ce qu’elle défend de couper les baliveaux avant l’âge de 40 ans dans les taillis, et celui de 120 ans dans les futaies de bois appartenant aux communes, aux établissemens publics et aux particuliers. Cette observation ne trouvera point de contradicteurs : aussi les communes obtiennent-elles la permission d’exploiter leurs futaies sur taillis lorsqu’elles sont dépérissantes , sans aucun égard à l’âge de ces futaies. A ces imperfections, M. Dralet ajoute le silence de la loi sur les coupes en jardinant et sur les exploitations par éclaircissement; niais, sur le premier objet, il a été suppléé au silence de l’ordonnance par des arrêts du conseil et par un décret du 3 o thermidor an i 3 , qui ont autorisé les coupes en jardinant dans les forêts de pins et de sapins , et dans celles qui sont mêlées de ces essentes. A l’égard des exploitations par éclaircie , l’ordonnance n’en parle pas, il est vrai; mais en prescrit ant que les coupes seront faites à tire-aire, elle les prohibe implicitement. Le mode d’exploitation par éclaircie , que M. Defroidour regardait comme un monstre en économie forestière, est aussi repoussé par M. Dralet, qui pense que s’il peut être employé avec succès par des propriétaires instruits , actifs et vigilans, il ouvrirait la porte aux abus les plus funestes , s’il était adopté par l’administration publique, qui 11'a, dit cet auteur, d’autre voie pour la vente des bois que celle de l’adjudication. Pour vendre une coupe par éclaircissement, ajoute-t-il, il faudrait non-seulement que les agens forestiers fissent la marque de tous les brins qui devraient être coupés, ce qui est impossible, sur-tout dans les grandes forêts ; mais il faudrait encore souvent sacrifier le plus beau bois pour pratiquer une infinité de passages aux voitures des adjudicataires. Dans nos articles sur l’aménagement et l’exploitation des futaies, nous ne nous sommes point dissimulé les inconvéniens qui peuvent résulter de l’exploitation par éclaircissement dans les bois de l’état; cependant nous avons pensé que ce mode n’était point impraticable, et nous avons indiqué les moyen* qui nous paraissaient les plus propres â diminuer les abus. Aujourd’hui nous avons la satisfaction d’annoncer que la méthode est en pratique dans les forêts de Senonches et de Bellesme, et que l’administration s’occupe de l’étendre à plusieurs autres forêts où il y a des futaies dépérissantes. Il est possible qu’elle éprouve des obstacles dans quelques localités, parce qu’elle ne peut être dirigée que par des hommes qui l’ont vu pratiquer; mais nous sommes persuadés que les difficultés disparaîtront dès que le gouvernement aura pris des mesures pour confier l’aménagement et l’exploitation des futaies à des forestiers qui en auront fait une étude particulière. Déjà elle est connue des agens qui exercent dans les départemens du Haut et du Bas-Rhin, et dans ceux des Vosges et de la Moselle, où elle est pratiquée dansquelques forêts, avec les modifications que notre système d’adjudication a rendues nécessaires. Des permutations entre les agens de l’intérieur de FUT FUT la France et ceux de ces départemens, des écoles forestières et une commission d’aménagement composée d’hommes instruits, seront des mesures très- propres à hâter les progrès de la sciencé et la propagation des hons principes d’économie forestière. On doit les attendre d’un gouvernement qui s’occupe avec tant de sollicitude de donner au régime forestier une direction conforme'pux progrès des lumières. Nous croyons devoir terminer cet article par l’exposé succinct d’un inode d’exploitation par éclaircie, dont les développemens se trouvent, comme nous l’avons dit, aux articles Aménagement et Exploitation, auxquels nous renvoyons. Manière d’exploiter les futaies en massifs pour en favoriser le repeuplement naturel. Nos meilleurs écrivains sur l’économie forestière, les Euffon, les Duhamel, les Varennes de Fenille, les de Perthuis, n’ont jamais entrevu d’autre moyen de repeupler les futaies mises en exploitation que le réensemencement ; mais les lenteurs et les dépenses des semis artificiels ont toujours été cause qu’on les a négligés, et que la dégradation des futaies a été croissante d’àge en âge. Ces difficultés ont été les plus forte» objections que l’on ait faites contre l’aménagement des futaies. Nos auteurs se sont occupés de trouver un moyen d’accélérer la croissance des bois ; et le mode d’exploitation par éclaircie, qu’ont proposé Yarennes de Fenille et de Perthuis , est propre à faire atteindre ce but, et à devancer le terme ordinaire des exploitations; mais il manqué à leur méthode un complément important, la régénération naturelle , sans frais et en bonnes essences de la futaie abattue. Ce complément, nous le trouvons dans les ouvrages forestiers de Burgsdorf etdeHartig. M. Hartig décrit avec une grande clarté la méthode iratiquéedepuis long-temps dans les futaies de l’Al- emagne, méthode qui favorise le repeuplement par les semences. Exposons d’abord la méthode française, pour mieux faire sentir en quoi elle diffère delà méthode allemande, que nous ferons connaître ensuite. Soit une futaie de hêtre , aménagée à ioo ou 120 ans : si on voulait la traiter d’après la méthode ordinaire des exploitations que nous appelons coupes réglées, on diviserait géométriquement cette futaie en un certain nombre de coupes ; on marquerait successivement dans chacune d’elles un certain nombre de baliveaux, et on abattrait en une seule fois sur la coupe tout ce qui ne serait point marqué en réserve; la coupe, ainsi exploitée et vidée en temps utile, serait mise en défends et abandonnée à elle-même jusqu’à ce que son tour d’aménagement la ramenât en exploitation ; on parcourrait ainsi chaque division de la futaie. Telle est la méthode que nous suivons ; elle séduit par la simplicité et paria facilité qu’elle donne pour prévenir les abus. La méthode allemande n’est pas aussi simple, elle exige plus de combinaisons, plus de savoir de la part du forestier; elle expose aussi à plus d’abus, et veut une surveillance constante dans l’exploitation ; mais si elle est bien dirigée, elle dédommage amplement des difficultés qu’elle présente, et ses ré- T 97 sultats sont tels que nulle comparaison ne peut être admise entre une futaie conduite d’après les règles qu’elle prescrit, et une futaie soumise au mode des coupes réglées. Le forestier allemand commencera, comme le forestier français, par diviser la totalité de la futaie en un certain nombre de coupes : par exemple , si le sol est bon, s’il se décide à aménager à 120 ans, il divisera la futaie en 120 parties; sous ce rapport, ce seront bien des coupes réglées; mais la manière de les exploiter successivement va deve- venir bien différente du mode français. Une futaie de 120 ans bien conservée peut contenir 4 à 5 oo tiges ou arbres par hectare. L’état serré d’une telle forêt permet à peine à quelques rayons du soleil d’y pénétrer et d’arriver à la surface du sol, qui n’est couvert d’aucun recru, d’aucun rejet, d’aucune broussaille, d’aucun gazon, mais seulement d’un terreau de feuilles. Dans cet état de choses, si on enlevait d’une seule fois tous les arbres, en n’en réservant que 20 ou 3 o par hectare, de quoi pourrait-on attendre le repeuplement de la coupe? Serait-ce des rejets de souches des arbres abattus? Mais , i°. il est sensible que les rejets ne couvriront pas la surface du sol, les arbres anciens étant déjà trop espacés ; 2°. il est reconnu qu’on ne peut compter sur les rejets de souches des arbres qui ont 120 ans, pour former une nouvelle futaie : aussi tous les auteurs français qui ont traité de l’exploitation finale d’une futaie, prescrivent-ils le réensemencement artificiel. Pourrait-on l’espérer des 20 ou 3 o arbres réservés par hectare ? Mais il est évident qu’on ne peut en attendre que quelques brins de semences épars et distans les uns des autres : or , il est reconnu que ces recrus ne peuvent prospérer et donner des arbres élancés que lorsqu’ils croissent dans un état serré : c’est ceque M. Hartig rend parfaitement sensible dans les développemens de son système. Pour atteindre le but duréensemencementnaturel, le forestier allemand n’enlève donc que graduellement, et en plusieurs années, les arbres qui couvrent chacune des cent vingt divisions ou coupes de la futaie. La première exploitation ou première coupe n’enlève qu’environ la moitié des arbres. Ceux qui restent sur pied doivent se trouver encore assez rapprochés les uns des autres, i°, pour que leurs têtes, agitées par les vents, puissent se toucher et se prêter un appui mutuel ; 2°. pour qu’elles puissent couvrir de semences toute l’aire de la coupe ; 3 °. pour que leur ombrage protège la faiblesse des jeunes recrus , soit contre les grands froids, soit contre les ardeurs d’un soleil trop brûlant ; 4°- pour que les mauvaises herbes, les plantes nuisibles et les bois blancs ne s’emparent pas de l’aire de la coupe, ce qui ne manque pasd’arriver sion ladécouvre tout-à-fait. Cette première coupe est appelée par les Allemands d’un mot qui signifie coupe sombre. Cette expression peint parfaitement l’état de la coupe après ce premier abatis; toutes les cimes rapprochées donnent un ombrage épais, qu’on peutappeler sombre. Ils la nomment aussi coupe d’ensemencement, parce que le réensemencement est en effet le but de cette première opération. La coupe d’ensemencement ossible qu’à cette époque les bois bjancs , tels que e tremble, le bouleau et le marceau , dont la croissance est plus rapide que celle des bois durs, se FUT soient déjà emparés de plusieurs places, et menacent d’étouffer les jeunes brins de hêtre : dès-lors il va devenir avantageux de faire de temps en temps l’extraction de ces bois blancs. On doit prévoir encore que, dans un état serré, les jeunes plants de hêtre n’auront pa? une croissance égale ; les plus faibles languiront, et finiront par être étouffés par les plus forts : c’est lorsqu’ils arrivent à l’àge de 3o ou 4o ans, que le forestier attentif doit fixer ses regards sur cette lutte des brins les plus faibles contre les plus vigoureux, pour décider la victoire en faveur de ces dgrijiers. 11 lpuc procurera plus d’air et plus de nowtiffire.r pn procédant à une première éclaircie, qui nettoiera fa forêt de tous les bqis blancs et en même temps de tous les brins de hêtre qui seraient languiseans ou à moitié morts ; mais , dans le cours depette operation, l’on ne perdra pas de vue le principe fondamental de la conduite d’une jeune futaie î elle doit rester dans un état serré, de telle sorte que les cimes soient assez rapprochées pour se toucher, se prêter un appui mutuel, et fermer , si l’on peut s’exprimer ainsi, le haut de la forêt. Dans cet état , que les iVUemands appellent Y état clos ou fermé de la forêt, les jeunes arbres élancés et minces ne vivent, pour ainsi dire, que par lçurs tètes et leurs racines ptqyt leur accroissement est presqu’en hauteur ; leur rapprochement fait leur force ; les isoler, ce serait les perdre ; mais tenir la futaie qu’on élève ainsi close ou dans cet état serré, çlest un des premiers principes du forestier allemand. A l’àge de 5o ans, dans un bon sol, et à l’àge de 60 à 70 ans dans pn terrain médiocre , la forêt destinée à croître en futaie doit être nettoyée de nouveau de tous bois blancs, et eu même temps de tous les autres bois langyissans qui ne peuvent pas achever le reste de la révolution, et qui disputeraient en pure perte une partie de la nourriture aux brins les plus vigoureux. Cette opération , que nous nommons deuxième éclaircie , sera toujours subordonnée à ce principe général, que la foret doit rester close ou dans ün état serré. A cet effet, on laissera, tous les trois pas, un des brins les plus forts et les mieux venans. Si le sol est bon et que l’aménagement doive être poussé jusqu’à ioo ou 120 ans, une troisième éclaircie , à l’àge de 8q à 90 ans , nettoiera la forêt de tous les brins languissans et de tous les bois non portantfruit, c’est-à-dire, dans le sens des auteurs forestiers allemand? , de tous les bois autres que le chêne et le hêtre, qui , suivant leur système d’aménagement, sont les seuls des bois à feuilles qui soient admis à croître en futaie. Après cette dernière opération , on doit compter encore de 4 à 5oo tiges par hectare ; enfin, à l’àge de j 00 à 120 ans , on entamera de nouveau la forêt par la coupe d’ensemencement. Tels sont les principes que les forestiers allemands appliquentavec les modifications convenablesàl’ex- ploitation de toutes les futaies, et à leur réensemencement naturel. Ces modifications et le développement du système sont, ainsi que nous l’avons dit, très-bien présentés dans les ouvrages de MM. Hartig et de Burgsdorf. Ce système d’exploitation est, sans contredit, le plus avantageux sons le double rapport de l’accrois- GAI sement des arbres et de la régénération de la forêt; mais pour qu’il produise ses bons effets , il faut , nous le répétons , qu’il soit appliqué avec discernement , suivi avec soin , et exécuté , dans toutes les opérations qui en dépendent, avec intelligence et la plus scrupuleuse surveillance. V. Aménagement et Exploitation . GABARIS on GABARITS. ( T. de mar. ) Ce mob vient de l’escla-éon ; les Italiens disent garba dans le même sens. Ce sont proprement los modèles de construction sur lesquels les charpentiers travaillent, en donnant aux pièces qui doivent entrer dans la composition d’un vaisseau la même forme, les mêmes contours et les mêmes proportions en grand que ces pièces ont en petit dans le modèle. Ainsi les gabarits sont les patrons de toutes les pièces de charpente qui entrent dans la construction des bàtimens de mer; ils se font en planches de sapin plus ou moins épaisses, suivant la grandeur du gabarit , sur le tracé ou dessin fait en grand dans la salle des gabarits. GABION, gabbia. Espèce de panier haut et large, enformede tonneau, qu’on remplit de terre et dont on se sert dams les sièges pour couvrir les travailleurs et les soldats. Les gabions se font avec des branches de frêne, de charme, de noisetier, de saule, etc. On se sert aussi de gabions dans le jardinage, pour couvrir les artichauts pendant l’hiver, pour favoriser le blanchiment des cardons, etc. GAGES, salaire, appointe ment, traitement. Les officiers des eaux et forêts ne pouvaient se faire payer de ce qui leur était dû pour gages et chauffage , qu’en rapportant des certificats de service. Il était expressément défendu de faire, pour dettes civiles, aucune saisie sur les gages et droits attribués aux gardes des eaux et forêts, à peine de nullité. (Arr. du Cons., du 10 février 1689, confrmé par autre du 14 mars 1702.) Aux termes d’un arrêt du conseil, du 9 décembre 1690, les gages et chauffage attribués aux officiers des maîtrises pouvaient être saisis pour toutes sortes de dettes; mais par édit donné au mois de mars 1708, il a été ordonné que les gages et chauffage des maîtres particuliers ne pouvaient être saisis pour dettes civiles, que par ceux qui auraient prêté leurs deniers pour l’acquisition des charges. Les officiers pouvaient être privés de leurs gages dans les cas prévus par l’ordonnance de 1669, aux art. 14 du tit. III; 12 du tit. IV; 3 du tit. V; 3 et 7 du tit. VI ; 5 du tit. VII ; 11 du tit. VIII ; 1 du tit. IX ; 10, 12, 14 du tit. X; 5 du tit. XJ; 1, i 3 , 14, 21,23, 24, 34 , 4 ° 8h tit. XV ; 3 , 4 ) 8 , 10 du tit. XIX ; 7 du tit. XX ; 6 du tit. XXII. V. Appointemens, où il est parlé de la saisie; et Traitemens, pour le mode de paiement. GAILLARD, de l’italien gagliardo, dans le sens de château fort. ( T. de mar. ) On appelle gaillards des planches partielles qui ne recouvrent que les extrémités du pont supérieur du vaisseau à unehau- G AI '99 teur de 16 à 19 décimètres (5 à 6 pieds), et sur lesquel les on met du canon demoindre calibre que celui qui est monté dans la batterie du second pont. Les gaillards se distinguent en gaillard d’avant et eu gaillard d’arrière. GAINE, vagina. ( T. de bot.) Expansion ordinairement membraneuse de la partie inférieure d’une feuille , par laquelle, celle-ci embrasse ou enveloppe plus ou moins la tige. On donne aussi ce nom à certaines parties de plantes embrassantes, engainantes ou faitesen gaine. GAIN 1 ER , cercis. Genre de plantes de la décan- drie monogynie et de la famille des légumineuses , qui renferme deux espèces d’arbres employées à la décoration des jardins, et qu’on peut cultiver utilement dans le midi de la France. Le gaînier est ainsi appelé, parce qu’il porte ses semences dans une gousse qui ressemble à une gaine. Le Gaînier commun, cercis siliquastrum, ou arbre de Judée, a une tige en zigzag dans sa jeunesse et l’écorce rougeâtre; ses feuilles sont alternes, pé- tiolées, très-entières, cordiformes , fermes, lisses, luisantes, d’un beau vert, larges de 3 à 4 pouces, et exhalant une odeur de résine lorsqu’on les froisse, ou naturellement pendant les chaleurs ; ses fleurs, qui sont pourpres en général, et quelquefois de couleur de chair ou blanches, naissent au commencement du printemps, avant les feuilles : elles sont disposées en petits paquets le long des branches et des rameaux. Cet arbre croît naturellement dans les parties méridionales de l’Europe et dans la Turquie d’Asie, principalement en Judée. Son tronc, qui ne s’élève qu’à 6 ou'7 mèt., est recouvert d’une écorce d’un pourpre noirâtre; il jette beaucoup de rameaux. Le bois de cet arbre, dit Varennes de Fenille, est agréablement veiné ou plutôt chamarré et flambé de noir, de vert, et de quelques taches jaunes sur un fond gris. Il prend un beau poli et pèse 47 livres 1 5 onces 4 gros par pied cube. Comme arbre d’agrément, le gaînier commun est très-recherché des amateurs de jardins. Les Espagnols l’appellent Varbre d’amour. Il se prête à toutes les formes, et souffre aisément la tonte ; il brille d’abord par l’éclat de ses fleurs nombreuses, qui recouvrent toute sa surface, et qui ue sont cachées par aucune feuille. Plus tard, il développe ses belles feuilles larges et unies, qui procurent une ombre impénétrable, ne se laissent jamais entamer par les insectes, et que la moindre pluie débarrasse de la poussière. On couvre les murs avec cet arbre; on en fait des palissades, des berceaux et des boules dans les jardins réguliers. On le place par-tout dans les jardins paysagers, et par-tout il produit un effet admirable. Les fleurs ont une saveur piquante et agréable; on les met souvent dans les salades, et on les confit comme les câpres, avant leur épanouissement. Les gousses qui leur succèdent restent sur l’arbre pendant toute l’année, et comme elles prennent une teinte brune peu agréable , quelques jardiniers ont soin de l’en débarrasser. Le gaînier commun se propage degraines,que l’on sème au printemps, lorsqu’il n’y a plus de gelée à 200 GAL GAL craindre, dans une planche bien préparée et exposée au levant ou au midi. Le plus communément les graines lèvent avant deux mois; cependant il en reste quelquefois une partie, qui ne lève que l’année suivante. On débarrasse les jeunes plants des herbes qui leur nuisent; on les arrose de temps en temps lorsqu’il fait Sec, et au printemps suivant on les enlève avec précaution, pour les placer dans une pépinière de terre fraîche, où ils restent trois années. Il arrive quelquefois, dans le climat de Paris, qu’ils gèlent en partie : dans ce cas, on les coupe rez terre, et ils repoussent avec vigueur. Le gainier n’est point difficile sur le terrain ; il ne craint que les terres trop argileuses et trop aquatiques. Quelques auteurs, et de ce nombre M. Bosc, pensent qu’on pourrait en former des taillis dans les mauvais terrains, tels que ceux de la Champagne, les montagnes de la Bourgogne, de la Provence, etc. Cômme il pousse très-vite, on en tirerait un bon parti. L’autrq espèce de gatnier, nommée gainier du Canada, cercis canadensïs, ou vulgairement bouton rouge, est Originaire dé l’Amérique septentrionale : elle a les feuilles acuminées et d’un vert moins glauque que celles de la précédente, et les fleurs plus petites et plus pâles. Il parait, suivant M. Bosc, qui l’a observée en Amérique , que cette espèce n’est pas moins grande ni moins belle que l’autre. Elle réussît en Europe aussi bien que la première, sur laquelle elle a mê^ne l’avantage de ne pas geler ; mais elle est fencore'peu répandue. GALE. Maladie des arbres. On a donné ce nom à des protubérances petites et nombreuses qui se remarquent souvent sur les branches , les feuilles et même sur les fruits des herbes et des arbres. Un très-grand nombre de causes font naître ces protubérances. Le plus souvent ce sont les premiers rudimensde champignons. Quelquefois ce sont des aspérités organiques, ou des retraits produits parla mort partielle desegmens ou de points de l’écorce. Dans ce dernier cas, les protubérances sont peu inégales. •La gale est assez généralement un signe de langueur et même un symptôme de mort; cependant il est bon d’en débarrasser les arbres en ratissant fortement l’écorce, et en enlevant les rugosités jusqu’au vif, après quoi on recouvre le tout avec de l’onguent de Saint-Fiacre. GALE, myrica. Genre de plantes de la dioécie tétrandrie et de la famille des amentacées. Ce genre renferme une huitaine d’espèces, dont une seule est indigène. Ce sont des arbrisseaux ou arbustes qui croissent dans les sols marécageux, et qui ont la propriété d’en absorber l’air impur. Les espèces principales sont celles ci-après : Le Garé odorant, vulgairement le piment royal, mÿrica gale { Lin.); en allemand, gerber myrthe; en- anglais, sv/eet gale, est un petit arbuste qui croît abondamment en Europe, dans les lieux marécageux; il s’élève rarement au-delà de 2 à 3 pieds. L’écorce de ses rameaux est brune, et celle de ses jeunes pousses verte et parsemée de petits points résineux. Ses feuilles sont grisâtres, alternes, de 2 pouces de long sur 9 lignes de large, lancéolées, dentées vers le sommet, relevées en dessous par une nervure saillante, et marquées par des points résineux : elles tombent fort tard dans l’automne, et persistent quelquefois pendant l’hiver. Les fleurs mâles et les fleurs femelles paraissent au printemps ; elles sont séparées sur des pieds différens ; d’où résulte la nécessité de rapprocher les arbres des deux sexes pour que la fécondation ait lieu. Les fleurs mâles forment de petits chatons écailleux, longs, ovoïdes et jaunes; il n’y a point de calice; les étamines , au nombre de quatre ou de six, sont courtes et surmontées de grandes anthères didymcs et de couleur jaune. Les fleurs femelles forment aussi des chatons longs, ovales, épais et de couleur purpurine; elles manquent de calice et de corolle; l’ovaire est oblong, et surmonté de deux longs styles rouges à stigmates pointus. Le fruit , qui mûrit en octobre, est un cône allongé, à écailles lâches, composé de baies rondes, succulentes, de couleur brune, et contenant, chacune, une semence osseuse. ; Cette semence reste 18 mois en terre avant de lever ; les jeunes plants paraissent dans le mois de mai, accompagnés de deux petites feuilles séminales brunes. Cet arbuste se multiplie très-bien parles drageons enracinés que l’on trouve en abondance auprès des vieux pieds, et par marcottes. Pour qu’il réussisse dans les jardins , il faut le semer à l’ombre dans du terreau mêlé de sable, qu’on arrose fréquemment. Les plants se repiquent à 2 ans, et se placent à demeure à 4 ans, toujours dans des terrains frais. Toutes les parties de la plante, notamment les fruits , répandent une odeur aromatique forte, mais agréable, et absorbent plus que la plupart des autres plantes L’air impur ou l’hydrogène des marais. On s’en servait autrefois en guise de thé; mais qna reconnu que l’usage en était dangereux pour le cerveau. On s’en servait aussi pour assaisonner les mets, d’où est venu le nom de piment royal, de poivre de Brabant. Burgsdorf dit qu’on fait de la cire ayec ses fruits mûrs comme avec ceux du galé-cirier d’Amérique. Le Galé-Cirier, myrica Cerijfa (Lin.), est un arbrisseau toujours vert, qui croit dans les marais de l’Amérique septentrionale, et dont les fruits sont entourés d’une matière analogue à la cire, d’où est venu à l’arbre le nom d 'arbre à cire ou de porte-cire. M. Bosc ne partage pas l’opinion de plusieurs personnes sur l’utilité de la plantation en France du cirier d’Amérique, dans la vue d’en extraire de la cire; mais il croit que sa culture en grand dans les marais pourrait en améliorer l’air et fournir du bois pour le chauffage. La cire qu’on retire de cet arbuste est verte, et les bougies qu’on en fabrique donnent une flamme triste. GALET. On donné ce nom aux cailloux roulés, ordinairement arrondis et plus larges qu’épais, qui se trouvent dans le fond et sur les flancs defe- vâl - lées des montagnes primitives, ou sur les bords de la mer. Ces galets couvrent des espaces considérables, il y en a de calcaires et de schisteux ; mais le’phi.s grand nombre , c’est-à-dire les véritables ; galats; 201 G AR sont quartzeux. Quelquefois ce sont des fragmens de granité, mais le plus souvent, des morceaux, de pierres dures, telles que le quart?, le porphyre , les roches granuleuses, les grès primitifs, etc. Tous proviennent de la destruction des montagnes, et ont été mis en cet état par le seul effet du mouvement des eaux. Ces pierres s’usent d’abord dans leurs angles , ensuite dans leur surface , et diminuent chaque jour de volume, jusqu’à ce qu’elles aient été déposées par une grande crue d’eau hors du lit du torrent. GALIPOT. Y. Résine. GALLE. On appelle galles des productions de diverses formes qui naissent sur les tiges et les feuilles des arbres et des plantes j>ar suite de la piqûre de plusieurs espèces d’insectes. Elles nuisent aux végétaux, en ce qu’elles consomment une partie de la sève. Leurs formes, saps qu’on en connaisse la cause, sont presque toujours régulières, et les mémos dans la même espèèe de plantés. De tous les arbres d’Èurope et d’Amérique, observe M. Bosc, les chênes sont ceux qui produisent le plus de galles et un plus grand nombre d’espèces. On y trouve la galle fongueuse, qui croit à l’extrémité des rameaux, et qui est quelquefois de 2 pouces de diamètre ; la galle en grappe de raisin, qui naît sur les fleurs màle's, qurn’a que 2 ou 3 ligues de diamètre, et <^ui est demi-transparente; la gallé en artichaut, qui’vient fen place des boutons à bois; la galle des féuilles, qui se voit si fréquemment'sur la surface inférieure des feuilles, et qui, pour la forme, la grosseur et la couleur, peut être comparée à des cerises à demi mûres; la gatte en chapeau, qui croît dans le même endroit, et qui ressemble à une lentille ; là galle des racines, qui est ligneuse et grosse comme le poing; enfin la galle du toza, la galle glatineuse, qui se ressemblent beaucoup, et la galle du commerce, qui viennent, toutes trois, sur les rameaux de l’année précédente. Toiites ces galles, dit le même naturaliste, sont produites par aès diplolàpés, et parmi elles il n’y a que la dernière qui soit utile. On l’emploie, dans la teinture, et dans la médecine, comme astringente. Elle vient sur 'une espèce de chêne qui croît abondamment dans l’Asie mineure; elle doit sa supériorité sur tes autres galles du chêne à l’abondance du tannin qu’elle contient. Les feuilles et les branches des saules et des osiers, et les rameaux du frêne, sont souvent chargés de galles. Les ormes présentent des vessies creusas de la grosseur d’une pomme, tantôt ouvertes, tantôt fermées, qui sont d’ûes à la piqûre d’un puceron. Ces deux sortes de galles peuvent être enlevées avec le croissant, et il est bon d’y procéder au commencement de l’automne, pour qu’elles ne se multiplient pas l’année suivante ; car elles ûuisent à la crois- sauce des arbres, et sont d’ailleurs désagréables à la vue. GARANTIE. Assurance que l’on donne à quelqu’un de l’acquitter et de l’indemniser de la perte qu’il pourra souffrir. Il y a la garantie de droit, et la garantie de fait. Celle de droit concerne la maintenue d’un acquéreur dams La possession et jouissance de la chose à lui Tome II. GAU vendue; cejlq de vait, ou conventionnelle, regarde la solvabilité d’un débiteur. Lorsque le domaine.£st intervenu dans le partage d’une succession, comme représentant quelques-uns des cohéritiers émigrés, les demandes en garantie qui peuvent être formées par un copartageant contre uq autre, sont de la compétencede l’autorjté administrative, gt ne sont qu’une suite du partage administratif 4 éjà opéré. ( Décret du 23 janvier i 8 j 3 .) Y. Domaines nationaux. GxRAJfTtE DES FONCTION-N AJUES OU G.\R AN LIE constitutionnelle, V. Mise en jugement. GARDJ}. Ce mot a plusieurs significations, ,11 se dit de. l’action de garder, de conserver quelque chose, d’observer ce qui se passe pour n’ètre point surpris, et, dans ce sens , il provient, suivant quelques étymologistes, du latin barhqre warda, et, de l’allemand v/ahren, garder; il se dit aussi de la charge, de la commission de garder. C,’esl; ainsi qu’on dit : confier à quelqu’un la garde d’un bois, alicujusfidei sjilvam committçre. Garde signifie également une.réunion d’hommes préposée à la surveillance et à la conservation des choses et des personnes. jC’est, dans ce sens qu’on dit : garde nationale , garde fore^tic/e- Garde ou Garderie, en termes de lorêts, est une étendue de bois confiée à la surveillance d’un ou de plusieurs gardes. Les grands-maîtres, dit l’ordonnance de 1669, doivent faire leurs visites de garde en garde $ les sergens à garde doivent être assidus chacun en sa garde. ( lit. VJI, art. 5 , et tit. X, art. 10.) Garde, en tant que ce mot s’applique aux personnes, signifie un gardien, custos, un homme chargé de garder quelqu’un ou quelque chose. Garde-Bois ou de rois. V. Garde forestier. GARDE CHAMPÊTRE, qu’on nomme aussi garde-messier, et en Alsace baûgard, est un officier de police judiciaire, qui est préposé pour surveiller res récoltes, les fruits de la terre, les propriétés rurales de toute espèce, et dresser des procès-verbaux des délits qui y portent atteinte. ( Code du 3 brumaire an 4 ? art. 38 . — Code d’instr, crim., art. 9 et 16.) Les fonctions des gardes champêtres, eu ce qui concerne la chasse, sont déterminées par la loi du 00 avril 1790, et en ce qui concerne la police rurale, i°. parla 7 e . section du tit. I de la loi du' 28 septembre (6 octobre 1791); 2 0 . parla loi du 20 messidor an 3 ; 3 U . par les art. 16. 17, 20 et 31 du Code d’instruction criminelle. V. ces Lois au Recueil. Leurs procès-verbauxsont affirmés conformément à la loi du 38 floréal an 10 , art. 1 1. Lu décret du 11 juin i8o6établit les rapports des fonctions des gardes champêtres avec celles de la gendarmerie, et il porte qu’ils pourront être appelés aux fonctions de gardes forestiers. \ . ce décret au Recueil, ainsi que la Circu'. du 8 août suivant. Ces gardes, sous la loi du 19 pluviôse au 1 3 , n’étaient point considérés comme agens de la force armée (eirr. du 5 mars 1817); mais aujourd’hui les gardes champêtres et même les gardes des particuliers sont considérés comme des a'-eus de la force publique 5 et les violences-çom mises sur .eux doivent être jygées par les cours djaiseises , et punies des 26 GAU silvani et De hmo- silvœ custodes, saltxarii, par corruption de si, redeniptorés, commé on ife voit dini'Valoi D lion., tib.j , Dig. ‘ K il- Le6 gardes-ù«jui'l^^rveiliançB deq'fqr^spfhx roi était anciennement--confié» sont Appelés par quelques ordonnance? regardatores et quasiser- vièàtcs. Il# étaient de plusléflr? éWjVètefe ; 4 tri* 'il 'y* en àvait dè ‘shbb'rd'ôhnWà ri’aqtrfeS'gardàsÿiqéiî fôr>- ‘ffiaiêtft*i!hi‘ tYi&ùnàl'Ôù" sfe‘'portàjt ïalèortnàikbqriéfe des dênts'érMnilsuaiW lès forêts 1 . : ' ' . CPqatfïfe quel’brt ttèrMrqiie d^nk ■nnë'.ordo'mftfneè dfu n,^- 'JJt-l— : —.ti-ll -A-.1 '-iik-imki.xsl ment Viüieis-ta- Malmàisqg. ; ÏIÎ. ïl ÿj avaft jiarmî .'ënk'iijf üftÇitré^a'Mè qîff, indèjvendamiiieifï deè Visités ^u*il éfdrt’ôbligé'dè faire, avait èduS fui, pour niyirîfer fojtis lès forêts', des sergens de, pinsiéqrs ? sjirtèV’qô’ fm' 5 H fi e lai t séf- gens dangereux, routiersf'jriéersiVrV'oU’*siWpïés sergens. ' , o si,.' ■ - - IV. T?ne ordoniian6ëil§Sàifit,-Gél ; tB'àitf-'iiiJtiye, du 26 février i 5 <} 8 , porte qüë'ÿe.s 'n'ÆUndirès peuvent faire perquisition ae‘fif(s'‘èl ■éftjglHi défendus, en l’absençe des sergens dangereux ; t& ifùi prouve que les sergenk dangeûmiîc’avaîëfit tlrte 1 jilus grande autorité que les sergens'brdîififfirës 1 . 1 '!’ • ’l Ui> V T 11 n ravirane rt rvo m-n ii»_lrAv>VIi>W âQà i laines ptytées aux art. î 3 o etj^Ji d>u Code pénal. Arr. des in ’juin 1811$ et o sèpténiMfe l'ain.) " "."* te’ v -‘ i-ntioour.jUlur; ( 7 îut;}‘)L"i un 1 tJbmme tPiin autre coté ils sont raaices «ans la classe des'officiers,de nolicq judiciaire, ils doivent, ï raison J (fe? délits qu'ils co’nimèttënidâjns' l'èxércice lué Telujp^fonctioiis, efre trfetÿu^fà deyânt-, l fès'’ i cpjiiils tosalës'C' et iucés par elles sans appel." (’îSrr., defaC. 16'prrér ,8 â i. Leurs-procès-verbaux fout foi,en" îus\î(te .iuègu’âi imni!"" f •. <- Tko .Jss' I .T» , i preuve contraire, ipeme contre reurs parens çti al-: Çes, 'Ârr\ dela Ç. de cass., dii y > hchembre i8?y r ^ MA s ïïs sont sans qualité pour constater, parties procès-verbaux, des contraventions étrangères a la police rurale et fpre/stièr e.fArr. de la 'Cf. de cass., du* iS février 1819.) sont, commé officiers dé police jüdiëikire, soumis à la surveillance des procureurs dix rùj; et c^esf ;\ ces macis traf&nu’appartient exclusivement le xjiüj ,,i , •• P ■ ■ 1 .. V ,.1 1 . . * . , ..... arort de les poursuivre , à raison des crimes ou délits Cominis daîris l’éxerçice de leurS fonctions. fArr. de ~tt^C. 'iite*cass.', du ij septerrchre \tyiqi) itl në peuvent être condamnés aux dépens, sur le motif qu’ils auraient à tort désigne dans leurs, prè- cês-vêrbai/x 7 - ri q i .i,. t, : , P Çxi; BiiteŸ-r.u est ne^eis^ire. que tcms les emplois ror^stiers soient - ti--- —■—m-' i .l i 1 .tV., ^11- aà.~" i emplis par des su jetsformês a ce(’e|fet ,"etn l Y sal y s uile educ^lioji particulière, il ne l’est pas moins.que Souyçnt on’exige de lui plus qii’il n’est èaisdnrmble d'e’le fiHri/'Cette rigueur produit quelquefois‘le m'ajdvhrÿ éffet d^ feïie regarder comme superflu rrtéttré' cé qfai èSt’'ùécÀ- saire , ét c’est aindi qùfe Roi/ nWiïqtSfe’lfe tfbt'du’on s’était proposé, par l’excès deè moyeds employés pour l’atteindre. ter' ■ 1 ah L’auteur trace de la manière suivante le 1 portrait d’an garde- tel qu’il devrait être, fen comsidépâiïl ^a constitution physique, son caractère 'ntoml, tempérament, ion intelligence j, isojt éducation*) I. Çqftstitution physique. — IL veut que son-garde soit d’une constitution robùsteet d’une bbuàésaaïqé ; qu’il soit bon marcheur pqn’iluàt imeÜonbe juAfct l’ouïe fine, parce que l’état dlul gardeet du cbasséair exige beaucoup d’activité‘Ut de fatigua de -coxpt, parce que sa surveillance se trouvera souveotendé- faut s’il n’est pa^ bien ter^i; ptjrjjfeq jppq fit, ses oreilles. L’auteur, en plaçant preqiie^-yaqg.la condition d’une bonne constitutjpjp , voudrait q^Ja loi consacrât cette condition , çopjnip ceîq a dejp ,ejte fait dans plusieurs pays, afin de nétourner^çs^m- plois fprestiers des hqmmes yalétudinairdSjpu faiples, dont on ne peut jamais attendrq un bon service, II. Caractère moral. — S’il estj nécessaire., conti- «qe-t-il, que tpqt homme attaché a un serviçp public soit d’une moralité irréprochable, cette qualjte est Indispensable dans un garde, parce que son Service est bien jplus difficile à contrôler que tout;antre,- et que ç’gstA. lui que sont^.çsnfiés les capitaux cniejçe- grôsentpntles fçrè^i ^ f? ut ^f art èrf c flî ,; ,^ n 4iw t q«‘ ne deyoira glppç^gyet fidélité^,et punir avec,sévérité, lé gardte eni fonction A t, ,1 [Z ^ III. Tempérament. — Comme cét otojet a une m- -flUh*€ètpârticuiière süfr la manière dorttnld i'drfdèifâit son service, l’autçùr réjiOUfese celui qui est d’un tem- ip^iqeq^flegn^tiqv^ et indo^eijt^qy^^ fai^ son piiviii/>a.niia‘nav In cro 111 fp rtin.nA’va dllio na rno j son aô’ GAR o.o\ GAR état de nonchalance et d’engourdissement, quand même le fVeu serait à la forêt. Un tel sujèl, dit-il ', ne Confient nullement au service forestier, aurait-il d’ailleurs toute la capacité requise. La botirtë humeur, l'activité, la persévérante'et un fedût pdïl/Ollier pour l’état de forestier, telles'sont lés qualités qu’il exi^e dé son garde. I V. Intelligence. — Il s’élève avec force contre le préjygq où sopt plusieurs personnes qq^Lsuflit d’avoir, un corps,.robuste pqur êtrq forf.ptiqr, et quy l'administration, des bois exige rpoinq d’intelligence, auj«j>urd ) ’jb.ni que,l’on reconnaît la nécessité de faire suç^éjjer à.. une. administration désastreuse un système fonjlé sur des cp-.iqa^ssances positives, on ne peut, dit-il, exiger trop d’intelligence d,e la part des fojestigts. D’qpfès pe priupipe, il veut que l’on exclue des places de gardes tout candidat dépourvu d’Orne,çe.rtaiqe,aptit.udtç r et.qui ne posjéderait pas d’aîlleups les çonifaissaipces ordinaires que l’on en- sqjgnç dpins lesécoles. . Y1 Instruction j-r-, M. Hartig exige de son garde mer les connaissances suivantes comme indispensables : l'US&Vôir lire et écrire correctement, et pouvoir faine wùt'ap'port clair et méthodique ; aPytiCHhaitrè'lé calcul des nombres entiers et des fractions, et savoir assez de géométrie et de stéréo itiëtrlftipotir'étre fenétat de mesurer la contenance d'ttrte ebupe OU d’une -clairière à repeupler, et de Cuber lès solides qui se rencontrent dans les opérations forestières^ ' 3 °. Avoir une idée juste et générale de l’admi- nistrètièn;- ' ' 4 °. Avoir également une idée claire de ce que cîest que ht ri'atnre'ten'général j et des-corps organisés; S'A-Connaître des différentes espèces de terres , et pouvoir juger dans quels Sols et dans quelles situations les bois croissent plus ou moins vite , et celui OÙ ils ne peuvent prospérer ; 6®. Connaître ce qui est le plus important dans l’Historre générale des arbres ; 7°. Connaître l’histoire naturelle des espèces d’arbres les plus utiles; 8°. Connaître les repeuplemens naturels et artificiels , les moyens d’augmenter la végétation des bois dans les forêts et d’en améliorer l’état; 9°. Connaître tout ce qui est ou peut devenir nuisible aux forêts, et les moyens de les en préserver ; iO°. Etre en état de faire une estimation sur un Cantôn déterminé; ' n°. Connaître tous les objets utiles à l’économie forestière, et les moyens propres à favoriser les prodiiits’q ' . » 12®. Connaître et pouvoir, tenir’les •comptés'relatifs aux-forêts j' ■ _ ' ' 1 3 °. Avoir des idées justes sur la propriété des fo- rêts, sur les servitudes et les droits auxquels elles _ • x _J . 1 * ijPlIM sont soumises, -ttn- 1 ZXIU islu». . • Indépendamment de ces.objets, il doit connaît :è tu. \. »ï- i - I ». . TJ .Mtr T . il l-.u .< ce qui concerne la chasse, pa^- exempté i qui ii 4 °. L’histoire natùreile a dés^ animât tes ‘pl GAR utiles 'ét teS 'pljls intéressais pour la 1 grande ét lâ petite chasse;. ' ‘ 15°.- LeS'ihsf^dmens^ machines , unimauJc et t^us les objets nécè’Séâirés pbhr prendret>ù chaisier lé fil- hier, lit manièVéd’élévér lés cliiéhSs'ponr ià chàSse , et de faire leVpiéges ét' filets nécesSatrés 1 ;t j 6°. Le^'dlftèréns irtdryéris de prendre du dè'tuér chaqUdéSpt'éë- de : gilfiét", et l'art 'dq léS'érfiîtlcjydr avec sùècè^»^ >li ‘3 i lna d J ’ • ll: • iua y "• 17°.- LVgditviérfiëriiéàt'dë'ïa VhtiSsé 'feU jgénêral'ét ce qui tient à sa çonséW&Wàfi’/’V’.'lè Oitüihitil'âes Chasses. uo xu/nèiiag zeLrcg zab •-.îiciji;- irl-lB «J Telles sont les ( connaissances quWM’. Hhfitig a fixées e&miiië'yfeVaitt^êtrfe ^xigéfes-des gardeL Son ouvtage ibàitie flë'dhéeù’ne'tî’-éHëi'éiî p*irtitHffieV;"Ut forrhe lecoùindienstHvetidn qu’il profë&'é'lüi'-'niètde en sa qualité ‘dfe’dürectéiir d’êcdVtr 'foTfrfiflèrel 1 ’ Voici maintenant les qualités qué‘ndéd êitigébriS ansraeli/iqàh zui - tteLr: rJsl;i JnaieJ j°Il des 'gardas! auemanjqjb zu. • usb r : I VI. Il*faü tjrpj^il^soiéltt^irdbl^. tions d’ün carde sont pure bonnance, et qu.i. , . . ... . .rft R.sui.i z-nlnc iii zotizi n est assujettira aucun cautionnement., , „ ,, irT, T f >> , tiovi i- il, ■ . n ,ub Jibo ib 1 -JI . ' i, I1 1 ^ t a aUS J S \ 3 U . ^ «"îtàW?W Uf r r % n ' ;r l’audace «es delmquans etdçs brigaml^jloi^ les forêts sont souvent le repaire^ aussi ’ajl^on toujours donné les places de gardes par .pref^fi^iiçe' aijx ■ygté- rans cqpvçrts ^honorables blèssurqs ej formeg â qrie exacte ais'cipli^e, lorsqu’ils rfu^sé^t d/am^r^es qualités necessaires- Ç Lçu au 2^ s ufÜi e ?f;Y re ii , {? 9 J ï ’ lit. III, art, nA ... ni--. .. “ r ‘ VIII. U11 garde doit avoir un ce^tai/i cjegré .d’in- telligence et de capapjté; car de qu ptau- vaise rédaqtion.dç^ee procès-verb^Urf dépçqd la port des instances et-dus opérations qqi.en sont ja (Syite. ( Circul. du 27 gcrtpinalan. 1,1 , n». 3,Jq x . IX. -li doit être sobre, L’intempéranço ot l’inro- gnerie étant dans un. garde le t ïice le.p(vES ùaWùès o4NéïiA««l> j* 790S1 ju. : 01 iioil ufi i ' 1 ^ L'êà i H'féfioséÿ'sddt'CÎà^s'êér^fi joiitdXiùl^ pÿrmi^les dpl&7hFcë' f n*Mit q8e fdidîm^tükîchttter & Tordre GAR alphabétique , quf nous, traitons 4 e leurs (onctions, en même temps que de celles des gardes. J^sgard^ff, généraux,,sont des agens d’unq grande utilité., Placés,, ènfye, les «gens supérieurs et les gardes, ils partagent lés fonctions des uns et des autres ; ils rendent comptoauxpremiers du résultat de,, leurs, tourné, coppèrewt^yeé ,eux aux opéra- U$Wi» .tf, lefi romplgqefitdfgs.pp grand nopltre de cas; ifs surveillent et dirigent lés gardef^cjans leur *& r râ«i et etepn- tgtratiMMP’itt* as fi-jnab '..'J Les attributions des gardes généraux ont yarjé e n ‘ÆÇWep ^eonnasifjnnoo aaJ Jru■ i tob IaÇft'. b «K tfbij# Ww/Mmwfe de.. i,6$9 a 3 f 4 qy .gTP^W^ ipeer sçmpWpy.les ,tra,YéWers, n^î tyfis-gardeyj- surgardes, rou- liers et surgptsflanfieyeug„quifurent supprimés par iewwç..'Uilcnn ? ,i JnfinoJnxi ■ Ils étaient établis dans lès départemens desgrands GAR sites et autres fonctions- TI Tl , ..JiiyiTi )T:n. rj!B ' ni 0 ee . U. Par edit du, mois de .mars 1700, ces officiers m'àYtrlsfes i pârtiCuiièrès, dont ils devaient rendre compte devant les grands-maîtres et les contrôleurs géfiérarùX ,’en présence dés receveurs généraux dü pérrtîculrers des domaines et bois. III J’Màis, jrir une déclaration du 14 septembre i'710 le/ foi fît connaître que le titre de receveur des amendes nVvait-jm être attribué que par inadvertance aux gardes généraux, vu que les sergens col- •leètearsT, a» lieu desquels ils avaient été créés, n’étaient point receveurs des amendes, mais seulement collecteur*j îet que Sa Majesté avait, par les édits des mois de février 1691 et de novembre i7o4i cr éé des trecevéurs anciens, alternatifs et triennaux des amendes, dan» les Tables de marbre et dans les lriaitrises particulières des eaux et forêts, qu’elle C’avait point eu dessein de priver de leurs fonctions. 8a Majesté ordonna, «n conséquence, que les rece- rienrS des 'amendes créés par les édits de 1691 et ‘h764» seraient et demeureraient rétablis, eu tant que'bien serait, dans la recette des amendes et dans Icadroits attribués par les édits, dont ils joui paient tant pour le passé que pour l’avenir, et que .les gardes généraux demeureraient établis soyis, le titre • d«j gardes généraux des bois e( forêts du rpi t cpllec- t top es ides [am ondes -y^resùtu dons et-, confiscations ; etpi’au surplus ceux-ci jouiraient dei tous les droits, üqwJtiopaiet jpnénogarives portés par l’édit çl e ti7 c ^i naanftquejsenx .popfivns jusqu’aJLoçs fn^supt ptyigés.de aprsndre deuaouTsUe* provisions,,, et .que seulement ceux qui seraient à.i’uvnoir pqnjyuy 4 ^ 4 jt^.cjf%es feraient insérer dans leurs lettres de provisions le titre de,, garde.gépjéraW fPlj^ÇtfifJr 4 q s ;fjmdfïi'éléA 4 , et devaient être, comme eux, taxés d’ofiiéë à laf aille sans pouvoir être augmenté* à la capitation. Léurs eufuns étaient exempts de tirer à la mitirco; ifs avaient leur cause çpuimise ay préridfid.lèiiflua'proche de leur résidence, et pouvaient;.dewepMF-dfU" tel lieu que bou leur scmb.Uitdans, lîèlm> 4 l>e‘tte la maîtrise pù ils étaient établis,, gnoitonu Ils avaient droit de mettre à exécution,, daftsl’étendue de la maîtrise en laquelle ils ^taiqjft étaiWlf,, toutes ordonnances, sentences,, jugetqçft* tifirféfiiigt commissions, tant des juges des eaux et^for^ts qpe des juges ordinaires. ( Efi-t de mars tyçtS,; — “Arr. du Cons., des 1 5 janvier 1743, i er . ay%fi\rjf$à$t G juin 17 58 .)., r- .le; ,iiovA.°é IV . Les gardes généraux ec-twllemçnk fffoejfiegijçe remplissent une partie, des fonctiryif .flps, lan^ens gardes généraux; et celles qui leur pntqqténfirlbwéqS) et dontil va être irarlé- : p.iôd'asi znoi; La loi du 29 septembre 179^ , qui a.vajj, ^(Çé^es bases d’une nouvelle AdminijStratiqyifpfçç^tière^’a- vait point établi de gardes généraux ni 4e x$uq-ijps- pecteurs; elle avait rpjidu les çDnupnflj^fipns.im- médiates entre les simples gard^içtlçs,inspecteurs. Mais la loi du 16 niyôsq an 9 r quia définiîivefWet't organisé l’Administration,arempl; qqtfir lacunfl prejudiciable au service, et a ordonné que les nouveaux agens qu’elle créait rempliraient les fbnçticyis^ttii- bqées par içy lois existantes aux agens qu’elle supprimait ; dételle sorte que les gardes généraux de la nouvelle organisation ont remplacé ceux dçjl’ancienne da/iy Jes : attributiops conservées op éçajlrlies I e ? Jéfikmens :. ,-.pÜ8?ic'i Ces agens sont'en conséquence chargey d^ .Sur- i.yçiUçr.l^seryjfe,des;gardgs ordinaires, ds lcs^enir dans lénr devoir, de leur prêter secours,.de faire aiqv.qu’çjflx.ljqute? soyfqs 4 e rappayts^e^ i «fl, effet j 4§ PF.'ÇflPrff DOé^ et forêts delpur cantçnneqtflnt, ainsi qûe les arronuissemens de pêcheu-fih4Vn?if 20 T» i) srioteid'J . ’f ao6 6AR G AR Los gardes généraux doivent être âgés de a 5 ans, r'omine les autres gardes. {Loi dufkf) septçn\b[e 179*, tit: Illjàrf. J‘ -r -T 1 - I. » ‘ Ils sont ternis tPavoir un cheval pour leur sér- ; - ^ r 11 r • , • q'iUIO -il. vice, et un marteau particulier portant pouç- .empreinte les lettres fi (i , destiné à la marqué seple- ment des chablis ^èt des bois de délit. {Instr. dit 16 ventôse an X, art. i 3 . — Insfr. dit a 3 mar^ 1821 , art. 7.) , ; 1 ' Ils résident dans les liçux fixés par l^urs cpm.BÛjS- sions, et lie ppiivenf s’çn absenter spns permission.’ {Instr.' du a 3 mars 1821 , art. 2.) V. Çongé. ,jj‘ Un garde général peùt surveiller vingt-gardes ppr- ticulieri d^ns les grandes forêts dont les triages sont contigus, et son oantonnemeüt peut être composé, terme moyen, de 6 à 7000 hectares de bois. V. VInstr. du i er . germinal an 9 —22 mars 1801.. Les gardes generaux,doivent visiter les bois des comnvunes , s’assu ref .s’il est établi des gardes pour les surveiller’,^e^si 'cffi gardas font leur devoir. ( Circul.^ du^y méasïdq^q.n.ÿ — <3 juillet 1801,) Ils doivent se montrer revêtus de leur uniforme dans l’wierciç^^e leprs fonctions. ( Instr . du 23 mars 1821 , art ! 12.t ' , :y r ut lu'u' Qf '■ si’ uinf . 1 Les gardés generaux transmettent aux gardes particulière et feu^ expliquent le» ordres, instructions ét'reglemèns forestiers, en ce qui les concerne. {Ib., art. ia6.]J -j , ( . ,, Ils visitent assidûment les forêts de leur canton- nqmenj, yyillent à leurconservaticin et au maintien des hmites dans leur intégrité. îflk s^âssufent de la conduite des gardes qui leur sonLstibprdpnnés,.Ieur remettent, pour la rédaction de leurs procès-verbaux, des feuilles visées pour timbre^(jui portent, pour chaque garde, une série de^mimèp^s qui pe peut être intervertie, et.dontles s : " ; - ; |T- f— r ~~i~ —~~ — ’ i' T; . Tjrir , r . rj compte. Ils visent leurs livrets, y font mgptigjVdpinombre .qes feuilles remises pour la rèd^CTion .^ys, p r ocès-yeifiaux , et y joignent les an- niahAne nu'iili! îiinfinf^nlivAn'lMAC ‘ c^il C rorminoic. notations as jugent-eoîwenables ’it.existe dans leurs triage ils reconnaissent qu’jl ,‘^xiste dans leurs triages des délits non coftstaté^^yls f en dressent un procès-verbal, qu’ils transmettent! à. ^inspecteur ou au sous-inspecteur. II IfeuV^st spécialement recommandé de visiter lgs^oupes^t^n' psaju.ce , et dans le cas où l’exploita- non i n 1 ç ( n serait! pas conforme à l’ordonnance et au çahiëjrbarge?., d’en dresser des procès-verbaux, qu’ils'envoient immédiatement au sous-inspecteur ou à l’inspecteur, (lé., art. 120,). llstiénpentfun livre de correspondance, un liyre- jfjuVnàl de leurs opérations, et un. sommier des procès- verbaux «e délits, conforme nu modèle 11”. 27 , s u r^fe qi 1 êl/ji 1 Si,e nregi s t r en t, chaque jouxj, feux qui tyfctttètitâk&tl* garde« f , - • • ; : . .. , Jf est qtrvart ^jr .ce (sommier, pdur cfjaqijç gprde* fé-Pfortép, Le garde général les transmet avec exactitude | l’agçnt fhargé,de 1 la ppuçsujte v pti^afcorapçgne pet enyojjil’qn Irçrdere^u énpnqpnt le numéro (de pes yerb^qjt j |eim d^tçnoçf pugarde.rappqr- teur^ la‘nàtuijejdu!fêlîii8tle§;qpmsdes délilyjçan^, v; &,V ïw&tt" 4 isrt dents, il enregistré eh outre les jugemens sur un .... lit l- : 1 r.4.;^ j * - sommier co^ifçirme au roodèlq n? f 36..(df.str^\du 23 maris 1.821 , art. 139, ) . ■ . ?.. Dans le« l départemons pep ty)i«é?i»;pt où lés fonctions d’inspectehr ou de sous-dnapectepr ^oût ctan- fiées à un garde général, ce préposé se conforme à ce qui est prescrit à ces agens p|n:*l?i* 3 ffuldicJn-du 23 mars 1821 . (Ib., art. 1 3 1.) , Le* garde» généraux, étaht cbnaidétéa comVne agens fvqeaïiers, leum ffroéés.vyerbnux ne-sont-point spufnis,i-lWfi*tpatio , n. 1:79-1!, tit. jX,art. -tt 1 (limai- dv ia tfiermUiorutvva , n°. T 22t.,*rT Arn, de b* Ct. deepss., dét d2 'tkethùdtor an 12 , rià noyembre iboùjcjf jànvier I808 jiyfèïnUr et #9 mart L i8»4;.l, ,t™, jnoinebiqBi'iefioqinBil Ils réunissent ait beScén leis gératgi f ou* leurs :or r dres en tel nombre, qu’ils jugient cCHcfeaaliki^j'iaBÔ. de manière que Te service ri’e» feqftffrb-ipaiqrild"!se mettent à leur tête pour;dis»ip(er le» rasaaanblpnseMs de délinquans, en arrêter oufVec«n^flltrdle*«atqurs. {Instr. du. 1.6 ventôse- an. XbaKtns* 6 n)iszaao zsJ Comme premiers gar.dgy,, dwiJs;fihiHin*- cânJboiine- mentils ont à remplir, de nüêtnd qife les gardeapar- ticuliers, les obligations imposées, (i tteu^ci',-.et tjni seront détaillées ci-aprèsç ils pouyétetctuissipcopuài; agens forestiers , assister ou suppléer les inspecteurs et sous-inspecteurs dans toutes les'éjpfcftiUHnA iÿrtes- crites par le cahier des charges. ( Circul. du 2 fructidor an X, n°. 108.) Us accompagnent, dans letrf bdHfoïMèWétiï^les agens forestiers en tournées , 'ét'ÿ-'V'fùmMtÇtVëé'dtfx aux balivagei^ -rtéi-telages,'v’éitëjf', 1 r8c^lé t ù % h( et autres opérations ordonnées. 1 (itibfri 1 UH' 16 hmüŸÔse an X, art. 12. — Instr. du a 3 éther ¥8¥i^ att'.d" 5 o.) Les gardes généraux avaient été autorisés^par un décret du*2 févrîêé 1811 , â reeoüvre? tés ameriilés , restitutions et autfés"condamnations prononcées pour délits forestiers ), mais'par décisioridq,; S.iÆx. le ministre des finaùees, dn ^ nùvenitnre iSiy'ièlâs receveurs de l’enregistrement ont été kJ«! ncamaji chargés de faire ces recouvrerrieasi, edq&rwépsnt à laloidu29 septembre 17914 V. CoiieatniBl : ‘ Ils peuvent, comme les iospec.tdltfs etSQÙSflnsf- pecteurs, poursuivre les délits, interjetée appel, se pourvoir en cassation, et lorsqu’ils paraissent^ l’audience des tribunaux corrrectionnels au nom de l’Administration, ils jouissent,cohune?les autkds agens, de la prérogative d’arroir une placé particulière au parquet, soit aux audiences correctionnelles, soit devant les cours royales^ï Gaded’inistr. ctjm.^art. 182 et 190. — Circuit dais y aeüt >1811:, nP. 453 .1 îjj 1 ewp to Us ont qualité pour poursuivre les délits .constaté? par des procètf-verlraux de récolement.. ( Arr.. de ùt C. de cass., du 22 noyembra jüy 1 ÿ fdAdésunie,/.)«/- çret du 19 juin . p 1 y t ndmèvon t - ub Us jteuyent, en Vertu de'lildélégafion do-l’ins» pectqur ou du sous-fnspecteur., constater..par des procès-verbaux Âe récolement les délits pu «edtra- ventions dans les contes J soit .noydfeé^ .soie oonif- rminales. jdrr. delà C. de cass.,, du 9 juillet » 81 ô.) ; u u vos U, de là loi qui presCTit-la préSbnce de deux agens aux rdcplemens est rempli , si le protès-veilal céi&Ré rgftç im inspecteur ét ait» gatcle général-, {Arr. de la C. de cass., du 5 août 1808.) GAR G. A. R 20' Ils peuvent même, d’après l’art. )3j de l’instruc- tk)ft' d*i \ï3'xnftrs 1821 ,-rèTtlpfîf^ 'dans ïei 2jq»àrte- jnens peu boisés, les fonctiônà'nttribfyéès px ins ]*etf»èa*è et l sfftij- £ îtispèctetil-s. , . r V , . II ^if>Jbé/^ Collecte ae am&nife*-) RéeolOMént: soi"» luoo >- oqn-n d» CHAPIÏ’ïïB IV ; afef a -»ES-ÔAhDfcs’i CfaèvAt.. r-.i .V»o t .-\) - • ;.oi : ■« irluea gardes Jnjhevîd tt , oiW'pﻓdfkuli , é(à i fonétk>ns quieiqeilas^des garlé)»4ttâjjéèteùrs généraux particuliers des'forêts du roi y soit qtdils fussent pourvus de’éommièsiens du .oodi 'uun c . ï> ..tii : et » »\ » .T çomiftjs- aùtre grand sceau, ou qu’ils exerçassent sur lee cou lioni'cfef grands-mftirés, ij*|£&îénjr’f enus,à . . éïfose 1 IjUé dê^se'fiuré recevoir’aux sièges^d^maîtrises de leur établissement, sans être obligés,de taire enregistrer leurs, commissions aux chambres des cdnipfes Ou bureaux d/es'ISnancés ni .ailleurs, lé roi les en ayant, ên tant quéide besoin , déchargés.; ÇArr. (tu CpÀS'.f dfs 21 octobre 16^7, 17 nqyemlrç iô^r, V4 éiùrs 1^24 èif iîyuj^e# iyso.^ \ ^ y Au surplus, les débits qiie ^deveyient ipayér "|es gâi'dei'poW'éès 1 èhregistce , rtiéijs ) ' iüsqu’ï'ce qu’il eût plu ail foi‘<îê"%s én dlsp‘éns^r,^njei'àiént,‘qUe liv. [Arr. du 'Cons. } du ■z jaruuet iO&Sj) , " Les’ gardes detaient' 1 efr&' replié aux 3 siéges; ( des maîtrises nécessairement. (Art. 2 dû iit. K de l'orcl. de 1669.) Leur réceptiob à la T^ble de marbre" Ait été nulle. . 3 r , . ” Il ne devait être reçu aucun ga'v’cfe qu^l n’èfit jj’té if/temû <1o «oc vîp pf ^ U li UB sÔl informé f u : oDïigei- h GAR 20 $ GAR actuelle. {Ait. 9 du tit. VIII, et eut, b du tit. IJC del’Ord. de 1669 ) , . Les gardes étaient (et il$ le sont encore )respon»a.- bles \ics délits, dégâts, ahroutissexuens, etc», commis dans leurs triages, et devaient être condamné* à> l’amende et restitution, comme l’auraient été les. délinquans, faute d’en avoir fait leur rapport, et de de délit avaient été trouvés', le nombre et la qualité des bêles prises ert délit, et lé nom 'des propriétaires'. (Art. 9 du tit. X de Rord.dç, \t> 6 y). Ils étaient également responsables des délits commis jxar ceux qui .avaient été antérieiiremeiit. déclarés inutileset. vjgabonds, Fauté dé les avoir amené* dans lés'pinsons de la maîtrisé. {Art. du tit: Xxvilet Xtn.de {’édit de mai 1716.) Ils’élaîént omiges dé faire de 3 mois en T mois lé rapport au nwnib te d'eâ bo rnes èfcde l^état des fossé àutoül'tles forêts du A 3 , e't’Ÿau té ‘d’avoir donné' sur ce les avis et éçlaircissemens convenables 1 , ils'étaienl rtAjioKfïlb'leV dp foui* êvénéfnëns.' [Art. ,io du tit. X (Té loïà'.'d^ i§6c).)‘' . 1 lAs grands -maîtres pôMVaient seuls, et sans appel, destjtupr Jiesj jjaf|des, tao| des domaines du roi que cfé'cfeux tenus en cruflo , tiers et danger. {Art. à du 'ïjèygardes é|^X^nf îonëmptiX éf. nint ........ Yr ■ ? , f. Yi. çi Ils àvajbnt t^urs causes pqmmisés tant civiles que csîtn'lnéllfes âji'tirésidial du îessort. 3 fis Sfcvàièrit etre’tÀés d’ofn'ce à la taille. Les^aea^ e^t jlrpits attribuas aux gardes des forêts dej' roi ne,pouvaient être 'saisis pour qüelque cause qiiè^èe ’^lne 'de nullité , cassation des procéda et ua ^ous ‘dèpeijs 1 dommages ,et intérêts. Pà»Ur cef c/ùi concerné l’institution et la réception des gainés des Dois dù"roi'flans l’étendue des ^ruriés rb^aléj', V.’le rapt rGçuy'ers royaux. Lbs aUtrès dfetoirs ou fonctions des gardes des xnaîtrises étant les mêmes que pour les gardes actuel ^ nous lys' rappellerons en parlant de ces derniers. ’ § 27 — J J et garde $ forestiers royaux sous le régime actuel. Nous aVotts traité dans le coiiiniencemënt de'cët‘ article, des qualités nécessaires- an.\ gardes. Nqus nous oc eu parons, «Lues ce paragraphe , des obligations imposées par Les réglemeus pour l’exercic» des fonctions de ces préposés, des actions qui Igur sont interdites, des devoirs qu’ils ont.4 remplir, de. la protection qui leur est accordée par la loi et art.,i«1. ) ■ . - . -, . ... Il est important de n’admettre que des'gtnieeqai sachent lire et écrire. ( Çircui. dm} mots Ul©7 > rtno- tivée sur Vert. 2 du tit. X de l’ord. ,vendémiaire an ]{b. t x?*,,Arr r 4 m. 24 .germinal an ,1 i.. _ n sa\r -sv ç 11 faut,-eo effeç, poHt/3ter^ex;.Mp,erBj»lor r ,aéoir reçu mission 'dg lVu($rU4l»»Rét&>!trel ^r^léga- lerne^t institué; iQn'ltepeut [non plus se f^ire RâSc^qVe Ice sont la petrsoruxç ojf ^çapacçl^d 1 * i'ottetionns^rç ,que l’autorité a chôisies, quia eorum pfcsonapt in~ ■ dustria electœ sunt : Ih i, i De 'itnnter. ptr bonor. ‘ Conformes à .ce principe.,. le$,./qs 499 n ..: 4 e i$46, 140» ei de tdi^i, art..7^,.défendaient, «ux verdjçrft, grujej;* et maîtres se^gen^f ÿe fajre re«- ! placer. ' ..n ,.x .ù.» Serment., -771 Lçg gar 4 ^.,u’eivtreti > t f) fji fouqt|qns qu’après aviir.p^ê,té sermeptet^ljàit ^ojrcgistqçr lgurs conimissions4g tribunal ^ prenai^xeàqsUuce. (£oi du 16 nivôse an 9.) * a i' - 7 L’autorité administrative n’a pas qualité pour re- •cey’ojr je .eerpi£i)t 4^Ç. • l’intér., du d r j juiîlef y .. . ( > Ils ne peuvfent coxutâter.lfs-délits hors de^’éten- due du triagecop^é^'J^yr surveillance,, etppm4«- quel ils sont ^^lérnieutg? | çt. ik doivent, lôrsqy’il*, passent d’un arrondif^omest dans,un autre, prêter u» nouveau serment, ^jfi-r, dçs b îbia xd 3 1 juillet x 8 1 4, fondés «U* ilatt. i 6 du Code d’insf^. criai. J( • ... 1 Résidence. — Les gardas doivent résider dans la voisinage des foràts ; le’lieu dé leur résidence est indiqué par leur commission, Idjoi.duzi^septembre 1791, tit. IV, art. — Instr. du 16 vfutose au, io,) . . Us ne peuvent s’absenter sa,ns uxjg permission de. i’inspecteur ou du conservateur. En cas d’ex»|>4cha- mentpar maladie, les gardes,en donnen.t-.avis à leur supérieur, au plus tard dans les trois jours, pour qu’il soi t su ppléé à leur service. (Loi du 29 septembre 179J ,,tit. IV, art. x 4 et x 5 ,^ lU.ne peuvent être employés sous un agent ap^i serait leur parent ou allie, gq ligne directe', oa’an degré de livre ou d’oncle, et de .nnvep.jjZ*u' du 29 septembre 179* , tit. III , art. ùb.) t .Marteau —. Ils ont pou^la marque du jçhablis et bois de délit, un marteau’particulLei: portant-pour empreinte les lettres G G . (Instr. du 16. .ventCse an io.) Uniforme. — L’art. j6 du décret du 29.septembre 17,91 porte qu’il seul retenu sur lé traitement, des GAR GAR gardes de quoi leur fournir un surtout bleu de roi, sur lequel ils porteront un médailfott dé drap rouge arec cette inscription en couleur jaune : Conservation do» forêts. Au lieu de ce médaillon , ils portent ht Bandoulière. ce mot. Armé».— L’armement des gardes consiste en un fusil «impie; il leur est défendu d’avoir des fusils doubles. La carabine-serait l’armé qui leurconvien- déaitle mieux pour leur défense etpour les empêcher de chasser. Us doivehtéviter d'abuser de leursarmes. ( droit J. do» ‘bx'jnillet 18ô6%f 1 4 Septembre i8i6.) Tringe:^-tn garde pftrtfcuiîer péut, dans les forêts en massifs, surveiller 60b hectares de bois; et lotaque les bois sont épar* et néanmoins à peu de distance, il peut en sùrveiller 25 o.'Le terme moyen entré tes deux quantités est'de 4*5 hectare*. (Circul. du i rt . germinal an q — 22 mars 18o i. ) Lorsqu’un triage » été assijgnéà lin garde, il doit v farfré oes -visité* chèque joui 1 ,"et spécialement au lever et dd tohdlér du èolèij’j tet souvent la nuit, f Lof du oq'sepieriibrè \ fy \ ytït. TV, art. a. — InHt. dn i 6 veritôse an io.) V. plui loin les Fonctions des gardes. Responsabilité. •-* Les gardes forestiers, ainsi que tous le«au très préposés et em ployés, son t responsables de toutes négligences ou contraventions dans l’exercice de leurs fonctions, ainsi que de leurs malversations personnelles. Par suite de cette responsabilité, les gardes sont tenus des indemnités et amendes encourues par les délinquans, lorsqu’ils n’ont pas dément constaté les délits, et le montant des condamnations qu’ils subissent est retenu sur leur traitement, sans préjudice de tontes autres poursuites. {Loi du 29 septembre 1791, fit. XIV, àrt. 1 et 2, conforme à Vord. de 1669, fit. X, art. q. ) Mais les employés supérieurs ne peuvent, d’office , imposer aux gardes foreslïers une retenue sur leur traitement, à titre de réparation des dommages causés par la négligence de ces gardes. ( Décis. du min. des'fin., du 4 novembre 1818. ) Ils doivent faire de 3 mois en 3 mois un rapport du nombre des bornes étant autour et faisant les limites des bois et forêts, de leur état et de celui des fossés et haies étant en leur garde, contenant les défants qu’ils y auront remarqués; faute de donner sur ce les avis et éclaircissemens nécessaires les gardes en demeurent responsables, et sont punis d’amendes ou de destitution, ou de l’une et de l’autre peine, eu égard à ha qualité du fait. ( Ord. de 1669, fit. X, art. 10.) S’il se trouve quelques arbres qui aient été abattus, arrachés ou rompus par l’impétuosité des vents, ou par quelques autres accidens, le garde dressera procès-verbal sur son registre, de leur qualité, nature et grosseur, et du lieu où il les aura trouvés, et observera si, en tombant, ils en ont rompu ou touché d’antres'par leur chute; duquel procès-verbal il est tenu d’envoyer expédition dans trois jours aux officiers forestiers, à peine de 5 o fr. d’amende. ( Ib., tit. X VII, art. 1. ) Les gardes qui ont concouru à la rédaction d’un procès-verbal de délit qui est déclaré nul pour dé- Tome II. a 09 faut de la formalité de l’enregistrement, sont garans solidaires de l’amende de a 5 fr., qui doit être prononcée d’après la loi du 22 frimaire an 7 ; mais il ne doit être prononcé qu’une seule amende contre tous, f Circul. du 22 brumaire an 10.) II. Actions interdites aux gardes. Fréquentation des délinquans, — Il leur est défendu de boire avec les délinquans qui leur sont connus. ( Ord.de 1669, tit. X, art. 12.) Chasse. — Les gardes qui auraient abusé de leurs armes en chassant quelque espèce de gibier que ce soit, doivent être punis d’amende et de destitution. \Ib., art. 14-) L’exercice de la chasse leur est expressément défendu , et ils ne peuvent même se faire accompagner de ebiens de chasse. ( Circul. des 27 vendémiaire an 1 3 — 19 octobre 1804, 12 vendémiaire an 14 “ 4 octobre i 8 o 5 ,28 février 1808. — Régi, du grand- veneur, du i er . germinal an i 3 . — Instr. du 1 er . août 1817.) Taxation. — Toute taxation et rétribution extraordinaire leur est interdite pour rédaction de procès-verbaux de délits. ( Circul. du \2 fructidor an i 3 — 3 o août 180 5 .) Iiois. — Il leur est fait défenses d’enlever le bois provenant des laies ouvertes pour l’indication des coupes, à peine de 100 fr. d’amende et d’interdiction. (Ord. de 1669, tit. XV, art. 8.) Le trafic que des gardes peuvent faire de l’exercice du pouvoir qui leur est confié, en recevant du bois de chauffage provenant d’arbres abattus en délit, etc., constitue un crime dont la connaissance appartient aux cours d’assises. ( Arr. du 12 novembre i8i.2.)"V. Cadeaux. Procès-verbaux. — Ils ne peuvent retirer ni annuler les procès-verbaux qu’ils dressent, à peine de prévarication. {Arr. du 6 vendémiaire an 10.) Commerce de bois. — Auberge. — Usines d feu. — Ils ne peuvent faire commerce de bois ni exercer aucun métier où le bois est employé comme matière première, ni tenir auberge ( Lai du 29 septembre 1791 , tit. III, art. 1 4 )» n ’ tenir en propriété ou à ferme aucune usine à feu, ni être associés ou cautions des baux d’aucune usine de ce genre (Ib ., art. 1 5 ), ni prendre part aux adjudications des coupes. (Ord. de 1669 , tit. XV, art. 22.) III. Fonctions et devoirs que les gardes ont à remplir. Les fonctions des gardes, ainsi que celles des agens forestiers, sont relatives, soit à la police, soit à l’Administration des forêts. Les gardes, comme officiers de police judiciaire, recherchent, dans le territoire pour lequel ils ont été assermentés : 1®. Les délits et contraventions qui portent atteinte aux propriétés forestières. (Code d’instr. crim., art. 16.) 2°. Les délits commis dans d’autres bois que ceux dont la garde leur est confiée, lorsqu’ils en sont requis par les propriétaires. (Loi du 9 floréal an 11, art. 12.) 3 °. Les coupes de futaies faites par les particu- 27 a 10 GAU GAU lierssans iléchiaitiiul préalable, dam lotbois à èux appartenant- (Décret du i 5 avril l8ri j art. xo{ 4P. Los contraventions à la loi du 9 Horèfil are i 1, sur les défrichemens. • 5 P. Les infractions aux lois sur 1 b port d’armes. .Décretdu 8 mars 1811.) 6°. Les délits de chasse dans les forêts de l’état et dans celles qui sont soumises à l’administration du gouvernement. (Arr. du Directoire exécutif, du ••8 -vendémiaire an 5 , art. 2. — Régi, du grand- veneur, du 1 et . germinal an 1 3 , art. 4' — Ord. du roi y du 1 5 août 1814'). rf*. Les délits de pêche dans les fleuves et rivières narigables^IfLcuVa 14 floréal an 10, tit. V, art. 17.) Les gardes doivent, lors même qu’ils n’auraient pas été req uis par le propriétaire, constater valablement les délits pour cause d’introduction des chèvres et bête^q.lainç.dans lgs bois de particuliers, à moins que ces bois ne soient Au nombre de ceux que la loi du 9 floréal an 11 permet de défricher. ( Arr. de la Ci ' do crWsiq 1 dei 5 novembre *807 et 3 septembre i8o8.)V. Chèvres et Défrichement. Les prbtès-verbaux.dèl ces gardes doivent aussi faite foi eh jhétice ppur les contraventions aux ré- glemens sur la pêche, commises dans les petites ri- viêrèst'V'. Délits de pêche. LÀ 1 pouvoir ’binsi donné aux gardes forestiers toytuwc-dol constater les délits de pêche, s’exerce orme Utv dm Aient avec lee garde-pêches. V. Garde- Pêoke.'$o\ ob dComme les arbres des grandes routes et ceux des canaux sont mivsouS la surveillance des officiers fo- restmis par la loi du 18 messidor an 10, les gardes forestiers, on leur qualité d’officiers de police judi- ciàirê ^peuvent Sans doute constater les contraventions aux lois rendues sur cette matière ; mais at- tenduqaç, dtgptès la loi du 29 floréal précédent, les détériorations qui *$■ commettent sur ces sortes de planthtipit* sorU-réprimées par voie administrative, un garde’&Mjestiehqui a constaté un délit de cette nature doit transmettre son procès-verbal au sous- prêfet de-l’arrondiSseroent,'chargéde faire cesser provisoirement les dommages. V. Arbres sur les routes. Mais 'les gardes forestiers et champêtres sont sans qualité*pour constater des délits ou contraventions étrangères àda'police rurale et forestière. -'{Arr. du li février i8to. ) Procès-üerbaux. — Les gardes dressent, jour par jour , de* pfocès-verbaux de tous le»délits qu’ils reconnaissent. ( Loi du 29 septembre 1791 , tit. IV, art. 3 .) ils spéfcifient dans leurs pfocès-verbaux le jour de la reconnaissance et le lieu du délit, les personnes et le nombre des délinquans lorsqu’ils:sont parvenu»! iles connaître; l’espèce et la grosseur des bois coupés ou ènlevés; les instrumens ^ veiuires et **te-t loges' employés; la- qualité et- lef nombre des bes- tiainàuB délit, ét généralement tontes fes"circonstances propres à faire connaître les délits et'les dé-* linquans. \tb., art. 4I) ■’ ! Ces procès-verbaux sont rédigée sur des feuilles à Ce destinées, suivant l’ordre de leurs numéros, et qui leur sont délivrées par le garde général. -^Instr. du r6 ventôse an 10 , art. 21. — Instr. du zi mars i8»i , art 1170 V. les modèles de procès-verbaux à Atlas, et le mot Procès- Verbal,' :i m 11 • 'v Perquisitions. — Ils suivent les bois ■goupé'#. en délit dans les lieux où ils ont été transportés; mais ils ne peuvent s’introduire dans les ateliers, bàli- rapns, cours adjacentes et enclos, sans èt*e,assistés d’un officier public. {Lcd du 29 septembre- iÿçi , tit. IV, art. 5 . — Code d’instf&iarifn.'t art, Vl Perquisition. 1 e;- b :-*i- 1 Séquestre -Ils mettant.pu séquestte^ibcnsJqfc»* fixé par la loi, les bef^#«») 5 ro}vv 4 siêu : :>' ïv\ —Aasmv... dui\ 313x0 obiag supi: Feu. — Une de leurs premiètWoMigarions'est'de •garantir du feu les forêts domaniales. EaUtédès-'autorise à empêcher toutes persomtea d’y apporter ou -allumer du feu, en quelque saieop que ë*iaeta<3 du Code pénal. Y. ces articles au Recueil, t. II, p. 387. Il y a lieu à l’application de la peine prononcé*' par la loi contre celui qui frapppe .tm garde en fonctions, quand même celui-ci nîagirajt pas Légalement dans l’ordre de ses fonctions. (Ainsi jugéq.sous.le régime de la loi du 22 juillet 179-1 , par Arr. de la C. de cass., du 21 prairial an 10— 10 juin 1802.) Sous le régime de la loi du 18 pluviôse an i 3 , les violences et voies de fait exercées avec armet, ou par deux ou plusieurs personnes, même sans arme, contre des gardes en fonctions, étaient de la compétence des cours spéciales. (An. de.la C. de cass., des 6 fructidor an i 3 — a4 août 1 8 o 5 , 8 mai 1806, 7 mai et 16 juin 1808, i 5 mars 1810 et 7 février 1811.). Mais il fallait, dans le cas d’une rixe entre un garde et ub délinquant, que ce dernier fût armé , pour constituer la compétence de la cour spéciale. (Arr. du io septembre 1812.) Lee gardes «ontréellement dans l'exercice de leurs fonction»: lorsqu’ils s’y rendent ou qu’ils en reviennent, «t les voies de fait exercées envers eux dans ces-ckooastances constituent la rébellion. (Arr. du 17 mai »8o6. J >dj Les gardes forestiers et les gardes champêtres étant, d’après l’art, j du. Code et instruction criminelle, rangés-dans la classe des officiers de police judiciaire, il s’ensuit que le meurtre commis volontairement sur lelir personne est passible de la peine 212 GAR capitale prononcée' pat'PtiVt. 23 1 du Code portai. (Arr. du llÿ sepiemnrd f8i’9 ? .) ’ ,:u ' ’ Délits commis,par les cardes. — Mais oèSf gàrdès et CetniEfes partit ulîeW croiviént, lorsqi î*ii s Iconi mettent chtVdélifsdâh^'VeXerC.fte dé lfetji-fe ! fô)6féfîohs, être,'fcünt nie/ ièsairtrès'orfiéigrsdèpblîcéiudiêiài'rb, Traduité déVahtîeScn lit-s Voyaleà, rt jugés paf elles sans 1822.7 appel. ( Air . des' 16 février à' \* • %maluip.ens et rétribution^' Traitement. — La loi “du )6 nlvôie'ïrt’kk fjx^ le maxihthm du traitement des gardés à Sao fr. V. Traitement. la • La même loi ordonné l’établissement d’un fonds dé rétraite ail iVidyen d’une retenue sur les traite- rrreits. V. Péris ions de retraite. 11 est accordé aux a ce ns et aux gardes des gratifi- calibnsknhuelles. Lé'inént^ift én èstfixé'à fâfsdn du zèle, de la ca- pitRé’des préposélét ffe lèaVibaniie conduite, dont il est rèndn Codipté parTd Conservateur. (Instr. du 28 mars 1821 , art. 26.) V. Gratification. 'LéS gardes fé’çoîvehteti outre des rétributions parti eutièreÿ pour lés cris ci-a près spécifiés. ,9 1 t leur ëStaUprfé des indemnités pour les améliorations qu’ils cxScuttent dans leurs triages. (Circul. dit trj'avrjl \iii. j ‘ 111 LoTsàpi*ilà cüftt:arrêté des désérteurs, ils ont droit à' une gratrfi‘èktïHit’iïe '25 fr., qui leur est accordée par le préfet du département, sur le ru du procèS- vethfala’a'rbesltatran' ht dé celui qui constate la re - htisè entre lës'ttiâms de la gendarmerie. (Décret du i-i jain 181 iClrcut. du 24 mai 1810, n°. 4 T 40 ,J Les géhles ttui concourent à là saiSiè des tabacs dit cdHfrèbaXid’e’ sbrit admis à la répartition du pfo- Sifkdêif'SmbiiéPès'éVcddfîsCratlbns}Es sontysous ce ' ra^jdHf^âMtniléS àitti'ùréWosé's dé’l’àdtainistrati'on ï^fypftfé'ïndîjFbfti'», êt'ftêln^'autorisés à verbaliser ^Pte'^tiûWLà&^iémeïk.'XDéfiétdre du min. des fin., transmise par une Cirçul, dp, l’Adm. des fe»étt',\''" ninj,>:> ; r t 0f ’ ;i l ■ : •’Le*i'gardés foré*itïrs peùvèht valaMcment saisir, à l’entrée dét rè^àtintùles objets dont l’importation est défiendü^pêr lés-réglèmeni sur lés douanes, èt il» dnVdroit’à’ntt^'iÂtfetrfnilé'j à taison de la saisie. (Dé<£s. 'tttfMŸrt. desfin.J’du fi décembre 1818.) 11 fié» préfets 1 tyofrt autorisés à faire payer aux gardes forestiers une gratification de 5 fr. pour chaque coh» ' damnation rénduey siti le procès-verbal, pour délits de Chassé et de port dlartnes '.(Décrit 'du 8 mars 1‘ • J«< -u . .. , iTiüt.iioo elle 3 n -vueq 1: up . iu ( s - ' CHAPITRE Vïuicu.; }4É» oaaoEsivoia essieu» Ses •’ u p w>b*#ÉiÂ^ikWiiriWiw B i.id»-. !!ot ' ; xu*n 9 «p rail uu Aod ah glu >.j jPiartarei. h'ii|Ie~Lés'camniüneqyilBg hospices et autres établis* mens publics^ aorit beniis de pourvoir à la conserva- tib*»dotl«ubaÉpig^ietfd]ehtre»eniràcet «fîet le nom- bwde girdes nécessaire;^ Cbtf. «feiéép, tit. XXV, arfii -f-tArr. duyConsrpdu 1 ’tr.juin 4 y 5 i. — Loj du : dç) septembre îpçi'i' di*. Xlf^i arts uie*. 4- et tit. XIII, art. I er .— Circul. du 24 juillet lôaa. J) GAR : II. Le Choix des gardes communaux doit être fait par le conseil de la commune parmi les personnes qui'réUtlîsSfent les qualités exigées 'pour'les garde? fot-bfcfiétt»' royaux. (Loi du 29 septérriffrè ïWâ r'y tit. XII, art. Zfif ' i; * La no mi nation faite par les administrateurs légaux des •'Communes et établissement' publics est soumise à l’approbation du conservafèur,' jqm dèljvfê au garde- flammé 1 Une\omimisi>?n,(qu’il èrWôie à l’Administration pour y être visée et enregistrée. •GeLenè^icèst aCèoniptfgttê de l’abtfe de dêlibérétfion portant nWminjation; fitibi du 29 sèpteéibtv ipéi , tit. XII, art. 3 j du^fibrëai an ’ r i’l ) , 3 yrh 1 'i'o. — InStr. gén., dit 28 février' 1818. — Inslr. du 7 Üma.rs iI&%ifart. 2 ^.y :sm iv- ‘ ^ S’il s’élevait des réclamations Cônlèe lfe refltldiiè ferait le Conservateur de confirme!* la rt; (T 7 db&’. du min. des fin., ntppèrtée dans une ôércnl.du iS germinal an t2,n*. 198.) ' ibu.iss-l I'' III. Les communes propriétaîreS’dé ’lidis (îoiveht acquitter le traitemeht de leurs gardes^ètcoirtribuer au paiement des gardes forestiersroyàÙ^ Chargés cumulativement de la surveillante dei-bois fcpmÀiu- naux et domaniaux. (Décis. riilni, dit ’i d juillet 1820. — Circul. du 24 juillet 1822.-) 1 Le salaire'des gardes doit être réglé, 1 ainsique leur nombre, par une délibéra'tiori'en'bohrtë'ftirnie, et dûment 'bbifnologuée.'l( Clrcàl. dU n ]l& ’fhicfidor an 9,'n°i i: » J ’ ranm. aiSupiol !> •u Si une cosmfnuite négligeait d’établir tih'ttûfnbïe suffisant de gardes, ou de leur fournir un traitement convenable, il y serait.pourvu par f , 'À'dmitfistraEon sur la proposition du conservateur,'après aVbîppris l’avis du pr^ei du -départements (Môi dtih 20 Septembre 1791, tit. XII, art. 2 et 4 .—Instrt ditdSfévrier 48180 , ‘ >b Inônèg abiag I 10 IV. Lefc gardes pistent sermént devant lé tribunal de première instance,'sur là réquisition'du" ptbdn- reur du roi. (Loi du ^fiolêed an irfarf. V. lorsque les bois «Tune eommunC sOnt détrés- peu d’étendue ou d’une petite eontenanèe, lelif surveillance peut être confiée au garde champêtie*, qui, en gui te de la nomination des administrâtes^ légaux, reçoit du conservateur une commission de garde forestier. (Circul. du 7 prairial an «i , n°. 148.) Jeuj ' U: oi}-' Lorsqite l’Administration Juge convenable de"eon- fier au même individu la garde d’un canton de bois appartenant à des communes, hospices on étnblisse- niens publics, et d’ua canton de bois royaux, la nomination en est faite par elle seule* (Loi du *)’floréal ian-p tsrf. H.) n< Juo •/ upVL Les gardes de Lôi» convnnmaux et8’étabUs- mejts publies sont) inscrits et classés avec des gavâtes ■des bois royaux ; ils .sont fcoumis à l’antorité des gàrdes gétvéraux at-de l’Administration pet n'oi»t par conséquent-d’ordres à recevoir que «Telle^f.ZiO/'rfu f fieréal an^i i art. »2.. Circul. du 7 prairial an 1 1, n“iu4®- Instr. du a&#iars t 8 *i , art. 28.) -. n- Ils lie -peuvent éfre destitués pardee maires et au- - très administrateurs. (-Los septembre 1791, Ht.vXIIyaii. Décie^ du min. des fin ty cou- GAR ap 2 * ; tepuç, daju une a Çircfl. du »3 germinal an ®i '.,^ 9 ^. 1 ^ ni., ni q WViWteW , a u pa i$nser çjtj^an^ lp^ças de Ip négative, if a retour* à .'addition aux centini^çÉ|s çqàttibution? prescrites PéRA%W.» nùh — .yfo-i-ji - >\ vrm ' ■• ‘j-u- ''K'' \ ..Jtf.fvntftjtâwfMrwtiw.prffy,, à itwpfitJQv <% trimestres ,. u* e,t^i,par. pous-^réfetHurer.dp, ce quipst d4,à c^) j aqne'garde. Ce magistrat faitparvpnir àqhaque apqpç-pféfet l’ptat qui concerne le* gardas d,e son arrondissement, avec son-ordonnance de paiementjle sous-préfet en donne connaissance aux percepteurs et aux receveurs des communes, qui en acquittent le rtnÜitàrit ànr T’èmargefttent des gardes. (Décret di\%\jf.X\yiçr i 8 ) 3 <) XU. Jtps ionçtiqns des gardes, tant généraux que particuliers, attachés aux bois des commues^ des Vospiçes et autres établisse mens publics, sonp les mêmes que pelles qui sont attribuées apx gardçs forestiers royaux. (I,oiduseptembre 179a, tjt. jfll, art. 6, et tit. XIII, art. 1 er .) Ils doivent notamment s’opposer à ce fyye les,ba- bitans conduisent,feprs bestiaux dans les pitiés de bois de la commune quip’gnt pas été déclarées dé- fensables par les agens forestiers. ( Décret du nivôse an i 3 . ) . . Ils sont chargés de constater les détins, cppçnis dans les triages qui leur sont confiés, pu .fà conformant à ce qui est prescrit aux gardes forçai ers royaux; et les délits commis dans d’autres,bo4s,.çoju- munaux et royaux que ceux dont ïp gfiymq J^p,r jsst confiée, aiqsique dans les boisdpap4rtLpMtiyêrs, r) lp r s- qu’ils en sqnt requis par les propriétaire?,^ du 9 floréal an 11, art. 12.) ol ii,- Les délits de chasse dans les toi? dont ifs pÿt (a surveillance sont; aussi par eux constatas; cmûLse^pr- ceut dans ces bois les mêmes fonctions que Jes- g^rdes royaux dans leurs triages, et l’on peu^inféfejr» des dispositions de l’art. îî dp la loi du 9, 4ftréal» qui vient d’èjfe cité, que les gardes dps^pmm^n«|,et de*,étabfis.?êmpns publip < ^9t aussi, c^ctèr^^oor constater les délits de.chf^e compjis 1 ^an^ 4 ;^ 4 it!e s bois que ceux qu i leur sont. çanués; lorsqu’îfMM# 1 requis. k , • ,r ; D’après l’avis du copsejl, d’état, dit Mrph£ej$»e an i3, approuvé le 3o, les communes ei^esdtaldis- semens publics ont le droit de pêcheySpt. les^yties de rivières non navigables qui Jpngent. léuffc.bois. Ce droit étaptune dépendance de 1*. p rp prié té jfores- tÿçrp^, Jes,gardes dpnt jf s’agit dpivept;,vfliU*r, àiÇ e qu’il «eût, respecté, et ont conséquemment le ppu- .voir^p consta-tpr lesdélitsde pêche qui sont çor*mis sur lesdibes.parliq» de rivières. ll^Acûrerauussi.aiwât b® même pouvoir pour ,te« délits.d^êçbn asmmis sqr d’autre^ parties ^ rivières, soit parce qu’ils sont officiers de police, judiciaire, soit parce qu’ils peuvent être considérés pomma.dtfl lWpGsé* à* l’Adminifctratlifi^Ikji/ila la que pouvant rechercher les délits de bois autres que ceux commis drtns lfiur» triages, dn peut en conclure tju’j 1 en est de,mêmeùil’égard des délits de pèebp.snan Ce qui a été dit. plus haut des. gsrdeslfoeeatiers tOtyàiixv au, sujettes détériorations commises box tes Atbre&dés grandes routes et deaWananx-f- eftiappli- dwuinfidtide, kursiioie, pour acquitter '.édite -Aéj- suf^pei^donpfnyiyuret 4 é ceux qu’il reconnaît.cou* blés de prévarication ou de négligence, à, la charge d’eiyffpndrp COmpt^ sans .délai, i L’Adnûnistratipn, qui r saule, a Je, droit de ,bes destituer. (Ord. de 1669, tit, fi, tt, InstO d# I Ad tu, forestière, du 'énrrm-Loé du 9 floréal an 11., < VAili 4 j'à ; ■ n -a t s i \ ru , C^S dp réclamation centre fé refus de; U part du coçLsçrvptqpp-fpjre idrWtXSpr les plaintes que la coftdÿi itérés garde$p$fi|jrftit exciter, Cesréclamfttions 4,fi v ^çjt\®t£e adressées, au ministre des finances. ( Décis. du min. desfln., énoncée dans une Circul. du x i3 jffrutipQlan 12, a". 198.) .‘VJI.Âm. bout de dfl ux nus de service, ils peuvent gtfe placés de,pnéféreuçe dans l’Administration fo- nestjè*c(^sui,v^qf;ilexèl©, fl l’intelligence qu’ils ont vIII. Les gardes des bois dey, communes doivent vpd'baud’Uvlièrftf] au milieu de laquelle est uqqplaquedç^cfétalayant pour légende : forêtscom muûalef t {Qpfifl ri du ?3 brumaire an 1a, n°. 179.) IX. LfC mai^es-des communes, propriétaires de bqiÿ, munir Les gardes de ces bois d’un marteau destiné à la,parque des chablis et des arbres (l^d^Llti.fi^^épensesdoiveut être supportées par les »> nivôse an n , n». 1639-) i A>(A 4 mÀïtis^t»ti,Pp, peut établir un garde général lorsque la surveillance d’un tel agent est jugée ccfWpqablp pOUr lu conservation des bois commu- Uat^Srlifiil nu riinuo< . d ( Ler s Pdaiiué«l!'‘a.toi)rs de plusieurs communes ne ^etmetdH^xéopir: pour faire la nomination de ce ggrd^-.gçséràlf elle appartient à l’Administration forcstlécci\ c .- „—.b c .v>. , Le garde général n’est à la charge des communes l»#wfyeiUe#ce se compose en totalité on eq prestfeeiWlidité Ae leurs bois. Le selaife d 6 Ç ©1 agent est réparti sur chaque com- im¥U3 f^prorata- de la contenance de ses bois. {Loi du<9fl$rçal an m,, et ÇircuL du 7 prairial an 11 n/ q'Xl- Le montant des salaires des gardes généraux ,«t particuliers des. bois des communes qui n’ont ni reveoü nj afidvage suffisant pour l’acquitter, doit être ajouté aux centimes additionnels des contributions dçijce» communes. (Loi du 32 mars 1806, art- K'hhaj.j ni 1 .L'imposition additionnelle ne peut avoir lieu que sur 'll^nterisation du gouvernement, par décret (L’administraîjpn publique. (là., art. a. ) Pour l’exécution de ces deux dernières dispositions» le GonsenvateHr doit présenter, pote- dhbque f «n»ée v au: préfet.du. département un èfàtdjestoutes r )fi s tWmwmjea. psopriétaires, et de ce qoenciacwnp tdi’nlloSndoif (payer, aux gardes [«.rticuliers .et géoé- uiaUJP., avefc désignation de celles auxquelles 1a vente • Aeai-epupet oé des portions d’affquages ne présente aucune rcssoorce.pour .effectuer ce paiement. Le préfet .vérifié y sur le budget de ces dernières ( cpmruu*ee, ^iiejlès ©nt cüautres moyens, indépem-" arable aux gardé!forestiers dns eonununqs eti.des é»a- blisseméJBA: publier. AuavivJ — . ,a t .Vu ^U\X Vit 2 1 4 G A B. CHAPITRE VII. — des gariIes des bois d.Vns lesquels l’état a intérêt. Les boii dans lesquels l’état a intérêt s'ont les bois possédés par lui indivisément avec des communes ou des particuliers; les bois engagés et autres, tenus à titre d’usufruit, dont la propriété iucommutable n’aurait pas encore été transférée aux Usufruitiers d’après les lois subsistantes; les bois aliénés jus- iju’au paietnént du prix dé la vente. i°. Gardes des bois indivis. — Ces gardes doivent être nommés par l’Administration, attendu que les bois indivis entre l’état et les communes ou particuliers sont soumis au régime forestier. ( Loi du 29 septembre 1791, lit. I, art. 3 , et tit. XI, art. unique.) Dès-lors, tout Ce qui a été dit relativement aux gardes forestiers royaux, s’applique aux gardes des bois possédés par indivis. Leiir salaire est payé par chaque copropriétaire, a raison de la portion qui lui revient dans la jouis- -ance. 2°. Gardes des bois engagés ou autres, tenus à titre de concéssioti, échange ou usufruit. — Tant que la propriété des bois dont il s’agit n’est pas devenue incpromutable entre les mains des possesseurs par l’accomplissement des conditions qu’exigent les lois y relatives, ces bois restent sous le régime forestier, où iis étaient placés d’après les réglemens, et où ils ont’ éfé‘ maintenus par la loi du 29 sép- témbre 1791 , tit. I, art. 2. y Les possesseurs ont la nomination des gardes, à la charge de les choisir parmi les personnes ayant les qualités requises pour les gardes forestiers royaux ; mais leur choix doit être confirmé par l’Administration , et ils ne peuvent les destituer sans son consentement. ( Ib. } tit. X, art. 2.) Le nombre des gardes nécessaires et le traitement à fournir par les possesseurs, sont, au besoin, régléte, sur" la demande de l’Aministration , par le préfet. A défaut par lesdits possesseurs de choisir des sujets capables de remplir les places de gardes dans la quinzaine où elles sont vacantes, la nomination est déférée à l’Administration. ( Ib., art. 4-) Ces gardes doivent, comme les gardes forestiers loyaux, remettre leurs procès-verbaux aux agensforestiers, pour y être donné suite de la même manière. 3®. Gardes des bois aliénés. — Ils doivent être payés de leurs salaires par les acquéreurs^ à dater du jour de l’adjudication. Toutefois, le trésor en fait l’avancé jusqu’au paiement définitif ctù prix, sauf son recours. V. le Cah. des ch., du 2 février 1818, Art. 3i , et V Instr. du 3o juin 1818, n°. 846, sur manière de pourvoir au paiement de ces gardes, ■ r'ia comptabilité à suivre à cet égard. , -!. . . CHAPITRE VIlï. - DES GARDES FORESTIERS XltXTES. , Ou. appelle àU;si les gardes qui -surveillent à-la.-, l'djf desboi* rojtfpx et, dey bois cppinnintuxppt.qui 1 moi vent un traitement payéen partàe.parlq tréçpr «t GAR an partie par la commune ou les communes dont ils surveillent les bois. La nomination de ces gardes, qui sont considérés comme gardes forestiers royaux, appartient exclusivement à l’Administration. ( Loi du 9 floréal an *1 — 29 avril i8o3. — Circul. du 7 prairial an 11 — 27 mai i8o3. ) Les conservateurs doivent, en conséquence, présenter des candidats pour la nomination de ces ;ardes. ( Circul. du 7 prairial an 11 — 37 mai i8o3.) f. Traitement. CHAPITRE ÏX. - DES GARDES D£S BOIS DES PARTICULIERS. Ces gardes ne peuvent exercer leurs fonctions qu’aprè8 avoir été agréés par le conservateur forestier , et avoir prêté serment devant le tribunal de première instance. En cas de refus par le conservateur d’agréer lesdits gardes, celui qui lëé aura présentés pourra se pourvoir devant le préfet du département, qui statuera. ( Loi du 9 floréal art 11 — 29 avril i8o3, art. i 5 et 16.) Les conservateurs doivent éviter des difficultés qui occasionneraient des recours aux préfets; mais il importe qu’il n’y ait dans les bois quelconques que des hommes actifs, d’une moralité tonnue, animés d’un esprit de conservation, et toujours prêts à donner les éveils qui peuvent intéresser la tranquillité publique. ( Circul . du 7 prairial an 11—27 mai i8o3.) Le conservateur vise les commissions de Ces gardes lorsqu’elles ont été inscrites sur un sommier, où sont relatés les noms et demeures des propriétaires , ceux des gardes, et la désignation et situation des bois; il les remet ensuite aux gardes, pour que ceux-ci prêtent serment. S’il croit devoir retuseï son approbation, il en prévient le préfet du département de la situation des bois. (Instr. du 23 mars 1821, art. 29.) Ces gardes ont dans les bois qu’ils surveillent les mêmes devoirs à remplir que les gardes forestiers royaux et communaux ; mais leurs procès-verbaux ne font foi en justice que jusqu’à preuve contraire. Ils ne jouissent point de la garantie accordée aux gardes forestiers royaux et communaux pour la mise en jugement, attendu qu’ils ne sont point fonctionnaires publics. Us n’étaient pas .même , sous le Code du 3 brumaire an 4 , considérés comme agens de la force publique. ( An. des 21 mars 1807 et 25 août 1808.) Mais aujourd’hui ils sont considérés comme tels ( Art. 16 et 20 du Code dinstr. crim. — Arr. du 19 juin 1818), et c’est aux procureurs du roi à requérir l’admission de ces officiers au serment, (j 4 rr. de la C. de cassdu 20 septembre 1823.) lia sont en conséquence chargés non-senlement de rechercher et constater les délits et contravéniioas qui portent atteinte aux propriétés rurales et forestières dont la conservation leur est confiée, mais encore d’arrêter et conduire devant le maire ou le juge de paix tout individu pris en flagrant délit ou dénoncé par la clameur publique, lorsque le fait dont il est prévenu doit emporter la peine de l’em- ptlsonnement ou une peine afflictive et infamante, ( Gofl&i & instr. .crim.-, arK »6efaoo)ei • < GAR GAR ai! Los •violences et voies de fait exercées envers eux’ dans l’exercice de leurs fonctions, doivent' être ptl 1 - n ica-ides peines prononcées pour la rébellion à 1 la loroe [>ubfiqvie..(^/r. de la C. de case. ,■ du 20 septembre i 8 t* 3 . ) • Toutefois, la responsabilité à laquelle sont soumis les gardes des bois de l’état pour cause de négligence dan*:la constatation des délits, n’est point ap- plicabïfe aux gardes des bois des particuliers. (Arr. dt£6 Septembre 1806.) Un garde forestier d’un particulier, 'quoique agréé* parle conservateur, ne peut légal^pept coipÿtater des 1 délits sur les propriétés rurales de ce particulier, et remplir à cet égard lês fonctions de garde chain- s’il n’a été agréé par le conseil municipal'et conflrmé.'par le sous-préfet. (Arr. delà C. de cass., da ’À’ljusAU. 1 8 a 3 .). Gaaoi aéxinAi.. V. Garde fbrestier, chap. III. Gjt*DB»MAKTEAtr. C’était la dénomination d’un o ffwnds de si maàt risee^ auquel, dans le principe, la garde, du. rtiarteàu destiné à la- marque des arbres était principalement confiée; Lesigarda-rinarteaux étaient du nombre des officions! supérieur» des-maîtrises. ils dupaient être pourvus et reçus de même que les maitnes particuliers, lieutenans. et procureurs du roi,ici jouissaient des mêmes privilèges. •tLÊfo ponctions et les devoirs des garde-marteaux étfâettt fixés pae le tit. VII de l’ordonnance de 1669. •Cesbfficiera n’ont pas été conservés dans la nouvelle organisation forestière. Leurs fonctions administratives sont- exercées par les inspecteurs, sous- inspBGteurset gardes généraux, chacun en ce qui le concerne. Ga*t>r mixte. Y. Garde forestier, chap. VIII. GxmIe NA-Vionale. Les gardes forestiers généraux etiparldculiers sont dispenséadu service de la garde nationale et delà taxe de remplacement. (Arrête du goUaenu ,v/io 2S frimaire "an 5 . •— Jdêcis. min., du b thermidor ec/isy — 26 juillet 1799. — Circnl. des 16 fltixes; 1807 ^ 3 o décembre i 8 i 3 .) Ges . dérisions sont fondées sur ce que les gardes forestiers sont officiers de police judiciaire. Mais elles ne s’appliquent point aux agens, parce qu’on ai jtgé que ces-derniers pouvaient supporter la taxede remplacement, lorsque leurs fonctions ne leur permettraient .phiot de Ikire le service en personne. Gaxdb d>E particuliers. V. Garde forestier, cha&. IXi uv Gakde-Pkche. C’est un préposé qui est chargé de suivre.leslleuves et rivières de son arrondissement, ponc veiller sur le» pêcheurs, empêcher qu’ils ne contreviennent aux réglemens sur la pêche, saisir les engins prohibés et 'dresser des procès-verbaux deux sortes : les uns sont nommàipar-UÀdiTiiniBtration des forêts "dé la même manière que les gardes forestiers royaux ç lés autres sont établis,par Jes fermiers de l a pêche, auxquels la loi du »4 floréal an jo donne cette faculté , à la charge d’obtenir l’approbation du conservateur des forêts. Les uns et lçsautres,n’en.t,;-eo;.efl fonctions qù’après «vÿïr prêté serment deqajfi£,lç tribunal dp première instance. tion, doivent 1 ment, tbütésles contràvjentioqs aux Lois rendues,sur icçtte matière. , ; Les garde-pêches pommés.par le^ ferm^ens p’pnt pas seulement qualité pour verbaliser contre,.tonte Î iersonne qui, sans eu avoir le droj£, pêche dans eürs cantonneniens autrement qu’à, la ligne, flottante tenue à la main, ils doiyept.^ssi iejller(fur tout ce qu’on entreprend sur les rivière* non navigables et ruisseaux afïluens : ç’est pe qrionremqr- que dans la circulaire, de l'Administration, p!u 28 prairial an lOjtf 1 . 9^ . .,i i - • ! •> Les garde-pêches des ferinièrs doivent, conuue ceux dq l’Administratipn . avoir. 23 ^n.s ^pJjCS muuis d’une bandoulière, et pé'rqattre |çpps. jp-ppès,-verbaux à ses agens forestiers. ( CaJi.,.dçs ç/i,^art r 06 et 3 j.)V. Traitement. t , .1 ,, r ... Garije-Port. C’est un prépqsé çliàrgé '< tionà «tuUusage suppléent à das limites positive*;; maie quêfnqfrtout.on doit s’en tenir aux dénomûta- tionitdw titre, primitifs on autres équivalentes, et qu’aucwtnmom nouveau ne doit être admis dans les sommiers et les actes sans une autorisation formelle; s'flào Qu’il y m garderie par-1 ont on là ressort do la ■utttèillftno» te trouve déterminé et circonscrit; GAU » Que-ce mot de garderie doit être substitué àoelui de triage; . .7 ; » Que ls» garderies doivent tirer leur àdd) tlàJieu où le garde est légalement tenu daréiideryxtfçonp- tance que l’on peut regarder comme'la 1 moins,variable et la plus significative, puisqu’elle indique tout-à-la-fdis et- le domicile de ce-garder^ et (du moins, aseez approximativement) le point de situât tion des bai» qu’il s urée die. v V. Triage-iuS no GARË&NlvoiYs ce qnobl dans \vv . S-GAULE. Ce mot vient du latin cauD»} aqèr ni- gniâe tige, comme perche vient du mot pertica. Une garnie est une grande perche dont on se sert pour abattre les fruit* des arbres. : G AU LEUR. On donnaitee nom aux arpenteurs en Bretagne, qjxrcB-qudldr-arpeutcurx se servaient GEL antcefriis dfc gara las ou perches pous'mosuPéf'lW terrains. V. Arpenteur. f sgsnJ al) (iAflüüS-tCe tcrme forestior a ■lai , tpéttie>ey{*fne tkl plupart •càvti'propçesàftùredes gaulas ©« pe relie*. ■ bljfle gaiflispà-raison de la beauté de fours brins, peuveratb être avantageusement réservés' poun croître en futaieÿ«£oit/aacéléUè.>fout croissante enfles éâlaitcâatta&ile d bineiL loinrpanl’edlèvèilbéntdé fous les arbustes, bois blancs et arbres mal faits ou dépef riumhm^AnEhrpkutativn^ehfLitaié. .83UOIJÏ/. i* rv'W&Z'Vf.ZîiifafoofcrnMaa) Éraahatioa invisible qui s'élève de certaiaesrstibstcaces. -Oa Jé dit de tous les fluidoKjaééitasaiftsf gaz'nitretixfpek méphitique, gaz inflammable, etc. .bniqi-u ; O -cfisSc^ü las: {Uns 'simples .étles phia iinpiorfeans à co^jwitreibqrit!lejtrac«troène> legxazuazoiei le gaz ligiJngénci. eTbus des sâiïfeees sont des su«33ai posés : asisiJ* g** 1 façade carbonique ; qui pueunsi grand t/tl^daiiir fo.faagçtertinnyvqb-y Combinaison ducar- Uùofilaiffté ls gaz exigé aeJ Æb, Acide,, Carbone. GAZ&N. Ce mot 1 vient: de là, basse latinité -vva.ro, q id isqfai&ei une terra couverte d'herbes. .ifl/vniÿeut être.eulpvé de gazon ni terre ou sable dfttl» 1 es^forêts- sans permission. ( Ord n de 1669, titnJCOQWlII > nrA- jirr. du. Cons., du 3i juillet iyt4bv. a 4 m.->«ie>ba'.-C.^d« cass ., des 20 février 1 boy y 2*4 ijanvier.et r« décembre 181 a.>. llieaâddfenduti’en cube ver sur les èhémins publics. ( Loi du. aS septembre •-‘■ ■6 octobre' J791, tit. II, a*.id 44 ‘j it/orrt-.'iis' ‘ G fcl jJ K J E .Du latin gelas t cles^ l’acte par lequel VeauoL lefe liquides passent de l'état de liquidité à celuijJe glaceem ..i’t ■ JLœaqueydans un. pays déterminé, l’air e$t assez rsfraùü i^onr jenleverdLl'cau 'itna partie du calori- qvMcqiihdle contient y.et quùes; la principale cause JtttM fluidité p de manière qi’rl’ne lui en reste plus ;ts*ea. pour entretenir la mobilité respective de ses pwrtjesrpelfose'gèleiiiaturellement, et se convertit en-am. itbrpsi .solide, qu’on nomme glace : c’est le premier et le moindre degré de gelée. iLfeBçgré de fcoid nécessaire pourla formation na- turalla de la glace est celtri auquel s’arrête la li- c*utur d’un thermomètre dont on a plongé la boule aensde le. gUce oude la'neige , qui commence à se fowdrd*, xm même qui- est au quart ou au tiers fon- JusirVest le degré marqué zéro sur le thermomètre doiDeluc , sur «olni de Réaumur et sur celui: de Newton r Sa sur.celui de Fahrenheit, et 1 6a aurceyf loiifo Ifobale. . il • lame. ' Jamais une forte gelée ne produit de plns.fnv ire*toa.çftèts sur .les plantes et sur les arbres que queqd elle succède tout - à_- coup à un dégel*’'»' (Milopgnesplulhs ^àiunç. fonte de naigepear^ danr cencireennnuMis i, toutes les parties des végétxuxse trouvent imbibées d’eau , qui , venante se glacer dans les petits tuyaux oi eile a ) était glissée l, étorte les fibnes et toutes les parties organiques des a rixes: mème-dontW-bUisest le ptttsdur,y-cause une viole rite distension et le romptt .ee. piénomène a donc-peux couse la: force æxpaasive: de olih gfocelill fan Jeèhde même des &uiteyii9qperdàït.l*nrgoût girttlncflpj» Tome II. GEL 217 kttÈégetêrWsêVërf^bfa'vbftH^ (HtiS soirvéht W>totier èfofofarr&ilfK Léé r p#ni« i r aqWèUfo* éOHlitJiééAti èir'glfaWfo’qttarttiKyétffttf'éhhifgêësféri ÿwtant dé pétitX gtaobhs’dnéï te'iMUittfe 'ufap^rfèTt'tër.' brisent -ét érèvetit fofa petit» tiry&Ytx q dÿ’ lesrééfe rT rrfewtj’oé'qm dêirtnt l’cttgawidation. 1 ’ 1 ' * -Lorsque ’le*" dégel "est lént, la dééorgéhisation 1 'éStf moirisJcénéidêvalJle'. " ’• : ‘‘ * 1) ; • <’" En considérant la gelée parrApportauxVlorttmsqfoé- qulqlfoëaitiAfa’ttttÜ bot», il faut w dfstîégtiee*én'pe- btes gelée» dVi’"printemps iet‘en fortesgeléët'Ü’WVèi’ll Celles-cièâflcifhmageut le cotps iflèitre deé arbres,^ le* autresu qùéiqli’él'tes n’awaqèënt qufa* lèfS 3 b6néé geons, né leur font p*s f#orn.s"dé’torti ')»:•* ""“'t ■ Gelées du ^ir/nre/»tpS<-^Elles endotftrttagent heau- coup les bourgeon^ de chênes , dë la éi^ney éee*.^ 3 placés dans des terrains qui eonfaà 1 l*ahfi> dttVènlt'J mêméde celui du nord^, Ut6t^qëftWpiétèèi L ‘ froids. Les gelées mêftie assed forWB^ée fofatr dAétin tort ni à la vigne, ni'àujÈ’érbres fraielèts , , 1 ïii élut 1 bourgeons des cbênesquantâi}l'fs(it i fcfrt i sfafc f t’au coft^ traire tout estyerdu qbandil'tombe Ube 1 phtit0pluié 'ou que l’on a arrosé , ainsi que dans lesettdWltiWSr le vent nia:pu dissiperinuidtt6^%àè'le 1 'V*Sbt diminue les mauvais effets de ia gelées Ce» gdéesïbtté beaucoup de tort dans les ei*droit«) l fral<;h^t)etrt ; Llta bourés, parce qu’il s’échappe de ces terrairts temuéé beaucoup de vapeurs qui nümecteht les pkmtMSf par la même raison, elles font plus dedésotdtë'dflns les terres légères, qui laissent échappe» beaucoup d’exhalaisons, que dansles terres pins fortesyqsitTahsyk pirent moins. Un sillon’de vigne q tli’ se 'troué eplaiS té le long d’une pièce de sainfoin ou; i» hrterrie ÇféSP presque toujours endommagé par la geléfa^ péiée qWè' la transpiration de ces herbes port» beaudOtip’d’hw^ miditésur la vigne. 11 en est de méme des 1 bourgeons* d’un taillis qui se trouverait placé'le lotrg dhistylré d’herbes vertes; la - transpiration dhm’ tàrUiÿ InnP tort aux haliveaujc, et les baliveaux , en Atrêtant lé 1 vent qui pourrait dissiper l’humidité, fontgelèr'lèé taillis ;la gelée se fait sentir plus Vive» ertt'ptèa dé la- surface de la terre qu’à' quelques pieds plus hnMryètP .elle endommage peu les bourgeons qui sont au^dfe»-. sus de 5 jiieds, raison pourquoi le* bourgeonsdes-^i- gnes qui portent immédiatement dss Southes «ont plus souvent gelés qüe ceux qui partent des longé sarnlens.'Quand les geloe» sont uri pea vives-; qpsod- jqu’elles arrivent dans les circonstances les plU»fà-‘ cbensES', elÏB*:nfe:fbnt aucun tott aux végétaux tors- jq»e:la glane Jood avaat que le aolèil ait pw fàirb jsnfath; la yinrlesm-de ses rtfyom/ithfqufe. le 'terqpsi rerteicaaxvart'léchatiw.e» qu’ilixuryienne onejÿetttel ;dme j oapar qneh|Be.aatre cause quexie pliisl* éltë;t ; , Gelées fortes d’ hiver. —Elles font quelquefois feftoj dre at éclater lea grus arbresdaus les forêts , eetix qub eoüt, situéaà l’exposition du : nord doivent* en’dtty les plus endommagé* ; mai» ces gnassdeU geléos-oont: fort.ararcs en Buvope- Quand iet arbres Sontbluirgés 'de gipreet ^n’st gèle :béen fart, le ciel étant 28 ai8 GÉM leurs serein , il arrive souvent que le solefl. se trouve avoir; assete «Je force vers le midi pour fois* fondre dai gUBrepetvnjème pour.foire sentir sa chaleur jusque dans Yécorce et dans le boiis s alors on voit l’eau (lé- '^euttor de toutes les branches ; mais vers les 3 heur&s «près midi, la gelée reprend ordinairement avec| forcfl,. .et.elle glace non-seulement l’eau qui est à la superficie des branches , mais encore l’humidité’ qui! a pénétré l’écorce et l’aubier $ ce quLfbrme un ver-| glas bien plus pernicieux aux arbres que les plusj fortes gelées î l’écorce et l’aubier, alors» périssant! dans La partie exposée au soleil, pendant que lé côté opposé, où toutes les parties sont restées fortement gelées, se trouve très-sain. Cet accident, qui ne doit attaquer que les arbres exposés au midi, est une des principales causes de ce qu’on appelle ge- livrera entrelardée. Quelquefois les arbres sont fendus longitudinalement par l’effet d’une forte gelée, et leurs fentes nsrsB réunissent jamais. Ces fentes intérieures portentla xtovaée gelivures Ou cadran. Elles se recouvrent de nouveau bois , et s’annoncent souvent par une exostose .longitudinale. V. Fentes. D’autres foisj la gelée porte son action sur quelques partira du liber, ; «t alors il y a des solutions de continuité entre-les couches de l’arbre; si tout le liber gdlnit, l’arbre périrait : on appelle cet accident Faurr- -jévbier, V»,te. mot. ■ Dansl’unet,l’autre cas,, le bois perd de sa qualité pèiuè la charpente et la menuiserie. V. Cadran ou Cadranure, Climat) Exposition , Faux - Aubier, Gelivure. GELIF 4 JBQIS ). C’est un bois qui a des fentes intérieures qui ont été occasionnées par la gelée. V. Gelée r Gelivure. GEL 1 S. Cette maladie des arbres, qui est produite opdr. L’etfat.(Wgelées du printemps sur les pousses de Eantiée ,dàfière de La cftqmplure en ce que, les plantes Attaquées deoelle-çi se séparent souvent par articulations , ainsi qu’on l’observe dans la vigne , et que Le même effet n’a pas lieu dans le gelis. GELIYURE. On donne ce nom à différens effets de la gelée sua le tronc des arbres. Quelquefois une gelée forte et subite fait fendre les arbres, même ■ *vec bruit ,d*oa leur longueur, et la cicatrice faite, il se forme à l'endroit de la suture une arête ou proéminence qui qst toujours reconnaissable : c’est la. gelivure en fente. Lorsqu’on trouve de l’aubier ou même.une portion d’écorçe entre deux couches de. uboia, cette gelivure se nomme entrelardée t elle a plutôt lieu à l’exposition de l’est jusqu’au midi qu\t eétle du nord, par l’effet du soleil,.qui, ou faisant fondre la gfoee du côté qu’il échauffe,, laisse, en se .-Iretirant, se convertir en verglas, l’humidité. qui a ' pénétqédlécûrqe^et cause ainsi u» préjudice notable ie aux arbres $ mai» cette maladie n’occupe, pas toxine î la' longueur du/ tronc, car ojl ypitjde$.pièp£s de bols équarriesqui paraissent très-saines, et que l’on re-, conrialfc cependant attaquées do gelivure quaqd elles -7.ont été refondues pour être débitées en planches ou. en, mem brutes. il nGÉMINES, gemini. (21 dç L bot.j ( Naissant deux à ■ deux ensem ble d u même lie y ou, sur, le .ntême sup- porty^u rapprochés deux à deuxfÊes feuilles dgplu- GEN sieurs solanées ou morelles sont géminées, t-tdaw» ce cas , une des deux feuilles est ori|l na l' nfBie ^ ,l! ^«ïs peti(e que l’autre. 1 1 ' 1 ' ••••&**' GEMMATIQN, 3 ’. rfê bot.ÿGtn ' àr/.-gj 1 Les brigades de gendarmelrlfe'dentant pt-êtér* natn 1 - forte lorsqu’élle est légalémélif delnandiéé pitiés administrateurs et officiels fores tiefs, darts 7 lè : ris où les gardes ne sont pas en fBtcé su ffTsarite'p/mr arrêter les délinquans. LLor du 2$germinal nü 6 , art. 1 33 . — Loi du 9 floréal an 11, art. 18. Y. Main-Iorte , Procès-Verbaux. GENDRE. Les gendres des agens forestiers ne peuvent prendre part aUx adjudications; \ert à foire des liens, qué ses fleiirs sont agréab.lei aux abeilles , et il doute que cette planté soit lé sparton des, Grecs, dont on fait fréquemment fchez eui des filets, pppr, la pèche ; pujà il' ëxp'oâej lés. prophètes mé4ici,qatés du genêt, qui Consîdterâietùt dans la v.ertu .purgative et diurétique de ses graines -, dans , cejle Ju suc extrait de ses branebeé et de ses feuillès, ,et,prise» boisson, ou employé en Iiniment avec de l’huile ou du sain-doux pour la guérison de lascia- jique et dç la goptte aux genoux ; GehiSta tuse enm qpevngia,genua dolentia sanatL Ce passâ'ge stmble cohfirmër la dernière ëfyrno'Tôgiê^du. fiiôt getista. GEN Ailleurs U dit que les genêts donnent une teinture pour les /étoffes : Tingcndis •vestibus nasc entes ge- nistiv. ( Lib. Xrl, cap. XVTII.) dp genre. gloire gçnisfa et'le genre ,spçrtium, .put été réunis par Lamarch et de Ju^sipu» papçç que le premier ne différé du second que, par $p corolle , dont les ailes et la carèrie sont abaissées et écartées de l’étendàrt, tandis que, dans le iparsiuia , elles en.sont, rapprochées. Du reste, toptes,les espèces, ,cpjttpri.ses, dans ces deux genres op,t les plus guanos mppçijt^entre elles. Ce st)ht des arbrisseaux et des arbustes qui ont les Féuillés al- tOJIOgs'i les fLeqrs p^pilionjicée^, offrant, çppununé- mfénf.qjve cgi^ne tondante, qui Iaissè'en partie à déçopveft les éfamities et,le pistil; un petit calice ep tvbe r à cinq dents, dont deux supérieures èt trois inférieures;, fine q9VçjUe.ÇOin posée d’un étendart réfléchi,. 44 ,deilxaiies<;pncaYes, et d’une carène ayant {fente deux, feuilles ; dix étamines réu- ntes,en 419.«qqf-,

4 0 »)G*wiT 4 Jpié ou a tiges Ailées , ou genêt lier- l)SRfé,.ou. genistelle, genista sagittalis{ Lin.); en allemand, pfeiïformige ginster. 5 °. Genêt d’Allemagne ou petit genêt épi- pyx%. r genista germanica (Lin.) ; en allemand, deuts- çke ginster; en anglais, dwarfgorse broom. 6°. Geu^t.b’Angleterre ^genista anglica (Lin.); en allemand, englische ginster j en anglais, englische broom. -.7.°. Genêt velu , genista pilosa (Lin.); en allemand, Juutcigtekjrieckendeginster; en anglais, hoary devarf broom 4 ~ ja Eè , Gemèt. a balais est un arbrisseau de 4 “ .-vd-piedS) «tais cjy.i Relève quelquefois à uhe hauteur plu*. fanaadériab’le. Il croît naturellement dans fes bois et, les lieux, 'incultes etsabtoiirieûX' 1 de- la ts, France, dfe jlfealfe ,,(Te l’Espagne, del'AUémâgtté^t- a,rfe> l’Angleterre ; -c’ept le plus commué' et le' plus ■ beau des genêts lorsqu’il est en fleurs. -Seslraméaux' sont verts dans leur jeunesse, et jaunàtïiés’ dans un âge plus avancé, nombreux, verticaux , anguleux, effilés, tres-flexibïes ; ses feuilles .vertes, un peu velues, ovafes, Jancéoless, les inférieurds pé bolées et ternéeé^léis ^pprieures, sessilës e J t ânijilu; GEN 219 1 *■ les fleurs jaunes, latérales , un peu odorantes , portées slir des pédoilcüles long# d’uitvlrtuv fLlignasqet très-caducs ;'lés! légume* aplatia v-loajgs dhin pouce et demi, larges dé 4 lignes , rtoixàtms, rvélq» air leè sutures, et contenant: de huit àdcmfce graineï réni- formes. Il fleurit pendant touf le printesnjtstf eteos graines mftrisdent en août et sëptembEel f elles sont lancées au loin pendant les chaleurs pdr l'élasticité et le mouvement de torsion de leur gousset dr Cultrrrë .—On cultive lé genêtswit pou» lui-même, soit potir favoriser la végétation des autres plantés. 11 vient dans tons les terrains, pourvu'qu’ils .rte soient pas tr humides; et on le tncraye dans les climats froids; cependant il ne supporte point, dans le nord, les hivers très-rigoureux, et il arrive même quelquefois qu’il gèle un peu aux environs de Paris. Sa durée est courte, ne dépassant pas ordinairement le terme de i5 ans, et elle est beaucoup plus brève encore dans les climats trèS-freids t l’ombre ; des grands arbres le fhit périr, b -.Sj r i n;.■ ineoie C’est principalement dé serais que ls genèt se multiplie ; il faut employer des.graines bien tnrûeés4 que l’on répand en automne sur-un* 'tt*re.légèrefnent labourée, et que l’o-nVecbuvre très-peswnrpointd'u tout. 11 est bon d’y mêler de Par oins. 1 Lee semenods de genêt lèvent, pour une partie, atu prinaéraps suivant, le reste rie levant qn’au deuxième printemps. M. Hartig dit que cette 1 graine conserve pendant fort long-temps sa faculté germinâtive^ et il rapporte que des semenced gardées pendant anSidans une chambre habitée 1 , Ont 'parfaiteinentileiéu 11 y aurait, suivant cet atiteur, bien dès phénomènes inexplicables dans l’économie forestière sion-seate- fusait à accorder à cefte sorte-tld sdtt&icef 6É â ctelles d’un grand nombre de plariéeela faculté de se conserver pendant de longues années 1 danfc'lè sein de'la terre , et de se développer énsuiteelferAfrty Hés) circonstances viennent favoriser leBngermii/atioh.iCtci explique pourquoi des semis trop entènfés ne (lèvent que par partie chaque année,' à wesure que iaflerrequi les recouvrait se dégradé Ou se dérange'pairfUefï'et des pluies et des gelées.'J’ai.vfc des'semis'denpin sauvage lever pendant 6 àarts. 'H ’L’ Dans plusieurs pays ; ott Ouitvve le genétfpOur couvrir des sols arides et y favoriser'l’éduostiort 'des bois de meilleure qualité. Cette ■pratique) a sds avantages et ses inconvéniens. En eWet, lorsqu’il est jeune et pen touffu,il protège 1’enfànEe-dee bonijes espèces, en leur servant d’abti èt en entretenant l’humidité du sol; mais lorsqu’il R pris deféteadue et de l’épâissenr, ii étouffe tout ce qui s© trouve sdus ses rameaux, ét il devient alors beaucoup plus nuisible qu’àtilé. On voit, tousles jours, desïaillis clairsemés'où il s’étend prodigieusevéenty gt ie permet â tUctme espèce de bois ée croître, en épuisant le sol et ëh étouffent lés- recru* ©U le» }e moyen, On aura un assolement régulier et trétsrproTi duçtif ppur; des; lpries de la plusmaUwise nature.] {JŸonvoau dictionnaire d’agrftulivre /); . mon tu- q On -cultive apcaredle genêt noue .l’ornement des, jardins,[PU il pyqduô un très-bel pffet .par, L'élégance, de son port, la permaifenpe de sa-couleur verteuet l’éclat de ^s. fieur^,, ■ , . . - j,, 1; Qualités.pf { usag 0 s_. — r JLe genêt ne parvient ordinairement qu’à des dimensions qui ne permettent pas de -llernplqyqr à de* usage? iraportans ; cependant, M. JBosO assure-aypiï vu sur les montagnes de la ^ipe^rfans dfiSi terrains. schisteux, des pieds de gppjêt,dq^p c àj5p .pijSfUidfi.hautjiepque l’on exploite p^n^/Wrci.e étourdie? plus faibles. fp?t€(s esfjdur et d’une f^ftWi^^WrfeWïW flaapp»40. nQn len peut faire de jqlfepelh* pj^yrage^ /de topr,. 0b l’emploie ordinai- remept.èifoûfëdp* ,éçb*Us, (fui sont très-durables. Les rameaux servant à JLa, fabrication dea balais, au cppuffàge , ,àrvl)a> Bptlrritusre des bestiaux, à faire de 1*1 ft-dù fumier. Dans la Bretagne, on mène l’ïîfèSibStlfWPbS'Wt.danslo^bwnps de genêt, où ils tr W'Wli' ,( jM’nsrbe. en abpadanoe.iQuand i on. veut eenpp.le genêt et on le laisse «é- cbfi Wjldftcp,: pu. i’entasse et on le brûle. Les cendres 4isp«t$éas sqt la surface de la terre contribuent ^efP.dfJftmaflter Jn fertilité, Dans quelques endroits, oui retire,pfea[Cendres jj u gg B ^ de la potasse, et un seL,quplÎpp.yan4 aujc. apothicaires; il'est diurétique e ^* n fliftJ?él c PintfftiMiÿddopjsié. On en fait aussi,usage dswfeî ye.rcèf içs, tps. jeunes boutons de là, fleur se confi^çutrdans .-fe.vinMgre.et servent d’assaisonne* t«erf«np,filasse .propre à faire. de la. ifPftei grossier, après les avoir fait rouir à la manière du phanvre. On les emploie aussi à tannar qu pprroyerles cuirs.. Comme le gibier se nouprif vçdonitiars des graines de genêt, il est utile (la. le placer d^nshes,.. remises. M. Bosc a observé que les boutons à fleurs étaient sujets à devenir semblables A une capsule, pftiTseilc ‘k fapiqêra 4’ù.b ; w«eete..qu!U *. décrit ; t* qui a 6 peina uge ligna de long.. , IOX ' ■ Le Gsn.èTJfl’LsP^ottB.est. uu joliazrbrisseau.de 5i 8 pfed?de h*«t, que l’on,prouve dans laslieux,secs et sur fe,s coteaux arides du Portugal, de l’fopagne, de ljItaMp.gt du midi,dn.:,la FRU>ce.;,|liailes tiges (lreij,^, w semblables.ànotro jono com4 niA M».»iîfiîB>iivés l#r qn, long épi de, ewùdpsdhanr*, i a jW» les'.fewl^eRpfltlfeflseîu ^ftiisWftkAMj.iWitnombrieHse^qHe larplamte en p%rax* détWIVjue.ll ffentip; depufedè «dratmfnçén n, eaj.jd l f 1 J’gfe 1 jM,sqtrAla 1 ftn; dè.Jh stfeosf» et iee fruits 8hfPWre,y rusJucd ibabsiq s£ jisvs m Il y a une variété de cette espèce, jhfleu* 8 (kmblfes* -ttjQr- onltiy^ le, genèl [À’dwpagne. défis presqu^.tous, fey jftrdWy Jl (UrVfStipéfiftt .difficile 1* WftFfdles feHgiflar moi*ie^géfefc* -du] itlimfct !-i-,lOn, ditqtie les illeu ns,|d j ilseultWeBt ( le genêt, parce que leur terrain est trop sec ettfdp aride pour que le lin oc le chanvre puissent yi réussir. Jean TrombeUi dit que.les batitans du niOntCaJs- siano font rouir les genêts dans des «aux. thermales Ë endanto ou 4 jours, après les avoir séchés au,soleil. s en prennent'ensuit» un .ou. deux brins ànla-ifoii,' cju’ils tiennent à fleur d’enru, et aveeiune pierre tTanchante ou un fragment de verre il®en trâclent L’écorce, qu’ils réunissent eq paquets ; quand.nette filasse est bien sècbeq. ils la battent le duvet cotcai- jfetnc qai s’en sépare sert à rembourrer les oreillers. Ils pteigneok In filasse, la filent et en font une toile qui prçndtnè&*hfeai les couleurs qu’on .veut luidon-. rtec. Mi- Déifantaifues^qui donne cet extrait de* JtyUtnoires àp HTtanbellm pense que c’est bim ls g*t>. > â,hd!fcs|ia gne dont.on: tire ces .produits, et:Aon le: g assébbà, balais , l comiia lbdit Rozi«r dajis,slOn^fiÀii'i t oftnniro .d’â^riouitunu dépendant il parait, qw’rpn f eut dbssietlraire deceidernier une filassegrossinréiA. î Dans le bas Ltiogiiedonq-ea.nourrit pendant l’bi- iOer^ lete jBOwtnna. el : feiçqchèvff«i n-vec Uw. jeqnep ira- rtieaqu dp. genètd’ijapag.iqj â /to ajs Btwssonnet pb- ^1jejqueiq4k»4-les#qin)Mix en raangenl unei tTpp Igrande quantité, ils sont qu^lq^efedpn^^!n*s.,d,’*OfT, GEN 22 ! fiamm&tion dans-les -voies urinaires , dont on le» préservé eu-mêlant quelque autre fourrage avecle gp|»êt>;-On doit spT*taut éviter qu’ils en mangent les gousteeipIpaiV» qu’-elles isokit -malfaisantes. Les carneed* du genêt» 4’EspagJie peuvent sup* pléer l’Osier cotnrtre liens. LeïabeiUes recherchent beaucoup les fleurs de cet' arbuhte,9è4n»L'p qfetit ÿ»ur y être utilehient employé. ,IJ * - nsiifi; Celui d’Angleterre se distingue de'l’aütVè pl^ éés rameaux, terminés en épines-,-’paé’ses ffeuflle» ypMs petites, plus fermes et aussi ; tfefiïiinééW Jiar tltr'Vfth quant, et par ses flëurset ses fruits, qu? sô'nf ëtéilë- ment plus petits. Il^érofk en AngleterFé étf ‘Allfé-'l magne et en FranéèSuF tüS cèteaUtc 'ssbrohWéW^et le long des bois; Il We faut ééèWfbhjlrë'ééh'' ddpdl 1 espèces de genêt tivècf’àjôrie , uleie 1 eèhéèvr tii ; l appelle genêt épineux diàns bea«eotlji'tPèridr'oîth‘, a é : t qui se trouve très-souvèrrt évee eux r . 13? y l,ivirtIJ ; ‘ ea, - f Le GExèT vuctr est rm petit -àrbuste’^ouchéisiulj là terre, dont les feuille» sont' tFè-^^pèrîieij' èVàlei ^ lancéolées, pliéesen'deüX'ldngkudîfmléfllëilt'itfeffaiS'l née» parune petltepolttté f iés fleuri» jaürie»j > féérft6 l rttJ-J dans la partie supérieure de» rartéaU^j des éjm'fëtiiilê^r bien garais ; les légumes court», pëtlts'j^iiipëii ve^ lus , contenant deux ou quatre graine», 11 uétirrt à la fin du printemps. On le* woùvè dnïa le^'ètidtolîs-® montagneux et incultes de plusîemfs'-pa'rriés’ dé'là France et de l’Allemagne. Lorsqu’il 1 êït'ën’flëtfr 1 , les lieux où il croit brillent d’uû jaituèéciatytlt. On ' peut en'décorer le» jardin» -igrelteàïtllTëèt ptbèVè- aussi à fixer les sables par «tes iefihüds tëéinéÿÿér à conserver l’humidité du-*ol pat^ééi tlgéS't’ém j>kirfëÿ.‘ ,: Les autres espèces de gènêt ététitl fbrt-'lleif 1 i'rtijUlr^^ tantes, nous les passons solwsilëflcél^ i,lflm b IIirs ’ ï Réglemens .—Le genêt e » t un e de» hénf flépêéèé'dè f mort-oois désignées [iar ia.Chartertoémdhtê&dé i 9 ï 5 ÿ r et par l’art. 5 du tit, XXXIII de* l’ordi'niïàfacè 9 qé^ 1669. . .doaof 1/ GENÊT ÉPINEUX. V. Afoüey ■■■^mvoI », -»»»p GENEVRIER, funiperus. Gè-ttrfe dë pl.'Pftiëé dé^d’^ Jioécie monadelphie et delà fauAllëâës i tio'nîfèfë!é; ,< ' qui renferme ünè* douaaiïie d’ttfbr^éUrFafbititë^, dont le suivant est trè6-cômmun dan» pîéslétlrs‘pffH- 1 ‘tie* de la France , et dont trois du Cj irai Ve peuvèh^ si»cultivér én» pleine terre dans le clirrrftt de raris. ’ ■ I LéGESBVuïïa'dêMiïuHjyBnfyrerfc&eoèt/rtdfrisfL.îé 1 .), uVm» appelle-' *.\insi l genèrre éd gerilètfé’j éiiiii«ptfé 1 ; ugraine qulil^porte», est un-arbrisséad Vèrujdil rl( têVt, ,I j Jtl(ti4lélê»é tt^*-peU dtlfifr léé'nvaliKdistt+filir»-,' ntfliV’ qni j tlàtis’le» IbCâlité» Favorablis f'péFtièWf, à' ib-’ètf 1 ' jjjsk}tl^ a'S piedü. Si-; Hdrtig’dit lih-’pîëfj 1 ” Oui avait 3a pieds de hauteur et3j4êftt!ês dë*dîàiriètVe ,n auidèieoi dfeWÎMt.soéq*» elJer 9/» .yirnv tau a > ■ ' '-LMcores i dB»lj , éunes I t4meanx i eët ééVteq ctdle'dés leux «ht dNtn gri» ibhirr;, geféée ét êeaHléusê “ lïëÿfl a&lles-sériudertiejllèOT trdfe’paé ftléîs «urléi wd#-*- 'üi: ifcffc U U U GEN (.lies, linéaires , roules , piquantes, et de 6 à 9 poon lies de long 5 les Heurs paraissent au mois de mai , les sexes.séparés sur des pieds différent; ta fleur tulle estun petit chaton jaune, contenant un grand nortibre d’étamines, que le veut dissémine en quantité datas le temps du la fécondation : quant à la fleur femelle, elle est verte, à trois divisions , pointue et attachée à.l’aisselle des feuilles; les baies ne mûrissent que dans llautomne de l’année suivante 5 elles sont alora noires, très-aromatiques, d’une saveur âcre et un peu amère. .Elle» renferment trois semences longues, qui restent un an et plus en terre avant de laver. Le genevrier commun vient dans toutes sortes*de terrains, pourvu qu’ils ne 6oient pas trop humides, et iisupporteassez bien lescliroatsrigoureux; cependant on ne le trouve pas ordinairement là où- la température est assez rigoureuse (>our que le vîtes idea , l’airelle ponctuée , puisse croître. C’est dans les terrains, un peu frais et sous une ombre légère qü’il parvient à son plus grand développement 5 mais on le trouve le plus communément dans les bois arides, sur les collines sèches, où.il forme des buissons de a.»,3,pieds, 'loutes ses parties exhalent une odeur résineuse, aromatique , sur-tout quand on les brûle, et son,tronc , dans les pays chauds, laisse Huer une résine qui a les mêmes qualités à un plus haut degTé. . Le- bois,du genevrier commun est finement veiné, d’un j&unq.hfuq,; et d'une odeur aromatique très- fd/te.,il* pèse «.étant sec , 4 -> livres a gros par J pied cube. On en fait des échatas pour les vignes,-et dès rtuuefj.pour les haricots, qui durent très-Iong-terops, ds jelie-oiiviages de tour, et il est excellent -pour le chauffage/Les baies , que l’on nomme genièvres , servent, à-,parfumer l’air des appartenons , à faire d*' i’eau-de-xiel plusieurs espèces de boissons , des confitures, et elles servent ausséà la nourriture d’un grnaibmotofciüe Poiseawx , principalement des-grives. Elles aWé'WnpktyéeS en médecine ; elles communiquent aux urines une odeur de violette, échauffent, augmentent Ja tra,tspi;ati<>n insensible; donnent du ton à l’estomac et aux autres viscères, et réveillent le genre nerveux. Cependant cet arbrisseau ne mérite point qu’on le cultive ni qu’on le conserve dans les forêts, parce qu’il y a bien d’autres essences qui lui -.sont.préférables. On distingue quatre variétés ou espèces dans le guMevriw commun^: le genevrier en- arbre, qui croît principalement dansles parties méridionales de l’Europe , et même aux environs de Paris; le genévrier en buisson , qui est le plus -répandu; le genevrier de montagne > habitant-le nord de l’Europe et les Alpes, qui a.les feuilles plus larges et plus-courtes; les truits plus petits et les tiges rampantes; enfin, le ge~ n éviter de Suède $ qui a les branches plifV d toi tés 1 , les.feuiUenqsl-ps'étDoites.et pins écartées, ‘les fruits 1, plus allongés, et qui s’élève à 10 ou jopiedl. sb iirh Le 1* ‘Fran/e^et! qoeiEqrf cultive dans les jardins, où sonfeniilàgep sooven panaché, de- vert ebdè bhmcy’bftse unr-aspeodasefex agréables ‘li a tas-feuilles courtes , digudrpléngtssy i dpcthreitées ù leur base;-ut tnés-4 rùppracjiéas^jeBb GEN baies sontd’unilèu noirâtre. Dtans l* chateUr, oa lorsqu’on le froisse dans les mains v il- exhttfo Une odeur aromatique très «-pénétrant*!; qui’ déplaS à beaucoup de personnes. Setrtgeû/est) ameruer réél*! Beux. On en fait sa grand bsage en médecine ddnrttfe emménagogue ; mais on prétertd que sou értiûlbl peut devenir dangereux s’il n’esti Sagèménl 1 éîlMé. Il y a une variété de cabine quis’élùvé 'diVartwge que la sabine commune, et dont les feuilles, Wèsipù*» tjfes, sont teHetnsntsetféal Sarlês rarbêaéic, Ifu-’btles paraissent imbriquées comme celles du cyprès!’'" ’ Le GENEvniBh nB-Vtagivnfj-qu’o»! àppellé lnlsi cèdre muge, cidre dc.ÿironie 6ti<£e. Caroline un arbre qui s’élève h met. de hautqSo(ta 4o pieds) , et qui forme naturellement la pÿr&ittide. il a l’écorce rongeât rBet écailleuse; les feuiileetbr- néès, les unes petites, ovales, imbriquée» -et : trèé-» rapprochées; 'les autres, p(u«l longues, aigugset ouvertes; les baies petites , erratas-; très-nombreuse* et bleuâtres. 11 croît naterellementet trèe-atxffldàêi 1 - ment dans les canton» les plus sablonneux àfes’Ek.- mérique septentrionale.itf-'Sen bois; dit MtfBofcc’, dans le Nouveau cours d l -agfienltkre‘j>^Sl drèe-dS- timé, à raison de son incorruptibilité, de-kr bonne odeur et de sa jolie couleur rotrgev On-eè ’fàlt'dè» seaux, des baquets , des bardeaux, de - 4 rt»ésdntuar 4 ;(BftrXén 'terrairt labouré à la charrue/‘nuque Po»* repasse ensuitèà' ta herse. On peut, dans les forêt», abandonner 1 ès>$e- mis à la nature-, et su contenter, ai lespteaM devk- naient trop se/réS, dé lés é€taltclr>peti*>à petit, jüë- qu’à ce qu’ils soient éloigné*' emtre'eUX'de 3 qfidde. Cette extraction, quand on 4 a fait?avec précatitien et dans le mois de mars, procure des plants-qu'on peut employer avec succès pour •regarnit’ les endroits OÙ les semis ont manqué. ’ • ,a 1 *11 y a'plusieurs autres espètes de gepevrler», mais qui sonf peu répandues en Prtince i ' tels 1 eont ‘fodgé*- mevfier êxjddre, qui estoriglttaice sdfestjMttt^SS Wê- itidionalesde 1 l’fiuaqpe *-‘11 -a- beatvcdiip- <ûé- av«d’ 1»' genevrier ’ toin mu n>; - ’tw, de ‘Pkénlçie,‘VÿA atéioigneec égnlemenf fistt «n du renevriencoiamun ;-lea'gt)t»esrieA**'(JéS ttodes Bti des-Barbades , qtiJ'eè rèpprèebentndu gt»-’ evrier-de Virginie),1 et sont pliia graudSs); ■ mafo qui e ecncultivent en France que daBsWwsngcrie. ,sl e ; _ -üdgümensi Le genevrier ese'une dès tvotd «*-* ! ’^êces èomptises dans les mbriszifadisqiot \uo((farte- GEN aprrparude t & * par ifarti. du tiuXXUI ded’aréomu n*Bcelfis, 16&9, r. . i 9 î n î.i n<'upeiol . TgftpèicOupe deigenevriers oui broussailles dansuist bqi^spaumis-au régime iutesties, sans -mu tovisatiou pjré*lah-le,,£s-fi.u» délit. {Atrv de la G*decatek.pthu »âi fpH&ehet ifafioüt i8»a.>. , >u^ inéinins GENIÈVRE*, fruitri U-genevrier.-rVw taimol. Jus. anfeîiiSWSË , junior., Jeantivache «juin’» ,pasu;» lo#&.d&tfond\s*tngeàami\de parqués:, est é r S 8 ft#£’idq %»’« 0 ».(n 9 ll 9 TtiJcii 9 Fnol iup 19 t (ehuiq W3fi. çs.i(xawtoe, sont, dea[pièces de bois qui*.*! ■W 1 s?l*.i<|d»É»l4i«rij:d?up;eouplf: ' ’ iuple ( *>guoHn - CMÏK&AJii MAlN.-MOR,TÉ. -Cette âxpres^od dé* , ] -Ce-jdafcse dit.de tant ce qui concè r ne !’• gr icult ur*, signé tomlel ; eorps.etçOi»muBeutça?]uidObt perpér idq ^téOLgéapauia^ toujours jes eoèreeHUe procbiiaanfc dopelitos. lentes^, ordinairement causées par latse- aucpoorjnntataQ«rpar.jinort T 2 ^- ne. péuvedt disposée 1 de feunabiens sàns-ydtre autorisét par le prince-ou 1 lajuàtic«, ll» «et .peuvent feire^dfil baux eaiphytéb- b*é Çiy 5 j\!) S.-Bois des• ecclésiastiques' tt gens de. eitsiH-maTte, tPl j p. 38 ^. ' slXiEitS SAKS AVEU. Synonyme de vagabônds. ei(Lb(re. r i“;4* 1 la déslaratlon du 5 févrieè'iyli ,en- Meibtïéènau parlement lé 16 5 donnée sut'le# tas prevâtaux od çirésidiaux , parle des gens saris aietï oommS (dès vagabonds, et pfaiir les définir s’exprime ainsi}» ÎHe seront réputés vagabonds et gens sans aveu qne ceux qui, n’ayant ni prqféssfon -, rti mé- üer,:ni domicile certain , ni biens pour subsisteri l nè peuvent seauw ni faire èerlijter leurs bonne vle ll it mœarsparipetsonnes dignes de./biflB -u iroli • '-Le Code pénal de 1816part. 270fi* 08 «léfinit-'à- peu-prèfide in même maniérée V. Vagabonds. GENTILSHOMMES. Iis étaient, Vomnfe tous autres^ soumis à la juridiction dès eaux èS’forêts, pour les cas dont la connaissance lui était attrtfeuéè. fOrd. deiôâq, tit. I, art. \ tt .èt'i.) nm Ils ne pouvaient se rendre adjudicataires directement ni indirectement des'bois du toi. ■••■■■ru- GÉOMÈTEE. Vi ples-bsè Géométrie. *’ Ce mot se dit proprement- d’utie persèritie) vstséc dans la géométrie J maisiiwn arppliqbè généralement ce nom à tout mathématicien , puisqüè'la géométrie étant une partie essentielle des rnatliéBiStiquei, et qui a, sur presqve tontes les antres, une infliéêrice nécessaire, il est difficile d’être Versé profondément dans quelques points de mathématiques què' eé soit sans l’être en même temps dans- ia géométrie;'V. Arpenteur. r - Géomètres du cadastra. V iqpOur les Opérât ions des géomètres du cadastre concernant la reconnaissance des limites des forêts, VInstruction dtf vdt messidor an 13 — i 3 juillet 180 4 , au Rebtieil, t.' /, p. 688., et le Supplément à cette Instruction^ du 1 5 thermidor an i 3 —a août i 8 o 5 , t. Il, p. 28. GÉOMÈTRE - VÉRIFICATEUR GÉNÉRAL DES ARPENTAGES, V. Vérificateur géAérai 'des arpentages. **re ' - GÉOMÉTRIE. Du grec gé, tBrre’j ei àe'tnétrtut) mesure: mesure de la terre. 1: - -^.s'I La géométrie est la science des propriétés de l’étendue, en tant qu’on la considère comme simplement étendue et figurée. On divise la géométrie en élémentaire et eh transcendante. La. géométrie élémentaire ne considère que les propriétés des figures rectilignes ou circulaires y et des solides terminés par ces figures. , La géométrie transcendante est proprement celle qui a pour objet toutes les courbes différentes du cercle, comme les' sections coniques et les courbes d’itn georë plus élevé.' V. Arpentage. d- 1 1 çGBÜP'ONIQUK. Du ‘grec géoponicos-, fait ont se servir de quelques moyens pour diminuer le progrès des (entes sur les bois abattus. 11 faut tenir ces bois dans un lieu frais à l’abri du soleil et du vent ; on peut même les guérir de* gerces qu’ils ont.déjà, en les laissant tremper dans l’eau jusqu’à ce qu’ilp aient repris autant d’humidité qu’ilsjpouvaient en avoir dans le temps qu’ils étaient verte; et les, mettant ensuite dans un lieu frais, à l’abn du rent qt du soleil, les gerces se renferment entièremant e^si exactement qu’on ne peut plus les apercevoir. , a , ,, n - a- précaution qup l’pn prenne, les bois a,b»ltU6 6p ^rcpnt toujctqrs^ ce que l’on peut attribuer à leur inégale densité ; cependant il est certain qu?ep,,3tlspendanl Téyaporation de la sève, on ditniftue-beaucoup les fentes, et qu’au lieu d’une grandg, il;,s’en, forme plusieurs petites, qui sont mcf.no. préjudiciables. Le moyen de ralentir cette évfippratÉp.negt^e,laisser le bpis en grume pendant l’.ÿfyft, et,dp,‘«e,l.’pquarrjf Ou écorcer qu’qu automne , cet équarrissage eu hiver > aussitôt qu’il est^Uu, pu euofore^n refendant en deux ou en quatre, a l’instànt àe l’abatage, toutes les pièces quj sont destinées à-l’être, pour faire des madriers , de$ ; plates-formes, des préceintes , ouïes membres desgplères, des chevrons, des membrures, desplan- efc.jgu.lieu de lps conserver en billes et en plantons. ^ JJfeft presque toujours avantageux d’enchanteler le* pjèçesque l’on veut garder, parce que celles qu’un laisse à plat sur la terre se fendent beaucoup moins à la jfaçe qui est tournée de ce côté, qu’à celle qui reste exposée au soleil. Siles bois destinésà être débités en planches sont refendus tout verts , ces planches, en se desséchant, ne seront attaquées d’aucune fente, ou s’il leur en survient, elles seront si petites , qu’elles ne feront aucun tort au bois, et plus les planches seront minces , moins elles seront susceptibles de se gercer; mais comme si on abandonnait à elles-mêmes les planches nouvellement sciées, elles pourraient s’arquer beaucoup, il Faut avoir attention, après qu’elles ont été débitées, de les arranger les unes sur les autres, de manière que l’air les Trappe de tous côtés. V. Fente. GERME. Du latingermen. 3 Ln botanique., cg mot a plusieurs acceptions. Linné donnait ce nom à la partie de la Heur qui se trouve à la. base du pistil, et qui renferme les rudi- niens des graines. Les botanistes modernes donnent le plu* souvent à cette partie le non», d’ovaire. Quelques botanistes ont aussi désigné sous le nom de f ermelu partie de la graine qui est le vrai rudiment e la vraie plante ; mais Je nom propre de cet organe est celui d'embryon. V. Botanique *. GLA GERMINAT 10 N,^er/nina/io.Terroede botanique qui est composé du latin germen, germe, et de agere , agirt action du germe. C’est le premier développement des parties contenues dans la graine, le premier signe de l’accroissement d’une plante. Ce développement s’annonce par un gonflement sensible de la graine ; sa tunique propre se déchire; la radicule, qui parait presque toujours la première, s’enfonce dans la terre; les lobes s’écartent et livrerit passage à la plantule. V. Physial. végét., 3 *. gestion. GIBIER. Il est défendu aux agens forestier» d’en recevoir et d’en offrir à leurs supérieurs. (Jnstn gin. du tq février 1818.) Vi, dans le Dictionnaire des Chasses , le mot Gibier t ei au Recueil les Arr. de la C. decass.f des 11 mai 1807, à janvier 1810, 19 avril 1814 et <4 septembre i8i6-, desquels il résulte que le propriétaire d’un bois où il existe beaucoup de gibier, et sur-tout de lapins, est responsable des dommages qu’ils causent aux terres toi- sines, s’il néglige de les détruire, ou s’il ru fuse aex propriétaires riverains la permission de les détruire eux-mêmes. If GISANT. De l’ancien mot gésir f dérivé du latin jacere , être couché*- Bois gisant, c’est du bois coupé et couché par terre. Ce mot te dit en général de tous les bois qui se trouvent abattus parquelqueaccidentque ee soit. Cependant Qn distingue ceux que les vents ont renversés par le nom de chablis, qui doivent être vendus au profit de l’état aussitôt qu’il den trouve à-la-fois la valeur de 10 cordes. Y. Chablis. On distingue ceux qui ont été coupés et laissés par les délinquans, sous le nom de bois de délit, qui doivent également être vendus au profit de l’état. V. Bois de délit. Le bois gisant qui doit être délivré aux usagers, suivant l’art. 33 du tit. XXVII de l’ordonnance de 1689, se réduit aux branches pourries et aux troncs secs qui sont tombés par vétusté. Y. le mot Délivrance. GIVRE, pruina. Espèce de glace, de frima», qui s’attache aux arbres, aux buissons, etc. Les branches des arbres en sont quelquefois si chargées, qu’elles rompent sous son poids. Les arbres qui souffrent le plus de cet accident sont les pins et les sapins, parce qu’ils conservent leurs feuilles pendant l’hiver, et que le givre s’y amasse en plus grande quantité. GLABRE, glaber. Terme de botanique qui se dit d’une plante ou d’une partie de plante qui n’est nul- ment pubescente , c’est-à-dire qui est sans duvet et sans poils, comme la feuille du sycomore. GLACIS, declivitas. C’est un talus, une pente douce et unie. Les adjudicataires-descoupes.de bois sont tenus de réparer les glacis qui seC trouvent au pourtour de leurs ventes. 4 Cah. desek., art>'rjy.y GLAÏEUL. Plante ainsi nommée du mot latin gladius, glaive, parce que ses feuilles- sd^tlongues, étroites et pointues. ! GLAISE, du latin glis. C’est une terre grasse , tenace, difficile à labourer et à rendre meuble. C’est la plus forte des terres; aucune autre ue se charge d’autant d’humidité ; «lie augmente prodigieuse» ment de volume quand on l’humecte ,-«t il jra tri!» GLA GLA 2 ü 5 de ces terres qui perd un “tiers d’d fc*)L/-vS>Iir4*à sè- ikàteiitq-câveè lo-glawiliqn-eprement dit ,'*à former la desséchant \ elle retient puissamment Pf«vdô*it;eilè es£péaétrée , il est diffioile de l'en, ahsvgeè J v>h»pêMf bitineq faire une [Ate moiirqvuais diffietfemdnlpeut- on la réduire em boue liquide; Sei parties-e*8ènj -tielW août -très'-fines, très-douces ; elle estgluànté au toucknry-et m'est rude que par tes parties dttUH-l gères qui y sont mêlées." L>ês partie» essentiel tes uh ta. glaise ont beaucoup d'adbérenceentteèlléH'l êtes pour œlfi que; sèvheou p'ènéfréditTenu-, êllè'&knléqi toujours par-grosses.: moMbs-EHe 4e desbéèb&l&fh cüementyet en perdnnturul humidité; elle W6 rôflf poi ntu tout'eii vpousviéafi;, rifals folio Sè''fcÂA%»' durdt.qMêl(racfoü'.ccnBi*e dwtâ. pierre. • ' O Quoique- Igs* ptrndpeade la glaise soient les 'rrtè- nveêiqueceux de' l’ar^iièy on-,diatin^« 9 ) i(frfrrtt'l 0 j lStt- gagei volgaièè p les mtpitioe blnnehq* êF' ji^èe^ -dèst glaise* bieuas, i veittlàtcésy'molles*, ünillètSisyeŸé. LtsEts deiglaise*sontfoVdlrwfaèmêntfértéptrfs-, et .à ■« n- wi 1 à » pieda* de qtebfoWdàa p ifetecm t déjà si] durs; queulertoutilapenvqrit i-pelHfoïêst Ael!foê'ké ; ‘trtMiVijfi't toujours dans l’htfmidité; nïâièle’bOiSdé'testifbKh, est. àepeu-près aussi tendre quo eeluf dès maraW.* J4ais quand ia glaise te'trouvé • r WéléeaVeb i, È’atu très terres, iqui diminuent: »sèêâ < dé 1 sa ! ténaçltrj'ptfiir que l’eau , trop abondante ^ puisse s’échapper', rjuè kAL «CTutfitto»des■péètftieés'bomme». G’est dans cé sfehs qàetrtui tltftt entèhdtê'be'passagè de Pline'ï CWti frwhtTHÙi irlK'&hit\ itâmhtttecL 'glanât; veScetOntuti. Êfet duMtt* edfdique^^tnêmu qtrè par le mot gian^dn désfjltiâiètoBk îitAtsH 'Gfaùdri appettàtionè brfi- HtMfiuètteïtHiiikëMIWÇPttttë, lïv. Vliy tkap. T VI). •h’appédl^èitlèW^fa fitînè -Su hêtre pians fagi , livre XVI, et la noix Jovis glvâlâ{ gfandde Jupiter, ■èm*A WfH l f&t'fUgthàs^W. XVj cb«p. XX1L‘ La llaffo k^lho#itnait J i'/àns itbceiiiàeà , ët; fat h h tirg/fc gieins^ài'ïf&ifÀiP iI *tlc : m " >1 •“ > t.*vjr uwvxiuuuiç. uaisTju a cvimpptrr , yue la-chaleur du soleil puisse'lei> pèjtétrër', ét-’qiife4es racines puissent s’y dténrdre WeèdacîlitéV"les àtbVè's alors deviennent très-beauè'dêésMe pttrëiîs fènrfchts 1 , e&leibtois eniesrf de bonne qcjiMtié 1 .* -- -" < - - Les moyens d’améliorer les glaises sopt 1^$' hà- hatirs, ks fumiers,, hw tnéWgéVaVee dès- sables, la«-brûlis Æt éoobaages. 1 * ■ Lorsqu’on veut empltfyeèfa'glftise pour fertiliser les sables,. il faut la tirértirT'-bW s ans avant de la répandre., afin que- les -imprésshwrs du soleil, des pluies y des gelées, cortmèncént à la diviser: on la Fépnnd surfes tardes avaht l’bivérypOur que Fe^ Zélées achèvent la division; ^t lorsqu’elle est bleu sèche, elle se pulvérise-ert^rtie y èl étint enltAfe humectes par lôs'pluièk yèl» dbtine du corps à lô terre trop légère: *.. - La glaise est'd’uirgrand usage-pour plusieurs constructions : on en ffalt dè h* briqne et de là'tiiilo ; 'on s’emsert"pour les- bitArtfeaujc ,’ pbur les puits, pour les bassinai. S» propriété ^esè'iMèontenir Heau j r et d’empêohcnqk'eüfc i>Wtre-èt’he v s’échappe. V. jtr- gi&ttetil&iWi •m- ou u •>... - ’ ‘ ÆLAKOiy.dB’linirt^-Zfflfljr, Cruit du chênes ç ----....- Vi Le mot gland était autrefois 1 nn nom générique ckàp . TT/.) quislafjjjirquaitindîVerd fruits,” et c’est ce qrn avait -- - donné liéts à.fopivkon-qué les hommes du premier àgpslétaienSinowrts^ gléndS ; mais il parait bien certainqb*r la châtaigne pltmoîx p k faine , la noisette,d* dattaet autves'frêîts'Sèmblâbles, cônctm- Tome II. pllisiefits èiltxës lètiits. i’iübàrque dit qute lêi I 'Arédfllëli#i’'qèr kvaieirt cénrservé , 4*üéage de te tiotfértt ddlgfaiid’ftrrsqud, l'es affirësf ; Ot'ècs Vivfiîèirt de 1 téééitlfesy kvdîent recule Sûrhoni de ba/emo- phagèü, et qu^ls él’düliit'i'éŸ.utéViïitlilcibtëi 1 ,' « eatfsè de leur genre de nourriture. 11 ov-q* • Kêfin^tèSGàhMVlbfiï'iioAfté'lnlfésdnctefoent ghiild afr'cWJ, WhétneYab^hStàlghWè, te fruitée cWaclirèé.- 1 ; in qaa ; "brr. ■' is ÿ mi r.ral v.*ml Céjienddnton nkpéut fil^r ’ijue le jgltfnd tluithênê në sbif éfh‘t^è s jH>iïr'beâiittn/p dims ta'riÔUfrittifê 1 ^^ premiers htrtfones ; 'trràis ce n^^Oiivéît' être lndiffé+ temment lk glàiid dè’.Hjjntèéspècë dfe'ciréhei et l’cm doit ràppoifèr ; ;pliis'pà i rtiCulièifeWiè , nt , à qùeltfUës es- pèèès qui sdiitdoiicçs et brinndl -àl’mkn'ger'de qu’ok d dit dtf gland "en général : tels sofat- les fruit* des èhënés* ‘èicuftüs 1 ballotta, } a rot$Mdifbliü ,• 'prrnus sét alitées. ' 1 ■ • - ' h 3 f - ;■ : ■ " Ou a rtattgé de tdute antiquité, ét'otl"mange eny é6të aujourd’hui en Portugal, dan* lés - province* méridionales de l’Espagne et dans quelques cauftbn* dè l’Italie, les glands dés chênes esculuse t baUotta, et,sur-tQut du chêne castillan de M. Bosc, dont il dijt 'âvofr vu faire unè'grande coriSprntèaliQn’à Btir- gbs.’Xln vend câfc ; glands publiqaprtisnt dant ( lés marchés’.' Ils faisaient , suivstnt Stràbon , le fondsÜB lanêurriture des Lbsitanlêns, et Aula-Gelle dit que les meilleurs glands,étaient ceux d’Espagne : Glatis iberica optima. \ Nocl. att. , VII, Xrï.) '• L’usage de ces glands, suivant M. Desfontainès; n’est pas moins tomriiun sur les eûtes de la Barbarie^ oû Poil en fait une espèce d.e pain. Lés naturalistèi Olivier, ét‘Michauxpéré disent atissi que dans toute* lés tilles de la Moréè et'dç l’Asie mineure on vend encore sur tes marchés une espèce de gland bon à manger : c’est à Bagdad , dit Michaux, que l’on mange lès meilleurs glands qui croissent dans là Mésopotamie fet lé Curdistan : ils sont gros et longs comme" ledoigt. : Ces glands étaient sans doute ceux^^loi)^ Je^pjre- mi.ers Greps firent usagé. : ' Pline 7 dit que" le* glands spnt, même pu t emporta pàix /là tîfcbés'se de plusieurs hatlods, etil parlé dé t’dsagé du ^aiu, connu de spnpé.. TCVI, M. Dralet , dftns ses Recherchés Sur les £ h ânes à jfààds doui, îndique,"d’aprè's les auteurs qui l’ont précëdé'j'les chênes qui produisent cès, glands : ce' sônt','i°.Te chêne déérit par Miller sbus je nom àè‘ châtie ■vif om ue/-/, qui eàtiste én Amérique , dans la 2 9 GLA «6 GLA Caroline et la Virginie î quërchs virgrniû.nafoliis lan- Céolato-ovatls, integerrimis , petiolatis , semperviren- tïbns ; 2°. lè cbêne--baUotte', observé et décrit par M\Desfontaines,etqui choit èti abondance surlescô- tés de la Barbarie : quercus ballotta foüis elle pétris, pèrenhârttibus , denticulatis , intégriste, subtile to- rttentosis , fmctulongissimô ; 3 01 .' le chêne à feuilles rondes ou chêne à glands doux d’Espagne, décrit par Lamarck, et que l’on peut, ditM. Dvatet, regarder commèune varié té'dn qrterttis gramimtiaêe.lÀnTik : qàèrats esculus fofirs piànato ^sinuatrs y îtevibus , frnctibus sessilibus; 4°. enfin, lebhêwe. castillan, décrit par M. Bosc, dont lèi feuille» sont orales, aiguës, légèrement tomenteuses en dessohs, à dents presque égales, ’et terminées en pointe en haut ; les glânds tont rassemblés au nombre de trois ou quatre suf'dé Courts pédoncules. ■ Il résulte de ce qui vient d’être dit, observe M. Dralet, qu’il existe une' espèce de chêne vert à glands doux dans la Caroline ét la Virginie, sur les rtiteVd*Afrique , eh Itadié et éé Espagne, et que ce chêne vert a plusieurs variétés. M.. Dralet, présumant que le Chêne vert 4 glands doux, dyahtvoyagé de l’Amérique et de la Barbarie eu EspSgrie, avait pn s’étendre vers le» frontières de la Prance , se livra' à quelques recherches à cet égard. Il découvrit cette espèce dans l’Andorre , phys'tfèuthe'entre 1 la France 1 et l’Espagne, et même dhris la füdrêt domaniale de Broussan , département iftl Gafd, trù cé chérie' existe en grande quantité : c’est le 'chênë castillan ci-dessus mentionné. Enfin, il existe des chênes verts à glands doux dans le dé- ptfttétûent dû Var et dans celui de la Lozère» SulvSCrt le mêtrieauteur, on trouve aussi sur les bords de la’Méditerranée’, dans lés départemens du Gard, de Vaucluse, de* Bouches-du-Rhône et du ^fàt^'atk'cKâ'ne à Jbuiiles caduques , presque ses- sîléi, r à settf Ihbè* Ouvérts, dont les glands sonttrès- beàitfjc'et plus doux que ceux du chêne vert de la forêt dè'Brbhssàn.Cé chêne btanca deux variétés très-mar- qtiëeS'î daris l’une, les feuilles minces et légèrement velues en-dessous , ont sept lobes à découpures aiguës, çt les'glands sont très-gros; dans l’antre, les feuilles ont sept lobes très-ouverts, à découpures ^arrondies , glauques èt épaisses ; les glands, portés stlr des pédoncule* fort allongés, ont jusqu’à un poncé et demi de lbng ; leur couleur ne diffère pas de celle* des glands communs. !Nos glands doux indigènes conservent les qualités qui les font remarquer dans les contrées méridionales. Ils ont la consistance et la saveur dé la noisette, et ils seraient ptéférables à la châtaigne s’ils en avaienttou jours la douceur ; mais il parkît que ces glands,lors même qu’ils Ont été tflellHs sur le même arbre, ne sont pas également bons à manger 1 ; Ctettë' différence parait, suivant M. Dralet, devoir être attribuée à‘l'exposition ifèS branches où à là haUteur'de lébr insertion; Cet atiterir ne faifc'point dé doute que l’on ne parvienne à faire àCquêriraux glands de ceCtfe espèce une Qualité supérrettfé’par îé moyen de la greffe en approqhe ou ae la, g relie anglaise, qut SOnt celles qui réussissent le mieux sur le chêne, et sur-tout si on leur donnait une^bonne culture. : Quoique les glands dont rious venons dé parier GLA aient dû être préférés pour la nourriture des hommes auxglaads communs, on s,vit cependant nue ceux-ci ont été aussi employés , du moins dans lés temps de disette, au même usage. i » r» Les habitans des montagnes du Liban et de lSc£L— plou9e , quand ils manquent d’autres vivçes, cuejjlr lent les glands deichéne et les mangent bouiilié fpç. cuits sous U cendre. ( Vinlney , Koy. en Syrie.) - Durant un long siège, les habitans de Chio.rs^ vécurent que de glands. Galien rapporte qAe, pendant une longue.%môn% les habitans de son payp. furent.obligés de se-rUq'^rr rir de glands. (Ueàlim.{ XIj JCJfJÇfl'IÏJ,) ,,, : t Simon Paulli dit que la meme chasq ( activjt.dâwP le Mecklenibourg, sa patrie, après la guprrei de Bohême, f j Satan, quadrip,, art. Qaean. ), En France, dans une année de disette, (1709), dé pauvres gens firent du pain avec la farine ,de n »ps glands. Quoique ce pain fût désagréèhlé, îhjs’en.fit une grande consommation dans qupLqitg^pforinces. ( Bom. , Dict. ) Linné conseille de faire torréfier le gland avant de le moudre, ■pour rendre le pain moi»*lourd. t)a peut aussi, suivant M. Bosc , lui ôter une partie de son âpreté en le faisant cuire dans un£ ( lessivq alcaline. Il assure que les glands du chêne-; liège sont plus doux q ne les autres, et peuvent être mangés au besoin» Mais quels que soient les moyens que L’an .emploie, 011 ne parviendra jamais à faim un.ppin passable avec le gland. J’ai eu occasion d’.qa goûter en 1816 , où il en fut présenté à la Société d’agriculture; il était loin de valoir le plus m&uyais pain fait avec des pommes de terre. On est aujourd’hui assuré don’ètre plus réduit à en faire usage, parce que la culture de la pomme de terre sera.toujours un préservatif contrôles disettes. Ou fait aussi,idansle nord de l’Europe, Jel’eau- de-vie avec le gland. Y. Chêne. Mais le meilleur, emploi du gland commun .est pour la nourriture des porcs, soit dans les forêts., soit à l’étable. On estime la chair et le. lard dé peux qui en ont été nourris. V. Glandée. On donne aussi des glands crus ou cuits aux volailles, et on peut y accoutumer facilement les chevaux , les bœufs et les moutons : on en donne aux anguilles après les avoir concassés, ». Enfin, les cupules du gland fournissent le meilleur tan. 1 ’h La manière de conserver les glands pour jes semis étant décrite à l’article Chêne , nous renvoyons à ce mot. ,p , Quant aux peines encourues par ceux qui ramassent des glands dans les forêts de l’état, et des communes sans autorisation , V. Glandée . M ni 9 j . GLANDAGE. C’est le droit de gLfuidge a mi^ta glandée même. Le mot de glandagçtsl souyepj^^- ployé dans les procès-verbaux de réfqrraAUp^p et notamment dans ceux rédigés par Oefroi^oq^ÆÙ il est dit : «Gomme la paisson aes porcs nj >a PJ?pjf e aucun dommage aux forêts, lesdits officiers^ .pâr chacun an , dans le mois de septembre, adjugeront air profit du Roi le glandage de chacune forêt., atyx termes des ordonnances et réglemep» ». Maïs l’or- doonanoe de 1669, postérieure, à, èea, procès-vpr-- GLA baux, ne permet l’adjudication de la glandée que quand H j a assez de glands pour que les forêts aVa «ouffre-rtl paS.'V. Glandée. ’ - ■ ■ GLANDÉE. Ce mot signifie, en général, la-ré*- coite et l 1 usage'des glands gtandium perception et en particulier la faculté d’introduire dos porc» dans les boîs jiour manger le glandi Cétte faculté s’appelle ttiissi v/inéét pâture. Lbrsque le droit d’introduire dfes-'poré» dans/une férêt s’applique à la facilité de faire manger les faines, il sé désigne par le nom de fîr&iriéy Famée : bu paiSsén de fatneyeb si le-droit cbtnjtrépd la fatuité de‘ feité mange# le gland , la faine etViftiW fruits-, l’apjtèllé panage^ ou seulement n/dTuÿ’de-. ' !n 1 Les rêglèmèns (ont déterminé lès cas où l’on peut adjuger ou ptetméttré l’exercice de la glandée, et lfe mode, dé jouissante de 1 cette faculté; mais avant d’fen t, fex{i8sèt les dispositions , nous présenterons qüélOaéî cô'nsidërations générales sur la glandée ; ellééTOfiriérOttt lé. pt-ëmiéf paragraphe de notre article. ■ buxsi;! si ieii * 9- $ i w. Considérations générales sur la glande ou >i . | tutu »t le partage. I. tes hlhndd, lès faines, les châtaignes, les noisette^ , les'pbnrtnés et les poires sauvages et autres fVùltsqùî énüsséüt'SiJr les arbres dans les forêts, formënt uH'bbiè?f J d’uhe grande ressource pour l’en- graissëtnefjt'^ti porcS 1 , et cette ressource est d’au- tàrit plus jtfétjiëùse 1 , fjüele -pays où elle est utilisée est mohis ricltè én grains ; mais orilne doit en user qn’aVepiëf jffëcàütions qu’exige la conservation des forêts.' lî. Eé Allemagne, on distingue le panage en partagé plein, tfvts qii'arts de pànage, demi-panage, tiers ou quart de panage , suivant qn’il y a plus ou moins de'fruits. Quand, par exéntple, tous les chênes et hêtres sont biçn CÜàrgès de -fruits, on dit qu’il y a pàrtüge ptdlp f qdidid tàtts' cêé arbres portent des fruité , fnâié'ffàns là proportion d’ün quart au-des- ëous "troué’ récolte pleine, ou que 'les trois quarts seulement des arbres sont chargés de fruits, il y a trois qüdrtà'de panage ; si tous les arbres ne présentent qùe la moitié du panage plein , ou si seulement la moitié- desdîts arbres sont bien chargés, et que les autres n’cn portent point, il y a demi-panage ; si tous les'Üfbres ne portent que le quart de glands ou faînes d’un panagp entier, ou s’il n’y a que le quart de ces àfbëes'qtn ensoithien pourvu, et qùe les autres trois qbiartf n*en aient point, c’est un quart dcpa- nagef_ enfin, s’il n’y a que très-peu de glands sur la généfalifé des arbres, ou seulement sur quelqnes- ilhs, et qùe la totalité ne vaille pas la peine de les faire mapger par les poVcs ou de les ramasser, c’est Ce qùe^lks Alleibands appellent •vogel-mast , partage ifoisèàlric ou pcrttr lés oiseaux. 'IÏ y 1 k'âtissidés circonstances où le panage est ap- jpréiiê'd'apres 'là quantité de porcs qu’on peut y en- gl'iWsëf; Ainsi , on nomme panage éntier celui qui èst "suffisant pour engraisser la quantité de pores qn’oa est autorisé à mettre à la glandée dans une forêt, éùyni-pantige celui où la moitié seulement de cette quantité pëut être- éngtaissée, et ainsi do suite. OànÉ'œ'chstyod'a'êgard à la quantité et à la forte GLA 227 des .arbres-qui portent des fruits, et l’on ne doit pas., dans une forêt qui en contient peu, compter «a» panaûetÿn lier., Lors même qpe ie peu d’arbres iso- lés qei a,y. trouvant seraient trèsr.çhajrgésd I ç ( g\qnpuisse nuire;, soitau repeuplent ent,isoit à la nourriture des bêtes fauves, et sur-tout dq la faire cesser lorsque lp germination des glands commence à ee fqire remarquer,..parcp que les animaux causeraient alors beaucoup de dommages. En Allemagne, où le panage ordinaire finit à Noël, oane prolonge. ]>oint I’arrière-pauage au-delà du i». février, qui est le terme, fixé, chez nous pour le premier panage. VIvA l’égard du.rainas des glands, on doit veiller à ce qu’il ne-«9.fasse que pendant un certain temps, à,ce qu’il m’oit lien, que dans.les cantons désignés, et à ce qu’un respecte sur-tout les cantons qui sont destinés. à se repeupler par la voie des semis naturels, et ceux où l’on entretient du gibier ; il faut éviter aussi qu’on ne cause du dommage aux arbres, et qu’on ne commette aucun délit; enfin , dans les forêts où la chasse est conservée, on doit empêcher qu’on n’ef- fraitt le gibier par le bruit qu’on pourrait faire pendant le temps de la récolte de oes traits. § 2. — Des dispositions rigrfem qn toi res sur V adjudication et l’exercice de la glandée. 1 . La première destination des glands, des faînes et autres fruits sauvages, étant de repeupler les forêts, l’on ne doit adjuger le panage que-quand ces fruits sont en quantité -suffisante pout^ satisfaire à l’un ,et à l’auire objet pc’est d’ailleurs 1 le. vœu de l’ordonnance de >6698 l’égard-des forêts royales; et l’on ne doit point oubliefyd’ttn autre eÔté : , ll qwè'l’?n- 1 Iroduotiou des .porcs dans les-jëu-ftés lailtis'y Cause un-tort considérable, pur lés-fouilles qu’ils^fonfe, et qui occasionnent-la perté des brins l'objet de la visite annuelle qui est prescrite aux agens forestiers par l’art. 1 er . du tit. XV 111 de l’ordonnance de 1669, et par l’art. 7 du tit. V de la loi du-29 septembre 1791. Enfin, on doit interdire aux porcs l’entrée des cantons dans.lesquels doivent être assises les coupes de l’année et icelles de l’année suivante, pour ne pas priver ces parties des-moyens de reproduction. ( Cir- cul., du 6 vendémiaire an 10 -*- 26 septembre 1 bo 1 ;) Observons cependant que lorsque les glands et. les faines sont en très-grande abondance,,.-il m’est pas à craindre que.les porcs en. mangent.l&totplité, et que ces animaux, en. enterrant les semences.avec leurs pieds et leur museau, on facilitent la germina-. tion : d’où il suitque, danç ce cas leur introduction est favorable au repeuplement. L’inspecteur envoie , chaque année, an-ccuuerva- teur . l’état dqs cantons où X’on; peut ^sans inconvénient, faire l’adjudication de iagLandée^cfc çet état est accompagné des procès-vorbatix constatant la quantité de porcs ày introduire;,( Instr. du a 3 mars 1Ô21, art.-io 3 .’) > 1 t Ces dispositions s’appliquent aux bois royaux , à ceux où le domaine a des droits, et aux bois des communes et deaétablisseiuens publics qui sont, en tout ce qui concerne leur conservation, soumis au même-régime. . ... . -»n . ’ II. - Les-'adjudications de la glandée-as font avec la même publicité et les mémea-formalités que les ventes de cl»ablisli(Drth de ^669, titcXVlIl,arLo..) Elles ont lieu-avant le-i 5 septembre et avant la chute des glands etdes faines. ( 1 b * j)n Elles ne peuvent se faire pour plus d’un an, ainsi qu’il a été-jugé par un,arrêt du conseil, du 9 octobre 174a. Le mptif.de. cette restriction est encore dans l’intérêt du repeuplements ai :o. Les conditions.awbqaires imposées aux adjudicataires sont de donner caution, de payer letprix dans les délais fixés par Facte d’adjqdicatiop , et d’admettre en panade la quantité de porcs réglée pour les usagers. ( Ibid., art . 2. ) III . La glandée ne doit être ouverte que depuis le I er . octobre jusqu’au i* r . février.■( Ib., art. 3 . ) Les usagers et adjudicataires ne peuvent mettre un plus grand nombre de porcs que celui qui est compris dans les conditions de l’adjudication, ni aucun porc qui ne soit marqué au feu, et qu’après avoir déposé au greffe du tribunal et au bureau de l’inspeefeur l’original delà marque ; le tout-àpeine de 100 fr. d’amende et de confiscation des porcs qui se trouveraient excéder le nombre fixé ou marqués défaussé marque. ( Ib . ) Nul autre que les usagers dont les droits ont été reconnus ne peut envoyer ses porcs à da glandée, sans la permission de l’adjudicataire, à peine de 100- fr. d’amende et de confiscation-("-Jé.>-«/■& 4 - —i^rr. de là 42 . de cass.j du 2 avril lii 2. ) -qih Léfe propriétaires sont civilement responsables rte ceuxquNls commettent à la garde de leurs .porc*. ( Ord. de 1669 , tit. XVIII, art 2.) -1 Les usagers ne peuvent mettre leurs porcs en partage epue dans les cantons qui ont été déclarés dé-j Pensables , et qui leur ont été délivyés par les ageiis GLA GLA forestiers, à peine de confiscation des bestiaux et d'amende contre le pâtre. ( Ord.de 1699 , tù. XIX^ art. i«r et 3 . ) IV. Le conservateur envoie,, chaque année, l’état des produits du pâturage et du panage qui ont ét* adjugés. ( Instr. du a 3 mars 1821, art. 5 y.)i V. le modèle d’état, à l’ Atlas, sous le n?» i4- V. Avant l’ordonnance de 1669, on suivait la disposition des coutumes, qui, pour la plupart, variaient beaucoup sur le temps de l’ouverture et de là durée de la glandésq. il y en -avait. plusieurs qui. fixaient un terme si long , qu’il n’était pas pos-i sibls qu’il n’en résultât beaucoup d’inconvénient. Aujourd’hui.,‘tla règle générale est établie par l’ordonnance de 1669, dont, la disposition a abrogé toutes les coutumes, et, nous le répétons, le terme fixé par cette ordonnance pour la durée de la glandée, est.encore trop long , puisqu’en Allemagne, où lavségétatiqn est plus tardive quien France, le paraage finit dès le adk décnrpibre, tandis qu’il n’expire , endFranoe , qu’au t«», février. Le nouveau Code forestier abrégera sans doute ce délai. V]. On accordait anciennement aux adjudicataire* de la glandée du bois vif pour leur chauffage et pour construire leurs loges; mais cet abus, déjà réprimé par les réglemens locaux des a décembre 1 563 , art. 22; i 58 y, art. 6; mars îôqâ, et par celui de la Table de marbre, du 2 septembre 1601, art. 8 l’a été .formellement par l’art. 33 du tit j XXVII de l’ordonnance de 1669. VII. Nous avons dit que nul autre que les usagers ne pouvait mettre ses porcs à.la glandée sans en avoir obtenu la permission de l’adjudicataire ; sur quoi il faut observer i°. que, par cette disposition de l’ordonnance de 1669, l’adjudicataire est autorisé à rétrocéder son droit à qui il juge à propos , mais toujours sous la condition qu’il sera res ponsable de ses cessionnaires pour les délits commis par eux, parce qu’on ne connaît en ce genre d’adjudication. que l’adjudicataire et sa caution, comme dans .les adjudications ordinaires des bois ; 2°. qu’en supposant qu’il ne rétrocède pas son adjudication, il ne peut, dans les permissions qu’il donne , excéder la quantité de porcs portée par l’adjudication, et que.ces porcs doivent être marqués au feu de la même empreinte que les siens. VIH.. Les usagers n’ont pas la même liberté, o’est-à-cjire qu’ils ne peuvent rétrocéder leur droit, parce que, tout usage étant personnel, il faut que celui qui a ce droit en jouisse sans pouvoir le céder à qui que ce soit : c’est ce qui leur est interdit par l’ordonnance du mois de janvier lâaç, qui défend toute vente ou transport des droits d’usage, et d’adr mettre dans les bois d’autres bêtes que celles des usagerSiV. Usages. ja C’eat pour cela que les jpges en dernier ressort ont condamné, par différons arrêts rendus eA.1 53 ?,las religieux de Valsery, la maison du Parç-m/x-Daniex eti celle de .Saint-Jean-des-Vignes, pou ravoir transporté à des étrangers partie de leurs droits d-’usage^ Le réglement au 20 mars »6oi a défendu buxhss- gors de vendre leurs droits d’usage, en même temps qu’il a ordonné de m’admettre dan» les forêtsque leSi bêtes qui leur appartenaient* ,1 iu-.i j- . -oidjaiio- GLA 229 IX. L’ordonnance de 1669 prononce, contre ceux ui introduisent sans droit des porcs dans les glanées, uaei amonde.de loo iiv.q et la confiscation , dent moitié au profit du roiÿ et moitié au>prefit de l'adjudicataire. l - • . Beaucoup d’anteursl, interprétant trop ilittéiVtlé" ment cette disposition de l’ârdonnance , 1 tntl pensé que ^adjudicataire devait avoir moitié dans l’améude et dans bu confiscation. 1 «:-Mais'os'sentimaiit, observe Heiiritpiet, est tfo’t- opposé àil’espait de L’ordoiipaHte pour île* pas-ils coafcbattreii'l , ? ■ ■ . . .u h fin effet pomiv ait i, par l’-art. ;i6 «du tit. XXXII de l’ordonnance de 1669 , que les amendes des bois du roi en. futaie*ou taillis^-et des bols' en {jrurie , grairie, tiers et danger et par iitdivi», pàisstmf*-et glandeos , garennes, eaux et rivières, tie peiivobt être affermées ni engagé*®, soûl quelque prétexte que ce. soit; et que-s’ils’on.trouvait de comprîtes én aucun engagement, bail ou adjudication, elles soùt déclarées nulles-et dq nuVeffqtqiifceaty de-phiê ,-ortion dans l’amende doit luiappaitenir, là" titre d’indemnité, parce que, quelque intérêt qu’oit cet adjudicataire, il ne peut jamais rien, apoir dans IVl-»- mende, qui est la peine de la contraventiortÿ'et qi*M est de règle d’adjuger au fisc..-.*., conséquemment, "lie doit appartenir en entier an roipdans le- ca» dont il s’agit. La preuve s’en tire des difit'^rehfesdispositions (le l'ordonnance, j qqi adjugent- loujours- au ;oi les amendes pourdélits copia»* dans les'tnûi», même des communautés .et .des. parti*u}iei 9 Jii'.« \»f>* Henriquet, en combattant l'opinion des auteur» qui pensent que l’adjudicataire n’a pas droit- à l'amende , est cependant de.lUvis de ceux qui attri- bueutàcetadjudica taire la moitié de la confiscation. Il est certain qu’on ne pourrait ae.refuser à admettre cette opinion , si on se bornait à l'interprétation do l’art. 4 du tit. XVUL de X’ordannasiceq.qui, bien certainement, accorde la moitié, de la confiscation â l’adjudicataire; mais ij’aprèl Tes nouvelles lois, la confiscation étant, de iuêmè qtie t’amende, considérés comme une peine, ne peutjamaia appartenir qu’au trésors - • ■_. -u. Le ntêtue auteur, arevenaat sup la question de l’at- tributi.ou d’une, partie déi’-amesde à l’adjudicataire, ob^qrveqpfeHuesf décidée tiéga-t'vomen tpar.l’aft- 36 - i’édffrdv iù<(ds de,nuit qui défend aux ofifi- ciersjcfefi'niaîtrise»jd"or Toute cette discussion se réduit à prouver un fait qui ne peut plus aujourd’hui faire la matière d’un doute : c’est que les amendes appartiennent à l’état.' (V, Amendes.') 11 en est de même de la confiscation , qui , étant une peine , suit toujours le sortde l’amende r et appartient également au gouvernement» Ainsi l’epiaian de M; HenriqfOét-, Fondée SiiV l’ordonnance de 1669, T 1 ” ^ moitié*de lé voüfista- tioaappartient »l’adjudicataire de la glandée, né’serait plus admise aujourd’hui. L’adjudicataire ne pq«t avoir droit qu\à- de» dommage s-intérêts oii â la moitié de la restitution qui serait prononcée. V. Confiscation. X,. -L’adjudicataire d’une- èôépe de -bois ne peut pas Awposer des gland» qui sénat sur les arbres qu’il a achetés ; conséquemment il ne peut les faire ramasser ni enlever quand ils sont tombés , parce qu’ils appartiennent au sol pour le repeuplement, et à l’adjudicataire de laglandée; et il ite peut empêcher Celui-ci de mettre des pOres darts les éoopes vendues, de même que l'adjudicataire-de la glandée ne peut empêcher l’adjudicataire du bols d’en couper les arbres pendant la glandée/' XI. Là glandée dans les -bols dés communes, ainsi que dans ceux deé ‘pàètiéùHers , leur Appartient, parce qu’elle est tfnè’ dépfehdanée dè'là' p'ré- >riété; mais le droit de l’exercice est assujetti /potrr es communes, dux règldé-ii’ddirilhîsfréltâon établies par l’ordonnance, par te»atéêts’du'oônSéil él’pàr'lei nouvelles lois. A l’égard de la glandée ^prévenant des bois qui étaient tenus en grttrîe, élle appartenait toujours au roi privativement à totüs âutèeS, k moinstjUe les possesseurs de ces bois ne justifiassent d’une concession faite en leur fave u r< ‘( Ord. de ibé'ç, ût. X 7 CI 1 I, art. I er . } ! P * -minas • ut n: Quant à la glandée datis’lès bdli‘Hé& Communes et établissemeus publics, lef cofnmtines Ot établisse - mens publics peuvent en user pa^etrx-mêmes efi : y mettant des porcs; mais comme lé nombre doit? en être proportionné à la glandée, il fàtitr qü’H ^ ait eu préalablement une visité qiii constate et fi&e la quantité de porcs qu’on peut y mettre t cda'résUlte des dispositions de l’art. 16 dti lit". XXV de l’otdon- nante de 1669, d’uné foule d’ârrêts dti CbOseil'," cités aux mots Bois'coràtnunauir, chap.H, p: 3 Ô 4 et 365 , et de l’arrêté du 14 ventôse aA 10 ( 16 mars 18oi), qui soumet ces bois mi mèmè régime que lès bois royaux. A l’égard des particuliers, ils peuvent faire manger les glands, faînes et herbes dé leurs forêtfe; sans s’astreindre à ces règles ; Wiais ils Ont là 1 faculté de recourir aux agèns flirfestfers, potir y fiflre ob^è-Tver les ïéglemens à t’éghrd dès Usagers- dkrtè leui-s büis. ( /tirété du 6 •vendémiaire cm 6. —• Dëtrét dit ij rff- vâse an 1 3 . — Apis du Cons. d’état, dit itSbrithiaïre an 14. ) V. Pâturage, Usages. § 3 . De la récolte des glands, faines et autres fruits sauvages des forêts. I. L’ordonnance de 1669, tit. XXXÏI, art. 12, défend de ramasser les glands et faînes , à peine d’une amende de 5 fr. par charge de personne, Se 20 fr. par charge de cheval ou' crâne, et’ de 40 (r. r charretée, outre la confiscation des chevaux et mois. Il doit être prononcé autant d’amendes et deres- titutions qu’il y a de personnes trouvées amassant des grands en délit. ( Ârr. de la C. dé cass., du z 5 février 1822. ) IL ïl est'également défendu aux usagers, parla même Ordonnance , d’abattre les glands, fainfe et alitées fruits des arbres, et d’emporter ceux quisout tombés, à peine de 100 liv. û’amendé. \ Ârt. 27 duiït. XXVÎT.) ~ ( , u- > .- Cette dernière défense paraît plus rigoureuse quy la première, quoiqu’elle ait en apparence le inéme objet; mais observons qu’elle Concerne directe ment les usagers qui abusent de leur libre entrée dànsïes GLA forêts, pour anticiper une jouissance qu’ils ne (loi ■vent avoir que dans le temps et de la manière que prescrit l’ordonnance, qui défend l’enlèvement dp ces sortes de fruits; au lieu que la-première défense ne regarde que ^des particuliers, qui, ne pouvant entrçr quf .clandestinement dans les bois, à muse du défunt d’usage, ne sont, pas à, portée d’y faire autant de dommage que :1e? ; usagers, à qui on ne peu^/e», .interdire 3?eptcée fcjf’qft ,poqc cettd r *i* on que qeux-cjah^antidèjlvjiikçrfé que donpe leur titrç; d’usager., 4 fl^, 1 {dnsîr#'té Fe ment, puui«- que les aj èfrS s .*(iJ9jii2éii en: n9/:-*'l sb ii- ib LWi 11 dtcatuUç, fiowpris dans la mênjfr dûffp^,i«)tiq 4 u 4 '.Ufegers 9 ^t il.ne lui est pas plus permis qu’à eux d’amasser et d’emporter des glandü'ét {ajfnusu parcq pue.ViÇWédantide JLa padsson dojf. ^sJer.pçittE.le repuuplament,. qui souffrirait hequçcYJgnde^nft énlèvetnent, s’il, était tpléré ; et contée sqq,adid^caiion, ,jpi donne, dans Ips forêts, q«* ux u l ‘*f l é5 e f'‘'->i4 doit être puni aussi sévèrement qu’eux, quand il tombe dans quebup^ttraîvepitjou syr.fiejsujat. _ IXElÿecquet, dqtva Recueil, dfis.loisforestières, pense, ainsi que beaucoup .d’aqtres, que ces enlè- veinens ne doivent p^s être regardés comme pouvant faire l’objet d’u*e|perquisition dans les maisons; et il iQbsprçe' qu’il y a piême eu depporeillas perqui- sitiqiys pour, gland* gn/ayés et recelés, qui ont été réprifqéepfpar^e/iuelùaordonnances,dit-il, u6 les autqnsqnt, U ue recherche des bois de délit, et {ju’iilaut croire.que du gland et de la fainç enleyey et cachés n’ont pas,.paru mériter l’usage4’une v yoâe aussi rigoureuse que celLe des perquisitions; qù’enfin il parait, d’après cela, qu’il faut, pour asseoir Ift.pfâne prononcée-par l’ordonnance, surprendre l’usager .ou autre en flagTant délit, ra- massant.ou transportant, ce qui ne doit pas être dif- ficile-aux.gardes, puisqu’il J&ut, ufi.temps^ssez considérable.pou#,rçmasser et rassembler une certaine quantité de.glands si da jaines., au lieu qu’il en faut beauçQup,moins pour un délit de bois, et que par conséquent la ressource des perquisitions peut être plus nécessaire dans ce cas pour trouver ce qui a pu, dans' le moment du délit, échapper à la vigilance du garde. Ajoutons que L’identité des glands et faines trouvés danq.up/ïpmjçile avec ceux enlevés d’une forêt, ne péut ét^e^constatée, puisqu’il n’y a aucun moyen d’erl faire la comparaison, tandis que le rapatronnage donne lesmoyens de constater l’identité des boib. IV. La loi du 12 fructidor an 2 avait permis àtous. les particuliers d’aller ramasser les glands, faînes et autres fruits dans lés forêts de l’état. Celle du 28 dp même mois a défendu aux particuliers d’introduire leurs porcs dans ces forêts jusqu’au i er . frimaire, à l’exception cependant des fpr rets ou al pe sa trouvai# point de hêtre ; effe aya.itd,e- fenàuaiissi d’y laifeaûcune adjudication deglandée ni âeTfa^A'ée;'mius elle avait, çomme la précédent^ loi', - permis aux particuliers d’y ramasser la faine, pour être converti^pn jiuile. , Cés lois, ont"donne‘lieu à la question de savoir si ,, •••5, ' -Si ll-.lt.'(I( ■ i 1 ■ -. 4 ', . eues dey aient survivre aux circonstances qpi lés avateSïaitn^t^j 1U9i , b M . V • ' GLA ii 5 1 Sur cette question sont intervenues les décisions suivantes:. . La première décision est du ministre des finances ; elle se. trouve rappelée par une circulaire de lit régie de» domaine*, du 2 brumaire an y. Il en résulté que la loi. du 12 fructidor an a ne doit être considérée que comme une loi de circonstance) f dont l’effet a dû cesser avec, les causes qui l’avaient fait promulguer, et qu’il faut toujours en revenir aux dispositions de l’ordonnance de *669 non abrogées; dispositions qui, en prescrivant Vadjudication, dëlcegfondée, ne laissent plus aux particuliers - , sous quelque prétexte que ce puisse être, la liberté de s’en approprier les produits. La deuxième est du ministre de la justice ; elle est insérée dans la circulaire de l’Administration des forêts, du 2 fructidor an 10 — 20 ‘août 1802 (au Recueil). Elle porte que la loi du va fructidor an a n’a point abrogé les dispositions de l’ordcwnanee de 1669; qu’elle en a seulement suspendu l’exécution quant à la défense de ramasser l«s glandsy qw* ses -dispositions sont purement transitoire*, eb que son exécution adû cesser avec les circonstancesqui l’ont fait porter. «En effet, elle (cette loi J aété publiée dans un temps où la dépréciation du papier^ monnaie, la stagnation du commerce, l’irapossibrlitécde fournir au peuple les objets les plus nécessaires à Ses'tté- soins, ont déterminé le gouvernement à-permettre de ramasser dans toutes les forêt* fa &fne>dés e >liê- tres, propre à leur procurer de l’huile y les glands et les autres fruits sauvages, dont lés-und pouvaient être utiles à la nourriture de leurs bestiaux , -et les autres Leur procurer une boisson salubre. n Mais, depuis que les circonstances ont amélioré le sort des habitans des campagnes, l’aiieien ordre de choses a été rétabli. Il a été procédé à L’adjudication desglandées, lorsquei’éjbrtncWnée dé cette récolte a pu permettre d’e*; réaitér fqtïélqtte produit, » jb ; 1 :.l iup , Le ministre delà justice ajoute s ocllesthala plus grande importance de maintenir;l'exécution des art. 27, tit. XXVII, et 12, tit. - XXXII de Por- donnance de 1669, parce que l’un des plus poissât!» moyens d’entretenir et de repeupler les forêts est d’ÿ laisser végéter la faine et les autres fruits tombé! et dispersés sjir leur sol.Cette reproduction naturelle ne manquerait pas d’être arrêtée, s’il était permis à tou» les particuliers de ramasseries fruits- Enfih, l’an. 7 de la loi du 28 fructidor an 11, qui charge la commission A’agficuLure de prendre toutes autres mesures nécessaires pour que la faîne de la récolte de l’an 2 soit,exactement ramassée et convertie en mile, indique assez que la permission accordée par Part. 4 e f. êe-celle du 12 fructidor de la mèsne an- née,^4. VWA particulier, de ramasser les-glands et la faines«pcneiHanée, *t ne devait du- ♦rpju’flptanl que les. circonstances difficiles dé rts esque)ies. aoiw nous trouvions dureraient- etlee- mènies.-^,, Ce,tte décision, x.été envoyéfc aux conunissaives du gouvernement, prép. les tribunaux criminels et correctionnels. . ; 11 résolu évidemment do «es explications , et «fa Ipeqt 4}re 4f ^‘î’hple leotvurp dns lais de fructidor d5i GLA GOM an 2, que ces lois ont été purement transitoires. Cependant la jurisprudence de quelques tribunaux n’a pas toujours été conforme aux décisions que nous venons de rappeler, et la cour de cassation pense elle-n. ême que les lois de fructidor an a, n’ayant pas été rapportées, elle ne pourrait annuler des arrêts qui en feraient l’application. M. Merlin, dans le Répertoire de jurisprudence, au mot Glandée, considère, dans son opinion particulière , les dispositions de la loi du 28 fructidor an 2, comme 11’ayant été que momentanées; et, à l’article Faine du même recueil, il rapporte la décision du ministre de la justice que nous venons de transcrire , puis il renvoie aux mots Feuillet mortes. C’est en eftet dans la décision rendue à l’égard des feuilles mortes que devrait se trouver la solution , au moins indirecte, de la question. On y voit que, dans les forêts des départeinens de la rive gauche du Rhin, quelques habitansavaient ramassé des feuilles mortes sans droit ni permission, et que les tribunaux les avaient absous , sur le fondement que l’ordonnance de 1669 ne défend point d’enlever des feuilles mortes. La cour de cassation a annulé ces jugemens; mais les arrêts postérieurs ayant été conformes à ceux qui avaient été cassés, la cour de cassation a pris le parti d’en référer au conseil d’état, conformément à la faculté que lui en attribuait l’art. 3 de ja loi du 16 septembre 1807, et sur ce ré- férp, il est intervenu un décret, le 19 juillet 1810, portantque l’art, indu lit. XXX 11 de l’ordonnance de 1669 est applicable au cas d’enlèvement de feuilles mortes. Ce décret rappelle les dispositions textuelles des art. 18 du tit. 111 , 11 du tit. XXVII, et 12 du tit. XXXII de l’ordonnance de 1669, qui défendent les enlèvemens de plants, glands, faines, etc., des forêts, et il ajoute que les dispositions de cette ordonnance, qui défendent d’enlever certaines productions des forêts , ne sont point limitatives. On pourrait conclure de cette interprétation , que les dispositions de l’ordonnance de 1669, qui sont relatives à la prohibition d’enlever aucune production des forêts sans droit ni permission , continuent d’ètre en pleine vigueur à l’égard des glands et faines; et d’ailleurs, que porte la loi du 12 fructidor an 2? Elle porte qu’il est permis aux particuliers d’aller ramasser les glands, faines et autres fruits sauvages dans les forêts de l’état, en observant d’ailleurs les lois concernant leur conservation. Or, ces lois veulent que ni les usagers, ni les adjudicataires, ni aucun particulier, ne puissent user des droits qu’ils tiennent de leurs titres ou de la loi, sans une délivrance préalablement faite par les agens forestiers, et que toute contravention à cette défense soit punie de la même peine, et quelquefois d’une peine plus forte que si le contrevenant n’eût eu ni titres ni droits. Ce ne pourrait donc être qu’avec la permission et délivrance des agens forestiers, sous l’approbation de l’Administration générale, que la faculté de ramasser les glands et faines pourrait être exercée, quel que fût le titre dont on s’appuierait pour réclamer l’usage de cette faculté. V. L’Administration desforêts a recommandé, par plusieurs de ses circulaires, de faire ramasser les glands, faînes et autres graines forestières, pour les employer à des semis. La circulaire du 18 septembre 1807 , n°. 359, invite les agens forestiers à employer les gardes et tout autre moyen qu’ils jugeront nécessaire, pour en recueillir le plus possible. La circulaire du ,8 novembre delà même année, faisant suite à la précédente,indique les moyens de faire emploi de ceagraines , et de conserver pendant l’hiver celles qui ne peuvent être employées en automne. Les moyens de conservation consistent à les stratifier avec du sable , ou à les étendre dans des lieux aérés et à les remuer de temps en temj>s, ou enfin pour les glands ou faines, à les enterrer, par couches séparées sur de la paille, dans des fosses de 5 à 6 pieds de profondeur, pratiquées dans des lieux secs, et dont les fonds et les côtés sont garnis de paille, et la surface de planches et de terre. La circulaire du 19 septembre 1808, n°. 379, recommande la plus sévère économie dans le ramas des graines forestières, invite les agens à en faire faire la récolte, moyennant l’abandon d’une portion quelconque de glands ou faines récoltés, et à ne laire aucune dépense sans autorisation préalable. La circulaire du ro octobre 1808, n°. 364 , porte invitation aux gardes de s’occuper de la restauration de leurs triages, et d’y faire des semis de glands et de faines. La circulaire du 29 août 1811 , n°. 4 ^ 2 , renouvelle l’invitation d’employer les moyens les plus économiques pour l’amas des glands et faînes, et indique un nouveau moyen de conserver les glands, qui consiste à en former, après les avoir fait sécher, des pyramides dans des lieux élevés et secs. \ . Chêne. V. aussi Partage, Usage. GLANDES, glandulce. ( T. de bot. ) Ce sont de petits corps vésiculeux qu’on rencontre sur différentes parties des plantes , et particulièrement sur les feuilles, les calices et aux onglets des pétales : on les regarde comme des organes destinés à quelque sécrétion. V'. Physiologie végét , 4 *. section. GLAL QU E , glaucus. ( 2 '. de bot. ) Se dit d’une plante ou d’une partie de plante qui est verte et comme chargée d’une vapeur blanchâtre, cette dernière couleur n’étant due à aucune espèce de duvet, mais à une matière pulvérulente couleur vertdemer. GLEDITZIA. V. Févier. GLISSAGE DES BOIS. C’est l’action de faire descendre les bois des montagnes par des sentiers ou couloirs pratiqués à cet effet. V. 2 ’ransport des bois. GLU , du latin glux. Sorte de composition visqueuse et tenace, avec laquelle on prend les oiseaux. V. ce mot dans le Dictionn. des Chasses et Pêches , et dans celui-ci, les mots Gui et Houx. GOMMES, du latin gummi. Les gommes sont des excrétions qui suintent naturellement des arbres et des plantes, s’épaississent avec le temps, se durcissent à l’air et sont plus ou moins transparentes. Elles diffèrent des résines en ce qu’elles ne s’enflamment point et qu’elles peuvent se dissoudre dans l’eau simple , comme la gomme de cerisier et celle de prunier. Gommes - Résines. Celles qui sont composées de parties gommeuses et de parties résineuses , qu’on GOU GRA 255 ne peut dissoudre entièrement dans l’eau, et qui ne sont pas non plus entièrement solubles dons l’esprit de vin. La gomme sort en abondance des ceriwers , des amandiers, des pruniers et des pêchers. Elle ne parait pas leur faire beaucoup de tort ; cependant elle est asse*- généralement un signe d'affaiblissement de la végétation, et.on remarque sur les arbres gommeux que le sac propre s’introduit quelquefois dans les vaisseaux Lymphatiques, et qu’il y occasionne des obstrwetiosBa,qui -font périr toute la partie des brandies ou des arbres qui est au-dessous de ce dépêt de gomme ; maison peut y remédier quand,W mal n’a pas lait de grandsprogrès, en emportant avec la serpette tout ce qui est affecté de cette, maladie. V. Physiologie végét., 5 e . 1 section. GOUDRON. Ce mot vient de. l’espagnol alqui- tran , fait de l’arabe kiUan. Le goudron , pix nau- tica, est une-résine Liquide et de couleur obscure , que 1 Vui retire, des pins an-réduisant leur, bois en charbon, dans. des. fourneaux construits à ce* effet. Ouienf*it vamtditNord.Dantïiekeii fournit beaucoup ; roaig le plus estimé'est celui de Finlande, qui secbnrgeordinairejuentà-Stockiiolm. On en fabrique aussi dons quelques forêts du midi de la Franc*. Le goudron s’emploie , dans la marine, à enduire las Lois et les cordages pour les préserver des effets de l’eau et des injures de l’air. Comme nous traitons de.-.La l(èbricaùo;i| du goudrpn à l’article Rétine, noua n’audirons pas davantage ici. V. Résine. GOURNABLEfSiafTh de mari) Chevilles de bois dont l’usage est d’épatguer les clous et d’attacher le bordage aux membres du navire. Les gournable». doivent être de bois de chêne jeune, fort, liant,fendu de droit fd , sans nœuds uigeUyures* eon\n;e':sans aubier, Four obtenir la plupart.de eess qualités, Qivdoit avoir soin de n’em- ployerrque des bois qui sont, jeunes et bien venans. On. distingue quatre espèces de gournables , d’après l&s proportions qu’ils doivent avoir : Les gournables -de la première espèce ont 98 cen- tim. ( k pieds-a,lignes ) de ; longueur sur 68 milliin. (2 pouces.*) Iignes)'de largeur et d’épaisseur. Ceux de la deuxième espèce ont82centim. (2 pieds 6 pouces 3 lignes) de longueur, sur 61 millim. (2 pouces 3 lignes) de.- largeur et épaisseur. Ceux de la troisième espèce ont 65 centim. (2 pieds) de longueur, sur 54 millim. (2 pouces) de largeur et épaisseur. Ceux delà quatrième espèce ont 4 ç centime(un ûed 6 pouces une ligne) de longueur, sur 4.7 mil- im. (un pouce 9 lignes-) de largeur et épaisseur. Le millier-de gournables de chaque espèce doit être composé de-mille pièces. Les bo*s de troisième espèce destinés à faire des gournables su livrent en grume , et sont reçus enfo- . r ét dans les bois dei’état- (Instr.. du juillet 1819. CW*,- 4 ^ ck., ont. 62.-) 1 COCSbE ou LEGUME, legumen. { T. de bot.) .La gousse ost composée de deux battans, valvules -ou panneaux , que l’on pomme vulgairement cosses, unis par deux sutures longitudinales, mais sans membrane intermédiaire* où les semences sont at- tachéqs.-ione seule des sutures Ce péricarpe varie Tome II. beaucoup par sa forme arrondie, ou linéaire, ou gonflée, ou contournée , ou articulée, etc. Toutes les plantes à corolle papilionacée, telles que le haricot, le pois , le robinier , etc., ont une gousse pour fruit. Le cordon ombilical des graines de la gousse est ordinairement très-manifeste, c’est lui qui forme cette sorte de tubercule qui tient aux lèves qu’on écosse avant la maturité. GOUTTIÈRE. V. Pourrit,,,-e. GOUVERNAIL. Terme de marine qïli vient de l’italien goverhale , fait du latin gubemncrïlum , dérivé de gubemare , gouverner. C’est une pièce de charpente qui'sert à diriger la marche d’un vaisseau. GRAIGNEUR. \ieux mot employé dans les anciennes ordonnances, et qui signifie le meilleur, le plus grand, grandior. L’ordonnance de i 5 i 5 , art. 67 , défend de donner aux usagers les bois de grafgheure-value. GRAINE , du latin ^ranum. (Ce mot se rend par le mot latin semen ,'quand il éxpnmq la destination du grain pour la 'reproduction. C’est , en botanique , la partie Su fruif rénferniajnt, sous un tégument propre, l’embryon d’une nouvelle pilante semblable à celle qui l’a produite, : c’est pourquoi la graine est regardée comme l 'oeuf végétal. La graine est composée dç deux parties principales, le tégument'propre et Vamande.. Le point par lequel la graine jçsl ^fpacRçe au fruit e^t appelé hile. Le tégument propré est toujours unique 1 , et toute enveloppe qui est au debors.de çélui-ci appartient au péricarpe. Ce tégument n’a ilç communication vasculaire avec le péricarpe que par le bile. L’amande est formée par l’embryon nu ou albuminé. V. Physiologie végét ., Z*, section. GRAINE D’AVIGNON. V. Nerprun. CRAINER. Vieux terme forestier qui signifie mettre les porcs dans les bois pour y manger les graines forestières. C’est dans ce sens que les ordonnances disent : Le temps de grainer ou de vive pâture commence , etc., et finit..... La durée de ce temps est aujourd’hui fixée depuis le i er . octobre jusqu’au i er . février, par l’ordonnance de 1669, tit. XV III , art. 3 , ce qui fait 4 mois, terme beaucoup trop long pour les forêts et même pour les porcs, qui peuvent s’engraisser en bien moins de temps : Pinguescunt IX diebus, sed magis tri- dui inedid saginatione orsa. ( Pline , liv. VIII, chap. II.) Iis prennent leur graisse en 60 jours, ce qui réussit d’autant mieux que l’engraissement a été précédé de 3 jours de jeûne. GRAINES FORESTIÈRES. Dans les années abondantes en graines forestières, les gardes doivent amasser la plus grande quantité possible de glands et de: laines. Les agens forestiers sont autorisés à employer à cette récolte d’autres personnes que les gardes, et à en régler économiquement la dépense , ou abandonner une partiede la récolte aux personnes qu’ils emploient. (.octobre 1808, n°. 364 - —Autredu 19 septembre 1808, n 9 . 379 .—Autre du 7 .f) aout itii 1 , n°. 45 a.) ’ Ces circulaires indiquent aussi les moyens les plus 5o G B. A a54 économiques d’employer les graines, et de les conserver^ Y. , au, surplus, les articles Glaudée, Semences et Semis , et les divers articles qui traitent des arbres, où nous faisons connaître les procédés f iour la récolte, la préparation, la conservation et 'emploi de chaque espèce de semence. C’est principalement à l’article Semence que nousindiquons ces procédés. GRAJRIE. Beaucoup d’auteurs, et parmi eux Chaillànd , regardent ce mot comme synonyme de celui de grurie , avec lequel ils le confondent; mais, suivant Henriquez , il y a une différence entre les deux, car grurie signifie le droit que le Roi avait dans le produit de la vente d’un bois sur lequel il s’était réservé la juridiction avec tous les profits qui y étalent attachés , au Heu que grairie consistait dans la propriété et le domaine d’une partie des fonds du bois, tellement qü’on peut les considérer en quelque sorte comme étant, l’un ,jus ad rem, et l’aùtre ; , fus in re. & Aussi, dit 'cet auteur, voit-on dans les nouvelles et dans les anciennes ordonnances que ces deux mots sont employés distinctement ; ce qui annonce qn’ils n’orft pas une signification synonyme. » Quoique le droit de grairie soit, ainsi que nous venontfde l’observer, différent de celui de grurie, cependant l’un et l’autre semblent avoir la même cause constitutive, qui est la permission que nos Rois accordèrent autrefois à quelques-uns de leurs sujets de laisser ■ croître leurs bois en haute futaie , sous la. réserve non-seulement du droit de juridic- tioii\ mais encore d’une portion dans le prix de la vente qui en serait faite, ou d’une portion dans le fonds de ces bois, à laquelle les propriétaires renoncèrent alors au profit du Roi. » Dans lé droit de grairie, il faut considérer le Roi comme propriétaire par indivis des bois qui y sont assujettis , et qui, à ce titre , sont soumis à la juridiction des officiers des eaux et forêts , en sorte que les copropriétaires n’y peuvent disposer d’aucun arbre , ni y faire aucune vente de quelque espèce que ce soit, sans la permission du Roi. «Ce droit est inaliénable, parce qu’il fait partie du domaine de la couronne : aussi est-iL défendu par les ordonnances de 1 3 18, art. 8 ; de 1484, art. 1 o ; d’août 1 56 1, de février i 564 , et 8e 1669, tit. XXIII, art. 8, de le donner, vendre ni même affermer, sous quelque prétexte que ce soit (t). » Il résulte de ce que nous venons de dire que le droit de grairie suppose nécessairement l’indivision; car si les bois qui y sont assujettis eussent été partagés, le Roi jouirait séparément de la portion qui lui serait échue , comme les propriétaires jouiraient ditisément des leurs: dans ce cas, le partage aurait anéanti le droit de grairie sur la totalité des bois, et dès-doéè 1 les propriétaires pourraient disposer librement des arbres de leurs portions, en sé conformant toutefois aux dispositions de l’ordonnance de 1669, à moins cependant que ces propriétaires ne f ussent des gens de main-morte , qui n’ont pas la (1) Ce droit, s’il subsistait encore, pourrait aujourd’hui être aliéné ea vertu d’une loi. G RA même libârté, ainsi que nous l’avons dit sous le mot Futaie. » Ce droit de grairie rend donc le Roi copropriétaire d’un bois: il semblerait dès-lors que les autres copropriétaires n’ont pas, comme dansle'droit degru- rie , la faculté de disposer du mort-bois ou du bois mort , parce que le droit de propriété de Sa Majesté s’étend sui oes deux espèces de boie. Cependant les anciennes ordonnances et celle do 1669 leur en permettent la libre disposition- » Le Roi a incontestablement le droit de justice sur les bois soumis à la' prairie, parce qu’il est le premier et le plus noblè des Copropriétaires. C’est pour cette raison que ses officiers y ont une juridiction directe, et qu’ils sont chargés de veiller à ce qu’il ne s’y commette aucun abus contraire à ses intérêts. » Ces copropriétaires n’y ont pas même le droit de chasse, que le Roi s’est réservé expressément, ainsi que lapaisson et la glandée , à moins qu’à l’égard de ces deux derniers droits, ils n’en aient obtenu la concession. » Les frais faits pour la conservation des bois sujets au droit de grairie doivent être taxés par les grands-maitres et payés sur le prix de la première vente , afin que la charge en soit portée'également par tous les propriétaires, qui ont, dans les restitutions , dommages et intérêts , les mêmes portions que celles qu’ils ont dans le prix des ventes. C’est la disposition précise de l’art. 22 du tit. XXlII-de l’ordonnance de 1669. A l’égard des amendes et confiscations provenant des délits commis dans ces bois , elles appartiennent en entier au Roi, privati- vement à tout autre. » Si l’on permettait le défrichement de quelque canton de bois sujet au droit de grairie, le Roi con - serrerait son droit, et aurait, dans ce terrain défriché, une part proportionnée à ce qui lui en appartient ; au lieu que dans le droit de grurie, qui n’a pour objet qu’une portion dans le prix du bois vendu , le Roi semblerait y avoir renoncé en permettant le défrichement, puisque le bois sujet à ce droit n’existerait plus; cependant comme le droit de grurie est domanial et, à ce titre , inaliénable , il faut dire que le Roi aurait, par remplacement, sur les fruits que produirait le terrain défriché, la même portion qu’il avait sur le bois. » ( Henriquez .) V. ci-après le mot Grurie, où nous parlons des nouvelles dispositions réglementaires sur les droits de grairie et de grurie. V. aussi Tiers et Danger. GRAMINÉES , gramina. (T. de bot. ) Famille très-naturelle de végétaux, qui comprend le blé, le seigle, Y avoine , le riz et toutes les autres plantes analogues à celles-ci; ainsi le blè est une graminée, le chiendent est une graminée. GRAMME. Du grec gramma, qui était la vingt- quatrième partie de l’once chez les Grecs, et le plus petit point dont ils eussent fait usage. Les Romains le nommaient scrupulum. C’est un poids nouveau qui a été choisi pour unité de poids ; il est égal à un centimètre d’eau distillée, et pèse 8 grains 7^ du poids de marc. Il est contenu dix fois dans le Ùécagmmme, cent fois dans YJdecto- GR A a35 GRA gramme, millefois dans le Kilogramme , et dix mille fois dans \eMyriagramme. V. tous ces mots. GRAND-ARPENTEUR. Y. Arpenteur et Vérificateur général des arpentages. GRANDS CHEMINS V. Routes. GRAND-LOUVETIER. V. Louveterie dans le Dictionn. des Chasses. GRAND-MAITRE DES EAUX ET FORÊTS. Nous avons dit, dans le Discours préliminaire , que l’établissement d’un grand-maître général réformateur pour toutes les eaux et forêts du royaume peut se dater de i 36 o; mais cet office fut ensuite supprimé» et il fut établi plusieurs grands-maîtres, dont le nombre varia suivant les circonstances. Cette suppression, observe le savant Saint-Yon dans son Recueil des ordonnances, p. 12, a eu pour objet a de diminuer la puissance trop grande que pouvait avoir un seul homme d’abuser d’une charge de telle importance » : Y lares facilius munia reipublicœ so- cietatis laboribus executuros in multitudine et prce- sidiiplus et usas amplion « Mais étant cette charge départie à plusieurs, il était expédient de n’en faire qu’un corps, duquel les jugemens sont moins sujets a corruption que des particuliers, et aussi parce que ès compagnies réglées, l’expérience n’y meurt jamais, et toujours l’intégrité, la prud’hommie et la capacité des uns suppléent au défaut et à la faiblesse des autres. » Voilà, pour le dire en passant, un bel éloge de la division du pouvoir; mais observons que les grands-maîtres étaient des agens d’exécution, comme le son t aujourd’hui les conservateurs, et que le pouvoir dirigeant venait d’en haut, c’est-à-dire du Roi, qui l’exerçait par son conseil d’élat et par ses ministres. Ainsi les grands - maîtres des provinces n’avaient réellement remplacé le grand-maître général qu’en ce qui concernait l’exécution, et non en ce qui concernait la direction, qui avait été rattachée à l’autorité souveraine. I. Les grands-maîtres étaient des officiers supérieurs et qualifiés, établis pour veiller à l’exécution des ordonnances, et sur la conduite des officiers des maîtrises et autres personnes ayant entrée dans les forêts royales. IL Ils pouvaient connaître en première instance, à 1a charge de l’appel, de toutes actions intentées devant eux dans le cours de leurs visites , ventes et réformations, entre telles personnes et pour quelque cause que ce fût. ( Ord. de 1669, fit. III, art. i er ., confirmée par An. du Cons., du 17 juin 1673.) 111 . Sur quoi, il faut remarquer, i°. que ce droit ne leur était attribué qu’à la charge de juger avec les officiers de la maîtrise du ressort. (Arr. du Cons., des 4 avril 1690, 23 janvier 1694 et 3o juillet 1 (c) 5 .) 2®. Que ce pouvoir ne durait absolument que pendant le cours de leurs visites, ventes et réformations. {Arr. du Cons., des 21 juin >yo 4 , 20 juillet 1709,6 mai 1710 et G juillet 1756.) 3 °. Que lei grands-maîtres ne pouvaient connaître de ce qui avait été jugé par les officiers des malaises , ni évoquer les procès pendant auxdits sièges. ( Arr. du Cons. , des 3 o juillet i 6 ç 5 et 20 juillet *709.) IN . Les grands-maîtres pouvaient, en procédant à leurs visites , faire toutes sortes de réformations, et-Counaitre de tous abus et délits commis dans leur département, soit par les officiers, soit.par les particuliers. V. Ils avaient plein pouvoir de faire le procès en dernier ressort aux bûcherons , charretiers, pâtres, et autres employés en l’exploitation et transport des bois, pour abus et malversations ; mais ils ne pouvaient les juger définitivement qu’avec les prési- diauxdu lieu du délit, assemblés au nombre de sept. {Ord. de 1669 , tit. III, art. 6.) VI. Lorsque les grands-maîtres jugeaient avec les présidiaux dans les cas de l’article précédent, ils avaient la première place avec voix délibérative, et opinaient les derniers. ( Ib., art. d.) VII. Les grands-maîtres pouvaient, seuls et sans appel, destituer les gardes (Ib., art. 6), et pourvoir par provision à la place de ceux qu’ils avaient destitués. (Ib., art. 7.) Pour toutes autres personnes, ils ne pouvaient rien faire ni juger qu’à la çliarge de l’appel. (Ib., art. 6.) VIII. Tous jugemens interlocutoires rendus par les grands-maîtres devaient être exécutés sans préjudice de l’appel, tant en matière civile qu’en matière criminelle, nonobstant qu’il fût qualifié de juge incompétent, pourvu toutefois que le cas fût réparable et définitif. (Ib., tit. XIV, art. 6.) IX. Les jugemens définitifs des grands-maîtres , qui n’excédaient la somme de 200 liv. de principal ou ao liv. de rente, devaient être exécutés par provision , nonobstant et sans préjudice de l’appel ( Ib., art. 7) ; mais ils ne pouvaient l’être par corps qu’a- près l’appel jugé. X. Les appellations des jugemens des grands- maitres ou de leurs lieutenans ne pouvaient être portées ailleurs qu’aux cours de parlement; elles devaient être relevées et jugées dans les mêmes délais que les appellations des maîtrises, etc. XI. Nous avons dit que les grands - maîtres ne pouvaient rendre des jugemens ou ordonnances que dans le cours de leurs visites : cela ne doit absolument s’entendre que pour ce qui avait rapport aux affaires contentieuses ; car ils pouvaient rendre en leurs hôtels toutes les ordonnances nécessaires pour le maintien de la police générale, ou pour préparer les matières qu’ils avaient à traiter dans leurs visites. (Arr. du Cons., du 17 août lybb.) XII. 11 appartenait aux grands-maîtres, par privilège spécial, de mettre à exécution les lettres-patentes , ordres et mandemens du Roi sur le fait des eaux et forêts, soit pour les ventes des bois royaux, ceux des ecclésiastiques et communautés , soit pour quelque autre cause que ce fût. (Ib.,tit. III, art. a, et tit. XXIV, art. b.) XIII. Cette loi était si étroite, que les officiers des maîtrises ne pouvaient, sans l’attache des grands- maîtres , procéder à l’exécution des lettres-patentes, etc., quand même elles auraient été enregistrées dans toutes les cours, et que l’adresse leur en eût été expressément faite. (Edit de 1 5 y 5 , art. 2. — Arr. du Cons.j du 3 août 1706.) XIV. C’était aux grands-maîtres à désigner les lieux ou triages où devaient être assises les ventes 3o * GR A GRA a 36 ordinaires, à faire les rentes et adjudications des bois du Roi, à faire les triages des bois qui devaient être mis en réserve , à juger les contestations qui pouvaient naître entre les habitans au sujet de la distribution des bois communaux ( Ord. de 1669, tu. XXV, art. 11 ), à régler les partages des bois , prés et pâtis communaux entre les seigneurs et les habitans. XY. Les grands-maîtres devaient faire, chaque année, la visite de deux maîtrises au moins, s’informer de la conduite des officiers, arpenteurs, gardes, usagers, riverains, marcliandsventiers,et des gardes préposés à la surveillance des eaux, rivières et canaux ; se faire représenter les registres des procureurs du Roi, garde-marteaux , arpenteurs, sergens à garde et grelfiers , et les procès-verbaux et autres actes concernant les délits , abus , malversations et contraventions , pour connaître si les gardes avaient fait leurs rapports , les procureurs du roi leurs diligences, et les officiers rendu la justice , afin d’y pourvoir à leur défaut. ( Ord. de 1669, lit. JII, art. 9 et 3 y .— Edit de mai 1716.) XVI. Us étaient également obligés de visiter les bois tenus en grurie , grairie, tiers et danger , et autres, dans lesquels le Roi avait intérêt. ( lb., tit. III, art. 19.) XVII. l)e même les rivières navigables et flottables, les routes, pêcheries et moulins. {Ib., art. 23 .) XY 1 II. Ils pouvaient visiter, quand bon leur semblait, les bois des ecclésiastiques et gens de main-morte. {Ib., art. 21.) XIX. Il leur était enjoint de faire le plus souvent possible les récolemens par réformation, pour connaître si les officiers avaient remis, dissimulé ou trop légèrement condamné les marchands pour abus et malversations par eux commis , auquel cas ils pouvaient condamner les officiers aux peines que les marchands auraient légitimement encourues. {Ib. , art. i 5 .) XX. L’art. 16 du tit. III les chargeait de reconnaître les places vagues et les bois abroutis , poulies faire semer et repeupler, et de faire faire des fossés pour la conservation du jeune recru 5 mais ce pouvoir avait été limité par l’art. 5 y de l’édit de mai 1716 , qui enjoignait aux grands-maîtres d’envoyer, tous les ans, au conseil un état des sommes à employer pour les travaux. XXL Les grands-maîtres devaient tenir registre de tout ce qu’ils avaient fait dans le cours de leurs visites. ( 73 -, art. 20.) XXII. Tons jugemens rendus par les grands- maîtres devaient être mis aux greffes des maîtrises, et ceux faits au lieu de l’établissement de la Table de marbre au greffe d’icelle. ( Ib., art. 26.) XXIII II était enjoint aux prévôts généraux, provinciaux, etc. , de prêter main-forte à l’exécution des ordonnances et jugemens des grands-maîtres , etc. Ils étaient, au surplus, tenus de se conformer en tout aux ordonnances et réglemens. {Ib., tit. VI , art. 9.) XXIV. Ils ne pouvaient permettre l’établissement d’aucuns fours ou fourneaux et façons de cendres, aucuns défrichemens, arrachis et enlève- mens de plants, glands et faines, sous peine d’amende arbitraire et de tous dépens, dommages et intérêts. ( Ord. de 1669, tit. III, art. 18.) XXV. Ils ne pouvaient donner aucune permission d’abattre les bois contre la disposition de l’ordonnance, sous quelque prétexte que ce ffit. ( Arr. du Cons., des i 3 Jevrieret i 3 mars 1 ydb , et i 3 décembre 1712.) XXVI. Ils ne pouvaient, de leur autorité privée, augmenter ni diminuer tes ventes, les charger d’aucun usage, chauffage, droit ou servitude, etc. {Ord. de 1669, tit. III, art. 14, confirmée parère. du Cons., du 16 septembre 1692.) XXVII. Ils ne pouvaient ordonner le paiement d’aucune somme sur les deniers provenant des amendes. XXV 11 I. Les grands-maîtres devaient se faire fournir par les collecteurs les états des sommes provenant des amendes, confiscations, restitutions, etc. {Ib., art. 24.) XXIX. Ils étaient tenus de faire , tous les ans , un état du débet tant des comptes des amendes, arrêtés aux sièges des maîtrises, que des comptes arrêtés aux Tables de marbre, et des amendes par eux prononcées dans le cours de leurs visites, pour l’envoyer au conseil avec l’état des ventes des bois du roi. {Edit de mai [716, art. 3 t.) XXX. Ils étaient également tenus d’envoyer avec lesdits états celui des procès-verbaux qu’ils avaient dressés dans le cours de leurs visites. {Ib., art. 38 .) XXXI. Les grands-maîtres, comme chefs de la juridiction des eaux et forêts, jouissaient de très- grands privilèges, outre ceux accordés aux officiers des maîtrises. XXXII. Ils pouvaient prendre la qualité de chevaliers , conseillers du roi en ses conseils, grands- maîtres - enquêteurs et généraux réformateurs des eaux et forêts de France X. les Ord. de \ 5 y 5 ; l'Edit de 1 58 y 5 Saint- Yon, p. 8 et 17 ; l'Edit de mars 1708, et la Déclaration du 24 juillet 1745. XXXIII. Ils avaient droit de committimus au grand sceau. XXXIV. Ils avaient séance anx chambres souveraines des eaux et forêts, et aux parlemens auxquels ces chambres avaient été réunies. XXXV. Leurs veuves devaient jouir de toutes les exemptions attribuées aux offices des grands- maîtres , tant qu’elles restaient en viduité. XXXV 1 . L’art. 27 du tit. III de l’ordonnance de 1669 défendait absolument aux grands-maîtres de prendre aucuns droits, épices, journées, salaires et vacations de tout ce qui était fait par eux, à peine d’exaction et de restitution du quadruple. Par édit donné à Marly au mois d’août 1693, le Roi leur avait attribué des droits de journées et vacations pour les visites, désignations, adjudications et récolemens par réformation de ses bois , dont le nombre était fixé à raison de 3 o liv. par jour pour eux , et 10 liv. pour leur secrétaire, et pareils droits pour l’exécution des lettres-patentes, arrêts du conseil et autres commissions concernant les bois des ecclésiastiques et autres gens de main-morte, lorsqu’ils en étaient requis. GRA GRE XXXVII. Les offices de grands-maitres ont été supprimés par la loi du 7 septembre 1790; leurs fonctions sont actuellement exercées, on matière contentieuse , par les tribunaux ordinaires , et en matière administrative, partie par les conservateurs et partie par l’Administration centrale. V. la Loi du 29 septembre 1791, celle du 16 nivôse an 9, et les mots Administration , Bois des communes , Communes et Conservateur. GRAND-MESUREUR. Y. Arpenteur, et une note sur les fonctions dit grand-mesureurou grand- arpenteur dans le 1 .1 de notre Recueil , p. 53 . GRAND-VENRUR. V. ce mot danale Dictionn. des Chasses. GRANDE-VÉNERIE. V. Ib. GRANGES. Les granges sont réputées maisons habitées par l’art. 390 du Code pénal $ en ' conséquence les gardes ne peuvent y faire de perquisitions sans l’assistance d’un officier public. GRANIT, de l’italien granito. Pierre fort dure, composée d’un assemblage d’autres pierres de différentes couleurs. Les substances les plus abondantes dans les granits sont toujours le quartz , le feldspath et le mica. Quelque dur que soit le granit, il se décompose, comme tous les autres corps de la nature, par suite de l’action du froid , du chaud , de l’air et de l’eau. Les terrains granitiques sont très-peu fertiles. Les arbres qui réussissent le mieux dans ces terrains sont le chêne et le châtaignier. GRAPHOMÈTRE , du grec graphâ, décrire ,ct de metron , mesure. Nom que plusieurs auteurs donnent à un instrument de mathématiques appelé plus communément demi - cercle. Peut-être lui a-t-on donné ce nom, parce que les divisions de degrés qui sont sur cet instrument donnent, pour ainsi dire, par écrit la mesure des angles qu’on observe par son moyen. V. à VAtlas les planches de l’arpentage. Cet instrument, plus commode que l’équerre, est un demi-cercle de cuivre divisé en 180 degrés, avec une alidade et des pinnules; au milieu est placée une boussole. Il est monté sur une genouillère , ef sert' à décrire toutes sortes d’angles, à lever des plans et prendre des hauteurs. 11 y a des demi-cercles qui, au lieu de pinnules, ont des lunettes d’approche. GRASSE ET VAINE PATURE. Il faut distinguer entre la grasse pâture et le vain pâturage. La pâture grasse consiste à faire manger par les bestiaux des herbes ou des fruits qui peuvent être récoltés, conservés et vendus, tandis que le vain pâturage s’exerce sur des herbes ou fruits abandonnés par le propriétaire du fonds. V., pour la distinction de ces deux droits, la dissertation de M. Merlin dans son Réquisitoire du 2 janvier i8n , qui précède un Arr. delà C. decass ., du même jour, au Recueil des réglemens forestiers , t. II, p. hqolW. aussi le mot Pâture dans le présent Dictionnaire. GRATIFICATION, gratificatio. C’est un don , un présent, une largesse que l’on fait à quelqu’un. 1 . Il est d’usage, dans les administrations publiques de donner, à la fin de l’année, des gratifications aux employés et préposés de ces administrations. Le mode de distribution de ces gratifications dans 257 l’Administration des forêts est déterminé par les instructions de cette administration. V ., au Recueil, la Circul. du 2 5 février \ 822 , et dans ce Dictionnaire le mot Traitement. IL II est défendu à tous agens d'administration de rien recevoir à titre à'étrennes, gratification, etc., des compagnies , communautés , corporations ou particuliers, à peine de concussion. ( Loi du 29 novembre 1789.) V. Corruption. 111 . Il est accordé aux gardes des gratifications a. raison des procès-verbaux qu’ils rédigent pour constater des délits de chasse et de port d’armes», \ . le mot Chasse dans le Dictionn . des Chasses, ou lemème mot à la Table du Recueil des réglemens forestiers. GRAVIER, graveria. Gros sable ou pierres roulées, dont la grosseur moyenne est celle du pouce. Plus grosses , ces pierres se nomment -pierres roulées ou galets , et plus petites, on les appelle sablon ou sable. Il y a des graviers palcaires, calcaro-argileux , calcaro-siliceux , argilo-silfceux et .siliceux. *t On attribue les graviers au roulement des pierres provenant de la destruction des montagnes par/les torrens et les rivières} ils couvrent des étendues considérables de pays au débouquement des hautes chaînes, et le long de la plupart des rivières» Ils sont ordinairement mêlés avec une certaine quantité d’argile provenaut de leur propre décomposition ou des lits de cette substance qui existaient dans les mêmes montagnes. Les terrains de graviers sont presque par - tout confondus avec les ‘terrains sablonneux , quoique leur origine et leur nature soient différentes, parce que leurs effets sur la végétation sont à-peu-près les mêmes. Lorsque l’argile est en suffisante proportion avec les graviers, les terrains graveleux sont assez fertiles; mais, dans le cas contraire , Us sont arides, parce que les eaux pluviales passent à travers, et que les plantes n’y trouvent pas l’humidité nécessaire à leur croissance. Les taillis de chêne-rouvre, d’orme , de sanle- marceau , de bouleau et les arbres résineux réussissent assez bien dans les terrains graveleux. V. Terre. GRAYER. Ancien officier des eaux et forêts. V. Gruyer. GRÉEMENT ou GRÉMENT. Terme de marine qui vient d’agrément, faitdu latin agreamentum. On disait autrefois agréer pour gréer un vaisseau. Le niot grémenjt s’entend en général de tout ce qui est nécessaire pour gréer un vaisseau, c’est-à-dire pour le munir de toutes ses manœuvres, poulies et voiles. GREFFE. Terme de pratique qui vient du latin barbare graphiarius , fait du grec graphô , écrire. C’est un dépôt public où l’on conserve les minutes, registres et autres actes d’un tribunal, pour y avoir recours au besoin, et où l’on délivre des expéditions de ces actes. GREFFE. Terme de jardinage qui vient du latin graphiutn , formé du grec grapheion , à cause de la ressemblance de la greffe àvecle stylet. La.greffe ou ente est une opération par laquelle on unit une portion quelconque d’une plante à une autre plante avec laquelle elle doit faire corps et continuer de végéter. Cette opération, d’un usage habituel pour les ar- a 58 GRE lires fruitiers, a lieu également pour les arbres forestiers, et sur-tout pour ceux qui sont exotiques et dont on veut se procurer des graines. Cette opération consiste à détacher de l’arbre qu’on veut multiplier une petite branche , un bourgeon , ou une bande d’écorce munie d’un bouton , pour les substituer à la tige ou aux branches de l’arbre qu’on veut greffer. Il y a différentes sortes de greffes, qui se nomment en fente, en couronne, en flûte , en écusson et par approche. La grefte en écusson est la plus fréquemment pratiquée dans les pépinières, parce qu’elle se fait aisément, et convient aux jeunes arbres. L’union de la greffe avec le sujet se fait par le moyen d’une substance gélatineuse appelée cambium ., qui provient également du sujet et de la greffe, raison pour laquelle les libers de l’un et de l’autre doivent se correspondre et se toucher exactement pour le succès des greffes. 11 est aussi nécessaire qu’il y ait un rapport d’organisation entre la greffe et le sujet, qui doivent être de la même famille , souvent du même genre et même d’espèces très-voisines, et entre les grains de leur bois , leur pesanteur relative, leur durée et leur force; que leurs vaisseaux aient de grandes analogies, et que le temps de la floraison soit à-peu-près le même. Il convient également de proportionner la force des greffes à la vigueur des sujets sur lesquels on les place. Comme les détails de l’opération de la greffe sont très-étendus , et que cette opération est plutôt du ressort des jardiniers et des pépiniéristes que des forestiers , nous renvoyons aux ouvrages qui en traitent d’une manière spéciale, et entre autres au Dictionnaire d’agriculture , édition de Déterville, article Greffe , et au Dictionnaire d’histoire naturelle , article Arbre. GREFFIER. C’est l’officier qui tient un greffe , c’est-à-dire un dépôt où l’on conserve les minutes, registres et autres actes des tribunaux et des cours de justice. Greffiers des juges de paix. Ils sont autorisés à écrire les rapports des gardes. ( Loi du 5 janvier J 79 1 -) Greffiers des maîtrises. On ne pouvait se faire recevoir dans les charges des greffiers aux maîtrises qu’après 25 ans accomplis. (Ord. de 1669 , fit. If art. i er .) Il n’en devait être admis aucun qu’il n’eût été informé de ses vie et mœurs , et qu’il n’eût répondu avec suffisance sur les articles concernant ses fonctions. (Ib ., tit. /, art. 16, ettit. //, art. i er .) Ils devaient jouir des mêmes privilèges que les autres officiers. Ils devaient avoir huit registres cotés et paraphés par le maître et le procureur du roi. (Ib., tit. VU J, art. 1 er .) Ces registres sont indiqués par les art. 2, 3 , 4 1 5 , 6, 7 et 8 du même titre de l’ordonnance. Les greffiers des maîtrises devaient faire, à l’exclusion de tous autres, même des greffiers de l’é- critoire, tous rapports d’experts en matière d’eaux et forêts. (Jugé par Arr. du Cons., des il décembre 1733 et 3 o janvier 1748.) 11 leur était dû, pour leurs expéditions, 3 sous GRÉ par rôle de papier, et 1 5 par rôle de parchemin. ( Ord. de 1669, tit. VIII, art. io.) Si par fraude ou autrement le greffier avait omis d’employer aucun article des procès-verbaux ou rap- f iorts dans ses registres ou des condamnations dans es rôles, il devait être condamné au quadruple pour la première fois , et destitué pour la seconde. (Ib tit. VIII, art. il.) V. aussi l’ art. 36 du titre XXXII. Le greffier sortant d’exercice était obligé de remettre les papiers et registres dans l’armoire du greffe. (Ib., tit. VIII , art. 12.) Il devait être fait inventaire de ces papiers par le maître ou le lieutenant, en présence du procureur du roi. (Ib.') Le greffier sortant devait signer l’inventaire, et attester que par dol ni autrement il ne retenait aucuns papiers. (Ib.) Les papiers devaient ensuite être remis au greffier entrant, qui s’en chargeait au pied de l’inventaire. (Ib.) Les héritiers ni autres ne pouvaient retenir aucune pièce, sous quelque prétexte que ce fût ; mais ils devaient avoir la moitié des émolumens des expéditions délivrées par le greffier en exercice. (Ib.) Les veuves, enfans et héritiers des greffiers et commis décédés demeuraient responsables des papiers du greffe, jusqu’à ce qu’ils les eussent remis en la forme ci-dessus. Les greffiers des maîtrises ont été supprimés, ainsique tous les autres officiers, par la loi du 11 septembre 1790 et celle du 29 septembre 1791 ; mais ces derniers ont continué jusqu’à l’an 9 , d’exercer leurs fonctions administratives. A l’égard des greffiers, comme la juridiction contentieuse avait été réunie aux tribunaux ordinaires, ils ont cessé leurs fonctions du moment de leur suppression. Le mode de remboursement de leurs expéditions, droits d’enregistrement, etc. , a été fixé par le décret du i 5 août 1792. Greffiers des tribunaux. V., pour les actes que délivrent les greffiers des tribunaux dans les alfaires forestières, et pour le paiement de ces expéditions, les mots Frais de justice. GRÊLE, de grésil, mot celtique qui signifie la même chose. C’est un météore aqueux, de l’eau congelée en l’air par le froid , et qui tombe en grains. Les fortes grêles, sur-tout quand elles sont occasionnées par un vent du nord très-violent, font beaucoup de tort aux arbres, si on n’a soin de couper les jeunes tiges et d’élaguer les grands arbres en retranchant les branches les plus endommagées. Les exemples de dégâts de ce genre causés dans les forêts sont nombreux, et j’ai eu sous les yeux beaucoup de procès-verbaux qui les constataient. En 1816, la grêle endommagea tellement des taillis de 25 à 3 o ans, et même des futaies dans le dépar- ment de la Meuse, que leur dépérissement progressif obligea en 1818 d’en opérer le prompt recépage. L’effet des fortes grêles est de meurtrir l’écorce des arbres, de la rendre galeuse et noirâtre, et de porter le désordre dans l’économie végétale. Nous voyons, dans le Nouveau Dictionnaire d’agriculture, une observation bien importante. On dit GRO que les grêles étaient bien moins fréquentes autrefois en France qu’elles ne le sont aujourd’hui. M. JRougier de la Bergerie l’a constaté dans le ci-devant Berri, par des documens écrits et par des rapports de vieillards d’un témoignage respectable. Ce savant agriculteur pense, et son opinion est adoptée ]>ar M. Base, que c’est à la diminution des abris, sur-tout à la coupe des bois qui couronnaient le sommet des hautes montagnes, qu’est due la fréquence actuelle de ce fléau. GRÈLEAU. Nom qu’on donne, dans la fofêtd’Or- léans,à un baliveau ati-de&96us de .3 pieds (Un mèt.) de tbur, qui est appelé', dans les autres forêts, ché- jieteau. GRES, du celtique craig. C’est une pierre composée dé grains de quartz plus ou moins gros, plus ou moins mélangés de matières étrangères. La présence des grès n’est l’indice ni d’un bon ni d’un mauvais sol, parce que souvent ils sont enfouis profondément dans le seiii de la terré. Ceux des montagnes primitives sont toujours en couches plus ou moins épaiSSéè', qui, lorsqu’elles se montrent au jour, se délitent difficilement, et s’opposent, comme le granité, à toute riche culture. La plantation des bois est ce qui leur convient le mieux. 11 en est de mêmé de ceux des montagnes secondaires ; mais ici il y a décomposition plus complète, parce que ces derniers renferment plus de schiste, ou d’argile et de fer dans leur contexture. Quant aux tertiaires, c’est-à-dire ceux qhi, comme à Fontainebleau, se trouvent au milieu des pays de dernière formation, ils se présentent toujours en grosses masses isolées, quoique très-souvent rapprochées, se touchant même, et lorsqu’elles se montrent au jour, elles sont accompagnées d’une quantité de sablé telle, qu’il y a infertilité plus ou moins complète. Ces sortes de terrains , à raison de leur aridité et de leur manqué de terre végétale, ne peuvent jamais être que d’une très-petite valeur : on doit les planter en bois. GREVE. Amas de gravier ou de sable nouvellement formé sur les bords de la mer ou des rivières par l’action des flots ou des débordemens, et qui est quelquefois couvert d’eau. Les grèves de la mer se changent en Dunes dans quelques endroits. V. ce mot. Les grèves des rivières tendent souvent à se transformer en Alluvions. V. ce mot. La culture des grèves en osier, saule, peuplier et autres arbres et arbustes aquatiques, serait d’un grand intérêt en France, à raison de l’étendue considérable de terrains qu’elles recouvrent sur les bords des fleuves et rivières. GRILLONS. On nomme ainsi les piles carrées qui servent d’arçs-boutans aux bûches que l’on empile en travers dans les chantiers. On les nomme aussi roseaux. GR10TT1ER. Arbre fruitier, espèce de cerisier. V. ce mot. GRISAILLE. V. Peuplier. GROS. On emploie ce mot au singulier pour désigner la circonférence r le tour, la grosseur d’un arbre, ou les dimensions de largeur et d’épaisseur d’un bois carré. GROSEILLIER, ribes. Genre de plante de la pentandrie monogynie et de la famille des cactoïdes, qui renferme une trentaine d’espèces, parmi lesquelles il en est trois ou quatre qui sont l’objet d’une culture suivie dans presque toute l’Europe. On prétend que la dénomination de ce genre est tirée d’un mot arabe, qui signifie aigre, acide. ESPÈCES. Elles se divisent en deux sections : la première comprend les espèces sans aiguillon, et la seconde les espèces épineuses. Voici les espèces les plus connues : Tiges sans aiguillon. l°. Groseillier rouge, ribes rubrum (Wiild.); en allemand, rolhe joannis beerstrauch / en anglais, common red carrant. 2°. Groseillier des rochers, R. petrœum. (VVilld.) 3°. GrOSEILLIER-CaCIS, OU A FRUIT NOI.R , R. ni- grum^en allemand, sicht-beeren-strauch; en anglais , common black currant. 4°. Ghoseillier couché, R. prostratum. 5°. Groseillier des Alpes, R. alpinum; en allemand, joannis strauss-beeren-strauch ; en anglais, alpine carrant. 6°. Groseillier de Pe.ysylvanie , R. pensylva- nicum ; en allemand, nordamericanische schwarze joannis beeren strauch; en anglais, american black currant. Tiges épineuses. 7°. Groseillier cynosbati, R. cynosbati. 8°. Groseillier a deux aiguillons, R. dia- cantha. 9 °. Groseillier épineux, R. grossularia (Lin.); en allemand, garten stachel beer stnauch ; en anglais, good seberry, -with prickly branches and oary berries. io°. Groseillier a maquereau, R. uva crispa (Lin.); en allemand stachel beeren strauch ; en anglais prickly gooseberry. Nous ne parlerons ici que des quatre ou cinq espèces principales qui croissent naturellement dans les forêts, ou qui sont cultivées dans les jardins. Le Groseillier rouge est un arbrisseau de la troisième grandeur , et qui est connu de tout le monde. On en distingue plusieurs variétés : la première , qui est l’espèce sauvage, et qui a produit très-probablement toutes celles des jardins, a les feuilles, les pétioles et les pédoncules hérissés de poils courts, les fruits moins colorés et beaucoup plus acides que ceux des autres variétés ; les feuilles plus petites, à lobes plus courts et à dentelures plus obtuses. Parmi les variétés que l’on cultive, on distingue particulièrement le groseillier à gros fruits rouges ou blancs , dont les baies parviennent quelquefois à la grosseur d’une cerise, les unes d 'un rouge clair , d’une acidité très-agréable; les autres de couleur de chair } d’autres enfin d’nn blanc perlé. Cette dernière variété est la groseille blanche ; qui est plus ou moins grosse. Quant aux variétés à feuilles panachées de vert, de blanc ou de jaune , elles n’offrent rien de GRO 2^0 GRO particulier dans la qualité de leurs fruits , et ne méritent guère d’être cultivées. Ce groseillier croît naturellement dans les lieux incultes, montagneux, dans les contrées septentrionales de l’Europe, en France, dans les vallées du Jura et des Basses-Alpes. Culture. — Le groseillier vient dans toute espèce de terrain et à toute sorte d’exposition ; cependant il préfère un sol frais sans être humide, et une tem- >érature moyenne. Dans les parties méridionales de ’Europe, on le place contre des murs au nord, et il parait que chez nous il a besoin, pour donner tout le produit possible, d’être planté dans un lieu abrité. On peut le multiplier de toutes les manières : par ses semences mises en terre, en automne, aussitôt après la maturité; par marcottes qui se font en hiver, et sont propres à être relevées l’automne suivant; par boutures, qui se mettent en terre avant l’hiver, et auxquelles on laisse un talon de bois de l’année précédente ; par drageons, qui se lèvent également en automne. Mais le mode de multiplication le plus en usage est de partager en plusieurs parties les touffes épaisses du groseillier, et de planter séparément chacune des parties ainsi détachées. Les nouvelles touffes portent des fruits la même année, et ne tardent point à se garnir de nouveaux jets. Comme les jeunes branches donnent généralement des fruits plus gros que les vieilles, il faut tailler les groseilliers, c’est-à-dire couper rez terre, ou à quelques pouces de hauteur, les brins qui ont plus de trois ans. On doit aussi éclaircir les touffes, pour que les fruits mûrissent mieux et soient plus beaux, t Qualités et usages. — Les groseilles ont une saveur acide, qui sh.doucit d’autant plus qu’elles restent plus long-temps sur l’arbre, et on peut les y conserver jusqu’en octobre, en couvrant de paille le groseillier aussitôt que son fruit est rouge, pour empêcher qu’il ne soit desséché par le soleil, et pour le défendre des oiseaux ; mais les groseilles blanches, étant moins acides que les rouges , se prêtent moins à ce moyen de conservation. On mange les groseilles fraîches, soit seules, soit avec du sucre. On en fait des boissons rafraîchissantes, de très-bonnes compotes, des confitures, des gelées et des sirops. Le Groseillier des rochers ressemble beaucoup au précédent. 11 a, comme lui, les fruits rouges; mais il est moins haut, et ses feuilles sont divisées en trois lobes aigus, grossièrement dentées, et d’un vert foncé ou noirâtre. 11 croît sur les montagnes, dans les lieux sombres et couverts, parmi les pierres, dans le voisinage des ruisseaux et des torrens , en France, en Allemagne , dans les Alpes, au Mont-d’Or. Le Groseillier noir ou Gacis se distingue du groseillier rouge par ses feuilles plus grandes, parsemées de petits points jaunâtres et résineux, d’une odeur forte; par ses fleurs en grappes plus lâches et plus grandes; par ses fruits noirs, plus gros, et d’une saveur desagréable, qui est commune à l’écorce et aux feuilles. 11 croit en France, en Allemagne, dans les bois et les montagnes. On le cultive dans les jardins. Ses fruits passent jiour être stomachiques, diurétiques, cordiaux et toniques : on en fait un ratafia propre à faciliter la digestion. Ses feuilles et son écorce sont employées, en médecine, dans les maladies de la vessie. Il se cultive comme le groseillit-i rouge. Le Groseillier des Alpes est un arbuste qu’on trouve parmi les haies et sur les montagnes en France, en Angleterre et en Allemagne. Ses fruits sont rouges comme ceux de la première espèce; mais il s’en distingue par son écorce grise; par ses feuilles plus petites, à trois lobes, plu* aiguës, et velues des deux côtés; par ses petites grappes redressées, et par la saveur insipide de ses baies, il y a des individus de cette espèce qui portent des fleurs mâles et femelles séparées, soit sur le même pied, soit sur des pieds différens. Le Groseillier épineux ou Gp.oseillier a maquereau est un arbrisseau de la deuxième grandeur, dont les tiges sont nombreuses, et armées d’un grand nombre d’épines droites et divergentes, disposées ordinairement trois par trois; les feuilles petites, légèrement velues, lobées et dentées; et les fruits gros, blancs, quelquefois velus et même épineux. Il y a un grand nombre de variétés de ce groseillier qui ont été produites par la culture, et dont les principales sont : le commun à fruit blanc ; le commun à fruit rouge ; à gros fruit rouge couvert de duvet; à gros fruit verdâtre et à feuilles luisantes ; à fruit blanc , moyen , et à feuilles vernissées ; à fruit moyen et à feuilles gluantes; à fruit rouge et à feuilles légèrement velues ; à gros fruit violet, hérissé de pointes roides ; à gros fruit jaunâtre et à feuilles luisantes; à gros fruit ob long, blanchâtre et à feuilles luisantes; à gros fruit blanchâtre, hérissé de pointes roides; à gros fruit violet, hérissé de pointes roides. Cet arbuste croit dans les parties montagneuses de l’Europe, dans les haies et les buissons : on le cultive dans les jardins, et on obtient par cette culture des fruits beaucoup plus gros que ceux de l’arbuste sauvage. 11 croit dans toute espèce de terre et à toutes les expositions; cependant on doit le placer de préférence dans les terrains graveleux et à une exposition chaude , pour la qualité de ses fruits. Il se multiplie comme le groseillier rouge. Ses fruits sont acides avant leur maturité, et s’emploient alors en guise de verjus pour assaisonner les mets et principalement le maquereau. Ils perdent, en mûrissant, leur acidité, acquièrent une saveur douce assez agréable , sont bons à manger et passent pour laxatifs ; ils deviennent un peu fades lorsqu’ils sont très- mûres, et dans cet état on les regarde comme indigestes. On les conserve, ainsi que les groseilles rouges et presque toutes les baies, en les mettant avec de l’eau dans des bouteilles que l’on bouche hermétiquement. On fait avec tous les groseilliers des haies qui sont assez fourrées, et qui offrent une défense d’autant plus forte, qu’on y emploie les espèces épineuses. On les plante en automne, et on les recèpe à la seconde année pour leur faire pousser des jets, qu’on arrête parla taille tous les deux ans. GROSSE. Douze douzaines de certaines marchandises, par exemple de sabots; cependant la grosse de sabots varie suivant les pays. V. Sabots. GRU GRU. Ancien mot qui signifiait toute sorte de fruits, et dont on a fait dériver grurie. On l’employait principalement pour désigner les fruits sauvages des forêts. GRUAGE. C’est, dit Massé, une manière de faire les ventes et exploitations de bois; mais on pense que ce mot s’appliquait plutôt au droit de jouir des fruits sauvages. GRURIE. L’étymologie du mot grurie , de même que l’origine de ce droit, ont donné lieu à des recherches dont les résultats ne sont pasconcordans. Ce mot, suivant Henriquez, signifie le droit de justice immédiate que le roi avait sur certains bois dont le fonds appartenait, soit à des gens de mainmorte , soit à des particuliers. Il consistait ordinairement en amendes, confiscations et autres profits, ainsi qu’en une portion qui se percevait au profit du roi sur le prix des bois vendus. ( Ord. de 1669, tit. XXIII, art. i er . et 3 .) Il paraît qu’autrefois on percevait aussi le droit de grurie sur les terres labourables. M. Garan de Coul on, dans le Répertoire de jurisprudence, nous dit qu’on trouve dans les Preuves de l’histoire de la maison de Montmorency, page 65 , une charte de l’an i2o5, qui contient une transaction : Super griariâ de tremhleyo, tam in nemore quant in piano. Quelques auteurs, dit à cette occasion le Glossaire du Droit français, font venir grurie du mot grau, allemand, qui signifie vert$ mais Pithou, sur l’art. 18 de la Coutume de Troyes , le fait mieux venir d e gru, qui signifiait autrefois toute sorte de fruits. Ménage adopte l’étymologie de Pithou, qui a été aussi admise par Etienne. Saint-Yon reconnaît aussi que gruyer vient du mot gru, d’où l’on a fait druyer, gruyer, et qui signifie celui qui a la charge de garder les chênes. Y. le mot Chêne, où nous avons donné des explications conformes à cette opinion. « Le droit de grurie, dit Henriquez, diffère de celui de Graine (Y. ce mot), en ce que celui-ci donne au roi la propriété d’une partie du fonds d’un bois, au lieu que le droit de grurie n’a pour objet que les profits dont nous venons de parler. C’est pourquoi, dans le droit de grurie, un bois est susceptible d’aliénation et d’hypothèque de la part du propriétaire pour la totalité, parce que le fonds lui appartient en entier, et, dans le droit de grairie, les possesseurs ne peuvent disposer que de leur possession éventuelle, c’est-à-dire de celle que leur donnerait un partage. Jusque-là, l’aliénation ne pourrait avoir pour ohjet que leur portion dans le prix des bois vendus. » L’origine des droits de grurie paraît très-ancienne, et se perd dans l’obscurité des premiers temps de la monarchie. \oici, sur l’origine des droits de grurie, tiers et danger, ce qu’en a dit Le Bret en son Traité de la souveraineté, liv. III, chap. V. « Plusieurs se sont travaillés, dit-il, à trouver l’origine d’une si pesante servitude sur le bien d’autrui; quant à moi, j’ai toujours estimé que ces droits avaient été introduits sur ce qu’anciennement il n’y avait que les rois qui eussent le droit d’avoir des bois Tome II. GRU 2',i de haute futaie, et personne n’en pouvait laisser croître sans leur permission, comme nous l’apprenons du quatrième liv. Leg. Franc., cap. 19, intitulé De forestibus instituas noviter, qui est conçu en ces termes: Ut quicumque illas kahet dimitlat, nisiju- dicio veraci ostenderepossitquôdper jussionem sive permissionem domini Caroli genitoris nostri eas ins- tituisset. Ce qui est répété au titre De forestibus dominais du même livre, où il est dit : De forestibus nostris , ut ubicumque fuerint diligentissimè inqui- rant quomodo salvce sint et defensae, et ut comitibus denuntient neullam forestam noviter instituant , et ubi noviter institutas sine nostra jussione invenerint , dimiltereprœcipiant. De sorte qu’il est à présumer que quand les rois permettaient à quelqu’un d’édifier des bois de haute futaie et de les retenir, ce qui était un droit royal, que c’était à la charge qu’ils auraient la juridiction, les profits qui en viendraient, et quelque part encore en la coupe d’iceux, comme du tiers en quelques lieux et de plus ou de moins dans d’autres. La Charte de Louis Hutin pour la Normandie ( Charte aux Normands, de juillet i 3 i 5 ) appelle ces droits le tiers et danger : tiers, parce que le roi prend le tiers du prix de la vente, comme de 3 c 1 liv. 1 o s., et le danger, qui est la dixième partie du total. Ce qui appuie ma conjecture, c’est que l’on ne lève ces droits que sur les anciennes forêts, dont l’origine est inconnue , et non pas sur celles qui ont été édifiées de nouveau , parce que nos rois ayant donné depuis une permission générale à tous leurs sujets d’avoir des forêts et des hauts bois, ils se sont contentés de retenir ces droits de grurie sur les anciennes forêts, et je puis dire que, puisqu’ils servaient de marques de l’ancienne autorité de nos rois, on ne devait pas permettre si facilement leur aliénation,comme on a fait depuis quelques années. » Il devait y avoir en chaque maîtrise des plans figuratifs des bois en grurie et grairie, etc., qui étaient sous le ressort. Les ventes de bois en grurie devaient être faites par les officiers du roi ; les ventes extraordinaires par les grands-maîtres, et les ventes ordinaires, ou par les grands-maîtres, ou par les maîtres particuliers indistinctement. ( Ord. de 1669, art. 19 du tit. III, 10 du tit. IV, 1 et 10 du tit. XXIII.) Ces ventes ne se pouvaient faire qu’en vertu des lettres-patentes dûment enregistrées, à peine de restitution et de privation de tous droits contre les possesseurs, d’amende arbitraire et confiscation des ventes contre les marchands. ( Ib., art. 10 du tit. XXIII. ) Les formalités pour ces ventes étaient les memes que pour les ventes des bois appartenant nuement au Roi. (Ib.) Les ventes de châblis se devaient faire avec les mêmes formalités que celles des châblis dans les forêts du roi, et Sa Majesté y avait la même part que dans les ventes ordinaires. (Ib., art. 11 du lit. XXIII.) Les très-fonciers ne pouvaient prétendre aucun avantage ou préférence sur les ventes. (Ib., art. 19 du tit. III. ) Les parts qui appartenaient au roi dans les bois en grurie, etc., lors de la coupe, devaient être levées 5 i GRU GE U en espèces ou en argent, suivant l’ancien usage de la maîtrise sous le ressort de laquelle ils se trouvaient, sans qu’il lût permis d’y faire aucun changement. ( Ord. de 1669 , art. 2 du lit. XXIII.) les droits de tiers et danger devaient être payés suivant l’ancienne coutume, c’est-à-dire que, sur la totalité de La vente, il fallait distraire au profit du roi, soit en espèces ou en deniers ( à son choix), le tiers et le dixième : en sorte que si l’adjudication était de 3 o arpens pour une somme de 3 oo liv., le roi devait avoir en espèces 10 arpens pour le tiers de 3 o, et 3 pour le dixième ; ce qui faisait j 3 arpens sur 3 o: ou si le droit était perçu en argent, 100 liv. pour le tiers de 3 oo, et 3 o iiv. pour le dixième. (Ib., art. 3 .) Les droits des officiers et les frais des arpentages, figures, descriptions et procès-verbaux, devaient être taxés parles grands-maîtres distinctement pour chaque bois, et payés sur le prix total de la première vente, au moyen de quoi la charge était supportée par le roi et par les possesseurs, à proportion des différons intérêts. (Ib ., art. i 3 et 22 du tit. XXIII, confirmée par Arr. du Cons., du 27 avril [760, qui ordonnait que les frais d’assiette, martelage, balivage, vente, récolement et arpentage dans tous les bois et buissons où Sa Majesté avait droit, tant par indivis qu’à titre de grurie, etc. seraient supportés par Sa Majesté et les autres propriétaires à proportion des différens intérêts, et qu’à commencer par l’ordinaire de 1761 , il ne serait fait emploi en dépense dans les états des bois de Sa Majesté , des vacations des officiers que pour la portion dont Sa Majesté était tenue, sauf aux officiers à se faire payer du surplus par les propriétaires, suivant taxe du grand-maître.) Les très-fonciers ne pouvaient prendre par leurs mains que les morts-Sois désignés par la Charte normande, et les bois morts en cime et racine (, 1 b., art. 5 du tit. XXIII), si ce n’était lorsqu’il y avait des ventes ouvertes, qu’ils pouvaient prendre sur leur part ce que bon leur semblait. ( Ib., art. 17 du même titre.) V. Mort-Bois. S’ils avaient besoin de bois vifs, il fallait qu’ils se pourvussent devant le grand-maitre du département, qui, après les leur avoir délivrés, s’il le jugeait à propos, en vendait au profit de Sa Majesté, au prorata et à proportion de ses droits. (Ib., art. 16.) Il devait y avoir, en chaque maîtrise, un ou plusieurs gardes, suivant la quantité et l’éloignement des bois en grurie, pour y faire la garde et rapporter les délits, ainsi que faisaient ceux préposés à la garde des bois du roi. (Ib., art. i 5 .) Il n’appartenait qu’aux officiers du roi de connaître des délits et malversations commis dans les boisen grurie, etc. (Ib., art. 1 etq.) Les peines et amendes pour ces délits étaient les mêmes que pour délits commis dans les bois du roi. (Ib-, art. i 3 .) Les amendes et confiscations appartenaient au roi sans réserve ; mais dans les sommes adjugées pour restitutions, dommages et intérêts, les très-fonciers devaient avoir la même part que dans les ventes. (Ib., art- 12.) Les grands-maîtres étaient obligés de visiter, chaque année, les bois en grurie, etc., qui étaient dans Leur département. ( Ord. de 1669 , art. 18. ) Les maîtres particuliers ou lieutenans , avec les procureurs du roi, étaient obligés de les visiter au moins une fois tous les 6 mois 5 les garde-marteaux de 6 mois en 6 mois, et les gardes sans discontinuation, à peine contre les uns et les autres de privation de leurs charges, et de répondre en leur privé nom des délits, abus et malversations qui s’y trouvaient. (Ib., art. 19.) Tous les bois de la province de Normandie, excepté ceux plantés à la main , étaient autrefois sujets aux droits de tiers et danger, ainsi qu’il se voit par les art. 4 » 6 et 7 du tit. XXIII de l’ordonnance de 1669 5 ma ! s P ar édit d’avril 1673, et par arrêts du conseil, des 17 juin et 7 octobre suivant, ces droits furent éteints à perpétuité , moyennant finance. Par autre arrêt, du i 5 janvier 1675, les droits de tiers et danger prétendus par les seigneurs sur les bois de leurs vassaux , furent éteints et supprimés, à la charge par les vassaux de payer, chaque année, par forme de redevance, les sommes qui seraient réglées par la chambre souveraine établie à Rouen pour connaître de l’exécution de l’édit de 1673, lesquelles redevances seraient comprises dans les aveux et dénombremens, comme les autres devoirs du fief. Y. Tiers et Danger. La loi du 29 septembre 1791 , tit. II, art. i« r ., avait soumis au régime forestier les bois tenus en grurie, grairie, tiers et danger, ce qui faisait supposer que ces droits n’avaient pas été abolis par les lois des 4 août 1789, i 5 mars 1790 et i 3 avril 1791, sur la féodalité; mais le droit de grurie en particulier n’a-t-il pas été supprimé par la loi des a 5 et 17 juillet 1793? a L’affirmative , dit M. Merlin, ne souffrirait aucune difficulté, si l’on devait s’en tenir à la manière dont ce droit est défini (par Henriquez) au commencement de cet article, c’est-à-dire s’il ne consistait u’en un simple droit de justice sur certains bois ont le fonds appartient à des corporations ou à des particuliers. » Mais on ne peut disconvenir qu’il n’ait , dans beaucoup d’autres localités, un autre caractère, qu’il n’y soit considéré comme une sorte de champartfoncier, et qu’il ne constitue le domaine public copropriétaire par indivis du fonds même des bois sujets à cette prestation. » De là la disposition de la loi du 29 septembre 1791 , qui a fait ranger les bois dans la classe de ceux qui sont soumis au régime forestier. et Mais, ajoute M. Merlin, comment distinguer les cas où ce droit est effectivement supprimé, d’avec celui où il est maintenu? Cette question a été proposée par un grand nombre de pétitions à l’Assemblée constituante, qui, par un décret du i 3 septembre 1791 , considérant qu’il ne s’agit que de l’application des lois, et qu’en conséquence lesdites pétitions sont du ressort du pouvoir judiciaire , a déclaré qu’il n’y avait pas lieu à délibérer. » On peut cependant tenir pour règle générale que le droit de grairie doit être considéré comme seigneurial dans son origine, et par conséquent comme aboli GRU par les lois nouvelles, i°. lorsqu’il n’est pas prouvé être le prix d’une concession de fonds5 i°, lorsque, formant le prix d’une concession de fonds, il a été constitué avec mélange de droits féodaux. » Ce principe a été consacré par un arrêté du gouvernement , du 3 o messidor an 11 (au Recueil, t. I, p. 646), et par un avis du conseil d’état, du 14 ventôse an 1 3 , approuvé le j 7 du même mois (au Recueil , t. II, p. 10); et c’est sans doute parce que les preuves à établir d’après ces actes n’ont pu être faites, que le droit de grurie ne se perçoit plus. Y. Tiers et Danger, et Délits. Il existe cependant dans le département des Ardennes un droit qu’on appelle grurial, et qui se perçoit encore. Il consiste, en faveur du domaine, à prendre la moitié des écorces de certaines coupes communales qu’on y exploite annuellement. Voici l’origine de ce droit : les anciens souverains de la principauté de Château-Regnault, avant sa réunion à la France en 1629, possédaient, seuls, la vaste forêt de ce nom , qui devait contenir environ 3 o,ûoo hectares (1); mais pour y attirer des colons, ils en concédèrent la plus grande partie à divers éta- blissemens, qui forment aujourd’hui quinze communes, à la charge du droit général de la moitié du prix des écorces. Ce droit, étant le prix et la condition de la concession sans mélange de féodalité , n’a pas dû cesser, et n’a pas cessé en effet d’être perçu par le gouvernement de la même manière qu’il perçoit les prestations qui sont le prix de droits d’usage ou d’affectations dans quelques localités. Grumes royales. C’étaient des juridictions subalternes établies dans les lieux éloignés des maîtrises, pour veiller à la conservation des forêts du roi, et connaître en première instance des moindres délits, etc. Les maîtres particuliers pouvaient, quand bon leur semblait, tenir leurs audiences aux sièges des gruries de leur ressort, pourvu qu’ils n’entreprissent rien sur la juridiction des gruyers. ( Arr. du Cons., des 20 juillet 1688 e/26 septembre 1702.) Les procureurs du roi aux maîtrises pouvaient faire les mêmes fonctions dans les gruries que dans leurs sièges ordinaires. ( Ord. de 1669 , art. i er . du lit. FI.) Les garde-marteaux des maîtrises pouvaient faire tous les martelages nécessaires dans l’étendue des gruries. (Ib., art. 2 du tit. VII.) Gruries des seigneurs. C’étaient des juridictions créées pour connaître en première instance des matières d’eaux et forêts dans l’étendue des justices seigneuriales. GRUME (BOIS EN). ( T. des eaux et forêts.) Se dit du bois qui a encore son écorce , qui n’est paséquarri. V., pour l’estimation des bois eu grume, le mot Estimation. GRUYERS. Il y avait deux sortes de gruyers savoir, les gruyers royaux et les gruyers des sei- (t) Elle n’est plus , aujourd’hui, qup de 12,894 hectares , dont 7,iÔ2 hectares appartiennent aux communes. GUI 245 Les fonctions et les devoirs que ces offiçiers avaient à remplir, sont détaillés dans l’ordonnance de 1669, IX., et dans le Dictionnaire forestier de Chailland , au mot Gruyers. Les gruyers ont été supprimés dans toute la France, par l’art. 10 de la loi du 7 septembre 1790. GUI, viscum. Nom d’un genre très-singulier du règne végétal, faisant partie de la dioécie tétrandrie et de la famille des caprifoliacées. Dénominations. — Il se nomme en grec izàs on izià; en latin , -viscum ; en italien , vischio ; en espagnol, liga mordago; en allemand , mis tel; en anglais, misseltoe. La plupart de ces noms indiquent la propriété visqueuse des fruits du gui. Histoire. — Pline cite plusieurs espèces ou variétés de gui, et il parle du respect des Gaulois pour le gui du chêne et des cérémonies avec lesquelles les druides cueillaient cette plante dans leurs sacrifices. Le nom de druide lui paraît venir du mot grec drus, qui signifie chêne-roure, parce que ces prêtres choisissaient pour leurs cérémonies des forêts de chênes-rourcs. Quand ils trouvaient du gui sur un chêne de cette espèce, ils le regardaient comme un présent du ciel; On amenait sous ce chêne deux taureaux blancs qui n’avaient jamais été sous le joug; le prêtre, vêtu d’une robe blanche et armé d’une serpe d’or, montait sur l’arbre, et coupait le gui, qui était reçu dans une casaque blanche ; ensuite on immolait les victimes, et on priait Dieu de rendre utile et profitable le présent qu’il avait fait. Les Gaulois croyaient que ce gui donnait la fécondité aux animaux auxquels ils en faisaient prendre, et que c’était un antidote contre toute sorte de poison, tant la superstition, ajoute Pline, a souvent d’empire sur l’esprit des peuples, pour leur faire respecter les choses les plus frivoles ! Tanta gentium in rebus frivolis plerumque religio est! (Plin., lib. XVI, cap. XLIV.) On trouve, sur l’histoire du gui, sur sa manière de se reproduire et de se nourrir, comme aussi sur la manière d’en préparer de la glu , des renseignemens fort curieux dans une note supplémentaire au chapitre de Pline que nous venons de citer, et qui est rapportée, page 646, dans les Mémoires de l’Académie des inscriptions et belles-lettres , t. XIX, p. 483 ; dans le Traité des arbres et arbustes , de Duhamel , et la nouvelle édition de ce traité , etc., etc. EsrÈcts, On connaît une douzaine d’espèces de gui, dont une seule est indigène de l’Europe et de l’Asie. Le Gui blanc , viscum album (Lin.), a trois variétés : l’une, à baies blanches ; l’autre, à baies rouges; et la troisième, à baies blanches et à feuilles plus courtes et cartilagineuses. C’est un arbrisseau parasite, toujours vert, très-commun sur les pommiers et les poiriers. Il a les tiges cylindriques, di- chotomes, articulées; l’écorce verdâtre; les feuilles opposées, épaisses et d’un vert jaunâtre; les baies globuleuses, transparentes, remplies d’un suc glu- tineux, et contenant une seule semence. Il fleurit dans les mois de février et de mars. Les baies mûrissent en automne, et restent sur l’abrisseau pendant une partie de l’hiver. 3i* GUI GYN *44 La première variété habite dans toute l’Europe et une partie de l’Asie, sur les pommiers, poiriers, néfliers, amandiers, saules, pins, noyers, peupliers, tilleuls; sur le chêne, mais très-rarement. On dit cependant que les forêts du midi de la France, et sur-tout celles d’Italie, présentent beaucoup de chênes qui sont chargés de cette plante , et qu’entre Rome et Lorette elle est si abondante, qu’un seul chêne pourrait en fournir une voiture. La seconde croit en Espagne sur les oliviers, et dans la Palestine. La troisième variété croit sur différentes espèces d’arbres, comme la première, dans la Toscane. Expériences sur La germination et la végétation du gui. — On avait cru long-temps que les semences du gui ne pouvaient germer si elles n’avaient auparavant passé par l’estomac des oiseaux qui se nourrissent de leurs baies. Duhamel a reconnu que c’était une erreur, et qu’il ne leur fallait qu’un degré cpnvenable d’humidité pour exciter leur germination. 11 en a vu.germer non-seulement sur l’écorce des diftêrens arbres, mais même sur des pièces de bois coupé, sur des tuiles, sur la terre, etc. Ces semences jettent un, deux, trois et même quatre germes, qui ressemblent à la trompe d’un insecte, et paraissent en faire l’office. Les radicules s’allongent insensiblement, et dès qu’elles ont atteint l’écorce, les corps ronds qui les terminent s’ouvrent, et il en sort de petites racines qui s’insinuent entre les lames de l’écorce, et parviennent jusqu’au bois sans le pénétrer. Si on les y trouve engagées, c’est parce qu’elles ont été recouvertes par les couches ligneuses qui se forment, chaque année, entre le bois et l’écorce. Elles n’entrent jamais d’elles-mêmes dans le bois : au contraire, elles rebroussent chemin dès qu’elles le rencontrent. Les feuilles séminales ne sont pas nécessaires au développeinentde la jeune plante; car si on les coupe avec la plumule,les petites plantes qui ont subi l’opération repoussent bientôt après. Parmi les singularités de cette plante, il y en a quelques-unes de très-remarquables. Cet arbuste, quoique implanté sur beaucoup d’espèces d’arbres, ne varie pourtant point ; il n’en éprouve aucun changement, et ses formes restent les mêmes. Sa radicule et ses branches prennentindifféremment toutes sortes de directions; s’il est implanté sur le dessus d’une branche, ses rameaux s’élèvent plus ou moins obliquement vers le ciel; s’il est implanté dessous, ils tendent vers la terre, c’est-à-dire en sens contraire des autres plantes. 11 arrive quelquefois que les gros pieds du gui se greffent sur les branches dont ils tirent leur nourriture par les racines : dans ce cas, ces racines périssent, et l’arbuste se nourrit, à la manière des arbres greffés, par un abouchement immédiat de ses vaisseaux avec ceux de l’arbre auquel il est attaché. Il résulte des expériences de M. Decandole, que le gui tire directement sa nourriture de l’arbre sur lequel il végète; que lui-même transmet à cet arbre les fluides qu’il reçoit de l’atmosphère ; que les feuilles du gui ont, comme celles des autres plantes, la faculté de faire monter la sève dans les tiges; mais que le gui séparé de l’arbre n’a qu’une force de succion très-peu considérable. Propriétés et usages. — Le bois du gui a une saveur amère; il donne une odeur un peu nauséabonde, lorsqu’on le fait bouillir dans l’eau. 11 a été recommandé, principalement celui du chêne, pour une foule de maladies, pour les affections du cerveau, pour les vertiges , les étourdissemens, l’épilepsie, etc.; mais il paraît que le succès n’a point confirmé sa réputation dans aucune de ces maladies. Les baies sont âcres et amères; prises intérieurement , elles peuvent être dangereuses, parce qu’elles purgent avec violence, et causent des douleurs et des inflammations d’entrailles : aussi n’en fait-on point usage en médecine. Les chirurgiens appliquent de la glu faite avec ces baies sur les tumeurs pour les conduire à suppuration. Autrefois on préparait la glu avec les baies de gui, en les faisant bouillir dans de l’eau , les pilant ensuite , et coulant la liqueur chaude pour séparer les semences et la peau. Aujourd’hui on-emploie de préférence l’écorce de cette plante; on la renferme pendant 8 à îo jours dans un lieu humide. Quand elle est pourrie, on la pile jusqu’à consistance de bouillie; on la met dans une terrine, où l’on jette de temps à autre de l’eau de fontaine bien fraîche; on remue avec un bâton jusqu’à ce que la glu s’y attache; on la lave ensuite dans de l’eau à plusieurs reprises, pour la nettoyer, et on en forme une espèce de boule, que l’on conserve dans un pot avec de l’eau. On se sert de cette glu pour prendre les oiseaux et pour engluer le pied des arbres fruitiers, et les préserver des fourmis et des chenilles, qui en dévorent les feuilles et gâtent les fruits. V. Glu, dans le Dictionn. des Chasses. Les grives, les merles et plusieurs autres oiseaux, mangent les baies du gui pendant l’hiver; mais la graine étant entourée d’une substance visqueuse qui ne se digère point dans leur estomac , ces oiseaux la rendent avec leurs excrémens. Elle se colle aux branches des arbres, et le germe s’y développe. Dans les pays où le gui est abondant, on en nourrit les troupeaux pendant l’hiver. Le gui est nuisible aux arbres, puisqu’il vit à leurs dépens et s’empare d’une partie de leur sève. Un cultivateur vigilant et qui entend ses intérêts détruit ce parasite dès qu’il commence à végéter; s’il attendait plus tard , il serait forcé de faire une forte entaille aux branches qui le nourrissent, et peut- être même de les amputer. GU1GNIER. Arbre fruitier. V. Cerisier. GUIRLANDES. ( T. de mar .) Pièces essentielles, de différentes longuéurs et courbures , qui lient intérieurement et horizontalement l’avant du vaisseau, dans la partie et dans la hauteur de l’étrave, au reste de sa carcasse. GYMNOSPERMIE. Terme de botanique composé de deux mots grecs qui signifient graines nues. C’est le premier ordre qui divise, dans le système sexuel de Linné, les plantes de la quatorzième classe, la didynamie : elle comprend les plantes dont les graines sont à découvert. GYNANDRIE. Terme de botanique, formé de deux mots grecs qui signifient homme-femme. C’est le nom de la vingtième classe du système sexuel de H AI H AI 245 5 iet. — De la manière de former des haies ■vives. Linné. Son caractère consiste dans la connexion des organes des deux sexes. GYPSE, ou SULFATE DE CHAUX, ou SÉ- LÉN 1 TE. Sorte de plâtre. H. HABILLER LE PLANT. C’est, suivant le langage des jardiniers et des pépiniéristes, couper une partie des racines et de la, tige du plant qu’on a levé d’une pépinière pour le placer ailleurs. Cette opération se fait avec une serpette sur chaque plant ; mai* , dans liés grandes plantations, on opère quelquefois avec la serpe ou la hache et par poignée , ce qui augmente les inconvéniens de l’opération en elle-même, et cause la mutilation de l’extrémité des racines et des tiges, sur-tout quand l’instrument n’est pas bien tranchant ou qu’il est mal dirigé. C’est sur un billot qu’on coupe le plant lorsqu’on emploie la serpe ou la hache. Cette opération exige de l’adresse et des soins. HAB 1 TANS DES COMMUNES. V. Bois communaux , Communes , Délits , Pâturage , Usages. HABITATION. Les gardes ne peuvent, dans leurs perquisitions, s’introduire dans les maisons servant à l’habitation sans être accompagnés par un officier de police judiciaire. V. l 'art. 3 go du Code pénal, pour connaître quels sont les bàtiinens réputés habités. V. aussi Perquisition et Procès- vbcL • HABITATIONS A DISTANCE PROHIBÉE DES FORÊTS. Y. Constructions. HACHE , du latin ascia. Instrument de fer tranchant, qui a un manche et dont on se sert pour fendre ou pour couper du bois. On distingue la hache du bûcheron, la hache du charbonnier, la hache à la main, et la petite hache ou hachette. La première est connue de tout le monde ; la seconde a un tranchant fort étendu, et qui est courbé en arc vers le milieu du manche; la troisième a un tranchant étroit, elle sert, ainsi que le couperet ordinaire, à couper de grosses branches voisines de quelques autres qu’on veut ménager , et que le bec de la serpe endommagerait; enfin la petite hache ou hachette n’est autre chose qu’un marteau plus ou moins gros, et dont un des bouts est plat et tranchant. Il est défendu déporter des haches , serpes , scies ou cognées la nuit dans les forêts, à peine d’emprisonnement et d’une amende.de 6 fr. pour la première fois, et de ?o fr. pour la seconde. ( Ord. de 166g, tit. XXVJ 1 , art. 34.) HAIE. Du latin barbare haia , qui, dans l’origine , était un terme de guerre, et qui signifiait un retranchement fait de ronces èt d’épines , et en général un lieu fortifié. C’est une clôture naturelle ou artificielle des champs, des vignes, des jardins, des bois. Il y a des haies vives et des haies mortes ou sèches : les pre mières sont faites avec des arbres ou des arbustes enracinés, ordinairement épineux; les haies mortes sont celles que l’on construit avec des fagots , des branches sèches ou des bois épineux morts. Les haies sont d’une grande utilité ; elles défendent les terrains de l’accès des animaux; elles rompent la violence des vents, et fournissent une grande quantité de bois pour le chauffage et même pour la construction , et des feuilles pour la nourriture des bestiaux. Manière de former des haies forestières. — On les établit sur la berge des fossés , soit en y plantant de jeunes plants de 2 ans, soit en y faisant un semis en rigole. Si on en sème les graines à demeure, on obtient des individus plus vigoureux, plus durables, et leurs racines, munies de leur pivot, tendent moins à s’étendre latéralement. Ce mode cependant est rarement employé ; il est plus long et d’un succès douteux, si la saison n’est pas favorable à la germination des graines. O11 préfère opérer le semis dans un terrain à part, et qui doit être défoncé d’environ 2 pieds ; il doit être en outre d’une qualité médiocre , car un arbre qui sort d’un bon terrain pour être transplanté dans un mauvais est exposé à périr. On sème sur ce terrain les graines à la volée ou en rigole ; on couvre les plus grosses graines, celles du chêne, par exemple , d’environ un pouce de terre; les autres, plus petites , sont moins recouvertes ; celles du saule ne veulent pas l’être du tout ; elles ont cela de commun avec celles de bouleau, de platane, etc. : aussi la terre du semis doit-elle être tenue constamment humide jusqu’après la germination. Il est pins court d’obtenir le saule de bouture. Lorsque les graines ont levé, les soins du jeune plant se bornent, pendant les deux années qu’il doit rester en pépinière , à de simples sarclages, et à de légers binages en hiver. Au bout de deux années , lorsqu’on veut l’enlever pour le planter, on fait à un des bouts du terrain une profonde tranchée, qui met les racines à découvert, et on prolonge cette tranchée à mesure qu’on enlève le jeune plant. Far ce moyen, on l’obtient facilement avec le pivot des racines qu’il est essentiel de conserver. La terre extraite du fossé doit former une berge de 3 ou 4 pieds de large et de 2 pieds de hauteur. Si la berge ne devait pas avoir cette élévation, il serait nécessaire, avant de creuser le fossé , de piocher le sol sur lequel elle doit être formée ; car une plantation ne vient jamais bien lorsque les racines ne trouvent pas une terre profondément remuée. La plantation a lieu en hiver. On pratique sur la berge une rigole d’un pied ou d’un pied et demi de large, selon Ta bonté du terrain , et assez profonde pour ne pas être obligé de couper le pivot de la racine au jeune plant. On dispose sur un côté de la rigole une rangée de jeunes arbres, distans d’un pied ou d’un pied et demi ; on en dispose une seconde rangée de l’autre côté de la rigole, en ayant soin que chaque arbre d’une des rangées regarde le milieu de l’intervalle de deux arbres de la rangée opposée; on remplit ensuite la rigole avec de la terre bien meuble. Les Anglais ont une manière particulière de disposer la plantation des berges, qui mérite d’être imitée ; la voici : lorsqu’on a commencé la Fouille du fossé , et que la berge a reçu environ 4 ou 5 pouces de terre , on étend cette terre sur 4 ou 5 pieds de large, et on y couche les jeunes arbres, la racine du côté du champ,.la tète du côté du fossé. On charge les racines de 6 pouces de nouvelle terre , qu’on continue à extraire du fossé , et cette terre est arrangée en talus; on couche un nouveau rang de plants de la même manière que le premier, et on couvre ce second rang d’une nouvelle couche de terre, toujours en talus ; on dispose enfin une troisième rangée de jeunes arbres , et on couvre leurs racines avec le reste de la terre du fossé- Ces trois rangées de jeunes arbres en talus , e 4 qu’on a eu soin de placer en échiquier, élevant perpendiculairement leurs tiges, forment une des clôtures les mieux entendues. Lorsqu’une haie est plantée, on la rabat à 2 pouces de terre, afin de lui faire produire des branches; chaque année , jusqu’à ce qu’elle ait atteint la hauteur désirée, on coupe les brins qui s’élèvent au- dessus des autres, et on remplit les vides en dirigeant et en croisant sur la haie les branches qui se portent en avant ; souvent même on greffe ces branches par approche à l’endroit où elles doivent être croisées. Il est une manière particulière de conduire une haie, qui lui donne une grande force : àl’àgede 3 ans, on la coupe à 6 pouces de terre, et on la tient pendant 3 années à cette même hauteur; on la coupe pendant 3 autres années 6 pouces plus haut, et ainsi de suite d’étage en étage. Dans certains endroits, on laisse , de distance en distance, de 3 o en 3 o pieds par exemple , un des arbres de la haie suivre sa croissance naturelle , ou bien on coupe sa tige à une certaine hauteur pour faire un têtard. Dans les pays chauds, dans les lieux élevés , dans les lieux arides , la distance entre les arbres qu’on laisse croître peut être rapprochée sans inconvénient. Lorsqu’une haie est de pure défense, tous les ans, en été, entre les deux sèves, ou en hiver , on la tond sur les côtés et au-dessus, afin qu’elle se tienne toujours bien garnie. Si la haie est destinée à produire du bois de chauffage, on ne la taille que tous les 3 ou 4 ans. Quand la haie se dégarnit par le bas, on la coupe à rez terre, et on la conduit ensuite comme une haie nouvelle. Observations- On forme ordinairement les haies avec des arbres ou des arbrisseaux d’une seule espèce; mais un mélange bien fait de différentes espèces d’arbres , arbrisseaux et sous-arbrisseaux épineux et non épineux , forme également une excellente haie forestière. Dans chaque pays, on doit faire choix des espèces qui s’accommodent le mieux du climat. Les principaux arbres et arbrisseaux non épineux qui peuvent entrer dans la composition des haies, et convenir à-peu-près à toute la France, sont : le chêne , le hêtre , l’érable champêtre , le charme, l’orme , le saule-marceau , le cerisier mahaleb ou Sainte-Lueie, le cognassier, le prunier, l’amandier, le troëne , le frêne pour les lieux frais, l’aune pour le bord des eaux. Les principaux arbres et arbtisseanx épineux sont : le houx , le genevrier, l’aubépine, le prune- lier, l’ajonc, lerosierd.es haies, la ronce, l’épine- vinette, le groseillier épineux, l’argousier, le fra- gon ou petit houx, l’arrête-bœuf, etc. La clématite , disposée horizontalement et liée aux arbres d’une haie, rend la haie impénétrable : il en est de même de la vigne. Une haie de chêne, d’érable de Sainte-Lucie, etc., lorsqu’elle est bien conduite, est aussi impénétrable qu’une haie d’aubépine. Lorsque les arbres dont on veut former la haie ont des racines traçantes qui s’étendent au loin, et qui pourraient nuire aux récoltes, au lieu d’établir la haie sur la berge du fossé, on l’établit dans le fond du fossé même : on agit ainsi pour l’acacia, le gléditzia, l’orme, etc. Une manière avantageuse de tirer parti d’une berge de fossé, c’est de la garnir de mûrier blanc pour fourrage; les jeunes pousses , coupées avec les feuilles , fournissent une excellente nourriture poulies bestiaux. Une autre haie de clôture d’un grand intérêt, c’est celle qu’on forme avec des arbres de haute tige, placés à 5 ou 6 pieds de distance, étêtés à la hauteur désirée , et dont les branches, disposées et assujetties horizontalement, servent de soutien à des vignes. Un habile agriculteur, M. de l'ère , plante des vignes dans ses domaines du département de Lot- et-Garonne, au pied d’arbres isolés, uniquement dans l’intention d’en récolter les feuilles pour la nourriture de ses bestiaux, et il trouve un grand bénéfice à le faire : c’est le meilleur moyen de tirer parti de la vigne comme fourrage; car ce n’est jamais qu’au détriment du fruit qu’on effeuille un vignoble. Un dernier moyen de tirer parti des berges des fossés , si l’on ne veut pas y établir des haies , c’est d’y élever , comme en pépinière, de jeunes arbres, qu’on enlève à mesure qu’ils sont propres à être transplantés. Y. Aubépine et Houx , pour la manière de former des haies avec ces arbrisseaux. Y. aussi Clôture. § 2. —De la législation sur les haies. I. Il est libre au propriétaire de clore ses héritages , pourvu qu’il ne gêne pas ses voisins. II. Suivant la Coutume d’Orléans, tit. XIII, art. 25 g , « il n’est loisible de planter ormes, noyers et chênes au vignoble du bailliage d’Orléans plus près des vignes de son voisin que de 4 toises , ni planter haies vives plus près de l’héritage voisin que d’un pied et demi (un demi-mèt.) (telle est aussi la disposition de l’art. 671 du Code civil), et doit ladite haie être d’épine blanche, et non d’épine noire. » III . Suivant les Coutumes de Montreuil , art. i 3 , et Saint-Omer , en Artois , tit. II, art. 2 , a quand aucun veu t mettre ouches, et planter haies à l’entour de son bois et ailleurs, à l’encontre de son voisin, il' doit laisser pied et demi entre sa terre et celle de son voisin , si c’est contre les vents de mer , et si H AI c’est contre les vents d’amont , il doit laisser 2 pieds. » IV. Suivant la Coutume de Boulonnais y tit. XXX, art. 169, a si aucuns veulent planter jardins et manoirs l’un contre l’autre, ils doivent, parle droit coutumier, laisser rejet; c’est, à savoir, par dedans les bornes, pied et demi, et au - dessous d’icelui 2 pieds et demi. » V. La même , art. 170, a si aucun veut planter jardins , haies ou enclos contre terres arables , il doit laisser les rejets par dedans les bornes 2 pieds et demi, et ne doit nul faire plants entre parties , s’il n’appert par vraies bornes. » VI. Suivant la Coutume de Hédirt , tit. II, art. 36 , o quiconque veut planter haies vives , doit laisser, pour rejet d’icelles, dedans les bornes et sur le sien, vers le vent de mer, 2 pieds et demi , soit contre chemins , soit contre tenemens ou terres a autrui appartenant. Vil. » La haie plantée sur un fossé appartient au propriétaire du fo6sé; le fossé appartient à celui sur le terrain duquel se trouve le rejet; il est commun si le rejet se trouve des deux côtés. » VIII. La Coutume de Boulenois , tit. XXX , art. 174, porte que, « s’il y avait apparence de fossés, soit à l’encontre de jardins, terres ou bois, il doit être avisé auquel le rejet est jeté , et celui qui a le rejet peut prendre tout ledit fossé à son endroit, et s’il est autant relevé d’un côté que de l’autre, se doit prendre à moitié dudit fossé. » IX. Hédin , tit. II, art. 3 ç , porte que , « s’il y avait apparence de fossés, ceux où les rangs des fossés seraient trouvés, aussi bien contre terres labourables que bois, peuvent prendre à leur droit lesdits fossés, tous les bois y étant; mais s’il y avait rejet à l’un comme à l’autre desdits fossés , l’on doit prendre l’entre-deux au milieu desdits fossés. » X. Auxerre , tit. IV, art. n 5 , et Montargis , chap. X, art. 12, portent que, a le jet du fossé étant entre deux héritages, démontre que le fossé appartient à celui du côté duquel est ledit jet, et le fossé à deux jets est commun, » XI. Reims y tit. XIV , art. 269 , cc le fossé qui est entre deux pièces de terre appartient à celui sur lequel est le rejet d’icelui fossé, et si la terre est jetée d’un chacun côté, le fossé sera réputé commun.» XII. Sedan , tit. XlV, art. 196, a si entre deux héritages il y a des fossés , celui qui a le rejet de son côté de la terre issue desdits fossés , est et demeure seigneur desdits fossés, et si le rejet est de chacun côté, le fossé sera réputé commun. » XIII. Grand-Perche, tit. XIY, art. 218, a quand entre deux héritages il y a haie assise sur fossé, celui du côté duquel est le jet dudit fossé, étant le creux d’icelui devers le voisin, il est réputé seigneur de la haie et du fossé, s’il n’y avait titres bornes, ou possessions au contraire. » XIV. Tremblevi, chap. II, art. 10, « qui a douche et a fossé , qui est à entendre que celui qui a la douche du fossé du côté de son héritage , pareillement le fossé lui appartient. » XV. Berri , tit. XI, art. i 4 i k 1 ® fossé entre deux héritages appartient au seigneur-de l’héritage H AI 247 du côté duquel est le rejet, et s’il est des deux côtés, il est commun, et le semblable s’il n’y a apparence de jet. » XVI. Cambrai y tit. XV 1 I 1 , art. 17, « le fossé entre deux héritages est réputé être de l’héritage du côté duquel est le jet du fossé , et si le jet est de deux côtés, il est commun , et le semblable s’il n’y a apparence de jet; le tout pourvu qu’il n’y ait bornes désignant les limites desdits héritages. » XVII. Normandie , art. 4 , « la plante donnée ou jetée du fossé appartient à celui vers lequel elle est jetée et plantée , s’il n’y a titre ou possession au contraire. » XVIII. Coquille, t. Il, queest. 298, assure que, « la commune usance est que celui qui fait un fossé au conûn de son héritage pour le garder, jette la terre issant dudit fossé de son côté; en sorte que le bord du fossé de l’autre côté fait l’extrémité du confin , d’où vient la règle que le fossé appartient, pour le tout, à celui du côté duquel est le jet, c’est- à-dire la terre qui a été jetée du fossé ; et si le jet du fossé se trouve, tant de part que d’autre , duquel n’apparaisse aucun rejet, la présomption est que le fossé est commun entre les deux voisins. » XIX. Mornac y sur la loi 7, § i« r . ff. De péri - culo et commodo rei venditœ t hinc dicimus que tous fossés faisant la séparation des héritages voisins sont réputés mitoyens et communs , s’il n’y a titre, aut nisi per jactum terres y ex unâ tantum parte fuissepateats quod statuunt plures hujus regniCon - suetudincs ;putà RhemensiSy Antissidiorensis , Au- relianensisy cujus -verba ipsa adscribam , ciim In- tina Jieri non possint tam propriè : si le jet de la terre est d’un côté seul, celui-là est le seigneur du fossé qui a ledit jet. Molinenus istud ad eum arti- culum confirmât y -vide Chop., ad Consuetudinem parisiensem . lib. /, lit. IVy art. 22, cum art. 1 4 , De servitudinibus realibus in Consuetudine bituricensi : quôdside terres jactu nihilprorsus liqueaty vult Con- suetudo bituricensis fossam esse communem , c. //, De servitudinibus realibus, art. 14; Chassanœus cen- set ad rub. ultimamy § 1 Consuetudinis Burgundice, fossam esse quidem de confinibus juris illius qui eam fecerit, tamen non probare necessarià diversi- tatem fundorum ; et quodautem scribo de Consuetudine aurelianensi et aliis , deque Molinœi scholio , quotidianum est, et ita apud nos servari me primum docuit dominas Leotius, senator parisiensis. » XX. Loisel, de L’Hommeau et Pocquet ont établi une règle du droit français, que le fossé est réputé appartenir à celui du côté duquel est le rejet ou levée , que si le rejet est des deux côtés le fossé est réputé commun. XXI. Si la haie et le fossé sont en tel état qu’on ne puisse reconnaître à qui ils appartiennent véritablement y ils doivent être adjugés au propriétaire du fonds qui a le plus besoin ae clôture , Coquille , queest. 298. a Si par le milieu de la haie apparaît une concavité montrant qu’il y ait eu fossé, la haie sera présumée commune ; et s’il n’apparaît aucune marque, l’on doit présumer de la propriété de la haie selon la nature des héritages auxquels elle sert de clôture ; à savoir si elle est entre une terre labourable et un jardin ou une vigne , la présomp- HAL 248 HAL tion sera que la haie appartient à celui qui est propriétaire du jardin ou de la vigne, parce que telle sorte d’héritage a plus besoin de clôture , et par chacun an, et par chacune saison de l’année : de même si c’est entre la terre labourable et le pré, car le pré a besoin de clôture tous les ans. » XXII. Le Code civil porte, art. 670, que a toute haie qui sépare des héritages est réputée mitoyenne, à moins qu’il n’y ait qu’un seul des héritages en état de clôture, ou s’il n’y a titre ou possession au contraire. » Ainsi, la règle de Loisel, la disposition de la Coutume de Berri et l’opinion de Coquille, ne peuvent plus empêcher qu’on ne regarde comme mitoyenne, sauf le cas où il y a titre ou possession contraire , une haie qui, placée entre un pré et un champ, n’envelopperait pas le pré dans tout son pourtour. V. Fossé. XXIII. Les gardes forestiers doivent faire, de 3 mois en 3 mois , un rapport sur les bornes , haies et fossés étant à leur garde. ( Ord. de 1669 , tit. A, art. 10.) XXIV. L’art. 4^6 du Code pénal prononce la peine d’emprisonnement et une amende contre ceux qui détruisent des haies servant de limites entre des héritages. H AL AGE ( CHEMIN DE ). Le mot halage vient du verbe haler , en grec, elkein , qui signifie, en terme de navigation intérieure , remonter un bateau à la corde : ainsi on appelle chemins de halage ce qu’on laisse de chaque côté des rivières pour le passage des hommes et des chevaux qui remontent un bateau. I. Le Code civil porte , art. 65 o : « les servitudes établies pour l’utilité publique ou communale ont pour objet le marche-pied le long des rivières navigables ou flottables , la construction ou réparation des chemins et autres ouvrages publics ou communaux. » Tout ce qui concerne cette espèce de servitude est déterminé par des lois ou des réglemens particuliers. » II. L’art. 7 du titre XXVIII de l’ordonnance de 1669 porte s « les propriétaires des héritages aboutissant aux rivières r vvigables laisseront le long des bords 24 pieds au moins de place en largeur pour chemin royal et trait de chevaux, sans qu’ils puissent planter arbres, ni tenir clôture ou haie plus près que de 3 o pieds du côté que les bateaux se tirent et 10 pieds de l’autre bord , à peine de 5 co liv. d’amende , confiscation des arbres, et d’être les con- trevenans contraints à réparer et remettre les chemins en état à leurs frais. x> III. L’ exécution de cet article a été ordonnée par des arrêts du conseil, des 12 avril 1687 et 8 novembre 1689. IN . Les actions concernant les marche-pieds des rivières devaient être portées devant les officiers royaux des eaux et forêts, à l’exclusion de tous autres juges. ( Ord. de 1669, tit. I et III. — Arr. du Cons., du i 3 septembre 1740.) V. Aujourd’hui la police des chemins de halage est dans les attributions des administrations locales •et des ingénieurs de la navigation. HAL VI. Un arrêté du Directoire , du i 3 nivôse an i 3 (2 janvier 1797), ordonne l’exécution des anciens réglemens sur la navigation et les chemins de halage, indique la largeur de ces chemins, et défend aux propriétaires riverains d’y faire aucune plantation ni clôture. V. ce décret au Recueil , t. II, p. 3 / ( i, et à la page 34 o une note sur la compétence en matière de cours d’eau. VII. Un décret, du 8 vendémiaire an 14, ordonne que les contraventions à l’art. 7 du tit. XXVUI de l’ordonnance de 1669 , seront jugées administrativement, conformément à la loi du 29 floréal an 10, et révoque la disposition contraire qui se trouvait dans le décret du 4 prairial an i 3 , par lequel le même article avait été déclaré commun aux dépar- temens de la Belgique. VIII. Un décret, du 22 janvier 1808, porte que l’art. 7 du tit. XXV 11 I de l’ordonnance de 1669, relatif aux chemins de halage, est applicable à toutes les rivières navigables de la France, V. ce décret au Recueil. IX. Un autre décret, du 29 mai 1808, qui a réglé la police générale de la rivière de Sèvres , présente des détails sur l’ensemble des réglemens à observer pour la police de la navigation des rivières. V. au Recueil, t. II, p. 207. X. Une ordonnance du roi, du 26 août 1818, porte qne les conseils de préfecture ont le droit de statuer sur les matières de grande voirie ; que l’ordonnance de 1669 , en consacrant l’obligation de laisser un chemin de halage, impose une servitude, mais ne caractérise point une expropriation , et que les bateliers ne peuvent aggraver cette servitude. V . au Recueil, t. Il, p. 772. XI. Les dispositions du décret du 16 décembre 1811 , qui renvoient au conseil de préfecture le jugement des contraventions en matière de grande voirie, ont été rendues applicables aux canaux et rivières navigables. Les contraventions relatives à la servitude des chemins de halage et marche-pieds le long des rivières navigables et flottables, sont de leur nature matière de voirie, et doivent être réprimées d’après les mêmes règles. ( Ord. du roi, du 8 mai 1822.) XII. Il n’est dû aucune indemnité aux propriétaires qui, ayant planté des arbres sans une autorisation suffisante sur les bords d’une rivière navigable , ou dans l’espace qu’ils sont obligés de laisser pour le halage , seraient forcés d’arracher de suite ces plantations. ( Décis. minist ., du 17 janvier 1823.) V. Cours d'eau, Flottage , Rivière. HALE. Ce mot vient du grec halea, qui signifie l’ardeur du soleil. Le hàle parait être l’effet de trois causes combinées , le vent, la chaleur et la sécheresse. Il est principalement occasionné par les vents secs, qui ont déposé l’humidité dont ils étaient chargés sur des plaines arides ou au sommet des hautes chaînes de montagnes : c’est dans ces circonstances que les plantes transpirent beaucoup, et quelque*- fois se dessèchent. Lorsqu’on transplante de jeunes- plants, il est bien important de les garantir du hâte en couvrant leurs racines. Quelques miautes d’exposition à l’air suffisent quelquefois pour les frapper de mort. Les HAN arbres résineux , tels que les pins , les sapins , etc., sont principalement dans ce cas. On doit en tout temps, et principalement dans le hâle , mettre le moins d’intervalle possible entre l’arrachage et la transplantation des arbres, et lorsque les circonstances s’y opposent, il faut mettre le plant en jauge ou couvrir ses racines d’un peu de terre, de paillassons ou autres objets. La terre nouvellement labourée éprouve aussi les effets du hàle, et lorsqu’on sème pendant qu’il dure , la graine ne lève pas, ou lève mal ; c’est pourquoi il faut, autant que possible , éviter de semer pendant le hâle. H ALLIER. Buissons, arbrisseaux et broussailles. On dit : Ce lièvre s’est sauvé par les halliers. HANGAR , appendix. Espèce de remise pour les chariots, pour les bois , etc. Les bois qu’on tient à l’air, étant exposés au vent et au soleil, se dessèchent promptement : aussi ils se gercent, se fendent et se tourmentent au point de devenir quelquefois hors de service; lorsqu’ils sont en partie desséchés, la pluie les pénètre , et ils aspirent d’ailleurs l’humidité de l’air, des brouillards, de la rosée. Ces alternatives de sécheresse et d’humidité fatiguent les fibres, dont la tension augmente encore quand une forte gelée survient après la pluie. Ces accidens sont plus à craindre pour les bois gras, poreux et spongieux, où l’eau s’insinue avec facilité, que pour les bois durs et serrés. Les hangars peuvent préserver les bois d’une partie des inconvéniens ci-dessus exposés; mais ifs exigent des précautions dans la manière de les construire. Il faut, en général, éviter de trop renfermer les bois , sur-tout ceux qui ont encore leur sève, et de les entasser immédiatement les uns sur les autres ; il faut, au contraire, ménager assez d’espace entre les pièces pour que l’humidité qui s’échappe ne se porte pas de l’une sur l’autre, et ne s’amasse pas entre elles. On doit, particulièrement pour les pays chauds, laisser une issue aux vapeurs humides, sans trop ouvrir les hangars de chaque côté. On garnit l’aire du hangar avec de la glaise bien battue, sur laquelle on assied un bon pavé à chaux et à ciment; la charpente doit être soutenue par des arcades de pierres de taille, ou des poteaux de peu d’élévation ; cette halle se termine aux deux bouts par deux grands pignons , qui ont, chacun , deux grandes portes et une large fenêtre, qu’on ferme ; suivant les circonstances, par des venteaux et des contre-vents. On fait un plancher à jour à la hauteur de moitié du rez- de-chaussée , et on jette sur cette halle un grand toit élevé, et qui doit s’étendre jusqu’à 4 ou 5 pieds au-dessus du terrain, pour mettre le bois entièrement à l’abri du soleil et du vent. Pour donner issue aux vapeurs, non-seulement il faut que le plancher soit à jour, mais on doit encore faire au haut du toit des lucarnes, ou, mieux, des espèces de tuyaux de cheminées, qu’on tient tort larges,pour former des ventouses. HANNETON, melolontha.Le mot hanneton vient du latin alitonans , faisant du bruit avec les ailes. G’est un genre d’insectes de l’ordre des coléoptères, qui renferAte un très-grand nombre d’espèces , toutes nuisibles aux plantes, dont elles mangent les Tome II. HAN a 4y racines sous l’état de larves, et les feuilles sous celui d’insectes parfaits. Le Hanneton commun ou vulgaire se multiplie quelquefois au point de devenir un véritable fléau. Cette espèce est couleur de rouille, avec le corselet noirâtre et velu. Les femelles creusent avec leurs pattes antérieures un trou en terre de 6 pouces de profondeur, où elles déposent leurs œufs. 11 naît de ces œufs des larves constamment recourbées, molles, blanches, avec la tête et les pattes écailleuses, brunes. Ces larves , connues des cultivateurs sous les noms de vers blancs , de mans , de turcs , etc. , restent 4 ans entiers en terre avant de se transformer en nymphes : ainsi pendant 4 ans elles dévorent les racines des arbres et desplantes qui sont àleurportée, etqu’elles savent aller chercher souvent au loin. Dans les arbres, c’est l’écorce seule qu’elles entament; mais, dans les plantes, c’est la racine entière. Quoiqu’elles les mangent presque toutes, il en est cependant quelques-unes qu’elles préfèrent : ce sont les plus tendres et les plus succulentes. Ainsi les jardinièrs ont remarqué depuis long-temps qu’elles quittaient tout pour se jeter sur les salades , et ils ont saisi ce moyen pour les éloigner de leurs arbres en plantant des laitues. Ils jugent, par les feuilles qui se fanent dès que les racines sont endommagées, de l’endroit où sont les larves, et ils les cherchent alors avec la bêche pour les tuer. Tout jeune arbre, toute petite plante , dont les racines sont endommagées par les larves, languit ou périt. Les grands arbres , les plantes à nombreuses racines en souffrent plus ou moins, selon le nombre des individus qui les attaquent à-la-fois ou le temps qu’ils y restent. Les dommages qui en résultent sont peu sensibles dans les bois, dans les champs, parce qu’ils s’exercent sur un plus grand nombre d’objets et qu’on ne les observe pas; mais dans les jardins, dans les pépinières et dans les jeunes semis, ils font souvent le désespoir des cultivateurs. C’est au mois de mai que les hannetons sortent de terre , ils sont alors mous et faibles ; mais un jour d’exposition à l’air leur suffit pour consolider toutes leurs parties , et pouvoir commencer leurs ravages sous leurs nouvelles formes. Ils ne vivent guère que 7 à 8 jours, et l’espèce ne se montre que pendant environ un mois. Peu après que l’accouplement est terminé, le mâle meurt, et la femelle en fait de même dès qu’elle a achevé sa ponte. Les ennemis des hannetons sont très-nombreux : ce sont, parmi les quadrupèdes, les renards, les blaireaux, les hérissons, les fouines, les belettes , les rats et les autres congénères ; parmi les volatiles, quelques oiseaux de proie diurnes et nocturnes , les pies-grièches, l’engoulevent, les pies, les corbeaux, les dindons, les poules, etc. , etc. ; parmi les insectes, les courtilières, les carabes, les fourmis , etc. Quelque nombreux que soient les ennemis du hanneton, ils ne suffisent pas pour en opérer la destruction; il faut que l’homme y contribue autant qu’il est en lui, du moins dans les pépinières et dans les jardins. On parvient à en détruire un grand nombre en secouant, le matin„ à la fraîcheur, les jeunes arbres, et en battant les grands arbres avec 32 25o HAR HAR de longues perches. Ces insectes tombent engourdis, et on les écrase; mais il vaut mieux les ramasser pour les brûler ou les donner aux volailles , parce qu’en les écrasant les œufs des femelles ne sont pas détruits , et qu’ils peuvent éclore. Quant aux larves , il est difficile de les détruire ; cependant un cultivateur soigneux les écrase toutes les fois que la charrue ou la bêche les amène à la surface du sol. M. Bosc, à qui j’emprunte une partie de ces observations, conseille de faire des labours en été dans les pépinières, en observant que les labours d’hiver ne ramènent pas un grand nombre de larves à la surface du terrain , parce qu’alors elles sont à plus d’un pied sous terre. Le mois de mai lui paraît être l’époque la plus convenable pour faire ces labours , parce que c’est dans ce moment que les vers blancs, qui sont à leur deuxième année, remontent vers la surface de la terre, et qu’à raison de leur grosseur ils sont les plus redoutables. Duhamel veut aussi qu’on fasse des labours profonds , et que l’on conduise sur les guérets des dindons , qui recherchent les larves et les dévorent. Parmi les autres espèces de hannetons , on distingue le hanneton moyen , plus petit que le précédent ; le hanneton solsticial , de moitié plus petit que le premier, et qui paraît 2 mois plus tard; le hanneton estival , qui paraît peu de temps après le précédent et qui est encore plus petit ; le hanneton ruficorne , fort Voisin du précédent, mais plus petit ; le hanneton de la vigne , qui est glabre, vert en dessus, cuivreux en dessous , et de 6 à 7 lignes de long, qu’on trouve en été sur la vigne, le chêne et plusieurs autres arbres; le hanneton horticole , qui est d’un noir bronzé et d’une longueur de 4 à 5 lignes seulement. Toutes ces espèces sont plus ou moins nuisibles aux plantes et aux arbres. Il résulte de ce qu’on vient d’exposer, que l’on a peu de moyens de détruire les nombreuses espèces de hannetons, et que l’on peut bien plus compter pour cet effet sur leurs ennemis naturels. On ne peut donc trop rigoureusement exécuter les réglemens forestiers qui défendent de détruire les aires d’oiseaux , et on ne doit pas, d’un autre côté, faire une guerre à outrance aux quadrupèdes, tels que le renard et le blaireau , qui se nourrissent de ces insectes. HARNOIS. Ce mot vient du grec amakis , qui signifie peau d’agneau. Il signifie en général les traits, selles, colliers, brides, etc., qui servent aux chevaux pour tirer les voitures auxquelles ils sont attelés , et tout l’équipage qui les fait mouvoir. Les harnois sont confisqués, ainsi que les chevaux pris en contravention dans les bois. ( Ord. de 1669, fit. XXXII , art. 12.) HARO. C’est un terme de palais dont on se servait pour faire arrêt sur une personne ou sur une chose. Xa clameur de haro n’était ,d’usage qu’en Normandie : c’était une façon de procéder particulière à cette province. En criant haro sur un officier, on arrêtait sur-le-champ l’exercice de ses fonctions, et il ne pouvait passer outre , que le haro ne fût jugé ; mais le haro n’avait point lieu en matière d’eaux et forêts; tous édits, déclarations , arrêts, lettres-patentes et ordonnances concernant les eaux et bois de cette province, portant nonobstant clameur de haro. HART. Ce mot vient du mot celtique éré, qui signifie lien : c’est proprement un lien de bois. I. Il était d’usage, dans certains cantons, d’accorder aux adjudicataires des coupes de bois des harts dans les taillis pour lier leurs fagots, lors même que leurs coupes en fournissaient suffisamment. Cet usage ne pouvant être que très-préjudiciable à la conservation des bois , la régie des domaines a, par une circulaire du 14 thermidor an 7, ^recommandé aux agens forestiers de faire insérer dans le cahier des charges la défense expresse aux adjudicataires de prendre des harts ailleurs que dans leurs coupes lorsqu’elles pourraient en fournir. L’art. 57 du cahier de charges actuel réitère cette défense, et porte que lorsque les coupes ne peuvent en produire suffisamment, il peut en être accordé, dans les triages au-dessous de 6 ans, par l’inspecteur, sur estimation, le décime pour franc en sus, dont il est dressé procès-verbal. Les ouvriers chargés de couper les harts doivent être agréés par l’agent forestier. II. Le décime pour franc est exigé en vertu d’une décision du ministre des finances, du 29 mars 181 3 . III. Les droits de timbre et d’enregistrement des procès-verbaux pour délivrances de harts, rouet- tes , etc., doivent être remis aux agens forestiers chargés des délivrances. ( Circul. n». 5 19, du 16 juillet 1814.) IV. On a l’habitude dans quelques pays, en Bourgogne par exemple, de se servir de harts pour lier les gerbes des moissons, tandis que des liens de paille seraient plus commodes et plus faciles à se procurer. Cet usage donne lieu à de grands abus par la quantité de jeunes brins que l’on coupe dans les taillis ; et c’est pour empêcher ces abus que, par des arrêts du conseil, des 25 juillet 1758, 25 décembre 1781 et 3 o avril 1782 , et par une décision ministérielle du 24 messidor an 10, fondée sur les art. 18, tit. 111 ; 11, tit. XXVII, et 12, tit. XXXII de l’ordonnance de 1669, il a été défendu à tous habitans des communes de couper, même dans leurs bois, des harts pour lier les gerbes de leurs récoltes. V. ces décisions au Recueil. V. Un arrêt, du 3 o avril 1782, en maintenant les habitans de Tolmay dans le droit de prendre des harts dans les bois de la seigneurie dudit lieu, contient réglement sur la manière d’user de cette faculté. V. au Recueil. VI. Les habitans des communes riveraines du Rhin avaient demandé la permission de prendre des harts dans les bois , cette demande ne pouvait être accordée sans déroger aux réglemens : c’est ce qu’a fait connaître le préfet du Bas-Rhin à ses administrés , par une circulaire du 8 juillet 1810- VII. Malgré les défenses générales de couper des harts dans les forêts, et la nécessité d’obliger les habitans des communes à renoncer à un usage qui occasionne la ruine des bois, il arrive que,’ chaque année , toujours sous différens prétextes, on adresse au gouvernement des propositions tendant à permettre des coupes de cette nature, et au moment même des HEP récoltes , de sorte que l’urgence et la crainte de priver les propriétaires d’une ressource dont ils ne pourraient se passer, deviennent un moyen de succès 5 mais si MM. les préfets, dans les départemens où cet usage tend à se maintenir, avertissaient leurs administrés qu’ils doivent y renoncer pour toujours, on le verrait bientAt disparaître, et on ne couperait plus pour faire des liens, des brins destinés à former des arbres. La délivrance des rouettes n’est pas moins funeste aux taillis. V. Rouettes. HAUT 1 . ' F. de charbon.) On nomme grand haut le troisième lit d’un fourneau , et petit hautle quatrième et quelquefois le dernier lit. V. Charbon. HAUTE-FUTAIE. On appelle haute-futaie le bois où l’on a laissé parvenir les arbres à toute leur grandeur. N. Futaie. HAUTE-TAILLE ou HAUT - TAILLIS. V. Faillis. HAUTEUR DES ARBRES. V.^pour la manière de connaître la hauteur des arbres, l’article Estimation des bois. HECTARE. Ce mot est formé par contraction du mot grec hecaton , cent, et du mot latin area, are5 d’où on fait aire, surface, et peut-étro arpenter. C’est une nouvelle mesure de superficie qui contient 100 ares. Il vaut deux arpens d’ordonnance, moins quatre centièmes d’arpent, à très-peu de chose près. Il contient jo,ooo mètres carrés, ou 10,000 centiares, puisque le mètre carré vaut un centiare. Dans tous les actes, les superficies doivent être exprimées en hectares , ares et centiares. Y. Are et Mesure. HECTOGRAMME. Contraction d'hecatogramme, composé du grec hecaton , cent, cent fois , et de gramma, gramme. C’est un poids nouveau qui contient ioo grammes, et en poids de marc 3 onces 2 gros 10 grains de grain. Il est destiné à. peser les marchandises qui se vendent en petites quantités , et à faire les appoints de plus grands poids. V. Mesure. HECTOLITRE. Contraction d ’hécatolitre, du grec hecaton , cent, cent fois, et de litra, litre , ancienne mesure grecque d’où le litre tire son nom. C’est une nouvelle mesure de capacité, qui contient 100 litres, et le litre est l’unité des mesuresde capacité. En mesures anciennes, la capacité de l’hectolitre est de 107 pintes de Paris pour les liquides , et de 88 boisseaux de Paris pour les matières sèches. Dans ce dernier cas, il remplace le setier , dont il forme ù-peu-près les deux tiers. V. Mesure. HECTOMÈTRE. Contraction à'hécatomètre, du grec hecaton, cent, cent fois, metron, mesure. C’est une nouvelle mesure linéaire de cent mètres. Il vaut, en mesures anciennes, 5 i toises 1 pied 10 pouces 1 ligne 7 points i cinquième de point (environ 3 o 8 pieds). V. Mesure. HEPTANDRLE. Terme de botanique composé de deux mots grecs, qui signifie sept maris. fÀheptandrie est la septième classe du système sexuel de Linné, qui renferme les plantes dont les fleurs ont sept étamines distinctes. V. Botanique 3 e . section. HER 25 t HERBACÉ. Une tige herbacée est celle qui n’est pas ligneuse , et qui périt après avoir fructifié. HERBAGE, pascua. Ce mot signifie toutes sortes d’herbes de jardins, de prés, de bois , et il s’entend des herbes qu’on fait pâturer. ' Il y a des forêts dans lesquelles il se fait des adjudications d’herbages et pâturages. Les adjudicataires sont tenus, dans ce cas, de donner caution , de même que pour les paissons et glandées , aiusi qu’il est ordonné par l’art. 2 du tit. XVIII de l’ordonnance de 166g, et par arrêt du conseil, du 4 février 1690. Les Coutumes d’Anjou , art. 182, et du Maine, art. 200 , appellent droit d’herbage et de pâturage , un droit d’usage dans les bois pour le pacage des bestiaux. V. Pâturage. HERBES. Les herbes et les feuilles fournissent, par leur décomposition, le seul engrais que reçoit le sol forestier ; elles servent de lit d’incubation aux graines destinées au repeuplement naturel, et il n’est pas possible de les enlever sans rompre ou couper les jeunes plants : c’est par ces motifs que l’ordonnance en défend l’enlèvement. Ainsi, toutes personnes trouvées coupant ou amassant, le jour, des herbes de quelque espèce que ce soit dans les forêts de l’état, doivent être condamnées , pour la première fois, à l’amende ; savoir, pour faix à cou, 5 fr. ; pour charge de cheval ou bourrique , 20 fr. ; et pour charretée, 40 fr. ; au double pour la seconde, et en tout cas les chevaux et harnois doivent être confisqués. ( Ord. de 166g, tit. XXXII, art. 12.) Ces amendes doivent être prononcées autant de fois qu’il y a eu de personnes trouvées arrachant des herbes et chargées de choses prohibées. ( Arr. de la C. de cass., du 7 janvier 1814O Les restitutions doivent toujours être égales aux amendes , même pour les délits de dépaissance et d’enlèvement d’herbages. ( Ib. , du 11 février 1808 et 9 avril 1809.) HERBIER, herbarium. C’est une collection méthodique de plantes desséchées. Comme il serait difficile de connaître un grand nombre de plantes, si on ne les avait souvent sous les yeux pourvues des divers caractères qui les distinguent, on a pris le parti de former des collections, des jardins botaniques et des figures qui les réunissent ou les représentent, etqui procurent l’avantage d’uneétude comparative plus facile et plus fréquente que celle que l’on peut faire dans la campagne, où il faudrait, pendant unelongue suite d’années, épier le moment du développement de leurs fleurs et de leurs autres organes. L’étude même des plantes forestières exige qu’on en fasse des herbiers,.composés, pour les arbres, de jeunes rameaux garnis de feuilles , de fleurs et de fruits. On ajoute à l’utilité de ces collections eu réunissant des échantillons de bois de chaque espèce , auxquels on donne la forme d’un volume, dont le dos est recouvert par l’écorce et étiqueté du nom de l’arbre : ces échantillons, ainsi préparés, se placent comme des livres dans les rayons d’une bibliothèque : c’est ce qu’on appelle bibliothèque forestière; mais [jour que ces -collections soient vraiment utiles à l’étude, R faut les composer soi-même, 32 * HER a5a parce qu’en maniant souvent les plantes on apprend mieux à les connaître. Quant à la manière de composer un herbier ordinaire, voici celle que nous indique Jean-Jacques Rousseau , qui aimait passionnément les plantes : k On peut se faire un très-bon herbier sans savoir un mot de botanique ; tous ceux qui se disposent à étudier la botanique devraient commencer par là. Quand ils auraient desséché un assez bon nombre de plantes , et qu’il ne s’agirait plus que d’y ajouter les noms , il y a des gens qui leur rendraient ce service pour de l’argent ou pour quelque chose d’équivalent : d’ailleurs, n’avons-nous pas, dans presque toutes les villes un peu considérables, des jardins botaniques où les plantes sont disposées dans un ordre méthodique, marquées d’une étiquette sur laquelle leur nom est inscrit? Pour peu que l’on ait une idée delà méthode adoptée et les premières notions de l’A, B, C de la botanique, c’est-à-dire les premiers élé- mens de cette science, on y trouve les plantes que l’on cherche, on les compare, on en prend les noms, et c’en est assez ; l’usage fait le reste et nous rend botanistes; mais ne comptez guère sur les meilleurs livres de botanique pour nommer, d’après eux, des plantes que vous ne connaîtriez pas. Si ces livres ne sont pas accompagnés de bonnes ligures, iis vous fatigueront sans succès ; à chaque pas, ils vous offriront de nouvelles difficultés, et ne vous apprendront rien... Ne vous attendez pas à conserver une plante dans tout son éclat ; celles qui se dessèchent le mieux perdent encore beaucoup deleurfraicheur... De tous les moyens employés à la dessiccation des plantes , le plus simple , celui de la pression , est préférable pour un herbier; les couleurs peuvent être conservées aussi bien que par la dessiccation au sable , et les plantes desséchées y sont moins volumineuses et moins fragiles... Ayez une bonne provision de quatre sortes de papiers: :°. du papier gris, épais et peu collé; 2 °. du papier gris, épais et collé; 3 °. du gros papier blanc sur lequel on puisse écrire ; et 4 °- du papier blanc sur lequel vous fixerez vos plantes lorsque la dessiccation sera complète... Lorsque vous voudrez dessécher une plante, il faut la cueillir par un beau temps; et lorsque ses fleurs seront épanouies , laissez-la quelques heures se faner à l’air libre... Dès que ses parties seront amollies , étendez - la avec soin sur une feuille de papier gris de la première espèce dont j’ai parlé; mettez dessous cette feuille une feuille de carton et dessus douze à quinze doubles de papier de la première espèce; mettez le tout entre deux ais de bois ou deux planches bien unies, que vous chargerez d’abord médiocrement, et dont vous augmenterez peu-à-peu la pression à mesure que la dessiccation s’opérera. Il est plus avantageux de se servir de ces petites presses de brocheuses , parce que l’on serre si peu et autant qu’on le veut ; au bout d’une heure ou deux , serrez-la davantage, et laissez-la ainsi 24 heures au plus ; retirez-la ensuite , changez-la de papier et mettez dessous une autre feuille de carton bien sèche, ainsi que les feuilles de papier que vous allez mettre dessus ; remettez le tout en presse ; serrez plus que la première fois; laissez ainsi deux jours votre plante sans y toucher ; changez-la encore une HÉR troisième fois de papier, mais prenez du papier gris collé ; serrez encore davantage la presse, et ne mettez dessus que trois ou quatre doubles de papier ou seulement une feuille de carton dessus et une dessous ; laissez-la ainsi en presse deux ou trois fois 24 heures; si, lorsque vous retirerez votre plante, elle ne vous parait pas assez privée de son humidité, vous la changerez encore plusieurs fois de papier. (Il y a des plantes qu’il suffit de changer deux fois de papier et d’autres qu’il faut changer jusqu’à six fois : celles qui sont de nature aqueuse exigent qu?on en accélère la dessiccatipn). Mais si au contraire les parties qui la composent ont déjà perdu de leur flexibilité , il faut la, mettre dans une feuille de gros papier blanc , où on la laissera en presse jusqu’à ce que la dessiccation soit parfaitement achevée : ce sera alors qu’il faudra songer à assurer pour longtemps la conservation de votre plante. Elle pourra être employée à la formation de votre herbier ; il 11e s’agit plus que de la fixer, de la nommer et de la mettre en place... Pour garantir votre herbier des ravages qu’y feraient les insectes , il faut,tremper le papier sur lequel vous voulez fixer vos plantes dans une forte dissolution d’alun, le faire bien sécher et y attacher vos plantes avec de petites bandelettes de papier que vous collerez avec de la colle à bouche : c’est avec cette colle que vous pourrez aussi assujettir les organes de la fructification des plantes lorsque vous aurez eu la patience de les dessécher à part... Il serait bon d’avoir plusieurs échantillons de la même plante, sur-tout si elle est sujette à varier... Il faut renfermer vos plantes dans des boîtes de tilleul, que vous étiquetterez : il faut qu’elles soient dans un lieu sec, etc. » HERBORISER. C’est rechercher les plantes qui croissent spontanément dans un pays. On,étudie la botanique dans les livres, dans les jardins botaniques, dans les herbiers ; mais il est nécessaire d’aller souvent voir les plantes dans les lieux agrestes et variés, où la nature seule prend soin de leur culture : c’est là que le botaniste attentif doit profiter des ressources que la nature lui offre pour la connaître ; c’est là qu’il doit ramasser les matériaux de son herbier , et non pas dans les jardins botaniques, où la culture rend souvent les plantes monstrueuses et contrefaites. HÉRITIER D’UN PRÉVENU DE DÉLIT. 11 n’y a pas lieu de poursuivre l’action publique contre l’héritier d’un prévenu de délit forestier mort avant le jugement, attendu que celui qui meurt non condamné est censé mourir innocent. ( Arr . de la C. de Dijon, du 26 décembre 1809, conforme à l’ art. 2 du Code d’instr. crim.) Mais observons que l’action civile n’est pas suspendue par la mort du prévenu. V. Action- En principe général, les peines sont personnelles et s’éteignent avec la mort de celui qui les a encourues. C’est sur ce principe qu’est fondée une décision du ministre des finances 3 du i 5 juillet 1806, portant qu’en matière d’enregistrement l’amende encourue par une personne décédée et contre laquelle il n’y aurait pas eu de jugement, est éteinte par la mort de cette personne. Mais si un jugement de condamnation a été pro- HÊT HÊT 2 53 noncé, par exemple , contre un notaire pour défaut d’enregistrement de ses actes, ou s’il a souscrit une obligation, ses héritiers sont tenus de payer le montant des amendes. V. le Dictionnaire d’enregistrement, au mot Héritier. En matière forestière, les cautions et les personnes civilement responsables étant tenues de payer les amendes, il en résulte d fortiori que le montant peut en être perçu sur les biens délaissés par le condamné, c’est-à-dire par les héritiers. HERMAPHRODITE, Qui a les deux sexes. La fleur hermaphrodite est Pelle qui a étamines et pistils. Les fleurs qui n’ont que des étamines sont nommées mâles, et femelles celles où l’on ne trouve que des pistils. V. Botanique. HERMES, HERM ou ERMES. La Coutume du Boulonnais entend par ces mots les terres en friche- qui ne sont occtipées par personne. Cette Coutume , art. 33 1 , les attribuait au seigneur. Y. Communes ; ou Communan±. HERMES. I)u grec Fermés , mercure. C’était, chez les anciens, une statue de Mercure sans bras et sans pieds. Les Romains la plaçaient, sous le nom de Therme, sur les grands chemins aux endroits où les routes se croisent. Y. Bornes. HERS1LIÈRES. {T. demar .)Pièces de bois cour- lies placées au bout des plats-bords d’un bâtiment, et qui sont sur l’avant ei sur l’arrière pour les fermer. HÉTÉROPHYLLE. Plante qui porte des feuilles notablement dissemblables les unes aux autres par leur figure. Les plantes aquatiles sont souvent hé- térophylles. HÊTRE, fagus. Gen re d’arbres de la monoécie polyandrie et de la famille des amentacées. Dénomination. — On le nomme, dans quelques provinces, le fau , le fayard , le fouteau, le fays. Il s’appelle en allemand bûche , buche-baum , mast- buche; en anglais, beeche; et en italien , faggio. Histoire. — Le mot fagus vient d’un mot grec qui signifie manger : Ita dicta d comedendo , quod ante inventas fruges (ut fabulantur poetœ) homines ejus arboris glandibus solerent victitare. ( Calep ., Dict.) Les anciens connaissaient le hêtre, et Pline l’a désigné de manière à ne laisser aucun doute à ce sujet. « Son gland, dit-il, qui ressemble à un noyau, est recouvert d’une peau triangulaire; sa feuille est mince et légère , elle ressemble à celle du peuplier, et jaunit très-vite... Les mulots, les loirs, les grives , en mangent la graine avec avidité. Presque tous les arbres , et sur-tout le hêtre , ne portent de fruits en abondance que de 2 ans en 2 ans... Le gland de hêtre réjouit les cochons, et rend leur chair tendre à cuire, légère et de facile digestion... L’écorce du hêtre , étant desséchée, sert aussi à je ne sais quel usage religieux ; mais, au surplus , l’arbre lui-même ne dure pas long-temps... Pline ajoute qu’on fendait le hêtre en planches minces , dont on faisait des caisses et des vases réservés pour les cérémonies religieuses : F'agi glans nucleis similis , trianguld eu te includitur ; folium tenue, atque è levissimis, populo simile, celerrime flavescens.... Fagiglans muribus gratissima est, etideo animalis ejus und proventus ; glires quoqrte saginat; expetitur et turdis. Arborum fertilitas omnium ferè alternat, sed maxime fagi... Glans figea suem hilarem facit, camem coquililem, ac lèvent et utilem stomaçho... A suçco neenon yt quodam usu sà crorum religiosus est fagi cortex ; sed non durât arbor ipsa . (Plin., lib. AVI.) Facilis. est fagus, quanquam fragilis et tenera. Eadem stc- tilibus laminis in tenui flexilis, capsisque et scriniis sola ulilis. (Ib.,cap. XLIII.) Plusieurs des régions de Rome étaient distinguées par des noms de forêts. « Il y a encore aujourd’hui, dit Pline', le quartier de Jupiter fagutal (de fagus ',, où était anciennement un bois de hêtres. Nous avons aussi la porte Querquétulane , ainsi appelée à cause d’un bois de cliênas , et la colline Yiminale , ainsi nommée à cause des osiers qu’elle produisait : Syl- varum ( nomen ) certè distinguebaturinsignibusffagu- tali Jovi etiam nunc , ubilucus fageus fuit. Virgile a parlé du hêtre dans ces vers si connus : Tityre , tu palultv recubnns sub tegmine fagi, Sylvestrem tenui m usant méditons avenâ. Eclog. I. Aujourd’hui le hêtre est très-rare dans l’Agro-Ro- mano et même dans tous les Etats Romains; mais il y en a des forêts dans les autres parties de l’Italie. ESPÈCES. Nous n’avons qu’une seule espèce de hêtre dans les forêts de l’Europe, c’est le hêtre des ho\s, fagus sylvatica (Lin.). Il en existe deux autres espèces, qui sont naturelles à l’Amérique septentrionale : ce sont le hêtre blanc , fagus sylvestris americana; et le hêtre ferrugineux, fagus ferruginea. On cultive aussidansles jardins, enEurope, un hêtre connu sous le nom de hêtre pourpre , fagus purpurea, dont on ne connaît pas l’origine. Le Hêtue des bois ,fagus sylvatica (V. la fig. à P Atlas , PI. X V)esl un arbre delà première grandeur, qui, par son utilité, rivalise avec le chêne, et qui, par la beautédeson port etson feuillage épais et brillant, se fait remarquer parmi tous les arbres forestiers. Sa tige, lorsqu’il croît dans un sol qui lui convient, acquiert en 120 ans une grosseur considérable , et son sommets’élèveà 90et 100pieds de hauteur; elle présente quelquefois un fût de 60 pieds, sans aucune branche et sans nœuds; elle est droite, bien proportionnée dans toute sa longueur, et revêtue d’une écorce épaisse, grise et parfaitement unie ; sa tète est large et touffue, d’une forme régulière et arrondie. Il habite les climats tempérés de l’Europe. On 11e le trouve ni dans les contrées glacées du Nord , ni dans les pays très-chauds. 11 aime les coteaux et les plaines; il se plaît beaucoup sur le penchant des montagnes: celles de la Suisse, des Pyrénées et des Alpesen sont couvertes.On l’y trouve à la même hauteur que le sapin, avec cette différence que le sapin est placé du côté du nord,et le hêtre du côtédumidi. Cet arbre forme à lui seul, ou mêlé avec le chêne, des forêts d’une grande étendue et les plus belles futaies que l’on puisse voir. Son association avec le chêne est très-avantageuse, parce que n’étant pas pourvu d’un pivot aussi long, mais ayant une grande quantité déracinés latérales, il trouve sa nourriture dans les couches supérieures du terrain; tandis que l’autre va la puiser à une plus grande profondeur. HET 2 V ( Ses branches sont nombreuses, menues et un peu j>endantes : elles sont alternes. L’ écorce , sur les jeunes tiges et les rameaux, est d’un vert brun , et sur les vieux troncs elle est grisâtre et toujours unie, à moins que des circonstances particulières n’y aient occasionné des gerçures. Les feuilles sont placées alternativement sur les rameaux, et attachées à de courts pétioles, qui n’ont que 3 à 4 lignes ; elles sont ovales, un peu, pointues, unies des deux côtés et d’un vert glacé en dessus, ondées sur les bords , garnies, dans leur jeunesse, de poils légers, de même que leur pétiole , et accompagnées de stipules à leur base. Elles paraissent au commencement du mois de mai; il en tombe une partie en automne , les autres demeurent sur l’arbre jusqu’à ce qu’elles soient chassées par les feuilles nouvelles. Les fleurs viennent en même temps que les feuilles, et se montrent d’abord sous la forme de boutons très-apparens. Les fleurs mâles et les fleurs femelles naissent sur le même arbre, mais séparées ; les premières forment des chatons pendans, globuleux, serrés, ayant jusqu’à 2 pouces de long : elles ont depuis 8 jusqu’à 2 o étamines de couleur jaunâtre ; les fleurs femelles forment des boutons rudes au toucher , d’un vert rougeâtre et terminés en pointe. Elles sont composées d’un calice à 6 divisions, d’un style, de trois stigmates et d’un ovaire à trois loges. Le hêtre ne porte des fruits que lorsqu’il a acquis une grande partie de son accroissement, et c’est pour cette raison que dans les pays où les graines propres à la nourriture des porcs se trouvent rares, il est très-important délaisser croître le hêtre en futaie. Le fruit est une capsule ovale, coriace, hérissée de pointes molles, et dont le développement est complet à la fin du mois de juin. Cette capsule devient d’un brun rougeâtre, et s’ouvre en quatre parties dans le mois d’octobre , époque à laquelle elle laisse tomber deux semences triangulaires, pointues à l’extrémité , obtuses à leur base, et recouvertes d’une peau brune, unie et brillante : ces semences s’appellent faînes. La récolte en est quelquefois très-abondante ; mais il arrive ordinairement qu’après une année très-fertile, il s’écoule 2 ou 3 années sans que l’arbre produise beaucoup de graines, soit parce qu’il est épuisé, soit parce que les circonstances atmosphériques qui favorisent sa fécondation se rencontrent rarement. Culture. . Récolte des semences .—Cette récolte se fait lorsque les capsules s’ouvrent et commencent à laisser tomber leurs graines , ce qui arrive vers la fin de septembre et au commencement d’octobre. On y procède de plusieurs manières : on monte sur l’arbre , on en secoue les branches ou on les frappe légèrement avec de longues perches, et on réunit les semences dans des draps grossiers , qu’on a. étendus sur la terre, ou bien on ra.masse les faines qui sont tombées naturellement, soit à la main, soit avec un balai quand le terrain le permet; dans ce dernier cas, on les sème avec les capsules, c’est-à- dire telles qu’on les a ramassées, ou bien on les passe au crible ou à la claie, et on les vanne à la manière des HÉT grains, opération qui se fait dans la forêt même ou dans une aire de grange. Comme les faines s’échauffent et germent facilement, on doit éviter de les laisser séjourner dans des sacs; il faut les étendre dans un grenier et les remuer souvent. Elles se sèment soit en automne après-la récolte, soit au printemps suivant. Conservation des faînes. — Lorsqu’on ne veut semer qu’au printemps, on les fait sécher en les étendant comme nous venonsde ledire, et en les remuant une fois par jour, et lorsqu’elles sont bien ressuyées, on en forme des tas de 2 à 3 pieds de haut dans un grenier planchëié , puis on les recouvre de paille de l’épaisseur d’un pied, pour les préserver de la gelée et d’une trop grande dessiccation ; on les laisse dans cet état jusqu’au printemps. Cette méthode est sans contredit la plus simple et la plus sûre de toutes. On peut aussi conserver les faines dans du sable frais, qu’on place dans une caisse ou dans un tonneau, et dont on arrose légèrement le sable une fois par mois. Epreuve de la semence. — Pour s’assurer si la se - mence est bonne , on fend plusieurs faînes en deux parties dans leur longueur. Si l’amande est blanche, succulente et fraîche , si le germe qui se trouve vers la pointe partage ces qualités , et si enfin l’amande a conservé sa douceur et son goût ordinaires, la semence est bonne et peut être employée ; mais si, au contraire, l’amande n’a plus sa couleur blanche, si elle a contracté un mauvais goût de rance, ou si elle est tout-à-fait desséchée, les semences ne valent plus rien , et il faut se garder d’en faire usage. Quantités de semence à employer. — Dans les terrains et les situations favorables, on emploie par hectare, pour les semis en plein , 170 kilogr. ou 43 décal. de faines, et dans les autres 240 kilogr. ou 60 décal. : il ne faut que les deux tiers de ces quantités lorsqu’on sème en rayons. Terrain. — Le hêtre se plaît beaucoup dans un fonds d’argile frais, mêlé de terre végétale, de sable ou de pierrailles, lors même qu’il n’aurait pas beaucoup de profondeur. Il vient bien dans les terrains calcaires, et il réussit même dans toute sorte de terrain, pourvu qu’il ait un pied et demi à 2 pieds de fond. On en voit aussi dans des sols moins profonds, qui acquièrent beaucoup d’accroissement; mais les terrains très-sableux ou très-glaiseux, comme aussi les fonds humides et marécageux, ne lui conviennent pas ; il aime les plaines et le penchant des montagnes exposées au nord, où il acquiert une grande croissance ; il vient même assefc bien sur les hautes montagnes , si le terrain est bon ; on l’y voit croître jusqu’à la hauteur où commence la végétation du myrtile des Alpes, vitis idea; mais il n’y parvient pas à des dimensions considérables. En effet, des tiges de 120 ans , crues en massif dans cette situation, ne produisent guère au-delà de 25 pieds cubes chacune , tandis que des arbres du même âge, dans un climat tempéré, donnent 5 opieds cubes et au-delà. Le hêtre, placé dans les positions qui lui conviennent, acquiert, comme futaie, dans l’espace de 120 à 1 5 o ans , toutes les qualités économiques qui peuvent en déterminer l’exploitation ; cependant il est encore susceptible, à cet âge, de croître en hauteur et a 55 HÊT en grosseur lorsque le terrain et le climat lui conviennent parfaitement. M. Hartig a exploité dans la Wettéravie des hêtres de 3 oo ans qui étaient encore bien sains. L’un de ces arbres avait 125 pieds de haut ; il cubait 1400 pieds, mesure du Rhin; ce qui présente environ i960 pieds cubes de bois de corde avec les interstices, ou de i 3 à 14 cordes de 144 pieds cubes, sans compter les branches. Guyot, dans son Manuel forestier, rapporte avoir mesuré des hêtres qui avaient, tout compris, jusqu’à 120 pieds de hauteur, et dans le tronc desquels on pouvait prendre deux bateaux ou batelets, chacun d’une seule pièce. 11 en a vu un près de Clermont, en Ar- gone , dont le tronc avait 3 o pieds de tour , et qui végétait parfaitement. Il était situé dans une vallée, près d’un ravin, et il avait donné son nom à cette partie de la forêt, qui se nomme encore la contrée du gros hêtre. Suivant les époques des anciens titres, il peut avoir au moins 5 oo ans : son tronc n’a que 18 à 20 pieds de hauteur; mais en revanche il porte sur sa tète, qui est une espèce de plate - forme, autant d’arbres qu’il y a de grosses branches. Préparation du terrain et semis. —Les semis de hêtre se font, soit en automne, aussitôt après la récolte des faines , soit au printemps suivant : ceux de l’automne réussissent ordinairement beaucoup mieux , parce que les faînes ne se conservent pas bien pendant l’hiver; cependant comme les jeunes plants lèvent de très-bonne heure au printemps et qu’ils sont très-délicats, ils ont souvent à souffrir des gelées tardives, sur-tout lorsque le semis est en plaine et sans abri. D’un autre côté, les graines sont exposées à etre mangées par les mulots pendant l’hiver: c’est pourquoi on doit semer au printemps, c’est-à-dire dans le mois d’avril, lorsqu’on redoute le ravage de ces animaux, ou lorsque les endroits à semer sont dépourvus d’abri ; et en automne, dans les lieux qui se trouvent abrités, comme les places vagues dans les coupes, etc. La préparation du terrain et le mode d’ensemencement dépendent de la situation et de la nature du local. i°. Si c’est un terrain nu et qui puisse être labouré d’une manière régulière, on procède au labour comme pour semer du blé. 2°. Si cette culture n’est point praticable, ou qu’on ne veuille pas l’employer, on lera enlever les gazons pendant l’été ; on en formera des fourneaux, auxquels on mettra le feu lorsque les gazons seront bien secs, et on en répandra la cendre sur la place ; après quoi, on y donnera un labour. Vers le milieu du mois d’avril suivant, on répandra la semence sur cette terre labourée , et en quantité suffisante pour qu’il y ait de 4 à 6 faines par pied carré. On répandra en même temps sur le terrain une demi-semence d’avoine, et on hersera dans la direction opposée aux rayons, jusqu’à ce que les faînes soient recouvertes d’un pouce à un pouce et demi de terre ; elles ne tarderont point à lever, et elles trouveront un abri pendant l’été sous l’avoine qu’on aura semée. Il faut avoir l’attention de ne point semer trop d’avoine , et de la couper avec beaucoup de précaution lors de la moisson. 3 °. Quand le local à semer ne peut pas être labouré à la charrue, on le fait houer par bandes ou HÊT par places, comme on l’a indiqué pour la culture du chêne ; mais, dans ce cas, les semences ne doivent être recouvertes que d’un demi-pouce à un pouce et demi, et il n’en faut par hectare que 100 à 120 ki- logr., ou 25 à 3 o décal. 4 °. Mais si le terrain n’est pas très-embarrassé de mauvaises herbes , ou s’il s’agit de regarnir des vides dans une coupe, l’ouvrier prendra un sac plein de faines et un large hoyau, avec lequel il lera , dans une direction donnée, des trous de 2 à 3 pouces de profondeur au plus , y placera deux ou trois faines, qu’il recouvrira avec son instrument, et continuera ainsi, en laissant entre chaque trou une distance convenable. Cette méthode est très-expéditive; mais elle 11e doit être employée que lorsque le terrain ne présente point de difficulté, et lorsqu’il a été disposé par les pluies et la gelée de manière à se bien diviser et à recouvrir parfaitement la semence. Elle ne doit point avoir lieu sur les terrains gazonnés, et dans tous les cas on doit bien se garder de renfermer les semences sous des mottes de gazon, comme cela arrive quelquefois ; il faut , si on se décide à semer dans ces terrains sans les labourer, y enlever des gazons minces et de 6 à 8 pouces en carré, remuer le fond du trou avec la houe, y jeter deux ou trois faînes et les recouvrir de terre meuble ; on laisse les gazons sur la place , ou bien on les divise en petits morceaux, et on les répand sur le terrain. On doit, dans tous les cas, pour les semis de faines, avoir pour règle de ne point les enterrer de moins d’un demi - pouce, ni de plus d’un pouce et demi; de n’employer pour cette couverture qu’une terre bien ameublie, parce que le jeune plant, qui se montre toujours avec ses lobes séminaux, ne pourrait se faire jour à travers une terre compacte ou ga- zonnée. Les jeunes hêtres lèvent dès le mois d’avril. Les lobes ou cotylédons qui les accompagnent hors de terre, sont d’un beau vert en dessus et d’un blanc verdâtre en dessous : c’est du milieu de ces lobes que s’élève la jeune tige et que paraissent les feuilles ordinaires , et .alors ces cotylédons se flétrissent et tombent. Les jeunes plants de hêtre demandent de l’ombre pendant quelques années, et ils sont, principalement dans la première année, très-endommageables par les gelées ; celles du printemps où ils lèvent, les tuent jusque dans les racines. Il est donc important qu’ils aient des abris pendant leur enfance contre la gelée et même contre les trop grandes chaleurs ; mais quand ils ont atteint un pied et demi à 2 pieds de haut, ils n’ont plus rien à redouter de la température. Plantation en massif. — La plantation du hêtre se fait comme celle du chêne , dont nous avons déjà parlé à l’article de cet arbre. V. aussi Plantations et Semis. Quand le terrain à planter en hêtre est nu , on le prépare comme il a été dit plus haut. On y pratique des trous de 10 pouces de large et de 4 pouces de profondeur, à la distance de 3 pieds en tous sens et en échiquier ; on place dans chacun de ces trous deux plants de l’âge de 3 à 4 an s, que l’on sépare de 4 à 5 pouces. On trouve abondamment du plant de H ET *56 cet âge dans les forêts, et notamment dans Les coupes exploitées par éclaircies; mais en général il vaut mieux semer que planter, parce que la reprise des plants est difficile , et que les arbres provenus de semence sont toujours plus beaux, et parviennent à des âges plus avancés. Pépinière. — La culture du hêtre en pépinière ne diffère pas beaucoup de celle du chêne ; seulement, comme les plants du hêtre sont très-sensibles aux gelées , il faut abriter le semis, et même le couvrir de mousse ou de paille. On ne lève le plant qu’après l’avoir laissé 2 ou 3 ans en placé; on le transplante en massif de forêt, en lui conservant, autant que possible , toutes ses racines et toutes ses branches. Si on le destinait à être planté en avenue , en quinconce ou en palissade , il faudrait, après l’avoir tiré du semis, lui faire subir une première transplantation en pépinière, et le diriger comme le chêne , c’est-à-dire le conserver pendant 2 ans dans la pépinière-plantation , ménager ses branches pendant la durée dé l’entretien, et le planter en place, .en touchant le moins possible à ses racines , à ses branches et à sa tige. Exploitation. — Le hêtre repousse de souche ordinairement jusqu’à I’àge de 4 o à 5 o ans, quand l’exploitation se fait suivant les règles de l’art ; mais il est d’expérience que des souches plus vieilles ne produisent souvent plus de rejets, et qu’en général le hêtre ne convient pas en taillis. Jjous avons déjà fait observer que les jeunes plants de cet arbre étaient très-sensibles aux froids et aux chaleurs, et il a encore cela de particulier que sa fécondité est fort tardive. En effet, lorsqu’il est en massif de forêt, il ne commence à porter des fruits que vers sa soixantième année ; mais à mesure qu’il avançe enàge, il devient de plus en plusfécond. Dans les situations tempérées , il donne des semences presque^oqs les ans , et l’on peut compter sur une abondante famée tous les 5 ans ; sur les hautes montagnes froides , les fainées sont bien plus rares, et il se passe souvent 4 et 5 ans sans qu’il y ait aucune semence, ét à peine y a-t-il une récolte entière tons les ]6 à 12 ans. Exploitation en futaie. —Le hêtre , dans les terrains qui lui conviennent, continue à croître jusqu’à 120 et i 5 o ans. Nous avons fait connaître tous les avantages qu’il y avait d’aménager en futaie les forêts de hêtre situées en bon fonds, et de les exploiter par éclaircies. Elles produisent, dans ces deux cas, près d’une fois plus de bois, et des bois plus propres aux arts et au chauffage, enfin beaucoup plus de fruits que par l’exploitation en taillis. V. , à cet égard, notre article sur aménagement des forêts. Nous ajouterons seulement que l’exploitation des hêtres comme’ futaie exige quelques précautions particulières pour ne pas endommager les arbres. Comme le bois de cet arbre est cassant, il faut éviter de faire tomber les grands arbres du côté où il y aurait de fortes branches, ni dans une situation qui favoriserait le contre-coup, parce qu'ils s’éclatent et se fendent quelquefois dans une partie de leur longueur. On a ordinairement l’attention de faire tomber les plus beaux sur ceux de moindre valeur , qu’on abat les premiers. HÊT Exploitation en taillis. — 11 est rare que le hêtre forme l’essence unique d'un bois; mais si elle était dominante et qu’il ne fût pas possible, à raison de la mauvaise qualité du sol, de l’aménager en futaie, il faudrait avoir l’attention de l’exploiter à des âges où il pût repousser de souche. Passé 40 ou 5 o ans, l’écorce du hêtre devient ordinairement si dure, que Les bourgeons qui doivent repousser de souche , ne peuvent plus la traverser, et qu’il y a une grande quantité de ces souches qui ne donnent aucune reproduction si on exploite après cet âge. L’expérience a fait connaître que les hêtres situés en bon fonds ne repoussaient pas aussi bien de souche que ceux qui croissent sur des terrains maigres. M. Hartig, qui fait cette observation, pense que dans les bons fonds l’affluence de la sève est si forte, que les germes de la reproduction , c’est-à-dire les yeux, qui se trouvent placés sous une écorce dure et serrée, en sontsurchargés et s’y recourbent sans pouvoir se développer , comme les germes d’une graine sous une motte de terre très-dure ; tandis que dans les terrains maigres , où la sève est moins considérable , les yeux peuvent percer doucement l’écorce et se produire au dehors. IL ajoute que son opinion se trouve fortifiée par l’observation qu’il a faite , que des hêtres situés en bon fonds repoussaient mieux de souche quand on les coupait aussitôt que la sève était en mouvement, parce que la quantité de cette sève était diminuée par la perte qui s’en faisait. D’après les observations ci-dessus, observe encore M. Hartig, on ne doit pas exploiter les taillis de hêtre après 4 o à 45 ans. Si donc on avait laissé passer cet âge, il faudrait s’assurer, avant d’exploiter en grand, que l’on peut encore compter sur Ira repousse du taillis, et dans le cas où les souches ne feraient plus de productions, laisser croître la forêt en futaie, jusqu’à ce que les arbres donnent assez de graines pour assurer le repeuplement naturel au moyen des exploitations par éclaircies, et rajeunir ainsi la forêt ; après quoi, ; si on le jugeait nécessaire , on y asseierait des coupes réglées en taillis à des âges plus rapprochés. Il faut, pour l’exploitation des taillis de hêtre , suivre les régies générales que nous avons rappelées dans nos articles sur les aménageinens et les exploitations, et y réserver des baliveaux pour procurer de l’ombre aux jeunes coupes et des graines pour la reproduction. L’ordonnance de 1669 ne prescrit, pour toutes sortes de bois aménagés en taillis, qu’une réserve de 16 baliveaux de l’âge par arpent, ou de 32 par hectare; maisje dois encore ici rapporter un excellent précepte de M. Hartig à l’égard des taillis de hêtre. Comme les taillis de nêtre, dit-il, se dégarnissent de plus en plus à chaque coupe, et que lorsque la souche atteint 90 ans elle 11e produit plus que quelques faibles rejets, je regarde comme désavantageux de continuer constamment l’exploitation en taillis : je pense que pour perpétuer la durée d’une forêt de hêtre , qu’on a aménagée en taillis, il faut, si elle est composée de brins de semences, l’exploiter à 3 o ans comme taillis, réserver alors 80 à 100 baliveaux de l’âge parmi les plus forts brins ; à la seconde révolution de 3 o ans, faire une coupe par éclaircies, dans laquelle on ré- HET HET 2J' serrera aooo des meilleurs brins; enfin, après une troisième révolution de 3 o ans, exploiter de manière à favoriser le repeuplement natlirel, comme il a été expliqué en parlant des coupes par éclaircie; on rajeunit ainsi la forêt, et on continue par la suite à la soumettre à cette méthode mixté d’exploitation. l’ar ce moyen , on obtient, tous les 3o ans, des produits considérables, et en tout beaucoup plus de bois que si on eût continué sans interruption le mode d’exploitation usité pour les taillis, et on ne court pas le risque de voir la forêt se dépeupler petit à petit, et se garnir de mauvaises espèces de bois blancs. Comme beaucoup de souches de hêtres ne poussent des rejets que dans le printemps de l’année qui suit la coupe, on ne doit pas désespérer de la reproduction de celles qui n’en donneraient point dans le premier été. L’écorce du hêtre, comme nous l’avons dit, est très-dure , il s’y forme souvent, dans l’été de l’exploitation, des protubérances de la grosseur d’un pois; ces protubérances ou boutons couverts renferment l’embryon des nouvelles pousses, qui ne doivent se développer qu’au printemps de l’an- nee suivante. Cette observation doit empêcher d’extraire des souches qui ne repousseraient pas la première année , et on ne doit regarder comme mortes que celles qui, à la seconde année, ne donneraient aucune reproduction. Lorsqu’une forêt de hêtre est trop dégarnie pour qu’on puisse espérer de la repeupler par l’ensemencement naturel, il faut en changer la nature et y introduire d’autres espèces de bois propres à l’exploitation en taillis. Dans ce cas, on y répand , peu de temps avant la coupe du taillis , des semences de bouleau , d’orme, de frêne, de charme, etc., suivant la nature du sol et les autres circonstances locales, et on doit même y repiquer des glands dans l’automne. Le travail de l’exploitation , c’est-à-dire le piétinement des ouvriers , la manutention et le transport du bois suffiront pour enterrer les autres semences sous les feuilles et la mousse; ce semis Teussira beaucoup mieux qu’un ensemencement régulier, qu’on aurait fait après avoir défriché toute Ta coupe. Le hêtre se place avec avantage dans les jardins d’agrément, où il produit un très-bel effet par la majesté et la régularité de son port ; il souffre le ciseau, et les palissades qu’on en forme sont beaucoup plus hautes et plus agréables que celles de i harme ; son feuillage est frais et précoce , et ne se flétrit qu’en hiver. Ea variété à feuilles pourpres, dont nous parlerons, contraste agréablement par sa couleur singulière avec la verdure des autres arbres. Qualités et usages. — I.e bois du hêtre est cassant, sujet à la vermoulure, et se pourrit facilement lorsqu’il est exposé à l’humidité de l’atmosphère ; il prend beaucoup de retrait par la dessiccation ; il se tourmente, et se fend avec excès. Varennes de Fenille ayant fait éqnarrir un parallélipipède de hêtre sur 6 ponces, et l’ayant mesuré vert et sec, a trouvé qu’il avait perdu un quart et plus de son volume- Cette perte n’a été aussi considérable que parce que l’échantillon était faible, car lorsqu’il s’agit de grosses pièces ou de bûches fortes, elle est bien moins sensible. M. de Wemeek a trouvé! Tome II. qu’ùne corde de 128 pieds cubes, composée de bûches de hêtre, qui présentait, étant vert, une 86 solidité de 107 pieds 190 pouces cubes, 11e présentait plus, après 6 mois de dessèchement, que io 3 pieds 488 pouces cubes: d’où il suit que le retrait en tous sens a été d’environ 4 pieus cubes; mais sur line corde composée de 200 bûches, c’est- à-dire de bois moins gros, le retrait a été le double. Quant à la pesanteur, elle a été, dans le premier cas, de 7,028 livres pour le bois vert et de 6,867 livres pour le bois séché pendant 6 mois : d’où suit une perte de 961 livres ou d’environ un septième; dans le second cas, la pesanteur a été de 5 ,1 36 livres pour bois vert, et de 3 , 8 i 4 pour le bois de 6 mois de dessèchement: d’où suit une perte de 1 ,322 livres ou de j)rès d’un quart. Le pied cube de bois pèse, d’après la moyenne proportionnelle tirée d’un grand nombre d’expériences ; savoir , Etant vert. 65 liv. i 3 onc. A moitié sec. 56 6 Sec. 5 o 3 Le bois de hêtre n’est pas doué d’une grande force ni d’une grande élasticité : ces défauts empêchent qu’on ne l’emploie dans les charpentes ; il faut même, pour l’employer en menuiserie, qu’il soit parfaitement sec , et le meilleur moyen de le faire sécher pour qu’il ne s’échauffe pas est de l’exposer au grand air. Le grain de ce bois n’est pas assez homogène pour recevoir un poli bien vif. Les faisceaux des fibres , qui tendent de la circonférence au centre et servent de liens aux couches annuelles, sont très-prononcés dans le hêtre, et occasionnent tantôt ces petites plaques qui ressemblent à des lames, tantôt ces petites lignes étroites qu’on distingue sur les faces de ce bois, qui sont dressées et polies parallèlement à l’axe de l’arbre. Dans plusieurs pays, on fait tremper le bois de hêtre dans l’eau pendant plusieurs mois, pour l’empêcher de se fendre et de se verinouler. Ce moyen opère la dissolution d’une partie de la matière muqueuse extractive que le bois contient, et qui, par sa ténacité , occasionne les fentes , et par sa saveur sucrée attire les insectes. Il est encore très-avantageux de couper les hêtres dans le milieu de l’hiver, lorsqu’on veut les employer à quelques constructions. M. Desfontaines , dans son Histoire des arbres et arbustes , rapporte l’opinion d’EUis sur l’utilité d’abattre les hêtres i 5 jours avant la Pentecôte lorsqu’ils sont en pleine sève , parce que le bois se conserverait mieux que quand ils sont abattus en hiver. D’autres auteurs veulent que l’on écorce les arbres sur pied. Je crois avoir démontré l’erreur de ces opinions dans mon article sur l’écorcement des arbres. Les usages du hêtre, malgré tous ses défauts, sont plus étendus que ceux de toutes les autres espèces de bois. On peut en faire des quilles de vaisseaux , et en général on l’emploie aux constructions sous l’eau , aux ouvrages de charronnage , de menuiserie , à la fabrication d’une infinité d’ustensiles , et même à la monture des fusils de guerre ; on en fait des bateaux ou canots d’une seule pièce pour les petites rivières et les étangs. On le préfère à tout autre pour les rames des bâtimens de mer. il fournit do 53 H ET 258 HÈT bons' brahc 4 rds ^cnif Içs'chaises éjepesttt ;■ en AVic- mjîgnèyé# ëîrfàlt'ae^jfinteSdè roues ; > 3 ur,lei>porte <1/S ni Ê t‘, oîttin fbYtüc des affûts oie cfenons^quidurent plus loh^-ietçés dans cçÀe atmosphère-humide et sîtlêé.'^ljé' 'fcè'tïx que" l’on fait d’onneî On's’en sert pàur dësjilânéhes qui composent l’ericaisstement des pilotis, Le^nurnëurs en font des sébiles, des gamelles, des saunières, des vis, des rouleaux, des pilons, dë»"presses, des soufflets; les menuisiers et les'ébénistes'en fabriquent des tables, des parquets, des lambris, des armoires, des bois de lifts et. autres meubles; d’autres ouvriers en font des attelles de colliefs dé ébevnux , des harnois, des pelles.desti- nées à toutes sortes d’usages , des planclies pour. Les layetiers, qui en font une grande consommation ; des sabots , qui sont très-estimés après, ceux d’auqp et de noyer; des socs de charrue. On le réduit en pianches minces, pour en faire des seaux, des caisses de tambours, des tamis, des cribles, des hottes, des fourreaux de sabres, des étuis de diverses sprtqs, etc. On a proposé, lorsqu’on veut employer les solives de hêtre dans les constructions, •, IlOUSSAIES, HOUSSIERES. Endroits des forêts op U plÿ.avquq des,a,rhrjaS l; #MX' .èé broussailles, comme du,houx ef aptreft «flSPè'SikPU; . -, . HOUX.» trétregynie et.de la.fqmi,lfe !l dea,.p^prtyis^ J qui comprend plusieurS.espécpfiiliéh^HnéiPfi'de,^ indigène. Dénomination.. —r U.isg, nommera grec agria, c'est-à-dire agreste, sauvage, d’où fesLatius ont fait agrifolium et, qquifoliiim ,.qu agrifgBa et nqui- folia. On,le nqmme ilex, à pause de ressem blance de ses feuilles avec celles dp qncrçns jlex , qui est le vrai ilex de Pline et de Virgile. Linné, en adoptant ce nom ,pour , le, genre > a (ÇquperYé) ( i f 4 u i. d’3 décembre. 17,55,. > VIII. Ils ne peuvent refuser d’obéir aux juges, ni de leur prêter leur ministère pour l’exécution ides ordunipuiees de- justice, à peine d’être condamné* en l’itmfltjd e v mèrne.ii)tecdit 8 . €!est'fcn qui résulte de plusieurs régUnsene, . et. particulièrement d’un édit; du mois. 4 e, nQjîeiOibfe tl 554 - IX. Le Code de procédure civile veut que tout huissier, requis de mire des réquisitions nécessaires pour constater le déni de justice, soit tenu de les faire , à peine d’interdiction. Ils sont tenus de mettre à la fin de l’original et de la copie de, l’exploit■ le icoût d’iœlul, à peine de 5 fr. d’amende, payable»*à l’instant de Penregistre- nienjt. (Cadedq procéd. civ«, art. (yj, ) X. En eas-d , r on>isfiLon,îls,peu)irtfnt, en outre, être interdits de leurs fonctions. ( Décret du 16 février 1807, art. 66. ) rai Ijd- Ceux qui put excédé les bornes de leur ministère, peuvent être condamnés aux dépens en leur nom., même aux dommages-intérêts et à l’interdiction , suivait la gravité des circonstances. (Code de procéd. civ.f art. j32.) XU. En ces de désaveu , s’il est jugé valable, le désavoué est condamné aux dommages-intérêts et puni d’interdiction, ou poursuivi extraordinairement, suivant la gravité des circonstances. (Ib., art. 36 o. ) XIII. L’huissier qui aura signé la saisie-arrêt ou opposition sera tenu, s’il en est requis, de justifier de l’exiçtence du saisissant, à l’époque où le pouvoir de saisir a été donné, à peine d’interdiction et de dommages-intérêts des parties. (Ib., art. 36 a.) XIV. Pans les saisies-exécutions, les huissiers sont personnellement responsables du prix des adjudications , et ils ne peuvent recevoir aucune somme au-dessus de l’enchère, à peine de concussion. (Ib., art. 6 a 5 .) XV. Aucun exploit, ni acte de procédure, ne peut être déclaré nul, si la nullité n’en est pas formellement prononcée par la loi. Dans le cas où la loi n’aurait pas prononcé la nullité, l’officier ministériel peut, soit pour omission , soitpour contravention, être condamnéàune amende qui 11e sera pas moindre de 5 fr., et n’excédera pas 100 fr. (Ib., ait. iq 3 o.) XVI. Les procédures et les actes nuis et frustra- toiies, et les actes qui donnent lieu à une condamnation d’amende , sont à la charge des officiers ministériels qui les, ont faits, lesquels, suivant l’exigence des cas, sont en outre passibles des dommages et intérêts de la partie, et peuvent même être suspendus de leurs fonctions. (Ib., art. io3i.) XYIL Les huissiers qui sont commis pour donner des ajournemens, faire des significations de juge- raenset tous autres actes, ou procéder à des opérations , ne peuvent prendre de plus forts droits que ceux énoncés au tarif, à peine de restitution et d’interdiction, quels que soient la cour et le tribunal auxquels ils sont attachés. ( Décret du 16 février J&807* art . 6â.$- eh XVI 1 L Les peines prononcées contre ceirx qui exercent des violences et des excès envers les fonc- /tiofumires publics, s’appliquent à ceux qui s’en permettent envers les huissiers daqs l’exercice de leurs fonctions. Mais un avis du conseil d’état, du 3 ven- téee an i 3 , approuvé le 3 du même mois, décide qited’exercke des fonctions d’huissiers ne commence qu’aux ddmiciles dos particuliers auxquels ris ont à notifier quelque acte de leur ministère, et non au moment OÙ ils sortent de leurs maisons pour s’v rendre ou [jour aller vaquer à leurs propres affaires. L’exercice de leurs fonctions est encore manifesté lorsqu’ils accompagnent quelque prévenu ou condamné, le corps entier, ou quelque membre du tribunal auquel ils sont attachés, marchant pour leur service. XIX. Le décret du 18 juin 1811 , contenant réglement sur les frais de justice , détermine les fonctions et le salaire des huissiers dans plusieurs éir- constances. V. ce Décret, et le tit. IK de celui du b juillet 1810, sur l’organisation des cours royales. V. aussi Frais de justice. XX. Les gardes forestiers sont autorisés il remplir les fonctions d’huissiers dans les matières forestières. V. Citation, Exploit, Frais de justice , Gardes, Jugement, Signification. HUMIDITE. Qualité de ce qui est humide. L’action de l’humidité est extrêmement puissante sur la végétation : elle est souvent très-utile, même nécessaire, et cependant elle est quelquefois nuisible. Une trop grande humidité jointe au froid ralentit la transpiration des plantes, et nuit è. leur végétation. La gelée est d’autant plus dangereuse qu’elle succède à l’humidité. Un temps humide, au printemps, au moment de l’épanouissement des fleurs, détermine souvent l’avortement de ces fleurs; il est au contraire très-favorable aux semis et plantations, parce qu’il assure la prompte germination des graines et la reprise des plants. Une terre constamment humide, mais non aquatique , est celle qui est la plus favorable à la végétation , pour peu qu’il y ait de la chaleur. L’humidité constante d’un terrain influe sur la qualité des bois qui y croissent. Un chêne, un orme, un frêne, qui aura pris son accroissement dans un sol humide, donne un bois moins dur et moins dense que celui de la même espèce qui aura cru dans un terrain sec. 11 paraît aussi que la grande abondance d’humidité, rendant les fihres ligneuses plus tendres, est cause que les insectes les attaquent de préférence. Il est certain que les bois situés dans les terrains fort humides sont de mauvaise qualité, sur-tout [jour les ouvrages qui exigent de la force, ou qui doivent rester exposés aux injures de l’air. V. Terre, Climat. HUMUS. Mot purement latin, qui signifie terre. En histoire naturelle et en agriculture, c’est la terre végétale ou le terreau. Uhumus est en grande partie formé des débris des végétaux et autres corps organisés qui se décomposent à la surface de la terre. Chaque année il se produit, par la destruction des racines, des tiges et des feuilles des plantes, une HYP IF grande quantité d’humus; mais une partie est emportée par les pluies, une autre est réabsorbée par les .racines des plantes ou dissipée par l’air : de telle sorte que la couche de terreau, qui semblerait devoir s’augmenter constamment, ne le fait que dans de faibles proportions. L’humus se dissout dans la potasse, la chaux et par son exposition à l’air. 11 est rarement pur, et c’est par son mélange avec diverses sortes de terres et sur-tout avec celles qui contiennent des substances alcalines, qu’il devient soluble, et par conséquent propre à la fertilisation des terrains. L’humus a l’avantage d’attirer et de conserver l’humidité mieux qu’aucune autre sorte de terre. Le sol forestier contient une grande quantité d’humus; le défaut d’air, tant qtie les bois subsistent , en retarde la solution, et ce n’est que lorsque le bois est abattu que ce terreau éprouve une décomposition rapide. Elle est d’autant plus prompte que le terrain en est moins pourvu, et c’est peut-être à cette cause qu’est due la vigueur ordinaire des premiers rejets dans les taillis situés sur les terrains maigres. V. 'Terreau. HYBRIDE. Mot qui vient du grec hubris, génitif hubridos , animal dont le père et la mère sont d’espèces différentes. On nomme hybrides les plantes provenues de graines fécondées par les poussières d’une plante qui n’était point de la même espèce. Ces fécondations extraordinaires ont lieu pour les arbres comme pour les plantes. Linné a trouvé dans le Gothland le sorbier hybride, cjuiexiste aussi dans les montagnes de JNeufchàtel. Cette remarque a été faite sur un nombre considérable d’espèces qui ne sont pas stériles, comme la femelle des mulets dans le règne animal. Il est cependant à croire que les plantes hybrides n’ont pas, toutes, la faculté de se reproduire ; car s’il en était ainsi, le nombre des nouvelles espèces s’augmenterait prodigieusement. L’analogie porte à croire que les hybrides doivent se propager : i°. parmi les espèces du même genre; 2°. parmi les genres les plus voisins, et en effet, observe M. Bosc, la plupart des plantes qu’on a regardées comme hybrides sont dans ce cas. HYPOTHÈQUE , du grec hupothêkê, qui signifie gage. Dans la pratique, ce mot signifie le droit qu’un créancier a dans la chose qui appartient ou qui a appartenu à son débiteur, et dont l’effet consiste à suivre cette chose dans quelques mains qu’elle passe, afin de la faire vendre et d’être payé sur le prix. Le régime actuel des hypothèques est établi par le Code civil, et par la loi du 21 ventôse an 7. V. ces J.ois. Un arrêt de la cour de cassation, du 21 mai 181 1, porte que l’hypothèque judiciaire résulte d’un jugement par défaut, au moment même de sa prononciation, en sorte qu’elle peut être inscrite valablement avec la signification. Lin avis du conseil d’état, du 16 thermidor an 12 , approuvé le 25 , décide que les condamnations administratives emportent hypothèque, et sont exécutoires sur les biens des condamnés. Le régime des hypothèques et les nombreuses décisions auxquelles il a donné lieu , n’étant pas de nature à entrer dans ce Dictionnaire, nous renvoyons au Répertoire de jurisprudence, aux Questions de droit, de M. Merlin, au Dictionnaire des droits d’enregistrement et des hypothèques , et autres ouvrages spéciaux, ceux de nos lecteurs qui voudraient prendre une connaissance étendue de cette matière. Quant à l’hypothèque que l’Administration des forêts est dans le cas de prendre pour sûreté de l’exécution des actes ayant pour objet le repeuplement des terrains vides dans les forêts, nous en avons traité dans une note à la suite d’un arrêt de la cour de cassation , du 3 1 janvier 1821. V. cette Note, au Recueil, t. II, p. 889. I. 1 C 0 SANDRIE. Terme de botanique composé de deux mots grecs qui signifient vingt maris. L’ico- sandrie est la classe douze du système de Linné; elle renferme les plantes qui ont une vingtaine d’étamines insérées sur le calice. V. Botanique. IDENTITÉ, du mot latin idem, répété : idem et idem. Ce qui fait que deux choses n’en font qu’une. Un procès-verbal de reconnaissance de bois de délit ne fait preuve qu’autant qu’il démontre, par des énonciations suffisantes, leur identité avec ceux coupés en délit. (Arr. de la C. de cass., des 12 octobre 1809 et 9 février 1811.) Mais lorsque des gardes ont constaté une coupe de bois de délit, et que dans leurs recherches ils ont trouvé au domicile d’un particulier des morceaux de bois de même essence et de pareille grosseur que ceux enlevés dans la forêt, ce dernier n’a que la voie de l’inscription de faux pour attaquer leur procès- verbal. ( Arr. de la C. de cass., du 2.5 octobre 1811 ) V. Bois de délit, p. 3 77.^ 1 F , taxus. Genre d’arbres de la dioécie monadel- phie et de la famille des conifères, qui, par ses caractères , a des rapports avec le genevrier, et quelque ressemblance par son feuillage avec le sapin argenté, abies taxifolia. Dénomination. — L’if se nomme en grec milos, ou smilos, ou smilax ; en latin, taxus ; en italien , tasso ; en espagnol, texo ; en allemand, tax-baum ou eiben baum; en anglais, yevj-tree. L ’étymologie du mot latin taxus est assez incertaine ; néanmoins il parait, d’après ses rapports avec le mot grec toxa, poison, et avec le mot celto-scythe, toss, crapaud , animal vénéneux, qu’il exprimait l’idée d’un poison. Quant au mot français if, on dit qu’il est synonyme de vif, et qu’il désigne un arbre toujours verdoyant. Histoire. — Les anciens regardaient l’if comme un arbre vénéneux et de mauvais augure. Il était, avec le cyprès, consacré aux morts; il entourait les cimetières et ombrageait les tombeaux , usage qui a encore lien dans plusieurs parties de la Suisse, de l’Allemagne, de l’Angleterre et particulièrement en Écosse. « Aussi, dit l’auteur de la nouvelle édition Des arbres de Duhamel, les poètes lui donnaient-ils toujours les épithètes de noir, de lugubre, de funéraire, de mortifère. Les rives du Stvx et de l’Acho- IF IF ron en étaient ombragées. Stace, dans sa Thébaïde, envoie une furie, portant à la main un rameau d’if enflammé, à la rencontre des âmes qui descendent au séjour des ombres, pour leur en éclairer la route ténébreuse, et les y introduire à sa lugubre lueur. » M. I)utour, dans le nouveau Dictionnaire d’histoire naturelle, dit avoir vu en Angleterre une maison de campagne ( à Country-Seat ), appartenant à un liomme fort riche, qui était inconsolable de la perte de sa femme, morte depuis plusieurs années. Pour charmer sa douleur, cet époux avait couvert son parc de cyprès, de sapins, de genévriers et de tous les arbres les plus lugubres. Une quantité prodigieuse d’ifs entouraient te château. C’était un bâti ment isolé et de forme gothique; il était construit en pierres alternativement noirâtres et blanches, ce qui le faisait paraître comme revêtu d’un large drap mortuaire : on Petit dit habité par des ombres. L’if acquiert une grosseur prodigieuse, et sa durée est de plusieurs siècles. On voit dans le comté de Surrey, en Angleterre, à Northbury-Parck , des ifs qu’on dit contemporains de Jules-César. Telle était, dti moins, la tradition du pays sous le règne d’Elisabeth, et cette princesse vint les voir comme on visite un monument. Il y en a 12 ou i 5 de proportion colossale, relativement à leur espèce; iis ont environ 20 pieds de circonférence, et 26 à 27 pieds de tige, sans branches. Ils 11e présentent aucun signe de décrépitude, et ils sont entourés de nouveaux plants dont l’âge est plus que centenaire M. de Male_sherbes rapporte avoir vu, en 1767, à Sainte-Baume, caverne fameuse en Provence par le séjour prétendu de la Madeleine, plusieurs vieux ifs autour du couvent des moines, pour qui ces moines et les pèlerins qui les visitaient avaient beau coup de vénération, prétendant qu’ils existaient du temps de la sainte. Ôn disait qu’un religieux qui avait vécu très-long-temps dans ce couvent, ayant pris exactement, lorsqu’il était jeune, la mesure d’un de ces arbres, et l’ayant prise encore 5 o ans après, avait trouvé que l’arbre n’avait augmenté que de la trente-cinquième partie de son diamètre, ce qui était pour ces bons moines une démonstration qu’il existait depuis le temps de J.-C. Ces deux exemples, quelle que soit l’exagération, prouvent, au moins, la grande longévité des ifs. Comme cet arbre se prête à toutes les formes, et qu’il est touffu et d’une verdure constante, on le plantait autrefois avec profusion dans tous les grands jardins, et cet usage existe encore en Suisse, en Flandre et en Hollande : on l’y voit figurer des portiques, des animaux, des globes, des tours, des statues, des guerriers armés, des chasseurs avec leurs fusils, des hommes fumant leur pipe, mais plus communément des obélisques et des pyramides. Ce goût bizarre avait été transmis par les anciens, qui se servaient de l’if pour représenter des dieux et des héros de la mythologie, des sujets de la fable, des élérnens, etc. Il est heureusement proscrit de nos' jardins d’agrément, où l’on s’occupe plus d’imiter la nature que de tourmenter lg£ arbres par la taille. Les auteurs de la Description tomographique et statistique de làFrance? MAI. l’euèhet et Chanlairep citent un if*assez remarquable qui Se trouVe à Le- Tome IL zay, près d’un château appartenant à la famille de Laval. Cet arbre, dont le tronc 11’a que 6 pieds de hauteur, se divise en un grand nombre de branches, partant toutes du même point et extrêmement évasées. O11 a construit sur la plate-forme de ces branches un plancher, entouré d’un banc de forme hexagone, avec un ados de hauteur ordinaire. Les branches se rapprochent par le haut et forment un couvert très-touffu , à la hauteur de 7 pieds. Ce joli cabinet est assez grand pour qu’on puisse dresser une table de douze couverts. Toute l’antiquité a regards l’if comme un poison ; mais quoique les opinions des auteurs anciens sur cet objet appartiennent à l’histoire de l’if, je ne les rapporterai que lorsque je parlerai des propriétés de cet arbre pour les rapprocher des expériences nouvelles. ESPÈCES. On connaît quatre espèces d’if, dont ur.e, Vif commun, celui dont il est ici question , est indigène de l’Europe, du nord de l’Asie et de l’Amérique ; les trois autres, qui sont Vif nucifère, Vifmacro- phylle et l 'ifverticillé, sont particulières au Japon ; et comme elles ne sont point cultivées en Europe , elles ne doivent pas nous occuper. L’If commun ou Baccifère est un arbre vert, de la troisième grandeur, ne parvenant ordinairement qu’à 25 ou 3 o pieds de haut, dont le tronc est droit, rougeâtre, et comme dépouillé de son écorce. Ce tronc, qui acquiert environ un pied de diamètre, soutient une cime assez ample , fort rameuse et bien garnie de feuilles, petites, linéaires, d’environ un pouce de long sur un huitième de large , pointues, d’un vert sombre et luisant en dessus, blanchâtres et striées en dessous, très-rapprochées les unes des autres , et disposéesen peigne et alternativement sur les deux côtés opposés des rameaux. Les fleurs mâles et les fleurs femelles naissent sur des pieds diffé- rens, selon Linnæus et un grand nombre de botanistes, et sur le même individu, quoique rarement sur la même branche, suivant Lamarck : elles paraissent au mois de mai au milieu des feuilles. Les fleurs mâles sont nombreuses, axillaires, solitaires, rarement géminées, sessiles, roussâtres, composées d’un calice formé d’écailles orbiculaires et concaves, et de cinq à dix étamines, dont les filets, réunis en colonnes, portent des anthères d’abord arrondies, mais qui, après l’émission de leur poussière, prennent la forme d’un bouclier, et ont leur bord partagé en sept à huit lobes peu profonds. Les fleurs femelles sont beaucoup moins nombreuses et plus petites, pourvues d’un ovaire ovoïde, sans style, percé an sommet, un peu plus long que le calice. V>e fruitprpù. mûrit en septembre, est une baie sphérique, d'un rouge vif, mucilagineuse, dont la pulpe a une s‘a- veur douce, et contient un noyau qui n’est recouvert que jusqu’aux deux tiers de Sa longueur. 11 Il y a une'variété de l’if qui me diffère de' l’espècfe 'principale cjue par ses feuilles, qui sont panâthéés ,de jaune ou'de blanc. . ‘ .’ L’if croît le'ntement, est 1 trèh-robusle , n’est ,en- dëinmagé par aUtun insecte, 11e dépérit et ne meui’t' 'de vieillesse qhe léTsqil’il a plusieurs Siècles. Ilest "■ .. H fu • »r IF IF 266 remarquable par son écorce, qui s’exfolie comme celle du plataue ; par sa verdure sombre et triste ; par ses rameaux nombreux, qui donnent une ombre épaisse, et en général par un aspect lugubre : on le trouve ordinairement solitaire. Il habite les lieux ombragés des montagnes de l’Europe, depuis l’extrémité de l’Italie et de l’Espagne jusqu’en Nor- wège, et il croît aussi dans le Canada, dans les contrées qui avoisinent le Caucase et au Japon. Culture. — E’if se multiplie de semences, de marcottes et de boutures. Il n’est point délicat sur le terrain, et il supporte toutes les températures; cependant il paraît que les fonds aquatiques ne lui conviennent pas, et que les terrains fertiles, ombragés et un peu humides sont Ceux où il réussit le mieux. Il parait aussi qu’il ne parvient qu’à une médiocre grosseur dans les climats très-rigoureux, et on en a vu qui ont gelé en France dans les hivers de 1709 et 1789; mais cet accident a pu provenir de quelques causes particulières, comme de la disposition du sol, de l’àge des arbres, de la taille à laquelle on les a soumis, etc., etc. Semis. — Il faut semer les graines avec la pulpe, aussitôt qu’elles sont mûres; si on attendait le printemps , elles ne lèveraient qu’au bout de 18 mois, et il arrive même souvent que les semis d’automne ne lèvent qu’en partie au printemps. Cependant comme les mulots, les campagnols, etc., sont très-friands des graines de l’if, on est quelquefois obligé de ies conserver en jauge pendant l’hiver. On les répand sur une bonne terre, dans un lieu ombragé, à l’aspect du nord; on les couvre d’un demi-pouce de terreau de bruyère; on a soin d’arroser de temps en temps, si la saison est sèche. Au bout de 2 ou 3 ans, les jeunes ifs doivent être mis en pépinière, à 7 ou 8 pouces de distance, et toujours à l’ombre. On les bine deux ou trois fois par an, et on leur fait subir une seconde transplantation 3 ou 4 uns après, pour ne les lever qu’à 12 ans et les planter à demeure. On choisit toujours le printemps pour ces transplantations. Quant aux semis qu’on pourrait faire dans les forêts , il suffit de les placer au nord , et de les exécuter soit en rayons, soit par potets. C’est sur-tout dans les forêts résineuses qu’on doit les faire. Marcottes et boutures. — Les marcottes se font au printemps, et les boutures en hiver. Ces dernières se placent à l’ombre, dans une terre légère et substantielle. Les arbres qui proviennent des unes et des autres ne sont jamais aussi beaux, aussi droits que ceux provenus de semences, et ils croissent encore plus lentement. Il faut donc préférer la voie du semis, 6ur-tout pour les forêts, où cet arbre, dont le bois est précieux , doit être multiplié. On dit que les ifs épuisent le terrain et nuisent aux autres arbres par la multiplicité de leurs racines; on peut diminuer cet inconvénient en ne les. mêlant que dans de faibles proportions aux semis des autres bois. ; Qualités et usages. — Le bois de l’if est très-dur, compacte, d’un grain fin et serré, flexible, élastique, se fendant bien et incorruptible. Il e$t d’un beau rouge orangé ou roux. 8on aubier est peu ép^is, d’un blanc éclatant et aussi fort dur; l’un et l’autre sont susceptibles du plus vif poli. Sa couleur est d’autant plus foncée qu’il est plus vieux. Varennes de l'enille dit qu’on peutcommuniquer à ce bois une couleur pourpre violet, en en faisant immerger de* tablettes très-minces pendant quelques mois dans l’eau d’un bassin, et que l’opération réussit mieux et plus promptement si le bois immergé a toute sa sève. D’après les expériences de cet auteur, le bois d’if pèse par pied cube, étant vert, 80 livres 9 onces , et étant sec, 61 livres 7 onces; il lui faut beaucoup plus de temps qu’à tous les autres bois pour parvenir à l’état de dessiccation absolue; sa retraite est très- faible, ne perdant qu’environ un quarante-huitième de son volume. Coin me il croît lentement, ses couches annuelles sont très-minces; on en a compté jusqu’à deux cent quatre-vingts dan* jn morceau de 20 pouces de diamètre. C’est le plus beau des bois indigènes que les ébénistes puissent employer pour le placage et la marqueterie. On en fait de fort jolisouvrages de tour, des tables, des meubles, des dents de roue, des jambages de porte, des essieux, des vases, des tabatières, des étuis. Ses racines et son tronc, lorsqu’il a été soumis à la taille, fournissent des morceaux marbrés et d’une beauté rare. Il prend bien le noir, et ressemble alors à l’ébène. Il est plus propre qu’aucun autre à faire des conduites d’eau, excellent pour le charronnage et pour tous les ouvrages qui exigent de la force et de l’élasticité; ses branches fournissent des échalas et des cerceaux de la plus longue durée, et ses jeunes branches servent à faire des liens. Les arcs les plus estimés chez les anciens étaient faits de ce bois. Les oiseleurs font, avec l’écorce de l’if, une glu pour la pipée. Les auteurs anciens et modernes qui ont traité de cet arbre ont tous parlé de ses qualités vénéneuses : les uns les attribuent à toutes les parties constituantes et à toutes les productions de l’arbre, d’autres n’en reconnaissent que dans quelques-unes de ses productions. Théophraste dit que les feuilles de l’if empoisonnent les chevaux : Quod si jumenta folia comederint, moriantur, lib. III. Mais il assure que les baies ne font aucun mal à l’homme : ces deux assertions ont été confirmées par l’expérience. César rapporte, /Je bell.gall., lib. VI, que Cavati- culus, roi des Eburoniens, s’empoisonna avec le suc de l’if. Virgile fait de l’if un poison pour les abeilles, et défend d’en planter près des maisons : Sic tua cyrneos fugiant examina taxas. Eclog. IX. Suétone rapporte que l’empereur Claude fit publier, par un édit, que le suc de cet arbre avait une propriété merveilleuse pour guérir la morsure des vipères. Plutarque dit qu’il est vénéneux lorsqu’il est én fleur, parce qu’alors il est plein de suc, et que son ombre est mortelle pour ceux qui s’y endorment. Pline, Nicandre, Galien et Dioscoride disent qu’il test vénéneux ; mais ce dernier ajoute qu’il a plus particulièrement cette propriété en Italie et dans la Gaule narbonnaise. Il paraît en effet que les propriétés vénéneuses de l’if ne sont point les mêmes par-tout, ce qui avait fait croire'maf à propos à quelques auteurs et au traducteur de Pline, que cet au- IF IF teur, qui parle beaucoup des qualités malfaisantes de l’if, n’avait point connu celui quicroiten France. Pline rapporte, il est vrai, beaucoup de faits que l’expérience n’a pas prouvés : il dit que les baies de l’if nulle sont un poison mortel, sur-tout en Espagne , et que même ou a vu des exemples de personnes qui sont mortes pour avoir bu du vin qui avait été renfermé dans des barils de ce bois, dans les Gaules : « Nias noxio fructu, léthale (juippt baccis, in I/ispanid prœcipuè, -venenum inest. Vasa etiam viatoria ex eâ -vinis in Galliâ facta mortifera fuisse compertum est, lib. XVI, cap. X. Puis il dit que, suivant Sextius , l’if, dans l’Arcadie, donne la mort à ceux qui dorment ou qui mangent sous son ombre, opinion qui, comme nous l’avons vu, a été partagée par Plutarque- Il fait même dériver le mot latin toxica, poison, de taxus, nom latin de l’if; et il offre un exemple de la superstition de son temps, en disant que l’if perdait sa qualité nuisible si l’on enfonçait dans cet arbre un clou d’airain : Repertum, innoxiam fieri, si in ipsam clavus ceneus adigatur. Ce préjugé, de la nature de ceux qui existent encore dans nos campagnes, parait avoir été mis en vogue par les aruspices de Toscane, d’où il avait passé à Home. Ils se figuraient, dit le traducteur de Pline, lé mot enclotter comme signifiant conjurer certains maux avec des clous ; superstition fondée sur le rapport illusoire d’un mot avec un autre semblable, mais d’un sens tout différent. . Parmi les modernes, Mathiole et Jean Bauliin sont les premiers qui ont constaté, par des-faits positifs, les propriétés vénéneuses de l’if. Ce dernier assure que des animaux domestiques ont péri pour en avoir mangé. Le P. Sclioof, jésuite, prétend que si l’on jette de l’if dans de.l’eau dormante , les poissons en deviennent étourdis. Quant à l’effet dangereux de l’ombre sur les personnes qui s’y reposent, il est formellement contredit par plusieurs personnes, et on peut dire par l’expérience ; il en est de même de la prétendue qualité vénéneuse des baies de l’if. Les observations laites en France et en Angleterre le prouvent. On avu souvent, au Jardin des plantes à Paris, des enfans manger de ces fruits en grande quantité sans en être incommodés ; le même lait est attesté par Lobel et Girard, botanistes anglais : ce dernier en a mangé lui-même avec plusieurs personnes sans qu’il en ait ressenti aucun trouble, et il a souvent dormi, à l’ombre de cet arbre, sans mal de tète et sans accident. Les baies ne sont point malfaisantes non plus pour les animaux, elles sont même recherchées par les oiseaux. L’amande que renferme le noyau a le goût des pignons et des noisettes ; elle est agréable et nourrissante; l’on peut en mànger sans craindre le moindre inconvénient. Ces amandes s’altèrent en vieillissant et deviennent rances : elles •sont alors dangereuses par lour àcreté. On pourrait en tirer par expression une très-bonne huile : elles servent à nourrir et à engraisser les volailles. Mais il est certain que, soit au midi, soit au nord de l’Europe, les jeunes pousses de l’if sont un poison pour l’homme et pour les animaux; il agit, dit-on , comme les poisons âcres, cause une inflammation à la gorge et à l’estomac, avec un resserrement spasmodique à l’œsophage. Les meilleurs an- 267 tidotes sont les adoucissans et les huileux : les anciens ordonnaient le bon vin et les aromatiques. O11 cite un grand nombre d’exemples d’animaux qui sont morts pour avoir mangé des feuilles d’if. Eu 1 - 753 , plusieurs chevaux étant entrés dans un jardin voisin de Bois-le-Duc, en Hollande , mangèrent des branches de cet arbre , et moururent 4 heures après, sans autres symptômes que des convulsions qui durèrent quelques minutes. Un fait à-peu-près semblable est rapporté par Varennea de Feuille pour des chevaux decarabiniers, qui, pendantlesguerresd’Allemagne, avaient été attachés à des ifs, et en avaient mangé. Valmont dellomare cite un âne qu’on avait nt'nché au Jardin des plantes près d’une palissade d’ifs, et qui , se trouvant pressé par la faim , et ayant mangé quelques rameaux de cet arbre, mourut l’instant d’après, et tout enflé, malgré les secours qu’on lui donna. MM. Daubenton et Desfontaines ont vu des poules et des moutons à qui on avait fait manger des feuilles d’ils, mourir en peu de temps. Ces effets per- nicieux de l’if ont été confirmés par les expériences réitérées de W iborg, professeur à l’Ecole royale vétérinaire, et au Jardin de botanique de Copenhague. 11 résulte des expériences de ce professeur que les feuilles d’if, mangées seules, sont mortelles aux animaux, particulièrement aux chevaux, sur lesquels il a fait ses essais ; mais que , mêlées par un tiers ou un quart avec l’avoine, elles peuvent servir de nourriture sans aucun danger. Cette neutralisation des qualités vénéneuses de l’if par un autre végétal peut, jusqu’à un certain point, expliquer la diversité des opinions sur leurs eliéts, étant possible que des animaux qui n’en avaientpoint été incommodés eussent mangé en même temps d’autres plantes. Au surplus, comme l’observe M. Dutour, il est possible encoieque la nature du sol, du climat, et l’âge de l’arbre, contribuent à atténuer ses mauvais effets ; et il en est sans doute de ce poison comme de quelques autres, auxquels on s’accoutume insensiblement: par exemple, l’opium, que les Turcs se sont accoutumés à prendre sans danger. On dit que, dans les montagnes du Hanovre et de la liesse, le» paysans nourrissent en partie leurs bestiaux pendant l’hiver avec l’if. Ils connaissent ses qualités nuisibles, et quoiqu’ils le regardent comme un bon fourrage, ils savent que son emploi demande les plus grandes précautions, sans lesquelles on risquerait de perdre les animaux : en conséquence, ils leur en donnent d’abord très-peu, mélangé avec d’antre fourrage; ensuite ils augmentent-successivement la dose, jusqu’à ce qu’ils puissent enfin .tjowner les feuilles d’if presque seules et sans dangeryQuoJ qu’il en soit, on ne peut recommander l’if sous là-rappiOrt de l’utilité de ses feuilles : c’est principalement pour les précieuses qualités de son bois qu’on doit le Cultiver dans les forêts. . ■■■ > 1 =• Gleditsch etBurgsdorfdisentqueee bois csCunlvbn spécifique contre la morsure des chiens enragés. Chi le fait racler bien menu; 011 le mêle avec delà pâte qu’on fait cuire, et dont on prend une demice par jour en plusieurs fois. ■> ■ ‘ Comme l’if 11e quitte.p tint ses feuilles, il INC ij 0 . A se servir d’eau et de pompes quand on peut s’en procurer; 5 °. A faire fouiller la terre quand le feu a pris dans des bruyères, et à la jeter sur la bruyère enflammée et même sans attendre qu’elle le soit- Si la bruyère brûle, cette terre étouffe le feu; et si le feu n’a pas encore atteint l’endroit qu’on fouille, la tranchée que l’on forme en arrête la communication (i). 6°. On peut aussi, dans ce dernier cas, c’est-à- dire quand le feu est dans un cantbn qui n’est couvert que de bruyères ou de petits arbustes, et quand on ne peut pas se procurer de l’eau, éteindre le feu en frappant dessus avec des poignées de lioussines, et en enlevant les berbes avec le boyau et le râteau. J’ai vu employer, avec un succès très-prompt, ce moyen dans un incendie violent qui avait éclaté dans la forêt de Brühl, près Cologne, en 1796. Quelques femmes et les enfans de deux ou trois petits villages suffirent pour éteindre ce feu, qui s’étendait déjà sur une surface de plusieurs hectares. C’est encore le moyen qu’on a employé très-avantageusement dans un incendie de la forêt de Fontainebleau. 7 0 . M. d’Ourcbes, qui a publié un ouvrage sur les forêts, fait mention d’un moyen singulier que l’on emploie dans le département de la Gironde, où il y a de grandes forêts de pins, lorsque le feu y prend. ccL.es habitans, dit-il, [»orteiit le feu exprès dans un canton, voisin de l’incendie, et l’allument le plus près possible ; ce qui est fort aisé, vu que le bois résineux est très-combustible. Alors il s’établit entre les deux foyers une attraction qui ramène toutes les flammes au centre, et dès le moment que la communication est établie, l’incendie cesse dans la circonférence, w Ce moyen parait trop dangereux pour le recommander. La plus légère circonstance pourrait en faire manquer l’effet et occasionner un double incendie. Quand on est parvenu, n’importe par quel moyen, à éteindre un incendie , on doit faire veiller sur les lieux pendant plusieurs jours et plusieurs nuits, surtout si, comme cela arrive assez souvent, on aperçoit encore du feu par-ci par-là, et recommander aux gens préposés à cette garde de parcourir non- seulement les endroits incendiés, mais encore ceux des environs qui se trouveraient sous le vent, afin (1) Ces divers moyens, qui renient à arrêter la communication ihj teu , prouvent l’excellence tl’un avis donné par Duhamel. Tl conseille, lorsqu’on plante lin bois, delecou- per pan des routes de quatre à cinq toises de largeur. «Indépendamment de la commodité dont elles seraient pour l’exploitation des bois, ce serait, dit-il, forrtier d’avance des .tranchées qui serviraient efficacement à arrêter les progrès des incendies, outre qu'on se ménage des chemins pour tirer les bois, des allées pour la promenade, et des routes pour la chassai u On objectera peut-être contre le conseil de cet auteur, que ce serait diminuer l’étendue des plantations, et par conséquent la niasse des produits à venir. Il est facile de détruire celle objection , en faisant remarquer que les forêts convenablement percées par des chemins et des allées sont mieux aérées, qu’elles produi ent du bois meilleur et en plus grande quantité sur les bords des chemins que dans le fond des massifs , et qu’en dernier résultat, même sans avoir égard aux vues île liuhamel, l’avantage serait toujours pour les forêts divisées par des routes. INC d’étouffer, avec de la terre ou autrement, le feu qui se rallumerait, ou les flammèches qui auraient été emportées dans les cantons voisins. Les gardes ou les agens forestiers doivent, aussitôt après l’événement, faire connaître par un procès-verbal le moment où le feu a commencé ; les moyens employés pour l’éteindre ; les communes ou les particuliers qui se sont présentés pour porter des secours, et ceux qui, en étant requis, s’en sont dispensés; l’étendue des endroits incendiés; les dommages occasionnés par le feu; les causes probables ou connues de l’incendie; les noms bien exacts des incendiaires, si on les a découverts , pour les poursuivre suivant la rigueur des lois; enfin, toutes les circonstances particulières de cet événement, et les mesures à prendre tant pour en éviter le retour que pour remettre promptement en bois les parties ouïes flammes ont passé. « Lorsqu’on est parvenu à éteindre le feu dans une forêt, dit Duhamel, il faut abattre tous les troncs rôtis qui 11’ont point été consumés par le feu, et couper les souches à fleur de terre. Très-souvent ces bois repoussent mieux que s’ils avaient été abattus à l’ordinaire et en bonne saison. » Je crois, âjoute-t-il, qu’on ferait bien, dans l’hiver suivant, de répandre des semences d’arbres dans les clairières : elles y réussiraient d’autant mieux que les mauvaises lterbes auraient été détruites par le feu, et que la terre serait amendée par les cendres qu’elles auraient produites; ce qui revient à l’esprit de l’ordonnance , qui veut que les charbonniers soient tenus de repeupler les places qu’occupaient les fourneaux. „ Le conseil que donne ici le premier de nos auteurs forestiers, a été suivi dans les brûlis de la forêt d’Orléans, où les semis ont eu un succès prodigieux. Les incendies considérables arrivés pendant l’an 11 dans l’étendue de cette forêt avaient jeté l’effroi, et fait croire à ceux qui né connaissaient pas les lieux que le gouvernement en avait éprouvé une perte réelle; mais cet accident a tourné au profit de la chose, et il en a résulté, en définitive, qu’on est parvenu à planter des terrains peu garnis, et, ce qui est extrêmement intéressant, à acquérir une expérience qui peut procurer à peu de frais le repeuplement d’une grande partie de cette forêt, dont la bruyère seule est restée la maîtresse. Entre autres parties incendiées où les gardes avaient fait des semis de bouleau , et qui ont fourni une quantité considérable de beaux plants, il y a eu quelques cantons d’une contenance totale d’environ 70 hectares, où les semis ont obtenu un succès étonnant, quoique le terrain fût de mauvaise qualité. Les semences de bouleau qui y ont été jetées avec profusion ont produit des millions de plants, dont ou a pu disposer pour planter les endroits vagues de la forêt. Pour donner une idéede la foroe de la végétation de «es semis, il suffira de dire qu’on a trouvé des plants qui, quoique n’ayant que 2 ans, avaient depuis 3 met. jusqu’à a mèt. et demi de hauteur, et de i 3 à j 4 centim. au pied; on en a même vu qui étaient déjà trop forts pour être d’une transplantation Facile. INC L’expérience a donc prouvé que les terrains où le feu avait passé et brûlé les herbes, le» mousses et les feuilles, étaient beaucoup plus propres à recevpir certaines semences forestières que les autres terrains. Celles qui y réussissent le mieux et qui ne demandent aucune culture sont les graines de bouleaü et de pin. On se contente de les répandre à la surface de la terre, et si l’incinération des plantes n’est point complète, à faire quelques pelages préparatoires avec la boue, pour enlever le gazon ou la mousse. Ces moyens simples et économiques, si on ne ménage pas les semences, procurent des repeu- pleraens assurés et dans lesquels on peut, 2 ou 3 ans après, si on a semé du bouleau, puiser de grandes quantités de plantes pour d’autres plantations, sans nuire au jeune bois. Si les forestiers emploient la graine de bouleau qui mûrit vers le commencement d’octobre , ils doivent la répandre aussitôt qu’elle est récoltée , parce qu’elle s’échauffe promptement; mais s’ils se décident pour les semences de pin sauvage, ils peuvent les répandre sur la neige pendant l’hiver, ou attendre jusqu’au printemps pour les semer. L’opération la plus importante quand le feu a endommagé les brins de taillis de manière à les faire périr, ou à les ralentir dans leur croissance, est le recépage pour les bois autres que les arbres résineux; quant à ceux-ci, il n’y a d’autre moyen de les remplacer que par des seinis. INCISÉ. {T. de bot.) A bord découpé par des incisions aiguës et étroites , les lanières qui en résultent étant plus longues que larges, et trop allongées ou trop grandes pour recevoir le nom de dents ou crans. INCOMPATIBILITÉ. Mot formé de la particule latine négative in, et de compatiri, sympathiser : antipathie. Dans l’économie politique, ce mot se dit de l’impossibilité qu’il y a, selon les lois, que deux charges, deux dignités, deux fonctions, une fonction et une profession soient possédées par une même personne. Sous le régime des maîtrises, les charges de maître particulier, lieutenant, procureur du roi, garde-marteau et greffier, étaient incompatibles entre elles. Les charges de maître, procureur du roi, garde- marteau et greffier, étaient incompatibles avec tous autres otfices noyaux de finance ou de judicature, ou offices seigneuriaux, même avec fermes et pensions; c’est-à-dire qu’aucun officier de maîtrise ne pouvait exercer, soit en titre ou commission, aucun office dans les justices des seigneurs, tenir fermes ni recevoir de pensions des seigneurs, communautés ou particuliers, directement ni indirectement, sous quelque titre tou prétexte que ce fût, à peine de privation de la charge, etc. V. les art. 5 et 8 du tit. II de l'ord. de 166g. Aujourd’hui, les places de l’Administration forestière sont incompatibles avec celles des membres des corps administratifs et des tribunaux. ( Loi du 29 septembre 1791 , tit. III, art. i 3 .) Nul agent de l’Administration ne peut, sous peine de destitution, tenir hôtellerie ni auberge, vendre INC 2^1 boisson en détail, ni faire le commerce des bois. {Loi du 2g septembre 1791, tit. III, art. 14.) Les propriétaires ou fermiers de forges, fourneaux, verreries ou autres usines à feu , ni les associés ou cautions des baux d’aucune de ces usines, ne peuvent exercer aucune place dans l’Administration forestière. {Ib.,art. i 5 .) Quant à la parenté, un inspecteur ne peut être employé sous un conservateur, son parent, ou allié en ligne directe, au degré de frère, d’oncle ou de neveu. Il en est de même des gardes, relativement aux inspecteurs. {Ib. , art. 16.) INCOMPÉTENCE. Ce mot est formé de la particule latine négative in , et de competentia , pour unapetentia , convenance : défaut, manque de compétence. En terme de pratique , ce mot est opposé à compétence, et signifie à l’égard d’un juge d’un tribunal , le défaut de pouvoir instruire et juger certaines affaires. On distingue L’incompétence matérielle, ratione materiœ, de l’incompétence personnelle, ratione personœ. La première a lieu lorsqu’un juge connaît d’une matière attribuée à un autre juge. L’incompétence ratione personœ est quand, dans les matières de son ressort, un juge prononce entre des personnes qui ne sont point ses justiciables. Le vice de l’incompétence matérielle est radical, et ne peut se couvrir ni par l’acquiescement ni par la comparution des parties : c’est de cette espèce d’incompétence qu’il faut entendre l’axiome qu’z'/ n appartient point aux parties de se donr.er des juges. Dans ce cas, le tribunal incompétent doit se dépouiller d’office. Ce principe, reconnu dans tous les temps, est de nouveau consacré par les art. 170 et 4 2 4 du Code de procédure civile. Êt c’est sur ce fondement que, par un arrêté rendu, le 5 fructidor an 9, sur un conflit d’a’.tribu- tion entre le conseil de préfecture et les tribunaux du département de la Somme, le gouvernement a décidé qu’une affaire administrative, sur laquelle les parties avaient plaidé volontairement devant les tribunaux pendant plusieurs années, devaic être renvoyée au conseil de préfecture , parce que les incompétences prononcées à raison de la matière et puisées dans l’ordre public, ne se couvrent pas. De là il suit qu’une partie est recevable à attaquer comme vicié d’incompétence matérielle, un jugement qui a été rendu sans qu’elle eût prononcé son déclinatoire. La cour de cassation l’a ainsi jugé, le 16 pluviôse an 1 1 , sections réunies, par un arrêt rapporté dans le Recueil des questions de droit , de M. Merlin, aux mots Biens nationaux, § ier. Par la même raison, une partie est recevable à demander la cassation d’un jugement en dernier ressort, qui, sur sa poursuite , a été rendu dans la forme criminelle, tandis que, d’après la nature de l’affaire, il devait l’être dans la forme civile. Ce principe est consacré par deux arrêts de ' la cour de cassation, des 16 brumaire an i 3 et 23 juillet 1807, ■ini IND rapportés dans le Répertoire do jurisprudence , au mot Incompétence. A plus forte raison , un juge incompétent ratione mater Ut ne pourrait pas rejeter le déclinatoire qui lui serait proposé par l’une des parties , sous le prétexte que cette partie aurait préalablement contesté au fond. ( Arr.de la C. de cass., du 25 janvier 1810, rapporté sous le même mot au Répertoire de jurisprudence. ) Enfin , lorsqu’un tribunal est incompétent, il ne doit rendre absolument aucune décision relative au fond , pas même pour constater l’existence du fait; il doit renvoyer l’affaire devant qui de droit. ( Arr. de la C. de cass., du i er . avril i 8 i 3 , mi Recueil. ) 11 n’en est pas de l’incompétence purement relative comme de l’incompétence matérielle. Celle-là se couvre! non-seulement par le consentementexprès des parties, mais encore par les défenses que l’assigné fournit au fond , et même par la demande qu’il forme en nullité d’exploit qu’il propose, sans avoir préalablement allégué son exception déclinatoire. Du principe que l’incompétence purement relative peut être couverte par le consentementdela partie intéressée à en exci[>er, il résulte qu’après avoir interjeté, suivi et instruit un appel pur et simple, 011 n’est pas régulièrement recevable à y joindre un appel comme de juge incompétent : c’est ce qui a été jugé au parlement de Paris, par arrêt du 16 juillet 1777. V. Action, Adjudicataire , Compétence , Conseil de préfecture, Déclinatoire , Délit, Jugement, et surtout le mot Usage , où nous citons plusieurs ordonnances royales qui ont annulé des arrêtés de conseils de préfecture , qui avaient statué sur des droits d’usage lorsque les contestations relatives à ces droits , considérées comme questions de propriété, auraient dû être renvoyées desant les tribunaux. INDEMNITÉ, du latin indemnités, dérivé de damnum, perte, dommage. C’est le dédommagement d’une perte soufferte. Indemnité pour dommages causés par des lapins et autre gibier. \ . les Arr. du Cons. des 24 novembre 1 j 5 o et 6 janvier 1776, et les Arr. de la C. de cass., des 11 mai 1807 , 19 avril 1814, et 14 septembre 1816. Il résulte des arrêts de la cour de cassation, et notamment de celui du 14 septembre 1816, que le propriétaire d’un bois où il existe beaucoup de lapins, est responsable des dommages causés par ces animaux aux terres voisines, lorsqu’il néglige de les détruire, ou qu’il refuse aux propriétaires riverains la permission de les détruire eux-mêmes. - Indemnité pour délit de chasse. V. la loi du 3 o avril 1790. Indemnité pour délits forestiers. V. Restitution. Indemnité pour terrains pris ou fouillés pour la confection de chemins, canaux, etc. Y. la loi du 11 septembre 1790. In demnité de voyage. V. Frais de justice. Y., pour le tout, les mots Chasse , Garenne et Lapin , dans le Dictionn. des Chasses , et Bois , Délit, Expertise, Frais et Restitution dans le présent Dictionnaire. . IN H INDIGENCE. V. Certificat d’indigence. INDIGÈNE. Plante propre à tel ou tel pays qu’on désigne; qui y croît naturellement: une plante indigène de France; qui y habite naturellement; qui n’y a pas été introduite d’un autre pays. C’est le contraire déplanté exotique. INDIVIS (BOIS). Y. Bois indivis, p. 394. INFLORESCENCE, du latin inflorescentia , formé de la préposition in , dans, et de florescere, fleurir. [Bot.) Linné a compris sous ce titre les diverses dispositions de Heurs, le lieu où elles naissent, etc. INFORMATION. C’est un acte par lequel un juge reçoit les dépositions des témoins sur la connaissance qu’ils ont des faits relatifs à une affaire criminelle. Information de commodo et incommodo. C’est une enquête qui se fait pour connaître les avantages et les inconvéniens qui peuvent résulter d’un changement proposé dans quelque établissement ou lieu public. Cette sorte d’information se fait administrativement, et elle précède toujours la loi ou l’ordonnance qui autorise ou défend les actes dont elle est destinée à faire connaître l’utilité ou les désavantages. Voyez, sur cet objet, un avis du Cons. d’état, du 12 novembre 1811. Information de vie f.t de moeurs. On appelait ainsi, avant la révolution, une enquête qui se faisait, avant la réception d’un officier, pour constater sa bonne conduite. Les informations de vie et de mœurs des officiers qui devaient être reçus aux maîtrises, étaient faites devant les officiers de ces maîtrises par témoins administrés par le procureur du roi. ( Ordon. de 1669, tit. X, art. 2, et tit. XI, art. 2.) Celles relatives aux officiers qui devaient être reçus aux Tables de marbre, étaient faites par les grands-maîtres, et en leur absence par leur lieutenant ou autre officier, soit de Table de marbre, soit de maîtrise, qu’il leur plaisait commettre. ( Ib. tit. II, art. 1er., e t tit. XIII, art. 11.) Chailland, dans son Dictionnaire forestier, au mot Information , rapporte plusieurs arrêts qui ont maintenu les grands-maitres dans le droit de faire les informations. Aujourd’hui, les ageus forestiers sont reçus sans la formalité de l’information de vie et de mœurs. Y. Examen et Ecole forestière. INFUNDIBüLIFORML, 1 NFUNDIBILÉ, du latin fundibulum, entonnoir. C’est, en botanique, la forme d’une fleur , d’un pétale, qui ressemble à un entonnoir. INGÉNIEURS DES FONTS ET CHAUSSÉES. Y., au Recueil, Varrêt de 1 y 55 sur les travaux des routes, t. I, p. >88; la loi de 1802 , sur les routes, t. I, p. 587 ; L’arrêté de 1802 sur le même objet, t. I, p. 593 ; la loi de 1807, t. II, p. 167; le décret de 1811, t. II, p. 488, et le$ instructions relatives a ce décret, t. II, p. 526 et 544 } niais Y. sur-tout le mot Route , où se trouve la législation sur cet objet. INHALATION. Action par laquelle les plantes se pénètrentdes fluides dans lesquels elles sont plongées, et qui s’opère non-seulement par les racines, mais encore pur les feuilles, dont la surface inlé- IN S INS rieure est tapissée par des pores absorbais , et la surface supérieure par des pores exhalans ou excrétoires , destinés à la transpiration. V. Imbibition. INHIBITION , synonyme de défense. INJURES. Il ne. peut être sursis à la poursuite des injures et outrages faits à un fonctionnaire public, sous le prétexte de vérifier les faits imputés. {An.delà C. decass., du 27 mars 1811 .)|V. Gardes, Procès-verbaux, Rébellion, Témoins, Violence. INONDATION. Les peines prononcées par l’art. i 5 , tit. Il de la loi du 6 octobre 1791 , sur la police rurale , doivent être appliquées au propriétaire d’un étang qui a retenu les eaux à une hauteur telle qu’elles ont, par leur débordement, inondé les champs environnans , lorsque la hauteur du déversoir de cet étang n’a été fixée par aucune autorité compétente. (Arr, de la C. de cass.,du 23 janvier 1RJ9. > INSCRIPTION DE FAUX. C’est une déclaration judiciaire par laquelle on soutient qu’une pièce ou un titre.est faux, contrefait ou altéré. \. Faux, et Procès-Verbaux. INSECTE. Du latin insectum, entrecoupé. Les insectes ont en effet lè corps comme entrecoupé par des anneaux, ou comme partagé en plusieurs sections : c’est à cette particularité qu’ils doivent leur nom. L’histoire des insectes est une des belles et intéressantes parties de l’histoire naturelle; mais il n’entre point dans le plan de cet ouvrage d’en traiter avec quelque étendue. Nous nous bornerons à présenter quelques considérations générales sur les insectes , et a parler de ceux qui sont les plus nuisibles aux forêts. Un grand nombre de naturalistes, depuis Aristote , se sont occupés de l 'entomologie , c’est-à-dire de cette science qui a pour objet la connaissance des insectes. Les uns ont établi des systèmes de classification, et les autres ont observé et décrit les espèces. Le grand nombre de systèmes établis et la quantité prodigieuse des espèces décrites ont tellement agrandi le domaine de cette science , que son étude complète exigerait la vie d’un homme tout entière ; mais, dans cette partie de l’histoire naturelle comme dans les autres, on peut se borner à bien connaître les ordres et les genres, pour y rapporter toutes les espèces que l’on trouve. L’article consacré à l’histoire des insectes dans le Ruuvcawdictionnaire d’histoire naturelle, parM. Olivier., sera la principale source où nous puiserons les considérations générales que nous avons à présenter sur les insectes. Cet ouvrage et les articles de M. Bosc sur iesinsfectes, dansrle {Nouveau dictionnaire d’agriculture , seront consultés avec fruit par le lecteur qui voudra prendre une connaissance plus étendue de cet objet. Quant aux insectes qui causent le plus de ravages dans les forêts, nous ne pouvons mieux faire que de traduire l’article que M. Harti» leur a consacré dans son Lehrbuch fiir forster (1). Nous y joindrons les (1) Il existe plusieurs ouvrages allemands qui traitent particulièrement des insectes nuisibles aux forêts : tels sont ceux de B'echstein , de Linkêr, ét l’ Histoire naturelle des forêts de l'Allemagne. Tome II. 2 70 rçnseignemens particuliers que nous avons été à portée de nous procurer. Première Sectjon.— Considérations générales sur les insectes. Les insectes sont des animaux sans vertèbres , à corps et à pattes formés de plusieurs pièces. Outre ce caractère important, Olivier regarde les caractères suivans comme les plus propres à distinguer les insectes de tous les autres animaux : i°. Une liqueur froide, lymphatique et transparente au Beu de sang ; 2°. Point de base osseuse intérieure , mais une peau dure et écailleuse , sous laquelle sont attachés Les muscles ; 3°. Des yeux distincts ; 4°. Des antennes dans le plus grand nombre ; 5°. De petites ouvertures latérales , nommées stigmates, qui sont les organes extérieurs de la respiration; 6 °. Six pattes au moins , articulées, quelquefois un bien plus grand nombre; 7 0 . Le corps composé d’anneaux ou de segmens ; b°. Une métamorphose ou changement de forme, dans les insectes ailés seulement; 9 °. Une ou plusieurs mues, un changementde peau; iO°. Des mandibules et des mâchoires placées transversalement dans les espèces qui en sont pourvues; J i°. Les ailes que la plupart des insectes portent les font distinguer autant que possible de tous les animaux invertébrés; 12 °. Les insectes sont ovipares. La plupart de ces caractères ne sont point particuliers aux insectes , ils sont communs à plusieurs autres animaux; mais leur ensemble est propre à Les faire distinguer. Les caractères négatifs des insectes ne sont pas moins importans , voici les principaux : i°. Point d’ouverture nasale; 2°. Bouche sans dents enchâssées; 3°. Point de voix ; 4°. Point de cœur distinct ; 3 °. Point d’oreilles externes; 6 °. Ne couvant point les œufs. Configuration extérieure des insectes. On distingue dans l’insecte quatre parties principales , qui sont : la tête, le tronc , l’abdomen et les membres. i°. La tête , presque toujours distincte, quelquefois attachée au tronc par un filet mince, rarement confondue avec lui, comprend la bouche , les yeux , Us antennes, le front et le vertex. Les parties principales de la bouche sont les lèvres , les mandibules, les mâchoires, les gaiètes, les palpes ou antennules , la langue, le bec, le suçoir et la trompe. Les yeux. Presque-tous les insectes n’ont que deux veux placés à la partie antérieure et latérale de la tête; mais quelques-uns en ont jusqu’à huit , les araignées : ces yeux sont lisses dans les araignées ; ils sont taillés à facettes, et ifs forment un joli réseau dans presque tous les autres insectes; ils 55 INS INS I 274 sont nus, convexes, immobiles, et recouverts d’une substance dure, cornée, luisante et transparente. Outre ces yeux, on distingue très-bien, avec une simple loupe, dans la plupart des insectes, tels que les hémiptères , les diptères , etc., plusieurs petits points luisans , qui représentent drs espèces de petits yeux , nommés par la plupart des naturalistes petits yeux lisses , et p ir quelques autres stemmates. J1 ne parait plus douteux que ces points brillans ne soient de véritables yeux. Les antennes , au nombre de deux , sont des espèces de cornes mobiles, articulées, plus ou moins longues, div isement figurées, qui partent oe la partie antérieure de la tète. ha front est la partie la plus antérieure de la Lèle, et celle qui occupe l’espace compris entre les yeux et la bouche. 2 0 . Le tronc comprend le corselet, la poitrine, le sternum et l’écusson. On a donné plus particulièrement le nom de corselet à la partie supérieure du tronc , celle qui se trouve entre la tète et la base des ailes. Cette pièce, qu’il ne faut pas confondre avec la poitrine, dont elle est très-distincte, donne naissance aux deux premières pattes dans presque tous les insectes La partie du tronc d’où naissent les quatre pattes postérieures, et qui se trouve placée entre la partie inférieure du corselet et le ventre , a pris le nom de poitrine : elle a un peu plus de consistance que le ventre, et elle est munie latéralement de petites ouvertures en forme de boinonnières, nommées stigmates , qui sont les organes extérieurs de la respiration des insectes. 3°. Le sternum est la partie du milieu de la poitrine, celle qui se trouve entre les quatre pattes postérieures. L 'écusson , dont la figure et la position varient beaucoup, est placé à la partie postérieure du corselet , à la base interne des élytres ou des ailes. On le distingue facilement dans presque tous les coléoptères : c’est cette petite pièce triangulaire qui se trouve derrière le corselet, entre les deux élvtres. L’écusson est ouelquefois si granddansles hémiptères, qu’il cache entièrement les ailes et qu’il recourre ioul le ventre. On a donné aussi le nom d 'écusson à la partie postérieure du corselet des hyménoptères , des diptères , etc. h" 1 abdomen , qui vient immédiatement après la poitrine, et qui se trouve souvent caché sous les ailes des insectes, est composé d’anneaux ou de segmens, dont le nombre varie. On voit de chaque côté de ces segmens un stigmate. On désigne quelquefois la partie inférieure de l’abdomen sous le nom de -ventre , et la partie supérieure sous celui de dos. Ou y remarque l 'anus, qui est cette ouverture placéeordinairement à bipartie postérieure, laquelle donne issue aux excrémens, et renferme, dans presque tous les insectes , les organes de la génération. L’abdomen est souvent terminé par une espèce de queue ou appendice, qui n’est presque jamais commune aux deux sexes , et qui parait servir tantôt à la femelle, de tarière pour percer le bois et y déposer ses œufs , et tantôt au mâle, de pince pour accrocher sa femelle et faciliter l’accouplement, tantôt à l’un et à l’autre pour attaquer et se défendre. 4°. On divise les membres en pattes et en ailes. Tous les insectes parfaits ont des pattes composées de plusieurs pièces articulées, presque tous en ont six; quelques-uns cependant en ont un plus grand nombre , mais ceux-ci sont privés d’ailes; ils ne subissent point de transformation , ils semblent s’éloigner des vrais insectes , et former un passage entre cette classe et celle des vers. ims principales pièces que l’on remarque aux nattes des insectes sont la itanche , la cuisse , la jambe et le tarse. Cette dernière pièce est composée d’un , de deux , trois, quatre ou cinq articles au plus, dont le dernier est uriné de deux ou de quatre crochets recourbés, minces et très-forts. Les ailes , au nombre de deux ou de quatre, sont membraneuses et parsemées de nervures qui forment quelquefois un joli réseau ; les supérieures sont ou simplement membraneuses, ou plus ou moins coriaces : on leur a donné le nom àlélytres , d’un mot grec qui signifie étui , lorsqu’elles ont de la consistance, qu’elles ne servent point à l’ insecte pour voler, etou’elles font l’office de véritables étuis. Indépendamment des ailes et des élytres, on remarque dans l’ordre des diptères , les caillerons et les balanciers. Les cuillerons sont deux pièces convexes d’un côté, concaves de l’autre, en forme de petites écailles ou de cuillers, oui so trouvent un peu au-dessous de l’origine des ailes, un de chaque côté : ces pièces manquent dans quelques espèces. Les balanciers sont de petits fileis mobiles , très-minces , plus ou moins allongés, et terminés par une espèce de bouton arrondi ; ils sont placés sous les cuillerons dans les esoères qui en sont pourvues , ou se trouvent à nu dans celles qui n’ont point de cuillerons. Organisation e< structure des insectes. Sous ce litre se trouvent compris : i°. les organes du mouvement, 2 °. ceux de la nutrition , 3°. ceux de la circulation et ceux des sécrétions, 4°• ceux de la respiration, 5°. ceux de le. génération, 6 e . ceux des sensations. Le détail de ces organes et de leurs fonctions nous mènerait beaucoup trop loin, et sortirait d ailleurs de l’ordre de notre travail ; il doit nous suffire de présenter, sur les principaux objets de l’histoir^ naturelle des insectes, quelques idées générales, et d’indiquer au lecteur , comme nous l’avons fait au commencement de cet article, les ouvrages qui traitent de ces objets d’une manière spéciale. Nous dirons cependant un mot de la génération des insectes, de leurs métamorphoses et de leurs sensations. De la sénération dans les insectes. Les insectes sont, avec les crustacés, les seuls animaux sans vertèbres chez lesquels, les sexes étant séparés , l’accouplement se fasse par l’intromission de l’organe du mâle dans la partie sexuelle de la femelle, et par l’éjaculation de la semence dans les ovaires. Tous les individus, dans la classe des insectes , sont mâles ou femelles ; il faut en excepter cependant quelques genres de l’ordre des hy- INS IN S 275 ménoptères , tels que les abeilles, les fourmis, les cryptocères , etc., dans lesquels, outre les individus mâles et femelles , il y en a encore d’autres eii plus grand nombre , que les naturalistes ont nommés mulets ou neutres, parce qu’ils 11’ont aucun sexe apparent et qu’ils ne sont point propres à la génération. Les mâles sont toujours plus petits que les femelles , et la proportion , dans certains insectes, disparait au point que les mâles sont d’une extrême petitesse relativement à leurs femelles. Da ns la plupart des espèces d’insectes, les mâles I sont ornés de couleurs infiniment plus brillantes; dans quelques espèces, les couleurs des deux sexes sont dilférentes. Les antennes du mâle sont ordinairement plus grandes, et souvent les femelles manquent d’ailes, tandis que les mâles en sont pourvus, ainsi qu’on en trouve un exemple dans les coléoptères et les lampyres, et qu’on en trouve de pareils dans les genres des blattes, des noctuelles , des boni- byces, etc. Mais la véritable distinction des mâles et des femelles consiste dans les organes sexuels. V. la description de ces organes dans le Nouveau dictionnaire d’histoire naturelle , article Insecte. Accouplement. — Dans les insectes , il n’y a que \es faucheurs et les araignées qui s’accouplent ventre à ventre; tous les autres s’accouplent à la manière ordinaire, le mâle monte sur la femelle, et la nature les a pourvus d’instrumens propies à les tenir dans cette posture. Ponte .— L’accouplemenf achevé , les mâles meurent, et les femelles se livrent à la ponte de leurs oeufs, les unes plus tôt, les autres plus tard , et ordinairement elles les pondent un à un. Elles ont soin de les placer dans des endroits où leurs petits, à leur naissance, trouveront tout ce dont ils ont besoin pour subsister. Ainsi, suivant les espèces, les œufs sont placés par la mère sur les plantes on dans les plantes, dans les animaux vivans ou morts, sur la terre ou dans la terre, près de l’eau ou sur l’eau, etc. Après la ponte, les femelles meurent , de même que les mâles. Les œufs des insectes sont, pour ainsi dire, de deux sortes : les uns restent membraneux, comme ceux des tortues et de la plupart des reptiles; les autres sont crustacés, comme ceux des oiseaux La variété qui existe entre ces œufs , quant à la forme et à la couleur, est telle , qu’on pourrait dire qu’elle égale le nombre des espèces. Le petit reste dans l’œuf jusqu’à ce que la matière aqueuse qui s’y trouve en surabondance eu soit dissipée , et que les membres de l’insecte aient acquis assez de force pour pouvoir rompre la coque et en sortir. Tous les insectes ne restent pas le même espace de temps dans leurs œufs: quelques-uns ( les pucerons, les scorpions , etc.) éclosent dans le ventre de leur mère , et sont pondus vivans peu d’heures après l’accouplement, tandis qu’il en est à qui il faut plusieurs jours ou même plusieurs mois. On a remarqué que les insectes qui doivent passer l’hiver dans leurs œufs n’en sortent pas avant la naissance des feuilles qui doivent leur servir de nourriture. Des métamorphoses et des mues dans les insectes. La plupart des animauxconservent, toute leur vie, Informe qu’ils ont apportée en naissant; mais il n’en est pas ainsi des insectes, ils éprouvent au contraire de si grands changemens, soit dans leur intérieur , soit dans leur extérieur, qu’un individu de cette classe , pris à sa naissance, diffère entièrement de ce même individu parvenu à l’âge de maturité. La vie des insectes se partage naturellement en trois périodes principales : ce sont ces changemens qu’on a désignés parle mot de métamorphose ou de transformation. Tous les insectes cependant ne sont pas soumis à subir la loi des métamorphoses ; il y en a un bon nombre qui ne changent aucunement de forme. En général, les insectes qui n’ont point d’ailes, et qu’on désigne sous le 1.0m d 'aptères ( privés d’ailes ), naissent avec la même forme qs.’ils doivent toujours conserver. L’insecte, dans sa première période, se produit sous la forme de ver, désigné sous le nom de larve dans les uns , et sous celui de chenille dans les aunes ; son corps est allongé et formé d’une suite d’anneaux ordinairement membraneux et emboîtés les uns dans les autres. Il rampe, soit à l’aide de ses anneaux ou des ciochets dont ils sont souvent garnis, soit à l’aide des diverses paires de pattes, dont le nombre est quelquefois assez grand. Dans la seconde période, l’insecte parait sous la forme de nymphe, ou de chrysalide ou fève. Ce n’est plus un ver improprement dit, c’est un insecte, mais dont tous les membres , renfermés dans une ou plusieurs enveloppes, sont couchés sur la poitrine et ne se donnent aucun mouvement. Cette métamorphose s’opère de plusieurs manières : tantôt la peau du ver s’ouire et laisse sortie le nouvel insecte , revêtu des .égumens qui lui sont propres; tantôt cette peau se durcit autour de lui, et devient une espèce de coque qui le cache entièrement. Dans la troisième pii iode, l’insecte s’élève à toute sa perfection organique; les liens de la nymphe ou de la chrysalide se brisent, et l’insecte commence une nouvelle vie; tous ses membres, auparavant repliés, mous et sans action, se déploient, se fortifient, se mettent en jeu ; porté sur six pattes, il marche lentement sur la terre ; soutenu par deux ou quatre ailes, il voltige légèrement dans l’air. Pour se faire une idée de ces métamorphoses , on peut examiner ce qui se passe dans le ver à soie. Ce bombyee dépose des œufs, d’où sortent des larves ou chenilles, qui, après avoir changé plusieurs fois de peau, filent un cocon de soie dans lequel elles se transforment eu nymphes, et d’où sort ensuite un insecte parfaitement semblable au père et à la mère. Nous avons vu qu’il y a des insectes qui ne changent jamais de forme ; il y en a encore d’autres qui tiennent le milieu entre ceux-ci et les insectes qui subissent des transformations. Ils ne passent pas proprement par l’état de nymphe ou de chrysalide. Leur vie n’est partagée qu’en deux périodes : ils marchent dans la première, ils volent dans la seconde ; ainsi toute leur métamorphose se réduit à prendre des ailes, et cela s’exécute sans que leur 35 * INS 276 IN S forme et leur genre de vie souffrent d’altération considérable. Les larves présentent entre elles , dans leurs formes , des différences aussi multipliées que celles qu’on remarque dans les insectes parfaits. Cet état de larve est véritablement celui de l’enfance dans ces insectes; ils ne prennent d’accroissement que dans cet état, et ils ne peuvent engendrer, étant entièrement privés des organes de la génération. Les larves mangent beaucoup, et prennent en peu de temps toute la grosseur qu’elles doivent avoir pour se changer en nymphe. Cet accroissement subit occasionne des renouvellemens de peau , qui s’opèrent par quatre ou cinq mues successives. Les insectes ont leur temps pour changer de peau, et la mue n’arrive pas à tous à la même époque et de la même manière ; les araignées , par exemple, semblables aux serpens, changent de peau une fois toutes les années. Les métamorphoses diffèrent suivant la structure diverse des larves et des nymphes. Les naturalistes les distinguent en métamorphoses complète , semi- complète, incomplète, recouverte et étranglée , selon que la larve et la nymphe ressemblent plus ou moins à leur père et mère , ou que la larve se trouve renfermée dans une enveloppe qui ne présente que peu ou point de parties distinctes. Des sensations des insectes. Les sensations dans les insectes, ainsi que dans tous les animaux , sont les effets que produisent en eux ou sur eux les différens corps par leurs propriétés chimiques ou physiques. La vue et l’odorat semblent être les sens les plus par.aits des insectes. Les yeux, comme nous l’avons dit, sont de deux sortes : les uns sont formés extérieurement d’une membrane composée de facettes hexagones, et dont le nombre est si considérable , qu’on en compte quatorze mille ; les autres ont leur surface lisse, et sont beaucoup plus petits. Les premiers, ou les yeux à facettes, se trouvent toujours au nombre de deux ; les autres, ou petits yeux lisses, sont placés sur le sommet de la tète de quelques insectes, et varient en nombre de deux à huit. Les insectes sont pourvus du sens de l’ouïe, ainsi que le prouvent les cigales et plusieurs orthoptères. L’existence de l’odorat, dans les insectes, est prouvée par les scarabées , les bousiers , les dermestes , les mouches , etc., qui sentent à une distance trts- considérable les excrémens des animaux et les cadavres. M. Olivier incline à penser que le siège de l’odorat est dans les antennes. Les insectes ont en général le sens du goût, car on offrirait en vain à plusieurs chenilles des végétaux différens de ceux dont elles vivent habituellement. Nous terminerons ici le bref aperçu que nous avons cru utile de présenter sur l’histoire des insectes. Nous n’avons point parlé des systèmes de classification de ces animaux, c’est dans les ouvrages mêmes qui sont consacrés à cette partie de l’histoire naturelle qu’il faut en faire l’étude. Deuxième Section. — Des ravages que causent les insectes dans les forêts. Des milliers d’insectes vivent aux dépens des arbres , et leur font un tort souvent irréparable. Le nombre de ceux qui vivent plus particulièrement dans les forêts est considérable; il s’élève , dit-on, à plus de six cents ; mais on peut réduire à dix ou douze espèces celles dont les ravages méritent de fixer l'attention particulière du forestier. Les forêts d’arbres résineux sont plus exposées que les autres à être détruites par les insectes. On a vu disparaître des forêts entières de ce genre par suite de leur effrayante multiplication. Ces ravages se sont fait remarquer principalement en Allemagne, ainsi que nous le verrons plus loin. On lit, dans la Description du genre pin par A.-B. Lambert, que des forêts de pins de 10 lieues de longueur, ont été totalement détruitesparlalarvedela phalæna monacka de Linné. On voit aussi, dans un ouvrage allemand, imprimé, en 1798, par D.-J.-H. Jordans, que cette phalène avait détruit les forêts de Schlier et d’Eben- dorff, et que l’insecte commençait à s’étendre vers les confins du Voigtland, et d’un autre côté vers Bareuth , sur une circonférence de 8 à 10 milles d’Allemagne. Cet auteur ajoute que l’insecte dont il s’agit, quoiqu’il n’attaque pas ordinairement le sapin ( pinus abies de Linné), avait, en 1784, détruit beaucoup d’arbres de cette espèce , sans doute parce qu’il 11’avait plus d’autre pâture. M. Chauvet, administrateur des forêts, qui a visité les forêts du Hartz , en Hanovre, où des milliers d’épicéas ont péri par suite de la multiplication du bostriche-imprimeur , que les Allemands appellent borkenkafer , s’exprime ainsi : « Cet insecte est rangé dans la classe des scarabées. Il vole d’arbre en arbre , perce l’écorce et dépose ses oeufs entre l’écorce et l’aubier, et meurt ensuite. Il meurt, mais c’est pour se reproduire par milliers. Ses œufs donnent des larves ou espèces de vers qui rongent la partie mucilagineuse de l’écorce, et font ainsi périr l’arbre. Ils deviennent ensuite chrysalides, puis insectes volans. » M. Deserret, en 1810, publia une notice sur les dommages que causaient les insectes aux plantations d’arbres résineux en Belgique. A la même époque, M. Lahorie, conservateur des forêts â Liège , faisait connaître à l’Administration des forêts que la forêt de Tannenbusch , située dans le département de la Roër, peuplée de pins sauvages {pinus sylvestris) , et d’une contenance de près de 200 hectares, était menacée d’une ruine très-prochaine, par suite de la prodigieuse multiplication de deux insectes, le bostriche-imprimeur , dermestes typographus, et le bostriche destructeur des pins, dermestes piniperda. On avait pensé d’abord que les insectes qui dévoraient cette forêt étaient de l’espèce connue sous le nom de phalæna geometra pi- nearia, et on avait recommandé d’allumer, la nuit, des feux clairs, moyen que M. de Ziégra, maître des forêts en Basse-Lusace , assure avoir employé avec succès dans une forêt de i 3 o ,000 arpens, qui était infestée de chenilles ; mais il a été reconnu ensuite qu’il s’agissait d’un insecte bien différent, qui IN S INS ne vole presque pas, c’est-à-dire du bostriche. Le moyen eût été peu utile , et le mal était arrivé au point que tous les arbres périssaient. On provoqua un décret qui autorisa l’abatage de toute la forêt et l’emploi de mesures propres à arrêter les progrès du mal dans les forêts voisines. En conséquence , un décret du 10 mai i8i3, dont j’avais préparé le projet, a ordonné qu’il serait procédé à la coupe de la forêt de Tannenbusch; que les adjudicataires seraient tenus de déraciner les arbres à abattre et d’extraire les racines de ceux précédemment abattus ; de couper et d’enlever les bruyères de toute la forêt, même des coupes déjà faites ; de ramasser soigneusement les racines avec les écorces, menues branches, ramilles, bois gi- sans, la mousse, les feuilles, et de faire des tas épars, qui seraient brûlés sur place ; qu’il serait également procédé à la vente des pins sauvages qui pourraient se trouver dans les forêts domaniales et communales voisines de Tannenbusch, et sur lesquels on apercevrait des signes annonçant qu’ils étaient attaqués des bostriches ou des chenilles du pin ; qu’immé- diatement après l’exploitation de la forêt de Tan- nenbnsch , il serait procédé à son repeuplement en toutes autres essences que celle de pin sauvage et de tous autres arbres résineux.. Les événemens politiques qui ont suivi n’ont pas permis de savoir si la mesure a été exécutée. Les forêts d’urbres à feuilles éprouvent aussi de grands dommages de la part des insectes; mais ces dommages n’ont jamais des suites aussi funestes que dans les forêts d’arbres résineux , parce que les arbres à feuilles , lors même qu’ils en seraient totalement dépouillés, repoussent par la suite de nouveaux jets, et finissent par se rétablir. Les arbres résineux au contraire , à l’exception du mélèze , n’ont point la faculté de pousser de nouvelles feuilles ou aiguilles en place de celles qu’ils ont perdues. Privés de ces organes de l’absorption et de la transpiration , soit par les insectes, soit par toute autre cause, les pins, les sapins et les épicéas sont frappés d’une mort certaine. Il n’y a que les très-jeunes tiges qui, produisant de nouvelles pousses où les feuilles sont assez nombreuses pour faire monter la sève dans le corps ligneux, lui faire éprouver l’élaboration nécessaire, aspirer l’humidité de l’atmosphère, et favoriser la transpiration ; il n’y a, disons-nous, que ces jeunes tiges qui puissent se rétablir après avoir perdu leurs feuilles. D’un autre cûté, les nouvelles pousses que produisent ces jeunes tiges se trouvent moins disproportionnées avec le reste du jeune arbre, que celles que poussent les grands arbres ne le sont avec le reste de l’arbre. Dans les grands arbres, la sève qui se presse dans les vaisseaux est trop considérable pour qu’elle puisse être élaborée par le petitnombre des nouvelles pousses et par les feuilles qui s’y forment; la sève ascendante est donc arrêtée dans sa marche, pressée dans les vaisseaux de telle sorte qu’un grand arbre est frappé comme d’un coup d’apoplexie. La mort d’un arbre est également certaine lorsqu’un scarabée s’introduit entre l’écorce et le bois, dévore le cambium , et cerne l’arbre de manière à arrêter la circulation de la sève. Nous avons dit qu’un grand nombre d’insectes vi- U 11 vent aux dépens des arbres ; mais nous nous bornerons à indiquer , d’après M. Hartig, ceux qui sont les plus nuisibles, et de préférence ceux qui causent le plus de dommages aux arbres résineux : ce sont , i°. La grosse chenille ou le bombyx du pin,pàn- Icvna bombyx pirti; 2 °. La phalène-hibou , destructrice du inn, phalœna noctua piniperda ; 3°. Le bombyx moine , phalœna monacha ; 4°. La petite chenille du pin, phalœna pithyo- campa ; 5°. La phalène arpenteuse du pin , phalœnageo- metrapinaria ; 6°. Le sphynx du pin, sphynxpinastri ; 7 °. Le bostriche ou scolyte typographe, dermes- tes typographus (Lin.); 8°. Le petit bostriche ou scolyte velu , bostrichus villosus j 9 °. Le dermeste testacé ou scolyte testacé , der- mestes teslaceus (Lin.); io°. Le^dermeste piniperde ou scolyte piniperde, dermestes piniperda (Lin.). M. Hartig regarde les trois premiers insectes comme les plus nuisibles , c’est-à-dire la grosse chenille du pin ; la phalène nocturne , destructrice du pin , et le bombyx moine , ainsi que le bostriche typographe ou imprimeur. Il les a fait dessiner avec exactitude pour que les forestiers pussent bien les reconnaître , et lorsqu’ils remarquent qu’ils se multiplient dans une forêt, en donner avis aux officiers supérieurs. Ce sont les figures qu’il en a données que nous avons fait copier. V.' VAtlas. Voici la description donnée par M. Hartig des dix insectes dont nous venons de parler. Nous ajoutons aux noms linnéens, sous lesquels cet auteur les a désignés, les autres dénominations qui leur ont été appliquées par les entomologistes, suivant les différens systèmes de classification. Chenilles du genre phalène de Linné , qui sont les plus nuisibles aux arbres des forêts. La grosse Chenille du pix ou bombyx du pin , phalœna bombyx pf/ri(Lin.), bombyxpini( Fbr.)(i). La figure de cette chenille, qui est si dangereuse pour les forêts de piii , est représentée dans tout son développement sous le a», i , PL des insectes à l’ Atlas. Sa longueur, lorsqu’elle est arrivée à son entier accroissement, est de 3 pouces et demi à 4 pouces. Elle a six pattes antérieures, huit pattes au ventre et deux pattes postérieures. Quant à sa forme et à sa couleur , elles sont représentées par la figure. On trouve aussi beaucoup de chenilles de cette espèce, qui sont de couleur plus claire, dç couleur orange, de couleur rousse de renard, etc. Un caractère jmincipal, pris dans leur couleur, consiste dans les taches bleues qu’elles ont derrière la tête. Au printemps , dès que la température devient douce, ces chenilles , qui, après l’hiver, se tiennent en paquets dans la mousse sur la terre, montent sur les pins jusqu’à leur sommet, se nourrissent de leurs feuilles, et en font une consommation épouvanta- (i)Ce bombyx forme la onzième espèce du genre bombyx, de M. Latreille. ( flist. nat. de Buffon, édit, de Sonnini.) INS > 7 » ble. Lorsque l’arbre en est dépouillé, elles redescendent , et remontent sur un arbre voisin pour y faire le même ravage , etainsi de suite jusqu’au mois de juin : alors elles se retirent dans les expositions au midi, elles recherchent les broussailles et s’enveloppent dans un cocon d’un pouce d’épaisseur, de 3 pouces de long, et de forme obtuse aux deux bouts. C’est dans ce cocon que la chenille se transforme eu une chrysalide . d’un pouce et demi de long et de couleur brune, qui elle-même donne naissance, au bout de 3 semaines, aune phalène ou papillon. La couleur de ce papillon est d’un brun rougeâtre, et l’on remarque sur ses ailes supérieures une bande d’un brun sale marquée de noir, et une petite tache blanche sur chacune. Le mâle, dont la ligure est représentée n°. 3, est, comme dans un grand nombre de papillons, plus petit et beaucoup plus étroit de corps que la femelle. Il a des antennes fortes , tandis que celles delà femelle sont soyeuses. L’accouplement suit immédiatement l’apparition des papillons, et ensuite la femelle déposé, dans les fentes de l’écorce et sur les jeunes branches, cent cinquante à deux cents œufs, qu’elle recouvre de mastic. Les jeunes chenilles ou vers éclosent 1 5 jours après, et ordinairement à la fin d’août, toutes les chenilles sont hors des œufs. Elles mangent et prennent de l’accroissement jusque vers le milieu d’octobre, époque à laquelle elles descendent des arbres dans la mousse , pour y passer l’hiver et se remontrer au printemps suivant, pour continuer leurs ravages et se reproduire comme nous l’avons expliqué. La Phalène-Hibou destructrice du pin , pha- lœna noctua piniperda (1). Cette chenille , également très-nuisible, est représentée par la figure n°. 3 . Elle est unie, d’un vert herbacé, ayant une bande blanche.sur le dos et deux bandes semblables sur chaque côté , et ensuite une autre bande rouge ou d’un jaune orange sur le ventre; la tète est d’un brun rouge. Les chenilles de cette espèce sortent, vers la fin du mois de mai, d’œuls placés sur les feuilles ou aiguilles des pins, mangent pendant environ 8 jours et se transforment en chrysalides au pied de l’arbre dans la mousse ou dans la terre; celles-ci y demeurent jusqu’à la fin dit printemps, époque à laquelle elles se changent en papillons de couleur brune et jaune, dont les femelles, après l’accouplement, déposent et collent leurs œufs sur les feuilles. La femelle de celte espèce est représentée par la figure n”. 4 - Le Bombyx moine , bombyx monacha ( Fabr. ), phalœna monacha (Lin.) (2;. Cette chenille,redoutable pour les forêts d’arbres résineux, est représentée sous le n u , 5 . Elle est très-velue et d’un gris sombre; sa tète est saillante, bleue, rouge et d’un gris brun. Le deuxième et les trois derniers anneaux sont marqués de points noirs. C’est au printemps que les chenilles de cette espèce sortent des œufs suspendus aux feuilles ou aiguilles (0 Je pense que c’est la noctuelle-hibou , noctua pronuba île Fabricius , et la phalène n°. -6, de Geoffroy. ( 2 ) Ce bombvx forme la trente-huitième espèce du genre bombyx , de M. Latreille. ( Hist. nat. de Buffon , éjtt. de Sonnini. ) INS des pins. Elles filent leurs cocons au mois de juin entre les feuilles, et dans le mois d’août paraissent des papillons mélangés de blanc et de noir, comme dans la ligure n°. 6. Après l’accouplement, les femelles collent leurs œufs sur les feuilles. La petite Chenille du pin ou bombyx pithyo- campa (Fabr.! (1). Cette chenille est encore dangereuse pour les forêts de bois résineux. Elle n de i 5 à 18 lignes de long , le corps noir, et le poil gris et blanc par interruptions sur le dos , et jaune sur les côtés. Les chenilles de ce bombyx éclosent dans le mois d’août, et commencent, dès cet instant, à se former entre les feuilles un nid dont la forme est en entonnoir; elles l’augmentent successivement jusqu’à ce qu’il ait la grosseur du poing : c’est dans ce nid que se tient, pendant le jour, toute la colonie, et ce n’est que le soir qu’elle va fourrager en se tenant en procession régulière. Elle demeure sur l’arbre jusqu’au mois d’avril ; alors ces chenilles se cachent dans la terre, où elles filent leurs cocons et se changent en chrysalides. Au mois de juillet suivant paraissent les papillons; ils sont de couleur gris brun , ayant le bord des ailes tacheté de petits points noirs. Après l’accouplement, la femelle dépose ses œufs sur les feuilles et les rameaux , d’où éclosent, au mois d’août, les jp^ines chenilles, comme on l’a dit au commencement. Les poils de cette chenille, observe M. Hartig, sont dangereux; la main qui les touche enfle ordinairement très-fort, et si par hasard on avale de ces poils , il en résulte un vomissement violent. 11 faut donc agiravec précaution lorsqu’on détruit les nids ou les chenilles de cet insecte, et 11e les prendre que la main couverte d’un gant. La Phalène arpenteuse du pin, phalœna geo- metrapinaria (Lin.). La chenille de cette phalène est de l 5 à 18 lignes de long. Elle est entièrement unie , et le fond de sa couleur est vert, avec une raie blanche sur le dos et quatre raies jaunes sur les côtés. Sa tête est verte, et recouverte par les raies de couleur claire dont nous venons de parler ; ce qui la fait distinguer des autres chenilles semblables. Les chenilles de la phalène arpenteuse du pin éclosent dans le mois de mai sur les arbres, aux feuilles desquels les œufs sont attachés ; elles mangent jusque vers la fin de septembre , et se cachent à cette époque dans la mousse qui couvre la terre, pour s’y envelopper et s’y changer en chrysalides. Dans le mois d’avril suivant, il sort de chaque chrysalide un papillon nocturne. Le mâle est d’un brun noir , et il a sur les ailes antérieures une grande tache d’un jaune clair, qui en recouvre près de la moitié. Quant à la femelle, elle est d’un jaune d’ocre, et la partie antérieure des ailes supérieures est d’un brun clair. Le dessous des ailes des mâles et des femelles est de couleurs très- variées': il est jaune, brun et blanc. Les uns et les autres ont sur les ailes postérieures deux bandes blanches , qui s’étendent dans toute leur longueur ( 1 ) Ce bombyx forme la vingt-cinquième espèce i!u genre bombyx , de M\ Latrrille. ( JStst. nat. de Buffon , éait. de Sonnini. ) INS INS et sont coudées par deux lignes transversales d’un brun foncé. Ils tiennent, dans le repos , leurs ailes tendues verticalement sur le dos, et quelquefois aussi déployées horizontalement. Après l’accouplement, qui a lieu en avril, la femelle dépose ses œufs sur les feuilles et les petits rameaux, et ces œufs donnent naissance, dans le mois de mai, à de nouvelles chenilles, comme nous l’avons dit. Le Sphyxx du pin, sphynx pinaslri (Lin.). La chenille de ce sphy nx, qui fait une grande consommation de •euilles, est de 2 à 3 pouces de long. Elle est marquée sur le dos par une longue raie d’un brun ferrugineux, où viennent se réunir, de chaque côté , de longues raies vertes et blanches. Elle se nourrit volontiers des feuilles du pin , et par cette raison elle est très-nuisible à cette espèce de bois. Cette chenille éclôt dans le mois de juillet, se nourrit jusque dans le mois de septembre, se change alors en chrysalide dans le sein de la terre, et au mois de mai suivant paraitle papillon nocturne. Ce papillon est d’un gris brun; ses ailes antérieures sont beaucoup plus grandes que ses ailes postérieures, et toutes sont terminées par une bordure blanche marquée de points noirs ; mais le dessous des ailes est tout-à-fait noir. Après l’accouplement, la femelle dépose, seul à seul, des œuls de couleur verte sur les aiguilles du pin, et c’est de ces œufs que naissent les chenilles dans le mois de juillet. * Insectes du genre scolyte de Latreille, ou du genre bostriche de Fabricius , ou du genre dermeste de Linné } qui sont les plus nuisibles aux forêts. Avant de passer à la description de ces insectes par M. Hartig, nous ferons connaître les observations que M. Latreille a insérées en tête de sa famille des scolytaires, dans son Histoire des insectes, ajoutée à VHistoire naturelle de Buffon, édition de M. Sonnini. « De tous les insectes observés jusqu’à ce jour, ditee naturaliste, les scoly tes paraissent, malgré leur petite taille, être du nombre de ceux dont les ravages sont les plus considérables. 11 est peut-être peu d’arbres qui 11e soient attaqués par une espèce particulière de ces insectes, et outre l’espèce propre, on en rencontre encore souvent, sur le même arbre, plusieurs autres. Nous nous contenterons , ici, de faire connaître les dégâts causés par les scolytes typographe , chalcograplie et ligniperde. « Qui croirait, à le voir , dit Wilhelm , dans ses 33 Récréations tirées de l ’ Histoire naturelle ( trad. n franc.), qui croirait que le bostriche commun, » scolytns typographus (V. les fig. 7 et 8 de la » Blanche des insectes ) , que les Allemands appel- 3> lent encore chancre du pin , ver du bois , sait se » rendre plus redoutable que les animaux de proie 3) les plus altérés de sang? Qui croirait qu’il est ca- 33 pable de détruire de fond en comble les plus beaux 33 bois de pins et de sapins rouges? Il ne s’attaque 33 aux autres arbres conifères qu’à la dernière extré- » mité , jamais aux arbres à feuilles rondes. Depuis 33 long-temps le bostriche était très-mal famé en 33 Allemagne, sous la dénomination de ver du sapin 2 79 33 ou de ver noir. La force et la solidité de la con- 33 formation du bostriche le fait résister à des de- » grés de froid d’une rigidité qui enlève des mil- 33 lions d’autres insectes. C’est au mois de mai que ■a les bostriches, qui ont pris pendant l’hiver, dans 33 l’intérieur des écorces , leur accroissement com- 33 plet , se fraient, en rongeant, un passage au tra- 33 vers de l’écorce extérieure desséchée; on les voit 33 alors , sur le soir, quelquefois seuls, mais , dans 33 les années qui leur ont été particulièrement fa- 33 vorables , former des essaims qui semblent autant 33 de nuages, et fondre sur les troncs des arbres. 33 Lorsque le temps est froid , ils se tiennent dans 33 les fonds; mais lorsqu’il devient chaud, l’essaim 33 s’élève à une hauteur supérieure à celle des sa- 33 pins les plus hauts, et va s’abattre, lorsque le vent >3 favorise leur vol , jusqu’à quelques milles de leur 33 lieu natal. C’est à l’époque de ces émigrations en 33 troupes que s’opère l’accouplement ; et alors cha- 33 que couple de bostriches , et cela en très - grand 33 nombre, va se chercher dans les parties attaquées 33 de pourriture ou cariées des arbres fraîchement 33 aoattus ou renversés, et au défaut de ceux-là , sur 33 des arbres entièrement sains et sur pied , entre les 33 écailles des écorces, une place où il puisse se 33 ronger un logement. Lorsque l’arbre est en pleine 33 sève, sa liqueur, qui jaillit à la rencontre de cet in- 33 secte à étuis , le suffoque; et c’est par cette raison ai qu’il a soin de choisir les arbres où fa sève est figée. 33 On peut l’entendre ronger, et la poudre de bois 33 qu’il lait tomber le décèle. Une rainure en ligne 33 droite est la première chose qu’on aperçoit, au bout 33 de quelques jours, en dedans de l'écorce* (V. la 33 Planche des insectes .) Aux deux côtés de cette rai- as nure, il creuse (1) des canaux latéraux , mais un 33 peu en dehors, en sorte que ces derniers n’entrent 33 pas touc-à-faUdans le canal principal. C’est dans ces 33 canaux latéraux que la femelle pond ses soixante à 33 quatre-vingts œufs , chaque œuf séparément dans 33 une petite cavité arrondie, et le recouvre avec 33 de la poudre de bois ; ensuite les vieux (2) , à » moins que la mort ne les surprenne dans le cours 33 de leur travail, se percent une issue pour revenir 33 au jour, et laissent le soin du reste aux larves, qui 33 commencent leur travail dévastateur; c’est-à-dire 33 qu’au bout de i 5 jours il sort des œufs , qui sont 33 delà grosseur d’une graine de pavot, des larves 33 en forme de vers, qui, grossis à la loupe, laissent 33 apercevoir, dans le dessin, des anneaux fort renflés, 33 des pattes terminées en pointe , et une couleur 33 jaunâtre; et c’est alors que ccs larves, chacune 33 partant de sa niche , travaillent à construire des 33 galeries, qui vont en serpentant, et dont un air 33 de ressemblance avec les lettres de l’alphabet, vé- 33 ritablement assez difficiles à déchiffrer , a fait ac- 33 quérir à l’insecte le nom de typographe. Jamais (1) Comme l’accouplement île ces insectes a lieu sur le tronc de l’arbre, il est probable que la femelle seule travaille à loger sa postérité ; et comme il y a peu d’exemples de ce soin , de la part du mâle, parmi les insectes , ce fait demanderait à être étayé de nouvelles observations. (2) D’après ce que j’ai dit dans la note précédente, ceci ne doit encore s’entendre que des femelles. IN S IN S s8o 3» ces galeries ne se croisent; mais elles acquièrent : » plus de largeur à mesure que la larve prend de : » l’accroissement. La manière dont ces pionniers : v> travaillent sous l’écorce vaut bien la peine d’être » considérée, et il n’éeliappera pas aux observateurs » combien est remarquable, dans une aussi nom- 3) breuse famille d’insectes à étuis, cet amour de la 33 paix , par - tout si rare, qui ne permet à aucun 3) de ses membres d’empiéter sur le terrain de l’au- 3 ) tre , et les retient à travailler chacun pour soi. 33 La féconde mère reste jusqu’à sa sortie dans la 33 galerie principale ; les larves occupent l’extrémité 33 des galeries latérales serpentantes. Le toutcom- 33 pose constamment une famille; mais il arrive quel- 33 quefois aussi que deux familles de ces insectes 33 s’approchent de si près , qu’elles se détruisent 33 l’une l’autre. Au bout de quelques semaines, la 33 larve se change en nymphe ; dans cet état, elle >3 devient extrêmement sensible et délicate, une sai- 33 son défavorable en détruit alors des millions. 33 C’est aussi de la saison que dépend le plus ou 33 moins de temps que la nymphe met à passer de 33 son état à celui d’insecte parfait. Si l’époque du 33 développement tombe dans lasaison la plus chaude 3> de l’année, la larve aura surmonté toutes ses pé- 33 riodes dans l’espace de 8 semaines; mais si la 33 ponte des œufs ne s’est effectuée qu’en automne , 33 cela peut durer autant de mois. Devenu insecte 33 parfait, le bostriehe dévore tout ce qui est encore 33 resté entre le bois et la partie dure de l’écorce 33 extérieure , et ne laisse que ce qui n’est pas trop 33 desséché ; finalement, il se perce une issue au >3 jour. Lorsqu’on examine un morceau d’écorce 33 ainsi rongé, on n’aperçoit déjà plus les galeries 33 serpentantes, mais des cavités. S’il existe une 33 très-grande quantité de trous à l’extérieur de l’ar- 33 bre, c’est une preuve que les larves , déjà méta- 33 morphosées, dont il en habite souvent quatre- 33 vingt mille dans un seul arbre, l’ont déjà aban- 33 donné; mais lorsqu’on ne voit pas, toute pro- 33 portion gardée, beaucoup de trous , c’est que les >• brigands ne font que d’y entrer pour commencer 33 à exercer leurs ravages. On ne saurait imaginer, 33 sans le plus grand étonnement , à quel point cet 33 être a la vie dure. Qu’on abatte le bois dans l’é- >3 corce duquel il habite, qu’on le fasse flotter sur » l’eau; qu’on le laisse dans l’eau, sur la glace, 33 dans la neige, on y trouvera toujours notre iri- 33 secte sain et dispos. » Les arbres, dans la tendre écorce intérieure 33 desquels ces larves font leurs fouilles funestes , 33 voient d’abord leurs feuilles en aiguilles se jaunir, 33 et meurent à commencer par le haut de la cime. >3 II est peu de grandes forêts de l’Allemagne qui 33 n’aient éprouvé cette épidémie , que l’on y ap- 33 pelle wurmtroekniss (ce qui signifie, dans notre 33 langue , sécheresse occasionnée par la piqûre des 33 rets) ; et l’an trouvé , dans les anciennes litnr- 33 gies, notre bostriehe formellement mentionné 33 sous sa dénomination vulgaire , ni plus ni moins 33 que le turc. 11 existe déjà, sur des registres de 33 l’année i 665 , des rapports circonstanciés du mal >3 affreux qu’il causait, et alors, déjà, on s’avisa du j3 seul remède entièrement sûr à lui opposer : c’é- 33 tait d’abattre, dans le principe, tout arbre qui se 33 trouvait attaqué , d’en enlever l’écorce et de peler 33 l’arbre radicalement. Au commencement de ce » siècle, ce fléau se manifesta, pendant plusieurs a années consécutives , dans les forêts du Hartz. » Il reparut en 1757 , redoubla de fureur en 1769, 33 et alla toujours croissant jusqu’en 1777- H parut 30 que cette plaie voulait cesser en 1778 et 1779 ; 33 mais, dans les années suivantes, après un été 33 très-chaud et très-sec , elle ne s’accrut que da- 33 vantage, et même de la manière la plus effrayante. 33 II se trouva, dans le Clausthal seul, plus de 33 3 oo,ooo, et dans la contrée, en général, plus d’un 33 million de troncs d’arbres absolument séchés sur 33 pied. Les habitans du Hartz se virent, par là, 33 menacés d’une ruine entière , et l’exploitation de 33 leurs mines d’une suspension totale. Le mal 33 était parvenu à son comble en 1783. On pouvait 3 j évaluer , au Hartz seul, le nombre des arbres at- 33 teints de la maladie à un million et demi. Ce 33 qu’on avait à se promettre pour l’avenir se pré- 33 sentait sous un aspect toujours plus effrayant. Ces 33 masses de sapins, naguère si superbes et d’un vert 33 si foncé , n’offraient plus à la vue qu’un jaune 33 sale et portant l’empreinte de la mort; à mesure 33 que le mal s’accroissait, s’augmentait aussi l’im- » possibilité d’y remédier. On vit en outre, à cette 33 époque, nos bostriches se rendre, par essaims pa- 33 reils à des essaims d’abeilles, en Souabe et en 33 Franconie. Enfin, depuis l’année 1784 jusqu’à 33 1789, grâce aux saisons froides et humides qui 33 survinrent, ce terrible fléau diminua sensible- 33 ment. Avec l’année 1790, l’ancien ennemi repa- » rut de nouveau avec plus de force encore, et l’on 33 était, en 1796, en suspens sur le sort qu’éprou- 33 veraient le petit nombre de lieux riches en sapins 33 qui étaient restés intacts. Il paraît actuellement 33 bien décidé que, malgré que le bostriehe préfère 33 aux arbres qui sont en pleine sève ceux qui ne le 33 sont pas, il n’en attaque pas moins aussi, au 33 défaut d’autres , les arbres les plus sains. O11 peut 33 avancer hardiment que la confiance tranquilli- 33 santé avec laquelle on s’est trop long-temps per- 33 suadé que cet insecte ne cherchait que les arbres 33 qui se trouvaient déjà malades sans cela, et qu’il 33 cesserait de lui-mèine ses ravages, a coûté plu- 33 sieurs centaines de milliers d’arbres. Un petit 33 nombre de bostriches ne sauraient sans doute 33 faire tomber un arbre sain dans le dessèchement, i3 et dans les années où ce pernicieux insecte est peu » abondant, on peut le livrer à l’indifférence sur 33 ce qui le concerne ; mais il est toujours prudent, 73 nécessaire même, d’enlever bientôt le bois nou- 33 vellement abattu par la hache ou renversé par >3 le vent. Il peut cependant quelquefois servir à a rassembler ceux qui sont errans, et qui tombent ; » premièrement sur ces bois-là, où on les tient alors >3 comme dans un piège. Il serait encore très-im- : » portant de ne jamais permettre aux charpentiers : « d’établir leurs ateliers dans la forêt, et defendre : r> très-sévèrement de tirer sur les pics, que la nais ture créa pour s’opposer aux progrès de cette ; o plaie- Le point capital, c’est d’abattre très-promp- » texnent les arbres qui sont une fois attaqués, 6t IN S « d’enterrer bien profondément les écorces qu’on « aura soin d’en enlever, et l’on fera encore mieux » de livrer ces écorces aux flammes. 11 est certain » que tout bois laissé long-temps sur pied après » son dessèchement n’est plus propre ni à bâtir ni ” à brûler, ni même à faire du charbon. 33 11 est un autre bostriche plus fécond , mais j> point aussi redoutable que le précédent, c’est le » calcograplie ou graveur, scolytus chalcographus. 33 De môme que le précédent, la larve creuse, en 33 rongeant ses galeries dans les couches de l’écorce 33 verte pénétrées dé sucs : la seule galerie princi- 33 pale des parens décrit une courbe ; ils poussent 33 leur travail au point de p>énétrer un peu dans le >3 bois même, ce qui n’a jamais lieu chez les précé- 33 dens. Nous n’avons pas trouvé, chez ce petit in- >' secte, de plus grands talens pour l’art que sa dé- 33 nomination annonce, que chez le précédent pour >3 la typographie... Le ligniperda ou perce-bois s’y 33 prend encore d’uneautre manière dans son travail: 33 tandis que les précédens déposent leurs œufs sur 33 les cotés de la galerie principale, la femelle de 33 celui-ci dépose les siens en un monceau, de raa- 33 nière que les larves commencent leur travail en 33 partant d’un centre commun. 33 « Cet extrait intéressant mériterait d’être connu, à raison de son extrême importance , de tous les grands propriétaires, et sur-tout par les inspecteurs de nos forêts ; elles ont aussi leurs insectes destructeurs, et ils verraient combien de causes qui , dans le principe , ne fixent aucunement l’attention , peuvent, par négligence , devenir funestes à l’état. 33 Je vais traduire la description donnée par M. Har- tig des bostriches dont on vient de parler et de quelques autres, et je continuerai d’ajouter aux dénominations de Linné employées par l’auteur, celles des autres naturalistes : Le Dermeste , ou Bostriche , ou Scolyte typographe ou imprimeur, dermestes typographus (Lin., , scolytus typographus (Latr.), ips typographus (deGéer.), bostrichus typographus (Fabr. ), scolytus typographus (Oliv.) (1). Ce bostriche ou scolyte, qui, ainsi qu’on l’a vupré- cédemnient, cause les plus grands dégâts , particulièrement dans les forêts de sapins et d’ épicéas, est représenté de grandeur naturelle par la figure 7, et considérablement grossi par la figure 8. 11 est velu , et d’un brun alternativement clairet foncé; ses ély- tres sont striés , tronqués et dentés à l’extrémité, et ses pattes sont rouges. Au printemps, dès que la chaleur se soutient, ces insectes sortent de l’écorce des arbres résineux, vont deux par deux , se répandent en très-grand nombre dans les environs et s’accouplent; ensuite ils font un trou oblique, de bas en haut, dans l’écorce des arbres, et qu’ils continuent jusqu’à l’aubier ; ils y forment une galerie droite et cylindrique , et la femelle dépose sur les eûtes de cette galerie cinquante et jusqu’à cent œufs blancs, de la grosseur d’un grain de millet. Quinze jours après , ces œufs don- (1) Ce dermeste ou bostriche forme la troisième espèce des scolytes de M. Latreille. Tobie II. INS a8i nent naissance à de petits vers blancs ou larves, dont la forme est représentée figure 9. Ils ont la tête brune et des raies transversales sur le dos. C’est dans cet état de larve que l’insecte cause particulièrement de grands dommages , en formant dans le liber des arbres, c’est-à-dire entre l’écorce et le bois, des galeries qui arrêtent totalement la circulation de la sève lorsque l’arbre se trouve sillonné de tous côtés. Dès que la larve est formée et qu’elle a 2 lignes et demie à 3 lignes et demie de long, elle se dépouille de sa peau , et se change en une chrysalide représentée parla figure 10, qui, elle-même, se transforme bientôt en un insecte ailé, d’abord jaune, ensuite brun et d’une grosseur invariable. Cet insecte, lorsque la température est favorable, c’est-à-dire sèche et chaude, vole dès le mois d’août ou de septembre : autrement, il reste caché sous l’écorce jusqu’au printemps prochain , époque à laquelle il se montre pour s’accoupler, comme nous l’avons dit, et recommencer de nouveaux ravages. La question de savoir si le dermestes typographus meurtaprès l’accouplement et la ponte, ou s’il se remontre encore une fois en automne ou au printemps suivant, pour faire de nouveaux trous et y déposer ses œufs, a partagé les opinions. Il est du moins certain que ces insectes, après s’être introduits dans le liber , et y avoir déposé leurs œufs, continuent de vivre pendant l’hiver, et qu’on les trouve à l’extrémité des principales galeries. J’ai, continue M. Hartig, la preuve de ce fait, par un morceau d’écorce qui est devant mes yeux , et j’ai d’ailleurs fait des expériences qui prouvent que ni le froid ni l’eau ne peuvent faire mourir ces insectes. Ils peuvent vivre des mois entiers dans la glace et dans l’eau sans en éprouver aucune atteinte. L’histoire abrégée que nous venons de donner de cet insecte, suffit pour établir que sa manière de vivre doit causer la mort des arbres où il se multiplie. Sa nourriture favorite est la substance séveuse ( le cambium de Duhamel ) des sapins et des épicéas ; mais on le trouve aussi dans les pins malades et sous l’écorce de toutes les souches d’arbres résineux et des bois de ces espèces , gisans dans les forêts depuis quelque temps. La nature semble lui avoir assigné les arbres résineux malades, car il y reste tant qu’ils peuvent lui fournir de la nourriture sans attaquer les arbres sains; mais quand les arbres malades, quand les souches et les bois gisans 11e lui offrent plus assez d’espace et de nourriture, et qu’il s’est considérablement multiplie , il se jette sur les arbres sains, et détruit en peu d’années les plus vastes forêts , ainsi qu’on en a eu de funestes exemples dans plusieurs parties de l’Allemagne (i). Le petit Bostriche ou Scolyte velu, bostrichus villosus (Payk.) , scolytus villosus (Latr.), hylésinas villosus (Fabr.). (1) Il parait même qu’il se jette surfons les arbres , non- seulement les pins et mélèzes, mais encore sur les arbres .1 feuilles rondes. M. Hartig assure, dans scs Archives Jores- tières , année 1816, 4 '-partie, page 82, avoir remarqué que le dermeste typographe, transporté dans des villages avec des sapins qui en étaient infestés, s’était jeté sur les pruniers. 5 G 282 INS Ce bostriche se distingue du précédent on ce qu’il est de moitié moins long et de moitié moins gros que l’autre; il est plus velu et d’un brun plus foncé; d’ailleurs, il perce ses trous presque toujours horizontalement, s’enfonce plus profondément dans l’aubier, et attaque de préférence le sapin proprement ! dit, pinus abies (Lin.). Il 11’épargne pourtant pas les épicéas, et on le trouve souvent avec le dermes- ' tes typographus dans les sapins et épicéas. j La plupart des gardes forestiers prennent ce bos- triclie pour un jeune bostriche de l’autre espèce ; ■ mais c’est une espèce particulière, qui, comme tous les autres bostriches, ne prend plus d’accoissement après sa transformation en insecte ailé. Ajoutons à la description ci-dessus donnée par M. Hartig, celle que donne M. Latreille de cet insecte , qui forme la vingt-troisième espèce de son genre scolyte. « Il est brun, velu, avec les pattes de couleur plus claire ; ses élytres sont chargés de pointes qui forment des stries longitudinales, alternativement plus enfoncées. » Le Dermeste , ou Bostriche, ou Scolyte tes- tacé , dermestes testaceus ( Lin.), bostrichus testaceus (Pauz.), scolytus testaceus (Latr.), hylesinus testaceus (Fabr.). Ce bostriche a presque la forme et la grosseur du dermestes typographus• Sa couleur est d’un jaune d’ocre, on brune, et quelquefois noire ; ses ailes sont entières, lisses, et recouvrent toute la longueur de son corps. On le trouve en quantité dans les pins qui sont attaqués de maladie , notamment par suite du ravage des chenilles, et l’on n’a pas encore remarqué qu'il attaquât les arbres sains , et les fit périr; cependant il est bon que le forestier sache le distinguer du dermestes typographus. Le caractère principal qui le distingue , consiste en ce que les élytres du dermestes typographus sont découpés en rond à l’extrémité , tandis que les élytres de celui-ci sont entiers , et recouvrent par conséquent tout sou corps. Sa manière de vivre est la même que celle de l’autre. M. Latreille a donné la description suivante de cet insecte, qui forme la vingt-quatrième espèce de son genre scolyte. ce II est testacé, glabre, avec les élytres lisses, et de la longueur de l’abdomen. Il se trouve sur les troncs des pins en Allemagne. » Le Dermeste on Scolyte piniperde — Ips destructeur, dv pin (du baron deGeer), dermestespi- jiipçrda (Lin..) , scolytus piniperda (Latr.) , hylesinus piniperda (Fabr.), scolytus piniperda (Oiiv.) , bostrichus piniperda (Payk.) (i). Cet,insgc,tç est d’un brun noir luisant; ses élytres sont marqués de points creux; ses antennes et ses jiattes sont rouges ; sa grosseur est presque la même que celle du bostriche velu, seulement il est un peu pi us étroit-Cette espèce, qui se tient dans l’écorce des (1) Cet insecte forme la sixième espèce du genre scolyte , de M. Latreille , qui le décrit ainsi : « Il est noir, légèrement velu, avec des stries crénelées sur les élytres; ses tarses sont roux. Il se trouve au nord de l’Europe , principalement dans l’intérieur des jeunes pousses de pin, qu’il ronge, dessèche et fait périr. » INS bois résineux et leur cause souvent de très-grands dommages, se perce aussi un trou dans les jeunes pousses de ces arbres , notamment dans celles des pins sauvages, et dépose ses œufs dans leur canal médullaire. Ce ver ronge la moelle, et occasionne ainsi le dessèchement et la chute des pousses. Quoique ce dommage n’occasionne pas la mort entière de l’arbre, il est cependant très-nuisible. Indépendamment des insectes que nous venons de décrire , il y en a une foule d’autres qui endommagent les arbres , tant ceux à feuilles rondes que les | arbres résineux ou à feuilles en aiguilles ; cependant I leurs ravages sont en général moins grands que ceux 'des espèces ci-dessus. L’un des plus dangereux est le Hanneton vulgaire. N . ce mot. M. Wachter , dans un mémoire imprimé, en 1816, dans les Archives forestières de M. Hartig, parle des dégâts causés, en 1812, près deGottingue, sur des plantations de hêtre par le bupreste vert, buprestis viridis (Fabr. ). Cet insecte, à l’état de larve, se creuse des galeries entre l’écorce et le bois; mais comme il parait sensible au froid, 011 n’a pas beaucoup à redouter sa multiplication, si ce n’est dans les années très-chaudes. La description qu’en donne M. Wachter est fort détaillée, et pourra intéresser les entomologistes, qui ne paraissent pas l’avoir bien étudié. Plusieurs insectes de la classe des coléoptères , tels que le lucane cerf-volant , les capricornes, les \priones , font périr un grand nombre d’arbres ; mais les dégâts qu’ils font ne sont jamais aussi considérables que ceux causés par les insectes dont nous avons parlé précédemment. Les oiseaux en détruisent un très - grand nombre, et leur propagation n’est pas à beaucoup près aussi féconde que celle des premiers. Dans la classe des hémiptères, il y a des espèces de pucerons , de psylies , notamment la psylle du sapin (chermes abietis ), de trips , qui nuisent aux bois. Parmi les lépidoptères, nous avons cité plusieurs espèces nuisibles, nous devons yajouter le phaltena tordrix viridens et le papillon de l’alizier , papilio cratœgi. Dans la classe des aptères, les podures sont dangereuses pour les semis lorsqu’elles sont nombreuses , parce qu’elles dévorent le suc des cotylédons. Parmi les insectes qui contribuent à la conservation des bois par la destruction des espèces nuisibles , on cite plusieurs carabes , ichneumons , coccinelles , cantharides , stapkélines , cicindelles , les spex , différentes espèces, de mouches , etc. MOYEN DE DÉTRUIRE LES CHENILLES OU d’en DIMINUER LA QUANTITÉ. Dans le grand nombre de procédés qu’on a indiqués ou employés jusqu’à ce jour pour la destruction des chenilles, M. Hartig propose ceux qui suivent. Ils lui paraissent propres, soit à prévenir la multiplication excessive des chenilles , soit, lorsqu’elles existent en trop grande quantité, à les réduire au point qu’elles ne puissent plus être nuisibles. Le moyen d’empêcher la multiplication excessive des chenilles, est de s’opposer à ce qu’on détruise INS les espèces d’oiseaux qui se nourrissent d’insectes , ou du moins qu’on n’en diminue pas trop le nombre. Parmi ces oiseaux, il y en a beaucoup que l’on n’a aucun intérêt de prendre, parce qu’ils ne sont pas bons à manger; mais il y en a d’autres qui, à raison de la délicatesse de leur chair, sont l’objet d’une chasse destructive : de ce nombre sont particulièrement les grives ( turdus ), les bréans ( emberiza ) , les pinçons ( Jringilla ), les mésanges (parus). Comme ces oiseaux détruisent une grande quantité d’oeufs d’insectes, de chenilles et d’insectes parfaits, on doit les ménager. Quant aux autres oiseaux vivant d’insectes, on n’est pas dans l’habitude de les prendre en grande quantité. Les moyens qui peuvent être employés pour diminuer, autant que possible, la quantité des insectes qui se sont multiplies, sont de plusieurs sortes : Premier moyen. — Détruire les chenilles dans leur émigration d’un arbre à un autre. Deuxième moyen. — Ramasser et détruire les chenilles qui se trouvent dans les sous-bois et les broussailles. Troisième moyen. — A l’égard de la grosse chenille du pin (phalæna bombyx pini ), qui aime à former ses cocons dans les sous-bois , il convient de ficher en terre autour des futaies des branches de pin, sur-tout du côté du midi, et ensuite brûler ces branches avec les chrysalides qui s’y sont établies; ou bien, si l’on veut conserver les branches de pin, en détacher les cocons avec les petits rameaux et les brûler. Quatrième mo)en. — Détruire les nids de chenilles, rassembler et détruire, autant qu’il est possible, les cocons ou les chenilles au moment qu’elles les forment. Cinquième moyen. —Détruire les papillons de la grosse chenille du pin (phalæna bombyx pini), qui ordinairement se tiennent sur la partie inférieure des pins, et s’ils ont déjà déposé leurs œufs, détruire ces œufs. Sixième moyen. — Allumer pendant la nuit, à l’époque où les papillons se montrent, une grande quantité de feux clairs et flamboyans dans les places vides qui se trouvent dans l’intérieur et autour des cantons de bois attaqués par les insectes, afin que les papillons, qui viennent voler sur ces feux, y soient brûlés. Nota. C’est le moyen que M. de Ziegra assure avoir employé avec succès dans une forêt de la Basse-Lusace, de 1 3o,ooo arpens, qui était attaquée par les chenilles. Septième moyen. — Avoir soin de conduire , en automne , en hiver et au printemps , dans tes cantons attaqués par les chenilles un troupeau de cochons, qui chercheront et mangeront, ou détrui- truiront les chenilles et les chrysalides qui se trouveront sous la mousse. Huitième moyen. — Si l’on remarque qu’il se trouve une grande quantité de chenilles ou de chrysalides dans la mousse même , et qu’on puisse les emporter avec elle , on rassemblera cette mousse avec un râteau , et on la mettra en lieu sûr pour la brûler ou l’employer comme litière; mais si les chenilles ou les chrysalides se'sont établies sous la INS a85 mousse même et dans la terre, on conçoit que ce moyen devient inutile. Neuvième moyeu. — Quand un bouquet d’arbres, quelle que soit son étendue, est attaqué par les chenilles, il faut abattre autour de ce bouquet un nombre d’arbres suffisant pour interrompre la communication par le haut des arbres. Ces abatis doivent se faire de manière que la tête des arbres tombe dans la partie attaquée par les chenilles, afin que celles qui pourraient se trouver sur ces arbres ne puissent gagner la partie saine de la forêt; ensuite on ramassera et on détruira toutes les chenilles que l’on trouvera sur les arbres abattus, ou qui seront tombées des autres arbres par l’effet des secousses occasionnées par l’abatis. Cela fait, on creusera tout autour du canton infesté un fossé d’un pied et demi de large et d’autant de profondeur, dont les pans ou talus seront perpendiculaires, et on placera le rejet des terres du côté où le bois est encore sain , pour augmenter d’autant la hauteur du talus de ce côté. Par la suite , on visitera, tous les jours, ces fossés , auxquels on donnera aussi plusieurs embranchemens à travers le canton infesté, et on détruira les chenilles qui y seront tombées dans leur migration d’un arbre à tin autre. Ce moyen est l’un des plus efficaces, et quand on l’emploie assez à temps et qu’on le combine avec les moyens susindiqués, on en éprouve d’heureux effets ; mais quand on laisse prendre trop d’empire au mal et qu’on néglige de s’opposer à la production des chenilles , tous les moyens deviennent souvent inutiles, et l’on se reproche trop tard d’avoir manqué de soin et de prévoyance. 11 faut que chaque garde reçoive l’ordre de visiter, au printemps, dès que la température commence ti devenir chaude, le triage de bois résineux qui est confié à sa surveillance, et qu’il constate si et dans quelle partie de son triage il a remarqué des insectes des espèces que nous avons décrites , afin que l’on puisse employer à temps les moyens nécessaires. Il faut sur-tout qu’un forestier chargé de l’administration d’un bois résineux soit très-attentif, pendant toute l’année, à observer s’il y a des chenilles de pin et des bostriches , et dès qu’il en aperçoit des traces, en marquer la place, afin que l’on puisse détruire le mal dans sa source, et l’empêcher de faire de:- progrès. Outre les moyens qu’on vient d’indiquer pour la destruction des chenilles les plus nuisibles aux forêts , on en a proposé beaucoup d’autres , qui sont, les uns infructueux, les autres impraticables et ridicules. Dans ce nombre , on peüt ranger 'deux qui consistent à employer la déttmation du Ctrnon , la fumée de soufre , la fumée produité pûr lai combustion de bois et de mousse entassés, les aspersions faites avec des matières corrosives', des eaux de'sa- von , ou d’autres, les lessives alcalines, le'piétinement du sol, pour écraser les chenilles et les larves^ le nettoyage des arbres avec des balais émoussés, etc. 5G” INS INS a 84 MOYEN DE DIMINUER LA QUANTITÉ DES BOSTRICHES DU PIN , ET DE LES DETRUIRE AUTANT QUE POSSIBLE. L’histoire que l’on vient de donner du bostriche typographe, a fait connaître qu’il s’établissait de préférence dans le Perdes sapins et épicéas malades, de même que dans les arbres de ces espèces qui sont renversés par les vents , dans ceux qui sont abattus et qui séjournent dans les forêts, enfin dans l’écorce des souches de ces arbres , et que ce n’était que lorqu’il s’y était multiplié au point d’y manquer d’espace et de nourriture , qu’il se jetait sur les arbres sains et les faisait périr. De ces faits découlent les règles suivantes pour empêcher sa trop grande multiplication : i°. 11 faut , ainsi que le prescrivent d’ailleurs les bons principes de l’économie forestière, que les forêts d’arbres résineux soient éclaircies de temps en temps, nettoyées de tous les arbres dépérissans et morts en’ cime, et que ces bois, ainsi que les chablis , soient extraits promptement de la forêt ou réduits en charbon. 2 Ü . Il faut avoir soin que les sapins et épicéas que l’on coupe en automne, dans l’hiver et au printemps, soient enlevés de la forêt ou réduits en charbon avant le mois d’avril , que ceux que l’on coupe dans les mois d’avril , de mai , de juin et de juillet, le soient avant le mois de septembre , et que les arbres propres aux constructions et aux ouvrages d’art, qui ne peuvent être enlevés aux époques ci-dessus , soient de suite dépouillés de leur écorce ou éqnarris. 3°. Les bûcherons doivent être tenus, sous peine d’amende, d’enlever l’écorce des étocs des sapins et épicéas, aussitôt après l’abatage des tiges. 4°. Il faut que tous les arbres sur lesquels l’on remarque des traces de la présence de l’insecte , ce qui ne s’annonce d’abord que par de petits trous percés dans l’écorce et la poudre de bois vermoulu qui en tombe-, il faut, disons-nous, que ces arbres soient abattus sans aucun délai, et que le bois soit réduit en charbon avant l’époque où le bostriche de- vientin secte volant, ou que ce bois soit transporté hors de la forêt avec son écorce , et que, aussitôt après son extraction , l’écorce en soit enlevée et brûlée. Si on emploie ces précautions, jamais le bostriche ne se multipliera assez pour causer de grands dommages; mais si on a négligé de les prendre, et que ces insectes se soient multipliés au point d’avoir gagné beaucoup d’arbres ou des cantons de bois tout entiers, il n’y a plus d’autre moyen à employer que d’abattre sans délai tant le bois qui en est infesté, quelle qn’en soit la quantité, et de le réduire en charbon avec son éoerce. avant la transformation du bostriche en insecte parfait; mais si la carbonisation, qui a lieu ordinairement en avril et mai, pour la première fois,iet-en septembre et octobre, pour la seconde, ne-pouvait pas être terminée , il faudrait enlever de suite l’écorce et la brûler à l’instant. Il faut en outre avoir l’attention lorsqu’on écorce , de ne pas éparpiller les insectes , qui , dans ce cas, se retirent dans la mousse, et peuvent, lorsque la température leur est favorable , se répandre et causer de nouveaux ravages. Quant aux larves et aux œufs qui tombent, ils seront infailliblement détruits si l’air , le soleil et la pluie les frappent immédiatement. On peut encore détruire beaucoup de bostri- ches, si, à la proximité de l’endroit attaqué par eux, on abat, à-peu-près un mois avant qu’ils ne volent, des arbres sains, qu’on laisse en grume jusqu’à l’époque du vol des insectes parfaits. Les bostriches se jettent en grande quantité sur ces arbres , que l’on brûle ensuite comme bois de charbon avec les insectes et leur postérité. On ne connaît pas de mcfyens plus sûrs et plus efficaces que ceux que l’on vient d’indiquer , et il sera difficile d’en trouver de meilleurs ; mais, en général, si l’on suit un bon système d’économie forestière, il est impossible que cet insecte si nuisible puisse se multiplier autant que cela arrive dans les localités où l’on ignore les règles d’une administration soigneuse, ou dans celles où l’on néglige de les mettre en pratique. Toutefois, il est possible que la forêt, la mieux tenue et la plus sagement administrée se trouve at- , taquée par suite du voisinage d’une autre forêt mal dirigée. On ne sera donc en sûreté contre le mal que lorsque les bons principes de l’économie forestière seront généralement en pratique. INSERTION. {T. de bot.) L’insertion de la corolle ou des étamines s’exprime par la désignation du lieu de la fleur auquel elles sont fixées par leur base tor, la base d’une étamine ou d’une corolle est au lieu même où celle-ci commence à se distinguer manifestement de la partie qui la porte. Y. Botanique. INSOLVABILITÉ, INSOLVABLE. L’insolvabilité est l’impuissance de payer. Suivant la maxime vulgaire, celui qui ne peut payer une dette, une amende, peut être emprisonné : Qui non habet in (Ere, luatin corpore. V. au mot Jugement, § 4 i Exécution des jugemens. INSPECTEUR, du latin inspectum , participe d 'inspicere , qui signifie regarder. C’est celui qui inspecte, qui a une inspection sur quelque chose. Inspecteur des forêts. Les inspecteurs des forêts ont été créés par la loi du 29 septembre 1791 , qui a déterminé leurs fonctions ; mais l’organisation forestière arrêtée par cette loi a été suspendue par celle du 1 1 mars 1792, et les inspecteurs n’ont été nommés et mis en activité qu’en suite de la loi du 16 nivôse an 9 , ainsi que tous les autres agens de la nouvelle Administration. Les fonctions et les obligations des inspecteurs et des sous-inspecteurs sont de même nature; elfes peuvent se diviser de la manière suivante : § 1 . — Dispositions générales. Attributions. — Résidence. — Assistance aux vérifications. —■ Missions. — Absence. — Concours à l’exécution des réglemens et instructions. Les inspecteurs et sous-inspecteurs succèdent aux anciennes maîtrises particulières, telles qu’elles étaient après 1790, c’est-à-dire dépouillées du pouvoir judiciaire. ( Circul. du I er . complémentaire an 9 .')• Ils sont tenus de résider dans les chefs-lieux qui INS leur sont assignés. (Loi du 29 septembre 179 l , tit. V, art. i er . — Circul. du 3 o pluviôse an 11.) Les inspecteurs ont sous leurs ordres les sous- inspecteurs, les gardes généraux, les gardes et les arpenteurs. Ils veillent à l’exactitude du service des agens cjui leur sont subordonnés, et à ce cpt’il soit pourvu au service de ceux qui sont empêchés ou absens. (Loi du 29 septembre 1791 , tit. V, art. 2.) Ils remplissent les fonctions et missions qui leur sont déléguées par l’Administration. (Ib., art. i 3 .) Ils sont tenus d’assister leurs supérieurs en fonctions, à toute réquisition, ainsi que les commissaires des autorités administratives dans les vérifications qui peuvent être ordonnées dans l’étendue de leur inspection, de leur donner les renseignemens qu’ils peuvent demander, et de signer les procès-verbaux qui sont dressés, ou d’exprimer la cause de leur refus. (Ib., art. 20.) Ils concourent à l’exécution des réglemens et de toutes les dispositions de l’instruction du 23 mars 1821 , comme aussi des instructions particulières qui leur sont données par le conservateur. (Instr. du 23 mars 1821, art. 124.) V. Administration et Conservateur. Si les inspecteurs ne peuvent vaquer à leurs fonctions pour cause de maladie, ils en donnent avis au conservateur, pour être remplacés par d’autres agens. Ils ne peuvent s’absenter sans congé de l’Administration. (Loi du 29 septembre 1791» art. 2t et 22. — Instr. du 23 mars 1821 , art. 3 et 22.) V. Administration . La célérité dans l’examen et l’expédition des affaires leur est recommandée. (Instr. du z 3 mars 1821 , art. i cr .) Ils doivent être pourvus d’un marteau particulier, portant pour empreinte le numéro de la conservation , et de plus la lettre J. pour l’inspecteur, et les lettres S. J. pour le sous-inspecteur. (Loi du 29 septembre 1791, tit. V, art. 9. — Instr. du a 3 mars 1821, art. 7.) Ils doivent également être pourvus d’un cheval. (Instr. du 23 mars 1821, art. 19.) Ils sont responsables de leurs faits personnels, ainsi que des malversations, contraventions et négligences de leurs subordonnés qu’ils n’auraient pas constatées. (Loi du 29 septembre 1791, tit. XIV, art. 3 et 4.) Ils 11e peuvent être mis en jugement pour faits relatifs à leurs fonctions sans autorisation du gouvernement. (Loidu 22 frimaire an 8, art. 3 . — Décret du 9 août 1806.) V. Mise en jugement. Us accompagnent, dans leur arrondissement seulement, le conservateur, lors de $es tournées, et ils assistent aux opérations et vérifications auxquelles celui-ci juge convenable de procéder; ils signent, après lui, les actes relatifs à leur inspection. Ils suppléent le conservateur, pour l’assiette et le récolement des coupes, lorsqu’ils ont été délégués par lui à cet effet, et se conforment, pour ces opé- pérations et les procès-verbaux auxquels elles donnent lieu, h ce que prescrit l’instruction du 23 mars 1821. (Instr. du 23 mars 1821 , art. 90.) INS 285 § 2. — Bureaux des Inspecteurs et Sous- Inspecteurs. Correspondance. — Sommiers. — Livres d’ordre. — Livre-journal. — Comptes de semestre. — Lirais de ports de lettres. — Traitement. L’inspecteur correspond avec le conservateur. (Instr. du 7 prairial an 9, art. 5 .) L’inspecteur doit avoir, ainsi qu’il est présent pour le conservateur, un livre d’ordre, sur lequel, chaque jour, les affaires sont enregistrées sommairement. Il tient en outre un livre-journal de ses opérations, qui est coté et paraphé par le conservateur. Il y transcrit, en substance, tous les actes dé ses fonctions, et il en adresse au conservateur, à la fin de chaque trimestre, un extrait en trois colonnes, l’une intitulée : Date dus opérations $ l'autre, Nar ture des opérations ; et la troisième, Observation! (Instr. (lu 23 mars 1821 , art. 85 .) Il rend compte de la situation du service, tous les 6 mois, à l’Administration, dans la forme qui est déterminée. (Ib., art. 86.) V. VInstr. du 17 mai 1823. Il tient des sommiers des gardes particuliers et des bois de son inspection, conformes aux modèlesn° 5 .2 et 4 (Ib-, art. 87); un sommier des jugemens, conforme au modèle n°. 25 , et un autre sortimier po'nr l’enregistrement des procès-verbaux (Ib., art. 111); deux sommiers de correspondance : l’un pour sa correspondance avec le conservateur et les agens forestiers, et l’autre pour celle qu’il entretient avec les autorités constituées et les particuliers. (Ib., art. 1 1 5 . ) Il doit apporter la plus grande économie dans les frais de sa correspondance avec le conservateur et les agens qui lui sont subordonnés. Il contre-signe sur l’adresse toutes les lettres qu’il expédie, et ordonne aux sous-inspecteurs et aux gardes généraux de contre-signer également celles qu’ils lui adressent. (Ib., art. 116.) 11 expédie, sous bande et en franchise, les feuilles d’impression, et envoie, par les diligences on messageries, au conservateur ou aux préposés forestiers tous les paquets qui peuvent occasionner par Fa jioste des frais trop élevés. (Ib., art. 1 17.) Il tient, pour les frais de ports de lettre^ et'paquets, un registre, sur lequel il porte, fhaqtie jour, ceux qu’il a acquittés, et conserve les enveloppes pour les représenter lorsque la demande' lui en ëst faite. Ce registre est conforme au modèle n°. 23 “, et il en adresse copie certifiée au conservàtéur à la fin de chaque trimestre. (Ib., art. 1 18.') 11 dresse, chaque trimestre, l’élat du* traitement des agens et gardes de son inspection, dtins la forme prescrite par la circulaire m p .tj 3 (28 février 1821*), et il en garde le double. nui * ■' Il a soin de faire, sur ces états^ les'TètentiëS- qui sont indiquées à l’art. 76 del’mstructiort di >23 malri, et il est responsable de toutes les sommes qu’il ^aurait fait indûment payer. (Ib., art. \ 19.) 11 enregistre sur un sommier spécial toutes lès- ordonnances du roi relatives à des aménagemens et coupes de quarts de réserve ou extraordinaires dans les bois de son arrondissement. (Ibi, art. 120.) 286 IN S IIS S il tient un registre des avis qu’il donne sur les communications qui lui sont faites par le conservateur et par les autorités constituées. C.e registre est divisé en cinq colonnes : la première contient la date du renvoi; la seconde , la désignation du fonctionnaire qui a fait la communication; la troisième, la nature de l’affaire; la quatrième, la date de l’avis; et la cinquième, l’avis même. ( Instr. du z 3 mars 1821, art. 121.) Il tient un registre des déclarations de défriche- mens et de volonté d’abattre, qui sont faites en exécution de la loi du 9 floréal an 11, et se conforme, à cet égard, à ce qui est prescrit par les art. 70, 71,72 et 73 de l’instruction du 23 mars 1821. ( 1 b art. 122. ) Tous les sommiers et registres tenus par l’inspecteur lui sont fournis, à ses frais, par le conservateur, qui les cote et paraphe avant de les lui expédier. {Ib., art. 1 23 .) $ 3 . — Tournées. Vérification. — Revue des gardes. — Autorités à consulter. — Procès-verbaux de tournées. L’inspecteur fait, chaque année, une tournée dans les bois de son inspection, à l’époque qui est fixée parle conservateur. Cette tournée est indépendante de celle qu’il doit faire en procédant aux balivages et martelages. ( Jb., art. 88.) Il se fait accompagner de proche en proche, dans ses visites, par les gardes; vérifie l’état des forêts et celui des bornes et clôtures; constate les délits que les gardes auraient négligé de constater; vérifie spécialement les coupes en exploitation ; dresse l’état des chàblis et arbres de délit qu’il reconnaît, et rend compte de ses tournées par des procès-verbaux. ( Loi du 29 septembre 1791, lit. V, art. 3 , 4)3 et 6. ) Il se fait représenter, lors de ses tournées, les registres et sommiers des sous-inspecteurs et des gardes généraux ; il les arrête, et lait mention , dans l’arrêté, du lieu où il se trouve, de la présence de l’agent forestier que le registre concerne, et de la date du mois. Il fait la revue des gardes, ainsi que le conservateur; il arrête leurs livrets, et fait mention, dans le visa, des observations qu’il juge convenables sur la conduite de ces préposés et sur la tenue de leurs triages. 11 prend auprès de MM. les préfets, sous-préfets, procureurs du roi et autres fonctionnaires, tous les renseignemens qui peuvent l’éclairer sur la conduite et sur le service des agens forestiers dépendant de son inspection,et il rend compte des renseignemens favorables ou défavoiables qui lui ont été fournis par ces magistrats. 11 vise et arrête de même les livres-journaux des gardes à cheval. Il dresse un procès-verbal de sa tournée, et en envoie le double au conservateur, dans les i 5 jours qui suivent la rentrée à sa résidence. {Instr. du 23 mars 182 j , art. 89. ) § 4 - — Exploitations. Balivage et martelage. — Réserves. — Manière de marquer les réserves. — Désignation des travaux à mettre en charge. — Affiches. — Ventes. — Enchères. — Sommier des ventes. — Permis d’exploiter. — Délits dans les coupes. — Vidange. Vente de chablis. — Sommiers des T’entes de chablis. — Glandée. — Menus produits. L’inspecteur supplée le conservateur, pour l’assiette et le récolement des coupes, lorsqu’il a été délégué par lui à cet effet, et doit se conformer, pour ses opérations, aux instructions y relatives. {Loi du 29 septembre 1791 , lit. V, art. 8. — Insfr. du 23 mars 1821 , art. 90.) Aussitôt la réception de l’état des coupes ordinaires, l’inspecteur doit faire les dispositions nécessaires pour, conjointement avec le sous-inspecteur et le garde général du cantonnement de la situation des bois, ou le garde à cheval qui en remplit les fonctions, commencer les opérations de balivage et martelage. Le garde particulier du triage dans lequel on opère est toujours présent à l’opération, et il doit en être (ait mention au procès-verbal dressé conformément au modèle n°. 23 . {Loi du aqseptembre 179 1, tit. Vf art. 11.— Instr. du 2 3 mars 1821, art. 91.) Il veille à ce que les réserves soient bien espacées et de bon choix. 11 indique dans les procès-verbaux le nombre exact et les essences des arbres qu’il a ba- livés et martelés, et ne se permet, sous aucun prétexte , d’en marquer au-delà du nombre prescrit. 11 fait mention, dans les procès-verbaux, des travaux particuliers qui doivent être mis à la charge des adjudicataires, et de l’emplacement où ils doivent être exécutés. {Instr. du 23 mars 1821, art. 92.) Les baliveaux de l’àgeetles anciens sont marqués d’une seule empreinte du marteau royal, à 5 décim. (18 pouces), et les modernes à un mèt. (3 pieds) de hauteur, du côté exposé au nord ; cependant les baliveaux de l’àge peuvent être marqués au niveau du sol. {Ib.,art. 93.) Mais V. Martelage. 11 rédige les projets d’affiches qu’il adresse au conservateur, et propose, pour les jours de vente, ceux qu’il croit les plus favorables au commerce. Lorsque les affiches ont été adoptées et signées par le conservateur et approuvées par le préfet, l’inspecteur les fait imprimer. {Ib., art. 94.) L’inspecteur ou le sous-inspecteur est toujours présent aux ventes, afin de prévenir toute association tendant à obtenir les bois à vil prix. 11 doit réclamer contre l’ouverture des enchères, tant que les offres n’égalent pas ou ne se rapprochent pas des estimations. Il s’oppose à la réception d’enchères qui seraient faites par des gens inconnus, à moins qu’ils ne fournissent des cautions solvables présentes à la vente. ( Ib., art. f) 5 .) 11 enregistre les ventes de son inspection sur un sommier conforme au modèle n°. 1 1 , dont il envoie extrait au conservateur. ( Ib., art. 96.) Il ne delivre de permis d’exploiter les coupes que lorsque l’adjudicataire a satisfait aux conditions préalables portées au cahier des charges. Pendant INS INS que durent les exploitations, il veille à ce qu’elles soient faites conformément aux dispositions de l’ordonnance de 1669 et du cahier des charges. ( Instr. du 20 mars 1821 , art. 97-) Si, dans le-cours des exploitations, il est commis des délits par les adjudicataires, il les constate-ou fait constater par des procès-verbaux, auxquels il donne suite sans attendre le récolement. ( Ib., art. 98. ) Si les coupes ne sont pas exploitées et vidées dans les délais fixés par le cahier des charges, et si les adjudicataires ne se sont pas pourvus en temps utile pour obtenir des prorogations de délai d’exploitation ou de vidange, il en dresse ou fait dresser procès-verbal : les bois encore sur pied et ceux qui, étant abattus, ne seraient pas enlevés, doivent être saisis, et il en poursuit la confiscation. {Ib., art. 99.) Il veille à ce que les dispositions que renferme l’instruction, du 6 mars 181 3 , sur les balivages, martelages, adjudications et récoleinens, soient exécutées, et il lui est‘expressément ordonné de rendre compte avec exactitude du résultat des comptages de réserves, auxquels il procède lors des récole- mens , ainsi que de l’exécution des travaux imposés aux adjudicataires. {Ib., art. 100.) Il provoque devant les inaires et adjoints des communes la vente des arbres de délits et de chablis abattus, lorsque les formalités préalables ont été remplies, et dans le cas où l’estimation n’excéderait pas 200 fr. Si elle est supérieure à ce prix, la vente s’en fait devant le sous-préfet de l’arrondissement, à moins que le préfet n’ait délégué le maire de la commune de la situation des bois. Il fixe le délai de vidange de ces bois dans les conditions de vente, et le réduit au temps strictement nécessaire pour leur enlèvement, sauf, s’il le juge convenable, à désigner des lieux de dépôt sur le bord des routes oit aux rives des forêts. Il enregistre ces ventes sur un sommier conforme au modèle n°. 2.4, et il en envoie extrait au conservateur. 11 veille à ce que les frais soient modérés et proportionnés au peu d’importance des ventes. {Ib., art. 101.) Il envoie au conservateur l’état des cantons où l'on peut faire sans inconvénient des adjudications de glandées. Cet état est accompagné des procès- verbaux de reconnaissance des cantons où le panage peut être autorisé, et de la quantité de porcs à y introduire. {loi du 39 septembre 1791, tit. V, art. 7. — Instr. du a 3 mars 1821 , art. to 3 .) Il lui adresse, chaque année, avant le i 5 janvier, un état conforme au modèle n°. 14, des menus produits de son inspection. {Instr. du 23 mars 1821 , art. 104.) § 5 . — Travaux. Aménagement. — Recepage. — Fossés. — Routes. — Maisons de gardes. — Semis. — Plantations. Tous les travaux qui ont pour objet l’amélioration du sol forestier et des produits, tels que les aména- gemens, les recépages, les constructions ou réparations de routes, de fossés et de maisons forestières, 3.87 doivent être médités-et vérifiés par les inspecteurs, afin qu’ils puissent fournir au conservateur les éclair- cissemens dont celui-ci a besoin pour répondre aux demandes de l’Administration. {Instr. du 7 prairial an 9, art. 17.) Ils doivent fournir au conservateur les projets d’amélioration, les devis de la dépense, et projets de cahiers des charges; faire procéder aux adjudications des travaux qui sont autorisés; transmettre au conservateur les procès-verbaux d’adjudication; faire prendre inscription sur les biens des concessionnaires de terrains, à charge de repeuplement lorsque l’acte de concession porte la condition d’un cautionnement; visiter les travaux, et en rendre compte par des procès-verbaux. V. Travaux. Ils tiennent un sommier des travaux et améliorations dont l’exécution est autorisée. Ce sommier doit être conforme au modèle n°. 17, et comprendre les travaux par entreprise ou soumission. Il fournit au conservateur, chaque année, au mois d’octobre, l’état général des améliorations exécutées. Cet état doit être conforme au modèle n°. 18. {Instr. du 23 mars 1821 , art. io 5 .) J 6. — Police forestière. Délits. — Poursuites. — Citations. — Frais de poursuites. — Assistance aux audiences. — Extraits de jugemens. — Appel. — Pourvoi. — Sommier des procès-verbaux et des jugemens. — Etat de la situation des poursuites. — Recouvrement des amendes. — Taxe des frais. — Usages. — Défrichement. — Bois de marine. L’inspecteur concourt à l’exécution des réglemens forestiers, et plus particulièrement à celle des réglemens qui intéressent la police des forêts confiées à sa surveillance. Les procès-verbaux d’un inspecteur ou d’un sous- inspecteur font foi en justice, et n’ont point besoin d’être affirmés. {Arr. du 12 thermidor an la.) L’inspecteur est chargé de la poursuite des délits constatés par les procès-verbaux des gardes. {Loi du 29 septembre 1791 , tit. IX, art. 5 .) Il donne suite aux procès-verbaux constatant les délits commis dans les coupes. {Arr. de la C. de cass., du 29 avril 1808.— Instr. du 2.3 mars 1831, art. 98. ) Il se fait remettre exactement les procès-verbaux de délits; cite, au nom de l’Administration et sms délai, les délinquans devant le tribunal d’arrondissement; présente au procureur du roi les mémoires nécessaires pour obtenir de prompts jugemens, et demande au président du tribunal d’as- signer, par mois, le nombre d’audiences qu’exige le jugement de ce genre d’affaires. {Instr. du 33 mars 1821, art. 106.) Il fait délivrer les citations, notifications et significations par le garde le plus voisin des prévenus, et veille à ce que ces actes soient bien libellés, afin d’en prévenir l’annulation. Il ne perd pas de vue que l’emploi des gardes dans le ministère d’huissier pour le service forestier, a eu pour objet de donner plus d’activité aux poursuites, d’améliorer le sort de ces préposés, et INS d’apporter dans cette partie de dépense, qui ppyt.re- tonyber à 1 » charge 6 q 4 , 7 mars 1698, 22 août 1702, 3 o décembre de la même année, i 3 janvier 1719 , 10 août 1734 et 3 juin 1737. Aux termes de ces deux derniers arrêts, celui qui faisait la procédure criminelle pouvait rendre seul tous décrets, ou renvoyer les parties à l’audience; mais lorsque l’affaire était grave et méritait une instruction extraordinaire, le jugement qui ordonnait le récolement ot la confrontation, no pouvait être rendu que de l’avis des officiers du siège. ( Régi . de ! 7 3 4 t art. y.) Sur quoi il faut observer que les procès instruits en vertu de commissions ne tombaient point en distribution, mais devaient être rapportés par les commissaires qui les avaient instruits. ( Qrd. de a 669, tit. II, art. 10.) Toute sentence d’instruction rendue par les grands-maîtres ou les officiers des maîtrises devait être exécutée 6ans préjudice de l’appel, tant en matière civile qu’ep,matière criminelle, nonobstant qu’il fût qualifié de juge incompétent, pourvu toutefois que la cas fût réparable en définitive. {Ib., tit. XIII, art. 2 et tit. XIV, art, 6.) Cette disposition a été confirmée, i°. Par l’art. 2 du tit. XXY de l’ordonnance de 1670, qui ordonnait qu’il serait procédé à l’instruction et au jugement des procès criminels, nonobstant toute appellation, même comme de juge incompétent et récusé, et que si les accusés refusaient de répondre sous prétexte des appellations, leur procès leur serait fait comme à des muets volontaires, jusqu’à sentence définitive; 2 0 . Par l'art. 3 du tit. XXVI de la même ordonnance, portant qu’aucune appellation ne pouvait empêcher ni retarder l’exécution des décrets, l’instruction ni le jugement; 3 °. Par l’art. 4 du même titre, qui déclaraitnulles toute défense et surséance que pouvaient accorder les juges supérieurs, de continuer l’instruction des procès criminels, et qui ordonnait que sans y avoir égard et sans qu’il fût besoin d’en demander mainlevée, l’instruction serait continuée, et les parties qui auraient obtenu les défenses ou surséances, et leurs procureurs, condamnés chacun en .100 liv. d’amende, qui ne pourrait être réputée comminatoire; 4 °. Par plusieurs arrêts dH conseil, notamment ceux des 27 avril i 683 , 11 août i 685 , 22 octobre 1686, 7 janvier 1687, 9 septembre et 9 novembre 1691, 27 février 1703, 14 avril 1711, 19 avril, 7 juin et 2 août 1728, 29 février 1 ^ 52 , et enfin par l’art. 49 l’édit de mai 17»6-, qui faisait défenses aux cours de parlement et Tables de marbre d’arrêter ou surseoir l’exécution des {sentences d’instruction rendues aux maîtrises dans les cas réparables en .définitivesoit qu’iL's’agit des bois d» roi, de ceux des ecclésiastiques ou des-particulier*, et ordonnait que les parties et leursi procureurs qui'auraient par surprise obtenu de ces sortes.de défenses ou surséances, fussent condamnés eu telle amende qu’il appartiendrait. Aujourd’hui, les agens forestiers ne sont plus chargés de la juridiction contentieuse, et ils n’ont plus par conséquent à s’occuper de l’instruction des INT INT procès. Toutefois, ils ont la poursuite des délits, et ils doivent, dans lés instances, se conformer aux rè* gles établies par le Code d'instruction criminelle. V. ce que nous avons dit aux mots Action, Audience ,' Appel, Cassation, Citation, Compétence, Jugement. A l’égard des matières civiles, ils remettent des mémoires aux préfets, au nom desquels lés actions doivent être intentées. V. Action et Instance. INSTRUCTIONS ADMINISTRATIVES. Ce sont celles que donnèrtt les ministres et les autorités administratives pour l’exécution des lois et des régle- mens. 11 n’ét&itqne trop fréquent, dans les anciennes ordonnances, de voir confondues ensemble les dispositions législatives, les dispositions réglementaires et les éifnples instructions. C’est ainsi que dans l’ordonnance de 1669, il y a des dispositions qui ne sont ni du domaine de la loi ni de celui de l’ordonnance; mais aujourd’hui que les pouvoirs sont divisés, On distingue la' loi , qui ne contient que des dispositions d’unintérêt général ; Pordonnance , qui règle l’exécution de la loi^\es jugement ou arrêts, qui ên font l’application; les décisions ministérielles et arrêtés des corps administratifs, qui font également l’application de la loi dans les matières dont la décision appartient à l’autorité administrative; les ordonnances royales, qui, dans les contestations privées-; statuent 9 Ur les actes de l’administration publique ; enfin les instructions administratives, qui indiquent aux agens d’exécution les règles qu’ils doivent suivre pour remplir leurs fonctions dans chaque partie de sérvice. V., à la Table du Recueil, l’indication des différentes instructions relatives à l’administration des forêts. IN STR U MENS DE DÉLIT. Ils doivent être confisqués. ( Ord. de 1669, fit. XXXII, art. 12.)- Le dépôt de ceux saisis sur les délinquans doit être fait au greffe du tribunal. ( Circul . du 8 mars 1809.) V. Séquestre. INSURORD 1 N ATION. En cas d’insubordination d’un préposé inférieur envers son supérieur, celui- ci est autorisé à prononcer la suspension temporaire avec perte de traitement. {Circul. du 8 août 1809, n°. 398.) INSULTE. V. Rébellion , et PArr. de la C. de cass ., du 2f prairial an 10.) INTENDANT DES DOMAINES DU ROI. C’est l’administrateur général des biens qui composent la Ü9te civile du roi. Il remplit, sous les ordres du ministre de la maison du roi, à l’égard des forêts de Sa Majesté, les mêmes fonctions que remplissent les administrateürs'des fèrêts à l’égard des bois de l’état, et il a, comme eux, sous sa direction des ins- ;>etteurs généraux, des conservateurs, des inspecteurs’, des gardei généraux j'tle* 1 gardes à cheval et des- gardes partfemiew. Vi Administration, Uo- m&i'nede la‘cou tonne 1 ] Liste civile. INTENDANS DES PROVINCES. Les anciens intendans des provinces m’avaient aubune juridiction sixr les eaux et forêts, à moins qu’ils'ne fussent spécialement commis par le roi en quelque occasion. lls ne pouvaient , ée'leur-autorité privée-,"ordonner aucune coupe dans les forêts du roi ni dans celles des ecclésiastiques et'irommunaUtés. 11 '( 291 Cefte jurisprudence était établie par un grand nombre d’arrêts du conseil, entré autres ceux des 3 et 3 i mars 1693,20 mai 1698, 29 novembre 1707 iet i4 novembre 1721. Les intendans ne pouvaient connaître de ce qui avait été jugé par les officiers des eaux et forêts. {Art. du Cons., du 18 novembre 1698.) Ils n’avaient aucune juridiction sur les bois, landes, marais, pâtis, etc., appartenant aux communautés de paroisses. V. Communes. Les fonctions des intendans ont été supprimées par la loi du 23 décembre 1789, 3 e . section, art. 9. V. Préfet. INTERDICTION. C’est en général la privation de l’usage de ses droits. L’interdiction d’un officier, c’est-à-dire la défense qu’on lui faisait d’exercer les fonctions de sa charge devait être prononcée par sentence , excèpté l’Interdiction tacite qui résultait des décrets d’ajournement personnel et de prise de corps. C’est ce que prononçait l’art. 11 du tit. X de l’ordonnance du mi)is d’août 1670. On ne connaît’ plus aujourd’hui les décrets de prise de corps ni d’ajournement personnel ; mais l’état d’accusation produit le même effet. V. Part. 5 de l’Acte constitutionnel du 22 frimaire an 8. Suivant l’art. 11 du tit. II de l’ordonnance de 1669 , tout officier des eaux et forêts interdit par autorité de justice des fonctions de sa charge, n’en pouvait faire aucun exercice pendant l’appel ou appellation , à peine de nullité et de faux. L’arrêt de défenses ne suffisait pas pour mettre L’officier en état de reprendre ses fonctions , il fallait qu’il y fût renvoyé par l’arrêt même en termes exprès. La peine d’interdiction était encourue, suivant l’art. 3 du tit. VI, par les maîtres et officiers pour avoir rapporté exploit ou procès-verbal, ou donné main-levée, renvoi ou absolution, autrement que sur les conclusions du procureur du roi, et par le juge qui 11e donnait pas acte au procureur du roi de la remontrance qu’il faisait des abus qui se passaient à l’audience , assiette ou récolement des ventes et ailleurs, au préjudice du roi, et des procédures et expéditions qui se faisaient contre les ordonnances et réglemens , par les grands-maîtres, maîtres particuliers et autres officiers de la maîtrise et grurie. Aujourd’hui , l’ÎJiterdictiOn à temps de certains droits civiques, civils ou de famille , est une péïne correctionnelle. {Codepénal , art. 9. ) v! Part. 42 de ce Code, pour les droits dont l’ètxbrçice 'est suspendu par l’interdiction ; l 'art. 43 ‘,' 1 p 8 à i r le cas où elle peut être prononcée; et les ûêi , . II i' 43 , V71 , 175 et 197, pour les cas oû elle e9t'én'côû¥në contre les fonctionnaires publics. V. -aùîsÉ Fonctionnaire public. ' lin - INTÉRÊT. V. Part. tyS du Codepéttdlde-tQ jri, qui prononce des peines contre tout fonctionnaire qui prend ou reçoit quelque intérêt flans les actes de son ministère. V. aussi Fonctionnaire public. INTERLOCUTOIRE: Ce mot rient du latin inter , entre, au milieu, et’de/oq*/-, parler, dire. 11 se dit d’un jugement qui intèrfoque, ou qui, dans une instance , ordonne qu'une ’those sera protivfe 3 7 * JAR 292 IPS ou vérifiée, avant qu'il soit, statué sur le.fondi.de l’affaire. V. Jugement interlocutoire* INTERPRÉTATION DE LA LOI. V., au Recueil , t. Il, p, 167, la Loi du 16 septembre 1807y qui détermine le cas où deux arrêts de la cour de cassation peuvent donner lieu à l’interprétation de la loi, et à laquelle on doit) se conformer, d’après l’art. 440 du Code d’instruction criminelle. INTERVENTION. Ce mot vient du latin inter - venire , venir entre , intervenir. C’est, dans la pratique , l’action de celui qui déclare , par requête, intervenir dans un procès. V. les art. 339 , 34o et 34i du Code de procéd. civ., et l’art. 21 du Réglement du 22 juillet 1806 , sur les instances devant Te conseil d’état, au Recueil, t. II, p. 661. L’intervention en matière criminelle ne peut jamais être reçue de la part de ceux qui n’ont pas été parties au procès dans l’instruction et avant le jugement attaqué. {Arr. de la C. de cass. , du 3 novembre 1808.) ^ INTIMATION, INTIMÉ. On appelle intimation 1 exploit qu’un appelant fait donner à celui qui a obtenu gain de cause par une sentence, pour la voir réformer par le juge supérieur , et l’on nomme intimé celui au profit duquel la sentence dont est appel a été rendue. Ces mots sont dérivés du latin intimarc, qui signifie dénoncer, déclarer, parce que anciennement on ajournait le juge pour l’obliger à venir soutenir le bien jugé de la sentence , et l’on intimait la partie , c’est-à-dire qu’on lui dénonçait l’appel, et pour cette raison on l’appelait l'intimé. INTRODUCTION DES BESTIAUX DANS LES FORÊTS. V. Bestiaux. INTUS-SUSCEPTION. On appelle intus-suscep- tion l’opération pàr laquelle le végétal attire à lui les substances extérieures , qu’il se rend propres et s’assimile pour son accroissement. Les sucs aspirés ou absorbés sont élaborés dans la plante , et au moyen de cette sorte de digestion , ils se répartissent dans tous ses vaisseaux et lui fournissent la nourriture donc elle a besoin. V. Physiologie végét., 4 e - sécùsin. INUTILES. L’ordonnance de 1669 désigne ainsi lés tuf SbiVùds etfaipéar.S qui n’ont d’autre métier que de jnllei les -forêts. V. les art. 35, 36, 37, 38 et 2^9-Âti tit.XXVII de cette ordonnance, et les art. 45, 64'èt 47 dë P Edit de mai 1716. Oey M-dorihartces prononçaient le bannissement desUinrtÇlèi èt ; des vagabonds. V. , sur le vagabon- kéi 1 WA 269, 270, 371, 272, 273, 277, 37fÿy ; «7'4’),.2o£, -aiÇi et 282 du Code pénal de 1810. INVE’VT’AfREEf£S PAPIERS. V. Archives- " ïKYtft.tdl E. (T. de bot.) Assemblage de folioles • g 'oJ e m ^ e 'ulLSÇ^ es n%’H kîj se commune de plusieurs l^oflCüles qu f|eu£s fissilesJienveloppe commune, rrlhtiuuë^ p'u^conwpèpàlieifbrme, de plusieurs fleurs : ’llâ prend .aqss.i ^üejqûefots. l’apparence du péri- aroe.'V .‘j 3 otQrhqu^. IrREA'U. Peuplier blanc,, qui parait tenir son dîfn du territoire d’Tpres,. y .Peuplier. 1 îïPS PIN. V. Insecte. IRRITABLE* Quelques plantes ont certaines parties irritables : l’épine-vinette, pa* exemple , a toutes le* parties de sa fleur irritables. V. Physiologie végét. ISLBS. V. Iles. J. JALONS. Bâtons pointus par Le bout d’en bas, et garnis d’une carte par le bout d’en kaut. On sien sert pour les aliguemens dans les plantations et l’arpentage. JAMBE DE CHIEN. (T. de mar.) Pièce de bois contournée, qui termine les lisses des gaillards et des passe-avant, en s’appuyant sur les plats-bords. JANTE, du latin canthus ou cantha. Pièce de bois de charronnage y débitée à deux ou trois pieds de longueur, qui faitpartie du cercle de la roue d'un carrosse, d’une charrette, d’un chariot. Les.pièces pour les jantes des roues se débitent/dans Les forêts; on les fait quelquefois de brin, dans la partie d’une branche où se trouve une courburo convenable; on frappe ces pièces sur deux côtés, et on laisse toute leur largeur dans le sens de la courbure. Ordinairement, on refend en deux les branches courbes qui se trouvent avoir depuis 34 pouces (65 centim.) jusqu’à 3o (81 centim.) de circonférence. Quand elles sont plus grosses, on peut y donner deux traits de scie pour en former trois jantes, que l’on réduit à 2 pouces et demi ( 7 centim.), selon la force que les roues doivent avoir ; et suivant l’usage de chaque pays, on les fait de 3o ou 37 à 38 pouces (1 màt. à 1 mèt 10 centim.) Quand on fait ces pièces de 6 à 7 pouces (16 à 19 centim.) d’épaisseur, les charrons qui travaillent pour les équipages les refendent en deux : on les vend au cent. V. Charronnage. JARDIN. Quelques étymologistes font dériver ce mot de l’allemand garten, dont les Italiens auraient fait giardino, les Espagnols jardino , et les Anglais garden. C’est un lieu formé de haies ou de murs, pour l’utilité ou l’agrément- Sa destination ou sa forme le fait nommer jardin potager, jardin fruitier, jardin fleuriste, jardin de botanique, jardin français, jardin paysager ou anglais. La nature de notre ouvrage ne nous permet point d’entrer dans des détails sur la manière de former ou de cultiver les jardins. On trouvera, à cet égard, de bonnes observations dans le Nouveau cours d’agriculture, publié chez Déterville , et dans le Nouveau dictionnaire d’Histoire naturelle. Nous ferons seulement observer que les jardins paysagers qui, par leur forme , se rapprochent le plus de la nature, admettent dans leur composition toutes sortes d’arbres et d’arbustes forestiers, et que c’est au goût généralement répandu pour ces jardins, que l’on doit l’éducation d’un grand nombre d’espèces d’arbres utiles^ qui peuvent aujourd'hui augmenter nos ressources pour les plantations forestières et autres. u: C’est dans ces.'jardins qu’existent les doyens de tous nos arbres forestiers exotiques, et c’est là que, par leurs graines, ils en assurent la propagation. Les riches n’y voient souvent qu’une agréable va- JAÜ riété, les cultivateurs -et les -forestiers y trouvent des sources de richesses. JARDINAGE. En terrtie foiressiet'.* ce mot désigne vin mode d’exploitation, qui est l’opposé defc coupes à tir et aire, et qui consiste à prendre £à et là dans une forêt les arbres marqués en délivrance, lorsqu’ils sont dépérissais ou qu’ils ont acquis la grosseur que l’on désire.' Il n’est autorisé que pour les forêts de sapins et celles qui sont composées de hêtres et dé sapins {Décretdu 3 to tiernùdoran i 3 ),et pour les arbres épars dans les forêts (Firent. du so août 1806). Nous avons cherché à démontrer que le mode d’exploitation enhardi liant ÿ diurne pour les forêts d’arbres résineux, était vicieux, et qu’il devait faire place au mode d’exploitation par éclaircie, qui est bien différent quant à la manière dont il s’exécute et qnant aux résultats. V. Exploitation , Furetage, Futaie. JARDINER EN BOIS. V. Jardinage. JASMIN. Arbuste d’agrément que l’on cultive dans les jardins. On distingue lejasmin blanc, le jasmin jonquille, le jasmin n feuilles de cytise, dont les fleurs sont jaunes et inodores, et le jasmin nain, qui fleurit en automne. JASM 1 NOIDE. C’est le Hciet. V.ce mot. JASPÉ. (F. de bot.) On dit qu’une fleur est jaspée où. bigarrée, quand ses panaches sont courts, étroits et très-multipliés. JAUNISSE Les jardiniersemploient ce mot pour désignerunè maladie des arbres, dont les feuillesde- viennentyawoesavantletempsordinairedeleurchute. Les arbres en forêts sont moins sujets à cette maladie, que ceux qui sont plantés dans les jardins ou en ligne. Le jaunissement c^es feuilles avant l’époque marquée par la saison , innonce que la plante souffre , et qu’elle n’a pas la quantité de sève qui lui est nécessaire. Ainsi les arbres jaunissent dans les terrains arides ut notamment pendant les sécheresses ; dans le» terrains marécageux, où pourrissent les racines; ils jaunissent quand l’écorce de leurs racines est rongée par la larve du hanneton, ou brûlée par l’acide des fourmis ; quand ils sont mutilés dans leurs racine» au moment d’être plantés ; quand ils sont exposés à une grande ch aleur, qui occasionne une évaporation de Sève considérable; quand ils ont quelque ulcère ou autre maladie interne , ou que les insectes en ont désorganisé le liber ou rongé la moelle; quand ils ont porté une surabondance de fruits qui a épuisé, leur sève; quand ils éprouvent une petite gelée aux approches de l’hiver; quand la sève se ralentit par suite de l’Age ; quand ils sont privés de l’air et de la lumière. Ces causes, en diminuant la quantité de sève dont les arbres ont besoin, produisent de jaunissement et la chute précoce des feuilles; mais il y a des espèces et même des individus-qui, placés^ dans les mêmes circonstances, sont plus disposés à jaunir que d’autres : les uns se soutiennent pendant un grand nombre d’années sans cesser d’avoir des feuilles jaunes, mais aussi sans prendre beaucoup d’accroissement; d’autres meurent promptement, et quelquefois la même année où ils commencent ù-jaunir. JET * 9 3 Dan s les fwétsyle* seuls moyens à employer sont d’assainir les terrains rtiairécàgeux, de donner do l’ail aux,arbre» >et de< faire des recépages, selon que la maladie provient des eaux croupissantes, oii du trop grand rapprochement des arbres, ou de l’abroutissement, Dansjcs plantations en ligne, et dans les jardins, on peut employer les arrosages, les cultures, le* amendemeus, le retranchement d’une partie des branches, les abris, et tout autre moyeu propre à détruire La cause du mal. JAUTTEREAUX ou JOTTEREAUX. (T. de mar.) Pièces de bois longues, angulaires et courbes, qui servent à lier l’éperon au corps du vaisseau. On met deux jottereaux de chaque côté de l’étrave ; ils sont chevillés, dans leur cours, avec toutes les pièces adjacentes, et réunissent ainsi très-étroite- ment l’éperon avec le vaisseau. Les jottereaux de mâts sont deux larges pièces de boisde chêne ou d’orme, ajustées sur les bas mâts, à la hauteur du capelage, pour supporter les longes des barres de lume, la hune et le mât deliune » JAVEAUX. Ce sont des ile9 nouvellement formées au milieu des rivières, paralluvion, ou amas de limon et de sable. V. Iles. JAVELLE. Fagot, ou bottes d’échalas, ou de lattes. 11 doit y avoir cinquante échalas à la javelle ou botte. JET, sur eu lus. C’est la dernière production d’un arbre ou d’un arbuste, c’est le bourgeon développé. Y. Bourgeon. Quand le jet principal d’un arbre, le bourgeon terminal, a été endommagé par la gelée, la grêle ou la dent du bétail, il ne s’élève plus, et les branches latérales prennent le dessus. Pour éviter cet inconvénient, il faut rabattre ce bourgeon, c’est-à-dire le couper tout près de la plus prochaine et de la plus vigoureuse branche qui doit le remplacer. Lorsque le jet principal est languissant, et que celui qui est immédiatement au-dessous prend plus de force, l’arbre se trouve terminé par un fourchet; mais en s’y prenant de bonne heure, on peut prévenir cette difformité. Il s’agit, pour cela, découper, à-peu-près à la moitié de sa longueur, celle des deux branches qui est la moins bonne, et de rapprocher la branche à laquelle on veut conserver la direction perpendiculaire, en la liant avec de l’osier à la partie restante de la branche supprimée : lorsque la bonne branche est redressée, l’on coupe tout près d’elle le chicot qui servait à l’assujettir. Il y a des planteurs qui se contentent d’entortiller l’une autour de l’autre les deux branches qui s’écartent, et l’an- néed’après, ils retranchent la plus faible. Ces moyens sont préférables à l’emploi des boqte d’échalas ou tuteurs , dont on se sert cependant quand Qn ne peut faire autrement. Quand les jets d’un arbre d’un certain âge sont très-courts, et que les couches de l’aubier sont minces, on peut être certain que l’arbre ne fait plus que de faibles productions. V. Exploitation. Jet. {T. de marck. de bois.) Toutes les rivières ne portant pas bateau, et 11e pouvant conséquemment charroyer des trains, il a été nécessaire que l’industrie y remédiât, en prenant des précautions 2q4 • J U G pour ramasser les eaux dans des étangs et réservoirs, etd-’en faire des conduits, sur lesquels les bois à brûler pussent se jeter à flot, qu’on appelle à bois perdu , et parvenir, par ce moyen, à gagner les rivières, qui, de leur propre lit, ou grossies par les ruisseaux y afiluant, se trouvent assez fortes pour supporter la charge d’un train, et le faire naviguer jusqu’au port où le débit et la consommation s’en doivent faire. C’est Jean Rouvet qui a imaginé le premier de jeter les bois de chauffage à bois perdu , sur la rivière de Cure dans le bas Morvan; et d’après lui, le sieur Salonnier, de Chàteau-Chinon, ayant suivi cet exemple, en obtint des lettres de reconnaissance du roi Henri IY et du comte de Sois- sons, seigneur du lieu. C’est dans ce sens que le mot jet s’entend du bois de chauffage, que l’on jette ainsi à flot ou à bois perdu. Y. Flottage. JETEE. Construction de grosses pierres, qui forme une avance dans la mer. C’est aussi un amas de pierres et autres matériaux, que l’on fait sur un mauvais chemin pour le rendre praticable. JONC EPINEUX ou MARIN. V. Ajonc. JOURNAL, L 1 YRE-JOURNAL. Y. Registre. JOURNÉES ET VACATIONS. V. Vacations. JOURS (HAUTS-) : c’était le temps des assises. En Normandie, on appelait les hauts-jours les deux saisons où les maîtres des eaux et forêts devaient tenir leurs assises, qui étaient à Pâque et à la Saint-Michel. JUGE, du latin judex, pour jus dicens. C’est celui qui est préposé par le souverain pour administrer la justice aux particuliers. 5 i. — Des juges sous le régime des maîtrises. ' Cbailland, dans son Dictionnaire des eaux et forêts, au mot Juge, donne l’extrait des réglemens relatifs aux attributions des juges sous le régime des maitrises. Nous nous bornerons à exposer brièvement en quoi consistaient ces attributions et à citer les dates des réglemens qui les déterminaient. i°. Les juges en général ne pouvaient se rendre adjudicataires des bois du roi directement ni indirectement, sous quelque prétexte que ce fût. V. Y Arr. du Cons., du dn décembre 171a. 2°. Les juges ordinaires , tels que les prévôts, châtelains, viguiers , baillifs, sénéchaux , présidiaux et autres juges ordinaires , les consuls, gens tenant les requêtes de l’hôtel et du palais, le grand-conseil, même les cours de parlement, jugeant en première iustaoce, ne pouvaient prendre connaissance d’aucun fait d’eaux et forêts, circonstances et dépendances, et il était défendu à toute communauté et partiouliet ysindistinctement, de poursuivre, répondre et procéder, pour raison de ces choses, devant eux, à peine de nullité et d’amende arbitraire. ( Qrd. de 1669, tit. 1 , art. i 4 ‘) Y. Compétence. Gejt urtitleîa été confirmé par plusieurs arrêts du conaeily entre autres ceux des 3 o août 1687, 2 octobre 1688, 21 août 1691 , 2 juin et 29 décembre 4 mai *694? t'7 janvier et 8 mai 1696, 2 dé- cetahce 1698, 16 juin 1699 » a 7 î u ’ n 1 7 oz 1 4 octobre 1710, 10 décambre 1726,7 octobre 1727, 6 août 1737, 10 mars 19-39., 12 septembre sy4' 1A février >/44r’ 2 ^ juiinivdo. JUG 3 °. Les juges en dentier ressort étaient des juges établis aux sièges des Tables de marbre pour y juger souverainement quelques matières d’eaux et forêts. Leur tribunal était composé d’un certain nombre d’ofiEciers de la Table de marbre et du double d’officiers du parlement. Y. l 'Edit de mars i 558 , portant établissement des juges en dernier ressort; celui de décembre 1679 adressé au parlement de Toulouse; un Arr. du Cons. du 9 août 1689, portant réglement pour la Table de marbre de Toulouse, et Y Edit de janvier 1698 adressé an parlement de Bordeaux. Tous ces édits enjoignaient expressément aux pré- sidens et conseillers des cours de parlement d’assister, lorsqu’il en serait besoin, aux chambres des eaux et forêts, pour y juger et terminer les procès, conformément à l’ordonnance des eaux et forêts du mois d’août 1669. Quant aux affaires qui devaient être jugées en dernier ressort, Y. aussi dans le Dictionnaire de Chail- land ce que portent les Edits et Yord. de 1669, notamment Y Edit de mars t 558 , l’art. 5 du tit. XIII de l’ord. de 1669, Y Édit de décembre 1679, celui de janvier 1698, et la Déclar. du roi, dn i 3 septembre 1711. 4 °. Les juges-consuls ne pouvaient connaître des marchés, promesses, baux ni associations pour fait de marchandises de bois, cendres, charbon et poisson, lorsque les marchés avaient été faits avant qpe les marchandises fussent transportées hors les forêts, rivières ou étangs. 5 °. Juges-gruyers. Y . Gruyers. § 2. — Des juges actuels en ce qui concerne les affaires forestières. La loi du 25 décembre 1790 a attribué aux tribunaux ordinaires la connaissance des délits commis dans les forêts et les a chargés de se conformer qux dispositions des lois rendues en cette matière , et de prononcer contre les délinquans les peines y portées. Ainsi les juges actuels remplacent, chacun dans l’ordre de leur juridiction, les anciens juges des eaux et forêts. Mais ils ne peuvent connaître des actes administratifs , de quelque espèce qu’ils soient. ( Loi du i^août 1790, tit. 2, art. i 3 . — Loi du 16 fructidor an 3 . ) Les juges ne peuvent sous aucun prétexte modérer les amendes prononcées par les lois forestières. C’est un principe consacré par un arrêt du réglement de la Table de marbre, du 4 septembre 1661 ; par l’ordonnance de 1669 , tit. XXXII, art. i 4 ; par l’arrêt du conseil, du 1 er . août 1682; par l’édit de mai 1716, art. 5 o; par une lettre du ministre delà justice, du 21 brumaire an 10, et par les arrêts délit cour de cassation, i 3 brumaire an 11 , 2 janvier et 26 décembre 1806, 6 février «807, 18 mà'r'r8é9 {arrêtnotable), 22 mars 1810, 5 mai i 8 i 5 , 1 ( juillet 1817,4 mai 1820. Ils ne peuvent permettre aucune eoupe' d’arbres {Arr. du Cons. du 16 août 1692), 1 Ni accorder aucun délai de vidange; ■'{Arr. d&la C. de cassô', du 9 février 1811 1 et 18 octobre 1&17JI Les juges de paix connaissent exclusivement des JUG contraventions forestières poursuivies à la requête des particuliers , c’est-à-dire des faits qui peuvent donner lieu , soit à i 5 fv. d’amenda ou au-dessous; soit à 5 jours d’emprisonnement et au-dessous, qu’il y ait ou non confiscation des choses saisies, quelle qu’en soit la valeur. (Code d’inst. crim., art. l'b’j et i 3 ç.) Ils ne connaissent point des délits poursuivis à la requête da l’Administration, ni- de ceux poursuivis parles particuliers, dont la peine excède 5 >joursd’em- prisonnement et 1 5 francs d’amende, , art. » 3 ç et 177. — Arr. de la C. de cast. du 8 messidor an 8, 26 pluviôse an 10, 16 frimaire an 14, 6 août 1807 et 27 mai j 808. ) Néanmoins, ils peuvent donner main-levée provisoire des bestiaux, instrumens, voitures et attelages séquestrés par les gardes dans leur territoire, en exigeant bonne et suffisante caution, jusqu’à concurrence de la valeur des objets saisis, et en faisant satisfaire aux frais de séquestre- {Laidwzy septembre 1701 , tit. IX, art. 3 . ) ;n Si les bestiaux saisi» ne sont pas réclamés dans les 3 jours de la séquestration , lesdits juges en ordonnent la vente à l’enclière au.marché le plus voisin, après en avoir fait afficher le jour, 24 heures à l’avance, et les deniers de la vente restent déposés entre, les mains de leur greffier, sous la déduction desdits frais de séquestre, qui doivent être modérément taxés. {Ib., art. 4.) Lorsqu’un juge de paix a été saisi comme tribunal civil, il ne peut dépouiller ultérieurement sa qualité de juge civil , se transformer en tribunal de police, et prononcer une peine. ( Arr. de la C. de cass., du 1er. avril i 8 i 3 . ) V. Affirmation , Officiers de police judiciaire , Procès- Verbaux. Quant aux juges des tribunaux de première instance et autres, V. Appel, Audience , Cassation, Compétence. JUGEMENT. C’est la décision d’une contestation donnée par un juge compétent, entre personnes capables de plaider. Ce terme est générique : il comprend toutes les espèces de décisions qui se donnent dans les procès; mais , dans l’usage actuel, les décisions des juges inférieurs porteut toujours le nom de jugement , soit qu’elles aient été rendues à la charge de l’appel, soit qu’elles l’aient été en dernier ressort. § 1 • — Observations préliminaires et principes généraux. On distingue deux sortes de jugemens, les juge- mens interlocutoires /et les jugemens définitifs ; on peut encore distinguer, à l’égard des jugemens définitifs, ceux qui s’exécutent par provision, nonobstant l’appel, et ceux dont l’uppel suspend l’exécution. ne I t Dans les tribunaux où il y a plus d’un juge, c’est-à-dire dans tous, excepté dans- les justices de paix et les tribunaux de police, les jugemens se rendent à la pluralité des voix. v; Lorsqu’il manque un ou plusieurs juges qui composent le tribunal» on doit, pour les remplacer, appeler des avocats inscrits au tableau de l’ordre , ou , à leur défaut, des avoués. JUG > 9 5 Mais , dans ee cas, le tribunal doit être composé de manière que les juges y soient toujours en majorité. Ainsi, dans un tribunal de première instance, qui ne peut, suivant l’art. 16 de la loi du 2 7 ventôse an 8, juger qu’à trois juges, s’il ne reste qu’un seul juge non empêché, il ne peut pas s’adjoindre deux avocats ou avoués. {Arr. de la C. de cass ., du 3 o octobre 1811.) IL Pour qu’un jugement soit valable, il faut i°. qu’il aitéto rendu par un juge compétent; 2°. entre personnes capables d’ester en jugement; 3 °. qu’il soit conforme à la jurisprudence et aux règles prescrites par les lois; mais à défaut de l’une ou de l’autre de ces conditions, il n’est pas nul de plein droit. V. Appel. III. Il faut de plus, pour la validité d’un jugement, qu’il ait été rendu par le nombre de juges déterminé par la loi, et dans le lieu qui est assigné à ces juges pour l’exercice de leurs fonctions. IV. Il faut encore , pour la validité d’un jugement , qu’il ait été précédé de toutes les formalités que prescrit la loi, soit pour toùtès' les-affaires en général, soit pour les affaires d’une fcerlaâne nature. Ainsi, dans les affaires qui intéfessértt le domaine, les juges ne peuvent rien faire, s’il ne leur est prouvé que les formalités prescrites par les articles i 3 , 14 et 1 3 de la loi du 23 octobre, 5 novembre 1790, ont été remplies. Ainsi, dans les affaires qui s’instruisent ^ la poursuite de la direction générale de l’enregistrenient, les juges ne peuvent prononcer que sur un rapport fait par l’un d’eux. V. la Loi du 23 frimaire an 7, art. 65 , et la Loi du i 5 ventôse an 9. Ainsi, dans les affaires correctionnelles, ilne peut pareillement être rendu aucun jugement, en cause d’appel, sans un rapport préalable. V. le Code du 3 brumaire an 4, art. 199, et le Code d’insir. crim . de 1808, art. 209. Mais, à défaut de ces formalités, le jugement n’est pas nul de plein droit. V. Dans le silence d’un jugement sur l’accomplissement des formalités essentiellement requises pour sa validité, doit-on présumer que ces formalités ont été remplies , ou au contraire doit-on les regarder comme omises? M. Merlin observe, dans le Répertoire de jurisprudence , au mot Jugement (où nous puisons les principes en cette matière), qu’on doit faire là-dessus une distinction; mais pour nous borner ici au cas où l’accomplissemeiit des formalités essentielles 11e doit pas être présumé, nous citerons les arrêts ci- après : i°. Arrêt de la cour de cassation , Au 29 fructidor an 3 , qui casse un jugement rendu contre une femme mariée, par la seule raison qu’il n’y.était pas fait mention expresse des conclusions du ministère public, et quoique l’on rapportât un certificat du président et du commissaire du gouvernement-, qui assurait que celui-ci avait été entendu. 2 2°. Arrêt du 16 vendémiaire an i 3 , qui casse un jugement intéressant des mineurs, par le même motif. 3 °. Arrêt du i 5 brumaireian i 3 > rendu pour la même cause et dans les mêmes circonstances. 4°. Arrêt du 6 août 1807, rendu'en matière fo- JUG 296 restière, portant que le ministère public doit être entendu, à peine de nullité du jugement. Le défaut de mention qu’un jugement rendu en matière de droits d’enregistrement, a été précédé d’un rapport fait par l’un des juges, doit également faire présumer que ce rapport n’a pas été fait, et forme par conséquent une ouverture à cassation. ( Arr. du 4 fructidor an 11.) VI. L’une des conditions les plus essentiellement requises pour la validité d’un jugement, est que tous les juges quiy prennentpart,aient assistéàtoute la discussion à laquelle les parties se sont livrées, et au rapport lorsqu’il y en a eu un. Cette règle est retracée dans une lettre de M. d’Aguesseau, du 26 septembre 1744» rapportée dans le Répertoire de jurisprudence , et confirmée par une foule d’arrêts de la cour de cassation, entre autres par les Arrêts du 26 vendémiaire et 26 messidoran 8 , 26 prairial an 10,7 thermidor an 11, 3 o mars 1812, et par un Arrêt du 24 octobre 1817, portant qu’un jugement rendu avec le concours d’un juge qui n’a pas assisté à toutes les audiences de l’affaire est susceptible d’être annulé sur l’appel ; qu’aux termes de l’art. 2 i 5 du Code d’instruction criminelle , la cour ou le tribunal qui prononce la nullité du jugement, doit en même temps statuer sur le fond ; et que cependant cette nullité n’est pas tellement absolue, que, pour se dispenser de statuer au fond, le tribunal saisi de l’appel puisse déclarer qu’il n’y a pas eu de premier jugement. Vil. Enfin pour qu’un jugement soit valable, il faut que la condamnation qu’il prononce soit déterminée, ou que du moins, si elle est incertaine par sa nature , elle se réfère à des actes, à des titres ou à des opérations qui en lèvent l’incertitude. \. le Répertoire de jurispr., au mot Jugement. En matière correctionnelle, l’art. 188 du Code du 3 brumaire an 4 portait : « Le dispositif du jugement est divisé en deux parties : la première déclare les faits dont le prévenu est jugé coupable; la seconde applique à ces faits la peine portée par la loi. Le texte de la loi est lu à l’audience par le président, et inséré dans la seconde partie du jugement. 33 L’art. 189 y ajoutait la peine de nullité, que nous trouvons appliquée par un arrêt de cassation du 6 brumaire an 9. L’article i 63 du Code d’instruction criminelle exige aussi, à peine de nullité, que le texte de la loi soit inséré dans les jugemens de simple police. Mais la nullité n’est pas prononcée pour défaut d’insertion des termes de la loi pénale, dans les ju- geraens de police correctionnelle. En effet, l’art. 195 du même Code, dont l’art. 211 déclare les dispositions communes aux arrêts ou jugemens rendus sur appel, dit bien que le texte de la loi dont onaura fait l’application, sera lu à l’audience par le président, qu’il sera fait mention de cette lecture dans le jugement, et que le texte de la loi y sera inséré; mais cet article ne prononce qu’une amende de 5 ofr. contre le greffier. Il résulte clairement de ces derniers termes que le défaut d’insertion du texte de la loi pénale dans un. jugement correctionnel, n’emporte plus la nullité de ce jugement; et c’est ce qu’a jugé d’ailleurs la JUG cour de cassation, par ses arrêts des 12 septembre 1812 et 6 mai 182.3. VIII. Mais il n’en est pas de même du défaut d’énonciation précise des faits dont les prévenus sont jugés coupables ou non coupables: car, faute de cette énonciation, le jugement ne serait pas motivé , et l’art. 7 de la loi du 20 avril 1810 déclare expressément nul tout arrêt qui ne contient pas de motifs. De là les arrêts de la cour de cassation des 4 et 7 janvier 1812, et 22 mai de la même année, rapportés au Répertoire de jurisprudence , à l’article Jugement. Par la même raison , il y aurait lieu de casser un arrêt qui déclarerait un accusé excusable, sans préciser les faits d’excuse admis par la loi. V., dans le même article, un Arrêt du 2 février 1812. IX. En matière correctionnelle~et criminelle , il faut que la minute du jugement soit signée par tous les juges qui l’ont rendu : cette formalité était prescrite, à peine de nullité , par l’art. 438 du Code du 3 brumaire an 4 ; elle l’est aussi par le Code d’instruction criminelle de 1808, art. 196 et 370, sans l’addition de la peine de nullité. Pour bien déterminer quand et par qui un jugement peut être réformé, il faut d’abord distinguer s’il est par défaut , ou s’il est contradictoire. X. Jugement par défaut. Le juge qui l’a rendu peut le rétracter sur l’opposition de la partie condamnée. Mais cette partie peut aussi eu appeler, s’il est émané d’un tribunal de première instance ; et l’attaquer par une requête civile ou recours en cassation , s’il est en dernier ressort. V. le mot Opposition, où l’on traite des jugemens par défaut. Les jugemens par défaut, en matière correctionnelle, ne sont executoires qu’après les délais de l’opposition expirés. XI. Jugement contradictoire. Un jugement contradictoire est celui qui est rendu en présence des parties intéressées. Ce jugement est ou interlocutoire , ou il est définitif. XII. Jugement interlocutoire. Tout interlocutoire est un préparatoire et un préalable à remplir avant le jugement définitif ; mais il diffère du simple préparatoire, en ce que celui-ci ne concerne ordinairement que l’instruction, au lieu que l’autre touche aussi le tond. Un jugement qui ordonne qu’on fournira des défenses, ou qu’on donnera copie ou communication d’une pièce , est un simple préparatoire qui ne préjuge rien sur le fond; au lieu que l’interlocutoire préjuge le fond, ou du moins est rendu après avoir examiné le fond, comme quand on Ordonne, avant de faire droit,une enquête ou une descente , un plan , une visite. « Sont réputés préparatoires , porte fart. 452 du Code de procédure civile , les jugemens rendus pour l’instruction de la cause , et qui tendent à mettre le procès en état de recevoir un jugement définitif. — Sont réputés interlocutoires les jugemens rendus lorsque le tribunal ordonne, avant dire droit, une preuve, une vérification , ou une instruction qui préjuge le fond. 33 La loi du 3 brumaire an 2, art. 6, portait qu’on ne pouvait appeler d’aucun jugement préparatoire pendant le cours de l’instruction, et que les parties JUG étaient obligés d’attendre le jugement définitif, sans qu’on pût cependant leur opposer ni leur silence ni même les actes laits en exécution des jugemens de cette nature. Cette disposition comprenait les jugemens interlocutoires proprement dits, d’après les art. 4 et 5 de la même loi, qui qualifiaient de jugement préparatoire celui par lequel est ordonnée, soit une visite d’experts, soit une preuve par témoins. Mais l’art. 45 1 du Code de procédure civile, tout en maintenant, pour les jugemens préparatoires proprement dits, la disposition de l’art. 6 de la loi du 3 brumaire an 2, porte que « l’appel d’un jugement interlocutoire pourra être interjeté avant le jugement définitif. T> D’après les distinctions qui viennent d’être faites entre un jugement préparatoire ou d’instruction, et un jugement interlocutoire , s’il survient un jugement qui accorde un délai pour Finstruction de l’instance, qui ordonne la production d’une quittance, la vérification d’un registre, avant de statuer sur le fond, le pourvoi ou l’appel de ce jugement préparatoire ne devra être interjeté qu’après le jugement définitif, et conjointement avec lui. Mais si un jugement ordonne une enquête lorsque la loi ne l’autorise pas, ou admet une preuve par témoins lorsqu’elle ne doit résulter que des quittances et registres, comme cet interlocutoire préjuge le fond, le pourvoi ou l’appel doit être fait sans attendre le jugement définitif : autrement le délai pourrait être expiré, et le jugement interlocutoire , passé en force de chose jugée , ne permettrait plus de revenir sur l’examen de l’affaire. Si les jugemens interlocutoire et définitif avaient été rendus dans le délai utile pour le pourvoi et l’appel, il faudrait se pourvoir tant contre l’un que contre l’autre : sans quoi, l’on pourrait succomber, le jugement définitifè tant la conséquence de Vinterlocutoire, contre lequel on n’aurait pas réclamé. En empêchant l’appel des jugemens préparatoires , le législateur a voulu prévenir des appels prématurés ou inutiles, et qui eussent occasionné du désordre, en saisissant les cours suprêmes de la connaissance des jugemens de pure instruction. « Mais il en doit être autrement (a dit l’orateur du gouvernement dans l 'Exposé des motifs), lorsque les premiers juges prononcent un interlocutoire qui préjuge le fond. La partie qui, dans ce cas, se croit lésée par un jugement dont elle a les suites à redouter, ne doit point être obligée d’attendre le jugement définitif. » Ces principes ont été consacrés par un arrêt de la cour de cassation, section civile, rendu le 29 janvier 1812. V. cet arrêt au Recueil. Ils sont applicables, en matières criminelles, correctionnelles et de police, et le pourvoi en cassation contre lesarréts préparatoires ou d’instruction, en ces matières, n’est ouvert qu’après l’arrêt ou jugement définitif. ( Code d’insir. crim. de 1808, art. 416.) Les juges d’appel, en réformant les jugemens interlocutoires, peuvent juger les questions relatives au fond lorsque ces questions ont été agitées devant les premiers juges. ( Arr. de cass ., du 9 mars 1809.) Tome II. JUG 2^7 Les juges peuvent toujours revenir en définitive sur un exécutoire par eux ordonné, et ce qui dérive de cet interlocutoire ne peut jamais former l’autorité de la chose jugée. (Arr. de rejet, du 6 juin 181 4 - ) Un jugement interlocutoire qui ordonne la preuve de faits non contraires au contenu du procès- verbal d’un garde, n’est pas susceptible d’appellation, non plus que celui qui admet le prévenu à prouver que le fait qui lui est imputé n’est pas qualifié délit. ( Arr. de la C. de cas., des 22 et 23 ' mars 1810. ) A qui appartient le pouvoir de réformer un jugement interlocutoire? Voici, sur cette question, des observations extraites de l’article Jugement, du Répertoire de jurisprudence. Lorsqu’un jugement est interlocutoire, on pense généralement qu’il peut être réformé par le juge même qui l’a rendu. La loi 19, § 2, et la loi 20, Digest., De receptis qui arbitrium, déclarent que les arbitres (et il en doit être de même des juges) ne peuvent pas changer leurs sentences définitives, mais qu’ils peuvent rétracter leurs sentences préparoires, et, par exemple, désigner aux parties, pour comparaître devant eux, un jour différent de celui auquel ils avaient d’abord fixé cette comparution. Ces lois romaines ne résolvent pourtant pas entièrement la question.il en résulte bien que les jugemens de pure instruction peuvent être réformés par les juges qui les ont_ rendus; mais peut-on étendre leur décision aux jugemens qui ordonnent, avant faire droit, une preuve, une vérification , une opération quelconque qui préjugé le fond? L’affirmative n’a jamais eu de contradicteurs : et en effet, ces lois, par cela seul qu’elles ne prohibent que la réformation des jugemens définitifs, sont censées permettre la réformation de tous les jugemens qui ne statuent pas définitivement; elles permettent même, en termes exprès, la réformation des jugemens préparatoires : Sabinum non de ed sensisse sententid quœ arbitrium finiat , sed de preparatione causœ-, et avant le Code de procédure civile, l’épithète de préparatoire convenait aussi bien aux jugemens qui préjugeaient le fond, qu’à ceux qui ne le préjugeaient pas. l’eu importe que , dans l’exemple qu’elles donnent, elles ne parlent que d’un jugement de pure instruction, et qui laisse le fond absolument intact : un exemple n’est jamais limitatif de la règle générale dont il indique l’application. Au surplus, la jurisprudence a tranché la question. Dans tous les temps et dans tous les pays, on a constamment tenu pour maxime qu’aprës avoir ordonné la preuve d’un fait qui lui paraissait décisif, le juge qui reconnaît que ce fait est indifférent peut prononcer contre la partie même qui en a fait la preuve, et cette maxime est consacrée par plusieurs arrêts de la cour de cassation. Les principes ci-dessus énoncés pour les matières civiles, ont reçu plusieurs fois leur application dans des affaires correctionnelles concernant les délits de pâturage dans les forêts. Par exemple, il est arrivé que des usagers ayant été trouvés faisant pacager leurs bestiaux dans des forêts non déclarées 58 a 9 8 JUG JUG défensables par les agens forestiers, ils out excipé de leur qualité d’usagers et demandé à en fournir la preuve ; ce qui leur fut accordé par des jugemens interlocutoires. Mais comme cette qualité, qu’on ne leur contestait pas, ne pouvait les soustraire. aux amendes prononcées par le lit. 19 de l’ordonnauce de 1669 contre les usagers mêmes qui usent de leurs droits sans déclaration préalable de la défensabilité des bois, les juges qui avaient ordonné la preuve d’uu fait indifférent, ont prononcé contre la partie qui avait fait cette preuve. V. Usages et Pâturages. Remarquez cependant qu’il est des jugemens interlocutoires auxquels la maxime qu’on a posée plus lraut, ne peut pas être appliquée : ce sont ceux qui, par la force de la loi, décident tellement le fond, que le juge n’a plus rieu à examiner en définitive, et que tout son ministère se réduit à déclarer la conséquence que la loi en fait sortir. Ainsi, le jugement par lequel le serment est déféré à une partie,- ne peut plus être changé par le juge qui l’a rendu, parce qu’une fois ce serment prêté, la condamnation de la partie adverse en devient une conséquence nécessaire. £t voilà pourquoi les lois romaines, qui interdisaient l’appel des jugemens interlocutoires, lors même qu’ils ordonnaient des instructions qui préjugeaient le fond, permettaient néanmoins d’appeler de ceux de ces jugemens qui n’étaient pas réparables en définitive. Il y a aussi, en matière criminelle, des jugemens, qui, pour être purement interlocutoires, 11’en sont pas moins à l’abri de toute réformation de la part des juges qui les ont rendus : ce sont ceux qui, par leur uature, doivent être suivis de décisions à rendre par une autorité différente ; et la raison en est qu’une fois rendus, ils saisissent cette autorité de la connaissance des faits qui en sont l’objet. Ainsi, un tribunal de première instance qui a traduit un prévenu, soit devant le tribunal correctionnel, soit devant la chambre d’accusation de la cour royale, ne peut plus rétracter son ordonnance. Mais il ne faut pas conclure de là que les mêmes juges qui ont rendu cette ordonnance, soient tellement liés par son prononcé, qu’ils ne puissent pas, étant ensuite constitués en tribunal correctionnel, déclarer que l’affaire n’est pas de la compétence de ce tribunal, ou que ce tribunal ne peut pas en connaître quant à présent. Le contraire est décidé par un arrêt de la cour de cassation , du 27 juin 1811, rapporté dans le Képert. de Jurispr. au mot Jugement XIII. Jugement définitif. A l’égard des jugemens définitifs,, la règle générale est qu’ils ne peuvent être réformés par les juges qui les ont rendus, et cette règle a lieu en matière criminelle, comme en matière civile. La jurisprudence des arrêts y a toujours été conforme. La faculté de poursuivre la réformation d’un jugement, soit devant les juges qui l’ont rendu, soit devant d’autres juges, peut se perdre de deux manières : par l’acquiescement exprès de la partie contre laquelle le jugement a été rendu, et par le laps de temps que la loi accorde à cette partie pour se pourvoir. Y. Appel, Cassation. Un jugement, quoique nul, dès qu’il a acquis la force de la chose jugée, ne peut plus être attaqué. Jugemens des tribunaux de Valence et de Vannes des 19 mars,et zpctobre 1812.) XIV. Les principes généraux que nous venons de rappeler, rendront plus facile la solution des questions qui peuvent naître sur la manière d’entendre le texte des lois relatives aux jugemens en matières desimpie police et de police correctionnelle. Voici l’exposé de ces lois et des instructions qui s’y rapportent, d’après l’ordre établi par M. liralet dans son Traité des délits et des peines. § a. — Jugemens du tribunal de police. Si le fait ne présente ni délit ni contravention de police, le tribunal de police annulle la citation et tout ce qui a suivi, et statue, parle même jugement, sur les demandes en restitution, et en dommages-intérêts. {Code d’instr. crim., art. 1 5 q.) Si le fait est un délit qui emporte une peine correctionnelle , ou plus grave, le tribunal renvoie les parties devant le procureur du roi. {Ib., art. 160.) Si le prévenu est convaincu de contravention de police, le tribunal prononce la peine, et statue, par le même jugement, sur les demandes en restitution et en dommages-intérêts. {Ib., art. 161.) La partie qui succombe est condamnée aux frais, même envers la partie publique. Les dépens sont liquidés par le jugement. ( Ib. , art. 162.) Tout jugement définitif de condamnation est motivé, et les termes de la loi appliquée y sont insérés, à peine de nullité. 11 y est fait mention s’il est rendu en dernier ressort ou en première instance. {Ib., art. 1 63 .) Nous avons déjà fait remarquer que la peine de nullité prononcée par cet article , s’applique seulement aux jugemens de simple police, et que cette peine n’est pas prononcée à l’egard des jugemens de police correctionnelle. {Arr. de la C. de cass., du 6 mai 1823.) La minute du jugement est signée par le juge qui a tenu l’audience, dans les vingt-quatre heures au plus tard, à peine de vingt-cinq francs d’amende contre le greffier, et de prise à partie s’il y a lieu, tant contre le greffier que contre le président. ( Code dlinstr. crim., art. 164O Au commencement de chaque trimestre, les juges de paix transmettent au procureur du roi l’extrait des jugemens de police qui ont été rendus dans le trimestre précédent, et qui ont prononcé la peine d’emprisonnement. Cet extrait est délivré sans Frais par le greffier. Le procureur du roi le dépose au greffe du tribunal correctionnel. 11 en rend uu compte sommaire au procureur général. ( Ib.,art. 178.) § 3 . — Jugemens de première instance en matière correctionnelle. Les tribunaux de première instance peuvent, en matière correctionnelle, prononcer au nombre de j trois juges. {Ib., art. 180.) JUG JUG Si le fait n’est réputé ni délit, ni contravention de police, le tribunal annulle l’instruction, la citation et tout ce qui en est suivi, rerivoîe le prévenu et statue sur les demandes en dommages-intérêts. ( Code d’instr. crim., art. 191.) Si le fait n’est qu’une contravention de police, et si la partie publique ou la partie civile n’a pas demandé le pourvoi, le tribunal applique la peine, et statue, s’il y a lieu, sut les dommages-intérêts. Dans ce cas, son jugement est en dernier ressort. (Jb., art. 192.) Si le fait est de nature à mériter une peine afflictive ou infamante, le tribunal peut décerner de suite le mandat de dépôt ou le mandat d’arrêt, et il renvoie le prévenu devant le juge d’instruction compétent (Ib., art. 193.) Tout jugement de condamnation rendu contre le prévenu et contre les personnes civilement responsables du délit, ou contre la partie civile, les condamne aux frais, même envers la partie publique. Ib., art. > 94 -) Lorsqu’il y a plusieurs accusés, auteurs et complices du même fait, la condamnation au remboursement doit être prononcée solidairement contre eux. (Loi du )8 germinal an 7, art. 2.) Les frais sont liquidés par le même jugement. (Code d’instr. crim., art. 194.) Dans le dispositif de tout jugement de condamnation, sont énoncés les faits dont les personnes citées sont jugées coupables ou responsables, la peine et les condamnations civiles. Le texte de la loi dont on fait l’application est lu à l’audience par le président : il est fait mention de cette lecture dans le jugement, et le texte de la loi y est inséré sous peine de 5 o fr. d’amende contre le greffier. Ib.,art. 195.) Mais un jugement rendu en matière correctionnelle ne peut être annulé sur le fondement qu’il n’énonce point la loi ni les motifs qui l’ont déterminé , s’il a été rendu sur opposition, et s’il contient un extrait du jugement par défaut qui l’a précédé , lequel extrait renferme l’énonciation de la loi appliquée et les motifs. Un jugement qui condamne à une peine correctionnelle, nul s’il ne cite la loi d’après laquelle cette peine est prononcée, est valable, quoique cette loi n’y ait pas été transcrite : la transcription de la loi n’est ordonnée, à peine de nullité, que dans les matières de simple police. (Arr. du 6 mai i 8 a 3 .) La minute du jugement doit être signée au plus tard dans les vingt-quatre heures, par les juges qui l’ont rendu. Les greffiers qui délivreraient expédition d’un jugement avant qu’il ait été signé doivent être poursuivis comme faussaires. Les procureurs du roi se font représenter, tous les mois, les minutes des jugemens; et en cas de contravention au présent article, ils doivent en dresser procès-verbal, pour être procédé ainsi qu’il appartiendra. (Coded’instr. crim., art. 196.) Le procureur du roi est tenu dans les quinze jours qui suivent la prononciation du jugement, d’en envoyer un extrait au procureur général. (Ib., art. 198.) 2 DD Telles sont les règles relatives à la forme des jugemens des tribunaux de police , et de ceux de première instance, en séance de police correctionnelle. Quant an fond de ces jugemens, en attendant que les dispositions de l’ordonnance des eaux et forêts de 1669, les lois des 19 juillet et 28 septembre 1791, celle du 20 messidor de l’an 3 , et les autres relatives à la police municipale, correctionnelle, rurale, forestière, et à la chasse, aient pu être révisées, les tribunaux dont il vient d’être parlé doivent appliquer aux délits qui sont de leur compétence les peines qu’elles prononcent, attendu qu’à leur égard le Code pénal ne renfermé-pas un système complet de législation. (Loi du 3 brumaire an 4, art. 191. — Code pén., art. 484- — Avis du Cons. d’état, des 4 et S février 1812.) 11 est défendu aux juges de prononcer, en matière forestière, des amendes et peines moindres que celles qui sont réglées par l’ordonnance de 1669. V. Amendes et Juges. Il faut, cependant, observer que les amendes doivent être modérées suivant les réglemens particuliers, auxquels on doit se conformer dans chaque localité, sans qu’on puisse en conclure que les tribunaux aient la faculté d’étendre ces réglemens hors le territoire dans lequel ils étaient en vigueur. (Avis du Cons. d’état, du 18 brumaire an 14.— Arr. delà C.de cass., du 18 mai 1809.) V. Amendes. Enfin l’exécution des lois forestières est tellement un devoir sacré pour les juges, qu’ils doivent prononcer d’office les peines qu’elles infligent, telles que la restitution, lors même que les agens forestiers auraient omis d’en faire mention dans leurs conclusions ou qu’ils auraient pris des conclusions contraires au vœu de la loi. (Arr. de la C. de cass., du 28 janvier 1808. ) Le procureur du roi du tribunal de première instance, dans le cas où il n’appellerait pas, est tenu, dans la quinzaine, d’adresser un extrait du jugement au magistrat du ministère public près le tribunal, ou de la cour qui doit connaître de l’appel. (Loi du 3 brumaire an 4, art. 191.) V. Appel, Cassation. § 4 - — Exécution des jugemens. i°. Exécution des jugemens de police.—Le ministère public et la partie civile poursuivent l’exécution du jugement, chacun en ce qui le concerne. 'Code d’instr. crim., art. 1 65 . 4 2°. Exécution des jugemens correctionnels. — Les jugemens correctionnels sont exécutoires dahs tout le royaume sans visa ni pareatis, encore que l’exécution ait lieu hors du ressort du tribunal par lequel le jugement a été rendu. .' Code deprocéd. civ. } art. 547.) Ces jugemens sont exécutés à la requête du procureur du roi et de la partie civile, chacun en ce qui le concerne. Néanmoins les poursuites pour le recouvrement des amendes et confiscations sont faites, au nom du procureur du roi, par le directeur de l’enregistrement et des domaines. ( Code d’instr. crim., art. 1 97. — Décis. de S. Ex. le min. des fin., du 24 no- 58 * 3oo J U G JUG vembre 1817.•— Instr. de L Adm. 1 du.%déoembrei8).’), u°. 8 i 3 .) 9 jj Il en est de même des poursuite* fiai tes popr le recouvrement des frais auxquels la punition des dé-' lits a donné lieu {Loi du 18 germinal an 7, artt 'à. — Instr. approuvée par Le min. des fin.., transmise par la circul. du 7 janvier 1812, n°, 461.). Dans les trois jours qui suivent l’expiration du délai fixé pour l’appel des jugemens portant peine d’amende ou de confiscation, les greffiers des tribunaux remettent au receveur de l’enregistrement les extraits des jugemens de condamnation. {Arr. du Direct, du 16 nivôse an 5 .— Instr. de M. la direct, gén. de l’enr., des dom. et for ., du 2 décembre 1817.) S’il y a eu appel, le greffier remet au receveur cet extrait dans les trois jours qui suivent la réception du jugement confirmatif. {Arr. du Direct, du I er . nivôse an 5, modifié par celui du 16 du même mois.) Les greffiers reçoivent des receveurs de l’enregistrement 25 centimes pour chacun de ces extraits, quelle que soit leur longueur. ( Décret du 12 juin 1811. -—Autre décret du 7 avril i 8 i 3 .) S’il y a eu recours en cassation, la condamnation est exécutée dans les 24 heures de la réception de l’arrêt de la cour de cassation qui a rejeté la demande. i(Loi du 3 brumaire an 4, art. 443 .) Dans tous les cas, il est procédé sans délai à la vente des bestiaux-pris en délit et confisqués, au plus offrant et dernier enchérisseur, au jour de marché, à leur juste valeur ( Ord : de 1699, fit. XXXII, art. 11), à la diligence du receveur de l’enregistrement, et par un huissier, qui en dresse procès-verbal. {Lettre de l'Adm. gén. des eaux et forêts,du 1 o janvier 1816, n°. 3272. ) Et s’il arrivait que, par l’autorité des propriétaires, il ne sé trouvât point d’enchérisseurs, il en serait dreSéé procès-verbal, et seraient les bestiaux envoyés aux marchés des villes où il serait trouvé plus à propos pour l’avantage du trésor public. [Ord. de 1069, lit. XXXII, art. 1 1 ) Le refcouvrement des amendes, restitutions et dommages-intérêts prononcés au profit de l’état, ert confié^ éomme on l’a déjà dit, aux receveurs de l’enregistrement, qui font les diligences nécessaires’, des qu'ils ont reçu les extraits des jugemens. (Arr. dit Dfthqt. exéc. du 1 er . nivôse an 5, art. 2.) Il n’én'êst pas de même des dommages-intérêts et ijes'tîfutions prononcés en faveur des communes, le rècôùvreuieut doit en être fait par le percepteur des "'déniera'.communaux. {Loi du 3 o juin 1790.— Ddc/si'âu.niin. des fin., du 2.5 août 1807.— Circul. du conseitlcr'd*êtat direct.gén. del’adm. de l’enre- gâtrénif 'nt, du j septembre 1807.) Âpres""avolr consigné l’article sur leur sommier les rècévètirs de ^enregistrement envoient par un garde forestier ou par toute autre voie sûre un avertissement au condamné; si à l’expiration du délai fixé, lé redevable ne se présente pas pour s’ac- quiller^ ils lui font signifier par le garde le plus vdisin extrait du îùjmment de condamnation, ou rôle j s’fl a je deçu^re exécutoire par le visa du président ou procureur du roi du tribunal, avec commandement rde payer;,dans la huitaine. ( Instr. ifu a décembre 4817, n°. 8 * 3 .) Lorsqu’il l’agit d’un jugement contradictoire, il iuffit à l’huissier d’en placer un extrait en tête de Son. exploit. {Circul. de l’Adm. gén. des eaux et forêts, du 12 germinal an i 3 , n°. 261.) A l’égard des jugemens par défaut, ils ne peuvent être exécutés qu’après avoir été signifiés en entier, et lorsqu’il est constaté qu’il n’y a pas eu d’opposition dans les dix jours à compter de cette signification. {Ib.) Dans ce cas, les receveurs peuvent se contenter de notifier un extrait du jugement, avec mention de la signification qui a été précédemment faite. ( Ib .) Lorsqu’un condamné est dans l’impossibilité de payer, il peut lui être délivré, à la diligence du receveur, un certificat d’indigence par le garde général , vérifié par le maire, au vu du rôle des contributions , et visé par l’inspecteur ou sous-inspecteur des forêts. ( Circul. du min. des fin. aux préfets, du % fructidor an \o.~Instruct. du a décembre 1817, n°. 8 x 3 .) Les maires et adjoints doivent être d’autant plus circonspects dans la délivrance de ces certificats, qu’ils en sont personnellement responsables. Ces certificats d’indigence n’ont pour objet que d’éviter au trésor public des frais, lorsque le,$ débiteurs ou redevables sont dans l’impossibilité de se libérer envers le domaine. {Circul. du min. des fin. aux préfets, du 8 fructidor an 10.). Une décision du ministre des finances, du 18 mai 1821 (V. au Recueil ), portait que la contrainte par corps ne devait pas être employée par l’administration des domaines contre les condamnés reconnus insolvables, parle seul motif qu’elle pouvait servir à réprimer les délits. Mais cette disposition avait tellement encouragé les délinquant, qui trouvaient une sauvegarde dans leur indigence, que la répression à leur égard était devenue impossible. Une décision du 29 mars 1824, insérée dans la circulaire du 14 avril suivant, a modifié la première décision en ordonnant la confection , à la fin de chaque trimestre et dans chaque conservation, d’un état des insolvables qu’il sera utile de faire emprisonner. Le défaut de paiement des amendes et des dé- dommagemens ou indemnités n’entraine la con- trainte par corps que 24 heures après le commandement. {Loi du 28 septembre 179», tit. Il , art. 5. — Code pénal, art. 52 . ) Si le condamné est solvable, son emprisonnement, à défaut de paiement, est effectué sur la poursuite du directeur dt-s domaines, au nom du procureur du roi. ( Lettre du min. de la just,, du 3 . pluviôs» an 7, rapportée dans une Circul. de l’Adm. du domaine et de L’enregistrement, du 1 er . fructidor an 8, n». 1864 ■ —Code d’instr. crim. , art. *97-)- , L’emprisonnement, à défaut de paiement de la part d’une personne solvable; est prolongé jusqu’à ce qu’elle se soit acquittée, car l’art, J8 -du tit, XJXXII de l’ordonnance de 1669, et l’art. 4 1 du tit. II de la loi du 22 juillet *791, qui veulent que les dommages-intérêts, ainsi que la restitution et JUG les amendés, emportent contrainte par corps, né limitent point la durée de l’emprisonnement qni doit être subi par le redevable : d’où l’on doit cên^ dure que cet emprisonnement doit être continué jusqu’à Cé que le condamné se soit acquitté. Le condamné peut,- après six mois d’incarcération, obtenir du tribunal son élargissement, s’il justifie de son insolvabilité.‘'(CWe pénal, art. 52 et 53 .— Uécis. du min. dé là just., du 7 mars 1812, mentionnée dans une Lettré de M. le direct, gén. desforêts, écrite au conserv. de la treizième division, le 16 du même mois. ) H le peut, notamment par un exploit de carence, conformément à ln déclaration du roi du 24 novembre 1670. ( Décis. du min. de la just ., du 29 février 1808 )'. Dans les cas graves où la détention est jointe à l’amende, la détention à l’égard des insolvables teut être prolongée du quart (lu temps prescrit par a loi. '{Loi du 28 septembre 1791 ; fit. II, art. 5 , et arr. du Direct, exécutif, du 16 nivôse an 5 , art. 4 -) L’emprisonnement auquel une personne solvable est condamnée par jugement, est exécuté au nom et sur la poursuite du procureur du roi. (Lettre du min. de la just., du 3 pluviôse an 7, ci-dessus citée.) L’Administration forestière n’est point obligée de consigner les frais de nourriture des condamnés pour délits forestiers, emprisonnés à sa requête. (Décret du 14 mars 1808.— Décis, du min, de la just., du 23 septembre 181 1.) Les gendarmes peuvent mettre à exécution les mandats qui leur sont donnés par le procureur du roi pour l’exécution des jugemens et ordonnances de justice. {Loi du 28 germinal an 6, art. i 4 o.) V. Frais de justice. Dans ce cas, il leur est alloué pour chaque capture , lorsque'la durée de l’emprisonnement doit excéder 5 jours : A Paris. 18 fr. Dans les villes de 4 °> 000 âmes et au- dessus. i 5 Dans les autres villes et communes. 12 {Décret duj avril i 8 i 3 , art. 6.) Nous avons vu que l’art. 190 du Code des délits et des peines du 3 brumaire an 4 , et l’art. 197 du Code d’instruction criminelle de 1808, portaient que le jugement (rendu en matière correctionnelle) doit être exécuté à la requête du procureur du roi et de la partie civile, chacun en ce qui le concerne, et que néanmoins les poursuites pour recouvrement des amendes et confiscations sont faites, au nom du procureur du roi, par le directeur des domaines.- «De là, dit M. Merlin dans son Répertoire, est née la question de savoir si les poursuites pour le recouvrement des amendes, des dommages-intérêts, et des dépens adjugés à l’état en matière correctionnelle, peuvent être annulées sur le fondement i°. qu’elles ont été faites après une signification du jugement faite, non à la requête du procureur du roi, mais avec des contraintes décernées au nom de la régie de l’enregistrement; 2 0 . que ces contraintes ont été décernées, non par le directeur de la régie, JUG 5 oi mais'pa'r le tecevewr local; et voici ce qu’a prononcé sur cette question , un arrêt du 6 juin 1809. « Thérèse et Marguerite Ghaix avaient été eon- » (fartwées personnellement pour délits forestiers, t> et léur père Joseph Chaix comme civilement res- » pensable,• et solidairéinent avec ses filles, à des - «> amendes, dOmmagés-intérêts déterminés à des » sommes fixes, et aux frais liquidés, par denx jii- » gemens du tribunal correctionnel d’Urange, ren- » dus aux anisées 11 et 12. Ces jugemens étaient » contradictoires, et avaient été prononcés en pré- » seuce de toutes les parties: ils ne furent point si- » gnifiés, au nom du procureur du roi, par le direc- » teur de la régie, mais par exploit, des 28 floréal » an i 3 et 20 brumaire an 14, ils furent signifiés » aux parties condamnées, avec des contraintes » décernées par le receveur d’Orange, portant com- » mandement de payer lesdites sommes fixées et » liquidées; ce qui résulte desdits exploits produits » et d’un itératif commandement qui s’y réfère, en >3 date du 1 1 juin 1806, aussi produit. Les parties 33 condamnées n’ayant point satisfait aux coraman- 33 demens, il fut procédé à des saisies mobilières, 33 et par suite il fut obtenu permission de faire ven- 33 dre, par jugement du tribunal civil du 3 i octobre 33 1807. Sur la signification de ce jugement, Joseph 33 Choix père y forma opposition, demanda la nul- >3 lité des contraintes et par suite de toutes les sai- 33 sies et de tous actes d’exécution faits en consé- 33 quence desdites contraintes. —, Le tribunal civil 33 d’Orange, par jugement du 20 février 1808, an- 33 nula les contraintes et tous les actes faits par 13 suite, conformément aux conclusions prises. Ses 33 motifs ont été que l’Administration ne s’était pas 33 conformée, dans la poursuite du recouvrement 33 des sommes adjugées, aux dispositions de l’art. >3 190 du Code des délits et des peines, qui veut que 3> les poursuites pour le paiement des amendes et >3 confiscations soient faites, au nom du procureur 33 du roi, par le directeur de la régie; que l’art. 3 » de la loi du 18 germinal an 7 disposait bien que 33 les frais de justice criminelle seraient liquidés, et 33 la liquidation rendue exécutoire par le président 33 du tribunal, pour le recouvrement être poursuivi 33 par les préposés à la régie de l’enregistrement 33 et du domaine; mais que cette loi n’avait pas 30 rapporté la première, et qu’elle devait s’exécuter 33 simultanément; que, dans le cas présent où les 33 jugemens correctionnels portent la liquidation 33 des frais et les autres sommes déterminées , il au- 33 rait fallu que ces juLemens eussent été signifiés 33 au nom du procureur du roi par le directeur de 33 la régie ; que la régie n’aurait pas dû y^nir par 33 contraintes, et que dans aucun ,cas, elles n’au- 33 raient pas dû être décernées par un receveur par- 3> ticulier, mais par le direcieurltn-mêine_La 3 sation de ce jugement a été demandée pour fausse 33 application de l’art. 190, pour violation des prin- 33 cipes et des décisions servant de règle pour le paie- 33 ment des sommes dont le recouvrement est confié à 33 l’administration de l’enregistrement et du domaine. 3? Cette administration a cit^ l’art. 3 de la loi du 18 33 germinal an 7, l’arrêté du Directoire exécutif, du 33 i» r . nivôse an 8, une lettre sur la matière, du OQJ. JUR KIL ministre des finances, du 18 messidor an 8 , eon- » forme à la décision du ministre de la justice. Bile » a ajouté : qu’il résulte expressément de cette loi » et des autres autorités rapportées, et de l’orgam- » sation de l’administration de l’enregistrement, « que les receveurs particuliers sont chargés des » poursuites pour le recouvrement des sommes dont 33 il est question; elle a dit encore que, lorsque l’ar- » ticle 190 a parlé des poursuites à faire par le di- 33 recteur de la régie, elle n’a entendu ni pu enten- » dre autre chose, sinon qu’elles seraient faites par >3 les ordres du directeur et sous sa surveillance; » qu’autrement cet article ne pourrait, dans l’état » actuel, être exécuté avec célérité. 33 Sur quoi, ouï le rapport de M. Sieyes ; vu 33 l’art. 3 de la loi du 18 germinal an 7, et ce qui 33 résuite de l’arrêté du Directoire exécutif et des dé- 33 cisions rapportées.... Attendu que les jugemens 33 correctionnels contradictoirement rendus conte* 33 naient tant la liquidation des frais de justice que 33 la fixation des amendes et des dommages-intérêts 33 adjugés; qu’il résulte des exploits des a8 floréal 33 an i 3 , 20 brumaire an 14, et de l’itératif com- 33 mandement du 1 1 juin 1806, que les préposés de 33 l’administration de l’enregistrement, en faisant 33 signifier les contraintes dont il s’agit, avec com- 33 mandement de payer, avaient également fait si- 33 gnifier aux parties condamnées copie des juge- 33 mens précités : d’où il suit qu’en ne considérant 33 ces contraintes avec commandement que sous le 33 rapport de simples coinmandemens de payer, en 33 exécution desdits jugemens, le jugement dénoncé 33 a contrevenu à l’article 3 de la loi du 18 germinal 33 an 7, et fait une fausse application de l’art. 190 33 du Code des délits et des peines : par ces motifs, 33 la cour casse et annulle... etc.nV. Action, Amende, Appel, Audience, Cassation, Compétence, Faux, Frais de justice. JUGEMENT (MISE EN). Y. Mise en jugement. JUMELLES. ( T. de mar. ) Longues pièces de bois de sapin ou autres, arrondies par-dessus, et concaves de l’autre côté. On s’en sert pour fortifier des mâts ou des vergues trop faibles, qui plient trop ou qui éclatent. On appelle aussi jumelles d’autres pièces de bois dont on compose les bas-mâts des grands vaisseaux, en les appliquant à caillebottes sur la mèche de chaque mât, de manière que deux , trois, quatre ou cinq jumelles avec leurs grains d’orge, pour remplir les vides qu’elles laissent entre elles, forment un mât de plusieurs pièces ; on le cheville et on le cercle en fer bien solidement. On donne aux jumelles d'un mât les noms de gaburons , clamps , costons. JURIDICTION ou JURISDICTION. Ce mot \ient du latin jus dicere, rendre la justice, j uns die- tio, l’action de rendre la justice. C’est l’autorité nécessaire pour juger. C’est aussi la circonscription dans laquelle un juge , un tribunal peut rendre la justice. V. au. Recueil, pour la juridiction des officiers dee maîtrises, l’ Ord. de i 5 i 5 , t. I,p. 2; V Ord. de i 5 c) j,t-I,p. 20;! 'Ord. de 1601, t. I, p. 3 o; l’ Ord. de 1669, tit. I, Il, III, IV, V, VI, VII, IX, XII, XIII, XIV, XXV, XXX , XXXI , XXXII, t. I, p. 4 1 etsuiv. Leur juridiction s’exercait dans les bois tommu- naux comme dans les bois royaux. {Arr. du Cons. , du 8 janvier iyi 5 .) Un tribunal saisi d’une action en réparation de délit ne peut surseoir à prononcer, parce que le prévenu prétendrait que le bois ne ferait point partie du département de la juridiction du tribunal, si d’ailleurs ce bois se trouve situé dans un arrondissement forestier compris dans ce département, et si la limite du lieu n’a été changée par une décision légale. {Arr. de la C. de cass., du 3 i octobre 1816.) V. Arrêtés de préfet, Compétence , Conseil de préfecture , Juges. JURISPRUDENCE. Du latin jurisprudentia , connaissance du droit. C’est la science du droit : elle enseigne à rendre à chacun ce qui lui appartient , et c’est par la connaissance des lois qu’elle y parvient. Ce mot se dit aussi des maximes et usages reçus dans un tribunal ou dans un pays, sur l’interprétation de la loi et sur ses différentes applications. Une suite de jugemens uniformes sur une même question forme une jurisprudence. JUSTICE. En terme de droit, c’est celle par laquelle les magistrats adjugent à chacun ce qui lui appartient. Ce mot se prend aussi pour les officiers, les magistrats qui rendent la justice. On appelle déni de justice le refus que fait un juge de juger. V. Déni de justice. Justice signifie aussi juridiction, et dans ce sens on dit : justice civile , justice criminelle, justice royale , justice seigneuriale, haute, moyenne et basse justice. Justices sf.igneuria.ees. Elles ne pouvaient connaître des délits commis dans les bois communaux, ou du moins leur pouvoir était restreint aux plus petits délits. V.l 'Arr. du Cons., du 18 septembre 1 j?> 6 . Elles ont été abolies par la loi du 11 août 1789. K. KILOGRAMME. Du grec kilioi, et par Contraction kiloi, mille , et d egramma , gramme. C’est un poids nouveau de mille grammes destiné à remplacer la livre. 11 est du poids d’un décimètre cube d’eau, et égal à 2 livres 5 gros 35 grains quinze centièmes de grain. KILO LITRE. Du grec kilioi, par contraction kiloi, mille, et de titra, mesure cylindrique, qui, au rapport de Galien, servait, chez les Romains, à mesurer les liquides. C’est une nouvelle mesure de capacité contenant 100 décalitres, ou boisseau nouveau : il est égal au mètre cube. Il convient pour le Commercé des liquides en gros, lt contient 1000 litres , ou à-peu- près 3 muids un quart de Paris. KILOMÈTRE. Du grec kiloi, mille, et de me- tron , mesure. C’est une nouvelle mesure linéaire , qui contient 1000 mèt. , et en mesure ancienne , 5 i 3 toises 5 pouces 4 lignes (environ un quart de lieue). LAI L. LABIE. (T. de bot.) Les plantes labiées farinent une famille dont les fleurs ont le limbe partagé en deux divisions principales , l’une supérieure et l’autre inférieure. Ces deux lames sont ce qu’on appelle lèvres. Y. Botanique. LABOUR. Du latin labor, travail. .C’est le remuement de la terre, fait à dessein de la rendre fertile. Le labour doit être profond, léger pu superficiel, selon la qualité du sol et le besoin des plantes ou des graines qu’on veut confier à la terre, et d’autres circonstances. Les labours ont pour objet non-seulement de détruire les mauvaises herbes, mais encore de soulever la terre et de la rendre perméable aux influences de l’air , du soleil, des pluies, des rosées , de la gelée , etc. On fait des labours avec des charrues traînées par des chevaux, et à bras avec la houe, la bêche, le crochet, la pioche, etc. On appelle labourage le travail du laboureur, et l’on dit qu’une terre est labourable , pour dire qu’elle est propre à être labourée. Par le labour, on enfouit les plantes et la terre végétale qui se trouvent à la surface du sol ; ces plantes , en pourrissant et se décomposant, fournissent de l’engrais fux racines, au lieu de dévorer les substances nécessaires aux productions utiles. Comme nous traitons, aux articles Pépinières , Plantation et Semis , et à l’article de chaque arbre, des labours à donner aux terrains suivant les diverses circonstances, nous renvoyons à ces articles. LACINIE. ( P. de bot.) Découpé inégalement en lanières allongées et plus ou moins étroites. LAIE ou LAYE. Terme forestier qui signifie une route étroite, un chemin tracé dans une forêt. L’ordonnance de i 5 i 6 , art. 3 , porte que l’arpenteur marquera de son marteau les laies ou layes séparatives des ventes. Ce mot est employé dans la Coutume de Normandie pour signifier le droit d’un usager d’avoir du bois par mesure ou quantité d’arpens , parce que les laies se font pour le mesurage des coupes. On dit des bois layés pour des bois marqués par des laies. L’ordonnance de 1669, tit. XV, art. 6, défend aux arpenteurs de donner aux laies qu’ils ouvrent pour séparer les coupes, y porter leurs chaînes et les arpenter, plus de 3 pieds (un mèt.) de largeur. Laies se dit aussi des lignes sommières et de divisions de coupes qui s’ouvrent dans les forêts pour leur aménagement 5 mais , dans ce cas, ces laies ou lignes de division sont permanentes, et servent constamment à séparer les triages d’abord, et ensuite les coupes. Celles qui séparent les triages et qui doivent aroir au moins 4 mèt. de largeur, s’appellent laies ou lignes sommières : ce sont de véritables chemins. Celles de division des coupes ont ordinairement un à 2 mèt,.(Instr. du 7 juillet 1824, art. 80.) 11 est défendu aux gardes et à tous autres d’emporter ou de disposer du bois provenant de l’ouverture des laies , lequel doit rester sur place pour être LAN 3o3 compris dans l’adjudication de la coupe. ( Ord. de 1669, tit. XV> art. 8.) fieux qui achètent d’un garde des bois, sachant qu’ils proviennent d’une laie, doivent être condamnés à la même peine que le garde, solidairement avec lui. ( An. delà C. decass., du 9 février 181 1.) Lorsque dans un bois domanial ou communal , il existe des portions appartenant à des particuliers , les géomètres du cadastre chargés d’en faire l’arpentage se font autoriser, conformément aux règlement; forestiers, à ouvrir les laies reconnues indispensables. V. l 'Instr. du 24 messidor an 12, au Recueil, 1.I, p. 688 .) LAINEUX. ( T. de bot. ) Recouvert d’un duvet composé de poils mous, peu longs et entrelacés ou feutrés. LAIS. Ce mot, dans les anciennes ordonnances et coutumes, est synonyme à baliveau et quelquefois à bordure. Les douairières et autres usufruitiers , dit la Coutume d'Anjou, art. 117, ne peuvent toucher aux lais des taillis qui servent de limitations et ceintures du bois : dans ce cas , ces lais sont des bordures ou cordons. La même Coutume, tit. XY, art. 3 11, et celle du Maine, tit. XVI, art. 324, défendent .aux douairières de couper le9 lais ou laigs que le défunt aurait laissés ès bois taillis : dans ce cas, les lais sont des baliveaux laissés lors de la dernière coupe. Y. , au surplus, ce que nous avons dit au mot Baliveau , p. 332 . LAME , lamina. (T. de bot.) Surface plane d’une feuille ou d’un pétale. LANCÉOLÉ. ( T. de bot.) Feuille lancéolée , celle qui, étant d’une largeur relative notable , mais moindre que la demi-longueur, se rétrécit à-peu- près également en angle aigu par les deux bouts, de manière à ressembler à un fer de lance. LANÇOIRS, ou COULISSE, ou GLISSOIRS. Petits sentiers en pentes, sur lesquels on fait glisser les arbres qn’on exploite sur les montagnes esxtréea septentrionales de l'Europe, aux lieux ombragés, humides, marécageux, dans l’Al- sate* l’vAUemague, la Silésie, i’Augleterre. Ses tiges, hautes.d'environ un pied, sont rameuses, reiétues d'une écorce brune, un peu cendrée-Les jeunes rameaux sont velus et roussàtres, garnis de feuilles assez semblables à celles du romarin, posées irrégulièrement, presque sessiles, entières, linéaires, oblpngues, repliées sur les côtés, vertes en dessus, chargées à leur face inférieure d’un duvet roussàtce et cotonneux, et parsemées, ainsi que les jeunes branches, d’une espèce de rouille de 1er. Les fleurs paraissent au commencement de juin et dans le mois de juillet; elles sont blanches, pédoncnlées, ramassées en une ombelle sessile, d’une odeur forte et agréable, mais qui entête. Les pédoncules se courbent à l’époque de la floraison, et les capsules sont pendantes : elles renferment une grande quantité de petites semences oblongues, qui mûrissent dans le mois d’octobre, se répandent ensuite et restent neuf mois en terre avant de lever ; mais la plupart spnt stériles. 11 se multiplie naturellement des nombreux rejets qu’il pousse de ses racines et par les semences; mais la culture artificielle de cet arbuste est difficile, et dans ce cas il ne se multiplie guère de semences. On l’enlève des lieux où il croît spontanément avec ses racines, bien enveloppées de mousse, et on le plante à l’ombre dans un terrain bumide. Le bois de cet arbuste ne dépasse pas la grosseur du petit doigt; les abeilles recherchent les fleurs du lède des marais. En Allemagne , on l'emploie avantageusement dans la tannerie, et il y a des brasseurs qui mettent cette plante dans leur bière, et qui, par cette supercherie, lui donnent une force enivrante et nuisible. Les rameaux nouvellement coupés chassent les punaises, les teignes, et autres insectes des garde-robes et des armoires. Une infusion de ces rameaux détruit la vermine des animaux. Les Russes emploient l’huile qu’ils en retirent pour donner de l’odeur à leur roussi. Le Lède a feuilles larges , vulgairement le thé de Labrador, ressemble beaucoup au précédent ; cependant il en diffère par la forme ovale de ses feuilles, par ses corymbes plus garnis et ses corolles plus grandes. Il est originaire du Groënland, et il pe trouve aussi au Canada et au Labrador. On le cultive dans les jardins, où il est plus facile à conserver que le précédent ; bn en fait, dans quelques contrées, des infusions théiformes agréables, odorantes et pectorales. , u „ Le Lède a feuilles de thym n’est, .qu’^n..très- petit arbuste rameux et touffu, p fjeqj^s «yales, dures, persistantes, et assez semblames à celles du serpolet. Il est originaire dq la Caroline, qt ne se voit pas encore fréquemment dams, les j pub ns de l’Europe. Les fortes gelées l’atteignent quelquefois. LÉGIOjS-D’HOJSNEUR. L’arrêté du gouvernement, du 28 ventôse an 12, portait que les bois compris dans la dotation de la légion-d’honneur seraient administrés par les agens.forestiers, conformément aux tit. XXII et XX 1 Y de l'ordonnance de 1669, relatifs aux bois des usufruitiers et des éta- 5 9 3o6 LET LIC btissemens publics. Le décret du 28 février 1809 a réuni au sol forestier de l’état les bois qui avaient été cédés à la légion-d’honneur, et‘par tin autre décret du 18 septembre 1809, les parcs et jardins tldi de murs, faisant partie des chefs-lieux de cohorte, furent soumis au même régime que les bois des particuliers, conformément à l’art. 5 de la 1". section du tit. I de la loi du 9 floréal an 1 1 , et aux art. 7, 8 et 9 , 2*. section de la même loi. Les conservateurs doivent faire connaître à l’Administration les décès des agens forestiers ou pen - sionnairésde l’Administration qui seraient membres de la légion-d’honneur. (Instr. du 2 août 1820.) LÉGISLATION. Ce mot vient du latin lex, le- fis, loi, et de ferre, latum, porter. 11 signifie le droit de faire des lois, et il se dit quelquefois du corps même des lois. L’ancienne législation relative à l’administration des Bois communaux (V. ces mots), se trouve résumée dans une ordonnance du grand-maître des forêts du département de Paris, du A ianvier \nAn. V. au Recueil. Celle relative au Triage (Y. ce mot) est également analysée dans une ordonnance du même, du 20 mai 1748) et dans une note de Pecquet. V. au Recueil, p. 323 à 329. La nouvelle législation forestière commence en 1789 , et se trouve tout entière dans notre Recueil, à partir de la page 487 du Ionie 1 . Y. Abrogation. LF.NTISQUE. V. Pistachier. LÈPRE. Maladie des arbres qu’ on nomme aussi le meunier et le blanc, et qui se manifeste par des croûtes blanchâtres sur les feuilles et les bourgeons dans les mois de juin et d’août, et que l’on attribue à un champignon parasite. H faut enlever les bourgeons attaqués, pour empêcher l’effet de la contagion. Cette maladie, au reste, est plus particulière au pêcher et à d’autres arbres fruitiers. LETTRE. En administration, on appelle lettre ce que les Latins appelaient epistola, litterœ, c’est- à-dire une épître , une missive, une dépêche. Les lettres adressées par les agens à l’Administration- doivent porter en marge la nature de l’affaire et le numéro. ( Circul. du 11 mai 1821.) Nous indiquons dans la Table du Recueil, p. 997, les circulaires, et p. 1023, les lettres écrites par l’Administration sur les différentes parties du service. V. Correspondance. LETTRES D’AFFORESTEMENT ou BILLET DE CONSENTEMENT. C’est ainsi qu’on appelait autrefois le permis d’exploiter qui se délivre à l’adjudicataire. L’ordbùnance de François I* r ., de l’année 1 5 1 5 , art. 33 , défend à l’adjudicataire de rien entreprendre dans la coupe vendue, sans avoir obtenu un billet de coiisèntement, et cette disposition est maintenue par l’art. 35 dir-cabier des charges. LETTRES-PATENTES. C’étaient des lettres émanées du roi, scellées du grand sceau et contresignées par un secrétaire d’état. On les appelait patentes, parce qu’elles étaient ouvertes, à la différence des lettres closes ou de cachet, qui étaient fermées. Lès lettres-patentes ne produisaient leur effet qu’aprés qu’elles avaient été enregistrées par la cour à laquelle elles avaient été adressées Les lettres-patentes accordées à des corps ou à des particuliers étaient susceptibles d’opposition lorsqu’elles préjudiciaient à un tiers. En matière forestière, l’exécution de toute lettre- patente, ordre et mandement du conseil, appartenait aux grands-maîtres par privilège et prérogative spéciale sur tous autres officiers. ( Ord. de 1669, tit. III, art. 2.) Cette disposition était si expresse, qu’aucune cour, même les chambres des comptes et conrs de parlement, ne pouvait procéder à la vérification de ces lettres, qu’elles n’eussent auparavant? Ordonné la communication au grand-maître du département et vu ses avis, à moins que tes lettres n’eussent été expédiées sur ses procès-verbaux, ou sur ses avis, attachés sous le contre-scel. \Ib.,tit. I, art. r 5 . — Arr. dn Cons., du 3 août 1706.) Lorsque les grands-maîtres ne pouvaient vaquer en personne à l’exécution des lettres-patentes, ils avaient la liberté de commettre les-officiers des maîtrises , chacun dans son ressort. Il fallait des lettres-patentes pour les délivrances d’arbres nécessaires aux constructions. ( Ord. de 1669, tit. XXI, art. 3 .) Pour les délivrances d’arbres à faire aux usufruitiers, douairiers et engagistes pour réparations ou constructions. ( 1 b., tit. XXII, art. 6.) Pour les coupes et ventes de futaies dans les boit, des ecclésiastiques et des communautés. ( Ib., tit. XXIV, art. 5 . ) Aujourd’hui, il faut des ordonnances du roi pour tous les cas où il était nécessaire d’obtenir des lettres-patentes. LEY’ANT. Cette exposition est favorable à la transpiration des plantes, quoiqu’à tin moindre degré que celle du midi; mais elle est dangereuse pour les gelées du printemps, sur-tout quand la glace est fondue dès le matin par le soleil, et que les gelées viennent après quelques ondées de grêle. C’est pour cela que dans les forêts on trouve les jeunes pousses de chêne entièrement gelées du côté du levant, pendant qu’elles conservent leur verdure aux autres expositions. Mais l’exposition du levant présente aussi des avantages, en ce que les arbres y sont rarement endommagés par le vent, par les coups de soleil et par les fortes gelées d’hiver. V. Climat, Exposition. LIBER. Ou nomme liber ou livret, à cause, de son analogie avec les feuillets d’un livre, la membrane la plus intérieure de l’écorce d’un arbre. Selon l’opinion la plus commune , le liber sert à créer, chaque année, une nouvelle couche d’aubier et une couche corticale ; cependant quelques physiologistes doutent que le liber soit employé à la formation de l’aubier. Y. Physiologie végèt., 4 e * section. LICENCES DE PÈCHE. V. ce mot à la Table du Recueil, ou dans le Dictionn. des Pêches. LICHEN, du grec leichën, dont les Latins ont fait lichen. C’est un genre de plantes cryptogames de la famille des algues, dont le caractère, selon Linné, est d’être monoïque, d’avoir pour fleurs mâles des capsules orbiculaires, soit planes, soit concaves, et LIE LIC pour fleurs femelles une poussière saupoudrée sur les feuilles. Ce genre contient plusieurs centaines d’espèces, décrites et figurées par les botanistes, et dont la forme et la substance sont extrêmement variées : les unes présentent des extensions crustacécs, étendues, par-tout également adhérentes aux corps qui les soutiennent, tantôt membraneuses ou coriaces, très- aplaties, comme foliacées et rampantes; les autres offreut des extensions fongueuses, presque fruticu- leuses, redressées, ramifiées, dendroïdes ou Alain en teuses. Les lichens croissent, les uns sur les arbres, les autres sur la. terre, les autres sur les pierres. Les arbres, sur-tout ceux qui sont plantés dans des sols arides, ceux qui sont vieux ou malades, sont quelquefois couverts de lichens; les agriculteurs les regardent comme des plantes parasites, et par conséquent comme nuisibles; niais il paraît que c’est sans fondement, et que les lichens ne vivent point aux dépens des arbres sur lesquels ils se trouvent. Ils se nourrissent principalement par leurs expansions, qui aspirent l’humidité de l’air; et s’ils sont nuisihies , ce ne peut être qu’en retenant plus longtemps l’humidité sur l’écorce des arbres, et en mettant obstacle à la transpiration. Mais en général les lichens ne sont point la cause, ils ne sont que les symptômes d’une maladie dont il faut chercher le principe dans les défauts du sol, l’inconvenance du climat, et la mauvaise qualité du sujet. C’est principalement à la An de l’hiver que la végétation se développe dans le plus grand nombre de lichens, alors ils s’imbibent de la quantité d’eau qui leur est nécessaire. Pendant les chaleurs de l’été, ils sont secs , friables, crispés, sans vie apparente ; mais il ne faut qu’une petite pluie pour leur faire reprendre leur apparence animée. On en a vu qui étaient desséchés depuis plus de 20 ans dans des herbiers , végéter de nouveau lorsqu’on les arrosait à l’air libre. Les lichens croissant sur les pierres les plus dures ont été regardés, par la plupart des géologistes , comme le premier principe de la terre végétale. En effet, lorsqu’on parcourt les montagnes pelées, qu’on observe la marche de la nature , on peut difficilement se refuser à cette idée; car on voit sur les pierres les plus nouvellement séparées de la masse des rochers quelques espèces crustacées, et des espèces coriaces sur les rochers qui sont plus anciennement exposés aux influences de l’air : après les lichens viennent les jungermanes, les mousses, et enfin des végétaux à véritables racines. Les lichens qui croissent sur la terre indiquent toujours un mauvais sol par excès de sécheresse. Il paraît qup les lichens changent de couleur et même de forme, à tous les âges et à toutes les expositions; que ceux qui viennent sur les arbres varient selon l’espèce d’tirbre, de telle sorte qu’il faudrait réduire de beaucoup le nombre des esjièces connues, et que la même espèce aurait été décrite plusieurs fois, selon l’àge quîelle avait ou le lieu qu’elle habitait. Les pays montagneux et humides, les parties septentrionales de l’Europe , sont plus abondans en li- 3ü7 ch eus que les plaines sèches et les pays méridionaux. Les rennes , dans le Nord, se nourrissent principalement des plantes de ce genre. L’homme même les mange dans les temps de disette; mais c’est sur-tout comme propres à la teinture que les lichens sont utiles. Quelques espèces sont aussi employées eu médecine : tel est, entre beaucoup d’autres, le lichen pulmonaire, dont les découpures sont obtuses, qui est lacuneux en dessus et velu en dessous, et que l’on trouvq dans les grands bois, sur les arbres, et principalement sur le chêne et le hêtre- On l’appelle vulgairement la pulmonaire du chérie. Parmi les caractères que Duhamel a donnés pour reconnaître qu’un arbre languit ou qu?il a des défauts intérieurs, il indique la présence d’une grande (juantité de mousse, de lichens, d’agarics, de champignons. Ces derniers sur-tout annoncent la .pourriture ou la détérioration de l’arbre par vétusté. La mousse indique un arbre malade qui tend à se pourrir, et la différente couleur des écorcçs éjant souvent produite par diverses espèces de lichens, on peut en conclure que l’arbre est languissant. Les arbres de haute tige, destinés à être plantés en allées ou en avenues, doivent avoir l’écorce plus ou moins unie, suivant leurs espèces, sans mousse ni lichen, ni chancre ni écorchure. Les lichens sont nuisibles aux arbres abattus, parce qu’ils retiennent l’humidité et qu’ils hâtent la pourriture. LICIET, lycium. Genre de plantes de.la pentp.n- drie monogynie et de la famille des solanées|, qui renferme une vingtaine d’espèces, qui. forment des arbrisseaux, la plupart sarmenteux et épineux, qui ont des feuilles simples, alternes, entières; des fleurs axillaires assez semblables à celles du jasmin, ce qui les a fait aussi nommer jasminoïdes. TJ neespèce de liciet croit naturellement enFrance : c’est le liciet d’Europe, lycium europœum (Lin.), dont les rameaux sont déliés et flexibles , et dont les fleurs, d’un rouge pâle, se succèdent pendant tout l’été. On en fait d’excellentes haies; il s’élève à 6 ou 8 pieds. Les autres espèces ne sontcultivées que dans les jardins. LIÈGE. C’est une espèce de chêne qui ressemble beaucoup au chêne vert, et dont l’écorce, épaisse, tendre et élastique, est employée par les pêcheurs pour soutenir leurs filets à fleur d’eau, et par les fa- bricans de bouchons , etc. V. Chêne . , LIENS. (71 de charp .) Ce.sou^ dos.pièces de bois qui servent à en appuyer d’autre?-, ,qt à le? empêcher de s’écarter, en arc-boutant dessus, et y étant fixées par des tenons et mortaises. , Liens pour fagots ou Gerpes d^^^ssons^ V. IIarts. LIERRE, hedera. Genre de plante? de la peu - tandrie monogynie et de la famille des cbèvrpfeuiUés. Dénomination. — Il se nomeip en çyec^ kistfrs , en latin, hedera ou edera f eiv vâeiyx ; fr^nçqisq/q'er/-e,- en italien, edera ou ellera ; en espagnol, jeara ; en allemand, ephen ; en anglais, rVy; eu flamand, ert-veil, klimmer-boo/n, khm-op. Suivant quelques auteurs, le nom latin du lierre* hedera , dérive du verbe adharrere, adhérer, embrasser* parce que cet arbrisseau embrasse les corps auxquels il s’attache; 59 ’ 5o8 LIE LIE et suivant d’autres il dériverait du verbe errare, errer, parce que ses rameaux sont errans sur les autres arbres. La première étymologie mê'pataît la plus exacte. On dit aussi que le nom spécifique hélix vient du grec elissâ, j’enveloppe. Ainsi, l’un et l’autre expriment la même idée. Histoire. — « Le lierre était bien connu des' anciens. Les naturalistes, les historiens, les poètes, les médecins en font souvent mention. Ils en distinguent de plusieurs sortes, à raison de la grandeur de la plante, de la couleur des feuilles et des fruits; mais ce ne sont que des variétés de la même espèce- Pline, liv. XVI, chap. XXXIV, a confondu avec le lierre un ciste à fleurs roses , dont on tressait des couronnes ; erreur qui a déjà été relevée par quelques auteurs. ( Desj'.) xi Le lierre était consacré à Bacchus, soit à cause de sa verdure perpétuelle, emblème de l’éternelle jeunesse du dieu de la vendange, soit parce qu’on lui attribuait la propriété de suspendre l’ivresse, ou, suivant d’autres, d’en augmenter le délire lorsqu’on en mêlait au vin. Dans les jours de fêles, les statues, lesthyrses, les casques, les boucliers du dieu étaient ornés de lierre, et les Bacchantes en portaient des couronnes. On en couronnait aussi les poètes et quelquefois même les vainqueurs. Pline nous apprend qu’Alexandre, à son retour de l’Inde, portait une couronne de lierre. » ( Ib .) Pline dit aussi que le lierre est ennemi des autres arbres et de toutes les plantes ; qu’il gâte les murs et les sépulcres : Inimica arbori, satisque omnibus : sepulcra, nturos mmpensç que le lierre blanc fait mourir les arbres auxquels il s’attache, et qu’en leur enlevant tout leur suc, il se nourrit si bien qu’il devient arbre lui-même : Arbores autern necat can- dida , omnemque succum aujerendo tanta crassitu- dine augetur, ut ipsa arbor fiat. C’est à quoi Labé- rius fait allusion dans ces beaux vers : Ut edera serpens vires arboreas necat , Ita me vetitstas amplexu annorum enecat ; Sepulcri similis, ml ni si nonien retineo. Saturn., lib. II, c. vu. Horace et Virgile rappellent, par les vers ci-après, que le lierre servait à couronner les poètes : Me doctacfim ederx piasmia frontium , Dis miscerit fuperis . Horat. Pastores , hederâ crescentem ornate poetam. Virg. , Eclog. VII. . Accipe j assis Cnrmina çcepta tuis, utque banc sine tempora circum Iràkr victrices hederam tibi serpere lauros. I ■ Virg. , Eclog. Vin. Le lierre sert encore maintenant, au défaut du laurier, à tresser des couronnes pour orner le front des. écoliers dans les distibutions de prix; on en fait aussi des guirlandes pour les fêtes et réjouissances publiques ; enfin il a encore retenu quelque chose de son ancienne consécration à Bacchus : les marchands de vin en font des couronnes qu’ils suspendent au devant fie leurs boutiques, afin de leur servir d’enseigneq Dans l’ancien français, on écrirait liierre; ce mot se trouve dans plusieurs auteurs, et llonsard a dit, 'égldguè il : J’ai pour maison un antre et un rocher ouvert, Ile lambruplie sauvage et cl’liierre rouvert. « Un lierre représenté attaché à un chêne, après même qu’il est abattu , et ces mots : Hœretque ca- denti, sont la devise d’un homme qui suit, dans l’adversité, un grand auquel il s’est attaché. x> Varron, Caton et Pline attribuaient au lierre une vertu singulière pour jèpdc>u,vèr lie vlri dans lequel on aurait mêlé de l'eau; ils disent qlië si on met de ce* vin dans un vaisseau fait de bols de lierre, fout le vin se répand au dehors, et l’earf resté dans te vaisseau : Si voles setre in yinum aqua addita sit, nec- ne, vasculum Jiicito dè màteria ederacea. Vinum id quodputabis aquam habcrc, èodern rnittito. Si ha- bebit aquam, vinum efjîuet, aqua ntanebit. Isa ni non continet vinupn. vas ederaceurn.'X Ça ton. ) Cette propriété du lierre de' laisser ecliappér le vin à travers ses pores, est regardée par 16 traducteur de Pline comme un conte fait à plaisir : l’expérience a été en effet répétée sans succès. Cependant M. Des- longchamps rapporte qu’une personne digne dè foi lui a assuré que c’était l’eau qui filtrait à travers les pores du bois, et que le vin reslàit dans lé vase; ce qui est plus croyable. Au surplus, l’expérience sera toujours difficile à faire, parcè qu’tm trouve rarement un tronc de lierre assez gros pour en faire tourner une tasse, et c’est cette difficulté qui a empêché M. Deslongchamps de l’exécuter. ESPÈCES. Les botanistes connaissent quatre espèces de lierre, dont une seule est cultivée en France : c’est celle dont nous allons donner la description, puisée en partie dans la nouveLle édition des Arbres et Arbustes, de Duhamel. Description. — Le Lierre commun ou orim- pant , hedera hélix ( Lin. ), est un arbrisseau sar- menteux et toujours vert, de la première grandeur, que l’on trouve presque par-tout, dans les bois, dans les haies, dans les bons terrains et ceux de médiocre qualité, principalement dans les lieux frais, ombragés et exposés au nord. Sa tige est revêtue d’une écorce d’un brun clair, et elle se divise en rameaux de couleur verte : elle peut acquérir, avec les années, jusqu’à un pied de grosseur et 5o pieds d’élévation; elle est rampante ou grimpante , s’appuie ordinairement sur les corps environnans, comme le tronc des vieux arbres, les rochers et les murailles; dans un âge avancé, elle se soutient quelquefois seule. Ses rameaux, très-nombreux, s’étendent fort loin, et s’attachent par des vrilles qui ressemblent à de petites racines et naissent sur le corps même des liges et des rameaux, sur-tout sur le côté qui s’appuie aux objets environnans. Ces vrilles paraissent ne tirer que peu ou point de nourriture des corps auxquels elles s’attachent; car en quelque quantité qu’elles soient, elles ne peuvent point remplacer les racines; et quoiqu’elles aient souvent de B lignes à LIE LIE un pouce de long, ot qu’elles soient implantées assez profondément dans l’écorce des arbres, dans les fentes des vieux murs ou même dans la terre, si l’on vient à séparer les tiges des véritables racines, ces liges ne tardent pas à se dessécher et à mourir. Les feuilles sont alternes, pétiolées, persistantes^ coriaces, lisses, luisantes, très-glabres, d’un vert foncé ou clair, marquées par des nervures blanchâtres, et tachetées à leur surface supérieure par des points de couleur rousse ou noirâtre ; elles sont d’une forme très-variable. Lus fleurs sont petites, d’une couleur verdâtre, réunies en grand nombre, disposées à l’extrémité des rameaux sur plusieurs ombelles, qui ont une forineglqbuleuse, et sont portées sur des pédoncules particuliers, assez écartés les uns des autres : elles se développent en septembre et octobre. Il leur succède des baies rondes, de la grosseur d’un pois, d’abord vertes, puis noirâtres vers le mois d’avril, époque de leur maturité ; elles contiennent un suc vert, peu abondant,et cinq semences anguleuses , quelquefois trois seulement, les deux autres avortant. Ces semences mises en terre y restent un an et plus avant do lever. On distingue plusieurs variétés de lierre, dont deux panachées et une à baies jaunes. Le bois du lierre est blanchâtre , marqué dans le cœur de veines brunes ou vertes sur un fond gris, léger, poreux, quoique ses libres soient serrées et qu'il ait assez de dureté. Il pèse à raison de 3 o livres 9 onces 5 gros par pied cube. Vareunes de Feuille dit que ce bois ne serait pas à dédaigner, si l’on pouvait s’en procurer d’un assez gros volume pour l’employer; mais il est rare d’en trouver de gros morceaux : on cite une dalle de lierre de 7 pouces de diamètre comme une chose peu ordinaire; elle venait d’une montagne du canton de Lucerne, en Suisse. Les tourneurs emploient quelquefois le bois des gros troncs à faire des vases, des tasses, des tabatières. 11 parait qu’il ne peut tenir lieu du liège , comme quelques personnes l’avaient pensé. Les cordonniers s’en servent pour aiguiser et adoucir leurs trancliets, et l’on en fuit des filtres pour les fontaines de cuisine. En Bretagne, où le lierre est très-commun, on en donne les feuilles aux chèvres, aux moutons et aux vaches, qui les mangent avec avidité. On se sert du bois des racines pour recevoir l’émeri imbibé d’huile avec lequel on polit les métaux. Dans les pays chauds, on retire par incision, des troncs des gros lierres, une résine en larmes appelée improprement gomme de lierre. Cette substance est d’un rouge brunâtre, demi - transparente , d’un goût âcre et aromatique, inodore lorsqu’on la touche , mais répandant, quand on la brûle ou qu’on l’approche du feu-, une odeur agréable, qui a des rapports avec celle de l’encens oliban. La plus grande partie de celle qui est dans le commerce nous vient d’Orient. On l’emploie, dans la peinture, pour la fabrique des vernis; elle entre dans quelques on- guens; elle est épilatoire : on la dit aussi résolutive et astringente; mais en général elle est de très-peu d’usage en médecine. On se sert beaucoup de feuilles de lierre pour ap- 5ot) pliquer 6ur les cautères et vésicatoires , afin de les tenir irais ;-car employées entières, elles n’ont pas d’autre vertu. En décoction, elles peuvent être utiles pour déterger les vieux ulcères et pour fuire mourir la vermine. Les fruits passent pour être purgatifs, même émétiques, et pour agir avec violence si on en prend une grande quantité. Les médecins ne sont pas dans l’usage de les prescrire. Quelques espèces d’oiseaux en font leur nourriture. Le lierre se multiplie de graines, de drageons et de marcottes. La facilité qu’on a de se procurer du plant en arrachant de jeunes pieds et des drageons dans les haies ou dans les bois, fait que les jardiniers n’en élèvent guère, si ce n’est pour greffer les variétés à feuilles panachées de jaune et de blanc, et celles à fruits jaunes. Cet arbrisseau est d’un effet très-pittoresque dans les jardins paysagers; il est propre , par sa verdure perpétuelle, à tapisser les rochers, les grottes, à couvrir les vieilles murailles, dont il cache la vétusté. 11 est aussi très-bien plaoé au pied de quelques vieux troncs d’arbres, sur lesquels il fait de très-beaux effets naturels. Quand le lierre est vieux et qu’on a eu soin de le tailler et de supprimer une partie de ses rameaux, il se soutient souvent sans appui et forme un petit arbre. On peut même élever des lierres en buisson, en soutenant d’abor.l leur tige, et en tondant leurs branches au ciseau. Le lierre passe pour épuiser les arbres auxquels il s’attache, mais c’est une erreur : ses vrilles ne tirent aucune nourriture de l’arbre sur lequel elles se fixent; mais comme il entoure les arbres de ses rameaux, et que ceux-ci, en se joignant les uns aux autres en divers sens, se greffent souvent par approche , et s’anastomosent en quelque façon de manière à former une sorte de réseau dans lequel les arbres se trouvent resserrés , étranglés et comme étouffés, ils périssent par suite de cet étranglement, qui les empêche de grossir. LIEU DU DÉLIT. La compétence des officiers des eaux et forêts se réglait par le lieu du délit. Aujourd’hui ,en matière criminelle et correctionnelle, il y a concurrence entre le juge du lieu du délit, celui du domicile et celui de la capture du prévenu. V. Compétence. LIEUTENANS DE LOUVETER 1 E. Voyez, à la Table du Recueil, ou dans le Diction, des Chasses, le mot Louveterie. LIEUTENANS DES MAITRISES. Ces officiers s’appelaient, dans le principe de leur institution, lieuteuans des maîtres , parce qu’ils étaient; choisis et institués par ces derniers ; mais Henri ll.,\par édit donné au mois de février 1 554 1 les ayant établis en titre d’office, pour être à sa nomination et disposition , ils ne dépendirent plus des maîtres,1 et ils furent qualifiés lieutenant des maîtrises , ainsi que le portent l’ordonnance de 1669 et les arrêts du conseil des 17avril 1678, 18août 1734013 juin 1737. Les fonctions qu’ils avaient à remplir, et qui consistaient principalement à remplacer les maîtres particuliers, soit pour les opérations en forêt, soit pour le jugement des affaires, se trouvent détaillées dans le titre V de l’ordonnance de; 166g, qui les Concerne 5io LIM L1M spécialement, et dans le titre IV de la mêute-otdoti- nance cini détermîrie les fonctions dei tnaîtres. Chailland, d'ans son Dictionnaire des forêts , observe que de fréquentes contestations se kont élevées entre les maîtres et les lieutenans 'au aû-jet de leurs attributions. Ces querelles ont donné tien à plusieurs réglemens, qui sont rapportés au mot Lieutenans , dans l’ouvrage cité, mais qui aujourd’hui sont devenus sans intérêt. ' LIÈVRE. V. ce mot dans le Diction, des Chasses , ou lè mot Gibier h la Table du Recueil , t. IL LIGNES DE PÈCHE. V. Lignes, à la Table du Rëcueil, t. TI , ou dans le Diction, des Pêches. Lignes sérakatives des Coupes. V. Laies. LIGNEUX, du latin lignum , bois. On appelle plantes ligneuses celles qui ont du bois sous leur écorce. Les arbres, les arbrisseaux et les arbustes sont des plantes ligneuses; mais on réserve ordinairement Ce rrom pour les tiges des plantes qui sont moins solides que celles des arbustes, et plus dures que celles de la plus grande partie des autres. On nomme aussi fibres ligneuses celles qui sont dures. La substance de plusieurs plantes annuelles est traversée par des fibres ligneuses. Le bois est formé par l’agrégation d’un nombre de fibres ligneuses. V. Physiologie végétale. LIMBE, limbus. {T. de bot.) Le. limbe d’un calice ou d’une cotolle, etc'., est toute la partie laminée qui se prolonge Ou s’étale au-delà des plus profondes incisions ou de l’orifice du tube. LIMITES, du latin Urnes, fait de limus : traverse , bornes , extrémités d’une terre , d’un héritage, d’un territoire, d’une province. Limites des forêts. La reconnaissance et fixation des limites des forêts ont été' l’objet d’un grand nombre de réglemens et d’instructions. L’ordonnance de François 1 er . , du mois d’août i 5/,5 , et celle de Henri IV , du mois de mai 1 5 97, prescrivirent de faire arpenter et délimiter toutes les forêts et d’en lever le plan. L’ordonnance de 1669, tit. XXIV, art. i cr . et tit. XXV , art. 2, avait prescrit la même chose pour les bois des communes et des établissemens publics. La même ordonnance impose aux gardes, aux arpenteurs, aux officiers forestiers l’obligation de veiller A la conservation des Bornes. V. ce mot. II fut procédé à l’abornement et au levé du plan de plusieurs forêts; mais on 11e s’est point occupé de cellfes qui ptrâissent peu importantes, à raison de léiir situation et dé leurs produits. D’un autre côté, le ’tenrjfs ,'‘la mauvaise foi des riverains et la négli- gêiibtf de*s A%ciens tifficiers'forestiers, relativement .< lé coniérvarrion des bornes qui avaient été plantée, biil amené dAt ‘désordre dans la délimitation de plusieurs forêtU. de sorte qu’il existe, d’une part, dél 'forêts‘fjuï n’ortt jamais été délimitées, et do l’atitrè des l, forèts dont les limites véritables ont di'sjiaéii en tout ou en’partie. L’Administration des forêts a fait Ses efforts pour réptrrferilà négligence et les excès du passé et faire réntrêé lteif forêts He l’état et Celles des communes et 1 dé^ éfoblifeéfetdèus publiés dans leurs anciennes Hmifèlf Ellc tt d’àtjoré u tairi l'occasion du levé du cadastre, et ensuite obtenu du gouvernement des moyens d’opérer successivement la délimitation de ces forêts. Voici les instructions données sur cet important objet t r°. Une circulaire du ministre des finances, du 4 ventôse an 12 (24 février i 8 o 4 )* 2°. Une instruction de l’Administration, du 24 messidor an 12.(a 3 juillet i 8 o 4 )ySurla manière de procéder à la reconnaissance des limites et à l’abornement des forêts domaniales, au moment du levé des plans du territoire des t commun es, pour l’opération du cadastre. V. au Jidci/eil, 1 . 1 , p.'ôbü. 3 °. Un supplémenta Pinstruetion ci-dessus énoncée, du i 5 thermidor an il 3 ^3 août i 8 o 5 ), qui contient quatre dépêches du ministre des finances : la première , en date du v&fructidornn 1^, portant que les calques et procès-verbiuix de bornage seront remis aux agens forestiers focaux par les géomètres du cadastre, et qu’aucunes poursuites pour dégâts commis dans les bois ne peuvent être exercées contre eux sans une autorisation spéciale du ministre; la deuxième, du 8 frimaire an i 3 , contenant des observations sur l’abornement et l’arpentage, la rédaction et remise des calques, lepaieiuent d’une prime de 10 centimes par arpent métrique accordée aux géomètres du cadastre pour l’arpentage des forêts domaniales; la troisième, du 6 germinal an i 3 , portant qu’il est accordé, outre la prime de t ocentimes par arpent métrique, 2 lianes par procès-verbal de délimitation pour des parties de bois non contiguës et de moins de 5 o arpens ; la quatrième, aussi du 6 germinal an i 3 , portant que les avantages accordés aux géomètres du cadastre pour les bois domaniaux, leur seront accordés pour les bois communaux. Y. ces dépêches au Recueil, t. II,p 26. 4 °- Une décision du ministre des finances, du 19 septembre 1811, contenant une instruction generale sur la reconnaissance et fixation des limites des forêts domaniales et communales, et de celles qui appartiennent à des établissemens publics. 5 °. Une circulaire, du 24 octobre 1811, sur le mode d’exécution de la décision du ministre, du 19 septembre de la même année. V . cette circulaire et la décision ministérielle,au Recueil, t. ll,p.^ip). 6°. Une autre circulaire du 26 décembre de la mèmeannée, contenantdenouveiles explications6ur la décision du ministredes finances, du 19 septembre, etnotamnrentsur l’obligation imposée aux riverains de contribuer à la dépense , et La marche à siiivre dans la délimitation, et les forêts pour lesquelles on doit l’exécuter en premier lieu. Recueil , t. II, P • 4 6a - 7 0 . Une autre circulaire, du 27 juillet i 8 s 3 , portant que les bois à délimiter doivent être indiqués par les conservateurs ; que les agens forestiers doivent faire connaître dans leurs proeès-verbaux de reconnaissance de l’état actuel des limites des forêts, les bornes, fossés et chemina, ainsique les anticipations , et appeler les maires des communes rive- laines pour les portions de forêts non déjà délimitées par des bornes ou fossés. V . au Recueil , t. II, P- 5 7 ?-. LIM 8°. Une décision du ministre des finances , du 3 octobre 1821, insérée dans une circulaire , du *81 du même mois, portant que les propriétaires de terrains joignant les forêts communales ne sont point tenus de supporter l’ouverture des fossés destinés à délimiter ces forêts. Au Recueil, t■ II , [>. 960. V. Fossés. 9 0 . Une décision.’ du ministre des finances, du 12 décembre l8bi , portant que les arrêtés de MM. les préfetspqui ordonnent la ruconnaissance et la fixation;-des limites des forêts royales et com- inunules ; doivent être soumis à l’approbation de Son'.'L'xcèllence. Au Recueil, t.Jl , p. q 65 . Une décision, du 7 lévrier 1823, insérée dans une circulaire, du >4 du même mois, et portant pour pouvoir iaire des limons. On ne devrait, dit Duhamel, couper les taillis que quami ils commencent à limonerj mais ce serait souvent en retarder la coupe trop long-temçs. Les bois commencent à limoner dans les bons fonds à 4o et 5 o ans ; c’est-à-dire qu’ayant 3 o à 35 pouces (80 à 94 centim.) de circonférence, on peut jles vendre en grume aux charrons pour faire des limons de grosses voitures lorsqu’ils sont assez droits dans une longueur de 18 à 20 pieds (6 à 7 nièt.; LIN. Y. Rouissage, à la Table du Recueil des réglemens forestiers , ou dans le Diction, des Pêches. LIQUIDAMBAR, liquidambar. Genre de plantes de la inonoécie polyandrie et de la famille des amen- tacées, qui renferme deux espèces d’arbres que l’on peut cultiver en pleine terre dans le cEmat de Paris; savoir, le liquidambar d’Amérique et liquidambar d’Orient. Le Liquidambar d’Amérique , liquidambar styraciflua , est un arbre qui exige un terrain de bonne qualité et frais. Il présente, dans son pays natal et lorsqu’il est serré parmi d’autres arbros, une tige parfaitement droite et d’une grosseur uniforme, jusqu’à une grande élévation, et il ne commence à se partager en plusieurs branches qu’à la hauteur de 1 o à 1 3 mètres. Alors il a communément de 6 à 9 décimètres de diamètre. Dans les terrains graveleux et secs, qui sont peu favorables à sa végétation, il n’excède pas 5 , 7 et 10 mètres d’élévation. Le liquidambar d’Amérique est orné d’un beau feuillage, qui devient d’un rouge terne, à l’automne, à l’époque des premières gelées, et qui tombe bientôt après. Ce feuillage se renouvelle, au printemps, sur des pousses lisses et d’un vert jaunâtre. Les feuilles ont de 9 à 18 centim. de grandeur suivant; la vigueur des arbres; elles sont alternes, pétiolées, et ont quelque ressemblance avec celles de l’érable- plane. Ces feuilles, froissées dansles mains,exilaient une odeur agréable. Les fleurs mâles et les fleurs femelles sont sur le même arbre, mais sur des branches différentes; les premières sont des chatons de forme ovale et longues de 4 centim. ; les fleurs femçlles sont ,trùs-pe»* apparentes ; les fruits qui leur succèdent, forment des boules sphériques, d’abord vertes, et qui finissent par devenir un peu jaunâtres ; elles se composent d’un grand nombre de capsules intimement unies les unes aux autres, et qui s’ou\rent pour laisser échapper de petites graines noirâtres, oblongues , déprimées et surmontées d’une aile. L’écorce des gros liquidambars est profondément crevassée et assez semblable à celle de plusieurs espèces de chênes. L’épaisseur de l’aubier varie beaucoup ; le cœur du bois est rougeâtre, et lorsqu’il est é)12 LIS LIS débité en planches, on remarque de loin en loin quelques zones noirâtres qui le traversent. Ce bois, qui a le grain très-serré et d’une grande finesse, est susceptible d’un beau poli. On s’en sert pour la construction intérieure des maisons et sur-tout pour en faire les solives des étages supérieurs. On le débite en planches, qui servent à doubler l’intérieur des meubles d’acajou , lisage auquel il convient très- bien , à cause de la finesse de son grain et de sa cotr- leur rougeâtre. Ce bois a néanmoins le défaut de pourrir promptement lorsqu’il n’est pas abrité des injures de l’air, et il est peu estimé comme bois de chauffage. Lorsqu’en été on entame la partie vive de l’écorce, et même un peu l’aubier, il en suinte une substance résineuse dont l’odeur est très-agréable ; on la rainasse , dans l’Amérique méridionale , pour l’usage de la médecine ; mais en Caroline , l’arbre n’en fournit qu’une très-petite quantité , et on se contente de faire bouillir ses jeunes rameaux dans de grandes chaudières pleines d’eau, et de prendre la liqueur huileuse qui surnage. Depuis bien des années, on possède en Europe lé Iiquidambar styraciflua en pleine terre; mais il n’y donne pas encore de graines et on est réduit à le multiplier de marcottes, ce qui fait qu’il n’est pas encore très-commun. Cependant, cet arbre mérite d’être multiplié dans les parcs, où la teinte agréable de son feuillage et la forme singulière de ses feuilles produisent un bon effet. Le Liquidambar. d’Ouient , Iiquidambar orientales ou imberbe, a les feuilles moins grandes que celles du Iiquidambar d’Amérique ; elles sont plus courtes et plus sinuées, d’un vert glacé, et les fruits sont plus petits et moins hérissés de pointes. On croit que c’est lui qui fournit le styrax, appelé, dans le commerce, storax calamite. On le cultive dans quelques jardins , où on le multiplie de marcottes. Les gelées l’affectent moins que le précédent. LISERONS. La coupe et l’enlèvement de genièvres et liserons dans un bois soumis à la surveillance de l’Administration forestière, constituent un délit prévu par l’art. 12 du tit. XXXII de l’ordonnance de 166g. ( Arr . de la C. de'çass., du 14 août 1812.) LISIERE. On entend par lisière la limite, les extrémités d’un pays, d’une province, d’un champ, d’un bois. En terme forestier, on appelle aussi lisière les arbres mêmes qui se trouvent sur l’extrémité d’un bois, dUitt canton do bois, ou même d’une coupe; et; dans ce'dernier cas, la lisière ou bordure se compose^!*» arbres qu’on Laisse entre 2 pieds cor- mers pour servir de parois et de limite à la coupe. L’ordonnantede 166g, tit. XI, art. 5 et y, charge leff arpénteb»ss)de visiter les arbres de lisières et d’en te*if registre', et les art; 6,9 et 11 du tit. XV veulent que ùék arbres, lorsqu’ils doivent servir de limites»'tUx&Vdiïfe^', soient marqués du marteau de l’arpenteur et du marteau royal. La crainte que l’on a de manquer de gros bois doit engagé;'à-laisser des lisières sur les chemins et les routes pratiqués dans les bois. Ces lisières fournissent des courbes et des bois très-durs pour le service de la marine, et des graines en abondance pour les repeuplemens ; mais pour qu’elles ne fassent point de tort aux taillis, il faut éviter d’en laisser un trop grand nombre et choisir seulement les brins qui peuvent former des arbres. Pannelier d’Annel, dans son petit Traité de l’aménagement des bois, proscrit cette méthode, parce que les arbres de lisière lui paraissent nuisibles aux taillis; mais ils le sont moins que les futaies de l’intérieur des taillis, puisqu’ils s’étendent beaucoup sur les chemins et les routes. V. au mot Aménagement , où nous avons traité cette question. Il s’élève souvent des contestations sur la propriété des arbres de lisière qui séparent débit forêts, lorsque les limites ne sont point fixées par dés 1 bôrbes ou des fossés. La règle, dans ce cas, est qu’une lisière simple est mitoyenne, à moins qu’il n’y ait titre contraire. On doit, cependant, lorsqu’il y a confes- tation, faire attention àl’empreinte du marteau : si, dans les forêts de l’état, les arbres sont marqués du marteau royal et du marteau de l’arpenteur, conformément à L’art, g du tit. XV de l’ordonnance'de 1669, et s’il n’y a aucune marque du propriétaire voisin, nul doute qu’ils n’appartiennent au domaine ; si, à l’égard de deux bois de particuliers , les arbres ne sont marqués que de l’empreinte du marteau d’un seul, ces arbres appartiennent 11 celui dont ils portent la marque; mais si les empreintes sont différentes , la lisiènf est certainement mitoyenne. V. Arbres mitoyens, t. I,p. a 5 g. A l’égard des lisières doubles, elles donnent lieu moins souvent à des contestations, parce qu’elles occupent plus d’espace sur le terrain du véritable propriétaire, et que dès-lors il a plus de moyens de repousser des prétentions injustes : nous conseillerons donc de préférer les bordures doubles aux lisières simples. LISSES. ( T. de mar . ) Pièces de bois pliantes , placées de distance en distance dans l’élévation extérieure d’un bâtiment, et qui servent à contenir sa carcasse pendant sa construction, en attendant que les préceintes soient posées,-et que le vaisseau soit bordé en dehors. Dans l’architecture navale, lisse est le terme générique qui désigne les sections qu’on imagine être faites dans le corps d’un vaisseau suivant des plans diversement inclinés à l'horizon, soit à l’avant, soit à l’arrière , et qui d’ailleurs sont perpendiculaires au plan du maitre-couple. Ees principales lisses d’un navire sont : La lisse du fond, la première qu’on met en place, ainsi que son nom le désigne; elle marque des deux côtés du vaisseau l’étendue ou la largeur de ses fonds. La lisse du fort est placée à la plus grande capacité ou largeur du vaisseau, et c’est aussi celte position qui lui donne son nom. La lisse de vibord est établie au niveau des extrémités des allonges de revers qui terminent la partie de l’œuvre-morte du vaissëau , comprise entre les gaillards. Les lisses de couronnement de la tangue et de la dunette suivent, toutes, le contour de ’a lisse de ribord. LIT Les lisses d’accastillage sont sculptées et peintes : ellçs servent d’ornement aux vaisseaux. La lisse qu barre de hourdi ost celle des barres de l’arcasse ; elle a les plus grandes' dimensions ; elle est placée à la hauteur de l’extrémité supérieure des étains. C’est sur elle qu’-aboutissent les-, extrémités de plusieursibordages qui recouvrent l’arrière d’un vaisseau ou la partie infiérieure de son arcasse. La lisse d'appui est celle qui sert de garde-fou le long des passavants et des deux côtés de la dunette , où elle se termine aux ornemens du couronnement- V. les Planches des Bais de marine. LlfhSOIR S„ \ . Charronnage. LISTE CIVILE. On appelle ainsi la somme qui est attribuée au monarque, et les domaines dont il a la jouissance pour la dépense de sa maison. La liste civile de Louis XVI avait été réglée d’abord par un décret da l’Assemblée constituante, du 9 juin 1790 , et ce décret a été expliqué par la loi du 26 mai 1791. La liste civile fut supprimée par un décret de l’As- seiptyée législative en, 179a} mai* elle a été rétablie par l’article 1S du sépatus - consulte du 26 floréal au ta : « La liste ( y est-il dit) reste réglée ainsi qu’elle l’a été par les articles 1 et 4 du décret du 26 mai » 79 1.. .>) L’art. >5 de la loi du i 5 mars 1791 et le séna- tus-consulte du 3 o janvier 1810, déterminent la forme dans laquelle .doivent être intentées et soutenues eu justice, les actions relatives aux domaines dépendant de la liste civile. Ln décret, du 11 juin 1806, attribuait au conseil d’état la connaissance de toutes les actions mobilières qui intéressaient la liste civile; celui du 12 juillet 1807 réglait le mode d’instruction des affaires portées au conseil d’état. L’art. 23 de la Charte porte que la liste civile est fixée , pour toute la durée du règne, par la première législature assemblée depuis l'avénement du roi. La 1 oi du 8 novembre 1814 a déterminé les biens qui composent laxiste civile de Sa Majesté, et le mode de jouissance. V. cette loi au Recueil. Les amendes prononcées pour délits commis dans les boU de la liste civile doivent continuer d’être perçues pour le compte du trésor, par les préposés de l’enregistrement. ( Lettre du direct, gén. de la maison du roi à la direction des domaines, du 6 juillet 1818.)' La liste civile du roi n’est pointchargée desdettes de l’ancienne liste civile. V. au Recueil, t. II, P• 7 ® 4 1 Hive ordonnance du roi, du 24 décembre 182.4. Ce principe a été décidé aussi par des arrêts de la cour royale de Paris , dans l’affaire Desgraviers, et dans celle de Pafinelicr d’Anel. V. Domaine de la couronne .■ ... LITIGE. Contestation en justice. On dit : Ce drQit, çetta,terre est en litige. LITIGIEUX» Qui est on qui peut être en litige et contesté eu justice. On dit : Droit litigieux, affaire litigieuse. LITRE, du grec htra. Ancienne mesure grecque pour les liquides. C’est mie nouvelle mesure de capacité, destinée a mesurer les liqueurs, les srains Tome II. L 0 G O'iû qni se vendent en détail. Le litre vaut un décimètre cube, oh, ù'»rès-peu pirès, 3 pouces 8 lignes 4 points eihtoussehs^ il ymnjdace lêlitronetla'phrte, et contient environ auMut que la pinte et le litron de Paris. On petit varier la-forme du litre, pourvu que la contenance soit toujours la même. LITRON. Ancienne mesure contenant la seizième partie du boisseau de Paris ou 36 pouces cubes. LIURE. Câble d’une charrette, qui sert à lier les fardeaux dont on la charge;’ pièces de bois courbes par un bout, pour lever les bords d’un bateau 1 . LIVRE DR CORRESPONDANCE , LIVRE- JOURNAL , LIVRE D’ORDRE. V. Registres LIVRET , liber. ( T. de Bot. ) C’est aux couches les plus intérieures de l’écorce qu’on donne ce nom , parce qu’elles ressemblent en quelque sorte aux feuillets d’un livre; elles touchent immédiatement à l’aubier, et, tous les ans , il s’en détache une ou plusieurs lames, qui, s’unissant à lui, en augmentent d’autant le volume, et concourent ainsi à la formation du bois. V., au surplus, liber , et l’article Physiologie végét. * Livret des gardes. V. Registre. LIXIVIATION. Opération chimique qui consiste à laver les cendres pour en tirer les sels alcalins. V. Potasse. L 1 XIV 1 EL. Se dit des sels tirés par la lixiviation ou le lavage des cendres. V. Potasse. LOBE , du grec lobos, qui signifie le bout de l’oreille. C’est par analogie et à caase de leur ressemblance avec le bout de l’oreille, que l’on a donné le nom de lobes à certaines parties du corps, comme les lobes du cerveau , du poumon, du foie. Loues, en terme de botanique, sont les cotylédons ou corps charnus qui accompagnent l’embryon. On les distingue très-facilement dans le haricot. Ces lobes deviennent les feuilles séminales de la plante, dès que la plantule est assez forte pour pomper les sucs de la terre. On appelle aussi lobes les divisions des feuilles qui sont formées par des sinus profonds ou des incisions obtuses. LOBÉ, lobatus. ( T. de bot. ) Divisé en plusieurs lobes par des sinus profonds ou des incisions obtuses. ' LOCATAIRE. Une ordonnance du grand-maitre (les eaux et forêts, au département de Paris, portant réglement pour les pâturages,, fait défense aux locataires des maisons usagères d’envoyer leurs bestiaux dans les forêts, attendu que ce droit 11’appar- tient qu’aux seuls propriétaires desdites maisons. V. au Recueil, 1. 1 , p. 218, art , »3 de celle-ordonnance. it . ", r LOGES. Les loges et ateliers dans les coupes sont désignés par les agens forestiers î Cah- des ch., art. 46.); et les marchands n’en peuvent, établir que dans leurs ventes, sous peine de ico-.fr. d'amende, et de confiscation^ Ord.de i66(),tit. XX.VII,art- 29.) Loges de sabotiers. Ces loges etiles autres éta- blissemens temporaires placés dans l’intérieur des forêts, peuvent être visités par les gardes sans l’assistance d’un officier pufeliG. •( Çircul. du i er . juin 1809. ),V. Constructions i , . LOGEMENT. Les agens ne^peuwent loger chez 4o 34 LOI leurs inférieurs, ni chez aucun individu exploitant des coupes. ( Instr . du 27 février 1818. — Ib. du a8 mars 1821, art. i 3 . ) Logement des gardes. Y. Maisons forestières. LOI, lex , formé de licere , permettre. On disait autrefois II loist, pour dire il est permis, comme on dit encore, il est loisible. Ce mot loist remplace le licet des Latins. La loi est un acte de la volonté souveraine, qui, ou commande certaines choses , ou les permet sons des conditions déterminées, ou les défend soit d’une manière absolue, soit avec des réserves. Les ouvrages qui traitent de la législation, et notamment le Répertoire de jurisprudence , présentent la discussion de plusieurs questions relatives aux lois , à l’autorité qui est investie du pouvoir de faire des lois, à leurs différences avec les décrets et ordonnances, à leur promulgation, à leur interprétation , à leur abrogation , etc. Ce serait sortir du cercle dans lequel doit se renfermer notre travail, que de nous occuper de ces grandes questions de législation. Nous nous borne rons à exposer quelques principes dont la connais sance peut être nécessaire à ceux à qui notre ouvrage est destiné. § 1. —> A qui appartient le pouvoir de faire des lois , et comment s’exerce ce pouvoir? La puissance législative s’exerce collectivement par le Roi, la Chambre des pairs et la Chambre des députés des départemens. ( Charte constitution ., art. i 5 . ) Le lloi propose la loi. (Ib.) art. 16. ) La proposition delà loi est portée, au gré du Roi, à la Chambre des pairs ou à celle des députés, excepté la loi de l’impêt, qui doit être adressée d'abord à 1 ^ Chambre des députés. (Ib., art. 17. ) Toute loi doit être discutée et votée librement par la majorité de chacune des deux Chambres. {Ib. , art. 18.) Les Chambres ont la faculté de supplier le Roi de proposer une loi sur quelque objet que ce soit, et d’indiquer ce qui lui parait convenable que la loi contienne. (Ib., art. 19.) Cette demande peut être faite par chacune des deux Chambres, mais après avoir été discutée en comité secret : elle n’est -envoyée à l’autre Chambre par celle qui l’a proposée, qu’après un délai de dix jours. {Ib., art. 20.) Si la proposition est adoptée par l’autre Chambre, elle est misé sous les yeux du Roi 5 si elle est rejetée, elle ne peut être représentée dans la même session {Ib., tirt. èi.) La Chambre'des pairs est une portion essentielle de ht puissance législative. {Ib., art. 24.) Aucun amendement ne peut être fait à une loi, s’il; n’a été proposé ou consenti par le Roi, et s’il n’a été 1 rerivoysé et disèuté dans les bureaux. {Ib., art. 46. ) 5.a. — Différence^ entre les lois et les ordonnances. Les lois diffèrent des ordonnances i°. en ce que les premières 6bnt faites par les trois branches de la puissance législative : le Roi, qui en a la proposition LOI et les deux Chambres, qui les discutent et les votent} en ce que les lois se bornent à poser des principes, et que les ordonnances, ou appliquent, ou développent les conséquences, et déterminent le mode d’exécution. Mais les lois, les décrets et les ordonnances ont cela de commun, qu’il n’est pas plus permis aux. magistrats , aux fonctionnaires publics, aux citoyens, de s’écarter des uns que des autres. C’est ainsi que l’a jugé la cour de cassation, par un arrêt du i er . floréal an ro (21 avril 1802), rapporté au mot Divorce, sect. 4, § i o du Répertoire de jurisprudence, et par un arrêt du 12 décembre 1823. V. Décret. ' Voici unavis du conseil d’état, dit i 0 *. août 1807, approuvé le 18 du même mois, qni contient des explications sur la distinction des matières du domaine de la loi , d’avec celles qni doivent être réglées par des décrets, aujourd’hui par des ordonnances. « Le conseil d’état, après avoir entendu la section de législation sur la question de savoir si le concours de l’autorité législative est nécessaire lorsqu’il s’agit de l’exécution de l’art. 5^5 du Code civil, portant que nul ne peut être contraint de céder sa propriété, si ce n’est pour cause d’utilité publique et moyennant une juste et préalable indemnité : » Est d’avis que, dans ce cas, le concours de l’autorité législative n’est pas nécessaire, et que la nature même des choses s’oppose i\ ce qu’elle puisse intervenir avec la sûreté et la dignité qui lui conviennent. La loi n’est autre chose qu’une règle commune aux citoyens; elle établit des principes généraux, sur lesquels reposent leurs droits politiques et civils. Le point de savoir si la règle a été violée dans l’application aux droits d’un particulier est une simple question de fait : il s’agit alors d’exécuter la règle et non d’en créer une nouvelle. La société a intérêt à ce que le principe ne soit changé que par la même autorité qui l’a établi : l’intérêt social n’est point blessé par l’erreur, ni même par l’injustice, dans la décision du fait particulier; c’est un préjudice individuel. Les lois les plus sages et les plus claires n’einpêcheront jamais qu’il n’y ait des erreurs ou des injustices dans leur application. On a toujours regardé comme une garantie politique, que la même autorité qui fait la loi ne soit pas chargée de l’exécuter. Il est d’ailleurs impossible que la loi intervienne alors avec sûreté et avec dignité : avec sûreté, parce que la question de fait dépend le plus souvent de circonstances locales, et que le Corps législatif n’est point organisé pour éclaircir et pour juger des questions de fait. La digpjté de ce corps en est blessée, parce qu’on transforme" les législateurs en simples juges , et le plus souvent encore l’objet du jugement est du plus médiocre intérêt. Si on remonte aux diverses constitutions qui ont régi la France, auèune d’elles n’a exigé l’intervention de la loi : si on s’en rapporte à l’usage, jamais on n’a soumis au Corps législatif les- expropriations ayant pour cause la voirie et les alignemens; et on trouve à peine quelques exemples pour des expropriations déterminées par d’autres causes d’utilité publique. Le droit de propriété doit être regardé comme pleinement garanti par le principe général que la loi a LOU LOI établi, que la loi seule pourrait changer, et par la régularité des formes, soit pour constater que l’utilité publique est réelle, soit pour fixer la valeur de l’objet consacré à cette utilité. § 3 . — De la promulgation des lois et de l’époque a laquelle elles deviennent obligatoires. Le Roi seul sanctionne et promulgue les lois. ( Charte constitution., art. 22. ) 11 résulte de cet article de la Charte qu’une loi n’est telle et ne peut être exécutée que lorsqu’elle est sanctionnée et promulguée par le Roi. Les lois sont exécutoires dans tout le territoire français, en vertu de la promulgation qui en est faite par le Roi. ( Code civ., art. 1.) Elles seront exécutées dans chaque partie de la France du moment où la promulgation en pourra être connue. {Ib.) La promulgation faite par le Roi sera réputée connue dans le département .où siégera le gouvernement un jour après celui de la promulgation, et dans chacun des autres départemens après l’expiration du même délai, augmenté d’autant de jours qu’il y aura de fois dix myriamètres ( environ 20 lieues) entre la ville où la promulgation en aura été faite et le chef-lieu du département, (, 1 b.) V. V An. du gouvern. , du a 5 thermidor an \ \ , qui contient le tableau des distances de Paris aux chefs-lieux de départemens. $ 4 - —■ Dispositions générales du Code civil, concernant les lois. La loi ne dispose que pour l’avenir; elle n’a point d’effet rétroactif. ( Code civ., art. 2.) Les lois de police et de sûreté obligent tous ceux qui habitent le territoire. Les immeubles, même ceux possédés par des étrangers, sont régis par la loi française. V. Etrangers. Les lois concernant l’état et la capacité des personnes régissent les Français même résidant en pays étrangers. (Ib., art. 0.) Le juge qui refusera de juger, sous prétexte du silence, île l’obscurité ou de l’insuffisance de la loi, pourra être poursuivi comme coupable de déni de justice. (Ib., art. 4.) 11 est défendu aux juges de prononcer, par voie de disposition générale et réglementaire, sur les causes qui leur sont soumises. (Ib., art. 5 . ) On ne peut déroger par des conventions particulières aux lois qui intéressent l’ordre public et les bonnes moeurs. (Ib. , art. 6.) § 5 . — De l’abrogation de la loi. Toute loi nouvelle abroge nécessairement, lors même qu’elle ne l’exprime pas, les lois précédentes dont elle contrarie les dispositions 5 niais elle ne les abroge que dans celles de leurs dispositions qui ne peuvent pas s’accoirder avec les siennes. «Ainsi, observe, il. JVlerlin dans le Répertoire de jurisprudence, une loi qui déroge à un point de droit commun ne peut pas être étendue hors de ses termes précis. L’extension n’en est pas même permise, sous le prétexte que les raisons qui l’ont déterminée , s’appliquent à fortiori au cas sur lequel 3 l 5 elle a gardé le silence. L’argument à fortiori est sans doute concluant pour l’interprétation des lois qui sont calquées sur le droit commun; mais il ne l’est point du tout, il est même insignifiant pour l’application d’une loi dérogatoire au droit commun , à des cas qu’elle n’a pas exprimés formellement. Encore une fois toute dérogation au droit commun doit être rigoureusement limitée aux objets marqués par le législateur, et l’étendre à d’autres objets, c’est entreprendre sur les attributions du législateur lui- même, c’est usurper sa puissance. » Les lois spéciales sont-elles abrogées de plein droit par les lois générales postérieures? Mon. V. le mot Abrogation , où cette question est traitée. Les lois, réglemens et arrêts concernant les forêts, auxquels il n’a pas été dérogé par des loi6 particulières, sont maintenus. (Art. 609 du Code du 3 brumaire an 4. — Art. 484 du Code pénal de 1810. — Arr. de la C. de cass ., du i 3 brumaire an 11.) La loi du j 6 septembre 1807 détermine le cas Où deux arrêts de la cour de cassation peuvent donner lieu à l’interprétation de la loi. V. cette loi; et, à la Table du Recueil des régi, forest., t. II, p. 1 o ?4 5 l’indication des lois rendues sur les forêts, la chasse et la pêche; V. aussi Jugement, pour la question do savoir quand le texte de la loi doit être inséré dans les jugemens. LOiRS. Les loirs, lesraveaux, les rats, les mulots, sont au nombre des animaux qui nuisent aux jeunes arbres, dont ils mangent quelquefois les tiges et les branches. V. Mulot. LORRAINE. V. ce mot à la Table du Recueil, t. II, p. 1024, et les mots Affouage, Affectations, Domaine, Croisement, Tiers-Denier, dans le présent Dictionnaire. LO T. Ce mot vient de l’allemand lo& ou ioos , qui signifie le sort, le lot, la destinée. On l’applique au partage des successions, pour désigner les parts que l’on tire au sort, et aux sommes que l’on gagne à la loterie. Lorsqu’une coupe de bois à vendre est d’une certaine étendue, on la divise en deux ou plusieurs lots, pour favoriser la concurrence des enchères. En effet, la trop grande étendue des coupes nuit à cette concurrence, et conséquemment à l’intérêt du commerce et du trésor public ; les marchands peu aisés et les particuliers, dans la crainte de ne pouvoir satisfaire au paiement des premières traites, s’abstiennent d’acheter ou se coalisent».Les petits lots les rappellent à-des spéculations.libres «t .faciles, sans nuire aux réglemens des forêts,^ Cirent, du 2i juin 18 13 .) ,H9( Mais d’un autre côté, on observe qu?il y,a toujours des inconvéniens à introduire beaucoup de personnes dans les bois, et qu’il eft.dlobservatdon que les petits marchandsexplaiten,Ue^général rp^ins bien que les autres. Ce sont des motifs, pour ab pas trop diviser les coupes, et pour ne former .des lots que lorsque la concurrence peut devenir plus avantageuse. LOUP. V. à k Table dn Rècueil, t. II, p. 1024» l’indication des réglemens relatifs à la destruction des loups, et dans le Dictionn< des Chasseslo mot Loup. 40 * 316 LOU LUM LOUPE, du latin barbare lapa. * . ' I ! . . > Les loupes, en botanique, sont* des excroissances ligneuses ou charnues qu'on renoontre sur lia tigeet lus branches des plantes et notamment des arbres. Le sont de véritables exostoses, qui «ont ordinairement occasionnées par des .contusions ou. des blessures faites aux arbres, ou par toute autre cause qui arrête le fluide nourricier dans son cours. Ce fluide favorise le développement rapide de la partie de la plante où iL abonde, et le dépôt qui sè forthé d’abord dans l’écorce, s’étendant vers le côté où il éprouve le moins de résistance, se porte naturellement à la circonférence. « Quelquefois on aperçoit, ditDuhamel , de grosses tumeurs qui sont recouvertes d’écorce comme le reste de l’arbre; mais quand onexamine l’intérieur on voit qu’elles sont formées d’un bois très-dur, dont les fibres ont des directions très-bizarres. Ces excroissances ligneuses changent la direction régulière des fibres de l’écorce qui les recouvre, et elles ne paraissent provenir que d’un développement de la partie ligneuse , qui s’est fait avec plus d’abondance dans cet endroit qu’ailleurs. JNous n’avons pu découvrir quelle peut être la cause de cet accident , quoique nous ayons tenté inutilement divers moyens d’pccasionner artificiellement de pareilles tumeurs. Au reste , cet accident ne porte aucun dommage ù l’arbre : le bois,qui se trouve sons ces espèces d’exos- tosçs est ordinairement de bonne qualité. » On aperçoit encore plus fréquemment des exostoses d’une autre espèce : ces accidens, au lieu de former une grosseur qu’on pourrait comparer à une loupe, occasionnent des éminences qui suivent la direction du tronc dans toute sa longueur et qui défigurent sa forme. J’ai vu quelquefois que la plus rande partie desarbresd’une avenue étaient affectés e ce défaut ; et comme ce renflement se trouvait etre place sur un même côté de tous les arbres de cette avenue , il y a lieu de présumer qu’il avait été produit par une cause commune à tous. Ce sera peut- être l’effet d’un coup de soleil vif, ou d’une forte gelée, qui aura altéré les couches ligneuses nouvellement formées, et l’effort que l’arbre aura fait pour réparer cette altération aura occasionné le boursouf- flement local dont il s’agit. J’ai examiné l’intérieur de quelques-uns de ces arbres, et j’ai trouvé, dans les.couches ligneuses, des défauts qui m’ont fait soupçonner les causes que je viens d’indiquer. J’ai occasionné des exostoses assez semblables en faisant, aveG la pointe d’une serpette, des incisions longitudinales (pii traversaient toute l’épaisseur de l’écorce, iet qui pénétraient un peu dans le bois. » M.'Bosc.observe sur cette explication donnée par M. Duhamel, que la cause d’une partie des loupes dont il vient d’être parlé, est véritablement un épanchement de sèveoccasionné par l’affaiblissement de l’écorce. iOu par une blessure. Il fait remarquer, à l’appui de cette 1 opinion, que les arbres des forêts sont bien plus rarement affectés de ces loupes que ceux des grandes routes, des promenades et autres lieux très-fVéquentés,. et que d’ailleurs la plupart des loupes:se trouvent dans la partie inférieure de ces arbres qui -est la plus exposée ù être frappée par les voitures, a II faut donc, dit-il-} obitridérer ces sortes de loupes comme des bourrelets d’une nature particulière et très -oirconscrite. Il y en a de toutes tes formes et de toutes lea grosseurs. » On voit très-fréquemment, ajoute-t-il, une loupe nu point où , aété placée une greffe, patee cpi’il s’y forme un bourrelet , soit à raison de la plus grande faiblesse dei l’arbre greffé ou du sujet, soit par quelque autre, cause de perturbation dans le mouvement de la sèvt»' »}.* Les arbres soumis à des élagnges fréquent, tels que les orme», les érabW, la$ friêivtp, ■ fos saulqs, présentant aussi des excroissances ou sortes dq loupes connues sous-le nom d o brxmssins op brouzins, qu’on recherche pôur la. fabrication (dp jolis puvfagas d’ébénisterie et de tabletterie. . Parmi les. autres.causes qui donnent lieu à la formation des loupes, on cite-les ; blessures produites par les insectes et les plantas parasites. f . Quoique les loupes 1 ne paraissant point* nuire à l’arbre ; cependant lorsqu’elles.sont en grand nombre, elles peuvent faire sonpçonuofjquolque vice intérieur. On peut couper, sans dangey, lef jeunes loupes à l’instaait de leur naissance, en appliquant sur la plaie l’onguent de tSaint-Fiacre ; mais cette extirpation aurait des dangers quand elles sont d’une certaine grosseur sur le tronc de l’arbre, parce que la plaie se ferme difficilement et qu.’elle peut se transformer en un ulcère incurable. V, Brqussin, Excroissances, LOUVETER1E. V. VInstr. du? septembre i8i8, et le mot Louveterie dans le Dictionn. des Chusses. LUMIÈRE, du latin lumen } contraction de lu- cimen, fait de lucere, luire. C’est un fluide très- délié , qui affecte notre œil de cet,te impression vive qu’on nomme clarté, et qui rend les objets visibles. Ce fluide réside, comme. intermede, entre l’objet visible et l’organe qui en reçoit ^impression, et il occupe par lui - même et par son action l’intervalle qui les sépare. Plusieurs physiciens ont donné des théories .plus ou moins ingénieuses sur la nature de la lumièrie ; mais aucune de ces théories n’a un degré d’évidence nécessaire pour satisfaire l’esprit- Ce qu’il y a de plus certain, c’est que le corpsliwnineux fait:passer son action à l’organe par un fluide qui lui sert de véhicule; mais quelestice fluide? On observe que la lumière est capable d’embraser les corps, propriété qui appartient au fou. ^ • Feu. On observe aussi que le feu est capable d’éclairer, propriété qui appartient à la lumière ; on en conclut qu’un seul et même fluide produit £6$ deux effets, que la matière de la lumière est La même que celle du feu, mais différemment modifiée. La lumière se comptute-idfcïftptre ntartiéfes par rapport aux corps qu’elle touche : Ou bien elle est-réfléchie tout) entière delboristir- fttee vers nos yeux, et elle;fait naître la sensationdu blanc; * ijm ■..;■! :t. Ou bien elle est décomposée et ; réfléchie seulement dans quelques-unes de.ses parties i de là laeo- lorationdiverse; - Ou bien elle est plus ou moins complètement absorbée et donne naissance au nojf.fc LUN Ou enfin elle passe au travers des corps, en éprouvant une diversion plus ou moins forte , en se rapprochant de la perpendiculaire : c’est ce qui constitue la transparence. Les anciens physiciens ont cru que les corps étaient colorés par eux-mêmes; mais l’on sait aujourd’hui que les couleurs ne sont que des modifications de la lumière , et qu’on peut changer la couleur des corps en modifiant chimiquement la disposition de leurs principes. L’action de la lumière sur les animaux ot sur les végétaux n’est point douteuse, ses influences sur leè'Végét’auüt otft été 'Constatées par les expériences dé Sennèbier ; d’ingenhouae r ' de Théodore de Saussure, etc. La-lumière Colore les végétaux , puisque ceux qui vivênt dans l'obscurité sont étiolés; elle augmente leur vigueur, assure leur fécondité, et donne de la saveUr à toutes leurs parties; telle favorise la succion et la transpiration des plantes-} elle leur est tellement nécessaire qu’elles la cherchent constamment, ainsi qu’on le voit par les plantes qui, placées dans l’intérieur d’une chambre, dirigent leurs branches vers la fenêtre ; par les branches des espaliers, qui s’éloignent des inurs, et par les arbres des forêts, qui étendent- leurs branches vers les clairières. V., à l’article Aménagement, les observations que j’ai rapportées sur eet objet. M. fiosc, en partant des bienfaits de la lumière sur les plantes et de la nécessité de leur en procurer, fait une observation dont j’ai souvent reconnu 1a justesse, c’est qu’en général on a la malheureuse habitude de semer et de planter trop épais, et que , par cette fatale manie, on n’obtient que des plantes chétives et sans valeur. Il place ce malheur au-dessus de tous les fléaux qui pèsent sur l’agriculture. J’ai retrouvé la même observation dans les ouvrages traduits de l’allemand de M. Thaër; ce qui prouverait que les Allemands commettent la même faute que nos agriculteurs. L’effet le plus important de la lumière sur les plantes est d’en tirer le gftsroxigène en décomposant l’acide carbonique. Dans l’obscurité, dit Ingenhouze, les plantes changent en acide carbonique plus d’air qu’elles n’en peuvent digérer ; elles en rejettent une grande quantité,-et rendent d’autant moins propre à la respiration l’air avec lequel elles se trouvent en contact. Dans le jour, au contraire , elles absorbent avec l’air de l’atmosphère une si grande quantité de calorique fourni par le soleil, que ne pouvant le digéreren entier, elles en rejettent le superflu, qui, combiné avec l’oxigène, forme le gaz oxigène, qu’elles rendent alors en si grande abondance. LUMIÈRE (ARBRE DE>). V. Arbre de lumière. LUNE. C’eét la planète la plus proche de la terre. L'influente -de cet astre silr les vicissitudes du temps est généralement admise par les cultivateurs et par plusieurs savans ; elle est douteuse aux yeux de quelques autres. Nous n’entrerons dans aucune'dis- cussiun à cet égard, et nous renvoyons aux observations que nous avons rapportées aux articles Décours et Exploitations. M'A G 017 LUZERNE. La luzerne et le sainfoin font du tort aux jeunes arbres par leurs longues racines, qüi disputent la nourriture à celles de ces arbres. 11 faut donc, lorsqu’on plante des arbres dans des prairies artificielles composées de ces plantes, ou lorsqu’on en sème dans de jeunes plantations, laisser un espace de quelques mètres autour des plantes , sauf à remplir cet espace de terrain par des pois , des fèves et autres menus grains. LYMPHE , du latin lympha , qui vient, dit-on, du grec numphé, nymphe, divinité des eaux, et par extension eau. C’est, en physiologie, unehumetir aqueuse , limpide , un peu visqueuse, presque sans couleur et sans odeur. La lymphe des plantes est, suivant Duhamel, une liqueur peu différente de l’eau la plus simple : on peut la retirer de plusieurs espèces d’arbres , et particulièrement de la vigne , de l’érable , du bouleau et du noyer, lorsqu’ils sont en pleine sève. Quelques personnes croient y sentir an) peu d’acidité ; cependant l’usage que l’on fait dès pleurs de ta vigne pour étuver les yeux malades,-prouve qu’en quelque quantité que l’on s’en serve, elle n’y cause aucune cuisson. Duhamel a fait concentrer, par l’évaporation , des pleurs de la vigne et n’a rien obtenu de fort différent du flegme pur : il a seulement vu quelquefois so précipiter au fond des vafees où. l’on conservait une certaine quantité de cette liqueur une espèce de fécule, ou un coagulum blanc , qui dit-il,''n’est probablement pas indifférent à la végétation. Nous renvoyons sur ce sujet au Traité dé la physique des arbres, par Duhamel , t. I, p. 62. LYRE , feuille {foi. lyratum) oblongwe, dont le disque, élargi et entier à sa partie supérieure, est divisé inférieurement par des sinus latéraux en plusieurs lobes, qui décroissent rapidement en grandeur. M. MADRIER. Ce mot vient du latin materia, nom que les Romains donnaient à toute' espèce de bois d’œuvre. C’est, chez nous, une sorte d’ais fort épais, et, dans les constructions navales, une longue pièce de bois plus large qu’épaisse. MAGISTRAT. Mot qui vient du latin magistra- tus, dérivé de magister, maître, etqul signifie un officier qui rend la justice ou maintient taj«police. Dans quelques villes , on dit simplement le magistrat, pour dire le corps des officiers muaieipdùx. V., pour les peines prononcées iea cas 1 d’injures et outrages envers des magistrats de'Bordre administratif ou judiciaire, les art. 2aac a 3 B du-Code pénal, et quant aux crimesuèt , 4 éIits«çommis: par des magistrats, l’article Fonctionnaire. Magistrat bu Rhin. On appelle ainsi une collision établie pour les travaux.du Rhin. iV., dan» les Annales forestières de 1809 , p, 110, de décret du-aq octobre 1808 , qui a établi cette commission,- et qui règle les indemnités à accorder pour la fourniture des fascines. Y. aussi Fascines.UL iî MAI 5 i 8 MAI MAHALEB. C’est le bois ou cerisier da Sainte- Lucie V. Cerisier. • nn 1 t i MAIGRIR UNE PIECE DE ROISi 'f'FYde mir ) C’est en Ater Mutée qn’îl fati* pouèlà fAVnVe^ 'et l lui donner la figure qu’eUe ddit aé6itv ; ' 1 MAIN. En termes de pratique et de palais , main est pris pour un symbole de force et de puissance: c’est pourquoi on a donné pour attribut à la souveraineté de la justice une main au bo'ut $’un soeptre, qtlfe l’on appellé main de justice. ' Main-forte. C’est Iq secours que,l'on porte à la justice. Il était; enjoint aux prévôts généraux et provinciaux , ljeutenans de robe-courte, vice - baijjifs, leurs lieutçnans, exempts, arcbers, et.tous autreçpf*. liciers de justice , de prêter main-forte à l’exécution des décrets, ordonnances et; jugemens des grands- maîtres et des offiçiers des maîtrises, sauf à leur être fait taxe par les grands-maîtres. ( Ord. de 1669, fit. III, art. 28.— Qrd. de 1670, tit. JC, art. 16, confirmée par Ârf..du Cons. du 18 avril 1723.) Aujourd’hui les corps administratifs sont chargés de prêter main-forte lorsqu’ils eu sont requis par les préposés à la conservation des forêts. ( Loi du 29 septembre 1791, tit. VIH.,.art. I er . ) Il ën è^t de même des gendarmes. ( Loi du 28 gèrminal y an 6, art. iS'b.-yrLoifiu 9 floréal an 11, art.if.) , ,,, Tout officier dè jiojicç judiciaire,.a, dans l’exercice de ses fonbtiqfis, lu droit de requérir la main- forte. ( Ùode d’ins tr. crim., art. 2.5. ) Mai$-eevée. C’est pn acte qui lève l’empêchement résultant d’une saisie ou d’une opposition. On l’appelle main-levée, parce que l’effet de cet acte est communément d’ôter la main de la justice, de l’uu- torité de laquelle avait été formé l’empêchement. La main-levée peut être ordonnée par un jugement, ou consentie par le saisissant ou opposant, soit en jugement ou dehors. On distingue plusieurs sortes de mains-levées ; savoir, La main - levée pure et simple, c’est-à-dire sans aucune restriction; La main-levée en donnant caution ; La main-levée provisoires La main-levée définitive, c’est-à-dire sans aucune restriction ni fetout; La pia,in-levée en payant, c’est-à-dire lorsque le juge.prdqnne que ls: débiteur aura main - levée des ohjets s^^i^ en pavant. Lèp, jqgqs ,de paix peuvent -donner main-levée provisoire des bestiaux , instrumens, voitures et attelages yçfpaestrés pa r le s gardes dans. Leurs territoires, en,exigeait bonne e t suffisante caution, jusqu’à concurrence de la valeur des objets saisis, et en itdSfmt, do séquestre. {Loi du 29 septembre sj^\ y ti.t y IJC,.ar{. 3 .)- ; Main-mise. C’est un acte qui saisit une chose et la luet.soos.l’fttstorité.d* la justice: tel est le scellé. L’application du marteau, de iréservef air un arbre est une -scuta de, inainrmise que les adjudicataires doivent.respecte*, quand même le nombre dès baliveaux marqués excéderait celui porté? dans les procès-verbaux. {Arr. des 6 avril 1802 et 16 août J-&U. —Ceh. des ch ., art. 54.' ) MAIN-MORTE (OENS DE ). On appelle ainsi les communautés, les corps et établissemens publics dont.L’existence se perpétue parla subrogation toujours successive des personnes qui les composent ou les administrent. V, Bois des communes et des établissemens publics. MAIRE, du latin md/or, majeur, supérieur. C’était autrefois la première dignité du royaume , sous la dénomination de maire du palais: ce niot a signifié ensuite le premier officier db ville, qui présidait aux échevias dans plusieurs villes. C’est aujourd’hui un fonctionnaire chargé de l’administration d’une commune. Les maires et adjoints recherchent les contraventions de police^ même «elles qui sont sous la surveillance spéciale des gardes forestiers et champêtres , àl’égard desquels ils ont-concurrence etmême prévention.- ( Code d’in sir. crifh., aft. 11. ) Ils sont tenus de déférer aux réquisitions qui leur sont faites pour assister lës gardes dans les visites domiciliaires. {Arrêtédu \ nivSse, an 5. Circul. du 28 frimaire an 10.} Les maires et adjoints sont invités à prêter leur secours pour la rédaction des procès-verbaux des gardes. {Lettre du min. desfin., du 7 mai i 8 a 3 . ) Les maires sont responsables des certificats d’indigence qu’ils délivrent trop facilementaux condamnés pour délits forestiers. {Lettre du min. de l’int., dtfrô fructidor an iô. ) Us ne peuvent autoriser aucune coupe, aucune exploitation, ni l’exercice d’aucun usage dans les bois des communes, qu’eu vertu d’une décision de l’autorité supérieure, suivant l’ordre des attributions. Ils ne peuvent même autoriser l’ébranchage dès arbres dans ces boisi {Arr. de là ‘C. de eass., du v octobre 18 15 . ) Dans le cas d’une coupe illégalement -faite, c’est contre le maire ou l’adjoint qui l’aurait autorisée , que l’action correctionnelle detitètre intentée. (Arr. de la C. de cass., du z3 octobre 1 807. ) L T n procès-verbal de récolement d’une coupe af- fouagère délivrée à une commune n’est pas nul, parce qu’il aurait été procédé au récolement en l’absence du maire on de l’adjoint, si d’ailleurs ce récolement a été tait en présence des usagers. ( Arr. du 23 août 180S. ) La prescription établie par la loi du 29 septembre 1791 ne commence à tourir, à l’égard des délits commis par des maires ou adjoints dans les bois de leurs territoires-, qu’à compter du jour où l’âge nt a eu une connaissance officielle de l’autorisation de poursuivre , donnée • par le gouvernement, ét lorsque cette autorisation a’ été demandée dans les trois mois de la date da-precès-vérbal. ( Arr. de la C- de cass., du i 3 avril 181o. ) -V. Affirmation > Affouage, Bois communauxf.Gcmimune,Pâtnrage, Procès-Verbaux, Ueages. MA 1 RRAIN. V. Merrnin. MAISON, du latin mansio, fait de manere, demeurer. C’est upe construction destinée à l’habi- tat&on. MAI MAI 519 Est réputé maison habitée, tout bâtiment, loge'- ment, loge, cabane même mobile, qui, sans être: actuellement haliité, est ,desti»é 4 i’]îabitatiôAi/et tout ce qui en dépend, comme cours, basses-conrs , grange, écuries, édi/icps qui y sont renier mes , quel qu’en soit l’usage', et quand même ils auraient une clôture particulière dans la clôture .ou enceinte générale. ( Code pénal, art. 390. ) V. Perquisitions. Maisons forestières. Ce.sont des maisbns construites dans l’intérieur des forêts pour le logement des gardes. En l’ftp 6 , 4 régie des dopiaines ayant demandé au ministre des finances si l’on devait exiger nn loyer des gardes forestiers qui étaient logés depuis plusieurs années dans les maisons domaniales limitrophes des bois confiés à leur surveillance, le ministre a répondu que cette jouissance pouvait faciliter l’exercice des fonctions des gardes, mais que la loi,ne permettait pas de leur accorder des logemens qui ne leur étaient pas donnée .précédemment 5 que néanmoins, puisqu’ils ne les habitaient que par tolérance et sans convention de prix de loyer, il n’y avait pas lieu de leur en demander,; et que cette jouissance gratuite pouvait continuer, tant que les bâtimens qu’ils occupaient ne seraient pas loués, et qu’il serait reconnu dangereux pour la forêt de les donner 4 bail. ( Circul. du 16 prairial an 6.) L’Administration forestière a demandé, par sa circulaire djt 14 brumaire an 14, le tableau de toutes les maisons domaniales occupées par les gardes, pour y faire faire les réparations et changemens dont elles étaient susceptibles. EUe.s’occupe beaucoup aujourd’hui de multiplier ces maisons,parce que c’est un moyen de rendre la surveillance des gardes plus continue et plus efficace. Alais comme ces habitations isolées sont exposées aux effets de la malveillance, notamment de la part des délinquan?, l’Administration des forêts a, par sa circulaire du i 5 mars i 8 a 3 , chargé les agens forestiers de les faire assurer contre l’incendie, et aux frais des gardes qui ley habitent. Cette mesure est aujourd’hui réalisée dans toutes les conservations. Maisons situées au* iiives des forêts royales. L’ordonnance de 1669, tit. XXVII, art. 3 o, défend à ceux qui habitent des maisons aux rives des forêts royahes, de faire commerce de bois et même d’en faire des provisions au-delà de leurs besoins, à peine de confiscation du bois, d’amende arbitraire et de démolition des maisons. Alais, suivant l’obspr,vation de Chailland, on doit admettre aux adjudications des ventes les riverains des forêts quand Us sont solvables et honnêtes gens. La même ordonnance, tit. XXXII, art. 7, rend ceux qui habitait les maisons et autres héritages, dans l?encei,nte ou à aliénés des forêts royales, civilement responsables du fait de leurs domestiques. O».trouve dans Saint-Ypn, p. 1067 et 1106, plu- sieufs-arfêts et réglemens des çhatnbres souveraines, qui ordonnent à («eu? qui auront loué leurs maisons riveraines à des vagabonds qui auront commis des délits et n’auront de quoi payes les amendes^ de représenter en justice ces vagabonds, à défaut de quoi les propriétaires seront responsables. L’auteur de la Conférence, dans sa note sur l’art. 17 du tit. XXVII, cite uur atrêt dis conseil, du 12 janvier i 65 o, qui dispose delà même manière. Mals ^e^nrr^fyjE peuvent plus étfe: invoqué*/ Enfin l’ordonnance : 4 ® 1669, tit. XXYU, art. 18, défend de faire-çtwftruire. aucune maison dans l’intérieur, aiyç rives et à cLemi-lieuedes forêts royales, à péîrie d’ifnhrtd^ et'de confiscation du fonds èt (les bâtiirtehd. Sur t6üt cèlvj’le nouveau Code forestier introduira dês ; modifications. V. d’ailleurs ce que nous avons dit au mot Construction. MatsOns 1 Sun pirches. Toute maiion sur perches, bâtie par des inutiles ou vagabonds dans l’enceinte et à démi-lieue (2 kilom.) près des forêts du roi, dort être incessamment démolie. ( Ord. de 1669, tit. XXVII, art. 17.) Y. Construction à distance prohibée. Maisons usagères. On appelle ainsi lés maisons auxquelles il est affecté des droits d’usage dans les. forêts. Les habitans des maisons usagères ne peuvent jouir du pâturage et du panage que pour les bestiaux de leur nourriture seulement, et non pour ceux dont ils font trafic ou commerce, à peine d’amende et de confiscation. {Ord. de 1669, tit. XIX, art. 14.) V. au Recueil, sur cette disposition de l’ordonnance, les Notes de Pecquet, t. I^p. 68; une Ord. du Gr.-M. des forêts au départ, ae Paris, du 3 o mars 1718, t. I,p. 217; une autre Ord. du même, du 2 juin 1763, t. I, p. 43 1 ; une troisième du même, du 29 octobre 1763, t. I, p. 435 ; enfin, Y . Usages. MAISONNAGE. Terme qui sert à désigner les bois de haute futaie qu’on fait abattre pour bâtir des maisons. Le droit de maisonnage est celui qui attribue à l’usager la faculté de sfe faire délivrer des bois pour bâtir et réparer. Il est synonyme de marronnage. MAITRE, du latin magister. Ce mot a, dans notre langue, un grand nombre de significations. Il exprime la qualité de celui qui a des sujets, des domestiques; celle d’un supérieur qui commande, soit de droit, soit de fait; celle d’un homme qui enseigne quelque art ou quelque science; celle d’un homme qui, ayant été apprenti, est reçu dans quelque corps de métier; celle d’un propriétaire de biens; celte d’une personne revêtue d’un titre, de certaines charges, etc., etc. Les maîtres, propriétaires de bestiaux et pères de famille, sont civilement responsables des'condamnations qui sont prononcées contre leurs’ enfans et bergers, pour contraventions pareux commises', ou pour dégâts occasionnés par leurs bestiaict. {Ord. de 1669, tit. XIX, art. i 3 .) ’ Pareille disposition se trouve en Part. 7 du tit. XXXII, pour toutes sortes de délits ou contraventions, Et en l’art. 32 du tit. XXVII pour les incendiés.' V. Amende, Délit, Incendie, Pâturage, etsér-tout Responsabilité. MAITRES, contre-maîtres et Amt*-cH arpen- tiers de la marine. Ce sont des agens chargés de procéder, sous les Ordres des ingénieurs forestiers de la marine, à la recherche et au martelage des bois propres aux constructions. V,, pour leurs fonctions, 520 JVJAI VIfiftr, du nùn.d<\ la.raar., du 3 Q h fyrtSçf.ap l ij i ^l tioji : »,Ç, <æs. officiers est, .fort, a^ciepn^.^ 4 ftflà }p' J>F^C 4 Pfi i^r? fçqmiiôqfj étaiejit ce. ) que.fu5cnt ; 'en-. : suite.celles fies grands-maîtres, SafutApu, danssa noté, p. 5 » , fait remarquai çme les premier? offices; de maîtres des eaux et forqty furent toujours confiés à, d.es,hqmiaes de. distinction,,et il dénomme plu-' sieurs de ces qffiçiprs qui furent .regus, depuis '4°^ jV^’à Mais cet, anteuf se, plaignait fiéjà,(ep i 6 {,Q).dg, <^e que, les.offices fies maîtres particuliers ptaient .beaucoup rabaissés par la, vénalité et par la irtuf jipljiçitè fie ces cbaree6. -, ; , ,jl, parfit que, .t&npmbyp dps ma^tçes ,d|s eaqx et j forêts a,beaucoup varié, et que très-souvent on fut' ouligé.fie I e réduire, Eecquet, dans sa note sur cpt- çltye;, t. I, p. .188, priante l es réductions succes- siyes ,qu’on aurait été,.dams le cas d’ordonner .jus- ^pjefi,t 544 ) mais elles ne sont point exactes, attepdu qt^f.,1^qrfiçunanpjes citées par lui r ,et qui.prescrivi- ren|: i ,ççl,ridpe.tioiis, ne rappellent ordinairement uuYm^ partie .^e?! provinces doqt se .composait la France. Au surplus, l’organisation du personnel des lo.rètfr, dansées tgmps pnciens , est très-confuse, et tfjutque l’on peut apprendre des.ordonnances réufiues depuis,1^17 jusqu’à l’édit de 1716 , p’est cjuç^trè.s-y^pirv^Gi^t,.0n réduisit le nombre des officiers nés eaux et’ forets, qui teufiait,çonstamment à s’aç- crpitre,. V’. snpiQl Administration,p. 116, la composition dgs maîtrises, telle qu’elle était organisée par l’édit d’octobre 1716. Les maîtres, avant l’établissement des grands- yuaitres, exerçaient, avec leurs fonctions ordinaires, celles qui furent ensuite dévolues à ces officiers supérieurs, et lorsqu’il y eut uu souverain grand- inaitre pour toute, la France) ils en étaient comme lçs.Iifutenans pour I’admiuistration et la police des eaux etj foyéts. lls^prètaient serment à la chambre des comptes, devant laquelle ils comptaient immédiatement, ainsi que le prgscriyaitfi’art- 20 dç, l’ordonnance de i. 3 18. La,forme de çe serment, qu’pn trouve dans la même année, est rapportée au mqt Serment. \ . ce mot. CqjpP’.e les . placés,de. maîtres des eaux et forêts s’exerçqjeut suy, souples, commissions, 011 les obligeait a donner çs.U4S>n ; mais ces places furent ensuite périgées e.q’pÜfices formés. blsiTr.Es.rAGitjÇur.iEKS des eaux ex fqeèts. L'autorité et lés fonctions des maîtres diminuèrent.,cjOyçsi9 J^),^P^js , fjxqleur pouvoir et leurs fonctions. fit EW^ens tribunal.de la maîtrise, mais ils ne pouvaient juger seuls; leur voix.xt'^ta^pjpûi.t^pr^pqndjsrante^ et ils étaient re- Ç ar 4Él»5 0 iP€ BJ?. n W inter pares 1 en ce qui concernait!? cbntéïïtiéux particulièrement. Iiy cuiinai^aiept, .çja première instance, à la (barge (Te l’appel, tant au civil qu’au criminel, de gçute tp^jè.re yfes .eaux cl,,forêts, mais, suivant les 3VJAI r^sUtqtiçns p; cqntenues aux articles de .. t»t.I et 1> fie ce reglement, que leurs fonctions et droits se trouvent fiéyerminés,. ... , _. .M,ÜTRE$ ,IÏE F 0 RGE 1 S. Ils sont responsables de leursouyjiers employés dans les forêts. 4 CW. de 1669., tit- XN-N-ll, art- 7.) Un.artêtjdju.xqymeil, du 29 mai 1783 (au,üe- cquçé), leur, défendait (fe[ Convertir en charbon les fiois propres germer fiu bois de corde. forges , flottage. .MAITRES. fiXÇS CEfijVILFS. On appelait ainsi, dqna fi.; s aa,cieyumS-ordùujiajices, ceux quittaient chargés des constructions civiles et navales. V., élans f./Recueil, t. do P- tbo , une Note importante de Fecquet .sur les, 4tfiivranc.es de bois d’œuvre pour le'service du roi. . , MAITRE PÊCHEUR .Y. Délit de pô^he. . \ MAITRISES P^TCyÊlÉREfi DES EAUX ET .PO&ÊTS. ( Çl’êUy^pt. ,dp$ , juridictions £tai>liee ppur .veiller ,àlp. çoa^egv^.tion fies bois,.et empêcher les abus qui pouvaients?;çpfnmettre sur les rivières, ttfpt à l’occafiqfy.fip.la pêche que dp, la navigation. Les maîtrises avaient,Ordinairement,pou* ressort l’étendue des b.filliages où plies étaient établies , s’il n’y avait titre au pontraire. Y. les Ord, de juillet i 544 i ar t- ,er -> etjevrier 1 554 1 art. 4, rapportées par Saint-Yonf,p,pj et fiS. On ne pouvait, sans de grandes raisons, intervertir l’ordre çtabli entre les maîtrises pour l’étendue (le leur ressort, ni donner de commission aux officiers d’unç maîtrise pour opérer dans l’dtendue d'une autre, si cem’était en cas de suspicion ou de récusation, etc.dOrd. de ifiôq, tit. XIII, art. 10.) On devait, suivant les ordonnances, regarder.le ressort de chaque juge comme un bien qui lui appartenait, et dont il devait .retirer tous les profits, f.e s édits fie juillet i 544 i la déclaration du 1 1 juillet i 544 , l’édit de novembre i 554 , font défense à tout officier d’entreprendre au-del£de leurschsrgn 5 , qni leur auront été limitées. Parl’fdit de février r 555 , sur les eaux et forêts tle Bretagne, le roi déclare qu’il ne veut pas établir plus grand nombre de maîtrises particulières, parce que ceuxqui étaient déjà pourvus, et qui pour Içursjiffictg avaieryt déjà fourni grosses sommes de deniers, seraient grandement intéressés, chose qui pourrait çngendrer entre les officiers , tant d'une part que d’autre, plusieurs débats et querelles, etc. , Toutes ces dispositions ont été confirmées par un grand nombre d’arrêts du.conseil, entre autres ceux des 6 février et 9 novembre (691 et 9 juillet \qé^ 5 . Le conseil a toujours suivi cette jurisprudence, même dans lgs affaires,prmeontentieuses* jusqu’au point de. re/jormer des arrêts et commissions qu’il ayait adressés,par erreur ;U£S officiers d’une maîtrise pour faire quelques opérations fians la yessoyt d’une autre. Y. lps exemples qu’en rapporte Chail- land dans son Dictionnaire. On peut dire à fortiori, que lorsqu’il s’agissait fie régler les bois des ecclésiastiques ou d’en faire la yeyitç, grands-ni.qifres ne pouvaient, sans de fortes raisons, appeler a,vec eux ni commettre d’au- MAJ MAL très officiers que ceux de la maîtrise sous le ressort de laquelle les bois étaient situés, comme l’avait prétendu le sieur de la FaFuere, grand-maître au - département de Paris. Au surplus, par édit donné au mois d’octobre 1716, le Roi avait déclaré qu’il voulait que les maîtrises ne fussent désormais composées que d’un maître, un lieutenant, un procureur du roi, un garde- marteau , un greffier, un receveur des amendes, un garde général collecteur des amendes, et d’un nombre suffisant d’arpenteurs, huissiers-audienciers et gardes nécessaires. Il y avait, deLira' quelques grandes terres du royaume, des juridictions particulières pour les eaux et forêts, que les rois, par considération pour les seigneurs à qui elles appartenaient, avaient bien voulu décorer du nom de maîtrises particulières $ mais ces prétendues maîtrises n’avaient pas plus d’autorité que les gru^ies tlrdjhaires des seigneurs, et lés officiel des maîtrise** royales n’en avaient pas moins le droit exclusif de connaître , dans l’étèndue de ces terres, des cas royaux et de'réformation, et même de plusieurs cas ordinaires. Chailland rapporte un grand nombre d’arrêts qui ont maintenu les officiers des maîtrises royales dans ces droits contre les prétentions des officiers des maîtrises de seigneurs, et qui ont ôté à ces derniers tout ce qu’ils voulaient s’arroger au-delà des droits attribués aux juges gruyers seigneuriaux. Comme cette lutte entre les officiers du roi et ceux des seigneurs est aujourd’hui sans objet, nous n’en parlons que comme d’un fait historique qui prouve que de tout temps les autorités ont cherché à entreprendre les unes sur les autres, et que les justices seigneuriales principalement ont élevé de continuelles prétentions sur les attributions des officiers du roi. La loi du 29 septembre 1791 , tic. XV, a supprimé les maîtrises des eaux et forêts; cependant les officiers de ces maîtrises ont continué , en vertu de la même loi et de relie du 11 mars 1792, d’exercer les fonctions administratives qui leur étaient at tribuées, jusqu’à l’organisation de la nouvelle administration, déterminée par la loi du 16 nivôse an 9. MAJORAT. Le majorât est, suivant la définition qu’en donne \e Répertoire de jurisprudence, un fidéi- commis graduel, successif, perpétuel, indivisible, fait dans la vue de conserver le nom , les armes et la splendeur d’une maison, et destiné à toujours pour l’ainé de la famille. La dénomination de majorât lui vient de ce qu’il est destiné à ceux qui sont natu majores. Il y avait en France quatre provinces, le Roussillon , la Flandre, l’Artois et la Franche-Comté, où les majorats étaient usités, et où l’on faisait autrefois des substitutions expressément qualifiées de majorats. L’art. 896 du Code civil semblait, d’après la première rédaction qui en avait été décrétée par le Corps législatif, le i 3 floréal an 11 , avoir proscrit à jamais les majorats. Mais des décrets du 3 o mars et le sénatus-consulte du 14 août 1806; l’article 896 du Code civil dé- Tome II. crêté.4e trouveàu le 3 septembre 1807, et on fiù le décret 4« i”, OiM* 1808, ont liujité la prohibition qui avait été faite en général des substitutions fidéicommissaires, et établi l’institution des majorats. Les décrets des 4 et 17 mai 1809 ont déterminé les biens qui peuvent être constitués en majorats, et prescrit des.dispositions pour la conservation et l’administration de ces biens. L’art. 26 du décret du 4 niai porte que l’administration de l’enregistrement et des domaines, et l’administration forestière rempliront, pour les bois et forêts composant le majorât, les fonctions attribuées à l’agent conservateur, que ce décret établissait pour les pays situés hors de France, où il y avait des biens affectés à la dotation des majorats. L’art. 28 du même décret porte que les bois-futaies seront coupés quand ils seront dans les taillis dans le cas où ils le sont dans les forêts domaniales, et que quand ils seront en réserve ou en pièces sans taillis, ilsseront aménagés,s’ils en sont susceptibles; qu’en- fin , si leur étendue ne permet pas l’aménagement, ils ne pourront être coupés qu’après autorisation donnée en conseil d’état, sur l’avis du conseil dy sceau des titres. Une circulaire de l’Administration forestière du 16 août 1809, n°. 399 , charge les conservateurs de transmettre, à'chaque trimestre, un état des bois compris dans la formation des majorats, et de veiller à la conservation de ces bois. Il s’était élevé la question de savoir en quoi consistait la surveillance de l’Administration forestière sur les bois affectés aux majorats. Un avis du conseil d’état, du 8 juillet 1809, approuvé le 5 août suivant, porte que l’Administration doit se borner à veiller à ce que le titulaire d’un majorât doté par le chef du gouvernement, jouisse en bon père de famille et sans dégrader ; qu’elle doit seulement constater les dégradations et les anticipations de coupe lorsqu’elles ont lieu, ou en informer le procureur général du conseil du sceau des titres; que l’Administration forestière n’a que la même surveillance à exercer sur les bois faisant partie des majorats que le chef du gouvernement a permis aux particuliers de former. MALADIE. Lorsque les gardes sont empêchés par maladie de vaquer à leur service ordinaire, ils doivent en donner avis dans les trois jours, au plus tard, à l’inspecteur, qui les fait suppléer par les gardes voisins. {Loi du 29 septembre 1791 , rit. JV, art. 14. ) L’inspecteur ou le sous-inspecteur qui se trouve dans le même cas, en donne avis à son supérieur. ( Ib., rit. J r ,. art. 21. ) MALADIE DES ARBRES. Les arbres sont sujets à un grand nombre de maladies ou d’accidens, qui, les unes, les arrêtent dans leur croissance, les autres les rendent difformes ou rabougris , et d’autres leur causent la mort. Ces maladies proviennent ou de causes extérieures, ou de causes intérieures, ou de s deux causes à- la-fois. Les causes extérieures des maladies des arbres dans les forêts, sont : i°. Les dommages causés par les hommes , au 4l 022 MAL moment des coupes, deé expâoitætioASj desotrains* ' ports de bois, etc.j'ii'iijimnoq si leniluu }:• noiJfiir) I a 0 . -Les-dOinarabes causés pair lé»! aninfiux' de j toirteespèce, comme l’abroutissementylës bLassa- res, les meurtrissures, l’écorcémewty la-destruction des fettilles, les piqûres des insectes pettj ;i r if 'l fr 0 r Les causes- naturelles:; telles-' qne'la foudre , la neige, le givre, le défaut d’air-, lagrêley la gelée, les oufagons, etc. ’ -o- tu •' Les causes tes plus ordinaires deé' maladies internes^ auxquelles contribuent d’ailleurs déliés que nous venons d’exposer, sont : la mauvaise situation du tferraih , sa mauvaise qualité, trop ou trop peu d’humidité, des chaleurs trop fortes, des froids trop rigoureux , trop ou trop peu de ‘nourriture, la caducité ou la vieillesse. Toutes ces causes donnent naissance à un grand nombre de maladies qui se présentent sous des aspects tcès‘variés. Il yen a fort peu contre lesquelles l’économie forestière puisse employer des remèdes en "grand j maiè heureusement la plupart se guérissent dielles-même3 étsans les secours du forestier. Les maladies des arbres qui peuvent intéresser le forestier, sont : les Blessures on Plaies extérieures, les Ecoulement, la Brûlure ,'la Jaunisse ou Chute prématurée des feuilles, le Miélat, les Gerçures , le Cadran, la R oulure, la Qelivure, le G élis , la Champlufe, l’ Exfoliation les Galles, les Exostoses, la Décortication^ le Couronnement, la Fullo- manie i 1*8 Dépôts, la Pléthore, la Pourriture, la Carie, \edouble Aubier. V.Ges mots et la 8 e . section de l’article Physiologie 1 ■ ' 1 MANQUE DE ME^ÜRE/t.' Moins de mesure . MAUAIS, du latin mamo u mariscus, petite mer, dont on a fait marescageus, marécage. Les marais sont dv s terres ordinairement basses et abreuvées d’eau croupissante ou qui n’a point d’écoulement. Marais, palus et padouans ont à-peu-près la même signification. , § i er . — Ancienne législation. La connaissance de tout ce qui concernait les marais, après même qu’ils avaient été desséchés; des contestations qui pouvaientnaître sur l’entretien et le réuwement des fossés, watrégans et canaux; les contributions relatives auxdits cureniens et réfections;; d'établissement ot. rétablissement des ponts, portes ot écluses; les; droits de péages et autres, la chasse et la pèche, appartenait aux officiers royaux des eaux et forêts, ainsitqu’ilrésulte des édits et déclarations des mois -d’oeiobre i 5 q 4 > 8 avril i5ç9 (Saint-Yon, p. 397^jamier tfioy, 19 octobre 1611 et 22 octobre 161 3 ; de l’art. 2 du tit. I de l’ordonnance de 1669, et des arrêts du conseil, des 23 septembre >1692, 17 août 1706,. 25 janvier 1701 et 25 mai 1707. Chailland rapporte, dans son Dictionnaire des eaux et forêts, au mot Marais, le texte entier de plusieurs ordonnances et arrêts concernant le dessèchement des marais; savoir, i-.aH.vL’ordoiuiance-de Henri IV, donnée à Paris, tui'etefabre 1 5 94, qui permet à Herman Tassin, Da- ninlmt’. Philippe Tassin, et autres qui pourront être cotniitis.par-euif, de faire et continuer leurs entreprises pour vider et dessécher les marais. i 3 fi»fU*e autre ordonnance aussi de Henri IV, du imeicnd’avril 1599, portant que tous palus et marais dépendant du domaine royal, et ceux appartenant aux ecclésiastiques, gens nobles et du tiers-état, sans aucune exception de personne, assis et situés le long des rivières et ailleurs, seront desséchés et essuyés par le sieur Hum-Fsen Bradeleu et ses associés ou les propriétaires, et par eux rendus propres .miatijoariy prairies oUjherbages, selon que leur situation et naturel le permettront. •. ,.rh !■ Aà’k. Des .arrêts des aâ septembre 1692, l’y août i^oo^cf Aj»i?tier!fl7Ql.et a 5 mai 1707, quj confirment Incompétence des maîtrises. 1:.. Par arrètidu ad août 11768, le conseil a..fait un céglemeutlpaur L’administration des marais cbmniu- «aex fia. la province d’Artois. Ce. réglement charge les maïeurs, éihevins et gens de loide.chaquefcom- mnliante, de l'administration et de,® devenus desdits marais. ' V-,ie Hépsrt. de jurispr. , au mot Marais. Lttimëme feeueil fart connaître, 1°. un édit de i ; 762q qui permet, dams les trois, évêché^ de la Lorraine, le partage des marais cominunaux r et.jar- cOrde lVxemptidn d’impositions et de dîmesà*cqux qui défricheront des terres incultes; d°. des arrêts du conseil , des 5 mai et 10 juillet 1750, qui autorisent les communautés d’hahitans; dans les généralités d’Auch et de Pau, à aliéner leurs marais,, landes et autres biens communaux, et. trois,autres arrêts, des a8 octobre 1771, 9 mai octobre 1777, qui leur ont permis de jiartager les mémos biens, par ménage, à charge d’une redevance au profit des communautés ; 3 °. un édit du mois do janvier 17741 qui permet le même partage dans las états du duché de Bourgogne et pays.en dépendant, qui.accorde les mêmes exemptions pour les terrains défrichés, et ordonne que les contestations relatives au partage des terres communales seront portées en première instance par-devdnf la juge exerçant lathaut* justice, et jugées sur les conclusions du procurent.fiscal; 4°. des lettres-patentes v du 27 mars. 1777 , qui ordonnent, pour la Flandre gallicane, le partage, par feux et pat 1 portions égales de tous les prés,,marais et pâturages communs ; 5 °. des lettres-patentes, du i 3 novembre 1779, qui ordonnent le partagé et le défrichement des terres, prés, marais ,. landes ou friches appartenant aux communautés de la province d’Artois. Ces arrêts voulaient toutefois tjfie lès partages fussent faits sans nuire aux droit» que pouvaient avoir les seigneurs sur les terres communes, ni à la facultéque leur accordait l’ordonnance do 1669 d’en prélever le tiers, dans les ca» déterminés par cette ordonnance. § 2 . — muvellb lé^mon. i " Les lois.rendues pendant la révolution ont apporté de grands changemens dans.tadegislation relative aux marais et autres terrains communaux. I . La loi du 1 5 mars 1790 a commencé.paruûtor aux seigneurs le droit de s’approprier à l’avoanr, par forme de triage, le tiers dos .marais oamtnuniûx. II. -Celle.du 2&août 1793'a été.plusilçiu :• dlle a névbquéi.ltous les triages qui avaient, été fait* :au profit des xaigneurs depuis, la publicatiorndieiüor- donaanoede *669. é "Iriage.el Bmas corunfktnms:, 111» &Jus le régime féodal, lesj raamia.jdont lies communes avaient Butage n’étnient pas'censes, par le seul fait de cat-usage,. leur, appartenir, «n pro- priébé; les.seigneurs eu étaient.réfutés-propriétaires tanfcqàia le contraire n’étaitipss prouvé. Caste jurisprudenœa éprouvé successivement de notables innovations. V. Biens communaux^ > 1 ;. - m 3s4 MAR MAR IV. CepehdaAîùné fco'miitunê'riëplèut"êtte investie dé la prOprfété d’un 'nVàrtlshbfsqü’éFle 'n’y â 9 êxerc€ que de simples droits d’usage, 'et'cfife ltf'rûariaiS'ëît en nature ne Terrtin pi'odù’êtîf dont léseîgiieuf^e- çoit'les fruits. (Arr. de la C. deca'st., du io fine- tidor an ' 1 3 , fond# Sur lU' combinaison'dé^ âtt) 8 ët 9 de là toi du 28 août 1792, ét r« r . de la 4®. 'section'de la loi du îô juin 1793.) V. 11 eh est àutrèiiiènt lorsque le seigneur ne produit pas un'titre authentique qui constate qu’il a légitimement acheté les marais, lorsque "Ceux-ci sont en nature de pâtis. (Ib., du a6 décembre 1810.) V. cés deux arrêts au Répert. de jürispr., verbo Marais'. "Vï. Lés marais auxquels on a fait des travaux pAur leV rendre productifs, ne peuvent être rangés dans la classe des terrains vains et vagues, que la loi du iO juin 1793 réputé biens communaux, (,1b., du 28 avril 1808.) V. dans notre Recueil. Vlï.'Lé partage des marais communaux, qui, avant ijf’iévolutjôif, ri’avait été ordonné que pour quel- qdés préViricëè , l’a été par la loi du 14 août 1792 pour toute la France, et par la loi du 10 juin 1793. Mai .4 l’exécution de cette dernière loi ayant donné I lièu à dfe'fiombreüses réclamations, le Corps législatif a rendu,'le 21 prairial an 4, une loi portant qu’il 'sertit provisoirement sursis à toute action et poursuite résultàùt dé l’exécution de ladite loi du io juîh'iéo^ jisur lé partage dés bierts communaux, et què lëâ poSsèiseutsactuelsdetedits terrains seraient provisoirement maintenus dans leur jouissance. TIlL'Cèttë loi a été suivie de celle du 9 ventAse an 12, pdrtant en substance, i°. que les partages dés biens communaux effectués en vertu de la loi du 10 juin tjfb, ét dont il a été dressé acte, seront e'xé'c rites j 2". <|ue, dans les communes où des partages ont eu lieu sans qu’il en ait été dressé acte, les détenteurs de biens communaux qui ne pourront justifier d’aucun titre écrit, mais qui auront défriché où planté le terrain dont ils ont joui, ou qui l’auront clos de murs, fOssés ou haies vives, ou qui enfin y âuront fait quelques constructions, sont maintenus en possession provisoire, et peuvent devenir propriétaires incoinmutables, à la charge de faire la déclaration du terrain qu’ils occupent, et de se soumettre à payer à la commune une redevance annuelle, râchetabîé en tout" temps par vingt fois la rente; 3 °. que les biens communaux possédés sans acte de partage rentreront entre les mains des communautés d’hébitans ; que les contestations relatives partage des biens communaux seront jugées par le cdns^il de préfecture; 5 *. que, relativement aujf actionsqùé des tieVs pourraient avoir à intenter sur cés mêmes biens, lé sursis prononcé par la loi du 2 i (j prairi|al an 4, à toute poursuite résultant de _ l’execufion de là' loi du îOjuui 1793, est levé); 6’ét‘qu’e'n conséquence l'es pèrfiôûnes prétendant des — dmi t 5 "de prupriété - sui l e s -bien» communaux partagés ou’octtupiéé par des particuliers, comme biens contmunfttJi',‘'pourront se pourvoir par-devant les tribunaux ordinaires pour raison de ceà droits ; 7°. qu’il ne sera prononcé de restitution de fruits qu’à cempter^dW'fOur de la demande pour les particuliers. IX< Cette loi a fdit naître quelques-difficultés dans son application; ( On a demandé si elle devait être restreinte ;aux partages -faits en exécution de la loi du 1 o juin 11793.'Un décret du 4 ®- jour complémentaire an i 3 , (porte qn’élle s’applique à tous j»artagcs de biens jeommmiaux effectués avant la loi du 10 juin 7793 ,en vertu d’arrêts du conseil, d’ordonnances des (états et autres, émanés des autoritéscompétentes. 2°. Un avis du conseil d’état, du 3 juin 1809, porte que toutes les usurpations de bieii£ communaux depuis la loi du 10 juin 1793 jusqu’à la lôl du 9 ventAse an 12, doivent être jugées par les conseils de préfecture, lorsqu’il s’agit de L’intérêt de la commune contre les usurpateurs, et qu’à l’égard des usurpations d’un copartageant vis-à-vis d’un autre, elles sont du ressort des tribunaux. 3 °. Les jugemens rendus par les conseils de préfecture, en matière de partage de biens communaux, ne peuvent être mis-à exécution qu’après avoir été soumis au conseil dlétaty pour, être confirmés s’il y a lieu. ( Décret précité du jour 'complémentaire an 1 3 .) I 4“. Les communautés d’habitaus qui n’ont point I partagé leurs biens communaux, et qui ont conservé, après la loi du to jltin 1793 , Ite’ mode de jouissance de ces biens, ne peuvent le changer qu’en vertu d’une ordonnance. (Décret du.*} brumaire an * 3 .) Celles qui olit établi un nouveau modte'de jouissance doivent aussi le conserver; toutefois , elles peuvent délibérer, par l’organe des'oonseilsmunicipaux , un autre mode, qui doit être soumis à l’approbation du préfet, sauf, -de la part du conseil municipal et même d’un on plusieurs habitane, le recours au conseil d’état, (Ib.) 5 °. L’existence d’un acte de partage, quoique irrégulier dans sa forme, suffit pour faire valider le partage. (C’est ce qui résulte -d’tni Avis du Consi d’état, du 7 mai 1808.5 ; 1 - 1 1 6°. La représentation -d’un acte relatif au changement dans le mode de jouissance des biens communaux d’une commune, lorsque cetacte a été exécuté de bonne foi , doit suffire pouf établir, le changement du mode de jouissance ; et les demandes d’un autre mode doivent être présentées au conseil de préfecture, et soumises de droit, homme les- affaires des biens communaux, au conseil d’état. ( Ib.j' 7 0 . Le partage des biens indivis entre deux Communes doit être fait en raison du nombre des feux par chaque commune , sans avoir égard à l’étendue du territoire de chacune d’elles; (Avis du Cons. d’état, du 4 juillet 1807, et Arr. de la C. de cass., du ta septembre 1809.) 8®. Le nombre des fieux ou de chefs de famille doit servir de base pour le mode de jouissance des marais et autres biens dommunaux. ( Décrets des 20 juin 1806 et 2 février 1808.) V., sur toutes ces questions, l’artitle Mardià àh'Répert. de jurispr. X. lieux lois ont été rendues Sur lè dessèchement des marais depuis la révolution. La première est des 24 août et 26 décembre 1790, sanctionnée le 5 janvier 1791. Cette loiest restée sans exécution, elle 16 septembre 1807") il en a été'rendu une autre, qui con- 5a5 MAR tient cinquante-neuf articles., jElle,UflUe,ÉA li du dessèchement des marais; tit. //„des murais pqft-r dant lu .cours des travauxideldeaiécbwdent \ tit. iy, des marais après le dessèchement; fit. des/àglbS. pour le paiement des indemnités, dtmv p&r fos pro-i priétaires, en cas de déposseffiiion; fo,,\Vl■> deJa. conservation des travauxde dessèchement ;**£«• VU, des travaux de navigation Ÿ dets : routes, des ponts, des rues, places et quais dana les yiUes»,.des digues, des travaux de sàiubrite dans les^prumunes ; tit,< Y-III, des tnavansc deuroute et de Tt*vfl}£tkui relatifs ù l'exploitation (fos forêts : et mipiares ; tit- IX, de la confession .de divçrs objets dépendant du domaine; tit. _Sf,dfe l’orgauisatioii et des attributions des, coin missions spéciales ; tit. XI, des indemnités aux propriétaires pour occupation de terrains; tit.^XJI, des dispositions générales, qui révoquent toutes-les lois «intérieures en ce qu’elles contiendraient de. contraire éi la présente-loi. V. un extrait de oette loi .(LMiilecueileX, aussi Rpfifes, Travaux, Seqiistet Plantations Mn ,i ovl MAKALjDAliR,, Stjrte dé\fol,,de pillage, que commettent les soldats dans les campagnes, On a appliqué ce mot au vol de même nature que de* particuliers peuvent commettre,.ni L’art, , 36 idu: tit» lldp.la fondu 28 septembre «791, sur la pôlice rurale, porte que fo maraudage ou enlèvement de. bois fait à dos d’houune dans les bois taillis ou futaies, ou autres plantations d’arlwesdes particuliers 011 : communautés, sera puni d’une amende double du dédommagement dû au propriétaire, et que la peine de la détention pourra être la même que celle portée en l’art. 35 , qui est de 3 mois. Mais le vol de fruits détachés et gisans sur place, ou de bois coupé et exposé à la foi publique, me peut être-.considéré nomme un simple délit de maraudage ; c’est un crime de la, compétence des cours d’assises. {vdfV'. de la C, de cass., des 10 avril 1807, 17 février 1809, 21 février 1812, 27 février * 8 * 3 , rapportés daas.fo'jRÿ/idrf. de jurispr., au mot Maraudage J . . h: - :• ... Lasart. 34 i 35 et 36 dp,tit,, II de la loi du 28 septembre 1791 ,• tbbt sur le maraudage des fruits de la terre que sur lo maraudage et enlèvement de bois, ne sont point abrogés par l’art. 401 du Code pénal de iüioJs(Arr. de la C , de cass., du 19 février 181 3 , au même FiicueiL ) O» doit considérer comme simples délits de ma- raudagolesiVQls,de productions de la terre commis dans la, campagne,, et tels qu’ils sont spécifiés par la loi du a8>septembcti,i79i. L’est dlaprèa-co,principe que la cour de cassation a , par un arrêt du 22 mars ^,816, annulé un arrêt de cpurld’asaises’, qui avait condamné à 1* réclusion ^.particulijep.pojifr aivolr-enlf v é» la qpit, plusieurs de.Cûoisetteÿrqu’ili.avait-^tieillies.dans un terrain! non clos. V. tlfcu* notre Xecueil^oô 1 -'nù oc \a< MARCKAL (|S AUfoB-NjV^.&m/e, m^MARCHAJSm DE , BOIS ET 0 MARCHANDISES. Les marchandsjdé l}oi$ sont cepxqui se livrent au commerce du bojs. Les 4 ev olrs, la responsabilité et les droits des adjudicataires dè& congés sont détaillés, aux mots r^djudicqtcp.fe, -Adjudication , Caution , Çommandj Délit, Enchère , Jtxploi- M,*VR tatipm^^foins, dpmffMfày.Qçcokment, Ti.er comprit, ^rtfol^qà^çp.r^pprtçBÇ a.ux adjudife- ...-U ;,'h mu .:! 4 , ,L.c.-, ih i ! . 9 Pn,appelle;! fofqhénfoses en ïoretp les^bqjs fa- çonn^nrt^rdj&ë.j en bojs, d’œuvre et çîiarpen{e- Les ymfcbanJ? de bois; doivent.avoir .plusieurs cqonaissaiLcqs , d Q f lt lesqirincipales sonf : ,i“ v ce/^e des usages des différentes espèces de bois^ suidant leurs ditQÇBfSiQrisi?.?, cejfe des bois ceuvfés qpl spnt les plus leçVeffikés ; jf)ici l’ordre de t qqalil ( é4 ans lequel elles sont rangées pour la fabrication du charbon, par M, de Perthuis : çhar^q, Itetr 0 ,» orme, chêne, frêne, châtaignier, érable, cçudrîér, platane, arbres résineux , saule-marceiji'j bouleau , tremble, tilleul. Niais si l’on consulte .les expériences,,Har- lig et de AYerneck, que nous avons rapportées au mot Charbon, et qui font connaître la quantité rés- que tes bois doivent se ranger dans l T ordrç! suivant sycomore, érable champêtre, charraè 4 £rèrie,pm sau- sa- au avoir vage, chêne, alizier, orme, bouleau/mélèze, : pin, épicéa, tilleul, aune, saule^peuplier..Ç’ésfj surplus, aux usages locaux qu’ua ; intir;hànd qoit av égard. V . . ' Bois de chauffage. —Ml de PeVtl iuî^étab|it ainsi l’ordre décroissant dç leur qiiaïile^gqur^^usage : orme, chèue, frêne, çhanm î, liêtre, chataic ’iner ( 1 ), érable, platane, * vpreau, arbres r^me.u^ atine, frern^e ^til- ieul, peuplier noir, marronnier* peuplier commun, saule, peqplier d’ItaiW,' J .* ? ", . Cet ordre est celui que ^’opijtioif' aj^éxê.l'hnaîF.ies exRçr^cas. de % "" , " 1 ■ ' • ■ ». 1 ! ira vt'.iin i uiij ah «üniii — (1) Fendu, le drûtaijpùer pétille a» fewije^peit oacaiion- nerdes iucendies ;en j^udins ^ ifa’eiapps - (a) Fendu, il pétillé au leu. * ‘ * ■p) Fendu, il peidtë au ftt prfelqnleHftitairtdplWe’tnà- taîgnier. - di n 9t. u-ionoïc; mcz en li np r 14 ). Ces l>ois répandent une *i»t)vsise’/>dewr dwdes ap- paifemens. , ,j 520 MAR MAR lées au mot Bois, p. 43* * en établissent un autre. C’est celui-ci, dont le tableau se trouvé, p. 447) au môme article : sycomore, pin saurage, frêne, hêtée, charme, alizier, chêne-rouvre, mélèze, orme, chêne à grappes, épicéa, bouleau, sapin commun, saule- marceau , faux acacia * tilleul, tremble, aune , peuplier noir, saule blanc, peuplier d’Italie. Bois aauvrës dans les constructions navales. — Les arbres-futaies dont on peut tirer les bois propres à fabriquer les principales pièces qui entrent dans la construction des vaisseaux, sont : le chêne pour le « orps du vaisseau; le sapin et le pin pour la mâture et les bordages; le mélèze pour le corps du vaisseau ; le hêtre pour la quille , et même pour les bor- dages de fond , à défaut de chêne; l’orme, pour les corps de pompe.' V. Marine. Charpentes des grandes constructions civiles. — Les arbres-futaies dont on peut tirer les bois propres à ces constructions, qui exigent des dimensions plus ou moins grandes, sont : le chêne, le châtaignier, le pin. Quant aux accessoires des grandes usines, les bois suivans y sont employés : l’orme pour les aiguilles; l’orme et le noyer pour les écrous, les plateaux de lanternes; le cormier, l’alizier et le pommier pour les fuseaux et lesalluchons de lanternes; l’orme, le cormier, .l’alizier et le charme pour les vis. Constructions civiles, ordinaires et communes. — Les arbres dçnt.on peut tirer la charpente nécessaire à ces constructions, sont : le chêne, le châtaignier, les arbres résineux , l’orme, le cormier, l’alizier, le merisier, l’ypréau, le tremble, le peuplier commun. Merrain à tonneaux et à bateaux. — On ne peut tirer de bon merrain que du cœur de bois de chêne , choisi dans les arbres d’un accroissement parfait. A défaut de chêne, on peut faire du merrain avec le cœur de hêtre, qui n’a pas la même qualité, mais qui a la propriété 3e conserver plus long-temps les vins délicats et faibles. V. Merrain. Lattes à jalousies, à ardoises, etc. — Cœur de chêne pour la première qualité, du châtaignier pour la deuxième, des bois blancs pour la troisième. V. Lattes. Boissellerié, mesurés de grains, caisses de tambours, cercles a cribles et à tamis, moules à fromages, etc. — Lés deux premiers articles se tirent exclusivement du'cééhr3) porté que le martelage pouf'lé 1 service de fa‘marine atira lieu dans lfes bois des particuliers , taillié , futaies , avenues, lisières, p4rcs, ait sur les arbres épars; que la Coupe des arbres marqués sera soumise aux règles observées pour les bois domaniaux ( art. 7 ); que lè paiement s’éffectttera avant l’enlèvement, qui ne pourra être retardé que d’un an après la coupe {art. 8); qu’en conséquence tout propriétaire sera tenu, dans le cas d’une urgente nécessité 1 , de faire, six mois d’avance, devant le conservateur des forêts, la déclaration des coupes qu’il a l’intention de faite , et que le conservateur en préviendra l’agent maritime {art. 9). V. Bois des particuliers. VII. L’arrêté du gouvernement, du 28 floréal an 11 (18 mai i8o3) , contient un réglement sur le service de la marine , et porte que les arbres dans les forêts domaniales seront payés à l’adjudicataire d’après le tarif inséré au cahier des charges , et pour les courbes d’après l’arrêté du 29 vendémiaire an 11; et que ceux marquas dans les bois des communes et des particuliers seront payés au prix qù'i sera réglé de gré à gré ou à dire d’experts. VIII. Un autre arrêté du gouvernement, du 24 messidor an 1 1 ( (3 juillet ioo3)‘, ^ autorisé une coupe de pins et sapins dans les forêts domaniales, communales, d’établisserfiens publics et de particuliers, situées à 3 myriam . des rivières flottables et navigables, et ordonné que le prix des arbres appartenant aux particuliers serait payé de la manière prescrite par l’arrêté du 29 vendémiaire an 11. IX. Un arrêt de la cour de cassation, du 7 novembre 1806 , porte que le propriétaire d’un bois, dans lequel il a été marqué des arbres pour la marine, 11e peut en disposer qu’un an apnès qu’ils ont été abattus , et que cet abatage a été notifié aux agens de la marine. X. Un avis du conseil d’état du 18septembre 1807, porte que la permission donnée aux propriétaires de disposer, au bout de l’année, de leurs arbres marqués pour la marine, ne s’applique qu’aux arbres coupés et non enlevés. XI. Un arrêt de la cour de cassation, du 8 novembre 1807, décide que le droit d’enregistrement de procès-verbaux de délivrance extraordinaire à un entrepreneur de la marine èst dû par cét entrepreneur. XII. Un autre arrêt du 22 janvier 1808, que les arbres marqués pour la marine ne peuvent être détournés de leur destination j 1 soüs pretfexté que la réserve n’en a pas été faite lots dé l'adjti datation. XIII. Un autre ‘du 21 juillet 1809^ queléi’ojfficiers de la marine ne peuvent faite ^dé m ges hors des - coupes annuelles, et ii’ôfit pa^'f^'débit de marquer, aU 'profit dfeS adjuditâraH'éS,‘dés 4V1iréi l t:rf remplacement de ceux qui lepir manquent. r XIV. La loi du 9 floréal h’ÏValtfiblfi'tfdéterminé de pëiri'e contre les partièüHerà 'phWr contravention fiux 1 dispositions qu’elié tiênlèîAa&j ? qnpo3Val¥'j>en- ser qu’elle avait imptirifé’ftfé’fi’trîjâiiîtenules dispositions pénales des ahciensf rîéAanàefis/Hfâis la cour de Cassation'en jngéa âU'tférfiêni.C’ést ce' qui' détermina le décret du a 5 avril 1811 . qui fripe lès amendés bp confiscations encôtiirüêè' par les 1 particuliers, tet qui règle d’ailleurs léi fèfnialit'ék à remplir par eux pour lés déclarations 1 déVoldnté d’abattre, et 4a * 532 MAR MAR tout ce qui concerne les martelages* le paiement des arbres, et la poursuite des contraventions. Y. i Buis de particuliers, et le décret au Recueil. XV. Un décret du 25 avril 1812 a ordonné une coupe extraordinaire à faire en 5 ans. dans les forêts domaniales, communales et d’établissemens publics, de chênes, liètres, pins et sapins nécessaires.pour un approvisionnement de 267,000 stères de bois de construction , et fixé un prix, par espèce de bois de construction et de merrain, qui est le même pour les bois dos communes et des établissemens publics, que pour les bois de l’état. Y. ce décret au Recueil. XVI. Un arrêt de la cour de cassation du 12 juin 1812, porte que la coupe d’arbres sans déclaration donne lieu à une amende, qui se règle d’après le mesurage de la souche, si l’arbre est enlevé. XVII. Un autre arrêt du 11 décembre 1812, que les procès-verbaux qui constatent que des chênes ont été coupés sur une propriété particulière sans déclaration préalable, ne sont point nuis, parce que les mesures qu’ils mentionnent ne seraient pas déterminées conformément au système métrique. XVIII. Un autre du a 3 janvier i 8 i 3 , que le propriétaire qui vend un arbre est responsable du défaut de déclaration de la part de l’acheteur. XIX. Un autredu 3 o juillet i 8 i 3 , que le propriétaire d’arbres marqués pour la marine ne peut en disposer, à défaut de paiement de leur valeur, qu’autaut qu’il a donné connaissance de leur abatage à l’officier do la marine, et que depuis celte époque il s’est écoulé un délai de 6 mois. XX. Un autre du 7 mai 1816, qu’un fermier autorisé par son bail à couper les arbres nécessaires à l’exploitation de sa ferme, commet un délit eu coupant un chêne de plus de i 3 décini. de tour sans en avoir fait la.déclaration et sans avoir fait constater l’urgence. XXI. L’oEdonnance du roi du 28 août 1816 , et le réglement du même jour, qui y fait suite, ont réglé toutes les dispositions à observer relativement au service de la marine, tant à l’égard des bois royaux, communaux et d’établissemens publics, que les réglemens rangent dans la même classe en tout ce qui concerne les bois de marine , qu’a l’égard des bois de particuliers. ces réglemens au Recueil. XXII. Une ordonnance du roi du 17 novembre 1819 , porte que des contestations entre un fournisseur de bois de marine et un adjudicataire de coupes des bois de l’état, sur la livraison des arbres marqués du marteau de la marine royale , forment un objet d’intérêt privé que les tribunaux doivent con- naîire{ qu’ils son tjseûls appelés depuis la suppression des-igr*uÉjdea-n*aiti 36 as des eaux et forêts, à prononcer suc lps'difticukésrelatives à la vente et à la coupe des boiti uu'li ou XXl I LUae autre-ordonnance du Roidu 22 septembre 181g 4 porte abraçatioaide l’ordonnance du 28 août jSiû, onoaquLconcerneles boisdesparticuliers. XXIV. Rnfmy. d^Vtrréts. de la cour de cassation des 22février iiôs*>eUki2 décembre 1823, décident que le martelaps ide. la marine place sous la iuain de l’autorité publique, lpsilrbres qui en sont frappés^ qu’il n’estpas pertmsiau propriétaire de-disposer.de ces arbres, quand rbêmeil-pïétendrait que la coupe en a été faite indûment 5 que l’exception portée par le décret du >5 avril 1811 n’est relative qu’aux arbres situés dans les lieux elos et fermés' de murs ou de haies vives, avec fossés; que la confiscation et les autres peines portées par ce décret doivent continuer d’êtrei appliquées. ■ De tous ces réglemens il résulte que le privilège de la marine a constamment été maintenu dans les bois de toute catégorie ; que le prix des arbres avant 1802 , était aussi, pour tous les bois, réglé de gré à grc ou à dire d’experts; que ce mode de {moment a toujours été conservé pour les bois des particuliers; qu’il avait été maintenu pour les bois des communes et des établissemens publics, par l’arrêté du gouvernement du 28 floréal an 1 1, mais qu’il y a été dérogé pour la coupe extraordinaire ordonnée par l’arrêté du 24 messidor de la même; que cependant le même mode a continué d’être observé jusqu’en 1816, où l’ordonnance du roi du 28 août de cette année, a rangé les bot? des communes et des établissemens publics dans la même classe que les bois de l’état, et les a soumis aux mêmes charges envers la marine, ainsi qu’on le voit par les articles 2 ,3 , 4 et 5 de cette ordonnance, et par les articles i“ r ., 9 et 16 du réglement du même jour. On sent tout ce que cette disposition a de contraire au droit de propriété. Le privilège de la marine dans les bois de l’état devait être et a été maintenu en effet par les nouveaux réglemens; mais ce privilège, qui, d’après les anciennes lois, se bornait à un simple droit de préemption, c’est-à-dire à une préférence pour l’achat des arbres, s’est bien accru depuis 1801 T d'abord par une simple clause du cahier des charges* et ensuite par un arrêté du 28 brumaire an « t (19 Novembre 1802) , et enfin par l'ordonnance du roi et le réglement du 28 août 1816, qui ont fixé, pour toute la France, un prix uniforme auquel les bois de marine doivent être livrés aux fournisseurs. En établissant ainsi un prix uniforme et au-dessous de celui du commerce, nlétajj^cc pa$\H>uvri« la porte aux abus , ineltre l’intérêt privé en opposition avec l’intérêt public, exciter la multiplicité des rebuts au profit des adjudicataires ; en yn mot , u'était-ce point exposer la marine à obtenir beaucoup moins de bois que si elle l’eût; payé àtsa valeur? Malheureusement toutes ces questions sont aujourd’hui, résolues par des faits positifs et si généralement connus, qu’on ne peut trop.se hâter de revenir aux dispositions de l’ordonnance de ififig.etdu réglement du 21 septembre 1700, qui veulent cjuolesWis fournis à la marine, même dans .les;,fprêts. royales, soient vendus suivant leur valeur réelle. Nous m’anticiperons point ppr ley observations qui seront sans doute présentées lors.de la.discussion du prOjetide Code forestiers.^ cet.tpbjct; [nous devons nous borner à émettre un. vœu que dicte .l’intérêt, de la marine elle-même, autant que celui du trésor. , XXV. Les bois propres à l’artillerie, à la fabrication de La poudre à canon, font l’objet des dispositions particulières. , Par un décret du i 5 septembre 1809 , il a cté accordé aux ateliers d’artillerie les mêmes droits que ceux dont jouit la marine dans les bois domaniaux , MAR MAR 355 et ce privilège a été confirmé par l’ordonnance et le réglement sera parlé plus loin, les arbres que ses agens reconnaissent propres aux constructions navales , 6oit dans les bois de l’état, soit dans ceux de* communes et des établissemens publics, soit dans les bois des particuliers. Mais il ne s’exerce que dans les coupes ordinaires ou extraordinaires qui ont lieu dans les bois et sur les arbrqs épars qu’on nst-dans l’intention d’abattre, et iluepettt être fuit ittrctlne coupe extraordinaire pour le service de la marine danslesforêts royales, ni dans les- bois-communaux Ou autres, quels qu’ils soient. ( Onsf. durvi, drt’z8 ao&t1816, art. 1 er ., conforme à l 'ord. de 16/69 ; r/r: XXI, art. i er ., à l’arr. du cons., du 21 septembre 1J00, et au régi, du roi, du îG décembt(ÿ<4 • • • /- u.l La reçJteçcÆjç-jdpî Xe«o«<«ee que pouvaient présenter .Jes^.fürètojdcmigéiaies, .pour d'approvisionnement? des 1 chantiers de la marine, a été ordonnée par les cdrciélaires de IfAd-ministration des forêts, deS 28 bruniairean »Oy 8 vèndéit/iaire et >4 nitése a»'1 f, ÎÜne instruction du 20 messidor an 1 t ; , a- (hit connaître les moyens de distinguer les arbres propres aux constructions navales, soit relativement aux essences, àges-et dimensions, soit relativement aux qualitéset conformations: àcetteiustruction sont jointes les figures que nous avons reproduites dans l'Atlas , et dont nous donnons l’explication sous les différentes dénominations propres aux bois de marine. Enfin, une circulaire du 2 pluviôse an i 3 a de nouveau ordonné aux agens forestiers de faire, dans toutes les forêts, la recherche exacte des arbres qu’on pouvait employer à la construction des vaisseaux. Mais ces recherches n’ont eu pour objet qué de donner un aperçu des ressources sur lesquelles on pouvait compter pour les approvisionnemens des arsenaux ; elles sont indépendantes des recherches particulières des agens de la marine, dont nous allons parler. Aussitôt après la désignation et assiette des Rentes dans les forêts royales , l’état de ces ventes est adressé par le conservateur des forêtsà l’ingénieur de la marine , directeur du bassin dans lequel se trouvent les bois. ( Règlent. du 28 août 1816, art. i*«v) Les ingénieurs de la marine et les maîtres et centre-maîtres procèdent sur-le-champ à la recherche et au martelage des arbres propres aux constructions. ( Ib ., art. 2. ) Cette opération se fait autant que possible en même temps que celle des agens forestiers. ( Ib., art. 3 . ) Les agens forestiers ou les gardes sont tenus de guider les agens de la marine dans toutes les parties des ventes. ( Ib., art. 3 , 4 et 5 . ) Les martelages doivent être terminés avant l’ouverture des ventes, et les conservateurs font régler en conséquence les jours des adjudications, sans néanmoins excéder les délais d’usage. {Ib., art. 6. ) Dans tous les cas, il suffit que les martelages aient été notifiés publiquement aux concurrent pour les ventes, avant l’ouverture des enchères, pour que les arbres martelés soient assurés ii la marine aux mêmes conditions que ceux dont le martelage aurait été indiqué dans les affiches des ventes. [Jb., art, 7. ) Kota. Celte disposition, /;/// peut dér^ngér fes é.stlrn.iiioîis des enchérisseurs, ne s’exécule heurenkementphS.-• - ii-ilni ;- -j( Les maîtres, contre « maîtres -et aides/ dressent, chacun dans les lieux qui leur-sont affectés;: l’état des arbres qu’ils ont marqué»/;(// 5 .; art. 8.) Cet état est accompagné d’un procès-merbal de martelage, signé des partie» présenter; tillefi -fest adressé deux expédition» à -l'inspecteur forestier.,- une fi l’ingénieur directeur, et-uaq au maire ; s’il S’agit d’un bois communal/ (dbÿ art. 9. 1 ) ls f Dans les trois mois; le directeur de.la marine adresse au ministre de «/ département le' bordereau général des martelages, \lb., art. iO.) 10:.. t Les arbres marqués pour merrains étant abattus, l’agent de la marine fait choix de ceux propres au 10 1 Jiioi f lOili> MAR 334 MAR service , et il en dresse un état, en se conformant à ce qui est prescrit aux articles 9 et 10. ( Règlent, du 28 août 1816, art. 11). Les agens de la marine peuvent par de nouvelles visites, pendant et après l’abatage, marquer les arbres propres au service qui auraient échappé à leur premier examen. ( Ib., art. 12.) Il ne doit être réservé , pour baliveaux, dans les coupes, que des arbres susceptibles d’accroissement et capables de supporter une nouvelle résolution tout entière. ( Ib., art. j 3 .) Nota. On réserve souvent «les arbres Agés ou de mauvaise ve.nue, sur-tout dans les coupes dites d’ensemencement, lorsqu'ils sont riches en semences et qu'ils peuvent par conséquent bâter le repeuplement naturel. Une disposition qui contrarie ce moyen de régénération n’est pas forest'ère. raient des vices après l’abatage et l’ébranclienient , il est fait deux visites en forêts par lés agens de la marine ; l’une après l’abatage, l’ailtre apres l’équarrissage. (Réglem. du 28 août 1816, art. 22.) Il est donné main-levée aux adjudicataires des arbres reconnus viciés, et ils peuvent alors en disposer à leur gré. (Ib., art. 23 .) A ota. Dans le système actuel, où les arbres de marine sont payés suivant un tarif dont les prix sont au-dessous de ceux du commerce, et où les adjudicataires sont tenus de les faire abattre, équarrir èt transporter A une distance qui peut aller jusqu’à 7 lieues, dont 5 sont à lenr charge, cm sent combien lea adjudicataires sont intéressés à employer tous leurs moyens pour faire multiplier les rebuts, dont ils tirent ensuite pin grand parti. Il n en serait pas de même si les arbres de marine , rendus aux dépôts , étaient payés à l’adjudicAtajre A leur véritable valeur. Les ingénieurs de la marine peuvent faire contre- marquer à i 5 centim. de la racine les arbres mis en reserve, s’ils donnent des espérances, et il en est dressé un état particulier. ( Ib., art. i4- ) Us peuvent même s’opposer à ce que des arbres en pleine maturité et qu’ils reconnaîtront propres au service, soient mis en réserve. (Ib., art. i 5 .) Nota. La destination principale des arbres de réserve, est d’assurer le repeuplement des coupes, et c’est aux agens forestiers seuls que le droit de choisir ces arbres doit appartenir. Il est contraire à tout principe que le privilège de la marine puisse s’étendre juscpi’A paralyser l’action des agens clwrgés de l’entretien des forêts. Art. II. Exploitation et transport du bois de marine. Les adjudicataires des ventes royales, communales et d’établissemens publics, sont tenus de faire abattre et équarrir, sous l’inspection des agens de la marine , et d’après leurs découpes et lignages, tous les arbres martelés pour les constructions navales, sous les peines portées par les lois , et notamment par l’arfèt du conseil du 23 juillet 1748, qui ordonne une amende de 3 ooo fr., et la confiscation des bois en cas de contravention. ( lb., art. 16.) Il lèur est interdit, sous les mêmes peines, de distraire aucun des arbres martelés, et d’en disposer de quelque manière que ce soit. ( Ib., art. 17. ) L’abatage des arbres destinés à la marine doit toujours être fait avant le I er . avril; ils restent en grume dans leiîr écorce pendant un mois, avant d’être travaillés; l’équarrissage et le transport s’effectuent immédiatement'après. Les arbres destinés à la fabrication des merrains seulement sont livrés en forêts. (Ib., art. 18.} Les' Adjudicataires sont tenus de faire conduire toifs les arbres martelés (à leurs frais) aux ports les plus v6isliîfc ; des dieux d’exploitation. (Ib.,art 19.) La distance à pariourir depuis la coupe jusqu’au lieu du dépôtque! qu'il soit, ne doit pas être de plus de 3 inyriam. et demi ( 7 lieues), dont 2 my- riam. et demi seulement sont à la charge de l’adjudicataire, et le surplus lui est remboursé ainsi qu’il est dit à l’articîë 29 'ci-après. (:Ib., art. 20. ) Il ne doit êtrè délivré aucun congé de cour aux adjudicataires, qtt’autant qu’ils ont rempli toutes les charges relatives à la marine; ( Ib., art. 21. ) Pour éviter âtix adjudicataires les dépenses d’é- qüarrissége et de transport des arbres qui présenteArt. III. Recette , prix et mode de paiement des bois de marine. Tous les bois de bonne qualité étant rendus sur les dépôts ou ports flottables, sont livrés par les adjudicataires au fournisseur général de la marine qui leur est indiqué par l’ingénieur directeur. { Ib., art. 24. ) Les agens de la marine dressent des procès-verbaux des pièces ainsi reçues. (Ib., art. 2 , 5 . ) Ils en délivrent un état par espèces à l’adjudicataire, et un autre au-fournisseur général. (Ib., art. 26.) Cette recette, qui n’est que provisionnelle pour le fournisseur envers la marine, est définitive pourlui à flégard de l’adjudicataire. (Ib., art. 26.) Le directeur adresse au ministre de la marine le bordereau de recettes provisionnelles. (Ib., art. 27). Les bois de cliène ainsi reçus sont payés à l’adjudicataire par le fournisseur général, savoir : Le stère de la première espèce, ci. . . 48 fr. 18 c. Celui de la deuxième idem . 4 o 88 Celui de la troisième idem . 33 58 11 est ajouté à ces prix une prime pour chaque stère de courbes livré , savoir : Pour les ports de l’Océan. Première espèce... 32 fr. Deuxième espèce... 21... Troisième espèce... 10 ... Pour le port de Toulon. . . . 14 fr. . . . 10 ... ^(Ib.jart. 28.) Sont également ajoutés 3 fr. parstèreet par chaque demi-myriam. (ou lieue) de distance au port flottable ou au lieu du dépôt, au-dessus de 2 myriam. et demi ; en sorte que si les bois parcourent 3 myriam., on ajoute aux prix principaux 3 fr. par chaque stere; si la distance est de 3 myriam. et demi, le supplément du prix est de 6 fr. par stère, ( Ib .^ art. tip, ) Les articles 3 x, 32 et 33 sont relatifs à la lotir- niture des arbfes marqriës pour mettait}; mais ces arbres pouvant être fournis facilement 4 >ar le Commerce, la marine a renoncé au droit- dé les prendre dans les ventes. Elle a également renoncé à la faculté que le cahier des charges lui avait accordée de prendre des arbres pour gotirnables. Les fournisseurs de la mariné'paient comptant aux adjudicataires les bols que ces derniers leur M Ail MAR §35 ont livrés, savoir : un quart en numéraire au moment de la livraison au lieu du dépôt ; çt Jes trois autres quarts, par tiers, en traites à 3 , 6 et g.mois d’échéance. £ Règlent , du 28 août 1816, art. 84. ) Le fournisseur général de la marine, dans chaque direction, est tenu d’acheter les bois ainsi martelés et livrés , dans les 6 mois qui suivent leur arrivée sur les ports flottables ou sur les dépôts. (Ib., art. 35 . ) Si & cette époque il ne les a pas achetés, l’ad- judicatalrp peut.deinander que la recette et l’achat s’en opèrent dans le plus court délai possible. ( Ib., art. 36 . ) Enfin , après l’expiration du délai spécifié par l’art. 35 , l’adjudicataire peut obtenir la main-levée des bois qui n’auraient pas été reçus et acquis, en justifiant de l’époque de leur arrivée sur les dépôts. f Ib., art. 3 7. ) Sa demande en main-levée est transmise par le directeur au ministre de la marine, et si, 3 mois après, la marine^ n’a pas fait enlever les bois et assuré leur naî^mêni à l'adjudicataire, celui-ci est libre d’en disposer. ‘Jjlb ., art. 3 g.) Nota. On voit que l'adjudicataire peut attendre, d’abord 6 mois pour que.ip fournisseur prenne livraison des arbres, et ensuite 3 mois pour recevoir la décision ministérielle, sur le refus de ce fournisseur, et qu’enfin il est possible que ces arbres façonnés pour la marine, transportés pour elle, de- venns impropres à beaucoup de services, et éloignés des lieux où la venté's’en serait faite au commerce, restent à l’adjudicataire, qui a supporte' tant de frais et l’ennui de tant de formalités.- r: Les art. 4 o, 4 1 » 4 2 > 43 et 44 du réglement du 28 août 1816, donnent au ministre de la marine la faculté d’autoriser la recette et le transport des bois dont le fournisseur aurait refusé de prendre livraison , et d’assurer le» paiement tant de ces bois que des traites délivrées aux adjudicataires. L’art. 45 porte que les bois marqués par la ma - rine après l’adjudication seront considérés comme bois particuliers , et en conséquence acquis et reçus de la manière dêfèrmiéée pour les bois des particuliers. L’art. 46 ordonne que les clauses relatives à la marine seront insérées au cahier des charges. § 3 . — Bois 'des communep et des établissement publics. Nous avons déjà traité des droits de la marine dans les bois des communes et des établissemens publics , à l’article des Bois communaux (V. le § 5 de cet article , t- I er .., p. 3 y 4 ) 1 et nous avons dit que ces droits, étaienJ; les mêmes qu’à l’égard des bois domaniaux : cela résulte,des art. 2, 3 , 4 et 5 de l’orcfofinattce tUi 28 août 1816,et des art. 1“., 9 et 16 dtfréglement du même jpur. Ainsi tout ce qui est prescrit pour le martelage, le transport, la recette , Ip. prix et le paiement des bois de marine provenant 4es coupes royales, s’applique aux bois des communes et des établissemens publics. Nous avons fait remarquer à l’article déjà cité, que le prix des bois , qui, d’après les anciens régle- inens, et l’arrpté du 28 floréal an 11 (18 mai » 8 o 3 ), devait être réglé de gré à gré avec les parties intéressées, était aujourd’hui fixé par le tarif, de même que pour les bois de l’état. C’est en effet ce qui résulte clairement des articles 4 et 5 de l’ohdonnance du 28 a,pût J^iô, dont l’un défend aux adjudicataires dçs ventes royales, communales et des éta- blissemêus publics, de distraire les arbres marqués pour la ûfarine, sous peine de 3 ,000 fr. d’amende, et l’autre porte que qes adjudicataires seront tenus de les vendre et livrer au fournisseur de la marine , suivant les prix et conditions du cahier des charges, et établis par un réglement général. Or, ce réglement, rendu le même jour , a fixé le prix des arbres de marine par son article 28, et il n’a, dans ses articles postérieurs, déterminé aucun autre prix pour les arbres tirés des bois communaux et des établissemens publics. Cependant, comme cette ordonnance et ce réglement 11e parlent que des coupes adjugées, on est dans l’usage, à l’égard des coupes qui se délivrent pour l’affouage, de régler, à dire d’exj>erts, comme le voulait l’arrêté du 28 floréal an 11, pour toute espèce de coupe, le prix des arbres que la marine prend dans ces coupes affouagères. Mais pour les unes comme pour les autres , il serait juste d’en revenir à l’exécution de l’arrôté précité , et de traiter les communes et les établissemens publics h l’instar des particuliers. Les martelages ont lieu, dans ces coupes, de la même manière que dans celles de l’état. ( Ord. de 1669, tit. XXI , art. i er .— Arr. du Cons., des ai septembre 1700, art. 1 et a, a 3 juillet 1748, 23 juillet 1754 e? i er . mars 1757.— Ord. du roi du 28 août 1816, art. a et 4 - — Règlent, du même jour , art. I er ., 2, 3 et 9.; Une copie du procès-verbal de martelage est remise au maire de la commune propriétaire du bois ; et, pour les bois des établissemens publics, aux administrateurs de ces établissemens. ( Règlent. du 28 août 1816, art. 9. ) Lorsque des coupes extraordinaires doivent avoir lieu dans les bois communaux, les conservateurs des forêts donnent connaissance au directeur du bassin dans lequel est compris le département de la situation des bois , des propositions qu’il adresse à l’administration pour autoriser ces coupes', afin que les agens de la marine aient le temps d’opérer leurs martelages par avance. ( Circul. du 14 mai 1808.) L’abatage d’ailleurs 11e doit avoir lieu que sur un certificat constatant la visite des agens de la marine. ( Circul. du I er . février 1811.) L’ exploitation et le transport des arbres marqués dans les coupes adjugées, se font par le^soins des adjudicataires, qui ne peuvent les distraire de leur destination, à peine de 3,000 fr. d’amende. (Ord. du 28 août 1816, art. 4 , conforme à l 'arr. du a 3 juillet 1748. ) § 4 - — Bois des particuliers. ■ Comme nous avons expliqué, à l’article des Bois des particuliers, toutelalégislalionsurles obligations imposées aux propriétaires relativement à la marine, nous renvoyons à cet article, t. 1, p. 3995 nous observons seulement que , depuis la rédaction de cet article, deux arrêts delà cour de cassation, des 22 MAR MAR 556 février 1822 et 12 décembre 1823, ont décidé que le décret du i 5 avril 1811 , conserve toujours ses effets, quant aux peines qu’il prononce. SECTION II. — Des moyens proposés rouit as- I SUREK LES APPROVISIONNEMENTS DE LA MARINE, ET POUR CONSERVER ET AMÉLIORER LES BOIS DE CONSTRUCTION. La rareté des bois propres aux constructions navales a fait proposer , en divers pays, des moyens de multiplier, d’améliorer et de conserver ces bois. Nous indiquerons et nous discuterons ceux de ces movens qui nous sont connus , dans l’ordre et sous les titres suivans : 1°. Affectation à la marine d’une partie des forêts de l’état ; 2 0 . Moyens d’élever des bois pour la marine et de leur donner les courbures recherchées pour ce service ; 3 °. Ecorcement des arbres à abattre ; 4°- Saison d’abattre.; 5°. Conservation des bois abattus $ 6 °. Carbonisation considérée comme moyen de conservation ; 7 0 . Procédé pour améliorer et cintrer les bois. Titre 1 er . — Affectation d’une partie des forêts de l’état au service de la marine. O11 trouve, dans les Annales maritimes et coloniales , année 1822, un mémoire de M. Bonard, ingénieur-directeur de la marine, qui a pour objet, i°. de démontrer la nécessité d’alfecter au service des constructions navales une portion des forêts de l’état, qui serait composée de 100,000 hectares de futaies peuplés en chêne, et de faire déclarer par une loi cette réserve à jamais inaliénable ; 2 0 . d’appliquer à l’exploitation de ces futaies le système des éclaircies et les procédés indiqués pour favoriser, dans l’éducation des arbres, les courbures recherchées par l’architecture navale ; 3 °- de confier la régie desdits bois aux agens de l’Administration forestière les plus instruits dans la pratique des éclaircies ; 4 0 . de dégager, un jour, les bois des particuliers de toute gêne contraire au droit de propriété. L’auteur présente des observations sur la rareté toujours croissante des bois de construction , sur les plaintes des propriétaires particuliers relativement au privilège de la marine , et sur la nécessité, pour le gouvernement, de s’occuper des moyens d’assurer les besoins futurs de ce service dans les propriétés mêmes de l’état. Il fait remarquer que la disparition qui a eu lieu depuis 3 oans d’une immense quantité de futaies, a pour causes les désordres de la révolution , les défrichemens, les coupes extraordinaires, les aliénations, les dégradations occasionnées par les invasions des étrangers, les délivrances faites aux communes d’une partie de leurs quarts de réserve pour alléger le poids de leurs charges et les exploitations que des besoins urgens ont tait faire dans les bois restitués aux anciens propriétaires. Le concours de ces circonstances a réduit à un dixième la quantité des hautes futaies peuplées de bois durs que la France possédait avant la révolution. Plusieurs considérations déterminaient autrefois quelques familles à conserver des futaies : tels étaient les titres et privilèges affectés à certains domaines, le droit d’aînesse et les autres principes qui empêchaient le morcellement des héritages ; enfin le désir de conserver et de transmettre , par la religion des souvenirs , une illustration qui avait été reçue avec ces antiques forêts. Ou éprouvait moins de tentations d’abattre, parce que moins de charges pesaient sur les bois , et que d’ailleurs l’industrie , moins active que de nos jours, n’avait point encore donné à leurs produits un emploi aussi multiplié et un prix aussi élevé. Aujourd’hui, tous les bois sont soumis à l’impôt, les évaluations augmentent en raison de l’àge, et la conservation et la croissance sont taxées, comme si l’on voulait empêcher les propriétaires de conserver et de laisser croître leurs bois : aussi la comparaison du produit des terres avec celui des forêts, et qui est tout à l’avantage du premier, pousse-t-elle les particuliers à défricher, etiln’v a que la puissance de la loi qui les arrête; muis comme aucune puissance législative ne les oblige à conserver des futaies jusqu’à l’âge où elles seraient utiles i la marine , on pense bien que les bois des particuliers sont absolument hors de ligne pour ce service. Les bois d’origiue domaniale, qui, par l’effet des aliénations , passent dans le domaine privé, sont perdus d’une manière plus absolue encore pour les besoins de la marine; car les acquéreurs les rasent a blanc étoc , pour retirer leurs capitaux, qu’ils se hâtent de lancer dans d’autres spéculations. Après avoir parlé des bois des particuliers, M. Bonard établit la preuve de la diminution continuelle des futaies dans les forêts royales et communales, il fait remarquer qu’il n’est presque point un plan de finances qui ne pousse à une aliénation, et que tant que le gouvernement ne se sera pas lié lui-même les mains par quelque institution qui empêche la nation de dévorer son avenir, .on aura tout sujet d’appréhender que de nouvelles masses de forêts ne se détachent du patrimoine public et ne subissent la destinée commune. Le nombre des arbres d’esjérance diminue de plus en plus, ainsi que le constate le recensement de ces arbres, fait d’année en année, et sous ce rapport, quelques dép.irtemeus arrivent au dernier degré d’épuisement. La marine militaire cessera d’être possible en France, ou du moins elle y sera dans un état précaire et voisin de la nullité, dès que les forêts du royaume ne pourront plus fournir qu’une faible partie des bois nécessaires à ses constructions ; car, outre les inconvéniens de verser des sommes considérables à l’étranger, de payer plus cher à raison des transports, et d’avoir souvent des bois d’une qualité inférieure à ceux de notre sol, nous serons exposés, en temps de guerre, à voir nos arrivages interceptés par les croisièies ennemis. C’est donc v liez nojs et dans nos propres forêts qu’il faut nous ménager des ressources pour tous les travaux publics, et c.’est par suite de cette nécessité que l’auteur propose d’affecter par une loi, et à perpétuité, au service de la marine une certaine étendue de forêts propres à l’éducation en futaie, composées de bois durs et sur-tout de chênes, et qui seraient traitées suivant le système des éclaircies : le surplus des forêts pourrait être exploité de la manière la plus utile sous le double rapport des pro- MAR MAR duits en combustible et en argent. Un tel projet, dit l’auteur, aurait pour résultats d’affranchir de toute gène la culture et le commerce des bois, et d’assurer une conquête à la puissance maritime. Il ne pense pas que les baliveaux sur taillis puissent jamais fournir de grandes ressources pour les constructions, et il fait à ces arbres tous les reproches que nous avons analysés et discutés dans le chapitre VI de notre article Aménagement. On a, dit-il, une expérience saillante du mécompte qu’of- ire ce genre de réserves dans la grande coupe autorisée par décret du a 5 avril 1812. Un recensement général des arbres de 5 pieds de tour et au - dessus ayant été ordonné, il en résulta une apparence de ressources immenses , que le Moniteur annonça pouvoir fournir à la construction de plus de mille vaisseaux de ligne ; mais on trouva qu’il n’y avait qu’une fraction infiniment faible des arbres recensés qui fût propre au service, et les départemens les plus boisés ne donnèrent le premier cinquième de leur contingent que difficilement et au grand préjudice des forêts. 11 est telle inspection forestière qui s’était annoncée pour vingt mille arbres, et où l’on n’en trouva pas quelques centaines. Ces observations sont exactes, et nous pouvons ajouter que, quoique le territoire de la France s’étendit alors depuis Rome jusqu’à Hambourg, on ne put, dans cette livraison, fournir à la marine qu’en- viron 4 2 > co ° stères de bois , et que par-tout les agens forestiers déclarèrent qu’il était impossible de faire une seconde fourniture semblable. Le système des éclaircies appliqué aux futaies serait combiné avec les procédés qui ont été indiqués depuis long-temps pour donner aux arbres, dès leur jeunesse, les courbures recherchées par les constructeurs de vaisseaux; l’administration de ces futaies resterait confiée aux agens forestiers, qui, n’étant plus distraits par aucune vue étrangère au grand objet de la destination des arbres , s’attacheraient à les conserver et à favoriser les conformations précieuses qui se manifesteraient fortuitement. L’auteur traite ensuite de l’étendue à donner à la dotation , et des produits qu’on peut en obtenir. Il prend pour base de nos besoins en bois de marine l’état des forces navales qui avait été arrêté par Louis X\ I en 1786, et il trouve que ces besoins exigent la consommation annuelle d’un million de pieds cubes de bois de chêne ( 34 ,000 stères); ce qui suppose le besoin de 45,000 arbres reçus dans les ports , ou de 60,000 arbres martelés en forêts, à cause des rebuts. Il pense que , vu le résultat favorable du système des éclaircies , on peut compter que les quatre cinquièmes des arbres composant la réserve à l’âge de 120 ans, présenteront la conformation et les qualités requises pour être marqués postérieurement par la marine. Mais, dit-il, chaque hectare pouvant, d’après les règles du savant M. Hartig , contenir , à 120 ans, environ 600 arbres, il faudrait que la superficie en exploitation fût annuellement de 5 oo hectares ; et comme l’âge de la futaie devrait, pour sa grande perfection, être porté à 160 ans, époque finale à laquelle l’hectare ne contiendrait plus que 120 arbres en plein développement, l’affectation entière Tome II. serait de cent soixante fois 5 oo hectaresou de 80,000 hectares,ou, mieux, de 100,000 hectares, à cause des non-valeurs possibles et des besoins extraordinaires. Le mémoire de M. Bonard, dont nous ne présentons qu’une briève analyse , est un monument précieux par les renseignemens utiles , les connaissances étendues et les honorables intentions qu’il renferme; et comme il ne nous appartient point de discuter la question de savoir si le gouvernement doit avoir recours à une loi pour s’interdire à lui- même la faculté d’aliéner les 100,000 hectares qui formeraient la réserve de la marine , nous nous bornerons à présenter quelques observations sur les ressources présumées de ces 100,000 hectares de futaies et sur la possibilité de composer cette réserve. i°. L’auteur rappelle que , d’après M. Hartig, il doit rester, à 120 ans, environ 600 arbres par hectare. Cela est vrai pour une futaie bien garnie et qui réunit toutes les conditions supposées par le forestier allemand ; mais dans la plupart des futaies, et sur-tout dans celles qui ont été traitées comme celles de France, il arrive souvent qu’on ne peut, à cet âge, trouver plus de 100, 120 ou i 5 o arbres à réserver. V. notre article Aménagement, et à la suite de cet article le Mémoire de M. Lintz sur la forêt de Kirkel. 2°. Il s’agit, dans la règle posée par M. Hartig , de procurer le repeuplement naturel de la forêt soumise à son système d’exploitation , et l’on sait que les arbres les plus riches en semences sont ceux que l’on préfère pour cet objet ; mais ils ne sont pas toujours les plus propres aux grandes constructions. 3 °. M. Bonard, en rectifiant dans un second mémoire une erreur qui lui était échappée dans le premier, sur la proportion des arbres à rebuter , annonce qu’elle ne sera que d’un arbre sur 4) parce que dans ces futaies convenablement traitées les arbres présenteront beaucoup moins de vices que dans les forêts soumises au mode d’exploitation actuel. Nous ferons remarquer , à cet égard, que plus les futaies sont tenues dans un état serré, comme doiventl’être les futaies traitées par éclaircies, moins elles fournissent de bois courbes, qui sont lespièces les plus rares et les plus recherchées par la marine. Cet inconvénient sera sans doute compensé par un plus grand nombre de pièces droites et par les courbures que l’on pourra former à l’aide des moyens artificiels que nous indiquerons plus loin. Mais une objection plus sérieuse sur les produits évalués par M. Bonard se présente : la réserve arrivée à 160 ans ne sera pas uniquement composée de chênes et de beaux arbres , il s’y trouvera des hêtres et des arbres d’une dimension et d’une conformation peu avantageuses, qu’on auraétéobligé de conserver pour maintenir l’état serré de la forêt et en assurer le repeuplement naturel, qui sont le grand objet de la méthode des éclaircies. Il est donc certain que la perte, évaluée à raison d’un arbre sur 4 , est bien au-dessous de la réalité. 4 °. Si nous admettons avec l’auteur qu’à 160 ans il y aura 120 arbres à exploiter, nous trouvons encore un mécompte. En effet, 100,000 hectares divisés par 160 ans ne donnent que 625 hectares à exploiter par année, et ces 625 hectares, multipliés par 43 358 MAR M A R 120 arbres, ne donnent que 75,000 arbres, qui se réduisent à 55 ,000 par la soustraction du quart , mais qui doivent se réduire à une quantité bexu'cmip moindre, si on admet une plus juste appréciation des rebuts. Tous ces mécomptes autorisent à penser qu’une réserve de 100,000 hectares serait insuffisante pour atteindre pleinement le but proposé. Nous convenons que les arbres de ces futaies se- ront plus beaux et mieux conformés que ceux sur lesquels la marine exerce aujourd’hui son privilège; mais quand on considère que sur i 5 à 1,600 milliers d’arbres qu’elle est appelée à visiter annuellement dans les forêts de toute catégorie, elle n’en marque que de j 5 à 80,000, on est forcé de conclure, ou qu’elle 11e marque point tout ce qu’elle trouve d’utile , ou qu’il y a une énorme quantité d’arbres que son service repousse. Elle ne fait point, il est vrai, de martelage dans les lieux éloignés des rivières navigables , et elle ne marque dans les bois des particuliers qu’environ le trentième des arbres qui lui sont déclarés, soit parce qu’elle serait obligée de les payer à dire d’experts , soit parce que ces arbres sont en effet de trop faible dimension ; mais toujours est-il certain que la proportion entre les arbres visités et ceux marqués est énorme et sans aucun rapport avec celle qu’on suppose devoir exister à l’égard des futaies éclaircies. 5 °. Lapins grande difficulté sera de constituer la réserve et de l’amener à l’état désiré. L’état possède un million d’hectares de bois, dont en futaies et demi-futaies 320,000. Si de cette dernière quantité on soustrait les demi-futaies aménagées à 40, 60 et 80 ans, les futaies d’arbres résineux et les clairières et chemins , on trouve à peine 100,000 hectares de futaies, qui sont composées de chênes et de hêtres, et toutes dans l’état auquel les a réduites la mauvaise méthode des exploitations à tire et aire. Que de temps il faudra pour obtenir les résultats qu’on se propose! On pense bien qu’on n’ira pas tout-à-coup priver la consommation de ses ressources ordinaires, et qu’on se contentera, pour arriver successivement aux révolutions de coupes qui auront été réglées , de diminuer, chaque année , la contenance des bois à exploiter. Cette nécessité est d’ailleurs imposée par la nature même des aménage- mens ; car si on attendait que la plus jeune coupe d’une forêt eût l’àge fixé par l’aménagement, toutes les autres coupes auraient dépassé cet âge, et la plus ancienne l’aurait doublé. Ainsi, supposons une forêt de 6,000 hectares actuellement aménagée à 60 ans, dont on veuille porter l’aménagement à 120 ans; cette forêt, dans son état actuel, est divisée en soixante triages de 100 hectares chacun, et qui ont depuis un an jusqu’à 60 ans. 11 est clair que pour porter l’aménagement à 120 aiis, il faudra diviser la forêt en cent vingt coupes , qui n’auront que 5 o hectares chacune. On ne coupera donc, Au moment où le nouveau réglement sera arrêté , que 5 o hectares , et la première exploitation se fera sur la moitié de la coupe de l’ancien aménagement , qui sera arrivée à l’àge de 60 ans ; la seconde exploitation aura lieu sur la deuxième partie de cette coupe, qui aura alors 61 ans, et ainsi de suite : de sorte que l’exploitation de chaque coupe de l’ancien aménagement durant 2 ans, il faudra Go ans pour que la dernière coupe ait lao ans, et jusqu’à cette époque aucune des coupes n’aura eu successivement que depuis 60 jusqu’à 119 ans. Outre cetespace de temps nécessaire pourconduire la forêt à son nouvel ordre d’exploitation , il en faut un bien plusgrand pour y inultiplierlesarbrespropres aux constructions. D’abord, ilest reconnu par tous leb forestiers qu’on ne peut obtenir ces arbres que bien rarement de ceux qui ont cru sur souches, et que la plupart de ces derniers sont viciés. Il faut donc les obtenir de graines; et comme 1 s coupes d’ensemencement ne se feront, dans la forêt que nous avons prise pour exemple, qu’au fur et à mesure de l’ext- ploitation de toutes les coupes, il en résultera qu’un espace de 120 ans sera nécessaire pour obtenir des arbres de semence , et comme', d’un autre cûté, ] 20 ans 11e suffisent pas pour l’éducation des futaies de chênes, et qu’il faut au moins j6o ans, ce sera ce dernier terme qu’il faudra attendre pour que la forêt produise les résultats désirés , et en supposant encore qu’on ait pu compléter les ensemencemens naturels en essence de chêne. On peut voir, dans notre article Exploitation , les procédésà suivre pour amener par degrés une forêt à l’état de futaie. Nous ne prétendons poin t - eon dtwe de ces observations que l’on doive rester dans l’état fâcheux où l’on se trouve , nous en tirons au contraire la conséquence que l’on doit se hâter de remettre en futaies toutes les parties du sol forestier de l’état qui sont propres à ce genre d’aménagement, et qu’il faut absolument renoncer à notre mode vicieux d’exploitation des futaies, pour le remplacer parla méthode des éclaircies. Observations de M. le baron de Monville , pair de France , sur le mémoire de M. Bonard. Le travail de M. Bonard a donné lieu à M. le baron de Monville de faire des observations, qui sont insérées dans les Annales maritimes , année 1822 , seconde partie , p. 190 à aoo- Le noble pair considère la proposition d’affecter aux besoins de la marine une portion de forêts su r - fisante , comme étant d’un grand intérêt. Il prend pour faits constans les données suivantes. établies par M. Bonard : i°. L’entretien de la marine royale,sur le pied actuel, exige un million de pieds cubesdechênesparan; 2 0 . l’exploitation desfutaies par éclaircies est lameil- teure, la seule bonne ; 3 °. l’aménagement pour la marine doit être porté à 160 ans; 4°- ilconvientde fonder une dotation en nature pour les besoins de la. marine ; on peut le faire sans nuire au présent, et même avec un avantage bientôt sensible. AI. de ATonville suppose un arpent de futaie exploité par éclaircie pendant 160 ans, et il détermine la quantité d’arbres à laisser sur le terrain lors de chaque éclaircie qui se ferait de 20 en 20 ans, et le produit de chacune de ces coupes , de la manière suivante : MAR M A R ÉPOQUES ARBRES PRODUITS EN BOIS des Oü BRINS rie rie ÉCLAIRCIES. à réserver. cliauü.ige. construction. corde*. pied* cube*. à 20 ans 1 ,000 >4 » 40 3 oo 45 y> 60 i5o 40 n 80 i 3 o 4 400 100 1 10 6 700 120 90 8 900 i4° -n 60 i5 O 0 CO 160 » 4 o 4,600 Totaux. 172 8,400 Les 172 cordes, mesure de Paris, représentent 19,264 pieds cubes , qui , déduction faite de la moitié pour les -vides qui se trouvent dans la corde , donnent en solidité 9,632 pieds cubes, quantité qui, ajoutée aux 8,400 pieds cubes de bois de construction , élève le produit d’un arpent à i 8 ,o 32 pieds cubes , et celui d’un hectare à 36 ,064 pieds cubes pour 160 ans ; ce qui donne , pour produit annuel de chaque hectare , 212 pieds cubes, et pour les 100,000 hectares 21,200,000 pieds cubes de bois de toute espèce. Ce produit nous parait bien considérable , et cependant M. de Monville n’a pas porté à leur véritable quantité les arbres qu’on peut élever sur un arpent de futaie. Suivant M. Hartig , la quantité d’arbres qu’on peut réserver sur un hectare est ainsi calculée : Arbre* à réietTcr. Dans l’éclaircie à 4 ° ans . 4 > 5 oo à 60.i, 5 oo à 80.1,000 à 100. 800 à 120. 5 oo à 140. 376 à 160. » Si la coupe définitives-ne doit avoir lieu qu’à 180 ans, la réseive sera, à 160 ans, de 200 arbres. Ces quantités sont bien supérieures à celles que suppose M. dé Monville, et cependant elles ne produisent pas la quantité de bois qui a été admise par cet honorable auteur , ainsi que le démontre le tableau ci-après, qui a été dressé d’après les nombreuses expériences faites par M. Hartig sur le produit, pendant 120 ans , d’un arpent du Rhin f- f- OO9 ( 40 ares 34 centiares ) , peuplé en hêtres et situé dans un fond de moyenne qualité. ÉPOQUES TIGES TIGES A ABATTRE. des réserver CUBE PRODUIT par ÉCLAIRCI** arpent NOMBRE. par en < n du Rhin. arlne. cofrics. fa-uls. à 3o ans I ,200 33 J 3 >3 200 60 5 00 700 1/2 pied 4 ÎOO 90 200 3 oo 3 pieds >4 100 120 26 j 1 20 33 } A 6 800 ■ 80 16 ) Totaux . . 1,2C0 . 64 1 ,200 L’évaluation en pieds cubes comprend toutes les parties des 1,200 arbres abattus, c’est-à-dire le tronc , les branches et la cime} et d’après cette évaluation , lesdits arbres avaient ensemble 5 , 65 o pieds cubes, qui ontdonné les64 cordes etles 1,200 fagots portés au tableau ci-dessus. Les 5 , 65 o pieds cubes produits par un arpent du llhin , qui ne contient que 4 o ares 34 centiares, représentent, pour un hectare, environ 14,000 pieds cubes, et nous voyons que les évaluations de M. le baron de Monville s’élèvent à 36 ,064 pieds cubes. Il est vrai qu’il calcule la révolution des coupes à 160 ans, et que, dans les évaluations de M. Hartig, la révolution n’est que de 120 ans } mais nous ne craignons pas de nous tromper, en assurant qu’une futaie de hêtres de 120 ans donne autant et même plus de bois qu’une futaie de chênes de 160 ans. Nous 11’avons fait ce rapprochement des deux évaluations que pour ■prévenir les conséquences qu’on aurait pu tirer de l’évaluation trop forte de M. de Monville, contre la quotité d’hectares de futaies que réclament les besoins réels de la marine. Nous pensons donc que si le gouvernement, pour assurer des ressources à la marine dans-un temps à venir, se détermine à soumettre à un traitement spécial une partie des forêts de l’état, il doit plutôt augmenter que diminuer l’étendue proposée par le mémoire de M. Bonard. TimE II. — U es moyetts d'élevcr (les buis pour la marine , et de leur donner les courbures recherchées par F architecture navale. Nous avons rappelé , dans notre article Aménagement, les divers moyens proposés pour favoriser la multiplication des bois courbes et courbans dans les forêts. Nous avons vu que les arbres propres à fournir des courbes se trouvaient particulièrement 45 * MAR MAR 54o dans les lisières des foTets, dans les bois mal peuplés , dans les bordures, dans les haies et par-tout où les arbres sont isolés, parce que, dans ces positions , ils poussent beaucoup de branches, s’inclinent du côté des terrains découverts pour y jouir de l’air et de La lumière, et qu’ils se cotirhcnt par la charge des neiges et par l’action des vents; mais nous avons vu aussi que s’il se rencontrait beaucoup d’arbres qui présentassent des configurations propres aux constructions navales, il n’y avait qu’un assez petit nombre de pièces qui fussent sans défaut et qu’on pût employer utilement: O11 a donc été portéà rechercher les moyens de suppléerà la rareté de ces bois. Nous allons rapporter les divers procédés qui, à notre connaissance , ont été proposés. I' e . méthode, indiquée par Buffon, Buffon rapporte, dans ses Recherches sur les bois, que dans quelques provinces maritimes , comme dans la Bretagne, près d’Ancenis , il y a des terrains communaux qui, sans être en nature de bois , se trouvent plantés d’une assez grande quantité de chênes isolés ; que ces arbres, souvent gâlés par l'abroutissement du bétail, ne s’élèvent pas , qu’ils se courbent, se tortillent et portent une mauvaise figure , dont cependant on tire quelque avantage , parce qn’ils fournissent une grande quantité de courbes d’excellente qualité pour la marine. 11 pense qu’il serait possible de'former de semblables plantations dans les friches de l’état et des communes, et qu’en empêchant les bois d’être abroutis, on en tirerait' un grand avantage pour les constructions navales. Le même auteur a essayé de faire des bois courbes d’une autre manière. Dans un taillis, il a fait couper, à différentes hauteurs; savoir, à 2 , 4,6, 8, 10 et ih pieds au-dessus de terre, les tiges de plusieurs jeunes arbres, et 4 années ensuite il a fait couper te sommet des jeunes branches que ces arbres étêtés avaient produites. La figure de ces arbres est devenue, par cette double opération, si irrégulière, qu’il n’était pas possible de la décrire. Ces arbres lui ont fourni, 35 ans après les avoir fait étêter, plusieurs courbes très-bonnes, dont il s’est servi pour les Toutes des marteaux et des soufflets de ses forges. Cette façon de courber les bois lui paraissait bien pins -simple et bien plus aisée à pratiquer que relie de charger d’un poids ou d’assujettir parutae dofde-la têt©des jeunes arbres, comme quelques personne* l’avaient proposé. lïf ?méthode . mentionnée par Duhamel. « Comme aux envifons de certains ports, dit Duhamel ( Trazié des -semis et plantations , p. 3 16 ) , on manque de'bois tourbes pour la marine, quel- qwesapersonnes ont'Conseillé'de couper les tiges à Certaini acérés pour leoffaire produire des branches, ou de ploÿetndù jeun'és arbres pour leur faire prendre la dolirbùre qu’on jugerait ^convenable pour la construction. J’observe rai d’abord qu’on ne peutfaire ces opérations que sur de jeunes arbres, ef qu’il fau- drait ôtre sûr que ces arbres conserveraient en croissant la forme qu’on vent leur faire prendre; mais pour peu qu’on examine la maniéré dont les arbres prennent leur croissance, on reconnaîtra que ces moyens sont impraticables: en effet, les arbres qui devraient former un fourehet régulier s’emporteront sur une de leurs branches I’’, et l’autre, E, périra (Y-,, à l'Atlas, la PI. X des Bois du marine ^fig. i,); ceux qu’on aura courbés jeunes tendront, par la suite, à. se redresser par la cimecomme dans la fig. A; deplps, la mousse s’amassera sur la partie supérieure N de cet arbre courbé; l’humidité s’y conservera, et ce* arbres se- rontd’une mauvaise qualité, ou biendfts bran()b es,se dé velopperon t à 1 a partie supérieureidfl la,courbe, e t déroberont la nourriture au restende J.r tigetpCfl» moyens n’ont été imaginés que.par des gens .qui n’avaient point assez étudiédequelle manière,le&arbres croissent. ... ,, _;nfio8 » J’ai vu néanmoins un charron qui préparait, selon cette méthode, de jeunes,ormes pour les, disposer à faire des manchesjou,icoréba de-ucharrue {fig. 2), ou autres pièces qu’pp .fuit avec dea four- chets ; et cela lui réussissait lassez-bieiti, papçe qu’il les abaUaitjlorsquHls avaient acquis y,à 81 poupes proposée par M. Dubois de Chemant. Mh Dubois de Chemant a proposé à diverses sociétés savantes, en 1804 et 1810, des procédés pour élever des arbres propres aux constructions navales. Le premier procédé è tait fondé sur l’application de cordages, de poids et de diverses machines à différentes parties du corps des arbres, pour les soumettre à la êneét leur faire prendre ainsi les formes nécessaires ans les 1 constructions maritimes. Quatre tableaux indiquaient les moyens employés pour les courber, eïlés pièces de construction qu’ils devaient produire. 1/6 premier tableau représentait 2 arbres supposés de 80 ans; le premier était étayé jusqu’au tiers de sa hauteur par un fort tuteur, tandis que des corda- gèé montés sur des poulies et appliqués à la partie supérieure de l’arbre, étaient fixés vers la terre par uti pieu et une ancre; pour forcer l’arbre à se courber; enfin, une caisse chargée de pierres était sus- pèndue à la cime pour maintenir le sujet dans la côàrbure qui lui avait été donnée par l’effort des éordàgas. Le second arbre était Courbé parle môme moyen, à l’exception du tuteur : il était destiné à former des étraves ou contre-étraves. Le tableau ft°. 9. représentait une suite d’échafaudages, auxquels les arbres étaient attachés par trois liens placés à diverses hauteurs, et dans des degrés de courbure proportionnés à la forme que devait avoir chaque pièce de marine qu’ils étaient destinés il produire. Le tableau n°. 3 représentait, avec quelques modifications , les mêmes moyens que ceux employés dans le précédent. Le tableau n®. 4 offrait 3 arbres fourchus; les deux branches de la fourche étaient écartées par une traverse fixée A chaque branche par des liens. Ces arbres étaient destinés à former des courbes de tillac, des fourcats et des courbes de capucine. Ce bref exposé de la première méthode suffit pour faire connaître combien l’exécution en serait difficile çt coûteuse. Il faudrait employer plus de bois pour les échafaudages que les arbres courbés n’en produiraient.D’ailleurs, la saine physique démontre une foule d’obstacles que tous les soins ne parviendraient point à surmonter; les arbres, en s’élevant, déplaceraient les tuteurs, rompraient leur entrave , et en suivant cette force naturelle qui les porte à croître en droite ligne, effaceraient en tout ou en partie la courbure forcée qu’ils auraient reçue. D’un autre côté , l’action de la courbure exercée sur des arbres de 3 o à 40 pieds de haut et de 9 pouces de tour , occasionnerait souvent la rupture de la tige, et toujours le déchirement de l’écorce, des fibres ligneuses, et par suite l’extravasement de la sève et la pourriture de l’arbre. Enfin, ie dernier reproche que nous ferons 4 ce projet, c’est qu’il faudrait employer des tuteurs qui auraibnt jusqu’à a 5 pieds de haut et d’une grosseurproportionnée, pour obtenir des pièces de In longueur déterminée par le tarif de la marine. De semblables projets ont été proposés en Angleterre et en Allemagne; mais l’expérience a démontré l’impossibilité de leur exécution. Le deuxième procédé différait absolument du 04 J remier; on n’y conservait point l’emploi nies corages ni des échafaudages, seulement on y employait des tuteurs pour la courbure de quelques arbres, tels que ceux destinés A former des pièces A double courbure. 11 était principalement fondé sur i’étète- uient dea jeunes plants en pépinière, et leur Irans- dantation dans une position inclinée. \ oiti l’aua- yse de cette méthode : faire un semis de glands , dont on aura rompu la radicale , afin de détruire le pivot qui gênerait la transplantation et de favoriser la production des racines latérales ; semer A a pieds de distance en tous sens ; lorsque les arbres sont parvenus à la hauteur de 8 à 20 pieds, en courber une partie, et étêter les autres à la hauteur de 6 A 10 pieds, en laissant une forte branche latérale; les laisser ainsi plusieurs années, et retrancher pendant ce temps les branches assez près du tronc, sans aller jusqu’à l’écorce du sujet; faire preudre A la branche conservée une direction plus ou moins horizontale, en l’assujettissant avec un lien d’osier, pour qu’elie forme, avec le corps de l’arbre, un degré d’ouverture exigé par le tarif des constructions; les transplanter ensuite en les inclinant plus ou moins vers la terre, suivant le degré de la courbe qu’on se propose de former avec le corps de l’ar,bre et la branche latérale qu’on a conservée. Ainsi, quelques arbres figurés sur les tableaux qui accompagnaient le projet de L’auteur , étaient plantés A i 3 o degrés d’inqlinaison, et le tronc formait, avec la branche latérale conservée, un angle de 90 degrés; d’autres étaient plantés A 125 degrés d’inclinaison , et formaient avec la branche latérale un angle de 95 degrés ; d’autres enfin étaient plantés à des degrés d’inclinaison qui diminuaient de 5 en 5 degrés,etétaientdestinésàformer des courbes, dontl’ouverture devaitê tred’autan t plus grande, que l’inclinaison de l’arbre serait moindre. Cette méthode, qui a pour objet de former des courbes angulaires, exige , comme on le voit, deux opérations principales : l’ététement de l’arbre en pépinière avec réserve d’une branche latérale , et la plantation inclinée. L’auteur proposait un autre procédé pour les arbres auxquels il s’agissait de donner une double courbure opposée. Le voici : on forme dans, le semis des rangées d’arbres placés à 2 pieds le» uns des antres ; 011 les laisse croître jusqu’à la hauteur de 8 à 24 pieds; on choisit alors ceux qui doivent être courbés. Cette courbure se fait en rapprochant l’une vers l’autre les têtes de deux arhreà, et. les fixant ensemble par un lien; ces jeunes arbres, consolidés dans leur courbure, seront plantés inclinés lorsqu’on les destinera à former des pièces demi-circulaires , quart de cercle et forme de S.- /.ni, :,mmoO Le sommet de la tige de» jeunes chênès plantés inclinés, dit l’auteur, reprend pur .sa croissance la direction verticale. On les laisse, croître naturellement jusqu’à ce qu’ils aient; lès uns 18 piedsieb les autres 24 pieds de hauteur. Pendant,ce temps, on coupe les branches qui se dirigent horizontalement, en conservant celles qui s’élèvent verticalement. Lorsque ces arbres ont acquis le degré d’élévatiou ci-dessus , on commence à les mettra à la pêne, en Leur donnant une courbure proportionnée A l’espèce de courbe qu’on veut obtenir. MAR 342 Lorsque le sommet de l’arbre a repris la ligne verticale, cet arbre n’a besoin que d’une légère courbure pour arriver de 9.5 à tao degrés d’ouverture. On coupe toujours les branches latérales pour iorcer la sève à monter. Les arbres courbés de cette manière forment les varangues de toute espèce, des genoux de fond', de porque et de revers, et autres pièces courbantes et forme de S. L’auteur suppose que chaque arbre croîtra dans la position plus ou moins incliuée qu’il lui aura donnée, et fournira précisément la courbe que le corps de cet arbre figure avec sa branche latérale. En cela, il est dans l’erreur ; car la branche latérale conservée se redressera, elfacora une partie de l’angle , et lui donnera beaucoup plus d’ouverture qu’il n’«n a au moment de la plantation. Il faut, pour éviter cet inconvénient, donner à l’arbre une inclinaison un peu plus grande que celle qui serait nécessaire si cet arbre ne devait pas se relever. L’une des planches qui accompagnaient ce projet représentait un arbre courbé et recourbé en sens contraire. Il décrivait deux portions d’arc opposées, et il était fixé au point où se terminait chacun des arcs, à un fort tuteur ou poteau par des chevilles ou tenons; mais ces poteaux, quelque forts qu’ils soient, 11e suffiraient pas pour contre-balancer l’effort de la végétation, qui tend toujours à monter. L’auteur fixait l’époque la plus favorable à la courbure 'des arbres , depuis la cessation de la sève jusqu’à la fin de mars. Les arbres devaient rester 5 ans dans la gêne. On voit que la deuxième méthode proposée par M. Dubois de Chemant renfermait deux procédés : le premier qui a pour objet d’avoir des bois coui bans ou en forme de revers-, consiste à attacher dans la pépinière les arbres a à 2 par leurs extrémités supérieures; et lors de la transplantation, à donner à chaque arbre , par le moyen d’un tuteur et des chevilles qui le traversent, une courbure, soit simple , soit double. Le deuxième procédé, qui a pour objet (l’obtenir des courbesangulaires, consiste à étèter ies plants en pépinière , en ne leur laissant qu’une forte branche latérale, et à les planter ensuite dans une position inclinée. Les observations que nous avons faites sur le premier projet s’appliquent en partie au premier procédé delà deuxième méthode. En etiet, les arbres sont courbés également par des moyens violens , quoique plus simples ; ils doivent avoir, avant d'être mis à la.gÊne, de 18 à 24 pieds de hauteur , et un pouce-de diamètre. Il leur faut à chacun un tuteur ou poteau de ta à i 5 pieds de haut, et d’une grosseur proportionnée ; ce qui occasionnerait une grande consommation de bois. Ces tuteurs résisteraient difficilement à la force avec laquelle l’arbre tend à reprendre sa direction verticale; et, d’un autre, cdté , W courbure violente donnée à l’arbre produirait tonsles défauts que nous avons déjà décrits. Le procédé qui consiste à étèter les arbres et à les planter inclinés, présente moins d’inconvéniens ; cependant il serait difficile d’en prévoir le succès dans l’exécution. Les deux projets de M. Dubois ont beaucoup d’analogie avec deux méthodes proposées en Allema- MAR gne : l’une, en 1804? par M. Becker, inspecteur forestier à Kostock, et l’autre, en 1808, par un anonyme, qui l’a lait insérer dans un journal ayant pour titre Mogazin aller neuen. erjindungen (Magasin de nouvelles découvertes). Nqus avous sous, les yeux ces deux méthodes avec leurs plans; nous en avons fait la. traduction eu 1808. En voici l’analyse. Vm ir ho pt, proposée par M, Becker . Cet auteur a composé son ouvrage pour répondre à l’invitation de l’amirauté de Danemarck, qui,.en 1799, avait proposé un prix pour celui qéi découvrirait une méthode artificielle propre à élever des bois de marine. L’ouvrage de M. Becker fut couronné par l’amirauté, et cependant critiqué par l’auteur anonyme. Sa méthode nous parait,en effet, dispendieuse et d’une exécution difficile ; mais comme l’auteur présente des vues qui peuvent être utiles , noua' en exposerons les principes. Il distingue en deux classes les bois employés dans les constructions navales : la première comprend les bois droits, et la deuxième les bois courbes. Les bois droits ne sont point rarés, parce que les arbres ont une tendance naturelle à s-’plever Verticalement, et que cette tendance, est encore favorisée par l’état serré des futaies. Les bois courbes, au contraire, ne sont que le résultat d’accidens particuliers. Si des arbres sont dominés par d’autres arbres, frappés dans leur jeunesse par la chute de quelques arbres voisins, broutés par les bestiaux, chargés par le poids des neiges et des frimas , ballottés par les vents, ou enfin tourmentés de quelque autre manière, ils perdent alors leur accroissement vertical, s’inclinent, se courbent, 'étendent leurs branches latérales et présentent en cet état desressources en bois courbes. Cependant il s’en trouve beaucoup, peut-être i )5 sur 100, que l’on ne peut employer à la construction des vaisseaux (1); en voici les motifs : i°. les courbes nécessaires à cos constructions doivent avoir deux bras droits, taudis que celles qu’on trouve dans les forêts s’écartent pr- nairement de cette ligue, èt que, bien que la,courbure soit bonne en elle-même , elle ne peut servira rien , parce que les bras de la courbe n’ont pas la forme nécessaire et ne peuvent s’ajuster; 2°. le bois est souvent vicié, et sur cent pièces courbes et dîune configuration désirable , il n’y en a quelquefois pas vingt qui soient parfaitement saines et sans défauts. Cela s’explique facilement quand on considère que ces arbres ont été endommagés dans leur jeunesse , et que les dommages qu’ils ont éprouvés alors, loin d’avoir diminué, ont augmenté avec Page. Par exemple, un arbre, étant jeune, a reçu une blessure dans son écorce ou dans son- aubier ; cette blessure se trouvera, il est Vrai, recouverte par une nouvelle écorce , et Pon n’apercevra point de vice à l’extérieur; mais si on examine plus avant, on défi) Ajoutons à cela que les constructions se multiplient davantage et que l'on fait des vaisseaux beaucoup plus tons que dans les temps anciens; que les vaisseaux durent peu, et que cependant if faut pour la construction d’un vaisseau de ligne 4,oao gros chênes, ainsi qu'on le voit dans le Dit- lio.nnoire technologique de Jncobson , Berlin 1/93, troisième partie, p. 598 . MAR MAR couvre bientôt les anciennes blessures, qui n’ont fait que s’agrandir; l’eau se sera introduite entre l’écorce, et aura occasionné la pourriture du bois. Os vifcés se trouvent naturellement dans la courbure principale!, comme étant l’ehdroit qui a reçu les plus grands dommagès. Cependant, quartd les jeunes tiges n’éprouvent que de légers asscidens., cq qui peut avoir lieu sur-tout si la force qui les courbe àgit d’abord vers le sommet de l’arbre, et non sur ta tige elle-même, le bois, dans see ; cas j : né s’altère point. D’un autre oôés , une bonne' qualité de terrain contribue encorefaire disparaître ces légers accidens; mais, dans le cas contraire , üsJs’aggravent toujours. Gela se remarque dans les endroits où le chêne végète mal f et particulièrement dans les terrains qui ont pour eduche"secondaire une terre ferrugineuse. M. Becker n’est point partisan de la courbure que l’on donne aux bois, par le moyen de la chaleur ou de l’humidité, dans les chantiers de construction , parce que Ces bois conservent difficilement, après leur courbure, la ■'solidité que possèdent les bois courbes naturels , èt que de plus ils tendent à reprendre leur première forme. Lorsqu’il s’agit de donner une certaine courbure à des bois de forte dimension , on ne peut y parvenir qu’en les débitant en planches, ; et en opérant sur chacune en particulier ; après quoi , on les réunit ensemble. De cette manière , dit-il, on économise le bois, sur-tout si les planches sont attachées ensemble par le procédé suivi à Postdam pour attacher les lattes des toits; mais la dépense du temps et du fer qu’exige cette opération dépasse ce qu’on gagne par l’économie du bois ; et d’ailleurs l’on perd encore sous le rapport de la solidité. Comme, d’un autre côté , les bois courbes sont destinés à supporter un effort à la manière des arcs ou des Voûtes , et que les planches courbées soûl exposées à la pression dans leur partie la plus faible, elles fléchissent si elles ne sont soutenues par des contreforts solides, ou si leurs extrémités ne sont engagées' dans des entailles; mais, dans ce dernier cas, l’effort se fait davantage de l’intérieur à l’extérieur dans lé vaisseau ; ce qui augmente le danger de la séparation des pièces de la construction. Si on est obligé de faire des pièces courbes avec des bois droits de forte dimension, il paraît plus sage de ne point débiter ceS bois'en planches, mais de les laisser dans leur forme naturelle étant équar- ris, de les scier dé biais et d’en former les angles dônt cm a besoin, en les réunissant par des barres de fer ou clefo ét au môÿen de chevilles de fer , comme on est souvent obligé de le pratiquer dans lèS constructions navales. Mais il sera toujours bien plus avantageux d’employer dès bois ' courbes, et si on n’en trouve pas àsiseis, tle sécoftdër la nature pour formér des arbres courbes qui puissent satisfaire aux besoins à venir. Il n’y a que le3 jeunes arbres qui puissent être pliés sans éprouver de rupture dans leurs fibres, et qui soient susceptibles de recevoir les courbures qu’on veut leur donner. Sans doute, il se passera bien du temps avant que ces jeunes bois soient parvenus à une force suffisante pour être employés; mais l’état 3 43 comptera sur eux pour ses besoins futurs, et il pourra, en"attendant, employer ce qui existe actuellement sans craindre de se troiîver au dépourvu. Et que sont, en effet, bo et 1 oo ans pour un état, qui sera certain de ne point manquer de marine tant que le pavs conservera son existence ? ^’est-ce paS's’occuper de la richesse nationale, que d’assurer, pour l’avenir, les besoins si importait» de la marine? Avec combien plus de sécuritéon emploiera ce que les forêts nous présentent encore de bois de construction, quand on sera certain que, par la suite, on trouvera en bien plus grande quantité et en meilleure qualité les matières que nos besoins actuels nous forcent d’employer ! Et n’est-ce pas travailler pour le bonheur de la postérité , que de chercher à mettre un pays qui dépense au dehors des sommes considérables pour ses bois de marine , dons le cas de ne plus faire ces dépenses, et de lui ouvrir au contraire une nouvelle source de richesse? L’auteur regarde donc comme très-important pour chaque état qui a une marine, d’établir dans ses forêts des moyens de culture pour les bois de construction , d’encourager d cet égard les gardes forestiers par des récompenses , et a ordonner des visites annuelles pour s’assurer des progrès de cette culture. § i er .—De la manière de former des bois droits pour la marine. La règle importante pour fermer des bois droits propres aux constructions navales est de les traiter suivant leurs nature et propriétés. Les bois droits qu’on emploie dans ces constructions ne sont que l’ouvrage de la nature; les soins de l’homme doivent donc se borner à écarter autant qu’il dépend de lui les obstacles qui peuvent s’opposer à l’accroissement vertical des arbres. Parmi ces obstacles, sont l’action des vents, les dommages causés par les hommes et par les animaux domestiques et sauvages , par le voisinage des autres Rrbres, par les insectes, etc.On défend les arbres contre les effets des vents, en les entretenant dans un état serré ; contre la malveillance et les délits,’ par des lois et des peines ; contre les animaux domestiques, par des fossés et des clôtures ; et contré les animaux sauvages, en prévenant leur trop grande multiplication. On éclaircit les arbres qui sont trop serrés, et on émonde les branches qui tendent à former de doubles tiges. On prévient la multiplication des insectes , en empêchant la destruction des oiseaux et en employant quelques autres moyens. Userait trop long de détailler tous les dommage# ^fa’éproirvent les arbres, et les moyens qu’on emploie pour y remédier, lesquels sont d’ailleurs contius dés forestiers. Qu’on me permette seulement d’observer qu’il est nécessaire de mettre dansum état 6évère de défense les bois destinés à la marine pendant la première période de leur accroissement ; sur-tout pendant les vingt premières annéesre*est ureobjèt qu’on ne peut assez recommander. t' Veut-on obtenir, par exemple, des chênes droits pourquiüesde vaissesuxj-p lançons de bordages, etc., il n’y a qu’à suivre les règles suivantes : i°. Choisir un terrain convenable ; 2 °. Planter les jeunes chênes avec la plus grande MAR 344 MAR précaution, et en ménageant les racines le plus possible; • , • ; 3 °. Recéper à un pouce et derirfde terre et dans le mois de mars jusqu’au mois de niai les jeunes chênes mal ver.ans ou mal.fermés, et retrancher par la suite les bourgeons qui partent du tronc ou des racines, de manière à ne conserver qu’une seule tige ; 4 °. Les faire croître en massif serré, sans pourtant les étouffer; effet qu’on obtient en les mêlant avec des bois blancs d’une croissance rapide , c’est- à-dire en semant avec les glands , des noisettes de coudrier, eten plantant parmi leschénesdes boutures de peupliers, ou des plants de frênes, de saules, etc. Mais aussitôt que ces bois commenceront à étouffer les chênes , on les coupera, et on procurera ainsi aux chênes un espace libre, qu’ils ne tarderont pas à remplir d’eux-mèmes; 5 °. Les préserver de tous dommages , autant que possible, et notamment de la dent des bestiaux. En suivant ces règles, on aura la satisfaction d’avoir des chênes qui seront sains, droits et élancés. On doit aussi recommander aux forestiers de rechercher de préférence le chêne pédoncule ou à grappes, dont la croissance est plus rapide. Quant à l’éducation des jeunes hêtres pour en faire des pièces destinées à la quille des vaisseaux, voici lo règle à suivre ; il faut-, i ? . Choisir un terrain convenable à cette essence et-un peu élevé; a 0 . Planter les jeunes hêtres en automne, en ménageant leurs racines et en les arrosant; recéper, au printemps suivant, tous les plants mal conformés, oomme on l’a dit pour les chênes; 3 *. Les laisser croître en massif serré, et les éclaircir de temps en temps avec ménagement et sans qu’ils cessent d’être convenablement rapprochés ; 4 °- Les préserver-de l’abroutissement, car s’ils éprouvent cet accident, ils ne pourront jamais servir à la quille des vaisseaux, quand on les recéperait et qu’ils se formeraient une nouvelle tige. En suivant ces indications , on peut obtenir des pièces de 8o pieds et plus, propres à former des qui lies. Relativement à l’éducation des peupliers d’Italie, voici ce qu’il faut pratiquer : i». Les 'placer dans un bon terrain noir, frais, et qui ne soit ni .trop haut ni trop bas; 2°. Les laisser croître ensemble en massif serré; 3 °: Retrancher près du tronc les branches du bas dè la tige, si la plantation devenait trop épaisse; 4". .Défendre les arbres contre les accideas extérieur. ' Par eés moyens, on leur procurera en peu de temps une Imuteur suffisante pour être employés pour la mâture. Mais si les plants devenaient trop serrés, il faudrait) retrancher les branches inférieures. Cet arbre, ainsi que le® sapins, a les branches ramassées autour de sa tige, depuis le bas jusqu’en haut ; mais comme il ne se_dépouille pas de même que les sapins, on'a'dû conseiller de couper près du tronc celles qui abondent vers le bas de la tige, afin de procurer à cette, tige une forme plus élancée. L’auteur fait, à l’égard de cet arbre, une exception à ses principes, sur la nécessité 4e ne point émonder les arbres et de les.laisser croître naturellement. Quant aux arbres résineux, de quelque espèce qu’ils.soient, ils ne doivent jamais être émondés. Ils n’ont besoin, pour produire de belles mâtures, que de croître dans un état serré et sur un terrain convenable. On doit chercher à procurer, çet état serré dès le principe, en.semant épais: alors tous les brins superflus se détruisent d’eux-mêroes, et. ee qui reste s’élève parfaitement droit. Les bo+s. résineux ont cette propriété, que les brins les mieux venons, étouffent, toujours ceux qui sont d’une croissance plus faible. 11 ne faut pas regretter la perte d’une grande quantité de jeunes tiges étpufjfées, ni chercher, par une économie mal entendue, à éclaircir les sapins pour se procurer des lattes, des rames, des échalas , des chevrons, etc. ;.le torp qu’on ferait à la plantation par ce procédé serait plus grand que le profit qu’on pourrait en retirer. Il faut, dans les casttpns qu’on destine à produire des bois pour la mâture, ne laisser aucun vide et n’enlever aucun sousrbois, avant qu’il ne soit tout-à-fait étouffé, parce qu’alors on est certain que la forêt se trouve déjà, malgré le bois qu’on enlève, dans l’état serré qui est si nécessaire. Si on laisse des vides, on donne passage aux vents, qui courbent la cime des arbres et souvent les renversent; et plus les vides sont grands, plus les mauvais effets des vents sont sensibles. l)e la même manière qu’ils entament les sables et les dispersent petit à petit, ils entament une forêt de bois résineux, et renversent les arbres qu’on a réservés avec une activité qui va toujours en augmentant une foisqu’on leura laissé quelques passages. Les sapins souffrent particulièrement des ouragans , et ils meurent pour peu que feurs racines traçantes aient été ébranlées : c’est pourquoi il faut avoir soin de les tenir dans un état serré. On ne peut pas espérer d’obtenir des arbres pour la mâture dans les cantons mal garnis, parce que les arbres n’y restent pas droits et ne peuvent s’y élever. On ne doit pas non plus songer à remplir les vides par des plantations de bois' résineux, parce qu'il faut que les arbres destinés à la mâture soient serrés dès leur jeunesse. On emploie aussi, dans la construction des vaisseaux , des pièces de bois résineux , courtes, droites fortes, et il faut, pour obtenir ces bois, s’écarter des règles qu’on vient de tracer. On peut, pour former des arbres propres à donner ces pièces importantes, employer également de jeunes tiges, ou des arbres déjà grands. Pour cet effet , on rompt les jeunes sapins à une hauteur de j.4, 28 et 3 o pieds, suivant la longueur qu’on veut donner aux pièçes; ensuite on recourbe eu à bas les branches quj croissent autour de l’arbre, et on en rompt L’extréinité. Si on ne rompait point le bout des branchés qui surviennent à l’extremité de l’arbre, il en résulterait qu’il se formerait un ou deux prolongemens de la tige, ou une tête composée de plusieurs branches, ou bien encore le plus souvent une branche latérale, qui s’allongerait en montant, s’élèverait au-dessus « MAR MAR de la tête qu’on aurait retranchée, en prendrait la place, et formerait une courbe à partit de l’amputation de la tige. Voici le bot de cette opération : il s’agit d’empên cher l’arbre de croître en hauteur, et de forcer sa croissance en grosseur. Arrîve-t-it qu’une branche latérale forme le prolongement de la tige principale,'le bot dé l’opératicm est manqué 5 cette opération devient même très-désavantageuse, pnisqu’au lieti d'un-arbre droit qu’on roulait avoir, on tr’ob- tient qu’un arbre courbe. En résulte-t-il unetdonble tige, le' but'éé trouée déjà mieux' atteint,- et il l’est mietix encore"s’il se forme une tête'cm couronne. Daits ce dernier cas, il faut pour empêcher les branches qui forment la tête, de s’élever verticalement, lês courber vers la terreèt en rompre les extrémités} ce qui dotihe lieu à dé' doubles branches ou à des têtes 4 l’extrémité de Chaque branche, èt forme 1 une croissaftW diffuse, qui favorise particulièrement le grossissement de là" figé. Quand ôti véUt* disposée des sapins déjà forts fet droits, à formé? dès rfièches dé cabestan,on en coupe l’extrémité èn bis'eau, et de manière cependant à laisser 11 né - certaine quantité de branches au-dessous de l’àmpfflkfiôtt, qui "ne tarde pas à être recouverte par les sucs résinfeirx. Lés observations faites Sur des arbres résineux qui avaient perdu tèifr tête par l’effet des vents ou par la chute dès gros arbres, ont appris que ces arbres croissaient bien mieux en grosseur. Coiéme les cabestans doivent être parfaitement droits, il est nécessaire de n’employer que des arbres résineux dont'la tige soit bien droite. Mais comme l’éducation des arbres destinés à fortnér des cabestans, est bien diftërente de celle des arbres distinés à fa mâture, puisque ces derniers doivenf'fcroître' dans un état serré qui favorise leur élévatiôn, tandis que les autres doivent croître en grosseur, on fera bien de ne pas les élever ensemble. Leur mélange nuirait aux arbres de mâture, qui s’élevant beaucoup au-dessus des premiers, per- draient dès-lors l’état serré qui leur est si nécessaire. Oes ebservati&ns sont les plus importantes qui l’on puisse faire sur l’éducation des bois droits destinés aux'constructions. § 2. — De l'éducation des jeunes arbres destinés à former des pièces de marine. On 1 » fait remarquer que la courbure des' arbres était tjlri accident contre nature, et qu’elle était due à [des calises’éxférieùréï ; de plus, que c’était encore par hasard fci les' pièdSs courbes ainsi formées se trouvaient bonnet ét utiles. La manière dont se forment , ces bois, nous fait voir'que l’industrie de l’Kômme pourrait être d’un grand secours, si elle parvenait à donner aiix’arbres ufie direction telle, qu’ils'pussent croître arec la courbure dans laquelle ils doivent être employés. Il y a plusieurs moyens d’obtenir ces courbures; mais l’objet important est Ü ?4'Qir_s’ijs. çonduisent au but et s’ils n’endom- magént pas les arbres. En ëftêt, la plupart des procédés qu’on peut employer sont nuisibles aux jeunes arbres. De ce nombre est la courbure obtenue par le moyen d’ùri Tome II. 345 b&ton dont l’un des bouts est attaché au sommet de l’arbre, et l’autre à la partie inférieure de la tige. {Fig. i*. , PI. XII des bois de marine.) Les liens qui fixent ce bâton au jeune arbre courbé, en déchirent bien vite l’écorce, occasionnent la. stagnation de la sève , et par suite U pourriture. Une seconde condition, c’est que les courbes doivent être propres à l’objet qu’on se propose. On peut, par exemple, sans endommager un arbre, lui faire contracter une courbure, en attachant à son extrémité une pierre ou un autre poids qui le fasse plier; mais on 11e peut pas déterminer à l’avance le degré de courbure, à cause du balancement de l’arbre, et d’ailleurs il est exposé à se jeter de côté; ce qui le rend impropre au service. Je me sers, ajoute l’auteur, d’un moyen qui, mieux que les autres que je connaisse, me parait atteindre le but, en ce qu’il ne cause point de dommage aux arbres, et qu’il leur imprime telle courbure que je veux obtenir. Je fais faire avec des branches de chêne, de hêtre, d’orme, ou d’autres bgis durs, un modèle de la forme dont j’ai besoin , et je l’applique, au moyen de petits ouvrages de bois à vis ou étaux, sur le jeune arbre. Je laisse ce modèle appliqué à l’arbre, j usqu’à ce que celui-ci puisse conserverie lui-même la forme qui luia été imprimée : alors seulement je le retire pour servir à un autre arbre. Les modèles, fig. 2 , a b c, doivent avoir j , 2 et 3 pouces d’équarissage suivant la grosseur des jeunes arbres ; on creuse sur leur côté extérieur une légère .cavité, pour qu’ils s’appliquent plus intimement aux arbres. Je fais faire les ouvrages à vis de préférence en bois de charme. lisent la forme représentée par la Jig. 3 . On en construit de différentes forces et grandeurs pour pouvoir les employer sur des arbres de diverses grosseurs; mais, dans tous les cas, il faut que les deux vis, qu’on peut également établir eu fer ( 1 ), soient solidement fixées dans la traverse su pé - rieure, parce que le jeune arbre, par son élasticité, opposera une forte résistance. Il sera bon aussi, pour la conservation du fer et du bois,de peindre à l’huile lesétaux ainsi que les modèles, avant de lesemployer. On fixe les modèles sur les arbres de la manière suivante : dans le creux de la traverse, on place une poignée de mousse, et on l’applique ensuite contre ie jeune arbre, fig. 4 ; on courbe cet arbre suivant le modèle, qu’on a aussi garni de mousse, et on le fixe convenablement au moyen du vissoir. Pour attacher chaque modèle , il faut au moins deux étaux, et quand le modèle est grand il en faut un troisième dans le milieu et quelquefois plus. On peut, par ce procédé, courber des chênes de 3 et 4 pouces de diamètre. Mais quand il ne s’agit que de brins plus faibies ayant 1 ou 3 pouces de diamètre, on emploie.l’étau simple ou valet de menuisier, représenté par la fig. b. Ou l’applique sur l’arbre après avoir garni de mousse le creux a; on courbe'cet arbre snr le modèle, qu’011 visse solidement. (1) Si on voulait établir tout l’appareil en fer, il serait indispensable de placer beaucoup de mcius'e ou im peu de bois entre l’arbre et la traverse Supérieure , pour éviter que le fér ne touche immédiatement à l’arbrp. 44 3/|6 MAÎR NlAÎR Les modèles doivent'àvoir i, 2,'3-pieds et? plus ‘de lougueur, suivant leur grosseur'et la forme'qu’on veut imprimer à l’arbre. - 1 * * * Il ne faut pas que les jeunes arbres soient fortement vissés sur les modèles. Cela est inutile, parcè que l’élasticité naturelle de l’arbre courbé tend à le serrer Suffisamment, et parce qu’une pression tfop forte endommagerait- l’écorce ou causerait la stagna^ tion de la sève. Comme les jeunes chênes ont les fibres extrêmement souples, on peut les appliquer au modèle sans s’occuper de leur grosseur, toutes les fois qu’on sera assez fort pour les courber. Plus la courbure à ob r tenir sera petite, plus les chênes qu’on y voudra soumettre pourront être forts. Les arbres, après l’application du modèle, continuent leur accroissement, mais dans la direction qui leur est donnée , et peuvent se mouvoir en tous sens avec le modèle. On doit veiller soigneusement à ce qu’ils n’éprou- veat point de dommages, et ils donneront par la suite des courbes d’un bois sain . Maintenant .il s’agit de savoir combien de temps il faudra laisser le modèle , pour que l’arbre ait contracté la courbure avec laquelle il doit grossir. A cela je réponds que ce doit être jusqu’à ce que l’arbre ne fasse plus d’effort pour reprendre son ancienne direction lorsqu’on lui retire le modèle. Les arbres soumis à la gêne gardent le modèle plus ou moins long-temps, suivant qu’ils sont plus ou moins forts ou élastiques.. On peut abréger le temps, en donnant au. modèle qüelqnes degrés de courbure de plus que n’en doit avoir le bois, parce qu’ordinairement l’arbre se retire un peu lorsqu'il est dégagé de sou modèle. J’ai reconnu, par mes expériences, qu’au moyen de cette attention on pourrait,en appliquantes modèles dans le mois de mars, es retirer dès le mois d’octobre ou de novembre de la même année, quand les feuilles sont totalement tombées A cette époque, l’arbre a complété sa végétation de l’année, et ses fibres se trouvent consolidées dans leur nouvelle direction par leur resserrement intérieur et par l’addition de nouvelles couches ligneuses. Les arbres auxquels j'ai enlevé leur modèle après 6 semaines, 2 mois et même 2 mois et demi, n’ont conservé qu’une légère courbure, et ont repris petit à petit uuè grande partie de leur première direction. Il faut connaître la forme des courbes de marine pour la donner aux modèles que je propose. Cette connaissance n’est pas facile à acquérir par le forestier, soit parce que l’art des constructions varie beaucoup, soit parce qù’oii mariqüë d’ouvrages qui fassent connqkrg. comment on peut préparer dans les forêts des bois pour la marine. Il n’y a pas d’autre moyen que de fuira venir des ,çhantiers de constructions, auxquels il doit fournir son bois, les indications des longueurs, largeurs, épaisseurs et courbures des pièces qu’gn y gmploie. U.est vrai que»,tou.s les. bois courbes qui ont deux côtés droits peuvent être .employés dans les chantiers où l’on construit des vaisseaux de différentes grandeurs ( ipaiç(p».ne doit pas se, borner à ne faire que des pièces de-'c-e genre, il faut tâcher de se procurer les pièces- principales, qtri sctnt î*ares if à n-s les forêts et qui' se paiCrif Wès-bien. ’ 111 1 $ S. — De la manière déformer les oomrbei lès plus importantes pour ta construction d’un-vaisseait de •ligne. L’auteur divise les bois courbes en quatre “classes: 1 a. Les pièces dont le3 deux bras sont droits ; 1 b. Celles qui ont une branche-droite-et l’autre- courbe; c. Celles qui ont-une courbure simple; d. Celles qui présentent une dortble courbure. La.première classe comprend les courbes d’étam- bota,fg. 6 . Pour former cette pièce, il faut le modèle* fig. 7, avant sacou-rbuie en 17. On applique fc8-modèle iur In tige, fig. 8, aussi haut que l’exige 1* ktègvçur de la pièce, il faut que: le grand bras de .modèle ait une certaine longueur, parce que le : jeune arbre, dont la tête serait pesante , pourrait s’abaisser Ln peu en avant du modèle, ou bien', comme cela arrive ordinairement, faire effort pour reprendre la direction verticale. Quant à l’autre bras-, il n'y a point d’inconvénient -qu'il soit eourt, parce que , bien que la pièce doive être plus-longue de ce côté; on .doit compter sur la nature pour maintenir le bois de l’arbre dans Isa-direction Tgrticâlei On procède de la même manière pour former des bossoires ,fig. 9. d Les courbes dont les deux bras sont droits forment des angles droits , fig. 10, des angles aigus y fig. 11, • in ‘ et des angles obtus y fig. n. • Ces sortes de courbes sont ordinairement formées par la réunion de la tige et d’une branche. Comme dans ce cas-, il faut une tige droite, On doit se borner à la maintenir dans cette direction. Lorsque le chêne est élevé, on peut tirer une seconde pièce.de sa tige. Les pièces qui ont un bras droitet l’autre courbe, comprennent l’espèce d’allonge représentée^*. » 4 - On procède comme l’indique la fig. i 5 (i}. - 1 Parmi les pièces d’une courbure simple, -je place les baux, fig. 16, PL XIII. Pour en former, on opère sur de jeunes chênes ayant 24 pieds et plus de hauteur. Dans la construction des'vaisseaux de guerre, on réunit deux baux ensemble. Voici deux moyens d’en former : le premier, par le Secours des modèles , et le second en courbant la tète de l’arbre. Le forestier doit s’assurer s’il peut atteindre son but en appliquant- au nSilièu de la tige de l’arbre le modèle, fig. 16, qui a la courbure qu’on exige dans un bau. Qimqil l’arbre , soit dans sa partie supérieure, soit vêts le’bas'de-la tige, présente trop de roideur et ne se prête pas à la courbure qu’on veut lui donner, H faut dans ce cas lui appliquer deux ou trois modèles ; mais ordinairement un seul, appliqué dans le milieu, est suffisant. (1) Cette pièce est de la classe des bojs courbans, qui sont beaucoup moins rares que les courbes proprement dites, et qui n’exigent par conséquent pas de moyens extraordinaires pour s’en procurer. (A 7 , de M. B.) MAR MAR Le deuxième moyen consista.à incliner la tèle de l’arbre pour le forcer à.prendre de.la courbure. Pour cet effet, on attache à l’une des branches du jeune arbre qu'on vent former, uae corde-gou-, drouupq, an moyen. tle~,laquelle ou va ladixer, en courbant l’arbre, à une branche d’un arbre voisin et plus fort que le premier (i). Quand il existe près de i’un l’-autre de jeunes ohcnes.de mêmes hauteur et grosseur; on peut: les attacher' deux à «leuxiavec des-odrdes goudronnées, qu’on serre au raoyeir d’un bâton faisant l’office de tourniquet, jusqu’àtee que les deux arbreeitûent pris la courbure nécessaire, et ilora on fixe Iti'bâton, m , u Commeles baux n’exigent point une forte courbure, on peut opérer sur des chênes d’une certain© grosseur ii, en Allemagne comme eA F rance; fournissent presque-exclusivement des bois courbes à la marine sont : t°. le chêne à longs pédoncules, ou chêne femelle des anciens, cpiercus femina , ou pcdimculata ; 2“. le chêne- rouvre , ou à grappes ; ou chêne mâle des anbiebs, quertus robur (Lin.). Le'sol le plus favorable à la végétation du chêne est, en géhéral, ufi terrain sablonneux et profond , mêlé de plus ou moins d’argile ou de glaise, et (recouvert d’une t'Ouche de terreau formée par le détritus des végétaux. La disposition naturelle des Tftcines du chêne à s’enfoncer beaucoup, 'exige que le «ol ait de 4 à 9 pieds de profondeur. Sa végétation se ralentitdans les terrains où il se Wouvé à peti'de 'profondeur Un banc de pierres , d’argifoet sur-tcmt'de matières ferrugineuses ou de sable , durcies par une ocre ferrugineuse [0 rts te in), ü’est particulièrement le cas des arbres qui ont été semés sans' qu’on ait retranché la radicule pivotante dn gland , j>arce que leurs racines, étant dans’leur longueur naturelle, abandonnent d’autant plus vite la couche supérieure;'au lieu que , dans là «-©plantation, le raccouCci ssement des racines principales et notamment du pivot favorise la multiplication des ratines latérales. 1 I.a situation et l’expOsition sont encore des objets très-importans à considérer. Les hautes montagnes et les pentes au nord produisent, à la vérité, un bois dur, mais les arbres y sont rabougris, et n’ont jamais les dimensions nécessaires pour leb grandes constructions. Dans les fonds humidés, au contraire, le bois y est gras, spongieux, se carie et se pourrit promptement. — Les pentes' moyennes exposées au sud , au sud-ouest et à l’ouest, et plantées en plein bois, conviennent très-bien Mi chênes- rouvre; tandis que le chêne à longs pédonculee réussit an mieux dans les plaines fraiclfeset d’une température douce, si toutefois il est abrité dans sa jeunesse par de grands bois contre les vents de l’est et du nord , et contre le soleil brûlant du midi. Cette dernière espèce réussit même dans des fonds Intimides, lorsque la couche inférieure est composée d’un sable léger et que les jeunesracines-ïie' l’alttefo gnent pas trop tôt. § 2. — Pépinière,^ Sentis. — 11 faut chercher un emplacement convenable, propre à l’éducation du’chênë, et'à proximité do l’endroit à pianteê hii doiïWèr les cultures requises, le défendre de l'accès deà'bestitiux; y semer, au printemps, des glands conservés fendant l’hiver, et dont on aura rompu la radicule, lesfplacer dans des rayons distans entre eux dé 6 à B poilces , espacer les glands-à 3 -pouces l’u* dé-i’autre, les recouvrir d’un pouce et demi de terre 1 ; plan teT par-ci par- là , en été, des branches garnies de feuilles, sur le semis, pour lui procurer de l’ombre. m a a 343 MAR Première transplantation. -^ Au deuxième prin-| temps (1), 011 doit procéder à l’extraction des plants, qui se fait avant la sortie des feuillesracoupxir Je pivçt à a pouces sans toucher au, chevelu ; planter sur des lignes droites à a pieds de distance en tous sens 5 arroser fortement la plantation; laisser les jeunes arbres pendant quelques aidées dans cet endroit, on leur donnant les binages convenables. Deuxième transplantation. — Lorsque les jeunes plaBts ont poussé une certaine quantité de branches qui attendent confusément les unes dans les autres, il faut les lever de nouveau, rafraîchir un peu leurs racines latérales, racourcir. les branches à 4 pouces du tronc en ménageant la tête et les racines fibreuses, planter les arbres à a pieds les uns des autres sur des lignes distantes alors de 3 pieds entre elles, arroser la terre et la raffermir solidement, et observer) que les lignes doivent être dirigées de l’oueattà l’est. Si on n’avait qu’un petit nombre de plants à placer ,, on donnerait 4 quelques-unes des lignes situées nu sud une distance de 5 pieds entre elles, et dans le milieu on établirait des lignes de jeunes bouleaux de la grosseur des plants de chêne, qu’on espacerait à .2 pieds entre eux. On laisse la pépinière dans, cet état .jusqu'à ce que les plants aient acquis,,pQuc la-plupart, de 10 à 12 pieds de haut. Pendant e&itemps,, on leur donne les soins nécessaires, qui consistent à Les préserver de tout accident extérieur} ;! Ip* arroser dans le premier été de leur transplantation S’il survient des sécheresses} à les binerpià supprimer les doublée tètes dans le mois de juillë’t, et à retrancher les branches inférieures sur la fin de i*ét& Le retranchement des branches ne doit pas se Lice tout près du tronc , parce qu’il priverai* les plants des moyens de croître en grosseur. Dans l'année qui précède la transplantation dé- finitive ét en plaine, 011 aura soin, avant la seconde sève,- c’est-tà-dire 1 vers la Saint-Jean, de couper toutprèsdosbranches latérales supérieures les jeunes tètes déà plants qui ont poussé dans l’année : cette amputation, doit se Lire sur-tout dans les lignes de plants duicôté du sud} mais il est bon, dans les années précédentes, dé couper , vers la Pentecôte, et rez.de terre, les bouleaux placés entre les premiers rangs li afiaidei donner aux branches supérieures des chêæs plus de facilité à s’étendre. On raccourcira les branches latérales, à l’exception des plus fortes, dirigées vers ieo midi , et en évitant toujours de-les couperitropiprqaidu.trpnc, afin que l’arbre puisse grœsir. Cependant, on ne doit pas faire subir cette opérait kin «ux tiges droites qui ne sont pas pourvues cle fortea bcanches latérales, parce qu’on pourra par la suitëilem cendre propres à être employées comme bois, courba h s dnlouguu dimension, nie >b s eaodo suph u, • iq -tn -IM&Wme.ef iesy- et paç conséquent les plus em- ± (1} La plantation/.Su’nrihtériqit, n'est préféïhble que dans les terrains huinidèSWï exposés a des gelées d’une grande intensité. ployées dans les constructions. La dernière parvient, en i00 ans, à son entier accroissement lorsqu’elle est dans un terrain fertile, composé dé‘terre végétale , ou d’un mélange de cèttç terre arvecunipen de sable , d’argile ou de glaile, et'dans une position fraîche et non trop élevée. Elle'fournit bn -bois de longue durée, soit qu’on l’emplorîe daiis l’eaif oU- hoesde l’eau . Scms ce rapport, il ressemble au chêne, sur lequel il a même davantage d’être moins sujet à se rompre par de violentes secousses, à cause de sa contexture ptüs serréè-et de là' fléxtbiIrté"de-^es fibres'} et eh outre il ppssède 1 totrtes‘lesquelités d’Un bon bois de marine, par l’adltêslott 'jüuh~fbrte' 1 de ses fibres latérales, propriété quî a^qWrt-k-HtaU-x'boîs difficiles à .fendre- • ..d eai . L’orme à larges feuilles parvîent'-à tt>dt* sëfHH*-. croissement en 70 ans; il Se-JllàîtdartS'les 1 ' : têiriaîni , élevés, composés de sable èl uPpirpètc dê terne végétale; mais son bois est'‘jh6rp^'fëriife' qêè'êètéivi!© l’autre espèce. Il itfértirè ée{)è'hèfàdl?' J d ! ®èè lo ettl'éivé‘ pour la marine, lorsqu’on maujqhfe'détèréaitiVfértïlés. L’avantagé qu’ont tes dMlx-êdpèfcès dè çteitéét très-promptement, et dé stijSpoftèri'tld-dêgtfe‘nan,t up^ugle, qqmnrç les brions ou ringeots , lesréor^oic» ét les, fo quatrième, les bois droits tfEnjifiés,paE upq.cqnxbutejçpmm.q çejtx qu’on eni- pfojefyiuf, (airq une^llqnge ,d’une seule pjëce. ..,La formation. naturelle des bois courbes de toute ey^cn,rnptpsef»nr : des lois, simples : ,i°r Tou» le» arb res cherchent à élever leur tête Yeftlçafouient^ lorsqu’il n’y a point d’obstacle, les pousses de chaque année, qui s’étendent latérale- Uient) ,^ sucçètfoeTqyec plus ou moins de vigueur «Wft T^édidq.fVbrQ,. 3 ?, totqqp’nnjflTb^e présente une double tète, ou bieirvn^TqçtetbfnnpbiÇ à côté delà cime, il arrive da deq^ç choses l’nqe,,pu que ces deux productions se piaintjpnupnt * une égale distance l’une de l’aqtro et dan» des rapports semblables, ou que la plq&fople. détourne la plus faible de la direction ver- tfoftlft, e|t se fprtibp î^ule, dans la proportion dece que l’futfn prend ipbfofcdeinopfriture et reste en arrière. I^e»,fP»qiqpLes ef 1 » planche XIV expli- qqerqtjt 1 R jpàyiçflfi çfouJ se forment naturellement les courbes, et en même temps la théorie de l’art qu’on peut employer ppqr en, aider la formation. ,ji A-, l^Vuno jqu^e Ijige droite soit détournée de folWPWdiçulairflu^l ipclinée vers la terre {fig- 1) une,force, qu’pu y .aurait appliquée ou par l’in- Ifoence des boi^environnans, il arrivera que les qquyçjles poudré qui viendront à la cime, prendront 1» fofectjon verticale en r s’qppuyaut sur cette cime, ef que la tige elle-même , qui avait été inclinée, suivra, içette direction indiquée par la ligne ponctuée; ,à infons çepen,da,nt que le voisinage d’arbres plus élevés ne foruiepru 9t> s fo c ,fo ù ce redressement. Il résultera de là que, pair la suite, on pourra tirer de cette tige, soient qju’eTleaur» èlépilusou moins inclinée, diverses sortes de pièpe» d’une courbure simple. ifo Qu’une tige n)ln|e etj flexible \fig- 2) qui se trouvait dans iqi ana»sii de bois, et,qui, soutenue de» parts parles Jbrin»,euvironnans , avait poussa eut. ligne droite, viepjia à perdre ces espèces dé tuteurs, il arrivera, que petite tige'ilexibîe ne pourra plus squteqir sa tête, dont Te poids la courbera Ver» la terre , comme on le voit souvent pour les bail-! veaux qu’on laisse dans tes COUpes de taillis. MniT la tête de cetarbre ainsi courbé se redressera petit à petit, et raméiiera avec elle vers la direction ver-' ticale la partie supérieure de la tige ; ce qui donnera lieu 1 diffère'» tes fo/mesnéfcCè&aïfesaBjr pièces d'une eOurbufk dbùblè. '' Cl'Qli’iiil'afb^e/sôît arraché dans sa jeunesse et réplanté de siiifo, mais dans tmc direction telle que la ^igé né formé, plus un angle droit avec la terre (fig- 3 ), il arrivera que la plus forte branche latérale, qui, daris cette nouvelle position, se trouvera au miliëtl delà courodnéde l’arbre, parviendra à dominer - la cime proprement dite, et qu’elle formera en èâ place la ibtitrnuation dé la tige. La tige qui sé trouée au-dessous de cette nouvelle couronne ne peut plus s’élever, à cause de son âge et de sa roi- deur, comme aussi à cause de la nouvelle tête , qui attire à elle toute la nourriture ; mais elle est forcée de rester dans sa position inclinée, ce qui produit naturellement un arbre d’une forme angulaire. De cette manière ou d’une autre analogue , on peut obtenir des bois d’une forme angulaire, dont les deux bras seront formés par la tige seule ( fi g. b), et qui se distingueront par une longueur et une force suffisantes. Ces espèces de courbes sont d’autantplus difficiles à rencontrer que la cause qule nous venons d’exposer est plus rare. ' du : • En effet, de semblables formesfne sont Ordinaire- ment produites que par le tronc et’tnve 1 branche ( fig. 5 ), ou par deux branches (fig. 7; Pt. X.V'g'cpii s’écartent l’une de l’ktltre ; soit par le poids de leurs têtes, sôit par l’addition de nouvelles-couches ligneuses etla prfession mutuelle de l’àne sur Fautrej quisefaitau point defonetibn. Lés «Vaché» ligneuses qui Se succèdent chaque année 1 , contribuent particulièrement à produire cet effet, comme l’indique la figure 7. A la base de la fourche (a),il se forme, tous les ans, des productions ligneuses proportionnées aux autres parties de l’arbre, et il en résulte une forte pression des fibres élastiques du bois 1 entre elles; ce qui produit un effet puissant sur les deux bras de la fourche: mais Comme la pression estégale des deux côtés, il s’établit une résistance réciproque, qui ne peut être vaincue d’aucun côté. Si on met un obstacle à cette double succession de couches ligneuses, en coupant l’un des bras de la courbe, l’autre bras prendra la direction verticale ; pe qui n’aurait jamais eu lieu sans cette circonstance. C’est ainsi qu’un écusson '(greffe), qui croit latéralement tant que la tige du sujet demeuré intacte, prend une direction verticale aussitèt'qhe cette tigeaété amputée. La production de ces-tespèoed de courbes est Tou- vrage seuldela nature » é’estpollrquoi omeir trouve plus abondammentquedfetCHit» autre»njaü ellenous donne des pièces qui nesontipas exemptes de défauts pour l’usage de la marine.'Indépendamment de'leur peu de longueur éL de- : - grosseur, partionlièrement dans les branches qui formetHffes-bti** de la fourche, elles laissent toujours quelque chose à désirer du côté de lâ‘ stflidiâé.-Phut* J ?HàirAT ce fâity prenons pour exemple un a^re ^ 5 ) qui présente un angle obtus, par .la réunion,de 'là tige et d’une branche, ou un angle aigu a jj ^.'fi jV x j»ki‘ la jonction de deux brancnesl Dans des d'éuic èas, le6 cercles atrmrels serwt-coupât jusqu’au milieu déjà pièce , et U n’y aura que .fo mpitie de cette pièce qui consacrera des fîbre-S: dïfofo»,,,; ., encore ces MAR MAR 55 o fibres seront-elles interrompues par la forme que l’on do-ntieià à la courbe vers le sommet de l’angle : de telle manière qu’on ne peut compter que sur la moitié de la force qu’avait la courbe. Si cette courbe éprouve une violente secousse, le coeur du bois, qui a déjà une disposition à se tendre, se séparera, et fera rompre la pièce. Il n’y a point de doute que si on pouvait se procurer plus de pièces semblables à celle de la figure n°. 6, dont les fibres sont conti- nuéü, on ne dût les préférer aux autres. Peut-être qu’ici l’art pourra venir au secours de la nature, et par la suite en fournir un plus grand nombre. D. D’après ce qui a été dit plus haut, on pourra facilement trouver un exemple de la production naturelle des bois de marine droits terminés par une courbure. Il suffit de prendre un arbre droit, auquel •'n laissera une forte branche latérale, qu’on choisira parmi celles qui se trouvent ordinairement dans la cotironnd de chaque arbre ; on plantera cet arbre en l’inclinant dé manière que la branche réservée se trouve du côté de l’inclinaison (fg. 4) : il arrivera alors'qüe cette branche, jeune et flexible, cherchant a reprendre la direction verticale, se courbera , et prendra par la suite la forme désirée. Chapitre II. — Moyens artificiels de former de jeunes arbrespotiren faire des courbes propres au service de la marine. Les accidens particuliers dont nous avons parlé, et qui changent la direction verticale naturelle à la plupart des arbres pour leur en faire prendre une qui puisse les rendre propres à la marine, sont trop rares et trop souvent arrêtés dans leurs effets j ailes lois naturelles, pour qu’on doive compter qu’ils fourniront à nos besoins multipliés en ce genre : aussi depuis long-temps s’occupe-t-on de chercher des moyens artificiels de produire des bois de ma- riii.e, pour subvenir à la disette, qui s’en fait sentir chaque jour davantage. C’est principalement en Angleterre qu’on a fait des recherches à cet égard. Diverses méthodes ont été proposées : les uns veulent qu’on attache les jeunes tiges à quelque chose de solide, pour leur faire prendre la courbure qui doit rendre un jour les arbres propres à l’usage qu’on désire; d’autres, qu’on suspende une corde avec un poids à la cime de ces tiges, pour les faire courber vers la terre. James YYheeler (i) a proposé de courber de jeunes clienes d’un pouce de grosseur, pour rendre la partie supérieure propre à former une courbe. Mais, dans ces divers systèmes, on a oublié un principe essentiel : c’est que la pousse de tous les arbres cherche toujours à se faire en ligne droite, et (JUQ l’accroissement de la partie supérieure de la courbure obtenue ainsi par violence doit continuer à se faire en ligne droite. Pour mieux îaire entendre ce principe important, qu’on se représente un jeune arbre if g- 8, PI. XIV ) dont on. aura courbé la cime en l'attachant avec une corde à un piquet. Il est évident que la sève tendant à monter verticalement, au lieu de parcourir la portion d’arc formée par ce moyen violent, dévelop- (>) Tfite modtrrn Druid , London , 1747 . pera les boutons qui se trouveront à. la partie supérieure de la courbure, et qu’il en résultera, comme l’indique la ligne ponctuée, une nouvelle lige droite ; tandis que l’ancLeune tige recourbéé ne prendra que peu ou point denourriture, et qu’alors la courbe qu’on voulait obtenir ne grossira pas dans la seconde portion de l’arc formé par la cime. D’ailleurs, les ligatures qu’on fait aux arbres leur causent des dommages, tant dan», l’écorce que dans le bois, et en occasionnent la brouiasure, la pourriture et le rabougrissement. Il en résulte encorè le déchirement des vaisseaux séveux, cèt quL empêche la sève de monter et-de parcourir:ces eourburés forcées ; et l’on voit toujours sortir de nouvelles pousses au-dessus de la courbure, qui fbmient par la suite une nouvelle tige, au lieu de la courbe artificielle qu’on voulait obtenir. Tels sont les résultats qu’on doit attendre lorsqu’on s’écarte ainsi de la marche de la nature, et qu’on emploie la violence, au lieu de mettre ses caprices à profit pour arriver au but qu’on se propose. ün n’a répété aucune de ces expérience, parce que les méthodes inventées n’ont eu aucun succès. Cependant tout récemment, et à l’occa'sion du prix- proposé par l’amirauté de Copenhague , cet objet a été traité avec soin et sagacité par Mi Bedker; inspecteur forestier à Rostock, etde nouveaux procédés ont été établis par suite de son système. Des'expériences postérieures ont sans doute fixé l’opinion Sur le mérite et l’emploi de sa méthode; mais sans en connaître les résultats, je crois qu’il m’est permis de douter qu’ils aient répondu aux vdeux dû collège de l’amirauté. Les observations suivantes appuieront cette conjecture d’utie manière plus particulière. i°. Les vices reconnus pàr des expériences récentes, de la méthode qui corisiste a courber les arbres dans leur jeunesse pour leur donner la forme qu’exigent les bois de marine, se rencontrent pins ou moins dans la manière de M. Becker,, mais particulièrement pour les arbres droits. Quand ou courbe une tige droite en angle obtus par le procède qu’il indique, il en résulte a l’endroit de la courbure une pression et un déchirement des fibres ligneuses et des vaisseaux séveiix, qui Sont d’autant plus considérables, que l’angle obtus se rapprochera de l’angle aigu. Dans ce dernier cas, la rupture de la tige est souvent inévitable : par exemple, dans la formation artificielle de l’allonge indiquée par la fi g. i5, PL XII. L’accroissement en hauteur d’un arbre ainsi courbé s’arrêtera , sinon en totalité, au moins en partie. Cet arbre poussera de nouveaux jets vigoureux au-dessus de la courbure, et qui s’élèveront en ligne droite. 3°. Les bras de ce modèle de eburbe ne sont pas assez longs pour la courbe qu’on veut obtenir, cru plutôt la jeune tige destinée k former une. courbe n’est pas assez haute pour dohner à la pièce la longueur nécessaire. Dans ce cas, il arrive que ia cime de l’arbre, à l’endroit où cesse l’inclinaison, reprend la direction verticale , au lieu d’allonger le second bras dé la courbe, et que même elle efface une partie de l’angle existant, pour rendre à Larbi» sa première perpendicularité. Une simple observa- M Ail MAR 35x tion sur des circonstances semblables, qui arrivent naturellement, suffira pour prouver ce fait : on voit souvent de jeunes arbres ayant d’abord une légère courbure-, former, quelques années après, des tiges droites pans le setours de l’art. Indépendamment de la disposition naturelle qu’a la tète «l’un arbre à s’élever 1 perpendiculairement et à faire suivre cette di- rection à la tige, il faut considérer encore que les nouvellesCQUches ligneuses sont ordinairement plus fortes dans la partie concave de la courbure que dans la partie convexe, et que cette circonstance contribue à faire d’une tige d’abord tortueuse un arbre droit dan» un âge plus avancé. Pour s’en convaincre, que l’on examine plusieurs planches fendues vers le coeur et provenant de troncs d’arbres droits à l’extérieur, on y remarquera souvent que le canal médullaire et lei'premières couches ligneuses forment des ligne* simietises; mais que les couches tantôt plus fortes, tantôt plu* faibles, qui ont succédé de divers côtés, *ont parvenues à effacer les angles et les courbures du premier âge. La forme en zigzag, ordinaire aux jeunes hêtre*;’s’aperçoit toujours, même lors- qu’après de longues années ils forment des arbres droits, et qu’alors on les fend en deux; elle s’aperçoit sur-tout vers la partie inférieure de la tige. La pg. 121 ÿ Pl. 'XV, qui représente , dessiné d’après nature, un morceau de planche de chêne fendu par le cœur, fbiirnit un exemple sensible de cette vérité. Ce fait donne aussi l’occasion de constater une expérience négligée jusqu’alors, en prouvant que, sans tailler les jeunes chênes, méthode recommandée par quelques forestiers et blâmée par d’autres, on peut compter que des tiges d’abord tortueuses formeront par la suite des arbres droits, en les abandonnant à la nature. 3°. La méthode de M. Becker est trop coûteuse, et la manutention qidelle exige trop minutieuse pour être employée en grand. D’abord, quelques soins que l’on prenne, on ne parviendra pas toujours à éviter la rupture dès vaisseaux séveux, et le déchirement del’écorce des arbres qu’on soumettra aux formes indiquées; d’un autre côté, si l’espace de temps dans lequel la courbe future doit être terminée, était trop court pour luiimprimer des formes constantes, alors il n’y aurait que les couches de bois les plus récentes qui prendraient la courbure forcée'; tandis que les anciennes feraient effort pendant plusieurs années pour se remettre dans leur première direction, et qu’après avoir altéré le modèle, elles reprendraient sinon tout-à-coup, au moins petit à petit cette direction , et feraient manquer en partie le but proposé. 4°. 11 arrivera aussi qu’on volera les modèles en bois, sur-tout lorsque les vis seront en fer, comme cela est nécessaire lorsqu’il s’agit de courber les gros arbres; ce'qui augmentera encore les inconvénieus déjà-assez-nombre»* de cette méthode.' Tous les moyens violens proposés jusqu’à ce jour pour former des bois courbes semblent encore trop loin de la perfection nécessaire, pour qu’on puisse s’en promettre quelque chose d’avantageux, et qui réponde à l’importance de l’objet. Mais ne pourrait-on pas approcher plus près du but, en suivant plus exactement la marche de la nature, et en rentrant tout-à-fait dans la voie qu’elle suit elle-même pour former, sans le secours des hommes, des bois courbes propres à la marine? L’observation des causes naturelles, dont il a été donné plusieurs exemples dans le chapitre précédent, me donne l’entière conviction qu’en imitant par l’art ce qui se passe dans la nature , il est possible de résoudre avec tout le succès désiré la question proposée. La proposition précédente conduit naturellement à l’explication de la nouvelle méthode que j’ai trouvée pour l’éducation des bois courbes. Elle consiste seulement à incliner, dans la proportion de l’angle qu’on veut obtenir, les jeunes arbres, qu’on replante après avoir façonné leurs racines et leurs branches en pépinière, suivant les instructions que j’ai déjà données. Dans cet état, il arrivera que le bas de la tige, déjà forte, donnera par la suite le côté le plus court de la courbe , et que la tête, ou la forte branche latérale qu’on aura laissée, cherchant à reprendre la direction verticale, fournira, sans aucune contrainte artificielle, le grand côté de la pièce, soit droit, soit courbé. Il est presque inutile d’observer qu’on doit destiner le bas de la tige à former le petit côté de la courbe; car on sent bien qu’il faut éviter que la tête de l’arbre, devenant par la suite trop pesante pour les racines qui le fixent en terre, ne le surcharge trop, et ne lui fasse perdre de sa solidité. Du reste, en plantant les jeunes arbres de bonne heure, et sans attendre qu’ils aient acquis trop de hauteur, on les traitera beaucoup plus commodément. Cette attention procurera encore l’avantage de tirer parti de l’accroissement futur de la partie supérieure de la tige, pour former un angle plus ou moins ouvert. La position de l’arbre, qui paraît contre nature et par laquelle une partie des racines latérales qui avaient cru horizontalement se trouve renversée en bas, et l’autre dirigée vers la tête de l’arbre, pourrait , au premier coup-d’œil, sembler dangereuse ; mais un examen attentif va dissiper cette crainte. Les racines alors ne croissent pas dans cette double direction , ou nécessairement elles manqueraient leur objet, qui est de fournir de la nourriture à l’arbre; mais elles suivent la couche de terre végétale qui leur convient. Elles s’écartent donc ’de la position qu’on leur avait donnée dans cette transplantation, pour monter ou dèscendre, selon que l’une ou l’autre position pëut leur fournir plus de parties substantielles. Les plantations qrdinaires qu’on fait dans les terrains en pente, où Ids racines se trouvent constamment dans la couche supériënre de terre végétale, sont absolument sfembtàbles à celle qu’on vient d’indiquer, et donnent u^tfe preuve suffisante de mon assertion. Je vais maintenant établir quelques règles générales sur la dernière transplantation'des jeunes tiges élevées comme je l’ai indiqtté prècèdemnifenh Ces règles auront pour objet d’achevér de donner aux ■arbres la forme nécessaire pour'en fairé des bois courbes. L’application de ces règles, qui doit se faire so-us la direction d’un cultivateur au fait du système, pourra sans inconvénient êprs. modifiée -selon le. but particulier qu’on se proposera, et lq$ espèces de besoins qu’on aura à satisfaire. 55a MAR MAR A. Bois d'une courbure simple■ Il n’est guère nécessaire d'avoir recours à des moyens artificiels pour se procurer de longues pièces de bois d’une légère courbure, comme celles, par exemple, qu’on emploie pour les baux. Les forêts, dans leur état naturel, en fournissent presque plus que d’arbres parfaitement droits; il n’y a que ceux d’une courbure prononcée qui y soient plus rares : c’est donc pour ces derniers qu’on doit employer de préférence la multiplication artificielle.Pour cet effet, on plantera dans une position inclinée {fig. i re ., PL XIV) de jeunes tiges droites, élancées, et pourvues de cimes bien venantes et verticales. L’in- rlinaison à leur donner sera telle , que la demi-longueur de la pièce à obtenir soit, à quelques pieds au-dessous de la cime de l’arbre, éloignée de la perpendiculaire d’environ deux tiers de plus que la courbure désirée (i). La tète de l’arbre se dirigera de nouveau vers le ciel, et la tige la suivra petit à petit, ce qui produira la courbure désirée. B. Bois ayant une double courbure opposée. Pour l’éducation artificielle de ces espèces de bois de marine, il n’est pas besoin de faire subir aux plants la préparation en pépinière dont on a parlé >our les autres, il est plus sur de les former sur les ieux mêmes oii ils sont venus de semences. Ils doivent être élevés parmi d’autres bois d’une prompte croissance et sur un bon terrain, pour qu’ils s’élancent sans prendre de corps; on les prive ensuite de leurs abris en coupant les bois avec lesquels ils étaient mêlés , afin que leurs tiges puissent recevoir l i courbure nécessaire ( Jig. 2). Cette courbure aura lieu naturellement par le poids de leur tète, ou bien on la leur donnera en attachant une corde goudronnée à une branche latérale de la couronne de l’arbrë‘(^Jg-. 8 ^- Dans cet état, il se fera une nouvelle Courbure à partir dé la tête de l’arbre , qui cherchera à ste relever petit à petit, et conservera en croissant l’empreinte, de la première ; ce qui donnera lieu à la forme désirée (2). Dans les .forêts où sont mêlés ensemble la futaie et le jaillis ('taillis arec réserve de baliveaux), et où ce dernier est coupé comme menu bois ou comme perches, on trouve beaucoup de brins de la qualité dônt j’ài parlé,'qui'peuvent être conservés et formés dansla même vue; ce qui fournit un exemple anti- (i)"L'iiirtèuf'vent dîrè ijti’il faut que le plant destiné à for- mèr ntiè pièce courbe soit incliné de manière que la tige, inBfctfe i qnelquespieds au-dessous de la tète, présente, aveè line ligne Verticale tjui partirait du pied de l'arbre, un anelè de* nèux tiers plbs 'ouvert qtte ne doit être la courbure qu’on veut obtenir. Son motif est fondé sur ce que l’arbre, eu croissant, cherchera à reprendre U perpendiculaire et effacera les deux tierè dé l’inclinaison qu’on lui aura donnée dan» sa jeunessè. (aj Pour bion entendre ceci, qu’on se figure, par exemple, une jeune tige courbée d,u cpté du nord : il est certain que la fête de ce jeune a/bve, en reprenant insensiblement la direction verticale, Cormpra avec le reste de la lige une double courbure, qùâprésentera deux portions d’arc opposées, dont l’une au nord 1 et rautre au midi. Tel e t l’ambre figuré PI. II, fig. 6 des boit de marine , et dont ois tir e des cornières et genoux de porques. cipé, qui peut faire juger de la méthode que je propose (1). On remarque en général pour les arbres crus en plein bois, qui se trouvent ensuite isolés et qui s’inclinent par cette raison, qu’il se forme de jeunes pousses à la partie supérieure de leur courbure par l’effet de l’air libre auquel ils sont exposés, et que ces pousses se dirigent en ligne droite Il est nécessaire de détruire ces nouveaux jets; mais on doit le faire au commencement du mois de juillet , en les pinçant avec les doigts et non en les cou- ant, parce qu’il en pousserait un plus grand noro- re en leur place, et que, par des amputations trop souvent répétées, on porterait préjudice à l’arbre. C. Bois formant P angle. Les pièces angulaires proviennent ordinairement, comme on l’a dit, du tronc et d’une branche; rarement elles sont formées du tronc tout seul. La supériorité de celles-ci sur les premières n’a plus besoin de preuve ; elle a déjà été démontrée, du moins en partie. L’art peut sans contredit en produire une rande quantité, parce que les plus grosses pièces oivent particulièrement former l’angle obtus, et que cette forme s’obtient plus facilement par l’éducation artificielle, que l’angle droit ou l’angle aigu. D’un autre côté, les pièces à angle droit ou aigu n’ont pas besoin d’autant de force et de longueur, et on pourrait les attendre des circonstances ordinaires plutôt que les autres, quand même ou ne douterait pas de la possibilité , qui va être démontrée, d’obtenir dans toute leur perfection des courbes angulaires à fibres droites (2). L’objet principal à observer ici pour former des bois angulaires, consiste également dans la plantation inclinée. On emploiera des plants qui auront subi un premier élagage, et auxquels on aura retranché la tète et laissé en place une forte branche latérale. O11 les inclinera en les plantant, dans la proportion de l’angle qu’on voudra obtenir, et de manière que le bas de la tige forme avec le terrain un angle obtus (PL XlV^Jig. 3 ), Alors la branche latérale réservée, reprenant la direction verticale, et tormant la continuation de la tige, fournira le second bras de la courbe, Par cette élévation en ligne droite, que prend la franche latérale dès ce moment, et la réaction concentrée qui s’exerce à la partie supérieure de la tige proprement dite, il est impossible que cette, tige puisse se, redresser ni suivre la direction des nouvelles productions qui pèsent sur elle. D’un autre côté, les petites branches latérales qu’on a raccourcies contribuent à cet effet, sur-tout si elles forment la fourche avec la maîtresse branche réservée; car il se fçrmera, dans les premiers temps, à la naissance dè la fourche de nouvelles couches de bois qui, par leur pression réciproque, consolide- On voit que l'aul^ur regarde le système îles tu taie* sur taillis comme favorable à la fpriuation îles bois Je marine. ( 2 ) L’auteur appelle courbe . angulaires à fibres droites ou à fils droits celles qui proviennent Je deux partie* réunies à leur base, comme le tronc et une branche, parce qu’en effet la fibre du bois se trouve droite dans les deux bras de la courbe; tandis que, dans les courbes d’une seule pièce, elle suit lu forme ne la courbe, ce qui donne beaucoup plus de force à la pièce. M A R 355 ront l’inclinaison donnée à la tige , et l’empêcheront d'Vffaèer l’ahglè qu’elle forme avec sa nouvelle Hme. Oel?td‘11ctîôn' , sVxetaéra jusqu’à ce que la tige ert la einte'sdftedtenl: durcîës au point de ne pouvoir plus pérdref la forme qn’elles auront une fois con- traetée. Pendant ce temps, les petites branches latérales, qui, dans le principe, n’avaient été que rac- cParis dansplu- sieurs autres établisse mens de ce genre, .des sujets de toutes les figures imaginables. Nous sommes persuadés que des hommes qu’on exercerait à tailler de jeunes arbres pour en former des courbes, pourraient préparer d’immenses ressources à la marine. Il y aurait peu d’arbres qui ne seraient susceptibles de prendre, sous la main de l’homme, de6 formes utiles à ce service. L’entretien des plantations formées à cet effet ne serait pas aussi coûteux qu’on pourrait le croire, car il ne s’agirait pas d’une taille soignée, comme pour les arbres fruitiers. Il suffirait de supprimer de temps en temps les branches qui se développeraient après qu’on aurait conservé celle qui serait destinée à former la courbe ; mais nous sommes persuadés aussi que. tous les .moyens proposés., soit Ja courbure , ^oit la plantation inclinée, soit l’amputation de la tète des arbres , seront toujours insiiffisans saqs le secours de la taille, parce qu’il s’élèvera des branches qui dérangeront la direction donnée à l’arbre ; qui attireront la sève à elles , et qui feront languir les portiesequrbées. On en a la preuve dans l’arqûro, qu’un a yputu applique* aux arbres fruitiers. La quantité de branches*qpi se forment sur le dos de l’arqûre et. qui s’éLèvej^tj en ligne droite, - s’empanent de presque, toute fa. sève, et. laissent la branche arqiié^dans un, éfat de langueur et de dépérissement; roais'si.ob supprime ce^ branches verticales, la sqve.est.obligée de. suivre la branche, inclinée. A,u'surplus.,.il s’ngff,., -pçtm forcer des courbes que '.de ménag$t_des brfu^bf.ft latérales formant, aveç fo.c^rra deFa$îre,, u,n aqgle.plus ou mpins ouvprt : dès-iorq. op pVpfontjà craindre la même quantité, ie goufmam^ que; «^ags l’arqûre, pqisque , de tqpte-s -fos positions, Ja tyçig? favorable à la .circulation.de. la $èv.e e^t j cpUç xp; les branches 356 MAR s’inclinent vers la terre. En effet, plus la direction d’un arbre s’éloigne de la ligne verticale , moins’ cette branche prend de nourriture, et'plus elle est grêle. Les arbres'à rameaux pendans en offrent la preuve ; cependant la ligne horizontale permet encore un grossissement assez considérable, ainsi qu’on le voit par les branches latérales des arbres isolés. Cette ligne horizontale est principalement celle que l’on doit faire suivre aux branches qu’on destine à former des courbes , et on y parviendra tortteS les fois qu’on supprimera , par la taille , les jets qui vendront disputer la sève aux branches qui auront cette direction. On prétend que c’est par des moyens analogues à Ceux que nous proposons , que le gouvernement de Venise parvint à créer dans ses forêts toutes les ressources dont il avait besoin pour sa marine. Nous ne parlons point ici des moyens naturels de favoriser la formation des bois de marine dans les torêts, nous nous sommes suffisamrhent étendus sur ces moyens dans nos articles concernant Aménagement et Y'Exploitation. Quant à la manière d’abattre les arbres qui' présentent des formes utiles à la marine , elle est indiquée dans les instructions précédentes et dans le Traité de l’exploitation par Duhamel. Titre III. — De F écorcementdes arbres à abattre , proposé comme moyen d*augmenter la forte et la durée des bois. L’écorcement des arbres sur pied a été proposé par plusieurs auteurs anciens et modernes comme moyen d’augmenter la force et la durée des bois , et de faire contracter à l’aubier la dureté du bois de l’intérieur de l’arbre. Cette opération , fortement recommandée par Buffon et autres savans d’un grand mérite, a été critiquée par d’autres auteurs, qui ont, appuyé leur opinion sur des expériences et sur des faits positifs. Comme nous avons traité de cette matière avec beaucoup de dé.tail au mot Ecorcement, nous renvoyons à cet articfe, TrTRE IY. — De Ih saison dans laquelle on doit abattre les arbres' destinés aux constructions. Il ne suffit pas de choisir l’espèce de bois qui convient le mieux ait (Service qu’on en attend; il faut, encore-le. couper dans le moment indiqué par la naturel. Notre traitpns cwt objet avec détail dans les ar- tieiêS Aménagement,, Ecorcement , Exploita lion e t Po&frituret Ym ces motsj Nous y établissons, d’n près de*4à*tp.posàtllp et deaobservatious concluantes, que les J&oiàittbatius hors.sève doivent être de (meilleure' conservation,quelles,bois abattus en temps de sèive. MAR posé de la délayer dans de l’eau douce ou dans de l’eau salée. Cette proposition a été combattue par ceux qui prétèndaient que le meilleur moyen de conserver les bois était de les faire dessécher à l’air. Duhamel a soumis tous ces procédés à des expériences nombreuses. V. ses Traités de l’exploitation et de la conservation des bois. Il pose en principe que la sève est une substance composée de parties résineuses, muqueuseS, mucilagineuses ou gommeuses, étendues dans beaucoup de phlegme ; qée si ce phlegmé est abondant, ta sève tend à la fermentation et ensuite à la putréfaction ; mais qüe si l’humdité a été en grande partie dissipée, les substances moins volatiles s’épaississent et fleviennenfun baume conservateur, qui empêche les fibres ligneuses de se corrompre , ou Une espèce de collé, qui les fortifie et lés Unit les unes aux autrès. Cet auteur examine les questions les plus importantes de la conservation des bois et de leur durée dans les constructions. Nous nous bornerons à rapporter les résultats de ses expériences et les conséquentes qu’il a cru devoir en tirer. 11 a constaté, i & . qu’il y a quelque avantage à ne pas laisser lorig-temfw les bois dans leur écorce ; 2 °. qu’il vaut mieui tenir lés bois sous des hangars qu’exposés aux injures de l’air ; 3°. qu’il n’est point avantageux de les tenir dans un lieu humide ; 4 °. qu’il est à propos de mettre les bois qui sont sujets à être piqués des vérs, passer qnelfpte temps dauS l’eau aussitôt qu’ils sont ûlittttus'j attendu qu’il vaut mieux perdré Un peu de la force de ces bois , que de les exposer à être piqués des vers; 5°. qu’il est important de n’eiripioyer que des bois secsdansla construction des vaisseaux; maisqu’il est difficile dé préciser lé moment Où Ce dessèchement est complfet, puisque, outre la grosseur de la pièce, il faut considérer l’espëcé d’arbre ; son âge, l'époque où il a été coupé, le climat', lé térrain, etc. ; 6 P . que cependant les bois trbp desséchés né peuvent faire un bon service dans les éonSttuClions, parte' qu’ils rompent aisément et se poùriSèent promptemeht quand on les expose à l’humidité'; y", que les enduits résineux sont très-propres à'préserverlés'liôis secs des injures de l’air ; mais tjn’ils jieùvent ‘précipiter l’altération de ceùit ipil stÿnt'fchalgés d’httini- dité; 8 °. que la coiitbure'àrtificléltè ll qu , ’cin 'Jointe aux bois verts diminue leur force, parce qu’il se trouve alors une tension inégale dans leurs fibres ; 9 ". que quand plusieurs pièces dé bois tért kont si ■t jij 'ur.o- ÿ’ i .^- 1 r,\D c q j laçon&efcation tfosMois. On a beaucoup écrit sur les moyens de 'fo’nsdrVèr lêV’bdi^ ehSiff lésCausCs de leur corruption. “La‘ sève a êfé régarfiéy par qùelqties personnel cdtmnfe' h cause 1 'dé ta'jjcmTfiture des bois, et pat d’autres cbnrme contribuant' à leur conservation. Lefc uns ont dit qu’il fadïaût l’exclu te absolument’, d’autres qu’il fallait la laifsser subsistel^en partie". Oh a pro- près l’une de' i’autèfe qu’elles Se' touchent , elles pourrissent plus proitijitemént qué quand elleS'Sont renfermées entre dtespierrës , 1 dêâbriquesj etc , parce que la’sève dès pièdes'vOîèihéüTormeunéplus grande somme d’humidité j ib°. qué lâfibtrètituhd déi'bWis fait d’âutarit plils de prOgèéS' qu’ils dintplScés dans un lied çHaûll et burhidè ; r i m . (jUe les bcflsaofeén- trairé'’qui Sortt toujours dans* l’éau ou renfermés dans dé’là’jilàisë'ou ! 3 fl‘Sablé héthidè nè pourrissênt jamais , dé quelqùe rfirafrlé qtl’ils Inire 111, parce'que l’eâii’se mêlé avec îa'Sètéét remplit W)lis lése'Spaèes, qoi, dans‘l'oèdré'rratürei , êléfièht remplis d'air; i2 q . qu’il n’en éfet paS de inëmé lié èenx qui sont exposés tantôt à- l’humidité ét tantôt au séfc, parce que les fibres ligrieuSes, qifr[fiit'étè l: téndires par l’èatf", 4ont ensuite rèsserréés 1 par lé sec ; cé mon- MAR MAR 35/ vement alternatif et continuel les fatigue et les détruit; l’eau emporte avec.elle , toutes les fois qu’elle s’évaporo , quelques - unes des parties les moin6 fixes du bois, et une partie de la substance gélatineuse qui contribuait à sa fermeté ; si les bois ilottés se fendent et.se tourmentent moins que les autres, c’est par la même raison qui fait que les bois tendres et de mauvaise qualité sont moins sujets à se fendre et à se tourmenter que les bois forts; les bois que l’on met dans l’eau doucepefrdent, lorsqu’on les fait sécher , plus de leur poids que ceux qu’on fait sécher à couvertp ils perdent d’autant plus, qu’ilsétaieniplus secs quand on lésa mis dans l’eau; i3°. qunlesbois qui restent submergés se réduisent peu-à-peu à rien lorsqu’ils sont exposés au cours de l’eau, parce.que,ce fluide les use imperceptiblement,et que leur surface se détruit par les insectes; i4°. que les bois d’excellente qualité subsistent fort long-temps dansas positions Içs plus défavorables à leur durée, et que bien que. les, membres des vaisseaux qui sont placés.dans çes positions doivent pourrir promptement, il*en. est qui, étant de bois de Provence , ont,été trouvés fort sains après 5o ans de construction; i-5°. que le bois pourri endommage celui qui est dams son voisinage, et que comme c’est une espèce de levain qifl excite la fermentation , il faut y remédier en retranchant ce mauvais boislepjus tôt possible ;r 6°. que les boisqu’on laisse sécher doucemçnt sous des hangars, ainsi qu’on vient de le dire, se,conservent bien , parce que la partie phlegroatique de la sève se dissipe dans l’air; que la portion gélatineuse, qui est plus fixe, demeure dans les.pores et entretient la liaison des fibres ligneuses : ces bois s’éclatent moins que ceux qq’on laisse au grand, air; néanmoins, quand ils sont de bonne qualité, ils se fendent plus que ceux qu’on a tenus quelque .temps dans l’eau-. Tels sont les résultats des expériences de Duhamel. Cet auteur , après avoir rapporté les détails de ses nombreuses expériences, examine, dans autant d'articles séparés, les avantages et les,inconvénier.s qu’ily a , i u . à tenir les bois à l’air dans les chantiers et les arsenaux de la marine; a°- à lés tenir sous des hangars; 3°. à les mettre flans l’eau flouce , ou dans celle de mer. Voici unbtrefeKtrait.de ses observations. I § î rr> . JDés, bols conservés en piles à l’air. Les bois, qu’on tient à l’air, étantexposésau ventet au soleil, se dessèchent tris-promptepient ; mais aussi ils se gercent, se fendent, s’éclatent et se tourmentent si prodigieusement quand ils sont de la meilleure qualité , qu’Hs deviennent quelquefois hors de service. Ce n’est pas là le seul inconvénient : lorsqu’ils sonten partie desséchés, ils sont mouillés par la pluie, qui les pénètre; de.plus; ils aspirent très- puissamment l’hunUditéde l’jflr, et rç ( plus.fQrie,rair son celle des brouillards ,, des posées, gtidesi exhalaisons qui s’élèvent de la terne. Cette humidité étrangère est très-promptement emportée, par le vent et le soleil ; mais il résulte dexes alternatives de sécheresse et d’humidité un jeu continuel dans les fibres' ligneuses, quisont tantôt gonflées, tantôt resserrées, Ce jeu fatigue les; fibres et use le bois ; et la tension des fibres augmente beaucoup quand il survient une forte.gelée et que les bois sont pénétrés d’eau. Ce n’est pas tout : l’eau étrangère dissout et emporte avec elle une. portion de la substance ligneuse, ce qui réduit les bais à un état d’aridité qui leur est préjudiciable; enfin , l’eau des pluies, entrant dans les fentes qui se sont ouvertes, y séjourne, s’imbibe dans le bois et y porte la corruption. Tous ces acci- dens sont beaucoup plus à craindre pour les bois gras, poreux et dépourvus de substance gélatineuse, que pour les bpis durs, fort serrés et remplis de substance muqueuse. Pour remédier auiant que possible à ces inconvéniens, Duhamel propose de paver à chaux et à ciment l’endroit où l’on doit former les piles, et de lui donner beaucoup de pente pour que l’eau n’y séjourne pas; ensuite, il faut mettre sur ce pavé des chantiers fort élevés, afin que les bois soient desséchés par l’air, qui passera librement par-dessous, et faire en sorte qu’il y ait du jour entre toutes les pièces. Le premier lit étant fait, on met dessus des cales de bois de 4 à 5- pouces d’épaisseur, sur lesquelles on forme le second lit; ce que l’on continue toujours de même jusqu’à une certaine hauteur ; et pour empêcher que les bois ne soient endommagés par le 'grand haie et les pluies, on fait en sorte que l’un des côtés soit plus élevé que l’autre, pour former.dessus un toit avec de mauvaises planches. L’auteur rapporte ensuite la manière d’empiler les bois pratiquée àRochefort, pnis celle en usage pour les chevrons et les planches , et pour les bois tors, les genoux , les varangues, etc. , V. son Traité du transport des bois , p. 5,39 , et le mot Pourriture. § 2 . — Des bois conservés sous les hangars. Les bois sont beaucoup plus à couvert des injures de l’air sous des hangars, que sous les appentis dont on vient de parler; cependant on a vu des bois s’y pourrir ou s’y fendre prodigieusement. Les expériences de Duhamel ont prouvé que les bois d’excellente qualité se fendent beaucoup plus que les autres, et que tous les bois qu’on expose à un prompt dessèchement se fendent plus que ceux dont la dissipation de la sève se fait lentement. C’estpour cette raison que les bois qu’on met sous des hangars fort aérés en Provence , où la plupart des bois sont de très-bonne qualité et où l’air est très-sec, se fendent énormément : c’est donc le cas où il faut défendre les bois d’un trop grand hàle. Il n’en est pas de même des bois tendres et qu’on a à conserver dans des provinces- pins septentrionales.Ces boisétant moinssujetsàse fendre et l’air, plus humide, no précipitant pas autant leur dessèchement, il est bon qu’ils soient plus exposés à l’air;sans quoi, ilss’échaufferaientet sepoürriraient. En général, il faut éviter de te ni v, les bois ;■ surtout ceux qui ont encore leur sève, dans un lieu trop renfermé, et il ne'fiiuE-pàsMes enfasser iinmé- diatement les uns.sur les antres, q Quand on fait des hangars, il faut éviter, sur-itout dans les pays chauds, de les faire trop ouverts de tous les côtés; les bois s’y fendraient plus qu’en plqin air; mais en même temps il faut donner unq issue aux vapeurs humides que renferment les endroits où l’on placç beaucoup dq bols, . 1 . MAR MAR 358 D’abord, on doit intercepter, autant que possible, les exhalaisons de la terre , en faisant une aire de glaise bien battue, et par-dessus un bon pavé à chaux et à ciment; ensuite on forme une grande halle, dont la charpente doit être soutenue par des arcades de pierre de taille ou des poteaux de peu d’élévation. Cette halle sera terminée aux deux bouts par deux grands pignons, qui auront, ohacun, deux grandes portes, et au-dessus une grande fenêtre. On fera un plancher à jour pour donner issue à la vapeur, et on recouvrira cette halle d’un grand toit, qui s’étendra jusqu’à4ou 5 pieds au-dessus du terrain, pour mettre les bois entièrement à l’abri du soleil et du vent, et aux baies des portes et fenêtres du pignon, il y aura des ventaux et contre-vents, qu’on fermera lorsque les circonstances l’exigeront; enfin, on fera au haut du toit des lucarnes, ou, encore mieux, des espèces de tuyaux pour former des ventouses. V. le plan de cette construction dans le Traité du transport et de la conservation des bois , par Duhamel. Comme les grands approvisionnemensde bois qu’on fait dans les ponts ne permettent pas de tout mettre sous des hangars, onn’y place que les pièces les plus précieuses. § 3. — Des bois conservés sous Veau. Les inconvéniens de tenir les bois à l’air et l’impossibilité de les conserver tous sous des hangars , ont engagé k les mettre dans l’eau. Duhamel, voulant constater l’utilité de cette méthode, a fait un grand nombre d’expériences, desquelles il résulte : i». Qu’il faut beaucoup de temps pour que les bois soient rassasiés d’eau ; 2 °. Que l’eau douce s’insinue plus promptement dans les bois que l’eau de mer ; 3°. Qu’un morceau de bois rassasié d’eau de mer se charge encore d’eau douce quand on le plonge dans ce fluide ; 4°. Que ces eaux étrangères se dissipent assez promptement quand on a exposé au hàle le bois qui en est pénétré ; 5°. Que l’eau dissout les parties les plus diyiplu- bles de, la sève, et qu’elle en emporte une partie lorsqu’elle se dissipe ; 6°- Que les bois pénétrés d’eau de mer ne se dessèchent, ppint parfaitement, et qu’ils se chargent beaucoup de l’humidité de l’air; y 0 . Que las bois parfaitement secs font l’hygromètre , augmentant ou diminuant de poids suivant que. ,1’air.est sec ou humide; $î1Quô las boia rassasiés d’eau font aussi l’hygro- nsètrq^rSHvyaiit l’état dn l’atmosphère lors même qu’on les tient sous l’eau ; " > 9. les. bois qm Ont été flottés perdent plus d* leur poids,«Kv,s« desséchant que ceux qui ne l’ont ppifq^étépçt qu’ils en perdent plus quand ils ont été plongés,una.^tu, courante, que lorsqu’ils ont été mis dan^ ¥b a eau qlofmante , et quand ils.ont ét4;taqtbt dans l’eauiet tantôt au sec ; io°. Que les bois tendres et de médiocre qualité sont beaucoup plus altérés par l’eau, que les bois d’une excelle#® qtMkhté, et que les bois blancs sont de.wèmp piu^.altérée,par l’eau que les bais durs, commele ,cb4qe , etc. ; u°. Que les bois de chêne de médiocre qualité sont beaucoup moins sujets à se fendre en séchant, quand ils ont été long-temps flottés, que quand ils n’ont point été dans l’eau ; ce qui vient de l’altération qu’ils ont soufferte : car les bois se fendent d’autant moins qu’ils sont plus tendres, et le bois pourri ne se fend point; 12 °. Que les bois d’excellente qualité se fendent len séchant, quoiqu’ils soient long-temps restés dans l’eau ; i3°. Que les bois, même les bois blancs , ne s’alitèrent point tant qu’ils restent dans l’eau ou dans la terre humide , pourvu qu’ils ne soient point exposés au frottement de l’eau , qui les use peu-à-pfeu comme ferait un corps dur; i4°. Que l’introduction de l’eau dans le bois fait refermer les fentes ; mais que la solution de continuité subsiste , en sorte que les fentes, les roulures, les cadranures , les gelivures reparaissent quand le bois est desséché ; i5°. Que l’eau empêche les progfès'de la carie , et préserve de pourriture le bois du çoeur qui éfet en retour ; mais qu’elle ne remédie point au maT qui se manifeste quand les bois tirés de l’eau sont desséchés ; i6°. Que les bois qui ont passé quelque temps dans l’eau sont beaucoup moins suje^ à être piqués des vers que ceux conservés à l’air, et que , comme l’eau est fort long-temps à pénétref la substance du bois, celui-ci sera peu altéré par un flottage de 3 ou 4 mois , et on aura alors l’avantage de moins craindre les vers. De ces résultats, Duhamel conclut, qu’on peut faire flotter les bois nouvellement abattus, uniquement pour empêcher qu’ils ne soient piqués des vers, et que comme 3 ou4 mois suffisent pour cela, leur qualité n’en sera point diminuée, sur-toutsi on les met dans une eau dormante, et si oo fait en sorte qu’ils ne flottent point à la surface de L’eau; a», que le moyen le plus sûr de conserver les bois est de les tenir sous des hangars, avec les précautions qu’il a indiquées; 3°. que bien que l’eau ne remédie point aux vices dont les bois sont affectés et jib fasse qu’en arrêter les progrès, il est cependant plus avantageux de tenir les bois dans l’eau., que de les laisser exposés aux injures de L’air sans prendre aucune précaution ; mais que si on se détermine à les mettre dans l’eau, il faut faire en sorte qu’ils ne flottent point, et sur-tout qu’ils ne soient point (tantôt à l’eau et tantôt à l’air, comme cela arrive au bord de la mer, où ils sont mouiUés à toutes las marées, et restent à sec quand la, mer est irotinée;, qu’il est encore très-importanfcde ne point empiler les bois dans des endroits où ils sont exposés aux exhalaisons qui sortent du terrain:, comrae-cela arrive presque toujours au boni) delà mer et des rivièrep.. L’auteur rapporte un moyen qu’il croit pratiqué à Saint-Malo pour cousenver :les :boia.f on fait su r le terrain, un lit de gros sable ou cDd-gnavier de 3 ou 4 pouces,d’épaisseur ;. on arrange dessus les pre- ceintesr et les bordages, . de sorte qu’ils he se touchent point; on met du.même gracier, qui remplit tous les vides, et qui recouvra le premier lit de bordages de z à 3 pouces d’épaisseur; et faisant alterna- MAR MAR 559 tiveinent un lit de gravier et un lit de bordages , on élève la pile à telle hauteur qu’on veut, en garnissant ses bords avec' de mauvaises planches pour retenir le sable , et on finit par une épaisse couche de sable. Il paraît qu’à Saint-Malo on les enterre dans du sable humide 3 mais qu’en Italie on lait ces piles’ sous des halles. V. Pourriture- Titre VI. — La carbonisation de la superficie des bois , qu'on pratique pour augmenter la durée des pieux, ne procure pas de grands avantages aux bois de construction. La chaleur du feu durcit les bois , et comme le charbon est une substance incorruptible , la croûte charbonneuse qui entoure le bout des pieux qu’on a fait brûler, reste long-temps dans la terre sans s’altérer. Duhamel a voulu s’assurer si cette pratique , appliquée ajux bois de construction, pouvait être utile. Il a résulté de ses expériences, que l’opération est très-difficile pour les grosses pièces, et qu’elle ne contribue pas beaucoup à les préserver de la pourritures En effet, on trouva sous la croûte charbonneuse de bordages qui avaient été brûlés , et qu’on avait employés pendant quelque temps, on trouva, dis-je, le bois pourri presque aussi complètement qu’aux bordages qui n’avaient point été chauffés. V. Pourriture. Titré VII. — Procédés pour améliorer et cintrer les bois. On a beaucoup parlé des procédés employés par M. Migneron pour durcir et cintrer les bois. Ses expériences remontent, dit-on , à 1778. Elles sont consignées dans l’ouvrage de Tellès d’Acosta sur les bois de marine, a e . volume-Elles furent jugées très- favorablement par l’Académie des sciences en 1781, et l’expérience a prouvé que les bois préparés par lui durent bïén plus long-temps que les bois naturels. Cela résulte d’un rapport fait, en 1808, par le conseil des bâtimens civils, et d’un autre rapport fait, en 1810, à la Société d’encouragement par MM. Gil- let-Laumont, Montgolfier fils et moi. Nous avons vérifié des constructions faites, en 1781, parM. Migneron ■ savtoir, deux ponts à Bellevue, près Paris, et une terrasse à Paris même. Nous avons reconnu que les formes cm morceaux de bois cintrés qui supportaient le plancher de ces deux ponts, et qui étaient les seules pièces qui eussent été préparées, se trouvaient dans un bien meilleur état de conservation que les planchers et les rampes faits en bois non préparé,-et qui avaient été renouvelés une fois depuis la construction du pont. Quant à la terrasse que nousavoasexaminée, nous l’avons trouvée dans un très-bon état j. aucune des solives ne nous a paru piquée des vers. Ces constructions avaient alors 29 ans. Pour compléter nos renseignemens , nous avons questionné M. Migneron sur ses procédés, et sur la dépense que pourrait occasionner cette amélioration des bois. Cet artiste nous a répondu qu’il les faisait bouillir dans de grandes chaudières avec des ingré- diens, que l’ébullition, les ramollissant, lui donnait les moyens de les cintrer facilement, et qu’ils n’étaient plus susceptibles d’éprouver , en retrait et en renflement, que le cinquième de ceux auxquels sont sujets les bois ordinaires 5 qu’il pourrait ainsi préparer et améliorer diverses sortes de bois, pourvu qu’ils ne fussent pas trop résineux; qu’il avait une chaudière en bois (que nous avons vue) qui avait intérieurement 4 met. 385 millim. sur un met. de hauteur et de largeur , et où le fourneau, chauffé au bois, était placé au milieu de la chaudière ; mais qu’ayant à préparer des bois pour de grands édifices, il se disposait à construire une nouvelle chaudière, dont les dimensions lui permettraient de préparer à-la-fois cent solives, et qu’il comptait la chauffer avec de la houille ou de la tourbe ; qu’à l’égard du prix, celui de la solive (3 pieds cubes) serait de 3 fr. 5 o c. M. Migneron ne nous a point fait connaître la nature des ingrédiens qu’il employait. Ce procédé, utile pour la construction des ponts, des planchers en voussure , pour des coupoles , des dômes, etc. , ne paraît pas dans le cas d’être appliqué aux constructions navales. On a remarqué, dans les essais qui ont été faits pour opérer le cintrage , qu’il résulterait de ce nouveau système beaucoup de lenteur dans les travaux et des dépenses considérables. On savait depuis long-temps que la chaleur, avant de durcir les bois, les attendrissait et les rendait susceptibles d’être courbés sans se rompre. Duhamel a fait sur cette propriété un grand nombre d’expériences , et on la met à profit pour courber d’assez fortes pièces pour les constructions navales, et cette pratique est tous les jours mise en usage parles tonneliers et les cercliers. L’expérience prouve que les bois courbés artificiellement par le moyen du feu ou de l’eau bouillante ne se redressent pas lorsqu’on leur rend la liberté. MARINIER. On appelle ainsi celui qui conduit un bateau sur les grandes rivières. Il est défendu aux mariniers d’avoir des filets et engins pour pêcher. ( Ord. de 1669, tit. XXXI , art. i 5 .) Une ordonnance du roi, du 27 juillet 1723, porte défense aux mariniers et voituriers par eau de faire aucun dommage aux ouvrages qui se font dans-les rivières, à peine de 3 oo francs d’amende et de tout dommage et intérêt. V. au Recueil , t. /, p. 234. V. Rivière. MARITIME, maritimus. ( T. de bot.) Se dit des plantes qui viennent sur les bords de La mer. MARMENTAUX. Bois de haute futaie, qu’on ne taille point, qui forme des avenues, et sert de décoration à un château, ou maison de campagne. On le nomme quelquefois bois de touche. On prétend que le mot marmentau ou marmenteau , vient du latin barbare materiamen, formé de materia , bois de charpente. On dit en effet mate- riam ccedere , couper du bois; materùxri , faire provision de bois, de matériaux de charpente. Les usufruitiers ne peuvent disposer des bois rnar- mentaux. MARNAGE (BOIS DE). On appelle ainsi le bois propre aux constructions. V. Mamonnage. MARNE, marga , est une espèce- de terre grasse qu’on répand sur les terres pour les rendre fertiles. 36o MAR Il est défendu à toutes personnes d’enlever dans l’étendue et aux reins des forêts royales aucunes terres, sables, marnes, ou argiles, sans une permission expresse, à peine de 5 oo francs d’amende et de confiscation des chevaux et harnois. (Art. i a du tit. XXVU del’ord. de 1669.) On donne le nom de marne à tous les mélanges de calcaire et d’argile qui sont susceptibles de se déliter à l’air. Les marnes, comme les pierres calcaires tertiaires, sqnt produites par le détritus des madrépores et des coquillages marins, et ont été déposées en couches plus ou moins épaisses par les eaux qui en tenaient les parties constituantes en suspension lorsque la mer couvrait les continens actuels. Elles contiennent souvent du sable quartzeux, de la magnésie, du plâtre , etc. Leurs couleurs varient beaucoup, et sont dues au fer; mais la plupart sont blanchâtres ou grisâtres. Lorsque l’argile domine, on les appelle manies argileuses , et lorsque c’est le calcaire, marnes calcaires. Les terres où il y a beaucoup de marne sont d’assez mauvais fonds et on n’y voit pas de beaux arbres. La marne agit de deux manières comme amendement : elle divise les terrains trop argileux, facilite l’écoulement des eaux surabondantes et donne aux racines .les moyens de s’enfoncer et de s’étendre; dans les terrains trop légers, elle leur donne de la consistarice, et les moyens de conserver l’humidité nécessaire à la végétation. Il fautlaisser/ntfivr la marne avant de l’employer, et en régler la quantité d’après la nature du sol sur lequel on la répand. MARROXNAGE, mot qui paraîtprovenirde mai- sonnage, et qui signifie le droit qu’ont , en certains lieux, les habitans des communes de prendrè dans une forêt les arbres nécessaires à la réparation et à la reconstruction de leurs maisons. L’ordonnancede 1669 avait prononcé la suppression des droits de bois à bâtir; mais il devait être pourvu à l’indemnité des parties intéressées qui avaient acquis leurs droitsà titre onéreux, ou par dotation , ou par une'possession justifiée avant i 56 o. Les usagers de l’ancien domaine qui n’ont point reçu cette indemnité, et ceux qui jouissaient des mêmes droits dans les forêts réunies au sol forestier domanial, continuent d’exercer ces droits. Mais ils ne peuvent prendre aucun arbre, qu’il ue leur ait' été délivré par les agens forestiers. ( Ord. d e François J el , , de 1029 et 1 54 o ; et de Henri III, du OTftff de janvier i 583 .— Arr. de la C. de cass ., des vendémiaire an i 3 , 3 septembre 1808, et 21 novembre 1813.) Avant toute délivrance, les agens doivent exiger que les usagers nédamans fournissent des devis faits par gens, de l’art^ qui constatent la nécessité des réparations à faire et le nombre des arbres nécessaires- (Réglement du 4 septembre 1601, etplusieurs autres arrêts rapportés par Saint-Yon, pag. 1081.) Quels que soientlesdroits des usagers, ils peuvent toujours être réduits suivant la possibilité de la forêt. L’état en est adressé à la direction générale pour être soumis à l’approbation du gouvernement, MAR attendu qu’il s’agit d’une coupe extraordinaire, et qu’aucune coupe de ce genre ne peut avoir lieu sans cette approbation. L’autorisation accordée, les agens forestiers procèdent au martelage de délivrance. Les arbres ne peuvent être partagés sur pied; la délivrance s’en fait au maire , et le bois n’est distribué aux particuliers réclamans, qu’après que l’exploitation en a été entièrement faite par les commissaires choisis aux frais de la commune. ( Ord. de 1669 , tit. XXV, art. 11. — Instr. du z 5 ventôse an 11.) Les usagers sont assimilés aux adjudicataires des ventes , soit pour les règles qu’ils ont à suivre dans l’exploitation des bois, soit pour la responsabilité des délits qui peuvent être commis dans les cantons destinés à leur usage, et à l’ouïe de la cognée., (Régie m . des 14 et a 5 juin 160a, art. 22 et a 5 . — Arr. de la C. de cass., des 23 août i 8 o 8 e £23 mars 1811.) Après l’expiration des délais fixés pour l’exploitation , le récolement doit en être fait dans les formes ordinaires. ( Règlent, pour les forêts de la maîtrise de Quillan,du 29 octobre 1754, tit. IV, conforme aux R-églem. gén.) Les usagers ne peuvent vendre donner ni permuter les bois à eux délivrés. Ils ne peuvent en disposer autrement que pour leurs besoins, à peine de privation de leurs droits et d’amende arbitraire. (Ord. de i 333 , i 3 y 6 , 1402 et »fia6. — Arr. du Cons., de 1693 et 1770. — Arr. de la C. de cass., du i 3 octobre 1809.) Ils doivent justifier de l’emploi des arbres par eux obtenus, et ils ne peuvent obtenir aucune nouvelle délivrance qu’ils n’aient fait cette justification. (Ré- glem. du 4 septembre 1601 , et plusieurs autres arrêts rapportés par Saint- Yon, p. 1081) Ils ne peuvent donner aucune partie des arbres à eux délivrés aux propriétaires des scieries , en paiement de la refente qui en est faite dans ces usines. ( Décis. du min. des fin., du 16 frimaire an l 3 .) L’usager dont la maison est assurée contre l’incendie conserve ses droits à la délivrance des bois de marnage. (Décis. minist. du 1 a égayé et orné ses Géorgiques , ne se sont jamais » réalisées. L’imagination va loin , mais la réussite » n’est point toujours à.sa bienséance. L’opération de o la greffe ne fait de miracles que dans l’ordre de la » nature, etcelle-ci a des bornes inviolables, si je puis » m’exprimer ainsi ; les tentatives économiques et » agronomiques sont toujours louables; mais il ne » L’est pas moins de s’en désister sur de bons motifs, et a sur les preuves qu’on appelle négatives. Jo-nomme » toutes les greffes où la discordance des sexes et le » défaut d’analogie empêchent le succès ou le restrei- » gnent à une très-courte durée, des unions ou des » mariages par mésalliances ou par désailiances. » xx II faut l’avouer, reprend M. Parmentier, la découverte de l’existence de l’amidon, dans les marrons d’Inde, en supposant qu’elle réunisse toutes les conditions propres à remplacer celui du froment ou d’orge dans tous les emplois qu’on.en fait, cette découverte ne serait rien en comparaisantde celle de Francheville, puisque si cette dernière .pouvait se réaliser, la totalité de ce fruit servirait à la nourriture, sans autre préparation que la. cuisson. Quel avantage, si jamais ou parvenait à enrichir le règne végétal et nos tables de ce nouveaù fruit, d’autant ï précieux qu’il ne manque jamais, et que Far- s’accommode de tous les terrains et de tous les climats!. » Les tentatives de l’eapèce rie celles que propose Francheville, quoique iniructneuses, méritent assurément bien d’être essayées de nouveau. Pourquoi ne forcerait-on pas quelques-uns de nos arbres fo- 46 * 364 MAR restiers à rapporter des fruits propres à nourrir, en supposant que le moyen ne préjudiciât point à la qualité du bois? Serait-ce donc un si grand, malheur que la chair des bêtes fauves n’eût plus le goût sauvageon que lui donnent les fruits agrestes ? D’ailleurs , est-il bien nécessaire de raultiplier.ces animaux? Ne vaut-il pas mieux s’occuper d’augmenter nos productions que d’en tarir la source? » Quand on réfléchit à cette opération si importante de la nature, à cet art ingénieux qui nous a valu tant d’espèces de fruits inconnus avant que 1« jardinage devint l'amusement des botanistes et dës physiciens, on a droit d’être étonné, formalisé même que si ce n’est pas le hasard qui a déterminé l’opération de la greffe, la reconnaissance n’ait pas transmis à la postérité le nom du mortel fortuné qui en a fait la première tentative , et le temps et le lieu où elle a été mise en pratique. On sait à-peu- près l’époque où le pêcher a été apporté de Perse , l’abricotier d’Arménie , le cerisier de Cérasonte, le cognassier de la Grèce , l’amandier de Perse et le figuier d’Asie ; mais nous ignorons le nom du premier greffeur , de ce père de la nouvelle alliance dans le règne végétal ; on aurait dû lui ériger une statue avec cette inscription : A celui qui a saisi l’un des plus beaux secrets de la nature. » J’observerai que quoique le bois du marron nier d’Inde soit fort tendre , spongieux, peu propre au chauffage , et s’altère aisément quand il est exposé à l’humidité, ce qui l’a relégué jusqu’à pré sent chez les layetiers , les sculpteurs et les tourneurs , des expériences modernes ont prouvé cepen dant qu’il était possible d’en faire des voliges , des chevrons, et qu’étant susceptible de prendre un beau poli, l’ébénisterie pourrait également s’en servir. 33 A l’égard de son fruit, tant de fois examiné et toujours délaissé , il n’y a pas de doute que si, pour le rendre propre à quelques usages communs , il fallait préalablement en opérer la décomposition, les résultats qu’on en obtiendrait ne pourraient jamais compenser les frais des opérations employées ; mais nous proposerons deux moyens bien simples pour en étendre l’utilité: le premier se réduirait à le sécher , à le moudre , et à donner à la farine qui en résulterait la forme et les propriétés d’une colle capable de suppléer celle préparée avec les bons grains. Elle adhère fortement aux corps auxquels on la fixe, et loin de se ramollir à l’air , elle y acquiert plus de consistâncpj sur-tout si on a eu la précaution de ne pas tènir (jette colle trop claire dans sa préparation 33 TJ h autre moyen dt utiliser le marron d’Inde ce séràît d*en 'rétirer le salin qu’il fournit abondamment , comme en génçr^L tous les végétaux àcreset amers. î^e vaudrai t r jlpas mieux, au lieu de laisser ce fruit 4 e' jiqjirrjr soys lps arbres, prendre la peine »le lé famàssêr et fle/ic p(>ttjer sous un hangar, met tretl’abèrcî â profit la faculté q U ’;l a de brûler faci lerijeûtéi 4 .e produire beaucoup de chaleur, à rai son dé la matière résineuse qui en est une des parties constituantes, fpire servir ensuite ses cendres, en les mélângèantj avec, .d’autres, au lessivage du linge et memè.djins lfes savonneries? n Depuis que M. Parmentier a publié son mémoire, MAR M. Darcet s’est occupé d’expériences sur la potasse qu’on pourrait retirer du fruitdu marronnier d’Inde, et il en a consigné les résultats dans les Annales de chimie , août îbi 1. M. Dupont, médecin de l’hospice Beaujon, à Paris , avait annoncé de bons effets de l’écorce du marronnier employée comme fébrifuge 5 mais il résulte d’un rapport fait à la Société d’agriculture de Versailles , le 25 novembre 1808, que l’écorce du marronnier ne contenant pas de résine , pas de kinate de chaux , et ne décomposant pas l’émétique, diffère absolument du quinquina ; que sa nullité dans les fièvres continues doit faire rejeter tout essai dans les fièvres putrides , ataxiques et pernicieuses, et qu’il ne faut guère, dans les fièvres intermittentes, en attendre d’autres effets que ceux qu’on obtient assez généralement de tous les amers. Le Marronnier-Pavie ou Pavia a pleurs rouges a les feuilles composées de cinq folioles inégalement dentées; la corolle rouge, composée de quatre pétales formant un long tube; le fruit sans épines. Il croît naturellement dans les forêts de l’Amérique , où il s’élève rarement au-dessus de 6 pieds. C’est un arbrisseau joli lorsqu’il est en fleur. Il donne rarement des fruits, même dans son pays natal, ainsi que M. Bosc s’en est assuré en Caroline, où cet arbre est commun. On le cultive depuis longtemps dans les jardins de l’Europe , où on le multiplie de marcottes, et plus communément par la greffe sur le marronnier d’Inde; mais il n’est pas de longue durée et n’a pas une tige agréable, parce que le marronnier d’Inde, sur lequel il est greffé, prend un accroissement beaucoup plus rapide et plus considérable. Les marcottes se font en hiver , et les greffes ordinairement en été et à œil dormant. Ces greffes donnent des fleurs dès la seconde année. Le Marronnier a fleurs jaunes ou Pavia jaune, pavia lutea, est encore de l’Amérique septentrionale, dont nous devons l’introduction dans nos jardins d’agrément à M. Michaux père. Le fils en a donné la description et la figure dans son Histoire des arbres d’Amérique; voici l’extrait de cette description : le pavia jaune est très-commun dans la région montagneuse des deux Carolines et de la Géorgie. Le penchant des hautes montagnes de la Caroline du nord, et notamment de celles dont le sol est géaéra- lement meuble, profond et fertile, et où la température est constamment,.fraîche, est la situation la plus favorable au plus grand développement de la végétation de cet arbre. Il y parvient à 60 et 70 pifeds de hauteur sur 3 à 4 pieds en diamètre. Les feuilles, au nombre de cinq , sont réunies à l’extrémité d’un long pétiole commun; elles Sont lancéolées , aiguës à leur sommet, légèreroelit'sil- lonnées à leur surface et finement dentéfes dur les bords. Les fleurs, disposées en grappes aux extrémités des pousses de l’année ,• sont droites et d’un jaune clair, mais d’une teinte«gréable; les grappes, toujours nombreuses, produisent un bel effet et contrastent agréablement avec le beau feuillage de èet arbre. Le fruitest une capsule charnue, ovale et souvent gibbeuse, dont la surface est unie et non épineuse, MAR MAR comme dans le marronnier d’Inde ; cette capsule contient deux semences ou marrons de grosseur différente, aplatis d’un côté et convexes de l’autre 3 ils 1 sont plus gros et d’une couleur moins foncée que ceux du. marronnier ordinaire» Comme ceux-ci , ils 11e sont pas mangeables. Le pavia jaune se dépouille de ses feuilles de bonne heure : elles commencent à tomber vers le 1 5 août; cependant leur développement'ainsi que la floraison du pavia jaune sont pins tardifs que dans le marronnier d’Inde, désavantage très-grand pour cet arbre y qui n’a d’autre mérite que de servir à la décoration des jardins. Son bois est tendre , n’a point de force et pourrit très-promptement ; ce qui lait qu’il n’est employé à aucun usage. On le multiplie beaucoup dans les jardins en France, par les mômes moyens que le pavia rouge ; il y réussit fort bien, et forme, lorsqu’il est franc de pied, un bel arbre, qui ne le cède en beauté qu’au marronnier d’Inde ; mais il ne dure pas long-temps lorsqu’il provient de greffe. IL lui faut, comme dans son pays natal, une terre profonde, substantielle et fraîche. Il fleurit à la fin du'printemps. Le Marronnier de l’Ohio est une espèce découverte par M. Michaux fils, qui croît plus particulièrement sur les bords de l’Ohio; dont la hauteur la plus ordinaire est de 10 à 20 pieds; ses feuilles sont très-longues, larges, palmées et composées de cinq folioles; ses fleurs, de couleur blanche , réunies en grappes, se développent de bonne heure; les fruits, de moitié plus petits que ceux du marronnier ordinaire, sont de la même couleur et contenus dans une enveloppe charnue et épineuse; enfin , le bois est blanc et tendre , et n’offre aucun degré d’utilité. Le Marronnier a petites fleurs ou a longs épis , est un charmant arbuste de 6 pieds de haut, dont les fleurs, qui paraissent au milieu de l’été et qui durent pendant près de a mois, répandent une odeur très-agréable, sur-tout vers le soir. Il est originaire de la Floride, où M. Michaux l’a découvert. Ses feuilles sont composées de cinq folioles dentées, velues en dessous; ses fleurs , petites, blanches et odorantes, sont disposées en grappes très-longues et très-garnies. On le multiplie dans de la terre de bruyère, presque exclusivement de racines et de marcottes. MAKSAULT, MARSAULX, MARSEAUX. V. Saule- C’est une des neuf espèces de mort-bois désignées par la Charte normande de t 3 i 5 , et l’art. 5 du tit. XXIII de l’ordonnance de 1669. MARTEAU, maliens. Ce mot paraît provenir du latin martulus, qui signifie une espèce particulière de marteau propre à battre le cuivre. C’est en. général un instrument de fer qui sert à battre, à forger, à cogner. On disait anciennement martel. Marteau servant a la marque des arbres. Le marteau dont on se sert dans les forêts pour la marque des arbres, porte d’un côté une masse sur laquelle est gravée une empreinte, et de l’autre côté 365 un tranchant ou espèce de hachette qui sert à emporter un morceau d’écorce sur l’arbre qui doit recevoir' l’enrpreinté. I! èst émmanché Comme uneha- ohette ordinaire. On fait avec le tranchant de la hachette une entaille dans l’écorce , et qui va jusqu’au bois; elle sé fait en portant d’abord un coup à la partie inférieure, puis un autre coup à la partie supérieure, et en faisant sauter l’écorce d’un demi- tour de main. Cette entaille, qu’on appelle aussi miroir, ou plaquis ou placage, ne doit avoir que les dimensions nécessaires pour recevoir l’empreinte du marteau. Après avoir enlevé l’écorce, on frappe l’arbre avec le côté du marteau portant l’empreinte. I. L’emploi des marteaux pour la marque des arbres est ancien ; il est prescrit par les ordonnances de 1376, i 388 , 1 4 o 2 , i 5 i 5 et i 5 i 6 . Il a pour objet d’empêcher qu’on n’enlève en fraude aucun arbre des forêts, parce que tout arbre sur lequel on ne voit pas l’empreinte du marteau est regardé comme coupé en délit. Mais l’emploi d’un marteau pour la marque des arbres, prescrit par ces ordonnances, n’était point aussi régulier qu’il l’a été depuis l’ordonnance de 1669. Les ordonnances de Charles V, de juillet > 3 y 6 , art. 22 et 26; de Charles VI, de mars i 388 , art. 2 5 , et de septembre 1402, art. a 5 ; et de François 1 er -, de i 5 i 5 , art. 4 2 > défendaient aux marchands de bois, nonobstant qu’ils cussentfourni pleige ou caution , d’exploiter leurs ventes, qu’elles 11’eussent été martelées et marquées par dehors du martel du mesureur, ou d’un autre martel indiqué par les maîtres des eaux et forêts. Ce martelage, comme on le voit, n’était autre chose que l’assiette des ventes. Les mêmes ordonnances voulaient qu’il fût délivré un martel particulier pour chaque vente aux marchands ou adjudicataires, lesquels devaient jurer qu’ils n’emploieraient ce marteau qu’à la marque du bois de leurs ventes. La confiscation de toute la coupe était encourue avec une amende arbitraire, dans le cas où les marchands auraient abusé de leur martel pour marquer d’autres bois. C’étaient donc les marchands qui marquaient les arbres de leur exploitation , et il ne parait pas que les officiers des forêts fissent réellement alors un véritable martelage , et qu’il y eût même un marteau royal pour la marque des baliveaux. Il est mêmè dit, dans ces anciennes ordonnances et dans celle de i 5 i 5 , art. 37, que les marchands réserveront, en toute vente, de 8 à io baliveaux ou étalons par arpent, quand même les officiers forestiers auraient oublié d’en faire une condition de l’adjudication ; ce qui dénote qu’011 ne les manquait pas. 11. II . Mais par une ordonnance du mois de mars i 5 i 6 , art. 3 , il fut prescrit aux maifresdes gardes, verdiers et gruyers, de marquer dé leur martel, chacun en sa garde et grurié, les baliveaux propres à porter du gland et en libûibre suffisant pour repeupler les coupes, et de marquer pareillement les pieds-corniers qui devaient être aussi marqués du marteau du mesureur. Ce martelage se faisait alors après l’adjudication des ventes, et ce ne fut que par l’ordonnance de juin i 5 a 3 , qu’il fut ordonné d’y procéder avant l’adjudication» MAR 566 L’ordonnance de Henri IV; du mois de mai 1597 » art. 6, défendit aux gardes du marteau du roi de confier ce marteau à leurs serviteurs au autres personnes n’ayant serment en justice., et de marquer aucun arbre que d’après l’ordonnance des maîtres des eaux et forêts, et leur ordonna de tenir registre des arbres par eux marqués, et de leur grosseur et essence, pour s’en servir lors des récolemens. Voilà l’époque d’un martelage régulier et à-peu-près tel qu’il a été fixé par l’ordonnance de 1669. Un réglement du i 3 novembre 1^97, art. 17, pour Villers-Cotterets, fit défense aux officiers forestiers de ne plus procéder à l’adjudication des coupes sans en avoir fait l’assiette en personne, et avoir fait marquer les pieds-corniers, tant du marteau du roi que de celui du mesureur, et non des marteaux des maîtres ou de leurs lieutenans, auxquels il fut défendu de s’en servir pour faire le martelage de quelques arbres que ce fût, à peine de faux. V. Saint- Yon, p. 3 o 8 et 1006. Enfin un réglement de la Table de marbre , du 23 mars 1601, art. 16, et un autre du 4 septembre suivant, an. 23 , défendirent aux arpenteurs de faire des plaques aux pieds-corniers et arbres de laies , et de se servir, pour les marquer, de pierre rouge ou noire ; il leur fut ordonné d’avoir chacun un marteau suivant l’ordonnance. 111 . Il résulte de ce qui précède, que d’abord les arpenteurs furent, comme ils le sont encore, chargés de marquer de leur marteau l’enceinte des coupos; qu’il fut délivré , à-peu-près dans le même temps , un marteau particulier aux marchands pour chaque vente, et dont ils devaient marquer les bois qui en provenaient; que l’on ne marquait les baliveaux que depuis i 5 i 6 ; et que la marque de ces baliveaux , des pieds-corniers et des arbres de lisière, fut ensuite très-expressément ordonnée. Ces dispositions des anciens réglemens ont été maintenues et améliorées par l’ordonnance de 1669 et les réglemens postérieurs. Nous parlerons successivement des diflérens marteaux qui sont aujourd’hui en usage dans les iorêts. Marteau rotal. Il y a un marteau royal uniforme pour toute la France, et qui porte pour empreinte unq fleur de lis et le numéro de la conservation forestière. Il est destiné principalement à marquer, soit dans les forêts de l’état, soit dans celles, des .communes et des établissémens publics, les pieds-corniers, les arbres de lisière , les parois et les baliveaux anciens, modernes, et ceux de l’àge du taillis,qui doivent être conservés. IL serkaussi à marquer les arbres qui se délivrent auK.'UBUE£rs dans les forêts rovales, et aux habitans des cèqamunes dans leurs bois. I. L’ordonnance de 1669, tit. Il, art. 3 , voulait qti’iLy.eût en.la chambre du conseil de chaque maîtrise un côfire.fermant à trois clefs, pour y déposer le marteau du roi, l’uoie desquelles était pour le inakce-ou. Je lieutenant, une autre pour le procureur du roi, et la troisième pout le garde-marteau, sausqiifi le marteau pût en être tiré que de leur consentement eomroun, et à la charge de l’y remettre chaqup jour après l’opération pour laquelleûl avait été lire. Les réglemens antérieurs à l’ordonnance de MAR 1669 avaient prescrit des précautions analogues pour la sûreté du dépôt dn marteau, ainsi qu’il résulte d’un réglement du 4 septembre 1601 , confirmé par un arrêt de réglement, du 6 novembre 1 665 , et par l’art. 7 de la réformation du J er . mai 1666; d’un arrêt de septembre 161 *, qui ordonnait aux maîtres particuliers, lorsqu’ils s’absentaient, de laisser leur clef au greffe, afin que rien ne pût arrêter le cours du service ; et d’un arrêt du conseil, du 16 novembre 1688, qui ordonnait que le garde- marteau ne pourrait faire usage du marteau qu’en présence des officiers, et que chaque jour il serait obligé de le remettre sous clef. L’exécution de l’ordonnance de 1669, pour le dépôt de la boîte du marteau en la chambre du conseil , fut ordonnée par les arrêts du conseil des 2 septembre 1727 et 22 février 1729. Sur quoi Pecquet observe que le marteau du roi doit toujours être accompagné par tous les officiers dépositaires des clefs, et que s’il est des dëlivrànces à faire par un seul officier, telles que celles qui se faisaient aux ecclésiastiques, elles doivent s’effectuer au moyen du marteau particulier de l’officier chargé seul de ces délivrances, et dont les caractères doivent être mentionnés dans son procès-verbal. II. Les dispositions qu’on vient d’exposer subsistent toujours, et il n’y a de différence que par rapport à la nouvelle organisation forestière. L’empreinte du marteau du roi est déposée au greffe de la cour royale et des tribunaux de première instance. ( Instr. des 7prairial an 9 , art. 7, et du a 3 mars 1821 , art. 8.) Ce marteau est placé, hors le temps des opérations , dans un étui fermant à trois clefs, et déposé chez le premier agent de l’inspection. L’une des clefs reste entre les mains de cet agent, une dans celles de l’agent correspondant, et la troisième dans celles du garde général ou du garde à cheval qui en remplit les fonctions, f Instr. du 20 mars 1821 , art. 9, conforme aux Dispos, de Pond, de 1669, tit. II, art. 3 .) III . L’agent dépositaire du marteau est chargé d’en maintenir, à ses frais, l’etui ët la monture en bon état. [Instr. du 23 mars 1821, art. 9.). IY. Le conservateur, dans ses tournées, se fait représenter les marteaux, examine c’ïts sont eh bon état et renfermés dans leurs -étuis, et il en t«end compte à l'Administration. S’il est des marteaux dont l’empreinte ait été altérée, il le? renvoie à l’Administration pour qu’ils soient réparés ou remplacés. (Ib., art. 5 o.-V V. Le nombre des marteaux royaux doit être restreint dans chaque inspection d’après lé nombre des agens supérieurs qui y sont employés, parcé quë si les agens emploient dans les opérations de martelage plus de marteaux-qu’ils e’éh'peuvertt surveiller, il peut en résulter-de dësdpdcè;lés errèûrsët même des abus. i l Lettne de PAdn.-,• dti"Sb‘jUrn 1821.) - ■ - ■ - 1 VI. Lors des opérations de balivage et mànrt'èlagè, le marteau royal est transporté, dans son éflii Fermé, 6uv le lieu des opérations, et »1‘T est replacé Aussitôt qu’elles sont terminées. 1 ' L’agenitf supérieur auquel il est confié est person- MAR nellement responsable de son dépôt dans l’étui, et de la remise des clefs entre les mains de ceux de ses subordonné» qui en doivent être dépositaires. (Insir . du 23 mars 1821, art. io.) N II. Le marteau royal devant-être uniforme pour tout le royaume, il-est fabriqué à Paris et fourni par l’Âduûnistration, qui en détermine le nombre peur chaque arrondissement forestier , et il n’en peut être fabriqué sur les lieux, à peine de suspension ou autres peines, s’il y a lieu, contre Us agens qui en auraient commandé la fabrication ou qui se serviraient de semblables marteaux. ( Ibart, n.) Cette défense a pour objet de maintenir l’uniformité exacte de l’empreinte et de prévenir les abus. C’est dans le même esprit qu’un arrêt du conseil, du 27 janvier i 6 ç 3 , ordonna qu’un marteau que les officiers de la Table de marbre à Paris avaient fait faire aux armes du roi pour marquer deux arbres qui devaient être délivrés dans la forêt de Bondy, aux officiers de la Basoche, pour le mai qui se plantait chaque année dans la cour du Palais, serait incessamment rapporté par les officiers de ladite Table de marbre, pour être cassé et brisé en présence de l’intendant des finances et des parties, avec défense aux officiers de ladite Table de marbre de faire faire •le pareils marteaux. VIII. Les arbres marqués en réserve sont retranchés du nombre de ceux qui doivent faire partie de la vente, et l’adjudicataire ne peut en disposer, sous les peines portéès par la loi, quand même le nombre en excéderait celui porté au procès-verbal de martelage. O11 ne peut admettre aucune compensation pour déficit d’arbres marqués on réserve, avec des arbres non marqués que l’adjudicataire aurait laissés sur pied. Ces principes ont été consacrés par les arrêts de la cour de cassation, des 6 germinal an 10 (26 mars 1796), 6 nivôse an i 3 (27 décembre i 8 o 4 ), 7 avril 1808, 18 août 1811,20 janvier, 20 février et 5 mai 181 3 , et par l’ art. 54 du cahier des charges. Ils sont fondés sur ce que c’est l’opération du balivage et martelage qui fixe le choix et le nombre des arbres que les agens croient utile de réserver; sur ce que l’apposition du marteau de réserve sur un arbre est une espèce de main-mise qu’il n’est jamais permis de violer ; enfin sur ce que si les adjudicataires pouvaient, à leur gré, substituer des arbres non marqués à des arbres réservés, il n’y aurait plus de balivage, et la porte «eraitouverte à tous les abus. Fabrication ou emploi de faux marteaux. IX. « C’est, en général, dit Henriquez, un crime grave dont on a sévèrement puni ceux qui s’en rendaient coupables, que d’introduire dans les forêts un faux marteau : il est beaucoup d’exemples où l’on a condamné aux galères ceux qui l’avaient commis. Ce crime a lieu quand un marchand, dans le dessein de s’approprier des arbres réservés, qui sont ordinairement les plus beaux du triage, fait enlever l’empreinte du marteau, et dispose ensuite de ces arbres comme de ceux qu’on lui a abandonnés par l’adjudication, après avoir fait blanchir d’autres arbres d’une moindre valeur, sur lesquels il imprime ou fait imprimer la marque d’un faux marteau. Il est sensible qu’il résulte de là un vol d’autant plus ç MAR 36 7 considérable , qu’une forêt se trouve dépouillée des arbres destinés à l’orner et à la repeupler, et que le coupable s’approprie au préjudice du propriétaire. » La contrefaction d’un marteau peut emcore avoir pour objetde faire sortir des forêts des arbrres coupés en délit, et qu’on ferait passer sur la foi d"une marque qui ferait présumer qu’ils ont été délivrés par les officiers, ou bien d’enlever d’une vente ou d’un triage, au préjudice de l’adjudicataire ou du propriétaire du bois, des arbres sur lesquels on aurait inis l’empreinte d’un marteau resemblant à celui de cet adjudicataire. » X. Lesanciens recueils de réglemens forestiers contiennent peu d’arrêts sur l’emploi de faux marteaux, sans doute parce que ceux qui ont pu être rendus ne contenaient rien qui intéressât la jurisprudence ou la juridiction des maîtrises. Nous en avons inséré un dans notre Recueil, du 29 février 1752, qui décide qu’une procédure relative à l’emploi d’un faux marteau, qui avait été commencée par une maîtrise, devait être poursuivie par ladite maîtrise jusqu’à sentence définitive, et fait défense aux officiers de la Table de marbre de Paris et à tous autres juges d’arrêter l’instruction des procès en matière civile ou criminelle, commencés dans les maîtrises particulières. XI. M. Merlin observe que le Code pénal du 25 septembre 1791 ne s’expliquait pas positivement sur le crime dont il s’agit; mais, dit-il, ne le comprenait-il pas implicitement dans la disposition par laquelle (partieII, tit. II, 6 e . section, art. 5 ) ce Code punissait de 1 o années de fer «quiconque serait convaincu d’avoir contrefait les marques apposées, au nom du gouvernement , sur toute espèce de marchandise? Cette question revient à celle de savoir si, par l’art. 2 de la loi du 23 floréal an 10, qui attribuait aux cours de justice criminelle spéciales la connaissance de la contrefaction ou altération.des marques apposées au nom du gouvernement sur toute espèce de marchandises, ces cours étaient investies de la connaissance du crime de contrefaction des marteaux qui servent au balivage des bois : or, sur cette seconde question, l’affirmative ne paraît pas douteuse. » V. un An. du 2 octobre 1806, rapporté au mot Faux, 1 re . section, $ i 3 , n°. 1 du Répert. de jurispr. XII. Le Code pénal de 1810, art. 140, punit des travaux forcés à temps ceux qui auront contrefait ou falsifié. les marteaux de l’état servant aux marques forestières .... Et, par l’art. 141, il punit de la réclusion quiconque s’étant indûment procuré les vrais marteaux, timbres ou poinçons ayant l’une des destinations exprimées en l’art. 140, en aura fait une application ou un usage préjudiciable aux droits ou intérêts de l’état. Ce principe avait déjà été consacré par un arrêt de la cour de cassation, du 26 janvier 1810, rendu en matière de droits réunis. XIII. La peine de la marque est ajoutée aœx autres peines pour les faussaires. ( Code pénal, airt. 20. ) XIV. L’enlèvement de l’empreinte du unarteau constitue aussi le crime de faux lorsqu’il y a été procédé méchamment et dans le dessein de s’approprier les arbres qui étaient marqués, et ce crime est MAR MAR 368 passible de la peine prononcée par l’art. 489 du Code pénal. ( Ârr. de la C. de cass., du 14 août 1812 e ^4 OTat 1822.) V. au Recueil. XV. Il en est de même de l’application d’une fausse marque faite à l’aide de quelque instrument que ce soit, avec l’intention de la faire passer pour la marque de l’état. (Ib., du 21 octobre 1813.) V. au Recueil. XVI. Celui qui se rend complice du crime de faux, en recélant et faisant tourner à son profit des arbres abattus dans des forêts royales ou communales, et marqués d’une fausse empreinte, est passible d’une condamnation aux travaux forcés. {Ib., du 18 janvier 1822.J Marteaux particuliers des agens et autres. L’ordonnance de 1669 ne fait mention que des marteaux des grands-maîtres, garde-marteaux, arpenteurs, gruyers royaux, juges des seigneurs et marchands. V. , pour les grands-maîtres, le tit. III, art. 12; pour les garde - marteaux, le tit. VII, art. 4 i pour l’arpenteur, le tit. XV, art. 6 et 9 ; pour les gruyers royaux, le tit. IX, art. 2; pour les juges des seigneurs, le tit. XXV, art. 9 ; et pour les adjudicataires, le tit. XV, art. 3 7. La forme de ces marteaux n’étai.t point déterminée : on voit seulement, par un arrêt du parlement de Paris, du i 3 août 1611 , que celui du grand- maître devait être d’une empreinte et d’une circonférence différentes du marteau du roi ; l’usage'était qu’il portât les deux premières lettres de son nom et l’empreinte de ses armes. Les réglemens ne parlent point du marteau du maître particulier; cependant cet officier était fondé aussi à en avoir un portant l’empreinte de ses armes. Les auteurs de la Conférence sur l'ordonnance de 1669 prétendent qu’il ne doit point y avoir d’autres marteaux que ceux qui sont déterminés par ces réglemens; mais ce n’était point l’opinion du grand- maître Defroidour, qui observe, dans ses Instructions sur les ventes des bois du roi , que tous les officiers, depuis le grand-maître jusqu’au moindre garde,-doivent avoir un marteau particulier, parce que ces officiers, lorsqu’ils vont en visite dans les forêts, et qu’ils trouvent des arbres coupés eu délit, doivent en marquer les souches, pour faire voir qu’ils ont fait leurs diligences non-seulement par la représentation de leurs registres, où les rapports sont inscrits, mais encore par la représentation de l’impression de leur marteau aux souches des arbres, parte qhef cette empreinte sert encore à distinguer res anciens délits des nouveaux, et que ces mar- :| tésfUî£s6nt également nécessaires pour marquer les bOrsilolës que les officiers saisissent, et auxquels ils établifesèïiÉ def commissaires ou séquestres , afin que c*s‘ bflife ne prissent être changés. « Cette'djiîniOft, fondée sur de justes motifs, et à laquelle ^iïdü'if'àfrticle de l’ordonnance et aucun ar- Hft'd-t? ctùrseîl n’étaient contraires, était aussi celle de Chailland. Làlbi du 29-septembre 1791 porte, tit. \, art. 9, et tit; VI, art. if , que les inspecteurs et conservateurs auront chacun un marteau particulier, qui leur sera remis par l’Administration, et dont ils déposeront l’empreinte;' tant au secrétariat du département qu’au secrétariat des directoires (sous-préfectures;, et aux greffes des tribunaux. Observons que ces marteaux étant destinés aux opérations de balivage et de martelage, ne sont autre autre chose que le marteau de' l’état, le marteau royal. Mais l’Administration de» forêts a ordonné que les divers agens et gardes forestiers se procureraient, à leurs frais, des marteaux destinés à la marque des bois de délit et des chablis abattus, et qui porteraient des empreintes indicatives des fonctions de ces agens et gardes. Marteau du conservateur. Ce marteau, de forme hexagone, porte pour empreinte le numéro de la conservation et la lettre C. Son empreinte est déposée au greffe du tribunal de première instance. ( Instr. du 7 prairial an 9, art. 6, et du 23 mars 1821 , art. 7.) V. les empreintes dans l’ Instr. du 23 mars. Marteaux de l’inspecteur et du Sous-inspecteur. Ces marteaux portent pour empreinte le numéro de la conservation, et de plus, la lettre J. pour l’inspecteur, et les lettres S. J. pour le sous- inspecteur. Celui de'l’inspecteur est de forme pentagone, et celui du sous-inspecteur déformé octogone. L’empreinte de ces marteaux est déposée aux greffes des tribunaux de première instance. ( Ib ) Marteau du garde général. Ce marteau, de forme ronde, porte pour empreinte le» lettres G. G., et son empreinte est déposée, comme celle des autres agens, aux greffes des tribunaux de première instance. {Instr. du 23 mars 1821 , art. 7.)’ Marteau des gardes particuliers. Ce marteau, pareillement destiné à la marque du chablis et bois de délit, porte pour empreinte les lettres G. P. {Instr. du 16 ventôse an i 3 , art. 20.) Marteau des arpenjeurs. Les art. 6 et 9 du tit. X 3 de l’ordonnance de 1669, portent que l’arpenteur fera mention , dans le procès-verbal d’assiette, du côté des arbres de réserve sur lequel il aura fait des faces, pour appliquer le marteau royal, celui du grand-maitre et le sien ; et que les pieds- corniers, arbres de lisière et parois seront marqués du marteau de l’arpenteur. Ce marteau, que l’arpentenr doit se procurer à ses frais, est en forme de carré long, échancré sur les angles ; il porte pour empreinte le numéro de la conservation et la lettre A. L’arpenteur est tenu d’en déposer l’empreinte aux greffes des tribunaux de première instance dans l’arrondissement desquels il a l’ordre d’opérer. {Instr. dugfrimaire an 10, art. 3 .) Marteau des adjudicataires. L’art. 3 7 du tit. XV de l’ordonnance de 1669 veut que l’adjudicataire des bois futaies, dans les forêts royales, ait un marteau dont il mettra l’empreinte- au greffe ; ue ce marteau serve à marquer le^ bois qu’il ven- ra sur pied, sans qu’il puisse en débiter dè cetie.qua- lité qu’ils n’aient cette marque'; qu’il soit terni aussi d’avoir un registre dans lequel seront écritslftsnoms, surnoms et domiciles de ceux auxquels il aura vendu du bois, et la quantité et le prix de cfe qu’il aura vendu, à peine de 100 liv. d’amende et dé confiscation , sans que plusieurs associée puissent avoir q>lus d’un marteau, ni marquer d’autres bois que ceux de leurs ventes, à peine d’être punis comme faussaires. » MAR L’art. 38 du même titre porte que si néanmoins un marchand avait plusieurs ventes , et qu’à raison de la distance des lieux il lût obligé d’y tenir diffé- rens registres, il pourra avoir autant de marteaux que de registres et de même marque, pourvu qu’il en ait fait faire procès-verbal, et déposé l’empreinte comme il est dit ci-dessus. L’art. 11 du tit. XVI ordonne que tous adjudicataires seront tenus, à la fin de l’exploitation de leurs ventes, de rapporter les marteaux dont ils se seront servis , pour être rompus. Conformément à ces disposilions, l’art. du cahier des charges de i 8 a 5 porte que tout adjudicataire de futaie sera tenu d’avoir, pour chaque vente, un seul marteau, dont seront marqués les arbres qui en sortiront j que ce marteau aura la forme triangulaire ; que dans la même forêt il ne pourra y avoir deux empreintes semblables ; que l’empreinte sera déposée chez l’agpnt forestier local et au greffe du tribunal de l’arrondissement, où le marteau sera rapporté et brisé après l’exploitation finie. Marteau de s agens de ea marine. 11 y a aussi pour le martelage des bois propres aux constructions navales, un marteau dont sont pourvus les agens de la marine; il porte pour empreinte une ancre, ayant de chaque côté de la tige les lettres M. K., signifiant marine royale. Le marteau royal et les marteaux des conservateurs, des inspecteurs, des sous-inspecteurs, des gardes généraux et des arpenteurs, sont fabriqués suivant les modèles figurés dans l’instruction du a 3 mars 1821, pour les agens, et dans l’instruction du 9 frimaire an 10 ( 3 onovembre 1801 ), pour les arpenteurs. V. ces instructions et les modèles au Recueil. La forme des marteaux des gardes particuliers n’est point déterminée. Il y a plusieurs procédés employés pour retremper les marteaux qui ne sont point assez acérés. Ces moyens spnt indiqués par la circulaire de l’Admi- nistratipu, du afci vendémiaire an 10 (18 octobre 1801 ). V. cette circulaire au Recueil. MAUTBLAGE.C’est l’application de l’empreinte d’un ou de plusieurs marteaux à certains arbres pour les faire reconnaître. § 1 er . — Des opérations de balivage et martelage prescrites par les réglemens. 1 . Les arbres à marteler sont de plusieurs sortes : lets.uns, servant à établir les limites d’une coupe, sont,les pieds-comiers, tournans et parois; les autres sont les baliveaux anciens, modernes et de l’àge dp la poupe, Tous ces arbres ainsi marqués doivent être réservés. : D’autrps arbres spqt marqués pour être abattus, sçitdaps les coupes qui s’exploitent en jardinant ou par éplaircie, soit dans les forêts où il se fait des délivrances aux usagers. 11 y a donc deux sortes de martelages : l’un s’ap- plique.aux arbres qui doivent être réservés dans une coupe assise : on peut l’appeler martelage de réserve ; l’autre , au contraire , s’applique aux arbres qui doivent être coupés : on peut le distinguer sous Tome II. MAR 3(>y les noms de martelage d‘exploitation , de martelage en délivrance. Le martelage de réserve, qui se fait sur les pieds- corniers, tournans et parois, s’opère par l’empreinte de trois marteaux différens : le premier est celui dont l’arpenteur a frappé l’arbre près de terre; le second est le marteau royal, qui s’applique à un mètre plus haut; le troisième est celui de l’officier forestier, qui s’applique un peu au-dessus. (Ord. de 1669 , tit. XV, art. 6. ) Le martelage de réserve, qui est fait sur les baliveaux tant anciens que modernes et de l’àge , prend le nom de balivage / mais le mot de balivage ne signifie pas seulement l’opération mécanique de l’application du marteau , il exprime aussi le choix des arbres qui doivent être réservés, choix qui doit être fait avec beaucoup d’attention avant le martelage. Four jeter quelque lumière sur cette matière, nous distinguerons ici les baliveaux de l’àge de la coupe, et ceux qui ont été réservés dans les coupes précédentes. II. Le nombre de baliveaux de l’àge de la coupe est fixé par l’ordonnance de 1669, à 20 par hectare de futaie, et à 32 par hectare de taillis; mais des réserves plus fortes sont prescrites par ies ordonnances d’aménagement et par les instructions de l’Administration, qui doivent servir de règle aux agens forestiers. V. Baliveaux . Les baliveaux de l’àge doivent être pris parmi les brins les plus vifs, de la plus belle venue, de chêne, hêtre ou autre, de la meilleure essence et de gros- seurcompétente. (Ib.,tit.XV,art. 11 y et tit. XXV, art. 3 .) V. Baliveaux. Quant aux baliveaux réservés dans les coupes précédentes, la loi ne défend pas de les comprendre dans la vente lorsque la forêt est en nature de futaie; mais elle veut que, dans les bois taillis, tous les baliveaux anciens et modernes qui s’y trouvent soient réservés avec ceux de l’âge, et que si ces réserves, à raison de leur quantité et grosseur, empêchent par leur ombrage ou autrement Ip taillis de pousser et de croître, les agens forestiers en dressent des procès-verbaux, sur lesquels le gouvernement slatue ce qu’il appartient. (lé., tit. XV, art. 12.) Observons, à cet égard, que dans les forêts aménagées , les arrêts qui ont fixé les apiénagemens déterminent ordinairement que l’on comprendra, dans les coupes ordinaires, tous les baliveaux anciens et modernes qui seront reconnus mûrs, dépérissans ou superflus; mais lorsqu’il n’y a pas d’atnfnagement réglé, ou que les arrêts de réglemens jie portent point cette faculté, ou enfin lorsqu’il s’agit de recommencer une nouvelle révolution fie l’aménagement, il est nécessaire, pour se confirmer à la loi, deriemander au gouvernement l’autorisatioa de disposer, pendant une révolution, de ces réserves mûres et dépérissantes. Il y a cependant beaucoup de localités où, lorsqu’il 11e s’agit que de la coupe de quelques baliveaux morts ou dépérissans, l’on est dans l’usage de les comprendre dans la coupe des taillis, lors même qu’aucune autorisation générale n’aurait été donnée à cet égard. Mais cet usage doit avoir des bornes, et il 47 MAR MAR 070 est du devoir des agens forestiers de se renfermer le plus possible dans les dispositions de la loi, et do demander l’autorisation de comprendre, pendant une révolution, les réserves dépérissantes, lorsque cette autorisation ne résulte pas de l’arrêt de réglement , ou qu’elle a cessé d’avoir son effet. 111 . Quoi'qu’il en soit, les baliveaux de l’àge et ceux des coupes précédentes réservés sont frappés du marteau royaL ( Ord. de François de l’année i 5 a 3 ; de Charles IX, de Vannée de Louis XIV , de 1669, tit. XV, art. 11.) INous avons déjà fait remarquer, en parlant des marteaux, que la réserve des baliveaux de l’àge de la coupe est de droit général, et qu’elle est toujours sous-entendue. Si donc, par négligence ou oubli, les a gens forestiers avaientomis de procéder au martelage de ces arbres, ou si les brins du taillis s’étaient trouvés trop faibles pour pouvoir supporter le coup du marteau , les adjudicataires n’en seraient pas moins tenus de réserver par chaque hectare le nombre déterminé par la loi ou par l’usage; et, à défaut de le faire, ils encourraient la même peine que s’ils eussent coupé les baliveaux après avoir été martelés. (Ord. de Charles V, de l’année 1376, art. 1 1 ; de Charles VI, de l’année 1402, art. 20 ; de François 1 "., de l’année r 5 i 5 , art. 37; de janvier i 5 18, art. 3 ; de février 1 554 , art. 3 z ; du a 4 septembre 1 563 - — Régi, des 4 niai 1602, et i er . avril 1666. — Ord. de 1669, tit. XXVI, et i er . mat art. i er .) Les adjudicataires ne peuvent se dispenser de faire la réserve des baliveaux que lorsqu’ils y sont autorisés par une clause expresse ; ce qui peut arriver dans les coupes de futaies surannées , dont tous les arbres sont si dépérissans que l’on ne peut en réserver aucun, ou dans les coupes de taillis rabougris ou incendiés qui ne présentent aucun brin d’espérance. Enfin les adjudicataires ne peuvent se permettre de couper aucun des arbres marqués en réserve avant la vente {Arr. delà C. de cass., du 5 nivôse an 14 lors même qu’il s’eu trouverait un plus grand nombre qUe celui porté dans les procès-verbaux et les affiches. ( Cirent, de la régie de l’enregistrement, du 4 fructidor an 8 . — Arr. de la C. de cass., des 6 germinal-an jo — 6 avril 1802 , et 16 août 1811. Cahi des ch., art. 64.) Nous avons dit que les adjudicataires ne pouvaient disposer d’aucun des arbres marqués avant la vente, parce que le martelage étant destiné à faire connaître' te qui appartient à l’adjudicataire et ce qui est réservé de la vente, cette opération doit toujours précèdei' 1 'adjudication. Ainsi toute opération sem blable qui referait après l’adjudication, lors même qu’il y'aurait-e* 1 •démarquement d’arbres par l’adjudicataire, nesadfaitétre considérée comme une vé- ritàble Opération' de martelage. Ce serait une reconnaissance de délit dont la connaissance appartiendrait à ’l’autoritfé judiciaire, et non une opération administrative proprement dite. V. 1 '‘Arr. de la C. de cass., du 5 nivôse an 14 — 26 décembre 1 8 o 5 . IV. Il nous reste à parler du martelage d’exploitation. 11 se fait, ainsi que nous l’avons dit, sur les arbres qui doivent être coupés en jardinant dans les forêts de bois résineux et dans celles qui sont mêlées de bois résineux et de hêtres , dans les coupes par éclaircies, dans les boqueteaux et les plantations éparses. H u’-est pas question de ce genre'de coupe dans l'ordonnance de 1669 , ni dans les lois cj\ii lui nt antérieures. Il est donc utile d’indiquer ici la marche que doivent suivre les agens forestiers pour prévenir les abus auxquels peut donner lieu ce mode d’exploitation. « Si l’on se bornait, dit M. Dralet dans son Traité du régime forestier, à marquer dans une vaste forêt une quantité d’arbres destinés à être vendus, sans prendre des précautions particulières, il serait très-facile à l’adjudicataire d’en exploiter un nombre plus considérable, et très-difficile akix employés de l’Administration de reconnaître la fraude. » Pour y obvier, lorsque l’on a déterminé le nombre d’arbres à mettre en vente dans chaque triage, on fait un premier martelage que l’on appelle martelage d’assiette; il consisté' à marquer l’arbre du marteau royal près de terre, et à faire, un mètre plus haut, un plaquis destiné à recevoir un numéro. Celui qui est devenu adjudicataire est tenu de couper de manière à ce que l’empreinte du marteau reste à chaque souche, et de laisser les pièces abattues jusqu’à ce qu’elles aient été vérifiées. Cette vérification se fait par les employés de l’Administration , qui, après s’être assurés que les pièces proviennent de la souche près de laquelle elles sont gisantes, mettent à chacune de ces pièces l’empreinte d’un marteau. Cette seconde opération s’appelle martelage de délivrance : ce n’est qu’après qu’il y a été procédé, que les adjudicataires peuvent commencer la vidange de la coupe. Chaque pièce qui en est extraite étant marquée, il est facile aux gardes de reconnaître et de saisir celles qui pourraient être extraites en fraude. » Telle est la marche qui est suivie, dans la conservation de Toulouse, conformément aux dispositions d’un réglement particulier à l’ancienne maîtrise de Quillan, du 29 octobre 1754. » V. Il est important que les opérations de balivage et de martelage soient faites de bonne heure, pour que les ventes n’éprouvent point de retard, et il est expressément recommandé aux agens forestiers d’y procéder aux époques déterminées. ( Circul. des 9 prairial an i 3 et i 5 septembre 1806. ) VI. Le conservateur veille à ce qu’il y ait toujours présens aux opérations de ce genre trois agens; savoir, l’inspecteur , le sous-inspecteur, le garde général , outre le garde du triage. Il n’y a d’exceptions que pour les arrondissemens dont la grande étendue occasionnée paf la rareté des bois peut rendre ce concours, sinon impossible, du moins extrêmement difficile : l’agent supérieur opère, dans ce cas, avec le garde général ou particulier seulement. ( Ib .) VIL Quant à l’inspecteur, dès qu’il a reçu du conservateur l’état des coupes ordinaires, il désigne le jour le plus prochain , pour, conjointement avec le sous-inspecteur, commencer les opérations de balivage et martelage, et les suivre sans interruption jusqu’à ce qu’elles soient terminées. Ces deux agens sont assistés; dans chaque cantonnement, par le garde général ou par le garde à cheval qui en rem- MAR MAR 371 plit les fonctions. Le garde particulier du triage est toujours présent à l’opération, et il doit être fait mention de sa présence au procès-verbal. .( Loi du 29 septembre 1791, fit. V, art. 9 et 10 , et lit. VJ, art. 12. — Iastr. des 7 prairial an 9 — 27 mai îôai, 6 mars 11 3 , et 20 mars 1Ü21, art. 91.) V 1 JI. L’inspecteur veille à ce que les réserves soient bien espacées et de bon choix. ( Instr. du 23 mars 1821, art. 9a.). IX. Les baliveaux de l’âge sont marqués à la patte Le plus près de terre que faire se peut ; las modernes le sont, autant que possible, à la racine, et toujours de deux marques sur deux blanchis rapprochés l’un de l’autre, les anciens doivent l’être d’une seule marque à la racine; et pour l’exactitude et la régularité des martelages, et la facilité des ré- colemens, les marques doivent, dans chaque coupe, être appliquées d’un seul et même côté et au nord. £ Circul. du. 26 novembre 1823, fondée sur une Décis. du min. des fin-, du 10 août 1822.) X. Les agens qui opèrent ne doivent jamais permettre que les gardes porteurs de marteaux s’éloignent d’eux à des distances telles qu’ils ne puissent bien entendre leur voix et le coup du marteau, parce u’autrement ils ne pourraient surveiller le choix es réserves, ni les inscrire exactement sur leurs calepins, au fur et à mesure qu’elles sont marquées. Ils s’assurent, parla vérification réciproque de leurs calepins, de l’exactitude des dénombremens. Ils ne peuvent, sous aucun prétexte et sans compromettre leur responsabilité, se dispenser de rédiger chaque jour les procès-verbaux des opérations faites pendant la journée. ( Circul. du 20 mars i 8 a 3 .) XI. Le procès-verbal de chaque coupe indique le nombre exact et les essences des arbres balivés et martelés, avec distinction des baliveaux anciens, modernes et de l’âge, et des pieds-corniers, et arbres de parois et de lisières. Les agens ne peuvent, sous aucun prétexte, en marquer au-delà du nombre prescrit. {Instr. des 6 mars i 8 i 3 et 23 mars 1821 , art. 9a. ) Il est fait mention, dans les procès-verbaux , des travaux particuliers qui doivent être mis à la charge des adjudicataires, et de l’endroit où ils doivent être exécutés. {Instr, du 23 mars 1821 , art. 92.) Ces procès-verbaux doivent être signés de l’inspecteur, du sous-inspecteur et du garde général du cantonnement. {Instr. du 7 prairial an 9 — 27 mai 1801 , $ 2 , art. 4-) XII. Les inspecteurs étaient chargés, d’après la circulaire du 9 prairial an i 3 (29 mai i 8 o 5 ), d’adresser au conservateur les procès-verbaux de balivage et martelage , dans la quinzaine qui suivait ces opérations , et le conservateur les transmettait à l’Administration avec les plans d’assiette, avant l’apposition des affiches des ventes. Mais dans la vue de soulager le service des agens et de leur épargner des écrituresqui ne sont point absolument nécessaires, l’Administration a adressé aux agens, par sa lettre du 1 3 juillet 1822, des tableaux destinés à contenir les résultats de toutes les opérations qui se rattachent aux adjudications des coupes, tant des bois du domaine que de ceux des communes et des éta- blissemens publics. L’un de ces états présente le résultat, pour toute la conservation, des balivages et martelages des coupes destinées à être mises en adjudication. Il fait connaître l’arrondissement communal, le nom des forêts et triages, le numéro d’ordre de l’état d’assiette et des coupes d’après l’aménagement, la nature et l’âge des coupes, la date des ordonnances qui ont autorrsé les coupes extraordinaires, la date des procès-verbaux d’arpentage, le nom de l’arpenteur, l’étendue des coupes , la date des procès-verbaux de balivage et martelage, les noms et grades des agens qui ont opéré, celui du garde qui a assisté, le nombre et l’essence des réserves avec la distinction des pieds-corniers, parois et lisières, des baliveaux de l’âge, des modernes et des anciens ; les arbres marqués en délivrance par essence et nombre, le nombre des arbres marqués pour le service de la marine, les clauses particulières et les observations des agens. L’autre tableau est destiné à faire connaître les résultats des récolemens. Les inspecteurs doivent remplir exactement les colonnes de ces tableaux, dans les mois de janvier et de février de l’année qui suit celle où les opérations ont eu lieu, et les transmettre, dans le mois suivant, au conservateur, qui les envoie visés par lui à l’Administration, aussitôt qu’ils lui sont parvenus. {Lettre du i 3 juillet 1822.) § 2. — Dissertation sur le choix, le nombre et l'espacement des baliveaux, et sur la question desavoir si le choix de ces arbres doit se faire avant ou après l’exploitation des taillis. I. Le balivage est le choix des arbres que l’on-doit réserver sur chaque coupe, le martelage est la marque de ces arbres. Ces deux opérations, qui se font presque toujours en même temps, sont au nombre des opérations les plus importantes de l’économie forestière, puisque c’est d’elles que dépendent les ressources des constructions civiles et navales, et le repeuplement naturel des forêts. Nous avons parlé du nombre des baliveaux à réserver d’après les réglemens et les instructions, et nous avons dit que dans les taillis exploités jeunes, la réserve de 5 o baliveaux de l’âge était même insuffisante , parce que ces jeunes arbres, qui ne peuvent nuire à la recrue, la favorisent au contraire, et que si, lors de la seconde exploitation, on s’aperçoit qu’ils sont en trop grand nombre v ona la faculté d’en retrancher ce qui excède les proportions convenables, en faisant un bon choix de ceux à réserver. V . Baliveaux et Exploitation. Nous avons traité des qualités et du «hoix dqs baliveaux, de leur espacement, et nous avons présenté une dissertation sur les défauts qu’t|n,ajreprochés à ces arbres. A . le mot Baliveaux» , II. Il nous suffira de rappelericiquo les baliveaux doivent être considérés d’aprèts.la sature des essences, leur origine, leur état,-le ur position., leur nombre, la qualité du sol et le (limât. Le choix de l 'essence a pour objet lîuliiité de la consommation et le repeuplement de la forêt en bonnes espèces. C’est pourquoi on donne en premier lieu la préférence au chêne par-tout où le terrain peut nourrir cette essence , on préfère ensuite le 47 * MAR 37 2 mar frene, l’orme, l’érable, le châtaignier, le hêtre et le chaime aux bois blancs, qui périssent promptement, et ne sontpas d’une grande utilité dans les arts. Cependant on réserve le bouleau , à défaut de bois durs, parce qu’il donne beaucoup de semence, et que son bois est, dans quelques forêts, employé a la fabrication des sabots. Quant au hêtre, il faut éviter d’en multiplier la réserve, parce que cet arbre nuit aux taillis par ses racines traçantes et par ses branches presque horizontales, et parce qu’à un certain âge il repousse difficilement de souche. Uorigine d’un arbre n’est point indifférente à son succès; 011 obtient rarement une belle pièce d’une tige poussée de souche, tandis qu’on doit tout espérer d’un arbre de brin, c’est-à-dire venu de graine, ou poussé par les chevelus d’une racine vigoureuse. Cependant lorsqu’on ne trouve pas de chêne de brin , il vaut encore mieux en conserver provenant de souche, que de réserver des baliveaux d’essences inférieures ; car si les chênes sur souche sont exposés à se gâter , ils se maintiennent pourtant dans les terrains de qualité moyenne assez de temps pour fournir quelque ressource, et d’ailleürs on est toujours à même de les remplacer à la coupe suivante par des baliveaux de brin. L 'état actuel d’un jeune arbre, observe M. Dra- let, fait bien ou mal présager de sa destinée; celui dont la croissance est forte et rapide, dont la tige est droite et sansi vice, dont l’écorce est unie et luisante, dont les branches bien élevées sont proportionnées avec le corps, celui-là doit être préféré aux arbres qui n’ont p'êint les mêmes qualités. Ajoutons que la configuration de l’arbre doit encore être prise en considération pour les usages de la inariue et des arts. A l’égard de la position, quelle que soit la quantité de baliveaux qu’on se propose de réserver, ils 11e doivent pas être également éloignés les uns des autres dans toutes les parties d’une forêt. On doit les multiplier dans les meilleurs terrains de chaque coupe, parce qu’ils y réussiront mieux qu’ailleurs; mais si elle.renferme des fonds bas et humides où les taillis aient à craindre les gelées du printemps , on n’y marquera de baliveaux qu’à de grandes distances les uns des antres, On les rapprochera au contraire dans.lesenvirorfs des clairières à repeupler. Cependant,: qr.H oit, tout-s choses égales d’ailleurs, èspacêr les*réserves aussi également que cela est possible sur toute la surface du bois. « Quint au nombre des brinsàréserver par hectare, observe çtfooreM. Dralet, le propriétaire se détermi- ner*a.sürie succès des baliveaux des dernières coupes. Mais, par-tout où l’expérience a appris que les bali- vea,uxt(iVÎv^ORt jusqu’à la révolution des coupes, il parait qti’tyc peut prendre pour minimum la quantité fixée,, -pas* Jriutdonnance de 1669, c’est-à-dire cellede ^a.par hectares pour les taillis, et de 30 par heçt&re poulies futaies. Moins ces baliveaux prospéreront,, moins ils porteront de préjudice aux taillis, et dâns.jln supposition établie, ils acquerront toujours.upe,-grosseur qui indemnisera de la place qu’ils aurontioccupée. o Ce cjui justifie les dispositions de l’ordonnance de 1669 à ce sujet, c’est que les particuliers n’ont cessé de faire les réserves qu’elle prescrit, quoique la loi du 29 septembre 1791 leur ait laissé la libre disposition de leurs bois. » M. Dralet conseille ailleurs d’adopter pour maximum des baliveaux à réserver dans les bons fonds convenablement aménagés, et sut-tout pour les dé- partemôns septentrionaux, le nombre fixé par l’ordonnance de Lorraine, c’est-à-dire de 60 par hectare. Ce sont de telles réserves qui constituent dans les départemens des Vosges, de la Meurthe, de la Meuse et de la Moselle, le fonds et la richesse des belles forêts qu’ils possèdent. Ce que dit cet auteur relativement-au pen de préjudice que les baliveaux portent au taillis dans les terrains maigres où ils ne prennent pas beaucoup d’accroissement, est conforme® l’expérience. Mais suivant M. Hartig, c’est sur-tout dans ces terrains et dans les climats chauds qu’il convient de réserver un très-grand nombre de baliveaux de l’àge (îoo et plus par hectare), pour procurer de l’ombrage et de la fraîcheur au jeune taillis y et des semences pour le repeuplement; mais l’auteur allemand veut qu’on abatte la majeure partie et même la totalité de Ces réserves à la première coupe, et plus têt, s’il est possible. (V., au mot Exploitation, le chapitre concernant l’exploitation des taillis.) M. Dralet en conseillant, p. 97 de son Traité d’aménagement, de faire peu de réserves dans ces terrains, considère particulièrement le peu de succès des baliveaux qui y existent, et les dommages que peut causer au taillis l’extraction des arbres, qui y sont facilement renversés par les vents; mais, au moyen de la coupe qui sera faite de ces nombreuses réserves à la révolution suivante, on n’aura point ces inconvéniens à craindre. Ainsi il est, pour tous les terrains, avantageux de conserver beaucoup de baliveaux de l’âge, sauf, dans les mauvais terrains, à les abattre après la première révolution. III. Les baliveaux anciens et modernes qui se trouvent sur les coupes des taillis soumis au régime forestier, doivent être réservés avec ceux de l’àge; cependant si, par leur quantité ou grosseur, ilsempè- chaient le taillis de pousser, ils peuvent être coupés en vertu de l’autorisation du gouvernement. C’est, comme nous l’avons observé précédemment, la disposition de l’art. 12 du tit. XV de l’ordonnance de 1669. On opère le balivage et le martelage à l’égard de ceux de ces arbres qui peuvent vivre ou profiter jusqu’à l’exploitation suivante. On en juge par comparaison avec ceux des coupes voisines, par la tête de l’arbre, par son écorce, par le plus ou moins de vigueur de ses feuilles, et en général par l’état de sa Tégétation. On estime qu’un arbre ne promet rien d’avantageux s’il commence à se couronner, c’est-à-dire si les branches de la tête sont jaunes ; si plusieurs d’entre elles, sur-tout les plus élevées, sont mortes ou languissantes; si les dernières pousses sont très- courtes ou nulles ; si les feuilles sont paies et si leur chute est précoce ; si l’écorce «st terne, fort galeuse, se séparant d’eUe-mème ou facilement avec la main ; si on y aperçoit de grandes taches blanches ou rousses, ce qui est l’indice des gouttières et des écouleinens d’eaux; si elle est couverte de mousses, M A R de champignons, de lichens, d’agarics et d’autres plantes parasites 5 si on aperçoit le long du tronc des chancres, des cicatrices, des nœuds pourris et en partie recouverts; s’il se rencontre desloupes fréquéntéd, des excroissances, des bourrelets, et autres signes qui annoncent la gelivure ou quelque autre vice intérieur; si l’arbreest troué par les piverts; s’il a été frappé du tonnerre; si des branches ont été éclatées par les vents; si en frappant sur l’arbre il rend un son creux"; enfin si sa configuration est vicieuse. Tons ces caractères, pris isolément, sont autant de signes qui annoncent la défectuosité de l’arbre, et qui'doivent le faire comprendre dans le nombre des arbres à abattre, à moins pourtant qu’il ne soit utile comme porte-graine 1 IV. Le bulivaaedes arbres réservés dans les coupes précédentes se fait assez ordinairement en même temps que celui des brins de l’âge , c’est-à-dire avant l’adjudication et l’exploitation des taillis. Cepen- dantil y a desarrondiœetnens où le choix des arbres à réserver parmi les baliveaux anciens et modernes ne se fait qn’aprèa .l’exploitation du taillis. Ce mode est autorisé par quelques anciens réglemens locaux. Ceux de 1687 et 1698, rendus pour Dreux et Bau- gency, portaient que le balivage serait fait avant l’adjudication, à moins que les taillis ne se fissent si forts que Uon ne put y entrer. Defroidouren parle dans son Instruction, et il parait que de son temps (1668) on le pratiquait beaucoup plus qu’aujour- d’hui. Il recommande d’obliger l’adjudicataire, par une clause particulière, d« laisser un nombre de baliveaux déterminé par arpent. Cuyot, dans son Manuel forestier, observe que dans les forêts où le taillis est affecté aux forges, 011 oblige les mai très de forges ou les adjudicataires à laisser au moins 32 baliveaux par hectare, avec tous les baliveaux modernes et anciens ; que dans ce cas on ne marque pas les baliveaux de l’àge ni les baliveaux anciens et modernes. On se contente, à l’égard des premiers, de recommander au garde du triage de veiller à ce que les bûcherons laissent les plus beaux brins et de préférence ceux provenant de semences ; et à l’égard des autres, on examine, lorsque la coupe du taillis est faite, s’ils ne sont pas en trop grand nombre, et s’il y en a qui soient couronnés ou dépérissans : dans ce cas, on marque sur une grosse racine ou sur le pied, le plus près de terre possible, ceux qui doivent être abattus, et on en fait l’objet d’une adjudication. Dans cette méthode, il ne se fait aucun martelage des arbres de réserve. Mais ce n’est point seulement dans les forêts dont parle Guyot, qu’on ne fait le choix des arbres de réserve qu’après la coupe du taillis : cet usage se pratique encore dans quelques autres forêts, quoique le taillis et la futaie soient tous les deux destinés à être mis en adjudication. Ainsi il y a deux époques où, suivant les localités, on procède au choix des réserves : dans les unes, c’est avant l’exploitation du taillis, et dans ce cas, qui est le plus fréquent, les taillis et la futaie se vendent en même temps, et dans d’autres localités, le balivage ne se fait qu’après l’exploitation du taillis, et on fait alors une adjudication particulière pour la futaie dépérissante. Chacun de ces deux moues a ses partisans. MAR 5 : 5 Voici sur cet objet l’extrait d’un rapport fait à l’Administration des forêts, le 18 germinal an 10, par l’administrateur -chargé de la division des exploitations, par suite d’une circulaire écrite aux conservateurs, le 8 nivôse de la même année. L’Administration générale des forêts, par sa circulaire du 8 nivôse an 10, a consulté les conservateurs sur le meilleur mode à suivre pour la coupe des baliveaux sur taillis. Dans plusieursarrondissemens forestiers, les baliveaux s’adjugent eu même temps que les taillis ; dans d’autres, la vente ne s’en fait que l’année suivante. Plusieurs Conservateurs ont transmis leurs observations sur cette importante question. Dans la comparaison des avantages et des inconvé- niens de l’un et de l’autre mode, neuf conservateurs sur treize se déclarent pour l’adjudication et l’exploitation en une seule fois, trois antres préfèrent une adjudication et une exploitation séparées, et un autre démontre l’inconvénient d’adopter sans restriction l’un ou l’autre mode. Premier mode. — Les partisans du premier mode, qui consiste à couper en même temps les baliveaux et le taillis, allèguent que ce serait nuire évidemment à la reproduction du taillis, que de faire trop long-temps du parterre de la vente un atelier d’ex* ploitation ; qu’en effet la hache de l’ouvrier, la chute des baliveaux, la dent des bestiaux, les roues des voitures et le tirage des pièces éparses sur tous les points occasionnent, dans un taillis d’un an, un dégât irréparable; qu’un taillis à l’âge de sa coupe n’èst pas assez fourré pour empêcher qu’on n’y distingue parfaitement les arbres à réserver d’avec ceux à abattre; que si on divisait la coupe des baliveaux et du taillis, il deviendrait indispensable, pour prévenir de très-grands abus, de constater, par un procès-verbal en forme, avant d’entamer le taillis, le nombre des baliveaux y existant, afin qu’au récolement les agens forestiers pussent vérifier si l’adjudicataire n’a point porté la hache à la futaie , ce qui triplerait les opérations; que, sous le rapport de la concurrence, il y en aurait peu entre ceux qui ne seraient amateurs, chacun, que d’un objet particulier; cju’il y aurait conséquemment moins de produit à attendre, car celui qui ne voudra que le taillis, convaincu que l’amateur de la futaie n’y mettra point d’enchère, sera à-peu-près le maître de déterminer le prix de la vente; qu’au contraire si le tout est vendu ensemble, chacun sera forcé déporter des enchères; qu’alors il en résultera une concurrence générale, que les adjudications partielles ne peuvent faire espérer; que la vente en deux parties augmente nécessairement les frais d’éxpielt'atîon, puisqu’il faudrait pour chaque partie des commis et des garde-ventes, dont le salairedinrinuerait le bénéfice de chaque adjudicataire^ tandis que, dans le cas contraire, il y aurait économie de moitié sur la dépense; que ce mode introduirait non-seulement sur le parterre deux exploitations, l’une du taillis et l’autre des baliveaux j et souvent une troisième, f iarce que le délai d’un an étant à peine suffisant pour 'abatage et la vidange, il est presque impossible d’éviter la complication de l’ancienne exploitation MAR M A R 5 7 4 avec la nouvelle, ce qui occasionnerait également une complication de responsabilité contraire ay bon ordre; car lequel des adjudicataires serait ténu des délits qui se commettraient dans leurs' vynty!,- 6û k l’ouïe de la cognée? V., sur cette dernière cjdçitioh, le mot Adjudicataire, p. 111. ! Deuxième mode. — Les partisans tlù deuxième mode, c’est-à-dire ceux qui préfèrent.'qrife les futaies sur taillis soient mises en vente séparément et exploitées de même, donnent pour m6tifs quy ce mode est plus avantageux, pour lë tqèsor public^ en ce que la concurrence naît, de la facilité d’aéheter, et'qu’il s’agit pour cela de multiplier les ventes en diminuant les masses. Ils disent, par exemple, que quelques adjudicataires ayant revendu les futaies par la’voie des enchères, le ppix qu’ils en ont tiré a atteint le prix total de leurs adjudications; et que, dans quelques forêts où la futaie sp vendait séparément du taillis, le prix des ventes a baissé considérablement depuis qu’on a cessé cet usage. Ils observent que rjen ire peut plus contribuer à procurer de beaux bois, ét'ayoir plus d’influence sur la reproduction qu’üne réserve Dieu choisie et bien espacée; qu’en juin et pendant les mois suivans, on fait les opérations de balivage et de martelage; qu’à cette époque le taillis est épaissi de toutes ses pousses; que, dans des parties, il est presque impossible d’y pénétrer; que les épines, les traînans, les branches souvent chargées d’eaù gênent et embarrassent la marche-’: de'Ià'la difficulté de tourner les réserves, de-leé examiner dans toutes les parties, de les séparer de manière qu’elles’ puissent distribuer également leurs graines, et jouir de tout le bienfait de la circulation'de l'air; de suivre les marques, et de tenir note du nombre,, de la nature et de l’essence desf arbres. Ils ajoutent enfin que du moindre oubli il peut résulter qu’un marchand qui a fait avec soin l’inventaire des arbres de sa vente, et qui en trouve un nombre excédant Celui mentionné au procès-verbal d’ddjudication, s’emparera de tousceux auxquels il rte verra aucune marque, ou plus souvent encore il fera tomber sous la hache les plus beaux arbres de réserve, et laissera en remplacement ceux oubliés, dans-l’espoir qu’aü récolement on ne tournera pas les baliveaux pour en connaître l’empreinte, et qu’on se'bomeïa à « constàfpr le nombre. Xie conservateur de’la troisième division , tout en inclinant en faveur de ce dernier mode, pense qu’en adoptant l’un ou l’autre sans restriction , on commettrait une fauté grave, subversive de tous les principes, et’quiïîe tiendrait à rien moins qu’à priver les générations des ressources qu’offre le but de l’ins- titùtiott fôrestîèré. H reconnaît que dans un taillis, quel (jù’iî soit ,‘Il test?‘en général 'difficile de faire l’inspection dësi àrhrésà réserver; qu’il résulterait de la mesuré 1 qui'fia fi ùteràli: àila-fois et les baliveaux et les-faïHis’j’hâi-'les !< rëi | erves seraient mal faites; qü’il résulterait de" îàKëhte des baliveaux après le taillis, 1 'quê ïés 1 ‘résetve's Seraient bonnes, à moins qtiè ceux quién 1 ftr firent f choix fussent sans connais- san'dèq et il estfmeertfin que les baliveaux modernes et aficienS dciétenf être réservés dans t,outé adjudi- catfoii de taillis, jiOUr être vendus l’année suivante, s’il-est jtrgé teiÿhvenable, d'fiprès l’exameri approfondi de la croissance future des arbres ou de leur décrépitude, afin qu’il soit fait état des premiers pour perpétuer les réserves, et des derniers pour être incessamment adjugés. Extrait des observations qui terminent le rapport. — On doit à la justice d’ohserver ici que les différentes opinions des agens forestiefs actuels sur la matière dont il s’agit, sont dictées par le seul désir de contribuer de tout leur pouvoir à un bon fégiiae forestier. L’Administration n’à point heureusement à se prémunir contré'd’àniiiens exemples qui n’auraient eu pour appui que lé doublé paiement qiii se faisait, avant la foi du 16 nïvAse, aux ageùs forestiers pour des opération# séparéfes. Du zèle et du désintéressement des agens forestiers actuels, il résulte que l’opinion de chacun d’eux devient intéressante aux yeux de l’Administration , et lui commande le jplus. sérieux examen de la question. . Il est des localités oïl lé taillis acquérant généralement peu de grosseur] Serait de peu dé valeur sans les baliveaux, » ' 1,1 Il en est où les coupes resteraient invendues, si les baliveaux n’étaient adjugés aveb lé taillis. Dans l’un et l’autre cas, la cûnnivenceest possible. Dans la vente simultanée, l’amatèur de la futaie et celui du taillis conviendront de né pas enchérir l’un sur l’autre ; ils établiront Une proportion dans la valeur des deux objets, et .achèteront ensemble. Si le taillis est vendu séparément et un an avant la futaie, l’amateur du taillis contractera avec celui de la futaie l’obligation de ne pas aller sur son marché , et ce dernier se gardera de metlre une enchère sur le taillis. On ne doit pas ici perdre de vue la cupidité des marchands , qui , accoutumés à acheter en masse et à faire ainsi de gros bénéfices, se voyant trompés dans leurs spéculations', pourraient, en se liguant contre les usages actuels, f^irg^anquer la venté. Le rapport contient ensuite un exposé des méthodes proposées par Guyqt dap^ son Manuel fp* restier: nous en parlerons plus loin. On voit, continue lè rapport, que dans le plus grand nombre desarrondissemensforestiers, .Té taillis et la futaie s’exploiten.t en même temps; que dans plusieurs autres arrondissemens, notamment dans ceux du nord de la France, où les usinés sont plus abondantes, le taillis s’exploite séparément; que, dans quelques airondissemeris où les coupes de taillis ont lieu en mars et avril, les agens forestiers font l’énumération des baliveaux , dont la mise en vente se fait en août, au même' moment que celle du taillis de l’année suivante; en sorte que, pour ces deux ventes qui se font ensemble,,..il n’y a qu’une seule affiche et publication. , ., \,-u A quel mode dyniier lu préférence? .... t 11 serait difficile dfisseoir sur -ee point, une opinion immuable.: les renaissancest fa qualito du bois, l’intérêt du trésor public, prescrivent, avant tout, des mesures dont l’urgençe se tpit d’autant plus sentir, que depuis très-Toyg-tenips on n’administrait plus les forêts ; elles 'étaient presque entièrement sacrifiées à latupidité des uns, à la mauvaise foi ét à l’inexpérience-de5. autres. MAR Aussi y le besoin 37 on bpq aménagement de'cha- qiie forêt se fait-il (lé plus ën plus sentir, et il semblerait que. iuscjue-là llusage actuel de vendre^et d’exitlHiter dans les afèondissemens respectifs» serait le meilleur , en quoi on se rapprocherait de l’avis d’un conservateur ,:CeIui de la vingt-sixième division , qui réunit beaucoup dè zèle à beaucoup de talens Forestiers , et qui j tout en inclinant pour la vente et l’exploitation séparées du taillis et de la futaie, a velue sagement qu'il conviendrait seulement de maintenir ce* mode )à où il'a lieu, de le rétablir où il etàaf’én usagé , çt ensuite de ne l’étendre, chaque aijnée v qu’avec précaution et-là où on le présumerait avantageux. L'expérience, ditle rapporteur, que j’ai moi-même acquise j pour avoir pratiqué ces deuxmodes dansdes forêts domaniales et particulières, me donne aussi la conviction que la mesure la plus sage pour le nro- nierit'est celle ci-dessus proposée ; mais un remède prompt se présente, èt avant que de bons aménage- mens extirpent entièrement le mal, ne pourrait»-on pas l’àppliqupr au moins comme palliatif? Si on excéjite quelques contrées, les bois sont fréquentables en mars, et avril. Ne conviendrait-il pas d’ordonner aux agens forestiers, comme mesure provisoire, d’achever, avant la pousse des feuilles, leur martelage dans les taillis? ce qui mettrait beaucoup moins d’obstacles au choix, à l’énumération, à l’estimation et à l’espacement des baliveaux. Tout paraîtrait presque se concilier par cette utile mesure, puisque c’est seulement dans les contrées du nord où les bois sont abordables dans cette saison, que l’usage de couper séparément le taillis et la futaie existe. Par suite de ce rapport, l’Administration a arrêté que, jusqu’à nouvel ordre , l’usage établi dans chaque forêt serait suivi. ( Circul. du 2 Jloréal an 10 — 22 avril 1802.) Cette mesure , dit M. Dralet, est marquée au coin de la sagesse qui caractérise toutes les opérations de l’Administration. Dans les forêts épaisses, et où les réserves sont précieuses, le choix de la réserve est assez important pour le différer jusqu’après l’exploitation du taillis; mais il existe un grand nombre de forêts clair-seinées, où l’on peut facilement examiner tous les arbres réservés dans les coupes précédentes, et ou ils ont si peu de valeur, qu’il serait ridicule ,'pour en Faire le choix, d’exposer le taillis renaissant à être endommagé par les charrettes et les bestiaux. Ce sont donc les circonstances particulières qui doivent faire',préférer l’un des modes dont il vient d’être parlé. § 3 . — Examervde la question de savoir si l’on doit marquer les baliveaux anciens et modernes à réserver, ou seulement Ceux qui doivent être abattus f et dans le cas où ces'arbres doivent être marqués , si la, marque-doit être appliquée au corps on au pied de l’arbre. ' 9 ' - I. La nécessité de fixer la responsabilité des adjudicataires des coupes, 4 l’égard des arbres qu’ils doivent réserver, a obligé d’imprimer une marque de reconnaissance , soit sur ces arbres, soit sur ceux qui font partie de l’adjudication La marque, dans le premier cas, s’appelle, ainsi que nous l’avons MAR déjà ,dj,t, marque en .réserve ; çt dans le fse&ond cas, marque efi délivrsnçg. il; L’prdoimauce de 1669, tit, XV, art. 6, veutque les pieds-corniers, arbres de lisière et parois, soient marqués du jnarteau royal le plus près de terre que faire « peut- Elle veut aussi, tit. XV, art. 11 , que les baliveaux (le l’àge soient marqués; mais 1 , à l’égard des ancien^ et des modernes, elle se borne, tit. XV, art. 12 , à en prescrire la réserve. 111 . Gnÿotjdaas son Manuel forestier, observe que ce n’est point par oubli, que c’est au contraire à dessein, que le législateur n’a point prescrit la marque des modernes et des anciens, parce que la différence des baliveaux de l’àge avec les modernes était assez sensible par elle-même pour ne pas en établir une autre. Cet auteur est persuadé' que l’on ne doit, d’après l’esprit de l’ordonnance, marquer les anciens et les modernes que dans le cas oùils font partie de la vente; ce qui, dit-il, serait cpnforn;e 4 la disposition de l’art. 3 du tit. XXI, relatif aux délivrances à faire 4 la marine, hors les coupes ordinaires. Il serait à souhaiter que l’on pût *e dispenser de marquer les modernes et les anciens , 4 cause des plaies que l’on fait à ces arbres , et que l’on renouvelle à chaque exploitation : de telle sorte que , dans des taillis qui s’exploitent à 20 ans^,et pù L’on, marquait autrefois les modernes et les anciens de deux empreintes,un ancien de joo ans en. 3 . reçu,dix, qui quelquefois forment autant de cautères, et qui toujours causent plus ou moins de désordre dans l’organisation du tissu ligneux. La marqué des arbres à conserver a encore cet inconvénient, qu’elle donne lieu à des erreurs de calcul, si les agpns çe font leurs opérations avec le plus-grand soin; tandis qu’en obligeant l’adjudicataire à -réserver tous les modernes et anciens qui 11e sont point marqués en délivrance, il est impossible qu’il puisse eu-abattre un seul en fraude, parce que toute souche quj.ne porterait pas l’empreinte de la marque en délivrance décélérait un délit. Ajoutons que le nombre des, arbres à abattre étant ordinairement beaucoup moins considérable que celui des arbres à réserver, l’opération du martelage serait d’autant plais expéditive. Il en serait de même du récolemeut;, puisqu’il suffirait de vérifier les souches des arhrqs jpayqués en délivrance, pour s’assurer si elle? ppftçn£ l’empreinte du marteau, et si le nombre qn,Ç£t exactement le même que celui porté au proçèft-verbaj. de martelage. . , j„ m . Mais on observe, i°. qu’il es? difficile,dff çpnser- ver l’empreinte appliquée sur là racine,pied d’un arbre lorsqu’on l’abat, et qu’il pourrait arriver qu’un adjudicataire fût poursuivi sçppj^rp, coupable 5 2°. que l’adjudicataire ne peut fpirpiCoqpar l’arbre aussi près de terre qu’il le dorit^poqy ,«on Intérêt ; 3 ”. que si les arbres réservés.ne son t ni çpmpLé* ni marqués, le marchand en .pourra faire attife et cacher son délit en masquant les, souches des arbres qu’il se sera appropriés; tandis que I4 marque et l’énumération des arbres rçservis sont deux, moyens de vérification qui concourent à la reconnaissance des délits de l’espèce. Ces objections sont fondées, et si dans les exploi- MAR 5 7 6 M A R tâtions en jardinant, on ne marrie arbres délivrés , c’est une exception que lst seule nécessité forçe d’admettre; il y aurait de gnpyds inconvéniens à faire de cet usage une régit; générale- Qn est donc forcé de marquer les arbres à Réserver. IV. Guyot a fait des expériences daps la vue de remédier aux inconvéniens de la marque. Il a frappé du marteau, sans aucune entaille, l’éçorpe,4es arbres dans la partie la plus lisse, et la plp^ upie, et il a remarqué que l’empreinte se gr^ye parfaitement bien et beaucoup mieux que sur le bois, pourvu que l’pn n’appuie pasle coup avec trop de rudessp, parce qu’alors on emporte la pièce. Il suffit, dit-il, de fouper l’épiderme et de rompre les fibres dp la seconde écorce. Il ajoute qu’ayant, examiné de semblables empreintes au bqut de 3 ou 4 ans, il a reconnu qu’elles ne s’qtaient effacées que légèrement, et qu|jl y restaif encore une figure approchant de pelle qui ayai.t.été imprimée., TJn inspecteur général des forêts ayant eu récemment l’oçeasion 4e remarquer dans un département l’usage que l’on faisait de cette méthode, a fait ob- serye/ que l’empreinte, dans ce cas, était aussi nuisible que si elle était faite sur le bois, parce que la meurtrissure de l’écorçe donne lieu à l’extravasion de la^ève, à upe humidité nuisjblequi, à la longue, engendre moisissures, et pept produire un véri- tdbjp çbaqcyp. Plun aetre côté ) l’écorce en sp dilatant , et l^,bo ur rylet qui, se forme «pus cette écorce >ar l'effet de. Ta meurtrissure, on,t bientôt dénaturé es formes de. ljemprtp»,t|e. C’est donc sur le bois inèipe qu’il Faut appliquer çette empreinte, où rien pe peut l’allérçr, Y. Dft jnartçjagç dp toup les arbres de : réserve et Âe l'appûçatfqn du-piarteap. — Pe tout ce que nous ayflps djtU résulte, qpe, quandpn vend la futaie dépérissante avilc le taillis, 6n doit procéder à un mar- tçjage général d.g.tpus le® arbres qui doivent être réservés-, IJ ne pept y avpir,d’exception que pour les balivçauft de,l’àge, quapd ils sont trop faibles pour supporterIlemprejnte, et dans ce cas on peut se contenter de les greffer, , A..vp 1 n t 'T’ 1 ini st rujctiop du 23 mars 1821 , le martelage ,sp, faisait, (je différences manières : dans quel- qpgS t 9 &. donnajt une seule empreinte à chaque baliveau de l’ t àgo, 4.ÇV* à chaque moderne sur une face, et deux aussi à cjiiique ancien, mais sur depx f^ces différente?;_^aqs d’autres, et notamment dans le? l'apts,tai.His, les egen$ ne donnaient qu’une empreinte à chaque arbré, fût-il ancien, moderne ou,pâli veau de l’pgç »,et la, distinction se faisait seu- lepièptpar l’âgé; qe quj, poulies fptaies, pouvait êt,re assçz facile, mçpe ^ ue généralement o;i distingue bien ün baliveau de deux âgés d’un autre de trois âges, ^epefldaql* il est .de? .cas pù îl peut y ayoirjçoufusiptt, Jifty^xemple quand un prbre y'est, arrêté dans sp çroiysançè, et alors on est embarrassé, daps le récplébièpl!) i>°ur savoir si çet arbre a été compté pour môderpe' ou pour ancien. Relativement a l’en(jroit de l’prbre où l’empreinte doit être appliquée, l’ancienne Administration des forêts avait vqulu établir dans tops lçs arrondisse- mens un mod&upiforme. Ce fut l’objet de sa circulaire, du 14 v ve ndôse an 10 (5 mars 1802). . Elle annonça que , dans plusieurs forêts, les arbre® étaient indistinctement frappés à un mètre de terre; que , dans d’autres, peux de l’âge l’,étaient à la naissance de la racine ,,et ceux des âges précédens au corps ; que ces deux modes présentaient da® avantages et des inconvéniens,. Ou objectait, d’un côté, que le marteau appliqué, au corps de l’arbre lui occasionnait des plaiçs, qui souvent ôtaient à la pièce la plus précieuse. toute sa valeur; de l’autre,qu’en frappant l’arbre à la patte ou à fleur dp terre on évitait cette défectuosité; mais que la. marque, ainsi placée J s’apercevait à peine, et donnait lieu à des erreurs. On exposait enfin que les baliveaux de l’âge n’avaient ni une surface suffisante, ni la force nécessaire pour recevoir au corps l’empreinte du marteau. Sur les renseignement qui furent fournis par les agens des différent points de la France, l’Administration jugea, ainsi qu’il,résulte de sa Circulaire du 26 germinal an to, qu’il était plus convenable d’appliquer indistinctement, suc les .baliveaux à, réserver, l’empreinte du roayleau à 2 déciui. (8 pouces) de terre, et de préférence vers le, nord ou l’ouest, afin que le miroir ou l’entaille qui se fait à ces arbres , à chaque révolution, leur occasionnât moins de dommage. Ce mode a éfé de nqqveau,recç>m m£ ' ,1 dé par une instruction du ô mars concernant les baliyages et martelages, ,, Il n’écartait point toutes les'objeçtlepipquloo.avait faites ; il évitait bien le? inqon,véflienî dql’appliyation delà marque au cprpç, puisqu’il laplaçailp b pouces seulement au-dessus du spf, .c’esfirà-dire dans la partie de l’arbre qui est ordinairement retranchée lors de l’abatage; niais il n’établissai,t aucune distinction pour les trois classes de yespryes, .Cependant il est certain que souvent le haTiypap 4éT’agi 3 ressemble beaucoup, par sa.force etJajçppleur de çCQtce, au moderne; de même qu’un ifioderne de 60 aup,qui a poussé avec vigupur, présente, Jie,u ,t}e différence avec un ancien de 80,ou 85 ,aps, m.bÿns favorisé par la nature du sol ou parsa çonsfimtiop, individuelle. Cet inconvénient était ^rajuj, TjpV â des erreurs lors des récqle.mçns. , , , ., , , ., L’Administration actuelle p yqujp le, f^ire,disparaître par l’art. q 3 de son instructj,çp gpnéralç, du 23 mars 1823. Cej artjçlp a in^ir\te^ ( l ,e, PP r ?l nte unique pour les trois classes de baliveaux; niais il portait que les liaiivçaqx (Je l’âge ef 1 m anciens seraient marqués à ,5 décun.18 pquqys), ejt le? tp°" dernes â up mètre ,(3 pieds),,,!! .ajQutait que les baliveaux de l’âge pourraient êfre marqpés ail niveau du sol. Cette disposition avait changé to.ut.le mode précédemment adopté , et rétabli la marque a;| ^orpsde l’urbre, puisqu’elle vptilajt que les baliveaux jet les âriciensTussent marqués à 18 pouces, et tps modernes à 3 pieds au-dessus du niveau du sol. Elle a excité les réclamations dû ministre de la marine, comme devant ep traîner la détérioration d’ùn grand nombre d’arbres , ainsi,que l’expérience Je, démontrait, ^on excellence, a demandé que l’ancien mode Fût rétabli. Plusieurs agens fprent consultés. Presque tous furent d’avis que les taliveaux de l’âge devaient être MAR marqués à la patte; mais à l’égard de la marque des modernes et des anciens, les uns se sont prononcés pour l’application de cette marque à la racine, et les autres pour l’application au corps de l’arbre. On ne sera point étcnmé'que les opinions se soient partagées sur cette question quand on réfléchira , d’un côté, que les terrains, les climats, et l’âge des coupes, apportentnécessairement des variations dans les effets de l’empreinte apposée sur le corps des arbres; et de l’autre, que tous ceux qui fréquentent les forêts ne sont pas doués au même degré de l’esprit d’observation. Dans les bons terrains, dans les climats tempérés, dans les situations ombragées, et sur-tout lorsque l’arbre est jeune et vigoureux, l’empreinte se recouvre promptement par le bourrelet qui se forme tout autour, et dont les bords s’unissent et se soudent parfaitement. Dans ce cas, la nouvelle couche ligneuse qui recouvre celle marquée de l’empreinte s’incorpore avec elle. Mais dans les circonstances opposées, la cicatrice seïûrtne lentement ; le miroir, qui reste à découvert!, reçoitloûg-temps les impressions atmosphériques, il devient le réceptacle d’une sève qui re corrompt ; le bois se dessèche, se fendille , et lorsque le bourrelet parvient à recouvrir cette place, il n’y a plus d’adhérence possible avec ce bourrelet et un bois privé de la vie : de là la ca- dranure , la pourriture intérieure, ou au moins un défaut qui rend la pièce impropre aux ouvrages qui exigent dé la force. Les «gens qui se sont prononcés pour la marque au corps, se sont principalement fondés sur ce que la marque à la racine est fort difficile à vérifier lors du récolement, et sur ce que, si la marque au corps a des inconvéniens, elle prévient, d’un autre côté , la confusion qui se ferait des modernes avec les anciens , étant tous marqués à la racine ; confusion qui ne peut exister si on plaGe la marque à diverses hauteurs. Mais les agens qui blâment la marque au corps de l’arbre, observent que le nouveau bois qui se formé par-dessus le plaquis 11e se lie jamais avec celui qui a reçu le coup de marteau; que l’arbre est cadrané au point de leur contact, et que sa substance est gâtée à partir d’une certaine hauteur au-dessus du plaquis jusque près de la racine. M. Dralet a fait outrîr, dans là fôjêt de Grésigne, un baliveau âgé de 140 ans, dôrtt les couches concentriques lui ont appris qu’il avait été marqué à l’âge de 70 ans. La marque se distinguait parlaitement ; mais entre le nouveau bois et l’ancien , il se trouvait une matière noirâtre, et üne sorte de moisissure qui commençait à 2 décim. au-dessus de la marque et s’étendait jusqu’à 5 décim. au-dessous; le bois était gâté dans cette étendue et jusqu’à la racine. Il a été piitoyé à l’Administration, il y aune quinzaine d’ahnées , dçs environs de Coblentz, un tronçon d’arbre qui s’était éclaté dans le sens de sa circonférence, et présentait, sur le cylindre découvert par l’éclat, l’empreinte de l’année où il avait été marqué. On croit se rappeler que cette marqué était de 1745. Il paraît que, dans le pays, on joignait aux armoiries qui servaient à la marque la date de l’année. Ce tronçon indiquait que, dans la moitié au Tome II. MAR 377 moins de la circonférence, il n’y avait aucune adhérence entre l’ancien et le nouveau bois. On attribue cet effet à l’eau pluviale, qui s’introduit par le plaquis et s’infiltre entre le bois et l’écorce , à la sève, qui s’extravase par la rupture de ses canaux, et à l’air même, qui dessèche l’écorce et la partie dü bois exposée à son action. Il est donc certain, observe M. Dralet, que tout baliveau ainsi marqué est gâté'pour toujours, depuis sa racine jusqu’au-dessus de la marque, quelle que soit l’époque à laquelle elle ait été faite f c’est-à-dire que la partie la plus grosse et la plus dure de tout baliveau est Impropre an service, sur une longueur de plus d’un mètre. Cette perte est immense; car on peut estimer que les coupes annuelles, tant dans les bois de l’état que dans ceux des communes et des particuliers, se portent à 3 oo,ooo hectares, et dans lesquelles on réserve, à raison de 3 o au moins par hectare, p millions de baliveaux. C’est donc une perte de 9 millions de mètres courans sur la longueur, ét dans la partie la plus précieuse de ces arbres, dont lés 1 constructions civiles et maritimes se troment privées. D’après ces observations, M. Dralet estime que le martelage des baliveaux de toutes les classes doit se faire à la racine , et que les avantages qui en résulteront sont trop importans pour les sacrifier à de petites considérations, telles que le plus ou moins de commodité pour les bûcheron&et de facilité pour les récolemens. Il pense que les baliveaux dé l’âge ne pouvant être confondils avec les anciens, ces deux classes doivent être marquées dé la même manière; quant aux modernes, ils doivent être marqués à la racine, mais sur deux faces opposées. Il ajoute que pour faciliter la reconnaissance des baliveaux, il serait utile qu’ils fussent tous martelés dans" la même direction : par exemple, du côté qui, étant exposé aux vents de la pluie, se trouve presque toujours garni de mousse. Il ne pense pas que l’orientement de la marque soit d’une grande importance t on avait conseillé de l’appliquer au nord, mais ce n’est point toujours à cette exposition que l’arbre présente les coucnes les plus épaisses. On observera, à cet égard, que la reccfmHianda- tion de la marque à l’exposition du nord était fondée sur ce que l’action du soleil, qui fait fendre l’écorce et agrandit la plaie au miai, ne produisait point cet effet au nord. M. Dralet partage l’opinion dé tous les'autres agens sur la nécessité que la figure du marteau soit entourée d’un cordon, parce que l’emprèinte de ce cordon se conserve toujours bien, et pétit suppléer, dans le cas de contestation, à l’empreinte même de la fleur de lis, qui est souvent imparfaite ou qui s’efface. : J " Relativement à l’objettion que m a' fidte, que la marque à la racine peu t d'oiilier lietl à'tlés'erreurs de la part des bûcherons, qui seront eàjiôsés à couper les arbres involontairement, parce due la marque, cachée par les arbustes, échappera à leur vue, M. Dralet répond que l’art. 5 i du Cahier des charges oblige l’adjudicatairç à nettoyer la coupe des épines, ronces et autres arbustes nuisibles , et qu’en exigeant que ce nettoyage soit fait avant la coupe dos arbres, il 48 MAS 578 MAR n’y aura point d’erreur à craindre. Au surplus, il pense que pour faciliter la reconnaissance des feàji- veaux, soit pendant l’exploitation , sôit lors du récolement , on pourrait, indépendamment de la marque ordinaire, faire sur les arbres un léger 1 blanchis, qui, n’emportant que la partie la plus superficielle de l’écorce, ne causerait à l’arbre aucun dommage. Ce blanchis, fait à hauteur d’homme et du même côté que le martelage, serait un indicateur Commode, facile à apercevoir, et plus propre à prévenir les erreurs que le'mode désastreux dé la marque au corps. Conclusions. 11 est certain que la marque au corps endommage les arbres, tous les forestiers en conviennent5 mais il en est qui pensent que la marque à la patte ou à la racine peut donner lieu à des méprises de la part des bûcherons, et rendre plus difficile le récolement. Ces craintes ne sont pas fondées : avant d’abattre les arbres, le parterre des coupes est nettoyé des ronces, épines et autres arbustes, et jamais un bûcheron ne porte la hache au pied d’un arbre sans en avoir fait le tour, ne fût-ce que pour savoir de quel côté il l’attaquera, de quel côté il le fera tomber. Au reste, dans les montagnes, où on se vctit souvent obligé d’abattre avant l’entière disparition de la neige, on prend la précaution de blanchir au corpà les arbres à abattre, qu’on ait marqué en délivramce mi en réserve. Rien n’empêcherait, si on persistait dans la crainte de la méprise dont on parle, qu’on ne prit la même précaution par-tout ailleurs, et qu’on ne fit donc de fort blanchis aux arbres à abattre au moment où on procède à leur estimation et par conséquent à leur comptage, ainsi, au reste, que cela se pratique en plus d’un endroit, notamment dans certains arron- dissemens de la Lorraine, où l’on a besoin ou à cœur de faire des estimations exactes, blanchis ou entailles,qui ont d’ailleurs pour effet de mettre obstacle à toute substitution de la part des adjudicataires. Quant à cette seconde objection, que par la marque à la racine on rendrait plus grande la difficulté du récolement, on ne peut pas davantage l’admettre : l’empreinte , si on approche des arbres, et il faut bien qu’on en approche, il est même bon qu’on ne puisse s’en dispenser, et la marque à la racine mettent plusdans cette obligation que la marque au corps; l’empreinte, disons-nous, se présente plus entièrement à l’œil que quand elle est placée au corps. Peut-être, à la vérité, faut-il alors se baisser plus ou moins; mais cette obligation a encore son avantage pour l’agent qui surveille l’opération et suit de- l’œil les gardes : il acquiert mieux la conviction par ce mbuvement des gardes qu’ils ont regardé à l’empreinte; et arrivant lui-même aux arbres près desquels on s’est baissé, il peut, par ses propres yeux, s’assurer si on lui a accusé vrai. Ces deux objections, les seules qui se présentent, ne peuvent donc faire balancer à adopter la marque à la patte ou à la racine de préférence à la marque au corps, reconnue si nuisible. Ces conclusions ont été adoptées par une décision ministérielle, du 23 août 1822, qui à donné lieu à la circulaire du 26 novembre 1823 , portant : i°. Que les baliveaux de Fâge seront marqués d la patte le plus près de terre que faire se pourra ; a°. Que les modernes le seront autant que pos- siblè d la racine, de deux marques sur deux blanchis rapprochés F un de F autres . 3°. Que les anciens le seront d’une seule marque d la racine ; 4®. Que, pour Fexactitude , ét la régularité des martelages et la facilité des récdlemens , tes marques seront, dans chaque coupé appliquées d’un seul et même côté et au nord. 1 1 MARTELAGE DES BOIS DE MARINE. V. Marine. ' Par cette opération , on désigne lesarbrépqui sont propres aux constructions navales, en Ips marquant du marteau de la marine , dont l’empreintq est une ancre, ayant de chaque côté, de la tige les lettres M. R. , signifiant marine royale- MARTELER. C’est l’actipnd^ marquer aveç le marteaii. MARTINET. Grand martèav de .'forge qui, se meut par là force d’un moulin. Les a gens forestiers n’en doivent permettre ni souffrir dans l’enceinte et aux reins des forêts, sans l’autorisation, du gouvernement. V. Usines, MASSIF. En jardinage, ce mot signifie une plantation d’arbres de toute grandeur foripant un bosquet ; et en forêt, on entend par ce mot une futaie d’arbres rapprochés les uns des autres. Dans les jardins réguliefs, les massifs sont ordinairement séparés par des allées en ligne droite. Les grands massifs sont composés des mêmes arbres,dont on forme de grands bois, tels que les chênes, les frênes, les ormes, les hêtres, le charme, Ie s érables, les platanes , les peupliers blancs ; on y mêle dçs arbres et arbustes propres à garnir le bas des massifs et à faire du fourré, comme coudrier, saule- marceau, genevrier, houx, etc. On doit se déterminer dans le choix des essences d’après la qualité du sol. Les bords de ces massifs sont taillés au croissant ; tantôt on les laisse s’élever en futaie , tantôt on les coupe en taillis à des âges déterminés. M. Bosc observe avec justesse que lorsque les massifs sont entourés de charmilles, et que les allées sont plantées d’arbres de ligne, il ne faut pas laisser les massifs s’élever au-dessus dç ces çirbres, tant pour l’agrément du qoup-d’œil que pour la conservation des charmilles. Dans les jardins paysagers, les massifs sont toujours irréguliers, et terminés, dans la totalité ou une portion de leur pourtour, par des angles plus ou moins saillans. Leurs bords sont composés des arbres les plus petits et les plus remarquables, et mélangés de manière que leur port, la disposition et la couleur de leur feuillage et de leurs fleurs fassent contraste. Ces bords né sont jamais taillés. Les massifs des jardins paysagers ne se coupent point à blanc étoc , on se contente d’enlever successivement les arbres superflus, en coupant de préférence ceux qui nuisent le plus par leur ombre , qui sont les moins rares ou qui s’élèvent trop. Il faut beaucoup d’art pour bien conduire les massifs des jardins paysagers, et pour en obtenir et conserver les effets qu’on s’en promet. Pour les petits massifs des jardins , on plante de& MAT MAT arbres de moyenne grandeur et des arbustes, comme le cytise desAIpe^ le petit érable, le,cornouiller , L’arbre de Judeé, le' payià, le catalpa, l’opine S fleurs doublés,Tes padus, je buisson ardent, les lilas, le^ ^ü^èâuji, le$ âmelancbierSetc. Pour lçs bosquets d’hiver j on plante les pins, les sapins , leb’èdre, le èenevner dé Virginie , l’if, le cyprès, le phyUfrea , les alaternes, le buis, le chêne vert, lé liège, le laurier, le genévrier, enfin tous les arbres et arbüstés qui ne quittent point leurs feuilles pendant Phivfet. LoijsquUl, ,d^ iPfAitty» parties qù l’on veut établir des hiaSsîfsf il vaut mièux les planter que de les semer, sur-tout si oq le fait avec des plants qui ont été élevés en' pépinière; mais quand on veut former des jnassifs.de grande étendue , la dépense serait considérable si on n’avait recours au semis, et dans ce cas, le mieux est, j>qur ne pas trop retarder la jouissance, de planter et de semer 4-la-fois. A l’égard des massifs de futaie dans les forêts , nous avons examiné, à l’article. Aménagement, la question, tant de f^is débattue j de savoir s’ils sont préférables aux'fiitaies isolées. Nous nçus bornerons à observer léi que la qualité du bois n’est pas aussi bonne dans les massifs , que les arbres y ont plus d’aubier, et n’ont ni la même dureté ni la même solidité que s’ils étaient isolés et épars; mais que dans les massifs on obtient des Arbres plus élevés , plus droits, et que le filtre sur-tout y étant plus lisse , moins noueu^, se débite beaucoup mieux et fournit uiie,VncHlcMre fdjite. V. Aménagement , Baliveaux , Exploitation- MAT. Mot que l’on prétend provenir de l’allemand màst, mastbaum. C’est le nom qu’on donne à de gros et grands arbres de sapin ou de pin , et à de fortes pièces longues, qu’on établit verticalement ou obliquement à bbrd d’un vaisseau , pour soutenir les Vbiles dont il est gréé et lui soumettre l’action que le vent exertë sur ces voiles. Ainsi, des màtS, dps vergues et des voiles composent ensemble l’appareil nécessaire pour donner à un vaisseau tout le mouvemerft que le vent peu lui communiquer; les voilés reçoivent l’impulsion du vent, elles la transmettent aux vergues qui les soutiennent; les vergues sont portées.piir les mâts , qui sont étroitement liés' au vaissèàu : de sorte que cet effort du vent se communique au navire., qui, dès-lors, pressé par une telle puissance, refoule le' fluide, surmonte sa résistance, et le sillonne avec uné rapidité proportionnée à la cause qui lè fait agir ; d’où l’on peut concevoir cqmmèlit lfes mâts peuvent être plus ou moins élevés,’ét comment on peut en distribuer plusieurs sdr différent points de la longueur d’un vaissçau. Lès mâts d’iin navire ont dés noms distinctifs et des'plaçés déterminées, et la mâture d’un vaisseau de gtierfie réunit tôus les mâts que l’art a imaginçs néfceSsaifes J Üu'siflagë'ét aux évolutions d’un batiment quelconque. Lé 9 /n'u/incliné est placé sur l’avant du Vaisseau , et Ve nom rte beflupréj le mât suivant, qui est vertical , est nomnjié mât de misaine; celui qui répond à-peu-près au milieu du bâtiment, porte le nom de grand mât ; il est plus souvent perpendiculaire à la quille ; enfin , le mât qui est à 5 79 l’arrière , et .qui est ordinairement parallèle an gyand mâf ( , .est le ] tuâtd’ajtimon. Ççs, mât», çpnsiflérés chacun séparément, sont composés de mâts partiels, qui, par leur longueur particulière , forment ensemble la hauteur totale de chaque mâf. Le premier mât partiel du grand mât est nommé bas-mât / son pied repose sur la carlin- ue du vaisseau , et il s’élève jusqu’à une certaine auteur déterminée par l’art et par l’expérience; le second mât partiel, dont la longueur sert de prolongement a.u bas-mât, est le grand mât de hune , et le troisième mât partiel est le mât de perroquet y les trois mâts partiels de misaine sont aussi nommés bas-mât de misaine, petit mât de hune et mât de perroquet. Le mât d’artimon est souvent formé de deux mâts partiels et quelquefois de trois,, qui sont nommés bas-mât d’artimon , mât de perroquet de fougue et mât de perruche. Le beaupré n’est pas composé de plusieurs mâts partiels ; cependant il a une espèce de petit mât nommé bout- dehors ou bâton de foc , qui prolonge sa longueur ou sa saillie hors du vaisseau ; mais les dimensions de ce bout- dehors n’ont pas, avec celles du beaupré, un rapport comparable avec ceLui qui règne entre les dimensions des mâts partiels d’un même mât. On voit, par ce que nous venons de dire, que les plus grands arbres ne pouvant fournir des mâts à la plus grande hauteur qu’exige un gros vaisseau, on forme de grands mâts de plusieurs mâts partiels, placés les uns au-dessus des autres. lien est de même à l’égard de la grosseur des bas-mâts, que l’on compose ainsi, par celte raison , de plusieurs arbres assemblés et liés entre eux pour ne former qu’un seul tout, sous le titre de mât d’assemblage : tel est le mât de beaupré, et tels sont les mâts inférieurs du grand mât et du mât de misaine. Tous les autres mâts sont ordinairement d’un brin ou tirés d’un seul arbre. Il est, de plus, certains mâts qui se composent de mâts particuliers, entés les uns sur les autres, et que l’on nomme mâts à pible , tels cependant dans leur structure, que les mâts partiels qui y entrent le plus souvent au nombre de trois, peuvent, au besoin, se séparer les uns des autres en écartant les moyens de liaison. Lorsque les mâts d’un vaisseau sont forcés ou qu’ils menacent de se rompre , soit par vétusté , soit par accident, On les fortifie par de nouvelles pièces de bois , et alors ou. les appellç des mats jumelés ; lorsqu’ils sont hors d’état de pouvoir être réparés, on les remplace par de nouveaux mâts : ceux-ci sont alors nommés mâts de rechange ou mâts de fortune. On distingue, en langage de mer , -vaisseau à un mât, -vaisseau d deux mâts , -vaisseau à trois mâts, par le nombre de mâts verticaux que chaque vaisseau porte , et le vaisseau est désigné, selon le nombre de mâts, pour être de la première , de la seconde ou de la troisième i<çla*»e. Tous les bâtimens portent à llarrière un mât de pavillon ; il est placé au couronnement, et il est destiné à porter le pavillon de 1* nation. Les temps d’hiver souvent ne permettant pas l’usage des voiles de perroquet , alors on remplace les mats de perroquet par des bâtons d’hiven, dont les dimensions sont moitié de celles des mâts dont ils occupent la place. V. Mâture. 48 ‘ MAT 38o MAT MATHÉMATIQUES. \.,anx mots École forestière , la partie de cette sciertfcé, utilb aux agens de l’AdmitnérraticflL' ,n ’ i9r " MATIÈRES D’EAUX ET FORËT^. L’ori : domiânee de 1669 emploie cette expression pour désigner eu général les matières qui étaient dé la compétence des officiers des eaux et Forêtl. V. le mot Compétence. MATIÈRES CRIMINELLE ET CORRECTIONNELLE. En matière criminelle, il n’y a pas lieü de diviser entre les prévenus d’ün même délit. {An. de la' C. de vais ., du 28 braurairè an t r.) Le même fait qui a été la matière d’tfnd'prôcé- dure cori*ectionneile , peut devenir la matière d’une action civile lorsque ce fait, quoique dommageable , n’es J pas qualifié délit. {Arr. de la C. décass., dà 3 prairial an iS.) Lés dispositions des lois sur les matières civiles ne sont point applicables aux matières correctionnelles. “{Arr. de la C. de cass., du i er . nivôse an 17 -*-•2$-décembre )8o3, 8 juin 1809 et 2 avril 1819.) V 1 . au Recueil, Action, Amende , Délit, Exploit, Jugement. MATURE (BOIS DE). Quoique nous ayons parlé'des bois de marine en général à l’article Marine, nous Croyons devoir présenter ici un extrait des observations particulières de Duhamel sur les bois qui sont employés à la mâture. On comprend sous la dériomînation de bois de mâture 'toutes lès pièces qui doivent servir à faire des vergues ainsi que des mâts,-les pièces de mâture s’enrpioyaht, suivant leur grôsseur ou leur longueur , à foire tantôt un mât et tantôt une vergue. On distingue seulement dans les arsenaux les pièces de mâture en mâts , en matreaux et en espars doubles ët simples. Les pièces les pins grandes sont rangées dans la première classe, les autres dans la seconde , : et les plus petites dans la troisième. Les mâts ont depuis 60 jusqu’à 80 pieds de longueur, etdepui#22 jusqu’à 28palmes Je diamètre; la palme a i3 lignes. Les matreaux ont depuis 40 jusqu’à 70 pieds Je longueur, et seulement depuis i5 jusqu’à 22 et 24 pouces de diamètre. Toutes les autres piècefi riioins considérables sont des espars. On peut faire des mâts et des vergues avec plusieurs Jspècèâ; de bois; cependant l’usage constant de la plupart Je s puissances de l’Europe est de faire tous les mâts et les vergues avec des bois de pin et de sapiâi. ‘ au ^ ' 11 y^dèS* pins-de beaucoup d’espèces différentes-,'èï'qéi portent entre elles des différences très- se ) ifoiMés , àaï)‘é l 'la qualité de leur bois. On donne la préfétênée?? j>ëtffTe(s mâtures, à ceux qui sont fort résiWéll:t?$ > 9ët pàrtïCUlfèfemetit à celui nommé pin d’Eeoisë l t}ii jk/iAé Xj-eh&vC , que toutes les nations inaritimbsCPStfrOpfe'tiréHt de Riga pour foire la mâture de leurs plus gros vaisseaux. Sifâèsëèék etsStWbfiè beaucoup à la bonne OU à'la marnwiike qlitflité'deslmâts, l’âge des arbres,la qualité du tèVraih'où Rs Ont cru, et le climat, sontaussï de» circonstances très-importantes. Les pins, -de même que les autres genres d’âr- bres, né parviennent que peu-à-peu à leur état de perfection 5 lèurbois n’acquiert que par degrés la dureté et la densité dont il est capable. Les jeunes pins n’ont pas leur boUàussî pénétré dé résirte que ceux qui sont plus âgés; ceux-ci, pour cette raison,' «ont rficrins Sujets à etté'piquéépêr les vërS. Lés pins tVép vieux s’altèrent, comme leskUtresarbresl, par le coeur; ce qui fait qti’il y à dél mâts dont lé boi» est plus pesartt au cœur qu’à là circonférence, ‘èt’d’autrek au contraire qül ontlébdis de ta éireofcféretifle' plus pesant que fcelui du èérttrêV Quoiqu’il kxt plui important pour un màCtjuë cè ëoil'lé boisdé 'WüifOènÉé- rence qui ait toute sa bo'tJné-èms.litè*; 1 et qn’üne soit que peu arëhibti par tAie’Ié^fife èfltération'dans; lé cœur,' néaUnioinsH'fmit!éVlïeë’Jélpftl*uli TrieUsent deKorwege , dont le bois ast toujours phi» .résineux jque celui des, pins qui ont cru en France ;-en Ecosse et en Angleterre. La bois du’sapih se Charge de beaucoup plus d’eau que celui du pin, qui, étant plus imprégné de résine, est.moins sujet à être piqué des vers; et le sapin n’aysmt-que pen de résine, il perd [dus prompte- mtfflt sôn élasticitév Ainti, les mâts de pin du Mord sont préférables à ceux de sapin de France, sur-tout pous.iles [mâts dei buste.; pour tous les mâts et vergues quilnesont pas d’assemblage. On a coutume d’abattre les pins et sapins pendant lîhiver, .évitant les temps de fortes gelées, parcq qu’alors ils sont, plus-sujets à s’éclater ; on les abstt-rfez terreq. on retranche sur-le-champ les branches et. l'écorce , parce qu’il se forme entre le bcBs.Bt l’éoorcp -des vers qui ensuite pénètrent dans le bois et l’endommagent. On essaie de les voiturerau lieu de leur destination le plus promptementqu’il est possible;- ayant,tttçntion qu’ils ne s’échauffent point dans la transport. Lorfc dps recettes , on a coutume de mesurer la; grosseur des mâts, qui ont depuis 15 jusqu’à 2d> palmes, à 12 pieds du talon ; la grosseur de! oeux qui $©nfc.plvs forts se prend à i5 pieds. Si l’aubier n’est pas pourri, on le laisse, il conserve le bois ,let cm le cOBapte au marchand ; s’il est altéré, onde retranche , iLes mâts 4 e.couvrent assez natcneUeuwextltlHinB'pour.lka assez. mince dé limon - c’est aans,doute Tatir wett& cimcfte que se ,dépose, le frai,J 4 e ce»; verts j,7quidfhbprdtn’,est qu’un glàjre très- délié v coûp kWapleilt-Hn*. Cisêe dé vent, une pei tite» plaie', suffisent ytourfoire périr cette semence vermihetsse, aamque.-lèihàte puissp agir.pirrdas mâts et fe^eudhnwnagetvpqree que la sécheresse ne peut, en lüi-arusài co ust espaæe afâ temps pagrr.que sûr lp limonx>q:rt*tr l*sqare*ifièïeBjceuchas d’aobier, r u. M É L MATURITE, maturitas. C’est l’état des feuilles, dns fruits et des graines arrivés au ! plus haut degré de leur perfection ;: en sorte qu’ils hé gagnent plus rife nie*.restant attachés à la plrtnte-qut ïeur a donné naissance. .■ , ,id MATURITÉ DES BOIS. Lorsque l’accroissement des bois décline 1 de manière À ce que celui de ,1a dernière année n’égale plus l’acoroipsemçnt-moyen de toutes lea années précédentes^ les bois sont eu -retour, ou, ce qui est la même chose, ils- arrivent à leur maturité* Cette maturité s’aimonoe pàr des signes extérieurs : la tête-de lfarbre-éhytondit, les pousses de lhtnnéen’aüongentptftïries bihhdhéj que de la longifeurdu bourgeon ;sl l’on-ioiïpè'û'ûe-de ces branches j on remarque que leecotiçhés wscentri- ques peuvent àpeine se compter, tahtr-elles ont peu d’épaisseur, l’aubier cesse,de se converti# e« bois dur; les branches s’inclinent vers l’Horizon4 les feuilles > paraissent de bonite heure- au printemps ; celles d’en, bas sont, plus vertes quç-cettès d’ëft-heut; elles jaunissent ava*t Je-'tefmp»,ordifeàWé;- mais de tous les signer de; la maturité j pefui qtil-ëst le-ptus certain est la faiblesse des productions et-dés jets de l’année. ■ in{9; Il ne faut pas confondre la maturité ofvfie le dépérissement : ces deux états sont, à l’égaTd des arbres, ce que la maturité et la corruptiori soéit à-'l^i- gard des fruits! C’est donc lofséjue le^aVbressont murs qu’il.faut les conperÿ^t’il lié fatJtpasattendre u’ils soient dépetâssans, |iaf»ce-quVihsrs ll&britpèrdu e leur valeur et que le bois én éét^ioôvent gâté. I.’état de dépérissement s’annonce par des signes plus prononcés, tels que la mort en cime, une écorce chargée d’agarics, de champignons'/ marquée de taches noires et rousses $ séparée par-des’gercures qui occasionnent l’écoulemeftt de la'sève, et se détachant des bois ; un feuillage malgré, pèle car jaune; enfin , un aspect général qui dénote que l’hrbre est menacé d’unefin prochaine.V. Estkmafion\i:kàp. 1 y , § 6 , et l’articl esExploitàÜùAi^''- est" 1 31 MÈCHE DE GO UVERNA IL. (-T? de rhàr.yYhns un gouvernail qui ne peut êtté-, ^ar-SBs gràndes jdf- mensions, d’une seule-piècef Ûe »8iS; l la prineipalé se nomme mèche de gouvernait} 'elle'en’à'ftftitfe la hauteur, et elle est la plus proche-ded’étaw/botyieUe doit être de bon bois de chêne et-d’art-éthantillon suffisant pour résister à-toodleé elforts de là'rder et aux seconsses que le gpuverBàll-eS'Sniédahs 4è dtfié- vSis temps par .lei«hoè ileoiai«eft 0 'ài\t - A On appèle.snètéevtfc mit' la prinéipalé'pîéèè'd’un màtfait de plusieurs morceaux; Là-f?téefieést la base de tout le màt, sur Laquéiie on applique '-lét jènièlles et les grains d’orgfe. Lôrsqü’lûi tftàt brut n’est-pas assez long pour faire.' wne 'miah&eti ■etttier , én le joint avec un autrejparvp éoqrt-forfe long’/ ét-àjors on dit, que o’ett un màt h>SMèeAenié deux-pièéés.' j b , MELAKGEnLe- «oolangiÿées-'estèrUiés'danthunë forêt est une chose utile et que la nature fait sotU'ènt èlle-même ; maia-il.ma fetic lei ’és-* sauces.qui exigent rrn rabdè lÉefcpitiiHttièir différent:: par'é'xofcple\ des. arbres «ési»en«-'awec r > les ut4w%s à feuilles , parce ;qué les urts sSexjdcétertt- en 'j tHrdina-n t oBpar-éclaircfesyet que iaRnutcos'sVàjdoitênt-à tire et aire, Danslesto*éianges-j*lïaOt'avô4rè^ard princi- >o\\ MÉL MÉL 385 paiements la manière-dont de* arbres s’implantent dans la l^rre, On fepa ununélange utile des arbres qui. pivotent) avec .eaux- qti tracent. Le-cbénee* le hêtre vivent bien ensemble. IL faut i^#icqrp: faire attention; à la durée des ar- bre% Uti bois • composé «aaleinent de bouleau se dégarnit pronaptemëétyj 'tandis que si on associe d’autre» espèce 6. ç»Ue»dà*.eai aura un bois qui se tiendra fongdempL'i , ALe^ipglange du-semia etdela plantation-est une bannç mét^ade dd-otlltuirev ' iyTLLKZL-, /ilytrWjTourneL)*; pinus laryx (Lin.); abies laiyet-{L*snCl) (monoeete mùnadelp Aie),'l&rbre résineuse, 4e, la première-grandeur, delà famille des cQnifères»’Toucnefqrt en-avait fait un genre, Linné l’a réuni au geure pia , èvec les sapins et le cèdre; Lamargkxet d Autres auteurs le joignent aux sapins. Cesdifféreps arbres ont, en effet, beaucoup de rap>- port,eptj:e-epx) cependantchaoèn d’eux offre desca- ractèiftç qyiiuisOèit préparés. Le mélèze et le cèdre se ressemblent beaèPÔUp parle feuillage. L’un et l’autre ontt Les feuilles rassemblées en faisceaux sur un tubercule de l’écorce; mais dans le mélèzeellessontobtuses et tombent chaque année , tandis que dans le cèdre el leç sont aiguës et toujours vertes. JJt : nominqtion.~-r-Rn allemand, herckenbaum; en anglais,-/^ yen italien, larice ; en flamand, 1ère h-. Histoire. ——11 est incertain si les Orées ont connu le mélèze* Quelques auteurs, entre autres Theodorus et Foin^ipet de • Cyvri, pensent cependant que cet arbre estl epitus de Théophraste; mais les Romains le connaissaient ; Pline en parle dans plusieurs endroits sous le nom de laryx'. La description’qu’il en donne n’ëst pas, au surplus, conforme à la vérité ; il dit que cçt arbres ne fleurit pas : Nam neque ilex, picca, laryx, ulloflore exkilarantur(Pline, lib.XVI, cap. JÇJCJil) ; que son bois ne brûle point, ne fait pointdeçharbon,etne te consume au feu que comme ferait une pierre.... Excepta laryce, quœ necardet, nec cqrhonem facct, nq 4 filio modo ignis vi consumi- tur, quàos lapides, (Ib.) Ce passage est reproduit par Vitruve, liv. Il,cba;p. IX, qui ajoute que le mélèze n’est connuque surles rivesdu Pô etde la mer Adriatique; qu’il ne se-carie point et qu’il ne brûle qu’en le mêlantayeçd’autrès bois,comme on le fait de lapierre pour-en fabriquer de la chaux : Laryciverà qui non est notas , nisi his municipibus , qui sunt circa ripam fluminis Padi et littora maris Aariatici, non solum à cane aut a tinea non nocetur ; -sed etiam flammam ex igni non recipit, nec ipse potest per se ardere nisi uti saxum in flornace ad calcem coquendam , alus lignis uratur y nec tamen tum flammam recipit, sed longo spatio comburitur. Cette assertion de l’incorruptibilité et de la presque incombustibilité du bois de melèze est une-erreur; mais il résulte au moins du passage ci-dessus que cet arbre était connu en Italie. Pline compare les qualités du mélèze à celles des autres arbres résineux , et il le* trouve bien supérieures -.Sedpicea minus alla quam laryx . ( Lib. X .’ VI, cap. X) Materiespnxstantiorlangi {quant in abicte), incorrupta vis , mori contumax : rubenspreetereà et odore acnor. Plusculum huic erumpit liquoris, mel- leo colore, atque lentiore , nunqnam durescentis. ( 7 b.) Laryci et ma gis succitis , humer dite defliut. Eta omnium arborum sdtissima et redissimæ.. (Ib ., capii XXXJX-) Le même- auteur rapporte que i’em,- peiieur^Tibère fit transporter à Rome un énorme mélèze , dont on tira une poutre de 120 pieds de long sur z pieds d’équarrissage dans toute sa longueur : cVtait la plus grande pièce de bois-qui eût èfé vue à Rome. Elle fut apportée pour sa singularité parmi d’autres madriers, et placée sur le pont des.ÿauxia- ebies Qu elle demeura jusqu’au temps où l’empe- resur Néron fit bâtir son amphithéâtre. On peut juger quelle devait être la hauteur de ' I’urbre, en estimant ce qu’il devait avoir jusqu’il la.cime • Am~ plissrina arborum ad hoc ctvi existimatur Romic visa, quam propter miraculum Tiberius Ccesar in eodem ponte naumaohiario exposubrat advtctam eu ni reliqua materiel dumvit ad Neronis pnncipis amphitheatrum. Fuit autem trois e. laryce, longa pedes îzo, bipedali crassitudine cequalis. Qoomtel- ligebatur vix credibiiis reliqua altitudo fasügiiun ad cacumen cestimantibus. Si , conformément à la remarque de Duhamel, la dimension de la grosseur des arbres doit s’estimer à raison d’un pouce par pied, le mélèze dont parle Pline portait 220 pieds-de hauteur et 18 pieds un tiers de circonférence au bas deaa tige. IL existe aujourd’hui, sur la montagne d’Endzon dans les Alpes du Valais, un mélèze célèbre, dans le pays , à cause de sa taille énorme, qui s’élèveà plus de i 5 o pied» sans branches , et dont la circonférence peut à peine être embrassée par sept hommes. Cet arbre magnifique a été frappé de la foudre il y a quelques années. Enfin on rencontre , quoique rarement, des mélèzes dans les Alpes , qui ont 12a i 5 pieds de circonférence. ESPÈCÈS. 1 °. Mélèze d’Europe , laryx Europce (Decand.), pinus laryx ( Lin.). 2°. Mélèze a. petits fruits ou Mélèze d’Amérique , abies microcarpa ( Poir. ), laryx americana ( Mich.). Cette dernière espèce étant très-peu connue en France , où elle n’est cultivée que dans quelques jardins, nous nous occuperons principalement de ht première. Le Mélèze d’Europe ( V. la fig. à la pL XXII de V Atlas) est celui auquel se rapporte tout ce que nous venons de dire. G’est un grand et bel. arbre , qui s’élève en pyramide à la hauteur de 100 pieds et plus, se termine par une flèche droite et élancée, et dontle tronc, d’une grosseurconsidérable,estoouvert d’une écorce grisâtre, trèa-gercée et écailleuse: celle des jeunes tiges et des branches est d’un vert brun marqué de jaune. Il pousse une racine principale et beaucoup de racines latérales , qui le fixant solidement en terre. Ses branches sont disposées par étages incomplets et irréguliers ; elles sont horizontales dans la jeunesse de l’arbre , et un peninclinées vers la terre lorqu’il avance eia âge. Ses feuilles, longues d’environ un pouce, sont linéaires, obtuses, molles, glabres, éparses sur les jeunes pousses, et disposées en petits faisceaux ; elles jaunissent et tombent en automne , et se renouvellent , chaque année , dans le mois d’avril, à la différence des feuilles des autres 584 MÉL arbres résineux de l’Europe, quipe testent .pendant i’hiver. On a. remarqué, dans les Alpes de la. Suisse, que lorsque les mélèzes conservaient .leurs.feuilles lors des premières neiges de l'automne T ie-dégel, ne tardait pas à venir , tandis que s’iis-en. .étaient dépouillés , ç’était un signe certain que le feoid devait être durable. Les boutons -qui les produisent sont couverts de duvet et paraissent, dés 1 tannée qui précède le développement, à l’aisselle des feuilles. Les fleurs se développent en même temps que les.feuiUes; il y en a de deux sortes, les fleucsunàles et les fleurs femelles : elles sont séparées, éparseseteauaordre sur Les mêmes rameaux. Les fleurs mâles forment des chatons très-petits,- ovales-arrondis, de couleur-jaunâtre et presque entièrement .enfoncésau milieude petites écailles J les chatons femelles , un peu moins nombreux que les mâles, sortentde même d'un groupe de petites écailles roussâtres et très-serrées , et tendent toujours à se diriger vers le ciel, quoique plusieurs sortentde la partie inférieure des rameaux. Lors de la floraison, ils sont de couleur rougeâtre, ou violette, au jaunâtre', de forme ovale , longs de 8 à 9 Lignes, fit composés d’écailles, dont celles intérieures prennent peu-à-peu plus d’accroissement que celles extérieures , et finissent par les surpasser lors de la maturité des fruits, qui arrive vers la fin d’octobre; peux-ci sont des cônes redressés, ovales, de 12 à 18 pouces de long,,de 9 à 12 lignes d’épaisseur, de couleur cannelle, composés d’écailles imbriquées, assez lâches, à la base interne desquelles sont deux semences petites, jaunes, ovales-aplaties, et surmontées, chacune, d’une aile membraneuse de couleur jaune. Ces semences s’échappent pendant les chaleurs du printemps suivant ; mais les cônes vides restent encore un an sur l’arbre. Le mélèze croît sur les Alpes de la France et de la Suisse, sur l’Appennin en Italie, sur les montagnes de l’Allemagne, principalement dans le Tyrol, dans un grand nombre de forêts de la Russie , en Sibérie et dans la plus grande partie des régions septentrionales de l’ancien Continent : on ne le trouve pas dans les Pyrénées. Culture. — La culture du mélèze n’est pas aussi répandue qu’elle mérite de l’être. On avait cru longtemps qu’il n’était pas possible de cultiver cet arbre dans les plaines, parce qu’il ne se trouve naturellement que-sur les hautes montagnes; aujourd’hui on est détrompé à cet égard: tous les semis et toutes les, plantations de mélèzes qu’on a faits , depuis 40 â 5,0 ans, dans les expositions convenables ont eu un plein succès. Qn «te ceux qui ont été exécutés çn Écosse, en Suisse, dans le grandrduché de Bade, et dans les. Vosges; L’Administration des forêts en a fait faire dans plusieurs forêts des départemens du nord, dans l’Ariège , aux environs de Paris, et partout il, a rpussi. La seule .difficulté réelle qui s’oppose à la culture en grand, de cet arbre est la cLarte des graine^ «, l’eptbarras de s?en procurer,en certaine quantité. Celles que l’Administration avait achetées , en .1806, venaient du Tyrql, QÙ ,s?en font les plus grandes récoltes. On peut aussi, çn tirer du Dauphiné, de La Savoie r de la Suisse et de l’Allemagne. Récolte des semences. — Quoique les cônes du MÉL mélèze, aiftsi que,ceux de tousles arbres résineux de l’iEurope., méritent dès Je n^lieu ou , 1 a. fin d’oc- tohre, U nJest p^int,convenable d’en faire la récolte au mois de novembre, parce que l’expérience a appris que ceux qu’on récoltaifà cette époque étaient pins difficiles, à éplucher que ceux qui pnt.jêtft ramollis par les gelées et les, pluies 4fï l’hiver : c’est vers le milieu de février, et dans le mçqs dé' mars, lorsque les écailles commencent à s’ouvrir , qu’on doit les cueillir.; ef epro/ne .if exi^te.à-la^fqis des cônes de plusieurs années , ou, qe 4 çÛt, prendre que ceux qui ont atteint leur, maturité-,MJautqm^,-précédent, et qui se distinguent par |pug cqqleuf cannelle. On laisse ceux de l’annee .antérieure, qui sont vides et dont la couleur est ; d’un brun fbncé. Préparation des semences. —- L’ouverture des cônes pour la séparation des semences s’ppère de la même manière qu’il a ,été indîqu^pour les semences de sapin , soit à la chaleur d’unè étuve, soit à celle du soleil. ( V. Sapin-Epicéa.^ M, Ijartig blâme avec raispu la pratiqqmsi fqjjgantq e^s^nui- sible aux graines, d'ouvrir^ Ips cônes a\;ec umpoin- çon ou la lame d’un couteau. Comme ces cônes sont bien plus difficiles à.ouvrir que qeyx dqs autres arbres résineux , il est prudent, lorsqu'on emploie la chaleur du soleil., de ne pas jeter Jes cônes après le premier épluchage ; oq les met en réserve pour les exposer, pendant L’été, â l’ardeur du.soleil, eton en retire encore une grande quantité de graines. C’est cette difficulté de l’extraction des semences de mélèze qui les rend si chères : elles coûtent encore, dans le Tyrol, jusqu’à 3 fr. la livre. Un décalitre de cônes, donne une livre.6 onces de semences avec leurs ailes, ou une livre 3 , onces sans ailes. Un décalitre de semences avec leurs ailes pèse, ordinairement 3 livres 3 onces , et sans ailes 9 livres 6 onces. , Conservation. —Ces semences se conservent pendant plusieurs années , s; on a eu l’attention de les placer dans un grenier açré et d$ lç§ remuer de temps en temps. Un très-bon moyen de les conserver lorsqu’on n’en a qu’une petite, quantité, est dé les placer dans un sac de grosse toile , que l’çn suspend dans un endroit aéré; elles sont à rafiri des souris, et l’air pénètre les sacs avec bien plus de facilité que s’ils étaient de toile fine ou d’autre matière épaisse. L’épreuve de ces semences se fait en lea oqvrant et en examinant l’amande : si elle est pleine , succulente , et si elle a conservé son odeyir, elle est bonne ; si, au contraire , l’amande est,,vide ; si elle a perdu son goût naturel et sa çôuleur}.'el(e ne vaut rien. Terrains, climats , situations et exposifions. — Le,mélèze se plaît dans lés terrain 5 profonds , un peu frais, et composé^ ue terfe végétale, de sable et d'argile; mais il vietjt Bien aussi dans tçuVlep autres terrains l’exception de ceux qui sont marécageux et, trop argileux;. On-en trouve dans les montagnes les plus stériles ^ dans les fqpds seç$ et sablonneux , dqns les te;rpns pierreux et maigres, et sur les collines sèches et arides. On ditque les montagnes, calcaires lui conviennent beaucoup, qu’il y acquiert non-seulement le plus bel accroissement, MÉL mais encore une qualité, de bois bien supérieure à celle qu’jl aurait dans toute autre'nature de terrain. Il 'vîént’très-bïen dans tes'cliinàts tempérés , et il supporte la rigueur des’ Troidssur les haut es ^montagnes tdi lè'sapin ët l’épicéa ne peuvent plus croître; mais ji s'accommode doins de là grande chaleur des pays méridionaux, et on doit le Cultiver de préférence dans les forêt's du Nord et de l’intérieur de la Pranée;,"ét choisir lés expositions septentrio- niltes. j Serais. —.Ils s’eitécutérit'de même que ceux de ‘Pérnééâ v et .on pfépdrfe'ïé terrain comme il sera dit à i*à , Hîcié , ‘^hnin. ’ ui/pfocüre des abris aux semis en répandant de la semence’ d’àvdine ou d’arbustes téls qii é : g’ètiêt s ou ajoncs, qui fournissent une ombre légère^ où en plantant des rangées de topinambours ou de saules-marceaux dans la direction de Pést à l’ouest ^ et en semant le mélèze entré ces rangé’és, Lesiclôlures sont dé.la plus grande importance 'à^ciursjp du jravagé du gibier et dèS animaux dôrtiesbqites." '*• Quantités'é'éis'èmences d'èm'ptoyèr .— Il faut, par hectare, dç. jj'M.ào kilôgr.' ( ta â i .-j décal. ) de sentences avec Iètfrs ailesj et de i4 à i‘8 kilogr. (3 dé- cal.^dé semences sans ailes, suivant là qualité plus où moins avantageuse dés terrains ; mais comme la graine du mélèze est très-chère, on doit la semer en rayons : dans çë cas, on n’emploie que la moitié ou leàj'deux tiers des quantités ci-dessus. On peut aussi la mêler avec,.celle dû pin sauvage dans la proportion d’ùn tiers, il en résultera une quantité de mélèzes suffisante pour former, à l’âge de 60 ou 80 ans, une forêj pure de mélèzes , si, dans les éclaircies périodiques, on a eu soin de les ménager et d’enlever les pins de préférence. Epoques des femij et manière de recouvrir les semences. —- Les auteurs ne sont pas d’accord sur l’é- poqùé précise à laquelle il faut semer le mélèze. Beckmann j Zanthier ^ Hartig et d’autres auteurs allemands, pensent,qug le printemps, depuis le mois de mars jusqu’à la lin d’avril, est la saison qu’on doîtpréferer : Miller est du même avis , d’autres indiquent l’automne ; mais il paraît que la première saison est préférable. On sé contente de recouvrir Ips spmeneçs de'2^ à 4 lignés de terre ou de feuilles uô PfR^.pu uç mopsse. Dans les semis d’automne , a W. printemps suivant, et dans les agîtes , un moispu 6 semaines après leur exécution. Culture en pépinière. — Quand on né peu! dispose 8 ue “’unç petite quantité de erainés , il faut, pour en tirçr tqift^eparti possible, les semer en pé- pinaére- rouf cet eïÆ^^ on choisit dans un jardin un endroit exposé au nord , dont la terré soit très- légère et de bonne qualité,; on le cultive avec soin! .é't.on lepebarrasse dêj toute espèce d’hérbes et de ï^ 9 s?® 3 .» °VJ^ j^ancliés dè 5 ,pieds‘dp largël ' . planijlie on jracé cinq rayons ou.rj-, distance;/gale j ou les raffermit un f>éu, fet‘ °ft 7 r e Pi a R^,l a ,.?emençe,eiî quantité suffisante; on ne fa recouvre que de Ï 3 lignes de terre Bien légère , ou , d’un, lit fort mince de mousse divisée; on arrose ët on sarcle ail besoin. Quelques auteurs'conseillent de recouvrir le semis avec des feuilles pendant ’l’hf- 1 ver , pour le préserver de la gelée ; mais je'crois Tome II. MÉL 385 cette précaution assez inutile. On sème aussi le mélèze dans des caisses cru des terrines remplie s de-ter- réàu, que'l’ort place à l*ombre etqu’on enterre pour leur conserver de l’htfmidité. Les jeunes mélèzes souffrent bien la transplantation, pourvu qu’elle soit faite avec précaution et'en temps convenable r'c’est au printemps, lorsque!* sèâne commence à se mouvoir dans les plants, qu’on doit en faire l’extraction et la transplantation. Le premier repiquage s’opère dans le second printemps dàùi une autre place, et toujours en bon terrain et â nn pîcd de distancé ; on les arrose aussitôt après le repiquage. On réitère cet arrosage autant cjne le besoin l’exige , et on tient le terrain net de toute espèce d’herbes. Les plants s’élèvent avec une assez grande rapidité , et on peut, au bout dé 3 ou 4 ans, les placer à demeure avec sécurité; mais pour assurer encore davantage le succès dé la dernière plantation, on multiplie davantage les trarisplantatîom en pépinière. On repique les plants la première fois à 6 pouces de distance, 2 ans après à 25 ponces , dans un terrain exposé au soleil, et on ne les tire de ce dernier local qü’àprès qu’ils y ont demeuré 2 ans. Ainsi, laplàntatibii définitive se fait lorsqu’ils ont 5 ans : si on tardait plus long-temps, on risquerait de les perdre; cependant on a des exemples de plantations qui ont réussi à un âge plus avancé. M. Du- mont-Courset en a planté qui avaient i 5 pieds de haut ; ce qui suppose qu’ils avaient 7 à 8 sms. Enfin, si on veut éviter toutes ces opérations, on peut repiquer les mélèzes en pot, et les planter à 3 ou 4 ans avec le pot, après l’avoir cassé sans le détacher. C’est ainsi qu’on a fait placer une grande quantité de mélèzes dans les bois de Boulogne et de Vincennes. On peutaussi, à défaut de semences, multiplier le mélèze de marcottes, que l’on fait dans un terrain frais , et qu’on lève à la seconde année ; mais ce moyen ne procure jamais des arbres de belle venue ni de longue durée. Croissance des plants. — Ils sortent de terre surmontés de l’enveloppe de la graine, parviennent à la hauteur de quelques pouces péndaht la première année, et conservent , dans l’hiver suivanry’leurs feuilles primordiales ou solitaires, qui; auptinttemps, sont chassées par les nouvelles feuilles, qui sortent en faisceaux de leurs aisselles, ; et se fefitnivellent chaque année. La croissance deS plants ta en augmentant la seconde année, fet dès la'ttoisîèVnè ils donnent des pousses 1 considérables; éd qui surpassent de beaucoup celles'des autres bois réSrtiWix’du m^me âge; enfin , au bout de ’f 'à 8 mv* , ,1 îl¥'t>ift'de 16 à 20 pieds. Cette vigoureuse* t vègétùHt>fr' 4 e 1 '?a- lentit cependant,'et sdùvènt le mélezë’ n’a pib» à 60 àh$4 la hauteur dessn , pins' 4 tidfes i ëpièéaai'dë'ëet âgé', 1 ‘dont la croissaùcèest si le'fitè daris la première jefltiesse. Cependant; lorsque lé'mélèze Croît èuvmas- sif dé forêt ei dans ïin J trèi-btiù ,, térrain, il pmrvient, én 80 et 100 ans,^ ders diibèirisioW» qui’ 4 e rendent propre'à plusieurs sërrtesd’ouh'rages d’impoetante, 'et, en‘120 et i 5 o ans, iPfournit des* tiges'Sont la lôAgueür et la grfcfssetrr pëtmetfént d’en tire 1-les plus Tjelfës pièéés qu’on puisée 1 ênïplèyér dan S les grandes constructions. 49 58G M É L Le mélèze, ainsi que' le .sapin ètet terminé par une ftèëhé'deÿtïnée' à prulongér'si hauteur. Le boju- ton eaHlfil' d'où part cette flètfié, ébàqüe'anhée, ne, se détfélôppe que long-temps après Jès bourgéoiis de* bra rrdhês la régales , précaution admirable de la nature j U p‘ai i ce'qQe Si ce bouton était gèle oij rompu , l’ÿrbirè'îëssérâit dè Croître én hauteur, ou du moins ne s’éléVefâil! que fort peu et ne formerait jamais une belle ‘IW. Di îeldgâge du mélèze .—La plupart des arbres ré^nètix né supportent pas, sans beaucoup d’incon- vénîeris, l’Opération de l’élagage. ( V. Pin.) Mais il pafait que.cette opération , pratiquée sur le mélèze, lui est quelquefois avantageuse , pourvu qu’on la fasse graduellement, en coupant en automne, après la chute des feuilles j savoir, la première fois, le rang inféneur des branches à quelques pouces du tronc , et Papiiêe suivante, le second rang avec la même pr^iiiulton j plus les chicots de l’année précédente , et'iiKsŸ de suite , sans la pousser plus loin. Ces mé- nagemens sont fondés sur la nécessité de ne pas occasionner Une trop grande déperdition de résine. 'Exploitation. — On doit suivre, pour l’exploitation des forêts de mélèzes, les mêmes règles que pôur celles des forêts de pins. V. Exploitation. Qualités et usages .—De tous les bois indigènes, célui du méjèze passe pour être le moins corruptible ^ èi nous avons vu , à l’histoire de cet arbre , qiie.la' facilité qu'il a de résister à l’action de l’air et dél’èaupendant dès siècles, l’avait fait regarder par lès anciens pjorame tout-à-fait incorruptible : ils le «lisaient même incombustible. Le b ois du mélèze, lorsqu’il provient de jeunes arbres ou de tiges excrues sur de très-bons terrains et dapfe un climat tempéré, est d’un blanc jaunâtre ; mais célui dés vieux troncs, provenant d’une situa- tion froide et élevée, est rougeâtre ou brun, et ferme. Il pèse, suivant les expériences de plusieurs auteurs: savoir , ■n h 7 ai K 0 M S POIDS \ PAR PIED CUBE. DES AUTEURS. VERT. SBC. .1.., '1 ■ lif. ©ne. lif. onc. Yar entres deFenille. » » oâ 8 JÊC 1 » 35 i* HfTïltî Uaxdg, (ironc de 5o ans) . . se ael rua - 1 68 i3 36 5 r /dem - t^ brin de 25 a*j} < . . '•rOJ iui' <•)!• - ■ ■ z inullss ticyi ni ■ s » » 33 » ^ " ~‘7 1;7 Tefhiè moyen. . . îïvl'.U ZnV .nui' IV . ' âjaEMOB^HSBaa 68 i3 3 9 12 .j^renueiç de Çenitle a. trouvé que la disposition dg^fibrçs ^qnèlè^, Ressemblait à celle du ?apîu ; 1 ^ 1 ! Î î ,ff 1 pl 9 yé au même iisage, né dure dù'envîron 10 ans." . ' 1 " \ « #n parcourant les forêts des Alpes, dît A 4 . Bois- Page, qui Jea fait’périr (Je vétusté; ces causes de destruction^,jqt. plusieurs,autres encorç^ font qu’pn [en rencontre qri grand nombre de niuti.les^u.morts sur pied. (Jeux qui ne sont que mutib}? ne,jjéri?sent pas poiir cp.la.i les. branches qui, ré.stejit intactes poussent avec vigueur, parce que le’cœur du bois ne s’altère pa,s Ai çt ils continuent deyivre dan?fet état pendant une longue suite d’anqéës; ceux qui sont morts résistent à la âêppmposition et se conservent très long-temps. J’ai ranjassé.biên des tranches de mélèze sèches, j’en ai observé dés'troncs extrêmement vieux, dont le bpis s’enlevait par couches , ou se divisait en bûchettes soqs i’efTprt .des doigts , et je ne l’ai jamais trouvé,<}ajis un état fie pourriture. Le sapin fracassé , au.jcontraire, pqrit bientôt, et quand il est desséché çn ejifj.er ^Je^hr^n- t en pourri tu rç’,eh,peud’an. ches et le tronc tombent nées. » Il résulte de l’examen qui fut fait à Toulon Jîar les commissaires de la marine, le Sifï tbernjidor içç 6 (août 1798) , des mélèzes qui avgiepi éjte transportés par M. Boissel, *°. que ce bçus est plus jjêsineux que celui du pin de Cprsé,, qui es( d’ail/êurs’ ptus pesant ; 2 0 . que les fibres du mélèze sont très-fortes, et résistent bien à la torsionj^f'^ue^e be|lês'j(iè- ces de mélèze qui auraient ^ieu (îq^nœuds pourraient être employées comme, mâqs deliuVé^ qy mèmè dans la composition des mâts.ma^eiirs^ et qn^il ne s'agirait que de trouver des tiges' d’une belle venue et qui auraient peu de branchés ; mais il né faudrait les choisir ni parmi les arbres épars ni sur les lisières, parce que ceux-ci sont trop fatigués par les vents, et trop épuisés par la multiplicité des branches, que l’air où ils croissent" en liberte leur pèrinèt , ’ >■ , , , * K m de pousser latéralement. ,. ( Comme le bois du mérézë est ti‘ès-uni, d'une longue durée, et qu’il n’est point sujet â^sé féiidre, les peintres s’en servent poorlenrs ta'blrauaq et i*o»j assure que plusieurs de ceux de Raphaël sont peint! sur du bois de mélèze. Les anciens remployaient aussi à cet usage : Inventum ejt jtictoribus tabelli\ immortale nullisque fissile rimis Tioc lîgnum. {Pline j lib. XVI, cap. XXXIX.) -- ■ - _ —7 Nous avons rapporté, en traitant de l’histoire dé cet arbre, que les Romains ietBegdisdftienit cnmmè incombustible. Vitrtive dit en effet que César ayant voulu mettre le feu'à une tour de bai#qdaeéeHleJ vant la porte d’un cfiâteau des Alpes nommé Lari- gnurn , dont il faisait 1 e ^iégeçtcettastoufogbÛiàMeii poutres de mélèze superposées les unes sur les au très â la manière'dont on ffwmede&'bûchers^TOltpu jamais s’enflammer que les matières cc_^-- au ba^,furent brûlées. CeJ^tn gy^ljifterpriété, di l’auteur de la XouveUe édition du Traitéd •>,>. «L:.. ul Le tronc du mélèze dôfrne' nadlsèViCé-fc Un champignon connu souS le Uôm' à^dgitHë dans le* plrar- înacies, bbtètus Ikrytis , que l’ott énrjdoîe'en méde- cirie comme astringétit. ' !nf Comme arbre'dVgrértieht, le Aiélèze tjetlt On-rang distingué parnil cfeux qui tornéiit les jVréirtS paysagers. Il produit un très-bë{ éffét p.'tt"si fôrme pyramidale et élancée, çar sort feuillage d’ùiVVert tendre etd’une disposition pârtichlR'Wiêt'pàé sesfleurs, dont les cônes, répandus Sà’f la 1 sùffkcè'VIft l’arbre et vus d’un peu loin, résséniblefftâ dés fraisëè qùl’r leür forme, leur couleur ét.leur gflôS&éuhj'e’tcbhtfàStènt avec le vert naissant cfosibefrë'shoùppés'clé‘'feuilles dont les branches soAt ÛhiTùrhiêlherit 1 ^adhièS'. lise place soit isofémeht; ail'‘mili^h dè^'^SÿtlAs^sbît sur le bord des massifs, S tnx aü hifl?éh ,: Hifetii^'de ces massifs. ] F -isïioqx-t no Cet arbre n’est pdirftsüjét aux ttiêmé^'à'dcidëns qui" font périr un grand ridhibtè. d’arbhéS'reSihêuïc. Lé renouvellement anntiel de sés fenîlléÿ s’épiiOsé à ce que les insectes lui causent des dômAsâheVahyéi considérables que ceux qu’ils font énfouver au il 1 forêts de pins et de sapins; cependant il 1 a^Vethiépup à souffrir de la présente dés ànlfoàux iàîàvagds et domestiques , qui le mutilent et : bôx!{&nt lk néfche qui termine sa tige. 11 est indispensableé ‘par- tout où l’on cultive cette espèce d’arbre , dé 1 Te' déféndre de L’approche des animaux ; sans qupi, Üri'îië d’ôit nullement compter sur sa réussite. J’ai tu des plantations dont tous les jeunes sujets avaient été cdupés, comme avec la serpette, par les daims que l'on conservait dans le bois où' ces plahtàtlons Usaient été faites. Comme le mélèze se • dépouille de ses feuilles à l’approche de l’hiver, il n’a jiOlht à souftrir de la charge des neiges et dU Verglas , qui écrasent tant de pins et de sapins dans les réglons élevées. Je ne terminerai point cet article sans' tfeèom- mander de nouveau la culture ( en grand du mélèze dans les forêts dunordet de l’intérieur de laErstnée,et sa conservationsurleshautes mOntagjnfeSqu’il habite; les propriétaires qui ont quelques ttiontagneé à garnir ne peuvent y faire des plantatidtti' plus'Utiles et d’un plus grand rapport; cet arbre, qui ée reproduit naturellement de ses graines , y formera des forêts peqiétuelles, pourvu .qu’on en échrtë'les bestiaux et qu’on les explôite avec discernement. Il était autrefois abondant sur les ibcmtâghëé èüpihes 1 de la Provence; mais unè mauvaise explôifatibn , le pâturage, elles incéhdiesoccasionïréë'bù fcaoséi à dessein jiaV les pâtres*, fcrtrt détruit les fthféts qui en étaiëht‘péùpteès ; le 1 'petl He terhei qWi' «Couvrait les rochers est descendu dans les vallées , a été entraîné par îek torrèhs 1 ; la dîs'éftè' de bois , lé manque de fraîcheur et le défaut'de pâturages, ont été la suite de 1 ces désordres. Réparons' les fautes de l’imprévoyance par un meilleur ordre de conservation , et en établissant de nouvelles forêts de mélèze nèn - seulement sur les hautes montagnes où il n’exiSfe pàs, telles qué lés Pÿrénêèfe, les Cévennes, M$L le Cantal, le Gévaudan, les Vosges, etc», mais encore sur les collines et dans les .plaines qui sontaq nord et dans l’intérieur de la France. ll( j ,,, 9|l( On s’occupe beaucoup aujourd’hui de la plaptfi- tion du mélèze en Ecosse, dans des terrains qui ne produisent que de la bruyère. 0» le sème dans cjes plates-bandes ; le printemps suivant, on le repiqup, dans d’autres pla tes-bande^.pour lui dpnner de l’espace ; la seconde année, on le plante en lignes, et à la troisième année, on l’eaup^pie fux plantations en grpnd j on éclairpit ces planjtafipfis parla suite lorsque ftjs .arbres on les branflhes, se pressent trop. A 1 5 - ans on tire de ces pclaircies des rames pour le houblon ; à 2.5 ou do un?,de fortes palissades et des chevrons pour les chaumières, et à 35 ou 4 ° ans , des planclies, des solives ert même des poutres. L’auteur d’un mémoire sur les plantations de mélèze en Ecosse , assure qu’elles sont aujourd’hui si étendues, que, dans.açi,^op^o ans, cette contrée n’aura plus besoin de faine, venir des bois de laNor- wège, de DanUÎçk et de MemeL et qu’elle pourra même en exporter. « 11 y a en France , dit cet auteur , de vastes étendues de terre qui pourraient être cplivertesde plantations demé[èze, etquimaintenant sont entièrement improductives. Le gouvernement devrait donner toutes sortes d’encouragemens àla plantation d’un arbre si précieux. Nous avons remarqué qu^ cet arbre améliore d’une manière remarquable les sols pauvres,.et que des terrains qui ne produisaient que des bruyères rabougries avaient, en peu d’années, changé de face, et qu’ils s’étaient naturellement convertis en bons herbages. Les feuilles de cet arbre tombent aux approches de l’hiver , et sont un précieux engrais pour le sol. De tous les pins, c’est celui qui est le moins-nuisible aux arbres qui croissent sous sa protection. » Si les plantations du mélèze devenaient générales en France sur ces sols qui maintenant ne sont d’aucun rapport et lie .sont applicables qu’à ce seul objet, elle ne Serait plus, après 4o ans, dépendante de la mer Baltique pour l’importation des pins nécessaires à ses constructions maritimes , et posséderait dans l’intérieur un bois qui s’adapte admirablement bien au but de l’économie rurale. Elle conserverait aussi beaupoup de ses chênes précieux , qui peut-être sont trop généralement coupés à une époque non profitable, et qui exigent un sol auquel pourrait êtré appliquée.une culture d’un plus grand rapport. Le mélèze au contraire ne demande qu’un sol pauvre, qui, dans son état actuel, n’est pas jugé propre à la epffpre des céréales , non plus qu’à être converti en prairies, enfin qui ne sera jamais profi- . table appliqué, à l’un ou à l’autre de ce s objets. Nous avqns trouvé que lus dépenses pour ces plantations ne s’élevaient pas ; au - dessps île po fr. par arpent écossais, y compris lesifrais d’un fossé et d’une; digue pour clôture. » Dans les cantons montagneux, des plantations de eps arbres pour abriter les troupeaux de toute espèce que l’on y engraisse, pourraient devenir d’une haute importance. » Dans les jardins d’agrément d’une certaine étendue, peu d’arbres sont plus beaux que le mélèze; ses branches inférieure!, longues et pendantes, qui MÇN 58y s’étendent spr le gazon, r .pcpdui?put un .effçt^çs plu* ëïegans. ' i»-/, -, , s - ' ??,l’éjogequp rôu.s' ayWfiût dei^ej flu-fife^pr^ç^W*,, car nous avons trouvé par l’e^périenpÇjqn’if est d’uqq grande valeur poujr la vente , (tf’pnç., haute jntilitq ^ans la cqnWuction de tout genre ide. bàtimens, qu’il embellit des montrées tristes,et sombres, » qu’il améliore le fpfejfait succéder fie hons .pâturages, à des landes stériles. » MitèzE a epiiTs feuits ou MiffifzE d’À.,meiu- que, Le inflèze a de grands rapports avec celui d’Europe; mais il en diffère par ses ftwilfès,très- menues , plus courtes et plus étroites , pt par la petitesse de ses cônes , qui n’ont que 6 lignes*dq long, et qui sont composés d’un petit nombre d’écailles. Il est indigène de l’Amérique septentrionale. On,le cultive en France et en Angleterre, où il réussit très: bien dans un sol un peu humide, 11 ne .paraît paa offrir de grands avantages. , r’ On connaît aussi un mélèze à branche•$pendantes, qui est originaire du Canada, et qu’on cultive dans quelques jardins • , ' IL existe dans le nord de la Sibérie ïifJéj variété de noire mélèze qui s’élève beaucoup mpins, et dqnt les cônes sont sensiblement plus, petits. . . MÊLIER. C’est un des noms du ‘NÏfiièr commun. V. ce mot. , | . . MEMBRANEUX, membranac^usl jf T. de bot.) Ce qui est mince et presque dénue de jsub^taqçe intérieure, ou bien ce qui est éonipose dé /plusieurs membranes appliquées les unes sur les autres. MEMBRES D’UN VAISSEAU. ; ( t. de mar.) Ils sont composés des varanguès, djes genoux, des premières et secondes allonges, et des allonges de revers, goujonnées en fer les unes sur les autres; ef lorsque le tout est assemblé, cela forme une levée ou un membre. Les membres des plus grandes capacités et de capacité égale prennent le nom de maîtresses levées; les autres, qui vont en diminua^ vers les extrémités, sont les couples ou levées, bu membres de façons. MEMBRURE. On appelle membrure la mesure dans laquelle on corde le bois à brûler. L’arrêté du-z8 messidor an 7 ordonne que fa membrure aura toujours de couche un mètre , ou un nombre exact de mètres. Elle à, pour le style, un mètre de base; pour le double stère, a mètres^ et pour le décastère, 10 mètres. Comme la Ipn^uciir des bûches varie en plus oii en moins, il Tauf varier la hauteur de la membrure en raidit inverse çTe la longueur des bûches, à'., an mot Cordasé ,‘une tahle qui met a portée de mesurer exactement le, dois, de quelque longueur qu il soit. . , MEMBRURE D’UN VAISSEAÜ! ftom.cotiècrîf désignant tous les membres. .. MENUISE. On appelle ainsi?danslês coupes'et , 1 . . a 1 .a no Ti'i;, ,jJ Tneziftii.i' ventes, le bois qui est trop menu pour etre mis avec , ,• . , 1 .l'iiec *{ . : aille bois de compte ou de corde. ' ■ MENUISERIE. C’est IWÏ'cIf 'u-avanfer je'! Éois pour l’employer dans les bàtitnëns, en, boiserié puen 1,1 /“1* . • ly' 1 ■ '<*• . 1 *'./ meubles. L’est aussi l ouvrage meme du menuisier, c’est-à-dire lé bois taillé, façonné , asseniblè'jl.m- queté, chevillé, poli et placé, j * V' Ou appelle bois de mcnùiseriç ceux^quVu 9 iiéfiite %° MEN pour les ouvrages de cet art, tels (pie portes, croisées , lambris , parquets , meubles, etc. Les membrures que l’on débite pour la menuiserie sont de deux espèces: les unes ont 3 pouces (81 millim.^ d’épaisseur sur le double de largeur; lesau-» très ont un pouce un quart (36 inillira.O d’épaisseur sur 12 pouces ( 325 millim.,) de largeur. La longueur des unes et des autres est de 6, 9, fo ou i 5 pieds ( 2, 3,4 ou 5 met. ). Les planches sont de différentes épaisseurs; celles qu’on nomme entrevous , parce qu’elles servent communément à remplir l’en tre-deux des solives, ont 9 lignes (20 millim.) d’épaisseur et 9 pouces (247 millim.) de largeur : celles pour les ouvrages courans ont i 3 lignes (54 millim.) d’épaisseur, franches de trait, sur un pied ( 3 î '5 millim.) de largeur; quand elles sont sèches, elles servent à faire les planchers. On débite d’autres planches de 18 lignes (189 mil- lim-Yd’épaisseur, sur 1 1 pouces (298 millim.) de labeur, qu’on emploie communément à faire les bâtis et des cuVes pour la vendange. On refend encore des planches de 2 pouces (54 millim.) d’épaisseur, et aussi larges que la grosseur d’un arbre peut le permettre, dont on se sert pour le bâtis 1 des lambris à double parement, les dormans des fcroisées, les trappes, etc. On refend aussi de la volige de cbêne d’un demi- pouce (14 millim. ) d’épaisseuT, qui s'emploie aux panneâqlxfde menuiserie et au revêlement des mou- linsià vent':' la volige d’orme s’emploie par les charrons pour le fond des charrettes, pour les tombereaux , lés bfouettes : la volige de bois blanc sert aux menuisiers à faire des enfonçuresd’armoires ; les lavetiers en font des caisses d’emballage et plusieurs atfores menus ouvrages. On refend éûCore à la scie des plateaux d’orme et de hêtrédè 4 du $ pouces ( 108 à 1 35 millim.) d’é- pais'setir, dont on fait les établis des menuisiers, les tables 1 de cuisine, les étailx de bouchers et de chan- detigWles "coquilles et les lissoirs des équipages,'etc. Dgiis Id'noyer, l’érable, le hêtre, et même le chêne, 6n débite des madriers de 2 pouces et demi à ^ pouces (fiô à 80 millim.) d’épaisseur, sur 5 à 6 poüéjéS'fVâoaiêo millim.) de largeur, pour faire des meubfèsetaeS'nloptui'és de fusils ; le noyer, le hêtre etTèédbTe 1 sè débitent alussi en planches et en voli- géÿ 1 dé d i fié f e'n te b' 1 dp a î eu rs ; le hêtre se débite en cQté'bquf Parta poteaux' de 4 pouces carrés ( 108 milljnnyPdéfpbls 6 jusqu'à 10 pieds ( 2 à 3 met. 32 cehtty’dre’ÉiBgüétiryen membrures qui ont 2 pouces iiti 8 ‘ligl?dq 56 'mIll}in( 5 ‘d’épaîSseur frané scié, depuis 6 jusqu’à 8 pouces (160 à2i<5 millim.) <1^ largeur, sur 2“, 3 ) yt’ 4 'fh 3 P. dè longueur, éî 4 en planches de 1 3 lignes (54 miUim ■) d’épaisseur, ^Yançhes ;foJgait, ..à.2,.ouée’é ; i%:â3 2 milnm.lde la/fieur,sur 2,0 et 4'htèt" ; 1 ■* f • ’fluofoÔV^es BbW’folënt particulièrement: débiies^ rép 'rffis'pOÔVIé^rf^Vfa^es dé civijpenterîé, les autres p'é'èiiés é^uvrahes de méhüiaene, lès charpentiers et iné&yti&ièVi né laissent pàs d’acheter respectivement' MEN > Sois français. A Paris, on distingue les bot*'de; sciage en bois frtinoais et bois étrangers a LesdxÛB fiançais se tirent communément des forêts des ci-devant provinces de Champagne, du Bourbonnais et'de\la Bourgogne : comme ils sont assez rustiques, on les emploie ordinairement aux ouvrages solides et exposés aux injures de l’air. Ceux de la forêt de Fon'taiiiebleau sont plus tendres, plus aisés là travailler et plus beaux; on en ferait de très-belle menuiserie éi on lqs refendait sur la maille; mais ils ne durent qu’autant qu’ils ne sont point exposés aux id jures de l’a». ill :■-■■■ ei.. .!• Sois dits étr&xgers, Les bois qu’on réputé étranger^se tfoeptcfe^ forêt* des Vosges, en Lorraînè. Sali étaient débités sur la maille, ils seraient fixcètteris. pour faire les'plus belles menuiseries : ils sont tépdres, d’un grain uniforme; ils ont éncôre' nioijii'Üè nœüds ejt de malan- dresque ceux de la fprêtde Kjn'tain'ebleau*, ils sqnt presque toujours'franCs d’aüb'iér et ne se démettent ni né se tourmentent point. Des planches minces, quj viennenj de ^.qllajfoe à Paris, et que l’on nomme, à cause (le cèla, bois de Hollande , quoique ces bois soient tirés par les Hollandais des forêts voisines du Rhin et de fo Lorraine, ont la supériorité for ceux du pays dps,Vosges , en ce qu’ils sont refendus très-réguUèrgroq^j. et resque tous sur la maille : on en fait les panneaux des beaux lambris. Il vient encore de la Lorraine du mèrrafo de fente, qu’on nomme courson , qui est assez grand pour faire les petits panneaux de menuiserie. Sapins. • Les bois de sapin qu’on vend à Pariÿ se tjreqtjjor- dinairement d’Auvergne et de Lorraine; les premiers sont moins beaux, débités d’inégale.épaisseur, per r cés de trous et remplis de nœuds ; les autres ,ç>nt moins de nœuds et sont ën général rni^ux trayajtjés ; on les débite en planches dë 12 pieds (4, met. ) de longueur sur 9)10 pouces (24 à a 5 millim^.) de largeur et un pouce d’épaisseur. On en trouyeaussi de 12 pouces (325 millim.) de largeur sur jq a 11 lignes d’épaisseur; et quoique les planches d’aientyque 10 à 11 pieds (324 à cehtim.f de longueur, elles passent pour 2 toises, à cause de leur largeur. Les planches qu’oirnomine feuillets , ont 8 pouces (210 millim.) de largeur, autant d’épaisseur, et 11 pieds (3 mèt. 60 cent.) de longueur. J , ■ Les planches d’Auvergne ont jafoeds (4 met.) de longueur, 12 pouces (325 millim/) de largeur, i 5 lignes (108 millim.) d’épaisseüfj 'ènfinila ^rolige a 6 pieds (2 inèt.^de longueur, o pouéib \À 4 j millim.) de largeur et 6 lignes (i4 iniftirti.')(1-epaisseur. , MENUS MA R CHÉ S. >669 se sert de cetèe expression pour designer lès adjudica- tid*t« de. quelques esj&ces.de boisiqpi sè . vendent au iprôfit de-Vétat , sani qu’il soit.be&aiit'-ANiae autori-' sation spéciale.'f Ord. de u GGçytit. art. 10.) Sous le nom de menus inarchés sonf .compris les ;chhhtis,'îès arbres rompus, les 1 grosses branches cas- ujéèsët tombées, qu’on nomme orefrhaifement volis, MEK MES Sgi les arbres de délit ou (^Forfaiture , les remanens, qui sont l*s copeaux*'hrahches, souches, trouc& et autres morceiura, quirestèntaprèsl'exploitaLondeA bois marqués paucnlna conjtrüc tirais ou réparatioaa» V. les Ç/Aj Vlly XVIJ let XXI de F ordonnances J-a glanàée et.lQ pâturage «ont encore une dépendance.des menue marchés. (^uoiqhêlés brûlis'des bois incendiés, quand la quantité nleri esb pas considérable , soient regardés eu quelqdeisoite. comme menus marchés, la vente ne peutrcepnsdaht en être faite sans ordonnance du roi, parce qu’ils fatinenl «iqbois sur pied. Comme nous avons traité des menus marchés aux articles Chablis ét Produits ^ nous renvoyons à ces mots. , . d’inspecteur adresse, chaque ann^ê^ aiç conservateur, avant le i 5 janvier, un état dés rne^.yspr6dùitsde ^pn inspection, conforme au jiidîiéitr jj°. ) 4,d? T’|ijst r uctio n du 23 mars 1821. L.11 ùafçi*! ety ejst tr^^smis a 1 administration, par le cbiise'évâteiir, pou r ^tôute sa division, avant le MEPLAT, pois méplat, bois de sciage, qui a plus ^épaisseu r qpe de largeur. Ce mbjKjVipnt', ° Pièce de 4 . Jign. millimùt. 3 > = 1,570 » = i3 5 riuaniÙKB estèce. - (Longueur. 4 Long ailles. ; Largeur,, » . (Épaisseur. » ^ ' ( Longueur. 3 Fonçaiïles| Làrgeur,. » (Epaisseur. » poue. ÎO 5 16 à 17=36 à 58 2 =1,060 » = j 63 16 à 1 8=36 à 4 o s'écon 1 6£ espèce. — Pièce de 3. - . ( Longueur. Longailles .* Largeur ,u (Epaisseur. ( Longueur. 1 onçaiïles. 'Largeur.. ( Epaisseur. 4 8 2 = 1,520 » 5 » = 1 36 n » |5 à 16=34» 36 2 10 » =921 » 5 » = 13 ÿ » ii 1 5 à 17=34 à 38 troisième esp^çe. — Pièce de 2 . ■n ! UK*,. ,1*4». potrc. ïign. ■ Jim i' . (Longueur. 4 4 I = r ,4 to Longailles. JUargeur.. » 4 » = 108 ■ ' i’. (Epaisseur. » 1 a = 32 | (Longueur. 2 5 2 = 790 iFon cailles . < Largeur.. » 5 ü = *35 (Epaisseur. » )) i5 à 1 8=3*4(40 Les bois de merrain doivent être très-sains , très- durs et point gras , droits, nets, sans aubier, chèvres , gelivures, veines ni encoignures. Pour éprouver les merrains, ainsi que les gourua- bles, on les frappe avec force sur l’angle d’une oolonne ou d’unegrossepierre biendure : s’ils rompent netet sans éclats, cela indique que le bois est gras, et il faut le rebuter ; si, au contraire, ils résistent en cassant avec bruit, et forment des éclats, çes bois sont très-bons. Une attention particulière qu’il faut avoir pour les merrains, c’est de les flairer, pour s’assurer qu’ils n’ont pas de mauvaise odeur çapablp de dpn- ner un goût désagréable aux liqueurs. Il est à propos de tenir la main à ce qu’on ne fasse point de merrain avec le bois du pied des arbres où il s’est trouvé des fourmilières, parce qu’il conserve toujours le mauvais goût de fourmi. Les cerceaux pour relier lés tonneaux doivent être faits avec les meilleures espèces de bois qt.Jes plus parfaites, telles que le chêne et le châtaignier. Ce dernier est de bonne qualité lorsqu’il devient blanc ; s’il a un œil rougeâtre, il faut le rebuter, parce qu’il s’échauite. Il est d’usage dans la marine de relier en fer les barriques qui contiennent l’eau et le \in, parce que le bois ne résiste pas assez long-temps au frottement du roulis. Y. Douvain , Tonneau. Le réglement du 28 août 1816, faisant suite à l’ordonnance du même jour sur les bois de marine, attribue à la marine le droit de marquer dans les coupes destinées à être vendues , les arbres dont elle a besoin pour merrains, et détermina le mode de réception et de paiement de ces arbres- Y. ce Réglement 1 art. 11 , 3 o, 3 i , 32 et 33 . Le cahier des charges pour les adjudications, des coupes réglait également, par ses ait,. 68 à 73, le mode de livraison et de paiement de çes arbres t mais cette fourniture grevait inutilement lé? ventes, puisque les arbres pour merrains n’étant , qyq dimensions, peuvent se trouver faç^envent dans le commerce. Ces motifs ont déterminé .la H)ftrijpe à, Renoncer, en 1824, à la fourniture ^^rores, pour merrains. ., ,,g MESLIER. Arbre fruitier, lp même! (ivetÀh$é- flier. V. ce mot. ' MESSAGERIES. Voitures publpptes,.^,, L T ancîeniie Administration des|"oréts gveuÇ/fU^im- imandé aux conservateurs, par sa çipcuïairç,^ 0 ,,^!, de lui adresser par la messagerie les paqi^pt^.dçnt le poids excédait un kilogramme. Elle. ,4 . rpnpuyelé cette invitation par une autre circulaire, !b.) III. Il ne devait être fait aucune livraison de bois à brûler, soit en cas de vente ou délivrance de chauffage , à autre mesure que la corde de 8 pieds de long, i, de haut, les bûches ayant 3 pieds et demi de longueur,compris la taille. ( Ib., tit. XXVII, art. i 5 .) IV. Le cotret devait être de 2 pieds de longueur, de 17 à 18 pouces de grosseur. {Ib.) MESURES DÉCIMALES, ou nouveau système de poids et mesures. l. La diversité des poids et mesures, et les embarras qu’elle causait au commerce et à l’Administration , avaient fait désirer depuis long-temps l’introduction d’une règle uniforme. On a tenté plu-' sieurs fois en France, où , plus qu’en nul autre état, on trouvait cette diversité des poids et mesures, de les réduire à un taux commun. Charlemagne parait être le premier qui en forma le dessein ; il s’en tint au projet: Philippe - le - Long, en 1 3 a 1 , alla jusqu’à i’exér.ution; mais à peine commença-t-il, que ce dessein, quoique très-louable et très-utile, causa une révolte presque générale dans le royaume, et que le clergé et la noblesse se liguèrent avec les villes pour l’empêcher. On voit encore diverses ordonnances de Louis XI, de François 1 er ., de Henri 11 , de Charles IX et de Henri 111 , à ce sujet , et dont aucune n’a été exécutée. Lorsque, sous le règne deLouis Xl\, on travailla flli Code marchand , ce projet fut de nouveau proposé j il échoua encore, malgré les mémoires qui furent alors présentés pour le faire réussir. IL La longueur du pendule simple, quantité invariable et facile à retrouver dans tous les temps, semblait donnée par la nature pour servir de mesure dans tous les pays. Mouton, astronome de Lyon, proposait en 1670, pour mesure universelle, un pied géométrique, virgnla geometrica , dont un degré de la terre contenait 600,000 ; et pour en conserver la longueur à perpétuité, il remarquait qu’un pendule de cette longueur faisait 3,969 -j de vibrations en une demi-heure; Picard, en 1671 , proposa une idée semblable; Huyghens, qui avait proposé, en 1666 , l’application du pendule aux horloges, en parla de même en 1673 , et la Société royale de Londres se proposait de l’adopter. Amontons et Bou- guer insistèrent là-dessus; Dufay avait fait agréer au ministre Orry un projet de réglement que la mort de l’un et de l’autre a suspendu; M. de la Con- damine a écrit sur la même matière et formé le même vœu en 1747; M. d’Anville a publié, en 1769 , un Traité des mesures itinéraires de tous les temps et de tons les pays. III . L’assemblée constituante présenta au roi , le 8 mai 1790, un décret pour le prier de donner des ordres de faire remettre à l’Académie des sciences un modèle exact des différens poids et mesures. Par un autre décret du 8 décembre suivant, l’assemblée demanda de nouveaux renseignemens aux administrations de départemens. IV. L’Académie des sciences, qui avait été chargée de fixer une unité de mesures invariable, après de longues discussions surle choix du pendule ou du méridien terrestre, proposa de faire dépendre les poids et mesures de la grandeur de celui-ci, etde fonder sur la distance de l’équateur au pôle, ou sur la mesure du quart du méridien terrestre, un système simple et régulier de mesures uniformes. Cette proposition fut adoptée par un décret du 26 mars 1791 , et ce fut de cette ligne qu’on tira le mètre, qui est la dix-millionième partie du quart du méridien terrestre ; il est devenu le type générateur de toutes le nouvelles mesures. V. La loi du i er . août 1793 a consacré de nouveau les travaux de l’Académie des sciences, et ordonné que le nouveau système serait suivi dans toute la France, mais qu’il ne serait obligatoire qu’en 1794- \ 1 . Il fut rendu encore plusieurs autres lois sur cet objet, jusqu’à celle du 18 germinal an 3 , qui ordonna , entre autres dispositions , qu’il n’y aurait qu’un seul étalon de poids et mesures pour toute la France, et que ce serait une règle de platine sur laquelle serait tracé le mètre qui avait été adopté pour l’unité fondamentale de tout le système des mesures. La mise en activité du nouveau svstème des poids et mesures fut ordonnée par la loi du 1 er . vendémiaire an 4 ■ et P ar plusieurs arrêtés du gouvernement des 3 nivôse et 26 pluviôse an 6, 29 brumaire, 19 germinal, 28 messidor et 11 thermidor an 7; enfin par l’arrêté du i 3 brumaire an 9, et le décret du 12 février 1812, qui ordonnèrent qu’il ne serait fait aucun changement aux unités des poids et mesures , telles qu’elles ont été fixées par la loi du 19 fri- MES maire an 8 , et que le nouveau système continuerait à être le seul employé dans toutes les aidministra- tions publiques, comme aussi dans les marchés, halles , et dans toutes les transactions commerciales et entre les particuliers. VII. C’est en conséquence de ces lois et des articles 4*4 et 479 du Code pénal de 1810 que sont punis ceux qui font usage de poids et mesures dif- férens de ceux qui sont établis. ( Arr. de la C. de cass., du décembre 1818. ) Mais un procès-verbal de délit forestier n’est pas nul, parce que le garde rédacteur aurait fait usage d’anciennes mesures. ( An- du u décembre 1812.) VIII. L’Administration des forêts a rédigé, et adressé aux agens, par sa lettre du a4 nivôse an 11 ( i4 février 1804) » l’instruction dont suit l’extrait : Lamesure fondamentale, l’élémentde toutescelles dont on doit faire usage, se nomme mètre. Sa longueur exacte est de 3 pieds 11 lignes 296 millièmes de ligne, ou 3 pieds 11 lignes 3 points un demi- point et 52 millièmes de point. Le mètre a été divisé en 10, en 100, en 1000 parties égales, afin d’obtenir des dimensions déplus en plus petites : ces subdivisions ont reçu des noms diftérens, mais faciles à retenir. Ces noms, comme on le verra plus bas, s’appliquent à toutes les mesures, qui ont été rangées en cinq classes; savoir, i°. Mesures linéaires ou de longueur; a®. Mesures de superficie ou carrées ; S*’. Mesures de solidité ou cubiques; 4 °. Mesures de capacité ou de contenance ; 5 °. Mesures de pesanteur ou poids. i°. Mesures linéaires. — Le mètre, dont la longueur est, ainsi qu’on l’a dit, de 3 pieds 11 lignes 3 points i et de point, se divise de dix en dix, comme il suit : Le 10 e . de mètre se nomme décimètre ( le décimètre vaut 3 pouces 8 lignes 3 points de point). Le 100 e . se nomme centimètre (il vaut 4 lignes 5 points -'i 6 0 de point). Le iooo«. se nomme millimètre (il vaut 5 points et tWo de point). Pour obtenir de grandes dimensions, on a multiplié le mètre par 10, par 100, par 1000 et par 10,000. Ces produits ont également reçu des noms différens. I de 10 mètres se nomme décamètre (le décamètre vaut 3 o pieds 9 pouces 4 lignes 11 points de point) ; de 100 mètres se nomme hectomètre ( 5 i toises 1 pied 10 pouces 1 ligne 7 points i de point); de 1000 mètres se nomme kilomètre ( 5 i 3 toises 5 pouces 4 lignes, ou - de lieue commune) ; de 10,000 mètres se nomme myria- mètre ( 5 t 3 o toises 4 pieds 5 pouces 4lignes, oudeuxforteslieues). Il n’y a donc que huit mots à retenir pour connaître toutes les mesures de longueur. Ainsi, en commençant par le mètre, on dira : Tomé II. f'aleurs en pieds de France. toitei. pi. po. lig- points. C <0 Mètre. O. 3. 0. 11. 3 iet, 4 ;tr î 1 Décimètre, 10'. du mètre 0. 0. . 3 . 8. 3 IOOO* « 1 Centimètre, 1 oo*. du nièt. O. 0. 0. 4. 5 -iftl. T ;o»o‘ à Millimètre, tooo'. du ra. O. 0. 0. 0. 5 -iti. j 000 1 Décamè.tre, 10 mètres. . 0. 3 o. 9. 4 - » c 1 Hectomètre, tco mètres. 5 i. ). io. 1. 7 h , Kilomètre, 1000 mètres. 5 i 3 . 0. 5 . 4. 0. 1 Myriamètre, xo,ooo mèt. 5 ,i 3 o. 4. 5. 4. 0. Le mètre étant très-connu en France , et le prix de cet instrument n’excédant pas communément un franc , les conservateurs doivent exiger que chaque garde en soit pourvu. Ils doivent les astreindre aussi à avoir une chaînette de deux mètres de long, subdivisée en décimètres et centimètres par des anneaux plus ou moins grands. Cette chaînette servira à prendre le contour des arbres; et dès-lors il sera facile aux gardes d’exprimer en mètres et parties du mètre, dans leurs rapports et procès-verbaux, les dimensions des chablis, arbres de délit et de tout autre objet dont ils auront à donner la longueur, la largeur, etc. : s’ils négligeaient d’ailleurs de se conformer à ce que la loi prescrit à cet égard, ils encourraient, pour chaque infraction, une amende de 5 o francs. L’intérêt des gardes et des agens forestiers doit donc les porter.à se servir constamment des nouvelles mesures; mais dans l’usagequ’ils en feront, s’ils écrivent en chiffres les dimensions qu’ils auront prises, ils doivent avoir la plus grande attention à séparer les chiffres qui annonceront les mètres de ceux qui exprimeront les fractions ou parties du mètre. Par exemple, si un arbre porte 6 mètres 82 centim. de long, on écrira 6 m . 82 e ., ayant toujours soin de placer une virgule ou un point entre les chiffres qui marquent les mètres et ceux qui expriment les centimètres, et encore de désigner les mètres par une m, et les centimètres par un c. Les quantités d’arbres relatées dans les procès- verbaux, et leurs dimensions , doivent au surplus être énoncées en toute écriture dans ces procès-verbaux : ainsi, pour l’arbre indiqué ci-dessus, on écrirait six mètres quatre-vingt-deux centimètres. 2°. Mesures de superficie. — Le mètre est également employé pour calculer les surfaces. Une figure carré comme celle-ci Q, ayant sur le terrain un mètre de long sur un mètre de large , renferme un espace appelé centiare. Dès qu’oa connaît le mètre, on a donc une idée exacte du centiare; c’est, on vient de le dire, un petit espace d’un mètre carré. Cent centiares dounent une surface appelée are. L’are, de figure carrée, a dix mètres de long et dix mètres de large. Il contient cent centiares ou cent mètres carrés, comme on le voit à la page suivante. 5o M£S 5 94 MES Le grand carré A B C D contient effectivement cent petits carrés de chacun un mètre de haut sur un jnètre de-large, ou autrement il renferme cent centiares. L’are est, à peu de chose près, égal à la 5 i e . partie de l’arpent ÿordonnanpe , la perche étant de ,22 pieds ,de France ainsi"lorsqu’on aura à exprimer dans un procès-verbal environ 2 perches, ce qui formé la 5 o e . partie de J’arpent, on dira un are. Si l’espace est d’une perche , ce qui équivaut à. la moitié de l’are , on écrira §0 centiares, parce que l’are vaut 100 centiares. Pour une demi-perche de terrain, on écrira 25 centiares, etc. Due surface de 100 ares est appelée hectare. L’hectare est une figure carrée de 100 mètres de long sur ico mètres de.large. U vaut 2 arpens d’ordonnance, moins quatre centièmes d’arpent, à très- peu de chose près. Il contient 10,000 mètres carrés ou 10,000 centiares , puisque le mètre carré vaut un centiare. Dans tous les actes qui seront dressés , les superficies doivent être exprimées seulement en hectares, ares ^t centiares., 3 °. Mesures de solidité. — Les mesures de solidité ont pour objet de faire connaître le cube des corps. Les solidités se calculent par stères ou parties du stère. Le stère est une mesure ou un corps cubique d’un mètre carré de base, sur un mètre de hauteur, Ou autrement c’est un corps de 3 pieds 1 1 lignes -~~- 0 de ligne en tous sens. Le stère vaut donc, à très-peu près , 29 pieds 2 pouces cubes, En effet, qu’on se représente un carré comme celui-ci : 3 . 11 U: il.^t^yident que Sf ^qperhçie^ûutie^dra 9 pieds carrés ét 5 pouct^ 7 lignas ^ÿ„carrés :lor, si on multiplie^fé swrface ; par^ n }ueil? : dt Ug*V?s ~ , on aura 29 pieds et environ 2 poncés cubes, comme on l’a dit. Le stèçe se multiplie jjar 1 10, ce qui forme le décaçtêre ; mais le bois de feu se mesure souvent par double stère. Le stère Se divise par 10, par 100 et par 1000. Le 10 e . du stère se nomme décistère. ; Le 100 e .se nomme centistère. Le 1000 e .se nomme millistère. 4 °. Mesures de capacité ou de contenance. — Les mesures de capacité tirent également leur origine du mètre. On est convenu de prendte pour unité un vase ayant pour base un décimètre carré, et un décimètre de hauteur, le tout mesuréjen dedans. Ce vase de 3 pouces 8 lignes tf p'oîrits', % très- peu-près, en tous sens, s’appelle litre-. Il remplace la pinte, et contient environ-autant que ce 11*1 de Paris : son usage est de mesurer les liquides, les grains, etc. On peut varier la forme du litre, pourvu que la contenance soit toujours la jnême. . On multiplie et l’on divise le litre par 10 , ainsi qu’on le fait pour le mètre ^ à l’efiet d’avoir des mesures plus grandés où plus pefîfès." — Ainsi 10 litres donnébt un décalitre ( environ 10 pintes de Paris^f 100 litres valent un hectolitre ( 100 pintes); 1000 litres valent un kilolitre ( 1000 pintes). Le kilolitre est une mesure d’un mètre carré de base sur un mètre de hauteur pris en dedans; on peut, comme pour le litre , varier également la forme du décalitre , de l’hectolitre et du kilolitre. Le jo*. du litre se nomme décilitre. Le ioo°. du litre se nomme centilitre. 5 °. Poids. —Les dimensions du ffîêtrtf OttT’tïtff8Vè été employées pour fixer l’unité des nouveaux poids. Aceteifet, on a construit un petit cube ayant intérieurement un décimètre de large en carré, et un décimètre de profondeur dans cette forme | p jl . On a rempli ce vase d’eau distillée, et on a |iesé cçtte eau , qui s’est trouvée être dii pûidà de 18827 grains ; on a nommé cette mesure kilogramme'; en la divisant par 1000, on a obtenu une mesure appelée gramme, qui a été choisie pour unité de poids. E11 multipliant et divisant. su&ce.sii.vpmflat . le gramme par 10 , on a obtenu des poids plus forts et plus faibles, auxquels on a donné les noms suivansü Gramme ( 18 ; /'Décagramjtne, valeur de 10 grammes (£ 1 gros 44 grains ^ de grain) } IHectogramme, valeur de 100 graminef; (3 onces 2 gros 10 grains de grain); [Kilogramme, valeur de 1,000 grammqs ( 2 liv. 5 gros 35 grains ^ de grain ,)g iMyriagramme, valeur de 10,000 grammes atliri.,.6.nnrpr fi gros 63 grains 4- de grain)} ,b-.: En montant. MES MEÜ En descendant, ■ ; Décigramme, c’est lè i o*. ( 1 g rain ,oJ de grain)*, 5g5 àu gramr Centigratrime, ioo*. dn gramme de grain). Il est facile de se familiariser avec les diverses mesures qui viennentjd’être indiquées, puisqu’elles ont, toutes, le mètre pour élément, et qu’il suffit de les multiplie!* ou de les diviser une ou plusieurs fois par dix, pour obtenir de grandes et de petites mesures. 11 est également aisé d'apprendré et de retenir les noms de"Ces' nouvelles mesures. On-en à désigné i°. Le mètre*. . pour les, longueur, largeur et épaisseur; ,a®. L'cfr/e, . „ . pour les superficies; 3 ) 1 ^ Le stère ou mètre cube pour les solidités ; 4 \ Le litre- . . pour les capacités ; 59 . ,Le gramme . pour les poids; 1 , nj $°. ni L e frane,\ ,.pnur les monnaies. Oui & dû remarquer que les multiples de chaque unité commençaient toujours par les quatre mots suivant : ■ ■ Déc a, HéCto, Ktnb, MviirA auxquels art ajoute le nom dont on veut parler ; savoir , Déca. POUR LES MESURES LINÉAIRES. DE SOLIDITÉ OU CAPACITÉ. de PESANTEUR. gramme. gramme. gramme. gramme. Hecto. . » <.. Kilo. Myru. Ainsi on prononce décamètre, décalitre, déca- gramme, etc. Quant aux stères, on les exprime par une suite naturelle des nombres 1, 2, 3 , 4 stères, etc. On dit aussi décastère pour exprimer le nombre de 10 stères. Les divisions de chaque unité sont indiquées par les mots suivans : Déci , Centi , auxquels on ajoute le nom de la mesure dont on veut parler. ! POUR LES MESURES Lin SA IR ES. de SU R FACE. deSOLIDITÉ ou CAPACITÉ. de PESANTEUR Deci.. mètre.... are. • litre, j... gramme. Cfe.VTT. mètre.. .. {gamme. Jramme. Mii.li. mètre.... ^ are'. Ainsi on dit décimètre, déciare, décilitre, déci- stère, décigramme; ce qui signifie le dixiènté de chaque unité, c’est-à-dire le 10 e . du mètre, de l’are , du litre , du stère et du gramme. On dit également et plus souvent centimètre, centiare, centilitre, centistère et centigramme; ce qui exprime le ioo r . de l’unité. Enfin, on dit millimètre; ce qui annonce la iooo r . partie du mètre. Quand il s’agira d’indiquer des dimensions en longueur , largeur et profondeur on épaisseur , on les exprimera en mètres ou parties du mètre : on pourrait aussi compter par décamètre / mais au lieu de 2,4)9 décamètres, ;>ar exemple, il est préférable de dire 20, 49^,9° mqÇre^. Quand les distancés sont grandes, coipme d’un ou de plusieurs 'cpuâfts' de lieuë , 611 peut cpmpter par kilomètres, parce 9 que le kilomètre , qui est de 1000 mètres, coramne on l’a d|t (i vaut qiiviron Un quart de heue. ” . S’il s’agit de plusieurs lieues, oii doit compter par myriamètres, le myriametrè valant deux fortes lieues. Les superficies doivent être exprimées en hécta- res, ares et centiares séuiement. 1 Les cubes, en itères pour te Bois de feu, et en mètres cubes et portions dü mètre cube, polir toutes les autres solidités. S’il s’agit de liquide (ou dè grainS), on Comptera par litres, décalitres, hectolitres ou kilolitres, le kilolitre étant égal au mètre cubé. Les poids doivent être exprimés en grammes,'dé- cagrammes, hectogrammes ou kilogrammes.’ Enfin, pour les monnaies, on comptera'par francs et centimes. MÉTÉORE, du grec météôros, haut, élevé,"dérivé de meta, au-dessus, et de aéirâ, élever ; edrps qui s’élève dans l’air. On appelle météores tous les phénOiYièfiés qui se passent dans l’atmosphère. ’ On peut distinguer quatre sortes de météores ; savoir , Météores aériens. Ces sont les vents, qui sont de plusieurs sortes et produits par plusieurs causes. V. Vent. Météores aqueux. Ce sont tous ceux qui sont produits par les vapeurs ou les substances, qui tiennent de la nature de l’eau , et qui s’élèvent dans l’atmosphère, comme le serein, la rosée', les brouillards, Je givre , les frimas, les nuages , là bmbie, la pluie, la neige, la. grêle. Météores ignés. Ce sont les feux-foltets, les globes enflammés, les pierres météoriques, les éclairs, le tonnerre. Météores lumineux. Ce sont l’ arc-en-ciel, les paré lies, les aurores boréales, etc. La plupart des météores influent sûr l’atmosphère et par suite sur les animaux et les végétautx. \ . Dégel, frimas, Gelée i Givre, etc. METRE, du grec metrort, mesure. , ( Métrologie), mètre est le nom d’une nouvelle mesure linéaire; c’est l’élément de touted les autres mesures, et même des poids. V. Mesures. MEUBLE. On appelle meubles toutes ; !es choses qui peuvent être-transportées facilement d’un lieu à un autre sàns être détériorées. 5o* MIC 3 gô mw©' On appelle de même les chose» que la loi réputé mobilières t quoique par leur nature elles ne soient ni meubles ni immeubles. V. Bois, Catteux , Futaie. JV&oyns ) en agriculture, se dit d’une terre qui est friable , aisée à labourer, et de celle qui a été bien divisée par de fréquens Labours. Une terre meuble est souvent avantageuse à la végétation des plantes; mais si elle l’est trop et qu’elle laisse passer rapidement l’eau des plpie?.,. et évaporer l’humidité, elle est nuisible, et.c’est le cas de la raffermir avec le rouleau. MBZÉRÉON mj MBZÉRBUM^V. Daphné. MICOCOULIER, celtis (Lin,). Genre d^arbres de là polyga mie monoécie et de la famille des amentacees, dont six espèces peuvent être cultivées en Franpe. Voici sur ce genre d’arbres l’extrait d’un excellent mémoire publié en 1808 par M. de Cubières. I. Le MicocouLipa. ^.ustrau ou de Provence , celtis australis .( Y. v lja fig. à VAtlas, PL XV) , est le plus commun eg. France $ il est indigène à l’Espagne , à l’Italie et à la Provence. Il s’élève à la hauteur de 4 o à 5 o pieds ; sa tige est droite; son écorce unie, grisâtre et chargée de petites taches jaunâtres en forme de globules. Ses feuilles sont un peu dures au toucher, alternes, ovales-lancéolées, dentées en scie, et a nervures obliques, de manière que, considérée à sa base, la feuille forme un ovale concentrique sur l’un de ses bords , tandis que la partie opposée en présente un excentrique. Ses branches, très-abondantes, garnies de longs rameaux alternes, sont minces, flexibles, et pendantes à-peu-près comme celles du saule-pleureur. L’écorce en est grisâtre comme celle du tronc; mais les pousses de l’année sont verdâtres. Los branches du micocoulier ne craignent, dans aucune saison, l’effet du croissant, de sorte que les plaies qu’elles reçoivent des instrumens tranchans, ne lui portent aucun préjudice. Ses.Heurs, qui reposent sur des chatons , paraissent dès le mois de mai, avant même le développement de ses feuilles; elles sont axillaires, pédon- culées, solitaires, rosacées, polygames, monoïques, les unes mâles , les autres hermaphrodites , de couleur verdâtre, et très-peu apparentes. Les, fruits qui lui succèdent sont peu charnus, noirâtres, globuleux, de la grosseur à-peu-près de ceux du houx, renfermant un noyau presque rond, qui est en pleine maturité au mois de novembre. Ses fruits restent sur l’arbre jusqu’au retour du prin- tem ps, lorsque les oiseaux qui aiment à s’çn nourrir ne les enlèvent pas. Le micocoulier austral se multiplie facilement par se» graines, qui parviennent, même dansie nord de la France, à leur parfaite maturité- On doit les so- mer en automne, immédiatement après le? avoir récoltéesj dans ce çaSj ces graines développent leur germination au printemps qui suif; mais, si on ne les confie à la terre qu’au mois de mars ou d’avril,, elles ne lèvent qu’on, deux et même trois ans après. Cetta graine de micocoulier, mise dans le sable un peu humide, et convenablement soignée^peu t p quoiqu’elle soit oléagineuse, conserver m faculté germinative pendant plusieurs aanées. La végétation de la graine du micocoulier'étant bien développée, le sujet croît rapidement, et sa reprise, à la transplantation, est très-prompte et très-facile. Tputeexposition convientau micocoulier, tous les terrains lui sont également favorables, et il a l’avantage, sur presque tons les autres arbres, de croître parfaitement bien sur le sol le plus sec et le,plus aride. îDaus les pays rocailleux, dans.les pays de montagnes , on voit les racines de cet arbre pénétrer dans les plus étroites fissures des rochers, sur lesquels il présente une très-brillante végétation. La facilité qu’a le micocoulier de croître sur tous les terrains , est d’un extrême avantage pour le grand propriétaire; car quel est le but auquel il doit tendre? C’est d’utiliser un sol aride ! il trouvera donc dans la culture de cet arbre un Accroissement à ses richesses végétales, eai y employant des por- tiona de terre sur lesquelles les autres arbres rtbis- sent difficilement. Le seul inconvénient que le micocoulier présente, seulement dans le nord de là France , c’est; dans sa première jeunesse, d’être un peu sensible à la gelée; mais il est facile de le soustraire à ses effets, en l’abritant pendant ses deux ou trois premières années. Après ce temps, c’est-à-dire lorsqu’il a atteint la hauteur de 5 à 6 pieds, il acquiert une force capable de le faire résister aux hivers les plus rigoureux. La gelée, cependant, ne porte ordinairement son action que sur les branches, et quelquefois sur la tige du sujet, qui, dans cette dernière circonstance, repousse ordinairement du collet. Je dois faire observer que la perte de ses premières pousses inilue sensiblement sur son port et sur la beauté naturelle de sa tige, d;ui alors devient' tortueuse et irrégulière, au lieu d’être élancée, si on n’a pas le soin d’en diriger verticalement la maîtresse branche par des liens et des tuteurs. Il est même nécessaire lorsqu’on veut avoir cet arbre dans tou te sa beauté , de le couper à rase terre, à l’âge de deux ou trois ans, pour le mettre sur une seule tige, ou d’en extraire annuellement les branches nombreuses qui, naturellement, en surchargent le tront. La principale racine du celtis est un pivot, qui s’enfonce assez profondément dans la tefre, *où il va puiser au loin les sucs nourriciers qui sont nécessaires à sa croissance. Le bois du micocoulier est compacte, liant et tellement souple, qu’une branche de 5 à 6 pieds de long, sur un pouce de diamètre, peut former le cercle avant de rompre. 11 mérite, par sa densité, d’être placé entre le chêne vert et le buis, étant plus dur que le premier et moins que le dernier. Il pèse, sec , 70 liv. 3 onces pour, pied cube 5 ce qui le place immédiatement après le cormier pointa pesanteur. ' u; Ce bois présente de grands avantages. L’emploi que Ji’tfh-peut en faire est très-étendu, etsôiis-cte rapport il y à peu d’arbres qui puissent rivaliser d’utilité' aTee lui. - 'hi' ■ — i Susceptible de recevoir un très-beau poli, il peut MIG être avantageusement ersploryéàla menuiserie , à la marqueterie , à la fkbrioation dedifférens meubles , et La. la édi té qu’il offre pour être travaillé' dans «dus les sens, lui donne Le droit d’ètne admis dans l’atelier des sculpteurs en bois. J’ai vu, dit M. de Cubières, dans les églises de Florence des statues de saints laites avec ce bois, qui recevaient les ho aunages de la piété religieuse et l’admiration des artistes ; je l’ai vu aussi, sçus la forme.de coupes, servira l’usage des habitans. Ces dif, féreas emplois rappellent le vers du statuaire de 1 La Fontaine ; Serait-il dieu, table ou cuvette? Coupé obliquement à ses fibres, il imite assez bien le bois satiné. Sa ténacité, sa souplesse et sa flexibilité le rendent propre à faire d’excellens Cercles de tonneaux. Il est bon à faire des fourches à trois fourchons, pour remuer le fourrage; des pieux, des écbalas, des vis, des planches d’impression pour les étoffes et papiers de tenture, des manches de couteaux,' et mille autres petits ustensiles. Dans lé département du Gard, commune de Sauve, on voit sept arpens métriques de roches confusément entassées;,.qui sont plantés de micocouliers dont on tire annuellement à-peu-près cinq mille douzaines de fourches, qui produisent un revenu de a5,ooo fr. Eu coupant la tige du micocoulier rez terre , il donne, en peu de temps, de grandes et fortes pousses , propres à faire d’exceliens fouets de cochers , de très-bons bâtons pour les lignes, des baguettes de fusils, et des cannes qui ont presque la souplesse du jonc. Lorsqu’on destine ces arbres à cet emploi, on plante, contre les principes ordinaires de la culture , les micocouliers en grande masse , très-près les uns des autres, afin que par l’étioleinent, ce qui est l’effet de la privation de la lumière, ils croissent plus en hauteur qu’en diamètre. Les habitans de Narbonne le cultivent particulièrement pour cesdifférensusages; et, comme dans le département de l’Aude, le micocoulier n’a point à craindre les effets des hivers rigoureux, on emploie à sa culture la meilleure terre du pays, dans laquelle ses nombreux rejets acquièrent, dans l’espace de deux ans, une dimension et une longueur qui les rendent propres à être inis dans le commerce sous le nom de bois de Perpignan, pour être placés dans les mains de tous les cochers de l’Europe. En> Angleterre, on s’en sert pour faire des instruirions à vent. Tourné en serpent, il soutient la voix des fidèles, dont il porte les accens religieux jusqu’à la voûte du temple.; formé en clarinette, il est distingué dans les concerts par l’éclat de ses modulations; et réduit en hautbois, il anime nos scènes champêtres. Mais lin art essentiel auquel le micocoulier présente de grandes'ressources, est celui du charronnage. 11 est excellent pour faire des brancards de cabriolets, des bâtons dé chaises à porteurs , des es-' sieuxfiftt sur-tout pour la formation des moyeux, auxquels on n’emploie ordinairement en France que le:bois de hêtre ou de l’orme. Cette seule qualité devrait suffire pour exciter 1e zèle des propriétaires en faveur de la culture d’un tel arbre, d’ailleurs si distingué par d’autres avantages. Celui qtJÜhoffre d'être élagué en tout temps, sans m i a 397 en être sensiblèntentifatigrté', téTëhdJfcuweeptiblede pouvoir être? em ftWirtér déapâliissadeedt des haiêe vives^n-- . tioo 1 .zelduemmi iu ’.eldueor n Il a des branches et des feuilles nombreuses; 90»» envergure est assez étendue UtètrptireeonS&jfrtefcff- ü donne beaucoupd’ombragéPll* * souffreycoituué'jri H*i déjà dit, la taillé érdtonü «mpsSdl’tvVi' pas besoin d’être échenillév ™ T 'j 1 - ’ Il èsty par* nature,-4 l’abri debatteintesdu cos&us ’ (M 'djepuis qnélqwe telnps, eftiêvç à, nos grands OheèttirtsJteur parure Végétetle< tmuii'I i; La souplesse et le long.pivot du micocoulier lai donneftt-h^ fiwtuh^ jdéT&dsW* •#tï t ?î.4& s !T$ nts les plus vp.olens.,11 diffère en cela /^e,l’^qa^ia_^pnt le hoi,s, très-cassant, pefle^ aux effets du ventile {dus ordinaire. ; „ - . , \ - 7 Ji !'js 1 xir J11 On pourrait doue s en servir, je crois, cuojme arbre d’alienemint, et l’employét à la plantation des grandes routes, des avenues et des cnemins vi- cinauxTOh le voitf plarSî ainsi dans'lëti Wiivîrbni de Milan, de Mantôüe fet autres vifles d’Italie ; Télien voit un, près de Motftpeüter ,-qui a 1 o pied y dè (circonférence , et le Jardin débPlantes de Paris en possède plusieurs qui s’élèvent à la hsfuteuT dé 60 pieds, sur un diamètre d’un pied et demi. Ne pourrait-il pas aussi remplacer l’orme dani les terrains fatigués par la culture dé ce dernier? Car la culture bien entendue exige que le terrain soit renouvelé par des engrais lorsqu’on veut le charger de nouveau de la végétation de sujets de la même espèce ; ou bien il mut que cette espèce soit remplacée par une autre dans le même terrain. Le goût des personnes qui tiennent à la similitude des arbres dans la plantation des avenues ou du genre (tançais, ne pourrait être choqué de .ee mélange du micocoulier avec l’orme, par la ressemblance qui existe entre eux. ,0( ' I Le micocoulier peut être agréablement employé dans les jardins paysagers; ses feuilles ,• d’un vert agréable, n’éprouvent aucun changement pondant toute la durée de la belle saison : elles ne sé fanent point sur l’arbre, la chute s’en fait simultanément vers le mois de décembre; et des feuilles de tons les arbres ce sont à-peu-près celles qui tombent les dernières. Elles ne. produisent donc aucune malpropreté dans les allées des jardins soignés, ce en quoi le micocoulier diffère essentiellement du marronnier. La racine fibreuse du micocoulier n’est pas aussi compacte que son bois ; elle est onctueuse r on s’en sert pour teindre les étoffes de laine en jaune. Son écorce peut être employée à mettre le cuir en couleur, et son bois est susceptible de recevoir toutes les teintures. Ses feuilles conviennent à la nourriture de* bestiaux, et sur-tout à celle des chèvres, qui les recherchent beaucoup. 1 Ces mêmes feuilles , considérées soussle rapport de la médecine ; sont astringentes. i.,.. | qol.- . _ ' b . * {xf Le cossns liguiperda {cossus gdte-Bois) et I é'-’-ga- lerue sont (tes insectes qui se noarrisSenOdeS bois du sanie, du peuplier, du. «hù*e et de l’orme. Après cri avoir percé l’écpjce, ils se tracent des routes daijsfp çprps même de farbre èV parviennent jusqu'au coeurdont ils dévorent et le boisét istsévbf ms ‘ ' MIE 3 y 8 MIC Son fruit, saccharin, est d’un goût agréable ; il est rafraîchissant et s’emploie contrôla dysenterie. Ses semences, soumises à l’action de la presse, donnent une huile dont la saveur rappelle celle de l’huile d’amandes douces. On voit, d’après ces détails , que tout ce qui tient au micocoulier austral peut être utilement employé. Les autres espèces, dont je vais donner une rapide description, sont : II. Le Micocoulier de Virginie , celtis ncci- dentalis. (,V. la fig. à \'Atlas, PI. XV). U diffère un peu du micocoulier austral : sa feùiike, d’un vert clair, est plus luisante, plus douce au toucher; elle est plus ovale, plus longue et plus pointue. Un terrain gras et humide lui convient de préférence, il n’est point délicat sur l’exposition. Sa culture est semblable à celle du précédent, et l’on peut l’employer aux mêmes usages. Il est parfaitement acclimaté en France, où sa graine n’éprouve aucune difficulté dans sa germination. Le froid a moins de prise sur celui-ci que sur l’austral. Il nous vient de Virginie et de Pensylvanie. III. Le Micocoulier cordiforme , celtis corda ta ou crassifolia. Il diffère des précédens par une plus grande élévation, un plus beau port, des rameaux plus longs, des feuilles plus larges, plus luisantes, plus éclatante» et plus douces au toucher; sa croissance est aussi plus rapide. Ce bel arbre n’est point encore entièrement accli- cliraatéau nord de la France, et lorsqu’il fleurit dans les environs de Paris, son fruit parvient rarement à sa parfaite maturité, ou bien ses graines avortent; mais il se propage facilement parla greffe, qui réussit très-bien sur l 'australis. Toute exposition lui convient, etil peut être avantageusement employéaux mêmes usages que les deux précédens. La Louisiane a enrichi la France de ce bel arbre. Nous le devons à un homme dont le souvenir ne peut se rappeler sans être accompagné d’un sentiment pénible et douloureux : c’est au vertueux et infortuné Maleslierbes que furentenvoyées les premières graines; il lesfitsemer dans sa terre de Malesherbes, où l’on voit encore le micocoulier cordiforme dans toute sa beauté. Lorsque cet arbre sera parfaitement acclimaté en France, il méritera la préférence sur tous ceux de son espèce. IV. Le Micocoulier lime, celtis lima, de M. de La Marck. Il ne s’élève qu’à la hauteur de i8à 20 pieds; sa feuille est lancéolée, très-pointue , à dents de scie très-aiguës, d’un vert foncé en dessous, très-velue, et couverte d’aspérités qui la rendent propre au polissage du bois. Ses branchés sont courtes, horizontales et peu élastiques. Il clxige un meilleur terrain que les précëdéns ; et sa culture appellè aussi plus de soins. Il nous vient de l’Amérique septentrionale. V. Le Micocoulier d’Orient, celtis çrientalis ou Toumefortii. Il s’élève à la hauteur de i5 à 18 pieds; ses rameaux sont glabres; ses feuilles d’un vert fpnçé en dessus, et d’un vert clair en dessous : elles sont plus courtes, plus rondes, plqs dentées et moins pointues que celles du cordiforme; ses branches so;it aussi moins longues et moins élastiques. Il croit ordinairement en buisson dans les mauvais terrains. . VI. Le Micocoulier coriace, celtis coriace a, de M. fiosc. Il s’élève à la hauteur de 20,à 25 pieds ; ses feuilles, à lobes presque égaux, sont ovales, aiguës et inégalement dentées, seulement »u tiers de leur partie supérieure. Il diffère du Celtis australis par «es feuilles, pluq épaisses, plus glabres, plus arrondies à leur base, et d’un vert plus foncé en dessous. Il est originaire de la Louisiane. tu VIL Le Micocoulier panaché , celtis variegata. 11 n’est qu’une variété de l’austral, tïéfit il ne diffère que par la panachurte de seS'fehiifes!, qui liii est naturelle; ce qui le rend encore phW‘iusceptible d’être employé à l’embellissement des jardins paysagers. ■ ■ ’P • Il y a d’autres micocouliers sur lesquels je fie m’étendrai point, par la raison qu’ils exigent l’Orangerie ou la serre chaude, et que la difficulté de les multiplier et les soins qu’ils demandent^ les néettent hors d’état de pouvoir être employés dans les arts. Tels sont : le celtis integrijblia, apporté dn Sénégal par Adanson ; Le celtis sinensis à très-petites feuilles, qui s’élève peu; Le celtis rhamnus micranthvs, ou arbre de soie des Antilles, dont l’écorce, dans le pays, sert à faire des cordes, etc. On peut juger facilement, d’après les détails que je viens de donner, de l’utilité dont peuvent être les six espèces de micocouliers qu’en France il est si aisé de cultiver en pleine terre. Il est également facile de sentir que cette éspèce d’arbre, loin d’être négligée, mériterait d’être généralement multipliée. Le micocoulier peut occuper avec avantage une place dans les jardins paysagers. Il peut servir d’arbre d’alignement, et plusieurs arts utiles doivent s’en disputer l’usage. J’invite donc les pépiniéristes, les grands propriétaires, et même le gouvernement, à le multiplier autant que possible. Us se trouveront un jour bien récompensés des faciles soins qu’ils auront donnés au micocoulier, parla satisfaction qu’ils éprouveront de pouvoir l’employer à tant d’usages différéns. Quant à moi, je serai pleinement satisfait si je puis prouver à mes concitoyens combien il leur importe de diriger leur attention et leur industrie vers la culture d’un arbre qui se recommande par tant de degrés d’utilité. (Extr. duMém. de M. de Cubières.) MIELLAT, ou MIELLEE, ou M1ELLURE, ou improprement ROSÉE MIELLEUSE. On a donné le nom de miellat à une substance gommeuse et sucrée , qui, par sa consistance et sa saveur, a quelque ressemblance avec le miel et même avec la manne, et qui transsude en été, et notafnment pendant les grandes chaleurs, des feuilles, des fleurs, MIN MIE 5 99 des fruits et des tiges de la plupart des plantes. Elle est trèjl-j'WsiEtèsfir’iés titilles dés'Arables et des tilfeiiis, nui ètt‘ io'jlt ‘quelquefois 1 'Ccrtïvèrt es" ccùri fré cI’unééspèfÉ ae'èçriïls. Cette msltièèé fHrmé'souvent 1 une'coitrib^’êj^ai^se , qfnse répftnd pttr lèrs botds dd la feuiïlç'èf tçimbe pat gouttelettes : lorsqu’elle est séchée, ell'é' se fédiiit en une poussière blàfichû.tfe, soluble dans l’eau. Quelques cultivateurs- croient que c’est uft •dép^tdbrmé sur les plantes par; l’air^at- mosphériquè? et c’est par cette raison què , dans plusieurs"contrées, on lui a donné le nom de rosée Mielleuse j) frais «'est une erreur, que la simple observation aurait dû détruire, puisqu’on ne trouve pas .cette substance sur tous les arbres, et qu’elle n’est - guère répandue que sur quelques parties des plantes, tandis que les autres parties n’en présentent aucune trace. Cette matière n’est autre chose qu’un suc d’abprd couteau daus lçs vaisseaux propres e .etçne#ife élaboré dans les utricules, qui, se- cfét^i^fi pbigig^apale abondance , et n’étant enlevé ni,^ t iflq,pUÀeé4»VlW frasées, s’accumule à la suçjat^çpgrieui'a,flê,la feuillg., sur laquelle les.pucerons, qui habitent la partie inférieure de la feuille qui sa^rcnvye au-dessus, laissent encore tomber le miellaf, qu’ils pompent à l’aide de leur trompe, et auquel ils, ont fait subir une préparation particulière. Cette préparation change assez la nature de la matière Y pour que l’abbé de Sauvages ait distingué deux espèces de miellat, celui qui transsude naturellement des différentes parties delà plante, et celui ui a subi dans le corps des pucerons une espèce de igestion qui en change les propriétés. Le blé est sujet aussi au miellat, et c’est une espèce de maladie contre laquelle on n’a pu indiquer que des moyens mécaniques, comme de secouer les épis avec des branches d’arbres ou des cordes pour faire tomber les grainsde miellat; mais c’est de la pluie ou des arrosemens qu’on doitespérerde plusgrands secours. Les plantes les plus faibles, celles qui croissent dans un terrain sec, sont plus sujettes au miellat que les autres de la même espèce ; mais, dans les étés secs et chauds, qui déterminent une sécrétion considérable, ce sont alors Les plantes les plus vigoureuses qui fournissent une plus grande abondance de suc miellé. Quand la quantité en est trop considérable , les plantes en souffrent, parce que cette matière, en bouchant les pores des feuilles, intercepte là .transpiration qui se fait par ces organes, s’oppose aux sécrétions ordinaires, et dérange par là l’équilibre des fonctions vitales de la plante : aussi résulte-t-il pour les arbres de grands dangers de la prolongation du miellat. On attribue la consistance du miellat à un changement clans la température. Pendant la chaleur du jour , et tant que le soleil est sur l’horizon, il reste dans un état de fluidité ; mais dès que cet astre est couché, oublia température baisse subitement, la fraîche^(be^’aiivcondense le uiiellat. Ilestsouvent enlévepâr Ips rpspes , et ç’est pourquoi on l’aperçoit plus^réquemmènt le matin et le soir qu’à toute autre heure de la journée ; mais lorsque les rosées sont peu abondantes, et qu’il n’y a point de pluie, le miellat reste jur les feuilles, et c’est alors qu’il est nuisible. -or ■•jt.. L'n auteur allemand assure qu’on peut occasionner le miellat en liant ou tordant lès branches des arbres , ou ért ttaiisJjOrtatit 1 subitement un arbre d’üfiè;chambre chatlde dans une froide; ce qui lui fait penser qu’èllé 1 n’est due qü’à une êvapôration promptement arrêtée. Pour appuyer son ràisônpe- meût, il fait observer que le mièllat ne' Se montre que su i les parties destinées à la transpiration, et qül «Ont principalement les feuilles j les fleurs et les fruits. Tant que ce suc glutineux est scnls forme liquide «ffe*»’ne : ûertt pas oonsidéràbles^ mais aussitôt' qulibeèt'idosséché et est transformé ch une poussièreblanche semblable à une espèce de farine, il devient pins dangereux, parce qu’il obstrue'lès pores des feuilles et des fruits, rend nulle lVv>po- ration , et occasionne cpielquefois la fermentation et la putréfaction de la sève et des sucs, qu’il arrête : alors les feuilles , les fleurs et les fruits deviennent tantôt noirs , tantôt jaunes -et bigarrés; ils meurent et se détachent de la plante- Les sucs, putréfiés, sont d’ailleurs un appât pour les insectes , quo le 1 miellat avait attirés. Ces insectes, qui couvrent les arbres par milliers, occasionnent de grands ravages, et on a vu , dit l’auteur allemand , les feuilles de forêts entières en être dévorées. Tels sont les effets auxquels peut donner lieu l’accident dont nous veinons de parler, accident contre lequel on n’a point de remède : heureusement qu’il n’a pas toujours des suites funestes; mais en général on doit le regarder comme nuisible à la végétation. MILITAIRES. Les délits de chasse commis par des militaires en garnison ou présens à leur corps sont, conformément au droit commun , de la compétence des tribunaux correctionnels, nonobstant l’avis du conseil d’état, du 7 fructidor an ta. {Avis du Cons. d’état, approuvé le 3o fructidor an ié,.) 11 en est de même des autres délits qui pourraient être commis dans les forêts par des militaires. MILLIGRAMME. C’est la millième (partie du gramme. V. Mesure. MILLIMÈTRE. C’est la millième partie du mètre : il vaut 5, points f'-f de point. V. Mesure . MILL1STÈRE. C’est la millième partie dit stère. V. Mesure. . MINE. Ancienne mesure de charbon contenant deux miuots, et formant un sac d’environ 130 livres pesant. MINERAL On donne ce nom aux substances métalliques mêlées de matières hétérogènes, telles qu’on les tire des mines. MINÉRALOGIE. Mot formé du latin minera , mine, et du grec logos, discours, traité. C’est la partie de l ’Histoire naturelle qui s’occupe de> la connaissance des matières minérales, c’est-à-dire des terres, des pierres , des sels, des substances com- bustibleset des métaux. V., à l’article Ecole forestière, la partie de cette science dont la connaissance ?est utile aux agens , et les mots Montagne , Pie/re, Terre. MINES. On donne ce nom aux gîtes souterrains d’où l’on tire soit des substances métalliques, soit des matières combustibles , telles que la houille , les bitumes , etc., soit des matières salines, comme le sel gemme, l’alun, les vitriols , etc. 4oo MIN Les mines et minières, tant métalliques que non métalliques , ainsi que les bitumes, charbons de terre ou de pierre et pyrites , sont à la disposition du gouvernement,; fît ce sens seulement que ces substances ne peuvent être exploitées que de son consentement et sous sa surveillance , à la charge d’indemniser, d’après les règles établies, les propriétaires de la surface, s’il y a lieu. Lorsqu’il s’agit de l’exploitation d’une mine métallique, tous demandeurs en concession ou permission «ont tenus de justifier de leurs facultés, des moyens qu’ils emploieront pour assurer l’exploitation , et de quels combustibles .ils prétendent se servir, Toutes demandes en concession) ou permission doivent être affichées, pour mettra à.même les personnes intéressées de faire leors observations ou de former opposition , s’il y a lieu. Ce6 demandes sont ordinairement communiquées à l’Administration forestière, qui donne son avis à raison du combustible dont il est fait mention. Cette Administration est toujours consultée lorsque les minerais se trouvent dans les forêts royales et communales. I^s limites de chaque concession accordée doivent être tracées sur un plan levé aux frais des concessionnaires. ( Ord. du mois de janvier 1 5 18, et du mois d’avril i 588 , art. 9. —Loi du 12—28 juillet 1791.— Loi du «3 pluviôse an 9. — Loi du 21 avril 1810.) V. la loi du 21 avril 1810 au Bulletin des lois, ou dans les Annales forestières de 1810, p. 241 • V. , dans le présent Dictionnaire , le mot Usines. MINEUR. On entend par ce mot toute personne qui n’a pas,2i ans accomplis. V. Responsabilité. MINISTÈRE PUBLIC. On entend par ce nom les fonctions des officiers chargés, près de chaque tribunal , de rechercher et de poursuivre les délits et les crimes, et de veiller à tout ce qui intéresse le bon ordre et la tranquillité publique. C’esti aussi la nom collectif des magistrats qui sont chargés de ces fonctions. Le Répertoire de jurisprudence contient un article du plus grand intérêt sur l’origine du ministère public et sur ses fonctions et ses devoirs. Nous nous faisons un devoir de l’indiquer à ceux de nos lecteurs qui voudraient prendre une connaissance approfondie de l’importance de ce ministère. Les fonctions du ministère public sont déterminées par le Code d’instruction criminelle 7 savoir, d’une manière générale , par les art. 22 et 25 j en ce qui concerne les matières de simple police, par les art. 144> * 4 ^ » i 53 , i 65 , 167 , 177 et 178; et en ce qui concerne les matières correctionnelles, par les art. 190, 196, 197, 198, 201, 2o5, 207 et 2)6. V. ces articles au Recueil, t. II, p. a 4 ' suivantes , et dans le présent Dictionnaire les mots Procureur du roi et Procureu - général^-, , MINOT. Ancienne mesure. Le minot de. Paris contenait 8 boisseaux ou un pied cube. V. Mine. MINUTE. Ce mot vient du latin minutas, menu, i ieùt. Une minute , en latin minuta, signifiait, dans e principe, une écriture fort menue, qui servait de brouillon , d’original d’un discours, d’un écrit, -M I’S d’un actey depuis,-on a appliqué ce mot à l’original des acte* qui se passent cbee les notaires, dés jugement qui a’expédient dans les greffes} pSi'cwqne les actes «ont ordinairement en écriture* me mi* J»»#t dans ce sens la minute est opposée k la gtoSse latin grotsa, sous-entendu scriptura , qui ést ùne expédition écrite en gros caractères. 1 ■Sous le régime des maîtrises, les minutes, pal piers et registres devaient être déposas darts des moires de la chambre du conseil.' {Ortfj'tie iflôç , lit. II, art. 40 - 1 • ■ -ol - Les procureurs durci étaient>expires9étiiehbcKWrJ gés d’y tenir la maino(/i., fit. VI, 6*y t “ Les officiers pouvaient prend rccchmmunitfttioa des minutes. (Ib, lit. II, art. 4.) Le greffier sortant dVxercice dervafa-démettre en l’armoire les registres et .autres papîets du greffe.' (Ib., tit. VIII , art. 12.) .te: Aujourd’hui que les affaires fOrestièWs teoét crirrt. > art. 164.) mb/ , nq La minute du jugrmentfen matièrëtorrectfon- nelle) est signée, dans le>niéme délai '•de'04 heures, par les juges qui l’ont rendu. 'Thiki'. ». ■ Les greffiers qui délivrent expédition dfon jugement avant qu’il ait été signé, sont poursuivis comme faussaires. (Ib., art. 196.7 V. Jugement. - a Quant aux minutes des actes d'administration , elles restent dans les archives des agens, et doivent être remises à leurs successeurs avec tous les papiers relatifs au service. V. Archives. MIROIR. On nomme miroir ou plaquis l’entaille que l’on fait aux arbres de réserve pour les marteler, et on nomme faces les côtésrde l'arbre où se font. ces entailles. V. Martelage. MISE EN JUGEMENT. On appelle ainsi l’acte par lequel on autorise la continuation des poursuites commencées contre un fonctionnaire pour faits relatifs à ses fonctions. I. La garantie des fonctionnaires est dans la protection que la loi leur accorde , en défendant de les poursuivre sans une autorisation supérieure, à«ai- son des abus ou des délits prétendus commis par eux dans l’exercice de leurs fonctions. Cette garantie a été successivement accordée depuis 1789 aux fonctionnaires de l’ordre administratif et judiciaire. L’Art. 61 de la loi du 14 septembre 1789 statua que les officiers municipaux ne pourraient être mis en jugement pour des délits d’administration ,-qOe de la seule autorité des administrateurs de Leur département. La constitution du 3 septembre 1791 ^ tit. 111 , cbap. IV, sect. 3 e . , art. 8 , ordonna que les administrateurs de départemens et de districts ne pourraient être traduits devant les tribunaux criminels que par des décrets du Corps législatif. MIS MIS La Constitution du 5 fructidor an 3, art. 196 et loi , attribua au Directoire exéeutihaeaiLe pouvoir d’én voyez. Aevauti&j.triiiuuaux les adixminratuart, soit daAs : l« t»s : dfc iégitit&é'délert^e.'f CVrf. 'd« légitime défense. La saisie des objets- introduits en fraude établit suffisamment le fait de cohtrobande. L’existence de bâtons ferrés trouvés sur le' terrain constate aussi que la contrebande s’est faite à nifam armée. Mais quoique le cas de légitime défense soit reconnu et déclaré par le conseil d’état, il y aurait lieu de mettre en jugement l’hoinicidë , s’il y avait en cause une partie civile. (Té., du 20 février 1822.) IV. 11 y a lieu de refuser l’autorisation de poursuivre un fonctionnaire public lorsque les faits qui lui sont imputés ne sont pas suffisamment justifiés par l’information judiciaire. ( Ib ., du limars 1822. V. Lorsque , parmi les faits reprochés à un fonctionnaire public dontlainise enjugement e£t autorisée, il en est qui impliquent connexité entre lui et un autre fonctionnaire, il y a lieu d’autoriser la' mise en jugement de ce dernier. {lb. , du 14 août 1822.) VI. Lorsqu’il y a des doutes sur la qualité du-fait imputé à un agent, et que les renseigneinens que peut fournir l’Administration paraissent nécessaires, les procédures doivent être suspendues jusqu’à ce que 'autorité compétente ait décidé s’il y a lieu ou non à l’application du principe de la garantie. Cela est conforme à l’esprit de la loi, qui a voulu que les chefs des corps administratifs lussent les premiers juges des faits imputés à leurs agens, à raison de leurs fonctions, parce qu’il peut arriver qu’un acte innocent et même prescrit par des instructions particulières, soit considéré sous un autre point de vue par des juges qui n’auraient point connaissance de ces faits, et qu’enfin il y a souvent dans les accusations dirigées contre les agens du gouvernement des circonstances qui ne peuvent être appréciées que par les chefs de ces agens. C’est pour avoir omis cette précaution , que la cour royale de Besançon a été déclarée mal fondée dans une poursuite qu’elle avait faite , sans autorisation préalable, contre des gardes pour délit de chasse sans permis de port d’armes dans l’exercice de leurs fonctions. Un arrêt de la cour de cassation, du 4 octobre i8a3, a annulé l’arrêt d>e la cour royale/'et renvoyé les pièces du procès et les prévenus devant une autre cour, pour y être poursuivis et jugés dur le fait de chasse et de port dermes , mais seulement dans le cas où les poursuites viendraient à-ètre autorisées conformément à la loi. 11 y 5l 4o i MIS avait ejij effe^và o)>seEyer dy^ WJM que les gardes sout autorises'par leur qonvruission à porteur, un fusil, èt nu‘6 si les îristriictvjms Se l’Aclmirtistfa- tion lêûr défende^ ,de. sç livrer à ïa‘bhasse , il est cependarit des circonstances où la permission peut leur eit êtré don ! néé'. Mais le conseil d’état ne cpn- j sidère pas.le fait de chasse imputé à un agent fores- : tier conune un délit commis dans sçs fonctions il ; pensé qje 'dès-lors aucune autorisation préalable n’est nécessaire pour poursuivre l’agent. ( Ord. du roi, du ig février 1820. ) *?' Vil. Il importe qu’il n’y ait aucun fêtard dans ïenvoi des renseignemens qui peuvent mettre le gou- vérrtenTeht à portée dé statuer, sur la demande en autorisation. C’est pôur cet effet qu’une circulaire , du 6 avril 1816, a prescrit aux, conservateurs de mettre toute la promptitude possible dans l’expédition des affaires de ce genre, et que l’instruction du 8 novembre 1818 leur recommande de ne pas attendre qu’il leur soit écrit pour avoir des renseignemens lorsqu’il existe une plainte,où Un commencement d'information contre un garde, et défaire demander à ce garde ses moyens de justification, afin de les transmettre sur-le-champ à l’Administration. Malgré ces différentes instructions, on a eu plusieurs fois à se plaindre des lenteurs qu’éprouvaient ces sortes d’affaires , et c’est dans la vue de les faire cesser que S. G. le garde-des-sceaux a écrit, le 17 septembre 1832, aux procureurs généraux la circulaire que nous avons insérée au Recueil, t. III, p. 92 , et qui porte, 1“. que lorsqu’une plainte aura été portée contre un garde pour faits relatifs à ses fonctions, le procureur du roi requerra une information préparatoire ; 2 0 . qu’il fera un extraitdecette information , indiquant seulement les faits; 3 °. que cet extrait avec copie de la plainte sera adressé par lui à l’agent forestier, et que dans le même temjis le procureur du roi transmettra toutes les pièces au procureur général, auquel le conservateur adressera également les réponses du garde et les observations des agens ; 4°- que le procureur général, après l’examen des pièces, les transmettra au garde-des-sceaux; 5 °. enfin , que ces pièces seront communiquées à l'Administration, qui pourra statuer promptement. VIII. L’Administration, après l’examen de l’Instruction, se détermine à prendre telle ou telle décision, c’est-à-dire à autoriser la mise en jugement ou à donner son avis contraire , sur lequel statue le comité contentieux du conseil d’état, en vertu de l’art. 9 de l’ordonnance du roi, du 29 juin 1814, ou plutôt de l’ordonnance du 23 août i 8 i 5 , sur la réorganisation du conseil d’état, laquelle a rapporté la première, et renvoyé, pour les attributions du comité contentieux, aux décrets des 11 juin et 22 juillet 1806. ’ IX. La loi du 22 mars 1806 détermine les formes de procéder lorsque des délits dans les bois de l’état sont commis par des préposés de l’Administration concurremment avec les délinquans ; elle autorise les administrateurs et les conservateurs à faire l’instruction et à renvoyer les prévenus devant le tribunal compétent. X. Une question s’èst plusieurs fois présentée : on a demandé si la destitution d’un agent du gouvernement h Privajt de o k t gaj/i^^pt jVte ' ' ' cqnftitptmnnç}, Cette question avait été résolue négative ment pat des arrêts ÿç l^.poq^ deca^tip^j f’pp.^stitki .iac ioçS ; et relatif a, flepx maires^qui qnt été mis en jugement apr^ lèüp destitution ; un autrç est dp 9 nivôse an 12 : oe (léfniéf annpite la mise en. jugement d’un eï-iecreVaiVe d’qne admjnlstratioii piy«- nicipalc , parce qu'ejle avait été.orclqnnép s^ftyautorisation préalable? ehfîn,, parmi les ay^ççi.sfl^pns due le conseil d’état accorde pour Eairq.poufëqijvr.e des maires de commy.nes rurales , il en ç^t trÿs r peu qui n’aient pour objet des maires déjà desfjtpés'par les préfets. h-41;^ Nous trouvons des exemples aussi dan$l’,ij 4 diiun|s- tration forestière que des gardes destitués qn,t été mis en jugement d’après l’autorisation dql’Airapais- tration, pour des fajtéantérieurs à taur destitution. Mais un arrêt d,e la cour d^ cassation, dû 28 septembre 1821, décidé qn’aqcùpé ^ùtqr^sa.tÏQp. préalable n’est nécessaire pouç! poursuivre un [fonction— naire destitué, lors niênlp que le fait à raison duquel il serait poursuivi , serait relatif â ses fonctions , et qu’il suffit qu’il ait perdu sa qualité de fonctionnaire ou de préposé d’une administration, pour.qu’j] ne puisse plus jouir du privilège acçpfdé par l’acte de frimaire an 8. Un autre arrêt,, du 5 juin i 8 a 3 > déclare pareillement que les préposés destitués oujlé- missionnaires ne peuvent réclamer je privilège dp la garantie accordée aux agens publics pour leur mise en jugement. V. ces arrêts au Recueil. Mais les poursuites commencées contre un garde, quoique n’étant plus en fonctions, doivent être continuées, si les faits qui lui sont imputés sont de nature à autoriser sa mise en jugement. (Ord. du roi , du 16 janvier 1822.) XI. Lorsque des agens ou gardes, considérés comme officiers de police judiciaire, sont prévenus de crime commis dans l’exercice de leurs fonctions, c’est au premier président de la cour royale et an procureur général près cette cour à remplir, pour la mise en accusation, les fonctions qui sont ordinairement dévolues au juge d’instruction et au procu- reurdu roi. (Arr.dela C.de cass.,du 10 mai 1822.) XII. Si un garde est mis en jugement sans autorisation préalable et qu’il n’appelle pas du jugement, l’Administration 11’est pas recevable à appeler pour lui lorsqu’elle n’a pas été partie au procès. (Ib. , du 22 mars 1810.) XIII. Un agent ou un garde mis en jugementnedûit perdre son traitement qu’en cas de condamnation. (Délibération du Cons. d’adm. des dom. et forêts , du 28 août 1819.) XIV. Les gardes des forêts qui dépendent de l’apanage d’un prince jouissent du privilège de ne pouvoir ètremis en jugementqu’en vertu de l’autorisation accordée par une ordonnance royale. (Opd. du 27 février 1822.) XV. La prescription établie par la loi du 29 septembre 1791 ne commence à courir, à l’égard des délits commis par des maires ou adjoints dans les bois de leur territoire, qu’à compter du jour où l’agent forestieraeu une connaissance officielle de l’au- torisation du gouvernernVn't'/'êt! JotscJue tkite autorisation a ëfé demande!?'(fané ïes 3 moïy'de la date du pfo£ês-verbal.( Jf/r.'il'e'/a C. dejcûéll^dû 13 avril XVI. tes membres dëscbnseils municipaux^ èl les gardes chàmpétrès ^feilveiit ijWe poursuivie èn jiistice â raison d’iin fà jt relaWà leurs fonctions, sans qu'il soit besoin d’utle autorisation préalable. ( Ord. roy ., du r ü déccmbrc'i&'è.'i et 'cfu 18 jitin i 8 a 3 . ) XVII. Les âssissélirs des juges de paix jouissent dé IV g'arantié àccôrdéb à ?ôùs les juges par l’art.'74 d’d l’kctk'cbnstitufionnel du 22 frimaire an 8 . (Àrr\ delà C. de cass,, dit 19 novembre 1802.) MISES A PRtX. Ce éont les offres que font les enchérisseurs en général et les marchands de bois aVlét Potrvertùre des feu*. Ces sortes d’offres sont arbitraires. Les marchands de bois sont libres de les porter à (elles sommés'qu’ils jugent à propos, et il n’érl 1 èst pà's IcUt rrie'Àt^on au procès-verbal. Lors- qtPürife' desoffrés''6ü : tnïsfeSÜ prix atteint l’estimation faîfcfpàr |ès agefi& fttâéütfèils 1 , ou qu’elle s’en rap- pto'éhe, ellè est îhséfjïè àùjirocès-verbal d’adjudi- cattofi dil cohséntémeht < 5 h'i fonctionnaire public qui préside à fa vente et de l’agent forestier présent. (ILtildii zcj septembre l'ÿtji, tit. VI, art. i 5 .— Cak. dits'eh: de. 1824, art. 2.) Cette dernière mise à priai devient ainsi la pre- mïéte enchère, sur laquelle on commence à allumer lek'Féux; A défaut d’offres, ou dans le Cas où elles sont insuffisantes , l’adjudication est renvoyée, suivant les circonstances, à quinzaine ou à l’ordinaire suivant. ( Cah. des ch., art. 4.) Nulle personne inconnue ne peut faire une mise exagérée, qu’autant qu’elle a fourni caution et certificateur de caution. (/A, art. 2.) V. Enchère. MISSIONS ÉTRANGÈRES. Aucune loi n’autorise la destitution des bois qui ont appartenu aux missions étrangères. ( Avis du Cons. d’état, du 8 août 1823.) MITOYENNETÉ. On a dit autrefois moitoyen , pour dire d toi et à moi, le tien et le mien. La mitoyenneté est la copropriété de deux voisins sur le mur, la haie ou le fossé qui les sépare. Y. Fossés et Haie, et les articles du Code civil depuis 653 jusqu’à 6 y 3 . MODERNE. On emploie ce mot substantivement pour désigner les baliveaux réservés lors de la dernière Coupe, et par opposition au mot ancien, qui désigne les arbres réservés à l’avant-dernière coupe, et qui ont par conséquent trois révolutions, tahaisqüe les modernes n’en ont que deux. L’amende pour coupe en délit de baliveaux modernes est de 5 o fr. par pied d’arbre. ( Ord. de 16(^,9, tit. XXXII, art. 4.) '“Oh ùè peut jamais leur' appliquer la disjiosition del’article ci-dessus de l’ordonnance, qui réduit à lo’Tr. l’amende pour chaque baliveau de l’àge du taillis au-dessous de 20 ans .(Arr. de la C. decass., dit 6 décembre 181b.) V. Baliveaux et Martelage. MOELLE, medulla. (T. de bot.) C’est un tissu cellulaire , lâche, régulier^ diaphane , placé au centre dü tronc des arbres. V. Physiologie végét., 4 e séctioif. MOI 4 u 3 MOINDRE MESURE ou MOINS Dè MESURE. On appelle ainsi la différence en moins qui se trouve 4 àns la contenance d’une coupe pntre l’çteiidue an- ,'noncèé par le procès-verbal d’arpentage ou celui d'adjudication, et l’étendue^ constatée par le procès- ;verbal de réarpentage. I. Dans le cas de moins de mesure, l’adjudicataire de la coupe est remboursé de ce qu’il a payé de trop, à raison du prix de la vente et de l’étpndue [de la moindrè mesure, après qu’il a obteiju décharge définitive, (Ord, de 1669, tit. XVl, art. 8,— Cq.h. 'des cky<ïe \ 82^1 art. 80.) ^ Il n’y a lieu a aucune répétition lorsque le plus ou moins de mesure n’excède pas 5 ares. (Cah. de» , q \ ni - 1 u en., art. 00.) II. Dans aucun cas , il n’est permis de compenser en bois des moins de mesure avec des surmesuresij. le remboursement de l’un et de l’autre doit se faire en argent et d’après les formalités,particulières établies pour chacune de ces différences de mesure. (Ord. de 1669, tit. XVI, art. 8.—Arr. du Cons.,du 5 septembre i 683 .—Cah.des ch. de 1825, art. 80.) III . Il ne peut y avoir lieu non plus à déduire le prix des futaies de celui des taillis, quand il y a moins de mesure ou surmesure, attendu que la vente est faite à l’hectare et are , et que le plus ou moins de mesure ne peut s’appliquer à un point de la surface de la coupe plutôt qu’à un autre. (Décret du 19 mars 18 jo et Ord. du roi, du 24 décembre 1818.) V. Surmesure. Il n’y a pas lieu enfin à diminution de prix pour les places vides, mares, fossés, chemins, avenues; il ne peut être fait de diminution de prix que pour les grandes routes, dont la distraction est faite par les plans et procès-verbaux d’assiette. (Ord. de 1669, tit. XV , art. i 3 . — Cah. des ch., art. i er .) Observons que l’on ne rembourse dans aucun cas les droits de timbre et d’enregistrement ni autres frais , à raison du moins de mesure, pas plus que le gouvernement ne réclame d’augmentation de droits dans le cas de surmesure. ( Cah. des ch. de 1825 > art. 80.) IV. Le manque de mesure ne peut être payé qu’eu vertu d’une décision du ministre des finances. Aux demandes en remboursement doivent être jointes les copies des procès-verbaux d’assiette, de balivage et martelage, d’adjudication, de réarpentage, de récolement et de congé de cour. (Circul. du 1 7 janvier 1806.) On y joint aussi les certificats du payeur général et du receveur des domaines, constatant que le prix principal de l’adjudication et le décime pour franc ont été acquittés. La représentation des traites acquittées peut remplacer le certificat du payeur général. Toutes ces pièces sont adressées par l’adjudicataire au conservateur, pour être examinées par lui et transmises avec leur avis au préfet du departement, qui prend un arrêté en premier ordre , et adresse le tout à S. Ex. le ministre des finances. C’est sur ces pièces qu’est rendue la décision qui ordonne le remboursement par le receveur des domaines du lieu de la moindre mesure, tant en principal que décime pour franc. 5 t * 4 o 4 MOI MLOTN V. La même marche est suivie à l’égard des cou- es de bois des communes et des établissement pu- lics i mais , dans ce cas, le décime pour franc est remboursé pnr le domaine j et le prix principal par la commuim ou l’établissement propriétaire. VI Les dispositions de l’ordonnança de iôCcpsur le* différences de mesures et le paiement de -cés différences-,sont'applicables aux coupes dans les bois de* particuliers. (Arr. de la C. de cass..y du sds.fé- a.)uVp au Recueil. <: .e al J-< ter \ Vil- die conservateur doit.adressasanhueüementj à l’Administration un état général des surme8urbs| et,moins de mesure, conforme auj modela - n<», io , joint à UinstructiDïl du a 3 mars q 82u--.1V. Mettes. (Iîoi dit. 29 septembre -1791 y tit- ■ VJ, art. 27. Instr. du 7 prairial an 9 , 4 »«f art. .7.— Circul. du 17 Jloréal an ro. — Intir. duzo mars 1823, art. 4<* ). b n ,VUI. Les erreurs qui excédent un.quarantième -sq^t à la^cbarge des arpenteurs qui les commettent. (loi du 29 septembre 1791 r tit. XIV, art. 8.) V. ce quq nous avons dit à -cet égard au mot Arpenteur , t. I, p. 287- ul*’Administration des forêts a plusieurs fois appelé l’attention des conservateurs sur le grand nombre de demandes en remboursement de moins de mesure, et les a chargés de tenir la main à ce que les réarpentages fussent faits en présence des arpenteurs qui ont fait l’assiette , ainsi que le veut l’article 1 er . du tit. X VI de l’ordonnance de 1669. Elle a invité les arpenteurs ù apporter la plus grande exactitude dans leurs opérations, à ne jamais se dispenser d’assister aux récolemens et à en signer les procès-verbaux , les prévenant qu’ils seraient personnellement responsables des erreurs qu’ils auraient commises. ( Circul. des 6 Jloréal an 10—27 ntarg. 1802, 27 thermidor an 12— 15 août 1804, et 7 janvier >806) t . L’Adfninistratipn a renouvelé aux arpenteurs l’invitation d’apporter de l’exactitude dans leurs Opérations, et les a prévenus que toutes les fois que les différences excéderont un vingtième, les conservateurs en rendraient comptepar un rapport spécial, poqr que l’Administration puisse juger f après avoir entendu l’arpenteur, s’il doit être maintenu en fonçgiqns- (Ib-, du ao mars 1823.) L’ordonnance du roi , du 22 novembre 1820, .çqçqsé; ut^,géjificateur général des arpentages , qui çst;chargé ,de vérifier sur le terrain les arpentages .et réarpep ta gc s i Sic s procès-verbaux de vérification, rédigé^ contradictoirement avec les parties intéres- .séps , ef- ayant qu’il ait été pourvu au paiement des djjfqren'ces de mesures, servent à en régler le monta^,, (Jh., du t 28 avril 1823. — CaJr . des ch. de 1824, at,t. S#.}.. , MOINS DE MES LIRE. V, ^Moindre mesure. , u MQIS.Qu, latin mensis , lequel,aurait.été &fmé, ^tiivan^iÇicsSP 11 ! ^. e me/isu/a,,mesure.iC’estla dou- jÿèqiçp^rÿe du l’a,nnée. -a-.- .iiuo. , ., ^e ?9 ©p^tjons à faire par mois : , par trimestre,’ .par, s^njestr# et par an dans les forêts, et les états et r.oqse^gnemens que doivent fournir les agens fdres- Rqçs.oÉx époques, se trouvent détaillés è V,;cet./irtLple,/, M0 5t)-. cMONADEAEiJilE. Ternie delbétirtifjOfetéiSrtposé de deux-jgiotis grecs,iqui sqçn ïli^iitj uiijrèse. Lansona- delphie forme la seizième classe du système seKuel deLinnéh eile renferme les plantasfplifcAifpdtuiéurs < étuipuies réunies par Leurs iiletsen, un qmm corps. . idQN’ARDRlE. Terme debofanique composùide deuxmots grecs,qui signifientu/xmari.La monamdrie est la classe première du 'système se^MneldeLio'hé : elle renferme les plantes qui n’ont- qu’une, étamine. MONOCOTÏLÉDONES. Adjefckif^duigmt/no- • *os , seul, unique, *t de kotuladdn ,- cavité, ébuelbi. C’est le nom qu’en botanique on donnai [paix plantes qui n’ont qu’une feuille séminale, ounu-seul lobe OU cotylédon. V* Botanique, ti, ilq al -ruoq tuai MONOEC 1 E. Terme de botanique composé de deux mots grecs, qui signifient une.maisomh.&'ino- noécie est la vingt et unième classe du systèmesexuel de Linné telle renfermelesplantesqukantdes^etirs mâles .et des fleurs femelles p mais:séparées, .sur le même individu. .. b 1 e oHsujIbii evioJeid'b aetisn MONOGAMIE. flei-merle,bofcfnitfh e isorpjw jéAe deux mots grecs, qui signifient .une noce. La syngé- nésie, dix-ne uvièmè^laS^é d'u v éÿsfètnb èexue 1 est divisée en cinq seetidhsp & itiobdgÿînÿè!'est la dernière : elle renferme les plantes demies floues,, lans être composées de fleurons ni de demb-fleuionSÿOnt leurs étamines réunies par leurs anthères, uef si MONOGYNIE. Du grec roo/zos,>.seuly ,unique , et de ffuné, femme ou femelle. C’est le nom donne par Linné, dans son système sexuel deSjVégéténx , au premier ordre ou à la première sous-divisioa des classes des plantes dont la fleur n’a qu’une, partie femelle ou qu’un pistil. V. Botanique* ;oî-- MONOÏQUE, ( T. de bot. ) On,appelle plantes monoïques celles qui sont de la classe monoécie, c’est- à-dire qui ont sur le même individu de* fleurs mâles et des fleurs femelles, mais séparées. ;u', ;. .'■■■• MONOPÉTALE. ( T. de bot.) On appelle corolle monopétale, Jleur monopétale, celle qui est d’une seule pièce. -am.iyil rdii La corolle monopétale porte les étamines, ijui, dans ce cas, sont ordinairement en nombre débni. MONOPHYLLE. (T. de bot.) On appelleraiice monophylle celui qui est d’une seule pièce-,c’e*t-à- dire dont les incisions, s’il y en a, ne sont pas. continuées jusqu’à sa base. - , . . ... 9 v;>. MONOPOLE, Du grec mono#, seul <,-ù et que, «t de pôlein , vendre : qui vend seul. Le -monopole.est le trafic qui se fait par celui qui se rend seul le maître d’une marchandise , en sorte què toua céux qui eu ont besoin, sont obligés de passer nécessairement par ses mains , et de lui en payer le prix ,qn?il veut y mettre. mule!,. d Si quelques marchands, adjudicataire^.- ou autres .se trouvent convaincus , dit Parti a 3 div.tit, 3 tV.de l’ordonnance de 1669, d’avoir nionopàléod ,qo»r plotéadè concert entre eux, par parole,ou paréerit, de ne point enchérir les vin» sur les. oiutr/esV-o** 11 ® la confiscation des ventes, il* doivent.être condamnés en une amende arbitraire , qui ne pourra être au-dersous.de 1,000 liV-yet-bannis des lorètsuBjub Cette -disposition, à l’exception du bannissement, qui n.’a plus lieu en matière forestière p est,rappelée par L’arb. ?4 dicçahiordo^charges de. p 8 a feu I i i n T M ON 4°5 M(MiüS|PEftMIàj>(2?ns* Abà4 Omttp^ètfruit. moj«K/>drfli»’’éplui}i*yiii;«j»a renferme. qu'Wi»)S*ule /g««emeydu:IU.tiii »«ons,TBOiït. Lesaioa-! tagnes sont îles; i saillies |dnt on moins'bnutetyubos «bu HKjins lonquilexistent stié ’là'sW-fàôd Je lai teraeettoui aJ.nturrrva Jnatlic .-it.;»,?.' . it< :’-:us..v i iHnüs Orcbajs'ÿ.dans la- 1<)encours préliminaire <ïe cet ouvrage ,9tWLStf dosfoeèts situées eu montagne», et rap[iehi urf gfànd qo&bdehfc faits qéi provient leom-j bien ia .coiwerïafcibn de /cet) (arête est i apportant# J Bmàsi'f ouseitietedbvoB* pas mainspnéfenier iéi quel-j qhaésl observation* générales sur lès montagnes ÿ qui , étant pour la plupart coqvertes de bois, sont, sous «e «apport, dan s de domaine forestière 1 1 '■ •OoNoiis profiterous, pourla rédaction de cetarticle, de*‘instruetiott» que. nous trouvons) dans les ou- Ttmijes des oadapaUstes, des agronomes et des forestier»--, t et notamment dans les nouveaux dictionnaires d’histoire naturelle et d’agriculturepet -dans IVji/vrpgeided(Ij dirai etisardesiP-yféttéés.'O/' - 19 f> nj U 9 fitdefcurçompasiüQn. n ios uiotitagneslBOntdivisées par les géologues en cinq classesdifférentes ; suivant l’époque et le mode de leur formations Ce sont les montagnes primitives p secondaires et tertiaires, les colUftes d’allu- vion., et les nixmtdgnés volcaniques. ■Montagnes primitives Ce sont celles dont l’origine remonte à l’époquç de là formation même du globe terrestre, et dont la structure seule annonce qu’elles en sontunedépendanceimmédiate,etqu’elles en forment véritablement une partie intégrante. On voit les couches dont elles sont formées surgir du sein même de la terre, et l’on reconnaît qu’elles ne sont qu’une extension de ses couches générales, de même que les loupes et les tubercules qui se forment sur les arbres ne sont que le prolongement de leurs fibres ligneuses. iu^eaautres montagnes, au contraire, ne sont que des dépôts adventices, et qui sont étrangers à la terre sur laquelle ils reposent. Saussure a comparé la structure des montagnes primitives à celle d’un artichaut, et l’on ne pouvait, observe M. Patrin , faire de comparaison plus heu- rejUsopBien, en effet, ne ressemble mieux à l’inté- Jtérieurd’une montagne de cette espèce, que la coupe verticale de.CB'Végétal ; c’est ce qu’on observe surtout dans celles qui sont presque isolées les unes des autres, et-placées comme des mamelons sur les bonfs des grandes chaînes : on voit là toutes les gradations de leur développement, depuis les couches qui n’offrent dans leur situation qidune légère cohvéxité au-dessus de la ligne horizontale, jnsqufa celles qui «rwvt parvesues à ia situation verticale, tput comme on l’-obseroe dans lesdivers de-; gtés d’accroissement de L’artlch&utL i) uiioq ■mlie noyau des montagnes primitives e*lmn ^énéroll de granit $ et les couches qui l’enveloppent sontor-; dinairement disposées dams l’ordre suivant : d’abord le gneiss, qui n’est autre-chose qu’un granit dont la structure est, schisteuse ; viennent ensuite les roches feuilletées^ qnartxeuzes et micacéesples schistes argileux p le grès quimitif, la pierre calcaireiprimi- •tiqe.y-eto. stè -oh ta )- n 'q > Les montagnes primitives n’offrent guieune tract ;dq corps organisés; leur surface présente généralement unetrès-petdtmépaisseur de terre végétale': >ce son,t.hUcs qui forment la plupart des haobes ihilfies, etfceliesqui ontfourni le plus de débris; ies sohrids yjsontitrès-fréqoentes, mais peu abondantes.-'Lotis léurs élevions se? décomposent; mais le gramt," he gneiss et le schiste plus rapidement qhele grèfferle :oaitnidoij 1 Voilà pourquoi le granit, le plus Sméien de!rtonsq et 4 i«#jtj^Jâis.')fi»! 4 sura«fl« 89 sous se trouvent dee'pâ'- tuvagfls- cçpeetfW dsl oaàged pendant j à fl mois de la son b o(i> croissent let» mê-- lèa^,.j)ui«il QflUé oti.dd trausefttdes sapins , celle dete pioy , j vdqs J l<&rtial,dep ! chênesq «Dû. ' : •’■ z& n X#r#Çffftni». s’élève sut les sommets, fait rquçpntrai^pçcesrivexent des plantes propres aux prorinces méridionales, auxclimats tempérés et aux région* polaires,-1;' 1 I/â oléine ctrdWe à-peu-près se fait remarquer pour le^ animaéix. g,.. - M.iDralet, qsvi a donné une fort bonne description, des.Pyrénées, noiis-fuit connaître les essences quintuplent ces m OP ta gués et. les défrichemens successifs qui ,y (uiteu lieu. Comme les observations qu’il présente peuvent s’appliquer à beaucoup d’autres montagnes, nous en donnons ici un extrait. Les forêts, dit-il, couvraient autrefois la majeure partie de la surface des Pyrénées. La plupart ont été réduites en pâturage par tes habitons, et surtout par les bergers , qui les incendièrent ou les détachèrent. Ce qui reste ne forme donc qu’une faible po.rtion de ce qui existait autrefois, et comme la destruction s’est opérée successivement sur les parties qui avoisinaient les habitations, la plupart des bois actuels sont dans des situations désavantageuses. Les absences dominantes sont le chêne-rouvre, quercus robur (Lin.), et le chêne sessile, quercus sessiliflora ' Schm. ■;. Les forêts de chênes se trouvent, sur les montagnes les plus rapprochées des plaines, qui s’élèvent jusqu’à 6 à 700 mètres au-dessus du biveau de la mer. La hêtre, fagus sylvatica ( Lin. ), s’associe au chêne,^ ol lui succède jusqu’à la hauteur de 1000 mètres. Le sapin, pains picea (Lin.), dispute au liêt re les terrains qui sont habituellement privés des rayons du soleil, et.m’approche des pins sauvages, pinus ru- bra qui ‘s’élèvent jusqu’à la hauteur de 17OQ jpètrps, et-terminent l’échelle de végétation des.ariwm en- • La-nQfnsWclattire des autres grands arbres, et des arbrisseaux, et arbustes qui croissent dans les Pyrénées, slriève à plus de deux cents espèces, parmi lesquelles on remarque cinq espèces d’érable, deux espèces d’auue, le bouleau ordinaire, le charme, le châtaignier, le buis, deux espèces d’alizier, un grand no*pbcei 4 &cytises, de daphnés et de bruyères, 407 ehêtrè domtnrth ?‘lê frêne élevé'et le frêne à fleur, ’ftlj»po^aé*pte'-rtmri&- blanc, lé sapin ordinaire, le pin-cembro, le pin tçaritime, l’épièéa j et quçl- mves'pïh^ à'jrigéofts 1 , "beaucoup de pins rouges d’É- IcoHsè ét 1 des pins à trttchets, des fîlarias, dès'pîsta- bhlèrs 1 , leS'peupliers blanc, grisâtre, noir, et lé tremblé, lé merisier, le bois de Sainte-Lucie, le poi- rier^Cdtitnirm, id cognassier, plusieurs espèces de thêhei l’télléé que le terris, ld Kermès, le chérie py- ratnidab\ ’téVcftenè 'vert, le chêne des Pyrénées , le t héne+WéttWè fXW chênesessile, le liège et le tauzin j , pn i tn 9 iis(e"trtiséî‘lé'sUrmà6‘‘des cortoyeurs, grand tiofrtbns 1 d’éépèéeide groseilliers, dè rosiers, de ronces, d’aurétnnehièrri;, d’épines, de feen'ètset de chèvrefeuilles; quiniè espèces de saules, trois de sy- reau, le sbrbiêr des oiseaux, le tamarix, l’if, le tilleul à petites feuilles,' l'orme fchampêtre, deux espèces de viornes,'etc., etc. On peut juger; par le nombre des arbres et arbustes des Pyrénéès, qui ne 1 .formé qiïMne faible partie des plantes qui les couvrent, combien fa flôre de ce s montagnes est fiche. La diminution ou l’abaissement des montagnes est démontré par plusieurs faits géologiques r fit notamment par la quantité immense des débris que les eaux courantes en ont détachés, et qui forment aujourd’hui le sol de nos plaines; par la diminution manifeste que les rivières elles-mêmes ont éprouvée; par les excavations très-considérables qu’on observe dans des rochers qui forment aujourd’hui des sommets de montagnes; enfin par les dégradations qu’elles éprouvent encore tous les jours. Les géologues placent la diminution des eaux au nombre des faits qui prouvent celle des montagnes, parce que ce sont les plus hautes montagnes qui donnent naissance ahx plus grandes pluies, et par suite aux plus grands fleuves: or, les anciens lits des rivières, beaucoup plus larges que ceux d’aujourd’hui, attestent incontestablement la diminution de l’effet, et par conséquent de la cause. Mais dans cette explication, on ne doit pas séparer les montagnes, des forêtsqui les recouvraient et qui favorisaient la formation des sources, puisque les montagnes mises à nu sont incapables de retenir les eaux, et qu’elles las laissent échapper par torrens. V. ce que nous avons rapporté à cet égard dans le Discours préliminaire, p. 10 èt suivantes. La dégradation des montagnes ne suit pas l’ordre de leur hauteur ni de la dureté des pierres qui les composent. Celles qui sont perpétuellement couvertes de neige, de plantes, d’arbres, v sont moins exposées que celles qui sont nues, et qui éprouvent l’action dissolvante des élémens. Ce sont sur-tout les alternatifs de gel et de dégel, d’humide et de sec, de froid et de chaud, qui agissent dans ce cas et mécaniquement ; les collisions , les frottemens causés par lés chutes, le roulement dans les torrens, achèvent ensuite de réduire les premiers fragmeiis en roches arrondies , puis en cailloux roulés, puis en sa- blon, enfin et successivement en argile ou eh marne. La décomposition chimique agit à son tour et d’une manière très-active, sur-tout dans les pierres sili-j ceuses composées, qui, par leur exposition à l’air, se changent en argile. Cela se remarque à la décompo- MON MON 4o8 tition bien plus avancée delà surface-su péri cure des pierre» de cette nature- ancaejjnhlmeiiit ,détâakées d’une voche,qu’à leur stirfaceinfériesire».' urnsg à ! M. Bosc, àJqui Remprunte une jpartietlïBïblisel'-j varions contenues dans cet artdclei, déplore !l»tf**â 4 d imprévoyance de nos pères et de nos condemporains, qui Ont détruit les arbres qui couronnaient iesrscon-j mets, et notre indifférence pour ItLipdstérit^JtjBi dOus. fait surseoir.-à la repl»HtàtianldusimenîtagBbsj qui ejr sont encore susceptiblefed’ËombiOai de-'tnonq-j tagbes, Véccie-t-il, sont anjoujgcHhaq enttérenOenn dégarnies de- terre, et par connéquant-iin propres-à teu te i culture i-U «o faut pas ardir beaiisaubisc^retga dans L’intérieur delà France , ppttropbvreOiy «tendes milliers d’-endxoits ainsi perdus, h jamais poorJatsbr-, ciété j surtout dans les déptu-tBrothaanêriilianaux,; o’esBà cette cause que tant de villages jadis fournis de sources, manquent aujourd’hui-d’eau-pendant IMté, ou même pendant-toute l’annén; -riooK ai- iu tes bois du simuiet des .montagnes arrêtent d’ufn. côté, une partie des eaux pluviales j-qui alors s’infiltrent petit à petit dans ta terre, et diminuent de l’autre la rapidité de ^écoulement de celle qui ne peut être absorbée : or,- on sait que c’est de la lenteur de l’infiltration que résulte la-permanence des fontaines, comme’c’est de la masse, ainsi que du mouvement accéléré des eaux, que résultel’entraîne- mont des terres^ L’estimable auteur que nous citons voudrait que le gouvernement fit des lois répressives- contre le défrichement des bois sur les montagnes, et il rappelle qu’en Suisse, pays où les forêts sont devenues presque aussi rares qu’en France, il y a peine de mort contre celui qui couperait des arbres sur certaines pentes où les bois garantissent les villages des avalanches de neige. 11 existe' bien une loi, celle du 9 floréal an 11 , contre les défricheinens en général; mais combien n’a-tion pas de moyens pour en éluder l’exécution? V. Défrichement. Nous ne pouvons mieux terminer cet article, qu’en rapportant un extrait île la circulaire écrite, le 4 novembre 1807,- aux conservateurs des forêts , sur le mode de repeuplement des montagnes : « La destruction inconsidérée des bois sur les sommets et les pentes rapides des montagnes, en privant la société d’une production de première nécessité, est devenue la cause d’une calamité publique. » Les eavx^ne trouvant plus d’obstaèie à leur dérivation, ont entraîné les terres dans les vallées; et les rochers, restés nus, ont perdu la faculté qu’ils tenaient des bois dont ils étaient garnis , d’arrêter les eaux, qui alors ne s’échappaientque par infiltra tion, et allaient alimenter’des sources qui n’existent plus. ' » Plusieurs contrées voisines des’ montagnes ont vu,' en effet, disparaître les ruisseaux et fontaines auxq'uelsellés devaient leur fertilité, et- se détériorer ou s’anéantir leur agriculture. » II èst donc du plus grand intérêt de repeupler les pentes et les sommets des montagnes. '» P-armi les méthodes qu’on peut tenter avec espoir die succès, il en est uné qui en à défà obtenu beaucioup, et qui mérite, par la combinaison des opérations qii&lle exige, d’être employée de préfé- jfenoe^iàltBàUeJaiatœêi , ev j • >1 rôt .• ■ - nièrl »P, 4 >re£iibbuBri» au sommet! de la pente de la montagne, et sur une ligne parfaitement horiton- 1 tal* f. une ; petite tranchée de Ô4 à Si millim. (2 à 3 ponces) de-profondeur, suivant l’épaisseur de la couché de terre qui a’ y trouve encore, et de 108 mil- lim.-n (-4 à & pouces y de largeur. On range les ga- OOns^ les pierres et la terre qui en proviennent sur iaibord de la-tranchée, du côté'dellai pente de la -montagne, de manière que cette tranché# acquière , îpiyr cette.afklitionyubo profondeur! presque doublé, et que ses .bords inférieurs dt supérieurs be trouvent de- niveau, q - i l iclfiOId » a?. Cette-première opération faite 1, omouvre de pareilles tranchées parallèlement .sur toute la pente de la montagne,iafdistantes le8.unes.des autres d’un mètre 299 à 624 milfim* (4 à drpjeds)p«uivant le plns-ou le moins de-rapidité de la pente*- -id s.i r .xiâ^iOnilabourelle-iend de tespetites»-tranchée*, et l’on y répand des semences de spin f , de sapin.,- de mélèze,, de bouleau ]ide chènecfU aiurfiles ytrelon la nature du terrain.et son exposition..On mêle ù- ces graines, lorsqu’il est-possible, des semence* dfejonc épineux ou de genêt, pour protéger par leur ombre les semis contre l’ardeur «lu soleil et la^riguéur du froid, et pour opposer un obstacle déplus, par- leurs racines, aux a valantes qui suivent les grandes pluies et la fonte des neigeât il. lit v Les tranchées sa remplissent insansiblemant des débris des végétaux et des terres que les pluies entraînent vers lç penchant de la montagne. Les intervalles d’une tranchée à l’autre se gazonnent et raffermissent ; les eaux des pluies, retenues par les sillons, imbibent la terre, et les jeunes plants trouvent l’engrais et l’humidité nécessaires à leur développement. » Il résulte de ce qui vient d’êtredit, que l’on doit bien se garder de cultiver en pommes de terre ou en grains les pentes des montagnes. Ce serait, en effet, faciliter l’éboulement des terres, La dénudation des racines des arbres, et augmenter ainsi la rapidité des pentes. 33 11 est encore une autre méthode que l’on suit dans quelques pays pour faire des semis sur des pentes rapides : elle consiste à faire des trous pour y jeter la semence, sans labourer le reste du terrain ; elle est bonne sous le rapport de la germination et de la croissance des arbres, mais eue ne remédie point à la dérivation trop rapide des «aux. Les arbres d’un pareil semis ne se prêtent point, comme dans la méthode précédente, un appui mutuel cojatrè les vents, et, par leur ombre, contre l’ardeur dü soleil. Cependant cette méthode peutètre employée, comme plus économique, dans les pentes encore couvertes de gazon, en observant de disposer les trous en -échiquier, et d’amasser sur le bord de chacun, du côté de la pente de la montagne, les gazons et pierres sortis de l’excavation; mais quelle que soit la méthode que l’on suive, on doit faire la plus sérieuse attention à la nature du terrain et à son exposition : c’est de là que dépend presque toujours le succès des semis. On sème avec fruit à l’exposition du nord les sapins, les pins, les mélézes et le bouleau; îvcoa -aU'J«\ouifcy;ka»mtri*8j)Tfe‘*b»tros9 l Wqk®nrieï> et-àes bouîeaux; au midi, le chêne , LfoïableVl»! hêtreqtle .pfoltaaïBeftBi pk HoiiEBt^lesapiaqiièxàéifi, le hêtre -fthiéioHatmeiislialuiq 9 ngil onu tu; i , 9 ngelnorn C P Enfiaidl eSt idq.LTplasigrasideimporfcaaMre font l*; 6 on»*rviartjt»'à deavemisy d'interdire aveu sévérité :WiutteEs^fcl 5 e,pf.rhero&$ quelde-celle-là. La MoBaüuaq JOaiicc^aMforE v r ou simplement la CfodoB&aM 9 taJ 3 ÿ(da')Yt>(bidEi:«Ei> Judée, la Mon et. le oùnmiqjwth ,'mtp*ûm 'du/aa/uara (Lin ), salanttm rlcaoaan^é^ms- i9sea~a.llâw!ln4 y a//> -rauke ; en an- < glals foomsécki.nigCs&ade, a la tige ligneuse, grêle, iftrsééiUenaeiirtgrimpante. Elle s’élève à une hau- t«iirjtonshiéirablé, eb p’entortille en tous sens sur iesrobjqtsiajaixtnièls elle peut s’attacher. Si elle man- qtwf dippaiffUb rampe à terre, où ses rameaux pro- duiÉentldemouvelles racines. Elle se garnit sur toute sa longueur de fouilles alternes, pétiolées, ovales- obhmgstefoiluisantas, simples vers leur sommet, divisées font trdiai parties ou articulées à leur base. Ses lleursparaissent dans le mois de juin jusqu’au commencement .de l’automne : elles sont violettes , disposées en petjts corymbes à L’aisselle des feuilles ou le long des tiges ; la corolle est divisée en cinq parties aiguës et i recourbées, et présentant la forme d’une étoile; les anthères sont d’un beau jaune. Les fruits aotUpcjes baies ovoïdes, d’un rouge éclatant, .f.ranspunentes, et3i5. » 5 2 M O T MOU 4io Ces dispiosittious se trouvent répétées par l’ordon- nancp de i 669, tit. XX 1 I 1 , art. 5 , et par plusieurs arrêts du cams^il, entre autres celui du ro septembre 1748, qui,ordonne aux juges de la Table de inarbre de Paris de se cpnformer dans leurs jugemens aux or- douuancos, déclarations, arrêts et réglemens qui Ont fixé les drcpts de mort-bois aux neuf espèces dé- signées en l’art. 9 de la Charte normande, qui sont saulx,,.iuarsau|x, puisnes, seurs, aunes, genêts, genièvre? et ronces $ et celui du 14 juillet ijbo, qui, en cassant une, sentence de la maîtrise particulière de Vesoul, qui avait compris clans , 1 e nombre des morts-bois le tremble, le pharmje, et généralement toute espèce de bois autre que le chêne-, le poirier, le pommier, le cerisier, le hêtre et autres arbres fruitiers portant fruits à grains ou à noyaux, ordonne que lors du réglement entre le seigneur de Bougey et les liabitans, l’usage du mort-bois sera limité aux neuf espèces spécifiées tant par la Charte normande dp l’année i 3 i 5 , que par l’art. 5 du tit. XXIII de l’ordopnancet de 1669. Les morts-bois n’étaient point sujets aux droits de tiers et danger. ( Ord■ de 1669, tit. XXIII, art. 7,) ■ Les possesseurs en peuvent prendre pour leur usage autant que bon leur semble, (, 1 b., tit. XXIII, art. 5 et 17.) V. Bois dans lesquels l’état a intérêt. Il y a, sur l’étymologie du terme mort-bois, une grande diversité d’opinions : a C’est une règle générale, dit Saint-You, entre les dialecticiens, les philosophes et les jurisconsultes, que transposita nomina idem sonant, laquelle 11e se trouvera par aventure manquer qu’en ce seul subject, sans que cela soit néanmoins fondé sur raison quelconque, et de fait la Charte aux Normands ne dit point De mortuis nemoribus, mais De nemoribus mortuis. » Suivant quelques personnes, ce ne serait point par une,transposition de mots qu’on aurait fait mort- bois ,• mais ce serait par la corruption des mots mou- bois , qu’on prononçait alors mol-bois, et dont on aurait fait mort-bois. On peut objecter, sur cette étymologie , que tous les bois désignés par la Charte normande ne sont point des bois mous, et que les épines, par exemple , sont des bois durs. On a prétendu aussi que mort-bois venait de mau- bois ou mauvais bois; enfin quelques auteurs ont pensée que les morts-bois ne valant pas mieux que les bois morts, on les avait rangés, par cette raison, dans la. même classe et sous la même dénomination 5 de manière que les ordonnances qui seraient survenues auraient jugé cônvenable d’établir une distinction par la seule transposition des mots. Ces questions sont aujourd’hui fort indifférentes, attendu que l’usage et les ordonnances ont fait connaître ce qu’on devait entendre par les deux dénominations de mort-bois et de bois mort. MOTIF. Mot qui vient du latin movere, motum, mouvoir, ce qui meut et porte à faire quelque chose. Les ancien nés ordonnances disaient : Ces considérations à ce nous mouvant, pour dire déterminés par ces motifs. MOTIF S DES JUGEMENS. Les jugemens en matière cin'ile doivent être motivés à peine de nullité. ( Code de procéd. civ., art. 141 • — Loi du 20 avril 1810 , art. 7.J Il en est-de même des jugemens en matière ,de simple police. ; Code d’instr. crim. de 1808 , art. i 63 .) Mais la peine de nullité, en matière correctionnelle, n’est point prononcée à défaut de l’énoncia- tiou des motifs; cependant il y aurait nullité, si le jugement n’énonçait pas d’une manière précise les faits dont le prévenu ,est jugé C9)ipa(|lq oy pop ppu- pable, parce qu’il faut que tes faits sqiqpt caractérisés pour justifier l’application de lp,loj(. p!est ainsi qu’il a été jugé par les arrêts de la cour de cassation , que nous avons cités au mot Jugement. MOTTE, du latin meta, qui'sjgrtifie bdrrte,’ov , dans un autre sens, un ainas de quelque matière que ce soit, fait en pyramide: ! Motte de terre, gleba. Petit morceau de terre détaché avec la charrue, avec la bêche lou'autrement. On rompt, 011 brise les mottes d’un chaüip, d’un terrain destiné à recevoir des semences, étlde tVtrYail a beaucoup d’inlluence sur le succès des semis, en ce qu’il permet à un plus grand nombre de semences de pénétrer dans la térre, île germer et de pousser. On appelle aussi motte la portion dé' tèrre qui tient aux racines des arbres quand 011 lés lève ou qu’on les arrache. Lever un arbre en motte, c’est le tirer de terre avec précaution, pouf que les racines restent engagées dans une motte de terre. Les arbres qui ne quittent point leurs feuilles en hiver ayant plus de peine à reprendre que les autres, on les arrache en motte , et pour que les mottes se conservent, on les place dans des mannequins d’osier, ou bien, on les retient par deux liens de paille en croix. On met en terre les mannequins avec les arbres mêmes; et comme ils s’y pourrissent en peu de temps, les racines ont la liberté de s’étendre dans le terrain et les arbres reprennent. Dans les bâtardières, les arbres étant placés assez écartés les uns des autres, on fait tout autour de chaque arbre une tranchée de la profondeur des racines, et éloignée des arbres d’environ 9 à 1 o pouces. On coupe avec une bêche bien tranchante ou avec une serpette toutes les racines qui se montrent dans cette tranchée. En taillant ainsi les racines, elles en poussent d’autres dans la terré de la motte, et si l’on répète deux ou trois fois cette opération , cette motte se trouve tellement enlacée de racines , qu’elle ne peut se désunir, et alors les arbres peuvent être levés et transportés avec beaucoup de facilité. Si l’arbre en motte n’est point trop sensible à la gelée, et que le temps y soit disposé, 011 arrose cette motte, et la gelée qui survient la durcit, de manière qu’on peut transporter l’arbre sans craindre qu’elle se rompe. Les plantations en motte étant très-coûteuses , on ne doit les employer que pour des arbrçs précieux, ou que pour ceux qu’on est obligé de transplanter en été. JVIOULE. C’est le nom d’une très-ancienne mesure pour le bois à brûler, qui a été supprimée par l’art. i 5 du tit. XXYII de l’ordonnance de 1669. Cependant l’usage a conservé son nom, qui sert en- MOU MOU 4 ' i core à désigner le bois choisi et de meilleure qualité, qu’on appelle bois de moule . D'Ordonnance de ville, de 1672, concernant La juridiction des prévôts des marchands et échevins de Paris, porte, art. i er . du chap. 17, que tous marchands de bois pour la provision de cette ville seront tenus de faire façonner tous les bois à brûler, de 3 pieds et demi de longueur, et pour les bois de moule , de 18 pouces au moins de grosseur. MOULE DES MAILLES DE FILETS. V. Filets,’dans le Dictionn. de la Pèche. MOULÈR. On disait autrefois mouler, pOur mesurer du bois, l’arranger dans la membrure, la corde ou l’anri'èâù. MOULEURS DE BOIS. On appelait ainsi les officiers chargés de mesurer le bois de chauffage à Paris. Les adjudicataires des bois du roi devaient payer, comme les autres, les droits attribués aux mouleurs et jaugeurs de bois. ( Arr. du Cons., du 25 décembre >743.) MOULIN , mola , machine à moudre. Toutes les contestations concernant les moulins, tant sur les grandes et petites rivières et ruisseaux qu’à la chute des étangs, étaient de la Compétence des officiers des eaux et forêts. ( Ord. de 1669, tit. I, art. 3 .) On ne peut construire de moulins dans les rivières navigables et flottables sansauiorisation. ( lb., tit. XXVII, art. 43 .) Quelques permissions qu’aient les particuliers, ils ne peuvent bâtir de façon à nuire au cours des eaux et à la navigation. ( Ib., art. 42.) Tout moulin bâti sans permission, quelque ancien qu’il soit, et ceux qui nuisent au cours des eaux, doivent être démolis aux frais des propriétaires. {Ib., tit. III, art. 23 ; tit. IV, art. 6; et tit. XXVII, art. 43 . ) Y., pour le droit de chômage, le mot Chômage. On 11e pouvait bâtir de moulins sur les petites rivières et ruisseaux sans la permission des seigneurs, qui en étaient regardés comme propriétaires. Une foule de coutumes réglaient les droits des seigneurs, la police des moulins, les droits de prise d’eau, les servitudes, la banalité, etc., etc. Mais les ci-devant seigneurs ont perdu, avec leurs justices, le droit exclusif qu’ils avaient de bâtir des moulins sur les rivières non navigables. {Loi du 1 3 — 20 avril 1791.) Un arrêté du directoire , du 19 ventôse an 6, ordonne que les dispositions des art. 4 2 et 43 du tit. XXY II de l’ordonnance de 1669 continueront d’être exécutées, et en conséquence enjoint « aux administrations centrales et municipales ( a.ijour- jourd’hui les préfets et sous-préfets) de veiller à ce qu’il ne soit établi aucun moulin, digue ou autre obstacle quelconque au libre cours des eaux, dans les rivières navigables et flottables, dans les canaux d’irrigation ou de desséchemens généraux, sans en avoir préalablement obtenu la permission de L’administration centrale (aujourd’hui les préfets), qui ne pourra l’accorder que de l’autorisation expresse du gouvernement. » Comme la loi du 28 septembre 179», tit. 11 , art. 16, attribue aux administrations départementales (aux préfets) le droit de fixer la hauteur à laquelle les propriétaires de moulins doivent tenir les eaux , il en résulte que l’intervention de cette autorité-èst encore nécessaire lorsque le propriétaire d’un terrain contigu à une rivière non navigable ni flottable veut établir un moulin à èau. La- police des cours d’eau appartient à l’autorité administrative, d’après la loi précitée; mais quand il s’agit de questions de propriété,'bu de l’ièterpVé- tation de quelques titres, contrât cHi contraventions, la connaissance des eoritentations ‘aj>(>ar(iéht aux tribnlfiaux. {Afr. de la C. de Cass., du 6 thermidor'nh 1 3 , ra jfpcti té dans le Rêpert. de jvrtspr. au mol Moulià. ) V. Conseil de préfecture, Cours d*eau, Flottage , Navigation , Pouvoir judiciaire. V. aussi' lés Décrets des 2 février 18ô8 et 2 juillet 1812, qui décident les cas où l’autorité administrative est ou non compétente pour décider des colites^ tâtions relatives à des moulins et usines. " rrf MOULIN A SCIER LE BOIS. La plupart des moulins à scier le bois s’établissent sur des cours d’eau; il y en a auSsi qui sont mus par la forcé du vent. La Lorraine, l’Alsace et les Pyrénées sont les pays en France où il y existe un plus grand nombre de moulins à scie , et qui sont destinés à débiter en planches les bois de pin et de sapin. Nous avons donné, dans les Annales forestières de 1809, p. 370, la description, avec une planche, des moulins à scier le bois, en usage dans la Hollande. Nous renvoyons à cet ouvrage Lé lecteur qui voudrait prendre connaissance de ces machines. I. L’ordonnance de 1669, tit. NXY 1 I, art. 43 » défend, comme nous l’avons dit à l’article précédent, toute construction sur les rivières sans autorisation. II. Un arrêt du conseil, du 12 mars 1702, a ordonné de procéder à la visite des moulins à scie construits dans l’intérieur et aux rives des forêts des Pyrénées, et chargé le grand-maître des eaux et ft>- rêts de se faire représenter les titres des propriétaires ou possesseurs, pour sur le tout être statué par le roi. III. Un autre arrêt, du 3 o janvier 1725, rendu pour les pays du Haut-Bugey et Yalromey, a pareillement enjoint aux propriétaires des moulins à scie île représenter leurs titres, et faute par eux de le faire dans le délai d’un mois, a ordonné que les moulins seraient détruits. IV. Un arrêt, du 28 janvier 1750, applicable à tout le royaume, défend à toutê personne de faire construire aucun moulin à scier le bois sans en avoir obtenu la permission du roi, à peine de démolition des moulins, de confiscation des matériaux et de 3 oo liv. d’amende, qui ne pourra être réputée comminatoire. V. au Recueil. V. Un réglement arrêté au conseil, le 16 septembre 1754, ponr l’A dministration des forêts de la maîtrise de Quillan, contient des dispositions pojtr empêcher l’introduction dans les moulihs à scie'Se bois coupés en délit, et prononce des peines pour les contraventions qui seraient faites à ces dispositions. Y. au Recueil. Yl. U11 arrêt du conseil, du a 3 juin 1781, détç<- mine les formalités qui doivent être Suivies par les propriétaires ou locataires des scieries dans le re$i 5 a* M U I MUL l\ \ i sort «le la 9KMtjiL$e de Saint-Dié, sous les peines porté «ys. par LsdU firfèt. V.au Recueil. , Vif- Eafin, un,arrêt,du »2 mars 1788, en main- teqanf .plusrejir? particuliers dans la propriété des m^pliçSiàjSpiaiïlu’ifc possédaient dans les commua ua\ 4 ès à# ifjaififcnMemel, Jasel, Montauban et Ba- gn^tvss-do-Lpdw 1 ■> Ordonne la démolition de plu- si^urs^ar)(tr^ti^t-fcwt très - expresses inhibitions et défWvsç^ particulier d’en établir sans permis- sion^àtp^ÿifnUo, 1000 fr« d’amende. - , YIH.,PnjY,oit,.par oes arrêts,* que lp principe de la n l épes$4é.,jcl?0be permission pour.établir des moulins à scie, consacré par l’art. 43 du tit. XXYII de l’ordoqyyuigp; 4^1669, a toujours été maintenu, maissops différentes peines dans quelques localités Le* contraventions aux 'réglemens sur l’établis- Igpient dps scieries sont delà compétence des tribunaux correctionnels. (Décretdu 12 juin 1804.) IX ï ,d j€S 'possesseurs de scieries doivent faire marquer les arbfes qu’ils destinent à être débités en planches, sous' le? peines prononcées par les réglemens locaux. Le défaut de préjudice causé à l’état ne peut être un niotifdt’excuse.U n’appartient qu’au gouvernement d’accorder ipa,remises ou réductions d’amende que l’équité peut réclamer. ( Arr. du 20 juin 1823.) MOULlTiJi ÇEOISjn Le bois mouliné est celui qui est piquédes vers, et qui se réduit en poussière. MOUSSE], tuusoust Famille de plantes qui fait partie de la cryptogamie de Linné, et qui renferme une trentaine de genres et un très-grand nombre d’espèces. Les mousses croissent sur toutes sortes de terrains, sur.{es pierres, les bois morts et les arbres j elles préfèrent les Leux frais et humides. Il parait que les mousses ne font point autant de tort aux arides qu’on le pense assez généralement; elles ne vivent point à leurs dépens et s’opposent très-peu à leur,transpiration, et le peu d’humidité qu’elles entretiennent sur leur écorce n’a presque point, d’inçonvéuiens. Cependant, il est bon d’enlever la mousse des arbres fruitiers. Le temps le plus convenable pour y procéder est après la pluie. On se sert à cet effet de hrosses, ou d’un morceau de bois fait en forme de qouteau , ou d’un couteau émoussé , ou de petites étrilles un peu, recourbées, ou enfin, pour les petits arbres, du dos de la serpette. Mais sj les mousses ne nuisent point aux arbres , leur présence et celle des lichens sur les jeunes individus auuoncentsauvent une mauvaise végétation. On a annoncé qu’en blanchissant avec de l’eau de chaux les arbres couverts de mousse, on leur rendait de la vigueur, et qu’on les disposait à se charger, de fruits; mais si cet effet a lieu, c’est probablement parce que l’eau de chaux, en tombant au pied de l’arbre r agit comme matière alcaline en dissolvant le cachons contenu dans l 'humus. MOUTONS, Ces animauxy ainsi que les chèvres, sont plus redoutables dans les bois que les boeufs et les vaches, parce qu’ils sont plus friands des jeunes bourgeons, et qu’ils rongent le bois jusqu’à l’écorce. V. Chèvre. MU 1 D. Ancienne mesure de capacité, qui était ttès-variable. A Paris, un muid de charbon contenait 320 boisseaux. MULOT, mus sylvaticus (Lin.). Quadrupède du genre des rats , qui habite ordinairement les bois et les buissons,; sa grosseur surpasse celle du Campagnol et de la souris , et sa tète est plus volumineuse que celle du rat. Il est d’un fauve noirâtre en dfes- sus, et d’un blanc grisâtre en dessous, avec une petite tache fauve sur la partie antérieure de la poitrine. On trouve les mulots principalementdans les pays de montagnes ou dans le voisinage des forêts y'«d’mi ils se répandent dans les champs un. peu avant la récolte et pendant les semailles, sur-tout 1 celle^'dji printemps, pour dévorer les graines qu’îlsmeuvent trouver. " Après ces excursions, ils retournent dans les bois, où ils trouvent des glands , des faines, des noisettes et autres fruits, dont ils font provision pour l’hiver. Leurs trous, qui sont ordinairement ceux des taupes, ou l’intérieur d’une racine pourrie , ou une fente do rocher, en sont presque toujours remplis. On a quelquefois trouvé plus d’un boisseau do ces graines dans un seul trou. :uf q ob Ils font plusieurs portées, chacune de huit à dix petits. Cependant leur multiplication parait moins rapide que celle des campagnols, sans douto parce qu’ils sont plus exposés dans les bois à la dent et au bec de leurs ennemis. Les mulots causent quelquefois de grands ravages dans les semis de glands et de faines, dans les jeunes plantations et dans les repousses de taillis; ils enlèvent les graines, et sur-tout les glands , en suivant les lignes où ils sont semés; ils rongent et dévorent les racines tendres et les jeunes bourgeons , et ils écorcent les brins de taillis dans tout leur pourtour et à une assez grande hauteur. 11 y a des années où ils se multiplient d’une manière prodigieuse dans les forêts, et où ils causent des ravages considérables par la grande consommation qu’ils font des glands et des faines, et par la destruction des jeunes recrus. Ils aiment sur-tout l’écorce des jeunes charmes , hêtres , érables et frênes , et il arrive souvent que des taillis de a à 6 ans sont entièrement écorcés par ces rongeurs; ce qui nécessite le prompt recépage de ces bois. Dans les coupes de futaies, on les trouve dans les situations exposées au soleil, et principalement aux,.endroits où le recru est âgé de 4 à 8 ans et très-serré : c’est là qu’ils sont en plus grande quantité et qu’ils causent le plus de dommage. Les coupes plus jeunes ou plus âgées et toutes les plantations isolées sont beaucoup moins exposées à leurs dégâts. Voici quelques exemples qui feront connaître combien la multiplication des mulots peut être dangereuse pour la conservation des bois. Un procès-verbal, du 4 février 1819, rédigé par les agens forestiers de l’arrondissement de Château- Salins, département de laMeurthe, a constaté que dans des coupes d’une contenance totale de 5 i hectares, exploitées en j8i4, 181 5 et 1816 dans les forêts dites la Garenne , le Cugnot de Fribourg et la Fontaine aux boeufs , les mulots ont rongé, en j 818, l’écorce de la grande majorité des brins de charme et de quelques rejets d’érable , et cela dans toute la circonférence'des tiges et jusqu’à la hauteur de 2, 3 et MUL MU L 410 même 5 centim. Mais il résulte 4 e lluhsetfvaüakides ageus forestiers que le&ibrins de chéri o «ntébérare- meut attaqués par les mulots, tandis quer.seus de charme ont tous pté écorcés. ihrn - J si- jf» fr ng Les forêts en taillis do L’arrondissement de.Dieuae ont été aussi fort maltraitées parlas mulots, sur-tout celles où le charme est l’essenca,domiaantè>f.i22 à 23 hectares de recrus de taillis de i , 2 et 3 ans.fint efcù rongés dans la forêt communale de Mériètés, suivant nu procès-verbal aussi du 4-févriqr 18190! Dans la même- année 181&, les mulots se sont également? multipliés dans la forêt de la Vaivre, située dans l’arrondissement de Befort, département du Bas-Rhin. Les agens forestiers ont attribué leur multiplication à la chaleur extraordinaire de l’été. Les jeunes brins de chêne , de. bouleau et de bois blancs provenant d’un semis de 12 à i 5 ans, et de Téteudue de fyf A 1 hectares , ont été rongés jusqu’à la hauteur.de i&epnüm. Il est reconnu que les brins ainsi rongés périssent dès l’année*nicante, etque les souches elles-mêmes cessent de produire des rejets, si on n’a soin de re- oéper ju*qu?au ivif les tiges endommagées. Cea faits et un grand nombre d’autres qu’on pourrait citer, prouvent combien.il est important d’exécuter les dispositions des régleinens qui défendent de détruire dans les forêts les aires des oiseaux de proie.On saiteneffet que les corbeaux, les corneilles, les cicognes, les milans, les faucons, Les buses, les tiercelets, les émoucliets , les ducs, les chats- huants , les orfraies et autres oiseaux de proie diurnes et nocturnes, détruisent beaucoup de rats, de mulots et de campagnols, et qu’ils en font la base de leur nourriture. On doit aussi se garder de faire une guerre à outrance aux quadrupèdes carnassiers, tels que les renards, les chats sauvages, les blaireaux , les fouines, les belettes , qui les recherchent continuellement et en font leur pâture. Les chiens eux-mêmes les chassent quelquefois avec fureur, et en tuent beaucoup. IL serait très-facile de les dresser à cette chasse utile. On a aussi remarqué que les gros porcs tuent et mangent les souris , et que lorsqu’on les mène à la glandée dans les forêts , ils contribuent à diminuer le nombre des mulots qui s’y trouvent. O11 a proposé un grand nombre de moyens de détruire les campagnols, qu’on pourrait employer aussi pour la destruction des mulots dans les pépinières , les semis et les plantations. Ces moyens consistent, i°. à faire tueravec un faisceau de baguettes, lors des labours d’automne, les campagnols ou mulots que le soc de la charrue amène au jour ; a 0 , à enterrer dans les semis des pots de terre à large ventre, dans lesquels les mulots tomberaient sans pouvoir en sortir ; 3 °. à les empoisonner, non avec de l’arsenic ou du sublimé corrosif , moyen très-dangereux, mais avec de la noix vomique, du garou,y de l’euphorbe, etc., dans la décoction desquels on fait tremper des grains de blé ; 4 0, * les inonder lorsque cela est possible; 3 °. à creuser des fosses profondes età parois perpendiculaires et bien unies, ou, ce qui est plus économique, à faire des trous avec une tarière ou vrille de fer de 2 décimètres de diamètre et de 3 de longueur, terminée par une tige de , 5 . décimètres , otfinBo au moyen d’une traverse de même longueur; 6°->îl tendre, de 10 pas en 10 pas, daraitoute. Bëtendued’tftie terre semée 1 , des ptk^es, qsti ne consistent q»e dans une pierre posée isur une peinte; bâche Uo, sous laquelle oi attache pour appât uitè noix grillée,‘que les'mulots Réfèrent au gland. , . G'psmoyens, qu’on ne doit pas négliger quand il is’a^Lt d’un.semis précieux et d’uneétèndue moyenne, sontpeupruticahles dahs les grandes plantations forestières , et c’eatià ménager ies moyens'de destruction doniiKS qiav.la nature que l’On doit prlnéipâle- ; ment) s’afctacldnrU'Rs'squt beaucoup plus actifs et pliis efiidàééjty .lit ub 84 . :Lairecepage' des taillis écorcés‘par les mulots'he doitp»* Être différé, parce que les brins endommagés languissent-et .finissent quelquefois par périr en totalité si ou les laisse pendant quelque temps dans cet état." Mais cç recépage n’est nécessaire qu’autant qu’il y a assez de brin* endommagés pour qtie leur disparition puisse occasionner un vide-parla suite. E® effet, s’il n’y avait d’ecorcéesque qufelques tigès isolées , ou réunies emsi-petit nombre-sur- un même point, que leur disparition ne' pût causer une diminution dans le produit futur de la coupe , on doit éviter, dans ce cas, les frais d’un' recépage. Ces petits vides se remplissent bien vite, et quand leur étendue 11e dépasse pas 5 à 6 pieds en carré, il n’en résulte aucune perte dans leiproduitde la coupe.'On ne doit pas non plus i s’occuper du recépage des brins isolés dans les taillis, quand il eu existe encore un certain nombre non écorcés sur la même souche. Mais quand tous les brins sont écorcés sur un grand nombre de souches, le recépage est indispensable pour favoriser une nouvelle production. Si on ne l’opère point, les souches produisent bien quelques nouveaux brins, mais qui restent faibles pendant les premières années, parce que ceuK : qui se trouvent écorcés continuent d’absorber une grande quantité de sève jusqu’à ce qu’ils périssent, et d’ailleurs ces nouvelles pousses se montrent bien plus tard que si on eût enlevé les tiges étorcées par tin recépage au printemps; enfin on a remarqué que les tiges écorcées entièrement jusque dans la terre ne donnaient plus de nouvelles productions, et que celles qui l’étaient tout près de terre n’en donnaient ordinairement qu’au deuxième printemps. M.Hartig recommande une précaution qui pa/ait importante lorsqu’il y a beaucoup de mulots dans une forêt : elle consiste , dans les futaies qui s’ex- ploitpnt suivant le système des éclaircies, à coaser- ver un certain nombre d’arbres à semences lors de la coupe claire et même de la coupe définitive 5 èt à les laisser subsister jusqu’à ce que les mulots aient disparu. Si alors lus mulots viennent à remuer des places considérables, ces places recevront de nouvelles semences de la part des arbres conservés^ et ou ne sera j>as dans la nécessité de compléter le repeuplement par des moyens artificiels. Cet! avis peut être utile même pour les forêts qui aesoiit pas exploitées suivant le mode allemand. MULTIFIDE. (T. de bot.) Divisé à-peu-près jusqu’à la moitié au moins par plusieurs incisnons aiguës, dont on ne détermine point le nombre. I MULT 1 FL 0 RE. Chargé de fleurs nombreuses. MU K MUR 4>4 MULTILOBÉ. [T. rie bot.) Diffère de multifide en que les incisions sont des sinus obtus. < MULTILOCULAIRE. [T. de bot.) Qui a plusieurs loges. MULTIPLICATION DES ARBRES. On peut multiplier les arbres par les semences, par les boutures, par les marcottes , par les drageons enracinés et par la greffe. La multiplication des arbres parles semences est le moyen le plus naturel et presque toujours le plus avantageux ; mais on n’est pas toujours sûr d’en obtenir précisément l’espèce ou la variété d’arbre qui a fourni la semence. Dans certains ras, les boutures sont le moyen le plus expéditif; mais toutes tes espèces d'arbres ne se prêtent pas à cette sorte de multiplication. Bien peu se refusent aux marcottes faites avec précaution; mais ce moyen est moins expéditif que les autres. Il y a des arbres qui poussent des rejets de dessus leurs racines : on nomme ces rejets des surgeons ou drageons enracinés; ils fournissent encore un moyen de multiplier aisément et assez promptement certaines espèces; on a de plus l’avantage, par cette méthode ainsi que par les deux précédentes , de conserver dans leur intégrité les espèces et même les variétés ; enfin lorsqu’on se propose de multiplier une espèce ou une variété dont on fait particulièrement cas, on peut encore employer utilement la greffe. Il y a des arbres qui ont tant de disposition à reprendre de bouture, qu’on est assuré d’avoir un arbre tout formé si l’on met en terre une branche de 8 à 9 pieds de longueur sur 9 à 10 pouces de circonférence, ce qu’on nomme des fiançons ou plan- tards : c’est ainsi qu’on a coutume de multiplier les saules et plusieurs espèces de peupliers. MUNICIPALITÉ. C’est le corps des officiers municipaux. La proclamation du 3 novembre 1789 enjoignait aux municipalités des communes voisines des forêts et bois d’y empêcher l’entrée et la vente d’aucun bois de délit, et de prêter, en cas de réquisition, main-forte aux officiers chargés de faire exécuter les lois et réglerçiens sur la conservation des forêts. Les corps administratifs et les municipalités (aujourd’hui les maires et adjoints) sont chargés, chacun dans leur territoire et selon l’ordre de leur institution , de veiller à la conservation des bois, et de fournir main-forte pour cet effet lorsqu’ils en sont requis par les agens forestiers. [Loidu 29 septembre 1791 , tit. VIII , art. 1 er .) Les officiers municipaux (les maires et adjoints ) assistent, sur les réquisitions qui leur en sont faites, aux perquisitions des bois de délit dans les ateliers, bàtimeus et enclos adjacens, où lesditshois auraient été transportés. ( Ib., art. 3 .) Dans le cas où les corps administratifs soupçonneraient l’exactitude ou la fidélité des gardes, ils peuvent visiter les bois domaniaux et autres soumis au régime forestier, dresser des procès-verbaux et les envover à l’Administration ou au gouvernement. Ib.) V. Maire. MURIER, morus. Genre de plantes delà famille des urticées, que Linné a placé dans la monoécie t riandrie, mais qui a quelquefois des fleurs dioïques. Ce genre renferme cinq espèces d’arbres : le mûrier noir, le mûrier blanc, le mûrier d’Italie, le mûrier de Constantinople , le mûrier rouge. Le Mûrier noir , môrus nigra , est originaire de l’Italie. On le cultive principalement pour ses fruits dans toute l’Europe méridionale et même dans le climat de Paris. Cet arbre ne s’élève guère qu’à 7 ou 8 mètres ; sa tête est composée d’un grand nombre de rameailx, qui présentent dans leur ensemble une forme arrondie approchant dé celle du pommier. Ses feuilles sont grandes, dures, roides^ entières et divisées en lobes, sur-to.it quand il vient dans un terrain aride. Ses fruits se teignent d’une couleur noire à l’époque de la maturité; leur forme est oblongue , et la pulpe est remplie d’un suc visqueux abondant. La mûre a un goût assez agréable : elle est adoucissante et laxative. On l’emploie en gargarisme pour calmer les inflammations de la gorge et pour déterger les ulcères de la bouché ; le suc sert à colorer les liqueurs. L’écorce de la racine passe pour purgative. Le bois est liapt 'et flexible ; il ressemble beaucoup à celui du mûrier blanc , et on peut l’employer à divers ouvrages. Il pèse par pied cube 4 2 livres. Ou multiplie rarement le mûrier noir de graines ; les rejetons, les marcottes et les boutures sont préférés. Le Mûrier blanc , morus alba, ainsi nommé à cause de la couleur de son fruit, est originaire de la Chine. C’est le plus important de tous les mûriers, à raison de la qualité de ses feuilles pour la nourriture des vers à soie. Il s’élève à la hauteur de i 5 à 16 mètres lorsqu’il croit en liberté dans un bon terrain. Il a T écorce épaisse , gercée et grise, les branches éparses et nombreuses, les feuilles presque lisses, d’un vert tendre, variant beaucoup dans la grandeur et la forme de leurs lobes lorsqu’elles en ont, les fleurs verdâtres , les fruits presque ronds , blanchâtres et de la grosseur du petit doigt. C’est principalement pour sa feuille qu’on cultive cet arbre ; cependant la prompte végétation du mûrier blanc , et la facilité avec laquelle il s’accommode de presque tous les terrains, même de ceux qui sont inontueux et rocailleux, et des lieux où il ne croît que des bruyères, enfin la propriété qu’il a d’arrêter les terres sur les pentes des montagnes par ses souches d’une grande largeur et ses racines traçantes , le rendent très-propre à former d’excellens taillis, dont on peut tirer beaucoup de feuilles, du bois de chauffage, des perches, des échalas et d’autres bois pour différens ouvrages. Le bois du tronc et des grosses branches , fendu et scié en planches d’un à 2 pouces d’épaisseur, sert à la fabrication des vaisseaux vinaires, et il a l’avantage de communiquer aux vins blancs un goût agréable, approchant de celui qu’on appelle violette. Le bois pèse par pied cube 44 livres. Les échalas de mûrier durent moins que ceux de chêne à la vérité, mais autant que ceux de châtaignier et plus que tous ceux de boi$ blancs. L’écorre du mûrier est employée comme celle du tilleul à faire des cordes à puits Celle des jeunes tiges et des rameaux donne, étant rouie, une filasse dont on peut faire de la toile et du papier. On a écrit des volumes' sur cet arbre précieux MUR MUR 4 « 5 considéré sous les divers rapports de son utilité pour la nourriture des vers à soiq et de ses propriétés médicinales , économiques et d’agrément. Mais comme çé serait sortir de notre sujet que de donner les détails qui s*y rapportent, et que cet arbre est loin d’opouper dans l’économie forestière le rang qu’il occupe à si juste titre dans t’éçonomie rurale, il suffira de présenter à nos lecteurs quelques considérations générales sur l’importance de sa multiplication , ; et a cet effet nous transcrirons un article inséré dans le Journal des Maires, du mois de mai 1818, et qui cpntipnt l’extrait d’une notice rédigée par la Société royale et centrale d’agriculture. Culture du mûrier. — a Le haut prix des soies, de- 33 puis plusieurs années , a ranimé par-tout la cul- » ture du mûrier, long-temps négligée, parce qu’elle » 11e présentait plus que de médiocres avantages; et » lit où la voix de l’intérêt ne s’est pas encore fait » entendre , et où l’éducation des vers à soie serait » une innovation ou une industrie entièrement re- » nouvelée,, la voix de l’autorité s’élève pour en 33 solliciter l’introduction, ou pour en rappeler 33 l’ancienne existence et ,d,émontrer la possibilité 33 de la faire renaître, et pour en prédire les bien- i 3 faits. Ainsi, tandis qu’en Provence et dans les dé- 33 partemens du Gard et de l’Ardèche cette culture 33 a redoublé d’activité; que, dans le reste du Lan- 33 guedocct qu’à Montauban , où pendant 20 ans on 33 avait arraché les mûriers , 011 en plante de toutes 33 parts, tandis enfin que dans le département de 33 la Drôme, les pépinières ne peuvent suffire aux 33 demandes, et que les plants sont achetés par 33 avance d’une année à l’autre , le préfet du Rhône 33 s’efforce d’enrichir Lyon de cette précieuse bran- 33 che d’industrie agricole ; et sans doute on la verra 33 bientôt de proche en proche, par le salutaire as- 33 Cendant de cet exemple , se rétablir dans toutes 33 les contrées au-delà de la Loire, où elle avait été 33 jadis introduite par la munificence de Henri IY » et par lessoins d’Olivier de Serres. Le jardin même » des Tuileries y fut consacré , et il en reste encore 33 des débris et des traces dans le Poitou, la Tou- 33 raine et l’Orléanais. 33 L’importance d’une telle révolution est facile à 33 apprécier. Quoique la France produise déjà une » grande quantité de soie, ses manufactures ne sont « pas moins dans la dépendancede l’étranger, parti- 33 culiireinent de l’Italie , pour une grande partie 33 de leurs besoins. Le prix de cette matière , venue >3 du dehors , est d’autant plus cher qu’on ne nous 33 la vend qu’ouvrée, et nous perdons par là le bé- 3> néfice d’une main-d’œuvre ; d’ailleurs nos fabri- » ques sont à la merci des caprices d’une législa- 33 tion qui les expose à tous les dangers des prohi- 33 bitions soudaines ou de l’augmentation imprévue » des droits. Il s’agit donc de s’affranchir de ces in- 33 cofivèniens et d’un tribut immense, et de trouver » les m'oyéns de cet affranchissement dans les res- 33 sources de notre propre sol. 33 La difficulté n’est pas d’y multiplier le mûrier : 39 cet arbre s’accommode pour ainsi dire de toutes 13 les terres , de tous les sites, de tous les climats ; >3 il vit dans les parties septentrionales de la Hon- 33 grie et parmi les frimas de la Prusse , comme à 13 Naples , en Sicile et en Espagne , sur les monta- >3 gnescomme dans les plaines, et si , dans un iofeds » numide j riche et fertile, la végétation s’en dé- » veloppe avec, plus dlénergie et do luxe que dans » un terrain léger , aride et sec , ce 11’est que dans » un sol de cette dernière espèce que la feuille par- >3 vient au plus au degré de perfection. 33 La seule question est de savoir si , dans les pays 33 où l’on veut introduire l’éducation du ver à suie, 33 les œufs peuvent être garantis de la'pernicieuse 33 influence des rigueurs de P hiver , et si l’insecte y 33 trouvera un printemps précoce, et avant les ar- >3 deurs de l’été une progression constante de cha- 33 leur de i 5 à 24 degrés , qui lui permette d’éclore 33 et de fournir en 5 o jours sa carrière, en se main- » tenant toujours sain et vigoureux. A ces condi- 33 lions, qu’elles soient l’eflèt général de la latitude 33 ou de l’avantage d’une situation locale particu- 33 lière, on peut hardiment se livrer à l’entreprise 33 de planter des mûriers, et si 011 ne s’écarte pas 33 des règles convenables à leur culture , 011 est au- 33 torisé à compter sur des succès. 33 Les principes de cette culture sont connus : on 33 les trouve déduits dans un grand nombre d’écrits, 33 parmi lesquels nous ne citerons que le Nouveau 33 cours complet d’agriculture , parce qu’étant plus 33 récent , il a recueilli toutes les notions théoriques 33 et pratiques sur ce sujet, qui ont obtenu la sanc- 33 tiou de la raison et de l’expérience. On peut con- 13 sulter aussi l’article Vers à soie dans le même 33 ouvrage, et ceux que le comte Dandolo a derniè- 33 renient publiés à Milan. Là, on trouvera tout » ce qu’il est utile de savoir sur le choix des vais riétes, du sol et de l’exposition; sur tous les » procédés depuis le semis jusqu’à l’émondage et à 33 la taille ; et relativement à l’influence de toutes » ces circonstances sur la prospérité et fa durée de 33 l’arbre , et sur la qualité de sa feuille. 33 On n’insistera ici que sur un point, et ce ne 33 sera que répéter ce qui a été déjà dit ailleurs; 33 mais il est essentiel d’y revenir. N’aspire-t-on » qu’à la quantité des produits en feuilles? Qu’011 33 préfère le mûrier greffé au sauvageon ; la feuille » du premier sera , plus que celle de l’autre , abon- 33 dante, large, épaisse , succulente et d’un plus » grand poids, grâce à la profusion d’un paren- 31 chyme indigeste et grossier; mais elle sera aussi » plus chargée de mûres et moins riche en subs- » tance résineuse , et par conséquent moins libérale 33 en soie; il en résultera en outre le désavantage 33 d’une infériorité sensible dans la qualité de cette » matière. Les expériences les plus positives ont 33 démontré qu’à circonstances égales d’âge, de si- » tuation, de terrain, de culture, de saison, la même 33 quantité de feuilles donnait, par le sauvageon, » trois fois plus de résine soyeuse que par le mûrier 33 greffé. 33 Pour dernière considération , on invitera les 33 agriculteurs des pays susceptibles de la culture 33 du mûrier, mais où elfe ne serait pas encore » adoptée, et qui craindraient de hasarder une spé- » culation incertaine dans ses résultats, à commen- » cer leurs essais parla formation autour de leurs MUR MUR 4i6 w coateüt^Die : ;e pis-aiLer serait dojic queues uev ,3*1 servissent.qu *4 cet qSige , et déjà, sous cq poil* .»} de.yye, Je propriétaire qui les y employées , fj..ijtp aurait exposé. 4 aucun rqgrçt; ma^|5},l’qn ijéus- ». champs d>ehaies de /;airrra/fa>.oVast-ù.*ilira de plan-, forpies tesplap capricieiCsote 5 la kmgueuretla doci- » tatiions naines à demeura^patlalfoie du, semis , ^ liaéde sbs'Orairches Bupeebietaent le; développe ment » aus:si propres, que lys ,plqs, grap-gr»tulsespaâssq etqnc« qài'estubeaaboup » sir les vers 4 soie. On lppt a, jSoyyaat sub^tjtuç£s ’ t moins connu, c’est qu’il üesouffre.Bol' sep feuilles » plans les jardins, aux charmijlés , ye.t comme' en-'Vauouneautre chenille «pie «elle qii’il est ddsliné 4 cadremeat et siûijiles çl^tHW jlçiuç.iiujité ost'in»- 'Bonrrir. - •• •. • -.««*• . sb niosud contestable : Je pis-alLer serait donc qu’elles 11e » Mais, à côté de tons ces avantages pestde désagrément attaché à la chute de»iwÀresr Jslencisur , toojosirt acidulé ,■ salit les vèteafeuaiebeh altéré les ' couleurs ; on atténue œidtico»véhies»tetnnefJlafa#it princiH'autour des bàtiraenspt sur' Iss promenardnv.jqvip'jes - ' L 'espèces de môrierSdont le.fireiielteldaoq^pefUret d’une maturité'tardive.»'km ab iVsVui'r «d « ■a Emploi du mûrier aux îisrrges domes&iqaiesv* — Sotvfruit est d’une excul lente nourrit itreponHuvp- 1 aille, ce qui doit lai (valoir im préférences dans ses basses-cours. Le»' planehes qui ptovwnsiénbdé -son bois se lourbent ! faciiemeilt est meréaid fibs.-ejai^ait, dans le midi de la France y desbaquets petit) if vendanges.Un phjpriéttnrûidud^pai'tJiBeiyt de laDqr- dngne-eiuri constnntdtcdcellentds hjurriqucafddùTila propriétépréciUuse^taltddâffireomcâns sufQGptihleqjie fè> chôma: et le mænicHnikrqsidédpteniJr* et de,ex)ri 1 - rauniquer an tvm ceititeasaaenrdésagMaWP' coftHuie sous le 10m de gvûtde/utts V .-.-A u*t tuui my . j> Les madrierstdu'vnÀrhjr.sauvageon HORhiexcal- lens pour- la grosse charpentée Si oilles scie» dans le sens'tlaüsversalrà ladrirbction dtatfibresj leur couleur jaune ssunoire at les; tend prôpreaBux ouvrages les plus recherohés. datJai mennreeriea'L’écorce |le toutes les variétés dohne une filasse.grossière-, mais propre à divers usages rurauxy end nies ratines de ces arbres, leur tronc et leurs branches fournissent .... .. . , n • « l.e mûrier brave le vent glacial qui aescenp. da» AlndS 'flans'les plaines de'l^ClsâUdné Jjrerfcé'oe pqs éactrtés Ife' dùr pocddïn^e dë Aa'’pHndpaùti? de 'Mbri&ib , on même terfié ù.'brki touîes.'Les aatres autatariresqirbpres • ài êti|e converti os en: tissus, lever OBhrier'noirsdoitria la, - soie prête iyétre dévidée, et- en des lils contimls dont o, la longueur excède quelquefois â^ooo pieds. oÿ Considété fomrno arbre dv décotatjon , -hs mù- Het; «éuvut des qualités- tfs&-pE9pres;.4 le lairOtïe- chercher j la souplesse de ss^ j^ien^:je'prête au» un excellent bois de chauffagellir ■ t i et. ‘ » Emploi du inûncr à\i’«duùatior\ dos \vérf~ à soie. — Cette riche destination « dea ILniitSStposées par la nature* et que parxonséqUeatilie»? essentiel de bien désigner si on ne. Veultiiodwiredçs.-lJTQprié- taires à d’inuniles aacrificesuaJ ob etnttou « La question est de savoir* dit Utnttedr d* I# no- » lice, si, dans les pays où l’on veut.intToduire.cette » éducation , les œufs peuvent être, garantis des ri- » gueurs de l’hiver et! si l’insêcte: y rtropyera un » printemps précoce.* ! •OjnLiXrét'hirei*n.uutt«tas.CJSS ^rg^^ytïfoÿr^gnt .4 l« t -«e» , Qpe t iar 4 qqe,j’a,tinospl)èf^a,uç 4 i%#f qtH«m««> ,..haîe*jruo ses preptiètys..pousses. Si l’air extérieur -est «nepre trop ; fepi^v. des poêlas c ou des cfnemiqjM suppléeiit.à /«tyiuÿ)qyénieat y enyin MUR MUR 4 «v mot, c’est dans de véritables serres «pte tout se passe depuis l’instant où ou force les vecr d’éclore, jusqu’à celui oit ht température générale*’»** élevée au degré qui leur «aiment. » On Toit donc ' que ces précieux oturiers n’ont pas besoin de printemps précoce pour naître,- vivre et croître ; mai* ce que l’art ne peut faire lorsque le climat s’r oppose, c’est de hâter la végétation du mûriêé. JJ éducation des vers à sole peut donc réussir Sens toutes les. contrées où le mûrier entrera en végéfatiàn a mois osant les grandes chaleurs, c’est- à*airp, pcurla'France, au plus tard avant le 1 5 mai. ■n Des variétés du mûriers — D’après des essais faits avee beaucoup de soin en 1786 , la Société d'agriculture de Paris reconnut la supériorité des soies fournie*' par les vers qu’on avait nourris avec la faufilé du mûrier noir 1 la même Variété donne en Espagne la belle soie de Grenade. Dans les Cévennes, on préféra la mûrier sauvageon aux variétés greffées qêlmd tyn vise'à la' quantité du produit. Le mûrier iPEspaeneta nui danslleaPiénront à la finesse de la sOld. Plttaon avanoe dans le Nord, plus le mûrier blanc 1 est sujet à brouir lors des petites gelées d’avril, etbi Mai* nous ne saurions trop le répéter , presque tout est local en agriculture; les expériences ie» mieux constatées manquent souvent à 100 pas des lieux où elles Ont parfaitement réussi. » Semis. —-On préfère, dans le midi de la France , la graine dtt mûrier blanc à' celle du sauvageon, parce qu’bn s’est aperçu que cette dernière donnait des plants moins droits et plus lents à se former. » La manière de semer est encore très - simple dans ces contrées et sur- tout très - économique. Après avoir éraillé une grosse corde de chanvre à demi-usée, on la frôtte avec des fruits bien mûrs, qui y déposent avec la graine leur suc mielleux, qui sert à la fixer. Lorsque la corde est suffisamment enduite, on la couche dans un sillon et on la recouvre de 3 pouces de terre, la nature fait le reste. » La Société d’agriculture cite avec éloge l’intéressant Ouvrage du marquis Dandolo sur l 'Art d’élever les vers à soie , nous saisissons cette occasion pour annoncer qu’une traduction de cet écrit va incessamment paraître à Montpellier. Nous devons aussi recommander à nos lecteurs le petit Traité où M. Reynaud , propriétaire dans les Cévennes , explique avec beaucoup d’ordre et de clarté les diverses méthodes employées dans cette province, depuis la couvaison des œufs jusqu’à la dernière opération qui livre la soie propre à être vendue. Les notes dont M. Giraud a enrichi ce livre renferment des observations infiniment utiles. » Mtjhiek d’Italie, morus italien. On cultive dans quelques jardins, en France , un mûrier connu sous le nom de mûrier d’Italie , qui mérite l’attention des cultivateurs, il ressemble tellement au mûrier blanc par le port et par le feuillage, (pi’on peut,à peiné lê distinguer 5 mais on le reconnaît facilement aù bois y dont la surface se teint en rose dans le temps de la sève, et à son fruit, qui prend une couleur noire à l’époque de la maturité. Les vers à soie en mangent les feuilles comme celles du mûrier. Cet arbre supporte le froid de nos hivers. Ses fruits sont de la grosseur de ceux du mûrier blanc , et ils ont Tome II. un goût assez agréable. X Histoire des-nrbros\et arbustes, par M. Desfontoinevi'p MtrniEn de ComsTAT rfrNrirT.è ‘rfîàrus œiistanti- rtapolîtana. II ■ressemble amsfbéftàcfûîp au itrûrier blanè, et peut-être d’en èst-if •ùhâàtM-arféM'ÿ 11 est plus petit, et ses rameàux sont pHA ; fh’mas^és. Ses feuilles sont aussi plus rapprochée, tfïfii ttdh'ïVentes aux branches, et très-ra-rement ohôsêés' eü ‘Iûbes. II donne d’abondantes récolte S, "fet'îf’fest tfès - bon poUr la nbûrrïhlre des vers â ioîe ; ÛéuNêfre même serait-il-m-éf^ràble à l’auïré; si le» feqîllqs'û'étaient plus tEfficîfé£ à ctîeilHr , : â caufe" dé ‘lêut* adhésion aux branches! Où peut le greffé! iiif ïeitifirle^ blanc. Mujuee BjjpoE, jnorus ruirs. Cet nrfcce ç^oît dans les Etats r ï 7 ois d f A,mérique, notamment vers le sud, où sa végétation psf favorisée par.ppe température modérée. Il s*ejève, dan», jlq» contrées qui lui conviennent, g upe> assez grande,J}gutç.yr,, qui quelquefois excède ÛQ | à..7.q,pie(|s,{3Cl,à ?3 éPjit.) sur 18 à 20 pouces ( 5 o à 6$eeqtim,) pifrnèrie; mais sa hauteur ordinaire . moins ÿpnsidérable, Se* feuilles, entières, et qùçlquejÇo^a partagées çqdeux ou trois lobes arrondis, sont, cordiibrmçs y assez grandes et dentées dans leur çpp^çqr; elles sont d’un vert sombre , d’une texture épaisse , et leur surface, est inégale et rude au toucher. Elles ne conviennent point à la nourriture des,vers à soie. Le fruit est oblong, d’un rouge foncé, d’une sgyeur aigrelette, un peu sucrée et fort agréable k .l’époque de la maturité. Le tronc du mûrier rouge est couvert d’qnp éçorce grisâtre et fendillée; le vrai bois ou. ,1e. cceqc est jaunâtre , approchant de la couleur du citr.Ofl j les couches concentriques sont très-distinctesj/lft bois a néanmoins le grain fin, et il est assez compacte , quoique moins pesant que celui dp chêne blanc ; il a de la force , de l’élasticité , et lorsqu’on lyemploie bien sec, il est presque aussi durable, que celui de l’acacia. Ces excellentes qualités lp, font rechercher dans les ports de mer des EtatsrUais. pour la qpus- truction des navires, dont il concourt à forqier la charpente supérieure et inférieure. Il est également bon pour les genoux et les varangues, et à défaut d’acacia , c’est le meilleur bois ppur faire des gocir- uables ; enfin on l’emploie pour lea courbes des grands bateaux, et on en fait des pieux, qui durent long-temps en terre sans s’altéreret ftons ce c|er- nier rapport, il est presque aussi estimé que l’acacia ; mais il est moins commun que ce dernier, dont la croissance est plus rapide et qui vient dans des terrains médiocres. M. Michaux, qui nous fournit ces renseignemens dans son excellente Histoire des arbres de l’Anté- mérique septentrionale , engage les forestiers de l’Europe à lé propager dans .las forêts commises à leur surveillance. Il est cultivé depuis long-temps en France et en Angleterre, dans les jardins et les parcs d’agrément, où il réussit très-bien et oit son feuillage épais donne beaucoup d’ombrage. On peut l’élever de graines, de drageon* et de bouture*-, et il reprend facilement 4 e greffe sur le mûrier blanc et même sur le noir. 4 i 8 Mïjf d’être mentionnée ici, encore Dien qu eue ai >1 TÛÿiK'itouuiui siuol j/iarfivt esiit'iBm z e soit sonèiij ”csî’ïes'ifS.ls'jsrmnlI^.HëklutVfes Iofec», tout quapdfl! èktpj 4 çé dtè s'on feuillago".Il,est dioiquè. Les’ ïïè'iirs tiitçs Sj>nt 'di^noséès en /chatons' comme céilës'd 1 ^ aatfes;''nt^ri*rs ! ^ ipai'ÿ les fleurs femellek pr 6 diliseht dps'fcaïes sphériques i. fcduÿfiosëeddç.gros fi lani ens ‘«iHàrWlls i qui prennent uhe CôuTeûf rôussë à î’ép^ijueîde' là. maturité.' Les ‘racines j tracé rit à de grâiideSiRstailcès , et poussent un - g^apd' ùoiuh^ëje rejets. t)n lé 'Jïiiiltipl ie de drageons , ’de ^boutures , de graines et de greffes. 11 vient ilâfts presque tous lés terrkins , et il résiste assez bien à nos hivers lorsqu’ils fi'e sôht pas trop rigoureux. On cultive cet arhfe'j ‘énî ? ràh‘dé, dans lès paires pt dans les jardins. Mï Deil 8 qta£nès a reconnu par expérience que les vers'à jàik en mangëaie\it'Yés {eùillës, même quand eues étalent rtiélêès aVec celle’s dù rhtfriër blanc. ■"Les habitans d'Ot'ahiti et ÜeS autres lies des mers du Sud font avec l’écorce du mûrier à papier une sorte dé toile non tisstie, qui leur sert de vêtetnens. Au Japon et à la Chiné, on eu fait du papier. MURIQUÈ. T. de bot. ) Couvert d’aspérités comrfté calleuses, plus ou moins conoïdales, aiguës. MUTILATION D’ARBRES. Les art. 445 et 455 du Codepénal dt 1810 ne sprit point applicables aux 1 cas d’arbres' abat tu s où mutilés dans les forêts domamàles, communales , d’établissemens publics ou de' particuliers j cés délits continuent de rester sous'lë régÿiie répressif de l’ordonnance de 1669 et de la loi pu ttO messidor an 3 , maintenues par l’ar- ticlë / t 84 i (Jfrr. de la C. de cass., du 9 mai 181a.) Les 'délits ‘de ce genre commis sur les héritages ruraux 'doivërijt au contraire être punis conformément àux'^ùft. 44d et 455 précités , et ils 11e sont ptùs 1 soumis(jidâ‘là presci;iptic)nétablie par l’art. 643 du Code É*instiùcti~on criminelle. (Ibdu z 3 octobre i 8fa.) ’IWUTIQIIE.'^T. de bot.) Opposé de aristé, c’est- à-diftf sans àrél'e. MYRiAGRAililMjÇ. Du grec muria , dix mille, et dè^rrJmmà , gramme. ' C'est UjU iidù veau poids qui est égal à 10,000 gram- mës oüif .10 Kalo^ràmipes, et en mesures anciennes à 1 ât> livres 1 ’® baces fe gros 63 grains 1 grain de ,.isï î*p.v.ià t -jb..îütwrm G * & 10- grain.. v. Mesure. 'MYRTAMÈTRE. Du grec muria, dix pii lie , ef ^ 91(1 nui v an %% c rér s Ky, fhu/r' 7 si, SJÜÔJ t/I9IÊVJi point ioresuere. ' . , _ ( , bfissëluix.'qï _ __ __ ciensi’kiaiènÇ-iïiicpnsa’cxé à VdÂus! (ail arbrisseau i l’ecôVcé d’ün gnsorùn, léà'Vâm’éaui 1 opposes^tés MYRIAR-E.'Du grec ‘dix’mitl.e/ (lu _iay fin'areaV airesurface, are, 7 C’èst*üne etendua aé io,ootf ares, ou ioq.ooo métrésrcarres : en mesure .iiÀ.'ri tuu'fit >tü ifc k«- r t j::: /s.ijiLc C a ancienne,cLer igo grands arnens. Liette mesure .est J.. ..ÆlJü >1 ü* v*i propre a designer une'grande efenaue ae, terrain. V. Mé/ffé*ttâ&tfesÏÏe. \ 3 T- MYRîCA.; V. Cale. ' i -â- MYRTE^^iyr^ùsi' Genre jïé plan tés’del’icosân- d rie moApgÿnié ef dë la famille des/inÿftoïdes ^qùi renferme une trentaine d T espèces‘^ n fj J?.o . gli-rm jj Jirîuns'nm ,- l 1( r?, K rise 5. efc ?V, flottage. 1 , ,. • . " d arbre*, amas^We^u a^jres ei^çs ^or/ajj «fe s o is. doivent etre inres-1 àrbreâ, amas dL .... *7 > n£ 1 ? in 9 ta ST tel j ,, obstacle, au cours de 1 ei *? ‘*vTjiua 'Si, Y ‘'(j^an. . vieres navigables «et: Ilot ta -~-r*— nitir ?p*-. ‘i'fl. ares aavieables .et . uossbtd 9l>yno.ii9jj»( , r i sous Cès 1\J J iMU'l*! ip Iti.ft' • ■.*•* * • ' Y ■. " -1 <- • s peine aè 5oo ir. d amende. » ;(«Ll*• • : ii.;i9fVi«iV ;;jj.,7U9 r , r:» i/j ' * jes disço^itjynsag liarticl^o|-dessus et celles des arfl.'dS ■ ^.sir ■> ~lÀï . eihce gui concerne eMdtWTonf jUSYLB .t>(lU 7110 2j directoire e*eci*tii _ ».9lJ* 92A139 SOI IU) iVlais la qonna Ï/W Î29 1H91 r police er k'eiiïcl y^ 2H/3 dans ce hûv$p??™ ce ¥ i 66 9 i concerne fai jpo liç^dés trvieres navigables és I « > onT_éle..f'¥*ôuvçteés par un arrêté ilu 329 1091 wj> ... „ .... ipoa, et .. , ,. Moulin . même tiîrè 1 dé i’brdqnnance ue NAV 4*9 3Û. aans ce Dictionnaire. le! tn<^ <-3unl 2'iK.muTu'u 9 Les art. 40 ét 4°“ u de /v1 6 3^ X o^"j t v 1 9 dr ^(1^rf¥ raa S e ppur’chaqi moulin. Y. Chômage. Les art. 3, 4 et 6 (lu t|t. it XX. défendaient aux propriétaires , fermiers et'receveurs des' péages d’arrêter les bateaux, faute jde paiement des droits de péages, et réglaient le ^iode de paiement, et la compétence des grands-maîtres et officiers des eaux et forêts, au sujçt de ces droits-,V. Péage*. L’ordonnancé de 1669 p’établjssait, pour ainsi dire , aucune règle sur les contestations qui pouvaient naître entre les marchands, les maîtres des bateaoix et autres,, au sujet.de la navigation et du transport des marchandises ; il dallait avoir recours à la déclaration du roi d“u 24 avril 17o3 (V. au Recueil portant réglement pour la navigation sur la Loïfié, à moins qu’il ne se trouvât des réglemens particuliers pour chaque rivière» La navigation intérieure, la police et l’entretien des rivières naviga^es ^"flottables ont été l’objet dé plusieurs lois eÇ réglgmens depuis la révolution. L’ârt.^2 de la loi. du 24 npvembre — i er . décembre 179a, rel^tiVé ^ux. domaine» nationaux, fléuv’çs éVrj^jpjes navigables, les ri- Y^ffés, fais’èt relais dg la nier, sont des dépendances du domaine public,'et .l’art. 538 du Code euœnare par, riyipres canaux navigauies, Le’cfiJIjV.^!) de Ja_îoi du 12 — .2$ 9QÙt,i 790 cha rge lés- aSirnnisïra typu»' d e départe mens |( aujourd'hui iu.iïÿfffTÆ ssêê$!*' âfMükm Me/f™ *aw3ef?i7*- r Fa ^ $lf/5sMs5 a l^s n .-^s s 8SffHi?^' a ?^wav?v»s^ e i^îcT' Cours fKèau. - 1 a jÈH&t -£li la i I£ .,sVction d* tit. (Je la îoi d' 1 «3ft.-di.VJfw Si i'7#_ _Tl ... 1 v.Hh M Ljes art. ^ijt. ÎI de, la même loi défen- déni â tc^jtprop^éjat^J’.inonder^l’h^ritage dè^°W XW’, T 1 . Iins et lésines de^njr jes^uij qne trop £.r^ide élévation , rendent lçs.upset Içs aujres^^ssimes du dçmmage, ek ciaEgèntlç^adtninisJtrs^oi)^ p(e aépâr- teméns 3ç fij^er la fauteur rMej^pijSs^ L’arrêté c^u directoire exécutif dfi là^ni^ifej^n 6, que 'nous avons J dêià cité, r#nWle les aîsnos'iiio’ijs des 3e .ni .te contribuent!^plus a ,1a tacilite de 1^ j^avigatiofi y a été l’objet de quelques lois oV réglepiens particuliers. y. Curage -et Rivière. , CPet ' ’ ’ ’ ' de taires d’y laisser libre j lé.loitg de çgs riviér^,, up e^iape suffisant pour fournir up, chemin çje Tialagç. V. çe mot , et au Recueil, IJ, , un Jflrr. du Directoire exécutif , çtu 13 mvçie an $ -— 2 yyn- vïer x 797 . _ ' . ' ' ‘ ' ' , r C’est aux ingénieurs «es ponts et chaussées à poursuivre les contraventions pux disposition^ de l’ordonnance de 1669, qui défendent, dfapporter obstacle à la navigation. ( Ord. du roi du 19 mars i8a3 ). Les travaux qu’exige la navigation intérieure donnent lieu à des droits pécuniaires quà se perçoivent sur les rivières navigables et llotfpbrés, en vertu de la loi du 3o floréal an 10 ( 20 mai .&2), qui attribue aux conseils de préfectures la çbnnais- sance des contestations qui peuvent j’cdêyer jsur la perception desdits droits. V. cette loi au Requcil, Le décret du 8 prairial an 1 1 , renduppUrî’^é- cution de cette loi, règle le mode de perception de l’octroi de navigation, la manière de procéder a la constatation des travaux à exécuter^ leur mode d’adjudication, et le mode de poursuitesV en cas de contravention à la loi, soit de la part des,receveurs de l’octroi de navigation, soit de ; l^.paj^ des conducteurs de bateaux, trains, etc. 11 fchar£e^les autorités civiles et militaires d^ prêter.maÎR^jyrte aux préposés à la recette des droits de navigation» A ce réglement général en ont 'iuccéde dq^paiti- culiers pour chaque bassin de navigation. iPels sont « fl î .1 «t 1 P T macn/lnr if , « 1?. % eyl'isif des eayx niéiga'blé, où ffottable. ju^ fleuve 611^.w.viére L’arrêté du i er . messidor aif*îV^qtii cjiyiÿe le bassin de la Seine en neuf arrondissêm^ns celui du 114 du même mois, qui règle la lieryapjipV. 'le l’octroi de navigation dans ces arromfîssenieps j 2°. L’arrêté au 27 vendémiaire an 12, ’qiq divise en trois arrondissemens le bassin de navigation fermé des fleuves de la Charente, dé 1^ ^épdrè. éi Jfé la t vre.Niortaisej.ét ^èluî'dù niémèjoursur ie taux fé'niode de perceiition'dè l’ôctroi’déiïaViealidii ; 9iiÿa..i£|^ aj-rçlés du i*r. florldl aii/i^ gu‘f myisent Icyhâssm 'cfe la Loire en onze ,^eflceKii du 'rRK8ne en’ sépt I arrondissemens J ,' et ceüx jdu jo\?rqpi règlent respectivement la pê'rçépiioiv dq'mjcuLL . 4°. Lps décrets du 8 veridçmîajre an‘14^ concernant lëÿ bassins dé la Souime et de^POrfié^el ïéux àii rfiênaè jour, qui règlent là perçepéfbifcle'iSîctroi de riavfgation sur ces bassins 5 55 * 4*o NÉF Nl&F 5°. Le decTék' l lfti u j où au Péiuèbficfkrtè'mattb' de^IA navigatiBR a'fed «VfèfèP'V.iètt'é.'iffi'Ar ■’khvûm™' ^fe'küwèls 1 , avfit i$i à\ letM dëi Pois 1 483, £ w: '5335"' èii Ads&’rfratlrèîdès 1 impdsftfotft' pWlft ‘naxWtîôn? 9va t UB9n aar ->‘ lnfi: V:f tt,fttirfe''éb^létaièftt, afe'détartiHi^let'ùrbts CMrkhgé\ Ll 'Çouri. d’èdu f frx/age î’Wottaàÿ 'flfa? /âge, Moùlitis ^PdfiàirjMicëitef^imes?^/' aussi l’article Pèche ..du JQictionn , des Pêches. PŒtfFAITES?'V 5»;- jfl( ;Fdj^ \fâ/nèdt«res’6u glandes 'flbralei r sfcn tdës cOrps’Cbarhtiv, I ‘qui naissent sur lëtécéptacle, ‘IWàirè’,’ le$ I1 è < t!âlrrfn/es I dn les pè-1 taies, et qui séparent de la niasse f des fluides le nectars stté ■mieriétiïaqiié/’Fôÿ'îtoiiVè déposé’ an fond dû’calice. Yi Pftfciol6$!è':'4ifgélitle, 'fi°iëctton? L NÉFLIER 1 ' 1 'hte'çpizu s .'0 enfé dé p là n te s de l’ico- sandrie peétag^riîé étjfle.l^ famille des rosacées, que plnslealts botëniytêk-’aVaientTéüni' aux aubépines, aux aliziers, et méViië ) dux' soébièrs, mais qui en a qté séparé paf 'VV illdénpW 3 , éfqùi sé "distingue de ces deux genres péir s Aes feuiflés, qui sont toujottrs entières, tandis née tfaMA les âlfirieri'et lës< sorbiers les fetti lies 1 Sont ' lébéers et rti^He allées. Oénoâiduilion. '—* J.i.'nèfle , mesle , amêle, ou I mêle ', sé-nëmme çn grec ntcspilon; en italien, nes- po/o f-etieéftàSgfioï, nisperof en allemand, mispel; en anglais ',' 'hiédlçr. : Le mot latin mespilus, qui désigne tétitle’^jeirre néflier, vient du grec mespi- lon. MttiS-jsttflétfrtt JPbinisinet de Civry, traducteur de Flâné f -lte'nwt tfifle serait le nom primitif, et il serait d*Orij>rrié ,; c#{jO-»scvthe. Il signifierait poignet, parée'tju'ëtyi^iur (d’oIi pùgna , pugnare ) se dit, I erPéet)^sais^ I1 >iéÿ) en suédois, nafwe; et à cet égard 'if "sé fonde! principalement sur ce vers de PallidîtsH ’‘“ ni ' ; < . liu Ina-no^i 1 jfugnacibus horrida mernbris. rt Il en conclut qué’lè'heflTer est d’origine celtique ou germa nSque^'-ét'H'ërtrft que le néflier gaulois aura été’tranijitirté^iftXï’râee par les Gaulo-Phocéens ou MarieittafisP 'Plfei^, en parlant des néfliers , dont il I mentionhS^ibiS dépéeèë, deux de lit Grècé etr une de* U Giulfep^iâïtpqiflil n’y en avait point én Italie du tempe-dêÂDAfOrh? 1 i uli; ' • * r u* jo u ,aitoaiBni -al .sim \ 29l * . - .lluai >i .eniqàditB^f^'a.S :A 7*q le l?/>JNéiue*.'' ootwstuiî, où î en anglais i d^hif gu/hce. 4°. Néflier .vain-ou -bbs AtyA 9 Bt#itf^*est' , ùif’'WP- prrfe^étHt'VîbllA p^érftiééè {^ùdèW.^'iÜldrdutiidtUrtdü leiiièîiPtftihil'iys’ bfiîi'de FEurope et''qiïe • l’6 r tJ 9 trtrrive daHsi les 3 lAîes; , il à le t/dnblt6rt i u’euxy'dHtbrrhte ^ ‘de vS â-dl) (ileds’àü'plftr 9 divisé efirè^trieà l uX ^ 9^rëgtHfé^■4’ , ,' ^ êtiSirfày- par - dé s'é ^mes -din s iMtht^àiiVkgéil ptibHs*i : fcens dans leur jeunesse, d’un brurf'-étiugésrt^fen UëÜllsrainf'f lés fenîïles dite tués-, ! de U , 3lS'pÿiitîël^le Iôfi^'éfir' , iÿ aWl’rgéélf de’fcté^'» orklèH cbAtyes 'ek' ëéstàtis $ 'di^(àëîi , y te«V , îlôlitWëtVf par dta4iêtioles ! ‘ ) c6ùrt8f irtibësëéké^jtfùdiél ^‘îétib base de deux petities felîynlés' seksitëî!/ i dVafe4, cadti*- ques ÿ lés fleuri 1 l blérttheÿy‘ i, graii3e^ ) 2 'Sk?itëlrési a â l’extrémité 1 des 1 rinieàUx'f* séÜtkidlëS^pâl# Wrt’peSlbil- cille fcTès-ecruft, 4elù ! )! : bltldéltâîf ! éq gidS^ 1 somfye^y^doifrbnrnét^aVflè^ ééodU^ltAéiFdArt'blAIêt!^ 7 d’urté Sérçkr kstri'îÜgéiitei, éôrttékdfttl dliiq sértiehees dures 1 ,fl OsséuSeS-, wàles'^'Mttnélià^ïAsi^'Cdt a fcrBrtf llevirit tlatis le mélsdO tnai^'et ééA fiüits -ihéMisefit!' en octobre : ôn lëÿ apjièUe IJ né^ej < j''ils'd>evietiBëiit mangcableb’qa'atodiW'toMrttèftiAt XUf > * n a9n ’ 1 ’ ’ cua Le néflier des boié A^éteitrAriSporté 1 dkùsi‘lesi jk+t* ilins, pù- Oli 1 l’aittiùltiplië'Ctintthk'aHlijre fruitier. ll 1 ëlf / ' a résulté' dei -\-driéfé4 dorif lié# tiges’tsont : sahs épines et orit : üne fbriée raoins>agreitej es dont les; fruits sont plus groéet tndlnS aéétbesP quoiucud lu On compte siü• dé' 'èeè 'variété*' dans la mouwlle édition Des arbres, par Duhamelj-sayolt : S l?, .’ , ttTie i r8- riété cultivée du néfliertônimtikq appelée à gros fruits; 2 °. une‘Variété! à-tige pt n g forte, dé 1 - pourvue d’épines', à fesiillespfeéque uhélfoisIpluV larges, et à fruits gros et catiHs-'} 3“. 'une Vatiété-éon- nue sons le nom de néflier à fruits xans''noÿ'n)i ; 4°. une variété à feuillès larges J entières y^tâ fruits plus hâtifs ; une variété â fruits plus ‘Ou moins pulpeux, à chair délicate y (fi. téné variété à fruits plus allongés, d’une saveur acerbe^' à-ebeiv insipide. *uo<[ Culture. : — Le néflier semultiplio de sémenceVv de marcottes, et par la’gteffe'Bùr 4e poirier, le gnassier , l’aubépine ! j-eui. p «tél'On ne le cnltive point dans les forêts^nMAS'^om'rte t>« réservelosl pieds un peu fotts qùe Fdn trôukè'daMB les (coupes', il s’y multiplié de lui-mênie par Ses fruits^ ét il ! y fournit des plants qùeEotf extrait '«düvè»*pour les transporter dans les Jardins, bécsob es 11 . -o mi Les semences de'Cét arbre ne lèvent-soùvent que dans la sééonde annéé^ mafs pour gagner du temps, otl doit des faire styarifier' dans de lanterrq un pem jiumidep pendantfithivét/'-et ne 4es empîoyeriou’au printemps, ou bien les semer dès l’autôiflftebÀjot* jl- en 1 tèA-d ùisoiigrandé pârtie'li ^première Année? Ae plantI se rppiqae à tiA pâeâ de distancie lorsqu’itia miàri ,ét Oft 4 é : transplante une* -secondé-foi s- à une], distance ’daublè ve^‘‘la q«atrièn»enou'iX;inqaiéme : année. Cofnfire il pousse'tnèa-lentsménit, ee-idest guère qfl’à sëpt OÛ hùit ans^ qülil «stipropre à être 1 planté il dernèutevCiette leiweupifaitiquîon emploie rarefpetit ée nébt'‘«n'Ue multiplieaftlort‘,l*t qu?on pré» Nita. Sfijon^ automne ajy;(J s J4,,cbqk JfjW/sHiU*»-v e ,r^< teayi.^^s^/r^^ ejl^ rffiprçnflgftkpas.iflq J*ps, Je c 0P«nfi •W4M,il,^[PW ( l.ftir, de* individus, .ffiapçs dp- wfid/ aè^reflLB Wéfcdfêvs, ifif, jar.^i^ wwms e hd a #fltejifl( l >¥ 2 Siind nu'b ,3*Beni' i mu enab ansa 9.^SfbfWï’i l ^ a ^!4>iTPVt,^'»4fl^ariï‘WT!ÎfP; f tW^ad}n^Jç ft obiv^t.gépépdfluiçnç gfèffci? 1 } fi t, 4, OçUJPfiRi «Pft 1 ?. uUsKPHÎf^driWia.awe nqws-ayqpe ci,Mki Cgy-greflps luaiiaH^it]tîhtftrepuAr.f tje*,Awitfgeoas qu’çliejî. pro* dqüfnf lïWftffi n t hlùùplws fapidemen tqy e ks,pùja ftiffiÇfci p}«mfé>i, dp» préfér r « n Çg-4»nîrfe s t IiSB«froids.dp pdji- teitH^jnqpj C9tp#S)fciffi>îtfa a^fjtpp, leurs fleurs r Du resüS a> WiWtfli^s ^«ftWPPdeifct Je toute, eftjfe de,fcfira Kj p(HMf/u W-fiUiï fce.fia^iWr trqfl.aqjwtjgpp} CŸpppd^nSatljjHïàUiéP^HÇrrfi^igius^i^ dans un, soi su^fftPfiffcefefftgifm»** ^nft^poJtiW Chaude,,,.. «ifilftsfe jWftfwitufrMW jpfflfwtç*flit, UJaœ-el, Wi J e n£paiJïç, Jpftpftpupgdp. /puitp. J’ap^pipes,. dt’azçypJk&s^ïifbî lHtisp«pii^aiîdep)^)ians les.sfctnisdes l^js^C^ppslarbri^auxyqui se: font aucun,tort aux chênes ni aux oliâttWgWers-j f aou,Y*ent la terre , f optj i*é 4 iç,d’4îPrlaft t , r j%th J,q t grand bpfl) y CtQÎp mieux. Nppfie.u so#édanades .iftniisesrqwq %oup,plantions : le* jeunes néfliers,fh’onl iw u sensiblement qufl dfMit» la Jrpisièmeflkqpalfljèroe.aflpée; mais ils ont beaucoup çcmfribtJJrgartdr les remises. Celte attestions, , qui,, fl’occasiqayie auçun frais, ne doit pjutj*rénégligée-teinBriijt) ■ • .;. Onvplece quelquefois 1© néflier, dans les jardins paysager^,! patoefott et Ê- > Sa couleur est de peMjJppaténe©! elle or t grise avec une teinte rougeâtre j, sesiueiuea; sontassez bien marquées, et ses couclmapiMitUîlfesjjisoint jtrèchsewées .et difficiles à compter. Il se dessèche, lentement}; Yarerures.de Fenilhft*. quÿai recherché leisqualités de ce bois, dit que i’écbanUlloB snrjequpl jf atppéré, avait teois 1 ans, et,qu’ilm’étaü pn^ipncrjce.parfaitemont sb 4, 11 peswit alors J misofi de 55 r livras lifiuoaacea ijm gros part idedsfitthéfuc'I eêb laïuee zal xiahl uo , zqmafnm Jesanèilea -éont-i d’bu^jrayeyr..acerbe uefe-^tria-l gftjUtOn-awadt, rltttBJarttafcfcrijté^etjÿe- sdept.rqneB lora» qyôelLfcs sont parvenues à l’dtfet qu’on lappelle. bips-, sUaetmtnti qu’ondee pmnge ^ptcet étM.n’érriye.Suf? les jarbres qu’au eoârmeecerucr^ de d’fùvei'- Forw l’actiélérepc ornouaitlo' leeroèilfts Pfl automne, bctttr qusiletwbconlôunccinunoBice à, pâlir ©goulet mct set 1 ‘ ■" ifj. 4»,i eD n^iB'srtBr: ^iwr/1 PVW mres les 'lont ^, 31 ^ fflftff Wi)h (?f 1,% Wî • • Wn ■«wf m# ‘i.Rmtefe wi^î JBWî) \tb n wfiwwf h **> w* r 9f 1 mm 1 , Æ e fio c .m ress ,Wgd^^* r lfff 1 ^5 ( .TV ie ^#/B c ^ c H l fififttiWln. r *üm&s&mxiiii wir wm? r yfi-I^it% 1 mfe^# 1 n iÇfî cr ^ a ,îef t vmWi«ÿ ant dans Feau, avec dfeppHfts -.r^gen^M pou .^éfWe aU/gb^^ai^n^ ^ réquemm^nt.n/ pIdxJib'I mui ,rn, sf eb Jns-taqè* iup 19 , saisi flOAMf îPrts, # & A I W^ent)PW,f :l 4aVlla “î^i r .bii.éaab a ? ; '! i-aiBi toyer,!^ ulcdçes .j ^ intlamipatious dfts _ /1 ,_ Tr ^ TW .... nrTTtt _ T;lTJ .„ composition de l,pog%>/< dpjnv^l^piJ-l^fJnbncf EfiAsllemagne ^flq^plpjgJJpi^i^kVfwdUefc dp néflier pour, le taflJCgq 4çj^ 19 xue PC. fkrXIEa-SuIftSO $,-> A^D^S.rfMb }g oe.\-t est un ar b r issead; df|, ( P,i à, 12 jpie d S/le, hapft , h très-rameux , très-garsijdp«l 4 fflt s WV;^fepilî« 8 ii sont ovales, légèrement,,qrèqek,e^,,j%s^ 0 gt v 4 np,n.l beau vert ; les fleurs bkipcjjqs, très , disposées en çorymbes, rouge écarlate. Il est Originaire des .narties.jnéki- ouge (içarlate. il e§t Originaire 9 ^. dionales de l’Europq, flgurjtj au ççpit, ^.aqeJsira sAtiapi'ine d&ia palüe-ilCefiifftU.t lqisèlquefoia que peu dn)«»« temps et conserve ses feuilles .peçLdwt.itCPèd C’est un cbarmant arbrisseau OT e dh9PipJafljgvÿa«»'. les jardins sur le bord des mas^, dÿfts^ 8 ,ÿiWlSssb bandes des. parterres,. o^j^pgJ^adç^apfyç, foir ea disparaître la nudité des, t mjre(, Uyÿ^çcjuitupnobfiïq effet dans toutes les saison,^ ajp priçfpinpSjfpgips^ heurs nombreuses 5 gn ,aufQmqp. r {Jc,^es £guifÇs 4Vt^è beau rouge qui le font paraître comme tou^gjV>lisVtJ\ d’où lui est venu le nom de buisson-ardent: et en lùyfj-, par la permanence-de Sôti 1 fètiifiagfe. lI se pjdtè à tous les caprice^ de f dft.tqilK np j„J 3 noD na JI Les baies laites ayeç -le buûi^n-grdent, J s|kçd,ftft f »$g aussi bonnes et pins fogrrcps^tu^^egjdpjliWbèriè pine.,11 ne craint pointé n Xti?i-fes, plus mauvais tqrrjrisjuj gpf^s^»{r»oCfoHn ne rçflo/jte que çeux qui sont aquatdyi^&sgjl) ritnfb plus beau au nôrd., et fournit plus Jet fppit& %t»«ddi l - On le multiplie par les semis, les marcottes, les boutures, et par la greffe sur ï^aubépine. , f^ftîgsaippf-d'dyenb Jt|^jj)à»es e*.- teïmiavknt fjlVVÇSi^ 1 PI?rfl#eyqM t»s rjsqftCr ds «©leaj-xoir.îeyBr'- qu’au ho.vt/jdo i4m#i ^«S»i,e< enqcnj»kmiaigcrifoette' < f ^ Si t z e ^ -^4 uççu^ Q w» Sà€fi n£ i a ! > jpp> jèr fl jaftis ,4e -.pl^' t, çsfcydJlHy-d vfaiidg et drsit a Up lsiis^é deux Jm^ièh plaeo ; «pt^quoi, ekiponi.’ : P^le-fepirpie àJ^ieufcihfqqctis^mssnn antreè od»'iLtté{iâré,gt /Mtdmo unpeu fuméiOê n’«st 4 ^teRt^fe’Higowwfitq éos’élever rapidqment, çepe®(4nt'uÂsf bô» ^attendre la fin de l^spcopde arftwe , pArçe qu’ory^deg pie/lj p^s-^gwrewf ^.et AoptjV Reprise'jpst pjtus c ?m*à' 7 ia „- o ■ , i » - '*.V Les boutures se font au printemps pt y^ir&up\ terçaÿi fjais „ ( et .jQintirfc&ÇJ Elles ^’èpcacjqpnt' assez raM^Wu^nt; niai^eRes manquent |réqpeuqpent. ■ Le Neflier cotoneaster est un | r b tijis çjtu, ww,4s -Alp e F > 4s Pÿfénées,,^ P»fy-4- IMme et en Allemagne, pea^ige^-^ont ^ps épines-;' se^lj^rmhq^ tartnèuses ej. nçpr|L|rps:rpaiea(ux charges irun duvet blanchâtre ; ses feuillesç gltçi- bfiSMPWpbdfép&iaseuc, leun-base -test «Rfl il i%6l9i4t-.qb? 4tu«ur/acs,3U|*rieiiiieqi étique la Mj?w4aWï'e;.de if l ^it'-qwù 4olontBi'de cesineiges'se fait continuellement j»r 4 bbsd^ -et, .cfest^ïeiqù». oeca- sjquop.atfe** l’ébrtudeinént de «e» suisses de'nei^es fj4' glwe*vt ^ur 4s pentes et - formènC-llst avalun- remarqué,'d’a*llenh5,6qu8(>leïuplan»e* ftui! ffli.-ièoqvefit couvertes parle» geigescsm- 'les E orlta-gç^p-y besoin-tfueddeiqbialques'jjones y ifèt jU fontes 'pour eeqrtérùrntoiiq ldn r développe- |tup(Ot r f#'donaer ■desdlauMetidbsdrükssgiei eb ?.v» | .Qn.s^if queiÜnbondanoede- launeig*'«l sardutde pédant- UB C «erta»n.liemps: coBtrihuén*àdrf i«fûfett' nés, arrondies, très-entièrp^,.. terpiiné^fr, {tour la plupart, par une petite pointe, vçftes en dessus^ blajicljâtt^s et, .cotonneuses en dessous, et- munies à leur base'de petites stipules caduques, en forme d’écailles ; ses fleurs sont petites, de couleur herbacée , situées dans- l’àksellé dès féuillès , réunies en bouquet^ au tyynbre dç cinq,,.quelquefois spTi.tair^ , et ^putenues, pa^jles pédqncules simples; sep .fruits spnt rougeâtres , globuleux et de lagros- seur^.d^ujn'po.is. , \ - . On^e^’ multiplie,dans Içs bosquets du printemps, par marcpttgs et par feyetons enracinés./ L’effet qü’î.ly^rodi^it dans Içs jardins n’est pas très-remarquable , ses feifillçVétanfpetifeçel'peu nombreuses? cenendaqt il contraste avpc Içÿ' autres arbustes lorsque! est placé convenablement. Le Néfl^p^kain e.p .UU arbuste de trois à quutre pie^ls dp haut èt tlès-rameux, qui a les feuilles .velues ‘datis sa’ jeunèSse, ovales, très-glabres, plus pâl^ep desspusj et les fleurs rougeâtres disposées en corymbes terminaux. Il croit naturellement sur lep Alpesqfc 4; p.qtres montagnes élevées de l’Eu- rpneou! jf fprqie de petits buissons très-touflus et d’un yé^jljiisant très-agréable. On le eultive dans q^ejkylps^ jpjnî.i^'jia^sagers, où il se place sur le prenne!-», où sur le second rang des massifs. Il se b ji*A !'■•> JiîJvT'f-. . . o , . a multiplie presque exclusivement par la grelte sur l’aullejùiiep quoiqu’il reprenne assez facilement dé marcottes, . y un do: dit-on, sont bons à manger NEIGÉ ^du latin giïx , nivis. Eau congelée qui, dans ^èrtkines clrconstances, tombe sur la surface d.e la tqjre^soUs 4 Forme de flocons séparés les uns des autres^ et| l qu^pnf tous une blancheur ébjopi.ssante- Elte fie 'peut se Former que lorsque l’air dé l’at- inosplierë laisse 1 tomber 1,’eau dés nuages dans des couches atnjpsphériguès refroidies,-au dpgré fle t 4 cpngêlaHôn ojfTiù-detà. Si la neTgè traversé dans.sq chute'des? eouçTiesftHûf cjiaudyâl es tj évi den t qp ’ejl q ‘ ,R ^ ’-^à, Ja.stifrace^e 4 te , Tr ^%Æ ? ei * e T iïF 11 .:Wi_f)R a chairs,, qe&uçorig d^9g a '^ I î or ù et . *#r 0 »-- 4—— —inVtlnnna* _ 5 1 ^ m* des inoWt'agnés. ' VlJl 1 i.HjIO il êbiod aiuy) i .9 zoqlnab 3 ngu des ,n’bji|ag^|s i oo*iyécèefs,nelge^, \9» si f« s - r 0 d c . I0 7 iiip . «dé U parai^-qqft . sur Ies g hautes mçqitaguqs fl lqù, ? lç? «fcseùué \1. Boeo^qae-lotssqt*; la, terrer- a-i cte gelé»:qj©iuwe' certaine prpkîudeuf ,4 pouces y par eerempleyitn-âutt Ia.s4rte4e,4 neige,, lesceflëtaiçisfdessusisoiitu-bièn lupins -marqués, nc-i /•:, sii|-enu anal' -hdiuoc -J î9 ’nr Dans- les pépiù*ère«, lei neige disppnà» yVVaa'^r pU>yeK r J|e%'coUveptures de. litière y, de Fduidlesqq de fougères etautres.destinées à.garantie les semis son les jeunes plantes des gelées- ' i- . : . î/[ cue'ui. Eu Allemagne, on sème souvent.ibestgrainea do pins, do sapins et defoouleau.sur InneigP. C?es|t Une bonne méthorle qui a l’avantage ifo necliirrùèèaidémence ù la terrp que lorsqtj’ilsyi* dol’humiditéyiet de favoriser suffisamment l’insertion des sera«ilpen dans la couche snpérieure.dn à)Ls nousiWmm dbn - vent recommandée dans le cour-» do ceé'O^iymgWr u. Si les neiges sont utiles à Li’éianomie’-rordb'PC forestière, elles leur sont aussi quelquefois préjudiciables : elles font varier rapidement: lautentpérfta.' ture, amènent une surabondance d’eauq fdnt rom- pre l«s arbres sous leur poids,, en occasionnent le gelivure, lorjviju’pllDs- se, .fondent en partie leùptl-r pour se geler de nouveau,la rruit, ou lorsqw’dtfob succèdent à de fortes geléès- .Elfes jreudent'leji»pn’u fagnes d’une certaine élévation dnhabitai»tes-npléh- dantsix , sept et huit mois de l’annceliüfo'stwte’qtté le pâturage des bestiaux et l’exploitélipn- dns< bofy y. Pont suspendus pendant fout ce temps, et sanni-l f. (C’est { sur,tewtid*ns!le>svcHuiaJts éeiyiè! ;st ordinairement sec en hiver, et où la neige «et 1 acilement enlevée par les vents, elle est moins langereuse pôi'itdfefe tTrb rëi? EeS pefsoiuîes quihabi- .egtlpsqi^ys^qnaqtùgftessayeat.eofxifHanla Aarge le^ qj^ige^ .ftijpat..spr .les a^b^esyleuritoa^ ledqpiquAgps. La;yfupaaiha4cçaflribfles.-aont -prive* NE& de Jeur*'bianolï(Miefc>daJquVicitj»£v Mitîs léSboîÿ&W sclurt«^eo6 lp-.plits-idçueaickusèsuisfotiIgejlMtël^î’tléS 1 jetunec, gaula» atatès,lut tesciblattttrtie^sp'fiitf^è^àP^* dèsi neiges iota de» téi mde< Je® ié<#ti‘sd'qhékftièfo« S’été pttitttaqii’pn' est? obligé deiiès-râeépétV^^^oilB^ H'Uiy>4 point4tf RiGyeuè'eibjrt&^èV pO#SqméVe^ nirirf*»ief6itsJnT«nb 1 cfc> quèles< fAnjsriefcS^^élflréÜt 5 làÂrftylq’e*t«[(loupe,plantee’4ans tefc-tJsAtiéeétjui'ÿ surit leisposgèsy ai»* une; espèce' 'de bbis ■ à' biaôthëS taafanfeajupUxiIpntMes fougues 1 fetlUfes ariaigniltef corqjpdaoellesidii pinitnaritfoleq 'Setjhatj^wt 9ofoïfr tiers de neigez»tiTÎ8'.firifnasi Qh ■péart-’éejitltaiànt éH ül inwuiar,.8nt®r»Jiasûiaionivé*liettS donéiKHtS parlôhfe , en ifomt kdanailfift forètsi des éclainaiee convenables, pafroetqufalDrsi le motadre vent agite plus librement la itfotaqips.; aribres et ' les xtébarrasse 'du poids de la neig&focé qui n^-ipeutiiavbir i lieu dans une forêt dontelq» a«bra*f«onti ta»pjssrtèsj - J ■ •• u. i Aiilegard dès jeune* plantations et des arbre* feo<-' l«fts)(»dp»«t3ajnplayer aïàjanirv moyen 1 , et qhî éon- sisi^AsêsfcoiieîrilaKaabkéegüand ils souttfop séPéhar- géb afoiiueighiuilaDafeit howriie^atxité d’une-fofirche peutipèk afa jour} fai/O oettü O^éÉrhtfon aUPime-pltm- tafowioewiîni érable. MiHareign sauvêdés'plants de oUètifi.èt d’autres espèces-)] ut rompaientsOiiStfepéids dersineigasd et qni eussent été mutilés et incftpdbles dm fournit-] de beaux arbres^én les faisant: secouer pasldes ihommss: dei journée. Quand'dé jeunes arbres ont été courbés dans une plantation par lé poids des neigesi, «t.qqtils ne:peuvent se relever, on doit’les coUpeiü I fc il’fendroit de la courba re. Il s’y formera une nouvelle bête, qui continuera la croissance en hauteur. Mais si la courbure-est près de terre, il n?y a pas d’asitlre .moyen que de couper l’arbre au pied poüt Igâ üire faire une nouvelle production. NE&P.RUN if^rhamntes. Genre de plantes de la pentandrie nlonagynielet de la famille des rham- noïdesMisa zeh . n, Dvn&TnintitLo7i.i — L’espèce principale se nomme, en italien , prttgnolinoy «usina salvatico; en espagnol ly cïimbronj en. anglais^ buckthom; en allemand > kreutz-jdom. Le nom de rhamnus a été donné par.fomanciens à un grand nombre de plantes assez différentes par leurs caractères et leurs vertus. Ils oat^en générai, désigné par ce nom des arbrisseau Xeépiileu:^ ,. et.donc lés fruits étaient souvent eroplôyésen médecine, eé qtii peut s’appliquer à presque tous les nerpr-ubs dunes contrées. 't’Ainofaàj mention des-propriétée médicinales du rhamnns aqbj’Ujrange mal-à-propos dans la classe dos.ro»desu(fLBü>m^ -4»V. XXIV.) ; . tu Linnæus a j .compris dans le genre nerprun les genres.igr/iapet alaterne de ToumefOrt, et ils yembéiéi, main tenus pur Jussieu. M. BesfontéîéeS, 1 qui a suivi la xhéthode de Jussieu-Ob dir Jardin dès! FlsntesidfliBacia,. divise les nerprunis-éÿ dèôif^séc'- 1 tioqa «.Ha qhresiièrq scomprend^fos -tigeè 9a jHerariiiUiilno 1. znionx .*89 silo «aJnov «s? V I 9-> raina li .malioi: j en in p 3foiCfEknn«w*OHO*'rtv, ’vàlgèirèinéht !ddifBldÙJ ou bûMrgi.éj)Mi»'j'bwf borgue-épiitè*, -S'oins 1 qSî'ifoh-' nent de tawireuptiafter, oo- pttfgètèpitré, tfutmhuïta- NEft 4^5 iftakHdu^ Lim 1 ytlferharid ^ lïèüti'-dbrh én < 392 q-’V 2£ q 4 °. Nerprun a feuilles linéaires, rfijidialis tfVidm*. XLï ^; r ‘ u \\. l!6 n: " i x -'™ } . uo “ ** T *&{■ rhatitHbi’&rJnuïàiÀh (ÛK:) J 6».î'NEWk«H J,  J VÉm‘tës p/tWtfdi -f LiiV.11 nl! lza A3 ‘ ^moto.i nauru r &.I [ l'fflalhAiifrbùàd-, foimn{ DUh.^^^dit/hmt^t ; ^ A 11910 9 , j j ' ^'Nt*RprO;»f ‘lii 4 ' 1 ‘it 6cjtÉés , ! . Ædnihdsr )$ltârills. I y ‘-‘0091 m» ; ait*.•ijiLHid JsvlL nu l) eut,- 1 £ ^9* , P NEirpfttîti 1 ‘À’ VéNGtmS ‘iÉuitL’és', Æû ! mfiià tfy- throxilum. (WtM.Y y '' M( l 1 ’•! ' jm [ ’’ . f ■*■ lO°. NERpRéN trt'ÿE'sdEfCt ,- rhar^nns, piÜh&éHj! ^Poir. )- ; : ••'P*'’ 1 **» «‘.'fe.j.t* ;:,.,i9q 9 b e-.-,d niol ,-t :i aealooj "" . e ttijaq )i: > - ius& ? 9 f ; rollir <•■"’- - ^ ESP^PES , A[.TLq^ t î4aS r " 1 V 0 . Nérii'itmrdbtÀ'^Jfk, , édlfliiflA{SfÉk,’’Ebùa-’' geàiite , BoirktTl'tj^it ^IBtf c lèSiy io i ; iïüjf 'rhamnus frangula (Lin.')f 'éÜ A\'èvh\hXl h fdüî-'bàÙin oii u /iu?- ver-holz ; en anglais, black T berry-beaiitfk aider. 12 0 . Nerprun 'iiskniéè 1 , rhamn'üü Ajibridus 1 ?' i 3 °. Nerprun béi‘ AtbEs,' ! rttajnhùs dlpiaus (Lin.y; én allemand,. krbi^cblattflùe ^alpèn-fdui- Baum} en atiSaikL âlpiuè f bütitHûm.‘'“. r ' ■ >,u ' 14 0 . NEévitdk’x'Vr.uiiiks ïhçtarins, /fl- nifoUus. ; , ‘ 9 ‘ " 1< ; ' “1. : J_ /‘ : : i 5 °. Nerprun nA ifc , tîtaiânus puiriühs^'. 3 16 0 . Nerprun glAV dWt'k'lÀi, fhàmUtë: dcàneïù- losus. II1 '' ' Jlc j ' ' r ' ,u 17 0 . Nerprun alaterne , bu slmptérii'énPAL'X- terne , rhamnus alaternus. ' u£,1,al ' , d. .:o(irn ç, ‘ Il y a un bien plus grand ntjrfibre d*éspëces de' nerpruns : l’auteur de la nouvelle édition ,/)ci a'ré'fo^ et arbustes de Duhamel èn côin pVè cjtiar an te é?pè ces, dont quatorze croissent dans les diffèrei/tW "pi fruès de l’Europe, et les autres se trouvent' etuAiié^ér? Afrique et en Amérique. Nous'.héîn^i 1 étcup^fpA , |', ici que des espèces les plus multiplias én ’Franéê, Le Nerprun purgatif est un arbrissèïli{''ë i p , iheux de 8 à 10 pieds de hauteur daris’l’éfatsautvâgé 1 , et à 24 lorsqu’il est ciiltivê. 11 îjn J le r^ncÇrltrè dans les haies, les buissons, ÿur ‘les^lisièr^sVâes bois, aux bords des étangs', dei^ivilret, et sur, toqt dans les terrains saWèux I, ét l /nus f’oii 3 Ï ressemble'' sottvent'' par sa fflrme ï ‘2n £ pruhiefr?" 1 !! 1 a* une ticp 1 forte l'divisée en rarnêiux J irreetiliè ('syiKé- coixe îiSsü'et d’uhgfis brun sllr’lês’jéünés^busses, rude et de poùlehr’pluÈ, fondée'tui; Iës' viéüx3raie eaux , qui ‘ se 'durdlssetit 1 et sé'ç'hangent'à lèur ex- tréiifîté éfi‘éjétil4î't*èi 1 -dtifès', 1 '‘(iùT I ibd^ > dppé>|eèî 'et fMt ddndè^'fe^rbré^Sbitt £{leî&M%ïySr ment dentées en leurs bords,, lo Ovales', nne- ZOfCiEllIO* Z9i li’tîfoAdué^ yt ? déilll7*ët ifâj'gé?^’uii U d > èà]^-i) l èu3: , tPttîi éértifoilté'éti ÿéidu^, pliis 1 Àiles é'n'deSsohs 'êt rêîdéêéè 1 jlàï' dfe’foÿfos ii'erviliés ' blànchès jeè^jpa ral- lèles, qui vont aboutir à'i’èxtremïtél^Lèé fleufs'iîÎ!- f&îssètit à' : K'âA I 8è‘foàf , ('éilel' 3 soit e réûkues'en bou- 4*4 N Ë R NE R qtrets, sitnéesâux aissellestfei feuillet, ëtcompo- posées d’un' calice à’ quatfe divisions très-pétrteS, d*ane corolle à qilatré’pétalesr,' un peU J jarmatrèi’ et d’autant d’étamines terminées par dés soûijnèts fort petits. Il y a beaucoup de fleurs qui ne- cofitiènUent quç'les Organes femelles. Le fruit est une baie noire, arébndie, de 1* grosseur d’un pûiâ, mûrissant au mdfi’df'eéjittenfbéé’,-' dont la iehair est Vette, Aîs- queupe, styptique ; elle renferme quatre semetjces ffures , convexes d’un ctiêët âpïktifeiHdl’Bùtre. 1 Oaltdre.'^ Efe ; ‘nerprun ' sè u ntôlt3Jjlftf' par sesi grBîriès, qü’od'sèmfe, aussi rÛt'q'u’êTIèrè’sbîïtMVl res',' dàrifrifti 1 terrain bien préparé •et'tjil’bh' ifééétÉvr^ de; 3 à ; 4 lîgtteS 3e teéré. Elles lèvent ad Jirintétfibs 1 sui-i vatttj atet deux petites feuilles' Séminales bValès "ét êpaîssés. Si on attendait après l’hiver pour les semer, elles ne lèveraient, pdifr la plupart, que la sëéohdè ànrtéé , ou même pôldt du tout. Les jeunes ]liants 1 Croissent d’mte mariiSrè peu sensible dans le cbiumédcernent; oii lés 'fèirique, là seconde année, flatik ime aartée plàde , à’dn pied de distance, et on les conduit 1 cdiprte .lés autres arbustes des pépi- iHèrts, sèloh ladèstination qu’on veut leur donner. Oh petit aussLmultiplier le nerprun par marcottes, (pii feprenhent ordinàirement la même année, et par les drageons enracinés qni se trouvent auprès des gros pieds. Une'terfe forte et humide est celle qui lui'Convient le mieux; cependant il n’est point délicat sur la nature du terrain, et il résiste bien aux alieŸnàtivei dès saisons dans notre climat. Le nerprun lié mérite point d’être cultivé dans les forêts; înjus'îl’ ëst employé à l’ornement des jardins, où l’éclat de séS'fleurs et le vert foncé de ses feuilles pfddnisèiif ut» bel effet. Duhamel conseille de le plaCef aussi dan's les remises, parce que les oiseaux se nOurrisseHVde ses fruits. On en fait de bonnes haies. Qua/iie's èt‘usages. — Le bois du nerprun est dyt,' jaüJQà'tée, et susceptible d’un poli qui lui ‘donne rapparence d’un brin de paille aplati; il pèsë H 54livres" 4 onces par pied cube étant sec. On l’emploie à quelques petits ouvrages de tour et de marqueterie, lorsqu’il fournit des échantillons assez forts pour cet’usage. Son étorce, ses feuilles et ses fruits ont une odeur partifculière, désagréable, une saveur nauséeuse, un peu âpre et amère. Ses_/rn/CS,OU baies , sont fréquemment employés en médecihé «comme altérans, purgatifs et hvdra- gogùes. On en fait un sirop qu’on trouve dans toutes les pharmacies. I.es paysans sepurgent quelquefois avec 25 ou 3o baies fraîches qu’ils mêlent le matin avec leur soupe. On peut en prendre la même quantité en décoction, ou réduites en poudre à ta dose d’un gros : mais le sirop qu’on prépare avec ces baies est préférable, pris à la dosé d’une once, plus ou moins , suiv ant les circonstances. Enfin elles sont regardées comme un ides meilleurs médicament dans toutes les maladies chroniques où les*purgations sont nécessaires. La pulpe dès baies sèches, conservée un an, et enveloppant les semences, donnée à 6 grains, est, ditr-on, l’un des meilleurs fondans, dans l’empâtement ' du foie, de la rate, èt du mésentère ou obstructions commençantes. Plusieurs goutteux ont éloigné et diminué les dttès delà goutte 1 en avalant, tous les Matins, deux'Wresdé neq)Hm''séfcfes.-’ ’ s r • iLèüüàlës faVanHéitr maturité, dehi'nentàfrre tfeîA- ' titré jirtifiè;'itrai'stàrsqùVllès sont btûrès, elles fotit- '(fissent uuÀ couleur véttè, appelée ü-trrt' tié ivssie, parte'dtrè'c’est danè déèt vessies qfi’dn la Renfermé. LeS p3rhtresea font lin grand uïhgUpoér' la peinture en détrempe, le laVis, feustir-itArif pour la mi- ■rthituré. O à l’obtient en exprttriafitlè'Snt 'SèBbalM, qu’on fait évaporer à un fèn lérft, julqii’èfbe qA’îl ait la ccmsistancedemiel, étiàuqûéltin^dfë'fllipëijfl’lfluh dlssdus dan^l’eaib Oh’èjnme, datislç b'bfnMênrè’jlé Vèrt de vessie’lotsqü’H est compacté, Mué 1 ,' pééaht, d’une couleur verte, brune ou noire, luisant Sîftè- rîeurement, mais qui,- étant écfàsé oni pulvérisé, devient tout-à-fait vert et d’un goût doudeâtre. L’écorce, lorsqu’elle est fraîche, dorinè Ifîne couleur jaune; et lorsqu’elle est Sècbp, trfië' COUleur brune foncée. ’ 1 Le NerprAn GRAnm 'i>*AVtdkb(f \M fctei 'ttiik- TtrRiERs ,'est un arbrisséarf des pArtiés HiêtMieWMles de la France, qui rebsArhblè béàucdnp frtf jtfétédfertt, mais qui s’élève à 3: ou^pfeds'dèliaW: seulement ; dont les rameaux sont-dîffus, ifrégillieds; tbttneùx, revêtus d’une écorce brune, èf terminés én épine»; les feuilles alternes, presque rondes, dentées sur leurs bords, légèrenfèut velues,'mtinîèS à IeAt base de deux stipules linéaires caduques ; les Heurs diûï- ques; 'verdâtres, eii-petits boUqUets axillidreS; Ici baies petites , arrondies , nôîrès uâUs'rrtitniaftirité. Il croît en abondance aux envi rôtis: d’Avîgncm l 'et dans le comtat Venaîssin; on‘ le trouve 'aussi'en Languedoc, en Provence, en Dauphiné, et c’est ordinairement dans les haies, sur le bord des rivières, sur Iesmontagnes, dans les terrains incultes et dans les forêts. 11 fleurit au milieu du printemps, et ses baies mûrissent en automne. On le cultive comme le précédent, et if ne craint point les hivers du climat de Paris. On peut le placer dans les jardins paysagers au second rang des arbustes. On en fait aussi des baies qni valent mieux que celles du nerprun purgatif. On lui attribue les mêmes propriétés médicinales. Ses fruits , étant cueillis verts, se nomment graine d’Avignon, et fournissent une bonne teinture jaune dont on fait un grand usage. Les peintres à l’huile et en miniature se servent aussi de ces baies quand on a incorporé leur teinture Hans une'matiètè ferreuse, qui est souvent la base de l’alun, poureft faire ce qu’on appelle stif de grain. Le stil de grain est une pâte jaune, faite avec une espèce de marne blanche qn’on teint paf une décoction de graine d’Avignon dans l’eau jointe à de l’alun ordinaire. Il doit être tendre, friable, d’un beau jaune-doré. H parait que le nerprun ala terne et Je" nerprun saxàtile fournissent aussi des graines propreté la teinture eu jaune des étoffes et des soies. Les baies du nerprun des teinturiers servent à la fabrication du vert de vessie comme celles dii nér- prun purgatif. Elles font partie des produits forestiers dans le midi de la France. Le Nerprun des rochers ou ssxatiee s’élève au A fi pu 5 pipdïi^lj^ratqu^-i^^jd^é -dés sa base en rameaux dj^j|^.d^Jagi^s^r.UJ^qfÿgl^ r W 4 tu^ 4 ’ uuu mw#m. î§ w»ms p« une, tàtt,èf*WHP.m*9 I.W feuilles -.peûi^s » ; ^rt^s,, glte(ne« 1 jéfteœmeu^dnu-i tit», pres^4/^>^^m» ^5 d,u prvüiiffi.MUMfie^île^Æçura^fjispps^^Æeti^ bpuftusfc.^fltelteiSn! fl^ ^oaLeur herbacé?;,,#! .nue-' v'mA'w tobcf >»<æhv&t 4#d#, 4* ?ri«, péritev 3 r fm^bVfi\m .■ PfW fleuri*, au WIWW^rWîBt: .dAf.BW&rçB* t #. porte Leifpuveda^ lea ; ff>9?î>- ÿêp%»t {4" k.^«V de,l’ltg%.#,,les environ^# ®Wl|ll.': | 'l li ' >n,in ' .nlvîY lue..- ,.vent, au^jniptqpjers, comme .qelles.de l’ési»W? «WP^afli-nu'b J 3 îis ' / '■- ' ' . L&,.fifMM»';*WIWfîW^,.'9é bqwwj.aime, r esit dfi.l* prenne,, grandeur, qui s’élève à i5 oui8 pieds; dont la tige‘est unie^.I’écofç^ftjpr téfiftu rpMWÎWtôripW JftJWjrp r-unpe'u glotte, rite**, wtew. tf,j „ lf , j; r . ! La fçssp dq4'afçpif,6,.^,ds .4d}9 ,a l’administration des poudres; et.upus avons,Iai^pb- server que l’on pourrait supprimer cette. espète ; dp servitude, si l’on voulait faire des, çlantaUptis.de bourdaine, qui ne seraient pas glüs difficiles St jfor- mer et à exploiter que les plantations d’.osiér.. V. Bourdaine. LeNunpRUK, ou la boubgànx lin.A apes ,"eat un arbrisseau de 8 à io pietri de bapt, très-vampiy;, dont les feuilles sont alternes, avalespresqûe rafles;, ridées , dentées, et d’un vert clair en dessus.^: çt âottt les fleurs sont petites : il croit sur les monjagrif «.élevées de l’Europe , et il «st propre à fbrioerdesjç.cfTçp d’un beau.vert dans les jardins d’agrément., Le Naaraj-’x hybride, pu BOÇRoé^E oi, ÊqYa- gogne , est tin,arbrisseau de ia 4,,f5 pieds qui.^jpît dap .^plusieurs parties de la France ^ et qu'on croyait pxgyemr^t precédeu^ et de ralaferue; H a'Jft 1 tj^e ilrçtite.^dç.ooqlmiç gps çendre j.Fbs jeûnes rameaux alterne*,,,d’un gris jaune, et parsemés de points blancs ;- les . feuilles ..ovales - oblongues, lisses des deux c^téspd’un vert foncé.en dessus, clair en.des- ipiis, finemaa^doutées, marquées par. des nervures saillautes x le^. fleurs njàles séparées dés néurs, femelles sui le mèniepiefli petites, presqu»solitaires 54 ' NQE.U 4aG NE.B le lcyag des rameaux*. Il çroU sur JLes montagnes des environs die Dijon. . >5 Le Nerprun glanduleux est un arbrisseau de 7 1 à 8 ’jpïêds ,‘k fouillés alterne» y •ëvales, ob tu sèment d«*Ptéfe#P' LrlsUntes ; 'd’un sert -foncê et mbnies Ad deux glandes à leur base. Il est originaire de» Ctt-i narics , et 011 le cultive dans les jardins, des environs dis Paris, sous le nom de Bourgène toujours verte.ll n’y çraintpoint les gelées et ils’acçcommode as&éi'ldé tôutéespèée de terre, tjtVoiqjfi’ll préféra cet lé btfl éSi' Substranlielle et fraîche,} saj croissance eàt'tji'Maè; etCômnie il se multiplié bien de mar- dôtfbsj 1 qu’il peut devenir unie dans les idabtfdises’ terrés, soit par son feuillage pour la nb'ut‘fltüre [ de$ bestiaux, soit par son bois pour le clii image. ^él^Ellpitüïf axaterne, ou x’Axaïerne, est ainsi nôriiriVè du inot alternas, parce que ses feuilles sont l'I'i^èes" alternativement sur les branches. C’est un dfbd^èàiî dé 1 5 :1 2.0 pieds de hauteur, qui croît nàYvJreÜ' emènt ilànif Tés lieux humides des parties iHelidiônâfes 2 é l’Europe, ’ét qu’on cultive dans les jardin! d’agrément, parce qu’il conserve toujours sés fouillas et qn’jL est d’un aspect agréable. Il a les f’éttlHes'àlternes , ovales, dentees eu scie, coriaces, luisantes et dures; les fleurs petites, verdâtres, diaprées en gràppes axillaires, et tantôt mâles, tantôt femelles, tantôt hermaphrodites, sur le même piè!d ÔÜ Sur dilférens pùeds. La forme des feuilles de cêt’jitbxiSséatt varie suivant la culture et le terrain; cé quf’drfnne lieu à un grand nombre de variétés, d{jnt J les principales, indiquées par M. Tbouin, i' Οdüi/eau cours Pag rie. ), sont : j°. à feuilles ovil'es'j'pliis grandes : d’Espagne; 2 0 . idem , mar- biéVes'de jàunes ; 3 °. à feuilles rondes presque épi- nbiiàes’, ainsi’ que"les rameaux : de Mahon; 4 °- à feuilles lancéolées, plus profondément dentées : dil'Mojitpéllier-; 5 e . idem, bordées de blanc; 6°. ide/tij bôfdees dé jaune; y°. à feuilles presqu’en cIdcUV’: H’ïtalie ; 8°'. a feuilles ovales, sans dente- lütbs’î 1 A’Espagiie,. L’alaternese cultive, depuis plu- ■fiéùlS dnnées, en pleine terre dans les bosquets d’bi- ^Eae lï France septentrionale. Il se multiplie de ■ie'Bïèlïdéà/clé'marcottes, quelquefois de boutures et’WaV 1 la- greffe. La graine des alaternes réussit rarement défis le nord , et on est obligé de la tirer du midi. On doit la semer dans des caisses ou , mieux encore, dans des pots , qu’on puisse abriter de la gjj^e ;,j'fj^iq,aer les plant sa us,si en pots la seconde pleine terre, et dans ce dernier cas, chôjsjir qn, local garanti des vents froids et susceptible d'être facilement couvert pendant l’hiver, ün lesyjjhuite.à deuxième au troisième antiee , époque où elles sont-enracinée^• Cette méthode ne produit pas d’aussi beaux plants que là graine; mais elle est utile pour multiplieriez variétés panachées. Les boutures sont d’un succès inçert^jn,, r L.a greffo se faiten écusson à. œil dormant »ur Fespëge. " • i Dans (les, pays pu les alaternos «oissent iliaturel- lemerit,,.Qn 1 ,e4i fait idps baies. Leur s. fagpt*.servent à chauffer Iq four, et ,leurs,Iront*!, lorsqu’ils ipotft plui grps que le bras, sont employés tfons l’ébénia- turie, Leur bois est (lux, serré, pesant, susceptible d’un heay poli et de prendre la teinture, Leurs Éçnits sont purgatifs et peuvent suppléer, peqjf,d.q, nerprun ordinaire pour la fabrication du vert,de, vçszie.- , Ils produisent dans nos jardins un très-bail■eutil,, sur-tout pendant Thiver. .. .ahuy.-u NERVURES , nervi. (/T. de bot,). Pn; dqqp* I( i»* nom de nervures à ces élévations filaroqqteqsftsquTftu rencontre sur les feuilles çt sur lespéîqlesy.fof qe>r- vure, qui coupe une feuille en deux pftrlièfc,t,se nomme côte. V. Physiologie végét. 4 e - seeiiotA NETTOIEMENT ouEXPURGADE. On appelle ainsi une coupe qui a lieu 1 pour qet.toypr pfpyhgex pour ainsi dire un bois ou une pqjrtfo de bois.,, des ronces, épines, bois blanqs, superflus,, et arbfps secs, dépérissans ou surabondans, quipnujsentàé la végétatipn. Cette opération, eq bois qui disputent la nourriture àj^lçs ilftdwSr^t ai'Erep d’espérance, auxquels elle prpeqre, lt (fo',l’air, ne doit jamais être négligée pqr lez particuliers ffoui peuvent en surveiller l’exécution, ni par l’état et les communes, toutes les foin qu’ellapeut avoir lieu sans abus.,Nous en avons pa^lé aux mots Améfia - gcment , Eclaircie et Exploitation. Plusieurs arrêts du .conseil qt qptre autrescélui du i5 novembre J789 (au Reçueii) qqt ordohné des coupes par forme de nettoiement dans les quarts de réserve, notamment en Lorraine. Il s’en fuit aussi beaucoup dans les départemens du Haut et dit Bas-Rhin , et l’on commence aies introduire dans d’autres arrondissemens. La principale condition qu’on impose aux adjudicataires .eqt de réserver tous les arbres vifs, sains et d’psperance, suivant le choix et la marque des agens forestiers. Quelquefois on se borne à la coupe des épines et bois blattes seulement, et l’on respecte tous les bois durs sans exception. Dans ce dernier cas, les abus sont plus faci- lesàéviter. Mais le nettoiement n’est pasaussicom- plet ni aussi utile, puisqu’il ne porte pas sur les arbres et brins de bois dur qui sont superflus ou dépérissans. Une décision du ministre des finances, dut? mars 18t3 , a autorisé une coupe par nettoiement à hjire dans l’arrondissement de Kaiserslautern, charge les agens forestiers de faire couper , eux-ntèn^es, débiter et façonner les mauvais brins par clés ouvriers à la journée. C’est le mode d’ôpérçr qui sp pratique en Allemagne. y, NEUTRE. (T. de bot.) Fleur neutre, celle qui est dépourvue de sexe, c’est-à-dire qui n’a ni étamines m pistils. . | ' NffECOÜLlER. .Y. Alizier; 1J '= n 9 ? ■ NIVEKNOÏS. Ptusieiirs arrâts djuj^qn^eÜ parti- cnllersâ cette province ont défendu aux communautés de vendre leurs bois à la, feujjle. V, Adjudication à la feuille, t. 1 , p. 1 14* NOEUD , du latjn, aodus. , Eslacement fhif de quelque,chose de souple, de pliant,'comme fil, corde r etc, Les nœuds, dans les arbres , sont une disposition NO'I particulière des fibrêtj^ilssàrtt’foriûéspiè ùn^’bÜn- cliëoù pur'tm boUïùA qUlVimplarite'aaris'un'é’tlgç, de mattièite qu’il y tient bdmmef par tJiie 1 ‘èsp&pe de racirte bü‘ de pivert. Quand où débite 1 un ^tfbfé j on parvient 4 découvrir l’endroit où (romménce le nœud, qui est prétiiéinént celui où fe bouton a poussé^ dépôts cette place, les fibres perdeüt leur perpendieiildrîté , et celles qui sont dans'lé voisl- nagédubosïton en suivent la direction. Les nœuds, qui pénètrent d’autant plus (Lap^ lé fcbia qtrd'lé^branches sont pins anciennes , 'n’k'rri- Vmttpittmi-s jùsqn’à la moelle , parce que ’celle-cfèsi rfenferhtée par 1 la première couche ligneuse, qüîltil »ert d’étm. Les fibres, dérangées par le bonton , qui fait une espèté dé Icoin pmfr les écarter , ne suivent pas le Et-dü bbisdans les noeuds; comme elles sont plus rfetAnéeS ét plu 1 * serrées dans, ces endroits, il en rê- *uWè que les flœuids sont une des parties les plus din>e9 dur bots. 1 r - 1 - Qrr é-otinc aussi le raidi de nœuds ans bourrelets qui recouvrent lés plaies ‘cg’üséek par l’élagàge ou par la caupèldés tigei-éh‘taillis. L’art. : ’fyi dm rit. XV dè l’ordonnanèe de 1669 veutj à l’égard dës taillis, que les anciens nœuds recouverts et causés par les précédentes coupes soient enle’tésà la coupe suivante, et ne paraissent aucunement. 1 Les nOeifds sont Ütes'défauts dans les bois d’œuvre ef-de'Construction, en ce que souvent ils coupent la pîftœiet peuvent là faire rompre à l’endroit où ils *t>ntplacés; mais ils‘sont une beauté dans les bois de placage, en variant les couleurs. Les nœuds pourris communiquant cette pourriture au corps des arbres, il est bon de s’assurer, avant d^abatttie des arbres qui ont des nœuds semblables, de la profondeur de ces nœuds ; ce que l’on ■faib avec une tarière On nn ciseau. Les noeuds dans lés bois de chauffage seraient nue qualité, en ce qu'ils rendent le bois plus pesant; mais comme ils occasionnent beaucoup de vides dans le mesurage, l’acheteur a intérêt à les rejeter. V. Cordage. NOIX DE FUMÉE. V. Résine. NOISETIER ou COUDRIER. Genre d’arbres de là’, nionoécie octandrie et de la famille des amen- fïp-éW. . 1 'Dénomination. —11 se nomme en grec korylos; eù italien , noccioulo, avella.no ; en espagnol, avel- /anû)‘éii allemand , haselstrauch ou hasel-nuss ,• en alliais , kazel - tree. Le mot grec korylçs , en latin corylus , parait venir du grec carua y qui signifie noix. 1 ' lihtoife.'— Les anciens connaissaient, le noisetier, Virgile en parle.souvent r.-c’estsqu^l’onifyçage d,e cet.arbre que les bergers M 4 nalqp£; et Linné dit qu’en ip 36 il y en avait un tr^s-grand dans le jardin de botanique de Leyde , qui 1 avait été planté par L’Ecluse. ( Hort. Cliff. , p. 448, et Hist. des arbr. et arbust. , par M. Desfontaines , f. //’, P - 54o.) « Ce noisetier, dit M. Bosc, a ‘l’écorce blanchâtre , se levant par lanières ; les feaiilles plus anguleuses et plus velues que celle de l’espèce commune ; les stipules linéaires; les fruits gros, ronds et< entièrement couverts par le calice. Il croit dans ht Grèce et dans l’Asie mineure. C’est un arbre 'superbe , qui pousse avec une grande rapidité;'et dQtltr le bois est un de ceux qu’on emphne'le plus généralement pour la construction des maison» ot'de»'vaisseaux à Constantinople. Il vient fort bien' dansJvt climat de Paris , et n’y craint aucunement- les àe- lées. Je l’y ai vu faire des pousses de ôpiierté'Ms'oh an. C’est donc un arbre des plus utiles à^y'btûlfi— plier; mais il y est encore rare, quoique"dépôts long-temps cultivé dans quelques jardins. Son fruit m’a paru un peu inférieur en goût à calot dé'L’tespgèé' commune, et il avorte fréquemment; màisiléelatlèflt peut-être à la jeunesse de l’arbre. Se8« f n»0y»né f Vî^ multiplication sont les mêmes que ceux du Aôiie- tier commun, sur lequel il so greffe 'fort-bittiJ f */ 1 ' 11 NOISETTE. C’est le fruit du, nèiserisH 'b souoq Celui qui a frauduleusement cueilli des'HôiiQfWSl dans un terrain non clos, appartenantà'rftitritrt'yîhilé être traduit devant le tribunal de police BOi'rêeiiflrh- 1 nelle , comme prévenu de délit de maraud ?çjeifJttrl delà C. de cass.^ du 2a mars i8»ô.) 10 moiré NOIX, nus?. ( T . de* bot. ) Enveloppe lignèuisêy testaqéé ou osseuse, d’une ou plusieurs géaîfleifl rqvétues autrèoeladoileur tégument r pfogrè. - ‘ doh LalnpÀt est'le produitide la iigtiescénéé’frtl-és!i l i* fitation dejla paroi interne d’un péricképej dOfHfrRé 1 est par ( Conséquent une partie intégrante. liâ ; nbiit' 4«a«; ft»x fruits diarxus ce que 1 a parèi J infeTWe'frf‘T J - 1 tilagineuse de beaucoup de capsules est âÛsf’ > ¥Hlfr* s®6Sesb sliini 391 osv/ al. >1 sm 10a aislé Eilenost valgairement connue sottàvJé 1 ^ïh de la^yttuaT trPkytiffypt végét. >-7^ WcUoitï 1 ' j) ‘ ,, * v JXO,Y 4-5o KQJÜ On restreint vulgairpmefif fp,Rpm deyioMr-aufruit 1» .^Oîfl. ,11 n’ç?t pas peçe^airg^peinq.dp nullité, que }fr procès-verbal qui, çon^tgte.up çtpUt ppntfrppfc le non! du dèjjnquanj; mais çç nom. doit 4 W(B. iudin qué dans , i’a,cte d’ussiguatiop, ‘(sQéçjs. min„ dé nç ' ' . ........ ' ., ' f^PMBRÏL , umlitiiçuf., ÇT. de ,kot^,C\p appelle aûjsj cçftaines cavités qid, s'aperçoivent, ù l’extré- milê dés fruits, conlme ou le yoIt.fl.Ux poires, ap bout opposé à la queue. - NOMENCLATURE. (Bai.) C’est cette partie de la botanique qui a pouç ol/jet d’assigner à ^liatjue ptantte le- rfrtii1 qui lui est propre , d’après .le? principes adoptés parles différentes méthodes botaniques. \V Botanique* ; NOMINATION AUX EMPLOIS FORESTIERS. Le- itiode de ndrfiihhtibn aux èmpïois Forestiers a d’abord été déterminé par la loi du 29 septembre '791, pula-lpar l*ordfrtiàünce'Au ,rol du 2 janvier 18 07, enfin par relie d*d"t i,' octobre 1820 et celle du 26 ard“ iîé y soVit Communément d’tine assez belle venue, et cependant il y a des espèces qui y croissent lentement, parce que le soleil, qui est le grand moteur de la sèt$, les frappe trop rarement. Les arbfcgscrus uù ftôrd sont plus à couvert des mauvais effets des gelées de l’hiver et du printemps que ceux qui çont situés à l’est etaumidi, parce que le dégel s’y fait avec plus de gradation. Le bois de ces arbres et ' s ce^uy dp 101nsdur il mip? pudflijsjps Jugions Ëxpositioq , ÿÇranspiration. NO’J'Ej ^V latin nota. L’instruction générale du 2^ mars art. 2.5 et 26 , charge les conservateurs à’a^re^spv, chaque année, à l’Administration dès^^èts dçs 90,lus sur le travail et la conduite des préposés. Y,, 4 la Table des deux premiers volumes dü 3 iecB€z 7 , I^ïnclicp.Lio-n des notes renfermées dans ces deux volumes sur diverses parties du service. , ! S'otipiçation. c ’est un acte par lequel ou donne c0nnaissau9e.de quelquechosedans une forme juridique.. % . ; * L’^dmiqi/tfAticm des forêts a, par sa circulaire du 9 jpctoqrp iSi 2 , invité ses agens à s’abstenir de faire npti^er’^èurs pourvois en cassation, parce que la pjjtificatiou du recours expose l’Adni jnituaùun à ( payer une indempitè de i 5 o ff-, et qu’un. peut d’àirtant mieux s’abstenir de la faire, qu’elle u’e&t poî^t prescrite à. peine de nullité- . i ' Dans les cgs ou .la loi p-ç^Cfit designifieriua acte» c’.eVty^-dire .yjfrn donner copie, on ne peutpa$ se 6^rnefa.dpp’nër,une netii^^pp par titrait- -Il fout;* par’eiiémplej jopvr les ,?igqifica,Uoqs d’exploi,t, 4 q lier-, cènrent , _qu e,l». copie entîjère.de l’exploit soitsjgni-, fieèVV, Tierce nsesit. ~S T .. aussi Appel, Citation. , - ''Nl^E â Endroit n ?.ys tj’éftti ç. iwi y /orme de jje-. tj^ês iiiares. t V. i < ) ft,mPl ipasj^jDietiana. desPé^has- s mtë,’wOtlER. Ce- inotexprinje, daps le frnr cag^rfes agriculteurs, le mamppç ( gij la.féqomdatioai ae,rcfvàir^ a lieu, ou plutôt te passage delà fleur frvhU C,’es9,4artSjbt'> gantes ■its gratnd ice'uvre- de la gé^ratjqs^aprèKleqrtel Iw pwftiefe de.fr rfieuvcpit y UU.tJ /tqpnotlïtf ni «h qui dtértwroaia «lieihepbefcÜànMi lé?, 9 *.tombent pdunîaàBe pfrèé au jéiwre IjrnitA Jirl a anima r.i suj Comme l’amande des noyaux cal. WÜeuso fjelfr rancit promptement dans les lieux,secsifrtîciiainlsr'âL eat doive im|>ortant de : semer. tes noyaux aussitrltila lépolte des fruits,, ou.de lus.stratitier pendant iün- verdansdu sable* sfr craignttnt leiyavng^ des animaux rongeurs,'ion.veut différer le ssaiiaqusqWau printemps. \ , -ior . . t> Souvent les noyaux ne ièvcnt pas la premievo a», née; mais on hâte leur germination si,aNantde les mettre enterre, u 3 jours dans l’eau. . s-. NOYER , juî’laHS. Gemte de plantes de la mo- noécie polyandrie et de la .famille desotérébiatha- cées, qui renferme plusieurs, espèces yc.dont la pim- part croissent dans lesidrèu-de l’Amérique septentrionale. q • Dénomination. — La noix se nomme en grec karion. ou basilikon i ea italien noce y en espagnol, nitez ; en allemand, nuss; en suédois, noett;. en islandais, Unit; en anglo-saxon, hnut. Quelques étvmologistes pensent que he mot latin jùgldns est composé des deux mots Javis glans, gland de Jupiter , gland consacré à Jupiter, gland par excellence.; et l’on sait que ckez lus anciens le mot gland ne signifiait pas seulement le fruit dachène^qu'il s’employait •également pour sigoifie» beaucoup de fruits dont les cocpies renferment.mie aaii>nikl, ■ , pkrtfe i iqifij 'eé frtiîï ététilde s^ltraholè é*f iflb1?i ll #àiW les ntieiennktii^dguftsJt^im^tcj’^e^ àîgrirftéfît è^làd ïdi&lnpiæ.tt'soçiétc'canfvgaie, 81111 !l m/ii»?. tnynr ,1 Ces «xplicjifciànst peuvent ètrëlfcyRÆéeB : ,''iHhls’ififtis aimons mieux suivre l’opinion comftrtnte j tjüï’fifu trilulq an jnoeq'iœ/dni'l’origièë’-dev/tm/gŸi^rfes'éf'au n»Mt /unteiealledei ttuptim, d?antanfeqti’à l’égard de* noce, l’ancienne orthographe nopcélridîq'ue-imeüX sa véfeitfible origine/.• •Z/ia/orrE.+wUparaît certain que le noyer était cotwnr dë'Théophraste, quoiqu’il soit assez difficile dearetaïiuver'dânsf'llouvrage' dë cet auteur le rionf quà d eu *a T eet'atfhre. Quelques-uns prétendent qu!i» l , fc .désigné qia** le nota ëè'karyou; mafëlë'dé- laabidte dssrriptkm wte'peu qu’il en dit laissent au «teins quuJqli* inbertilttdéîà «étégard. fliiBséfrporlëd’uae éianièTe pins préëisé i il dit que la nature a fait de grands frais pour lé fruit dti noyer p puisqu'elle l’itrpvétii de deux robes, et que c’est sans dtmtecatte attention maternelle dé la nature pour laconservatioh dés-noix, qui les a fait employer dons Ips cérémonies WtiptiulesJ qu’in! resté, les noms gceos quloh leur abonnés montrent dssez qu’elles pBt été transportées de- la Perse en Europe par des rois, parce que les meilleures noix se nomment peraiques et rpyules, premiers noms qu’aient eus ces fruits. On distinguait déjà du temps de Pline plusieurs variétés de noix : elles ne diffèrent entre elles, dit l’auteur latin p que par leur'coquille , qui est dure ou tendre, mince ou épaisse, raboteuse ou lisse : Sala differàntia getierum inputamine dura fragilive, ettenui acem-sso, loculoso et simptici. ( Pline, liv. XK.) Virgile parle ' de l’usâge où l’on était à Rome de faire jeter des noix aux en fa ns par le mari, le jour de s* noce ’t VlKG, Ecl. III. . , iiftârgiUi, mprite „ t. si» La cause deicet usage est différemment expliquée par.les auteur*: quelques-uns prétendent qu’il avait poup objet,d'exciter l e brfiit de la jeunesse , qui ramassait- ces hoix pendant la première nuit du mariage. Cet-usage signifiait que les époux renonçaient awtojeux de l’enfance, nugis pueriiibus, pour se consacrer»à des objets plus?sérieux, ad majora ne-*- gùiialiHi ielAictionn. de Calepin, verbo Nuxt Onidistfibuait encorfe des noix aux Romains pondant .du. oélébratjondes fètes de>€érès,' Enfin, fa> NÔY 4 »ît éétébonJe -, ’Vùe : t#nàliBfi'cfoïAjlb T tjq -t;eo Jae'D (BsBic*sL/i i»ns : .- : 'f- i / .rtd.ir/iO/î »«r! i- • • jf il < -- ■■••ijiinttod 1 Le ISQTER.qosi.MUN, le Js oy^r, t noY^. v ,jnglm^ ré&a-.mnrl-.i »d’ : v. , .. ■ - . ! Le IVoyf.h noir ou a vRrjTT NOIR , juglqut nigra. Li ^h, ■■ • >"*\ CÀ4 nerea (Lin .^^ tn ,.. y , h . , fi. Le ^OTEP. VKÇA^E^jl^gla^tfliv/gfprWSyd^iM') Le NqYER Aswâc*y«^ff.^ W r^. , : ^i,- Le'NoYER AQUATIQUE, jligltffâ aÿU{ ùLipél.) Le Noyer a vfn^-^pqp^p^jgglanRtontntnta. (Mich:)' ..I ., j ü,.. , Le Noyer a ÉCORCE Ér^fiLçusE, jugfpnt sqfMi - niosa. (Micb.^ , , . ' . , , Le Noyer eacixié , jugions loçiniosa. (tyidi,} : Le Noyer a rpRjC , juglans porçiqa. (Mich-,) Le Noyer a noix pVme s, jugions myristiaeJor~ mis. (Midi.) , Nous nous occuperons principalement de l’espèue qui croît depuis long-temps en Europe, Noyer commun, juglans regia. (Lin.) (V. fa fig. à V Atlas^ PL XVII) C’est l’espèce la plus’généf-aléihent cultivée en Europe : elle est originaire dB là Perse. Cet arbre s’élève fort haut; son tronc eàt dtoîft.s^^fté m. large, étalée et touffue; son'écorce, qu'l ëst lissé'sur les jeunes branches, est épaisse, ceildréé /st ‘ierceè dans les vieux sujets ; ses feuiïlés soit'^jrhiftijes, alternes , pétiolées et composées de cinq à i^[it fôfiolel ovales, glabres, sessiles, entières ; ses •chatobsjtnà- les sont d’un vert brun , et ses fleurs femelles d'un blanc sale ; elles paraissent en avril éi'iti'qL iaviuif là pousse des feuilles. Les parties^u novèb'éxliaiènr une odeur forte , qui porte à là tête’. ■' '* Le noyer commun, quoique planté ddpuis'im temps immémorial dans les parties xàïfjdélité el inej- ridionale de l’Europe, n’y est pas enctfre/éiitiêrè- ment' âcclimaté. Son éducation exige déstsdçps particuliers ; il fcrAint les fortes gelées , et suf-hjüt les gèléés tardives du printemps.’ L’bivér dé îyoü fit périr la plus grande partie des noyér^dé AEurôpe. Il y a plusieurs variétés de rioyer cortiiiiuii ; ÆQnt leë plus belles élf les plus utiles sont : i<>. lë iiOyér à gros fruit, dît noix de jauge , 'X. jugtahs fructu. mdéimb {Bâufr.)-; arbfee quVfe’élèXë'plus hfifiÉ que le y. ,.„ t tf i.l-n -. 1 «..liNjWH'- jeurvease vaujaine cannaissait plusieurs jeux 0oat lés InOyèr’téfdrUrirfe, riiàfî# druit lé bois ept ’moids j>re- uoix-étaient les instrsmens. Ovide le» a décrits dans cietèx ;^ 0 . fc nBÿer-rrrésange f>\i à früît teù4rfe',jyni?. un-yetit .poème intitulé 1 lie nuce , et il paralfe qnet fr..*** .» -Iii.7/'A4.-, j»b...i >, • \ f -1 ' cesojeux étàient > beauepup plus variés qu’ils Re'ie sont chez-nous. Je ' u! Etwis àtinstitution de ila roeière de Saleney , établie fxir rsafintiMédanl, il était ordonné qn’on pré- scuteiaitnà l«'jepne filld couronniéé; au retour delà fructù éèriérè et fràgilCgut(trhifie (^ü.\ih. j) ‘ r .tynÇ\ fruit éotrtièut iirte a mandé q ui ; se ronspn-e bien , ?X fournit'Iteauéotrp-d’hoile; 3*. Ié ; ^oyer^ta'rcfif’,ouxfe hi Saint’- Jean f jirgfans sèrotina, àrbre prééieùx pour Ifescantotlsaft l’on 'craint les gelées tardrvesj’ l 4"-le Royer- 5 fruit SütyfuglaTisfnictnperdato ^Tôtirnel^y, NOY N O Y 43a cet arbre se cultive particulièrement pour son bois, qui est le meilleur, le plus dur et le plus veiné. Culture du noyer. —. La culture du noyer est importante pour les arts, les manufactures d’armes et l’économie domestique ; cependant elle -n’est pas suivie dans plusieurs contrées de la France avec tout l’intérêt qu’elle mérite ; les besoins ont fait abattre un grand nombre d’arbres de cette espèce, qui 11’ont pas été remplacés, et le bois en est devenu rare et d’un grand prix. A plusieurs époques , on éprouva, en France, des difficultés pour se procurer du bois de noyer. Un arrêt du conseil d’état, du 11 août 1720, défendit de sortir du royaume aucun bois de noyer non ouvragé, sous peine de confiscation et de 3 ,000 liv. d’amende. En 1806, les manufactures d’armes, qui consommaient alors environ 12,000 pieds d’arbres de de 4 piéds de four par an, éprouvèrent de l’embarras pour s’en approvisionner ; ce qui engagea l’Ad- ministrntion de l’artillerie à faire rechercher les noyers qui pouvaient se trouver dans les terrains appartenans à l’état et aux communes, et dans les plantations des routes. ( Circul. de l’Adm. des forêts , du 29 mai 1806.) Depuis cette époque , il a été fait des plantations de noyers assez considérables, dont une partie peut être attribuée au zèle de la Société d’encouragement, qui, en >809, fonda, sur ma proposition , un prix pour cette culture. Les rapports que j’ai été chargé de faire sur les résultats du concours pendant plusieurs années , m’ont fait juger des bons effets qu’il avait produits. Le noyer commun est plus délicat et plus sensi- hle au froid que la plupart des noyers d’Amérique , dont nous parlerons ci-après; mais la variété dite de la Saint-Jean résiste bien aux gelées : on ne peut trop fa recommander aux cultivateurs. Le noyer commun ne croit pas en massif, différant encore sur ce point des noyers d’Amérique qui croissent én forêts ; il se plaît dans les vignes , dans les jardins, le long des terres labourées et en avenues ; cependant il réussit bien dans un sol pierreux, où son accroissement est à la vérité plus lent, mais où il produit un bois de meilleure qualité. On propage le noyer par le semis, la plantation et la greffe. Il y a deux sortes de semis , celui à demeure et celui destiné à la transplantation. Du sentis à demeure. — Ce semis est avantageux quand on élève le noyer pour son bois; mais la transplantation accélère l’époque de sa fructification et favorise la multiplication de son fruit. Dans le semis à demeure , la noix enfonce profondément son pivot en térre; la tige pousse bien plus promptement que dans les replantatLons d’arbres élevés en pépinière; le tronc s’élève beaucoup plus haut , plus droit, et op est le maître de l’arrêter «la hauteur qu’on désire. On peut, pat le semis à demeure; garnir des masses et des chaînes de rochers , pourvu qu’il s’y trouve des scissures où le pivot du noyer puisse s’enfoncer, et où on n’a pas à craindre que les ouragans les plus furieux enlèvent ces arbres à longs pivots. Du semis en pépinière. —L’arbre qui en provient çst moins actif dans sa végétation qite celui du semis à deriteure; plus >1 est replanté souvent, plus tôt il donne du fruit et de plus bea.ii fruit, parce qu’il travaille moins en bois. Ainsi; ce que l’on perd d’un côté on le gagne de l’autre; mais le semis à demeure sera toujours préférable dans (es coteaux arides, dans les rochers, et par-tout où le bois sera l’objet principal de la multiplication du noyer. Du choix des semences. — Comme la greffe du noyer est assez difficile, il est nécessaire dechoisir les noix de l’espèce ou de la variété qu’on veut nvulti- >lier. Lorsqu’on a en vue le fruit, ondoit prendre es noix les plus belles, et celles dont l’anmndé-remplit le mieux la coquille et donne le plùe d’hmlecSi c’est pour le bois qu’on multiplie le noyer, il est encore bon de choisir ses semences, pour n’être pas trompé sur l’espèce ou la variété qu’on veut propager. Dans tous les cas, on choisit les noix au moment de leur parfaite maturité, ce qu’on reconnaît par les fentes ou crevasses qui s’opèrent d’elles-raêmes sur le brou. Du sol de la pépinière. — Le noyer ne cherche qu’à pivoler, il lui fout donc une terre profondément défoncée, afin de faciliter le prompt développement de sa radicule et celui de sa tige, qui est toujours en raison de la première. Le sol n’a pas besoin d’ètre très - riche, les engrais animaux sont même nuisibles. La cendre est ce qui convient le mieux à cet arbre, même cellequi a déjà servi pour les lessives, et qu’on a eu la précaution de laisser exposée à l’air dans un lieu à l’abri de la pluie. Cette cendre agit à-la-fois comme engrais et comme moyen mécanique propre à diviser le sol, à le rendre plus meuble et par conséquent plus perméable aux racines. 11 convient de défoncer le terrain 2 ou 3 mois d’avance, et de le travailler de temps à autre pour l’ameublir de plus en plus. Méthodes du semis. — Il y a deux époques pour les semis : l’une , aussitôt que la noix est mûre, et l’autre après l’hiver. Dans la première , on sème les noix avec leur brou , afin que l’amertume de cette enveloppe empêche les rats et les mulots d’attaquer les noix, dont ils sont très-friands. Lorsqu’on ne peut semer.en automne, on conserve les noix dans une cave ou dans un lieu à couvert et à l’abri des gelées. On les place dans une couche de sable , à 6 pouces de distance les une* des autres , et on les recouvre de 2 poucés de terré. Elles germent pendant l’hiver , si on a eu soin de les arroser an besoin ; et en mars, au plus tard, suivant les climats, c’est-à-dire lorsqu’on né craint plus les gelées, on les tire de cette couche pour le» semer. Il est reconnu que si on coujte le bout du germe, le noyer ne pilote plus, qu'il se garnit de racines latérales, et qu’il à moins besoin d’être replanté pour en pousser. Les noix se sèment dans des sillons de h. pouces de profondeur. La distance de ces sillons entre eux et celle à Laisser entre chaque noix varient suivant l’objet qu’on se proposé et l’espèce de terrain qu’on a à sa disposition ; mais pour avoir de beaux plants, il faut qu’ils soient à une certaine distance. L’abbé Rozier, dont nous analysons les préceptes , con- seîUesFeépftfçc le* nais à a pieds en toussens, c’est- ; à-diro.4e Wissemun intervalle «le » pieds entre'les siljrptta y d’autant entra .chaque nui*. 11 Veut qu’a la première année ontlouble cette distance'en snp- f iriroant un sillon., ;et qu’on sème des graines dans es intervalles pour ne pas perdre de terrain; mais l’usagfMians les pépinières est de ne laisser que 12 à j d pçtUCè*,de dittance rntre chaque plant, sauf, lors d&jUt première iOU de.la seconde transplantation , à èspscqrileftplentsè 3 ou 4 pieds. ,,r*Déj tUkiÇffndiute des plants.en pépinières. — On •Lùî' subir awnoyer plusieurs transplantations pour J4i faire-,pousser des racines latérales et du chevelu, fe/qui«n_apsered’autaut mieux la reprise; cependant l’*4)bddiuizier''et' plusieurs autres agronomes ne pensent pas que ces transplantations multipliées, qui returd^nules progrès de. la croissance de l’arbre , soient indispensables. Ils conseillent de s’éviter ces 4épupse&,-en'plantant de suite à-demeure les jeunes noyers avec leur pivot, dont on ménagera bien le •lorsque, jes.plants sont serrés, comme c’est l’usage .dansles pépinières, qu est obligé de les élaguer dès.le premier ou le second hiver , ce qui force la tige; .à s’élancer en. hauteur hors de toute proportion a\ec sa grosseur; mais si les plants sont à une distance raisonnable, on attend la troisième année >Our commencer le premier élagage, qu’on fait par e bas. On rend la pLaia unie, et on la recouvre exactement avec de l’onguent de Saint-Fiacre. Le bois du jeune arbre est tendre , presque spongieux, et rempli de beaucoup de iuoëlle, ce qui oblige à garantir les plaies de l’impression de l’air. A la quatrième, à la cinquième et à la sixième année, 011 continue à élaguer. En suivant cette méthode , on a des pieds très-forts ; les branches basses servent à retenir la sève et à fortifier le tronc. On ne doit couper le sommet de l’arbre que lorsqu’on le plante à demeure. De la transplantation. —Son époque dépend du climat. Dans le midi de la France et dans les cantons où les pluies sont rares au printemps et en été , il est- nécessaire de transplanter peu de semaines après que les feuilles sont tombées, c’est-à-dire qu’il faut donner le temps à la sève de redescendre vers; les racines, et laisser le tronc moins pénétré dj{;ufnidité. L’époque.est à-peu-près fixée depuis la npi - nayembre jusqu’à la mi - décembre : alors les f ^qigs d’Hiver ont, le temps de tasser la terre contre gs.raqiqgs, de.pénétrer plus avant dans la fosse, et p^Ç opft^équent, d’y entretenir l’humidité pendant- l’n^é-Di^n^lesjrays moins chauds et naturellement jt\u^,bgunûdes , il est bon de. différer la transplantation jusqu’après l’hiver. Les, fosses .destinées à .recevoir les arbres doivent êffe.,payertçs pl|isjeurs mois, d’avancé, pour.que la terre reçoive les bienfaits des météores et .s'ameu-, b lisse. On leur donne ordinairement 8 pieds de diamètre pur au moins 3 pieds de profondeur. L’.extraction des plants doit se faire avec toutes les précautions convenables pour ménager les racines et; leur conserver une très-grande longueur. Si le pivot 11 ’a pas .été retranché et qu’il soit trop long pour la fosse qu’on a préparée , il faut lui don- Tome ÏI. ner une direction‘tfès'-étendue et horizontale dans cette-fosse. Quand on-transplante le noyer avant l’hiver, il ne faut pas en retrancher la tète à cette époque ni faire à la tige aucune plaie , paFce-que le bois du sommet et des branches étant plus spongieux que celui du tronc, la rigueur du froid pourrait l’endommager; mais quelque temps avant que l’arbre entre en sève , on l’étête à la hauteur qu’on désire , on coupe les chicots rez tronc , et chaque plaie est aussitôt recouverte par l’onguent de Saint-Fiacre , qu’on assujettit avec de la paille. Feu d’arbres exigent , autant que le noyer , l’application de cqt onguent sur ses blessures, pour le soustraire au contact de l’air , qui y cause la pourriture. Du sol où il convient de planter le noyer. — Cet arbre aime les terres douces , un peu fraîches, et qui ont beaucoup de fond ; il se plaît dans les vallons , sur les lieux un peu élevés, où il y a un grand courant d’air, li réussit mal dans les terres trop argileuses , trop crayeuses; il leur prélère celles qui sont graveleuses et sablonneuses, et toutes celles dans lesquelles il peut enfoncer ses racines. Les terrains marécageux ne lui conviennent point. La noix de l’arbre planté dans un fonds très-fertile et trop humide ne donne pas autant d’huile que celle de l’arbre qui végète sur un sol élevé et sec. De la taille. —C’est sur-tout, dit l’abbé Rozier, pendant les 20 premières années après la plantation du noyer qu’on doit s’occuper essentiellement de la formation de la tête de l’arbre ; jusqu’à cette époque son produit est de peu d’importance, il vaut mieux le sacrifier à l’accroissement de l’arbre. 11 est même essentiel, jusqu’à un certain point, d’empêcher l’arbre de se mettre à fruit, puisque le bois y gagnera beaucoup. Tous les ans ou tous les 2 ans , on peut émonder cet arbre, 1 °. de tous les bois morts s’il y en a , 2 0 . des branches qui se disposent mal, 3°. des rameaux trop pendans. Cettff époque passée, il 11 ’a presque plus besoin du secours de l’homme, à moins qu’un coup de vent, un ouragan n’ait brisé et déchiré quelques-unes de ses fortes branches , ou bien qu’il ne faille un peu raccourcir les rameaux trop pendans vers l’intérieur. Le même auteur conseille de tailler après l’hiier, sur-tout dans les pays froids et lorsque l’arbre n’a que i5 à 20 ans, parce que les plaies faites avant l’hiver n’ont pas le temps de se cicatriser, qu’elles occasionnent une grande perte de sève, et quélt- froid qui survient a bien plus de prise. C’est toujours de l’amputation des grosses branches faite à contretemps, ou mal faite, que naissent les chancres et les cavités du tronc. On ne doit jamais couper une grosse branche sans recouvrir la plaie avec Wmguent de Saint-Fiacre. De la greffe. — La greffe du noyer est encore inconnue dans une grande partie de la France, quoiqu’elle soit en usage depuis long-temps dans le ci- devant Dauphiné et plusieurs autres contrées du midi, où l’on greffe soit en flûte , soit en écusson. Le produit du noyer greffé a été si considérable, que lorsque les cultivateurs l’ont reconnu, ils ont greffé tous leurs vieux arbres. Les noyers greffés de noiæ- ^mésange sont particulièrement fertiles. Cette noix 55 NOY NO Y /,34 contient, par mesure, plus pesant d’amande que les autres espèces , et rend aussi plus d’huile : chaque arbre gretfé donne assez communément 10 mesyres dans les bonnes années, tandis que le produit moyen des noyers sauvageons est tout au plus d’une mesure. L’époque à laquelle il convient de greffer le? arbres en pépinière est lorsqu’ils sont en pleine sève. Les gros noyers, même âgés 4 e 49 ans, peuvent aussi être greffés. Pour cet effet, pn cpyropne Marbre en octobre ou en mars , à 8 pu 1,0 pieds au-dessus du fronc ; il pousse des jets, considérables pendant l’annee , et au printemps de suivante, on placy sur les nouveaux jets depuis cinquante jusqu’à cent greffes. La manière de.faire cette opération,difficile pour les personnes qui n’en ont point l’habitude, se trouve très-bien décrite par M, Juge, habilant des environs de Limoges. Cet agronome assure que la greffe du noyer ne diffèrp de celle du châtaignier que par quelques précautions, que nécessitent la contqxture du bouton du noyer et sa sève abondante au moment lie la greffe. Voici, au reste, cette description, extraite du Nouveau dictionnaire (Thistoire naturelle. «Pour bien comprendre les difficultés de la greffe en flûte du noyer , dit M. Juge, il faut commencer par se faire une idée de l’organisation du bouton qu’on \euj. enlever. » Le principal bouton est accompagné d’un second , placé en dessous , que la nature a destiné à remplacer le premier en cas qu’il périsse : l’un et l’autre sont implantés sur une petite éminence ligneuse qui blesse les fibres intérieures de l’écorce lorsqu’on la fait tourner. Le support de la feuille , qui est triangulaire et très-large, tient également à trois éminençes ligneuses beaucoup plus petites, mais qui blessent aussi l’écorce lorsqu’elle tourne, et plus les boutons sont éloignés du gros bout de l’œuvre , plus le? éminences ligneuses sont saillantes, déporte qu’il est impossible de décoller les boutons de la pointe. » On sent déjà qu’en faisant tourner l’écorce , il faut prendre des précautions pour que les rudimens du bouton ne soient pas déchirés ; aussitôt que, par l’effort de la main, l’écorce a cédé, il faut s’arrêter. Quand on veut opérer, on prend la branche destinée à fournir les greffes, on la coupe au-dessus des huit ou dix boutons inférieurs, qui sont les seuls qui puissent se décoller ; on détache l’écorce du petit Soutien la levant en lanières, afin de faciliter le décoljernent, et tenant fermement le gros bout de la ràaip gauche, on donne, de la main droite, un petiè détour , qui ne manque presque jamais de faire céder l’écorce; on prend ensuite un peu plus bas, et ainsi jusqu’au gros bout. » l\j>ur que le bouton qui se trouve dans la main droite ne soit pas enlevé en donnant le détour , il faut avoir soin de le placer entre deux doigts. ». Mais si, pi aigre ces précautions , le bouton se trouve déchiré, il pleure; c’est-àTdire que la sève passe à, travers l’ouverture qu’a produite le déchirement: alors il ne doit pas être employé ; le bouton secondaire ne peut même pas réussir , parce que la sève'continuerait à passer par l’ouverture. » Quand l’écorce est décollée, on la coupe cir- culairemeut à un travers de doigt au-dessus du bouton , et autant au-dessous, ni plus ni moins ; si la flûte était plus longue, la sève aurait peine à l’animer; si elle était plus courte , elle ne contiendrait pas par le. bas tous les rudimens du bouton , et serait trop exposée à être desséchée par le haut. » Un cherche ensuite sur le sujet qu’on veut greffer une branche qui soit de la grosseur convenable; il faut la prendre dans une partie exempte de nœuds autant qu’il est possible, et qui paraisse un peu plus grosse que la flûte, parce que l’écorce du sujet qui a a ou 3 ans est ordinairement plus épaisse que celle de la flûte qui n’a qu’un au. Un œil exercé ne se trompe jamais. On coupe horizontalement la branche dans cette partie , dont on enlève l’écorce en petites lanières; on tieutcette branche courbée avec la main gauche , çt avec la main droite on insinue la flûte , et ou lu pousse jusqu’à ce qu’elle force assez pour que le germe intérieur touche exactement le.bois, etrÇQinme ce germe se trouve au fond du petit enfoncement formé, par l’éminence ligneuse dontnous avons déjà parlé , il faut forcer considérablement la flûte- $° n écorce est épaisse et ferme, elle prête beaucoup ; mais il arrive quelquefois qu’elle casse : alors le mal est sans remède, ii faut employer une autre flûte. » Avant de tirer une seconde flûte, il faut avec la serpette couper les petites éminences ligneuses du bouton déjà enlevé, autrement elle la ferait fendre au passage. »I1 arrive quelquefois qu’on est obligé d’enfoncer la flûte nu-dessous du point auquel on croyait qu’elle s’arrêterait, et qu’il se trouve des nœuds qui s’opposent à son passage; il faut les couper proprement et ne jamais mettre le bouton sur la partie coupée. » La flûte du noyer étant, comme nous l’avons déjà dit, très-épaisse, elle chasse l’écorce du sujet , et celle-ci, par réaction, ferait remonter la flûte si on ne l’arrêtait pas. On fait usage d’une méthode bien simple, et qui opère constamment l’effet désiré; lorsque la flûte est au point convenable , on l’y retient avec la main gauche , et on fait avec la serpette, tenue de l’autre main, une incision horizontale dans le bois du sujet immédiatement au- dessus de la flûte, et on lève un peu de bois, ce qui forme un arrêt; on en fait autant dans le côté opposé : il n’est plus possible alors que la flûtç remonte. Chacun des arrêts est fait à-peu-près comme le ressort qui empêche un parapluie 3? se fermer. » On racle tout de suite le bois qui est au-dessous de la flûte, pour rabattre les pellicules du liber sur la coupe supérieure de la flûte : par ce moyen, l’air et la pluie ne peuvent pénétrer , et on a soin de couper les bourgeons inférieurs. ^ '■ » Ainsi ee termine une opération qui, ne diffère de la greffe du châtaignier que par.quelques précautions que.nécessitent la contexture particulière du bouton du noyer , et sa sève abondante au moment de ht greffe. Elle est si facile dans des mains exercées, que Périer (c’est le nom du greffeur) a posé sur mes arbres cent flûtes par jour sans se gêner , et les amateurs que j’avais appelés.pour le voir NOY opérer les posèrent aussi bien que lui, dès qu’ils eurent bien compris les motifs de toutes les précautions qu’ils lui voyaient prendre. » Propriétés et usages du bois et du fruit du noyer. — Tout le monde connaît les qualités dn bois de noyer; on sait qu’il est doux , liant, uni et coloré , et qu’il est d’un usage fréquent dans les arts: en effet, il est recherché par les tourneurs, les ébénistes, les sculpteurs, les carrossiers , les menuisiers , les sabotiers, et il est indispensable aux ar- inuriéts. Sa pesanteur est, par pied cube, de 58 liv. 8 onces étant vert, et de 46 liv. 8 onces étant séc. Il fait aussi un très-beau feu et fournit de bon charboil. Le fruit du noyer présente, à son tour, beaucoup d'utilité; on le mange à diverses époques de sa maturité , et il fournit une huile employée à plusieurs usages. Celle qu’on retire par expression sans employer le feu , remplace l’huile d’olive; la seconde huile , qu’on obtient par le feu, est bonne à brûler, à faire du savon ; elle entre dans la préparation de plusieurs vernis et du rtoir d’imprimerie; elle est excèllente pour la peinturé. Enfin , les autres productions du noyer, telles que le brou , les feuilles et les racines, ont èricore leur degré d’utilité, soit dans les arts , soit dans l’économie domestique, soit en médecine. Sous tous les rapports, il est donc important qu’on en fasse des plantations , tant sur les grandes routes que sur lés propriétés particulières; les contrées où elleè devraient être plus multipliées, sous le rapport du bois, sont celles à la portée des manufactures d’armes de Maubeuge , Charleville , Versailles , JVIutzigprès Strasbourg et Saint-Etienne. L’emploi que ces établissemens font du bois de noyer est considérable , et assure aux planteurs un débit certain et avantageux. Nous avons beaucoup abrégé les détails qui concernent la culture du noyer et les avantages qu’elle présente, parce que cet arbre appartient plutôt à l’économie rurale qu’à l’économie forestière. Le lecteur qui voudra prendre des connaissances plus étendues, consultera avec utilité les articles Noyer du Nouveau cours d’agriculture et du Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle , tous deux imprimés chez Déterville , et la Nouvelle édition des arbres et arbustes de Duhamel. NOY 435 DES NOYERS D AMÉRIQUE. L’Amérique septentrionale nous a fourni plusieurs espèces de noyers, mais qui ne sont pas encore bien répandues en France. 11 en est quelques-unes qui méritent d’y être propagées, soit pour leur bois, soit pour leur fruit, soit enfin parce qu’elles ne craignent point les gelées et qu’elles peuvent croître en forêts, avantages que ne présente pas notre noyer ordinaire. Npus devons ces espèces à MM. Michaux pèré et fils , qui ont exploré si utilement pour la France les forêts du Nouveau-Monde. Le dernier a, pendant le voyage qu’il a fait pour le compte de l’Administration forestière, envoyé à Paris de grandes quantités de noix, qui, semées dans nos pépinières, ont eu un succès complet. Il continue d’en faire venir de l’Amérique, qui sont cultivées avec un pareil succès dans les pépinières du Hoi, et notamment dans le bois de Boulogne , par les soins de M. d’André, intendant des domaines de la couronné. On J>ent donc espérer que les bonnes espèces de noyer d’Amérique finiront par devenir Forestières en France. 1 Voici, d’après M. Michaux fils, une courte description des dix espèces de noyers d’Amérique que nous avons Jéjà indiquées. « Partni‘le gfand nombre d'arbrès' différens qui composent les vastes fOrêts dé l’Amérique septentrionale^ à l’est du Mississipi, les noyers sont,.après les chênes , cGt M. e Miehaux , l’un des genres d’arbres dont leé espèces sont les plus variées. Sous.ce seul rapport, le sol des États-Unis est plus favorisé que l’Europe entière, Où il n’en existe aucune' qui lui soit indigène ; éar.on sait généralement que celle qu’on y cultive avec tant d'avantage pour les besoins de la société, est .originaire d’Asie et notamment des bords de la mer Caspienne , ôù mon père, la trouva en abondance dans un *voyage qu’il fit en Perse, en 1782. J’ai reconnu dans lés États -Unis dix espèces de noyers; il est même assez probable qu’on en découvrira quelques autres dans la Louisiane. » L’auteur , pour engager à faire de nouvelles recherches dans cette partie de l’Amérique sur cette classe de végétaux intéressans à connaître, dit qu’on pourrait y trouver des espèces susceptibles de. s’améliorer promptement à l’aide de la greffe et irnne culture soignée, telles que le pacanierp et il rapporte à l’appui de cette considération que les noix sauvages de notre noyer, juglans regia ,.étaient plus petites, plus dures et moins bonnes que les noix du pacanier. Il partage en deux sections les espèces de noyers dont il donne la description. La première section est composée des noyers à chatons simples ; ellecpin- prend seulement deux espèces, le juglans riîgrd et le juglans cathartica. La deuxième renferme les noyers à chatons ramifiés ; elle est composéfe de huit especes ; savoir, les juglans olivœformis , juglans amara, juglans aquatica , juglans tomentosa , juglans squa- mosa, juglans laciniosa, juglans porcina et jugions myristicceformis. Dans tous les États de l’Union, dit l’auteur, on donne aux noyers de la deuxième section le nom général d'hickéry, et éela est fondé principalement sur certaines propriétés Je leur bois^ qui, quoique modifiées suivant les espècés, s’y trouvent réunies à un plus haut degré que dans tout autre arbre, soit d’Amérique, soit d’Europe. Ces es- jèces ont encore beaucoup de ressemblance tant par. eur port que par leurs feuilles, dont les'folioles, dans toutes, diffèrent par le nombre et!par la grandeur. Nous allons suivre l’auteur dans la description qu’il donne, en bornant notre analysé aux capic- tères et aux propriétés qui offrent le'phis d'intérêt. Première Section. —Noyers d chatoies simples, tu Le Noyer noir , juglans nigra. ( V. la fig. a ^Atlas, PI. XVI. }’ Il se trouve dans une' partie des États-Unis, où souvent il croît én plein bois. L’auteur a vu , sur les bords de l’Olnô , 6 dés individus qui avaient environ un mètre de diamètre et de 20 à 22 mètres de hauteur , et il n’es £ pas raré d'en ren- 55 * 456 NO Y NO Y contrer qui aient 2 mètres 53 c'Wïtim. d’épaisseur. Cette force de -végétation indiqué suffisamment que le jugions nigro est un dés plûs grands arbres de; P Amérique 1 septentrionale. Cet arhre a les feuilles composées de sept ou huit paires de folioles de 2 à 3 pouces de long, dè forme; lancéolée-acuminée, un peu pubescèntes 6t dentées sur les bords ; les fleurs mâles disposées en chatons pendant et cylindriques ; des fruits 1 parfaitement ronds , placée' à l’extrémité des brarvebes et recouverts d’un brou épais, qui ne de partagé pas , mais qui s’amôllit et finit par pourrit. ' Ges nt>ix fconti très-dures et sillonnées à leur surfèfceL L’amande est douce et d’une saveur agréable, quoique inférieure à celle de notre noyer ordinaire. ' • Le tronc du noyer est revêtu d’une écorce épaisse, noirâtre et fortement crevassée dans les vieux arbres. Lorsqu’il est fraîchement débité, son aubier est très-blanc', tandis que le cœnr est violet ; mais bientôt après avoir été'èx posé à l’air, cette couleur prend plus d’intèimté et devient presque noiré , d’où est venu probablement à cet arbre le nom de noyer noir. Les qualités qui font sur-tout apprécier son bois sont de- résister long-temps à la pourriture , quoique exposé aux alternatives de la chaleur et de l’humidité, pourvu néanmoins qu’il soit privé de son aubier, qui s’altère très-promptement; d’avoir beaucoup de force et de tenir bien les clous; den’ètre plus sujet, lorsqu’il est bien sec, à se tourmenterai à so fendre; enfin , d’avoir le grain assez fin pour recevoir un beau poli. Toutes ces propriétés le font employer de préférence pour beaucoup d’ouvrages où il convient très-bien. Outre ces divers avantages , il a encore celui de n’être point attaqué par les vers. On l’emploie, débité en essentes, jxmr couvrir les maisons , en charpenterie , à faire des montures de fusils de guerre , à faire des pieux, parce qu’il résiste bien à la pourriture et qu’il peut rester 20 ou 25 ans en terre sans s’altérer. On l’emploie encore, lorsqu’il est bien sec, dans la construction maritime , où il est plus durable que le chêne, et où on assure qu’il n’est pas attaqué par les vers de met dans les pays chauds ; mais c’est surtout pour l’êbénisterie qu’on emploie le bois de cet arbre dans le pays où il abonde. On en fabrique des meubles; qui sont souvent très-beaux par les acci- dens qui Se rencontrent, principalement dans les morceaux tirés de l’endroit où le tronc se partage en plusieurs branches. Ijg noyer noir est donc un arbre précieux, qu’on ne peut trop cultiver en France, sur-tout sur les grandes - routes, comme l’indique l’autenr. Nous en possédons déjà plusieurs individus qui donnent des 1 fruits, et nos pépinières contiennent une assez grandé quantité de jeunes plants qtù, mis à côté 1 de notre iloyer, 1 poussent bien plus vigoureusement, iet s’élèvent â une bien plus grande hauteur dans le même espacé de-temps. ' ‘ Le Noyer cendré' ou Cathartique , jugions ca- thartica. (M. la fig. à VAtlas, Pi. LC VI. ) Cè noyer était connu sous le nom de jugions cirtètva, ndyer cfendré. M. Michaux explique pourquoi il a préféré le nom spécifique qu’il itii a dcmhéi Cet arbrè'fcroit dans le--haut et le bas Oanada, èf dn'ns plusieurs tüi’-‘ très parties froides du Word de l’Amérique II acquiert de â-à’4 mètres dé cii'cdüférdnëè 'et 16 mètres d’élévation. Le noyer cendré a les feuilles composées de sept à huit folioles sessiles et terminées pitrune impaire pétiolée. Ces folioles, longues de 2 à 3 pouces, Sont de formé ablongue, dentées sur les bordsét légèrement veluefc. Les fleurs mâles sont supportées sur dos chatons gros, cylindriques 1 , et attachées sur les pousses de l’année précédente; les/ fleiïrs femelles , qui , au contraire, prennent tiSiSSaneè'stll’cèllëi de l’année; * sont terminales. Les fruits, suipfenduS Ordinairement un à un, sont soutenus par dés pédicules de 3 pouces de longueur ; leur formé est celle d’un ovale oblong sans suture apparente; ils ont souvent 2 pouces et demi de longueur sur 5 de circonférence , et sont très-visquenîx. Les noix sont très-dures, oblongues, terminée^ 1 par rfne jointe aiguë, sillonriéete profondément'et d’tltte mdmère très-irrégulière. L’amahde festèjiiisâé; : tvéè-lnrtleifse et rancit promptement - . i ' 1 -' moi) - »• 111 Le jugions nigro et le jugions Catkarticaùnt^ dans les premières années de leur jeunesse,- asSëz de ressemblance, tant par leur teuillage que’par la rapidité avec laquelle ils croissent; mai», arrivés à leur entier développement, ils ont, chacun , un pOrtqui leur est propre et qui les fait reconnaître au premier aspect; et si on vient à examiner leur bois, sur-tout lorsqu’il est bieu seO, on ÿ trouve des différences très-notables. Le premier est pesant, fort et d’une couleur très-rembrunie, tandis que celui dont il est question est très-léger, a peu de force et est d’une couleur rougeâtre; mais ils jouissent, tous deux, du précieux avantage de résister long-temps à la pourriture et de n’être pas attaqués par les vers. La propriété médicale de l'écorce de cet arbre a été constatée depuis long-temps dans les Etats-Unis. L’extrait aqueux qu’elle fournit, ou même sa décoction adoucie avec du miel, est reconnu pour un des meilleurs cathartiques, parce que sa qualité purgative est toujours assurée. Quoique le jugions cathartico possède quelques propriétés utiles , l’auteur ne pense pas qu’il soit d’un assez grand intérêt pour être cultivé dans l’ancien Continent comme une espèce forestière qui serait profitable, soit dans les arts, soit même comme bois à brûler; il devra donc seulement trouver sa place dans les parcs et jardins d’agrément. Deuxième Section. — Les kickérys. t ’*>•- ; 1 Le Noter pacakier , jugions oliwefonnis', Uette espèce, qui se trouve dan* la haute Louisiane, est nommée par les Français de* Illinois et à la Nouvefle-Orlèans pacanier, et les fruits noix pa- oanos. Cet afbre affette de croître principalement dans lefc'lieux frais et qui sont même très-humides. Sa lise 1 est bien filée, et lorsqu’il se trouve eii corps thT'fOÎêts, il parvient à 20 et *4 mèt. d’éléva- tiifii. Son bois, dont de grain est grossier; est, comaiè Celui des autres hkkérysY pesant et coiu- ’padte : il est doué de forcaeet d’élasticité; Les feuilles, longues de 3 o à 45 centim. (un pied 4 *8'pouces), 'Sont cOfflpOsees'dè/ six 4 sept paires-dé folioles ses- NOY NOY siles, terminées par une impaire, longues «le 5 à 8 centim. (a à 3 pou ces ) dans les arbres arrivés à leur entier développement, et de 8 à i 3 centim. (3 à 5 pouces) dans les jeunes individus ; elles sont ovales-acaumnées, sensiblement dentées , et assez remarquables par leur bord supérieur, qui présente une forme demi-circulaire très-prononcée, tandis que l’inférieur est comparativement très-peu arrondi. Les noix, ordinairement très - abondantes, sont revêtues d’un brou épais de 2 à 4 millim, , et garnies de quatre angles légèrement saillans, qui correspondent à ses divisions naturelles. Ces noix , qui varient de longueur depuis 3 jusqu’à 4 centim., sont pointues à leur extrémité; leur forme est cylindrique, leur couleur jaunâtre; la coquille lisse , mince, quoique assez résistante pour n’être pas cassée avec les «Joigts, reuferme une amande bien fournie. Ces noix,, d’un très-bqn goût, sont l’objet d’un petit commerce entre la haute et la basse Louisiane. Non-seulemeni elles sont préférables à toutes celles qu’on a trouvées jusqu’à présent dans l’Amérique septentrionale, mais elles oint même, suivant l’auteur,, une saveur, plus délicate que celles que nous possédons en Euro;». C’est sur-tout pour son fruit que cet arbre , qui croît cependant très-lentement, pourrait être cultivé en France. Le Noyer amer , juglans amara. Cet arbre parvient à une grande élévation dans les bons terrains, et M. Michaux en a mesuré plusieurs individus dans les bas-fonds de l’Ohio, qui avaient de 3 à 4 mèt. de circonférence et de a 3 à 26 met. de hauteur. Il a les feuilles composées de trois ou quatre paires de folioles, terminées par une impaire , longues d’envirou 16 centim. ( 6 pouces ), sur 27 à 3 o millim. (12 à i 5 lignes)de largeur, sessiles, ovales- ac u mi nées et très-sensiblement dentées en scie , lisses et d’un vert assez obscur; les fleurs mâles disposées en chatons de 5 à 8 centim.(2 à 3 pouces) de long, portés trois à trois sur le même pédicule, pendans, flexibles. Les fruits , toujours abondans, sont recouverts d’un brou mince , charnu et surmonté, dans sa moitié supérieure , de quatre appendices en forme d’ailes. Les noix sont plus larges que longues , ayant environ 22 millimèt. (10 lignes) de largeur sur i 3 à i 5 (6 à 7 lignes) de hauteur. La coque, qui est blanche, lisse et mince , renferme une amande sinuée très-profondément, d’un goût âpre et extrêmement amer. La texture de l’écorce du noyer amer , la couleur de l’aubier et du cœur sont les mêmes que dans les autres noyers hickérys , et son bois possède , quoique dans un degré inférieur , les propriétés qui le font distinguer si évidemment des autfes arbres , propriétés qui sont la pesanteur, la force, la ténacité et l’élasticité. L’auteur pense cependant qu’attendu que le noyer amer exige un sol très-fertile, que son bois est infiirieur à celui des autres espèces et qu’on ne peut rien espérer de la qualité de son fruit, il ne doit pas trouver place dansles forêts de l’Europe. Le Noyer des marais, juglans aquatica, H s’élève de i 5 à 16 mèt. , et son port est en tout semblable à celui des autres noyers hickérys, dont il fait partie. ■ bes feui lies sont composées de quatre àrrinq paires 457 de folioles légèrement dentées, longues et étroites, etd’ona belle couleur verte assez semblable ù celle du pêcher. Les noixi, cou vertes d’un-brou peu épais, sont petites, anguleuses, rougeâtres et très-tend/es. L’amande , qui présente des sinuosités, profondes , est fort a mère et n’est pas mangeable. Le fx>is,quoi- que participant des propriétés de tous les hibkenys, i leur est cependant inférieur sous tots les rapports, attendu qu’il croît dans les lieux très-aquatiques. Cet arbre; né partait pas à Fauteur Jmèriter de .trouver plac^ dans nos forêts. Le Noyx6)a Hfaix moqueuse, jugla/rs tomènttxua. 11 acquiert^ choisies terrains de bonne qualité,une élévation d’envÿrou 20 mèt. sur 5 o à 6ôi centim«_Üe diamètre. 11 a les feuilles composées de quatre paires de folioles sessiles!, terminées par une impaire,(longues de 16 à 22 fceiitim. (6 à 8 pouces), déformé ovale -acuminée , Légèrement dentées odorantes, assez épaisses, très-veifuesinférieurenienfcjdaYeitent d’un beau jaune quelque, temps;,a«ant leur,.chute ; les fleurs mâles disposées en chatopS de*6à îio een- tim. ( 6 à 8 pouces ) de long , flexibles, pendans , réunis trois à trois sur un pédicule confrounyLeboàs, qui est de la même couleur et de la même contexture que les autres noyers hickétcys , jouit; des mêmes propriétés qui reudentles arbres de, cette classe si remarquables. La coquille deltpnoix, qui est fort épaisse , légèrement striée et d’unis extrême dureté, renferme une amande douce , mais petite et difficile à extraire â cause des cloisons très-fortes (lui les partagent, et c’est probablement pour celq, dit L’auteur, qu’on a donné à cette espèce le nom de noyer à noix moqueuse. De tous les noyers hickérys. c’est celui dont la végétation est la plus lente. Son bois est le plus susceptible, d’être attaqué par les insectes. Ces différentes considérations font penser qu’on doit lui préférer, dans les plaiflations,>qtteb)ues autres espèces dont on va parler. , Le Noyer a écorce écailleuse, juglans stfitti - mosa. (Y. la fig. à l ’Atlas , PI. XVI- ; C’est de tous les noyers hickérys celui qui parvient à; un»,plus grande élévation sur un plus petit diamètr.e, «nr il acquiert quelquefois de 20 à 25 mèt. de hauteur sur moins de 65 centim. d’épaisseur. Son tronct, dépourvu de branches dans les 3 quarts de sa hauteur, est d’une grosseur régulière et presque,, uniforme jusqu’à la naissance de ses premières branches , ce qui en fait un arbre magnifique; mainice qui lui donne sur-tout une apparence singulière et de-fait reconnaître tout de suite à une grande distance 1 , c’est l’aspect que présente son troue, dont l’écorce (épiderme) se divise naturellement en un grand nombre de bandes étroites et longues de 3 a à 96- centim. , puis sont recourbées en arrière, et ne sont pilus adhérentes que par leur partie moyenne^ Ainsi, hérissé du haut en. baède. pointes saillantes, sq - u&mqsa est bipn,propre à attirer l’attention de l’homme le plus indiffèrent. Cette fexfoliatioade'l’é- pideima, qui s’opère d’une manière si rpnêarqiiable, u’a lieu quedaua les, arbres quit ont àcquiS'plus de ,a5 I cent+iu. de-diamètre, quoiqu’elle;stennoncè longtemps auparavant par de longues!,gerçures,- Dans cette espèce , chacune des feuilles ést.composée de deux paires d,fl folioles , pins Une inipaiile->pét»olée ; NO Y NO Y é 45 tf les inférieures sont proportionnellement beaucoup moins grandes que les deqx suivantes, qui le sont presque autant que l’impaire. Celle-ci a souvent 3 o centim. (un pie^) de longueur sur locentini. (4 pouces) de largeur.. Ctjmme dans l’espèce précédante, les fleurs mâles sont disposées sur des clinton s longs de i 3 4 »6 centim. (5 à 6 pouces), glabres, flexibles et pendans, réunis trois à trois et supportés par un pétiule commun. Les fruits , qui sont tfès-abon- dans , varient pour la grosseur, qui est assez généralement de’,i 5 centim. >(5 pouces et demi) de circonférence; le brou, qui est très-épais, se partage en quatre segmens égaux î tes noixiaont petites , blanches et à quatre angles. V. PI, XVI,. De tous les noyers de l’Amérique septentrionale que nous connaissons, c’est celui dont les noix, après celles du pacanier , renferment l’amande la plus douce et la plus fournie ; néanmoins les noix d'Europe leur sont bien préférables. le bois du jugions squoftiosa possède toutes les propriétés particulières aux noyers hickérys, qui sont la pesanteur, la force, l’élasticité et là ténacité ; comme eux, il a le même défaut, celui de pourrir très-promptement et d’être attaqué par les vers. Il est employé à faire des paniers, des manches de fouets, des baguettes pour former le dos des chaises , et à plusieurs ouvrages qui exigent de la sou- Î desse : on l’emploie aussi comme bois à briller. ..'auteur pense qu’en considération de la hauteur et de la belle venue de cet arbre, il mérite d’être introduit dans les forêts européennes, et qu’on doit le placer de préférence dans les endroits frais , analogues à ceux où on le trouve le plus souvent dans l’Amérique septentrionale. Les envois de noix de cette espèce , que M. Michaux a faits à l’Administration , ont donné de très- beaux plants dans les pépinières de Mouceau. Ceux qui ont été transférés à la Ferté - N idame, département d'Éure-et-Loir, y ont parfaitement réussi, quoique dans un terrain de médiocre qualité, mais humide. Il existe, aussi en France des individus de cette espèce qui portent des fruits ; il y en a un à Denainvilliers, dans les plantations de Duhamel, et l’autre à Saint-Germain-en-Laye, dans l’ancien jardin du maréchal de Noailles. On peut donc regarder dorénavant la multiplication de cet arbre utile et très-beau comme assurée dans nos forêts. Le Noyer eacinié , jugions laciniosa. Cette espèce s’élève , comme le jugions squamosa , à plus de a 5 met.., et sa cime, très-élargie , est aussi supportée par un ti;onc droit et d’une grosseur proportionnée p son élévation; son écorce présente aussi cette niêniç disposition singulière qui a lieu dans jugions squamosa } seulement les laines sont plus étroites et plus nombreuses, mais le caractère qui le distingue bien du précédent est d’avoir des feuilles composées de neuf folioles, tandis que dans l’autre elles »’en ont que cinq. Du reste, son bois, qui est de la même contexture et de mèine couleur, en réunit, également les propriétés ; mais sous |e rapport de ses fruits, quoique plus gros , cet arbre est inferieur opt jugions squamqso : c’est par cette considération < et parce que ce dex,nier .vient très-bien dans des terrains: moins fertiles et moins élevés qu’on doit l’admettre préférablement au noyer laeinié dans les forêts de L’Europe. Le Noyer a ronc, jugions porcina. C’est un des plus grands arbres des États-Unis, car il s’élève environ de 22 à 26 mèt. sur 10 à 12 décinfét. de diamètre s dépourvu de feuilles en hiver, i! est facile à reconnaître à ses dernières pousses, qui sont de couleur brune et de moitié moins grosses que celles des jugions tomentosa et squamtisà, et terminées par dss bourgeons ovales et très-petifs. SèStfènilles varient, pour la grandeur et le nombre des follbles, suivant que l’arbre croit dnns un terrain phfs frais et plus fertile : dans ce cas, elles ont près âéi 48 ten- tira. (18 pouces), et leur nombre complet de folioles est de six, plus une impaire. Ces foliotes , longues d’environ 10 à 12 centim. (4 à 5 pouces), lancéolées, acuminées, dentées et presque sessileS, sôntglabres en dessus et en dessous. Les fruits sont soifvêtit réunis deux à deux , couverts d’un brou d’un beau vert, assez mince. Les noix sont fort petites, lisses et d’uhe grande dureté ; l’amande ést dbucè, mais peu.fournie et très-difficile à extraire , à t'ause des cloisons fortes et ligneuses qui les partagent. Ces noix ne sont jamais portées au marché j elles deviennent la pâture des cochons, des racoons et des nombreuses espèces d’écureuils qui peuplent les forêts de ces contrées. Le bois du jugions porcina est semblable, pour la couleur de l’aubier et du cœur, à celui des autres hickérys; il en possède également tous tes avantages et tous les défauts. Cependant l’auteur a vu dans les campagnes plusieurs charrons qui lui trouvaient plus de force et de ténacité, et qui, pour cette raison , le préféraient aux autres espèces pour en faire les essieux des voitures et les manches de cognées. C’est d’après ces considérations qu’il pense que le jugions porcina mérite d’être introduit dans les forêts européennes , où sa réussite peut à l’avenir être regardée comme certaine. Le Noyer a noix grises , jugions myristicœfor- mis. Cette espèce est particulière aux états méridionaux de l’Union ; mais l’auteur pense qu’il est peu multiplié dans les forêts de ces contrées, ne l’y avant pas rencontré. Les noix, renfermées dans un brou mince et légèrement inégal à sa surface , sont fort petites, lisses, de couleur brune et parsemées de lignes blanchâtres. La coquille est tellement épaisse, qu’elle compose plus des deux tiers de leur grosseur : aussi ces noix sont-elles d’une dureté extrême, et ne. contiennent qu’une amande fort petite; enfin elles sont'eWcore inférieures à celles du jugions porcina. Résumé des îes propriétés et de Vemploi d '"du bois des noyers hickérys. dans les arts M. Michaux résume les qualités et les défauts que présentent les noyers hickérys quv forment sa seconde section, et les caractères qui'les distinguent des autres noyers. Les propriétés de ces arbres sont une extrême* pesanteur, une très-grande force, beaucoup de ténacité , et la même disposition à pourrir .très-promptement, lorsqu’ils sont exposés aux alternatives de la chaleur et de l’humidité, enfin â être NUI NUL aussi fort aisément attaqués par les vers. C’est d’après ces avantages et les défauts très-marqués et constatés par l’expérience , que les usages'de Leii» bois paraissent actuellement bien déterminés, Ide sorte que dans l’emploi qu’on eu iàit dans les arts on n’a point égard aux espèces dont il est tiré. Ce bois n’est, pas employé dans la bâtisse des maisons y >arce qu’il çst trop pesant et sujet à être attaqué par es vers y mais on s’en sert pour faire des-essieux de voitures, des manches de -cognées et autres outils de charpentiers ; les grosses vis, et sur-tout celles des presses de relieurs ; les- dents d’engrenage de» roues de moulins à farine, lorsque ce bois est bien sec et que les roues ne sont pas exposées à être mouillées : les bâtons qui forment le dos des chaises dites c/e TVjndsarf les manches de fouets de carrosse, les baguettes de fusiL, les dents de rateaux à foin , les fléaytx à Lattre le grain , enfin tous les ouvrages qui exigent de l’élsysticité et delà force.On en fait surtout, .e^aveq be^ujçpup d’avantage, les cercles à tonneaux et â-barrique»jdwtinés à transporter chez l’é- tranger > le§farines < salaisons, etc., des Etats-Unis. Douèad’une grande, pesanteur, tous les bois des noyers hickérys paraissent contenir sous un petit volume une masse considérable de matières combustibles , car eu brûlant jls donnent beaucoup de chaleur t et. laissent après eux un charbon lourd, compacte , et qui subsiste long-temps allumé y sous ce rapport, il n’existe pas sous les mêmes latitudes , soit en Amérique , spit en Europe, aucun arbre qui puisse lui être comparé. Ce bois se vendait à New- ïorck, le 20 octobre 1807,78 fr. la corde, tandis que le bois de chêne ne se vendait que 5 z fr. Le seul inconvénient de l’hickéry, comme combustible, c’est de craquer en brûlant comme le châtaignier , et d’envoyer au loin des éclats enflammés. L’auteur pense que les noyers hickérys méritent l’attention des Européens , sur-tout comme pouvant fournir un excellent combustible, et que , bien que leur croissance soit très-lente dans les premières années, il convient de les faire entrer dans la composition de nos forêts. A cet égard , il recommande surtout le jugions squamosa et le jugions porcina; mais il fait observer que les hickérys, pivotant beaucoup, reprennent difficilement à la transplantation, et qu’il faut en semer les noix elles-mêmes dans les forêts. Quant aux noyers noir etcathartique, qui forment la première sectipn , il» pivotent très-peu, leurs racines sp garnissent abondamment de chevelu ; ils reprennent facilement à la transplantation et croissent très-promptement. NUIT, nosc. Temps pendant lequel le soleil se tient au-dessous de l’horizon. Plusieurs actions sont détendues la nuit, et quelques délits commis pen- dantcet espace de temps sont plus sévèrement punis, que s’ils avaient-été Commis re jour. Les usagers et autres trouvés de nuit dans lés fo^j rets, hors les routes, et grands chemins, avec outil» propres.à couper du bois, doivent être condamnés pour la. première fois en 6 fr. d’amendeetao fr. pour la seço.ndp.. ! Ord^de 1669, tit. XXVII, art. 34 ) Pour délits commis pendant la nuit dans quelque forêt que c^ sait, l’amende est double, Ilb., tit. XXXII, art. 1.) -û 7 » 5 9 L’article 3 ^ du titv XV porte que les facteurs et garde-ventes feront'leui* ra'pport dé» délits èômmis dans les réponses de léurs ventes, qu’ils fercint signer par deux témoins, ou attester (en cas qu’ils ne puissent signer), à peine de nullité;- et'si lé délit e'st fait de nuit, te procès-verbal du fadeur fera foi, après qu’il hura'été attesté véritable par serment. Y. Faç- tenr. Il est défendu iaux matehands ét â tous autres de faire travailler kr nuit et le» jours de fête' dans lès coupes, à-peine de 100 fr. d’atnènde. { Jb , tit. XV, art - 49 -) t Sfi Il est défendu à toHtes personnes de chasser à feu, d’entrer de unit dans les forêts royales et cèlles.des particuliers, avec armes à feu, à peine de ioo fr. d’amende et de punition corporelle s’il y; échoit. ( 1 b., tit. XXX, art. 4. ) Il est également défendu aux pêcheurs de pêcher en quelque saison que ce soit-, à autre^ heure qfie depuis le lever du soleil jusqu’à sonCo ticket, si ce 11’est aux arches des ponts et aux gords,' 6ù se fendent les dideaux; auxquels lieux ils peuvent pêcher, tarit de jour que de nuit, pourvu que tente soit à jour de dimanche ou autre fête. ( Ib., tit. XXXI, art. . 5 .'] La coupe de bois pendant la nuit et avec scie constitue un délit punissable de l’emprisonnement.. ( Arr. de la C. de cass., du 29 mai i 6 i 3 . ) Il suffit qu’un vol ait été commis entre le coucher et le lever du soleil, pour qu’il doive être considéré comme vol de nuit, attendu qu’on entend par le mot nuit tout l’intervalle de temps qui est entre le lever et le coucher du soleil. ( Ib ., du ^juillet 1820.) NULLITÉ. ( T. de droit.) Ce mot désigne à-la r fois et l’état d’un acte qui est nul et .comme nbn- avenu, et le vice qui empêche cet acté dé produire son effet. Nous dépasserions les bornes naturelles dk notre travail , si nous voulions entrer dan» l’èicanfep des questions générales qui tiennent à' Cette riiatiêre. Nous devons, à cet égard, renvoyer àux* ouvrages spécialement consacrés à la science du droit, et notamment au Répertoire de jurisprudence, où ces, questions se trouvent traitées avec étendpe. Toutefois nous devons exposer quelque^ principes qui peuvent trouver leur application en hiàtières forestières , soit civiles , soit correctionnelles. 5 1. — Quelles sont les causes d’où procèdent les nullités. NUL NUL 44 e » a Maris faut-il pour, cela .que la, pci'eg. de nullité soit expuysrémeut cûiisigité§iii*’r&Ja disposition du législateurs.a.. ... ir . > • La loi 5 , C. Dë -Jegibus y décide que cette peine doit-être sous-entendue dans le$. lois .prohibitives ; ainsi, d’après cette loi romaine^ tout pacte, toute convention , tout contrat passé entra, ceux à qui la loi défend de le faire, sont regardés comme non- avenus , quoique le législateur se soit borné à le défendre et n’oit pas déclaré spécialement qu’il le défendait à peine de nullité. x Les docteurs exceptent cependant de cette décision le cas où le législateur a prononcé une autre peinefpie celle de nullité, parcequ’alors on ne pourrait déclarer nul l’acte prohibé , sans supposer que le législateur a voulu infliger deux peines à-la-fois; ce que la loi 4 't IL /Je pœrtis, ne permet pas de présumer. » V. les exemples de ces exceptions dans le Répertoire de jurisprudence.'. Tous les auteurs conviennent que toute défense qai concerne la substance ou la forme essentielle d’un acté ,'emporte nullité, en cas de contravention.il y ,i donc nullité, i°. dans un acte fait par une personne on eu faveur d’une personne que la loi en a déclarée incapable; 2°. quand la prohibition tombe sur l'acte même et qu’elle n’est modifiée par aucune . lause dont on puisse conclure que le législateur a voulu laisser subsister l’acte;‘ 3 °. quand la défense de passer un acte dans une forme qui en concerne la substance , a été transgressée. Maïs si la défense ne roule que sur une chose pu- reïfteivt accidentelle, et pour ainsi dire indifférente i la substance de l’acte , elle n’emporte d’elle-méme aucune nullité. « A l’égard des lois qui., au lieu de défendre , ne fuit que prescrire et enjoindre quelque chose, et que l’on appelle , par cette raison , impératives , quelques auteurs enseignent qu’elles n’emportent nullité , en cas d’infraction, que lorsqu’elles contiennent une clause irritante ; mais cette doctrine est trop générale , et il parait qu’on doit aussi bien appliquer à ces sortes de lois qu’à celles qui sont conçues en forme prohibitive , la distinction que nous venons de développer entre les choses concernant la substance dès actes et celles qui n’y sont qu’accidentelles. Par exemple, qu’une loi prescrive la forme dans laquelle doit être fait un testament, une donation, un acte de retrait, n’est-il pas évident que l’omission de la moindre des choses comprises dans ses dispositions, est une nullité qui vicie entièrement l’acte? L’art. io du tit. XXY de l’ordonnance de 167O porte qu’aux procès-verbaux criminels, qui seront jugés à là charge de l’appel, «assisteront au moins trois juges, qui seront officiers, si tant y en a dans le siège, ou gradués, et se transporteront au lieu où s’exerce la justice, si l’accusé est prison-j nier."» L’article suivant ajoute que « les jugemens en dernier ressort se donneront par sept juges au moins. » On ne trouve pas de clause irritante dans ces deux textes ; cependant il est certain qu’on ne pourrait les enfreindre sans nullité. Pourquoi cela? Farce qu’il est de l’essence d’ün jugement d’être renidu par un certain nombre de juges, et que par conséquent les lçis qui règlent ce. nombre, se rapportent à la substance même du jugement. .» Mais lorsque les dispositions.du-légi^t^ur- ne concernent que des choses accide-atqUes^v, l'afite^ .il n’est pas permis régulièrement eh foire pro - riW( f bïih"nümtë:. ' I,: \ f <\ •' - ' ,'->u ;. 1 rt\\té 1 è'‘' l eeè'qttfe'Stibns j COUime pour lé 1, développement de celles que nous avons expo^fe^, «ions rtWdydh's àl’ouvrnge blême, -par-ci; Ijtftj ‘itblré’fra- hèpeutpns embrasser taule 1 Itr‘jlïrisprinfehce, %t' qd'à 1 l'exception- dès matière!^ cSrtectîoirhèlles , qfii sont' lesplus importances 'ü •riMma'î'trtf’paürlji ptjurünlté' dés délits forestiers J nous devins iirVus Dbrnëf it'ihettre le lectétih èttr la vôîerdei'tééhérclté* qu’il peut avoir à faire, pour l’intlîrdt dè&Uffâïçdé^M- diciàires. -d.'■ -lel iitenqoT ■. mn 9il\. ji § 6. Nullités relatives aux procès-verbaux dt» délits et aux exploits de citatiééi l é i 5 . IJofficier public qui commet une nullité dans (intacte, en est-il garant 'invrBn 'les parties Inté- iHsséesd ce^queil'xcts soit valable? WWfjSftutWisknt qu’ûii né ppuvait pas en gédéfàl rendre u^%fficièf‘quelconque garant! d’une- nullité 'oüt ~foirè 'décldéer.iine nullité; 3 0 , d'ans quçl tempsJan lorsque, sur clés p/otèdures milles , il est , intervenu an figement qui les suppose valahlés, pt qui 1 nia. pif avoir heu qu’en tèi ppononcani ‘telles^ori petit ' encore, après que ce jugement estpassé'en 1 forcé de A l’égard des nullités relatives aux procès-verbaux, voyez Procès- Vertc^ix. Quant aux nullités relatives aux citations, nous wpns déjà dit, dans ée paragrjqilieqi) ( mii’qUj(iif, devaient être proposées in finduaif^ f, avprit tout débat sur le Ipoid; ’ ;?%* sont couvertes, étonné peut sqn fairçpoinmoÿçn d’appel. ( Code dç procéd. civ., art- ^fo.^ Àrr. de la Ç. fie cfiss■, du 5 mai jÇqq &A pifft} 1.9Q • — Code, d’instr. crim-^cyt.^fi.-)^ • ya ._ ... La nullité, prononcée par la l^ ne.f yucern^pas les exploits enregistrés en teints opportun , dans un bureau autre que icelui de la résidepLé de. l’hu^jier ou Je la partie assignée'. (jArrq fip du 5 mai 1809. ).V. Àudiencp., Citation^ ■., ( § 7. lies nullités dé l’inslructionéf du jugement en matière criminelle ycorrecticinhèlli'ou je poliep. Les arrêts et jugemens rendus en dernier ressort, dans ces matières, ainsi que l’Snsfrùetlon et les poursuites qui les ont précédés., peuventi ètre annulés dans les cas déterminés pav l’kété 408' du Code d’instruction criminelle. V. cet-article et le mot Cassation. Lorsque le renvoi de la partie a été prononcé, nul 11e peut se prévaloir contre elle de la violation ou omission des formes prescrites pour assurer sa défense. ( Code d’instr. crim., art. 4 * 3 .) Lorsque la peine prononcée en matière correctionnelle et dé police, èsula-fiiême ique celle pbrtée parla loi qui s’applique au délit, nul ne. peut demander l’annulation dé l'arrêt os jugpmeaty^sous prétexte qu’il y aurait? erreur dans la pitatian du texte de la loi. (Lé., art. 4 11 e t n£(: Un jugement est mil .lorsque l’un des juges .qui 1 le prononcent n’a pas assisté à l’instïultioa précédente. ( strr. de la G. de cass.y du kfloréal an. j :-— ié avril 1799.4 ‘ J 4 UTA'riON , du latin nvtap'oj fariné de; nuttitv , nillo^ faire signé par un', 'r'emùèà;çnl;(Tè s tête '7 ‘ ' '* Ën botanique, ce nibt e^t'eniplbÿè 1 pour eatpfïrtier la direction dqà plantes du côté du fnidi.' Les flèurs, îles fe’ililles , lés tiges/ deÿ plantés, mérnë de Celles quî sOnt eXppSées à l'ardeur dù 'sh- leil, *e penchent du'fcjôtè aé cet astre, et ce chàn- gêmëntaè direction, quë l’oh iiomme nutation 1 , est 'Pèffeb du (ïesSécheünèht 6u du VaccOurtissement’ des fibres qui se ressèritéftt Ie'pliïS'vlVeAent'de la tha- XMl leur-: Q* V. Physiologie végétale, Y. aussi rappor# ,ào.çet,„C^Fd, 4-,IVlàçte > duru. vm,^; , ', , - ■ : JII ■ --.i] . ; al) JnSm'K'lLOl ]»UTB, 1 EJXj)N, Jiutritia. De* phuUqsj ammWiqiWp¥e“ t ;i,B r iii,(us^s,cepti(i^L^ yuc* îwdrritQfÉiïf. RHe U sève distribue dauy.tôutg^ ley jtu;tj§%dis, végétai,, les. allongent et.lqs gOqibÿè.t.'t.Cfiy sûtes s’iépaks'MftHl JW l’évaporation des, pliiST-UrafÇt ,ai)gw^uiÆnt .aipsi le volume Ail p»xtipsSfl!44çs-jCpt 1 açtc,,|)f^ lequel les places s’aqi,- proprient les substances qui leur sont pybpyeg, s’appelle nutrition. Y. Physiologie végétale , 5 e '. seeitàv,. 1 ai"'. • -as . 43' NYMPHE- -Y. Insecte. ,- ■ ci-o- iq xun ; : .; : 1 < ' 1 utu , an- itRti > *111 < ) ’UBÉLÏSQUF,; flù'oret i obél&st, aiguille5 qii?‘a la liülfté’.dHiiïè,âfîlUllè'. T?h ybMiSqrie est tiile’jtyVa'-: uime" qtleldrinôHa}l-e , tneriue, haute et pefpteùdi- 'èüfàîFe j'èlêj/é'e én’jldîhté pôur servir d’Otnemèrit à qùéjàb'e pl^ceVdànS les jardins pnysagers'et dais les caVreliVnVS fiés f6VêtS.'-La base eri est souvent’éhargée d’orneniens, d'inscriptions on 1 d’hiéroglyphéS, ht le sotnüiqt est terminé jiar tm globe , ou une-pointe de nïjéiïf. ''I'' ‘ 1 1 ' ’ " OBIER, arbrisseau du genre J'iorhe'. V. ce mot. ' OBIER, S alèu’tittfrn. * V. Aubier. OBLONG, 'àbïohgus. ( 'T. de bot.) Manifestement plus ly ng qua la> ge à bords ou côtés comme paral- OÇF 4 r 43 îèles, oFtus aux deux bouts. OBOVÀL. ( Boi^' E n ovale renversé, ou dont l’extrémité la plus étroite est eu bas. OBTUSANGULÉ, (Bot. ; Dont les angles sont obtus ou. émoussés. OGjTAiSDRIE. (Bot.) Mot composé de deux mots grecs qui signifient huit maris. L’octandrie est la classe Y 111 du Système sexuel de Linné. Plie renferma les plantes qui ont huit étamines. Y. Botanique. OOXOGYNIE- ( Bot. ) Ordre , section de plantes qui ont ou huit pistils, ou huit 6 tyles, ou huit stigmates sessiles. V. Botanique. ODEUR DES PLANTER. Le principe odorant qUi se. trouve -dans lesplaut.es ou quelques parties • de-plantes ,qu’aa nom itraitl autrefois esprit recteur , lit qui est; plus- connu aujourd’hui sous le nom d’a- rùme, parait «jtre placé dan-s l’huile essentielle du uarenc^ynih, ou.dans de petites loges propres à le cojsitenir. La plupart despLanles perdent leur odeur -nar ladesùccatioiiq mais il y en a quelques-unes qui la conservent après qu’elles sont desséchées, et qui Wïm eif.ayquferçuhuuft qipilhmre ^aqppqtét^V wTvrffe Jf X HP petlf t.Hber- •ïftlfi.-ftfÿ -ffiWh % Jf^é.Ue,, 4 'es,,%ïnû^apVès , 4 quf ÏÏét veloppeme^^.çlytpjti. dpcient byuton en automne et J(î?j ,, ÎÇ?.’Pi fH‘ V 5 nt ’..^ jÏh$> U £ P rtit Upiubr^.depjap^ysquiqj'frent aussi dés ailleurs qpa.d^ns,|es ^es feuilles. ^ ,^ fiMn c ^?ffl.'Pfi!lA r »' t ! d 1 e l a : dé ?t fçujll r es Œ: li.ip euidii j . : c;«t xpÇfks. y ( ç.q? que, l’on gir^fjjsqqp à SïftfU. fô® w dy| i ^p^s.iqvd s ;o e ) t ^sez ^^..en q^ç ,£é« 1 Ur ^Hr^hetrAtâ * ??ï$. PW W s .ptfi fa - .—; ---qu'il y q-• . -- leur s suivant. OEUVRE. Vs Éckalas.. . 1 . v 11 ŒU YRly -41101s. -D\>. On appelle bdis d’oeu- vre, bois à d&livrer, les bois xutresyque le* 1)0is de chai.iflagçj tels que ceuxqjyyf o^ fai^. la^^ru^te, de la oîsse 11 erie, de la mfputèierii., a ’.«. sc îfSe»; 4 e la fentç,^tç M Siçjf *-, i& Marchand . , , w / OFFlCfe, officium. Ce mot sjgpiftê ftçrvjçe- 'j 0 |, Pratique. — Infornier d’ofhcy, f’fist, 4 é d’un juge,' instruire une affaire sa,n$ en avoir [r çté requis. . JÇxperts nommés d’çjjîce, cy sont, 4 ^ nommés par le juge. Économie politique- ait OFFICES'DES’EAUX défendu à tous ecclésiastiques et il tous dfiiciçrs ues t *■ ■ l!f ■ 1 : !\*1 ( 0f < r ■ partemeus et des autres cours et ; j.uynv d’exercer aucune charge dans les e.inx et . ( ürd. de 1669, lit. II, art, ,12.|) Il ne pouvait y avoir dans la même maimse .Ue parens ou alliés jusqu’au degré de cousin-^ernipiyi inclusivement. ( Ib., art. 5 .^ j | , La même défense est faite pour les 4gèns actqy 4 . ( Loi du ?9 septembre 1791 , tib. III ., çr/r.^ 16., Circul. du 1 ù jévrier 1821.) Les officiers des maîtrises ne pouvaient , excepté le lieutenant, exercer un autre office royal dç.judi- cature ou de finances. ( OrJ. de 16^9, fit. ^ 7 /, art. 5 . — Arr. du Cons. du i.a février 1671^)^ , Ils ne pouvaient, pas même le liputenapt, exe/qer en titre, ni par commission, dans .ïe^ juridictjons seigneuriales, ni recevoir pensions'où ternir fermes des seigneurs, communautés 011 'particuliers. X-T 5 ._, art. 8. — Arr. du Cons. du \4 août î^j-gy;) Ces défenses avaient pour objet d’empeebér qiie ' iC Ql lesrofficiers, forestiers ne fussent induepeés^ar. des personnes puissantes, ou qui pouvaient âvOu^^ys intérêts dans les forêts.du roi.. 1 • 33b 111 Les charees étaient affectées, privâtivemé'ut 'à leur! . , r ir r v pr sisituo'.T. joijlj^ij uet.tes, aux,.restitutions^ doiqmages^et yn- térêts , aûiendes et dépens jpSur il élit s l , u9 abu», •••9 iV-iu 1 *<’ y. o.i. •as^.aSr.RjJM. \-e •ufWL-i neeucences- et malversations des othciars. TJJra. kié> 9 * * r 'Z .'T JUes ancieor|es,prdonnançes, etnqrainiimenrÇelles dé T&çnri lll.de i 58 Y et i 584 .vivaient déclaré ve- svs'j", •• 'i. .xi'- -fi î”}? îtf'TY. ?.s 5 yat i3W«T«: iiâùx et.Kèréd.itgq’é.s lès.offices dtsj.ea^c' é.^ftrï^s, ah 11,'ditTardoruiànçe de i 583 , tle.rendre^s f*ftSc?ers UrvVS vso.. tVi'jv ïrt.jv r-... u . - .-.V uov.. ar. -plus soigneux. Sur quoi baint-ion observe que cetts • i *.o*.. <, )' 4 t»vy .l-a ■ t>v '.su OFF rapporte Jes opinions lu Ilaillan et de Phi- (44 O F F disposition était encore plHS, r fart9fta.ble aux enfana , pour lesquels il est utile d’ètvg , fefl,«^ccé#seHrf ; fie, leurs pères aon-smilemept dans leurs ,propres ÉfeM, mais encore dans l'honneur qu’Rs’ont acquis par lee états, charges «t fonctions qu’ils, ont exercés, Mais, ajoute-t-il, ib faut qu'ils soient aussi soigner)^ dp suivre les vertus de leurs pères, que de. recueillir leur suçcesstonÿ car oa pourrait leur appliquer eettti réponse d’Aafigonus à -un jeune honime làche-et couard, fils d’un brave centanfer, ( qqi lui denta-n-' daitllà place'de son père : n. Jeune 'hot^m-e^ fi récompense la prouesse et non pas la noblesse Je mes soldats, >foIlnor:- - : ;• ,m )b n Quelques 'officiers de judicâturp avaient d’abord été eioeptés de la vénalité, ainsi qu’on le voit!par les ordonnances de i. 58 a et 1 - 584 --. Sainte Ton, p-, 190 et 191, de Sallusteq; dp Sénèque, de Du lippe de Commines, contre la vénalité des charges. D»f Haillon, diuts ia Vi^e de Louis-le-Gros et dans celle de saint Loüts,/a feifciun disçours.puf la ruine des princes-pa? laveuse des offices. Philippe deCom mines dit, en parlant des . Parisiens, qu’/Zs sont grands achepteurs df estais et d’offices. 11 est dit,dans la Novel’le 27, § i«., que le magistrat , ni qui que 1 e soit, ne doit donner d’argent pour son emploi;, afin qu’il puisse remplir.ses loue fions avec intégrité : ut ipso quoque puris ulatur nianibus. La vénalité et l’hérédité des charges, si vivement et depuis éillong-temps combattues, ont été abolies par la loi du as août 1789, sanctionnée les 21 septembre'et 3 . novembre suivans. Le Répertoire de jurisprudence, au mot Office contient l’histoire de la vénalité des offices et une dissertation étendue sur cet objet. OFFICIERS DES EAIJX ET FORETS. V. Officiers dés maîtrises. OEFlClERSu DE GENIE MARITIME. V. Maîtrb, Marine. OFFICIERS FORESTIERS. C’est ainsi que sont qualifiés les conservateurs dans la loi du 22 mars 1806, et les inspecteurs généraux, les inspecteurs etSQua-in6pecteurs des forêts, dans diverses déci sious ministérielles et circulaires de l’Administration. Mais comme les emplois ne sont plus tenus à titre d’otficjas, et qu’iLs sont exercés en vertu de commissions, la qualification i’agens est celle qu’ofodaét enrployer, et qui est d’ailleurs consacrée par les lois d’organisation. V., aux articles Administration y Afpdnteur , Conservateur, Garde général et Inspecteur , l’exposé des devoirs des agens forestiers, OFFICIERS DÉ GENDARMERIE. V. Officiers deipolice judiciaire . et Procès^ Vetrbaux, OFFICIERS MUNICIPAUX. V. Adjoint, Maire , Perquisition^, -,l 1 7 . .OFFICIERS,,6e POLICE JUDICIAIRE-, L’article 20 du Code des délits et des peines içaire an 4, attribue; çette dénomination à tout officier qui exerce la . police judicj*ire,,!e , e»t?a-dire cettq; branche 4e la police qui recherche le$ délits que, ht police administrative n/a pit empêcher dt commettre, , , . . . V W\ -A X Vrt vfo O FF' , É’atVK^i du anêmecode.déelare cifiàvieri de police .judiciaire, t°. les commissaires de polwb {ferfhfoïtha «apôtres 'et fiorestiersq ■ SuJqlés ,jâges,tle « 4 °nies direotefirsdb juPys dlacqutetiahpS^i»» dapiùûnes et Ifentenains de gendarmerieu/l ■ reqi. Éj 1 tiré arrêt de la coùr de cassïulôrt'Vkt ^skiai 1807 léçrdfe que y d’après tes dispositions, êfeèhfiilbi; du- *8 pluviôse an 8 et du mènfoêadedü'ô< beadiairH in 41 les tnaires et adjoints. foVft ■©ÿlftlersidolpofile judkciairè. -tic ■ • loir', ,fJioih ^etiovsl Le Code d’instruction crindnellk de 4808 fabtcH', porte qde la police judidàiréestoxêredei «dites l’àhté- rité des cours royales, par te* ghrddsicTia«vuêttifSdepuis-l l 6dit d’Wf)l'-#66ypdr leqûêl la plupart furent suppmués'et d’autres Ctèesy 1 qu’iTrésulte.das:édit*;de mars 1691 , octobres 69 J, novembres! 696 ,.Tm«$£t*nii 1698, novembrp 1 6997 mat* *706 (final» 1708 , eoûtiilyio et mai lÿlriuq - ; LVrflQbiWitéde 11669 deterwiinait les fonctions y devoirs, droits, émolumens et privilèges des b£fi-»i tiers ’de$ fèîtiJx ét furète»- va ne na\v\ ' ‘ J h ioftkjemi&svaientTétre: pourvus par le roi), et-re^ijv'iMHfcrTVbbi» de marbre , information préala- hlehianf Çaitèlde leurs «y»©, mœurs, religion et ca- patitéuj-fibWi,.fifeI 1669, Cit. Il, XI et XIII, arti xisq si* ."•••oi -d nsu , Les gteffieesa cp liée leurs dés amendes, huissiers et gardesyideivabstit être reçus aux sièges des mai- OFF 446 agi II. Àucun.xyfjif^p.de.jw^atUr.ft ne pouvait-Atrè »r'»i nn’nnrùe ov/)if Sut * 1 un PYDniPTi . Pt rpnnnilii iiouirru reg« a ^'après j; fi^on^ i Subi. an examen , et ^ppp|u ils ne devaient "être interrogés que sur les articles reli/Hjs'à léois fdhëlteéjs: f/i.V u IIt. ll était dèfeiVdù.a Tofi'â‘è< ( iérfMii' S‘Ccclésiaëtiqués, offi- ild ctfAsdif'efHïés jtours de pàrlenieus, ei éhbiMèf,’ , ç‘étïrs' dès aides et aitres^’rle' téfâÇPâ" toftl J* Vj&'r'èbA mission',. aura né clïiMb'ie cKàfgè^cIflûs "léi'jîifidfëtïons des eaux et forêts, à peine dé'ilhllïr# ét'Be tfbis mille livres d’amende. (Ib.f iit.II, art. 'la,) IVî Nul lié pertivait être reçu , soit en qualité de înàltéé^lieutenant', procureur du roi, garde-mar- tekV, ftrpfenteuV oli greffier , s’il était parent des aütrei officiers jrtsqA’au degré' de cousin-germain ntduSîtettièfitY (-'H-i/tit. II, art. 5 .) ■‘tdart: iédtf tit. tilde ta loi du 2g septembre 1791 maintient cette disposition pour les parensou alliés en limite directe, ou au degré de frère, ou d’oncle oü neveu. V. Les Officiers des maîtrises 11e pouvaient tenir deux charges à-la-fois dans la juridiction des eaux et forêts, ni aucun office dans les juridictions des seigneurs, soit en titre Ou par commission. L’a¥t. *3 du titre cbdëssns de la loi de 1791 déclaré toutes les places de l’administration des forêts incompatibles avec celle» de membres des corps administratifs, des municipalités et des tribunaux. TL Ils ne pouvaient être fermiers ni pensionnaires dès seigneurs, communautés, ou partien- HèrSÿ-direétement ni indirectement. ( n VII, Il n’y avait de tous les Officiers que le Heure na» t qbîqiût éxercei conjoiii temen t’un ë litrè-office royal dès judifcatufe' otl de n fi naiiëeV-' r '( Ib'S ) tit. II, aiT. 8 , confirmé par arr. da tons, d&sfz février 1671 et t :$ «oifc iy4 5 «')" u - t Tuit\ VIII. U était défendu àlbnshflicidrsdeilblfiîtrfses, même à leursenfans, gendres^ frères, beaux-frères, oncles, neveux et, cousins-germains , de prendre partiaux adjudications des bois. -La même u défense subsiste jàtoujours d’après l’art, id'é* lit, HI de la loi du 29 septembre 1791, ao l’Art. 1 i'4 du ëàhlor üès clmtgèe 'pbM^lesiveutps [dèhMSi'Y.^Adja'dicütlOÀ'.sliUs i!.s ii zlaupeaJ rm.q • IX? 1 LéS bffi tiers* dés wdt f rises'd taient «Kern pq j do 1 ! twUteS-ijhàégéS pfiblîq'éeë. mnnorl'I ->ncb sioonn Al « tX. - lis'itvAient'leurs causes cbwitntiSev j r taimfîoivH« que criminelles, au présicKaLdu reësoftU ,Ii-J-9 Jik-| • XI. Ceux même qui n’e*erçdiei»t?që8' paT! fonit missîort devaaéne joiriride tjoertee ^êSJ'jirévogativw* pèndànt qUeHé'bSifetëientlèsditesèonJttiIttfo'bs-'èôbq'v ’ de’VMç,*!}. If, <ârtP èb) • '' nu’i dû , Lreuo i - De iuètnë tes'v«*twdes officier» pendantIqjuîdlièst' fèstttièftt'en : V\dtiité.fctKç «on - , n\ ainerçmo- XII. Les officiers des maîtrises avaient le pas^dàûs lé» Assembléesgéfléralêsypubliques est particuliè^s. XIlL lls^vaîéhtilie'droit de porteé des armeslorst qu’ils allaient en campagne. 1 eb *-mobio asl XIV. Les principaUbc devoirsdfS offioiere4lès maîtrises étaient i^l de I4iller à ; Iae>(fonteDVUtiou‘-dg» forêts dû roi; il aalroa t e9nimmo0 sb sqq; ; - 2 ® 1 . D’enipê'cher ) 1 iltiiant qaY’ilétaitbetinsdkÿ^i^iU jn’en fût aliéné aucrnie-jrtubW^V. liorkaïnef 9b elle: 3°. De "veiller à ce ipse^les ftvrêts'dù wi fdBsemt séparée» des bois des particuliers* par'de bon s-fossé.s, V. Fossésf " '■■' ■' r 'v.v\rç ,-) fi ihnnv^ 4°. Dé veiller à ce qûe tes borhès tlé fussent He- placées,' V. Bornes; - .il: 5 °. D’ertipêcher qu’il ne 16 1 planté par-le» particuliers aucun bois aux .virés des forêts, V, finis' des particuliers , 1.1, p. 3<)j ; v-aèinm 6 °. D’empêcher qu’il 11e ffit emlèvé aüis rives^et ans l’enceinte des forêts , ' aoeimneàhleyuiprlreL dans ( marne'ou argile, etc. i, V. Carrières ç ub 10 I al rf 7 0 . D'empêcher qu’il né fàt bftti dani l’eriOéiwfe et aux rives des forêts aucuiie nl&isûny a fértlié’4* u château, etc., V. Constructionf .ilfol'l Jiiebn 8 °. D’empêcher qu’il ne fût fait de»coudéesdatil les forêts, V. Cendres ; -.Q 21131311^0 9 0 . D’empècl.er qu’il ne fût établi’dès fttolibrsvde cercliers, tourneurs, sabotièrs, WauCr&ldÿjiàfiêille condition, à demi-lieue près de»' V . Ateliers ; fllll’K. io°. D’empêcher qu’il ne fût arraché aucfirri&bois sans permission du roi, V. défriche nient ; ( 9 ( ôo 8 c n“. De se conformer aux ordonnanceS'él'maudef* mens du grand-maître pour lés assietteS-dè cwupesq V. Assiettes; ' 101 12 “. De veiller à la bonne exploitation dés'bèâ'sÿ V. Exploitation; , ; t enc ? 2 inimo: i3°. De faire le récolement des Ve^fèS 1 , 11 V | bJitlcû‘- lement; aîn-sgro'b ?io! zsi t - i4 P . De veiller à l’exécutioU dé l’dtdontfétfOO snr le Pâturage, V. ce mot; '' * f 19 Vm 1 5°. De veiller à la sûreté de la navigation 1 , et de faite'ôtèr fies iiviètfe 1 tout 64fpti pOittsll Ififi^au cours des efeti k. V.^Oôttrs d’eau, XaiâgnYiOrt'ëK''fii~ t’ièwJf- ^iv'vtoK A .I. i f-.Hl’JiA'J i il «IttlJl-HO XV. Ils étaient également chargés de ,t v*èiUémâ?ni CtaWèi>vhttbb ‘(Tés *Imi&lfèl‘&Q:%!si)rdti$h&bji/k.tyar- tictslimiS, ««rjrfôfe.'''» »-“Vbb »!Û> éfcoO ub 0 £ ait -il'XVI: Le» oflicîèrs dès maîtrises 1 énaifetàienélës peines qu’ils négligeaient dé fai té subîé^tulx délié- quans ; 4t cela s’observait à la rigueur dëtlS 1 tëbfes lès réforttiations. V, les art. i 5' du titl 1 III et 9 du t\t. X de l’ord., et le mot RéformafiàdP mm ‘ OLI OEI 4 # X$'I1. 1U ne pouraôfi*il dfpviior aécquérppravis- *ion contraire aux ordonnança, , et.-ïégleineu*. Y j la mc^faanw.iQM., q , , oft ,, , , uo, ■ ■ ! X>lH.,IL,l< î ur était expreasejàent défend 1 # .dq prtindre^duYhois, ep v paiemeuf d? le^u-s^vaqatlqi>^ , et AU,x marchands de.leur en donner. ( lit. Iî f art. j, et, fti iX frty ft. ) . , Il jeur.çtait égal^mentqléfen^u de recevoir d^^idjudic41^i,ç^ j u*. întçrdic'tyjp. XXII. Lh plupart des devoir* des officiers des maîtrises , ci-dessus exposés, sont encore obligatoires pour les agens forestiers actuels, ence qui cdnéerne les fonctions qui leur sont dévolues. V. Administration, Agens, Conservateur et Inspectât', XX 1 H. La loi du ii septembre 1790 a supprimé les officiers des maîtrises , et les a chargés néan- tittfius: dé (Ylntinuer leurs (onctions jusqu’à nouvel ftrdrè.'Celle du \& août 1792 a déterminé le mode de paientènt de leurs frais et -vacations. Leurs honoraires furent augmentés par des arrê- t os des 2portèrent l’olivier et. la vigne à Marseille, ville/ondée par eux environ six cents ans avant Jésus-Christ.uj > Cet arbseest l’objet d’uneculturedé première im- portaiice-i à hanse /de l’huile qu-’yn retire de la pulpe de ses fruits. Ses caractères- sont ; d’avoir .une tige de moyenne hauteur, hrauchue, àjéçorce lisse sur les jeunes su jetaet crenrasséesur les.vieux* le* feuilles -opposées/et- ]iersis tantes , sessifo* , lancéolées, d’un vert ■foncé- en dessus, blanchâtres ep:dessous; dp* fleurs disposées en petites grappe*éotu..so 4 iîa'Ces.dans les ( ad*AftUns des fouilles supérieures pie fouie ovale. £afti)d>|)^r. un noyad thès-d>ur,-TecoKvert -par une pufpe.lwsileuse et .renfermant demxnkmandes^ dont i’uneiavorte presque toujours. 1 in -.■■'up ■ , La cultfirp de l’olivieuct la description dp l’immense quantité de variétés que cep arbre d produitesont été l’objet d’un grand -nombre de-traités particuliers ; mais nous n’avons-à patiler-kique de L’olivjier que l’on regarde comme sauuagohetipuqtrel ou .a dpnné: le nom dWccjferb II cdoît (naturellement et sans culture dans les^boislcLesidiàiesy des fentes des rochers et autrés lieiŒjQnne'heitMeeÉ pendant pas lè regnrder Oamnfa îiidijlthaip tiay, lVlli- vier ordinaire, venu spontanément déslgfcdihfes ( àp- portées dans les lieux sauvages où iL se thoqvev 1 Les oleaster, ou oliviers sauvages, se distinguent des gliviers cultivés par uue foimn jdusiipyramidale, plus régulière; des rameaux pluspiquan» à\leér-extrémité; par une écorcfe plus grise et plud ISid^ides fouilles plus rares -plus {«dotas, 1 .plus arrondies y plus vertes; des fruits plus petits;i-plui luisants!, plus pointus, moins, charnusr,Lis-ofifiîentluhngrdnd nombre de variétés, qui souvent >pr(j(hiisâiif plhOde fruit que les variétés,cultivées,: et:du frmb.dpnt l’huile est plus légère., plus.parfuifiéeuotquisdcont- serve plus long-temps. Si on transporte ktsoliviers sauvages dans un meilfouslsol, et si tùi lessoiunet à la taille et à des cultures régui-iries,- -ils donlant de plus gros.fruits ; mais ils ne perdent pas-dè lîen- semblo de leurs caractères. -h: . Le bois de l’olivier est dur,■ velnéq,su8c*p4j]»le d’un beau poli , et la racine est quelquefois agréablement marbrée : il est bon pour le chauffage; il donne un fou clair et brillant, quirépand une odeur agréable. On fait avec ce bois des manches de couteaux, des tabatières, des boitqs et autresorrvrage* d’ébénisterie. , ., t -J Depuis long-temps, l’on se plaint.des pertesqne les gelées font épromer dans, les plantations d’oliviers, et il parait certain que li. culture de ce» arbres était autrefois beaucoup plus rapprochée de l’intérieur de la France qu’elle ne l’est aujourd’hui. On les cultivait aux.envinons de Aaiente ,' aujourd’hui on 11 ’en voit {)lus mèmeiaux environs'd’Avignon, et ceux de la plain 6 .d’ALx. 60 Ut souvent maltraités par la. gelée. ..stiush On attribpe ce chimgemmt.dans ln.,1enipdra- ture, principalement a. la. destruction des, bai» toiles montagnes , qui a-.faib disparaître les allrtsml nécessaires aux succès des plantations, .d’olitfier*. M. Rougier île la Bergerie, dans son ouvrage iutit tulé : Les forcis,de la France , icite les ip la in tes adressées, à diverses époques, au gouvenieménhfqial des administrateurs.et des agronomes sur les-sdftes funestes des défsicjiesie^is par pippart à faicultqcei des siiivier» i telle*.-sont - les- ol»ervatlonauiP»7{fo* admitû*trateu#s et de- plus.de troisicelits propriétaires du département (lu Gardy detqueikB.-àiro-é*- sult.e que par suite du défrichement «Les forêtr, Fo- livier senvkle vouloir abandonner un,climat devenu beaucoup plus.rigoureux qulantrefo**, etoù'.lkuui'e récolte plus la dixième partie de Fhilifo -qüe.ce. déi- partemeftt,produi*pitt*j 2 ®.. du procureur géhèrit; et du préfet dudé{ta/f£inent l’Audeq qui aqnoDCont OND qu’ÀGrassa les, oli viersjéa'wiasent pénjblWrrrént /et que dams lWnajuÜBsernéwt dê Narbonne eflf f 8 Mou«alyilo;i'raid BXaesnf lesia -préwfu&t^uS'lAéq truits; ce qu’on attribue'rail dégarnlsïëttl/nF'riés montagnea; 3°v ileaaàaiinistrateursdu dépàvttemênt de-lfi LoaeCo* qui disant que l’oiivier a 1 ‘pérï’’dtlri 8 piusrousrb endroits oii.il: était cultivé, pair suite 1 dw déboise atenfbflfis.naaniagneK de la liotèreY’de 'fraiù gttaX; qm-dominont lsaCéve«nes,etde^mOnfls > d’Au-i veri’ne5E4°i‘an-Rél'V*il r tr ll. p. ééf voqv’b tu- § 2. De l'opposition aux juge mens par défaut. Il faut, à cet égard, distinguer les jugemens rendus par défaut en matière .civile, d’avec les jugemens rendus par défaut en matière de simple police, de police correctionnelle et de grand criminel. Il y a, d’ailleurs , des règles particulières pour les oppositions aux arrêts par défaut de la cour de cassation , et pour les oppositions aux décisions par défaut du conseil d’état en matière contentieuse. Nous diviserons ce paragraphe en quatre articles: I. t)e l’oppositiari aux jugemens rendus pair défaut en matière civile.. 3 bici quelles sont, sut les délais et la forme dans laquelle doivent être exercées les oppositions aux jugetnen» par défaut, les dispositions du Code de procédurè civile . ■ Pour les justices de paix- — La partie condam- néé par défaut pourra former opposition, daus les thJis jours de la signification faite par l’huissier du ju^e de paix OU autre qu’il aura commis. L’opposition contiendra sommairement les moyens de la partie, et assignation au prochain jour d’audience, en observant toutefois les délais prescrits pour les citations : elle indiquera les jour et heure de la comparution, et doit être notiliée ainsi qu’il est dit ci-dessus. ( Code de procéd. civ. , art. 20.) Si le juge de paix sait par lui-même, ou par les représentations qui lui seront faites à l’audience par les proches voisins ou amis du défendeur, que celui-ci n’a pu être instruit de la procédure, il pourra, en adjugeant le défaut, fixer pour le délai de l’opposition le temps qui lui paraîtra convenable ; et dans le cas où la prorogation n’aurait été ni accordée d’office ni demandée, le défaillant pourra être relevé de la rigueur du délai, et admis à opposition, en justifiant qu’à raison d’absence ou de maladie grave, il n’a pu être instruit de la procédure. ( Ib ., art. 21.) La partie opposante qui se laissera juger une seconde fois par défaut, ne sera plus reçue à former une nouvelle opposition. (Ib., art. 22.) Pour les tribunaux de première instance. — Si le jugement est rendu contre une partie ayant un avoué, l’opposition ne sera recevable que pendant huitaine, à compter du jour de la signification à avoué. (Ib., art. s5j.~) S’il est rendu contre une partie qui 11’a pas d’avoué, l’opposition sera recevable jusqu’à l’exécution du jugement. (Ib., art. >58.) Le jugement est réputé exécuté lorsque les meubles saisis ont été vendus, ou que le condamné a été emprisonné ou recommandé, ou que la saisie d’un ou plusieurs de ses immeubles lui a été notifiée , ou que les frais ont été payés, ou enfin lorsqu’il y a quelque acte duquel il résulte nécessaire- rement que l’exécution du jugement a été connue de la partie défaillante s l’opposition formée dans les délais ci-dessus et dans les formes ci-après prescrites, suspend l’exécution, si elle n’a pas été ordonnée, nonobstant opposition. ;( Ib -, art. 169.) Lorsque le jugement aura été rendu confcve une partie ayant un avoué, l’opposition, ne sera recevable. qu’antant qu’elle aura été formée par requête d’avoué à. avoué. ( Code de procéd. civ., art. 160 ) La requête contiendra les moyens d’opposition , u moins que des moyens de défense n’aient été signifiés avant le jugement, auquel cas il suffira de déclarer qn’on les emploie comme moyens d’opposition : l’opposition qui ne sera pas signifiée dans cette forme, n’arrêtera pas l’exécution y elle sera rejetée sur un simple acte, et sans qu’il soit besoin d'aucune autre instruction. (Ib., art. 161.) Lorsque le jugement aura été rendu contre une partie n’ayant pas d’avoué, l’opposition pourra être formée, soit par acte extrajudicîaire , soit par déclaration sur les commaudemens, procès-verbaux de saisie ou d’emprisonnement, ou tout acte d’exécution , à la charge par l’Opposant de'la réitérer avec constitution d’avoué, par requête, dans la huitaine; passé lequel temps, elle ne sçra plus recevable, et l’exécution sera coritînuée sans qu’il soit besoin de le faire ordonner. Si l’avoué de la partie qui a obtenu te jugemènt est décédé, ou ne peut plus postuler j elle fera notifier une nouvelle constitution d’avoué au défaillant, lequel sera tenu , dans les délais ci-dessus, à compter de la signification, de réitérer son opposition par requête, avec constitution d’avoué. Dans aucun cas, les moyens d’opposition fournis postérieurement à la requête n’entreront en taxe. ( Ib., art. 162. ) 11 sera tenu au greffe un registre , sur lequel l’avoué de l’opposant fera mention sommaire de l’opposition, en énonçant les noms des parties et de leurs avoués, les dates du jugement et dé l’opposition : il ne sera dû de droit d’enregistrement que dans le cas où il en serait délivré expédition. (Ib ., art. 163.) Aucun jugement par défaut ne sera exécuté à l’égard d’un tiers , que sur un certificat du greffier, constatant qu’il n’y a aucune opposition portée sui le registre. (Ib., art. 164.) L’opposition ne pourra jamais être reçue contre un jugement qui aurait débouté d’une première opposition. (Ib ., art. i65. ‘ Pour les tribunaux de commerce. —V. les art. 435,436, 437 et 438 du même Code de procéd. cly. Pour les tribunaux d'appel. — Les autres règles établies pour les tribunaux inférieurs seront observées dans les tribunaux d’appel. (Ib., art. 470*') Plusieurs arrêts de la cour de.cassation ont été rendus en interprétation des articles ci-dessus du Code de procédure civile , que l’on peut voir dans le Répertoire de jurisprudence , et autres recueils de ce genre. IL De Vopposition aux jugemens rendus par défaut en matière de simple police et de police correctionnelle. Voici les dispositions du Code d’instruction criminelle sur cette matière : Pour les tribunaux de simple police. — Si la personne citée 11e comparait pas au jour et à l’heure fixés par la citation, elle est jugée par défaut. (Code d’instr. crim., art. 149-) OPP OPP Lapersonne condamné» pajhdéfcmfcmlgst plus j»- ccvablVji s’oppo^f .-* 4’exésuttion d» jugement),*! elle .ne^r, prf Sftate- ; À L'audience suivantax-aaiif c» qui çstjceglu^*^ ila^pei çt le recours emaoisaiiœi. (, (àf^p /Binsfri fiwn ., tsft,,k^Qih ni'n.iu ■ —^ ——-- jqytîs sjgpihçatipuL,g»Htrp,un jouepar jtnais royriametr^s, ^, v% ,\*i) ~ “"rtir- r.in 44 <) ffiiQ^utf.qfrpçiicti-çprrçGiifotneUe, ^Wk^l^é[^ «OiPP^raît'paRj, il dpit être Wm iw wwv^!?n>^vJP 6 t'i‘--w . Vf £fma$ 9 W a |H >n > par eptjc ifi >3 ejstjcomme non ave nue* • I r ia F 1 aü pre ^e.^fligaificatiopgtoe revenu ou à son dofajfjjj&g.pitfra «h -jovrt par ÇçRWjQH^itionàTesé- apposition, tant ^jÇe^iyi^iJgSifrf^ids l.’e^j^litjoajdje. lu aignin ficatïon tju jjjgptqeptfBirdéfaut&,à? Imposition, demeurèht à^çjwj¥?>fih'P , réi'' eiu, -'C^?r, art- 1870 L’o^qtitiqn .epipofi^, 4ft compter de ce jour que le jugement ^ar défaut devient pour toutes les pàrtié* ùn jugement définitif.- 1 ^ - L’oppo'sition à un jugement par défaut est toujours-recevable du moment qu’il n’y a pav.de pre ùvequ’it ait étê : signifié. {An. de la C. déçass , 'du 3 novembre 18090)’ Le délai de l’opposition contre tui jugement par défaut en ntfftîèrè correctionnelle , court du jour d.e la stenificàîfon' qtfi a été' faite de ce jugement ah défaillant, qnVdle l’ait été par la partie civile ou par la partie publique. ( Air. de îa C■ de cass. f fût S 1 &pierhb+è'\ 826. ) Pour les tribunaux d’appel en matière correctionnelle. rr- Les jugemens rendus par défaut, sur l’appel peuvent être attaqués par la voie de l'opposition, dan$ la même forme et dans les infuses délais que les jugemens par défaut rendus par les, tribunaux correctionnels. , nnere ; l’. 14 -_ -j . ...... tervient sur l’oppdsifîoiî hé peut èfre attaqué par la partie qui l’a formée, si cè n’est devant f la pour de cassation. '( Ib., art. 208.J Lorsqu’en matière correctionnelle .c’est l’appelant qui a fait défaut, est-il recevabrè a former op- position à l’arrêt par lequel’a été confirmé le jugement dont il a interjeté appel? Deux ârrets d.ç la cour de cassation , rendus les 1 STrimaîr^et i 3 fruç- tidor an 1 3 , sous l’empire du Code du "> brumaire, an 4, avaient décidé que l’opposition n’efait point recevable, parle motif que l’arrêt était contradictoire, puisqu’il avait été rendu à la vue, de la requête en griefs. Mais M. Merlin observe, au mot Défaut, dans le Répertoire de jurisprudence, qu’on ne peut plus juger de même sous le Code d’instruc-, tion criminelle de 1808, d’après les dispositionsdes art. 204 et 208"de ce Code , et il cite deux/arrêts de la cour de cassation du 22 avril 1811 , rapportés dans l’ordre de leurs dates , au Bulletin criminef delà cour de cassation. 111 . De l’opposition aux arrêts par défaut de' la cour de cassation. — On suit toujours sur cette matière les dispositions du réglement du *8 juin 1738 , qui se trouvent à l’article Défaut du Répertoire de jurisprudence. ' IY. De l’opposition aux décisions par défaut du conseil d’état, aux ordonnances royales et aux actes administratifs, en matière contentieuse. — Cette matière est réglée par le décret du 2?. juillet 1806 , dont l’exécution est ordonnée par l’ordonnance du roi du A 3 août i 8 i 5 . V., au Recueil, cette ordonnance à la suite de laquelle se trouve le, décret, t. Il, p. 660 et suip. Giest dans le délai de trois mois, à compter du jour de la notification ^ que doit être formée devanl'ie conseil d’état l’opposition aux ordonnances royales rendues -par défaut. ‘(‘Ord. durai , du 14 aoûts 822.) ■ On ne peut former opposition à un arrêté de conseil de préfecture, rendu par défaut, lorsqu’il a été signifié en temps utile,; et qu’il a reçu son exécution. — Mais la partie peut prendre la voie du recours au conseil d’état, si elle n’a pas laissé passer 5 ? QPP 4 5o QPP Plus de trois mois depuis ^’çxéçutiçn de l’arrèié. ( Ord. du roi, du iftjapvier^ jl^a,j -, i, . LorsqUç la pcq(niere,,^istri,i,ctioit|.p , une aifeife été faite contradictôireraent avçc les parties devint uq conseil dq ( préfecture, 1’oppositioji formée par l’une d’çlles à l’arrçté intervenu ne peut pas être admise. ( Ord. durai, du 22 juin t 822.) Jyorsqq’tqv arrête de conseil de préfecture , rendu sur opposition, n'a pas été signifié , on peut formeç une. nouvelle, opposition au second arreté qui inter*- vient. — On ne peut considérer cotome contradictoire un arrêté de, jonse^ flp pypfeçture. rendu sur les défenses produite? par uné v partie devant- un conseil municipal. — L’pppositio/i .contre cet arrêté est recevable. {Ord. du rai,.du 10 juillet 1&22.) V. Conseil de préfecture , Décision, Bréfet. § 3 . De la tierce-opposition, c’est-à-dire de l’opposition aux jugemens rendus contradictoirement entre quelques parties, mais sans que des tiers qui avaient intérêt à l'objet du litige eussent été appelés. Cette opposition est! qualifiée de tierce-opposition , parce que les parties qui la forment sont des personnes tierces à l’égard de celles entre lesquelles a été rendu le jugement qui est l’objet de cette opposition. I. Une partie peut former tierce-opposition à un jugement qui préjudicie à ses droits , et lors duquel ni elle ni ceux qu’elle représente n’ont été appelés. ( Code de procéd. civ., art. 4/4-) II. La tierce-opposition formée par action principale est portée au tribunal qui a rendu le jugement attaqué. III . La tierce-opposition incidente à une contestation dont un «tribunal est saisi, est formée par requête à ce tribunal, s’il est égal ou supérieur à celui qui a rendu le jugement. ( 76 ., art. 4 y 5 .) IV. S’il n’est égal ou supérieur, la tierce-opposition incidente est portée, par action principale, au tribunal qui a rendu le jugement. ( 75 ., art. 47 (>•) V. Le tribunal devant lequel le jugement attaqué a été produit peut, suivant les circonstances, passer outre ou surseoir. ( 76 ., art. 477.) VI. Les jugemens passés en force de chose jugée , portant condamnation à délaisser la possession d’un héritage, sont exécutés contre les parties condamnées, nonobstant la tierce-opposition et sans y préjudicier. VU. Dans les autres cas, les juges peuvent, suivant les circonstances, suspendre l’exécution du jugement. ( 76 ., art. 478-) VIII. La partie dont la tierce-opposition est rejetée, est condamnée à une amende qui ne peut être moindre de cinquante francs, sans préjudice des dommages et intérêts de la partie, s’il y a lieu. ( 76 ., art. 479.) Telles sont les dispositions du Code de procédure civile sur la tierce-opposition j mais cette matière a donné lieu à un très-grand nombre de questions, que nous n’entreprendrons pas d’exposer ici, parce que cela nous mènerait au-delà des limites naturelles de notre travail ; nous nous 'bornerons à exposer quelques principes, dont le lepteur trQUvejjaJfc? developjpejuens dans les ouvrages cun- sgçfps-à la,science du,4toit, .et notxmmeut dans le “ ipàjtWfi de jurisprudence. . , IX. . Tous les jugcmçns sont passibles; de .tierce- opposition , g’importe qu’ils aient (-té-rendu» en dernier.ressort ou à la charge de l’apjtfil, par des tribunaux,-Ordinaires ou par des jugeà'd’exception, en m^tjère civile ou en matière criminelle. ;;(0 o r Il n’y a point d’exception.pour les j^genteaa.émanés des justices de paix. ( Arr. de la ÇydeSaiflfdu 23 juin j 806. ) 3n noitieon ,' Il n’y en a pas davantage contre .les ç.rrêta,rç filessiyjlcs intérêts privés , fussent recevables, %iîa*naer ; j,*}uçe r oppostionà ce jugement. Y- cd-aprè? -L’sqrpliçatioà des arrêts des 3 juin et a 5 août i8Q(b, Jui ]; J! La tierce-opposition est également admise centre les décisions rendues par le conseil d,’éès.ten matière contentieuse. {Décret du 22 juillet l-bofi, artyirj.r) X. Pour être reçu à la tierce-opposition , ce n’est pas assez qu’on n’ait pas été partie dans le jugement contre lequel on voudrait prendre catfe voie y il faut encore qu’on ait. dû l’être, clqst-à-dire avoir eu, lors du jugement, une qualité qui ait obligé de nous y appeler, et de ne pas y avoir été partie par le ministère d’un tiers qui soit censé avoir eu notre mission, ou que nous soyons censés représenter. V. dans le Répertoire de jurisprudence les questions élevées sur l’application de ces maximes. XI. Lorsque le ministère public s’est pourvu devant un tribunal qui ne peut connaître directement que des matières criminelles, correctionnelles ou de police, et qu’il a fait rendre contre la partie qui il poursuivait, un jugement qui blesse les intérêts civils d’un tiers, celui-ci peut-il attaquer ce jugement'par tierce-opposition ? La négative a été décidée par des arrêts de la cour de cassation, des 3 juin et 25 août 1808, fondés sur ce qu’en matière criminelle et correctionnelle les condamnations sont personnelles comme les délits , et que les jugemens qui les prononcent ne peuvent être opposés qu’à ceux contre qui ils ont été rendus, et ne peuvent jamais conséquemment être susceptibles d’une tierce-opposition. XII. L’administration forestière est noni recevable à former tierce-opposition à un arrêt rendu-eut‘l’appel interjeté par le condamné, d’un jugement de police correçtionnelle, ce condamné ayant déposé au greffe de ce tribunaL la requête expositive de ses griefs, et conclu à l’infirmation du jugement. {Arr. de la C. decass., du 28 juillet 1809.) XIII. Quel est l’effet de la tierce-opposition par rapporté ceux qui ont été parties dans le jugement attaqué par cette voie ? Il faut distinguer si l’objet de ce jugement est une chose indivisible, telle qu’un droit de servitude, ou si, au contraire^ elle est susceptible deqlivision. Au premier cas, le jugement ne peut pas être OPP rétracté pour une partie , et 1 , subsister p&ttp l’autre. H fout donc qué la tlercé-bjiposition lVnéantisse tout-à-fait. C’est ainsi qù’en fnatière dé l'èjSîihlWo'rt en entier la minorité de l’un des consdrtv profite à tous lorsqu’il s’agit d’km droit indivisible. Lç Recueil des questions de droit de AT- Mèrlin , an mot Opposition |tierce ), § 3 , contient urf àriêt de la cour ae cassation, dn 6 fructidor an 10, qui décide ainsi cotte question. 1 Mais lorsqu’il s’agit d’objets divisibles, la tierçp- opposition ne profite qu’à la partie qui est admis# à Ifoxereer. f Décidé par la C. de cass.; savoir, par dèuæarréts des 26 germinal an 6 et 1 5 pluviôse ah 9, rapportés dans le Recueil des Quest. de droit , au mot Opposition ( tietcc ;, § 3 , et par deux autres orr. des 3 juillet 1810 et 28 août 1811 , rapportés, sou* le même mdt, § 3 , dans le Répertoire de jurisprudence. Ces arrêts sont fondés sur ce principe, que l’objet général de toute espèce d’action ne peut être que de foire déclarer le 1 droit pefsonùeldeceluiqui l’exerce : d’où il suit qite si l’effét d’une tierce-opposition jugée valable est de faire prononcer la rétractation du jugement attaqué par cette voie, ce ne peut être qu’à l’égard de l’opposant, et que l’on ne peut s’écarter de ce principe que dans le cas seul où il y a impossibilité absolue d’exécuter le premier jugement et le second. XIV. l.es art. 47^, 47 & et 477 du Code de procédure civile, qne nous avons rapportés précédemment, déterminent devant quels tribunaux doivent être formées les tierces-oppositions. Mais, observe M. Merlin, lorsqu’un jugement rendu en première instance et confirmé sur l’appel qui en a été interjeté, vient à être attaqué par une tierce-opposition principale, où doit se porter cette tierce-opposition? «C’est, dit-il, sans contredit, devant le tribunal de qui est émané le jugement confirmatif, et ce tribunal doit, dans tous les ras, y statuer en dernier ressort, n XV. L’art. 479 du Code de procédure civile porte que la partie dont la tierce-opposition sera rejetée, sera condamnée à une amende dont le minimum est fixé à 5 o francs. 11 en est autrement en matière de tierce-opposition aux décisions du conseil d’état. L’art. 38 du decret du 22 juillet 1806 déclare que la partie qui succombera dans sa tierce-opposition sera condamnée à i 5 ofrancs d’amende, sans préjudice des dommages et intérêts de la partie, s’il y a lieu. XVI. Un arrêt de la cour de cassation du 25 août 1808, décide que l’art. 479 du Code de procédure iiviltt (n’est pas applicable aux matières de police. XVII. Pour écArter T exception de la chose jugée, tirée df un jugement dans lequel on n’a pas été partiel, est-il absolument nécessaire de former tierce- opposition à ce jngem ent? ■M. Merlin a établi la négative par deux plaidoyers,; et elle a été consacrée par deux arrêts de la cour de cassation , des 21 germinal an 10 et 14 octobre 1806. Cette décision est: fondée sur le grand principe dn droit romain, res inter alios judicata, alits prœjudiciare non potest. Or , ce principe , dit oe jurisconsulte, se retrouve en toutes lettres dans O HD 451 l’art. 1 35 1 du Code civil , et le Code de procédure civile n’y a dérogé ni pu dërogér. L’art. 474 de ce dernier code dit bien qu’une partie peut former tierce-opposition à un jugènfent qui prèpidicie à ses droits, et lrtrs duquel ni eVle ni ceux qn’elle représente n’ont été appelés. Mais il'rie dit pas qu’il est tenu de prendre cette voie; il ne lui ôte pas la faculté de sé borner à dire : « Le jiigeriient due vous m’opposez , n’a pas été rendu avecmoi; il m’est étranger; il est", à mon égard, commé S’il n’existait pas. » V., pour le complément de cet article, les rifôts Appel, Citation, Défaut, Jugement. Opposition adx défrichemens. Y. Défrichement Opposition,(tierce-), V. Opposition, § 3 . OPULUS. C’est le nom latin delà Viorne- Aubier. V. ce mot. ORAGE, du latin auragium , formé d'aura , vent. C’est une violente agitation de l’air, accompagnée de pluie , quelquefois de grêle , d’éclairs et de tonnerre. Les mois de mai et de juin sont les époques où les oragessontles plus communs dans les provinces limitrophes de la Méditerranée; ceux de juin et de juillet dans celles dn centre du royaume, et de juillet et d’août dans celles du nord. C’est principalement dans les pays de montagnes, au midi de l’Europe, qu’on éprouve les plus vio- lens et les plus fréquens orages. Chaque année, ils y occasionnent des ravages considérables par la grêle et les inondations. On voit des chaînes entières de montagnes où les eaux d’orages ont en levé 'toutes les terres et qui sont mises à nu. La replantation du bois quand le mal est arrivé à ce point, y devient impossible, ou du moins très-difficile; motif puissant pour ne pas l’accélérer pard’imprudensdéfrichemén.s. etpour réparer , au contraire, les désastres à mesure qu’ils arrivent. Les plantations de baies parallèlement au plan de la montagne, et à des distances d’autant plus rapprochées que lapente est plus rapide,'sbn t le moven le plus sùr d’arrêter les éboulemens de terre et de diviser les eaux. V. Montagnes. Les orages font beaucoup de tort aux arbres lorsqu’ils sont accompagnés de Crête. V. ce mot ORANGER. Arbre fruitier qui végète en pleine terre dans les parties méridionales de la France , en Espagne et en Italie, et qu’on abrite pendant l’hiver dans les pays moins chauds : on en connaît un grand nombre de variétés. ORDONNANCE, du latin ordinare , dont on a fait d’abord ordenner , et ensuite ordonner. C’est, en général, une disposition , un arrangement. Dans la pratique, on entend par ordonnance un statut, une constitution, une loi, un réglement émané du souverain. Avant le régime constitutionnel de la France, on comprenait, sous le terme général d’ordonnances du roi , tant les ordonnances proprement dites que les édits, déclarations et lettres-patentes de nos rois. Les ordonnances proprement dites étaient des réglemens généraux sur une ou plusieurs matières. Elles avaient la même force qu’ont aujourd’hui les lois. ORDONNANCES SCR LES EAUX ET FORÊTS, CHASSES ET PÊCHES. On compte dix- OKI 402 ORD neuf ordonnances principales, rendues sur ces matières, depuis 121 5 jusqu’en 1669', non compris les édits , déclarations et réglemeus. Mous avons rapporté dans notre Recueil le texte de celles de mars i 5 i 5 , mai 1597, juin 1601 , juillet 1607 et août 1669, et donné le sommaire des autres ordonnances avec l’indication des recueils 1 qui les contiennent. Les ordonnances moins importantes sont en bien plus grand nombre. Noijs avons également indiqué ou rapporté en entier dans le même ouvrage celles qui on‘t été rendues jusqu’à ce jour. V 1 ., à la Table des deux premiers volumes de ce Recueil, le mot Ordonnances pouç Celles qui y Sont rapportéesen entier. L’ordonnancé de 1609 porté , lit.'XXX,''art. i tr ., que les anciennes ordonnances sur le lait des eaux ft lorêts, et spécialement celles de juin 1601 et juillet 1607, ser ont observées en toutes les dispositions auxquelles il n’a point été dérogé. Dans les cas non prévus par l’ordonnance de 1669, ni par les édits, arrêts et réglemens rendus en interprétation, on doit suivre les anciennes ordonnances ; c’est une des dispositions de l’édit de février 1704. V. au Recueil. L’ordonnance de 1669, maintenue en vigueur par la proclamation du 20 août 1790, l’art. 609 du Code du 3 brumaire an 4 et l’art. 484 du Code pénal de 1810, est encore en ce moment la loi qui régit les forêts, et dont les dispositions pénales sont appliquées aux délits forestiers qui se commettent dans les bois de l’état, et aux délits de pêche. Elle s’applique pareillement aux délits commis dans les bois des communes et des particuliers , qui n’ont pas été prévus et spécifiés par la loi du 6 octobre 1791 sur la police rurale, ainsi qu’il est décidé par un arrêt de la cour de cassation , du 26 brumaire an 12 ( 18 novembre i 8 o 3 ), et par plusieurs autres arrêts cités aux mots Bois des communes et Bois des particuliers. Enfin, ellè continue de s’appliquer à tous les délits de chasse commis dans les forêts de la couronne; et quant aux autres forêts et bois, aux délits non prévus par la loi du 3 o avril 1790. V., au Recueil , un arrêt de la cour de cassation, du 3 o mai 1822, et la note sur cet arrêt. Un nouveau Code forestier se prépare ; il est destiné à mettrè cette partie de la législation en harmonie avec nbs institutions actuelles, et à rendre communes à toutes les propriétés forestières les dispositions pénales qui doivent les protéger. Mais l’ordohnance de 1669, considérée comme Code pé- nal , sera toujours la base de toute bonne loi forestière ; et si quelques dispositions trop rigoureuses de cette ordonnance ne peuvent être transportées sans modification dans le nouveau Code f elles serviront au mains à rappeler le grand intérêt qui les avait fait adopter, et exécuter pendant un siècle et demi. Ordonnances des grands-maîtres. Les grands- maîtres rendaient des ordonnances qui avaient pour objet de rappeler à l’exécution des réglemens pour les différentes parties du service. On en trouve d’excellentes, que nous avons rapportées dans notre R-'ecuèîl. V. Ordonnances des grands-maîtrei , à la Table des deux premiers volumes de ce Recueil. ORDONNANCEMENT. Mot nouveau employé da‘ns les finances pour-exprimer l'expédition d’une bi'd'o'nriànte 'de paiement. V, au Recueil, t. 111 , p. 1 ra , le'réglement du 34 décembre 1822. ORDONNANCER. Mot qui remplace, en financé, celui d’ordonner, par lequel on exprimait l’action de 1 drinrier un mandement da payer. ORDRE DE MALLE. Les bois qui appartenaient à l’ordre de Malte étaient soumis au régime forestier par le tit. XXIV de l’ordonnance de 16691-Un arrêt du conseil du t2 octobre 1728 -a ordonné la mise en règle de ces bols , la réserve du quart pour croître en futaie et l’aménagement descoù^iss Ordinaires à vingt-cinq ans, et déterminé les formes à suivre poUr les délivrances. V. Cetarrèt au R/tdteil. Une bulle dû grand-maître ded’ordre; du 5 ju»l- let 1751, porte réglement pour l’administration'de ces bois dans les comnmnderies des six grands prieurés de France. Cette bulle, contenant 3 ï articles, se trouve dans le Recueil de Chailland, p. 4°4 i et dans son Dictionnaire des causes-et forêts r aux mots Ordre de Malte'. 1 Une autre bulle, du 17 juillet 1756, relative à celle ci-dessus, porte réglement pour l’ndministaa- tion des bois de pin et de sapin. ( Mêmeslouvrages.) Des lettres-patentes, du mois d'octobre 1756, ont approuvé et confirmé lesdites bulles. La loi du 29 septembre 1791 , tit. lyart, 5 ,avait maintenu les bois de' l’ordre de Malte sous le régime forestier. Ces bois et ceux des autres ecclésiastiques ont été réunis au domaine de l’état par la loi du 2 novembre 1789. V. Rois des ecclésiastiques. ORÉE. Vieux’mot qui signifie le bord, la lisière d’un bois. On dit : les braconniers se mettent à l’affût à l’orée du bois, les picoreurs s’arrêtent à l’orée du bois, pour observer s’il n’y a point de gardes qui les arrêtent au débouché. Ce mot pourrait bien provenirdu grec oros , montagne, dont on a fait oréades, nymphes des montagnes. OREILLES,OR 1 LLONS, OREILLETTES. (T. de bot. ) Ce sont des appendices qui se trouvent à la base de certaines feuilles ou de quelques pétales : Folium aurilum , Flos auritus. V. Botanique. Les jardiniers appellent oreilles les feuilles séminales. ORGANES DES VÉGÉTAUX. O11 appelle partie organique un composé do différentes -espèces de vaisseaux, de tissu cellulaire, de parties glanduleuses , qui a des fonctions relatives à l’économie végétale. ORGANISATION DES VEGETAUX. Les botanistes entendent pâr ces mots le jeu des organes, leurs rapports, leurs fonctions, leur naissance ou destruction, etc. V. Physiologievégctale, if*.section. ORIENTER, du latin ariens, littéralement, mettre à l’orient; c’est disposer une chose selon la situation qu’elle doit avoir par rapport aux quatre points cardinaux; l’orient, le midi , le couchant et le nord. V. Arpentage. Orienter les arbres. On a demandé s’il était important d’ orienter les arbres lorsqu’on les replante, et de leur conserver la même position qu’ils ÜRM ORM avaient dans la pépinière. Quelques auteurs sf appt prononcés pour l’alliriuative, parce, qu’ilsput ,cou- sidéné que la partie de l’arbre exposée au qprd,daa? la pépinière, étant moins dore que celle .exposée au midi, se gercerait, si on changeaitrlg«wi/a,( Lia. ); en allemand, sibirischt zwerg rus ter; en anglais, d-warfsi- birien eloi. 8 °. Orme polygame , ulmuspolygama. (Juss. ) ESPÈCE DE CHINE. 9 0 . Orme a petites feuilles, ulmusparvifolia. ' J »q.) ESPÈCE DES INDES. io°. Orme a feuilles entières, ulmus integri- folia. ( Roxb. ) Nous allons donner la description de ces différentes espèces, en commençant par la plus importante. L’Orme commun ou champêtre, ou des champs* ( V. la fig. à VAtlas, PL XVII), est un arbre forestier de la première grandeur et de la première grosseur. 11 croit plus promptement que le chêne, et parvient à son entier développement en i 5 o ou 200 ans; mais il vit plusieurs siècles, et l’on estime sa longévité de 5 à 600 ans. Sa tige, belle et droite, s’élève jusqu’à 60 et 70 pieds, et parvient quelquefois à 12 ou j 5 pieds de circonférence ; elle est garnie d’un gramd nombre de branches qui lui forment une tète large et touffue. Vécorce qui la recouvre est épaisse , grisâtre et gercée. Celle des jeunes tiges et des rameaux est unie et-de couleur brune. Les feuilles paraissent vers la fin d’avril ; elles sont alternes, portées par de courts pétioles ; ovales, acumiuées , doublement dentées sur leurs bords, rudes et d’un vert foncé en dessus, moins rudes et d’un vert un peu plus mat en dessous ; elles tombent au mois d’octobre. Les fleurs paraissent vers la fin de mars, c’est-à- dire avant le développement des feuilles; elles sont réunies en bouquets, attachées à de petits pédoncules de couleur rougeâtre. Les graines sont nombreuses, et l’on estime qu’un orme d’une grandeur ordinaire peut en donner, chaque année , de 25 à 3 o,ooo; il y a même un auteur allemand qui en porte le nombre à 5 oo,ooo pour de très-jeunes arbres. Elles mûrissent à la fin de mai, ou vers le commencement de juin, époque à laquelle) il faut se presser de la récolter, parce qu’elle est facilement emportée par le vent. Culture. — La multiplication de l’orme se fait de toutes les manières : par semis et plantations , par rejetons, par marcottes ou couchages, par boutures et par greffes. OHM Récolte et conservation de la semence. — Cette ré- eoltey comme nous venons de le dire , doit se faire aussitôt la maturité de la graine ; pour la semer'tout de suite. C’est U seule semence des'grands arbres qui mûrisse d’assez bonne heure atr printemps, pour être employée sur-le-champ, etqui lève dès la même année. Cependant on peut la garder jusqu’au printemps suivant, en ayant la précaution de l’étendfe et de la remuer deux fois par jour pendant une quinzaine, sans quoi elle s’échauffe et se gâte promptement, sur-tout quand on la tient renfermée dâns des sacs. La chaleury devient telle qu’ellepourrait Ctfire un œuf. Mais quel que soit au surplus le mode de conservation, les vieilles semences donnent peu de plants. 11 vaut mieux ramasser les semences sous l'arbre que de les cueillir, afin d’éviter les incoïivéniens d’une maturité incomplète. C’est sons les arbres les plus beaux et les-mieux venans que cette récolte doit être faite. Epreuves de la semence. — Pour s’assurer dé la qualité de la semence , on coupe plusieurs graines par le milieu avec un canif : si la petite amande ést farineuse, et si, en la pressant sur t’ongle, oui aperçoit quelque partie huileuse et aqueOisej on peut être assuré que la semence est bonne; car si elle étâit trop vieille on n’apercevrait point ces indices. Lorsque la substance farineuse manque absolument, la graine ne vaut rien. Quantités de semences à employer. — 11 faut, pour les semis en plein, 17 kilogr. ou 4b décal. dese- mence par hectare dans les bons terrains , et 22 kilogr. ou 60 décal. dans les autres terrains. Enrayons, il ne faut que les deux tiers de ces quantités. Manière de recouvrir la semence. — On ne doit recouvrir la semence qu’autant que cela est nécessaire pour empêcher le vent de la dissiper , et on peut même la fixer sur le sol en arrosant le semis quand on opère en petit, ou en choisissant l’approche d’une pluie quand on veut faire des semis en giand. Terrains, climats et situations. — L’orme se plaît dans un terrain composé de terre végétale, de sable ou de petites pierres , et un peu Irais; il ne réussit pas bien dans les fonds aquatiques, argileux , ni dans les sables moirvans et les endroits arides. Cependant il est moins difficile que beaucoup d’antres arbres sur la nature et la situation des terrains, et il vient dans presque toute espèce de sol, pourvu qu'il y ait un peu de profondeur. Sa végétation est vigoureuse sur les bonnes terres. 11 pivote dans celléS'ijui sont profondes , et trace dans les autres. On le Vdlt prospérer dans les plaines et sur le revers des éd- teaux, et il supporte bien le climat des montagnes de moyenne élévation. L’orme, dit Duhamel, s’accommode assez blèti de toute sorte de terrains; néanmoins , quand ît’est planté dansune terre assez grasse et un peu himridè, il arrive que, dans le temps de la sève, celle-ci »e porte ensigrandeabondance entre le bois etl’éeorce, que ces deux parties se séparent par la rupture du lissu cellulaire, et alors on voit plusieurs de ces arbres mourir subitement. Semis à demeure. — La culture de l’orme jiarla ORM ORM 455 voie du .seinis est,celle quîou doit pnéférer» sur-tout pourlçs forêts, garce qxn les semis réussissent uiietax que le? plantations, qu'U* sont moins dispendieux; et donnent des arbres j>ius vigoureux. On les exécute de différente^ manières. . 1 °. Lorsque le terrain qu’il s’agit de semer en bois est labouré., on répand la semence à la surlace, et on se-jcbntente de la mêler avec la terre, en employant ^oit une, herse renversée, soit des bourrées d’ppi^es.soitj quand on opère eu petit, un râteau dçiliprs. Ensuite on fait passer le rouleau sur le terrain» pnhijen., si le semis est de peu d’étendue, on raffermit; doucement la terre avec les pieds. 2 °. Lorsque l’emplacement destiné au semis n’a pas été cultivé, on le laboure par bandes alternatives qq par petits carrés disposés en quinconce, à la, di^tarjce de deux pieds entre eux. On répand la sqmenœ sur les parties cultivées, et on la recouvre dp la ,pfnnièra nui vient d’être dite, autant pour la fixer que pour la garantir du bec des oiseaux. On, peut aussi,; dans-le cas où le sol serait em- bajcfassé de. bruyères et autres arbustes, faire arracher couplantes, régaler le terrain, semer et herser. 4°. Les terrains couverts de bruyères et d’herbes peuvent, comme nous l’ayons dit plus haut, être préparés par bandes alternatives de a pieds de large, et.distantes entre elles de 3 pieds, ou par petites places carrée? de 2 . pieds en tous sens , à la distance aussi de 2 pieds , et disposées en damier. Cette cul- turp consiste dans un simple pelage , au moyen duquel on enlève les herbes et le gazon que l’on rejette sur lecôtédroit. Ensuite on sème, et L’on fait passer le râteau pour diviser un peu la surface du sol , et mêler la semence avec la terre. Ces bandes doivent, dans les terrains en plaine, être dirigées de l’est à l’ouest ,-afin que les bruyères et les herbes des bandes non cultivées fournissent de l’ombre aux jeunes plants contre le soleil du midi. Mais sur les revers des montagne? , les bandes doivent être horizontales au plan de la montagne, pour éviter que les eaux pluviales n’entralnent les terres et les plants. La graine lève en i5 jours ou 3 semaines , lorsqu’on sème aussitôt après la récolte de la semence ; elle met 8 jours dq plus quand on diffère jusqu’au printemps suivant. Les planlsacquièrent, dès la première année, de 5 à 6 pouces de haut, et quelquefois jusqu’à un pied. Entretien, des semis. — L’entretien de ces semis consiste dans quelques sarclages. On a soin de les éclaircir Lorsqu’ils sont trop épais, et on emploie les plants de 2 à. 3ans qu’on en retire, à des plantations, oq à former des arbres de tige en pépinière. Il est avantageux de recéper les plants, soit des semis, soit dqs.plantations , à fa quatrième ou cinquième année. Du mélange de l’orme avec d’autres bois. — Il est raxe.qn’qn fprjue des bois d’une seule essence, et il ep,existe fort peu où l’orme entre pour une certaine proportion. Il serait bien utile cependant de le faire ooncourir avec le chêne, le hêtre, le charme, le bouleau, l’érable et le frêne , à la composition des taillis, il suffirait pour cet effet de le mêler dans tous les. repeupleniens ; sa graine légère se répandrait facilement dans le voisinage , et gagnerait ainsi de proche en proche dans toute l’étendue d’une forêt. Là-crainte que quelques auteurs ont témoignée qu’il ne détruisitles autres essences, é\ notamment le chêne , par les nombreux éejets qu’il produit, ne me p&iait paa fondée- Des semis en pépinière. — lies semis se font, soit en plein, soit en rayons, sur une terre légère^, substantielle, ni trop sèche, ni trop humide,et bien préparée 1 . On sème plus dru que dans les séni/sà demeure, attendu que fessants n’y doivent rést'er très- pett de tenqi. Ori ârro'se aussitôt après l’ènsemence- tnent, si pn n’a nas choisi un temps pluvieux j et.on répète les arrosemèn&Hans les temps de sqchere^e* De la transplantation en pépinière } 'et de la conduite des plants. — Les plants peuvent quelquefois, dès l’hiver suivant, être mis en pépiiliêpéj mais quelquefois aussi ils sont trop faibles ; et il est bbW d’attendre la deuxième ou la troisième an bée pour les arracher. On déblaie tou te la planche en crfeusânt à l’une de ses extrémités unefosse.de la profondeur des racines. On enlève les plants avpc ^rçpaqfion.et sans endommager les racines, et ou séparé les plfis forts des plus faibles. O 11 les plante dans une terre défoncée et bien préparée; savoir, les premiers à 10 ou 12 pouces les uns des autres dans des ( 'rigoles distantes entre elles d’un pied et demi, afin de pouvoir donner à la terre de petits labours; les secoùds se placent en rigoles à 4 pouces de distance, pour qu’ils s’y fortifient pendant l’année suivante. Il est important que la transplantation se fasse en Automne, parce que la sève travaille dans les ormés dès la fin de l’hiver, et que souvent il survient des gelées qui peuvent nuire aux repiquages du printemps. Dans le courant de cette année, on se borne à donner deux ou trois binages et un labour d’hiver au f ilant ainsi disposé. Au printemps de la seconde, si e terrain est bon et le plant vigoureux, ou au printemps delà troisième si ces circonstances n’existent pas, on coupe tous les plants rez terre, afin qu’ils poussent des jets droits et longs, propres à devenir de belles tiges. Cette opération, qui semblerait faire perdre une année, peut rarement être évitée lorsqu’on veut faire des arbres de ligne, et en définitive elle ne retarde pas ordinairement l’époque de la plantation, sur-tout dans les mauvais terrains, parce qu’elle rend plus facile la formation de l’arbre. L’hiver suivant, les branches les plus faibles de ces jets sont coupées en crochet, c’est-à-Hire à 3 ou 4 pouces de la tige, et les plus grosses, celles qui rivalisent avec le tronc, sont coupées près de cette tige. Ces crochets sont à leur tour coupés un ou 2 ans après, et alors l’arbre est formé, c’est-à-dire qu’il peut être levé pour être planté en ligne. M. Bosc, dont je transcris ici les préceptes, conseille, lorsque le plant est dans un bon terrain, et qu’on veut augmeutesr le grossissement de la tige, d’en couper l’extrémité à la hauteur de dà 8 pieds. Cette opération se fait entre les deux sèves lorsque le plant est à sa troisième année, alors la sève , qui est arrêtée dans son ascension,, reflue vers le bas de la tige. C’est d’après le même principe que la taille en crochet fait grossir Le plant, en ce qu’elle fait partir ia sève de droite et de gauche dans les chicots qu’on a réservés. Les jardiniers ont une expression O RM ORM 456 ijui peint bien l’effet de cette opération : ils disent qu’elle sert à amuser la sève '; é’est-à-dire à l’enipêcher de monter rapidement à l’extrémité de la tige. On donne aux pépinières deux binages par an , et on enlève encore, entre les deux sèves , les bourgeons qui auraieht pu pousser sur le tronc. On coupe aussi les branches qui s’emportent trop. Les ormes formés peuvent attendre 10 à n ans dans la pépinière avant d’être plantés à demeure; ils pourraient même attendre jusqu’à 20 ans, et c’est ce qui les rend si avantageux pour les plantations des routes et autres lieux publics, parce que leur grosseur et l’étendue de leurs racines les défendent contre les atteintes des hommes et des animaux; cependant, en général, et sur-tout lorsqu’ils sont destinés à un mauvais terrain , il vaut mieux les planter à 5 ou 6 ans, lorsqu’ils n’ont encore que 2 à 3 pouces de tour. Les racines de l’orme sont très-sensibles au hâle, et encore plus à la gelée. Il ne faut les laisser à l’air que le moins possible, soit dans le chaud , soit dans le froid. lie la multiplication des ormes par rejetons. — Lorsqu’on veut multiplier une variété d’orme telle que l’orme tortillard , on emploie les rejets que produisent les racines. On peut même couper ces racines et les replanter, ou les découvrir : alors elles donnent une grande quantité de jets propres à être plantés en pépinière, et que l’on conduit comme les autres plants. lie la plantation des ormes comme arbres de tige. — L’orme se plante en avenue, en quinconce, le long des routes, autour des places publiques, des ch amps, etc. Il faut alors le planter à 6 ou 7 ans , en raccourcissant le moins possible ses racines, et sur-tout son pivot, et en coupant ses branches à un ou 2 pieds du tronc. Les bons cultivateurs blâment l’usage généralement suivi de lui couper la tête. Cette méthode n’est tolérable que lorsque le plant est venu dans une pépinière trop serrée, et que la grosseur de la tige n’est point proportionnée avec sa hauteur , ou lorsqu’il est mal pourvu de racines : alors on laisse 748 pieds au tronc. La plantation se fait dans des fosses de 3 pieds au moins en tous sens, et dans le courant de l’hiver, plutôt avant le mois de janvier qu’après, afin que les plants puissent prendre racine avant les sécheresses du printemps. Chaque arbre est entouré d’épines pour empêcher les bestiaux de le renverser en se frottant contre le tronc. On lui donne un ou deux labours au pied pendant les 3 ou 4 années suivantes. Entre les deux sèves de la première année de la plantation, on enlève avec une serpette tous les bourgeons qui ont percé sur le tronc, et les plus faibles de ceux de la tête , de manière qu’il 11’en reste que deux ou trois. A la même époque de l’année suivante, on coupe au croissant les branches latérales inférieures à 1 ou 2 pieds du tronc, même on ne laisse entière que celle qui, par sa position perpendiculaire, et la vigueur de sa végétation , annonce devoir continuer la tige. On renouvelle cette opération la troisième ou la quatrième année , et l’arbre est formé. Si on veut lui faire prendre une plus grande élévation de tige , on supprimera, dans chacune des années suivantes , deux ou trois au plus des branches inférieures, entre les deux sèvês, oit pendant l’hiver, jusqu’à ce qu’on soit arrivé au point désiré. Jamais il ne faut le priver subitement de la plus grande partie de ses branches par un élagage, toujours aussi nuisible à son accroissement et à sa durée qu’à l’agrément de son aspect, les arbres se nourrissant autant par leurs feuilles que par leurs racines, et la grande quantité de brindilles qui poussent an printemps suivant absorbant la plus grande partie de la sève. A toutes les époques de la vie de l’arbre, on doit éviter d’en couper les grosses branches, et si on y est forcé par quelques considérations majeures, il faut lé faireàquelque distance du tronc,et recouvrirla plaie d’onguent de Saint-Fiacre, afin de prévenir les chancres, qui pénétreraient jusqu’au centre et altéreraient la qualité du bois. Les ormes plantés dans les terres argileuses, les sables gras qui ont beaucoup de fond, et dans les terrains humides, et les pieds dont on a coupé les grosses branches rez tronc, sont sujets à se carier, et à perdre toutes les qualités qui les rendent propres aux arts. Il se forme des ulcères , des chancres, des égouts, qui laissent échapper une sanie acre et fétide, qui descend le long du tronc, détache l’écorce du corps de l’arbre, et en occasionne la détérioration. C’est ordinairement du côté du midi que sont tournés ces ulcères , sans doute parce que le soleil fait fermenter la sève. Cette remarque justifie l'usage de quelques forestiers de marteler les arbres du côté du nord. > M. Bosc s’élève contre le retranchement complet de la tête des ormes qu’on plante sur les routes, parce qu’il regarde cette opération comme contraire au raisonnement et à l’expérience. «En effet, dit-il, n’y ayant point de boutons disposés à céder aux premiers efforts de la sève, il faut qu’il s’en forme sous l’écorce, qu’ils percent cette écorce, toujours fort épaisse et fort dure ; que les bourgeons qui en sortent prennent une direction voisine de la perpendiculaire, etc. » Or, tout cela se fait lentement, pt par conséquent avec une perte de temps précieux pour la végétation : aussi combien périt-il d’ormes nouvellement plantés, sur-tout dans les terrains sablonneux et dans les années sèches ! L’auteur ajoute qu’il est, sous tous les rapports, plus convenable de couper l^-Vète des grosses branches, et de manière à y laisser quelques-boutons. lie l’élagage des arbres plantés sur les grandes routes. — L’auteur praticien que nous venons de citer a publié, en 181 1, un excellent mémoire sur les inconvéniens du mode d’élagage pratiqué sur les arbres des grandes routes. Il part de ce principe que, les arbres se nourrissant autant par leurs feuilles que par leurs racines, les élagages à outrance doivent en retarder la croissance. l)’un autre côté , ils occasionnent des plaies aux arbres, et, en les dépouillant de leurs branches, privent les voyageurs de l’ombre et de l’agrément du coup-d’oeil, objet principal de la plantation des routes. Il propose , pour remplacer ces funestes élagages , la taille c-n crochet, qui se pratique dans les pépinières, et qui consiste à couper rez tronc les branches qui rivalisent de grosseur avec ce tronc , et avec la branche perpendiculaire qui le termine et doit le prolonger; O RM ORM et à quelles pouces du tronc tputes les autre^ branches, les plus faibles étaUt conservées les plus longues. a Supposant,, dit-il, uu açbre plantç sur une grande route depuis deux ans, il est évident qu'en coupant toutes ses pousses les plus fortes , excepté celle qui dçit prolonger le troue, rez ce troue, et toutes ses petites branches à 6,8 ou 10 poupes de longueur, on détermine la plus grande partie de la açvc à se porter sur celle qui est restée entière, ce qui la fait pousser d’autant en grosseur et en hauteur tandis que le reste de cette sève fait sgrtir de la portion conservée de petites branches, des bourgeons nombreux, qui se chargent généralement de plus de feuilles que l’arbre n’en eût donné, si on ne l’eût pas taillé. Ainsi on remplit toutes les indications propres à assurer la plus rapide croissance possible de cet arbre , à le rendre droit et d’un beau port. » On continue de répéter cette opération tous les 3 j 4, 5 ou 6 ans, dans la moitié ou les deux tiers intérieurs de la partie, branchûé, en allongeant chaque fois de quelques pouces, la taille des plus faibles branches, et en raccourcissant au contraire celle des moyennes; les grosses continuent à être coupées, non rez tronc, pour éviter la formation des chancres, mais à un ou 2 pouces de ce tronc, et ce, de manière qu’à quelque époque de la vie de ces arbres que ce soit, leurs branches inférieures n’aient jamais lus dè 2 à 3 pieds de longueur de coupe, l’ombre es supérieures étant peu à craindre, à raison du peu de temps qu’elle reste sur le même point. » Et qu’on ne croie pas ces opérations très-difficiles à exécuter; elles le sont moins que l’élagage , tel qu’il se fait aujourd’hui. La serpe , pour couper les grosses branches, le croissant, pour couper les petites, sont les seuls instrumens nécessaires. » Par cette pratique, en concordance avec la plus saine théorie, les arbres des routes seront garnis pendant tout l’été d’une foliation suffisante pour favoriser l’accroissement de leur tronc, pour récréer la vue, sans cependant nuire par leur ombre aux productions de la culture et à la conservation des routes. Ces arbres seront plus gros, plus droits, vivront beaucoup plus long-temps, et seront moins souvent altérés dans leur intérieur, que ceux qui sont soumis à l’élagage ordinaire. » L’orme est à-la-fois un arbre d’ornement, et l’un des premiers arbres forestiers. Comme arbre d'ornement , il le cède à beaucoup d’autres ; cependaut la couleur sombre de ses feuilles fait ressortir celles qui sont plus gaies. C’est principalement en massif qu’on l’emploie dans les jardins paysagers. On en fait des palissades ( avec la variété a petites feuilles ), en. le plantant serré, sur les glacis et autres terrains en pente , et en coupant tous les ans , entre deux sèves , les pousses montantes , de manière à ce qu’il ne s’élève pas plus d’un pied, et qu’il présente , tout l’été , une nappe de verdure. Exploitation. — On l’exploite en taillis, en futaie et en têtard. En taillis. —Il se coupe depuis l’âge de io jusqu’à 3 o et 40 ans, et il donne des produits aussi avantageux que le chérie, si on excepte l’utilité de l’écorce de ce dernier pour les tanneries. Il fournit Tome II. 457 des écbalas , des luttes , des cercles pour les cuves , des pièces pour le «haï rouage, et un excellent bois pour le chauffage- H repousse de souche jusqu’à r 00 et i 5 o ans. II donne aussi des rejets de ses racines. En futaie. — On peut l’exploiter très-avantageusement à ioo et i3o ans, et il fournit alors une grande quantité de bois^ d’œuvre, et pour les cons- jtructfons civiles .et maritimes. Cet arbre réussit très- bieui daus les futyies., et il convient parfaitement à ce genr^ d’amenagement. Son bois , dans ce. cas , 11e vaut sjuis doutb pas,celui des ormes plantés isolément ; mais ^ cetj égard il partage le sort des autres arbres. Quoique l’orme puisse vivre des siècles, la durée de sa vie dépend du terrain où il se trouve ; dans un sol aride, il est déjà vieux à 3 o ou 4 o ans, tandis que dans un sol fertile et pas trop humide, il peut vivre presque autant que le chêne. Les ormes décorent agréablement les grandes routes, et procurent des abris aux voyageurs contre les rayons du soleil ; mais ils sont nuisibles aux moissons par leur ombre, et par leurs racines, qui traçent fort loin dans les terres labourées. En têtard. — L’orme donne des produits très- avantageux pour le chauffage , et si on le tond à des époques rapprochées , pour la nourriture des bestiaux. Les ormes têtards à tête ronde ne diffèrent pas des saules qu’on.exploite de ceife manière, Ils forment alors de véritables taillis en l’airj et ont sur les taillis ordinaires l’avantage de produire plue de branches , el de permettre le pâturage ou une culture quelconque dans l’intervalle de leurs pieds. Quand on les consacre à la nourriture dçs bestiaux, on les coupe tous les 2 ans, ou à mesure du besoin, pour consommer leurs feuilles en vert, ou au milieu de l’été pour les faire sécher. Dans ces deux ca?, on doit laisser deux ou trois des plus fortes branches pour amuser la sève le reste de la saison, et on coupe ces branches l’hiver suivant. Le tronc sert aux mêmes usages que ceux des arbres non étêtés. Les têtards à tête longue sont les arbres qu’on a élagués jusqu’au sommet, et dont on n’a arrêté la croissance en hauteur qu’à 25 ou 3 o pieds. Ceux- ci ne fournissent jamais d’aussi belles perches que les précédens. On doit en conséquence les émonder plus souvent pour faire du fagotage, ou pour la nourriture des bestiaux. Cependant le bois de leur tronc ayant beaucoup de nœuds, équivaut quelquefois, pour la fabrication des moyeux, à celui des ormes tortillards. C’est avec les ormes noueux , et les têtards à tête ronde, qu’on fabrique les plus jolis meubles en orme. La Société d’encouragement, qui avait proposé en 1809 un prix pour la fabrication de meubles ,en bois indigènes, a reconnu jusqu’à quel point on pouvait tirer parti des ormes pour remplacer les boîs étrangers. Il lui a été présenté des meublés dfe toute espèce et de la plus grande beauté, qui étaient plaqués en orme; mais le prix de ces meubles, un peu cher, à cause de la difficulté du travail, et d’un autre côté l’altération de la couleur, qui pâlit dans la suite, paraissent encore entraver ce genre d’industrie. Comme l’orme souffre bien le ciseau , il peut sup- 58 1 458 O 11 M pléer la charmille dans les lieux où elle ne prospère < pas, pour former des palissades, des haies et des 1 salles de verdure. Il est très-propre , par ses racines : traçantes et longues, à contenir les terres, et à pré- i venir les éboulemens des terrains en pente. Qualités cl usages.—Le bois de l’orme est jaune, marbré de couleurs brunes ou jaunâtres, dur, pesant , susceptible d’un beau poli, et se travaillant bien lorscpt’il est jeune; mais il se travaille difficilement lorsqu’il est vieux. Ce bois se tourmente beaucoup, dit Duhamel, c’est pour cela que les menuisiers en font peu d’usage. Lorsqu’il est trop sec , il est cassant et sujet à être piqué des vers, cette raison fait qu’on l’emploie rarement dans les charpentes. Ce bois néanmoins est excellent pour le char- ronage. Plusieurs pièces de moulins, les presses, les pompes pour la marine , les tuyaux pour la conduite des eaux , sont faits souvent avec le bois d’orme. « Ce bois (Mémoires par Varennes de Feuille, t. Il , p. 176 ) est fort et dur, quelquefois un peu rebours; cependant il se laisse travailler, même au tour; à défaut du chêne, du châtaignier et du sapin, on pourrait en faire de la charpente. Sa couleur, sans être éclatante, est d’un brun clair qui n’est point désagréable; mais il n’est ni le plus dur, ni le plus fort, ni le plus élastique de nos bois indigènes. Ce n’est point non plus le plus beau des arbres d’avenue , ni celui dont le fanage soit le plus gai; ses feuilles, comme fourrage , ne valent pas celles du frêne et de l’acacia. Le chêne lui est préférable pour la charpente, le hêtre pour la fente, et beaucoup d’autres arbres sont plus propres à la menuiserie , puisqu’il est sujet à se tourmenter. Le charme, plus docile au croissant, vaut mieux pour les salles de verdure, le charme et le hêtre pour le feu, et les peupliers s’élèvent et croissent beaucoup plus rapidement. » Ainsi l’orme n’est supérieur aux autres arbres que par sa propriété de fournir le meilleur des bois pour le charronage; il doit cet avantage à la disposition et à l’entrelacement de ses fibres. Si l’on examine avec attention la surface polie d’un orme coupé perpendiculairement à son axe, on y découvre ces mêmes réseaux , cette espèce de point de Hongrie , que j’ai fait remarquer dans le pseudoacacia , et qui m’a donné lieu de présumer que celui-ci serait propre au charronage. Lorsque le tenon d’un bois dur, et qui fléchit peu , tel que le chêne, est enfoncé à grands coups dans la mortaise d’un bois dont les fibres sont contre-tranchées, ces fibres, forcées de céder à l’impulsion, réagissent ensuite contre le tenon, et le serrent comme dans un étau. » a M. l’abbé Rozier s’élève avec raison contre l’usage des charrons qui, pour les moyeux , et même pour les jantes des roues, n’emplcfient que de l’orme vert, ou qu’ils ont soin de tenir daifs l’eau, ou au moins dans un lieu très-frais , par la crainte qu’il ne sèche. Le bois se coupe mieux, l’ouvrage est plus facile , et comme il ne se fait point de gerçures, tout le bois se met à profit. Voilà la véritable raison de l’ouvrier, qui ne la dit pas , mais qui y supplée par une foule de mauvais raisonnemens. L’acheteur OHM cède, qu’arrive-t-il? Le moyeu et les jantes font retraite chacun en sens opposé. La peinture et la graisse suspendent le dessèchement pendant quelque temps; il s’opère enfin : au bout de six mois, il faut renvoyer les roues à l’ouvrier, qui les châtré, c’est-à- dire qui raccourcit les jantes, et les rapprochant du moyeu, renfonce le tenon 5 mais le mouvement de trépidation et le frottement avaient déjà usé les pa- remens de la mortaise, elle ne réagit plus contre le tenon; tout se disloque. » Varennes de Feuille blâme encore l’usage de jeter de l’eau sur les roues pendant l’été lorsque la chaleur de l’essieu, jointe à celle de l’atmosphère, précipite le dessèchement et accélère le retrait, parce que l’eau détruit le gluten, qui lie les fibres entre elles, et qu’il en résulte par la suite une ouverture plus large. Il pense qu’il se consommerait beaucoup moins de bois, si on 11e l’employait que pariaitement sec , et que le consommateur y gagnerait , quand il devrait payer au triple la valeur du bois brut. Le charme lui parait préférable à l’orme pour la fabrication des moyeux , pourvu qu’il soit sec, parce qu’il est plus ferme, et qu’il résisterait davantage au frottement de l’essieu; mais il regarde la difficulté de travailler ce bois sec, et la retraite de io lignes sur 6 pouces qu’il fait par la dessiccation , comme étant les seuls obstacles qui empêchent les ouvriers de l’employer. Suivant le même auteur, le retrait de l’orme serait beaucoup moins considérable que celui du charme. Le parallélipipède de 6 pouces d’équarrissage, qu’il a soumis à l’expérience , n’a perdu qu’un sixième et quelque chose de son volume. Cependant, d’après les expériences faites en grand par M. de Werneck sur le cordage des bois , et leur retrait par le dessèchement, l’orme est un de ceux qui se retirent le plus. Le terme moyen des expériences d’un grand nombre d’auteurs sur la pesanteur de ce bois , donne les résultats suivans : 11 pèse , par pied cube , Vert.69 liv. 8 onc. A demi sec. . . . . 56 6 Sec..48 7 Le bois d’orme est employé de préférence à tout autre pour le charronage de l’artillerie ; il sert aux moyeux, aux jantes, aux'entre toises et aux essieux pour les grosses voitures, tels que les affûts de gros calibre ; il convient seul aux flasques des gros affûts, attendu que les autres bois, le chêne sur-tout, se ; fendraient et éclateraient, inconvénient qui arrive • même aux ormes qui ne sont pas de bonne qualité. . Les ormes qui croissent sur les lieux secs et aérés sont les meilleurs pour l’artillerie, et en général pour tous les ouvrages. L’orme est estimé de bonne ; coupe à 60 ou 80 ans. i L’orme est excellent pour faire des arbres et des i roues de moulins, parce qu’il ne se déjette point I lorsqu’il est sec, et enfin pour faire toutes sortes de : machines et d’ouvrages qui exigent de la force, tels ; que des presses, des écrous, des plateaux pour des i chanteaux de rouets de moulins, des tables de cui- ■ sine et des blocs. On en fait des tuyaux pour la conduite des eaux, G RM OR M des corps de pompes , et autres ouvrages destinés à rester dans l’eau ou dans la terre, et qui durent très- long-temps. On en fait aussi des montures d’armes à feu, qui sont très-bonnes, quoique un peu lourdes. Après le cliène, c’est le bois de construction le plus durable, soit qu’on l’emploie dans l’eau ou à l’air. Les menuisiers et les ébénistes en font des meubles qui sont plus ou moins agréables, selon le travail de l’ouvrier. C’est principalement avec les loupes de cet arbre et les broussins ou têtards, dont nous avons parlé, qu’on fait du joli plaqué. Ces têtards sont encore les plus estimés pour les moyeux et les jantes- JRien n’égalait la beauté et le brillant des meubles faits avec des ormes noueux, et l’orme tortillard, ui ont été présentés en 1810 et 1811 à la Société 'encouragement. ( V. les Bulletins de cette Société pour lesdites années. ) On en trouve aujourd’hui beaucoup de semblables chez les ébénistes. Il est employé dans les constructions maritimes pour les parties du navire qui baignent dans l’eau , et notamment pour les carènes de vaisseaux. Il est aussi utile pour l’artillerie de la marine, que pour celle de terre. 11 a l’avantage d’être moins sujet que le chêne à se rompre par de violentes secousses, à cause de la contexture plus serrée et de la flexibilité de ses fibres; avantage qui appartient aux bois difficiles à fendre, et que l’orme tortillard partage au suprême degré. L’orme, comme bois de chauffage, n’occupe que la neuvième place dans les vingt espèces de bois expérimentées par M. Hartig, et sa valeur , sous ce rapport, est à celle du hêtre comme 125 g esta i 54 o. La valeur du charbon de ce bois est dans la même proportion; elle est à celui du hêtre comme 1407 à ] 6 oo. Il résulterait des expériences de M. de "Werncck, que la cendre du bois d’orme serait riche en principes alcalins, et par conséquent très-avantageuse pour la fabrication de la potasse. Sous ce rapport, l’orme occupe la dixième place dans soixante-treize végétaux qu’il a soumis à ses expériences. Les propriétés médicinales de l’écorce moyenne de l’orme appelé pyramidal, qui avaient été beaucoup prônées, sont aujourd’hui fort contestées, En 1784, on a vanté l’infusion ou la décoction de cette écorce, comme propre à arrêter les hémorrhagies internes, la diarrhée, les fièvres intermittentes, à guérir les dartres et autres maladies de la peau, à purifier le sang , etc. On'ên préparait des bains, des tisanes; mais l’expérience n’a point confirmé l’éloge qu’on faisait de ce remède. Dans le Nord, on fait des nattes avec le liber ou l’ecorce intérieure de l’orme , qui est presque aussi soqple que celui du tilleul, et on en fabrique des cordes à puits. On dit que l’écorce et les feuilles de l’orme contiennent beaucoup de colle ; les cerfs sont très-friands de la jeune écorce; dans la Norvège , on la fait moudre avec la farine du pain. Les feuilles servent à nourrir les troupeaux ; les chèvres , les vaches, les moutons, et même les chevaux les mangent; elles sont détersives, et on les emploie en médecine : on les donne aussi aux vers 4'>9 à soie. Dans la Norvvège, on les fait cuire pour en nourrir les cochons. Accidens. — L’ombrage de l’orme est très-sain ; mais son feuillage a l’inconvénient d’être attaqué par plusieurs insectes , qui quelquefois .causent la mort de l'arbre. C’est à la piqûre de ces insectes, et aux œufs qu’ils déposent dans les feuilles, que sont dues ces petites bourses, d’abord vertes et ensuite noires, qu’on remarque sur l^s feuilles. Ces vessies ou galles contiennent aussi quelques gouttes d’une liqueur qu’on nomme, suivant Duhamel, baume d ormeau, et qu’on a employée pour la guérison des plaies récentes. Voici la dénomination des insectes qui attaquent les feuilles de l’orme , et cjue j’emprunte à M. Bosc. La première espèce est la chenille commune, qui mange en totalité les boutons et les feuilles de l’orme, et lui donne au milieu du printemps l’aspect qu’il avait pendant l’hiver. La seconde, la larve de la galeruque de l’orme , mange le parenchyme des mêmes feuilles, occasionne leur dessèchement, et le fait paraître comme mort au milieu de l’été. Enfin la troisième, la chenille du bombyx cossus , pénètre sous l’écorce, ronge le liber et l’aubier , cerne le bois en y formant des galeries , et finit par intercepter le cours de la çève, et par conséquent par faire mourir l’arbre le plus vigoureux. Ce que nous venons de dire de l’orme champêtre s’applique assez généralement aux variétés de cet orme et à nos autres ormes indigènes. Nous nous bornerons à donner une courte description de ces autres espèces et variétés. Les variétés de l’orme champêtre sont en grand nombre, et fort difficiles à caractériser. Voici les principales de ccs variétés : i°. L 'Orme à feuilles larges et rudes. (\. la fig. , PL XVII. ) 2°. L’ Orme-Tell, ou Orme-tilleul, ulmus folio latissimo scabro ( Germ. Einac. ); ulm. scabra ; en allemand, englische breitblattrige ulrne ; en anglais, british elm. Sesfeuilles ne sont pas aussi rudes que celles de beaucoup d’autres variétés. « Il a le bois tendre et presque aussi doux que celui du noyer. ( Du h. ) » 3 °. L'Orme nain , à petites feuilles rudes et étroites, ou ormille , ulmus minor folio angusto , scabro. ( Germ. Eraac. ) 4 °. L'Orme à feuilles lisses et glabres, d’un vert noir , plus coriaces et plus inégalement partagées par la grande nervure ; ulmus folio glabro. ( Germ . Emac. ) 5 °. Le petit Ormg à feuilles panachées de blanc ulmus minor folio variegato. ( M. C. ) ; ulm sativa,foliis variegatis ; en allemand, sveiss schuk- igte ulrne ; en anglais, vthite striped small leavved elm. ()“. L'Orme à feuilles lisses panachées de blanc , ulmus folio glabro , eleganter variegato. ( M. C. ) 7 0 . Petit Orme à feuilles panachées de jaune, ulmus minorfpliis flavescentibus. (M. C. ) 8‘. L'Orme à petites feuilles , qui s’élève fort haut, et dont les branches sont rassemblées près de la tige, ou improprement Orme mâle , Orme 58 * / 4 6o Ô R M pyramidal , ulmas majorJbliis exiguis , Tamis compressas. 9 0 . LP Orme à très-grandes feuilles , dont tes branches s’étendent de côté et d’autre, ou improprement Orme femelle, ulmus major ampliore folio, ramos extra se spargens. « Cet orme, dit Duhamel , branche beaucoup , et fournit quantité de bois tortu , dont les courbes sont très-utiles aux charrons. Cependant son bois n’est pas aussi dur que celui de l’orme tortillard. 10*. LP Orme de l.ollande , à grandes feuilles panachées, ulmus major Hollandias, angustis et ma- gis acuminatis samaris, folio latissimo, scabro, va- riegato ( M. C. ) ; ulmus belgica ; en allemand, got- landische rester; en anglais, dutch elm. i i°. LP Orme tortillard, dont les feuilles sont de moyenne grandeur, la tige marquée de protubérances et de renfoncemens, et les fibres du bois contournées et enlacées. C’est la meilleure des variétés de l’orme pour le charronage, et sur-tout pour faire des moyeux de roues. Ce sont les semis qui ont donné naissance à un si grand nombre de variétés fPormes. Les auteurs sont peu d’accord sur le nom de celles qu’ils décrivent, il ne faut pas en être surpris. En semant de la graine d 'orme champêtre , on obtient des variétés à larges feuilles et à petites feuilles, de tardives et de hâtives, à écorce lisse et à écorce raboteuse ; dans quelques arbres, les feuilles sont très-rudes, dans d’autres plus molles. 11 y a des variétés qui s’élèvent plus haut que les autres. Il y en a dont les branches s’élancent avec la forme pyramidale, tandis que d’autres affectent la direction horizontale. Enfin, pendant que le botaniste décrit, et que le cultivateur sème, la nature se joue dans les accidens et les formes dont elle revêt cet arbre, et met en défaut la science du premier et les espérances du second. 11 en est ainsi de toutes les plantes qui ont quitté depuis long-temps leur état primitif et sauvage, pour entrer dans le domaine de l’homme. Les soins divers qu’il leur rend, l’éducation variée qu’elles reçoivent, les circonstances chaque jour nouvelles auxquelles elles sont soumises , les pays et les climats différensqu’on leur fait parcourir, changent à la longue leur port, leurs moeurs et leurs habitudes. A peine, en les voyant, reconnaît-on leur type originaire; la main de l’homme l’a presque effacé : dès ce moment, ces plantes qu’il a conquises sont devenues en quelque sorte capricieuses et inconstantes comme lui. On appelle vulgairement orme mâle celui qui a de petites feuilles, et dont les branches sont serrées contre la tige, et orme femelle celui dont les feuilles sont plus grandes , et dont les branches s’écartent du tronc. Ces dénominations sont impropres, puisque les fleurs de l’orme sont hermaphrodites. De toutes les variétés de cet arbre , la plus belle est l 'orme d larges feuilles ou de Hollande. On en fait de superbes avenues; mais son bois est léger, médiocre, et son écorce est fongueuse. LPorme à petites feuilles est propre aux palissades, et donne un bois dur et de bonne qualité. Mais le meilleur et le plus estimé de tous les ormes pour le charronage, est l 'orme tortillard, ainsi appelé parce que son bois est sans fil, et que les fibres en sont extrêmement OHM serrées et entrelacées. Est-ce une espèce ? est-ce une variété? Cela n’est pas aisé à décider; multiplié de graines, il ne cesse pas d’être tortillard. Sa graine est beaucoup plus petite et plus arrondie que celle des autres ormes, et il en est en général peu chargé; dans certaines années, elle manque tout-à-fait. Ses feuilles sont larges, et quand il est grand , des espèces de bosses entourent sa tige. IPorme tortillard , dit M. Bosc , n’est point une espèce ; mais c’est une variété fort remarquable, que l’on doit multiplier par tous les moyens possibles, et sur-tout par sa graine, qui a plus de dispositions à le reproduire que celle de l’orme ordinaire ; il faut aussi profiter des rejetons qui poussent au pied de l’arbre , et le greffer en grande quantité dans les pépinières. Les propriétaires retireront un grand profit de ces moyens de multiplication, puisque le bois de l’orme tortillard se vend trois et quatre fois plus cher que celui de l’orme ordinaire. M. de Perthuis préfère la multiplication par drageons, par marcottes, à celle par semences , parce que celles-ci ne donnent pas des arbres aussi bon* que la plante-mère. Suivant ce même auteur, les principaux caractères des ormes tortillards sont d’avoir des graines en moindre quantité et moins fécondes que celles des ormes communs; les feuilles d’un vert un peu plus foncé, et à 3 o ans un peu plus larges; une ti^e verte et souvent lisse jusqu’à 120U 1 5 ans, marquée à 8 ans de protubérances et de renfoncemens, qui par la suite changent de formes, c’est-à-dire qu’en 2 ou 3 ans , ce qui était protubérance devient renfoncement, et‘vice versa , variations qu’il attribue à une surabondance de sève, qui soulève et enlace les fibres minces et flexibles de oe bois. Cet arbre a cela aussi de particidier qu’il ne s’élève qu’à 35 pieds au pins sur 5 pieds de tour. C’est sur-tout à Yareddes, auprès de Meaux, et à Amiens, que l’on cultive cet arbre en grand, et c’est principalement par les drageons. On m’a dit que les pépiniéristes labouraient le pied des arbres et en mutilaient les racines pour les forcer à produire une grande quantité de rejets, que l’on plantait en pépinière. J’ai vu sur la route de Meaux à Paris lui grand nombre de ces ormes tortillards. Les diverses variétés d’orme que nous venons d’énumérer reçoivent différentes destinations comme arbres d’ornement, « On peut, dit Duhamel, faire de superbes avenues avec l’orme à larges feuilles, des lisières admirables avec celui à petites feuilles ( orme pyramidal ), de très-belles palissades, des boules en forme d’orangers et des tapis ou massifs sous les grands arbres, dans les quinconces, avec l’orme à très-petites feuilles. » L’OnaiE fongueux, ou orme-liége ( Y. la fig. à L Atlas, PI. XVII ), a les jeunes rameaux couverts de saillies d’une nature et d’une couleur semblables à celles du liège. Sçuvent ces saillies forment comme des ailes des deux côtés des rameaux; ses fleurs n’ont que quatre étamines, et ses fruits sont glabres. On le trouve dans presque toute la France. 11 a été regardé jusqu’à ces derniers temps comme une variété de l’orme commun, a On distingue trois sortes ou variétés d’ormes fongueux : l’une est un grand arbre qu’on plante , comme l’orme champêtre , sur les OEM OEM 461 grandes routes; la seconde s’élève à io ou 12 pieds; j dans ce dernier, est lisse : ces deux caractères sont la troisième est un arbuste. » ( Nouv. édit, de Du- I assez prononcés poùr faire distinguer l’un de l’autre, hamel. ) Son bois est employé aux mêmes usages, 1 même lorsqu’ils sont dépouillés. L’orme pédoncule et sa culture est la même que pour l’orme commun. I a en outre une cime beaucoup plus étalée que celle L’Oume pédoncule aies fleursportées par de longs 1 de l’orme champêtre, et le port de ces deux espèces pédoncules, et les fruits ciliés à leur circonférence, lest, comme on le voit, tellement tranché , qu’çn Cette espèce est peu connue ; on l’a observée, il n’y I peut les signaler même à une assez grande distance, a pas fort long-temps dans le jardin de l’Arsenal de I Le faciès des arbres 11e saurait être trop étudié par Paris, sur les remparts de Soissons, et dans les fo- Ile forestier désireux de connaître les espèces; cette rêts des environs de cette ville. M. Desfontaines dit I connaissance, qui suppose du tact et de l’habitude , qu’elle est originaire de la Russie, quec’est un grand I est, dans nos opérations forestières, d’une utilité et bel arbre dont le bois a beaucoup de dureté, et qui I bien plus immédiate que la considération des carac- inérite d’être propagé dans nos forêts. I tères pris des parties de la fructification, par exem- Feu M. de Foucault, inspecteur des forêts, nous! pie; caractères solides sans doute, mais couverts a communiqué un mémoire sur cet arbre, que nous I souvent d’un voile qui ne peut être déchiré que par avons inséré dans les Annales forestières de 1811 , et I le scalpel du botaniste muni d’une bonne loupe, que nous transportons ici avec d’autant plus de con- I En effet, le premier a déjà trouvé plus que le second fiance que nous connaissons l’exactitude de l’obser- ne cherche encore. vateur qui l’a rédigé. I » On croyait, il n’y a pas 3 o ans, qu’il n’existait « L’orme pédonculé, ulmuspedunculata. (Poir. ) d’orme en France que l’orme champêtre, produisant, — effusa. ("Willd. ) 1 il est vrai, plusieurs variétés, mais les botanistes — octandra. ( Hoffm. ) |en connaissent maintenant trois espèces bien dis- — ciliata. ( Ehr. ) tinctes; savoir, V ulmus campes tris, V ulmus pcduncu- —>■ la vis. ( Pol. ) | /a/a, Vulmus suberosa; ce genre mieux étudié pourra est une espèce intéressante et originaire de Russie, len présenter encore d’autres. dont nous devons la connaissance à Fougeroux del » Le bouton à bois, dans l’orme pédonculé, est Bondaroy , qui l’a, le premier, décrite dans les Mé -1 long , très- pointu et verdâtre ; dans l’orme cham- moires de !Académie des sciences , année 1784. Les I pètre, il est court, obtus, pileux, et ayant les poils botanistes savent qu’elle diffère principalement de I grisâtres; l’orme fongueux l’a encore plus court que l’orme champêtre ( ulmus campestris ) par les pé- I le second , aussi obtus , et d’une teinte verdâtre, doncules lâches de ses fleurs, et par son fruit cilié 35 Cettedernière espèce a, comme on lésait, l’écorce sur les bords. Mais ils n’ont observé que quelques I très-fongueuse, et elle est connue dans beaucoup de individus de cet arbre, et ils n’ont rien ajouté aux | cantons sous le nom d’orme à écorce d’érable. C’est observations publiées par Fougeroux. I cette écorce qui a dû fournir à M. Vauquelin des » Cet orme, qui est très-commun sur les routes de propriétés fort analogues à celles du chêne-liège Villers-Cotterets à Paris etàCrépy, et probablement ( quercus suber). sur toutes celles de la France, pousse ses premières I » J’ai remarqué, lorsque j’habitaisParis, des ormes feuilles i 5 à 20 joursplus tôt que l’orme champêtre, Isur les boulevarts , dont la végétation était beau- et même un mois avant quelques variétés de celui-ci: I coup plus précoce que d’autres avec qui ils étaient cet avantage, dans un genre dont les espèces ont la associés; ces individus appartenaient probablement végétation si tardive, doit le rendre précieux aux à l’orme pédonculé. La croissance de cet arbre est propriétaires qui plantent des avenues d’ormes près vigoureuse. J’en ai mesuré un, âgé de 25 ans, planté de leurs domaines. L’utilité d’ailleurs se concilie sur une grande route où on remplace des ormes avec l’agrément, parce que la croissance de l’orme par d’autresormes depuis un temps immémorial, le- pédonculé est plus rapide que celle de l’orme cham- [quel a, malgré ce mode de plantation très-vicieux, pêtre, ainsi que j’ai eu occasion de le vérifier tous les plus d’un .mètre 32 centimètres de circonférence, jours, par la comparaison d’un grand nombre d’in- Fuissent ces observations, étendre la culture d’un dividus des deux espèces. Le bois du premier , arbre aussi majestueux qu’utile ! o qui passe pour être très-dur, ne doit point le céder I L’OniiE d’Amérique , ulmus americana ( Lin. ) en qualité à celui du second. L’orme pédonculé, sui- I ( V. la fig. à VAtlas , PI. XVII ), est un arbre qui, vant Pallas, est beaucoup plus commun en Russie I suivant M. Michaux, est connu dans tous les États- que l’orme champêtre ; il y est par conséquent plus | L'nis sous le nom de v/hite elm , orme blanc. 11 généralement adopté ; mais je ne puis, faute de ren-I abonde dans les Etats de l’ouest, et entre les 46 seignemens suffisans et d’expériences comparatives, et 42 degrés de latitude, intervalle qui comprend le dire si le charronage de Russie l’emporte sur celui ] Bas-Canada, la Nouvelle-Brunswick et la Nouvelle- de France. Ecosse, etc. Il a les feuilles longues de 3 à 4 pouces, » L’orme pédonculé , indépendamment des carac- | portées sur de courts pétioles, ovales, acuminées, et tères qui le différencient de l’orme champêtre, et I doublement dentées sur les bords ; les fleurs fort pe- que je viens d’énoncer, s’en distingue encore par son | tites, réunies en paquets au nombre de 8 à 1 o, por- feuillage plus large, et d’un vert assez clair pour con-1 tées sur de petits pédicules inclinés; le calice et les traster sensiblement avec la verdure sombre, du se- | étamines de couleurpourpre foncé ; le stigmate blanc coud; le tronc du premier est évidemment d’une)et comme laineux; les graines ovales, échancrées teinte moins rembrunie que celui de l’orme cham-1 à leur base, et bordées de cils très-visibles, pêtre, et son écorce, au lieu d’être sillonnée comme Différent de nos ormes, il aime les terrains bas, constamment frais , et même humides. Sur les bords des rivières, il acquiert jusqu’à 4 pieds de diamètre et une hauteur proportionnée. Dans lejdimat et les terrains favorables au développement de sa végétation , c’est l’arbre le plus beau et le plus magnifique qu’on puisse voir. Isolé, il se présente dans toute sa splendeur; élevé de 80 à 100 pieds sur 4 à 5 de diamètre, il présente une lige nue qui se partage, à la hauteur de 6o et yo pieds, en deux ou trois grosses branches peu écartées, qui se rapprochent encore et s’entrecroisent à 8 ou îo pieds plus haut. Alors elles se subdivisent en jetant régulièrement de toutes parts de longs rameaux arqués, flexibles et pen- dans, qui se balancent légèrement dans les airs. On remarque encore une ou deux petites branches de 4 à 5 pieds de long, qui, prenant naissance à la première bifurcation du corps de l’arbre, se renversent et s’appliquent sur le tronc, végétant ainsi en sens inverse des autres branches : disposition assez singulière, et que M. Michaux dit n’avoir pas remarquée sur d’autres arbres. Le tronc de l’orme blanc est couvert d’une écorce (épiderme ) blanche, sillonnée profondément, et d’une texture très-tendre. La couleur du bois est, comme dans notre orme ordinaire, d’un brun foncé; mais il est moins compacte , moins fort, moins dur, et se fend plus aisément. On l’emploie néanmoins à faire des moyeux de carrosse et de cabriolet, et même, dans le district du Maine, pour former la quille des vaisseaux , mais seulement à cause des grandes dimensions que l’arbre présente. M. Michaux pense que notre orme ordinaire offrant un bois de meilleure qualité que celui de l’orme blanc d’Amérique , ce dernier ne doit fixer l’attention des Européens que comme le plus beau des arbres d’ornement. On multiplie cet arbre dans nos jardins par la greffe à œil dormant sur l’espèce commune. M. Michaux avant envoyé des graines de l’orme d'Amérique à l’Administration, en 1807 , il en a été fait un semis, qui a procuré de 5 à 6 milliers de plants, qui sont maintenant répandus dans plusieurs propriétés, et qui promettent d’assurer la propagation de ce bel arbre. L’Ohme ailé se trouve dans la Basse-V irginie et dans la Caroline, en Amérique ; il est peu élevé , sa hauteur n’excédant pas ordinairement 3 o pieds sur 9 à 10 pouces de diamètre. Ses feuilles, portées sur de courts pétioles, sont ovales et dentées sur les bords, et plus petites que celles de l’orme d’Amérique; ses fleurs ne diffèrent de celles de l’orme champêtre que parce qu’elles sont un peu plus petites. Les branches sont couvertes d’une substance fongueuse qui les accompagne dans leur longueur, et qui forme deux appendices de 2 à 3 lignes de largeur , opposées l’une à l’autre. C’est ce caractère particulier à cet arbre qui lui a fait donner , par M. Michaux père, le nom spécifique d ’alata, ailé. Le bois de l’orme ailé a le grain plus fin, plus serré que celui de l’orme blanc d’Amérique , et il est plus lourd. Le cœur est d’un rouge terne, et approchant de la couleur chocolat, et il est toujours en grande proportion comparativement à l’aubier. O11 l’emploie aussi à faire des moyeux de cabriolet et de carrossç. Cet arbre ne paraît offrir aucun avantage aux Européens , et on ne le cultive guère en France, même dans les pépinières des environs de Paris. L’Orme rouge d’Amérique est encore un arbre sur lequel nous devons des détails exacts à M. Michaux. Cet auteur dit que l’orme rouge,appelé aussi orme gras par les Français du Canada et de la haute Louisiane , est assez commun dans une grande partie des Etats-Unis , qu’il aime un sol substantiel et non humide, et qu’il s’élève à 5 o et 60 pieds sur i 5 à 20 pouces de diamètre. Les fleurs et les graines diffèrent entièrement de celles de l’orme blanc d’Amérique; le calice est lanugineux et sessile ; les étamines sont courtes et d’un rose pâle ; les graines un peu plus grandes, rondes, point bordées de cils et fort semblables à celles de notre orme ordinaire; les feuilles sont ovales, acuminées, doublement dentées sur leurs bords , plus grandes que celles de l’orme blanc, plus épaisses, et très-rudes au toucher. L’écorce est de couleur brune, le cœur ou le vrai bois a le grain moins serré et d’une texture plus grossière que celui de l’otme blanc; sa couleur est d’une teinte rousse. 11 a peu d’aubier, est d’une bonne qualité, doué de force, et résistant à la pourriture. On l’emploie dans la construction des maisons, et quelquefois dans celle des vaisseaux. M. Michaux dit que l’orme rouge a beaucoup de ressemblance avec l’orme d longues feuilles ou orme de Hollande , et que ses feuilles, comme celles de ce dernier, donnent, étant macérée^ dans l’eau, un mucilage très-abondant et très-épais, dont on se sert dans les rhumes et pour cataplasmes émolliens, à la place de la racine de guimauve. Quoique l’orme rouge, ajoute M. Michaux, soit préférable à l’orme blanc d’Amérique, son bois est cependant encore inférieur à celui de l’orme d’Europe, et sous ce rapport, on ne peut en recommander la culture, au moins d’une manière générale. L’Orme nain a une écorce grisâtre, des rameaux grêles , des feuilles dentées presque également, rétrécies et égales à leur base, de très-petilesileurs ramassées en petits bouquets, et des fruits dont la membrane a un de ses côtés plus court que l’autre ; il croît en Sibérie. Pallas, qui l’a observé sur le* lieux, dit qu’il s’élève souvent à la hauteur d’un chêne. L’Orme poiygame est une espèce qui diffère beaucoup des autres par ses feuilles crénelées et égales à leur base, par ses fleurs polygames, et par ses fruits non comprimés de forme ovoïde, ayant au lieu d’aile membraneuse une forte nervure saillante. Les caractères de cpt orme le placent bien près des micocouliers. Son bois est blanc et très - fragile : il croît en Sibérie. L’Orme de la Chine a été apporté en France, sous le règne de Louis XV, par l’abbé Gallois, qui l’avait pris pour le thé, et depuis cette époque on le cultive dans les jardins des curieux, sous le nom de thé de l’abbé Gallois. Sa hauteur est celle d’un arbrisseau; ses rameaux sont étalés; ses feuilles luisantes, longues d’un pouce, ovales, allongées,roides, un peu obliques à la Base, et bordées de dents courtes OSI OSI un peu arrondies. Il passe l’hiver en orangerie dans le nord de la France. L’Orme a feuilles extières , que Roxburg a fait connaître dans son ouvrage sur les plantes de Coromandel, est encore plus rare que l’espèce précédente. Je n’en donnerai point la description. ORMEAU. V. Orme. ORMILLE. On donne ce nom à l’orme et aux alissades qu’on forme avec les plants de cet arbre. '. Orme. ORNE. C’est le frêne à fleurs. Y. Frêne. Orne est aussi un terme forestier : quand les bûcherons commencent par abattre les arbres dans une certaine étendue de terrain, allant toujours devant eux, ils appellent cela faire une orne. •OSERAlE. Lieu planté d’osiers, qu’on peut considérer , relativement à l’exploitation, comme un taillis. V. Osier. OSIER. On donne ce nom à plusieurs espèces de saules, dont les jeunes rameaux, menus et flexibles, sont employés à faire des liens, des corbeilles , des paniers, des vans et autres ouvrages. Les trois principales espèces d’osiers sont : l’o- sier rouge , salix purpurea (Lin.) ; I’osier jaune , salix -vitellina (Lin.) ; I’osier blanc , salix -vimi- nalis (Lin.). V. Saule. L’Osier rouge a les rameaux plus lians que les deux autres; mais il acquiert moins de longueur et degrosseur.il convient aux jardiniers et aux vanniers Î iour les ouvrages délicats. Un terrain sec et argi- eux est celui où il convient de le placer , quoiqu’il vienne mieux dans ceux qui sont frais et légers; mais dans ces derniers il prend ce que les ouvriers appellent le gras , c’est-à-dire qu’il ne se fend pas nient L’Osier jaune ( Y. la fîg. àl’ Atlas, PI. XXIF) a les rameaux un peu moins lians que ceux du précédent, plus gros, plus longs, et on les emploie plus généralement dans les ouvrages communs. Il demande un terrain frais, mais non aquatique. Les terres fortes, qui retiennent l’eau pendant l’hiver, et qui sont desséchées pendant l’été, lui conviennent beaucoup, ainsi que les berges des fossésau fond desquels il y a de l’eau , sur-tout quand ces berges sont de bonne terre. Il réussit assez bien dans les terres légères, pourvu qu’elles soient rendues un peu humides par des sources superficielles, le voisinage d’un étang ou d’une rivière. L’Osier blanc a les rameaux encore moins lians que ceux des précédens ; mais ces rameaux acquièrent jusqu’à 3 mèt. et plus de longueur, et quelquefois la grosseur du petit doigt. On les emploie à lier les gerbes dans les campagnes, et à construire la carcasse des paniers, les bannes et autres gros ouvrages de vannerie. On peut le cultiver dans les sols profonds , fertiles et humides; il vient même assez, bien sur les terrains élevés , pour peu que le sol soit frais et argileux ; mais il préfère le bord des rivières , les terres d’alluvion. Il offre dans cette dernière situation l’avantage de fixer les terres contre les efforts des eaux. Exploitation des osiers. —■ Les osiers forment de petits taillis qu’il faut couper tous les ans , parce qu’on perdrait beaucoup à attendre la seconde an- 463 née : il se formerait des branches latérales qui feraient perdre au brin son principal mérite, qui .est d’être droit, souple et sans nœud. D’ailleurs les jets de la seconde année seraient beaucoup moins longs que ceux de la première. On les coupe rez terre ou à quelques lignes de la souche avec la serpette. C’est dans les mois de février, mars etau commencement d’avril qu’il faut y procéder : si on les coupait plus tôt, ils seraient plus cassans, et plus tard , les pousses à venir souffriraient de l’épanchement de la sève. Comme on coupe sur le bois de l’année pour faciliter la sortie des nouveaux bourgeons, il en résulte que les souches prennent, chaque année, un peu d’élévation. Dès que les jets d’osier sont coupés, on les débarrasse avec une serpette bien tranchante de toutes les brindilles latérales, et on les met en bottes, que l’on serre fortement, afin de redresser les brins. On fait sécher et on conserve en bottes avec leur écorce les osiers destinés aux jardiniers et aux vignerons. On refend en deux ou en quatre l’osier destiné aux tonneliers , avant qu’il soit complètement sec. Celui qui doit être employé dans la vannerie se dépose dans une cave ou autre lieu frais , ou même on le trempe dans l’eau, et lorsque les boutons commencent à s’épanouir, on passe chaque jet entre deux morceaux de bois dur et coupant, disposés en forme de mâchelière , et le tirant à soi, on enlève cette écorce par lanières. Jamais on ne doit employer l’osier vert dans la vannerie ou la tonnellerie , à cause du retrait qu’il éprouve par la dessiccation. Culture des osiers .— Les diverses espèces d’osiers se multiplient uniquement par boutures. On coupe les plus forts jets avec le gros bout, et on les met en terre en ne laissant dehors que 3 ou 4 pouces. Cette plantation se fait indifféremment en automne, en hiver ou au printemps. On se contente ordinairement de faire sur un labour à la charrue des tranchées de la largeur et de la profondeur d’un fer de bêche , au milieu desquelles on place les boutures un peu obliquement. Les rangées doivent être à la distance de 65 à 8o centim. (a pieds ou a pieds et demi) entre elles, et les plants à 5o ou 6o centim. (un pied et demi à a pieds) entre eux, sur chaque ligne. Dans les terrains de bonne qualité et frais, ou lorsqu’il s’agit de l’osier blanc, on écarte davantage les plants. La méthode de planter les osiers dans des trous faits avec des piquets est vicieuse, parce que les petites racines qui sortent du plant ont dq la peine à pénétrer les parois du trou , et que dans les années sèches la plupart des boutures périssent. On donne un petit binage aux plantations dans les premières années, et l’on a soin d’en arracher l’herbe exactement. La première coupe doit se faire à la seconde année de la plantation. Les oseraies sont d’une grande utilité sur les bords des fleuves et rivières; elles procurent, par leur exploitation, des produits considérables, fournissent des objets de première nécessité aux fascines qui servent à contenir les fleuves ; elles affermissent 464 OUR OUT et embellissent leurs rivages. C’est principalement sur les deux rives du Rbin qu’on entretient des ose- çaies d’une grande çtendue , et qu’elles sont indis- pensables'pouf empêcher les dégradations des terres et lei débofdëmehs. OSSELET, oisiculus. {T. de bot.) L’osselet, qui a beaucoup 4 e rapport avec le noyau, n’est pas susceptible d’être, çomme lui , séparé en valves par l’effort du couteau; sa substance est moins épaisse, et Sà'suffacë n’est jamais creusée de sillons, héris- ’iWde tubercules,- ou rélevée par des lames plus ou moins spillant.es. On distingue les osselets en ce qu’ils né sont point portés sur un placenta, et qu’on trouvé 44ns leur intérieur un cordon ombilical, au- kpiel les graines sont attachées. Les nèfles ont des osselets. OUDRI. (T. de jard.) Lorsqu’on arrache un arbre avant qu’il ait perdu sa sève, l’écorce des bourgeons se ride : ils sont oudris. Si on ne coupe pas les feuilles aux branches qu’on destine à faire des écussons, elles oudrissent et on ne peut lever leur •écorce. On ne doit arracher les arbres pour la transplantation que quand ils sont dépouillés de feuilles, et il faut prendre garde de se laisser tromper par les jardiniers, qui, toujours pressés d’ouvrir la vente de leurs pépinières, arrachent souvent les feuilles pour faire croire que les arbres en sont dépouillés naturellement : fraude qu’il est aisé de reconnaître quand les jeunes branches s’oudrissent, c’est-à-dire quand elles se rident ; ce qui arrive quand il fait du hâle. Ces arbres réussissent difficilement à la transplantation. OUÏE, du latin auditus , de audire , entendre, ouïr. Ouïe de 'la cognée. L’art. 5i du tit. XV de l’ordonnance de 1669 porte que les adjudicataires des bois demeureront responsables des délits qui se feront à L’ouïe de la cognée uux environs de leurs ventes, si eux ou leurs facteurs n’en ont fait le rapport; il règle cette distance , dans les bois de 5o ans et au-dessus , à 5o perches (366 met.) , et dans les bois au-dessous de 5oans, à 25 perches (i83 mèt.). Le cahier des charges veut que les procès-verbaux des facteurs soient affirmés et enregistrés en temps utile, et que la remise en soit faite, dans les 5 jours, au garde’général par la voie du garde du triage. Y. Adjudication , § 12 , t. I, p. 3 , Facteur et Souche- tage. OURAGAN. Mot emprunté de l’indien, et qui signifie le concours , le choc de plusieurs vents. Les Ouragans se manifestent plus communément dans certains pays que dans d’autres ; par exemple , dans ceux situés entre les tropiques ; ils sont moins fréquens et moins violens qu’en Europe. Ils sont aussi plus communs en automne qu’aux autres époques de l’année. Les ouragans causent souvent des ravages épouvantables. Nous ne pouvons en donner un exemple plus frappant que celui que nous trouvons dans le Journal de Paris, du 28 juin iSiç.Onylit que, dans la- nuit du 8 au 9 du même mois, un ouragan terrible a exercé ses ravages sur le territoire de la commune de Biot, canton de Yence {Var). A la suite d’une forte averse, une tfpmbe s’eyt formée.dans le fond d’une çolline, pt bientôt les arbustes, la vigne, tes plus j^rps arbres.ont qté déracinés par la violence du vbot, et transportés à Une telle distance, que long-lèmps après on n’avait pu encore en trouver de débris. Il ne restait plus de terre végétais dans l’espace d’Uhe demi-lieue de long sur'epviron 400 pied* de large. . | Il parait que dans les colonies de.l’Àmérique et de l’Inde lés habitans ont trouvé, le, iqoyçn de garantir leurs plantations de cannes à»,snç;ç .paf des ceintùres d’arbres à racines pivotantes et, à rameaux flexibles', qu’ils entretiennent, notamment dans le» plaines basses qui sont peu éloignées de la, yier^ On est dans l’usage, en France, dp. conserver des lisières d’arbres dans les forêts sflué.es près de la mer, et quoique, ces arbres y périssent en grand nombre, on se garde bien de les. abattre y parce que le mal irait toujours en gagnant xers l’intérieur de la forêt. Lorsque des ouragans ou des vents impétueux ont renversé des arbres dans les forêts , les agens forestiers doivent s’y transporter sans délai pour constater les chablis et en dresser leurs procès-verbaux. ( Ord. de 1669 , tit. VU, art. 3.-— Instr, duo prairial an 9 , se et. 2*., § I er . , art. 44?) Y, Chablis. OUTILS. Ceux délivrés aux maîtres, contremaîtres et aides-charpentiers de la marine doivent être entretenus à leurs frais. lis se composent d’une herminette .double ÿùsant hache d’un côté et herminette de l’autre, une tarière à mèche, une ordinaire , une à cuiller propre à nettoyer les nœuds, et les marteaux adoptés pour les martelages. {Instr. du min. de la marine, du 3o floréal an j 3.) Outils des délinquans. Les outils dont les dé- linquans sont trouvés saisis doivent être confisqués- {Ord. de 1669 , tit. XXXII, art. o.j Le dépôt en doit être fait au greffe du tribunal. ( Circul. du 8 mars 1809.) Outils pour l’exploitation des bois. Tous bois, soit futaies ou taillis, doivent être coupés avec la cognée, et non avec la serpe ou la scie, à peine, contre les marchands, dè 100 fr. d’amende et de confiscation des marchandises et des outils. {Ord. de 1669, tit. XV, art. 44-) L’usage de la scie est si absolument défendu dans les forêts , que pour délits commis avec cet instrument l’amende est double. ( Ib. , tit. XXXII , art. 5.) V. Délits. OUTRAGES envers les magistrats de l’ordre administratif ou judiciaire et les agèns de la forcé armée , comment punis? V. Varl. 222 à 227 du Code pénal de 1810 et le mot Violence. OUTREPASSE.Ce terme, purement forestier,signifie l’abatis que fait l’adjudicataire d’une çoupe de bois au-delà des limites qui lui onjéhé marquées. I. Si, lors du récolement, il se trouve quelque outrepassé ou entreprise au-delà des pieds-corniers , l’arpenteur est tenu d’en faire le plan et la description exacte dans son procès-verbal. {Ord. de 1669 , tit. XVI, art. 6.) II. Le marchand doit être condamné à la restitution du quadruple, à raison du prix principal de son (HJV adjudication, à l’hectare, au cas que les bois sur lesquels il a entrepris soient de même esseupe q“e celui de la vente, et s’its sont de meilleure nature ou plus llgés, l’adjudicataire doit être condamné i l’amende et â la restitution au pied le tour. (Ord. de 166g, tit. XV, art. cf.-r- Cah. des ch. gén ., art. 81. — Arr. de la C. de cass., du 6 août 1807.) III. L’a,njende du quadruple embrasse la totalité de l’outre-passe, de telle sorte que si une coupe de 4 hectares est Vendue a,000 fr., et qu’il y ait une Otitre-passe d’un hectare, le quadruple de l’hectare vendu 5 oo fr. sera de 2,060. ( Instr. du 8 juillet 1809.) IV. Les peines sont les mêmes contre les marchands qui auraient fait des entreprises dans les bois des communes et des établissemens publics. ( Ord. de 1669, fit. XXIV , art. 11.) d’amende appartient à l’état, et la restitution à la Commune ou à l’établissement public , ainsi qu'il a été décidé par un arrêt du conseil, du 19 novembre 1701, qui condamna, pour outre-passe, la veuve et les héritiers d’Antoine Chariot, adjudicataire des bols de l’abbaye de Barbeau, en 322 livres d’amende an profit du roi, et .en pareille somme de restitution an profit de ladite abbaye, V. En cas de contestation sur l’estimation d’une outre-passe, il peut être procédé par des experts contradictoires. ( Arr. de la C. de cass., du 21 février 3806.) VI. Un adjudicataire à qui il a été vendu un nombre déterminé d’arbres dans une coupe dont la contenance est fixée, ne peut, en cas de déficit, s’en faire délivrer en remplacement de ceux qui lui manquent, sur-tout quand le cahier des charges porte qu’il ne sera pas reçu à réclamer pour manque d’arbres. L’abatage qu’il se permettrait de faire d’arbres non compris dans la délivrance légale constituerait un délit d’oulre-passe. (Ib., du 21 juillet 1809.) Vil. Le fait d’une outre-passe ne peut jamais être de la compétence des tribunaux civils. ( Ib. , du 19 janvier 1810.) VIII. C’est aux tribunaux correctionnels saisis de la connaissance d’un délit d’outre-passe à apprécier les exceptions d’un prévenu qui prétend n’avoir pas dépassé les limites assignées à sa coupe , lorsque ces exceptions peuvent être appréciées et jugées sans avoir besoin de recourir à l’interprétation du cahier des charges ni d’aucun acte de la vente. (Ib., du 3 novembre 18io.) IX. On ne peut considérer comme une outre-passe le fai^ d’un adjudicataire qui, dans une coupe en jardinant, abat un plus grand nombre d’arbres que celui qui lui a été vendu : c’est un délit punissable de l’amende au pied le tour. Ib ., du i «.février 1822.} OUVERTURE DE CARRIÈRE. V. Carrière. OUVERTURE DE LA CHASSE. V. ces mots dans le Diçtionn des Chasses. OUVERTURE DE LA GLANDÉE. L’ouverture de la glandée se fait le î". octobre. (Ord. de 3669, r/ t- XVIII, art. 3 .) V. Glandée. OUVRAGES (BOI§ JD’). On. appelle bois d’ouvrages ceux qu’on travaille en petits ouvrages dans Tome II. O U V 4G5 les forêt?. Il faut les distinguer clés bois ouvrés , qui sont travaillés. L’art. 37 du tit. XV de> l’ordonnance de 1669 jrescrit aux adjudicataires d’avoir un marteau pour es ventes de futaies où les bois s’emploient en ou « vrages. OUVRER. Ouvreriez bois , c’est les travailler , les façonner, les mettre en état d’être employés. Ils ne doivent être ouvrés que dans les ventes. ' Ord. de 3669, tit. XXVII, art. 29.) V. Adjudicataire. OUVRIER. On appelle ainsi celui qui travaille de la main, et qui fait quelque ouvrage. On distingue dans les forêts plusieurs sortes d’ouvriers, à l’égard desquels les réglemens contiennent des dispositions. i°. Ouvriers employés dans Vintérieur des forêts. 11 est défendu aux adjudicataires des coupes domaniales ou communales, et aux particuliers qui possèdent des bois près des forêts domaniales, de donner du bois à leurs ouvriers pour leur tenir lieu de salaire, à peine de répondre de tout délit pendant l’usance des coupes jusqu’au récolement. ( Ord. de 1669 î XX VU, art. 26.): 11 est également défendu aux ouvriers employés à l’exploitation des bois pour le compte de l’état, d’emporter les copeaux, remanens, etc., à peine d’amende arbitraire et de restitution du double de la valeur, dont l’entrepreneur est responsable. (Ib., tit. XXI, art. 5 .) Les adjudicataires et leurs ouvriers ne peuvent ramasser des feuilles ni semences forestières. (Cah. des ch ., art. 56 .) L’amende est double pour les délits commis par les adjudicataires , leurs facteurs et ouvriers. (Ib., tit. XXXII, art. 5 .) En cas de récidive, l’art. 6 du lit. XXXII de l’ordonnance prononçait le Bannissement. V. ce mot. Les adjudicataires, maîtres de forges, etc., sont civilement responsables des délits commis par leurs ouvriers et domestiques. (Ib., art. 7.) Les ouvriers employés dans les forêts pour le compte de la marine ou pour tout autre service, ne peuvent se permettre de travailler d’autres bois que ceux qui leur sont indiqués, à peine d’être condamnés comme déünquaus. (Arr. de la C. de cass., du 6 février 1807.) 2 0 . Ouvriers en bois employés à Vextérieur des forêts. Les cercliers, vanniers, tourneurs, sabotiers et autres ouvriers exerçant des métiers analogues, ne peuvent tenir leurs ateliers dans la distance d’une demi-lieue des forêts royales, à peine de confiscation de leurs marchandises et de 100 fr. d’amende. (Ord. de 1669, XXVII, art. 22.) V. une note sur cet objet dans le premier volume du Recueil, p. 8a , et dans le présent Diçtionn. le mot Atelier. Les charpentiers, tonneliers, charrons , menuisiers et autres , convaincus d’avoir prêté leur ministère pour qouper des bois en délit, doivent être condamnés, personnellement en 100 fr. d’amende pour la première, fois, et à tenir prison jusqu’au paiement,. et pour la récidive punis corporellement (Arr. du Cons, , du 12 mars 171 5 , confirmé par [’Edit de 3716, att. 48); ce qui n’empêche pas que 5 9 466 0X1 ceux qtil les'ottt ëmbdôyds e't'Wuf’bdt’pVôflté dWbbïs ne soient condamnes attjc peÿlié’s 'portées; pflr'I’or- donnâriife. V 'Recueilr. l I. p’.^zSy ^ içî des réglèrèeièS'particuliers pour’ lës ouvrîefs 1 do i'â cî-devaht ilifrîtrise de Dôle. 1 1 PV AIRR ,Palatin ovarium , formé, d ’ppunf , amf On appçllç ovaire', ep tpLanique , la partie.'Inférieure aju pistil : qui renferme Iqs ovijlqç au rud,i- mens ( des semençç,?. L’ovâire est^ supépçur quand 1 il repose sur le calice et n’y aijKere point, comme; dans la Heur du perisierj inférieur Ipjsqu’ll supporte le calice , et st'mi-inférieur lorsque le Galice l’entouré.. La position de l’ovaire est un caractère qu’on emploie souvent dans la description des plantes. V. Pistil et Physiologiepégêt ., 6 e . section. OVULE, ovulurn > ( T. de bot.') Rudiment de la graine dans l’ovaire. V. Physiologie végét., 6 e . section .. OXIGÈNE ou plutôt OXYGÈNE. Dn grec oxus, acide, et ët géinomai, naître, être produit. Ce mot veut dire naturellement engendré par l'acide ; mais les chimistes modernes lui donnent une signification active , et le traduisent par générateur de l’acide : ils ont fait la même chose à l’égard dti mot Hydrogène. Y. ce mot. L’ôxigêne , connu ci-devant sous le nom à'oxi- gine, air déphlogistiqué, base de l’air vital etc., est tin principe universellement répandu dans la nature , et qui joue le plus grand rôle dans les trois règnes. Lés deux fluides , qui sont de première nécessité pour l’homme et pour tons les êtres organisés ! l’Air et l ’Eau , Y. ces mots), sont essentiellement composés d'ôxigène. L’eau est formée de 85 parties è'oxigène et de i 5 parties P hydrogène , le tout en poids! Dans l’air que nous respirons, l’oxigène est à l’état de gaz : c’est ce qu’on nomme l'air vital; il entre pour prés d’un tiers dans la composition de l’atmosphère , le surplus est du gaz azote mêlé d’un peu d'acide carbonique et de quelques autres fluides. V. Acide. On regarde l’oxigène comme le principe acidifiant, et sa combinaison avec d’autres substances les fait Î iassfer à l’état d’acide : c’est ainsi que le carbone, e soufre’, le phosphore , etc., combinés avec l’oxigène, donnent les acides carbonique, sulfurique, phosphorique, etc. Les feuilles vertes des arbres et des plantes absorbent l’acide carbonique qui est dans l’air', le décomposent pour s’emparer du carbone qui sert à la nourriture des plantes, et rendent à l’air quenous respirons le gaz oxigpne : ainsi, elles améliorent l’air, et saès èlles la terre ne serait point habitable. On sent combien ces grandes masses de végétaux, les forêts, les bois, lés tiares, sontutilfes sous le rapport de la salubrité dé l’air. Si pendant Phivet, où la plupart: dûs arbres et des plantes sont dépouillés de leurs fèûilles, l’iir ne cesse point d’être réspirable, c’èst qdèrles nuits, qui mêlent et charrient sans'éesse toutes'les partfes’flé l’àir, nous apportent celui des trbpiqtreS j déV terrés australes et des autres parties du ntotide, qüi 11’ont PAL riôîrit [ d’Hl l vet ) , crtr bien défit les lÛTérs* n’arfi^tfrt; 'nas èfl ndttèU j ; u P xu-.qeeb " a 'C*ei>t’J>èto{!âm'là iiiilt qùé rf lds ’ffcùlMdS & l’aiV’libre absorbent l’oxygène; elles"!? restituent pendant le 1odr'jj‘sur-tdut‘ , aü; , s8leil - : c’ést bohi-t^icrfl’kir est fnoin^ qùir, péndd'Ùt fa nuit que pèWdlùit la joiir. Lé gaz oxigène ptjr est moins pto[Wé"i ïa Végétation que lijt'squ’ll ést mélangé-avéc lès-’irtftrès gaz. Lès arbtfeitoujours verts, cornitré 1 lés jtfArÜét i sapins, consument moins d’oxigène qué éfeuic'cjui'lsédéiVôliil- lent eh hiver; c’est'pôurquoiils pènvehtXivhPàune : ài grande hauteur, et pourquoi il est Si dui'SîMe de les dépouiller de leurs branches. Il én e$t de même des plantes marécageuses. ■ ip Toutes choses égales d'ailleurs, jllilsf utie plante consume d’oxigêne,'pluselle végété aVfeè ? forée. La coloration des jiois écorére ou féÜdus éd fait par un commencement de cOmbustîoft: Pille n’a pas Heu lorsqu’on prive ces bois dn èbntaét dé l’air', qui leilr fournit de l’crxïgèhe. ■ 1 f : t'-îasilnq La sèVe, en formant l’anhieCy^salfit sans 1 doute des modifications analogues à Celle d’un extrait qui se carbonise par l’effet du contact du gaz oxigène. Les chimistes se sont beaucoup Oeèùpes de recherches relativement aux effets de l’oxigène sûr la végétation , et de ce nombre sé thouveTh.' de Saussure. V. ses expériencés, Journal de physique, an 7, et ses Recherches chimiques su?'ta végétation , Paris , 1804. V. aussi l’article Oxigène du Nouveau Dictionnaire d’agritulture. OZ 1 ER.V. Osier. P. PACAGE, du latin barbare pascium, fait de pasci , pâturer, brouter l’herbe. C’est un lieu propre à nourrir et engraisser des bestiaux. On appelle droit de pacage le droit d’envoyer paître son bétail dans certains pâturages. Un arrêt du conseil (.au Recueil) du 9 octobre 174s défend d’adjuger le pacage et la glandée pour plus d’un an. Y. Glandée, Pâturage, Usage. PADOUANS ou PADOU ENS. Vieux mots qui signifient mauvais pâturages , landes. V. Pâturage. PAISSEAUX. V. Échalas. PAISSON. C’est en général la nourriture que les bestiaux prennent dans les forêts et à la campagne; mais ce mot se dit communément de' la glandée. Il y a poisson pleine lorsque les glands ou faînes sont abondans; et demi-paisson , tiers ou quart de poisson, selon qu’il y a plus ou moins de fruits. O11 proportionne eh Conséquence le nombre des porcs des usagets â mettre en paisson, pour qu’ils y trouvent une nourriture suffisante sans nuire au repeuplement. V. Qlandëe et Fanage. PAISSON (FOR-). V. For-Taisson. PAL, palus. Pieu aiguisé par un bout et dont on se Sert pour faire des clôtures. PALE. Planche qui se termine en pointe et qui sert à faire des palissades.' V. ce mot.' Pale Sfe'dit aussi üMrte ou»>lusieuts pièces de bois Cjui servent S' retenir les eaux d’uné écluié. PAL PAJ 4 SjiVjt&s» petit! pàLop pietp, Cye jnpt, sqdffi soit des pieux qui servent & pntpu.rer^i, pu un bçâs; soit. 4 h-H eu. même. 44} P a * ' lis. y. çi-après Palissade. Q ,j , , ; PALISSADE. C’est iine clètyrp .dê DaU'jplaptes en tçrfq, poyriadéfcnse, d*une place, dç gperr^.; On appelle xu$ii J > (iU$±açIe un pieu de la paluisipe., i PaAw^ e ^f'4ilégaletneqf dfy»e$Lôjure.çÂ..p|aa-: elles, en.p^çli^Qu échalas ,«me,l’pii 1 ^.jpu^ur .ç>n r tjçyr^^HfîH.et en défendre,f>ccès. n ,',' I >nÆfiffiViP4 à i 5 pouces de diamètre sans l’écorce, refendu en 8, est ce qui convient le mieux pour le service et l’économie; un plus gros , de 16 à 17 pouces, refendu en 12, donnerait des palissades trop minces et de mauvais usage. Les officiers forestiers qui seraient peu instruits du choix convenable de ces corps d’arbres, marqueraient indifféremment de trop gros ou de trop petits arbres; d’autres noueux, tortus ou viciés, qui ne pourraient jamais se débiter ni se refendre convenablement. Il en résulterait de grandes pertes, parce que les ouvriers laisseraient de côté tous les corps d’arbres coupés mal-à-propos, et ne débiteraient que ceux propres à leur objet ; ce qui ne ferait pas quelquefois la dixième partie des bois abattes. Donc, le dommage d’une forêt peut venir non- seulement d’en avoir tiré, des palissades , mais encore du défaut de précautions en les coupant, et parce qu’on y aura détruit sans discernement beaucoup de bois d’espérance , trop petits, ou trop gros, et .propres à la charpente; ou encore parce que l’on ayra fait ces coupes dans les parties les plus com- imodes pour les accès, et à portée des routes et chemin?,, de façon qu’un canton se trouvera ruiné : au Lfeu que si le choix est réparti sur top te une forêt, il (ÿ ajpa moins de dommages. D’ailleurs pour ordonner ces sortesd’approvisionnemens, pu attend.presque toujours un moment .pressant : alors ils se: font 1 «rveoune précipitation très-capable d’augmenter le désordre, et de ruiner d’autant plus les forêts où ils-.ont lien. Palissades rpEESiffiiiEs. L’objet de ces palissades .qst.tffigarantir Les jeunes bois de la dent des bestiaux. On peut en faire avec toute sorte.de bais; fAL 467 ni au le qhêne, .châdaigjiiur. sont les bois qui rpsistçut le. puci^x .^.ffi.jjopfjritnrp. , _ Le? palissades en çlajiches.sont très.coûçepses et ,$4 Jettes, à ijtre'^nld.yé.es .par; Jée, ,délinqufns. Elles sont construites par tratées, (composes de >A anches de 7 pieds de longueur, 6 à 7 pouce? de largeur, et tin poucé d'épaispeur, franc sqiej d^un patin de 6 jiiéds- dé ( longueur, sur 4 pçrnce? delar- geur ; d’un yoteati de pieds de longueur, sur 6 à 7 pouces? d’eàüarrisSage ; de à lfens de chacun 4 pïeds de Ibngiiéùr/lsù'r. p et -5 pouces; de 2listes de chacun delongdèùr; sur 4 et 6 pouéés : ce qui composé , débite où équarri, 3 pièces, 5 pieds réduites, et varie suivant le prix du bois, et de la raain-d’deuvrè^ Mais on peut se contenter de former des enceintes avec un treillage fait de perches ou d’échalas de fente. On doit, en ce cas, poser, de 3 pieds en 3 pieds, des pieux d&ç pouces de tour et de 7 pieds et demi de longueur, dont l’extrémité doit entrer d’un demi-pied en terre ,. .ejr mettre entre ces pieux de forts échalas, ou des perches dedà 6 pouces de tour, et de 6 pieds et demi de longueur, qui entreront aussi de 6 pouces dans le terrain; le tout lié de ill de fer, avec un cours de perches horizontales, à un pied de distance l’une de l’autre, de manière qu’il y en ait 6 dans la hauteur du treillage ; puis mettre des arcs-boutans ou des tenailles de 2 en 2 toises, pour empêcher que le treillage ne se déverse: ces tenailles sont placées alternativement l’une en dehors et l’autre en dedans de l’enceinte, et faites avec de forts échalas de 4 pieds de longueur , enfoncés en terre d’un demi-pied, et liés aux traverses avec du fil de fer. Pour empêcher les lapins d’entrer dans le semis, on pourrait mettre entre les grands échalas et les perches de petits échalas de 2 pieds et demi, enfoncés en terre de 4 pouces, et attachés aux autres avec du fil de fer, ou , mieux encore , des arbres enracinés de l’espèce la plus commune et la plus convenable au terrain : en les palissant sur les basses traverses, ils formeraient, par la suite , une espèce de haie , qui, après avoir pris assez de force , ferait une enceinte capable d’arrêter la grosse bête. Un semis ainsi entouré est garanti du fauve et même du lièvre : il 11’y a à craindre que le lapin, qui fouille la terre , et passe par-dessous les échalas. Palissades des jardins. On fait des palissades hautes, moyennes et basses. Elles doivent fprmer un plan vertical de verdure bien fourrée ptldçngar- nie , sur-tout vers le pied ; les moins épaisses sont les plus parfaites. Dans les terrains secs et maigres , on ne doit point se proposer d’avoir des palissades fort élevées. On borde les massifs avec des palissades de moyenne fauteur; pu en fprraq, Jçs étoiles, des pattes d’<Ù e > ec d’autre? çompajtnnons ; dans les jardins très-recherchés , on y pratique des niches, des enfoncemens, des. arcades, des portiques. Les palissades basses ou à hauteur d’anpyi forment ordinairement des banquette^ entre aes arbres de haute tige ;'quelquefois on décore ces, banquettes par dçs bouquets qui les surmontent et qu’on tond en boules ou eh pyramides. PAL 4G8 Quoique l’ôn poisse faire le» palissades avec toutes sortes d’arbres et arbustes, on doit néanmoins choisir les'arbres qui élèvent leurs tiges droites, qui poussent beaucoup de branches sur les côtés, qui souf-i frefft blertfft tonte, qui conservent long-temps lour verdUtàjj et 'dont les feuilles soient médiocrement grandes,• pahre qu’il serait désagréable, lors de la tonte, de voir une grande feuille coupée eu deux, etqwo, d’aiîlteqrS>;lès grandes feuilles, en tombant, laissent trop de vides. ' Le# 'tarbrCs que l’on destine' principalement à cet usage, sont l’ormille, l’érable chaMpètre, le hêtfè , le'charme, dont les feuiltes;sônt d’un beau vért, et qui restent pendant uhe grande partie de l’hiver sur l’arbre, quoique jaunes et desséchées. On peut faire de jolies palissades avec les mûriers blancs, dont les feuilles luisantes font un bel effet; avec lè mahafeb , qni donne bedücoupde branches, et dont les feuilles Sôntdhm beau vert, et les fleurs dhinè odeur agréé bld; avec l’azérolier et l’épine blanche, sur-tout cèlle à fleUr double. Lé chamœcerdsns\ le cornouiller mâle, le troëne, peuvent encore servir à faire des palissades à hauteur d’appui. Dans les bosquets verts, on en fait avec l’if, le phyllirea , l’alaterne, le buis. Les palissades se plantent comme les haies. V. ce mot, et l’article Pépinière, pour la manière d’élever les plants destinés à former des palissades. Les palissades se taillent deux fois par an , à la fin de la sève du printemps et à la fin de celle d’automne. Lorsqu’on ne veut tailler qu’une fois, il faut le faire entre les deux sèves, c’est-à-dire au milieu de l’été. Il est important de couper les bourgeons le plus près possible du crochet des branches, et d’éviter de couper ce crochet, parce que, dans le premier cas , la palissade s’épaissirait trop , et que , dans le second , elle se dégarnirait de branches. Aujourd’hui que le goût des jardins paysagers est devenu dominant, on s’occupe beaucoup moins qu’autrefois de former des palissades. PALISSADER. C’est entourer une fortification de palissades. PALISSER. C’est attacher le long des murailles d’un jardin 1 les branches des arbres Iruitiers. PAL 18 SON et BARRES. On appelle palissons de petites planches fendues, ou des espèces de douves dont on garnit l’entre-deux des solives des planchers , des fermes et des maisons de peu de conséquence : on les fait ordinairement avec du bois bland'fendu à l'épaisseur d’un pouce , qui se trouve réduite à trois quarts de pouce, quand elles ont été dressées à la doloiré : leur longueur est fixée par la distance qui se trouve entre les solives, et qui est communément de 18 pouces d’intervalle d’une so- livé à l’autre- 'Les barre», pour soutenir le fond des futailles, ont à-peu-près la meme épaisseur que les palissons; on les fait de dilférentt s longueurs, suivant la grandeur des' futailles ; celles qu’on emploie dans l’Orléanais pour les poinçons ou les demi-queues, doivent avoir aa pouces de longueur. Le palisson et les barres se fendent de la même manière f on se sert, pour cela, d’un atelier ou d’une chèvre à scier du bois, indifféremment. PAN D’une bille duvbois blanc de 8 poutes de diamètre; OM rèàire 8 palissons é^ai* d’un ppucp, -qui se trohvent réduits à 9 lignes àprèis qu’ils oût étéHdres- sés ; ou 9 barres, parce qu’elle»sont ùn peu Moins épaisses que les palissons. 1 Les 1 fondeurs qui font du douvain dechène, mettent à' part une partie de leursrrebuts poub eu faire des barres : c’est de là que'vienfcâünè assez grande quantité de barres qui sont de ehêne. lis dressent grossièrement lea barres et les palissons avec le grand coutreà nn seul : biseau, nme- sure qu’iis ont débité une bille. ’ de 1; ti Les marchands, dans la forêt d’Orléans, vendent les barres par too, et ajoutent 8-ohevilles par chaque barre. PALME, palmatus. (T. de bot.) Divisé profondément en plusieurs lanières allongées, de manière à ressembler à une main ouverte. La feuille palmée a toutes les nervures principales rayonnanteS^du^fliq- met du pétiole. V. Feuille -Oi - anoilnnli PALES, mot latin qui signifie nf.atais r liçux marécageux. V. Marais. ■■■ ?< ■< t PANACHE , PANACHE RE. C’est la réunion de plusieurs couleurs dans les Heurs, les feuilles.et les écorces des plantes. Les panachures sont rares dans les végétaux qui restent dans l’état sauvage.| Il parait que la panachuredes feuilles ft, pour cause une altération du parenchyme, produite par une maladie. Les sujets panachés ne se Multiplient guère- que par la greffe, les marcottes ou boutures; cependant on a observé que leurs graines produisaient plus fréquemment des pieds à feuilles- panachées , que celles des arbres non panachés. Au contraire des Heurs, c’est dans leur jeunesse que les arbres sont le plus panachés, et souvent ils perdent entièrement leurs panachures en vieillissant, sur-tout quand ils sont plantés dans un sol gras et humide. On recherche beaucoup, dans les jardins d’agrément, les arbres à feuilles panachées, qui font ressortir la couleur verte des autres arbres. PANAGE. C’est le droit de faire manger par des porcs les fruits des arbres des forêts, comme le gland , la faîne, etc. : c’est aussi le droit que l’on paie au propriétaire d’une forêt pour user de cette faculté. Les anciennes ordonnances désignent le même droit sous les noms de pesnage ou panuage, temps de grainer, wûieet pâture , ou de glandée. Le droit de faire manger la faîne s’appelle aussi faînée } foaine ; et si le droit comprend la faculté de faire manger les deux sortes de fruits, on t’appelle seulement panage ou glandée. V. ce mot. Dans quelques forêts, il y a un arrière-pànage , qui consiste dans la liberté qu’ont las usagers, après le temps de panage expiré, d’y conduire encore leurs porcs , pendant un certain temps, en payant une redevance. Le panage et la grasse ou vive pâture sont des droits différens du vain pâturage : les premiers consistent à faire consommer par les bestiaux des fruits ou des herbes qui peuvent être récoltés, conservés vt vendus, tandis que le vain pâturage ne s’exerce que sur des herbes , ou des fruits abandonnés parle propriétaire du fonds. V., sur cette distinction, le PAR Réquisltoir» duprroeurkur général ! près la tent?, de cassation, qui-précède l’-^/To^-de.cbt^e'Ccmridw a jaji« vier> t&i'i-. ' V. iüesi la. Mate de Eeeqnidt,; sus -le tit. XYIH deilordonaaiice de 1 669,. U I*d v dui?e- cueil1 p. 63 . I eiri = Les porcs ne'peuvent être mis en panogfeqa/après visite faite des liaUx par les agens forestiers t {.Onl de 1669, tit- XVIII\ art. i**.) Le partage nepeutètre exercé que dans. Les lieux indicjngs-dLclarés défensables^ et les agens forestiers ne peuv««Lfc l’adjfiger dans les coupes qui doivent être mises en exploitation .'dans l’ajinée , parce qu’il est importantdéhepas privér ces coupes des moyens de repeliplement. {Circule du. ô tendemicire an 10 — 28 septembre 1801. ) Le panage et 1 kl paisaoù ne peuvent être tompris dansi les baux du domaine. {Arr. du Cons. du *4 maity\à.) V,Gla*dée., Pâturage,■ Usage. PANNBl-Otéteinpldie dans la ci-devant Lorraine les dénominations de troncé, panne/, cfieotron >j pér- ckè'fdbmllpéithë^pôt^t'rMsiguet la grosses t Relative des arbres résineux qui se délivrent aux usagers , audc fermiers dés Sci«ri 4 ^W â'd’fiiftieS établiisefnens. V-.,'!aii mot TWonckt, Itft'rdleHr respectivé'de ces dif- féréhïes déhétttrnations.' PANTOMÈTRE, ’(hf gtîéc pan, tout, et de nic- trobt, tnesurè i qiii mé^uré tout. C^éfet'tŸn in$tibinéi‘tV>f6pré à mesurer toutes sortes d’artgles, de'Ibngdèlip 1 et de'liauteurs. Il ëst compose dfe trois branches divisées par degrés et mobiles, sur deux demi-cercles aussi divisés , qui sont attachés sur la base. L’un de ces deux cercles est aussi mobile sur la base, et s’éloigne ou s’approche de l’autre pour former toutes sortes de triangles', par le moyen desquels on fait toutes les opérations de l’arpentage. PAPIER TIMBRÉ. Les sergens et gardes des eaux çt forêts étaient ténus de taire leurs rapports et autres exploits sur papier timbré. {Arr. du Cons. du 24 juillet 1,725.) Les gardes forestiers actuels font leurs rapports sur papier timbré ou visé pour timbre. V. Procès- Vçrbaux , Timbre. On ne doit délivrer de certificats de service et autres que sur papier timbré. ( Circul. du 27 mars 181 5 .) Papiejis. V., pour la soustraction, destruction ou l’enlèvement de papiers, registres, actes et effets , etc., cohtenus dans des archives , greffes ou dépôts pubh es, les art. 254 , 2 -55 et 256 du Code pénal. PÂPILIONACÉE (COROLLE), cor. papilio- naççg. Irrégulière, à cinq pétales : l’un, supérieur et ordinairement plqs grand, est appelé étendard dçux latéra.^x, nommés ailes , et deux inférieurs, plpjS,,pu qioxns pressés par les ailes, forment ensemble une petite nacelle, que l’on nommç çàrène. Le Wiçot, le, pois, etc., ont une corolle papi- lio/iacée. , . PAPILLON, papilio. V. Insectes. PARASITE. Plante qui croit sur une autre, et se nourrit à ses dépens. PARC.: Grande étendue, de terre, entourée le plus souvent de murs , pour ïa conservation des bois, PAR 4% pour Le plaisir de la citasse, ou pour la liberté de la promenade. 1 Les parcs sont réguliers ou irréguliers selon la nature ou l’étendue du terrain; quelquefois. sont dés forêts naturelles qu’on a renfermées de murs. Les allées principales, sur-tout celLe qui conduit nt» chàteéu, sont droites et plantées de deux; rangs d’arbrés de Ligne. f La plantation d’un parc ne diffère point de celle d’un bois. On y aménage les coupes de la mèmU .manièrei^etilê' plus Souvent en taillis avec réserfe de'baliveaux.: .M Les mués des.parles se construisent coAimè ceux des clôtures rurales. On leur donne de 8 à to , et quelquefois 12 pieds de haut, pour rendre plus difficiles l’entrée des délinquans et la sortie des cerfs qu’on y entretient. Le gibier qu’on élève dans, les, parcs n’est pas aussi estimé que celui qui fit en liberté dans les forêts, et il parait qu’il n’y multiplie pas autant; .ce; qu’on attribue à ce qu’il ne peut pas y choisir aussi bien sa nourriture, à ce qu’il n’y fait pas autant d’exercice, à ce que les combats fréquens qui ont lieu entre les mâles sont plus nuisibles à la reproduction , enfin à ce que les petits sont souvent tués par les mâles. On est obligé d’y nourrir le gibier pendant l’hiver, sur-tout lorsque la neige est abondante. Nous indiquerons, à l’article Parc du Dictionnaire des Chasses , les règles à suivre pour l’établissement d’un parc de ce genre. Aujourd’hui, il y a moins de parcs destinés au gibier, qu’il n’y en avait autrefois. Les propriétaires, plus jaloux de se procurer du bois et de l’herbe que quelques pièces de gibier, ont converti leurs parcs en jardins paysagers, où l’on trouve une agréable variété d’objets , des fermes, des rivières, des lacs, des éminences, des plaines, des fabriques,etc. C’est dans les parcs et les jardins paysagers qu’on élève le plus d’arbres et arbustes étrangers, et sons ce rapport ces enceintes sont d’une grande utilité pour l’économie rurale et forestière. Les parcs, ou jardins clos de murs, de haies Ou fossés, tenant à l’habitation principale, ne sont point soumis à la disposition de laloLqui défend les défti- chemens. ( Loi du 9 floréal an 11, art . 5 .) Mais les arbres crus dans les parcs sont, comme les autres arbres, sujets au martelage de la marine, s’ils ont les dimensions requises, et les propriétaires ne peuvent se dispenser de faire, six moi» avant de les couper, la déclaration de leur intention de les abattre. ( Ord.de 1669, tit. XXVI. — Arr. du Gouvçrn. du 28 mai i 8 o 3 . — Ord. du roi du 28 août 1816 , art. 6.) V. Bois de particuliers, 1 n décret de l’assemblée nationale, du 14. sep- teinbreii790 (au Recueil ), contient dça dispositions spéciales sur les parcs de chasse diu roi; mais ce décret n’a pas été revêtu de la sanctiqp royale , ainsi qidil résulte d?une explication donnée dans le Réquisitoire du procureurgénéral près la cour de cassation, qui précède V Arrêt de cette cour du 3 o mai 1822. L’art. 390 du Code pénal définit ce qu’on doit entendre par le mot parc ou enclos, quant à la peine à appliquer pour vol ou effraction. PAR 470 PARCOURS ou COMPASCU 1 TÉ. C’est une servitude, ou un droit réciproque d* deux ou de plusieurs communautés voisines, qui consisteé envoyer le bétail paitre sur les territoires respectifs en temps de vaine pâture. Dans quelques pays,comme Montargis, Orléans, Sedàn , etc., le parcours était de coutume générale. Dans d’autres, il n’était que de convention entre les habitans, et n’avait lieu que pour ceux qui étaient entrés dans cette espèce d’association. V. Pâturage. Les communes ne peuvent! faire couper les bois plantés sur les parcours ou pâtis communaux, ni les défricher qu’en vertu d’une autorisation du gouvernement, accordée sur le§ procès-verbaux de visite des agens forestiers. ( JDécis. du min. des fin. du 37 avril 1821.) PARÉAGE ou PAR 1 AGE. ( T. de junsprud. fëod.) Egalité de droit et de possession que deux seigneurs avaient par indivis dans une même terre. On disait : Tel seigneur tient ce comté en paréage avec le roi. Ce terme était principalement employé lorsqu’on parlait de certains domaines dont la seigneurie appartenait, par indivis, au roi et à un evêque. PARENCHYME, parenchymu. ( T. de bot. ) C’est ce tissu cellulaire, tendre, spongieux, qui remplit dans les feuilles et dans les jeunes tiges les intervalles qui se rencontrent entre ies plus fines ramifications; lorsque l’on fait rouir des feuilles, c’est le parenchyme qui se détache, et qui laisse â nu toutes les petites ramifications dont il remplissait les vides. Il en est de même lorsque de petits insectes se nourrissent du parenchyme d’une feuille; ils en détachent toute la substance pulpeuse analogue à leur nourriture, et laissent le réseau à nu, parce qu’il aurait été pour eux un aliment moins délicat on trop coriace. PARENCHYMENTEUX. Qui appartient au parenchyme , ou abonde en parenchyme. PARENTE. Les conservateurs ne peuvent avoir sous leurs ordres leurs fils, neveux , gendres et cousins-germains; il en est de même à l’égard des inspecteurs et sous-inspecteurs pour leurs pareus et alliés aux mêmes degrés. ' Ord.de 1669, tit. II, art. 1 5 . ~ Loi du 29 septembre 1791, tit. III, art. î6. — Arr. du minist. des fin. , du 11 décembre 1820. — Circul. du 16 février 1821.) Au degré de frère ou d’oncle et neveu, il en est de même des gardes, relativement aux inspecteurs. {Loidu 29 septembre 1791 , tit. III , art. 16.) Les parens des agens forestiers aux mêmes degrés, et leurs frères, beaux-frères et oncles, ne peuvent prendre part aux adjudicatioris'des bois, directement ni indirectement, à peine de confiscation des ventes et d’amende arbitraire. 1 iOrd. de 1669, tit. XV, art. 22.) Un garde-vente ne peut être parent ou allié de l’agent forestier local ou des gardes du triage. (Cad. des ch., art. 4 a 0 Les habitans usagers ne peuvent -envoyer leurs bestiaux en pâturage dans les-forêts soumises au régime forestier, par leurs femmes , enfans et domes- PAR tiques. ( Ord. de 1669 , tit. XIX , art. &. ) V. Procès* Verbaux. PARLEMENT. L’était unecour souveraine, dont les arrêts contradictoires n’étaient susceptibles d’appel ni d’opposition, et contre lesquels on ne pouvait se pourvoir qu’en cassation. Lesparlemens 11e devaient point prendre connaissance , en première instance , des matières des Eaux et Forêts, etc. Les appellations des grands-maître? et des Tables de marbre devaient être portées aux ceHrs de par- lemens. ( Ord. de 1669 , tit. XIII, art , t.Gt 3 ^ et tit. XIV, art. 5. ) Les parlemens n’avaient pas le ppuypir jâe surseoir l’exécution des sentences rendues,«^matière d 'eaux et forêts. ,, . PARNAGE. V. Partage. PARIS. Ville capitale de la France. Vi, $ur les approvisionnemens en bois de la vi^le de Paris,, et le commerce de bois da^is cettp ville , les mots Fois de chauffage , t. /, p. 2>5g, et Flottage, PAROI, paries. C’est une muraille» une cloison qui sépare deux chambres. On a donné, par analogie, le nom de parois aux arbres marqués pour servir de born'ésraUX ventes, et qui se trouvent sur une ligna droite, soit entre 2 pieds-corniers, soit entré un pied-cornier et un tournant, soit entre 2 autres toùrnans , et qui servent à séparer les bois vendus de ceux qui ne le sont pas. Les parois doivent être marquées du martéau de l’arpenteur et du marteau royal sur une seule face du côté de la coupe. ( Ord. de 1669, tit. XV, art. 6 et g.) Les parois doivent être représentées par l’adjudicataire à la garde duquel elles ont été laissées, {Ib., tit. XVI, art. 10. V. Baliveau .) L’amende pour arbre de paroi abattu est de 5 o fr. ( lb.,tit. XXXII, art. 4 .) La conservation des arbres parois et autres arbres de limites est d’autant plus importante, que si on ne les respectait pas, il pourrait y avoir lieu à des outre-passes, dont le marchand profiterait au préjudice du propriétaire Toutefois nous devons faire observer que l’abatage des parois, arbres de lisière, etc., par un adjudicataire, n’entraine pas une peine double de celle portée par l’art. 4 du tit. XXXII de l’ordonnance de 1669. C’est ce que l’on doit induire d’un arrêt du conseil du 7 février 1705, qui, conformément à l’ordonnance, fixe l’amende à 5 o fr. et à pareille somme de restitution pour chaque paroi abattue en délit. PARSON DE PORCS. Cette expression est employée, au lieu de celle de poisson de porcs, dans tes départemeris delà ci-devant Bourgogne et iie la Lorraine, pour signifier l’établissement ides porcs mis à la glandée. PARTAGE, du latin partiri, séparer, partager. C’est la division qui se fait entre plusieurs personnes des biens ou effets qui leur appartiennent en commun, ou en qualité de cohéritiers, ou comme propriétaires , à quelque titre que ce soit. Partage de biens communaux. Les habitans d’une commune qui sont attaqués à raison des lots PAR PAR qui leur soat échus dans ' un partage de bien com* munal, exécuté d’après la loi du îojuin Fvnîjlpett*- vent demander la mise en caufce 'de 'la' oabiiiiuhe. ( Arr. de la C. de cass.) du 9 mai 1809.) Des' habitons d’une commune qui se sont partagé des biens communaux, peuvent être admis à faite le tir SOu mission'delesacquérir, si ces terrains étaient, avant lé partage, en natnre'defriche, ou si, étant en nature de bois avant 1792, ils ne sont pas jugés par lebàgeii» forestiers susceptibles d’être replantés en b(j$à. : ÇDécélilu 4 o novembre 1 809. ) L&sqlréfetà nê'swnt point compétens pour prononce!; sur les contestations auxquelles peut donner lieu l’exéfciltiOîf des partages de biens communaux. {Ord: du roi , du 16 janvier 1822.) Lorsqu’un partage de biens communaux est annulé, ceux des détenteurs qui bnt rempli les formalités tqulùes’jpàr'^ordonnance du 20 juin 1819, doiÿeirt jouir üu.bênéfice de cette ordonnance. ( Ord. du toi, an 26 Jdht '1822. ) Y. Tes mots Biens communaux, où'ntjijîèàvons dônné des détails très-éten- dus sttf lé partage‘décès biens. Partage pe, bois d'affouage. Y. Affouage et Bois communaux. Partage de sois indivis. Un décret du 20 juillet 1-808 détermine le mode de procéder en matière de partage de bois entre l’état et les particuliers. 11 porte que les prqcys-ver baux des experts feront mention 1°. delà contenance du bois; 2 0 . de l’évaluation du fonds ; 3 °. de l’évaluation de la superficie, en distinguant le taillis d’avec la vieille écorce, et mentionnant les claires-voies s’il y en a; 4°. de l’indication des rivières flottables ou navigables qui servent aux débouchés des villes et usines, à la consommation desquelles les bois sont employés. V. Cantonnement. Ce décret a été suivi d’une instruction de l’Administration des forêts, du 4 février i 8 i 3 , et d’une circulaire du 24 du même mois. Y. au Recueil. L’instruction détermine la forme à suivre dans les estimations et le nombre des experts qui doivent y procéder. Plusieurs de ses dispositions sont empruntées du décret du 1 1 juillet 1812, rendu relativement aux demandes en échange de biens dépendant du domaine de la liste civile. D’après cette instruction, les opérations doivent être exécutées dans l’ordre suivant r i°. la nomination de trois experts, l’un par l’administration, ou par le conservateur j d’après l’autorisation qu’il reçoit d’elle; un autre par le président du tribunal de première instance, et le troisième, par la partie intéressée; 2°. la prestation de serment des experts; 3 °. la reconnaissance contradictoire etla fixation des limites des bois à estimer^ conformément à la décision de S. Ex. le ministre desfinances, du 19 septembre 1811; 4°. le levé ou la vérification du plan^de la forêt; 5 °. la rédaction des procès-verbaux dé délimitation et le mémoire statistique; 6°. l’estimation des fonds par classes comparativement aux terres voisines, el prenant pour base le produit annuel de chaque classe (qu’il faut alors multiplier par vingt), et les cotes d’im- poshlons qui doivent être annexées aux pièces; 7 0 . l’estimation de la superficie séparément sur chaque 47 1 classe du fonds t tP&bord fdnfC le taillis, eh énonçant le nombre desstèrps 'et débourrées, le prix du stève et du cent de bourrées, «V portant hors ligne le prix de chaque marchandise; ensuite de la futaie, en classant les arbres, et calculant la valeur su» le! nombre de stères de bois de chauffage etlde, , bois de service qu’ils peuvent donner; 8 ° J la rédac-' tion des procès-verbaux d’estimation et dû tableau dressé-conformément au modèle joint à cette instruction ; 9°. l’affirm&tion de ces pvocèS-verbaex ; io°. la remise de toutes ces pièces et du plan au conservateur, par double expédition. L’instruction est suivie d’un tableau divisé en un grand nombre de colonnes, et destiné à présenter le résumé des procès-verbaux d’estimatiop tant en fonds qu’en superficie des bois à partagé' Lorsque les procès-verbaux des'Jêsîperts et toutes les pièces relatives au partage, ont été vus et examinés par le conservateur-et*»par le préfet, ils sont adressés à l’Administration des forêts, qui donne son avis au ministre des finances. C’est sur le rapport de S. Ex. qu’intervient l’ordonnance qui admet ou rejette le projet de partage. Les ordonnances rendues sur ces objets portent que le tirage des lots au sort doit avoir lieu , attendu qu’il est établi en principe et par la loi que toutes les fois qu’il s’agit de biens indivis entre le gouvernement et des particuliers, le partage est réglé par la voie du sort. Les bois indivis entre plusieurs communes doivent être partagés entre elles lorsque l’une d’elles en fait la demande, bien que l’autre ou Les autres s’y refusent. ( Arr. de la C. de cass., du 4 thermidor an 7— 22 juillet 1799.) Le partage se lait en raison du nombre des feux par chaque commune et sans avoir égard à l’étendue du territoire de chacune d’elles. {Avis du Cons. d’état , approuvé le 20 juillet 1807. — Autre avis du 26 avril 1808.) Cependant si, d’après les titres ou la possession, il s’élève des différens sur la quotité dps droits respectifs de chaque commune, la connaissance de ces différens appartient aux tribunaux. ( Déc. du 28 novembre 1809.) Partage d’une succession, dans lequel le domaine est intervenu comme représentant quelques- uns des cohéritiers émigrés. Les demandes en garantie qui peuvent être formées par un copartageant contre un autre sont, dans ce cas, delà compétence de l’autorité administrative, et ne sont qu’une suite du partage administratif déjà opéré. ( Déc. du 23 janvier 181 3 . — Arr. de la C. de cass., du 10 novembre 1812.) PARTICULIERS (BOIS DE). V. Amende, Bois desparticifliers, Bourdaine , Déclaration de volonté d’abattre, Défrichement, Futaie , Marine , Pâturage, Usage. Particuliers possédant des bois en commun. Ils ne sont point soumis pour l’administration de ces bois au régime forestier. ( Avis du comité des fin.) du 23 juillet 1819. ) Mais les bois appartenant ■à.une section de commune sont soumis au régime forestier. ( Décis . min., du 1 er . mars 1822.) PAR PAR 472 l’ARTIE$. En^ terir.ç jlç, pratique , on appelle. parties les personne? qu> plaident entre elles,., en demandant ou en défendant- § 1 ; Partie civile. En matière criminelle % celui qui poursuit en. son nom l’accuse est appelé partie jJvile , parce qu’il ne peut demander que les intérêts civils ; t’est au ministère public à prendre des conclusions pour la punition du crime. ...... ' Toute personne qui se préten^lê^tfenar 1X11 crime ou.iïélit',. jieut se .consfftup^ devait la jiige d’instruction. ( Cçd'è (fiqsfÇi cpfflil.de 189&, an. 63 .) . . Les plaignans nç sont rqpptpà parles clyijcs, s’ils ne le déclarent formeïléjneftt, sçqt.par, la. plainte , sqit pa^ un acte subséquent^ OU .s’ils ne prennent , par l’une ou par l’autrq^ cl^,conclusions eu dommages et intérêts, lis’peuvent se départir dans les 24 heures : dan^ .casjde.désfetepient, ils ne sont pas tenus dés frai? depuis.qu’il a étê signifié, sans préjudice néanmoins des dominâmes et intérêts des prévenus, s’il ya lieu. ( Code etinstr. crim ., art. 66 .) Les plaignans peuvent se porter parties civiles en tout état de cause , jusqu’à la clôture des débats ; mais en aucun cas', leur désistement après le jugement ne peut être valable, quoiqu’il ait été donné dans les 24 heures de leur déclaration qu’ils se portent parties civiles. (Ib., art. 67.) Toute partie civile qui 11e demeure pas dans l’ar- rondissementcommunal où se fait l’instruction , est tenue d’y élire domicile par acte passé au greffe du tribunal; à défaut de quoi, elle 11e peut opposer le défaut de signification. {Ib. , art. 6b.) Celui qui s’est porté partie civile en matière criminelle ou correctionnelle, est responsable des frais non-seulement envers le trésor, mais encore envers l’accusé ou le prévenu. Mais il y a cette différence entre ces deux sortes de responsabilité , que la première a lieu dans le cas où l’accusé est condamné , comme dans le cas où il est absous, et que la seconde n’a lieu que dans le cas d’absolution de l’accusé. ( Arr. de la C. de cass., du 18 mars 1808, rapporté dans le Report, dejurisp ., aux mots Partie civile. ) Quoiqu’en général l’offensé doive se rendre partie civile pour obtenir des dommages et intérêts contre l’offenseur, cette formalité n’est pas nécessaire lorsqu’il ne s’agit que de revendiquer des effets volés. C’est la disposition de l’art. 366 du Code d’instruction criminelle de 1808. Partie civile en matière de simple police. — Les citations pour contraventions de police sont faites à la requête du ministère public, ou de la partie qui réclame. ( Ib., art. i 45 ) La partie civile peut requérir que, les dommages soient estimés avant le jour de l’audience du tribunal de police. (Ib., art. 148.*) Dans l’instruction de chaque affaire, la partie civile prend ses conclusions après la lecture des procès-verbaux et l’audition des témoins. (Ib_,,art, i 53 .) La non-opposition de la partie civile à l’audition des proches parens du prévenu, epuvre la nullité de Jpuis dépositions. ( Ib ., art. i 56 .) La .partie civile qui succombe çst pqndamnée ,auj;.frais ,, même envers la partie publique. ( Code d’àisU. crim. , art. 162.) Elle poursuit l’exécution du jugement en ce qui la concerne. (Ib., art. i 65 .) ,La partie civile peut se pourvoir en cassation contre les juge mens en dernier ressort, rendus par le tribunal de police, ou contre les jugement rendus par le tribunal correctionnel sur l’appel des juge- oiens de police. (Ib.,art. 177.) La demande en liberté provisoire est; qqtifiéa à la partie civile, à son domicile ou à celui qu’elle a élu. ( Ib. , art. 116.) La partie civile discute la solvabilité de la çau- tion offerte sur la demande en liberté proyispire. (Ib., art. 117.) _ . Il est remis à la partie civile expédition en forme exécutoire de la soumission de la caution, de payer le montant du cautionnement en .caf que le pr.é- vènu soit constitué en défaut de se présenter. (/Æ., art. 120.) ^ La partie civile peut prendre inscription hypothécaire sur les immeubles affectés au cautionnement. (Ib., art. 121.) Lorsque la mise en liberté des prévenus est ordonnée conformément ahx art. 120, 1 29 et i 3 i du Code d'instruction criminelle , la partie civile peut s’opposer à leur élargissement. L’opposkion doit être formée dans les 24 heures, à compter du jour de la signification de l’ordonnance de mise en liberté. (Ib., art. 1 35 .) La partie civile qui succombe dans son opposition est condamnée aux dommages et intérêts envers le prévenu. (Ib., art. i 36 .) Partie civile en matière correctionnelle. — L’administration forestière exerce, en cette matière, pour les délits dont elle a la poursuite, non-seulement l’action civile, mais encore une portion du ministère public. V. Action. La partie civile appelle le prévenu à la police correctionnelle , par une citation qu’elle lui donne directement. ( lb., art. 182.) V. Audience, Citation. La partie civile fait, par l’acte de citation, élection de domicile dans la ville où siège le tribunal. (Ib., art. i 83 .) Quand le fait ne présente qu’une contravention de police, si la partie civile n’a pas demandé le renvoi, le tribunal applique la peine, et statue, s*il y a lieu, sur les dommages et intérêts. (Ib., art. 192.) La partie civile qui succombe au tribunal correctionnel est condamnée aux frais même envers la partie publique. (Ib., art. 194.) Le jugement du tribunal correctionnel est exécuté à la requête de la partie civile en ce qui la concerne. (Ib., art. 197.) T. Jugement. Elle peut appeler du jugement relativement a ses intérêts civils. (Ib., art. 202.) V. Appel. La partie civile peut se pourvoir eu cassation contre le jugement rendu sur l’appel du jugementdu tribunal correctionnel. (Ib.,art. 216.) 3 . Cassation. Partie, civile dans Les affaires qui doivent être soumises au jury. Y ., à cet égard, les art. 217, 223 , 33 i , 359 , 362 , 366 , 368 , 373 et 374 du même Code d’instruction criminelle. PAR Partie civile dans les pourvois tontre les arrêts et jugemens. — Dans aucun cav; la partie civile ne peut poursuivre l’annulation d’une'ordonnknce d’acquittement otfd’mi arrêt d’absolution ; mais si l’arrêt prononce contre elle des condamnations civiles supérieures aux demandes de la partie acquittée, cette disposition de l’arrêt petit être annulée sur la demande de la, partie civile. £ Code d’instr. crim., art. 4i2- ) Les voies d’annulation exprimées en l’art. 4 °^ sont , en.matière correctionnelle et de police, ouvertes à la partie civile" contre tous arrêts ou jugement pn derniçr ressort , sans distinction de ceux ui dnt prononcé le renvoi de la partie ou sa con- amnation. (Ib., drt. 4 i 3 .) Mais lorsque la peine est la même que celle prononcée, parla loi, jiul ne peut demander l’annulation; de l’arrêt, sous le prétexte qu’il y a erreur dans l^i citation dif texte de la loi. ( Ib., art. 4 t 1 et 4 ^ 4 -) La partie ciêile doit notifîèr son recours en cassation à ltj partie contre laquelle il est dirigé. ( /b., art. 4 J 8/J Elle est tenue de joindre aux pièces une expédition authentique de l’arrêt, et, à peine de déchéance, déconsigner une amende de i 5 o fr. ( Ib ., art. 419. ) F,lie peut, soit en faisant sa déclaration, soit dans les dix jours suivans, déposer au greffe une requête contenant ses moyens de cassation, {Ib., art. 422.) La partie civile qui succombe dans son recours, est condamnée,à une indemnité de i 5 o fr., et aux frais envers la partie acquittée : elle est de plus condamnée, envers l’état, à une amende de i 5 o fr., ou de 75 fr. seulement, si l’arrêt ou le jugement a été rendu par contuniace bu défaut. — Les administrations ou régies de l’état, et les agens publics qui succombent, ne sont condamnés qu’aux frais et à l’indemnité, {Ib., art. 436 .) V. Cassation. La partie civile, en matière de faux , signe la pièce arguée de faux, ou il est fait mention par le greffier si elle ne peut ou ne veut la signer. {Ib., art. 45 o.) V. Faux. La partie civile dans les demandes en règlement déjugés peut, si elle succombe, être condamnée à une amende. {Ib., art. 54 i. ) Elle peut demander le renvoi d’un tribunal à un autre pour cause de suspicion légitime. {Ib., art. 542.) § 2. Partie publique. La partie publique est celle qui poursuit la punition du crime, et la condamnation à la peine qu’il mérite'. Elle est obligée d’agir contre le prévenu ,■ toutes les fois que le crime mérite une peine exemplaire ou une peine afflictive, soit que la partie civile se plaigne bu non. Si lés juges sont d’avis que le fait'ne présente ni crime, ni délit, ni contravention , ou qu’il n’existe aucune charge contre l’inculpé, ils déclarent qu’il n’v a pas lieu à poursuivre , et si l’inculpé a été arrêté, il est mis en liberté. (Ib., art. 128.) Pour le cas où la mise en liberté de l’inculpé ou Tome II. PAT 4^5 du prévenu ne préjudicie pas aux droits de la partie publique, Y. les art. 158 et 129. La partie qui succombe en police est condamnée aux frais, même envers la partie publique. {Code d’instr. crim., art. 162.) Si la partie publique n’a pas demandé le renvoi du tribunal correctionnel au tribunal de police, lorsque le fait n’est qu’une contravention de police, te tribunal correctionnel applique la peine, et statue, s’il y a lieu ? sur les dommages-intérêts.— Dans ce'jiài, son jugement est en dernier ressort. ( Ib.,'art. 192.) Celui qui succombe au tribunal correctionnel l ést condamné aux frais, même envers la partie publique. {Ib., art. 194-) La partie publique peut se pourvoir en cassation contre le jugement rendu sur l’appel du jugement du tribunal correctionnel. {Ib., art. 216.) V. Ministère public, Procureur général, et Procureur du roi. PASSAGE, transitus. Lieu par où l’on passe. Le droit de passage qu’on peut avoir à travers un bois dont on n’est pas propriétaire, n’autorise pas à y faire garder des bestiaux. {Ait. de la C. de caps., du 28 nivôse an 12.) Il est même défendu d’user d’un droit de passage qu’on pourrait avoir dans un bois, si 011 n’a préalablement demandé et obtenu la désignation d’un chemin. {Arr. de la C. de cass., duy décembre 1810.) La peine applicable au fait du passage avec charrette dans une forêt hors du chemin ordinaire, est celle prononcée par l’art. 10 du tit. XXXII de l’ordonnance de 1669. {Arr. de la C. de cass., du i 5 novembre 1811.) Celui qui prétend avoir un droit de passage dans une forêt doit, si ce passage se trouve intercepté par des fossésquel’adininistration y a fait construire, s’adresser à l’autorité compétente pour en réclamer la conservation , et il ne peut se permettre de le rétablir lui-même en détruisant les fossés. — L’allégation par lui faite d’un prétendu ancien usage du passage ainsi clos ne peut constituer eu sa faveur une question préjudicielle. {Arr. de la C. de cass., du 27 novembre i823.) PATIS, pascua. Les pâtis communaux sont des lieux où les habitans d’une commune font paître leurs bestiaux. Toutes les questions concernant les pâtis et pâturages communaux étaient de la compétence des officiers des eaux et forêts. Y., au Recueil, Mord, de 1669, tit. I, art. 2 , et tit. XXV, art. 7; une ord. du Or.-AI. des eaux et forêts de Paris, du janvier 1 747, qui rappelle toute l’ancienne législation sur les biens et pâtis communaux; un Arr. du Cons. du 6 novembre \ yS(i, concernant les adjudications des pâtis dans la province de Champagne, et un autre du 7 avril 17 5 o, sur une demande en triage. V. aussi, dans ce Dictionnaire, les mots Biens communaux, Commune, Pâturage et Triage. Aujourd’hui toutes les questions relatives aux pâtis communaux sont, d’après le droit commun, de la compétence des tribunaux. Un grand nombre d’arrêts du conseil, et entre autres celui du 11 novembre 1708, défendent aux habitans des communes de couper les arbres épars 60 4 7 4 PAT PAT sur leurs pâtis sans une autorisation du gouvernement. . IOr Cette défense a été maintenue par un arrêt de la cour de cassation du 9 avril 181 3 , qui porté qu’aucune coupe de bois sur les terrains communaux, connus sous la dénomination de prés-bois, ne peut y être faite que d’après l’autorisation de l’administration des forêts, et par la décision du ministre des finances, du 27 avril 1821. Cette défense est rappelée par l’instruction de l’administration du 21 mars 1821 , art. 64- PATRES, pastores, pecuarii. Ce sont ceux qui mènent paître les bestiaux à la campagne et qui les gardent. Les pâtres doivent empêcher que les troupeaux et bestiaux d’un lieu n’aillent pâturer sur une contrée autre que celle qui leur a été assignée, à peine d’amende arbitraire. ( Ord. de 1669, tit. XIX, art. 3 .) Ils doivent veiller aussi à ce que le troupeau de bestiaux rassemblé dans le lieu indiqué ne prenne, pour y aller pâturer, un autre chemin que celui désigné, tant en allant que revenant, à peine de punition. ( Ib., art. 6.) Us doivent être choisis et nommés annuellement, ainsi que les gardes , à la diligence des maires, par les habitans assemblés; et la communauté demeure responsable de ceux qui sont choisis. (/A., art. 9.) Ils ne peuvent mener des chiens dans les forêts que pour la garde du bétail. ( Jugent. de la Table de marbre du 1 1 avril 1 5 ?>y. ) Plusieurs arrêts du conseil prononcent des peines contre les pâtres qui mèneront leurs troupeaux dans les lieux des foiêtsoù le feu aura pris. V. Feu. Les pâtres n’étaient point tenus de se faire recevoir aux sièges des maîtrises. {Arr. du Cons., du 4 avril 1702.) Ils ne sont pas tenus, d’après le même principe, de se faire recevoir aux tribunaux. Les maîtres sont civilement responsables des délits commis par leurs pâtres. V. Responsabilité. La présence d’un pâtre à un délit de pâturage commis dans un bois communal, n’est une circonstance aggravante pour l’amende que lorsque le parcours est exercé dans des bois de moins de 6 ans. ( Arr. de la C. de cass., du i 3 février i8r 2.) La responsabilité civile des maîtres pour les délits commis par leurs pâtres est générale, et s’étend à toutes sortes de délits, même à celui de mutilation ou d’écorçage d’un arbre. {Arr. delà C. de cass., du i 3 janvier i 8 i 4 - ) PATTE. Ce mot se dit quelquefois pour pied, en parlant des arbres que l’on marque en réserve ou en délivrance. Ainsi, on dit qu’un arbre est marqué en patte , qu’il porte la marque sur la patte ou à la patte, pour faire connaître que la marque se trouve sur le pied ou plutôt sur l’une des grosses racines saillantes de l'arbre. PATURAGE ou PACAGE. Ces mots viennent du latin barbare pasciurn , fait de pasci , paître , et signifient soit 1e lieu où paissent les bestiaux, soit l’usage même du pâturage. C’est principalement dans ce dernier sens que nous en parlerons. Le pâturage consiste à faire manger l’herbe, tandis que le pacage consiste à faire manger les fruits , tels qne le gland et la faine. CHAPITRE I' r . —Du pâturage coiutox ou du parcours. Le pâturage commun oq le parcours est lifte. faculté qu’ont les habitans d’une cpmmuue de faire paître leurs bestiaux dans les pâtis, landes, bruyères et autres terres qui appartiennent à la conintune^ ainsi que dans les grands chemins, les ïialsd les gué- rets, les terres dépouillées et en friche. U’éxe'rciicè dp ce droit se règle d’après les usages locaux."Il ÿ communes où les habitans ne peuvent? jamàïs fhîrC paître leurs chèvres, leurs bêtes àlaîneetfeiit'È jlôrfcs dans les pâturages communaux, et spécialeiheii't dans les bois , buissons, jardins, prairies et véfgers. La plupart des coutumes défendent de mener au pâturage commun plus de bêtes qu’on n*en peut nourrir pendant l’hiver, et d’airtres 1 bestiaux que ceux dont on est proprietaire, et'"d'autres en règlent le nombre d’après là quantité 3 è terres tjde possède chaque habitant. Mais aujourd’hui la jouissance des marais, pâtis et autres biens communaux se règle par feu , ainsi qu’il résulte de plusieurs décrets, et notamment de celui du 6 juin 1811 , rendu pour la commune de Couloinbières , département du Calvàdos. V. Biens communaux. Les terres closes ne sont point soumises au pâturage commun , et un arrêt de la cour de cassation, du i5 février 1811, porte que le seul fait de l’introduction de bestiaux dans un lieu où l’on 11’a pas le droit de les mettre en pâturage constitue un délit. Lorsqu’il s’agit de savoir si une commune est ou n’est pas fondée à exercer un droit de pâturage sur une propriété, la contestation est du ressort des tribunaux : cela est décidé par un grand nombre de décrets et ordonnances , et notamment par le décret du 17 avril 1812. Il est défendu de faire paître le bétail pendant la nuit, parce qu’il peut s’écarter et causer du dommage dans les héritages cultivés. La loi du 28 septembre (6 octobre 1791 ) , section 4 e ., détermine les droits de parcours et de vaine pâture , et renvoie dans plusieurs cas aux coutumes et usages locaux, pour ia manière de les exercer. V. cette loi au Recueil, et l’article Vaine pâture. Nous devons indiquer aussi comme renfermant de grands développemens sur cette matière le Dictionnaire forestier de Chailland, verbo Raturage , et le Répertoire de jurisprudence au même motet au mot Usage. CHAPITRE II. — Du pâturage daxs les forêts. § 1 er . — Observations préliminaires. Lorsque le sol de la France était en grande partie couvert de forêts , les souverains accordaient facilement le droit de faire paître les bestiaux dans les bois , c’était même un des grands avantages par lesquels on attirait des habitans dans les pays les plus boisés. On ne prévoyait pas alors que les bois pussent acquérir une grande valeur , et que les co- PAT Ions que l’on (cherchait à multiplier, détruiraient eux-mêmes les ressources qu’on leur offrit; mais on s’aperçut enfin qu’il fallait soumettre 4 eur jouissance à des règle», pO#r prévenir la ruiné ttiteledes forêts. Ce fut l’objet d’un grand nombre de règle mens, ^lont la sévérité augmenta à mesure que les excès se multiplièrent. On commença par défendre le pâturage dans les parties où le bois n’était pas assez élevé pour êtTe liors de la portée des bestiaux. C’qsf; ce que porte une charte de 1220, qui ordonne quelles religieux de Fromont ne pourront introduire leurs bestiaux dans les taillis avant que les bois puissent se défendre : Non utentur illâ pasturd quousquç taillerum in tantum, excreverit, quoddeani- malibus se deffendere possit. Cette disposition a été répétée dans les ordonnances de i 3 i 8 , i 4 c^ftC.i 5 i 5 ; dans un réglement des juges en dernier r 9 ïsort de Normandie, du 3 août 1 553 j dans le réglement de la Table de marbre, du 20 août 1582 ; dans l’ordonnance de i 5 97, et de la manière la plus explicite dans l’ordonnance de 1669. On reconnut aussi que lorsque les troupeaux rassemblés dans un même canton sont trop nombreux, ils dégradent les bois , parce que, ne trouvant pas assez d’herbe ,ilsbroutent tous les rejets et les bourgeons, et déchirent l’écorce des arbres , et parce que, foulant et tassant le sol sous leurs pieds, ils s’opposent à la germination des semences et à toute reproduction. Cette dégradation a donné lieu à la disposition des ordonnances, qui veut que les officiers forestiers déterminent le nombre des animaux qui peuvent être admis dans chaque canton déclaré dé- fensable , et que ce nombre soit réglé d’après ce que les ordonnances appellent la possibilité des forêts. C’est d’après ce principe que l’ancien conseil d’état ordonnait quelquefois la fermeture d’une forêt pendant un certain temps, et en interdisait l’entrée absolue aux bestiaux des usagers, ainsi qu’on le voit par plusieurs arrêts, entre autres par celui du 26 mars 1777 , pour les forêts de Roumare , Lalonde et Rouvray, en Normandie. V. Bestiaux. La population s’étant multipliée, on ne distinguait plus les véritables usagers de ceux qui en avaient usurpé la qualité. Plusieurs ordonnances prescrivirent à tous ceux qui se prétendaient fondés à exercer le pâturage , de produire leurs titres de concession , défendirent à ceux qui ne pourraient justifier de leurs droits d’en user à l’avenir, et il fut sévèrement interdit aux usagers de céder leurs droits et d’admettre dans leurs troupeaux des bestiaux de personnes non usagères. Ce fut pour assurer le succès de ces dispositions qu’il fut ordonné de marquer les bestiaux des usagers. Le droit de pâturage n’avait été accordé que pour les bestiaux de l’exploitation des usagers , ce que les ordonnances appellent de leur nourrit , nourriture ou entretien ; il leur fut défendu de comprendre dans les troupeaux admis au pâturage les bestiaux dont ils feraient trafic ou commerce. Il était important d’empêcher chaque particulier d’user de son droit individuellement, parce que la surveillance serait devenue impossible et que les délits se seraient multipliés à l’excès , étant excités par l’intérêt privé. Les réglemens voulurent en con- PAT 475 séquence que les bestiaux de toute une paroisse usagère fussent réunis sous la garde cfun pâtre commun, dont les habitans seraient responsables. En vain on aurait prescrit toutes cés précautions, si on eût pris des mesures po'ur empêcher la divagation des bestiaux, et c’est dans ces vues que les ordonnances ont prescrit de conduire les bestiaux par le même chemin pour aller et pour revenir, et de leur attacher des clochettes au cou , dont le son pût faire connaître aux gardes forestiers le lieu^ù ils pâturent, çfc,aux pâtres cenx où les -bêtes peuvent s’éçhapper,et causer du dommage. V. , fqrjÇCç différentes dispositions, le mot Bestiaux. Les animaux causent plus ou moins de dommages , suivant leur espèce : les chèvres et moutons recherchent les feuilles et les bourgeons des arbres de préférence à l’herbe, en mangent l’écorce, et leur brout est mortel : ces motifs les ont fait bannir des forets en toute saison , et à cet égard il y a uniformité dans les ordonnances et les coutumes, tant pour les bois du domaine que pour ceux des communes et des particuliers. (V. Chèvre.'] Les bœufs et les vaches sont moins destructeurs , et cependant ils recherchent aussi les feuilles et les bourgeons, et savent les atteindre à une assez grande hauteur. Les chevaux et les ânes font moins de tort que ces derniers lorsqu’ils ne sont pas rassemblés sur un même point en trop grand nombre; car, dans ce cas, les chevaux mangent des branches de l’épaisseur du doigt, rongent l’écorce des arbres, et lorsqu’ils sont rassasiés, ils se couchent et se roulent; ce qui cause un dommage énorme. Les jeunes chevaux sont , sous ce rapport, les plus dangereux. Les porcs mangent les glands et les faînes , fouillent la terre avec leur boutoir , déracinent les cépées et culbutent les semis; ils causent donc un double dommage en détruisant le bois et en s’opposant au repeuplement; mais leur introduction dans les forêts peut avoir lieu lorsque la glandée est abondante , et ces animaux sont même utiles dans les hauts taillis et dans les futaies, par les fouilles qu’ils y font, et qui préparent le sol à recevoir des semences. V. Glandée. C’est d’après la considération du plus ou moins de dommage causé par chaque espèce de bétail que l’ordonnance de 1669 a réglé les peines. Si aux ravages que causent les animaux domestiques dans les bois on ajoute ceux qu’occasionnent les animaux sauvages, on 11e sera point étonné de la prompte dégradation que l’on remarque dans plusieurs forêts : les chevreuils, les daims et les cerfs mangent l’extrémité des jeunes pousses, dépouillent les arbres de leur écorce, et brisent les jeunes arbres, contre lesquels ils se frottent ; les lapins mangent les jeunes pousses et écorcent les tiges ; les lièvres font moins de tort, et cependant ils en font beaucoup ; les sangliers culbutent les semis pour en manger les glands ou pour y trouver des larve* d’insectes; enfin les mulots, lorsqu’ils sont très- multipLiés , causent aux jeunes taillis plus de dommages que tous les autres animaux. Nous ne parlons ici des dégâts causés par les animaux sauvages que pour mieux faire sentir la nécessité d’épargner aux forêts lé pâturage des animaux domestiques , et il ne nous sera point difficile^ de 60 * PAT PAT h 76 prouver que les meilleurs régleroens, sur l’exercice du pâturage n’ont pu empêcher qt n'empêcheront jamais la dégradation des Forêt^. -j , |l|n . . . I.es Ouvrages écrits sur cette matière,Hes anciqiifl. procès-verbaux de réformation, les.arrêté qui.ont réglé les aménagemens, les procès-yerbaux de (visites èt détournées des anciens et des nouveaux agens. foresliers, et les rapports journaliers.sur lq. situation dès forets ; tous ces actes signalent ïp pâturage; comme* êiànt la ruine des forêts, et.^émontrentla nécesfffé de le supprimer, comme incompatible avec tout ÿytëme de conservation. • / Pecqiietj dans sa Note sur le tlt. XIX de l’or- dohtlânce (V. au Recueil , t. I, p. 66) , nous représenté les anciennes forêts du domaine comme accablées Sous le poids de cette servitude. Il n’y avait presque personne un peu voisin des forêts qui n’y jouît du droit de pâturage : les communautés religieuses et celles des habitans à qui ce droit avait été accordé , et les maisons usagères en général, s’étaient multipliées à un tel point, que le nombre des bestiaux pâturant dans les forêts était hors de toute proportion avec l’étendue de ces domaines ; on ne connaissait même plus les véritables usagers. L’ordonnance de 1669, plusieurs arrêts du conseil, et des ordonnances fort sages, rendues par les grands-maîtres , et parmi lesquelles nous citerons celle du grand-maître des eaux et forêts de Paris , du 3 o mars 1718 , ont eu pour objet de remédier aux abus ; mais les mesures tracées par ces réglemens n’ont pas toujours été exactement observées. Duhamel, en parlant de la disposition de l’ordonnance qui prohibe l’entrée des bestiaux dans les bois avant qu’ils soient défensables, observe que cette disposition est insuffisante pour prévenir le mal, puisque, même dans les bois défensables et dans les futaies, les bestiaux broutent le recru et le jeune bois qui vient de semence , et qui aurait pu produire de beaux brins. Ce que l’on pourrait faire de plus utile pour la conservation des bois, ajoute cet auteur, serait de ne les jamais déclarer défensables et d’en interdire toujours l’entrée au bétail, parce qu’il est impossible d’avoir de beaux taillis et de belles futaies avec une semblable servitude. 11 conseille , au surplus , de retarder plutôt que d’avancer l’époque où les bois peuvent être réputés défendables; de ne pas y laisser introduire un trop graéd nombre de bestiaux ; d’en interdire longtemps l’entrée dans les semis, et de défendre tout usage pendant 2.5 ans dans les parties de bois où il se forme des places vagues, afin de donner aux arbres qui s’y élèvent de semence le temps de croître assez pour être défensables. Ce gérait, en effet, sans fondement qu’on supposerait que les bestiaux ne font point de tort dans les bois défensables; ils en font moins que dans les jeunes bois, mais ils en font encore beaucoup : ils broutént les bourgeons, même ceux de la cime des branches , en les pliant et les courbant ainsi que nous venons de le dire ; ils détruisent l’herbe destinée à former l 'humus végétal, les graines et les jeunes plants qui devaient assurer la reproduction; ils rendent la surface du sol aride, au point que les faibles j^4injt dégénéré de leurs races. » ' , M. de Perthuis, que l’on rétrauve toujours parmi les grârfdes autorités en matière fôiestière , partage l’opîrrfon de ceux qui appëüént par leurs voeux. la fupjiressioiidu droit de pâturage.^ Il 4sl,imç qu^ jjp^ (i Unifions d’héctarés dë bois qu’il suppose, exister in Pratiëe j'sônt lé’é ll rëstèÿ dëjilùs de.40 'million^, d’hectares qu’elle possédait il y à 2000 «yiset; il ept Î iersuadé que, dé tousles bois détruits en Fçaijco 1 a main des liomntes n’en a peut-être pas détruit \k vingt-cinquième partie , et que le surplus l’a £té par, les animaux broutans. L’hom me d’ailieurs peut bien préjudiciera l’abondance des bois en les coupant prématurément ; majjs cet abus ne nuit pas à leur reproilpction , et il ne, peut détruire les bois qu’en lés arrachant. 11 n’en est pas de même' des animaux broutais ; les bois qu’ils fréquentent habituellement sont détruits en plus ou moins de temps, suivant qu’ils sont exposés au parcours dans un âge plus ou moins avancé. Le pâturage dans les forêts lui parait, au surphis, d’un bien faible avantage pour les usagers ; l’herbe qui y croît, ordinairement privée de lumière et composée de plantes pour la plupart sans saveur çt de mauvaise qualité, est peu recherchée par les bestiaux , qui ne la mangent que parce qu’ils 11’eu trouvent pas d’autre. Ce n’est guère que dajis les clairières et sur la lisière des bois qu’ils trouvent une herbe nourrissante et saine. Les jeunes taillis offrent bien quelques ressources pour le pâturage; mais c’est précisément dans les jeunes recrus qu’il faut l’interdire, parce que les bestiaux en mangeraient les bourgeons, et ne brouteraient l’herbe que lorsque cette première ressource serait épuisée; si donc on le restreint aux cantons véritablement défensables, il se réduit à une nourriture très-médiocre , et 5 o arpens d’un semblable pâturage ne représentent souvent pas le produit d’un bon arpent de prairie artificielle. Il faut, en effet, que l’exercice du pâturage dan?, les forêts soit bien peu favorable aux bestiaux ; car toutes les races qui vivent habituellement dans les bois n’offrent que des sujets dégénérés : tels sontles chevaux et les vaches des Ardennes, d’une partie du Hainaut, du Luxembourg, etc. La crainte qu’on a manifestée que la suppression du pâturage ne fit abandonner l’éducation des bev» tiaux et n’occasionnât le délaissement des terres cultivées, est tout-à-fait cliirntrique , puisque ce droit, renfermé dans ses limites légales, peut être remplacé, avec bien plus d’avantage par des prairies artificielles. D’ailleurs, sur environ soixante mille communes dont la France est composée, il y en a au plus quinze mille qui jouissent de la faculté de conduire leurs bestiaux dans les bois : il en reste donc quarante-cinq mille qui n’en jouissent pas. Les terres de ces dernières sont-elles incultes? Ne représentent-elles pas au contraire une population plus grande, des bestiaux plus nombreux, une agriculture mieux entendue 478 PAT et des récoltes plus abondantes? Ainsi, ajoute M. de Pertbuis, ce droit est non-seulement destructeur des bois, mais il est encore nuisible à l’agriculture,par une plus grande perte d’engrais, par les obstacles que cette jouissance trop facile oppose à son perfectionnement , et par la dégénération des races de bestiaux; et la suppression d’un droit semblable.; loin d’être une calamité , serait un véritablp bienfait. Les auteprs forestiers étrangers partagent l’opinion commune sur les abus du pâturage, M. Hartig le regarde comme l’un des plus grands fléaux qui affligent les forêts, et il en demande la suppression totale , ou au moins la réduction dans deslimites tellement circonscrites , qu’on ne puisse plus en redouter les excès. Ce droit est, à ses yeux, un obstacle à l’établissement des prairies artificielles , à l’amélioration de l’agriculture et au défrichement des terrains incultes. Toutefois, il pense que, dans les pays où le fourrage est très-rare, on peut permettre de couper les herbes dans les taillis à des jours déterminés , et sous la surveillance des forestiers , et qu’on pourrait même permettre , dans l’année qui précède l’exploitation d’un taillis, d’en couper les jeunes branches chargées de feuilles, après la seconde sève, pour en faire des fourrages d’hiver. 11 est certain que ces deux moyens produiraient de grandes ressources sans avoir les inconvénlens du pâturage ; mais ils exigeraient aussi une surveillance rigoureuse. M. de Burgsdorf dit qu’on ne peut compter sur la reproduction des bois dans les cantons livrés au pâturage , et il établit la nécessité de mettre en défends les parties de bois qui ont besoin de se repeupler. Les règles qu’il trace à cet égard sont rapportées dans le second volume de ma traduction de son ouvrage, p. 344 ù 34 7- Il s’abstient de traiter la question de savoir si on doit supprimer entièrement le pâturage; mais il insiste au moins sur la nécessité de faire contribuer les usagers à l’entretien des forêts , et il rapporte les rescrits du roi de Prusse , de 1785 et 1788, qui règlent la proportion dans laquelle chaque usager doit contribuer au repeuplement des forêts. M. Trunck , grand-maître des eaux et forêts du Brisgau , place aussi le pâturage au nombre des causes du dépérissement des forêts, et il le considère comme étant bien plus nuisible à la société qu’il ne lui est utile. Jamais un bois soumis au parcours ne produira des tiges bien filées, parce que les bestiaux en détruisent la consistance serrée , dévorent la cime des jeunes brins et foulent le sol sous leurs pieds. Les bois composés de bouleau , d’aune, de coudrier , de pin et sapin , sont moins exposés au brout des bêtes à cornes que les autres bois, à cause de la saveur amère de leurs feuilles ; cependant il faut éviter d’y réunir dans un petit espace un trop grand nombre de bestiaux , qui , étant pressés par la faim, y causeraient beaucoup de dommages; mais c’est sur-tout dans les taillis de chêne , de hêtre , de frêne , d’érable , de charme et autres bois à feuilles que les bestiaux sont redoutables; ils en courbent les branches avec leurs cornes et en broutent les extrémités. Cet inconvénient a lieu principalement PAT vers la fin du printemps, aux mois dé mai et de juin, lorsque les jeunes pousses sont tendrei et'succulentes,, ou quand, après de grandes cïialeiirs , ta pluie et la rosée du matin leur ont rehdu leuf fraîcheur. On doit donc éviter de mener les bestiaux dans les bois avant l’époque où les nôùvetlés poüSsès aient.acquis la consistance du bois et perdu cette saveur succulente dont ils sont avides. C’est par'ée motif que M. Hartig, d’accord avefc' le prescrit dé différens réglemens , ne veut pas qu’oh introduire les bestiaux dans les bois avant la fin de mai." " II M. Laurop, grand-maître des forêts du gràâiïl- duché de Bade , et auteur d’un bon ouvrage sur l’économie forestière , pense que le pâturage dans les bois situés en montagnes est trop nécessaire auxha- bitans pour qu’on puisse le supprimer dans ces localités ; mais il est d’avis que l’exercice de ce droit ne peut s’allier avec la conservation des forêts qtl’aü- tant qu’il sera restreint dans de justes bornes. 11 ne faut pas, dit-il, livrer trop tôt les coupes au pâturage; mais il ne faut pas non plus trop prolonger la mise en défends; les herbes diminuent à mesuré que le bois grandit, et si les bestiaux ne trouvent plus d’herbe, ils attaquent le bois, notamment au printemps, où les jeunes pousses sont plus délicates. D’un autre côté, si on tient un bois trop long-temps en réserve, les habitans sont plus disposés à faire paître en délit, et à resserrer leurs bestiaux sur un seul point pour n’être point découverts, ce qui cause souvent des dégâts irréparables; enfin il y a encore un inconvénient à laisser croître trop d’herbe dans les taillis, elle étouffe les jeunes plants et sert de refuge aux mulots. Mais le parcours, dit cet auteur, ne doit être permis que vers la fin de l’été, époque à laquelle les pousses de l’année sont transformées en bois, et où l’abroutissement n’est pas à craindre, parce que les bestiaux sont moins avides de fourrage vert qu’au printemps. Toutefois, la surveillance sera toujours en raison de ce que le bois sera plus jeune. Voici, au surplus , quelques-unes des règles tracées par M. Laurop sur l’exercice du pâturage : I. Il faut consulter, pour ouvrir une coupe au pâturage, la nature du bois qui la compose , son accroissement et les circonstances locales, et ne pas toujours se diriger d’après l’âge du bois, attendu que souvent un canton, quoique beaucoup plus jeune qu’un autre, peut être défensable lorsque i’autre ne l’est pas encore. Les bois résineuxpéuvent être ouverts au pâturage avant les bois à feuilles, parce qu’ils sont rarement attaqués par les bestiaux. Parmi les taillis de bois à feuilles, ceux de bouleaux et de coudriers peuvent être livrés au pâturage avant les autres, parce que la saveur amère de leurs feuilles les préserve ordinairement de la dent des bestiaux. Quant aux autres taillis, il est nécessaire qu’ils soient au-dessus de la portée des bêtes à cornes; mais on peut poser pour règle générale que quand rien ne retarde la croissance d’un bois , on peut déclarer défensables les coupes de bois à feuilles et les bois résineux qui ont de 5 à 6 ans, et les semis qui ont de 9 à 10 ans. II. Lorsqu’on est obligé, soit à raison de la grande quantité de bestiaux qu’il faut élever, soit à raison PAT PAT 479 da l’ab^pdanpe des herbes, qui étoufferaientle recru de livrer àfi, pâturage de jeunes tintp/ü' , S’amusent à lécher les gouttes d’eau qui couvrant les feuilles , et sont plus disposés à les manger^ J}* 1 . se bien garder de réunir les bestiaux étroi- teraeijt serrés dans un même endroit, et ne pas les tenir long-temps à la même place, parce qu’ils fouleraient au pied,le recru et les jeunes plants; 4°- ne pas cjobtinuer le pacage des jeunes coupes pendant uqe trop longue siiite de jours, parce que l’herbe ser^jt trop battue et n’aurait pas le temps de repousser , et que d’ailleurs les bestiaux se dégoûtent de l’herbe qu’ils ont foulée, et qu’alors ils attaquent le bois, 5 °. changer par conséquent le lieu du pâturage si on en a la facilité, et lors même qu’on n’a pas d’autre canton riche en herbe , mener plutôt le troupeau dans quelque endroit non susceptible de dommage que de perdre le recru, qui, dans tous les cas , doit être l’objet principal qu’on doit avoir en vue, tandisque le pâturage n’est qu’un objet très- secondaire ; 6°. n’admettre dans les jeunes coupes qu’une quantité de bestiaux strictement proportionnée à leur étendue, et quand cela est possible, y mettre de préférence des veaux, même en tout temps. Résumé. Des opinions que nous venons d’analyser et dont nous aurions pu augmenter le nombre sans trouver entre elles une divergence sensible , il résulte que le pâturage cause la ruine des forêts ; que sa suppression , sauf quelques exceptions, serait le plus puissant moyen d’arriver à la restauration des forêts ; que si on se décide à le maintenir, il faut en restreindre l’exercice dans les limites les plus étroites ; que les usagers eux-mêmes ont intérêt à renoncer à un droit qui cause la perte des forêts dans lesquelles ils ontaussi des usages en bois, et dont ils tirent, dans tous les cas, leur approvisionnement; que la culture des prairies artificielles est le meilleur moyen de rendre inutile un droit d’ailleurs si peu avantageux à ceux qui en profitent, et que le gouvernement doit faire tous ses efforts pour préparer petit à petit l’affranchissement des forêts de toute servitude. Ajoutons qu’en attendant ce bienfait, les usagers ne peuvent se dispenser, comme nous l’établirons à l’article Usage , de contribuer à l’entretien des forêts grevées de droits à leur profit. Les considérations que nous avons présentées doivent engager les agens forestiers à porter toute leur attention sur l’exécution des réglemens qui déterminent la manière d’user du droit de pâturage , et dont nous allons parler. § 2. Du droit de pâturage > tel qu’il est réglépa : ‘ leé'lois. I. Il est permis aux Communes et aux particuliers usagers et dénommés dans les états arrétésau conseil, d’exercer leurs droits de pâturage et de panage dans les forêts, landes èt bruyères dépendant du domaine, aux lieux qui sont déclarés déferisables. ( Ord. de .1669, tit. XIX , art. i er .) Les usages sont réduits aux maisons usagères seulement, suivant les mêmes états arrêtés au conseil, et le nombre des bestiaux à admettre au pâturage doit toujours être subordonné à Fétat et à la possibilité de la forêt. [fb-, art. 5 .) Vainement aujourd’hui des communes et des particuliers prouveraient-ils, par des titres antérieurs à l’ordonnance de 1669, qu’ils avaient, avant cette loi, des droits de pâturage et de panage dans les forêts de l’ancien domaine , dès qu’ils n’ont pas été compris dans les états arrêtés au conseil, ils ne peuvent plus jouir de ces droits. {An. du Directoire , du 5 vendémiaire an 6—2 6 septembre 1797- — Arr. de la C. de cass., du i er . prairial an 12 — 21 mai i 8 o 4 -) II. Quant aux droits d’usage dans les forêts réunies au domaine, l’arrêté du gouvernement, du 5 vendémiaire an 6 (26 septembre 1797), et la loi du 28 ventôse an 11 (19 mars i 8 o 3 ), ont ordonné que les titres en seraient déposés aux conseils de préfectures , lesquels ont pris des arrêtés dont l’approbation a été réservée au ministre des finances. C’est d’après ces arrêtés que les usagers exercent leurs droits; mais , suivant la jurisprudence actuelle, les conseils de préfectures n’étaient point compétens pour décider les questions relatives aux droits d’usage. V., au Recueil, les Ord. du roi , des 4 septembre 1822 , et 12 février y 4 juin, 23 juillet et 5 novembre 1823.) Toutefois, ainsi que nous l’avons observé au bas de l’ordonnance du 4 septembre 1822 ( V. au Recueil) , il n’en résulte pas que les arrêtés des conseils de préfectures, qui ont statué au fond sur des droits d’usage, soient nuis de plein droit, il en résulte seulement qu’ils peuvent être attaqués devant les tribunaux par celui qui aurait qualité pour les contredire. Un avis du comité des finances, du i 3 août 1819, approuvé le 6 septembre suivant par le ministre des finances, porte que la déchéance est encourue faute de production des titres dans le délai prescrit par les lois des 28 ventôse an 1 1 et 12 ventôse an 12 ; ce qui est conforme aux dispositions de ces deux lois. III. Le droit de pâturage ne peut jamais donner celui de conduire des chèvres et moutons dans les bois, même dans ceux des particuliers. {Ord. de 1669 , tit. XIX, art. i 3 . — Décret du 17 nivôse an i 3 — 7 janvier 1806. — Avis du Cons. d’état, du 18 brumaire an 14 — 9 novembre i 8 o 5 . — Arr. de la C. de cass., des i* r . thermidor an 12 , 16 octobre 1807, i er . août 1811, 18 janvier 181 3 , 21 mars et 6 juin 1817, 4 1820, 24 mai 1821, i5 février, 12 avril et 11 octobre 1822.) Cette disposition a l’effet d’abroger les permissions et transactions antérieures à l’ordonnance, et PAT PAT 48o par lesquelles des particuliers auraient accordé à des usagers la faculté de faire paître ces animaux dans leurs bois. ( Arr. de la C. de cass. , des 20 juillet 1804 et 20 juillet 1810.) Mais les particuliers, en leur qualité de propriétaires , pensent exercer le pâturage dans leurs bois pour telle espèce et telle quantité de bêtes qu’ils jugent convenables. if b., des 26 juillet et 18 octobre 1811.) Le pâturage des chèvres et des moutons étant prohibé dans les forêts et les places vaines et vagues qui en dépendent, les entrepreneurs de plantations ne peuvent, sous aucun prétexte, faire conduire des bestiaux de ces espèces dans les terrains qu’ils ont à replanter. ( lbdu 21 septembre 1820 et i 5 mars 1822.) On ne peut affermer le parcours de ces animaux dans les forêts royales, et il n’y a que des circonstances particulières qui puissent déterminer l’autorité à maintenir le bail qui en aurait été consenti (Lettre du min. des fin., du 20 juin 1 823.) V. le mot Chèvre., où il est donné des explications plus développées. IV. Le pâturage ou la vaine pâture, exercé même pendant un temps immémorial dans une forêt sans titre et sans payer de redevance, ne peut constituer un droit, attendu que les actes de pure libéralité et desimpie tolérance ne fondent ni possession ni prescription. {Arr. delà C. de cass., du 2 janvier 181 i.) Ce droit, s’il n’est que précaire, et si le propriétaire peut le faire cesser, n’autorise pas l’usager à demander le cantonnement ; mais si le droit n’est ni purement précaire ni révocable à la volonté du propriétaire , la demande en cantonnement est autorisée. V., au Recueil, le Réquisitoire du procureur général près la C. de cass., qui précède un Arr. de cette cour, du 29 juillet 1812.) V. Un tribunal qui reconnaît constant le délit de pâture ne peut surseoir à prononcer sur les dommages et intérêts réclamés par le propriétaire, sous le prétexte que le délinquant prétendrait que le bois n’appartient pas à ce propriétaire.— La question de- propriété élevée par des prévenus de délit dans les bois , qui prétendent que ces bois appartiennent à la commune dont ils sont habitans, ne peut être considérée comme préjudicielle. {Arr. delà C. de cass., du 19 juillet 1819.) Il n’y a point lieu à surseoir au jugement correctionnel ni à renvoyer par-devant les tribunaux civils lorsque le prévenu d’un délit de pâturage ne fonde son exception que sur un droit de jouissance qu’il aurait, en vertu d’un bail, dans les bois où il a introduit ses bestiaux, attendu qu’en principe général le juge du délit est le juge de l’exception proposée, sur-tout si l’exception porte uniquement sur une question de possession ou de jouissance. {Ib., du 2 août 1821.) VI. La loi du 27 mars 1791 avait défendu de comprendre dans la vente des biens nationaux aucun droit de pâturage sur les forêts, et déclaré nulles les aliénations qui en auraient été faites. Cependant si un acquéreur d’un domaine prouve qu’il a acheté le droit de parcours dans une forêt réservée, il doit en jouir «r leurs bestiaux a été reconnu et déclaré défensable. ( Arr. delà C, de cass., du 23 juin 1820.)! VII» Les peines prononcées par le tit. XIX de liOrdounance de 1669 ; savoir, par l’art. 3 , pour le pâtoipge dans les cantons non déclarés défensables ou pour mélange de troupeaux 5 par l’art. 6, pour le défaut de marque des bestiaux ou leur conduite par d’âlftêêis rhemins cJuè'cAix désignés; par l’art. 8, pour la garde séparée;'Jiar l’art. 10, pour l’admis- siomdefbestiXüi de pqr&ïnnes non usagères; par I’srUj pourle pâturage exercé en vertu de permissions illégales; par l’art. i 3 , pour le pâturage de» çhpvres et moutons; par l’art. 14, pour le pâtu- •êftÇ d-**-bestiaux qui ne feraient point partie de l’exploitation ordinaire des usagers ; et enfin par les art,«»Q et n dit tit.- XXII de ladite ordonnance , continuent d’être appliquées, d’après les art. 609 du (Aide du 3 . brumaire -an 4, et 484 du Code pénal de 1810 , qui ont maintenu les dispositions pénales d^ cette ordonnance , et spécialement d’après l’arrêté du .5 vendémiaire an 5 (26 septembre 1797), le décret du 17 nivôse an i 3 (7 janvier i 8 o 5 ), et l’avis du conseil, d’état, du 18 brumaire an 14 (9 novembre.i 8 o 5 ), dont l’application a été faite par une loule d’arrêts de la cour de cassation. îVIII. D’après les actes qui viennent d’être cités, les droits de pâturage ou de parcours dans les bois et forêts, soit de l’ancien, soit du nouveau domaine de Jt’état; soit des communes ou établissemens publics, soit même des particuliers , ne peuvent, sous les peines portées par l’art. 3 du tit. XIX de l’ordonnance de 166g , être exercés par les usagers qui en-jouissent en vertu de leurs titres ou usages locaux, que dans les parties de bois qui ont été déclarées c}éiensables par les agens forestiers. Le principe, que le pâturage ne peut être exercé qyfl dans les cantons déclarés défensables ; que l’al- léfjfction du droit de pâturage ou celle de la non- existence de, dégâts ne peut former une question préjudicielle, ni autoriser à surseoir à l’action cor- recjtodnelle lorsque les bestiaux ont été trouvés d^autres lieux que ceux ouverts au pâturage ; qu enfin les usagers doivent en tous points se confirmer aux formalités prescrites par le tit. XIX de l’ùfd^iwiance, a été reconnu par une foule d’arrêts dé laçait! de cassation, entre autres ceux des 26 pluviôse 4/1 ta (i 5 février 1802), 21 vendémiaire et 7 floréal an J2 , j 4 octobre ) 8 o 3 et 27 avril 1804 , 24 ventôse et 26 floréal an i 3 , i 5 mars et 1 5 mai i 8 o 5 , 24 décembre 1806, i er . avril et "b septembre 1808 > 24 ntal >8io, i 5 mars et i 3 décembre 1811 , 10 avril et 21 novembre 1812, 28 janvier x 8 t 3 , 20 février 181 5 , 21 mars 1817, 3 o mai 1818, 7 mai et Tome II. /|31 3 décembre <8194 f et janvier , 4 mai etsso juin 1820,-2 acnit et~ i&- octobre 1821^ »6 < février et la avril 182a.. . - o. IX. La même cour a décidé que-le seuhi4it.de l’introduction des bestiaux dans les. bois, bars le cas où le pâturage est permis, constitue uq délit. C’est ce que portent plusieurs arrêt» que nous.venons de citer; et spécialement ceux des 26 brumaire et i er . thermidor an 12, 18 novembre i 8 o 3 , ty8 *t 3 o octobre 'W*26 'd&embre 1806, i 5 février kül 1 , 10 avril 1812 3 '-décembre i8»9- Ce principe’ estnégalement consacrer par L’avis du conseil d’étab; dtnq&ihrumaire an t4t et il nst fondé sur l’ordonnance de 1669 , qui détermine les règles à observer pouf ; l’exercice du pâturage. Ces LoiS et arrêts statuent qu’il n’est pas nécessaire que les bestiaux aient occasionné des dégâts pour'constituer un délit passible des peines portées par l’ordonnance. '•••-.occitu- . yt: 1 X. Par le même .principe que tôute introduction dé bestiaux dans un bois quîi’est pas ouvert au pâ-» turage , est un délit, on doit réputer comme tel le fait de l’introduction de chevaux attelés à une fcliar- rette, quand même il n’en aurait résulté aucun dommage. {Arr. de la C. de cass., du 2 6 décembre 1806.) XI. L’ordonnance de 1669, tit. XIX, art. 7 , prescrit aux usagers de mettre des clochettes au cou des bestiaux ; mais elle ne prononce point d’amende pour la contravention à cette défense. Dès-lors , le défaut de clochettes, lorsque les bestiaux paissent dans un bois défensable , 11e suffit pas pour en autoriser la saisie. ( Ib., du 8 janvier 1819.; XII. Les habitans d’une commune propriétaire d’un bois ne peuvent pas plus que les usagers con- duireleurs bestiaux dans le bois communal avant que ce bois soit déclaré défensable. Cette défense est comprise dans les art. i«. et 3 du tit. XIX de l’ordonnance de 1669; elle résulte formellement des art. 8 et 16 du tit. XII de la loi du 29 septembre 1791 , portant que les agens forestiers seront tenus de visiter deux fois par an les bois communaux, et que les habitans ne pourront mettre leurs bestiaux en pâturage que dans les cantons reconnus et déclarés défensables dans le procès-verbal de visite. Elle résulte aussi de l’arrêté du gouvernement, du 19 ventôse an 1 1 (10 mars 1802) , qui soumet les bois communaux au même régime que les bois de l’état; enfin elle résulte d’un grand nombre d’arrêts de la cour de cassation, et particulièrement de ceux des 24 ventôse an i 3 (i 3 mars i 8 o 5 ), i 5 mars 1811 et 20 mai 1820, dont quelques-uns portent qu’il n’est pas même nécessaire que les bois communaux soient mis en défends pour que les habitans 11e puissent y introduire leurs bestiaux, et qu’il suffit, pour qu’ils ne puissent le faire, que ces bois n’aient pas été expressément déclarés défensables par l’autorité compétente. XIII. Le certificat d’un maire portant que le lieu de la dépaissance n’a point été mis en réserve, et qu’il est ordinairement destiné au pâturage des bestiaux de la commune, ne peut servir de base au renvoi des prévenus. {Ib., du 28 janvier 1820 ) XIV. Lorsqu’un procès-verbal régulier et non 6l PAT PAT /,8a argué de faux constate que les bestiaux d’une commune ont été trouvés dans la lorèt de cette commune , sans qu’elle ait été déclarée défensable, l'amende résultant du délit dort être prononcée, lors même que les bestiaux n’auraient point occasionné de dégât, et que le prévenu rapporterait un certificat du maire , tendant à établir qu’ils étaient dans un lieu par lequel on les conduit habituellement , qu’ils n’ont fait que traverser la forêt, (Arr. de la C. de cass. , du 1 3 décembre 1819.) XV. (Je serait également enfreindre les art. i er . et 3 du tit. XIX de l’ordonnance de 1669, l’art. 16 du tit. XII de la loi du 39 septembre 1791 , le décret du 17 nivôse an i 3 , et l’avis du conseil du 16 frimaire an 14 , que de reconnaître que les habi- tans d’une commune ont pu faire pâturer leurs bestiaux dans des parties de bois non déclarées défen- sables, sur le motif que ces habitans étaient anciennement en possession de cet usage , et que la défense d’y conduire les bestiaux n’a pas été publiée. (Ib. , du 3 décembre 1819.) XVI. Si les habitans d’une commune 11e peuvent introduire leurs bestiaux dans la forêt communale avant qu’elle ait été déclarée défensable, à plus forte riison les usagers dans cette forêt ne peuvent user de leurs droits avant l’accomplissement de cette formalité. Un tribunal correctionnel saisi d’une action eu réparation d’un délit de l’espèce, ne peut renvoyer le procès-verbal au civil pour prononcer sur l’exception du droit de parcours prétendu par le prévenu. (Ib ., du 7 janvier 1820.) XV II. A l’égard des bois des particuliers , l’avis du conseil d’état, du 18 brumaire an 14, porte, ainsi qu’on l’a déjà vu , que , conformément à l’ordonnance de 1669, l’introduction des chèvres, brebis et moutons y est interdite; que les autres bestiaux 11’y peuvent être introduits qu’après qu’ils ont été déclarés défeitsables; que dans tout autre cas, leur seule présence dans ces bois constitue un délit. Le même avis statue que deux propriétaires ayant un droit réciproque de parcours sur leurs bois , ne peuvent y mener paître leurs bestiaux avant que ces bois 11’aient été déclarés défensables par les agens forestiers , et que cette introduction est susceptible des peines portées par la loi du 38 septembre ( 6 octobre 1791 ) sur la police rurale; mais que la répression de cette contravention 11’appartient point, par action principale , à l’Administration des forêts ; que relativement à la question de savoir si un particulier peut être empêché d’introduire des bestiaux dans ses propres bois avant qu’ils soient défensables , il est à observer que le propriétaire use de sa propre chose ; que la propriété consiste dans le droit d’user et d’abuser, sauf les intérêts des tiers; que ce droit doit être'respecté , à moins qu’il n’en résulte de graves abus, et que , quel que soit l’intérêt de l’état à la conservation des bois, 011 peut s’en rapporter â l’intérêt des particuliers de ne point dégrader les bois qui leur appartiennent. XVIII. D’a près le même avis, il a été dérogé auxl réglemens locaux , qui avaient fixé l’âge auquel les bois taillis étaient de plein droit réputés défensables, et cette dérogation s’applique également aux bois des particuliers. XIX. La contravention à la défense faite aux usagers d’introduire leurs bestiaux dans les bois des particuliers, avant que ces bois aient été déclarés défensables, 11’est pas couverte par la preuve que le propriétaire y avait Lui - même introduit ses, bestiaux, ni par la preuve qu’il avait précédemment affermé le droit de pacage dans ses bois, ni enfin par le défaut de preuve que les bestiaux lui aient causé quelque dommage. {Arr. de la C. de cass. , du 2.5 mal 1810.) XX. L'Administration forestière a bien le droit de déterminer dans les bois des particuliers les cantons défensables; mais elle n’a point celui de fixer le nombre de bestiaux à mettre en pâturage dans ces bois. ( Décis. du min. desfin., du 5 novembre 1823.) Et il y a lieu d’attaquer un arrêté du conseil de préfecture , qui renvoie au ministre des (inançes la question de savoir si l’Administration peut fixer ce nombre de bestiaux. ( Ord . du roi, du 18 juin 1820 ) V. ces décisions au Recueil, t. III, p, i 5 1 et 172. XXL L’art. i 3 du tit. XIX de l’ordonnance de (669, qui défend de mener des chèvres et des moutons dans les forêts ni même dans leur voisinage, et qui a été déclaré par l’avis du conseil d’état, du 18 brumaire an 14 > applicable aux usagers dans les bois des particuliers, avait déjà reçu la.même interprétation par un arrêt du conseil souverain de Colmar , du 9 novembre 1768, rendu sur la requête du prince de Montbéliard. La cour de cassation a rendu un grand nombre d’arrêts qui confirment cette jurisprudence. 3 . Chèvres. XXII. Les usagers ne peuvent, sans délit, envoyer leurs bestiaux dans les bois des particuliers sans clochettes, à garde séparée, et sous la conduite de leurs femmes , enfans ou domestiques. En matière correctionnelle et de police , il 11’y a de question préjudicielle que celle qui nait d’une exception dont la preuve fait disparaître le délit ou la contravention , et dès-lors l’exception d’un droit d’usage ne peut faire suspendre l’action correctionnelle pour fait de j àture à garde séparée. ( Arr. de la C. de cass., des 18 février et 24 août 1820.) XXIII. Enfin, les usagers dans un bois de particuliers ne peuvent, quelles que soient l’étendue de leurs droits et la manière abusive dont ils en auraient joui précédemment, s’affranchir des règles conservatrices, prescrites par les lois pour la déclaration de défensabilité et la prohibition du pâturage des bêtes à laine, attendu que l’étendue d’un droit d’usage ne peut lui imprimer le caractère ni les attributs de la propriété. [Ib., du 18 octobre 1821.) XXIV . De tout ce qui précède, il résulte que, soit dans les bois de l’état, soit dans ceux des communes et des établissemens publics , soit même dans ceux des particuliers, le pâturage ne peut être exercé par les usagers que dans les cantons qui ont été reconnus et déclarés défensables par l’Administration forestière ; qu’il suffit qu’un canton n’ait pas été expressément déclaré tel, pour qu’il soit considère comme mis en défends, et que les usagers ne peuvent, en aucun temps, conduire des moutons ou des chèvres dans ces bois. XXV. La déclaration que l’Administration fait PAT PAT publier, chaque année, des bois défensables, est une indication suffisante des cantons où le parcours est permis et de ceux où il est interdit. ( Arr. de la C. de cass. , du 7 mai 181 9.) XXVI. Cependant un procès-verbal constatant que des bestiaux d’usagers ont été trouvés paissant dans une (orêt, sans indiquer d’une manière positive la partie de la forêt, peut être, par ce motif, déclaré de nul effet. ( Ib.,dn 16 août 1817.) Mais il suffit, pour motiver une condamnation , que le procès - verbal déclare que la partie de bois est un canton défendu. ( Ibdu 18 juillet 181 1.) XXVII. La tolérance du pâturage dans un canton de forêt pendant une année n’est point un motil d’excuser le pâturage l’année suivante, si le bois n’est pas déclaré défensable. (, 1 b., du 11 octobre 1822.) XXVIII. La défense d’exercer le pâturage dans les bois de toute catégorie , qui ne sont point déclarés défensables, s’applique aux forêts de pins et sapins comme aux autres forêts. ( Ib., des 20 février 181 5 et 7 mai 1819.) XXIX. Elle s’applique également, et pour toutes les forêts, aux parties non boisées comme aux parties boisées. (Ib., des i 3 décembre 1811, 26 avril 1816 et 21 septembre 1820.) XXX. L’ordonnance de 1669 11e fixe point l’âge auquel les bois du domaine peuvent être déclarés défensables. Un réglement de la maîtrise d’Orléans , du 20 janvier J720, l’avait fixé à 5 ans pour les bêtes aumailles, et à 3 ans pour les chevaux. Un arrêt du conseil, du 16 septembre 1754, contenant réglement pour la maîtrise Quillan , portait que les bois taillis ne pourraient être déclarés défensables avant l’âge de 6 ans pour le hêtre, et de i 5 ans pour le sapin. Un autre arrêt du conseil, pour les bois de la cathédrale de Noyon, fixait l’âge de 7 ans , en réservant au chapitre la faculté de requérir la visite des officiers forestiers lorsqu’ils jugeraient qu’à cet âge les bois ne seraient point défensables. Dans quelques localités, les bois des particuliers étaient, d’après les coutumes, réputés défensables à 4, 5 ou 6 ans. Mais aujourd’hui, tous les arrêts, tous les usages établis d’après la coutume d’un pays, ou fondés sur le titre de concession ; en un mot, tous lesréglemens locaux qui fixaient l’âge auquel les bois étaient considérés comme défensables, sont comme non avenus et sans aucune autorité. (Arr. du Gouvem., du 5 vendémiaire an 6 — 26 septembre 1797- — Décret du 17 nivôse an i 3 — 7 janvier i 8 o 5 . — Avis du Cons. d’état, du 18 brumaire an 1 4 — 9 novembre i 8 o 5 . — Arr. de la C. de cass., des i er . avril 1808, 7 juillet 1809 et \S mars 1811.) Il faut donc , ainsi cjue le portent les arrêtés , décrets et arrêts précédemment cités , que les bois soient expressément déclarés défensables avant que le pâturage puisse y être exercé, et les agens forestiers ne sont liés à cet égard par aucune autre considération que par l’état du bois , quel que soit son âge. De leur côté, les tribunaux ne peuvent induire d’aucune circonstance, notamment de l’âge du bois ou du silence du procès-verbal, que ce bois est défensable , et à defaut par les prévenus de prouver que les bois où se ttouvaient leurs bestiaux ont été 4«3 reconnus et déclarés défensables par l’autorité compétente, ils doivent subir les peines établies par la loi. (Arr. de la C.de cass., du 3 o mai 1818.) XXXI. Le lit. XIX de l’ordonnance de 1669 prononce la confiscation des bestiaux trouvés en délit, quand ils peuventêtresaisis, et les art. 8 et 10 du tit. XXXII fixent les amendes et restitutions à prononcer par espèce de, bestiaux , lorsque la saisie n’a pu en être faite. Ces peines sont maintenues par les nouvelles lois à l’égard des délits commis dans les forêts domaniales en général (Arr. de la C. de cass. des 14 mai et i 3 novembre 1812), et dans les futaies appartenant aux communes, aux établissemens publics et aux propriétaires particuliers. (Ib. , des 29 fructidor an 11 — i 6 septembre 1801 , 26 brumaire an 12 — 18 novembre i 8 o 3 , i 5 mars 1811 , 21 juin et 23 août i 822.) A l’égard des délits commis dans les taillis des communes et des particuliers, ils sont punis des peines prononcées par la loi du 28 septembre (6 octobre 1791). (Ib., des 3 mars et 6 juillet 1 809 et 1 5 mars 1811.) XXXII. Le pâturage à garderfaite dans un bois communal n’est une circonstance aggravante que pour les bois au-dessous de 6 ans. (Ib. du 1.3 février 1812.) XXXI 11 . Les forêts peuplées de pins et sapins ne pouvant jamais être considérées comme taillis , !es délits de pâturages qui se commettent dans celles de cette espèce appartenant aux communes, sont passibles des peines déterminées par l’ordonnaHce de 1669. (Arr. de la C. de cass., du 20 février 1812.) XXXIV. La responsabilité des nfaîtres pour les délits de pâturage commis dans les bois communaux par leurs domestiques, ne s’étend pas à l’amende. (Arr. du i 5 février 1820.) XXXV. Les délits de pâturage et autres commis dans les bois des particuliers sont poursuivis devant les tribunaux de simple police quand l’amende 11’ex- cède pas i 5 fr. ; mais si elle doit excéder cette somme, ils sont poursuivis devant les tribunaux de police correctionnelle. (Ib-., du 17 janvier 1812.) XXXVI. Les anciens réglemens locaux qui modèrent les amendes doivent être exécutés. (Avis du Cons. d’état , du 16 brumaire an 14.) Observons toutefois que cette décision ne s’applique point aux localités, relativement auxquelles les réglemens particuliers avaient été précédemment abrogés par d’autres réglemens. ( Arr. de la C. de cass., du 26 décembre 1806.) Elle n’est point applicable non plus aux transactions par lesquelles des seigneurs avaient modelé les amendes qu’ils avaient droit de faire adjuger pour les délits commis dans les bois communaux. ( Ib. , du 2 septembre 1806.) XXXVII. Les délits de pâturage commis.dans les bois de l’état par des personnes non usagères sont punis d’après l’art. 10 du tit. XXXII de l’ordonnance de 1669, et non d’après l’art. i 3 du tit. XIX. (Ib., du 14 brumaire an 11.) XXXM 1 I. L’amende prononcée par ledit art. 10 et la restitution au moins égale à l’amende que prononce l’art. 8 du même titre pour tous les délits sans exception , doivent être appliquées aux délits de défi I * PAT 484 PEA paissance. {Ait. de la C. de cass ; , des 18 ventôse an 8 — 9 mars i ôoo , 19 novembre 1807, 28 janvier, 11 février et 8 octobre 1808, 9 avril 1 809, »3 novembre 1812, 14 août > 8 i 3 , s 3 octobre 1817. ) Mais il n’y a point de restitution à prononcer qu^nd les bestiaux sont saisis et confisqués. [Ib., du 12 août 1813.) XXXIX. Lorsque des bestiaux ont été saisis et rendus an proprietaire, la distinction■ par espèce pour régler l’amende peut s’en faire pendant l’instruction. {Ib., du 28 novembre i8o6L^ XL. Lorsque des considérations d’un grand in-| lérèt exigent que le taux de l’amende soit réduit dans quelque localité , c’est au gouvernement à prononcer sur cette exception, ainsi qu’il l’a fait par uu arrêté du 1 5 brumaire an 12, qui réduit l’amende pour le pâturage des chevaux employés au service des forges de Port-Brillet et autres dans le département de la Mayenne, de la Loire-Inférieure et d’IUe-et-Vilaina. XLI. Un réglement du 20 janvier 1720, rendu f our la forêt d’Orléans, défend aux usagers de mener eurs bestiaux dana les endroits de la forêt qui auraient été incendiés depuis 10 ans, sous les peines portées par l’art. 10 du tit. XXXII de l’ordonnance de 1669. Divers arrêts du conseil défendent également, et sous différentes peines, de mener les bestiaux dans les endroits incendiés des forêts, landes et bruyères; savoir, un arrêt du 29 juin 1728, rendu pour la forêt de Fontainebleau ; deux autres arrêts, des 25 avril et i 3 juin 1754, pour la Bretagne, et un autre, du ia*octobre 1756, pour la province de Languedoc. Y.. au Recueil. Ces arrêts ont eu pour motif d’empêcher les usagers de mettre le feu aux forêts, laudes et bruyères; ce qu’ils faisaient pour se procurer des pâturages plus étendus et plus abondans. On doit continuer de les exécuter, notamment dans les localités pour lesquelles ils ont été rendus , et MM. les préfets peuvent en rappeler les dispositions dans leurs arrêtés. Les usagers ne peuvent, sous le prétexte que des bois n’auraient pas été incendiés depuis long-temps, y mener leurs bestiaux, à moins que ces bois ne soient déclarés défensabies. (Arr. de la C. de cass. du 21 mars. 1817.) Ils doivent porter secours en cas d’incendie, sous les peines portées par les lois, et spécialement à peine (^ètre privés de l’exercice de leurs droits. {Arr. du gouvern., du a 5 pluviôse an 6—1 3 février 1798.) XL 1 I. Les préfets peuvent prendre des arrêtés pour ordonner l’exécution des lois et réglemens concernant le pâturage dans les forêts royales ou communales, et il sont autorisés à faire réimprimer à la suite de leurs v arrètés, les dispositions qu’ils jugent convenable tfp.. rappeler à leurs administrés, notamment ce 4 f£? < î u ^ concernent le pâturage des chèvres. Les tribunaux ne peuvent, sans violer les règles de la division del ppuvqirs administratif et judiciaire, se dispenser d’appliquer les peines rappelées par ces arrêtes. {Avis du Cons. ciétat, rappelé dans une Circnl. du 21 ventôse an 1 3 —•*2 mars i 8 o 5 . — Arr. de la C. de cass. f du 1 er . août i8ii.)V. au Recueil , t. II, p. 4^8, un Arreté du préfet de la Drôme, sur «et objet. • , Voir, pour complément de cet article, le mot Bestiaux, où il est parlé, 1°. des défenses faites aux usagers de faire paître leurs bestiaux ;>endant la nuit ou à garde séparée , de retirer dans leurs maisons ceux de personnes non usagères, et de conduire au pâturage d’autres bêtes que celles de leur «xploitatien ; 2°. de la quantité de bestiaux à admettre en pâture par maiaon usagère p 3 °. de l'obligation de marquer les bestiaux, de les.munir de clochettes et de les confier à un pâtre icommun ; 4 °. des amendes à prononcer pour délits de pâturage quand les bestiaux ne peuvent être saisis, et de la vente de ces bestiaux quand ils sont séquestrés; 5°. enfin, de la question de savoir à qui appartiennent les bestiaux abandonnés. Y» aussi Iç jnot Usage. PATURES. Ce sont des terres qu’on réierve pour y laisser paître les bestiaux. La pâture se divise en vaine, vive ou grasse'pâture. V. l 'Art. i er . à 12 de ta 4 e - section du lit. I de la loi du 29 septembre 1791 sur la police rurale, et les articles Parcours et Pâturage. PAVIE ou PAYIA. Espèce de Marronnier. V. ce mot. PAIEMENTDU PRIX DES COUPES DEBOIS. V. Adjudication, t. I, p. 107 , pour les bois domaniaux , et p. Ii2, pour les bois communaux. PAYS RÉUNI. Un délit forestier commis dans un pays réuni à la France, ne peut être puni d’après nos lois, s’il est antérieur à la publication de ces lois. ( Arr. de la C. de cass ., des 9 et 23 octobre 1807.) PÉAGE, du latin barbare pedagium , que l’on trouve dans les anciens titres. Ce mot se dit d’un droit qu’on prend pour le passage des voitures, bestiaux et marchandises , même pour celui des hommes qui passent par certains lieux, par certaines villes, ou par les ports et rivières, ponts et chaussées, etc. La connaissance des actions, en matière de droits de péage, appartenait aux officiers des maîtrises. {Ord. de 1669, tit. III, art. i* r .) La loi du i 5 mars 1790, concernant les droits féodaux, s’est occupée des droits de péage; celle du 25 août 1792 a aboli ceux de ces droits qui étaient perçus au profit des seigneurs, à moins qu’ils 11e fussent la représentation d’une propriété dont le sacrifice avait été fait à la chose publique. La loi du 17 juillet 1793 a supprimé, ians indemnité, tous les droits seigneuriaux qui avaient été maintenus par celle du 25 août 1792, et par conséquent tous les péages que cette dernière loi avait conservés au profit des seigneurs. Mais la loi du 25 août 1792 n’a dérogé à l’art. 1 5 du tit. II de celle du i 5 mars 1790, que relativement aux péages seigneuriaux; quant aux péages non seigneuriaux , ils n’ont point été abolis par cette loi ni par celle du 17 juillet 1793. (Arr. delà C. de cass., du 26 germinal an 7. — Arr. du Gouvern., du 29 frimaire an 10.) Un grand nombre de péages ont été supprimés, soit par des lois spéciales, soit par des réglemens PEI PEf d’adn.inistrgtion publique * mais aussi' il ça a été établi de nouveaux , en exécution de la loi dir jsffltA ré*l an 10. •“» Je ’■ 1 Pour connaître quelles personnes sont exemptes des droits do péage , c'est au titre de l’établissement de chacun qu’il faut se rapporter. j ; Les contestations qui s’élèvent sur Inapplication de chaque droit de péage sont jugées par les con- seilsde préfectures. C’est ce qui résulte de plusieurs lois, par exemples de l’art. 4 de celle du 3 o fructidor an 4 , de l’art. ^5 de la loi du 3 nivûse an 6 , de-l’art. 4 de la loi du 23 lloréal an. îo , de l’art. 8 de là loi du 26 nivôse an 1 3 , et de l’art. 63 de celle du 16 septembre 1807, et encore de l’ordonnance du roi du 10 juillet 1822. PÈCE ou PESSE. C’est le sapin-épicéa. V. Sapin. PÊCHE. V. ce mot dans 1 c Dlctionn. des Pèches. PECHER amygdalus persica. (Lin.) Aibre du genre amandier, originaire de Perte, et cultivé en Europe depuis/lin grand nombre de siècles pour l'excellente qualité de sou fruit. Lorsque 1 ^ pêcher a crû en plein vent, son bois est l'un des plus beaux que l’ébenisterie puisse employer. Son grain est fin et prend un beau poli. Ses veines sont larges, bien prononcées, d’un beau rouge, et entremêlées de veines d’un brun plus clair. Le contact de Pair, loin d’altérer sa couleur, ajoute encore à son éclat, il faut le débiter en feuilles pendant qu’il est vert, parce qu’il a le défaut de se ercer. Il est aussi très-beau sur le tour, mais il 11e oit y être mis que fort sec. Il pèse, sec , à raison de 52 livres 6 onces 6 gros par pied cube, d’après les expériences de Varennes de Fenille. Comme cet arbre n’est point forestier, nous nous bornerons à ce peu de mots, en renvoyant le lecteur qui voudrait en connaître la culture aux ouvrages qui traitent des arbres fruitiers. PÉD 1 CELLE , pedicellus. {T. de bot.) Petit pédoncule propre de chaque Heur. PEDICULE , pediculus vel stipes. ( T. de bot.) C’est une espèce de queue propre à certaines parties des plantes , comme aux aigrettes, aux glandes, aux nectaires. Il ne faut pas confondre le pédicule avec le pédoncule, dont la signification est bornée û désigner, en botanique , tout ce qui sert de queue aux Heurs et aux fruits, toutes les fois que les parties de la fructification sont apparentes. Le pédicule est aussi la tige des champignons, des lichens, etc. PÉDONCULE, pedunculus. (T. de bot.) C’est ce qu’on nomme vulgairement la queue d’une fleur ou d’un fruit. PEDONCULE, pedunculatus. Porté par un pédoncule. C’est l’opposé de sessile. Le chêne pédoncule est l’espèce dont les glands sont portés pçr de longs pédoncules. PEINE r du latin pœna. Terme de législation, qui signifie le châtiment d’un crime, d’un délit. § 1. Des peines en général. Les peines, en matière criminelle, sont ou afflictives çtj infamantes,. ou seulement infamantes. ( Code pénal , art. 6.) 485 Les peines ajfiictûres et infamantes sont : i°. la mort ; 2°. les travaux forcés à perpétuité ; 3 °. la déportation ; 4 °- I e8 travaux forcés à temps; 5 °. la réclusion.. ( Code pénal , art. 7;) . Les peines infamantes sont : i«. le carcan ; %°. le bannissement; 3 °. la dégradation civique. . 1 b., art. 8. ) Les peines en matière correctionnelle f sont 1 1 °. l’eopprisonnement à temps dans un lieu de correction ; 2“. Pinterdiction à temps de certains droits civiques, civdlé ou de famille ; 3 °. l’amende, (/b., art. 9. ) Les peines de police 9ont : l’emprisonnement, l’amende et la confiscation de certains objets saisis. {lb., art. 464.) Nulle contravention, nul délit, nul crime, ne peuvent être punis de peines qui n’étaient pas prononcées parla loi avant qu’ils fussent commis. (/A., art. 4- ) Toutefois, si l’ancienne loi se trouve plus rigoureuse que la dernière, on peut invoquer celle-ci. (V .le dernier art. du Code pénal de septembre\ r j()\, les art. 18 et 19 de la loi du a 5 frimaire an 8, l’art. 6 du décret du 23 juillet 1810.) La condamnation aux peines établies par la loi est toujours prononcée sans préjudice des restitutions et dommages et intérêts qui peuvent être dus aux parties. {Ib., art. 10.) Les complices d’un délit sont punis de la même peine que les auteurs mêmes du délit, {lb., art. 5 ç.) Nul crime, nul délit ne peut être excusé, ni la peine mitigée, que dans les cas et dans les circonstances où la loi déclare le fait excusable, ou permet de lui appliquer une peine moins rigoureuse. {Ib., art. 65 . ) Quelles peines encourues pour crimes ou délits commis par des fonctionnaires publics? V. l’art. 198 du Code pénal. Les peines ne se cumulent pas ; c’est ce que décide l’art. 365 du Code d’instruction criminelle , portant : « En cas de conviction de plusieurs crimes ou délits, la peine la plus forte sera seule prononcée. » §2. — Peines en matière correctionnelle. L’amende et la confiscation sont des peines communes aux matières criminelle et correctionnelle. ( Code pénal, art. 11.) De fa peine d’emprisonnement et de sa durée en matière correctionnelle. V. l 'art. 4 o du même code. De l’interdiction de certains droits. V. l 'art. 42. Pour la récidive en matière correctionnelle, V- les art. 5 y et 58 . Si le coupable est âgé de moins de 16 ans. V. l 'art. 69. Lorsque le fait d’excuse est prouvé. V. l 'art. 326. Si les délits de police correctionnelle dont il est parlé (au cbap. II du Code pénal ) ont été commis par des gardes champêtres ou forestiers, ou des officiers de police, à quelque titre que ce soit, la peine d’emprisonnement sera d’un mois au moins, et d’un tiers au plus en sus de la peine la plus forte qui serait appliquée à un autre coupable du même délit. {Codepénal, art. 462. ; P EI 486 Des cas où les tribunaux peuvent réduire la peine de l’emprisonnement. N . l 'art. 463 . Les peines portées par les arrêts ou jugemens en matière correctionnelle, se prescrivent par 5 années révolues, à dater de la date de l’arrêt ou jugement rendu en dernier ressort, et à l’égard des peines prononcées par les tribunaux de première instance, à compter du jour où ils ne peuvent plus être attaqués par l’appel. ( Code d’instr. cri ni ., art- 636 .; § 3 . Peines de simple police. Quant aux peines de simple police, V. les art. 464 ) 465 , 4 ^ 6 , 467, 46 b, 469 et 470 du Code pénal , et l’art. 63 rj du Code d’instr. crim. § 4 - Peines en matière forestière. Les peines pour délits forestiers sont l’amende, la confiscation et l’emprisonnement, indépendamment de la restitution et des dommages et intérêts. ! Ord. de 1669, tit. XXXII , art. 9 et 28. — Loi du 22 juillet 1791 , tit. II, art. i er . — Code du 3 brumaire an 4, art. 609.— Code pénal de 1810, art. 10 et 484. ) il est défendu aux juges de prononcer des amendes et peines moindres que celles réglées par les lois, de les modérer ou changer après le jugement. {Ord. de (669, tit. XXXII, art. 1 4 - — Edit du mois de mai 1716. — Arr. de la C. de cass., des 3 brumaire an 11, 2 janvier 1806, 26 février 1807 et 18 mai 1809.) V. Amende. Les tribunaux doivent avoir égard aux réglemens particuliers qui modifient les peines en matière forestière dans certaines localités ; mais ils 11e peuvent étendre la faveur de ces réglemens hors le territoire dans lequel ils étaient en vigueur. {Avis du Cons. d’état , du 18 brumaire an 14 — Arr. de la C. de c.ass., du 18 mai 1809.) 11 ne peut être fait remise ou modération des peines avant ni après les jugemens. ( Ord. de 1669, tit. XXXII, art. i 5 .) Toutefois, il arrive quelquefois que le gouvernement, par des motifs particuliers d’indulgence, accorde un délai indéfini pour l’exécution de tout ou de partie des condamnations. Les juges doivent appliquer d’office les peines prononcées par les lois forestières, si les agens poursuivans omettent d’en faire mention dans leurs conclusions, ou s’ils prennent des conclusions contraires au vœu de la loi. {Arr. de la C. de cass., du 22 mars 1810. ) Comment sont remplacées les peines du bannissement, du fouet, du carcan et autres peines infamantes prononcées par l’ordonnance de 1669. \ . Délit. Quelle peine est encourue par un adjudicataire qui fait usage d’un faux marteau. Y. Faux. Quelle peiné pour vol de bois façonné dans une coupe. V. Crime. Quelle peine pour incendie dans les forêts. V. Incendie, Quelles sont les peines encourues pour contravention aux réglemens sur la chasse, la pêche et le port I*ETS T d’armes. Y. Chasse , Pêche , Port d’armes , dans les Dictionn. des Chasses et Pêches. Sur le tout, V. Amende , Confiscation , Délit , Emprisonnement , Responsabilité , Récidive. PELARD (BOIS). C’est celui dont on a été l’écorce pour faire du tan. V. Roispelard. PELER LE BOIS. V. Écorçage. PENALITE. C’est la partie pénale d’une loi ou d’un code. Celle de l’ordonnance de 1669, en ce qui concerne les amendes, confiscations et restitutions, n’a point été changée par les nouvelles lois} elle a , au contraire, été maintenue par le Code du 3 brumaire an 4 et le Code pénal de 1810. {Arr. delà C. de cass ., des 6 germinal an 10 — 27 mars 1802 et 22 février 1822.) PENSION , mot qui vient du latin pendere,pensum , payer, et qui signifie ordinairement le prix qu’on donne pour être logé et nourri. PENSION ANNUELLE, PENSION DE RETRAITE , annua pensio. C’est ce que l’on donne à quelqu’un après de longs services. La législation sur les pensions des fonctionnaires et employés du gouvernement était très-confuse; chaque administration avait son réglement particulier, et le taux de la pension variait d’une administration à l’autre; il y avait bien des principes généraux qu’on appliquait dans certains cas; mais il existait une foule de décisions rendues dans des cas particuliers, et dont l’application à des cas analogues n’était point toujours facile. C’est cet état de choses qui a motivé l’ordonnance royale du 12 janvier 1 8 a 5 , portant réglement général sur les pensions de retraite des fonctionnaires et employés du département des finances. Par cette ordonnance, tous les réglemens particuliers , et par conséquent le décret du 17 janvier 1806, spécial pour l’administration des forêts, ont été abrogés. Nous allons rapporter cette ordonnance, en y joignant l’indication de quelques décisions antérieures qui lui ont servi de base ou qui peuvent en faciliter l’application. ORDONNANCE DU ROI PORTANT RÈGLEMENT GÉNÉRAL SUR LES PENSIONS DE RETRAITE DES FONCTIONNAIRES ET EMPLOYÉS DU DÉPARTEMENT DES FINANCES. a Charles, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre; » Vu les réglemens relatifs aux pensions du ministère et des administrations de finances; n Vu notre ordonnance du 4 novembre 1824; ■n Sur le compte qui nous a été rendu de la situation des diverses caisses de retenues établies dans le département des finances, et de la nécessité dç coordonner les réglemèns qui les régissent aujourd’hui avec les ressources qui leur sont propres; 3) Considérant qu’il convient d’adopter un réglement uniforme pour l’admission à la retraite de tous les employés de l’administration des finances , la liquidation et la fixation des pensions, et leur réversibilité en faveur des veuves et orphelins ; PEN » Sur le rapport de notre ministre secrétaire d’état des finances; » Nptre conseil d’^tàt entendu; ' ' ^ » Nous avou^ ordonné et ordonnons ce qui Suit ; Titre 1 er ,.-— Constitution d’une caisse fiékétale et commune des pensions de retraite des fonctionnaires et employés, du département des finances. , mu b 9i ■ j Am. I er i A compter du 1 er . janvier 1825, seront réuni»» Oit uhé caisse commune, sous la dénomination db' Caisse générale des pensions de retraite des fonctiênmaipés et employés des finances, et seront régies csnibririément aux dispositions énoncées dans la présente otdomiance, les sept caisses spéciales en ce moment établies pour subvenir au paiement des pensions de retraite des employés de l’enregistrement et des domaines , des forêts, des douanes , des contributions indirectes, des postes et de la loterie. 2v» Lie* recettes dp da, caisse générale des pensions de retrait^, se'CQmposent, i°. o D’une retenue de cinq pour cent sur les traitemens, remises proportionnelles, supplémens de traitement, et généralement sur toutes sommes payées par l’État, autres que gratifications éventuelles, salaires de travail extraordinaire, indemnités do perte, frais de voyages, abonnemens pour frais de bureau et do loyer, et remboursemens de dépenses (a) ; 2°. » De la retenue du premier mois d’appointe- mens; 3 °. » De la retenue, pendant le premier mois, de la portion de traitement acèordée à titre d’augmen- talion (b) ; 4 °. » Des retenues qui seront déterminées sur les appointeinens des employés en congé ( c) ; 5 °. 33 Des prélèvemens réglés par nos ordonnances sur les parts attribuées par les lois aux employés dans le produit des amendes, saisies et confiscations; 6 °. 33 Des fonds subventionne^ accordés par les lois et les budgets ; 7 0 . 33 Des arrérages des rentes et des intérêts des fonds appartenant à la caisse générale (d). (a) La retenue avait déjà été portée à cinq pour cent par l’ordonnance dii roi du 18 juin 1817. . Ç/i) Ces deux dispositions avaient été prescrites par l'ordonnance du i 5 avril 1820. (c) Ordonnance du 4 novembre 1824 y art. 3 . (d) Ordonnance du 3 juillet 1816. 3 . 3> Les retenues et autres sommes attribuées à la caisse générale sont affectées au service des pensions de retraite actuellement existantes, et de celles qui seront ultérieurement accordées aux employés , à leurs veuves et orphelins. 33 Une pourra, sous aucun prétexte, en être rien détourné pour une autre destination. 4. 33 Les fonds provenant des ressources affectées à la caisse générale des pensions seront, au fur et à mesure des recettes , et en exécution de l’art. 110 de la loi du 28 avril 1816, et de l’ordonnance royale du 3 juillet suivant, versés à la caisse des dépôts et consignations, qui demeure exclusivement chargée du paiement des pensions accordées sur leurs pro- PEN 487 duits, d’après les états nominatifs envoyés par le ministre des finances (e). * (e) Ordonnance du 3 juillet 1816. 5 . 33 La caisse des dépôts et consignations remettra, à la fui de chaque année, à notre ministre des finances l’état des sommes qu’elle aura,reçues, payées ou placées pour la caisse générale. Cet état sera mis sous nos yeux , accompagné d’un rapport sur la situation de ladite caisse générale des retraites au 3 i décembre, et sur ses ressources et ses charges présumées pour l’année suivante. Titre II. — Conditions d’admission à la retraite. 6. >3 Les employés pourront obtenir pension sur la caisse générale lorsqu’ils auront soixante ans d’âge et trente ans accomplis de service, dont au moins vingt années au ministère des finanfces, ou dans l’une des six administrations désignées en l’article I er . (a) 33 II suffira de vingt-cinq ans de service pour les employés désignés au-tableau annexé à la présente ordonnance sous le n°. 1, pourvu toutefois qu’ils aient passé quinze années dans le service de l’administration. 33 Sera considéré comme service actif celui des employés des douanes, des contributions indirectes, des forêts et des postes, dans l’un des grades indiqués au tableau susmentionné. (a) I.c décret du 17 janvier 1S06 admettait dans les années de service les fonctions remplies en vertu d’olfices de finances , et tout le temps d’activité dans d’autres administrations publiques, sans distinction. La présente ordonnance spécifie les administrations à l’égard desquelles les services sont admissibles. 7.33Tout employé reconnu hors d’état de continuer utilement ses fonctions pourra,quel que soit son âge, être admis à la pension, s’il réunit la durée et la nature des services exigés par l’article précédent. 8. « Pourront exceptionnellement, et sur la proposition de leur administration respective, obtenir pension. i°. 33 Quels que soient leur âge et le nombre de leurs années de service, les employés du service actif mis hors de service à la suite d’un engagement contre des fraudeurs, des rebellionnaires, et généralement par suite de lutte ou combat soutenu par eux pour l’exercice de leurs fonctions, et ceux qui auraient été mis dans l’impossibilité de les continuer par accident fortuit relatif aux mêmes fonctions (b) ; 2°. 33 S’ils ont 45 ans d’âge, et s’ils comptent i 5 ans de service dans le département des finances, ou seulement 40 ans et 10 années de service dans la partie active, les employés notoirement devenus infirmes par le résultat de l’exercice de leurs fonctions. (b) Disposition conforme à celle «le l’art. 7 «lu décret «lu 17 janvier 1806, concernant l’Ailministrjtion «lesfoièts. 9. 33 Les employés admis à faire valoir leurs droits â la retraite seront tenus de produire leurs titres au plus tard dans les trois mois. ssCeux qui se seront mis en devoir de remplir cette PEN P Eib r l e f , approuvé le fi» décembre suivant, et par une decision ministérielle du v.ÿ janvier i8ac. a8. w Létf 4 érvidgstmilitaires de te|‘re^t i de , 'niér seront admls'poutr té éeriipfr effectif de' leur durée, sans doublement pour les années de campagtve eC sdhs addition pour les années de grâcfci 29. » Tout employé destitué perd ses'droits à la retraite, lors même qu’il aurait l’âge et le temps de service nécessaires pour l’obtenir. Cependant, si l’employé est réadmis dans la même administration, U temps de Sou premier service lui sera compté pour la pension. 3 0. » Toute démission avant 60 ans d’qge ,et 3 o ans de service fera perdre le droit à la pension, à moins de réadtnission ultérieure dans la même administration. La sortie d’une administration pour passer immédiatement dans une autre,,Ou dans le service militaire, ne.sera pas considérée comme démission. T . 3 1. » Les services civils dont lia durée^i’^uraientpaa été d’que année consécutive, et ceux quj, à jl’avenir, seraient interrompus par une inactivité de plus de, 10 années, ne seront pas admis. 32 . » Les employés qui, sur leur demande, seront remplacés par leurs femmes ou leurs enfaiis, à moins que ces derniers ne fussent employés de la même administration et dans un grade, immédiatement inférieur, ne pourront prétendre à la pension de retraite , quel que soit le nombre de leurs années de service. Titre VI. — Pièces justificatives de la durée etda la nature des services. 33 . » Tout employé admis à faire valoir ses droits à la retraite devra produire, indépendamment de son acte de naissance et d’un certificat du directeur de la dette inscrite au trésor royal, constatant qu’il jouit ou qu’il ne jouit pas d’une pension sur les fonds généraux : t°. » Pour la justification des services civils : » Un extrait des registres et sommiers de l’administration à laquelle il appartient, dûment certifié par les chefs, énonçant ses nom et prénoms, sa qualité, la date et le lieu de sa naissance, là date de son entrée dans l’emploi avec traitement, la série de ses grades et services, l’époque et les motifs de leur cessation, et le montant du traitement dont il a joui pendant chacune des quatre dernières années de son activité. » Lorsqu’il n’aura pas existé de registres, ou que tous les services administratifs 11e se trouveront pas inscrits sur les registres exis tan s, il y sera suppléé, soit par un certificat du chef ou des chefs compétents des administrations où l’employé aura servi, présentant les indications ci-dessus énoncées, soit jtar un extraitdes comptes et étatsd’émargement, certifié par le greffier de la cour des comptes. » A défaut de ces justifications, et lorsque, pour cause de destruction des archives d’où on aurait pu les extraire, ou du décès des fonctionnaires supérieurs, l’impossibilité de les produire aura été prouvée, pourront être admis des actes de notoriété, conformément à l’ordonnance du 1 3 novembre 1816. PEN PEN 491 2 0 . » Pouf la justification des services militaires de terré 6a dé mer : 9niJll:< l j> Soit un congé en bonne forme,«oit un certificat du ministéredeila guerre ou de la marine s *6certificat devra, indiquer la nature des services, leur durée , et faire connaître la cause de leur cessation. » En outre,il sera produit un certificat qui constatera que ce» services n’ont pas été récompensés sur les foruk.de k caisse des invalides de la guerre ou de la niariné.i ut i ; 34 «'Ees'vrtwes auxquelles le décès de leur mkri ouvrirait un droit à pension fourniront, avec les pièces qtle^ceux-ci auraient été tenus de produire , leur acté de naissance, l’acte dé célébration de leur mariage, l’acte de décès de leur mari, et un certificat Constatant qu’il n’y a pas eu entre eux séparation de corp6. » EWééproduiront en outre, si elles ont des en- fans au-dessous de 16 ans, les actes de naissance et lés certifieStSde Vié dé chacun d’eux. ' 35 . ji LjeS tuteurs dès orphelins produiront pour lèurs piipilles leurs actes de naissance, les acles de mariage et de décès de leurs pères et mères, et les titres dé services et justifications exigés par l’article 33 (a). (a) Dans le cas où il existerait sur quelques-unes îles piè- oes produites 4 comparées avec l'expédition AGEN S ACTIFS UES ADMINISTRATIONS. Vu pour être aunexéà l’ordonnance du Hoi en date du tajan vier 1825. Le Ministre Secrétaire d'état des finances , Signé, Jh. ne VlLLÈUE. Tableau N°. 2. Tableau des Maxima de pensions des Fonctionnaires et Employés du ministère et des administrations et régies des finances. Signé CHARLES. Le ministre secrétaire d'étàt des signé Jh. deVillèle. QUOTITÉ DES TRAITEM EW S. maximum de la Pension. 3* ^ ' 2 • Q' f de 1,000 f. et au-dessous. 75 o f. t Ide 1,001 à 2,100. . . . 1,400 4 de 2,101 à 3,2co. • 1,600 Jde 3,201 à 8,000. . • . moitié du Traitemenss traitem. S Jde 8,001 a 9,000. . . • 4,000 Ide 9,001 à 10,500. . . . 4,5oo fdeio, 5 ot à 13,000. . . . 5,ooo . 5 V au dessus de 12,000. . . • 6,000 s < j Fonctionnaires à remises et salaires . Receveurs et conservateurs des hypo- . tlièques dans les chefs-lieux de dé- *1- •y , .m partemens ..;. 2,000 v \V> T " Conservateurs des hypothèques dans les chefs-lieux d’arrondissemens , . , h 5 **'’. Receveurs de l’enregîstremfent dans lès chefs* lieux d’arrondissemens ou de s cantons.. i,ioû : , Employés de l’atelier général du timbre à Paris et du timbre dans les dépar- moitié du traitem. 5oo Vu pour être annexé à l'ordonnance du Hoi en date du j 2 janvier 1S2.Î. Le Ministre Secrétaire d’état des finances Signé Jh. u» Villèle. PÉP PEP 4

ar lui et à son profit, en totalité, sous la condition , i°. de livrer chacune de ces portions ensemencées en grainesqui lui sont fournies par l’Administration, ou qu’il lui est permis de récolter dans les forêts; savoir, la première portion à la troisième année de la concession ; la deuxième, à la quatrième année, et la troisième, à l’année suivante ; 2 0 . de donner les façons nécessaires à cet ensemencement; 3 °. d’entourer de bons fossés garnis de haies d’épines la totalité de la pépinière; 4“. de renouveler les semis tous les trois ans , temps ordinairement fixé pour que le plant puisse être employé aux plantations en massif. ( Circnl. du 4 fructidor an 9 — 22 août 1801.) Le second moyen de se procurer une pépinière forestière propre à élever des plants pour les plantations en massif et pour les plantations en ligne, consiste à en donner l’entreprise, à prix d’argent, et par voie de soumission, à un cultivateur intelligent. Un cahier des charges, arrêté par l’Administration des forêts, le 1 er . ventôse an 10 (20 février 1802), et dont le texte entier se trouve dans les Annales forestières , année 1809, p. 4 1 2 et suiv ., contient, pour principales conditions, celles qui suivent : i°. Entourer le terrain destiné à la pépinière de fossés dont les bords seront plantés de haies vives en triple rang et d’essences épineuses; 2°. Distribuer ce terrain en 8 parties au moins et 12 au plus, et les séparer par des chemins Ou ^entiers ; 3 °. Lever le plan figuratif de la pépinière et v indiquer les numéros d’ordre des divisions; 4 °. Faire connaître , chaque année, au i er . octobre, le nombre et les numéros des divisions destinées à recevoir des semis ou plantations avec l’indication des essences; 5 <*. Défoncer le terrain des portions à mettre en plantation, six mois à l’avance, à jauge ouverte et à la profondeur d’un mètre, si le sol le permet ; et les portions destinées aux semis, â 66 centim. de profondeur; 6<>. Nettoyer le terrain des herbes, racines ou pierres, et luiulonner toutes les autres préparations nécessaires ; 7 0 . Cultiver les espèces d’arbres indiquées, et sous la surveillance des agens; 494 PÉP 8°. Entretenir les plantations, à partir de la deuxième année, par deux labours chaque année, le premier en novembre, et le second en avril de l’année suivante} par le remplacement des arbres morts ou mal venans; par l’élugage des plants, et leur redressement à l’aide de tuteurs} par des raclages et binages entre les deux labours d’avril et de novembre} 9°. Donner aux terrains destinés aux semis et repiquages de menus plants une préparation particulière , consistant dans le défoncement à jauge ouverte, l’épierrement parfait, le bris des mottes, l’extraction des herbes, le passage des terres à la claie, s’il est reconnu nécessaire, le mélange de ces terres, et l’addition de celles que pourraient exiger certaines espèces d’arbres, et le dressement des planches destinées à recevoir les graines; semer en rayons ou à la volée; couvrir les semences, soit avec la terre du sol, soit avec du terreau, des sables de bruyères ou autres, des feuilles, paillis ou fumiers brisés et préparés à l’avance ; sarcler, biner et arroser les semis pendant le cours de la première année } couvrir les semis pendant l’hiver lorsqu’ils l’exigent ; continuer, pendant les années suivantes et jusqu’à l’extraction des jeunes plants du semis, les mêmes exherbages et binages, et la couverture d’hiver; remplacer les plants qui ont manqué; éclaircir les semis, s’il est nécessaire ; io°. Remettre en pépinière les plants qui, lors de l’extraction totale d’une planche de semis ou d’une division d’arbres, seraient trop faibles pour être plantés définitivement ; 11°. Espacer les plants suivant les instructions des agens; 12 . Constater, par hectare et sous-divisions de l’hectare , les serais et plantations exécutés, pour en procurer le paiement, qui se fuit, par portions égales, en quatre termes : i°. après les travaux mis en activité; 2°. après la plantation faite; 3 °. après le labour du printemps et le premier raclage; 4°- après le labour de novembre et les regarnis exécutés; i 3 °. Constater pareillement les travaux d’entretien pour la deuxième année et les années suivantes, lesquels sont payés en deux termes : i°. après le labour d’avril, 2°. après celui de novembre ; i4°. Permettre à l’entrepreneur de (aire une seule culture à son profit sur les divisions de la pépinière non encore en ordre de plantation , pourvu que cette culture soit faite avant le défoncement à jauge ouverte. § 2. De l’utilité des pépinières forestières pour les grandes plantations. Les plants que l’on tire des forêts pour les plantations en massif ne réussissent jamais aussi bien que ceux qu’on a élevés dans des pépinières, parce qu’ils ne sont point assez garnis Lorsqu’on est obligé d’établir utje pépinière dans un lieu non clos, il faut l’entourer, soit de fions fossés et de baies vives, soit d’un treillage, d’un palis ou d’un mur. Le premier moyen de clôture est celui qu’on préfère pour les péjiinières forestières, parce qu’il est le plus économique. § 7. — Préparation du terrain. Le terrain doit être défoncé à deux pieds au moins PÉP de profondeur, et débarrassé avec soin des pierrés et racines d’arbres, du chiendent, du liseron , et d’au- trei plantes -vivaces qui peuvent s'y trouver. Plus le sol aura été remué, divisé, changé de place, et mieux les arbres prospéreront; en conséquence, le défon- ceihent à la pioche sera employé, autant que pos- sibléy dè jifélérenceà tout autre, parce qu’il opère une jiVision plus complète et plus profonde. V. Défoncement. Cependant il faut consulter la nature du terrain, pour saÿtiirà quelle profondeur le défoncement doit avoir lieu : il devra être moins profond dans les ter- raini’qtri'contiennent peu de terre végétale, parce que cette terre, trop enfoncée ou trop divisée dans son mélange avec l’autre terre, servirait moins à la nourriture des jeunes plants. L’opération du défoncement doit être faite avant l’hiver, sur-tout si l’on se propose de semer ou de planter au printemps, afin que les terres du fond, ramenées à la surface, puissent s’ameublir et s’amender'par Peffet des pluies, des gelées, des neiges et iês 'garde l’atmosphère. Dans tous les cas, il faut que ledéfoncement précède le semis ou la plantation dé cinq ou six mois. § 8. *— Des cultures les plus convenables a faire dans les parties vacantes de la pépinière. On doit proportionner l’étendue des semis et des plantations à faire chaque année dans une pépinière , aux besoins que l’on aura de plants aussi chaque aimée, et à cet égard on peut se régler d’après ce que nous avons dit au § 2. Toutefois, il faut profiter des années abondantes en graines, pour faire des semis plus considérables, afin de ne pas être obligé d’interrompre les plantations. Il restera plusieurs parties vacantes, notamment dans les premières années, puisque, pour avoir des plants de tous âges, ce n’est que successivement et d’année en année , que l’on doit garnir le terrain. D’ailleurs, quand un carré de semis ou de plantation est levé , il ne faut pas le remettre de suite en pépinière; il est utile d’y faire une autre culture pendant 2'ou 3 ans. Les plantes qu’on doit y cultiver de préférence sont les pommes de terre, les navets, le tabac etautres plantes qui ont la prôpriété de nettoyer lu terrain des mauvaises herbes, et dont la récolte se fait assez à temps pour qu’on puisse y faire succéder les plantations d’autômne. Mais il faut éviter d’y cultiver des plantes épuisantes j telles que le froment et autres graminées, qui, mûrissant sur pied, enlèvent beaucoup à la terre sans presque lui rien rendre. V. Succession de culture. Dans les pépinières qui sont à l’entreprise pour le compte de l’Administration forestière, 011 fait en- fret la valeur de ces cultures intercalaires dans le prix qü’on alloue aux entrepreneurs. CHAPITRE II. — DES SEMIS. § 1 - — -Des terrains particulièrement propres aux semis, qui se rencontrent dans les forêts. Lorsqu’on n’a besoin que de menus plants pour former des plantations de taillis , il n’est pas ncces- Tome II. PÉP 497 saire de faire la dépense d’une pépinière régulière ; il suffit de former des semis qui puissent fournir des plants de 2 à 3 ans, et l’on trouve souvent dans les forêtsdesemplacemenslieureux pour cet objet. II est important de les mettre à profit dans les années abondantes en graines, aiflsi que cela s’est fait plusieurs fois d’après les instructions de l’Administration forestière. V. les Circul. des 18 septembre 1807 et 19 septembre 1808. Voici un exemple de terrain particulièrement propre à former un semis. En 1818, M. d’André, intendant des domaines de la couronne, qui s’occupe, avec autant de zèle que de lumières , de la propagation des arbres indigènes et exotiques, avait à former dans le bois de Boulogne, près Paris, un semis considérable de chênes et de noyers d’Amérique, dont mon estimable collègue et ami, M. Michaux, lui avait procuré des semences. Nous recherchâmes ensemble un local qui pût réunir à-la-fois un terrain substantiel, une fraîcheur suffisante et quelques abris. Nous trouvâmes toutes ces conditions près d’Auteuil, sous une vieille futaie de chênes très clair-semés. Le terrain est en pente douce, composé de sable mêlé d’un peu de terre de bruyère, et dont la fraîcheur est entretenue par quelques légères infiltrations d’eau qui viennent de la partie supérieure, où se trouve une mare constamment remplie d’eau. L’ombre très- légère que projettent les arbres et qui varie avec le cours du soleil, suffit pour défendre le semis de la sécheresse et pour dispenser de tout arrosement. Les graines d’Amérique ont été semées en rayons très- espaces , sur un défoncement total du terrain ; jamais succès 11’a été plus complet, et aujourd’hui (i 825), les plants de plusieurs espèces de chênes ont de 12 à i 5 pieds d’élévation. Cependant les semis ont été faits au printemps de 1818, année remarquable par une longue sécheresse. Cette expérience a produit un autre résultat bien important pour l’économie forestière, et qui justifie l’excellente méthode des repeuplemens naturels. L’emplacement de la pépinière ressemble, à raison des arbres-futaies qui s’y trouvent, à ce que les Allemands appellent une licht-schlag, une coupe claire. Les labours faits sous ces arbres, où depuis 100 ans il ne levait pas un plant, à cause du gazon qui recouvrait le sol, ont donné lieu au développement d’une multitude de glands tombés naturellement des arbres en 1818. C’est ainsi qu’on devrait repeupler les vieilles futaies, eu faisant servir les arbres à l’ensemencement du sol par le moyen d’une légère culture. § 2. De la préparation du terrain pour semis. Outre le défoncement du terrain, exécuté 5 à 6 mois avant l’époque du semis, on donne une nouvelle préparation au moment d’exécuter le semis. On divise bien la terre et on la prépare comme celle d’un jardin potager; mais comme le terrain ainsi divisé pourrait se dessécher, sur-tout lorsqu’on opère au printemps, on a soin de le raffermir, soit en marchant dessus, soit en y faisant passer le rouleau. On partage l’emplacement eu planches de 4 à 5 pieds de largeur, entre lesquelles on laisse des sen- 65 PLP 4 98 tiers de 18 pouces aussi de largeur. Déplus, ou pratique quelques chemins principaux autour de l’emplacement et dans son intérieur pour la facilité du service. Dans une pépinière bien tenue , on a soin de se munir de piquets portant, soit sur le bois, soit sur des plaques de plomb, des numéros semblables à ceux qu’on aura mis précédemment sur les sacs de graines qu’on se propose de semer. On plante ces piquets en tète de chaque planche de semis pour indiquer l’espèce qu’on y a mise. § ô. — Des graines et des diverses précautions à prendre pour en assurer le succès. Nous donnons , au mot Semences , les instructions concernant leur récolte et leur conservation, et nous faisons d’ailleurs connaître ces procédés pour chaque espèce d.rhs les différens articles qui traitent des arbres. Un des points les plus importans est de se procurer des semences mûres et les plus belles possible. Quelques graines d’arbres veulent être semées aussitôt qu’elles sont tombées de l’arbre, d’autres peuvent attendre le printemps. 11 serait bon de suivre l’indication de la nature, en les semant aussitôt leur maturité ; mais comme la plupart des graines forestières sont du goût des oiseaux, des rats, des mulots et de quelques autres animaux, et que la grosseur de quelques-unes, comme les glands, les châtaignes, les faines, les fait découvrir facilement, on préfère de ne les semer qu’au printemps, sur-tout dans les pépinières. Quant à celles qui mûrissent assez tôt pour pouvoir donner du plant la même année, telles que cel’es de l’orme et des érables rouges et cotonneux , on doit les semer tout de suite. Comme dans une pépinière de peu d’étendue, le sol, la situation et toutes les circonstances locales sont à-peu-près les mêmes , et que cependant c’est dans co petit espace d’une nature homogène qu’on a à cultiver des espèces bien différentes entre elles, telles que des arbres de plaine ou de montagne, des arbres acjuatiques et des arbres résineux, et qu’il faut faire prospérer également toutes ces espèces, il est évident que le secours de l’art doit suppléer la nature dans plusieurs cas. Il y a des espèces dont les semences doivent être confiées à une terre fraîche, d’autres qui exigent un terrain plus sec; d’autres enfin qui veulent croître à l’ombre, ou au soleil, ou à telle ou telle exposition. Tl faut, sous ces divers rapports, tirer tout le parti possible du peu de variations que peut,présenter le terrain , et remplacer ce qui lui manque par des moyens artificiels, c’est-à-dire par des arrosages et des abris, par l’abaissement ou l’exhaussement du sol, etc., etc. (.a plupart des semences que l’on dépose dans une terre sèche, y demeurent souvent, avant de lever, une année entière, ou du moins une partie de l’année de plus qu’elles 11’auraient fait, si on les avait mouillées avant de les semer : telles sont celles des espèces légumineuses, des arbres résineux , des érables, du hêtre, du chêne, des frênes, de l’aune, des aliziers, du mûrier, des pommiers, poiriers, coignassiers, etc. four en hâter la germination, PLP lorsqu’on les sème au printemps , on les met tremper, pendant deux fois a4 heures, dans de l’eau avant de les semer, Qn les étend de suite sur un drap, et on les remue pour les ressuyer et les empêf cher de s’agglomérer. Les semences qu’on a ainsi préparées et mises en terre, y doivent être arrosées, et tenues constamment fraîches, si la température est sèche. Mais jl faut éviter de les mouiller avec excès, afinqu’elles ne pourrissent pas , ou qu’elles ne soient pas exposées plus tard à se racornir. On sait qu’une graine fortement mouillée, qui vient ensuite à se durcir , perd sa faculté germinative. On les arrosera donc légèrement, et de manière à ne leur faire éprouver que l’effet d’une pluiedouce. Ces semenceslèverontdans le courant de l’été et produiront des plants qui acquerront assez de force avant l’hiver pour supporter les rigueurs de cette saison. Les grosses semences, telles que les glands, les châtaignes, les faines, celles du frêne, etc., que l’on conserve dans du sable ou de la terre pendant l’hiver, et qui y germent au commencement du printemps, n’ont pas besoin de ces préparations. Il en est de même des semences qui ne lèvent naturellement qu’à la seconde ou à la troisième année, par l’effet de l’humidité de l’hiver.Onne doit pointles inouillernilesarroser,parceque ce serait les exposer àmoisiret à se pourrir. Les semences de cette nature sont : celles du charme, du micocoulier, du cornouiller sanguin, de l’épine blanche et do toutes les espèces de ce genre, des daphnés, des genévriers , du houx, du troëne, de la plupart des arbres à noyau, des rosiers, du staphylea, de l’if, du tilleul d’Europe, du frêne et des viornes. On ne doit point, à l’égard de toutes ces semences, s’inquiéter quand il n’en lèverait aucune la première année. Plusieurs espèces ont besoin d’ombre et d’abri contre les rayons du soleil, au moment où elles lèvent et pendant la première enfance des plants. Ce sont, sans parler des boutures de toute espèce, les plants provenant des grosses semences, telles que celles qui tombent naturellement sous les arbres pour s’y développer à l’ombre, et de plus les plants d’érable, de charme, du cyprès, du tulipier et de tous les arbres résineux. On leur procure l’ombre dont ils ont besoin, eu jetant sur les semis des brindilles d’arbres verts, comme de genévrier, de pin, de sapin, et à défaut de cette ressource un peu de paille. Toutefois, on ne doit employer ces abris que lorsque la nécessite en est reconnue, parce qu’ils salissent les semis, et qu’ils servent de refuge aux souris. On peut aussi répandre, avec les graines d’arbres, une demi-semence d’avoine ou de seigle, dont le chaume ne sera coupé qu’à la moitié de sa hauteur. Enfin, on forme des abris en plantant des lignes ou palissades de jeunes arbres à feuillps à l’exposition du midi. D’autres espèces veulent croître en plein air et sans abri pendant l’été. Ce sont, par exemple, le bouleau, le frêne, et tous les arbres à noyau et à pépin , les mûriers, le ptéléa, le thuya et les ormes. 11 faut être fprt réservé sur les arrosages à l’égard des pins et sapins une fois qu’ils sont levés, et ne PÉP leur en donner que dans les grandes sécheresses. Il en doit être de même à l’égard du cèdre rouge de Virginie et de toutes les autres espèces de genévriers. Quant au mélèze, aux cyprès de toute espèce et aux thuyas, ils aiment un peu d’humidité. Parmi les bois à feuilles , les espèces suivantes ont besoin de beaucoup de fraîcheur dans les pépinières- semis; savoir , les érables d’Amérique, les platanes , l’aune commun, les daphnés , les frênes, l’hip- pophaé, le tulipier, les espèces du genre néflier , le chêne rouge et le chêne des marais du nord de l’Amérique, la bourdaine , l’épine blanche, le sureau, le stapltyléa, l’if, l’orme à petites feuilles (u/mus saliva)y et l’orme d’Amérique, le tilleul, et toutes les myrtilles et les viornes. Les espèces qui préfèrent un terrain moins frais, pourvu qu’il ne soit passée, sont celles ci-après : nos érables, les bouleaux d’Amérique, l’épine-vinette', lé marronnier d’Inde, le micocoulier, la clématite , l’arbre de Judée, le ceanothus de Virginie , le baguenaudîfef, les cornouillers, les noisetiers, les sorbiers, le faux-êbénier, le fusain, le châtaignier, le hêtre, le robinier, le noyer, les chèvrefeuilles , les mûriers, les pruniers, les cerisiers , les poiriers, les pommiers, les chênes, les Sorbiers et l’orme champêtre ( ulmus campes tris). Les espèces qui réussissent sur les terrains secs, dans le sable et l’argile mêlée de terre végétale, sont: notre bouleau, la bruyère, les genêts, l’amandier, le pêcher, le sumac. § 4- — De la manière d’exécuter l’ensemencement. On trace, dans la largeur des planches dont nous avons parlé, des rayons à la distance de 6 pouces entre eux , avec un bâton ou avec une serfouette, sur une ligne 1 marquée au cordeau, et l’on donne à ces rayons la profondeur qu’exige l’espèce de semence qu’on doit y déposer. En tète du premier rayon , on enfonce un piquet numéroté , et l’on sème de rayon en rayon L’espèce; de graine dont le numéro porté sur le catalogue cor-; respond à celui du paquet de graine. On continue ainsi pour chaque espèce de graine, que l’on indique toujours par un numéro. L’ordre que nous indiquons pour l’exécution des semis n’est point une chose superflue; il a des résultats importans : i°. On évite les erreurs et la confusion dans la reconnaissance des espèces; 2°. on remarque plus clairement les progrès des semis ; 3°. les arrosages des rayons se font avec facilité; 4°. chaque plant a le même espace des deux côtés du rayon, pour y étendre ses racines et ses branches ; 5°. l’extraction des herbes se fait avec une grande facilité, en raison des rayons, en ligne droite et à une égale distance, qui permettent d’enlevér les herbes de plusieurs manières sans arracher les plants; 6°. l’œil non exercé des ouvriers les distingue mieux des mauvaises herbes ; 7 °. enfin l’extraction des jeunes plants est bien plus facile et cause bien moins de dommages en ! rayons que dans un semis plein. Les semences ne doivent être ni trop serrées ni trop écartées dans les rayons. Il faut avoir soin de ne point les jeter par tas sur la même place , mais PÉP 499 bien de les répandre les unes près des autres, et de manière qu’il reste un peu de place entre chacune. Nous avons fait connaître, aux différens articles qui traitent des arbres, les semences qui n’ont point besoin d’être recouvertes, celles qui veulent une couverture légère, et celles qui en exigent une plus forte. Ces indications se trouvent d’ailleurs réunies à l’article Semis. V. cet article. Il est prudent quand on fait les ensemencemens d’une pépinière, de commencer par les plus petites quantités de semences ou celles auxquelles On attache le plus de prix. On réserve pour la fin les semences les plus communes ou celles dont on a le moins besoin, afin que si l’espace vient à manquer, ou ait moins de regrets. Quant aux quantités de semences à employer, nous les avons indiqtiées en parlant de chaque espèce d’arbre ainsi qu’à l’article Serais. § 5. — Visite du semis. Il est utile autant qu’agréable de faire de fréquentes visites dans les pépinières. On pourvoit aux besoins des plants, on en remarque les progrès, on reconnaît les variations qu’éprouvent les arbres suivant leur âge et notamment dans leur jeunesse, où ils diffèrent souvent beaucoup de ce qu’ils sont dans l’âge adulte; on apprend à bien distinguer les espèces , et en général c’est le meilleur moyen d’étudier les arbres et d’en apprendre la culture et les différens degrés d’utilité. § 6. — De l’utilité des binages et de l’extraction des herbes dans tes semis. L’expérience prouve que les semis ne peuvent prospérer et qu’ils finissent par périr lorsque le gazon et les grandes herbes s’y établissent. La raison en est simple : les herbes s’emparent dans le sein de la terre des substances qui profitaient aux plants du semis; en recouvrant le sol , elles les privent en même temps des principes de fécondité que les pluies, la neige, l’air et la chaleur procuraient à la terre. De là, la nécessité des binages et des sarclages, qui enlèvent ces avides parasites, ameublissentle terrain et le rendent à l’influence des météores. Il n’y a qu’un petitnombre d’espèces d’arbres qui, étant très-délicats dans leur enfance , puissent avoir besoin del’abri des herbes contre la chaleur ou les ge- Iées;et de ce nombre sont les pins et sapins, dont les jeunes plants sont d’ailleurs si faibles, que l’extraction des herbes ne pourrait guère se faire sans en enlever une partie. Mais à l’égard de la plupart des arbres, les sarclages sont d’une nécessité indispensable. L’extraction des herbes se fait très-facilement au moyen du hoyau ou de la binette dans les lignes droites qui séparent les rayons semés, et il n’y a que dans les rayons eux-mêmes qu’on soit obligé d’arracher les herbes à la main. Les sarclages et les binages se répètent autant de fois que le besoin l’exige , eu égard à la nature du terrain et aux espèces de plantes ; mais ils ont lieu au moins deux fois par an, au printemps et en automne. On doit toujours arracher les herbes, avant qu’elles soient montées en graine , pour en éviter la niultiplicatiôn. 03 4 5oo P É P § 7. — Des ennemis dont il faut défendre les semis. Plusieurs animaux conspirent à la destruction des semis, soit en mangeant les semences, soit en endommageant les plants : tels sont les lapins, les lièvres , les bêtes fauves et les sangliers. On peut, par une bonne clôture, leur en interdire l’entrée; mais il est d’autres ennemis, tels que les mulots, les taupes, les vers blancs , les courtilières, les limaçons, les chenilles et les sçarahéès, dont il est bien difficile, pour ne pas dire impossible, de garantir (es grandes pépin'ères. Lorsque le semis n’occupe qu’environ un demi-arpent (25 ares), et qu’il s’agit de co'nserver des plants rares et précieux, on peut tenter quelques moyens et en attendre du succès , si l’on s’y prend avant que le dommage soit considérable. Les mulots et les taupes se prennent dans des pièges; on détruit aussi les premiers en les empoisonnant avec de petites boules de drêclte, mêlées d’arsenic, que l’on jette à terre après les avoir fait durcir. On peut encore en détruire, en leur donnant des carottes empoisonnées. Toutefois, ces moyens ne sont point sans inconvénient. V., au surplus, les articles Courtilière , Hannetons, Insectes , et Mulot. § 8. — Des précautions à prendre pendant l’hiver. Les jeunes plantes délicates sont exposées à plusieurs sortes de dangers pendant l’hiver; savoir , i°. La gelée, qui endommage leur tige ou leurs racines ; 2°. La surabondance des neiges, qui s’élèvent quelquefois à la hauteur des clôtures, et favorisent l’introduction des lièvres dans la pépinière , où ils causent, à cette époque, de grands dégâts; 3 °. Le dégel, qui gonfle la terre et met les racines à découvert; 4 °. Les mulots, qui se retirent dans les semis pendant l’hiver, et y dévorent les semences non encore levées et les racines des jeunes plants. On perd heaucoüp de plants, même des espèces indigènes, pendant l’hiver, lorsque l’été a été froid ou pluvieux, que les semences ont levé tard et que les jeunes plants ont continué leur croissance fort avant dans l’automne sans que les pousses aient eu le temps de s'aoûter. Dans ce cas, la gelée les fait mourir souvent jusqu’au collet de la racine. On reconnaît que les pousses de l’année sont aoûtées , à la formation des boutons de la partie supérieure ou moyenne de la tige; à la fermeté et à la solidité des dernières feuilles; à la dureté et à l’état ligneuxet non herbacé des brancheset des rameaux. Tous les plants qui présentent cet état complet de végétation, n’ont point besoin d’abri contre les froids de l’hiver, à moins que ce ne soient des espèces des pays chauds. Quant aux autres, il est nécessaire de leur en procurer. Parmi les espèces qui, dans les climats un peu au nord, restent délicates la première année, on remarque ordinairement les amandiers , les pêchers , l’ abricotier , le noyer , le micocoulier , Varbre de Judée , le baguenaudier , le châtaignier , les cyprès, le tulipier , le liqtiidanibar, le mûrier, le pin PÉP maritime , le peuplier d’Italie , les chênes verts , le robinier , le saule-pleureur , le thuya d’Orient. Pour préserver de la gelée les plants de ces espèces, on lescouvre pendant l’hiver de feu il les mortes, à la hauteur de 4 à 5 doigts, et ou complète la couverture avec de menues ramilles ou avec de vieilles nattes. On ne doit pas se servir de paille, attendu que les mulots ne manqueraient pas de s’y établir et de faire beaucoup de tort au semis. Il faut avoir soin de n’enlever que petit à petit les couvertures de ramilles à l’approche du printemps , lorsque les grands froids sont passés , afin d’habituer insensiblement les jeunesplantsà recevoir l’impression de l’air libre. Quant à la couverture en feuilles mortes qui gît sur le sol, on peut la laisser jusqu’à la pousse des feuilles. Lorsqu’il y a beaucoup de neige, qu’elle s’élève à la hauteur des clôtures , et qu’il gèle assez pour lui donner de la consistance, il arrive quelquefois que les lièvres s'introduisent dans 1 * pépinière; il faut y veiller pour leur ôter cet açc<)s , en détournant la neige de l’approche des clôtures ; sans quoi, une seule nuit suffirait pour qu’il se fit de grands dégâts. On doit aussi , lors de la fonte des neiges , procurer un prompt écoulement aux eaux f i poqr éviter les dégradations que leur séjour pourrait Qccasionner. Les semis faits sur les terrains qui se gonflent par l’eau des neiges , de même que sur ^qctix qui sont trop légers et sablonneux, présentent,, â la fin de l’Inver, un spectacle singulier, mais fâcheux. La gelée , par son action sur l’eau , en augmente le volume, ainsi que celui de la terre; elle exhausse cette terre et à-la-fois les jeunes plants , dont les racines ne sont pas bien fixées dans un semblable terrain. Lorsque la terre reprend son assiette , on voit les jeunes tiges couchées à la surface du sol, comme si on les avait arrachées avec précaution. Il faut se hâter, aussitôt le dégel, de les renfoncer avec le doigt, et de les repiquer soigneusement, si l’on ne veut pas tout perdre. Au moyen des attentions minutieuses , mais nécessaires , que nous venons de recommander, l’on évitera beaucoup de pertes pendant le premier hiver , et l’on assurera les progrès des semis dans la saison suivante. La plupart des semences restées en terre lèveront, même celles des espèces qui ont déjà levé la première année. Le nettoiement des herbes, avant qu’elles se soient fortifiées et qu’elles soient montées en graine, continuera d’avoir lieu très-soigneusement. On renouvellera les numéros indicatifs des espèces d’arbres qui se seraient effacés, et on portera un œil attentif sur tout ce qui pourrait causer du dommage dans le cours de la seconde année. $ 9. — De la nécessité de ne pas trop différer la transplantation, des jeunes plants du semis. Il est important, pour le succès des plantat’ons, de préparer de bonne heure les jeunes tiges à subir la transplantation, que l’on peut regarder comme une opération contre nature : le succès sera d’autant plus assuré que ces plants seront plus jeunes. 001 PÉP L’époque de l’extraction est ordinairement indiquée par le rapprochement des plants entre eux, qui ne permet plus aux racines de s’étendre convenablement, et qui menace d’étouffer par la suitâ un grand nombre de ces plants. Dans cet état,, les racines s’enfoncent perpendiculairement; il ne se forme point de raciues latérales , racines si nécessaires pour le succès des plau- tations ; il ne.se forme point non plus de branches latérales , et la tige s’allonge sans proportion avec sa grosseur; ce qui est également nuisible aux tiges destinées à être replantées, puisque les feuilles dont les rameaux sont chargés contribuent autant que les. racines à absorber les substances propres à la nourriture des végétaux. Le défaut d’espace cause encore le dépérissement des plants avant qu’ils aient pu atteindre l’âge d’être placés à demeure; enfin il est contraire â tous les princqies de laisser vieillir les plants dans un semis. On doit donc les extraire à la deuxième ou à la troisième année, soit pour les planter à demeure, soit pour les planter en pépinière. § 10 .— De l'époque de Pextraction des plants. L’extraction des plants se fait quand les arbres ont perdu leurs feuilles en automne , et se continue pendant l’hiver et au printemps, jusqu’à ce que le mouvement de la sève s’annonce par le gonflement de boutons. Quant aux arbres résineux , on peut les extraire pendant presque toute l’année, excepté le fort de l’été ; mais c’est principalement sur la Jin du printemps que cette extraction doit avoir lieu. §ii. — De la manière d’extraire les plants des semis. Chaque espèce de plant doit être arrachée et transportée séparément. On commence par ceux qui ont complété leur végétation de l’année. On se place à l’extrémité d’une ligne , et à l’aide d’une bêche, on les soulève doucement avec toutes leurs racines et la terre qui s’y trouve.Par ce moyen, on rompt l’adhésion des racines à la terre, et l’extraction se fait sans causer aucun dommage. On continue l’extraction de ligne en ligne, dans toute la planche du même semis. S’il s’agit d’un semis plein, on fait à l’extrémité de la planche une fosse d’une profondeur égale à la longueur des racines du plant, et on mine ainsi tout le terrain pour enlever successivement tous les plants sans endommager les racines. § 12 . — Triage des plants. 11 faut trier les plants, en former des tas particuliers suivant leur grosseur, en séparant les plus gros, les moyens et les plus petits. On les arrange avec ordre, racines contre racines et tiges contre tiges. On évite avec le plus grand soin de laisser longtemps les racines exposées à l’air , sur-tout par le hàle , et pour cet effet on en couvre les tas avec quelques vieilles nattes ou paillassons qu’on a mouillés, ou autre chose semblable. PÉP Le triage des plants est très-important, afin de ne mettre ensemble dans la pépinière que des plants de même force , et d’éviter que les plus forts n’étouffent les plus faibles. § i3. — De la préparation des racines. L’objet principal de la transplantation en pépinière est de faire produire aux plants un ^rand nombre de racines fraîches et vives , qui puissent assurer le succès de la plantation à demeure. Pour atteindre ce but, il est indispensable de retrancher l’extrémité du pivot, lors même qu’il serait très- court, Cette amputation l’empêche de continuée son prolongement perpendiculaire , et donne lieu au développement d’un grand nombre de racines dans la direction oblique ou horizontale du terrain , production qui ne se ferait point si le pivot continuait son accroissement par son extrémité, ou si la tige était arrivée à un âge tel que ses racines eussent à percer à travers une écorce trop forte. Comme les plants d’un semis sont courts, on en prend une poignée , qu’on appuie sur un billot, et d’un seul coup de serpe on retranche les pointes des racines pivotantes, en épargnant avec soin les racines latérales. Il vaudrait mieux sans doute se servir de la serpette, et opérer séparément sur chaque plant; mais comme cette manière serait trop longue pour une grmde plantation, on ne l’emploie que rarement. On a soin au surplus de se servir d’une serpe bien tranchante, et de la diriger avec précaution. Cette opération s’appelle habiller les plants. Lorsqu’elle est faite convenablement, la plaie se cicatrise dans la première quinzaine où les plants commencent à végéter; mais il n’en est pas de même à l’égard des vieilles tiges, et par conséquent des grosses racines ; la plaie ne se cicatrise jamais, et la pourriture en est inévitable : aussi les plants qu’on a laissé veillir sans leur faire subir de transplantation , meurent très-souvent quand on les plante â demeure. 11 faut, lorsqu’on est obligé d’employer des plants un peu forts, qui n’ont point subi de transplantations préliminaires, en respecter le pivot, et si les trous destinés à la plantation ne sont point assez profonds pour le contenir, on doit placer horizontalement l’extrémité de ce pivot dans le fond de la fosse. § 1 4- — Transport des plants du semis air lieu de la plantation en pépinière. Comme il est très-important d’éviter que les racines ne soient exposées à l’air , on doit, lorsque le lieu de la plantation se trouve à une certaine distance de celui de la pépinière-semis, ou lorsqu’il fait du hàle , mettre les plants dans des corbeilles , les couvrir avec de la mousse humide, et y laisser cette mousse tant qu’il restera un plant dans la corbeille. Il faut éviter aussi d’extraire du semis plys de plants qu’on ne peut en employer dans la journée. C’est principalement au printemps et par les vents du.nord que ces précautions sont utiles , et l’on ne doit jamais les négliger quand il s’agit de plants d’arbres résineux. 5o2 PÉP PÉP Pour éviter la confusion des espèces, il est nécessaire de mettre dans le panier serrant au transport le piquet numéroté, qui distinguait la planche du semis, afin de le placer en tète du carré destiné aux mêmes plants dans la plantation. Les boutures doivent, comme les plants de semis, être relevées l’année qui suit celle où elles ont été mises en terre , ou au plus tard la seconde année, parce que si on les laissait long-temps en place, leurs racines s’étendraient au loin sans se ramifier , et la rupture en serait inévitable lors de leur extraction. V. Bouture. CHAPITRE III. — de l’f.ducatiox des arbres DE HAUTE TIGE. Les arbres que l’on destine à être plantés sur les routes , en quinconces ou en avenues , doivent être élevés en pépinière, et y recevoir toutes les préparations propres à donner à leur tige la forme qu’elle doit conserver , et à leurs racines tout le développement utile au succès de leur plantation à demeure. § i er . — P réparation du terrain. Nous avons indiqué la nature du terrain qui convient à une pépinière en général, et nous avons supposé un emplacement qui réunisse toutes les conditions nécessaires pour y élever des arbres de toute espèce. Nous avons aussi parlé de la première préparation, qui consiste dans Indivision principale de la pépinière et dans le défoncement du terrain. Lorsque le moment de la plantation est arrivé, on trace au cordeau, dans chaque carré à planter, des alignemens qui le traversent d’un bout à l’autre, et sur lesquels doivent se faire les plantations. On les espace plus ou moins, suivant la nature du sol, l’espèce d’arbre qu’on doit y planter, et le temps probable que le plant doit y rester. Ces circonstances sont importantes à apprécier, car il faut moins de distance dans un terrain maigre que dans un sol fertile, et il en faut moins aussi pour planter des arbres pyramidaux, tels que le peuplier d’Italie , le cyprès pyramidal, que pour les arbres qui étalent leurs branches , et enfin pour les arbres qui ne doivent rester en place que 3 ans, que pour ceux qui doivent y rester 6 ans. On doit observer un juste milieu pour la distance à mettre entre les plants, car s’ils sont trop serrés, ils font toutes leurs productions en hauteur, s’étiolent et s’enlèvent réciproquement la nourriture ; et si au contraire ils sont trop écartés, leur cime ne conserve pas à leur pied la fraîcheur qui leur est si nécessaire, et ils filent moins régulièrement. Il est donc impossible de fixer une distance uniforme ; mais on peut adopter pour règle que la distance ne doit pas être moindre d’un pied ni au- delà de a pieds dans un terrain de moyenne qualité. Les alignemens que l’on trace doivent couper à angle droit les chemins de séparation qu’on a faits pour marquer les divisions de la pépinière et être aussi droits que possible , autant pour la régularité que pour la facilité des binages. La direction des lignes de plants n’est pas une chose indifférente : on doit faire en sorte que les intervalles soient enfilés par le vent dominant. § 2 . — De la plantation. On plante de trois manières; savoir, i°. En rigole, 2 °. dans des trous, 3®. au plantoir. La première méthode ne s’emploie que lorsque le plant est très-faible , ou lorsque le terrain n’a pas été labouré assez profondément. Dans le premier cas, on pratique une petite fosse de 4 pouces de large sur 6 à 8 de profondeur, dans la longueur dit carré et en suivant le cordeau. Dans le second cas, et lorsque le plant est plus fort, on donne à la rigole une largeur et une profondeur plus considérables, par exemple, celles d’un fer de bêche. On dépose les terres du côté opposé au cordeau, et lorsqu’on a terminé une ligne on exécute le même travail du côté où était le cordeau , afin de ne point marcher sur la petite berge. La seconde méthode, celle qui consiste à planter dans des trous, est la plus employée. On fait ces trous avec la bêche , toujours sur un alignement rigoureux donné par le cordeau. Quant à la troisième méthode, elle doit être réservée pour les boutures, encore n’est-ce que par économie; car l’action du plantoir durcit la terre en la tassant, et la rend par conséquent moins propre à donner passage aux racines du jeune plant. On doit éviter de planter par le hàle , et si l’on est obligé de le faire, on se sert des corbeilles dont nous avons parlé pour renfermer les plants. On en tire une certaine quantité, qu’on met dansun panier plus petit, et que l’on recouvre également de mousse ou de paille mouillée. On place le panier devant soi, pour n’en sortir les plants qu’à mesure qu’on les met en terre. Ces précautions sont fort utiles par le hàle et pour toutes les espèces d’arbres qui se prêtent difficilement à la transplantation, comme les arbres résineux. Il faut encore prévenir avec le plus grand soin l’elfet des gelées sur les racines. Il est des arbres qui, quoique très-robustes, y sont sensibles , l’orme , par exemple. Plusieurs personnes conseillent, lorsque les plants destinés à former une pépinière sout tirés d’un semis éloigné, de les faire tremper un , 2 ou 3 jours dans l’eau, suivant leur état de dessèchement ; de les mettre ensuite en jauge, et de les y enterrer à 2 ou 3 pouces de profondeur, si on ne peut pas les planter sur-le-champ. Avant de commencer la plantation, l’ouvrier place en tête du carré le piquet indicatif de l’espèce de plant qu’on doit y mettre , et ensuite il marque la distance à observer entre chaque plant sur les lignes , en se servant à cet effet d’un petit bâton lorsqu’il veut opérer très-régulièrement. 11 tire un plant du panier , et le place dans la rigole à l’endroit marqué; puis, avec la main droite, il prend la terre meuble rejetée sur l’un des bords dé la rigole , et en recouvre exactement les racines du plant jusqu’au bord opposé de cette rigole. II continue ainsi sur toute la ligne. Quand on ne craint point le hàlé et qu’on ne tient pas d’ailleurs à une précision rigoureuse, on dépose à l’avance les plants à une distance approximative sur la longueur de la rigole, et on procède '■^uife à leur plantation. PÉP PÉP 5o5 Il est bon de laisser entre les plants un petit creux dans la rigole lorsqu’on les recouvre, et d’y verser de l’eau avec un arrosoir, afin de fixer la terre meuble sur les racines. Cet arrosage , fort utile en tout temps et dans toutes les circonstances , contribue infiniment à la réussite de la plantation. Après l’arrosage, on achève de remplir la rigole avec de la terre , en se servant d’une pelle , et l’on appuie sur la terre avec le pied gauche dans la longueur de la rigole pour l’affermir ; mais on évite de piétiner trop près du plant. On ne doit pas , en général, enterrer les plants plus profondément qu’ils ne l’étaient dans le semis. Cependant il faut avoir égard à la nature du terrain : par exemple, on les enterre à 5 pouces dans les terres légères et très- doucçs; à4 pouces, dans celles qui ont plus de consistance , et à 3 pouces dans les terrains humides. Lorsqu’une ligne est plantée, on en forme une autre de la même manière , et l’on continue jusqu’à ce qu’on ait épuisé tout l’assortiment des plus forts plants de l’espèce ; ensuite on plante ceux qui sont d’une grosseur moyenne, et enfin les plus petits. On procèdq de même à l’égard des autres espèces. Observons que l’on plante en damier, afin que chaque plant trouve plus d’espace pour étendre ses racines. $ 3 . —- Des binages des plantations en.pépinière. Les herbes qui sont nuisibles aux semis le sont encore aux jeunes plantations. La première année, la plantation doit être binée au moins deux fois pendant l’été , et labourée à la bêche au moins une fois pendant l’hiver. Ces binages et ces labours sont d’une grande utilité pour tenir la surface de la terre meuble et nettoyée de mauvaises herbes. Ils doivent être faits avec précaution , pour que les racines ne soient pas blessées ni déchaussées. On choisit pour les entreprendre un temps où la terre ne soit ni trop sèche ni trop mouillée , afin qu’elle se divise plus facilement. Celui qui est jaloux de tenir sa pépinière bien propre passe le râteau sur le terrain après le binage, pour en retirer toutes les herbes et en former des tas hors de l’enceinte des plantations. Il les laisse sécher et se consumer, pour s’en servir au besoin comme d’engrais. Cette pratique est sur-tout utile quand on fait les binages par un temps humide, parce que les plantes vivaces, quoique arrachées, reprennent facilement si elles restent sur le terrain sans y être desséchées parle soleil; ce qui oblige à recommencer les binages plus souvent et augmente la dépense. Mais lorsqu’on fait les binages par un temps sec, on peut laisser les herbes sur place ; elles s’y dessèchent d’abord, se pourrissent ensuite, et procurent aux jeunes arbres un engrais naturel et sans inconvénient, et qui rend à la terre ce que ces mauvaises herbes en avaient enlevé pour leur nourriture. Comme la crue des herbes et leur plus ou moins d’abondance dépendent de la nature du sol, on ne peut fixer d’une manière positive les époques où dojvent se faire les binages 5 mais si l’on en fait trois, comme cela est presque toujours nécessaire, le premier doit avoir lieu au commencement du mois de mai, le second à la mi-août, et le troisième vers le commencement d’octobre. Une attention très - importante qu’il faut avoir, est de 11e pas attendre que les graines des plantes arrivent à leur maturité et tombent sur le terrain ; au moyen de cette attention et de la précaution qu’on aura eue d’extraire les racines des plantes vivantes lors du défoncement, on aura moins d’herbes à détruire. On continue les mêmes binages pendant les années suivantes. La dépense de ces binages varie suivant que le sol est plus ou moins pur ou mêlé de pierres , plus ou moins compacte ou léger , et suivant que les herbes sont plus ou moins abondantes et d’une extraction plus ou moins difficile. § 4 -—Des sécheresses qui peuvent arriver dans le premier été de la plantation. Si, la première année de la plantation, il survient une longue sécheresse, elle tue un grand nombre de plants , qui n’ont point encore pris assez d’accroissement. On prévient cette perte par des arrosages , si l’on a eu soin d’établir la pépinière à proximité de l’eau. Dans ce cas , on pratique avec le hoyau une petite rigole à côté de la ligne des plants, et on y verse avec l’arrosoir autant d’eau qu’il en faut pour rafraîchir leurs racines : une journée d’ouvrier employé à ce travail peut sauver des milliers de plants. § 5 . — De l’excès d’humidité. L’humidité excessive d’une pépinière, causée soit par l’effet des pluies permanentes de l’été, soit par la fonte des neiges au printemps, est un accident qui tient à la situation de la pépinière, et qu’on n’aura jamais à redouter dans les terrains en pente, où l’écoulement des eaux est facile et sans inconvénient , puisque la partie inférieure est destinée à l’éducation des arbres aquatiques; mais dans les fonds où l’eau séjourne, il est indispensable d’en favoriser l’écoulement par des sangsues et des rigoles, dans la direction la plus favorable, suivant la disposition du terrain. § 6. — Du recépage des plants. Le recépage consiste à rabattre la tige des plants près de terre ; savoir , celle des plants les plus forts à 5 pouces de terre; celle des plants de moyenne force à 3 ou 4 pouces, et celle des plus faibles à 2 pouces. Ce recépage se fait soit aussitôt après la plantation , soit au printemps suivant, avant qu’ils aient fait leurs premières pousses, soit enfin à la deuxième ou à la troisième année. Le motif de cette opération est qu’en laissant moins d’espace à parcourir à la sève, les plants poussent moins de bourgeons, et que ceux qu’ils produisent sont plus vigoureux. Mais le recépage n’est pas toujours nécessaire, et il est quelquefois nuisible. 11 faut, en général, qu’il y ait un certain rapport entre la quantité des racines et celle des branches. Si donc un plant tiré d’une pépinière est bien pourvu 5o4 PÉP PÉP de racines, il n’y a aucune nécessité de le recéper, et il y a même de l’inconvénient, puisqu’on le prive de ses feuilles , qui auraient contribué à le nourrir. l-le,^ poires, les melons. On donne improprement-le tiani'dd'yte* pin aux graines que l’on trouve dans le raisitvj toJ PERCEPTEURS DES COMMUNESe UA reeoi- vent les prix de9 ventes ordinaires. 'Lesutraitefe'à souscrire par les adjudicataires sont faitevati profit de ces percepteurs, qui ont, en cetttepartielles mimes attributions que les receveurs généra>u» : à ;i ? é» gard des bois dè l’état. i au isnirmeg < L’es percepteurs prerinejnt les mêmes, mesures jet assurances, et exercent , le câs<éthéaUt, ie 3 rtiêmes poursuites contre les adjudicataires descsopes-ordi* naires, que les receveurs généraux contre les adjudicataires des bois de l’état. ( Art. du goùvem- du iq ventôse an 10, art. 2. ) b >3 . aie ni Les receveurs généraux sont chargés du recouvrement du prix des adjudications des coupera extraordinaires faites dans les bois des' ébmmuhes dtdes établissemens publics. ( Ib. Ord. du roi du y mars 1817. ) ’ » s PERCHE. Brin de bois droit , long et menu. Ce n’est que dans les bois serrés et situés en bon fonds qu’on en trouve facilement, line bonne perche doit être en même temps très-solide et légère. Le charme et le châtaignier sont les bois qui remplissent le mieux ces deux conditions. S. PERCHE. On emploie dans la ci-devant Lorraine les dénominations de fronce , panne» chevron, perche, demi-perche y pour désigner la grosseur retaille des arbres résineux qui se délivrent aux usagers, aux fermiers des scieries, des verreries, etc. V. au mot Tronce la valeur respective de ces différerittes dénominations. PERCHE. L’arpent des eaux et forêts était composé de j 00 perches carrées, de 22 pieds de côté; la perche contenait 4^4 pieds carrés, produit de 22 par 22, et l’arpent 48,400 pieds carrés. H servait à mesurer les bois et domaines de l’état. Les arpenteurs divisaient la perche carréey tantôt en pieds carrés, tantôt en pieds de perche f fontôt en dixièmes de perche. La perche carrée vaut centiares. et Mesure. .sium PERCHIS. Dans quelques pays, on nomme ainsi un bois de 10 à i 5 ans , c’est-à-dire celui qui n’est Composé que de perches. Un tel bois, dans lés coi*- trées où l’on a besoin de perches pour la vigne ,■ le houblon, etc., est Souvent plus avantageux à coupèr que lorsqu’il est devenu plus fort. V. Exploitation. PÉREMPTION, du latin peremptio, fait de pe- rimere> tuer, anéantir, abolir. C’est une espèce de prescription qui annulle les procédures civiles quand il y a discoUtinUatiôn pendant un certain temps. PER PÉR Avant le Code de procédure civile , la' jurisprudence relative à la péremption était sujetteà,beaucoup die variations locales. Ici, conformément à l’ordonnance de i543>, la péremption «-acquérait, par la discorvtinuation des procédure* civiles pendant 3 ans : là , il fallait 4 ans pour quelle fù-t- encourue 5 ailleurs il en fallait 3o ; dans d’àutres.pays, elle ne pouvait jamais ayoir lieu. Le Code de procédure civile a remédié aux abus et aux cliicanes qiw résultaient de la diversité des systèmes. V. lps articles 397, 398, 399, 4°o ? 4®* et 469 de ce code.. Les loin qui veulent que certaines affaires soient, jugées dans no-délai déterminé , sont-elles censées vouloir qu’après ce délai les affaires non jugées soient périmées de plein droit ? La négative est établie dans deux plaidoyers, et jugée par quatre arrêts de la cour de cassation des 23 germinal an 11, 4 mars et 4 novembre 1807, et 19 jni»j l8o<>^ qûi sont «apportés dans le Répertoire defurèsprudçn ce. aux mots Enregistrement ( droit d ’), Interruption d» poursuites et Sommations respectueuses. Enfin , la négatives encore été jugée par un arrêt de la même cour du 5 mars 1812, en matière de douane, rapporté.dans le -même recueil, au mot Péremption , PÉREMPTOIRE. Terme de pratique qui n’est guère en usage.qite dans cette phrase, exception péremptoire, qui se dit des défenses qui consistent dans la seule allégation de la péremption. Ce mot signifie, dans le langage ordinaire, décisif, contre lequel il n’y a rien à alléguer , à répliquer. Raisons pé/emptoires. Cela est péremptoire. Réponsepéremptoire. PÈRES DE FAMILLE. Ils sont responsables des délits commis parleurs enfans et leurs domestiques. V» Maître , Usages, Responsabilité. PÉRLANTHE, du mot grec péri, autour, et de anthos , fleur : nom donné par Linné à une espèce de calice-qui entoure la fleur. Y. Botanique. PÉRICARPE, du grec péri, autour, et de carpos, fruit ou semence. C’est la partie du fruit qui enveloppe et renferme les semences d’une plante à l’époque de la maturité, et qui est quelquefois remplacée dans ses fonctions par le calice ou le réceptacle. Il y a .neuf espèces de péricarpes : la capsule , la si- lique, le légume, autrement cosse ou gousse, le follicule , \a coque, le drupe , la pomme, la baie et le câne,.k.ç péricarpe, avec les semences s’appelle fruit, V. Botanique. PERIGYNE, du grec péri , autour, et de gunâ , femme. En botanique , pfest le nom que l’ion donne à la corolle et,aiutét» ruines des fleurs qui sont attachées autour de l’oraire oa de l’organe femelle., ,V. Botanique. , il ’• PÉRIMÈTRE *8» grec péri, autour, et de me- tron , mesure ; ligie qui mesure tout autour. C'est, en géométrie , le contenu ou l’étendue qui termine une figure ou un corps, Y. l 'Jnstr. du 7 juillet 1834 sur les aménagemens et la délimitation des forets. PÉRI.SPERME.,(, T » de bot. ) C’est une masse de tissu cellulaire qui accompagne l’embryon, et qui., 5og pendant la germination, fournit aux cotylédons, poutd* nourriture de la jeune plante, la substance inorganisée dpnt ses cellules sont remplies. V. Physiologie végét. ,. 3 e , section. FERFOLJÉE. Feuille dont le disque entoure la tige par sa base non fendue. La plapte qui a de semblables, feuilles est ap^si diteperfeiliée-: PÉRUy AliX. Ce mot vient de perluaerc , oq pel- lucere, briller. C’est le nom que l’on donne à l’é- cqr£Q desséché®; certains arbres, qu’on endqit de résine.et dpfltçn se sert comme de flambeau dans les fouilles d’ardoises et d’autres minéraux, PERMIS. Adjectif et participe, qui signifie ce qui est accordé, et dont on a fait un substantif, qui, dans certains cas, remplace le mot permission. PERMIS D’EXPLOITER. C’est ainsi qu’on appelle la permission donnée par l’agent forestier à un adjudicataire de commencer l’exploitation de sa vente. Ce permis s’appelait autrefois billet de consentement ou lettre aafforeslement. L’ordonnance de François 1 er . de l’année ]5i5, art. 33, défend à L’adjudicataire de rien entreprendre dans la coupe vendue sans avoir pbtenu le permis d’exploiter. Cette disposition est renouvelée par le cahier des charges de 1824? art. 35. Le permis d’exploiter 11e se délivre à l’adjudicataire que lorsqu’il a exhibé, i°. l’extrait en forme du procès-verbal d’adjudication ( Circul. du 29 prairial an i3, et cah. des eh. de 182b, art. 35); 2°. l’ex- f édition du procès-verbal d’assiette et du plan de a coupe ( Cah. des ch. , art. 35 et Zj )\ 3 . l’acte en forme de la prestation de serment de son facteur ou garde-vente,le registre dudit garde pour être coté et paraphé de suite, et son marteau , avec la déclaration du dépôt de son empreinte au greffe du tribunal, ce qui doit être exactement relaté dans le permis ( Ib. , art. 43 ) ; 4°. les certificats du receveur général et du receveur du domaine, constatant qu’il a fourni son cautionnement et ses traites acceptées, et satisfait aux paiemens échus, ensemble aux frais d’adjudication ( Ib. , art. 35. Ord. de 1669 ,tit. XV, art. 36 ). Ces certificats sont enregistrés en marge de l’extrait du procès-verbal d’adjudication ; l’inspecteur y appose son visa , et délivre le permis d’exploiter ( Cah. des ch., art. 35 ). Ce permis d’exploiter est délivré dans le mois de la vente; jusqu’a- iors l’adjudicataire peut faire procéder, à ses frais, conformément à l’ordonnance, au souchetage de sa vente jusqu’à l’ouïe de la cognée. ( Ib., art. 39. ) L’adjudicataire, après le permis d’exploiter délivré, n’est plus admis à requérir de souchetage. ( Ib., art. 40. ) 11 remet ce permis d’exploiter au sous-inspecteur ou au garde général, et il prévient du jour où il se propose de placer ides ouvriers dans sa vente. ( Ib. , art. - 36. ) La responsabilité de l’adjudicataire commence de la date du permis d’exploiter. ( Ib., art. 47. ) PERMIS DE PORT D’ARMES. V. dans le Dictionnaire des chasses le mot Armes, ou à la Table du Rgcueil, les mots Port d’armes. PERMISSIONS contraires aux réglemens. L’or- PER PER S10 donnancc de 1669 contient des dispositions sévères contre les officiers forestiers qui se permettraient d’accorder des permissions contraires aux réglèmens. Telles sont, entre autres, celles renfermées dans l’article 6 du titre XI sur la défense de cbitper ou arra- cherdes bois; l’art. 11 du fit. XIX sur le Pâturage; l’art. 18 du tit. 111 sur l’ Etablissement des fours, fourneaux, forges , enlèvémens de plants , défriche- mens, etc. ; l’art. 8 du tit. XXV sur lés Coupes dans les quarts de réserve. L’action résultant d’une permission illégalement accordée doit être dirigée contre l’auteur de cette permission. ( Arr. delà C. de cass: du ?3 octobre 1807.) Outre-passer une permission d’extraire quelque objet des forêts est un délit. Çlb.; du 29 frimàire an y —19 décembre 1798.) PERMUTATION. Mot formé du latin per , entre , et de mutare, changer : échange. Ce mot se dit- de l’échange d’un emploi, d’uile résidence contre une autre. PEROT. Lés anciénnes ordonnances et coutumes désignent sous le nom de perot un arbre qui a les deux âges de la coupe du bois ; elles appellent tayon celui qui a les trois âges de la coupe, et estalon celui qui est de l’âge des bois que l’on coupe. V. dans Saint-Yon, p. 471, 47 2 1 47 ^ et 626 , les dispositions des coutumes relativement à la coupe des es- talons ou étalons, perots et layons. PERQUISITION. Mbt formé du latin per, entre, parmi, et de quœrere chercher : c’est chercher parmi ou dans quelque chose. L’art. 24 du tit. XXVII de l’ordonnance de 1669 enjoignait aux officiers des maîtrises d’einpêcher le débit des bois de délit ès villes fermées , à la distance de deux lieues des forêts royales, et leur permettait à cet effet de faire perquisition dans les maisons, des bois de merrain et à bâtir qu’ils auraient su y avoir été portés. Suivant un arrêt du conseil du 29 juillet 1749 , rendu pour les maîtrises de Rouen et de Lyon, cité par Jousse dans son Commentaire de l'ordonnance de 1699, la disposition de l’article précédent concernait les maisons des paroisses ou villages du ressort des maîtrises qui avaient des amas de bois. Le même art. 24 du tit. XXY 1 I de l’ordonnance de 1669 permettait aux gardes de faire les mêmes visites et perquisitions en présence d’un officier delà maîtrise, ou, au défaut, en présence du juge ordinaire, du procureur du roi, ou du procureur d’office. Un arrêt du conseil du 20 mai 1755 avait ordonné que les gardes généraux pourraient faire seuls ces perquisitions dans les villages et hameaux voisins des forêts. V oici les dispositions des nouvelles lois sur les perquisitions des bois de délit. L’art. 4 de la loi du 11 décembre 1789 autorisa les perquisitions pour parvenir a la saisie des bois coupés en délit. Le tit. IV Me la loi du 29 septembre 1791 porte que les gardes forestiers suivront les bois de délit dans les lieux où ils auront été transportés, et les mettront en séquestre , mais qu’ils ne pourront s’introduire dans les ateliers , bâtimens et cours'adja- centes, qu’en présence d’un officier municipal, ou par autorité de justice ( Art. S); Qu’ils séquestreront, dans le cas fixé par la loi, les bestiaux trouvés en délit, ainsi que les instrh- mens; voitures et attelages des délinquans ( Art. 6 ); Que lorsqu’un procès-verbal de séquestre aura été fait 1 en présence d’tin officier municfjral j ledit officier y sera dénommé, et que le garde prendra sa signature avant l’affirmation, à moins que ledit officier ne sache ou ne veuille signer , et qu’alors il en sera fait mention. ( Art. 8. ) L’art. 4 ' du Code du 3 brumaire an 4, et l’art. 16 du Code d’instruction criminelle, ont également autorisé les gardes champêtres et forestiers à suivre ïes choses enlevées dans les lieux où elles auront été transportées et à les mettre en séquestre, mais sans pouvoir s’introduire dans les maisons , ateliers, bà- tirùens, cours adjacentes'et enclos;■ si -ce n’est en présence, soit du juge de paix , soit du commissaire de police, soit du maire du lieu, soit desoh adjoiiit, et ils portent que le procès-verbal qui fen est dressé sera signé par celui en présence de qui il aura été fait. L’art. 2 du tit. VIII de la loi du 29 septembre 1791 oblige les officiers municipaux à assister , sur la réquisition qui leur en est faite, aux perquisitions dans les maisons, bâtimens, ateliers et enclos adja- cens. Le gouvernement, informé que des agens municipaux s’étaient refusés à accompagner les gardes dans leurs perquisitions, a rendu , le 4 nivôse an 5 ( 26 décembre 1796), un arrêté portant « que tout officier, agentou adjoint municipal, ou commissaire de police, requis d’assister à une perquisition, ne pourra se refuser d’accompagner sur-le-champ le garde forestier, et qu’il sera tenu en outre, conformément à l’art. 8 du tit. IV de la loi du 29 septembre 1791 , de signer le procès-verbal de perquisition du garde avant l’affirmation , sauf à faire mention du refus qu’il en ferait. » Les articles 3 et 4 de cet arrêté déterminent le mode de poursuites à exercer en cas de refu£. V. cet arrêté au Recueil. Un arrêté du 26 du même mois de nivôse an 5 (i 5 janvier 1797), a déclaré les dispositions de celui du 4 applicables à la recherche des bois volés sur les rivières ou ruisseaux flottables et navigables. Y- au Recueil. L’exécution de ces dispositions a été recomfnatrdée par une instruction du ministre de l’intérieur du i 5 frimaire an 10(16 décembre 1801 ). Mais l’assistance des officiers municipaux dans les visites domiciliaires pour la recherche des bois de délit, n’est qu’une simple mesure de police, qui n’influe en rien sur la vérification du délit; elle ne serait pas moins régulière quand l’officier municipal n’y assisterait pas ou serait d’un lieu autre que celui où se faft la visite. C’est ce qui résulte des arrêts de la C. de cass. des 5 et 21 mars 1807, et 3 novembre 1809. Ainsi, le défaut d’assistance d’un officier public aux perquisitions des gardes ne rend point nuis leurs procès-verbaux, et il n’y a point d’abus d’autorité de leur part, si leur introduction dans une PER PES maison n’a éprouvé, aucune contradiciioiy (Je la.part du propriétaire. ( Arrêt de, la C. de cajs.,du aÇf vrivr. t . > ii‘ u 11 n’est d>Vaucune rétribution aux commissaires de police ou. autres fonctionnaires pour leur assistance dans les visites domiciliaires qui ont ppur objet la découverte de délits forestiers. ( Déc. nflnist, du 20 août » 8 a 3 ..) Uiii agent fpresijer accompagné de plusieurs gardqs çfc «naine de, la force année pour faire une recherche , peut dresser seul le procès-verbal du résultat- d« la recherche. ( Arrêt de la C■ de cass. du 2Ü novembre 1806. ) •Lorsque, dans une perquisition, on trouve une f iartie des bois; coupés en délit, si la personne.chez aqnell&Gfs bois se trouvent, ne veut pas déclarer ses coinpljces , fcllç est responsable des peines encourues pour-Je - tout, Arrêt de la C. de cass. du 23 octobre h.a, l p;C Q unaissance du bois de délit trouvé chez-un indiyjdu,ue fai^’oien justice qu’au tant que le garde a constaté l’identité des bois pris en délit avec ceux gisant dans la maison du prévenu. ( Arrêts de la meure conr, des $ thermidor an i 3 , 12 octobre 1809 et 19 mars. i$i 3 . ) . . Cqtte identité se constate, soit par la confrontation dqs bpis saisis avec les souches de ceux coupés en délit, soit en établissant que l’essence et la grosseur des unes et des autres sont absolument pareilles}, mais aucune loi n’oblige de confronter les bois trouvés chez les particuliers avec les souches de ceux coupés en délit, lorsque le procès-verbal ne laisse aucun doute sur leur identité. ( Arrêts des 25 octobre \Qu et 19 mars i 8 i 3 , ) Les gardes sont-ils obligés de reconnaître les délits en forêt, avant de procéder aux perquisitions? Nous nous sommes prononcés pour la négative dans une note à la sujte d’un arrêt de la cour de justice criminelle:, du 26 juillet 1808. V. au Recueil. V. aussi dans ce Dictionnaire les articles Délit, Loges, Procès- Verbaux. l’LRSISTANT, persistons. ( T. de bot. ) Toute partie accessoire ou intégrante d’une fleur est dite persistante lorsqu’elle subsiste après la fécondation de l’ovaire, qu’elle accompagne pendant son accroissement. Feuilles persistantes , celles qui restent vertes fur la plante jusqu’au développement des nouvelles. PERSONNEL. Ce mot se dit des personnes employées dans un service public, par opposition au matériel, qui se dit des choses. V., pour la manière de dresser l’état du personnel de l’Adminiçtration des forêts, la Circulaire du 7 novembre 1822 PERTCIS,, V. ce mot dans le Dictionnaire des chasses. On ne peut apporter aucun obstacle au pas- sag^jde^. bois de marine dans les pertui.s et écluses sur les rivières navigables et flottables. Lorsqu’ils se présentent avec les bois appartenant à des particuliers , la préférence leur est accordée. ( Arr. du gou- vern. du 28 floréal an 11 —18 mai i 8 o 3 , art. 6. ) PERVEN CHE , vinca. Genre de plantes de la pen- tandrie inonogynie et de la famille des apocyuées. Les pervenches sont des sous-arbrisscaux droits et roides, ou des plantes sarmenteuses; à tiges fili- 5 l l formps,, flexibles, radjçqntes; à feuilles opposées , pviLiqlÿes, entières persistantes; à fleurs axillaires, pédonculées, très-grandes. Dénomination, a, Vinca ou pervînea dérive de vincçrçj vaincre , parce que l’espèc? qui. a, été ainsi nommée daus l’antiquité, ponserve ses feuilles toujours -verfes, et .qu’elle triomphe, des rigueurs de l’hiver. C’est .Je vinca pervinca de Pline, liv. XXI, cliap. XXVU , et le cler/tatis daphnoïdes de Diosco- ride. » ( Nouv. édit, des Arb. de Duham. ) rspicEs. On en connaît cinq espèces, dont deux sont indigènes en Europe, et très-abondantes dans nos bois. La Pervenche majeure ou la grande pervenche, vinca major ( Lin,, ) , en allemand, sinngrün , est une plante toujours verte, d’un aspect agréable, et dont les tiges sont sarmenteuses, droites, verdâtres; les feuilles opposées, presque sessiles, cordiformes- ovales, entières, lisses, d’un vert foncé et luisant; les fleurs axillaires, pédonculées , solitaires, très- grandes, ordinairement de couleur bleue ou violette, quelquefois blanches, d’une odeur faible, mais agréable. Elles s’épanouissent dans le mois de mai et se succèdent jusque dans l’automne. La grande pervenche croît dans les bois du midi de la France jusqu’aux environs de Paris ; dans ceux de l’Italie et de l’Espagne, et dans les contrées méridionales de la Suisse. On la cultive pour l’ornement des jardins ; mais elle périt quelquefois par la gelée. Cette plante passe pour être vulnéraire, astringente, fébrifuge , et propre à modérer les pertes de sang, et à arrêter le saignement du nez. La décoction en est recommandée en gargarisme avec le miel rosat, dans les esquinancies inflammatoires. Il y a deux variétés : l’une à feuilles panachées , et l’autre à fleurs blanches. La petite Pervenche , vinca minor ( Lin. ), est une plante toujours verte, qui a les racines traçantes ; les tiges sarmenteuses, rampantes, très-nombreuses; les feuilles opposées, elliptiques, glabres, lisses, entières, luisantes ; les fleurs axillaires, ordinairement bleues ou d’un pourpre foncé, quelquefois blanches. On compte plusieurs variétés : à feuilles panachées , à fleurs blanches , à feurs rouges et à fleurs doubles. Elle fleurit dès les premiers beaux jours du printemps jusqu’à la fin de l’été. Elle ne donne presque jamais de fruit dans son état naturel. On la trouve dans les bois de toute l’Europe, dans les haies, parmi les broussailles, dans les fossés et autres lieux couverts, où ses tiges rampent et forment des tapis de verdure. Elle 11e se plaît pas aussi bien dans les lieux ouverts. Elle a les mêmes vertus que l’autre espèce; elle est astringente , et elle entre dans les vulnéraires suisses. On la cultive aussi dans les jardins. PESANTEUR DES BOIS. On doit toujours préférer les bois qui, dans une même espèce, sont plus lourds, sur-tout quand ils sont secs. Plusieurs causes influent sur la pesanteur des bois: le terrain et l’exposition où ils ont pris leur PEU croissance, leur âge, leur degré de sécheresse. V. l’art. Bois , t. I er . p. 4 J 5 , où nous faisons connaître leur pesanteur relative. PESSE, nom que l’on donne à une espèce de sapin, à Val/ies picea, ou sapin épicéa. Y. Sapin. PÉTALE. ( T. de bot. ) C’est le nom que l’on donne à chacune des pièces qui composent les corolles polypétales. On dit qu’une corolle est dipé- tale , tripétale , tétrapétale, pentapétale, polypétale, quand elle est composée de deux, de trois, de quatre , de cinq, ou de plusieurs pétales dont on ne détermine pas le nombre. V. Botanique. PETALE. Pourvu d’une corolle. PÉTIOLE , petioius. C’est le nom que l’on donne à cette partie de la plante qui sert de support aux feuilles seulement. Le pétiole est la queue de la feuille, comme le pédoncule est la queue de la fleur ou du fruit. Le pétiole n’est qu’un prolongement nu de la nervure médiaire. Dans la feuille composée , celui qui porte toutes les folioles est dit pétiole commun, et celui de chaque foliole pétiole partiel , ou pétiolule. Les ramifications du pétiole commun dans la feuille surcomposée sont appelées pétioles secondaires. V. Physiologievégétale, 4 e - section. PÉTIOLÉE ( FEUILLE ), portée sur un pétiole. Son opposé est sessile. PÉTITOIRE, du latin petere , demander. Ce mot signifie une demande faite en justice pour obtenir la propriété d’un héritage. On dit, dans le même sens, action pétitoire. Le pétitoire est opposé au possessoire s celui-ci se juge par la possession d’un an et jour, et celui-là par le mérite du fond, sur les titres et la possession immémoriale. V. le Code de procédure civile, article 23 à 27. PEUPLIER , populus. Genre d’arbres de la dioé- cie octandrie et de la famille des amentacées, qui contient un grand nombre d’espèces plus ou moins importantes pour l’économie rurale et forestière. Dénomination.— Le nom latin populus vient d’un mot grec qui signifie je tremble , et l’on a donné ce nom aux végétaux de ce genre , à cause de l’extrême mobilité de leur feuillage qu’agite le moindre mouvement de l’air. Le peuplier se nomme en vieux français peuple; en italien , pioppo, oppio , ou talpone; en espagnol, alamo ; en anglais, asp ; en allemand, pap- pel, et en flamand, popelin. Histoire .—Le peuplier est souvent cité par les auteurs anciens et par les poètes. Pline reconnaissait trois sortes de peupliers, le blanc, le noir et celui de Lybie : Populi tria généra : alba, ac nigra, etqucc libyen appellatur. (P lin., lib. X VI, cap. XXIII.) On les cultivait dans les champs pour servir d’appui à la vigne : Populi vitihus placent et ccccuba ( [vina ) edu- cnnt. ( Ib ., cap. XXXVII.) On les plantait en quinconce , parce que cette disposition donnait un plus libre accès à l’air et qu’elle était plus agréable à l'œil. Le bois du peuplier ainsi que celui de tous les arbres aquatiques étaient regardés comme propres à faire des boucliers, parce qu’étant plus flexibles et se resserrant lorsqu’ils ont reçu quelques coups, ils PEU pouvaient être moins facilement percés par les armes : Populus apta sentis. (Ib.)' Les anciens appliquaient des feuilles de peuplier macérées dans le vinaigre sur les parties affectées de la goutte. Pline dit que les abeilles font la propolis avec le suc qui transsude des feuilles des peupliers. Ce suc, ainsi que la propolis, étaient d’usage en médecine. Le peuplier blanc était consacré à Hercule : Populus Alcidæ gratissima . Vise., Ecl. VII, parce que, suivant quelques-uns, ce héros s’était souvent reposé sous son ombrage, et suivant d’autres, parce qu’il l’avait rapporté des bords de l’Aché- ron : il revint, dit-on, des enfers, le front ceint d’une couronne de peuplier blanc : Olympionicus , inquit, Herculem cum ad inferos descenderet, invenisse circd Aclierontem , inferni jluvium , nascentem po- pulum albam , eamque ad homines portasse , quam Uomerus idcirco Acheroida vocavit. ( Stap ., Comm. in Theophr., p. 217.) Ceux qui faisaient des sacrifices à Hercule se couronnaient de peuplier blanc : Dixerat : Herculeâ bicolor cum Populus umbrâ Velavitque comas , joliisque innexa pependit. Tum Salii ad cantus, incensa allaria circum Populeis adsunl evincti tempora ramis. Virg. , AEn., lib. VIII. II dit : du peuplier la douteuse verdure Ue sa double couleur orne su chevelure. On allume les feux, on commence les chants : Deux chœurs de S.liions , partagés en deux rangs, Ceints des rameaux du Dieu, pleins d’une sainte ivresse, Chantaient. Dei.ille. On portait aussi des couronnes de peuplier dans les fêtes appelées bacchanales ; enfin les athlètes se couronnaient quelquefois de jeunes rameaux et des feuilles de cet arbre. Virgile, en parlant de la culture des arbres , cite le peuplier comme venant spontanément aux bords des rivières, et comme se reproduisant mieux de rejetons transplantés avec leurs racines que de boutures : Plantis edurce coryli nascuntur, et ingens Fraxinus , hervuleceque arbos umbrosa corona;. On sait que les peupliers se plaisent dans les lieux aquatiques : c’est ce que Calepin rappelle dans son Dictionnaire : Populus locis aquosis gaudet et pa- lustribus. Virgile dit : Aie candida Populus antro imminet. Enfin Horace , dans son ode â Dellius, liv. Il , en parle comme d’un arbre qui se plaît sur les bords des ruisseaux : Quà pinus ingens aIbaquepopulus timbrant hospitalem consociare amant Ramis, quà et obliqua laborat Lympha fugax trepidare rivo. 11 parait qu’Ovide avait en vue le peuplier d’Italie , qui s’élève beaucoup plus que les autres, lors- PEU HU 1 il a dit que lp^Di^ux,. pour consoler les Héléudes de la mort de Fha ,leur frère, les changèrent en peupliers, et JproqtihJ. j ej^ésente ces femmes levant les mains vers. étpniiées de voir leurs bras se convertir en. longs carneaux : Ilia dolet fieri longos sua brachia ramos. h ' . Ovin., lib. II. Je pourrais faire beâuconpd’autres citations; mais mes notes historiques" n’ti&t d’autre objet que de rappeler l’intérêt que les anciens prenaient à la possession et à la culture des arbres. Caractères du genre . — Les peupliers fleurissent à'iafin de l’hiver ; ils ont les fleurs mâles et les fleurs femelles séparées sur des pieds diflérens : les fleurs mâles disposées en chatons cylindriques et pendanS, le calice évasé, et composé de 8 à 3o étamines, les fleursfemelles aussi en chatons, un ovaire supère et quatre stigmates ; le fruit capsuleux, des graines ai- grettées et laineuses; les feuilles alternes; le pétiole aplati dans la plupart des espèces; les boutons à fleurs se développant avant les feuilles, et quelques- uns remplis d’un suc balsamique. La longueur et l’aplatissement des pétioles rendent leurs feuilles très-mobiles; le moindre zéphyr les agite, et le bruit qu’elles font en se tournant à droite et à gauche suffirait souvent pour les faire reconnaître. Les peupliers présentent à la vue une verdure fraîche et agréable, dont le ton varie suivant les espèces; mais en général on les distingue en peupliers blancs et en peupliers noirs : les premiers ont la surface inférieure de leurs feuilles blanche et cotonneuse; et les seconds, les feuilles lisses des deux côtés, et d’un vert plus ou moins foncé, ou plus ou moins clair. Les peupliers ont un beau port, la tige droite, et la cime tantôt élancée, tantôt étalée , et toujours suffisamment garnie de branches ; presque tous ont une disposition à s’élever. Les racines sont en.général traçantes, parce qu’on les élève de boutures; mais ceux qui proviennent de graines ont des racines plus profondes. Il serait donc utile de les élever de cette dernière manière quand on les destine à être plantés sur les routes et près des champs “cultivés. ESPÈCES. 11 y a treize à quatorze espèces de peupliers cultivées en France, dont quatre sont d’Europe , une d’Asie et les autres de l’Amérique septentrionale. ESPÈCES INDIGÈNES. i°. Peuflier-Tremble ou Tremble , populus tremula (Lin.); en allemand, zitter-pappel ; en anglais, trembling-poplar. 2». Peuplier noir, populus nigra (Lin.); en allemand, gemeine-pappel ou schwartz pappel ; en anglais, black-poplar. 3°. Peuplier blanc, populus alba (Lin.); en allemand , silbcr - pappel ; en anglais , ■white- poplar. 4°. Peuplier grisâtre , populus canescens Tome II, PEU 5i3 ($chm.) ; en allemand, schneeweisse , silberpappel ; en anglais, white-poplar, whitcut leaved. ESPÈCES ÉTRANGÈRES NATURALISÉES. 5°. Peuplier d’Italie , populus italica (Borkh.), populus fàstigiata (Lin.); en allemand ,italianische pyramiden pappel. 6°. Peuplier grec ou d’Athènes , populus græca (Wilid.) , populus atheniensis (Lin.) ; en,allemand, atheniensische pappel; eii anglais, athenianpoplar. 7 °. Peuplier du Virginia .qu. suisse , populus monilifera; en allemand } virginisçhe pappel; eu anglais, virginian poplar. 8°. Peuplier du Canada , populus canadensis (Borkh.); en allemand, grossblattrige canadische pappel; en anglais , cotton wood. 9 °. PECPLiERANGULEUXj/ioym/ns angulatalfL in.); en allemand, carolinischepyramiden pappel; en anglais , carolinian ash ou carolina poplar. io°. Peuplier-Baumier , populus balsamifera (Lin.); en allemand, balsam pappel ; en anglais, balsarn poplar. ii°. Peuplier-Baumier blanchâtre, populus candicans ; en anglais, heart leaved. 12 °. Peuplier argent k, populus heterophylia (Lin.), populus argentea ("Wilid.); en anglais, cotton-tree. 1 3°. Peuplier faux tremble ,populus tremuloïdes (Mich.); en allemand, nord-americanische zitter- pappel; en anglais, aspen american. i4°. Peuplier a grandes dents, populus gran- didentata (Mich.); en anglais , aspen large american. Il y a encore quelques espèces moins répandues en France , telles que le peuplier de la baie d’Iludson , le peuplier du Maryland, le peuplier trépide, etc. Nous allons donner la description des diverses espèces que nous venons de nommer, et indiquer leursqualités particulières. Nous commencerons par celle qui est la plus multipliée dans les forêts. Le Peuplier-Tremble ou le Tremble ( V. à V Atlas, PI. XIX ) est un arbre de la première grandeur , qui , dans les terrains qui lui conviennent, croît très-vite pendant les 3o premières années , et parvient souvent à la hauteur de 6o à 8o pieds ; on trouve même des individus de cette espèce qui, étant isolés , parviennent à une élévation plus considérable. Description. — La tige est belle , droite , d’une grosseur moyenne, peu garnie de branches, et ces branches acquièrent peu de grosseur. Les racines sont nombreuses , et tracent au loin à peu de distance de la surface du sol; ce qui les rend nuisibles aux récoltes lorsque l’arbre est planté sur le bord des routes et près des champs cultivés; elles se glissent quelquefois dans la scissure des rochers et sous les blocs de pierres. L’écorce est épaisse, verdâtre sur les jeunes branches, cendrée et gercée dans la partie inférieure des vieux troncs, et jaunâtre vers la partie supérieure. Les feuilles se développent au mois de mai; elles sont presque rondes, terminées en pointe, épaisses, roides, crénelées sur leurs bords, d’un vert clair en dessus, glabres en dessous, et placées alternative- 65 5i4 PEU ment sur les branches ; et comme elles son t attachées à des pétioles longs, souples et aplatis , elles tremblent au moindre vent ; ce qui a fait donner à l’arbre le nom spécifique de tremble. Ces feuilles, lorsque l’arbre est jeune ou qu’il végète dans un terrain gras, sont très-grandes et presque autant que celles du peuplier blanc, tandis qu’elles sont fort petites dans les terrains et dans les sables maigres. L.es fleurs paraissent aussitôt après les gelées , et sont les premières que l’on remarque sur les arbres de ce genre ; elles sont disposées en chatons écailleux ; les fleurs mâles sont lâches et tombent après la fécondation ; les chatons femelles deviennent des capsules contenant des semences aigrettées et laineuses, que le vent élève au loin vers le commencement de l’été, et qui, lorsqu’elles ont été fécondées parle voisinage des individus mâles, produisent une mul titude de jeunes plants. On ne voit guère ces plants que l’année suivante, parce qu’ils sont très-petits à leur naissance. Ils lèvent surmontés de deux petites feuilles séminales en forme de cœur. Ils prennent, dans la deuxième année , un accroissement remarquable, et s’élèvent souvent à un pied et demi et 2 pieds ; ils se couvrent de feuilles très-grandes, entières, cordiformes , d’un vert foncé , cotonneuses, et tellement différentes de celles ordinaires de l’arbre , que, sans une connaissance particulière de leur forme, on les attribuerait à une autre espèce. Il en est de même des premières feuilles qui croissent sur les rejetons et les jeunes pousses. Culture. — Le tremble 11e se propage pas aussi bien de boutures et de plançons que les autres peupliers ; mais les nombreux drageons qui poussent de ses racines offrent un très-bon moyen de multiplication. On lève ces drageons avec le plus de racines possible, et on les plante soit à demeure, soit en pé pinière. On pourrait aussi le cultiver de semences ; mais ce moyen est lent et ne se pratique guère. Cependant, si on voulait l’employer , on ramasserait les graines en été aussitôt qu’elles sont répandues sur le sol , on les sèmerait sur un terrain cultivé, et on se contenterait de les mêler avec la surface de la terre sans les recouvrir davantage : les plants lèveraient au bout de 4 ou 5 semaines. Terrains , climais et situations. — Le tremble se plaît dans les terrains composés de terre végétale, d’argile , de sable ou de gravier, pas trop compactes, un peu frais, et dont la profondeur, à raison de la disposition traçante de ses racines, n’a pas besoin d’être considérable ; mais il croit aussi dans toutes sortes de sols et de situations, et il contente des plus mauvais fonds et des sables où il ne vient aucune autre espèce de bois. Il réussit au mieux dans les plaines et sur les montagnes d moyenne élévation, et sa végétation ne cesse dans les climats rigoureux que là où la culture des graines n’est pas praticable. Dans les terrains gras et humides sa croissance est prodigieuse; cependant ces avantages ne peuvent faire admettre le tremble dans ces terrains aux dé pens dg-s bois durs et même de plusieurs autres parmi les bois mous, à cause de ses qualités médiocres pour to-us les usages. Il ne convient que dans les ter- PEU rains sablonneux et secs, pour y procurer de la fraîcheur et protéger des bois plus utiles; encore le pin sauvage et le bouleau, qui remplissent le même objet, sont-ils bien préférables. Lorsqu’on fait des plantations de tremble, on peut espacer les plants à de grandes distances, 6 à 8 pieds, parce qu’il drageonne beaucoup. Exploitation. — Le tremble s’exploite en futaie et en taillis, mêlé avec les autres essences. Il se plaît beaucoup avec le chêne et le hêtre. En futaie , il parvient, en 5 o ou 60 ans, à toute sa croissance, et à cet âge son exploitation ne doit plus être différée. Il arrive même souvent qu’il se pourrit intérieurementàun âge plus rapproché, sur-toutlors- qu’il est dans un terrain humide; mais dans les ter- rainsde bonne qualité et moyennement frais, il peut vivre et croître plus long-temps. M. Hartig a fait exploiter des trembles crus dans des fonds de cette nature, qui avaient 80 ans et qui étaient encore parfaitement sains. Dans lesfutaiessoumises aux exploitations par éclaircies, comme celles de l’Allemagne et quelques-unes en France, on exploite les tremblesà 3 o, 40 et 5 o ans; mais dans les autres, où il ne se lait point de coupes par expurgade, le tremble n’attend pas l’époque de l’exploitation, il tombe et on le vend comme chablis , et le produit en est très-important dans les grandes forêts. Le tremble meurt sous les futaies ; mais ses racines conservent encore assez de sève pour pousser de nombreux drageons. En taillis , il s’exploile lorsqu’il forme l’essence dominante, tous les 7 à 8 ans, pour le fagotage , et tous les i 5 à 20 ans, comme gaulis. Il repousse rarement bien de souche ; mais en revanche il pousse de ses racines un grand nombre de rejetons. M. Hartig dit avoir vu des racines d’un tremble abattu pousser des rejets à plus de 20 pieds du tronc , et un arbre en produire plusieurs centaines ; mais tant que l’arbre est sur pied, ses racines drageon- nent beaucoup moins, et un moyen excellent de regarnir un taillis clair-plante' serait de le couper au printemps, parce qu’alors la sève, refluant dans les racines, ferait sortir une multitude de jeunes plants. Sous ce rapport, le tremble conviendrait en taillis, si ses qualités réj>ondaient à la facilité de sa propagation et à la promptitude de sa croissance. Qualités et usages. — Le bois du tremble est blanc et tendre ; il pèse , par pied cube, d’après la moyenne proportionnelle tirée des expériences de plusieurs auteurs ; savoir, vert, 54 livres 6 onces ; à demi-sec , 4 ° livres 8 onces; et sec, 34 livres une once : il perd par conséquent les deux cinquièmes de son poids par la dessiccation ; sa retraite est de plus d’un sixième , et il se fend avec excès. On peut l’employer à des constructions rurales pour les parties intérieures et à l’abri de l’humidité ; mais il faut, si 011 le destine à cet objet, que l’arbre soit abattu dans le milieu de l’hiver, écorcé dç suite et privé de son humidité ; car le bois de cette espèce, coupé en sève et employé vert, s’échauffe et se détruit promptement par la vermoulure. Il est employé par les sculpteurs, les graveurs, les tourneurs et les menuisiers; et comme le tremble est peu chargé de branches et par conséquent de PEU PEU nœuds, ou en tire de la \olige, que les ébénistes emploient volontiers pour les parties intérieures de leurs ouvrages. On fait aussi avec le tremble des sabots d’assez mauvaise qualité, des barres et des chevilles pour réunir le fond des futailles , et du palisson pour garnir les entrevous sous le carreau des planchers. Il donne des lattes et des échalas, et on s’en sert encore pour quelques ouvrages de vaissellerie. Comme bois de chauffage , le tremble est d’une bien faible qualité; sa flamme est cependant assez vive et claire, mais elle donne peu de chaleur et ne dure pas , et les charbons s’éteignent promptement : aussi on emploie ce bois de préférence pour chauffer les fours et dans les poêles. La valeur du tremble , comme combustible, est à celle du hêtre dans le rapport seulement de 970 à i 54 o, et celle de son charbon dans le rapport de 988 à 1600. Comme le charbon est léger et doux, on l’emploie dans la fabrication de la poudre à canon. Les cendres du tremble contiennent peu de salin : il en faudrait, suivant les expériences de M. de W erneck, 1000 livres pour produire 61 livres 4 onces de potasse. Cet arbre, sous ce rapport, 11’occupe, dans un tableau de 73 plantes , que la soixante- jnzième place. Pallas rapporte qu’en Sibérie on emploie intérieurement et avec succès, contre les maladies vénériennes et les affections scorbutiques , la lessive alcaline des cendres de l’écorce de ce bois. Cette écorce sert à tanner les cuirs lins. On remarque que le gibier, sur-tout les cerls, les chevreuils et les daims, recherchent les lieux plantés de trembles, et qu’ils en attaquent l’écorce et les bourgeons de préférence aux autres aibres. On peut profiter de leur goût pour cette espèce, et leur procurer un peu de nourriture pendant l’hiver dans les parcs , où on ne leur donne point de fourrage, en faisant tomber quelques trembles. Les feuilles du tremble peuvent être employées à la nourriture des bestiaux, tels que les vaches, les moutons et les chèvres , et pour cet effet on en coupe les rameaux tous les deux ans pendant l’été, et on les donne soit en vert, soit en sec. On plante les trembles comme arbres d’ornement dans les jardins paysagers : réunis en bouquets à quelque distance ou sur les bords des massifs , ils produisent des effets agréables par la forme de leur tète , la couleur glauque de leurs feuilles et l’agitation perpétuelle de ces feuilles. Le Peuplier xoir (Y. la fig. à VAtlas , PI. XIX) est un arbre de la première grandeur, qui s’élève à 80 pieds et plus : c’est l’espèce la plus multipliée et la plus anciennement cultivée en France et dans toute la partie moyenne de l’Europe. Description. — Cet arbre pousse une forte racine centrale et beaucoup de racines latérales. Sa tige , dans l’état de liberté tt d’isolement, se garnit ordinairement d’in grand nombre de fortes branches r qui se dirigent obliquement au tronc , au lieu de s’y appliquer immédiatement, comme dans le peuplier d’Italie. Ses feuilles se développent au mois de mai; elles sont alternes , presque triangulaires , terminées en piointe aiguë , fnngées sur les bords , et 5 iî> portées par des piétioles d’un pouce et demi à 2 pouces de long et aplatis ; leur grandeur varie suivant la force de la végétation ; mais elle est communément de 3 pouces de long sur 2 pouces et demi de large; elles sont épaisses et dures, lisses des deux côtés , d’un vert brun , luisantes à la surface supérieure , et d’un vert plus clair à la surface inférieure , qui est divisée par une côte saillante formant des ramifications alternées sur les côtés et subdivisées à leur tour par un tissu très-délié; elles sont souvent enduites au printemps, ainsi que celles du peuplier d’Italie, d’une viscosité très-abondante, qui tombe même quelquefois sur la terre en grande quantité. Les fleurs paraissent avant les feuilles , dans les mois de mars et d’avril; les chatons mâles ont une couleur rougeâtre ; les capsules des fleurs femelles sont arrondies , et renferment des semences garnies de coton et d’un beau blanc ; elles mûrissent au mois de mai , et sont disséminées au loin par les vents. C’est avec la bourre de ces semences qu’on a essayé en Allemagne et en France de fabriquer des étoffes, des chapeaux et du p>ap>ier , et d’en faire de la ouate ; mais il paraît que le peu de longueur et d’élasticité de cette bourre, et sur-tout la dépense de la récolte , ont fait renoncer à cette entreprise. La semence pieut servir à des semis comme celle du tremble. Culture .—Le pieupiliernoir se multiplie principalement de boutures et de plançons , qui se font de la manière indiquée au mot Bouture. 11 ne pousse pas autant de rejets que le tremble et le peuplier blanc. On peut, lorsqu’on fait des plançons, se servir d’un p>ieu de fer ou plantoir pour ouvrir les trous et les y enfoncer à 3 pieds de profondeur; on resserre ensuite la terre contre le plançon de manière à ne pioint laisser de jour. Si on destine le pdançon à devenir un grand arbre , on lui laisse quelques branches au sommet pour attirer la sève ; mais si on le destine à être exjdoité piar émondes , on lui coupe la tête à une certaine hauteur pour qu’il pousse à la manière du saule. Terrains. — Il aime les fonds de bonne qualité et un pieu frais, et il vient très-bien sur le bord des prairies , des rivières et des étangs ; mais il ne réussit pas dans les fonds absolument aquatiques ni dans les sables arides. Les climats rigoureux 11e lui conviennent pas non plus, piarce que la charge des neiges et des frimas le fait rompre. On ne le rencontre guère dans les forêts de haute futaie. Il repousse de souche et de racine, et il croit avec rapidité. Exploitation .—La longévité de cet arbre est bornée à 60 ou 80 ans au plus , et c’est à 40 ans qu’il acquiert toute sa valeur et qu’il faut le coupier. Tantôt on le laisse parvenir à toute sa hauteur, tantôt on le tient en têtards , dont on coupe les pousses tous les 3 , 4 ou 5 ans , soit pour faire du feu avec les branches , soit pour en donner les feuilles aux bestiaux. Ces branches sont d’un produit assez avantageux ; mais les arbres ainsi émondés croissent plus lentement que les autres , et finissent toujours par se pourrir et devenir creux. M. Bosc dit que plusieurs auteurs ont regardé ce peuplier, traité de cette manière et tenu bas, comme une espèce distincte, 65 * PEU PEU 5 i 6 et que c’est le populus viminea ou peuplier liard de Duhamel. Les rameaux de toutes ses variétés, sans doute nombreuses, ajoute-t-il, peuvent suppléer l’osier , sur-tout quand elles ont cru dans un terrain humide. Qualités et usages. — Le bois de cette espèce est jaunâtre et tendre. 11 pèse, d’après la moyenne proportionnelle tirée des expériences de plusieurs auteurs; savoir, frais , 60 livres 9 onces; à demi-sec, 42 livres i 3 onces; et sec, 29 livres. Il perd par conséquent plus de la moitié de son poids par la dessiccation : son retrait est de plus d’un sixième de son volume. On l’emploie pour les constructions à sec, pour des ouvrages de tour et de sculpture ; on en fait des sabots, des solives, des planches et de la volige , à défaut de meilleur bois. Il est sur-tout employé par les menuisiers , et même les ébénistes, parce qu’il prend un assez beau poli et qu’il est agréablement flambé de brun et de gris. On se sert aussi des branches pour faire des éclialas, qui durent assez long-temps quand on a eu la précaution de les écorcer. Comme bois à brûler, il vaut encore moins que le tremble; car, d’après les expériences de M. Hartig, il brûle avec lenteur, donne une flamme sombre, et ses charbons s’éteignent promptement. Sa valeur à cet égard est avec celle du hêtre dans les rapports de 792 à i 54 o. Il n’y a dans tous les arbres que le peuplier d’Italie qui lui soit inférieur comme bois de chauffage. L’écorce du peuplier noir est employée en Russie pour apprêter le marroquin. Quand elle est pulvérisée , les moutons la mangent. Les bestiaux se nourrissent de ses feuilles. Les bourgeons, macérés dans 4 ’eau bouillante, et ensuite pilés et pressés, donnent une matière grasse , qui brûle comme la cire et qui exhale une bonne odeur. Le suc balsamique qui enduit les bourgeons forme la base de l’onguent popu- leum , remède calmant employé avec succès contre les maux de nerfs et les liémorrhoïdes. Le peuplier noir se plante aussi comme arbre de décoration en avenue et en quinconce. La rapidité de sa végétation , la hauteur à laquelle il parvient et les divers usages qu’on fait de son bois et de ses feuilles, le rendent d’un très-bon rapport. Un peuplier de cette espèce , qui avait 3 o ans de plantation , a donné au baron Tschoudy pour 100 fr. de planches, 2 cordes de bois et de a à 3 oo fagots. C’est donc un arbre à multiplier dans les endroits qui lui conviennent; mais il sera d’un meilleur produit si on le laisse croître librement, que si on le soumet aux élagages, qui occasionnent toujours la carie de l’arbre. Le Peuplier blanc, ou I’Ypréau, ou le Blanc de Hollande, Franc-Picard, ou Abûle (V. la fig. à VAtlas, PL XVIII estun arbre d’Europe, de la première grandeur et d’une grosseur proportionnée, et qui croit très-promptement. Il s’élève dans les terrains et les situations qui lui conviennent à 80 pieds et plus, et il acquiert une grosseur de 8 à 9 pieds : on en trouve même beaucoup qui ont 4 pieds de diamètre. C’est l’espèce la plus précieuse des arbres de cette famille, et qui exige moins que les autres des terrains frais et humides. On le cultive dans toute la France, et particulièrement en Flandre, jusque dans le voisinage de la Méditerranée, aux environs d’Ypres, d’où lui est venu son nom d’_y- prèau. Il croit aussi eu Allemagne. . Description .—La tige du peuplier blanc est bal Le et droite,, revêtue tPune écorce grise et raboteuse, garnie d’un grand nombre de branches, qui s’étendent beaucoup lorsque l’arbre est isolé. LVconre des jeunes tiges et des rameaux est lisse et blanchâtre. Les racines sont nombreuses et traçantes. Les feuilles paraissent au mois de mai; elles sont alternas , grandes, anguleuses, presque rondes, découpées en lobes quelquefois peu apparens , irrégulièrement dentelées sur les bords, d’un vert sombre et brillant en dessus , blanches et cotonneuses en dessous, portées sur des pétioles longs d’un pouce à un pouce et demi, et couverts d’un, duvet blanc ainsi que les jeunes pousses. Elles ont ordinairement depuis 3 jusqu’à 5 pouces de longueur, et 2 pouces et demi à 4 pouces de largeur; mais dans cette espèce de peuplier, comme dans plusieurs autres, les feuilles deviennent moins grandes lorsque l’arbre s’élève et cesse de végéter avec la même vigueur, et ellos sont quelquefois très-petites lorsqu’il se trouve dans un terrain sec et aride. Les fleurs ressemblent beaucoup à celles du tremble , seulement les chatons femelles sont un peu plus longs. Culture. —On multiplie cet arbre de la même manière que le tremble , c’est-à-dire en employant les drageons d’un an, qu’il pousse de ses racines, en les plantant en pépinière et en les y cultivant pendant 3 ou 4 ans, pour les planter à demeure comme arbres de tige. Ü11 gros pied arraché fournit un grand nombre de rejets pendant plusieurs aajliées. On peut encore le multiplier de marcottes, de boutures et même de graines; mais ces moyens sont beaucoup moins sûrs et moins expéditifs que le premier. 11 paraît cependant que, dans les départemens du nord et en Hollande , on emploie le moyen des boutures ou plançons ; on en fait de deux sortes avec les grosses branches ; dans la première sorte, on emploie la branche dépourvue de ses rameaux, et on la place debout comme pour les plançons de saule; dans la seconde , on laisse tous les rameaux à la branche, et on la place horizontalement dans line fosse d’un demi-pied de profondeur, que l’on remplit de terre, en ne laissant sortir que les sommités des rameaux : c’est ce qu’on appelle la plantation en ramée, dont nous avons parlé au mot Bouture. Cette dernière manière produit une grande quantité de jeunes pieds, qu’on lève la seconde année pour les placer en pépinière , et que l’on conduit ensuite comme ceux arrachés sur les racines. L’époque de la plantation de cet arbre varie suivant les climats : il faut le planter immédiatement après la chute des feuilles dans le midi de la France, afin que les pluies de l’hiver puissent consolider la terre contre les racines; mais dans le nord on peut lanter jusqu’au mois de mars, parce qu’on estassuré 'avoir des pluies au printemps. On doit, dans tous les cas, laisser quelques rameaux au sommet de ce peuplier pour attirer la sève, et c’est en général une pratique vicieuse que de lui couper la tète pour le planter; il suffit de raccourcir ses rameaux en raison de la nature du sol, c’est-à-dire plusdans un terrain sec et chaud, et moins dans un lieu humide et froid. PEU PEU Terrains, climats et situations .—Le peuplier Liane, planté dans un fonds-'de bonne qualité et un peu frais, devient en peu de temps-aussi élevé et aussi gros que le chêne; mais il s’accommode de presque tous les terrains, et quoiqu’il se plaise particulièrement dans les lieux humides , il vient fort bien aussi sur les terrains élevés, et il acquiert, même dans les mauvais sables, des dimensions assez considérables ; toutefois, les fonds trop glaiseux et compactes et les lieux trop marécageux ne lui conviennent pas ; les climats rigoureux lui sont également contraires, parce que ses branches nombreuses et touffues se chargent d’une grande quantité de neige , qui les fait rompre. Plantations sur les roules. — Cet arbre vient très-bien sur le bord des routes, et il y acquiert des dimensions énormes, ainsi qu’on le voit sur les routes de la Flandre et de la Picardie; mais il a le grand inconvénient de nuire aux récoltes par ses racines traçantes et les nombreux rejetons qu’elles produisent, notamment lorsqu’on les coupe ou qu’on les entame par les labours. Il faut donc éviter de les planter le long des terres à blé. Plantations en avenues et en bordures. — On le plante en avenues, et on en fait de superbes bordures autour des pièces d’eau ; et comme il croît très-vite, on l’emploie avec beaucoup de succès entre les grands arbres et même des ormes, pour remplacer ceux qui meurent : il gagne bientôt ses voisins en hauteur. Il convient aussi dans la formation des avenues perpétuelles. ( V. ces mots.) La distance à laquelle il faut le planter, comme arbre de ligne, est de a4 pieds. Plantations dans les jardins paysagers et sur les pâturages. — Le peuplier blanc convient parfaitement dans les jardins paysagers, où il produit des effets pittoresques par la majesté de son port, la grosseur et la belle forme de sa cime, et le contraste de la couleur de ses feuilles, qui, agitées par le vent, présentent successivement la couleur argentée de leur surface inférieure et le vert brillant de leur surface supérieure. On le plante aussi fort avantageusement sur les bords des prairies et dans les pâturages , où il entretient la fraîcheur , et où ses rejetons , broutés par les bestiaux , ne peuvent être nuisibles. Plantations en plein bois. — Cet arbre est peu répandu dans les forêts ; il mérite de l’être davantage , à cause de la promptitude et de la force de son accroissement et des ressources qu’il peut procurer aux pays menacés de la disette du bois. Il y a des terrains qui, ne convenant point aux bois durs, seraient très-avantageusement plantés en blancs de Hollande, et où il serait possible de former de beaux taillis , qui se repeupleraient sans cesse par les semences et les nombreux rejets de ces arbres. On les plante à la distance de i 5 à 18 pieds quand on veut avoir de gros arbres, à celle de 6 à 9 pour avoir des gaulis , et 4 ou 5 pieds seulement pour les taillis. M. de Perthuis a planté des ypréaux dans des terrains humides, au milieu d’autres essences de bois qui étaient à leur troisième feuille: ces ypréaux sont parvenus, en 16 ans, à 36 pieds de hauteur et à 3 o pouces de circonférence, lia observé que l’ypréau 5 î 7 placé sur un terrain libre et préservé-de bestiaux, et coupé à 20 ans , pouvait garnirde sés’draéferire une surface Circulaire de 5 d pieds de dîaniètrie;'éfi sorte que 3 o à 4 o arbres de celte espèce sufïîrpïèrtt: pour repeupler un arpent de terrain, sur-tout àjù’ès qu’on les aurait coupés, paVce que les dragbôhs se multiplient bien plus quand l’arbre est abattit qtre lorsqu’il est sur pied. Lorsque l’ypréau'se trouvé dans les pleins bois, à côté d’une clairière , il s’y introduit bientôt et la couvre de ses rejetons, avan^ tage qu’il partage avec le tremble , et qui doime îdâ moyens de repeupler promptement des espaéds vidés. Cet arbre sympathise très-bien avec les'bois dufs, peut exister avec eux en assez grande quaritîté saùs nuire à leur végétation , prend une grande hauteur en massif, est moins sujet à s’y gâter que le tremble, etcomme son bois est plus dur que celui du tremble, il doit avoir la préférence sur ce dernier dans les plan tâtions forestières; mais il ne faut pas oublier que, malgré tous ces avantages, l’ypréau ne doit entrer dans ces plantations que lorsqu’on voudra se procurer des jouissances promptes , ou que le’terrain ne conviendra pas à de meilleures essences. Tl 11e faut pas non plus, dans les futaies traitées suivant la méthode des éclaircies, attendre trop long-temps pour en faire la coupe, si on veut favoriser la croissance des bonnes espèces. On est dans l’usage, en quelques endroits de la Flandre, de former une plantation d’ypréaux , à la naissance d’une fille, afin de lui assurer une dot ; et pour peu que le père soit aisé, il compose cette plantation d’un millier de jeunes arbres. Miller estime que cette plantation, à l’âge de 25 ans, vaut de 20 à 3 o,ooo fr. ; valeur peut-être un peu forte, mais qui, fût-elle réduite, serait encore d’un grand secours pour l’objet proposé. Exploitation. — On exploite les ypréaux comme futaie ou arbres de tige, en taillis et par émondes. C’est à 3 o ou 4O ans qu’ils peuvent fournir des pièces pour les constructions rurales à l’abri de l’humidité, et pour la fabrication des planches ; mais si on les exploite à cet âge, ce n’est pas qu’ils ne puissent parvenir à un âge bien plus avancé et donner des produits beaucoup plus précieux, car l’ypréau vit et croit pendant fort long-temps. Il existait dans le parc de Versailles des arbres de cette espèce , qui avaient été plantés sous Louis XIV, et qui faisaient l’admiration des curieux pat leur hauteur et leur grosseur. Ils furent abattus en 1804 et i 8 o 5 . M. Bosc estime, à en juger par ces arbres, que la vie de l’ypréau doit être de plus de deux siècles, et il observe que si la plupart de ceux abattus dans le parc de Versailles n’étaient pas sains, c’est que des élagages inconsidérés y avaient occasionné des chancres intérieurs. Ils furent cependant vendus fort cher, et débités en planches, qu’on a transportées au Havre pour le service de la marine. Mais on ne doit pas attendre que les arbres se couronnent pour les abattre; car alors le bois aurait perdu beaucoup de sa qualité. Lorsque les ypréaux sont soumis à la tonte, cette opération se fait tous les 3 , 4 > 5 ou 6 ans, suivant la force delà végétation et la destination des rameaux. Un émondage bien dirigé fait prendre ‘dè' la hau- PEU 5j 8 teur à l’arbre ; mais on ne doit point amputer de grosses branches, et si on est obligé de le faire, il faut les couper très-ras, à la fin de l’hiver, et recouvrir la place avec de l’onguent de Saint- Fiacre. Qualités et usages. — Le bois du peuplier blanc est tendre et un peu moins blanc que celui des autres peupliers; il se mâche sous l’outil de l’ouvrier; sa retraite par la dessiccation lui fait perdre plus d’un qifart de son volume, et il se fend en séchant. Il pèse par pied cube, d’après la moyenne proportionnelle déduite des expériences de plusieurs auteurs; savoir , vert, 58 livres 3 onces, et sec, 07 livres 12 onces: d’où il suit qu’il ne perdrait pas tout-à-fait le tiers de son poids, tandis que plusieurs autres peupliers perdent souvent plus de la moitié. On fait avec ce bois des charpentes légères et de peu d’importance; en Picardie, vers Amiens, presque toutes les chaumières sont construites en peuplier blanc. On fait du bois de sciage avec les grosses tiges; elles se débitent en voliges fort estimées pour les couvertures en ardoises, parce que ce bois étant fort tendre, le clou qui y entre facilement sans se plier ni casser, y tient en se rouillant plus solidement que dans du bon bois de chêne. Les sculpteurs l’emploient en place du tilleul. On peut l’employer en planches, la deuxième ou la troisième année après qu’elles ont été débitées, et elles forment de belles boiseries, qui durent long-temps, si le lieu n’est jias humide. Lorsqu’on le réduit en petites parties minces , on en fait de très-jolis parquets; ce qui se pratique en Picardie, où les parquets sont de longue durée. Dans la Flandre et le Brabant, on construit avec ce peuplier tous les meubles, armoires, etc., destinés à rester à couvert, Rosier dit qu’il est presque le seid bois employé dans les provinces du Midi pour les boiseries des portes , des lenètres, des châssis et des meubles. 11 y tient souvent lieu de chêne et de sapin, dont les planches, dans ce pays, sont rares et chères; il en fournit d’excellentes et de légères , ainsi que le peuplier noir, et dont on se sert avec succès pour les brouettes, les tombereaux, etc. Lorsqu’on a la précaution de l’enduire d’une couleur à l’huile, il dure pour le moins autant que le sapin exposé à l’air. Selon Miller, on emploie beaucoup ce bois en Angleterre pour le tour; on en fait des baquets, des gobelets et autres ustensiles; lçsfaiseurs de soufflets le préfèrent, ainsi que les cordonniers, qui l’emploient non-seulement pour des talons, mais aussi pour des semelles de souliers; on en fait encore, dans le même pays, des chariots légers, des perches pour soutenir le houblon, et le bois qu’on se procure en émondant les arbres sert à brûler. M. de Burgsdorf dit qu’il y a des pays dans le nord de l’Asie qui n’oxrt pas d’autres bois de constructio.n que celui-là, et où même on l’emploie aux constructions navales ; mais qu’il ne dure pas long-temps pour ce dernier usage. Comme bois de chauffage, il ressemble à celui des autres peupliers, c’est-à-dire qu’il donne peu de chaleur, que sa flamme a peu d’activité, et que ses charbons se couvrent de cendres tort épaisses. Il est cependant employé fréquemment à chauffer le four, Usage auquel on doit le destiner de préfé- PEU rence, ainsi que tous les bois qui ont peu de valeur pour le chauffage des appartenons. On a indiqué deux variétés de cette espèce, l’une àgraudes et l’autre à petites feuilles. M. Bosc pense que celle à petites feuilles pourrait bien être une espèce distincte. Elle croît rapidement, a le bois plus rouge et meilleur pour faire des sabots et autres ouvrages; aussi la préfère-t-on, dit-il, aux environs de Bruges. Cet auteur, ainsi que M. Desfontaines, reconnaissent une autre espèce de peuplier blanc, qui a été confondue par les botanistes avec l’espèce précédente; c’est le peuplier grisard dont nous allons parler. Le Peuplier grisard , grisâtre ou grisaille (V. la figure à {'Atlas, PL XIX) a les feuilles arrondies , anguleuses, dentées, d’un vert noir en dessus, d’un blanc grisâtre en dessous; ses chatons sont cylindriques et lâches. « Il se trouve, dit M. Bosc , dans les bois de presque toute l’Europe. Jusqu’à ces derniers temps, il a été confondu, par les botanistes, avec le précédent, malgré l’autorité de Miller, quoiqu’il en fût distingué par les bûcherons et par les menuisiers , et quoiqu’il ait constamment ses feuilles plus petites, moins anguleuses, moins velues et moins blanches en dessous, que son écorce soit plus verte et sa hauteur moins grande. Comme ses noms sont souventles mêmes que ceux du précédent, je ne suis pas certain si ceux de franc-picard et à'abèlv lui appartiennent. Il parait généralement moins employé en France pour les ouvrages de menuiserie , de tour et autres ; mais il n’en est pas de même en Angleterre, où, selon Miller, il est très-recherché. C’est principalement lui qui, sous le nom de bois blanc , sert à chauffer le four des boulangers de Paris. Dans beaucoup d’endroits , il fait le fond des forêts, c’est-à-dire qu’il y domine. Un terrain léger et humide est celui qui lui convient le mieux ; mais je l’ai vu prospérer dans des sables arides. C’est l’argile compacte qu’il craint le plus. Une fois introduit dans une localité, il s’y étend avec une incroyable rapidité par le moyen des rejetons qui poussent de toutes ses racines, sur-tout lorsqu’on coupe sa tige, et il entait souvent disparaître les espèces qui croissent moins rapidement que lui par l’ombre dont il les entoure. Rarement on le réserve en baliveaux dans les forêts ; mais assez souvent on le plante en avenues, ou sur le bord des fossés, comme le précèdent. Ses effets, dans un jardin paysager , sont moins pittoresques; cependant il y tient fort bien sa place, on le multiplie de même. » Le Peuplier d’Italie , qu’on appelle aussi peuplier de Lombardie , peuplier pyramidal , peuplier - cyprès , peuplier fastigié , est un arbre de la première grandeur, qui, dans les situations qui lui conviennent, parvient à une hauteur et à une grosseur considérables, c’est-à-dire à 120 pieds d’élévation, et à 8 et 9 pieds de circonférence vers le bas de la tige; il n’est pas rare de voir des peupliers d’Italie qui, à 25 ans, ont plus de ico pieds de hauteur et 7 à 8 pieds de tour. Histoire. — On croit que ce peuplier est originaire de la Géorgie et de la Crimée, d'on il a été apporté depuis fort long-temps en Italie. On en attribue l’importation en France à M. de Reigeroortes, PEU qui l’apporta de Lombardie et le fit planter, il y a environ 70 ans, sur les bords du canal de Briare. Cet arbre excita, dans les premiers temps, un enthousiasme général; il fut loué à outrance; on se persuada même qu’il pourrait être employé à faire des mâts de vaisseaux ; onfin il fut répandu avec une grande rapidité dans presque toutes les parties de la Fraucq, au préjudice des autres arbres, qu’on arrachait pour lui faire de la place. Aujourd’hui, on est un peu revenu de l’enthousiasme qu’il avait inspiré; mais il n’en reste pas moins au nombre des arbres qui méritent le plus d’être employés à l’embellissement des campagnes, à la mise en valeur des fonds de médiocre qualité, et à des plantations dans les prés, le long des rivières, des canaux, et en général, dans les vallées. Description. — Le peuplier d’Italie est un bel arbre de décoration ; son aspect est majestueux, sa taille élancée et sa forme régulière ; ses branches, depuis le bas de la tigejusqu’au sommet, prennent une direction droite, en se rapprochant toujours du tronc, et lui donnent cette figure pyranridale, qui le distingue de tous les arbres rustiques , et le fait remarquer à une grande distance. — Il jette beaucoup de racines autour de lui, qui, lorsque Farbré est abattu, donnent naissance à une grande quantité de rejetons. — Son écorce est verdâtre et unie sur les jeunes branches, et jaunâtre et fortement gercée sur les vieilles tiges, qui sont ordinairement relevées par des espèces de côtes saillantes vers la partie inférieure. — Ses feuilles sont portées par des pétioles longs et un peu aplatis; elles sont triangulaires, aiguës, plus larges que longues, garnies de dents obtuses sur les bords, lisses et d’un vert foncé, vif et brillant des deux côtés; elles conservent leur éclat jusqu’à l’arrière-saison. Dans leur jeunesse, elles sont un peu visqueuses et d’une odeur qui n’est point désagréable.—Les fleurs ressemblent à celles du peuplier noir ; elles se développent un peu plus tôt que celles-ci. Il paraît que nous ne possédons en France que des individus mâles : d’où il suit que la culture par les semences, n’est point praticable chez nous. Le peuplier d’Italie a été regardé par Duhamel et quelques autres botanistes comme une variété de peuplier noir, à cause de la ressemblance de son feuillage avec celui de ce dernier. Mais la forme pyramidale de cet arbre, la qualité inférieure de son bois, et quelques différences dans les caractères de ses autres parties, le distinguent de tous les peupliers et l’ont fait admettre comme une espèce particulière. Culture. — Le peuplier d’Italie se plaît dans un terrain léger, substantiel et un peu frais, et il exige un climat tempéré. 11 vient aussi dans les mauvais fonds , et mieux dans les sables maigres qu’aucune autre espèce de bois. Cependant les terres crayeuses, argileuses et tenaces, et les lieux trop aquatiques ne lui conviennent pas. On le multiplie exclusivement, mais avec la plus grande facilité, par boutures ou plançons, auxquels on ne doit jamais couper la tète. La multiplication par boutures faite avec des pousses d’un an, est celle que l’on suit généralement dans les pépinières ,* et qui en effet mérite la préférence. Le terrain doit être léger, frais et bien ameu- PEU 5x 9 bli. On procède à la plantation des boutures pendant l’hiver, et on place les jeunes branches un peu 'obliquement à la surface du terrain, dans des trous faits au plantoir, ou, mieux, à la pioche, espacés de ' i 5 à 18 pouces, et profonds d’environ un pied. La reprise de ces boutures est presque toujours assurée | si le printemps n’est pas trop sec. Comme le peu- j plier d’Italie est destiné à se garnir de branches de- j puis le bas de la tige, on ne doit enlever à la ser- pette que celles qui rivaliseraient de grosseur avec j cette tige. Le plant peut être mis en place dès la troisième année ; mais il n’y a point d’inconvénient *à le planter beaucoup plus âgé, et on peut même en différer la transplantation jusqu’à l’âge de 10 ans et plus. Comme cet arbre croît avec une extrême vitesse et qu’il s’élève bien droit, il convient beaucoup dans les pépinières de chênes et d’autres arbres qu’on veut forcer à s’élever sans le secours des élagâges. 11 suffit, pour cet effet, de planter alternativement une bouture de peuplier d’Italie et un plant de chêne, de rabattre les plants de peuplier quand ils commencent à trop dominer ceux de chêne, et à les laisser repousser sur un brin , pour les rabattre encore lorsque leur élévation menacera d’étouffer ces derniers. V. l’article Chêne , p. 622. On en fait des abris contre les vents ou contre le soleil, en le plantant en lignes serrées; et sous ce rapport, il convient pour abriter les semis et les plantes délicates qui ont besoin de fraîcheur. On plante aussi le peuplier d’Italie avec beaucoup d’utilité dans les sables pour protéger les semis de bois durs et ceux de pin et de sapin. J’en ai vu les bons effets dans un semis de cette nature, où chaque plant de peuplier était entouré d’une multitude de jeunes pins, qu’on ne remarquait point dans les endroits où l’ombre légère de ces boutures n’avait pas abrité le semis. Il convient d’autant plus à cet objet, qu’au bout de i 5 à 20 ans on peut le couper avec fruit et en débarrasser la sapinière. C’est encore celui de tous les arbres qui est le plus propre à la plantation des routes dans les endroits humides , parce que sa forme élancée et serrée ne s’oppose pas au dessèchement des chemins et ne projette sur les terres riveraines qu’une ombre de peu d’étendue. Lorsqu’on veut former des avenues ou des allées perpétuelles, il suffit d’entremêler les ormes ou autres arbres d’une certaine longévité avec des peupliers d’Italie. A 3 o ou 40 ans, on les coupera et on les remplacera par de jeunes ormes; et lorsqu’à leur tour les ormes de la première plantation seront arrivés à leur maturité, ils seront remplacés par des peupliers. V. Avenues perpétuelles. Isolés, les peupliers d’Italie font la parure des champs et semblent dominer orgueilleusement sur les autres arbres; mais leur grande hauteur et leur cime aiguë les exposent souvent à être frappés de la foudre. Le peuplier d’Italie produit les effets les plus pittoresques , soit qu’on le place; eh avenuë, en bouquet, isolément ou dans les massifs des jardins paysagers ; et comme il sq plante à un âgé assez àvancé, il est très-utile pour cacher les objets dont la vue est PEU 520 désagréable , pour ménager des aspects, pour dessiner des masses et embellir les sites. Exploitation. — L’àge auquel il paraît le plus avantageux de couper les peupliers d’Italie, est celui de 3o à 4° ans lorsqu’ils se trouvent dans un sol convenable. Plus tôt, ils n’ont pas encore acquis toute leur grosseur et leur perfection ; plus tard , ils cessent de croître avec la même activité, et commencent à s’altérer dans le centre. Le commencement de l’hiver est le temps le plus propice pour les abattre; et comme ils sont très-abondans en sève, il est bon d’attendre une année entière avant de les débiter en planches, sur-tout si on les laisse sur la terre, dont l’humidité entretient la végétation. Le peu de grosseur des branches du peuplier d’Italie ne permet guère de l’exploiter par émonde , et ce reproche qu’on lui fait est de peu d’importance, attendu que les élagages nuisent en général à la végétation des arbres et à la qualité de leur bois. Cet arbre, une fois coupé par le pied, ne repousse pas de souche comme les autres peupliers; mais il produit alors des rejets de ses racines; ce qu’il ne fait pas lorsqu’il est sur pied. Qualités et usages. — Si le peuplier d’Italie se fait remarquer comme arbre de décoration, et par la promptitude de son accroissement et la facilité de le multiplier même dans les mauvais terrains, il ne se distingue point par la qualité de son bois, qui est le plus tendre, le plus léger, le plus sec et le plus cassant de tous les bois, comme aussi le plus mauvais pour le chauffage. Sa pesanteur spécifique , d’après la moyenne proportionnelle des expériences de plusieurs auteurs, est par pied cube; savoir, vert, de 56 livres 12 onces; à demi sec, de 43 livres 13 onces; sec, de 28 livres 5 onces : d’où il suit qu’il perd par la dessiccation juste la moitié de son poids, et qu’il est en effet le bois le plus léger dans l’état de dessiccation. Cependant ce bois s’emploie à divers usages. Va- rennes de Fenille dit qu’il perd environ un vingt- quatrième de son volume parla retraite qu’il éprouve en se séchant, et il regarde sa légèreté comme une qualité pour les caisses d’emballage. Cet auteur compare les éloges outrés qu’on a faits des qualités de ce bois avec les assertions contraires qu’on en a publiées. Suivant Fougeroux de Bondaroi, il ne serait propre à aucun usage, étant filandreux, spongieux, se pourrissant au bout de 6 mois en terre, et absorbantl’humiditc. D’autre part, Mustel, dans son Traité théorique et pratique de la végétation ., t. III, p. 4 2< 3> rapporte qu’il est doux, facile travailler; qu’il se prête aisément à l’action des outils qui forment les moulures; qu’on en fait des lambris plus beaux et meilleurs que ceux de sapin; qu’il dure fort long-temps , étant à couvert et même ex- f iosé aux injures de l’air, lorsqu’en le peignant on ’a bien imprégné d’huile ; qu’on l’emploie en pilo tis, parce qu’il se conserve très-long-temps dans l’eau, pourvu qu’il en soit toujours couvert; qu’on en fait d’assez bonnes pièces de charpente pour de petits bàtimens; qu’on l'emploie à la fabrication des sabots, et que les sculpteurs le préfèrent au tilleul. Place milieu..jîe ^gj conti^dictions , 3 arennes de Fçnille à vouh? s’assurer dé la véritable qualité PEU de ce bois, et il a reconnu, comme l’avait fait Mustel,'qu’il se travaille facilement; qu’il n’est point sujet à se fendre, ni à se tourmenter, ni à faire retraite; qualités qui y jointes à son extrême légèreté et à sa prompte dessiccation, doivent le faire employer de préférence au sapin pour les lambris et les menuiseries légères ; que les sabots qu’on en fait sont fort légers, faciles à sécher, et qu’ils absorbent moins d’eau que ceux de noyer et de bouleau, mais qu’ils s’usent fort vite; que l’opération de l’écorce- ment ne change presque rien à la pesanteur spécifique du peuplier d’Italie, et que sa force en a plutôt diminué qu’augmenté ; qu’enfin il brûle bien et donne assez de flamme, mais qu’il se consume très-vite. D’après les expériences de M. Hartig, le bois du peuplier d’Italie donne peu de chaleur; sa flamme est unpeu languissante et accompagnéedeplusdefumée que celle produite par le bois des autres peupliers ; ses charbons ont de la tendance à s’éteindre ; enfin sa valeur, sous le rapport du chauffage, n’est à celle du hêtre que dans le rapport de 744 à 1640: c’est la moindre valeur de tous les bois de chauffage, et il est parconséquent le dernier de ces bois. Suivant Dambourney, le bois du peuplier d’Italie mis dans l’eau bouillante avec de la laine, communique à celle-ci une couleur d’un jaune doré très- solide. Sa seconde écorce est encore plus estimée pour cet usage. Le Peuflier grec ou d’Athènes est un arbre encore peu connu en France, quoiqu’il se trouve en Europe depuis 1779. Il s’élève à une assez grande hauteur , et se distingue de tous les peupliers qui , comme lui , ont les rameaux cylindriques, par ses feuilles dépourvues de poil, en cœur large et pointu, et munies de deux glandes au sommet du pétiole ; elles sont à peine dentées sur les bords, et lisses aux deux surfaces, dont celle supérieure est d’un vert foncé, et l’autre d’un vert glauque: ces feuilles qui, lorsqu’elles sont parfaitement développées, ont un demi-pied de loug sur à-peu-près autant de largeur , sont presque aussi grandes que celles du peuplier argenté dont nous allons parler ; mais elles en diffèrent par leurs pétioles très-aplatis. Cet arbre a l’écorce brune , les boutons légèrement enduits d’un suc gluant et aromatique. On le multiplie de marcottes, et plus communément par la greffe sur le peuplier d’Italie, ou, mieux, sur le peuplier gri- sard. C’est un arbre à répandre dans les jardins d’agrément, à cause de ses feuilles larges et d’un vert noir, qui contrastent fort bien avec celles de la plupart des autres arbres, et il se recommande d’ailleurs par une croissance très-rapide. Le Peuplier de Virginie ou suisse, est une espèce que l’on possède depuis bien des années en Europe et en France, et qu’on s’accorde à regarder comme originaire de l’Amérique septentrionale : on lui donne assez généralement le nom de peuplier suisse, apparemment parce que cet arbre est plus abondamment cultivé dans cette partie de l’Europe qu’ailleurs. On le confond souvent avec le peuplier du Canada ; mais la description suivante qu’en ont donnée M. Michaux et feu M. de Foucault, ne permet plus de confondre ces deux espèces : le peu- PEU PEU plier de Virginie s’élève à 60 et 70 pieds sur un diamètre proportionné à Cette hàu'feur. Son tronc, couvert d’une écorce noirâtre darfs lui gros -arbres , est cylindrique et non sillonné, comtnè dans les vieux peupliers d’Italie. Ses feuilles, presque aussi longues que larges, sont un peu en coeur, lisses à leur surface,-pourvues de dents obtuses dans leur contour et portées sur de longs pétioles, comprimés supérieurement : prises sur de grands arbres, leur grandeur moyenne est de 2 pouces et demiù 3 pouces.- Mais cette grandeur varie considérablement en plus OU en moins; elle est presque du double, si elles proviennent de jeunes arbres plantés dans un endroit fort humide, ou même si elles sont prises sur les branches inférieures. Sur le-sommet de l’arbre, au contraire,ellessont beaucoup plus petites. Sion com- parelesfeuillesdecepeuplieravec cellesdes peupliers du Canadàet deOaroline, appartenant à desarbresde la même fqrcé et plantés dans le même terrain , ou remarque qtre celles de l’espèce dont il est ici question , ^nt toujours de moitié moins grandes. On ne possède-, en France,' de cette espèce que l’individn mâle,qu’on propage de bouture. Le peu plier de Virginie ou suisse a cela de commun avec ceux du Canada et de Caroline, que, dans sa jeunesse, il a, comme ceux-ci, les pousses de l’année très-anguleuses, et que ces angles subsistent pendant les deuxième et troisième années, dans les individus jeunes, vigoureux et plantés dans un sol humide; mais dans les arbres qui ont déjà 20 à 3o pieds de hauteur, et qui se trouvent dans des terrains élevés et assez secs, les jeunes branches sont parfaitement cylindriques et non anguleuses : caractères que conservent, dans tous les cas, pendant plusieurs années, les peupliers de Caroline et de Canada. Dans le peuplier de Virginie ou suisse, les feuilles ioht beaucoup moins grandes, moins en cœur; lesTatneaux moins gros, moins anguleux et cylindriques dans leA jets de 3 ans , et les branches moins écartées du trône : lé bois parait plus tendre que celui du Canada; mais sa végétation est plus rapide ef exige nn sol moins humide pour prospérer ; considération qui est cause que cet arbre est actuelle- mOnt'plbnté avec profusion dans toutes les parties delà France, où il donne des produits très-abon- danèêtpltis promptement que le peuplier d’Ttalie. Le Pc.upr.iER du Canaoa (V. la fig. à VAtlas, PI, XIX ^ est, de même que le peuplier de Virginie- ou suisse , connu depuis long-temps en Europe; 1 c’est un grand et bel arbre, qui s’élève quelquefois à 70 et 80 pieds, sur un diamètre d’euviron 3 pieds. Description. — Cet arbre est celui qui se rapproché le-plns, pour la ressemblance, du peuplier noir; il a , comme lui, des branches fortes et écartées, une forte racine centrale et beaucoup de racines latérales. Son écorce est d’un vert jaunâtre sur les rameaux, et ses fleurs sont semblables à celles du- peuplier noir ; mais il s’en distingue par une croissance plus vigoureuse, par son port plus élancé, par ses feuilles plus larges et moins longues, par ses rameaux anguleux et moins Terts. Les can- neluresde sa tige, qui sont toujours très-prononcées, Tome II. même sur les vieux pieds, un peu moins cependant que dans le peuplier de la Caroline , mais beaucoup plus que dans le peuplier de Virginie ou suisse, le font aisément distinguerde ce dernier,qui file plus droit, dont la tête est arrondie, mais qui acquiert moins de grosseur. Culture. — On propage le peuplier du Canada au moyen des boutures faites avec des branches de l’année , auxquelles on laisse un pied et demi de long. Ces boutures donnent toujours des pieds courbés à leur base; mais cette courbure,disparaît par la suite. On ne pourrait le multiplier de graines, car nous ne possédons en France que l’individu femelle 11 est plus difficile sur lu terrain que le peuplier suisse, et il 11e réussit pas aussi bien que celui-ci dans les terres compactes et argileuses. Qualités et usages. — Le bois du peuplier du Canada paraît de meilleure qualité que celui des autres peupliers. Cet arbre est [dus pittoresque que le peuplier de Virginie, particulièrement sur le bord deseaux; il y produit unbel effet par son port élancé et son feuillage. C’est lui qui compose Iss belles allées que l’on admire ail bas des jardins de Versailles. Commearbre d’utilité et de décoration, il mérite d’être cultivé. Le Peuplier anguleux , ou de Caroline, est un grand et bel arbre, qui se fait remarquer par l’anmleur, la belle couleur et l’abondance de ses feuilles, et par ses jeunes rameaux, très-gros et très-anguleux , que recouvre une écorce d’un vert clair, quelquefois strié de rouge. Il s’élève, dans son pays natal, à 80 pieds et plus , sur un diamètre proportionné. Sa cime est large et touffue. Les feuilles, lors de leur développement au printemps, sont lisses et brillantes ; mais elles présentent une conformation bien différente , suivant l’âge des arbres. Sur les jeunes individus, elles acquièrent jusqu’à 7 et 8 pouces de longueur et une pareille largeur dans le grand diamètre; elles sont en cœur, ayant leur base arrondie et les principales nervures rougeâtres. Dans les arbres très-élevés, elles sont de trois quarts plus petites, et leur base forme , avec le pétiole, un angle presque droit. Ces feuilles sont d’une belle couleur verte, traversée de nervures d’un blanc jaunâtre, crénelées sur les bords, à dents obtuses, et portées par de longs pétioles fortement déprimés à leur partie supérieure; ce qui les rend extrêmement mobiles. Les pousses annuelles , dans les jeunes sujets, sont tris-cpaisses , profondément striées, et de couleur verte avec des points blancs sur leur superficie. Les branches de 2, 3 , 4 et 5 ans , conservent les traces de ces stries ou cannelures, qui sont indiquées par des lignes saillantes et de couleur rouge. Elles finissent par disparaître entièrement. Les bourgeons du peuplier de Caroline sont courts, très-verts, et ne sont pas enduits, comme dans le peuplier du Canada, d’une matière aromatique. — Le bois est blanc et très-tendre. Ce bel arbre a été introduit depuis long-temps en Europe, où il est employé à l’ornement des jardins; mais il a un inconvénient, c’est que, dans les hivers rigoureux, sous le climat de Paris, ses pousses annuelles sont attaquéès par les gelées. D’un autre côté, son bois est très-r assaut; et comme' il donne G6 522 PEU PEU beaucoup (le prise aux vents par ses larges feuilles, il est facilement rompu, si on n’a soin de soutenir ses jeunes tiges par de forts tuteurs. On le multiplie presque exclusivement par la greffe sur le peuplier d’Italie, et il réussit rarement de boutures et de marcottes. Le Peuplier -Baumier, ou Tacamahaca, est ainsi nommé à cause de ses bourgeons enduits d’une humeur visqueuse, odorante et balsamique. Il est originaire de l’Amérique septentrionale, et Pallas l’a trouvé aussi dans quelques parties de la Russie. H êst très-multiplié dans les contrées fort au nord de l’Amérique, par exemple, entre le 47 e - et le 49 e - degré de latitude, et dans ces contrées où la température est très-rigoureuse et le sol humide, il s’élève à 8o pieds sur 3 pieds de diamètre. Description. — Ce peuplier et celui dont nous allons parler sont les seuls dont les pétioles soient arrondis. Il a les feuilles ovales-lancéolées, d’une grandeur variable , finement dentées sur les bords , veinées en réseaux, d’un vert foncé en dessus, d’un blanc argenté en dessous , et mêlées d’une teinte ferrugineuse. Culture. — Cet arbre aime l’humidité, et on le multiplie de boutures etdedrageons enracinés; mais il paraît, contrairement à l’assertion de Fougeroux, que la propagation de cet arbre est difficile, et que ses pousses annuelles atteignent rarement la longueur d’un demi-pied. Il est toujours rare dans les pépinières, et il ne s’élève guère dans nos climats qu’à la hauieur de i 5 à 20 pieds. Qualités et usages. — Le bois de ce peuplier est blanc et tendre , et il ne parait pas que les habitans (lu Canada en fassent usage. Mais on retire de cet arbre la résine tacamaque, ou tacamahaca , dont le vrai nom, suivant M. Bosc , est celui de baume focot, laquelle est connue en France depuis environ 1 73 o, et Irès-reconunaqdée pour la guérison des blessures , de la goutte, des rhumatismes, des maladies de matrices, et pour calmer les douleurs des nerfs. On peut, jusqu’à un certain point, remplacer cette substance balsamique par de l’huile, dans laquelle on fait infuser, au printemps, les bourgeons du peu- plier-baumier, ou du peuplier blanchâtre, dont il va être parlé. Il paraît que l’on connaît aussi deux autres résines qui portent le nom de tacamahaca , et qui proviennent d’arbres autres que les deux peupliers- baumiers. Le Peuplier-Baumier blanchâtre, ou peuplier à feuilles vernissées et vulgairement le peuplier liard, offre des différences très-marquées. IL a les feuilles trois fois plus grandes, parfaitement cordiformes et les pétioles souvent garnis de poils; elles sont, comme dans l’autre espèce , d'un vert sombre en dessus, et blanchâtres en dessous. Au printemps, les bourgeons sont aussi enduits d’une substance ré- sino-balsamique d’une odeur agréable. Mais ce peuplier s’élève dans nos climats à 40 ou 4 5 pieds sur 18 à 20 pouces de diamètre. Son tronc est couvert d’une écorce verdâtre et unie , et ses branches, mal placées, ne lui donnent pas un aspect agréable. Cet arbre, que l’on trouve à la Louisiane, à la Caroline , dans la Virginie et au Canada, est cultivé en Fra nce depuis long-temps sous le nom de peuplier liard, nom qui lui a été imposé, à cause de la souplesse de ses rameaux , propres à faire des liens. Culture. — On le multiplie facilement de boutures, et il se contente mieux d’un terrain sec que les autres peupliers. Il mérite d’être propagé plus qu’il ne l’a été jusqu’à ce jour. Qualités et usages. — Son bois et léger, liant et difficile à fendre- Les Canadiens en font de longues pirogues. Ses boutons, pendant la chaleur, répandent une odeur qu’on (lit très-saine pour les phthisiques. Le Peuplier argenté est un grand arbre, qui est aussi originaire de l’Amérique septentrionale, d’où il fut apporté en France en 1765. M. Micliaux, qui l’a observé dans plusieurs contrées de cette partie du monde, dit qu’il s’élève quelquefois jusqu’à 70 et 80 pieds sur 2 à 3 piedsde diamètre. Son écorce alors est très-épaisse et profondément crevassée. Les jeunes branches et les pousses de l’année sont arrondies et non anguleuses, comme dans le peuplier de Caroline. Les jeunes feuilles sont couvertes d’un duvet très-épais et de couleur blanche , qui disparaît lorsqu’elles ont acqnis toute leur grandeur. Elles sont lisses en dessus, et restent seulement un peu veloutées à leur surface inférieure. Cesteuilles, soutenues par de longs pétioles, ont souvent 6 pouces de longueur sur une largeur égale; elles sont très-régulièrement en cœur, d’une texture assez épaisse et dentées dans leur contour ; elles présentent, à leur base, deux lobes, qui se croisent et cachent le point d’attache du pétiole. Les chatons sont moitié moins longs que ceux du peuplier anguleux. Le bois de ce peuplier est tendre et léger ; le cœur en est jaunâtre, tirant sur le rouge, et les jeunes branches sont pleines d’une moelle qui est aussi de la même couleur. M. Michaux croit que ce bois est inférieur en qualité à celui du peuplier blanc et des peupliers de Virginie et d’Italie. Ce peuplier vient très-bienenFrance, et ne souffre pas des gelées comme le peuplier de Caroline. On le multiplie de marcottes et par la greffe sur le peuplier d’Italie, et encore mieux sur le peuplier grisard. Il convient très-bien dans les jardins paysagers , où il produit un très-bel effet par ses larges feuilles de couleur changeante. Le Peuplier faux tremble est très-peu répandu en France; il a beaucoup de rapport avec le tremble ; mais sa hauteur est bien inférieure. M. Michaux dit qu’il s’élève à environ 3 o pieds dans les Etats-Unis, où il l’a observé. Les feuilles, supportées par d’assez longs pétioles, comprimés à leur partie supérieure , ont environ 2 pouces de diamètre ; elles sont d’un vert foncé, et traversées, au printemps , par des nervures rougeâtres. Leur grandeur varie, au surplus, suivant l’àge des individus qui les portent ; elles sont presque rondes sur les arbres un peu élevés. Leur mobilité est semblable à celle des feuilles du tremble de l’Europe. Son bois est très-léger, fort tendre et n’a aucune force. Son aspect est moins agréable que celui de beaucoup d’autres peupliers de l’Amérique septentrionale : ainsi, il n’offre aubun intérêt aux Européens. Le Peuplier a grandes dents est, comme l’espèce précédente, fort peu cultivé en France. Il est PHY PH Y originaire du nord des Etats-Unis, où il croît aussi bien dans les terrains élevés que dans le voisinage des marais. Sa hauteur est d’environ 40 ù 4 $ pieds sur 10 à 12 pouces do diamètre. Son tronc est droit et couvert d’une écorce unie , verdâtre, et rarement crevassée. Ses branches sont peu nombreuses et fort espacées. Les feuilles, au moment de leur développement , sont couvertes d’un duvet très-épais de couleur blanche, qui disparaît à mesure qu’elles grandissent. Elles ont environ 2 à 3 pouces de diamètre, sont parfaitement glabres en dessus et en dessous, presque rondes dans leur état parfait, et remarquables par les crénelures ou dents très-larges de leurs 'bords. Le bois de cet arbre est très-tendre et fort léger; AI. Alichaux le regarde comme bien inferieur à celui du peuplier d’Italie et du peuplier de Virginie, qui offrent encore l’avantage sur lui de croître plus rapidement et de parvenir à une hauteur bien plus considérable. Ainsi, ce peuplier n’offre que peu d’intérêt sous le rapport de l’utilité. Il ne peut être considéré que comme un arbre de pure curiosité, à cause de son joli feuillage. On lecultive dans les pépinières, où il se multiplie par marcottes et par la greffe sur le peuplier d’Italie et sur le peuplier grisard. PHYSIOLOGIE. Mot composé de deux mots grecs, phusis , qui signifie nature, et logos , qui signifie discours, traité; c’est un traité sur la nature. La physiologie est définie une science pratique, qui a pour objet la connaissance des choses naturelles qui constituent le corps de l’homme et qui lui sont nécessaires pour l’exercice de ses fonctions. PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. C’est la science qui a pour objet la connaissance des choses qui constituent les végétaux; ce qui comprend l’anatomie des végétaux et la description de leur structure et des fonctions de leurs organes. Nous ne pourrions, sans dépasser les bornes assignées à notre ouvrage, présenter ici un traité complet de cette science. Nous devons donc, en nous renfermant dans le plan que nous nous sommes tracé, nous borner à l’exposition des principes généraux. Nous les puiserons dans l’excellent ouvrage qui a pour titre, Elémens de physiologie végétale , par M. Mirbel, membre de l’Institut ; et à cet égard, nous userons de la permission que ce savant a bien voulu nous donner, et dont nous lui témoignons ici toute notre reconnaissance. Les extraits, souvent textuels, que nous allons présenter, donneront sur les principes qui en seront l’objet, des idées justes et précises, et ils feront naître, au profit de la science, le désir de puiser à la source même les dé- veloppemens des savantes leçons de AI. Alirbel. PREAHÈRE SECTION. — notions préliminaires. Tous les êtres de la nature ont été divisés par les anciens naturalistes en trois règnes : le règne minéral, le règne végétale t le règne animal. Les modernes n’admettent que deux grandes classes, celle des êtres organisés et celle des êtres inorganisés. Cette dernière classe embrasse toute la nature brute : les fluides, les gaz, les minéraux; l’autre classe renferme les végétaux et les animaux. Un grand nombre de 523 caractères séparent les végétaux des animaux; d’autres caractères les rapprochent et semblent les confondre, sur-tout dans les espèces placées aux derniers degrés de l’échelle des animaux, telles que les zoophytes (plantes animales). La difficulté d’établir une ligne de démarcation bien positive entre le règne animal et le règne végétal, a donc déterminé leur réunion en une seule classe, sous la dénomination d 'êtres organisés. Le carbone, l’hydrogène, l’oxigène, et quelquefois l’azote, forment la base des substances végétales. Oit y trouve aussi, mais en moindre quantité, quelques oxides métalliques, quelques sels alcalins et terreux. Une substance homogène, transparente, flexible, incolore, quelquefois formant une masse, dans laquelle l’œil, aidé des verres les plus forts, né distingue aucune organisation, mais plus souvent étendue en membranes et façonnée en tubes et en cellules , constitue le végétal. Les plantes se nourrissent de substances inorganisées; elles absorbent, avec l’eau , les matières minérales , végétales et animales que ce liquide tient en dissolution. Les parties vertes , soumises au contact de la lumière, décomposent l’eau et l’acide carbonique, rejettent l’oxigène de cet acidepresqu’en totalité , et retiennent le carbone et les principes de l’eau avec un peu d’azote, que les gaz et le liquide absorbé ont introduits dans le tissu. Elles s’assimilent ces substances , et leur donnent, pour un temps, les caractères de l’organisation. La sève, balancée dans les longs tubes qui parcourent le végétal, se répand de tous côtés, se porte à la superficie, et particulièrement dans les feuilles, où, se mettant en contact avec l’air et la lumière, elle éprouve des décompositions et des combinaisons diverses , et acquiert les qualités nécessaires pour nourrir le végétal. La nutrition , ou la propriété qu’ont les plantes de s’incorporer de nouvelles molécules et de les assujettir aux lois de l’organisation, suppose une force de succion qui attire les sucs nutritifs. La succion ne peut s’expliquer autrement que par la contraction et la dilatation alternatives des vaisseaux absorbans. Le phénomène de la nutrition est donc une preuve de l’irritabilité ; et puisque les plantes croissent, il est clair qu’elles se nourrissent et qu’elles sont irritables. D’ailleurs, plusieurs espèces, la sensitive par exemple, exécutent des mouvemens très-visibies, qu’on a tenté vainement d’expliquer par les lois or- dinairesde la physique, et qui résultent, selon toute apparence, d’une contractilité analogue à celle de la fibre musculaire. Les divers modes de la génération unissent étroitement les plantes aux animaux. Si presque toutes les plantes ont des graines, presque tous les animaux ont des œufs ; car on peut croire que les vivipares en produisent de même que les ovipares, mais qu’ils éclosent dans la matrice. 11 est aussi des plantes dont la graine germe dans le fruit encore suspendu à la branche. Quelques végétaux n’ont point de graine; quelques animaux n’ont point d’œufs. Les uns et les autres se multiplient par extension et séparation natu- 66 * PH Y PHY 5a 4 relie de leur propre substance. Certaines espèces de polypes produisent de petits tubercules qui se détachent et forment d’autres polypes. Les nereis , petits vers aquatiques , se séparent en plusieurs tronçons, qui sont autant de nouveaux nereis. On sait qu’un polype coupé en plusieurs morceaux, donne un égal nombre de polypes, et qu’une branche, ou même une feuille détachée d’un arbre, peut produire un arbre tout entier. De la comparaison que M. Mirbel établit entre les animaux et les végétaux par les caractères qui leur sont communs, et dont nous n’avons extrait que ceux relatifs aux végétaux, il résulte que ces êtres sont étroitement unis sons les rapports de l’organisation ; qu’il semble impossible de les distinguer par un trait prononcé qui appartienne exclusivement aux uns et aux autres ; que la liaison des deux classes se montre sur-tout dans les espèces les moins parfaites, et qu’en général les différences sont plus nombreuses et plus marquées à mesure que l’on s’éloigne de ce point de départ : en sorte que les animaux et les végétaux forment deux séries graduées, ou , si l’on veut, deux chaînes ascendantes, qui, partant d’un point commun, s’écartent l’une de l’autre à mesure qu’elles s’élèvent. Aperçu des caractères extérieurs du végétal. —Les végétaux sont l’ornement de notre globe; ils cou- vrentles plaines, descendent jusqu’au fond des mers, s’élèvent presque sur les sommités des plus hautes montagnes. Tous ont des pores par le moyen desquels ils puisent leur nourriture, f.a partie qui les fixe à la terre et y absorbe les sucs nécessaires à la végétation, est la racine : cet organe ne manque jamais. La tige part de la racine; quelquefois elle rampe sur la terre, plus souvent elle s’élève vers le ciel, soit par ses propres forces , soit en s’appuyant sur quelque corps étranger. La tige se divise en branches et les branches se divisent en rameaux. Les tiges, les branches et les rameaux des arbrisseaux et des arbres portent,chaque année, des boutons qui recèlent les germes des productions des années suivantes. Ces boutons sont formés, dans nos climats froids et tempérés, de lames ou d’écailles, qui garantissent les germes de l’intempérie des saisons; et dans les contrées équinoxiales , les boutons sont presque toujours dépourvus d’écailles. Les racines qui survivent à la chute annuelle des tiges herbacées, et celles d’un grand nombre de végétaux à tiges ligneuses et par conséquent vivaces, produisent des boutons que l’on nomme titrions. La bulbe ou l’oignon des lis, des aulx, des scilles, ne diffère pas essentiellement des turions. Le bouton commençant à se développer, devient un bourgeon , et celui-ci en s’allongeant forme une branche ou un rameau. Les arbustes se distinguent assez nettement des arbrisseaux , parce qu’ils n’offrent point de boutons à l’époque où la végétation est suspendue ; mais les arbrisseaux ne diffèrent des arbres que par la faiblesse et le peu d’élévation de leurs tiges. Les feuilles sont communément des lames vertes, minces, molles,de peu de durée, que l’on doit considérer à-la-fois comme des racines aériennes et comme des poumons propres aux végétaux, parce qu’elles ont, plus qu’auc me. autre partie, la propriété d’observer l’eau et l’acide carbonique de l’at- inosphère, de décomposer l’un et l’autre, et d’expirer du gaz oxigène au contact des rayons de la lumière. Elles sont souvent resserrées à leur base en une espèce de queue que l’on nomme pétiole , et sont accompagnées quelquefois de stipules , appendices semblables à de petites feuilles. Les végétaux, comme tous les êtres organisés, donnent naissance à des êtres semblables à eux, et perpétuent ainsi l’ouvrage de la création. Cet important phénomène s’opère, dans la plupart, par le concours de deux organes, Vétamine et le pistil, que l’on assimile, non sans raison, aux parties mâles et femelles des animaux. Les espèces dans lesquelles ces organes existent d’une manière bien évidente, sontdites phénogames ; celles dans lesquelles l’existence de ces organes est plutôt soupçonnée que démontrée, sont dites cryptogames; celles dans lesquelles on croit que les organes n’existent pas, sont dites agonies. La présence d’une étamine ou d’un pistil suffit pour constituer la fleur; mais ellen’est complète que lorsque les deux organes réunis sont environnés d’un double périanthe. Les personnes étrangères aux connaissances botaniques donnent exclusivement le nom de fleur A ces enveloppes , qui se font remarquer par la vivacité de leurs couleurs, l’élégance de leurs formes et la suavité de leurs parfums. L’organe mâle ou l’étamine comprend trois parties : le pollen, poussière composée ordinairement d’une quantité innombrable de vésicules remplies d’une liqueur fécondante; l 'anthère, sac membraneux qui contient le pollen et le répand au temps de la fécondation; l 'androphore (filet), support de l’anthère. On retrouve l’anthère et le pollen, quoique sous des formes très-variées, dans toutes les fleurs hermaphrodites (celles où les deux sexes sont réunis) et dans les fleurs mâles. Quant à l’androphore, il n’existe pas toujours. L’organe femelle ou pistil comprend quatre parties : les ovules, premières ébauches des embryons et de leurs tégumens ; l 'ovaire , cavité du pistil, dans laquelle sont renfermées les ovules; le style , espèce de trompe ou de filet qui s'élève de l’ovaire; le stigmate, extrémité supérieure du style, par laquelle on soupçonne que la liqueur du pollen est absorbée. Le style manque dans beaucoup d’espèces ; les ovules, l’ovaire et le stigmate sont des parties essentielles qui ne manquent jamais dans les plantes pourvues de fleurs. Le périanthe est une enveloppe placée immédiatement au-dessous des organes sexuels. Dans beaucoup de végétaux, le périanthe est simple; dans un plus grand nombre, il est double, et alors sa partie externe est le calice , et sa partie interne la corolle. Le calice est presque toujours vert, herbacé et plus susceptible de se dessécher que de se flétrir. La corolle, à l’exception de la couleur noire, se PHY PHY teint de toutes les nuances. Elle est molle, aqueuse et fugace. Quant au périanthe Simple’, tantôt sa substancé ressemble à celle dn calice, tantôt à oellé de la corolle, ot tantôt elle est’ mixte, c'est-à-dire qu’elle participe de l’un et de l'autre par sa consistance et sa couleur. Le périanthe simple est monosêpale lorsqu’il est d’une seule pièce, et polysëpate lorsqu’il est de plusieurs pièces. Chaque pièce prend le nom de sépale. Le calice, modifié de la même manière, reçoit les mêmes qualifications. On ditaussi qu’il est mono- phylle , dipliylle, triphylle , tétraphylle , polyphylle , quand il est composé d’une, deux, trois, quatre ou plusieurs pièces séparées jusqu’à la base, et il est appelé bifide, trifide, quadrijide , multifide, quand il présente deux, trois, quatre on un plus grand nombre de divisions peu profondes. La corolle est monopétale ou polypétale, selon qu’elle est d’une ou de plusieurs pièces ou pétales. Elle prend le nom de dipétale, tripétale , tétrapé- tale , etc. , suivant qu’elle est formée de deux, trois, quatre pétales, etc. Le périanthe simple, aussi bien que le calice et la corolle, qui forment le périanthe double, offrent, quand ils sont d’une seule pièce, le tube, qui est la partie inférieure; la gorge, qui est l’orifice du tube; et le limbe , qui est l’expansion comprise entre l’orifice et le bord supérieur. Chaque pétale d’une corolle polypétale a son onglet et sa lame. L’onglet est la partie inférieure par laquelle le pétale est fixé; la lame est toute l’expansion supérieure. La place où sont attachés les organes floraux se nomme réceptacle. Les fleurs ont quelquefois des enveloppes accessoires; ce sont des bractées, petites feuilles qui diffèrent des autres soit par leur consistance, soit par leurs formes, soit par leur couleur. Les bractées réunies plusieurs ensemble en collerette au-dessous des fleurs , constituent Vinvolucre. On doit aussi considérer comme des bractées les spathes, enveloppes membraneuses ou même ligneuses qui environnent et cachent d’abord absolument une ou plusieurs fleurs, et ne les laissent voir que lorsqu’elles viennent à s’ouvrir ou à se déchirer. Le support d’une fleur solitaire et le support principal de plusieurs fleurs est un pédoncule, s’il part de la tige ou des rameaux, et une hampe , s’il part de la racine. Les pédicelles sont les dernières ramifications d’un pédoncule commun à plusieurs fleurs, ou , si l’on veut, ce sont les pédoncules particuliers de chaque fleur. Après la fécondation , les styles , les stigmates, les étamines, se flétrissent ou se dessèchent; mais l’ovaire continue de se développer : il prend le nom de fruit. On distingue dans le fruit le péricarpe et la graine. Le péricarpe est la paroi de l’ovaire, qui a changé de volume , de consistance et souvent même ae forme en mûrissant ; il contient toujours les graines. La graine est l’œuf végétal parvenu à sa perfec- 525 tiou. Elle renferme , sous une ou plusieurs tuniques séminales, l’ embryon , germe précieux dont l’existence assure la reproduction de ^espèce. Le péricarpe est dur ou mou, sçc ou succulent, simple ou composé. Tantôt il est d’une seule pièce et reste clos; tantôt il est de plusieurs pièces ou valves , lesquelles sont réunies par des sutures jusqu’à la parfaite maturité, époque de leur séparation. La cavité interne du péricarpe est souvent partagée en plusieurs loges par des cloisons. La partie de la boite péricarpienne où chaque graine est attachée, est un placenta. La réunion des placentas constitue le placentaire. Le placentaire se développe quelquefois en axe, en colonne ou columelle, en cône, en globe, etc., au centre du péricarpe; d’autres fois il s’étend en lames ou s’allonge en nervures sur la paroi ou sur la marge des valves ou des cloisons. Souvent chaque graine est attachée à son placenta par l’intermédiaire d’un funicule, ligament qui a beaucoup d’analogie avec le cordon ombilical des animaux. Beaucoup) de graines ont une , deux et jusqu’à trois tuniques. Une petite élévation quelquefois colorée , produite à la superficie des enveloppes séminales par le prolongement intérieur des vaisseaux du funicule, est le prostype funiculaire. La cicatrice qui paraît sur les graines après que le funicule s’est détaché, est le hile. Enfin, la plu part des graines ont un périsperme , petite masse charnue , farineuse ou cornée, qui accompagne l’embryon et lui sert d’aliment au temps de la germination. L’euibryon est la première ébauche de la plante qui se développera un jour. On y distingue le blastème et le corps cotylédonaire. Le blastème comprend la radicule, petit bec saillant qui doit s’allonger en racine; la plumule, bouton de feuilles à peine formées et souvent repliées sur elles-mêmes; le collet , partie intermédiaire entre la radicule et la plumule. Le corps cotylédonaire est formé d’un, deux, trois, quatre et jusqu’à douze appendices plus ou moins charnues, qui naissent du collet. Elles ontrecu le nom de cotylédons ou feuilles séminales. Ces appendices ont des rapports frappans avec les feuilles. L’absence, la présence et le nombre des cotylédons, ont fourni la base de troisgrandesdivisionsdans le règne végétal; savoir, les acotylédons, végétaux pxivés de cotylédons; les monocotylédons , végétaux munis d’un cotylédon; les dicotylédons , végétaux munis de deux cotylédons au plus. En général, lorsque les feuilles séminales sont minces, l’embryon est accompagné d’un grand périsperme; mais lorsque les feuilles sont épaisses, le périsperme est très-mince ou même disparait totalement, et la propre substance du cotylédon en tient, lieu. Ce bref aperçu suffit pour faire comprendre qu’il existe dans les végétaux, de même que dans les animaux, deux ordres d'organes , les uns nécessaires à la conservation de l’individu : telles sont la racine , la tige, les feuilles ; les autres, nécessaires à la propagation de l’espèce: tels sont la fleuret le fruit. 5aG PHY DEUXIÈME SECTION. — Du tissu organique. PHY Tissu organique f vu à L’œil nu. — Si l’on examine la tranche horizontale du tronc de nos arbres forestiers , qui sont tous dicotylédons, on voit au centre une substance lâche, à laquelle on a donné le nom de moelle; à la circonférence, une écorce épaisse; dans la partie intermédiaire , des couches de bois qui forment des zones concentriques; et du centre à la circonférence, des insertions ou rayons médullaires semblables aux lignes horaires d’un cadran. Si l’on examine la coupe horizontale d’un palmier ou de tout autre végétal monocotylédon, on reconnaît que la moelle forme la majeure partie de la tige; que le bois est composé de longs filets disséminés dans le tissu médullaire ; qu’il n’y a point de rayons prolongés du centre à la circonférence et souvent point d’écorce. Enfin , si l’on examine les champignons et les algues , plantes privées d’organes sexuels, on n’y trouve qu’une masse d’un tissu plus ou moins serré , plus ou moins allongé, mais d’ailleurs homogène et semblable, sous beaucoup de rapports , à la moelle des végétaux monocotylédons et dicotylédons. Les nervures des calices et des feuilles présentent une substance analogue à celle du bois ; la partie verte renfermée entre les nervures, ne diffère point sensiblement, par la consistanceet l’aspect, du tissu extérieur des jeunes écorces. Les corolles ont un tissu lâche et des veines délicates. Les fruits sont tantôt charnus, tantôt membraneux, tantôt ligneux. Les plantes herbacées, plus molles que les végétaux ligneux, ressemblent cependant, par leur contexture, aux palmiers ou à nos arbresforestiers, selon qu’elles sont monocotylédones ou dicotylédones. Nombre d’espèces herbacées ou ligneuses contiennent visiblement dans leur moelle ou dans leur ecorce de grandes cavités remplies de sucs colorés, et leur bois n’est pas d’un tissu tellement serré, qu’on ne puisse y apercevoir quelquefois, sans même faire usage de la loupe , les orifices des gros vaisseaux qui les parcourent. Tissu organique, observé au microscope. — Nous avons dit qu’un tissu membraneux, cellulaire et continu , plus ou moins transparent, forme toute la substance des végétaux. La membrane qui constitue le tissu membraneux est d’une épaisseur variable, selon la nature particulière des espèces et l’àge des individus. Elle est pourvue de pores, les uns visibles , les autres invisibles. L’existence de ces derniers est prouvée par la transfusion des fluides d’une partie du végétal dans une autre, lors même qu’il est impossible d’apercevoir la communication des cellules ; l’existence des autres est prouvée non-seulement par la marche des fluides , mais encore par l’observation microscopique, qui fait distinguer nettement les pores et les fentes dont souvent la membrane est criblée. Ces ouvertures sont quelquefois bordées de petits bourrelets épais et calleux, qui se détachent en ombre quand on appose le tissu membraneux à la lumière. Pour rendre plus évidentes les diverses modifications du tissu membraneux, on le divisera systématiquement en deux organes élémentaire^: i°. le tissu cellulaire; 2°. le tissu vasculaire. Tissu cellulaire. — Il est composé de cellules contiguës les unes aux autres et dont les parois sont communes. (V., à VAllas, la PI. V bis , fig. 1 , 2, et 3 .) Grew le compare à l’écume d’une liqueur en fermentation. Cette comparaison n’est pas dépourvue de justesse. Les cellules tendent d’abord à se dilater dans tous les sens; mais chacune d’elles étant comprimée parles cellules adjacentes, et souvent aussi par les parties dures du végétal, il arrive que leur forme dépend sur-tout des résistances qu’elles éprouvent. Lorsque les cellules n’éprouvent d’autres résistances que celles qu’elles s’opposent mutuellement, ce qui a lieu au centre de la moelle, et dans les racines et les fruits charnus ou pulpeux, leurs coupes horizontale et verticale offrent fréquemment des hexagones réguliers , comme les alvéoles des abeilles. Les parois des cellules sont très-minces et aussi transparentes que du verre. Elles sont quelquefois criblées de pores {fig. 2) dont l’ouverture 11’a peut-être pas pour diamètre la trois centième partie d’un millimètre, l'ius rarement elles sont coupées de fentes transversales {fig. 3 ; , et ces fentes sont si multipliées dans quelques espèces, que les cellules y sont transformées en un vrai tissu réticulaire. Il est à remarquer qu’en général les pores sont nombreux et rangés en séries transversales lorsque les cellules sont très-allongées, et qu’au contraire ils sont épars et peu nombreux lorsque le diamètre des cellules est, à peu de chose près, égal dans tous les sens. Le tissu cellulaire 11e reçoit les fluides et ne les transmet que très-lentement. Le tissu cellulaire régulier et peu poreux {fig 1 . compose ordinairement toute la moelle ; il forme aussi presque toute l’écorce , etc. ; on l’observe en grande abondance dans les cotylédons épais, dans les racines charnues, dans les fruits pulpeux , etc. ; macéré dans l’eau, il s’altère et se détruit facilement. Les couches ligneuses des dicotylédons et les filets ligneux des monocotvlédons, sont formés en grande partie du tissu cellulaire ; mais les cellules y sont très-allongées et y paraissent comme de petits tubes parallèles les uns aux autres : de là le nom de tissu cellulaire allongé {fig. 4 )> Leurs parois sont épaisses, à demi-opaques, quelquefois percées de pores très-fins. Leurs cavités s’obstruent dans les anciennes couches des arbres. Ce tissu , qui constitue la partie la plus solide des végétaux, ne se dissout point dans l’eau. Les rayons médullaires, qui marquent la coupe transversale des tiges des arbres dicotylédons de traits semblables aux lignes horaires d’un cadran , sont presque toujours des séries de cellules allongées du centre à la circonférence^ et dont par conséquent la direction coupe à angle droit le fil du bois. Les cellules des rayons médullaires rencontrent j P PI Y PHY chemin faisant , les vaisseaux ilu bois, et s’abouchent avec eux par le moyen des pores. Le tissu cellulaire réguliçr a peu de consistance < aussi arrive-t-il quelquefois qu’il se déchire et laisse, par sa défection , des vides plus ou moins considérables dans le corps du végétal : ce sont les lacunes Ijfig. 18). Elles se montrent sur-tout dans les plantes aquatiques , et elles y sont distribuées avec tant de symétrie , que les botanistes étrangers aux recherches anatomiques les ont considérées comme représentant la structure primitive du végétal. On peut reconnaître leur existence, à la simple vue, dans le lypha , le nymphcea , l ’equisetum , le gratiola , etc. ; elles se forment dans un ordre de choses si sagement combiné , qu’elles n’apportent aucun préjudice à la végétation. Le plus ordinairement elles ne contiennent que de l’air; ce qui peut-être les rend très-utiles aux plantes aquatiques , dont le tissu , pénétré par une trop grande quantité d’eau, s’altérerait en peu de temps. Tissu vasculaire. — Les tubes ou vaisseaux des plantes parcourent les différens organes, s’unissent par de fréquentes anastomoses, et forment ainsi une sorte de réseau. Leur calibre est cylindrique, ou ovale, ou anguleux; ils distribuent dans toutes les parties l’air et les fluides nécessaires à la végétation. Leurs parois sont fermes , épaisses , peu transparentes. Ces vaisseaux ne doivent pas être comparés, comme l’ont fait quelques auteurs, ni aux veines et aux artères, ni au canal intestinal. Les artères ont une force de contraction qui pousse le sang dans les veines ; les veines sont pourvues de soupapes ou valvules qui s’opposent à la marche rétrograde du sang : rien d’analogue n’existe dans les plantes. Et quant au canal intestinal, il doit avoir deux issues extérieures, ou au moins une, pour recevoir la nourriture et rejeter les excrémens solides : or, les plantes n’ont point d’excrémens solides, etleurs vaisseaux sont toujours fermés aux deux bouts. Le nom de vaisseau ne doit même pas être pris à la rigueur, attendu qu’il n’indique ici que de très-longues cellules unies au reste du tissu , et percées d’ouvertures latérales qui permettent aux fluides de se répandre de tous côtés ; tandis que dans les animaux les vaisseaux, ayant des parois distinctes et closes, conduisent les fluides en des endroits déterminés. On distingue six principales modifications dans les vaisseaux des plantes : i °. les vaisseaux en chapelets , 3°. les vaisseaux poreux, 3 °. les vaisseaux fendus ou fausses trachées, 4 °- l es trachées , 5 °. les vaisseaux mixtes , 6°. les vaisseaux propres. Les vaisseaux en chapelets ( Jtg . i 5 ) sont des cellules poreuses placées bout à bout, ou si l’on aime mieux , des tubes poreux resserrés de distance en distance , et coupés de diaphragmes percés à la manière d’un crible. On les trouve fréquemment dans les racines et à la naissance des branches et des feuilles; ils servent d’intermédiaires entre les gros vaisseaux des tiges et des branches , et c’est par leur moyen que la sève passe des unes dans les autres. Les vaisseaux poreux (Jlg. 5 , 6 ) sont criblés, rangés en séries transversales ; ils existent dans toutes les parties du végétal où la sève circule avec quelque liberté : ainsi on les trouve dans le corps des racines, le bois des tiges et des branches, les grosses nervures des feuilles , etc. 11 ne faut pas seles représenter comme des tubes continus , depuis la base du végétal jusqu’à son sommet ; ils se joignent, se séparent et se joignent encore , disparaissent quelquefois , et se changent toujours en tissu cellulaire vers leurs extrémités. Les pores qui les couvrent sont eri général d’autantplus fins, que les bois sont plus durs et d’un grain plus serré. Les fausses trachées If g. 8, 9, i 3 ) sont des tubes coupés de fentes transversales , ou, si l’on veut, des tubes à larges pores. Ces vaisseaux ne diffèrent donc des tubes poreux que par une nuance légère : on peut les observer dans le bois , et particulièrement dans celui d’un tissu mou et lâche. Ce sont, aussi bien que les trachées dont il va être parlé, les principaux canaux de la sève ; ils la portent d’une extrémité du végétal à l’autre, et la répandent, à la faveur des pores, dans toutes les parties latérales. Lorsque les fentes des fausses trachées sont très-pro- longées, chacun de cesvaisseauxparalt composéd’une suite d’anneaux placés au-dessus les uns des autres. Les trachées {fig. 10, 11, 12), dans lesquelles Malpighi, Hedwig et d’autres ont cru reconnaître un appareil pulmonaire comparable à celui des insectes, sont des lames étroites, argentées, ordinairement élastiques, roulées en tire-bourre, et bordées souvent de petits bourrelets calleux. Elles sont comme passées à travers le tissu qui leur sert de gaîne , et elles n’y adhèrent que par leurs extrémités; néanmoins il est évident qu’elles ne sont que des modifications des fausses trachées. On les trouve dans les tiges dicotylédones autour de la moelle , et dans les tiges monocotylédones ordinairement au centre des filets ligneux. Elles se développent en général dans les parties jeunes et tendres dont la croissance est rapide ; l’àge 11e les fait point disparaître, mais elles s’obstruent à la longue par l’effet de la nutrition : l’écorce et les couches annuelles du bois n’en contiennent jamais; les racines en offrent rarement. Le procédé le plus simple pour les observer est de briser une jeune branche, ou de déchirer une feuille, ou même un pétale, sans secousse violente; comme les trachées se déroulent en restant attachées par leurs extrémités aux deux portions de la partie qu’on a divisée, il est aisé d’en reconnaître la structure. 11 y a des trachées à hélice double {fig- 12), triple, quadruple, etc. Les trachées sont si abondantes dans le bananier, qu’on a proposé de les extraire pour en fabriquer des étoffes. Les vaisseaux mixtes ( jig . 14) sont alternativement , dans leur longueur , percés de pores , fendus transversalement et découpés en tire-bourre ; ce qui prouve que les quatre espèces précédentes ne sont que des modifications les unes des autres. Telle est la simplicité de l’organisation végétale, que souvent un même tube revêt successivement toutes les formes que l’on vient de décrire en parcourant les différens organes. Ainsi, une trachée de la tige peut se terminer dans la racine en vaisseau, en chapelet, devenir fausse trachée dans le nœud situé à la base de la branche, parcourir celle-ci sous 5*8 PH Y PH Y la forme de tube poreux, et répandre dans les nervures des feuilles, ou dans les veines des pétales , ou dans les filets des étamines, la forme de trachée. Les trachées marchent presque toujours en ligue droite et sans déviation ; les autres tubes , au contraire, se courbent de cûté et d’autre; tous se métamorphosent vers leurs extrémités en tissu cellulaire, en sorte qu’aucun n’arrive jusqu’à l’épiderme sous la forme de vaisseau. Lorsque l’on plonge le bout supérieur ou inférieur d’une jeune branche chargée de feuilles dans une liqueur colorée , la liqueur est aspirée, et son passage dans la branche est marqué par la coloration des vaisseaux ; on voit même quelquefois le tissu voisin se teindre d’une auréole qui s’affaiblit en s’éloignant du centre de coloration. Cette expérience concourt à prouver , avec les observations physiologiques , que la sève aspirée par les racines ou par les feuilles monte ou descend par les grands tubes , et s’épanche latéralement parles pores. Les vaisseaux propres (./%• 16, 17) ont des parois, sur lesquelles on ne découvre ni fentes ni pores. Ils contiennent des sucs huileux, résineux, etc., propres à chaque espèce de plante. On les observe dans les écorces, la moelle , les feuilles, les corolles , etc. Ils se distinguent en deux espèces : les solitaires {fîg. 16), et les fasciculaires Ifig. 17). Les vaisseaux propres solitaires , qui sont toujours isolés, ainsique l’indique leur nom, et qui peut-être ne devraient être considérés que connue de simples réservoirs de sucs propres, offrent trois variétés : i° les vaisseaux dont les parois sont d’un tissu cellulaire très-fin, comme sont, par exemple, les lacunes courtes et tortueuses de l’écorce du pin du Lord ; 2°. ceux de forme cylindrique , et qui ne sont que de longues cellules, comme on les observe communément dans la moelle ; 3 °. ceux qui sont produits dans l’écorce par les déchiremens irréguliers du tissu cellulaire, comme sont les lacunes de la plupart des euphorbes. Les vaisseaux propres fasciculaires sont formés par la réunion de plusieurs petits tubes placés à cêté les uns des autres. Ils sont distribués avec plus ou moins de symétrie dans le tissu cellulaire de l’écorce. Les vaisseaux propres du chanvre appartiennent à cette espèce. La filasse que l’on retire de l’écorce de cette plante est formée par le déchirement longitudinal des vaisseaux propres fasciculaires. Toutes les plantes ne semblent pas être pourvues de vaisseaux propres: ces vaisseaux, très-visibles dans les jeunes pousses, disparaissent souvent dans les vieilles tiges et les vieilles branches , parce que dans certains végétaux ils sont constamment repoussés à la circonférence et finissent par se dessécher, et que dans d’autres végétaux ils sont recouverts et oblitérés , après un laps de temps plus ou moins long , par les nouvelles couches qui augmentent la masse du bois. Epiderme.— L’épiderme est une membrane transparente formée par la réunion des parois les plus extérieures du tissu cellulaire ; aussi ne peut - on l’enlever sans déchirer ce tissu. On voit à la surface interne de l’épiderme détaché du végétal les lambeaux des parois latérales des cellules adhérens à cette membrane. I.ea différences qu’elle présente viennent de la forme des cellules dent elle faisait partie, et plus;encore des glandes et de* poils qui couvrent sa surface. Les parois cellulaires, pestant attachées à l’épiderme, y dessinent.de petits com- partiinens dont la forme indique celle du tissu cellulaire lui-même- L’épiderme des plantes parfaites est enduit d’uee matière cireuse qui le détend de l’action de l’humidité. Le liège est un véritable épiderme épaissi par la réunion d’une multitude de couches celluleuses. Les couleurs variées de l’épiderme sont dues aux substances qu’il recouvre ; car il est, par sa nature, incolore et transparent , de même que le tissu auquel il doit son origine. Il est susceptible de s’accroître dans sa jeunesse par la multiplication , et même, jusqu’à un certain point, par la dilatation des cellules. Dans sa vieillesse, il se détache par plaques, comme dans le platane; par lames, comme dans le bouleau, ou se réduit en poussière : il se renouvelle promptement sur les parties jeunes des plantes ligneuses. TROISIÈME SECTION. — de la graine et de LA GERMINATION. De la graine. La plupart des plantes proviennent de graines : c’est donc par l’examen de cetceuf végétal qu’il convient de commencer l’histoire des phénomènes physiologiques des plantes. Les seuls caractères essentiels de la graine soin de naître dans une cavité close , et d’offrir un petit corps organisé et propre à reproduire une plante semblable à celle qui lui a donné naissance. La cavité close dans laquelle la graine se développe est l’ovaire; le petit corps organisé est l’embryon ; les vaisseaux qui unissent la graine à l’ovaire forment le cordon ombilical ou funicule. On nomme ombilic ou hile le point où le funicule s’attache à la graine, et placenta le point où ce même funicule s’attache à l’ovaire. Considérée dans son état le plus habituel, la graine comprend deux parties distinctes , l’amande et les enveloppes séminales. L’amande se compose souvent de l’embryon et d’un corps particulier nommé périsperme; mais quelquefois ce corps manque, et l’embryon constitue l’amande à lui seul. Les enveloppes séminales sont des tégumens qui recouvrent l’amande, et reçoivent les vaisseaux du funi- cule. Enveloppes séminales. — Les enveloppes qui accompagnent la graine après sa maturité parfaite peuvent se diviser en deux classes : les enveloppes ou tégumens auxiliaires, et les tuniques séminales. Les tégumens auxiliaires sont les enveloppes extérieures qui servent à garantir la graine, telles que le noyau dans le cerisier, le pécher et l’abricotier, la capsule des glands , etc. Les enveloppes séminales, que M. Mirbel nomme tuniques propres de la graine, parce qu’elles croissent avec les ovules, et qu’en général elles ne sont bien apparentes et distinctes qu’après que l’ovaire PH Y PHY s’est transformé en fruit, «ont Varille , la lorique et l&tègmen. On rencontre bien rarement à-la-fois ces trois téguntens'dans upe seule graine. Arilte. *■** L’arille est une tunique extérieure membrâileuifc mi charnue, qui ordinairement se détache dfe là'gtitihte'iniWe en entier ou en partie. Il varie dans sa substance, sa forme, ses dimensions relatives èt sa Couleur. Dans le fusain à larges feuilles 1 , F’arîllb est pulpeux, : fermé de toutes parts , et d’une couleur orangée ; dans le fusain galeux, l’a- rîllèt ’ést également orangé et pulpeux , mais il s’otrvrè et s’évase én cupule irrégulière. Quelques botanistes pensènt que cette partie n’est qu’une ex- rraniSôn dp corddu ombilical ou funicule : M. Mir- bel ne paftage point cette opinion. Au reste, l’arille n’esîst’e 1 qiie dans un petit nombre de graines. Lbrïquè. — La lorique est l’enveloppe qui recouvre lé'tegmeq de la graine; elle forme un sac sans vulveiii suturé : c’est là seconde tunique {enveloppe) de la graine quand il y a un arille, et la première uand l’arîllë manque ; ce qui est le cas le plus or- inâire. Quoique la lorique soit en général une enveloppe comparable, pour la consistance , à la coquille de l’œuf ou à l’écaille de l’huitre , il se rencontre des graines dans lesquelles cette tunique est d’une substance fongueuse ou charnue, ou même pulpeuse. Un petit trou, que les botanistes appellent le micropilè , se montre à la superficie de la lorique dans un grand nombre d’espèces, et traverse cette enveloppe d’outre en outre. Il est très-apparent dans le marron d’Inde. On remarque encore sur certaines loriques des caroncules, renflemens pulpeux ou coriaces qui sont produits par un développement particulier du tissu. Dans le haricot et dans beaucoup d’autres légumineuses, il y a au-dessus du hile ( cicatrice ) un caroncule sec et dur en forme de cœur. Tegmen. — Le tegmen est appliqué immédiatement sur l’amande ; il ne peut manquer que lorsque la graine est absolument dépourvue de tuniques propres ; car s’il en existe une seule, cette tunique, recevant l’extrémité du cordon ombilical et recouvrant l’amande sans intermédiaire , est évidemment le tegmen; et s’il y en a plusieurs , l’enveloppe interne , ayant les caractères qu’on vient d’énoncer, est encore le tegmen. Le plus souvent la lorique et le tegmen se confondent en une seule tunique formée de deux lames hétérogènes, superposées et soudées l’une à l’autre, et il est impossible de marquer la limite des deux enveloppes. Amande .—Sous le tegmen est l’amande, laquelle est constituée souvent par l’embryon seul, et plus souvent encore par l’embryon et le périsperine. L’amande est la partie essentielle de la graine : il n’existe point de graine sans amande. Périsperme. —Le périsperme, qu’on appelle aussi albumin , parce que sa substance est analogue à l 'albumine de l’œuf, est un tissu cellulaire, dont les mailles sont remplies d’une fécule amilacée ou d’un mucilage épaissi. Il est caché sous les enveloppes de Ja graine ; il accompagne l’embryon, et s’en distin- Tome IL 529 gue par sa composition et son aspect; il ne communique avec lui par aucune ramification vasculaire ; il lui fournit, pendant la germination , une nourriture que l’on peut comparer à celle que le fœtus du poulet tire du -vitellus , partie de l’œuf vulgairement connue sous le nom de jaune. Le périsperme est farineux dans les graminées, oléagineux dans les euphorbiacées, élastique et dur dans le café, etc. Aucune plante connue, appartenant à la famille des ombellifères, des graminées, des conifères, etc., n’est privée dfl périsperme; au contraire, ce corps 11’est jamais offert dans la famille des crucifères, etc. Embryon. — L’embryon se forme dans les enveloppes séminales propres ou auxiliaires , et il a d’abord avec elles une liaison organique. Arrivé à maturité, il se détache des parties qui l’environnent, et jouit de la force vitale nécessaire à son dévelop- f iement : il comprend dans sa masse le blastème et e corps cotylédonaire. Le blastème a deux germes principaux bien distincts, la radicule et la plumule , fixées, base à base, par une partie intermédiaire nommée collet. La radicule est la racine dans la graine, et la plumule est la jeune tige destinée à se développer à l’air et à la lumière. Les cotylédons peuvent être définis les premières feuilles visibles dans la graine: ils n’ont cependant pas la forme des feuilles ordinaires; mais cela est une suite des circonstances qui accompagnent leur développement. Ces appendices, arrêtées de toutes parts dans leur croissance, se sont moulées pour ainsi dire sur la paroi de la cavité qu’elles remplissent. Comme on a remarqué que les plantes cotylédonées (pourvues de cotylédons) se réunissent, à peu d’exceptions près, en familles naturelles , qui sont entièrement monocotylédones ou dicotylédones , on a groupé les familles d’après ces caractères, lesquels s’accordent presque toujours avec ceux que l’on tire de l’organisation des tiges etdeleur développement. D’après l’organisation interne de l’embryon , les sucs nourriciers, pendant la germination, affluent presque toujours en plus grande abondance vers la radicule, laquelle par conséquent s’allonge avant la plumule. Embryons dicotylédons. —Nous n’avons à nous occuper que de ceux-ci, parce que tous nos arbres indigènes sont dicotyledons. Le nom de dicotylé- don indique que les végétaux auxquels on f’ap- plicjue n’ont que deux cotylédons; cependant ce caractère n’est pas sans exception. On compte trois cotylédons dans le cyprès de Portugal ou à branches pendantes , quatre dans le pin de t Virginie , cinq dans le pin laricio , sept dans le pin maritime et le sapin blanc, luiit dans le pin du lord, et jusqu’à douze dans Y épicéa. Les cotylédons sont épais et charnus dans la plupart des légumineuses , comme dans le haricot; ils sont minces et marqués de nervures à la manière des feuilles dans les euphorbes, etc. Selon les espèces , les genres et les familles , les cotylédons sont larges ou étroits, entiers ou découpés , aplatis ou plissés , ou roulés sur eux-mêmes. 67 55o PIIY PH Y De la germination en général et des causes qui Camènent. La germination est la suite des développemens de l’embryon , depuis le moment de sa maturité jusqu’à celui où il se débarrasse des enveloppes séminales et tire directement sa nourriture du dehors. L’embryon en état de germination prend le nom de plantule. On y distingue deux parties principales , le caudex ascendant ( la plumule ou tige lie ), et le caudex descendant ( la radicule). M. Mirbelobserve que lesmots de caudex ascendantetdescendant ne répondent pas rigoureusement à ceux de radicule et de plumule; mais il ne considère, sous la dénomination de caudex y que le corps, ou, si l’on veut, que l’axe de la plantule, et nullement les cotylédons, les feuilles et les subdivisions de la racine principale. Le premier effet de la germination est le gonflement total ou partiel de l’embryon, d’où résulte une rupture dans les enveloppes séminales. L’évolution commence presque toujours par le caudex descendant. Le caudex ascendant se développe peu de temps après; il commence quelquefois au-dessous des cotylédons, et alors il les soulève et les porte hors de terre , comme dans le pin y le haricot ; et d’autres fois , il commence au-dessus des cotylédons, et alors il les laisse dans la terre, où ils demeurent cachés, comme dans le chêne, le marronnier d’Inde , les graminées. Dans le premier cas, on les dit épigés; dans le second , on les dit hypogés. Les cotylédons épigés verdissent, s’allongent, s’élargissent, se couvrent de poils et de glandes, se marquent de nervures et de veines ; les cotylédons hypogés ne sortent point des enveloppes séminales , conservent souvent leur couleur blanchâtre et leur forme primitive, et ils augmentent toujours en volume, soit par le simple gonflement du tissu cellulaire dont ils sont formés en grande partie , soit par le gonflement et l’accroissement de ce tissu. Après la germination, on désigne sous le nom de feuilles séminales les cotylédons épigés, et sous celui de feuilles primordiales les petites feuilles qui composent la gemmule. Nul doute que le périsperme ne serve de première nourriture à la plantule. Un embryon d’oignon retiré soigneusement de son périsperme, et placé sur une terre douce et line , se conserve long-temps sans se flétrir, mais ne prend pas d’accroissement. Si on sème une graine entière, l’embryon se développe en un long fil ; l’une de ses extrémités (la plumule) reste engagée dans les enveloppes séminales ; l’autre (la radicule) s’enfonce dans la terre: toutes deux tirent des sucs nutritifs, celle-ci de l’humidité du sol, celle-là de la substance même du périsperme changé en une liqueur émulsive, et chacune croit en sens inverse de l’autre par l’effet de sa propre succion. Quand le périsperme est épuisé , la succion de la racine fournit à l’entretien de toute la plantule, et l’extrémité cotylédonaire se dresse vers le ciel. Les cotylédons jouent un grand rôle à cotte première époquè de la vie. Si on les retranche dans le potiron avant ou au moment de la germination , la plumule se fane et meurf; si on en supprime la ma- leure partie, la plante n’à qu’une végétation faible et languissante ; mais si on laisse subsister en entier ces mamelles végétales , on peut impunément couper la radicule et toutes les radicelles qui se développeront durant l’expérience : la tige ne poussera pas avec moins de vigueur que si la plante fut restée intacte. Si on divise un embryon de haricot dans sa longueur, de telle sorte que chaque portion emporte avec elle un cotylédon , ces deux moitiés se développeront aussi bien qu’un embryon tout entier; preuve évidente que la blessure occasionnée par la soustraction des lobes séminaux n’est pas ce qui met obstacle à la croissance du blastème; enfin il suffit d’huinecter les cotylédons pour que l’embryon se développe. L’utilité de ces lobes dans la germination ne saurait donc être révoquée en doute; cependant la présence des cotylédons h’est pas une condition d’existence pour toutes les plantes , puisqu’il en est dans lesquelles ils n’existènt pas. L’eau, la chaleur et l’air sont des agens extérieurs indispensables à l’évolution des germes. L’eau assouplit les enveloppes séminales et facilite leur rupture ; elle pénètre le tissu de l’embryon et le dispose à recevoir les substances nutritives. Celles de ces substances qui ne sont point à l’état gazeux ne peuvent s’introduire dans la plante et parcourir ses vaisseaux qu’en dissolution dans l’eau. Ce liquide lui-même devient un des principaux ali- mens de la végétation. Seséléinens, désunis par des procédés naturel s, forment, en se combinant avec le carbone, les principes immédiats, tels que l’amidon , le sucre , la gomme , les acides , les huiles , le camphre, les résines, le ligneux, etc. Il fautnéan- moins que l’eau soit distribuée avec économie aux végétaux terrestres; sans cela, elle leur est nuisible. La chaleur est un stimulant des forces vitales dans tous les êtres organisés. 11 est pour chaque espèce de graine une température nécessaire à sa prompte et vigoureuse : ermination : si la chaleur s’élevait au-dessus de 45 à 5o degrés, elle altérerait les organes et détruirait le principe de la vie; si elle s’abaissait à zéro , il n’y aurait pas de mouvement organique , et le germe demeurerait dans l’inaction. A toutes les époques de la vie, l’air n’est pas moins nécessaire aux plantes qu’aux animaux. Des graines dans le vide de la machine pneumntique ne germent pas. Est-ce l’air tel qu’il compose l’atmosphère, c’est- à-dire formé d’environ 21 parties d’oxigène, de yij d’azote et de ^ à ^ de gaz acide carbonique , qui est indispensable à l’évolution des germes, ou bien est-ce un seul de ces gaz, ou bien en est-ce deux agissant de concert ou séparément? Ces questions ont été traitées à fond, et l’on sait aujourd’hui que les graines ne germent pas dans l’azote et le gaz acide carbonique pur ; qu’elles germent quand elles sont en contact avec l’oxigène; que ce gaz en état de pureté hâte leurs premiers développemens, mais les fait bientôt périr; qu’il convient davantage à la plantule quand il est mêlé à une certaine quantité d’azote ou d’hydrogène; que les proportions les plus favorables dans ce mélange sont 3 parties d’hydro- PH Y gène ou d’azote pour une d’oxigène ; que l’acide carbonique en excès nuit beaucoup à la germination ; que l’action bienfaisante de l’oxigène consiste à débarrasser les graines de leur carbone surabondant ; que si l’on ne remarque point de diminution dans une atmosphère qui a servi à la germination , c’est que le volume du gaz acide carbonique produit est à-peu-près le même que celui de l’oxigène absorbé. La perte du carbone , occasionnée par le dégagement du gaz acide carbonique pendant la germination , produit un effet bien remarquable; les quantités respectives de l’oxigène, de l’hydrogène et du carbone , qui composent la fécule du périsperme , n’étant plus les mêmes, cette matière passe à l’état de sucre, et devient soluble d’insoluble qu’elle était. Le chimiste imite ce procédé naturel lorsqu’il transforme l’amidon en sucre par le moyen de l’acide sulfurique. Le périsperme, réduit en une liqueur émulsïve . pénètre les vaisseaux des cotylédons jusqu’au blastème, et lui présente la nourriture dont il a besoin pour se développer ; faible comme il est, il ne pourrait digérer les sucs de la terre, il faut que ses alimens aient reçu une première préparation. Tout ce qui se passe alors dans la graine indique un commencement de fermentation spiritueuse ; mais bientôt la lumière agissant sur la plumule, la fermentation s’arrête , le gaz acide et l’eau se décomposent, l’oxigène du gaz est rejeté, le carbone et les élémens de l’eau se combinent, et forment des produits inflammables fixes et volatils, tels que les huiles , les résines , le ligneux , etc., qui remplacent la matière saccharine et le mucilage. Les mêmes phénomènes ont lieu dans toutes les jeunes pousses , soit qu’elles proviennent des racines, soit qu’elles proviennent des parties exposées à l’air. Ces faits , observe M. Mirhel, ont été développés avec beaucoup de sagacité par le savant Sennebier. Ainsi, des trois fluides aériformes dont la réunion compose l’atmosphère , l’oxigène seul est indispensable à la germination. Toutefois ce gaz , qui anime les forces vitales, et dont aucun être organisé ne saurait se passer, serait contraire à tous si son action n’était tempérée par le mélange d’une grande quantité d’azote. Y. Air. Le sol le plus convenable à la germination est celui que l’eau ne lie point en pâte , mais qui la contient suspendue entre ses molécules comme dans une éponge; qui se laisse facilement pénétrer par l’air atmosphérique, et qui n’oppose aucune résistance à la jeune pousse. De là, on peut conclure l’utilité des labours, et le mal que font aux semis les pluies, qui délaient la terre, sur-tout lorsque de grandes sécheresses venant ensuite , elle se prend en une croûte épaisse qui ferme tout accès à l’air et met obstacle à l’apparition de la plumule. Les graines fines doivent être à peine recouvertes de terre , les grosses graines peuvent être enfoncées plus avant ; mais il est une profondeur à laquelle aucune graine ne germe, parce qu’elle n’y trouve pas l’oxigène nécessaire pour transformer en gaz acide son carbone surabondant. Il arrive quelquefois que lorsqu’on remue la terre d’un jardin de botanique , des graines anciennement enfouies, ramenées à la surface , produisent des plantes perdues depuis long- PHY $3i temps. On a vu sur les ruines d’antiques édifices se développer tout-à-coup des epèces inconnues dans le pays : leurs graines , transjiortées sans doute de quelque canton éloigné avec les matériaux du ciment, n’ayant point été exposées au contact de l’air, avaient conservé durant des siècles toute leur force germinative. Des observateurs dignes de foi attestent que dans les vastes contrées de l’Amérique septentrionale, après la destruction d’une forêt, le sol, abandonné à lui-même, se couvre souvent d’arbres d’une autre espèce que ceux que la hache ou le feu a détruits; phénomènes faciles à expliquer , si l’on admet que des semences enfoncées dans la terre depuis un temps immémorial puissent y rester dans l’inaction, et s’y conserver saines jusqu’au moment où elles éprouvent l’influence de l’air atmosphérique. L’observation que M. Mirbel rapporte en parlant des forêts de l’Amérique, se fait journellement dans les nôtres, où, après avoir abattu de vieilles futaies, on voit paraître une foule de plantes ligneuses et herbacées , qui n’existaient point sous ces futaies. L’évolution est plus prompte à l’obscurité qu’à la lumière ; la raison en est simple : l’un des effets de la lumière sur les plantes est de décomposer le gaz acide carbonique , d’expulser l’oxigène et de fixer le carbone, d’où résulte l’endurcissement des parties. Mais l’embryon, pour germer, a besoin d’être dans un état de mollesse : au lieu de retenir le carbone et de l’assimiler à sa propre substance, il faut qu’il le rejette ; ce qui ne peut se faire qu’au- tant que le carbone, en se combinant avec l’oxigène, forme du gaz acide carbonique : or, la lumière, qui tend sans cesse à décomposer et à fixer le carbone, doit nécessairement ralentir la germination. Il ne semble pas que la terre fournisse par elle- même aucun aliment aux graines; mais elle les reçoit dane son sein , elle les environne d’une humidité bienfaisante, elle les met à l’abri de la lumière, elle les préserve de la chaleur et du froid. Quant à l’espace de temps nécessaire pour la germination , il varie suivant la nature des graines et les circonstances où elles se trouvent. Les graines des graminées germent très-promptement; quelques- unes, telles que le blé, montrent leur plumule en moins de 36 heures. Les graines des crucifères, des légumineuses, des labiées , des ombellifères , etc. , sont un peu plus tardives ; celles du rosier , du cornouiller, de l’aubépine, etc., ne germent qu’au bout d’un à 2 ans. Toutes sont plus hâtives quand elles sont semées immédiatement après la récolte : alors les graines sont encore imbibées des sucs de la végétation; leurs enveloppes sont très-perméables, et ieur périsperme est tout prêt à fermenter. Quand les graines sont desséchées et racornies par l’âge, on peut avancer l’époque de leur germination en les faisant tremper quelques heures avant de les semer dans de l’eau à une douce température. J’indique, en parlant de chaque espèce d’arbre , dans le cours de ce Dictionnaire , le temps que les graines restent en terre, suivant qu’elles sont semées au printemps ou en automne ; mais c’est ici le cas de réunir les variations qui existent à cet égard , en supposant que les graines soient toutes semées à l’époque de leur maturité. 67* 55s P II Y PIIY Espace de temps dans lequel les grainesforestières lèvent ordinairement.—En 1 5 jours , l’orme à larges feuilles ; en un mois, l’orme à petites feuilles , les peupliers , les saules , le mélèze, le pin et l’épicéa ; en 3 mois, le sorbier des oiseaux ; en 5 mois, l’aune , l’érable-plane ; en 6 mois , le chêne, le hêtre, le sycomore , le tilleul d’Europe , les aliziers, le sapin argenté ; en 8 mors, le bouleau , le poirier et le pommier sauvages, le cerisier à grappes , le coudrier, le sureau , le nerprun purgatif, le fusain, l’argousier, le cornouiller sanguin, l’épine-vinette, le cognassier , le néflier-cotonnier , la bourdaine , les genêts, les groseilliers, le chevreuil,les ronces ; en 9 mois , le merisier, le,cerisier; en i4 mois , le tilleul à leuillesen cœur; en i 5 mois , l’aubépine , la viorne cotonneuse, le troëne, la viorne-aubier, l’églantier, les rosiers, la bruyère, le genévrier commun; en 18 mois , le frêne, le charme , l’érable commun , le prunier sauvage , la clématite, la morelle, l’arbousier traînant, l’airelle; en 20 mois , le cornouiller mâle, l’if commun; en 26 mois , le houx commun. Direction de la plumule et de la radicule pendant la germination. — Pendant la germination la plumule s’élève vers le ciel, et la radicule descend vers le centre de la terre. Cette loi ne souffre d’exception que pour quelques parasites (le gui, par exemple) qui germent en tous sens. Comme jusqu’ici on a recherché inutilement la cause du phénomène général , on soupçonne qu’il résulte de cet ordre de choses que nous appelons la vie, et dont le principe nous est et nous sera toujours inconnu. Duhamel introduisit dans des tubes d’un diamètre déterminé des graines d’un diamètre à-peu-près égal à celui des tubes : ce fut tantôt un gland , tantôt une fève, tantôt un marron. 11 recouvrit ces graines de terre humide, et suspendit les tubes de façon que les ' radicules regardaient le ciel, et les plumules la terre. Ces radicules et les plumules se développèrent ; mais parce que les premières ne purent descendre et que les secondes ne purent monter , les unes et les autres se contournèrent en spirale. QUATRIÈME SECTION. — des organes conservateurs ET DE LEURS FONCTIONS. Racine —La racine est le principal organe de l’absorption, elle cherche toujours l’om bre et l'humidité. Le nom de racine s’applique sur-tout à cette partie inférieure du végétal, simple ou divisée, qui s’enfonce dans la terre et se couvre de radicelles, ou, comme disent les cultivateurs, de chevelu , petites ramifications de la racine , qui sont autant de bouches aspirantes. Presque toutes les parties du végétal sont de nature à s’enraciner, et cette faculté appartient, sans exception, aux jeunes branches de tous les végétaux ligneux. Une branche de saule, courbée en arc et enfoncée en terre par ses deux bouts, s’enracine par l’un et par l’autre, et produit des rameaux dans sa partie moyenne. La durée des racines est variable : les unes sont passagères, les autres sont vivaces. Les premières ne subsistent qu’une année ou deux au plus, elles périssent avec le reste de la plante après une seule floraison; les autres, quand elles portent des tiges ligneuses, durent autant qu’elles, et quand elles portent destigesherbacées, survivent à ces tiges, en produisent de nouvelles et n’ont pour ainsi dire pas de fin. On peut rapporter presque toutes les racines qui terminent la partie intérieure des végétaux aux cinq espèces suivantes : les pivotantes , les fibreuses , les tubéreuses , les bulbijères et les progressives. i°. J,es pivotantes sont formées par le caudex descendant, qui s’enfonce perpendiculairementdans le sol et présente une espèce de pivot : exemple, la carotte , le chêne , le frêne. Elles ont quelquefois des ramifications qui s’étendent latéralement, et qui sont d’autant plus vigoureuses et plus longues, qu’elles partent de points plus voisins de la surface de la terre : exemple, le frêne, l’ius le terrain est meuble , et plus les racines des arbres s’allongent. 2 °. Les racines fibreuses sont composées d’une multitude de fibres grêles, tantôt simples, tantôt ramifiées. 5°. Les tubercules sont des renflemens charnus et souvent arrondis , des masses de tissu cellulaire, que parcourent quelques vaisseaux qui se rendent vers tous les points de la surface , d’où doivent partir les filets radicaux et les turions : les poches du tissu cellulaire des tubercules sont remplies d’une fécule amilacée. Les ramifications des racines se renflent en tubercules dans une multitude d’espèces : les pommes de terre , les patates, les ignames , etc., n’ont pas d’autre origine. 4°. On entend par racines bulbifères des tubercules minces , élargis en plateau , dont la surface infé- rieuVe produit des filets radicaux, et dont la surface supérieure porte un oignon ou bulbe , sorte de gros turion qui se forme dans une année et se développe dans une ou plusieurs années. 5°. Les racines progressives sont, à proprement parler , des tiges enracinées , qui s’allongent et se ramifient entre deux terres en suivant une direction plus ou moins horizontale. Elles donnent des pousses annuelles , et se développent par le moyen de turions qui naissent à leurs extrémités antérieures, tandis que leurs extrémités supérieures se détruisent et semblent avoir été tronquées ou mordues, selon l’expression des botanistes. Quelques racines progressives offrent, de distance en distance , les impressions qui ressemblent à celles d’un cachet sur une cire molle : exemple , le sceau de Salomon. Ce sont des cicatrices que laissent les tiges annuelles en se détachant. Les cinq espèces de racines dont on vient de parler se confondent ensemble par des nuances interr médiaires : ainsi la racine du navet tient en même temps de la pivotante et de la tubéreuse ; la racine du sceau de Salomon participe de la tubéreuse , de la bulbifère et de la progressive ; la racine du topinambour offre à-la-fois un pivot qui s’enfonce dans la terre et des racines progressives chargées de tubercules. La force et la longueur des racines ne sont pas toujours proportionnées à la grandeur des végétaux; le groupe des conifères, dans lequel sont compris les pins, les sapins , les mélèzes, etc., et celui des pal- PH Y PH Y iniers , qui renferme aussi des arbres très-élevés, ont des racines courtes, tandis que la luzerne a souvent des racines pivotantes, longues de 3 à 4 mètres. C’est parles ramifications déliées, que l’on nomme radicelles, que les sucs nutritifs pénètrent dans la plante. Un navet dont la pointe seule trempe dans l’eau, pousse des feuilles ; mais un navet dont la partie moyenne plonge dans le liquide , tandis que la pointe est ù sec , ne fait aucun développement. rour ne point s’affamer mutuellement, les racines de plantes d’une égale vigueur ont besoin d’être d’autant plus éloignées les unes des autres, que la terre qui les nourrit est moins substantielle. La croissance des racines vivaces commence en automne. A cette époque, les rayons du soleil sont sans force, les nuits deviennent froides, les feuilles s’imbibent de l’humidité de l’atmosphère et transpirent peu, les sucs se cantonnent dans les parties inférieures du végétal et les nourrissent ; mais aussitôt que le froid a pénétré la couche superficielle de la terre, la végétation des racines s’arrêtent elle ne reprend qu’au retour de la belle saison : alors l’extrémité de chaque radicelle se gonfle et forme un mamelon blanchâtre, qui s’allonge et se fortifie jusqu’à ce que les vives chaleurs de l’été, attirant toute la sève vers les parties supérieures, en privent les racines et les épuisent. C’est par cette raison qu’il faut récolter en hiver les racines vivaces que l’on recherche pour les propriétés médicinales. Tant que la sève est en mouvement, l’oxigène de l’air se combine avec le carbone de la racine et forme de l’acide carbonique; les mucilages, les sels, les gaz en dissolution dans l'eau sont aspirés par le chevelu ; l’acide carbonique contenu dans la racine , soit qu’il y ait été formé par l’action de l’oxigène, soit qu’il provienne directement de la terre , s’élève par les tiges jusque dans les feuilles , où il est décomposé. On serait dans l’erreur, si l’on croyait que le chevelu choisit dans la terre les substances propres au végétal; il aspire tout ensemble l’eau avec les matières qu’elle tient en dissolution ; mais la succion est d’autant plus considérable que les matières étrangères altèrent moins la liquiditéde l’eau. Quand ce liquide, chargé de substances solubles, acquiert une grande viscosité, la racine pompe fort peu et le végétal pâtit; quand au contraire l’eau est dans un grand état de pureté, la racine pompe beaucoup , mais néanmoins le végétal ne profite guère davantage. Cela nous fait sentir pourquoi les terres trop riches et trop pauvres sont également contraires à une belle végétation. 11 faut un obstacle bien puissant pour empêcher la racine d’un arbre vigoureux de se porter dans un terrain substantiel situé à sa proximité : un mur, un fossé sont des moyens insuffisans ; elle perce le mur de part en part; elle s’incline et se relève en suivant la double pente du fossé. On ne peut expliquer raisonnablement ce phénomène qu’en admettant que l’humidité du sol porte des sucs de la bonne terre iusqu’à la racine, et détermine par ce moyen son allongement. Les racines ont des excrétions particulières : la terre qui les environne est souvent noire et onc- 533 tueuse. M. Brugmans dit qu’il a vu pendant la nuit des gouttelettes sortir de la pointe des fibres radicales de quelques plantes mises en expérience. 11 assure même que ces excrétions liquides faisaient périr les racines étrangères qu’elles touchaient, et ce savant, s’autorisant de ces observations , essaie de nous expliquer par là le mystère des antipathies des plantes. Chose étonnante ! on connaît des espèces qui ne peuvent souffrir certaines autres espèces auprès d’elles. I.’ivraie nuit aux céréales ; le chardon hémorroïdal à l’avoine ; le pavot, l’euphorbe et la scabieuse des champs au lin ; l 'érigeron âcre au froment ; le spergula arvensis au sarrasin ; l’aunée officinale à la carotte. Ce que vient de dire M. Mirbel sur les excrétions des racines des plantes avait déjà frappé Duhamel , qui avait remarqué cjue de jeunes arbres plantés dans les mêmes trous dont on avait extrait de gros arbres, étaient morts ou demeurés languissans, et que lorsque les jeunes arbres étaient de la même espèce que ceux qu’ils remplaçaient, ils mouraient généralement (V. advenues). On doit conclure de cette dernière observation que les excrétions des racines sont même plus nuisibles aux arbres des espèces auxquelles elles appartiennent qu’aux espèces étrangères, et qu’il ne faut jamais faire succéder immédiatement dans un terrain une espèce à la même espèce : par exemple, le chêne au chêne. V. Succession de culture. Par sa position , la racine , plus froide pendant l’été , plus chaude pendant l’hiver cjue les parties exposées à l’air, les préserve, selon l’occurrence, de l’excès de la chaleur ou du froid; enfin, elle fixe le végétal au sol , et ce n’est pas sa moindre utilité. En général, les plantes bulbeuses s’accommodent d’un terrain sec , parce que les bulbes ont la propriété d’attirer l’humidité atmosphérique ; les plantes à racines fibreuses se plaisent dans une terre meuble , parce qu’elles y étendent librement leurs suçoirs délicats ; les plantes à racines pivotantes, et sur-tout les especes ligneuses, peuvent végéter sur un sol compacte, parce que leurs racines ont assez de vigueur pour en percer les couches. Les terrains très-glaiseux sont mauvais , les terrains calcaires sont plus mauvais encore ; les terrains de sables siliceux sans humus ne conviennent qu’à un petit nombre d’espèces; mais la silice, le carbonate calcaire , l’argile et l’humus, très-divisés et mélangés dans de telles proportions, qu’aucune de ces substances ne domine, forment le terrain le plus favorable à la végétation : la raison en est que ce sol bienfaisant ne conserve ni trop ni trop peu d’humidité ; qu’il est perméable à l’air; qu’il est accessible aux moindres racines, et qu’il contient en quantité suffisante le carbone , principal aliment des végétaux. i On sait qu’une plante enlève à la terre, par le moyen de ses racines, une partie des élémens qui entrent dans sa composition ; que si cette plante est récoltée au lieu de se détruire sur place, la terre, ne recevant pas ce qu’elle a perdu, s’appauvrit ; que si son épuisement est extrême , il faut avoir recours aux engrais pour lui rendre sa fertilité; mais que s’il reste encore dans le sol quelques substances nu- J PHY 534 tritives, il convient d’y cultiverdes espèces dont les racines se contentent d’une nourriture peu abondante. Dans une terre à blé par exemple, les navets viennent très-bien après le froment ; tandis que si, au lieu d’y semer des navets, on y semait encore du froment, on n’obtiendrait qu’une récolte chétive, à moins qu’on eût fertilisé la terre par de nouveaux engrais. Les agriculteurs concluent de ces faits que chaque espèce consomme dans la terre une nourriture différente. V. Succession de culture. On sait que l’eau, l’acide carbonique et quelquefois l’azote, sont les principaux alimens des végétaux 5 on sait encore que toutes les espèces , à volume égal , n’ont pas besoin de tirer par leurs racines la même quantité de principes nutritifs, soit qu’elles consomment moins que les autres , soit que beaucoup se soutiennent par les substances que leurs feuilles enlèvent à l’atmosphère. D’après ces données, on explique jusqu’à un certain point comment le navet trouvera une nourriture suffisante dans un sol épuisé, incapable de fournir une abondante récolte de froment; mais cela n’empêche pas qu’il ne faille reconnaître que la substance du sol entre souvent comme principe alimentaire dans les végétaux , et par là contribue à leur parfait développement : ce qui le prouve, c’est que le trèfle semé sur un terrain fertilisé p ir le sulfate calcaire ( le plâtre), contient cette substance eu grande quantité dans ses cendres; que la soude, qui croît sur les bords de la mer , ne donne que des sels à base de soude , et que celle qui croit loin des côtes ne donne que des sels à base de potasse. Toutes ces observations tendent à prouver qu’une espèce quelconque ne prospère que lorsqu’elle trouve dans le sol les substances minérales qui conviennent à son tempérament. Tige. — La tige part du même point que la racine, mais elle s’allonge en sens inverse. La ligne de jonction de ces deux parties , qui est indiquée par le plan superficiel du sol, est le collet de la plante. La tige est le caudex ascendant développé : elle porte , soit médiatement, soit immédiatement, les feuilles, les boutons, les fleurs et les fruits ; ses divisions sont des branches, ses subdivisions sont des rameaux. On distingue quatre espèces de tiges : le tronc , le stipe, le chaume et la tige proprement dite. Le tronc appartient aux arbres dicotylédons (on se rappelle que tous nos arbres sont dicotylédons) ; il s’élève verticalement; sa base est nue , sa cime ramifiée, sa forme ordinairement conique, son écorce épaisse et souvent sèche et crevassée. Il est composé intérieurement de couches de bois superposées les unes aux autres. Il vit un grand nombre d’années , et il croit en longueur et en épaisseur par de nouvelles couches qui se développent sous son écorce. Le stipe caractérise les arbres monocotylédons, comme les palmiers. Il est cylindrique, quelquefois rempli au milieu, rarement ramifié et pourvu d’écorce, et toujours couronné par des feuilles disposées en faisceaux. Son bois est formé de filets dispersés dans la substance médullaire ; il s’allonge par le développement du bourgeon central situé à sa PHY cime, et grossit par la multiplication des filets de sa circonférence. , Le chaume est propre aux graminées ; il est annuel ou vivace, simple ou ramifié, selon les espèces; mais ce qui le distingue des autres tiges , ce sont des nœuds placés de distance en dislance , de chacun desquels part une feuille à base roulée en gaine. Les tiges proprement dites sont celles qu’on peut nommer tronc, stipe ou chaume : le nombre en est considérable et varié. Elles sont herbacées ou ligneuses ; elles rampent, elles grimpent ou s’élèvent verticalement sans appui ; elles sont presque toujours minces , flexibles , ramifiées. Leur bois est formé de couches dans les dicotylédons , et de filets dans les monocotylédons. Organisation du tronc cl des autres tiges dicoly- le'dons. — M. Mirbel divise le tissu de ces tiges en trois parties anatomiques : l’externe ou l’écorce , composée de la substance ou enveloppe herbacée , des couches corticales et du liber ; 2 °. la moyenne ou corps ligneux , qui comprend l’aubier , le bois et les insertions ou rayons médullaires ; 3°. la centrale ou la médullaire , laquelle est formée de l’étui médullaire et de la moelle. L.& substance ou l’ enveloppe herbacée, qui forme la partie superficielle du végétal, est un tissu cellulaire plus ou moins régulier, dont les poches sont remplies d’une matière résineuse presque toujours verte dans les jeunes pousses. La couleur de la substance herbacée est très-intense dans les cellules exposées à la lumière ; elle s’affaiblit graduellement à mesure que le tissu se rapproche du centre, et elle finit par disparaître tout-à-fait. Cette couche cellulaire est en quelque sorte un corps glanduleux ; elle sépare la matière de la transpiration des au très fluides : c’est dans son tissu , soumis à l’action de la lumière, que s’opère la décomposition du gaz acide carbonique. Elle enveloppe les branches et les rameaux aussi bien que les tiges; elle occupe dans les feuilles les espaces compris entre les nervures; elle s’étend aussi sur les racines , mais elle n’y conserve point sa couleur verte, et n’y décompose point le gaz acide carbonique. Des lacunes s’ouvrent fréquemment dans la substance herbacée. Ces cavités sont remplies d’air dans les plantes aquatiques, telles que Vequisetum , le nénuphar, etc. ; elles sont remplies de sucs propres dans les pins, les sapins, les mélèzes, les euphorbes, les sumacs , etc. Des tubes droits rapprochés en faisceaux forment des sillons à la superficie de la tige des ombel- lifères, de la vigne, etc. ; des tubes, semblables en apparence, mais plus intérieurs , et susceptibles de se diviser en fils simples et déliés, contiennent des sucs propres dans les apocynées , le chanvre, etc. L’enveloppe herbacée de la tige des arbres et des arbrisseaux se dessèche, se fend , s’use à la superficie , et se renouvelle intérieurement : il n’en est pas tout-à-fait de même dans les tiges des herbes, l’enveloppe herbacée ne s’y reproduit pas toujours , et les blessures y laissent souvent des cicatrices durables. Sous l’enveloppe herbacée sont les couches corticales, lesquelles sont composées de plusieurs ré- PHY PH Y seaux de cellules allongées, superposées les unes aux autres. Ces réseaux sont extrêmement reniât- quables dans le bois dentelle ; quand on les a déroulés , ils resseinblènt à un outrage fait à l’aiguille. Les couches corticales ne sont apparentes que dans un petit nombre de végétaux : elles sont produites par les couches les plus extérieures du liber. Le liber est, si l’on peut ainsi dire, une herbe vivace , qui revêt la superficie du corps ligneux des arbres et arbrisseaux ; qui produit par son développement les nouvelles racines, les nouvelles branches , les feuilles , les fleurs et les fruits; qui s’endurcit en vieillissant, et qui, au lieu de se détruire après la fructification, comme les herbes ordinaires, se change en bois et augmente la masse du corps ligneux. Il est formé d’un plexus de cellules allongées, dont les interstices sont remplis de tissu cellulaire; macéré quelque temps dans l’eau, il se divise en lames réticulaires semblables aux couches corticales. Malpighi compare la texture du liber à celle d’une étoffe : les réseaux représentent la chaîne , le tissu cellulaire représente la trame. Quand on enlève, au temps de la végétation, une portion d’écorce d’un arbre vigoureux et qu’on garantit la plaie du contact de l’air, on voit suinter incessamment de la superficie du corps ligneux et des bords de l’écorce des gouttes gélatineuses, qui grossissent, s’étendent, se joignent, prennent de la consistance, deviennent cellulaires, verdissent, re produisent en un mot l’enveloppe herbacée. Cette enveloppe rétablie , le liber se réorganise, et bientôt la blessure est guérie. Les gouttes gélatineuses contiennent les premiers linéamens de l’organisation , qui se montrent sous l’apparence d’une substance fluide : c’est le cambium de Grew et de Duhamel. Dans l’ordre accoutumé, tant que dure la végétation, le cambium suinte entre l’écorce et le corps ligneux et forme de nouvelles lames de liber , lesquelles remplacent celles qui se sont transformées en bois, et réparent les pertes continuelles qu’éprouve l’enveloppe herbacée, dont la lumière et l’air désorganisent et brillent la superficie. Au temps du repos de la végétation , la partie du liber, la dernière organisée, qui n’a pas subi de transformation, et qui par conséquent n’a rien perdu de Sa puissance vitale, demeure inactive entre le corps ligneux et les couches corticales, de même que les racines vivaces dans le sein de la terre, jusqu’au moment où la chaleur du printemps et la non velle sève lui rendent son activité. La force vitale des plantes réside essentiellement dans le liber. Une bouture dépouillée de son liber ne s’enracine point, parce que c’est le liber qui produit des racines. Une greffe dépouillée de son liber ne s’unit point au sujet, parce que l’union ne peut s’opérer que par le développement simultané, laren contre et la pénétration réciproques des deux libers. Peu avant le développement des bourgeons, lorsque le liber, commençant à végéter, produit les premières racines, l’humidité de la terre , aspirée j cette jeune herbe , s’élève dans les vaisseaux ai une force incroyable , quoique le végétal ne transpire presque point; mais lorsque les bourgeons se sont allongés, et que le liber , commençant à s’en- urcir, n’exerce plus une succion aussi puissante , l’humidité , pour monter dans le corps de l’arbre, a besoin d’être aidée par la succion et la transpiration des feuilles et des rameaux. Le liber endurci, de verdâtre qu’il était, devient blanchâtre et prend le nom d 'aubier. L’aubier a la même organisation que le liber, seulement son tissu est plus serré, et les mailles de ses réseaux sont plus allongées. Il est tenace , élastique ; il adhère fortement au bois, et constitue la partie extérieure du corps ligneux. La transformation du liber en aubier est prouvée par l’observation microscopique et par l’expérience. Si l’on fait l’anatomie d’une branche à différentes époques de son développement, on voit le passage insensible des cellules molles, tendres et transparentes du liber à l’état de cellules fermes , dures et opaques, qui composent la partie la plus considérable du corps ligneux. Si l’on passe un fil d’argent entre l’aubier et une portion de liber, que l’on ramène les deux bouts de ce fil sous l’enveloppe herbacée et qu’on les croise en boucle, après quelques mois de végétation on trouvera que la boucle enferme de l’aubier et non plus du liber. Le bois s’étend depuis l’aubier jusqu’à l’étui médullaire : c’est la partie la plus dure de la tige. Un plexus composé de faisceaux de cellules allongées , comparable à celui qui forme les réseaux du liber et de l’aubier, mais beaucoup plus serré et plus ferme, constitue la masse du bois. Ce plexus offre des couches superposées les unes aux autres, qui se dessinent sur la coupe transversale en zones concentriques. Des vaisseaux, d’un diamètre quelquefois assez considérable pour qu’on les puisse voir sans le secours des verres grossissans , s’anastomosent et s’étendent dans la longueur du plexus, avec lequel ils sont intimement liés. Les couches les plus internes sont les plus dures; mais le tissu de chaque couche prise isolément est d’autant plus solide et plus compacte , qu’il est plus voisin de la circonférence , en sorte que la duréè de tout le corps ligneux et celle de chaque couche en particulier croissent en sens inverse. L’augmentation de solidité de chaque couche ligneuse de l’intérieur à l’extérieur provient sans doute de ce que la transformation du liber en bois dans chaque couche, s’opère graduellement de la partie interne à la partie externe, et que les sucs nutritifs sont moins aqueux et plus substantiels à mesure que la saison avance. Les mailles du plexus sont remplies de tissu cellulaire. Les parois des cellules ligneuses sont épaisses , à demi opaques, souvent colorées, quelquefois- percées de pores. Les tubes sont des vaisseaux poreux, ou de fausses trachées, ou même de simples lacunes ; mais jamais ce ne sont des trachées. Ces canaux, qui portent la sève dans le corps de l’arbre , sont tantôt dispersés isolément et comme jetés au hasard , tantôt groupés en faisceaux distribués avec, symétrie , tantôt rangés les uns à côté des autres en zones concentriques. Telle est l’idée générale que L’on peut prendre de la structure du bois. Encore que la présence des vaisseaux distingue le PHY PHY 556 bois de l’aubier, il est de fait que le bois a été aubier avant de devenir parfaitement ligneux. Duhamel a introduit des fils, d’argent dans des couches d’aubier; quelque temps après , ce s fils d’argent étaient,'engagés dans des couches de bois. Le meme pliysicién détacha d’un prunier un morceau d’écorce ami de liber , il l’appliqua sur le corps ligneux ’un pêcher, dont il avait enlevé un semblable morceau d’écorce, et la greffe s’opéra. Le bois du prunier est rouge, celuj du pêcher est blanc. IL se forma sous l’écorce du prunier une portion de bois rouge, qui se trouva enclavée insensiblement dans le corps ligneux du pêcher. Ces deux expériences sont concluantes : la première montre la transformation de l’aubier en bois; la seconde prouve de rechef que le liber augmente la masse du corps ligneux par l’effet de la nutrition. Lorsque le liber est converti en bois, il cesse de croître et de se développer. Dans cet état, il est comparable aux herbes annuelles arrivées au terme de leur vie. Il y a pourtant cette différence, que le bois jouit durant long-temps d’une sorte de vie passive ; caries parois de ses vaisseaux et de ses cellules s’épaississent peu-à-peu, et finissent même souvent par se fermer tout-à-fait ; ce qui ne permet pas de douter que les sucs nutritifs ne pénètrent dans l’épaisseur des membranes , que de nouvelles molécules ne s’interposent entre les anciennes , qu’en un mot il y ait encore nutrition et végétation. Comme il se développe, chaque année , un nouveau liber , il se forme ordinairement , chaque année, une nouvelle couche de bois. Voilà ce qui occasionne les zones concentriques qu’on observe sur la coupe transversale du tronc , et par lesquelles on peut connaître à-peu-près l’àge de l’arbre. Je dis à-peu-près, parce que les vicissitudes des saisons font quelquefois qu’il se produit plusieurs couches bien distinctes dans le cours d’une année , et que d’autres fois , dans un même espace de temps, celles qui ont pu se produire ne se distinguent pas de l’aubier. V. Duhamel. Vous noterez , comme une conséquence de ce qui précède, que les couches ligneuses les plus voisines du centre sont à-la-fois les plus anciennes et les plus compactes. Ces couches ne sont pas toujours parfaitement concentriques ; elles n’ont pas toujours une égale épaisseur dans toute leur circonférence : cela provient souvent de ce qu’il se trouve une grosse racine ou une grosse branche qui envoie d’un côté du tronc une plus grande quantité de nourriture. C’est par cette raison que les arbres situés sur la lisière ries forêts ont leurs couches ligneuses plus épaisses dans toute la partie du tronc exposée à l’air. Le spl a une influence marquée sur la qualité des bois des mêmes espèces; en général, le corps ligneux est plusjendre dans les individus qui croissent en lieux humides. Quant à la différence que l’on remarque, entre les diverses espèces, elle tient à leur nature primitive, .Celles qui se développent avec lenteur, telles que le chêne, le buis, le gaïae, ont un bois dur et pesant; celles a» contraire qui poussent avpç rapidité , telles que le platane, le saule , le peuplier , ontun bois tendre et léger. Cette loi, j néanmoins, n’est pas sans exception : le cormier, par exemple, croît bien plus vite que le hàis, et pourtant son bois est presquo aussi dur. " M. de Buffon propose, pour donner plus d@so- lidité au bois, et sur-tout pour faire passer plus promptement l’aubier à l’état ligneux , d’écorber les arbres une année avant de les abattre; mais les forestiers allemands ont prouvé que le bois traité de cette manière résiste moins au choc , a moins d’élasticité , et est plus attaquable par l’humidité et par les vers. Sa solidité apparente provient , selon toute probabilité , de ce que les fluides contenus dans le tissu y sout devenus concretàlpar l’action immédiate de l’air , de la chaleur et de la lumière. V. Ecorcement. Les rayons médullaires , que beaucoup d’auteurs nomment des insertions ou prolongemens médullaires, parce qu’ils semblent être des appendices de la moelle, sont formés en général par le tissu cellulaire logé dans les interstices du plexus, dont le liber , l’aubier et le bois sont composés. Commfe la texture de ce plexus est celle d’une suite de réseaux à mailles correspondantes, le tissu qui remplit ces mailles se montre sur la coupe transversale en raybns divergens : de là lui vient le nom de rayons médullaires. Les cellules des rayons s’allongent du centre à la circonférence, c’est-à-dire que leur direction coupe à angle droit celles des cellules du plexiis. Toutes ces cellules sont étroitement unies, et ne forment qu’un seul tissu. Leurs cavités communiquent par des pores quelquefois visibles. Au moyen de ces petites ouvertures , les fluides peuvent se porter dans le tronc non-seulement de la base au sommet et du sommet à la base, mais encore du centre à la circonlérence. Dans plusieurs arbres conifères, les rayons sont formés par des espèces de canaux horizontaux qui courent de la moelle à l’écorce. Le corps ligneux des racines des arbres dicotylé- dons ne diffère pas essentiellement de celui de la tige , et il se produit de la même manière. L’étui médullaire tapisse intérieurement la couche la plus centrale du bois. Il est formé de longs vaisseaux parallèles, qui s’étendent dans la longueur du tronc; ce sont des trachées, de fausses trachées et des vaisseaux poreux. Jusqu’ici les tiges dicotylédones n’ont offert les trachées qu’autour delà moelle, et on ne les a observées que très-rarement dans les racines. Dès l’instant que germe une graine pourvue de deux lobes séminaux, l’étui médullaire s’organise et sépare la moelle de l’enveloppe herbacée; il s’allonge à mesure que chaque couche de bois se forme et s’étend : les trachées qui se déroulent quand on brise une jeune branche appartiennent à l’étui médullaire. Un tissu cellulaire lâche, régulier, diaphane, placé au centre du tronc , constitue la moelle. On y découvre quelquefois des vaisseaux longitudinaux , de longues lacunes pleines de sucs propres, et des lacunes transversales. Le canal médullaire occupe un plus grand espace dans une tige molle et herbacée que dans une tige dont le liber est déjà converti en bois. La première PHY PHY couche ligneuse paraît donc s'épaissir un peu vers le centre ; mais mie fois qu’elle a pris de la consistance, son calibre ne change plus, et le canal médullaire ne subit plus de diminution : vérité que le savant M. hnight a fait prévaloir contre l’opinion généralement admise qnela moelle, resserrée peu-à-peu par le bois, disparaît loul-à-fait dans les vieux troncs. Ce qui avait donné vogue à cette erreur, c’est que , dans beaucoup d’arbres, la moelle s'ossifie, pour ainsi dire , par les dépôts concrets qui remplissent insensiblèment ses cellules. Haies voulant ramener à une cause mécanique l’inexplicable phénomène de la végétation, voit dans la moelle un ressort qui presse toutes les parties et les force de se développer. Linné, déterminé sans doute parPopinion d’un si célèbre observateur, déclare que la force vitale de la plante réside essentiellement dans la moelle. Mais ces théories pèchent par la base ; la moelle n’a point l’énergie que Haies et Linné lui attribuent, et les exemples ne manquent pas d’arbres dont le tronc, réduit, pour ainsi dire, à l’écorce, végète encore avec vigueur. Les expériences de Duhamel et de M. Thouin ne confirment pas ce qu’on lit dans quelques anciens, que pour obtenir des fruits sans noyau, il faut enlever la moelle des arbres fruitiers. La moelle descend de la tige dans le jiivot de la racine; mais elle n’y pénètre pas très-avant, et l’on n’en trouve aucune trace dans ses subdivisions Développement et croissance du tronc. — Pour éclairer l’ordre des développemens , prenons l’arbre dès sa naissance, et suivons-le dans ses progrès. Avant la germination, la substance de la phunule n’offre, en grande partie, qu’un tissu cellulaire délicat et régulier. A la place où doivent se former le liber et l’étui médullaire, on découvre des traces mucilagineusesde cambium , premiers linéaniensdu tissu que la nutrition doit rendre un jour plus appa- rens. La germination commence : des trachées , de fausses trachées, des vaisseaux poreux s’ouvrent autour de la moelle, et constituent l’étui médullaire. Un réseau de cellules allongées, qui reçoit dans ses mailles des cellules plus courtes , se produit à la superficie de l’étui, et constitue le premier liber. Ce liber s’étend , s’amincit, s’endurcit par la végétation , et devient une couche d’aubier; cette couche d’aubier acquiert de jour en jour plus de ténacité; les parois des cellules s’épaississent; de gros vaisseaux, dont la formation semble due au retrait des parties environnantes, la parcourent dans toute son etendue : alors ce n’est plus une couche d’aubier, c’est une couche de bois. Mais à mesure que ces métamorphoses s’opèrent, et que la couche, devenue à-la-fois plus compacte et moins épaisse, se détache de l’écorce-, le cambium, ce mucilage organisé, ce tissu cellulaire fluide, sort de l’écorce et du corps ligneux , et reproduit un nouveau liber, lequel acquiert en vieillissant les caractères du bois. À ce liber en succède un troisième, qui éprouve les mêmes modifications; un quatrième vient ensuite, puis un cinquième, puis un sixième, etc., et les couches du corps ligneux vont se multipliant de cette manière, jusqu’à ce que la mort mette fin Ta mf. II. à l’épaississement du tronc. Chaquecouche ligneuse est d’ordinaire le produit de la végétation d’une année ; par conséquent, plus un arbre sera vieux, plus le nombre de ses couches sera considérable ; et puisque l’on compte quelquefois plusieurs centaines de couches à la base du tronc, tandis qu’on n’en trouve jamais qu’une à l’extrémité des brandies, il est clair que chaque couche ne s’étend pas dans toute la longueur de l’arbre; que la base du tronc réunit toutes les couches qui se Sont organisées depuis la germination, et que l’extrémité des branches ne renferme sous son écorcê que le prolongement de la couche annuelle. Cette observation nous conduit à expliquer l’accroissement en hauteur. Une graine d’arbre germe, le caudex ascendant sort de la terre et pointe vers le ciel ; le liber suit ce mouvement d’asèension, dont sa force végétative est la première cause : mais en se développant, il s’endurcit, êt paralt de jour en jour moins extensible; enfin, quand il est converti en bois , sa croissance s’arrête , et par conséquent celle de la jeune tige. La couche ligneuse Forme alors un cône allongé; elle est revêtue d’un nouveau liber, qui s’est organisé à sa superficie, et elle est terminée par un bouton, qui reçoit dans son centre l’extrémité de la moelle et de l’étui médullaire. Ce nouveau liber a, dès son origine, toute l’étendue qu’offre le premierparvenu au terme de son accroissement. Il entre en végétation; il s’allonge avec le bouton terminal, et devient un cône ligneux beaucoup plus élevé que celui qu’il recouvre. Un troisième liber se développe et dépasse le serond ; il est dépassé à son tour par un quatrième, qui lui-même est recouvert par un cinquième, etc. Chacun de tes cônes marque la croissance d’une année. Après 100 ans de végétation , il y a cent cônes emboîtés les uns dans les autres , et les espaces compris entre les sommets de ces cônes indiquent la succession et l’allongement des pousses annuelles. En même temps que le cambium produit le liber, il produit du tissu cellulaire, en sorte que l’enveloppe herbacée se régénère intérieurement à mesure qu’elle s’use à sa superficie. Il parait bien que l’allongement et l’épaississement s’opèrent dans la racine comme dans le tronc, et que les naturalistes qui ont cru y trouver des différences notables se sont abusés. Nous renvoyons à l’ouvrage même de M. Mirbel pour les connaissances relatives à l’organisation et au développement des tiges des monocotylédons fie que nous en avons déjà rapporté suffit pour donner une idée sommaire de la différence qui existe, sous ces rapports, entre ces plantes et les dicotylédons. Branches et rameaux . — La tige produit des boutons qui contiennent les rudimens des nouvelles pousses. Les boutons, en se développant, deviennent des bourgeons. Ils sont d’abord tendres et herbacés; mais insensiblement le tissu ligneux s’organise, et les bourgeons se transforment en branches. Les branches, à leur tour, donnent naissance à des boutons, d’où sortent les rameaux. Les branches et les rameaux, n’étant que des extensions de la tige , sont organisés comme elle. Les boutons naissent presque toujours dans l’ais- 03 538 PHY PH Y selle des feuilles; par conséquent les branches et les , rameaux ont originairement la même disposition j qu’elles; mais cet ordre est quelquefois troublé par ; l’avortement des boutons. Les branches développées sur la pousse de l’année précédente ont leurs racines au cœur même du végétal. La moelle et les vaisseaux de l’étui médullaire passent visiblement de li tige dans les jeunes branches. Le nouveau liber les suit; mais la première couche ligneuse reste tout entière à la tige, et à la ii il de l’année on trouve deux couches de bois dans celle-ci et une seule dans les branches. (Quelle que soit la durée de la végétation, ces branches ont toujours une couche de moins que la tige qui les porte. Quant à la continuité médullaire entre la tige et la branche, elle est bientôt interrompue par l’obstruction du canal de communication. Lorsque les branches naissent sur le vieux bois, c’est-à-dire sur une ancienne pousse , leur racine ne pénètre pas au-delà de la couche de l’aituée , et les deux moelles sont séparées dès l’origine par les couches des années précédentes. Les branches croissent en longueur et en épaisseur de même que les tiges ; ainsi leur ancienneté se peut reconnaître au nombre de leurs couches ligneuses , qui forment des cônes emboîtés les uns dans les autres Ces cônes ont une base d’autant plus large et d’autant plus profondément attachée à la tige qu’ils sont plus extérieurs. Les jardiniers distinguent, dans les arbres fruitiers, les branches à bois, les branches à fruits, et les branches à faux bois. Ces dernières, qu’ils nomment encore chiffones ou gourmandes, naissent sur le vieux bois , et sont nuisibles à la production du fruit, parce qu’elles détournent la sève destinée à le nourrir. Le port ou l 'habitus des végétaux , c’est-à-dire l’aspect qu’ils offrent à la première vue, dépend de la disposition et de la direction des branches. Elles sont verticillées et horizontales dans les sapins , éparses et redressées dans le peuplier d’Italie, éparses et pendantes dans le saule de Babylone. Les jeunes pousses sont très-sensibles à l’action de la lumière. Les rameaux, les branches, et quelquefois les tiges des végétaux renfermés dans un appartement , s’inclinent vers les croisées. De la tendance des branches vers la lumière résulte souvent leur disposition sur un même arbre. Les branches supérieures sont redressées , les inférieures sont horizontales ou pendantes, les intermédiaires sont obliques. M. Mirbel rappelle que des forestiers, réfléchissant sur cette action de la lumière, ont pensé que l’on pourrait obtenirde belles courbes pour les constructions civiles et navales en faisant des réserves d’arbres sur les lisières, les chemins, et les clairières des forêts; et il renvoie aux mémoires dans lesquels j’ai présenté cette idée. V. A ménagement et Marine. Les naturalistes, continue M. Mirbel, expliquent ce phénomène ( la tendance des végétaux à se porter vers l’air et la lumière ) en disant que le côté d’une jeune pousse, éclairé par les rayons du soleil, décompose le gaz acide carbonique, et fixe le carbone beaucoup plus promptement que le côté qui est dans l’ombre. D’où il suit qu’il s’endurcit plus vite et s’allonge moins, ce qui occasionne lacourbure de la jeune pousse. Cette explication est ingénieuse et parait fondée. Correspondance des branches et des racines. — Les branches, les tiges et les racines ont une organisation presque uniforme et communiquent ensemble. Les racines représentent dans la terre les branches qui couronnent le végétal. La croissance et le développement de ces ramifications supérieures et inférieures du végétal ont beaucoup de rapports. Si l’on retranche d’un arbre quelques branches considérables , les racines qui y correspondent souffrent toujours et quelquefois périssent. Si l’on taille les rameaux pour les aligner, les racines ne s’étendent plus , et prennent insensiblement la forme que le ciseau donne à la tète de l’arbre. Si l’on coupe le sommet de la tige, les branches latérales prennent plus de vigueur, comme les racines latérales quand on retranche l’extrémité du pivot. Les feuiiles et le chevelu se dessèchent en même temps. Enfin l’expérience prouve que le sommet d’une tige, recouvert de terre, peut jeter des racines, et que les racines exposées à l’air peuvent produire des leuilles et des branches. Boutures , marcottes et greffes. — Une branche, un rameau, une portion de tige, détachés d’un végétal ligneux , et enfoncés dans la terre par une de leurs extrémités, s’enracinent souvent, et donnent de nouveaux pieds. Cette branche , ce rameau , cette portion de tige , sont ce que le cultivateur nomme des boutures. Au moyen des boutures, il multiplie les arbres bien plus promptement que par les graines, et il conserve defc variétés individuelles que les graines ne reproduiraient pas. Une bouture, au moment où don vient de la faire, n’a rien perdu de ses lorces vitales ; il s’agit de les entretenir, et pour cela de nouvelles racines et de nouvelles feuilles sont indispensables. l’our que ces productions se montrent, il faut que la succion et la transpiration aient lieu, parce que sans succion et sans transpiration il n’y a point de nutrition. Le liber, pénétré de sucs nutritifs, se développe. Il forme des mamelons charnus à la base de la bouture , et des boutons sur la partie exposée à l’air; les mamelons s’allongent en racine; les boutons produisent des feuilles. Afin d’aider à la reprise des boutures, le cultivateur laisse ordinairement au-dessus de terre un , deux ou plusieurs boutons. S’ils sont très-nombreux, il arrive quelquefois qu’aucun ne pousse avec vigueur, faute d’une sève assez abondante. Les espèces à bois blanc, telles que le saule, le peuplier , reprennent sans difficulté. Le contraire a lieu dans les bruyères, les chênes, etc. La reprise des arbres verts est plus difficile encore. Néanmoins, en administrant avec une intelligente économie la chaleur, la lumière et l’humidité, on f iarvient à multiplier de bouture toutes les espèces igneuses. On assure quelquefois le succès des boutures, en faisant à leur base des ligatures ou des incisions. Quelques agriculteurs pensent que la constante PH Y PH Y multiplication des plantes par bouture, peut à la longue leur faire perdre la propriété de se régénérer par les sexes. Ils expliquent de cette manière la stérilité de plusieurs espèces cultivées depuis un temps immémorial. Exemple : la boule de neige, l’ hortensia la canne à sucre. Généralement parlant, les arbres renouvelés par la graine ont cet avantage sur les autres, que leur racine a un pivot, que leur tige est plus droite et plus élevée, et qu’en tout ils sont plus vigoureux Souvent il suffit d’environner de terre humide la partie inférieure d’une branche encore attachée à la plante-mère, pour lui faire produire des racines; c’est ce qui s’appelle multiplier les végétaux des marcottes. On hâte l’enracinement par des incisions ou des ligatures. Dans les forêts, .cette méthode de multiplication prend le nom de couchage. La greffe, considérée sous le point de vue le plus général, est l’union de deux parties d’un même végétal ou de deux végétaux différens; mais le cultivateur donne spécialement le nom de greffe à l’opération qui consiste à détacher d’un végétal ligneux une branche ou bien une portion d’écorce, pourvue d’un bouton , et à la transporter sur un autre végétal ligneux, de manière que les deux libers soient en contact immédiat. La branche ou la portion d’écorce détachée est aussi appelée greffe. L’arbrisseau, ou l’arbre destiné à recevoir ia greffe, est désigné sous le nom de sujet. Les procédés pour opérer la greffe sont très-inul- lipliés ; mais le point essentiel est la rencontre et le développement simultané des deux libers, d’où résulte leur union intime On ne parvient à greffer que des végétaux qui ont entre eux la plus grande analogie, tels que les différentes variétés de cerisiers, de pommiers, etc. L’expérience journalière ne permet pas d’ajouter foi à l’union delà vigne et du mûrier, du rosier et du houx, et à tant d’autres greffes hétéroclites dont il est fait mention dans les livres des anciens. On remarque même quelle succès de l’opération est de peu de durée entre des espèces de genres très- voisins ( lilas, frêne ), s’il n’existe un certain accord dans la végétation «le la greffe et du sujet; si, par exemple, l’un est tardif et que l’autre au contraire entre promptement en sève. Comme la nature du sol influe visiblement sur les végétaux, il se peut que la greffe, qui n’est après tout qu’une bouture plantée sur une substance végétale vivante , soit modifiée par la sève qu’elle reçoit du sujet. Cependant il ne parait pas qu’aucun jardinier ait obtenu des variétés nouvelles par ce procédé, qui a bien plutôt pour objet de conserver et de propager les variétés et les espèces utiles, que d’en augmenter le nombre. La plupart des arbres ne donnent ni Heurs ni fruits dans les premières années de leur développement; mais si l’on greffe sur un sujet de quelques mois un bouton ou un rameau détaché d’un arbre en plein rapport, avant la fin de l’année, l’arbre naissant se couvrira de fleurs et de fruits. Par ce moyen , les jardiniers font porter de belles oranges à des tiges d’un décim. de haut et de 3 à 4 niiilim. d’épaisseur. 53c) Ces petits arbres, trop faibles pour fournir sans s’épuiser à une si grande dépense de sucs nourriciers, ont une vie très-courte. Les tiges et les racines des arbres s’unissent quelquefois d’elles-mêmes, et l’on peut croire que la na- tureafournià l’homme le premiermodèledetagreffe. On voit beaucoup de ces greffes naturelles dans tes forêts; ce qui a fait donner à ces unions le nom de greffes sylvaines. Bouton .—On distingue quatre sortes de boutons, i°. la bulbe ou l’oignon ; 2 °. ie turion ; 3 U . la bul- bille;4°- le bouton proprement dit. Ces divers boutons ne sont souvent que des modifications les uns des autres. .Nous n’avons à nous occu; er ici que des boutons proprement dits. Les boutons se montrent communément à l’extrémité des branches , et à l’aisselle des feuilles des végétaux ligneux. Ils sont ronds, ovales, coniques, etc. On doit les considérer comme les premiers dévelop- inens manifestes de l’herbe annuelle, c’est-à-dire du liber. Ils offrent presque toujours sous une pérule , enveloppe de forme, de structure et d’origine ditfé- rentes selon les espèces, un petit axe central chargé de jeu nés feuilles a ppliquées les unes contre les au très. Les boutons des arbres des climats Iroids ou tein - pérés sont, d’ordinaire , revêtus de pérules écailleuses, ceux des climats chauds en ont rarement de telles. Les écailles sont des lames en forme de cuillers ou d’écailles de poissons. Les extérieures sont sèches et dures; les Intérieures sont succulentes, souvent velues et accompagnées d’une espèce de bourre. Pilles sont enduites aussi de sucs résineux qui empêchent l’accès de l’humidité. L’observation lait reconnaître des feuilles avortées, ou des bases do pétioles, ou des stipules, dans les écailles de la plupart des pérules. Ces écailles recouvrent si exactement le rudiment de la jeune pousse, que l’on a pu conserver intacts, sous l’eau, pendant des années entières , des boutons détachés de l’arbre, que l’on avait enduits de résine à leur base. En général, les boutons sont simples, c’est-à-dire, qu’ils ne présentent qu’un simple rudiment de branche sous chaque pérule; mais les pins ont des boutons composés , c’est-à-dire qu’ils ont des pérules communes qui revêtent plusieurs rudimens de branches , ce qui, d’ailleurs, n’empêche pas que chaque bouton en particulier n’ait sa propre pérule. Ces enveloppes, formées d’étuis membraneux emboîtés les uns dans lesautres, se déchirent longitudinalement, et se divisent à leurs bords en un réseau filamenteux. Les boutons de Varistolochia sypho, d’abord cachés sous les pétioles, sont recouverts, après la ch u te des feuilles, d’un duvet semblable à du velours. Les boutons du robinia pseudo-acacia , et ceux d’un grand nombre d’autres arbres de la famille des légumineuses, sont engagés dans la substance même des tiges. Les boutons des platanes , des sumacs, et ceux de tous les végétaux de ia famille des polygonées,sont recouverts par la base creuse du pétiole. Les boutons des figuiers, du cecropia , des magnolia, du tulipier, etc., terminent les rameaux,et chacune des feuilles qui entrent dans leur composi- 68 * PH Y PHY 54o - tion a une pérule particulière qui consiste en deux stipules opposées: de sorte que ces boutons présentent une suite de pérules et de feuilles emboîtées les' unes dans les autres. Le cultivateur distingue les boutons à feuilles, les boutons à fleurs et les boutons mixtes. Les premiers sont allongés et pointus. Ils donnent des branches feuillées dépourvues de fleurs. Les seconds, que l’ou reconnaît à leur grosseur et à leur Corme arrondie , ne donnent que des fleurs. Les troisièmes, heures de jour; ce qui représente un volume d’eau égal à 34 pouces cubes; que la transpiration , dans une nuit chaude et sèche , était à-peu-près de 3 onces ; qu’elle était nulle quand il y avait delà rosée; qu’enlin il y avait absorption de 2 ou 3 onces quand il tombait un peu de pluie. D’autres expériences, faites par MM. Desfontaines et Mirbel, ont confirmé l’exactitude de celles de Haies. De même que toutes les parties jaunes des végétaux sont susceptibles de succion , de même elles sont susceptibles de transpiration ; et ces deux fonctions sont en rapports assez exacts avec l’état hygrométrique de l’atmosphère. La terre étant ordinairement plus humiefo que l’air , il arrive que la succion s’opère par les racines, et la transpiration par les feuilfos; mais quand après de vives chaleurs qui ont desséché le sol, l’atmosphère vient tout-à-coup à se rafraîchir, et dépose, par conséquent, line grande partie de l’humidité dont elle était chargée, les feuillesabsorbent, et il se peut même que les racines transpirent. Alarche des fluides dans le végétal. — Si l’on met la partie inférieure d’une branche chargée de feuilles dans une liqueur colorée, la liqueur montera dans la branche, et laissera des marques non équivoques de son passage sur les trachées, les fausses trachées, les vaisseaux en chapelets, etc.; le tissu environnant sera coloré, et Von pourra quelquefois suivre, la liqueur jusque dans les feuilles. Si Von renverse cette branche, et qu’eut la fasse tremper flans la liqueur par son sommet, dbnt on aura retranché l’extrémité, la liqueur s’élèvera par les tnêmés canaux qui auront servi à la première ascen % PHY PHY 54G sion. Si l’oa perce .jusqu'à la moelle le troue d’un peuplier ou d’un ormo au temps de la ■végétation , on verra la sève s’échapper des gros vaisseaux du bois, et particulièrement de ceux qui sont au voisinage du centre.Si l’on entaille un arbre, de sorte qu'il ne reste dans une partie du tronc qu’un petit cylindre ligneux qui établisse la communication entre la base et le sommet, la sève continuera de s’élever, et la végétation ne sera pas interrompue; mais si l’on été ^out le bois, et qu’on laisse seulement subsister l’écorce, la sève s’arrêtera, eti’arbre cessera de végéter. De ces faits et de beaucoup d’au 1 res, on a tiré cette conséquence, que la sève est cliarriée des racines jusque dans les feuilles , ou des feuilles vers les racines par les gros vaisseaux du bois , et notamment par ceux cpii sont à la proximité de la moelle , et qu’elle se répand du centre à la circonférence par les pores et les fentes du tissu. Si maintenant vous considérez la quantité énorme d’humidité que les plantes absorbent dans le cours de leur vie, et que vous fassiez réflexion que l’eau commune, loin d’être en parfaitétatde pureté , contient toujours diverses substances minérales en dissolution , vous 11e serez pas surpris que les matières végétales donnent, par l’analyse, des terres, des alcalis, des sels, etc. Au moment où la végétation recommence, bien avant que les feuilles soient développées, et que, par leur moyen , une abondante transpiration se soit otablie, la sève monte dans les végétaux ligneux; et comme elle n’a pas d’issue, elle remplit non-seu- leruent les vaisseaux du bois et de l’aubier, mais souvent encore tout le tissu cellulaire : c’est ce qu’on remarque , au printemps, dans le bouleau, dans la vigne, et autres végétaux très-riches en sève. Quand les feuilles sont développées, la sève ne monte guère que par le centre , parce que les racines, le tronc, les branches, les rameaux , ont une communication centrale, et que les gros vaisseaux des feuilles aboutissent au cœur des rameaux. Quelques physiciens ont cru que la sève circulait comme le sang, et par conséquent ils ont admis des veines et des artères dans le système organique des végétaux ; mais l’observation ne confirme point cette théorie. Le tissu végétal n’offre rien de semblable aux veines et aux artères; et lorsque l’on considère que le tronc d’un arbre dont on a retranché la cime, continue de végéter, on est forcé de reconnaître que la sève 11e circule pas à la manière du sang. D’autres ont imaginé que les racines envoyaient de la sève aux feuilles pendant le jour, et que les feuilles envoyaient de la sève aux racines pendant la nuit. Mais voici à quoi se réduit le phénomène : lorsqu’après une journée chaude et desséchante, survient une nuit fraîche avec du brouillard, de la pluie ou de la rosée, l’air contenu dans la plante se condense, et les feuilles, au lieu de transpirer, absorbent de l’air et de l’eau pour remplir le vide qui se forme- Si ,.dajjs dë telles circonstances, on fait une entaille au tronc , la sève, qui sans doute fût devenue stationnaire du moment que les vaisseaux eussent été remplis, prendra son cours par la lèvre supérieure rie la plaie , et les feuilles -alors tireront beaucoup plusdîeau que si Les choses, lussent, restées dans l’état naturel. .Yb-...ci tn. ' Th sac. La sève s’élabore dans les parties jeunes, et elle produit les sucs propres et le cambium. onu ollen avant la fécondation. Elle offre souvent deux obes, tantôt soudés immédiatement l’un à l’autre, tantôt réunis par l’intermédiaire d’un connectif, partie charnue plus ou moins développée. Chaque lobe est un sac membraneux, divisé intérieurement par une cloison mitoyenne, et marqué, à sa superficie, d’une suture correspondant à la cloison. A l’époque de la maturité, les deux lobes s’ouvrent par deux valves, et le pollen s’échappe. Quand il existe un filet, c’est ordinairement à son extrémitéquè l’anthère est attachée. Voilà, en peu de mots, les caractères propres au plus grand nombre d’anthères; maîsvoyeB, pour plus de détails, l’ouvrage même de M. Mirbel. Pollen. —. Le pollen est le réservoi J de la liqueur séminale. Il existe nécessairement dans toutes les espèces où le concours des deux organes, l’un mâle et l’autre femelle, est indispensable au parfait développement de la graine. Quand les valves des anthères s\)uvTent, le pollen se répand au dehors. Il est composé d’une innombrable quantité de corpuscules organisés, ordinairement jaunes, quelquefois blancs, rouges, bleus, violets, verdâtres, etc., qui ressemblent à uno fine poussière. Ces petits corps diffèrent souvent dans les espèces différentes. Pour les bien observer, il faut les mettre sur l’eau; l’humidité, en les dilatant, fait paraître leur véritable forme, qui, suivant les espèces, estoblongue, globuleuse, icosaèdre, etc. Chaque corpuscule mis sur l’eau s’enfle, se dilate et crève. On voit sortir alors par l’ouverture un jet de matière liquide,- qui s’allonge en serpentant, et s’élargit bientôt, comme un léger nuage, à la surface de l’eau. Cette matière paraît être de la nature des huiles. Elle a, selon les espèces, plus ou moins de consistance. Souvent, quand les corpuscules se sont tout-à- fait vidés, ils diminuent de volume, ils se plissent, ils changent d’aspect et deviennent plus transparens. Le pollen de beaucoup de végétaux brôle avec une vive lumière quand on le projette sur un corps enflammé. 11 donne , par l’analyse chimique, une quantité notable d’acide phosphorique, ce qui établit un singulier rapport entre cette poussière et la sécrétion animale, à laquelle il est naturel de la comparer ; mais l’analogie parait plus étonnante encore, si l’on fait attention à l’odeur particulière qu’exhale, au temps de la fécondation, le pollen du châtaignier, de l’aylante, de i’épine-vinette, et peut-être le pollen de toutes les plantes. Les abeilles récoltent cette poussière, qui sert de nourriture à leurs larves ; aussi, selon l’observation d’Huber, ces larves périssent-elles quand on enlève le pollen emmagasiné dans les ruches. Périanthe. Le périanthe (i), prolongement de la partie extérieure du support de la fleur, sert d’enveloppe immédiate aux organes de la génération. Le périanthe est simple ou double. Le périanthe simple est dit monosépale quand il est d’une seule pièce, ou que ses divisions ne le partagent point jusqu’à sa hase; et polysépale quand il est partagé entièrement en plusieurs segmens ou sépales. 11 est tantôt d’un tissu vert, ferme et peu succulent, tantôt d’un tissu coloré, mou, aqueux, et tantôt vert extérieurement et coloré intérieurement. Le périanthe double se compose de deux enveloppes distinctes; l’une est extérieure, et continue avec l’écorce du support de la fleur , on la nomme calice ; l’autre est intérieure et continue avec le corps'lig- (0 Par le seul mot de périanthe , SI. Mirbel désigne l’enveloppe florale, soit le calice, soit la corolle soit ces deux parties à-la-lois. PHY ueux placé «ou* l’écorce du support ; elle recouvre immédiatement les orgaots de la génération , on 1 a nomme c&vlliJ inr. 1 Calice,.—• Le calice est la partie la plus extérieure du périantbe double. 11 est continu avec l’écorce du tupportde la fleur, dont il a ordinairement la consistance ferme et la couleur herbacée. Son épiderme est couvert de glandes miliaires comme celui des feuilles. 11 contient presque toujours des trachées quand il est épais ou qu’il a des nervures saillantes. A la lumière directe des rayons solaires, il décompose le gaz acide carbonique, rejettel’oxigène et retient le carbone. A l’ombre, il expire du gaz acide carbonique. Le périantbe simple quand sa substance est verte, se comporte à la lumière et à l’ombre absolument comme le calice. On a beaucoup d’exemples de calices d’une autre couleur que le vert. 11 y a des ileurs qui ont un double calice , le plus extérieur prend le nom de ealicule. Le calice est monosépale ou polisépale. Quand il fait corps avec l’ovaire, il est nécessairement monosépale {campanule, myrte.) On distingue dans le calice monosépale, par exemple , dans celui de l’œillet, le tube qui ressemble à un tuyau, l’orifice du tube, qui en est l’entrée, et le limbe ou la partie supérieure, qui se prolonge en lame mince au-delà dés incisions ou de l’orifice du tube. Le calice polysépale est nécessairement détaché de l’ovaire. Il tombe ordinairement quand la Heur s’épanouit, ou quand la fécondation est opérée , et que le fruit commence à nouer. Le calice monosépale se maintient après la fécondation, et presque toujours il accompagne le fruit dans son développement. Il prend même alors, dans plusieurs espèces, un accroissement considérable. Corolle. — La corolle, partie intérieure du pé- rianthe double, entoure immédiatement les organes de la génération. Elle est continue avec le tissu ligneux situé sous l’écorce; mais il s’en faut beaucoup qu’elle en ait la consistance et l’aspect ; son tissu est mou, aqueux, coloré, fugace. Elle expire du gaz acide carbonique , et ne rejette pointd’oxigène, soit à la lumière, soit à l’obscurité. La plus grande partie de son tissu est cellulaire ; cependant, au milieu des cellules allongées qui la parcourent comme un réseau vasculaire , on trouve des trachées très-délicates que l’on parvient à dérouler en déchirant doucement le tissu. Il arrive aussi qu’alors des gouttelettes de suc propre paraissent quelquefois aux endroits où le réseau est rompu. Cela est bieu apparent dans le liseron, dont le suc a la blancheur du lait. Très-rarement l’épiderme de la corolle offre des glandes miliaires. Souvent il est couvert de poils ou de glandes globuleuses. Dans l’œillet d’Inde, la pensée, etc., cet épiderme présente à l’œil l’aspect du velours, parce que les parois cellulaires qui le composent, sedilatenten mamelons d’une finesse extrême. Les couleurs changeantes et harmonieuses d’une multitude de fleurs résultent de cette organisation délicate. La corolle est régulière ou irrégulière. Pour qu’elle soit régulière, il faut non-seulement qu’elle pré- PHY 551 sente des formes symétriques dans son ensemble, mais encore que toutes ses parties correspondantes soient parfaitement semblables entre elles (la rose, la renoncule, l’œillet, etc.) Sans cela, elle est censée irrégulière ( la capucine , le pied-d’alouette , les labiées ). La corolle est monopétale ou polypétale : mono- pétale lorsqu'elle est formée d’une seule pièce, de manière que si on l’arrache du lieude son insertion, ou qu’elle s’en détache d’elle-même , elle offre un tout parfaitement continu ; polypétale lorsqu’elle est composée de plusieurs segmens ou pétales distincts, qui tombent séparément et qu’on peut arracher un à un. Les corolles monopétales se classent par leurs formes de la manière qu’il suit : i“. Les campanulées : le tube est dilaté dès la base, et l’orifice est large, de sorte que les corolles ressemblent à de petites cloches (la campanule ). 2 °. Les infundibulformes : le tube est étroit et dilaté insensiblement; le limbe est large à la manière des campanulées, ce qui lésa fait comparer à un entonnoir ( le tabac). 3°. Les hypocratériformes : le tube est étroit et ne se dilate point à son orifice; le limbe est plane, un peu concave, en sorte qu’elles ont l’aspect d’une coupe antique. 4°. Les rotacées , ou corolles en roues : le tube est très-court; le limbe est plane et découpé en plusieurs dents ou plusieurs lobes égaux ; le tube forme comme le moyeu, et les divisions du limbe comme les rayons de la roue ( solanum ). 5°. Les labiées : le tube est plus ou moins courbé, la gorge est dilatée; le limbe est divisé en deux lobes principaux, dissemblables, disposés l’un au dessus de l’autre , comme deux lèvres. 6°. Les personées : le tube est plus ou moins courbé ; la gorge est large et enflée ; le limbe a deux lobes principaux, dissemblables etdisposés en lèvres formées par la dilatation proéminente de leur surface. Ces corolles imitent grossièrement un mufle d’animal , ou certains masques antiques ( mufle-de-veau) ; 7 °. Les ligulées ou demi-fleurons : le tube est délié ; le limbe se prolonge d’un seul côté en languette. Les corolles polypétales se classent également par la considération de leurs formes. i°. Les cruciformes: elles ont quatre pétales placés en croix (le chou). 2 °. Les caryophyllées : elles ont cinq pétales réguliers dont les onglets longs, dressés, sont environnés et cachés par le calice, et dont les lames, ouvertes, sont éialées en rosace (œillet). 3°. Les rosacées ou roselées : leurs pétales, au nombre de cinq au moins, ont des onglets ordinairement très-courts, et sont disposés en rosace à partir de leur base (rose , fraisier , framboisier, etc.). 4°. Les papilionacées : celles-ci, composées de cinq pétales qui ont reçu des noms particuliers, sont irrégulières. Le pétale supérieur, ordinairement grand et redressé, est l’étendard ou pavillon; les deux pétales latéraux, rapprochés l’un de l’autre par leur face interne, sont les ailes ; les deux pétales inférieurs, taillésenrondache, se touchantou même se soudant par leur bord antérieur, imitent une ca- 55* PHY PHY rêne et en prennent le nom {la plupart des légumineuses ). Ces onze formes de corolles, tant-monopétales que poly pétales, sont, en quelque façon , des types auxquels on peut rapporter la plupart des corolles, en indiquant les modifications par des expressions convenables. Les corolles irrégulières monopétales ou polypé- tales, qui échappent à cette classification, sont anomales, c’est-à-dire qu’elle sonthors de la règle commune {capuciney aconit, pied-d’alouette, etc.). De toutes les parties de la fleur, aucune n’attire autant les regards que la corolle. La forme de cet organe semble d’abord un caractère très-important; toutefois, les résultats de l’expérience ne s’accordent point avec les premières impressions. Les familles les plus naturelles rapprochent souvent des corolles de formes très-diverses. Les corolles régulières s’associent aux corolles irrégulières dans les borra- ginées, les solanées, les légumineuses, etc. Les corolles monopétales s’associent aux corolles polypé- tales dans les jasminées {lilas , frêne à fleurs ), dans les solanées {solanum) , dans les légumineuses( robi- nia, mimosa ). Enfin, la même famille et le même genre comprennent quelquefois des espèces pourvues de corolle, et d’autres qui en sont privées. Le frêne à fleurs se place de lui-même auprès des autres frênes qui n’ont ni calice ni corolle. C’est une loi assez constante que la corolle monopétale porte les étamines, tandis qu’il est assez rare que les pétdes des corolles polypétales en portent. La corolle est attachée sous l’ovaire dans le liseron, etc.; autour de l’ovaire dans la campanule, etc.; sur l’ovaire dans le chèvre-feuille, etc.; sur le calice dans la salicaire, la rose, etc. Quand la corolle est grande, que sa forme est élégante, que ses couleurs plaisent à l’œil, et qu’elle exhale une odeur suave, elle est, sans contredit, une des plus gracieuses et des plus riches productions de la nature : aussi les personnes qui ignorent l’existence des organes sexuels dans les plantes, ne voient-elles de fleursque làoùelles trouvent des corolles,ou des pé- rian thés simples qui en ont le tissu délicat et brillant. La fraîcheur et l’éclat delà corolle dépendent de l’extrême ténuité de son tissu, et sa délicatesse organique est la cause de sa courte durée. Aucune corolle n’est noire; beaucoup sont blanches, jaunes, bleues, rouges, violettes, etc. Il en est dans lesquelles plusieurs de ces couleurs sont fondues et nuancées, et d’autres , dans lesquelles elles sont rapprochées brusquement sans aucune teinte intermédiaire. La couleur de la corolle diffère souvent dans une mêmeespèce, et cette couleurchange aussi à mesure que cet Le enveloppe délicate approche du terme de son existence. Toutefois, il existe des espèces et même îles genres dans lesquels la couleur est invariable. Les huiles volatiles, élaborées dans le liss.u des corolles, sont la source ordinaire des émanations odorantes que les fleurs répandent dans l’atmosphère. Ces odeurs varient à l’infini, et leur production résulte de mille causes internes ou externes que nous ne pouvons toutes également apprécier. La température rend les odeurs des fleurs plus ou moins sensibles Si la chaleur est très-forte, les huiles volatiles se dissipent plus promptement qu’elles ne se renouvellent; si la chaleur est très-faible, les huiles volatiles restent concentrées dans les cellules, où elles se sont élaborées : dans res deux cas , les fleur» sont à peine odorantes ; mais si la chaleur n’est ni trop forte ni trop faible , les huiles volatiles s’exhalent sans se dissiper, et forment, autour des fleurs , une atmosphère parfumée. Voilà pourquoi les fleurs ont, en général,une odeur plus prononcée le matin et le soir que durant la nuit, et que dans le milieu du jour; cependant, il ne faut pas regarder cette loi comme invariable. L’humidité de l’air contribue aussi à rendre les végétaux plus odorans. Elle pénètre le tissu délicat des corolles et en expulse les huiles volatiles. Les odeurs qu’exhalent les fleurs agissent sur les nerfs comme stupéfiantes et narcotiques , et il est dangereux de les respirer long-temps. Nectaires. Les nectaires ou glandes florales sont des corps charnus qui naissent sur le réceptacle, l’ovaire, les étamines ou les pétales, et qui séparent de la masse des fluides le nectar, suc mielleux que l’on trouve déposé au fond des périanthes. Les nectaires sont souvent lisses et colorés. Leur substance est formée de tissu cellulaire très-fin, traversé par des ramifications vasculaires. Dans certaines espèces, notamment dans le cobœa, les vaisseaux du pédoncule parcourent le nectaire, et y font plusieurs circuits avant d’arriver au pistil. Le suc mielleux des fleurs s’échappe tantôt par un ou plusieurs pores placés au fond île chaque repli du nectaire, tantôt par toute sa surface, couverte de porosités imperceptibles. Dànsles rosacées , les légumineuses, etc., le nectaire , sous la forme d’une lame charnue , tapisse en partie la surface intérieure du calice. — Dans les .labiées, il tient la place d’un gynophore.. :—Dans le cobam, les personées, il entoure la base de l’ovaire comme un anneau. — Dans le liseron, il fait corps avec la partie inférieure de l’ovaire. — Dans l’œillet, il est placé au haut du gynophore. C’est particulièrement avec les sucs que distillent les nectaires, que les abeilles composent leur miel. Pédoncule. Le support qui attache les fleurs à la plante s’appelle pédoncule. Les dernières divisions d’un pédoncule ramifié sont des pédicelles. La distribution des vaisseaux du pédoncule varie dans chaque espèce. Elle s’accorde avec la disposition des parties de la fleur auxquelles les vaisseaux portent la nourriture. Enveloppes accessoires de la fleur. Les fleurs sont accompagnées souvent d’enveloppes qui ont une grande aualogie avec les feuilles. Ce sont les bractées : il y en a de plusieurs espèces. Les bractées proprement dites sont, des feuilles ordinairement très-petites, placées auprès des fleurs, et qui diffèrent des autres feuilles , soit par ieur couleur, soit par leur dimension , soit par leur forme, soit par leur consistance lavande sauge ,• etc.). Les bractées deviennent des involucres quand elles PH Y PHY sont disposées en collerettes d’une ou de plusieurs pièces ou folioles, au-dessous d’une seule fleur (anémone nemorosa), ou de plusieurstleurs (ombelU- fères). Elles prennent encore d’autres dénominations, telles que celles d’involucelles, de calicules, de bractéoles, de soies ou de paillettes, de spathes, etc-, suivant leur forme, leur position et les parties de la fleur qu’elles embrassent. Les bractées qui s’éloignent davantage des feuilles sont les cupules. Elles sont d'une seule pièce, et renferment une ou plusieurs fleurs femelles, dont le périanthe est simple et adhère à l’ovaire ( conifères , chêne,. Leur limbe est plus ou moins ouvert. Quand il se resserre au-dessous de l’ovaire , la cupule ressemble tellement à un pistil, que l’on peut s’y trom- per (conifères). C’est un caractère de la cupule d’accompagner le fruit et de le revêtir en tout ou en partie. Inflorescence. La disposition des fleurs sur un végétal est ce qu’on appelle son inflorescence. Il y a des fleurs solitaires, d’autres qui viennent deux à deux, d’autres trois à trois. 11 y en a qui partent des racines, d’autres de l’extrémité des rameaux, d’autres de l’aisselle des feuilles ou de leur bord. Elles sont opposées, alternes, distinctes; etc. Elles se réunissent quelquefois en groupes variés, que l’on a classés ainsi. Le chaton: Des fleurs mâles ou femelles sont portées par des bractées attachées sur un axe commun. Comme les fleurs ne tiennent pas directement à l’axe, mais aux bractées qui font l’office de pédicelles , en arrachant celles-ci on détache nécessairement les fleurs {saule, peuplier, etc.'). Les pins, les sapins, les mélèzes ont des chatons femelles dont les fleurs , cachées dans des cupules, sont renversées de manière que les stigmates regardent l’axe, et dont les larges pédoncules, fixés chacun à la base d’une bractée, se métamorphosent insensiblement en écailles ligneuses , recouvrent les fruits mûrs, et forment un cène ou strobile par leur rapprochement. L'épi : Il est composé de fleurs sessilesou portées sur de très-courts pédicelles, attachées à un pédoncule allongé en axe ou en spadix, lequel est très-rarement ramifié. Une certaine roideur caractérise l’épi ; il se soutient ordinairement, par sa propre force, dans une situation verticale ( lavande, héliotrope). Les ramifications de l’épi ou épilets, quand il en existe, sont redressés et appliqués contre l’axe (J/ê, ivraie, etc.). La grappe : Un pédoncule long, souple et pendant sert d’axe à des pédicelles égaux non ramifiés, qui portent des fleurs solitaires (groseillier, faux- ébénier, prunuspadus, etc.) Le thyrse : Ici l’axe, ordinairement redressé, soutient des pédicelles courts et ramifiés; et leurs fleurs sont ramassées en petits groupes distincts, dont l’ensemble a une forme pyramidale !troène, marronnier d’Inde, lilas). La panicule : L’axe est ramifié comme dans le thyrse; mais ses ramifications sont plus allongées (avoine, fleurs mâles du maïs ). Tome II. 555 Le corymbe : L’axe porte des ramifications qui partent de différens points et arrivent tous à-peu- près à la même hauteur. La cime : Les principales ramifications de l’axe partent d’un même point, les autres ramifications partent de points dilférens; les pédicules arrivent à-peu-près à la même hauteur (cornouiller, sureau). Le faisceau : Plusieurs fleurs, serrées les unes contre les autres, et disposées en corymbe , en rime ou en panicule, ont des pédicelles si courts, qu’à peine peut-on en reconnaître l’arrangement. L 'ombelle : Les pédoncules partent du même point, divergent et s’allongent dans une telle mesure, que l’ensemble des fleurs offre, pour l’ordinaire, une surface large et bombée comme un parasol ouvert (oignon, ombellifères ). Le -verticille : C’est un assemblage de fleurs disposées en anneau autour de la tige, ou comme les rayons d’une roue autour de son moyeu ( mille-feuille ). Le capitule, qui estune sorte d’épi très-dé veloppé. Le calathide : Le sommet du pédoncule, élargi en un clinantbe entouré d’un involucre, est couvert de fleurs serrées, entremêlées quelquefois de soies ou de bractéoles. Cette inflorescence a ordinairement l’aspect d’une petite corbeille de fleurs (scabwuse). Dans cette classe sont comprises les flosculeuses, les semi-flosculeuses et les radiées. Les flosculeuses contiennent de petites fleurs ou fleurons à corolle monopétale, tubulée, régulière, infundibuliforme, ayant un limbe à cinq divisions ( chardon, centaurée ). Les semi-flosculeuses contiennent des demi-fleurons , c’est-à-dire de petites lleuTS à corolle monopétale, irrégulière, tubulée, prolongée latéralement en languette (pissenlit ). Les radiées contiennent des fleurons qui couvrent le disque du clinanthe, et des demi-fleurons qui bordent sa circonférence, et se prolongent en dehors, comme des rayons divergens (reine-marguerite, soleil). Epanouissement de la fleur et floraison. L’apparition des organes sexuels par suite de la dilatation, et de l’écartement naturel des enveloppes florales immédiates ou accessoires, est ce qu’on nomme l’épanouissement de la fleur. L’épanouissement successif ou simultané des fleurs d’un végétal marque le temps de sa floraison. Quand toutes les fleurs sont passées et qu’il n’en parait pas de nouvelles, la floraison est terminée. L’intensité et la durée de la chaleur ont une influence marquée sur la floraison des différens végétaux, selon leurs natures diverses, et déterminent visiblement les époques auxquelles elle s’effectue. M. de Lamarck a publié un tableau de la floraison annuelle de quelques végétaux indigènes ouexo- tiques qui croissent aux environs de Paris. En voici un extrait en ce qui concerne quelques arbres et arbustes Fleurissent en février , l’anne, le saule-mar- ceau, le noisetier, le daphné mézéréon ; — en mars , le cornouiller mâle, le buis, le thuya, l’if, le groseillier épineux, l’alaterne, l’amandier, le pêcher, l’abricotier; -— en avril , le prunier épi- 7 ° 554 PH Y lieux, Les pruniers, le frêne commun, le charme , I le bouleau, l’orme, les érables, le malialeb, les poiriers ; — en mai, les pommiers, le lilas, le marronnier , l’arbre de Judée, le merisier à grappes, le cerisier, le frêne à fleurs, le faux ébénier, l’épine- vinette, le chêne et la plupart des plantes; — en juin, le tilleul, la vigne; — en juillet, le catalpa, le houblon; — en août, la viorne tins; — en septembre, le lierre. L’art de composer et d’orner les jardins est fondé en partie sur la connaissance des époques de la floraison. Si la chaleur seule agissait sur les plantes, et que la force vitale n’eût aucune influence dans les résultats, il est évident que, sans aucune exception, tons les individus de même espèce dans des circonstances semblables devraient fleurir en même temps. Mais les plantes ne sont pas des corps bruts, et une multitude de causes dont la plupart nous échappent, concourent à avancer ou à retarder les époques de leur développement. Engénéral, il semble qu’une grande vigueur dans les individus nuise à la production des organes de la génération, et que, pour que les fleurs se forment, il est nécessaire que la sève circule avec lenteur. Lesarbresne fleurissent pas dans leur première jeunesse ; ils donnent souvent alors des jets d’une longueur considérable , et leur sève, s’élevant dans une tige droite , élancée , dépourvue de branches , court avec d’autant plus de vitesse, qu’elle suit des canaux plus directs pour se porter vers les feuilles. Par des raisons contraires, les vieux arbres sont plus précoces, et donnent quelquefois plus de fleurs que les autres. L’excèsde nourriture est un obstacle à la floraison des végétaux ligneux, et par conséquent nuit à leur fécondité. Les jeunes arbres plantés dans un terrain aride, les boutures nouvelles, fleurissent souvent la première année.C’est un symptôme de faiblesse, et non de vigueur. r D Trop de faiblesse néanmoins peut devenir contraire à la floraison. Les fleurs sont déjà toutes formées dans le bouton. Si on écarte, en automne, les écailles d’un bouton de lilas ou de marronnier d’Inde, ou trouve au centre le thyrse, qui se serait développé le printemps suivant. Le bourgeonnement et l’épanouissement marchent dans un sens inverse. Le bourgeonnement commence presque toujours par les boutons supérieurs , l’épanouissement par les fleurs inférieures. M. Mirbel attribue cette marche inverse de l’épanouissement et du bourgeonnement à ce que les fleurs n’ont pas une force de succion égale à celle des boutons à feuilles, et que, par cette raison, la sève, au lieu de se porter d’abord à l’extrémité supérieure, comme elle le (ait dans les branches,s’élève insensiblement, et pour ainsi dire par échelons. ^'évanouissement, dans une espèce donnée, ne se fait pa s indifféremment à tous les instans du jour ou de la nuit. Beaucoup de fleurs s’épanouissent plus ou moins selon l’infensité de la lumière. D’autres s’opvrent PH Y ou se ferment à plusieurs reprises, selon l’état de l’atmosphère. Les vents d’est, Jes grandes chaleurs, les pluies d’ora^h, agissent vjsiblementsur ces fleurs météoriques. D’autres s’ouvrent et se ferment en temps marqué par le mouvement solaire. C’est ce qui a donné à Linné l’idée de composer VHorloge de Flore. V. l’ouvrage de M. Mirbel. L’heure de l’épanouissement, dans chaque fleur, avance ou retarde selon le degré de latitude, et par conséquent VHorloge de Flore a une marche particulière pour chaque climat. Une fleur qui s’épanouit, au Sénégal, dès 6 heures du matin, ne s’épanouira qu’à 8 heures au Jardin des Plantes de Paris, et qu’à îo heures à Stockholm. Il parait que tous ces phénomènes dépendent de trois ordres de causes : i u . les agens extérieurs, tels que la lumière , la chaleur , l’humidité , et peut-etre le fluide électrique ; 2 °. les agens intérieurs, tels que la sève , les sucs propres et les gaz ; b°. enfin, l’irritabilité elle-même, sans laquelle il n’y a point de vie, et par conséquent point de phénomènes physiologiques. De tous les agens extérieurs le plus actif semble être la lumière, et c’est l’un des moteurs les plus puissans de la végétation. Fécondation. Nous ne pouvons définir la fécondation, parce que nous n’en connaissons que les signes extérieurs et les résultats; quant au mode d’action, qui fait l’essence de ce phénomène, il échappe complètement à nos sens et à notre intelligence. Les signes extérieurs de la fécondation dans les plantes sont les suivans : ouverture des loges des anthères, émission du pollen, contact immédiat de cette poussière avec le stigmate, écoulement sur cet organe de la liqueur du pollen. L’ouverture des anthères s’effectue quelquefois dans la fleur encore fermée , plus souvent à l’instant où elle s’épanouit, plus souvent encore après son épanouissement. Le pollen s’échappe, se disperse et couvre les corps environnans. Quelques-uns de ses grains, arrêtés sur le stigmate, dont la superficie est ordinairement visqueuse et garnie de poils, d’aspérités, de mamelons ou de papilles, y répandent la liqueur séminale, et la fécondation s’opère. Quoique la fécondation des plantes dépende un peu du hasard, les chances favorables sont si multipliées, qu’il paraît impossible que , dans l’ordre naturel, une plante chargée de fleurs bien conformées , reste stérile et meure sans postérité. Lepollenesttrès-léger; ses grains sontinnombra- bles ; les papillons, les mouches à miel et autres insectes volans, les transportent de fleur en fleur. Les vents sur-tout leur servent de véhicule. Le pollen du pin, du sapin, du mélèze, s’élève comme un nuage au-dessus des forêts, et va couvrir au loin la terre et l’eau d’une poudre jaunâtre, que le peuple a prise quelquefois pour une pluie de soufre. Quelques-uns de ces grains tombent sur les chatons femelles, et roulent entre leurs écailles, jusqu’à l’orifice des cupules, qui contiennent les pistils. L’hermaphrodisme, rare dans lea animaux, est PHY PIÎY très-commun dans le* plantes, et l’organe mâle, placé auprès del’organe femelle, l’inonde, pour ainsi dire, de sa poussière fécondante. Linné remarque qu’en général les fleursidont les étamines et les pistils oiit une égale longueur, sont indifféremment dressées, pendantes ou horizontales; que celles qui ont les étamines plus longues que le pistil sont dressées; que celles qui ont les étamines plus courtes sont péndahtes. Il observe même que certaines fleurs s’inclinent ou se relèvent seulement lorsque la fécondation va avoir lieu , et disposent ainsi les stigmates à recevoir le pollen. Linhé dit encore que, dans les végétaux monoïques , les fleurs mâles sônt presque toujours placées au-dessus des femelles; cependant il faut avouer que les exceptions sont nombreuses. Tous les végétaux dioïques de même espèce appartiennent à la même terre , par conséquent, selon l’ordre de la nature ; les femelles et les mâles ne naissent point séparés. Aucun végétal pourvu d’étamines ou de pistils visibles n’est privé de son analogue dans l’autre sexe. La floraison des mâles et des femelles s’opère presque toujours à des époques concomitantes, de sorte que les pistils sont en état de puberté quand les anthères dispersent le pollen. Les étamines ont de certains mouveniens favorables à la fécondation. Les uns sont dus à une simple élasticité des filets, les autres à une cause cachée, que l’on compare, non sans raison, à l’irritabilité de la fibre animale. Les étamines du mûrier, de la pariétaire, et de plusieurs autres urticées, courbées dans la fleur avant l’épanouissement, se redressent comme autant de ressorts, au moment où les divisions du pé- rianthe s’écartent, et la même secousse fait ouvrir les anthères et jaillir le pollen. Les dix étamines du ka/mia , engagées par leurs anthères dans dix fossettes de la corolle, s’échappent subitement avec élasticité , et dispersent leur pollen comme celles de la pariétaire. Les anthères du mahemia et de l 'hermannia, attachées de manière qu’elles tournent le dos au pistil, s’ouvrent en rejetant leurs valves en arrière, de façon que l’émission du- pollen se fait vers le stigmate. Ces mouvemens et beaucoup d’autres sont purement mécaniques ; mais ceux dont il va être question résultent, selon toute apparence , de l’irritabilité végétale. Les étamines de la rue s’inclinent les unes après les autres sur le pistil, touchent les stigmates avec leurs anthères, puis se redressent et se jettent en arrière. Les filets de 1 l’épine-vinette, etc., sont tellement irritables qu’ils s’agitent dès qu’on les touche. Les organes femelles ne sont pas moins mobiles. Les styles de lanigelle, dé la fleur de la passion, del’épilobe, etc., se penchent vers les étamines, jusqu’à ce que la fécondation soit achevée. Les stigmates de la tulipe, de la gratiole, etc., se dilatent sensiblement. On fait fermer à volonté 1-s deux palettes du stigmate de plusieurs plantes de la famille des bigno- nées, des personnées, etc., en les irritant avec une pointe. Vers l’époque de la fécondation , les fleurs du nénuphar et de beaucoup d’autres plantes aquatiques montent à la Surface de l’eau et s’y épanouissent; après la fécondation, elles redescendent sous l’eau, où leurs fruits se développent. La vallisneria spiralis qui croit si abondamment dans les fleuves d’Italie etdu midi de la France, présente un phénomène qui sera toujours un sujet d’é- tonneinent et d’admiration pour les naturalistes. Au temps de la puberté , les fleurs femelles, portées sur de longs pédoncules roulés en tire-bourre, gagnent la superficie de l’eau : les fleurs mâles, attachées à des pédoncules très-courts, rompent alors les liens qui les arrêtent loin des femelles, viennent se mêler à elles et répandent le pollen vivifiant. Bientôt après, les fleurs femelles devenues fécondes sont ramenées au fond de L’eau par leurs pédoncules, qui rapprochent leurs circonvolutions, etelles y mûrissent leurs fruits. Dès que l’ovaire est fécondé , il se développe et les autres parties de la fleur commencent à se flétrir. Quand la fécondation n’a pas lieu, les périantlies conservent plus long-temps leur fraîcheur : c’est la raison pourquoi les fleurs doubles passent moins rapidement que les autres. SEPTIÈME SECTION. — dé la fhuctificatiox ET DE I A DISSé-MINATION. De la. fructification. Dès que l’œuvre de lu fécondation est achevé , le temps de la fructification commence , et son terme est marqué par la dispersion des graines. Le mot fructification peut se prendre dans plusieurs sens : tantôt il indique les rhangeinens successifs qui font passer l’ovaire à l’état de fruit parfait, tantôt les diverses parties dont l’ensemble compose le fruit, tantôt l’ensemble des fruits eux-mê- rnes sur un végétal quelconque. M. Mirbel fait observer que ce n’est pas ainsi que Linné définit la fructification; elle existe, selon ce dernier, dans la fleur et dans le fruit. Le calice, la corolle, l’étamine , le pistil, le péricarpe , la graine, le réceptacle même , sont à ses yeux déS. parties de la fructification. Par là, dit M. Mirbel, il confond les moyens et les résultats , les instru- inens naturels qui opèrent la fécondation des ovules, et les parties développées qui assurent la duréè dr l’espèce. Développement des ovules et des ovaires. — Le savant auteur que nous consultons présente ici des observations d’un grand intérêt, mais dont nous ne pouvons qu’indiquer les principaux objets. Avant que la fleur s’épanouisse, quand le pistil commence à se développer, l’ovaire est rempli d’iiri tissu cellulaire très-délicat. A cette époque, les ovules ne paraissent pas encore. Peu après , ils se dessinent dans le tissu cellulaire en s’isolant les uns des autres. Ce sont de petits corps arrondis, verdâtres , lisses et luisans. Ils tiennent tous au placentaire, tantôt immédiatement, tantôt pâr le cordon ombilical', et ils reçoivent, au pdifitâTu hile, 70 * PHY PH Y 556 l’extrémité des vaisseaux conducteurs et nourriciers. On trouve souvent alors beaucoup plus d’ovules dans l’ovaire que l’on ne trouvera de graines dans le fruit, parce qu’il arrive fréquemment que quelques-uns d’entre eux, s’ejnparant de toute la nourriture, en privent les autres et les font avorter {chêne, marronnier d’Inde , etc.). La substance des ovules est formée d’un tissu cellulaire continu, opaque, ferme et serré à la partie superficielle 5 faible , humide et diaphane à l’intérieur. Quand la Heur est passée, les jeunes graines, qui ont déjà augmenté de volume, éprouvent des changemens plus notables. Des linéamens vasculaires, premier indice non équivoque de l’embryon , se développent dans le tissu de chaque ovule; les cellules, qui avoisinent les linéamens vasculaires, se remplissent d’une substance opaque, blanchâtre ou verdâtre. Cette substance, aussi bien que les vaisseaux, gagne de proche en proche ; le tissu qu’elle pénètre et qu’elle colore est, en quelque façon , un canevas organisé sur lequel la nature travaifle à l’ébauche du végétal. Si tout le tissu de l’ovule entre dans la structure de l’embryon , l’embryon, à lui seul, constitue toute la graine , et par conséquent il n’y a point de péri- sperme, point de tegmen, point de lorique; la paroi de l’ovaire devient l’enveloppe séminale immédiate. Lorsqu’une portion du tissu de l’ovule se métamorphose en périsperme, la graine est alors aussi composée qu’elle puisse l’être. Il arrive souvent que les traits les plus essentiels de l’ovaire s’altèrent ou même disparaissent par le développement. Par exemple, l’ovaire du frêne a deux loges et quatre ovules , et ce même ovaire, transformé en fruit, n’a plus qu’une loge remplie par une seule graine. La culture a une grande influence sur le développement des ovaires, c’est-à-dire sur les fruits qui en proviennent. Les fruits des sauvageons sont moins nombreux, moins gros, moins savoureux que ceux des mêmes espèces cultivées dans nos jardins. l.a taille des branches , opérée avant que la sève se porte vers les boutons à fruits, assure de plus belles récoltes. L’enlèvement d’un anneau d’écorce ou les ligatures au-dessous des fruits déjà formés 1 >euvent quelquefois hâter la maturité et accroître e volume des fruits. Dans le cas de la taille, la sève qui se serait dissipée par les feuilles se dirige vers les boutons; dans le cas des ligatures ou des décortications annulaires , les sucs élaborés s’amassent au-dessus et fournissent aux fruits plus de sucs nutritifs. La fécondation est aussi indispensable au développement de l’ovaire qu’à celui des ovules. L’ovaire d’une fleur qui n’a point reçu la poussière fécondante se flétrit sans prendre d’accroissement; au contraire , si la fécondation s’est opérée , l’ovaire s’accroît, ses pariétaux produisent de nombreuses ramifications, et il acquiert des dimensions et une forme souvent très-différentes de celles qu’il avait d’abord. Le cultivateur peut marier des variétés ou même des espèces voisines en répandant le pollen des unes sur les fleurs des autres. Les croisemens s’opèrent d’eux-mêmes entre les différentes variétés qui végètent sur le même terrain; les pollenè, emportés pàr le mouvement de l’air, se mêlent et fécondent indifféremment les pistils, dont ils touchent les stigmates. 1 La fructification de la plupart des awbres est soumise à des intermittences assez régulières; il y a des années presque stériles, et d’autres' au contraire très-fertiles. Une année sur quatre est favorable au chêne : les forestiers attendent le retour de cette période pour faire leurs semis. Les fonctions de l’ovaire ne se bornent pas à garantir les jeunes graines de l’action immédiate des agens extérieurs qui pourraient leur nuire. L’ovaire est une espèce de corps glanduleux, qui prépare dans son tissu les sucs nutritifs nécessaires au développement des ovules. L’illustre Haies a fait voir que les fruits ont une transpiration marquée, quoique moins abondante que celle des feuilles. La chimie moderne prouve que les fruits verts respirent à la manière des autres parties vertes , et que par conséquent ils décomposent le gaz acide carbonique et retiennent le carbone. Les changemens chimiques qui s’opèrent dans les péricarpes et les graines depuis l’apparition des fleurs jusqu’à la parfaite maturité des fruits, sont des phénomènes (lignes de l’attention des physiologistes, et sur lesquels nous n’avons encore que des notions vagues. D’abord, les graines sont mucilagi- neuses , et elles ont, dans beaucoup d’espèces, une saveur douceâtre ; à mesure que leur tissu se consolide et que leurs sucs se concrètrent, le mucilage devient moins abondant, et la fécule remplace le principe sucré. Cette même fécule , au temps de la germination , se convertira en sucre en perdant de son carbone , et servira pour lors de nourriture à la jeune plante. Les péricarpes à l’état d’ovaires sont très-inucilagineux ; un peu plus développés, ils ver- dissen t ; ils prennent une saveur d’herbe ; ils expirent de l’oxigène, mais ne produisent pas une quantité sensible de gaz acide carbonique, fcn vieillissant, la plupart deviennent ligneux ou pulpeux. Les péricarpes pulpeux absorbent de l’oxigène et rejettent du gaz acide carbonique ; des liqueurs sucrées s’élaborent dans leur tissu ; elles éprouvent une légère fermentation ; l’organisation s’altère , les sucs s’aigrissent, la pulpe se décompose et tombe en f iourriture. Ne perdons pas de vue que les mucilages, es résines, les huiles , le ligneux, l’amidon , le sucre , les acides végétaux , etc., sont formés d’oxi- gène , d’hydrogène et de carbone, dans des proportions différentes; que lorsque les proportions de ces élémens changent, les principes immédiats varient, et que c’est par ce simple et admirable procédé de la nature que les substances végétales subissent toutes les métamorphoses par lesquelles nous les voyons passer successivement. Du péricarpe et de la graine, considérés comme parties constituantes du fruit. — Le pistil fécondé, en parvenant à son dernier degré de développement, constitue le fruit ; il est composé de deux parties distinctes, la graine et le péricarpe qui est l’ovaire accru et modifié par l’âge. Nous devons distinguer dans les péricarpes les différentes appendices extérieures, telles que les ailes, PH Y PHY 55j la couronne, l’aigrette , la queue , etc. , et de plus les valves, les cloiso»^, le placentaire, les funicules ou cordons ombilicaux t etc. Les ailes sont de» crêtes minces, des lames membrane «ses, qui se développent àla superficie des péricarpes. Lepéricarpe du frêne se prolonge à son sommet en une aile étroite, qui a la forme d’une langue dîoiseau ; celui de l’orme s’étend latéralement en deux ailes minces et arrondies. La couronne appartient aux fruits qui proviennent d’ovaires soudés au calice ; elle est formée par les bords desséchés de cet organe : la pomme , la poire, la grenade, sont des fruits couronnés. L 'aigrette a la même origine que la couronne c’ést-à-dire que ce n’est autre chose que le limbe du calice. Le chardon, le pissenlit ont des aigrettes. La queue est le style, qui s’allonge et se couvre de- duvet ( clématite ). Les valves sont les panneaux, dont la réunion compose la plupart des péricarpes. Presque toujours les valves se séparent nettement à l’époque de la maturité. Ce phénomène est connu sous le nom de déhiscence. Les cloisons sont des diaphragmes qui partagent la cavité intérieure du péricarpe en plusieurs loges. Le placentaire est la partie de la paroi interne du péricarpe, où sont fixées les graines, et qui leur fournit les sucs nécessairesà leur nourriture et à leur accroissemen t. Le mode d’ouverture du péricarpe est sujet à beaucoup de variations. Le plus souvent il s’ouvre de haut en bas ( châtaignier, hêtre ) ; quelquefois longitudinalement d’un seul côté ( pivoine, ancolie ); par le sommetouen boiteàsavonnette ( jusquiame). Le funicule ou cordon ombilical est une portion de la substance même du placentaire , qui se prolonge en un filet plus ou moins long et délié, à l’extrémité duquel la graine est attachée. De la division des péricarpes. — Ce que nous allons dire de la division des péricarpes sera extrait en partie des ouvrages de Linné. On a partagé les péricarpes en deux classes, dont la première renferme ceux qui sont secs, et la seconde ceux qui sont mous et charnus. Des péricarpes secs. i°. Catsule , capsula. C’est un péricarpe qui, lors de la maturité , s’ouvre d’une manière déterminée (Ils, tulipe, pavot). 2 °. Silique, siliqua. C’est un péricarpe à deux valves, allongé et grêle.Les graines sont attachées alternativement sur l’une et l’autre suture '(crucifères). 3°. Silicule, silicula. C’est un diminutif du précédent; il convient à tous les crucifères, dont le péricarpe est court et arrondi (thlaspi). 4 P . Gousse , legumen. Péricarpe membraneux ou coriace, à deux valves , où les graines sont attachées à une seule suture ( légumineuses). 5°. Follicule , folliculus. Péricarpe membraneux, univalve, s’ouvrant longitudinalement sur un seul côté (apocyn, pivoine, laurier-rose). 6°. Cône , strobilus. Péricarpe formé par l’accroissement du chaton (bouleau , aune,pin, sapin). Les pédoncules du mélèze , du cèdre , du sapin , du pin, disposés en spirale autour d’un axe commun , s’élargissent en écailles ligneuses , se recouvrent mutuellement à la manière des écailles des poissons, et forment un strobile conique, qui a fait désignersous le nom de conifères ouàarbres à cônes le groupe auquel ces végétaux appartiennent. 7°. Noix, nux. C’est un péricarpe osseux , s’ouvrant en deux valves, comme dans le fruit du noisetier. Des péricarpes charnus. i°. Baie, bacca. Péricarpe sans valve9, dans lequel les graines sont nichées (groseille, mûre, fraise, framboise ). 2 °. Drüpe, drupa. Péricarpe charnu, renfermant un noyau servant d’enveloppe osseuse à la graine (prunes , abricot, cerises , pêches). 3 °. Pomme, pomum. Péricarpe charnu renfermant une capsule où sont logés les graines ou pépins (pommes , poires , grenades , coins ). Outre les dix espèces de fruits ou de péricarpes qu’on vient de nommer, les botanistes en ont établi une, qu’ils appellent graine nue ; mais.il y a beaucoup de fruits qui ne peuvent se rapporter à aucune de ces espèces. L’ouvrage deM. Mirbel contient un travail important sur cette partie de la botanique. De la dissémination , de la fécondité des plantes et delà conservation des graines. La dispersion naturelle des graines à la surface de la terre est nommée dissémination. Ce phénomène, qui garantit la durée de l’espèce , annonce le terme de la végétation annuelle. Parmi les causes qui perpétuent les nombreuses races du règne végétal, la plus puissante est sans doute la grande fécondité des plantes. Au rapport de sir Digby, les Pères de la doctrine chrétienne conservaient, à Paris, vers 1660, un pied d’orge qui avait poussé quarante-neuf tiges chargées de plus de 18,ooo graines ; Rai en a compté 32,ooo sur un pied de pavot, et 36o,ooo sur un pied de tabac. Selon Dodart, un orme en donna 529,000 ; mais il s’en faut bien que le pavot, le tabac, l’orme, soient les végétaux les plus féconds. Un grand nombre de graines conservent pendant des années , et même pendant des siècles , leur propriété germinative.Dernièrementona vu se développer des haricots tirés de l’herbier de Tournefort , et qui avaient par conséquent plus de îoo ans, ce célébré botaniste étant mort en 170g. Home a semé avec un plein succès des graines d’orge recueillies depuis 140 ans. Un a découvert dans des matamores oubliées depuis un temps immémorial des blés aussi sains qu’au moment où ils avaient été détachés de l’épi. En général , les graines huileuses , telles que celles du lin, du noyer, du hêtre, etc., ne tardent pas à rancir; il convient donc de les semer promptement; mais les graines farineuses, telles que les pois, les marrons, se conservent fort longtemps, pourvu qu’elles soient placées dans des lieux secs, aune basse température. Beaucoup de graines, et notamment les graines fines, telles que celles du PHY PHY 558 pin, du bouleau, se gardent mieux dans leurs enveloppes naturelles que quand elles sont dépouillées. L'humidité et la chaleur sont contraires à la conservation de toutes. La grande abondance des graines, et la faculté qu’elles ont, pour la plupart, de se conserver pendant long-temps, témoignent la prévoyance de la nature pour la conservation des espèces; mais elle a mis.elle- même des bornes à l’énorme multiplication des individus. Une partie des graines sert à la nourriture des animaux çt k divers usages d’économie. Beaucoup de semences très-fines et légères sont emportées par les vents ,qui les déposent sur les plaines , les montagnes , les édifices , et jusque dans le fond des cavernes. Des graines et des fruits plus pesans sont munis d’ailes , qui les soutiennent dans les airs et leur servent à franchir des distances considérables : telles •sont les semences de l’orme , du frêne , de l’érable, du pin, du sapin, du cèdre, du mélèze et du tilleul. Les trombes de vent transportent bien loin du sol natal des graines de toute espèce. Quelquefois ces tourbillons impétueux couvrent to.ut-à-coup les campagnes maritimesdu midi de l’Espagne de graines originaires des côtes septentrionales de l’Afrique. Il y a des fruits fermés hermétiquement, et construits de telle manière qu’ils peuvent voguer sur les eaux; les torrens , les fleuves , la mer , les transportent à des distances plus ou moins considérables. Souvent les fruits nautiques ont indiqué aux peuples sauvages les îles situées au vent des contrées qu’ilshabitajent. Ce futàde pareils indices que Christophe Colomb, voguant vers l’Amérique , reconnut qu’il n’était pas éloigpé du continent dont il avait deviné l’existence. Linné remarque que les animaux travaillent très- efficacement à la dissémination. L’écureuil et la loxiç à bec croisé sont très-friands de la graine des pins ; ils désunissent les écailles des cônes en les frappant à coups redoublés contre les rochers, et par ce moyen ils en dispersent les semences. Les corbeaux, les rats, les marmottes , les loirs, transportent des graines et des fruits dans des lieux écartés. Ils en font des magasins sous la terre pour l’arrière-saison ; mais ces magasins sont souvent oubliés ou perdus , et les graines germent au retour du printemps. Les oiseaux avalent des baies, dont ils digèrent la pulpe ; ils rendent les graines intactes et prêtes à germer. C’est ainsi que les grives et d’autres oiseaux déposent sur les arbres les graines du gui, qui, privées, comme elles le sont, d’ailes et d’aigrettes , et ne pouvant se développer sur la terre , ne se répandent que par ce moyen. Les quadrupèdes granivores disséminent aussi les graines qu’ils ne digèrent point. Tout le monde sait que les chevaux infestent les prairies. La dissémination des graines ferme le cercle de la végétation. Les arbrisseaux et les arbres ont perdu leur feuillage; les herbes desséchées se décomposent et rendent à la terre les élémens qu’elles ont puisés dans son sein. Cette terre , dans sa triste nudité, semble privée pour toujours de sa brillante parure, et'cepenuant d’innombrables germes n’attendent qu’un ciel favorable pour la décorer encore de, verdure et de fleurs. Telle est la prodigieuse fécondité de la nature, qu’une surface mille fois plus étendue que celle de notre globe ne suffirait pas aux végétait»,que produiraient les graines d’une seule année, si toutes venaient à se développer; mais la destruction des graines est immense , et ce n’est que le moindre nombre qui se conserve. Ces graines privilégiées], recouvertes de terre ou de dépouilles végétales, ou cachées dans les fissures des rochers, enfin protégées par un abri quelconque , demeurent engourdies tant que règne la froide saison , et germent aussitôt que les premières chaleurs du printemps se font sentir. HUITIÈME SECTION. — ■ des maladies et de LA MORT DES VÉGÉTAUX. Comme nous traitons suivant l’ordre alphabétique des différentes maladies qui affectent les arbres forestiers , nous nous bornerons à rapporter ici quelques observations générales. Des maladies. Les plantes, privées de sentiment et par conséquent de volonté, semblent être, au premier coup- d’oeü, moins exposées que les aniinaux à l’influence des causes destructives; toutefois il faut considérer que si, d’une part, elles ne vont pas au devant des dangers, d’autre part elles n’ont en elles aucun désir de les éviter, aucun moyen pour les fuir. C’est sans fondement qu’on a comparé les maladies des plantes à celles des animaux, et que souvent on les a désignées., les unes et les autres, sous des noms semblables, puisque les différences dans l’organisation et dans les propriétés vitales occasionnent nécessairement des différences essentielles dans les maladies qui affectent ces deux séries des êtres organisés. Plusieurs causes concourent à altérer la santé des végétaux. La connaissance de ces causes et des affections morbifiques qu’elles, produisent constitue la pathologie végétale, science beaucoup plus conjecturale encore que la pathologie animale. La nature du soi est une des principales causes des maladies des plantes. Un sol très-maigre ne porte que des individus chétifs ; les arbres qui y naissent, n’y trouvant point d’aliment , éprouvent avant l’âge les infirmités de la vieillesse ; leur écorce se couvre d’érosions cancéreuses ; leurs branches se dessèchent ; leur tronc se dégarnit, ou, comme on dit, se couronne; leur tissu contient peu de carbone et beaucoup de matières terreuses et alcalines. Quelquefois l’excès des sucs nutritifs, en fortifiant l’individu, nuit à la reproduction de l’espèce. Dans une terre très - riche , les arbres fruitiers poussent de longues branches chargées d’un grand nombre de feuilles, les céréales produisent des chaumes élevés et vigoureux; mais les uns et les autres ne donnent qu’une très - petite quantité de fieu rs. Quand les sucs se portent en trop grande abondance aux organes de la génération, ils transforment les étamines et les pistils en pétales , et rendent les plantes infécondes. PHY P H Y 559 L’influence du -sol est quelquefois manifeste dans les avortemens ; souvent les.branches des individus mal nourris, au lieu de porter un bduton k leur extrémité , s’allongent en. une pointe acérée semblable à une : éj>ine. Dans les années pluvieuses, beaucoup de végé- taux éprouvenl une espèce de pléthore ; l’eau remplit les vaisseaux sans s’y élaborer; les huiles et les résines ne se forment point ; les fruits sont sans saveur ; les graines ri’arrivent pas à parfaite maturité; les feuilles tombent; les raoines se couvrent de moisissures et pourrissent. L’eau, chargée de principes putrides, occasionne des dépôts , des excroissances fongueuses, des plaies , dos ulcères , des éceulemens purulens, et une sorte de gangrène. Les arbres situés dans des lieux bas sont sujets à ces diverses maladies. Si Peaiu séjourne sur la blessure d’un arbre, il s’y forme un chancre ou une carie, qui gagne de proche en proche. Les eaux du ciel, au temps de la fécondation, emportent le pollen , et rendent les plantes stériles. La grande sécheresse de l’air et de la terre est encore plus nuisible à la végétation que l’excès de l’humidité. Quand le sol est sec et que l’atmosphère échauffée contient beaucoup d’eau en vapeur,les feuilles suppléent les racines. Voilà pourquoi les rochers , les sables privés d’eau, no sont pas toujours dépourvus de verdure- Mais toutes les espèces n’ont pas au même degré la propriété d’absorber l’humidité nar leurs feuilles : aussi lorsqu’un soleil ardent a dissipé l’humidité du sol, que les terres glaiseuses se sont resserrées en masses dures, et que les terres meubles et siliceuses se sont réduites en une poussière aride, des milliers de végétaux meurent sur pied. 11 n’est pas rare, après un été brûlant, de voir, dans les forêts de sapins, des espaces immenses couverts d’arbres desséchés jusque dans leurs racines. Une chaleur et une lumière trop vives excitent une grande transpiration et nuisent particulièrement aux jeunes pousses. Presque tous les végétaux privés des rayons directs de la lumière sont blanchâtres et languissans; du gaz oxigéné est absorbé ; du gaz acide carbonique se dégage, le principe saccharin se développe ; il ne se forme que peu ou point d’huile, de résine, de ligneux; les membranes restent minces et diaphanes ; les tiges s’allongent sans se fortifier ; les feuilles sont rares et petites; les fleurs s’épanouissent à-peine et sont décolorées. Les cultivateurs désignent cette chlorose sous le nom d 'étiolement. L’étiolement explique pourquoi l’on ne parvient pas toujours à repeupler les clairières des forêts et à remplacer les arbres qui périssent dans les anciens quinconces. Les panachures jaunes ou blanches des organes qni naturellement devraient èWfc-verts, semblent provenir de l’impuissance où sont-les' parties affectées de décomposer le gaz acide carbonique. Le froid , qui-Suspend la végétation quand il-est modéré, anéantit l’irritabilité, et détruit ' Inorganisation quand il est excessif; il resserré le 1 twfcn et occasionne des déchiremens internes. Drttàn-t : les grands hivers , les arbres des forêts éclatent quelquefois arec un bruit semblable à celui cPtme arme à feu. De là , le cadran ou cadranure, si les déchiremens s’étendent du centre à la circonférence , et la roulure, s’ils isolent les couches ligneuses les unes des autres. La roulure provient aussi quelquefois de l’aridité du sol. Lorsque la gelée atteint l’aubier , elle le désorganisé et empêche qu’il ne passe à L’état de bois. Cette couche imparfaite est recouverte à la nouvelle sève par une couche ligneuse , et demeure ponr toujours enclavée dans le tronc: cet accident Se nomme ■ge lieu ré. Le froid est dangereux , sur-tout quand les végétaux entrent en sève, parce qu’il congèle les sûtes et occasionne la rupture des cellules. Lorsque l’humidité se joint au froid, les jeunes bourgeons se couvrent de givre , qui se fond aux premiers rayons du soleil ; mais le tissu, trop tendre, pst déjà désorganisé , il noircit et tombe en pourriture : c’est la raison pourquoi les lieux bas et humides sont peu favorables aux végétaux hâtifs. On donne à cette maladie le nom de brûlure. Les brouillards méphitiques , les vapeurs des volcans , la fumée et les exhalaisons des laboratoires de' chimie font sécher les feuilles. La grêle déchire ou meurtrit les parties tendres des végétaux; la foudre, attirée jmr la cime des grands arbres , les frappe, les écrase et en disperse les débris. Les vents impétueux arrachent leurs branches , brisent leur tronc, et seconent si violemment leurs racines, qu’étant lacérées eh mille endroits, elles deviennent incapables de remplir leurs fonctions. A cet égard , M. Mirbel observe que les vents ne sont réellement nuisibles aux arbres que lorsqu’ils les brisent par leur violence. Les arbres exposés à des vents auxquels ils peuvent résister deviennent dus robustes , leur bois acquiert plus de dureté , euTs racines sont plus fortes, sur-tout du côté frappé par l’air. Rien de plus simple que l’explication de ces phénomènes : l’agitation de l’air, hâtant l’évaporation dés fluides, augmente la transpiration des parties herbacées, et par conséquent la succion des racines ; d’oti suit que l’assimilation des molécules nutritives est plus abondante et plus prompte. Parmi les 1 maladies dont la cause est inconnue , M. Mirbel cite le blanc mielleux ou meunier et la teigne des pins. Le blanc mielleux ou meunier attaque les arbres fruitiers, et' notamment l’abricotier, le prunier et le pêcher. Cette maladie se manifeste dès la fin de juin et durant lès mois 'tle juillet, d’août et de septembre. Les jeunes feuilles des rameaux se couvrent d’une substance blanchâtre, mielleuse, qui transsude à travers les pores de l’épiderme, et qui paraît, au microscope, comme une ittltltitude de fils collés les uns aux autres ; insensiblement le mal gagne les parties inférieures; il attaque toutes les-feuilles, il détermine leur chute prématurée, et occasionne par cette raison l’avortement des boutons à fruits qui étaient destinés à se développer l’année suivante. Une des maladies endémiques les mieux caracté- 56o PHY PHY risées est la teigne des pins. Les arbres attaqués répandent une forte odeur de térébenthine; les feuilles tombent, la résine sort en gouttelettes de l’écorce crevassée, qui bientôt se détache par plaques. Le der- meste typographe, attiré par l’odeur qu’exhalent les arbres malades, vient déposer ses oeufs dans leurs plaies, et rend les accidens plus graves. Il est à remarquer que les insectes insultent de préférence les végétaux malades. V. Insectes. Certaines espèces de végétaux portent préjudice à d’autres ; les plantes pourvues de racines traçantes et voraces affament les plantes voisines. Les plantes grimpantes se roulent autour des tiges des autres plantes, et les privent d’air et de lumière. Si ces espèces grimpantes sont ligneuses, elles ser- reut vigoureusement les tiges qu’elles entourent et y font naître des bourrelets. Les mousses et les lichens fatiguent les arbres sur lesquels ils se cramponnent, non qu’ils se nourrissent de leurs sucs, car ils puisent dans l’atmosphère une suffisante nourriture, mais parce qu’ils empêchent la transpiration, et qu’ils entretiennent à la superficie de l’écorce une humidité qui la pourrit et y attire une multitude d’insectes. Lesorobanches, les cuscutes, les guis , etc., sont de véritables parasites : ils vivent aux dépens des végétaux qui les portent, et les font quelquefois périr. La maladie appelée blanc-fongueux est due au mucor erysipha , petit champignon qui se développe sous l’épiderme de la face inférieure des feuilles de l’érable, du houblon, etc. D’abord il paraît comme une tache blanche et pulvérulente, ensuite il brunit et offre, au microscope , une multitude de petits grains. Les gerçures et les vernies qu’on voit quelquefois sur les feuilles proviennent le plus souvent de la présence d’autres champignons du genre cecidiiim. La rouille est produite par un autre champignon, la puccinia des graminées. L 'uredo segetum, connu sous le nom de charbon, se développe dans les ovaires du froment, de l’orge, de l’avoine et autres graminées ; il détruit le péri- sperme et remplit le péricarpe d’une poussière noire. L'ergot , cette excroissance brune du grain de l’orge, du seigle , de l’avoine et quelquefois du blé, n’est aussi, selon quelques naturalistes, qu’une espèce de champignon parasite; mais cela n’est pas encore bien démontré. Les animaux font aussi beaucoup de mal aux végétaux. Les pucerons répandent sur les feuilles une liqueur gluante et sucrée, qui nuit à la transpiration et à l’absorption. Les plantes qui sont surchargées de ces insectes meurent de consomption. Une foule d’insectes armés de tarières découpent l’épiderme des végétaux, déposent leurs oeufs dans le parenchyme des feuilles ou des jeunes branches , et déterminent ainsi la production d’excroissances charnues, au centre desquelles leurs petits se développent- Telle est l’origine de la gale du chêne, du bédéguar , du rosier, des cornes des feuilles du tilleul, de l’épaississement charnu des bourgeons des sapins, des saules, etc. Beaucoup d’insectes non moins industrieux déposent leurs œufs dans le péricarpe de différens. végétaux. C’est ce singulier instinct qui rend les charançons si nuisibles aux récoltes des céréales; quand les petits sont éclos, ils dévorent le fruit qui leur a servi de berceau. Les cynips psenes se logent dans les sycôues du figuier sauvage. Voilà l’origine de la caprification, pratique ancienne, dont le but est de hâter la maturité des figues. Les cultivateurs suspendent, chaque année, depuis un temps immémorial, des branches de figuiers sauvages au-dessus des figuiers domestiques. Les cynips sortent de leur retraite , et pénètrent dans les figues des arbres cultivés par l’ouverture située au sommet de l’involucre. La roulure des feuilles, la torsion extraordinaire des tiges , proviennent encore de la piqûre des insectes. Les larves du scarabeus melolontha ( hanneton ) restent 4 ans sous la terre , et y vivent de racines tendres. Elles font périr en peu de temps les plus grands arbres, quand elles se réunissent pour les attaquer. Ces larves , transformées en hannetons , se jettent sur les feuilles et les dévorent. Les cantharides dépouillent en un moment les frênes de toutes leurs feuilles. Les sauterelles , toujours redoutables pour les plantes herbacées, se multiplient quelquefois à tel point, que les moissons tombent sous leurs dents comme sous la faucille du moissonneur. La taupe-grillon se nourrit de racines. Les marmottes de nos climats, les rats, les loirs, les écureuils , les taupes , etc., se nourrissent pendant l’été d’herbes , de racines , de fruits, et font pour l’arrière-saison des provisions de blé, de fèves, de pois, etc. Les oiseaux granivores, les moineaux - francs sur-tout, consomment une quantité prodigieuse de grains. Combien d’autres animaux encore fondent leur existence sur la destruction des végétaux '. Mort des végétaux. Tout individu , animal ou végétal , s’il ne meurt de maladie ou d’accident, meurt de vieillesse. La vie de beaucoup de moisissures, de champignons , ne dure que quelques jours , ou même quelques heures. Les herbes dites annuelles meurent de vieillesse long-temps avant une année révolue. Dans les herbes bisannuelles , des feuilles radicales se montrent seules durant la première année ; mais au retour du printemps de nouvelles feuilles se développent, la tige parait ; viennent ensuite les fleurs et les fruits , et peu après la plante meurt. Dans les herbes vivaces, les parties exposées à l’air se détruisent, chaque année, après la fructification; mais les racines se conservent sous la terre , et donnent, l’année suivante , de nouvelles tiges , qui portent encore des fleurs et des fruits. La mort, dans les plantes ligneuses, n’arrive en général qu’après que la floraison s’est renouvelée endant un nombr^id’années plus ou moins consi- érable. On trouye.. parmi les arbres’ dicotylédpns des individus énormes, dont la naissance parait être antérieure à tous les temps historiques, et qui, malgré leur haute antiquité , se couvrent, chaque année , (le fleurs et,de fruits. En ne considérant les plantes vivaces et ligneuses PHY PH Y qile cbmme de. simples individus, on serait naturèl- lerilènt'HÏdüil'à penser qù’etteVnè' périssent que naux qui le parcourent, ne mettaient obstacle à la marche de la sève, et par conséquent à son accès jusqu’au liber. Ainsi , pour me résumer, ce qu’on nomme, dans les arbres, mort de vieillesse est, à proprement parler, l’extinction de la race, suite inévitable de la mort prématurée du liber, occasionnée par la privation des substances nutritives. On a indiqué en général trois époques dans la durée des arbres : l’enfance, l’âge mûr et la vieillesse. Dans l’enfance , l’arbre acquiert de jour en jour plus de vigueur ; dans l’âge mûr, il se soutient sans perdre ou gagner sensiblement; dans la vieillesse , il dépérit. Ces trois époques varient pour chaque espèce , suivant le sol , le climat, l’exposition et les qualités individuelles. Le chêne commun subsiste PHY PHY jGi 6 à 900 ans; ses époques de végétation sont environ de •>. à 3 siècles chacune. On remarque qu’il dure moins long-temps dans un terrain humide que dans un terrain sec. 11 en est de même du châtaignier. Chaque espèce demande , pour son parfait développement, une certaine température comprise entre des limites plus ou moins resserrées. Le chêne commun , le pin, le sapin, le bouleau, etc. , prospèrent vers le nord; le frêne, l’olivier , etc. , se plaisent dans les climats chauds de l’Europe; le baobab, le céiba, les palmiers, etc., ne végètent avec vigueur qu’entre les tropiques. Suivant M. Davy, les quantités respectives de charbon que fournissent les divers bois offrent un indice assez exact de leur longévité. Ceux dans lesquels la matière charbonneuse et la terre abondent sont les plus durables , et ceux dans lesquels on trouve en plus grande proportion les élémens gazeux sont les plus destructibles. Cette règle peut être applicable à nos arbres indigènes; mais je doute que le baobab , le céiba et beaucoup d’autres arbres des tropiques , dont le bois est d’un tissu tendre et lâche, donnent, à masse égale , autant de charbon que nos chênes, nos châtaigniers , nos ormes, quoiqu’ils durent bien plus long-temps. M. Davy pense aussi que les arbres de mêmes espèces atteignent à un âge plus avancé dans le nord que dans le midi , parce que le froid prévient la fermentation et la décomposition ; mais tout arbre résiste long-temps quand il est dans le climat qui convient le mieuxàsa nature. L’opinion de M.Davy ne serait fondée que si les espèces végétales dont il s’agit étaient organisées de telle sorte qu’elles pussent supporter tous les climats , et que leur durée lût constamment plus longue vers les pôles que vers la ligne. Je crois bien qu’il est plus commun de trouver de vieux chênes et de vieux pins dans le nord que dans le midi de l’Europe; mais certainement les Irènes de la Prusse et de l’Angleterre ont une vie moins longue que ceux de Calabre et de Sicile. Ces phénomènes ont pour cause la nature particulière des espèces, laquelle nous est tout-a-fait inconnue. A mesure qu’un arbre grossit, les vaisseaux de ses couches ligneuses s’obstruent, et la sève circule avec plus de difficulté ; par cette raison, la succion et la transpiration ne sont plus aussi considérables que dans la jeunesse, en raison du volume de l’individu ; le liber est moins vigoureux ; les boutons et les racines qu’il produit sont faibles et en petit nombre ; les branches se dessèchent ; le tronc se couronne; l’eau séjourne dans les plaies qui se forment; le bois tombe en pourriture. Dès-lors , le nouveau liber, l’herbe annuelle des végétaux ligneux, n’a plus la force de se régénérer; tout développement cesse et l’arbre meurt. L’arbre mortse couvre de puccinia , de mucor, de sphœria , et autres plantes cryptogames; il attire l’humidité et s’en pénètre, non plus comme autrefois par la force de succion de ses organes , mais par la propriété hygrométrique qu’il doit à sa structure poreuse et à l’action chimique des élémens qui le composent 5 l’oxigène de l’air brûle une partie de sa substance, de l’eau se forme, du gaz acide carbonique se dégage; le reste se révluit en humus, substance pulvérulente, brune, onctueuse, éminemment fertile, où se retrouvent, en des proportions différentes, les mêmes principes que dans les végétaux , et qui est douée de la propriété de décomposer l’air et de se combiner avec l’oxigène. Ainsi finissent les plantes selon l’ordre régulier des choses ; la terre, qu’elles embellissaient au temps deleur végétation, s’enrichit de leurs dépouilles; de s germes vigoureux, déposés dans son sein , font succéder d’autres générations à celles qui viennent de s’éteindre, et la mort des individus est comme un garant de la jeunesse éternelle des races. NEUVIÈME SECTION. — considérations sur LA VÉGÉTATION, NOTAMMENT EN CE QUI CONCERNE LES FORÊTS. Nous venons de présenter un extrait des savantes leçons de M. Mirbel sur l’anatomie et la physiologie végétale. Cette belle et intéressante partie de son ouvrage est terminée par des considérations générales sur la végétation. L’auteur y passe en revue les plus importantes questions sur le rôle que joue la végétation dans la physique générale de notre globe; il recherche quelles lois président à la répartition des diverses races de végétaux sur la terre; quelle influence le climat, la hauteur, l’exposition, lo sol , exercent sur ces êtres organisés ; comment, à leur tour, les plantes modifient la couche superficielle du sol, la température qui résulte de la latitude ou de l’exposition, et la constitution de l’atmosphère. Il fait remarquer que les plantes ont toutes la propriété de se propager à l’infini ; qu’elles diffèrent non moins les unes des autres par leur structure interne que par leurs formes extérieures; que chacune a ses besoins, et pour ainsi dire ses habitudes et son instinct particulier : les unes sont propres aux montagnes, d’autres aux vallées, d’autres aux plaines; à celles-ci convient un sol argileux, à celles-là un sol quartzeux. 11 en est qui viennent dans les eaux et les marais ; il en est qui demandent une température très-élevée; d’autres qui se plaisent dans des climats doux et tempérés ; d’autres qui ne prospèrent qu’au milieu des glaces et des frimas. Un grand nombre veulent uneatmosphère toujours humide ; plusieurs réussissent assez bien dans un air sec; la plupart craignent également la sécheresse et l’humidité, beaucoupvégètentavec vigueur quand elles sont exposées à l’action d’une vive lumière; beaucoup aussi cherchent de préférence une lumière diffuse. Il suit de cette variété de besoin que presque toute la surface du globe est couverte de végétaux. Certaines espèces de végétaux habitent exclusivement certaines contrées, et. leur donnent un aspect particulier. La végétation des pays situes entre les tropiques a un air de vigueur et de majesté qui frappe d’admiration le voyageur européen. Le nombre des espèces ligneuses, comparé à celui des espèces herbacées, est beaucoup plus considérable vers l’équateur qu’en Europe, et les arbres dicotylédons se distinguent PHY PHY 565 souvent par l’élévation et la grosseur de leur tronc, la richesse et la variété de leur feuillage, les couleurs brillantes et tranchées de leurs fleurs. A côté de cette végétation riche et variée , celle de l’Europe parait pauvre et monotone. Les espèces arborescentes y sont en très-petit nombre ; presque toutes offrent un port et des feuilles à-peu-près semblables. Leurs fleurs ont si peu d’éclat, que le vulgaire, qui n’applique le nom de fleur qu’à la corolle, parce qu’il ignore l’usage et l’importance des organes, croit que la plupart île nos arbres en sont dépourvus. L’infériorité de la végétation de nos contrées se remarque encore mieux , si l’on met en parallèle les espèces des mêmes genres ou des mêmes familles, qui croissent en Europe et sous la ligne. La différence se montre même à de moindres distances vers le midi, où les plantes sont plus développées que dans nos climats. Il est certaines beautés d’une terre agreste et sauvage , que la civilisation fait disparaître. Le sol européen ne produit aujourd’hui en profusion que les espèces que l’homme lui demande. Les végétaux domestiques, favorisés par le cultivateur, ont envahi les campagnes; à peine reste-t-il de place pour les espèces que nous ne croyons pas utiles à nos besoins. Les antiques forêts des Gaules etde la Germanieont disparu ; nos forêts ne sont que de vastes plantations alignées. De tous côtés , elles sont percées de routes et de chemins. L’homme les parcourt sans obstacle; les animaux n’y trouvent point de refuge. Les générations d’arbres se renouvellent rapidement sur le sol, que le propriétaire industrieux met sans cesse à contribution , et c’est hasard si quelques végétaux ligneux y périssent de vieillesse. Disons pourtant que plusieurs forêts du nord laissent encore apercevoir des traces de ce qu’était autrefois la végétation européenne. Là, des chênes respectés par la hache acquièrent une grandeur prodigieuse; les arbrrs que le temps a ruinés, s’affaissent sur eux-méines, se décomposent et accroissent incessamment la masse de l’humus. Mais rien n’égale la magnificenre des forêts qui ombragent les contrées équinoxiales de l’Afrique et du Nouveau-Monde. On ne peut se lasser d’admirer cette quantité infinie de végétaux rapprochés, serrés, confondus , si différens entre eux , et quelquefois si extraordinaires dans leur structure et leurs produits; ces dicotylédons énormes, dont l’origine remonte à des époques voisines des dernières révolutions de la terre, et qui ne portent encore aucune marque de décrépitude ; ces palmiers élancés, contrastant, par l’extrême simplicité de leur port, avec tout ce qui les environne ; ces lianes sarmenteuses, ces rostangs à feuilles chargées d’épines, dont les liges longues et flexibles s’enlacent les unes aux autres. En vain, pour s’y frayer un passage, s’arme- t-on du fer et du feu , la hache s’émousse ou se brise sur le bois endurci ; la flamme, privée d’air, s’éteint dans l’épaisseur du feuillage. Des légions d’animaux de toute sorte, insectes, oiseaux, quadrupèdes , reptiles, êtres aussi variés et non moins extraordinaires que les végétaux indigènes, se retirent sous les voûtes profondes de ces vieilles forêts , comme dans des citadelles à l’épreuve de l’entte- prise de l’homme. Sous les mêmes parallèles que l’Angleterre et la France et avec une température plus froide, l’Amérique septentrionale présente une végétation beaucoup plus riche. De grands arbres, les tulipiers, les magnolia, y produisent des fleurs superbes. Celles d’une multitude d’arbres et d’arbrisseaux le disputent en beauté aux fleurs de la zone torride ; les feuilles légères du robinia et des gletlitzia rappellent celles du mimosa des tropiques. Le seul genre du chêne comprend plus d’espèces aux Etats-Unis , que nous ne comptons d’espèces d’arbres indigènes dans toute l’Europe. La végétation de la partie septentrionale de l’Asie diffère peu de celle de nos climats. On y trouve à-peu-près les mêmes genres avec des formes analogues. Mais les terres australes ont un autre caractère : privées d’eau, exposées à des vents brnlans, elles sont d’une extrême aridité, et la plupart des végétaux y ont des feuilles rares,sèches, étroites, allongées , sans dentelures et d’un vert sombre; plusieurs en sont privés, ou du moins celles qu’ils portent sont si dures, qu’on peut , à juste titre, leur donner le nom d’épines. Aucun végétal des terres situées vers le pôle antarctique ne donne de fruits dont la pulpe savoureuse puisse servir de nourriture à l’homme. Il est des conditions indispensables su développement des diverses espèces. Les unes exigent une chaleur continue ; l’abaissement momentané de la température les ferait périr ; d’autres, capables 6 PHY PHY tris, et le pin mugho s’établissent entre 2,000 et 2,400 mètres. Là, s’arrêtent les arbres et commencent les arbrisseaux à feuilles sèches et à tiges basses ou même rampantes, qui restent cachés sous les neiges pendant l’hiver. Cesonttles rhododendrtim, des daphne, des passcrina, le globularia reperts, les salix her- bacea et reticulata, etc. Bientôt après 011 rencontre de petites herbes à racines vivaces, à feuilles en rosette et à hampe nue. Elles parviennent, avec les lichens et les byssus, jusqu’à 3 ,coo et même 3 , 4 oo mètres. On aperçoit d’abord le gentiana campestris, le primula villosa, les saxifraga longifolia, aizoon, etc.; puis les ranun- culm r alpestris, nivalis, parnassifolius, Varetia al- pina, et enfin le ranunculus glacialis, et les saxifraga cespitosa, oppositifolia, androsacea, groen- landica. Ces dernières plantes arrivent jusqu’au pied des glaces éternelles. Les Alpes ont offert aux botanistes qui les ont visitées des phénomènes qui correspondent parfaite- tement à ceux que M. Raxnond a remarqués dans les Pyrénées. Mais il était réservé à MM. de Humboldt et Bonpland de nous montrer les modifications successives de l’organisation végétale sur les plus hautes montagnes que l’on connaisse, et dans une des contrées les plus chaudes et les plus fécondes de la terre. La végétation des régions équinoxiales de l’Amérique se déploie aux yeux de l’observateur, sur les gradins d’un immense amphithéâtre, dont la base s’enfonce sous les eaux de l’Océan , et dont le sommet rencontre, à 5 ,000 mètres au-dessus du niveau de la mer , la limite inférieure des glaciers qui couronnent les Andes. 11 existe donc en Amérique des espèces végétales à 16011 t ,800 mètres plus haut que la ligne où finit la végétation des Pyrénées et des Alpes. Cette différence dépend non-seulement de la latitude , mais encore, selon la remarque importante de M. Ramond, de l’étendue transversale, ou, si l’on veut, de l’épaisseur de la chaîne des montagnes. L’influence de l’air et de la température des plaines se fait sentir dans des chaînes de peu d’épaisseur, comme sont celles d’Europe, et tend sans cesse à y confondre les limites des différentes espèces végétales; mais il n’en est pas de même de la chaîne des Andes, qui a de 48 à 60 lieues d’étendue transversale. Il faut dire encore, à l’avantage des observations de MM. Humboldt et Bonpland , que, comme ils les ont faites sous l’équateur, ils ont suivi toute la série des modifications qui se manifestent entre les deux extrêmes de température à la surface de la terre; tandis que les autres botanistes, n’ayant visité que les montagnes septentrionales de l’ancien continent, n’ont pu observer que les modifications comprises entre la température moyenne et le froid extrême. Au Mexique, de même qu’en Allemagne, en Angleterre et en Italie, des plantes qui cherchent toujours les ténèbres et l’humidité, les boletus cerato- phorus et botrytes, le lichen verticillatns , le gymno- derma sinuata, et le byssus speciosa , s’attachent aux voûtes des cavernes, et aux pièces de bois qui soutiennent les travaux des mineurs. Ces espèces imparfaites, cachées dans les entrailles de la terre , composent la zone la plus basse de la végétation. Viennent ensuite les plantes d’eau douce et d’eau salée. Un grand nombre habitent indifféremment toutes les latitudes, parce que le milieu dans lequel elles sont plongées conserve une température plus égale que celle de l’atmosphère. Le lemna rninor et le typha latifàlia croissent dans les marais de l’Asie, de l’Europe, et de l’Amérique septentrionale. Le typha latifoliav ient mêmeà la Jamaïque, à la Chine et au Bengale. 11 n’est peut-être aucune contrée du globe où l’on ne trouve le sphagnnm palustre. Cette indifférence pour le climat est plus sensible encore dans les plantes marines, telles que les fucus, les ulves, les ceramium. Le fucus natans, qui se détache des rochers et forme des bancs d’une étendue immense à la surface des eaux de l’Océan, embarrasse et retarde la marche des navires vers les pèles, aussi bien que sous l’équateur. Du niveau de l’Océan jusqu’à la hauteur de 1,000 mètres, croissent les palmiers, les liliacées, les musacées, les amomées, le theophrasta , le plumeria , le rnussenda, le cœsal- pinia , 1 e cecropia peltata , l 'hymencea, le baume To- iu , le cusparé ou quinquina de Carony , et une foule d’autres espèces qui ne végètent qu’à une haute température. Cette zone est celle des palmiers. Les palmiers se font distinguer par l’élégance et la majesté de leur port ; ils sont un des principaux orne- mens des plaines brûlantes situées entre les tropiques. Cependant quelques-uns prospèrent dans des régions moins chaudes. Le ceroxylon andicola , magnifique palmier de 60 mètres de haut, ombrage les Andes deQuindiuet deTolima, sous le 4 °. 25 min. de latitude boréale, à partir de x,860 mètres jusqu’à 2,870 mètres au-dessus de l’Océan , élévation où la chaleur de l’atmosphère est très-modérée. Une autre espèce de cette famille a été trouvée au détroit de Magellan, vers le 53 e degré parallèle sud. Dans notre Europe , sur les côtes de la Méditerranée, non loin des bases des Pyrénées orientales, nous voyons deux espèces de palmiers, le chamœrops et le dattier, s’avancer sous le 48 e . degré parallèle nord. Mais ces faits sont des exceptions; les palmiers, en général, sont confinés dans les pays les plus chauds du monde, et il ne s’en rencontre aucun vers les contrées polaires. A la zone des palmiers et des amomées succède la zone des fougères arborescentes et des quinquinas. Les fougères commencent à 4 °° mètres, et finissent à 1,600. Les quinquinas montent jusqu’à 2,900 mètres. Les chênes paraissent à 1,700 mètres. Us se dépouillent chaque année de leur feuillage, et leur bourgeonnement périodique rappelle à l’Européen errant sur cette terre lointaine le doux printemps de sa terre natale. La végétation des arbres cesse à 3 , 5 oo mètres, et les arbrisseaux, qui jusqu’alors n’avaient joué qu’un rôle secondaire, s’emparent du sol. Beaucoup plus bas, à 2,000 mètres environ, se montrent déjà des gentianes, des lobelia , des renoncules, etc., qui correspondent à nos plantes alpines. Elles se soutiennent jusqu’à 4 ) 100 mètres. A cette hauteur on la neige tombe de temps en temps, la famille des graminées, dont les espèces PHY PH Y nombreuses se mêlent à la végétation des gradins inférieurs, commence à régner seule. Les averta , les agrostis, les dactylis , leapanicum, les stipa , les jarava , etc,, couvrent les montagnes et ne s’arrêtent qu’à 4,600 mètres, limite de la végétation des phé- nogames. Au-delà , et jusqu’aux neiges perpétuelles, il n’y a plus quedes byssus , des hypoxylées et des lichens. Ainsi les moindres plantes dans l’ordre de la perfection Organique, occupent la base et le sommet de cet immense amphithéâtre, dont les gradins intermédiaires sont ornés de tout ce que le règne végétal produit de plus riche et de plus varié. Beaucoup de plantes imparfaites croissent dans les circonstances les moins favorables à la végétation. L’absence totale ou l’excès de la lumière, une humidité ou une sécheresse extrême ; des chaleurs dévorantes ou d’horribles froids; la privation absolue de terre végétale et la diminution sensible du carbone, ne sont point des obstacles au développement de ces espèces rustiques ; aussi ne sont-elles pas d’une médiocre importance dans l’économie générale de la nature. Elles défrichent le sol et commencent la végétation. Les lichens les plus grossiers, des lepraria, des •verrncaria , des lecidea , etc., croûtes organisées, peintes de diverses couleurs, rongent, creusent et labourent la surface des rochers auxquels ils s’attachent. Le temps réduit ces lichens en poussière. Ils sont remplacés par des gyrophora , des ccnomyce , des stereocolon , etc., autres lichens d’un ordre plus relevé, et par des mousses élégantes qui semblent être des arbrisseaux et des arbres en miniature. Tous ces végétaux, en se décomposant et se renouvelant durant une longue suite d’années, forment sur la pierre une légère couche d’humus, dans laquelle s’implantent des phénogames herbacées telles que certaines espèces de graminées, de sedum , dç saxifrage, de draba , d’absinthe, etc., à petites leuiiles , à tiges grêles et basses. Les générations se succèdent et la couche d’humus augmente. De hautes herbes, des arbustes, des arbrisseaux, prennent place sur ces rochers devenus fertiles, t.nfin, des graines d’arbres , transportées par les animaux, les eaux ou les vents, s’y développent, et voilà peut- être les premiers babitans d’une forêt qui devra quelques jours ombrager une immense étendue de pays. Les lichens ne peuvent végéter sur des sables mobiles; mais les graminées et les cypéracées, qui 11e sont guère moins rustiques que les lichens, fournissent des espèces gazonncuses, dont les racines, composées d’une innomblable quantité de fibres menues, s’enlacent les unes dans les autres et retiennent les sables que les aquilons soulevaient auparavant comme des Ilots orageux. Une fois le sol fixé, les végétaux de toute grandeur y prospèrent. A l’imitation de la nature, l’Européen industrieux se sert de Ve^ymus arenarius, du bromus arenarius,e te., pour enchaîner les dunes qui menacent les campagnes au voisinage de la mer. V. Dunes. l.es plantes aquatiques, les myriophyllum , les prêles, les potainogétons, lesnénupliais, les typha, les scirpus , les butomus , les lentilles d’eau, les sphagnum , les conferves, etc., exhaussent insensi- $67 blement le fond des marais et des lacs. Les eaux gagnent en surface à mesure qu’elles perdent en profondeur, et quelquefois elles s’épanchent de côte et d’autre; et même elles finissent par disparaître quaud les sources qui les alimentent ne suffisent plus pour contre-balancer la perte occasionnée par L’évaporation, laquelle, comme l’on sait, augmente en proportion de la surface. Il arrive aussi que certaines espèces, et notamment les sphagnum, se soutiennent sur les marais et les lacs, et y forment des îles et des presqu’îles flottantes, dont l’étendue et l’épaisseur s’accroissent de jour en jour par l’accumulation des débris des plantes qui végètent à leur superficie. Ce sol factice st- couvre de prairies, d’arbrisseaux, d’arbres même ; mais il se rompt quelquefois sons le poids qui le charge, et il s’abîme au fond des eaux. Ces phénomènes ne sont point rares en Prusse, en Lithuanie, et dans les autres pays du Nord. Ils changent plus ou moins la surface du sol, et même, en de certains cantons, ils peuvent modifier sensiblement la température et les qualités de l’atmosphère ; mais leur influence ne s’étend guère au-delà des lieux où ils se manifestent. Il n’en est pas ainsi des grandes réunions d’arbres connues sous le nom de forêts : leur influence se fait sentir au loin. Un effet ordinaire de la présence îles forêts, c’est de produire un abaissement dans la température plus considérable que celui qui résulte du degré de latitude. Lorsque la Gaule et la Germanie étaient couvertes de bois, l’Europe était beaucoup plus froide qu’elle ne l’est aujourd’hui; les hivers de l’Italie se prolongeaient davantage ; l’on ne pouvait cultiver la vigne au-delà de Grenoble, la Seine gelait tous les ans. Les côtes de la Guiane que les Européens ont défrichées, éprouvent en été les chaleurs dévorantes du soleil de la zone torride, et, dans la même saison, l’intérieur des terres est rafraîchi à tel point par la présence des forêts, que souvent l’on ne saurait y passer la nuit sans abri ou sans feu. Les causes de cet abaissement de température sont évidentes. Les forêts arrêtent et conduisent les nuages; elles répandent dans l’atmosphère des tor- rens de vapeurs aqueuses; les vents ne pénètrent point dans leur enceinte; le soleil ne réchauffe jamais la terre qu’elles ombragent. Cette terre poreuse, formée en partie de feuilles, de branches, de troncs décomposés, et recouverte d’un lit épais de broussailles et de mousses, retient une humidité perpétuelle. Les lieux bas servent de réservoirs à des eaux froides et stagnantes; les pentes donnent naissance à des ruisseaux sans nombre; aussi les contrées les plus boisées de la terre sont-elles arrosées par les plus grands fleuves. A mesure que l’hornme , qui se trouve à l’étroit dans les pays d’ancienne culture, recule les limites de son domaine, en dépouillant le sol de ses antiques forêts, les vents et le soleil dissipent l’humidité surabondante ; les sources se tarissent; les lacs se dessèchent; les inondations ressent ou se portent à de moindres distances ; la niasse d’eau que roulent les fleuves diminue; l’atmosphère se réchauffé et s’assainit. On ne saurait nier ces résultats, et sans parler des nombreux exemples que nous offre l’his- PH Y PHY ;ï6& toire, il-euffit da citer les États-Urfis de l’Améri- qüe. C’est un-fait avéré que les défrichemens que les colonies européennes y ont commencés dans les deux siècles derniers, et qu’elles continuent sans relâcheront occasionné une diminution notable dans la qnantilé des eaux, et une élévation sensible de ’ampérature. Ainsi les défrichemens peuvent tourner au profit de l’espèce humaine. Mais lorsque , par suite d’une insouciance aveugle ou d’un égoïsme brutal, les hommes détruisent sans réservé toutes les forêts d’une contrée, le sol, privé de l’humidité nécessaire au maintien de la Végétation, devient d’une affreuse stérilité. Les lies du Cap-Vert, jadis rafraîchies par des sources nombreuses, et couvertes de grandes forêts et de hauts herbages, ne présentent guère maintenant aux regards de l’observateur que des ravins à sec et des rochers dégarnis de terre végétale, où croissent de loin en loin des herbes dures , des arbrisseaux rabougris, et quelques plantes grasses, telles que des caca lia, des euphorbes, des aioès, des yucca } des mesembryanthemum et des cierges. L’Ile-de-France, autrefois si productive, est menacée d’une pareille stérilité, si une administration sage ne se hâte de mettre des bornesaux défrichemens qui se poursuivent sur tous les points avec une activité effrayante. C’est sur-tout dans les pays montueux que la destruction des arbres a des suites funestes. Les forêts qui Ceignent les plateaux supérieurs, protègent les campagnes situées au-dessous d’elles; mais si l’on y porte indiscrètement la hache , les pluies délaient et (Mitraillent les couches de terre végétale que les racines ne consolident plus; les torrens ouvrent de tous côtés de larges et profonds ravins ; les neiges , amoncelées sur les sommets durant l’hiver, glissent le long des pentes au retour des chaleurs ; et comme ces énormes masses ne trouvent point de digues qui les arrêtent, elles se précipitent avec un bruit effroyable au fond des vallées, détruisant, dans leur chute, prairies, bestiaux, villages, habitans. Une fois le roc mis à nu , les eaux pluviales qui pénètrent dans ses fissures, le minent sourdement; les fortes gelées le délitent et le dégradent ; il tombeen ruine, et ses débris s’accumulent à la base des montagnes. Le mal est sans remède : les forêts bannies des hautes cimes n’y remontent jamais; les lavanges et les ébbulemens qui se renouvellent chaque année, changent bientôt en des déserts sauvages des vallées populeuses et florissantes. La lumière, la chaleur et l’oxigène décomposent l’humus que les plantes herbacées produisent sur les terrains découverts ; tandis que celui qui se forme à l’ombre des forêts, garanti par elles de l’action des agens destructeurs, s’augmente chaque jour non-seulement des dépouilles des végétaux, mais encore de eelles'des animaux de tous genres, qui cherchent un refuge dans les lieux solitaires. Voilà pourquoi les terres nouvellement défrichées •.ont d’une fécondité prodigieuse. Dans les premières années, on y cultive le seigle ou l’avoine, de préférence au fromfcnt , parce que cette précieuse céréale y trouvant une nourriture trop abondante, s’èmjforteÀiVen ‘longs chaumes; ‘ét ne donnerait rpVpén de-£>ràhrs. Mais après un. nombre d’annéès plus cru moins éonsidéhsMéyitr ‘terre s’épuise, et il fhtiri avoir 1 recours âtr* éwgéaiüy e’est-à-dire qu’il devient indispensable de re^Sfétèfl' srtï sol les principes nourriciers dont les rétfeltfc» sufchéssfres l’ont privé. Si le cultivateur négligence sblh, les récoltes s’appauvrissent, et bientôt la thnee 1 ; le chardon et cent autres espèces sauvages, prennent la place des espèces agricoles: Alors les troupeaux diminuent à vue d’œil; car la multiplication des trbupeaux, et par conséquent celle de la race humaine, dépendent sur-tout de l’état prospère de l’agricùlttlré. Ces considérations sur la nutrition des plantes me conduisent à vous entretenir des plus insportans résultats de la végétation, et c’est par là que je terminerai ce discours. Tout est lié dans le vaste système de notre monde, l’ordre y résulte de l’équilibre' entre le4 phénomènes contraires. Les animaux enlèvent l’oxigène de l’atmosphère, et le remplacent par du gaz acide carbonique ; ils travaillent dofre à changer la constitution de l’air et à le rendre impropre à la respiration. Les végétaux s’emparent du gaz acide, retiennent le carbone, restituent l’oxigène ; ils purifient donc l’air altéré par les animaux, et rétablissent les proportions nécessaires entre ces élémens. Quand nos végétaux européens’, dépouillés de leur feuillage par la rigueur de la saison , n’expirent plus l’air vital, les vents alizés nous apportent ce gaz salutaire des contrées méridionales de l’Amérique. C’est ainsi que les vents, d’un bout de la terre à l’autre, confondent les couches de l’atmosphère, et rendent sa constitution uniforme dans tous les temps et à toutes les hauteurs. Les substances pro- venant de la décomposition {les matières animales et végétales, dissoutes dans l’eau, sont absorbées parles plantes, et font une partie de leur nourriture ; les plantes, à leur tour, sont la pâture d’une multitude d’animaux , et ceux-ci deviennent la proie des espèces qui se repaissent de chair et de sang. Malgré cet état perpétuel de guerre et de destruction, rien ne périt, puisque tout se re/nouvèlle. Merveilleuse harmonie de la naturel les deux grandes classes des êtres organisés se maintiennent l’une par l’autre , la Vie et la mort des individus sont également utiles à la conservation des races. Si maintenant nous considérons la végétation jiar rapport à nous-mêmes, nous reconnaîtrons que cette force de la nature, soumise jusqu’à un certain point à l’empire des sociétés humaines, est le principal instrument de leur grandeuret de leurmisère. Par elle, en effet, l’homme change la face de la terre et modifie les climats, tantôt à son avantage, tantôt à son détriment. Combien l’ambition et la cupidité des princes , la lâcheté et l’abrütissement des peuples , n’ont-ils pas rendu de pays stériles ! Rappelez-vous ce que furent l’Asie mineure , la Judée, l’Égypte, les provinces situées au pied du mont Atlas, et voyez ce qu’elles sont devenues. Rappelez-vous la Grèce, autrefois la patrie des arts et de la liberté, aujourd’hui celle de l’ignorance et de la servitude; elle n’est reconnaissable qu’à ses ruines et à ses tombeaux. L’homme a refusé son travail à la terre, et la tefre ses trésors à l’homme : toftt a disparu âVec l’ngrieulturé. Le voVageur qui PIE parcourt cette contrée célèbre ne trouve à la place des belles forêts <1 orties montagnes étaient couronnées, des riches, moissons que récoltaient vingt nations industrieuses^ des, nombreux troupeaux qui fertilisaient les campagnes, que des rochers décharnés et des sables arides habités par de misérables bourgades. Vainement il cherche plusieurs fleuves dont l’histoire a conservé les noms, ils sont effacés de la terre. (Je n’est doue pas assez que la fureur des conquêtes et le despotisme renversent les villes, dépeuplent les provinces, et replongent l’espèce humaine dans la barbarie, il faut encore qu’ils tarissent jusque dans leur source les richesses naturelles d u sol.' Je pourrais opposer à ces tristes résultats de nos passions les heureux effets de notre industrie ; de nombreux troupeaux rendant à la terre les substances nutritives que les végétaux lui enlèvent, les débris des corps organisés transportés des villes dans les campagnes; les substances terreuses mélangées avec art, se corrigeant les unes par les autres ; les saignées faites aux fleuves pour arroser des terrains trop secs ; les marais pestilentiels transformés en de gras pâturages ; les dunes inconstantes fixées par des lorêts; les bois abattus et replantés avec une intelligente économie; la mer refoulée dans son lit et contenue par des digues; l’Europe associant à sa végétation celle des autres parties du monde, et répandant sur tout le globe les végétaux utiles qu’elle possède, etc. Mais ces considérations importantes se rattachent plus naturellement à l’art de la culture ou à la scieuce administrative qu’à la physiologie végétale, et sur-tout cju’à la botanique. L’extrait que nous venons de donner du discours de M. Mirbel sur la végétation, nous a paru trouver naturellement sa place dans cet ouvrage, puisque les considérations générales qu’il contient s’appliquent aux forêts d’une manière particulière. PHYSIQUE DES ARBRES. Y. Physiologie végétale. PHYTOLOGIE, pkytologia. Mot composé du grec phuton, plante, et de logos , discours , traité, c’est-à-dire traité des plantes. V. Botanique et Physiologie végétale. PI KO U LE. Un des noms du peuplier noir. PIC. Pioche pointue qui sert à labourer dans les lieux pierreux, à tirer les pierres, etc. Il y en a de plusieurs sortes : le plus gros, le plus lourd et le plus expéditif des pics s’appelle tournée à Paris. PICEA. C’est le sapin épicéa. Y. Sapin. PICOREUR ou MARAUDEUR. C’est le nom que l’on donne à celui qui coupe et enlève du bois en délit dans les forêts. V. Maraudage. PIC - VERT. V. ce mot dans le Dictionn. des Chasses. PIED. Kom d’une ancienne mesure. Celui qu’on nommait pied de roi contient i2 pouces, chacun de 12 lignes , et chaque ligne a j 2 points. V. Mesure. PIED D’ARBRE. Ce mot est employé pour signifier arbre , et c’est ainsi qu’on dit abattre cent pieds d’arbres. Avant que les exploitations fussent régularisées dans les forêts , il se faisait quelquefois des ventes par pieds d’arbres et au choix des marchands. Ce Tome II. PIE 569 mode de procéder a été prohibé par plusieurs régle- mens, et entre autres par un arrêt du parlement, du 22 juin 1602 , rapporté dans Rousseau de Basoche, P- 7 94- Un arrêté du gouvernement, du 5 thermidor an 5 (23 juillet 1797), porte la défense expresse de faire aucune vente par pieds d’arbres ou autres petits lots, et ordonne de faire les ventes suivant les formes prescrites par l’ordonnance. PIED-CORNIER. On nomme ainsi les arbres réservés et marqués pour servir de bornes âux coupes en exploitation : arbores finales seu terminales. Ils sont placés dans les angles sortans, et c’est pour cela qu’on les appelle corniers ou pieds - comiers, par analogie avec la forme des angles ou cornes de la coupe qu’ils sont destinés à marquer. On appelle tournans les arbres réservés qui se trouvent dans les angles rentrons, et parois ceux qui sont dans la longueur de la ligne. V. Parois. Les pieds-corniers et leurs témoins doivent être désignés sur le plan figuré que l’arpenteur fait des ventes pour les reconnaître lors du récolement, ainsi que les arbres de lisière et de parois , et leur nombre e* qualité. ( Ord. de 1669 , tit. XI, art. 3. ) L’arpenteur doit marquer de son marteau les pieds- corniers des ventes, se servir au moins de l’un des pieds-corniers de l’ancienne vente, et faire mention des arbres qu’il emprunte pour en servir, et de leur âge , qualité , nature , grosseur et distance. (Ib. , tit. XX, art. 6.) Us doivent être marqués du marteau royal et de celui de l’arpenteur sur chaque face qui regarde la vente. {Ib., art. 9 et 1 i.) Ils doivent être représentés par l’adjudicataire, à la garde duquel ils ont été laissés. {Ib., tit. XXI , art. 10.) V. Baliveau. L’amende pour chaque pied-cornier marqué du marteau royal, abattu, est de 100 fr., et s’il est arraché et déplacé, l’amende est de 200 fr. {Ib., tit. XXXII, art. 4.) Si pendant l’usance un pied-cornier ou autre arbre de réserve est abattu par les vents, l’adjudicataire est tenu d’en donner avis aux agens forestiers. {Ib., tit. XX,art. 46.) Le déplacement de piquets servant de limites à une coupe ne peut être assimilé à un enlèvement de pieds-corniers ou d’arbres de lisière. {Arr. de laC. de cass., du 21 février 1806.) Observons que les arpenteurs ne devraient jamais se servir de piquets pour remplacer les pieds-corniers. Ils doivent, conformément aux ordonnances de 1516 , art. 3, Saint- Yon, p. 3o8, et à un réglement du 23 mars 1601 , art. 16 , ib. , p. 106, employer des arbres notables et les plus beaux qu’ils peuvent trouver. Le Code pénal de 1810, art. 4-56 , prononce des peines particulières contre ceux qui déplacent des pieds-corniers ou autres arbres plantés ou reconnus pour établir les limites entre les différons héritages ; mais cette disposition du Code ne pourra s’appliquer au même cas pour les forêts, qu’autantque la nouvelle loi forestière l’aura ordonné. PIED-LE-TOUR ou PIED-DE-TOUR. Cette expression est employée dans l’ordonnance de 1669 7 2 PIE PIE 070 pour désigner la grosseur de l’arbre, qui sert de base, en cas de coupe en délits pour régler l’amende et la restitution. L’amende et la. restitution au pied-le-tour sont encourues par ceux qui coupent des branches sur des arbres dans les forêts. ( Arr. de la C. de cass. , du 1 2 brumaire an 11.) Mais elles ne sont pas encourues par l’adjudicataire d’une coupe de taillis, qui abat des brins non réputés arbres. (/A., du 18 brumaire an 6.) Elles sont dues pour de jeunes arbres coupés en délit. ( Ib ., du 2 janvier 1806.) V. à VAtlas le tableau faisant connaître le tarif des amendes qui se prononcent au pied-le-tour. PIERRE, du latin petra. Les pierres sont des mélanges plus ou moins multipliés de matières terreuses ou alcalines, et quelquefois d’oxides métalliques. Nous n’avons à nous occuper des pierres dans l’économie forestière, qu’en ce qu’elles sont utiles ou nuisibles à la végétation des arbres, soit lorsqu’elles entrent dans la composition des couches de la terre, soit lorsqu’elles se trouvent au-dessous ou à la superficie de ces couches. Quand les pierres ne tiennent pas entre elle*, ou qu’elles sont à une profondeur telle que les racines des arbres puissent descendre jusqu’à quelques pieds de profondeur , et sur-tout quand elles ne consistent qu’en petites pierres, gravier ou sablon , et qu’elles sont mélangées à la surface du sol de diverses sortes de terres, elles 11e peuvent nuire à la réussite des arbres, parce que les racines se glissent autour d’elles, s’enfoncent dans les terres qu’elles peuvent pénétrer , s’y affermissent et tirent de la terre les sucs propres à leur nourriture. Mais les bancs de pierres fixes , de pierres calcaires et d’ardoise , ainsi que les pierres roulantes qui couvrent le penchant de quelques montagnes , les craies et la marne compactes et les roches nues, sont toutes impropres à la culture des bois. Relativement à la grosseur et à l’étendue des pierres, on peut les diviser en sablon , gravier , pierres roulées , rochers et bancs de pierres. Le sablon consiste en globules quartzeux de la grosseur de la plus fine cendre de plomb jusqu’à celle des chevrotines. 11 couvre quelquefois de grandes étendues à la surface de la terre. On le confond souvent avec le sable , quoique ce dernier soit composé de tragmens anguleux et irréguliers. V. Terres sablonneuses. Le gravier consiste en petites pierres roulées, dont la grosseur varie depuis celle d’une chevrotine jusqu’à celle d’un œuf de poule. Il y a des graviers calcaires, calcaro-argileux , calcaro-siliceux, argilo-siliceux et siliceux. Ils sont dus au roulement des pierres provenant de la destruction des montagnes par les torrenset les rivières. \ . Terrains graveleux. Les pierres roulées sont des pierres dont la grosseur est plus forte que celle des œufs de poules et moins forte que celle des pierres qu’on emploie ordinairement pour servir de bornes. Elles ont été détachées du sommet des montagnes, entraînées par les torrens , arrondies par le frottement, et déposées dans les vallées et dans les plaines. Elles proviennent ordinairement de roches graniteuses, schisteuses ou quartzeuses, et des silex. Lorsque les pierres roulées sont liées ensemble parzun ; wment de la même nature qu’elles, on les appelle des poudingues. Mais quelquefois les pierres roulées rte sont point arrondies , elles sont au contraire aplaties ; dans ce cas , on les appelle des galets. Lorsque ces pierres ne forment pas des amas trop considérables, et qu’elles sont mêlées d’un peu de terre , on peut y faire venir du bois. I .es rochers sont des masses de pierres considérables qui sont cachées dans le sein de la terre ou saillantes à sa surface. Les arbres viennent bien parmi les rochers, ainsi que le prouve l’existence de la forêt de Fontainebleau 5 ils enfoncent leurs racines dans leurs scissures, et y trouvent une fraîcheur que le soleil ne peut jamais dissiper. C’est dans ces terrains traversés de rochers qu’on doit se garder de faire des défrichemens, et qu’il fatit au contraire favoriser la renaissance des bois par des exploitations sagement conduites. Les pins sont les espèces d’arbres qui y réussissent le mieux ; cependant on y voit croître aussi les chênes , les hêtres, les bouleaux et presque tous les arbres utiles. Les natnralistes distinguent un grand nombre d’espèces de pierres 5 mais celles qu’il est le plus utile de connaître, à cause de leur influence dans la culture des bois , sont : les pierres calcaires , les pierres argileuses, le grès, la grauwacke, le silex , le granit , le basalte. La pierre calcaire est une pierre propre à faire de la chaux. C’est l’espèce de pierre la plus répandue dans la nature, et celle dont la végétation s’accommode le mieux. Les pierres calcaires communes, qui forment les petites montagnes et le sol des plaines, sont regardées par les naturalistes comme étant le produit delà décomposition des coquilles marines. Il y en a une variété prodigieuse, qu’on distingue par leur dureté, par leur grain, par leur densité, par leur pesanteur, par les coquilles qu’elles contiennent : elles sont assez souvent mélangées d’argile et de sable quartzeux. On les trouve par couches, et lorsqu’elles sont exposées à l’air et aux alternatives du froid et du chaud, elles se décomposent. La craie est aussi une pierre calcaire ; mais sa consistance est si peu considérable, qu’on la prendrait plutôt [jour une terre que pour une pierre. (V. Terre calcaire.) Le gypse ou plâtre est encore une pierre qui appartient au même genre , puisque la chaux en (ait la base. Elle est peu abondante-dans la nature. Les pierres argileuses sont des pièrres formées de plusieurs terres combinées, parmi lesquelles l’argile ou l’alun domine. Ce genre de pierres est très-nombreux. II comprend les schistes, qui se divisent eux-mêmes en un grand nombre de variétés. L’ardoise, dont on fait un si grand usage, est une de ces variétés. On range encore parmi les pierres argileuses les basaltes , les laves et autres produits volcaniques. \ ■ Terre argileuse. Les grès ne sont que des agrégations ou réunions de portions d’une substance quartzeuse par un ciment quelconque ; ils varient à raison de la nature des substances siliceuses, quartzeuses et calcaires PIL PIE qui entrent dans leur composition. V. Terrains sablonneux. La grauwacke eskysuivant les minéralogistes allemands, une pierre agglutinée composée degrés et d’autres pierres de differentes natures, arrondies; de sorte que la grauwacke pourrait être considérée comme une espèce de poudding sablonneux. 11 y en a plusieurs variété». he silex, caillou on pierre à fusil, se présente ordinairement sous une forme anguleuse plus ou moins arrondie; il ne cristallise jamais ; sa couleur varie beaucoup; elleestordinairement d’un jaune plus ou moins clair; mais il en est de noirs, d’autres sont blancs. Ces derniers sont opaques , tandis que les premiers ont une demi-transparence. Lorsque les tragmens de silex sont aplatis, ils prennent le nom àe galets; lorsqu’ils sont globuleux et de plus d’un pouce de diamètre, on les appelle cailloux; lorsqu’ils ont quelques lignes seulement de grosseur, ils prennent la dénomination de gravier et de sable. V. Terrains sablonneux. Le granit est une pierre composée de plusieurs autres pierres cristallisées ensemble et d’une manière distincte, dont les principales sont le quartz, le feldspath , le mica et l’hornblende. Chacune de ces substances peut s’y trouver dans une quantité plus ou moins abondante, ce qui fait varier la nature du granit. Le granit forme les montagnes les plus centrales des chaînes. Quelque dur que soit le granit, il se décompose comme les autres corps de la nature , par suite de l’action du froid et du chaud, de L’air et de l’eau. Le résultat de cette décomposition forme un sable argileux très-aride , qui ne devient un peu fertile qu’au bout d’un très-grand nombre d’années. De tous les arbres, ceux qui réussissent le mieux dans les sols granitiques sont le chêne et le châtaignier, le pin sauvage et le hêtre. Le basalte ou la lave compacte est une pierre volcanique , dont la couleur est en général noirâtre; cependant il en est un grand nombre qui ont des couleurs différentes. Il affecte assez souvent une couleurprismatique.Lanaturedu basaltevarie beaucoup. Les basaltes , les laves et autres produits volcaniques couvrent de grands espaces dans les monta- nes de l’Auvergne , du Vivarais, du Velay , en «mguedoc, en Provence , sur les Alpes du Dauphiné , sur les bords du Rhin , en Italie, en Angleterre , en Allemagne, etc. , etc. Ils sont en général très-poreux, et conviennent beaucoup pour la bâtisse, parce qu’ils s’unissent très-bien par l’intermédiaire du mortier. M. Bosc range ces produits volcaniques parmi les pierres argileuses. Il n’entre point dans le plan de cet ouvrage dedon- nerune description complété des pierres. Les lecteurs qui désireront des détails sur cette partie de la minéralogie les trouveront dans l’ Histoire naturelle de Buffon , dans les ouvrages spéciaux qui y sont consacres, et dans les Nouveaux dictionnaires d’histoire naturelle et d’agriculture. Il nous suffira d’observer que lesprincipales espèces de pierresson t les pierres quart- zeuses, les pierres argileuses et les pierres calcaires ; que les granits et les basaltes ne se trouvent ordinai- rementquesurles montagnes élevées, etque les autres pierres occupent plus communément les montagnes du second ordre et les plaines ; que les terrains qui reposent sur le granit, le basalte, la grauwacke, ou lu pierre calcaire, ou qui se trouvent mélangés avec ces substances, sont en général plus favorables à la culture du bois que ceux dans lesquels il y a des pierres argileuses , du grès ou du silex ; qu-’en- fin le mélange des pierres avec les terres n’est utile aux arbres que parce que leurs racines s’implantent plus facilement dans ces terrains, et que les pierres, soit qu’elles se trouvent à la surface ou dans l’intérieur de la terre, forment un obstacle au trop prompt dessèchement du sol ; autrement les pierres ne sont point utiles à l’accroissement du bois, elles lui sont plutôt nuisibles, sur-tout quand elles existent en grande quantité. P 1 ERRÉE ou EMPIERREMENT. C’est un encaissement rempli de pierres aussi écartées les unes des autres que possible , et destiné à recevoir les eaux, soit pour les conserver , soit pour favoriser leur écoulement à peu de frais. Le plus souvent les pierrées sont recouvertes de terre , de sorte qu’elles ne sont pas apparentes. Les adjudicataires des coupes de bois sont tenus de réparer les pierrées endommagées sur les routes de vidange par le passage de leurs voitures. ( Cah. des ch., art. 77.) PIEU. C’est un morceau de bois communément rond , d’un petit diamètre , pointu à son extrémité la plus mince, qu’on fiche en terre pour former des clôtures sèches , ou pour contenir les bords des îna- reset des fossés, ou pour soutenir des palissades, des murs , ou des terrains en pente disposés à s’écrouler. Le chêne, le châtaignier, l’acacia, le frêne, sont les bois qu’on préfère pour cet usage, comme étant les plus durables ; on en augmente la durée en faisant charbonner la partie qui doit séjourner en terre. On doit préparer les trous avec un pieu de fer. P 1 GASSE. C’est la hache dans le département de la Haute-Garonne. PIGNADAS. On donne ce nom, dans le midi de la France , aux forêts composées de pins maritimes. V. Pin. PIGNET. C’est le sapin -pesse ou épicéa. Y. Sapin. PIGNON , PIN-PIGNON. V. Pin. PILE, du grec pileo , piler, presser. Tas, masse de plusieurs choses mises les unes sur les autres , mais avec ordre. On corde le bois en l’arrangeant en pile dans la forme d’un carré long. On choisit dans la vente un terrain uni, où il n’y a point de souche ; on enfonce en terre, à la profondeur d’un pied, deux forts piquets, espacés à une distance convenable pour que, l’espace rempli, il forme la mesure qu’on veut obtenir. Les piquets doivent être arc-boutés en dehors pour empêcher que la charge du bois ne les renverse. Cette embrasure remplie, on couche pardessus un morceau de bois qui croise les autres à angle droit : alors la mesure est parfaite. V. Cordage. Le bois arrivé sur les ports , on le corde une seconde fois pour en payer la voiture et l’emplacement ; maison ne le met plus en cordes ou stères, on le met en piles. 72 * PIN PIN PILLES { BOIS ). Les bois pillés sont ceux qui ont été coupés par les d£linquans. Les adjudicataires doivent bure recéperi et ravaler le plus près de terre que possible les souches et étons des bois .pillés et rabougris. ,( Ord. de 1669 * tit. XV , art. 45 .) PILOTAGE. Assemblage de plusieurs files et rangs de pieux , qné l’on fiche en terre par force dans les eaux et lieux marécageux , pour assurer une fondation ferme et stable àun pont ou autre bâtiment r^ii’on veut construire. PIMENT ROT AL. Y. Gâté. PIN, pinus. Genre de plantes, de la monoécie monadelphie et de la famille des conifères, qui Comprend des arbres résineux toujours verts , indigènes de l’Europe , de l’Asie et de l’Amérique , la plupart très-élevés et presque tous de la plus grande utilité pour l’emploi qu’on fait de leur résine et de leur bois dan? la marine et dans les arts. Caractères du genre. —Le pin a de grands rapports avec le sapin et le mélèze : c’est sans doute ce qui a porté Linnæus à réunir ces genres en un seul. Cependant trois choses distinguent celui-ci des deux autres; savoir, la disposition des chatons et des cônes , la forme des cônes et la disposition des feuilles. Dans le sapin et le mélèze, les cônes sont solitaires ainsi que les chatons, et terminaux ou épars sur la tige; dans le pin, les cônes sont toujours terminaux , et les chatons rassemblés en une grappe également terminale. Les fruits ou cônes du sapin et du mélèze sont composés d’écailles minces au sommet et concaves ; ceux du pin sont formés d’écailles , élargies au sommet et taillées en pointe dediamant. Enfin le pin a les feuilles réunies par la base , au nombre de deux à cinq, dans une même gaine courte et cylindrique, tandis que celles du sapin sont solitaires , et celles du mélèze rassemblées en grand nombre et par houppes sur un tubercule de l’écorce. A ces différences près, les caractères génériques du pin sont les mêmes que ceux du Sapin et du Mélèze. "V . ces deux mots. Les pins ne sont pas tout-à-fait aussi élevés que les sapins et les mélèzes ; ils n’ont pas, comme ceux- ci , une flèche proprement dite 5 pour s’élancer , ils ont besoin d’être serrés. Livrés à eux-mêmes, ils étendent leurs branches à droite et à gauche en forme de candélabre. Ces branches sont disposées par étages autour de la tige , qui se dirige perpendiculairement vers le ciel ; les inférieures sèchent et tombent à mesure que l’arbre avance en âge. C’est toujours à l’extrémité des branches que viennent les fleurs mâles des pins ; elles forment, par leur réunion, des grappes rouges, blanches ou jaunâtres. Lorsque ces fleurs s’épanouissent, ce qui a ordinairement lieu au printemps , il s’en échappe quelquefois une si grande quantité de poussière prolifique , qu’elle couvre non-seulement l’arbre auquel elle appartient , mais les corps voisins. 11 arrive même que cette poussière , qui est composée de globules infiniment petits et comme soufrés , étant emportée au loin par les vents, tombe dans des lieux assez éloignés de ceux où sont plantés les pins. Ce phénomène, qui est naturel, devient alors un sujet d’inquiétude pour le peuple, qui I4 prend pour une pluie de soufre, et en tire uujrçauvais; augure. Les fleurs femelles du pin sont placées, tantôt à côté des fleurs mâles , tantôt ailleurs, mais toujours sur le même arbre et vers l’extrémité dttt> jepitea branches. Elles sont réunies .plusieurs ensemble , et présentent dans beaucoup d’espèces une très-belle couleur. Chaque fleur a une écaille intérieure oblongue , en massue , dilatée, inégale, anguleuse â son sommet, ombiliquée en dehors ; sous cette écaille et à sa base paraissent deux ovaires , qui, après leur fécondation, sont changés en deux noyaux ovales, renfermant, chacun, une semence,et munis, chacun, d’une membrane propre, qui les déborde en forme.d’aile. Ce sont ces petites noix recouvertes de leurs écailles , qui composent, par leur assemblage, ce qu’on appelle les cônes ou pommes de pin. Ces fruits varient de forme et de grosseur, suivant les espèces; les uns sont en pyramide, le* autres ronds et obtus , d’autres longs et terminés en pointe ; ily en ade droits et de renversés. Ils restent au moins 2 ans sur l’arbreavant d’ètre parvenus^ leur entière maturité. Les feuilles de tous les pins sont étroites, linéaires et plus ou moins longues , plus ou moins déliées et pointues. Leur nombre est prodigieux. Comme elles sont en même temps très-fines, elles présentent, dans leur ensemble, à l’air et au soleil une plus grande surface que les feuilles de la plupart des autres arbres , et conséquemment elles pompent, dans un temps donné , une plus grande quantité de vapeurs fécondantes de l’atmosphère ; par la même raison, elles réfléchissent aussi plus de chaleur. On s’en aperçoit facilement en traversant, en été, les pi- gnadas des environs de Bordeaux : c’est le nom qu’on donne dans le pays aux grandes plantations en pins. Les pins réunissent et offrent une foule d’avantages. Ils viennent dans plusieurs climats; ils croissent dans les terrains arides, dans le sable quartzeux, dans les sables gras et un peu humides, dams les montagnes, sur les côtes escarpées, calcaires, et qui, sans leur présence, seraient totalement stériles. Leur croissance est accélérée; selon l’observation de Ya- rennes de Fenille, ils grossissent d’un pouce environ par an : leur existence est fort longue, le pin sylvestre vit jusqu’à 3 et 4 siècles. Quand on coupe ces arbres au pied, ainsi que presque tous les arbres résineux, ils 11e repoussent jamais sur souche, mais ils se renouvellent ou se multiplient abondamment dans les forêts par leurs semences. Les jeunes pins croissent au pied des vieux et, protégés par leur ombre, non-seulement réussissent à merveille, mais s’étendent, de proche en proche, dans tout le voisinage. Tels sont les caractères principaux et les propriétés des pins, et les traits qui les distinguent des sapins. Je vais, suivant le plan que je me suis tracé , présenter les dénominations polyglottes du pin en général, et quelques renseignemens historiques sur cet arbre. Dénomination. — 11 se nomme en grec konos et pinos , suivant Théophraste; en latin, pinus ; en allemand , kiefer ; en anglais , pitié ; en espagnol et en italien, pino, Pinos a pour racine pion , qui veut PIN PIN dire gra 9 , parce que les,arbres de ce genre fournissent la térébenthine ,’la poix, le goudron. Histoire —Les naturalistes et-les poëtes de l’antiquité nous dut laissé su t les pins des notions qui rappellent les nombreux usages auxquels on les employait et> les Idées religieuses dont ils étaient l’objet. Théophraste, Pline, Virgile, Ovide, etc., en ont parlé, et c’est de la réunion des faits vrais ou imaginaires rapportés par eux que se compose l’histoire de cet arbre cher les anciens. Pline fait mention de plusieurs sortes de pommes de pin , et notamment de celle du pin sauvage, que l’on appelait pityida , du nom de la nymphe Pitys , qu’on donnait aussi à l’arbre. Ce fruit était regardé comme un excellent remède contre la toux. Pityida vocant è pinastris , singularis remedii adver- sus tussim. (Plin. , lib. XV, cap. X.) Les Romains se servaient, dans les premiers temps, de bardeaux au lieu d’ardoises pour couvrir leurs maisons; usage qui s’est conservé dans le Jura, les Vosges et plusieurs autres contrées. On y employait le chêne, le hêtre et le pin. Cependant ce dernier, de même que les sapins, étaient alors regardés comme étrangers dans les territoires voisinsde Rome, ainsi que Pline le dit lui-même : Peregrinœ tum vi- debantur . pinus atque abies ; mais ils étaient, comme ils le sont encore aujourd’hui, abondans sur les montagnes qui avoisinent l’Italie. La description que cet auteur en donne, quoique peu rigoureuse , fait connaître que les anciens distinguaient bien les pins, des sapins et des mélèzes. Le pinastre , dit-il, n’est autre chose que le pin sauvage ; il est d’une hauteur admirable : Pinaster nihil aliud est quam pinus sylvestris , mira altitudine... Il croît sur les montagnes et dans les plaines : Gignitur et in p/a- nis... Le sapin-pcsseaime les montagnes et les lieux froids :Picea montes amat , atquefrigora... Il jette des branches, pour ainsi dire, dès le pied et sur les côtés ; elles ne sont point grandes : Picea ramipenè statim ab radice modici, velut brachia , laleribus inhœrcnt. Le sapin pousse de même ; il est fort re- cherchépourla bâtisse des vaisseaux: Similiterabieti , expetitce navigiis. Il croît sur les plus hautes montagnes : Situs in excelso montium....Le mélèze vient dans les mêmes endroits que le sapin ; il lui ressemble beaucoup ; mais son bois est bien meilleur , presque incorruptible , rouge et d’une odeur plus forte. Sa résine ést assez abondante, de couleur de miel, très-gluante , et ne se durcit pobit : Quinto generi situs idem , eadem faciès : larix vocatur. Mate ries prcestanlior longé , incorrupta vis , mori contumax ; rubens pmterea, et odore acrior : plusculum huic erumpit liquoris , melleo colore , atque lentiore , numquam durescentis. {Plin. , lib. XVI.) Ces définitions suffisent pour distinguer les différentes espèces d’arbres qui en font l’objet. Les pins et sapins sont les arbres des contrées froides Ils spnt aussi communs vers le nord qu’ils sont rares vers l’équateur, et les espèces qu’on y trouve ne croissent que sur les montagnes et dans les lieux les plus élevés. C’est dans la famille des pins que se trouvent les plus grands arbres de la nature; plusieurs atteignent une hauteur extraordinaire : ce sont les géans du règne végétal. Le pin de W eimoutb, dans les Ëtats-lAiis d’Améritpie 1 , t’élève jusqu’à 180 pieds ; le^pin-daricio, sur les mbtt- tagnes de là Coree , élève quelquefois sa eime'jüi- qu’à j 5 o pieds, tandis que son troiiè en acquiert 24 de circonférence; enfin , le mélèze, les sapins d’Europe atteignent souvent 120 pieds de hauteur. Là vie de ces arbres répond , par sa durée:, 4 Leuri di- mensions gigantesques; le cèdre du Liban vit plusieurs siècles, et le pin sauvage peut vivre jusqu’à 400 ans. Les pins et sapins semblent être sur les Alpes un dernier et puissant effort de 1» végétation,, après lequel elle n’a plus assez d’énergie pour proijpire autre chose que d’humbles arbrisseaux et d’a'utfes plantes basses et rampantes. La substance résineuse, qui défend le bois des pins contre l’humidité, les rend spécialement propres â toutes les constructions qui doivent séjourner sous terre et dans l’eau. La tige droite et élevée de ces arbres les a fait adopter dès les temps les plus reculés pour la mâture des vaisseaux. Dont alios alice fœtus , daut utile lignum Navigiis pinos . Vise., Georg. II. Cet usage des pins était tellement consacré, que le mot pinus est quelquefois employé figurément par les anciens pour signifier un navire : Cedet et ipse mari tector, nec nautica pinus Mutabit merces . Virg. , Bucol. IV. Volât immissis cava pinus habenis Infunditque salum etspumas vorat are tiidenii- Valer. , Argon. I. Le pin était, chez les anciens, consacré à Cybèle: on le trouve ordinairement représenté avec cette déesse ; et lorsque les prêtres célébraient ses mystères , ils couraient armés de thyrses , dont les extrémités étaient des pommes de pin ornées de rubans. La pomme de pin était aussi employée dans les sacrifices de Bacchus , les orgies et les pompes de ce dieu. Le pin était pareillement consacré au dieu Sylvain; car celui-ci est souvent représenté tenant a la main gauche une branche de cet arbre. Properce donne encore le pin au dieu Pan : il fût que le dieu d’Arcadie aime cet arbre, et qu’on lui en fait des couronnes. La lumière des éclats de pin enflammés éclairait toujours les sacrifices mystérieux offerts à Isis ou à Gérés, et les cérémonies expiatoires. L’usage de brûler pour s’éclairer les éclats de différens bois était très-commun avant l’invention des chandelles et des bougies, qui ne remonte pas plus haut que le treizième siècle, et les habitans des montagnes dans les pays du nord et en plusieurs autres contrées, s’éclairent encore avec des copeaux de pin. C’est ainsi que les paysans des hautes montagnes du Dauphiné font, avec le bois du pin inu- gho , des torches qui brûlent très-bien. Ce bois est quelquefois si résineux, que, coupé en lames minces , il est transparent. C’est peut-être cette espèce PIN PIN 5 4 que les anciens appelaient tœda , et dont Pline a dit Sextam gémis est tœda prapriè dicta , abun- dantior succo quant r cliqua, parciore liquidiorcque quàm in piceâ , fiammis ac lumini sacrorum etiam grata. (Lib. XVI, cap. X.) 11 parait cependant que plusieurs auteurs anciens ont employé le mot tœda moins pour signitier une espèce particulière que pour désigner une disposition commune à plusieurs. Les pins du mont Ida , suivant Théophraste, produisaient souvent une telle surabondance de résine, que tout le bois , l’écorce , les racines même en étaient entièrement pénétrés; ce qui finissait par faire mourir l’arbre, qu’on disait alors converti en torche ( tœda ). C’est cet état, cette affection morbifique qui rendait les pins plus propres à servir de flambeaux pour les cérémonies sacrées ou même ;iour l’usage commun. Le bois de pin était aussi employé à la construction des bûchers qui servaient à brûler les morts : sa grande combustibilité le rendait très-propre à cet usage. C’est ainsi que Virgile, nous représentant les Troyens occupés à rendre les derniers devoirs à Mi- séné, dit, en parlant du bûcher qu’on lui avait elevé : / l’rinctpio pinguem tcedis et robore secto Intentent struxl’re jiyraw . AEneid., VI. Chez les Grecs, les vainqueurs, aux jeux isthmiques , recevaient une couronne faite de branches de pin. Le fruit des pins était appelé par les Grecs conos, strobilos. Les Romains lui donnaient le nom d enux pinça, et quelquefois celui de pomum. Le peuple ayant jeté des pierres contre Vatinius, qui donnait un spectacle de gladiateurs , les édiles firent défense de jeter autre chose que des pommes dans l’arène : ou y jeta des pommes de pin. Sur quoi, le jurisconsulte Caselius, consulté si des pommes depin étaient censees des pommes, répondit que c’étaient des pommes, si on les jetait contre Vatinius : Nux pinça, si in Vatinium missurus es , pomum est. Comme les pins ne repoussent jamais de leurs racines lorsqu’une fois ils ont été coupés par le pied, il était passé en proverbe chez les anciens de dire , pini in morem extirpare, pour désigner une destruction totale. Les habitans de Lampsaque ayant pris Miltiade par surprise, Crésus les menaça par un hé- rault de les détruire comme le pin , s’ils ne le lui renvoyaient. Les habitans de Lampsaque ne comprenant pas tout le sens de cette menace, un des anciens leur expliqua comment cet arbre, une fois coupé , ne repoussait jamais, et les Lampsaciens effrayés mirent aussitôt Miltiade en liberté. ESPÈCES. A deux feuilles- i». Pin sylvestre ou Fin sauvage, nommé aussi pin vulgaire, pin de Russie , pin suisse , pin de Genève, pineastre, et dans les Vosges pinasse , pin us sylvestris (Lin.); en allemand , kiefer ou ge- men kiefer ; en anglais, -wildpine. 2 °. Pin rouge, vulgairement pin d’Ecosse, pi- nus rubra (Mill.) ; en allemand , schottische kiefer mit braunen knospen ; en anglais , scotch pine. Variété : pin de Riga ou du Nord. 3°. Pin-Pumilio, pinus pumilio ( Waldst.) ; en allemand, krumholz-kiefer; en anglais, mugho- pine. 4°. Pin maritime, ou de Bordeaux, ou nu Maine ,pinus maritima (Mill.); en allemand, lan- guadelische büschel- kiefer ; en anglais, maritime- pine. 5°. Pin-Laricio, ou Pin de Corse , ou Pin-Lar- che , pinus laricio. (Poir.) 6°. Pin rouge du Canada ,pinus rubra (Mich.); en anglais, rede-pine. 7 °. Pin d’Alep ou Pin de -Jérusalem , pinus alapensis. (Willd.) 8°. Pin-Pinier, Pin-Pignon, Pin-Bon, Pin- cultivé, Pin de Pierre , pinus pinea (Lin.), pinus saliva. (Bauch.) 9 °. Pin variable ou Pin jaune , pinus variabi- lis (Willd.), pinus mitis (Mich.); en anglais , yellov* pine. A trois feuilles. îo". Pin hérissé, pinus rigida (Mill.); en allemand , -virginische drey nadelische kiefer $ en anglais, ihree-leaved virginian-pine. i i°. Pin-Téda ou a l’encens, pinus tœda (Lin.); en allemand, -virginische-weibranch-kiefer; en anglais, frankincense pine. 12 °. Pin tardif ,pinus serotina. (Mich.) i3°. Pin austral, pinus australis (Mich.) ,pinus palustris (W illd.); en allemand, sumpf-kiefer; en anglais, lerig-leaved-pine. A cinq feuilles. i4°-Pin-Cembro, vulgairement cembrot, éouve , alviès, tinier, pinus cembra ( Lin. ) ; en allemand , zürbel-kiefer ; en anglais , cembra-pine. 1 5°. Pin de Weimouth ou Pin du lord , pinus strobus (Lin.) ; en allemand, weimouth-kiefer; en anglais, lord--weimouths-pine. On connaît encore plusieurs autres espèces de pins , mais qui sont peu cultivées en France; et dans les espèces que nous venons de citer il n’y a que le pin sauvage et le pin maritime qui soient très - répandus dans nos forêts, les autres sont confinées dans quelques cantons de ha France , ou dans quelques jardins , ou appartiennent à l’Amérique septentrionale et à quelques autres pays étrangers. Nous nous occuperons principalement des espèces indigènes. A. Pins d deux feuilles. Le Pin sauvage ou sylvestre , pinus sylvestris ( \ . la fig. à P Atlas, PL XX, fig. î ) est un arbre toujours vert et de la première grandeur , qui croît spontanément dans une grande partie de l’Europe , sur-tout dans le nord et dans les pays de montagnes; il est commun en France, dans les Alpes, les Pyrénées , les Vosges, sur les bords du Rhin; on le trouve en Bourgogne , en Auvergne, aux îles d’Hières , etc. Sa hauteur varie beaucoup, suivant la nature du sol et l’exposition. Dans un terrain PIN PIN 07S frais et de bonne qualité, dans les contrées du nord, et quand il croit pressé en forât, il s’élève droit et jusqu’à 80 et 100 pieds , sur un diamètre de 3 pieds et plus , à quelque distante de terre; mais dans les lieux seqs et-arides , dans les pays du midi, ou quand il est isolé , il s'élèye beaucoup moins, s’étale davantage , et devient même quelquefois tortu et rabougri; ses feuilles sont aussi plus longues ou plus courtes , plus rapprochées ou plus rares ; ses cônes enfin, outre leur grandeur et leur grosseur variables, diffèrent encore beaucoup par Ta forme de leurs écailles, circonstances qui ont engagé plusieurs auteurs à le diviser en trois ou quatre espèces, mais qui, bien examinées, ne paraissent tenir qu’aux localités. »Son tronc , ordinairement nu lorsque l’arbre croit en massif serré, est revêtu d’une écorce grise , épaisse , et s’enlevant par écailles à la partie inférieure, unie et jaunâtre vers la partie supérieure. Dans l’état d’isolement, les pieds sont souvent chargés de rameaux dès leur base ; ce qui leur donne une forme plutôt arrondie que pyramidale ; ils ont l’écorce plus épaisse , plus rude , irrégulièrement et profondément gercée, et ils poussent une forte racine principale et des racines latérales capables de lui donner une assietteassez solide. Elles s’enfoncent d’autant plus que le terrain a plus de profondeur. Ses rameaux sont disposés par verticilles , deux à quatre ensemble, quelquefois jusqu’à cinq ou six, d’abord un peu redressés dans leur jeunesse, mais ensuite étendus horizontalement ; leur disposition constante et invariable autour du tronc indique d’une manière certaine l’àge de l’arbre, en comptant chaque entre-nœud pour une année. Les feuilles ou aiguilles An pin sont réunies deux à deux, et enveloppées à leur base par une graine commune, de manière que leurs deux faces aplaties se regardent, et que ces deux feuilles , appliquées l’une sur l’autre en sortant delà gaine, forment un cylindred’environ une demi-lignede diamètre. Elles sont longues de 2 à 3 pouces, linéaires, très-étroites , roides , aiguës, cannelées et très-finement dentelées ; elles persistent pendant 4 ans , et ne se détachent ordinairement qu’au commencement de la cinquième année. Elles sont d’un vert obscur et sale, disposées et serrées autour des rameaux ; ce qui donne à l’arbre un aspect triste, et aux forêts de pins un air sombre et sauvage. Les fleurs paraissent ordinairement dans le mois de mai; les deux sexes sont séparés sur le même pied. Les fleurs mâles forment des chatons allongés, dirigés vers le ciel, placés à l’extrémité des rameaux de l’année précédente, età la base des jeunes pousses de l’année. Elles sont composées d’un grand nombre d’étamines, cent et plus, surmontées, chacune, de deux anthères, et se couvrent d’une quantité considérable de poussière jaune , qui se répaud alors pour féconder les Heurs femelles; ce qui a donné lieu quelquefois à croire à des pluies de soufre. Les fleurs femelles paraissent au sommet des jeunes pousses , qui ont commencé à se développer depuis le printemps; elles forment de petits chatons ovoïdes, rougeâtres , dirigés vers le ciel, ordinairement réunis deux à deux, mais quelquefois en bien plus grand nombre. Fruit . — Après la fécondation, les chatons femelles prennent une couleur verte, augmentent en grosseur ; les écailles intérieures prennent de l’accroissement, deviennent plus grandes que les extérieures, se serrent les unes contre les autres etforment un fruit auquel on a donné le nom de cône , parce qu’il a le plus souvent la forme conique : on l’appelle aussi strobile. Ce fruit croit jusqu’au milieu du mois de juillet, époque à laquelle il a acquis à-peu-pres la grosseur d’un pois à sucre, se réfléchit vers la terre, et reste dans cet état jusqu’au printemps suivant: alors, un peu avant la floraison , il sort de son état stationnaire, commence à grossir, et prend rapidement son entier accroissement pendant les mois d’avril, mai et juin, et mûrit vers le commencement d’octobre. Ainsi, il lui faut 18 mois pour arriver à ce terme ; sa forme en cet état est parfaitement conique, arrondie à sa base ; il a depuis 18 lignes jusqu’à 2 pouces et plus de hauteur , sur environ un pouce dans son plus grand diamètre; sa couleur est d’un vert, plus ou moins foncé , tirant sur le rouge brun ; ses écailles sont oblongues, renflées en leur partie supérieure et sur leur dos, en une sorte de pyramide affaissée sur elle-même et tronquée à son sommet. A la base de chaque écaille et à sa partie interne, tout près de l’axe, sont logées deux petites graines ovales, un peu aplaties, noirefc ou grises, formant, chacune, une petite amande entourée inférieurement et latéralement d’une membrane étroite, qui se prolongesupérieurementen une aile mince, demi-transparente et d’un brun clair. Cette aile n’est pas adhérente à la graine ; elle l’embrasse seulement, s’en détache avec assez de facilité, et elle reste alors percée dans la partie dont la graine a été chassée. S’il arrive que les cônes soient stériles , cette aile membraneuse se trouve toujours aussi développée qu’à l’ordinaire, et la graine avortée, restée extrêmement petite, est à sa base. Lorsque les graines sont mûres , et que les écailles s’en- tr’ouvrent pour les laisser échapper, ce qui arrive dans les premières chaleurs du printemps, les cônes ne tombent point pour cela, il en reste encore beaucoup d’attachés sur l’arbre , ainsi que nous l’expliquerons plus loin. Quelques personnes pensent que les cônes ne sont pas mûrs à l’automne de la seconde année, et qu’ils ont besoin de passer l’hiver sur l’arbre pour atteindre leur parfaite maturité. Cette opinion n’est point fondée, les fortes révoltes qu’on en fait en Allemagne ont lieu dès l’automne, et l’expérience a prouvé que les semences de cônes cueillis à cette époque ont toujours levé aussi bien que celles récoltées après l’hiver. Cette observation est importante, parce qu’on peut profiter de l’arrière-saison et de la coupe que l’on fait des arbres pendant l’hiver, pour faire les approvisionnemens dont on a besoin, et que, d’un autre côté, les chaleurs du mois de mars faisant assez souvent ouvrir les cônes , on s’exposerait à faire une récolte nulle. A l’époque de la chute des semences , c’est-à-dire au printemps, on trouve ordinairement des cônes de trois âges sur les mêmes branches : les premiers ont trois ans, ils ont répandu leurs semences au prin- tenqis précédent et sont de couleur grise ; les se- PIN PIN 576 conds , qui ont 2 ans , sont placés plus au sommet oser ensuite au soleil pour les faire ouvrir , ou de es laisser alternativement à la rosée pendant la nuit, et aux rayons du soleil pendant le jour. Cette manière 11e doit être employée que lorsqu’on veut faire usage des graines sur-le-champ, car autrement elles pourraient s’avarier. La manutention de ces graines , lorsqu’on opère en grand, se fait dans des bâti mens con fruits à cet effet. V. Séçheries de graines. M. de Burgsdorf indique le procédé suivant comme le plus simple et le plus économique. Il consiste à étendre les cônes sur des claies fixées par étages contre les murs d’une chambre chauffée par un poêle , et sous lesquelles on attache un drap un peu plus large que les claies , pour recevoir les semences, que Ton fait tomber en remuant souvent les cônes. On frotte ces semences entre les mains et on les vanne. Cette opération suffit pour séparer les ailes , sans qu’il soit nécessaire de meurtrir les graines en les battant, ou de les exposer à moisir en les arrosant. J’ai donné , d’après M. Hartig, la description d’un moyen à-peu-près-semblable à l’article Sapin- Picéa, et d’un autre, qui consiste à dresser l’échafaudage destiné à supporter les claies contre le mur d’un bâtiment exposé au soleil :j’y ai rapporté aussi la manière d’éplucher les semences. Comme ces procédés peuvent s’appliquer à la manutention de la graine du pin sauvage, je renvoie aux articles Sapin et Sécherie. Il faut 5 décalitres de cônes pour obtenir environ une livre de semences avec leurs ailes, ou de i 3 à 14 onces sans ailes. La même mesure de semences ailées pèse ordinairement 1 2 livres, et sans ailes 26 livres. La semence de pin munie de ses ailes se conserve mieux que celle tout-â-fait épluchée. Elle peut se garder pendant plusieurs années , pourvu qu’on la place dans un endroit sec, et qu’on en prévienne l’échauffement en la remuant de temps eri temps , sur-tout dans le commencement ; mais cette semence, ainsi que toutes celles des arbres résineux, se détériorent toujours en vieillissant, et il est prudent de ne point les garder au-delà d’un ou de 2 ans, et lorsqu’on les achète , d’en faire l’épreuve avant de les mettre en terre. Epreuve de la semence. — Cette épreuve se fai 1 en semant quelques graines dans un pot à fleurs , rempli de bonne terre humide et convenablement tassée. On place ce pot dans une chambre modérément chauffée, et on l’arrose légèrement et souvent : si la semence est bonne, elle germera et lèvera en peu de jours ; mais s’il se passe quelque temps Sans qu’elle donne de marques de sa faculté germinative, on doit se garder de la semer. On peut aussi , par un moyen plus abrégé , mais moins certain, s’assurer de la qualité de cette semence. On ouvre plusieurs graines : si l’amande est pleine, succulente et odorante, c’est un indice de sa bonne qualité ; mais si la graine est presque vide, ou si elle a perdu l’éclat et le goût qui lui sont propres , ou pris, une couleur différente de la sienne, ces indices annoncent sa détérioration. Nous devons faire connaître une fraude qu’emploient les marchands de graines de mauvaise foi : ils teignent en noir avec de la poussière de charbon les graines rousses de l’épicéa pour les faire passer pour des graines de pin sauvage, et comme ces deux especes se ressemblent assez par la forme et la grosseur , PIN PIN quoique la graine d’épicéa soit plus anguleuse et aiguë,-la fraudé réussit souvent. Quantités de semences à employer. — Ces quantités dépendent ctd là qualité de la graine , de la nature du terrain ët du mode des semis ; mai» dans tous les semis d’arbre»'• verts , il faut- se rappeler qu’ils doivent être plutôt serrés que clairs, parce qu’il meurt beaucoup de plants, et que dans tous les cas il vaut mieux éclaircir que regarnir. Pour que le terrain Soit bien garni, on doit compter, la première année, au moinsdeux plants par pied carré dans les bons terrains , et trois dans les antres. D’après ces données, il faut, lorsque la graine est bonne, employer par hectare ; savoir , i°. Dans les terrains et situations favorables , i 5 kilogr. (.12 décoliti) de semences avec leurs ailes, ou 12 kilogr. {2 décalit. et demi) de semences sans aile» ; 2°. Dans les terrains et situations moins favorables , 18 kilogr.à >4 décalit.) de semences avec leurs ailes, ou 14 kilogr. (3 décalit.) de semences sans ailes; 3 °. Quand on sème en rayons, on n’emploie que les deux tiers des quantités ci-dessus. Terrains , situations et expositions. —Le pin sauvage se plaît particulièrement dans les terrains composés d’argile, de sable et de terre végétale, protonds, un peu frais et dans les climats tempérés; mais il vient encore passablement dans tout autre sol, même dans les plus mauvais fonds de sable , pourvu qu’il y ait un peu de terre, et dans la craie 11 11’y a que les fonds très-argileux , aquatiques et marécageux qui ne lui conviennent pas. Il aime les revers des montagnes au nord, les terres de bruyère et les plaines sablonneuses; mais quoiqu’il ne craigne pas les climats les plus rigoureux, et qu’il y déploie une belle végétation, il a néanmoins beaucoup à souffrir, sur les hautes montagnes, de la présence des neiges et du givre, qui s’attachent en grande quantité à ses longues aiguilles, et qui rompent sa cime et ses branches. IL est donc prudent de ne le point cultiver dans les localités où ces acci- dens sont à craindre. A la vérité, il y vient bien pendant 3 o ou 40 ans; mais à cet âge, s’il arrive que les neiges le surchargent et l’étouffent, il se rompt et dépérit, de manière qu’on 11e peut en tirer aucune pièce de construction. Cependant il y a des climats où l’intensité des froids de l’hiver est si considérable, que les gelées deviennent elles-mêmes avantageuses , parce qu’alors les neiges s’attachent moins aux branches de l’arbre et glissent plus facilement. C’est dans ces climats qu’on trouve des arbres de longue durée , qui ne le cèdent guère en dimension aux pins des climats tempérés. Le pin sauvage est, parmi les arbres résineux, l’espèce qu’on puisse employer avec le plus de succès pour mettre en valeur les sables qui se refusent à la production des bois à feuilles, ou pour protéger, dans Tes plaines exposées au soleil, l’enfance des espèces du même genre qui ont besoin d’abri, Comme le sapin d feuilles d'if. Dans le Hanovre et la Hollande, on emploie avec infiniment de succès le pin sauvage pour améliorer dés bruyères et des landes où le bouleau même ne Tome II. 5 77 réussitpas. Ilne fautsouventpas plus de 4° k fio ans pour rendre les terrains très-propres à recevoir des semis dechénes et autres. On garnitaussi, du côté du nord-Ouest, les forêts de bois à feuilles d’un manteau de pins , afin d’empêcher que les vents qui viennent de la mer ne les détériorent. Ces vents, ainsi qu’on le remarque aussi sur les côtes de la France , détruisent petit à petit des forêts tout entières ; le mo^n de les préserver est de laisser des bordures fort épaisses du côté de la mer ou d’y former des bordures de pins maritimes. Epoques des semis. —Nous avons vu que les semences de pin sauvage étaient 18 mois à mûrir, et qu’elles ne s’échappaient naturellement des cônes qu’à la deuxième année, dans les mois de mars, d’avril et de mai. Cette époque de la dissémination naturelle est donc celTe indiquée pour les semis industriels; cependant on peut semer dès l’automne et de très-bonne heure au printemps, c’est- à-dire dès que les neiges sont fondues. M. Hartig assure, d’après un grand nombre d’expériences qu’il a faites, que les semis exécutés de bonne heure et même ceux de l’automne, sont d’un succès plus assuré que les autres, parce que les plants levant dès les premières chaleurs, notamment dans les endroits très-exposés au soleil, n’ont rien à craindre des gelées. Il parait que , dans les départemens méridionaux , les semis faits en novembre et décembre sont aussi ceux qui réussissent le mieux. Quoi qu’il eu soit, on sème plus généralement au printemps , depuis le commencement d’avril jusque vers le milieu du mois de mai : alors les nombreux essaims d’oiseaux, qui font souvent un grand tort aux semis, se sont retirés ou dispersés; la terre conserve encore sa fraîcheur de l’hiver, et les pluies, qui tombentordinaireinent en abondance, favorisent la germination et la levée de la semence. Les semis du printemps lèvent un mois ou 6 semaines après qu’ils ont été exécutés , et ceux de l’automne dès les premiers jours du printemps; mais il 11’est pas rare que beaucoup de graines ne lèvent que la seconde et même la troisième année : j’en ai vu des exemples dans presque tous les semis en grand que j’ai visités. Il arrive même que lorsqu’on couvre trop les semences , elles se conservent en terre 4 et 5 ans avant de lever, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’une circonstance les débarrasse de la surcharge de terre dont elles sont couvertes. Il faut donc bien se garder de remuer le terrain pour faire un nouveau semis, quand on ne verrait pas beaucoup de plants la première année. Nous parlerons plus loin de la germination des semences et de la croissance des plants. Couvertures des semences. — La plupart des semis d’arbres résineux , et notamment du pin sauvage, que l’on fait en France , où la culture de ces arbres n’est pas généralement bien connue , sont trop recouverts, et c’est à cet excès que l’on doit attribuer souvent le défaut de succès dont on se plaint. J’ai vu beaucoup de semis qui Levaient mal et seulement par places, à cause de la trop grande épaisseur de terre qui recouvrait les graines. Il vaudrait mieux, dans les terrains meubles et les sables, ne pas les enterrer du tout que de procéder de cette 7 5 PIN PIN 5 7 8 manière ; la réussite serait bien plus certaine. Cependant on peut les recouvrir de l’épaisseur de 2 à 3 lignes de terre , ou seulement avec de la mousse. Abris. — Le pin sauvage est moins sensible, dans sa jeunesse, aux geléeset à la sécheresse que le sapin commun ; cependant les abris lui sont nécessaires pendant quelques années dans les lieux tout-à-fait à découvert et exposés à l’ardeur du soleil. On lui lui en procure en mêlant de l’avoine aux semences, ou bien des graines de genêt, d’ajonc et autres plantes , ou en semant dans des rayons de l’est à l’ouest, placés entre des plantations de topinambours. De la germination des semences et de la croissance des plants. — Les cotylédons des pins sont fort différens de ceux des autres arbres ; ils se partagent en plusieurs lanières linéaires , ordinairement en cinq, quelquefois en six, et plus rarement en sept divisions ; ce qui a fait penser à quelques botanistes que les pins et les autres conifères étaient des plantes polycotylédones. Ces feftilles séminales sont surmontées d’un petit chapeau formé par l’enveloppe de la semence, et qui tombe bientôt après la germination. Les premières feuilles qui paraissent immédiatement après les cotylédons sont simples, linéaires, longues d’un pouce tout au plus , garnies en leurs bords de dents scarieuses, qu’on ne voit bien qu’à la loupe. Ces feuilles primordiales sont les seules que portent les pins pendant les deux premières années de leur vie. A la troisième, quelquefois même à la seconde, on voit sortir des feuilles d’une autre forme, et telles que l’arbre doit les porter toujours; elles paraissent avec la nouvelle pousse : alors les feuilles primordiales, à l’aisselle desquelles les autres sont sorties, ne semblent plus être que des stipules, et elles finissent par changer tellement de forme, qu’elles ne ressemblent plus à ce qu’elles étaient dans la première et la seconde année. Ainsi, dans les pins il y a les feuilles séminales ou les cotylédons, qui paraissent d’abord, puis les feuilles primordiales, qui sont simples et durent pendant les deux premières années; enfin les feuilles ordinaires de l’arbre , qui sortent deux à deux d’une gaine commune pour le pin sauvage, et qui ne paraissent ordinairement qu’à la troisième année. Les feuilles séminales et les feuilles primordiales étant à-peu-près les mêmes dans les différentes espèces de pins , il est assez difficile de distinguer les espèces dans un jeune semis , et ce n’est que lorsque les véritables feuilles apparaissent qu’on a un caractère bien prononcé pour faire cette distinction. Les pins croissent lentement dans leur enfance. La première année , ils ne poussent que le seul bouquet de feuilles séminales dont nous avons parlé, et quelques feuilles primordiales. La seconde, ils donnent un jet de quelques pouces ; à la troisième, on voit paraître quelques rameaux, et la tige s’alonge d’une manière plus sensible , ils ont alors un à 2 pieds de haut; mais à la quatrième et à la cinquième, ilscominencentàpousseravec vigueur. Depuis 10 ans jusqu’à 5 o, 80 et même îooans, suivant les terrains, ils sont dans toute la force de leur crue. Leurs tiges prennent alors un grand essor ; chaque printemps , elles s’élèvent d’un à 3 pieds. A un certain âge, la crue se ralentit; mais quoique moins sensible, elle continue toujours, et les arbres ne cessent de s’élever que lorsqu’ils ont cessé de vivre, ou que lorsque quelque accident a rompu leur flèche. C’est en comptant cette flèche et les verticilles des rameaux qui entourent le tronc de distance en distance , que l’on connaît exactement l’àge des pins. Lorsque l’accroissement en hauteur de chaque année est terminé, le plant pousse ses branches latérales; la tige croit en grosseur jusque fort avant dans l’automne , et augmente le nombre et le volume de ses racines. Celles-ci , comme nous l’avons déjà dit, s’enfoncent en raison delà profondeur du terrain , mais toujours plus que celles des autres arbres résineux ; ce qui donne aux pins une plus grande solidité , et les met en état de résister bien mieux aux ouragans , lors même qu’ils sont isolés dans des coupes où on les réserve comme porte- graines. Quand les jeunes pins sont écartés, ils étalent beaucoup leurs branches, et ne forment jamais une tige droite et élancée; mais s’ils sont assez rapprochés pour qu’à l’àge de 6 ans ils puissent se toucher par leurs branches, on peut compter que leur accroissement en tous sens aura lieu dans les proportions convenables. Dans cet état, les racines se multiplient pour procurer à l’arbre la solidité et les sucs nourriciers qui lui sont nécessaires. D’un autre côté , il se débarrasse des branches inférieures , qui périssent faute d’air; mais si les plants étaient trop serrés , ils ne pourraient produire des racines suffisantes , et ils s’étoufferaient mutuellement. La nature donne plus quand , dans ce cas, on use plus modérément de ses dons. Il y a donc un juste milieu à observer pour la distance qui doit exister entre les plants , toutes les fois qu’il est en notre pouvoir de la déterminer , sans cependant y mettre un soin minutieux. Lorsque les arbres sont convenablement espacés, et éclaircis aux époques indiquées par la nature, ils parviennent à une hauteur et à un diamètre considérables. A 100 et 120 ans, ils ont toutes les qualités qui les rendent propres aux grandes constructions et à une infinité d’usages, soit dans les arts, soit dans l’économie domestique; mais ils peuvent subsister et croître pendant un bien plus long espace de temps lorsqu’ils se trouvent placés dans des circonstances favorables. On en a abattu qui avaient 180 ans, et dont la tige , portant 120 pieds de long, était parfaitement saine dans toute son étendue. Des différentes manières de préparer les terrains et d’exécuter Les semis. — C’est toujours d’après la situation , l’état et la nature du terrain qu’on doit se déterminer pour adopter telle ou telle méthode de culture; mais on ne doit point oublier que de toutes les espèces d’arbres forestiers, le pin sauvage est peut-être celle qui exige le moins de culture et qui se contente des plus mauvais terrains. Il 11’y a que le bouleau parmi les arbres à feuilles qui puisse lui être comparé sous ce rapport. (V .Bouleau.) Voici les principales méthodes de culture pour le pin sauvage: i°. Lorsque le terrain est en nature de terre labourable et trop ferme pour que la graine puisse s’y PIN PIN insinuer, il faut, plusieurs mois avant le semis , y faire un labour léger avec une simple charrue plate ; mais s’il s’agit d’un térrain nouvellement labouré, on sème de suite , et dans les deux cas il faut herser le semis et faire passer le cylindre ou rouleau pour raffermir la terre. On mêle ordinairement une demi- semence d’avoine aveccelle du pin, pour procurer de l’ombre aux jeunes plants pendant les premières chaleurs de l’été, et on coupe cette avoine avec précaution , et un peu haute pour ne point endommager le semis. Lorsque l’avoine ne peut procurer un abri suffisant, on a recours aux moyens que nous avons indiqués. 2°. Si le terrain est légèrement garni de mousse, d’herbe, de quelques pieds de bruyère, etc., qui n’empêchent pas d’employer la herse à dents de fer ou la houe , on commence par y répandre la graine de pin , ensuite on fait gratter la surface du sol avec les instrumens dont nous venons de parler; mais lorsque ce moyen n’est pas praticable, on fait arracher les grands pieds de bruyère, on sème et on fait traîner sur le terrain de longues bourrées d’épines ou des ramées, qu’on charge de quelques poids. 3 °. Si les plantes qui recouvrent le sol sont trop touffues, il faut ou les faire arracher en partie sur toute la surface et semer , ou bien cultiver le terrain, soit par bandes alternatives, soit par places, çà et là, y répandre les semences et les recouvrir légèrement avec le râteau. Les bandes alternatives, c’est-à-dire celles où on laisse entre deux une bande non cultivée , offrent l’avantage, lorsqu’elles sont étroites, de procurer de l’ombre aux jeunes plants sur toutes les lignes qui restent en friche. 4 °. S’il s’agit de semer des sables dits de bruyère où cette plante soit abondante, on emploie un moyen très-expéditif : on y met le feu dans les mois de mars et d’avril par un temps sec , en prenant les précautions nécessaires pour éviter les accidens; on donne ensuite un fort hersage avec la herse à dents de fer, et on laisse le terrain se raffermir et se reposer jusqu’au mois d’avril de l’année suivante, où l’on sème à la volée ; après quoi, on fait passer dans toutes les directions un troupeau de moutons , sans lui permettre de s’arrêter : par ce moyen , on raffermit le terrain, et on enterre légèrement les graines. Si le terrain était trop meuble, il ne conserverait pas assez d’humidité pendant l’cté, et les jeunes plants périraient par la sécheresse. 5 °. Lorsque les terrains sont couverts d’une mousse épaisse ou d’un gazon serré, qui ne permet pas aux semences d’arriver jusqu’à la terre , il faut les peler en enlevant les gazons avec la houe à 2 ou 3 pouces d’épaisseur. On peut semer sur ce pelage ; mais si on veut enrichir le sol, on forme des fourneaux avec les gazons , auxquels on mettra le feu pendant l’été, et dont on répandra les cendres sur la surface du terrain. Ori attend le printemps suivant pour exécuter le semis , et on procède , comme nous venons de le dire au dernier paragraphe. Il est bien important de différer les semis pendant quelque temps après l’incinération, parce que autrement les cendres auraient trop d’activité et feraient périr les plants ; mais, l’année suivante, elles se trouvent décomposées par les pluies et les gelées ; â 79 elles ont fertilisé le sol, et toujours les semis y réussissent à merveille. Les terrains dont la surface a été brûlée offrent encore un avantage, c’est que l’herbe n’y revient que la seconde et la troisième année, tandis que les graines de pin lèvent de suite, et que les plants sont assez forts pour résister aux mauvaises herbes lorsqu’elles se multiplient. Il sera très-avantageux, dans les deux cas que nous venons de citer, de mêler aux graines de pin une bonne demi-semence d’avoine, dont le chaume abritera le jeune semis, et dont la récolte suffira souvent pour payer tous les frais de culture. 6°. Dans les sables ou terres de bruyère très-humides, on pratique des rigoles de 18 pouces d’ouverture , qui divisent ces terrains en bandes de 7 à 8 pieds de large, et on répand la terre provenant des rigoles sur toute la surface des bandes, en ayant soin de renverser les gazons la racine en l’air. Au printemps suivant, on exécute le semis comme il a déjà été dit. L’avantage de cette méthode, dans le cas présent, consiste en ce que les terres, jetées sur les bandes non cultivées qui se trouvent entre les rigoles, reçoivent les semences et les font germer, et d’un autre côté , en ce qu’elles exhaussent ces bandes de manière à faciliter l’écoulement des eaux dans ce s mêmes rigoles. 11 est entendu que plus le terrain est humide, moins les bandes doivent avoir de largeur, et plus, par conséquent, les rigoles doivent être rap- )rochées et profondes. Du reste, on les dirige dans e sens de la pente du terrain. 7 0 . Sur les montagnes et les coteaux, où l’on a plutôt à craindre la sécheresse que l’humidité, il fout pratiquer des sillons dans le plan de la montagne , et les exhausser du côté du sommet pour retenir les terres. Si on les dirigeait du haut en bas, les eaux entraîneraient les graines et les plants. 8°. Dans les sables mobiles , la première opération est de les fixer par les moyens que nous avons indiqués à l’article Dunes , ou tout simplement en y plantant, au commencement du mois de mars, des branches de pin garnies de leurs cônes ; puis on sème à la volée. Le soleil d’avril fait ouvrir les cônes; les graines se répandent tout autour de ces branches, qui ont le double avantage d’empêcher le mouvement des sables et d’abriter les semis. Lorsqu’il ne se trouve pas de forêts de pins qui puissent fournir des branches , on en prend sur d’antres arbres, ou bien on recouvre le terrain avec de grandes herbes coupées, ainsi que nous l’avons dit à l’article Dunes et à l’article Terre de bruyère. 9 0 . Dans les plaines sablonneuses, dans les endroits nus et sans abri contre le soleil, on pourrait , ainsi que Burgsdorf le conseille, semer les cônes de pins tout entiers vers le mois d’avril ou de mai. On en répand 2.5 hectol. par hectare. Ces semis s’exécutent de deux manières : On fait herser la surface du terrain, s’il est un peu ferme ou garni de quelque herbe; on transporte dans des sacs la quantité de cônes dont on a besoin; on en remplit un tombereau , qu’on place à l’une des extrémités du champ ; une personne munie d’une large pelle s’établit sur la voiture en tournant le dos aux chevaux, qu’une autre personne conduit au pas. Le semeur jette ses pellerées avec force , en décrivant un demi-cercle et faisant en sorte de les répandre le plus également possible sur le terrain. Quand on est arrivé à la fin du champ ,' on compte le nombre de pas qui a été semé, y compris la largeur de la voiture, et on se transporte à une distance égale sur le côté : là, on continue l’ensemencement , soit avec une autre voiture, soit avec la même , qu’on remplit de temps en temps avec les sacs qu’on a eu l’attention de distribuer de distance en distance. De cette manière, chaque pellerée lancée par le semeur atteindra les précédentes, si le conducteur observe dans sa marche la même direction et un pas toujours uniforme. On doit éviter de trop charger la pelle, elle ne doit être qu’à moitié pleine, autrement les cônes tomberaient par amas, ne seraient pas également dispersés sur le terrain , et la quantité déterminée pour l’ensemencement deviendrait insuffisante. La deuxième manière , plus économique pour la semence et plus dispendieuse pour le travail, consiste à se servir d’un sac de semeur, et à répandre les cônes à la main dans des sillons tracés à la charrue ou à la houe. Dans ce cas, il ne faut que 20 hec- lol. de cônes par hectare. Les cônes qu’on a répandus s’ouvrent d’eux-mêmes et laissent échapper leurs graines , mais seulement par la partie qui est vers la terre et autour du cône. Pour rendre l’ensemencement égal, il faut, quand les cônes sont parfaitement ouverts , faire passer par-dessus une herse de branchages. Cette herse consiste dans un vieil avant-train de voiture avec ses deux roues , et à l’essieu duquel on a fiché des chevilles sur la partie supérieure, à la distance de 6 pouces entre elles; à ces chevilles sont attachées de longues branches , qui pendent derrière l’avant-train. On fait traîner cette herse par un cheval dans un temps sec, il en résulte que les cônes , qui sont bien ouverts , répandent, en roulant, la semence qu’ils contiennent encore , et opèrent un ensemencement uniforme, dont on abandonne ensuite le succès aux hasards de la température. Je n’ai parlé de ces deux dernières méthodes que parce qu’elles sont très-expéditives; car il est difficile de compter sur leur succès , à moins de circonstances favorables dans la température. Culture en pépinière . — Cette culture a pour objet de se procurer de jeunes sujets, qu’on destine à des plantations en grand dans les terrains où les semis ne réussissent pas, comme dans les craies de la Champagne, et à des plantations d’ornement dans les jardins paysage.rs. On choisit un endroit exposé au nord, et abrité au midi soit par un mur , soit par un massif d’arbres ou par des paillassons, des claies , etc. , parce que les jeunes pins , dans leur premier âge. craignent beaucoup les ardeurs du soleil. Le terrain doit être léger , bien ameubli par des labours, ou composé d’une certaine épaisseur de terre de bruyère. Quand on n’a qu’une petite quantité de graines, on peut se servir de terrines ou de caisses remplies de terre légère, qu’en place aussi dans un lieu abrité : pieds sous terre : üs'onfc ordinairement de 4 à 6 ponces de diamètre sur 9 à io pieds de long, et sont réunis les uns nu bout des autres par des viroles de fer. On a soin, continue l’auteur que rions analysons, de ne pas les écorcer , par la raison que l’écOrcé'étant très-résineuse, elle préserve le bois; mais il faut avoir la précaution, si on tarde d’enterrer ce s tuyaux , de les jetér à l’eau ; sans quoi, ils se gerceraient ; et seraient même exposés à être piqués comme les autres bois. Ces tuyaux, placés dans des terrains secs , rte durent pas long-temps, ils pourrissent; tandis que , dans des lieux humides, ils se conservent nombre d’années. Leur consommation est tonsidérable dans les Vosges par la quantité de maisons isolées, qui ont, chacune , leur fontaine, et les eaux étant souvent amenées dans l’étendue (l’un quart de lieue et plus. Varennes de Fenille dit que le pin ne s’emploie guère en menuiserie , sur-tout dans l’intérieur des maisons, qu’à défaut d’autre boiS; qu’il n’est pas bon pour l’assemblage, qu’il graisse les oirtils j et (pie son odeur forte fatigue lorsqu’il est nouvellement mis en œuvre. Ces défauts me paraissent exa- gér'és. .J’ai vu des planchers et des lambris très-bien joints dans les maisons de la Souabe, et notamment dans celles des villes et villages de la forêt Noire, qui étaient faits de bois de pin. Ces 1 planchers ne m’ont paru avoir d’autre inconvénient que celui qui est commun à tous lès bois résineux, de s’enflammer facilement et de rendre les incendies plus dangereux. Le pin sauvage fournit un très-bon bois de ehauf- fage , qui s’allume très-promptement, brûle avec une grande facilité ét beaucoup d’ardeur, dont la flamme dure très-long-temps, mais qui est accompagnée d’une fumée quelquefois assez épaissb et désagréable. Sà valeur, comme combustible, est, avec celle du bois de hêtre , dans le rapport de i536 à i54o. {Expériences de M. Hartig.) Son charbon , lorsqu’il est bien cuit (V. Carbonisation ) , est d’une excellente qualité, contient une grande quantité de carbone, et produit une chaleur forte et durable. Sa valeur, d’après les expériences de M. de Werneck, seraità celle du charbon de hêtre comme 17344 1600. Il est recherché pour les forgés. Le suc résineux qui découle dti pin sauvage fournit le goudrôn, le brai gras, de ht résine Sèche et un encens commun. On en tire une huile essentielle, employée dans les peintures. V. Résine. Le noir de fumée est encore un des produits du pin sauvage. Dans le riord de l’Europe, le pin sauvage ou sylvestre est employé à utie infinité d’ttsages : on en construit les maisdnS , on en' fait des meubles, des mâts de navire, des traîneaux, des torches pour PIN PIN 587 s’éclairer pendajit la : nuit. On retire de la poix du tronc et des racines en en déchirant l’écorce, et les lames du liber servent pour des tapis. Son ecorce extérieure remplace le liège pour quelques usages, comme celui de faire flotter les filets des pêcheurs. Les Lapons font aussi avec l’écorce intérieure une sorte de pain dont ils se nourrissent, et qui, dans d’autres pays du Nord , servent à engraisser les porcs. Pour cela , ils choisissent des pins dont le tronc est très-élevé et dégarni de branches, parce que ceux qui sont petits et rameux contiennent trop de résine; ils les écorcent dans le temps de la sève, et enlèvent avec soin toute la surface de l’écorce , pour 11’en conserver que les lames intérieures. Ils les mettent sécher à l’ombre, les coupent en morceaux , les broient avec la meule, et les réduisent en une sorte de farine , qu’ils délaient dans de l’eau pour en former une pâte dont ils font des galettes fort minces, qui, séchées au four , peuvent se conserver pendant un an. Il paraît que cette écorce contient un principe muqueux nutritif. Comme arbre de décoration, le pin sauvage se plante en avenues , rarement en quinconce, il occupe une place distinguée dans les jardins anglais ou paysagers, avec plusieurs autres espèces de pins, les .sapins, les genévriers et les cèdres. C’est principalement sur les finîtes, sur les rochers et dans les lieux isolés qu’il produit le plus d’elfet. La tige droite et en général élevée des pins et sapins, la disposition horizontale de leurs rameaux , dont l’ensemble forme presque toujours une belle pyramide, la couleur glauque oufoncéede leurs feuilles , toutes leurs formes enfin contrastent merveilleusement avec le port et le feuillage des autres arbres. Le Pin jof. Riga ou du Nord, qu’on appelle aussi pin de Russie, pin de mâture, pin de Hague - nau, parait n’être qu’une variété du pin sauvage. 11 croit dans les forêts de la Lithuanie et de la Livonie, et aux environs de Haguenau. M. Bosc , qui en a suivi la culture dans les pépinières du gouvernement, a remarqué qu’il avait les feuilles plus longues , plus vertes et plus grêles que celles du pin sauvage et du pin rouge, dont nous allons parler. Ses boutons sont aussi plus petits que ceux de ce dernier. Les plants qui étaient dans ces pépinières provenaient de graines venues de Haguenau. Le pin de Riga s’élève plus que le pin sauvage et le pin rouge. C’est lui qui fournit les belles mâtures si recherchées par les constructeurs de vaisseaux; son bois est plus léger , plus souple et meilleur pour cet usage que celui du pin sauvage. Il serait extrêmement utile d’en propager la culture en France. On pense que, planté dans les parties de la France qui, par leur hauteur au-dessus du niveau de la mer , approchent le plus des climats du Nord , il prospérerait et conserverait ses excellentes qualités. Ainsi les Alpes, les Pyrénées et beaucoup d’autres localités lui conviendraient. Cet objet a été plusieurs fois proposé à l’attention du gouvernement. Il est digne de la fixer. Les mâtures que l’on fait venir du Nord en temps de paix coûtent des sommes énormes, et il est difficile de s’en procurer pendant la guerre. D’un autre côté, ildevient-cte jour en jour pins rare dans les' pays mêmes où il croit. On s’est occupé, à diverses époques, de cette culture en France. On trouve, dans les Mémoires de la Société royale d'agriculture de Paris, année 1785, un mémoire sur les pins, par M. Fougeroux de Rlaveaux, qui rapporte que M. de Praslin, pendant qu’il était ministre de la marine, envoya en Lithuanie un maitre-màteur de Brest , qui apporta beaucoup de graines de pin de Riga , qu’on croyait alors être un sapin. Klles furent semées à Koual, auprès de Brest ; à Couatilloux , près de Lannion ; au Mency, dans le voisinage d’Odierne , et dans les terres de Duhamel du Monceau. Suivant M. de Fougeroux , les individus qui en provinrent 11e différaient pas sensiblement du pin d’Ecosse , et il ajoute que Miller , dans une lettre écrite à Duhamel pour le remercier de lui avoir envoyé des graines de pin de Riga , lui dit qu’il eu avait reçu anciennement de Northum- berland , et que les arbres qu’elles avaient produits étaient entièrement semblables au pin d’Ecosse. Paüas assure que le pin de Livonie et de Lithuanie ne diffère pas du pin sylvestre : Non autem e pecu- liarisptcie malus, ut exteri, prœsertim Galli, putant., sed e vulgari omnes pinu sylvestri. Il dit qu’on choisit ceux dont le tronc est très-élevé et dégarni de branches. Ce 11’est point dans le centre du bois , mais sur les bords, qu’on trouve ces beaux arbres, et le sol qui les porte est communément un sable gras un peu humide. M. Lemonnier, médecin du Roi, et grand amateur des cultures étrangères, s’est occupé, une partie de sa vie, du projet utile de multiplier en France les pins de Riga. 11 en avait fait un semis considérable dans un terrain qup le gouvernement lui avait concédé en Normandie. Toutes ces plantations ont parfaitement réussi ; mais à la mort de ceux qui s’en étaient occupés, et $ur-tout pendant la révolution, elles furent dévastées, et nous sommes encore à cet égard à-peu-près au point d’où nous étions partis. Mais s’il est vrai que le pin de Riga se trouve dans la forêt de Haguenau , la sécherie de graines que l’Administration forestière y établit en ce moment, permettra de le propager par-tout où sa culture pourra être utile. Feu M. Allaire, administrateur des forêts, qui était passionné pour tout ce qui pouvait augmenter nos ressources forestières , s’est beaucoup occupé des moyens de multiplier cet arbre; les changement opérés dans les pépinières que nous possédions près de la capitale, et les guerres perpétuelles qui se sont opposées à ce qu’on fit venir de grandes quantités de graines de Riga, ont paralysé ses efforts. Espérons que sous un gouvernement qui s’occupe ce l’avenir, on verra enfin se réaliser l’un des projets les plus utiles à la marine et au trésor royai. Le Pin rouge , vulgairement le Fin d’Ecosse, le pinus rubra de Miller ( V. à l’ Atlas, PI. XXI , fig. 1) , a été aussi regardé par plusieurs botanistes comme une simple variété du pin sauvage , avec lequel il se confond facilement au premier aspect; mais il paraît bien constant que c’est une espèce particulière. En voici la description, d’après laiVon- velle édition des arbres et arbustes de Duhamel : 74 * 588 PIN PIN « Son bois est un peu rougeâtre ; ses feuilles sont en général d’un -vert plus glauque que dans le pin sauvage ; ses cènes sont presque toujours disposés par verticilles de trois, quatre et même cinq ; la partie saillante de leurs écailles forme une pyramide plus prononcée, età quatre angles distincts} les chatons mâles sont d’un jaune tuès-clair, presque blanchâtre, et portés sur des pédicules plus longs. Ce pin croit dans le nord de l’Europe et en France, dans les Alpes et les Pyrénées. 11 fleurit eu même temps que le pin sauvage. » œ Le pin d’Ecosse , dit M. Desfontaines , est un grand et bel arbre, dont le tronc est filé dans sa longueur , et qui mérite d’être répandu dans nos forêts. Il vient dans les sables arides, dans les terrains crayeux, et même dans ceux qui sont glaiseux et humides. Quoique son bois soit d’une qualité inférieure à celui du pin de Riga, les Anglais l’emploient à la mâture des vaisseaux. On en fait aussi des poutres , des solives , des chevrons, des planches de bateaux, des corps de pompes, des conduits d’eau. Il est bon pour le chauffage; le charbon est recherché pour les usines, et les branches fournissent de bons échalas. En Ecosse, on en retire de la résine, et les paysans font des torches pour s’éclairer pendant la nuit avec ses racines fendues en éclats. Le Pin-Mugho ou Torche-Pin , le Pinus mon- taiia de Duhamel (V. à l’ Atlas, Pd. XXI, fig. 2 ) , estun arbre qui est ordinairement très-touffu, tortu, irrégulier, dont les racines tracent et poussent des tiges au-dessus de terre, et qui ne s’élève guère qu’à 10 ou 12 pieds : il se dégarnit facilement de ses feuilles. On le trouve sur le sommet des hautes montagnes en France , en Allemagne et en Suisse, notamment sur les Alpes, les Pyrénées et dans la forêt Noire ; et il croît principalement dans les terrains humides de ces situations et dans les tourbes des vallées. Plusieurs botanistes, au nombre desquels se trouvent Linnaeus et Pallas, regardent ce pin comme une simple variété du pin sauvage , qui est due au climat et à la nature des terrains où il végète. M. Har- tig partage cette opinion; il dit que le conseiller Reitter àStuttgardt, ayant semé des graines depin- mugho dans un terrain d’une température plus douce que celle où cet arbre croît naturellement, a obtenu des pins communs, qui se sout élevés droits comme le fait ordinairement cette espèce: d’où il conclut que le pin-mugho qui croît dans la partie de la forêt Noire dépendant du royaume de Wir- temberg, n’est réellement qu’une variété rabougrie du pin sauvage , qui est due au climat et au terrain fangeux où on le trouve. 11 cite encore , pour seconde preuve de son opinion , que, dans la forêt Noire, plusieurs marais dans lesquels il y avait des pins-mugho, ayant été desséchés et ramenés à une température plus douce, les graines de ces pins qui s’étaient répandues à la surface des terrains ont produit à côté d’eux le véritable pin sauvage, qui a fourni une croissance droite et élevée. Villars dit aussi que le pin-mugho se confond avec ce dernier à mesure qu’il descend dans les vallées. Cependant la plupart de nos botanistes considèrent le pin-mugho comme une espèce distincte du pin sauvage , et ils se fondent sur ses caractères particuliers , qui restent invariables dans la culture. .VI. Bosc assure qu’il ne change point dans nos jardins , où on le cultive depuis long-temps , et où il se reproduit de ses graines, et qu’il y reste toujours chétif. Suivant eux , il diffère du pin commun par ses feuilles ou aiguilles très-courtes, ramassées à l’extrémité des rameaux , d’un vert plus foncé , et exhalant une forte odeur de térébenthine ; par ses chatons mâles, qui sont blanchâtres, longs de 6 lignes au moins, et portés sur des pédoncules très- courts; par ses cônes une fois plus petits et toujours droits sur la tige , et dont les écailles sont obtuses , et présentent à leur partie supérieure une pyramide quadrangulaire, ayant les deux côtéssupérieurs plus longs et les deux autres plus courts, de sorte que cette partie saillante des écailles paraît dirigée en arrière : le sommet de la pyramide est d’ailleurs muni d’une petite pointe épineuse particulière. Les cônes varient aussi par la couleur, depuis le verdâtre ou le jaunâtre jusqu’au rouge brun. Ses boutons, pendant l’hiver, sont coniques, aigus , très-résineux. Le bois du pin-mugho, coupé nouvellement, est d’une couleur un peu rousse; il est très-résineux , et quand on en brise un rameau, il en découle une résine claire et transparente. Duhamel a vu des morceaux de bois de l’épaisseur de 2 à 3 lignes, au travers desquels on apercevait les doigts quand on les exposait au grand jour. Les paysans des Alpes se servent de ce bois pour se chauffer et pour faire des torches, qui brûlent très-bien. C’est aussi avec ce bois, qui est d’une grande dureté , que les Lapons font leurs arcs et les longues semelles qui leur servent à courir en glissant sur la neige. M. Desfontaines pense que le pin-inugho, qui a la propriété de croître dans les terrains marécageux, comme on le voit dans des vallées fangeuses de la Suisse, serait propre à fertiliser des tourbières; mais son peu d’élévation le rend bien moins intéressant pour cet usage, que ne le sont les peupliers, les saules et les aunes. 11 n’y aurait que la grande quantité de résine dont il est pourvu qui pourrait engager à le cultiver. Le PiN-PoMitio est encore un très-petit arbre de 5 à 6 pieds , dont les branches sont couchées sur la terre, et généralement plus longues que le tronc, et qui ressemble beaucoup au précédent, avec lequel il a été souvent confondu. M. Hartig croit qu’il n’a pas d’autre origine, et que ce n’est aussi qu’une variété du pin sauvage ; mais cette opinion n’est point celle de la plupart des botanistes, qui lui reconnaissent des caractères bien distincts , et qui le regardent comme une espèce. Cet arbre croît sur les hautes montagnes de l’Allemagne, dans les Alpes de Salzbourg, de la Carriole, de la Hongrie et de la Silésie, principalement sur le mont Carpath. Il a les feuilles courtes , très-rapprochées de la tige; les cônes ronds et à écailles obtuses; le bouton d’hiver moins résineux que dans le pin-mugho. Il est très-peu cultivé en France , et ne mérite point de l’être. Le seul produit qu’on en retire est la résine que fournissent ses cônes et toutes les parties de cet arbre , qui ea sont très-cbargées. Cette résine , qui découle spontané- PIN •ment des jeunes cônes, est verdâtre et très-odo- : rante ; elle donne, pa* la distillation, une huile es- sentielle, connue en Awfriçhç.et en Hongrie sous le nom de balsamum «arpathicum. Le Pur MARITIME, OU DE BORDEAUX , OU DU Maine , pin us maritinia. (V. à l 1 Allas , Pl. XX, jig. 2 ), est un grand arbre , qui croit naturellement dans le midi de l'Europe, dans les sables des bords de la mer, et qui est abondant en France, dans la Provence , le Languedoc, et les landes de Bordeaux., pù il en existe de vastes forêts , que l’on nomme pignadas dans le pays. Cet arbre s’élève droit et, forme une belle pyramide; ses rameaux sont disposés par verticilLes réguliers; l’écorce des plus jeunes est formée d’écailles roussàtres ou fauves , imbriquées et saillantes ; les feuilles sont d’un vert un pou jaune , longues de-8 à io pouces , réunies deux à deux dans la même gaine , roides , un peu piquantes, larges d’une ligne à une ligne et demie, demi-cylindriques extérieurement, planes intérieurement lorsqu’elles sont fraîches , etcanali- culées après leur dessiccation. Les chatons mâles sont jaunâtres ou fauves., nombreux, réunis en une grappe serrée à la base et autour du bourgeon, qui doit former une pousse dans l’année;les chatons femelles , ordinairement au nombre de trois à quatre et quelquefois plus, redressés lors de la floraison , sont disposés par verticilles au sommet de la pousse de l’année, leur couleur est rougeâtre. Ces chatons deviennent des cônes d’une forme exactement pyramidale , roussâtres ou fauves, luisans, ayant, dans le grand pin maritime , 5 à 6 pouces de longueur sur 3o lignes de diamètre à la base; ils sont portés sur des pédoncules ligneux , robustes, longs de6 à 8 lignes, et leur pointe se dirige obliquement plus ou moins en bas. Les écailles forment, dans leur j ar- tie renflée, des pyramides irrégulières, n’ayant que deux angles très-prononcés dans le sens de leur grand diamètre. Les graines sont irrégulièrement ovales, longues d’environ 4 lignes , d’une couleur noirâtre, munies d’une aile brunâtre et longue de plus de 20 lignes; elles contiennent une amande douce. M. Deslongschamps, dont nous analysons la description du pin maritime , dit que l’on trouve quelquefois sur cet arbre des groupes de cônes réunis, au nombre de trente à quarante et même de quatre-vingts à cent; mais qu’il parait que ce luxe de la végétation ne se remarque guère que sur les arbres des dunes des bords de la mer, où ils peuvent pivoter à une grande profondeur. Il y a une variété de pin maritime, le pinus ma- ritima minor, qui diffère de l’espèce principale par son moins d’élévation, par ses feuilles un.peu moins longues , et ses cônes de moitié plus courts et beau coup moins gros. Cette variété, dont quelques botanistes font une espèce sous le nom de pin-pensot, pin- trochet, d petit pin maritime, ou pin du J\âans, est plus répandpe dans les parties occidentales de la France qu’ailleurs : c’est elle qui croit en Bretagne,, dans les sables arides des environs duMans, etqu’on trouve mêlée avec la grande espèce dans les landes de Bordeaux. On en a fait des semis considérables •dans la forêt de Fontainebleau. M. Bosc dit que les gelées agissent moins sur cette espèce ou variété que. PIN 58 9 sur le grand pin maritime, et qu’on peut le cultiver plus au nord. Le pin maritime fleurit au mois de mai dans le nord et l’ouest de la France, et dès le mois d’avril dans les pays littoraux de la mer. Culture. — Ce que nous avons dit de la culture du pin sauvage s’applique en très - grande parties celle du pin maritime , et les exceptions ne peuvent porter que sur quelques espèces de terresqui lui conviennent moins, sur la température , qui doit être un peu plus chaude, et sur la couverture des semences , qui doit ê»re de l’épaisseur d’un pouce, c’est-à-dire un peu moins légère que pour le pin sauvage. Comme la graine du pin maritime-est plus grosse que-celle de ce dernier, il en faut employer davantage, c’est-à-dire environ 20 kilogr. lorsqu’elle est épluchée, et de 25 à 3o kilogr. si elle conserve ses ailes. On laboure le terrain à la charrue, puis on donne un hersage pour diviser la terre , et on sème à la volée. La semence ne doit être enterrée qu’à la herse très-légèrement : c’est pourquoi il ne faut employer que la herse à dents de bois, et même observer de la faite traîner en sens contraire à sa direction ordinaire , si les dents sont plantées obliquement, afin qu’elles entrent le moins possible. Dans fis terrains légers, on y fait passer le rouleau pour les raffermir et appuyer la semence; mais cette dernière opération ne doit pas avoir lieu s’il a plu depuis peu de temps et si la terre s’attache au rouleau. Quoique le pin maritime soit un arbre des climats du midi, il souffre, dans sa jeunesse, des trop grandes chaleurs, et il est utile de lui procurer desabris comme ceux que nous avons indiqués pour les semis du pin sauvage. Si on sème dans des sables mobiles, on procède ainsi que nous l’avons expliqué à l’article Dunes, et que nous ledironsaux mots Sables et Terrains sablonneux de l’article Terre- La culture du pin maritime en pépinière se fait comme celle du pin sauvage; mais sa transplantation est d’un succès bien plus rare , sur-tout si les plants ont plus de 2 à 3 ans. J’ai vu un grand nombre de plantations à demeure de ces deux espèces de pins , et j’ai toujours remarqué que l’on perdak dix pins maritimes pour un pin sauvage. Le moyen le plus si'ir est de les planter «n pots , que l’on casse avant de les mettre en terre. On cultivebeaucouple pin maritime dan s les landes de bordeaux , dans le l’erigord, dans le Maine et la Bretagne. L’Administration forestière en a fait semer aussi dans plusieurs forêts des environs de Paris et de Rouen , et dans quelques autres de l’intérieur de la France. On s’en procure des graines facilement et à très-bon marché à Bordeaux, où elles font l’objet d’un commerce assez étendu, et à Poitiers et Chatellerault, dans le département de la Vienne. La croissance du .pin maritime est beaucoup plus prompte que celle du pin sauvage. 11 s'élève, en 4 ou 5 ans, à la hauteur de 6 à 7 pieds. Cet avantage et la propriété qu’il a de prospérer dans les plus mauvais terrains de sables quartzeux -et cristallins comme aussi de résister aux vents de mer , qui ne permettent pas à la plupart des autres arbres de vé- PIN PIN 590 geter sur nos çôces, ont excité à en faire de grandes plantations dans les provinces maritimes de la France, et notamment dans les dunes du golfe de Gascogne. M. de Malesherbes, qui a publié un très-bon mémoire sur la culture de cet arbre , dit qu’il ne réussit point dans les terrains calcaires et crétacés ; qu’il en a fait l’expérience chez lui, et que plusieurs de ses amis l’ont faite aussi en grand. Les graines avaient bien levé dans les sables calcaires où il les avait semées, mais une partie des jeunes plants a péri dès le premier hiver, et il n’en est resté aucun après deux ou trois hivers , quoique peu rigoureux. L’alternative d’enflement et de désenfleraent que la gelée fait subir aux terres calcaires , a paru à M. de Malesherbes être la cause de la perte de ces semis. Nous avons fait remarquer que las semis de pin sauvage éprouvaient le même sort dans les craies de la Champagne, raison pour laquelle on avait adopté les plantations de pin dans cette province. Ainsi cette cause du dépérissement n’est point particulière au pin maritime. Dans le siècle dernier, la culture de cet arbre a fait de grands progrès ; elle s’est étendue , comme nous l’avons dit, dans le Maine et dans la Breta- gue. M. Boutin l’a semé dans la triste Sologne, où il était inconnu avant lui, et où il a très-bien réussi. MM.de Boisgibault et Duhamel ont suivi cet exemple, et tous les semis qu’ils ont faits, même dans le sable pur, ont prospéré. Depuis cts premiers essais, le pin maritime s’est mis en possession d’une grande quantité de terrains qui se refusaient à toute espèce de végétation; mais il en reste de bien plus vastes encore qui le réclament, et où sa culture adoucirait le sort des malheureux habitans de ces contrées incultes. Cependant le pin sauvage , dont le bois est d’une qualité bien supérieure, doit lui être préféré par-tout où il pourra être cultivé , et comme il se contente des mêmes terrains, on doit lui réserver les régions du nord de la France où sa végétation sera plus belle que dans le midi; tandis que ie pin' martime sera plus convenablement placé dans les provinces du sud et du sud-ouest. Ce dernier en effet crairit les gelées du nord, et il en soulfre même aux environs de Paris. Les gelées de 178b endommagèrent beaucoup les plantations de la terre de Malesherbes. Dans ce rude hiver, lapins grande partie des vieux pins de la Sologne et du GAtinais ont péri, ainsi que la plupart des jeunes, excepté les plus petits, que la neige avait entièrement couverts avant la forte gelee. Exploitation. — Les forêts de pin maritime, doivent s’exploiter d’après les mêmes règles que le pin sauvage; c’est-à-dire qu’il faut les éclaircir dès qu’ejles deviennent trop épaisses , en enlevant toujours les arbres qui donnent le moins d’espérance , et en évitant cependant de trop dégarnir, pour 11e point laisser d’accès aux vents et pour tenir la forêt dans un ,état convenablement serré. 3 . Exploitation. Dans le département de la Sarthe , on a l’habitude d’élaguer les pins, en, commençant lorsqu iis ont de 5 à. 6 au,s. On coupe les verticilles ou étages inferieurs des branches , en laissant toujours les trois étages de la partie supérieure, et on ne coupe, ces branches qu’à 3 pouces du tronc : les chicots finissent par tomber d’eux-mêmes. Cet élagage se fait depuis la première quinzaine de mars jusqu’à la fin du mois d’avril ; la théorie condamne cette opération, qui prive les arbres de leurs feuilles, dont ils tirent souvent plus de nourriture que de leurs racines, et qui occasionne d’ailleurs l’écoulement de la résine. Cependant lorsque l’élagage est fait avec ménagement, il produit de bons effets, ainsi que le témoigne la comparaison des bois ainsi élagués avec ceux qui sont abandonnés à eux-mêmes. Quant à la manière d’exploiter les pins maritimes pour en extraire la résine, nous l’expliquerons au mot Résine ; il nous suffira de dire ici que les bois composés de cette espèce de pin, appelée pignadas dans le pays , font presque toute la richesse des habitans des landes de Bordeaux, par les matières résineuses qu’ils en retirent. Les Provençaux, qui en ont aussi beaucoup , les exploitent également pour en extraire divers produits de cette nature. C’est à l’àge de 2.5 à 3 o ans, que les pins ont acquis la force suffisante pour donner ces produits. Qualités et usages. — Le bois du pin maritime , quoique inférieur en qualité à celui du pin sauvage, est employé à un grand nombre d’usages : dans Tes landes do Bordeaux et en Provence, il sert au chaul- fage et à la charpente. On en débite beaucoup en planches minces, dont on fait des caisses, qui sont très-employées dans le commerce du midi. On s’en sert dans l’arsenal de la marine à Toulon pour le doublage de toutes les embarcations des vaisseaux , et principalement pour les pilotis et pour les étaies qui soutiennent les vaisseaux en construction. Les jeunes pins que l’on coupe pour éclaircir les forêts, fournissent des éciialas et des fagots. Le pin maritime est sur-toat important à cause des produits dont nous venons de parier, comme térébenthine , brai, goudron, noir de fumée. Il est, comme nous l’avons dit, très-propre à fertiliser les sables, à former des rideaux sur les bords de la mer , et il figure avantageusement dans les jardins paysagers. Le Pin-Laricio de Corse ou Pin-Larche, pinus laricio( Lam.) (V. à l’ Atlas, PI. XX, fig . 3 ), est un arbre de la première grandeur , originaire des hautes montagnes de l’ile de Corse , d’un port pyramidal , divisé en étages réguliers, à tige très-droite, à feuilles nombreuses, très-allongées, d’une verdure moins cendrée et plus agréable que dans la plupart des autres espèces de ce genre , dont le cône , plus gros que celui du pin d’Ecosse, mûrit au comme n- ment d’avril. Il croit presque également bien sur les hautes montagnes du second ordre , et dans les plaines sableuses sur les bords de la Méditerranée , en même temps que dans la plus grande partie du nord de la France. On dit qu’il n’est pas rare de voir sur les montagnes de la Corse des arbres de cette espèce qui ont plus de 100 pieds de haut sur 8 pieds de circonférence, et qu’on en trouve qui ont jusqu’à 140 et i 5 o pieds. Cet arbre a des rapports avec le pin maritime et le pin sauvage : il parait tenir le milieu entre ces Jeux espèces. Ses rameaux sont revêtus d’une écorce roussâtre, formée d’écailles imbriquées. Ses feuilles ressemblent à celles du pin maritime , mais elles sont plus courtes, plus menues, d’un vert plus foncé et moins roides, et dans la jeunesse de l’arbre elles sont contournées. Les cltatons miles , au nombre de six à quinze , rarement davantage , forment une grappe courte à la base de la jeune pousse qui doit se développer ; les chatons femelles sont ovoïdes, rougeâtres , redressés lors de la floraison ; ils se convertissent en cônes d’une forme pyramidale, plus petits que ceux du pin maritime, n’ayant que 2 à 3 pouces de longueur, un peu courbés à leur extrémité du côté qui regarde la terre. Ils sont placés sur les rameaux dans une situation presque horizontale , et ordinairement disposés deux à deux, quelquefois trois à trois et même quatre à quatre. Les semences .sont grisâtres, marquées de taches noires : seules, elles n’ont* guère plus de 2 lignes de long; avec leurs ailes , elles ont un pouce et plus. Il y a deux variétés de pin-laricio : l’une , dont les cônessontd’un jaune roussâtre, et l’autre, où ils .sont d’an jaune verdâtre. Le pin-laricio croit, ainsi que nous l’avons dit, sur les montagnes de l’île de Corse. M. Ifeslongs- champs observe que cet arbre n’est point confiné dans cette ile comme on le pensait. M. Noisette, l’un des pépiniéristes lçs plus instruits de la capitale, lui a assuré l’avoir trouvé très-commun en Hongrie. De son côté, M. Deslongschamps a vérifié que le pin connu dans le Canada sous le nom de pin rouge , et que M. Michaux a désigné, dans son Histoire des arbres forestiers de l’Amérique , sous la dénomination latine de pinus mbra , n’est autre chose que le pin-laricio Enfin, M. Deslongschainpspense que le pin nommé par M. Bosc pin de Caramanie , et provenant de l’Asie mineure, a trop de ressemblance avec le laricio pour constituer une espèce distincte de celui-ci. Le pin-laricio est cultivé depuis une cinquantaine d’années dans plusieurs pépinières et jardins de la France; mais ce qui s’opposera long-temps à sa propagation , c’est la difficulté d’en avoir des graines. Plusieurs fois l’Administration forestière en a demandé à ses agens dans la Corse , elle n’a jamais pu en obtenir que de faibles quantités, parce que les cônes se trouvent placés vers le sommet de l’arbre, et que la récolte en est fort dangereuse sur les arbres d’une élévation prodigieuse. Cette difficulté porte ceux qui font cette récolte, â mêler avec les graines de laricio des graines de pin maritime plus faciles à cueillir ; mais on peut profiter des coupes pour cueillir les cônes sans danger. Voici la manière de cultiver cet arbre , indiquée par M. Thouin dans une note rédigée d’après l’invitation du ministre de l’intérieur. « Semer ses graines â l’époque où les gelées blanches ne sont plus à craindre, sur un double labour, le premier donné a l’automne, le second au commencement du printemps, ou sur un seul dans le cas où l’on manquerait de temps. Le premier moyen est plus avantageux à la réussite des semis. Mêler à ces graines deux tiers de ce qu’il faut de semences de céréalei (seigle, orge, avoine ou froment ) pour semer un hectare; herser et rouler le semis lorsqu’il aura été effectué. « La troisième année du semis, éclaircir le jeune plant de manière que les individus se trouvent écartés les uns des autres d’environ 16 centini. , et re- arnir les places trop claires. Deux ans après, les istancier entre eux d’à-peu-près 5 décimèt., et remplacer les individus malvenans , et ainsi de suite jusqu’à la vingtième année, époque à laquelle les arbres se trouvant écartés les uns des autres d’environ 3 mètres , on les laisse croître librement en niasse de futaie. » Ces bois ne se coupent pointa blanc, mais bien en jardinant, à commencer par les plus forts, les [dus beaux , et ceux qui sont parvenus à leur terme de croissance. Les graines qui tombent des vieux arbres suffisent pour entretenir la futaie et la faire durer plusieurs siècles ; il ne s’agit que d’essarter de temps à autre les pieds malvenans et ceux qui se trouvent trop près les uns des autres , en observant toutefois de ne pas les éclaircir outre mesure, afin que les arbres, toujours serrés sur leurs côtés , s’élèvent perpendiculairement, et sans pousser de trop longues branches latérales, à une plus grande hauteur. » En jardinage, cet arbre peut être considéré comme l'un des plus beaux des résineux toujours verts ; il croît des deux tiers plus vite que celui d’Ecosse , placé dans la même nature de terrain. Nous n’avons pas besoin de répéter que l’exploitation en jardinant, pour tous les arbres résineux, est moins avantageuse que l’exploitation par éclaircie. V. Exploitation. » Il est propre à border des allées, former des massifs, orner des coteaux et produire des perspectives isolées dans l’atmosphère; sa forme étagée, pyramidale, aiguë, et sa verdure foncée, le rendent très-pittoresque : ainsi, il réunit l’utile à l’agréable. » Il parait qu’on 11’est pas d’accord sur la qualité du bois du laricio. M. Thouin dit qu’il est propre à la charpente des bàtimens civils, à la construction des vaisseaux et à la haute mâture; qu’il est, dit-011 , un peu plus lourd que le pin du Nord ou de Riga, mais qu’étant plus résineux que ce dernier , il est moins cassant et plus élastique. D’autres auteurs assurent au contraire que ce bois n’a ni la force ni l’élasticité du pin sauvage. C’est en 1788 qu’on commença à l’employer à la mâture. MM. Leroi et Molinard , ingénieurs de la marine , envoyés en Corse à cette époque pour y visiter les forêts de Lonca et de Rospa , y trouvèrent des laricios propres à cet objet. Jusqu’alors on ne l’avait employé qu’en baux et bordages. La difficulté de se procurer des pins de Russie dans les dernières guerres, l’a fait employer pour toutes les parties des vaisseaux qui étaient en bois de cette dernière espèce. On s’en est servi pour les mâtures; mais il paraît qu’il a fallu donner plus de volume aux mâts pour suppléer à son défaut de force et d’élasticité. Le bois de laricio a encore , dit-on , PIN PIN 5g 2 le désavantage d’être chargé de beaucoup d’aubier , <{ue les vers attaquent facilement si on n’a soin de l’enlever. Quant au cœur du bois, il est d’une i grande durée. Eu Corse, on l’emploie en planches, en madriers, en vergues et en mâtures. Dès l’âge de 36 à 40 ans, il peut être employé à cette destination ; mais sa croissance dure ordinairement de 70 à 80 ans : alors sa hauteur est d’environ 40 mètres et son diamètre de 6 à 7 décimètres. Les planches qu’on en tire se travaillent bien ; ou s’en sert pour différentes sortes de menuiserie; les sculpteurs l’emploient aussi pour divers petits ouvrages qui servent à l’ornement des vaisseaux. Le Pix rouge du Caxada, que M. Deslongs- champs croit être le même que .le pi n-laricio, e3t , suivant M. Michaux, fort estimé pour sa grande force et sa durée ; il a le grain serré 6t compacte, et on l’emploie, dans plusieurs contrées de l’Amérique septentrionale, aux grandes constructions navales, particulièrement pour le pont des vaisseaux , parce qu’il peut fournir des planches de 4° pieds de long sans aucun nœud. On en fait aussi des corps de pompes , qui durent long-temps lorsqu’on a soin d’ôter tout l’aubier. Débile en madriers, on l’exporte en Angleterre. VI. Michaux dit que c’est de cette espèce de pin qu’a été fait le grand inàt du vaisseau de guerre le Saint-Laurent , de 5 o canons, construit à Québec par les Français. Le pin-laricio et son analogue le pin rouge du Canada méritent d’être cultivés en grand dans nos forêts , à cause de leur prompte croissance et des dimensions qu’ils acquièrent. Si leur bois 11’est pas aussi bon pour la mâture que celui des pins du Nord, au moins il peut servir pour les constructions civiles et autres usages. Le Pix d’Alef ou Pix de Jérusalem; est un arbre qui s’élève à 4 ° 0,1 P’"ds , et dont le tronc acquiert par le bas 4 à 5 pieds de circonférence ; il croit en Syrie et en Barbarie , et en France sur les côtes de la Provence, où il est commun aux environs de Toulon et de Fréjus 5 on lui donne le nom de pin blanc . On le cultive dans les jardins , aux environs de Paris, quoiqu’il y craigne beaucoup les gelées. M. Base, qui en a vu des bois sur les rochers de la côte entre Marseille et Toulon , dit que sa hauteur n’excède pas 20 à 3 o pieds , et que son tronc est rarement droit. Les caractères qui distinguent cette espèce, sont : d’avoir des rameaux plus étalés que dans la plupart dos autres pins; l’écorce du tronc et de; branches , grisâtre ou cendrée, assez unie ; celle des jeunes rameaux, verdâtre, moins sensiblement écailleuse que dans beaucoup d’autres espèces ; les feuilles très-fines , très-rapprochées de la tige, longues de 2 à 3 pouce; et d’uu vert foncé, ordinairement deux à de ix et quelquefois trois à trois dans la même gaine ; les boutons petits , non résineux ; les jeunes pousses blanchâtres; les cônes ovales, un peu arrondis à la base , longs de 2 à 3 pouces , jaunâtres ou fauves , à écailles formant des pyramides fort surbaissées et à base presque aussi large que longue ; les graines, ovales, longues de 0 lignes, aiguës à la partie inférieure ; elles ont avec leurs ailes plus d’nn pouce de long. Cet arbre,qui croît dans les plus mauvais terrains, au milieu des pierres et des rochers, est précieux à multiplier dans les sols de cette nature. Il mérite aussi d’être cultivé dans les jardins paysagers ; mais il lui faut un terrain sec et chaud et une bonne exposition. Le pin d’Alep est très-résineux ; c’est à l’exposition du midi et dans les mois de mai et de juin que les arbres donnent plus de résine. Celle qui découle la première reste liquide ; en Provence , où l’on en recueille beaucoup, on la confond dans le commerce avec la térébenthine de Venise. Le bois sert au chauffage ; il est très-employé en Provence pour toute espèce de menuiserie ; on le préfèreà celui du pin maritime , parce qu’il a le grain plus fin ; il est aussi plus foncé en couleur. On fait, avec les arbres qui sont bien droits, des corps de pompes pour les vaisseaux. Le PlX-PlGUIER, PlN-PlGNOX, PlX-BoX, PlX CULTIVÉ, PlX de pierre (V. à l’ Atlas,PL XXI, fig. 3 ), croit naturellement dans les départemens du midi de la France , en Italie, en Espagne et sur les côtes de Barbarie ; on le cultive dans les parcs et jardins de Paris. Il en existe deux beaux pieds sur la butte des arbres verts au Jardin du Roi. Cet arbre est aussi décrit dans la nouvelle édition du Traité des arbres et arbustes de Duhamel : il se reconnaît à l’étendue de sa tète, dont les branches sont étalées horizontalement, un peu relevées à leur extrémité , et forment une espèce de parasol. Son tronc s’élève à 5 o ou 60 pieds ; il est revêtu d’une écorce rougeâtre , crevassée-, mais assez unie, excepté sur les petits rameaux , où elle conserve long-temps l’empreinte saillante des feuilles, ce qui la rend comme hérissée d’écailles. Les feuilles sont d’un vert assez foncé, longues de 6 à 7 pouces, réunies deux à deux; le fruit est 3 ans à mûrir. Pendant la première année , il est à peine plus gros que n’était le chaton femelle; pendant la seconde, il change de forme , devient presque globuleux , et acquiert tout au plus le volume d’une noix; au commencement de la troisième , les cônes s’allongent et grossissent rapide ment; les écailles, de roussàtres qu’elles étaient, deviennent d’un beau vert; enfin, au bout de cette dernière année, ils ont atteint toute leur grosseur, et sont parvenus à leur maturité. En cet état, ils ont une forme à-peu-près ovoïde; leur hauteur moyenne est de 4 pouces , et leur plus grand diamètre de 3 ; ils sont d’une couleur roussâtre assez uniforme. La partie saillante de leurs écailles forme une espèce de pyramide raccourcie , à angles arrondis , dont le sommet est tronqué et comme ombiliqué, ou chargé d’un mamelon ; chaque écaille est creusée , à sa base et à sa partie intérieure, de deux fossettes , dans lesquelles sont logés deux noyaux beaucoup plus gros que dans toutes les autres espèces du même genre, et dont l’aile est au contraire beaucoup plus courte. La coquille ligneuse des noyaux est dure et difficile à rompre dans l’espèce vulgaire, mais elle est tendre et se casse facile- mentdans la variété qui est cultivée dans le royaume de Naples ; dans l’une et dans l’autre, elle contient une amande blanche, douce, et agréable au goût. Le ; fruit du pin à pignon est la pomme de pin des sculpteurs. PIN PIN Le pin-pinier n’est pas très-mulliplié en France, quoiqu’il y supporte bien les hivers les plus rigoureux du climat de Paris. Nulle part on ne le voit former des forêts; il est presque toujours isolé. Cependant, M. de Maleslierbes dit en avoir vu un bois d’une assez grande étendue dans le Bas-Languedoc, sur la rive droite du .Rhône. Il mérite d’être multiplié davantage , et il le serait utilement dans les sables, sur les rivages de la mer, où il semble se plaire particulièrement. M Desfontaines a vu de très-beaux arbres de cette espèce entre Marseille et Saint-Tropez, et il s’en trouve aux Saintes, dans la Camargue et aux environs d’Hières. On en cite un qui est aux Sablettes, langue de terre joignant la presqu’île de Giens à la Provence , qui est remarquable par ses énormes dimensions, lia 12 pieds de circonférence; son tronc s’élève, sans branches, à la hauteur de 3o pieds , et des premières branches au sommet il en a au moins autant ; la circonférence de sa tête est de 3 oo pieds. Lors de la guerre d’Amérique, une frégate française et une frégate anglaise s’étant canon- nées dans ces parages , un boulet ennemi atteignit cet arbre, et il y est resté incrusté. Aujourd’hui la plaie est entièrement fermée, et l’on n’aperçoit plus que la cicatrice qui s’est faite. La culture du pin à pignons, dans le midi de la France, consiste à mettre en terre ses semencrs au f irintemps, et à défendre les jeunes plants , pendant es premières années, de tout accident. Mais dans le climat de Paris, cette culture exige plus de soins. On sème,en automne, dans des terrines remplies de terre de bruyère , qu’on place au printemps sur couche et sous châssis , et qu’on arrose souvent. Quelquefois les semences ne lèvent que la seconde année ; le plant se repique la même année , à la seconde sève, ou l’année suivante, au printemps, dans des pots qu’on abrite pendant 1 hiver. Ce n’est qu’au bout de 4 nus qu’on peut le mettre en pleine terre. Comme arbrede décoration, le pin-pinier est très- avantageusement placé dans les jardins paysagers , notamment sur les éminences , où il produit, étant isolé, un effetpittoresque parla belle forme de sa tête. Le bois de cet arbre est blanc, peu résineux et fort léger. Il est très-bon pour la charpente et pour la menuiserie; on en fait des corps de pompes, des planches, des gouttières , et il est employé au bor- dage des vaisseaux. Les Turcs , au rapport de feu M. Olivier, n’emploient que ce bois pour la mâture. Tous les fruits des espèces de pins connues , dit M. Deslongschamps , à qui nous empruntons une grande partie de ces détails, mûrissent en deux ans ; il ne faut même à quelques-unes que 16 à 18 mois. Le pin-pinier a cela de particulier, c’est qu’il lui faut trois ans en tiers pour mûrir ses fruits. Ceci avait déjà été remarqué du temps de Pline : In maximâ tnmen admiratione pinus est : habel fructum matu- rescentem , habetproximo anno ad maturilatem icn- tururn ac deinde tertio. ( Lib. XVI, cap. XXVI. ) Les amandes du pin-pinier, connues sous le nom de pignons doux, ont un goût qui approche de celui des noisettes ; on les mange crues ou rôties. En Italie , on en sert sur toutes les tables , on en met dans plusieurs ragoûts , on en fait d’excellentes dragées ; Tome II. en Provence, on en fait aussi une assez grande consommation; on les mêle communément avec des raisins de Corinthe. Ces amandes peuvent se conserver très-long-temps dans leur cône et même simplement dans leur noyau; mais elles rancissent promptement si on les en dépouille. On prévient cette altération en les enterrant profondément dans une terre sèche ; on peut encore les saler, ce qui cependant leur fait perdre une partie de leur bon goût et de leur douceur. Il parait que les anciens les faisaient confire dans le miel , comme l’indique le passage de Pline’: In melle decoctos nucleos Vau ri ni aquicelos vacant. ' Lib. XV, cap. X. ) Les pignons étaient autrefois beaucoup plus employés en médecine qu’ils ne le sont aujourd’hui ; on les regardait comme adoucis- sans et pectoraux. Quand on partage une de ces amandes en deux, les cotylédons se séparent de manière à représenter à-peu-près la forme d’une main, que les habitans de la campagne appellent main de Dieu. Les pignons fournissent une grande quantité d’une huile limpide , incolore, assez agréable quand elle est fraîche , et cependant d’un goût de térébenthine bien prononcé; mais l’huile d’olive, abondante dans les pays où croit le pin-pignon , lui est bien préférable. Les Italiens cultivent une variété de pinier à coque tendre, qui mériterait d’être transportée en France, parce que les noyaux de l’autre sont très- difficiles à casser. Les anciens connaissaient cette variété, qui paraît avoir été commune aux environs de Tarente , d’après le nom que Fline leur donne : Hanini genus alterum 'Tarentincc, digilis fragili putamine , aviumquefurto in arbore. ( P linlib. XV, cap. X. ) Les oiseaux, qui sont en général friands des graines des pins, recherchent sur-tout les amandes du pin-pinier, et plus encore celles de la variété à coque tendre. Parmi ceux qui se nourrissent de ces sortes de graines, 011 distingue les loxies, qui établissent leurs nids dans les forêts de pins et de sapins. Le Pinvabiable ou Pin jaune est une espèce de l’Amériqae septentrionale, qui, suivant M. Michaux , forme une belle pyramide , s’élève à 5 o ou 60 pieds, et dont le tronc acquiert communément 4 pieds de circonférence et quelquefois jusqu’à ô pieds. Il a les feuilles d’un vert sombre, réunies deux à deux, souvent trois à trois, dans les pousses de l’année ( ce qui lui a fait donner le nom de pin variable), de la longueur de 4 à 5 pouces , fines , flexibles et creusées en gouttière à leur lace externe ; les cônes ovales , armés de pointes fines, petits et n’excédant pas un pouce de longueur dans les vieux arbres. Son bois, composé de couches concentriques très- rapprochées , est d’un grain fin , médiocrement résineux , compacte , d’une bonne qualité et durable. En Amérique , ou en construit des maisons , on en fait des planches, qui sont employées à une infinité d’usages; on le fait entrer dans les constructions navales; et Je pont, les mâts de hunes , les beams et la menuiserie de la cabane, sont souvent de ce bois, qui est reconnu pour être très-durable. Débité en madriers , il forme un article considérable d’exportation pour les colonies occidentales de l’Angleterre. 7 5 PIN 5g4 PIN M. Michaux fait observer, dans son Histoire des arbres joresüers de t Amérique , que le pin variable mérite d’être cultivé dans le milieu et le nord de l’Europe. Il en existe déjà des plantations cnFrance, e t notamment dans les propriétés de M. Héricart de Tbury, près de Soissons. Les autres pins à deux feuilles décrits par les auteurs, sont : le Pin de Iîaucks , pintis rupestris, Mich. , arbre de 8 à 10 pieds seulement, qui croît dans les parties froides de l’Amérique septentrionale et dans le Canada; le Pin chétif, pinusinops, Willd., qui s’élève à 3o ou Jo pieds au plus, et qui est aussi originaire de l’Amérique ; le Pin piquant, pinuspungens , Midi., qui a la même origine, et qui s’élève un peu plus que le précédent ; le Pin résineux, pinus resinosa, AVilld., arbre de peu de hauteur, et qui croit dans le Canada ; le Pin de Masson, arbre peu connu, originaire de la Chine, et dont F. Masson a rapporté un échantillon du cap de Bonne-Espérance , où cet arbre est cultivé ; le Pin de Californie , dont il existe un individu au Jardin du Roi, à Paris. Comme ces espèces sont très- rares en France , j’ai cru pouvoir me dispenser d’en rapporter la description, qu’on trouvera dans la nouvelle édition des Arbres et arbustes de Duhamel et dans plusieurs autres ouvrages , notamment dans celui de M. Michaux, en ce qui concerne les arbres d’Amérique. B. Pins à trois feuilles. Tous les pins de cette classe sont étrangers. Le Pin hérissé , pinus rigida , Mili., est un arbre de l’Amérique septentrionale, qui s’élève ordinairement à 3o et 35 pieds de hauteur sur 12 à i5 pouces de diamètre , mais qui parvient quelquefois, dans les marais, à 70 ou 8 o pieds de haut sur uni grosseur proportionnée. Ses feuilles, réunies trois à trois, varientde longueur, depuis 2 jusqu’à 7 pouces. Ses cènes varient également en grosseur, suivant les localités , depuis un pouce jusqu’à 3 pouces et demi de longueur. Leur forme est pyramidale , et chaque écaille est armée d’une petite pointe aiguë. M. M ichaux assure que ces cônes, lorsque l’arbre croît en grande masse , sont disséminés et placés un à un sur les branches, et que dans ce cas ils laissent échapper leurs graines à l’automne de la même année qu’ils sont arrivés à maturité ; tandis que lorsque l’arbre est isolé et battu par les vents, les cènes sont ramassés, au nombre de quatre à cinq, et même en plus grand nombre , sur une seule branche , et qu’alors ils restent plusieurs années sans s’ouvrir. Le pin hérissé a l’écorce épaisse, noirâtre et profondément sillonnée ; mais il se distingue sur-tout des autres espèces en ce qu’il est très-rameux et garni de branches dans les deux tiers de sa hauteur ; ce qui rend son bois très-noueux. Ce bois est d’ailleurs très-chargé d’aubier, sur-tout dans les arbres qui ont cru dans des marais ; il est plus compacte , et très-résineux dans les arbres provenant des terrains secs et graveleux. On l’emploie à la bâtisse des maisons dans les contrées de l’Amérique, où il est abondant ; on s’en sert aussi pour les corps de pompes des navires et pour le chauffage. M. Michaux pense que plusieurs autres espèces de pins de l’Amérique doivent être préférées à celle-ci dans les cultures des arbres étrangers. On en voit de beaux pieds dans les propriétés de M. Héricart de Thury, près Soissons, et dans les jardins de Trianon, à Versailles. Le Fin téda ou a l’encens croît abondamment dans les cantons secs et sablonneux de la basse Virginie , tandis qu’il paraît préférer les terrains qui avoisinent les rivières, dans les états méridionaux de l’Amérique septentrionale. Cet arbre s’élève à plus de 80 pieds sur 6 à q pieds de tour. Sa cime est très-large ; ses feuilles sont fines, d’un vert clair, longues d’environ 6 pouces, réunies trois à trois, et quelquefois au nombre de quatre, dans une gaine de près d’un pouce de long. Ses boutons sont très-petits et très-résineux ; ses chatons ont près d’un pouce de longueur, et sont recourbés en différens sens les uns sur les autres; ses cônes, longs d’environ 4 pouces et armés de fortes pointes , présentent la forme d’une pyramide allongée. Le bois de ce pin est très-chargé d’aubier, et pourrit facilement lorsqu’il est exposé aux injures de l’air. On l’emploie cependant, en Amérique, à la bâtisse des maisons, à faire des planchers et des corps de pompes ; il sert aussi à chauffer le four des boulangers. L’arbre donne beaucoup de térébenthine ; mais elle est moins fluide que celle du pin austral, dont nous parlerons. M. Michaux, qui regarde ce pin comme l’un des moins estimés de l’Amérique, pense néanmoins qu’à raison de sa très-prompte croissance , et de sa disposition à s’emparer du terrain, il pourrait être cultivé utilement dans des sables de Bordeaux et même dans le nord de la France, parce qu’il ne craint point les gelées. Le Pin tardif , pinus serotina , est un arbre de 35 à 40 pieds de haut sur 3 à 4 pieds de tour, qui croit en Amérique, et dont les feuilles sont ternées, longues de 5 à 6 pouces, et même plus dans les jeunes individus; les chatons d’environ 6 à 7 lignes ; les cônes ordinairement réunis deux à deux, ayant environ 2 pouces et demi de longueur sur 5 pouces et demi de circonférence, et assez semblables, par leur configuration , à un œuf de grosseur ordinaire. Leurs écailles, arrondies à l’extrémité supérieure , sont armées d’une épine très-courte et très-fine, qui se casse avec la plus grande facilité. M. Michaux dit que , quoique les cônes du pin tardif ne soient que deux ans pour arriver à leur entière maturité, cependant ils ne s’ouvrent et ne laissent échapper leurs graines que la troisième et même la quatrième année. Le bois de ce pin est aussi fort chargé d’aubier, au point qu’on en trouve toujours, même dans les plus gros arbres , une plus grande proportion que de bois parfait, et c’est à cause de cela qu’on n’en fait aucun usage dans le pays. Il ne mérite pointpar conséquent d’attirer l’attention des personnes qui font des plantations utiles en Europe. Le Pin austral est un arbre précieux qui croit naturellement dans les jieux secs et arides des parties méridionales des Etats-Unis d’Amérique, en Virginie , en Caroline , en Géorgie et dans les deux Florides, où il est connu sous des noms anglais qui signifient pin à longues feuilles, pin jaune , pin d I PIN PIN goudron, pin à balais , etc. Il est désigné par Will- denow sous le nom de pinns palustris ; mais JM. Michaux observe que cette dénomination donnant une idée fausse de la nature du sol où croit cet arbre, il a cru devoir lui donner le nom de pinus australis. Le pin austral s’élève, dans son pays natal, à 60 et 7o pieds de hauteur; il acquiert de 3 à 4 pieds de tour, et sa grosseur est, à peu de chose près, la même dans les deux tiers de sa hauteur. L’écorce des branches est brunâtre; elle conserve long-temps l’empreinte et les supports écailleux des feuilles après leur chute. Les feuilles sont d’un beau vert, luisantes, longues d’un pied et plus, réunies trois à trois et placées à l’extrémité des branches. Les bourgeons sont très-gros, blancs, frisés et non résineux. Les fleurs mâles forment des chatons de près de 2 pouces de longueur et d’une couleur violette. Les cônes ont une forme conique très-allongée ; leur longueur est de 7 à 8 pouces. La partie saillante de leurs écailles est peu élevée; mais elle est chargée en son milieu d’un mamelon terminé par une petite pointe recourbée en arrière. Leé graines sont surmontées d’une aile qui a souvent plus de 2 pouces de longueur; leur coque ligneuse est mince et blanchâtre, au lieu d’être noire, comme dans les autres pins d’Amérique, et elle contient une amande d’un goût assez agréable. M. Michaux, dont l’esprit d’observation et l’exactitude se font remarquer dans son Histoire des arbres forestiers de l’Amérique septentrionale , a changé l’opinion que quelques voyageurs avaient donnée avant lui des qualités du pin austral. On avait avancé que le bois de cet arbre pourrissait promptement, brûlait mal, etqu’on n’en faisait usage qu’à défaut de toute autre espèce de bois. Il parait au contraire que ce bois a d’excellentes qualités et qu’on tire de l’arbre des produits précieux en résine. Le bois du pin austral, suivant M. Michaux, est peu chargé d’aubier ; ses couches concentriques sont très-rapprochées et uniformément imprégnées de matière résineuse; ce qui lui donne pins de force, de dureté et le rend plus durable : il a d’ailleurs le grain fin et serré, et il est susceptible d’un beau poli. On l’emploie à la bâtisse des maisons, et surtout dansles constructions navales, pour lesquelles il est plus estimé qu’aucune autre espèce de pin. Dans les états méridionaux de l’Amérique septentrionale, on en fait la quille, les baux, les bordages, ainsi que les mâts des vaisseaux. On le préfère, particulièrement pour le pont, au vrai pin jaune, pinus mitis, et on en exporte, pour ce seul objet, une assez grande quantité dans les ports situés plus au nord. Débité en madriers et en planches, il fait aussi l’objet de grandes exportations en Angleterre et aux colonies des Indes occidentales. On tire encore du pin austral presque la totalité des substances résineuses qui servent dans la construction des nombreux vaisseaux des Etats-Linis. Les produits de ce genre sont : la térébenthine, la raclure ou le ratissage, l’esprit de térébenthine, la résine, le goudron et le brai. M. Michaux fait connaître les procédés employés pour l’extraction et la préparation de ces produits. V. Résine. &9 $ Cet auteur forme des vœux pour que le pin austral soit propagé dans les landes de Bordeaux, parce que la température de cette partie de la France et la nature du sol conviendraient très-bien à cet arbre, et qu’il y réussirait beaucoup mieux que dans les départemens qui sont plus au nord. Il serait d’une très-grande ressource pour la France , par son bois, que M. Michaux a trouvé supérieur en qualité à celui du pin maritime et même du pin sylvestre, et par ses produits très-considérables en résine. La nouvelle édition des Arbres et arbustes de Duhamel contient la description d’un pin à longues feuilles, pinus longifolia, qui, suivant un auteur anglais, sir Lambert, croît spontanément dans l’Jle- Bourbon et qui s’élève fort haut. On n’en fait point connaître les qualités ni les usages. Pins à cinq feuilles. Les principales espèces de cette classe sont les deux suivantes : Le Fin cembko , pinus cembro , connu aussi par les différentes dénominations que nous avons rapportées dans la nomenclature des pins, est un arbre qui croît naturellement sur les hautes montagnes de l’Europe et en Sibérie ; on le trouve en France, dans les Alpes de la Savoie , du Piémont, du Dauphiné et de la Provence. C’est un arbre dont la grandeur varie suivant les situations où il se trouve ; cependant il ne paraît pas qu’il s’élève jamais très-haut, et nous avons de la peine à croire , comme le dit M. Hartig , qu’il parvienne à 80 pieds d’élévation lorsqu’il est très- avantageusement placé; car, d’après toutes les descriptions qu’on en donne, le pin cembro ne dépasse guère la hauteur ordinaire d’un pommier. Sa croissance en général est fort lente , et ou dit qu’il lui faut de 120 à i 5 o ans pour fournir des pièces de service. Rarement prend-il une belle forme. Ses branches sont étalées, parce qu’il croît toujours isolément; son tronc est revêtu d’une écorce grise, fendillée et écailleuse. Ses feuilles, réunies au nombre de cinq , rarement de quatre ou de six, dans une gaîne commune, etdisposéesautourdesrameaux, sont longues de 2 à 3 pouces, fines et d’un vert très-foncé. Il fleurit au mois de mai. Les fleurs mâles et les fleurs femelles ont beaucoup de rapport avec celles du pin sauvage. Les cônes mûrissent dans l’automne de la seconde année ; ils sont ovoïdes, de la grosseur d’un œuf de poule, d’une couleur rougeâtre, redressés vers le ciel, solitaires ou réunis deux à deux. La partie renflée de leurs écailles est peu saillante. Les graines, contenues au nombre de deux sous chaque écaille, sont plus grosses que dans les autres espèces, excepté Je pin à pignon; elles ont d’ailleurs beaucoup de ressemblance avec celles de ce dernier. Elles sont dépourvues d’ailes, à angles obtus, recouvertes d’une enveloppe ligneuse , de couleur brune et delà longueur de 4 à 5 lignes sur autaut d’épaisseur. Elles pèsent 8 livres par décalitre. Le pin cembro habite les montagnes les plus élevées et les pays très-froids. C’est ordinairement la dernière espèce de pin ou de sapin que l’on trouve sur les Alpes, aux lieux constamment couverts de neige. Mais il prend peu d’accroissement dans ces 75 * PIN PIN 5 9 6 situations très - rigoureuses ; il s’élève davantage dans celles qui le sont moins, sans cependant être tempérées; car il paraît craindre une température douce, et il vient tort mal dans les pays chauds. Le sol qui lui convient est un terrain graveleux, mêle de terre végétale, un peu frais, et assez profond pour qu’il puisse y enfoncer ses racines et se fortilier contre les vents auxquels il est exposé. On ne èultive guère le pin cembro dans les pépinières, à cause de la lenteur de sa croissance, et peut-être aussi parce qu’il y craint, comme toutes les plantes des Hautes-Alpes, les gelées du printemps. Il paraît qu’il commence à devenir rare sur le sommet des Alpes, où les bergers le coupent pour se chauffer. Il serait important de faire des semis de cot-arbre dans ces régions élevées, qui, sans la ressource du chauffage, deviendraient inhabitables. Les graines ou noix ne se conservent que pendant un an ; il faut donc les semer en automne aussitôt après la maturité, ou dès le commencement du printemps. Mais la première saison est préférable, parce que dans les lieux élevés le sol n’étant débarrassé des neiges que dans le mois de mai, les semis du printemps lèvent trop tard. Comme les semences sont un peu grosses, on doit les recouvrir d’environ un demi-pouce de terre. Les semis d’automne lèvent au printemps, et ceux de cette dernière saison, cinq à six semaines après qu’ils sont faits. Les arbres de cette espèce ne sont jamais réunis en massif de forêt, ils croissent isolément, il n’y a point de règles fixes pour leur exploitation. Le bois du pin cembro est blanc , très-tendre , facile à couper et à travailler. Dans les pays où il s’en trouve des échantillons assez forts, on l’emploie à la charpente , et suivant M. Hartig , il dure long-temps dans les constructions à sec. Les menuisiers l’emploient de préférence à d’autres bois, parce qu’il a le grain tendre; ils en.font des boites, des coffres, des caisses, etc. : les sculpteurs le recherchent aussi, et les bergers de la Suisse et du Tyrol en font divers ouvrages, de petites figures d’iionmies et d’animaux, qui se vendent comme joujoux d’en- fans. Il parait que la nature du sol influe beaucoup sur la qualité de ce bois ; il est très-résineux et odorant sur les Alpes, tandis qu’il l’est très-peu dans la Sibérie, où , suivant Ginelin, il n’habite pas les montagnes et ne se trouve que dans les plaines , dans les lieux marécageux et jamais dans les terrains secs. Là, il s’élève bien droit, assez haut, et devient souvent plus gros que le corps d’un homme. Dans les cantons où il est très-commun, et dans les années où il rapporte beaucoup de fruits, les paysans en récoltent les noyaux, qu’ils vendent à très-bas prix. Les amandes sont d’un goût agréable, bonnes à manger et très-nourrissamtes. Les habitans des Alpes, etsur-tout les pâtres, les recherchent; mais elles sont très-difficiles à éplucher, à cause de la dureté, de leur coquille. On les emploie en médecine dans les mêmes cas et préparées de la même manière que les pignons doux, avec lesquels elles ont des propriétés communes. Ces semences sont aussi riches en huile que celles du pinier et plus qu’aucune autre semence. O11 dit qu’elles donnent 5 onces d’huile par livre, tandis que la graine du lin n’en donne que la moitié de cette quantité ; mais-lu difficulté de broyer l’s noyaux rendra toujours -cette^iuile assez èces ; ils s’ouvrent dès Les premiers jours d’octobre, pour laisser échapper leurs graines, environ 16 mois après la PIN PIN floraison. Il faut recueillir les cônes un peu avant le moment où les écailles a’ouvrent; les, graines peu-, vent s’y conserver jusqu’au printemps, qui est la saison convenable pour les semer. Le pin du lord, ou pinus strobus , parait s’accommoder de toute espèce de terrain; car, suivant M. Michaux, on le rencontre par-tout où le sol n’est pas entièrement formé d’un sable maigre et aride, ou continuellement submergé. Cependant la partie la plus déclive des vallons , où la terre est douce, friable et très-fertile , les bords des rivières , où elle est composée d’un sable noir , profond et toujours froid, et les marais dont la surface est constamment humide, sont les sites où l’on rencontre les individus qui atteignent le plus grand développement. J\l. Michaux ajoute qu’il a rencontré fréquemment des terrains abandonnés à cause de leur stérilité, et qu’il a toujours observé que le pinus strobus était l’arbre qui s’emparait le premier du sol, et qui, quoique jeune et souvent isolé, résistait le mieux aux vents impétueux de l’Océan. Qualités et usages. — Parmi les espèces de pin que possède l’Amérique septen triona le, il n’en est aucune, dont le bois soit employé en aussi grande quantité et à des usages aussi variés : ce n’est pas cependant que le bois du pinus strobus soit sans défauts, car il en a même d’assez essentiels, comme de n’avoir pas beaucoup de force, de tenir mal les clous et d’être parfois sujet à se gonfler dans les temps humides ; mais ces défauts sont rachetés par une multitude de propriétés qui lui assurent la supériorité sur tous les autres bois du genre des pins. Il est tendre, léger, peu chargé de nœuds et tacite à travailler; il résiste mieux qu’aucun autre aux injures du temps, et il ne se fend pas aussi facilement aux ardeurs du soleil ; il fournit des planches d’une belle largeur et des pièces de charpente de la plus grande dimension ; enfin il est encore abondant et à bon marché. L’influence du sol, qui est plus sensible dans les arbres résineux, que dans ceux qui perdent leurs feuilles, s’exerce particulièrement sur les qualités du pinus strobus. Lorsque cet arbre se trouve dans des terrains formés d’un sable gras , profond et humide, il réunit au plus haut degré celles de ses propriétés qui le font estimer, notamment la légèreté , ainsi que la texture fine et délicate de son grain , qui permet de le couper net en tous sens et .sans qu’il s’éraille. Mais lorsqu’il croit dans des terrains secs et élevés, son bois est plus ferme et plus résineux, son grain est plus grossier et ses couches concentriques sont très-espacées. Ce bois est employé, dans les états du nord de l’Amérique, à la construction d’un grand nombre de maisons; à faire des moulures, des corniches et des frises pour la décoration des appartemens, et des cadres pour les glaces et pour les tableaux ; les sculpteurs l’emploient également pour faire les figures destinées à orner l’avant des vaisseaux. A Boston, et dans les autres villes des états du Nord, l’intérieur des meubles en acajou, les malles, les fonds des chaises, les seaux à puiser de l’eau, beaucoup de caisses d’emballage, les cases et tablettes des magasins, ainsi qu’une infinité d’autres ouvrages, ^97 sont faits en planches de cet arbre. Ailleurs, fait des barils pour le poisspn salé. Le? .emgnifiqHp? ponts en bois construits à Philadelphie et à Trop- ton , dont l’un e 3 ,aoo pied? de longueur et l’autre i , 5 oo , sont faits en bois de ce pin, qu’pn a préféré comme résistant mieux aux altérnatives de lachaleur et de l’humidité. Il fournit encore exclusivement, à la mâture des nombreux vaisseaux qui se construisent dans les états du Nord et du milieu, L’Angleterre même a fait venir de très-beaux mâts du district du Maine. L’avantage le plus marqué qu’ont les mâts du pinus strobus surceux de Riga, c’estd^être incomparablement plus légers; mais ils sont moins forts et paraissent avoir Te défaut de s'échauffer et de pourrir plus vite à l’attache des vergues et dans l’entrepont. Cependant les constructeurs américains pensent que ces mâts seraient aussi durables que ceux du Nord, si on avait soin de garantir exactement leur sommet de l’humidité. C’est dans cette vue que quelques personnes, pour ajouter à leur conservation, ont imaginé de les faire percer d’un trou de plusieurs pieds à leur partie supérieure, et de boucher ce trou hermétiquement après l’avoir rempli d’une certaine quantité d’huile, qui se trouve, dit-on, absorbée au bout de quelques mois. On se sert encore en Angleterre du pin Weimouth pour faire les vergues et les mâts de beaupré des vaisseaux de guerre. Cet arbre n’est pas assez résineux pour qu’on puisse en extraire de la térébenthine, et fabriquer du goudron avec son bois. Ce travail, d’ailleurs, ne serait pas facile ; car il est rare qu’il couvre seulquel- ques centaines d’arpens. Les personnes qui se livrent à l’exploitation des pins de cette espèce, dans les contrées très-reculées où ils se trouvent en abondance, les coupent par tronçons, qu’ils font descendre parles rivières et qu’ils vendent aux propriétaires des moulins à scie pour les débiter. Si ces bois ne sont pas débités dans le courant de la même année, ils sont sujets à être attaqués par de gros vers, qui les perforent dans tous les sens; mais s’ils sont dépouillés de leur écorce, ils peuvent rester exposés aux injures de l’air pendant plus de 3 o ans sans s’altérer en aucune manière. C’est principalement dans la ville de Boston qu’est l’entrepôt général des bois de pin de ’VV ei- mouth. M. Michaux donne des détails très-curieux des exportations de ce bois en Europe et aux colonies occidentales. D’après un exposé des importations faites en Angleterre des productions des Etats- Unis pendant le courant de 1807, masse totale des bois arrivés de ce pays, estestiméeà6,84o,66o fr., et cet auteur croit que le bois du pinus strobus peut bien entrer pour un cinquième danscette masse. Culture. — Les excellentes qualités de cet arbre et les nombreux usages auxquels on peut l’employer, doivent engager à le propager en Europe. 11 vient bien dans l’intérieur de ia France et aux environs de Paris, où il en existe de beaux individus. Cependant M. Michaux 11e croit pas que le climat de cette partie de la France lui soit parfaitement convenable; il pense que c’est sur les bords du Rhin, dans les vallées des Alpes et des Pyrénées, et PIN PIV 5 9 8 les pays froids et humides de l’Allemagne, de la Pologne et de la Russie, que sa réussite sera le plus assurée. En effet, sa végétation parait déjà plus belle et plus prompte dans la Belgique que dans les environs de Paris, et il est cultivé avec beaucoup de succès en Prusse, et particulièrement auprès de Berlin, où il en existe une grande quantité de très-beaux pieds. Ainsi le pin de Weimouth sera très-utilement employé à repeupler les forêts, à fixer les dunes du Nord, comme le pin austral peut l’être, et comme le pin maritime l’a été, pour couvrir les dunes du Midi. Comme arbre d’ornement, c’est l’un des plus beaux et des plus majestueux qu’on puisse employer. Il a un port magnifique, une taille majestueuse et un feuillage élégant. 11 fait un bel effet lorsqu’il est isolé au milieu des gazons, ou à quelque distance des massifs. On peut aussi en faire de belles avenues, des plantations utiles en massif, où il croîtra mieux et plus vite qu’étant isolé. 11 n’est pas délicat sur la nature du terrain, et peut venir par-tout, notamment dans les sables frais. Du reste, il se cultive comme les autres espèces de pins, et 11e demande pas plus de soins. Ses graines mûrissent dans le climat de Paris et donnent les moyens de le propager. On peut semer en automne et au printemps, et compter sur le succès , pourvu qu’on ne recouvre pas les semences de plus de 2 à 3 lignes d’épaisseur, qu’on débarrasse les semis des herbes qui pourraient l’étouffer , et qu’on lui procure des arrosages en temps opportun. Sa croissance est très-rapide et dépasse celle du pin sauvage et du mélèze dans leur jeunesse. PINS (FORÊTS DE). Les forêts de pins et de sapins s’exploitent en jardinant. (Décret du 3 o thermidor an i 3 —18 août i 8 o 5 . ) Ce mode d’exploitation s’exécutait avant le nouveau régime forestier, ainsi qu’011 le voit par un arrêt du conseil, du 29 août i y 3 o, pour les bois de la Franche-Comté ; un autre, du 16 septembre 1754, pour la maîtrise de Quillan, et un autre du 2 août 1788, pour l’abbaye de Mont-Sainte-Marie en Bourgogne. Mais nous avons établi, dans notre article Exploitation, que le mode des coupes par éclaircie, bien différent de celui des coupes en jardinant, était le seul à appliquer aux forêts de pins et de sapins. Comment se punissent les délits de pâturage dans les forêts de pins. V. Pâturage. P 1 NASTRE. Nom donné par quelques auteurs au pin maritime , au pin laricio , au pin cembro et au pin sauvage : de sorte que cette dénomination, pour avoir été appliquée à plusieurs espèces distinctes, est aujourd’hui insignifiante. PINNATIF 1 DE , pinnatijidus. (T. de bot.) Plan, oblong, et dont les côtés sont divisés en plusieurs lanières ou lobes , par des incisions profondes , qui n’atteignent point le milieu longitudinal ou la nervure médiaire. Lorsque les lanières sont elles-mêmes ainsi divisées , la partie observée est alors dite bipinna- tifide. PINNÉE (FEUILLE), folium, pinnatum. Composée de plusieurs folioles rangées oppositivement ou alternativement des deux côtés d’un pétiole commun, dont l’extrémité est terminée, soit brusquement par une ou deux folioles latérales (fol. abrupte pinnatum ), soit par une foliole impaire véritablement terminale (fol. impari pinnatum). Lorsque les folioles sont opposées, on exprime le nombre de paires qu’elles forment par les mots bijuguëes, trij liguées, q uadrij uguées, quinquejuguées , etc., mul- tijuguées. PIOCHON. Instrument à lame un peu -courbée, de 6 pouces de longueur, plate et forte, très-tranchante, ayant un manche de 8 pouces. Les cercliers en font usage pour leur travail. V. Cercliers. PIQUET. Petit pieu qu’on fiche en terre. Les piquets qui se délivrent pour les fournitures de guerre, se coupent de 1 mètre à 2 mètres de longueur; les premiers de 14 à iG centimètres (5 à 6 pouces ) de tour, et les autres plus gros à proportion. Il en faut trois par fascine. Les meilleurs sont de chêne. PISTIL , pistillum. ( T. de bot.) Organe femelle de la fleur, qui en occupe ordinairement le centre, et acquiert, au moment du parfait développement de celle-ci, la faculté de grossir, en changeant plus ou moins de forme et de nature pour devenir fruit. La partie inférieure, et ordinairement la plus grosse du pistil, est appelée ovaire (ovarium s. ger- men ) : tout prolongement terminal distinct du corps principal de l’ovaire, ou tout filament naissant brusquement, soit d’un de ses côtés, soit plus souvent de son sommet, est nomm è style ; et l’extrémité glandulaire ou glanduleuse de celui-ci a reçu le nom de stigmate. Mais cette partie intermédiaire nommée style peut manquer, et alors le stigmate est sessile , c’est-à-dire assis immédiatement sur Vovaire. Comme 1 ''ovaire renferme l 'ovule ou les ovules , qui, par la fécondation, deviennent autant de graines , et que le stigmate reçoit du pollen la matière fécondante qu’il transmet à l’ovaire, le pistil , essentiellement formé de ces deux parties, constitue par conséquent le sexe féminin de chaque espèce de plante qui en est pourvue. Un ovaire peut avoir plusieurs styles distincts; mais l’unité de style entraîne toujours l’unité d’ovaire. 11 y a dans une fleur autant de pistils que d’o- vaires distincts; et dans le cas de pluralité, chacun d’eux n’a jamais qu’un seul style ou stigmate. C’est dans l’ovaire qu’il convient de chercher le nombre naturel des loges et des graines du fruit , qu’une fécondation partielle ou d’autres accidens peuvent rendre incomplet. \ . Physiologie végétale , 6 e . section. PIVOT ou RACINE PIVOTANTE. Presque tous les arbres élevés de semences poussent une racine qui s’enfonce perpendiculairement en terre, c’est ce qu’on appelle la radicule dans l’enfance de l’arbre, et ensuite le pivot. Cette racine est destinée à affermir l’arbre contre les efforts des vents, et à lui procurer les moyens d’aller chercher dans la profondeur de la terre l’humidité et la nourriture dont il a besoin. Les arbres qui n’ont point été privés de PIV PLA leur pivot, croissent plus promptement et parviennent à une hauteur et une grosseur plus considérables que ceux qui en lotit éprouvé le retranchement. On doit donc taire en sorte que les arbres ne soient point privés sans nécessité de cette précieuse racine, et ne pas craindre, en la leur conservant, de faire un peu plus de dépense pour creuser des fosses plus profondes lors de la transplantation. Mais cela ne peut guère se pratiquer que pour les petits plants de deux à trois ans dont on forme des massifs ; car si on voulait conserver le pivot aux arbres qu’on élève en haute tige dans les pépinières , on s’exposerait à de grandes dépenses sans obtenir plus de succès. Il faut, dans ce cas, autant par économie que pour faire produire aux jeunes arbres des racines latérales, leur retrancher la racine pivotante. Duhamel observe à cet égard , et tout le monde a pu le reconnaître, qu’un chêne de cinq à six ans, élevé dons une terre perméable aux racines, ne présente qu’un long pivot en forme de rave, presque entièrement dépourvu de racines latérales. 11 a trouvé des chênes qui n’avaient que 6 à 7 pouces de tige et dont les pivots se sont trouvés longs de 4 pieds. De tels arbres 11e promettent aucun succès à la transplantation. Que l’on juge de la dépense qu’il faudrait faire si on voulait élever des chênes en pépinière, en leur conservant le pivot. Les plants de deux à trois ans auraient une longueur de pivot d’environ 2 pieds. 11 faudrait Faire une excavation de cette profondeur pour les arracher, et une semblable pour les mettre en terre, ensuite, c’est-à-dire à cinq, six ou huit ans, il en faudrait faire de nouvelles bien plus considérables, tant pour l’extraction que pour la plantation à demeure. La dépense serait énorme et le succès très-incertain. Nous convenons que le chêne est l’un des arbres qui se prêtent le moins aux transplantations 5 mais il est certain que tout autre arbre dont on voudrait conserver le pivot dans les pépinières, présenterait des difficultés analogues. I On emploie différens moyens pour supprimer le pivot des chéries qu’on veut soumettre à des transplantations : i°. on sème les glands dans des planches pavées de tuiles à 6 pouces de profondeur, ou dans une terre qui n’a naturellement que cette épaisseur; 2°. on les fait germer dans du sable, et avant de les mettre en terre, on leur rompt la radicule aux deux tiers de sa longueur; 3 °. la première année , ou au plus tard la seconde , on relève le plant pour le trausplanter en rigoles, après avoir coupé le pivot au-dessous des plus fortes racines latérales; 4°. on coupe le pivot entre deux terres, au moyen d’une bêche bien tranchante, dès la première année. Lo premier moyen 11’est pas assuré : le pivot s’arrête bien sur la tuile , mais il s’étend horizontalement sans produire beaucoup de chevelu ; le second est le plus certain, pourvu que le gland ne se soit point épuisé à produire une longue racine ; dans le troisième, on perd beaucoup de plants; enfin le quatrième présente l’inconvénient d’une opération faite au hasard. Lorsque le pivot est arrêté, cassé ou coupé , il se développe beaucoup de racines latérales, qui sc four- s 99 chent bientôt, te garnissent de chevelu et forment à l’arbre ce qu’on appelle un bel empattement de racines, qui en assure la reprise. Duhamel conseille principalement l’emploi du moyen qui consiste à faire germer les semences et à leur couper la radicule, notamment pour les châtaigniers, les chênes, les noyers , les frênes. Terminons par quelques observations très-sages de M. Bosc. 11 pense i°. qu’il faut conserver le pivot, toutes 1 les fois que cela est possible, sans trop augmenter la dépense des déplantations et replantations, sur-tout quand il s’agit d’arbres forestiers et fruitiers destinés à rester isolés, c’est-à-dire exposés à toute la fureur des vents ; a°. qu’il faut semer en place toutes les forêts, sur-tout celles de chêne, autant pour donner aux arbres plus de solidité que pour que leurs racines se gênent moins et subsistent plus long-temps; 3 °. qu’à l’égard des arbres fruitiers et des arbres d’agrément, qui doivent être plantés dans des lieux abrités, ils peuvent se passer de pivot. Il se forme quelquefois une ou plusieurs racines qui remplacent jusqu’à un certain point le pivot. On en tire un grand parti en les inclinant, lors de la plantation à demeure, vers la ligne perpendiculaire, parce qu’alors elles s’enfoncent dans cette direction et donnent beaucoup de force aux arbres. Outre les chênes qu’on ne peut transplanter avec certitude de succès lorsqu’ils n’ont qu’un pivot, sur-tout au-delà de trois ou quatre ans d’àge, on doit citer les pins et sapins, auxquels on est obligé de faire subir trois ou quatre transplantations pour leur faire produire des racines latérales et assurer leur reprise. V. Pépinière. PIVOTER. Ce mot se dit des arbres dont la principale racine s’enfonce perpendiculairement en terre. Le chêne, le poirier pivotent. PIVOTER UN ARBRE, ou l’abattre en pivotant ou en pivot, c’est L’abattre avec une partie de son pivot pour donner plus de longueur à la tige. Quand on pivote Les arbres , s’il s’en trouve de trop profondément enracinés pour pouvoir être abattus facilement, il faut enlever les racines avec des crics, et les couper quand les crics les ont tirées de terre. Cette façon d’abattre en pivotant est préférable pour les arbres dont on n’attend pas de rejets, à celle d’abattre rez terre. Mais dans les forêts, les arbres doivent être coupés en talus , et non en pivot, afin que l’eau ne puisse y séjourner et pour que les racines restent entières. C’est une condition du cahier des charges. PLACAGE, ou PLAQUIS, ou BLANCHIS. C’est l’entaille que l’on fait aux arbres avec la hachette du marteau pour y en appliquer l’empreinte. V'. /Martelage. PLACENTA (placenta seu receptacnlum seminis). Partie interne du péricarpe, à laquelle la graine est attachée. PLACES A CHARBON. Elles doivent être désignées par les agens forestiers dans les endroits les plus vides et les plus éloignés des arbres et du recru. ( Ord. rie 1669, tit. XX VU , art. 22.) V. Charbon et Fosses à charbon. 6oo PL A PLA PLACES COMMUNALES. Lesarbres plantés sur les places communales ne pensent être abattus sans l’autorisation du gouvernement.’V. Arbres épars. PLACES VAINES ET VAGUES. V. Clairières. PLACES VIDES DANS LES VENTES. L’arpenteur qui fait l’assiette , doit faire mention dans son procès-verbal des places vides qui se trouvent dans la vente et de leur contenance. ( Ord. de 1669, tit. XV, art. 6.) Il ne peut, sous prétexte qu’il se trouve des vides, donner à la vente une plus grande étendue que celle qui est fixée par l’état d’assiette. ( Ib ., art. 10.) 11 ne doit être donné à l’adjudicataire aucune récompense en bois, à raison des vides qui se trouvent dans sa vente. (Ib., art. i 3 .) V. P art. i er . du cahier des charges. PLAIE, du latin plaga. Solution de continuité faite aux parties molles du cofps, causée par quelque accident, par quelque blessure , ou par la corruption des humeurs. Ce mot se dit aussi des lésions faites aux arbres, et c’est de ces lésions que nous allons parler. Une foule d’accidens occasionnent aux arbres des blessures et des plaies 5 et quoique les arbres des forêts v soient moins exposés que ceux qui se trouvent dans les lieux plus fréquentés, il n’est pas rare d’y rencontrer, sur-tout parmi les futaies sur taillis, des arbres défigurés par des plaies. L’une des causes principales de ces plaies est le mode de martelage des arbres de réserve. (V. Martelage.) Les autres causes sont : les meurtrissures faites par les voitures dans les débardages; la dent des bestiaux, du gibier, des mulots ; le bec des oiseaux, qui piquent le bois ; la grêle, qui meurtrit les jeunes arbres ; la foudre et les vents, qui cassent les branches, ou font éclater les arbres; les fortes gelées et les coups de soleil, qui désorganisent l’écorce; la chute des arbres , qui froissent les arbres voisins; les incendies , qui, s’ils ne font pas périr entièrement les brins qu’ils attaquent, les échauffent et en détachent l’écorce dans plusieurs parties; l’écorçage que se permettent les pâtres et les maraudeurs ; enfin les ébranchages ou élagages. C’est par une bonne surveillance et des soins de conservation, qu’on doit chercher à prévenir ces ac- cidens, autant qu’il est au pouvoir de l’homme. A l’égard du martelage, on évite une partie des inconveniens qui y sont attachés, en faisant les empreintes du côté du nord, où les plaies se cicatrisent mieux. Les arbres plantés sur les routes et les promenades publiques, et dans les vergers et les jardins, sont exposés non-seulement à presque tous les accidens des arbres des forêts, mais encore à ceux qui viennent de l’ignorance des planteurs, qui les élaguent mal ou mal-à-propos, et de la malveillance ainsi que de l’esprit de destruction des hommes, qui les écorcent, les entaillent et les mutilent de mille manières. On distingue les plaies des arbres en deux sortes : celles faites à l’écorce seulement et celles qui portent sur le bois. Les premières se cicatrisent promptement, à moins qu’elles n’aient une grande étendue; mais les autres sont incurables : vo’ci comment on explique cette différence. Dans le premier cas', dft-bn , le bourrelet qui se forme s’étend sur toute la plaie; et comine'le cambium trouve quelquefois moyén d’adhérer au bbis , il arrive qu’il n’y à pas toujours solution complète de continuité. Mais quand une portion de bois a été enlevée, il se forme bien aussi un bourrelet qui remplit le vide en une, deux ou trois années, et recouvre la plaie ; mais il reste toujours entre l’endroit où le bois a été enlevé et le nouveau bois, un défaut d’union effective, et par conséquent une solution de continuité. Quand il n’y a que les couches corticales entamées, la plaie 11e se remplit pas; mais elle n’a aucune influence nuisible sur la croissance de l’arbre , et elle disparaît après un temps plus ou moins long, par suite de l’élargissement des mailles de l’écorce. Le meilleur moyen de favoriser la guérison des plaies est de les priver du contact de l’air par l’application d’un emplâtre quelconque , et notamment de l ’Onguent de Saint-Fiacre. V. ce mot. M. Bosc a observé qu’on pouvait accélérer la guérison des plaies qui se ferment avec lenteur, en fendant légèrement l’écorce du bourrelet dans le sens du pourtour de la plaie, ou, mieux encore, en enlevant avec ménagement l’écorce de ce pourtour : par ces opérations, on facilite l’expansion du tissu cellulaire, et par suite l’affluence du cambium. On accélère encore la guérison d’une plaie en unissant ses bords, et si elle est la suite de l’amputation d’une branche, en aplanissant l’aire de cette amputation. Il faut toujours enlever la partie morte de l’écorce lorsque la plaie est la suite d’une meurtrissure , d’une forte gelée, ou d’un coup de soleil. Les plaies des arbres à bois mou, et celles des jeunes arbres, se cicatrisent plus promptement que celles des arbres à bois dur et des arbres d’un certain âge. Les plaies faites sur le chêne, ainsi qu’on le remarque par suite des martelages, demandent bien plus de temps pour se guérir que celles faites sur le hêtre. Les plaies donnent souvent lieu à la carie sèche ou humide, et quelquefois à la mort de l’arbre. Si la plaie se ferme avant que la carie ait fait des progrès, celle-ci s’arrête assez ordinairement; mais le bois qui en est atteint ne peut se rétablir, et lorsqu’on le débite, même après bien des années, ce principe de carie se fait voir et nuit à l’emploi des bois pour les constructions et la menuiserie. Si la carie gagne rapidement le cœur de l’arbre, il se fait un trou, la plaie ne se referme plus , et le bourrelet, après s’être accru jusqu’à un certain point, reste stationnaire autour de ce trou. La suite des plaies faites à tous les arbres qui ont des sucs propres, est l’extravasion de ce suc, comme on le remarque lorsqu’on entaille un pin, un sapin, un mélèze, dont il découle alors de la résine. C’est sur cette propriété que sont fondées les opérations par lesquelles on exploite la plupart des gommes et des résines. V. Résine. La sève des arbres, lorsqu’elle est en activité, coule aussi par les plaies qu’on leur fait, et se perd au grand détriment de l’arbre. Quel mal ne font pas PLA PLA les élaeages faits ^ outrance et pendant la force de la sève 1 V. Elagages. Ces observations lçs suites funestes des plaies Cakes aux,.arbres .observations dont l’expérience prouve l’exactitude, sont bien propres à faire dé- jsii er une manière de marquer les arbres en réserve dans les forêts, autre que celle qui consiste à les couvrir de,plaies. V. Martelage. PLA 1 N. V. Accrue de bois. PLAINTE. Acte judiciaire par lequel on se plaint de quelque tort ou injures dont on veut avoir réparation. En matière 'correctionnelle, la citation donnée par la partie lésée nu prévenu, pour comparaître à l’audience du tribunal, tient lieu de plainte. ( Code d’instr. crimin. de i 808, art. i 83 .) PLAN, Mût qüi vient du latin planus, uni, égal. En botanique, c’est une surface plate ou dont l’épaisseur est très-petite relativement aux deux autres dimensions. En géométrie, c’est une surface à laquelle une ligne droite se peut appliquer en tous sens, de manière qu’elle coïncide toujours avec cette surface. Hans Yarpentage , lever un plan , c’est décrire sur le papier les différons angles et les différentes lignes d’un terrain dont on a pris les mesures avec un grapliomètre. C’est de ce genre de plan que nous avons à nous occuper dans l’article suivant. PLANS FIGURATIFS DES FORÊTS. L’ordonnance de 1669 contient différentes dispositions sur les plans figuratifs des forêts. Suivant l’art. 16 du tit. XXVII, les plans des forêts royales doivent être déposés dans les archives des agens. V. Archives. L’art. 20 du tit. XXIII avait prescrit d’exécuter , dans les six mois de la publication de cette ordonnance, l’arpentage, la levée du plan et la description de toutes les forêts du domaine. L’art. '2i du même titre chargeait les officiers des maîtrises de constater par des procès-verbaux le nombre, la situation et la contenance de toutes ces forêts. L’art. i er . du tit. XXIV’ enjoignit aux ecclésiastiques et aux administrateurs des établissemens publics de faire dresser et d’envoyer aussi, dans les six mois, aux greffes des maîtrises les procès-ver- beaux et plans de leurs forêts. V. Bois des ecclésiastiques , t. /, p. 38 7. La même injonction était faite par l’art. i er . du tit. XXV aux communautés d’habitans. Y. Bois communaux, chap. IV, t. /, p. 368 . V ais au moment de l’organisation d’une nouvelle administration, en 1801, les dispositions de l’ordonnance de 1669 n’avaient pu encore recevoir une exécution complète dans les forêts des diverses catégories dont on vient de parler; et d’ailleurs le temps et les empiétemens successifs des riverains, détruisant la majeure partie des bornes qui avaient été plantées anciennement, avaient rendu incertaines les limites de ces forêts, et il était devenu indispensable de les reconnaître et de les fixer. Ce lut l’objet de différentes instructions. Celle du 7 prairial an 9 ("27 mai 1801), a prescrit Tome II. PLA 601 d’orienter les plans géométriques des forêts de manière que le nord soit toujours en haut et le sud perpendiculairement au-dessous; de rattacher autant que possible ces plans à deux points fixes, tels que;des clochers et des établissemens publics, que l’arpenteur doit désigner, ainsi que les bornes, arbres de lisière, pieds-corniers, chemins et fossés. L’instruction pour les arpenteurs, du 9 frimaire an 10 ( 3 o novembre 1801 ), porte que les plans doivent reposer sur trois hases: i°. Y uniformité de leur disposition ; 2 0 . Y uniformité de leur échelle ; 3 °. le rattachement à des points fixes. Par l’uniformité de disposition, on entend la manière d’orienter les plans, le nord devant être en haut, le midi en bas, l’orient à la droite, et l’occident à la gauche de celui qui les regarde. L’uniformité d’échelle a pour objet de faciliter le rapprochement des plans et la formation d’un plan général. Cinq sortes d’échelles étaient prescrites par cette instruction : la première, pour les plans des bois au-dessous de 10 hectares; la deuxième , pour les plans de 10 à 5 o hectares ; la troisième, pour ceux de 5 où i 5 o hectares; la quatrième, pour ceux de ) 5 o à 1000 hectares; la cinquième enfin, pour ceux au- dessus de 1000 hectares ; et l’on devait, pour mettre à profit les plans existans sans en faire la réduction, employer une échelle de 108 mètres pour les plans de bois au-dessous de 10 hectares, du double pour ceux de 10 à 5 o hectares, et ainsi de suite. Mais cette instruction s’écartait en cela du système décimal. Une nouvelle instruction, du 11 ventôse an 10 (2 mars i 8 o 3 ), a ordonné: i°. Que les plans d’assiette et de récolement de coupe ou de toute partie de bois de 100 hectares et au-dessous, seraient dressés à une échelle dont le rapport avec les lignes prises sur le terrain serait comme un à deux mille ; 2°. Que les mêmes plans pour les triages ou parties de bois au-dessus de 100 hectares seraient faits à l’échelle d'un pour cinq mille ; 3 °. Que ceux d’une forêt entière au-dessus de 5 00 hectares seraient faits à l’échelle d'un pour dix mille, et que lorsque leur étendue dépasserait, à cette échelle, les limites d’une feuille de papier grand-aigle, de manière à exiger une seconde feuille, on disposerait ces plans en forme d’atlas, accompagné d’une carte d’assemblage, dressée à l’échelle d'un pour cinquante mille. La même instruction a indiqué la manière d’opérer pour obtenir des plans exacts. V. cette instruction au Recueil. Enfin , le rattachement à des points fixes, pris au dehors des parties de bois décrites, a pour objet non-seulement d’offrir des moyens de reconnaissance et de maintenir l’harmonie que les tableaux d’assemblage assurent dans les opérations relatives aux bois qu’ils comprennent, mais encore d’étendre cette harmonie à tous les travaux du même genre qui peuvent s’exécuter sur les divers points du territoire de la France, à quelque distance qu’ils se trouvent placés. Pour cet effet, l’arpenteur, après avoir décrit la ligne de circonscription d’une forêt, détermine les distances et les situations des princi- 7 6 PL A (*>s PLA pabx points de ce périmètre, tels que clochers , moulins et autres signes aj>parens, et dont l’importance doit faire présumer que leur position a été fixée dans les opérations trigonométriques faites par Câssini pour la levée de la grande Carte de France. La circulaire du 20 septembre i 8 i 3 , n°. 5 o 3 , et le modèle de soumission pour les aménagemens, joint à Cette circulaire, contiennent de nouvelles instructions pour la confection des plans; elles veulent que les plans soient rapportés à l’échelle d’un , sur le papier, pour 5 ,000 sur le terrain, et orientés plein nord sur la déclinaison de l’aiguille «maniée, calculée à Paris. Les lignes du plan doivent être co- téesen mètres et les angles en degrés, d’après la division du cercle en 36 o parties. Les plans sont rattachés non-seulement à la méridienne de Paris et à sa perpendiculaire , mais encore au plus grand nombre de points possible pris au dehors des bois, tels que clochers , châteaux, etc. ; si quelques points observés sortent de la feuille du plan , des lignes de direction cotées en mètres indiquent la distance de ces points au bois. V., pour le surplus , la circulaire et le modèle de soumission, au Recueil, t. Il, p. 589 et suivantes. Telles sont les instructions qui ont précédé celle du 7 juillet 1824. Comme celle-ci renferme des améliorations notables dans le travail relatif à la délimitation et à l’aménagement des forêts, et à la confection des plans, et qu’elle est accompagnée de tous les modèles de procès-verbaux et plans que doivent dresser les arpenteurs, c’est elle qui doit désormais leur servir de guide. Il serait inutile d’en présenter ici les dispositions, puisqu’elle a été envoyée aux arpenteurs , et que d’ailleurs elle fait partie des actes qui entrent dans notre Recueil. Quant à l’art de lever les plans , l’article Arpentage de ce Dictionnaire donne toutes les instructions désirables. PLANS DES COUPES. L’arpenteur doit dresser le plan de la coupe mesurée. ( Ord. de 1669, tit. XV, art. 6.) Quel que soit le mode que le conservateur ait prescrit à l’arpenteur pour le mesurage des coupes, celui-ci doit en faire mention en tête de son plan ( Circul. du 1 1 ventôse an 10 — 2 mars 1802.) Le plan, ainsi qu’il a été dit dans l’article précédent, doit être orienté de manière que le nord soit toujours en haut. ( Instr. du 7 prairial an 9 — 27 mai 1801.) L’arpenteur doit y indiquer les bornes et leur état, les pieds-corniers , tournans et arbres de lisière, les qualités de ces arbres, la distance qui se trouve entre les pieds-corniers , les emprunts qui ont pu en être faits; enfin il doit figurer sur le plan les cln- mins, fossés, rivières, ruisseaux et bâtimens compris dans la coupe. ( Ord. de 1669, tit. XI, art. 3 . — Instr. pour les arpenteurs, du 9 frimaire a/z 10 — 3 o novembre 1801 , art. 5.) Les arpenteurs indiquent aussi, en lignes ponctuées et cotées sur leur plan , les angles et les côtés mesurés sur le terrain pour la construction du plan , ce moyen étant le plus simple pour faciliter les vérifications qui pourraient être tfrdohrtées , et. celles que pourraient faire' èuk-ihêtnes les ’èrpèn- teurs. Il faut aussi qu’ils alènt'hnb attention’ particulière à marquer sur nla'éè lè p'oint'Ü’où ils sont partis pour lever lèur pian: autrement toute Vérification deviendrait difficile. ( Circul. du ■ 1 ventôse an 10 — 2 mars 1802.) Indépendamment de ces indications, l’arpenteur doit rattacher son plan, autant qu’il est possible, ,i des points fixes, ainsi qu’il a été dit pour les plans des forêts entières. {Instr. du 7 prairial an 9, § 1 er ., art. 3 . ) Les arpenteurs dressent, pour chaque opération, un procès-verbal d’arpentage dans la forme du modèle n°. 4 bis, qui est à l 'Atlas , y joignent le plan de la coupe. Ils en gardent la minute , et sont tenus, immédiatement après leurs opérations, de rémettre à l’inspecteur deux expéditions de leurs procès-verbaux et plans. L’inspecteur conserve une de ces expéditions, et transmet l’autre sans délai au conservateur, qui la garde pour y avoir recours au besoin. ( Instr. du 9 frimaire an 1 O , art. 1 1. ) Il est fourni à l’adjudicataire, et à ses frais, dans la quinzaine de son adjudication, une expédition du procès-verbal d’assiette de sa coupe , avec le plan. ( Cah. des ch. pour les ventes, art. 3j.) Cette expédition et le plan , y compris le droit de timbre, sont payés à l’arpenteur 7 fr. 5 o cent., pour chaque coupe de 10 hectares et au-dessus, et 5 fr. pour une coupe d’une contenance moindre de 10 hectares. L’adjudicataire qui réclame le paiement d’un moins ue mesure constaté dans sa coupe, doit joindre aux pièces qui appuient sa demande le plan du premier et du deuxième arpentage. V. Moins de mesure. PLANCHE, du latin ptanca. Ais , pièce de bois sciée en long et peu épaisse. 11 est défendu aux propriétaires des scieries d’exiger des planches des usagers dont ils font scier les bois. ( Circul. du 2.5 pluviôse an : 3 —1 4 février i 8 o 5 .) Les planches destinées aux bordages des vaisseaux doivent avoir plus ou moins d’épaisseur, selon les vaisseaux sur lesquels on les emploie. On leur conserve toute la longueur que portent le madrier, le plançon ou autre pièce de bois dont on les tire. En général, on ne doit employer les planches que lorsqu’elles sont bien sèches, parce qu’elles prennent du retrait par l’effet de la dessiccation A. le mot Sciage. ELANÇONS. ( T. de mar. ) Pièces de bois longues et droites, qui, par leurs dimensions, sont susceptibles d’être réduites, à l’aide de la scie, eu bordages ou en planches plus ou moins épaisses. V. à l 'Atlas, PL VI des Bois de marine. PLANÇON ou PLANTARD.On appelle ainsi une grosse branche de saule , de peuplier ou d’osier, que l’on plante dans un trou fait au moyen d’un pieu de bois dur, ou d’un instrument de ter nommé vulgairement aiguille, pal ou barre. L’ouvrier enfonce cet PL A PLA 6u3 instrument dans la terra à force de bras et à coups dg maillet, en le retirant de temps à autre. Cette manière de paultiplier les saules et les peupliers ne diffère de la multiplication par Boutures (V. ce mot) qu’en ce que les branches qu’on emploie sont plus fortes. Ces deux procédés sont peu usités dans l’économie forestière; mais ils sont très-employés pour planter les bords des rivières , des ruisseaux, des étangs, les prés, les marais assainis, et tous les lieux bas et humides. Les plantards procurent en peu de temps des arbres, dont la tonte est d’une grande ressource, dans les campagnes, pour le chauffage et plusieurs autres usages. On a examiné s’il ne conviendrait pas mieux de former des plants enracinés dans des pépinières, que d’employer des branches, qui n’offrent pas autant de garantie pour le succès et pour la promptitude de la croissance. Nul doute que le cultivateur qui aurait l’attention d’élever des boutures en pépinière pour ne les planter que lorsqu’elles seraient bien pourvues de racines, n’aurait un grand avantage. Mais il est rare qu’on fasse en une seule fois de grandes plantations de ce genre, et on trouve plus expéditif, lorsqu’on n’a que quelques brins à mettre en terre, de les prendre immédiatement sur un arbre voisin de l’endroit qu’on veut planter. On a blâmé encore la méthode de planter dans des trous laits avec un pieu, qui comprime et durcit la terre ; ce qui forme obstacle à l’expansion des jeunes racines qui sortent de l’écorce de la partie du plançon qui est en terre : cette critique est également fondée sur une saine théorie, et sur l’expérience du peu de succès qu’obtiennent un grand nombre de plançons, sur-tout dans les terres argileuses. On a donc conseillé de substituer la bêche au pieu et de taire des trous suffisamment profonds pour y mettre le plançon. Mais on ne s’est point dissimulé que cette préparation serait plus coûteuse, et que les plants auraient moins de solidité pour résister aux frottemens des bestiaux, à l’enlèvement furtif qu’en viendraient taire les délinquans, et à l’effort des vents. D’après ces observations, il est à croire que l’on suivra encore long-temps la méthode actuelle : voici comment on procède d’après cette méthode. Quand on veut faire des plantations de saule , on émonde , dans le mois de février ou de mars, les saules qui doivent fournir les plantards ; on met à part les perches qui sont les plus droites, dont l’écorce est unie et vive, et qui ont par le gros bout 7, 8 ou g pouces de grosseur. On coupe ces branches à 8 ou îo pieds de longueur î), et sur-le-champ on les lie avec deux harts, par botte de dix à douze : on met le gros bout de ces plantards tremper dans l’eau , environ de la longueur d’un pied; ou bien on les enterre de cette longueurdans une fosse, que l’on recouvre de terre, et on les y laisse jusqu’à ce cju’on veuille les planter; ce qui se fait depuis la fin de mars jusqu’au commencement de mai. (î) Il serait très-utile île leur laisser quelques rameaux à la partie supérieure. Quelques personnes préfèrent, lorsque le climat n’est pas très-froid, planter de bonne heure, plutôt que d’attendre la fin de l’hiver, parce que la terre a le temps de se serrer contre le plançon, qui pousse plus vite au printemps et donne de plus beaux bourgeons dans l’année. Lorsqu’on veut faire une plantation de quelque étendue, on marque avec des jalons l’alignement qu’on doit suivre; on tend un cordeau d’un jalon à l’autre , et l’on trace avec la pioche un trait le long de ce cordeau. On porte au lieu destiné à la plantation la quantité de bottes de plantards qu’on juge pouvoir mettre en terre dans le temps d’uue attelée , c’est-à-dire entre deux repas , ou l’on transporte le tout près de la plantation, si l’on a la commodité d’avoir de l’eau pour mettre tremper les bottes. Un ouvrier apointit, avec un voliu bien tranchant, les plantards par leur gros bout, n’entamant le bois que d’un côté seulement, afin qu’il reste de l’écorce jusqu’à la pointe du plantard : un autre ouvrier fait, avec la cheville pointue de bois dur ou de fer et une masse, des trous d’un pied et demi de profondeur, et assez ouverts pour que les plantards puissent y entrer sans trop d’efforts. Quand le trou est fait, on retire la cheville pour y mettre le plantard, ayant attention que l’écoice ne s’en détaille point, parce qu’en ce cas il faudrait le rejeter comme inutile. Si, le plantard enfoncé, le trou se trouve tiop large à son ouverture, on le remplit d’un peu de terre fine , que l’on affaisse et comprime par quelques coups de masse, afin que l’arbre soit affermi et touche exactement la terre de toutes parts. On ne laisse souvent qu’une toise de distance d’un plantard à un autre quand on les met sur une file ; mais si l’on plante en quinconce, il est mieux de ne les placer qu’à une toise et demie. On peut laisser la saussaie en cet état pendant la première année ; mais dans la seconde , il ..e faut pas manquer, après avoir remplacé les plan- tards morts, et redressé ceux qui se sont inclinés, de faire, à 2 pieds de distance des arbres, un fossé, dont on rejette la terre sur leur pied lorsque ce sont des filets, et des deux côtés quand ces arbres sont plantés en quinconce; et l’on aura par la suite une belle saussaie, si l’on a soin , tous les trois ou quatre ans, de curer ces fossés, pour en rejeter la terre vers le pied des arbres. Les différentes espèces de peupliers noirs se plantent et se cultivent entièrement comme les saules, excepté qu’on ne coupe point les plantards de peuplier par les deux bouts : l’extrémité supérieure doit rester dans son entier, on doit même y ménager quelques menues branches. On ne doit pas les été - ter, comme on fait ordinairement des saules, pour en former des têtards. On les émondera seulement , et on laissera la tige principale s’élever en futaie. On les plantera à une toise et demie ou 2 toises les uns des autres , et dans un terrain qui ait un peu de solidité, afin qu'ils courent moins de risque d’être renversés par les vents. Pendant la première année, on ne doit supprimer aucun des bourgeons qui percent à travers l’écorce du plançon, parce que les plantes se nourrissent par les teuilles comme par les racines. Le seul cas où il convienne d’ébourgeonner, est celui où l’un des 76 * PL A PL A 6o4 bourgeons qui poussent par le bas, devient trop fort et absorbe une trop grande partie de la sève qui devait se porter aux bourgeons du sommet. Mais pendant l’hiver qui suit la plantation, on doit couper, à quelques lignes du tronc , toutes les brindilles qu’on ne veut pas conserver , et au printemps suivant, on supprime tous les nouveaux bourgeons qui se développent aux mêmes endroits. PLANE. V. Platane et Érable. PLANE. Outil tranchant et qui a deux poignées. Il sert aux charrons, aux tonneliers, etc., à polir les bois qu’ils emploient. PLANERA. On connaît deux arbres qui portent ce nom : l’un est le planera de Richard, originaire des bords de la mer Caspienne, qui s’élève fort haut, et dont les feuilles sont ovales et obtusément dentées; l’autre {PL XVIII, fi g- i) est le planera de (intelin, originaire de l’Amérique septentrionale, dont la hauteur n’excède pas 4o pieds, et dont les feuilles, d’environ un pouce et demi, sont ovales- acuminées et dentées en scie. Ce dernier est aussi appelé planera à feuilles d’orme. Le planéra de Richard ne craint point les gelées du climat de Paris : on le greffe sur l’orme avec facilité. Son bois a beaucoup de force et d’élasticité. Cet arbre mérite d’être cultivé dans les forêts et dans les parcs. PLANT. On appelle plant un jeune arbre provenu de graine, ou un scion qu’on tire de certains arbres pour planter. V. Pépinière, Plantation, Bouture, Semis. Plant se dit aussi du lieu qu’on a planté et même des arbres plantés. {Plantarium est locus planta- rum.) C’est dans ce sens qu’on dit un plant de poiriers , de tilleuls. Il est très-expressément défendu d’arracher aucun plant de chêne , charme , ou autre bois, dans les forêts royales, sans permission du gouvernement, à peine de punition exemplaire et de 5 oo fr. d’amende. ( Ord. de 1669, tit. XXVII, art. 11.— Arr. du Conseil du 17 janvier 1688. — A rr.de la C. de cass ., des 3 o octobre 1807 et 20 février 1812.) L’art. 444 ( l u Code pénal de 1810 punit d’un emprisonnement de deux à cinq ans ceux qui auraient dévasté des récoltes sur pied ou des plants venus naturellement ou faits de main d’homme ; mais cette peine rr’est point applicable aux enlève- mens de plants dans les forêts royales, qui sont toujours punis d’après l’ordonnance de 1669. {Arr. de la C. de cass., du 9 mai 1812.) V. Arbres, chap. I er ., pag. 2 . 5 y à 260. PLANTARD. V. Plançon. PLANTATION, du latin plantatio, dérivé de plantare, planter , ou de planta , plante. C’est l’action de mettre un plant en terre pour l’y faire croître. Plantation se dit aussi du lieu même qu’on a planté : Plantarium , locus plantarum. C’est dans ce sens que l’on dit : Voilà une belle plantation ; Visiter une plantation ; Entourer une plantation. Nous faisons connaître aux articles Clairières , Dépenses, et sur-tout au mot Travaux -, les mesures recommandées par l’Administration pour l’exécution des plantations à faire dft*s'les forêts. Y. ces articles et les mots Arbres, Chemins'-^ dUhnaiDuntfs , Graines forestières, Montagne-,' Pépinière , Recépage , Semis, Terre 011 Terrain. Nous indiquons aussi, à l’arliclede chaque arbre, le mode particulier de culture qui convient à l’espèce; mais nous ne devons pas moins présenter ici l’ensemble des principes concernant les plantations en général, d’autant que cet objet forme l’une des branches les plus importantes de l’économie forestière. Nous avons , aux articles Aménagement et Exploitation , parlé du repeuplement naturel des forêts. Si les règles que nous avons indiquées pour favoriser ce repeuplement étaient en pratique, on aurait bien moins besoin de recourir aux semis artificiels et aux plantations, du moins pour les futaies. Les bois et forêts présentent un dixième au moins de leur superficie entièrement nu ou recouvert'seulement de quelques arbustes inutiles, et chaque innée, il seforme de nouvelles places vides, causées par la mort naturelle des souches, par la coupe des arbres hors d’état de se reproduire, par l’abroutissement des bestiaux, par les incendies et une foule d’autres causes naturelles ou accidentelles , qui tendent à la destruction des forêts. La nécessité de repeupler ces vides et d’établir des bois par-tout où le terrain n’est point impérieusement réclamé par l’agriculture , 11e peut être révoquée en doute que par ceux qui croient faussement que les forêts, dans leur état actuel, peuvent suffire aux besoins de la consommation. Nous avons suffisamment démontré, dans notre Discours préliminaire , combien cette opinion était mal fondée, et nous sommes intimement convaincus que l’on ressentira les suites funestes de l’erreur qu’une abondance accidentelle 11’a que trop propagée. Les bois étaient rares et à un prix fort élevé avant les circonstances qui en ont fait jeter une trop grande quantité dans la consommation : cette cause d’une abondance momentanée, loin de nous tranquilliser sur l’avenir, devrait, au contraire, augmenter nos craintes. Il est donc important de combattre l’insouciance où l’on est sur un objet d’une aussi grande conséquence, et d’exciter les propriétaires à conserver leurs bois et à les entretenir en bon état par des semis et des plantations. Ils assureront, par ces travaux, des ressources à la postérité et de l’aisance à leurs familles. Nous tâcherons d’exposer, avec la clarté et la précision désirables, les diverses méthodes de plantations, en indiquant les circonstances où chacune d’elles doit être préférée. Pour cet effet, nous diviserons cet article par chapitres et par paragraphes. CHAPITRE I". - APERÇU DES CONNAISSANCES NÉCESSAIRES A CEUX QUI VEULENT FAIRE DES PLANTATIONS. L’art des plantations exige des connaissances théoriques et pratiques , et c’est parce qu’on n’est pas assez généralement pénétré de cette vérité y que PLA. PLA 6o5 l’on voit tant de plantations sans succès. Il faut , pour bien diriger une plantation , avoir quelques notions de physique végétale, et connaître l’in- iluence des terrains., des climats et des expositions sur les espèces qu’on veut cultiver; le mode le plus avantageux de leur multiplication; les usages auxquels les arbres sont propres, et ceux que réclament les localités ; les circonstances où les arbres doivent être plantés à tel ou tel âge ; les terrains qu’on doit mettre,en bois, et ceux qu’on doit laisser aux cultures ordinaires ; les dépenses qu’il convient de faire et celles qu’il convient d’éviter ; les sacrifices qu’on peut faire à l’agrément et à une plus prompte jouissance , et les bornes dans lesquelles on doit rester à l’égard des plantations utiles; l’éducation préparatoire des arbres pour assurer le succès des plantations ; la préparation des terres , et tout ce qui concerne la plantation proprement dite, et la conduite et l’entretien des arbres après leur plantation. Les cultures forestières forment donc une science trè6-étendue, et cependant elles sont souvent abandonnées aux soins d’ouvriers mercenaires, qui ne sont presque uniquement occupés qu’à tirer un profit considérable de leurs entreprises. Ces planteurs , guidés par une routine grossière, qui leur tient lieu de science , n’ont jamais contracté l’habitude de réfléchir sur les principes de leur art : leur intérêt est le seul objet qui fixe leur attention ; c’est l’unique but et le seul mobile de leur industrie. D’ailleurs , il semble qu’un cultivateur tient plus qu’un autre au sol qui l’a vu naître ; il ne voyage point comme l’ouvrier qui appartient aux arts mécaniques; il ne peut observer, comme celui-ci, les méthodes qui sont en pratique chez l’étranger. Fixé dans un même lieu, il n’a occasion d’examiner que ce qui se passe autour de lui; il plante un arbre de la même façon que son père le plantait ; il ignore qu’il y ait d’autres méthodes à suivre plus conformes à la marche de la nature et plus appropriées aux circonstances. L’étude des planteurs est donc très-bornée; et lorsque ces hommes, qui n’ont que de la pratique, et qui sont concentrés dans un petit cercle d’idées , veulent entreprendre de transmettre à d’autres leurs connaissances, ils exposent leurs méthodes d’une façon trop confuse pour pouvoir être instructive ; ils disent en gros et sans ordre ce qu’ils ont pratiqué en diverses circonstances; mais il n’y a que ceux qui se trouvent précisément dans les mêmes cas qui en puissent tirer quelque avantage. On ne doit cependant pas mépriser les mémoires de ces praticiens , quand ils ne cherchent pas à s’élever au- dessus de leur portée , et qu’ils se renferment dans l’exposé simple et naïf de ce qu’ils ont exécuté par eux-mêmes. Ce sont des vérités dont un homme instruit peut profiter. On apprendra d’un planteur qui habite une province où il ne se trouve que des sables ce qui lui aura le mieux réussi dans ces sortes de terrains ; d’autres nous instruiront des plantations que l’on peut faire avec succès dans des terrains de craie ou de glaise, ou dans des terres arides , ou dans des pays aquatiques. Souvent chaque planteur n’aura opéré que dans une espèce particulière de terre; mais comme il y aura travaillé long-temps, les occasions de s’instruire se seront multipliées, au moins sur un point particulier. La plupart de ces observations, faites par Duha^ mel, il y a 60 ans, sont encore applicables à nos jours, quoique, depuis cet auteur, il ait été publié de bons ouvrages sur l’art de cultiver les bois. Cependant il est sorti du Jardin royal des Plantes , à Paris, et des autres établissemens publics de ce genre quelques ouvriers qui raisonnent leur art ; mais ces bons planteurs sont encore rares, et on ne les trouve guère que dans las environs des grandes villes, où ils s'occupent de la conduite des pépinières. Dans les autres parties du royaume, la routine conduit encore le plus grand nombre des ouvriers , et c’est au défaut de planteurs instruits qu’il faut attribuer tantde défauts de succès dans les plantations. Le moyen de former des liommes capables de bien exécuter ces travaux, est d'établir des écoles forestières et des écoles pratiques de culture. V. Culture et École forestière. Le peu d’instruction que l’on trouve parmi les ouvriers est un motif de plus pour les propriétaires et les préposés des forêts, de chercher à acquérir les connaissances nécessaires pour diriger les travaux qu’ils ont à faire exécuter. Il n’est pas nécessaire , ainsi que l’observe Duhamel , qu’ils prennent eux- mêmes la pioche ou la bêche ; ils doivent laisser aux cultivateurs de profession l’exécution des travaux laborieux et manuels : « mais , ajoute cet auteur , ne négligeons pas de les voir opérer ; étudions ce qui résulte de leurs opérations ; employons leurs bras pour faire des tentatives, et contribuons à la perfection de leur travail , en faisant pour eux et même avec eux des réflexions utiles sur l’accord de leurs opérations avec la marche uniforme de la nature. Si nous sommes assez heureux pour parvenir à faire quelques découvertes utiles , empressons-nous de les rendre publiques, afin de mettre nos concitoyens en état d’en partager avec nous les avantages. » CHAPITRE IL—observations préliminaires SUR LES SEMIS ET PLANTATIONS- Cas OU IL FAUT PRÉFÉRER LA PLANTATION AU SEMIS. Nous dirons ici peu de chose des semis, parce que nous en parlons avec détail à l’article spécial qui leur est consacré. (Y. Semis.) La plantation n’est point une opération naturelle comme le semis, li semble que la nature n’avait point destiné les arbres à changer de place, et que l’implantation de la graine soit le seul moyen de multiplication qu’elle ait indiqué. En effet, la plupart des arbres élevés de semences poussent une forte racine qui s’enfonce perpendiculairement en terre , et qui est destinée à soutenir l'arbre contre l’effort des vents , et à lui procurer la fraîcheur et les sucs nécessaires à sa nourriture. Nous avons dit, à l’article Pivot , qu’il était souvent impossible de conserver cetteprécieuse racine lors de la transplantation, et l’on sait que: si on fait des retranebemens aux racines , il faut en faiiedans la même proportion aux branches, pour établir entre les unes et les autres l’équilibre nécessaire à la réussite de la plantation. Ces amputations sont des opérations violentes, dont les effets PLA P LA 606 sont presque toujours plus ou moins marqués par une croissance plus lente et moins vigoureuse , par une moindre élévation et une moindre durée de l’arbre, et. par une quantité de bois inférieure. Ces effets sont d’autant plus sensibles que l’arbre est naturellement pourvu d’une plus longue racine pivotante , comme le chêne et le noyer. Il faut, pour ces espèces d’arbres , se rapprocher le plus possible des intentions de la nature, en les plantant fort jeunes avec leur pivot, ou au moins avec une grande partie de cette racine. Mais si l’on est obligé de les planter à un certain âge , au moins faut-il , par une culture préliminaire, les forcer à produire des racines latérales qui puissent, jusqu’à un certain point, remplacer le pivot dont on les a privés. Y. Pépinière. Mais il y a des arbres qui, comme l’orme et le peuplier blanc , ont la propriété de se garnir naturellement d’un grand nombre de racines latérales , et pour lesquels, par conséquent, le pivot est d’une moindre importance. La transplantation de ces arbres a moins d’inconvéniens que celle des autres -, cependant l’on est toujours obligé de raccourcir les racines mutilées par l’extraction, et de faire la même opération aux branches. A l’égard des arbres fruitiers, la transplantation, sans être plus naturelle que pour les arbres forestiers, est cependant avantageuse en ce que , hâtant la maturité de l’arbre , elle l’amène à fruit plus promptement. D’ailleurs la production en bois n’est d’aucune considération pour ces arbres. Enfin, les arbres d’agrément que l’on plante dans des lieux clos et à l’abri des grands vents , pouvant se passer de leur pivot , la transplantation à leur égard ne présente pas beaucoup d’inconvéniens. Mais quels que soient les avantages de la multiplication des arbres par la voie des semences sur les lieux mêmes où ils doivent rester, et quoique cette voie soit assez ordinairement la plus économique , il y a néanmoins un grand nombre de circonstances où il faut employer la plantation : voici les cas les plus ordinaires. i°. Les routes, les promenades, les allées ne peuvent être garnies d’arbres que par le moyen de la plantation; car les plants qu’on voudrait élever sur place au moyen des semences, se feraient trop long-temps attendre , et seraient exposés à un si grand nombre d’accidens , qu’il serait presque impossible de les amener à bien. Il faut, dans ce cas , employer des plants de 2 à 3 mètres ( 6 à 9 pieds ) de haut, et assez gros pour résister à la plupart des atteintes auxquelles ils sont exposés. 2°. Les terrains destinés au pâturage des bestiaux, les parcs fréquentés par le gros gibier, et les terrains aquatiques,où les semenceset mêmeles jeunesplants ne réussiraient pas; enfin tous les endroits exposés à la fréquentation habituelle des hommes et des animaux, exigent qu’il y soit fait des plantations d’arbres à haute tige , comme pour les routes et les avenues. On protège ces arbres par des piquets et des épines. 3 °. Quand on veut mettre en bois un terrain où le gazon et les grandes herbes croissent en abondance , on doit craindre que les semis n’y soient étouffés au moment de leur développement. Il faut donc employer de préférence la plantation , et dans ce cas on se sert de jeunes plants de 3 à 5 décim. ( un pied à un pied et demi ) de haut, qu’on espace à un mètre (3 pieds) en tous sens. 4°. Quand il s’agit de repeupler de petits espaces vides, soit dans les bois, soit dans les parcs d’agrément, et que ces espaces sont entourés de bois qui aient de 3 à 4 mètres ( 9 à 12 pieds ) de haut , c’est le cas de planter des arbres à-peu-près de la même hauteur, afin qu’ils ne soient pas étouffés par les arbres voisins. 5°. Quand on a des repeuplemens à faire dans certains climats avec des espèces d’arbres qui ne pourraient, dans leur enfance , en supporter la rigueur, ou dans des terrains où les semis ne peuvent réussir, comme dans les craies de la Champagne , qui se gônflent par l’effet de la gelée , et qui, en se rasseyant , laissent à nu les racines des jeunes plants , il faut, dans tous ces cas, employer des plants un peu forts , et qui aient de 4 à 5 décim. de haut, et les espacer depuis un mètre jusqu’à un mètre 3o déciin. (3 à 4 pieds ). Cette plantation opérera un repeuplement plus sûr et à moins de frais qu’un semis, qui, dans de semblables circonstances, a rarement un bon succès. 6 °, Quand on fait venir des semences de l’étranger , il est important d’en assurer le succès par une culture soignée; et comme il s’en perdrait beaucoup dans un semis fait à demeure , on en forme des semis particuliers pour n’en tirer les plants que lorsqu’ils sont en état d’être transplantés Ces plantations coûteraient-elles plus que n’aurait coûté le semis à demeure , il faudrait encore les exécuter, parce qu’il vaut mieux employer la plus grande partie de la dépense à payer des journées d’ouvriers que d’envoyer à l’étranger des capitaux considérables pour se procurer une plus grande quantité de semences. 7 0 . Quand il s’agit de faire faire des repeuplemens sans frais, par exemple par des communes pauvres sur leurs propriétés , on leur procure des plants extraits des forêts ou des pépinières. Les ha- bitans n’ont à s’occuper que de la main-d’œuvre, et on en obtient des repeuplemens bien plus considérables que si on les eût astreints à employer des semences que souvent ils n’auraient pu se procurer qu’en les payant. 8 °. Enfin, quand on manque de graines forestières , il faut exécuter les repeuplemens par le moyen des plantations , afin de ne pas perdre de temps et de pouvoir, chaque année, opérer les améliorations qu’exigent les forêts. Dans tous ces cas, les plantations sont utiles et souvent indispensables ; mais toutes les fois qu’on pourra mêler le semis à la plantation, 011 obtiendra un succès très-avantageux. Dans ce cas , on plante tout le terrain en bouleaux, marceaux et autres bois de prompte croissance, par rangées éloignées les unes des autres de deux mètres ( 6 pieds ). On leur donne deux légers labours pendant deux ans; et comme ils ont alors assez d’élévation pour fournirde l’ombre, on sème, après le derniar labour, fait en automne, sur des rayons pratiqués entre les lignes de plants, des semences de bois de bonnes espèces , PLA telles que glands, Fdînes' ou châtaignes, suivant la nature ail térrain. On'jiéut àtissi réfandre ces seinen- ces S ta vôl'éfe àvÜiit le dernier labour, et tes recouvrir avec ce labour'; on doit même le faire quand il s’agit de seméncés légères, comme celles dès pins et sapins. Dans le cas'du semis ainsi combiné avec la plantation, on recépera les’ bouleaux quand on aura lieu de craindre qu’ils n’étoufTent le semis ; ce qui donnera d*aitleurs une petite indemnité des avances qu'on aura faites. Alors lés chênes, les châtaigniers ou les hêtres qu’on laissera subsister, formeront un petit taillis capable d’étouffer une partie des souches de bouleau. Lorsque les plantations sont faites avec l’économie convenable , elles ne sont pas beaucoup plus coûteuses que les semis , sur-tout quand il s J agit de petits plants de 3 à 5 décini. de haut, que l’on espace à un mètre ou un mètre 3o décimètres. Elles sont même plus économiques quand on peut se procurer facilement des plants, et que, d’un autre côté, les semences se vendent un peu cher. Quant aux plantations d’arbres à haute tige, elles sont ordinairement plus coûteuses que les semis. Observons qu’à l’égard des plantations comme à l’égard des semis, l’économie ne doit jamais être poussée à l’excès. Combien de travaux ont été inutiles , parce qu’on a voulu opérer trop économiquement , ou parce que les entrepreneurs ont voulu faire des bénéfices trop considérables! Nous avons vu des plantations immenses perdues entièrement par le défaut d’une culture suffisante. On dit que : « Qui plante chèrement plante sûrement », on pourrait dire aussi que qui plante chèrement plante souvent à meilleur marché que celui qui vise, dans le principe, à une trop grande économie. En effet, ce dernier s’expose à recommencer son travail, ou à le compléter par des cultures supplémentaires et des remplacemens de plants qui lui occasionnent plus de frais qu’il n’en aurait fait si son premier travai avait été convenablement exécuté. Il faut donc observer un sage milieu entre les deux excès. Nous allons indiquer les objets principaux sur lesquels on doit porter son attention lorsqu’il s’agit d’exécuter une plantation , soit de plein bois , soit d’arbres à haute tige. Ces objets sont : i°. Le choix des espèces d'arbres qui promettent un succès avantageux , eu égard au sol , à sa situa tuation et au climat ; 2 °. La préférence à donner , parmi ces espèces , à celles qui , sous le rapport des besoins locaux et de quelques autres circonstances , doivent procurer les produits les plus utiles ,• 3°. L’éducation première des plants , pour en assurer la réussite lors de la transplantation ; 4°- L'exécution de la plantation elle-même, avec les soins convenables pour atteindre le même but. Ces quatre objets feront la matière d’autant de chapitres. CHAPITRE III. - DU CHOIX DES ESPÈCES d’aR- BRES QUI, SOUS LES DIVERS RAPPORTS DU SOL , DE SA SITUATION ET DU CLIMAT, PEUVENT ETRE PLANTEES LE TLUS AVANTAGEUSEMENT. PLA f>o7 sol que l’espèce d’arbre qui lui convient, puisque , dans plusieurs cas , tous les efforts de l’industrie n’en empêcheraient point le dépérissement, tandis qu’une autre espèce mieux choisie aurait prospéré dans ce terrain. Il était d’usage autrefois de ne planter que du chêne , sans égard pour la nature du sol. Cette préférence était rnotivée sur la supériorité du bois de cet arbre ; mais cette considération n’est point la seule qui doive guider un propriétaire ; il tirera un meilleur produit d’une plantation de bouleau dans un terrain sablonneux et maigre, que d’une plantation de chêne. Il n’est pas nécessaire d’employer de bonnes terres pour la culture des bois: on doit, au contraire, les réserver pour les productions de première nécessité. Il suffit, dans quelque terrain que ce soit, qu’il s’y trouve de la terre à une certaine épaisseur, quelles qu’en soient la couleur et la nature. Si ce terrain n’a pas beaucoup de fond , et s’il ne peut pas nourrir une futaie, il pourra suffire à l’éducation d’un taillis. Les meilleurs fonds parmi ceux qu’on voudra mettre en bois, doivent être plantés des espèces les plus utiles et les plus précieuses, comme le chêne, l’orme, le hêtre; on placera le châtaignier dans les sables un peu gras ; les pins, le bouleau , le charme , les érables , le marceau , le mahaleb, dans les terrains de médiocre et même de mauvaise qualité et dans les sables maigres. Comme nous avons indiqué , en parlant de chaque espèce d’arbre, et à l’article Terre, les espèces de terrains propres aux différentes essences , nous y renvoyons. La situation du sol n’a pas moins d’influence sur la réussite des espèces; car il serait aussi inutile de planter le pin sauvage dans un terrain bas et marécageux , que de planter l’aune sur un sol élevé et aride. V. Terr A IN. Enfin le climat exerce une influence encore plus puissante sur la végétation des arbres , et c’est en vain qu’on voudrait cultiver dans les pays froids et sur les montagnes glacées plusieurs espèces naturelles aux pays méridionaux. Toutefois , nous devons observer que les essences forestières les plus précieuses de l’Europe présentent l’avantage de bien réussir dans les climats tempérés , comme celui de la France. V. Climat. Nous n’entrerons pas dans le détail des terrains , situations, expositions et climats cpii conviennent à chaque espèce , attendu que nous en parlons dans les articles auxquels nous venons de renvoyer , et dans ceux qui traitent des différentes espèces d’arbres. On peut consulter aussi l’article Pépinière, et le tableau qui est joint à l’article Semis , «.t qui indique sommairement les terrains , situations et climats que réclame chaque essence forestière. CHAPITRE IV.- DE LA PRÉFÉRENCE A ACCORDER AUX ESPÈCES D’ARBRES QUI, PARMI CELLES QUI PEUVENT RÉUSSIR , DOIVENT DONNER LES MEILLEURS PRODUITS PAR. RAPPORT AUX BESOINS LOCAUX. Il est important de connaître les besoins locaux et les espèces de bois qui y sont propres , ou celles On sent combien il est important de ne confier au J qui peuvent, en cas de disette , y satisfaire le plus 6o8 PLA PLA promptement. ( V. ce que nous disons à cet égard à l’article Semis, chap. Z/.jll nous suffira d’indiquer très-sommairement les usages auxquels les principales essences forestières sont employées. On èxploite lé chêne pour en obtenir des bois de construction , du merrain , des échalas , des lattes , dés cerches , dès bois de sciage , des cerceaux , du gros bois de corde , et l’on peut dire tous les bois propres aux usages les plus importans ; mais l’on doit choisir encore parmi les espèces de chênes celles qui conviennent le plus aux besoins particuliers qu’on a en vue de satisfaire. V. Chêne. On exploite l’offlie pour les ouvrages de char- ronage, de menuiserie , etc. ; Le hêtre, pour ceux de fente , de tour , de racle- rie , pour le chauffage , la fabrication du charbon ; Le frêne , pour le charronage , les cerceaux , les ouvrages de tour; Le châtaignier, pour faire des échalas , du merrain ,- d’excellens cerceaux et des pièces de charpente ; Le charme, pour des ouvrages qui exigent une grande résistance contre le frottement, tels que des fuseaux et des alluchons de moulins , des coins et des masses pour fendre le bois , des semelles à mettre sous les deux principales pièces des traîneaux ; des maillets, des montures de rabots, et pour le chauffage et la fabrication-du charbon; L 'aune, pour des ouvrages d’ébénisterie , détour, et sur-tout pour la fabrication des sabots; • Le bouleau , pour faire des cerceaux de futailles, d’assez bons cercles pour les cuves , des ouvrages de tour et de raclerie, et pour le chauffage ; . Le merisier, pour les ouvrages de tour , la fabrication des meubles ; Le sorbier, pour les ouvrages qui doivent résister aux frottemens ; Les pins, pour la mâture des vaisseaux , la charpente , iç chauffage, et pour l’exploitation de la résine ; Le sapin proprement dit, pour faire de petits mâts de barques et de petits bàtimens de mer, des solives , des chevrons , des planches, de la volige ; pour la construction des bateaux et plusieurs légers ouvrages de menuiserie, et pour l’exploitation de la térébenthine-; Le picéa ou épicéa , pour faire des planches et de la volige dèstinées à des ouvrages de peu d’importance , et pour l’extraction de la poix ; Le mélèze , polir la construction de fortes barques, pour la charpente, la menuiserie, et pour l’exploitation de la térébenthine. Connaissant les boi6 qui sont les plus recherchés, on leur donnera la préférence dans les plantations qu’on aura ,à faire, en observant, quant à l’ordre dans'tequèl ces bois doivent être cultivés, suivant que le besoin en est plus ou moins grand ou pressant-, • les règles que' nous indiquons à l’article Se- misL, chap. II. Observons encore- qùe l’on doit donner la préférence atix bois en- feuilles sur les arbres résineux , sur-tout quand il A’agit défaire dés plantations avec des tigés én peu fortes-, comme c’est le cas dans les lieux destinés au pâturage des bestiaux; d’abord parce que les arbres à feuülès sont plus faciles à la reprise, et que , d’un !rutfë\6té , ifs n’étüuffént pas lesherbes, comme les arbres'résineb'x, *dùs lesquels on ne trouve guère que de la mèrhsse. Dans Ce cas, on plante de préférence le chêne, le chariqe, les ormes, les frênes et les érables, etc. ; si le terrain est frais et humide, les peupliers, les saules, Paune : on les espace aune distance telle, que lorsqu’ils seront arrivés à leur entier accroissement, il se troiïve encore assez d’espace pour que l’herbe y puisse croître. Cette observation concerne le pays où le pâturage est d’une plus grande importance que la production du bois; mais par-tout ailleurs, les arbres plantés en quinconce doivent être assez rapprochés pour qu’à l’âge de 3o ans ils forment un couvert. Quant aux arbres qui conviennent à la plantation des Parcs , nous les avons indiqués à ce mot. CHAPITRE V. - DU CHOIX DES PLANTS Qu’üN ACHÈTE OU ÇU’ON FAIT LEVER DANS LES FORÊTS, ET DE LA MANIÈRE D’EN FORMER DA^JS LES PÉPINIÈRES. § 1 er . Des signes auxquels on reconnaît la qualité des plants qu’on se procure par la voie du commerce. Le succès des plantations dépendant beaucoup du bon état des sujets qu’on met en terre, il faut éviter d’acheter des arbres qui auraient cru dans des terrains trop fumés ou trop gras et humides, à moins que ce ne soient des arbres aquatiques, destinés à être replantés près des eaux. Le plant de graine , quand il a des racines proportionnées à sa grosseur , est préférable aux rejets ou drageons enracinés, excepté celui qui a cru dans une terre légère et de beaucoup de fond, parce que n’ayant souvent qu’une racine en pivot, il reprend difficilement. Cependant le plant de rejet est fort bon quand il se trouve pourvu de belles racines; mais il faut absolument rebuter celui qui a été éclaté sur de vieilles souches , et souvent même celui qui a été implanté sur un tronçon de grosses racines, à moins qu’il ne se soit trouvé des racines nouvelles au tronçon , ou, encore mieux, au pied de l’arbre au- dessus du tronçon. Ordinairement ces arbres sont plus sujets à produire des rejets que ceux qui sont venus de semences. Comme on ne peut guère se dispenser de recéper le plant de forêt, que l’on peut employer ou à garnir les pépinières, ou à remplir des massifs , ou à faire des palissades, il faut prêter plus d’attention à l’état des racines qu’à celui des tiges. Celles qui seraient branchues seraient dans ce cas aussi bonnes que les autres; mais il est nécessaire que ces tiges soient vives ; que les boutons soient gros et bien formés ; que l’écorce en soit unie et brillante , exempte de mousse et d’ulcères. On sait que l’écbrée de l’orme et de l’érable est grise et terne : ainsi, pair écorce brillante il faut entendre ceLlê du châtaignier, du hêtre , du frênè . du charme, etc. Quand on achète de la charmille on dè 1 l’ormille pour former des palissades, ou les élever en grand , il laut éviter soigneusement de recevoir les arbres PLA PLA dont les jeunes branches, contre l’ordre naturel, ont une disposition à recourber -vers le bas, parce qu’il est impossible d’en former par la suite de beaux arbres. Ceux qui, viennent de semence sont toujours plus droits que peux de rejets.. Le plant le plus gros n’est pas ordinairement le meilleur; néanmoins il faut éviter d’en acheter de trop petit. Le plant de forêt a le défaut d’avoir germé et de s’ètre élevé dans le terreau que forment les feuilles et les branchages pourris , ce qui en rend ordinairement les racines noires etchifones; cependant, pour peu que les racines se trouvent bien conditionnées, le plant est préférable à celui de pépinière qui n’aurait qu’un pivot. Il faut examiner avec bien de l’attention si le plant n’est pas arraché depuis long-temps; ce qu’on pourra connaître par l’état des racines, qui doivent être fraîches et non ridées. Mais comme les marchands de plants , pour leur donner cette apparence de fraîcheur , les mettent tremper dans l’eau, on pourra éviter cette fraude en ayant du plant dans ses propres bois , que l’on feraarracher par des journaliers , qui procéderont, comme nous le dirons plus loin en parlant de l’extraction des plants. On garantira les racines du soleil et du hàle, en les couvrant d’herbe on de mousse, dont on ne manque jamais, à mesure qu’on l’arrache. Le plant de semis que fournissent les jardiniers peut être employé pour mettre en pépinière, ou pour planter à la place qu’on lui destine. Si c’est du plant de noyer , de chêne, de châtaignier, de marronnier ou d’autres grosses semences, comme on aura nu faire germer ces fruits dans le sable , et rogner leur pivot avant de les mettre en terre, il faudra préférer celui qui , au lieu d’une racine faite en navet, se trouvera pourvu de plusieurs racines latérales , et choisir toujours le plus gros. Mais si c’est du plant de semences menues, telles que sont celles du charme, de l’érable , du poirier, du pommier, de l’épine, etc. , comme il n’est pas possible d’en retrancher le pivot avant de mettre ces semences en terre, on choisira le plant assez menu pour qu’il reprenne malgré le raccourcissement de sa racine pivotante , qui est quelquefois la seule qui s’y trouve. Le plant de pépinière qu’on achète des jardiniers pour en former des palissades ou pour remplir des massifs, ne doit point avoir de pivot, mais un bel empâtement de racines, et le plus fort plant sera toujours le meilleur. Celui destiné à former des palissades doit être de semence, avoir trois ou quatre pieds de hauteur, être gros comme le doigt par le pied , et former deshoussines bien droites ; si, avec ces qualités, il est pourvu de belles racines et nouvellement arraché, on pourra se dispenser de le re- céper. Celui que l’on destine à remplir des massifs peut être indifféremment pris de semence ou de drageons. On peut aisément distinguer ces deux sortes de plants l’une de l’autre, celui de semence ayant sa principale raèine droite, et celle du plant de drageons formant une petite crosse. Les arbres de haute tige, destinés à être plantés en allées ou en avenues , doivent avoir le tronebien Tome II. 609 droit, de 8, 9 ou 10 pieds de hauteur, et de 7, 8 ou 9 pouces de grosseur; leur écorce doit être plus ou moins unie , suivant leurs espèces , sans mousse ni lichen , ni chancres, ni écorchures. Les branches doivent être vives et fortes, rapprochées les unes des autres , ce qui les rend d’un port plus agréable que les arbres qui ont leurs branches fort écartées. L’écorce des rameaux ne doit point être ridée, et l’on connaîtra si les boutons sont bien verts en en arrachant quelques-uns. Les racines doivent être proportionnées en grosseur et longueur à la grandeur des arbres ; unies , vives , fraîches , ni rompues, ni écorchées, ni forcées, ni éclatées. Ces arbres ne pouvant être plantés aussi promptement que ceux qu’on tire de ses propres pépinières , il faudra faire peu de cas du chevelu et des menues racines. On les étête dans la pépinière pour en rendre le transport plus aisé ; mais on doit ménager toute la longueur du tronc pour pouvoir les rafraîchir en les replantant, et les couper tous à une même hauteur. § 2. —De l’âge auquel ilfaut employer les plants. On doit éviter d’employer dans les plantations forestières des tiges qui aient plus de 5 à 8 centim. ( 2 à 3 pouces ) de diamètre près de terre , parce que la plantation de tiges plus fortes est très-coûteuse , et qu’elle ne réussit que dans les bons terrains , malgré toutes les précautions avec lesquelles on l’exécute. Les plantations de toutes espèces de bois qui réussissent le mieux sont celles que l’on fait avec de très-jeunes plants , et avant qu’ils aient acquis trois pieds de haut, parce qu’alors on peut les extraire avec toutes leurs racines. On plante, il est vrai, des arbres bien plus forts ; mais on court plus de risques qu’en plantant de plus jeunes tiges , parce que l’extraction et la replantation ne peuvent s’en faire sans qu’on soit obligé de raccourcir les racines et de changer le rapport qui doit exister entre ces racines et la tige. On doit donc préférer les jeunes plants pour les plantations forestières en massif, et n’employer les fortes tiges que pour les cas où l’on ne peut faire usage de petits plants. § 3 . — De l’éducation des plants en pépinière. Nous avons dit , en traitant des pépinières forestières , que les plants qu’on tirait des forêts étaient rarement bien pourvus de racines; cependant il s’en trouve quelquefois de bons dans les jeunes coupes, et l’on peut aussi en tirer des semis faits à demeure, lorsque ces semis sont trop épais ; mais si l’on n’a point cette ressource, il est indispensable de former une Pépinière. V. ce mot. 11 y a d’ailleurs des espèces d’arbres, le chêne, par exemple, qui , dans leur état naturel, poussent peu de racines latérales, et qui n’ont qu’un fort pivot, qui s’allonge d’autant plus que le terrain est plus meuble et de meilleure qualité. Ces arbres ne pourraient être plantés immédiatement comme plants de haute tige, parce qu’ils n’auraient point assez de racines pour réussir : il faut donc leur faire subir au moins une transplantation avant de les placçr à de- 11 PLA PLA 610 meure. Dans ce cas, on prend de jeunes plants de semis ayant deux ou trqis ans , et on les plante une première lois pour ne les lever et les placer à demeure que lorsqu’ils • auront acquis la grosseur d’un canon de fusil. Le raccourcissement du pivot lors de la première plantation donne lieu à la production d’un grand nombre de racines, qui assurent d’autant mieux le ^uccès de la seconde transplantation. Celui qui n’a pas eu l’occasion de comparer nne plantation laite en hautes tiges de chêne, préparées en pépinière, avec une autre de jeunes arbres non élevés de la même manière , ne peut pas se faire une idée de la différence qui existe entre ces deux plantations. Les chênes formés en pépinière , ainsi que toutes les autres espèces qui ont subi une première plantation, se distinguent par une végétation plus belle et un accroissement infiniment plus prompt; tandis que les autres, ne produisant pendant plusieurs années que de faibles pousses et des feuilles jaunâtres, restent de beaucoup en arrière Quoique cette éducation en pépinière occasionne un peu de dépense , l’on ne peut se dispenser de la faire, toutes les fois qu’on se propose déplanter des tigesde 2mètres60centim. à 3 mètres(8à 10 pieds) de haut. Comme nous avons , à l’article Pépinière , traité de la manière de former des arbres de tige en général , nous y renvoyons, et nous nous bornerons à rappeler ici quelques principes sur la formation d’une pépinière purement forestière, et notamment de chênes. Lorsqu’on veut faire une grande plantation, 011 choisit, à la proximité du terrain à planter , un endroit abrité des grands vents , d’une étendue proportionnée à celle de la future plantation, et dont le terrain soit de bonne qualité : il est très-utile qu’il y ait de l’eau à la proximité. On fait défoncer ce terrain, on le nettoie des mauvaises herbes, et on le met dans l’état d’une terre prête à recevoir du grain. On le divise en carrés par des chemins ou sentiers qui se croisent en lignes droites, comme un jardin d’agrément, et on l’entoure d’une bonne haie. On sème en rayons sur quelques-uns des carrés les graines d’arbres qu’on veut multiplier, et on fait par la suite les arrosages et les sarclages ou binages nécessaires. A l’automne suivant, on couvre le semis avec dés feuilles mortes , et à la deuxième année, on transplante les plants à un pied de distance et en lignes dans une autre partie de la pépinière , qu’on a labourée une seconde fois- On arrose les plants aussitôt après la plantation , et par la suite on y fait les binages nécessaires. Ils restent dans cet état jusqu’à ce qu’ils soient assez forts pour être plantés en massif. Mais s’il s’agit de former des plants de haute tige, suT-tout de chêne, on leur fait subir une seconde plantation lorsqu’ils ont atteint, dans la première, là hauteur d’environ 3 pieds ; 011 raccourcit un peu leurs racines; on les place en lignes à deux ou trois pieds de distance , et on les traite comme nous l’avons dit à l’article Pépinière , pour ne les lever que lorsqu’ils auront la grosseur suffisante pour être plantés à demeure. L’extraction doit s’en faire avec toutes les précautions nécessaires pour ménager leu rs racines. . ah; b . Au moyen«Jaila.pépinu»e .dont nous parlons , on élève sur un petit espaceîxxe quantité de p/latils de bonne qualité, dont la réussite, dédomtriage bien des frais qu’on a faits., Y..indisperi*aWemenif I’àrtiele Pépinière. CHAPITRE VI,— dç la plantatjiqp eu des RÈGLES A OBSERVER POUR EN ASSURER LE,fUCCÈS. Voici les objets principaux sur lesquels on doit porter son attention lorsqu’il s’agit d’exécuter une plantation: i°. Les méthodes de culture à employer ; 2°. Les saisons où il fautplanter ; 3 °. La distance à mettre entre les plants ; 4 °. La confection des trous destinés à recevoir les plants ; 5 °. Vextraction des plants ; 6°. Les retranchemens ci faire à leurs branches et à leurs racines ; 7 0 . Les précautions à prendre lorsque tes plants ne sont pas mis en terre aussitét après lèn( extraction ; 8°. Celles qu’on doit prendre pour leur transport ; 9 0 . Les réglés à suivre pour Fexécution de la plantation elle-même ; io°. La conservation et F entretien des plantations ; 11°. Le recépage et les élagages. Nous allons traiter de chacun de ces objets en particulier. § i er . Des différentes méthodes de culture et de plantation pour former des pleins-bois. Nous indiquons, à l’article Semis., les cultures à employer, suivant l’état où se trouvent les terrains qu’on veut mettre en bois. Y. cet article. Les cultures les plus dispendieuses sont ordinairement celles qui procurent les jouissances les plus promptes ; mais , ainsi que nous l’avons déjà dit, il faut que la dépense soit restreinte à ce qui est indispensable pour assurer le succès d’une plantation, devrait-on n’avoir qu’une jouissance un peu Iplus tardive. , D’ailleurs , quelle que soit la manière que l’on adopte dans ies plantations , l’étendue de leur dépense n’est pas la même sur les différentes natures de sols : il y en a dont la culture offre plus ou moins de difficultés à vaincre , et où par conséquent cette culture est plus ou moins dispendieuse. Les terrains sablonneux sont les plus faciles à cultiver , les terrains glaiseux sont les plus difficiles. Les plantations les plus dispendieuses sont celles que l’on fait sur les terrains qu’on-est obligé de défoncer à 4 ou 5 décim. { 1 5 à 18 pouces ) de profondeur. Ce défoncement, qui ne peut être fait qu’à bras d’hommes , occasionne une' grande dépense ; mais il a aussi une grande influence sur le sucïè* de la plantation. Toutefois, on ne doit l’employer que lorsque l’on veut se procurer des jouissances promptes, comme pour la plantation des parcs d’agrément et des pleins-bois dans les contrées où le bois est très-cher. V. Défoncement. A PLA Les autjçs jnojnièi^ de planter des pleins-bois, étant moins co^tews^, sont pins employées. 1a premi^'ra rfftUSteé préparer le terrain, en lie cultivant ^ la WÀy'i'jflat, si le sol est sain et léger, c’est-à-^tr* ' s’il absorbe facilement les eaux pluviales ; <*> planches plus ou moins bombées, s’il est humiçtë- La st^dhde, qu’on appelle plantation par bandes nltemi& ve3 > consiste à ne cultiver le terrain à la hou f qne par rayons de y à 10 décim. (2 à 3 pieds ) de/argeur , en laissant entre Tés rayons cultivés des intervalles de même largëur non cultivés. Cette méthode est ^ très-employée, et si le terrain n’est pas trop garni de brUyète, elle procure un bon succès. Lorsque le rayon cultivé a un mètre de largeur, onplarite sur chacun de ses bords, de manière que les plants d’un rayon cultivé à ceux de l’autre ne soient séparés que par l’intervalle non cultivé. Cependant il ne faut pàs planter trop près des bandes non cültivéès, pour éviter que les racines des plantes voisines ne nuisent au jeune bois. Lorsque les rayons n’ont que n décim. (2 pieds) de largeur, on plante dans le milieu, de sorte que les plants d’un rayon à l’autre se trouvent à un mètre 3 décim. (4 pieds) de distance. T,a troisième méthode consiste à cultiver tout le terrain à ta charrue lorsque les circonstances le permettent, et à lui donner plus ou moins de façons , pour en rendre la terre bien meuble. Cette méthode est très-économique. La quatrième, qui est encore plus économique, consiste à ne cultiver à la charrue que la partie sur laquelle on veut planter , en laissant le surplus inculte , comme dans la seconde méthode. Mais dès qu’on peut employer la charrue, on ne doit pas rechercher une économie aussi chétive : il faut labourer toute la superficie du terrain. Lorsqu’on prépare le terrain à bras d’hommes, un seul labour suffit; mais si on emploie la charrue, le nombre de labours dépend du plus ou moins de ténacité du terrain, et de l’état dans lequel il se trouvait avant la plantation. V. Semis. Les cultures à la charrue s’emploient le plus ordinairement pour les semis; cependant, si les terrains sont légers , cm peut les employer pour les plantations. Dans be cas, la plantation se fait , soit dans des trous qu’on ouvre sur le dernier labour, comme dans le cas où le terrain est défoncé, soit au moyen du dernier labour : c’est ce qu’on appelle planter à la charrue. Mais les plantations à la charrue exigent beaucoup de précautions pour que le succès en soit assuré. i°. On ne peut employer que des plants provenus de- semis de deux ans, et dont les racines soient par conséquent encore assez souples pour ne pas rompre sous le poids de la terre dont on les couvre avec la charrue. 2 °. On. ne peut planter de cette manière, ainsi que: nous l’avons dit f que sur des terrains très-légers et suffisamment préparés par plusieurs labours, pour que la terre soit bien émiée , et qu’elle puisse recouvrir les racines des plants exactement et sans laisser aucun vide. 6l I 3°. 11 faut trois personnes pour effectuer cette plantation,; savoir, le laboureur, qui conduit la charrue; une seconde personne, qui pose les plants dans la raie, à un demi-mètre les uns des autres; et la troisième, qui en dresse les tiges et les assujettit verticalement avec de la terre prise sur la raie voisine. 4°. Lorsque les plants ont été recouverts par la charrue , il faut les visiter exactement, afin de redresser les racines qui auraient été renversées par le laboureur, et enterrer les racines qui ne le seraient pas suffisamment. 5°. Enfin il est nécessaire de faire cette plantation en automne, et aussitôt que la terre est suffisamment humectée, afin que les racines des plants aient le temps de pousser un peu de chevelu avant l’hiver : autrement le hàle du printemps en ferait périr beaucoup. .* Les quatre manières de planter, ou plutôt de préparer le terrain , que nous venons d’indiquer comme étant les plus en usage , sont beaucoup plus économiques que celles employées dans les plantations de luxe ; cependant, si l’on ajoute aux dépenses qu’elles occasionnent celles de l’entretien des plants pendant un certain nombre d’années , et l’intérêt résultant d’une jouissance plus tardive , que pour les plantations faites sur un défoncement, on trouve que la différence n’est souvent pas très- considérable. Mais, dans les forêts domaniales, où l’on a de grandes opérations à faire avec des .fonds dont la quotité est bornée, et où d’ailleurs l’intérêt de la non-jouissance des terrains est compté pour peu de chose, on doit éviter les cultures dispendieuses , d’autant que les avances et l’intérêt de l’argent pourraient n’être pas en rapport avec les produits présumés : il faut, nous le répétons, garder un juste milieu entre les deux excès. Il y a encore une méthode de planter les bois, qu’on appelle plantation en pots , potets ou paquets, et qui consiste à faire des trous à la distance d’un mètre ou un mètre 3o centim. les uns des autres , sur un terrain non préparé. Cette méthode est la plus économique de toutes ; mais elle ne réussit pas toujours, et nous avons vu des plantations immenses faites de cette manière sur des sables couverts de bruyères, qui avaient manqué totalement. Les plants avaient assez bien végété la première année; mais, à la seconde , il en périt beaucoup, et , à la troisième , le reste fut détruit par les racines des plantes voisines, qui avaient gagné les potets et ravi aux jeunes plants le peu de nourriture qu’ils y trouvaient. Nous devons observer, il est vrai, que l’on n’avait pas eu la précaution de placer la bonne terre dans le fond des potets, et qu’on avait laissé une forme concave au pied des plants, qui, dans ces sables , réfléchissait les rayons du soleil sur la jeune tige, et faisait ainsi l’effet d’un miroir ardent. Les frais de remplacement dans les plantations faites en potets sont toujours considérables , à moins qu’on n’ait l’attention défaire les trous très-larges, ou que le terrain soit peu garni d’herbes et d’arbustes. § 2 . — Des saisons où il faut planter. Le temps pendant lequel on peut planter les ar- 77 * 6 12 PLA bres commence à l’époque de la chute des feuilles en antomnW, et se continue jusqu’au moment où les bourgeohs se gdaflent au printemps. On pént, sans doute , avec dé grandes précautions , réussir à faire reprendre un arbre qu’on planterait hors de cet espace de temps, même en été) mais, dans l’économie forestière ainsi'que dans l’économie rurale, cette plantation hors saison ne peut être admise. Maintenant quelle est la saison, soit de L’automne, soit de l’hiver ou du printemps, qu’on doit préférer ? A cet égard, il faut consulter la nature et la situation des terrains, quelquefois l’espèce d’arbres qu’on veut obtenir et enfin Les moyens dont on peut faire usage pour corriger les vices du sol. L ’automne est le temps le plus favorable pour les terres légères et sablonneuses; il faut même, sur ces terrains, plaùter "debonne heure, et si on n’a pas assez de,bras pour faire la totalité de la plantation avant l’hiéer, il vaut mieux ne planter qu’une partie dû terrain dans cette saison et remettre la'plan- tation du surplus à l’automne de l’année suivante ; car sur de semblables terrains, les plantations ne réussissent au printemps que lorsque cette dernière saison ost pluvieuse. On peut dire même que l’automne doit, en général, être préféré dans toutes les espèces de terrains qui ne sont pas trop humides. Les premières pluies de l’automne rapprochent les terres près des racines des plants ; l’humidité se maintient, et si la température pendant cette saison et pendant l’hiver est douce, les plants commencent à pousser du chevelu. Au printemps suivant, ils se trouvent tout disposés à végéter avec succès. Vhiver, lorsqu’il est doux , permet de continuer les plantations dans les mêmes terrains que ceux dont nous venons de parler, et leurs résultats ne diffèrent de ceux qu’obtiennent les plantations de l’automne , que par l’époque plus ou moins rapprochée de cette saison, à laquelle elles s’exécutent; mais souvent l’on court des risques en plantant pendant l’hiver T :‘les gelées peuvent survenir et forcer d’ajourner une plantation pour laquelle tout aura été disposé. Le printemps est la saison qu’on doit préférer, i°. pour les terrains frais et humides ; i°. pour les terraÎH*' légers, lorsqu’on peut donner un fort arrosage anx plants aussitôt après la plantation, opération qui peut souvent se faire sans qu’il en coûte autant qu’on pourrait se l’imaginer, et qui a l’avantage de tasser la terre près des racines et de remplir les vides qui s’y trouvent; 3°. lorsque le temps est pluvieux. Dans ces différens cas, la reprise est assurée; mais si on tie peut, dans les terrains qui ne sont pas naturellement humides, faire l’arrosage dont nous parlons, ou si le printemps est sec et chaud , les plantations de cette saison éprouvent de grandes pertes, parce que la terre reste trop veule, ng$e rapproche pas a^sez des racines, et qu’elle ,se laisse pénétrer..par la sécheresse. Les plants qui n’ont poussé”aucun chevelu languissent et périssent en grande partie; observons encore qu’au printemps le liàle esfc/phiaà craindre qu’en automne, et qu’il PL\ faut se hâter dé pkriterUec'Sabres aussitôt après qu’én'èn ù fifit î’éitiwttS'Mu Les plantations doivent dbnc avoir lieu que dans les circoflStaWca»qu«iiouBdvons indiquées; mais daps,^cfi;çqgs,tan4 fs elles auront souvent plus de succès que les plànLtions' d’automne , par la raison que les plants nv resteront pas aussi longtemps dans l’état d’inertie o. se trouvent ceux qu’on plante en automne , et qu’au moyen de l’arrosage, leurs racines seront à i’ifruant enveloppées par .la terre qpe. l’eau aura, entra^nqe avec elle; ce qui, dans les plantations d’automne, se fait que petit à petit et par l’effet des pluies. De ces observations il résulte que , dans les terrains légers ou peu compactes, il faut planter en automne ou dans L’hiver, et*que les plantations de ces deux saisons doivent' se faire par un temps sèc., afin que la terre étant plus divisée i mieux 'émiéc, se range et se tasse bien autour des racine*;'que dans les terrains frais et’humides et dans ceux ; qui ont de la consistance, on doit planter ! >auJpriii- temps; que l’on peut et doit même préféré? le prin* temps dans des terrains ordinaires, lorsqu’on esté même de procurer un fort arrosage au pied des plants , aussitôt après qu’on les a rois en terre.i bous avons dit qu’il fallait aussi avoir égard aux espèces d’arbres qu’on avait à planter. En effet,Iles pins et sapins doivent être plantés de préférence au printemps, au moment où leurs bourgeons dôm- mencent à se développer. V. Pins et Sapins. Quant aux moyens qu’on peut employer pour rendre les terrains propres à être plantés dans une autre saison que celle indiquée par leur nature et situation, ce sont les arrosages pour les terrains légers, les moyens d’assainissement pour les terrains humides , les mélanges de terre, etc. V. Pépinière. Du reste , il ne faut jamais planter les arbres par la gelée, ni parla pluie, ni dans la boue, parce que, dans le premier cas, les racines pourraient êti© endommagées, et que, dans les deux autres, la terre s’arrangerait mal autour des racines. § 3. -T- De la distance à mettre entre lesplànts. La distance à mettre entre les plants doit être déterminée par la nature même de la' plantation qu’on veut exécuter et l’objet qu’on se propose, comme aussi par la qualité du terrain et la hauteur à laquelle les arbres doivent parvenir. 1: Les arbres subsistent bien plus long-temps et deviennent beaucoup plus grands dans les bons terrains que dans les mauvais. C’est une raison pour les moins rapprocher dans les premiers que daùs les seconds , et l’on sent que dans ces derniers ils lue couvriraient pas le sol et se montreraient mal conformés et sans hauteur , s’ils n’étaient pas plus serrés que dans les terrains fertiles. Les grands arbres que l’on plante sur les routes , en avenue, en quinconce, en futaie, ou sur des pâturages, tels que les chênes, les ormes, les hêtres, les châtaigniers, les noyers, les niarrpnniers^ tilleuls, les platanes, les érables, doiventêtte plus espacés que les arbrei dont les tiges et les branches prennent râoins de grosseur et d’ampleur,,comine les peupliers, et notamment celui d’Italié; les pin*;, PI / 1 P LA 615 les sapins, les, «ypajès<»jlê*.;?Wf j s i ars » .l es aunes j les trembles, les frétés ^PF^f®*! 5 j,lé s ltpuleau^- Vpki qpto.fkV Üstapce à laquelle on doit , - il .. A 1 . Esp'acèmj/W&tèBWiïédffiiàf fes - alléeÿ et avenues. Nous av<iil s’agût de grands arbres, comme les orqiqs^ lesjtoyers,.les,châtaigniers, qu’on doit rarement place! à moins de 10 mètres les uns des autres. Ln.dist&nce de 6- ou 7 mètres ne devrait être adopféa que pour les terraihs maigres, où les arbres acquièrent peu de grosseur et de hauteur ; mais dans les bûDS fonds, un tel rapprochement nuirait à l’assainissement des routes et aux cultures des propriétés voisines. Les grandes routes de la France, dont on estime la longueur totale à 2,222 myriamètres ( 5 ooo lieues), si elles étaient plantées d’un seul rang d’arbres de chaque «été, et à la distance commune de 8 mètres, offriraient à la consommation générale près de 6,000,000 d’arbres, et comme plusieurs routes sont ou peuvent être plantées d’une double rangée d’arbres de chaque côté, le nombre des arbres des grandes routes ne serait pas moindre de 9 à 10,000,000. Des calculs établis sur la longueur des routes de la France en 1801, la portaientà 20*000 lieues , et le nombre, d.’arbre$ qu’on pouvait y planter à 20,000,0009 mais ces calculs, malgré l’étendue du territoireà cette époque, paraissent exagérés. V. Arbres des routes. C. Espacement pour les plantations sur les endroits destinés au pâturage. Quand on veut planter des pâturages avec des plants de haute lige, pour y former de grands arbres , il faut, si on nq veut pas perdre la jouissance des herbes, espacer les plants de 8 à 10 mètres les uns des autres, et dans ce cas on emploie de 100 à i 5 o tiges pat hectare; mais si les arbres sont destinés à former des têtards, il suffira de les espacer à 5 ou 6 mètres, et alors on emploie de 260 à 4co tiges. Lorsqu’on n’a point en vue la conservation du pâturage, on peut placer les plants à 3 mètres de distanœ f II faut alors 1090 tiges par hectare, et dans cet état de rapprochement, les arbres présenteront, à Fàge de- carteront d’une manière incroyable délia forme circulaire qu’ils doivent donner aux trous , et l’on sera obligé, lors de la plantation de chaque arbre; dé rectifier la forme des trous et l’alignement des arbres. Duhamel indique un autré moyen, que l’on suit plus ordinairement pour la plantation des avenues et des quinconces. On place en alignement plusieurs jalons sur une ligne, trois par exemple; ptiis ou plante entre deux, aux endroits où doivent être les arbres , des échalas, ensuite d’autres, et enfin d’autres encore, à volonté. A mesure que l’on plante, celui qui dirige la plantation vérifie les ali- gnemens sur les jalonsqu’on laisseenplace jusqu’àce les arbres soient plantés, et pour cet effet on fuit en sorte que cçs jalons ne se rencontrent point aux endroits où doivent être établis les arbres. Quand les arbres ont une courbure, on met leur face droite dans le sens de l’alignement. Quant à la profondeur et à la largeur que doivent avoir les trous, elles se déterminent le plus souvent d’après la qualité du sol et la grosseur des plants. Ainsi, lorsque le terrain est de bonne qualité , il suffit ordinairement que les trous aient les dimensions nécessaires pour (juè les racines y puissent être placées dans leur position naturelle; mais si le terrain n’est pas bon, c’est le cas de faire les troua un peu plus larges, afin que les nouvelles racines qui doivent pousser puissent pénétrer pliis facilement dans la terre qui les entoure, et ne soient point arrêtées dans leur développement par des pierres-ou des couches de tèrres compactes ; ce qui ajouterait à l’état de souffrance où se trouvent toujours Tes arbres dans les premières années de la plantatidn. Duhamel a présenté les considération^.suivantes sur la profondeur à laquelle il faut planter les arbees. Un arbre planté, dit-il, un peu avant en terre est moins exposé à être renversé par le vent,; ses racines courent moins de risques d’ètre dessépjiéespar : ,(*). M.. Hartig, préfère les trpus ,cirçnil«içe»!flpx hW carrés , parce qui cette figure eçt plus en rapport avec. ceUe que forment les racines dii pîànfl PLA PLA 6i5 le soleil, ou d’être endolnmagéea.par lesfortes.ge- léea d’hiwr-j Sallesjous^èivtj mip^ris de rejets que celiesjqui,,sos£ pj^Je* lï ^uperfi'ciê, du terrai», JSéanxrvoifi^joes ^onsjaeraubnà né doiveet pas engagée à planter les àrb'rei trop avant en terre ; car il est41expéxig»ee que'lès arbres trop enterrée languissent; justju’à.'de qu’il sé soit développé de nouvelles raeines^plu 4 ‘'élèvéfes„et comme il y 4 à *8 Plants de la grosseur du doigt. 6 à 8 22 à 30 3 à 4 12 à 14 Plants plus petits... 3 à ^ 12 à i| 2 à 3 8 à i 2 Plants très petits, ayant de 3 à 6 décimètres (1 à 2 pieds) de haut. 2 à 3 8 à 12 I à 1 ; 4 à 6 Quant à l’ouverture des trous, on y procède ainsi : on sépare les terres qu’on extrait , suivant leurs qualités respectives 5 on place les gazons à droite ; la bonne terre qui vient ensuite, à gauche} et la. mauvaise terre du .fond , devant soi , en ayant soin d’en retirer les pierres. Par cette attention, qui ne coûte pas plus de temps que si on ne faisait qu’un seul tas, en recouvrant les bonnes terres par les mauvaises, on a l’avantage de trouver sous sa main chaque nature de terre, lors de la plantation, et de 6i6 PLA pouvoir les choisir suivant le besoin. De plus , la séparation des terres présente cet avantage, que l'influence atmosphérique agit bien pins promptement sur les trois petits tas, et améliore et divise bien mieux les molécules de la terre, que si on les eût réunies en une seule masse. Observons, en terminant ce paragraphe, qu’au lieu de faire des trous pour la plantation des arbres d’une certaine hauteur dans les terrains maigres , il est plus avantageux d’ouvrir des tranchées d’une largeur et d’une profondeur suffisantes; les arbres y poussent avec plus de vigueur, parce que leurs racines s’étendent de droite et de gauche dans la terre nouvellement remuée. § 5 . — De Vextraction des plants. L’extraction des plants doit se faire avec beaucoup de précaution, si l’on ne veut compromettre le sùccès dé la plantation ; mais il est rare qu’on y procède avec la prudence nécessaire. Les ouvriers ne savent pas toujours combien il est important que les plants soient pourvus de nombreuses racines’et qu’elles ne soient pas endommagées , et d’ailleurs ils prennent quelquefois peu d’intérêt nu succès de la plantation : de là vient que l’on voit des plants arrachés avec une telle insouciance , que l’on erp irait qu’ils sont destinés au feu , et de là par conséquent le mauvais succès de tant de plantations, qui auraient bien réussi moyennant plus de précaution dans l’extraction des plants. Un propriétaire qui entend bien ses intérêts ne doit employer à ce travail que des gens entendus; il ne doit pas les presser, ni les faire travailler à la tâche : c’est particulièrement le soin qu’il faut exiger d’eux. Voici les règles à observer pour la bonne exécution de l’opération : On choisit autant que possible un temps doux et humide pour opérer la déplantation des arbres ; l’air chaud çt trop sec ou la bise, frappant les racines , peut tuer l’arbre en quelques heures. Les arbres verts sur-tout sont très-exposés à ces accidens. 2 U . Chaque ouvrier doit être muni d’une forte houe bien tranchante, d’une, bêche et d’un fort couteau bien acéré. 3 tf . Les plants de haute tige doivent conserver une longueur de racines de 4 à. 5 décim. ( io à 18 pouces) depuis la tige jusqu’à l’endroit où on les coupe. Quant aux plus petits plants, la longueur de leurs racines doit être au moins de 3 à 4 décim. ( 12 à 1 5 pouces). 4 °. Pour extraire le plant, l’ouvrier doit se placer à une distance de la tige égale à la longueur que doivent conserver les racines, pratiquer tout autour une petite fosse étroite, et couper avec une bêche bien tranchante lés racines latérales qui se trouvent en terre. Cela Fait, on coupe avec la bêche , qu’on enfonce de biais sons la motte de terre, les racines qui descendent perpendiculairement ; ensuite on lève le plant bien droit avec sa terre, qu’on détache des racines avec la main ; mais si le plant et la terre sont trop lourds ponr qu’on paisse les soulever, on dégage la terre avot la houe. Dans ce cas, on a bien soin de ne pas endommager les racines ,■ et à cet' effet on évité dê'VfOp èhfoncer l’instrument; on dî- PLA rige chaque coup de hoyau de manière-à ne couper atteune ratine principale , eW ce que les différente» ouvertures que l’on fait, soient, par rapport k la tige, comme le» rayons d*tine roue sont à son moyeu. Lorsqu’on a ainsi dégagé 1 a terre des racines, on soulève le plant bien droit, comme nous l’avons dit, et jamais de cAté, parte qu’on s’exposerait à faire éclater les racines et à perdre le fruit- de la peine qu’on se serait donnée. 5 °. A mesure qu’on lève le» gros plants, on les >lace à l’ombre , dans une position inclinée, bu en es couchant parterre, llest important, pour la conservation des racines , qu’ils ne restent point exposés au soleil et qn’on les manie avec ménagement. 6°. Quand il s’agit de lever de petits plants d’une pépinière ou d’une terre meubla , l’ouvrter, placé à ta distance convenable, enfonce sa bêche un peu de biais , soulève doucement la terre nvfefc les plants , dont il prend une poignée , dt qu’il arrache ainsi , parce que de cette manière on endommage moins de racines. 7». S’il s’agit d’extraire de très-petits plantsd’une terre humide dans nn bois, on les arrache également par poignées, après les avoir soulevés avec la bêche, ce qui est à-la-fois plus expéditif et plus favorable aux racines que si on les enlevait seul à seul. Lorsque les circonstances permettent de planter les arbres avec leur motte, c’est un très-grand avantage ; il faut, dans ce cas, éviter de laisser tombtr la terre en levant les plants, les placer aussitôt dans des corbeilles ou dans des caisses, les transporter ainsi au lieu de la plantation , et les planter avant que la terre ne se dessèche et ne tombe. Quant aux grands arbres que l’on replante avec la motte , parce qu’ils reprendraient difficilement si on opérait autrement, il faut les lever dans l’hiver lorsqu’il gèle , afin que la terre ne tombe pas durant le transport. On pratique , par un temps doux , une tranchée autonr de l’arbre, on le lève ensuite quand la motte est gelée, et on le transporte sur une voiture basse au lieu de la plantation , où l’on a préparé le trou avant la gelée. Cette sorte de transplantation est trop coûteuse pour être pratiquée dans les forêts ; elle ne doit avoir lieu que dans le cas où il s’agit' de remplir un vide dans une allée par un arbre dont la grosseur ne soit pas trop disparate avec celle des antres arbres. Les règles que nous venons d’indiquer , et celles que nous avons déjà établies à l’article Pépinières, sont de la plus grande importance ponr l’extraction des plants, si l’on veut assurer le succès de la plantation. Des arbres arrachés sans précaution ne reprennent point, ou n’ont qu’une végétation languissante, et ce défaut de succès devient l’occasion de regrets et de nouvelles dépenses. § 6. — De la taille des racines et des branches. Nous avons déjà parlé de oet objet à l’article Pépinières et aux mots Habiller les plàAtS; mais a raison de l’importance de l’opération , il né sera pas inutile de rappeler ici quelques principes. ■; Lorsque les plants ont été levés avec les précautions qu’on vient d’indiquer, on doit s’occuper de la taille à faire à leurs racines et à leurs branches : sans cette opération , les racines , raccourcies ou muti- PLA PL* lues, par J’extràpti<>n t ,n®4P9Mrjr%ie^»eiiyQyer aux, branche* |U quantité qaturrituré -qui. Leur, gérait néççe»» ire ; ie ,pew 4 e, |ève 4 e, l’arbre se répartirait et se diviserai? tellement dans,le grand nombre des branches,, qu'à peine W s “vaisseaux s’en (ixruveraient à,,moitié, remplis^ la circulation s’arrêterait et l’arbre dépérirait 5 de plus , les racines, frappées et meurtries par là bêche an momfnt de l’extraction , seraient exposées à pourrir, ou du moins elles prendraient^en moins d’accroissement et formeraient bien moitié de nouvelles.racines, que si on avait eu soin.de les relraicbir avtc un instrument bien tranchant. Il est donc nécessaire d’enle-yer des racines toutes les parties mutilées, et de retrancher en même temps assea de branches pour que ce qui reste de racines puisse suffire, au moins dans le principe, à nourrir le jeune arbre. On se sert, pour cette opération, de la serpette de jardinier. La section qu’on fait aux racines doit être nette et dirigée de manière (tue' la plaie repose sur la terre au moment de la plantation; ensuite om coupe rez tronc les branches inférieures, et cm raccourcit les autres en dirigeant la section de bas en haut, et à telle distance qu’on le juge nécessaire , pour établir un rapport convenable entre les racines et la tige. Ainsi, les plants qui seront pourvus de nombreuses et bonnes racines pourront conserver plus de, branches que ceux qui ont peu de racines, ou qui n’en ont que de mauvaises. L’ex- perience prouve aussi que dans les mauvais terrains il faut retrancher plus de branches aux jeunes arbres que dans les bons. Cette taille est utile et nécessaire toutes les fois que les racines ont été endommagées par l’extraction ; mais si l’on peut planter l’arbre avec toutes ses racines, le retranchement des branches n’est point, nécessaire. Cependant, observe M. Hartig, elle est,encore utile dans ce cas, par«e que l’arbre nouvellement planté souffre toujours, et qu’il ne tire pas autant de nourriture de ses racines transportées dapsUne nouvelle terre, qu’il en tirera lorsqu’elles auront bien repris. Lorsqu’il s’agif de plants destinés à former de hautes tiges, on doit ménager leur tête avec soin ; rnaisjpour les arbres destinés à former des têtards ou des baies, on Leur coupe la tête en bec de flûte et à la haeuteqr qu’on juge convenable. il est cependant inutile d’observer qu’un plant auquel on a coupé la tête peut devenir un très - bel arbre de,haut lût, ainsi qu'on le voit notamment parles ormes, qu’on est généralement dans l’usage d?étêter. 11 se forme une nouvelle tête, qui remplace la première , sans qu’il resta de trace de l’amputation. Ainsi, quand un arbre a trop de longueur et qu’il ne peut soutenir sa cime, il faut la lui abattra'. 'V: Péprrrtëèe. \M. JlartJg assure que c’est un préjugé de croire que les. arbres résineux ne puissent supporter l’am- putatipn.de leurs branches ni de leur tête. Il a élagué de jeune? plants d’arbres résineux ayant de 3 à 6 decim- (1, à 2 pieds) de,haut, et il dit qu’ils ont mieux profité, cjut^ceux auxquels il avait laissé toutes leur? brançljep; mais, ajoutp-t-il, un ébranchage complet, sur dp forts pianos,,4 e 9 e genre, a toujours To.M£ II. 617 eu des suites funestes, bien que les gros plants s’ac- çQçnruodent aussi bien que les-petits, d’nn éLagagc partiel, et qui ne>se prolonge pas au-delà de- la-moi- tié de là tige. , Duhamel avait également observê.queLç retranchement des petites branches sur les, arbres résineux ne leur faisait point, de tort. .Nous ajouterons à. ces observations .que l’on est généralement dans l’usage, d’élaguer les pin? dans le Maine, et que, plusieurs propriétaires., au nom lue desquels nous citerons M. Delamarre, qui a fait de grandes plantations de pins , et publié jun excellent traité de la culture de ces arbres,, pratiquent, aussi l’élagage. .... Mais les grands praticiens s’accordent tous sur ce point, que l’on doit procéder avec beaucoup de discrétion à l’élagage .des pins.. . On doit, par conséquent, en mettre plus encore quand il s’agit de retrancher des branf bas à de jeunes sujets que l’on transplante. § 7. — De la conservation des plants qui ne doivent pas être transplantés aussitôt après leur extraction . Il arrive très-souvent qu’on ne peut transplanter les jeunes arbres aussitôt après qu’ils ont été extraits et habillés. Si on laissait leurs racines à l’air, elles seraient bientôt desséchées et dépourvues de tout principe de vie. Il est doné indispensable de les préserver de l’action de l’air ; ce qui se fait de différentes manières, suivant le temps pendant lequel on veut les préserver, et les circonstances dans lesquelles on se trouve. La méthode la plus naturelle consistes faire une grande tranchée , dans laquelle on les place debout tout près les uns des autres, en les inclinant un peu, et à recouvrir leurs racines avec de la terrernfeuble. Mais si les plants doivent rester depuis l’automne jusqu’au printemps sans être mis en place, On choisit un endroit où la terre soit fraîchement labourée et bien meuble. On réunit ensemble plusieurs plants, que l’on dresse verticalement , et dont on recoifvre les racines avec la terre meuble, comme si on plantait à demeure ; ensuite on place de nouveaux plants dans la petite tranchée circulaire dont on a tiré la terre pour couvrir les premiers plants;'on couvre ceux-ci de la même manière , et l’on continue ainsi de suite , en formant le rond , jusqu’à cé que tous les plants soient placés et que les intervallesde leurs racines soient parfaitement remplis avec de la terre bien Jivisée. L’opération faite, on arrose fortement toute la masse, qu’on laisse dans cet état jusqu’au printemps. Les plants ainsi enterrés n’éprouvent aucun dommage , tandis que si on se fût borné à (ouvrir le dessus des racines sans en remplir les vides avec de la terre, elles se seraient détériorées, ainsi que les tiges, pendant le cours de l’hiver; mais si la plantation ne doit être retardée que de quelques jours ou de quelques semaines, il suffit de jeter de la terre syr les racines sans les enterrer , pour qu’elles pèse dessèchent pas. On peut aussi, quand la plantation doit se faire peu de jours après l’extraction, plonger 618 PLA les racines dans de l’eau, s’il y en a à proximité; ce qui n’exige aucun travail et remplit le même objet. §8.— Des précautions avec lesquelles on doit exécuter le transport des priants. Ces précautions doivent avoir principalementpour objet de ne point endommager les plants en en formant des bottes ,■ d’éviter la rupture des rapines et des branches , et de prévenir le dessèchement des racines. Il y a plusieurs moyens de parvenir à ce but ; nous en avons déjà indiqué quelques-uns à l’article Pépinière. V. ce mot. 11 faut que les plants soient empaquetés solidement , mais cependant de manière qu’ils ne frottent point las uns contre les autres, et encore moins qu’ils soient froissés par des harts et des chaînes. Quand le lieu de la plantation n’est pas éloigné et que le ciel est couvert, on peut les transporter en bottes sans antre précaution; mais s’il fait au soleil, il est utile découvrir les racines avec un drap, et de les arroser de temps en temps pendant le voyage ; si les plants doivent rester plusieurs jours en route , il convient d’èntourer les racines de mousse , et d’en remplir leurs intervalles , de bien mouiller cette mousse, et ensuite d’envelopper le tout d’un drap. On jette de l’eau, tous les jours, sur la mousse qui entoure les racines. A l’égard des petits plants qu’on aurait à envoyer fort loin et en petite quantité , on leur raccourcit les branches et les racines, on entrelace bien celles- ci les unes dans les autres, et on lie ensemble les jeunes tiges en plusieurs endroits. Alors on remplit les vides qui se trouvent entre les racines avec de la mousse sèche et hachée ; ensuite on prend de la paille longue, dont on lie l’extrémité inférieure , et on l’étale en forme de cercle ou de roue , comme pour les calottes dont on recouvre les petites meules de grains dans les campagnes, et l’on place la botte de plants perpendiculairement dans le milieu du cerclé de paille; puis on relève la paille autour de la botte de plants , en la fixant avec plusieurs liens de saule , et on arrose la partie où se trouvent les raciries. On peut, de cette manière, faire voyager des plants fort loin sans qu’ils éprouvent le moindre dommage. Outré ces procédés , nous en indiquons plusieurs autres à l’article Pépinière. V. ce mot. § 9. — De P exécution de la plantation , et notamment de celle d’arbres à haute tige. Lorsqu’on a préparé les trous ainsi que nous l’avons dit, que les plants ont été extraits avec les précautions indiquées, qu’ils ont été traités suivant les règles , transportés au lieu delà plantation , et placés près des trous où ils doivent être mis, il ne reste plus qu’à les transporter avec l’attention convenable , et à y procéder le plus promptement pos-' sible, pour que les racines ne restent pas trop longtemps hors de terre et à l’air. Voici les règles à observer : 1 “. Les tiges , ainsi que nous l’avons déjà dit, ne doivent être enterrées qu’un peu plus qu’elles ne l’étaient aupmravant. PLA 2°. Ilfaut avoir soin que les racines conservent leur pàsition tiatifrêlle’. etsür- toüt que lef racines latérales soierttptàhéès bffiiitiritdtënient. 1 3 °. On doit rémplir eiaél'efrient toiis'les'ifides qui se trouvent entre les racines avéè lp inéilicure terre et la mieux divisée’, que l’on tasse té mièusc possible. 4 °. Il faut, lorsqu’on en a la facilité , aOnnéruh fort arrosage au plant avant que lé trod Soit parfaitement rempli , afin que la terre se rapproche bien des racines, et que celles-ci conservent l’humidité nécessaire. Quand le défaut d’eau rte permet pas d’arroser , on raffermitdoucement la terre après que le trou est rempli, afin de maintenir l’humidité; maisde'moyen est loin de valoir le mouillage que nous conseillons. Comme nous avons, en parlant de la confection des trous, indiqué les règles à suivre pour l’alignement des plantations, notamment dfe celles qui se font en avenue et en quinconce, nùùs rte reviendrons point sur cet objet. Quant à la questioH,ci e savoir s’il faut Orienter les arbres, c’est-à-dire s’il faut leur conserver la même position qu’ils avaient avant dans la pépinière, 11 paraît, d’après les expériences de Dubérrrêi , que cela n’est pas d’une grande importance. V. Orienter. Avant de mettre le plant dans le trou, on y forme- un lit avec les gazons qui en ont été extraits en premier lieu et déposés en un tas particulier. On donne à ce lit la hauteur convenable pour y placer le plant ; on piétine ces gazons, qu’on a placés la racine en l’air, et assez près l'un de l’autre; puis on place le plant bien droit dans le milieu du trou, et on en recouvre les racines avec la bonne terre bien émiée. Pendant cette opération , on soulève les racines latérales avec le doigt, afin de leur donner la direction horizontale , et on agite doucement la tige, en la soulevant et la rabaissant, afin qile la terre la plus mince s’insinue bien entre les racines. Lorsqu’elles sont exactement recouvertes de cette menue terre, on y verse une quantité d’eau suffisante pour en former une sorte de bouillie ; ensuite on remplit le trou avec la mauvaise terre extraite en dernier lieu, ou, ce qui est bien plus avantageux, avec de la bonne terre que l’onprend dans le voisinage; enfin on raffermit le tout en piétinant doucement. Comme la terre se tasse nécessairement, il faut que le trou , étant comblé , soit un peu plus élevé que le reste du terrain. Si le lieu est fortement exposé au soleil, on fait lever du gazon, dont on couvre la surface du trou pour empêcher le dessèchement de la terre. Enfin lorsque l’arbre est fort et sans tuteur, on forme autour de sa tige une butte pyramidale de 10 à îôcen- tim. (4 à 6 pouces) de haut avec de la terre ou du gazon, pour empêcher, autant que possible, qu’il ne soit ébranlé. § 10. — De la conservation des plantations et dt leur entretien. Les plantations sont exposées à dés accidens qui sont d’autant plus nombreux, qu’elles ont été faîtes avec moins de soin et d’intelligence : c’est sur-tout .lors dé leur entretien qu’on juge du mérite de la prernrèi 1 ^ opération. Si une ptàntation est faite avec PLA dç mauvais nli^ QHj.dfcs essence? contraires à la nature du sjj£, un ■ terrai* mal préparé pu «lans.unç sa^sor^dé^y: érable, elle exigera «les binage? ÿlps £/équ,èns çt plus prolongés, des remplace- mon? plu? ^nombreux , .et malgré çes travaux , elle n,^ donnera jamais autant de satisfaction qu’une plantation to.iénx faite- Les foips qu’exigenl la conservation et l’entretien dns .plantation? varient aussi suivant qu’il s’agit d’arbres isolés ou de plantations en massif. Le? arbres isolés , que l’on plante ayant de 2 à 3 mètjres do haut., prit souvent besoin d’être soutenus par des piquets, ou tuteurs, pour que le vent ne les ébranle pas. Ces piquets doivent être d’une longueur et d’une grosseur proportionnées .4 celles du plant, d’un bois de .longue durée , et charbonnés par le pied à une hauteur suffisante poqr cm’élan.t; enfoncés, la partie brûlée dépasse la superficie de la terre d’environ 3 déciu 1 !;^ 1 * pied). Cela est utile, parce que tout pr^s de terre 1*alternative,de l’humidité et de la sécheresse est Fréquente, et que le bois s’y pourrit bien plus vite que dans la terre même- Il est également important d’enfoncer les piquets dans le trou avant de planter l’arbre , parce qu’autrement on blesserait les racines, et que te piquet 11’aurait point la solidité suffisante. On enfonce donc le piquet dans le milieu «lu trou, et l’on a soin de placer le plant du côté du nord, afin qu’il reçoive un peu d’ombre* de la part du piquet aux heures les plus chaudes du jour. Lorsque l’arbre est planté, on l’attache avec le tuteur par plusieurs liens d’osier, qu’on ne doit pas serrer trop fort, et on place entre le plant et le piquet un bouchon de paille ou de mousse pour empêcher le frottement 5 de plus, il faut, dans les lieux fréquentés par les bestiaux et le gros gibier, garnir les arbres d’épines à la hauteur d’un mètre 3 décim. (4 pieds). Quand cette défense est encpre insuffisante, on entoure l’nrbr.Ç de plusieurs piquets ayant un mètre 6 décim. (5 pieds) hors de terre, qu’on lie ensemble par de fortes harts, pour défendre tout accès. Dans les temps de gelée et de neige, les lièvres et les lapins mangent l’écorce des arbres ; il faut, pour la garantir, entourer le pied de ces arbres avec de la paille longue, jusqu’à la hauteur de âo à 65 centim. (un pied et demi à a pieds) ; mais le mieux est de détruire ce gibier. Lorsqu’on plante un terrain en quinconce, il est extrêmement utile de le faire labourer pendant les iremières années .de la plantation, et d’y semer de ’orge ou de l’avoine; niais jamais , observe Duhamel , du sainfoin ni de la luzerne, parce que leurs racines nuiraient aux arbres. On continuera ces cultures jusqu’à ce que l’ombre des arbres étoufFe l’herbe : elles dédommageront des frais de labours. On en usera de même à l’égard des pâturages qu’on aura plantés de grands arbres, et on ne les rétablira dans leur état primitif de pâture , que lorsque ces arbres se seront bien enracinés. A cette époque , le frottement des bestiaux sera bien moins nuisible qu’immédiatement après la plantation, où il occasionne la rupture des germes délicats qui se développent sûr les racines 5 çe jqui dpnne lieu à la perte d’ün grand nombre d’arbres. PLA 619 Quant aux arbres plantés dans des prés dont on veut ménager l’herbe, ou dans d’autres endroits qu’on ne peut cultiver, on ne laboare avec la bêche ou'la houe qu’un espacede 5 ou 6 pieds autour de chaque arbre. La première année «le la plantation de ces arbres, on donne trois façons à ceux qui n’ont pas été huttes , une au printemps, la seconde en été et la troisième en automne. La seconde année, on les conduit de la même raanière. La troisième année, on ne leur donne'plus que deux façons, et la quatrième on ne -cultive que les arbres les plus faibles. Dans les plantations faites sur des terrains légers, il faut avoir l’attention d’attirer les eaux au pied des arbres ; sur les terrains humides, il faut préparer le terrain de manière à les en éloigner. . , On peut, à l’égard de? files d’arbres qui doivent être bordées d’un fossé, se dispenser d’en cultiver les pieds ; pn se borne à rejeter la terre du fossé du côté des arbres. Cette opération une fois faite, on 11e leur donne aucun labour ; on se contente de temps en temps de curer le fossé, pourréparerla berge, tiui 11e manque pas de s'affaisser. Cette répaj-ation se fait, en premier Lieu, au bout de 3 ans ; pour la seconde fois, au bout de 6 ans, et pour la troisième, au bout de 10 ans : alors les arbres sont assez gros pour se passer de toute espèce de labour, et pour n’avoir plus besoin d’être protégés par le fossé. Ainsi, quand on entretient un pareil fossé, passé ce temps , ce ne doit être que dans la vue de donner un égout aux eaux , ou pour interdire aux vpitures le passage dans les terres emblavées. Ce fossé tient donc lieu de toute espèce de labour; il fait plus , car il lassemble auprès des arbres une provision d’eau de pluie qui leur est très-avanta- euse, et il protège les arbres contre les attaques es animaux. Duhamel, qui conseille■ cette pratique, s’en est toujours bien trouvé pour les arbres qu’il a plantés en avenue. Quelque attention qu’on ait eue à n e planter que de bons arbres , quelque soin qu’on ait apporté à les bien planter et à leur donner ensuite las labours convenables, il 11’est pas possible qu’il n’en périsse quelques-uns par accidens. Si on négligeait deiles remplacer, les plantations seraient en peu de temps dégarnies ; il est donc important de réserver , lors de la plantation, quelques beaux plants, que l’on cultive dans la pépinière en bâtardière. Il arrive quelquefois que ces arbres nouvellement plantés périssent à la même place de ceux qu’ils ont remplacés ; ce qui peut être attribué à quelque cause particulièrement nuisible à l’espèce d’arbre. Duhamel conseille , dans ce cas , de planter une autre espèce, et sur-tout le peuplier blanc, qui vient très- vite et gagne bientôt les autres en grosseur. Les plantations en massif ou de plein bois doivent être protégées contre l’accès des bestiaux, du gros gibier , des lapins et des lièvres par des haies ou des fossés de largeur suffisante, ou tout autre moyen de clôture. -V, Fossés, Haies, Palissades. Quant à la manière de les biner, elle dépend de celle qu’on a suivie pour les exécuter. Si la planta- 78* 6îo PL A P'LÀ tisn a été faite sur tin terrain défoncé ou labouré et plein , et si les rangée/dé plants soiit à une certaine distancé 1 , ' on labotireru les intervalles à la clarrue. et on se servira de la houe ou du boyau pour cultiver le pied des plants et les espaces qui les Séparent sut la même rangée. Lorsque la plantation est faite en rayons ou en potets, on se"-sert de la boue^pour biner toute la partie du terrain qui p. été çultivée en premier lieu. Ces binages ont lieu deux fois par an , pendant 3, 4 ou 5 ,aqs, selon que les terrains sont plus ou itoins disposéi à se qouvrir d’herbes et arbustes nui- s.bles. Le premier binage se fait vers lafin du printemps, .av^nt que les herbes soient montées en graines, et le second en automne. V. l’article Pépinière , ciop. Illf. Ç 3. Dans les plantations faites sur des terrains entré- remeqtt,labourés, on peut semer des grains la pre- ruère année, tels que du froment ou du seigle. Cette culture indemnise d’une partie des frais de la plantation. A la seconde ou à la troisième année , surtout si les plants sont très-espacés, on sème une ligne êe graines d’arbres , comme nous l’avons dit, entre les rangées de plants. Cette pratique est très-avan- f;euse , et dans ce cas l’on peut se contenter de planter des arbres de prompte croissance, comme le tremble, le bouleau, le marceau, puisque les semis seront faits en chêne, hêtre, châtaignier et autres essences précieuses. Lorsqu’on ne fait pas concourir le semis avec la plantation pour garnir un terrain, il faut avoir soin de remplacer , chaque année , les jeunes plants qui viennent à périr, pendanttout le temps fixé pourl’en- tretien de la plantation. ( il. — Du recépage des petits plants en massif et des élagagcs des arbres isolés. l'fôusavonsdéjà dit, à l’article Pépinière, chap. III, § 6 , que lés recepages sont inutiles et même nuisibles dans les bons terrains, où les plants poussent avec S’igueur ; mais si la plantation languit, si elle a été endommagée par la gelée , par la grêle ou l’a- brouflssement, le recépage est indispensable. On ne doit donc, à l’égard des plantations en massif, les séules qui'soient dans le cas d’être recépées, se ddterminer à faire cette opération que dans le cas où la nécessité s’en fait sentir. La vraie règle pour connaître s’il faut recéper, est d’examiner si le plant périt par la cinre et repousse du collet : cette marque de dépérissement indique un dérangement dans l’organisation de la tige. Le retranchement de la partie viciée donne lieu au développement d’ime nouvelle pcstisse mieux constituée^ et fait produire à la souche; plusieurs branches, qui forment des radiées; mais , aùîaht qUe possible ; on ne doit recéper que les bois qu’on destine à former des taillis , et rarement cèûx qui doivent venir en futaie, parce qu’il est j5lbfiiT‘antageux,'dansce dernier cas, de n’avoir qu’a* jét. .11 vaut mieux élaguer ces derniers ou se eontedter de couperles jets les plus faibles. Le rùdêjiâgé a lieu ordinairement, dans les mauvais îCrtÿrntSxïù'lo'bois languit, à la cinquième année , et souvent encore 4 ans après ; ensuite dè ce second reeépagé, leâ ll rachédfcSônt bien formées , et on «e les reCèpet jdiis:' 1 ‘° ( î JS11 ' ùim r • Lorst^’on retêpe de ]éUrtéS (i feèïSp; iLfaùt bleh prendre garde d’éBranléf’leAéacihe/i'fetpdur'y jiro^ céder avec sûreté , 1 l’oiittier apmiîë'lë saboticdùfté le pied de l’arbre 1 ;' il 'tire à lui là ÜiVùe de là m^in gauche, et au moyen d’une serpette bïAit'tràrtfchahte qu’il tient de la' main droite, il toùpfc la : tîgé 1 du jeune arbre le plus près de terre qu’il est pBssfbhret en pied de biche. On a Soin, comme noirs l’dvfms dit à l’article Pépinière, de faire les amputàfions du côté du nùrd, afin que la plaie ne se dessèche plis trop promptement. L'élagage des arbres n’a point lieu potir eeux qu’on plante en massif, lôrs même qu’Oft emploierait des plants de haute tige. Ces arbres s’élagtiertt dVnX- mêrnes; les branches les plus vigoureuses prennent le dessus ; elles étouffent les plùs faibles, qui périssent peu-à-peu, et pât-eétfëlagàge naturel^ 1 les’bihn- ches vigoureuses prennent 1 tirie direetiùfi drùîtfe'et régulière. V. cependant ce que nous èohéè tlitdu $ 6 pour les Pins. 11 n’en est.pas de même des arbres isolés? Comme ils jouissent de l’air de tous côtés, toutes leurs branches s’allongent, et leurs têtes prendraient une forme si désagréable, que dans plusieurs circonstances tes arbres deviendraient de peu de valeur, si on n’avait pas l’attention de les élaguer et de conduire leurs branches suivant l’objet qu’on s’est proposé’en les plantant: voici, sur cet important objet, les principes généraux établis par Duhamel. Il est bien reconnu que le retranchement des grosses branches nuit aux arbres et diminue leur valeur; car, bien que les amputations se recouvrent de bois et d’écorce, il reste toujotirs à l’arbre un vice intérieur; le nouveau bois qui recouvre la plaie ne s’unit point à l’ancien, il ne fait que s’appliquer dessus, et il existe dans l’intérieur de l’arbré une plaie ou une soLutiOn de continuité qui , pour li’è- tre pas apparente, n’en est point pernicieuse. Plaie. On convient que le retranchement des grosses branches fait moins de tort aux ormes qu’aux chênes , aux noyers et aux pins; cependant le tort qu’il fait aux ormes est assez considérable pour qu’on doive l’éviter. Quant au retranchement des petites branches, il peut bien nuire un peu à' la végétation des arbres en les privant d’une partie de leurs feuilles; mais il ne fait aucun tort à leur bois. U faut donc se hâter de j-etrancher celles qui sont mal placées, avant qu’elles aient pris de la grosseur : c’est le seul mdyen (l’entretenir de belles avenues, de former de beaux arbres de serviee sur les routes, et d’éviter les plaies intérieures , les gelivures, les solutions de continuité ; *ti un mot, les défauts qu’-On remarque lorsque l’on abat des arbres auxquels on a imprudemment retranché de grosses branches. 11 Le retranchement des petites branches doit se faire successivement et non en une seule fois,en commençant par les plus basses, parce que si on les conpaft à mesure qu’elles paraissent, pour no laisser ctOürè qde le - jet principal, les arbre* s-'élève- raiérrt feètùféoùp, maïs' sans prendre asset^deiorps, PL A P LA 6a i ni. ces adirés, devanus grêles,.,ne pourraient résister à l’effort des vents ni au poids^çje,givre j dqjpjua, en itîéVfguapt lesajb^gnp peu7à,-peu,,-0flleur,fgit produire unq.plvagramJej'qu^ULtité de,racines-, attendu que fos ajrbpas.poussent,en racinespropprtion- nellemetntè q%qu’ils ont.de branches à nourrir. S’iljsp (développedes.,hrandiesgourmandes, il faut les retren£}iar .tpn,t près du (tronc rix , a 5 ,oob fr. , ét au plus haut, 100,000 fr. Que ’on juge des ressources immenses qu’un propriétaire préparé à sa fa-mille quand il peut faire des sacrifices plus considérables et donner des soins éclairés à la culture de ses arbres. ConiHieBCus avons traité, aux articlesqui les concernent, des Boutures , des Plançons ou Plantards, des Couchages et Marcottes , ainsi que des Semis et Pépinières , nous renvoyons le lecteur à ces diffé- ; rens articles, de même qu’aux articles qui traitent ■Je chaque espèce d’arbres én particulier. CHAPITRE VII. —1 résÔmé des principes contenus ait présent Article. Après avoir exposé avec les détails nécessaires les principes relatifs aux plantations, il nous parait utile de les Tappélèr succinctement. Nkttére ^situation dti ‘terrain.^ L’exposition et la naturê -cTu Sbf exèrtént stir ies végétaux la pins grande irifluteriee; ét 'dôivebt servir de gtrîde oa'rts PL A toute plantation. Tout le monde sait , par exemple, que le pêcher,.l’abricotier, etc., ne prospèrent qu’à L’exposition du midi; le sapin qù’â rexpaptidlrau nord; que le pin.-sauvage et le nêfre 1 stint lés 1 sertis qui.croissent sur leâ hauteurs et ïèW Üépx 'tréi-bàt- tus des, vents; que le hêtre, le châtaignier, le pin, etc., périraient dans lés lieux bas èt aquatiques , qui conviennent aux peupliers ëtauxsaülès. Un bon sol, comme on spit, convient à presque tous les arbres; on sait aupsi que lés érables , lé charme , le bouleau, le pixtsauvage sur-tout, Raccommodent; de tout terrain, même du plus mauvais^ mais personne n’ignore non'plus qu’il 'est dès esp’è- ces plus difficiles ; que notre beau chêne'péiïontul'é, par exemple, qui s’élève â plu* de loopiéds dahs les terres argileuses , profondes et un p£u fraîches , u’est plus qu’un arbre de 5o pieds au pins dans les terrains arides. • Préparation du terrain. — Il y a plusieurs ornières de préparer le terrain destiné à t*etevolr l üne plantation : 1 •• le défoncément en plein'et’à lé pVo- che, qui est le mode le plus coûteux “'niais le 5ïüs sûr; 2 0 . la culture ep plein à la houe; M. la cnlturè à la houe par rayohs, en laissant des intervalles non cultivés; 4°- le labour à la chàrrue en plein OU par rayons ; 5°. la confection des trous sur un terrain non cultivé; 6°. l’ouverture de tranchée^ pour les plantations de ligne. Ces différentes méthodes doivent être déterminées d’après la nature du terrain, la dépense qu’on peut faire , et les jouissances plus ou moins promptes qu ’011 veut obtenir. Une des causes qui s’opposent le plus à la réussite d’un arbre, c’est la petitesse du trou où on le place. En effet, si dans un terrain compacte on plante trois arbres dans des trous de grandeur' différente , par exemple de 3 pieds , de 2 pieds et d’un pied et demi en tous sens, les trois arbres Choisis d’égale grandeur et d’égale vigueur seront, au bout de peu d’années , de grandeur et de vigueur très- différentes; l’arbre du plus petit trou sera toujours languissant. TJn arbre ne prospère que lorsque le sol, livrant aux racines un passage facile, leur permet de s’étendre pour puiser au loin la nourriture nécessaire. C’est d’après ce principe que, si l’oii veut, dans les plantations en massif, accélérer la croissance dés arbres, on défonce la totalité du terrain, et que si l’on veut planter une avenue dans un Sol maigre ou compacte , il convient d’ouvrir une tranchée dé 6 pieds de large , dans laquelle on plantera les arbres, ou au moins de iêloncer une lisièré de terrain de la même largeur dans toute la longueur de chaque rangée d’arbres. Le défoncement d’un terrain remplit le double objet de briser la terre et de placer à portée des racines la bonne terre de la surface; souvent même il améliore le sol, en mêlant des couches de densité et de nature différentes ; car on sait qu’un térrain trop léger et un terrain trop tenace se corrigent avantageusement par le mélange. Il est bon, avant de planter un arbre, de piocher le fond du trou où de, ta tranchée , et d’y déposer pour efigraïs "des garons, des herbes et toutes sortes ÇLA de dÇïbTis.d^SuhstaAÇ^^géitalüapt animales qu.’on 4M fip?ç£Æ™ï°ffc s » W}»*ertare des trqu^etW, 3 ?ffln c ,?(^,^ dpjvçjit précéder de quel- qu'é.fepips )à çlaffliàtion aliti que les neiges, les gelées et, les pluies divisent 1[a terre , et qu’elle a’im- prègne (les gq^i atmosphériques ; mais dans les terrai nstégçr^ cette méthode.pourrait être nuisible, en rendant cjsà terres plus légères encore, et par là trop faciles à'céder au soleil'et au hâle du printemps l’hurnKUtè .nécessaire à la nourriture des arbres. Çhfftp; des arbres. — Il faut, dans les plantations forestières , préférer lés espèces d’arbres qui promettent le débit le plus avantageux, et en général les bois durs aux boÎ6 blancs et aux arbres résineux, lorsque le terrain et le climat le permettent. Le choix des plants est de la plus grande importance; ceux qu’on élève en pépinière ou qu’on tire des.qepjj^sqftt les meilleurs,,^ . On né PfMf Ve dispenser, de.. faire subir des transplantations préparatoires aux a,rbres qui sont naturellement pourvus d’un long pivot, pour leur faire prpdpjre des racines latérales. Hpst de? arbres, tels que le chêne , le pin , etc., qui sont difficiles à la reprise. Lorsqu’on veut en former un bois , on les choisit tout petits , ayant 2 ou 3 ans; mais il vaut encore mieux les semer en place. Il en est d’autres, tels que les peupliers , les tilleuls, les ormes, les platanes, les frênes, les marronniers, les merisiers, les pommiers, etc., qii’on peut transplanter déjà âgés d’une quinzaine d’années; mais en général plus un arbre est jeune et mieux il supporte la transplantation, et plus sa croissance est rapide : aussi choisit-on des arbres de 5 oii 6 ans tout au plus. Une chose qu’il ne faut pas négliger dans le choix des arbres, c’est de comparer d’avance le terrain où l’on r veut les.planter avec celui de la pépinière dans laquelle on se propose de les prendre. Si le terrain de la pépinière est le meilleur, les arbres se ressentiront de là différence , et si cette différence est trop grande , la plupart seront exposés à périr. Déplantation des arbres ■—Le succès d’une plantation dépend beaucoup du soin qu’on met à cette opération. La reprise d’un arbre arraché sans soin, et dont on a meurtri les racines, est toujours fort incertaine. Si l’arbre à déplantèr est un peu fort et s’il est précieux, il faut çommèncer la fouille d’assez loin, au lieu de creuser tout de suite tout près de l’arbre; 11 faut, autant que possible, conserver toutes les racines dans leur longueur, au lieu de les couper, comme on fait souvent, à un pied de distance du tronc. Il est vrai que le travail est plus long; mais la reprise.de .l’-arbreest plus assurée. Les racines des plants de liapte tige doivent conserver de 1 5 à 18 pouces de longueur, et celles des plants plus petits, de 12 à 1 5 pouces. Si l’on veut transplanter un arbre très-fort, on fait , par un temps de gelée , autour du tronc , une tranchée circulaire profonde et assez distante de l’arbre t pour qu’il conserve une forte motte' et la majeure partie des racines; on verse de’ljegu sur la motte; lorsque celte eau est gelée, la motte aîa çpn- PLA 620 sistance nécessaire pour que l’arbre puisse être enlevé et transplanté sans’que ses racines soient ébranlées. On choisit, autant que l’on peut., un temps deux et humide pour opérer la déplantation des arbres. L’air chaud, trop sec, ou la bise, frappant à découvert les racines, peut tuer l’arbre en quelques heures , quelquefois même en quelques instans. Les ambres verts sur-tout sont très-texposés à ces accidens- Transport des arbres. —Un emballage très-soigné doit abriter parfaitement les jeunes arbres des-, tinés à un long voyage. 11 est prudent, avant'dlera- baller les arbres Verts, de tremper à trois ou quatre reprises leurs racines (en mettant quelques heures d’intervalle entre cbaqueimmersion) dans une bouillie composée de terre glaiseuse, de bouse de vache et d’eau, Cet enduit contribuera à leur conservation ;• mais le plus sûr moyen pour ces arbres et pour ceux qui sont difficiles à la reprise, c’est de lesdairo voyager dans des pots ou bien dans des paniers, où il est maintenant en usage de les élever pendant les premières années. Préparation des arbres. — Aussitôt l’arrivée des arbres fatigués par une longue route , il faut tremper pendant 24 heures leurs racines dans de l’eau île fumier, couper en sifflet l’extrémité de chaque grosse racine, de manière que cette coupe repose sur la terre lorsque l’arbre est debout, et conserver le pivot aux racines des arbres de haute futaie, etc., qui doivent résister aux vents et puiser leur nourriture dans la profondeur du sol. Si le chevelu est trop sec, on le retranche ; s’il est encore frais, on se contente de le raccourcir un peu. On raccourcit aussi les branches ét les rameaux , en les proportionnant à la force et à la bonté des racines qui doivent fournir la sève ; mais il ne faut point couper la tige au-dessous des branches, sur-, tout si l’arbre est fort. La privation de toute jeune branche rend la sortie des nouveaux bourgeons pLus difficile, et cette mutilation laisse dans l’intérieur d’un tronc destiné à la charpente une solution de' continuité nuisible. Les arbres verts résineux souffrent si on touche a leurs racines; ils souffrent aussi si l’on touche a leurs branches ; ils ne supportent pas facilement le retranchement de leur tête sans se détériorer : le chêne , le tulipier, le marronnier et d’autres arbres sont dans ce dernier cas. Plantation des arbres. —Etendre les racines dans le trou , les environner de la bonne terre de la surface, bien émiettée, afin qu’il ne reste aucun intervalle vide, ne pas trop enfoncer l’arbre, et bien l’affermir contre le vent, sont des points essentiels. Si l’arbre est petit , on facilite l’introduction de la terre autour des racines en le secouant et soulevant légèrement, et s’il estfort, en l’inclinant tantôt dans un sens, tantôt dans un autre pendant qu’on le plante. Pour qu’il ne reste aucun vide, on piétine doucement la terre entre les racines à mesure qu’on les couvre. Dans les terrains légers et secs, le collet de la racine peut être enfoncé de plusieurs pouces au-dessous du niveau du sol , qu’on a soin de tenir un peu concave autour de l’arbre pour retenir l’humidité ; PLA da^s^lërlieuvtmMiMes êtw eonhrave, »i*'t*isçar le col- lrftîjyià' éacfrMî *U*nlveMi 4m «oty** 1 •■M-*#iombU la Péft% fh ’^nrtle'aiJtour dW frotté*,-'afin d’éloigae* i’hu- tâfà&jfttÇkxfaiêf''- - **•> ’ :i EÇjMttetoeht.dês àrbéés\~-—ij& bal offeti d ? »a* pfan- difiofl'èŒ sa dùréé"dépeifde*it>--d»-lh'distancer eonrrfei ij il file' 6&ikèr^Wbiitimptement,-et on" rl’é fl tient qu’trhe'jbtirwarçéè éphémêrer^ tJn môyen 'dd’jouïr promptement d’oùe-planta- tièOti iT’qrtéiiërit , ert eonservfcrtt aux arbres et aux arbrïssèaùjcles 1 'distantes nécessaires , c’est de pian- <ét dès tétifTfes"ths' plamte» Vivaces ( asters, verges d’prj soleils , qtç.) dads léi intervalles qu’ils laissent èpt’r», $ux Tes premières années, mais-qu’ils- sont dpsifi/iés’W rempliR' il en çfet 8e même d’une ave- ttueT'd^iné' tJantrftion forestière, dan* lesquelles plà'cër ërittré dès arbres qui croissentlente- rrielfÿ qtlï‘Vilênt lqnpf-temps et qui doivent devenir'! t’resi-grÜqds'^ ‘des arbres dont la croissance est rkpldé'. la'Vie courte , et qui-doivent être exploités preasepièiA i'I’ëpcxpi'e où leur présence est super- ftife'èj pphinîçncbrait à devenir nuisible. Y. Avenue. 1 JQ>oque , dks. plantations. — En général, on peut planter depuisfa chute des feuilles jusqu’au moment où.,élleS 1 , sd^tenoüvellent ; pendant tout ce tèirt ps on évité dè plsrtiter lorsque la terre est délacée par là'pluâé'j on réunie en mottes par la gèlée.' “ V - : “ Da'nS les sôls légers et chauds , il est avantageux île' hlanier eri aMomne; on plante aussi en automne léè yêgétalixïqiiî poussent de bonne heure au prin- tëmps, ’On ^lanfc'aü printemps dans les endroits humides et ti&àà léis sfols argileux ; on plante égale- /n’ért, iu printërüpÿ les arbres qui craignent le froid ei: ceux qui ÉÆt des tacines tendres et charnues. Ori dqplaiîtfé et où transplante les arbres verts an moment où leurs jeûnes pousses commencent à s’allonger ; ce qui a lieu vers le milieu du printemps. Iles expériences prouvent qu’on peut planter les arbres verts et même les arbres ordinaires vers le milieu de l’été. A Fégard de ces derniers , après ayoir .raccourci >eldrlla règle les branches et les-ra- ineau'x, il convient de couper avec des ciseaux fuites les’feuilles tout près de la base de leur queue; les. boutons placés à cette base ne tardent pas à développer des feuilles nouvelles. On sent que pour cette plantation d’été des arrosemens fréquens et toùsles autfès soins indiqués «Ont de rigueur. $oins des plantations. — Les jeunes arbres ont besoin d’être déTendus'contre Ite vent par-un tuteur, contre les bestiaux par des-ëpines ; -etc. 1 Le tuteur PLA doit être plaCcëavantl’arbee-; on risque êe'déchirer les racines en l’enfonçant après cmip/Pouy lesirr- bres verts* mt peu-lWtè, q«£ donnent true'grande pris» au< snent-y on affermit le- tuteur par trois-petîtes fourches en crc-bout*r»tf «car le moindre mcnivwnent rompt les nouvelles racinej, très-tendres lorsqu’elles commencent à poindre , et cette rupture , plusieurs fois répétée, met la vie de l’arbre ea danger. Rien n’active la végétation comme les labours; il ne faut pas négliger d^fert faire au moins nù chaque hiver pendant les premières années. . ' Un lit degazon', de mousse, île court futnjiçr^de tbin ou de paille hachés , de fougère ou dë j tôul' àti- tré corps léger ; placé" après le labour sur le terrain d’une plantation ou autour du pied d’un grbre, conserve au sot,-s’il est léger, l’hnmidité néèessaire , et 8’ibest fort, l’empêche de se durciret de se gercer par l’action du soleil. C’est la seconde année qu’on -èommence à enlever les branches superflueh, pour donner à 'l’artrriè la forme qu’il doitavriir. . ; Ii arrive'quel que fois qu’un arbre botidè la première année , c’est-à-dire qu’il né donné pi foriiflet ni aucun signe de végétations on peut espérer de le voir ‘pousser tant que son écorce n’est point desséchée. Le lecteur trouvera à l’article Travaux les modèles de différons actes concernant lés plantations à faire dans les forêts royales et communales. PLANTATIONS DES ROUTES. V, Arbres des routes et Routes. PraXTATIONSCLAN-DESTINES DE TABAC. Y. Tabac. PLANTE, du latin planta. Les plantes so»t des êtres organisés, vivans, insensibles, incapables de déplacement spontané, tirant leur nourriture de la terre et de l’atmosphère. Sous le nom de plantes, les botanistes comprennent tous les végétaux; les arbres, les arbrisseaux , les arbustes, les herbes, les champignons, les mousses , les lichens , etc. Pour l’organisation des plantes, V. Physiologie ve'gét. Pour leur classification et la manière de les étudier, V. Botanique. V. aussi les mots Air , Acide , Alcali, Arbre , Aubier, Bois, Bouton , Carbone, Chaleur, Eau , Ecorce, Epiderme , Feuilles, Fleur, Fibres, Frvit. Gaz , Graine, Lumière , Moelle , Nutrition ,• Racine , Résine, Semence, Sève, Vaisseaux, et surtout le mot Physiologie végétale, où il est donné des explications sur toutes les parties des plantes et sur les fonctions de chacun de leurs organes. PLANTOIR. C’est un morceau de bois rond et court, pointu à l’une de ses extrémités , recourbé à l’autre, quelquefois ferré par le bout , dont les jardiniers et les pépiniéristes se servent pour les repiquages de semis d’arbres, et pour la transplantation de jeunes plantes potagères ou d’ornement qui n’ont encore qu’un petit nombre de racines. Pour les boutures et les plançons d’une certaine longueur, on fait usage de plantoirs plus longs, dont la pointe «6t tsès-aiguë et armée de fer, et qui sont traversés par des chexilles horizontales À une certaine hauteur, dont l’objet est d’arrêter l’instru- PL A 6a5 PL A meut quand on l'enfonce, afin que tous les trous aient une égale profondeur* PLANTL.LE ou PLU MULE , plaatula. Rudiment de la tige, placé dans 1# cavité des lobes séminaux , et qui se développe et sort de terre au moment de la germination. PLAQUE, du latin plaça , fait du grec plax , lame de métal peu épaisse et aplatie. Les bandoulières des gardes sont décorées d’une plaque portant l’empreinte des armes de France. Circulaire du ai octobre 1814 .) PLAQU1LLAGE. Même chose que Plaquis. PLÀQlHS. Ou appelle ainsi, ou miroirs , les entailles que l’on fait aux arbres de réserve pour y appliquer l’empreinte du marteau. PLATANE, platanus. Genre d’arbres de la mo- noécie polyandrie , et de la famille des amen- tacées. JQénopiinatipr\. Le nom générique de platanus vient du mot grec plains, qui signifie ample , large, à cause de la grandeur et de l’étendue de son feuillage. Arbar lote spargens ramas, umbree tantum gra- tid expetila ,• plates, hoc est à latitudine nomen sortita. 11 se nomme en grec platanos; en italien et en espagnol, platano; en anglais, plane-tree ; en allemand , platan. Histviie. Le platane est, après le cèdre, l’arbre le plus vapté de l’antiquité. Les poètes, les historiens, les naturalistes, les voyageurs, tous se sont empressés de le célébrer. Homère lui donnait l’épithète d’ombrageux , parce que les anciens avaient coutume de prendre leurs repas sous son feuillage. ^ irgile dit, mais par erreur, que l’on greffe le pommier sur les platanes stériles : Et stériles plaUini malos gessêre valantes. Georg., lit). II. Horace invite Hirpinns à boire le falerne à l’ombre d’nn pin ou d’un platane : Car non sub allô vel plata nu, vcl hôc Pins jacentes . Potamus uncti ? Les Grecs, ce peuple si sensible aux bienfaits de la nature, l’ont cultivé avec le plus grand soin. Les jardins d’Epicure en étaient décorés : c’est là qu’A- ristote, au milieu de la foule de ses disciples , jetait suc. la nature ce, coup-d’œil vaste qui nous a appris à la bien connaître. Toutes les avenues des portiques où les citoyens allaient s’instruire à la philosophie étaient plantées en platanes. .Suivant Fausa- nias, les Lacédémoniens donnaient le nom de Pla- taniste à une ile de l’Euripe couverte de platanes , et où la jeunesse s’exercait aux combats. On y passait sur deux ponts : à l’entrée de l’un était uue statue d’Hercule , et à l’entrée de l’autre on trouvait celle de Lycurgue. On voit encore aujourd’hui quelques platanes dans cet emplacement, situé dans la Morée, sur le rivage de Yasilipotamo, au sud- est de Dromos. C’est dans les plaines du Plataniste que , suivant le poète Théocrite , on cueillit autre- lois les fleurs qui servirent à faire la guirlande dont la belle Hélène fut couronnée le jour de ses noces. Hérodote raconte que Xercès trouva en Lydie un ToMfi IL si beau platane u’R l’entoura d’un collier d’or , et en confia la garde à l’un de* dix mille immortels. Æliea ajoute qu’il pesaa aae jouraée antière sous son ombrage, et campa aux environs tans autre motif que celui de le contempler, ce qui lui fit manquer le moment de la victoire. Socrate avait coutume de jurer par le platane , ce qui offensa les habitons de Mitta, parce qu’ils regardèrent comme, ua grand crime de jurer par un si bel arbre. Le platane fut cultivé en Perse , où l’on en fait encore aujourd’hui un cas particulier non-seulement à cause de sa beauté, mais parce qu’on prétend que sa transpiration , qui s’annonce par une odeur douce et agréable, se mêlant à l’air, communique à l’atmosphère des qualités bienfaisantes et une vertu naturelle contre la peste. Les habitans assurent, au rapport du chevalier Chardin , qu’il n’y a plus de maladies contagieuses à Ispahao, leur capitale , depuis qu’on a planté cet arbre dans les jardins et les rues de cette ville. Ceux qui ont voyagé les derniers dans cet empire ont été étonnés en effet de la beauté des jardins royaux d’ispahan, qui sont plantés en platanes, qui sont toujours verts , malgré la chaleur excessive du climat, par les soins que l’on prend d’entretenir la fraîcheur des racines par des rigoles d’eau courante. o Le platane, dit Pline ( liv. XII , chap. » er .), fut apporté à travers la mer Ionienne, en l’îlç de Diomède (aujourd’hui Pélagosa), pour orner le tombeau de ce roi. De là il passa en Sicile, et bientôt après en Italie. Maintenant on trouve des platanes jusque dans le pays des Morina ( peuples maritimes des Gaules, sur la côte du Boulonnais); mais ils y sont sujets à un impôt, et ces nations nous paient jusqu’à l’ombre dont nous les laissons jouir. Denis l’Ancien, tyran de Sicile , fit transporter des platanes dans la ville de Rhège , et les fit mettre , à titre de rareté , dans le jardip de son palais. Ce jardin devint ensuite un lieu d’èxerçice. » Ce fut vers le temps de la prise de Rome par les Gaulois, qu’on apporta pour la première fois des platanes en Italie. Depuis , ils y ont acquis une si grande estime, que , pour les faire croître , c’est avec du vin qu’on les arrose ; car on a remarqué que cela faisait beaucoup de bien à leur» racines : ainsi nous avons appris même à nos arbres a s’abreuver de vin : Docuimusque etiam arbores t'ina poti\re. r> On a beaucoup parlé des platanes qui étaient dans le Lycée à Athènes, et dont les racines, encore plus longues que les branches, s’étendaient jusqu’à 33 coudées. 11 y a présentement en Lycie un fameux platane , sur un grand chemin , auprès d’une fontaine très-froide. La cime de l’arbre ressemble à une petite forêt ; ses branches sont si grosses et si grandes, qu’on dirait que ce sont autant d'arbres, tellement qu’il couvre de son ombre un vaste terrain; et afin qu’il ne manque rien ji sa ca vite pour ressembler complètement à une grotte , elle est revêtue , en dedans et en rond , d’une bordure de pierre-ponce couverte de mousse. La chose est si merveilleuse, que I.icinius Mucianus, gouverneur de la province de Lycie, a cru devoir transmettre à la postérité qu’il avait mangé dans cette dix-huit personnes; qpe , dans .ee fes- grotte avec 79 PLA 6a6 tiin , U n’yi*Vfiif t ppnr,ji,t*,(le I tafilf, que des feuilles-, •Xqw’id | frouyépacfaitenieut à l’abri du veut ; qt>enl’6p(dwWuj-n , comme IfîLwj Baqon ,-est- le premier qui ait enrichi ses jar- !Jésénté , Un inc 6 m'é*fiemt, qui oblige beaucoup de colons américains à le tOttpér dans les environsde leur demeure, c’estqué; daWs les chaleurs de l’été, les poilsde ses fetfiiies sé détaéhent naturellement, voltigent dans l’air, et affectent les yeux de démangeaisons insupportable». Oii ne s’est pas encore plaint de cet inconvénient'en Frafice; mais il est probable r ajoute cet auteur ,-qiifilAloit y avoir lieu comme en Amérique. Slim ' M. de Malesherbes, en seniant de là graine de cette espèce de platane , a oblenù une variété très- singulière , à laquelle il a donné le nom dé platane tortillard , parce qu’on voit sur sa tige des espèces d’anneaux comme sur une colonne à bossages. Varennes de Feuille dit que la prompte décroissance dans la grosseur de cette mêmè tige à mesure- qu’elle s’élève, n’est guère moinséxtra'aTdiiwiïc. M. de Malesherbes présumait que lé piatftUedOrtjl- lard, à raison de la déviation dans les fibres lèiigi- tudinales, devait être très-bon-pOtir des moyeux, et il en a fait un premier essai qui lui a réussi. Climats , terrains et situations. — Lé-platane d’Oc- cident se plaît dans un terrain de bonne cjbalitë, plutôt frais que sec, et dans lés climats tempérés. Il vient aussi dans les sols médiocres*,'pourvu qu’il» ne soient ni trop arides ni trop.comparie»; et l’on peut dire qu’il réussira par-tout oti les arbres à fruits à noyaux pourront croître. Il parvient à-uUr grand âge, et sa croissance est d’autant plus 1 rapide et plus considérable dans l’âge adulte, qu’il provient de graines. IU Qualités et usages. — Le hêtre, dit Vare/ùtes de Fenille, est celui de, nos arbres indigènes auquel le bois du platane d’Oecidentressemble le plu» ëon y reconnaît la même contexture ; èt il ést maillé comme lui. Il ést moins dense qùé la drêtrë; mais son grain est plus, fin, plus serré péfthsüsbéptîble d’Un plus beau poli. Dans le Gamad-a/on l’ëfnploir au charronage. Comme' le hêtre,’lé platine -faiV beaucoup dé retraite , et a beaucoup dé d*Spo»itlou à se fendre. Il paraît donner!, au feu>, v ui\eft*mèie moins vive et des cbarbans-tnoins'èlderré: Atifiarte égal,- il contient beaucoup plua'd’tefwi déüsèVè qéteie hètre. Un pftrallélipipède rie ptefanè i Vfewtj’ l 'éqoa?iri 79 * 6a» PLÀ** à ^polWé'sy'pëAlf iE'llëres WMièéify *£*#;; ëV 1 !# hèfre Wpe&U'tlfiii ‘ 1 IKVtës 1 * ^Onêet/'Ixi' 1 ^ Wtfep <*n : Vééhàntf, ^üpWdô «0 îh‘é£é lu i:9' , ohi:ë#;-Whé- tWkif, ■ 5 livres vrts 6 ' onfcfek 4 gWri : dé i dt(Tét : èhcfe j psii'pled‘Oübè;''Le platanèjrpi’i'l'ne' fahdra , feniplë)ÿfei‘'q pbiïces de'fotfë à 'à 1 pieds de ^ërèe'y/Ou 'énVïfôn 22 tpçrtitëë cfe cKaniétre ét qu’ils avaient gros»!'dé g ligtiçs'fet demie de diaVn'ètre pâr'iu. La-feUaUté de cet àrbhe ë^ia pBOolpfe troiésanée lérehdént dont trôs-prrtpré'àf’forme'r fleS'alléësy d’antaftt'què, malgré l’aSsertltiri' cowtraîffe de Miller , ! il conserve ‘ses' feuilteS 1 juVqÙ'agelées. Oédoifle ptarrtêrà *5 [lieds de- di»tàric'é , , i Jét li cW Ipèpfc ië'éîMlltet- «n'évèïitail-, en plafodd , mêrne fih pttrtiqttë’cOWrtie le tilleul; niais' il fêta ïtrtiîmrrs un plus frel effet darts'sûn état naturel.- ‘ M. Michaux -fris nous dit, dans son Histoire (te * arbres forestiers de l’Amérique septentrionale, que le bois du 1 platane d’Occideht devient, en se desséchant*, d’un'rouge terne; qu’il a les autres qualités qui iietÇnent'd’êtré. détaillées ; que cependant les ébé’nistesën Fôiit peu d’usage à Philadelphie, parce qu’il a, suivant eux-,' le désavantage de trop se tourmenter V qu’ils en font seulement des montans de bois de lil; c anxquels on conserve la couleur natu- relle-du bois, en se contentant de le vernir; que le bois de ptatane pourrit très-promptement lorsqu’il est-expOsé aux.injures du temps; mais que quand il eÆ hlëh sec-, on peut s’en servir utilement dans la bd tissé inférieure des-maisons. Lé-Pt-Aî-AisÉ ^EspAgne ne se distingue de celui d’Occident que par sesfeiiillés de moitié moins grande»,' ntti» brièvement pétiolées, très-pubescenles danS'lfeUr jeunesse, par son écorce à écailles plus finBSef par Une 1 croissance moins prompte. . ..M-, ' .Çffftqre des Platanes. 'Lès platanes Sé multiplient de graines , de boutu- rOS'étde marcottes. La multiplication par les graines est *fa Coiè* là plus longue; mais elle procure des arbtôs diléii plus beaux, plus vigoureux, et qui se soutiennent biferi plus long-temps. Les boutures sont les moyens les plus en usage, et ceux qui donnent le'plus* de plants. On se sert des marcottes ou de branchés couchées, quand on veut accélérer l’ac- erbissement; ' Semis, La semence doit Se récolter seulement auprinteüpfe; et si oti la veutcueillir dés l'automriè, il’feét trvtofr l’attention tlél'aisr’er'intaCtStes glôtjrt- iers'éjai la èoiirieOnefil-, -jfisqit’aü B môrihehr dé la se- lOtfr-.'De feétfc- manière’; îe’tlé ) sé ‘conserve ‘Jnsqu’atl pfifttetn ps mieux qüc si ’On rii topait leS L glohultfi. ' foutefol^,'«èë'he doit bas héëligerde placer‘êéfe gl'o- haleé'dsfls ’ulfendrbitaëré, pour y passerl’hTvèf’ ù Les s émis '^éhrvent , sè*‘'fairè‘@n'‘pleitiè‘terre',, eh raJsstes ) l <'otfea i potS: ils* prodüiisént tpi grand nombre d 0 ‘va Hé t é »; 'M ; . x 1 Dé ubehëcm fi la h. ? fe i t Iëi rèniaftplëi i nfèéfttèmWfe «ttéëenëëkfpfe pftéste 1 rteWt'feÿp 1 toit* dè'-gwilttosyë* éU&vifë&téÿff V(?n u S 30 «gWl*eSitéto 1 léOs üfü'-wt? pie tune ’rtiP füK'ctttt orrtl l’éroreeigiise *,i1e |wli» ' rtitigeAtteylrdrr Bois est plus meriit‘| lehètwhé'Jnbstlda plu«Bcm5», fes bouton» 'tènttM très a obtbVy■ et*‘d’au wes? fcti i très- aigus , èt'leùr'aëcrrtisseméèt'Ost''phis leiltqdleurs feuilles sont plus pe titOJ ^°de n d i t féren t es Siwallcô» de vert, mate*j* tah’HH hdsoMe-vftbés-souve»* plus découpêfes, -et qhcïéfuëftiîp biih'opiOinsqeebtfrrëréèH-, |et divisées-Seufet«éi#t’' , éié 1 tVéftt> partie» qjewfeiyk graine' de "bé- pl(fl» ! nè'‘d’Oédldytft' pVOdntjt'itprttJ'dé mtahcei dé 'vitlé^»iiqtt*îl f »4pP l fia8-pessibfe ’dè lè*i détailler; ce qu’il 'eWcotO’dè pàrticuüer , é’èst que chaque année en amène d’un nouveau grfèt*. Malgré ëéla'j'on reconnaît tftujoowyiahs-ces-fenifles la forme capitale qui chractérise le platane pmais Les modifications srmt sans nombre 1 ; tant la nature a de ressources pour’variér ses prodifctions- Què serait-ce encore si l’on* semait ces'grain es dfinSdés terrains et sous desclimats différens? * ’ 1 t 11 Mais les variétés les plus connues sont : le-platane à feuilles d’érable, variété d« celui d’orient; le platane de Bourgogne ou à feuilles en patte d’erie, dont l’accroissement est moins rapide, l’écorce grise et un peu rude; les feuilles d’un vert moins agréable et recourbées sur les côtés ; le platane à feuilles peu découpées , la plus belle variété de celui d'occident, dont il diffère par sa feuille plus petite», arrondie par-"lé bas et moins échancrée ;* paW' éoSi accroissement plus lent , 1 *et par les ,nœuds demies branches plus èferrés.’Ii y aoocore \e platane d’Espagne, plalanus' hispanica^ dont les Allemands font une espère, et qui »e distingue de celui d’Occident par ses feuilles très-pubescentes dans- leur jeunesse, portées par des pétioles de lu moitié plus courts; par son écortejplus ftne et par son accroissement moins prompt. Enfin,'nouaàvons citéietp/a* tare tortillard, ainsi nommé à «cause de «la déviatioa de ses fibres longitudinales-et des espèces d’anneaurx qui se trouvent sur la tige. ' **o- Sentis en pleine terre. ■— Les semis en pleine terre ne réussissent pas toujours; soit parce qoe la graine est sujette à avorter, soit parce qii’on -i’eai- tetre trop, soit enfin ]>arce que les gelées de l’au- tOnrtie-'endommagent les plants, ta bonne graine se tiré dés parties méridionales de l’Enropeia« Pour en àssëveélesifctèsV dit M.v Bosei çiïoaui Diction, d’agr.) , il faut la sem'Ot^ aussitôt qu’elle est-réccd*- téé'; silr Ortë planche de jardin bien préparée, ^x- jioéée'iiô lévarrt-ou aU nord, la finerpar un ou phi- siOnrs aréoéeméhs copieux, exécutés (le hauti, et-en» tùii'él lo L ëéüVrir d’un* demi - pouce de moussenou dë'pifiHë'j'^ü d’une claièy ou enfin de toute autre ehosé'fjhi ftèteréepté 4è* grand air y et entretienne.une Cdh^drrfè 4W(ibidîtëi"Qn. *«dMt4»ogTieJ facilement, les PLi&i dennuqspèces.èrte*»* bquter,ceilffc dlQrianfcétant br-uiteaet.ayanft unrpouee.dadfamjtre, celles dMXciq dent [-étant ytHpàtÔesjTTffC- toujours «le- plus d’un. ptfu.ce.ute grainei lève e» un m'ois ou six semaines. : Le.penûs daoiei»iie^)r -iv*si te .plant-provenant de semis est préférable à tout autre, parce-qu’il a plijsde vigueur et con- vgifa<>* pivoty-ce qui-estnteèsdimportant pour un, arbnerqui dctone tant de-1 prise,,aux. vents; mais il faut attendre a-ansde plus les arbres qui en proviennent; aussi en, trouve-t-on rarement dans les pépinières. » ,,ur- 11*1 . Semis en terrines ou en caisses, — On trouve plus d’avantage à semer les graines de platane dans des terrifies ou des caisses plates : pour y parvenir, on! emplira, ljusqu’a .2 pouce 6 du bord , le vase dont on se,servira, avec de La bonne terre de potager, bien meuble et mêlée d’une moitié de terreau de vieilles couches bien consommé ; on commencera par détacher los graines du noyau qui les ras- sembleet qu’il, faut rejeter,; on emploiera une bonne moitié des graines pour chaque terrine ; ensuite on. las mêlera avec du terreau sec et bien consommé, que l’on aura passé dans un crible très-fin; puis 011 fr-ottera ce mélange entre les mains pendant environ un quart d’heure, tant pour mêler les graines avec 'la'ternt. que pouri détacher le duvet qui les environne. Cette opération étant faite avec soin, on mettra' dans les- terrines, qu’on suppose disposées cQfnme ou l’a dits, un pouce d’épaisseur environ de ce- mélange sans qu’Ü soit besoin de le couvrir d’autre terre. C’est au commencement du printemps qulil faut semer cette-graine ; elle lèvera au bout de troia semaines,.et pendant -6 à 8 jours consécutifs; aprqsjquoi- tout- le plant sera levé. Il faudra entretenir les - terrines dans un état de fraîcheur par des arrosemens légers-et .fréqnens. Dès que les graines commencent à lever, il faut redoubler d’attention, en. les abritant, soit contre les pluies de durée, ou contre la trop vive ardeur du soleil. Les jeunes plants s’élèvent dès la première année à 12 ou i 5 -pbuoes;on les fer* passer l’hiver dans l’orangerie,-. et -on- pourra les mettre en pépinière au printemps-suivant i si On - les y soigne, bien, ils seront en étatpaiL bont de 4 -'bu -5 ans, d’être transplaiités-à demeure. (Nouv. éd. de Duh .} , jj Couchages et boutures. — Le moyen le plus avantageux de multiplier le platane, c’estfleje faite venir-an-moue liant,ses branches,- sans, qu’il, soit besoin.-de lasmarcotter. La plupart de , c«ujç qu’on etève de -cette façon prennent t. dès te première a»h née, jusqu’à *0 = pieds-' de .. luuteuç-i $uj; [qne.digq droite yfor te otarrigoureuseipqifiisqfivetut se-^ouve «ufftemmeut-«tante née pqHyjètee jrptispLantqfijtyqt-. tomna . t’élèv«rant J 4ans4g,^%qoq4Ÿ-éif‘'îèSfcWWJé , àjèP:IWPè- de.haiitouç.sun. 4 èiâqMWèfc ^te r t°WèW£è’.,-ivit t L’époque d»s,bou4uf-ef:,TP?J,ia,fbPo<^ d JW5W têt ou pl u& tard,, ,»uivant -payt L gq lte<#Wf habite. -On, prend fi* ub4¥$ e °b>iMj^*Vè n fîfyP? é Wr dente ,-de la grosseur ^teiD^dqat^fjquW-tÇ!-. duitàmjte longueuc^dftà |»ie4s ( ;.jïafjlajs i sa 1 à ; J^,j)qj) rr *Mru:V*talo*49 quemeart-‘d(e tfl pquces^q.Jftrqq.piSVd*» i OU3 lignes.uu-dessnojjdu facpfttpn couvre,la,plaie avec 4e vouguenij, V et qn,,laisse-l’«»ii à découvert- .%,.&% moina3 pieds «mtre-te.boMtutp^ AnVé!P94fifêffg 1 transplantation; pt;.' enièyec^iflwiiMf ajrbfe aisément saçs endoramagçt’,rpi. ^vfî|Çfî de ses voisins. Le.p(»Mna r dit,.ft^ej;tqp 1T ,t>ij,lte c ; qü’ii soit,.est Robuste f^oraqu»’*!^ nés, deJjranchescopçhégi jpqjp^.lejnioyqq^efi^aji, cines; mais-il n’en, est ;ias-4e,fl)êp' e - c te p l . a ét« qui. sont venus de boutures : çofipte «e^bouturesne-c^nir mencent à pousser vigoureusement qu’en étq,pt que leur sève se trouveençqre e*.ptOHvenwj>t'jjis- que bien avant dans le mois d’octobre, le bois se trouvant pas bien aoûté, .4 arrive .quelquefois- qu’elles sont endommagées par les premières g/elée* d’automne, et ce qu’il yja de, plus,-£àf,he i ux, c’pflf, que pour peu que les plants aient été .gelé» à la cime, il en résulte une corruption dans la sèyp, qui les taifi entièrement périr. Mais outre que cet;accident est rare, il n’arrive que dans les. pays montagneux , dans les vallons serrés ,-dans les gorges étroites at dans le voisinage des eaux, où les gqléeç se, font sentir plus vivement que dans les paya ouverts. Au surplus, cet inconvénient n’est, à craindre que la première année; dès qu’elle est passée, le* plants venus de bouture sont aussj robuste^ qiie,ceux qui ont-été élevés d’une autre façqn. - , M. le vicomte de Foucault 111’a A4»®ssé , en, i8»a, un très-bon mémoire sur lës platanes, que j’ai inséré dans les Annales fbres(ièrpsi8p I4inèmç année, p. 25. Il rapporte l’observation suivante sur la multiplication de ces arbres par boutures. M. de Buyre avait essayé, pendant plusieurs années-, cette multiplication, et en grand, spqs jqulaficppe bouture eût réussiÿ il prit le parti dé faire vpjiLri.des.boqr- tures de loin (de 2 à 3 myriamètpes).,iet eLte reprenaient avec facilité. Ën réfléchissant un peu à cette anomalie apparente, M. de Fojicault-a pensé que les platauesque M.de Buyre cultivait, étant plantés dans un terrain exoessivemenr humide., les boutures contenaient une eau de végétation s», abondante,! qu’elles pourrissaient sans pouvoir produire de jb,ourgeon/s^q^q\4*\,le^ir arrivai^ ce qu’qn ob- sery.ei, dans les.pla,B,tqy £ 4e,il a <-fè»uille: de4 joubarbes (quoiqu’il n’y.ajt aqçunttftpalpgit)in^q.çqlleft'P M les amentaçées^, quipe pqireunent.de boutur^s a,vec succès que lorsqif’pj* lçs laisse,,se,, faqer,,pendant i.5i jours ^et tuème uq moiysur; fies plan/d 1 es,jesrenies; et^lfCfoU.que, yi AL de -Buyrp-e^tnpIoye ce moy.en^,ay,eç.,des J îinqidifecatjoqSüÇÇ®endftnt, ih.éût - irçwiW» ??WP! •âmsç» fa tiiEèftque, d^iceliqsjCpt’ih^Wtàih^Qu.q/dft glqsteire PL A niyriainètflqs. U invitai, ,ap conséquente* si «que raison-lty .est véritable < las propriétairesquiculti- yen^des pbttaap» dan* ides; lorraine tropbusudcs. 'ie mettra nn intervalle de.quelques jours entre l’é- lagage des boutures et Leur plantation, de les exposer dans.un endroit aéré, et de ka.q/jhmercopimp le pratiquent beaucou p. de'pépiniéristes pour, téur^ greffes eu fente ou en. écusson, avant de les employer. Je pense qu’avant d’employer ce moyen du grand f il serait trèy-prudent de l’essayer en petit, ayant.vu manquer ; uoe( plantation .tout entière de peuplier d’Italie dans. Un b<*n eaWe çras et frais, parçe que les boutures n’«\ aient [»as été employées frakhement. .. Greffe .—Quelques anciens auteurs qui ontiraité de l’agriculture, et qui.ont été copiés par.plusieurs écrivains modernes, ont vanté, dit M» Dsubenton fils,'les prodiges qu’opérait la greffe sur le platane: à les en croire,on. peut'faire portera cet arbre des i popimes, des cerises et.des ligues ; mais la nature ne, se prête point à des alliances dénuées de tous rapports analogues ; et bien loin que les greffes des, arbres fruitiers en question puissent réussir sur le platane, on s’est assuré, par quantité d’épreuves, que c’est peut-être de tous les arbres celui qui est le moins propre à servir de sujet pourla greffe. Non- seulement les arbres fruitiers que l’on a cités n’y reprennent pas, mais ce qu’il y a de plus surprenant, c’est que les écussons pris sur un platane et appliqués sur le même arbre ne réussissent pas ; de plus, un écusson de figuier posé sur un platane le lait périr entièrement l’hiver suivant, tant il y a d’opposition, entre les sucs séveux de ccs deux genres d’arbres» Plantation d’avenues. — Lorsqu’on plante une avenue , dit Daubenton, la distance d’un arbre à un autre doitêtrede 20 à 25 piedset même de3o pieds; il reprend fort bien, quoique son tronc soit de la grosseur de la jambe, sur-tout si on a ménagé avec soin ses racines. Pour les quinconces, et quand on est pressé de jouir, i5 pieds de distance suffisent. Il convient cependant d’observer que la beauté de cet arbre tient à la hauteur de sa tige, à l’agréable développement de ses branches, et qu’en le plantant trop près, on nuit à l’un et à l’autre. Sa manière de pousser ses branches dans la forme d’un parasol, fait quelles se touchent bientêt avec celles des platanes voisins, qu’elles se confondent, et ne s’élèvent plus à la même hauteur que si les pieds avaient été plus espacés. Si dans la suite on veut les élever en supprimant des rameaux inférieurs , on ne voit qu’un amas de branches sans feuilles, sinon à leur sommet; au lieu que l’arbre convenablement espacé élance majestueusement sa tige et ses branches, et forme ensuite un couvert admirable. Trop se presser de jouir, n’est pas joute. I ûaubentoti ajoute qu’on. peutUeiller. cet arbre agitant que l’on veut et dans toutes les saispns. lie-, zier n’est pas de cet avis; il pense, avec raison, qu’on ne doitipas contrarier la. nature en taillant, en supprimant des branches dans le temps que,Par-, bre est en pleine sève* On estobligé, dit encore iDau- beuton,it>de la ligature est marqué par un bourtrfWtt,'. èt üSOrtvènti de lèen se trouve',enfoncé tt,serré.dlahsjJ^ntce-Üeux'du bourrelet supérieur eê iufwfeuo. I,e.v»Cyqni a beaucoup de..pfise agr los.grandesfeuilles dé,cet arbre, casse souvent la tige au-dessus des tuteursou de la Ijgettwq,supérieure»., II.faut cUmc vrsiterl et cbwiger dpux ou trois, fois le» lie® s.pendant, lîétiéi, et IVm doit,sn servir do. pernîhes.,qui soient tvq moins de 6.pieds plus haqte* quélllaifcwiiidfiji de y attacher la 111 ai tresse-tige, 4 mesure qa’ell*.s?élève. Pès qup les arbres peu vent.»é soutenir.on ânprfpHàne les perches; elles ne pourraient que leur nuire. Exploitation. —Les platanes ne sont pas icncore assez multipliés pour devenir Eobjeit d’une exploitation utile. Mais comme ala. repoussent parfaitement de souches et qu’ils donnant des jeta d'une grande vigueur et dVw «curai «e ment; pnodigieinc. ils seraient très-ublement eiaployésàiganiirlen taillis, qu’ils, rendraient très-productifs.' La plantation par boutures offre un moyen bien.simple de c’en servir pour les repeuplemens. Ou ne connaît pas .bien la qualité dubois; mais d’après ce quenousen.avons rapporté, il vaut ati moins celui du hêtre; «t il créât bien plus vite. Mais noua .■conseillerons de planter de préférence le platane d’ürient, qui., dêa*-. près les nouvelles expériences, est moins sujet à geler que celui d’Occident. Il faut sur-tout planter ces arbres en quinconces, en avenues et sur.les routes. Ils offrent un ombrage épais, et leurs feuilles n’ont point, comme celles de toute espèce d’arbres, L’inconvénient d’être attaquées par les insectes. PLEIGE. Synonyme avec caution. V. Caution* PLEIN. Les ouvriers disent qu’un bois est plein lorsque ses pores sont fort petits et que le tissu «n est serré. On dit aussi qu’un bois sur pied est pieân'quand il est bien garni d’arbres. noi ' Un arbre se tr-ouve'dans le plein du beis quand il est dans le milieu de ce bois. 'h On dit encore': Oes arbres de plein vent ut ries arbres de pleine terre. PLETHORE. Ce mot, emprunté de la médecine, a été appliqué aux plantes. que .leur excès de nourriture empêche de porter des Heurs et des ËruitscOn peut faire cesser la pléthore par tous les-moyen* propres à diminuer la nourriture des arbres, 'tels que l’effeuillage, l’ébourgeonnenmnt, l’ara pu tatkm de quelques racines, la courbure des branches, la substitution d’une mauvaise terre à celle qui entoure les racines , etc. PLEYON, ou PLOYOtN, ou PLION. Ces mots sont synonymes de hart, ou lien de bois, ils signifient aussi uneilongite perche deboisipLoyaiote. C’est dans ce sens qu’tta ,roulier dit .:. J’empiaieraices pleyons à faire des garrots. -o- PLOMJUlGE. On appelle ainsi, dans le jardinage «t l’agriculture , l’opération par laquelle on raffermit la terrp après lui avoir confié des semences; pour eu rapprocher les,molécules et-Binpècher l’évaporation de l’humidité. Les,,grosses .graines, qui demandent à.être pio- fondpment;.enfouie* ; les terre* fortes* que le* ploies PLU ne plombait Ile. ph»s souvent qm-' trop ’ 4 hüMitifii d’aMomn* ?fe|Ui<>sî»*t>'itfM*'dê'ptttièé nV»h b pa»> besoin Jd’ptfcel'pttHflttéS 1 . 1 lF q enptaoi Ua G?«st!Je «iafcèktfdelbbisqae’t’oneirtpïbiB'dilils lèé gramfles'Culttsres'jloat'Tttffetmî'r les teipéà . 19 * 3 ' ■- > ' On plombe odéo > 4fe spi e d sdansl eVjmdS rts' e t‘ 1 et pépinières:) 4 m' '■ ■■ ■ I (< •• ;•■ . qiaiibet 4 les! fois qu’brf «dut 1 arroser étthstàWthent pendant hi sêclweresse;, il 'fi'est pa^ néVèSsiite-et est même presque toujqurs nuisible 1 dê'plomber. PLOMBAGE DE» FILBT9 DE PÈCHE. Vïkè inoéldnnslê Dictinmt. des Pàthes. ’’ ELUE; du latin fin via. On appelle pluie l’edti qui soi détache des nuages et r qui tombe en forme de gouttes.’n< • • . Comme.lâl phiife ri’estitutfe chose que les vapeurs qui «fe-sont élevée* daiis l'atmosphère, et qui, ense oo mien saut ensuite pir lie" refroidissement $ se réü- nisseq>C«Jtiidages et'tombent lèh formé de gouttes, ellti doit être:d’autant pins fréq Hérite -, qu'il s’élève une .plus grdndei qaàéîité de-é8s Vapeurs'. U s’en éléve davantage'au-dessus des metti et des grands ldcs qti’an»dessus des tevfes, qui fournissent moins à l’évaporation. -Voilà‘.pourquoi tes pluies, toutes choses égales, d’ailleurs, sont beaucoup plus fréquentes dans lo voisinage des côtes, qu’elles ne le sont dans le milieu des continens et des grandes îles,(C’est encore- la raison pour laquelle le vent d’oueit et le vent du sud nous dônnent souvent de la pluie;-car'le vont d’ouest nous apporte les nuages formés par l'Océan, et le vent du sud nous amène ceux qiii ont été formés -sur la Méditerranée. Voici, sur les pluies, quelques observations que j’extrais du Nbuveau cours d’agriculture : Lus physiciens reconnaissent deux origines à la pluie : ils attribuent les pluiei ordinaires à l’abandon que fait l’air de l’eau qu’il tenait en dissolu- tioa-^etiies pluies d’orage à l’action de l’étincelle électrique, qui forme de l’eau parla combinaison de l'hydrogène eb de l’oxigène. V. Orage. L’air dissout d’autant plus d’eau ; que sa température .est plus élevée , sa densité plus grande, ou son mouvement plus rapide. Mais l’air étant continuellement poussé par les vents-, l’eau qu’il a dissou te èst presque toujours en- trfclnén loin du point d’oh elle sort: aussi les vents deeâdejtt-ile le plus ordinairement de la chute de la pluie, ; li- Plusieurs circonstance «peu vent causer le refroidissement de l’air, qui, à son tour, détermine la condensation des vapeurs et la chute de la pluie ; lés principales sont sa plus grande élévation , l’action de l’étiadelle électrique, un vent froid, l’attraction des hautés montagnes. Cotte‘dernière cause est celle qui donné Heu aux- pluies dominantes, Ot qui fait qu’à raison dé la'position des Alpes , le vent du sud-ouest èët celui qui le* amène dans le climat de Paris. ! ( Yi Màh'ta'giiè. ) Cettfa direction change à mesure qu’on tourne au-’ tour des Alpes , de sorte qu’à l’opposé'^ au* éhVirdfts de Vqnisepar exemple, c’est le vent dé’nortl-estqnt' donne la pluie. d'J *>( Les plus hautes montagnes sont-,celles Sur lesquelles il tombe là plus grande quantité de’ plttik; FJJU 631 ! ®è èè Sait ilurésulte que 1 ofvqtre Ifes ■ Alpesh't' hu iJ téè^ grbrtdeS «hatacÿ'éqaieht p4*&* ! élevéèe->qii’klfeti : de b séVi«èéj<H>hul'V : hîspKii«* domiéaiWde la pluieyeP cettë dftfliieUce fe$t toujours proportionnée à la hauteur de la mOntégne. Les feois augmentent l’élévation 'dës montaghes de toute la hauteur des arbseqquMes recoiéOrent, et cdmWé ilsbnt d’ailleurs la propriété d’attirer v ntiages par-le mouvement de leurs feuilles et-d’aspirer une grande quantité d’eau y <*v doit y pour l’avantage de l’agriculture , les conserver religieusement «tir ces sommets. La destruction des bois dans' ces situations est la cause de la diminution des eaux et même de la disparition des rivières etdes fontaines dans uir grand nombre-de Contrées. Ladirection des vents relativement aux montagnes étant la cause la plus commune de la pluie, il en résulte que la quantité moyenne de pluie qui tombe dans un lieu déterminé est à- peu-près la thème chaque année , et comme depuis long-temps an mesure cette quantité dans quelques-unes des grandes villes d’Europe , il est reconnu qu’elle'est annuellement : : ' A Paris, de ... . . 19 pouce*. A Londres.3 j •' ( A Rome. . .. . . ao • - ' A l’ise.&4- 4 - A Padoue.. , 3p •! •■ -” A Leyde.. . . 9:9 ' 1 A Zurich. .... '.y... . 'b; 3a- - 1 -'- A Lyon. r Cette connaissance de la'qutmdté moyenne d’eau qui tombe annuellement dans un lieu dOnné'peut être fort utile à l’économie rurale -et forestière* pèree qu’en la combinant avec la natutmdu soi,-elle sfert- à déterminer le genre de culture* lë plusav'àntageint. Abstraction faite des montagnes (, il paraît qu’il pleut plus souvent dans les-pè^ 1 froids, et pHiis abondamment dans lespays : chauds. C’est au printemjjs et en automne qu’il tombé généralement le plus de pluie en Euroj»e y Souvent aussi il en tombe beaucoup en hiver et ën-été ; mais alors c’est aux dépens des autres saisons, puisque . quelle que soit l’ép&que de leur chute, 4a qitantiré-eil est presque toujours la même. La pluie produit ; suivant les circonstancesde bons êt- d© tnafivais -effets/ • ' - ■ • Les ; petife^ pluies Jdtt cam'meqcemeiirt dePautmhrn concourent k faiiegroseiy-leé'fnriteetà prolonger végétatioêf. • ■ eb . • ^ Les géosses pluies dnvpètherft'les fritite de jireé- dre de la sqveur ët nuisent à leur'cOriSfervâthJiF' ’ "Cedlès de'la'fin de'l’fttïtomne et-dé’Plvivef hud>er- terit'profondébrèjitla-têrrei ,-fou-ytiiséenv; pOuf pree- qtie'toirte l'antiée, à^Phliment éfee fontairies- Leitr BLU 6S* ibomémice nfest prwqne'jamais nuisible dineteement qU’aooc. terrains argileuse)*. bas; mai» laivqii’tUfe* toNt continues.; eues cctinnt de» inondations dac* ïnictâve*,dégaad»ntl*» unité* , font'déborder la» rivière*., arrêtent 1* cour» de 4 a nmgatiom> et impriment à l’air , qui nous environne une bomidité nuisible à l’économieannMÜe. Pendant 1* premièr e, moitié du printemps», de® pluies douce» favorisent les labours» la germination des graines, laa< plantations d’arbre* Les pluies < ontmnelies s’opposeat-asa tramax du jardinage , et, font- pourrir le» ^miaes déjà mise*e*i tegre. Les .plaies buttante» déchaussent Jet blés»'lest sot mis» etc. y. • .& Pendant la seconde moitié du printemps, les première* pluies accélèrent de développement des feuil- 8 I^a et des Meurs, et favorisent l’accroissement de toutes les parties des plantes, tandis que les secondes et les troisièmes nsriceat au produit des récoltes, les nues en portant toute- 4 a.forte- végétative dans les trget et. le* feuilles aux dépens du fruit ; les autres s’opposent à la fécondation en entraînant le pollen das'ileurs. Quoique ces observations soient faîtes plusparticu lièrent ent pour les végétaux qui sont (lu domaine de l’agriculture , elles s’appliquent aussi aux arbres forestière. Ordinairement les pluies sont plus rares en France eaiiété qu’à aucune autre époque de l’année. Si elles «ont modérées dans cette saison, elles assurent l’a- bondanceuetla qualité des récoltes; si elles sont continues, elles font le plus grand mal. > -Il y g des pluies froides et des pluies chaudes dâus toutes les sàîsorts de l’année, selon que le vent souffle du sud ou de l’ouest, du nord ou de l’est. Ces circonstances influent beaucoup sur la végétation , sur-tout au printemps, les premières en l’accélé- rant , et les autres eu la retardant. Los années pluvieuses , dit-on , sont des années planttmsusés'i'' Cependant elles sont généralement mauvaises ptfeutl’agriculteur , parce que si elles of- tretqt quelquefois d’abondantes récoltes , les objets de ces récoltes sont de médiocre ou de mauvaise iptaJâtQ éb de conservation difficile. Heureusement qrdll ,y a- des terrains qui demandent une grande queutât»! d?eau*>et sur lesquels l’excès des pluies ne produit aucun effet nuisible , par exemple les terrains légers, sabloinisaux. et graveleux, de telle sorte que les .âneonvéniens de ces années pluvieuses ne sont; peint généraux, à moins que les pluies ne s'opposent par-tout aux récoltes, ainsi que cela est arrivé en 1816. . Mais lésé tés, pluvieux sont généralement utiles à là végétation des arbres et au succès des plantations. Lorsque les pluies d’orage ne sont pas trop violentes,: elles produisent quelquefois, pendant les chaleurs de, Pété, des effets étonnons: U semble qu’elles rendent', visible la végétation, tant elles l’accélèrent<, Elles ne sont pfté moins utile* en purifiant l’air , eten le débarrassant de l’excès d’acide carbonique, d’électricité et de calorique qu’il contenait. V. Orage■ . On regnrde>l’eau,de* plaies comme une véritable utu distillée ; cependant elle n’est pas parfaitement pure, elle contient toujours , i°- de l’air, a®, de EM l’atidc wboniq^Mtv lèdnspiMSfritts d’élqstricité, 4°- uo#'ÿOlite q ua f ti fo jd^^tnbda t^fre. : Il »éfé reconnu wt l q » f l ÿ» aqmstiquss, quelque toujours dans Peau , reçoivent, comme lça^us- tres, us augmentation,çPaccreitsuta#ip. 4e L» chute de la pluie , sur-tout de„4apluie d'prégc ; ca. iqui prouve qu’elle entraîne avec elle 4 e * principes utiles à la végétation et étrangers à la.qature de l’eau. Ces principes paraissent être Is gaz acide carbonique ou le fluide électrique- • v, , , Dans les pays chauds yle* boni mes et Ips, animaux domestiques ont à craindre des maladies gravqay.des fièvres aiguës , lorsqu’ils, ont été mouillés: par ides pluies d’orage qui arrivent après de longue» sécheresses. En France, cet; inconvénient est .moins remarqué,, parce qu’il n’a, paf de suites aussi dangereuses ; mais il n’a. pas,menus, lieu , et le* personnes employées aux _ travaux,do la, campagne ,doi*qnt prendre à cet égard plus, prêta tirions qn’qlleaqlen prennent ordinairement. It » v Les première» gotuttea de pluie quirfotp beu tiers d’un orage sont ordinaire ment peu,nombreuses, très-, larges èt chaudes ; petit à petit elles augmentent un nombre et diminuent (fn. largeur,jSt en çha)eurar l’anus quelques instans après leur sortie de la coqac, et qu’ils déposent sur les murs , les arbres et autres lieux ou Us s’arrêtent ; les troisièmes, du sable enlevé par un vent d’orage , et porté loin du lieu où il était déposé; celles des crapauds et des limaces sont simplement des crapauds et des limaces nés de l’année et extrêmement, nombreux dans certains PÛ3 endMiuPj qèP&frQMl déd&fer la pluie qte'p rtMf^M*Ôê#^W , '|a(»fefW!«^'è»*^R»Mlsït>nt eéêsf;. 'cnraov t loavi:i^£n r uso : i cnelt rtoofnot -u'. Tertniâa«¥tk Jtftja^fart’èJlp^sWSeaSign^s^iirt- qtlête Ort’.rteSWuW* fcl , fU*rt*<^fan^ev{^Jtemp*; ■ ' m. .>' : ;-b r r u:sa al é.sv^uMfc» le iDoiJaîiair a! .- . .:p. • >dl*3 -jL-ft S?y^f?^?yÿif3c2iinsa ï-wjîor.h Quand, le matin, au lever du-setefy'tectet^totatt *eteàtl«*,îs/uttèn9embte par le vent; .InemariiÉ;!- .-.: :•:- n ■-. i • QuatratesIvéfgitWtfttiétewrttdeS putwst dqscu&es FLQ 653 s’ëlétomvB-ptW- te teinta ècqfd’Ü-s'eii-ttxhate twomauJ gueyil y aura du; beau 'temps iMÀ*e-dètmy-— jii- ; -»f>: ■iQatfndj'te tnatfajavantltfjoite,- i West h aie unépe ttee^yapnué au- cteiCde 4a tune-; eo petit nuage* pa^ ralt être de l’eau , et au lever dn soleil ,' fcette Vo~ pMlP S^t>ndet oltscUrtik l’airf oOMipe pendant nue grande pluie : c’est un signe immanquable dr’dil© grWitie'fAuî^rtiitet&fléel' ■ 1 'lq e». A QuiHtd leSMbionfelié^,' dans ta campagne ,.son9fcr»d edntrtrodè», piijüent) et'se retirent darisles maisons en> bourdonnant ;■ ; '• •*' Quand leS câèsierieWt et courent eftPendant les aileS ; • -ubor . Quand les hirondelles volent très-bas pour pren- dril'tei hnyuchpsq -- i.’ ,f^a! . Quand le : gro*pte‘>*ert crie pki s fort et; plus sou- •teitWJfte''d^6Wt#rtre'y t y:ten soi mm ' 1 QbUKfl ; lè^pcdSSon^ 'èétitoaq sTjV'l’eaU^ét nagent sur stf’èdrftce'p ; 'uoi i «eb t . lilnoa usQttkfttï Jes'^tetWiiittea 1 croassent '-sur te-bord des nMA4£- ••• - ; : tsii hoteogemartptel&i : keuqes^ 'maip cat isutniaaest tt’&tif qtr’oha shnple'ihsteocKtriqiasf i’nscenskm du m*t>cwre,te*iindi«pi* que >'!•'poids tls-'l ; ati*e«phèr* est wqrmtrritéVte vanabai>**înemt T sqtenumtre -qoe c0 peidsm diminué fkam t kien laùrdeconrcider tou- joum «tvecvle’baau temps et lsr pluie; • ■■" , • i. La descente du ibercMe', au Heu- d’annoncer , L’autre ichtns 4a- végioii supérieure de l’atmosphère j si le vent le plus haut est nord et te'vç«ti baç’WSlriaçtty’il smvienttroeUpiefnïs dé la pluieyqiioiquc •fapbsrtmtèire soit alors fort haut ;-si au eontrairettestlè Vent du sàd quivastdlÉ plus élevé, es de vwvttei-mprd te plus- basib ne-ptenvra 'point; qfioifplé te'-tatlieihètte^nMt tVéssîws. i ■ : '4i-iPÀus péu cjçe'leemei’cte-ft'Wontey'ét- continua à s'élève r a prfcko u p*k (Immute-ploi* a bond an teet lot» - Lfl giüHhrCQiKÇM 4 Çtfpn a "«» bm^pmpt avec un a h >v > •; .:•• ,n i QilÉtmîy la milt'p'te élél* sérà séréiti'j bleH', et que l’on verra très-peu d’étoiles ; a - ‘ 4JKtaiÉi la' rosée éanrtlir*sera /très-abondante ; Qttartd-, au teébt dit soleil, les brouillards,' au lieh 8e- s’élever , s’abaisséht Vers la terre et dispa- rtis^JriC^ -. . Quand les nuages seront tous d’un cété, et iront (xVmÿtfle- -fetit; - •'> ' Qttbnd -f 1 arc-én-oiel voit de deux couleirrs,- jtrtinë ronge t»o lever du soleil ; tVtfsttd'la'petiré grefnbtUllb verte , dite renette, qui ïéécacbe péndant la. pluîei terrteécour-teo cbàntaet; Qbànd le hibou et là clkMette- ehantent toute la nurt j 111 : Otfamî Ifc coq chantediofs l’beurè accoittftittée. -. , i . Hur-ie baromtUffs. . It «y- a -déVpersonnes tp»i>• exifemt-du -ferMjmétré qu’il-'prè<î»Se4*t«teplVav'feé lW»flêtiié précition'tpi'une Tome II. 5. ' Lier mercure qur .descend beaucoup, mais avec lenteur, indique continuation de temps mauvais ou inconstant;quand il monte beaucoup ët-lentement, il présage la continuation du beaa temps. 6. Le-mercure qui monte beauconpetavecpfotaàp- tituda- annonce que le peau temps sera dp courte durée; quand il descend beaucoup et promptement, c’est’ une indication pareille'pour le sanir* vais temps. ' c -' te- t y* Quand le mercure resté un peu dç temps dàns une élévation moyenne , pour peu qo’ik descende, il annonce de la pluie ou du vent ; ei au contraire pour peu qu’il monte , on a lieu d’espérer du beau temps. 8. Dans un temps fort chaud, la descente du mercure prédit le tonnerre quand elle est considérable : si elle est très-petite, il y w encore du -beatr temps à espérer; lorsque l’air ést rempli ■d’exhalaisons chaudes, si le baromètre descend nu degré.le plus bas, c’est l’annonce d’une tempête. 9. Quand le mercure monta en hiver, c*Bsfcsîkrne de gelée : alors descend-il un peu faiblement.;, «/est signe de dégel ; monte-t-il encore'pend'sant la'gelés, 1 neigera. no r . • 10. 11 arrive souvent que le' baromètre teoeae pendant le jour sans qu’il en résulte de besni teftnpst) Il baisse toujours un peu vers le miKeü du jour lorsque le vent .et le temps ne changent point, et il- remonte pendant la nuit. Quand au contraire !* ba- romètfe monte de 8 heures du-matin à 3 heures du Soir,-il y a prCsqrie toujours du changement la nuit Suivante Ou le lcndemainpmais une hausse annonce presque "toujours te mauvais temps,-et, eègle géiié- rald {poiit avoir fi 11 Seau temps,, il faut que le baromètre mmite ht mtèt te fuM le fourr fÿii leste staHon-i iraice pendant a^'ou 36 ihfeure*j qaoiqbe fort dlevéj et que 1e temj« soît’serftia'v il annonce un changement prochain pii «lyk >que. les'orages subits dans les grandes chaleurs qui dérangent ceUé^maéche: 1 tp 11 arrive-souveut-quie 1* eau se quidevait opérer un changement-iee»se«oi(tJ-è-cr>up) pt parconsé- Squent^uo'lé changeme«tcti’«'p&süéti:'- 80 634 PLU 12. Pour rendre les signes du baromètre moins, équivoques;! iifiaut auyorao» wièmè-qsmpé U marche de pluie; si le k$a#omètre«t U thermomètre baissent sensiblement j o^est-Un signe de grauije plnie; si au cç ni raine le thermomètre et le baromètre haussent,: ciesj l-’annooce d’un temps sec «V serein. u. j aie ai «j où a. La. hauteur .dn meeewre dans le-baromètre n’est ,p*s la même daau lefbiêl d’une-valtée et sur le haut (i’(t*qe-. colline; aulpiedd’un piocher élevé et à sort samnnel. A mesure què IHtn monjte, la colonne d’air •devient moins haute, garcOnséquent moins pesattte, et lu mercure baisse.. Une ligne d’abaissement du mercure dans le tube du baromètre répond à 12 toi- scw .et.demie.de hauteur verticale. Ainsi, lorsque le haromètre-, transporte sur une hauteur,-est des- cmidnld’um ponce, on en conclut que .cette hauteur a «gerboises. Ce pciuppe a donné lieu à l’emploi de •cal iustnumentpourmesurerla hauteur des monta- gnes.fJn-Re sert à cet effet dé deux baromètres, placés, l’un, au.bas de la montagne , l’autre à son sommet,, et observés au même instant. On voit, par tout ce qui vient d’être dit, que ce. n’est point aux indications de beau , variable, tempête , tracées sur le baromètre, qu’on peut s’en rap- pneter, et que, pour consulter avec avantage cet instrument, le premier soin est de déterminer, dans le émirs d’une année à l’autre, le terme moyen des variations ordinaires du mercure. Le terme moyen des variations, à Pans, est de 28 pouces. Ces variations., dans nos pays, sont circonscrites dans l’es- p*cn>rie;> pouces, en sorte que le plus grand abaissement du mercure est ordinairement à 26 pouces, •èt, sa .plus grande élévation à 29 z on l’a vu cependant à s$ pouces et à 3 o pouces. A mesure qu’on avance sors l’équatçur, les variations diminuent; sousi’equateur, allasse font dans l’espace de 2 ponce»- ( Extrait du Journal des Maires, du 1 o juillet lôiy.* . PLUMITIF. Ce mot n deux origines et deux significations :.dans la première acception, il vient de primitif f et signifie le papier original et primitif, le registre.sitf .lequel le greffier de l’audience écrit sommairement :et.en abrégé le -jugement à mesure que le.juee le prononce; dans la seconde acception, *L vient lie .plume, *t l’on dit j Le greffer plumitif ; Le grejfierau plumitif, en parlant de celui qui tient la plume. L’ordonnance de 1669, Lit. XII , art. y , voulait que les officiers des maîtrises signassent le plumitif dit greffier lorsqu’ils rendaient des sentences avant de se séparer. Le decret du 3 o mars 1808 sur les tribunaux (luttent des dispositions semblables dans ses art. 36 , 3 y, 38 ; 3 p et A 3 Ces dispositions ont pour objet d'empêcher qs’il ne suit fait aucun changeuieut aux j ugemens qati ont été rendus. L’ordonnance, de 1669 , tit. XV , art. 28., et le cahier des charges, pour les ventes , art. 33 , veulent aussi que-jus actes de ventes soient signés immédia tenaenï appès l’adjudication -et au bas du texte sans intervalle ni blanc. ,ia •- 1 iuoJ su io r ~:ru - «b - JJ m PLU MLLE , vluufulg. ( T. (lînVèrrt déjà part ait- désétl^ de' est lé rüdlViientf dè la’ 1 li|; l g , l," I C ri^lF'éü4Æ?d l 9I,m t|i ; m de bot.) C’est le ru- n çl.lij ut 91 fiift " ■ 11 doit n elever < anrJi.in si iu« Oit i l irjLlft si . lit tigfet, et «t. gemmule, petit boutotl du! liertillnfi :l8rtàrtt ttés-îierDês ou autre* choses Prohibées,'rlêS '(À‘r& dtrla\i. je caSs ., tld yjanvier .* >J 0 f elBUI * La pluralité d’amende i s"i v abpluj!uè aiSssl au double délit de chasse et,dfi p'ott d*iiriiie!î^ 3 éé ! aiix 9 con- travendons en général. (Ilf.y &u‘$ë. janvier Mais elle n’a point lieip tp'ind, ledétitde chasse et la contravention au ubft (Patines ont ete commis dans les bois de l’état, v : Ahiefidèf*'^ POIDS ET MESjURÇS.IV;; , POIL, pilus. Ofi àppetle'pims, e‘n bolataàüe^ jles filantens très-déliés , Cÿlkidt'âces , u 4 l îè plus scjuÿen]: flexibles, qui naissent 1 de'l’êcbrçe 1 dè^aiviirsés parties des végétaux. On lès regardé’cBmnie* (ies organes excrétoires. ' . j J ' . POIRIER , pyrtis. Genre d‘arbré d« Pitosandrie pentagynie et de la Famille des rosacées. Dénomination. — La poire 6e 119mrte , en grec , a pion, ochné, agrasy ert allemand, birn y én 'flamand, peere; eu italien, perp; en espagnol j p ar 4 j en anglais , peare. Le mot latin pynim*pà\rp,‘est dérivé, suivant quelques étyitiologisfes , ou ^rec pur , pu- ros, qui signifie feu , à cause (le sa toruié , qui se termine en pointe comme celle dé la llainme.. Les autres noms grecs apion et ochnè , qui sont empfun- tés des langues barbares , indiquent aussi le rapport de la forme de la poire ;*vec la forme dé la flamme. Api, en Indien, signifié également feu, de même que pyr en d’autres langues. a9s Histoire.—* Les anciens possédaient^iti très-grand nombre de variétés de poires, dontplusteuVs nousont été transmises. Pline, liv. XV/cîtûp^lLy^én çit§ une quarantaine, auxquelles ses Cantèmpbràinset les auteurs qui l’avaient précédé avàiént donné'les noms des personnes qui les avaient introduites ôù^ multipliées , ou des lieux dont oïl les aViit étirées. Virgile parle des poires de CruStum'è ét“dé Syrie j qni étaient fort esiimées : ' ' 91 ‘ .1 tfée'surculus idem Ccustumiis, sjyrüsque pyns , .gravibutfpjf. vaiemp- Georg., fil), JL «le niôiue rejeton ne produit point les poirej de >. Crusturae , celles de Syrie et le gros-rOmain.-v». ■ Juvénal et Martial ont aussi paflé despoireàde ■Syrie : Et nomeu jtyra quœ féru ni Syrotum*. • to' Signinum , syriumque pytum JEmula picenis. « Il y a déjà long-tem-jrs', dit Pline, qugja Culture des fruits a été portée au plus liant point de recherches , les hommes ayant fait, sur cètte matière, *tou tes sortes d’expériences. Éû effet,, Virgile ( Géerg. ^ (jt. II ) n’crbseri-e -1 - il paf qti^on entait de eerblbui asdrm , Juvik... .kpofflwet %“ fe’O. «.«WWi °^ 9" p ^ m&.&tàïjiffifi'WffirrWW W-mmm ffM c e rUih «jue I^Ji» ? trm,^.^ne. p’p, lP H ,r f ' HS si r à produire lin nouveau irmf“î Nullitm fi/itè.pgmum no- POI 655 ele partagée pa| (e ryit.tnajnte que pous .vçnqçs de citer ; ruais elle est aujourd'hui complètement dé- 'noutrée par les expç^anc^’isl^s ,ii»«>ilerijpà. ■ i Les àiiçiens. Hisaléttr ,, ains^qu^. nous,, aveG les pomniçs .et les pçîr^s upe boisson qpe, Tline dit avoir la. pfppr^jd jlu. yihj jet que l'on interdisait égalemehçaux niafades '.J?7num jlt e. pyris malorum- qùe omnibusgenefi$uf^Ltq. XÎV , cap. XVI) . .. Vomis propriçtaspyrieyqupy^iniisinfiliterquj^ in wgris medentes çqyç/it] (plin.,fa&~ jfcfT, cap - XV.) C*ésl? a^tof'^ gufe 1*} jqe, ÿf%& ïe. pommier et sur* tout le pçHjçh^ag nombçp. qgs. arbres qui durent peii-ei qui' ^roissqnt promptepaent, La croissance du poiriër, comme celle de presque tous les arbres à bois dur, est leirte; il peu)^ vivre long-Ujinps, et acquérir , avec les anuée* , une grosseur considérable. Théophraste.dit..que cet arbre est d’autant plus fécond qu’il esi.glus vieux, et l’expérience de tous les jours prouve encore l’exactitude de cette observation du plus ancien auteur qui ait écrit sur l’histoire des plantés. M.. Bosc dit avoir vu des poiriers aux- quèls on l attribualt 3 à 4 °° ans > et qui étaient extrêmement productifs. Ou cite un poirier d’JErford, en Angleterre , qui a 18 pieds de tour. (Nouv. édit, cte IDuTi Description du genre. —Le genre pyrus a Les plus t rands rapports avpc celui du malus , pommier ; ces eiix genres ont un calice persistant, A cinq divi- sipns : d^ famines nombreuses , çinq styles; mais letirS'Tryits.offreqt une différence remarquable dans l^ur Ternie y Ie$ ppire*,., au lieu d’être creusées à leur ba^e^i^jujm.e .hss pommes, se prolongent toujours ou moins ÿers le pédoncule, genre pyrus a aussi de l’affinité avec les gen- teiîporèus^,sovh\er ycratcegus, alizier ; et mespilus, épine^-W^Udenovv a même réqni plusieurs espèces Je 1 cès irois genres avec celui des pyrus . -ESPÈCES. i*! PdrniER commun, pÿrus commuais (Lin.) ; en alletnand, gèmëin birnbaum ; en anglais, pear-tree. a..—Sauvage (pyrus pyraster, Lin. ) r en allemand , hotzbimbaum ; en anglais, wildpear-tree. h,—de bon-chrétien £pyrus pompeiana ). c. — dë rousselet(pyrus rufescens). d. — de beurré (pyrus liquescens). 2°. PoiRteR'éoToxitEüx oii de Poelvii.l£R , pyrus pollveftà (Lin.) 5 pyrus irregitlaris (Knoop'- ; en allemand ^kanebütten-birnbaitm ; en anglais/, azc- role peàr-trhe. 3°. Poirier du mont Sikaï, pyrus sïnaia.. (Lin.) 4°. l’or r ier des itviGE&t pyrus nivatis (Lin. ); en allemand, schnec-birn-baum . 3°. Poirier de Cuike ,pyrus sinensis. {Lin.) 6^. PdaniER Alfcu'EfB^ pç sauxe, pyrus salici- folia. • Parmi ces espèces, d »’y r que le ptérier oommun et le poirier camvage 1 q»*iaoienl cultivés ear ^tavùi dans nos çliaiatsh Plusieurs personne*; nsgardetit’irès deux poiriers ,..ou plutôt le pfcûrierjsawvagei tcètie- inent, comme h* spueh/e pèimitivader tons les'aspires poiriers que nous wjllivoim-.pcur leurs fruitsq mrrU cette.opinkm'n-’est point géitvr f denaent adoptée. 1 Le nombre des variétés de poiriers est considëntfalè, Olivier de Serres en Comptait roüante-idoUze A la fin du rpuinzième siècle. :Jüoiix siècles'xprè*^ "• «p Comptait environ sépt.-céfitsi soTtes do "pdires:yiq'di étaient désignées par r pLudl dojqirinze' cénU new*^ mais dans ce nombre prodigieux il yen i tour ah plus-cinquante à soixante!qui soient bonnes'j Jet autant dé médiocres J les autres ne sont ghère melfi- leures que la plupart de celWs qm vidiinexit Bsnsdt» forêts. La nouvelle édition du Traité des arbrSPét arbustes de Duhamél donne la description idodtmt soixante-quatorze variété^ d*i pences à couteâii é# de trente-quatre poirés àn boisscm;ufc)n pent ccaiwiher cet excellent ouvrtige ét lR nouvelle édition 1 dex a&- bresfruitiers du même auteur ; arec les figures.erôsé bien faites-de ces deux ouvrages, pour connaître nbs richesses dans cette partie de l’économie rnialê et jardinière. 1 ■-s'i. Quant à nous, nous devons noirs borner à'L dés^- cription du poirier sauvage, qui intéresse particui- lièremeut les forestiers. ' ■ ■ • -n Le Poirier sauvaoe ou SAuvAOBowest uti arbré de la deuxième grandeur, qui s’élèveordinaireinmn à 3oet 40 pieds, mais qui parvint;aussièla hath> teur de 5o à 6o pieds dans les terrains et situations qui lui conviennent. IL e«t du petit nombre dexar- bres fruitiers indigènes qui croissent naturell e m en t dans les forêts; maïs il y est plutêt’dissétniné qu’il n’en forme la masse , sur-tout dans les pays de plaines. On le trouve quelquefois plus-commun et pttfs répandu dans les contrées, montagnenses, s^ité pourtant qu’il y constitue jamais; à lui senffdèé forêts entières, ainsi que le font les chênes-, les hètrés, les pins , les bouleaux, etc- / i' Sou tronc parvient à une grosseur asses considérable, par exemple de 6- à 8 pieds et p'^turde'C^r , - conlérence. 11 se partage en rameaux, qui s’élèvent en se rapprochant sou» la forme py ramidale y iiuwtt fixé en terre par des racines qui s’enfonceat prèfolt-» dément, et d’autres qui s’étendent au loin : autodt de lui. Son écorce est d’un gris brun et gercée^ ses rameaux, dont la plupart sont terminés pardes épines , sont revêtus d’une écorce d’un vert foncé ; les feuilles sont alternes, coriaces , ovales, dentées, terminées brusquement par une pointa, d’un vert foncé en dessus , légèrement velues en dessous duns Leur jeunesse y et portées par de longs pétioles? Les fleurs réunissent les deux sexes ; elles paraissent au mois de mai ; elles sont blanches ou rougeâtres , d disposées en corynjbes sur de petites branches particulières (rarement au sommet des rameaux )-■> Le fruit, que l'on appelle poire, mûrit en septembre; il est ovale, allongé, très-dur et très-âpTe a* goût. On ne peut le manger que lorsqu’il est parvena it cet état voisin de la pourriture qu’on appellé bios- sissement. ■ -ck 1 în aliavaeJn. La réserve des poiriers et de tous les arbres frui- 8o* 656 POJ ï^éT 1 tiers dans les forêts es; ; de droit» d’ajpçès l’art. 3,du titi.3{X.Y ditt’ordonpaiwqç flft >4^9,1 .niajattynp circulai ne do n novemhre, 1 ÿa4,i ordonne 4®- l es comprendre dans les ventes, lqrsqu’iLs sont mûrs,. Culture. •— Le poirier Rivage se, multiplie de.se- meneeset de drageons-, et,j\sert desujet aux greffes des espèces cultivées. On le cultive pen dons les forêts; ««pendant, if mérite, À cause 4e i’pxrqlleute qualité, de son hoi? et des-re^squrce^ qu’i! pré sent?, aux. animaux, sauvages ,«V dofli£»tjqug$ ( ppr,L’abondance de ses. fruits, d’entrer, dfmsjiop jÇpltures.fp- rastières, C!est principalement daqs les parçs de citasse .qu’il convient de le multiplie^. Climats , terrains «t situations .—J t supporte très- bien les climats rfgounettXf ef se contenta des terrains de médiocre qualité,; maff sa.çroissanfq est d’au tara plus considérable, qu’il se trouve dans des sols plus fertile»,,, frais Ot, profonds, Les terrains trop humides ne.lui conviennent pas. Semis. —Les semis se font en automne , sur une terre de bonne qualité et fl® 11 préparée : on ne doit enterrer les, pépins que de 3 à 4 lignes. Les jeunes plan ta.se montrent dès le printemps, accompagnés de doux feuilles séminales ovales. Quandon se propose de cultiver cet arbre pour les forêts , il est bon île l’élever, en pépinière, et de ne le mettre en place que quand il a acquis une ,certaine grosseur. Exploitation. —*- Les poiriers sauvages que l’on rencontre dans les forêts, n’entrent guère dans les exploitations des coupes. On les réserve, ainsi que les autres ar b tes fruitiers, parce qu’ils se chargent d’unebien plue grande quanti té de fruits lorsqu’ils sont âgés que dans leur jeunesse , et que c’est principalement) pour ce* fruits que l’ordonnance en prescrit laosnaervation. On observe que la plupart des arbres, dans l’état de nature, sont bienues ou trien- ne*,^c’e»t-à-diçe qu’ils pe produisent des fruits que tonsiles a ou 3. ans ; tuais, dans les années de production, les poiriers sauvages en sont souvent si surchargés, que leurs branches plient sous le poids de ces fruits. ■ La conservation des poiriers dans les taillis a I moins d’inconvéniens que celle des pommiers, parce qpe las premiers ont une forme pyramidale qui répand moins d’ombrage, tandis que la forme arrou- dfe'des.autres nuit beaucoup à la reproduction. Cependant,!* multiplicité des poiriers réservés étant nuisible, il est de la sagesse des officiers forestiers d’en provoquer la coupe dans les endroits trop garnis. Cet) arbre est, au surplus, préférable au pommier v en ce qu’il prend plus d’élévation, et fournit sa bois de meilleur e qualité. Usapes et qualités. — « Le bois du poirier sauvage, (JH Duhamel, est pesant, fort, plein, d’une - 0 ©oleur rougeâtre son grain est fin. fl prend très- bien la teinture noire ^ et, alors il ressemble si fprt à l’ébène, qu’on a,peine.à le distinguer. Après le buis e; la cormier, .c’est le meilleur des bois que puissent employer les graveurs eu bois. » Yarenues ‘üei'Eénille a fait des expériences ,»ur ce. bois comme sttr tous les autre», jet il en résulte,qu’il est en,effet tvès-durq.qU’il ne fléchit pointqu’il .est cependant, très-facile à travailler, à cause de l’homogénéité :(>n : d 4 p de tep^ins^ontpnup? par des digue»),es PQjçds.de la ^qer et desj grands fLeuYeaqui^y 4 Ciluont. ,, .1 PpLIGE . d,u grçc pçlitpia., dérive de polis, ville/ Ordre , :réglee» iarç tli Êvye recherche les crimes, les délits et les,,ppptrp vantions, eu rassemble les preuves et en livre les prévenus aux tribunaux char- rçj e't adjoints, fé’s ptocti retifs dti toi , les îjuges de paix ,, les iôtociéts dë gendarmerie i lès commissaires généraux de polîcë'et les juges d’instruction. (Ib art. 90 . Les préfets peuvent requérir personnellement les placiers de pojïte' judiciaire de faire , chacun en ce qiii le concerne, les actes nécessaires à l’effet de constater les crimes, délits et contraventions, et d’en livrer les auteurs aux tribunaux (Ib., art. 10 ). Y. Adjoint , Commissaire de police , Cardes, Maires, Procureur du roi. Police coRrectiounelle. C’est celle qui a pour objet la punition des délits connus autrefois sous le nom de petit criminel. Action , Audience , Compétence, Délit, Tribunaux. Police rurale. C’est celle qui a pour objet la conservation des fruits de la terre. V. la loi du 2& septembre 179*' > et le chap. 3 du livre 1". du Càdf A’ instruction criminelle de 1808. Police (simple ). V, Audience, Compétence, Délit , Juge de paix , Maire. Poeice des forêts. Elle est exercée par les agens et les: gardes forestiers, et concurremment avec eux par les commissaires de police , les maires et adjoints. ( Code d’instr. crin. , art. 11 et 16. ) ,u Les principaux objets de la police forestière sont indiqués dans le tit. XXVII de l’ordonnance de 166p. Nous les avons exposés à l’article Délit et dans les divers articles de co Dictionnaire relatifs à chaque nature de délit. Police des rivières. V. Compétence , Conseil depréfecture , Cours d’eau, JJalage, Navigation, Rivière- Police sur la pèche.. Y Cours d’eau , Délit de pécha,$ : j. m.POLLEN, pollen.( jC. de bot.) Réunion de corpuscules ordinairement jaunes et souvenj blanchâtres., contenus dans la partie dp Pétamine appelée anthère. V. Physiologie végétale , 6 e . section. , POLYADELPHIE , pçlyadelphia. ( T. de bot. ) De deux mots grecs qui signifient plusieurs J"/ères. La, polyadelphic est la classp^XYIlIdii système sexuel de Linné : elle renferme les plahfasquï Ont 1 .Si. i riqqj , P %A| «J plusieurs étaminps réunies par leurs filets en trois !c 6 rp* 5 ,’cAtén plnsdçttdrs èétrfis. •' 0 aal tnr.b idh POLTANDRIEy polÿàHdriü. j S*. deUid^üt .deux mots grecS qm : £çrnftktit ptksîeursmaris.'L.xpo- lyandrte es! là classé ]X1I1 du Sÿstèmé sexuet j,etle renfermé les plantes qifi Ont 1 depufs^do jusqu’à » 00 , ou un némbre Indéterminé d ! étamines, qui ne tien- inent.pointan çalicë. " ' ' : •aarv POLYGAMIE, polfgsniïà.pTt de 'bot)]De deux mots grées qui signifient plusieurs nbtes. LÀ polygamie est Uclassê XXIII duSyseèmeuex vral-doiùrinu; elle'rènrermd lesplairtéS qui? portentoù sur lé mêmé individu 'des'fleurs hermaphrodites-er'ides fleurs uuisexuelles, miles'bu femelles, ousHtdeux individus de la même espèce des Peurs - 1 hermaphrodites et'des fleurs màtèa sur l’uni, et des fleurs her* maphredites avec des fleurs femelles sur Paufcre $ ou bien encore, des fleurs mâles sur un individu des flèurS femelles sût un. autre f : et des fleurs hermaphrodites sur un troisième indivitlü de la méme es- pèce. -i sa ■ —- >É POLYQYNIE^o/ygy/z/a.t T. de bot.) Étatouror- dre de plantes qui ont, dans chaque fleur, plusieurs styles ou stigmates sessiles, dont on ne détermine pas le nombre. De telles plantes sont dites pobfgy* niques. POLYPETALÉE. Corolle composée «le plusieurs pièces distinctes jusqu’à leur insertion. Chacune d’elles porte le nom de pétale . 1 On désigne le nombre des pétales par corolle dipêtalée , tnpétalée, té~ trapétalée, pentapétaléc, etc. POLYPHYLLË , polyphyllus. f T. de ■ botun. ’ Composéde plusieurs pièces foliacéesou de plusieurs folioles. POLYSPERME, polyspermus. Renfermant ou portant plusieurs graines dont on ne détermine point le nombre. POMME, pomum. Fruit charnu^ ayant plusieurs loges dans lesquelles sont renfermées! plusieurs, semences. V. Pommier . , f ru tloui POMME DE PIN. C’est le fruit! du pin. Yj Pin. POMME DE TERRE. La culture des pommes de terre dans les terrains destinés à recevoir) des semis ou plantations de bers, comme aussi dans fies plantations déjà fuites , est l’une des plus utilfes-qui puissent accompagner la oulture des bois^ en tx? qu’elle prépare bien la terre et détruit les herbes, POMMERAIE. Lieu planté de pommiers.' iec POMMIER, malus. Genre d'arbre de l’ieosaudrie pentagynie et de la famille des rosacées. Dénomination. —La pomme se nomme en grec mélon; en latin , malus ; en italien ( pomo mele fun espagnol, manzana ; en allemand, apfel; en anglais, aple ; en belge, appel. Le mot mélon , dont les Latins ont fait malus , pommier , et malum ,.pqmpae , signifie toute espèce de fruits bons à maxger. (Quelques étymologistes pensent que mdio«.peut vjenM.-de l’impersonnel mêlen, qui signifie: on a soin, on s’occupe de , parce qu’il est à croireque les premiers hommes prenaient grand -soin d’un fruit qui {faisait une forte partie de leur nourrit me.u,On dit aussi pomus et pomum , de pdnta j . boiasoni, iparce que la pomme est ün fruit avec laqu’ol,op-fait eue boisson. - t sel f i! :,i leu à eliaxl-gin' " levolqma’i 3iob sn no’up eism js POM 638 ff/stoi/v.*—Les-ancienscnltivaient le po minier et en distinguaient plusieurs variétés. Pline eh fcowpte 'ingt-neu/p jl dû que les' diverses sortes de pom- inés que possédaient les Romains n’onflpaa moins immortalisé la mémoire de ceux qni les ont intro- duites, qu'auraient pu le foiré quelques fameux exploits ; et il ajoute; en. parlant du goût des Romain», poué.greffer, iqu’-il «!y a si petite invention qui 9 e puisse procnrer.de la'gloire à son auteur. Ainsi. x continue-triIq.mtmx avons des pommes qui doivent leur.orlgiae ek'leur nom àlMstius y à Ces-* tins , à Manlius ét à Scandiu». Appius ayant lepré-' ntiergrelfo un pontmier snv an coignassier, ledpofai- mes qui eh provinrent furent nommées appiennes. Lnfujyil cite un grand nombre d’espèces de pommes qui avaient reçu leurs noms des personnes- qui les avaient greffées. Plusieurs autres auteurs avant Pline et .après lui ont parlé des pommiers , et de ce nombre , on compte Columelle, Vat-rpn , Macrobe, Celsus, Caton, Martial , Virgile. V. le livre XV , ' hap. XlV de V Histoire naturelle de Pline. Qontme nous n*«vons ici à nous occuper que du pommier sauvage , nous ne nous étendrons pas davantage sur l'histoire des pommiers, qui appartiennent aux arbres fruitiers cultivés. Description du genre. Le genre malus , pommier, a la plut grande affinité avec le genre pyrus , poi- riei^.apquel Linné l’avait réuni} cependant les différences qu’on observe .entre les deux genres étant bien constantes , les botanistes modernes, à l’exem- f le Je Toprpefort et de ceux qui l’avaient précédé, es ont séparés de nouvvju. Ces deux genres ont un calic^ jjersiçtànt, à cinq divisions, des étamines nômbreqsp^, cinq styles ; mais leurs fruits offrent ■une 'différence remarquable dan» leur forme ; les pémrnbi ont toujours leur base creusée d’une cavité plus ou moins large, dans laquelle s’implante le |>édonçulej tandis que dans les poires, le fruit, au lilfu rl*être creusé âsabace , se prolonge toujours plus oV moins vers le pédoncule, ijcuoniq - nu . * lainaip .»■ ii espèces. i°. Pommier commbn, malus commuais. { Lin.; Bu aftéièandj, gemeine apfel-baum ; en anglais, a P^% e -, ml a. —Sauvageon (pyrus malus sylvestris (Lun. ;; m 'atûs' commuais sylvestris ( Desf.) ; en allemand , holzqpfçl-baum ; en anglais, crab. b. — ‘de reinette ( malus prasomila ). c. — de paradis ( malus paradlsiaca ). J. —de châtaignier ( malus castanea ). 'é. —- de calville ( mains cavillea J. f. — d’api ( malus apiosa). 'è °. 1 Pommiér odorant, malus coron aria (Lin; &ti > a\]femiii-à,tvohlrwchendevirginisehe apfel-baum; eri ëti^k.h'J ivi/ef crab of itirginia. ' • B 9 ! ^PoMkrérR tféttfowits ver 1 ! , rttalus sémpervi- reW#°^Lîh. } ; fert allemdhd , immergrûhe apftU tfrauch ; en anglais , evergreen crab. . 4.°,,Eo4>urB*i nEaatpE, malus kf brida. (Lîn;p . ^r“,|RoAtMlER baccieLre , malus baccata. {L in.) 6 jV , PoviirtEp A moUQUETS ,’' malus spectabilis. ( Lin. ) (.* *n . .. rV I ft’Ml a !é{rt%te , P ot & n >k* commun,et sms nomtrOu- ses Wtrièfé# qé£ aojëfft ’fhdfgèîites à n ïd TVancé.Les autrès appartifeWémiCp : ‘sitydfi- f-Té rtcp*rdtjet ; Hdbfà'nt Et le pom»iîeV 1 ■ t 6é jOùré ‘•Vëér’jk l*Atffe?que l>êjlfén - trions lé f Ite'potonW^ hyibtid^aWOWl tfé'l’KiiVûjïè ; le pommier 1 baéélfèéëlâ 1 la ëifaééîéP, ^fi’lé 'pbtn'miéf frbonqnUW ilàGhiifèP m u m assiJi. ' ■ Le roM.uiEX sAérÀii*,', est uh arbre indigène aux* fbrêfs dé TEëiopè'; il est 1 cfo Ta deuxième grandeur , étèfelèVëidë é5'ài3co'PiedV. On trouve son BhBdogüé dtrtii’leiipéphiîè'rëè , tfù iî est produit par la semèndémèmédês pbm’fhîérë cnWVés: •Ainsi , sous lé noto 1 'dé'sèrfëajaèed J , î q4ï éoifljjibiïd tous les plants épineux du p6himiér' , qt!ë Pfirtdfe hf 'greffe n’a pas eneoèetfmélforA.: Gèta.rëréèjfc'pbtitVu d’une forte racine pfinérpéUi'èt'd’üh grand non! btfe de racines latérales. Sa'ttgé '/ ) hrfemeA'Pbiëéi ;r CnrifiiV- inée, se divise en branéfcès'éombVeu^'lsOitVent trës- étalées et dis[»osées eh httttè tèfè 1 âftrirfdife^ ûfesez iür- •dinairement plus laége qi^-Ttàtite •j'ébtr’téûffë'ysfc fé- vêtu d’une ècorcé griélftfrey quii^éèà'illeW^Grevasse en vieil lissahè.^Lèij jéûÜfe% fàfitéàtf^'thiht Bél 5 corce est d’un gris fbneé}' Sétèrmfirciit en'poînttt aiguë et épineuse. Les feüifies sOht'altfeÀéiïOValès, dentées sur les bords , plus otl mrrîrrs allbngéëà ét aiguës, variant; pour la grandeur, selon les'iltdiVi- dus, depuis ta à 1 5 lignes jusqu’à^jiotices'6 ; flgrife's et même plus, parfaitement glabres-en 1 tlésèus aihisi qu’en dessous, et même luisantes enleûPfàce sopét rieure dans la plupart des arbre! sSftivàgès , pîttféff.i légèrement pubescentes én dessous. Le pëtiqlé ësl glabre ou nubescent, et toujours nh peu plus'coéi't que la feuille elle-même. Les fleurs réunissent lés deux sexes; elles paraiSsènt au mois de mai, sortant au nombre de six à douze de l’èitrémité des petits rameaux ; elle» sont disposées en côrÿrtbe. Les pétales sont ovales, rétrécis subftemefit'éh onglet à leur base, d’un blané teint de roSe, sufi-tout éirdé- hors. Les fruits ou pbnvmeè'mûrissent ; vét!fe ttiois de septembre ; leur grosseur né 'paséfe poîét'fce'Ré d’une très-petite pomme d’api ; ifs^sirnt' ordiéairè- ment ronds on plu» ou moins coàp'rimës, qiiëh^ùe- fois blanchâtres, ou d T un jaune dslf colétfê én frrtige du cêté du scdeil, renfoncés pér lé bashii pOÎflf'dë l’insertion du pédoncule. Letif chair est Sèche, 1 très- acide ; l’extrême maturité les adoucit ün peu , ét ils finissent par mollir à’ là manière désireftésj^ili ont alors une saveur douceâtre qui' tt’n rSeu 1 d'à- gréable : ils contiennent plusieurs pep^hs de'couleur bruue. Ces fruits servent dé nourriture auxaniihanx sati- vages , sur-tout aux sangliers t c’est potirqnoi' On plante et on réserve le pommier sauvage dadvlés parcs de chasse et dans lés forêts giboyeuses^ Culture- —On ne cultive guère le pommier sàvr- vage dans les forêts, et le peti de pieds qu'on y trouve provientdes fruits tombés natnrfellertféUÏ d« arbres, et qui échappent^ l’avidité dés àtiimarix?La culture db sauvageon qu'on destine a 1« grefféèàty an contraire, très-mtdtiplîée dans les pépiViières 1 . Les semis sc font en Automne sur une terre de bonne qualité et bien''préparée. On nedéit enbsfrerlés pépins que de 5 à 4 lfghe». Les plant» se montrent dés le printemps acéoaipAgjnds de deux feuillés sémina- U# ovales. iQwtml; On >fte pcOpbëé de cültivér'èéé'àr- K f«itiiPQ*>«o. "SWttH'<fftêrâ «bï* tWrW^.AçWéflMfiMfS •*>»*“ W teciqrsfeî, ll WPra/ff^S^fieftiHa^WW^n^ Wj met- *ïfi;W. d$fj c §IW ‘ÜÇW&H j»a»iu^M8C,(»r)aiBflgt^s. seur. Cet arbre se multiplie a u?sj;t|e>, et il eu.pousse ( ,^ÿ} 1 gç4^4e^juaiitii 1 é / iowpt’on fe.eoupe. Le pftmnjiqf ^uxŸgS.'TiçBt ! ^u^Uf^nieint dans tous Iq^tq^riq? t trop hu- U W*P >ùH■ftJeérfcis^P^-ltigoueeu*, Cèn pew^flTAdffiW/WWWffWtfSyWJmsaHihfrfw lente dans ley. ejiridqs. qua;da«* la* beu s fond#; •dtjiijjll^.jPre^r^RjjJiJLfjSgfpeuvi*. promptement' de' mou^sçjet.d^lêfiîie^itïeijili're^te petitet rabougri ; tanqj 4 ,ÛU£ I 4 a^s 4 q^qun 4 ri.l; cr b* t assez vite, parvient à une force qssez pqçsidérahle. sauvages que l’on rcpfQy.ffg clqqsjjs? jo$ê$s ?q%t ordinairement réser- "'4 Ifi?c9FhW -fwlliers, lors desex- l’WÎ a ^°i¥e»Pd' 59 c ®S'W>W ,*** fbargeut d’une, biep.pjp? aftqatlgjqiqMfjjié ^{iruits quand ils sont Jfl leuï^eun esse, L’^ijicrej.S.dH.-t’tre X,XV de l’ordonnance-de 1669 brpQtwarfjp, réaerynrles fruitiers dans les bois des cpinqiijnauté?^ et cette, disposition s’étend aussi aux Loifc, d«t l’état, où les adjudicataires ne peuvent faire abattre les fruitiers,, tels que pommiers , poiriers , inçliersj.çpf^iomillqrs., alisiers, cerisiers, etc. , qui (loijVpnt être laissés p^juc la uour rituce des bêtes fau- vep Cependant il,en est de cettedis(>osition comme de celle, relative amy-baliveaux anciens et modernes, et.on ne doit réserver les arbres fruitiers qu’en nombre- raisonnable , attendu que-la ionne arrondie de leur tète offusque et détruit le taillis. On cite des exçmplas du tort que ces arbres ont fait à la repousse des taillis dans plusieurs arrondissemens. Mais une cirçu^re novembre 1824, a ordonné aux agep$ Jiorestiar& Jr de comprendre dans les adjudi- cajtipfis.çbs tqitpes tous les arbres fruitiers qui sont pa^Tgpuaà leur matorité. Qualités ef usages. — Le bois du pommier sauvage .a lé grain assez fin ; il est dur et d’une couleur bryn^Éé- Sa pesanteur, varie beaucoup suivant les 'localité?)où il a .cru. il parait que le pommier cultivé e,st.d’qn grain plus lin et plus serré. Varennes Jq-.Feuille a trouvé.qu’un, échantillon de pommier saunage pesaità.raison,da 4^ livres 7 onces 2 gros par .pied cpbe, j.p^.'qu’f l ayaitperdu par le dessèchement un peu'moins du douzième de son volume; un a u lrç -échantillon pesait 52 livres j2 onces; il était marqué.de belles veines d’un brun rougeâtre ; qu troisième échantillon de.pommier de court-pemJ u rouge posait à raison de 66 livres 3 - onces 3 .-gros,- et ij z aaait perdu un -huitième de son volume-; un qua^f/çrpeéchantillon de pommier de reinettefran- chfl, pqsqjk Ap Jiyres q.pnce» .aussi par .pied cube;) un)cinquième échantillon de, pommier culrivé-était de.povtleur blanchâtre ^légèrement teinta de rouge, et peqalg 4 $ livre? tz puces 2 gros. Hassenfralz a trouvé que le pommier sauvage pesait .4B livres' 4 qncgs, et M.ussenbroëck- 56 livres 5 onde*. Ainsi qn.voit .qqe la pesan teur, varie, pour les deux sortes de pommiers sauvages «sç cvJ,tivé#> iêiis< zir.CtMilq tnsicugf .-ib ne VarennesdeiFenilieriitoiieles plhnchebAe jJaoz- jiiiier, m mjlent beaucoup, htraé fendent avec epcèsp pi. que InibotSi du poirier lui est incompxrubleuent supérieur:à. Um* 4 legardn.Cependant-ce bojs ,e&** «feM#jî*tewfl^it^ei*l' l«.dtt>itJeproJ fA%4^J^TKiipa ; p^(.qu« de .deux individus qui se contestent la possession d’une^nème hhp».* «h%SWl *i j ee*erjuiesessipu. u\i»si-îin’y' . W-ajant.q^n^i «Qj^le^ériuble majjtre^ il n’y a. pfcreiUetHanSquVlu vr** possesseur s d’où il swiuque: sir&elüiqui p{*p4dç ftst #St autre que le maître, sa- p^ssft^oÿuf»’?^ plu% (tpi’nuei jw?r|iatitBi, : . posséder /doj choses corporelles,,..soit! meubles ,/pûitifèpinuLhas}; mais’selon que la nature (Jes xhnjes pfaçiq, le^marqpes^d» la /possession en sont QÎlFérentes^iïipsi^Qp.possède des meubles, en le^teqarv^^USjls^ijÿ^u autrement, dans sa disposition ; oh possède une tnaison quand on én a les clefs j op qu’on l’habite,,qu qu’on l^loue, ou qu’on yfalt bMt tohptéîsùdè tfW çnà mpé, des prés, des Bà&y èi^téî ènjtft’aht: 1 ét : eûTecueillant ce qu’ils pK^uîséhfc ® ,!: ’“ :’ ÜW M ** ist lf y&ydiJsi b né-pOssésSipiî 1 particulière des choses. CfSrtob' çoiïfisteiiÇqu’en dés droits ^tels qu’un eham-. j5#ff Y^itifetkftttè foncière ,■ une servitude, un droit dt"frac(tgé‘au de ch&uffagedans ime forêt, etc. On pëèsèdeces biens en exerçan t son droit dans l’ocea- sîhhi V : : Usages- Deux personnes ne peuvent pas-posséder chacune séparéluenty pour le total, une même chose; cepen- Autt’f sî elles possèdent en commun une chose indivisible, elles la*possèdent conjointement chacune peur Je, total/Ën effet, qu nopeut pas posséder pour partie une chose qu’on ne saurait diviser; c’est ce qu’uik exemple -rendra nécessaire. . Ifeupd partiQeliérs otit en commun la jouissance d’une weison à laquelle est attaché un droit dejaervitude/sur fe insison voisine : or, comme ce droit est une chose iodivisible, chacun de ces par- tàcvknaci & -possédé, |X>ur le,total, non séparément, row^acoonimim.;,' u , ■ h°ai Différente^ sortes de possessions. — On dis- tWtxprineipsdee sortes de possessions : la pos- sewaa* câéilàet la possession naturelle. ■ l'ifn-.pttssctriion-. civile est la possession de celui qui pdééèdoluhei ,chose, comme propriétaire , ou qui a un, juste,-fH jet,de se croire tel. ' ipUra doit procéder &u» juste titre., et il faut que le possesseur jouisse en .vertu de ce titre, ou qu’on poliqe ,-ehjsupposer Inexistence par la durée de la )«Ut>SSSkSKe. 'Iiijiüi . . noLursqufene possession est fondée sur un juste ti- Lopy eltSt-une jus te.possession , une possession civile, quand même la,propriété de la chose ne serait pas transférée, anpoaseiseeur, par ce titre; mais il faut, d4B»«d)cas*ique Jé> propriétairesoit de bonne foi, c-’estfe-idirei qu’il >e*L ignoré que celui de qui il a«- qeeatHtjlaucjKcWsîfi’étstiit pas en droit de. l’aliéner,. jirW hP'lW (fftl iè-présqpie dajas,le possesseur.qui a L WfcjA^Çlr,(t9i\ s Ad > uurfiqoi celui qniiprétecd, qu’une pqtîèJjStW ett.illégitime, cqnune fondée su; un tijre 4 ue l® possesseur,.n’a-point ’&RÙfé /personne de laquelle, iL a acquis n’». ' va ÿ:i )a s -kf propriété de la chose aliénée. ■'Mii’psWvWy'■ «aCq/r/4; div\ise*\n, plusieurs es- peçqs, uo , 9{;a ^j gj nu 1 , Jioi - tJIeui rtief Tome II. -. La première est celle qui est sans titre, et que le possesseur ne justice qu’en-disant qu’ir poseèd- parce qu’il possède ; Pùssideo gain possidsa. .Lorsqu’une telle: possession ne paraît infectée d’aucun vice, et qu’elle a duré assez long-temps pour faire présumer un titre, on doit la considérer comme possession civile et non comme possession purement naturelle. La seconde espèce dq possession na'urelle est .celle qui, quoique fondée sur un titre de nature,à transférer.la ..propriété, est néanmoins infectée de mauvaise foi,,en c^. que le possesseur n’a point ignoré que celui dont if acquérait la chose n'avait pas le droif de l’aliénér.. Là troisième espèce de jjQssessroù naturelle est celle qui est fondée sur un titre nul. La quatrième espèce,de possession naturelle est celle qui est fondée sur un. titre valabl^. mais sans, qu’il ^ojt (le natgro..à transférer la propriété. Telle est la possession d’un engàgiste, celle d’un usufruitier, et celle- de .tout possesseur.qui jouit àtjtre précaire. II y a cette différence entre la première espèce de possession naturelle et les trois autres , quelle n’est censée possession purement naturelle que quand elle n’a pas duré assez de temps pour faire présumer un litre : autrement, elle est réputée fondée sur titre valable et, en conséquence , on la considéré comme possession civile. ■'?.. ; I Mais les trois autres espèces 'dé possession hatll- relle ne peuvent jamais être réputées possession Cil vile, parce que la mauvaise foi dont t’use-estinfeè- tée, de même que la nullité ou la qUa&té du titre sur lequel les deux autres sont fondées, sont 'des obstacles perpétuels à ce que le possesseur pûïéAe sé regarder comme le propriétaire : c’est de' làlqu'est venue la maxime, qu’il vaut mieux ne pas avkâléale litre que d’en avoir un qui soit.vicieux ( s Mehùs est non habere titulum qudn kabere vitiosan .. 3°. Des dijférens vices de la possession. -av-'Le vice le plus commun d’une possession Wat'-lx mauvaise foi, quiconsiste en ce que le posaeBserur est instruit que la chose qu’il possède appartient iamrjii. Quoiqu’on ne présume pas ce vice dans une possession qui procède d’un juste titre , il peut néen-, moins s-’y rencontrer ^ maie il -faut (pie çêlujj qui.atr taque la légitimité d’une telle poâsessini^gpfonyp i la mauvaise foi du possesseur. q>g,^ i On présume, au contraire, cette mapvaue foi ‘dans le possesseur qui ne fonde sa possession pir àucun titre, à moins, toutefois, qu’elle n’ait dqré 'assez long-temps pour en faire présumer un. La violence est un autre vice de la possession. Elle consiste en ce que, pour acquérir,Ia possession y on a dépouillé par violence l’aucien. possesseur , soit/ ea ravissant un meuble donj, il avait la jouissance , soit eu s’emparant de l’héiitage qu’il possédait ,- x Lu autre vice de l i possession est la el iadçsti- nité, qui consiste à acquérir la possession yl’pne chose.par des voies clandestines, n’asj-iy-diceçç,,se cachant des personnçs qui peuvent la revendiquer | Enfin, un autre vice de la possession est celui juidérive d’un titre tel, qu’il ne peut pas transférés la propriété- :,|Do - ‘ 8t PO 6 'H06 64.2 4”- -£?<** 1*010 êtes d’acqiukir et lie conserver la pQswtsionnt continent slîfssepcrdi —ni)u conçoit qnjepi> 4 É ac.quérjr.la possefwi 6 n..ln posséder; mais oette intention ne suffit pas, iL faut encore la joui&sànca'méme de la chose, c'est-à-dire que s’il s’agit d'un meuble , il faut.qn’il, voua soit remis en main, ou que quelqu’un le reçoive Je votre part en votre nom ; et s’il s’agit d’un immeuble, tel. qu’un pré, un champ , une maiton, il faut que vous vous y transportiez, ou que vous y envoyiez quelqu’un pour en prendre possession. Observons toutefois que -cette règle n’a lieu qu’a l’égard Je çelui qui acquiert la possession d’un bien avec le consentement de l’ancien possesseur : il en serait différemment d’un usurpateur qui, de son autorité privée, s’emparerait d’un héritage; il ne pourrait; acquérir. la possession que pied à pied des partiés-de cet héritage qu’il usurperait. . Le 6 gens dont la raison est aliénée ou n’est pas formée, tçts que les foiis et le» enfaus, ne peuvent acquérir la possession d’aucune chose , attendu qu’il fautpour cela la volonté de l’acquérir , et que ces sortes de gens sont incapables de volonté : c’est ce qui est établi par la loi t , § 2 , D. De acquirendd possessions. Mais ces mêmes gens peuvent acquérir la possession. par le ministère de leurs tuteurs ou curateurs , parce que la volonté d’acquérir qu’ont ceux-ci supplée à la volonté qui manque à ceux-là. Tout ainsi que vous pouvez acquérir la possession d’une chose .non-seulement .par vous-même, mais encore par quelqu’un qui la reçoive pour vous et eu votre nom, vous pouvez pareillement conserver cette possession par vous-même et par autrui. Çeci n’empèche pas qu’il n’y ait deux différences principales entre l’acquisition et la conservation de la. possession .- iQ.. JNpus avons observé que pour acquérir la possession d’une chose il fallait, avec l’intention de l’acquérir, la jouissance même ou la tradition de la chose ; mais il eu est autrement de la conservation dp la possession. La seule intention de posséder suffit pour vous faire conserver la possession, quoique vous n’ayez pas la jouissance de la chose : c’est ce qui est établi par la loi 4, I). De acquirendd pns- sefsione; au Code: Lie et passe ssio nudo animo ac- quiri non posait, tamen solo animo retineri potest. L’intention de conserver la possession se présume toujours, à moins qu’il ne paraisse une intention contraire bien caractérisée: c’est pourquoi, si vous laissez votre maison sans l’habiter ni la faire habiter , on ne suppose pa 6 pour cela que votre intention soit d’en abandonner la possession : on présume., au contraire , que vous voulez la conserver. Il suffit pour cela que la volonté que vous avez eue de posséder lorsque vous avez acquis la possession, n’ait pas été révoquée par une volonté contraire. a°,, Pour , pouvoir acquérir la possession d’une chose par autrui., il est nécessaire que l’intention de celui ,j>ar qui vous acquérez «oit conforme à la vôtre ; mais ppur retenir la possession d’une chose que vous avez acquise par quelqu’un, il n’est pas nécessaire qu’il,jujui60Ofl Ifiqtertkm_>qu’ihlui ta fallu poui'll’acql»érlr,' .uovqoKj si fioipîeef ") ci ib< 11 lioü juit je là]que /sLicéltH quj atasqui^da.fossea- sion d’une chose pour vobaj venait à cbampendatro- lontéet voulait posséden-ea sbmnotti^bl fi.’eh serait pas moins censé .posséder .pour Tums»î)üek.e 6 t fitirdbè sur cet ancien principe de droit.-, qu?on oae peut,.par sa seule volonté ni par le seul Up» de tempay se changer à soi-mâme la cause de sa possession : Illud d •veteribus prceceptnm est, nemitsentsibi ipsam causant possessionis mutere passe. f V ous pouvez perdre la possession ! d’une chose, lorsque vous faites la tradition de cette chose àquel- qu’un, dans le dessein de lui en transférer la possession t ou que vous abandonnez-cette chose purement et simplement. La possession se perd non-seulemontpnr une tradition réelle de la chose, mais encore par une tradition feinte. Si la tradition n’a eu lieu que sous condition, on ne perd la ]>ossession que quand la condition est accomplie. La possession se perd aussi par l’abandon pur et simple de la chose possédée : tel est, par exemple, l’abandon qu’on fait d’un objet comme inutile. Le déguerpissement que vous faites d’un immeuble chargé d’une rente foncière, pour être à l’avenir déchargé de cette rente, doit être .considéré comme un abandon pur et simple. On perd, malgré soi, la possession d’un héritage lorsque, soit le possesseur lui-même, soit celui qui le tient en son nom , en est chassé par quelqu’un. On la perd aussi lorsqu’on a laissé usurper l’he- ritage par quelqu’un qui l’a gardé pendant un an et un jour, sans que de la part du possesseur la jouissance de l’usurpateur ait été interrompue par aucun acte de possession. On perd encore, malgré soi, la possession d’un héritage lorsqu’il vient à être submergé par la mer ou par une rivière; mais il en est autrement d’une inondation passagère: oti conserve sa possession en attendant que les eaux se soient retirées. On perd, malgré soi, la possession des choses mobilières lorsqu’elles cessent d’être dans un lieu où l’on puisse en jouir selon sa volonté : ainsi; lorsqu’un cheval prend la fuite sans que l’on sache où il est allé, on est censé en avoir perdu la possession. 5 °. Droits qui dérivent de la possession. — La possession donne au possesseur différens droits,dont les uns sont particuliers aux possesseurs de bonne foi, et les autres sont communs à tous les possesseurs. Les droits qui sont particuliers aux possesseurs de bonne foi sont t PO'S POT a. * le préfère à -lîusurpateur qui s’est mis injustement en possession. , Il n’est pas absolument nécessaire que le titre en vertu duquel vous possédez soit Un titre valable, pour que vous soyez réputé avoir été juste possesseur , et qu’en conséquence vous soyez autorisé à exercer l’action en revendication, il suffit pour cela que vous ayez eu quelque sujet de croire ce titre valable^ Ce n’est communément que contre ceux qui possèdent sans titre que l’ancien possesseur de bonne foi, qui n’est point encore propriétaire, peut revendiquer la chose dont il a perdu la possession : cette revendication ne pourrait pas avoir lieu contre le véritable propriétaire, ni même contre un possesseur qui, sans être propriétaire, posséderait en vertu d’un juste titre. La raison en est que Les deux parties étant alors d’égale condition, la préférence est due au possesseur actuel. il y a cependant des cas où l’ancien possesseur de bonne foi est fondé à revendiquer la chose dont il a perdu la possession, même contre le propriétaire qui la 1 tient, et à plus forte raison, contre un autre possesseur de bonne foi. V. les exemples dans le Répert. de ptrisprud ., au mot Possession. A l’égard des droits qui sont communs à tous les possesseurs, leprincipal consiste en ce que la possession les fait répu ter, par provision, propriétaires de la chose qu’ils possèdent, jusqu’à ce que ceux qui viennent à la revendiquer aient justifié de leur droit. Puisque le possesseur, quel qu’iLsoit, est réputé propriétaire de la chose qu’il possède, jusqu’à ce qu’il en soit évincé, il faut conclure qu’il doit en percevoir les fruits et jouir de tous les droits attachés à la propriété. Tout possesseur a d’ailleurs une action pour être maintenu dans sa possession lorsqu’il y est troublé par quelqu’un, et pour y être rétabli quand quelqu’un l’en a dépossédé par violence. Le possesseur de bonne foi qui a construit un bâtiment, ou qui a augmenté la valeur du fonds, peut, en cas d’éviction, répéter le prix des améliorations qu’il a faites, jusqu’à concurrence toutefois de. ce que le fonds se trouve augmenté de valeur; mais le possesseur de mauvaise foi ne peut,! en cas 6/,5 d’éviction, que retirer les constructions et’krs plantations qu’il a faites, sauf an propriétaire à lés retenir en payant là valeur actuelle, sans égard à l*n- mélioration qui en est résultée pour le fonds. (Code civil , art. 555 J)- A l’égard des impenses et réparations nécessaires, elles doivent être remboursées au possesseur de mauvaise foi comme au possesseur de bonne foi 1 , attendu qu’il ne serait pas juste que le propriétaire fût dispensé du paiement d’une dépense qu’il attrait été obligé de faire lui-mépie pour conserverson héritage. V. Prescription. POSSESSOIRE. Complainte , action qn’oti ‘intente quand on est troublé dans La possession dequel- que chose. Le possessoire se juge par le mérité du fond , sur les titres et la possession immémorials. L’art. 34 du Code deprocéd. civ. veut que si, sur l’action possessoire, ki possession ou le troublé est dénié, l’enquête qui sera ordonnée ne puisse porter sur le fond du droit. V. les art. a 5 ,a 6 , 27 du même Code. POSSIBILITÉ. On doit entendre par possibilité des forêts ce qu’elles peuvent supporter de charges, chauffages et autres. L’exercice des droits d’usage est toujours subordonné à la possibilité des forêts. V. lisages. POTASSE, corruption de l’allemand.po&ijcé, cendre de pot, parce qu’on a long-temps fait brûler dans un pot les plantes dont on retire ce sel. La potasse est un des alcalis fixes : c’est l’alcali végétal. Ou peut l’extraire de différentes substances ; elle existe abondamment dans la nature; mais elle n’y est jamais pure. O11 l’obtient plus généralement par la combustion et l’incinération des bois tendres , des herbes et des enveloppes de fruits. Pour se la procurer , on lessive des cendres ( V. ce mot ) , on rapproche la dissolution dans une chaudière de fonte , et l’on obtient un sel connu sous le 110m de salin : e’est la potasse du commerce. M. Chaptal a établi, dans ses Elément de chimie , que la potasse qu’on pouvait fabriquer dans quelques forêts de la France ne revenait qu’à > 5 ou-17 fr. le quintal(en 1795), tandisque celleque nousache- tions du Nord revenait à 3 o ou 4 ° fr- Les bois et les herbes fournissent des quantités de potasse qui varient suivant les espèces , les qualités individuelles , les parties différentes des plantes, leur âge, les terrains sur lesquels elles croissent , leur état vert ou sec , et le mode de procéder pour l’incinération. Des expériences ont été faites en France et chez l’étranger sur cet objet; mais je me bornerai à faire connaître cellesde M. de ^Verneck, grand-veneur à Aschaffenburg, qui s’est beaucoup occupé de la partie physique et chimique des bois. Il a'fajt des expériences sur leur pesanteur spécifique^ . Bois}, sur la carbonisation( V. Charbon}, et sur les produits qu’on retire des bois par la combustion. J’avais, en 1813 , présenté à la Société d’encouragement la traduction d’un mémoire de-M. de Werneck, que j’avais trouvé dans lés Annales fo- rest. allemandes de M. Lnurop, t. i«., 181 r , sûr les quantités comparatives de -potasse que dônnent 8l* 644 POT les arbres, arbustes et plantes principales des forêts. Ce métat01 re fut çxAmîrré paê- &!.’ ■ Veaqtfcll» ,"qui'k4^ reconnu que l’acide tartariqüe, 1 , l-me ; 4 . Les parties des plantes qui «donnent le pins d’alcali , telles que Les fruits, les jeuneslècorétis et la ÿanna ..... 5°. Le degré de chaleur et le temps nécessaires pour'ré’dii'PrVéïi cendre’ èïi'àque esqmcf -de plante ; ■ ■ '6°. Le* différentes quantités de potasse que don- nbnt les b a is ^tp lantne -cms aur des tCfruinadbas et cèux qui -oroissent-sundea-mosi tagnes élevées. H s’est servi dhm appareil qu’il avait fait-eons— tttiire -précédemment pour ses expériences sur la carhomsation des bois ; il n’y a fait d’autre changement que de donnerait creuses UBêCcapacifé'sufflJ 1 ' 1 santé pour contenir îo livres de bois ou d’herbé destinées à être réduites en cendre. lj)u reste le creuset était parfaitemenbcotivejt, et n’avait à sa partie supérieure qu’uhe seule ouverture. ,l! I L’auteur rassémbl^ les céhdres qui reètàiént .Japs_j lé creuset après* une colnbustîon soiguee, les.plaça dans un Vase dfc verte fait'r -h I vu • • h b roi 1 ' • h V ■ (ifi si " r> •V e 10- • j, > >1 I ' 'Si i-ic.;.- . -. - ’ • .- .ïr - ”' il OÜ - 11’-—-' b smi'b rîîfjnm; nl>. v 1i. : • --•b * 'inoi’Hj: oc ’ baais -- u T - ■ -j " ...- -.. -*u- _ ‘.î r ■ ;• ^ if -:;l Xf'-n-ji PÔT' '-.-s ïnAfrfî'iÆ» ris ah':-:'] ■- briffi-Vr" -fit ■ v •■■-- _ ’ •• .• ■ ■ fl r-i > Itf'Âti’ÆJttmieS’etfiùbtii eûiyualitds déchois qui ont. ete,.^omnffie 4 hf[ ai^Q,.^Kp^mçj\^.,fie^ ■ .Veîâtioes de cendre AUMAt«iaiiu| fti ^cifUll «”■ )Ii.' . li P 0 iaa aD 9 *[.* 2 11 a ri 1 tf‘ 9 ‘S 3 10 3 1 n 1 7 r 1 13 .3 1 1 ti 12 » 2 22 i3 2 2 22 i5 3 3 22 i5 7 « 23 4 1 3 23 5 2 1 empotasse» .. .. 8.. & 4 4 7 a * 17 » 9 5 3 1 11 r> 3 T ' ' 1 420 1 4 5 « 1 10 61 t 12 1 3 1 i 3 3 1 1 7 i 3 1 9 » 3 1 41 » 1 4 5 u 1 5 7 3 1 4 5 2 1 732 1 5 ? 3 2 12 2 A 3 343 2 i3 4 1 2 1 5 » 2 2 1 5 5 » ESPÈCES ET , Iznâij -S i 1 : J;.. ' 01! \ A À 0 &*i‘ otr ior meJ -, *n rrr ub.it ,tn- W ab .TÆ InAsfi adij crf 3 5u,4pd>: »° . £ i > _c A\ .7 » r 3 14. a s» >3 té 1 2 2 i3 1 » 1 i3 9 J .» 28 li 5 rt .» 3 5 3 14 7 7 3 17 l 5 a 3 *9 J, *A * 16 19 3 1 17 10 Z 17 3 £ 3 ib 5 S 3’ n 6 5 3 11 952 7 1 » 1 8 10 1 3 6 1 5 i J* à : n. ' J ft i al '-.9\ànV?< , l . d : c-s » 1*4 4 a n 1 5 7 ’ 3 îyC t’-'*: ( Vê »l i - '■i .—il T' i l \\ V dC l ‘‘»3'6 1 ! » 1 5 3 j Ti :. b . 1 ; - [003 ’od ol j. '■an iliEi ao^laî;p3)i i /.! -L t’-- i’il t, LO? 1 ov 31 .il e.i. !•< 'it t %i.n4 itS t' /?.ob toi; , r9 - ,-i T » 14 1 3 1 461 » 1 1 5 1 1 ^62 » 1 5 3 3 * M. de Werneck observe que, d’après les résultats qu’il a obtenus, 1,000 livres de bois tie hêfre donneraient 6 livres 2 onces un gros et un denier de cendre , et que 1,000 livres de cette cendre ne donneraient que 222 livres 12 onces 4 gros de salin ; tandis que , d’après les expériences d’Yagerschmid , 1,000 livres de cendre de hêtre produisent 25o livres de salin ; mais M. de Werneck, voulant se rendre compte d’une différence aussi grande, a étendu ses expériences à des bois de 3 hêtres qui avaient cru sur des terrains et dans des situations opposées, ei il a trouvé que 1,000 livres de cendre de l’un de ces arbres produiraient 238 livres de salin, et que la même quantité de -cendre de f’aut-re n’en donnerait que 202 livres4 d’ou-îl conclut que la disposition du sol, les sucs qui servent à la nourriture des plantes et la nature de l’atmosphère, influent sur la quantité des produits en potasse. POT TOT 646 XsrôCBS ET> QUAZ.I'&e DE BOIS. Prunellier sautage «le ao ans. , . . . . j . . Genévrier communxIc 42 ans. ...... . . . Surbau hoir de 20 ans.. Jeunes branches du sureau noir. — Jeunes rameaux de l’année , garnis de feuilles et coupes en juillet sur un sureau provenant d’une montagne élevée à 800 pieds au-dess»s du Nec- ker. V'iorkb-obibr , T^ti.opuiaj VlORNE COMMERE, Vti). lantana.. . ChÉVRBÏBUILI,E DBS BUISSONS , Lan. kilos teum. . ÜERPRUN PURGATIF. . . . Rosier sauvage. Brutèr e commune. , • . Genêt des Teinturiers: branches vertes , cou pées en juillet.. —rn TT M ’ A. PRODUIT DE l,pOO LIVRES xapècEa Kr.çro-AiaTÉsS' PRODUtfT DE 1,000 LIVRES . itViuhi iav a\ tmui DE COMBUSTIBLE y DE COMBUSTIBLE > U £4 DU1D< en Pt» nOtnern S ; i • • m « .. ë c jj ts o H . » 1 i e 0 •3 ►- X î- .(À t •l’i- .E m. ■3 • Genêt épineux. i 5 10 » W 1 6 » M 7 9 6 a k> «5 7 a Ml ■ Bois OEVTiE ÿ Dapk. me- 8 . . 7 » U u ta » ■s 6 6 a 1 9 a » Bvgrare épineuse.. • • 8 9 M 3 1 i 5 5 a i3 >4 ?, 1 a 6 3 Vigne vierge. 1 3 • » i «4 2 1 4 6 6 5 a a a 3 Mtktiele coupé en fleurs T *n juillet....... 6 i3 •Vi 3 1 4 6 1 nr : ■ - t . * 1 - ' * • Ronce noire crue en bon •fl terrain et un peu h timide, J >ï et coupée en juillet. « . 7 ■ 9 M U t 6 3 > 1 4 6 3 3 i 5 1 Cl.ÉMATITE DES HAIES, >4 l 5 » 1 3 a coupée en juin-. .... i 5 *4 i a 2 * 6 3 Lierrb : eunesbranches. i5 6 7 1 1 i3- 1) ? 18 9 6 a 1 8 a 3 Genêt a balais : boiftj branches et fleurs. . . . 4 ia 5 3 1 14 4 a* ÎO 7 6 3 1 U 7 » SüMAC DBS COR BOT EU R 8 » r »7 . 1 4 M 2 u 5 3 10 II a 3 1 8 3 U — Jeune e'corce de sumac. ai 7 » t '2 4 5 1 7 • a 1 1 » 1 I X » Fougère pemei.lb provenant d’un terrain irais , >4 3 1 et coupée en juillet. • . Fougère coupée vers la fin d’août. ao 9 6 » 16 » •j‘. i 1 1 ÎO a »> 29 1 ♦ 3 >4 5 6 V Fougère coupée dans le commencement d’octo- lo 3 t ' • • 1 l6 a 6 » 1 i3 4 » bre. . . .. 28 10 7 M ' ! M. de Werneck fait remarquer que les fougères i-ui recouvrent un si grand nombre de places dans les forêts sont,’de toutes les plantes qu’il a soumises ^son expérience, les plus riches en salin , et il appelle l’attention dçs forestiers sur le parti qu’on pourrait tirer de cefXe plante. 1 Les saules , et sur-tout ceux des petites espèces , telles que l’osier , contiennent aussi beaucoup de èalin. ; Dans les mêmes espèces dp plantes, on remarque une grande différence relativement à leurs diverses parties : ainsi la tige du sureau noir ne fournit, par 1,000 livres, qu’une livre 2 onces 6 gros et 3 deniers de potasse ; tandis que les jeunes rameaux de cet arbuste-en fournissent, à poids égal, 2 livres a onces 2 gros 3 deniers. Mais , d’un autre côté, si ces rameaux sont pris sur un Sujet provenan t d’une très- haute montagne , leur produit en salin n’est plusquij d’une livre 11 onces 5 gros un denier par l ,oqo li-l vres de combustible : d’où il suit que des pianfed qui croissent dans les fonds fertiles sont plus riche^ en salin que les autres.. - 5 .fr Enfin, il a qté remarqué que, pour qbtenid d’une plante la plus grande quantité possible da sa 4 lin , il fallait la brûler jeune et verte, et e» opéneil lentement la combustion. j J’ai, pour faciliter la recherche des plantes qp’-ue! doit préférer pour la fabrication (Tu salin, rédigé le tableau suivant, qui fait Connaître, dans un ordre décroissant, les quantités de potaSse que l’ôn obtiendrait, d’après M. de Werneck, de 1,000 livres da combustible.de- chacune .des.espèce» èt qualité* de bois qu’il asuumises à ses expériences - . i - - - --- -I 5 i I -. à: • U.. - • •••‘i ■ • ' ? '■ r,-: : . , U »1 >q ; : .1 oUO?. tu.! a'înlr iiOÊJi- ;' f :.. îéma j .ri - POt pau 647 fuaàkt connahregitans'un"onfâT dScroissanrf7es‘“guaj^tiîis''âé’“pS^tsse^^ûë\ 1 . " 1 donrieni t tes < aréres° f arbustes: et) plantesMtr lesquels M.. le baron de Wemeek tt fait ses\ 4 t i i * 5Tr«»/A^ ti rr * ‘ > ' . ,ï^.;;euaK 03 .'irr r.jdp^f'ienn es- ’.C 1 ESPÈCES ET QUALITÉS DE COMBUSTIBLE. coupee en Fougère commune juillet. . .. Idem, coupée vers la fin d'août Idem , coupée dans,Je commencement d’pcfobte . . ...... Ecorce d'tm saule blanc de 5 o ans. Jeunes branches d’ormé " fftec leurs feuilles.. v , é. Bois d’un $aule blanc de 5o ans. 7. Ecorce d’iin frêne de 75 ans. . d« Branches de iréne.. , 9. Bois d’un frêne de ans. .... 10. Bois d’un orme de 00 ans, brûlé u. Écorce d’un sycomore de 80 ans 12. Bois du sumac des corroyeurs • 1 3 . Bois d’un sycomore de 80 ans . 14. Jeune écorce de pin . . -. . . . tD. Jeune écorce de sumac . ... 16. Écorce d’un sapin de 4° ans • • 17. Ecorce d’un épicéa de 90 ans . . 18. Bois d'un pin de 120 ans .... ly. Bois d'un épicéa de 90 ans . • , 20. Jeunes branches de sureau noir •. 21. Sapin de 100 ans . 22. Clématite des haies 23 . Bugrane épineuse . 24* Genêt à balais . . . 25 . Vigne vierge. ... 36. Branches du genêt des teinturiers. 27. Jeune ccorde de chêne. . . 28. Jeunes branchea.de lierre.^. . , 79? “JetrtTes branttiês de chêne avec leurs feuilles. 3o*JenBC3 rameaux d’un sureau cru sur - une haute montagne . . 11. Écorce d’nn hêtre édiaufié. . . . . 3 î,. Bois d*uncbênede 200 ans, brûlé ' . 33 » Bruyère commune 34 - Jeunes brjjichesde hêtreavec leurs feuilles. ........ 15 . (ffenrftrier commun. .. . . )6. Bois d'un chêne de 180 dns, Quantité de potass que peuvent donner 1)000' LIVREE de combustible. 16 *4 10 3 3 3 2 a a a 2 a a a a a a a a 1 1 1 1 1 1 3 12 3 1 i 5 i 5 1 3 1a 11 11 16 H *4 j 3 i 3 i 3 11 11 10 10 9 8 ESPÈCES ET QUALITÉ* DS COMBUSTIBLE* 5 3 3 a. 53 . 54 . 55 . 56 . 5 7 . 58 . 5g. 60. 61. 62. 63 . 64. 65 . 66 . 67. 68 . 6g. 70. 71 - 2. 73 . Écorce «l’un vieux tronc de chêne Bois de neiprnn. . ... Bois de la viorne commune. . . Jeunes branches de charme a vue leurs feuilles. ....... • r Bois d’un chêne expose à l’air et,sec Bois d’un chêne écbaulfé. . . .. . Écorce d’un alirier de 85 ans. . . La ronce noire.. • • Genêt épineux. . . .; • Écorce d’un bouleau de 60 ans. . . Écorce de charme. Bois d’un hêtre de 120 ans, brûlé vert. Bois d’un charme de 85 ans. . Troëne de 10 ans.. Jeunes branches de ltoiileau avec leurs feuilles. .. Myrtille coupé en juillet.. . . Bots d’un hêtre de 100 ans, brûle vert. Bois d’un vieux hêtre exposé a l’air et sec. Bois d’un bouleau de 60 ans, brûlé vert. Fusain de i 5 ans. Bois d’un alizier de 85 ans. . . Bois d’un bouleau de 70 ans , brûlé vert ........... Sureau noir de 20 ans .... Bois de hêtre écbaulfé . . . • Bois de la viorne-obier .... Bois de camérisier. Écorce d’un aune de 70 ans. . Prunellier de 20 ans. . . ... Cornouiller de 18 ans. . ... Bois d’un tilleul de looans. . . Bois d’un aune de 70 ans. Écorce u’un tremble de 60 ans. Épine blanche de i 5 ans. • . Épine-vinette de to ans. . . . Bois d’un tremble de 60 ans .. Bois gentil. Rosier sauvage.. "Quantité"de potasse que peuvent donner 1,000 ttv*se de combustible. 8 8 8 7 , 7 l 6 6 5 5 4 4 4 4' 4 13 l 5 i 5 *■ 5 , U >4 H 11 12 12 11 SI : “ ■v-njt. t 3 2 3 3 1 1 7 5 U 7 7 ; 7 6 6 6 6 4 5 6 4 3 6 7 3 7 .7 7 3 3 4 2 1 5 6 POTEAUX DANS LES GRANDS CHEMINS. L’art. 6 du tit. XXVIII de l’ordon. de 1669 ordonne que dans les angles des places croisées qui se trouvent dan» les grandes routes et chemins traversant les forêts > les officiers forestiers feront mettre des croix , poteaux ou pyramides aux frais de l’état dans les forêts qui lui appartiennent, et dans les autres aux frais des villes voisines et intéressées, avec inscriptions et marques apparentes des lieux oit chaque chemin conduit, et fait défenses à toutes personnes de les rompre ou biffer sous peine de 3oo fr. d’amende et de punition exemplaire. POUDRE. Composition de salpêtre, de soufreet de charbon, qui est employée pour L’usage des armes à feu. Le bois de bourdaine fournit un excellent charbon pour cette composition. V. Bourdaine. POUPE. La partie de derrière d’un Vaisseau, d’une galère. ■ ' ■ POURRITURE DU BOIS, caries. Nous avons déjà parlé de là pourriture des bois aux articles Bois , t. I, p. 427 , Carie , Ecorcement, Gouttière, Alarme. V. ces mots. La pourriture des bois est une décomposition des substances ou parties constituantes des corps li- 648 P-OU g peux. .Cette décomposition petit arriver à deux épo- • q<*s,, lorsqufe ie bots'est' vivant,'et'lorsqu’it est jjj'WL î(;Y> laA 4rde à’a*tiel«i RAysique',des bot* , au niQt.ZWs, t.I, p. 427,.dû noue tommes entrés dans .des détails aùffisans sur les cause» de cette décomposition,) • ii. .■• ii. w. ., -Dans les arbres sur pied , la pourriture est'Occasionnée par le séjour da l’eau dans les blessures pro- yenant-du briseroerit de latéte ou de quelques grosses btàuchsa.La fermentation de cette eau, mêlée à Celle de' b..sève, ralentit te mouvement de celle-t pi , rédgit contre lps.fibrle& ligneuses, et les décomptée., souvent défais tu' partie supéridffre duprono jusqu’aux racines. Le bois, l’aubier, l’écorce même, Jf 0 trouvent, parla pourriture, réduits en humus végétal OU terreau-1 le featfle est'sur-tou t6U je tà cétte maladie ÿ souvent: aussi les ormes, les sapins, et les «hêstesen sontatteàntsi oùrprofîtef dè l’é- coreedes arbres, on est dans l’nsage, en Angleterre, de couper, au commfencenterit du printemps, les bois destinés à.la marine. «La.sève est alorsdanssa plus grande activité - ; ôn laisse‘fe boif deèôhstru'ctfon sé- cherpendairt quelques mois dans les chantiers : cette dessiccation n’a lieu qu’à très-peu profondeur ; on ne doit pis être étonné que cette sève surabondante produise d’aussi térrfbles' êffecs! l’ne'SbrtS'de végétation produit ces filamens soychx qui les détruisent eh entier. » L’auteur passe én reviie'lés mbyénli qu’on apro- E jsés pour prévenir la, pourriture sèche - deS’bois. ’exposition S l’air pendant quelques mois de la ■charpente du vaisseau en-constructitrtt Itfl'paraitun ; moyen insuffisant, parce que le suc prbpre dés arbres demande beaucoup de temps pOtrt ’êtrrf enlevé par l’action de l’air et de la chaleur. 11 çonsfeîttede bâtir les Vaisseaux sous un hangar ; paice ’qu’on évite par là leé inconvéhîens de là trop grande humidité et de la trop grande chaleur. La carbonisation de la surface du bois n’est bonne que quand le bois est destiné à être ènfoncé dans l'a terre ou à rester continuellement dans l’eau. Les enduits d'éàh de chaux , de peinture à l’huile , sont souvent nuisibles, en interdisant le contact delhdr. La dessiccation du bois par les poêles est destructivé et accélère la pourriture. Le meilleur de tous les moyens est, suivant l’auteur, de couper les arbtes en hiver , et, pour garantie de cette opinion , il donne l’autorité de l’histoire et des expériences ; mais H approuve que l’on écorce les arbres au printemps pour les couper pendant l’hiver suivant. Nous avons’ rapporté, an mot Ecorcemént, des expériences qiri prouveraient que cette opération est loin de répondre aux espérancesqué* Von à conçue*, 'et que, dans tous leseas, l’abatage des arbres doit avoir lieu en hiver j'cependant nous devons aussi rendre compte des faits cité» pat M. Dowtdenen f»-* veur de l’écorcemeivt. otn. 1 « En i656, dit-il, te vaisséa» le Sourereln des mers fat construit par les ordres de Charles l*r avec toute la magnificence royale ;«n n>employ a- que des bois coupés pendant l’hivery et écorcéa-'te printemps auparavant! lies bois routfaçonnés furent portés do Newcastle y la construction du vaisseau dura 2 ans 1 il fut terminé en i638. Après 47 ans de servrete comme' vaisseau amiral, ; et avoir "esfeùyé plusieurs combats , ce vaisseau fut dépecé. -Lne très-grande partie des bois se trouvèrent trèa-sairis et servirent à la construction d’un second Souverain des mer. s, qui fut brûlé par accident en 1695.. ■ n Le vaisseau le Royal Guillaume fut construit avec des bois écorcés au printemps et coupés l’hiver suivant il resta 3 ans sur le chantier r et fut fini le 26 juin Il fut réduit à deux ponts, et mas té de 84_ca_nonsj il e ssuy a deux autres réparations, une en 1764 et l’autre qn 1784* Lu J 790, il servit dp magasin , et fu$ dèpepé eq 1813. Çe,,vajsseau d« 100 canons avait duré q4 ans, taudis, que. cevue 9 au construit^ à posent. P.&ut attribuer cÇWrfWbîMf; misé dans la'prepàration au bois. ^tmyt al luo ] i #-.Qn recpnnpjs^fc .sUtoe^^Yjretÿga^^n^- Wwe des vaisseaux^^q PTW- tçvxps ,.pt qQyggs lVvfer r jB»»y^Utf ^ç.îkas^es gjiafl- fi*rs de Ta marine ravale*,60 Ajusfetpj^e ,.o*;.fU;coii- dait 5 p.our joo d'iuajemyijeaux.rour^isefurt^^bois de cette qualité > pour les dédommage^ d,ç. Ja,perte de Fçcorce j mais le hau^pr^x açtueJLdf ce . I l ft roi à détrujtcette bonne îastîtufion(t)- r *a - x> Quand le vaisseau le. Souverain des mecafjçx rebàtif les ierjreroens* chevilles ,.etc-, etc., delà, partie sii- périeureduvaisseauge trpun'èrejitpaxiaitemeiitjaiiis, ce qui prouve qu’il n’étaît resté dans’ les Lois au. cunqliumidité.et sève api ayraiiiiit corrodé lofer; tan- disqpe le ferrement dé,la. partie,inférieure du vais- yeaq ,..eapo$ée à l’açtipn «le.ï’çau s»léj, était Corrodé. LeagournabJes étaient dans le w.eiUéqn état, même dans la partie inférieurç <ùi, vaisseau ; ils étaient* ainsi.uUes.hoi4* SWW ancuneuTqq.arflnce.de Jotigvs*.. , » L’Achille-, de (là, çanç;^, fpt .construit avec du bois écorpé etcoypélunan.après : au bput de 29 ans, étant, d-’urileopfaible écbantiUou , ü fut dépecé ; on trou.qq.lea couples de baux, etc. y aussi sains que Lqrsqu.’On ayaiç commencé la construction du vaisseau. Le vaisseyf la, Montagne , le dernier qui ait çjtéj b4tLftVec ; 4u.;boin4<' or C. é » fjut, lancé en *779, réparé en 10o3; sur $9$» couples,on n’en ôta que 191 ; on remarqua qu’aucun jde ces bois n’avait ^-apparence de cette pourriture, sèche qui détruit tant de vaisseaux. Ce vaisseau est encore en commission, ne parait pas au quart usé et durera autant que le IicvyaJ Guida 0 / 1 ^, c’est-à-dire, 94 ans. Voilà donc i^ae, preuve encore existante de la supériorité du bois écôrc^ au printemps,, et coupé l’hiver suivant. • ?> Il,ne Ijaut pas porter, au-delà de ce terme la du- cée, .place des arbres écorcés. Le La-wk, sloop de gqpryçe,., fut/çercstruü avec des arbre* qui n’avaient «îtd^oppés quel,trois ans après avoir été écorces. Les bpiVi,, 'i>uutli 11 .désigne principalement.les lessives* alcali nés-, l’edu dfc ehqux ; il voudrait ea itn brber lfe bois avec dea.liquides , au, y faire bouillir le* pièces qui ne.se- , , t\OI J il \i | l «a. r. PO,U 649 ;tr/}p volumineuse*. il mit en *>kp«-rience qi»è jdwsejrledipisboûiUie dan* une lessive alcaline tFldVàtre* pièces qui ®!araâeatpaa «uBicétte prépa- ffAion ; il les exposa à l’air pendant deux ans i ta piècei&sivéenesouffritauéune altération 5 les autres furent attaquées par \efongus. ■ ■■JUi Bowden voudrait employer ee moyen aux gpuruables. Étant séchés^ soit au feu, soit en plein air, ils auraient une influènee heorsuse «iir te bois qu’ils, traverseraient, etl’alcalidont ils.se «braient pé- .aëtréaj attirant l’humidité du bois o& il* seraient .placé*, cèlui des gournabie* se gonfle mie 5 leur effet eiiièeraâf pies sûrq'et la solidité beaucoup plus grand». 1 . Un» dissolution de sulfate de fer par sron affi- mité a\pe l’acide gallique de la sève produirait .de très»bons effets. Une forte dissolution de sel commun serait encore très-utile; on a observé qoe tés vaisseaux employés au transport du poisson paieront un bois recouvert d’une croûte de sel r et qii’it» du- reat très-Iong-temps. 1 Il.lexnte dan* "la meritie royale d'Angleterre, un vaisseau en très-bon è*af> apj>elé la Floride , pris sur le» Américain*, dovtt tous les bois ont été iroprégnésd’une dissolution saline. Le tannin de la sève ayant une grande affinité avec la gélatine, M. Bowden pensa qu’on pourrait l’employer pour détruire l’effet de la sève àprès qu’on aurait fait bouillir les gonrnables , et imptVÿ- gné les autres bois de forte eau de chaux 1 ce meyèn recouvrant le bols d’une substance insoluble', tribuerait encore à la conservation du bdis. En 1769, un chimiste de Londres prépara de les combes , les baux, gourna- mamere 1 Xl) fcc nc tioUyaVi étrc pbur lésdidmniniàjjLéf’.dé’lâ valeur <îel‘efrfVté‘, ^pnHqfté TàhttW 'IdErT^ft’ lés 'àt’àrés irts Jcq»tkits«ips'-préeé l *;i*^ ■-'reu 1rs va an_.i: . ; r. Toaie II. cette blés, etc., etc., du vaisseau P Intrépide , qui *ert encore de magasin après 40 ou 5 o ans de serèieél L’huile serait encore très-utile , et on devrait y Faire bouillir les gournables. M. de Puymaurin observe atec raison que lejs moyens indiqués par M. Bowden ne sont pas nou- veaux, et il rappelle à cet égard ceux qui se trouvent consignés dans le Nouveau DictionnaireU’A’S- toire naturelle , et les expériences de M. Migvieron'ï nous en avons parlé au mot Marine. Il rappelle aussi le procédé suivant, qui est indiqué ikuis tes Mémoires de la Société d*encouragementf pour prévenir et détruire la pourriture sèche. • . t On prépare une dissolution très-conceatrée'^te soude ou de potasse dans l’eau , et on l’appHqde bouillante, à l’aide d’un pinceau,'sur les partiés du bois affectées de la pourriture sèche; cette lessive caustique détruit les fibres végétantes des champignons qui se sont attachés au bois. Ensuitè on fait dissoudre de l’oxide de plomb ou de fer dans de l’acide pyroligneux, et douze heures après ta première application dé la lessive ci>nstique,rOR imbibe le bois de cette dissolution-, Hqueur Métallique se décompose,^d’acide et-l’alcali seeoiobï- nent., tet l’oxide" de plomb on de fer, chà*sé dani les pores du- bois, empêche le chhmpignon do prendre de l’accroissement. . m • iti‘ Un autre moyen de prévenir ht pourriture-sèche est da laver le bois avec la dissolutioii pytotigneiriè de plomb y ret, dix à douze heures après r d« l’Uni prègnerd’urue forte àLssolujtkm d’ainn f riant la pro- 82 POU 65 o portion (l’une livre et demie pour un gallon (4 pintes).d’eau. ( Extp. du yhilosophical Magazin , cahier ,d' août, jÇ.18^ t . $1. dp Puyiqaviriq ternjinp son qxtrait de l’oq- vrag:’,dqM, Bqvydqn, par les pbservafiPWS suivantes, qui lui ont été Fournie^, par un officier de fa, marine française , membre de la Chambre des députés. a. fia sève mise enfçpuieptation par la çlialeur est, selon Bpwdeu, la pfeipifirq cause de la pourriture sèche 5 ijiais, cçtte fermentation a besoin d’humidité pour être, entretenue } efila présence du long us en est la preuve la plus positive. » Il n’y a de pourriture sèche que celle des bois, que leur vétusté fait tomber en poussière lorsqu’ils sont exposés à l’aîr, à l’abri de toute humidité. C’est ainsi que finissent presque toutes les poutres des planchers des maisons qui ne sont pas exposés aiyc infiltrations des eaux du dehors. y> La fermentation de la sève dans les bois gras et dans ceux qui ont été coupés trop tard au printemps produit le vice que les. charpentiers de marine nomment chair de poule , et qui est une cause dé destruction lorsqu’il existe dans les bois présentés en recette dans les arsenaux de marine. » Les bois qui ont ce défaut peuvent durer longtemps en restant constamment plongés dans l’eau ou toujours exposés à l’air sec} tandis que , daus les vaisseaux , leurs fibres spongieuses absorbent sans cesse l’humidité de la cale , dont la chaleur excite une fermentation qui fait des progrès rapides daus l’intérieur des .pièces. » L’auteur du mémoire observe avec raison que les bqis qui restent constamment couverts dÿau souffrent moins de cet inconvénient; ce qui doit être , parce qu’alors il y a seulement humidité sans développement de chaleur. » C’est donc sur-tout le passage alternatif du sec à l’humide qu’il faut éviter pour les bois qui sont atteints de la chair dç poule.» M. Bowden indique les préservatifs connus et déjà pratiqués en France. 11 propose de plus d’écorcer les arbres sur pied un an avant de les abattre. Ce procédé a été l’objet de longues discussions entre les naturalistes qui ont fait des recherches sur les bois. Les essais de ce genre n’ont pas eu de succès , peut- être conviendrait-il d’en entreprendre de nouveaux ; mais il faudrait que ce fût sur des quantités d’arbres assez considérables, pour que l’expérience pût conduire à des résultats positifs. Y. Ecorcement , Marine. POURSUITE, actio. On nomme poursuite la procédure qui se fait en justice. La poursuite des délits et malversations commis dans les bois de l’état, et des contraventions aux lois forestières , est faite au nom et par les agens de l’Administration forestière. ( Loi du 29 septembre 1 7gt,//f. IX, art. I e '.). Elles doivent se faire au plus tard dans les 3 mois où les délits, çnt été reconnus, lorsque les délin- quans sont désignés dans les procès-verbaux, à défaut de quoi les actions sont éteintes et proscrites. Le délai est d’un an, si les délinquans n’ont pas été connus, j{Ib., art. 8.) Aucun préposé ne peut se désister de ses potir- POU ' I suites, ni acquiescer à aucune condamnation prononcée contre l’AdmiiiistratWsi* dams sort' autorisation. ( Loi du ai) septtncbrs ,îrppc,\aŸt. >19:.-) Les boâ» eonwnunauxiétaint wmiuis a» même régime que les bois- domaniaux, les-agens forestiers sont également chargés de; ia~ poursuite des délits qui s’y commettent. ( Arreté du 19 -l ’e/itdsè an to , art. i e t.) Il'en est de même pour lesubois des hospice^ et autres étabiissemens publies. (Jb., art. 9.)'' J ' Ces dispositions sont d’ailleurs consacrées 'par le Code d’instruction criminelle , art. -effeti 9. Il n’y a pas lieu à poursuivre un délit qûànd le prévenu est décédé, ( Arrêt du nù décembre 1809. Les poursuites sont surveillées par le éonserva- teur ( Instr.du 23 mars i8*»: r wrf. 78 «r 79)^ suivies par l’inspecteur ou le sons-inspecteur, ôt à'défaut de ceux-ci par le garde général. (Code edivstr. criai. , art. 182.— Instr. du a 3 mars t8a 1 ,arl'. -ro8 et suivons.) Il en est rendu compte'au conservateur à-U'firt de chaque trimestre (Instr. du a 3 mars 1821, ait. lia), et celui-ci en transmet un semblable état , pour fout son arrondissement, à l’Administration aussi à la Un de chaque trimestre. ( Circul. du 28 mài 1821. ) V. Action, Amende, Appel, Audience^Cassaù'em, Com - pétence, Délit, Domaine, Jugement , Prescription, Procès-Verbaux. - POURTOUR. C’est le tour, lé circuit dhin corps. Le pourtour des arbres se mesure à démi-pi'ed près de terre (16 centimi):. V. Amende. POURVOI EN CASSATION. Nous avons donné, au mot Cassation, des explications (étendues sur le pourvoi. Y. ce mot. Dans quel cas l’Administration doit-elle se .pourvoir en cassation avant le jugement-définitif, V. Interlocutoire. fies jugemens en matière de droit d’enregistrement , etc. , sont rendus en .(lerniçf .ressort, sauf le recours en cassation. Ceux en matière de coupes de bois et de revenus des domaines de l’Etat sont soumis à l’appel lorsque l’objet de la demande excède 1000 fr- Le délai du pourvoi en cassation , pour les premiers, est de 3 mois, à dater de la signification à l’Administration ou à ses préppsés. Le délai de l’appel, pour les seconds x est-aussi de 3 mois, à compter également de la signification. Mais il est des règles particulières pouf les juge» mens préparatoires et pour les jugemens interlocutoires. V. Interlocutoire, et VArr. de la C. de eciss., du 29 janvier 1812. POURVOI AU CONSEIL D’ÉTAT. Le recours au conseil d’état en -matière contentieuse est formé par requête signée d’un avocat au conseil; elle contient l’exposé sommaire des faits et des moyens, les conclusions, les noms et demeures des parties, et l’énonciation des pièces. ( Décret du 2 2 juillet 1806. art. 1 er .) Ce recours n’a point d’effet suspensif, s’il n’i-n est autrement ordonné. ( Ibart. a.) Lorsque la communication aux parties intéressées est ordonnée par le garde-des-sceaux , elles sont POU tlfi tenues d’y-répondre daBsmnialélcâ déterminé:-('Z/ë- cret du 23 juillet rijoéi, fiirvvji'X' 1 ' 4;|C Le retiokurs au. oon seàl diéut contre la décision d’une autorité qui yviessortit, n’est pas recevable après 3 mois du jouriOù la décision a été notifiée. I [Ili.yart . f l-.) Comme le décret du 22 juillet 1806 contient un grand nombre de dispositions qu’il sehilt trop long (l’analyser ici, nous renvoyosxp au texte même de Ce décret, que nous avons inséré au Recueil, t. II , p. 66 xà la suite d’une ordonnance du roi, di» 2Î août i8x5. Voici quelques décisions sur les pourvois au conseil d’état. Les jpaemens er-arrêts ne penvent être attaqués au conseil d’état: qæ lorsqu’il y a conflit. Ce principe a été roconntr par plusieurs décrets, qui ont chiangé'éroetség^itd l’ancienne jurisprudence, qui recevait les pourvois contre toutes décisions, soit ju- djciairepj eoit administratives, lorsqu’on lés attaquait sous,le.l'apport de la compétence. Ainsi , pour sfe pourvoir contre'un arrêt de la cour royale ou un jugement de première instance qxle l’on croit incompétemment rendu , il faut voir s’il y\a déjà un conflit élevé par le préfet. Si ce conflit existe , on s’adresse au -conseil d’état ; mais s’il n’existe pas, c’est au tribunal supérieur qu’il faut demander la réformation du jugement. V. Conflit. Les arrêtés administratifs rendus avant le réglement du 1 22 juillet 1806 ont pu être attaqués plus de 3 mois après leur signification. Pour faire courir ce délai de 3 mOii 'porté par ce réglement, il a fallu «né nouvelle signification faite en vertu dudit réglement. {Décretdu ic) décembre 1812.) lie délai de 3 moisj fixé par l’art. 11 de ce décret, pour -s» pourvoir au conseil d’état, est de rigueur , et il y a fin de non-recevoir si le pourvoi n’est'exercé cj tf’ejïrèi ce délai-. ( Ord. du roi, des 2.5 juin, 16 juil- lëfy&j août et% décembre- 1817, 25 février, 23 avril et |3 wat 1818, 7 avril 1819 , zôjuin 1822 etzùfé- vrier i8:>~3.) ‘ Là signification d’un arrêté du préfet, dans lequel une décision du ministre a été transcrite, emporte notification de cette décision. Un acte extrajudi- cfcfirfe;, -portant déclaration qu’on entend se pourvoir, n’arrête pas le Cours des délais. {Ord. du roi, du 26 juin 1817.^ Le» opposans qui succombent dans leur pourvoi sont condamnés à l’amende de 15o fr. {lb.,du 17 juin 1818.) O11 ne peut que rejeter un pourvoi qui tendrait à remettre en question la chose jugée contradictoirement par une décision du précédent conseil d’état, qui. ne donne pas ouverture à la requête ci vile. {Ib. , du a3 juin 1819 .)• L’aveu fait par une partie, qu’il lui a été donné connaissance d’un arrêté à une époque indiquée d’une manière précise, peut donner lieu d’-opptiser au pourvoi exercé long-temps après une fin de non- recevoir. Le délai du pourvoi contre un-ancien Arrêté notifié à la partie a dû courir du moment oh a commencé l’exécution du réglement dù 30 février j8i i , qui a.étendu celui de j 806'aux affairés domaniales. {Ib., du 28 juillet 1819.) POU C5i Le pourvoi né pèùrêfre àcfttâs Vontre des arrêtés et décisions qui, en maintenant lin débit dfe dèpais- sauce dans lex bois de l’État, ont re'nvçjv'qles parties devant les tribunaux, dans le Cas Ôùelléfc persisteraient à revendiquer la propriété de ces bols. ([‘ Ord. du roi, dit 7 novembre 1819.). Après acquiescement constaté par ïui paiement fait sans réserve , en éxecution «Phn arrête,‘'et noxi suivi de pourvoi èn temps utile,' lé pôûrvoi jpxercé ensuite n’est plus récetable. flb. , adS septembre 18,9.) ' ■ r Nul ne peutêtre reçu à se potirtioîr contre dp arrêté rehdu entre d’autres parties,- çt sur uùe contestation étrangère at) réclamant. Le droit dfe réformer des décisions d’tme administration centrale de département n’appartient pas au conseil de préfecture, mais à l’autorité supérieure. %Ib.,'du 27 décembre 1820.) ! “ ' ' Le pourvoi au conseil d’état contre uiVarrêfé de conseil de préfecture , visé'dans un jugèment pà^sè en force de chose jugée et dans lequel on a été partie, n’est pas recevable après l’expiration des délais fixés par l’art. 1 1 du réglement du 32 juillet 1806. On n’est pas recevable à demander l’annulation'd’un acte administratif publiquement exécuté, alors surtout que cet acte a été confirmé par un dêcfet contre lequel il n’est pas pris de conclusion. Lorsqu’un partage de biens communaux est annulé , cèux d6s détenteurs qui ont rempli les formalités voulues par l’ordonnance du 23 juin 1819 doîveüfr jouir du bénéfice de cette ordonnance. {Ib., du 2(1 juin 1822.) \. Arrêtés administratifs, Conflit? Càpseils de préfecture, Commune , Décisions ministérielles^ Domaines nationaux , Préfet. ■ - ■ POUSSÉ. Mot qui vient du lariii pütsi/s , l’ait de pulsare , battre, pousser. On nommé (loUsseSles jets des arbres, la nouvelle production. La , première pousse est celle qui est produite par la sèré' du printemps, la seconde est celle d’automne. ' '' Les deux pousses concourent à l’augméiitatio'n de toutes les dimensions de l’arbre, mais' la preriiière plus en branches et eri longueur, et la seconde plus en épaisseur et en racines. Dans l’iine, la sève èêt principalement ascendante, et dans FaUtre princîv paiement descendante. Les plantes annuelles et quelquës''arbres.n’ô'iit qu’une pousse: le marronnier d’Inde est datis'ce CaS. Toute» les jeunes pousses sont moites, bèrb'Afceés, et très-susceptibles d’être gelées , brisées par lé Vpn t et broutées par les bestiaux : c’est pourquoi on'ne doit permettre le pâturage dans les forêts qu’un certain temps après la première pousse. V. AàSter , Bourgeons. POUSSIER. On appelle ainsi la mênue poudre qui demeure an fond d’un sac de chSirlionV ‘ POUSSIÈRE FÉCONDANTE ou SÉMINALE, pulvis , pollen . Grains fins, déliés et Fort légers. 1 On emploie ce terme pour exprimer une éspèce de poudre qui est contenue dans lés somméfi'des étamines. V. Anthères , Etamines', Pàlfgrl et 1 Phlysio- logiexêgét. u lad POUTRE, trabs. Gro&e pièce' JeV’É&it tSrrpe, qui sert à soutenir les Solives ou lés filaidfél^irun plancher. 82* 654 P<#Ü 'l OèTlé Séèft’âukl dé f pc>litreàdai{sd’àrtlres ouvrages, édnéihê d^s Li'^dhètirtftlicÀt de* ponté, des nati- rift^été: ' >i •'■i'* a laup .1 :il ... PèMir qu’uité péuifrepuisse tl Virer long-temps, i 1 fau* qu’elle soit d’un bois sain éfc bien sec. 11 n’est pus wre de Voir dè§ péiutrds dôitt d’intérieur est échatnfé, c’est-à-dire attaqué de 1 la tarie sèche, avant qu’elles soient' Vniplôyééà'-, 1 ' et-r\tû se réduisent en poussière aû'bautdtrqtfèîqtles années. On prévient rnie partie d&s'ftid 0 nVéiSeiisqiii's( 5 nt l'a suite dudéFaut de dessê-, chement (Tfeà boJs,- ën’InüVs&àit leurs deux boutsà l’air libre .sV. PoHrYtturë'. Poutre ou PoultRï. Se disait autrefois d’une ■jeutte cavale qui a passé 3 ans , èt qui commence à pbïïer. '-s 3 ' POUTRELLE. Petite poutre. POUVOIR JUDICIAIRE. C’est une émanation du pouvoir éiâîèfoiif qui est délégué par le roi à des' ftnittîtpi'HSfjrés' appelés fugùsij magistrats, dont les fb'mÿionS consiàfènf àptônonCer , d’après les lois, 1 eoV fOiitid les affaires contentieuses, hors celles que lés -loisàslfes'î mêmes ont soustraites à leurs attributions. Cette définition se trouve à-peu-près renfermée dans l’art. ' 5 f de la Charte constitutionnelle , ainsi conçu : « Toute justice émane du roi; elle s’administre par des juge* qu’il nomme et qu’il institue. » Nous avons indiqué , sous les mots Acte admi- ■ nistrotif, Compétence , Conseils de préfecture , Domaines nationaux-, Tribunaux , les lois et arrêts qui établissent nnè ligne de démarcation entre le pouvoir judiciaire et l’autorité administrative. Vbîei encore , sur cet objet, l’énoncé de plusieurs décisions que nous trouvons dans le Répertoire de jurisprudence. I. Lorsque deux parties se disputent la propriété (l’{lnt Wéfii (ju’élles prétendent respectivement leur avoir été vendu par des actes de l’autorité administrative-, qufeUes interprètent de deux manières dif- fét'fen'te^ÿ lés tribunaux peuvent-ils prononcer? •'A. fibii f ils 1 sànt tenus de renvoyer à l’autorité administrative elle-même. C’est ce qu’a décidé un ar- ' fêté du gouvernement, du 5 fructidor an 7 ( a 3 août 1801'.)^ fétide : t°. sur la loi du 16 fructidor an 3 , qui défend aux tribunaux de connaître des actes ad- itiinfWtràtifs) 2”/sur la loi du 28 pluviôse an 8, qui 'Httrifelie le contentieux des domaines nationaux aux conseils de préfecture; 3 °. sur ce qu’on opposerait •Vainement (et c’était le cas) que les parties auraient volontairement procédé devant les tribunaux, puisque les incompétences prononcées à raison de la matière èt puisées dans l’ordre public ne se couvrent pas ; 4*. enfin , snr l’art. 11 du réglement du conseil dii 5 hivôsé an 8. Le même principe est eônsacré par un arrêt de la èodf ! dè cassation, dtt 7 mars 1808, qui se trouve nu . Bulletin civil de la cour de cassation , et dans le Répertoire' de jurisprudence y à l’article Pouvoir judiciaire. II. Les tribunaux ne sont point compétens pour connaître èntre un acquéreur de biens nationaux et W/ tîêtViîè U. question (Je savoir si tel ol>jettposséc|é ôtf ïé'cîàWê'ptirÈélhi^êr, a étê'on'nOn compris dans pf(VÛ i’mljmlicftlibq tyte'pjlr téfoi-là-.' (\Arr.fhi la Ci de cassé,l'âeÿtâptümîte'aÙ -x èt‘S 3 aèriln% .wY ».. 1 .ligs e Ii (iiob edor/; nr -.1 III. Mais s’il 11’était question que d’àittfeSWAVsése’ri- tré l’aeqtiéréor direct d'iié biéh nàtiô'rfât et tm tiers à qui il-Aurait vendu -fc'tf ■' bien? te’sëràit aux tribunaux qu’en appartiendrait la fconftaiSsàrfcè. çÀ/ri etc la 5 , frtndé Sur cé qué l’arrêté du gouvernement tftt 5 fructidor- hn qj qui soumet excfusiyêmèint à la côhnàis- sauce de-l'autorité adnrinistratîve lé ‘Cèntetlt ioats 'dès domaines nationaux, né dépouille’pas les tribunaux du droit de connaître des actés postérieurs dé parc ticulier à particulier, relativéinerlt ù 3 éV biens'd’rt- rigine nationale.)- ;*iu;, • . î" : , IV. Ce serait même fnnt' T -tribnnauic 1 qiie- devrait être portée une coiiteStalion ehfré l’atquéfÇUr (l’iin bien national et le propriétaire dbm frf rainajd jacént sur les limites qui doivent?lés séparer ’, 1 ri cétfebèm- testation ne -pouvàit ItriS’jpgéé èpletdftépidS d^'tifrés anciens ou une possession antérieure.à l’adjhdicâ- tion du bien «atibnàlj auxquels l’âdjudidàlibn élle- même se serait téfêtêtl -" ‘ C’est ce qui résültè de plusieurs décrets, et notamment de celui du 20 juin i8l2)îqui est au Recueil, et d’un grand nombre d’ordonnsfircfesl 1 ' ' V. Lorsque lé gouvernement a donné, & un particulier ou à un établissement publié.'411 bien -qua^ffii- national, le donataire péiit-ii , cOrtfnretinacqùpr'évir à titre onéreux , en cas de trouble dé ( la paft, l (? , ûh tiers, se pourvoir devant l’autorité administrative et décliner la juridiction des tribunaux? Un décret du 20 septembre 181-2 a décidé quê les parties devaient se poirrvoir-devant les tribunaux , attendu que lè tiers réclamant, sé prétendant propriétaire d’une partie des biens de lé dpnat^ôn,', la contestation présentoît-par conséquent fuie'quèitiûn de propriété du ressort des tribunaux .brdinq.irj!s£ VI. Lorsqu’un domaine national à (Hêyenâa âvec la déclaration qu’un tel en jouit éh Vertu, d’un lbnil qui a encore tant d’années à courir, etquéc^SLÜ &i qu’appartiennent les bâtimens existant sut te lieu , les tribunaux ne sont point cômpétens pour decidçr si le bail existe réellement, s’il doit avoir sqn'Bicé- cution, et si le fermier est véritablement propriétaire des bâtimens. (Art. de la C. dé cas#.*, atrSphars 1807, fondé sur ce que s’agissant de l’*ntçn(ë d^uu acte administratif, les tribunaux nepeuvent en çtrriîiàïtfe. ) Observons cependant que lorsqu’il s’agît, d’ïrttér- préter de8 titres anciens,- et de juger des questions de propriété qui s’y rattachent, c’est au pouvoir judiciaire à en connaître. V. Conseil de préfecture. VII. Lorsque sur un point déterminé par un acte de l’autorité administrative il s'élève? jléScon- testations devant les tribunaux, qûe ’doiverrr faire tes-juges? I 8: ’ :c i xut 11' faut distinguer : ou l’acte admihistraiif est reconnu par lés deux parties , et aucune d’ellés n’eii conteste ni le sens ni le fond ; ou les dèùx parties sont divisées , soit sur le sens de cet acte, soit sur son efficacité. 11 ■ An- premier cas, les juges doifétrt prononcer sur lés effet set les, cotiséqoetices de-l’acUe administratif. J 6 . de càsS., ■du^'fé>fner\ , &i±ïy r - PlQ)^ .>AS W c W d . jusqu’il ce que? l’îRtPüéé ra^Wr^weîQxjiUqHë^ 1 » réformé l’acte dont il s’agit. ( Arr . delà Qyd# dv.tfjffMft.'iUsfi}àup jxob.aoup iij.i-r’n :i' ; •;.!/' I fl M‘L P fi kWr, AH iPftM M>Ÿf .,W OMÀ 1 ^awtorit^ administratjge,qu’jf app^tient-Ae décider, pi nu acte ur lsdéciina- WfSnihr.'l é.eTuoh^Jrra arisasn or 1 l' , !W!fW!4l!»,!! ! M)jugée par yn arrêt de la cour de cassation du z 5 octobre 1BG9, et par uu-avis du cflnseiM’éta^dn 4 nqvpmbre i«i i. A-, Bft-çe,é. l’autorité administrative ou au pouvoir judiciaire,qu’il appartient de statuer sur les de- ipan 4 ç?;/«P dçuflmages-dfitéréts formées par les pro- priéta^rçjs.djeilpndsçpntlgua à une rivière non navi- ga^iç,AU,ffpf ty 1) lp fppfre le propriétaire d’un mou- cettq rivière , à raison des inondations qy’il g4?l , é dans leurs héritages par la trop grande hauteur à laquelle,!! tient.les eaux? L'autorisé administrative est incontestablement sjpfjlé çojnpétqntç pour régler la hauteur des eaux qui fqn^ tpurner les moulins bâtis sur des rivières non navigables ni flottables. L’art. 16 du tit. Il u‘l? lit Api.tly septembre 1791 l’a ainsi réglé, et il a, 4 |fi déçfdç.par plusieurs décrets que l’art. 645 dp, Ç cW n’avait, à cet égard, dérogé en rien aux, (attributions de l’autorité administrative. Y. Cours d’eau. 1 plais une fois que l’autorité administrative a ré- 1 &lpjlf| 4 ?ft ut i e H r des qaux dont il s’agit, c’est aux tribunaux qu’il appartient de connaître des dommages- , jpléréçs qiii, peuvent résulter des infractions au ré- lait par cette autorité, yéf ifé , si le propriétaire du moulin alléguait pouy $a qéfense que ses eaux n’excèdent pas la hauteur fixée par l’^utorifé administrative, les tribunaux devraient surseoir à prononcer au fond, jusqu’à cê qu’il eût été statué par l’autorité administrative sur cette question préjudicielle. Mais boys çe cys, les tribunaux doivent prononcer sansiienvoi, , t3r uarlfli^î'YEnj ryême te, faire lorsque préalablement aux plaintes des propriétaires riverains et aux ouvrages qui y ppt donné lieu, l'autorité administrative, n’fvait pris aucune mesure ppur flxer.Ja-ha,u- tepr des «aux. . , ; tic Çfest .ce qyi résulte d’un décret du a 3 . mai iR,i o. Xi. Lorsque l’arrêté d’un conseil dp pré/eçture auquel un, tribunal avait renvoyé une question ad- niiidst^tiye préj.ndi,cielle au .fçjD/l dp Affaire dont ce tribunal étaff saisij ^étéépivr d’pp jugement par f >63 lequel ce saètya îtibvn^d«r?f déiftpiéW'amaM la oqytpstfltioB,,,^ quj, es^pas#,0*V,fotfle [fh<«erjugée , la partie contre laquelle a été rendu,pef arrêté, p.eubrnlle.pncpre en provoque^ la, ! ?éfc> ï ùW fl l ion auprèsdmgouvernenient?, : r,, 'f i/o? sils'u La négative, a é¥?>décidée,par ; nn arrête^ b* «oui de cassation du 3 o décembre,jjŸt.pyr, «n décret du.9 janvier i#P9~-V, rrffte a dminis\ra(if, Çoni' ■potence 1 Cwifçil de, préfee(u/e ,, Crmfs à’ton* Da- iuaipe 3 Marais j \ Moulin * ^af^atian-y P 4 t#(Pg 4 > ,Quefitifw,pr£judiei$Uei Travaipc ^JCsuaei. fn9m9iL PRAIRIE, du latin pratum. r ^Leoa\\e de .tettF destinée iprpduire de l’herbe, ,., 0 q uo aaTuof Pnxintr.? xnTiFiqi»x,i,ts. Ce ^an^ d,$f tprrqf labourables où Ton sème différentes sortes d’fierbes propres à la nourrituredes.aniinauiict pomme t»Ûfle, sainfoin, luzerne, etc:) ; /.Olt i'JT. JIlOV TO^i La multiplication des prairies artificielles utfle pour la suppression des, jachère* ^serait encore avantageuse à l’écqnomiq,fqpéstjéve', e«i^e-que,lci pâtn- rage dans les forêts, quiest d’un bien faible produit pyur l’agriculture y et cependant sit funeste, aux ,fq- rêts , pourrait être supprimé dans beaucoup,de localités. V. Pâturage. PRATIQUE , du grec prakti£e, exercice dupouvoir d’agir; exercice habituel de certaines ckosos» ( Didactique . ) Ce qui se réduit en acte djans un art, dans une science} dans cette acception, il,est opposé à théorie. 1; -' ( Jurisprudence . ) Pratique , en terme de palais, est la connaissance de ce qui est prescrit par les' lois, les réglemens pour l’instruction : des procès etfes formalités de la procédure. , -,i . Le praticien s’occupe de la forme, et le jurisconsulte du fond. Le premier instruit lofait de la cause, le second en établit le droit. n"; PRÉ-BOIS. V. Prés-bais. ■ PRÉCAIRE, du latin precarium.. Ce ntcftjifluns son étroite acception, ne signifie , qu’un prêt révocable à la volonté de celui qui l’e,ïait.: Precarium-est quod precibus petenti utendum eûtiçeditur^tamdiù quamdià is qui concessit, patitur.^Lei 1, De precario. ) J; . ùnirrr Il se dit d’une chose qu’on exerce, ou dont on.ne jouit que par tolérance, par permission pcypve^ipii civile. Elle ne peut , quelque Içngye (ÿvqlffcçoil , opérer la prescription. Y. Possession, . PRÉCÈ 1 ETE, terme de marine, provenant du latin prrccincta y fait de prrzcingere, entqurerpenvironner. Les préceintes sont de fortes . pièces de charpente qui lient le vaisseau en dehors; elfes ,souf placées les unes â la suite fles autrçs^et appliquées comme les bordages x qu’elle^rfxcetlept, .en largeur et .épaisseur, ,pçur- fq^piqr çpp}JTOe, ( eii^ une forte ceinture, qui contribue^ lier;jffè-tréùçpiffiP'ènt tops les, couples dhm bâtiment dppuis,\jqçp;pue jusqu’à la poupe.. Les pré.cein{££ d’u^vqjç^çypqypnt sur les bordages qui les avoisinent une saijjje.extérieure assez sensible, leur pQntçp^^sf.^tfaaé avec plus d’art et deispin que celui des.acqjJOSijjprwges, aflfl, pue leur courbpre élégante,et Vftfde aussi agréable.la forme des cyuvrea,inorfes,.du ; na- 654 PRÉ virej dont,elles sont, pour ainsi dire, les trait* les j 4 u«- inaf^üans y les Jitui propres, sur-tout parla saillie q\n les fait ressortir , à le faire distinguer. V. à l’Atlas. PREFECTÜRË. Y. Conseil de préfecture, PREFET , du latin prafectus , fait de prœjîcere ,. commettre, proposer. 11 On nomme ainsi le fonctionnaire public qui est chargé en chef de l'administration dans chaque département. Cette magistrature a été instituée par la loi du 38 pluviôse an 8 (17 février 1800). § 1 er . Des attributions des préfets. Les préfets exeteent leurs fonctions sous l’autorité immédiate des ministres et des conseillers d'état, directeurs généraux ou chargés en chef d’une partie d’adfriinistration. Lès attributions des préfets, prises dans un sens "tendu, portent sur tout ce qui peut intéresser le gouvernement. Rien, dans ce sens, ne peut ni ne doit leur être étranger ; réparer, féconder, surveiller, voilà leur tâche: ainsi, lorsque des abus existent dans leur département, lorsque des améliorations sont possibles, lorsque le relâchement s’introduit dans l’exercice des fonctions d’une autorité quelconque, ou dans la conduite desesagens, ils ne peuvent le wiravec indifférence, et ils doivent appeler l’attention du gouvernement, même lorsqu’il s’agit d’objets étrangers à l’administration. Dans un sens plus restreint, les attributions des préfets consistent dans l’exercice de l’autorité administrative. Ils remplacent les administrations départementales , et le principe général de leurs attributions est posé dans l’art. 3 de la loi du 28 pluviôse an 8 ( 17 février 1800), qui porte : le préfet sera sfeulchargé de Fadministration. Il existe néanmoins dans chaque département un conseil de préfecture et un conseil général de département, auxquels est confiée une portion de l’autorité des ci-devant administrations centrales et départementales : tout ce qui n’est pas explicitement désigné dans les attributions spéciales de ces deux corps appartient au préfet. V. Conseil de préfecture. Les attributions du conseil de préfecture ne sont d’ailleurs pas.étrangères au préfet, puisqu’il est membre et président né de ce conseil; qu’il en a la police; qu’il y dirige l’instruction des affaires qui y sont perdantes; qu’il peut, quand il le veut, assister à ses délibérations, et que, lorsqu’il y assiste, sa voix, en cas de partage, est prépondérante. Quand une décision a été. prise par le conseil de préfecture , elle a besoin , pour être exécutée, que le préfet en ordonne l’exécution par un arrêté qu’il appose, à la suite de la décision du conseil. Si le préfet pense que l’arrêté blesse les principes généraux de l’administration publique, les lois ou intérêts du gouvernement, il doit refuser sou exequatur. Il ne faut pas cependant que le droit qu’a le préfet de refuser son exequatur dégénère en une espèce de veto qu’il aurait sur les décisions du conseil de. préfecture: en conséquence, il doit, lorsqu’il le refuse, transmettre tout de suite au ministre la décision du conseil avec ses observations, PRÉ Le préfet ,n’»nnul.le pa*,-jU ..décision'du. conseil de préfecture ; il eq sùs^nd'Si&ldwBntlVÛét, et il e^td’auteat moins étQaH&ntiitt’iLak.ce-,pouvoir sur un corps administratif: dput if, est: le cfaefy qu’il l’exerce même, quoiqnei par ifne : autre raison, à l’égard des tribunaux ordinaires^ dshs lé cas de conflit d’attributions , puisque le.coullit qu’il élève suspend l’exéculion du jugement jtiiqu’à:qe qüe le gouvernement ait prononcé. Les subordonnés immédiats du préfet., pour toutes les parties de l’administration qui lui est cdnfiée , sont les sous-préfets et les maire».. ,u ; Les préfets ont encore des coppèrateurs dans les agens en chef ou secondaires qui sont établie!, dan» chaque département pour plusieurs grandes branches de l’administration. Tels sont le directeur des domaines, celui des contributions directes^ celui des’ contributions indirectes ; l’ingénieur e» chef des ponts et chaussée»;.le directeur des doua h as ; le conservateur des forêts, et à son ’ défaut Tins - pecteur ou le sous-inspecteur forestier; le receveur général et le payeur. Ces fonctionnaires sont , ù certains égards ,'souv les ordres du préfet, et il est de son devoir de les diriger, activer et surveiller dans la majeure partie de leurs opérations. 11 existe enfin dans chaque département des agens de l’administration générale.des postes etfle celle des loteries ; mais le préfet n’a à s’en occuper (pie sous le rapport de la surveillance qui lui appartient sur tout ce qui se passe dans son département. Les préposés des administrations financières doivent être accrédités auprès des préfets ou des sôus- préfets dans les arrondissement desquels ils exercent. ( Arrêté du min. des fin., du 19 avril 1822.) Les préfets sont appelés par la loi aux opérations des conseils de recrutement, et ils ont des rapporte avec les ministres des cultes, avec la gendarinerieet les tribunaux. Lorsque les préfets 6ont informés qu’un tribunal est saisi d’une affaire, qui, par sa nature , est de la compétence de l’autorité administrative, ils doivent élever le conflit, soit sur l’avis du procureur du roi, soit d’office et indépendamment de tonte dénonciation. ( Arrêté du gouvem., du 3 o brumaire an 10 — 2x novembre 1801.) L’effet du jugement est suspendu jusqu’il la décision du gouvernement. V. Conflit. Les mémoires qui règlent les frais de justice sont taxés par le président du tribunal, en présence du procureur du roi ; mais malgré la formule obligée qui parait rendre cette taxe exécutoire^ les, préfets qui ordonnancent les mémoires doivent les vérifier, et ne délivrer leurs mandats que cojifoome- men t aux instructions du gouvernement. V< Exécutoire et T fais d i e justice. Les‘-frais de justice appelés urgens,-tels que les taxes de témoins, sont acquittés sur les mandats des juges, pour chaque partie prenante. Ces mandats sont rendus exécutoires par le président , en présence du procureur du roi, et le préfet les vise et vérifie, , e . _ .., Il né fait que viser les états de- frais pour délits forestiers. Ces états sont certifiés par le conserva» PRÉ teur ou par l’inspecteur, et taxés par le président du tribunal, en prèsevfcédju proetlrettr du roi. Les préfet siont'fe drbltfd’ordbnrter pardi»arrêtés toutes le* précafstioi’iB ldétdésqù'Hs jugentuécessai- rési, su fies objets Oanflé» à la vigilance et à l’autorité des corps administratifs, par les art.' 3 et 4 du rit» llde la loidu s4 30 * t 1790, et par la loidu 28 septembre^ ociribre 1791) ^relative à la police rurale. Ainsi) 1« pldiae considérée comme s’appliquant à des choses qui intéressent ■journellement le commun des habitans^ telles que la sûrété deé chemins , le débô'desdenréts, l’ordre à établir dans les coupes affouagères pour prévenir les abus, forme une attribution, des‘préfet*, qui peuvent, sur ces objets, faire des-'réglement j pourvu que les réglemens ne coMtiônnentaqoui»edérogation aux lois existantes, n’emrestmigneht point l’exécution et ne tendent à aucune peine afflictive. Ils peuvent prendre des arrêtés portant peihe d’a- joende et >du i> février 1824) i et les tribunaux correctionnels - doivent statuer sur les délits commis en contravention à ces réglemens. ( Arr. de la C. de casa. jduuq mars 1806, et du 6 février 1824. ) Les contraventions à leurs arrêtés sont punies comme infractions aux réglemens de police, toutes les foi* qu’aucune peine plu» grave n’est prononcée par une loi, sans que, dans aucun cas, son silence puisse en assurer l’imponité. Mais les arrêtés des préfets ne peuvent être attributif* de juridiction, et ils ne peuvent légalement constituer des peines autres que celles qui sont déjà prononcées par une loi antérieure. ( Arr. de la C. de cass. , du 4 niai 1810.) Les tribunaux ne peuvent, au surplus, discuter ni modifier, sous aucun prétexte, les dispositions administratives des réglemens de police faits par les préfets. Ils sont tenus de punir comme délit toute infraction à ces réglemens, lorsqu’elle a été régulièrement constatée. Il n’appartient qu’au gouvernement et aux ministres de réformer les arrêtés pris par les préfets sur ces sottes de matières. Les préfets sontcompétens pour ordonner tes travaux à faire sur un chemin vicinal. Les arrêtés des préfets, pris dans les limites de leurs fonctions , ne peuvent être déférés aü conseil d’Etat avant d’avoir été attaqués devant le ministre que la matière concerne. [Loi'du 28 septembre 1791 .—Arrêté du gou- vem. ,*du3 messidor an 5 . — Loidu 9 ventêsean i 3 . — Ord. du roi , du 26 juin 1822. —. Arr. de la C. de cass., du 7 février 1-624. ) Les arrêté* dé préfets pris dans les limites de leur compétence ne peuvent être attaqué» été plàtlo devant le conseil d’état. Lorsqu’un arrêté par lequel un préfet a reconnu qu’fuie rivièffe ést flottable n’est point attaqué',ce magistrat est compétent pour dressert - Oïi réglement sur-cette rivière. ( Ord. du roi , du 28 août 182*2;) ua - Cas où les préfets doivent constituer avoué. V, la Cirtuf. du z&éepfembbe ' <822. ' - O Jr • J PRÉ 655 Les préfets peuvent exercer les actions judiciaires qui intéressent l'État sans l’autorisation des conseils de préfecture. (Circul. du octobre i 8 a 3 , côntenant envoi (Tùn avis du Cons. d’étatI) V. ait Recueil les deux ord. du roi du 8 août iflai ) cqn- cernant lés dépensés communales et les travaux des rôtîtes qiié lés préfets peuvent autoriser. § 2. Des attributions des préfats en ce qui concerne l’Administration dés forêts. Il faut distinguer entre les forêts domaniales -.et lés farêti. communales , parce que les attributions des préfets relativement â ces deüx classes de forêts sont différentes. i°. Forêts domaniales. Les attributions des préfets dans l’administration de ces forêts sont déterminées par les lois et les réglemens. Elles saqt principalement relatives aux adjudications des coupes de bois, à la réception des cautions et aux congés de cour; leur intervention immédiate est rarement requise pour d’autres cas : cependant comme sur- véillahs de tout ce qui sé passe dans leurs départe- mens et y exerçant 1a haute police, s’ils s’aperçoivent de quelque désordre dans les forêts, et si, désirant en connaître la cause ou l’objet, ils s’adressent aux préposés, ceux-ci doivent s’empresser de leur donner les éclaircissemens nécessaires, et {le prendre les mesures propres à l’ëxtirpation des abus. ( Circul. du 26 floréal an i 3 —16 mai j 8 o 5 .) Mais les préfets ne peuvent pas, plus que ne le pouvaient les anciens intendans des provîntes, ordonner , de leur autorité privée, aucune coupe dans les forêts royales ni même dans celles des communes et des étahlissemens publics. V. Intendans. L’art. i«. du tit. VIII de la loi du 29 septembre 1791 charge les corps administratifs elles munjci-, palités (aujourd’hui les préfets, sous-préfets et maires) de veiller à la conservation des forêts domaniales, et de fournir main-forte pour cet effe.ç L’art. 3 du même titre porte que les corps administratifs pourront, quand bon leur semblera, visifer les bois domaniaux et autres soumis au régime forestier dans l’étendue de leur territoire, pour s’assurer de l’exactitude et de la fidélité des prépô- ses , dresser des procès-verbaux et les envoyeV, kfac leurs observations et leur avis , soit à la côrisèrva- tion générale (à l’Administration) , Soit au pouvoir exécutif (aujourd’hui aux ministres). L’art. 4 charge les directoires dé districts de procéder à toutes les ventes de coupes d"e bois. Ceâ administrations ayant été supprimées ërt l’an 3 , les administrations municipales furenfdiaVgéès dé procéder aux adjudications par deux arrêtés'du gouvernement, des 28 frimaire an 4 et 5 thermidor an 5 , et à ces dernière* administrations la constitution de l’an 8 fit succéder les sous-préfets 1 , qui, d’apres l’aTt. 9 dé la loi du 28 pluviôse de la même année t remplissent les foutrions dont il s’agît', dé même que les préfets dans Earrbndisseméïicau chéF-lieu. C’est donc en présence des préfets etsous-préfétsj chacun dans leur arrondissement, que Epn procède .aux adjudications. (//rStr. du ■jprtiirïdl tin à.'tit. 1, aiti. 2t .) Y. Adjudikatioti: ’ " '• ' >u ‘ " le «ttoer des charges étant- ajipiteiflVé'j&r lé itiÜ- 6^6 J?$É des finances , il .n’est point da^s le cas d’être «ounu* ftti -yisa.de» préfet?,. ef,ces magistrats doi* Yejtt se üp,ruer à ( défpjcer au ministre les clauses in» «otites c]u’il*.y, ^marqueraient, (■Dccis. minist., dn }$ j)/utnaire,an la—7 nuyçmbrc i8pi.) L^CQuservateurs iudiqueutles jours des adjudications , en préviennent les préfets et squs-préfets des arrondisseipens où les coupes sont assises, et donnent les, ordres nécessaires pour les affiches et publications^ (Loi du 29 septembre 1791, tit. VI, ,, Mai* il est recommandé aux conservateurs de s’entendre avgcles préfets pour fixer les jours des ventes. ( Circul. du 26 messidor an 10— 1$ juillet i8o2,Jj.V. Affiches. Les conservateurs déposent le cahier au secrétariat du Leu de la vente. (Loidu 29 septembre 1791, tit. 'P'î, art. 14O Lsne laissent.allumer les feux que lorsque la mise à prix leur paraît se rapprocher de la valeur des bois ;V adjuger fib. , art. 10 }, et c’est d’après leur consentement. ou celui de l’agent forestier présent, -et celui du préfet ou sous-préfet qui préside la vente , ue l’çnchère est inscrite au procès-verbal d’adju- ication.,(Ciiê. des ch., art. 2.) Lorsqu’il n’y a pas lieu à allumer de feux , la vente est remise au jour indiqué parle fonctionnaire qui préside la vente et l’agent forestier présent. (Ib., ■ ^'Y . , Il est fourni au préfet une expédition sur papier libre du procès-verbal de la masse des adjudications faites dansje même lieu, quand elles n’ont pas été faites au chef-lieu de la préfecture. (Ib., art. 12.) Les difficultés qui s’élèvent relativement aux tier- ceraens ot aux adjudications en général se portent aujourd’hui devant les tribunaux et non devant les préfets. Y. Adjudication. C’est devant les préfets et sous-préfets qu’il est i nj'ocldê aux adjudications des travaux relatifs à 'entretien et à l’amélioration des forêts, et lorsque ces travaux s’étendent dans plusieurs arrondisse- mens, il y est procédé par-devant les préfets. (Loi du 29 septembre 1791» tit. VIII, art 4 -) V. Travauxi Les préfets et sous-préfets peuvent commettre les maires, des lieux pour les menus marchés dont le rrtontapt nç parait pas devoir s’élever au-desssus de 200 fr. (ïb.) V. Menus marchés. Les préfets et sous-préfets reçoivent les cautions et certificateurs de cautions des adjudicataires. (Ib., art. 5.1 V. Caution. Lés préfets et sous-préfets accordent leâ congés de cour ou décharges d’exploitations , d’après le consentement des conservateurs, et en dressent acte au bas des prqcès-verbaux de récolement. (Ib., art. 6.) V. Congé de cour. CeSt aux préfets que doivent être adressés les procès-verbaux et autres actes qui ont pour objet de Üife payer les mqins de mesure et les surmesures. (Ib., tit. VI, art. 2.7.) V. Moins de mesure et Sur- mesuré, Lë conservateur correspond avec les prçfets des déplrfemçns de son arrondissement, leur fournit les j‘én«eighemen* qu’ils demandent, notamment pour PRÉ cq qui concerne les bien*, commun,»px. fiféren/. du 26 prairial an t 3 — Il donne aussi, d’aprè* lévitation. dcPTrôfçt* , son avis sur les pétitions dont l’objet a. rapport aux matières forestières. ( f Circul. du &naû£ ib©6. ) \ • Conservateur. Les préfets doivent surveiller je$ maires pour les certificats d’indigence que; ceux-ci délivrent, trop facilement aux délinquans condamnés pour .délits forestiers. ( Lettre du min. de Tintée ., du.S fructidor an. 10— 2$ août iSoz.) 8 °.—Bois communaux et des établissement publics. A l’égard de ces bois, les préfets , en.leur qualité de tuteurs des intérêts des communes, sont fondés à demander d’être instruits .d’unq manière spécial? de ce qui concerne la manutention de ces propriété»; à y empêcher toute opération extraordinaire qui n’aurait pas reçu préalablement leur assentiment; à se refuser à tout paiement de dépense non.valablement justifiée par pièces comptables ; ,à régler, le nombre et le salaire des gardes forestiers de* communes, (d'après l’avis des maires ou des.préposés forestiers. ( Circul. du 26 floréal an .rârrriù mai i 8 o 5 .). En saisissant bien les différences qui distinguent les bois communaux des bois domaniauxet .surtout en considérant ce que dictel’intérètal’ètre d’accord avec toutes les autorités, les agent forestier» préviennent tout sujet de réclamation-, et il n’eat point de difficulté d’attribution qui ne, «'aplanisse par une correspondance où la raison se montra sfous des formes honnêtes. (Ib.) Les conservateurs doivent recourir aux préfets dans toutes les circonstances où le. service.des bois communaux peut l’exiger et leur fournir les pièces qu’ils demandent. S’il s’agit de çaminatioa de gardes pour bois communaux, de fixation, de leur salaire, les.conservateurs doivent atteudreda présentation des maires ou leur avis sur cette fixation. (Ib.) Les préfets ordonnancent les états .d# paiement des opérations d’arpeuteurs et autresexéentéeadan* le» bois communaux, qui ont été vérifié*,et arrêtés p*r les conservateurs (Circul. du 6 nivâse an 12—-2!)décembre 1 8 o 3 .) • Les gardes forestiers communaux ne pcuven^élre destitués par les maires; mais s’il,s’élève (le* réclamations sur le refus d’un conservateur de faire,droit à Jes plaintes relatives è.la conduite d’gn gardas, J? préfet doit en référer au ministre de*.finances. (Circul. du 1 3 germinal an 12 —3 avril îfiüfjn). L’intérêt-des communes étant le. «eul,qn’aâe*t à consulter les agens forestier* , ils doivent examiner avec attention et discuter sévèrement toute demande en délivrances extraordinaire* , telles que celles des quarts de réserve ou des futaie* qui se trouvent sur leurs coupes ordinaires et extraordinaire*. Ils ne doiyent dpnnet *ur ce point que des avis tnès-œoti- vés, pour n’ètre pas en contradi,ctionavec les préfets , qui sont toujours consulté* à cet égard > comme étant, par leur place, l,e« tu.teurs des.-communes. (Circul. dft 1 4 thermidor an 9—2 aafLt, 180 L’instruction de cqs affaire* doit avoir lien de concert avec ces magistrats. Afil»,. lorsqu’il* renvoient des pétition*.de.çomùtunefqux, conservateurs ou inspecteurs, ils sont fondé*, à attendre d’eux les l*kÉ iïisttrafcfcicms*''et 1 si lefritotrt- munes s'adressent‘‘dlfetêMbnèhr afin! WmVéèriilSnVÇ j Mfsi 1 f i»k>fft>îJfVif fM feti 0 * &r* ttt* leT trtWnüi rel TthyittiltidAté dtlt 4 îis&^ P riihV}én< j 'lia rTpréiè jlW- fet i^t?^>a£éHÎ?c&e’'c!bmV?'èo!ti'aa‘iîi/'(jh^lsL® nréttMM à portée de le faire , en lui faisant passer lit pétition apàïtiüW tfe’lefjJ-s 'ÿssëiimifchiil.- j(‘Citinî. du 14 tfiérthidbt' iwé‘9 àbût i'tÿ 1 Pbdr'érife’é fe-s retards ,‘ Ja‘cbmrfnine !, k(Iresse sa de tna'tfdd Vniébùpè ÜéqoàrtV deréserve an préfet du département, qui donné ébti aria èt'rènvoi’e lés pie - rè 4 ''(rtt\?dW 4 ëi*vkteii r 'cAr - ' 1 V 1 b‘ i p e Cl e u r, qui procéda j‘tf‘ j ftît' T ^fbcéder à là Visiterde» bhpj^ < VltÿftoAl’rhaÇre dans les bois des communes ieêdea éWÉblisèêmçh s 'publifcs.-'tCès coupes, soit dS'fteaié'feur taillis 1 , isbit de quarts eh réserve, ne èc>Wt 3 fhiteVtjh-VrtH 4 tru de fa permission du gouver- rië'itféfii.' (Lëï dù '-it) septembre: 1791 , fit. XII, art. - i él^IDrti! bf&rofpdu 7 mars 1817.)' ■ fl tir ■est ’dé'tnêmè des coupés 3 ’arbres épars, V. céV’&fot» tt lntendant. Les ‘fonds prtôvehant des coupes des quarts de réserve sont déposés à la caisse dès dépôts volontaires et mîs'à'la 'disposition du ministre de l’intérieur, pour étt -4 reversés, 1 sur s On autorisation, dans la caisse des communes. (Ord. du roi, du mars 1817, art. 7 e/8.) Les préfets ne doivent point ordonnancer de dépensés à payer sur ces fohds sana l’autorisation du riiihistté de l’intérieur, lit adressent à ce ministre ■uüW délibération du cqnsfeil mnniripal, contenant Vkxÿotië iëà trâvtnix 'et' dépenses à faire, le procès- >tirOT(l l '<ïe'lil : Tteifffe do quart en réserve , une expédi- tîoivdë'l’orcFoimaricéqui l’a autorisée, copie du budget ife laxbthmtjrië/l’avîs du sons-préfet et leur arrêté particulier. (Lettres du min. de l’intér. , des 24 üèpdthniàiiiart \ \l -6 octobre\&o 5 et 11 juin 1817.) Rerlàtrvemè'ht aux" coupés ordinaires , les agens fo- rètw^W-fiont Fafré l’àtpentàge, et procèdent à l’us- siettte' de.cés COupes y elles sont approuvées par l’Ail- rfrlèfiétttttiôïr dala mètrfe forme que les coupes ordindirès det fiols'domâhianx. CèV’ eùupès se délivrent en nature ou sont mises eh adjudication. ’Lorsque lès communes sont dans l^asa^é’dé'partagçrèn nature leurs coupes ordinaire^ y les agems îoréstfers assignent préalablement , trrtr l’Writ oés' préfets ,' uhe portion Suffisante de la ihiqté ,pohr la-vèhté'fen être faite aux enchères , et sb/ti‘Wfôdyjt’èdt éttipldyd eu paiement des vacations', dfebwtib ’dè^a'rîlë^d’&pltjttàtibn et de la contribn- fibtî'fonrieré'y ’cthtfoTnféTnpïit aux lois des t 5 août i’fâH ÿ' ïjÿflôhtaVàit' 'S' et W fpiinairp an 7. (Instr. du a 5 -ventosearti 1“, ijSïii'btrvéè le i 5 germinal suivant.) V: Afjhuhgd, et 1 fl6 carrcmunaux, ch. IV, § 3 . r L’eXplontation eitfaite pàfgftis entendus, choisis iAwé J fraisile la'cbirtmuiyé'ët -capablçs de répondre dé Ih* rfiEUvàislé ëxjfïoitalîétf^aîifsi cpiè lé Veut î’ordoVi- Tome IL P RL 65 7 nairéëtiè îétf^'j'tiV.XXV, aff.‘ iu r . [(Instr. du iü ter - tdse an' i,'r f (W)pV6iifée'fë d5'pelminiliuféanri) ' • ■ QnelqufeS pré'fgtV"Oftl; l: âdiréss i é , hà ; gqrrvënieTtiènt jrlasleuri quèstî^mi tè'hdàiït’àidêfei'mïnër d’une minière posjtive lés attributions dës'àdhilhiitrïtîlins locales ét celles dès à'gens forèstiërs relatftèment nu régime des bois comaionauîr. '• i°. La loi du Sq'ieptembrë leur a, jiaVù aVcjir posé 1 les’basés de^'aftTi'bûtïrtriSrêspéf'fiVeS ,’ét îti Ont observé 'que, d’apbès' il ne érrétilaire <10 ministre dés I inances , du iç fructidor an 9 (6 septembre', tiiûi)) ’a r rè té d ù gjô ti Ve r déni e ri t 'd ù t) 1 d v^?) sè p rêé us, Eia,ef- fèf'j‘qûè tieÜWit'tVui 'pJts’ crabndre non r seulement poitfléi hrbrfeÿW&éfVei dàtitf.Ia cçune , majs encore] potù-fés ébùpttpëkvifoiihaùfés , d’une Ibule d’indi- vidols qrri, rnnni’s u fl’iriéténméns trànchans, vieil - dorieiufalçonùter lettré bois? La survèillancg la plus activé ù’éfiip^fh^ririt'Hâskju’il ne se commît 'clesj dé - lils.iC’èsl fic/ùr'prévë nir de semblables abus quel l’ordort’nàtieé (Jè ll t6éçj èt'iiitrés çéglemëns défendent' dë s’ihtrodùrfrW Jatis fèsfojéts avec serpes, haches! où ■érign'ées',’étqù , il£' tfé‘|1erinélterit nas 1 emploi de| cë'S'iriitriiméns !aüx usagers. La 1 même défense est réitérée p&r l’art, fi du çahier des charges pour les coupes aftouvgêres, faisknt suite' à l’instruction du 25 vefttôse an 11. il est donc de la plus grandy impôt tance que la découpe des bois en forêt né puisse être faite 1 qfie par l’entrepreneur de l’abatage; mais’ rien ne s’op^iosé'à Ce qué lé partage des bois ne soit fait aussitôt après la cotipé etr avant le façonnage*,: alors les partiptiliers peqi ent faire donner en forêt- par lébùclrercm la façon qu’ils jugent convenable' à leurs boîs, ou les faire extraire de la forêt tels qu’ils leur échoient dans le’partage. Ajoutonh aux observations ci-dessus que la responsabilité dè l’entrepreneur de la coupe ne serait pins la même , si on admettait les habitans à façonner leurs bois. Il faudrait faire deux rérolemens : l’un après l’abatage pour la décharge de cet entrepreneur, et l’autre après que les habitans auraient fàÇèttinê leurs' bois ; mais les procès-verbaux de ces dëtix Opérations Seraient souvent attaqués par ceux à la charge dé qui ils seraient faits , et tous chercheront à réjeter lés délits les uns sur les autres. Dans le cas où te délinquant ne serait point connu, lei poursuites éprouveraient les plus grandes difficultés : il faudrait faire citer tous les affouagers comme civilement responsables, et si les communes étaient Condamnées, ce qui serait assez difficile d’ob- tehir , d’après un arrêt de la cour de cassation du 26 décembre I818, elles ne manqueraient pas de se pourvoir en remise d’amende ; enfin, si l’on astreignait les agens forestiers à faire deux rccoletnens , oh ne pourrait se dispenser de faire payer aux communes de doubles droits de vacations, ce qui serait une nouvelle charge pour elles. Les préfets ne peuvent donc , sans se mettre en opposition avec les réglemens (V. Vois communaux, ch. IV, % 3 ) , admettre les affouagers à exploiter ni façonner eux-mêmes leurs bois en forêts. Ils doivent faire exécuter les dispositions arrêtées par le gouvernement pour l’exploitation des bois communaux, et si des changemens leur paraissent utiles, les soumettre à l’approbation des ministres, après avoir pris l’avis des agens forestiers. Au surplus , ce qui se rappqrte au matériel des bois et à leur régime intérieur 1 fest moins de l’essence de l’administration locale que de celle de l’Administration forestière; car si les préfets, confondant la part qn’iL ont dkns l’administration des buis communaux avec relié qui est réservée aux agens forestiers, venaient à rendre des arrêtés pour en diriger la tenue, l’améfiùgemèrit.et l’exploitation, il résulterait de cette subversion de principes que tout lé fruit dé l’OrrrfbrùVitê dfc'S dispositions prescrites par les réglemens et par les instructions rait perdu et 1 qu’il y nuraYt tI àujair • ‘ . I Vlit -t-UI U. V.IVII-JI mjmstrer Les Dois des communes 1 Cetfé àîvérjvence ef celle res rendraient incertaine ministration et même célle’Jês tribunaux, et finiraient par amener la dissolution du régime forestier. Quant à ce qui concerne les dépenses à imposer aux communes pour la conservation dé ffeurs bois et l’emploi des produits de ces bpîs, les préfeits ont sans contredit le droit de les régler, et les agen^ forestiers ne doivent jamais ordonner dés travaux ni im poser des charges aux adjudicataires, qu’ils niaient à cet égard obtenu le consentement de ces magistrats 4°. On a demandé si les agens forestiers notaient pas tenus d’assurér l’exécution dés arrêtes qu’un préfet est dans le cas de prendre pour l’administration des bois des communes. j Les arrêtés des prêtées ..doivent sans doute ^çtre exécutés par lés préposés’ des administrations; mais comme ces préposés reçoivent leurs instructions de leurs chefs immédiats , ils doivent, lorsqu’il p?y a pas urgence et qu’un arrêté 11e leur parait nas pon- forme aux réglemens , attendre la solution ae l’autorité Supérieure. f>°. Lorsqu’il y a dissentiment entre le préfet et le conservateur pour le réglement des frais à la charge des adjudicataires de coupei de bois, à qui, du préfet ou du conservateur, appartient-il de prendre une décision? Ce droit appartient au préfet, comme président de la vente, et attendu d’ailleurs qu’il s’agit d’une dépense. 6°. A qui appartient-il de fixer le jour où les ventes dpivent être faites? Est-ce au conservateur ou aux sous-préfets? Sans un concert parfait sur ce point , Içs ventes peuvent être compromises; il faut éviter quelles aient lieu simultanément dans plusieurs'chefs-lieux, et on doit les ordonner de manière que lés agens forestiers , dont la présence est importante au succès des ventes , puissent assister à toutes celles de leur ressort. Pour cet effet, le conservateur , f éu celui qui en fait les fonctions , doit prier le préfet de fixei les jours de vente dans toute l’étendue flu departç-, ment. Cependant la loi du 29 septembre 1791,, tit. VI , art. i3 , donne aux conservateurs le droit de fixer les jours de ventes. 7 0 . Les agens forestiers, qui ont le droit, pour les bois de l’état, de s’opposer à l’ouverture des enchères , lorsque la mise à prix est inférieure à leur estimation , ont-ils ce droit pour les coupes communales ? L’affirmative ne parait point douteuse, sur-tout pour les coupes extraordinaires de quarts de réserve : autrement, il n’y aurait plus rien de fixe, et les intérêts des communes et ceux du gouvernement pourraient être compromis. En effet, une baisse considérable aurait lieu dans les ventes des coupes communales et des coupes royales, si, par des considérations particulières, le président de la vente pouvait admettre des mises à prix au - dessous de l’estimalioii. On pense donc qu’il doit y avoir remise témè|hs J . lés mesu ministérielles se- Y, a ^ depar- : incohérence dans la marche àè l’Ad- ■ »VI1 Je la rente, lorsque la mise â prix.n’ecale pas l’esli- w.Tut. nViUf* ; H ir l • *» . •* ■ ;> rnatiOn, saut a. .en reterer au ministre. . ' 8 o‘i »"• 1 . Iï«t> *î»UU/IIKI 1 ' - :• O v. J - l.i » .. . Les ventes ordinaires et extraordinaires des d’arrondîsseniéns'y mais cm a demandé si çellps autorisées par l’art'. 5 d<^ la loi du 11 frimaire àrj. 7, dont le prix est destine à payer la contribution fpn- ciêrd et les frais de garde, ne peuvent être Faites (levant les maires, et,on a citq uiie décision du ministre qbi l’a ainsi autorisé. Oq ii$ Voit aucun ipcoménient à ce que les portions ‘dé coupes aflçüagères qui sont distraites du partage pour le paiement de ces dépenses, soient faites devant les maires et au lieu qui paraît le plus COJivehkble j mais il Papt éviter que cette faculté 11e s'étende aux coupas ordinaires. ( Circul. du min. de ; du 1 1 juin iSi^.'J, Telles sont les observations qui ont été faites au ftinisVredçsfinances ÿar l’Administrationforestière, éw'Pépicihsè aux' questions dont on vient de rendre cttmptg. ' . De tout ce qfii précède, il résulte que les préfets s J ûnt appelés;! donner leur avis dans tout ce qui concédée les opéràtions extraordinaires à faire dans les bois des communes et des établissemens publics ; mais qu’ils n® peuvent ordonner aucune coupe , soit par* cbntenance, soit d’arbres épars , ni s’immiscer dans le régime intérieur de ces bois; que leurs avis doivent porter principalement sur les objets de dépenses et le meilleur emploi des fonds, et que c’est aux agens forestiers seuls à juger de l’état des bois ou des arbres dont on demande la coupe. Pour 11e pas rentrer dans les détails que nous avons donnés sur les attributions des préfets dans le cours de cet ouvrage, nous renvoyons aux articles Actes administratifs, Adjudication , Affouage, Ar- bfes jpârs, Arrêtés , Biens et Bois communaux, Bois dei c'ià’b/issemenspublics, Commune , Compétence, CfiËhtin , Conseil de préfecture , Cours d’eau , Uo- màine , Exception , Garde, Intendant, Mair. , Officiât dè policejudiciaire , Pouvoir judiciaire, PâturageTravaux , Usage. PRÉJUDICIELLE (QUESTION). C’est question qui doit être jugée avant la contestâti prîiilijpàlé. V. Action et Question. ÉRBJUCER. 7 T. de palais.) C’est rendre nu jugément interlocutoire qui tire à conséquence pour la décision d’une question qui se juge après. PRÉPARATOIRE (JUGEMENT). V. Définitif Interlocutoire, Jugement. PRÉPOSÉ, Ju latin prtvpositus; fait de prie, avant, auprès, et de ponere, mettre, placer; placer avant, auprès. Un i irduosé est 1 une ion . t —----gens i_ h ... dèsférésliers. â . Administration, Garde général et Garde particulier , Inspecteur et Sous-Inspecteur. Pour les peines qu’encourent les préposés du gouvernement èn cas de délits et prévarications, Y - ’,7|* >90; ïtkÈ ^ Re - UiIè 65q PRfeS-ROlS. Oi, sygy}\eprésfiois. .fdafts le dépar- lément du Doubs, de^ terrâtes.(jeftijiiésjaw ji^Aurage, et sur lesquel^ il exi$tp distancé, ,çn, ditstgnqe des arbustes ou buîs’scms, et.fnêmç^e^ touJf(és 4’pr- bres plus ou moins grands, qui ;(Of y,çn,t ù prpcurqr de l'ombrage au bétail, en même tpmps qu’ils empêchent le soleil deifesséçhçr Jç.sol et de tyJ,rv^ périr les herbes. Ces terrains ipgnfieut dpn,c des pâturages copverts dé bois'; 11 existe de se*?blftUteo fpnçaiiis dans les Alpes qt dans d’autres pai;tjqs,dp lafw*Çé- Les communes qu| Ies possède)!!j)tptpfldentT?ssee généralement qu’ils ne 6oiit $dupiis. à aucune surveillance dfe la part de l’Administration fprestiprtv Nous avons sous Ips yeux un rapport fait par M. C urasSon au conseil d’arrondissement de Be- siiif.On, le 24 niai 1816, qui noms paraît eputepir à cet égard des renseiguemeus utiles- En voici l’analyse : Les pâturages connus sous le nom de/V&s- bois sont situés sur les montagnes; ils appartiens nent aux communes et à d,es particuliers : on le$ toujours distingués des bois proprement dits, qt considérés comme des biens communaux ordinaires. Le bois n’en étant qu’un accessoire, on, a soin de l’éclaircir de temps en temps, et même d’en essarter quelques parties, pour éviter qu’il ne s’empare du sol eL 11e prive les babitans du pâturage , qui est le plus précieux avantage de ces terrains, situés, pour la plupart, sur des rochers. Cependant, obr serve l’auteur du rapport, les ageps de l’Administration des forêts prétendent què ces propriéjés doivent être soumises au .régime forestier et aux dispositions réglementaires concernant lepâturagedans les bois ; prétention qui tendrait à détruire les repy- souices des montagnes, et qui est contraire au* ré- glemens locaux. — M. b rapporteur cite un arrêt du parlement de Besançon, du 4 mars, ‘ 74 $ > portant que les prés-bois doivent être maintenus dans leur qualité de pâturage. Cet arrêt ayant -été attaqué, la cli.mibre souveraine des eaux et fprêts déclara que les lois sur la police des bois tiepouvaient y être applicables ; que ce serait détruire le commerce des fromages et ruiner les babitans, dont l’industrie était également avantageuse au* iutérêtsdu roi et du public. — Le conseil du roi approuva ces motifs , et l’arrêt de 1745 fut maintenu. — Cet arrêt est rappelé dans la Table des édits de Franche - Comté, au mot Fruitières (nom que l’on donne aussi à eesprés-bois). L’auteur du recueil cité rappelle un autre arrêt de la chambre des eaux et forêts, qui a réglé en 1767 , pour les babitans de la seigneurie de Rivière, un aménagement particulier de leurs bois et pâturages. M. Curasson annonce avoir vérifié lui-même un troisième arrêt du parlement de Besançon, rendu en faveur de la commune de Bonnevaux , arrondissement dePontarlier, sur une sentence de la justice des lieux, qui avait, en 1766, condamné des habi- tans de cette commune pour coupe faite dans leurs prés-bois, par le motif qu’il n’y avait aucun aménagement des bois de ce territoire, et que le tout devait être considéré comme forêt. La commune consentit à la mise en réserve de 4o arpens, et sur l’appel de la sentence Ja çhambre souveraine des eaux et forêts déclara cette soumission suffisante , 83 * PRE 660 et ordonna que les habita'ns de Bonnfevjux continueraient à jouir du surplus en nature de pâture , et qu’ils pourraient le nettoyer dél bôis pouvant diminuer lepnrcburs^ suivant qu’ils le trairont utile et le délibéreront. La défclaraflon d'à roi , du :3 août *766, relative 1 aux défriciiemens, avant été portée à l’enregistrp- inent, le parlement fcrjlt devoir y mettre égalemeVit une restriction pour lés terres des montagnes de la pfovinçe et 'dés propriétaires des héritages des domaines càhnüs sous le nom de fruitières , destinées de tout temps , ainsi que les communes ,' au parcours un mémoire au gouvernement contre cette prétention. De leur côte, les tribunaux du département se sont constamment refusés à appliquer les peines île l’ordonnance dé 1669 aux faits de défrichement et découpés de bois poursuivis par les agens forestiers, il est vrai, ajoute M. Curasson , que deux arièts de la coût de cassation du 9 avril i 8 i 3 ont annulé des arrêts dé ta cour de Besançon lendus sur ces objets; mais, dit-il, les motifs de ces décisions sont insigni- fians; ils n’ont d’autre base que l'ordonnance de 1669, qui u’estpoint applicable aux pâturages dontil s’agit. M. le rapporteur termine en proposant i°. de demander la remise en vigueur des anciens réglemens loéaux sur lés pâturages et les prés-bois; 2 0 . de faire décider que ces projiriétés seront confiées aux soins et à la surveillance de l’administration municipale, qui déterminera, sous l’autorité du préfet, laquantité et l’étendue des terrains à couper ou débâcher, la vente des bois et l’emploi des produits. Ces propositions furent approuvées par le conseil d’arrondissement de Besançon, dans sa séance du i>4 mai 1816, et renouvelées dans la session suivante, séance du 9 avril 1817. Le conseil général du département, dans ses sessions de 1816 et 1817, adopta en tous points les rapports et délibération dont onvientde rendre compte. Nous ne ferons qu’une seule observation : L’art, (•f. de l’arrêté du gouvernement du 9 ventôse an 10 soumet tous leis bois des communes et des établisse- mens publics au régime forestier; cet arrêté ne fait point d’exception pour les terrains peu garnis de bois; ■sa disposition est générale; les arbres et bois, quisont épars, soit sur des pâtis, soit sur des places et chemins, sont soumis à la règle commune; ils ne peu- P RE véntefrè a battue qùe 'dans k’iHtétêtfoOfnmtm datons les habitans, et d’après l’autorisation dû* gouvernement, stir 1 lés r rappoftï ; 0êi âgênfoforefetietst 'Cts mesures «tint prçsfcrites jiafr teui^léé àtéefens éégle- ineiis, remis en vigueur rtar'Laf+ét^ â faire sur la demandé des communes, et qu'aucune coupe ne peut y avoir lieu par des individtls'isolés ni par les cOmmunes-elles-mêmes, sans l’autorisation du gouvernement, donnée sur les rapports et d’après les avis des agens forestiers: C’est une conséquence des réglemens existans et qui s'appliquent à toutes les communes du royaume qui possèdent des bois épars. Les arrêts de la cour de cassation du 9 avril 1813, celui du 1 3 -décembre 1811 , et une foule d’autres que nôus avons rapportes dans notre recueil, justifient pleinement notée opinion. \ r . Arbres épars et Rois communaux. PRESCRIPTION , du latin prœscriplio , fait de pree, avant, et àescribcre, écrire, ordonner, statuer. La prescription, dans un sens, est l’acquisition d’un droit de propriété par lapossessiôn d’nue chose pendant le temps déterminé par la loi; et dans un autre sens , ce mot désigne l’extinction A’un droit, d’une charge, d’une obligation , qui est demeurée sans exécution durant le même temps. Cette partie de la jurisprudence est aussi vaste par la multiplicité des objets qu’elle embrasse qu’intéressante par l’usage journalier qu’on en fait dans les tribunaux; mais nous bornerons notre article â ce qui peut intéresser particulièrement l’Administration forestière. Toutefois nous devons indiquer les lois qui Contiennent, tant pour les matières civiles que poar tes matières criminelles et correctionnelles, les dimpositions generales concernant la prescription. Ce sont: i°. Le Code civil , dans ses articles 221 3 à 2275; 2 0 . Le Code de procédure civile , dans ses articles 097 â 401 sur la péremption; 3 °. Le Code d’instruction criminelle , dans ses art. 2 et 635 à 643 . Toutes les questions de prescription en matière civile sont de la compétence des tribunaux. (Ord. du roi du 3 o juin 1824.) De la prescription relative aux délits concernant les forêts , la chasse, la pêche et la police rurale. L’art. 643 du Code d’instruction criminelle maintient les dispositions des lois particulières relatives à la prescription de certains délits, et de ce nombre sont les délits en matières de forêts, chasse, pêche, et de police rurale. I. Prescription en matière de délits forestiers. La loi du 29 septembre 1791 , tit. IX, arts 8, porte que les actions en réparation des délits forestiers seront intentées au plus tard dans les trois mois où ils auront été reconnus , lorsque les délin- quans serûjit désignés par les procès-verbaux, à défaut de quoi, elles séront éteintes et prescrites; et PRE PRE que le délai serad?un au,j si,les dglinquans ue sont pas connus. )ji r; r l La prescription par trpis mois de l’action résultant d’un délit forestier ne s’étend pas an cas où l’action ayant été, intentée dans ce délai, il y a eu interruption de poursuites pendant le même espace de temps. L’action alors n’est prescrite que par trois années. (Arr. de la C. de cass. du 6 février 1824.) La cour de cassation avait d’abord pensé que les délits forestiers étaient soumis aux prescriptions générales établies par les,art. 9 et jo du Code des délies et des peines y du 3 brumaire an 4 » et avait prononcé , les 8 vendémiaire et 11 brumaire an 6 , deux juge- raens basés sur ce principe; mais cette cour, depuis sa nouvelle organisation, a adopté une jurisprudence contraire, et par des arrêts des 16 floréal an 11 (6 mai i 8 o 3 ), i 4 gÇvminalau a 3 ( 4 - a-'ril i 8 o 5 ), a janvier 1806, et 10 septembre 1807, elle a reconnu que le Code des délits et des peines , établissant des prescriptions générales pour les délits, 11’avait pas dérogé aux lois qui en établissent de particulières. 11 faut donc , en cette matière , s’en tenir aux dispositions de l’art. 8, tit. IX de la loi du 29 septembre 1791, que nous venons de rapporter. Cette jurisprudence qui s’étend aussi aux contraventions relatives aux ports d’armes (a/7, delà C. de cass., du i«. août 1811) et aux coupes de futaies, sans déclaration-par les propriétaires, a été, ainsi que nous l’avons déjà observé, maintenue par l’art. 643 du Code d'instruction criminelle. (Arr. du 3 septembre 1807 et 19 mars 1820.) La loi ue fait aucune distinction de la nature des délits forestiers, des agens qui les ont constatés, ni de ceux qui doivent les poursuivre : ainsi, elle embrasse les délits mentionnés dans les procès-verbaux de récolement dressés par les agens forestiers. Ces délits doivent être poursuivis dans les trois mois, attendu que l’adjudicataire qui en est présumé l’auteur est toujours connu ( arr. de la C. de cass. des 17 avril 1807 et 24 mars 1809. — Circul. du lâ avril 1809); et la prescription court en faveur de l’adjudicataire, même avant qu’il ait obtenu son congé de cour pour les délits déjà reconnus par des procès-verbaux. (Arr. du 17 avril 1807.) Il y a nécessité absolue de se renfermer dans le délai déterminé par la loi pour la poursuite des délits, autrement l’action estéteinteet prescrite. (Arr. de la C. de cass.,des 6 février 1807 e/28 mai 1819.) L’interruption de la prescription ne s’opère point par une citation nulle. (Arr. des 19 mars et 2 octobre 1812.) La simple notification d’un procès-verbal ou la remisé de cet acte au tribunal ne suffit pas pour interrompre la prescription, et il faut que l’action soit judiciairement intentée dans les délais prescrits par la loi, et en vertu d’un exploit régulier. (Arr. de la C. de cass. , des 5 prairial an i 3 — i 5 mai j 8 o 5 , 8 et 29 avril 1808.) Lorsque dans une instance il y a plusieurs assignations données à la partie, c’est la première, si elle est régulière, qui interrompt la prescription, et l’on ne peut exciper de la citation postérieure pour en conclure que le délai de l’action est prescrit , quelle que soit l’époque à laquelle l’audience 66,1 ait eu lieu. \Af,r. des 3 o çt'/i/ji 807. e/,2(} Lorsque les (lé.liqq\ians n’ynt pas g.te désignés par les procès-verbaux , lç delai pou^ intenter l’âçji 0 ® est toujours.d’un an , fors même cju,e les auteprsflri, délit auraient été ou pù être reconnus d’une manière quelconque postérieurement aux prorèis-vqr- baux. (Arr. du 8 avril j8o8.) Dans le cas où le délinquant ést désigné ipar le procès-verbal, c’est à partir de ce.t gcte qug ^ès troi*- ■mois doivent être comptés , quoique te délit çt ,1g délinquant aient été connus à upe ejipque ap(gçieure- (Arr. des 9 juin 1808 e/ 19 mars 1818.) Ainsi la prescription de 3 mois ou d’qn an ùour les actions en réparation des délits forestiers ne.Qat,ç<^ue- «lu jour du procès-verbal et non du jour où le délit a été commis. (Arr. de la C. de cass. du 19 mars 1818.) Lorsqu’il y a preuve d’un premier procès-verbal de récolement, la prescription court du jour de cet acte pour les délits qu’il constate 5 elle ne peut être interrompue par un second récolement. (Arr. de la C. de cass., des 26 décembre 18o6, i 5 avril >809-, 26 juillet, 26 octobre et 26 novembre 1810^ et -tS mars 181 1. ) Mais l’action dirigée , dans le délai prescrit, tyn- tre le cessionnaire d’un adjudicataire interrompt la prescription , comme si elle eût été dirigée contre l’adjudicataire lui-même. (Arr. du 28 juillet 1809.) La prescription 11e court contre les fonctionnaires publics dont la mise en jugement doit être précédée d’une autorisation spéciale qu’à partir du marnent où l’agent forestier a eu connaissance de cette autorisation. (Arr. de la C. de cass. des i 3 avril 1810 et 23 mars 1811.) Les délits de défrichement se prescrivent,quant à la peine et à la réparation civile, comme les autres délits forestiers , par un délai de trois mois ; mais le tribunal qui prononce que la prescription est acquise doit, conformément à la loi du 9 floréal an 11, ordonner que le contrevenant replantera une surface égale à celle qu’il aura défriché^, (Arr. de la ('. de cass., du 8 janvier 1808.) Dans tous les cas, le délai de trois mois se compte de quantième en quantième, sans égard au nombre de jours dont chaque mois est composé. (Arr. de la C. de cass., du 27 décembre 1811.) Le délai pour L’appel d’un jugement étant dq dix jours, un appel interjeté le 1 i e . journ’estpas valable. (Arr. de la C. de cass. du 8 juillet j 817.) V. Appel- Les délits commis dans les bois communaux et ceux des étahlissemens publics , soit futaies, soit taillis , sont poursuivis par les mêmes agens forestiers, de la même manière et dans les mûmes délais que les délits commis dans les forêts royales. Cela résulte de l’arrêté du 19 ventôse an 10, qui soumet ces bois au même régime que les bois de l’état. (Lettre du grand-juge ministre de la justice , écrite, le 20fructidor an 11 , au commissaire du gouvern.y près le tribunal de première instance de Castres. — Lettre de l’Adm. gén. des forêts , du 12 vendémiaire an 14, n°. 3 o 38 , 5 e . division. — Arr. de la C. de cass. des 9 janvier 1807 et 3 i janvier 1824. ) Cette règle ne souffre pas même d’exception à l’egard des délits qui peuvent être constatés par les commissaires de police , les maires, adjoints et ju- o6u PRE PRE ges de paix. ( Circul . de l’Adm. du 19 pluviôse an 1 I , n°. i 3 o.) Quant aux délits commis dans les bois des particuliers , il faut distinguer : lorsque cés délits sont commis par les propriétaires eux-mêmes, et qu’il s’agit, par exemple, de défricheniçns ou do coupes de iutaie sans autorisation, la poursuite de ces-délits appartient aux agens forestiers, qui ont géné- ralemeut 3 raoispour traduire les délinquans devant les tribunaux. {tjrr. de la C. de cass. du 3 septembre 1807. Mais s’il s’agit de délits commis par autrui dans les bois des particuliers, les agens forestiers sont inconipétens pour poursuivre, et, dans te cas. les propriétairesdoivent intenter leurs poursuites au plus tard dans le délai d’un mois, conformément à l’art. 8 du § 7 du tit. I«. de la loi du 28 septembre 1 6 octobre 1791 )• ( Ait. de la C. de cass., du 10 juin 1808.) Cependant, s’il s’agit d’un délit non prévu par la loi précitée, comme d’une coupe d’arbres sur pied et faisant partie d’un bois , dans ce cas, le délit serait punissable des peines déterminées par l’ordonnance de 1669, et l’action ne serait prescrite que par le délai de trois mois. ( Arr de la C. de cass., du 22 février 1821 .) S’il s’agissait de coupe ou de mutilation d’arbres •q>ars et non en plein bois, les peines et les délais pour poursuivre seraient ceux déterminés par le Code pénal. ( Ib. du 8 juin 1820.) 11 . Prescription en matières de délits de chasse et de pêche. La loi du 3 o avril 1790 porte, art. 12 : 't Toute action pour délit de chasse sera prescrite parle laps d’un mois, à compter du jour où le délit aura été commis. » On avait d’abord pensé que cette disposition 11e s’appliquait point aux délits de chasse commis dans les bois et forêts, parce qu’on avait toujours considéré que la loi du 3 o avril 1790 11e concernait que la chasse en plaine, et que les délits de chasse dans les forêts, étant rangés dans la classe des délits forestiers, devaient rentrer, quant à la prescription , dans la disposition de l’art. 8, tit. IX de la loi du 29 septembre 1791 • Mais un arrêt de la cour de cassation du 28 août 1818 a décidé , à l’égard des délits de chasse dans les bois communaux, que l’actiôn en réparation de ces délits est prescrite par le laps d’un mois, conformément à la loi du 3 o avril 1790, à laquelle il 11’avait point été dérogé par l’arrêté du 19 ventôse an 10, qui a soumis les bois des communes au régime forestier. Quant aux mêmes délits commis dans les bois de l’état, deux arrêts de cassation des 2 juin >8i4et 27 juin 1817, fondés xur ce que ces délits sont considérés comme délits forestiers, avaient décidé formellement que la prescription n’en pouvait être acquise que par le laps de trois mois, d’après l’art. 8, tit. IX 4 e la loi du 29 septembre 1791, postérieure à celle du 3 o avril 1790. Cette jurisprudence a changé , et par arrêt du 3 o.août 1822, il a été décidé que F’actiorj pqus }(?■? délits (je chasse dans les forêts de l’état était- prescrite, paa 4 e laps d’un moisy comme pour ceux coiumis en plaitiçi.— t 1 itn ■sVitnnnvi b Ainsi les délits de, chas.se commis dans 1 m bois des pitrtictrlierS, dans céttix tîBs^om^mtVnes^èt éta- blissemeps publics, et,méjpe^ 4 anS‘Ptu« 4 e l’étatj se prescrivent par le délai d’unymoi^cajifonaéiaent à la loi du 3 o avril 1790,0;- emr'b ù-inqoirj enuei Observons cependant,, ji, i’qgwd, de» idélks de oe genre qui ne seraient préÿua,ni (punis jint cette loi, que la prescription ne devrait êt*e sueqiriseqjue jpar le délai de trois mois, d’après la jimapruiferice qui veut que des délits forestiersCoininis.dans des-bois de particuliers ou de communes^ qui sont .punis des peines portées par l’ordonnance de 1669 jtatvion-par le Code rural du 6 octobre -jyç i ç:ne soient sujets qu’aux prescriptions établies par la loi forestière du 29 septembre 1791. iiïoss svv Quant aux délits dé ohésse tomfiiisUànÿ lès bois de la couronne , ils, fesù^ t,^op jo^s- «sjroris' W&- pressif de l’ordonnance ‘669 f et< 1» prescription n ’en est acquise que par le décide tjtda de la C. de cass., des 2 juin 1814, 3 o mai et 3 o août 1822.) • in . il fluot 0. ma ,st.fo La prescription pour la poursuite des détitsvVjë chasse n’est pas acquise faute d’assignèüod ddwtée au prévenu dans le délai fixé pour intenter f’acnôn, lorsqu’avant l’expiration de ce délai ll £ y a eu plainte du ministère public et infûrinatiàA.’ {'Ail- dit 28 décembre 1809.) nia roi i' La prescription d’un mois n’est pas applicable à l’action résultant du défaut de permis de port dermes, et aux termes de l’art. 640 du Code a instruction criminelle , l’action pour la poursuite de ce, délit dure un an. {Arr. du i cr . août 1811.) ^ Les délits de pêche , même dans les riviêrés non navigables, sont punis d’après l’ordbnfiance dé J 66 g, et l’action en réparation de ces" délits n T est prescrite que par le délai de trois mois y’^tabïï par la loi du 29 septembre 1791. {Arr. de la C. de céssl du 8 septembre 1820.) - uanaixni Observons, à l’égard des délits dépêche, lr que 1 si une action se trouvait prescrite potlr n’avôir ^ 9 s 3 |te intentée dans le délai fixé par la loi, cette çircôps- tance ne pourrait cependant empêche? lb tribunal devant lequel l’action serait portée, d’o'rciohtPei la démolition ou la destruction des fnstrotnénd 4 e pêche permanens ou d’engins prohibés, attendu que cette mesure d’intérêt public est indépéitdMtit’è 4 ^a prescription, qui ne peut s’appliquer qu’à ldpeine ou à la réparation civile. 1 III. Prescription en matière de délits rurùuie-.aô tan Cette prescription est apquiae paf lç/lapsid’un mois, aux termes de la loi du 28 septerabre-r—éof-i, tobre 1791 , tit. I, a?t. 8. Mais, ainsi que npus vons déjà observé, les délits ruraux prpvqs et.pu- nisparle Code pénal de 1810 ne se prescrivent que b par l’espace de temps quy détermine le Codefl'inst. traction criminelle de 1808. {Arr. de la Cf de. çass. du 23 octobre 1812 et 8 juin 1820.) rg,: * IV. Prescription en matière d’usage. ;il ; w ., L n usager ne peut prescrire la propriété d’unTonds PRE 665 do^ü yiftque.A’usatgeil (A w.q de'là- C. do casr. du 18 brumaire an 11 — qinevcmbre r8oa^ V. Usage. **1 -trcb .aurrraoa 9«Bfta,ab ftilèb • ■-■ ■>■ H"^m°â^zW%^^ n APÜméaunaux. ])an>sllei>mtttiéi*é^btf lâ^loi’éxi'ge'iiH'é ÿi'è th i'ë , on | ne peisty‘suppléefopùr Aes'jli'ésotbiyfidns^ et l’ancienne propriété d’une comwûnè lie pfeu^ '^induire d’eaCpraiitéHis^qiiîVbtjUérfpaiJr’Ia faire joulrde la près- rrijuioni \Arr. dut) messâdôran 12 — ijjirin 1 8 o 4 •) ^^.jwesajptjott ëtâbtiè par'lli loi du 21} août 1792 àipéganlda Ja/rerendîdafioh •dès biéns éonimünaiix usutpéf^ ne!)peut H’applitjfuer aux cdmmtitles qui, étaient en'possession déée9'’biens. {Arr. des 9 mars 1809 et tô ^juillet r8a2. )°V. Biens et Bois communaux fiet l’art) 4â2^db ■Gode civil. vl )J£Ô ,-ipt joi ni lEq ssii j . \1. Prescription en matière de domaine . V. le meme od civil g> eylti root Usage. VWuPreseriptionpùtir iépdfeih&Tit des amendes. T. n> Aptende, et dite Wdle dû bife d’une décision mi- - hiStérielledu 2-3 a^ydt ‘ïffiiiài- 91 * au ;< ,■ di sûuys ■'•'■■■ Voyez, sur le tout, les mots Action, Amende, Appel, Çilption , Défrichement , Délit , Jugement, Pâturage , Procès- Verbaux r ,Récolement, Usage. rR,ËSBANCJE- Les officiers des maîtrises avaient la préséance en toutes assemblées, soit générales, publiques 911 particulières^ et de particulier à particulier sur les officiers des élections et des greniers à sql, V,, sur cet objet, l’artitle Préséance du Dic- tionn. des eaux et forêts; par Chailland. V. aussi, sur l’ordre des préséances dansles cérémonies publiques, le décret du 24 messidor an 12. PRESENS ou DONS. Les présens faits aux juges par les parties pnt toujours été réputés captatoires : aussi, les plus anciennes ordonnances leur défendent-elles d’en recevoir, àpeined’étre punis comme concussionnaires, entre autres celle de Charles IX aux^éta,ts d’ 0 rlé?ms, en janvier > 56 o. Mais cette ordonnance ne comprend point parmi les présens a la venaison ou gibier pris ès forêts et terres des princes et. seigneurs, qui les donneront. » Les lois actuelles ne font aucune distinction entre la nature des présens. V. l’art. 177 du Codepé- naf et ^instruction générale du 27 février 18)8, qui défend aux ageasd’oîmr du gibier à leurs supérieurs. L’ordonnance de .1669 défend aux agens de recevoir aucun bois des marchands {art. 7, tit. II)', De recevoir'aucune pension des communes ou particuliers {art. 8, tit. II) ', De recevoir aucune chose pour les ventes et adjudications. {Art. 16, tit. XVI.) V. Corruption et Fonctionnaire public. PRESTATION. Terme de palais, qui signifie des redevances annuelles qui se paient en fruits ou animaux en nature. On ne peut maintenir des prestations établies par des titres constitutifs de redevances seigneuriales et de droits féodaux. (Avisdu Cons. d’état, du 1 3 messidor an 1 3 — 2 juillet 1 8 o 5 .) PRESTATION DE SERMENT. V. Serment. PREITVE, du latin proba pour probatio. C’est ce qui établit la vérité d’une proposition, d’un fait. En jurisprudence, la preuve est un moyen déterminé par la loi pdut découvrir ou établir: la vérité d’un fait contesté. " Semi-preuve, t’est une présomption appu vee dt quelques indices. Preuve littérale , c’est celle qui sê tire deTéiriri. Commencement de preuve par écrit, c’est tin écrit qui prouve seulement un fait préparatif ou ordinairement lié à la convention dont il s’agit. Preuve testimoniale , c’est celle qne l’on obtient du témoignage d’une ou de plusteups personnes dignes de foi. Preuve vocale , c’est celle qui se tire de la déposition des témoins , c’est la même chose que la preuve testimoniale. Preuve muette, c'est celle qui n’est ni littérale ni testimoniale, mais qui résulte de quelques circonstances, d’où l’on a lieu de juger qu’un homme est véritablement coupable. Nous n’entrerons point dans le détail de ces dif- fèrentes preuves, ni des principes qui s’y rapportent. Le Répertoire de jurisprudence, les Questions de droit de M. Merlin, le Dictionnaire de droit, par Ferrière, et les autres ouvrages de jurisprudence, pourrontêtre consultés par le lecteur qui aura besoin de s’instruire des matières autres que celles des forêts. I. Les procès-verbaux des agens et des gardes ei. matière de délits forestiers font foi en justice, sauf les exceptions ci-après expliquées, soit pour raison du lieu ou du temps où le délit a été commis, soit pour le nombre des l'êtes reprises en pâturage ou autrement, soit pour les qualités, essences et grosseur des arbres pris ou coupés, et les instrumens qui ont servi aux délits. V. Procès-Verbaux. II. Ces procès-verbaux font preuve suffisante dans tous les cas où l'indemnité et l’amende ne doivent pas excéder la somme de ioofr,, s’il n’y a pas d’inscription de faux, et s’il n’est proposé de cause valable de récusation. {Loi du 29 septembre 1791. art. 1 3 , tit. IX. —Arr. de la C. de cass. des 2.3 mai 1806, 5 mars et to avril 1807.) III . Si le délit est de nature à emporter une plus forte condamnation , le procès-verbal rapporté soit par un garde, soit même par un agent supérieur, doit être soutenu d’un autre témoignage, pour faire foi jusqu’à inscription de faux. {Meme loi, art. 14. — Arr. des 8 thermidor an 1 3 et* 8 frimaire an 14. ' — Mais ce second témoignage n’est pas exigé, si le procès-verbal est dressé, signé et affirmé par deux gardes forestiers, ou par un garde forestier et un garde champêtre. {An. de la C. de cass. des 26 fritc- tidoran 11,16 frimaire et 3 a messidor an 12, 16 messidor an i 3 et i er . mars 1811.) Il n’est pas exigé non plus, lorsqu’un procès- verbal dressé et signé par un garde général se trouve appuyé de la signature d’un garde, quand même le garde n’aurait pas affirmé ce procès-verbal. {Arr. du 29 octobre 1824*) Enfin un procès-verbal dressé par un seul garde ponr un délit emportant une condamnation au- dessus dé 100 fr. , s’il ne fait foi jusqu’à inscription de faux, doit cependant faire foi jusqu’à preuve contraire. {Arr. du 28 octobre i 8?40 IV. Dès qu’un procès-verbal est en règle sous tous '*>64 PRE PRÉ les rapports, et qu’il n’est point argué de faux, la preuve testimoniale offerte par le prévenu contre cet ictrr devient inadmissible, ( Arr. de la C. de eass. , des a 3 mai 1806, 10 avril 1807, 17 murs 1810, et 17 -juin et *8 août 1834. } V. Mais il 7 a plusieurs cas où l’on peut admettre 1» preuve testimoniale : — i°. lorsque le procès- verbal ne contient qu’une déclaration de témoins, et non celle du garde rédacteur ( arr. du 17 juillet 1806); — 2 0 . lorsque le délit donne lieu à une condamnation qui excède 100 fr., et que Ae procès-verbal n’est affirmé que par un seul garde ( arr. des 16 messidor et 8 thermidor an 1 3 ; -— 3 °. Lorsque le procès- verbal renferme quelque nullité ( arr. des ^septembre 180 ù. h fkjuin et 19 octobre 1809 , et 3 o décembre 1811 ) ; — 4°. lorsqu’il .s’agit d’un délit pour lequel if n’existe point de procès-verbaux. ( Code d’instr. crim. , art. t 54 ) ; — 5 °. lorsque le procès-verbal qui constate l§ délit n’en a pas désigné les auteurs; — ô'*. lorsqu’il est nécessaire de vérifier les faits sur lesquels le prévenu appuie ses moyens de récusation, ou les faits justificatifs qui ne sont pas contraires au contenu du procès-verbal (arr. des 17 et 22 mars 181 oj ; — 7 . lorsquéles délits ont été constatés par dés procès-verbaux et rapports faits par des agens, préposés ou officiers auxquels la loi n’a pas accordé le droit d’en être" crus, jusqu’à inscription de faux. (Code d’instr. crim., art. 1 54 - ; 5 ■— 8°. lorsqu’il s’agit d’établir que le fait constaté par le proçès- verbal n’est pas un délit. {Arr. de la C. de cass. du n 3 mars 1810.) VI. Si les prévenus peuvent, dans les cas ci-dessus spécifiés, faire admettre la preuve testimoniale contre les procès-verbaux rapportés à leur charge, les agens forestiers et le ministère public peuvent, de leur côté, suppléer au défaut de preuve suffisante d’un prqcès-verbal, en faisant entendre à l’au- dîençe les gardes rédacteurs ou des témoins; ils le peuvent même en cause d'appel. (Arr. des 9 mai 1807, 19 octobre 1809 , 24 février 1820, 14 août et 27 décembre 1823.^ Un tribunal ne peut refuser la preuve qui lui est offerte, etildoit ordonner l’audition des gardes ou des témoins qui lui sont proposés. (Arr. des 8 juin 1809, 3 i déqçmbrc 1 8! 1, 19 mars i 8 i 3 , 24 février et 21 ju/llef, 1820, 21 juin 1821 et 1 mai et 27 décembre 1823.) Majs les juges ne sont point tenus d’ordonner l’offiée l’audition des gardes rédacteurs ni des témoins pour suppléer au défaut d’affirmation ou de preuve du procès-verbal. ( Arr. des 9 mai 1807, 18 novembre 1808 ,5 janvier 1809 et 3 o décembre 1811) VU. De tiôuVeUes preuves peuvent être administrées en appel, lorsqu’elles ne portent point sur une 1 dem oitid'priricipalé et qu’elles'ne tendent qu’à établir là dèin.uide primitive. U n’est pas nécessaire que les conclusions tendant à les faire admettre aient été rédigées par écrit ni déposées sur le bureau du président, du 14 août 1 82 . 3 .) VIH. Il est à observer qu’il n’y a point de délai de rigueur péur faire ou compléter la preuve d’un délit relatif aux forêts. Le tribunal de cassation , par so ni jü fument du 1 er . nivôse an 12, avait posé en principe que l’ordonnance de 1667 , qui voulait que les enquête* fussent faites.clans les défais fixés par les jugsmena, a’etaii^aisitjipplicahlaaaz preuves ordonnée» en matièce.dmshétita, -- Le Code d’instruction, criminelle ne rénfermetiu - cune disposition contraire à .cette jurisprudence. L’art. 191 ne fixe aucun ternie pour l’instruction des affaires; il veut seulement que le jugement soit prononcé de suite, ou au plus tard à l’audience qui suit celle où l’instruction est terminée. IX. Quant aux différentes sortes de preuves qui peuventètre administrées, S .-Procès- Verbal. X. Peut-on admettre un adjudicataire d’une coupe de bois à prouver par témoins qu’il a sommé l’Administration forestière, à une certaine époque , de procéder au récolement? V. Récolement. PRÉ VARICATION , du latin prœvaricatio r fait de prie , au-dessus, par-dessus, et de varicare , écarter les jambes, enjamber, passer par-dessus son devoir. Dans la pratique, c’est l’abus commis dansd’exer- cice d’une fonction, d’une commission, le manquement par mauvaise foi contre'le devoir de sa charge, contre les obligations de son ministère. Le fait de la suppression d’un procès-verbal de délit est une prévarication. (Arr. du 6 vendémiaire an 10 — 28 septembre 1801.) Le trafic que des gardes peuvent faire de l’exercice du pouvoir qui leur est confié, en recevantidu bois de chauffage provenant d’arbres abattus en délit, etc., constitue le crime de prévarication, dont la connaissance appartient aux cours d’assises. (Arr. du 22 novembre 1812.) V. Corruption , Faux, Forfaiture , Fonctionnaire, Garde. PRÉVENTION, du latin preeventio , fait de prat, avant, et de xenire, venir; venir avant, prévenir. Dans la pratique, c’est l’action par laquelle on devance l’exercice du droit d’uu autre. Les commissaires de police, maires et adjoints recherchent les contraventions de ]>olice ■ concurremment avec les gardes champêtres et les gardes forestiers, et même par prévention sur eu x. {Code d'instr. crim., art. 11.) Les art, 11 , 12 et i 3 de l’ordonnance de 1669 réglaient les cas où les officiers dos maîtrises exerçaient leur juridiction sur les forêts des ecclésiastiques, princes, chapitres, communautés, et où ils jouissaient de la prévention ; et une déclaration du roi du 8 janvier 1715 ordonna que «es officiers auraient la prévention sur ceux des seigneurs, et qu’ils exerceraient sur les forêts des Ecclésiastiques et communautés la même juridiction que snr les foEèts royales, sans avoir été prévenus ni requis; et à l’égard des délits commis dans les bois des particuliers, qu’ils on connaîtraient pareillement sans avoir été requis ni prévenus, lorsque les propriétaires auraient eux-mêmes commis ces délits, mais qu’ils n’en pourraient connaître quand les délits auraient été commis par autrui, à moins qu’ils n’eussent été requis. Aujourd’hui, les agens forestiers sont exclusivement chargés de la poursuite de tous les délits commis dans les bois de l’état, des communes et des établissemens publics, comme aussi des «outraven - fions aux lois sur le défrichement et les déclarations de volonté d’abattre à l’égard des bois cjei partie u- PRI P 11 O Gt>5 liées ; veis ilasoat-ineoapteM powr poursuivre les Jriàes nwh pas aulia» dut» ces bois. V. Boit des communes et darpiietmh/i* iw, Compétence , Délit. PAfeVEML V* pévamr est celui à qui on impute tut crime on un délit, qui est en prévention de crime ou. de délit. Loraqn’iFe&t mis en jugement pour un crime, on l'appelle accusé; mai» s’il ne s’agit que d’un délit, on le désigne toujours par la qualification de prévenu.. L’action publique étant éteinte par la mort du p révenu arrivée avant le jugement définitif du délit qui lui était imputé, il n'y a pas lieu de poursuivre J» jugement contre ses héritiers. ( /trr. du 26 décembre 1809.) La comparution volontaire et sans citation d’un prévenu de délit devant un tribunal correctionnel, peut valablement saisir le tribunal. ( Arr. du 18 avril 182s.) V. Action , Citation, Délit, Jugement, Prenne-, ÿnscis- Verbaux. PRhNT KMPS, do latin primum terri pus , premier temps, première saison. Le printemps est l’une des quatre saisons de farinée ; elle commence du 20 au 21 mars- La jour où le printemps commence est égal à la nuit ; c’est-à-dire que le soleil demeure aussi long-temps au-desstis qu’ou-dessous de l’horizon. Pour les travaux que doivent faire les forestiers pendant le printeriips,V.les mots Calendrierjbrestier. Un. printemps pluvieux et chaud est très-favorable 4 la végétation des arbres et à la réussite des plantations ; mais les pluies excessives nuisent au debarduge des bois, à la cuisson du charbon, à la confection des travaux d’amélioration, à la production des semences forestières. Un printemps sec cause la TViine des plantations et des semis dans les lieux d’ailleurs privés d’humidité. Un printemps froid retarde la végétation et l’écorçage des arbres pour (or tannerie. 11 faut donc au forestier, comme à l’agriculteur, un printemps qui ne soit ni trop sec,-ai trop pluvieux, ni froid, ni trop chaud. M. Bosc observe, dans le Nouveau Dictionnaire cPdgricultutm', que beaucoup de faits tendent à faire rfOitv que les printemps étaient autrefois plus hâtifs et plus-chauds qu’ils ne le sont aujourd’hui , ainsi qu’il résulte d’un mémoire sur 1 et objet, inséré dans le Journal dé physique . Ce changement lui parait prévenir de ht continuité du défrichement du sommet dés montagnes, qui a diminué la puissance des abri» généraux. V. Défrichement, Montagnes. PUISE A PARTIE. C’est le recours qu’exerce une partie contre son juge, ou un tribunal dans les cas prévus par la loi, à l’effet de le rendre responsable du mal jugé, et de tous dépens, dommages et intérêts. Ce moyen extraordinaire n’est accordé que pour.cause de fraude, dolou concussion, abusd’au- torité. V., sur la prise à partie, les rrt. 5 o 5 à 5 i 6 dtt Code de procéd . cir et les art. 77 , > ta , 358 , 483 et snivans du Code d’instr. crim. V. aussi Par- - ticte Prise à partie du Répert. de jurisprud., et l'article Mise en jugement , du présent Dictionnaire. Chailland observe, dans son Dictionnaire des eaux et forêts , que les Tables de marbre et lescours de parlement faisaient peu de difficulté d’accorder des prises h parties contre les officiera des maîtrises; To-ME II. mais qu’il a toujours été facile à tes derniers de s’en faire décharger lorsqu’ils étaient en état de prouver qu’ils n’avaient agi que pour les intérêts du roi, et pour le bien public, conformément aux ordonnances; et il cite , à cet égard, des arrêts du conseil des 3 mars 1693, 18 septembre 1696,31 mars 1699, 19 janvier 1700, 21 septembre, a 3 mai et 21 septembre 1713 , 11 juin et 14 août 1714. PRIVILEGE. V. Amende, Causes commises t Exemption. PRIX DE LA FEUILLE. C’est l’indemnité que l’adjudicataire en retard d’exploiter est tenu de payer à l’état ou aux communes propriétaires des bois où se font les coupes. V. l’art. 5 odu Cahier des charges. PRIX DES VENTES. V. Adjudication des coupes de bois domaniaux, § 8 , et Adjudication des coupes de bois des communes et des établissemens publics. PROCEDURE. T êrme de pratique , qui vient du latin procedere , aller en avant, passer outre, et qui comprend sous sa dénomination tous les actes qui ont pour objet l’instruction et l’expédition d’un procès, tant au civil qu’au criminel. Les formalités à remplir dans ces deux genres sont tracées par Je Code de procédure civile et le Code d’instruction criminelle. Les actes de procédure correctionnelle pour la répression des délits forestiers sont faits au nom et à la requête de RI. le directeur généial des forêts, hôtel de la direction générale, à Paris, poursuite et diligence de... . (suivent le nom , le grade et la demeure de l’agent forestier chargé de suivre l’instanqe). ( Loi du 29 septembre 1791, fit. IX, art. 1 er . — Instr. du 3 o septembre 1817.) V. Action, Appel, Audience, Avoué, Citation, Délit, Jugement, Prescription , Procès-Verbaux , Signifii a Lion , Tribunaux. Les procédures civiles qui intéressent la propriété des eaux et forets domaniales sont faites au nom des préfets; elles sont suivies d’après le mode déterminé par les lois et régleinens, la décision ministérielle du 16 mai 1821, l’instruction du 9 octobre 1822, et l’avis du conseil d’état du 28 août 1823. Les cas où les préfets doivent constituer avoué sont déterminés par la lettre du ministre des finances, du i 3 septembre 1822. V. ces instructions au Recueil , et les mots Actions , Compétence , Const il depréfecture , Cours d'eau, Domaine, Préfet , Questions de propriété. PROCES. Ce mot a la même origine que procédure. Dans la pratique, on appelle procès un différent, une contestation que des particuliers ont entre eux sur des objets litigieux. PROCÈS-VERBAL. C’est un narre par écrit , dans lequel un officier de justice ou autre ayant droit ou qualité, rend témoignage de ce qu’il a vu ou entendu, etc. 11 se rédige différentes sortes de procès-verbaux pour l’Administration des eaux et forêts. Nous en parlerons suivant l’ordre alphabétique des objets auxquels ils se rapportent. PROCÈS-VERRAUX D’ABORNEMENT DES FORÊTS. V. l’ Instr. du 7 juillet 1824. 84 V 666 PRO PROCES-VERBAUX DES ADJUDICATIONS DES COUPES DE ROIS. Ces actes sont signés sur- le-cliamp et immédiatement au bas de Pacte par tous les fonttioanaires présens aux adjudications, chacun pour la coupe qui lui n été adjugée, ou par son fondé de pouvoir. Si l’adjudicataire, ou son fondé de pouvoir, se trouve absent au moment de la signature, il eu est fait mention au procès-verbal d’adjudicatiou, et cette mention tient lieu de lasi- gna^urp. t(Orrf, < 4 ’ 1669, tit. ACP", art. 28 ,—-Cah. des 33 .) Ces pc9cps-\arbaux et les expéditions qui en sont délivrées doivent être timbrés. ( Circul. des 5 frimaire,an 11—26 novembre 1802 et ^octobre i 8 i 3 .; Ils doivent contenir le nombre exact desbaliveaux §mltrii, j $06.) PjCjqr qu’un procès-verbal fasse preuve entière, il faut^ue le garde qui l’a rédigé soit nommé et commissionné par l’Administration. ( Ib ., du 22 germinal ■ pè.peut annuler le procès - verbal d’un garde {premier sut le seul motif de la parenté plus ou moins rapprochée de ce garde avec le prévenu. (Ib., du tp octobre 1822.) ^□ ayûit mis en doute si les arpenteurs avaient le droit de drbsser des procès-verbaux de délits , et si foi dç^if;êjtrp.Ajputea à.cas procès-verbaux. L’affir- ,a .fViè par les arrêts de la cour de cas- saliq^de^, Q, jioût et .6 septembre 1 807 . f .££■$ 1 'WÙèf-verbaux des gardes des bois de l’état sôpf viables, et font foi pour les délits qu’ils constatent avoir été commis dans les bois des particuliers. (Ib'., du 5 novembre 1807.) Lesproçèp.-orçrbaux des gardes forestiers communaux font foi en justice, même pour les délits commis d^n,s d’antree bois que ceux dont la surveillance leur es^coppée. (Loi du 9 floréal an 11 —29 avril 1 8 o 3 , art, ,1 jïj). Ayant le Code d'instruction criminelle de 1808 , un garde qui avait déjà prêté serment devant un tribunal , n’était point tenu d’en prêter un autre devant le tribunal de sa nouvelle résidence ( arr. de la C. de cass. , du i 5 avril 1808) ; mais, d’après l’art. 16 de ce Code, introductif d’un droit nouveau, les gardes ne peuvent constater les délits que daa^ le triage pour lequel ils sontassermentés. (Ib., des 20 août 1812 et 3 i juillet 1818.) l’tyt^préposé qui a caractère d’officier de police judtçqnre ne peut retirer ni annuler les procès-verbaux, qu’il rédige , à peine de prévarication. (Ib., du 6 /vendémiaire an 10—28 septembre 1801.) V. Somme les agens forestiers ne peuvent neutraliser l’effet des procès-verbaux, ni renoncer en aucun c(tomme le pourraient de simples particuliers, à faine usage de ces procès-verbaux, dès-lors il est inutile,, dans le cas d’inscription de faux, de les sommer de déclarer s’ils entendent en faire usage. flb-, du j4 mai i 8 i 3 .) § 2. — Rédaction des procès-verbaux. Le. procès-verbal par lequel est constaté un délit, de quelque espèce qu’il soit, doit faire mention, ]°. du jour de la reconnaissance de ce délit ( loi du 29. septembre 1791 , tit. IV, ait. 4 ) ; 2 0 . des nom ; prénom , demeure et qualité du fonctionnaire p.1- blic qui rédige le procès-verbal ; 3 °. du lieu du délit ( code du 3 brumaire an 4 , art. 4 > , conforme à la loi du 29 septembre 1791 , tit. IC, art. 4- — Code d’instr. erim. , art . 16 , ■, 4 ®- des noms, prénoms 1, demeures et qualités des délmquaus , et de leur, nombre lorsqu’on est parvenu-à les fcennaltre ( loi du 29 septembre 1791, tit. IV, art. 4 ) ; 5 °. du P O 667 temps auquel le délita étè , ootnmh L ('cf\ile dii S'Wi-' maire an 4 , art. fi.— Code d’instt. crime, arf. 16j'; 6°. des instrumens qui y ont été employé^ ( loi du 29 septembre 1791 , tit. IV, art. 4 )j 7*- de toutes les circonstances propres'a faire éonrialtre le déKt ( ib. — Code d’instr. crm., art. 16) $ 8». des preuves et indices qui existent contre lès prévenus ( lèidu 3 brumaire an 4 , art. 4 ' ■ — Code d’iristr. étlfn., art. 16); mais un procès-verbal de délit qui '- éè contient pas les désignations inentîoéjiées ) darlS'‘'fè § 3 de l’art. 11 du Code d’instruction trimineile h*est pas nul pour cela , attendu que eeà désigna Htm sont pas prescrites à peine île nullité-, et qll’etl général cette peine ne peut pas être suppléée dSqs une disposition législative, qui, en prescrivant'dëi formalités non essentiellement constitutives' dés 7 d‘c- tes qui doivent en être revêtus, ne l’y 1 a pas e&prëè- sément ajoutée. (Arr. de la C. de cass-, dit 1 'ifel'jriFr 1824-) " | Les procès-verbaux de délits fotestieH ! (foi vèn t spécialement faire connaître l’essence , la naturel, la grosseur métrique , l’état, la qualité , la quantifié , l’âge des bois coupés, enlevés, éhouppés, ébrân- chés ou déshonorés ; les voitures, attelages et autres moyens de transport ; la qualité, le signalement et le nombre des bestiaux trouvés en délit. ( Lui'du ‘3 brumaire an 4, art. 41 • — Ib. , du 29 septembre 1791 , tit. IV, art. 4.) ! ’ Les procès-verbaux de délits de chasse dolvêùl désigner l’espèce de piège , de chi-ms et d’afni'es employés par les déliliquans , et l’espèce de gibier ou dé bêtes fauves contre lesquels étaient èmptbyés ces moyens de destruction. * Dans les procès-verbaux de délits de pécbe^'bn doit faire connaître les engins-, filets, drOguésf et appâts employés pour prendre et détmiiele poissdri; l’espèce de poisson qui fait l’objet du délit', sî elle est connue; sa longueur métrique entre l’œil et^ia queue ; enfin on doit énoncer si la pêche est faite dans le temps de frai indiqué par l’ordonnance. 11 n’est aucune des circonstances ci-dessus détaillées qu’il ne soit nécessaire de relater; les unes sont essentielles à la validité des procès - verbaux ; les autres, étant de nature à aggraver ou atténuer le>> délits , font encourir aux prévenus des peines plus ou moins fortes , ainsi qu’on a pu le voir aux articles Amende et Délit. Les gardes doivent suivre les choses enlevées dans les lieux où elles ont été transportées, et les mettre en séquestre; ils ne peuvent néanmoins s’introduire dans les maisons, ateliers, bàtimens , cours adjacentes et enclos, si ce n’est en présence, sort du juge de paix, soit de son suppléant , soit dti commissaire de police, soit du maire du lieu on de son adjoint. (Code d’instr. orim., art. 16.) ;,in; Cette assistance n’est point exigée à peine de nullité , c’est une mesure de sûreté, en Vertu de laquelle le citoyen chez lequel un garde'se présente sans l’assistance d’une autorité compétente, * le droit de s’oppo-er à toute visite dans Son dimieile (Arr. de la C. de cass., des 19 maisiScf'Y ^novembre 1809 et 1 e1 . février 1822 ) , et cétté iftèsure n’est pas même applicable dans ïes ïogéé'étPàùtfes établisse mens qui ne forment point un domicile ou 608 P II O des ateliers permanens, dont la loi garantit l'inviolabilité, Ces lieux * concédés mçmeiUaup.nierit pqur faciliter l’exploitation des üois , ne cessent pas d’être soumis à la surveillance journalière des gardes, et leur éloignement dçs communes rendrait cette surveillance illusoire, si lesgardes étaient obligé? d’qllçr requérir l’assistance du maire ou de l’adjuintpoup en. faire la visite. D’ailleurs, ce serait inntilemeu!,,.fatiguer les officiers municipaux que d’çiyigor.d’etrtc nq pareil service. (Devis, du min. de la just. , rapportée dans la Circul. du 1". juin 1809.) Lorsque.le corps d’un délit a été constate par un procès-verbal, le garde qui juge nécessaire de faire perquisition des objets volés requiert l’un des officiers ci-dessus nommés de l’accompagner dans cette perquisition, et désigne dans l’acte qu’il dresse à cette fin l’objet de la visite ainsi que les personnes chez lesquelles elle doit avoir lieu. ( Ord■ de 1669, tit. XXVJI, art. 24. — Loi du 1 1 décembre 1789. — Ib. , du 29 septembre , 1791.— -Ib. , du 3 brumaire an 4. — Arrêté du Directoire , du 4 nivôse an 5 .— JJécis. dit min. de l’int ., du 1 5 frimaire an 10.) Le commissaire de police , maire ou adjoint, requis, ne peut se refuser d’accompagner sur-le-cliamp le garde dans sa perquisition , à peine de destitution et de demeurer responsable du dommage souf- fect. (Loi du 11 décembre 1789. — Ib. , du 29 septembre 1791 .-—/Z>., du 3 brumaire an 4 -— Arreté du Directoire ., du 4 nivqse an 5 . — Décis. du min. de l’intér ., du \ 5 frimaire an 10.— Code d'instr. crim., art . 16.) Il esL tenu en outre de signer le procès- verbal de perquisition avant l'affirmation , sauf, en casde refus, an garde d’en faire mention. (Loi du 4 nivdse an 3 , art. 2 , conforme à celle du 29 septembre 1791 , tit. 4, art. 8.) Lp défaut de signature de l’officier municipal qui a assistéjà unp perquisition de bois de délit n’ôte pas au procès-verbal de cette perquisition l’effet de faire foi jusqu’à inscription de faux. ( Arr. de la C. de cass.f du $ mars 1807.) Les procès-verbaux dont on vient de parler doivent cire rédigés en double minute ( Loi du nS décembre 1790, art. i er .) sur papier visé pour timbre , en débet, lorsqu’ils sont dressés pour les intérêts du gouvernement ou des communes (Décis. du min. des fin.., du t8 thermidor an 9, rapportée dans une Circul. du 18 fructidor suivant), et sur papier timbré lorsqu’ils sont faits par les gardes desparticuliers. Mais il faut observer que le visa pour timbre est une formalité extrinsèque à la validité de la procédure. ( Arr. de la C. de cass. , du 16 janvier 1806.) Un procès-verbal n’est pas nul, parce qu’il ne porte point que le séquestre a été établi sur les objets du délit. (Ib-, du 8 frimaire an 8—29 septembre 1799.) ' _ Les gardes peuvent faire rédiger et écrire leurs rapports par le greffier du juge de paix du canton où le délit a été commis. (Loi du 5 janvier 1791.) Mais un procès-verbal signé par un garde et non écrit par lui, ni par un fonctionnaire ayant caractère public , est nul. (Arr. de la C. de cass., du 12 avril 1817.) L’officier public chargé de recevoir l’affirmation d’un garde a un caractère légal pour suppléer ce I^Cfi garde dans la fèdâctib'é dty'ÿHifcfeà-vterbà.l. (Ari. de 7a]Ç!'dedàisf, êà Vp&têBm&isj™ - Les agéns et eardê's 1 {8riinêrs iî iie niêffrfr lorsque!/délit a efè 1 coinféK’dè'tilmjèWrhr rtihdlssè- ment, rydfger et ètr'ir'e' p'oùt iW’âiitr'cgh.rcle le jlAj- cès-verbaî qui constipe cb délit. L ,Sflè"gàrde'tjul a reconnu lé délit est dans l’îinjibfsibllitè' de rédiger et d’êcriré lui-même lé procès-verbàl , îl iloit, à peine de nullité , s’adresser à tét effet, soit atr greffier du juge dqpaix dtl eàntonj scnt-àl’im dës'fbnc- tionnaires autorisés par ki loi à reèbyorr l’àffirfha- tion de ce procès-verbal. (Lb.,dcs iÇf/écemblè'.h8 fi), 29 mai 1824. — Instr. du 2 j éèptctnbre . 181 é • ) Ainsij un procès-Verbal qui n’è^t écfpf ïS'.par le arde qui a reconnu ledélit, iô rmr.aucuh'de'sOfficiers u pouvoir administratif fatr tlël'bjrdfé judiciaire désignés par la loi, bien rfu’îl S$>lï slgbè'fet affi'i'md'pàr le garde , n’a pas le parafctèfè, dp légalité nétésSàirc pour servir de base à ufie' éoitflam'ildfirJri. (jAtrj.de la C. de cass., du p6 l jiiïllÿll\&2'{ II 1 3i,IJ ?r ^ 11J * Les maires et adjoints ‘doit(èA r tpfélef îêffj'sêcodis pour la rédaction dés procéà-Vërbàujt'dés' gaWfgï. (Lettre du min. des fin. , dit 7 mat f 873,11 ' La loi du 29 septembre 1791 , tit. IX , art. 9 , veut qu’il soit donné copie du procès-terbal an prévenu : un arrêt de la cour de cassation , du 16 ventôse au 9 ( 7 mars 1801 ) , avait décidé que lOr^rpie les faits contenus au procès-verb'at se trouvaient littéralement copiés sur l’acte d’àssignatîon , que lecture avait été faite au prévenu du prorès-verbâl si l’audience , et qu’enfin le prévenu ne se plaignait pas de ce que la copie du procès-verbal ne lui avait pas été signifiée , un tribunal ne pouvait prononcer l’annulation de la procédure; mais , par un arrêt du 27 novembre 1818, la même cour a décidé" que copie du procès-verbal devait être donnée au prévenu , et une décision Hé ministre des' fipances, du i 3 août de la même année , a déclaré q'ù’bn tTêVait considérer comme nulle là signification d’un proèès- verbal qui ne serait pas signé par le g àr d e’, q u gh d même la signature de ce garde se trouverait an-dessous d’un renvoi mis en marge. , On ne peut annuler un procès-verbal dé gardes forestiers , sous prétexte qu’il né contient pas en marge le numéro de la transcription que lés'gardes ont dû en faire dans leur registre 1 d’ordre. L’ïi procès-verbal de gardes ne peut êtçe considère comme un acte de procédure'. (Arr. de là 1 C. de cass.', dit 26 fructidor an 1 1.). Il 11’est fias prescrit, à peine'de nullité , aux gardes forestiers et aux officiers qui reçoivent l’alfir- mation de leurs procès-verbaux de signer les renvois que présentent ces actes , il suffît que ces renvois soient paraphés. (Lb., du 3 juillet 1824.f Un proces-verbal d’une Contravention est valàble, quoique celui qui l’a dressé në l’a p.éint Signé de son véritable nom , mais bien d’un surnom, si c’est ainsi qu’il fait sa signature ordinaire et habituelle; (Lb., du 3 o janvier 182/).) Un procès-verbal ne peut être annulé, par cela seul qu’il contient des ratures et surcharges nrtn approuvées, sur-tout quand ces ratures portent sur des mofs peu important à la substance du procès- ve'rb'il. 7/ (/é., dit (j février 1811.) ' ’ ‘ -- PB.P 669 ,’i 1 )f F$' cès-verbaux soienjyirtesges^yanj; 1 ^ fin du jour^où o, 4 f£fé Tflfejww ^ I i t .P° ür P*>jé«j* c^nstflf^f , iL.piflf.q^’i^ jn ^çient ciafls lea 24 heures, ( Art- jie l(tf C. deçaSS., du \ 5 friniqire an l/j. )' (Jlpt à p^-rrir, jlu procès-verbal qui sert de base à l’acttDp^qÜe.le} 3 mqjs-de délai pyur la poursuite doivent être, comptés , quoique le délit, et le délii)- qviacitaieiit çty connus à une époque antérieure, ( 75 ., du.o.jpjp $pè,).y . Prescription. JJ, .nay nécessaire que les gardes qni consta- Çeu£ ut, \-Uftlit forestier déclarent l’avoir vu commettre^ lofsque d’ailleurs four rapport contient des renseigne mens suffisans. (Jb., des 20 juin 180 6 et zojuillet it\\b.) lip pfçyrâ-verbal n’est pas nul, parce qu’il énoncerait. des^imensions non exprimées d’après le sys- tpmp métÿ'iqpe. (, 1 b., du \\ décembre 1812.) Un- procès.-yôrbal desaîsiç.de bestiaux trouvés en délit dans une for^t , qui. n’en indique pas les er- Pgge^, ui.aia,seulement je upmitre, n’est pas nul pçaij cela, parce que îa distinction des espèces peut s’opérer pendant le cours de l’instruction. (Ib. , du 28 novembre 1806.) La, déclaration du garde que les bestiaux appartiennent à un tel, font foi jusqu’à preuve contraire, {Ib..i du 3 i décembre 1824.) , Un procès-iyerbal de délit de pâturage ne peut dire annulé, parce qu’il ne constaterait pas de dé- gàt,* .; fo seul fait de l’introduction de bestiaux dans un bois sans autorisation préalable constitue un délit, même à l’égard des usagers, et un bois est toujours en défends tant qu’il n’a pas été déclaré. défensable . par l’autorité compétente. Ces principes s’appliquent aux bois communaux et aux Dois des particuliers comme aux bois domaniaux. ( Ord. de 1669, tit. XIX, art. i er . — Arr. du Cpqs.fj au 12 juillet 1786. —Loi du 29 septembre, 1791 , tit. Vf, art. y, et tit. XII, art. 16. — jfécfel du o janvier j 8 o 5 . — Avis du Cons. d’état, du hoveufbre i 8 o 5 . — Arr. de la C. de cass., des 1 5 février 1802 , 1 5 mars et 1 5 mai 1 8 o 5 , 3 o octobre e/26 décembre 1806, 3 septembre 1808, 25 7/io7i8iO, j 5 mafset i 3 décembre 1811 , 12 avril .et 2ÿ novembre 1812, 28 janvier i 8 i 3 , 20 février lâio i 21 mars 1817 , 3 o mai 1818,7 mai et 3 décembre 18x9,7 çt 28 janvier, 4 mai et Ab juin 1820, 2 août et 18 oçtobre i8ai, 22 et 23 avril, 10 septembre et 3 1 décembre 1824.) Dans un procès-verbal de délit forestier, la désignation du délinquant sous le nom de fils d’un tel ou d’une telle, suffit pour luifaire appliquer la peine encourue. {Arr. de la C. de cass., du 26 janvier 1816.)' La loi n’impose pas précisément aux gardes l’obligation de spécifier dans leurs procès-verbaux les nopis et demeures des délinquans; mais il est nécessaire , à peine de nullité, que l’exploit d’assignation contienne.les noms et demeures du défendeur. ( Code de procéd. civ. , art. 61. — Décts. minist ., du 29 mars 1820.) ,11 n’est pas requis , à peine de nullité,, d’énoncer dans un procès-verbal de délit la commune où le délit a, été, commis, sur-fout quand l’énonciation de la foièt désigne a?sez l’arrondissement commudq cas. 'lié du 22 germinal an -. 191.1 <\ 1 ‘- ... n al. (Arr. de la C. - 12 avril j 8 o 5 '. ) Le défaut d’éhonéfotiop Hait» tmproeès-'rei'bal de. tous les contrevettànS rie peut êtriï unefaistm d’éconduire la poursuite dirigép contre ceux qui sont reconnus postérieurement ab premier procès- verbal. ffb., du 1 3 mai if}p8.) 1 ' Aucune loi n’oblige le gaf'dVr’étfctctëüè d“un pl*o- ès-verbal d’énonCer qu*il ést rêvé ' qu*il ést rêtèrti dé'èes marques Le procès-verbal d’un' gardé champêtre i,’'cbli&ta- tantun délit dans les bols d’un particulier,'rie jfxéut être annulé, parce que ce garde n’anraït point fait Mréù- tion de la date dè sa réception, ni parte qu’il fa’ati- rait point énoncé être revêtu du srgntr (fxstïbcKFde ses fonctions, ni parce qu’il n’aufort'pdint foidiqiié I’abornement du lieu du délit, ni jrir'e^^é ée’pro- ces-verbal n’aurait pas ete enregistré daù^ Ic vlélai dé4 jours. (Ib., du 18 févrierojo'jS‘ : ïn <■' • § 3 . — Formalités nécessaires aux procès-%’e.rJufux. Ces formalites consistent principalement^ dans Vaffirmation et Cenregistrement. : > ; 1 . L’ affirmation est Un acte par lèquel un garde déclare avec serment que son procès-verbal , dont lecture vient de lui être faite, contient la vérité , ( ef'un procès-verbal qui aurait été simplement déclaré sincère et véritable sans serment, «è sknrait être considéré comme ayant été affirmé suçant le vœu de la loi. (Arr. de la C. decass., dû \ t'avril 1811.) Les procès-verbaux des inspecteurs, sotis-idipec- leurs et gardes généraux ne sont point soumiê ^ l’affirmation . Cela résulte, à l’égard des inspecteur^ èt'sous- inspecteurs, de l’art. 1 5 du tit. IX dé la lï>i dû 29 septembre 1791, et de la décision da ministrede la justice, du 9 frimaire an io( 3 o novembre i8ox ji bf l’égard des gardes généraux, des a rrêts de laèbur dè Cassation, des 9 février et 29 mars 181 1, et 29'Oétobre i 824, et encore du décret du i8juin 1809, c l ul chargé Ces agens de représenter l’Administration devant les tribunaux. L’affirmation doit être faite par les gatdes dans les 24 heures. (Loi du 29 septembre 1791, lit. IV, art. 7 , conforme à celle du 2 5 décembrè ij^a , art. I er . — Arr. delà C. decass., du 2 juin 1809.) Cette obligation d’affirmer dans les 24 heures n’est pas prescrite à peine de nullité; mais $î un procès- verbal affirmé après ce délai n’est pas radicalement nul, il n’en est pas moins certain qu’il est insuffisant , et qu’il n’a pas en justice la foi qué lui donne la loi lorsqu’il est affirmé dans le temps qu’elle prescrit. Telle fut la réponse du ministre de la justice aux questions que lui avait proposées à ce sujet le commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Poitiers. 11 convient que l’acte d’affirmation fasse mention de l’heure à laquelle elle a été reçue, et de la lecture qui en a été faîteau garde. ( Circul. du 7 juin 1809.) Néanmoins, lorsqu’un procès-verbal a été affirmé le lendemain de sa date sans énonciation, d’heure , on doit présumer que cette formalité a été remplie dans le délai légal. [,^ rr - delà C. decass ,, du 9 février 1811.) . •• o 7 o P RO Mais si ie procès-verbal énonce L’heure de sa rédaction , il faut, à peine de nullité, que l’acte d’affirmation indique l’heure à laquelle l’affirmation a été reçue. ( Arr. de la C. de cass ., du 3 i juillet 1818.) Le délai de 24 heures pour affirmer le» procès- verbaux se compte de momento ad momentum ,. de manière qu’un procès-verbal daté du 20 du mois , à 10 heures du matin, est valablement affirmé le 21 à la même heure. ( Ib., des 5 janvier 1809, 19/ca- vier 1810 et 20 mai 1818.) Ce délai 11e court pas du moment de la reconnaissance du délit; il court seulement de celui de la signature du procès-verbal. (Ib., des 2 messidoran i 3 , 8 janvier 1807 et 9 juin 1808.) Un procès-verbal n’est pas nul faute d’affirmation dans le délai fixé par la loi, lorsque, contenant le détail d’opérations, qui ont commencé à environ une heure de relevée, et qui ont duré plusieurs heures, il a été affirmé le lendemain environ une heure de relevée. ( lb. , des 8 janvier 1807 et 19 janvier 1810.) Le manque du millésime à l’affirmation ne peut entraîner la nullité du procès-verbal, dès que l’année se trouve relatée, tant dans le procès-verbal que dans L’enreeistrement. (Trois arrêts, du 3 o novembre 1811.) Lorsque deux gardes concourent à Ja rédaction d’un procès-verbal, il faut, si le délit doit entraîner une condamnation au - dessus de 100 fr., que tous deux le signent et l’affirment. (Lettre du mm. de la just ., du i7 brumaire an 1 o—8 novembre 1801. •—- Arr. des 16 messidor an t 3 —5 juillet i 8 o 5 et 3 1 octobre 1806.) Mais un procès-verbal rédigé par plusieurs gardes dans les cas prévus par la loi, n’est pas nul, parce qu’il n'aurait été affirmé que par l’un des rédacteurs, si les autres sont entendus comme témoins. (lb.,du y mars 1807.) Un procès-verbal rédigé par un garde général et appuyé de la signature d’un garde , fait foi jusqu’à inscription de taux pour les délits emportant une peine au-dessus de ico francs, lors même que le garde n’aurait pas affirmé ce procès-verbal. (Ib., du 29 octobre 1824.) Tl n’est pas nécessaire que l’acte d’affirmation rappelle les faits contenus dans le procès-verbal. On peut coucher sur la même feuille, à la suite l’un de l’autre, deux procès-verbaux de différentes dates et portant sur des délits diflérens, pourvu que les deux procès-verbaux soient affirmés dans les 24 heures. (Ib., du \t)février 1808.) Il n’y a pas nullité dans un exploit d’assignation donné en vertu d’un procès-verbal dûment affirmé, faute de donner, par cet exploit, copie de l’acte d’affirmation. (Ib.. du 1a octobre 1809., L’affirmation est reçue par les juges de paix. Les suppléans peuvent la recevoir pour les délits commis dans le territoire de la commune où ils résident , lorsqu’elle n’est pas celle de la résidence des E de paix. Les maires et, à défaut des maires , adjoints, peuvent recevoir cette affirmation , soit par rapport aux délits commis dans 1er autres communes de leur résidence respective , soit même PRQ par rapport à ceux comn>il>dB»# u\s io>\ --‘^d Les suppléans de» jugea fle-jùîJt dÿrrétrt lafrefè - voir en l’absencfr de-ce* dürniete;'(j • > ^ — -è 1 ' L’acte d’affirmation reça jhséhimiaîre dij’sbiSadjoint doit faire mention de l’absence'chi jugfe'dh'païx et de ees suppléans ir/rsqnë jéMêMf n é'tè’èUnrïm ou reconnu (ylrr. *deila‘Ci r âè t W». fdii 1 ïffrii)rs 1810) dans la commune de là VésîSéùcèPcfé’i’eS^ëf- niers. ( Décis. du miti . de ta jksf.j rapjrlrftééi’ilàns une Circul. du 27 floréal Æh-l-i.J- dV .setti v Mais l’adjoint n’est pOint tenu d’é'ncn'èèî tlàns l’acte d’affirmation que lé rrnnrë'étaïtdhééir^tnï Wrti- pêché. (Arr. de la C. defiàsi.ydù if*.} ëèbtP/iifre ,809.) ileaidl liiàb sb oièilüm nJ Les proeès-verbau* JleS'gàlrddà vent être affirmés ’détVlftt les ïtiàirtetf ou’ÿdjpîïlts 'des communes autre* que’tellest àit■ ' féS'^Jêtît/CtWïfc énoncent ont été commis ou’rêcofiiroivpft».,' défdô germinal an i 3 , 2 octobre 1806,.28 mai et‘ 3 1 juillet 1807,18 octobre 1808 et 17 mars i8u adjoint qui serait leur parent. (Decis.’du minfdç ta just. , rapportée dans une circul. du 2y floréal an 11.) ■ i L’officier qui a reçu l’affirmation est tenu, dans la huitaine, d’en donner avis au procureur du roi- (Code d’instr. crim., art. 18.) . Affirmation. IL L ’enregistrement des procès-verbaux de cjplits doit avoir lieu dans le délai Je 4 jours. (Loi du a* frimaire an j,art. 20. — Circul. au juillet 1822. — Instr. de la direct, des dom., du 10 août. 1.822.j. Mais un procès-verbal de délit, étant un acte qui intéresse l’ordre public, Conserve tpute sa force , quoiqu’il n’ait pas été enregistré. ( Arr. de la C. de cass ., du 16 janvier 1824.) La peine contre le garde qui n’a point faitenfê- gistrer son procès-Verbal dans‘ce délai, estd’qne somme de 25 fr., et de plus d’une somme équivpïeaite au montant du droit de l’acte non enregistré-, j lot du 22 frimaire an 7, art. 3 j.J . _ \j • Lorsque plusieurs gardes signataires du même procès-verbal ont négligédè le faire enregistrer dans le délai, ils sontcondamnéssolidaireméntà Pàntende. yllécis. du min. de la just ., rapportée dans une circul. du 22 brumaire an 10—1 3 novembre 1801.) Ces aortes dé condamnations sont poursuivies paj l’administnttion de» domaines , et les tribunaux ne P RO ©HQ peuvent dkrtfic*, iiAir. de Iç. .€. de cvjfii mAiïWffàlWuV*** 2 * fi**jet>\\ 8 o 4 i) _Les,pj^^s^pç&rtlAÆfylfc*nde* ràyan* eticommu* nau$ sten'degistrent en débet. {Loi du 22 frimaire an. 7 , art. yo***-Circul. dçsj&fiyffpfas «fr.arrrS septembre t&o* <«ao mes- siJor s an. jmkt uf 5 oa> <-n Instr. du 29 juin 1814. — Ord. du roi, du 22 mai 161 4 - —- Loi du a 5 ma/-s,^i. 7 t.^r, fJéitpér. dc.l'adm. des dom., du 2^.«cjg% aS<8^ n . ,d; , . ■ ■ ■ f eu'»*,nt présenter eux-mêmes leurs ac- tç'i<'&'Vf>iéirt de lemr résidence, lors n,én,e «iU^ GC, Luomu ne serait pas celui de leur ar- çque(i$?ç*nent r ( Çifpitl.des 2.2 février 1810 et 1 7 juillet 1822. — Instr. flfi^ç aout 1822.) Lp vifia pour, tiiqbro /sur un procès-verbal est une formalité.extrisçsqqueàs» validité» {Arr. de la C. de casf^fj^ 16 jarMifiTjff^^ _ En matière de délit forestier, la formalité de l’enregjs|repjieutq quoique donnée au bas de l’acte d’ajllrni^tion^, u’esl relative qu’au procès-verbal et po*nt â l'affirmation., qui en est expressément dispensé? • (Jf., dwiti avril 1809.) it$ 4.— Remise des procès-verbaux. Les gardés forestiers de l’Administration , des communes et des établissemens publics remettent letrrs jprotês-verbaux 'pu conservateur, inspecteur ou sous-itrspecteur forestier dans les 3 jours au plus tard, y compris celui où ils ont reconnu le fait sur lequel ils but procédé. (Code d’instr. crim., art. 18.) La remise de ces actes ne peut être faite par les gardes ou autres rédacteurs qu’aux agens forestiers, et lion directement au procureur du roi. V^y.u Recueilli. circut.du 2^pluviôse ami —18 février \ üoZ ■ Les contre-maîtres de la marine, qui ont constaté des coupes de futaie faites par les particuliers dans leurs bois, sans déclaration préalable, ou toute autre conttavèùFîon au çfépre't du 1 5 avril 1811, remettent artsiî lents proc&s-vèrbàux à l’inspecteur ousous-ins- péélëtir foréstier !fDécret du i 5 avril 1811, art. 11.) Les procès-verbaux des gardes forestiers de particuliers, lorsqu’il s’agit de simples contraventions , sorti remii par eux, dans le même délai, au commissaire de pouce (le là commune , cbef-lieu de la justifié de pà|x, oti àu maire , dans les communes où il n’y â'pà^de'cottimîssâïre de police, et lorsqu’il s’agit d’un délit dê‘nature à mériter une peine cor- feètîttnne’lle . la remisé est faite au procureur du roi! {Code d 1 instr. crim., art. 18.) Le garde général remet aux gardes, pour la ré- dàctiin dé leurs procès-verbaux, des feuilles visées peur timbre, qui portent pour chaque garde une série de numéros qüi né'peut être intervertie, et dont ils fendent compte. un sommier des procès-verbaux qui lui sorti rerniéj' et il â soin de les transmettre .exactement à l’agent chargé dès poursuites. {Instr. du 23 mârs 1821, art. 127 et 129.) § 5 . — De la foi due aux procès-verbaux et des cas oh ils ne font pas preuve suffisante. Lés c jï rbcès -verbaux sont exposés à la çri tique des pfevenUi qf^de leurs défenseurs, qui y cherchent 6- I des moyens de nullité pour repousser les actions de l’Administration forestière , et ji arrive quelquefois que ces moyens sont fatileniepi accueillis par certains tribunaux, ll est dcinc important de faire connaître les cas où l’on doit admettre op rejeter les moyens tirés de la nullité de ces actes. Les procès-verbaux font preuve suffisante dans tous lestas où'l’indemnité et l'amende n’excèdent pas la somme de ioo fri , s’il n’y a pas inscription de faux, ou s’il n’est pas proposé de cause Valable de récusation. {Loi du 29 septembre 1791 , tit. IX, art. ) 3 .) On ne peut donc admettre les dénégations ni les allégations d’un prévenu contre un procès-verbal en bonne forme et non argué de faux, et les tribunaux doivent, dans ce cas , appliquer aux faits réputés délits et régulièrement constatés les peines prqncjn- cées par la loi ( Trois arr. de la D. de cass., du 24 octobre 1806, et autres des 1 3 octobre 1808 et 17 avril 1812.) La foi due à un procès-verbal régulier, et contre lequel il n’y a ni inscription de faux ni cause valable de récusation, ne peut être détruite par des dépositions de témoins. {Arr. de la C. de cass., des 7, 14 et 20 novembre 1806, 5 mars et 10 avril 1807, i3 octobre 1808, 17 juin et 28 août 1824.) Les procès-verbaux des gardes, dûment forip a ' Usés, ne peuvent être annulés sous prétexte d’invraisemblance dans les faits qu’ils constatent. (Ib., du y**, février 1822.) Lorsque des gardes ont constaté une coupe de bois de délit, et que, dans leurs recherches, ils ont trouvé au domicile d’un particulier des morceaux de bois de même essence et de pareille grosseur que ceux enlevés de la forêt, aucune loi n’oblige ces gardes à retourner sur le terrain pour faire une nouvelle confrontation ; le prévenu n’a que la voie d’inscription de faux pour attaquer leur procès-verbal. [Ib., du iS octobre j8ji, 19 mars 181 3 et 17 juin 1824.) Un procès-verbal non argué de faux , constatant que des bois trouvés dans une perquisition sont les mêmes que ceux coupés en délit, et que cette identité résulte de l’écorce , de la mensuration et du re- toquage, doit faire foi pleine et entière. {Ib. , du 4 mai 1820.) 11 suffit qu’un garde ait constaté le délit en forêt et ait reconnu l’identité , en comparant l’échantillon pris sur le tronc avec les pièces trouvées au domicile du prévenu , pour que son procès-verbal fasse foi jusqu’à inscription de faux. ( Ib. , du 29 février 1812.) Un tribunal ne peut, sous prétexte du silence d’un procès-verbal sur le plus ou moins de fraîcheur de la coupe de bois enlevé en délit, ordonner la vérification de ce fait lorsque l’identité de ce bois est suffisamment établie par la désignation de l’essence et delà grosseur. {Ib., du i 5 octobre 1824.) Mais il ne suffit pas qu’un procès-verbal constate ue le bois trouvé en la possession du prévenu soit e la même essence que celui coupé en délit dans la forêt {Ib., du 8 thermidor an 13 — 27 juillet 1 8 o 5 ) , il faut que ce procès-verbal constate réellement l’identité du bois pris en délit avec celui trouvé au 67a P R O domicile du prévenu ( Arr. de la C. de eass.-, du 12 octobre 1809) , et qu’il ta constate au moins pat îles énonciations suffisantes. ( Ib., du y -février 1811.) ‘Ainsi , lorsqu’un procès - verbal 11e désigne pas l’esie'jicé'et la dimension, tant du bois coupé en délit que de celui trouvé dans une perquisition domiciliaire , et conséquemment ne constate pas les signes matériels de l’identité , et qu’il énonce seulement que les gardes ont reconnu cette identité, il n’est pas nécessaire”, dans ce cas, que le prévenu ait reéotirs à= l’inscription de faux.{ Ib ., du lô décembre 1808.) Lorsque la dimension des arbres ébranchés ou déshonorés ù’est point exprimée dans le procès- verbal constatant que des charges de bois provenant dé'cet ébranchage ont été trouvées chez des particuliers , il y a lieu à leur égard à l’application de la peine soit de l’art. 3 du tit. XXXII de l’ordonnancé de 1669 , soit de l’art. 36 du tit. II de la loi du 6 octobre 1791. (Ib., du 27 octobre i8i5.) Il n’est pas absolument nécessaire que le procès- verbal qui constate la coupe en délit de plusieurs arbres , énonce la grosseur métrique de chaque arbre, si d’ailleurs il est établi par ce procès-verbal que lé mesurage de tous les arbres a été fait, et si ce ; procès-verbal en présente le résultat. [Ib. , du b octobre 1822. J De ce qu’un procès-verbal ne spécifie pas d’une manière suffisante les quotités de bois coupées en délit, pour déterminer l’indemnité et par suite l’amende encouruè, il ne s’ensuit pas que le délit doive rester impuni. (76., du 17 août 1822.) La foi est due jusqu’à inscription de faux à un procès-verbal dé délit de dépaissance, qui constate que les bestiaux repris appartiennent à telle personne 'Ib., du 17 avril 181a) , ou au moins jusqu’à preuve contraire. (Arr. du 3i décembre 1824.) Lorsqu’un procès-verbal de délit de pâturage est nul dans le forme , si le prévenu , au lieu d’avouer ce fait, se borne à dire qu’il ne croit pas que ses bestiaux Sé soient introduits dans le bois où le délit a été commis, les tribunaux peuvent, dans ce cas, le renvoyer sans contrevenir à aucune loi. (Ib., du 3i juillet 1807 ) Un ne peut, sans le secours de l’inscription de faux, êfré admis à prouver Valibi des gardes forestiers à l’époque indiquée par leurs procès-verbaux. (Ib., du 10 avril 1806. ; Les antidates et fausses déclarations contenues dans le procès-verbal d’un préposé forestier suffisent pour fonder la compétence des cours spéciales (aujourd’hui des cours d’assises). La forme matérielle d’un procès - verbal argué de faux 11e peut avoir aucune influença sur le mérite de ses énonciations. Le défaut d’affirmation d’un procès-verbal ne >eut en pallier le faux , à,l’égard de celui qui en est 'auteur. ( Ib ., du 20 novembre 1807.) Lorsqu’il résulte de l’ensemble des faits constatée paruu procès-verbal, en matière de pêche, la preuve légale du délit et de la culpabilité du prévenu , Cô- lui-ci pe peut être déchargé des poursuites escrté'es contre lui,(73 ,* du 4 mai 1820!) tii ùii délit fbrêltiër où de péché est dè nature à emporter condamnation au-dessus de 100 fr., le pro- Plto cès-verbaLdolt,ipeuc JaàrHbc joaqulàt de faux y être «owtuc ri'menu*» térêmigpafgCr (Laj.4^- 29 septembre tj^r, de Cass. y «s'es 3 •epterabfe.^t 'Xioutobrr *Jk> 8 r *9 f*°~ vembre 1809, 1 er - mar*'ctQ.hfé*ri juridiction confentieuse , ç. poui'suiyre'bss délits forestiers, ainsi qu’il résulte de là> loi décembre 1790, qui Les avait ch Argés-d’intenter les actions devant. les tribunaux de district ; mais-ils furent supprimés par la loi du 29 septembre 179 PROCUREURS DU ROI PRÉS DER TRIBUNAUX. Ce sont des officiers qui remplissent les fonctions du ministère public. a; - , , . I. Les fonctions et devoirs des procureurs du roi près des tribunaux de police correctionnelle sont déterminés par les art. 24 à 54 ) etLes-art. a 90, 19b) 197, 198, 201 , 2o5, 207,206 et 216 du Code d’instruction criminelle i V. Appel,-, Audiegxe, Compétence, Exécution des jugemens, Garde^ Jugement. II. Les procureurs du roi sont chargés dq la Recherche et de Ig poursuite de tous lès délits dont la connaissance ajjpartient aux tribunaux dé, police correctionnelle ou aux cours spéciales, ou anx tours d’assises. ( Code d’instr. crim ., art. 22.) | III. Sont également compétens pour remplir les fonctions déléguées pur l’article procèdent le procureur du roi du lieu du crime ou du délit, celui delà résidence du prévenu , et celui du lieu où le prévenu peut être trouvé. ( 7 b., art. 23 .) IV. Ils peuvent requérir la force armée. ( 1b. , art. 2.5. ) Ils sont tenus, dès que les délits parviennent à leur connaissance , d’en donner avis au procureur général. ( 1 b ., art. 27. ) V. Les fonctions du procureur du roi peuvent être remplies par un juge prié, à défautde suppléant. (Arr. de la C. de cass. du 29 mars 1806. j VI. Les procureurs du roi doivent, avant le jugement, résumer l’affaire et donner leurs conclusions , et un jugement qui serait rendu sans cette formalité contiendrait une contravention à l’art. 162 du Code d'instruction criminelle. ( Arr. du 23 mai 1806. ) VII. Ils doivent être entendus sur les appels des jugemens rendus en matière de police correctionnelle, à peine de nullité. ( Arr. du 6 août 1807 .1 VIII. L’omission faite par un tribunal de prononcer sur le réquisitoire du ministère public est une violation de la loi, qui opère la nullité du jugement. ( Arr. du 3 juin 1816.) IX. Mais les cours et tribunaux ne sont point liés par les conclusions du ministère public; ils doivent prononcer d’après la loi et l’appréciation qu’il leur appartient de faire des faits et de leurs circonstances. ( Arr. du 28 avril 1820. ) X. Les procureurs du roi ont, d’après l’art. 292 du Code d’instruction criminelle , la faculté d’appeler des jugemens des tribunaux correctionnels. XI. La faculté accordée au ministère public près le tribunal de première instance est distincte et indépendante de la même faculté accordée au ministère public près le tribunal d’appel, et ce dernier tribunal est légalement saisi pour statuer sur le bien ou le mal jugé en première instance, par l’appel , PRO PRO 6 7 5 Fe soit de l’un, soit de l’autre des deux agens du ministère publie. ( Arr.du ! \ahtdi 1816. ) XII. Lfe' riiitisfcère public près'les tribunaux d’appel peut appeler des jtlgem 4 iîs’deè tribunaux de po- licecorreclionèellé j bien que rendu conformément aux conclusiobs de» procureurs du roi près ces tribunaux. (Arr. du x 1 floréal an 12.) XIII. L’acquiescement que le procureur du roi de première instance aurait donné au jugement en premier ressort, l’exécution même qu’il en aurait irrégulièrement ordonnée , ne sont point un obstacle ii cefqîie lé ministère public du tribunal d’appel exerce dans sa plénitude le droit d’appeler, qu’il tient personnellement de la loi. ( An. de la C. de cass., du. if juin 1819. ) XIV. Le procureur du roi près le tribunal qui prononcé le jugement n’a que dix jours pour former son appel ; mais celui atli est près le tribunal chargé de ccm«aftée- dè l’appel, a deux mois pour notifier son t'çeiôùVs, 4 compter de la prononciation du jugement, ; fet sîilé'jiigemeijt lui a été légalement notifié par la : pdttîe, il a un mois k dater du jour de cette notification; fl Gode d > instr. crim., art. 203 et io 5 . ) XV. - Le délai pour l’appel des procureurs du roi tes les tribunaux correctionnels ne court que du endeniain de la prononciation du jugement : il est par conséquent de 11 jours. ( An. de la C. de cass. du Q frimaire an 14 — 3 o novembre i 8 o 5 . ) XVI- Le ministère public, usant de la faculté d’appeler, doit notifier son recours au prévenu dans le délai prescrit, à peine de déchéance. (Ib. , du 8 mai 1811.) XVII. Un tribunal d’appel ne peut refuser de statuer sur l’appel du ministère public près le tribunal de première instance, sous le prétexte que le procureur du roi près le tribunal d’appel n’aurait point notifié son appel dans le délai de deux mois. (Ib. , du 10 mai 1816. ) K.VIII. Le défaut d’appel de la part des agens fo- restiersn’Ate pas au procureur du roi le droit et 11e le décharge pas du devoir de poursuivre d’office la réformation des jugemens qu’il croit contraires aux lois. ( Ib. , des 4avril 1806^9 mars 1807. — Circul. du 26 mai 1806.) XIX. Les cours royales et les tribunaux d’appel ne peuvent se dispenser de recevoir les appels interjetés par le ministère public en matière de délits forestiers.( An. delà C. de cass., du 4 avril 1806.) XX. L’adhésion du procureur du roi à un acte -l’appel d’un agent forestier , doit être considéré comme une véritable appellation de la part du ministère public. ( Ib., du 23 nivôse an 1 1. ) XXL Les procureurs du roi représentent le gouvernement tant en demandant qu’en défendant. ( DéCiS du min. de la justice du 14 pluviôse an 11. —. Circul. de l’Adm . des forêts du 28 du même mois. ) XXIL Ils sont chargés de suppléer d’office à tous les actes de procédure et d’instruction qui n’auraient pas été faits par les agens forestiers. (Circul. du 3 i août 1811•) XXIII. Ils peuvent charger les gardes forestiers .le capturer les condamnés. (Avis du Cons. d’état, du 16 mai 1807. — Lettre du direct, gén. de l’Adm. des forêts , du \ô juillet i 8 i 3 , n°. 1082. ) XXIV. Le mini. 1 ère public ne peut, en matière criminéllé,’ eérrecitionoéll^’ et-dd 818; 7 juillet 1820 et 26 octobre 1821. ) iC PRODUIT. Du latin producere, productive , produire, engendrer, cô'qui est produit.; Le produit des bois est de deux sortes, le produit en matières et le produit en argent. Ces deux produits ne sont pas toujours en rapport pour le propriétaire , parce que les bois forment un genre de propriété qui ne ressemble pas aux autres. Dans l’exploitation d’un bien rural, le produit en argent suit assez ordinairement le produit en matières ; mais dans l’économie forestière, le produit en argent est quelquefois d’autant plus faible, que le produit en matières est plus considérable, et cela a cause du long terme cju’il a fallu attendre pour avoir de beaux produits en bois. La fréquence des coupes au contraire, bien qu’elle nuise à la quotité des produits en matières, augmente les produits eu argent à raison des intérêts cumulés des capitaux: de telle sorte qu’il y a perte , pour la valeur en numélfeîre des. coupes à différer au-delà d’un certain terme, i 5 à 18 ans, par exemple, l’exploitation d’un bois, tandis que si on retarde l’exploitation à un plus long délai, comme 3 o à 40 ans, on obtient beaucoup plus de matières et cependant moins d’argent dans le même espace de temps. V. ce que nousavons dit sur cet objet important, aux articles Aménagement et Exploitation. PRODUITS GÉNÉRAUX DES FORÊTS ET DE LA PECHE. Les conservateurs sont tenus d’adresser à la direction générale les états des produits de toute espèce obtenus dans leurs arrondissement; savoir, i°. L’état général descentes descoujes.de bois domaniaux de chaque ordinaire, et rédigé conformément au modèle joint à la circulaire du 2 lévrier 1825. V. L’arri 47 de VInstr, du a 3 mars 1821. 2°. Un état sommaire du produit des ventes, par quinzaine, jiendant leur durée, et conforme au modèle n°. 12 de l’instruction du 23 mars 1821 , modifiée par la circulaire du 9 août 1824. •( Instr. 'du 23 mars 1821, art. 47-) 3 °. L’état, par année, des produits des menus marchés, des pâturages, panages etglandées qui auront été adjugés, de ceux des coupes affermées avec des usines ou affectées à leur alimentation, des droits d’usage exercés moyennant redevance, du prix ue feuilles pour retard d’exploitation et de vidange, vie ceux des surmesures et'autres jn'otluits divéfs. -Cet état, conforme au modèle 11 0 . 14, doit être adressé à la direction générale avant te i« r . février de l’année suivante , avec l’état général des ventes. ; Art. 5 y.) 4 °. L’état général et annuel des s unîtes ureti et moins de mesures, conforme au modèle nX io. (Art. 46.) int -- 85 * -- CIV 676 P R O 5o. L’état général du produit du décima pour Irauc et des : vacation* sut les coupes dçs bois des communes et des éfcabUesemena publics pendant l’anriéq^préoédçntuî «et-,état, conforme au modèle n°. 16, doit être adressé avant le i er » février. ( Art. 64-, ) 6°. L’état sommaire^ annuel, par département, du produit de la^p^É 8 , ; faisaut connaître les motif! de l'augmentation;, ou de la diminution qui a pü *ury$»jrdu l H ie arjoae.à l’autre. Cet état doit, à la nreiplqrp dnaée de qbaque renouvellement des baux <{e la pêche*. prustr\t^r le détail de tous les canton- î^eptqns affermés ou concédés à litre de licence, et éstrç. terminé, par une récapitulation, par départe- tfjrueqt, tanj-du produit annuel que du produit expiré* £ Circid. du i5 février r8i3. ) PROMENADES PUBLIQUES. Les arbres plantés :itir les promenades publiques, de même que tous les arbres épars appartenant aux communes ou aux ctablissemens publics, sont soumis à la surveillance «les agens forest iers, et ne peuvent être abattus qu’en vertu d’autorisation du gouvernement, sur les procès-verbaux desdits agens. V. Arbres épars. PROPRIÉTAIRES DE BOIS. Y. Bois de particuliers. PROPRIÉTAIRES DE FORGES. V. Forges. PROPRIÉTAIRES DE SCIERIES. V. Scieries. PROPRIÉTÉ. En termes de pratique , c’est le droit de jouir d’une chose suivant la liberté accordée par la loi. « La propriété, dit le Code civil, art. 544) e *t le droit de jouir et disposer des choses de la'manière la plus absolue, pourvu qu’on n’en fasse pas un usage prohibé par les lois ou par les réglemens. » Les officiers des Tables de marbre pouvaient connaître en première instance de tous procès concernant la propriété des bois , îles et rivières dépendant du d6mainte.(0/nê de 1669 ,art. 1 er ., tit.XÏII.) Les officiers des maîtrises avaient le même droit. (/A., art. 4 et 7.) Aujourd’hui, toute question de propriété qui intéresse l’état et les communes est du ressort des tribunaux civils .{Loi du 5 novembre 1790. — Décr. du 18 juillet 1806. — Ord. du roi des i' r . septembre 1819 et 9 juillet 1820.) Sont dispensées des préliminaires de la conciliation lôs'- demandes qui intéressent l’état et le domaine et les établissemens publics. (Code de pro- céd. civ., art. 49-) Lorsque, dans une action en réparation de délit forestier, îl s’élève une question incidente de propriété, l’affaire est renvoyée devant le tribunal civil. Mais u* individu poursuivi à raison d’un délit commis dautune forêt ne peut, au moyen d’une allégation vague de propriété, interrompre le coprs de la justice chargée-de la répression des délits. (Arr. de la C. detutss., dutô avril 1824. 1 ) Y. Exception, Question préjudiciel le. PROPRIÉTÉ ^RESTIOÎÏS DE ), Les question* de propriété Sont, celles qui pnt popr objet la revendication, , soft d’uh domaine- soit dès fruits d’un dônfàinë, StBi'd’tiffîtlècîîf îonciér. Y . I air up sbrng 9upi3op et • *n-. . jpao Nous ayons^nUrinPt; 4; e rti s ^P n * X ’ 1 ) pq 8 ©»,* traité A* WTOjSP. pux, pt-Hidiqt# ja. «propéience spjjt, Çïfffijfîiftf, fies tri&uaa.ux „ eb ftrô* cle, parlé des droits des, acquéreurs ^ lê des veptesnariotialeS] «Ju,recptfvfçm,ft«É^e^;revenus du, doma)ned ô l’état, de. la rçvendteétJ£>n. I de*4<}- maines dits nationaux, efÂçé serv^tud^ comprises dans les adjudications de ces çiens. Les articles i,om- ; , ' A JCi ■« uTiifuoj «sdninemut' petence, Conflit, ConseiLae préfecture. Cours a eau, •i-.il. •*.. ' J n '.r - r fir.Y Kt-o»r,t*iU M»b rçj.” Exception , Préfet et Question? préjudicielles^ çon - tiennent aussi des renseigne mens sur. les questions de propriété. urr à a > : t/ i Nous nous bornerons a rappeler ici quelques principes surles formesde'proéédetètia'cèlhpetence. Les instances relatives auit'fjuçStîôîls’jîé jiropfiété qui intéressent l’état sont ihtéïitééé' V' jàf. rètjuête des préfets. (Loi d(t 5 Tiotéth'bré’tyqiij '&ri.* r’ 3 : et 1 5 , tit. III. —, -Loï du uBptuiüésfè tiriK-ul’THïrr. gén., du s 3 mars 1821 att.Iiifi—'Iféiîs'.' r SS x diin. des fin., du 16 mai i BàiiJ-mbdo'n iol inutuA 11 résulte de Ce princrefe , qwë l'Administration forestière n’est pas recevable à intenter ait iôti nom une action en matière de propriété domrtrriale, et qu’elle peut encore moins former tierce-Opposition à uu jugement rendu contradictoirement‘avec un préfet, représentant lo gouvernement, iti à revenir contre ce jugement, sous prétexte d’insuffisante défense. (Avis du Cons. d’état, approuvé le U 4 prairial an i3 — 3 juin i8o5, dans l’affalteconcernant la propriété des bois de Crouzé, adjugés à ln èbm- mune de Montmirey-la-Yille.}- Lorsqu’une instance sur une question de propriété concernant les bois et forêts de l’état se trouve engagée, le préfet communique les pièces au conservateur, et lui demande la remise, sur inventaire, des titres, plans et documeas qu’il peut avoir sur l’objet du procès, ensemble aesobservations et avis.Leconservateuresttenu d’em»yer immédiatement à l’Administration forestière copie des observations et de l’avis qu’il a remis au préfet. ( Urcis. du min. desfin., du 16 mai 1821 , art . 1“.) A la réception des pièces, le préfet les transmet au directeur des domaines ; quh, de. .sort côté^ lui soumet les moyens de défense.<(//>., «ot;. 2 .)uh •• Avant l’instruction de l’instance et pendant sa durée, le préfet se concerte avec le directeur dns domaines , le conservateur oit l’inspecteur des forêts, si cela est nécessaire, pour reconnaître s’il y a lieu d’avoir la consultation de deux jiirisoOHSliIte*. (Ib.,art. 3.) , ■ o L’affaire est suivie par les soins du préfety «et parla correspondance de ce magistrat arec le ministère public chargé de défendre , et. en demandant;au dhr recteur desdomaines et aux agens forestiers;tes ben»- seignemens et observations qui peuventètra'utiles (rendantle cours de l'instance. (/i. ,art, 44 “b iol ni Lorsque le jugement est rendu, il en. estalnnné connaissance; savoir, par Le préfet au ministre des finances, par le directeur des domaine*^, son,administration r et par le conservâtes* à l’adarieisitia-t tipn foresjj,$pç^(/é, / «z/?. 5t) -nanudht -est-or:, S’ilest^ftterjeÇé appel, soitdl^Ff^ les,ordfes,\qui Ptto PRÔ 677 préfet dp ■irtétfrdaaa/pab ïa^ifiistHfl^ate wst ftr&TO Vtêmtëeé 8 ^' w- îk : coiit tNfOki ’ÿàitfTHlMTOS î^i|yà^S ; iiê^saW6 S 9, : >Hflit’Mf , J! sdit 'îrW^ffi ! HlkWW , W«tÉf&Ur Mrph^h^esix* ‘'îilHiWttpIL û8i*W'ffll i ¥é£a^dè : të f in‘b<;êdiii'é'tti : pte r rA'îèré'iîtstaîflrfe?U'ëtsPirhdti ttrin'pté “dé’là péêmfe riafilâfiÆ'itë.VwHtt?' AiMiitérvifcMr. ' {jDÜÜfi'Sù mhi. 1 oin *, ntt.’ 6,7 -•■''• ■ > Le directeur des domaines «orte sur son sonir jmer des instances tant 1 affaire engagée devant, le triqpn.al qup devant la cour royale, et doit la comprend ré sur fés‘ élaüs jférfôdiques adressés à l’administration des domaines. ^Ib.j art. 7'.)' ,1-es; agéps fpjèStîers .doivent apporter beaucoup dqiiji^nqe llan$ ljWrçoides nièces et renseignement; ,qq,iJs-ont ÎLbjurnir.,!^ daps l’avis qu’ils ont à don- , neé â i,’a,duijLnistraiioftj ( ,.(les jggemens et arrêts qui ■intprviennyiilj a. cauae. tjles datais pou r les appels et Jç^r$«^itK>^cassat»on.,(f?trçwi[. du 11 juin 1821.) Aucune loi n’oblige; le» préfet» à constituer un avoué dansies Causes. qui intéressent l’état, puisque le procureur du roi doit défendre l’affaire d’après Ifs. mémoires qui lui sont fournis par le préfet. Ainsi, dans les affaires où l’état est partie, les procureurs du roi réunissent deux qualités ou fonctions: comme défenseurs 823, porte que les-préfets peuvent aujourd’hui ester en jugement sans l’autorisation des conseils de préfecture. V. cet avisau Recueil, J. III. La même lot du 5 novembre 1790 veut, art. i5, que les particuliers qui se proposent de faire une demande contre l’état, en tassent connaître la nature par un mémoire, qui, aujourd’hui, doit être remis au préfet. Cette disposition, utile à toutes les parties en cause, puisqu’elle a pour objet de préve- uir le procès ou de le concilier, s’il est possible, n’a été abrogée ni explicitement ni implicitement par la loi du 28 pluviôse an Q. (Avis du Cons. d'état, du 28 août i8a3.)- Toutes les contestations entre l’état et des particuliers on des communes, relatives à la propriété d’un bien ou d’un -droit foncier, son! de la compéteneeex- clusivedes tribunaux. ( Décr . nii iS juillet t 8 o 6 . — Ord. «tes i«*‘i septembre 1849 tit'ij juillet 1820!-) ,0< Lés'tpiestidhs de propriété relatives û ‘des domai- , lfes I< i6bnfcëdés parère Mi aésftt la'révolution‘sont ‘éfekréUieifPiie) la cétfùpéte'TiéeédèstribtfnarM; (Z.VW du ’-»4 véntésê à ri jy Claris tiré Cdntii dé tût, du zH'fhtc - füMt'^an' 18.) ! ■ ' Les contestations sur le recouvrement des revenus domaniaUx: appartiennent il ta même 1 juridiction; (Lois (fës 17 dééètAbrë 179o, fil Séptérkbté et t) Hct 6 bre-\jéjt et 17 hivpie tin 4 -f‘ Dafts lés questions de^ propriété 'èôhcènèfchl' les domaines nationaux-, il fctiifdîstihguëé'îeYsW'tiû’tjes domainéS seraient enéore' dans lès inainé dé l’état , ou auraient été restitués^ de -celui Où Us aruftiîén t été aliénés. Dans le premier cas, c’est atiir tribunaux à décider ; et dans le second cas, les dorileils de préfecture dérident conformément à ’l’attribu- liôn qu’ils tiennent de la loi du 28 pluviôse Hh 8; mais.leur juridiction , à det égard-, se borne à interpréter les actes de vente, et il y a lieu à renvoyer devant les tribunaux lorsqu’il y a des points de droit à décider, des actes antérieurs à la vente à interpréter, et en général lorsque laquestion ne peut être résolue cjue par des enquêtes et autres moyens de droit civil, ou lorsque les limites du domaine vendu sont contestées et ne peuvent être fixées d’après les actes qui ont servi à la vente. V. Domaines nationaux. l’ar suite du principe qui attribue aux tribunaux la connaissance des questions de propriété, et attendu que les questions relatives aux droit*-d’usage prétendus dans les forêts domaniales sont considérées comme des questions de cette nature, le-conseil d’état renvoie aujourd’hui devant les tribunaux toutes les contestations relatives aux droits d’usage. V. Usages. Les questions sur la féodalité ou non féodalité d’une rente domaniale sout aussi de la compétence des tribunaux. ( Avis du Cons. d’état, du 8 — 14 mars 1808.) PROPRIÉTÉ (EXPROPRIATION DE). V, un avis du conseil d’état du 1 er août 1817, au mot Loi , l’article 545 du Code civil, la loi du 8 mars 1810 et l’article 10 de la Charte constitutionnelle. PROROGATION , du latin prorogare, proroger, différer, accorder un délai. L’ordonnance de 1669 , lit. XV , art. 40 , fixait au i5 avril l’époque à laquelle les bois , futaies ou taillis des coupes adjugées devaient être abattus. Le cahier des charges , art. 49, maintient cetle- lai pour les taillis, et accorde jusqu’au i5 mai pour l’abattage des arbres. Le même article de l’ordonnance de 1669 laisse à l’administration la faculté de régler le terme delà vidange, et ce terme est fixé par l’art. 49 du cahier descharges, au i5 septembre, pour les taillis au-dessous de 25 ans , et pour les autres, bois, au 15ravril dé l’année suivante. , . |. .Les conservateur» peuvent accordée d’autre*délais pour la coupe et Jà vidange, -suivant les circonstances} mais ils ne le peuvent que par une clause spéciale de l’adjudication, ejs aucune pporO- gation au terme fixé par.l’adjudication nepeut, d’après Pordonhanée de 1669, tït. XV-jprg. 40 et ljarrêt du conseil du i\ Les terrains en pente o u;’qirtx^és^ux ravagés, .des torrens» sont fort lue dpfenÿiia par les racines dû prunelier. On dit que cette facilité que les racines de l’épine noire oyt à tracer, a, fait donner à cet arbrisseau, aux environs de Hïontargis , le nom dë mère du bois, parce qu’on a remarqué que^juand il était établi sur lepprd d’pn bois, ses racines tendaient toujours s’étendre danses pbdmps voisins, et que si les pro pridtajres riverains dçâ forêts. n’avaient pas la pré- cautasm d'arrêter l’ampiitement de ses racines, elles, envahiraient bientôt une partie de leur terre, et i favoriseraient l’accroissement des plus grands ar bres , en fournissant à ceux-ci , par leurs tiges nom breuses. r une ombre ou un abri protecteur dans leui . jeunesse. Aussi le prunelier olfre-t-il un bon môyen de semer ,en bois des terrains arides, en protégeai! les jeunes plants. Qualités et usages. — Le bois de l’épine noire dii Va relia es de Fenille, n’a aucune qualité reconi mandable; il est dur, et ressemble par sa -couleu à celui du pêcher sans en avoir la beauté ; il re çoit un assez beau poli ; mais il se fend et se tour mente beaucoup. Sa pesanteur quand il est sec est de 5 i liv. 10 onces 5 gros par pied cube. On l’emploie dans les salines pour les ouvrages de graduation ; on en fait des manches d’outils, des cannes et des bâtons , et il sert à chauffer lè four, à cuire la chaux et le plâtre. Dans plusieurs endroits on en faitdes bottes, qu’on fixe en terre avecdes pieux, pour former des clôtures. Enfin il sert à défendre les jeunes arbres qui en sont entourés, contre l’approche des bestiaux. Les fruits sont très-acerbes, même dans leur ma turité ; cependant les enfans de la campagne les mangent. Les pauvres gens les récoltent pour en faire une boisson, qu’ils composent en les écrasant et en les mettant fermenter avec une certaine quantité d’eau. Cette boisson est aigrelette et astringente , sur-tout lorsqu’elle a été faite avec des fruits dont la maturité n’étaitpas assez avancée, et son usage habituel est alors sujet à causer l’obstruction des viscères abdominaux. Les fruité mûrs se confisent aussi dans le vinaigre. On retire en Russie et en Allemagne une espèce d’eau-de-vie des fruits de l’épine noire , en lesécra- 6 79 sant, les faisant fermenter et en les distillant ensuite. Dans quelques cantons du ci-devant Dauphiné , on se sert de ces fruits mûrs, adoucis même ou flétris par les premières gelées,pour donner de la couleur aux mauvais vins. « On composait autrefois, ditM. Deslonsgchamps, un extrait avec les fruits encore verts du prunelier. (.et extrait portait le nom d 'acacia nostras ; on en faisait usage comme astringent dans les hémorrhagies, les flux de ventre, etc. : aujourd’hui les médecins l’ont presque entièrement abandonné. Les prunelles, parvenues à leur dernier degré de maturité et ayant perdu leur saveur acetbe, cessent d’être astringentes, et elles deviennent au contraire laxatives. La médecine n’est pas non plus dans l’usage de les employer sous ce rapport : elles pourraient peut-être remplacer les tamarins. » L’écorce a quelquespropriétés fébrifugès, et elle a été,-employée, plusieurs-, fcps avep succès contre les fièvres intermittentes. Sa decûctiôn-dans une lessive alcaline donne une teinture jaune : elle peut être employée, ainsi que le bois, pour tanner les cuirs; on peut faire , avec le suc de cette écorce mêlé avec une certaine quantité de vitriol ou sulfate de fer, une encre aussi noire que celle qu’on compose avec la noix de galle. «Tous les bestiaux,et sur-tout les moutons et les chèvres, broutent avec plaisir les feuilles et lés bourgeons du prunelier. Linné dit qu’on peut faire avec les feuilles desséchées une espèce de tbé qui purifie le sang.» Le Prunier sauvage ^prunus insititia (Lin .J est un grand arbrisseau sauvage qui paraît tenir le milieu entre le prunellier et le prunier domestique ; il * est moins armé d’épines que le premier ; cependant ses vieux rameaux en sont ordinairement garnis. Il a les fleurs petites, de couleur blanche, pédonculées et disposées deux à deux le long des rameaux , les r fruits à peine de la grosseur des plus petites prunes, et dont la chair est amère et acerbe. Linné a regardé ce prunier comme le type des pruniers cultivés. Cet arbrisseau croît naturellement dans les haies et les buissons des départemens du midi et de la partie moyenne de la France. On se sert de son bois et de ses fruits à-peu-pres pour les mêmes usages auxquels on emploie ailleurs l’épine noire. Le Prunier de Briançon, prunus brigantiaca (Lin.), est un petit arbrisseau de 8 à 10 pieds , qui croît naturellement aux environs de Briançon. Il a les feuilles ovales , vertes, inégalement dentées sur les bords, et terminées en pointe un peu aiguë; les fleurs, au nombre de trois ou quatre, sortant de chaque bouton , et disposées le long des rameaux , à la place des anciennes feuilles ; les fruits, presque globuleux et sessiles, ressemblant, avant la maturité, à de petites noix vertes, acquérant ensuite une teinte jaune assez claire. Leur chair, d’abord acide, devient fade et peu agréable; les amandes servent à fabriquer une huile fine, connue sous le nom d 'huile de marmotte. Elle est douce comme cellede l’amandier, mais un peu plus inflammable, et conservant un goût de noyau, qui la rend un peu amère et d’un parfum agréable. Le Prunier cultivé , prunus domcstica ( Lin. ), est un arbre de moyenne grandeur, qui a des racines traçantes; l’écorce brune, velue dans la jeunesse, et crevassée dans la vieillesse; les branches poussant d’abord droit et vigoureusement, mais se déformant ensuite ; les feuilles ovales, plus ou moins Uongées et dentelées, ridées et légèrement velues ; les fleurs blanches et se développant en même temps que les feuilles; les fruits très-variables , suivant les espèces ou variétés d’arbres. On croit que ce prunier est originaire de l’Orient ; mais on le cultive depuis si long-temps en France , qu’il y est comme naturalisé, et qu’on le trouve souvent sauvage dans les bois et les buissons; il a fourni un grand nombre de variétés , dont les fruits diffèrent par l’époque de leur maturité, par leur forme, leur couleur, leur grosseur et leur saveur. La description de ces fruits se trouve dans la nouvelle édition Des arbres et arbustes, de Duhamel , dans les Nouveaux dictionnaires d’histoire naturelle et d’ Agriculture, et dans une infinité d’ouvrages de jardinage. Culture. — Le prunier se multiplie de semences, de drageons, de marcottes et par la greffe. On doit préférer la voie des semis quand il s’agit de former des sujets pour la greffe, parce qu’ils sont plus vigoureux , et cependant on emploie plus fréquemment les rejetons, quoiqu’ils donnent des arbres plus faibles et plus disposés à tracer et à pousser eux-mêmes de grandes quantités de bourgeons , qui embarrassent le terrain et épuisent l’arbre. On doit semer autant que possible avant l’hiver, à moins qu’on ne craigne les mulots, les campagnols, les loirs, etc., auquel cas on ne sème qu’au printemps, après avoir fait stratifier les noyaux dans de la terre. Un terrain argileux et frais est celui qui convient le mieux au prunier; mais il craint les lieux marécageux , et il fait de faibles pousses dans les sols sa blonneux et secs, où toutefois ses fruits sont plus sucrés. Dans les terrains trop fertiles, il pousse avec une grande vigueur, produit peu, et donne des fruits sans saveur. Les expositions septentrionales ou trop ombragées ne lui conviennent pas dans les environs de Paris, et c’est sur les coteaux exposés au levant et au midi qu’il se plaît le plus. Dans les climats méridionaux, toutes les expositions lui sont indifférentes, pourvu qu’elles ne soient point trop brûlantes. Qualités et usages. —Le bois du prunier cultivé est dur , plein , compacte, marqué de belles veines, susceptible d’un beau poli et se coupant sans se mâcher sous l’outil. Il pèse , sec , d’après la moyenne 2>roporlionnelle des expériences de plusieurs physiciens, 55 livres 14 onces. Il est très-recherché dans les arts de l’ébénisterie et du tour. On en fait des meubles, des manches de balais , des quenouilles et d’autres ouvrages. Sa couleur s’avive par le séjour dans l’eau de ciiaux , et se conserve par la simple application d’un vernis de cire. Les ébénistes lui donnent, dans quelques provinces , le nom de satiné de France , de satiné bâtard. Tout le monde connaît les qualités et les usages de ses fruits , qu’on mange crus, cuits, séchés et confits. On en fait une sorte de boisson, qui se conserve peu et qui n’est pas d’un très-bon goût. En Allemagne, en Suisse et dans les provinces de la France qui avoisinent le Rhin , on tire du vin de prune une liqueur alcoolique dont on fait une grande consommation , et qu’on appelle zwestckenwasser , du nom de la prune avec laquelle on la fabrique le plus souvent. Bile est moins agréable que l’eau-de- vie ; cependant lorsqu’elle est vieille , elle est assez recherchée des habitans du pays. J’en ai bu dans la Forêt-Noire, qu’on m’a dit être très-vieille ; mais l’eau-de-vie de France est incomparablement meilleure. M. Bornneborg, de Strasbourg, a retiré un excellent sucre de la prune dite quastche. Les feuilles du prunier sont du goût de tous les bestiaux , qui les mangent avec avidité. Les pruniers sont sujets, comme tous les arbres à noyaux, à la maladie de la gomme. 11 faut, à l’égard de ceux qui en sont attaqués , donner une nourriture plus abondante aux racines, en substituant une nouvelle terre à celle qui les entoure, ou en y plaçant des engrais animaux et végétaux. Ces arbres sont aussi très-sujets à la carie interne, par suite des blessures qu’on leur fait en coupant leurs grosses branches. Enfin les feuilles et les fruits sont souvent attaqués par des insectes. PUBESCENT, pubens ou pubescens . ( T. de bol.) Garni de poils très-fins , courts, mous , plus ou moins rapprochés, mais distincts. PUBLICATION DES VENTES DE COUPES DE BOIS. V. Affiches. PUEIL. On appelle bois en pueil un jeune taillis qui n’a pas encore 3 ans , et dans lequel il ne faut pas envoyer le bétail. Il est probable que ce mot pueil vient du latin puer, enfant, et qu’il aura été appliqué à des bois naissans et pour ainsi dire dans l’enfance. PUINE. C’est le nom que les anciennes ordonnances donnent à l'épine noire , et qu’elles mettent au nombre des neuf espèces de mort-bois dont l’usage est permis. V. Mort-Bois et Prunier. PULPE , pulpa■ ( T. de bot.) On appelle ainsi la substance médullaireou charnue des fruits. La pulpe est aux fruits ce que le parenchyme est aux feuilles et aux jeunes tiges. PULVÉRULENT, pulverulentus. ( T. de bot.) Chargé d’un duvet d’une telle ténuité, qu’il ressemble à une poussière. PUNITION. V. Peine. PUT 1 ER ou PUTIEL. C’est le cerisier à grappes. V . Cerisier. PYRAMIDE , du grec puramis , dérivé de pur , feu , parce que les pyramides se terminent en pointe comme la flamme. L’ordonnance de 1669 veut qu’il y ait dans les places biviaires ou triviaires des grands chemins passant par les forêts , des croix, poteaux ou pyramides avec des inscriptions qui désignent les lieux principaux où chaque chemin conduit. PYRÉNÉES. V. Montagnes. PYRIFORME, pyrijormis. En forme de poire : mot qui a la même origine que pyramide. PYRITE , du grec pur, feu , et de lithos , pierre ; pierre à feu. V. Mines. PYROLIGNEUX , pyrolignites. Du grec pur, feu, et du latin lignum , Dois. V. Acidepyro/igneux et Charbon. QUA Q QUADRANÉ(BOIS). On appelle étoilés ou qua- dranés au cœur les bois où il se trouve une fente, ou quelquefois plusieurs fentes qui se croisent sous différens angles, et qui ouvrent le cœur des arbres; ce qui les rend défectueux, et annonce que ces arbres étaient en retour quand on les a abattus. On peut se servir de quelques moyens pour diminuer le progrès de ces fentes. Il faut, pour cet effet, tenir les arbres abattus dans un lieu bien frais, à l’abri du soleil et du vent. On peut même faire disparaître les gerces qu’ils ont déjà, en les laissant tremper dans l’eau , jusqu’à ce qu’ils aient repris autant d’humidité qu’ils pouvaient en avoir dans le temps qu’ils étaient encore verts; et si on les met ensuite dans un lieu à l’abri du vent et du soleil, les gerces se referment entièrement et si exactement, qu’on nepeut plus lesapercevoir. V. Gerçure. QUADRANGULÉ, quadrangulatus. ( T. de bot.) Qui a quatre angles. QUA DR I DEISTE, quadridentatus. ( T . de bot.) Ayant quatre dents. QUADR 1 FIDE, quadrifidus. ( T . de bot.) Divisé en quatre par des incisions aiguës, moindres ou à- peu-près égales à la demi-longueur. QUADRIJUGUÉE. Feuille pinnée, ayant quatre paires de folioles. QUADRILOBÉ. Divisé en quatre lobes. QUADR 1 VALVE. Qui a quatre valves ou panneaux. V. Capsule. QUART DE RÉSERVE. On appelle ainsi la quatrième partie d’un bois, qu’on a distraite des coupes ordinaires pour en laisser croître les bois en futaie, et ne les abattre que lorsqu’ils sont parvenus à toute leur croissance, à moins que des besoins urgens et de la nature de ceux qui sont spécifiés par les réglemens, n’obligent à les abattre avant cette époque. Cette réserve a lieu dans les bois des communes, des ecclésiastiques et de tous les établissemens publics. L’ordonnance de Charles IX , de j 56 1, avait prescrit de réserver, tant dans les bois du domaine que dans ceux des ecclésiastiques et communautés d’ha- bitans , la tierce partie des bois pour croître en futaie. Sur quoi, Saint-Ton observe que les bois des ecclésiastiques et des communautés d’habitans sont en la garde et protection du roi; qu’il est nécessaire d’y consewer de la haute futaie, tant pour les constructions civiles et navales que pour l’avantage de la paisson et de la glandée; ce que l’on ne pourrait obtenir si l’on permettait aux usufruitiers de disposer de leurs bois, comme bon leur semblerait, parce qu’en cette qualité d’usufruitiers , ils ne tendent qu’à ce qui leur rapporte le plus de profit ; ce qu’ils trouvent dans l’exploitation en taillis plutôt qu’en futaie. Cet auteur rappelle, à cet égard , l’opinion de Catou, qui, en parlant des héritages qui donnent le plus de profit, place les taillis avant les futaies : Cœdua Sylva antè glandariam sylvam. L’obligation imposée aux gens de main-morte , Tome II. QUA de. réserver le tiers de leurs bois, pour le laisser croître en futaie, contrariait trop le goûç des possesseurs pour qu’elle n’éprouvàt pas de résistance : aussi voit-on que Charles IX, cédant aux réclamations de l’ordre de Malte, le dispense, par ordonnance de i 565 , de l’exécution de la disposition u’il avait ordonnéeen i 56 i ;que, paruneaHtre or- onnance de »573, il réduit au quart, pour tous les bois des ecclésiastiques, la portion à réserver, et que Henri III, sur la requête des ecclésiastiques, révoque entièrement, par son ordonnance de 1 58 o, art. 36 , la mesure salutaire adoptée par son prédécesseur, et qu’il se borne à ordonner la réserve du nombre de baliveaux par arpent de taillis , qui était fixé par les anciens réglemens. Mais Henri IV, voulant remettre et conserver le plus possible de bois en nature de haute iutaie, a , par son ordonnance de >597, remis en vigueur l’édit de Charles IX, et ordonné que tous les ecclésiastiques, commandeurs et communautés réserveraient le tiers de leurs bois en futaie, et leur a fait très- expresse inhibition et défense de couper aucun bois de haute futaie et baliveau, sans avoir obtenu des lettres de permission duement vérifiées, à peine d’amende arbitraire , et de confiscation des bois, tant contre les possesseurs que contre les adjudicataires. Louis XIV, par son immortelle ordonnance de 1669, a maintenu l’obligation de réserver en futaie une partie des bois des ecclésiastiques, des communautés d’babitans et de tous les établissemens qui sont placés sous la tutelle du gouvernement. Cette portion est fixée au quart par les titres XXIV et XXV de cette ordonnance. « Voulons, ditl’art. 2 du tit. XXIV, que, conformément. à l’ordonnance de 1573 , confirmée par celle de 1597 , la quatrième partie au moins des bois dépendant des évêchés, abbayes, bénéfices, comman- deries et communautés ecclésiastiques, soit toujours en nature de futaie ; et s’il ne se trouvait aucune futaie en toute l’étendue de leur bois, ou que celle qui y est fût au-dessus de la quatrième partie de la totalité, ce qui manquera sera pris dans leurs taillis jusqu’à la concurrence de la quatrième partie, pour être réservé et croître en futaie, sans qu’il soit permis d’en user, ou couper aucun arbre, que par les formes prescrites pour la futaie. » L’art. 4 du même titre défend de toucher au quart mis en réserve, sinon en vertu de lettres-patentes, à peine d’amende arbitraire et de restitution du quadruple de la valeur des bois. L’art. 5 détermine les cas où les lettres-patentes, pour la coupe des quarts de reserve et des baliveaux, pourront être accordées : ce sont les cas d’incendies, ruines, démolitions, pertes et accidens extraordinaires, arrivés par forfait, guerre ou cas fortuit, et non par le fait ou la faute des possesseurs. L’art. 2 du tit. XXV ordonne la même réserve dans les bois des communautés d’habitans, et l’art, b défend d’y faire aucune coupe que suivant les for - mes et pour les causes déterminées à l’égard des bois des ecclésiastiques, à peine de 1,000 fr. d’a- mende,contre chaque particulier contrevenant. L’exécution des dispositions de l’ordonnance de 80 68a QU A 1669, relatives aux quarts de téserve, a été recommandée et maintenue par un grand nombre d’arrêts du conseil, et entre autres par celui du 5 septembre 1693, qui défend aux habitans deFignan, en Languedoc, qui avaient coupé leur quart de réserve, de se permettre d’y toucher à l’avenir sans avoir obtenu des lettres-patentes; celui du 7 novembre i7i3, qui casse un arrêt du parlement de Besànçon, qui avait dispensé les ha-bitans de Beure de l’obligation de mettre en réserve le quart de leurs bois ; celui du 3 o janvier 1725 , qui ordonne l’opposition de quarts de réserve dans tous les bois des ecclésiastiques et des communautés d’habitans des pays du liaut Bugey et de Yalromey ; les arrêts des 9 mars et 19 septembre 1726, qui ordonnent la même disposition dans le départe ment de Guienne, les provinces de Touraine, d’Anjou et du Maine; celui du 12 octobre 1728, portant que les bois de l’ordre de Malte seront aménagés à 25 ans, et que la disposition de l’ordonnance sur les quarts de réserve y sera exécutée; celui du 11 juillet 1730, portant réglement pour les bois des ecclésiastiques >'t des communautés d’habitans de Blois et de Berry ; celui du 6 juin 1741, pour les bois de la maîtrise de Dole; celui dti 5 juin 1744» qui ordonne l’exécution des dispositions de l’ordonnance de 1669, dans les bois communaux de la Champagne, et des poursuites contre des habitans de Thin-le-Mou- thier, pour rébellion et opposition à l’assiette d’un quart de réserve dans leurs bois ; celui du 7 décembre 1751, rendu contre les habitans de Balesta, pour, avoir-coupé sans permission des bois dans leur quart en réserve, et celui du 14 aofit j 784» portant régie-, ■ment pour les bois des communailtés du Nivernais.' La défense de faire aucune coupe dans les quarts de réserve sans l'autorisation du gouvernement a été renouvelée par la loi du 29 septembre 1791 tit. X , art. 11 ; par un arrêté du 8 thermidor an 4 ( 26 juillet 1796 ), et par Une ordonnance du roi du 7 mars 1817 , qui porte que., conformément à l’ordonnance de 1669 , les coupes dans ces portions! des bois des communes, hôpitaux, bureaux de cha- rjté, colleges, fabriques, séminaires, évêchés et archevêchés, et de tous autres établissemons publics , ne seront faites qu’en vertu d’ordonnances royales rendues sur le rapport du ministre des fi-' nances, et que ces coupes, hors le cas de dépérissement, 11e seront accordées que pour cause de nécessite constatée ; à l’effet de quoi, les demandes appuyées de l’avis des préfets seront préalablement communiquées par le ministre des finances au ministre de l’intérieur. Y. cette ordonnance au Recueil. Une circulaire du ministre des finances aux pré-' fets, en date du 24 décembre 1822, et qui rappelle les instructions relatives au mode de procéder sur les demandes en coupes des quarts de réserve , porte que lorsque le préfet a reconnu i°. l’utilité de la dépense proposée par la commune ou l’établissement public; 2°. la nécessité de recourir à la vente d’une coupe de quart en réserve , pour y faire face, et lorsque les pièces auront été adressées à l’inspecteur forestier, celui-ci doit, aussitôt que possible, procéder à la visite et reconnaissance des lieux, et transmettre au conservateur, au plus tard dans la QUA quinzaine de la clôture de cette ^opération, des procès-verbaux qu’il aura dressés, ainsi que ses observations. De son côté, le conservateur est tenu de faire passer au préfet, également an plus tard dans le délai do a mois, les pièces ainsi que son. &yis, dont le préfet est chargé de faire immédiatement l’envoi au ministre. 4 L’Administration des forêts a, pan sa 1 circulaire dn 8 janvier 1823, recommandfaux agens forestiers d’exécuter strictement les instruction* chçr ministre- V., au surplus, aux mots Boit comnuinausc 3 duchap.Y. : -b on-ao t ■> u<., QUARTIER (BOIS DE). C’.est du-Lpif X brûler fendu en quatre. 1 h - da QUARTIERS DEFENSABLES. Ce sont ceux dans lesquels les usagers peuvent mener leurs bestiaux , d'après les états formés par les agens officiers et approuvés par le directeur général-, sur l’avis du conservateur. < Circul. du 10 mars 1807.— Instr. des 28 février 1818 et ibmars 1821, art. 69.) V. Bois défensables, t. i«. p. Zj 5 , Pâturage et Usage. QUARTZ. Mot emprunté del’allemand. Lequartz est une matière pierreuse, l’une des plus abondantes qu’il y ait dans la nature, et qui entre pour beaucoup dans la composition de la plupart dos roches primitives, telles que les granits , les gneis , les schistes micacés, etc. Elle y forme, outre cela, des veines et des filons d’une épaisseur et d’une étendue très-considérables. Le quartz commun , c’est-à-dire celui qui est en masses amorphes, est, pour l’ordinaire , d’une couleur blanche laiteuse, en tirant tantôt sur le gris, tantôt sur le roux. Il a un éclat vitreux, quelquefois avec un coup-d’ceil un peu gras; il est translucide sur les bords, rarement demi-diaphane ; jl est aigre, dur, et fait vivement feu contre l’acier- Le quartz est souvent cristallisé, et on lui donne alors le nom de cristal de roche. Dans cet état, il contient, d’après l’analyse faite par Bergmann, ç 3 parties de silioe, 6 d’alumine, 1 de chaux. La grande abondance des pierres quartzeuses leur donne une puissante influence sur les cultures.-Ces pierres composent les montagnes dites primitives, qui forment la couche supérieure des vallées et des plaines voisines de ces montagnes. Les pays sablonneux , les landes, etc., leur doivent leur infertilité. QUASI-CONTRAT. Les quasi-contrats sont les faits purement volontaires de l’homme , dont il résulte un engagement quelconque envers un tiers, et quelquefois un engagement réciproque des deux deux parties. V. les art. 1^69 à 1879 du Code civtl. QUASI-DÉLIT, du latin quasi delictum . C’est Le dommage que l’on cause à quelqu’un sans avoir dessein de nuire, lorsque, par exemple, on jette sur un chemin public quelque chose qui blesse un passant. Le quasi-délit engendre une action en vertu de laquelle celui qui a occasionné le dommage est obligé de le réparer. V. le Code civil, art. i 38 o ù i 383 - QUATERNÉS, quatemi. [T. de bot.) On donne ce nom à toutes les parties des plantes qui sont disposées quatre par quatre sur 'tin même .point ©u plan d’insertion. 683 QUE QUERCITRON, du latin quercus , chêne, et du français citron. C’est le nom d’un chêne de l’Amérique septentrionale. Y. Chêne. QUESTION. Ce mot tient du latin qucerere } chercher, demander : c’est une interrogation ou une proposition sur laquelle on discute. Dans la pratique, ce mot se dit d'un fait ou d’un point de débit qui donne Heu à une contestation. Il y a , par conséquent, des questions de fait et des questions rfe droit . Tel délit ou tel crime a-t-il été c<*nnms?-'felfe personnoVn est-elle l’auteur? ce délit ou ce crime, a-t-il été commisavec telle ou telle circonstance'? Ce sclntl desVjuéStiohs de fait qu’il faut d’abord décider. Quant aux questions de droit, elles consistent à savoir 1 si tel acte doit produire tel ou tel effet ; si telle action est réputée juste ou injuste aux yeux de la loi ; si elle est réputée contravention, délit ou crime; si telle peine lui est applicable ; si tel juge est compétent pour la prononcer, etc. QUESTION PRÉJUDICIELLE. On appelle ainsi toute question qui, dans un procès, doit être jugée avant une autre question, parce que celle-ci serait sans objet, si la personne qui l’élève succombait sur celle-là. Par exemple, si dans un procès soit criminel, soit correctionnel, soit de simple police, fondé sur un dommage prétendu causé à la propriété d’autrui, le-prévenu allègue pour sa défense, ou que le bien prétendu endommagé lui appartient, ou qu’il a sur ce bien une servitude ou des droits quelconques qui l’autorisent à y faire ce qu’il y a fait; en un mot, lorsqu’il se borne à dire, feci, sed jure feci , il y a là une question préjudicielle, qui doit être renvoyée aux tribunaux civils pour être décidée, avant que le juge saisi de l’action criminelle ou correctionnelle puisse prononcer sur cette action. Mais si , nonobstant le droit de propriété ou d’usage dont on excipe , il y a délit dans la manière dont-on a usé de ce droit, et que ee soit à raison de ce délit qu’ait été intentée l’action correctionnelle, il est évident qu’alors l’exception du droit ne peut former Une question préjudicielle, puisqu’elle ne petit' avoir pour résultat d’effacer le délit. Voici sur les deux hypothèses des exemples de plusieurs espèces relatifs aux forêts. —Des exceptions considérées comme formant >[ : des questions préjudicielles. r°. Charles Bouret était prévenu d’avoir fait couper une partie d’un bois prétendu domanial. Il soutint qu’il en était propriétaire et lé tribunal correctionnel , sans faire attention que lorsque le droit dé propriété était contesté, il cessait d’étre compétent, et qu’il devait, aux termes de l’art. 12 du tit. IX de la loi du 29 septembre 1791 , renvoyer la question de propriété aux tribunaux civils, avait néanmoins ordonne des preuves relatives au droit de propriété, à la suite desquelles il avait prononcé une amende et la restitution. Il y eut appel de la part de Bouret; mais son appel fut rejeté, parce qu’il n’avait pas été présenté dans le délai prescrit. 1 Dé pourvut en cassation, et son pourvoi fut pareillement rejeté-, attendu que le tribunal d’appel s’était .conforméà.la loi, en déclarant son appellation tardive QUE ét non admissible. Mais, sur la réquisition du ministère public, la cour de cassations, par son arrêt du 25 brumaire an 7 ( i 5 novembre 1798), annulé, pour causé d’incompétence, les jngemens rendus par le tribunal de police correctionnelle. Il y avait, en effet, une question préjudicielle qui np pouvait être jugée que par le tribunal civil, et qui, si elle eût été décidée en faveur de Bouret, aurait fait tomber la plainte de l’Administration. 2°. Divers habitans d’une commune avaient fait paître leurs bestiaux dans un taillis de deux ans appartenant à un particulier. Cités en police correctionnelle , ils prétendent qu’ils sont en possession de faire paître leurs bestiaux dans ce bois, en vertu d’un acte d’échange, et ils déclinent la compétence du tribunal. Ce tribunal, après les avoir déboutés de leurs exceptions déclinatoires par un premier jugement, les condamne, par un second, à 3 ooo fr. de dommages et intérêts envers le propriétaire , et à 6,000 fr. d’amende au profit de l’état. Ce jugement fut confirmé par le tribunal d’appel, qui cependant modéra les condamnations. Cette usurpation de pouvoir a été réprimée par un arrêt de cassation un 29 vendémiaire an 9 21 décembre 1800), fondé sur ce que le tribunal aurait dû se borner à prononcer seulement sur le délit résultant du pâturage dans un taillis de 2 ans , en renvoyant les parties à se pourvoir devant un tribunal compétent, par rapport aux exceptions pui-i sées par les défendeurs dans l’acte d’échange, ou surseoir à prononcer sur le délit en question, jusqu’après décision rendue par un tribunal compétent sur lesdites exceptions. 3 °. Un autre arrêt du 26 ventûse an 9 ( 17 mars 1801) a pareillement cassé un jugement qui avait rejeté une exception déclinatoire, fondée sur la posses- siond’undroit de pâturage, que les prévenus disaient avoir dans le bois d’un particulier, à la requête duquel ils avaient été cités en police correctionnelle. 4 °. Matthieu Senger, prévenu de délit dans un bois, avait soutenu que l’état n’était point propriétaire d’un sixième dans ce bois, ainsi que le prétendait l’Administration forestière. Le tribtinal correctionnel avait, sur cette question, rendu un jugement préparatoire, entendu des témoins, et pris une décision définitive : ce jugement a été cassé par arrêt du 12 brumaire an 12 (4 novembre i 8 o 3 ). 5 °. Par acte du 7 avril 1789, le sieur Parent - Lagarenne s’était rendu fermier ou adjudicataire de la superficie d’un bois dont là coupe devait être- faite dans le cours de 10 années; les réserves du propriétaire avaient été fixées par cet acte- L’exploitation eut lieu d’après les martelages et balivages suc-, cessifs; lorsqu’elle fut terminée, l’Administration forestière crut qu’il y avait été commis des malversations et des délits. Le sieur Lagarenne fut traduit devant le tribunal correctionnel de Nevers, et ensuite devant la cour de justice criminelle du département de la Nièvre. Mais le caractère des faits présentés comme délits dépendait essentiellement de l’examen de l’acte passé entré le fermier et le propriétaire du bois: de cet acte dérivait donc une question préjudicielle qui ne pouvait appartenir qu’aux tribunaux civils; cependant le'tribunal cor- mu que rectionnel et la cour de justice criminelle slé&ieniU permis de statuer directement et immédiatement sur. la plainte de l’Administration. 1 Un .arrêt du -a messidor an.j 3 ( 21 juin i&o 5 ) a annulé leurs jugemens. 6°. Il a été décidé d’après les mêmes jvincipes, par un arrêt du B frimaire an i4 (29 novembre i 8 o 5 ), et umautredu 10 avril 1807, que lorsqu’un particulier- présenté comme délinquant dans l’exploitation dlart.hofe à lui adjugé ou dont il est fermier, excipe.d’un acte dont l’interprétation peut donner !ieu k une question préjudicielle, cette interprétation doit être renvoyée devant les tribunaux civils. 7 0 . Un particulier était prévenu d’un délit de pèche; il soutint qu’il était propriétaire de la masse d’eau.où il avait péché. Les parties.furent renvoyées à se pourvoir devant'qui de droit sur la question préjudicielle; le conseil de préfecture en fut saisi, et sort arrêté soumis au conseil d’état. 11 ^ fallait attendre la décision définitive ; mais la cour criminelle, qui avait elle-même prononcé, le renvoi, statua au fond et rendit un jugement définitif. Ce ju- gementaété cassé porarrêt du a 3 mai 1806. A .cet égard , nous avons fait observer au bas de cet arrêt, dans notre Recueil, que pour éviter des exceptions de propriété auxquelles les délinquans ne donnent pas de suite, il était nécessaire que les a gens forestiers demandassent aux tribunaux correctionnels de fixer un délai pour le dépôt des titres; mais on n’a plus à craindre ces exceptions banales de propriété , aujourd’hui que la cour de cassation a décidé que le prévenu d’un délit, qui excipe d’un droit de propriété, ne peut faire suspendre l’action correctionnelle, qu’en notifiant à l’agent poursuivant les -titres sur lesquels il ionde sa prétendue propriété,. que les tribunaux .correctionnels ont caractère pour statuer sur lu présomption qui peut eu. résulter relativement aux faits de la plainte. An. .(les 2Z et 3 q avril 1834. ) 8°. Lorsqu’il s’élève, ii»e question de propriété dans ujie action en réparation de délit, il n’est plus nécessaire que le prévenu appelle en cause le préfet et lui Remette ses titres, ainsi que le voulait la loi du 29 septembre 1791, attendu, que cette disposition de'la loi, qui pouvai; s’exécuter ,i l’épequg .QÙ les tribunaux jugeaient les actions en réparation de délits et les questions incidentes, de propriété, n’est plus applicable, aujourd’hui que les tribunaux correctionnels,ne peuvent statuer sur des questions de propriété. Ainsi jugé par arrêt du 29 mars 1807. 9 0 . yn prqcè^-verbal qui constate qu’un arbre a été coupé dans un canton dépendant d’une forêt domaniale) ne.fait pas preuve jusqu’à inscription qu’effectlvcwent ce canton soit une dépendance de la fprèt domaniale , si l’auteur de l’abatage de cet arhre préjend être propriétaire du canton et demande qùfil soit procédé à la délimitation de la fo- rêt.dVyeç sa propriété. Sans ce cas, sa demande for,me un.ç >érita,ble question préjudicielle. On ne peqt.se pnju^ynir çont,re l’arrêt qui a admis son ex- oepjioqvp^r £ fe pjObf.qu'il p’a pas déposé ses titres de. mqpriqtivifflnsjja conformé ment, 4 la ‘h??f> 1 r 0 7 -)-A:. .«ulnqhni’q aelôo i. Hep est de,»êroe q^pnéUed-préeenu d’un délit soutient que^nonctbstantolesititresproduiispnr l’AdministraUon, le terrain.n’-estjpoint dcnpartial, et qua'ee» titres ne s’appliquent] point fcujcanton on âl a fait apte de propriété. LWs.oeïCfiSy çomnje dans l’espèce précédente le tribuéeLoorrectioaneL doit renvoyer les parties devant les tribunaux civils pmir faire l’application des titres. ( Arr. dujfo.'GtUiofe ■ 807. ) aeinve zieiluailisq ?eQ • n°. Si, dans une action t ». réperdtion de, délit dirigée contre plusieurs individus:,des,pns'fHéiguBnt un droit de propriété-j.qu’luij, autre peétctndf êtré se fri. propriétaire, et qu’u nef commune intervsoàiae:ea~. suite pour revendiquer 1s propriété poUr son 'prqprft compte , il y « lieu d’attendre que touteslices (prétentions soient jugées par l'autorité compétente, avant de prononcer sur le délit, puisqu’avant.cette décision on ne peut savoir quel est celui des prés venus qui a agi sans droit, ni en faveur de.qui les dommages et intérêts peuvent être, prononcés- U» tribunal jugeant en police correctionnelle »: qui- se permettrait de décider lui-même la question de propriété et de prononcer ensuite tur le ■ délit., commettrait une usurpation de pouvoir. \Arr^\du février 1808.) io;: § 2. — Des exceptions qui nepeuvcné étre f considérées comme formant dos questionspréjudicielles. 11 a ! ■ t°. Le nommé Arnaud L^vabro; fermier du sieur Lavit, était autorisé, par son bail, a couperf>Vt le domaine affermé des arbres pour l’ejxploitation de sa ferme; maisil avait abattu un chêne de plus det »3 décimètres de tour sans avoir fait la déclaratjo«exigée par le décret du 1 5 avril <8r r , et par les autres ré- glemens sur les bois de marine. Il prétendait qn’eyaot usé d’un droit qu’il tenait de 6on bail, et.que ift’/ébant pas, en sa qualité de fermier, tenude,fairela dé* la ration prescrite,par la loi, et qui ir’étadtimpaséeqjauj'- vont lui, qu’aux propriétaires, il ne pquyeitïêfrejrs- cherché à.raison du défaut de déclaration)- üettaiSiXr ception avaitétéaecuqUlie, tantparfetrib!unfriicLvil que par le tribunal correctionnel; ^^ai8eUea|étéfcer , poussée par un arrêt de cassation du: \j maitîJt&Jifiv fondé sur ce que les particuliers see peu.vemt ^ p%r,des conventions entre. eux, déroger aux lois d'intérêt publip, et sur ce que la faculté, accordée, dânsmnj bail par un propriétaire de-bois à son, fermier,, d’y couper des.arbres, ne peul,aifranQl»r,çe,feri»ie*f de l’obligation imposée par La. loi,, insmest’ 2 0 ,. Une coupe,a,yait, [été faite., sens autpriratkin de l’Administration forestière, dans,Un bowidudoe ■naine, tenu à titre d’.ctngagement perpétuellement révocable; les délinquans, cités devant les tribunaux, avaient exçipé du mode de jouissance-.qu’ils avaient antérieurement sur le .bois* «taisU» n’avaient point contesté le titre de révocabilité d« cette propriété, et ceté e révocabilité était,,matériellement prouvée; ce, qui établissait; .la contravention à l’art. 2 du tit- 1 de là Jqi dp 29 septembr«a»79i - Cependant la cqvtr ( criminelle , du dé^rtemcntlde Ssmbre-et-Memservait iugévqu.^1 y rayait lieuiàpé»ri' beqi,r 1 a\;piHffl 8 niqntp 4 q 1 }’action,pjâqeeUf»t»»lfe>jfi ! t^ W’ftPltéftfe - QfUB QUI 6#5 de pi»sse*»kMi';deri én&tçpeisa, SonhaiW$t AO&é cassé p» te't»efop«lé©8stetiLi*y )rotit£sBAfr<ïd'(c#i>&^ vrietet&î* 5 )i‘. àweiqdM'jque ilaicOntesswte ’da ia jirÉ- priêtè afyutaV'été^iiur^ tiers irévocabley et te loi s’bjH pOSAl»t ; àueB‘q«ee4es30rtgM£ktes fissent atfctfùecôUpe srite>au<*e*i«affoWJmteÉ 4 â«fe, te défit était constant, et qub'Aèe-iewlI'werijttmteityliVtrir Heu à question prèjwdieieltefo a-\K) .aeilii - q. 3 °. Des particuliers avaient coupé des bois danis irtib’forét nteltettysie**, jenieuf’.qu alité d’ftsagers, leuâtie^tU^'êHqrrefidéS^MW leur chauffage; mais ils n\tvateiéî "jUjinfcislftOfludai délivrance jMéalable , qui dalPtt*s^fr4ttWfoit«r^r>ltÀdirtini4tT3tio'n des fo- rétgyTdfapeèslés; réglement» eln' matière d 5 u*age. Ce- pertdattt >Ü6 >^réter»dHiet(t' l qUe les-peine» invoquées con*telèsi*me devftierttVafyplrqTier (qu’à ceux qui, satts? litre»ébqaâlé droit,-s’iritrod irisent dans une forêt (pour è’ênapferer dtl'bois qui ne leur appartient pas. Leur fdéfense fut accueillie 'par le tribunal de p©Uc(reorrecrionnelley : qui crut devoir renvoyer les parties à fins éiviles, poür y statuer sur le droit d’usage. Ce jugement ayant été confirmé sur l’appel, l’Administration'se pourvut en cassation, et obtint un arrêt j en date du 3 septembre 1808, qui prononce que les usagers ne peuvent, sans délivrance préalable, prendre des bois dans les forêts où iis exercent usage», èt qu’ils se le- peuvent même quand les ageits forestiers auraient refusé de faire droit à leur demande, attendu que les voies de recours à l’autorité supérieure leur soht toujours ouvertes. 4“v Plusieurs'habitansd’une cqjimune avaient en- levéde vive force des bois dans fine forêt appartenant à un particulier : cités en police correctionnelle, ils ex- cipentdu droit de propriété dêla commune sur la forêt; et la tribunal renvoie l’exception aux tribunaux civils. Appel de la part du propriétaire et de celle de l’Administration dès forêts, et arrêt qui confirme le premier jugement. Mais la cour suptême a cassé ceOâwêt, lp^M avril attendri -que l’exception de''pnopriét'énn’fegt pas propoiable lorsque le fait imputé aù prévenu est déjà un délit aux yeux de la Icri-j que lès usagers- ; We pouvaient exercer leurs droitsqu’aprôsaVOir rempli les formalités préalables aukqael&es- te loi subordonne l’exercice du droit d-’risagq ; que, sous tous les rapports, la voie de foit (pidièttr'es* imputéeest un délit; que dés-lors la jttétenduô 1 Question de propriété proposée par les prévenus ne. pouvait être Considérée comme préjudicielle-, et capable d’arrêter les poursuites et le jugement du délit; que d’ailleurs un prévenu n’est admissible à élever une question de propriété qu’au tant qu’il s’agit d’un droit qui’lui est personnelle* que, dans l’espèce, les prévenus ne pouvaient être considérés comme individuellement propriétaires do droit réclamé, et qui, en le supposant réel; appartiendrait à-la commune qui n’a point été mise eu cause. Un troupeau de moutons avait été trouvé dans.-une forêt domaniale. Les propriétaires de ces moutons alléguèrent pour défense que le terrain où'lèe bêtes avaient*été reprisés,-quoique planté de quelques-feorisy né Jpouvâi* étiré v appelé forêt; qu’il nellétltsipolrir d’&prè's lèS tkre’s qÙ’ite'invoquaient, et quête bowmuse-deffirvitlaefiofflfîlsétaientlia-j bilans,en étant propriétaire. Le tribunal correctioa- neL deufthocfea avait.-sursis à faâira-dnoiüt à/j te ((demande de 1 ’Administration. .A'ieb {.urialu ' » Utt' ftfric dei -te 4 our de cassatianidti. 1 * 3 1 juillet ji8i6 a annulé ce jugement, par les roetiislqùe îles t»ibunaU*:doivent passer outre au jugement dNrn défit forestier, si le prévenu qui excipe d’un .droit de propriété sur une forêt où le délit * été commis, are remplit; pas.les formalite* exigées par la: leà du ;?s) septembre 199-1 (art. 13, tit. IX-)»; que d’ailleurt la propriété plléguéo ne l’est point comme bn droit personnel aux prévenus, et qu’ils n’en excipenC que comme d’tm droit appartenant à la commune qu’ils habitent, droit qui ne peut être réclamé qné/par la commune en corps. 6 °. Un arrêt du 34 Octobre 1817 décide pareillement que l’allégation d’un prévenu de déiitfores- tier, que le bois où il a été trouvé appartient A un particulier qui lui aurait donné la permission d’v couper du bois , ne peut faire surseoir urt jugement, si le prétendu propriétaire n’êfct pas-mis en: cadae [jour fournir lui.même l’exception. 7 0 . Celui qui prétend avoir un droit de'pàssafge dans une forêt doit, ri Dépassage Se trouve intercepté par des fossés quel’adnrinistration y à faiteené- truire; s’adresser à 1’autvvrité compétente ponr en réclamer la conservation, etilnepeut se permettre de le rétablir lui-même en détruisant les fossés. L’allégation par lui faite d’un prétendu ancien usagé du passage ainsi clos, ne peut constituer en sa faveur une question préjudicielle. (Arr. de la C. de cas s ., du 27 novembre 1 8 a 3 .j 8°. Les usagers ne peuvent faire paître leurs bestiaux dans les cantons de bois non déclarés défen- sables, et toute introduction de bêle» à laine dan» les boisdéfensables ou non défensablésest un défit. Ilné peut y avoir lieu', dans l’un ni l’autre cas, à admettre comme question préjudicielle l’exception fondée’sur le droit d’usage. Ainsi jugé par Une fôûle d’arrêt\, et en dernier lieu , par ©eux des i 5 février kt 12 airil 1822, 3 o avril, t 9 fülri, ào septembre ,\'Srik- tobre ét 3 i déccthbre 1824. V. Chèvre, Jiohtairte ^ Exception, Pâturage, Procès-Verbaudt -, Usage! QUESTIONS DE PROPRIÉTÉ. V! Propriété. QUIDAM. Terme emprunté du latin, ’et'qjl’bfa emploie dans les actes judiciaires pour dérigrief’lés personnes dont on ignore le nom. 8,1 Lorsque l’auteur d’un crime ou d’un défii ért fii- connu , la plainte est dirigée edntreun btridam ; et le juge cherche à découvrir par lettinfori^àtlcbis quel est celui auquel peut s’adapter cette dérfrtmiria- tion vague. V. Procès-Verbaux. - yquoa à J: QUILLE. {T. de mar.) Piètb dè ; bcristqtiî tbdi- mence l’édifice d’un vaisseau "que l’rtrr coristftrît^ elle sert de base pour conduire î’Strvragè. C’éSt'itir la quille qu’on place la contre-quille pour 'rijiivrlr les entailles sur lesquelles on doit placer 18 P membres ; on élève l’étrave et l’étambpt sut lés extremï-. tés de la quille: ainsi elle détürmmeta plus grande longueur du vaisseau parlé baS^éonfm&lé'iprernÎBr pont par le haut. En comparant ia'riiffcass# 4 - ( riment au squelette RABAISSER. C’est, en terme de 1 jardinage , diminuer la longueur d’une branche d’arbre.-Vi 'Rabattre. ’* ; RABATTRE. On rabat un jeune arbre dahs'lês pépinières, c’est-à-dire qu’on le coupe rea'ferré pour lui faire pousser une nouvelle tige plus fôfte j plus droite. Lorsqu’elle est parvenue à une certaine hauteur, on en pince le sommet si on la trouve encore trop maigre , et l’on se côntente d’en'rSc- couecir les bourgeons ; mais à mesure que la tige devient arbre, elle prend du corps, et l’on supprime graduellement les bourgeons inférieurs,'pour ne laisser définitivement que ceux du soroihet. 11 Lorsque ce sont des branches qui prennent trop d’extension, on les rabaisse, afin que-la sève reflue dans le tronc et augmente sa force. V. Pépinière , Plantations , Recépage. 131 RABLE. Oa appelle ainsi une pelle emmanchée aü bout d’une perche, qui.sert aux charbonniers pour emporter lai perré--qui recouvre .leiourneauà charbon aprèsiatçaisso». V. Charbon . B. AG RAÇOUORI, met ferait jmr corruption du lutin ■abattus , avortèoll-M dit-d’uo arbre , d’un bai*dé mauvaise vnwte jldoht -lestiges sontirrégulières > contournées , noueuse* , raboteuses, sans flèches , do*t lbs branches sont courtes, irrégulières, surchargées de petits rameaux. Les arbres,rabougris grossissent et même s’élèvent , mais c’est avec tant de lenteur, qu’il n’est presque jamais de l’intérêt du propriétaire de les conserver, il 1 J’iutiélins causes rendent un bois rabougri r la malivaisé)quarté du terrain, l’abroutissement des bettfanx les chenilles* les.gelées du printemps , lMeorceméht fais aùx tiges parles lapins, les lièvres et les, mu lofs, les incendies, les délits, qui consistent à ’couper les branches des arbres et à les étêter; toutes ces causes empêchent le bois de profiter , et le font tomber dans un état de détérioration et de dépérissement qui nécessite le recépage et une meilleure conservation. Y. Abougri. RACfFBES ou ROCHERS. Quand on a recépé un jeune bois, les arbres poussent^ à la sève suivante trois ou quatre jets' vigoureux en place de la tige qui a été coupée, et forment ce qu’on appelle, en terme de foret, des Tachées on rochers. V. Recepage. ftXClNE , ràdix. C’est la partie du végétal qui s'enfonce ordinairement dans la terre et y puise des substances nutritives. Elle est dite annuelle quand elle se développe et meurt dans une année , comme dans le froment , l’orge, l’avoine ; bisannuelle quand elle ne meurt que la seconde année de son développement, comme dans la carotte ; vivace, comme celle de tous les arbres. Sous ,lç, rapport,d.e sa division , on la. dit simple si elle ^st saus division ; rameuse , si elle est subdivisé^‘en branches ou rameaux , comme dans les ar<- -bres j Jasciculée ou en faisceau ; capillaire ou composée dje fijpts (.r^s-déliés ; chevelue ou garnie dera- mijication^capillaires nombreuses ; filiforme ou.en filet ; fusiforme où en fuseau; conique, cylindrique, arrondie , suivant, qu’elle affecte çes differentes forme* r ; npuçysepe offrant des renflemens. Sous le rapport de sa direction, elle est dite pi- vqfanfp. siiçUo. s!enfqnce perpendiculairement,en tq^re ■j JfprizpnXale ou courant entre deux terres, parallèlemen.t.au plan de l’horizon; rampante ou tracpjite,,. courant aussi entre deux tenjes , et jetant ça^êt^à, des ramifications radicales et des tiges, commç dans.jepeuplier blanc , le.tremble., etc. Le,collet de La. racine est sa partie supérieure, celle qui s’unit à la tige. Cette partie est d’une grande importance; car il y a beaucoup de plantes dont la racine meurt dès qu'on la coupe : aussi l’a- t-on appelée le point vital. L’organisation des racines diffère peu de : celledes tiges,.-Ellfe ôht, comme elles, un épiderme, une écorce et une substance plus ou moins solide, qu’on peut comparer’au bois y lors iùème qu’elle n’est pas ÜgmmwS; parce qidelbsiest composée à-peu-pxèsi de la maflitère<£e’est-à'-dire'qu’bn y trouve des vaisseaux séveux, des -daisseavxpropres , deé tra- RAC 687 chéeSf des sacs propres , etc.; mais-elles• n’offrent poiht de pores. Une racine ligneuse qui est mise à l’air se change en branche en moins d’un an y aiûùücjO’bh !jiettF le voir sur lesormes des routes. De même une tige mise en terre durient raréfie , comme lie prouvent les marcottes, les boutures. De là on doit conclure qu’on petit, en renversant un arbre, transformer ses racines en branches ses branches on racines , et c’est ce qui a été fait ; niais tous les arbres ne se prêtent pas à cetteexpérience, même parmi ceux qui reprennent le plus facilement de bouturai 11 y a des plantes qui poussent d’abord un pivot d’une immense longueur relativement à la hauteur de leur tige , mais dont les tiges finissent par prendre le dessus. L 'amandier, le chêne, le noyer en offrent des exemples. Il en est d’autres où le piVot continue de croître lorsque la tige reste stationnaire, comme la luzerne, le- panicaut ; cependant il y a généralement un rapport constant et nécessaire entre les branches et les racines , c’est-à-dire que dans un individu il y a d’autant plus de branches qn’il y a plus de racines ; que les plus grosses bronches sont toujours du côté des plus grosses et des plus nombreuses racines. Toutes choses égales d’ailleurs, les racines sont d’autant plus grosses ou pins nombreuses que la terre où elles se trouvent est plus divisée : de là les avantages des terres légères sur les terres fortes, lorsque d’ailleurs elles ont autant de terreau et d’humidité; de là la nécessité des labours. Ce fait s’explique par la plus grande facilité que les racines trouvent à y introduire et à y multiplier leurs suçoirs ,■ par le moindre obstacle qu’elles y rencontrent dans leur accroissement en grosseur, sans doute aussi par l’introduction plus considérable de ’l’air , de la chaleur et de l’eau. Quoique certaines plantes poussent leurs racines a une grande profondeur dans la terre , il faut reconnaître qu’elles ont besoin d’être en coiwmunicatioa avec l’air , et de recevoir les influenoes delà chaleur solaire, caria plupartpériseentlorsqu’on las enterre trop; les racines pivotantes poussent des Tameaiix latéraux d’autant plus gros qu’ils sont piüàpsèsr de la surface du sol. Si, clans ces cas, les arbres susceptibles de se multiplie* de boutures ne meurent pas , c’est qu’ils poussent de nouvelles ■ racii>es:au- dessns des anciennes. Il y a cependant lieu de croire que la chaleur qui se conserve dans les racires pendant l’hiver et leur position en foncée les soustraient aux effets desgelées, les font profiter de la chaleur qui monte de l’intérieur à l'extérieur de la terre; et ton courent à favoriser l’entretien de la vie dans les troncs et lesibranches , et même de là faible végétation qui s’v remarque encorei Duhamel a fait voir par des expériences que les racines croissent positivement comme les branches': qu’elles grossissent par l’interposition du cambinm entre leur aubier et leur écorce , s’alltengentpar développement des bourgeons terminasse'., etse ramifient par la softie des bourgeons latéraux. La conséquence pratique de ce fait est que lors- 688 RAC qu'on coupe l'extrémité d’une racine ou du rameau d’une racine , on arrête 1a prolongation de cette racine ou de ce rameau , et qu’on détermine le développement de plusieurs ütitres rameaux. Or y il est de fait que plus les racines sont multipliées ou pourvues d’un plus grand nombre de rameaux, plus les plantes sont vigoureuses , et plus elles peuvent nourrir abondamment de fruits. C’est sur ce fait qu’est fondée la pratique des jardiniers, qui coupent la pivot à leurs espaliers, à leurs melons , à leurs oeillets , etc. Il n’y a réellement que les arbres qui doivent s’élever beaucoup, résister aux vents et vivre très-long-temps, à qui il soit nécessaire de le conserver. V. Pivot et Plantation. Lorsqu’on coupe une fois, ou de loin en loin, le tronc ou les branches à un arbre pendant l’hiver, les racines ne paraissent pas s’en ressentir , quoiqu’elles «’en ressentent nécessairement, parce que l’arbre repousse des jets nombreux , fort garnis de teuilles ; mais si, tous les ans, on coupe ces jets, alors les racines cessent de croître en grosseur et en longueur ; elles ne donnent que du chevelu. Ce fait s’observe très-bien dans les jardins où l’on a conservé la mode de tailler les arbres en boule , les charmilles en palissade; il s’observe aussi sur les espaliers, les quenouilles , les nains , enfin sur tous les arbres soumis à la taille. Plusienrsobservations deDuhamel constatent que le chevelu de beaucoup de plantes, d’arbustes, d’arbrisseaux et d’arbres périt toutes les années , et que toutes les années il en renaît un nouveau. Les arbres résineux sont dans une catégorie différente. Leurs racines ne se régénèrent pas plus que leurs branches i de là la nécessité de ne jamais couper ces racines et de leur faire subir plusieurs transplantations dans le premier âge, lorsqu’on veut assurer leur reprise dans un âge plus avancé. V. Mélèze , Pin , Plantation , Sapin. Cependant, en général, on doit ménager autant que possible , les racines dans l’arrachis et la plantation des arbres; ce n’est que dans le cas où leur conservation exigerait pour les arracher et pour les planter une trop grande dépense qu’on doit leur Faire subir des amputations. On remarque que toute racine mise en terre dans une position trop forcée, et qui décrit, par exemple, lin demi-cercle, un angle droit, ne s’allonge plus et finit Iç plus souvent par périr : d’où l’on conclut qu’il vaut mieux la couper lorsqu’on ne veut pas lui donner la même position qu’elle avait précédemment, puisqu’on gagne au moins l’accélération de la sortie des fibrilles latérales, qui dédommagent de la perte de cette racine. Des deux principes que plus il y a de racines , pins il y a de tiges et de branches et par conséquent de feuilles, et que plus il y a de tiges ou de branches et par conséquent de feuilles, plus il y a de racines , résulte l’utilité du buttage pour avoir plus de fruit, comme dans le maïs, plus de feuilles comme dans le chou , ou plus de racines , comme dans la pomme de terre. On peut encore rapporter à ces principes la pratique de couper les tiges ou las branches en temps convenable, pour fortifier les racines, parce que le RAC résultat de cette amputation est le développement d’une plus grande quantité de nouvelles branches qui, ayant des feuilles plus nombreuses et plus larges, décomposent l’air avec plus de facilité , et portent aux racines une plus grande abondance de nourriture. A ces conséquences nous ajouterons que si une plantation languit, que si un bois est aorouti, le recépage qu’on en fait contribue à-la-fois à donner plus de vigueur aux jets qui lui succèdent, et par suite aux racines, qui profitent de la surabondance de nourriture qui leur est renvoyée par les feuilles; mais que si un taillis est souqiis à des exploitations trop fréquentes; si un arbre est trop souvent élagué, il résulte de la privation répétée des branches, et par conséquent des feuilles, une cause de langueur et d'affaiblissement pour les racines : aussi l’expérience prouve-t-elle que les taillis soumis à des coupes trop fréquentes se détériorent bien plus vite que ceux qui ne s’exploitent qu’à des âges plus convenables aux essences dont ils sont composés. Une souche d’arbre, dit M. Hartig, ne vit jamais autant lorsque l’arbre est exploité en taillis, que si cet arbre n’eût point été coupé. Enfin , comme la force des racines dépend de la vigueur des tiges et des branches, de même que la force des brauebes dépend de celle des racines , il est évident qu’un taillis qui sera coupé souvent , et dont par conséquent les racines sont faibles et grêles, ne donnera que de faibles productions. V. Aménagement , Exploitation , Taillis. Les racines tendent toutes vers les terres les plus abondantes en terreau, les plus nouvellement remuées, les plus imprégnées d’humidité. Toutes les fois qu’on voit un arbre dont les branches sont plus grosses ou plus nombreuses d’un cûté, on peut être assuré qu’il y a une veine de terre de meilleure qualité , ou qui a été plus souvent labourée , ou fumée , ou arrosée. Dans quelques cas cependant, ce sont les brauebes qui font les grosses racines : par exemple , lorsqu'un arbre est placé de manière qu’une des j arties de sa tète est privée d’air et de lumière , toute sa force végétative se porte dans les parties opposées. On voit fréquemment ce cas dans les clairières et sur le* lisières des bois; ou le voit de même sur les arbres plantés contre les murs des jardins. La conséquence pratique de cette observation, c’est i°. qu’il faut éloigner des murs, des rochers , des massifs les grands arbres auxquels on veut conserver une forme régulière; qu’en plantant les espaliers il est avantageux de placer, autant que possible, deux des principales racines en opposition dans la direction du mur, et de raccourcir les autres, afin qu’il ne sorte pas de fortes branches sur le devant ou sur le derrière de ces espaliers. Nous en avons tiré une autre conséquence dans nos articles sur les Aménagement et les Bois de marine , c’est que pour se procurer des arbres courbes et courbaus , il faut au contraire réserver des arbres sur les lisières des forêts et les routes des forêts et dans les clairières , puisque, dans ces positions, les branches et les racines s’étendant du côté de l’espace vide, et forment ainsi, avec le corps de l’arbre, les pièces les plus recherchées pour la construction des vaisseaux. RAC Ch'àjjuè année', lés Huline» s’étendent dejplus eni plus ^'et aferaeritSnl en'nômbre jjàir'lft naissance de ribüVêdlM ffb'rillës; -,! de(iî'éî*té que leuf massfe ëst 1 tûu- 4 jïAHfj^r6'{fc)rti<)ilii6fe'4 la grosseur du ’tr'ônc èt'à l’amplitude des 'raitié'àùT, îbrsljue' d’aillèùrs elles prén- ifttitfléùr noUrrittii^n^ns' Une terre non épuisée des suti^ui lçur'cplivièilrterit. Mais si, dans unéplan- tàttotfrffi '4'trô{l ritflbrdfc'hé les arbres , 1 il est évi- ' dirlt 1 qu'à ilh’ë fcèîtàlneijpoâue les ratines de efes ar- Wftl’j'WfikTft'll/ sfeqbindre'l né trouvent plus qu’une ; Wi^ël^nffiteè.'iél {Jtîé'dêÜ-lin'slà pi jq talion dbitlanguir. ’ w0 ÏÀyttj(i%tié : tkcinl!‘ '{téMnié danS l’éàu , elle se di- WtPwi^iMé'i'iffiiiité! S^pétitês'fibHHes, qui s’entre- ‘ lacèftl ét'^é' miiltiplifeht 7 dû p'dîWÉ d’arrêter qtiekjue-i 1 R)^é l lë‘^oWts' : 'd'é' l’qéü : oû'éô éWa l tb é’f m as s e s de rarj ciirf^‘sôbs'le nottl dé qn'euè' dè renard. Il faut attri-' BMeé 'éette disposition au 1 raifaollissement constant; •dë fà^ùbS^ih’ce dé la racine , et au peu d’obstacle' ^'Uè froUVéritr sès'fibrilles à naître et à s’étendre. I " l t)ntre lst' circonstance d’une terre plus nouvellement Tetiiuéej plus fumée, plus arrosée, qui dérange' lèS’raeineS de leur direction , elles sont exposées à| 'en , 'pt4ndre tme contraire lorsqu’elles rencontrent! *fès‘tcfchfcrs ou des terres imperméables au-dessous' de fitotrehfe dé terre végétale. Alors le pivot s’épate' et éetrferant4rè!s'courent horizontalement sur la sur- feistt de oet rocftier mr de ces terres. Quand ce n’est ( qil’hne‘'piërre <¥fin petit volume qu'elles rencon- 'trfent,! elleé 1 fléchissent d’abord, et ensuite repren-| nent leur position naturelle : souvent elles em- 1 brassent complètement cette pierre. Il n’est point- d’arbre'afraché dan*'un-sol pierreux qui n’en mon- tfe des 1 exomplès. Si ort plante dans un petit pot un àbbre de nature à devenir gros, et'qu’on enterre O# pot à un ou'deux'pouces au-dessous de la surface djftSol, le* racines ne manquent pasdg sortir du pot et'de’se-recourber ensuite pour reprendre une position plus rapprochée de la perpendiculaire 1 . Les jardiniers-îimdoitfertt'donc-jamais enterrer les-pots aiindelèl de^Jeùr bord , pour éviter ce cas , qui est soarvent un grave inconvénient. 'rfcd-foree 'dfe.bcroissement des racines est si puis- imaiM; qu'elle renverse souvent de» murs, écarte ■dés masse» de rochers d’une innuense grosseur-: les - èiomee-do cette force ne sont pas encore connues. -'ti-Quelquesifiiits! tendent à faire croire que les ra-j iulaespourrjeseOnt nuisibles à celles de-même es- pèoetquAn veutforcer.de croître dans le lieu où ellçs cç trouvent r delà-la nécessité de ne pas remplacer un or me par un orme , un chêne par un chêne , un -poirier par un poirier; delà un des principes des assalemens. V: Avenue et Succession de culture. .Quant aux exercions propres à certaines racines, -etqu’on prétend nuisibles à d’autres , M. Tliouiu , ù-qui nous empruntons une partie des observations Contenues dans cet article , pense que les effets attribués à ces excrétions ne sont point prouvés; mais üLadroet qu’une influence analogue à celle supposée petit avoir lieu dans quelques cas. Les.maladies des racines sont les mêmes que celles; îde* tiges; comme çes dernières, elles ont des.plantes peisasites qui vivent à leurs .-dépens, et les fonfcsou- vent^péfir. V. Physiologie végétale-? 4 e section. Généralement les racines vivent-.autant, que les Tome II. RAC 6% tiges , du moins lorsque quelques éauses particules rés, hé frappent pas l’une plutAt que l’autre. Ceftfe opinion est fondée sur ce que , dès rju’.ùn*a tbrë éfet coiirbrtüè, un trouvé toujours que l’éxtrémit'é di^ddn f iivôt et dé ses plus longues racines est iqbrte'r delà a blnféraüde facilité des vents à renverser cejfàrbres. Uhe des causes les plus fréquentes de là iriort dés radinés est la privation de l’humidité. Lé Râlé* les frappe de mort en très-peu de temps ,- sirr-tohf'datiji la classe des a'rbres résineux. On voit fréqùehrrtHeitt de grès’ ‘arbres plantés dans’les sols‘sablonneux pcrdre Féurs feuilles, l’extrémité de leur tige- périr méme-dir jùur au lendemain dans l’été , par suite du manque de pluie. C’est en partie à cette catlse qU’An doit rapporter là mort en cime d’un grand nombre de baliveaux sur les coupes nouvellement exploitées , dont le sol , après avoir joui de l’humidité, *ô trouve tout-à-coup dépouillé et exposé à la sèche* resse, qui fait périr les racines qui courent à la surface de la terre. Delà la nécessité de ne point trop dégarnir les coupes dans les terrains légers etexpo- sés à toute l’ardeur du sOleit, et d’y laisser un certain nombre de baliveaux , sauf à les couper à l’éx- ploitation prochaine. V. Exploitation ; Cepehdaut l’excès d’hurtiidiié produit sur un grand nombre d’espèces d’arbres un eftèt parfaitement analogue , ainsi qu’on le voit lorsqu’on plante dans les marais des arbres auxquels ces terrains ne conviennent pas. L’effet des gelées sur les racines est fort variable. Il est des racines qui >y résistent très-bien quand elles sont dans la terre, et qui y sont fort sensibles lorsqu’elles sont exposées à l’air : telles sont celles de l’orme. Comme tous les végétaux, dont les racines sont susceptibles d’être gelées en terre,-ne peuvent pas subsister dans les climats où lesrbivers soiq fort rigoureux, il n’y a que ceux de6 pays pVù* chauds, cultivés dans les pays plus froid*, qpi redoutent les hivers. La connaissancevdizdegré d*.sensibilité de chacun d’eux est un des. objets de la science du jardinier, et même du forestier , pour culture des arbres qu’il veut naturaliser. Mais comment se nourrissent les racines? Voici les explications que M. Thouin nous donne sur cette question difficile. . , i «IL est défait, dit-il, que les racines n’offrent point de pores; cependant il faut nécessairement qu’elles en aient, sans quoi elles ne pourraientpas absorber les sucs nutritifs qu’elles tirent de la terre ou de l’eau. Des.observations de notre célèbre Duhamel et des expériences positives de Sennebiej .prouvent qu’elles n’agissent, dans ce cas, que pai l’extrcniité de leurs branches ou de leurs brindilles ( chevelu ) : c’est donc là seulement qu’il faut supposer ces pores ou le pore ; car il se pourrait qu’il n’y en eût qu’un terminal. Aussi c’est iàseulement qu’on voit d’abord dans les plantes qu’on fait végéter dans l’eau , ou dans celles qu’on arrache pendant la force de la sève, cette matière gélatineuse., qui semble jouer, dans ce cas, un rûle que nous ne connaissons pas. , ■ p .Comme il,faut nécessairement de la chaleur et de.l’eau po.ur que la sève.se mette.en tnouvement ; comme iL faut nécessairement que Vhumus ou le 87 RAC RAD 690 terreau soit rendu soluble pour qu’il puisse servir! à la nutrition des plantes, y aurait-il de la témérité à dire que ce n’est que sous forme de vapeur que L’aliment des plantes entre dans les racines ? » Quoi qu’il en soit, il y a une action réciproque entre les feuilles et les racines; car ce sont les racines qui font pousser les feuilles au printemps, et ce sont les feuilles qui font pousser les racines en automne. Cette influence de la sève descendante est prouvée par un grand nombre d’observations , et en dernier lieu par celle-ci, que j’ai répétée plusieurs fois ces dernières années : lorsqu’on greffe en fente , au printemps, l’extrémité recourbée d’une racine tenant au tronc , la greffe reste sans pousser jusqu’au mois d’août, et à cette époque elle fournit un jet très-vigoureux. » D’autres preuves de l’action réciproque des feuilles et des racines se tirent de la considération que, dans les boutures , celles qui ont un bouton terminal poussent plus promptement que celles qui n’en ont que de latéraux , à plus forte raison, que celles qui n’en ont point du tout. n O11 se sert fréquemment de racines pour multiplier les arbres, les arbrisseaux, les arbustes et les plantes vivaces qui ne donnent point de graine dans notre climat, et qui ne peuvent être multipliés par marcottes ou par boutures. Pour cela, on procède de plusieurs manières. i°. On en arrache une racine et on la plante autre part, soit entière, soit coupée en tronçons, en laissant à l’air son extrémité supérieure. Dans ce cas, on accélère singulièrement leur végétation , par la raison énoncée plus haut, en les greffant en fente avec une branche garnie de boutons. 2». On sépare une racine du tronc, et on la relève de manière à ce que le gros bout soit à l’air. L’année suivante, ou deux ans après , on enlève le pied qu’elle a produit. 3 °. On arrache le tronc , et on laisse dans la terre tous les rameaux des racines. Il pousse un grand nombre de jeunes tiges, qu’on arrache au bout d’un an, de deux ans, et chaque année, il en pousse de nouvelles, jusqu’à ce que toutes les racines soient épuisées. xi Les multiplications par rejetons, soit naturelles , soit aidées des blessures faites aux racines, doivent être rangées dans la même catégorie. 5> Le bois des racines de quelques arbres , comme le buis, est préféré à celui du tronc, à raison de sa couleur et des veines dont il est orné. » Plusieurs racines qui sont pourvues de sucs propres particuliers sont employées en médecine lorsque leurs tiges ne le sont pas. C’est après que ces tiges sont fanées qu’il faut les recueillir pour cet usage quand il s’agit de plantes herbacées, et pendant la suspension de la sève quand il s’agit d’arbres. » V. Physiologie végétale , 4 e . section , Plantation^ Semis. RACLE. On nomme racle l’endroit de la rivière qui se trouve le plus profond, et où l’eau est moins rapide. C’est là le dépôt où l’on arrête le bois. RACLER 1 E. On nomme ainsi quantité de petits ouvrages qui se font dans les forêts avec du hêtre. Ils s’exécutent la plupart de la même manière que la fente des cerches, par des ouvriers à qui on vend le bois en grume, et qui le travaillent dans les forêts. Parmi ces ouvrages sont les clayettes, chaserets, clisses ou éciisses , dénominations synonymes, qui signifient des cerches étroites et fort minces, dans lesquelles on dresse les fromages. On fait quelquefois ces sortes de petites cerches minces avec du bois de chêne ; mais le plus ordinairement on y emploie le hêtre, parce que ce bois peut être réduit à une moindre épaisseur ,et qu’il convient mieux pour les fromages; c’est aussi par cette raison qu’on y destine les pièces de bois qui sont de la plus belle fente, outre que l’exploitation la plus avantageuse pour les marchands est toujours celle qui peut fournir les pièces les plus délicates. Les cerches pour clayettes doivent avoir 3 pieds à 3 pieds et demi de longueur, il suffit que celles pour les caserettes aient 2 pieds; la largeur des unes et des autres est de 3 pouces 3 pouces et demi ou 4 pouces. Aiusi on peut les prendre dans des arbres plus menus que les cerches pour les seaux, dont la largeur doit être d’un pied ou de 6 pouces pour l 'apprêt-marchand. Si ces sortes d’ouvrages se font avec du bois de chêne, il faut en retrancher au moins une partie de l’aubier; dans le hêtre, la portion.de l’arbre qui est la plus précieuse est le bois qui se trouve immédiatement sous l’écorce ; c’est cette partie qui se fend le mieux , et que les fendeurs conservent avec le plus de soin. Ils fendent de même leurs billes en deux , par quartiers, demi-quartiers ; ils emportent 8 pouces du bois du cœur, dont on fait du bois à brûler : la tranche se refend en deux , puis encore en deux, comme pov.rles cerches à seaux,à l’épaisseur d’une ligne ou une ligne et demie; on les açhève «. avec la plane sur le chevalet ; on les chauffe comme les cerches à seaux ; on les roule sur le moulinet et non point avec le rouleau, parce qu’elles sont minces et plient aisément : ainsi échauffées, on en arrête une par les deux bouts avec un lien ; on prend les autres, trois à trois , et on les fait entrer à force dans celle qui sert de lien. Quand on en-.a mis ainsi successivement 12 les unes dans les autres , la botte se trouve composée de i 3 éciisses; le marchand paie la façon tant du 100, et les vend à la grosse , qui est composée de 160 hottes. On vend aussi ces éciisses à des vanniers, quilesgarnissentd’osier pour faire des chaserets , ou ils les vendent tout garnis d’osier aux boisseliers. Dans les endroits où l’on dresse les fromages sur des clayons, on ne garnit point les cerches d’osier. V. Attelles , Cerches , Layettes , Marchands de bois. RACCOURCI, abbreviatus.(T. de bot. ) Plus large que long. RADEAU. Assemblage de plusieurs pièces de bois liées ensemble, et qui formeut une softe de plancher, dont on se sert quelquefois pour porter,des hommes, des chevaux et autres choses sur des rivières. V. Flottage. Un arrêt du conseil du 9 novembre 1694 décide que la navigation par radeaux suffit pour faire considérer une rivière comme navigable ; mais voyez au Recueil\me ordonnancedu roi du 10 juillet 1822, qui détermine les conditions qui doivent faire considérer une rivière comme navigable. V. aussi Rivière. RAM RAJ RADICAL, radicalis. Qui naît de la racine ou lui appartient. RADICANT , rpdicans. ( T. de bot.) Qui jette des racines distinctes de la racine principale , ou qui fait fonction de racine. RADICATION, mdicalio. Action par Laquelle les plantes poussent des racines. radication est aussi la disposition des racines, considérée par rapport au lieu d’où elles partent, à leurs divisions , leurs directions , etc. On dit faire des observations sur la radication des plantes. RADICULE, radicula , diminutif de radia :, racine. C’est le rudiment de la racine dans la graine ; elle est visible ou invisible avant la germination. Les botanistes la considèrent sous les rapports de sa forme, de sa situation relativement aux parties de la graine et de sa situation relativement au fruit, et ils lui donnent différentes épithètes pour exprimer ces caractères. Quand la situation de la graine est telle que cette radicule regarde le ciel, elle se renverse pour prendre sa direction naturelle. RADIÉ, radia tus. ( T. de bot.) Qui a des parties rayonnantes ou divergentes d’un centre commun sur le même plan. Fleur radiée. V. Botanique. RADIER , du latin radius , rayon , construction faite en forme de rayon. Grille qui sert à porter les planchers sur lesquels on commence dans l’eau les fondations des écluses , bâtardeaux et autres ouvrages. Radier est aussi le nom d’une plate-forme , soit en charpente , soit en maçonnerie , sur laquelle se fait le mouvement des portes , à l’entrée d’un bassin , pour la construction et le radoub des vaisseaux. Radier est encore l’ouverture et l’espace entre les piles et les culées d’un pont, qu’on appelle autrement raies ou bas-radier. RAFAUX. Y. Rabougri. RAFRAICHIR LES RACINES. C’est l’opération par laquelle on coupe l’extrémité des racines qui a été desséchée par le hàle , et celles qui ont été mutilées en les arrachant. Cette opération est bonne en elle-même ; mais il ne faut pas l’outrer. V. Habiller le plant , Plantation. RAGRËER. Terme de jardinage, qui signifie parer et unir avec la serpette la plaie faite aune branche ou à un tronc , lorsqu’on les a coupés avec une scie ou une hache. Cette opération est utile en ce qu’elle favorise l’écoulement des eaux des pluies, qui, séjournant sur la plaie, auraient donné lieu à la Carie. V. ce mot et P laie. RAIN. V. Rein. RAISIN DES BOIS. C’est le fruit de l’ airelle. RAISIN D’OURS. V. Arbousier. RAJEUNIR LES ARBRES. C’est l’opération qui^consiste à couper les tiges des arbustes, les branches des arbres qui commencent à dépérir, pour leur en faire pousser de nouvelles. Le recépage et même la coupe desboissont un véritable rajeunissement. La tonte des arbres est encore un rajeunissement. V. Têtard. 691 RAMAGE, du latin ramagium , fait de ramus , rameau, branchage. Il n’est guère d’usage que pour signifier une représentation de rameaux, branchages, feuillages, fleurs, etc., sur. une étoffe. RAMAIRE , ramcus. ( T. de bot. ) Attaché ou appartenant aux rameaux. RAMAS DE GLANDS, DE FAINES, DE FEUILLES MORTES. V. Glandée , Feuilles mortes. RAMASSÉS, congesti. ( T. de bot. ) On donne ce nom aux feuilles, aux fleurs, aux rameaux , aux poils , etc. Quand ils sont très-rapprochés les uns des autres, on les dit ramassés en faisceau , en tête , par paquet, etc. RAME, du latin ramus , rameau. Les rames sont des branches sèches qu’on pique en terre pour soutenir des plants flexibles. Rame. Aviron, longue pièce de bois dont ou se sert pour faire voguer un bateau, une galère, et dont la partie qui entre dans l’eau est plate, et celle que l’on tient à la main est arrondie. Pour faire de bonnes rames , il faut, dit Duhamel , des bois qui ne soient pas pesans , qui soient bien de fil, qui n’aient pas de nœuds considérables, et qui soient plians et élastiques. Le bois de chêne, sur-tout quand il est de bonne qualité, est trop pesant pour les grandes rames : celui du pin a l’avantage d’être léger et pliant, surtout quand c’est du pin du Nord , fort résineux ; mais il devient cassant en fort peu de temps. Le frêne est ferme et pliant, puisqu’on en fait des arcs : par cette raison on en fait de bonnes rames pour les petits bâtimens ; mais il est trop pesant pour les grandes rames, telles que celles des galères. Le hêtre est ferme , pliant et élastique, tant qu’il conserve un peu de.sa sève; car quand il est extrêmement sec, il devient très-cassant. C’est le seul bois qu’on emploie en France pour les rames dfcs galères , et il est de bon service ; mais il faut le choisir. Les hêtres qui viennent dans des vallées humides, et dont le bois est roux, perdent en très- peu de temps leur élasticité, et deviennent fort cassans. Ceux qui ont cru dans des terrains maigres, pierreux et secs , ont leur bois de bonne qualité , mais peu propre pour être employé à faire des rames, parce qu’il est rebours et tranché : on en peut dire autant des arbres isolés qui ont été battus par les vents, et qui ont presque toujours de gros nœuds. On doit encore rejeter les arbres qui ont le fil très- tors, et qui, pour cette raison, sont peu propres pour la fente. Les meilleurs liètres pour les rames sont ceux qui se trouvent dans un très-bon sol, plus sec qu’humide , et dont le bois est blanchâtre. On doit donner la préférence aux hêtres qui se trouvent dans des massifs, en bon sol, qui ont cru avec force, qui ont bien filé sans produire beaucoup de grosses branches, et qui n’ont pas été exposés à être fatigués par les vents. Le bois des vieux hêtres n’est pas aussi liant que celui de ceux qui sont plus jeunes , et il faut éviter d’employer ceux qui sont en retour , et dont la cime est morte ou malade. On nomme estelles ou attelles les bois refendus destinés à faire des rames. RAM 692 RAM Pour qu’un arbre soit propre à faire des rames, il doit avoir 46 à 48 pieds ae longueur; s’il n’avait au pied que 2 pieds de diamètre, on n’en pourrait tirer que deux estelles; mais s’il avait 2 pieds 7 à 8 pouces , on en tirerait 3 ou 4 , pourvu qu’il eût un plus de 2 pieds à son petit bout. Quand l’arbre est abattu , on l’équarrit grossièrement ; puis on marque avec une ligne ou un cordeau la route que doit suivre la fente , et on fend l’arbre pour en tirer le nombre d’estelles qu’il peut fournir ; après que l’arbre a été fendu , on emporte le bois du cœur, qui, formant un triangle , ne pourrait servir pour faire des rames. On appelle pale ou pelle d’une rame la partie qui est hors de la galère , et dont le bout aplati s’élargit en forme de pelle pour trouver un point d’appui dans l’eau. Cette pelle est la partie comprise depuis le bout de la rame jusqu’à l’endroit qui repose sur le bord de la galère. On attache la rame à Paposlis , qui est la pièce de bois sur laquelle repose la rame, au moyen d’un anneau de corde qu’on nomme l'estrope , et par cette raison la partie de la rame qui repose sur l’apostis se nomme aussi l’es- trope , et comme cette partie est exposée à de grands frottemens , on la garnit de deux jumelles de bois de chene vert, qui ont 5 à 6 pieds de longueur, qu’on nomme galavemes; la partie de la rame qui entre dans la galère ou qui est comprise depuis l’estrope jusqu’à son extrémité se nomme tallar ; cependant on appelle encore genou de la rame la partie du tallar qui répond aux genoux des rameurs quand ils voguent. C’est à cet endroit de la rame nommé le genou qu’on enchâsse une pièce de bois de hêtre , où il y a des ouvertures pour placer les mains des rameurs, et qu’on nomme manuelle, parce que les rames sont trop grosses pour pouvoir être empoignées. Les rames des galères extraordinaires , réales ou patrones , doivent avoir du bout de la pelle à l’estrope 3 i pieds, le reste i 3 pieds 5 pouces, en tout 44 pieds 5 pouces : c’est pourquoi on exige que les estelles aient 47 pieds de longueur, et comme la longueur des rames pour les galères sensiles est de 38 pieds 4 pouces, on veut que les estelles aient 4 i pieds de longueur. La largeur de la pelle pour les galères extraordinaires est de 7 pouces 4 lignes, et son épaisseur d’un pouce : ainsi les estelles doivent avoir en cet endroit 9 pouces de largeur sur 3 d’épaisseur. Les pelles pour les galères sensiles ont 7 pouces 3 lignes de largeur sur 10 lignes d’épaisseur, et l’on veut que l’estelle ait 8 pouces de largeur sur 2 et demi d’épaisseur. Le plat de la pelle étant excepté , on veut, pour les grandes galères , réales et patrones, que les estelles aient depuis cette pelle jusqu’au tiers de la longueur 6 pouces 6 lignes de diamètre, pour être réduits à 4 pouces ; depuis le tiers j usqu’à l’estrope, 7 pouces 6 lignes, pour être réduits à 6 pouces 2 lignes; et depuis l’estrope jusqu’au bout du genou, 9 pouces, pour être réduits à 7 pouces 3 lignes. A l’égard des galères sensiles , les -estelles doivent avoir, depuis la peUe jusqu’au tiers, 6 pouces de diamètre , pour être réduits à 3 pouces 8 lignes ; du tiers à l’estrope, 7 pouce? 6 lignes, pour être réduits à 6 pouces; et de l’estrope au bout du genou 8 pouces , pour être réduits à 6 pouces ef demi. Les avirons qu’on embarque sur les vaisseaux ont à-peu-près 3 o pieds de longueur ; ceux pour les canots et chaloupes, 1 5 ou 20 pieds : l’usage est de diviser la longueur de la rame en quatre , de donner un quart à la pale , un quart au genou, et les déüx quarts restans pour l’entre-deux. Comme le hêtre est sujet à être piqué des vers , et que les gerces sont à craindre pour les rames, il faut fendre le bois en estelles le plus promptement qu’il est possible , ce qui empêche qu’il ne se gerce , le retirer promptement des ventes, et le mettre dans l’eau , puisque c’est le meilleur moyen d’empêcher qu’il ne soit attaqué par les vers, qui le moulinent ; ne le pas laisser trop long-temps dans l’eau , parce qu’un bois long-temps llotté devient cassant, et que les rames doivent être pliantes et élastiques ; mais au bout de quelques mois, retirer les estelles de l’eau et les déposer sous un hangar, ayant soin de les caler à plusieurs endroits de leur longueur, pour qu’elles se conservent bien droites et sans se pourrir, comme il ne manquerait pas d’arriver en peu de temps , si on les plaçait dans un endroit humide et que l’air ne pût pas passer en tre toutes les pièces. On doit aussi avoir grand soin que les estelles ne s’échauffent dans les bâtimens de transport. Lorsque les rames sont travaillées, on les arrange bien de niveau , dans un lieu frais et sec, sur des chantiers, qui les soutiennent en plusieurs endroits de leur longueur; on charge le premier lit par un second, qui croise le premier, et l’on continue ainsi jusqu’à ce qu’on ait empilé toutes les rames qui ap- f iartiennent à une galère. Souvent, pour ménager a place, on les arrange, suivant leur longueur, les unes sur les autres, en mettant entre deux de fortes cales ou de menues pièces de bois, et ayant soin de les béchevreter, c’est-à-dire défaire en sorte que le gros bout d’un rang réponde à la pelle de l’autre. Plusieurs arrêts du conseil ont ordonné de réserver les plus beaux hêtres pour en faire des rames de galères : tels sont celui du 12 mars 1702, pour les bois des Pyrénées; celui du 3 o janvier 1725 , pour les bois du haut Bugey ; le réglement du 16 septembre 1705 , pour les forêts de la maîtrise de Quillan. RAMEAU , ramus. Division latérale de la tige. Un rameau est proprement une petite branche d’arbre ; mais on n’est pas d’accord sur le nombre de divisions latérales que doit avoir un rameau. Les branches se divisent et se subdivisent par des bifurcations qui deviennent de plus en plus menues; les plus petites se nomment ordinairement jeunes branches ou rameaux , et on nomme bourgeons celles qui se développent actuellement. Cependant, dans le langage des jardiniers, un rameau serait une branche secondaire garnie de brindilles de différens âges. Dans le langage forestier, il faut de plus que cette branche soit pourvue de ses feuilles. V. Branche et Physiologie végétale , 4 e - section. RAMÉES. Plusieurs branches entrelacées naturellement ou par artifice. Ce sont aussi des branches coupées avec leurs feuilles. RAP RAMEÛX , ramosus. Ayant un ou plusieurs rameaux. RAMIER. On appelle ramiers les rangées de brins de taillis abattus. Les ramiers doivent être relevés et façonnés avant le i er . juin de l’année de la coupe. ( Cahier des charges , art. 5 1. ) Les ramiers provenant des bois écorcés doivent l’être avant le 10 juillet. {Ib. ) RAMIFICATION. Division d’un arbre ou d’une plante en plusieurs parties. Le tronc se divise en branches, lés branches principales en branches secondaires , tertiaires et en rameaux ; les rameaux se partagent en d’autres plus petits, et ces derniers en feuilles , qui se divisent elles-mêmes en mille et millejramifications. Les racines se partagent aussi en rameaux et fibrilles ou chevelu. C’est par ces ramifications que s’exécute toute espèce de circulation dans le végétal, et que se portent la nourriture et la vie jusqu’aux dernières extrémités. RAM 1 LLE, ramulus ou ramunculus. Division du rameau. V. Branches. RAM 1 LLE ou RAMASSIS. Petites branches qui restent dans les forêts après le bois de corde , et qui ne servent qu’à faire des bourrées. RAMPANTÈ. Tige ( cavlis repens ) étendue et s’enracinant çà et là sur la terre. RANGÉE. Ce mot se dit des arbres, des plantes, etc. , qui sont disposés en lignes droites. Il est très-utile de planter les arbres ou de les semer par rangées , parce que, dans cet état, ils jouissent mieux et plus également du bénéfice de l’air et de la lumière, et que dans les pépinières et les jeunes plantations on a plus de facilité pour leur donner les façons convenables. V. Pépinière. RAPA 1 LLES. On donne ce nom à de mauvais bois de peu de valeur, à des espèces de broussailles. RAPATRONNAGE , REAPATRONNAGE, RÉASSOUCHEMENT , RETOCQUAGE , RO- TOQUAGE ou CHOCQUETAGE. Tous ces mots sont synonymes et signifient la réunion qui se fait du tronc d’un arbre coupé à une souche qui est restée en terre , pour vérifier si l’un est sorti de l’autre : c’est en un mot le rapprochement d’un bois coupé , de son patron , de son modèle , de sa souche , de son étoc , ainsi que l’expriment les différentes dénominations ci-dessus. L’ordonnance de 1669 ni aucune autre loi ne prescrivent cette opération , qui serait souvent fort dispendieuse , à raison des frais de transport des bois. Aussi l’ancien conseil d’état avait-il décidé, par un arrêt du 2 septembre 1749, que les gardes ne sont point tenus de faire le ressouchement ou le rapatronnage des bois de délit. La cour de cassation a pareillement décidé que l’obligation du rapatronnage n’est point imposée aux gardes , et qu’ils ne sont point obligés de confronter les bois trouvés chez un particulier avec les souches de ceux coupés en délit, lorsque l’essence et la grosseur des uns et des autres se trouvent les mêmes, {Arr. des 24 octobre et 20 novembre 1806, a 5 octôbre 1811 , a.ofévrier 1812, 19 mars i 8 i 3 , 17 juin et 9 octobre 1824. )' RAP 6 9 3 Mais, suivant ces mêmes arrêts et ceux qui seront cités ci-après, un rapatronnage est nécessaire, ou au moins une reconnaissance de la souche, pour constater l’identité des bois. Qu’un garde, par exemple, ayant remarqué que des bois ont été coupés en délit dans son triage, et que, sans en reconnaître l’essence ni la grosseur, il se livre à des perquisitions qui lui fassent découvrir les bois qu’il soupçonne avoir été enlevés de la forêt, sa déclaration que. ces bois proviennent du délit ne sera pas suffisante. Il faudra, ou qu’il opère le rapatronnage, ou qu’après avoir constaté la grosseur , l’âge , la qualité et l’essence des bois qu’il a trouvés dans sa j erquisition , il fasse la reconnaissance des souches pour établir l’identité. Il convient donc que les gardes aient l’attention , toutes les fois qu’ils découvrent un délit, d’en faire la reconnaissance exacte et de porter dans leurs procès-verbaux tous lés indices propres à caractériser les bois qui doivent ser r vir de points de comparaison avec ceux que la loi leur impose l’obligation de rechercher. La cour de cassation a en effet décidé que la reconnaissance du bois de délit trouvé chez un individu ne fait foi en justice qu’autant que le garde a constaté l’identité des bois pris en délit avec ceux gisant dans la maison du prévenu , soit en confrontant les bois saisis avec les souches de ceux coupés en délit , soit en établissant dans son rapport que l'essence et la grosseur des uns et des autres sont absolument pareilles. ( Arr. des 8 thermider an i 3 , i2 octobre 1809, ]5 octobre 1811 et 19 mars r 8 i 3 . ) Mais quand un procès-verbal est en bonne forme, et constate qu’un bois coupé en délit est le même que relui qui a été retrouvé dans une visite domiciliaire , on ne peut, sans prendre l’inscription de faux, être admis à prouver la non-identitè des bois. ( Arr. déjà cités des 24 octobre et 20 novembre 1806, a 5 octobre 1811 et 20 février 1812, 17 juin et 9 octobre 1824. ) Lorsqu’au contraire un procès-verbal ne désigne pas l’essence et la dimension , tant du bois coupé en délit que de celui trouvé dans une perquisition domiciliaire , et conséquemment ne constate pas les signes matériels de l’identité, et qu’il énonce seulement que les gardes ont reconnu cette identité , il n’est pas nécessaire alors que le prévenu ait recours à l’inscription de faux. ( Arr. de la C. de cass. , du i 5 décembre 1808.) Il suit delà jurisprudence ci-dessus énoncée que les gardes qui reconnaissent que des bois ont été coupés en délit doivent, ainsi que nous venons de le dire , avoir l’attention , avant de se livrer à des perquisitions , de constater les dimensions de chaque espèce de souche, leur qualité et essence, leur âge au moins par approximation, le temps supposé de la coupe , et que , munis de ces renseignemens, ils fassent les perquisitions nécessaires, et comparent sur les bois qu’ils trouvent dans leurs visites les signes qu’ils ont recueillis avec ceux que présentent ces bois. Dans ce cas, leur déclaration sur l’identité ne pourra être attaquée que par l’inscription de faux. Mais si rencontrant ou trouvant des bois qu’ils soupçonnent avoir été coupés en délit, ils négligent de vérifier les souches , et se contentent d’exprimer 694 RÉ A dans leur procès-verbal que ce sont des bois de délit , il est évident que cette assertion ne peut faire foi en justice , et qu’elle peut être repoussée par la preuve contraire. Toutefois il n’est pas nécessaire que les gardes aient vu commettre le délit, pourvu qu’ils en fassent la vérification et la reconnaissance. ( An. du ao juin 1806. ) Lorsque des individus sont prévenus d’avoir coupé en délit un grand nombre de baliveaux , et que le procès-verbal ne constate que le réassoucliement ou l’identité d’un seul de ces baliveaux, les prévenus doivent au moins être-condamnés à raison de ce baliveau. ( Arr. du 4 mai 1820.) V. Procès-Verbaux. RAPPORTS DES GARDES. V. Procès-Verbaux. RASSEMBLEMENT. L’art. i er . de la loi du io vendémiaire an 4 n’est applicable aux communes en corps qu’autant qu’il est prouvé que le délit a été commis par un rassemblement. On ne doit pas entendre par rassemblement une réunion qui n’excéderait pas le nombre de quatre individus. ( Arr. de la C. de cass ., section civile , du 27 août i 8 i 3 . ) RAT. Genre de quadrupèdes dont on connaît plusieurs espèces. V. Mulot , Souris. Le rat commun ou domestique , mus ratus , vit dans les bois voisins des villages , dans les maisons, etc. Il mange les fruits et quelquefois les jeunes branches des arbres ; mais , en général, il cause moins de dommage aux bois que le mulot. Rat des Bois. C’est le mulot. V. ce mot et Loirs. RAVALEMENT. Mot formé de la particule re et du latin ad vallare , pour advallem ducere , conduire dans la vallée, à val, en bas. Dans l’économie forestière et dans le jardinage , ce mot se dit d’une opération qui se pratique en re- cépant le vieux bois d’un arbre ou des souches qui ont été coupées trop haut au-dessus du sol, ou exploitées avec peu de soin. Les souches et étocs des bois pillés et rabougris dans les ventes seront ravalés au moment de la coupe le plus près de terre que faire se pourra, de manière que les anciens nœuds ne paraissent aucunement. ( Ord. cle 1669, tit. XV, art 45 .— Cah. des ch ., art. 5 1. ) RAVALER. C’est recéper les souches d’un bois ou taillercourt un arbre qui s’emporte ; c’est aussi tailler plus bas une branche , un bois qu’on a déjà coupé. V. Ravalement. RAYON. Dans l’économie forestière et le jardinage, ce mot signifie un espace plus ou moins large, mais toujours plus long que large, que l’on creuse poury semer ou planter. On emploie ordinairement un cordeau pour régulariser la direction du rayon. Le semis en rayon a des avantages marqués sur celui dit à la volée , parce qu’on peut plus facilement y donner les façons nécessaires, et parce que les plants jouissent mieux du bénéfice de l’air. V. Plantation , Semis. RÉAGENS. Nom que l’on donnait aux communautés ayant droit d’usage. RÉAPATRONNAGE. V. Rapatronnage et Ro- toquage. RÉA RÉARPENTAGE. C’est la vérification qui se fait du premier mesurage d’une coupe, pour reconnaître si l’adjudicataire n’a pas une contenance plus forte ou moindre que celle portée dans son acte d’adjudication, et s’il n’a point outre-passé les limites de sa coupe. Cette vérification ne peut être confiée à l’arpenteur qui a procédé à la première opération. [Ord. de Henri IV, du mois de mai 1 5 qy , art. 7 . 5 . ) Mais elle doit être faite en présence de celui-ci, ou lui dûment appelé [Ord. de 1669, tit. XVI, art. 1), par un autre arpenteur désigné par le conservateur. ( Instr. pour tes arpenteurs for., du 9 frimaire an 10, art. 9.) Comme il y a deux arpenteurs attachés à chaque arrondissement, il est d’usage de les faire alterner; de sorte que l’un procède à l’assiette au premier mesurage, l’autre au réarpentage. ( Ib.) L’adjudicataire doit être assigné pour être présent au réarpentage et au récolement. La même citation , dans laquelle est indiqué le jour de chacune de ces opérations, annonce à l’adjudicataire qu’il peut appeler un autre arpenteur à son choix [Ond. de 1669, tit. XVI, art. 1. — Circul. de l’Adm ., du 25 février 1817), mais à ses frais. [Cah. des ch. gén. de 1825, art. 79.) Le réarpentage se fait avant ou pendant le récolement ( Ib .), sous les yeux d’un agent forestier ou du garde général. [Instr. pour les arpenteurs for. , art. 10.) Pour y parvenir, les arpenteurs, munis d’un double de la citation, du plan et du procès-verbal d’assiette , reconnaissent la quantité et l’identité des arbres d’assiette, des pieds-corniers tournans et parois énoncés au procès-verbal d’arpentage ; ils vérifient ensuite l’ouverture des angles et la longueur des lignes qui se trouvent cotées sur le plan d’assiette ; et après en avoir fait le calcul, ils énoncent dans un procès-verbal la quantité d’hectares, ares et centiares que contient la vente réarpentée. [Ord. de 1669, tit. XVI, art. 6.) Comparant ensuite cette quantité avec celle du premier arpentage, s’il se trouve une différence, soit en surmesure, soit en moins de mesure, ils en font une mention précise. ( Instr. pour les arpenteurs for., art. 1 o. ) Ils joignent à ce procès-verbal le double de la citation donnée à l’adjudicataire, de laquelle ils font mention, ainsi que de la présence ou de l’absenOe de l’adjudicataire. [Circul. de PAdm. du a 5 février 1817, et Instr. du 7 juillet de la même année. ) • Si les arpenteurs ont trouvé quelque entreprise ou outre-passe au-delà des pieds-corniers, ils doivent les mesurer, en faire la description exacte dans leur procès-verbal, et la distinguer dans la figure qu’ils dressent de leur opération. [Ord. de 1669, tit. XVI, art. 6.) Le plan de réarpentage doit être levé d’après le même mode et sur la même échelle que celui d’assiette. ( Circul. du 11 ventôse an 10. ) L’arpenteur doit y indiquer, par ce signe o, la position approchée de chaque arbre d’un mètre 62 centim. de tour et au-dessus, et désigner l’essence de ces arbres par les couleurs ci-après ; savoir, les chênes en rouge; les hêtres en vert; les RÉA RÉA 6g5 orme• en -bleu ; les frênes en ■(violet} les charmes et autres essences., en jaune. ( lnstr . peur les arpenteurs , du 9 frimaire an io. ) IL faut aussi qu’il indique dans ce plan la position des bornes. (Ib. ) Les frais d’arpentage et de réarpentage sont payés d’après le taux fixé par la loi du 16 nivôse an 9 et l’art. 10 du cahier des charges. Le montant de ces frais est versé par les adjudicataires des coiipes domaniales dans la caisse des domaines ( Ca/i . des ch., art. 10), et par les adjudicataires des coupes communales dons les mains des receveurs d’arrondissement- f Circul. du 6 octobre 1821. ) Lorsqu’il résulte des procès-verbaux de réarpentage un excédant de mesure, l’adjudicataire est tenu de le payer à proportion du prix entier de l’hectare , et du décime pour franc de ce prix. ( Ord. de 1669 , tit. XVI, art. 8. — Cah. des ch. de 1825, art. 80.) S’il y a un moins de mesure , l’adjudicataire en est remboursé dans la même proportion, après la décharge définitive par lui obtenue. (Ib.) Ce manque de mesure est payé par le receveur des domaines, sur l’autorisation du ministre des finances, d’après l’avis qui en est donné par l’Administration des forêts. V. Moins de mesure. Dans aucun cas, il n’est permis de donner récompense en bois, ni de faire compensation en espèce de surmesure avec le manque de mesure. (Ord. de 1669, tit. XVI, art. 8.) V. Remplage. Le conservateur doit dresser annuellement un état général des surmesures et des moins de mesure , conforme au modèle n°. jo de l 'Atlas, et le transmettre à l’Administration. (Ib. , lit. XIV, art. 10. — Loi du 29 septembre 1791 , tit. VI, art. 27. — lnstr. du 23 mars 1821, art. 46-) Il doit aussi fournir au directeur du domaine un état certifié du résultat des réarpentages de toutes les coupes du même ordinaire, sans exception, avec la date des procès-verbaux et celle des citations qui auront été données aux adjudicataires, en y joignant, seulement copie des procès-verbaux qui constateront des surmesures, dont le paiement sera poursuivi par les préposés du domaine. ( Circul. de F/4dm., du 2.5 février 1817. — lnstr. du 28 mars 1821 , art. 46O Lorsqu’un procès-verbal de réarpentage constate une contenance même double de celle annoncée dans l’affiche, l’adjudicataire est tenu de payer la sur- mesure , quoique la demande de l’Administration ne soit formée qu’un an après. ( Arr. de la C. de cass., du 3 novembre 1812.) L’époque à laquelle il doit être procédé aux ré- arpentages et aux récolemens, est fixée par l’ordonnance de 1669et par le cahier des charges. Cette époque n’est point de rigueur, ainsi que nous l’expliquons sous le mot Récolement, et que cela résulte d’un jugement rendu dans l’espèce suivante : Le 22 frimaire an îo, adjudication au sieur Brion d’une coupe de bois dans la forêt de Jaumont, coupe à laquelle le procès-verbal d’assiette attribua une consistance de 8 hectares 3 ares, qui, à raison de 1,140 fr. l’hectare, éleva le prix à 9,1 54 fr. 20 c. Le 16 frimaire an 11, procès-verbal de réarpentage qui, élevant la consistance dp la coupe à 11 hectares 6 ares, constata un excédant de mesure de 3 hectares 3 ares, donnant lieu à un supplément de prix de 3,799 fr. 62 c. avec le décime. Sur la demande de ce supplément, refus par le sieur Brion de le payer, motivé sur la nullité du procès-verbal de rèarpentage, résultant de ce que son commis, qui seul avait assisté à l’opération, ne l’avait pu valablement représenter. Abandon de la demande par l’administration des domaines, et sommation au sieur Brion, par exploit du 19 août 1817,de se trouver, le 29 du mémemois, au lieu de la coupe, accompagné d’un arpenteur de son choix, pour procéder, avec celui de l’Administration forestière, à un nouveau réarpentage. Le 29 août, procès-verbal de réarpentage présentant le même résultat que celui du 16 frimaire an 11 , et nouvelle opposition de la part du sieur Brion, motivée sur ce que ce réarpentage n’av^it pas été fait dans les délais utiles. Devant le tribunal de première instance de Metz, saisi de la contestation , l’opposant se fondant sur l’art. 5 o du cahier des charges , portant que le réarpentage aura lieu avant ou pendant le récolement, a soutenu que le motif qui avait déterminé l’époque fixée par cet article ne permettait pas de l’outrepasser; que ce motif était qu’après le récolement l’adjudicataire abandonnait la coupe : il a ajouté que le cahier des charges exigeait la présence au réarpentage de l’arpenteur qui avait fait l’assiette de la coupe, circonstance qui indiquait assez que l’opération devait être faite dans un court délai. L’Administration a répondu par les observations suivantes : Le réarpentage a pour objet de constater la consistance réelle d’une coupe , afin de déterminer le prix définitif de L’adjudication. Cette action est purement civile, et la prescription trentenaire peut seule y mettre un terme, parce qu’il n’en a pas été établi de plus courte au cas particulier. De ce que l’art. i er . du tit. XVI de l’ordonnance de 1669 regarde les deux opérations du récolement et du réarpentage comme devant être faites simultanément, il n’en résulte nullement qu’elles soient inséparables, et que le réarpentage ne puisse avoir lieu que pendant le récolement, sous peine de déchéance. Cette dernière opération ne se rattache point indispensablement à la première, et quoique l’ordonnance ait voulu que l’une et l’autre eussent lieu à la même époque , elle ne l’a point voulu sous peine de forclusion $ elle n’a point, au défaut de réarpentage pendant le récolement, déclaré que les adjudicataires seraient libérés du prix des surmesures. Ces moyens ont prévalu devant le tribunal de première instance de Metz, qui, par un jugement du 24 février 1817, auquel l’opposant a accédé, a débouté celui-ci de son opposition en le condamnant à verser entre les mains du receveur des domaines la somme de 3,799 fr. 62 c., formant le.supplément du prix résultant du nouveau réarpentage constaté par le procès-verbal du 29 août 1817. V. Arpentage, Moins de mesure, Récolement , $fir- mesure^ 696 RE B RÉ.A.SSIGMAT 10 S. Seconde ou nouvelle assignation. REASSpUÇftEMBNT. V. Rapatronnage. REBÇliLLON i du latin rebellium ou rebellio , fait de rebellare, se révolter. C’est l’action d’empêcher par violence et voie de fait l’exécution des ordres de l’autorité publique. L’ordonnmce de 1669, tit. XXX, art. 34 et 35 , déterminait les peines à infliger en cas de rébellion envers les officiers des chasses. L’art. i 3 du tit. X de la même ordonnance voulait que ceux qui auraient méfait aux gardes fussent punis suivant la rigueur des ordonnances ; et suivaut celle de Moulins, de i 566 , les outrages et excès commis envers les officiers, huissiers ou sergens, faisant ou exploitant actes de justice , étaient punis de mort ; mais les simples injures ne devaient, aux termes d’un arrêt du 22 novembre 1735, être punies que de peines pécuniaires. Les officiers des maîtrises étaient en droit de connaître des rebellions et autres empêchemens à l’exécution de leurs ordonnances , et des violences faites aux officiers et gardas des forêts, soit dans l’étendue de leur ressort, soit dans l’étendue d’une autre juridiction. C’est ce qui résultait des art. 20 du tit. I et 2 du tit. Il de l’ordonnance de 1670, confirmée pur plusieurs arrêts du conseil, qui sont rapportés au mot Rébellion du Dictionnaire des eaux et forêts, de Chailland, et qu’il serait inutile de rappeler ici, puisqu’aujourd’hui il n’y a plus de juridiction spéciale pour les forêts. Si, de leur côté, les huissiers et gardes se rendaient coupables de violences dans l’exercice de leurs fonctions, les plaintes portées contre eux devaient également être adressées aux sièges des maîtrises. {Arr. du Cons., des 19 mai 1708 et 14 mai 1751.) Dispositions des nouvelles lois relatives d la rébellion. Toute attaque, toute résistance avec violence et voies de fait envers les officiers ministériels, les gardes champêtres ou forestiers, la force publique les officiers ou agens de la police administrative ou judiciaire, agissant pour l’exécution des lois, des ordres ou ordonnances de l’autorité publique, des mandats de justice ou jugemens, est qualifiée , selon les circonstances, crime ou délit de rébellion. ( Code pénal de 1810, art. 209.) Si elle, a été commise par plus de vingt personnes armées, les coupables seront punis des travaux forcés à temps; et s’il n’y a pas eu de port d’armes, ils seront punis de la réclusion. {Ib., art. 210. Si la rébellion a été commise par une réunion armée de trois personnes ou plus, jusqu’à vingt inclusivement, la peine sera la réclusion; s’il 11’y a pas eu de port d’armes, laqieine sera un emprisonnement de 6 mois au moins, et de 2 ans au plus ( Ib., art. 211.) Si la rébellion n’a été commise que par une ou deux personnes avec armes, elle sera punie d’un emprisonnement de 6 mois à 2 ans, et si elle a eu lieu sans armes, d’un emprisonnement de 6 jours à 6 mois. ( Ib., art. 212.) En cas de rébellion avec bande ou attroupement, REB l’art. 100 du présent Code sera applicable aux rebelles sans fonctions ni emplois dans la bande, qui se seront retirés au premier avertissement de l’autorité publique, ou même depuis, s’ils n’ont été saisis que hors du lieu de la rébellion, et sans nouvelle résistance et sans armes. ( Code pénelde 1810, art. 2i3.) L’article 100 dispose qu’il ne sera prononcé, en ce cas, aucune peine pour le fait de sédition, et qu’ils ne seront pnnis que des crimes particuliers.qu’ils auraient personnellement commis, et que néanmoins ils pourront être renvoyés pour 5 ans, ou auplui itis- qu’à dix, sous la surveillance spéciale de là hante police. {Ib., art. 100.) ' • Toute réunion d’individus pour iun crime cm un délit est réputée réunion armée lorsque plus de deux personnes portent des armes ostensibles. -.{Ib. , art. 214.) Voyez l’article 101 du même Code, contenant les objets qui sont réputés armes. Les personnes qui se seraient trouvées munies d’armes cachées, et qui auraient fait partie d’une troupe ou réunion non réputée armée, seront individuellement punies, comme si elles avaient fait partie d’une troupe ou réunion armée. ( Ib. , art. 2 i 5 .) Les auteurs des crimes et délits commis pendant le cours et à l’occasion d’une rébellion, seront punis des peines prononcées contre chacun de ces crimes , si elles sont plus fortes que celles do la rébellion. {Ib., art. 216.) Dans tous les cas où il sera prononcé, pour fait de rébellion, une simple peine d’emprisonnement, les coupables pourront être condamnés en outre à une amende de 16 à 200 francs. ( Ib ., art. a 18. ) Seront punies comme réunions de rebelles celles qui auront été formées avec ou sans armes, et accompagnées de violences ou de menaces contre l’autorité administrative, les officiers et les agens de police, ou contre la force publique, i°. Parles ouvriers ou journaliers dans les ateliers publics ou manufactures; 2°. Par les individus admis dans les hospices; 3 °. Par les prisonniers prévenus, accusés ou condamnés. {Ib., art. 219.) V. les art. 220 à a 33 du même Code. La loi du 19 pluviôse an i 3 attribuait,aux cours de justice criminelle spéciale la connaissance du crime de rébellion envers toute force armée. Il s’est élevé la question de savoir si cette loi était applicable à la rébellion envers des agens et gardes forestiers dans l’exercice de leurs fonctions. Elle a été décidée affirmativement par la cour de cassation, ainsi qu’on peut le voir par une Circul. de l’Adm. du 22 prairial an i 3 , par les arrêts des 6 fructidor de la même année, 17 mai 1806 et 8 mai 1807. Les motifs de ces décisions sont que la loi réputé force armée les gardes forestiers et les gardes champêtres. Pur l’article 12 de la section 1". du tit. XI de la loi du 9 floréal an 11 , les gardes des bois communaux sont assimilés aux gardes des bois domaniaux, et ils sont dès-lors reconnus faire partie de la force armée ; d’ailleurs, Part. 209 du Code pénal de 1810 comprend sans distinction tous les gardes champêtres et forestiers au nombre des agens ou .officiers de police administrative ou judiciaire, envers les- REB REC &)7 quels toute attaque ou résistance arec violence est réputée crime ou délit de rébellion. Mais il faut que ces gardes forestiers, champêtres et communaux, dans l'exercice de leurs fonctions, soient revêtus ait moins de quelques-unes des marques distinctives qui leu* sont propres , au moyen desquelles ils puissent se faire reconnaître; dans le cas contraire, la résistance et les voies de fait qu'ils éprouvent, ne peuvent être considérées comme rébellion à la farce armée. C’est ce qui a été jugé par un arrêtée la cour de cassation du 3 brumaire an i 4 ) à Dégard de gendarmes déguisés en bourgeois. Voyez le Répertoire de jurisprudence, au mot Rébellion. Il en est de même lorsque des voies de fait ont été oornmiæS 1 envers des gardes hors de l’exercice de lôl»rs fonctions et à la suite d’une rixe personnelle. Le garde rédacteur d’un procès-verbal constatant la rébellion des délinquans, doit être cité pour être entendu dans les débats, et confronté avec les accusés, toutes les fois que la cour chargée de statuer sur le crime de rébellion a besoin d’éclaircissemens; mais l’aiidition de ce garde est inutile dans l’instruction préliminaire, puisque le procès-verbal, qui fait foi jusqu’à preuves contraires, établit suffisamment la prévention nécessaire pour saisir le tribunal compétent. Ce principe est consacré par un arrêt de la cour de cassation du 23 octobre 1807, qui décide quMne cour de justice criminelle spéciale n’avait besoin que de simples indices et de présomptions pour déclarer sa compétence. V. Répert. de jurispr., au mot Rébellion. V., pour connaître la forme de procéder qui était suivie par les cours de justice criminelle spéciale, les arrêts rendus, le 26 janvier 1808, par celle du département de l’Ain , et, le a 5 avril 181 5 , par celle du département du Nord. Les gardes de bois appartenant à des particuliers n’étaient point, sous le Code du 3 brumaire an /,, considérés comme faisant partie de la force armée , et la connaissance des voies de fait exercées envers ces gardes ne pouvait être de la compétence des cours de justice spéciale; elle appartenait aux tribunaux ordinaires. ( Arr. de la C. de cass ., des 5 et 12. mars 1807, 25 août 1808 et 27 avril 1809.) Mais aujourd’hui, et d’après les articles 16 et 20 du Code d’instruction criminelle, ils sont agens de la force publique, et les violences commises sur eux doivent être jugées par les cours d’assises et punies des peines portées aux articles 23 o et 23 1 du Code pénal A Arr. de la C. de cass. du 19 juin 1818. J Les violences et voies de fait exercées avec armes contre des agens de la force publique en fonctions constituent le crime de rébellion lors même que ces violences ne seraient pas commises à raison des fonctions desdits agens : ainsi décidé, à l’égard des préposés des douanes , par un arrêt de la cour de cassation du a 3 avril 1807, rapporté dans le Répertoire de jurisprudence , et par un arrêt de la même cour du 17 mai 1806 , à l’égard d’un garde forestier qui avait été assailli et maltraité par un individu lorsqu’il se rendait à son triage. Il est à remarquer' que ce garde , qui était en marche pour se rendre dans la forêt, a été considéré pour ce fait comme ètani T O AIE II. dans l’exercice de ses fonctions. V. l’arrêt au Reuteil. Le Répertoire de jurisprudence contient, au mot déjà indiqué, plusieurs arrêts dont les décisions peuvent s’appliquer aux actes de rébellion envers les gardes, savoir : i°. Des arrêts des i 5 floréal an 12 et i 3 août 1807, qui jugent que l’on peut considérer comme rébellion armée celle quia lieu avec des bâtons, et à cet égard , l’art. 101 du Code pénal de 1810 va plus loin; car il assimile aux armes proprement dites, même les simples cannes, lorsqu’elles ont été employées comme instrumens de rébellion. 2 0 . Des arrêts des çavril et 20 août 1812, portant que des pierres dont se servent des personnes qui résistent à la force armée sont comprises sous la dénomination d’armes. Le dernier arrêt a été rendu , toutes les sections réunies sous la présidence du ministre de la justice : il est précédé d’un plaidoyer très-développé de M. le procureur général. 3 °. Un arrêt du 21 novembre 1812, qui décide que lorsque, par l’effet de la rébellion exercée avec des armes par une ou deux personnes seulement, un agent de la force publique a été blessé , le coupable doit être poursuivi criminellement, d’après l’art. 23 1 du Code pénal de 1810, et non pas correctionnelle ment, d’après l’art. 212 du même Code. 4 °. Plusieurs arrêts, dont un du 1 o septembre 1812 (il est au Recueil ), qui décident que la rébellion n’était de la compétence des cours spéciales qu’autant qu’elle avait eu lieu par une réunion armée de trois personnes ou plus. KEBOTTER. Mot que l’on fait venir de rebuté, et qui s’applique, dans les pépinières, aux arbres dont la greffe n’a pas réussi, et que l’on greffe de nouveau sur un autre jet ou sur le même jet, après qu’on l’a rabattu à un ou deux yeux du sauvageon. Comme ces arbres ne viennent jamais aussi beaux que l669 , tit. II, art. i* r . ; tit. X, art. 2 et il ; tit. XI, art. 2 — Arr. du Cons. des s6 fé- 88 * REC 700 vrier 1737 , 12 septembre 174* et a8 mars ij 5 i.) V. Arpenteurs, Gardes. La réception de ces officiers devait être également précédée d’une information de vie et mœurs, d’une interrogation sur les articles de l’ordonnance, concernant les fonctions du récipiendaire. Les témoins devaient être administrés par le procureur duroi. ( Ord. de 1669 , tit. X, art. 2. ) Les arpenteurs devaient donner caution de la somme de 1000 livres ( 1 b ., tit. XI, art. 2 ) , et les gardes, de la somme de 3 oo livres. {Ib., tit. X, art. 2 et 11.) Le même titre de l’ordonnance, toujours en vigueur, veut qu’il ne soit reçu aucun garde qu’il ne sache lire et écrire. Les gardes des bois appartenant aux communautés d’habitans devaient prêter serinent devant les officiers des maîtrises et gruries royales, lorsque leurs résidences n’étaient éloignées que de 4 lieues; mais lorsque le siège était à une plus grande distance , il suffisait qu’ils se fissent recevoir devant le juge du lieu. ( Ib.,tit. XXV, art. 1 5 . ) V., pour la réception actuelle des agens et des gardes, et leur prestation de serment, les mots Administration, Agens forestiers, Gardes forestiers royaux , Gardes forestiers communaux, Gardes des bois des particuliers, Garde-ventes, Garde-pêches. RÉCEPTION DE CAUTION. V. Caution. RECETTE DES AMENDES. V. Collecte des ■ amendes. RECETTE DES PRODUITS FORESTIERS. V. Receveurs. RECEVEUR. C’est, en finance, un préposé chargé de recevoir les sommes dues à l’état, et d’en rendre compte d’après les lois et les instructions concernant ses fonctions. RECEVEURS DES AMENDES. Sous le régime des maîtrises , il y avait des receveurs pour les amendes prononcées par les maîtrises , et d’autres po^r. recevoir les amendes de consignation, de fol appel, d’inscription de faux, péremption d’instance et défection d’appel, prononcées par les Tables de marbre et chambres souveraines des eaux et forêts. Les fonctions des uns et des autres étaient déterminées par l’édit de mai 1716. , Lès amendes forestières sont perçues aujourd’hui par les receveurs de l’enregistrement et des domaines. V. Collecte. RECEVEURS DES DOMAINES ET BOIS. Il y avait, du temps des maîtrises , des receveurs des domaines et bois, qui étaient chargés de recevoir le prix des adjudications des coupes ( Ord. de 1660, tit. XV, art. 29 ) ; le prix des ventes de chablis ( Ib ., tit. XVII , art. 6 ) ; celui des adjudications de glandée {Ib. , tit. XVIII, art. 2 ); celui des branchages et remanens des arbres exploités pour le service des constructions ( Ib. , tit. XXI, art. 5 et 7 ); celui des adjudications des futaies et chablis des bois où le roi avait intérêt ( Ib., tit. XXII , art. 5 -, et tit. XXIII, art. 8 ) ; le prix des ventes de. bois appartenant aux ecclésiastiques ( Edit de juillet i7i5y et arr. du Cons. des 14 juin 1723 et a 5 jutpvier 1724 ) > amendes prononcées tant au REC siège qu’aux Tables de marbre. {Edit de mai 1716, art, 2-3. ) Pour mettre les receteuès généraux. ou particuliers en état de faire ces recouvremens, il était enjoint aux greffiers des maîtrises et des gruries royales de leur délivrer expéditions des adjudications des bois du domaine ( Arr. du Cons. du 14 juillet 1732 ) ; des ventes de chablis , glandées, et des menus marchés pour les mêmes bois, et des adjudications des coupes ordinaires et extraordinaires des bois ecclésiastiques {Arr. du 8 mai 172 5 ); des états des amendes. {Arr. du 17 juillet 1731 • — Déclaration du roi du 6 avril 1734. ) Aux termes de l’édit de création des receveurs particuliers, du mois de décembre J7O1, ils devaient prendre l’attache du grand-maître, prêter serment et se faire installer aux sièges des maîtrises, et donner un cautionnement proportionné au montant des recettes des maîtrises auxquelles ils étaient attachés. RECEVEURS GÉNÉRAUX DES FINANCES. Il y en a un par département. Les devoirs et les droits des receveurs généraux , en ce qui concerne les adjudications de* coupes des bois de l’état et le recouvrement de leurs produits, sont rappelés par le cahier des charges relatif à ces ventes, savoir : i°. Far l’art. 9 , fondé sur le décret du 1 » thermidor an 12 , art. 6 , concernant leur assistante aux adjudications et la discussion des cautions, 2 0 . Far l’art. 14, fondé sur l’ordonnance de 1669, tit. XV, art. 20 , concernant l’acceptation des cautions de personnes insolvables; 3 °. Par l’art. 6, fondé sur l’arrêté du gouvernement, du 5 thermidor an 5 , art. 3 , et la décision ministérielle du 20 brumaire an i4, concernant les traites à souscrire par les adjudicataires; 4°. Far les art. 7 et 8, fondés sur l’arrêté du 27 frimaire an 11 (18 décembre 1802), concernant la poursuite des adjudicataires en retard de payer, et l’amende encourue par ces adjudicataires; 5 °. Far l’art. 12, concernant les remises à faire aux receveurs généraux d’une expédition du procès- verbal des adjudications. Les conservateurs doivent se concerter avec les receveurs généraux pour fixer les jours des ventes. {Circul. du 3 o octobre 1824 ) Les receveurs généraux sont seuls cliargésdé faire souscrire les traites. ( Décis. mimst. du 26 mai 1817, rappelée dans une instr. du 6 juin de la même année. ) Ces traites doivent être timbrées avant leur confection. ( Décis. min. du 28 avril 1820. ) Relativement à l’emploi des traites, V. l 'Ord. du roi, du 23 octobre 1816. Les receveurs généraux donnent connaissance aux agens forestiers des retards de paiemens, pour que ceux-ci s’opposent à l’enlèvement des bois. ( Circul. des 27 juillet et 20 août 1811. ) \ . Adjudication et Traite. Quant aux devoirs et aux taxations des receveurs généraux, en ce qui concerne le recouvrement des traites des coupes extraordinaires des bois communaux, V. les art. 4 , 5 et 7 de l'Ord. dn roi du 7 REC mars 1817, la Circul. du min. de F intérieur du 11 juin suivant , et VOrd. du roi du 5 septembre 1821. RECEVEURS PARTICULIERS DES DOMAINES. Ces préposés sont chargés de faire la recette desdroits d’enregistrement, de timbre, et des autres produits domaniaux dont la perception leur est confiée par les lois et réglemens. Us étaient chargés du recouvrement des produits forestiers, par la»loi du 29 septembre 1791 , tit. II, art. 12. Maie aujourd’hui les receveurs généraux sont cbargés’de foire le recouvrement du prix principal des adjudications des coupes des bois de l’état, et des coupes extraordinaires des bois des communes et des établissemens publics. Les receveurs des domaines continuent néanmoins de faire la recette du décime pour franc de toutes les adjudications des coupes ordinaires et extraordinaires des bois domaniaux , communaux et d’établissemens publics , du prix principal et du décime des menus marchés dans les bois de l’état, du prix des baux et licences de pêche, du montant des vacations pour opérations dans les bois des communes et des établissemens publics, des folles- enchères , du prix de feuilles pour les retards de coupe et de vidange, et du montant des condamnations. Ils assistent aux adjudications des coupes de bois. ( Arr. du 5 thermidor an 5 , art. 6 . ) Ils reçoivent les frais relatifs à ces ventes, tels que le décime pour franc , les droits de timbre et d’enregistrement, et les frais d’arpentage et de réarpentage des coupes. ( Cah. des ch. art. 10. ) Les déclarations de tiercemens , demi-tiercemens et doublemens du prix des ventes, sont signifiées au receveur des domaines. ( Ib. , art. 17. ) Les renonciations lui sont également signifiées , et c’est à lui que les adjudicataires qui renoncent, paient comptant leurs folles-enchères et leur part des frais d’adjudication. {Ib. , art. 2.5. ) Les cautions et certificateurs de cautions sont reçus en sa présence. ( Ib ., art. 28. ) Lorsqu’un adjudicataire est déchu, faute d’avoir fourni caution dans le délai de 5 jours, le receveur fait signifier, dans le sixième jour, au pénultième enchérisseur, que l’adjudication lui est dévolue, et il poursuit le paiement de la folle enchère. ( Ib ., art. 29. ) Le receveur est personnellement responsable du défaut d’accomplissement des formalités prescrites pour les significations à faire aux enchérisseurs. ( Décis. du min. du 28 juin 1809. ) Le permis d’exploiter n’est délivré que sur le certificat du receveur général et celui du receveur des domaines, constatant que l’adjudicataire a fourni son cautionnement et ses traites acceptées , et satisfait aux paiemens échus, ensemble aux frais d’adjudication. Le certificat des receveurs est enregistré en marge, de l’extrait du procès - verbal d’adjtfdication..( Ib. , art. 35 . ) Les adjudicataires des coupes tant ordinaires que extraordinaires, des bois des communes et des éta- blisseroens publics, sont tenus de payer comptant entre les mains des receveurs des domaines le décime pour franc-du prix de leur adjudication. ( Loi du RÉC 7 o 1 29 septembre 179», tit. XII , arti 19.) V. Décime. Un extrait de l’état des vacations dues 'par' les commîmes et établissemens publics pour lied opérations forestières dans leurs bois, est envoyé au receveur pour qu’il en demande le montant aux percepteurs des communes , qui sont tenues, avant toute exploitation , de lui en faire le paiement. En cas de refus, le receveur doit décerner contre les percepteurs des contraintes, pour être mises & exécution d’après le visa du président du tribunal de la situation des bois, conformément à la loi du 12 septembre 1791. ( Décis. du min. des fin. , contenue dans une circul. du 17 thermidoi an li. ) V. Vacations. Quant au recouvrement des condamnations, et au paiement de celles prononcées contre l’Administration dans les instances en réparation de délits, nous en avons parlé aux articles Collecte des amendes , Certificats d’indigence , Contrainte par corps , Frais de justice , Jugement. RÉCIDIVE. C’est la Techute dans la même faute. L’ordonnance de 1669 prononce des peines très-rigoureuses contre ceux qui récidivent; nous les avons indiquées en parlant de chaque délit ou contravention en particulier. La loi du 3 o avril 1790 sur la chasse , et la loi du 28 septembre 1791 sur la police rurale, prononcent aussi des peines particulières pour les cas de récidive. D’après les anciennes ordonnances , on ne devait entendre par récidive que le délit commis plusieurs fois et pour lequel on avait été condamné 1 ainsi, quoiqu’un particulier fût connu pour avoir pris plusieurs fois du bois en forêts, On ne devait, s’il n’y avait pas eu de jugement de condamnation pour le premier ou les premiers délits , le condamner qu’à l’amende simple. Ce principe est adopté par nos lois actuelles. L’art. 483 du Code pénal de 1810 porte : « 11 y a récidive dans tous les en? prévus par le présent livre ( relatif aux contraventions de simple police ) , lorsqu’il a été rendu contre le contrevenant ^ dans les 12 mois précédens , un premier jugement pour contravention de police commisednns le réssoft du même tribunal. » L’art. 608 du Code du 3 brtlmaîre an 4 portait également que, pour qu’il y eût récidive , il fallait qu’il y eût eu un premier jugement rendu datis les 12 mois précédens. Les dispositions du Code pénal sur la récidive s’appliquent aux crimes et délits déterminés par des lois particulières, lorsque ces lois n’ont pas établi de règles spéciales sur ce point. ( Arr. de la 3 août 1808, 5 janvier et 7 septembre 1810. — Circul. des 9 prairial an i 3 — 29 mai i 8 o 5 , et i 3 atv7/i8)3.)À l’égard du Réarpentage^\. ce mot. IV. Les adjudicataires ou cessionnaires sont tenus de se trouver au récolement. L’inspecteur forestier leur fait signifier à cet effet, à leurs frais , au secrétariat du lieu de la vente, dix jours à l’avance , acte contenant.indication des jours où se feront le réarpentage et le récolement. (Cah. des ch. de 1825, art. j5.—Arr. de la C. de cass. des 28 juillet 1809 et 11 avril 1811. ) il doit être fait mention de la citation dans les procès-verbaux de ces opérations. ( Instr. du 7 juillet 1817.). V. Si le délai dans lequel les agens doivent procéder au récolement n’est pas tellement fatal que la déchéàhce soit acquise et la nullité d’un procès-verbal fait hors du délai encourue de plein droit , lorsque l’adjudicataire n’a pas mis l’Administration en demeure de procéder au récolement , il n’en est pas moins vrai que les récolemens , à quelque époque qu’ils soient faits , ne font foi jusqu’à inscription de faux qu’autant qu’on y procède en présence des parties dûment appelées, ou, en leur absence, lorsqu’elles ont été régulièrement appelées. {Arr. du 16 octobre 1807 et 5 janvier 1810. ) VI. Toutefois, lé défaut de citation d’un adjudicataire pouf se trouver au récolement, ou de signature de sa part ou d’un fondé de pouvoir , au RÉC procès-verbal qui en est dressé, n’emporte pas de plein droit la nullité de l'opération , et ne décharge pas l’adjudicataire des faits qui lui sont imputés. ( Arr. des 7 janvier , 8 avril ,- 5 et 23 août 1808 et 5 janvier 1810.) VII. Mais alors le procès-verbal n’est pas non plus contradictoire, et l’adjudicataire~ou les usagers qui ont exploité une coupe à eux délivrée o'iit le droit de demander qu’il soit procédé à une vérification contradictoirement avec eux. (Arr. 'du 5 janvier 1810.) VIII. Un adjudicataire qui a assisté à un récolement ne peut exciper du défaut de citation,-.'et-dans ce cas le défaut de sa signature au procès-verbal-ne lui donne pas le droit de demander un nouveau Té- colement. ( Arr. du 8 avril 1808.) IX. Une demande en vérification de récolement peut être rejetée par le tribunal quand elle n’articule pas des griefs qui justifient la nécessité de fcette opération. {Arr. du 5 août 1808.} X. Pecquet et Chailland avaient énoncé que la disposition de l’art. i CT . du tit. XVI, portant que les adjudicataires doivent être cités huit joursàl’avance, était prescrite à peine de nullité, et ils s’appuyaient sur quatre arrêts du conseil des 21 octobre 1704 , octobre 1706 , i er . septembre 1708et i 3 août 1709. a. Mais, observe M. Merlin dans le Répertoire de jurisprudence , au mot Récolement, est-il bien vrai que ces prétendus arrêts aient consacré une pareille assertion? J’eu ai fait rechercher les minutes d’abord dans le dépôt des Archives domaniales, ensuite dans le dépôt du Bureau des forêts du ministère des finances, dans lequel existent d’anciens registres contenant tous les arrêts des conseils en cette matière, et ni dans l’un ni dans l’autre dépôt il ne s’est trouvé aucun des quatre arrêts prétendus dont il s’agit. Il a été même vérifié que les trois premiers u’ont pas pu être rendus les jours dont on les date , puisqu’il ri’.^à pas eu d’affaires forestières portées au conseil les 21 octobre 1704, i5 octobre 170601 i er . septembre 1708. » L’assertion que Pecquet et Chailland fondent sur les prétendus arrêts est évidemment trop générale, témoins lés arrêts de la cour de cassation du 7 janvier et 5 août 1808. » Le principe consacré par l’arrêt du 7 janvier 1808, que le défaut dé citation des adjudicataires au»réco- lernent , et dé signature de leur part au procès-verbal qui en est dressé , n’emporte pas nullité de l’opération , a été proclamé de nouveau par les arrêts déjà cités des 8 avril et 23 août dé la même année, et enfin par l’arrêt du 5 janvier 1810, rendu sous JLa présidence du ministre de la justice , toutes les sections réunies. XI. L’arrêt du 23 août 1808 porte que le défaut de concours des adjudicataires, usagers et autres parties intéressées au'procès-verbal de récolement, ne peut entraîner lanullité de cetacte, par la raison que la loi ne prononce pas cette nullité, et que la partie qui n’a pas concouru au récolement a la faculté de le contredire , et de le soumettre à une nouvelle vérification , celle qui a eu lieu hors de sa présence ne constituant pas une preuve absolue et irréfragable à son égard. RÉC RÉC 705 Cet arrêt porte aussi que le jour du récolement, à l’égard des communes usagères, doit être notifié en la personne du maire. Il résulte donc bien clairement de cet arrêt et de celui du 5 janvier 1810 qu’un procès-verbal auquel n’a point été appelé l’adjudicataire n’est point nul, mais qu’il ne fait foi que jusqu’à preuve contraire ; tandis qu’un procès-verbal fait en présence de l’adjudicataire, ou lui dûment appelé, est contradictoire et fait foi jusqu’à inscription de faux. XII. Si l’adjudicataire, son fondé de pouvoir ou cessionnaire est présent, il signe le procès-verbal de récolement ; s’il s’y refuse, il en est fait mention , à défait de quoi , le procès-verbal est irrégulier et peut donner lieu à une vérification sur la demande de l’adjudicataire. (Arr. des 2 g avril 1808 et 11 avril *811.— Cah. des ch. de 1825, art. 82. ) i 3 . — Mode de procéder aux récolemens. I. Quel que soit l’agent qui préside au récolement, il doit, avant de commencer, se faire représenter les procès-verbaux d’assiette, d’arpentage, de balivage , de martelage et de souchetage ( Ord. de 1669 , tit. XVI t art. 1".); le cahier des charges ( Loi du 29 septembre 1791 , tit. VI , art. 18); le procès-verbal d’adjudication, ainsi que l’original de l’acte de citation signifié à l’adjudicataire ; les procès-verbaux de décharge dressés par les commis garde-ventes, et ceux qui ont été rédigés par les agens forestiers contre l’adjudicataire antérieurement au récolement. II. Muni de toutes ces pièces , l’agent forestier en chef, accompagné d’un autre agent et des gardes, visite exactement la vente, en examine les limites, l’intérieur et l’extérieur. Sur les limites, il observe si l’arbre d’assielte , Les pieds-corniers, tournans et parois désignés aux procès-verbaux «l’assiette, arpentage et martelage ont été conservés, et si l’adjudicataire n’a pas de- passé les bornes de la coupe. ( Ord. de 1669, tit. XVI , art. 2.— Instr. du 7 prairial an 9, $ 1 "., art. 7. ) L’examen de l’intérieur a pour objet de vérifier si elle a été bien exploitée, usée, vidée et nettoyée; si le nombre de baliveaux de l’àge , les anciens et les modernes portés au procès verbal de balivage existent; s’ils sont tous marqués du marteau royal; si, au contraire, il n’est survenu aucune substitution dans le choix qui en avait éié fait, et si les arbres fruitiers ont été conservés. (Ib.'j Dans le cas ou il n’existe pas de procès-verbal de balivage, soit parce que l’épaisseur du taillis n’a pas permis de faire le choix des brins à réserver, soit parce que ces brins étaient trop faibles pour recevoir le coup de marteau, l’agent forestier doit examiner si l’adjudicataire a réservé le nombre de baliveaux prescrit par le cahier des charges. Lorsque les ventes ont été faites en jardinant, il taut vérifier si l’adjudicataire n’a pas coupé d’autres arbres que ceux qui lui ont été vendus; et l’on s'en assure en comparant le nombre des étocs avec celui porté au procès-verbal de martelage , et en examinant si chacun de ces étocs porte l’empreinte du marteau royal. (Cah. des ch. de 1825, art. j!>.) Si, à L’expiration des délais pour la coupe et la Tome II. vidange, les gardes ont négligé de saisi 1, tonfor- mément aux lois, les bois qui n’ont point été coupés ou extraits de la coupe , l’ageut qui préside au récolement doit suppléer à leur négligence. (Ord- de 1669, tit. XV , art. 47-) A l’extérieur de la vente, et à la distance prescrite par la loi pour l’ouïe de la cognée, les agens recherchent les souches des arbres coupés, tiennent note de leur qualité, nature, essence et grosseur. S’il y a eu un souchetage avant l’exploitation, et. (ju’un second souchetage ait été jugé nécessaire, il y est procédé aux frais de l’adjudicataire par deux soucheteurs, l’un nommé par les officiers, l’autre par l’adjudicataire; et en cas de refus de ce dernier, par celui seulement qui a été désigné par les officiers, mais dans l’un et l’autre cas, en présence du premier soucheteur. (lb., tit. XVI, art. 1 et 3 . ) III. Le procès-verbal du second souchetage est ensuite confronté avec celui du premier, pour reconnaître les malversations, le nombre et la qualité des arbres devenus à la charge de l’adjudicataire, défalcation faite de ceux dont il est reconnu déchargé au moyen des procès-verbaux dressés par le garde-vente pendant l’usance de la coupe. ( Ih. . art. 5 .) Fnfui l’on doit vérifier si l’adjudicataire a curé a vif fond et aligné les fossés, sangsues, rigoles, glacis et laies; s’il a rempli les trous des scieurs et des ateliers; s’il n’a fait d’autres fau les et fourneauxque ceux qui lui ont été désignés ; s’il les a fait fouir, repiquer et semer; s’il a rétabli les routes, ponts, ponceaux, bornes, barrières et pienées endommagées, et s’il s’est conformé en tous points aux obligations qui Lui sont imposées, tant par le cahier des charges générales que par les clauses particulières qui ont pu y être ajoutées. IV. T outes ces reconnaissances faites, l’agent forestier dresse son procès-verbal de récolement. ■ ■ 4 - — Des piocès-verbaux de récolement et de leurs effets. I. Les procès-verbaux de récolement sont rédigés conformément au modèle n". 9 de l’ Atlas. L’agent forestier en chef y relate en détail le résultat de sa vérification , et y constate d’une manière détaillée les entreprises , malversations, défauts et manque- mens quisontà la charge de l’adjudicataire, ainsique la quantité des arbres qui ont été marqués dans les coupes pour le service de la marine, et ceux qui ont été livrés au fournisseur. (Ord. de 1669, tit. XVI, art. 2. — Ci/cul. du 3 o juillet 1811.) II. Ces procès-verbaux et ceux de réarpentage doivent être visés pour timbre, et enregistrés en débet; le recouvrement des droits est poursuivi parle receveur par les voies ordinaires, après le délai de 20 jours, à parlirde celui où il aura été donne connaissance aux adjudicataires du congé de cour ou de l’acte qui constate qu’ils ne sont pas dans le cas de l’obtenir. ( Circul. du 2 5 février 1817.) Ces procès-verbaux sont desactesd’administratiou publique, qui nesontpointsoumis à l’enregistrement dans les quatre jours; il suffit, en cas de poursuite, qu’ils soient en regist rés avan t la procédure. ( üécis. du «9 jo6 RÉC nuit, des fin., du 19 germinal an » 3 , rappelée dans une circule du 3 floréal suivant. —- Autres eircuL des ■ ?vjnim I180J ut i5février *817. -— Arr. des 8 avril 1808 et septembre 1809.) III. Un prodès-verbal de récolement , du. moment qu’il aiété contradictoire' avec l’adjudicataire, fait foi’èn justice jusqu’à inscription de faux, et ne peut être attaqué qne par cette voie. {Arr. du 1 4 décerna bre »8to.) IV. Pour qu'un procès-verbal de réfcolement soit réputés(.jçptçtradictoire et fasse foi absoluç contre l’qdjuqjçutait^r il suffit que celui-ci ait été appelé par une,sommation donnée conformément au cahier des charges., pu qu’il se soit trouvé présent au commencement- 4e, l’opération, quand même il aurait refusé d’y rester on d’en signer le procès-verbal. {Arr. des v6 octobre ‘807 , 23 août 1808, 14 décembre 1810 et 14 mars 1811.) V. Un procès-verbal de récolement est régulier, quoique fait à l’insu de l’adjudicataire, lorsque son cesqiqonàjt;e y,a été appels, qt faction dirigée contre, fç ; dprniéf interrompt la’prescription à l’égard do. l?adiu^rftataire.,(^ÇA du 28 juillet 1809.) VI. Un adjudicataire, quoique présent au récolement, mais qui n’y a pa,^flé.appelé officiellement, qui n’eu a pas signé 1 p.rot es- verbal, ni été invité à le s.i^qçrj bien, qtjl’jl .^.Ja^sé juger l’affaire en prepufi'ÿ jnstançe., gu, d,’appel et même en < assation, peut, devant la cour où l’affaire est renvoyée, .dquituuLer et obtenir qu’il soit procédé à tin nQuyéhu réfolement. ( Air. du 11 avril 181 1.) Mais observons, d’après plusieurs arrêts que nous avons cités, que le défaut de citation ne rend pas nul le premier récolement, et «ju’il donne seulement ledroiPà l'adjudicataire do demander une vérification, pa/ce qué te récolement auquel l’adjudicataire n-’a pas et «3 appelé n’est pas réputé con- tradictoireyiet què le procès-verbal qui en est dressé ne lait foi'que jusqu’à' preuve contraire, au lieu de faire foi. jusqu’à inscription de faux. VII. Untribttftàl ne^sdut, suriin procès-verbal en règle, constatant qu'un adjudicataire 11’a pas réservé le noinbî'e ■ de baliveaux prescrit par l’or- donnapçv ibQfdimyier uae visite d’experts pour re- Ci\nUajtyq .Lis Arbres ‘ réservés sont en suffisante quantité , ou,si les faits fonstatés par le procès-verbal sont exacKv Ç4rr. des 18 brumaire an 6, 6 nivôse an, lA décembre 1810.) Vllj.' lorsqu’un prpfès-verbal de récolement constate un dejacit d’arhres dans une coupe, le tribunal ne peu t ordonner le mesurage de la circonférence dé^'i&é urtfes pdur déterminer l’amende au pîééf'lb "tôlïV , puisque la condamnation doit être basée sur la distinction des arbres en baliveaux, parois, à+bre% de lisière, pieds-corniers, arbres modernes et anctehi. {Arr. du 1 août 1810.) IX. L’action pour malversation dans une coupe de bois, constatée par un procès-verbal de récolement, doit être intentée dans les trois mois, attendu que l’adjudicataire qui en est présumé fauteur est toujours connu. {Arr. du 17 avril- 1807, %t maiseet rfi avril >809.)el ■ ■! - Xi. Lorsqufon ptfoeès-'Verbal «le récolement a été annulé fMSur défait de fovmét, et qu« lé cCtesçrvB- R.ÉC teur le remplace par un woxv**sm procès-verbal en réglé, le» tribunaux doivent statuer sur le fond-, d’après ce dernier acte f,sans r pouvoir oppowsr l’aute- rité de la chose jugée. (Arr» i8o6< ) XL Lorsqu’un procèe-verbnl-de eécolement Constatait un certain déficit daBS utte oe«pe, et que, sur la demande de f adjudicataire, le tribunal a •ordonné un nouveau récolement, qui a déterminé définitivement le vrai déficit ydottfibuoal 'doit pren«i*e pour base de sa détisioti te èeraler.ecte aÇAtr.-d il $ é décembre 1824-) jçôôi XII. Si l’Administration avaitlàiasénpemàeurtoi procès-verbal de récolement, elle ne serait pàftJadmissible à poursuivre sur un nouveau •précèa^ver- bal constatant le même «Ujj-it. i L’adjudicataire qui n’aurait pus éitfcipé «le Cette prescription' en-'première instance, pourrait la faire valoir en cause) 4 -’«p-* pel. [Arr. du 26 décembre 1806, 26 juillet et 26 novembre 1810 et 23 mars 1811.) tm J. /X XIII. Dès qu’il existe un premier-récolement,.««)- lui postérieur, quoique fait ert réformât ion, ne peut empêcher que la prescription ne coure d*r jour du premier procès-verbal potir les détilsqui-y aon» constatés. {Arr. dut?) mars j8i t.)i ’ "/X Mais la reconnaissance d’une cowpe dont (titw représente pas le procès-verbal ne peut interrompue la prescription ni faire rejeter rie pnocès-verbàlidt» récolement fait après cette reconnaissance, (érfr/v du 8 avril 1808.) vit ’ ItVX XIV. Toute coupe d’arbres manpiés- en réserve , légalement constatée par un procès-verbal 4 e re- colement ou autre, donne lieu contre l’rfdjudica- taire à l’application des amendes et restitutions prononcées par la loi. Ce principe, établi par l’ordonnance de 1669, a été confirmé par plusieuf» arrêt» de la cour dé cassationt savoir, Par un arrêt-du 6 germinal an to, portant «jo’an adjudicataire de coupe de bois est tenu de fè server tous les arbres marqués sur sa COtlpei,p«fu«nd même il s’y trouverait un plus grand «ombre de baliveaux que celui porté au procès-verbal de J’ad - judicationç ‘Ig-* Par un arrêt dti y-avril 1807, portantqis'iiA'adt jndicataire ne peut être admis 4 lextecompensation d’arbres marqués qu'il aurait abattus avec ecattsen marqaésqu’ilaurait laissés en plus sur sacmipevpanfe qu’un adjudicataire est rigoureusement tenu de. laisser les arbres réservés, conformément à Partir 1 »du tit. XV de l’ordonnance de 1669, et que leapéi 9 e i 4 | rk >f-q4 du tit. XXXII de l’ordonnance de 1669; ‘Paries arrèt&'des'ax- thermidor an 12 et 19 dé- corn bæqiHoti 1 et du mois de septembre 1402 , art. 26 ; de FraseçoisJm ., du mois de mars i 5 i 5 j '.art. 43 ; de lésais XIV ^ du. mois d’août 1669 ^ tit. X VI; art. 1 1 ), et qu’il a représenté le registre de son garde- vente pour être arrêté et paraphé, afin qu’on ne poisse plus y rien ajouter. ( Instr. pour les ventes des-bois du roi, par M.. de Froidour , p. 2 55 .) Si le procès-verbal de récolement porte saisie de quelque-partie des bois de la vente qui n’ont point été coupés ou vidés dans les délais fixés, l’inspecteur doit en poursuivre la confiscation;ïl doit aussi obtenir condamnation, dans les formes ordinaires, contre d’adjudicataire, à raison des arbres de réserve que ceini-ci n’aurait pas représentés, ou des entreprises ou outrepasses au-delà des pieds-coraiens. - ‘Sîi’sdjedirétairea manqué-de recéper quelques REC 1 ° 7 mauvais bois, quelques vieux acolsq s’il u négligé deineitoyer lacoupejs’iln’a paslab# REC RÉC suit 3 Date des Ordonnantes qui autorisant teS coupes. *^iOn) indique, dans te colonne d’obsétVèfticrés’j les vices d’exploitation, s’il en a été -OOisrstaté; et on énonce succinctement te.résultat des poursuites, s’il eim été exercé potirdéflfck ott'autre cairse. i V - Congé', de cour , Moins de mesure, Rréarpen- tage, Surmesure . RECONNAISSANCE. I,es agens forestiers font la visite et reconnaissance des coupes après leur exploitation; c’est'ce qu’on appelle Récolement'. V. ce mol. Us font la reconnaissance des Quarts deré- serve, des Futaies sur taillis , des Arbres épars dont on demande la coupe. {V. ces mots.'j-Hs font la reconnaissance des travaux exécutés dans les forêts, et en dreasent procès-verbal. (V. Travaux.) lié font la reconnaissances des bois de délit. Y, Délit, Rapatronnage . RECORS. Assistans qui accompagnent un huissier dans ses procès-verbaux de saisies et exécutions. affiches, publications et autres. RECOURS, aetion que {l’ttn a droit d’exercer contre uh garant, afin qu’il-soit condamné à l’indemnité à laquelle il’est‘ptrligé. RECOURS EN CASSATION. C’est te pourvoi que l’oa fait la cour de cassation pour faire annuler un jugement ou un arrêt rendu en dernier ressort. V. Cassation. I n. RECOURS AU CONSEIL D’ÉTAT. V. Pourvoi au conseilrtélati ' 'l'i RECOUSSE, mot qui vient do recourre , anciennement recourir, pour recouvrer , 'délivrer : C’est en général l’action de recouvrer quelque chose, de délivrer, de répondre dos-èboéesehleVées. Sous ce mot, Chailland a traité, dans son Dictionnaire des fvrëfo\j de là viotente,qui pouvait être laite aux offièieré (o resli ers' - po il r retirer de leurs mains lesobjets qu’ils avalent saisis S(rr lesdélinquans Il cite l’art. i 3 du lit: X dé l’ordonnance de i 66 ç, qui défend-dé'troubler lei gardes dans leurs fonctions sous les peines portées par les ordonnances, et il rapporte les dispositions de celle du mois de juillet 1^44» art.' 8-; qui prononçait des peines corporelles pour tes càgde rébellion. Aujourd’hui les voies de fait èfila rébellion envers les fonctionnaires 1 «ont punies d’après le Code pénal de-iS)0.* V. RebtUlàn. REC OU VIVEMENT , -perception , recette de deniers ou autres objets. Lè recôtivremént. des amendes , restitutions et dommages-intérêts prononcés au profit de l’état, est' confié aax receveurs de l’enregistrement, qui font les diligences nécessaires , dès qu’ils ont reçu les uxtrait8 1 Uës ‘jfigeméns. ( Arr. du directoire exécutif du' i«*. nivôse‘an 5 , art. ?.. ) V. Amende, Collecte des amendes',- Contrainte par corps, Frais de justice , Jugèmens. RECOUVREMENT DU PRIX DES VENTES. V- Receveurs. En matière de récoiivreniènt dés revenus de* l’é- taL, le- juge de l’iirrendisSement 1 du receveur chargé par la loi^e visCr les contraintes , est*seul compétent pour V: 0 ftnaîttedesu(ii 41 ité« desditeseorrtraintes 1 et de-'lee*#s suites f'Art: de ta &. rafale de'Parte du mfmièt tStà. ■ >b- • ' it tio- ' RECRU* adjectif donton a fait un substantif. On norfittpe . rucra 'Ou reùaiBstncei' teiOune feore qui poassa aprèB te coupe 4«s taillis tJO'desfutaièse-' Jbe recru.doit être tenvM%n défonds jusqu’à ce qu’il' ait 1 au moins 6 tm«(y > ctest-à-dire' qu’il'doit être entouré de bons fossésy 0 t : qu’on n’y doit faire paître aucuns bestiaux. V, Pâturage.- RECRUE. On écrit quelquefois -^recrue - (>our recru. .fi an eb-' RÉCUSATION }} du latin recusahe^ refuser, tè- cuser. la 1 dier-réaoiq îeeeinf Dans la, pratique y lafrécusation eutupie«e*&e priori par laquelle-on.refusa <àe ■reconpalwéycorpa'édkie •um juge , un expert, un officier publia>funqémoimpttn juré, etc. -o • ■*/ • -ohm Sur la récusation des experts et des arbittes^ \. les art. 44 d 4 7 Code de procédure civile, ‘iJ ni Sur la récusation Aes juges en matière civile ji \ . les art. $78 à 396 du même Code. Sur la récusation des jurés , Vl tes art.' 3 99 à 4 o 4 du Code d’instruction criminelle. Sur la récusation des juges en matière criminelle et correctionnelle, V. les mêmes articles du Code de procédure civile , relatifs à la récusa tiondes juges, attendu que c’est par ces articles quo lUn supplée au silence du Code d’instruction criminelle sur cet objet. 3 J ; RÉCUSATION D’UN TRIBUNAL ENTIER tant en matière civile qu’en matière criminelle, correctionnelle et de police. Récuser un tribunal -entier, c’est demanderique l’affaire dont il.est saisi soit renvoyée à un autre tribunal. La récusation d’un tribunal entierp observe M. Merlin , est donc soumise aux mêmes’règles que la demande en renvoi- d’un tribunal à un autre pour cause de suspicion légitime y &t delà il est clair qu’en matière criminelle jlicorrection- nelle et de police, il nlappartient qti’àia'Cpnp de cassation de prononcer sur oéè sortiéè'âe McuSaHbds. V.dans le Répert. de jnrispt. )au mot Réàitsatèo'éf des arrêts de la C. de cass., des 9 novembre et & février i8n , qui jugent aiasi^ddétfsriillMUs arrêts des a avril 1809 et o 3 août- îUvoy rapportés 1 dans les Questions de droit par M. MerUrty jngéntr encore de même. . ■ «ion 9 iisi m La loi du aq septembre 1791, tàt. lXvarrtJiâq 1 porte-que les procès-verbaux des garde! fén 4 tel fin justice, s’il n’y a inscription de teux , •otim’Siqi’ftèt» proposé de cause valable de récusation!) m , «90,1- L’ordonnance de -1669- permettait égalémèhLAdx prévenus la récusation contée tes gardés qai avalent rapporté des procès-verbaux. Si les moyen*étaient pertinent, le juge ne pouvait etatuerqu’aprèsavrér été informé de la vérité du faitv Mais si Jeta prévenus ne proposaient aucun moyen dm réc userions ou que ceux qst’ils proposaient ne fussent-dn>tifnX\ de-l’ordoimancen-d ii - . ivnïv--mi 5 La même *ègte-stebser-ve encore*ahljourd , hukp»rii lès 't ribHjtaux; cbaqgésf de ’prononccr -’éurites. délilS' Ifôre^âerm, eèliit tem que lesi moyens «te'U-éeuw. tàtion 1 "proposés'jsoüenb pertinens et’ làdmissiblev RÉ B RBFi ?°9 pour su «pendre le cours de U justice* etf îbîomer sur la déclaration) qua forai* «n,prévenw, quelle gardes a’ayjiait dressé lion rapport» que far inimitié ou .^pap ivengeaneb i-.#mn»Be si leiriait» rappnités étaient exacte;. et-sUlé, cpiwtiteaientrvéritablemtot un délit, l’alléga'tâpmqu.e.l#g»Ede auraitagipar iai-. mitié ne pourrait-vêttevud motif- pour rejeterisoi» procès-verbal, ioieupleur, . , ne I . - La cour de cassation a décidé qu’un garde-vente, cautioni 4 «’ ^adjudicataire^ ne poavait valablement dresser procès-verbal à la décharge de cet adjudica- tairB» 'Mais. poRR. prêtenir la irécusatioa^ le cahier des ;>eb»rge* > aptue 1 porte * .erWid*"., que Je: igarde- vesifeiinmapourtas être* «auAion dq fc’àdjudieataire* ni certificateur de caution. Cet article porte également? qu’il .ne sera.parant ou allié «oit des gardes du triage,.soit dutsous-inapecteur- ■REDEVABLE. C’est celui qui n’a paa satisfait à une condamnation pécuniaire. V. Jugement. REDEVABLE, de, la particule re et du verbe debere , devoir, redevoir, Dans la pratique, les redevances sont des dettes, rentes , ,eu autres charges que l’on doit annuellement,-., . , Qn appelait ■redevances les droits ou charges auxquelles-les propriétaires de certains héritages étaient sujets envers leur seigneur. Les 'îddetaitees que Jes.communautés d’habitans payaient pour-leurs biens communaux, empêchaient la distraction au profit des seigneurs. Dn arrêt du conseil du 26 mars 1777, qui avait suspendu l’exercice desdroits,d’usage dans plusieurs forêts,.,a dispensé les usagers du paiement des redevances accoutumées pendant la durée de la suspension des droits.- V, Commune f Usage. REFAIT. ( J- de charpenterie. ) Il se dit d’un boisilossqu’il estdreseé à l’équerre droite, qu’il est higntéquaori et qu’il n’y a pas d’inégalité., RBFEND êjSOIb lXE), On appelle bois de re- tenddea'.boiii qui ont été sciés de long. Ce mot est opposéd iâoMMsfe brùu - REFENDRE,^ T. -de charpenterie. ) C’est diviser • de,grosses pièces.de bois en plusieurs parties-, dans, le s^ts cje leut loagueur , se .servant de la scie pour en faire des clievrons , solives, pièces de préceintea, botdages çt«litres pièces de charpente. tREFEtvTB. Débit de pièces de bois en d’autres plus’ pfetUrs, comme une poutre en madriers , en solives , en planches. V. Sciage. JtEEORM ATIONv Mot qui vient de la particule itérative rret dû-verbe latin formate , former. C’est le. rétablissement 4 e l’ordre^th' -zéoi . ; i»t Sous Je; régi me des maîtrises* on procédait à la réforme des .abusé à la répression des délits, à la régularisation des droits drusage at-do propriété, et à toute» las opérations d?i«térêt général qui étaient nécessaires.pour la conservation des forêts et le bon entretien des rivières, et on appelait ces opérations réfirmatidnt . 1, i,, , /«.-■' La réformation des forêts avait deux objets principaux : la réparation des dommages causés par les malvwisatione des officiers jfojjestiers., des adjudica v tairasv-desa rivarains et-des usagers r et l«Tétabli6se>- mentiri» L’ordre* néceasaweipôur la, cousenvntjom. .>,L; Sur le premier objet eonuoiseaire- «éforme- tewfi.ftvoitzÀ)^’occuper dé recherchée lest déiits.frt leuf g auteurs et ioet effet,»! démit-tus'b ter;/ tel ?'/*î«^RiWPWiei Jfls, papiers dos, resBrises.; aavou* les p.rocàsj v.e'baux de mesurage; et bornage ( des forêts j-.Les5planade.ces forêts'r‘les,pappd*t»ïde^ gardes, les procès-verbaux des officiers, les-jugem.éto^ *$u>- dua,, les octet relatifs aux ventas?4ttécdu!jl0fetttlàux délivrances des e.haudages ; les contrats deaincitftiiai- tifios- o«.aliénations faites par Jr-roi | laitütrés du dcnoain.e.SiUr'des bois usurpés,,,eticeecr pàl lesquels df)^Lfoip«pu«sütés ou des particuliers Mitaient,fondé leurs préteritioiM à,-la propriétéide,forêts possédées par le domaine} ,. : a”,. Visiter les forêts avec Les officiers, .des;® «- trises pour connaître les délits commis dans chaque triage , et pour s’assurer si les procès-verbaux .qui avaient pu en être dressés (étaient exacte*'fci'Jéilré- colemens avaient été/aitt ; s’il y av-aitteu qüehpta changement , entreprise t>u déûrpatron depuiscfos dernières vérification^, efcpour'reeonlnttîtlti’âàfii la nature du fond decharju'e triage, la quantité @0liège des bois , l’étendue et.fo'qualité des plaèefi vagnesl; 3°. Faire cômpataftfe,jgÿ wvèr«.ins:p6itrrfcjlré- senter les. titres de propriété dés! héritages”iiui’*)l s possédaient dans l'enclos,et.aux rives des forètajuet faire également comparaître les usagers pûurexhi- ber leurs titres; tflr(les]ddjndioataires polir KtnUpter du prix des ventes et présenter leurs congés 'de cour. n nb ■-u- . " >' >’( il il. Sur le second objet des reformations*. if. y avait trois choses importantes à examiner ,tl lo tégletnén.t des coupes, les droits d’uèage 6t :) l4.Cén4uitfe deerof- ficiers. , "■ .. : ■ i°. Pour le règlement des coppes qêe nWjs.-appelons aujourd’hui aménagement , le 'commissaire réformateur examinait si Ipe.-çoupes jét«dent exploitées aux âges convenables* pU égard à la'qualitéldu sol, aux espèces de bois et mut besoins, de , laçtd#*- sommatlon. . • c •• .>•- 2 °. A l’égard 4»s usagesj le c«mmiseeluea^t«rs avec les titres’ justificatifs^ et iibordonr^ip lq 'Oppression de l’usage, s’il m’y avaitfppint,-dé-titré ou s’il y avait titre sans que l’usage ffit .êfceeté* à ujoins que l’usager ne justifiât qpq la ceSsatOiy da 11#%^ était volontaire de sa part', ou si l’usage,provtarait de don gratuit; mais lorsqu’il y ,dvnit bilr^et possession légitime, L’usage devait être fotiserpénDu suivait, relativement à la fixation des Ufsagefoles rer gles suivantes, qui son ^toujours en ylgdeu*! Om considérait, quant au droit de prendrai;4tlxhois pour bâtir, quel avait pu être, l’état de la for^hà l’époque de la concession dudroit ,,pt;on. én iniiait la comparaison avec son état actuel v. m.' RÉGIME, du latin regrmen, gouvernement, conduite, fait de regere , régir, administrer» Ifansla pratique , ce mot se dit d’une administration j d’un gouvernement. On dit que le commissaire am saisies réelles est commis au régime ét administration des biens saisis, pour dire qu’ifest chargé dWxiints- trer ces biens. ' 1 Les bois des communes et des établissement «publics sont soumis au même régime que. les bois de l’état. {Arreté du 29 ventôse an 10.) V. Boi files communes. ' Mais les bois que de» particulier* possédant«*» communauté n’y sont point sonnais; iLsipeuvent être partagés, et l'Administration u’a aucunfdroit particulier de surveillance sut 1 *c0s propriété*. tAvis du comité des finances du ait juillet ibiqj')-» *- REGISTRE 00 REGITRE', d» latin barbare're- gistrum pour régistra, livres où l’on *éeriva»l'Oé qui se passait dans les tribunaux. 1 l)ans la pratique, le-commerce et les «finfcnées, un registre est un fivre où l’on inscrit en entier-ou par extrait les actes ou mémoires dont On pentavoir besoin dans la suite. Tous les officiers des eau* èt forêts étaient ténus, excepté les maîtres et les lieutenarts^MlesteniH registre des actes qu’ils faisaient dano l’efXérwicejdè’icur» charges. V»; à cet égard, les titrés de i’Oèd. dt' é66ç, concernant les grands - maîtres, gatde -roarleatux . gardes, arpenteurs ét greffiers. ! Les nouvelles lois et instructions prescrivent aux agens actuels de tenir différons registres sous les noms de livres de correspondance, de türésféifr- naux , de livres d’ordre , de répertoire , de titgtstrès , de sommiers , etc. . ôi . Voici, dans l’ordre des grades, les obligatiéns im|x»sêe*, à cet égard, à ehaque'agentd 1 ‘ 1 . Le consereateuràoittenir trois registres oU'Som- miers des bois de son arrondissement ; on pouétes bois de l’état, ua second pour les «bois indivis , et le troisième pour les autres bois soumis au régime forestier. {■ Loi du 27 septembre 1791 , tit'. V , art 16 , et tit. VI, art. a 3 . — Instr. du 2.3 mars 18* 1 , art. 3 o. Ces registres sont conformes au modèle n®. Vj , annexé à l'Instruction du 23 mars i8*t . {'Art. An de cette instr.) 11 tient deux sommiers pour le personnel.- ( -Art. 17; y I- •- , Wi. • - ■ ;» -- >\ « é ‘ lirait «mit dan» te* ibnrtatax ; V. utt ! bt»te d’or- REÆ dre pour l'enregistrement de tou» lec oetes parvenus à la conservation 9°-.,un livre particulier pour la, traoseipption dee ,Qpdaan»ncea qui autorisent des rongée «rtriaerdinaires ou dos aménage mens (Inst*. d» î} mars idtn . y art. 5 a); 3 L un soipmier pour les travaux (art. 6 fndé cette instr.) ; 4°, un registre des déclarations de défrichement; 5 °. us registre «entblabk pou» les déclarations de volonté d’abattre ( art 69 ) ; d°.i un (sommier des baux et licences de pêche. ( Art. j 5 lv) li-i Le* inspecteurs et aeus-inspectbufs sont tenus d^roiry.â leuraiibrats, des registres qui leur sont délivré^]pat]ie conservateur , cotes et paraphés par lui ipartA >1) piet que cet agent supérieur doit viser et arrêter lors de se» tournées, j -Art. 49 et ia 3 . ) Ces registres ont pour objet : l’ordre {art. 85 ) ; le.personnel des gardes ( art. 87,); l’enregistrement de*: ventes royales .(art. 96 ); celui des ventes cora- mvuales ; ( art. 101)4 1® S travaux ifyart. io5); les jugemen» m 44 la correspondance ( art. 1 »d. les frais de port de lettres ( art. 118); la transcription des ordonnances ( art. «20)4 celle des avis donnés sur le service (art. 121)4 les dé- (-lactations de déhichemens et de volonté d’abattre. Art. ,iâ2..) 111 . Les gardes généraux sont tenus d’avoir, à leurstfsais, dq même que les autres ageus, des registre», .1;%pour, leur correspondance, 2 0 . pour leurs opérations journalières-, 3 °. l’enregistrement des procès-verbaux de délits. ( Art. 129. ) La manière de tenir ces registres se trouve tracée dans les-articles de l’ Instruction du 23 mars 1821 , que- sons avons: cités, et les modèle» de chacun d’eux se trouvent à l’ Atlas. 1 V h 1 os arpenteurs, tiennent un répertoire, sur lequel ils inscrivent les minutes des procès-verbaux do .leurs opérations, et qu’ils sont obligés de représenter à l’inspecteur lorsque cet agent le demande. {Instr. du 9 frimaire an 10, art. 12 et i 3 .) ^svLea tiennent aussi un registre d’ordre , •an lequel il»inscrivent leurs procès-verbaux, selon l -V . s Aménagement. RÉGLEMENS DE JUGÉS. X, qur celte matière, le? art. 525 jt 54 | dm Code d’instr. crim. , el les mots' Cours de cassation. RÉGLEMENS LOCAUX V. Amende. RÉGLEMENS SPÉCIAUX. Ceu x qui concernent les. forêts sont provisoirement roaiutenusp.tr l’art. 484 du Code pénal de 1810, comme ils l’avaient été par le Code de brumaire an 4 > et la loi du ,16 nivôse an o. , RÉGLEMENS DES "VENTES ORDINAIRES. Qh appelait ainsi les états arrêtés au conseil, et qui contenaient la quantité des bois à vendre tous les ans dans chaque maîtrise, avec les conditions et les charges desditës..ventes. Les grands-maîtres étaient tenus de se conformer au réglement fait pour chaque maîtrise; ils ne pouvaient augmenter ni diminuer les. ventes de leur autorité, privée j ni les charger d’aucune servitude, à. peiflfi. de perte .dé leurs charges çt de io,oco liy - ■l’amende". {Alt. t3 du.tit. IIJ, y .et £ du tit XVdé JXord. efe.iôôo, ^onfinnés. par du cqbs,.. dès, .5! min ,td yiçfa fs'enteaifgrç fe?*- v.%£J , REGONDv.Cç.mot,suivant ^Qictionpairç fo- /tefjipr^th, Massé signifie-.tWft solide, monopole lep iwawbàpd# an IjWWaflA l%f '.qu'ils Ont sur les ports,,,patin,ÿ’afl délais*, avantageusement; ils. répandent l?plar»|q^«c mi. lps.autres marchands, qui, ne fiottant pas à bois perd*,-#ont obligés .de faire leur prov-isiw%!«Kf'l* s i!t< o rMlififtt tables en train, et qui» craignantil{; 4 wttê««tin 0 W»êe par ceux.dont les boisgfjpfcd&â *HftjJ¥«SS)i 4 owont de ces bois, bons ou mauvais,]^ priNqnten.eu.exige.. REGRATXiEIbS r gerw qiMiMdyîWni.qnjpeiiie q ua ntité., pp uy rçvepdre .«p, J( pfei§ 9 patltèrqimntUe encore. Par rapport à ceux.quiifsiitjlîftçha* revente fin bqis. î ,jV..Purb,, Ron-df çhatffage *.eJ8 au Recueil , 1 'Ürd.. de, police du,tsi, ventôse, an vi- V. aussi l’art. Charbon. ’ ! : • RÉGULIER, regularis. CT. de. bot^,. Un calice fou une corolle) esc régulier, i", fqrsqufcdP* pièces distinctes dont il est composé,,ét»al 5 conformas, ou à-peu-près, les unes aux autres, sont tellement disposées ou dirigées, que la figure qui résulte,de,leur ensemble, a pour centre ou axe celpf.^e 4a; fleur même; 2°. lorsqu’étant d’une seule.pièce,.boutçg«es incisions principales arrivent à upe. égale 4i»tance de ce même centre ou axe. - ,, < . ■ RE 1 NA 1 RE, renarius. (T. de (W.)fPUnet .dont la circonscription ressemble àfpU^n’unPPM 1 - Le mot n’est applicable qu’aux partie^planes,, tpll^s,qu’une feuille , une bractée , un pétale, efp,, Y, fxinijorme. REINS DES FORÊTS. Oi», appelé rèius des forêts les bords de çes forets et ,les!te^r;\ins qui les environnent jusqu’à une certaine,.piftpnep. Il n’y a ,aucun réglement qui ait bien déterminé cette distance : un arrêt dq i 55 i la fixe à,deux lieues; un arrêt de la chambre de i réformation des forêts de Normandie, du 22 novembre 1612, à % lieues; le réglement pour VillersT.Gotterets la fixe à une demi-lique.: .(ô’a/nf- Yon »/>.. ) 110.,), L’auteur de la Cop/fance. dit que cela doit dépendre, de 1$ situation de la forêt et des lieux çirctmvoisins, eu égard aux Tncpnvéniens qui peuvent arriver; et Chailland pense que telle a été en effet l’idée du législateur dans la rédaction des art. .q, 6, 7,8,.«2- et 18 du tit. XXVII de l’ordonnance de 1669, concernant i°. l’obligation imposée aux,propriétaires de séparer.leurs bois de ceux appartenant^ domaine; 2 0 . la défense de planter des bois à »qo perches des forêts royales; 3 °. la communication qui devait être faîteaux procureurs du roi des actes de propriété-des héritages situés à 100 perches de ces forêts ; 4°- I a défense d’enlever des terres, sables , marnes et argile aux rives des forêts, et, de fairp de la chaux à 100 perches de distance; 5 °. la démolition des maisons bâties sur perches aux rives et à la distance de demi-lieue desdites forêts, et la défense d’en construire à moins de 2 lieues ; 6 °. la défense de bâtir des châteaux, maisons et Fermes à moins de deux lieues. Mais comme la plupart de ces dispositions.indiquent elles-mêmes les distances, il neqjeqt y- 9nr*û r d’incertitude sur les.cas de leur application. ■ REJET , du latin rétro , en. arrière, dehors, ebefe jjaçftpf jeter r.c’est l’action, de jeter 4 «bq*S[);A» je- it&M Rejet j dans la prtrfhjuê, Sè ‘dlt'd’nné '(dèdé de pr 5 WW j'flu pourvoi etftHrê'rih jlfge'mèht^qn’onétaTlè.. Rejets *n fcâaMWf «t Rtt Ho 1 «Rds que Vàit fàfc* #UW ttŸtïcte 1 fi ‘C’ësf!jftjur le vérifier qu’il lui esf eûjtiînt, ÿàt'la’rdê , rfi6 1 ofi6nniuîce, lié donner au garde-ma’rteàuéf du’g^rdè du Canton un état du nombre 1 des arbres délïérié's', et du nbm de ceux qui les orif fait traùsjràrter.'T^fftf. 6 du ménie titre de l’Cyhï.' de 1669.) 1 |J Sur le mrêmç principe, IteSiëtigègistes, usufruitiers et dbùairibrS, âtptl l’an 'a aCcord '4 des arbres pour les réparations des bâfVmens dépendant de l’engag'émént, del’tîsUfmit oit du'dôuàire ,• ne peuvent point disposer dès lioupioûs dé cës arbres , dont iis ne doivetîîprendre qüe led longueurs nécessaires à l’usage auquel ils sont obligés dé les employer. V. Cnablis, Menus mà'rchês'. REMANENS, REMANENCES. \ T ..Remanans. remboursement*^ moins demesi/re OU DE SURMESURE. V. ces mots. REMISE D’ADJt DICÂT*ION, en Cas d^insuf- fisance des enchères: V. Âdjüdictiltbn. REMISE D’AMENDE. V. 'Amende, cl Délit. REMISE DE GIBIER. Ceitun petltbôis Formé d’arbrisseaux et destiné à la conservation du gibier, qui se plaît beaucoup mieux dans la bmùssaiue que dans les bois élevés. V. Remise , au Dictionn, des chasses. REMOLATS. On appelle ainsi les ouvriers qtii perfectionnent les rames dans les ports. J REMPARTS. V. Arbres épars. REMPLACEMENT. Lorsq u’on fait quelque plantation, if faut toujours a'voir en ' réservé" des plants de la même qualité que les arbres qu’on a employés, pour remplacer ceux qui périssent; car il en périt toujours quelques-uns, soit par les gros vers blancs à hannetons, qui mangent les racines, soit par d’autres accidens. Ces remplacemens sont peu embarrassans dans les jeunes plantations; mais il est difficile défaire réussir de jeunes arbres dans une avenue anciennement plantée, pour en remplacer de gros qui seraient morts ou auraient été renversés par le vent. La tetre se trouve épuisée par les anciens qui ont péïij les racines des arbres voishis dérobent la nourriture à 9 ° ILE 8* 7*4 RÈM ceux ([u’on replante;; elles, s’éteiidentedanS là térre quand elle 1 est. rèpiüéè ; l’ombredeS'grarrtls a'rbrëS voisins,tait■fehciipe’uh 'obstacle coûsidéfftbiè à-l’ail croisseinehides 1 jbiines Ijif’bh'ît mis entré ‘èrix ce* pendant il eât important dé'remplir tek vidéé..l leSt (Éê;xpérïencïn-r> ... RENONCIATION. Un adjudicataire peut rqacèi- cer à son adjudication dans le temps^ ddld ifidaière et aux conditions exprimés aux art. nô^ % 6 f et 27 du lit. XV de t’ordonnanco de 1669, et aiix »)rt- *5 et 26 du cahier des charges. V. Adjudication , ZM/ai, Désistement. - ■ ■ ddaî iloci « Il est constant, dit l’ecquet, que celui qui (ést resté adjudicataire doit, dans) les 34 betuleay 1 déclarer son désistement ou renoncement; ef. que, faute par lui de profiter de ce terme , it tombe dans l’obligation portée en l’art. 3 o 'du tit.jXVede d’or- donnance dè 1669 , de fournir dans la huitaiue'Atu- 'jourd’hui dans les 5 jours) ses caution.et certificateur. Par le renoncement, te précédent «nfciiéjis- seur devient adjudicataire ; et comme,i k pé^tae trouver aiisent, la mêmerègle'Oü-le mtiiiobénéflae de a 4 heures paraît devoir avoir lieu peukdÜU,/y«{imposer que lui-même Veuille renoncer , do. jour .que la signification lui est faite du renoncement qui l’a remis adjudicataire , parce que Pordobnbitèe/uLpeut pas vouloir ni sous-entendre qu’il soit d’une qpite Condition que' celui quiest testé adjudicataire *ü feu d*adjudicntion : en softe qu’il doit avoir dknipèeie ■24 heures pour retioncer aussi, s’iL lui; conidetmii » La loi est différente pour le rokooCenrenO qte pour les tiercemens et demi- tretCfeniênfe( ‘béiüv-ci formant, dans un terme limité et de 'figweurj uuiocte entier, absolu et-sans refour» : 0 Tout ce que l’on vient de marquer» est'«hase de •pure opinion , et un raisonnement que d’on croit fondé sur les règles générales ; mais il serait à souhaiter qu’il y eût sur cela et sur les autres questions que l’on petit prévoir, une loi fixe etAcer- taine, qui nous manque jusqu’à présent en .cette matière. » .itac Il est certain que si un adjudicataire ne foie signifier sa renonciation qu’au moment oÛ expirai le de- ‘lai de 24 heures ; il devient impossible 4 celfui qui ‘lui est subrogé de faire- sa renonciatiOi» du ns ce premier délai de e^hetorespil ^liil-ëni faut' diMictiiri SemblaMe û' teltil qii’a étv le prèmlénh switnçant. Cette nécgsfi fééstenCorébien pUis 'évldonte quand , »JÊ1? .uns*, que nous.eqmvans.vL) dermmempteSj, ■jiuqnfàjïieafntidik renonciations J aussi,ne, ia't-rO ! 1 point de difficulté'det'Tfec.evok Une re/ipiiciatioü /fe eitaqiqenmiché'risseurtklijtw lé délai, pou* çlqurgn, de •izj'lieul-es. Xe cehieq dï« -charges semble ure de renvoi. Il pa- rsfîtr 'bien > résulter!; dtt «et ftrticio que chaque en- ndiééjsseuria tb\ kltrlces pour renoncer.; Mkisiœiqqi nô jlaisseieuciUb dout,eà cet égard, «j’esfiewt'aa-k-çtdéilaaxïttr de cassation du 6 août îfj 17. ( Yujcet:ar«êt au ReauoJl.} Le même arrêt décide qù’isn fehcUiérisseur,auquel le clé&j&tcnaeitf: ou la dé- rbéance de lbidjudioataire n’aipas été signifié dans Jea'84 ^^68, et qui n’a pas fourni cau tiou eu tpmps utile, ne peut se prétendre 1 adjudicataire après que fa venté a été acceptée-par un autre enchérisseur, if RENTAILLE. Ce mot est employé, dans le Dictionnaire des eaux et forêts de Massé, pour celui de PlaqvLS. . RENTES! Les rentes foncières perpétuelles, soit émmturû.9 soit eii argent, ont été abolies par l’art. 6 de La loi du, un août—; 3 i et 3 novembre 1789. Mkis une reà-te'cbnsli tuée à prix d’argent, déclarée rachetableà la volonté du débiteur, est différente d’unejrenie foncière,.qui, de sa nature, est inhérente au fpad,et ènest pnr conséquent inséparable : d’où il suit quelas rentes constituée» ne sont pas comprises dans lès.rentes abolies par la loi du 17 juillet 1793 ' Atr. de le/ Gi de cous., du 3 décembre x 816.) gluant aux rentes foncières créées par des contrats mélangés ,de féodalité, elles spnt. comprises dans; la suppression prononcée par la loi du >7 juillet 1 7 ç 3., elles autres lois relatives à la suppression de la féodalité. ( Arr. du a 5 janvier 1 820.) RENVERSÉ , fnfiersits, {T. de bot.y Dirigé en sens a ont faire .du .corps portant ou renfermant la partie renversée. .':r: RENV DI Jâ’ADJ UDIC ATION. V. Adjudica tien. HtnTbrR’ÉGBjÇturcii. il.suffit que les renvois,dans leàiproèès-verbaux soient paraphés, et aucune loi n'oblige,à les.signer eu toutes lettres. {.Arr s de la dp de cnsju, du 2.3 juillet 1824.) RÉPARATION, Ce mot a plusieurs significations. Il exprime .l’action de refaire, de rétablir quelque chose à un bâtiment,.à un ouvrage; il signifia la satisfaction d’une injure, d’une offense, On appelle réparation, civile la spmnjq à laquelle un criminel^.un délinquant est condamné envers celui ituquel son action a causé du doipmage. te Relativement, aux réparations civiles , A . Dovir •magas % Intérêts et Restitution. Réparations des bâtimens appartenant aux -, communes . et aux, établissement publics. L’ordonr àaafce de, 1béçi, tit- XXIV , art. 5 et. 8, et tit> .i^iXVay; art, : 3 v contient des dispositions sur les çn£ joàrilf peut .être fait des délivrances d’arbres aoxétm- .bllssemenn.lpuhliiQs et aux cOrpnmnespCiuf dfl& jrpj- paratioos de bàtâmenB jdispbfétipus quj pç,t étê.-coh- firrnpesijpfti! l'ordonnancé du 7,.mars 1817-. , n m,,i ’ iHJiP •715 •iriSbV.1 kffiyfllfl fïttf.mvtrieeij, q^tajt^^^rand^- majfçesênfvaquîitre deJfi.né.ççssUe, d/ 3 $, reparatiqns ( . lls/faisajgntt: WfiÇ.f .effpt, vis.itqr Ies.liçp^ par dqsex* perts r ,eu pvtéf'ençp. du procureur du f°j, dont R» envqyaiqnt les .praçésrv.erb^ux conseil du^ roi. Les réparations dont le prix devait être paj^e spr les Vjepte^dç bois étalent faites squs.l’a^téjiitu dçs- ditsgrand^-maîtres et dqs offîçjerp, djes maîtrises, ainsi qu’il résulte des qrr.èts des,33, déçpinbre, f 722, 3, mars 1723 ej. 38 çctobre, j jêQ.' Aujourd'hui ta constatation,des réparations ainsi que ieuv,. adjuilicaLiou regardent IVfM. tes préfets; mqis.les ageps forestjers sont to«jours .les jueçs del’état et de la possibilité.des jbrètsllanslesqueiTès on demande à fairq des coupes, extraordinaires. V., au surplus, Bois,desçoniniunçs et (je? établissemens publics pt Quart? de , réserve. Les propriétaires ou possesseurs de. bois, ou forêts limitrophes de plusieurs paraisses ng sont point tenus de contribuer aux frais, dèf /constructions ou réparations dps bâtimens desdites paroisses, ni à arienne autre charge de cettp nature, sous prétexte que lesdifs bois pu partie d’iceux feraient partie du territoire desdites parpi^ses. (Aff. du, Çons. dp, 3 o novembre xy 5 x t ). Réparations aux maison f des usagers. V .• Jx/jar- ronnage et Usage. RÉPERTOIRE DB8 ARPENTEURS. V. Arpenteur. RÉPÉTITION DES PROCÈS-VERBAUX. On appelait ainsi l’affirmàtibn que les gardèls faisaient de leurs prOèès-vefbaltx 'sçfus fé' regîmë des maîtrises. V. Affirmation. REPEUPLEqVlÈJvT ÈtiRÈTS- Repeupler une forêt, c’est en regarrur les vides par des semis et des plantations. , , Quand il s’agit de repeupj^r «ne t f(»rèt, il gstjioi- portant de connaître la, cause / dd ^a .dégradation.^Si les vides sont dns à,ce que le terrain setrouve épuisé des sucs qui étaiept propres à l’qspèce de lipis^qu, 1 y végétait, il est, conforme aqxprincipes d,ç assolement (X. Suçcçfsipri de fuuiire^fi'yffirçsxxt.eéàer urmautre espèce ou qn autre gepre^arbres. Ainsi , dans les anciennes ïiç^flfs de .phènes. dpnt les sdu- cbes ont péri de vétusté,.o* s’exposerait , à alpins que le sol n’eût eu le temps de répajrer ses pertes s à un défaut de sucçès^i op, y faisait urr semis pu une plantation de ebène. , Mais si la dégradation a,étéca«sée par l’abroutissement des bestiaux ou dp, gibier , par le vice, des exploitations, et si d’ailleuij^pn remarque,que,l’çs- sence dpnt le reste de la forêt, .esji planté'y polisse bien, il n’y a nul inçonvénie»jt„|i rqplaqfçr là même espèce, à moins qu’on ne puissç, ep employer, une meilleure et dont le succès gérait également assure. 11 faut, dans tous les. cas, éviter de repeupler une forêt .avec des espèces, d e hpi? qui exigeraient dans l’exploitation un traitement different d.e celle déjà existante dans la forêU r Par exemple, on ne doit point repeupler en pins et sajgjps pne for * ries, parce que ces.diffpr^ns geiirei^arby plcûtent jpddn^fa^mlmè^nmœ^ , ^. que le cas ofe La partir a yepeujiier’^qrau ass^s; çon- !UiP sidérable pour former ■i'ün'pbutVà' Il y i pluS _ , (ii retéptige'j '\ë càuéna^e ; ' Vcicïhlctiok dVi^ shucfic's '■, br» s'émis iniiusfriè&t , lèf cTtferftèÿrtériiel/J 'rfati/rë/sy Vécobuagc et la plantation. ' ' ■ °‘g/, , Ou sent tjüë cé sont les ’ tirfctinstahéés qui doi- ' Ster l’ufl ou l’autre"tfe' cds .ILUHj vêht détorritlrtër à âdôj[> mo-'ye'rii Oh plusieurs'd’èhlre eux h-la-foié. 1 11 Si un bodsfest abrbhti, mal VehàjttV s^il a ël teint par lë’féuftKWè'é par le hiÜiéf, p'àf 'les mu -, s?il a été mal Exploité ; s’il s’agit i d’une jeune t Wl^n^oits p’y ÇH: 4 ^ 5 Wi s loirjjBiu on VamajSff^ moussje ^ s ]pji JeqiUes. avec de .-longs — - r ,çr y omln? tgfft P«> fait arftler, et on jen- îrppaiyi, : er>^^^ Wl c ®*4re3i. Dans ceux pu lek.^ruy^rejjOQ^ÿiefl.fjj^rv.jtièlu lesol abec la pîocjie, é tl ’ on -fai. ulé*. fou MOau x ; a va o iies gaw>ns été àtî- têint lots plantation qui vt-gètè mal et dont on v'çltîîlë' I multi plier 1 les rac'hées'pdans toiis cès idas, lé çecçyjfl^p? e*t îe moyen lé'plus propre à’favorikfer la Croissance et la multiplication du bois. Qn ajoute au süccès de l*o- peration , lorsque le bdis'é'st ctair-sèmié, si oh y répand des sentences 1 <1 là 'bolée avant où après lé recepage. " «'■■’. ' ' ' ' S’il s’ttgif dé rÿiebpler des tlffès dè peu 'd’étendue , il faut attendre’lnîpàijùè de l’exploitatibri des qdi eùtoufèfit tés “vides fp6ltV ÿ faire'tin i awetrcino'» P t i#L.V 5 n ^se^aineiétenrfue et assez garni ruyères ou autres arb o'ir , ffîries. Toiis ces moyens de préparCr 1 - 4a- ^:errb i aïsirrèT l it la' levée d’uné grande quantité'iftél’Sehiettcèsî 81 ’ ‘ * UH eibèlfèiét pfèjfeti ’de ’ rëpèu pler', les vetites, et que- nOUS atotis ^dtvent'piécoriisë dahs le cours de ui‘ Vonibef brüyëres' èt à nl ! fb s ferfy^tës.' L'es ‘graines i roht^dès VàdtJéè? ’étèllita&'ît «i-'. métit tfèë-éddîiiÿdïHjSe 1 ,'' _ __ _ cès en répandant à la volée, aü 9 mon;c nt* ïfe'À 1 .'-;l->otq ?^raennatn 89 b 9 rn(g‘'i er ?uor pi; t-xr dè la foret, jujit jqra si .ànl zueb UÇ nu’L , Ces dî/Tprenteaflt^lqjdps de préparer les- terrains s’appqllen^. écqA uagç>. L Les n çe«df^ produites, par le feu fournissent qq b qn 1 engrais à la terre, et assu- rènt la Téussitç ^es.semencet qu’tm ( y répaWd. Les graines qe Iiôql'eau, .(je pio et de sapiftisont celles qui réussissent lç mieux sur.-les. te^rainsi àinsijpré- pàrés. Boaleaif et.Pin. ,,. ;i uon .[» 9 iu->b ti On repeuple aussi les terrains en friche en UUiu- rant des platpçs-hahdes de z à 3 pieils'dedtsrgeur , et laissant entre elles des èspaces ftpjq labotiréiV de même largqur. Oq, plaute les baaidesutqWvéefl, et on répand, des glaildy entre cefl 'plants pour assurer d’au tant mieux le repeuplement, C’pat, ee-qui s’appelle planter .en rigole, u bande^alternatives. On planté aussi en pots, potets AU poqtteteyJans auaine ahtréiculture qjieqèeUe ( qui résulte mro m-tcu Corn nie noua avons, trajté aux:eftiçles Ptântatians et Semis.) et danacèux.consacrés qun ^UfférertVarbres Ibrestiers, des modes de repeuplement à omldqiyer dans les différons cas qui peuvent sè présente/,(nous renvoyons le» leçtenr A- çet articles,nain»' qu’aux a r ti çh i/lp jfikgcm ont et Exploita lion y qù n tmd pr- lons des eDSfimen.ceniqnS naturelsl èb *- îisim Les moyens employés pâ* l’Administration piur parvenir au repeupieinent des places.vides dans lies forêts sont : i“ rt les adjudications et' les soumissions à pris d’arg^nÇ; les concessions temporaires des terrains , à chaj-ge de les semer, ou! planter en bois après quelques récolte* î leliravail particulier des gartjqs dans leurs triages y 4 9 nl!bbli- gation imposée aux adjudicataires dq bois de daif-e des repique m pn^ dsqs,f pu r* .fiOHpbspsiol 19 çojti$iüpps^ u éS»ï^if'.ftWf:i« mepeiq^emçns .vanqnt 'sujvaqlgleaJjpwÿ téfc! eft ^6* flapèofiB dœpian- tations eh usagq£,jpai$ r $h‘en-<56af dégénérâtes qui 14 EP appastiennent'plfis 1 dü éervldë adnfhlisti'atîf bùHié matériel des opééaHtiéÿ. TellëssbHt' ëéflés qui rèl- , glëH’t ; lbdniHS$«rate#slie «salue no eerfi/ind f . plants d’un ou deux ans. Ce mpt viçnt de ce qu’on emploie .sOttvënd-iiiS'piqùët de boispour effectuer ces pian- dtmjdnsyê’éStpà^dh'è'ün Planteur. V. cé mot. Leirepiquage des arbres dans urie pépinière, dit M. Pbsë ,' darts lè Nouveau cours d’agriculture, ’5tiit0i4 prfMcli?pa(lx motifs d’utiliré : i°. il espace les arbresb ijtift' ilistanée égalé et proportionnelle) 2 °. il donne de la nouvelle terre, et de la terre npuvel- . leinëwt rdniftéé'A lèitrs racines ) 3°. il détermine la ü>fpr(n3fidn‘ ) b’'iiri'é' T ptus grande quantité de chevelu. Ansslofes plants repiqués croissent-ils plus vite et sfirrMÏtsiplutf'tÉ'rs à la reprise que ceux qui ne l’ont v paS’éfOi'Jl è&^lftêftte des arbres, comme les pins, les sapiiïs dtdehrin^bngërières, qui viennent d’au- tartCWïëW'j’W'ë^aîgfieht d’autant moins d’être re- . plafitëSéqttfil&oèt été plus souvent repiqués : aussi, enl bè'nWétbttfaurti’, 'IWchange-t-on de place chaque année pendant le9 3 premières années de leur-^ie. t ? W'Lç Sidil iOtvihvémént du repiquage, maïs il est igrajub pour plusieurs' espèces d’arbres forestiers, ire?eséde?iaippfim | er l fë'pivot, cétte partie de la racine qui p x’enfon’eaht petpéndiCulairément, va chercher n-l^.HOÙrritUVe?à Ufiëgrande profondeur’, ët assuré les arbreeacedtrëfe# efforts dés vents, -gncol ^Jnirepiqudge, péur être bon, doit êtrë fait en , aemps j‘eu térdè' et'én expOsiticnirorivénables pou jiclïaque^spè'ëëid’aëbre. La terre doit être bien ameu iilté paie dei'l&bourS cependant un peu plombée à isa antrface üuibür dfr écdtet deé racifies. Les repi- 9'quaj>esifmfct'fltma dës'rigoles''cfëuséçS à la bêche ou évda pibehë'VftleWf'mieux que ceux faits au plantôïr, parce que cet instrument tasse toujours la terre 1 , 1 et idonne^6\i»elan^Wix'mcfnës une positioii fotçéë. s 9 -'.dxfcQn-'TepiqLmipendant? toute l’année, mais prin- îjoiphjemenr a» printemps/ uiouiflbëst tcmjdurs utile, à moins qu’il ne pleuve, zet'squventcnécessaire d’arroser les planés repiqués, - «t[dè>'desigar»ntir'-dtt Soleil pendant fes 2 oti 3 premiers jours de lèUr ; transplantation , sür-tout qpand 40 (| 4 tb«î «,>iiem £;;.- iw t jamnot iti.v: Dans recon,qmi.ç jqrest)qrç , yn ,app^U«j rfgaqUç IM : bi; plants cl^ns Jç^cjatnèrfs^ Ç’44,m* J1 isf ra ,4qn'^*Qu ^-vite V‘— 34 ‘ * r * i — A - yëpt.inyttel,èséi).f^ës,à faire' de .qes^sqrtes^e 1 *epi- qûèmens dans leurs triages, . .. , ; , , , Nous observons que , dans les j^randeq^pésttions Forqsthè.rep, on fait : peu do repiquagèf, 'âi[)Ce n’est pour l’éducation des plants qui doivent èffe plantés pomme arbres de ligne, et qu’à l’égaf ddes pins et sapjn? , on les sème à demeure,iXtrabinsqu’il ne s’àgissgjde .les-établir dans des terres qui^c.omme les craies de la Champagne, se Refusent à, la multi- lication de ces arbres par la voie dessemis.) V, Pin. REPLANTER. On replante un terrain qui était précédemment planté,.et on replante un arbre qu’bn change' de place. On doit.éviter, dans la replantation des terrains d’y placer les mêmes espèces d’arbres que celles qui s’y trouvaient auparavant, surtout quand la disparition premières espèces parait provenir Je l’éf>uise/ne»tf du.spl. V. Plantation, Remplacement^, Repeuplement, Quiaeàitci, Succession de culthre, w • RÉPONSE D’UNE .Y.ENTE. On appelle Aÿumsv delà vente une certaine, étendue de terrain autour de cgtÇe vente, dpnà laquelle l’adjudicataire est responsable des délits,jdiepuialadélivraacefdu permis d’exploiter jusqu^gp ççqigé de, cour. Cotte expression, suivant CbaiIFàqd ,proviendrait dp ce que l’adjudicataire est jpçponsahlç de <és délits mais il est plus probajilq qn’edlq vient, de çq que le bruit bccâsiormépajIa,açiuped,’uAarbreà ladistan.ee fixée, peut se faire entendre, peut répondre dans la vente; et cette opinion,est confirmée pur-,çette autre expression de- l’ordonnance. ;dq ,^.669 ÿoitie de -la cognée. . ; L’art. 3q du tît. XY de .qetXe, ordonnance prnte que les facteurs Feront Lanravapjort* des délits 6 «*n- •mis à la réponse de levr 9 ,veq'tpa. L’art. 5i du même titre,fixe t’ouïe de la ç©g**;t- à 5o perd)es pour les boi* de 5o ançiét|au-dqssits, et à q5 perches pour,ceux aepuis 5o< atns.pt au-dessous; et il veut que les marchands soient rasponsa- bles des délits qui s’y commettent, si etux pii leitrs façtëurs n’en fpnt leur rapport- -onimi Comme cette distinction de l’âge dès;. boia-f>eiu- éfre sujette à contestation, le cahier des charges y a,substitué une distinctïqqplqs 4ecilq- llportQ,itfi. 39 : « Le permis d’exploî-tjeu - . sera délivrél dans ;ie mois de la. vei)te ; jusqu’aiçr* Vadjudicatairq.pourra faire procédera ses frais , f confprmémentfi l’or don- fiance, au spuchçtagq dç,I% ÊmqW-’^i’buiiède la cognée, fîxée’a la djstqnced,e 366 mèfraq ncqia la ;iil« ont - d«r'fëtiifWs. 1 L’arrosement tasse doucement futaie , et i83 mètres pourle taiUls^N'.fopçh^efigt Ha tecre autour dtlsxatdnes, et facilite l’introduction L’art. 47 du mèmè cahier des. charges rqprodui • de , la.'sère:daii 9 'les jsotes absorbans. La privation du -soleil’ diminua les effets de Pévaporation sur les fedâlhsspet empêchfe qu’ellës ne se fanent', etc. JiBYJviJL'Faufci autant que possible , conserver un peu -,d/é térraafitaiiridês racines du plant qu’on arrache eqiotnr le xepiqfierÿinè É eoujièfi que ses racines altérées, et lorsqtt’qMôqeHt fiuppWraer lb fiivot (ofi le b vent presqane tftiita'b'fg)',) lè'ebupeifhët éVée’ une se r- •pejqœh asnè'^sdsonfiable-' disrtanée dïf t’ëHfet d'éi'Va- ;qinedc'»»!Vbg7è^/te¥r@bîtlp/iiVr&*'dfi? Wf ' fu ‘ rl ' _ 47 du même cahier des.,charges reproduit la disposition de l’art.^ 5 .i dp Itfr Xyid^'.l’bt'ddn- nance'de 1669, Sur là respofiSàmlité d^ l'adjudicataire pour les délits1 codifias àïl’ppi'e de la cognée, et dont lé facteur n’aurait,point,fait de rapport iftdti- quânt les ribms'dès 'délijàgtiafif t ;j!^ai« 9 f:et articla/»e .. imia - SIOIÏ cnvolorit^rej.. pàlov.fil c inshnBqèt ne îbi Sous le régime des maîtrises, les proces-verbaux 7 i 8 H'tiQ dressés à la décharge des marchands dévaieiYlêfrècif- hririéï 1 par deuxperlônnès; aujourd'hui éetté obligation n’esl poîiit impose âüx atqudiçataîr’éé. Lé cafiqèé les chargés vetjt seulement que cesjqppdrts faîrseW^ cohnaltfe lés hbnis des délinquâns Dr, nh défait-il ■ ■as facileàunadjudicatairede mauvaise foi , d 1 indiquer le ilom d’unô personne insolvable, pour se décharger /le sa responsabilité? Il est donc conforme aux principes que l’adjudicataire ne puisse lui-même drqs- ier ces rapports. La cpur de cassation q même décidé qu’un facteur qui est caution ou certificateur de caution ne peut valablement dresser tjerprdfcès- verbaux à la décharge de l’adjudicataire j : et c’est d’après cette décision qu’a été ajoutée la disposition le l’art. 42 du cahier des charges, qui ne permet pas d’admettre la caution d’un adjudicataire pour oteur. V. Facteur. REPRODUCTION. Dans la physique végétale ■t. en agricultureon comprend en général, sous cette dénomination, tous les moyens que la nature ■t l’art emploient p>our perpétuer- les espèces.Les Semences , les Drageons, les Boutures , les Marcottes, les Provins, la Greffe, sopt autant de moyens de reproduction. V. ces mois, et les articles Germination. et Physiologie végétai i). La coupe que l’on fait d’une branche ou du tronc d’un arbre est ordinairement suivie d’une reproduction, qui s’opère par le développement de germes intercutaués- Ces germes auparavant imperceptibles, recevant la nourriture qui servait à lapartie de l’arbre retranchée, donnent naissance à de nouveaux rameaux, qui contiennent eux-mêmes une foule de nouveaux germes, dont le développement n’attend • pue des circonstances favorables pour s’effectuer de , la même manière. Ce sont ces germes, cachés dans l’intérieur de l’écorce, qui, lors de la couped’un taillis, produisept le recru qui doit remplacer les bois abattus. La reproduction est d’autant plus belle que les souches sout plus jeunes, mieux pourvues de racines, et que leur écorce est plus facile à pénétrer. Mais tous les arbres ne sont pas pourvus, de ces germes reproducteurs, ou du moins iis ne paraissent pas en avoir dans toutes les parties; car les pins et les sapins que l’on coupe ne se reproduisent pas de leurs souches. REQUÊTE,d u latin requisita , fait de requirere , chercher, demander. Dans la pratique, c’est une demande que l’on forme en justice ; ce mot se dit aussi de l’acte qui contient la demande. Il y a autant de sortes de requêtes que l’on peut former de demandes. Requête d’appee. "V. Appel. Requête en cassation. V. Cassation. Requête civile. On désigne ainsi une voie ouverte pour se pourvoir contre les arrêts et jugeraens en dernier ressort, lorsqu’on ne peut pas revenir contre par ppppsition. Cette requête est appelée civile', parce quç, èotrune bu se pourvoit devant les mèmès juges qui’Wt'fiefrdu le 1 jugement, oh ne doit y parler qu’avec le ‘rfev^ëtt qui convient et satls inctilpët tes jugeai 0 V. les' ârt. 480 à 564 du Cède dépmc'êct.'mv., et lèsât i t'. t loî?è k’i'oüS du mêtn'é RÉ8 Code'. Y. aùssrî-lë itépertsde juriiprueDié t leaQuéçt. ■MMrôîéj par M. Merlin j oü^^iotfvprttphmeurs' lecisiorisimporfahte^ i 4 lalifemetiT ] â la requésel^ci- Nile^et, entre autres objets, sur l’iirtplièàtionh'ded lisjtositlons du Code à l’dtaïyatix -comttRtnes Vt iirx étàblissemens phblics»(• 4-0 ^ ,l " ‘ RÉSEAU. (T. de t>ol .)'Çfeiÿ lîn^sftî^dWfeY entrelacées coin me les maifleS d’un Biét^u amiTiÈsts. RESERVE, du lati#.. res&va/ç ^oqg ^ va/e, garder, «opspr F eir:gH.iHp^èr^ f ,^ J p^., autre temps.? petion. e -, 9 i m ., 9 'i u Dans la pratiqu^\ c\y t uqe.çawept#)rç ndWg |f ^ trietion au moyeu de UqtiuUe upq .Qho^ comprise dans un acte, dans un jugçmqqt ê\t ; Ç\S\ff t se dit aussi des, choses .ré$pnyées,< , H^/'RQÎgàfl Dans Yéconomie forestière *\ os t ^appelle. rfsptyg un canton que l’on défend, d’abaure-.pçuç eu.-,fqrn mer une futaie, etd’ensHmlile dos ba 1 ivefflix,,arbres ( de lisières, pieds-corniers paroi^* etp,.[, que’ l’pir marque sur une coupe pour-être coBaarvçs,| lf , \ Les agens forestiers font appliquer sur-les arbres à réserver daus une coupe le marteau royal. Us font la reconnaissance de tous les arbnes désignéser marqués par l’arpenteur pour pieds-torniens^otémoins et arbres de lisière, à l’effet «la lesunaxquiîi du marteau royal au-dessus de la plaque qui'a>r»$u l’empreinte du marteau dë l'arpentent^ lis. rexaiui- minent si la coupe contient , une. trop grande qirati- titë d’arbres anciens et modernes qui : en altèeèht le fonds , ou qui sont dans le cas dels’opposeBià la pousse du recru, ou s’ils srnit cocttrunncs -et,dopé - rissans : alors ils désignent ces, aibfes poulr être abattus. L’ordonnance de 1669, tit. X\ j art.Iris, voulait que ces arbres ne fussent abattus qù’en vertu d’un arrêt du conseil ; mais aujourd’hui l’approbation de l’état d’assiette par i’Adnàinâstratio» qes forêts suffit pour autoriser la coupé du ; taillis e; du la futaiesurmimérairq ou dépérissariteiqiR s’y /ruuve. V. Baliveaux, Coupes fet Martelagv.hio'l 5 . / .u- Les réservés ordinaires prescriteS-lpar l’ordonnance de 1669 sont les pieds-corniers , les arbres dè lisière eide parois , tit. XV, arti 6; 10 arbre .s à choisir en chaque arpent (demi-hectare) de futaie pii haut recru, art. 11 ; tous les baliveaux éhdfehs et modernes dans les bols taillis aVec-cnux Je i’àge du taillis, art. faf ceuxde l’âgé au «tbtnbné'dé l 'ï0y tit. XXIV, art. 3 ; etles arbres fruitière; 4 i£ XXre' art. 3. vj! gui cl Mais oh réserve ordinairement un bien plus gtaéd nombre de baliveaux de l’âge'du taillis! Xi'Fali- yeaux. '* " : Les adjudicataires sont tenus dé reSpneée/les arbres marqués de l’empreinte du martekil’ rdyal. éürd. de 1669 1 *>• XXVI , art. 10.) f à Dans les taillis où il n’a pu être Hiarqdei île baliveaux de l’âge, à cause de leur faibïesséyOfc doit en réserver 5 o par hectare. (CaA. des ch. de i8ao ; art. 5 4.) -sali >r Jneh-' Si pendant l’usance des ventes aucuns dés arbres réservés et ni arqués sont arrachés ou abattus pat les vents oiiWagesyeUpar autre acoidéftt, të^mârdiands$ 'mi leurs facteurs , les; laissé n tu SUr la place , et en donnent incessamment avis à'l’agent ii’en.rIro*fefipw^~Kerted,nW,llï>*wwive* ff «L ^ÜTâMwA ‘tetohkyntUib* fybà'l lllt .ëloriji) Sllfl;- , » » .«*Iiv '^«s ia*brs»^i«Use')ljfiÇ»'# TCRtlusi cçatme qlcablis--( ( Cah. des ch., art. 54 -A- dtyVi&çnUùrG^EtcpLaitp.-, Y te%i'! , WnB%IS.fe» 1 art - f 7 Ht \A \ 11 de 1 ordonnance de 1609, sont rep fa'iYë’ püftft dü°fbndy j ,' < 'SsùtS qHé4(M(k>êaîfier8,df>- uàfalréti, ehj^fit^yifcWrfVs'iftet'.èj’étleurs'reeeiveiirw ou fermiers y puâsseiit 7 fî£tir pbêtéridie*, Ai-aux amen- dgS’fjdFJfnt JlréVîëriifèOWV.' ^ilAfttétfàgen^ent, Bàli- ‘16brtrJn&%'e4 ê’f 1 des• ‘particuliers , QtMrtüe llu 2niib r 3 ^ ^s'- RÉSIDENCE, du lïtSw J-oS/étaw Reformé de la [iartlfetrlé , ttéi‘tti\ j è°re éfdè'èéàferayse' rasseoir, de- mè^ret, rètddeè"! ‘Cé^taOt? sè'dit du séjour actuel et ]xrfÿ^rtief' d’ritr otffiCiké’potrtMjyiï’tinifionetiojnKlire, dàrtJ lît^Keu d^'ges 1 fèùctiontei u ' ' - *’«o . - Les ancîétittesf'trrdbïnaances enjoignaient à tous les-citificiersdu roypmne-dja résider dans le lieu .de letirsiiçactiofts; cependant on obtenait.assez sou- ve**t, de* lettres: d«- dispénse ; sur quoi Saint-fïon témoigne:son étonéçraent et rappelle ce que disait Cioépoo/en pariant, dé* sénateurs : Senatores sert per c.desttidvbent. LAq nbutielles lois font également un devoir aux: officierai publies ide résider. Soifs ib/rcgiiqe des maîtrises, les maitres parti- culieMy.lieuteïifins^iipcôcureurs.du roi et greffiers, étaient tenus de (résilier au fie.n où le siège de la maîtrise étaitiétaàdn Cela était ordonné), v 1*. A; l^gardddes maîtres , par un arrêt du ton sfii drna fevéieti 1 6 çt<) 1 faute.' de qiroirils devaient être 'remplacés,JjeLilis) nen pouvaient être payés de leuss gages quélgur joacertificalta des grands-maîtres yajfuitifkuikqu’tlsdYaieait satisfait à celte obli- gatidn;à.peineqmr lep/recevaurs de. payée deux fois; 2«u>A l’égapldes lieutenansp: par,d’art. 3 du tit. \ . de l’ordonnance dfe 166(y, qui fes pri\rait\de lettré gaje^,,. ifauf^de.Trésidfttrftu fieu de.i’étabUsste mÆdlj 1 - .-vjinr -ah;*'. ’oi i,,.-; t '• ' 3 ! - 3 â*i A l’égatdides.prqcureurj du rpj,par.la -nature mêméi 5 du tit. A 1 A, ,èt l’art* 9 du tit. XX de ladite or- dortnanoeporîtant qu’ils ne pouvaient jouir des droits degkwidée et de chnoffage, s’ils no. servaient et résidaient réellement; 7°. Al’égarddes*gruyers,.f «pydptit.lX. -iLéS lois et instructions, .suf r . .llorganisation actuels dej.rAdmin^tration qÉligçnt égaieniept les ag©n?fit > |aj5de»i ro«Âd$f ) daijf.les jieuf:.■ mannob ne Je ,oanl- al s.Ç.l yejft pseeder. 8 jours. (Lçf .Styjephm- lt Pf>!|l 7 PA, tÿ- lM, art. f er » et 10. — Iystr.âu îo.fii- tàSMAÔsa*' * 7 t) ' , . ' . ., JArsarypns que cette jastruction i'édui j i i,j jpms la .qgrée.qufi .peA avoir la |>qrmissk>n à açcprder auxqjàrues pptu; s’absenter. l^e^gartîes ^ x.beval sont •souipis à l.i même régit que lesigardes particuliers, leurs’ fonciipns étant les mêmes*. •,,. . Ées garde? généraux résident dans lq^ lieux fixés par leur çominissiqn, et ne-peuyent, ùpçîné d’être révoqués, s’absenter sans une permission, qui rie peut excéder to jours (Instr. du 16 vàntdsÿ en 1 q ^ i3.) V. Congé. Les conservateurs, inspecteurs, sous-inspecteuis et gardés généraux sont tènu^ dé ^résider dans les chefs-lieux de leurs afrondisse/nens; ils ntt'peuvent s’absenter sans a’vcilr obtenu tm Congé. ( Léi du é<; septembre ^791, tit. V } art. i * r . — Instr. des 7 prairihl an 9, 'art. I e *., 28 novembre 1817; et 28 mars ' 1821, art. 2 *f V.' '-Absenbè^’ 'Ûongd, -Traitement. ' RÉSILIA'I’ION , du lùtiri re si lire-, |otir rèt/ô satire, sauter çn arrière , J se dédire .. Dans hi pratique, la’ résilratioti est un acte par lequel, d’un mutuel conséntément, on annulle un autre acte pendant qtiè le^ choses sont enéore entières. La rêsiiiation îi’est pas la mème' cbosé que la RésdlutioniX. té mOt. RESINE, re.diitt. Produit immédiat Hefa végétation, doht les propriétés sont de brôler avec llamnie par le contact cPnn Corps acltieHeirienr*embtasé ,-et d’être soluble dans l’esprit de vin et diras les htii- lës , et jion dans JVàtr.’,. ’ ,r ■' - ' Les chiniMes regard.èrtt lès résrnei ’éuev-.ne dès huiles fessentielleVépafSsié^iJttBtÀ pett^dé 1 lèùr hV- drogène et l’absorption d’utier partie'd’exrgène.- lly a des résines solidèS et bis «an tes-,-de s résines solides et non cassantes; fl y'Wi dé molles et même de liquides. : •• 1/- , ai ’ ' ' * Un grand nOjflbrè d’e.épèces d’arbref. appartenant à des familieS fort différentes ; forrrriissent des'résines qui «ont employées dans* la médecine et dans les arts; mais en France il n’y'a que^ceux de la'famille des conifères'dont/on- en tfife! ! I^hcore parmi les genres de cette famille; lus pins, .sapins et mélèzes sont-ils les seuls qui,,son* ce rapport, intéressent l’économie forestière. . Le sapin commun , le sapin-pesse 00 épicéa; ie pin sylvestre ou pin sauvage, le pin- d’Alep. et ie pin-cembro donnent, soit naturellement; soit par incision, des résines qui se confondent dan« : le commerce. , O La résine, ou poix-résine, jaune de Bourgogne, provient du pin. sylvestre , qui croit dans cette ancienne province. ,3 La résine j deaux, ep faisant, 1 lipot, que fournit lé pw? w,arUim%{ *-> 0 Wj ' 1. irre le brairsec.jfa. poigs rMcfy K Ààbr •dron, nejsont que des mu langes de f ékinp avÈe. de ^ Mà veux,SÆT» , , \ .J„qMi ifô s m s * t a}U'Mtei AJifiiwV entre .esn9 W -..'irai aitfil noT-, Jt;r ;-,.Çis/fi Jïa'Jî 3q ,,9f-.v. liqüèron^a^^^artlle^iîjfre^ eflSa fâ/ASmiW-iHM'..:.--.’. » £ <î 1 i*>î» su nO A lUr-CUCi 1. fl. ] I fil 9b 9110301 fil notifiai:; 1 ft* ü sxwWvrt.^i p .W&M “* ■“« (recautions nécessaires, ... ÆWm&f îft^GiiMKj , . ‘F’çfejfWégif itïBoUMc, „„ _ T 1 ; 9 tfm, ÎSSi^'fWSftkv^iW Àfc*- ?£. î'j^jèÇÇdiç pum aldeièbianoo lio^ 5. ,Ui fWÎ% facilçmen^ûp:. sauce de itant sous^e,^ qon fmjplo Sl j.^ arbres i^m? «M c %y*ywtff -mftnM Jk «éPfipH lîajyw èe 1 ***^*) .«rsf 9 Mth> ougnol eh visa 13 ,al §>3ïéJ‘i m-nPsaeédé Indiqué'par Ai, ttartig, grand- maître des faréti dcJn^Pr/tÀse , pour la- récolte des aVi xioq t>\ •w\\cv>Vt aVi ;. Lorsqu’on veut récOttSV'l^'rAsine des arbres, no- tuadtiwnsiijlea l^épïié*ti^ ©n"-procède’île la manière suinaieq fil 9b Jn-'.'tiinuol ai. ' • iAA-pijiâemps, àmneiqùe’la sève toit en. mouvement^ on 'enlève sut.IctrOMt’de l’arbre, du cAté du raid* j vit ae bande- dlécQrt»a'jde '-3 pieds de long sur unnpouèe-à ain paacerq. ddoùde large, jusqùlàl’au- biftr.;. an moyen d’un instrument fait exprès; on ddnne àtcetteiaeisiosi-, ;qui doift éCre prise 4 e pieds de< terre^iiBe'directioa'TSrricale,' et on® soin de latermiher p*f ex basen>biseau, afin que l’eau des pVuieàs’éeoiiwfpcüement, na s’introduise point entre la boïs eltLIécositoÇ et n’en Occasionne pas la pour- ràtuçarDèsiqde faxârculafionde la sève commence, cett« 7 ènlxillq.se: reinplit pe 4 i(t à petit du suc rési- neuxvqui de 6ge,à;l’air et finit par sécher; Dans les mois de juillet et d’août de l’année suivante, on cn- Itèdéi cette; Kéeiàe;as«c nan couteau ■reoonrbé ou un ipatMunienfi particulier 'destiné à, cet usage; -on la ranferaiBidkns tles' hottes laites d’écorce, et on la oisttarve pour-une autce préparation (2). filMaisu^ouriépihuu (printemps suivant, le suc ré- 3Mtepii pjtnssO-coaler de nouveau dans l’entaille , il faut enlever de chaque ajôtd une très-petite bande dV&adOejjusqB.'au.'bois. Dans cette opération , quiise mois-de anal, On obtient encore un peu de iSdiite mêlée dféeorce et d’ordures, qu’on emploieài fltire dada .poix «t dtrnoir de fumée. dndépeadanlmentcle la récolte qui se fait au mois ;t,.et dans laquelle un habile ouvrier peut, loèsquedes circpnBtinces sont favorables, ramasser, par jour, de 5 o à 60 livres de résine brute, on a liUsag. us (.. .• 1 1 1 . . . les nourn^t les fipfiltjîjftüft ainsi .afFaiblj^ ÿêv^ppü^^t^b^ ^^r^JbisBU^l grande partie^,qqç snièrtües ,• qpi fpe. PÎP YÇft t iti a $lPE*W: le reensemenc^^t uafut^^in M881 bio»àb ab L exploitation de. I,a tesiae ne^ejp^^Crtfre autorise? qu’autaiit la perte des arbres en croissançB^t, qpffa\nUsstpnAfib de là qualité dû bois séraiqut^unemp^qpfe yRjkttt. que le prix dé la résinçj-qu’oii ÿj&fftpMr 8fw;9t- cas ne peut avoir lieu qvie^laasjefl BWf>9 i *! l, élP9ik«5 très-peu de yalepr.^pt ç^.^.-quq^ijp^Bî qu’on doit permettre ÏWiÿfUqp WiÜ\ï>fG‘ indispensable ; mais jpourj^i^pn seconde opération dont.^nqqs ,^vônp, paW tiilWt^ft qü’eUaest trop funeste„« . \ oici les moj-ens d’Qp^^ l'e^fraaîqn. pe ^ sine avec le jnoms dé dpm.mpge pos^^e i». On ne doit qxp|pitaç|pqqp ( l ? ,.ré6iBft,q.uq^Pt forêts qui sont déstfireés à lournir^^ p/igfijé f a ge, et parmi celles-ci on doit encore excepter toutes celles^^q^report ..sup t«r-ê rain o 8 •,, 2 .'h tXW\v4,t-\td. niùtsft uV 2 . Un ne commence l’extraction de la résine que '10 à iÆansqi-%a«f:l’exploitatioir d’ofi?cpawAn^ eWon jne la fait, que cinq 4 sàx. fois-sac-chaque-mbf>ep«i«^ | 3 °. L’enlèvemen* x«t grattage dtelaerôfiiiné sardv arbres qui onjt qtéttntailléj an péiatbmps j d»iwi«> faire dans le moisd’aoui ds l*année stiivkiÛBl que la .résine soit biéH-eoagulceq et poueéit ■ iflirofn» .«mté.io^eüoortique;- e «.w •»-. T“»?*?« M ttmmiltMKm iiWlBfir«>^^ti^alcnouïrtf^ ttnluall ij.wi xviqo tém lmoq * *' Il XKO'f itéë RÉS 7Î t fe» ffrbté* 4fo' bldtJ 'àfff élïéi !( arbres situés en pleïtr'air'fet'lrtpçnéë au soleil sont ceux qui fôurnis- MHflè pHi^oe' résiné, ét que c’est dans les étés chttUflï él èëèà Wu va uv» , Afc de Sh*rg*dorf pense-aussi -que -l’exlraeHon de la résine petttjnuire srox arbres ,«t su?*%chft-aux jeunes épicéastmeiflilèstliien moinsré se rvéa ( ic M . Hartig danftsés procédéad'txpioitatiohiéjHfihd-, dit-il, l’épj- oéi* pria toute sftcroissaHcfc,et qu’Uést sur le point d'êtroitbattu^ On peuti’entaitWsàms précaution ,et en rtifoge la. résine «ans craindre qu# son- bois perde dttR* qaiaÜté pour le chauffage ’ét pourra Carbonisation . ■La pwmière fois que l’on saighfe un arbre ou un edirton tout entier dans une forêt, il'eohvient de Cnvoootte opération au printemps, g) la vire est en' mouvement, lieu résulte le double'avantage que la résine «ouïe mieux, et, Ce qui est d’une grande importance pour, la conservation de' l’arbre, que la plaie Se recouvre .promptement. La manière la plus facile de faire les entailles eat de se servir d’une espèce de hache, avec laquelle on enlève l’écorce de IVrtrCtt sur 3 bons pouces de large ^ même en entaillât dans le bols (t), et depuis 1*. hauteur à laquelle oa peut atteindre..O», borne L’eetaille à a pieds de . « . .. 1 .1 j i.ii . fi} C'eM nnepratiqtte aw, qti reCoôtjiàndey 1 Tomk II néès l’une, On èn arbre en ait reçu Six à sept. II est nécessaire de ne Saigner les arbre* qüè’toup lès 2 ans, pour ne pas trop priver 1* bois ne sa force , et pour lui laisser le temps dé réparer sespertes. , iJans lqs grandès chaleurs , la poix est trop coulante, et il *est avantageux d’en faire l’extraction avant'la Sâint-Jèan et après le mois d’août, On ne doit pas saigner le* jeûnes arbres t cette opération ne doit avoir lieu que sur ^eux qui sont destinés à être abattus 6, 8 ou 16 aqs après, Au moyen de cette attention, la récolte dè la poix ne pourra nuire aux forêts, et sera de longue durée. Ceci s’applique également aux sapins et aux mélèzes pour l’exploitation de :1a térébenthine, } 3 . — Manière de récolter la poix de l’épicéa, par Duhamel. ]0 q, C’est principalement dans 1 » Vosges que se fait cette récolte. Les épicéas fournissent de la poix tant qu’ils subsistent, lors.même qu’ils ont 3 pieds de diamètre. Cette substance résineuse ne sort point du bois ; il en suinte no peu.,.à la vérité, de l’épaisseur de l’écorce, mais la plue grande quantité transsude entre le bois et l’écorce i.elle se fige aussitôt qu’elle.est sortie des potes de l’arbre ) elle ne coule point è terre, mais elle reste attachée à la.plaie en grosses larmes ou flocons, et c’est ce qui établit une si grande différence entre la poix que fournissent les épicéas et la térébenthine que donnent les sapins. Pour avoir la poix en plué grande abondance, on emporte, dans le temps de la sève, qui arrive au mois d’atvril, une lanière d’écorte , en observant de ne point entamer le bois.. m Si l’on aperçoit sur des épicéas qui sont entaillés depuis long-temps, que les. plaiérsont profondes, c’est parce que le bois continue i croître.font autour de l’endroit qui a été entaméÿ etcorame il ne se fait point de productions lignensesdans l’étendue de la plaie, peu-à-peuèes plaies parviennent à avoir plos de 1 o pouces d,e profondeur. v.‘ Les plaies augmentent aussi en hauteur etrea largeur, parce qu’on est obligé de les rafraîchir toute» Les fois qu’on ramasse la poix, afin de détruire une nouvelle écorce, qui se formerait tout autour'de la plaie, et qui .empêcherait lâ résine de couler, ou plntôt pour’emporter use portion de l’écorce T qui devient calleuse i cet endroit loosqu’eile h rendu sa résine. . • . Bien loin que ces entailles et cette déperdition de résine fassent tort aux épicéas., on prétend que roux qui sont plantés dans les ter ra i n s. gras- pé ri r ai e nt, si l’on ne i tirait pas par des entailles une partie de leur résine (j ). * •" {>) Dufr«mel tieèonne pas celte opietonèonmiafa sienne ; cependant il ne 4 a-combat poiu Non* pensons qirési tes sa i- garôs sent utile* dans.ceruûnscasxel|e*ce»t naitibles dans un bien,p|us grand uomtue, et fc cep égard no*)* soaunc* dVcofd avec le* aooveaux.édkenr* dvsUuhameè, qwasBa- rertt qu’il y a une grande différence ant*a leaartitss qui a’eurt point subi l’ojiéra'ion et les autres. 9 ' , U RES ]fc.. ... v ' ; f Tous les ans, les épicéas fourattfcehk de bupoix' pendant les deux sèvei, c’est-à-dire deplris lexiloisj d’ûj'iü qusaatéàn septembre ; mais les récoltes sont" plrun - abondantes -quand les arbres sonc en pleine sève, et l’on en ramasse plus ou moins souvent",! vnivant quer le terrain est plus ou moins substantiel : -en-fond-que dans les terrains gras on eri farit- la va» rolte tbns los 1 5 jours, en détacbant la poix -arec uil instrument qui est taillé, d’un côté, comme lefeT d’unediathejet dé l’autre comme une gouge. Ce fer sert enbore à rafraîchir la plaie toutes les'fois qu’on ramasse la résine. La poix des jeunes épicéas est plus molle Ique celle des vieux 5 mais elle n’est jamais coulante. Cette poix est toujours assez sèche pour être mise dans des sacs. C’est dans cet état que les paysans la transportent dans leurs maisons pour lui donner la préparation dont nous allons parler. -On met la poix avec de l’eau dans de grandes ■chaudières , un feu modéré la fond ; ensuite on la verse dans des sacs de toile forte et claire, qu’on porte sous des presses, qui, appuyant dessus peu-à- peu, fone-couler la poix pure et exempte de toutes immondices 3 alors on la verse dans des barils, et c’est en cet état qu’on la vend sous le nom de poix grasse ou poix de Bourgogne $ on la renferme encore dans des cabas d?écorce de tilleul. La poix noire »e fait en faisant fondre à petit feu et doucement la poix jaune dpnt on vient de parler, et en y mêlant.une certaine portion de noir de fumée. On fait encore avec la poix v par la distillation , une huilé essentielle, mais qui est bien inférieure à l’esprit de.térébenthine, qui se fait, en distillant avec beaucoup d’eau l’essence qu’on retire des vessies du sapin. Dans les forêts épaisses où le soleil ne peut pénétrer, on fait toutes les entailles du côté du midi; mais dans celles pù soleil pénètre, ce qui est rare, on la fait indifféremment de tous côtés, pourvu néanmoins que, ce nu soit point du côté du vent de pluie- On fait quelquefois trois ou quatre entailles à.ùn gmsiépkéa. Quand on n’en faitqu’une, les arbres fournissent de la poix pendant a 5 à 3 o ans : il y a dés arbres pourris au dedans qui donnent encore de la poix,, parce qu’à mesure qu’une couche intérieure se pourrît, il s’eu forme de nouvelles à l’extérieur, Lorsque l’onfpit plusieurs entailles, l’humidité, sur-tout dans les; tamps de neige, pénètre la subs 1 taucelignèuse^ietoccasionne une maladie, qui annoncé que le bois tombera bientôt en pourriture; le cœur tje l’arbre, de blanc qu’il doit être, devient rouge; plus le bois rouge s’étend en hauteur, plus il approche de la circonférence du tronc, et plus Pfa-hrei est près do sa fin. Let.épicéas qui ont fourni beaucoup de résine, pourvu toutefois que leur bois ne soit point rouge, sont bons: pour faire de la charpente , de la menuiserie, d«bardçait>:desse#ux, des tonneaux à mettre itt’-wn .'fiu jiesjsnaqchaadises. Il paraît néanmojnt qmiioettegespècaldié befis*.souffert quelque altéra-! liorfipof^Iajohferixw» quloixiton faites! pin» léger,et de<>jmHniire,lqiialiééquei Qtla* dea arbres qui Vexât point été çntaillés. Les sapins rouges ne sont bons RE mi ïam no «' A iUl JOUI 1IU ç 20 ‘‘J’IUfJini qh’à brûlorqxcutuetatAièkui Ànlleadsisse pWrritsdaa* i4sforêtsi(r)y , .- AYunu sfo suas enu i, < Idmew-M -9- Ln arbko vjgourenx, e»ipJatttéFdnrbDmfiend rpwat rendre, chaque année* dfe 2o AtiîjOqlivreo-'JoiPiûlvt.' :. '\uufc» "xuueesv •' -.>.v,V. . L4- t"- fJc 4» préparation fi l* poLfctftil’épieéa^ par < 9niê9i c’ 9-jbno* : procédés indiquas îés* fb- e l’AllemagneifiOnjt^pmi 9 8fflÇél-^i$ué 1) ceùi 1 tilé- rets de l’Allé in agne ^üiijt ftfél '‘cBùif 1 dfe - crits par Duhamel 1 i' ÏéïMW .ïWÀWfto^ la’Æ sine de l’épicéa dés 1 irlt : éuj J dlës'(Ài , ^fc/‘ébiiïiéWàfrfês la récolte, et laTiird fëhèFrêVa'n' fcmtfemmr» chaudières de,cuvv'rèYÆWé'^iwIcmre tfàn^ïfflb Maçonnerie dé telle mattitré que'ièT<ÿn à sédîendêhè 'de chaque chaudière’ s'ôiV tduché' jïarie Teuy.èt iju^ la flamme qui s’échappe par fa èhébiin'ée du fourneau ne puisse frapper sur la résine. On jette dàus là chaudière , afin a’empèchér la cqmbusüpii‘ 3 e là résine, une quantité d’eau suffisante pBùr qtï*il p’eft'^roüve de 3 à 4 pouces de haut, à pariiV’flu fond dé là chaudière , et alors on y jette petit â petit dé’l'a résiïie, jusqu’à ce qu’elle soit' remplie aux quatre’ Cinquièmes. On entretient d’abprd un' feu doux, qiie l’on augmente graduellement, pour J faîre Foddre i.i résine et la faire bouillir. Lotsq'u’eljb ébt arrivée à cet état, pendant qu’on la refiiue bièfi doùcènjéfit. on retire le feu de la chaudière^ et la résiné'eàtklbf» prête à être nettoyée. ." ” Si ou veut procéder à cetté ddrnîére opêràtibè, on puise une partie de cette résiné liquide, que : l’on verse dans un sac de grosse toile qu’on a mbuilléau- paravant : on ne le remplit qu’aux deux tiers;'on le lie fortement à sa partie supérieure ; on le porte’soüs une presse simple, et on foi imprime uné légère pression pour en faire sortir la résine liquide. "Cette résine coule pure dans de petites tonnes faites de bois léger de sapin, et c’est dans cet état qu’elle est livrée au co'mmèrce. La résine claire qui* Sort de la presse par la prémière pression, s'appelle dans quelques pays , résine jaune , et dans d’autres poix jaune $ quant à celle que l’on obtient par une plus Forte pression, et qui-n'est pas très-claire y onia nomme résine ou poix notre * Les immondices.qui restent dans le sac après chaque-opératioa; Rappellent , en allemand , peck ou harz-pries’ en. (résidtis dt poix ou de résine}; on les emploie pour faite dunoir de fumée. no Cette manière de fondre etde purifier la lésiaeide l’épicéa est la plus générale; mais-à Ellwangen. dans le Wurtemberg , -on procède de là manière suivante : - tr On jette petit à petit dans une chaudière d« cuivre murée la poix brute, et On la fiait fondre en remuant toujours par un feu doux , qu’on augmente un peu vers la fin de l’opération; ensuite, on puise la résine Claire qui se trouve à la partie supérieure, pour la mettre dans des tonnes de bois. Quant à la résine qui reste «fans le fond de la chaudière, et qu i • (1} On a bien grand fort; car la ptmrritare des arbre» féSinéM?'dbfïn!e tlrif â'TVbsirëTtipliéàtiôtt'dTaseetes sdisiMes. > ff ) 1 Je ’JrL vôltitbè ’TfeS erbrws •éO'atiUitts t do OuUémclÿ-p-. r&j ta fig. des fountrarax, imtnMneès et va-es employés en Allemagne pour la fabrication delà poix RJbS; ... ... . «frf est melee a impuretés, on la met sous presse, renfermée’ dan* \t&• girâtùl'isae-de £i defertrèsiierTé. iÇe tac ressemble à une cotte de mailles ; an le. rempllt. dé la WsiViS l^qukleitu»jsfife ,-et afinqu’elli ne. sel re-' froïdisfcO pas» t/olpQ^t^ crin 4a presse entre dvux.faux ou deux fourneaux échauffés. 'Cette ntèthèéé°4 èetâ oe particulier, qu’on fait tondre la résine sabSii^etttV'de'l’eau dans le fond de Vfi^WrfÂ^SlifiÜflVïîKSÿ^? M n / ac , de et fi e Ml lïpW^ 1011 de la ^sîne. i )l . us g rande c l ue P ar rç duits autant f i\W diepàte Bfeie^pf^m^iTe ^ur^out par l’a- l^cj }audiere ineme S W^iWriîfîWîWffiWpfa comparativement à qq’^t, ^btiéniipa^ expression : elle mérite de r HfifW$5t , 1 ° . v. p.. . . ■ ' . 9nWi t W t efl l H«T^i?S'.. e 9PFf :e - S ;!“® résinés ou <] e p 0 ix • < IW)^t°ft'. c PtWJ,t,daqa le,commerce, en faisant subir IjSif^WwSîiiV^n^'à^a résine ordinaire qui a été fiîVPfjw fy ls t et én y ajoutant quelques ingré- wèPM.-m f?Rf i#» ^ün fait de la poix blanche en ^Rrfapjt sqr^rtjsiite liquide qui sort de la presse, et i^baude , un peu d’eau , qui, par une -tvrtqygiL^q«, faU bouillonner la résine et lui pro- cqre ri uue ^p^qr.Wucoup plus claire,. Si l’on fait . Wfp^g^j.féçtu^ ftfdiqa.ire une seconde fois avec addition de vinaigre , 011 obtient la colophane , etc. ^’^pfSSdWl.cakMl.pW 4 a,is llne fabrication con- ft i,d' t rable ( d,Gésînç, h - vfi. Pfr PfiWftl •.#?.' l 9° I,vres •'Çih^sjfle Jaune, et 2 W*‘-. qov ■; ...,9h . La dépense.pour la récolte et la purification 4p,l>i au .pr^tltiit, comme 1 est à 3, et .towqqq lep}iUç<3fe.Jfl,^sineest bas, comme 1 à 2 . m ellaV'. lali jk> i éb -t-rt Dp.cxtwctipu, de la- térébenthine du sapin - eup rnab $'ifaP ar Duhajnel. ><\ aailja'b - ■ ,nl.“> s’y trouver, et c’est la seule préparation que l’on donnaàibette.-réaine. r j • -. ,f. ; c ji ?._... f ^ioLa .técébpjttlinio ss tire des ..rassies aU tauneoqs xpjî se. tonne»* naturelienient dans l’éqwep de&tsh- ■pins proprement dits, et non.par inoifiMm comme la résine des épicéas. ,& a : . : ( • Dans les endroits où le fond est gras qt la; terre substantielle, eut fait deux récoltas de térébenthine daas.la saison des deux sèves;.savoir, celle du printemps et celle d’août. Mais chaque arbre 11aproduit qu’utie lbii des,vessies pendant le coura d’uue année;. ils n’en produisent même cpt’à la serve du printemps dans les terrains maigres. La bonne, térébenthine doit être *etteLyiclaira , transparente, de.consistance de sirpp^ d’une odeur forte et d’un goût un peu amer. Elle est employée, ainsi que l’huile essentielle de térébenthine, dans la médecine et dans les arts. §6. — De l’extraction de là térébenthine ü 4 ' pouoas de largeur et autant de hauteur. Dans un tronc? de 40 piedsde longueur, on trouva quelquefois jusqu’à six de ces principaux réservoirs et quantité de petits. Si on les entame avec la cognée, ta .térébenthine en coule abondamment, et les'ïcâeursde long redoutent beaucoup ces réservoirs, qui ampèchent la scie de couler. Les mélèzes jeHnesel vigoureux n’ont presque ja- ntais de ces réservoirs. Ces dépôts ne se forment que dans le tronc des gros arbres qui eonmtencenttà’en- trer en retouri • * Les paysans de la vallée de Saint-Martin , près Êèltéde Lneerne, paya de Vaudcài, se servent de tarières- 1 qui^ on^ jssqu’à- uni pouce' de diamètre, aveodesquélt^s ils percent i»à mélèzes,vigoureuxqn dif^énB-eqdroiUy octm«tenfantii 3 4 .rA .cqsitroÜsâU'BjyafcBnt'des gouttières, ifaltes do hotS-do méièee kpti onf tin pOnce fet deiinidèilgrowi ’VWitirtup »-5[à riû de longueur; une des uttrihidré*- dq ; ceq gouttières deetorminè en ioedie'.de/cheiâlle^ double,conta©-es»t, peéeé d’un trou d'envi mn.û.à 8 ligacsderdiamètraion fourre ceStpieattrétnil'd dans les troua» £rfts-.a«i mélèze, et bd térébenthine coule pwdi'outerture-du bout de cette gonttiàre^xl’oùelle sepépand dans des auges de bois. no aiio/mr-Vi al*es Soirejet les matins, depuisia finédem ai- jus' 1> qu’à la.ifin de septembre; chaque paysan visite.ses auges et ramasse I* térébenthine dans drs seaux où baquets de bois, pour les transporter à la maison. U» bouchent avec des chevilles les trous qui n’ont posait-donné de liqueur et ceux qui cessent d’en foWb’r, .et Us ne les rouvrent quB 12 ou i5 jours après. Alors ces trous fournissent ordinairement be^ucopp plus de réséne qée les autres, et ils en donp^ut toujours de 'plus èu .plus,* jusqu’à/te que le froid resserre le bois et arrête tout écouleihent. Vrt-.mélèze.bien vigoureux peut fournir, tous les *US; 7 « 8 livres de- térébenthine pendant 4° ou 5-9 Mî» . . . „oin., S.’il s’est nvêlé quelques feuilles ou autres iinraons diças dans les auges, . n Cette ( îéréliehtbine reste toujours coulante et de la consistance-du uirop bien cuir. La résine ou la térébenthine de mélèze ; qu» coule dans les baquets, se met.quelquefois dans de grhndes cucprbites.dp cuivre :, on y ajoute de l’eau et, par la dUfiliption ,.Qn retire avec l’eau une huile essen- tielfo,qui ij’pqtpaà-cependant ausii estimée que celle qu’on retire dç la térébenthine du,sapin, quoixju’ou l’emploie aux mémea-bsages- On trouve au fond de la cucurhite, aprês la distillation, une résine épaisse ou une espèce'de colophane grasse , qu’on emploie comme celLe du pin., et avec laquelle On peut faire du hrai gras. „ e! , , ■ .Les mélèzes quioni fourni beaudoup de résine ne sont pas estimés pour Iqs-hàtimejis civiU î on ne les emploie guère,qu’à hrûlflr ou pour faire du charbon, qqi est qtêjtne plus léger et moins bon que celui qu’on fait ayeçLes arbres qui n’ont point fourni de résinq. :C ,. . ba téréhentlnnu du mélèze doit être nette, claire, transparente, dp-consistance de sirop épais, d’un goût amer et d’qnq.pdèur forte et assez désagréable : ou.l’emploie t coqim9 i cefle-du sapin, pour les mak- ^f)49:lù: «•«», et pour déterger lea nlcères ) ju j tqnearq.},qiaîs ( elfo est plue âcyre et elle est irritante. Elle la composition de beau-, èfcdànq,t«He.de plusieurs vernie. W?èr4fe , wi“fltq'h’eh>ptife de» pi»3 qstlapbi» .»Jnav ai moq tm i tamâ i irtae a irtp elliaq si nio» oevz ousmn nO z&edŸqméffwtitufyuiiLmxifrzt éefàtfa 4 &M mt 4 n l'.vtiifticUtMn de t sOmJtfvgii f>i4é» «sbfèèrfitsghùqtqiSel .otiutlèb îuov nt ’op zeidia aei auoJ , zeiluc eab 9lqiil -iH m’V apoint dedprtffcfftcpl dapa.Ae foucxilsejautûRt dq-d»fféfftflfo% qgpW» 4è Un qme. la,pro>iMWW-de'.»QiV»ivfffl^«L'èicWf«»jy')6roi l t i priocipaflestenL da#t lesotMrfKft a.rÂiqso-ùki sqfefofri- [neuseh, telles, cple ksélhnfopiqulis^àfiMdrqkîlfcilp 1 ^ jdo U men; dVno[pù#t*)Jdtti»id>o»>bli“èt4' lc ^P Ht% Bayonne jutquc ddnfcfei?»*» flr#h(d’autr/jj part, du>*oucbaet;RUjJevian^,4ppU» r i%]D0Jidld9 le mer jusqp’ué. rivage det lftÇ.ArotiaQ. iéàBàcetléiéteub due, on,,rte,'cannait «Stn«W#*énif91>t»^u’U»9isuwib t«tr pèce dé pin ioc’esa'fopirt «cnâ(éyfé Qn /?4#,efô : $eor deauxpinu$maTitimchn\'j\ im,. onotf ei sua Jusiuq Quand cet arbre a de aÿ: à ijqipul ebjeueewssdttri d’environ 4 pieds, on enliqe lp gro^sa une largeur de 4 à 6 pouces d« larje et- uiip hssi^eut’ de ta û 18 pouces. Le ré»iniM ;i (PpuyriefcJbLit.jen même temjis au pied de chaque 4 r hr e i, eki4 a ¥^»i Ifc icorpa même du tronc, une fossette qp ipejti^é a lige de la capacité d’une demi-pin.té'di’efff igC^t^ejppét*» tion préliminaire finie,..le résiniez fait ensoitftfUiJU» entaille d’environ 6 jouoQadétb'lùilÇ’ff large, et de la profondeur néftéesaire pour UéettJtéilù liber a découvert ; car le suc jrésipenx rte fceulepres- que que du corps ligneux, et'd’èntrèfo lfoM) e t4?6r< porce. La hache dont il seisertjfti fo fer Ipgèwfietu,. recourlré dans sa plus grande largeur^,eî spo tranchant est creusé en gouge À’un cêtéli'X’éutasrAès semaines, le résinier rafraîchit les plaieq en lea-agcan*»! dissout en hauteur et jamais qq largeur, e; aaut. iér.i passer 18 pouces de hauteur dans lq courant-de là saison. Ces entailles.- sucqeswye& qortk SweqsaakfeS, parce que le suc réslntux qpule toùjftrtr^.pUjs ehOfl* damment des plaies récentes que dos aiiéienuetit mais cOmtue le plus mince copeau suffttipburdoilBSii la liberté-nu suc de couler, l’ouvrier chafg.«de fajre a les entailles doit- ménager,.l’nrbte .autant qu’U^est> possible, et n’enlever qde de» cppeauxitrêsr-mincek» toutes les fois qu’il rafraîchit les jdaiés, Lùitra.'çiike exige de l’activité, car >la tàchqd’rtOfhfttauiq q^t ftafq dinaixemeut de 25ooà8ooo pieds d’arhrqaJiEqftéb- tailies vulgairement appelées quatfes seppofosgoM 1 les années suivantes, jusqu’à-ce qu’elle» i@lqn-ti»tteiMtg la hauteur de la à »4 I* e da$ fl®.'qui arrive aUefeOitfcc de 7 à 8 ans. A cette qppque,fP»tiC9rt»fflt»cè sto»i.. nouvelle entaille au.pied dq niênie : urbioj,ftftlad«ifc9 parallèle .et presque-contiguë A--la prqirtièrq, Jtelittss.i sant tout au plu* que a,pouces d’éflorpe eèUqdaim,'! et on la conduit jusqu'à,la-inèàiqihaqtqu&i-.^fAâja cette nouvelle entaille, ou. ejr fait urusi t*cÛJ8ièiWéqm puis une quatrième,:.*! aias». dùiSMitesTtrtWiP^j^qjh qu’on ait fait Je.tour; dejl’atbreh AÏèrs 9Ù éqé%iUq»h sur les,cicatrice», vuîgairement jsppcléoSéiudfessq^l'l ont recQuiect. pKsqae càitirèPemaukdèS.^foUlesàellrcjà UiUeà^ si der résiaierbft; -feàéu "mértagéd’àrAwo #n B Jb âcr ?flibui saq H9 f n ale) la jXuegalnava eniora uo -l’JHàiliaqtcl i estioe xush eh ize emijiisrn ni,; ua zetisl f^uelqaefobüsa àai^sa.repéseri*wv$i»<^»deqtee»im affeqUprul4i>«»ié»inéa’C(^stJ*rdÔ'q^ltedôy^ïc§tfef el aaüiut} tel ta eiod eh xuaooiom aalauot t aoiaèi ifi i,lii»qrfeb f*nd«*bi£>àefil8W'¥M&a«Pttsiiji& /teoltèpte<&^*»Q»^^a)w$ql>e3ies pftftf' Mè’fW^u«d^&^aSV'M ! ÿi*tça%VM>'ft>te*^|es mtiù^haùteur triple des autres, tous les arbres qu’on veut détruire. pertf*. Cas Ur- b&*>dbù>? &k &mi& o5Srt«ît l^!ràslrt*i sostahawiM jléttide^^W ttyrès- pet»i«Pekbràiré le gpu«l rosu' étfWUleS'4 4# baüteur -tkeiaù; ï^i^édsJP!tfe*(Wi»e ! ilupiëî^'idlèti4 ‘tU^*éatésiniet>s> a«Htr-tJblig$b^éJ8e i bmirliitt »f*tlrt«q r slant k 4on- gUéur'féé$t]tJè4k t èlôrt , k pritqiqïéukis 'ooçbes figurée» «4 eblba^üli^WéJji , Jnwantett ti «véo: une grande déBtèrüétPABérksS'S'lB’lrë^iftfeo^ n4cessaire, lls passent dette jâtttbë Igétiehë-é'iH'lé'Psvbre'etPéchett'e., en pOrlirf&dtè'Vtfitë dŸéfC'te boupilif pied p qu’ils appuient sur le tronc pour leur servir de point d’ap- pHtÇ'WÿitKÿqile lè droit est" portée surune coché,de l , échtdlé ) qt]Ps ? appxJié élteMMême sur la cuisse gau- cke^'etésëtéùtie'fétfenîent sertéè contre l’arbre par ia^mbé étt ifiéwié'càté. DânS Cette position , un ré- «liié#-prétid 9 S4 'hàehë 'des deux mains, et il on taillé bé ,: ptin’ttveé-autant d’aisance que s’il était à tevte éu-'qWsi t'étire! le était appuyée contre l’arbre At lU'màrtWte tevliaaire. L’opémtiOn finie, il lui faut toilt trft-pjlws,¥ ,; È>é ,1 3litiinutes pour monter, tailler P-Bited'ét WdèscéBdre ; il prend sa légère échelle stirétte'épétilè ^eoUHrâ tm autre arbre et ainsi de «nitte- de mâéiétfe 1 qô’ikti bon ouvrier peut tailler a< k'SoO arbréS W Un'iéam 1 liée résiniers 1 ao»t tooiOura nu-pieds pour grimper à leur ëchille.'Quand il» portent des sabots, ils les hiissent 1 au pied de l'échelle; mais il n’est pas rnrè d'en rencontrer qui,-pour aller plus vite, marchent toujours lés pieds-mts. C'est dep’Bis'lë" méte de mu» jusqu’à la fin de sep- teitibfe qu'où taillé le»‘pi«s. Tout le suc ré&ineux qui-sott dee arbres-pendant ce temps-coule liquide; ir-eiJti'tbfUjdanîë lés petites auges qu’on a pratiquées aüipifedMïglêlir troUo, èt.qu’on a soin de vider de temps êp temps. -Lé; suc 1 résineux coule d’autant plas‘abtmdàiiM«éntque la chaleur est plus grande, el‘4é* 1 ctrbj i es bient exposés au soleil en fournissent plw quécétlx ijühsbntà l’otnbre. t»’écoLlement résineux cesse vers le milieu de l’Irtfl^ftitleyiet-il *é sort pas des arbres une Seule gèwttfil dé 'résiné pendant'l’hiver, ou dans les autres saiSôrisq-'lorsqB’if fait froid. Outre la résine qui dé- cOWlé dëaîhciarôna^qu’on a faites aux pins, il sort eriotbeliVatiiFedlément dé leur écorce des gouttes de résteé'qlû S'é , tlë48êçhèBty‘èt- forment des grains que l’onupfnplrée SulieU d’encens dans les églises de r>0petéjùe : les marchands de mauvaise foi mêkttt'avôé l'èSiceBis’du Levant. Cette extravasation dit Cité ; pt^>pra ai# rive Sur-tout aux pins qui sont près dékàÿftrir f e’én>44 dernier produlttl* ces arbres que l’%$>• ^faiblis,que les tailles successive» ont épUiaéÿ^ÿ'pBifrbdë'&e-plas dontipt-dq résine» dStaOBiitéètê'iréafeieyse -fieMrnieuepatt Iksj .incisions faites au pin maritime est de deux sortes : lapte- R&S mqoe*rite spirite appéilusnria lfiuàio»gldifii raialusB,aloihWë taons l’airomr dic,;dans les petite» Uugü» brefeséèkÀlà base' deH'ediaddesjJÜn la rétoll# r qua*re Feis Aiésle I courautixlanla saison , et ontla derâe daté trié- granftî iréservoirs creusés dans la terre eb ëBTa eà'pâ'ciW Id’euvîson. i5o àtfioo- barriques. Ces 'réSOrwoirs'Wint garnis, dans le fond, et sy r lès- cô^é* pd’épais mbr driers de pin joints de manière à rr« laisser auc^rié issue à la partie la plus fluide, de la BÎattere résï-1 neuse. Cette résine molle est destinée àétte transformée en braisée,-ta résilte jauhe^XM à~‘ékre distillée pour en obterfir em& 'htriic 'tiMAti&llei DaiVs tous les cas, on la faitfoï>dVeeeUlidjPptiri<îè de 1 tous Les corpsiétrangers aveelesquels «lié est tqè^ée. PoùV taire dut brai sep, Ofi «^oute jdu'barras OU gStipot, afin de lui donner ht oanslatanee nécessaire , et céi lé fait cuire dans de grandes, chaudières de-cuirtese mêle contihttelleiqènt oVèC l’éâd change de couleur. Si l’on a soin d’entrétënîr L, uVi“ feu égal, et de ne pas interrompre fceÛe^lrtHda’fiijji de l’auge à la chaudière, la résine vient'' péeStftfè aussi jaune que la cire. Quand elle a acquit tîfle couleur-, et qu’elle est bien cViitè, on la fâit fQtVèv' au travers d’un peu de paillé-dans une atlïre :> àù$e , ; d’où elle va se rendre dans-d^s'VBôéles'piâ'iicpfés dans le sable pour se former en "pains. 10 u :’ • On trace le contour des moules avec une,'bfàht!>ë fourchue qui sert de compas ëén ëtftijiéliè ëàWë’tivèc un couteau. Quand on a été la^érre, cuî ehffeat Ï£W bords et le fond avec de» pttléttèS dk hoîsY'ét pli forme ainsi des moules fort propèèt'ët de dimeif^iOnis assez égales pour que tous les péifii de résirïe' SôîA’t à-peu-près d’uni même poids, quf éàt dMlhhif’ëmklr't 1 depuis i5o jusqu'à soo litres ohackti'i ; Suivant la qualité du sabh^dbùS lequel'yfi'^rilé‘ 1 lea-tnpules, les pahis detésinë Prfé’tm ‘SfiÆid’&îl p^us ou moins avantageux, et cela n’est pas indifte-^ mièBeJpftW^ott'qiOmiBéfqioriSS^édt «üe^ai peafi^è rént pour la vente, le iftégpiès ^brittqsÿtilf'Albfctrvi'dsàtrotd&tgaip^B fi [ On ramasse avec soin la paille qui a servi à filtrer ou-swèirM^piiBtèWilèleéaaldaàctidaaimBf daiàliaa,' Qà résine, tous les morceaux de bois et les feuilles 7^6 RÉS qui en sont imbu» s tm peut en taire du uoiitdoiiu-) mûrocrdù noir 'àr noircir^ ou le» njae«rrerppMf;les meure dams les fourneaux à gOadronyïwtisfatuxOn- virante de Bordeaux, orr lés Brûle dan» 4 esfenr»V«t selon que le feu est conduit où que l'on, fai» -cilko pharou moins la- résine qti en déoouk, on obtient une matière résineuse plus ou moins noire ou dure, qti'on enferme dans des barils pour être mise dans le oommêrce. C’estnneespèce de brai plus ou moine gras, qti’on nomme,'quoique mal-à-propda, poix noire. Le gatifiot, cette matière liquide qui décOule des pins pendant l’été, peut, lorsqu'il n’a-.point été épaissi pur la cuisson, être mis dans la «lasse des térébenthines. Les sapins proprement dits «ont, confine on le sait, les arbres de nos forèta qui fournissent la bonne et la véritable térébenthine; les ntélèzes en fournissent’encore, mais la qualité en est' moins parfaite ; enfeu- les pins dont il est ici question en donnent une bien inférieure à celle des mélèzes. Outre l’odeur, la saveur et la transparence qoi distinguent ce» différentestérébeathines, il y a encart} tint-autre propriété qui les caractérise, c’est la fatalité qu’elles ont à "s’épaissir ; celle du sapin cottsébve mieux que toutes'les autres sa liquidité, etdo suc résineux du'pin est celui qui la perd le plus fortement, ’ov ; sirti 9 ! - -'Il y» peu d'ateliers de distillation pour retirer t’huile essentieikTlinijes landes de Bordeaux; mais voici le procédé qui est en usage pour séparer la té- rébenthinë de là résiné molle ou gaBpot. Dans un endroit le plus exposé possible aux rayons du soleil, on construit en madriers de pin grossièrement joints un réservoir de 7 à 8 pieds, muni d’un dou- bliyfond-. donc Ptm est horizontal et l’autre en plan inclinées débordant un peu le réservoir. Ils sont en ontré" -séparés i’mrde l’autre par un intervalle d’un pied 8 ponces ù a^Iedmvers un bout, et Un pied à uwpàéd 4 poncée éers'l’autre. Le plan incliné est hii-même élevé 8 ’fenviroii un pied au-dessus du sol ; Iss madriats ejVsont parfaitement joints, et le pian fait un pétrixcobrbe vpn te milieu; le tout est recouvert de piatidheslfidon enlève et qu’on -replace à volonté. Wten qu’il 1 faitüeau ou qu’il pleut. C’est dans* ces espèces A« réservoir* qu’on verse toute la résiné moU#; r dâ'dhaléu* du soleil lui donne plus de fluidité, et fàiP Suiater'à travers les intervalles du bois la térébenthine dégagée de tou s-les corps étrangers. fille tombe gOwtte h goutte sur leplan incliné, d’où elle couledaîilun* auge destinée à la recevoir. On transvase- c*tt!e''lé) 3 érbenthme ainsi purifiée dans des barriques qtfox transporte à la Teste-de-Buch, dan* des Jnagrfsiflfe destinés à cet usage, et on les entasse lès Unes auidessos des autres comme des barriques de vin, après les avoir néanmoins nettoyées dé toutes tes orèltnras qui auraient pu s’y attacher extétleuremerit."fieeaoV du magasin est carrelé en piertès, dont lei^tilntures sobt bien cimentées ; il est partagé, dans sa tortgtteur, en deux plans légèrement m'élinés èt réflidS'dahà le milieu par. un petit canal ireùsê'-darfs'-lfP jftèWeSfaVec deux où plusieurs-ré- serVoM dê'disitàn^S'«également en-pierre. La térébènthib«iqui suinte hors des barriques, pen- «oliie dans -petits «é- S'fVoŸH dfio nti W W .»=dk\r*>A brrtrl rwvase do -1 temps £*8 e^.qemps dam* 4’a4l^A,4mffq*e^ bbHw;lyt.comroe ,fa.pr.emtèfe.^^e ? e^ cglore^^i, çqqx.^^anstto.ute^ ^uSo^fOAjje^f'dan^ Ies)*ar‘: në^ ' :'7tif)5 J 8. — Des procédés à/«Vas f é/t 1 ’PïtH’èn&éipùHP fSM'f traction des sübstdncéS : f^siH8ils8s>. brtmrQ Duhamel et ses uQuyeaiyp^tjqir^^g^ut^^ les procédés suivis Caqa^ pour l’extractiAu des d^nint Le* pratiques de.Prqyeftcioÿj^tgaf qu’on suit .aux ! JSWfcSIfi plus du puj-4 Alep f que Ual ^xçqçdi^çgeljen^z* blanc, que du .pin maritime, qu'on çetirç produits résineux. On entaille les j^iu* de 2 à 3 pied&de cirçon£éren,ce-I(èg j.euqç^j^dçs^qo- nent delà résine aussi bièn quç j lpsylèu,^ ) njf,i^ jjUjdgî rent moins long-temps. Un pin.de.Uojt^^Jt^ién ménagé fournit de la résine .pendant et ta à i5 livres chaque année.. Qq faiti les ent^jjlq» de 4 pouces de largeur; onles -raïrajçlqt * jtpuf, lé* «5 jours,en ôtant un copeau d’une,ligna d’épaisseur,, et on étend la longueur de la ulaiç,,de épgte.jqwlqu allonge, tous les ans, l’entaille d’èA.R^tly èî .l,Qfl cesse quand elle a 5 pieds de hauteur ja^resquqion en ouvre une nouvelle à. côté^te,#eJlq^^.;.,,5W,i$i pas ordinairement égard à jl’^xpo^itlpPl JWIPf.yfap re ces entailles. L’entaille s ç.nqpyj$i st/rfê pays, et l’on dit surler les, piga pput.déstgnecxjitje opération. L’intervalle qu'on,iaossg ganuy çlîùfî.WU entre chaque surlé s’appellq çteÿ^,La-résine q^î jçouuS liquide se nomme périnne-vierge; elle se l'assemble dans des trous pratiqués au ,piedt ramasse chaque semaine avec pne espèce de cuiller de fer, pour la transporter dans une fosse destinée à recevoir toute'la récolte. Les fiersuuuestqui)veulent faire une espèce de tétébenthin«-qu’ont:m)imne bhon j pratiquent uue petite'.'fosse 'BûKftmdJedbd* grande, et en garnissent iVrtrvearture de ibrsndids «h» romarin, à travers lesquelles filtre ce' qu’ÜTyqaade plus ooùlant; maasl’éattde la..pluie-qui Mlainaaœ dans ces fosses gâte lebkbn. ta .j' -ai'i n;- eupijsir On cuit la périnne-vierge de deux manières ^ i°. dans des' chaudières commah fiürdea.'itx, ensuite on la coule en pains dans des baquets garnis de cendre intérieurement. Cette substance, qu’on «ypelle^pur sec dans les ports du .Panent, s’appelleEos«.éa>i?fp- vence. L’autre façon de cuire k pérlnne-iiçr^^gsi de la mettre dans de grands alambics avec de ll^aap; mais cette opération ne se lait que dans ka-rqpis dé mai et de juin, quand la périnne est fort copiante- 11 passe par le bec de l’alambic une eaivbkp- châtre qui emporte avec elle l’huile essentielle! 4a la périnne. Comme cette essence est plus légère* l’eau, elle se porte à la surface ; c’est ce^qulop jtp-- pelle en Provence eau de rose, bien diiTèrentiade.-k véritable huile de térébenthine, qui se vend flp^è six fois plus cher. On ne se sert de l’eau de reneype pour la mêler dans les peintures communes,«fin./}^ les rendre pluscoukntes. . „ - b -o> .^ot a-jl j- h Le ^adpof n’eae autre-shose^ue la résine épak*e qui suxBte de» pkifes sur. k. déqltR d*,J« tçrf|4^-y jreitènttaebéq-an^n^lWftgsrwf 4’f» i ft ÎÊ9 R3ÉJS :^7 lfôî4dhé t véf8^à 9 ffa J ir<ê*teihbr'é , -i: c^est'tt 1t k*"***, âé Ouieiuie .■'‘fl s a rie ïf PéWjéloidm étPÇéPéâtt-jSfé^ /h^fr 3 If4 a ml^ J à^°fl^bekài i‘ nmWÎ# pfùs sriOe nâPtfè 9 £?%lt 3 Wis fes-tftîtùjfërés, ^6#? ife convertir en f>raî u dè fèdÿjt(SVrt'ktW-ë t ïi 4 îfe eisfedtiérement jaune, Fes? T étif^eï 2 ; tî'éifrtferi.t léùr^i&aîiis dans Pesa», puis ils'ldf jbfBà'gèb%‘ Jàii$ da ' rfeiné; ’ elles-sortent cou- vdriféé irttVgiifît', ( 4 n*Hs rortipétib pour reconnaître la rtü&àr'^éttè'ii prise. • - ’T 3 *n beaàcpîil^onrnft par ân 1 1 à r 5 livres de résine. "VDirbâfrfè refit ijùc , ’sur la question qu’il a faite de iaydfr ^ 1^, btiïs des pins dont on a tiré la résine était"6ôil pbo'f tdute sorte de service, les senti- nferiS Sfe scmf“tr<Àrvès partagés; mais le plus grand notai#re Silt asivfré 1 qtte Ce bois était encore très-bon, et que' l'éktrnètiori de la résine n’en altérait point ?

  • Ia sève du bois, coule.ateforidjip Smm- iwSaUi-AinsiLe goudéoaee trouve fort résineux quand •m«itarfgé>é» fourneau avec des moraecux jdô pic tdè&-g*asqâi estpau contraire,.peaâuiiieé6:peu né- «iiWüx quand on charge le fourneau, aveerdu pin mâig*e"> qn, n’obtient de cette dernière espèce de boSs-qubîné fève peu chargée de résine^.- et qui n’est pas estimées Oh retire aussi du goudron des copeaux qu’on a laits èn entaillant les pins, de la paille qui a servi à filtrer le br&i sec, des feuilles, des morceaux de bois, des mottes de terre qui sont imbues de résine; on emploie aussi les racines-souches des pins abattus ; enfin, toutes les parties de l’arbre qui sont résineuses sont propres-à faire du goudron. En faisant lé goudron, on peut se proposer deux objets i l’un est de retirer la mibstance résineuse , et l’autre de faire du: charbon. .Si l’objet principal est d’avoir du charbon, ou-met dans le fourneau toutes les parties du tronc etides branches ; mais si l’on a principalement çn vue d’extraire le goudron, on choisit le cœur de l’arbre qui est rouge , les noeuds et toutes les veines résineuses : alors le goudron qu’on obtient est beaucoup^ plu» gras. § %. ■—Des procédés suivis en Provence. On distingue’, en Provence, les pins en rouges et en blancs, distinction qui, suivant Duhamel, ne serait fondée que sur la différence de couleur qu’on aperçoit dans l’intérieur des pins qjl’on abat, et non sur la différence des espèces; mais M. Bosc observe , dans le Nouveau cours rTagriculture, que dans la basse Provence c’est le pin d’Alep qui fournit le goudron; dans la haute, le pin.de Genève, et peut- être aussi le pin-cembroa le;pin d’Alep serait le pin blanc. Les arbres de cette espèce sont ceux qui fournissent le plus de résine lorsqu’on leur fait des entailles; et les autres, c’est-à-dire les pins rouges, donnent le meilleur goudron. Pour en extraire cette matière, il faut que le bois soit, à moitié sec. On a coutume , en Provence, d’abattre.le» pins rouges au mois de mars ; mais.dans les pays où l’on fait beaucoup de goudron, on abat les arbres dans le cours de l’année, et on les porte au foi.rneau quand ils sont parvenus au degré de dessiccation convenable. Quand le bois dont on charge les fourneaux est bien rouge et bien résineux, on en retire à-peu-près le quart de son poids de bon goudron, ou a 5 pour îoo; mais le plus ordinairement on n’en retire que îo à i2 pour îoo. En Provence, on coupe le bois de pin en petites pièces d’environ 18 pouces de longueur, sur un pouce ou un pouce et demi du grosseur. On arrange ces pièces dans le fourneau par lit* y qui se croisent en forme de grilles. Les vides, sont remplis par des morceaux de bois fourrés verticalement. Dans ce pays, les-fourneaux ont. la ferma de grandes cruches, et ils ressemblent-beaucoup à ceux qu’on fait danslei Vallads,si<*( mwy'îWl^kWMvfàftpi s olJlei4ue_ à I aujtrQ «^l^uçntpu par un pgr^eau sur l.é letiyi -JJ»».» Jir-.r'.» . . .,, eqjspbur en Valais > pioches, ha C .md ^H e iü r ^^ x i pa -^’ s< ? au * » entonnoirs,. r jlM.Ç?df *£■» riéç^ pour l’eau , barriques vides pour, etc. ,; .:: ■’.. :i; 4 '$ WiÇq wl t '^ l fte r bu °^ as ?.' , ' ’ id ' i ,vja ifâùMttjfqge.n .iippjrinter verticalement dans fe rtW 5 *»?® à ComîuÛÙ, Ip g.qû- pe .longue pqrcf^de mu. ÿW^^fy-pl.qjiné -M le^i bn^hçsifq^i rangées 4, a fi s , lV*ke s RW’fev' l jÎ5r* a,> :7. S§8;4f,W^.lfi4RnèA e l s »W du fpur 3 ^nsuivant J 3 , cirpqnfqred<:e; qp,e, seçgqde jçdjegéptançMè pour apq ,V*j1f ( i9 n -^Çt.;pé.)? ins ’ dp suite-X»jucher ôtaj;(j ÿl'-eyé ;.qb Je laisse..quelques jt>ùç$ > ge ) .tf|aer, avant, %Ué,prépau^ion,,^^.k plus, ^$Mfh içytortance, sans, cela i; lp bùqW y vep>yit, ù- s .aqat s Wr.Al‘Jès le cliaperoena£,e^dq : i'op 1 r,-.y £ ^rpi4 tr.çp, vf.dlssipprqipftj^pÉl^* de-U. >nal,»èrÇjifWpjtfl*W^! f®-^ÿMje,j4s tpijt--à.fait.les utê mais elle la volatiliserait, et le goudron ser^ùj.t,ijOp sec; une chaleur concentrée et faible n’extrairait quidii ftip antron de s q>a rt ies.rési n eùses.cv^ n t«Au es- dan * le bois, et\LiissaraJt dans coproduit Mut» la partie aqueuse échappée dç ce végétal. Dans le cqurs ,de l’îé^ri^io*V^!té i F r êmièr oit le seébfid joùbsur-fotit, ir-anrvë'cfiSé’j^sëltm l’açtion du feu, et pour «ii"r^- gfer' cpBvÇriablemént ld direction ,• on est obligé' ;, ouvrit ou tQ%liumer stlccessivemertt les diverses places bti sbu- jpiraurx laissés sans gazon lors du chaperonnagé., èn .sorte quei'presqb^ toujonri; lé trâvéîl je J tér«»l«i^l&; Ifotlit étant couronné d’une eopo de feu.-'Au boüt'ffe ’5o ou 60 heures de feu,, lé dèpa,sseur outre là rigBlé [mut connaître où en est le goudron. Si là matière coula prisse et çousse, c’est une preuve qn’ellé n’est Ipointuncore assez cuite, et il' sé hâte de reboucher ffe conduit. Au bout de io â 12 heures, il éècom- mence la tiiême épreuVè', et' il est rare alors que lé ,goudron n’ait pas acquis lés qualités qui lui sont nèr 'cessâmes pour êtrè d’un Soit service; l’ouvrief-laiSse (donc couler jusqu’^. extinction ou Jusqu’à ce que 1-t matière se présente' avec'des Indices qui le forcént à .la refuser. €omniunémerit on coule trois à quatre ifols pbndartt la durée de là cuite, qui dure 4 dii |5 jOutS saris intéi4dif)tit)tt'; : à b6 heures à-péu-près de 'distende éntrfe ( 4lles. 11 est encore une utténtidfi’ii laquelle ! il hé’ faùt‘‘pas que le dépafcseur manque'; d’è^t'dé ftappep ; aSsez légèrement cêperidànt', a vêt une dame de bois,'Sut le’cbapc'rontfage, A mestiréqrie Ile 1 bois seTédnsnme et que 1 là* thaége du' foréé s’af- ifslsse risans 'cela l’espace vide donnerait àu feu tr‘dj> | cl’àctîvîté/— ‘ ' ' ’ Ati premier aspect, il semblerait que dette tria* riiè'réde’propécïeT'est viHeu.^e,'dt qn’H cohvibudrair aü contraire 3e mivre uèe rtiartbe tout-'à-friit djffê-* e f , e 5j suffisamment t4^sq, n on, ^jrppèdè au char, 'rerite^ef plus'ànalbgne aux autres dîstillàtïoris "éb përonhage; ce qui sc fait éq,éludant sur le héch^;, généTàl; mais s’agissant nioiris de la simpleUpérà- K nl-.l a «T «aIiHam t iCvrii /I i’a v 11 P10 11Î0 v* /V m iitaà % ov_ tiôrfde distiller que 3 ’obl‘enir uft triple résultat ! ex-j ùràctio'n delà matière, suffisante cuisson fet vblâTilt«. satibh de la j)artie aqueuse contenue dans lé boîS, [extraite avec la liqueùr résineuse, on rie saurait agir autrement. C’est .pour obtenir ce triple r&ultàt qu’on laisse rasseriibler une certaine quantité de ma,-' tière sur l’aire du four exposée à tûufe l’artiûri'du feu, et qu’elle y demeure jusqu’à ce qft’ffn" pige qu’elle y a acquis toute la perfection qu’on Se propose. On n’ouvre pour la premièrtf'friis le 'conduit? qu’au bout de 60 à 72 heures de feu è p-'étee qué le r, qui, lorsqu’il ne travaille pas„eft qxpc>sé sans _i à toutes les injures de l’air, confient nécessairement beaucoup d’hnmidité; qu’il FâujÊ _beaucoup.de temps et de chaleur pour l’absorber erifierément, et que lai totalité du bûcher, aux. prentiçfeftjfripassions 4e cefte chaleur, jette la majaure-.p.^tie fie sea por- Ûqn^ aqueuses, qui ne peuyent^e entàà-t réofeut qu’au bout, du qepi|£,çjfylif%tJ^|ées & nutres 9 a ?3o peuvent pire plus rapprochés, pjUFSé qqp l’humiditérést presque entièrement,dét<ïuiié.4 0 . rt udé jé,4>reptièr£ «nvertpre du canal, que,je boié'n’en iputèiq p.Wque pius, et que Iq feu acquigr^ à toute heure un degré d'intensité de plue. " Si' l’Opérétlon que nous venons de décrive si étéj bien conduite ; ‘si pendant le travail le fen* été bien rég$é‘, iifo. point dévié de la direction qui lui a été donné^y%l!'surtout que la pluie ne soltpointsurve- nneV^pe»* affirmer que le goudron qui en résulte est dé^cjualâté satisfaisante. Il est cependant une remarqué à foire ; J c'est que le goudron qui découle à ,oent: la première ouverture du canal est le plus gras, le cuit et Conséquemment le moins bon $ le m OMS deuxièm^^t nartie du troisième est le meilleur^; le quatrième enfin est maigre, noir, brûlé et trop liquide. Si le réservoiféfait de capacité à pouvoir contenir la-tetàlitë dé là fournée du cuite, il n’est pas dfcütetHt que ces trois parties mélangées ne dontias- sWtf Un excellent gcMdtnn f mais il' ne contient guère tfaê léqiiatt, desorte’qu'on ést forcé dé le vider et d’enfutailler.à chaque coulage. -.’ T -;I»0 3U."1) ICfJtunc.'j , füOk.f , , y , i^e goudron , tel qu il vient d être prépare , se reconnaît à une c.oulpur.jipisettqet dorée; ît est velouté aij^toudfier et,liquide, de telle sorte que, lors- qu’oq,en tait l'épreuve, qp présente à l’ouvefUue de la bondé d’une "WrVique,qui eri est pleine pne baguette de bois de lp gpppséur de çelle d’un "canon de; tusil, e t la longueur d^uq hiètrç environ. Oq 1’ laisse se plonger seule, son. propre poids suffisant .poisr qu’ejlqaiUe.au fond de la futaille,.où. eUe descend leuf^pent^ ne devant rencontrer qu’une légère! résistance-. ' Lorsqu'on la retire, elle g tout au plus' 4f/ufilpd« volume-, è cause de la matière qui s’y ‘esta attâjçljéçj minutes suffisent pour qu’elle rôÿv çlçjacb,q ; enivrepcten t. Ce gqudron.se met-ordr-; iàirçinept eu barriques dp 3pO kilogr.'ou en barils ..Vn-four ordinaire .donne environ i5 barriques de goudron du. poids de 3oo Jrilogr. l’une, et 320 à ^doi'bpeèpl- de charbon. 11 faut pour le charger qua- CMtte-tiidq charrettes qpioi&ercq]uqfv.gf^4f l miqql4fl et goudrons de France dçfç&t uejrx,,, s t ia.uurevçjse construction des usines qà t l’,pn,,fi$fique le,^ divers produits de pin. Les. fours,à goudron «te sop,t g’fné- laleruent que des trous, fBifo,aa.u i s!pyarde ; ,gvu$$te- rement revêtus à l’intérieup d’pnq^çgère; coqcbq ,de terre glaise. Le récipient,oui,3uge J 5la#f Jeq^ie^pyïf; le goudron à.mesure qu’il :sg .-,jéga^e - ment qu’une.F'* de pin toujours w *Uj o^iÇs., Le, s’échappe la.'.jqaiiqto'^pÇOfiî.AM 1 .qailJifflÆlfWn9P > " fice, pour ejapdcVr.ile.q^agq.gt lfioflejftflgoie quelques parties dé charbon, ^ntéaioqçx,, .par e}le. hnfm tout l’appareil, en tièæement,exposé;au^injores du temps pendant son repos,, (en ressenf çyssutqutes les vicissitudes. La matière qui s’y çqnf| c M9t? I! .fîfi sl mélangée d’eau, de sable „de'chafdto^,^ de/plusieurs corps étrangers, qui,défoi'iQrentj,ç,«t;è,i; e me 1 rn sa qualité. - . y ,, , ‘j 2 0 . Rectification des goudions de firaWlk? La bonne réputation des goudronf de-^utdq provient de la réunion de trois qualité s;-principales : fluidité convenable, amalgame^ gaffée d 6 toutes, l*s parties qui le constituent, belle t ÿO,uLeur l Wqr L 94|fi r ® i indice certain que la matière,^ le défl r i¥ t ^ î ,5Wf? son nécessaire,,Ceux des Lamleé,, au /contraire, sop^plus ou moins épais, mais toujpiirs-^satttétip, plus, qu’il ne convient; point de liaison ni de fosibn des parties constitutives, couleur vert-bouteille-fqnçipi preuve d’absence de cuisson. L’œif le mçips exqrcé pqu^.se convaiucrpvde ces vérités r-ilsuffit.pour cela de mettre une portion de l’une et de l’autre dans .qn ,11a- can de verre blanc; celui, oqntépant la goudrû.q,des LandéS^ poisthé un peu et redi'éSsérepsuitç^ làiss^ra aux tits parois du vaso une inBc»mbrab}qqu4nti|é de.pe- _grumeaux, tourne si-Jat iiqqqur 1 çta}t du W 1 tourné,, ,Ça, sont dé petites pQgftiupSridç^brri, f4lSl ent la meilleure, celle dont,on se sert pour Une peintore trop qpaiss#, ot. qjfti, pbBf»- rait s’étendre également, serait à bon droit.rgjétéfi,; elle le serait bien plus justement encore si-elle, était mêlée de la moindre portion d’eaijk, Les ,goté|rpns des Landes en contiennent tous uqe plus op’nydps grande quantité^ ceux de Suède ne sont pa£ tpujoqçs exempts de ce défaut. Le goodrou,, trop épais, ne peut s’étqndrp,^également sur la, q^rène des bàtimens; les pVrtips nqii cuitqs nppjiquées ïa forment petites nrotehéMtoces ou.pspéritésL Xorsqqe l’air ^^pfprpé 1e peu d’huiîe essentielle qu’elles contienne^, 2 ^ ne cp K-M R^S ^r. jrg _ L*ihfcdif|en$ 9 hï 4 &f bîetJpltis 'caimidérètalë'èmiWë^ s.’H’^’agîtMé t'rà.vfttlkçlé'Corderié : alorsfès'h’rins dè çhin vre qui cbn^> 6 ftènt‘-'lè fil de carref, 'fortement cdllés ensemble pat-rt^» goudron presque entièrement dè'pélirvu d’huile 'èWsëptrûlle , perdent de leur élas- tj'cifé .sï liéÉessafrëfkt' rié'tdrdent pâs à se rompre IqfSfju'bn. force ! lé’ eitpi- ditéou l’insouciance des petite réfdtiiers.y, ajoute ou y laisse introduire, Les goudrons épuréè.ao.Mv. 1*- borde ne donnent pas le moindre déchnJjj.U assure que lorsqu’il aura établi son opération op jgsa*d v il parviendra ù simplifier et à améliorer ses moyens. ( 5. — De la fabrication du ààudrôri , par ' J air m ■ r.’its : *-..up M. H&rtig. . 3 ,. . P' ' ‘ £C vlnup Une forte chaleur, réglée, d’une manière, capyér nable, fait sortir les parties huileuses déchois neux, et on obtient entre antres produits une Wr tière noirâtre, épaisse, liquide nt grasse qne{ pan appelle goudron. -> B j, iqu; - dits;. ..., . Plusieurs objets .sont à considérer dans cette fabrication : ' IU P - . i°. Le choix et la prépdbaliori du bàls ; I ' an ‘ !0 2 °. La forme et la àohstràctibn du fournè‘du , u 3°. If arrangement du bote d'ansfe fbitrrteàà'f 4°. La manière de condutrè lè fey / >n 1 5° r ^Les produits qù’dk obtient. s ‘ t 11 ' . Voici quelques eipliÜafacitfs Sof' fchacun 3 de w , “■ ^ r noe Tuf^ ■ ^ ‘it 6MK objets. . r . , .1 1 . Du choix et de la prèpùtytion du bois .Tous les bois résineux (lonnenl du giqdrôitfjffiài^'Cmiduè 'espèce de Ces bois ni chaque partife ■rt’fep dtmriyp^’pàs également, et il y en a qui ne méritèïïf gas d’etMé ent- ployées à cette fabrication. Le" BtïUhfc pin és^ eéf^'- ùéraj celui qui doit ètrepréf?^, ttiàïsles'pamWWi donnent le plus de goudféh iont les ‘éâmne^ èVié* souches des vieux pins qu’on a abattus depuis quelques années, et les trôncs-Vté'ëëttt de ces aVbtéS^ui par une circonstance partiéulièré , se soht ompttrés d’une telle quantité dé sucé bhileust 1 et rÛ^ééU», qu’ils se font remarquer par tmO oôulèur d’itn jéWne foncé, par une odeur forte et par le pOids-éütràOfdi- naire de leur bois. Lorsque le iabricatenr da goudron s’est procuré une certaine quantité 1 de ce bois, il emporte avec une hache toutes lest partie» pourries des racines et souches qu’il a extraites, ÿusqulàjsae qu’il découvre le bois chargé de résine, et jbmi firit des morceaux qui ne doiventqamris avoir piuq rie 4 pouces d’épaisseur et j 8 pouces. de longUeupoll scie et fend, pouf en former de semblable» morceaux, les troncs chargés de résine j et il dieese de bois en tas sous un léger hangar placé près dix fawr- neau, pour le faire sécher et l’abriter de Ja pluseis’! 2 . De la forme et de la construction du. fourneau. — Lorsqu’on a ainsi disposées bois deétiné-à la fabrication du goudron, on s’occupe de la cqjns- truction du fourneau. Pour cet effety on ; choisit, dans une vallée abritée du vent,surun endroit «oc, une place en pente et on y coûstn*il?leif®a»meau. 9 2 ?3 a llrl'trS suivant *cnaque pays". L’espace ou capacité (ULfopf-l r'SfiS 4’^ojç^ yneyapepcoufmrtéeippa,i64e et aqaoU#a<| en- îifqitje nue ç%n>«4e de pouleqrnbèufte^qned’iDa ap- '‘*5 » l#S é -(P?w th? r BvUfsïf )9 ‘ynej^MR I q^^lq«^ftip*y_Sf ion * le . orautatpwçqnt qe. jâ à .tp.]>i£q& r dp pmplqie ppmqtapneries cuira^fliajs q(i*d<(n A • t>a Cfov.nn aaf />nll/< .. 41„..l__1~!__ ..ia Âl _* __1 _ Ce, second dfâiit aahsiésùcl de l'Allemagne; sa frfrip,e. pst.cellq VtifoïÇ né obtuse son diamètre, à La basq^ j^sÈde 6 ï '8 pieas. Pour former ce cÔHe creux çt qbtu^ ori êôhÿtfuîtjUn myr dfi 5 A "6 pouces d’epiisseur avec dés ^riques, et on jejnnine la voûte dé|Çe Ipuppt^u de .l'àaTmèrfi à pe laisser qu’une oij*evUu^e,fl?uii pied et (lemi lI i 2 ‘pieds en'caçré; et poqf Retirer ïçs.cnar- bbnsydp.Iaisse, à 1 » basa, une oyyaàtiire dp^ pieds dë hat^t et d’un pied et.denri de large- -s yy Il fautpour'faciliter L’écoulement de )a résiné, •jup. Le fqiÿ| dq fourneau soit non pas horizontal , mais créi/se' èn entonnoir pt pavé d’un double rang dehriqtn sj ët‘'qu’il y ait dans le milieu une cavité de 6 à.^L pouces dq long q^d e .l®i r ^ a > P ar laquelle le 4 cmdrôb .s’écoule dajis une. rigole pratiquée plus bas, et 1 defà 1 dans’uîiè tonn^ d^s^n^e à le recevoir; ea- ‘Arifé'bn'^Ièye^ à là dislance tlq 1 5poupes de ce cène fŸéiik' et 1 ' tour autour, un se.çoqff injur, auquel on dnWfie 'de 12 Ü 18 U pbuces (l’épaisseur ~ io ’ r ^ 'U mén, ed ' é pace destiné aii feu ^ii,aity j)ar le lias, les 1 5 pouces HVthiàht I i distance a bùppelte f çe secpnd mur, se lïodvVplafcé duprertiiér, niais^ par fo haut, seulement 4 poiiêëS de large iri 3 Ce myr djj rev^tentent, à (a bàseuutpiel an myna^e deùk ouÿerturèéplacées l’ytdif au -'dèssUp, i^e pautre, ÿiëpÿ^ rattacher au prérAîeï tiilft àTs^ nartfe’ iepériqùre qt au point où cénd iminté T’&üvé r tu re qu’on y a laissée ( 2 ), et on 11 p Idisse cjneiquatté soupiraux aux trou s, dé 4 pouces en i'd?ré 8 , J jïr>Ur mieux diriger le feul" Cett’e ééurte dëpcription suffit; pour faire cquce- voWda'céfrtslructibn du fournéau ù goudron , ou du molntléS Opérations suivantes. "5^ Du 'chargement dufourneau. — Lorsqu’il s’agit dÿî irenfplir fe foUrpeau , 1 e goudronnier com- idëéëë^ pàr' qda'ceé dâhs lé Fond* de cè Tourneau des rondins dç bois dur qu’il dispose, en croix, et en- sùité lf êir 1 fèlitfitît là capacité avec du bois résineux qù*tf kêrrè^ütint;qùq : possible. Après quoi, il mure l’oÜvéHtffié'iklsiae dans lélcônë du centre pour L’extrac tî<^dÛth«trlSon , et il boücbe l’ouverture supé- Héurè*é*vec iitiê piérfe'-plaie (3). -i.foülkauffhgëju'fourneau. — Lorsque le four- nèau ësl télfcipü'comme, on viènt de le dire, le gou- dii)Adlet 311111116 dà feü entre le manteau et le four- neiil'. Oit' Piligjfrentë petit à petit, et l’on veille à cé Iju’ë'ftf f 0 Um'si\S’‘i'etôive dans toutes ses’parties le même degré^dn/haîeur ; ce qui est très-facile en bbtiefiaiit pù'en Ouvrant lés cheminéés ou trous qui se trôtrtfeht â’ià'pà riïé supérieure. '■'’u'.’ 'O^ês'ejfoh'aë ta cuisson du bois. —11 se dégage T l ' ;.! >.»: ,1"UU H 'i' — . . . . 1 1 1 ■ ; 1 ■ . ■ ■ : iliüfl^bi-àfiffttîeéprée ride entre le t«n »t Je îOraur. épi B*ii»ril*;‘.s»r« q*sucette enverturç doit demébrW ,^tdnvIoani tae lilàû nu ; uimoa iiip rmuc u gf/J P?'; tnavfltajVl eup v»ildao aaq lunl en fi nilnH noUsi jaune pt grasse,,qplan^ppftlle! sineuse brute, qùe L’cyà,. sépSéO:-dp 9 !’acide-ipyr&Ü- gneux, ou qu’on empibi? ; [diMjMflt<)ét 3 éi)qOU' 4 (i)e l’on mêle ensuite go^jl'Stnr «ènifeifini^wikin distil lé pour, obt/mip ,upa hidlp,, 4 ayt^t-_ 4 pi«étK,^éfin l’on voit couler .le gqjidfqfl btune et de consistaacejjçp^sfib.ÿjPPsl’iïllH^ieib^WtiteL qu’il e f st.pro 4 uit, goitofl lg ^ifiiqt^rfl a>érilb»ipel- jnière matière plu& éBft» s Sft;q'llsp%lëii4b pour eufaipe de y fo gpisç WΫv iup ,tndm«d3 site’j Cette opération; (furp .oràinairenjeué ttesis; fuis 24 heures pour les grands,ifojuri),e.%éJc>ij waitis eük%;qeti souvent même elle ne dure, que p». jours4Jt jLgHi^ i Wrlaiede le fourneau fermé pendant pL'nslaurSijwr s rii'n*q‘>là qe que les charbons y soient,coigpléilàmlentsételnU- Alors on rétablit l’ouverture qgirffe trfiUivflA la.blse du fourneau intérieur., et qui ctait^ji^a.Bfterée)pendant la combustion ; on retire les charbonftV'qui sont employés par les cputeliolisy,wai 4 iqhip d^afirès l’opinion des forgerons ^tut|' l és 9 puvsieés dé Nassau, ne valent pas ceux de ptn a qv’on obtient .par le procédé ordinaire. , j n0 a no te , eranllB ael no : ‘Un eiiiasm é ayllevuon eb TROISIÈME SECTIOH^aTt xoin : DE.,fuîuén,; 1 ,B 9 b smiol ns On trouvé dafis le K volnniè^ tyês l ar,- bres et arbustes^'pair Dufij?ni8l^ s ni nl lt^ ?o;M;^(leS|- crîption dtr procédé 9 eiirpl6yê^ fen “Àllèma$n#‘|â!ùr faire le noir de fumée, avec Ja figure de l’artpajml qui sert S icétfè.feb’riéaticni^ më'il'fa 'fTélëriùfioi'i suivante 1 , qùé je du 5 LefirbiicTi MFtoA l icj- ! ! 'de M. Hartig j' Wt b^niCtitip pltrsè^jrù'p’ffile! ' v ' J ” 1 lm J’àî fait ôbsèrvér', Il dît M- .Hartig 9 , âSë 1 léfÏ J ïè^’fa fabrication J 3e ïàréâfne il réktalt ; apVe3 r ^à bll«ipn de ceftè résine, de% lmpitr t etés qtxlcoiàéùâîèli < t , eiî > - -core tlés parfieV résfAépses : on pèüT’Iês’iïtfllsVrjén éh fabriquant dù tféië ’dê fùnééç ,qül’ es'i|ètfi l |)f4y'e a plusieurs Usages. On skît qué tduf 'ébVps^mji rer?- ferme beaùcoup de .partièy hùileiüës.Atrt-^memes , 3 , -i'pàrda'’C6'nibtistioh ! ttnë vnjjeor ^— ■*— renfeâ-me)’sê fixe’ eE forme Aij consistancéèxtraordînaifemëqt on brûle?lés'résidbl dç îafabtïçàtiàï I d‘ITà 1 péucà et si l’on recuëilîé là pttîè qüe la 'ftuià'ée^’W^atmè 'Si se dégageant^ on obtient cç, qu’on à^pmïi^u* rîofr de fumée. La Fabrication detrntte njattèféÆit^ikqpnc un appareil propre à-la-foi^û brûle r les résiqijs, djon t nous avoris parlê 0 ët’à en recuefrfit' ta fumé'e.,|l^t appareil est très-simple : il consistéI3i‘uk fëdr^une chemînce et tm éàhinbty a t ten an Id’Ëll ikilci 1 a aes- criptîbU ( 2 )’l -X 1 n “ 3''“'""*^ i. 'Dk fodry^'lÀ : r6j^t' , /c6'iA ! i^a ! £ <> if£As B œuvre ~ noi^oviioo ©nul* îMï9 # k iixis/bj ü iseadD ïnoi -ihê Füft 1U WJ t 'V'u.'.uloï'st eau tu *1 eb sJaob ( 1 ) C’est sans doute i’addên'ralf^neuiilulozèi si elioq u àBltûhifcsyîfs. ftaagdy ^niUaSds *Â&dü laLUd^i^fi/} de ÿtffe'Sf l ûtî-,Wbilftioq éél enabiia'I éb noiJauboilni 1 z HlÉfe » pi«rf«’âr* iëaM_a«pR^|Li ?%f ._ x , _ ^ Rai fcun G0 si, â. Uégasfl dt^swvômàu»:, l’introduction de l’air dans les potflh<9i* ! ,‘î)ù‘RP5iiftg C ^53 I Vêl ° L 1 alPy^?^£âl'éLviirt > kûi L v4gé'tauxi , mais ^agc’anfavers.îes-trâcueespii VaTsseaiyc aewens..)sa 'dirdthtriôd od ' sà tohdëKs’iiiÔn' siiccessiy^Hiennent s é ’Wnil'àrDrës 6nt bien peu besoin a’air p^la i réunite ’dçlèWr.mtlltlbliVà'tioh par bdiitures' è Æ ge * 1 1 Uu.s, e n ’séiieé’lf'preètfeS absôlumértt prives', et qt?on;ne'fleur én. ! renue^dtre péfl-à-pen. V. Sù’r la^rèspiration'dss végèfatix , lac Thÿ$iûu6 de?'aigres', Ipar i 5 i})faipel, t. II, liv. I, jr. r4oj*r ‘riancë, tït. XVllï, àr.t.’]f} 'til.,XlX.‘'art. 9,et i 3 , 'et titr- XXXII, art. 7 éf - 'P.'j re^l^.marisjjp^^s et ’mèrtîtf, rnaitres . adjiidicatairès éj,usagers ponSablés- dés délits cômniis.pstr leurs feintués-^en- r_ j__• îl'i 2 fans , domesti ïstiques ^pjuvrier^ ef pâtres^ çt plléétynd hsàbilite à' I’ain^nde .'C ê 11 ^’ jjopa tQUjpyr> ceftérespOnsàt 'ëlé éxéctitëè' ainsi, èt la raison en dçs délits qui ont lieu danslïe/’Forets s6ut fOinmis par dès ouvriers 1 maîtres, qui p les autorisent. , - i .. rv, ri -3 , ,. ,L uo mb %iu-l Ti 8fta»i.' D’un autre cote , les domtnagea-inforète «p^jpt f ioiht estimés dans lc^ forels ; ils sé.tègjent,4>’açT|ès 'amende, et ces deux'sort^s 1 dé réparahoiisge,f)?p t “ fondent pour ainsi dire 'et, se' compçneent rl’pnjepa r l’autre. On hé pou vait admêttré Uije au tje j rèÿs- s .) C’ést âiiisS qu’un délit de pâturage cpmmis dans un bois taillis de commune, êtànt'puni d’après la loi dii 28 septembre,né (iéut dOdrier lieu à une condamnation à l’amende contre la .personne responsable (Arr.àéjà cité)) tandis qtte le meme délit commis dans un bois de l’état ou dâtre une futaie de commune, étaht puni d’après l’ordonpance de 1669 , entraîne envers la personne' responsable la condamnation à l’arncéde. (Arr. de la C. decaSs., du 6 avril 1820 et du 2.8 août-1822ij “Observons enébte que , d’après la nouvelle juris ptadénce de la cour de cassation , la responsabilité ne s’étend à l’amendé que dans lès cas spécifiés par Rcdtfçmiançe de'-fû^. V. Au Recueil , vol. III, les Art 1 , de cettetbar, des 11 janvier et a 3 août 182a. Voici les différentes sortes de responsabilité établies en matières de forêts, chasse et pêche : RfeSpbNsAari.'tVé pas adjudicataires des coupes. V. Adjudication de cbupes de bois, § 12 IfcEsÿONSA^iÉrfé DÉS ADJUDICATAIRES DE LA c.thÀdk £ .V.- Glandée. Rtsèo>rS a"è il iTÉ -des administrateurs , agens , ARPENTÉ'ttRs EtGARDES. La responsabilité desagens s’élève dégradé en grade, depuis le dernier jusqu’au premùer dAUs l’pr/lte hiérarchique : d’où résulté un enthaffiémeïit de'devoirs, de surveillance et de garantie'qjii forme - le principe de tout bon système d’snj «nirristration. Aftiil les gardes sont responsables de toute né- glîeènce'QU contravention dans l’exercice de leurs fonctions, de même que de leurs malversations personnelles, etpar suite de cette responsabilité, ils sont tenus des indemnités et amendes encourues par les délmquans lorsqu’ils n’ont pas dûment constaté les délits. Lie môntant des condamnations qu’ils subissent est retenu sur leur traitement, sans préjudice de toute autre poursuite. {Loi du 29 septembre 1791, de sept dm. Vre^tyÿCÜj rM êlré^mposée j’qfhse parles .<’i^^s,^p^çstier^ ; *e|le doit être, autorisée par î’^dqi^tétyratiqo-% (lirais. du '4 1 «ipiur jMîus, à la rigueur , ç’jisf ^fjx^nÇiupau^pi. prononcer lès condamnations qes^gtqjqes coppme responsables. V. la Cirent, duyo jiyv’etfibre 1824. aussi Gardes. Procès-Verbaux! : y -r U ;■ P il Î ■ • T . ^ Les ag s !^ ns i c°iilrç'yçpii^u^ L étî^g| J ^^.np^ s i^*îi&®V^f qu iU n’auraienÙas consfefæs^eyra^m ^,.fâfa rèspOnsabiute, ns'sont solidairement t^ijus damnations encourues par, leS|gardes j sauf Jcprfe- cours contre céùx-ci! XÈàï'cfu 20, septembre ' 1 non , lit. XIV ., ,mn " A ' /P ” » n 1’ r? l.'OaTlTsjl ?,n£3 31 V, , JUSf Jonhn les conservateurs sont responsables de leurs .: .. . ' v atiuminf'i -f. m. .Vi;- y ts personnels, ainsi que des .malversations ou ne- 1 J . ti£;. -.LP.nOO^,:. V . : ' >'■ •' giigences-des inspecteurs quais ne^^onstatent pas , sauf leur recours*contre Dés. derniers.. (/b, , art. .5 gf fr.y . Ai • > . > b s • -> - - li - ' 1 ‘ k '' Les administrateurs sont responsables de leurs faits" personnels, efspécialemefit d’d tduie h'êgll^ébcç A faire exécuter lès lois dans ïès diffétëptês parties du régime forestjeH' (Ib., art. yv) ‘ B *, '' , Les arpehteurS Soqt responsables’ tü/s"èfrétli's’ : ué mesure lorsqu’elles excèdent tirfâtpêrtt ‘f dé toi-hectare) sur quarante. (Ibi,“àrti* 8 l ‘.\ iV ÿ^AiBÜktèuiV 1 ' „ , • . ■■■■ ■■■ .« ï:> zan og x -b *u»q **q Responsabilité des et municipales. Les memfpcs. d^^es %utp/itc^-spnt responsables du domw^ ,sqp(l^t v à J ^q|w^,paAef^ d’accorder la main-^rté nq^ssaire ppqr. laicon^er^ vation des bols, lorsqu’ils en sont requis ; ciers municipaux requis d’assister aiuc.perquimtiçns des bois de qelit sont responsable* artv »384 > *-*■ Atrr. derdadC.' de cass., du % juillet idi3b)' ■ 1 ihio'l eb La responsabilité mentionnée dans les denn èU-' néas ci-dessus est prLucifiale et non subsidiaire. (An. de la C. de cass., du 11 juin 1808,(1 unsi non Maison ne peut faire condamner un bidsiôd» responsableqciwileptent d’un délit coati mie paryes ouvriers, qn^uitant que ceux-ci ont été inis Am cause. (An. de la C. de just. crim. du département du Doubs-dp rÿiç„,contre lequel l , AdmioUtta,d! ûn lé triitemèfifliés ^âr'dét^nêp^ltltkhr^JélFpiîîmipjfl^bndamn^à'été înfimè & sur cef appel. ( Arr. de la C. de iust. crim, du département de la jCâtc-iéo /fÜBdicjmirk i’SVo-J 711 f , R'Ê^oürÿJiLB’iÿr^i 1 MüNfis.La^ioi dur iq vendémiaire an il 1 Aveédifiefc o tnrri u hç s pas po a sabtes déJ'yëlftÿYÜmrdis 5 ^!-îëüt territoire", k fpree ou- vérïe, $kl" 0 t|eis aWwmpemWn^ et rasse'mble 9 mens ar- niéS'Ctmoin â'im'o'f; Snaîs' cette, loLfi’est âpp)féà'l>îè aux communes eu. éôr nVqü’autant qu'il est nrowvé q/féleiWl|f'à 1 ^te ‘^ÿihàtjà pàr un rassemblementet on 't<ë l ‘dort piis ‘ê&tèdufe pàr 9 )tasseir\blëment uije i-iêtillîon^mii n’^ju^aefait nas n ?é' honfibre ds quatre ÎÀteviqii's. HjAlr\ Qe lajf Me n càssi } du in aodt io i y-. Ré%m^ fiioi-V. < f ' 9 Lb'/«nl8i sVgl^ laire prononcer une responsa RES :>55 bïKfô â'~ aup itiya ?iani. f l u . e n 1371920] 3uve ya îs. dans unq coupe ex- ue çes délits proviennent'de leur fait.” (Ârrffé ta C.d 3 l cass. , du 27 novembre.\Q\ 8.)V. Communes. ■~j\ o:> 2aJaXi2noqÊdi J110 • . WATItftEXie DELITS RURAUX- )S\ 1791 sur la police rurale portetit. Il, art. 7 , que les maris, pères , mères tuteqys ^ mjiîjfe^i^trepreneurs de toute espèce , sont cijç^mefJlJÇJppnsabfes des délits commis par leurs ïqquupf. et î^nfans^, pupilles, mineurs n’ayant pas ptiis der 20 ans et non mariés, ouvriers, voilu- Hters étydtfêf stihdf Jàiiùës; " J1 ‘ ' n l?àT , éi '8 J (M ftj’êiSé tftlb Riild lesdonrestfques, ou- •ftfërb~, 4 v l 6 fthttei - sl 3 d‘!flftfé 4 -$ùbcrrdoilnë!r, fés pbnsa- bléi‘,"à lêi r'tbtfl- ,®Bé? < féWïs ! édvër/ceuX qui les eiHpl&îêiiV.< ''poi ïno?. na i • • ,21 b 'ffî^jjr ÿ'Uftloijfttt -*1 tk. TiH^ mérite loi , rèhtï lëï gaédéè 1 cbduJ C^tW be ^niS' Jam jjtrës resptjnsublés des dom- niàft'ésYdSire Kiks "Jfè 1 mégngénîe 'à faiVé leur rapport des délits dans les 24 heures. rrLes gtrdas'des bais-des pareiculietSiEWSbfit peint soumis >.à -la responsabilité imposée âüit -gardes dés boisidelléiat^loqr couse dé négligeticadMiS laCbns - 1 tafjftiendes délits ië_^rr. de la C^dC'càse!,dut septembre fdbé.} X; Gatdes", . Rracès-'yetbntire. sb fttéSPt)i#è r Xèit*lriéf **■ bp r.BAqstë; ' Les : pdtfei'et 1 mères rèjjJddtlent' desdélits tje Watts'enfans nVifîenVS de sô ras, sanspojrVoir néa'n- mois êtVéW.éëtraiirta par èorps. (ï.ài-aU 3 o' wril *79ta ::. ;xîuo* RlEtP.ONSATilr.lTi EN MATlioZ DE nétjTS DE PÊ- r Bij.ilLes personnes responsables én cette matière daivtatliélre condamnées à une restitution égale à l’iàniànie ,' danformément à l’art, 8 du lit. XXXII’ de l’ordonnance de 1669, et auxiftais 'du procès , conformément' i. l’art. iq 4 du Code d'instruotion criminelle -, portant : Tous jugentens de condamna-- tion rendus contre les .prévenus et’corftre lès personnes civilement responsable* do délit, ou Contre la partie-civile, les* condamneront aux frais , même «nvecs la partie publique. -o t^Atr. delà Ç. de cass ., du ai poirier * 8 a 3'4 ' .v “ R^éâéo^AbiirTE DgS REtéftfEtjRS. Recéteuf. ‘ que J'On tau u un bois que LOn Wüpcqnii coiMPeA :0 pf dKp-dchg^ 1 ^ ï ■s-ibu* amilni àj“ s 9ntb«bnO) ftqiJniTq ra^tify l i^îti?K5oNp r ÔtjR DÊLITÇjîbidESXlERS. A j^ejcemple des anciennes ordoanajsqesrjoncernfutt l^s fprêU, celle du mois d’août, [iôa appelle restitution la somme à laquelle tout ^Rnqgapt, eu manière Iqrestière, doit être condamné «n. sus de l’amende, pour la réparation du dommage cauté par son déjit f .et qui , suivant l’art, 8 dn^i.t, XXXllde cett,é loi, ne. peut jamais être inférieure à d'amende. Cet arUclé porte : « Et d’autant qoe;tles amendes au pied-du-tour ont été réglées selon la valeur et état des bois de l’armée i5i8, depuis.laquelle ils sont montés à beaucoup plus haut prix, ordonnons que,conformément à l’ordpunancelaitepaf HenriJU en l’année i588, et aux arrêts et réglemens des moi» de septembre »6oi , juin lÔQZj et octobre i6a3, les restitutions , dommages et intérêts, seront adpvgés de tous délits, au moins à pareilte somme queportera l’amende. » . ... x, . L’art. >4 du même titre défend- d^»rlii - bre, 1808, 9 avril 1809, 13 navçnibre t81 a.,..,,14 août 78j 3, 23 octobre 1817^^ , . , 'Mais lorsque les bestiaux sont saisiaet.dtpifisqué^Y comme d’après l’art.' 10 du tit. XXXïi de l’ordam* nance de 1669, il n.’y a pas üeuià. gronoucer. d’ar mende; il n’y a pas lieu non plusàpronancer dé restitution. ( Arr . de la C. de cass., du 17. août 1810. ) La restitution égale à l’amendç doit être, égale-, mentprononcée pour le cas d’enlèvementde sablés, de marnes, ou de terres quelconques,ou de fabrication de çhaux, et enfin pour tous délits dans les forêts , ou contraventions aux réglemens forestiers. (Arr. de la C. de cass., des 12 brurpâire an 11,20 février 1809, i*3 novembre 18121 ) .La mêtne .restitution égale à l’amende est encourue par l’adjudicataire pour les baliveaux e* ar- îÿçs ^è.' rèséryg qiTjl ^e'représenta pas^'eb cet qd- judicalairè n’ëst point admis à* demande/ - que les cpjjyiainnpt^nÿ Jf^ées^à;4irè 'd'experts % di "’à ' V RES 7®r iFaprtts. fea[fiod.dektour. I Art. do MdCKdoctùis., dansa thermidor an net x^décemtnxtïiariiijt lia .'restitution, .égale à l?ameinle-éUui ipron oh coe par les sièges des ci-devant maitriseaet-parlai Thblès de marbre r celle du-Palais, à Furie, a rendu phisienrs j âge mens conformes à cette jurisprudence, notamment la a septembre 1669 , en condamnant à oà .Intncs d’amende et à pareille somme de ïesti-* tution un prévenu de délit de chasse, et à 3 o francs d’ameude , avec pareille somma de dommages .et intérêts, un prévenu de délit de pêche. Mais aujourd’hui les dommages et intérêts pour les-délit* de chasse sont fixés à. la: moitié de l’amende , par la loi du 3 o avril 1790, à l’égard de ceux qui chassent sans permission sur le terrain dllMtitti. Gomme la cour de cassation a décidé par plusieurs arrêts, et-notamment par celui du 3 o mai J 8xa p ipie les délits de chasse, dans les forêts de l’état et des commettes devaient être punis d’après la loi du 3 o avril 1790; ot r.on d’après l’ordonnance de 1669, nous pensons qù’il y a lieu de requérir, outre l’amende, l’indemnité prononcée par cette loi. A., l’égard des délita de pèche , ils donnent toujours lieu à une restitution égale à l’amenda- ( Arr. du 28 février 1 823. ) Lorsqu'on première instance , le délinquant n’a été condamné qu’à llamendc-, qu’il n’y a eu d’appel que de la part de l’Administration forestière , et que cette administration n’a, pas fait porter son appel sur la non-condamnation du délinquant à uue restitution égale à l’amende prononcpe, il est du devoir du juge supérieur, soit d’ofiire, soit sur les conclusions du. ministère public r de condamner le délinquant à cette restitution. ( Arr. de la C. de cass., du aï!> janvier 1808. ) Quoique la restitution doive être toujours égale a l’amende pour les délits commis dans les bois de l’état, dans ceux où il a intérêt, et dans les bois communaux pour tous les cas non prévus par la loi du 28 .septembre 1791 , il ne faut cependant pas confondre cette restitution, ou plutût ces dommages çt intérêts avec L’amende : celle-pi est une peine-pécuniaire établie pour punir l’infraction de cerlaiues lois, et comme il importe à l’intérêt général que les lois.soient respectées , la vindicte publique exige une réparation foutes les fois qu’elles sont violées; mais s’il résulte encore de cette vio- lation des lois un préjudice quelconque pour un tiers, c’est à lui qu’est dû le dédommagement de ce préjudice, qu’on appelle, en matière forestière, restitution , ou dommages et intérêts. Or , les délits qui ont lieu dans les bois attaquent à-la-fois et la .loi qui la défend et le droit du propriétaire; il faut une réparation à la loi et une indemnité au propriétaire; l’amende est la peine prononcée pour l’infraction de la loi, la restitution ou les dommages et intérêts, soit conjointement, soit séparément, sont pour le préjudice résultant du délit ; la restitution tient lieu de la perte que l’on fait de la chose volée; les dommages et in- térêts.sont pour le profit et l’utilité qu’on aurait pu pu tirer. . La restitution et les dommages-intérêts emporté R ES : ton rame l’^ioeajde, la.«f>ijtr»jnle par corps; il s , obtiennent même, ha préférence .syr l’araende,et sont pàyéstsalidlaLveroen# par legpojjdgmnés. ( Code gênai, art. 5 a, 54 et 55 . ) , -Les restitutions ponrdp^tmcqpttpi» dans les forêts royales appartiennent généralement à l’état, puisqu’il, en est le propriétaire,^Mais.^i tafLéliÿ-f pfté •commis sur les bais façonnes d’un adjudicataire; : Gain me ces bois sont sa propriété, I95 restitutions appartiennent à cet adjucüçabWè'?* ^ .... Les restitutions pour flélû? comwuiAtpr les futaies dans les bois tenus à titre d’engagement » ou autres titres révocables, appartiennent encore.,à .Ij’çtai, nonobstant toutes lettres , dons, arrêts , contrats .et usages contraires. ( Ord. de 1669, tit. XXII , art. 5 . ) Elles lui appartiennent à plus forte raison pour les délits commis par les engagistes. ( 1b., art. 5 et 6. ) Dans les bois qui étaient tenus en grurie , graine , tiers et danger, elles devaient se partager entre le roi et le propriétaire , sur le même pied que les ventes. ( Ib. , tit. XXIII, art. r 2. ) Dans les bois des communes et des établissemens publics et ceux des particuliers, elles leur appartiennent comme dédommagement. ( Ib ., tit. XXV, art. I er . — Loi du 28 septembre *791, tit. Il- , Les dommages et intérêts pour les délits commis dans ces bois , et qui sont prévus par la loi du 28 septembre 1791 , se prononcent d’après les règles établies par cette loi : autrement ils sont prononcés d’après l’ordonnance de 1669, ainsi que le veulent les art. 11 du tit. XXIV, 21 et 22 du tit. XXV, et 5 du tit. XXVI. V. Amende et Bois communaux. Les restitutions prononcées au profit des communes sont versées dans la caisse des percepteurs. ( Ord. de 1669, tit. XXV , art. 22.) Les restitutions pour délits commis dans les bois des ecclésiastiques par les titulaires et leurs agens , étaient portées au quadruple de la valeur des bois , et prononcées au profit des hôpitaux, lorsqu’elles n’excédaient pas 5 oo francs ; sinon elles étaient ern - ployées pour le bénéfice, et le revenu était affecte aux hôpitaux, pendant la vie du bénéficier ou administrateur. ( Ib. , tit. XXIV, art. 4 - ) Cette disposition s’applique aux administrateurs des établissemens publics. ( Ib.—Arrêtés du direct, exéc. , des 8 thermidor an 4 , 3 fructidor an 5 et 3 prairial an 8. ) Observons , en terminant, que la restitution appartenant au propriétaire, il en résulte qu’un fermier , un usufruitier qui n’a droit qu’à la coupe du taillis ne peut prétendre à cette restitution , s’il s’agit de coupe de futaies dont la propriété appartient au propriétaire du fonds , et que c’est à ce dernier qu’elle doit revenir. Les restitutions duesaux parties lésées entraînent les contraintes par corps ( Code pénal , art. 469 ); elles sont préférées à l’amende. (Ib., art. 460.) V. Action } Adjudicataire , Amende , Délit, Récolement.' RESTITUTION DE BIENS, DE BOIS, DE FRUITS A D’ANCIENS PROPRIÉTAIRES, y. la Loi du b décembre 1814 et Domaines nationaux, RÉÜ Les : bois'pcdvçna t des étabHssèmeris d*ihfcmiction ïvUfeïiqntfflé "V6nt pas dahs ^'étts d’être restituera des éfafilîéséftVètavi-('f'/t’A ' du comité desfl- napcqs, du q.ja/ivier 1818-) ! : RETËNIW'POÜR'ÉES PENSIONS. V. Pon- stcfytS (Islàlt imitnofcTv ^RETÉTJIÜÉ faite ment des gardes pour les dSfBfhfilkméÆgfk.tâEèbUstater. Les gai-des sont fn? tOTÏ^'i^igence dans leurs fonctions, et tenus desîiWFétrfirites'péur ieb délits qu’ils ü , hfil : p£ràdfl&âiëèf‘efeb'^idaht'les agene forestiers'ne jtdiVmt'? d’tdBRr^fàpôsfer à ces gardes une retenue aiV 1 l‘èïïr 4 raftjèîi^t , ”â'Hfi‘é' I dë : Wpe ; i‘ation des dom- tiÿW&SÎ't djhVHP dit 'irlijt. des flrr., du 4 novembre lèTïft"f ' ’ït3U- RÉTICULÉ , retipulatus. ( T. de bot. ^Marqué de nervures anastomosées'en réseau.' RÉTIFORME , retifbrmis. •( T. de bot. ) Qui a la forme d’un rets ou d’un filet. RETOCQUAGR. V. Rapatronnage. RETOUR. Un arbre est en retour ou sur le retour quand il commence à dépérir et devient sujet aux dégradations de la vieillesse. Les arbres qui croissent dans un terrain sec, ayant les pores plus,serrés que ne le sont ceux des arbres plantés dans une terre fertile, ne deviennent pas aussi gros et tombent plus tôt en retour. Le contraire a,lieu dans les terrains gras , où les arbres ont besoin de plus de temps pour acquérir la densité et ladgreté dt^al ils sont' susceptibles. Les arbres crus dans un terrain marécageux passent subitement d’qn accroissement assez prompt à, uq dépérisseruept sensible. Le dépérissement est également prpmpt, à l’égard des futaies qui sont reproduites par de vieilles souches. On reconnaît qu’un arbre est sur le retour quand il forme, par les- branches .d* sa. cime, une,tète arrondie , et qu’il présente les autrps, signes de car ducité qui sont indiqués sous le snob Dépérissement, et sous les mots Exploitation et Estimation. : RETRAIT. Se dit des semences qui sont desséchées'par le soleil avant d’ètreparvenues-à leur niatnritë. Les blés retraits et ridés donnent beaucoup de son et peu de farine. Retrait se dit aussi du bois dont les fibres se retirent par le dessèchement. V. Bois, Cordes. RETRAITE ( PENSION DE ). V. Pension. RÉTRÉCI, angustatus. (T. de bot.') Diminuant de largeur. Pour les solides on préfère aminci, at- tenuatus. RÉTRIBUTIONS. Pour celles dues aux arpenteurs, V. Arpenteur.’ Pour les rétributions qu’il est défendu aux agens de recevoir. V. Traitement, Taxation , Vacation. RETROCESSION , acte par lequel on remet ses droits à un autre , en lui en faisant le transport. RÉTROCESSION DE COUPES- V. 1 \Art. 4, du cah. des ch ., ou le mot Cession. RÉUNION D’UNE COMMUNE A UNE AUTRE. Quels sont ses effets pouf la dittri-bution de l’affouage et pour les droits respectifs de la propriété. V. la Décret du ij janvier iRiiK ■ Tome II. REV 7S7 REVENDICATION, REVENDIQUER. C’est une actiba par laquelle on demande une chose qui e*t la sienne, et qui est entre les mains d’autrui. Rem prb sud vindicare. Revendication formelle , par l’autorité administrative , d’une affaire portée devant l’autorité ; judiciaire. Y. l 'Art. 128 du Code pénal, et les mots ; Conflit} Pouvoir judiciaire , Pouvoir administratif. Revendication de bois vendus. Lorsqu’un in- drvirf'n a vendu des bois , quoique mêlés avec d’autres et non mesurés, la propriété n’en est pas moins transférée à l’acquéreur, qui peut la revendiquer. )(■ Arr. de lti -C. de cass. , sect. civ ., du jj novembre L’action en revendication de baliveaux ,ou de taillis vendus par le propriétaire du sol, est une action purement personnelle ou mobilière , dans la main de l’acquéreur, encore même qu’il s’agisse de taillis ou de baliveaux non coupés : en conséquence, l’action doit être portée devant les juges du domicile du défendeur plutôt que devant les juges de la situation des biens. ( Arr. de la. C. dq cass. , sect. civ. du 5 octobre 181 3 , ) Revendication de biens. V. Biens communaux , Domaines nationaux. Revendication de droits d’usage. Elle ne peut être faite par les habitans d’une commune , sans le concours du maire. {Arr. du 2 janvier 1811 'et des 22 avril et 7.5 juin 1824.) Y. Commune, Usage. REVENTE. V. Adjudication. REYEN UE. On appelle ainsi la repousse , le re- xru , le jeune bois qui pousse après une coupe , silVula reviviscens. C’est de la beauté et de la conservation de la revenue que dépend celle du taillis et même de la futaie. On appelle revenue de futaie ou recru de futaie } le bois qui revient après la coupe de la futaie depuis les premières années jusqu’à 20 ans, après quoi elle s’appelle gaulis , jeune futaie. RÉVOCATION , du latin revocare , rappeler, révoquer. C’est annuler, détruire une chose què l’on a faîte. RÉVOCATION D’EMPLOYÉS. Toutes les places de l’Administrât ion forestièfe sûnt à vie', et néanmoins les employés peuvent être révoqués. ( Loi du 29 sèptembre 1791 , tit. TIT, art. 17. ) La révocation des administrateurs et des conservateurs ne peut être faite que par le foi , d’après une délibération de l’Administration, et sur l’avis du directeur général. ( Ib., art. 1 8. ■— Ord. du roi, du 2 janvier 18-17.) La révocation des inspecteurs peut être prononcée par le ministre des finances, également sur le même, avis du directeur général, et d’après la délibération du conseil d’administration. ( Ord. du roi, des 2 janvier 1817 et 7.5 août 1824. ) Les autres employés à la nomination du directeur général peuvent être révoqués par lui, d’après la délibération du conseil d’administration. {Ib. ) V. Destitution. REVUE DES GARDES. Le conservateur fait, lors de sa tournée, et dans les bois mêmes la re- vuç. des gardes, dont la réunion au cantonnement 9 5 m du partie général ne les déplace quq pOftr qu*Lfl,y.ç(> hëures de'leurs triages respectifs, fl s’informe île leur tenue ordinaire, cjç Uur. service ; 41 fait’connaître au gardé général que sa responsabilité' est intéressée.à la mauvaise conduite dés gléfdes particuliers, lorsqu’il néglige t),'ea rendre compté ; il s’assure s’il fait constamment sa tourné^ il cheval , et s’il n’a pas avec les gardes qui lui sont subordonnés des habitudes nuisibles au bien du service. ( Instr. du 7 prairial an 9, § 1 er ., art, 11. — Instr. du 23 mars 1821, art. 5 i. ) L’ihspéctéur, lors de ses tournées, fait même revue des gardes que le conservateur. [Instr. du 23 mars 1821 , èfi. 89. ) RHAMNOIDE. V. Argousier. RIiOMBOIDAL, rhomboïdalis. ( T. de bot.) A quatre angles , deux opposés plus aigus. RIDE, rugosus. ( Tl de bot. ) O11 appelle ainsi tout ce qui a une surface inégale et remarquable par des enfoncemens ou des élévations alternatifs. RIDEAU D’ARBRES. Plantation d’arbres ou d’arbustes qu’on fait dans les pépinières pour donner de l’ombre aux semis et aux plantes qui craignent le soleil. V. Abris, Palissades. RIDELLES. On appelle ainsi dans les forêts les brins de chênecn grume qu’on réserve pourlescliar rons, qui en font des limons et des ridelles de charrettes. On les équarrit encore pour en faire du chevron. RIGOLE, du latin rivola, diminutif Je rivas, ruisseau , courant, petit fossé pour faire couler les eaux. Les adjudicataires des coupes sont tenus de curer les rigolé* , Fossés et sangsues qui se trouvent dans l’intérieur et au pourtour de leurs ventes. ( Cah. des ch., art. 72.) Dans lé jardinage et les cultures forestières , on appelte aussi rigole une petite tranchée Où l’on plante des bordures, des arbustes, ou des palissades, on des ■jeunes plants d’arbTes. Les rigoles pour plantations dans les pépinières ont ordinairement 6 pouces de large sur autant de profondeur. Celles destinés aux semis n’ont qu’un à 2 pouces de profondeur. V. Pépinières , Plantations , Rangées , Rayons. RIOLLE. Même chose que h art ou rouette. V Remette et Train. RIORTE. Synonyme-de hart dans le département des Deux-Sèvres. RIPUAIRES (LOIS). Elles défendaient, sous les peines les plus sévères, les vols de bois. V. l 'Introduction à cet ouvrage. RIVAGES. Bords des rivières. V. Rivières. RIVELLE. V. Ridelle. RIVERAIN, du mot rive, ripa. On appelle ainsi celui qui habite les bords d’une rivière, d’une reute, d’une forêt, ou qui possède des héritages près de ces bords. RivnnAiHs desforêts.—T ous ceux qui possèdent des bois joignant les forêts royales sont tenus de les e» séparer par : des fossés ayant un mètre 3 décim de largeur, et un mètre 6 décim. de profondeur qu’ils doivent fentrêtçnir en'b tm état, àpeine de rgy irion.'^rtf.'ffê 1 1669 \ kit. XXVII, art. ^.~Ârr$ï du Hireéft‘eoAcat ., du 19 pluviôse an V, Tçisfpf^ mv :I U -est, QU cUt.de pUntsr (.0/rfji«dr 166 9, tit. XXVII, arù. 6.411 - ■ ;•!•»■ - 1 Il est aussi défendu déifairÿides constnictiilns à 2 kilomèt. des forêts. Y. Gonstructlm. . ■ - r. Les cercliers, vannier*, tourneurs y sabotier* et autres de pareille condition v nB patwwrt twnir ateliers dans la distance de 2222 mètres des' forêts royales » à peio<} de confiscation dé. fours marchin- disesetde 100 fr. d'amende. .(/fofflrtJTSiià.K' ‘.ne. Ceux, qui habitent desiuaispns s&tndeS' dap»>le* forêts royales et sur les Cives ne p*uvent »pTlhirse commerce fo tenir. atelier Vie bais j ni ’en fhise un plus grand amas que pour leur\:liafuffage.yà''peiT»e de confiscation, d'amende arbitraire et de'dénfoli- tion de leurs maisons. { Ibart. 3 o.) - - 11 est défendu à toute personne de faire de la. chaux à 714 mètres de distance desforèts royales sans permission expresse , et aux officiers forestiers do le souffrir, sous peine de 5 oo fr.- d’amende et de confiscation des chevaux et harnois. { Ib.', art. lia) Les possesseurs de bois joignant les forêts domaniales, à titre de propriété ou d’usufruit', sont tenus de déclarer aux officiers forestiers le nombre et la qualité qu’ils doivent en vendre chaque année ,-à peine d’amende arbitraire et de confiscation! f/ê,, tit. XXVI , art. 4.) ■' Les maisons bâties sur perches, Ici ateliers, logdWet baraques construits en bois dans l’enceinte, aux.rdins et à 2 kilomèt. des forêts royales, anciennes et nouvelles, par les vagabonds^ etimitiles, doivent être démolis. Il leur est fait défense d’en bâtiràl’avenirdan* la distance de 8 kilomèt. des bois et forêts" rojhlès, sous peine de punition corporelle. ( Ord. de- 1669, tit. XXVII, art. 17. — Vécis. du Cons. d’état, approuvée le 22 brumaire an 14.) Il est défendu aux riverains d’enlever le- boi* des laies ou tranchées pratiquées par le* arpenteurs', à peine de punition exemplaire. i( Ord. de 1669 , tit. XV, art- 8.) D’après l’art. 7 du tit. XXXII de l’ordonnrthkd de 1669 , les riverains ) au moins de place en largeur pour le chemin du-.cêté où. les bateaux se tirent, et 10 pieds v 3 mètres-24 centim. ) de l’autre côté. ( Ord. de 16 àyptitt XJCV 21 J,art. 7.) Les contûstations qui s’élèvent entre les flotteurs et les propriétaires riverains sont dans les attributions de l’autorité administrative. {Ord. du roi, du 4 février 1824.) V. H (liage, Marchepied, Rivière. EU VES, On nomme ainsi les bords et confins tant Jeu civières que des foTèts. L’art. 4o du tit. XXVII de l’ordonnance de 1669 défend d’ouvrir aucune carrière à 6 toises près des rivières navigables, à peine de 100 fr. d’amende. , L’art, 4* du même titre défend également d’y a tnfcSier.aucune• ordure ou immondices, à peine d’amende arbitraire. V. Reins et Rivière. RLWisRE , du latin barbare riparia , ou rivaria, augmentatif de rivas , ruisseau. C’est un assemblage d’éaiix qui coulent dans un lit d’une largeur et d’une étendue plus ou moins considérables. Les eaux de pluiejfoat les sources, les sources font les fontaines, los fcartaines font les ruisseaux, les ruisseaux forment ies rivières : les rivières qui ont un long cours, qui reçoivent beaucoup d’eau et qui se rendent à la m«c sons perdre leur nom, s’appellent Fleuves. mL.es rivières ont une grande influence sur l’agri- cadtirreat la prospérité d’uu pays; elles servent au transport des produits, à l’exploitation dès usines, à, L’arrose me Ht des terres; elles fournissent des pois- aonvpourlii nourriture de l’homme , el les émana- tioaa de-leurs eaux entretiennent la fraîcheur de l’atmosphère.: -.Lorsque lés moartagnasdes chtlnes centraies étaient sixiàisept fois plus-élevées qu’elles ne le son t a-u- jowrd’hûâ., les grandes rivières roulaient des masses d’epu .considérables : c’est dans ces temps reculés ipnVUesfenh crtusc los> vallées ofi elles coulent, et ■lemt! édits,ne xeon {dissent -plus qn’une petite éten J due. Chaque année elles diminuent propofrianntl- RIV ^ deüidiitià l’ahaîstemént de ces montagn^ , aux'dp- frichemenç ou coupes de bois qui se font sur /pur sïifftifièt où surfeur péri té, et mênie proportionnellement au dérfi'thfement qni ie fait dans toute autr^,situation 1 car il est reconnu que l’effet ordinaire du déboisement d’un pays est la diminution des.jèAux. V. Montagne et l ’Introduction à ce Dictionnaire■ § i fc . — De la propriété des rivières navigables. I. Cliez les Romains , le» rivj^res appartenaient sans distinction an public : Flumina autem publica sunt. Notre jurisprudence en a disposé autrement pour Les rivières non navigables; mais chez noirs,,comme chez les Romains , les rivières navigable» ont toujours fait partie du domaine public. Louis XIV, par son ordonnance dô 1669, art. 41 du tit. XXVII, a déclaré la propriété de tous les fleuves et rivières portant bateaux de leurs fonds , sans artifice et ouvrages de maina, dans le royaume et terres de son obéissance, faire partie du domaine de sa couronne, nonobstant tous titres et possession contraires, sauf les droits de pêche moulina, bacs et autres usages que les particuliers pourraient y avoir par titres et possessions valables, auxquels ils seraient maintenus. La première disposition de cet article concernant la propriété des fleuves et des rivières portant bateaux de leurs fonds , n’a point éprouvé de changement, elle a été confirmée par la loi du 23 septembre—1er. décembre 1790 et l’art. 588 du Code civil, qui déclarent dépendances du domaine public les fleuves et les rivières navigable» ou flottables. II. Il s’est élevé la question de savoir ce qu’on devait entendre par le mot navigable. Un arrêt du conseil, du 9 novembre 1694, a déclaré que ce n’est point par la forme des bateaux qu’on doit jugar si une rivière est navigable , mais seulement par l’importance de la navigation qui s’y lait. V. cet arrêt au Recueil. L’Administration des Forêts a, par sa circulaire du 3 frimaire an 12 (25 novembre 1 8 o 3 ), relative à la location de la ]>êche, observé que les ruisseaux ou rivières cjui ne peuvent servir qu’à la flQtttisoh à bûche perdue, ne doivent pas être rangés an nombre des rivières flottables, que l’ordonnance de 1669 considère comme navigables, et que cette ordonnance n’a eu en vue que celles qui, sans écluses ‘ou artifice aucun, portent des trains. Dans une autre circulaire du 19 vendémiaire an > 4 (1 1 octobre i 8 o 5 ), l’Administration, en faisant envoi de l’avis du conseil d’état du 3 o pluviôse an i 3 , portant que la pêche dans les rivières non navigables appartient aux riverains, a invité, les conservateurs à ne faire exploiter la pèche au profit de l’état que dans les rivières navigables, et elle a observéque parmi ces rivières on ne devait point comprendre celles qui ne portent point bateau,-et qui sont seulement propres au flottage, soit à grands trains, soit à bûches perdues. j , g Mais une décision ministérielle cju f /i povembre 18201, autorisa la ferme de la pêcbg dans fa» rivière» fl6ttahLès,,sans distinction de celles qifl sont tAi. ne Isont pas navigables. 9 5 * ïko m«a^oir , dës£yiv1êr4*'üktftMe^ ëét trainr-nu rkdeaüx j att bord désqrt'ellêè îeBqtWtprië! .twneà riverains vàoht ténus de 1 livrèélê Ùiarc'hepî^d déterminé par l’art. «5o dn Dode-liril, ëtyJohrte curage etlWretkm Itfnt à ltt'èhafj^'éterél&}'i»î>Ôei8 rivières i ah ruisseawx fldttablés : 5 btVèHè^ pënlues, sur. lé bord''desquels les proprrét{ri4WfWeraini ne sont assujettie qu’à livrer passage 1 j dart^te tteiir^s du ilôt., aux puvriers Chargés de diriger les bûchtei flottâmes et dé repécher les bûe'hes submergées; que • les rivières flottables Mitrains ou bateaux sont, de leur n&U\re ^'natigàbles pour toute embarcation du même tirant d’eàu que le train-ou'radeau flotta”*; que les rivièrçs^ flottables de cette espèce ont été considérées comme.r jyj^jes navigables, soit par l’ordonnance de 1669, soit par les'premières instruc- •t ions données poûr l’exijcutidn de la loi du 14 floréal an jo; que dèsdors lés rivières flottables sur trains ou bateaux, dont lVntrBÈionest à la charge del’état, se trouvent Comprises parmi io* rivières navigables, dont la pêche peut, aux terme* de ladite loi, être affermée au profit dq l’état; qu’il est impossible au c ontraire d’appliquer les dispositions de ladite loi aux cours d’eau qui neMiont flottables'qu’à Miches perdues,;et qui ne peuvent, sous aucun rapport, être considérés^commé riviècefenavigables; que, d’après ces distinctions , l’état a lé droit d’atfermer, en vertu de la loi du »4 floréal an 10, la pêche des rivières qui sont navigables sur bateaux, trains ou radeaux, et dont pentretien n’est pas à la charge des propriétaires riveraiks) que ce droit ne peut s’étendre , en aucun cas, aux rivières ou ruisseaux qui 11e sont flottables qu’à bûches perdues. » Mais si l’on doit considérer comme'non naviga- ble-’toute rivière où le flottage ne peut se faire qu’à bûches perdues, 0»’ doit, d’un autre cêté, considère» Comme navigable toute rivière portant natu Tellement de son fond bacs, bateaux ou batelets.V WU- Rapport du-min. des fin., inséré dans une (brd. durai du \o juillet 182a.) ; Il-no peut plus y avoir d’incertitude sur la signi ficâtioti légale des mots fiotlable et navigable, d’après les explications qui viennent d’être rapportées. : Ml. Mais une rivière qui n’est navigable que dans certains endroits appartient-elle à l’état dans tout son cours , ou bien rentre-t-elle , quant aux endroits où eHe cesse d’étre navigable , dans la classe des ri vières rien navigables ? M. Mérlin, qui pose cette question dans le Répertoire de jurisprudence , cite 1 °. un arrêt du 9 décembre i65i , rendu pour la rivière de la Loire, qui a décidé qu’une rivière n’appartient au domaineque dans les endroits où clip est navigable; a°. une dé- oclavaCion dw |n«isd’avril 1683 , qui parait Confirmer '!*çéM!e dc^èsionq Svy uniarrêt du conseil-, du 9 np^ veinbre 1694 , d’où résulté la- même coUSéfprentp 1 ;' qoi jppfini, uk areét xW oéms0ii-lUi]io«oû6 delà'tnêrji'è 1 année, qui établit le même principe. .on§ojei8 îtfify eiÇeftWiaîWlt éfté àlfisfci'Ùtfg «#t«iw*»iltê*ftf- ,; 4 ^ebnWàiré , , l àldH#lttî I ^i , èc«J | Ssft'tàéiÛn» décris l'%u%'* , #Sgbl :1 d*é«e u éèfitfiéh^ n de MàiWétlf-rifiit Mi MétBrfijl’cte'grabd >m8giàttatt‘ J nh J j>fgàëMài< u ttàs SOh ofûfrioà cowmé tmé fnàftiThe' 1 jr»èq)i-eménf'dire , ilWré ht peésènta-lfque fcOmHié tüWytrAo'rtipfiHff-jUs- tîfiêe i pai* dés faits ^Va»tletil?èVéî ,î9E ’’ CK I 119 np>b JnaJè ; Cette question^» été', ll àh SÙTplUs ; dêtjidêé^nUflla cour de cassation, le 29 juin i 8 i 3 éVl’frtt’ü’éHfftîtfÇ , do mm d elle ' t’a» ài t"é té 1 àfùtféfôÇi 'par'lds ■à-tiéfé’qli ’on citéÿ.'t-E' viiolhmJ Jeup à riovaa sb noilasupcl IV. Que dëiï-ôH ’tfééAbefi'ê ïlé&dtddêiPblÿjiiièn nnvigables deS riéières 'hdèigab'les^‘ ,J b c J’ih J Un arrêt du cotiseil 1 , dUTO’abût domaniaux. Sa Majesté 1 ,*ÿ ést-il dit,-infërrt?éé 7 qtie plusieurs desdits détenteurs (dés biens et droîtSXlir les rivières navigables) refusent de payerieSdites taxes, parce 1 qu’encorfe que-leurs îlbs l j' ! kntJUlin'* t 'et autres biens et drdits soient sur deS bèsk ét-rilU'r'àos desdites rivières navigables, cepeùdaùt lfesditS bràa’et courans n’étant point navigables, ! OU n’éttirtV fi ivi- gables que par écluses et p'üt artiflcé, ils soutiennent n’ètro point dans le cas dudit édit (de décembre 1693); quoique toutes ces conditions'sèéènt inutiles, parce que l’eau desdits bras',dérivant!d’une rivière navigable, laquelle appartientnU roi depuis le lieu où elle est navigable de son fond , il w’est permis à personne de s’en servir pour établit des droits ou pour établir des moulins e“t autres édifices sans la permission de Sa Majesté, parce què 'c’est une chose de son domaine, ainsi qu’il partrit non- seulement par les déclarations de ou 1 Majesté des mois d’avril 1668 et i 683 , mais encore par l’ér- donnance des eaux et forêts du mois d’août <1669 , titre De la police et conservation dès eaux et rivières , aux termes desquelles Sa Majesté pourrait leS priver desdits biens et droits, et Sa Majesté désirant expliquer sets intentions pour ce regard , et traiter favorablement lesdits détenteurs , propriétaires ou possesseurs, Sa Majesté, en son anrtscilf interprétant, en tant que besoin serait, ledit édit du mois de décembre dernier, a ordonné et ordohbe qwel^s détenteurs desdits biens et droits sur les bras et courans soit navigables ou non, seront confirmés dans lesdits biens et droits, en payant les sommes pour lesquelles ils sont ou seront compris dans leB rôles arrêtés en son conseil, aux ternies et en exécution dudit édit, qui sera exéCuté'Selon sa forme ettenéUr. C’est sur le même fondement que, par Uné tèécla- ration du i 3 août i Joi)ÿ les possesseurs desîiôàfor- mées dan* lès bras non navigables des riviérès (navigables ontété assujettis à faire enregistrer lenrs titres dans les bureaux des conservateurs des domàines. V. A qui appartient une rivièrè navigable qui-sépare deux souverainetés ou deux divisiàns de territoire d’un même état ? 11 Dans la première hypothèse, la rivière devrait naturellement appartenir, pou»lmoitié, àidhaoun de* deux etàtsq tuais cotte règle est sujetto à qùel- quMfcKcepticUHflâm-* ••w »» Jnainnu) ■ Dan*rrSt dii'cMfèfeily : du^^>» ja«VÎet> »y 2 éy *Üé- iètdé>aq&éSlè: RhêneiappttreehkitSèBtière|ne$tr-ià' la France , à l’exclusion dy-papéj alôfS sOté+iètiln- de tflW 'MX ojïti «lîl WiïHelW^a^ie 4ji9i-Jft5>u#eeè6a^itei|M9«sil«} ddmdiaerde, Hfeaé le* JIMftHq ^o^WrWftf^%Ti’iWn4f ri W4^'» , *jSt)^jAl'»§U»!pi(Wht# iSÎ$lèr*SvBq tnbnatne lievab no'up es Invmovilto ^îUJls^fti^iéfQ^csTq^HïcIyiejM' #i»«iimonf>b fil ructe bnolnoo no ,9mimmoj notT . BW^iflWHol’jkl^fajilîHHsril Hfifuifrlplw b«d.U jùri- la-A&Gp&dir&A 4éçidft ( M,q*ifcèlioii& LVnfttvâôohle fi§ fX^pltcq^Wigation faUissefxfitttm.aiéAepièd étant déjà en possessifflpdoju te Js, fivièreyoçtr pttf* 1 dbfièrçs navigables ,flottaMas> auxutn'n- fiJlVPr’lwifihp^s mtfftté Ainsi fégléosf-entre.-fH® paj- , bfift rftenfi WW établies. put la hi porir Vutilité , TOM «fflù MÊ- £ 181 niuj çs al r noiJ;.: !• 11503 ! j ''' la question de savoir à quel territoire appartienttine. . riVlArAlnittt cinafA ^Mlv /J ft;î «i J,^9P ) (étaijlitrpmtr( î règfq.géniéEatp',qu€f, (* lorsqu'une rlvi^jçq f, irjdiqqéej cpm me liqûles«entre deux dé- 11 j)arJ;pn?fen(S.ou deux, district»-,, il >esb Entendu que les, -deux dçpaftemens ou les deux districts ne sont borné^, que, pnr.lq milieu du lit de la rivière, et que ler,dôux direfctolres doivent concourir à l’adrainis- tratipn.de la'rivière. .*.t. -n Conformément, à' cette règle, deux décrets des rÜivaptAsft au ,10 et 17 mars 1809 déclarent que les ■départemeofvde l’Ardèche et de la Drôme seront dé^ limités parle milieu du Rhôno. Mais, suivant le premier de ces décrets , le département dp, Vaucluse est délimité par la rive gauche de eo fleuve, parce'que ce département n’a été formé qu’après la réunion du ci-devant Avignonnais, prononcée parla Ipidu 14 septembre 1791, et conséquemment à une époque où les départemens de la rive droite du,Rhône avaient été mis en possession du lji enfler du fleuve, qui alors, comme on vient de Je, voir 7 appartenait en totalité à la France. A l’égard de la pêche sur une rivière ou por- tipn de rivière limitrophe entre deux divisions .forestières, l’Administration a décidé qu’elle devait être attribuée à celle de ces deux divisions dans laquelle le cours de cette rivière a le plus d’étendue. ( Circul. du 10 pluviôse an 1a—3x janvier 1804.) , VL La jtrop rie té deq rivières navigables ou flottables en traine-t- elle celle de leurs rivages ? Dans le Liait romain , l’usage des rives d’un fleuve était public comme l’usage du fleuve lui-même; «nais là propriété de ces rives appartenait aux possesseurs des héritages contigus, et.il en était de même de la propriété des arbres : Riparum quoque mus publiées est jura gentium , si eut ipsius flumi- , fiifi-j sed-proprie tas earuni illorum- est, quorum prœ- ddfS haïrent : quâ de causa arbores quoqne in iisdem ftatCB.eomm sunt.{Inst. , Lererumdivts,, $ Riparum.) •h din France, les.opinions variaient beaucoup sur navette question avant, le Code civil. ^anrLesuns, dit M. Merlin , se fondant sur l’art. 7 ..dtt\tiu. XXVIII de -l’ordonnance de 1669, et sur d’ar'M ,3 du chapitre I er . de l’ordonnance du mois de décembre 1672, concernant les approvisionnemens xr.dê-Paris, qui assujettissaient les propriétaires des .uhérfHa^qs aboutissant aux, rivières navigables à .J iaâs*?)le lpng des bords un chemin de h»lage, soutenaient que ces bords eux — mêmesfaisaient partie; >fi«; çafehéri-tagaçuj «^appartenaient, mar^çflopéiqùejrçt jPKÙ&ÿjjc^'^paj^jta U reconnaît'!bw*t claâremient, qjo 0 ^q^, f ^|erlip ,ique la-propSiété dé oe mprohe- fgiHppj^t partie dû demaine ;publie o «n ef- let„ ipp.uféfâbdiid: pits- une seirvitucje aur'saidmâme- La quàstion, a.été pareillement décidée par Ufie ordonnance du r-qv'ùdu a6 août nertanttque l’ordonnance dq 1 66g , en consacrant 1 l’obligation de laisser.un chemin de,halage, impose une -sevti- tude , mais ne caractérise, point une expropriation. V, cette ordonnance.au Qcçyeil, u: ’il amàic. : i 2. — Lès droits^dth Ÿ i^pÛïtwitiiérs ' 1 sur, tek rivière _>ei Vat/m: Jàifu Mimoc ->it.w.* ■ ■ . navigables. 1 vsn *?• ,çoô -ni n- tnrmj ■roi L’prdoiinancê dea/Tâp,, .titl vXX.VII-,.arb.. 4»;’en déclarnnsque Impropriété dés, fleures et desAvières portant bateaux sans artifice ét ouvrages du mains aj>partennit au domèine,ajvait excepte les droits de pèche.,omo.ulins , bftos et autres usages que le* particuliers pourraient yj avoir par titres et possessions valables, auxquels iU seraient maintenus. Far uoo défclaràtîon du mois d’avril i683, le roi annonce qu’il ne confirmerait dans la propriété et jouissance des lies, îIaIs, attérissemens, droits de pêche, péages, passages, bac^, bâteaux, ponts, moulins et droits sur les rivières navigables de son royaume , que les propriétaires qui rapporteraient de6 titres de propriété authentiques, laits avec les rois ses prédécesseurs et,en bonne-forme avantl'an i566; savoir, les actesd’inféçdalion (ijQontrats d’aliénation et engagement, avejux et dénombremens rendus à Sa Majesté et reçus sans blârtveq qn’il 11 e maintiendrait que les églisés et monastères de.Jon- dation royale, auxquels ces droits auraient étéodon- nés par les rois pour cause de fondation et dotation mentionnées dans leurs 4i 1res ou dans les -déclarations qui se trouveraient aux chambres des.tbmptes; qu’à l’égard des possesseurs des liés, Uots , -fonds , édifices et autres droits qui rapporteraient desi actes authentiques de jiossession commencée sans vice avant le it r . avril i566 et continuée sans trouble, Sa Majesté les confirmerait encore, mais à la charge de payer annuellement, à commenter duj tet,.jànvier 1 683, par forme de redevance foncière, ^vingtième du revenu annuel des lies èt.autres droits. Far une autre déclaration du mois dlavrjh'i686 , le roi a confirmé tous les détenteurs et possesseurs des îles sur les rivières de, Rhône, de là Garonne et autres rivières navigables de ladite provinceien la possession d’icelles, ensemble-deacrémehe,formés et à former dans la suite par al.luvùonj: industrie, dépense cm autrement , k lacharge-deipa.yeir po.wr droit dq, confirmation les sommes portéeei^sbil’éitat,.qui «rrèté W> Bondeibluaèv Ûo'b , hçbi eiduis el lûixjfuopriétabreaidià.-çeujtTciimSoaM m'chafgùd'wKei ièndh;î , e4.9».unerp*ke6iy«idécJièralieii de tùüqpcw la oh {^qw^lxç-xioianloxe’l i { san/n 1 ? j Bretagne, .sqiouivq omêm al Jildfiîô inp , uànas WVi i’fi édit jtonqé au mois de deçeili ^r,e i (>93* Ifi foi ordonna que tous détenteurs, propriétaires .possesseurs .des fies, îlots, attérissepiéns, aççrpjs$e- inens, alluyjons, droits ,de pêche, péages, passages, ponts , bacs , coches, bateaux, édifices et droits sut; les-rivières’jtayieables du royaume, qui rapporteraient des titres de propriété ou de possession anté-i rieurs au i er . avril i 5 u 6 , seraient maintenus à perpétuité , et dans la propriété des erremens faits ej; à faire, en payant à Sa Majesté une année de revenu, ou le vingtième de la valeur desdits biens, au choix de Sa Majesté, et annuellement une redevance seigneuriale de 5 sous par arpent des îles et autres bienS semblables, et,pareille redevance pour chaque drçoit de pêche, péage, passage, ponts, moulins, bacs, bateaux, bâtimens, édifices et autres droits ; que ceux qui ne représenteraient aucun titre antérieur au i«. avril i 566 , ne seraient confirmés qu’en payant 2 années du revenu ou le dixième de la valeur desdits biens et droits, au choix de Sa Majesté, et annuellement une redevance de 5 sous.; que de même les seigneurs particuliers seraient maintenus dans le droit de percevoir les censives portant lods et ventes, et les rentes seigneuriales ,ou foncières qu’ils avaient coutume de prendre sur aucuns desdits biens et droits. Par une autre déclaration du y août 1694, le roi ordonna que les détenteurs de biens et droits sur les rivières navigables , qui auraient payé les sommes portées dans les rôles et les a Sotis pour livre, seraient déchargés de la redevance de 5 sols imposée par l’édit de décembre i 6 q 3 , à l’exception néanmoins des îles, îlots et autres biens de cette nature, situés dans la prçyince, sur lesquels avait été imposé un champart, eu Conséquence delà déclaration du mois d’août 1689 ; lesquels biens demeureraient déchargés d’un denier par arpent de redevance annuelle , et'des droits seignêuriaux aux mutations, ainsi qu’il avait été ordonné pour la province de Languedoc , par une déclaration du mois de mai •694- Enfin, par édit donné au mois d’avril 1713, le roi ordonna que tous propriétaires des îles , îlots , attérîsSemens, accroissemens , alluvions, droits de pêche , péages , passages , ponts , moulins , bacs, écluses , bateaux, édifices et autres droits sur les rivières navigables , qui avaient été confirmés dans la propriété, moyennant les sommes payées en exécution des édits, déclarations et arrêts rendus en conséquence , seraient tenus de payer un supplément de moitié de la finance principale portée par les quittances de finance avec les 2 sous pour livre dudit supplément, sans espoir de modération : faute de quoi, lesdits biens et droits demeureraient réunis à la ferme générale des domaines après les délais expirés. Sur ce 'qui fut représenté au roi en sou conseil que la plupart des propriétaires des îles, îlots, moulins , péages et autres droits sûr les rivières navigables qui descendent des montagnes , faisaient difficulté de payer les sçmmes auxquelles ils. avaient été imposés en éonséqueupe des édits et déclarations oi- . , ., IO 'b sii-f- La révolution a apporté, plusieurs -changemoas! dans cette partie de la législation. A l’égard des lies, îlots etattériwemensApyi-se forment dans le lit des fleuves ou des rivière? navigables ou flottables , l’art., 56 o du Code civil porte qu’ils appartiennent à l’état, s’il n’y a titneou prescription contraire. V. , sur cet ohjet et-mur le»alluvions , les Art. 55 6 à 563 de ce Code. A l’égard des péages , les lois des zfraoûf 1791 et 17 juillet 1793, ont aboli ceux de ces droits qui étaient perçus au pruiU des seigneurs r quant aux péages nos seignemiaux, ils ont été maintenu^. Y.., Péage. ]0 , A l’égard des ponts, usinés, moulins et autres établissemens formés sur le. cours des rivières navigables ou flottables , un arrêté tLu directoire, du 19 ventôse an 6 , dont nous avons donné l’analyse à l’article Cours d’eau , a ordonné aux possesseurs de produire leurs titres, et aux administrations centrales de faire détruire, dans le mois, tous ceux de ces établissemens qui ne seraient pas fondés an titres ou qui n’auraient d’autres titrer que de», processions féodales, de dresser un état des établirsa- mens nuisibles et dont la propriété serait fondée- titres, et de veiller à ce que, par la suite, il ne.f&V fait aucnn établissement qui pût nuire au 'cow% ; des eaux. ,■ ; l!aa Quant à la pêche, un décret du 11 avril i£Uç> décide que le droit de pêche que des particuliqts possédaient dans des rivières navigables ,-a 4té, irvér,-. vocable ment anéanti par la loi du 3 o juillet dans la main de ceux qui en jouissaient, «oit pétrir!, monialement, soit à titre d’engagistes ou à’|»yh*uhJ gistes, lors même que les titres de possession seraient antérieurs à 1 566 , décision conforme aux avis-4 m> conseil d’état des 11 thermidor an 12 et ry jujLtèt*. 1808, et qui a été confirmée par des ordonnances Foi des 3 o juillet 1817=et aa janvier i 8 a 3 , et uneiflév.' cision ministérielle d u 14 novem brede la même année,, ( 3 . — Delà propriété des rivières non navigables Vf flottables. " ,f: a. Avant l’abolition du régime féodaL, dit M.,Merlin, c’était une question fort controversée sfices.tp-.. vières appartenaient aux seigneurs hauts-jnsticÿKsyJ, ou si ell^ faisaient .partie .impropriétés dont Sq |aig»aiejp^,les bof4f. . ià„» sW iUV y»i»« ont di»pkht,'le* loijr a’emt pad décidé laqtjès-l RIV 7 ^ Pttrtfclb-' Péèh&itLttë la ÎJftfJoitn. des P de fiés .. *' '*3 J » j flt j eè quijViièfhr'é qab ee dfcpit n’emporte j)âs ; ta pléilfre j>ri»pViëté dés^ ri vivras eHes-mème*, c’a srt'qu’il' i esïgéft^râlfefè’éiit rèfcbniiü quèiégdtivernemeiit jteut; par des travaux , rendrq navigable une rivière qtli ne l t èst , j>a»,''et paf l c&stiityéti ta faire rentrer dans le déinttiaè J foiife l »ëi'ded*étàt^ eaqiiê^re tenu d’en payer le-fiHîf aiix propriétaires rivérains. J Du reste; lès propriétaires riverains ne peuvent, sens là perte)issio^du gouvernement, construire sur le» rivières aucun moulin, àuCijne'tislne, aijcunê espèce d’ouvrage qui en gène Le eours, /et il n’ap- pttftient -e» conséquence qu’à l’autorité administrative de connaître des contestations qui s’élèvent à ce sujet. Y.'Cours d’eau. , >* C’est Sx! que décident nettement deux arrêtés du gouvernement des 3 o frimaire et 32 pluviôse ni» 11 ; et les ordonnances des 14 et ï8 aoét 1822 et 22 décembre *824. » V. au Recueil. § 4 . — .De la police des rivières. L’ordohnance de 1669, tit. XXVII, art. 4 > , défend à toutes personnes , sôit propriétaires ou enga- gistes, de faire! des moulins, bâtardeaux, écluses, gords, pertuis, murs, plants d’arbres, amas de pierres, de terris oti dé fascines, ni autres édifices nuisi- blesau cours de IVau , ét de jeter dans le lit des rivières aucunte ordure, ou de les amasser sur les quais ét rivages, à peine d’amende arbitraire êt dé démoKtion. Cette disposition a été confirmée par les arrêts des ^novembre 1689, 14 décembre 1706 et 23 novembre'» 71^. L’Art. 4-5 du même titre défend à tonte^ personnes de-détourner l’eatt des rivières et d’en affaiblir le court'pfér' dé?'tranchées, fossés ou canaux, à pfeiné d’être pimiés'éom me usurpateurs, et obligées de réparer leS-choses à leurs frais, disposition qui a été confirmée par des arrêts du conseil des 26 juillet i7©7'et 22 «dvembre 1712. H ftrt brdorfilê , par édit du mois d’octobre 1694» quédans un mois pour tout délai, etc.', les communautés ht particuliers qui avaient des eaux dérivées deS'rmêjtés' navigables ou des rivières nûn naviga- bleé-^rueiseaux, semrees et Fontaines, soit pour ar- roèer-dènrs héritages , soit poiir l’embellissement de leu-rs maiséns, seraient téiïus 3 e fournir au préposé à'I’texéfcution de l’édit ou 1 ses commis des' déclarations'exactes de la quantité d’eau dont ils jouis- saiérityle tout à peine de 5 oo livres d’amende ; que sut'éeédéëtarlttiéns,-il serait incessammënt arrêté par jlç,çqnseil. des rôles, dans lesquels lesdites communautés et particuliers seraient taxés aux différentes rétributions indiquées par l’édit, au moyen deqUoi,le roi les confirmait dans la propriété et jouissance desdites eaux, sans qu’ils pussent en être dépossédés-soüs aucun pçéteite , ni être obligés de pSrér dsi ri s la’sttrtè aucune taxé'aalitedevance. 1 rar arrêt du 7 juillet 1719,'il fut bïdonne.'qué dans 1 * htiîtalnë; pduf tout Serai ytes propriétaires élèi mdii&hs et héritages situés, sur J os bords, de |a fii>ïicO J d’llu re ,’ qui afaient fait desrtranehées, fos- sêï ridéahaiix,. etc?, seraient teams de les Sfire bipu- ehévoil’djÿfaire construire dés portes suffisantes pour erripêchër l’entrée des eaux de la rivière» «t ée,jus- qu’à cexjùe les bateaux chargés des sels destinés poy r té fournissement des greniers du roi dissent passés et arrivés au lieu de leur destination ; faute de quoi, il serait permis aux entrepreHfSurc de la voiture des- dîtà dels cPy mettre des ouvrier*^ aux périls, risques et fortune des propriétaires, lesquels» en caa déposition', demeureraient responsables des dommages et intérêts des voituriers. L’ordonnance de 1669 , tit. XXXI, art. 14, défend également de jeter dans les ririènes aucune drogue ou appât, à peine de punition corporelle. V., sur ces différens objets, ce que npns avons diî à l’article Cours dleau. § 5. —- Compétence. Toutes les matières relatives à la police des rivières navigables et flottables, aux entreprises sur les cours d’eau , à la navigation et au flottage , aux droits de pêche, passage , pontonage et autres droits sur lesdites rivières, au loyer des flottes, baes et bateaux, aux épaves sur l’eau , aux constructions et démolitions d’ecluses, gords, pêcheries qt moujins, et généralement tout ce qui pouvait préjudicier à la navigation et au flottage, étaient de la compétence des officiers des maîtrises. Cette attribution de juridiction , consacrée par les anciennes ordonnances, et entre autres par celles de * 543 , 1 54-4 ? >583 ft 1597 , avait été plus particulièrement spécifiée par l’Ordonnance de 1669, tit. I, III, XV, XX\U, XXIX et XXXI, et par une foule d’arrêts du conseil, dont plusieurs sont cités avec extraits par Chailland, dans son Dictionnaire des eau. r et forêts. au mot Rivière. La loi du 20 août 1790 a chargé les administrateurs de départemens de rechercher et d’indiquer les moyens de procurer le libre cours des eaux, et celle du 24 du même mois a chargé les juges de paix de connaître entre particuliers des entreprises relatives, aux cours d’eau servant à l’arrosage des prés, Commises pendant l’année. La loi du 29 floréal an 10(19 mai 1802) a attribué à l’autorité administrative la connaissance des contraventions en matière de grande voirie et de toute espèce de détérioration commise sur les canaux, fleuves et rivières navigables, chemins 4e halage, francs-bords, fossés et ouvrages d’art. Les contraventions sont constatées par les maires ou adjoints, les ingénieurs des ponts ot chaussées, les conducteurs, les ogens de la navigation, les commissaires de police et par la gendarmerie ; les procès-verbaux sont remis au sous-préfet, et il y est statué définitivement en conseil de préfecture. Les arrêtés sont exécutés sans visa ni mandement des tribunaux , nonobstant et sauf tout recours. Le rouissage du chanvre dans" une rivière navigable ou flottable avait d’abord été considéré par le conseil d’état comme un délit dfc Iàj qosipéténee des tribunaux de policé corrièçtibAnellè , ainsi cju*!! résulte de deux ordonnances dû roi", du 16 janvier ;m iSiay «Miisdy jliFi*p«ud«iK>© a'tthirnyérjm r dt kÉ M«r do**a»oe*i,Ue*’ 4 &vrle»*et 4 naweriwbrfe à#l4 j'tidrtù daa&«|utalq-iMMlt#\ahtrtafi tfeinà'«iiè rimé** nkvtgable eoUïtituauni défit dp |«rrtde , rrtft-le^ petitëlreijngé- quepar voie aflifcinitlrîftftlé. 1 I L’autorité administrative n’est pad|c 4 >mhè%dMé pduo'coatialtre des contestations éievdtos- wHirtPifes propriétaires des> terrains baignés par vrtiè 1 riViè¥ë nonuiavigable, an Sujet d’une dig*é nue l’un dWx’ aurait' fblt construire à travera'cetto rivière pditr s’«b attribuer ln pèche Exclusive { oes crfntësttttians sont de fca tompétence des tribunaux ;(ytfhsè rfééîdê par un 'décret du ta avril 1812. ) V. an 'RVcUeil. Par lia même raison, ce n’est pas à l'autorité administrative, mais aux tribunaux qu’il appartient de staîtuer stlr la contestation qui s’élève entre deux propriétaires , relativement à ; une digue ou chaussée que l’on prétend construire le long d’une rivière non navigable, et à la construction de laquelle l’autre s’oppose , sut le fondement qu’elle empêche les eaux d’arriver à son moulin. {Décret du 6 jan- viemS i 3 .) Rufin , l’a.utorité judiciaire est compétente pour connaître des contestations entre particuliers, lorsqu’elles ont pour objet des entreprises sur les rives d’uité rivière , aux endroits où elle n’est point navigable. (Arr. de ta C. de cass.f du 23 août 181 g. — Ord. du roi, du 7 avril 1824.) Les anticipations sur lès rivières non navigables ne peuvent être poursuivies ni punies comme délit, lors même que la rivière serait navigable dansunè f iartie de son cours , pour+u qu’elle n^ le soit pas à 'endroit où lés anticipations ônt eu lieu. ( Arr. déjà cité de la C. de cass., du 29 juin ]81 3 .) V., pour les autres questions relatives à la.compétence , l’article Cotirs d’eau, et les articles Chômage, Flottage-, Halagé ét Moulin. Quant à la police dë la pêche, elle continue d’être exercée par leSageni de l’Administration forestière, qui poursuivent les délits devant les tribunaux. Ces agens et les gardes peuvent bien , en qualité d’officiers de police judiciaire , constater par des procès-verbaux les contraventions relatives à la navigation ; mais ils doivent, dans ce cas , se borner à remettre leurs procès-verbaux au sous-préfet, attendu qu’ils n’ont pas qualité pour poursuivre ces contraventions. V. la Décis. du min. des fin., du 19 mars i 8 a 3 . V. aussi le mot Pcche dans le Dic- tionn. des Pêches. § 6. — Des réglemens spéciaux rendus sur la police des rivières. Un arrêté du directoire, du i 3 nivôse an 5 (2 juin 1 797) , est relatif à la police des rivières d’Yonne , de Seine, de l’Aube et autres y affluant. V. au Recueil , t. II, p. 34 1. Un autre arrêté, du 26 nivôse de la même année, rend applicables à la recherche des bois volés sur les rivières ou ruisseaux flottables et navigables les dispositions de l’arrêté du 4 Au même mois , relatives à la perquisition des bois coupés en délit ou volés. V. Perquisition. Un autre arrêté , du 7 floréal an 9, règle la manière dont les marchands et propriétaires dès bois , 44%éhrftÿlièV ,/ nlJ “ 1” «nù aitit» il »miT> ( hn les bttW ifeW htèslSffW dispositions sur le flottageLonltAaii > dk*fles délit#‘A’etflèverteitf'lFe 'ho!*. 1 *• V;i élJf’décWiu!», ; Un décret dû 4' nÔ'feirlBfc 1 1 flq’r, dàS&M&l" itteil, t.; 11, p. 34 i ,’bsï,'Vëlÿfir'à’ lh Âajpfgatlèn ai' 11 Cher, à‘ 14 tlëpèÙsë Érp&f'éréliÿ’l^? S?dpnelairei dffcî forêts y fet au ddricüHra ates^iîgfeVi/ ro&su&n &* «ution des mesures prescritps. ' ' ' Un autre'décret ,'au 29 ïrirfi '(Bat!, concerne f^po- lice générale'de la rivière dèSèvré. J' Enfin, diverses Orildnrfanéès dè police, des 20 octobre 1720, )8 prairial atl 'ii et 27 Octobre Ï8j'û, concernent la police de la rivière de Seibe.'Cés ordonnances, rapportées par M. Baufgüignonp dahs son Dictionnaire des lois pénales , au mot ift/Vië/», sont suivies d’une instruction du préfet de police, du 28 septembre 1809, sur le même objet. ROBINIER , robinia (Lin.). Genre de plantes de la diadelphie décandrie et de la .famille das légumineuses, qui renferme plusieurs espèces que l’on çul- tive assez généralement pour la décoration des parcs et des jardins. ESPÈCES. i°. Robinier ou faux acacia, ou acacia blanc , ou simplementacacia, robinia pseudo-acacia (Lin.); en allemand, -weiss-blukende aeazie / en anglais , locust. 2 0 . Robinier visqueux, robinia viséosa (Lin.) ; en anglais , rosefioworing locust. 3 °. Robinier sans épines, robinia inermis (Lin.): 4 °. Robinier ou acacia rose , robinia hispida (Lin.) ; en allemand , rothbliihende aeazie ; en anglais, scariet acacia. 5 °. Robinier caragana, robinia caragana (Lin.); en allemand, sibirische crbsenstrauch ; en anglais , caragana. 6°. Robinier altagana , robinia altagana. 7 0 . Robinier nain, robinia pigmea (Lin.); en allemand , kleinste vierblüttrige erbsenstrauch / en anglais, four leaved dwarfacacia. 8°. Robinier arbrisseau, robinia frutescens '(Lin.) ; en allemand , kleine vierblüttrige erbten- strauch; en anglais, skrabbyacacia. 9 0 . Robinier chamlagu , robinia chamlagu. io°. Robinier épineux, robinia spinosa (PaJUs). ii°. Robinier haiodesdkon , robinia haloden- dron ; en allemand , kleinste stachliche aeazie ; eu anglais , dwarf thomed acacia. Nous nous occuperons principalement de la première espèce. Le Robinier ou faux acacia (V. la fig. à Y Atlas, PI. XXI) est un arbre de la moyenne grandeur, qui a le tronc droit, l’écorce ridée et les rameaux alternes, d’un vert foncé dans leur jeunesse , armés à la base de leurs feuilles de deux aiguillons robustes et très-piquans. Ses feuilles sont alternes, ailées avec impaire , portées sur un pétiole canaliculé , composées de nm otuf v p/)W> 0^fpr^9« lh fpuyeq»; 4ilewr «KMV*t met, d’une texture très-fine et d’un vert gai.Lwt iurjr^*»P^}etitf, %Mi«„ reaenij*u U pot»- *iÇre, çt e^e^JlDtf^qrft4’«»antage<^’etmrurc^lent atWé^^/çf ,.. Uss fleurs ,qqi pa/aisfent -sera la fin de mai et dans le mois de juin, sont blanches, disposées en grannes nombreuse.;* gtp^ndantcs, qui «ortecut dps aisselles, des iFeüjJles supérieures,), elles répandent tjnf odëu^'^oùçe et, agréa))!?,; .disséminées au milieu iVi ii fem)là^a vçrt ét tpjilfre , elles produisent lin 1?rntînt ettel. ' , . . Aux fleurs $ucc£deqt,dqs gousses étroites , apla- ties'et longues d’environ 9 centini' (p pouces), contenant,, çaaqune , cinq à six petites graines, ordi- 745 nairement de couleur brune, et quelquefois noire. eSp^cç de sensitive. C’est à Jean Rabin, botaniste fiançais-, que. l’on’doit cet arbre : il le reçut du Canada, et le cultiva, le premier, en grand sous le rê^nè'tlq Héftfi IV,'Vers l’an 1600, et Linné , potir dofittyhùh't$m(!i'gnit{*e public de reconnaissance à cè- lul'rprl le prdpagea dans l’ancien Continent, assigna au ^etiWatiqueiil appartient le nom do' robinia. Cet arbre s’est répandu en France, en Angleterre, dans le midi et même vers le nord de l’Allemagne. AccAieifli.tVsbord ?x«a/enthousiasme comme arbre 'Vgvéètent, il fut rejeté,ensuite , parce que ses qf-s poussent tard, quô (çs rameaux sont cas- ■-V, - . ju’il est armé de redoutables épines, et qu’il e KHV’l ado taille. 11 fut presque oublié} mais dans ies derniers temps le goût des jardins paysagers, les avantages non contestés de sa culture comme arbre u;ilç,. In rapidité de sa creâssance et le besoin de prévenir la disette du befis, ont lais re.clterclior l’acacia , et lui ont attiré, pendant quelques années, u ne faveur toute particulière; ouest allé jusqu’à le prqfqrer à nos plus beaux arbrçs forestiers,. C’est ainsi que l’inconstance de l’homme et sa légèreté le pot tenu toujours d’un excès à l’aqtrp. Le,faux acacia fut l’objet d’un grand nombre d’écrits , défit la plupart ont exagéré ses qualités , et il ne s’est trouvé que quelques bons observateurs qui eu aient - déterminé le véritable mérite. Je place parmi ces deruiers MM. Dose, membre do l’Listitpt, Mallet, conservateur des forêts à Poitiers, et Michaux, voyageur botaniste. Tout eu reconnaissant les avantages que présente la culture de cet arbre , ils ont démontré l’exagération à. laquelle des agronomes enthousiastes s'étalent laissé entraîner, et le mal qui devait en résulter, en donnant lieu à de mauvaises prpérations, qui auraient fait succéder le dégoût à l’erreur. Sans doute il faut appeler l’attention d/es agriculteurs sur les plantes utiles , et exciter leur intérêt par l’aperçu des bénéfices qu’ils peuvent en retirer, et guider leurs premiers pas dans un nouveau genré de culture. C’est ainsi que M. le comte François de Neufchàtëau qui consacre sa vie' à l'amélioration de' l’agriculture française , a donné 11:1e louable impulsion à là multiplication du robinier par l’écrit qu’il à publié ; mais dés àgroiio- Tajme ÏI. S W*Mk* 4c 1 aisés ont conseillé- d« le planter pare • i«t ni «» t«We espèce de terrklne. In mserwn tè» dés eseeis t««Cés d’aprè* des. précepte* «usei (>eu reUonnée4 produit un «ftet contraire à «élut jju’ilq s’étalant promis, la défaveur de l’arbre qWils èyfiewt trop préconisé. I Le» observations qui me sont personnelles m’eut louvaincu d« cette exagération , et j’ai reconnu que le faux acacia ne prospérait point dans les terrains arides ni dans les fonds aquatiques. Les plantations faites dans les bruyères de Condreville, forêt/ de Villers-ÇoUcretSjdaus la forêt de Fou ta nuée, près Çenlis, gl dans, le dx/is de Boulogne, près' Taris, •l’eu on}.donné la preuve. 11 a totalement manqué dans les bruyères de Gondreviile, aux endroits dont le sol est un sable blanc et peu substantiel , et où réussissent néanmoins le pin maritime, le pin sauvage et le bouleau ; mais il a fait des progrès rapide* sur les berges des fossés. . L’acacia semé en mars et avril i 8 o 3 , et à la volée,’ sur 35 hectares au triage des brûlis.de la forêt de Pontarmée, a manqué en très-grande partie, On a fait, au printemps 1009, un semis on potetSj .oùlùs grains ont bien levé ; mais la gelée , les lapina et/ la mauvaise venue dos plants les ont fait disparaître, il a également manqué en pépinière.en 1809, parce que le sol de la ibrèt de Fonlannée est léger et aride. ; . Les nombreuses plantations d’acacia qu’on afaitds en massif dqns le sable qu»i't*eux du bois de Boulogne pendant 7 à 8 ans , et. quiojit d’abord étalé un luxe de végétation «toquant, ont perdu leur vigueur à mesure qu'elles sont arrivées à l’âge deG.ou 6 ans. Les brins de .cçt arbr.e qui avaient acquis une grande supériorité sur Jq bouleau, le marceau, le bois de SaintOrLuciq , le,c)ià/taigmer et.autres espèce plantées avec lui, ont presque entièrement disparu. Lps robinierèse s/ont dîabord dégarnis de leurs branchée et de leurs feuilles jusqu’à la moitié Je: leur hauteur; les feuilles, qui, dans le principe, étaient si larges , si fraîches,, sç sont rétrécies et ont.pris une tciuLe jaune et étiolée ; l’aciroissement en diamètre et en hauteur a diminué sensiblement. C’est à cet àlge que le.bouleau, le châtaignier, le bois deSainlp- Lucie et le marceau, qui avaient d’abord étédémjs- sps , ont laissé apercevoir peu de diflérence (fans [pur accroissemént, comparé à. celpi du robinier- Bientêt après, ils l’ont surpassé et étouffé, Mais les acacias plantés en ligne se sont soutenus assez bien, parce qu’ils ont plus d’air, et que leurs racines longues et traçantes trouvent plus de ressource que les brins plantés en taillis. JM. Mallet, ancien conservateur des forêts à.Foi- tiers , département de la Vienne, n’a pas qbteuu. plus de,succès dans les semis de faux acacias qu’il a faits dans la forêt de Marèuil, dont le sol qstaqua- , tique, et dans un .terrain sablonneux et sec de la forêt de Châtelleraut. Si je rapporte ces faits, ce n’est point pour détourner les agriculteurs delà plantation de l’acacia; car il est également reconnu qu’il offre de grands avantages dans les pays et les térrains qui lui con-. viennent- M. Michaux fait observer ^dans son IlLstoira^ fijs 9'i ftOB 746 eer&re» de V"Atnérkjue septentrionale , qno ies,d»mim>- ; siens de l’acacia varient beaucoup suivant la n^ture du- aol est la température du climat. ‘Ainsi , du il* la l'ensylvanie, entre Harrisbourg et Carlislay (semé la latitude de /jo^'ao' ', de même que 4 eionjàde la rivière de Susquehannah, où il commence à se moiitrer , on allant du nord ati sud, il est beaucoup moins élevé et moins gros que plut avant dans la Virginie, et sur-tout dans le Kentucky et l’Ouest- Ténessée/cjui sont situés à 3 ou 4 degrés plus au sud, et) où le-terrain est beaucoup plus fertile. Il y acquiert de >3 à 4 piods (lin mètre à un mètie ! 33 con- tim.) de diamètre , et une hauteur qui excède quelquefois 70 à 80 pieds (23 à 27 mètres), tandis- que les dimensions de cet arbre sont de moitié moindres en deçà des montagnes. En France, et notamment aux environs de Paris, sa hauteur est de i 5 à 20 mètres. ’uo; Cultfiiv. îjè taux acacia se multiplie de graines, de rejetons, de tnarcottes, par la greffe , et même de boutures. * Climat. — Le faux acacia exige, poùr bien Vé- gétef, ont climat doux ou au-moins tempéré. Il vient mal dans les pays froidsj-setpousses gèlent jusqu’à la moitié de leur hauteur) ou elles s’éclatent par lo Î iôids des neiges et du giVre. 11 ne faut donc point e planter dans les départemens du nord; le climat de Paris est même un peu froid pour 1 lui : plus on s’avaiicè vèrs le midi, plus sa végétation est accélérée, et à Orléans', par exemple , qui n’a qu’un degré de plus au midi que Paris, les acacias paraissent beaucoup plus forts que dans'les environs de la capitulé. C’est donc dans les départemens du midi de la Frftmeé et en Italie qu’on tirera toùt le parti possible de-la rapide croissance du robinier. On en àdait des plantations considérables dans les écrirons dé Bordeaux j qui fournissent de bons écha- ïaf, et qui pourront par la suite donner duraerrain. Terrains et situation. — Un terrain léger et pourtant substantiel, tel qu’un sable gras, est celui qui convient le mieux à l’acacia; il y végète avec une telle rapidité, que dans sa jeunesse il y fait des poussés qui dût quelquefois 2 mètres de hauteur; mais le* terrains arides et les lieux aquatiques ne lui conviennent pas. On doit éviter aussi de le planter dans les endroits exposés à la violence des vents, qui font éclater ses branches. Oetarbre, lorsqu’il est coupé, produit une quantité prodigieuse de rejets; ce qui le rendrait propre à être planté en taillis; mais nous avons vu qu’il périssait dans cette position : il 11e convient pas beaucoup non plus en futaie. C’est donc en lignes, en quinconces et en bordures , qu’il faut le planter, et on ne doit pôint songer à en former des pleins-bois. Récolte des graines. — Cette récolte commence au mois d’octobre , époque où les graines sont noires , et se continue jusqu’au mois de décembre. Les personnes quf s’y livrent placent un tablier devant eltes, Sfe sérvenfd’échelles de la hauteur des arbres, prennent ài'la main les bouquets de gousses qui se trouvent à lfeùf portée, coupent ceux qui-SourpliiS éloignés Svèlf une échenîlloh-e; un cWisSabr oA un' petit crochet j.rttetclm(à^n»fiipe«:h«virrtéTi^gèr^, èg les -ibiit tomber par terre. üe*;nttfanâ i s?<*c§upQnt-,4e..les -mettre dansdesiaacs^ qu’am tcapfrpSttfe-endi^HX On profite d’un tampulaeopqupfos.UsUdrfl, fôÇUGt- -tbyer les.graines, li es tuvaptogeilX;'délaisser leSfgcai- nas dans la gousse jusqu’atkpràotemps* époque o!è ou les séme, parce q u’elles s’y conse rveut bten BÛems,et qu’elles lèvent plusjfcùt.i.EUéa-garder ainsi 2 ans sans se détériorer -trop ,se#sjble»9Snlt; mais, passé ce temps, elles perdent Wi;,làcui^f igup- minative,à moins qru’onneJelS,»it «lu terres ^^profondément , et autant, que possible,2fye { c; J».gp^çe;, dans une terre sèche;, auquel:cas.<-Qllps>$Oft()eucQive bonnes 5 à 6 ans après y et peut-être .plps, jCoftpu: la graine d’acacia alterne assez, ré-gulièr-ednealtiT^Vst- à-dare qu’il y en a peu ou point l’année qui suit -une abondante récolte, il faut toujours s’en approvisionner pour 2ans lorsqu’on possède des pépinière*, ou qu’on veut faire des semis en grandi,,. -unv ; t>. Semis pour pépinière. — Les semis se dont au printemps, sur la fin d’avril et dan» le mois de mai, rarement en automne ; ils s’exécutent en, rayons ou à la volée , dans une terre douce et bien préparée. Les rayons doivent avoir 3 pouces de profondeur, et être à la distance dey à 8 pouces entre eux,,Jd>est avantageux d’y répandre 16 à 1 & lignes, do, tertenu- On sème la graine par-dessu», «t on- la recoitvre ensuite de 6 lignes du même terreau ;,ce qui,teste ouvert de la rigole sert à recevoir! le$arrosages. Lorsqu’on veut semer à la volée,, OU prépare des planches de 4 à 5 pieds de large sur un terrain bien iabouré; on ramène avec -uni-ràteau. les. terres sur les bords de la planche; de manières lui donner 3 ou 4 pouces de profondeur; ou y répand an lit-de terreau ou de bonne terre, d’environ 6 lignes d’épaisseur ou plus, eton procède aussitôt au semis*qu’on recouvre de 6 Lignes de même terreau AU de terre. Ces planches, bordées par les terres qn’oo ramenées sur leurs côtés ; conservent bien l’humidité des arrosages. Il en est de même des rayons qui rgçtent un peu enfoncés. ' » Les deux méthodes qu’on vient de décfiçe ,sont bonnes; mais les semis en rayons doivent avoir la préférence , parce qu’on peut les biner avec la serfouette, tandis que ceux faits à la volée ne peuvent être que sarclés. On peut semer plus ou moins dru : fli 04 clair, les plunts en seront plus beaux ; si .en^sème épais, il faudra extraire les plus farts dès lapitemière année, et faire de même à la seconde; e&finji’il y a eu excès dans la manière de semer, on sera forcé de faire un repiquage; mais les plants repiqués 4 6 lignes de distance ne perdront rien de Leur valeur, et feront de très-grands progrès. Il faut cependant observer un milieu , et se rappeler que, pour obtenir de beaux plants, on doit écarter , la semence. On peut assurer que la bonne méthode est d’eraployer une livre de graines par 100 toises de longueur pour les semis en rayons; ce qui fait, en .espaçant les rayons à 8 pouces, environ 65 livres ( 3 a fcilogr.) de graines par demi-arpent des forêts ( *5 .ares ). Quant aux semis à la volée, il faut une liyre.de graines par 10 toises carrées, ou 38 cenüafesjiç^q'd fait également 65 livres par demitarpent» ?n. r < R<Ô la dtarrue , soit à la béehfc dohH8hine[seconde façon peu de temps aTd*t’dttCemlet>J3v«£"' rT oD . . ■ Le» serais V la yolé« ke Idat après un hersage, et ftt'&M , ila#r cé'ttàs : nâ* k 3o kilogr. de graines par hëetttfC'j ^éW ééctnwie-avec le dos de la herse, si oti<]opWe àlâWS* deS ‘ Sables -, et avec les dents de cet ifrsëéUéiCip, a Si OtMopère dans des terrains moins lé- geéSrXîhpertllf Cependant. augmenter la quantité de «Vàîcéi selon leè besoins qu’on p de plants, ou bien répamdée ëfirr le terfaittdes semences d’arbres yerts dte'tôirte espèce ç les plants d’acacias leur procureront tin ombrage précieux. Quant aux semis en rigoles dans les terrains qu’on veut mettre en bois, on y procède ainsi : on traèè tfvee une serfouette, sur la longueur d’un cor- détfu j’des rayons, qui doivent, autant que possible, êtr'é dirigés de l’est à l’ouest , et qu’on espace de a <>h' 3' pieds ÿ on sème clairement dans ces rigoles, et éèftlme elUs iont bordées de chaque côté par la terre exWaite avec la serfouette, on recouvre la graine au inoyém de la bordure qui se trouve au nord, en en rabattant une partie avec le dos d’un râteau , et on laisse intacte ta bordure du midi , pour servir d’abri aux jeune*'plantai 11 faut, pour les serais en rigoles, 20 kilogr, de graines par hectare, lorsque les rigoles' sont espacées à 3 pieds. On peut encore semer par patets, de 4 en 4 pieds, sur dies lignes tracées au cordeau , en observant de plâCet le&potets en quinconce. On fait un petit trou d’environ tjh ponce de profondeur, dans lequel on inet trois où quatre graine*, qu’on recouvrede 6 lignes de térre. Cette manière , qui économise beaucoup la «ratée, procure un bois planté régulièrement ç mais <îé edi dit erses manières de semer , celle en rayons estlft meilleure- Les semis qui se fout au commencement du mois de'mëi, lorsqu’on n’a plus de gelée à craindre, lèvent ordinairement au bout de 8 jours , si le temps est chaud et humide. m Nous avons fait, dans la pépinière de Mouceau , des semis depuis le commencement de mars jusque vêts le i5 juillet, et nous avons remarqué que l’on #e gagnait pas à semer de bonne heure , sur-tout ’ljùabd On recouvrait beaucoup la graine. Un semis fait au mois de mars, et recouvert de 2 pouces de terrd-^ n’a levé,que le i5 mai , tandis qu’un semis 4i\ le 4 mai , et couvert seulement de 6 lignes de [ terre, s'est montré dès le 10 et le 11 du même mois. Nous- avons encore remarqué qu’un semis fait au rdééMencement d’avril et légèrement recouvert sort Ife tèrte / lorsque le temps est beau, au bout de 10 jouWÿ mais qu’il est exposé à périr par les gelées, ■ôni Surviennent vers 1a fin de ce mois. • Quand on sème tard , il faut faire tremper la gfaihè pendant 24 heures, la laisser ressuyer un peu, la sentef ensuite et arroser souvent le semi6, afin que lèb filants puissent acquérir assez de force pour résiste*'*»»* gelées de l’hiver. Dans les semis faits au mois de juillet, auxquels 7*57 -o»me;;p»ut>pBOftmsr d’hun»idittt r oa.tper'd U meltfo dtfb\piunts, pâme qu’ils restent herbacés r'épique cet «tables pmpÊÈha de résister aux premières igcléeade •Wwver#!- ; •>.> 1 1 . ; . 1 ,» r y, Plantations un pépinière . - Quand on veetrior. mer des arbre» de ligne, on choisit des {dus beaux plants dans les semis de l’année, et on les plante eu pépinière dans un terrain défoncé et préporéià.oet effet t II faut, pour obtenir de beaux sujet^,.lefi.pbi- car à 2 pieds de distance en tous sema. On pourrait les mettre à 18 pouces entre eux, sur desdigiteedis- tantes de 3 pieds j mais la première; plainttftiou est -préférable quand on a du terrain. Après la plantation , on rabat les-plants à 3 ou 3 pouces de terre, et comme ils poussent au printemps plusieurs jets, on retranche successivement les plus faibles, de manière qu’à la fin de mai, il n’en reste plus qu’un, qui acquiert souvent , lorsque le terrain et la saison sont favorables, 6 à 8 pieds de haut. On leur donne, dans le courant de la première année, deuxou trois binages et un labour d’hiver.jLes binages doivent se faire de préférence dans lés temps secs , parce que les herbes se détruisent bien mieux. On continue, la seconde année j les mêmes façons , et après la première sève on commence à les ébour- geonner. Cet «bourgeonnement consiste à rompre les jeunes branches latérales à 6 ou 8 pouces de la tige, et 4 couper rez tronç les rameaux qui rivalisent avec lui. O11 répète cette opération si la sève est abondante. Au printemps de la troisième année, ou lçs arrête à la hauteur où ils doivent former leur courotine ; c’est ordinairement à 6 ou 7 pieds, et on continue les. ébourgeonnages. A la quatrième année , encore au printemps , on les élague près du tronc, depuis le bas jusqu’à la couronne ^ éîest l’âge auquel on doit avoir des arbres formés. Cependant il est avantageux d’attendre la cinquième et • la sixième année pour les planter en avenue,ou em ligne sur les routes, parce qu’a lors ils présentent pd us de moyens de défense contre la malveillance et la dent des bestiaux. Plantation des arbres de tige. —La plantation de ces arbres se fait en hiver. On ne doit pas leur pou- per la tête ; il faut se contenter de raccourcir leurs principales branches à un ou 2 pieds du tronc,,: les racines doivent être rigoureusement respectées. Comme les vents sont funestes au robinier , il faut éviterde le planter dans les endroits qui u’en seraient pas abrités, et dans tous les cas il est,bon de l’appuyer par des tuteurs, ou de le garnir avec des épines. Une autre précaution qui De doit pas être négligée , c’est de ne pas lui laisser de fourches, c’est- à-dire de branches qui formeraient la fourche; parce qu’elles s’éclatent souvent jusqu’au, milieu de l’arbre. On doit retrancher celle de ces branches qui est le moins propre à continuer la tige. Les bourgeons qui naîtront le long du tronc, au printemps suivant, ne seront point enlevés avant le mois d’août, parce qu’ils assureront la reprise de l’arbre ÿ mais à cette époque on ne laissera que ceux qu’oç. destine à former la tête, afin que la seconde ^ve leur donne tout l’accroissement possible. L’hiver,i élu^ég} mais si on se trouvait dans le cas de recourir à c,e moyen, voici comment on y procède dans plusieurs parties des Etats-Unis d’Amérique. On plante lçs acacias dans un champ , à 5 o pieds de distance; l’année d’après, on tire un trait de charrue le long des lignes de plants , à 3 pieds de l’arbre ; peu de temps après , un grand nombre de rejets sortent des blessures faites.aux racines , et s’élèvent, dès cette première saison, à près de 6 pieds de haut. L’année suivante, on répète la meme opération, et dans un court espace de temps ùn champ se trouve à peu de frais garni d’un joli bois. Quelques personnes introduisent des cochons dans cés champs , mais pendant peu de jours seulement , parce que la fouille est singulièrement productive, et fait croître un très-grand nombre d’acacias. Tout le soin, que ce$ pépinières exigent se réduit à une boqne çïôture. , Il y a encore d’autres manières de multiplier l’a- catija par racine*. Si d’arbre que l’on veut soumettre à cette multiplication a 10 ou ia ans, et s’il est sans voisin, on fait , vers la fin de mars, une tranchée circulaire à tjnopètje au pied du tronc, et l’on creuse jusqu’à ce qu’pp aperçoive les racines : la tranchée reste ouverte , çt . on laisse à l’air l’extrémité des racines, qui, dans l’année même, poussent des scions plus ou rapitm longs , qnel’on soutient avec des tuteurs. Au çomniencement de septembre, on comble la tranchée , qui reste fermée jusqu’à la fin de mars; à cette epçque v onjd4tacJbae les scions avec toutes les racines qui,leur.apntvpropres, sans offenser celles de -l’ar- , qujjfes- a,ypix>duit£. On les plante en .pépinière , Ct P# Jf® traita xonimej les sujets venus de serai», tVèt-àvdirei qu/oaiJk&sf kctboUc 4 acteasnde ■ année de au©» dowt irdirrtatinnu p stqadeyi, nelec Inet en'phttfeoqu’fc'- près leur quatrième ou tiisqulèmeffediSHeil inob 'ifiSife termân est boni fi*iriybini<À'Cfcdili'tét l dera armé lés ratines l : pnuriav!d»rant pour rendre la haiei uiieux grtiinip.lUniri bonne iuéthode est d’en plante ri deux ligiu’felhcôiéilîuuedel’autre, ebdeles incliner ep ? ont, croisé,, d'est-à-dire dans la forme des tteil - jlftgŸfi. dn-^ttiahlus/fortement lus brins aux points où il.sselwunissedt-yipouc les forcer à ’rie greffer par ap- ?jtfOgb«., Ce moyea» pourrait être employé comme f t*èiliag©, pour .arrêtât le- mouvement des sables, uiftsfc qu’on l’a faitl dans quelques parties de l’A- inériqu©; mnis il faut que les. sables aient de la Jrajphewrj. Lea Américains font sertir l'acacia à consolider leSihord»idés rivières, en le plantant fort serré et fttt tatenalU juin hauteur des buissons; ce qui force les racines! à s'étendre au loin et donne de la solidité au* itivages. ,i,Le boi6 de l’atncia est ordinairement de couleur jaune-verdâtre, veiné de brun; il est dur, compacte et susceptible d’un beau poli. H a aussi beaticoupde force; mais il est peu élastique. Il est assez bon pour lt chauffage, quoique d’une qualité inférieure à celle qu’on lui a prêtée faute d’expériences. M. Ilartig a teçounoque sa valeur pour le chauffage était à celle du,hêtre comme 12 est à i 5 . Le pied cube de ce bois pèse , vert, d’après les expériences de plusieurs auteurs, 63 liv. 3 onc., à dejui-^ec , 56 liv. 4 onc. , et sec , 48 liv. 4 011c. C’est celui de tous les bois qui résiste le plus longtemps à la pourriture. M. Michaux dit qu’on l’emploie en Amérique à faire des pieux pour la clôture des cours, des jardins et des fermes, et qu’on estime que ces pieux, lorsqu’ils sont employés bien secs, durent environ 40 ans. On s’en sert aussi dans les constructions maritimes quand on peut s’en procurer des courbes qui aient les dimensions convenables. Mais une qualité du bois d’acacia très- importante dans la construction des navires , c’est d’être le meilleur dont on puisse se servir pour faire des gournables ou chevilles destinées à fixer les bor- dages sur la charpente ; loin de pourrir , elles acquièrent à la longue une extrême dureté. L’Angleterre ©fl. fait venir de. Philadelphie de 5 o à 100 milliers annuellement. Suivant le même auteur, l’acacia n’est que fort .rarement employé dans la construction des maisons, même de celles en bois, dans les pays où cet arbre croît, naturellement, et lorsqu’on en fait usage, c’est préférablement pour supporter les soles sur lesquelles repose la charpente. Comme ces soles sont Ordinairement- faites en chêne, elles pourriraient plus, vite que-l’acacia , si elles étaient placées sur terra. Cette précieuse qualité de résistera la pourri- tupe qju?a le bois de cet arbre indique suffisamment lès divers usages auxquels on pourrait l’appliquer Idausiles epdroits où il est facile de ne le ptrocurer si O» ( ve*d à Paris,beaucoup de petits ouvrages fai;s urtaaÿmcsaop tels quê,bbitespsailmaus.y sucriers < cira ri ‘ ob eld â<0'B A >M "Miotmwx fait» remarquer quei'l’utarik a 3 tyi acraaUa^eP^rérietgx 1 sw 'W»arbrég'qti{ l , : ëo«riHrà I, lffi, 'tibunentitrê* jJ rfte; lefes* qu’il eomauence déà’li'fttri- sième année A txüvertâr son aubier en Hü’lifeu que-dans Iq chêne, le châtaignier, l’ormbq'léDhê- trepetite conversion ne s’opère qu’au bout d<ç 10 ou »5 ans ; d’où il suit que si on plantait eM> même temps et dans un bon terrain des acacias), et (pl’on lét abattit à 25 ou 3 o ans, ils réuniralent ,; à ; tmo grosseur plus considérable l’avantage de nhivoir presque point d’aubier 5 tandis que les autres arbres, outn- qu’ilsine seraient pas assez forts pour être employés à beaucoup ê’puvragcs, u’aprainnt guère plus de la moitié de.leur diamètre en cœur ou vrai bois. C’est assurément une considération fort important.', car on sait que pour tjpus les ouvrages qui exigent de la solidité et sur-tout une,fougue durée , on doit dépouiller entièrement les bras de leur aubier, cette partie ligueuse étant sujette fl la vermoulure lorsqu’on l’emploie à l’iutpic.ur, et sa pourrissant .très- promptement, à Pair lorsqu’on, s’en sert au dehors. J’ajouterai â cette observation de M. Michaux que, d’après des expépjençes récentes, on ne doit pas compter sur l’écorcement des arbres pour donner à l’aubier une plus longue durée, et qu’à cet égard les conséquences qu’on avait tirées des expériences de Buflfdn et de Duhamel sè trouvent dénuées de fondement, ainsi qtl'oii peut Fe voir au mot Ecor- cement. Malgré les avantages marqués de l’utacia sous ce rapport, on 11e doit point leinultiplier dans les terrains où le chêne , le hêtre, le châtaignier et l’orme pourront prospérer, parce que ceux-ci parviennent à de bien plus fortes dimensions. 11 convient moins que l’orme pour former des allées ou border les grandes routes , parce que son tronc se conserve rarement droit, et que ses principales branches, étant mal placées et de grosseur inégale, sont très-divergentes ; ce qui donne à sa cime un aspect irrégulier et peu agréable. Il se dégarnit aussi du pied , et son feuillage léger et transparent produit moins d’ombrage que le feuillage touffu et tassé de l’orme à petites feuilles , qui d’ailleurs a l’avantage de ke mieux prêter à la taille. Le bois de ce dernier èst aussi d’une utilité plus générale pour le charrpnnage. On remarque de plus cpie parmi les acacias dont fa belle \ordure annonce une végétation vigoureuse , il s’en trouve qui languissent et dont le feuillage jaünit : c’est encore un inconvénient attaché à cet arbre. Les feuilles de l’acacia fournisserft un excellent fourrage pour les bestiaux. Lorsqu’on le cùltive pour cet effet, on doit le tenir en têtards; dout on coupe les branches tous les 2 ans, soit que Cès têtards soient élevés de 5 à 6 pieds, soit qu’on les 1 ait coupésrez terre.On gagne à cette méthode des feuilles plus nombreuses , plus grandes et plus sùcdéés. C’est au milieu de l’été que l’on fait l’opération lorsqu’on. veut faire sécher les rameaux pour l’hi'tter; et alors pu a l’attention de laisser une ou dedxiriat- tresses-branches pour entretenir U végétation^ branches qu’on coupa à leur tour en bivfr. lajfc Wthêaùtx se mettent .-en petites bottesyi ot'apqè», 7'ÙufL j&îfrs disposition à,t ! air y-on leri porte an gHmïer èt bit lfes idmtifraasbcddJaipfciürêq^lBjpieilbjJllte^Licbïèâftu- R OH 7 :>< > RO B nicjiieiit. leur sfiveur sucrée. Quand on veut donner leS Fanes en vert, on coupé les branches tous les foarS à mesure du besoin , en prenant la même précaution d’en laisser quelques-unes. Je conseillerais dé préférer cette dernière manière, parce cpie les épines des rameaux de l’année sont herbacées, et par conséquent sans dange; pour les bestiaux. Les racines du robinier sont très-sucrées et pô'ur- raient suppléer la réglisse dans les tisanes. Les fleurs de l’acacia sont employées en médecine comme antispasmodiques; elles entrent dans la préparation d’un sirop agréable et rafraîchissant, que l’on boitr délayé dans de l’eau pour se désaltérer; on est aussi parvenu à en tirer une teinture jaune. Je dois indiquer ici une nouvelle variété du faux acacia, qu’on appelle Vacacia spectabilis , à cause de la beauté de son feuillage, plus large et plus foncé que celui de l’acacia ordinaire , et de sa végétation plus rapide encore. Cette variété , que l’on doit à M. Desceinet, cultivateur distingué par ses connaissances , est entièrement dépourvue d’épines ; ce qui serait un avantage précieux , si les graines qu’elleproduit ne redonnaient pas des sujets épineux. En attendant, on le niultiplie par la greffe; on pourrait aussi en obtenir des plants en le marcottant , ou plutôt en faisâht de petites tranchées autour de l’arbre : les racines ainsi attaquées et restées à découvert donneraient un nombre considérable de rejetons. Cette variété, que j’ai vue dans plusieurs pépinières des environs de Paris, commence à se répandre dans les jardins et dans les parcs. Elle doit obtenir la préférence dans nos taillis sur le robinier ordinaire, parles deux motifs que je viens d’exposer. Il résulte des observations Ci-dessus que l’acacia a été trop vanté et trop déprécié. Il y a des avantages et des inconvéuièfifj attachés à sa propagation; mais les premiers Remportent sur les seconds, et cet arbre, notamment la variété sans épines, mérite une place dans nos jardins d’agrément et dans nos plantations én grand. Sur-tout dans les parties méridionales dé la Prancé. Le Roéinier visqueux 'ést' lui joli arbre de décoration , dont la hauteur ordinaire n’excède pas 10 à 12 niètrèi. Nous en sommes redevables, ainsique de tant d’autres arbres utiles et d’agrément, à MM. Michaux père et fils.Lepremier le trouva, en 1790, dans les montagnes de la Caroline, et en envoya un pied à son fils, qui l’offrit à M. Lemonnier, premier médecin de Louis XVI. Il fui planté dans un jardin situé au petit Montreuil près Versailles, où il existe encore. C’est de ce pied que sont provenus , soit de dra'geoîis, soit de greffes, ceux qu’on trouve dans presque tous les jardins d’agrément en Europe. Le robinier visqueux a l’écorce grise, et les rameaux de t’ahrtée de couleur Touge terne et couverts d’une humeur visqueuse qui s’attache aux doigts. Le feuillage est touffu et d’un vert foncé. Les feuilles, longues de 5 à 6 pouces (i 5 à 18 continu), sont composées de deux rangées de folioles, et terminées par'qneimpaire. Ces folioles, au nombre de cinq à neuf çle'diaque côté, sont Ovales, longues d’énvh-ôn un pWüce '3 centim.) et presque sessiles; elles sVutt lîssèü'h leUr’ hirfâce supérieure et inférieure , et d’une texture ti^’s-feùdrè. Le jiétiole est rbuceitt'e, canàlicülè eï àfccàrnpSertè de deux épi- néS filiformes. _ ' ’ 11 ' ^ '‘ J ' V Les fleurs , qui paraissent au printemps , sont disposées èir grappes oVales 'et longues 1 ‘d’environ p à 4 pouces (9 à 12 centini.y?jElléssV)nf, nuancéès de rose et inodores ; l’arbre en est chargé‘à l’époque delà floraison, ce qui le fait reehérchep^bur la décoration des parcs et des jardin^. Lès ^Wlnes ’dVçr- tent assez ordinairement en France telles son'F ïor't petites , et contenue^ dans une goüssè hérissée 1 de poils. _ ' " \ ' r Des cultivateurs qui ônt semé ces graines rent qu’elles Ont produit le robinifer drdinâjfê; tk qui , d’après l’opinion de M. Michaux, est difficile à croire . ces deux espèces étant bien distinctes. Le robinier visqueux se multiplie de dragëons et par la greffe sur le faux acacia. Cette greffe se pratique au printemps , en fente et tout'près Je terre; souvent les jets qui en résultent atteignent 6 à 8 piëd s la même année, et donnent des fleurs la seèotjdè. On conduit cette espèce dans la pépinière âinsi qu’il a été dit pour le faux acacia. Le bois du robinier visqueux est jauriè' verdàtjré , comme celui de l’acacia ordinaire, et il possède les mêmes propriétés ; mais comme Cet arbre ne' parvient pas à d’aussi grandes dimensions , quoique sa végétation soit extrêmement rapide dans Va jeunesse, il n’offre pas le même degré d’intérêt pour lés krts , et on doit le réserver pour l’ornement dés jardins. I.e Robinier sans épines parait former i^nè' espèce bien distincte. On le cultive beaucoup dans les pépinières dés environs de Paris. Il s'élève beaucoup moins que l’acacia ordinaire; mais ses rameaux , inclinés et extrêmement touffus, le r rendent précieux pour la décoration des jardins, où il forme des buissons et des boules d’un effet agréable. Il ne fleurit presque jamais; ses rameaux sontjdîffps, gris, très-cassanS èt sans épines; sés feuillés sônt alternes, à pétiole canaliculê et à folioles ôvatéfc, longues de 2 pouces , au nombre dé vingt-trois Ou vingt-cinq aai plus, très-vertes en dessus et ptles'èfi dessous. Cette espèce reprend quelquefois de bqipture ; mais en général on ne la multiplie que par là greftp sur le faux acacia. Cette greffe, faite en fente e't én terre, ou én écusson et œil poussant au printéihps, ne manque presque jamais ; mais en fente' Hors'dè terre ou en écusson à œil dormant, en àutdmne, elle réussit rarement : c’est à 2, 3 ou 4 pifds de hauteur qu’on doit le plus souvent l’exécuter, parce que sa tige n’est jamais droite , qu’elle s’élève fort lentement et qu’elle produit d’autant plus d’effet, que ses feuilles retombent avec plus de liberté ,, qu’elle prend plus facilement la forme du parasol, forme qui lui est la plus avantageuse. Cet arbrisseau se place, soit isolément, soit en groupe de deux en trois au milieu des gazons, à quelque distance des massifs, et sur le bord de ces massifs dans les jardins paysagers. Il produit les effets les plus agréables, et il offre un couvert impénétrable aux rayons du soleil et à la pluie. |l ' Le robinier sans épines fournit une quantité prodigieuse de feuilles excellentes pour la ùourri- •JRQiB F-J'KVflT WW.93T pM g^rjbpu.- v "jj•>, , <•.'iiaaJjinq.ii®'» ... I . L^Ro^^er nosg pu acacia rose , originaire do 1» CarolujCj cpmrfje; (-.acacia visqueux, n’a que 3 ou .j^inqtre.s <^réy$jipn, R a les rameaux et les pc- «le, ppits rougeâtres un peu épineux * *' 1 ■ Tq |i;? v5 es ’ B rall( i es > acuminees, d’un vert obscur éh dessus ; les fleurs grandes, rou- ge? «|t dijSpp^ées en grappes pendantes et axillaires. Il fl^qri^rdjnjup.etpeqt deux fois , en mai et août. CVsf, l’mi des plu^ qolis orne ni en s des parterres; niais 4 produit peu, d’effet dans les jardins paysagers. Çppjpe il nç dopne pas de graines , on le multiplie de rçj,ets , de marcottes, et principalement pap la, grefie^çn fentç et en terre sur le robinier ordinaire. 1( ijeUrit presque! toujours l’année meme de llOTp-,.' • U faut J.’appuyer avec un tuteur ou l’abriter contre un mur, parce qùé son bois est cassant, et qu’il se charge d’unç grande masse de fleurs. Le RoBlNji.Eit caiiagana est originaire de la Sibérie, Il s’élèyp à 4 ou 5 mètres, et se multiplie de graii^y ^de (Jugeons et de boutures. 11 mérite une place, $!?Çinigpiee dans les bosquets printaniers par ses .fleurs,jaunes, nombreuses , disposées en petites grappes, et,qiÿ s’épanouissent dès le commencement du moisRp mai. Le Robinier altagasa est originaire de Dau- rip. Il s’élève- mqins que le précédent; ses rameaux sont plus étalés, ses folioles plus dures et plus nombreuses, et se*fleurs sont également jaunes. Le Robinier-arbrisseau ne s’élève pas à plus de 2 mitres; ses fleurs, de couleur jaune , s’épanouissent au printemps. , . l e : IqiRqs J. es cspèpçs de robiniers, dqii.t; jq, vyeps dq parler,, 4 yi’y o véritablement que la preroièfp, jçdau^ÇBcja „ es d’écriture. Rôle signifie ausiî liste, catalogue. Ce mot se prend encore pour l’état, la liste des causes qui doivent se plaider. RÔLE UES BESTIAUX A METTRE EN PATURAGE dans les forêts. V. Pacage , Pâturuge. Rôtit ïj’êt-RiTURE. C’est un feuillet écrit des deux côtés. Suivant l'art. 10 du tit. VIII de l’ordonnance de 1669 , lés greffiers des maîtrises ne pouvaient prendre plus dé trois sous par rôle de papier , et quinze sous par rôle de parchemin , lesquels rôles étaient remplis du nombre de lignes, mots et syllabes, porté par l’ordonnance. Nous avons parlé de la taxe actuellement allouée à l’article des Frais de justice. V. ces mots. RôtE des amendes. On appelait ainsi, sous le régime des maîtrise^, l’état contenant les noms et domiciles des personnes condamnées pour délits forestiers, le montant des condamnations, et les dates des jugemens et des significations. Tout ce qui concernait les rôles des amendes et leur recouvrement avait été réglé par l’édit de mai 1716. Aujourd’hui l’inspecteur des forêts adresse, à la fin de chaque trimestre, au conservateur un état sommaire conforme au modèle n°. 26 (V. à VAtlas] de la situation des poursuites. ( Instr . du 20 mars 1821, art. 112.) 11 fournit au receveur des domaines les documens nécessaires pour faciliter le recouvrement des amendes. ( 1 b., art. 1 13 . ) Il vérifie les mémoires des actes faits en matière forestière pour s’assurer si les taxes sont conformes au décret du 18 juin 181 t. ( Ib. , art. 1 14- ) Les directeurs des domaines adressent, charpie trimestre, à la Direction générale des forêts un état du recouvrement des amendes. ( Ord. du roi du 11 octobre 1820. — Circul. du 28 mai 1821.') ROMPIS. On donne le nom de rompis , volts on 1 ’olins aux arbres qui ont été rompus par la moitié du corps, ou dont les branches principales ont été détachées. V. Chablis et Menus marchés. RONCE, rubus. Genre de plantes de l’icosan- dvie polygynie et de la famille des rosacées, qui offre pour caractère un calice à cinq divisions , une corolle à cinq pétales, des étamines en nombre indéterminé , plus courtes que la corolle, de nombreux styles et des fruits globuleux , c’est-à-dire composés de plusieurs petites baies arrondies, rassemblées en tête et renfermant chacune une semence. Dénomination. — La ronce vulgaire à fruit rouge se nomme en grec batos ; en italien, rovo; en espagnol , carça ; en flamand, branben ; en allemand, hrombeer-strauch ; en anglais , blamble. Ces trois dernières dénominations , suivant Poinsinet de (Ji- vry, sont la source de notre mot framboisier, arbrisseau du genre des ronces. Le mot latin rubus esl dérivé de l’adjedtif ruber, rouge ; il a été donné aux plantes de ce genre, à cause de la couleur rouge des fruits de quelques espèces. Pline, cita plusieurs espèces de ronces qui étaient connues des an citons, at entre autres la ronce du mont Ida } rubus idarus^ qui est notre framboisier. Il Hii attribue plueieuia propriétés médicinales, ESPÈCES. Il y a une trentaine d’espèces de ronces 1 quelques auteurs les distinguent en deux divisions, les ■véritables ronces et les framboisiers; nous les réunirons dans ce même article. Les trois espèces les plus communes et les plus importantes à connaître sont celles ci-après : i°. Ronce-Framboise ou framboisier-ronce du mont Ida , rubus idtvus (Lin.); en allemand , kim~ beer-strauch ; en anglais , rasp-berry. 2°. Ronce noire , ronce commune , roncefrutes- cente , il . fruticosus (Lin.) ; en allemand , gemeine b rom beer-strauch ; en anglais , common black-berry. 3°. Ronce bleuâtre, ou bleue, ou des champs, R. cœsius (Lin.); en allemand, acker-brombecre ; en anglais , dwarf-bramble. La culture de ces ronces a donné lieu à un grand nombre de variétés dont nous ferons connaître les principales en traitant des espèces. La Ronce-Framboise ou le Fbamboisier est un arbrisseau qui croît naturellement en Europe dans les pays de montagnes, et qu’on cultive généralement dans les jardins pour son fruit. 11 a les racines traçantes; les tiges nombreuses, droites, simples la première année, rameuses les suivantes, toujours garnies de nombreuses épines droites: les feuilles alternes , pétiolées , les inférieures ailées , les supérieures ternées , toutes composées de folioles ovales, pointues, dentées, assez grandes, vertes en dessus, blanchâtres en dessous; les fleurs blanches, disposées en bouquets ou plutôt eu co- rymbes à l’extrémité des tiges et des rameaux; les fruits succulens, d’un rouge clair, un peu pubes- cens , d’une odeur et d’une saveur fort agréables, et composés de grains nombreux. Les tiges s’élèvent à cinq ou six pieds, et parviennent rarement à plus de cinq à six lignes de diamètre; elles meurent après avoir porté du fruit pendant trois ou quatre ans. Il fleurit en mai et juin, et ses fruits mûrissent en juillet et août. Chacun des grains qui composent la baie renferme une semence qui sert à mffltiplier la plante, et comme les oiseaux sont très-friands de ces fruits, et qu’ils en répandent les semences au loin , il' dji résulte cjue la ronce se propage avec rapidité. D’un autre côté, cet arbrisseau se multiplie extraordinairement de ses racines, et en peu d’années il parvient souvent à recouvrir les jeunes coupes dans les forêts de telle manière qu’aucun semis ne peut plus y réussir, et que les bonnes espèces de bois sont étouffées par cette plante vorace. Pour se préserver des dommages qu'elle cause dans beaucoup d’endroits , il faut s’astreindre à visiter les jeunes coupes tous les ans pendant l’été , faire extirper soigneusement avec leurs racines les plants de ronce qui paraissent çà et là , et lorsqu’il* sont encore petits. De cette manière on opère , nvee .WWéoirpêf*lW s flgés"J èlfës prbdqisént^ujijjl.ii,^*' grand nombre de drageons; Veuï-on 'lés extirper, on ne parvient jamais à^enjtïaire toutes les racines, et on détruit par cette opération les jeunes plants de bojf i «4 dfaiiletiEs, ces Opérations seraient ïo?t caûfeyse»,,» aL ,oh voulait les faire sur une étendue coflMdàmbtlo qtji serait infectée de cette mauvaise pfalft^ILpêy a>donc uge et blaftc, ne paraîj: pas différer à l’efat^fienf des deux préce Jens ; mais il donne de* firuiç^ deux, fois.l’aiméq, ç’estrà-dira à, la fin du printemps,«tp la fin de Paytoinue, ce qui lofait beaucoup reçhqr- •cher , .mais ses fruits d’autoipne font rarement; savoureux. Culture des framboisier ?. ,— Cet arlfrvsfqau n’est point, délicat ; mais il préfère uny terre légère , fraîche, ombragée et à l’exposition du nord. Cependant c’est au levant ou au couchant qu’il convient de le planter pour avoir des fruits savoureux et odo- rans. Il se multiplie de rejetons, qu’il fournit toujours en abondance, ou par la division des pieds lorsqu’on veut accélérer la production des fruits. Comme le framboisier, ainsi que les autres espèces du genre des ronces , meurt après avoir porté des fruits pendant trois ou quatre ans , on doit , chaque année , couper quelques-unes des vieilles tiges pour provoquer la naissance de celles qui doivent les remplacer. Jamais les jeunes tiges , qui sont ordinairement très-longues et très-grêles , ne portent de fruits la première année , quelquefois même la seconde, quand elles continuent à monter; il faut les arrêter à deux ou trois pieds pour les forcer à pousser des branches latérales, sur lesquelles viennent les fruits. Cette opération se fait à la fin de l’automne, çt on peut la retarder jusqu’au printemps., .époque à laquelle on doit biner les plantations de framboisier et les débarrasser des rejetons surabondans. Une framboisière ne peut rester plus de dix à douze ans dams le même terrain sans l’épuiser. Il convient de prévenir ce terme, et de la changer de place tous les six à huit ans. Usages et qualités. — Les framboises, par leur couleur et leur goût parfumé , font l’orcemout des tables; on les mange seules, ou mêlées avec des fraises : elles ont les mêmes propriétés et sont encore plus rafraîchissantes. On s’en sert aussi pour parfumer lesgeit es et les sirops de groseille , et on en obtient par la fermentation un vin qui est très- fort, et assez agréable. Les autres espèces de framboisiers que l’on cultive dans les jardins sont : le framboisier couleur de chair, nouvelle espèce beaucoup plus grosse et plus délicate que les autres; le framboisier sans épines r espèce fort rare ; le framboisier de Virginie, rubus occidentalis, originaire de l’Amérique, et qui a les tiges rougeâtres, hérissées d’épines , les feuilles ailées ou ternées et velues en dessous,les fruits d’un pourpre noir, assez semblables à ceux, de la ronce, mais ayant le goût de la framboise : elle est inférieure à notre framboisier, et par conséquent peu cultivée ; le framboisier odorant, également Originaire de l’Amérique septentrionale, et quia les tiges de six à sçpt pieds de haut, jaunâtres e,t sans épines ;. les figiilLkA .oit crues, simples, à cinq lobes , souvent I}[H|iHft s Mh.PlW c< s3 4» diamètre ; les Heur* large*, d’un jTOure , de couleur rose et disposées en co- 9 5 RON ROISi 754 rymbes terminaux. Cette espèce se cultive dans les jardins d’agrément, qu’elle embellit par ses grosses touffes , ses larges feuilles et ses bolles fleurs. La Rostce noihe est un arbrisseau épineux connu de tout le inonde, et qui se trouve dans presque toutes les haies, sur les lisières des bois, sur les bords des prairies et des fossés; elle a les racines traçantes et un grand nombre de tiges ligneuses, anguleuses, rameuses, formant un buisson de quatre à six pieds. De leur base ou de la racine naissent ordinairement des rejets vigoureux , redressés, arqués , et de douze à quinze pieds. Les jeunes rejets ont l’écorce rougeâtre, et les tiges principales de couleur grise : ils sont, les uns et les autres , armés d’aiguillons forts et recourbés. Les feuilles , dont la plupart persistent pendant l’hiver , sont pé- tiolées et composées de trois ou de rinq folioles ovales , pointues, à dentelures profondes et irrégulières , sillonnées d’un vert foncé en dessus, grises et légèrement pubescentes en dessous; elles sont souvent solitaires vers la cime des jeunes pousses. Les pétioles sont également armés de petits aiguillons recourbés, et ils sont accompagnés de deux stipules lancéolées. Les fleurs blanches ou rougeâtres, portées sur des pédoncules rameux, paraissent dès le mois de mai et se succèdent jusque dans l’automne ; elles forment, par leur réunion de trois ou cinq ensemble, de petits bouquets au sommet des rameaux. Les fruits mûrissent depuis le mois d’août jusque dans l’arrière-saison ; ils sont composés de grains nombreux, noirâtres, luisans , aigrelets et un peu sucrés lors de leur parfaite maturité. Cet arbrisseau croit par-tout, à l’ombre, au soleil, dans les bois et dans les mauvais terrains ; cependant il préfère ceux qui sont gras et humides, et il. y pousse quelquefois des tiges qui s’élèvent, dès la première année, à douze et quinze pieds de haut. Il se multiplie au surplus et s’étend d’une manière prodigieuse ; car sa propagation a lieu non-seulement par ses fruits et par ses nombreux drageons, mais souvent encore par l’extrémité de ses tiges, qui s’enracinent vers ce point lorsque, manquant d’appui , elles rampent à terre. Il est à remarquer que les tiges de cet arbrisseau qui ont porté des fruits périssent ordinairement pendant l’hiver, qu’il en pousse de nouvelles au printemps, et que ce sont ordinairement les tiges de deux ans qui donnent des fruits. La ronce noire , par sa rapide multiplication et la faculté qu’elle a de s’étendre beaucoup, devient souvent nuisible à la végétation des bois, quoique sa présence favorise quelquefois le développement des semis naturels et protège les jeunes bois contre l’accès des bestiaux dans les endroits soumis aux pâturages. Ces avantages accidentels ne peuvent l’emporter .sur les inconvéniens de sa multiplication, ni par conséquent en motiver la culture. Tous les bestiaux , à l’exception du cheval, mangent les feuilles de ronce. Les chèvres et les moutons les recherchent beaucoup, sur-tout lorsqu’elles sont encore jeunes ; les vers à soie s’en accommodent assez bien : on les regarde cependant comme astringentes et détersives. On dit que la ronce noire fournit fort peu de potasse par l’incinération , parce que le bois contient beaucoup de moelle , et on conseille, lorsque cette plante est abondante et qu’on.- né peut la consommer entièrement pour chauffer le four, de la jeter sur le fumier, où elle pourrit rapidement et fournit un bon engrais. 11 résulte cependant des expériences de M. de Werneck que la rtmee n’eat pas aussi pauvre en potasse qu’on semble le croire; elle occupe, sous ce rapport, la quarante-quatrième place dans un tableau de soixante-treize espèces ou qualités de bois, rangées dans un ordre décroissant, et elle donne, par mille livres de combustible , une livre six onces cinq gros de potasse. Ainsi ce ne peut être que par rapport à son volume et non à son poids que son prpduit en salin a été apprécié. Presque toutes les haies sont abondamment garnies de ronces ; mais elles leur nuisent souvent en les étouffant, si on n’a soin d’en arrêter l’élévation en les coupant à deux ou trois pieds de terre pendant L’été, et d’en diminuer l’étendue en arrachant, chaque hiver, les rejetons qu’elles produisent eu avant de la haie. On peut les employer seules â former d’excellentes haies, pourvu qu’on leur donne un palissage ou une liaie sèche pour support. Enfin les ronces , par leurs racines traçantes et nombreuses , servent à retenir les terres sur les revers des fossés, au bord des ruisseaux, et dans les pentes rapides des montagnes, où elles croissent naturellement. Quand on veut établir une haie de ronces, on peut ou en semer la graine, ou employer des plants enracinés arrachés dans les buissons. Le premier de ces moyens ne s’emploie guère, parce qu’il est très- long. La plantation se fait au commencement de l’hiver ; 011 rabat les tiges à quelques pouces des racines, si on veut que la reprise soitsûre, ou bien on Les recourbe pour enterrer leurs extrémités et leur faire prendre racine, si on veut que la haie soit bien fourrée. Le fruit de la ronce est d’abord âpre au goût , il devient ensuite acidulé et enfin fade par l’excès de sa maturité ; il est nourrissant et rafraîchissant : les enfans dans les campagnes le recherchent beaucoup. Dans quelques endroits, on en fait du vin qu’on dit être aussi bon que celui de .la vigne ; on en fait aussi des confitures et un sirop agréables, recommandés dans les maladies du poumon et Les ailleurs d’urine. La difficulté de les récolter est la seule cause du peu d’usage qu’on en fiiit. La culture de cet arbrisseau a produit plusieurs variétés dans les jardins : i°. la ronce à fouilles cotonneuses et d’un gris cendré en dessus, rubus tomentosus ; 2 °. la ronce à fouilles laciniées, rubus laciniatus ; 3°. la ronce sans épines , rubus inermis ; 4°. la ronce à fleurs doubles, rubus flore albo, pleno; 5°. la ronce d fruits blancs ; 6°. la ronce à fouilles panachées. Parmi ces variétés celles à fleurs doubles, à feuilles découpées et à feuilles panachées, sont les plus propres à la décoration des parterres et des jardins paysagers. La première se distingue particulièrement par l’éclat de ses fleurs, qui se succèdent pendant long-temps , et elle produit un très-bel effet sur les rochers de ces jardins.. La Ronce bleuâtre croit par toute l’Europe , nos RtQS dans les champs , les haies, les buissons et les taillis. Elle se distingue de l’espèce précédente par ses tiges plus grêles, bien plus courtes et plus garnies de petites épines ; par sa disposition à ramper, par ses feuilles ternées, souvent bilobées, et par son fruit plus petit, d’un bleu foncé, couvert d’une poussière bleuâtre. Ses fleurs paraissent dans les mois de juin et de juillet ; elles sont solitaires, et quelquefois réunies deux ou trois ensemble et attachées à un pédoncule commun hérissé d’épines et de poils; elles sont blanches, et les parties delà fructification brunes. Les fruits miârissent dans le courant de l’été et au commencement de l’automne; ils sont noirs, couverts d’une poussière bleue , composés d’un petit nombre de grains assez gros, d’une saveur douceâtre et fade. Cette ronce cause beaucoup d’incommodité aux cultivateurs par ses tiges rampantes et ses racines, qui embarrassent la charrue dans les champs, notamment dans ceux qui sont soumis au système des jachères. Les autres espèces de ronces que l’on trouve ou que l’on cultive en France sont: La Ronce odorante, rubus odoratus (Lin.), originaire de l’Amérique septentrionale, dont les tiges sont jaunâtres et sans épines; les feuilles alternes , pétiolées, palmées , très-grandes , velues , d’un beau vert, et à cinq iobes peu profonds; les fleurs rougeâtres, d’un pouce de diamètre et disposées en petits bouquets terminaux, et les fruits d’un pourpre noir. La Ronce saxatile ou des rochers, rubus saxa- tilis (Lin. ), qui croit dans les Alpes, les Pyrénées, les Vosges, etc. , dont les tiges sont redressées, florifères, dépourvues d’aiguillons, à rejets rampans , herbacés, stériles, à feuilles ternées, presque glabres, à fleurs blanches en petit nombre , formant un corymbe terminal, à fruit rougeâtre, aigrelet. La Ronce eaux mûrier ou des marais, rubus chamœmorus (Lin.), qui a les tiges herbacées, droites, uniflores , dépourvues d’épines ; les feuilles simples, lobées;" une seule fleur terminale, un fruit noir et assez gros. Elle croît dans les marais bourbeux, en Suède*, en Norwège , en Danemarck, en Angleterre , en Sibérie et dans l’Amérique septentrionale. On la cultive quelquefois dans les jardins des environs de Paris. RONCEROl. Haie ou fossé rempli de ronces. ROSACEES. Tournefort a donné le nom de rosacées aux fleurs simples, polypétales, régulières, qui , comme dans le rosier , le pêcher, ont cinq pétales, le fruit infère , et les étamines attachées aux parois internes du calice. V. Botanique. ROSAGE , rhododendron. Genre de plantes de ja déeandrie monogynie et de la famille des rosacées , qui renferme une douzaine d’espèces, dont deux sa trouvent au sommet des montagnes élevées de l’Europe, et trois ou quatre autres se cultivent pour l’eniemçnt des jardins.. Ce genre est composé d’arbrisseaux ou sous-arbrisseaux à feuilles éparses , coriaces , à fleurs disposées en corymbes terminaux. L’espèce la plus commune en' France , où elle croit sur le sommet des Alpes, est le Rosage ferrugineux, rhododendron ferrugineum (Lin.) , ar- 755 I bitste d’environ un mètre de liauteur , formant un j buisson ranaux, dont les feuilles 6out ovales, oblon- ’gues, très-entières, légèrement pétiolées, un peu dures, lisses, vertes, souvent repliées en leurs bords comme celles du romarin, et très - roHsses ou-de couleur ferrugineuse en dessous; ses fleurs sont rougeâtres, en bouquet à l’extrémité des rameaux. Il fleurit en juin , après la fonte des neiges. La seconde espèce, que l’on trouve aussi dans les Alpes, est le Rosage veeu, rhododendron hirsu- lum (Lin.;, dont les feuilles sont lancéolées,-velues en leurs bords et jaunâtres en dessous; ses fleurs sont d’un rouge éclatant. Les autres espèces , que l’on cultive dans les jardins, sont : i°. le rosage pontique , originaire du royaume de Pont, qui s’élève à 5 ou 6 pieds, et dont les feuilles sont lancéolées, pointues, Irès-en- tières, longues de 6 pouces, glabres, luisantes, et les fleurs grandes, d’un violet plus ou moins foncé et souvent fort nombreuses : il forme des buissons touffus , toujours verts, et dont les fleurs ont le plus grand éclat; 2 °. le rosage à grandes fleurs, originaire de l’Amériqueseptentrionale, qui a les feuilles plus épaisses, moins longues, moins noires, et roulées en leurs bords ; les fleurs plus grandes et moins foncées en couleur ; les rameaux plus courts et les tiges moins élevées ; 3°. le rosage ponctué , qui a les feuilles oblongues , glabres, ponctuées en dessous par des glandes résineuses. Il croît sur les montagnes de la Caroline. Tous les rosages se multiplient de semences et de marcottes; mais leur culture èst difficile. Les premières gelées de l’automne et les dernières du printemps font beaucoup de tort à leurs jeunes pousses. Les deux premières espèces, qui ne donnent point de bonnes graines dans nos jardins, se multiplient uniquement par la voie des boutures, et ne s’enracinent qu’au bout de 2 ou 3 ans. ROSE. V. Rosier. ROSE DE CHIEN. C’est le Rosier-Eglantier. ROSE DE GUELDRE. Nom vulgaire de l’obier. V. au mot Viorne. ROSEE , du latin ros, roris. On appelle ainsi les petites gouttes d’eau qu’on remarque le matin, vers Le lever du soleil, sur les plantes, sur les toits des maisons, et sur tous les corps qui sont exposés à l’air. Elle est produite, en partie, par la chute des vapeurs gui formaient le serein, et qui se ramassent en gouttes par l’effet de la condensation. Par-tout les rosées exercent la plus grande influence sur la production végétale ; sans ce méteore journalier, il n’y aurait, sons les climats brûlans , ni verdure pour parer les champs, ni moissons pour en payer le travail. On a remarqué que la rosée se fixait en très- grande abondance sur les terres couvertes de pelouses touffues ; cettepetite pluie périodique, commençant à s’évaporer au lever du soleil, répand alors dans les alentours une fraîcheur vivifiante; sur les côtes de la Normandie, l’herbe , principalement dans les jours les plus chauds, est encore mouillée à midi. Il y aurait donc quelque avantage à entremêler les prairies avec les autres cultures. Par cette disposition , l’excès de l’humidité matinale, qui fa- * ROS ;56 * tigue souvent les tréflières, se rénaniLrtHj jsqr les autres parties du champ au bénéfice jç, toutes les productions. • „( j, i ■ . i . On a encore observé qu’il se forijip ti,ès T ppù de rosée sur les sables de toute espèce , mais priupipk-' leinent lorsque la silice y domine. Si, par irn.temps serein, on traverse les landes bordelais^ au, moment où le soleil montre scs premiers rayons, on voit les tiges des bruyères se courber sons , le poids de l’eau , tandis que les sables nus qui environnent ces plantes sont à peine humectés. Ainsi, lorsqu’on veut mettre en culture des terres de cette espèce sous un ciel avare de pluie, il est prudent de n’arracher les broussailles que dans les parties seulement qui doivent être semées; quelquefois même on laisse à dessein des carreaux de buissons touffus entremêlés avec les champs labourés. C’est là le défrichement par échiquier, usité depuis long-temps sur les falaises qui bordent la côte orientale de la Provence. La rosée fournit aux feuilles une partie de l’eau qu’elles doivent élaborer, et les remplit, pendant la nuit, d’une portion de la lymphe qu’elles auront pour se nourrir pendant le jour. Il y a des climats où elle remplace à tous égards la pluie. La rosée peut, d’un autre côté , nuire aux plantes par le dépôt qu’elle laisse quelquefois sur les feuillps et sur les Heurs, par l’obstacle qu’elle forme à l’évaporation tandis qu’elle les recouvre, et par le froid qu’elle procure en s’évaporant. On lui attribue la brûlure des feuilles : eu effet, il ne faut qu’une rosée abondante, suivie de soleil chaud, pour tacher toutes les jeunes feuille^de certains arbres. La plupart des arbres fruitiers sont très-sujets à cei. inconvénient, ainsi que leurs fruits. 11 est des années où la récolte des feuilles de mûrier manque par la même cause. Ces feuilles et ces fruits sont, immédiatement après l’évaporation de la rosée, blanchis ou jaunis dans la place qu’occupait chaque gouttelette; ensuite la place noircit et parait désorganisée, c’est- à-dire que l’épiderme est soulevé et le tissu cellulaire racorni. Lorsque ces taches sont très-multi- pliées , il y a interruption dans Les fonctions vitales , et il en résulte ou la coulure des fleurs, ou la chute des fruits, ou même la mort de la plante , ou au moins une qualité moindre dans les fruits, et une faible pousse dans les tiges et les branches. ROSÉE MIELLEUSE. V. Miellat. ROSERAIE. Terrain planté de rosiers. ROSIER , rosa. Genre de plantes de l’icosandrie polygynie et de la famille des rosacées. 11 a pour caractères un calice en forme de vase, charnu, étranglé au sommet et à cinq divisions persistantes ; une corolle de cinq pétales adhérens au calice ; des étamines nombreuses et courtes ; plusieurs ovaires surmontés de,styles.à stigmate simple, des graines presque osseuses, hérissées, en nombre égal aux ovaires, et renfermée£ r jbtps que baie sèchp, colorée, sphérique ou ovoïde, formée,par le calice, qui,s’est ac £f!** :utn}iû\ortn3 ■ iv , . - : , : .R Les rosiers gqçt^lft^ arbrisseaux de -Joute gran-, deur,| i«(^gèuç^4>Uy^qtâqup, munis ordinfûremuent! d’afgu^liünp.çpaipj.e^à feuilles pilées ayec impaire, lfRT,>ojd franèdjràfténsis. 7 58 ÏÏOS ROS i j». Rosier ue Damas, rosa damascena (Hort.- lvew ). i4°. Rosier-Cannelle , Rosier de mai , rosa cinnom.om.ca (Lia.). i 5 “. Rosier blanc , rosa alba (Lin.); en allemand , -weisse-rose. i6°. Rosier jaune double , rosa hcmispherica, rosa sulphnrea (Hort.-Kew). 17 0 . Rosier musqué , rosa muscata. Il y a uu bien plus grand nombre de rosiers : 011 porte à plus de cent les espèces cultivées aujourd’hui. Voici une briève description de celles que nous venons de dénommer : Le Rosier sauvage ou Eglantier sauvage , rose des haies ou de chien, est l’espèce la plus commune en Europe, depuis la Suède jusqu’en Espagne. On le trouve dans les bois et dans les haies. Le nom de rosier de chien lui a été donné, parce que l’on croyait que sa racine était un spécifique contre la rage. Cette vertu miraculeuse fut, au rapport de Pline, révélée en songea une mère dont le fils avait été mordu par un chien, et le remède réussit. On voit que, d’après une telle indication, on ne peut avoir une grande confiance à ce spécifique. Les tiges de ce rosier sont droites , s’élèvent communément à 6 pieds , et ou en voit dans les bois qui ont jusqu’à i 5 pieds de hauteur. Ses rameaux sont longs, revêtus d’une écorce verte, et armés d’épines recourbées. Ses feuilles sont ordinairement composées de folioles ovales, aiguës, profondément et grossièrement dentées en scie , d’un vert luisant en dessus et mat en dessous. Les pétioles sont longs, garnis de quelques aiguillons en forme d’hameçon. Ses fleurs sont odorantes, blanches , ou roses, ou incarnates , avec les pétales échancrés , et deux bractées opposées et ciliées; elles paraissent dans le mois de juin. Sou fruit, qu’on appelle cynorrhodon ou gratte-cul, mûrit en octobre ; il est lisse , ovale et d’un beau rouge ; sa saveur est acidulé ; il se inange frais, et on en compose des conserves, des sirops, etc. On l’emploie aussi en médecine; mais on a beaucoup de peine, à se garantir des effets des poils qui entourent les graines lorsqu’on mange ce fruit; ils picotent et irritent d'abord le gosier, et ensuite le fondement , ■-.tr ils ne se digèrent pas : c’est de cette dernière circonstance que ce fruit a pris son nom vulgaire. O11 ne cultive le rosier des haies que pour y greffer les autres rosiers. Le Rosier jaune, que Linné avait nommé rosa eglanteria , s’élève à 8 ou 9 pieds. Il croit naturellement sur les montagnes, en France, en Allemagne et en Italie. 11 a l’ovaire et le pédoncule glabres , le calice et le pétiole épineux , les aiguillons des rameaux droits à leur base et nombreux ; les feuilles à.sept folioles ovales, profondément den- tees , glabres des deux cAtés, rarement de plus de 8 ou 10 lignes de long. On le cultive fréquemment dans les jardins paysagers et dans les. parterres, où il produit un bel effet par ses fleurs , qui s’épanouissent au mois de mai, et qui sont ordiuairement d’un rouge ponceau, Je plus de 2 pouces de diamètre, mais dont l’odeur n’est pas agréable. H s'accommode des terrains le. plus arides. Il fournit une variété à fleurs* jaunes. Le nbm latin que lui a donné Linné fait cju’il a été confondu par quelques auteurs avec le rosier des hàies, qu’on appelle vulgairement églantier , et avec le rosier odorant, auquel Miller et autres ont donné le même nom. Le Rosier odorant ou Rosier rouillé, l’Eglantier proprement dit des Français , s’élève à 8 ou 10 pieds. Ses tiges sont armées d’un grand nombre d’épines fortes, aplaties et recourbées.Ses feuilles sont composées de sept folioles ovales , presque obtuses, doublement dentées, d’un vert sombre en dessus, cendré en dessous, et couvertes, ainsi que les pétioles, de petites glandes couleur de rouille , et remplies d’un suc résineux, dont F odc-ur est analogue à celle des pommes de reinette. Ses fleurs paraissent au mois de juin ; elles sont rougeâtres ,. largesde 2 pouceset légèrement odorantes. Ses fruits sont ovales, lisses et d’un rouge brun. 11 croît abondamment sur les montagnes nues, dans les fentes des rochers, dans les haies, dans les bois. Sa hauteur dans les sols arides 11 e dépasse pas un pied, et ses feuilles n’y ont souvent que 3 ou 4 lignes de long. On le cultive dans quelques jardins d’agri- inent , et il y produit des fleurs nuancées de rougi.-, quelquefois toutes blanches, des semi-doubles et des doubles. 11 est moins propre que le rosier des haies pour la greffe des autres espèces. Le Rosier des Alpes ne s’élève, dans les jardins où on le cultive, qu’à 5 ou 6 pieds. 11 est remarquable par ses tiges sans épines et rougeâtres. 11 a les ovaires ovales, glabres; les pédoncules et les pétioles pourvus de quelques.glandes pédicellées; les feuilles ordinairement à neuf folioles ovales , oblongues, d’un vert clair , glabres , longues de 6 à 8 lignes; les fleurs presque toujours solitaires , rougeâtres, légèrement odorantes et déplus d’un pouce de diamètre. Il croit naturellement dans les Alpes. Le Rosier très-épineux 11 e s’élève qu’à 2 ou‘3 pieds ; il est extrêmement touffu, et sa tige, de couleur rougeâtre, est hérissée d’un grand nombre d’aiguillons inégaux, longs et assez droits. Ses feuilles sont petites, à sept folioles rondes ou ovales, glabres, doublement dentées, et portées sur des pétioles garnis de quelques aiguillons; les fleurs petites, rougeâtres ou blanches, ordinairement solitaires. Le fruit mûrit en octobre ; il est brun et très-gros. On trouve ce rosier en abondance sur les montagnes arides de l’Europe. Il fournit plusieurs variétés, dont l’une a été appelée rosier à feuilles de pimprenelle par Linnaeus et autres botanistes. M. Bosc dit qu’il couvre des espaces considérables dans les montagnes de la Bourgogne, et qu’on l’emploie à chauffer le four. Il fait peu d’effet dans les jardins d’agrément. Le Rosier glauque est un arbrisseau qui croit dans les Alpes , dont les ovaires sont ovales , les pédoncules glabres, les pétioles pourvus d’aiguillons, •la tige armée d’épines éparses et recourbées, les folioles oblongues , aiguës , glabres, et les fleurs un peu en corvmbe. nos nos 75c» Le Rosier velu ou hispidf. est l’un des rosiers les plus vigoureux ; il s’élève à 9 pieds, et forme un large buisson , qui se couvre , en juin et en juillet, il’uue prodigieuse quantité de Heurs* On le trouve dans les cantons montagneux de la France, de l’Allemagne et de l’Angleterre. Il a les ovaires et les pédoncules presque couverts de glandes longuement pédicellées; les tiges armées d’aiguillons ordinairement géminés, droits et aplatis ; les feuilles composées de sept folioles ovales , velues en dessous, et très-souvent pourvues d’une glande à la pointe des dentelures ; leurs pétioles également velus , glanduleux et épineux; les Heurs d’un rouge vif, faiblement odorantes, et larges de près de 2 pouces. Il produit plusieurs variétés, suivant le sol, l’aspect et le climat; mais les feuilles, froissées, exhalent une odeur légèrement résineuse , qui le fait reconnaître. Ses fruits sont groscotnine des pommes d’api et de couleur écarlate : on les mange sous le nom de pommes de rosier, et on en fait des conserves plus délicates que celles faites avec les fruits du rosier des haies. Ce rosier est très-rmiltiplié dans les jardins d’agrément, où il produit de beaux effets par ses larges feuilles blanchâtres, par ses Heurs nombreuses, et par ses fruits d’un beau rouge et d’une grosseur remarquable. Le Rosier gallique , Rosier de Provins , Rosier rouge, croît naturellement dans toute la France , et ne s’élève qu’à 3 ou 4 pieds. Sa tige est garnie d’aiguillons petits et ir régu librement disposés; ses feuilles sont composées de cinq folioles ovales , oblongues, aiguës, longues souvent de plus de 2 pouces , d’un vert foncé en dessus, très-glauques en dessous , et portées sur un pétiole commun glanduleux et épineux ; ses fleurs sont d’un rouge foncé, peu odorantes , larges de a ou 3 pouces ; ses fruits sont ronds, d’uri brun rougeâtre et de 5 à 6 lignes de diamètre. On le cultive beaucoup dans les jardins , à cause de l’éclat de ses fleurs et des usages qu’on en fait dans la médecine. 11 fournit un très-grand nombre de variétés, dont les principales sont celles à fleurs rouges foncées , à fleurs rouges pâles {rasa ofpci- nalis), à fleurs rouges panachées de blanc ( rosa vcrsicolor). C’est la seconde que l’on cultive si abondamment aux environs de Provins , de Paris, etc., pour l’usage de la médecine et des confiseurs. M. Bosc et plusieurs autres botanistes pensent que la rose de Champage ou rose de Meaux, plus petite dans toutes ses parties, est une variété de celle-ci. Les roses de Provins acquièrent, par la dessiccation, une odeur plus forte et plus agréable. Elles étaient autrefois un objet de commerce pour la France. Tous les rosiers dont nous venons de parler croissent naturellement en France , soit dans les haies, dans les bois et sur les montagnes, et on les cultive pour l’agrément dans les jardins et dans les parterres. Nous nous contenterons d’indiquer les autres espèces. Le Rosier de Caroline est un arbrisseau d’un port très-élégant. Ses tiges n’ont presque point d’é- piues ; ses feuilles sont lancéolées, lisses , d’un vert clair, et ses fleurs, d’un beau rose et ramassées en bouquet, s’épanouissent successivement pendant le*, mois de juillet et d’août , elles sont ordinairement simples. Le Rosier luisant est une espèce de l’Amérique septentrionale , remarquable par ses grandes fleurs rougeâtres et son feuillage d’un vert extrêmement brillant. Le Rosier a cent feuilles ou Rose commune , rosa centifolia , la plus belle des espèces, dont on ignore l’origine, et qui a donné naissance à plusieurs centaines de variétés, dont les plus belles et les plus singulières sont, d’après M. Bosc, la rose de Hollande, la rose semi-double, la rose mousseuse, la rose aurore, la rose carnée, la rose-pompon, la rose- œillet, la rose sans pétales, la rose foliée, la rose crénelée, la rose bipinnée. Le Rosier de Francfort, espèce remarquable par son calice en cul-de-lampe, évasé vers le haut et étranglé vers le milieu , dont les fleurs viennent en bouquet, sont très-doubles et peu odorantes. Le Rosier de Damas , plus connu sous le nom de rosier des quatre-saisons, rosier de tous les mois, rosier bifère, originaire des parties méridionales de l’Europe et de l’Asie, et que plusieurs personnes confondent avec le rosier à cent feuilles, a les fleurs réunies en bouquet, larges de plus de 2 pouces, plus ou moins doubles, variant du rouge au blanc, et d’une odeur presque semblable à celle de la rose à cent feuilles. C’est une très-belle espèce, qui donne des fleurs presque toute l’année. Le Rosier-Cannelle ou Rosier de mai , originaire des Alpes, remarquable par la couleur de son bois, qui est lisse et d’un brun très-vif, aies fleurs simples ou doubles, rouges, d’une odeur douce, mais peu en rapport avec celles de la cannelle. Il fleurit au mois de mai, et il forme des touffes de 6 à 8 pieds de haut. Le Rosier blanc est d’un effet admirable dans les jardins; il s’élève à 8 ou 9 pieds. Ses fleurs naissent en bouquets au sommet des rameaux; elles sont souvent roses avant leur épanouissement; mais elles deviennent ensuite d’un blanc pur. On dit qu’il est originaire de l’Europe. Il a été cultivé de tout temps, à cause des bons effets qu’il produit ; mais se> fleurs ont une odeur peu agréable. Le Rosier jaune double, ou Rosier a fleurs couleur de soufre , est remarquable par la couleur de ses fleurs d’un jaune citron , extrêmement doubles et assez ordinairement globuleuses ; il est originaire de Constantinople , et se distingue de la rose jaune de nos campagnes par son feuillage d’un vert pâle et jaunâtre. Le Rosier musqué est originaire des côtes de Barbarie , de la Perse, où il s’élève jusqu’à 3o pieds de haut: c’est de cette espèce que les Orientaux retirent l ’huile essentielle de rose. Dans le climat de Paris, où il gèle fréquemment, ses fleurs sont simples ou semi-doubles, blanches, d’une odeur douce, et disposées en larges panicules au sommet des rameaux. Culture. — Les rosiers ne sont point délicats sur la nature des terrains ; cependant, comme ils tracent et poussent beaucoup de chevelu , ils préfèrent une terre légère, douce et substantielle. Ils aiment aussi à végéter en plein air , et leurs fleurs en ont itfWl 7757, kius peine de 5 o fr. d’amende. ' ’ Deux ordonnances du roi, du 16 jànvier 1822 , avaient déclaré que le rouissage du chanvre dans une rivière navigable ne pouvait être considéré comme une contravention ordinaire en matière de grande voirie , et que c’était un délit de la compétence des tribunaux correctionnels ; mais la jurisprudence a changé , et deux ordonnances des 4 février et 4 novembre 1824 décident que le dépôt de chanvre ou le rouissage dans une rivière navigable est un délit de grande voirie qui ne peut être jugé que par la voie administrative. V. Rouissage à la Table du Recueil. ROULE , volulus. ( T, de bot.) Ce qui a une ou plusieurs circonvolutions remarquables. ROULÉS ou ROULIS. Les bois roulés ont des fentes intérieures, qui sont circulaires suivant le contour des couches ligneuses. Y. Roulure. ROULEAU. Cylindre de bois qu’on fait rouler sur les terres fortes pour briser les mottes, et sur les terres légères pour raffermir la terre et empêcher la trop prompte dissipation de l’humidité. ROULURE. Un arbre est roulé ou roulis quand il s’y trouve une fente ou une solution de continuité qui suit la direction des couches annuelles, c’est-à- dire quand il y a dans l’intérieur d’un arbre des cercles concentriques qui ne sont point unis et adhé- rens les uns aux autres. Quelquefois ces fentes ne sont point apparentes dans les arbres pleins de sève, mais elles s’ouvrent à mesure que les arbres se dessèchent ; elles n’ont assez souvent que quelques pouces d’étendue, mais souvent aussi elles s’étendent dans toute la circonférence de l’arbre : en sorte que l’on voit une couronne de bois vif qui entoure un noyau de bois mort, qu’on peut en faire sortir. Quand la roulure ne s’étend pas dans toute la circonférence, le noyau de bois renfermé dans la roulure se trouve être de bois vif, et on le trouve ainsi tantôt pourri, tantôt sain et très-dur. Une pièce ainsi viciée est d’autant plus endommagée que la roulure a plus d’étendue; cependant on peut encore en tirer parti , si on l’emploie à faire de la fente, ce qui dépend de l’adresse du fendeur. Plusieurs causes peuvent occasionner la roulure : le vent, qui agite et plie endifférens sens les jeunes arbres dans le temps de la sève et lorsqu’ils sont chargés de leurs feuilles; le poids du givre en hiver, malgré l’adhérence de l’écorce au bois. Il est prouvé que l’écorce une fois détachée du bois ne s’y réunit plus : ainsi il reste une solution de continuité qui sépare les couches annuelles en tout ou en partie; les nouvelles couches annuelles restent toujours séparées des anciennes , et c’est cette solution de continuité qu’on nomme roulure. Elle est encore occasionnée parles voitures, dont les moyeux endommagent l’écorce; par les animaux , qui se frottent contre le tronc des jeunes arbres , ou qui entament l’écorce avec leurs dents; par les copeaux d’é- cprce que |es. officiers 'des forêts enlèvent pour Tràppér T'empreinte de leur marteau sur le corps dès ’àrlyres 'de réserve-; par 1 les dhancrett, quand ils se guérissent ëtsc recouvrent de'nouveau bois et d’éèprce; par là séparation 1 de l’écorce d’avec île bois, formée par une surabjOndance de sues qui doivent former les nouvellesjcouèhpst ligneuses s en un mot, tout ce qui'peüt occasionnée# la séparntion de l’écorce d’avec le bois 0*1 la désunion descouches ligneuses produit la roulure. Le» arbres isolés et îles baliveaux, après que 1ers taillis otit éaé abattus, sont plus sujets à êtrerotiléBque-OèU» qui'sont élevés en massif, parce qu’ils sont plus exposés aux vents et aux înjurtes de l’air. V'. Oqdranure, Ge- livure et Martelage. ROUTES ET CHEMINS. Le mot route vient du latin rupta. On a dit d’abord ruptarii, pour désigner les gens de guerre levés parmi les agriculteurs, et qui rompaient et labouraient la terre; ensuite on a donné le nom de rota aux chemins fréquentés par les gens de guerre. Le mot chemin aurait pour origine, suivant les étyinologistes, le mot italien camino , formé Aeeam- pinare , qui pourrait provenir du grec kampé , jambe , parce que les jambes servent à marcher. Les régtemens des premiers peuples concernant les grands chemins sont inconnus: ceux d’Athènes, de Lacédémone et de Thèbes étaient très-sages ; c’est aux Carthaginois qu’on attribue l’honneur d’avoir , les premiers, fait paver les grands chemins. Les Romains suivirent leur exemple et renchérirent sur leurs modèles. Des chemins spacieux, solides , et ornés, de mille en mille, de colonnes de pierre, s’étendaient depuis les extrémités occidentales de l’Europe et de l’Afrique jusque dans l’Asie mineure, et faisaient environ 40 mille lieues (15592 myriamètres ) de France. Malgré une aussi prodigieuse étendue, ils étaient entretenus avec autant de soin que le permettait la situation de l’Empire. Dans les premiers temps, les censeurs en avaient la direction, qui depuis fut confiée aux édiles cu- rules , puis après à quatre magistrats, enfin à deux prêteurs. En France, on ne s’est point occupé des chemins publics avant le règne de Charlemagne; c’est le premier des rois de France qui y ait fait travailler; mais ils furent ensuite négligés pendant près de 4 oo ans. Philippe-Auguste, après avoir fait paver la ville de Paris, nomma des officiers pour veiller à l’entretien des chemins. Ce soin fut ensuite.conféré aux trésoriers de France, aux prévôts et châtelains , aux baillis et sénéchaux, aux juges' ordinaires , suivant que les deniers employés aux réparations provenaient du domaine, ou des communautés, ou des péages; il fut aussi ordonnéauv seigneurs hauts-justiciers et aux habitans des communautés de planter les bords des routes. Les ordonnances rendues sur ces objets, et dont nous trouvons la citation dans Saint- Yon 9 pag. 208 et 209 , sont celles de Louis XII, i 5 o 8 ; de François I er ., de février i 522 ; de Henri H, de février i 55 i et de 1559; de Henri III, de 1576, art. 356 , confirmée par édit de 15795 du même, de i 583 , art. 14 5 de Henri IV, du 28 octobre t 5 ç 4 - Les ROU RQil^ 765 grands-maîtres de$ eaux et fqrêtp, fil les officiers des maîtrises , furent chargés, par l’ordpmnancp.de i 583 i, art. i 4 & \bi dp veiller àU cqu servit j 6 n,eî au fétablAssemeint' des chemins dans leurs premier^ limites 1 et de réprimer les usurpations; co qui prouve qu’à cette Jés chemins n’étaient point fossoyés ni payés, .et qqe les riverains pouvaient’ y commettre de» empiétemens. La largeur des chemins royaux [pu. grands chemins variait dans plusieurs.pays» pins; que «pus,le voyons par les coutumes qui sont citées dans Saint- Ton , p. 74 S etf'suivante*- Les seigneurs ayant haute et moyenne justice avaient la juridiction sur les chemins autres que les chemins royaux, et étaient, sous ce rapport, appelés seigneurs voyers, viocures , à viarnm curatione )• Mais les princes se sont toujours réservé la direction et police des grands chemins : d’où est venu en France l’office de grand- voyer, dont la création est attribuée à Henri 1 Y, qui le conféra à Sully. Ce grand-voyer était chargé, pour tout le royaume, de faire entretenir en bon état et maintenir dans leur ancienne largeur , suivant la coutume des lieux, les chemins, ponts et passages; de déterminer les chemins qui devaient être considérés comme publics ou particuliers ; de ies supprimer, changer, élargir ou diminuer, suivant les circonstances. Les seigneurs hauts-justiciers et voyers étaient chargés, chacun dans l’étendue de leur seigneurie, déporter les mêmes soins à l’entretien des chemins ordinaires. Les Romains distinguaient trois sortes de chemins : le premier, appelé iter , chemin pour les hommes à pied; le deuxième, actus , chemin pour les chevaux et voitures ; le troisième , via , grand chemin. Nous reconnaissons aussi trois sortes de chemins : les chemins particuliers , qui conduisent aux héritages des particuliers ; les chemins vicinaux, qui conduisent d’un village à un autre; les chemins royaux , qu’on appelle aussi grands chemins ou grandes routes. Ces derniers se divisent en chemins royaux proprement dits, et en routes départementales : l’entretien de celles-ci est aux frais des départemens. Les routes royales sont, d’après le décret du 16 décembre 1811, de trois classes, et les routes départementales comprennent toutes celles qui étaient connues précédemment sous la dénomination de routes de troisième classe. Nous avons rapporté à l’article Arbres des routes, tit. I er ., p. a 65 , les dispositions réglementaires qui concernent la plantation des routes et la propriété des arbres desdites routes. Mais, depuis la rédaction de cet article, il a été apporté des changemens à ces dispositions par la loi du 12 mars 1825, qui attribue aux particuliers la propriété des arbres des routes royales et départementales , que ces particuliers justifieront avoir acquis à titre onéreux, ou avoir plantés à leurs frais en exécution des anciens réglemens; qui statue que les arbres ne pourront être abattus que lorsqu’ils donneront des signes de dépérissement, et que sur la permission de l’Administration ; qui attribue aux tribunaux la connaissance des contestations sur la propriété des arbres, et qui veut qu’à dater du 1 er . janvier 1827 le curage et l’entretien des fossés soient opérés sur les ,j'pqds>.ftff^cts s au maintien de la viaWlitérdesdi- jDjU, - restent,n’ffiL -point dérogé aux dispositions décret du \f> décembre' 18 n , sur. Fo^iligatiou imposée aux riverains de planter les bords des routes, et sur,, la compétence des conseils de prélecture pour la répression des dégradations commises sur les routes et les arbres qui les bordent. Y. l’extrait de ce décret au Recueil et son texte entier dans le Bulletin des Ipis. V. aussi la Circul. de VAdm■ , duj février i 8 i 3 . Une ordonnance du roi, du 20 février 1822 ( V. au Recueil ), rappelle que les lois et réglemens de la grande voirie imposent aux propriétaires riverains des grandes routes l’obligation d’en planter les bords; qu’un propriétaire n’est pas fondé à prétendre qu’il a ignoré cette obligation lorsque les plantations ont été ordonnées par arrêté du préfet du département, et qu’il n’est pas fondé à se plaindre de ce que les plantations ont été exécutées d’office. Une autre ordonnance, du 3 i juillet Ï822, rappelle également que l’autorité administrative est seule compétente pour statuer relativement à une contravention commise sur une route royale. Routes traversant les poniTS. Nous avons à nous occuper principalement des routes et chemins qui traversent les forêts. L’art. i« r . du tit. XXVIII de l’ordonnance de 1669, confirmée par un arrêt du conseil du 20 novembre 1671, porte que les chemins passant par les forêts doivent avoir 72 pieds de largeur. Les art. 2, 3 , 4, 5 et 6 du même titre contiennent des dispositions sur les essartemens à faire pour l’établissement des routes, la manière deprocéder à l’adjudication des bois qui en proviennent, les obligations des particuliers relativement à leurs bois , l’obligation imposée aux officiers forestiers déplanter dans les angles des places croisées, biviaires ou triviaires des croix , poteaux ou pyramides avec inscriptions et marques apparentes du lieu où chaque chemin conduit, les peines à infliger à ceux qui auraient rompu les poteaux, ou bitte les inscriptions. Essartemens. — Des difficultés se sont élevées tout récemment relativement à la largeur à donner aux essartemens que prescrivent les préfets pour les routes traversant les forêts. On observait que, suivant l’art. i er . du tit. XXVIII de l’ordonnance de 1669, les routes royales traversant les forêts devaient avoir 72 pieds, et que, suivant l’art. 3 du même titre, les essartemens devaient se faire sur une largeur de 60 pieds ; que l’on ne pouvait concilier ces deux dispositions qu’en admettant que l’essartement devait se faire en dehors de la route; ce qui aurait donné une largeur totale de 192 pieds, et aurait fait perdre une étendue considérable de bois. L’Administration forestière a expliqué que ce n’était point ainsi qu’on devait interpréter l’ordonnance, et qu’il était évident, d’après un arrêt du conseil, du 6 février 1776, que les grandes routes dans les forêts ne peuvent avoir plus de 60 pieds de largeur, y compris les essartemens, et 72 pieds avec les fossés. Une autre question s’est présentée, celle de sa- 96* 764 ÛW voq *qwi quelle autorisation essartemens. .pi Aj ;eiioe sein») £fs deux questions ont été té®- 4 e S J ^ ministr^,,^,!^^^,,^^; juillet 1821/, portant que les .ess^rtqfqpns -pppr les routes qui ont 72 pieds de lajgeur a iie x a(4qentj être faits que sur remplacement m^tne des wutes dans l’étendue de 30 mètres ( ûo pied^,),,en tre^les fossés et talus 5 qu’il appartient au, ministre, de l’intérieur d’approuver les essartemens dqs routes, mais que l’exécution de cette mesure dans, les bois r du domaine de l’état doit être suivie .par, les àgens forestiers, sous l’autorité du ministre des finances, et dans les bois des particuliers par les propriétaires, sous la direction des ingénieurs des ponts et chaussées, et sous la surveillance des autorités locales. ( V. cette lettre et les explications qui la précèdent , au Recueil , tit. Il, p. 942.) Mais nous devons faire observer que les mêmes difficultés sur l’interprétation de Jldrdcmnance s’étant renouvelées, elles ont été portées au conseil d’état, qui s’occupe de l’examen de la question. Nous ferons connaître sa décision dans notre Recueil , lorsqu’elle sera rendue. Personnes trouvées hors des chemins. — Suivant l’art. 34 » tit» X-X.V 1 I de l’ordonnance de 1669 , les usagers et autres personnes trouvés de nuit dans les forêts royales, hors les roules et grands.chemins, avec serpes, haches, scies ou cognées, doivent être condamnés, pour la première lois, à 6 francs d’amende , et pour la deuxième fois à 20 francs. Chemins et sentiers dans les forêts. — Les agens forestiers ne doivent pas souffrir qu’il soit pratiqué de nouveaux chemins et sentiers dans les forêts. Les motifs en sont expliqués dans les réglemens pour Chàtelleraut, du i er . décembre 1601 ; et pour Chise et Aulnay , des i 4 et 25 juin 1602, art. 14 et i 5 . ce Aussi tant à cause des guerres que du grand désordre qu’il y a eu par ci-devant èsdites forêts, chacun s’étant licencié de faire des chemins et sentiers nouveaux par - tout où bon leur a semblé , en sorte qu’il est à présent fort malaisé aux officiers et sergens , à cause de la multiplicité desdits chemins et sentiers, de surprendre les délinquans, soit au fait de la chasse, pâturage des bestiaux et larcins de bois, joint la facilité du transport des pieds d’arbres , lesquels ne pourraient être abattus, pris et emportés que l’on ne s’en pût aisément apercevoir : pour à quoi pourvoir, avons fait et faisons inhibitions et défendes très - expresses à toutes personnes , de quelque qualité et condition qu’elles soient, de passer à pied ou à cheval, ou faire passer leurs bêtes et harnois au dedans des forêts , par autres routes , sentiers et chemins que ceux qui ensuivent, etc. Et à cette fin enjoignons aux gardes de faire relever de fossés , chacun au dedans de leurs gardes, les avenues des autres chemins, etc., et où aucuns des contrevenans aux présentes défenses seront trouvés passant par les- dits chemins défendus, sans commettre autre délit, seront punis d’amende arbitraire , et s’ils y sont trouvés emportant bois de délit, seront condamnés au double de l’amende portée par les ordonnances. » ( Saint-Yon, p. u 12. ) “&JP4 fHUanf popr >( rçqdto ,qu t wl,faei- MhPh &V?MP c 9WhP*r tet.dvit sentie è 1 1 W e , r ?*, yp* pwr p ) »pveq^. L^^np W d i eÿ ! ,ct 1 iff 1 ,^lvt^ l^.vidftag* df» va at eugager fti.pfanter lomit les routes des arbres différons} ,et eependaurtmcm remarque que, presque par-tout on ne plante que des orme?. Cet arbre, sans doute, mérite d’étre employé de préférence , à cause de la rapidité :de sa croissance, de la beauté, de son feuillage, de la faculté qu’on a de le planter d’une certaine grosseur, de la facjlité avec laquelle il s’accommodeide terrains médiocres et supporte les accideus , et surtout de l’excellente qualité de son bois; maisil n’est pas moins nécessaire de lui associer, pour la plantation des routes, un grand nombre d’autres arbres. Nous avons, au mot Avenue ( V. ce mot ), rapporté les expériences de Duhamel, qui prouvent qu’un arbre planté à la place d’un autre de la même espèce végète mal, et meurt souvent peu de temps après sa plantation , parce qu’il 11e trouve plus dans la terre les principes nécessaires à sa nourriture, tandis que si 011 y eût placé un arbre d’èsptce différente , il eût poussé avec vigueur. Nous avons, sous le même mot, fait connaître les moyens de former des avenues perpétuelles. « L’orme et le noyer, dit Duhamel, sont presque les seuls arbres dont on fasse les avenues, dont on borde les grandes routes, et dont on forme des quinconces. On ne trouve en voyageant que des ormes et des noyers au bord des grandes routes , des chemins, et aux environs des châteaux, dams la plupart des provinces du royaume. Pourquoi se borner à ces deux espèces d’arbres, sans égard à la nature du terrain, ni songer aux usages qu’011 peut faire des différens bois , et à l’agrément des promenades , que l’on augmenterait en variant les espèces d’arbres ? Ne sait-011 pas que l’abondance d’une chose quelconque la fait tomber dans le discrédit, tandis que l’on manque de plusieurs autres qu’il faut acheter bien cher, et qu’une juste proportion des différentes productions d’un pays et des circonvoisins , ferait que l’on pourrait se trouver, dans chaque province, dans une sorte d’aisance, par la facilité que l’on trouverait à acquérir , à un prix raisonnable, tout ce dont on pourrait avoir besoin, soit en recueillant chez soi, ou en débitant ses propres denrées pour avoir à meilleur compte celles du pays d’à côté. » Il est donc avantageux de revenir de l’eireur où l’on est de ne se servir, pour garnir les grands chemins et orner les châteaux, que d’ormes et de noyers : ces arbres sont beaux, leur bois est utile; mais Le chêne f le hêtre , le frêne, le châtaignier , RGfc le mûrier , u ie jJèrif^lè tLt^if ; dex J pbie.ts d’UtUîïé-^uî'lts’iJémléôt tèTraWiS rttt'îlj'Méusjfeëdt pèu^ft^i'V'^SÜb^iiWü' dès '«tè¥iWèri^ ‘%ôîilédp& , 9ë3%lïtàni;S > i 1 des pèè{Af*i4\d?>rtl îi’yÉHëldâdrïflt'ljïèb’iotf aîgrêmèuf -1 A cl^r^^'iid'scmt pâs èoiit-' aréh i“s ^ ^msî^ ‘d’éta ïéià Vîent-îï ?• De cè ^ug les jÿrô- prtèttîrè^déV'terres fi’eft defritltidèVit pf&Dt aux' jardiniers , qui, par cette raisoniph’en'tiertiïent point en pépinièresj.qi^jt j?q ,ppuiraient en avoir le débit. Mais qu’on leur èn demande, et que les in- teftdans : dèâprovirrttés èèuîHeùt bien recommander ù -leurs spibdéiégnésde s’înformér'-des -espèces d’arbres iqui 1 ppirrraî6nt réussir dans l’étendue de leurs élections, pour en' garnir les pépinières publiques, et avoir-sjirgHlîèreinerrt at|ention queT’on n’y élève que des'arbres utiles, les espèces rares actuellement deviendront communes dans quelques années, et chacun trouvera abondamment les différens arbres dont il voudra faire des plantations, sans craindre qu’ils ne reprennent pas bien ; car un arbre reprendra toujours quand il aura été élevé avec attention*» Voici les espèces'd’arbres qui peuvent être plantées sur les routes, avec l'indication des terrains qui leur conviennent, ou qui leur sont contraires. Le chêne se plaît dans les terres fortes ; mais il s’accommode assez bien de toutes sortes de terrains. Dans les'terrains humides, et dans les fonds de glaise, son bois devient tendre et gras : si sous la terre fertile il se montre du gravier, son bois est plus dur; si le tuf ou la craie est à une petite profondeur, il ne peut fournir que de petits arbres. Il convient à la plantation des routes, ainsi que le prouvent les pays de bocage, qui, comme la Bretagne, présentent un grand nombre de chênes plantés isolément, et qui fournissent d’excellens bois de marine. Mais pour que cet arbre réussisse, il faut lui faire subir en pépinière plusieurs transplantations. V. Marine, Pépinière et Plantation. Vomie, que l’on plante beaucoup sur les routes, et qui, sans contredit, est l’un des arbres qui y conviennent le mieux , s’accommode assez bien de toutes sortes de terrains ; s’ils sont trop humides et gras , souvent il arrive que l’écorce se sépare du bois, et qu’il se forme des chancres, ou l’arbre meurt, et s’il subsiste, son bois y est tendre. Cet arbre croit plus lentement, mais aussi il est de meilleure qualité, et vit plus long-temps dans les terrains secs ; quand la terre y a peu de fond, les racines s’étendent fort loin pour chercher leur nourriture dans la terre fertile qui est à la superficie; et si cette terre convient à l’arbre, il ne Laisse pas de devenir assez gros, mais pour cela il faut que les arbres soient plantés à une grande distance des autres. Les noyers se plaisent dans les terrains assez secs; ils jettent leurs racines dans le gravier, et même dans le tuf et la craie, quand ces substances sont alliées de pierre ou de gravier. Dans des terrains humides , leur bois n’a point de couleur et est tendre ; ils ne se plaisent point dans les massifs ni dans les prés ; leur vraie place est d’être plantés dans'les vignes } ot^au bord des terres labourées : RGfc 760 ‘qilâytf jl üé?so(ttt 1 âïirsi cültivêyj-’ÎW's’^cèbmmodent de toutes sortes dé terres. On ne peut trètt s*bccilper de eës al^és?^Pdfmt ’dn Tait iîné'^i fgraiiaé'fcbiisoînmàtion , pèndàrfix lit giiërre , pWiV ^rhibiiffire'dqîf armes â'fedV V. sMrj%h ' ' Lés châtaigniers se plajsént 'dans lëi’têrfitins sablonneux, sor-toiit quand le foijid e'^èhin ftëu humide , Ce fjni arrive quand le sablé est iinneti gras ; ils subsistent cependant dans des- sabtéàVssez niai- grës , quand ils peuvent étendre leurs racines h fine grande profondeur : ils ne réussissent jids si bien dans les terres trop fortes et argileuses. ‘‘ Le hêtre se plaît dans le même terrajh que le,cl.à- taignier ; mais,*ainsi que le chêne, il a besoin dé subir plusieurs transplantations préliminaires avant d’être planté à demeure. Son feuillage Te recommande pour la plantation des rputes ; mais comme il est assez abondant dans lès forêts pour les usages auxquels son bois est employé , on doit lui préférer les arbres qui -se distipgiient par une qualité de bois plus précieuse. , . ! \^e tilleul et le myrrotinier d’Inde aiment uné terre douce, et qui ait de la profondeur : quand cètte circonstance leur manque, il faut que la terre soit un peu humide dans le fond, sans quoi ils perdent leurs feuilles de bonne heure. Leur bois a peu de qualité, mais leur feuillage est agréable, et comme leur croissance est prompte, bii pourrait les employer à regarnir les files d’ormes qui dépérissent. Les mûriers s’accommodent assez bien des terrains chauds et secs, ils subsistent même dans des terres assez maigres ; néanmoins ils reprennent quelquefois dans des terrains argileux. Le charme préfère les bons terrains; mais il vient aussi dans des terrains maigres , secs, assis sur un tuf graveleux, oii les autres arbrfes, même les érables, refusent décroître. Toutefois son bois n’étant propre qu’à un petit nombre d’ouvrages et au chauffage, c’est avec raison qu’on lui préfère l’orme et d’autres espèces utiles pour le charronage. Le sycomore et la plupart des autres espèces d’é- rables s’élèvent dans des terrains assez maigres , dans le gravier ou le sable , pourvu que le fond soit un peu humide. Il y en a même qui subsistent sur des côtes arides à l’exposition du nord et du couchant. Ces arbres méritent d’être plantés sur les routes par'la beauté de leur feuillage , et l’emploi de leur bois dans plusieurs arts. On les plante avec sûreté quand ils sont assez grands pour se défendre; mais il faut leurconserver la tête, ainsi qu’au frêne. Les frênes se plaisent sur-tout dans les lieux humides et bas, et on en trouve de vigoureux dans des marais exposés à des inondations. Si la terre a peu de fond, le frêne étend ses racines dans la couche fertile; il en jette dans le gravier , et même, dans le tuf et la craie , pourvu que ces substances soient alliées de pierres eu de cailloux : son bois est plus dur et plus ferme quand il a cru dans la terre franche que dans celle qui est trop humide. Cet arbre, quel’on plante beaucoup sur les routes, mérite cette préférence après l’orme ; mais on doit éviter de le placer dans des terrains secs, où il est rarement beau. On ne doit jamais lui couper la tète en le plantant. Il ou 766 Les peuplier* se plaisent dans las fefses fprt abreuvées : le tremble aime l’argile 5 mais peuplier blanc , qui réussit très-bien dans tes terrains marécageux, lait de belles productions dans les lierres sècnes , et subsiste môme dans celles qui sent arides. On voit de belles plantations de peupliers blancs sur les routes , notamment dans la Picardie. Le bouleau n’est pas un arbre de marais ; néanmoins il végète singulièrement bien dans les terrains humides , et sur les côtes exposées au nord ; il subsiste encore dans les terrains les plus maigres , et où La plupart des autres espèces d’arbres périssent. On le plante peu sur les routes, parce qu’il ne parvient qu’à une grosseur peu considérable , que son feuillage fournit peu d’ombre , et que son bois est moins précieux que celui de beaucoup d’autres espèces ; cependant il pourrait y trouver place dans quelques localités. Les merisiers , si utiles pour les ouvrages de tour et d’ébénisterie , sont peu difficiles sur la qualité du terrain , et quoiqu’ils préfèrent une terre franche, on en voit d’assez beaux dans des terrains maigres. Le platane d’Occident , à larges feuilles, aime les terrains fort humides ; les platanes du Levant, à feuilles découpées, demandent une terre douce, qui ait du fond, et qui soit un peu fraîche au-dessous. Ils forment des avenues magnifiques, et ils produiraient le même effet dans la plantation des routes. Les saules et les aunes sont des arbres de marais, qui ne viennent jamais mieux que sur la berge des fossés remplis d’eau , et qu’on peut par conséquent employer avec avantage pour border les canaux et les routes dans les lieux humides. Les poiriers et les pommiers aiment que le fond du terrain soit un peu frais et substantiel. Dans beaucoup de départemens, et sur-tout dans la Normandie , on les plante sur les bords des routes et dans le terrain même des riverains , qui, en ayant aujourd’hui la propriété, ont intérêt à les conserver. Les pins viennent dans le sable le plus aride, et le sapin dans les sables gras; on voit cependant de belles sapinières dans les lieux où le roc est presque à la superficie de la terre. Il y a des routes dans la Belgique qui sont plantées de ces espèces d’arbres, qui forment un bel effet ; mais comme on ne peut les planter que fort jeunes, et que leur entretien et leur conservation exigent des soins de longue durée , il est rare qu’on emploie ces arbres à la décoration des routes. Les sorbiers , les cormiers , les azéroliers viennent bien dans les terres assez sèches, pourvu qu’elles aient du fond ; mais la lenteur de leur croissance empêche de les admettre dans la plantation des routes. Le robinier ou faux acacia , dont la croissance est rapide, mais seulement dans les terrains un peu substantiels et dans les climats tempérés, se trouve aujourd’hui associé à l’orme dans les plantations de plusieurs routes aux environs de Paris et d’Orléans. On peut l’employer pour remplacer les ormes qui meurent, quoique son feuillage léger et un peu jaune contraste beaucoup avec le feuillage vert et tassé de ce dernier. Mais par-tout où l’orme peut ROU réussir , on ne doitpqs songes-à,dotBier des plantation» de faux acacias, ,si,ce an’êst pour U.variété, patce^jw» par les vents. T que son, port «et biejt^pluf; majestueux, et que sou feuillage cormenVtiÛeu* peur hcdéeo- ratiou d’une grande route, ..'Twovt \Jérable -à feuille de frêne pommeiice à prpndee jlace parmi les arbres des\ routes qui traversent es forêts des environs do Paris, L 'érable rouge de Virginie est également employé à quelques plantations die ligne ; «si encore rare. 1 Le noyer noir et le noyer cendré de l’Amérique septentrionale sont très-propres à la plantation des routes, et donneraient de belles pièces de bois pour tous les ouvrages où le noyer d’Europe est employé. Les peupliers de Canada et de Virginie àe recommandent par la rapidité de leur croissance* la facilité à croître par-tout, la beauté de leur port et de leur feuillage, comme par la qualité de leur bois. l'aylante est un bel arbre , de prompte végétation , d’ime haute taille, et propre à la décoration des routes ; mais il est rare en France, parce qu’il ne se multiplie que par ses racines. Le févier d’Amérique . qui exige les mêmes terrains que le faux acacia , est encore un arbre à multiplier sur les routes. On pourrait augmenter la liste des arbres qui seraient propres à border les grandes routes et les chemins vicinaux ; mais les indications qu’on vient de donner sont suffisantes pour introduire dans ces plantations la variété désirable , soit sous le rapport du coup-d’œil, soit sous celui de la différence des terrains et de leur situation, soit enfin sous le rapport de la qualité des bois et de la diversité de leurs usages. Comme nous avons fait connaître, au mot Arbres des routes , l’importance des produits que promet la plantation des routes royales et départementales et des chemins vicinaux, nous renvoyons à ce mot pour cet objet. Nous renvoyons également aux articles Avenues et Plantations pour la manière de planter les arbres des routes, et la distance à mettre entre eux. Enfin nous renvoyons à l’article Élagage et à l’article Orme , pour la manière de conduire la tête des arbres. L’art. 99 du décret du 16 décembre 1811, et la loi du 12 mars 1825 , portent que les arbres plantés sur les routes royales et départementales ne pourront être coupés et arrachés qu’avec l’autorisation du directeur général des ponts et chaussées , accordée sur la demande du préfet, laquelle sera formée seulement lorsque le dépérissement des arbres aura été constaté par les ingénieurs, et toujours à la charge du remplacement immédiat. Nous avons indiqué les signes du dépérissement des arbres sous le mot Dépérissement , et aux articles Exploitation et Estimation. V. ces mots. Mais il est toujours utile, pour la qualité du bois, de ne pas attendre que les arbres dépérissent réellement pour les abattre. Travaux et police sur les roules. Les travaux à faire aux grands chemins et les ROü RU R contraventions en matière de voirie y étant les premiers dans 1 les attributions de la direction de* pOnt» et'chaiWsée»,-eûtes autres dans-les attributions de* conseils dé : prétec'tHt 4 ,nous nous bornerons à énoncer tes lois qu^UOttOefileiit “ces objets. Ce sont ï i°. Pour les travaux , là loi du 3 i décembre 1790, qui à eréé une administration des ponfci et chaussées^, lftilo£ , 0tt'i6>'frimair'e an 2, portant que les grands chemins, ponts et levées sont faits et entretenus pàg le'trésor public ; la loi du 28 messidor tei ifp'et œite tte t t frimaire an 7, qui mettent au rang des dépenses de l’état celtes de la ccn^lsotitte •et‘~ tes préfets sont compéteris pour ordonner lf;s travauk à faire sur un chemin vicinal . J ^'Ord. du roi, dn 26juin 1822. ) Les travaux de réparations sur des chemins côm- rnnnàùx'ne doivent pas être considérés y dans le sens de la loi du 28 pluviôse an 8, art. 4i comme travaux publics, pour déterminer la compétence dés conseils de préfecture, et ils ne dépendent pas dé la grande voirie. — En conséquence, l’éntre- preneur uniquement chargé de la reconstruction d’un chemin vicinal, qui aurait, en exécutant ses travaux , troublé des propriétaires, est justiciable des tribunaux ordinaires. ( Ord. du roi, du 3 i juillet 1822.) C’est au préfet seul qu’il appartient de rechercher si des chemins litigieux sont compris parmi les chemins vicinaux du pays. — Mais lorsqu’un particulier se prétend propriétaire d’un chemin, la contestation est du ressort des tribunaux. ( Ord. du roi, du 20 novembre 1822.) V. , dans le présent Dictionnaire , les mots Arbres des routes, Compétence, Conseil de préfecture, Délits , Gardes , Pouvoir judiciaire , Préfet , et Travaux publics. ROUTIERS. Anciens gardes, ou sergens dangereux et traversiers, qui avaient été établis pour la garde des forêts , et qui ont été supprimés par l’art. 5 du tit. X de l’ordonnance de 1669. ROUTINE, mot qui vient de route, et qui signifie une habitude de suivre toujours la même route dans la pratique d’un art. La routine, en agriculture et dans l’économie forestière , est regardée comme un fléau qui s’oppose à toute amélioration. L’instruction des jeunes agriculteurs et des jeunes forestiers est le meilleur moyen de remplacer la routine par une pratique éclairée. V. Ëcoles forestières. ROUVRE, nom spécifique du chêne le plus commun de la France. V. au mot Chêne. ROUX ou ROUXE. C’est le sumac des cor- royeurs, rhus coriaria. V. Sumac. ROUX-VENTS. Ce sont des vents froids, secs et assez forts, qui viennent de l’est et du nord-est, et qui, au printemps, gâtent souvent la verdure et les jets tendres des arbres. La lune rousse tire son nom de ce que les roux- vents soufflent ordinairement pendant sa durée. RU ou RUT, petit ruisseau , qu’on a aussi nommé ruit. RUIE. On appelle ainsi le genêt dans quelques départemens du midi de la France. RUINE. On nomme ainsi l’état des anciens bâ- timens qui tombent de vétusté. Par rapport aux ruines d’églises , ports , ponts , murs et lieux publics , V. l 'art. 8 du tit. XXV de VOrd. de 1669, et les mots Bois des communes, Quart de réserve. RUISSEAUX , eaux vives qui sortent de sources, coulent sur les terres, et vont affluer dans les rivières. V. Cours d’eau, et relativement à la pêche dans les ruisseaux, V. le mot Pêche dans le Dictionnaire des pêches. RURAL , du latin rus , ruris , campagne , les S À B champs : qui appartient aux chanrpa ,-qui eontei'n'è les chantps. Ôri dit héritages et biens ruratix pour le» héritage» et biens situés à la campagne; économie rurale . pour la science de l’agriculture 5 Code rural pour le recueil des lois qui concernent la police des champs. RUSTIQUE. Ce mot est quelquefois synonyme avec rebours. Les ormes qu’on émonde souvent fournissent des bois rustiques et nouailleux, qui sont très-bons pour le charronage et la fabrication dès meubles. Y. Broussin. On dit aussi qu’un arbre est rustique quand il vient bien sans culture et sans soins, et qu’il brave fè chaud et le froid , la sécheresse et l’humidité. S. SABINE ou SAB 1 NIER. Espèce de Genevrier. \ . ce mot. SABLE, arena. Le mot français vient du latin sabulum, gros sable. Les naturalistes donnent ce nom a un amas de molécules pierreuses d’un si petit volume, qu’elles peuvent être facilement transportées par les eaux et par les vents. Il y a des sables de différente nature; mais pour l’ordinaire les molécules ciuartzeuses en forment la presqne totalité. La grande cohésion des parties du quartz fait que, quelque cbmminué qu’il soit, ses fragmens conservent toujours un volume sensible. Les pierres calcaires ou argileuses finissent, au contraire, par se réduire en poussière impalpable, que les eaux déposent sous la forme de vase ou de limon. On donne le nom de sablon au sable quartzeux le plus fin , et on nomme gravier un sable grossier qui, pqur l’ordinaire, provient de la décomposition des roches granitiques. La surface du globe présente des contrées immenses qui sont couvertes de sables. Le sable pur est infertile , et l’argile ou la glaise pure est peu propre à la végétation. Ce sont les deux extrêmes ; l’un par sa ténuité, sa mobilité et son peu d’aptitude à retenir l’humidité, et l’autre par sa trop grande compacité. Mais il résulte de l’alliage des différentes espèces de sables et des différentesargiles ou glaises des terrains de nature fort différente. Le sable mêlé aux terres argileuses et tenaces en maintient les interstices ouverts, et les rend plus légères, plus meubles et plus propres à être pénétrées par les racines. Plus il y a de sable, plus le terrain est léger ; et plus il y a d’argile ou de glaise, plus il est compacte. Le mélange de ces substances dans une proportion convenable rend donc les terres propres à nourrir les végétaux; mais comme on trouve souvent ces mélanges faits naturellement, et que d’ailleurs ils exigeraient une grande dépense si on voulait les exécuter artificiellement, ce qui ne doit être pratiqué que pour les terres à grain, on doit, pour la culture des bois, employer les terrains tels qu’ils sont, en y adaptant les essences qui y conviennent le mieux. Les terres sablonneuses et graveleuses reçoivent aisément la chaleur et l’humidité; mais, comme SAB nous levons fit, elles ne’ retiennent ’nt'i’ùne ni l’autrxpet ne contracte»* aucune Maison. Lorsqu'elles ont un fond argileux j Murin îdiîé fj, maintient au contraire long-temps; et elles se-dessèchent, se refroidissent et ne produisent due'de la mousse. Mais si le sable est couvert d’uné'bonne quantité de terre meuble, et placé sur un fond dè grdvier ou de pierrailles, il produit une herbe doucè,«suldtte*àrÀre brûlée, mois à laquelle la pluie rend Mérité* sa vigueur. Le sable hâte ordinairement le progrès des plantes et les fait pousser beanconp avant celles qtri-'sotit dans une terre forte. . . ■ Allié avec la glaise, le sable forme ce qu’on appelle un sable gras, et produit de beaux arbres. On y voit croître, presque avec un égal succès, le chêne, le hêtre , le châtaignier, le charme, l’érable; l’orme sur-tout y croît avec tant de force, qu’il est sujet à y périr en quelque sorte de réplétion ; le noyer y vient, mais moins bien qne dans les terres plus sèches ; les arbres de marais, tels que les frênes, les peupliers, les saules et les aunes, y végètent assez bien, quoique moins promptement qne dans les marais; enfin on y plante avec succès les chênes-verts, les ifs, les sapins, les pins, les mélèzes, les cyprès et un grand nombre d’arbres étrangers; mais dans les sables gras le bois est tendre. Lorsque le sable est allié avec de la terré franche, et que le sol n’est pas trop humide, il produit du bois fort et de bonne qualité. Plusieurs espèces d’arbres peuvent être plantées dans les sables maigres; savoir, le pin sauvage , le pin maritime, le laricio et le pin d’Alep, le bouleau , le marceau, les peupliers blanc et gris, le chêne-rouvre et le chêne-tauzin, le sureau , l’orme, l’érable commun et celui de Montpellier, le chalef, le tamarix. On peut, avec ces arbres et ces arbustes, créer des forêts dans des terrains qui ne produisent presque rien. Les semis de pins, dans ces sortes de terrains, procurent en peu dé temps des bois d’une grande utilité, outre qu’ils améliorent le sol et peuvent le rendre propre , dans l’avenir, à recevoir des graines céréales, ainsi que de nombreux exemples le prouvent dans les sables de la Hollande. Comme nous avons déjà parlé de la culture des sables aux articles Dunes et Terres , nous renvoyons à ces articles , ainsi qn’à l’article Pin, Par l’art. 12 du tit. XXVII de l’ordonnance de 1669, il est défendu d’enlever dans les forêts et aux reins d’icelles, sables, terres, marnes ou argiles, sans une permission expresse, à peine de 5 oo fr. d’amende et de confiscation des chevaux et harnoîs. L’art. 40 du même titre défend aussi de tirer des sables, terres et autres matériaux, à 6 toises près des rivières navigables, sous peine de 100 fr. d’amende. Les restitutions, dommages et intérêts doivent être adjugés pour ces délits au moins à pareille somme que porte l’amende. ( Ord. de 1669, tit. XXXII, art. 8. — Edit de mai 1716, art. 5 < 3 .— Arr. de la C. decass., des 18 ventâse an 8,19 novembre 1807, 22 janvier, 11 février, i 5 avril et 8 octobre 1808, 20 février et 9 avril 1809.) On ne peut appliquer au délit d’enlèvement' de SrAB> sable I’«rt..i8 dii tit. JLU..de l’ordonnance de Ç/irr. de.la C. de pass. r d,u aQjfâ/rig$,iiLa.i r . rf > ]1 y 4 .Lieu.à.lfappliçation de l’art- îa du tit. X£VI 1 de l’ordonnance contre ceu*-qui aufaienl fouillé du sable dans les forêtsquand même l'enlèvement n’aurait pas étéeffectué. (JLb., du 22 prairial an 7.) V. JD élit. SABLON, diminutif de sable, sabulum ou arena tenuior. C’est une espèce de sable très-menu. Il est composé de globules quarlzeux, ayant au plus une demi-ligne de diamètre. Il couvre souvent de grandes étendues à la surface de la terre ; on le confond assez généralement avec le spble, quoique ce dernier soit composé de fragmens anguleux et irréguliers. C’est le sablon qu’on emploie ordinairement pour polir les ouvrages de métal, de verre; ,pour récurer les marmites, les chaudrons et autres ustensiles de cuisine , pour composer le verre, pour diminuer le retrait des poteries. V. Sable. SABLONNEUX (TERRAINS). Les terrains sablonneux sont ceux où le sable est fin comme le sablon, tandis que le terrain sableux est celui où le sable ordinaire domine. Cependant on applique cette dénomination à des terrains graveleux et à’ des terrains sableux. V. Gravier , Sable , Sablon et Terres. SABOT, chaussure de bois, ligneus calceus. Les meilleurs sabots sont faits avec le noyer, viennent ensuite ceux de hêtre. Les premiers sont trè^-çhers, et les seconds très-cassans; mais ils remplissent bien leur objet, qui est de tenir le pied sec et par conséquent de ne pas prendre l’eau. On en fait aussi avec l’aune, le bouleau et le tremble ; ces sabots sont légers, peu cassans , mais ils absorbent l’eau et la conservent long-temps. Cependant le bouleau est recherché pour ce genre de fabrication , et il y a des forêts, celle d’Orléans, par exemple, où il se vend aussi cher que le chêne, parce qu’on l’emploie à cet usage. Dufiamel observe que, depuis l’hiver de j 709, le bois de noyer étant devenu moins commun , on ne s’en sert plus pour faire des sabots , si ce 11’est dans quelques provinces éloignées de Paris. Ce bois est léger, liant et se fend peu : les sabots qui en provenaient .étaient d’un excellent usage ; mais les méilleurs, dit-il, que l’on fasse aujourd’hui sont de branches de*hètre. ..Le? arbres propres à faire des sabots se vendent sur.pied aux boisseliers ou aux sabotiers, qui les abattent eux-mêmes avec la cognée,.comme on fait des autres bois, depuis le temps de la chute des failles jusqu’au mois de mai. On fait des sabots avec des rondines, ou du bois Fçndu par quartiers : L’un et l’autre doivent avoir 18 à 20 pouces de circonférence-pour faire un gros de sabots; de sorte que pour qu’un arbre puisse fournir quatre sabots de quartier, il faut qu’il ait au moins 3 piedsde circonférence, et s’il esc de moindre,grosseur ^ on ne peut en faire que des sabots-,pour les femmes et les jeunes gens; les plus^petjts, propres aqx en fans en jaquette, se nomment cotillon$. ou camions. On sçiç les'qorps d’arbres par tronces de 9 à, 12 Tome II. SAB 5 % i pauocf-derfrautsug^et de plus en plus courts, à mesure que les*sabots doivent être plut petits- . Jlm {Ufbte. qni. r a : ura_4id- à 5 a pieds de> tige j ,«ùr ’ 3 piedâ.d^ çirCimférence , mesurée à 1 p_dp 12 pieds du gro* pput, pourra fournir 5 à 6 douzaines dé sabots, dont, les plus grands auront un pied de longueur, etr les plus petits 3 ou 4 pouces ; conséquemment, deux de ces arbres pourront fournir une grosse, ou îa douzaines de sabots. Deux ouvriers en font ordinairement 2 douzaines par jour. Les marchands les vendent en gros aux détailleurs par assortimens, composés de grands sabots pour les hommes, de moins grands pour les femmes, de plus petits pqur les enfansde douze à quinze ans, qui se nomment sabots de pâtres, ou il écoliers , ou d 'enfans, et enfin de cotillons ou camions , qui sont pour les enfans en jaquette. l’our Paris, la grosse de sabots d’hommes n’est que de 8 douzaines; celle de sabots de femmes est de 12 douzaines; et celle de sabQls d’écoliers, de 18 douzaines : ces différentes grosses se vendent toutes un même prix. Pour la province, les grosses de toutes les espèces contiennent i 56 paires de sabots , mais de difTérens prix, établis sur celui des femmes; de façon que si ie prix courant de ceux-ci est de 3 o ou 3 i fr. la grosse, celle des sabots pour hommes est de 3 fr. plus chère; ceux d’écoliers coûtent 3 fr. de moins que ceux des femmes ; les bâtards 3 fr. de moins que ceux d’écolier?; et les camions ou cotillons, 3 fr. de moins que les bâtards. Les sabotiers commencent par abattre les arbres à rase terre avec la grande cognée, comme les bûcherons abattent les arbres dans les forêts , observant les mêmes saisons pour ne point endommager les souches, et mettant, quand la saison presse, les corps d’arbres ébranchés en gros tas , pour qu’ils ne se dessèchent point trop. Quand ils ont abattu un certain nombre d’arbres, ils les coupent par tronçons avec la scie , qui est quelquefois un passe-partout, souvent montée et dentée comme celle des charpentiers, depuis un pied de longueur jusqu’à 4 pouces. Si les billes sont trop grosses, on les fend avec le contre, à l’aide de la masse, ou avec le ciseau , qui n’est proprement que la lame d’un coutre sans manche. Une tronce de 2 pieds et demi de circonférence peut être fendue en deux pour faire une paire de sabots ; mais si elle n’a qu’un pied et demi, on n’en pourrait faire qu’un seul pour homme. On ébranche le sabot sur le billot, avec la hache et l’erminette , celui du pied droit dans un sens différent de celui du pied gauche. Pendant que l’un fait cette ébauche, l’autre creuse les sabots, en commençant à les percer avec la vrille ou amorçoir, ensuite avec de larges tarières, puis les évide avec des cuillers ; le perceur ébarbe ensuite les bords tranchans du sabot et efface les filons de la cuiller avec un crochet tranchant, qui s’appelle rouette. .Un troisième.ouvrier finit l’extérieur du sabot avec le parpir,. qui est un couteau tranchant, attaché par une boucle à un banc solide. A mesure que les sa- baffvS V. Ateliers , Construction. SAGITTÉ, sagittatus. ( 7 \ de bot.) Figuré en fer de flèche, c’est-à-dire en triangle, dont la base est profondément échancréé par un angle rentrant. SAIGNEE. En agriculture, c’est une rigole, un petit fossé que l’on fait j>our la conduite des eaux. SAINFOIN. J 1 faut éviter de semer du sainfoin et de la luzerne pri s des arbres que l’on plante, parce qüe ld$ longues racines de ces plantes font périr les jeuhes ‘arbres. SAISIE. C’ést en général un acte de justice on un ëxplôit d’un huissier, par lequel les meubles, immeubles et autres effets d’un particulier sont mis souS la inain de la justice. On he petit procéderpar voie de saisie sur les biens de quelqu’un qu’en vertu d’une obligation ou condamnation , ou pour cauSe de délit, quasi-délit, dette privilégiée, ou quelque chose d’équivalent. On distingue plusieurs sortes de saisies. Saisie-Annotation, c’est celle qui se fait des biens de personnes décrétées de prise de corps, lorsque, perquisition faite dè leur personne, il n’a pas êxë possible'âé lès arrêter. NÀTsrF.-Ar. t\êt , c’est' celle que le créancier fait- sur son débiteur, entre les mains d’hn tiers qui doit quelque chose à ce suême- .débiteur, pour que oe tiers aità ne point .s*., dessaisir de .ce qvji.a entre les mainsiau préjudice du saâstssan*.jatm U ,désigne aussi par le mot Opposition» V., «ii cfette saisie, (es art. 5591a 583 du Code.de procédure,civile. • Il y a des règles pnrticulièressttx saisies-arrêts .ou oppositions formées entre les mains dejs receveurs ou administrateurs de caisses ou .deniers publics. Ces règles, établies parles jkris du 1,9 février (792 e.t du 3 o mai 179 3 j sont tlappeléfls paq utf dépret 18 août 1807. ‘ 'O / ,1 v/,i • Les saisies-arrêts et opposition» ifowêeis eftpe|l,as maius des préposés de l’administration, de. Enregistrement et des. domaines sQnt, assujetties v indépendamment des dispositions.contenues dapg.Ioidè- cret que l’on vient de citer, à tlea règles, qui leur sont absolument spéciales. V. le Décret du i 3 plu- ■viâse an j 3 . On 11e peut, sous le prétexte quq l’on esp créancier de l’état, faire des saisies-arrêts entre le6 rpains des débiteurs de l’état même. C’est pe qui résulte de l’art. 9 du tit. XII de la loi du 32 août 179a , sur les douanes; de l’art. 48 du décret du )? r . germinal an i 3 , concernant les droits réunis; et 4 ’un arrêt de la cour de cassation , du 16 thermidor an 10 , qui a jugé que les dispositions de ces lois étaient communes à tous les débiteurs de l’état. Les créanciers des communes ne peuvent faire des saisies-arrêts entre les mains des débiteurs de celles- ci. Ils ne peuvent non plus former des-oppositions sur les fonds des communes déposés dans la caisse des dépôts et consignations. V. un Avis du conseil d’état , du 18 juillet 1807, approuvé-le 12 août suivant. Relativement à la saisie-arrêt des meubles, 3 . les art. 822 à 825 du Code de procédure civile. En ce qui concerne la saisie des appointemens des salariés de l’état, V. Appointemens. Saisie-B*iàndon.. C’est une saisie des.fruits pendant par les racines ; elle est.ainsiappelle, à cause du flambeau de paille ou brandon que l’ou met pour marquer la saisie. V. les art. 629 d 635 du Code de procédure civile . Saisie des rentes constituées,. V. les art. 636 à 655 du Code de procédure civile. Saisie-Exécution. C’est une saisie de meubles meublans et autres effets mobiliers, qu’on se propose de faire enlever et de faire vendre, pour, sur le prix en provenant, être le saisissant payé de ce qui lui est dû. V. les art. 583 à 6 a 5 du Code de procédure civile. Saisie-Gagerie. C’est une saisie et arrêt de meubles sans déplacement ni transport. V. les art. 819 a 825 du Code de procédure civile. Saisie immobilière. C’est, dans l’acception la plus exacte de ces. mots, le premier des actes de la procédure en expropriation, qui se fait après le commandement; c’est celui qui metl’immeuble saisi sous la main de la justice. V. les art. 673 d dh Code de procédure civile. Saisie réelle. On appelait ainsi l’exploit par lequel un huissier saisissait et mettait sous, la main aie la justice un héritage ou un autre immeuble fictif, tel que des cens et rentes foncières ou cousti- S AI S AI tuées dans les pays oùeHes étaient répotôes iinmeubles, offices; etc. Le«< règles de l’asician droit sur; lasaisie'réeflesom.t«brogées. S", plus haut les motsj Saisie fin tiiè b Mire , ei un Décretthi 1 i janvier 1811 j relatif à des biôiA promettant de'saisies réelles faites dans*les formas ancérieafos à «elle* prescrites pur laj foi du i i brumaire &tt\j. V'- sur toutes ces espèces de* saisies fo lidpvrtoim de jurisprudence , qui contient be-grandb dèvedrippemmiB. SAISIE* HüüK DELITS FORESTIERS ET CONTRAVENTIONS AUX LOIS FORESTIÈRES < L’ordtwitidnoe de 1669 prononce la confiscation des bois‘de'iiélltq des bestiaux trouvés pacageant en délit y des animaubt^'Vidtufes , iitstrumens, engins, armes;* Ustensiles,' été., employés h'commettre des délits £ des arbres coupés ou arrachés en contravention aux lois forestières, des bois faisant partie des coupes non exploités ou débardés dans les délais fixée par ié cahier des charges. La loi du 2*9 septembre 1791 , lit. IV, veut que les*gardes spécifient dans leurs procès-verbaux l’espèce etia grosseur des bois coupés et enlevés , les instrumeiis, voitures et attelages employés, la qualité et le nombre des bestiaux en délit [art. 4) j qu’ils suivent les bois de délit dans les lieux où ils ont é-.é transportés et qu’ils les mettent en séquestre [art. 5 ); qu’ils séquestrant également, dans le cas fixé par la loi f les bestiaux trouvés en délit, ainsi que les instmmeiis, voitures et attelages des déiin- quans 'art. 6 5 qifelorsqu’un procès-verbal de séquestre aura été fait en présence d’un officier municipal, ledit officier y soit dénommé, et que le garde prenne sa signature avant l’affirmation [art. 8) j que lorsqu’un garde aura saisi des bestiaux, instruraens, voitures ou attelages , il les mette en séquestre dans le lieu de la résidence du juge de paix ; et qu’aussi- têt après l’affirmation de son procès-verbal, il en soit fait expédition , qui demeurera entre les mains du greffier, pour en être donné communication à ceux qui réclameront les objets saisis [art. 9). La même loi veut, tit. IX, que les juges de paix puissent donner main-levée provisoire des bestiaux, voitures et attelages séquestrés par les gardes, en exigeant bonne et suffisante caution jusqu’à concurrence des objets saisis, et en faisant satisfaire aux frais de séquestre art. 3 ) ; que si les bestiaux saisis ne sont pas réclamés dans les trois jours de là séquestration , lesdits juges eu ordonnent la vente à l’enchère au marché le plus voisin, après en avoir fait afficher le jour 24 heures à l’avance; et que les deniers de la vente restent déposés entre les mains Ue leur greffier, sons la déduction desdits frais de séquestre, qui seront modérément taxés ( art. 4). La loi du 11 décembre 1791, art. 4 j veut que les géndamies et les huiSsieis procèdent, lorsqu’ils en sont requis, à la saisie des bois coupés en délit, vendus ou achetés en fraude, à la charge de ne pouvoir en laite là perquisition qu’en présence d’un officier municipal , qui ne peut s’y refuser. V. Perquisition. Les gardes, dans leurs procès-verbaux, déclarent •aü délinquant la saisie des objets volés et des ins- trumètis qui ont servi au délit, ou le séquestre d&s chevaux , charrettes; haruinis , etc; Ils constituent aussi-gardien des.-objets saisis, soit le délinquant iluirmême.avétjidéfense de s’en dessaisir, soit une autre personne,,A’, Procès-*V?rhauxtt les modules de cesàotés à Villas. ■ (Dépendant la loi n’établit pas, à peine 'de.nullité, la néûesaité de la saisie ni de l’établissement d’un séquestrèq-el celle qui exige que le séquestre , quand 011 en établit un , signe le procès-verbal, ne prescrit pas cette formalité à peine de nullité. [Ait. de la C. decass., du ü frimaire an 8 et dul>\ décembre 1824- ) En général, il est de règle, en matière de police, que ledéfast de saisie n’empêche pas l’action du ministère public, et que le contrevenant soit condamné aux peines portées par la loi, nonobstant la disparition des objets dont il a fait usage, si d’ailleurs , nonobstant cette disparition , son délit peut être prouvé. Ainsi, le port d’armes sans permission peut être poursuivi, quoique les armes qui ont été vues entre les mains du contrevenant n’aient pas été saisies sur lui. Il n’est pas indispensable non plu», pour autoriser la confiscation mentionnée dans l’art. 9 du tit. XXXII de l’ordonnance de 1669, que les gardes aient formellement décrit les bestiaux chargés de bois coupés en délit, ainsique les outils dont les délinquansse.sont servis; il suffit qu’ils aient constaté que le bois coupé en délit était chargé sur telle bête de somme, et que les prévenus ont été trouvés nantis de tels outils. Mais, dans tous les cas de reprise de bestiaux trouvés pâturant en délit, il y a nécessité, lorsque la peine doit excéder icO fr. et que le procès-verbal n’est dressé que par un seul garde, que ce garde mette en fourrière les bêtes qu’il Saisit, et qui par là deviennent des pièces de conviction. Nous avons vu que l’art. 19 du tit. TV de la loi du 29 septembre 1791, oblige les gardes forestiers qui ont saisi des bestiaux, instrument, etc., a les mettre en fourrière dans le lieu de la résidence du juge de paix ; mais ce serait une erreur de penser que le séquestre ne peut aujourd’hui être établi que dans le lieu de la résidence du juge de paix. L’augmentation d’étendue du ressort des juges de paix , qui a nécessité d’autoriser les gardes forestiers à faire l’affirmation de leurs procès-verbaux devant un maire ou un adjoint, lorsqu’ils ne résideraient pas dans la même commune que le juge de; paix, exige qu’on leur permette également, dans le iftëfue cas, de mettre les bestiaux en séquestre dans le,.lieu de la résidence du maire ou de l’adjoint, devant lequel ils font l’affimation de leurs protès-verbatric. Le juge de j>aix peut, dans les cas ordinaires et conformément aux dispositions de PaVt. 4 du tit. IX de la loi du 29 septembre 1791, ordonner, à l’expiration des trois jours fixés par la loi, la vente des bestiaux saisis pour délits forestiers; mais dans Tes cas extraordinaires, ou lorsqu’il y a péril ,en là demeure , Soit parce que l’objet saisi est sujet à dépérissement, soit parce qu’étant de peu de Valeur, ,les frais'de garde et de fourrière en absorberaient le prix, alors le juge doit agir d’après sa raisdn et sa ; conscience ; c’est toujours à lui à procéder à l’affiche •et le la vente de ces bestiaux, et elle doit être faite 97 * 77 a SAI à la requête et diligence de l’offiçiçç fprmfiec.qqfb’q, provoquée. r ' . . ,*![ :0 lue H conviendrait que l’estim,at,ipn fieshesitiiuix, leurs, de Ta màin-levée provisoire, ainsi qqei J a-remise -de ceux séquestrés èt confisqués, je fit conlca^i.ctoire- ment en présence de l’officier forestier f Qu nVsti- merait plus, par exemple , un cheval 3 IV., un bœuf. 10 fr. ; ce qui prive le gouvernement de., la valeuf, naturelle des objets qui lui sont ad jugés, valeur que lui assurent les art. 9 et 10 du tit XXXII de l’prr, donnance de 1669, 11 faudrait aussi qu’après le jugement ordonnant la vente des bestiaux, le.juge de paix fit un procès-verbal de reconnaissance d’iceux, pour la comparer au signalement porté au procès- verbal de saisie , afin qu’en cas de substitution, on pût exercer le recours contre ceux qui auraient violé la loi du séquestre. Mais le nouveau Code apportera des améliorations sur.cet objet. Lorsque des individus dont les bestiaux trouvés en délit ont été saisis et mis en fourrière, emploient la force armée pour exercer la reprise des bestiaux qu’une saisie légale aurait mis hors de leur disposition, ces individus commettent un acte de violence qui a tous les caractères de . la désobéissance à la loi, tels qu’ils sont spécifiés par celle du 22 floréal an 2 , et ils son t passibles des peines portées par le Code pénal. V. Rébellion.. , Les ânes pris en pâture dan® lus forêts doivent être assimiles aux chevaux, bœufs. 011 vaches, et le délit est passible d’une amende, de 20. fr., conformément aux dispositions de l'art, jo du tit. XXXII de l’ordonnance de 1669, Lçj cochons et les chèvres repris en délit doivent être rangés dans Ja classe des moutons et.brebis, et donner lieu à une amende de 3 fr., conformément au même article. \. Bestiaux. La confiscation des charrettes chargées de bois de délit doit être prononcée en même temps que celle des chevaux et harnois. ( Arr. de la C. de cass., du 3 i juillet j 806. ) Les outils et bestiau,x sont déclarés insaisissables par l’art.-fiaç , nos. 6 e j 8 de la Procédure civile ; mais cette exception n’est prononcée qu’en laveur du débiteur malheureux, par pure humanité pour l’homme qui n’a d]aufre tort que celui de n’avoir pas le niqyen de.se libérer avec son créancier : elle ne doit pas profiter aux délinquans, qui, bien loin d’employer leurs (chars et bestiaux à la culture des terres, ne s’en servent que pour dévaster les forêts: les jugés ne pèuvent donc s’autoriser de cet article pour accorder la jyaiu-levée des bestiaux et outils saisis sur les délinquaus. Néanmoins il n’y aura lieu, jusqu’à La publication du nouveau Çpde, à la confiscation de ces objets quépôur les dégâts commis dans les forêts royales et dans .les futaies des communes, attendu que les art. £7 et 38 du tit. Il de la Loi du 38 septembre 1791 , sur la police rurale, déterminent les peines à appliquer en pareil cas aux délits commis dans les taillis des communes et dans les bois des particuliers. Quant aux bois saisis en délit dans les forêts communales, ils dofjpnf., qçpnmc bois de délit, faire partie des i;estitùt.jpn /5 à p^œsonfjer.auprofit du propriétaire , soit parjaouLiep-,, soit caUVctiù même SrA S' ttsçul dédommagement-que: Le*propriétkiiea puis- içaf ajfctandtje, sur-tout lorsque lesudéliaquaiis sont nçoinuu^Q», jnfioUaWesfe Jiéan» oi fls 40 i] o y e a use :*CppUœn jl £ot:égard.f d»hs;le tM>ttùWloi«rfliinrte a.floufiscation dçs boixrès l’art, ai du tit, XXV t da,H(udoanaojbe 4 oiii 6 fi^ (es restitutions, dommages et intérêts prononce* contre des particuliers pOurAélit-staouitniis, tkbnrifes bois communaux, appartiennent aitxdcoatnmnes^ mais elles n’ont aucun droit aûx Amendes su Confiscations. V. ces mots et; uni Arrêt ddli/ojarwwr >8i 1. . . ■ i; nulca luebnm;. Une décision du ministre des financesild uj 5 ssrTOilit 1820, porte que. lorsqu’un procès*-verbalneucftkiatiéd une saisie de bois dans une coupe, fduteid’ahatqge ou de vidange dans le délai prescrit, c’est àiiitriw bunal civil à déclarer la saisie valable p et non are tribunal de police correctionnelle, attendu que, dons ce cas, il n’y a point de délit de la.part do l’adjudicataire , et qu’il y a seulement négligence. Qu’il nous soit permis de douter de l’exactitude de ce principe : l’ordonnance de 1669 cbnsidèlé comme délit le fait d’un adjudicataire qui 11e aer*- mine point l’exploitation et la vidongetle sa coupe dans les délais qui lui sont assignés, et elle pro- [ nonce la confiscation des bois et une amende arbi-- ! traire dans le cas de contravention à ses dispositions. : ( Tit. XV, art. 40 et 47-) Or, lcwamendes-etconfiscsw I lions sont des peines que les tribunaux civils ne peuvent jamais appliquer. V. V Arrêt déjà cité du\o janvier 1811, qui juge que, même dans les bois de particuliers , le défaut d’exploitation et de vidange dans les délais prescrits est un délit de la compétence des tribunaux correctionnels. Il est nécessaire que les armes, les outils et les. instrumens de délit saisis snr les déliuquàns soient déposés au greffe du tribunal qui doit oon- naitre de la contravention. Suivant les anciennes ordonnances, les gardes qui avaient fait la capture avaient, savoir: du charroiy la charrette et le harnois ; de ce qui était porté à' somme, la somme et le bât, outre \esferremens avec lesquels le délit avait été commis ; et des filets de pèche qu’on brûlait, le liège et le plomb. Ces sortes de confiscations leur avaient été accordées, afin de les rendre plus diligenset de les engager à dresser des procès-verbaux exacts de toutes les saisies qu’ils faisaient , sans en rien receler ni dissimuler. Indépenu damment de ces menus profits, il leur était attribué, pour chaque rapport suivi de condamnation, environ 38 cent. (7 s. 6 d. ). V. Bestiaux, Amendesy Confiscation., Juge de paix, Procès-Verbaux. | SAISON , mot qui vient du latin statio , station-, ou de satio, temps de semer. Ce mot se rend aussi en latin par tempestas anni, pour temporis statio s on entend par saisons certaines portions de l’année qui sont distinguées par la chaleur et le froid, et désignées par les signes dans lesquels entre le soleil. Ce sont le printemps , qui commence du 20 au (< 21 mars, l 'été au 21 juin, Vautomne au 23 septembre, et Vhiver au 22 décembre. Les saisons marquent leurs influences sur les vé«~- .gejtaux d’une manièée très-sensible. r si An printemps. lessbourgeons des arbres s’ou»' 9 AI' vient, les fleurs*ppatai»itîntÿdesfiùJ$ttf!« sé'déVfe-i' loppeiït,Lilp» basegéom sûiléheèiit'^l Pkdè^éfsië^' memt deÇoUte^ les) parties dU' 4 egtluili’d{>ère; J iWftii I losiaétareiè [«auvent %b déVeltitppSifiéntq'les tlh$ pl us tôt, le* tairM ttlfis tanlysuivant les espaces, Itei' individus, lesnsiluititmB / fes expositions et les climats. iq dj-jiilui Je , En . été ^iles. ari>rOs continuent de croître, mais aveo.noua defcfwcë:qtt’au printemps; leurs bonr- geooé ter miuattxVi S'axai longent plus d’une manière aussêvsfitsibèè'; ieulfs feuilles sont parvenues à leur grandeur naturelle , mais elles deviennent plus fartnesoeli IpUtseattiaces.- Vers la fin de l’été, les arbres kectonemetieent à pousser, et ils éprouvent alors ce qu’un, appelle la sève d’automne , dont les effets au surplus sont beaucoup moins marqués que ceux de la sève'du printemps; cependant l’écorce se détache plus facilement du bois que dans le fort de l’été ; il sé fait une nouvelle production de feuilles et de bourgeons; les fruits achèvent de prendre leur grosseur, et lès arbres se trouvent alors, par rapport à l’effet de la sève, dans un état analogue à celui où iis étaient au printemps. Au commencement de l’automne, la sève est très- ralentie dans les arbres; ils ne transpirent presque plus, et cessent presque entièrement de faire de nouvelles productions; les fruits d’hiver continuent seulement à prendre un peu de grosseur; quelques couches ligneuses s’ajoutent au nouveau bois; les bourgeons de Vannée s’aoûtent, et les feuilles conservent encore leur verdure. Vers la fin de l’automne, les arbres achèvent de se dépouiller de leurs feuilles et de leurs fruits, a l’exception de ceux qui, comme les pins et les sapins , les conservent pendant l’hiver. L’hiver semble être un état de repos pour tous les végétaux ; cependant le mécanisme intérieur et essentiel n’est pas détruit, la nature travaille toujours ; elle répare certains organes qu’un trop grand mouvement aurait affaiblis et même détruits, si ce mouvement n’eût été ralenti. En effet, c’est pendant cette saison que les boutons des arbres grossissent, et que-les feuilles, les fleurs, les fruits qui y sont renfermés, se fortifient et se disposent à paraître au printemps. Les racines travaillent sans cesse et poussent quantité de chevelu ; enfin les expériences faites sur les arbres prouvent que le mouvement des liqueurs n’est pas entièrement suspendu pendant l’hiver. Il résulte de ces observations que l’agriculteur et le forestier doivent se diriger dans leurs opérations sur les végétaux d’après les influences que les saisons exercent sur ces êtres vivans. Nous avons indiqué, à l’article Calendrier forestier, les opérations forestières à faire et les comptes^ à rendre par lesagens dans chaque saison, et même dans chaque mois de l’année, et aux articles Exploitation, Plantation et Semis, les saisons propres à ces opérations. Nous devons donc nous borner à rappeler ici quelques principes généraux. Saison de semer ..— En suivant l’ordre de la nature , la vraie saison pour mettre les semences des a rhres enterre est, lorsque, parvenues à une parfaite SAt 77 5 hbrtè¥ild®*1édft l â l àé 1 i^pândent Ü’âïés-mèlges,v. L ^Jf^ ; tout celle.s qyi pe craignent point hi\Êrpj| a tn^îisp^ itît'dfe'fortes raisons qtji ,^ i iY,iRBS q t teritV A;nSi J il faiif Semer : j°. a,y pcutîfwpsj, f pairie' 3 d*ôfnie, qüi mûrît vers lp mois $6 Wi,,et es grairiès de pins, de sapins, etc., dont ^es c^net; s’otryreiit dans les mois dé mars et d’avril; Σ°-, en automne, lé gland, la châtaigne, la faine,,etc., qui. n’acquîèrqyt, leur parfaite maturité qu’en . çette saison. ‘ ' ' • ' Mais bien des circonstances obligent de s’écarter de cette règle dictée par la nature : i°. quand Ü s’agit de semences qui viennent de loin; mais dans ce cas, on les met en terre aussitôt qu’on les a reçues, ou bien on les place dans du sable pour ne les semer qu’en saison convenable ; a°. quand il s’agit de semences un peu délicates et qu’on a à craindre que les plants qui se montrent avant l’hiver ne soient endommagés par les gelées; 3 °. quand on craint le ravage des mulots et autres animaux ; 4°- quand il, s’agit de semer dans des terres qui se décliaussejat; ce qui arrive quand il fait un fort hiver, parce que ces terres se gonflent dans les temps de gelée et élèvent les semences , qui restent à découvert lorsque le dégel arrive et que les terres s’affaissent; 5 °. quand il s’agit de semer sur des terres fortes , qui, lorsque l’hiver est humide et Le printemps sec, lorment une croûte dure, qui empêche, les petites tiges de se montrer : dans fcè cas, il faut, si les semis ont été faits à la charrue et en automne, faire herser pour rompre cette croûte dure, avant que les arbres se montrent au dehors. V. Semis, Saison de planter. — On peut transplanter les arbres depuis l’aiitomne, temps où ils perdent leurs feuilles, jusqu’au printemps, époque où les boutons commencent à s’ouvrir, pourvu qu’il ne gèle pas, ou que la terre ne soit pas trop molle pour être travaillée, comme il arrive communément depuis la mi- décembre jusqu’au mois de février ou de mars. Pyj cette raison, on distingue deux saisons propres pour arracher les arbres des pépinières, et pour les mettre en place : l’une, celle de l’automne, depuis quqles feuilles sont tombées, c’est-à-dire vers lécqmmen- cement d’octobre jusqu’aux fortes gelées, qui n’arrivent guère avant le milieu de décembre ; l’autre, celle du printemps, depuis que les grandes gelées sont passées, et que la terre est suffisamment ressuyée, ce qui arrive quelquefois dès le commencement de février, jusqu’à ce que les boutons soient prêts à s’ouvrir, mais plus tôt ou plus tard, suivant la température de l’air et l’espèce d’arbres que l’oi y veut planter. Il est à propos de ne point planter de trop bonne heure en automne. 11 faut que le bois des arbres seuil mûr, que la sève soit entièrement passée; ce qu’au reconnaît à la chute des feuilles, et pour certains ar-, bres, à la couleur de ces feuilles, car lès charmes, les chênes, et sur-tont les hêtres, ne quittent une partie de leurs feuilles qu’au printemps et quand ils se disposent à en produire de nouvelles ; mais ils sont réputés dépouillésdès que leurs feuilles sont devenues jaunes. Il faut prendre garde sur-tout de dé laisser treni - par par les jardiniers, qui ,/toujours pressés, d’ouvrir la vente* dé léùrs •pépinières', tarracHeiit souvent les 77 4 SÀL feuilles pour faire croire que leurs arbres en sont dépouillés,.et qu’il est temps de les tirer île la terre ; fraude qu’il est aisé de reconnaître quand les jeunes branches s’oudrissent, c’est-à-dire quarld elles se rident, ce qui arrive quand il fait du hâle. 11 ne faut pas non plus continuer trop tard les plantations du printemps 5 car dès que les boutons commencent à s’ouvrir, ces nouvelles productions transpirent, et un arbre nou\ellement arraché ne pouvant réparer cette perte de substance, les boutons se fanent, se dessèchent, et les arbres, qui sont obligés d’en produire de nouveaux, courent risque de périr, sur-tout s’il fait du hàle. U est bon d’observer qu’en automne l’évaporation de l’humidité est moindre qu’en toute autre saison, et que par conséquent les arbres souffrent beaucoup moins d’ètre quelque temps hors de terre : on en tient même quelquefois en cet état plus de deux mois avant d’ètre replantés, et néanmoins ils prennent bien. Mais aussi il faut remettre, au printemps , à planter les arbres qui pourraient être offensés par les fortes gelées d’hiver, et ceux qui ne quittent point leurs feuilles pendant cette rude saison. Y. Pin et Sapin. Quand on transplante des arbres au printemps, il faut prévenir avec plus de soin qu’eu automne le dessèchement des racines; car c’est dans cette saison que les liqueurs se convertissent plus promptement en vapeurs, et que par conséquent le dessèchement est plus à craindre. En général, l’automne est la saison la plus convenable pour faire de grandes plantations. Si cependant on ne peut les achever dans cette saison, ou si les pluies ou les gelées empêchent de les continuer en hiver, on peut les achever au printemps, pour ne pas perdre une année, pourvu que les boutons n’aient pas commencé à s’ouvrir, et que l’on prenne toutes les précautions convenables pour empêcher les racines et les tiges de se dessécher. Quant aux arbres aquatiques qu’on veut planter dans les fonds sujets aux inondations, il faut choisir depuis la saison où ils ont quitté leurs feuilles, jusqu’à celle où ils commencent à en pousser, le temps où les eaux sont basses, pourvu cependant qu’il ne gèle pas, et employer tous les moyens possibles pour accélérer l’ouvrage; car la circonstance des basses eaux est souvent rare, et par conséquent il n’y a pas un instant à perdre. V. Pépinière, Plantation. Saison d’abattre les bois. — La règle à suivre à cet égard, c’est de ne commencer la coupe des bois qu’après la chute des feuilles, et de la cesser quand les feuilles reparaissent. X. notre dissertation sur les exploitations aux mots Ecorcemcnt et Exploitation. SALAIRE, du latin salariant, dérivé de sal , sel : c’est le prix ou la récompense d’un travail on d’un service.'. Traitement. Il est défendu aux adjudicataires des coupes et aux propriétaires des bois joignant les forêts royales, de donner du bois à leurs bûcherons pour leurs salaires. ( Ord. de 1669, tit. XXVII, art. 26.) SALIN. L’alcali végétal ou la potassé peut être extraite de différentes substances. Si elle esf extraite SAP de la lessive des cendres Je bois on dès autres végétaux, on L’appelle salin : le sàliri'càlcinë'fesf la vraie Potasse. V. ce môt. Un décret de la convention, du 29 germinal an 2, a ordonné le brûlement des herbes, fougères, mousses, genêts, bruyères, et autres plantes qui croissént dans les bois et lieux incultes, et h on servant à la nourriture des animaux, ni aux usages domestique^ ou ruraux, pour être convèrties en salins, ou pour servir à l’exploitation du salpêtre. Y. Cendré^ et Potasse. ' '' SALINES, du latin sal, sel. On donné ie 'nom aux usines établies pour l’extraction dit sel 'marin que contiennent les eaux salées , ou qui sé troùv^ natif dans le sein de la terre. ' Les forêts qui leur sont affectées sont régies par l’Administration forestière, qui fait les délivrances de bois nécessaires à leur exploitation. ( Loi dit 19 juin 1792.) Un décret du 12 juin 1793, relatif à l’exploitation des salines de Dieuze, Moyehvic pt Château- Salins, a distrait un huitième des bois affectés à ces salines pour être rendu à la consommation. V. Affectation. SALIQUE. Les lois saiiques défendirent, sous les peines les plus sévères , les vols de bois, et déterminèrent les peines à infliger à ceux qui causeraient quelque dommage aux forêts. Elles établirent l’usage de marquer les arbres à abattre, et défendirent de les laisser plus d’un an sur pied ; elles défendirent, sous de grandes peines, l’écorcement des arbres et l’abatage des arbres fruitiers. SALPÊTRE, du latin sal, sel, et de petra , pierre, sel de pierre. C’est le nitrate de potasse naturel ou artificiel, ainsi appelé, parce qu’il se trouve quelquefois en efflorescence sur les pierres calcaires des vieux bàtimens ; il détonne avec un corps combustible. SAMARE. ( T. de bot.) Capsule coriace, membraneuse, comprimée, à une ou deux loges, 11e s’ôu- vrant jamais spontanément, aplatie, et comme foliacée par ses côtés ou vers le sommet : telles k>nt celles de l’orme, du bouleau, de l’érable, dufrêfle SANGLIER. Y. ce mot dans le Dictionnaire des chasses. Le sanglier et le porc domestiques font beaucoup de tort dans les semis de bois, en fouillant la terre pour en tirer le gland, la châtaigne çt la faîne, et en broutant les jeunes arbres nouvellement levés; ils endommagent plus les semis que les taillis. V. Pâturage. SANGSUES. On donne ce nom à dé petits fossés creusés dans les terres pour l’écoulement des èaux ; ils ne diffèrent des rigoles que par leurs moindres dimensions. Les adjudica'aires sont tenus de curer à vif fond les fossés, sangsues et rigoles qui se trouvent dans l’intérieur et au pourtour de leurs ventes. (CaTt. des ch. de 182 5 , art. 72. ) SAPIN, abics. Genre de plantes de la monoécie monadelphie et de la famille des conifères, que plusieurs botanistes , à l’exemple de Linné, réunissent à celui des pins, mais qui offre des différences très- remarquables, qui ont engagé Tournefort, Rai, Duhamel et autres à l’én séparer. En'effèt, les feuilles SAF SAP 77Ô des sapins sont, éparses, sur toutes les brandies, solitaire^» dépourvues de gaine particuliè'fe à leür base, plus courtes que cellés dés.pins, et Jes écfulfcqs de leurs fruits spnt ^mincjes et arrondies à leur sommet. teVpins-^ au jc6ï(fraare, ont les feüilles.réu- nies déux a deux gu éti plus grand nombre, par l'a biase. dans une gsjîne commune, et les écailles des cônes, ont le.sommet épais et élargi en tous sens. Enfin, les Fruits dés sapins mûrissent dans le côurs (T^iiiiç anfyéè., . , Beaucoup de Français’ et même quelques forestiers appellent sapins tous les arbres résineux, pins sapins et: mélèzes, et semblent confondre dans le inemé genre, ces différentes éépêçës. Il est vrai que Linné n’en‘ avait lait qu’un geuréj mais par une opposition toute contraire, il avait', réuni ces espèces dans le genre pin.. Ainsi on appelle vulgairement sapins tous les arbres que le botaniste suédois désignait par la dénomination générique de pinus, pin. 11 est temps de faire disparaître du langage forestier 1 des désignations générales, qui induisent en erreur. 11 faut employer les dénominations spécifiques, lès seules qui ne laissent point de vague dans les idées; et cette obligation est de rigueur, tant pour les arbres à feuilles que pour les arbres verts. Mais ce n’est qu’en étudiant les caractères génériques et spécifiques des arbres, que les forestiers parviendront â lès bien connaître et à leur appliquer leurs véritables noms. Caractères du genre.' — Fleurs monoïques : fleurs males disposées en chatons composés de petites écailles membraneuses en forme de bouclier, attachées le long d’un ase commun ; deux anthères ses- siles à une loge sous chaque écaille. Fleurs femelles en chatons; bractées nombreuses, adhérentes à un axe central ; autant d’écajlles persistantes, coriaces, amincies au sommet; deux ovaires, qui deviennent deux noix monospermes à une loge, terminées par une aile membraneuse et placées l’une à côté de l’autre sur la face supérieure de chaque écaille. Feuilles solitaires, persistantes. Dénomination. — Pline appelle abies l’arbre que Théophraste appelait elatê en grec, et il paraît bien constant que c’est notre Sapin commun, abies taxi- folia; Car lé pin", l’épicéa ou le pesse et le mélèze sont désignés, dans F Histoire naturelle de Pline, par des noms distincts. Calepin, dans son Dictionnaire, 11 ré sente les étymologies données par plusieurs auteurs : le mot grec elatê dériverait à'elao, je pousse, je produis, je prolonge, et le mot latin abies dériverait àlabea, parce que cet arbre tend toujours à s’élever : Quàd in altitudinem longiùs eat quam cceterce arbores. 11 se nomme en allemand tanne; en anglais, fir-tree i en italien, abete ; en espagnol, abeto. Quant au sapin-pesse, ou épicéa, ou picéa, en latin picea $ en allemand , fichte ; en anglais, pitch fir, l’étymologie de ses noms n’est point douteuse : elle vient de la poix-résine qui découle de cet arbre. Histoire. — Le sapin commun ou le picéa était employé chez les anciens à un grand nombre d’usages. Pline en pasle dans plusieurs endroits : il dit qu’on préférait le sapin au mélèze pour la mâture des vaisseaux, à cause de sa légèreté : ïïavium malis aniennl^qiiè prOpter levitatcm prafertut abies (1); tpitr le Sapin et lu picéa aiment les montagnes (à); qu’o^j employait le picéà dans les cérémonies funè- brôs'^en mettant une branche dé cet arbre à la porte des maisons où il y avait un mort; qu’on le faisait servir tout vert pour les bûchers ( 3 ) ; que le picéa donne une grande quantité de résine qu’on distingue à peine de l’encens... ; qu’on fait avec le bois de cet arbre des poutres et autres ouvrages, mais qu’il est bien inférieur à Celui du mélèze, qui est plus beau, de longue durée, presque incorruptible, et qui se distingue par sa' couleur rouge et une odeur plus forte : Picea montes amat atque frigora fèralis ar- bor, et funebri indicio ad fores posita, ac rogis virons . Hmc plurimam resinam fundit interne- mente candidâgemma, tam simili thuri, ut mixte visu discemi non queat..... 'Materies veto pnecipua trabibus et plurimis vitce operibus.... Materies \la- ricis) prcestantior longé, incorrupta vis, mori con- tumax , rubens prceterea et odore acrior. ( Plin. , lib. XVI ^ cap. X.) Le même auteur établit ensuite des distinctions entre les diverses espèces de sapins et le mélèze ; mais elleé sont en général peu précises. Dans le cliap. XI, il indique la manière de préparer les différentes sortes de poix et de résine dont on faisait usage de son temps, et il parle en premier lieu de la torche qü’on préparait avec la résine du torche-pin, pinus tarda. Il parle aussi , dans le chap. XL du même livre, d’un sapin qui formait le mât d’un vaisseau , sur lequel l’empereur Caligula fit apporter de l’Egypte à Rome un obélisque, qui fut élevé dans le cirque du mont Vatican. Ce mât avait quatre brasses de tour, et, snivant le même auteur, de pareils mâts coûtaient jusqu’à 80,000 sesterces, ou 800 fr. monnaie de France. Les anciens employaient aussi le sapin pour faire des javelots, ainsi que le témoignent ces vers de Virgile : . Cujus apèrtum jidversi longâ transverberat abiele pectus. ESPÈCES. i°. Sapin commun, ou sapin blanc, sapin en peigne, sapin argenté, sapin de Normandie, sapin à feuilles d’if, abiespectinata (Decand. ), abies vul- garis (Poir.), abies alba (Mill.), pinus picea (Lin.), abies taxifolia (Tourn.), pinus abies (Duroy ); en allemand, tanne; en anglais, silver leavedfir-tree. 2°. Sapin picéa, ou pesse, pèce, épicéa, épicia, arbre à poix, sapin élevé, sapin de îVorwège, faux ( 1 ) C’est ce qui a fait dire à Virgile : Casus abies visura marinas. Georg. , lib. II, Et à Claudien : Apta frclis abies . (a) Populos in fluviis, abies in montibus altis. VlKOl , JEtl. VII. (3) Virgile indique cet usage en décrivant les funérailles de Mi sène : Procumbunt picece . AE»., lib. VI. SAP 77& SAP sapin, -aerente, appelé dans les Vosges sapin gentil, piuease, la fie, du mot allemand fichte, abies picea (MiU.^/>mos abies f Lin..), pin os picea {Doroy h abies excelsa ( Poir. ); en allemand, jichte ; en anglais j coaimou pitchfir. espèces d’Améhkjce. 3 W . Sarin baumier de Giléad , ou baumier de Giléad , sapin balsamique, abies baIsamea (Mitl. ), pinus baisamea (Lin.); en allemand, gileadscke halsam tanne; en anglais, gilead Jir. 4°. Sapin henlock sprucb, sapin ou pesse du Canada, sapinette du Canada, épinette blanche de la Nouvelle-Angleterre, abies canadensis (Mich.;, pinus canadensii (Lin. ); en allemand , nordameri- canische weisse Jichte; en anglais, newfbundland white spruce. 5 °. Sapin noir, épinette noire du Canada, 01 épinette à bière , ou sapin double, abies nigra (Poir.), pinus rubra ("VVilld.), pinus mariana (l)u- roy); en allemand, nordamericanische schwarzc fichte ; en anglais, black spruce. 6°. Sapin blanc, sapin du Canada (Mill.), sapinette blanche, abies alba (Mich.'; en anglais, ■whitd ( single ) spruce. Les deux premières espèces étant indigènes à l’Europe et très-répandues dans nos forêts, nous nous en occuperons plus particulièrement. Le Sapin commun ou argenté (V. à l 'Atlas, PL XXII, fig. 4 ) est un grand arbre toujours vert, de 1 forme pyramidale, dont la tige s’élève bien droite et parvient jusqu’à la hauteur de îoo à 120 pieds, et dont le tronc acquiert de 9 à 10 pieds de circonférence. Il dépasse souvent ces dimensions dans les lieux qui lui conviennent et dans les forêts soumises à un bon système d’exploitation. On trouve dans les forêts de l’Allemagne exploitées par éclaircie des sapins dont la tige a jusqu’à 160 pieds de haut et 18 pieds de tour à leur base, et il n’est pas rare d’en abattre qui, à la hauteur de 80 pieds, ont encore 12 pieds de circonférence. Ces énormes dimensions ne se rencontrent cependant que dans les Individus de 3 oo ans qui font partie des réserves. Los besoins de bois de charpente et de chauffage, qui se font sentir dans ces contrées comme eh France , ont forcé de restreindre à 100 ou 120 ans la durée dea aménagemens dans les forêts de sapins, et à cet âge ils ont acquis les qualités qui les Tendent propres à tous les usages. Cet arbre est indigène à l’Europe, et il croît naturellement sur les montagnes élevées de la France et dans le Nord. On en trouve de vastes forêts dans les Pyrénées, les Alpes, les Vosges, le Jura, l’Auvergne , les bords du Rhin, et en Suisse, en Allemagne, en Suède, en Ecosse, en Russie et en Sibérie; il croît aussi dans le Levant. Tournefort fait mention, dans ses Voyages, de sapins qu’il a vussur le mont Olympe, et il en parle comme des plus beaux arbres de l’Orient. Cet arbre est cultivé dans toutes les paîties de la France, et notamment en Normandie , dans les habitations rurales. lje sajiin commun se distingue facilement dès autres arbres résineux. 11 pousse une racine principale cl'un grand nombre de racines latérales, qui s’étendent au loin et fortifient l’arbre contre les coups de vent; tandis que l’épicéa, dénué d’tm appui aussi solide, est facilement renversé. Souvent le» racines du sapin courent sur la surface des rochers, à une longue distance, et s’implantent dans les fissures de ces rochers. Son tronc est revêtu d’une écorce blanchâtre et assez unie dans sa jeunesse, grisâtre et crevassée dans un âge plus avancé; celle intérieure est d’un rouge brun et chargée de résine. Les branches sont disposées par vprticilles assez réguliers autour de la tige, ouvertes, étalées horizontalement, peu étendues comparativement à la hauteur de l’arbre; elles se divisent en rameaux le plus souvent opposés, qui ont aussi une direction horizontale. Les feuilles ou aiguilles sont disposées en peigne des deux côtés des jeunes rameaux, mais seule à seule, posées très-près les unes des autres, presque horizontalement, et formant un double rang de chaque côté. Elles sont étroites et cependant plus larges que celles des antres arbres résineux, d’environ 9 lignes de long, planes, fermes, coriaces, non piquantes, légèrement échancréesversla pointe, d’un beau vert luisant en dessus, et marquées en dessous de deux raies blanches et profondes et de trois nervures de couleur verte. Les fleurs paraissent dans le mois de mai : les fleurs mâles et les Heurs femelles sont séparées sur le même pied , et ordinairement placées vers la rime de l’arbre. Les chatons mâles sont isolés un à un entre les aisselles des feuilles, mais très-rapprocliés les uns des autres et disposés en grand nombre vers l’extrémité des rameaux de l’année précédente. Ils sont ovales, partagés dans leur longueur par une rainure profonde , formés de petites écailles roussâ- tres, sous chacune desquelles se trouvent deux anthères couvertes d’une poussière jaune. Les fleurs femelles, qui, dès l’hiver, se présentent sous la forme de boutons arrondis, forment des chatons presque cylindriques, d’une couleur rougeâtre, disposés de distance en distance, au nombre d’un , de deux ou de trois, vers l’extrémité des dernières pousses. Ils ont leur pointe dirigée vers le ciel, ainsi que le'cônè qui leur succède, et qui, dans la même année, acquiert de 4 à 5 pouces de long sur »8 à 20 lignes d’épaisseur. Il est formé d’un grand nombre cl’é- caiiles plus larges que longues, imbriquées etsçrrées les unes contre lésautfes, portant sur leur dos et à leur base une bractée oblonghe, élargie dani s'a partie supérieure, terminée en pointe aiguë, assA'Iqn- gue et assez ordinairement réfléchie. Les trôis quarts de cette bractée sont cachés sous les écaillès; mais la partie supérieure est saillante et* Surpasse toujours plus on moins celle-ci. Sous chaque'écaille et vers sa base sont deux semences assez grosses, ovales, anguleuses, aplaties, obtuses, de couleur brune à l’époque de la maturité, et garnies d'une aile membraneuse, large et longue, qui enveloppe presque les trois quarts de la graine. Elles renferment une amande blanche et un germe vert, et sont remplies d’une huile résineuse d’une odeur balsamique très-prononcée. Les cônes mûrissent vers la fin de septembre, c’est-à-dire 5 mois après leur fécondation, et iis h SAP prépçwt,eat £§ caractèrepacticulier, queleura écailles tQpibeiit^d’^Uus-nïêxnes après la maturité des semences et,ertlèveut cpsâtetueaces-avecelles, de manière qu’il nerreste 'plu&sUr l’arbre que l’axe du cône. Il est doue important ik ne point trop retarder la récolte des cônes, et de la faire vers la fin de septembre, avJuU qu’iLs arrivent à ce point de maturité , qu’en voulant les détacher ils se divisent d’eux- mèiues. Culture. Hé sapîhj, Cqmmé tous les arbres résineux, se pé< 5 (ia^ê‘ pniiéïpàlément de graine, soit naturellement , Saft au irtoyen dés semis industriels. V. Amé- na&êfnêtit, Éclaircie, Exploitation des forêts d’arbres tésineux. De la récolte, de la préparation et de la conservation des graines. — Cette récolte, ainsi que nous l’avons dit, doit se faire vers la fin de septembre ou au commencement d’octobre. On détache les cônes de l’arbre lorsque cette méthode est praticable ; mais comme ils ne viennent ordinairement qu’à l’extrémité des tiges ou des branches, la récolte en est fort difficile, et il faut profiter de la coupe des arbres au mois de septembre pour les en dépouiller. On étend ces cônes au soleil ou sur un plancher, dans un endroit aéré et chaud, où ils restent jusqu’à ce que les écailles s’en séparent; ce qu’on facilite en remuant fortement les cônes de temps en temps avec un rilteau de fer; ou bien on les étend sur des claies et on les expose à une chalçur modérée, dans une étuve, en prenant garde de les trop approcher du fourneau, parce que la semence du sapin est celle de tous les arbres résineux qui est la plus chargée d’huile, et que la perte de cette huile, qui se dissipe facilement par la chaleur, rend la semence tout-à- fait infertile. La pratique d’employer la chaleur d’un four est sujette à beaucoup d’inconvéniens. On ramasse les graines, qu’on sépare des écailles en les faisant passer au crible ; on les frotte entre les mains, ou bien on les met dans un sac , qu’on n’emplit qu’au quart et qu’on agite pour rompre les ailes des seivencës, et on achève de les nettoyer en les vannant ; mais les semences se conservant bien mieux avec les ailes , il est très-avantageux de ne pas les en. séparer. V. Sécherie des graines. Un double décalitre de cônes donne environ une livre de semences avec leurs ailes; la même mesure de semences ailées pèse à-peu-près 8 livres au 4 ki- logr., et sans ailes 10 livres ou 5 kilogr. La grande quantité d’huile que contiennent ces semences, et qui se rancit en peu de temps, en rend la conservation plus difficile que celle des semences des autres arbres résineux, et il est toujours prudent de nepaslesgarderau-delàdu printempssuivant. Cependant si on a soin de ne pas trop les entasser dans les ma- asins, de ne pas donner aux tas plus de 4 à 5 pouces 'épaisseur, et de les remuer souvent dans le commencement, on pourra les conserver pendant 2 ans. Le principe aromatique dontelles sont imprégnées en écarte les souris. Ve l’épreuve de. la semence. — On en ouvre plusieurs v si l’amande est pleine, succulente et a conservé son odeur balsamique, on peut être assuré de Tome II. SAP 7-77 leur bonne qualité ; mais si les graines sont presque vides, ou si elles ont perdu l’odeur et la couleur qui leur est. propre, on ne peut compter sur leur réussite. De la quantité de semences à employer .—Cani me cette semence est grosse , que toutes les graines ne sont pas fertiles, que d’ailleurs il périt beaucoup de plants, il faut en employer une quantité beaucoup plus considérable que de celle des autres arbres résineux, et calculer que le terrain, pour être bien garni, doit contenir, la première année du semis, au moins 3 plants par pied carré dans les bons terrains, et 4 plants dans ceux de moindre qualité. D’après ces données, il faut, par hectare, quand on sème eu plein ; savoir, dans le premier cas, 37 décal. (73 kilogr.) de graines avec leurs ailes, ou 21 décal. (48 kilogr.) de graines sans ailes ; et dans le second cas, on augmente les quantités d’un bon quart. Mais si on sème en rayons, on n’emploie que la moitié ou les deux tiers des quantités ci-dessus, selon que les rayons occupent plus ou moins d’espace. Terrains, situations et expositions. — Le sapin commun vient de préférence dfcus un fond de bonne terre, mêlé d’un peu d’argile, de terre végétale et de gravier ou de petites pierres, un peu frais et pas trop élevé. O11 peut le cultiver aussi dans un sol de médiocre qualité; mais les fonds limoneux, fangeux et aquatiques ne lui conviennent pas. Il se plaît sur le penchant des montagnes exposées au nord : on le voit aussi prospérer sur les hautes montagnes, et ses rameaux, plus flexibles que ceux de plusieurs autres arbres résineux , y supportent bien la charge des neiges et ne cassent pas facilement. Du reste, son accroissement est toujours proportionné à la nature et à l’exposition du sol où il se trouve; il redoute moins les grands froids que les grandes sécheresses. L’été de i 8 o 3 , ayant été très- sec , a fait périr dans les Vosges de vastes forêts au midi, qui avaient été trop éclaircies : on a vu, les années suivantes, les feuilles jaUnir, tomber et le tronc se dessécher ensuite. Epoques des semis. — Ils se font en automne, ou dès le commencement du printemps et jusque vers la fin du mois de mai. Ceux d’automne lèvent dans le mois d’avril, et souffrent quelquefois des gelées, mais bien moins que les semis naturels, qui lèvent de très-bonne heure. Les semis du printemps lèvent en 5 ou 6 semaines. Couverture des semences. — En général, les semences résineuses doivent être peu enterrées; cependant celles du sapin commun, étant plus grosses que celles du pin et de l’épicéa, ont besoin d’etre un peu plus couvertes; on les recouvre de 5 à 6 lignes de terre ou seulement de mousse. Des causes qui nuisent au succès des semis ou qui le favorisent. — Les semis réussissent très-difficilement en plaine et sans abris. Ils y souflrent beaucoup de la sécheresse, sur-tout dans les expositions au midi; mais lorsqu’ils se trouvent ombrages par des arbres ou par des broussailles, ils viennent à merveille : M. Hartig en rapporte plusieurs exemples. Voulant mettre en essence de sapin de mauvais cantons de bois à feuilles, il a éclairci légèrement ces cantons, y a fait semer des graines de sa- 98 77« [jia, puis il a fyit remuer la surface du spl, qui était éptore Couverte Je feuilles. Les seinii ainsi abrités ? ef recouverts par les feuillès mortes et un peu Je terré 1 , 'ont levé parfaitement; et au moyen d'uue éclaircie faite 3 ou 4 ans après parmi les bois i feèiilleSj etplus tard en les enlevant complètement, ils ont IbifnéUn très-beau bois d’essence purè de sapin. L’çxtraction totale des bois à feuilles avait deux objets : l’un de procurer plus d’air aux plants, et l’autré d’éviter lu mélange de deux sortes de bois dont ( l’exploitation se fait d’après des principes différent. V. Exploitation , chap. XI, p. i3o. On peut, jusqu’à un certain point, remplacer les abris naturels par la plantation préalable de grandes plantes vivaces, par des semis de céréales, ou, mieux encore, lorsqu’on sème dans des rayons dirigés de l’est à l’ouest, par la culture en rayons parallèles de topinambours et autres plantes d’une haute stature. Quoique les sfttnis de sapin aiment l’ombre, ils souffrent beaucoup de la présence des mauvaises herbes lorsque celles-ci les dominent. Le sapin blanc oujjcommun a moins à craindre que les autres arbrbï résineux le ravage des insectes; mais il trouve, dans sa jeunesse, des ennemis redoutables dans les bêtes fauves, telles que les daims et les chevreuils, et dans les animaux domestiques et les coqs de bruyère, qui détruisent, dans un seul jour, des milliers de jeunes plants. Préparation des terrains et manière d’exécuter les semis. — Il y a plusieurs manières de préparer les terrains et d’exécuter les semis, suivant l’état où,1e sol se trouvé : i ô . S’il s’agit d’un fond nouvellement labouré , on y sème au printemps la graine à la volée, et on répand aussi une demi-semence d’avoine pour procurer de l’ombre aux jeunes plants qui doivent naître. Cela fait, on herse le terrain pour recouvrir de 5 à 6 lignes seulement les deux espèces de semences qu’on y a mises; puis on fait passer le rouleau sur la surface du semis, afin de raffermir la terre et de lui conserver son humidité. En automne , on coupe l’avoine avec précaution et un peu haut, pour ne point endommager le 5 jeunes sapins. 11 arrive souvent que les semis faits sur une terre fraîchement labourée nu réussissent point, parce que le sol devenu trop meuble se dessèche promptement, et que dans l’hiver il se soulève par les gelées. O 11 ne perut donc se promettre un bon succès de ces semis que sur les fonds un peu fermes, et dont la surface se consolidera à l’approche de l’hiver par les herbes et la mousse, comme cela arrive souvent dans les climats froids. 2 “. Si le terrain est garni de mousse , de quelques pieds de bruyère, d’herbes, etc., de manière cependant que la surface puisse être attaquée par la herse de fer ou par la houe, on commence par y répandre les semences, puis avec la herse ou la houe on gratte fortement la terre, afin d’enterfer ces semences et de les recouvrir ]>ar la mousse; ou bien on fait arracher, autant que possible, les grands pieds de brijyète, on sème, et on fait passer sur 'Pute la $urfa .<;<2 'dé'fortes et longues bourrées tral- nifhtçls, qu'on peut charger de quelques poids si elles ne, sont pas assez,lourde^ gpjir .produire i’ejïe; qu’t/n sp propose. Ces deux iqo^yens. fort'simp.lês^proçq- reiu souvent un meilleur, résulta? qui îles cultures t . ‘ K; "■ V •vîVir.U.Fel no» , plus sOignees, parce -que la, moussp sous laquelle,.la graine s’insinue cpusqrye' la traac^èw spl. , . 3 Ù . Quand l’emploi de,ces 1 mètliouè^ ne j>çüt a>;oir lieu , il faut labourer le, terrain par bàndjes alternatives pu par places, arneubljr un peu lq terre^ y. répandre les semences, et res'recôuvrir J’envirpn.un quart de pouce avec le hoyau. 1 -t .■ ; ? v' \ r.•- s\ni. Un voit par ce qui précédé que le sapin commun veut, dans sa jeunesse,,un .terrain subit^ulleï et Çpis; qu’il craintda sécheresse et merde ïj gele^L et, que le meilleur moyen de le faire reusèif est çle.le^se- mer dans les terrains où il trouvé "Je* alirïisi ; Des semis de sapins en pépinière. —On fait peu de pépinières de sapins pour le repeuplement des forêts, parce que les semis à demeure sont bien plus sûrs, moins coûteux et plus expéditifs; mais ou en fait pour se procurer quelques arbres a placer en ligne ou dans les jardins d’agrëment. On sème la graine au printemps, lorsqu'il n’y a plus de gelée à craindre, dans une planche de terre de bruyère ou de terreau léger et bjen divisé , a l’exposition du nord. On couvre cettê planche de mousse ou de débris de feuilles, afin d’empêcher l’évaporation de l’humidité, et on lui Jonue dés arro- semens au besoin. Le printemps suivant, dans le mois d’ayril ou de mai, on enlève les sapins avèç une houlçtte ou une truelle, pour ne point endommager les racine^, et on les transplante à 5 ou 6 pouces les uns des autres, dans une terre et une exposition semblables. Là, ils restent 2 ans, et sont ensuite transplantés dans tout autre lieu , cependant autant que possible frais et abrité, pour y rester 2 autres années, après quoi on les plante à demeure. Pendant tout le temps qu’ils sont en pépinière, on leur donne deux binages pendant l’été, et un bon labour pendant l’hiver. En général, ainsi que l’observe M. Bosc et tous les bons auteurs, plus tût on plante les jeunes sapins, plus on est assuré de leur reprise et de la beauté des arbres qu’on en obtient; cependant ils sont moins délicats à cet égard que plusieurs autres espèce# de ce genre. C’est toujours au moment où le sapin entre en sève qu’il convient de le transplanter, et il faut éviter que ses racines restent exposées à l’air, attendu que le hâle les fait périr. Cette circonstance fait que beaucoup de pépiniéristes repiquent les jeunes sapins dans de petits pots qu’ils enterrent complètement. Lorsqu’on transplante des arbres ainsi .conduits, on se contente de casser le pot sans en enlever les morceaux, qui sont bientôt désunis par le seul effet de la végétation. On emploie aussi ce moyen pour les autres arbres verts, et je l’ai vu pratiquer avec succès, dans les forêts aux environs de Paris, pour le mélèze et le cèdre du Liban. Quand on transplante sans' pots, il faut bien ménager les racines et les enlever en mottes. Les éla- gages sont ordinairement nuisibles aux arbres résineux, parce qu’ils occasionnent la déperdition de la sève, et que les feuilles sont indispensables àl’açerois- sement de l’arbre. On doit s’en rapporter à la nature SAP du soin de débarrasser les arbres de leurs branches inférieures; qui'périssent toujours par l’effet dç la privation ,dè fa lumière èt de l’air. V. au surplus ce que nôés avons dît 1 # cèf Ipgârd, p. 584 . On peut greffer le sapin et le multiplier par marcottés ét par boutures; mais ces moyens sont rarement è'mptoÿçs, parce que les arbres qui en proviennent ne sont ni d’une belle venue ni d’une longue durée. Croissance dqs jeunes plants. — Ils lèvent surmontés six'feuilles assez larges et disposées en forme irefoite^ et restent dans cet état la première Élimée*. JLeur croissance, est en général très- lente jusqu’à 6 oii 7 ans. La secçàide année , ils ne croissent en hauteur que d’environ un pouce ; et lé jet qu’ils produisent conserve encore les feuilles de l’année précédente, et s’entoure de nouvelles feuilles plus petites et d’un vert clair, qui poussent depuis le mois de mai jusque Vers là fin dé juin. La troisième année, l’accroissement en hauteur n’est pas encore très-considérable; mais la tige se fortifie, ainsi que les racines, qui en même temps s’enfoncent fortement dans la terre. On aperçoit alors vers l’extrémité de la tige une petite branche latérale. La quatrième année, il paraît encore une petite branché latérale, semblable à celle de l’année précédente, qui s’accroît alors d’un autre rameau. La tige continue à se fortifier, et la racine principale rossit et forme le pivot, qui par la suite donne à 'arbre de la solidité et le met en état de résister aux efforts du vent. Après la cinquième année, les jeunes plants commencent à croître en hauteur, les pousses deviennent plus fortes , et les branches latérales, qui croissent en forme de rayons ou de verticilles autour de la tige, se multiplient et prennent plus de force. Ils continuent à pousser de cette manière jusqu’à la septième année, époque à laquelle ils n’ont souvent qu’un pied de hauteur. A la huitième, l’ac- i roisseniént devient plus sensible sans être pourtant très-considérable; mais par la suite il est très- rapide , et le plant s’élance avec une vitesse qui fait oublier la lenteur du premier développement. \ers fa vingtième année, les jeunes arbres se débarras- sent 'de leurs branches inférieures, et donnent des jeté annuels de 2 et 3 pieds et plus de hauteur. Ils ne fournissent point de semences fertiles avant l’àge de 4o ans, et quoiqu’ils portent des cènes, ceux-ci ne renferment que des semences dépourvues d’amande et de germe ; elles ne contiennent que de l’huile, la fécondation n’ayant pu avoir lieu par le défaut de fleurs mâles, ou parce que celles-ci n’ont point encore' l &cquis la propriété fécondante. Voici, d’après M. Rémond, ancien inspecteur des forêts dans le département du Jura, les dimensions ordinaires des sapins à différens âges : « Un sapin de 20 ans n’a'communément que 28 à 3 a décim. de haut, et 3 à 4 décim. de circonférence. Parvenu à ce degré, il augmente, chaque année, de 5 à 6 décim. en hauteur. Son élévation annuelle se distingue très - facilement par la distance des dernières pôusses ou croix, à l’extrémité, que l’on dé*- signe' vulgairement s'otis le nôm de guiîleron; de S A P 779 sorte qtié chaque croix frerticille) Forme une'an - ivéé 5 'mais çom'me insensiblement il se dégarnit dç ses prémi^res branches , il n’y a plus qwe l’habitude pour en juger. » Un sapin de 4 ° ans porté ordinairement 9 à 10 décim. de tour ; il commence alors à fournir une petite pièce et un chevron. » A 5 o ans, il a 1 3 à 16 décim. de tour, produit deux pièces de construction de 7 à b d’équarrissage, sur 10 à 12 mètres de longueur. 33 A 60 ans , il a 20 à 25 décim. de tour; il donne un plot de 5 à 6 décim. de diamètre, sur 3 a a 35 décim. de long, fait une première pièce de 10 à 12 d’équarrissage, sur 12 mètres de longueur, et fournit en outre un chevron. 33 A y 5 ans , il a 32 à 35 décim. de tour ; il produit quatre plots ou billes de 35 à 38 décim. de longueur, le premier ayant 6 à 7 décim. de diamètre , et le dernier ayant 5 décim. au petit bout et en outre deux pièces. 33 À 100 ans, il a communément 4 mètres de tour, et donne six plots ou billes, le premier ayant 1 3 décim. de diamètre, puis une pièce de 9 à io mètres de long et un chevron. 33 100 à 120 années sont nécessaires pour former un beau sapin ayant 35 à 4 ° mètres de hauteur : alors il cesse de s’élever, mais il continue de grossir insensiblement jusqu’à l 5 o ans, qu’il commence à dépérir. 11 existe dans les sapinières de l’Est des sapins de 6 à 8 mètres de tour ; j’en ai fait abattre trois de 9 mètres de tour, et j’ai employé, pour sortir chaque pièce de la forêt, un attelage composé de seize paires de bœufs et de six vigoureux chevaux. 33 C11 sapin s’admire lorsqu’il est filé et qu’il diminue de grosseur progressivement depuis le pied jusqu’à la cime, dans la proportion approximative d’un pouce par toise. Lorsqu’il ne présente de branches qu’à 17 mètres, il est alors sans nœuds jusqu’à cette hauteur. 33 £>on écorce doit être lisse , fine et d’un rouge briqueté; quand elle réunit ces qualités, il est à présumer que son bois est de fente. 11 est alors recherché pour fabriquer les douves de tonneau; mais le sapin de cette qualité n’est pas commun. 33 Lorsqu’on veut s’assurer de l’àge d’un sapin par l’énumération des rayons de branches ou verticilles qui entourent la tige, ou par celle de ses couches concentriques, il faut ajoutera la somme trouvée le nombre cinq, pour les années où il s’est à peine élevé de la terre. Le sapin est pourvu d’une flèche, c’est-à-dire d’un bourgeon terminal, ce qui fait qu’il s’élève toujours droit; mais quand ce bourgeon est cassé par accident, ou se dessèche par quelque circonstance, l’accroissement en hauteur devient difficile, et ou peut dire même qu’un sapin une fois couronné ne s’élance plus, différant en cela de l’épicéa , chez lequel une pousse latérale remplace souvent la flèche qu’il a perdue. Aussi, dit M. Bosc, la sage nature a-t-elle pris, pour la conservation de ce bourgeon, des précautions particulières. Le bouton d’où il sort est plus gros, plus abondammentpourvu d’écailles protectrices , et il se développe plus de quinze jours après SAP 980 fosaUtres; il eÿ-le seul de son espèce: ■ Exploitation. —J’ai traité de cet objet àl’artiele Exploitation. (Y. Exploitation , chap. 1 V) p. il 25 .[i Je met contente rai donc de rappeler ici quelques principes généraux. Le sapin, comme tonslpsdfbres résineux, ne repousse point de souche; il ne se reproduit que par ses graines. Les jeunes plants ont besoin d’abri pendant les premières années ; ils ne s’élèvent bien que lorsqu’ils sont dans un état serré. Cependant leur trop grand rapprochement nuit à leur végétation; ils se détruisent mutuellement, et ce n’est que par des éclaircies bien - ménagées que les arbres parviennent h l’àge et aux belles dimensions qui leur sont naturels. Ces principes posés , on sent toutes les conséquences d’un système d’exploitation qui tendrait à faire des coupes inconsidérées, à dégarnir Le sol d’une forêt de sapin, et à bien plus forte raison, à faire des coupes blanches, à moins que ce ne soit par bandes fort étroites , et dirigées de manière à favoriser le repeuplement naturel. C’est pour n’avoir pas été imbu do ces principes que, dans plusieurs parties de la France, les forêts de sapin ont disparu pour faire place à des déserts ou à de mauvais pâturages. Les montagnes élevées, séjour ordinaire des arbres de cette espèce, une fois dépouillées, ne se repeuplent qu’avec une extrême difficulté^ et. on.pourrait presque dire que les sapins descendus des montagnes n’y remontent plus. On a renoncé depuis long-temps en France et en Allemagne au* eoupes à blanc étoc dans les forêts résineuses, et même dans celles qui sont composées de bois à feuilles et de bois résineux mélangés, et on a adopté en France pour ces sortes de forêts l’ex- ploilatipn dite en jardinant, ou par pieds d'arbres, qui consiste à couper cà et là les arbres les plus anciens. Ce mode, que l’usage avait introduit, a été autorisé par un décret du 3 o thermidor an i 3 ; mais s’il se rapproche davantage des indications de la nature , il est encore loin du but qu’on doit se proposer pour obtenir de beaux arbres et un réensemencement assuré après les coupes. C’est le mode des coupes par éclaircies, bien différent de celui dit en jardinant, qu’il faut adopter. V. la différence de ces deux modes à l’article Exploitation des bois résineux, p . 125. Voici un exemple des abus de la coupe par pieds d'arbres, que l’extrais d’un mémoire de M. Mou- geot, inséré à l’art. Sapin de la nouvelle édition du Traité des arbres et arbustes, par Duhamel, ail n’est pas d’usage dans les Vosges, dit le rédacteur, de mettre les sapinières à blanc étoc, et cela est fort bien vu. Ces forêts dépérissent ou sont abattues par les vents lorsqu’elles sont trop éclaircies , sur-tout dans les lieux escarpés,, et dans les terrains où il y a peu de terre, et qui sont exposés au soleil..On coupe au contraire les arbres, iaoiémeat pan-ci par-là,'en r I&AP ayqntfsolniFaftattreKBCx.'quàiDe prfenneqt pàoa d’xc- I drolssepjbhl te qaiioebq*elquerï f d飻iuta,cjMai»'>Ües ■chose® ilet se passent pal tou jouxa nànasn: isautvepjt,on confie leilpLns .beaux arbrefi[,.cerTxqt* aoqt pleins dû vi^uehrtrt dnnsj tout -Aerprcaciia'pisaqment/î testes ixbab.sans.les cbra.11 chér rÜ8'jnudl«s*t>op éc rasent tombant ceux qui sont pLu» faibles etqxi eetronven t au devant d’eux s 11 arrLve-.atwsi^lorsqi^ax exploite de sommet orn les flancs, escarpbs tdîunei mbntagrie , qn’après avoir ôté les branches rlfojp attire[pn le lance ensuite, par sa petite extrémitéi dans île |foqtl de la vallréei Ou peut, juger aéee quelle vifieMe >et quelle force nn arbre de 1 cio pied3’;qtj plajj rdtfi— pite, sur-tout vers la fin de sa aouwep JBààiseX'Vltei quels ravages ne oooimèt-il pas sur sa xoùtçJ'pieup Voici un autre exemple d’alms, extrait du ihê«e ouvrage : a Les ouvriers payés par les.adjudicataires prennent rarement des précautions pour ménager .Les arbres voisins; ils cherchent plutôt à‘dqgrader ces derniers, qui dans la suite seront iegardésbftnune bois cassés ou chablis, et accordés-aux, adjudicataires à un prix modique. L’ébrhnchementéviterait ces dégâts, et il devrait être ordonné,,;... » Ces abus et ceux que j’ai signalés à FarticleôÆar- ploitation n’ont point lieu, ou du moins au même degré, dans les coupes par expurgade), Quand une forêt de sapins a été mahcûnduite par suite d’un mauvais système d’exploitation, et que les arbres n’y sont plus dans l’état serré prescrit pour les forêts soumises aux éclaircies périodiques, .on y rétablit l’ordre de la manière indiqutéeau paragraphe 2, chap. IV, Sur les exploitations des forêts résineuses ; mais si la forêt a été bien conduite, ce sont les règles établies au paragraphe i« r . du même chapitre qu’il faut suivre. Le sapin, dans les lieux et dans les circonstances favorables, acquiert en 100 et 120 ans toutes les qualités qui fen rendent l’exploitation avantageuse ; mais il vit et continue de croître Inen au-delà,de ce terme. On a exploité des arbres qui Avaient;comme je l’ai déjà dit,- 25 o à 3 oo ans, et qu’on a.trouvés parfaitement sains. Leurs tiges, à cet âge,xmtsouvent de 1 5 o à 180 pieds d’élévation, et Je 6 à 8 pieds de diamètre à la base. Aujourd’hui de tels arbres sont fort rares ; car on les coupe souvent avant l’âge de 60 ou 70 ans. L’exploitation du sapin doit se faire dans la même saison que pour les autres bois, à moins que lanpige, qui couvre souvent, pendant une grande partie de l’année, les montagnes où il se trouve, ne les rende inaccessibles. M. Bôtc et plusieurs auteurs français disent que l’usage de faire les coupes à la fin de l’automne ne peut convenir que lorsque le bois est destiné à faire des planches, des poutres et autres objets qui demandent de la légèreté et qui ne sont pas exposés à l’air; mais que quand le sapin est destiné, connne en Suisse, à des constructions de maisons, de palissades, de digues et de parties de moulins, il font le couper lorsqu’il est le plus abondamment pourvu de résine, parce que cette résine concourt à rendre le bois plus durable^ Cette opinion, n’est pointcelle de M. Hartig, de Burgsdorf et de plusieurs auteurs de l’Allemagne, où l’on fait un grand usage de bois ISufcP vérifiâtes Jpou»îhq ecnatpuc»ian>-TJiilfc. Veulent qu’on fe#i«bipffÀ«*S*ié*epp4»iqpèj>is'nop «t ohl igri.de ilejï >SAP ^81 nccMpeanaa -•pifiirtemfBijioJl tes; mette danst-Hemt 'absi-:.!• Übeatulotecrésul Serait, en’effet, dps oi>~ ffietforiewie développement des larves, quj dertationsujeei^toeapfwik'tBeeià^cet égQrd (V. Exploitation ty>q»e>llàiJ coupe hors sève serait la phis Avantageuse potif'tblitë* las espèces de bois. Os suit uséi-qwatiqqeToèBtwrine- dans 'les Vosges, où l’on chqitfit i» montée deia sève an.printesips et vers la firrdenUécé nadir ctrtipeirle sapin , c’est-à-dire l’é- potjuéi iotf) l’aribren 'est làspUis chargé de résine. k .Mato o il ottp coin aussi ,h dam s (les Vosges, dit -M.n^lriitgéqtlf àl’àrtirle qrie- nous avons déjà cité, i d’6tefilV*:oreo:ett> entier ou d’en enlever au moins quelqueslanières;aussitôt l’arbre abattu, afin qu’il se dessèche plus, vite,.qu’il se-conserve mieux, et enfin parceqoe cette écorce, qui devient inutile au bois de travail, est un excellent combustible. Cette pratique 'est même de rigueur depuis le mois de mai josqu’aulmerisd’août. Sion la néglige, le bois se pique, pour parle».]»* langage des forestiers; il perd alors beaueoitp de sa valeur ,let n’est souvent pluspropre à être débité pour dîfférens usages. » Aiiisi, dan* lès Vosges comme en Allemagne, on reconnaît que. la fermentation de la sève et la vermoulure sont le résultat ordinaire de la coupe faite pendant l’été,.et on n’évite ces effets qu’en faisant évaporçr laJsève surabondante par un prompt écor- ceaient. On parvient .au même but eu Allemagne en faisant plonger les; arbres dans l’eau; pratique moins facile,ûl est vrai, que celle des Vosges, mais qui lie donne point lieu aux gerçures et aux fentes comme dans l’écorcement. V. Ecorcement. M. Mougeot explique ainsi la cause de la vermoulure : « Plusieurs espèces d’insectes déposent leurs oeufs entre les gerçures de l’écorce ou dans l’écorce elle-même Y où ils attendent une circonstance favorablepoiur passer à l’état de lawe. Cette circonstance parailavoir lieu en été. Pendant cette saison, aussitât que. l’arbre est coupé ou qu’il périt sur pied, si/on néglige de l’écorcer le jour même ou le suivant, on voit, dans le court espace de deux à trriis fois 24 heures, une quantité de larves creuser des sillons entre I’écorce'et le bois, s’enfoncer ensuite dans l’épaisseur de celui-ci, le parcourir en divers sens en laissant après elles de petits trous d’une forme rivale, du diamètre' d’une ligne à-peu-près; ce:qui forme une vermoulure plus ou moins abondante. Quelquefois on n’aperçoit, à la surface du tronc, que des points noirs qui, examinés avec plus d’attention, sont dus à la morsure d’une larve qui s’enfonce, comme les précédentes, dans l’intérieur du bois, et y creuse un canal très-étroit sans former de vermoulure apparente. Ces larves, bien différentes les unes des autres, appartiennent à plusieurs espèces d’insectes des genres curcuiio, derrnestes, teatredo (Lin.^; elles se montrent très-souvent depuis le mois de mai jusqu’en août : on en trouve même quelques-unes en hiver, qui sont engourdies. Il est facile de les faire sortir de l’intérieur du tronc eii le heurtant avec un corps dur quelconque; aussi levoissaux qui s’en nourrissent, tels que les pics, ontvils l’instinct, pour: foire sortir les larves; de frappér dolfliir.bee les bois aînsi piqués, et lors- qn’nUea qjaooipeirt à l’exterieairt,âlb fex'AéScèfont ‘ éU ùugsqmi ... • •= ' tRamsiù.fûbvO. .baiq vermouluiè, et. que, sans la précaution Vi'éêortèt'les arbres ou de les plonger dans l’eau, «alto t mlpd (Serait trèrinnisibl* ; et ce que nous disons ïthtfes"sapins s’applique bien plus encore aux pi*s<.'ét 4Ùx épicéÜSh . • ' . /- • r ll parait que dans les Vosges*, oit a adépté WÈsége d’arracher les souches des arhres abattus. Je'trois que cette* pratique est bonne, parce que c’fcst dans les bois pourris que se développent les Ihseetes, et qu’il est extrêmement important de n’en pas laisser dans les forêts de pins et de sapins. D’un autre fête, par l’extraction des racines et des souches on remue ia terre; ce qui facilite la germination des seménees. Qualités et usages. -— ILe bois de sapin est élastique. Sa couleur est blanche; cependant les fibres longitudinales qui le composent ne sont point du même ton : les unes sont* blanches et tendres, les autres fauves et dures; plus les lignes blanches sont étroites, plus le grain du bois est beau et solide. On prétend, dans les Vosges, que les couches externes sont plus compactes que les internes ; ce qui provient sans doute de l’écorcement. Les meilleurs sapins sont ceux qui ont cru aux expositions du soleil et dans les terrains où l’humus n’est pas trop abondant. La pesanteur du bois varie suivant les localités , l’âge de l’arbre et l’endrqitde la tige où on le prend. Voici le résultat des expériences faites à cet égard par plusieurs auteurs. POIDS, NOMS DES ACTEURS. PAR PIED CUBE. vert. sec. Ut. oac. I»v. onc. Mussenbroeck. Xi » 38 8 Duhamel.. T> a 33 » Idem . n xi 37 9 Yarennes de Fenille .... Xi a 32 6 Hassenfratz. Xi a 33 iî Hartig ( tronc de 80 ans ). . 66 >4 4> 5 W erneck ( idem ). ÔO 12 a » Idem ( bois de la cime ) . . 55 8 . a Hartig ( bois de 40 ans ).. Xi a b 9 Termes moyens. . . 6i n 36 4 Son retrait est assez considérable, comme celui de tous les bois blancs. V. Bois, Pesanteur spécifique, t. J , p. 4 i 3 - On sait qu’on fait avec le sapin de bonnes planches, de bonnes charpentes, des mâts de barques et de petits bâtimens de nier, des solives, des chevrons, de la volige pour quantité de bateaux qui naviguent sur les rivières. , ' r • Plaèé en travers, le sapin, n’est point sujet Vb'ée 7^2 SAP tourmenter comme le chêne. Cette qualité a donné lieu à un proverbe un peu grotesque, que tes-ou vriers ne manquent guère de dire pour exprimer la force de résistance de ces deux bois, suivant la position qu’on leur donne : chêne debout, fi... e. 1 ..., sapin de travers porteraient P univers . Le sapin dure long-temps dans l’eau et sous terre. Les pilotis des fameuses digues de Hollande sont de sapins, qui ont été fournis en partie par les Vosges. Les charrons font des brancards avec les sapins du diamètre de 6 pouces pour les chariots destinés à porter de lourds fardeanx, et ils fabriquent'avec des arbres plus minces diverses pièces, entre autres des echelles qui ont depuis 8 jusqu’à 40 pieds , et dont les échelons sont également faits avec des branches de ces arbres , qui unissent la souplesse à la résistance. On fait avec les brins de la grosseur du bras des perches pour éteiidré le linge, des pieux pour les palissades, les clôtures, etc.; on en fait aussi des inanches d’outils fort légers, des manches de piques et d’écouvillons. On refend les fronces de sapins pour les réduire en planches, liteaux, chevrons, soliveaux, etc. La nouvelle édition du Traité des arbres et arbustes, par Duhamel, contient la description des scieries employées dans les Vosges pour ces fabrications. Les planches de sapin et de pesse s’emploient dans toutes sortes de •constrnctions et de meubles, tels que cloisons, plafonds, planchers , parquets , lambris, boiseries, armoires, caisses, tiroirs, tables, bancs, etc.; mais les menuisiers préfèrent en général celles de sapin, parce que ce bois est plus tort et se coupe mieux. Dans les Vosges et la Franche-Comté , un grand nombre de maisons sont recouvertes en planchettes ou bardeaux de sapins, qu’on appelle essandres, esse/ins ou ancelles, suivant leur longueur ou les localités. D’après les expériences de M. Hartig , le bois du sapin pour le chauffage serait à celui du hêtre comme 1079 est à i 54 o, et à celui de l’épicéa comme 1079 à 1211 , etc., il n’occuperait que la treizième place dans une série de vingt et une espèces de bois. Sa tlamrae est vive et pétillante, mais accompagnée de fumée d’une odeur peu agréable, comme celle de tous les bois résineux. La valeur de son charbon est à celle du charbon de hêtre à-peu-près dans les mêmes rapports, c’est- à-dire comme 1127 est à 1600. Ce charbon est léger et de bonne qualité ; mais il est nécessaire, dans la fabrication de ce charbon et de tous ceux qui se font avec les pins et sapins, de bien conduire la chaleur. V. Carbonisation. On prétend que, malgré la grande infériorité du charbon de sapin à celui du hêtre, il est employé avec avantage pour forger le fer, qui, mettant plus de temps à s’échauffer et à rougir, en est mieux travaillé et plus doux. L’écorce du sapin peut être employée pour tanner les cuirs. H découle du sapin un suc résineux très- estimé, appelé larme 'rie sapin. Ce suc est amer, âcre, visqueux; son odeur approche de celle du citron : il est vulnéraire, balsamique et antiseptique. Cette résine se trouve dans des vessies', sous l’épi- derm» de lVc$fce. dans'la semence et dans les eftnès 3 A P encore verts qu’on révolte''vers là Saint-Jean. C’est avec cette résine mi%l fabriqù^ là Térébenthine^ dite de Strasbourg, là' colophariè ef la^pcp'x h]anchy- V. Résine. ' ‘ ‘ ‘ La quantité de potasse qüè Urinent son écorce et son bois est considérable, il 1 résulte s expérience* de M. Werneck (V.' Potassé] que iooôRvrés'cle ce combustible fournissent 2 livrés èf plus d_e po-, tasse, et que sous ce rapport te sa'pîh^occupe la vingt et unième place'dafis urie^riê dés&ijçànjé- treize plantes. " Ht On obtient mot. , Dans quelques parties de’ l’Europe, lès jeunes pommes de sapin , réduites en bouillie et coBÎites dans du Sucré , se mangent comme confitures ; ôn les prend aussi dans du thé, auquel elles communiquent une odeur agréable. Les feuilles servent à faire de la litière; les cendres du bois sont employées ^ la fabrication des verres fins. On regarde la partie su- f iérieure des bourgeons comme étant bonne contre e scorbut : on en prend une poignée, que l’on jette dans une mesure d’eau et autant de vin , on fait chauffer le tont devant un feu modéré, On pile les bourgeons et on boit l’infusion. Les pommes -de sapin, infusées dans de l’eau tiède, sont employées att même usage. La térébenthine, prise dans du vin, est bonne contre la pierre; elle est diurétique,'et employée pour la guérison des blessures et des plaies , etc. Des ennemis des sapins. — Lès forêts dé sapins souffrent des insectes dont nous avons parlé et de quelques autres (V. Insectes ); des grandes sécheresses; de la présence des animaux sauvages et domestiques; des herbes, qui étouffent les jeunes plants dans les semis. Le pâturage y est extrêmement nuisible, puisqu’elles ne sont jàmais en défends, à raison de leur mode de reproduction : le bétail déracine les jeunes plants, les piétine et tes brise. Cè ne peut être que dans les forêts exploitées par expur- gade ou éclaircie, et lorsqu’elles ont environ 40 ans, qu’on peut y permettre l’entrée dçs bestiaux ; mais alors il y â si peu d’herbe, que cette introduction n’a plus d’objet. Quant aux sapinières exploitées en jardinant, comme c’est l’usage en France, on ne doit jamais y tolérer le pàturàgg. Comme arbre de décoration, le sapin est Hÿf* avantageusement placé dans les bosquets d’hiver, à cause de sa verdure, qu’il conserve toute l’année. On en fait de très-belles avenues, et comme il s’élève fort haut sans branches , on peut entre chaque sapin intercaler des arbres, qui garniseenflé pied. On en fait de beaux massifs, très-propres à garnir des points de vue dans l’éloignement. Isolé, ou au milieu des rochers ou des gazons, il produit un effet imposant. Placé sur le bord dés massifs , sa forme pyramidale et la couleur variée de ses feuilles contrastent avec celles des autres arbres. Le Sapin-Picéa , ou Pessf. , ou Epicéa ( V. à VA- tlas, PI. XXII,fig. 3 ), est un arbre vert de la première grandeur. II s’élève quelquefois à i 5 o pieds, toujours droit, àu moyen de sa flèche, semblable à Celle du sapin commun , ét il afcquiert à sa base jusqu’à 9 à ‘1 o jdëds de ciricAnfêrénce'. Il habite IrS mon- aussl du Sapin le jVbi r dfiflimée.'Xr, : : 1 1 .■'ïw.it ?3C Éj*? tagnps de ! l’Europe, et ) de > | ( ’A,sip^ ou lç.fïpuafft ty, France ^dàqsle^ Alpes Pyrqin^S, Lé^.Xosgsî* 'ajBôtv^o^ne, eiè Sùissq,. Allemagne et/fort »vàhi dans le : Nbra, én'îîorwège et dans In lyipo/ ’e.sqpin commun j le ivec des . bois, à . i - gfanjle elembie* notanjr men^dan^îçs pàril^ssepteatriciiwles de l’Europe., (,’pt arbrëj'^iie fôy poniop.d souyent avec. Je veri- tabïè sajun^slen (ïisûngtje néanmoins par plusieurs càriféieres, et notamment par la forme ej lu couleur de sçs fe u ill^e s^e t jaa^r 1^ disppsj.tiojijJs ses Fruits. Ses racines ne pivotent point; elles s’étendent près de la^surfaçp dp lafene^çq.qui fait qu’il a peu de n y< 3 li(fïfe foutre Tes coups ,de Ven; ; mais c’est ce qui ïe fait réussir dans les terrains superficiels, prfarvu que la-couche supériçjjre soit un peu substantielle et assèz meuble pour être pénétrée par les ricines latérales. Le iranc'eàl recouvert,d’une écorce mamelonnée, assez mince,)d'un, rouge brun, gercée et écailleuse sùrTes vieux pieds. J1 est, dans sa jeunesse,chargé de rùmeaux des saj base; mais, dans l’àge adulte, il s’en J épo (ni Ib'ju squ’à une certaine hauteur, et se termine par une pyramide de branches ouvertes à angles drpiPs^verticillées quatre ù six ensemble, et dont lés Vanneaux/sont pendans; circonstance qui, jointe à la couleur sombre des feuilles, donne à cet arjire un àspéct, trisfe. Entre chaque verticille de branches, on liouve très-souvent de plus petits rameaux , qui prpnnent ordinairement peu d’accroissement. Les feuilles t ou plutôt les aiguilles du picéa, sont solitaires, d’un vert sombre, quadrangjilaires, pointues, longues de 9 à 10 lignes, très-étroites, fermes, un peu recourbées, rangées en tous sens autour des, jeunes rameaux. Lçs Jleurs Ji}âles spnt de petits chatons d’environ 6 iigqes defong, portés sur des pédoncules de même longueur ; ils paraissent au mois de mai parmi les feuilles, le long des rameaux de l’année précédente. Ils ressemblent d’abord à une fraise qui n’a pas encore atteint sa parfaite maturité; puis ils se développent petit à petit, deviennent plus lâches, et se chargent d’une poussière jaune très-abondante, qui s’échm>pe des anthères que renferme chaque fleuron. Les Jleurs femelles, placées ordinairement à la partie supérieure de l’arbre et à l’extrémité de ses rameau*, sont produites par des boutons bruns, dirigés" vers la terre, et qui s’aperçoivent dès l’automne de l’année précédente; ce qui donne lieu de juger s’il y aura des semences. Elles forment, au mo- meift de la floraison, de jolis chatons rouges et pointus, qui prennent aussitôt la forme d’un cône. Leur couleur se change en vert, et celle-ci, au temps de la maturité, qui arrive vers la fin du mois d’octobre,.sé convertit en un rouge brun roussàtre. A ceffé époque, la longueur des cônes est d’environ 5 pouces sur un pouce et demi de diamètre; ils sont toujours inclinés vers la terre, au lieu que ceux du sapin commun sont dirigés vers le ciel. Leur forme est presque cylindrique; ils son| corn posés d’écailles nombreuses, larges, aplaties, imbriquées sur trois, i rangs, sous chacune d’elles se trouvent deux se- 5 À P pieu ce s ., qw y. restent après -lu maturité jusqu’au n^pjs çlje mai suivant ; taudis que.celles dp sapin,or- jl»W£é,s!échapflf}nf f aveç les écaillés, peu de temps après qu’elles sont mûres. La graine, de l’épicéa se distingue, de celle des autres arbres résineux par sa forme et par celle de ses ajlqs. :. e)je se, rajiprqche , pour la grosseur et la forme , Ja gipine du pin sauvage; mais elle eu diffère ; essentiellement par sa couleur d’un rouge byun fou,cé. Les ailes sout ovales et blanches, et forment à leur base une espèce de cuiller, dans laquelle ,1’up.,des côtés de la semence se trouve renfermé ,. tandis que l’autre est à découvert. La semence de l’épicéa , comme nous l’avons dit, ne s’échappe pas aussitôt sa maturité; mais dès que la chaleur du printemps suivant a fait ouvrir les cônes, elle est emportée par le vent. Ce sont ordinairement les vents du sud, du sud-ouest ou de l’ouest, qui en facilitent la dissémination. Culture. L’épicéa sq propage par les mêmes moyens que le sapin ordinaire, et la préparation du terrain est la même. De la récolte et de la préparation des graines. — La récolte se fait depuis le mois de novembre jusqu’au mois d’avril, qui est le temps depuis lequel elle a atteint sa maturité jusqu’à celui où elle s’envole : on y procède comme pour celle du sapin. U est bon de faire des provisions de celte graine, qui a l’avantage de se conserver, et qui ne donne pas aussi souvent que celle du pin. La récolte ne doit se faire que sur des arbres bien sains; car les arbres malades, qu’on a saignés pour en obtenir de la résine, ne produisent que de mauvaises semences. On expose les cônes sur des draps à la chaleur modéxée d’un poêle, ou , si c’est au printemps, à la chaleur du soleil, jusqu’à ce que les écailles s’ouvrent, et qu’on en puisse faire sortir les graines en agitant les cônes. Quand on opère en grand, on emploie les moyens qui sont indiqués à l’article Sé- cherie de graines, ou ceux ci-après décrits par M. Hartig. On se sert d’une chambre, dans la partie inférieure d’un bâtiment muré, s’il est possible; ou place dans cette chambre un ou plusieurs poêles pourvus de grilles, pour pouvoir les chauffer avec les cônes ; ou bien on y élablit des canaux de chaleur circulaires comme dans une serra chaude, pour que le local puisse être échauffé dans toutes ses parties jusqu’à une certaine hauteur. Dans cette étuve, on lait construire des échafaudages, depuis les murs jusque vers le milieu de la jiièce , sur lesquels on puisse placer des claies de 6 pieds de long sur 2 pieds et demi de large, et en former des étages de 6 pieds d’intervalle. Sous la dernière rangée des claies, on fait pratiquer des espèces de tiroirs pour recevoir la graine. On charge les claies de cônes et on chauffe l’étuve de manière qu’uti homme en puisse difficilement supporter la chaleur, et on l’entretient jusqu’à ce que les cônes commencent à s’ouvrir 3 alors on lçs remue en commençant jiar les claies des étages supérieurs, de manière que les semences tombent d’étage en étage jusqu’au tiroir placé sous les der- SAP 784 SAP nières claies. Lorsque tous les cônes sont ouverts aussi complètement que possible, on les placey pour en obtenir toutes les semences, dans un vaisseau dont la disposition intérieure est semblable à celle d’uné “baratté à battre le beurre. Dans ce vaisseau, qui doit avoir le fond à claire-voie serrée, afin que les semences puissent passer et être reçues dans un vas»- placé ailrtleSSOUS, On agite fortement les cônes jusqu’à ce qu’ils soient totalement dépouillés de graines. On peut alors employer les cônes pour chauffer les fourneaux. Si on'Vènt maintenant désailer les graines et les nettoyer, on les arrose avec de l’eau, et après les avoir mises dans un sac dont on ne remplit que le quart, on les frotte entre les mains jusqu’à ce que les ailes en soient détachées; puis on étend les semences bien clair sur un plancher aéré pour les faire sécher, et ensuite on les nettoie avec le van. Mais si on veut employer la chaleur du soleil, on établit des échafaudages contre le mur «l’un bâtiment exposé au midi; on y place des claies à une telle distance les unes des autres , que le soleil puisse donner sur les rangées inférieures; on recouvre l’appareil d’un petit toit, et enfin on suspend sous la dernière claie, près de la terre, un tiroir en toTTe grossière, afin qùé'sî'tâ'ptuîe Vi'entlt tomber elle ne puisse y séjourner, et que les graines qui s’y trouvent puissent se sécher. Lorsqu’il fait 1111 beau soleil et une chaleur forte, on remue les cônes, en commençant par les claies des étages supérieurs et en continuant jusqu’en bas, et on rassemble les graines <|ui sont tombées. Enfin on place les cônes ouverts dans le vase dont nous avons parlé, pour en tirer les semences qui pourraient y être restées. Il faut 5 décal. de cônes pour obtenir environ 2 livres de semences avec leurs ailes, ou une livre 4 onces sans ailes. La même mesure do semences ailées pèse ordinairement u 5 livres, et sans ailes 4 1 livres. La graine d’épicéa peut se conserver pendant 3 et 4 ans, si on a l’attention de l’étendre clair sur un plancher aéré, et de la remuer de temps en temps, sur-tout dans l’été. Cependant la semence fraîche est bien préférable, et on peut compter que 10 livres de cette semence vaudront autant que 12 et i 5 livres de vieille semence. Epreuve de la semence. — Elle se fait comme pour celle du sapin commun. Quantités à employer. — Tous les semis d’arbres résineux doivent être un peu serrés, sauf à les éclaircir par la suite. Il faut, dans ceux du picéa, pour que le terrain soit bien garni, qu’il v ait, la première année, au moins trois plants par pied carré , et l’expérience a fait connaître que pour cet effet il était nécessaire d’employer, par hectare; savoir, i°. Dans les terrains et situations favorables, 19 kilogr. (environ i 3 décal.) de semences ailées, ou 1 4 ki'ogr. (environ 3 décal. et demi) de semences sans ailes; 2 0 . Dans les terrains et situations moins favorables , 24 kilogr. ( «4 décal.) de semences ailées, ou 18 kilogr. (4 décal. et demi) de semences sans ailes. Burgsdorf conseille d’employer toujours des semences prives ; c’est-à-dire- sans -ailes, sans doute parce qu’elles se répandent phis régulièrement. y. Quand on sème par rayons fm petites places, on emploie la moitié ou les deux tiers des quantités ci-dessus. Epoques des semis. — Manière de recouvrir tes semences. — Epoques où elles lèvent. — On exécute les semis nu printemps, aussitôt que les neiges sont passées; car les semis faits de bonne heure ont toujours de l’avantage sur les autres; cependant on peut en faire dans les mois d’avril èt de mai. On sème aussi en automne, et quoique cette saison soit ordinairement moins favorable, elle a un avantage dans les endroits très-exposés au soleil, parce que les plants qui lèvènt plus tôt y résistent mieux aux elfets de la sécheresse. Il est reconnu d’ailleurs qu’ils n’ont rien à redouter des gelées. On ne recouvre les semences que de l’épaisseur de 2 à 3 lignes, avec de la terre ou de la mousse. Les semis du printemps lèvent en 5 ou 6 semaines, et ceux d’automne aussitôt que les premières chaleurs se font sentir. Les jeunes plants sont surmontés de l’enveloppe de la graine, et ils s’en débarrassent ensuite lorsque leur tige a poussé neuf feuilles et qu’elle n’a plus besoin de cet abri. La culture du picéa en pépinière ne diffère point de celle du sapin commun; cependant il a moins besoin d’humidité, et il est moins sujet à être frappé, pendant l’été, par des coups de soleil Le plant se transplante aussi avec plus de sôreté, pourvu néanmoins qu’il soit jeune, et qu’il ait subi des repiquages en pépinière. Enfin on peut le multiplier par marcottes et par boutures ; mais ces opérations, purement jardinières, ne produisent point de beaux arbres. Croissance des plants. — La première année, les plants font très-peu de progrès; ils ne poussent que les neuf feuilles dont nous venons de parler. A la seconde année, il sort de nouvelles feuilles d’un bouton qui se trouve au sommet : elles sont très-petites, jaunâtres dans les mauvais terrains; mais dans les bons, la tige s’allonge déjà de quelques pouces. A la troisième , l’accroissement du plant est plus sensible, et il en sort une petite branche latérale. Dans les quatrième et cinquième années, les plants s’élèvent d’une manière remarquable, et multiplient leurs branches, qui entourent les tiges en forme de rayons, et marquent exactement l’âge de l’arbre. L’accroissement en hauteur de chaque-année com*. mence avec la floraison, et finit 2 mois et demi après, lorsque les boutons de l’année suivante sont formés; mais l’accroissement en grosseur et celui «les racines continuent jusqu’en automne. Vers la septième on la huitième année, lorsque les circonstances sont favorables, la croissance annuelle dévient plus forte; les jeunes pousses s’élèvent de 2 à 3 pieds, en même temps que les tiges augmentent dans la même proportion. Les picéas ont aussi une flèche de même que les sapins. Terrains, situations et expositions. *— Le picéa est moins délicat sur la nature du sol que le sapin commun ; il se plaît beaucoup dans un terrain composé d’argile , de terre végétale et de gravier ou de SAP SAP 785 petites pierres, et un peu frai»}.mais ou peut le CùJ*, la Jûuge ;il est tendre, élastique , et d’une durée tiver aussi avec succès sur un soi de médiocre qualité. il n’exige pas beaucoup de profondeur, parce que ses racines s’enfoncent peu ; cependant il vient bien mieux dans les terrains qui ont du fond,.et qui par conséquent conservent, mieux l’bumidité que dans les sols superficiels, fais terrains fangeux .et li- moneux ne lui conviennent pas, et il vient mai dans les sables secs, où d’ailleurs il est exposé à être renversé par les vents. Il prospère et parvient à un gjipd accroissement dans les climats froids et tempérés., «1; on en voit de belles forêts sur les montagnes très-froides, où ses branches, assez flexibles, 11e S5 laissent pas rompre facilement par la charge des neiges et des frimas. Cependant,l’épicéa n’acquiert point, dans les climats glacés, la hauteur ni le diamètre auxquels il parvient dans les climats tempérés Abris. — Dans sa jeunesse, il aime, tomme tous les arbres résineux, les abris qui répandent une ombre momentanée, et il supporte très-difficilement les chaleurs constantes dans les pentes nues des montagnes exposées au midi. 11 souffre aussi, à cet. âge , des hautes herbes, lorsqu’elles sont trop multipliées. 11 est donc avantageux de ne lui donner pour abri que des plantes qui fournissent une ombre légère , ou de les placer de manière qu’elles ne puissent étouffer les semis. On sème de l’avoine avec les graines de picéa ou des graines de genêt commun, qui fournit un meilleur abri; ou bien, si les localités le permettent, on plante des rangées de topinambours de l’est à l’ouest. Exploitation. — V. , à cet égard, au mot Exploitation des forêts d’arbres résineux, ce qui concerne le picéa. Cet arbre, lorsqu’il est placé dans des circonstances favorables, acquiert en 100 et 120 ans toutes les qualités qui en rendent la coupe avantageuse, soit qu’on le destine aux coustructious, à faire des planches ou à brûler; mais il vit et continue de croître pendant bien plus long-temps. On a coupé des picéas de 200 ans qui étaient encore parfaitement sains; cependant on a fait la remarque que les jiscéas se pourrissaient plus tôtque les sapins. M. Ilar- tig en a fait abattre qui avaient i 5 o ans, sur des terrains- de bonne nature, mais un peu frais., et U en. a trouvé un grand nombre qui étaient gâtés. Ils avaient 160 pieds de long et 5 pieds de diamètre à la base 5 mais ou ne pouvait en tirer des pièces de JO.pieds dans la partie inférieure, à cause ,de la vermoulure. On n’a pas à craindre cet effet dans les terrains'de bonne qualité, qui sont plus secs qu’humides, et le bois y est en général plus ferme. Il n’y a pas, comme on le voit, une grande différence entre l’accroissement de l’épicéa et celui du sapin; et on peut les exploiter à-peu-près aux mêmes âges. Qualités.et usages. -1— Le bois du picéa diffère peu de celui du sapin commun, et il est employé aux mêmtes usages, c’est-à-dire à des constructions à Pair et dans l’eau, à la mâture et à faire des planches, des solives, des chevrons, de la volige, etc. Sa couleur est d’un blanc tirant sur le jaune ou sur Tome IL qui varie suivant le terrain. Si le sol est humide, le picéa croit très-promptement; mais le bois est mou, spongieux et facile à se corrompre. Sa pesanteur.est plus faible que celle du sapin, ainsi qu’il résulte des expériences des auteurs ci- après : NOMS DES AUTEURS. Mussenbroeck. Hartig {tronede 100 ans). Werneck {idem).. . . Hartig {tronede 60 ans). Idem {idem de 40 ans). Werneck {boisdela cimd) Termes moyens. , POIDS PAR PIED CUBE. vert. demi-sec sec. 1W. ODC- 11t. onc. 1ÎT. 0 oc. 33 33 33 33 34 i3 64 1 1 49 5 35 2 12 33 33 33 33 33 33 33 33 33 9 33 33 33 33 33 t5 5a 33 33 33 >3 33 5 7 33 49 5 34 5 Le retrait de ce bois par le dessèchement est à- peu-près le même que celui du sapin. Comme bois de chauffage, il paraît préférable à celui du sapin; car, d’après les expériences de M. Hartig, sa valeur sous ce rapport serait à celle du sapin comme 1211 à 1079. Elle est à celle du hêtre comme 1079 à i 54 o. Le cliarbon du picéa serait aussi de meilleure qua- ité que celui du sapin, sa valeur étant à celle cle ce dernier comme 1 176 à 1 127 , et à celle du charbon de hêtre comme 1176 à 1 6 qo. Ses cendres fournissent à-peu-près autant de potasse que celles du sapin. V. Potasse. Il donne une grande quantité de résine, dont on fait U poix blanche, ou pour mieux dire la poix jaune, appelée à Paris la poix de Bourgogne. Elle s’obtient par des incisions faites à l’écorce et aux premières couches ligueuses. La récolte s’en fait en été. V. Résine. L’écorçe du picéa. est assez estimée pour tanner les cuirs. En Allemagne, on l’emploie à défaut d’écorce de chêne , ou bien 011 la mêle avec cette étorce dans une certaine proportion. On l’enlève des arbres de moyenne et de petite dimension, que l’on des- ine à des constructions à sec, et que l’on abat dans le temps de la sève pour la lever plus facilement. Celle des gros arbres a moins de prix ; mais dans tous les cas l’écorce du picéa est bien inférieure à celle du chêne. V. Ecorce. M. Desfontaines rapporte, d’après Linnæus, les usages auxquels les Lapons emploient le picéa. « Ils fabriquent des cordes avec les racines. Pour cela, ils choisissent celles qui sont longues et grêles; ils les dépouillent de leur écorcé, les fendent en plusieurs lanières, les courbent en cérceiux et les font bouillir pendant uneAu 2 heures dans un mélange d’eau et de cendre ; ils les raclent chaudes avec 99 SAP 786 SAP un couteau , puis ils les tordent ensemble; ils en fabriquent aussi des paniers élégans et commodes qui se vendeht en Suède, et ils construisent, avec le bois du picéa, des barques' légères, qu’un homme peut pôrtet iùr job dos. Ces barques sont faites de planches' minces liées ensemble avec les cordes dont on vient de parler, et il n’y entre point de fer. Les Lapons mangent des excroissances de la grosseur d’une fraisé 1 , qu’ils cueillent aux extrémités cfes branches, et qui sont produites par des insectes. Enfin les ha- bitans; du Fin-Mafck nourrissent leurs ehevau», en hiver, avec les sommités des rameaux de picéa mêlées avec de l’avoine. :» Comme arbre de décoration , le picéa se plante en avenues, dans les bosquets d’hiver, sur les points élevés, dans les jardins paysagers et dans les massifs, et par-tout il produit un effet pittoresque. Il faut avoir soin , quand on le plante un peu âgé, c’est- à-dire lorsqu’il a environ 7 à 8 pieds de haut, de le soutenir avec des fourches, pour le garantir de l’atteinte des vents, et d’opérer, au surplus, comme nous l’avons (lit pour Ite sapin. 11 nous reste àl parler des sapins de l’Amérique septentrionale : ce que nous en dirons sera en très- grande partie extrait de l’ Histoire des arbres forestiers de P Amérique par M. Michaux. Le Sapin-B4U.MIEK deGiléad, ou le Baumieh de Giléad , est un arbre d’environ 40 pieds de haut sur un diamètre de 12 à i 5 pouces, qui appartient aux régions les plus froides de l’Amérique du Nord. Son tronc est très-effilé; il ressemble beaucoup à notre sapin commun par ses feuilles et sa forme pyramidale; ses feuilles sont pareillement tronquées au sommet, et d’une couleur argentée en dessus, mais plus nombreuses et plus éparses. Les cônes sont aussi de forme cylindrique , et dirigés vers le ciel. Son bois est léger , peu résineux , et jaunâtre vers le cœur. On en fait peu d’usage en Amérique. On recueille , dans le Canada et le district du Maine , la résine de cet arbre , comme on recueille en Europe celle du sapin commun, et on la vend sous le nom de baume de Giléad, quoique le véritable baume de ce nom soit le produit d’un arbre d’Asie très-différent ( Yamyris gileadensis). Elle est employée en médecine. Cet arbre est cultivé depuis long-temps en Europe, et s’y multiplie de graines; mais il ne peut fixer l’attention des forestiers , sa place est dans les parcs et les jardins d’agrément. Le Sapin-IIemeock-Spruce , Sapin , ou Sapi- nette dü Canada, est encore un arbre qui appartient aux régions les plus froides du Nouveau - Monde , où il entre pour une grande partie dans la composition des forêts résineuses. Son tronc s’élève à 70 et 80 pieds de haut, sur une circonférence de 6 à 9 pieds, qu’il conserve jusqu’aux deux tiers de sa hauteur. 11 parait tenir le milieu entre les sapins et les picéas. Ses feuilles sont aplaties et disposées en peigne , comme celles des premiers ; mais ses petits cônes sont inclinés vers la terre, et les écailles ne se détachent pas de l’axe. Son aspect est fort différent des autres sapfos ; il est dépourvu de flèche, et ses branches sont plus longues, plus grêles et plus inégalement répartie^ sur le tronc. Il a une forme élégante dans sa jeunesse; mais, suivant JM. Michaux, qui l’a observé dans les forêts de l’Amérique^ il prend, lorsqu’il est arrivé à son entier développement, -un aspect qui offre l’image fle la décrépitude; ses grosses branches sont souvent'cassées, à 4 eX 5 ; pieds du tronc, ou desséchées à leur extrémité., défaut qu’on attribue à la surcharge des neiges sur les branches horizontales et touffues. Il offre une autre singularité , c’est que dans les terrains très-secs et pierreux il ne s’élève quelquefois qu’à 34 oui 3 o pouces^, et que , dans cet état, ses rameau* tendent plutôt a s’abaisser vers la terre qu’à s’élever: Son bois est fort peu estimé; il se fend mal, à cause de la dicec- tion oblique de ses fibres ; il est souvent faux-vérité, parce que la cime de cet arbre donne beaucoup de prise aux vents ; il pourrit promptement dans les constructions exposées aux intempéries, et ii est peu résineux; cependant on l’emploie dans la construction intérieure des maisons, où il est aussi durable que celui des autres arbres ; on en fait des lattes, des pieux pour la clôture des champs, et des planches qui ont l’avantage de bien retenir les clous , parce (pie son grain , quoique grossier , est. assez ferme. Mais si le bois de henilock-spruced. peu de qualité, on tire un grand parti de son écorce pour le tannage des cuirs, auxquels sa couleur, d’un rouge foncé , se communique. Quoique cette écorce soit d’une qualité inférieure à celle du chêue , son mélange avec cette dernière opère un meilleur tannage que si les deux écorces étaient employées séparément. Elle fait l’objet d’un commerce considérable dans les états du Nord , le bas Canada, la Nouvelle-Ecosse, etc. On dit que cet arbre a été introduit en Europe en 1736 II y donne des graines ; mais généralement en France il vient assez mal, parce qu’il est toujours placé dans des situations trop découvertes et trop sèches. Au surplus , il ne présente pas assez d’avantages pour entrer dans les cultures forestières. M. Bosc dit qu’en Amérique on emploie généralement les jeunes pousses de Vkemlock-spruce pour fabriquer de la bière ; que le goût de cette bière est peu agréable lorsqu’on n’y est pas accoutumé, mais que son usage passe pour être sain et sur-tout antiscorbutique ; qu’on y mêle de la mélasse et de l’orge lorsqu’on veut en augmenter la force et la qualité nutritive. Le Sapin noir, I’Epinette noire du Canada , est, comme les précédens, un arbre indigène aux régions froides de l’Amérique septentrionale, où il forme souvent le tiers de la masse des forêts. 11 y est sur-tout abondant dans les vallons dont le sol est humide, noir et profond. Son tronc , qui s’élève jusqu’à 70 et 80 pieds sur 18 à 20 pouces de diamètre, est droit, terminé par une longue flèche, revêtu d’une écorce unie et non crevassée , et garni de branches horizontales, qui, diminu nt d’étendue vers le sommet, présentent une pyramide très-régulière. Ses feuilles sont d’un vert sombre et triste , longues d’environ 4 lignes, roides, très-nombreuses et attachées isolément sur toute la surface des branches. Les cônes sont petits , ovales , rougeâtres, attachés aux extrémités des rameaux les plus élevés et inclinés vers la terre, composés d’écailles minces , légèrement çrénelées à leur base, et souvent fendues SAP jusqu’à la moitié.'Ils' mûrissent à la fin d’au lohirtè , 1 et s’ouvrent■p6ur laisser échapper leuffc graines. >Son bois â de la ftrftè , ; dèHc+astlcité et dé lâ lë- gèretê, qtialifés^qiil 'he'foné regarder, Hved le sapin' roilge , rpai, sitivant M; Michaux, n’est qu’une 'variété; comme fbnrfrissaiit lèfe meilleurs mâts de liuné et les meilleures vergnes. On en fait aüssi des genoux de vaisseaux, des solives pour la bâtisse des maisons, des planches, des caisses d’emballage, des barils émettre le poisson salé. Le sapin noir n’éstpas assez résineux pour qu’on en poisse extraire de la térébenthine. M. Michaux , à qui j’enTpruhté ces détails, dit que c’est avec les jeunes poirsses de ce sapin qu’on fabrique la bière , et non a\ec celles du sapin blanc, dont nous allons pa-rler 11 pense que le bois de cet arbre ayant été reconnu préférable à celui de notre picéa , il est utile de le propager, mais qu’il ne réussira complètement que dans les Contrées les plus froides et les plus humides de l’Europe , et encore dans quelques parties des Alpes et des Pyrénées. Le Sapin blanc, ou la Sapinette blanche, est originaire des mêmes pays que le précédent, et il croît dans les mêmes sites ; mais il s’élève moins, sa hauteur excédant rarement 5 o pieds sur 12 à i 5 pouces de diamètre à 3 pieds de terre. Son sommet, comme eelui du sapin noir, a la forme d’une pyramide très-régulière; mais il est moins garni de branches; son écorce n’est pas aussi rembrunie, et ses feuilles sont moins nombreuses, plus longues, plus écartées de la tige , terminées par une pointe plus aiguë, et leur couleur est d’un vert pâle et comme bleuâtre. Les cônes sont aussi bien différens; ils ont la forme d’un ovale très-allongé , ayant environ 2 pouces de longneur sur 6 à 7 lignes de diamètre à ■\ leur partie moyenne; leurs écailles sont minces, à bords non échancrés ni même ondulés. Ils mûris- rissent un mois plus tôt que ceux du sapin noir. Le bois du sapin blanc est employé aux mêmes usages que celui de l’autre espèce , mais il lui est inférieur en qualité; il pétille davantage au feu. Les fibr. s de ses racines acquièrent beaucoup de flexibilité et de force lorsqu’on les fait macérer dans l’eau , et 011 s’en sert au Canada pour coudre ensemble les morceaux d’écorce de bouleau dont 011 construit les canots; les coutures sont ensuite recouvertes ou frottées avec la résine de cet arbre. . Le sapin blanc, beaucoup plus répandu en France que l’espèce précédente, est élégant dans sa jeunesse : il est recherché pour l’embellissement des jardins, oùson feuillage contraste agréablement avec celui des autres espèces, dont la teinte est plus foncée. Les pépiniéristes distinguent deux variétés dans le sapin blanc : l’une , qu’ils appellent sapinette blanche , et l’aulre, sapinette bleue. On connaît plusieurs autres espèces de sapins exotiques, mais qui 11e sont point encore cultivées en France dans les jardins. Comme j’ai séparé le genre pin du genre sapin, V. le mot Pin. Dispositions règlementaires concernant les sapins. femme le bois du sapin est utile dans la cons- S A R 787 lùTJctiôùi dés vaijseaux , il avait.é.tç..cpmpi;is ,daçts la kletèhsyfaite aux particuliers d’abattre aucun ^r’bre klè lutaiè sâiii Autorisation, à peine d.ç 3,000. Fr. d’a- inêndè. (Arr. du Cons., du 29 mç.rs 16g 5 , pour tout le royaume. — Arr du 12 mars 1702, pour le^ t iiois des Pyrénées. — Arr. du 3 o janvier 1725, pour les bois du liant Bugey et Valroiney.) Le décret du i 5 avril 181 1 , dont l’exécution est maintenue par l’ordonnance du roi du 2g septembre 181g , n’oblige pas les particuliers à comprendre dans leurs déclarations les pins et sapins qu’ils veulent abattre ; il les oblige seulement à y comprendre les chênes et les ormes de i 3 décini. de tour et au-dessus. A l’égard de l’exploitation des pins et sapins dans les forêts de l’état, elle se fait en jardinant , en vertu du décret du 3 o thermidor an i 3 , mode vicieux , que nous avons suffisamment combattu à l’article Exploitation. L’amende pour délit de sapin est réglée à 2 fr. 5 o c. par pied-de-tour, mesuré à demi-pied pires de terre, par l’a rt. i cr . de Vordonnance de 166g, et à piareille somme de restitution par l 'art. 8 du meme titre- L’amende est double quand le délit est commis piendant la nuit avec feu ou scie. ( Ib ., art. 5.) SAPINIERE. Forêt de sapins, ou lieu planté de sapins. SARCLER.C’est arracher avec la main, ou couper entredeux terres avec un instrument tranchantnom- mé sarcloir les herbes qui nuisent aux cultures. Les sarclages sont utiles, en ce qu’ils débarrassent le sol des plantes qui étouffent celles qu’on cultive; mais ils peuvent être nuisibles si les pilants cultivés sont encore délicats et ont besoin d’abri. En général, les sarclages dans les semis doivent être faits après les pluies/lorsque la terre est encore humide, afin qu’en arrachant la pilante inutile on n’arrache pias celle qui est l’objet de la culture. Il est bon d’arroser fortement après le sarclage piour recouvrir les racines qui ont été déchaussées et remplir les crevasses qui se sont faites dans la terre. Les sarclages s’exécutent piendant presque toute l’année, mais principalement au milieu du printempis. On appelle aussi sarclages les véritables serfouissages, c’est-à-dire les légers binages qui se font avec des serfouettes, des ratissoires , ou avec de petites pioches particulières, ou même avec la charrue; mais cette opération est cependant différente , et ne doit pas être confondue avec le sarclage. SARMENTEUX, sarmentosus. ( T. de botjDoai. la tige frutiqueuse s’élance de manière à ne pouvoir se soutenir piar elle-même. Elle s’apipuie ordinairement sur les corps voisins , soit librement, soit en s’y attachant, ou piar contorsion ou par des cirrhes. SARTS, ESSARS, SARTAGE, ESSARTAGE On appelle essors les terres dont 011 a arraché les broussailles, stirpibus ac dumispurgatus ager. Essarter , sarrire , c’est défricher en arrachant les bois. Mais les opérations qu’on pratique d-ins les Ardennes , le piays de Liège , les environs de Luxembourg, aux abords de la Sarre, de la Moselle, du Rhin, dans le Hondsruck , etc-, quoiqu’elles portent les noms ci-dessus indiqués, 11e consistent pas à arracher les bois-, elles consistent à brûler sur les ' 99 * 2 88 S A R êÂK iirvn4/( qui se trouvent répandues sur le terrain , notamment celle du genêt, à la reproduction duquel les habitans mettent beaucoup de prix pour les engrais; 3 °. En ce qu’il met à-peu-près dans l’impossibilité de réserver, du moins avec un entier succès , quelques baliveaux sur les coupes pour y répandre des semences, en repeupler les clairières, remplacer les souches et regénérer ainsi les bois; 4°. En ce qu’il brûle les premiers rejets qui s’échappent des souches, rejets ordinairement les plus vigoureux , et par cela même les plus précieux à conserver; 5 °. En ce que le premier feu est toujours suivi , quelques jours après, d’un second feu, qui a lieu avec les branches échappées au premier, et que les essarteurs, en dépit de toutes les recommandations, s’attachent, après en avoir fait de petits tas , à brûler de préférence'sur les souches, afin, au moyen de la cendre qui y reste et du peu de terre qu’ils y mêlent, d’obtenir du seigle sur ces souches mêmes, usage que l’on sent devoir être plus ou moins funeste à ces souches; 6°. Enfin , en ce que, par un temps sec et un vent trop fort, le feu courant peut, si on 11’y apporte beaucoup de précautions , franchir les limites qu’on lui a tracées, se propager et-produire un incendie. L’essartage à feu courant exige de la part des habitans le sacrifice de leurs branchages , sacrifice qui leur est pénible. Il ne peut d’ailleurs être pratiqué dans les endroits où le bois est dégirni et le sol gazon né. L 'essartage à feu couvert est celui que les habitans préfèrent, parce qu’il ne leur coûte pas de bois, à l’exception de quelques menues branches nécessaires pour allumer les fourneaux , et parce qu’ils peuvent le pratiquer dans les endroits gazonnés, où l’essartage à feu courantne peut avoir lieu. Ils pensent aussi qu’il leur procure des récoltes plus abondantes ; mais il parait qu’on obtient de beaux seigles dans les coupes essartées à feu courant quand on y a brûlé une suffisante quantité de branchages. L’essartage à feu couvert s’exécute ainsi : on lève avec le hoyau une couche de terre de 1 5 , 20 et 3 o centimètres d’épaisseur, dont on forme une grande quantité de fourneaux de 4 mètres de circonférence, auxquels on met le feu. Le brûlement de ces gazons ou fourneaux dure jusqu’à ce que la terre soit réduite en cendres , et puisse être répandue dans cet état sur la surface du sol. Ce mode, comparé à l’au- t'fë , a ses'avantages et ses inconvéniens. S A II 790 Si on le pratique avec soin , il épargne les souches des essences autres que celle du chêne, comme cette dernière même. Il n’exi' e pas aussi impérieusement une bonne exploitation que lé sartage à feu courant. Il épargne plus que celui-ci les semences qui peuvent setronver sur la surface du sol ; il permet de reserver des baliveaux en tel nombre qu’on peut le juger à propos ; il n’apporte point d’obstacle à la reproduction des premiers jets , et il est moins sujet à occasionner des incendies. Mais dans ce mode d’essartage , il y a à premdre garde t». Que l’essarteur 11’enlève le gazon à une trop grande profondeur , abus fréquent, et dont il résulte que les racines sont ou coupées, ou écorchées, ou lu moins mises à découvert, pendant les 2 ou 3 mois des plus grandes chaleurs; 2 0 . Qu’il n’endommage pas les petites souches intermédiaires; 3 °. Qu’il ne creuse pas trop près des souches et ne les déchausse; 4 °- Qu’il ne place pas ses fourneaux auprès des souches, dont quelques-unes des principales racines pourraient être par là plus ou moins desséchées ; qu’il 11e les établisse pas , par exemple, à moins de 7 à 8 décimètres, ce qui exclut à la vérité ce mode d’essartage des parties de bois où les souches sont à moins de 16 à 20 décim. (6 à 7 pieds, ies unes des • uitres , et ne le permet que dans tes parties plus claires; 5 *. Que l’essarleur n’enlève pas le gazon des endroits où il se propose d’asseoir scs fours, parce qu’au moyen de ce gazon restant sous les fours, la chaleur pénètre moins avant en terre , et atteint par conséquent moins facilement les racines ; 6°. Que lorsque les fours sont éteints, on ne se presse pas d’en répandre les cendres encore brûlantes, et sur-tout qu’on 11e les jette pas sur les souches ; 7°. Que ce mode d’essartage ne soit jamais pratiqué dans les pentes escarpées , où souvent le roc est resté à nu par l’effet des pluies , qui ont lavé ces pentes et en ont entraîné les terres. Là, il faudrait 11e point essarter du tout; mais si on se décide à permettre l’essartage , du moins faut-il que ce ne soit qu’a feu courant, attendu que, par ce dernier mode, la terre est rendue moins meuble.et moins facile à être emportée que pir l’essartage à feu couvert, qui réduit les gazons en cendre. M. l’inspecteur général examinait si, au moyen des précautions ci-dessus indiquées, on pouvait tolérer l’usage de l’essartage à feu couvert, beaucoup plus dangereux par l’abus qu’on peut en faire que l’es- sarmge à feu courant, et il pensait qu’on ne devrait pas hésiter à le supprimer, si les bois communaux de l’inspection de Charlevitle , les seuls dont il.s’agisse ici, étaient moins bien surveillés. Il aurait, sans cette circonstance , considéré l’essartage à feu couvert comme un défrichement insensible, devant, avec le pâturage illimité, tel qu’il s’exercait avant l’organisation forestière , opérer un jour la destruction des forêts et la ruine du pays; mais la surveillance soutenue et éclairée des agens lui a paru autoriser assez de confiance pour qu’on pût permettre SA*J l’essartage à feu couvert dans les parties vides et de- garnies J’ où le sol s’est gazotiué, et il l’a considéré T dans Oè cas, comme pins avantageux aux habitant, et n’entraînant pas plus ■d’rncQflvgniens que celui à feu courant, et même moins onyprpcède avec toutes les précautions qui viennent d’être indiquées. C’est par suite de ces renseignetnens et des observations de M. le préfet des Ardennes, que l’Administration des forêts a demandé que le sartage à feu courant fût permis dans les ooupes à blanc -ét t werfl; en flamand ? wilgé , wcde^_ en'esj'iagnq), sauze, ialgaeiro-; en ariglalS, y/îïïoyv, -wtlhfç, w/- tàyf eu swédcfis, M*idéf en angloesaxon, ysitltig. «La plupart de' ces dénominations, dit Poinsynetde Lirry ,sans en excepter l'hébraïque, signifient l’arbre hespérien, l’arbre de la nier occidentale > car ivid, dans les difFérensidiomes gothiques, désigne l’Occident,et quelquefois l’Océan, considéré comme le lit du soleil couchant. » Le mot saule, est-il dit dans là nouvellè édition dés Arbres et arbustes de Diihàmel, parait avoir, été emprunté du mot latin salirçy sauter, s’élancer, à cause de l’accroissement rapide de ces arbres, qui semblent s’élancer 625 perches de première classe, du produit, chacune , de 7 fagots ayant 1 mèt. 20 centimct. de long sur j 5 centimèt. de large; ce qui fait » 1,000 idem de deuxième classe, produisant, chacune, 3 fagots. 3 ,000 >3 1, 6^5 idem de troisième classe, ci. . i, 6 î 5 Total.9,000 » Le produit d’un bon hectare de saules têtards, dans la force de leur âge , est donc, tous les 8 ans, de 9,000 fagots, équivalant, d’après les expériences que j’ai répétées, à 200 stères et 2,725 fagots; ce qui donne pour le produit d’un hectare , en 100 ans, la quantité de ii2,5co fagots, ou 2,5oo stères et 34,000 fagots. Ce produit étonnant est bien au- dessus de tout ce que peut rapporter, dans le même laps de temps, uft.hectare de haute futaie. Le bois de pin , qui , de toutes les essences , produit le plus de bois en futaie, ne saurait donner , dans les meilleurs fonds , et parfaitement traité, que 1,700 stères et 5,000 fagots en 120 ans par hectare. Il s’agit, à la vérité, dans ce calcul pour les saules, d’un hectare de la meilleure qualité ; mais j’observerai aussi qu’il est encore au-dessous du produit réel, parce que, dans tous les calculs de ce genre, j’aime mieux rester au-dessous de la vérité que de la dépasser. On doit être surpris, vu les avantages de semblables saussaies , de trouver des propriétaires et des communes assez indifférens pour 11e pas chercher à utiliser de cette manière beaucoup de terrains aquatiques, dont la plantation 11e leur coûterait que quelques milliers de plançons. » M. de Perthuis a comparé le produit d’un arpent de saussaie bien placée, bien plantée et bien conduite , avec celui d’un arpent de taillis placé sur un bon fond; il a trouvé qu’à 14 ans le produit du premier était à celui du second dans le rapport de 8 à 1 , et qu’à 4 aiis le produit d’un arpent d’osier était à celui d’un arpent du même taillis dans le rapport de 4 à 1. Mais cet auteur veut qu’on étête le saule pour le rendre susceptible du plus grand produit, et son calcul a été fait sur des saules ainsi conduits. Au surplus, il observe , avec raison , que toutes les localités 11e sont pas favorables à l’établissement des saussaies; que par-tout où le bois de chauffage est à vil prix, il n’y a point d’avantage à en établir; qu’aussitôt que la corde vaut 12 à i5 fr. sur place, il est utile d’en élever pour son usage; que lorsqu’elle est plus chère, on peut en faire un objet de spéculation, sur-tout dans les pays vignobles. Comme arbres d’agrément, les saules figurent avec avantage dans les jardins anglais. 11 y a peu d’arbres, dit Duhamel, d’un plus beau port qu’un saule vigoureux à qui l’on a ménagé une belle tige. Ils peuvent servir à décorer les parties marécageuses des parcs ; car si le lieu est trop humide pour qu’on puisse s’y promener, on a du moins l’agrément d’avoir de beaux points de vue. Le feuillage argenté du saule blanc est très-agrcable à l’œil. Le saule- pleureur ou de Babylone, dont les rameaux nombreux et flexibles pendent jusqu’à terre, a un aspect très pittoresque et très-propre à l’embellissement des parcs. On le plante au bord de 6 eaux et dans les lieux solitaires. C’est aussi l’arbre consacré aux tombeaux. Culture. Les saules se multiplient par leurs semences et sur-tout de boutures et de drageons. On en trouve quelquefois des milliers de plants dans les terres, les prés, et sur les bords des ruisseaux, qui proviennent de graines répandues naturellement. Mais on ne fait point de semis de saules, parce qu’ils reprennent très-facilement de boutures. Terrains , climats et situations. — Les saules se plaisent dans les lieux les plus humides, sur les bords des ruisseaux, des mares et des ravins, et dans la terre des marais; cependant ils ne profitent pas très-bien quand ils sont submergés ou plantés dans un fond de tourbe. On voit des saules dans toutes les situations et dans tous les climats. Des boutures. — V. Bouture , et ce que nous en avons dit en parlant de la culture des peupliers. Duhamel recommande les précautions suivantes quand on plante des saules dans des prés, a Lorsqu’on a mis en terre les plantards, c’est-à-dire des boutures de 10 à 12 pieds de haut sur au moins 6 pouces de circonférence vers le milieu , il faut faire à 2 ou 3 pieds de distance des plantards un fossé dont on rejette la terre du côté des plantards ; si ces fossés retiennent en partie l’eau , on peut être assuré que les saules y viendront à merveille. 33 Pour faire une plantation de saules, on coupe des perches pendant l’hiver, on met le pied de ces perches dans l’eau. Au printemps, avant que les saules aient poussé, on réduit ces perches à 10 ou 11 pieds de longueur ; on en appointit le gros bout avec une serpe, et pour les planter, on fait des trous en terre avec une pièce ou grosse cheville de fer qu’on enfonce à coups de masse; on place ensuite dans ces trous le gros bout des plantards jusqu’à tin pied et demi ou deux de profondeur, afin que le vent ne les renverse pas; au reste, il faut'bien prendre garde de ne point meurtrir l’écorce des plantards, car il se formerait des chancres aux endroits offensés. 33 Quoique les saules soient des arbres aquatiques, quelques espèces qu’on nomme osiers, ne laissent pas de venir assez bien dans les vignes; mais alors on les étête à un demi-pied de terre, et on les plante de houssines grosses comme le doigt. 33 On plante les osiers que les vanniers emploient de la même manière que l’on plante la vigne ; il faut que le terrain soit élevé de 2 à 3 pieds au-dessus de l’eau et entouré de bons fossés ; on leur donne un labour aussitôt que l’on a cueilli l’osier, et dans le courant de l’année, on a soin de détruire l’herbe qui croît dessous. Ces osiers n’ont point de tige; on les étête comme ceux des vignes. 33 Les saules qu’on plante dans les vallées sur la berge des fossés peuvent être élevés à haute tige ou étêtés à 8 ou 10 pieds de haut : alors on les appelle têtards. >3 Les saules à feuilles larges, qu’on nomme mar- * IOO -rfi SAU veaux , se plaisent, ainsique les saules ordinaires , dans les marais; cependant on en voit plusieurs espèces qui subsistent dans des terrains assez secs. M. de Perthuis indique une très-bonne méthode de plantation, dont voici les principes : prendre les plantards sur des saules bien venans et cjui n’aient pas été tondus depuis 4 jusqu’à 6 ans; faire les trous de i 5 pouces de profondeur dans les terrains sains, et seulement de 12 dans les terrains humides; leur donner cependantun peu plus deprofondeurpour établir dans le fond un petit lit de terre meuble avant d’y introduire le plantard; fouler légèrement ce lit de terre avec le bout inférieur du plantard , afin que sa coupe s’applique plus immédiatement sur cette terre; remplir le vide du trou avec de la terre meuble qu’on foulera légèrement; butter le plant de 12 à i 5 pouces de hauteur pour le préserver du liâle et éloigner les animaux; espacer à 10 pieds en tous sens dans les plantations isolées, à 10 pieds sur un sens, et à i 3 sur l’autre dans les saussaies pleines; armer les plantards d’épines pour les garantir du frottement des bestiaux; planter plutôt en automne qu’au printemps; visiter les saules tous les deux mois dans la première année, pour les ébourgeon- ner jusqu’à un pied de leur tète, et continuer ce soin pendant 2 ou 3 ans; tondre les saules de très- près et à la hachette, en é\itant de fendre la tige, pour prévenir l’introduction de l’eau, qui gâterait le cœur de L’arbre; dans l’hiver qui suit la tonte des saules, éclaircir les pousses de l’année; ne les tondre qu’à la cinquième an née pour la première fois. Le Nouveau dictionnaire d’agriculture ajoute qu’il faut préférer au pieu de bois ou de fer dont on se sert pour former les trous destinés aux plantons, une pince de fer terminée en fer de lance, avec laquelle on perce les trous par un mouvement giratoire; que par cette méthode la terre est moins tassée autour du plançon, mais que le meilleur de tous les moyens est de faire des trous avec la bêche ou la pioche. Exploitation. — Les saules s’exploitent principalement par émondes. O11 a beaucoup discuté sur la question de savoir s’il valait mieux conserver les saules dans toute leur hauteur que de les établir en têtards. Certainement cette dernière méthode a des inconvéniens graves , principalement celui d’accélérer la pourriture du cœur de l’arbre; mais elle 1 aussi des avantages tels qu’elle prédomine par-tout, et par exemple celui de former des taillis hors des atteintes des bestiaux, et sous lesquels on peut établir d’autres cultures, ou au moins trouver des pâturages. Une saussaie produit peu par sa coupe; mais cette coupe se renouvelle fréquemment, de sorte qu’en définitive on en tire plus de profit que du même nombre de pieds d’une autre nature de bois. Sa dépouiLle est toujours d’un débit assuré, sur-tout dans les pays vignobles : c’est ce qui fait qu’on en forme par-tout où le terrain le comporte. — C’est en automne , ou pendant les jours tempérés de l’hiver qu’on doit tondre les saules; ceux qui attendent pour le faire que la sève soit en mouvement, occasionnent la déperdition d’une grande quantité de cette liqueur, qui ne peut pas, par conséquent, être employée à la reproduction des bour- SAU geons : aussi, dans ce cas, les pousses sont faibles et souvent le pied meurt. Les branches coupées doivent être dépouillées de leurs rameau* et portées sous des hangars. Lorsqu’on les laisse à l’air, la végétation s’y conserve en activité, et la dessiccation en est d’autant retardée. Cependant lorsqu’on veut faire des échalas avec ces branches , il est mieux de ne les pas rentrer, parce que cette même végétation facilite leur écorcement, opération qui concourt avec leur dessiccation parfaite à la durée de ces échalas. Il est d’observation qu’il ne faut les employer que La seconde année après leur coupe, si on veut en tirer tout le parti possible. Généralement on abandonne les saules en têtards à eux-mêmes, et après leur tonte ils se garnissent, la première année, d’une immense quantité de jets, qui se nuisent réciproquement. La théorie et la pratique prouvent qu’il est très-avantageux de supprimer les plus faibles entre les deux sèves, ou, si on ne l’a pas fait à cette époque, pendant L’hiver suivant. On fait gagner au moins une année aux arbres qu’on conduit ainsi. M. Belgrand, ancien conservateur des forêts, à Troyes, nous a communiqué, en 1811, des réflexions sur les plantations de saules et de peupliers, qui ombragent les rives de la Seine et qui décorent les campagnes voisines de Troyes ; il trouve vicieuse la méthode qu’on suit pour les exploiter. On les émonde tous les trois ans, et c’est ordinairement dans le mois de novembre ou de mars. Si le brin entier ne doit pas faire un plancon, il est partagé et coupé sur 8 pieds de longueur, pour servir d’échalas à la vigne. Il est rare qu’une seule tète de saule donne plus de six branches, et que la hauteur de la branche donne plus de deux échalas. Plantés un mois ou deux après l’exploitation, ces échalas ont encore toute leur eau de végétation : aussi, dès que la sève se met en activité, ils poussent des bourgeons et leur tête se charge de feuillage. Ces tiges, qui sont naturellement d’un bois tendre, enveloppées de leur écorce et remplies de sève, se pourrissent si promptement, qu’au bout de 3 ans elles ne sont plus capables de soutenir la treille, et qu’il faut les renouveler. Pour la culture de la vigne, il serait assez sage de consulter la méthode des pays dont les vins fameux font la réputation et la richesse. En Bourgogne , le vigneron choisit le paisseau le plus mince, pour qu’il ôte le moins qu’il est possible le soleil à ses raisins. Par la même raison, en Champagne, l’échalas n’est pas élevé de plus de 2 pieds et demi; il n’excède jamais la hauteur du cep. Si on trouve que , dans ces deux vignobles, on a raison de penser ue l’aspect et la chaleur du soleil peuvent seuls onner la maturité aux raisins et la qualité aux vins, que devons-nous penser de la méthode des vignerons troyens quand nous voyons déjà leurs rayons si rapprochés, leurs tailles si élevées, et que pour les soutenir ils y plantent des échalas de 8 pieds, épais d’un pouce et plus de diamètre, et qui encore se chargent de branches et de feuillages, lesquels nécessairement privent le raisin de la vue du soleil. Ajoutons à ce dommage porté aux raisins qu’il y a encore, dans l’exploitation des saules et des SAU SAU 797 peupliers, une perte considérable pour le propriétaire qui le*'& plantés} etiponr le vigneron qui en emploie lz tenture. ‘_d> La méthode la meilleure et la plus profitable aux propriétaires et aui vignerons , est de ne couper et d’émonder les saules que tous les 5 ans. A cet âge, le brin est plus élevé, et on y trouve plusieurs longueurs d’échalas ; il est beaucoup plus gros, et chaque morceau, scié sur la longueur de l’échalas, peut être fendu en huit, en six et en quatre : de sorte qu’au lieu d’un seul échalas que donne la branche coupée à l’âge de 3 ans, elle en donnera quatre, six et huit, coupée à 5 ans. 11 arrive donc qu’une seule branche qui, émondée à l’âge de 3 ans, produit deux seuls échalas, produira trois longueurs, lesquelles, refendues, donneront au propriétaire 24, 'fi et au moins 12 échalas. Voilà donc un bénéfice considérable, qui dédommage grandement du retard d’une et de deux années de coupe. Peut-être les échalas seront-ils plus minces, et croira-t-on qu’ils dureront moins. On se trompe, parce que si on les laisse sécher pendant 18 mois ou 2 ans, avantde les porter dans la vigne, le bois en deviendra aussi dur que le chêne bien sec, et ils serviront pendant 10 à 12 ans avant qu’on ait besoin de les remplacer. Mais si le vigneron, au lieu d’avoir des échalas de 8 pieds de longueur, les rabaissait à la hauteur de la vigne , c’est-à-dire à 4 et 5 pieds, il doublerait encore le produit de la branche de saule. Je me résume par ce calcul : 1°. La branche d’un saule tondu à l’âge de 5 ans, au lieu de 2 ou 4 cclmlas qu’elle donne à l’àge de 3 ans, et si les échalas, au lieu de 8 pieds de haut, étaient réduits à 4 ou 5 pieds, fournirait 3 o échalas et plus. 2°. Les échalas une fois coupés, refendus et pelés, seraient mis en bottes bien serrées par des liens aux deux bouts et au milieu ; ils seraient exposés à l’air, et attendus 18 mois ou 2 ans avant qu’on s’en servit, et dans l’état de dureté qu’ils auraient acquis, ils résisteraient pendant 10 à 12 ans aux injures de l’air avant qu’on eût besoin de les renouveler. 3 “. Les échalas étant plus minces, moins élevés , et ne se chargeant plus de feuillage, ils ôteraient d’autant moins la vue et la chaleur du soleil aux raisins, qui, en accpiérant leur maturité plus tôt, auraient aussi plus Je qualité. Qualités et usages. — Les saules 11e se recommandent pas par des qualités éminentes. Leur bois est mou , peu durable, peu propre à des ouvrages importans , ou qui exigent de la force et de l’élégance, et il donne un assez mauvais chauffage; mais les usages auxquels on emploie ce bois sont si nombreux et si variés, qu’il rend de très-grands services à l’économie rurale. On en fait de la petite charpente, de la volige, quelques ouvrages de menuiserie, des caisses d’emballage, des échalas , des fagots pour le chauffage, pour la cuisson du pain, du plâtre et de la chaux; des liens, des corbeilles, des fascines sur les bords des fleuves et des rivières, etc. Les cendres sont très-riches en potasse; le charbon de plusieurs espèces est propre à la fabrication de la poudre à canon; l’écorce-est employée en-médecine, dans les tanneries et par les-teinturierfe. Les feuilles servent à la nourriture'des ajmrfaux'.-' Nous allons passer à la description des principales espèces de saules, que nous diviserons en deux sections; la première, contenant les espèces à feuilles étroites, et la seconde les espèces à feuilles ovales- arrondies. A. Espèces à feuilles étroites. Le Saule blanc ou commun, salix alba (V. la PI. XXIII) , est un arbre de ia deuxième grandeur, qui s’élève souvent à 5 o pieds et plus sur une circonférence de 4 à 5 pieds; on en voit même qui ont 7^8 pieds de tour. Il a l’écorce grise et finement gercée 3 ur le vieux bois, jaunâtre et unie sur le jeune; les racines nombreuses et peu profondes; les feuilles longues de 3 à 4 pouces sur un demi- pouce à un pouce de large, lancéolées, pointues, dentées profondément sur les bords , pourvues sur les dents de petites glandes de couleur brune, blanchâtres et soyeuses en dessous, et portées par de courts pétioles; les chatons longs et grêles; les sexes séparés sur des pieds différens comme dans presque tous les saules; il fleurit dès les premiers jours du printemps, à l’époque où les feuilles paraissent. Ses graines mûrissent au mois de juin. Cette espèce de saule se plaît dans les terrains un peu légers et frais. Il est commun dans les bois, le long des chemins , dans les environs des bourgs et des villages, sur les bords des rivières, des ruisseaux , des fossés et dans tous les lieux dont le sol est un peu frais. Il s’exploite très-avantageusement en têtard, parce que, de toutes les espèces de saules, c’est celle qui croît le plus vigoureusement et qui dure le plus long-temps soumise à ce genre d’exploitation. C’est à ce saule que doit se rapporter la plus grande partie de ce que nous venons de dire en parlant de la culture et de l’exploitation des saules. Une belle saussaie, plantée de têtards sur le bord des eaux et dans les prairies, bien entretenue de fossés, et dont les arbres sont nettoyés des branches inutiles, est d’un grand produit pour le propriétaire , et d’un effet pittoresque dans les cant - pagnes. 11 11’y a point d’arbre qui parvienne à une semblable grosseur en aussi peu d’années , lorsqu’on ne lui retranche pas la tète, et lorsqu’il est planté dans des terres humides. Pour faire une bonne plantation , 011 emploie des branches de six ans, que l’on plante à la distance de 8 pieds si on veut avoir des arbres de tige, et à la distance de 1 6 pieds, si on doit les exploiter par émondes. Le bois du saule commun est blanc et mou; il pèse par pied cube , d’après la moyenne proportionnelle de différentes expériences, savoir : vert, 70 livres 9 onces; à demi sec, 5i livres 14 onces, et sec, 32 livres 12 onces : d’où il suit qu’il perd plus de la moitié de son poids par le dessèchement. Va- rennes de Fenille a trouvé qu’il avait le grain uni et homogène , qu’il perdait un peu plus d’un seizième de son volume en séchant. Cet auteur pense qu’on tirerait un parti plus avantageux de cette espèce de SAU SAU 79 8 saule, si on ne l’élronconr.ait pas, et il rapporte , d’après le baron dePoétîerlé, qu’on élève beaucoup de saules dans les environs de Gand et de Bruges, qu’on n’étète point et qu’on vend plus cher que le chêne, par l’usage qu’on en fait pour des cabestans, pour les flûtes et les bélandres. On emploie le bois du saule blanc , lorsqu’on n’en a pas d’autre, à quelques légères charpentes à l’abride l’humidité; on en lait des planches pour volige, des échalas , des cerceaux, delà marchandise pour les vanniers, des fagots pour chauffer le four, cuire le plàtreet la chaux. Comme bois de chauffage , il est d’une qualité très-médiocre; il se consume vite, dégage peu de chaleur, et ses charbons ont une grande tendance à s’éteindre. Sa valeur, sous ce rapport, n’est à celle du hêtre que dans le rapport de 808 à \ 5 ^o. Cependant les émondes de cet arbre sont d’une grande ressource dans les campagnes pour le chauffage et pour le four. Ce charbon est bon pour les crayons et la poudre à canon. Les cendres sont très-riches en salin , elles en contiennent plus d’un dixième de leur poids. L’écorce un peu avancée de cet arbre est astringente, mais point balsamique. Sa décoction est antiputride : celle des jeunes rameaux, prise en infusion , est employée dans les fièvres intermittentes, et contre les vers lombrics. On obtient de la même écorce une couleur rouge sanguine," elle sert aussi à préparer les cuirs fins dont on fait des gants. Les feuilles sont mangées par les chèvres, les vaches et les montons , quoique avec moins d’avidité que celles du marceau. On peut les leur donner fraîches ou sèches. Le saule blanc est très-propre à la décoration des ; parcs et des jardins, où il produit un bel effet par son feuillage d’un blanc verdâtre, argenté et soyeux. Le Saule-Osier j aune , vulgairement amarinier, bois jaune, osier jaune , salix vitellina (\ . la fi g ., PL XXIJP), est un joli arbrisseau de 10 à 12 pieds, dont l’écorce est jaune sur les jeunes rameaux pendant l’été , et d’une couleur orange pendant l’hiver; celLe des vieilles tiges est grise et gercée. Ses feuilles ressemblent beaucoup à celles du saule blanc, seulement elles sont un peu plus courtes, plus étroites et moins blanches en dessous. 11 fleurit en même temps que ses feuilles se développent, et ses semences s’échappent vers le mois de juin. 11 exige un bon terrain , peu profond et moyennement humide. Dans les sols trop aquatiques et dans ceux qui sont arides, il ne réussit pas bien, ou du moins il n’est pas de longue durée. Nous avons dit, en parlant de la culture des saules en général, qu’on plantait les osiers comme la vigne , dans des ter- tains élevés de 2 à 3 pieds au-dessus de l’eau et entourés de fossés, et qu’on leur donnait un labour aussitôt après l’exploitation. On le multiplie beaucoup et avec un grand avantage sur les bords des rivières et des ruisseaux, pour raffermir et exhausser les terres, et former des digues contre les débordemens des eaux. Il fait un très-bel effet par la couleur dorée de ses rameaux et donne des produits très-abondans par la coupe qu’on peut en faire tons les ans. C’est de tous les saules le plus généralement employé, le plus utile et le plus profitable au propriétaire. On l’exploite longtemps comme têtard. On n’emploie les rameaux qu’après les avoir écorcés, et pour cela, les vanniers les conservent en bottes dans leurs caves, jusqu’à ce qu’ils poussent : alors ils emportent facilement l’écorce en la passant dans une machine de bois. Ils assujettissent avec des liens ces osiers écorcés par bottes , pour empêcher qu’ils ne se contournent en différens sens. Lorsqu’ils veulent les employer , ils les mettent tremper dans l’eau pour les rendre plus souples. Le bois de l’osier jaune est blanc , tenace, flexible et très-propre à faire des corbeilles, des liens et beaucoup d’autres ouvrages économiques. Quant à sa qualité pour le feu, elle est très-médiocre, comme celle de tous les saules. Schaffer a fabriqué, avec les aigrettes des semences, un papier grossier. Son écorce peut servir dans la teinture, étant traitée convenablement. Son extrait est amer , astringent et fébrifuge. Le Saule-Osier pourtre, salix purpurea , est aussi un joli arbrisseau de 6 à 7 pieds, par conséquent un peu plus faible et plus petit que l’osier jaune; il vient spontanément dans les vallées et les forêts humides, et on le multiplie aussi avec avantage pour ses ïameaux flexibles , qui servent aux mêmes usages que ceux du précédent. Son tronc est glabre, cendré; ses rameaux sont nombreux, effilés, très-allongés, fort souples, glabres, alternes, les supérieurs quelquefois opposés. Ils sont, dans leur jeunesse, d’une couleur rouge ou purpurine ; ils deviennent jaunâtres avec l’âge et cendrés dans leur vieillesse. Les feuilles, plus grandes que celles du saule blanc, sont sessiles , alternes ou opposées, ovales, lancéolées ou linéaires, dentées en scie à leur partie supérieure, rétrécies et entières à leur partie inférieure, glabres en dessus, d’un vert glauque et bleuâtre en dessous, longues d’environ 3 pouces sur un pouce de large; les feuilles supérieures très- souvent opposées. On se sert de cet arbrisseau pour empêcher l’é- boulement des terres sur le bord des rivières, pour fixer la mobilité des sables et pour former de bonnes haies. Le Saule fragile ou cassant , salix fragilis, est un arbre de la troisième grandeur, mais qui souvent ne dépasse point la hauteur d’un simple arbrisseau. Les jeunes rameaux sont revêtus d’une écorce rougeâtre, et les tiges d’une écorce grise et gercée. Les feuilles sont alternes, lancéolées, longues de 3 à 5 pouces, larges d’un demi-pouce à un pouce, pointues, luisantes en dessus, mates en dessous, et bordées de dents glanduleuses. Les pétioles, longs de 4 â 6 lignes, sont entourés, à leur base, de stipules rondes, qui tombent fort tard. Les boutons renferment trois feuilles ; les fleurs paraissent en même temps que les feuilles. Les semences sont mûres et s’envolent dans le mois de juin. Le bois de cette espèce de saule est très-cassant. Les jeunes rameaux ne conviennent donc point à la vann'-rie. Il a peu de qualité pour le chauffage ; SAU SAU mais il est propre à faire des treillages d’enclôture , et on s’en sert pour chauffer le four et dans les usinés. Son écorce est employée, en guise de quinquina, pour la lièvre; elle sert aussi pour le tannage des cuirs. Les fleurs plaisent beaucoup aux abeilles ; les feuilles sont mangées par les vaches; les racines fournissent une couleur pourpre à l’aide d’une forte décoction. Cet arbre peut, ainsi que le saule blanc, être cultivé pour l’ornement des jardins. Le Saule a feuilles d’amandiee, salix amyg- dalina (V. la Jig-, PL XXIV), est un arbre de la troisième grandeur, qui s’élève à 18 pieds; mais de même que le précédent, il reste souvent en arbrisseau. L’écorce des jeunes rameaux est unie et verte, et celle des vieilles tiges, grise et finement gercée. Les feuilles sont lancéolées, longues de 3 à 4 pouces sur tin demi-pouce à un pouce de large, très- finement dentées, et en général assez semblables aux grandes feuilles du saule cassant, avec la seule différence qu’ellessont plus larges et moins étroites vers le pétiole. Celui-ci est rouge et quelquefois accompagné de deux stipules petites, oblongues et dentées ; ce que l’on ne voit point sur les vieilles branches d’en bas. Chaque bouton ne contient qu’une feuille; il est d’un brun luisant et terminé ptar des fils soyeux. Les fleurs paraissent au mois de mai, et les semences mûrissent en juin et juillet. Ordinairement on l’exploite comme menu bois; ses jeunes rameaux sont employés par les vanniers. Du reste, le bois donne un mauvais chauffage. Le Saule flexible, ou Saule a feuilles longues, ou osier blanc, osier noir, osier vert, salix ■viminalis (Y. la fi g ., PL XXIV), est un arbre de la troisième grandeur, qui s’élève jusqu’à 12 ou 1 5 pieds, mais qui forme ordinairement le buisson, parce que, ainsi que tous les saules, on ne le laisse pas croître en hauteur. Il croit spontanément sur les bords des ruisseaux et des rivières. L’écorce des jeunes rameaux est unie, verdâtre et cotonneuse, celle des vieilles tiges, grise et gercée. Ses rameaux sont longs, flexibles et un peu velus vers la pointe. Les feuilles, dans leur entier développement, sont plus longues que celles d’aucune autre espèce de saule ; elles ont de 5 à 7 pouces de long sur g à 12 lignes de large; elles sont lancéolées, pointues, un peu ondées sur les bords. La surface supérieure, d’un vert clair, est unie et marquée de sillons protonds ; l’inférieure est, au contraire , couverte d’un petit duvet blanchâtre , et relevée par des nervures qui se prolongent sur toute son étendue. Les jeunes feuilles sont accompagnées destipules longues,qui tombent ensuite. Cette espèce fleurit en même temps qu’elle développe ses feuilles, et répand des semences en juin et jui llet. Son bois est souple, qualité qui rend ses rameaux propres aux ouvrages des vanniers et à former des clôtures et des treillages; mais il est de mauvaise qualité pour le chauffage : cependant on l’emploie pour le four. Ses feuilles spnt bonnes pour la nourriture des bestiaux ; mais elles sont souvent dévorées par les insectes. Le Saule-Hélice, salix hélix , est un arbrisseau qui croit sur les bords des fossés, des ruisseaux et 799 des étangs, où il forme constamment le buisson sans présenter de tige principale et sans s’élever beaucoup au-dessus de 4 pieds. L’écorce sur les jeunes branches est jaune ou rougeâtre et unie; mais sur les vieilles branches elle est rude et d’un gris brun. La structure des feuilles est délicate. Elles sont ovales-lancéolées, finement dentées et plus larges vers la pointe , étroites et unies sur les bords, à leur base, vertes et luisantes en dessus, de couleur bleue et mate en dessous, longues de 2 pouces et demi à 3 pouces sur 6 à 9 lignes dans leur plus grande largeur. Les pétioles n’ont qu’une ligne et demie de long; les feuilles sont attachées l’une près de l’autre sur le haut des rameaux, et par conséquent souvent opposées, tandisqu’elles sont alternes sur les vieilles branches. Les fleurs j araissent en même temps que les feuilles; les fleurs mâles n’ont qu’une seule étamine. Les semences s’envolent dans les mois de juin et de juillet. Les rameaux sont unis et souples; ils présentent souvent des excroissances en forme de roses, accident qui est dû à la piqûre des insectes. Ce saule est employé par les vanniers pour faire des liens. Le Saule a feuilles de romarin, salix rosma- rhùfolia , est l’une des plus petites espèces de saules; il s’élève rarement à la hauteur de 3 pieds. Il croit dans les marais , les fonds aquatiques les plus bas, et on le trouve fréquemment le long des fossés pratiqués dans ces endroits. L’écorce des jeunes pousses est d’un jaune brun , celle des vieilles est verdâtre. Les feuilles ressemblent à celles du romarin, seulement elles sont un peu plus longues, plus larges et moins épaisses. Elles sont alternes, luisantes, re- couvertesen dessous d’un duvet fin et gris, filles ne sont point accompagnées de stipules. Les fleurs paraissent avant les feuilles, et les semences mûrissent dans le mois de juin. Les rameaux sont minces, souples et propres à tous les ouvrages de vannerie; on les emploie encore à faire des liens pour les moissons. Le Saule-Pleureur ou de Babylone, ou Saulf.- Parasol , salix babylonica (\ . la fg-, PL XXIII), est un arbre de moyenne élévation, dont les feuilles sont étroites, pointues, lancéolées et d’un vert tendre; les rameaux nombreux, très-longs, flexibles et pendant jusqu’à terre. 11 est originaire du Levant; on le plante aux bords des eaux, dans les lieux solitaires, dans les parcs et jardins d’agrément, près des mausolées et des tombeaux. 11 est l’emblème de la douleur. L’accroissement de cet arbre est très-rapide, mais il n’est pas de longue durée, et sa taille n’excède jamais 18 à 20 pieds. Nous ne possédons en France que l’individu femelle. Jusqu’à présent le saule-pleureur n’a été cultivé que comme arbre d’ornement. B. Saules à feuilles larges-arrondies. Le Saule-Marceau ou vorde, ou boursault , ou grande boursaude, salix cuprea (Hoffm.) (V. la fg-, PL XXIII), est un arbre dont la grandeur et l’aspect varient à l’infini suivant les terrains et les situations. Sa taille s’élève quelquefois à 4 ° 8oo SAU >j uatai. : ;ii ü ' . 5 fl pi005 2°. Que, dans le façonnage à la hache, il ne peut être évalué à moins de i 5 et demi pour ioo : en sorte qu'il y a i 5 pour 100 de bénéfice réel sur la matière, eu débitant à la scie; 3 °. Que sous le rapport de l’économie du temps, il faut moitié moins de temps pour débiter à la scie que pour façonner à la hache. 11 est vrai que les ouvriers à qui on abandonne les copeaux augmenteront le prix de la main-d’œuvre, s’ils en sont privés en employant la scie ; mais cette augmentation sera loin de balancer les avantages que Te marchand et le propriétaire de bois trouveront dans l’exploitation à la scie. Cela devient sensible quand on considère que , sur 3 oo,ooo cordes de bois présumées nécessaires à la consommation annuelle du département du Haut-Rhin , l’exploitation à la hache en fait perdre 45 ,000. C’est pour prévenir une perte de combustible aussi énorme, que le magistrat qui administre ce département, a pris la sage mesure d’ordonner qu’à l’avenir les bois de chauffage seraient débités à la scie dans les forêts appartenant aux communes, ainsi qu’ils doivent l’être dans les forêts domaniales de cet arrondissement. Comme il y a encore quelques pays où l’on se sort de la hache pour le débit des bois de moyenne grosseur, il serait utile qu’on y connût les abus de cet usage; car, bien que l’économie du temps et du combustible ne soit pas aussi considérable pour les bois de moyenne grosseur, que pour les arbres d’une circonférence égale à celle des sapins sur lesquels on a opéré, il 11’en est pas moins constant qu’il y aura encore beaucoup de bénéfice à préférer la scie pour leur réduction en cordes. En général, on ne devrait employer la serpe ou la hache pour débiter les bois de chauffage, que lorsque l’amputation peut s’en opérer sans soustraction de matière. On pense, d’après ces observations, qu’il ne peut qu’être très-utile de faire connaître les résultats des expériences faites d’après les ordres de M. le préfet du Haut-Rhin. SCIERIES. V. Moulins à scier le bois et Usine. SCION , du latin scindere, scissum, retranché, coupé, séparé, scié. C’est, en agriculture, un petit brin, un petit rejeton tendre et flexible d’un arbre ou d’un arbrisseau. On dit: Un scion d’osier, de pêcher. Un scion prend le nom de branche lorsqu’il 11e pousse plus. Il semblerait, d’après l’étymologie du mot, qu’on ne devrait l’appliquer à un brin de la nature dont SEC nous parlons, que lorsqu’il est cûupé, ét' Ü est probable que c’est par extension qu’il àtétédoniiê'hux jets qui tiennent encore à l’arbre. 1n0 SCOL 1 TE. V. Insecte. l,fH SÉCHERESSE. Ce mot indique l’état, là qualité de ce qui est sec , comme on dit La sécheresse de la terre. Il se dit aussi d’une manière absolue de la disposition de l’air et du temps quand il fait trop sec. Les terrains sablonneux au travers desquels l’eau passe comme dans un crible, et certains sols quart- zeux, crayeux ou argileux, sur lesquels l’eau coule sans y pénétrer, sont ordinairement plus secs que les terrains qui renferment une certaine quantité d’humus, parce que cet humus s’imbibe d’eau et la retient avec force. Après ces terrains chargés d’humus, ceux qui conservent le mieux l’humidité, sont composés par moitié à-peu-près de sable et d’argile. Quant aux terrains très-argileux , ils se pénètrent trop difficilement d’eau et sont trop sujets à se crevasser à leur surface , pour ne pas éprouver les mauvais effets de la sécheresse. Une contréeest d’autant plus exposée à la sécheresse, qu’elle est, toutes choses égales d’ailleurs, plus dépourvue d’arbres et de forêts. Les moyens de remédier à la sécheresse d’un terrain quand on ne peut lui procurer de l’eau, est (l’y faire des plantations d’arbres, qui l’abritent contre les rayons du soleil ou l’action des vents. S’il s’agit d’y faire des semis d’arbres, on peut employer le moyen indiqué par M. Bosc, de planter en rayons des topinambours , qui s’élèvent assez haut pour fournir de bons abris, et qui résistent d’ailleurs très-bien à la sécheresse. Les semences de céréales mêlées aux semences de bois fournissent aussi des abris aux jeunes plants; mais on ne doit couper les récoltes qu’à une certaine hauteur de la terre. Enfin on peut semer ou planter avec les bois qui craignent la chaleur des espèces de prompte croissance, et qui ont la propriété de fournir beaucoup d’ombre. V. Abri, Dune. La sécheresse est très-nuisible aux semis, en retardant la germination des graines, en les exposant plus long-temps au ravage des rongeurs et des oiseaux, en les empêchant même de lever, en privant, les racines tendres et faibles des jeunes plants de la nourriture qui leur est nécessaire. Quoique les arrosages soient coûteux, il faut, autant que possible, ne pas les négliger, sur-tout pour les semis, parce que l’obligation de les rétablir entraîne encore plus de dépenses. Les grands arbres souffrent aussi de la sécheresse, de même que de l’excès de chaleur. Leurs pores étant ouverts, la transpiration est trop forte, les feuilles ne reçoivent plus de nourriture, les arbres languissent et quelquefois périssent. On remarque dans les arbres que l’on abat des couches ligneuses plus ou moins serrées, plus ou moins épaisses, qui indiquent la différence des années plus ou moins sèches. On a peu de moyens à employer dans les forêts pour prévenir les dommages que cause la sécheresse. Tout ce que peut faire le forestier, c’est de conserver , dans les coupes exposées à en éprouver les ef- Sof> SÉ€ têts , un plus grand nombre de baliveaux, sauf à les taire exploiter à la première révolution, si le sol ne peut pas nourrir de la futaie. V. Exploitation. A l’égard des futaies qui s’exploitent suivant le système des éclaircies , il faut avoir soin de n’enlever les arbres réservés pour le réensemencement naturel, que lorsque les jeunes plants sont assez serrés pour couvrir le sol et en empêcher le dessèchement. SÉCHERIE DE GRAINES FORESTIÈRES, et notamment des graines d’arbres résineux. L’ancienne Administration des forêts avait passé un marché avec des entrepreneurs pour l’établissement, à Kaiserslautern, d’une sécherie de graines de pin, de sapin, de mélèze, de bouleau, etc. Cet établissement a beaucoup contribué à répandre dans l’intérieur de la France la culture des arbres résineux. Un nouvel établissement du même genre va être tormé dans la forêt d’Haguenau, département du Bas-Rhin. Mais comme nous ne connaissons pas encore le système d’après lequel cette sécherie sera établie , nous nous bornerons à dire un mot de l’ancienne sécherie de Kaiserslautern, dont nous avons donné la description et le plan dans les Annales forestières de i 8 i 3 , p. 106. Cette sécherie a 8 mèt. 35 centim. de longueur sur 5 mèt. de largeur; elle est bâtie en pierres. Deux poêles en fer chauffent le laboratoire; une cheminée se trouve au milieu ; deux corridors ou avant - bàtimens couverts conduisent à l’ouverture des poêles pour y faire le feu ; ils servent en même temps pour y déposer les pommes dont la semence est sortie , et qui sont destinées à alimenter le feu. Cet établissement ne consomme point d’autre combustible. Les deux poêles ont une hauteur de 83 centim. et un diamètre de 55 centim. ; à ces poêles sont adaptés deux tuyaux ; le diamètre de ces tuyaux est de 1 5 centim. ; ils vont horizontalement jusqu’à la cheminée, qui se trouve placée au milieu du laboratoire; une porte en fer est pratiquée à la cheminée, pour l’entrée du ramoneur. Des échafauds construits avec de fortes lattes servent à porter des claies , qui ont 85 centim. de longueur sur une largeur de 55 centim. ; elles consistent en quatre planches jointes ensemble, dont le bord est de la hauteur de to centim.; le fond est clos par des lattes, qui sont séparées l’une de l’autre par un espace qui n’a pas plus d’un cent., afin que les pommes de pin d’une faible dimension ne puissent passer à travers. Cent trente de ces claies peuvent être placées dans une sécherie, et recevoir chaque fois 4 hectolitres et demi de pommes de pin. Au-dessus du laboratoire, est un grenier plarichéié, où l’on dépose les pommes de pin pour les faire sécher, et les préparer ainsi à passer au laboratoire dans les claies. Procédés employés pour obtenir les graines. La cueillette des pommes de pin peut se faire depuis le mois d’octobre jusqu’au mois de mars; passé cette époque, l’action du soleil et d’un vent chaud et sec en ouvre les écailles et fait partir la graine. Elles sont déposées dans un magasin ad koc } à . sic mesure qu’elles sont livrés par les gens qui en font la récolte pour le compte de l’entrepreneur. Aussitôt après la première livraison , on peut commencer à porter les cônes à la sécherie; on en met dans les claies ci-dessus décrites, jusqu’à une hauteur de y centimètres. Fendant les 6 premières heures , la chaleur doit être modérée et ne doit arriver que jusqu’à20 ou 22 degrés du thermomètre de Réauinur; ensuite elle est portée pendant »8 heures à 24 degrés; après quoi, le feu doit s’étendre. Alors on arrose les pommes de pin , afin que l’humidité en fasse ouvrir les écailles. Cette opération terminée, on rallume le feu ; on porte et on entretient la chaleur pendant i 5 à 18 heures, de 24 à 25 degrés; durant cet espace de temps et par cette chaleur, les écailles s’ouvrent et les graines en sortent; aussitôt que l’on s’aperçoit que cette action s’est opérée, on ouvre les portes et les fenêtres du laboratoire, afin de le refroidir; après quoi, l’ouvrier chargé de la surveillance porte doucement et avec précaution les claies l’une après l’autre sur un échafaud construit pour les recevoir. Il remue chaque claie fortement jusqu’à ce qu’il s’aperçoive que toutes les graines soient tombées au fond de l’échafaud. Cette opération a lieu pour chaque claie séparément. Les pommes de pin étant entièrement ouvertes et dépouillées de leurs graines, on les retire des claies pour les porter dans un endroit à ce destiné, et les faire servir à chauffer les poêles. Lorsqu’il se trouve des pommes non suffisamment ouvertes, on les laisse dans les claies, et on remplace celles qui ont été enlevées. On reporte toutes les claies à leurs places et on rallume le feu ; les mêmes opérations recommencent de la manière qu’elles viennent d’être décrites. Les graines qu’on obtient sont portées et conservées dans des chambres ou greniers aérés. Il existait dans l’arrondissement de Kaiserslautern cinq sécheries, qui pouvaient fournir, dans une bonne année ( c’est-à-dire quand la récolte était abondante), de i 5 à 20,000 kilogr de graines de pin, et dans une année médiocre de 8 à 10,000 kilogr. Mais il arrive souvent que les arbres résineux 11e portent point de graine , et il résulte des observations faites depuis long-temps que dans dix années il y en trois bonnes, trois médiocres et quatre stériles. Un hectolitre de pommes de pin produit de 1 et demi à 2 kilogr. de graines. Les prix de ces graines dans le commerce varient : dans les années abondantes, ils ont été de 2 à 3 fr. le kilogr. ; dans les années médiocres, de 4 h- à 4 fr. 5 o c., et dans les années où il y a eu peu de graines, de 5 à 6 fr. Ainsi on peu admettre pour prix moyen de 3 à 4 fr. le kilogr. Les ouvriers chargés de la surveillance d’une sécherie ne font pas toujours assez d’attention à tenir constamment la chaleur aux degrés convenables ; cependant une chaleur excessive dessèche les graines au point que leur qualité germinative en est altérée. Il est donc absolument nécessaire que l’emploi du feu dans le mode d’extraction employé dans les sécheries , soit calculé et gradué d’une manière certaine et stable. C’est pour cet effet que les entre- SEC SEC preneurs de la sécherie de Kaiserslautern ont fait placer des thermomètres dans cet établissement et réglé les degrés de chaleur comme il a été dit plus iiaut. Dans les premières années de cet établissement, les entrepreneurs expédièrent plusieurs quantités de semences de pin dans diverses conservations; on se plaignit de ce que ces graines n’ctaient pas nettoyées de tous les corps étrangers, ce qui en augmentait considérablement le poids. Sur ces réclamations, l’Administration décida que les entrepreneurs, moyennant une augmentation du sixième du prix fixé, fourniraient les graines de pin sans ailes et bien nettoyées. Nous allons maintenant rapporter les opérations que l’on fait pour désailer ces graines, opérations qui sont extrêmement nuisibles à letlr qualité. Les voici : Pour séparer les ailes de ces graines, on en étend sur le plancher d’un grenier une certaine quantité ; on les humecte et on les remue jusqu’à ce qu’elles soient tout-à-fait humides : alors ces graines ainsi imbibées d’eau sont mises en tas, et y restent plusieurs jours et jusqu’à ce qu’elles soient bien échauffées; après quoi, ces tas sont de nouveau étendus pour les faire ressécher, opération qui en fait sauter les ailes. La raison pour laquelle cette semence se désaile de cette manière, c’est que les ailes tiennent à cette graine par deux ressorts, qui se brisent et tombent par le gonflement des graines humectées. Il est facile de concevoir que cette opération doit être extrêmement nuisible à la faculté germinative des semences. En les humectant et en les échauffant, le germe se développe au point de percer; en les resséchant, cet efletest interompu et même étouffé. Si cette opération du désailement des graines de pin est faite avec beaucoup de précaution, et si on les sème aussitôt après, elle pourra ne pas causer un grand préjudice à la qualité de la semence : mais si au contraire cette opération est faite sans soin ; si la semence a été trop échauffée ; si le germe a souffert par le dessèchement; enfin si on emballe ces semences dans des tonneaux pour les envoyer à leur destination, il en résulte une fermentation qui détruit totalement la faculté germinative des semences. Nous avons voulu faire connaître les moyens qu’on emploie pour désailer les graines de pin, afin d’en faire sentir les inconvéniens. Les meilleures semences sont celles qui restent dans leur état naturel, et si l’on veut être certain de la réussite des semis, il faut que les graines qu’on y emploie soii-nt telles que la nature les sème. Or comme la nature sème les graines de pin ailées, tout moyen employé pour les désailer doit nuire à leur qualité. Cependant on peut, sans leur nuire, les désailer, en les frottant dans les mains. Ces graines perdent environ un cinquième par le désailement. SECRËTA 111 E, du latin secretum , secret. C’est celui dont l’emploi est de faire et d’écrire des lettres, des dépêches pour celui ou ceux dont il dépend. 807 Secrétaire est aussi celui qui rédige par écrit les actes, les délibérations de quelque assemblée notable. SECRÉTAIRES DES CONSERVATEURS. Il est attaché à chaque conservation forestière deux employés ayant, l’un, le titre de garde général et l’autre celui de garde à cheval. Ils sont à la disposition du conservateur pour tout ce qui a rapport au service, soit dans les bureaux, soit au dehors. ( Circul. du 7 messidor an 9. — Lettrede l’Adm. au conserv. de la 1 3 e . division , du 18 thermidor an 9.— Ord du roi des 4 juin 18176/22 novembre 1820.) SECRETAIRES DES GRANDS-MAITRES. Ils ne pouvaient délivrer aucune expédition des adjudications, ordonnances, jugemens et autres actes rendus par les grands-maîtres dans le cours de leurs visites, ni se mêler de la réception des cautions des adjudicataires. ( Ord. de. 1669, fit. III , art, 26. — Àrr. du Cons. des 29 décembre 1703, Ci août 1704 et 26 février 1707. ) Par édit de mars 1708, il avait été créé en titre formé et héréditaire, pour chaque département des eaux et forêts, un office de conseiller secrétaire, premier commis greffier, pour écrire et rédiger sous les grands-maîtres leurs procès-verbaux, ordonnances et jugemens et en délivrer expéditions; mais par un autre édit de juillet 1715, les offices de secrétaires furent supprimés, et les secrétaires des grands-maîtres ont cessé, d’après cet édit, d’avoir plus de prérogatives qu’ils n’en avaient avant l’édit de 1708. SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’ADMINISTRATION DES FORÊTS. La loi du 29 septembre 1791 , tit. II, art. 4, avait ordonné qu’il y aurait près l’Administration des forêts un secrétaire pour la tenue des registres des délibérations, la signature des expéditions et le dépôt des papiers. Un secrétaire général fut établi par suite d’un décret du 7 thermidor an i 3 , qui créa un directeur général. Les fonctions du secrétaire général furent successivement déterminées par les ordonnances d’organisation , des 2 janvier 1817 et 11 octobre 1820. V. au mot Administration. Le secrétaire général a été supprimé par l’ordonnance du 26 août 1824. SECRÉTARIAT DU LIEU DES VENTES DE COUPES DE BOIS. V. Adjudication. SÉCRÉTION, du latin secernere, secretum , mettre à part, distinguer, séparer. Dans la physiologie , la sécrétion est la séparation de quelques liqueurs, de quelques gaz, etc., des autres parties d’un corps animé. La sève produit, en se modifiant dans les vaisseaux , des glandes, des gaz, des liquides et des solides d’une nature fort variée. C’est par les sécrétions que se produisent l’oxigène, l’odeur, la transpiration, les sucs propres, les huiles fixes et volatiles, le miel , le sucre, les gommes, les résines. V. Physiologie végétale. SECTION DE COMMUNE. On ne peut considérer comme formant une commune ni une section de commune une réunion de quelques particuliers qui posséderaient, à titresingidier, des bois en commun. Ces bois 8o8 SEL SEL ne sont pas en conséquence soumis au régime forestier. ( Avis du comité desfin. du il) juillet 1819.) Mais parce qu’un bois n’appartiendrait pas à une commune tout entière, et que quelques chefs de famille n’en auraient point la copropriété , on ne peut en conclure que ce bois soit possédé à titre patrimonial. C’est un bois communal, et qui en cette qualité est soumis au régime forestier. V. , à cet égard, une décision ministérielle du ter. mars 1822, au Recueil , t. III. SÉDUCTION. V. Corruption. SEGRAIRIE. On appelait ainsi un bois possédé en commun par indivis, soit avec l’état, soit avec un seigneur. V. Grurie. SEGRAIS, bois séparés des forêts et grands bois , qui se coupent et s’exploitent à part. SEGRAYER, c’était celui qui était propriétaire d’un bois par indivis avec d’autres. C’était aussi le nom de celui qui recevait les droits dus au roi sur certains bois, sur-tout dans la généralité de Tours, et particulièrement sur la forêt de Bellepoule. V. Grurie. SEGRÉAGE, droit qu’un seigneur possédait sur les bois de sa seigneurie, qui consistait en la cinquième partie des bois vendus par ses vassaux, qui devait être mise à part pour le seigneur, ou payée en argent. On disait aussi ségorage. Y. Grurie. SEIGNEURS. Ils n’avaient pas droitaux amendes forestières, sur-tout quand elles étaient prononcées sur la poursuite des officiers forestiers. ( Ord. de >669, tit. XXXII , art. 17. — Arr. du Cons. du 8 août 1724- ) V. Amende , Arbres de routes, Biens communaux , Cantonnement , Communes , Triage , Terrains vagues. SEL , du latin sa/, salis. On entend ordinairement par sel une substance qui a de la saveur et qui est soluble dans l’eau. Les sels sont en général composés d’une base alcaline, terreuse ou métallique, et d’un acide. Les minéralogistes, d’après Bergmann, classent les sels par leurs bases : ainsi, ils disent : chaux sulfatée , baryte carbonatée. Les chimistes, au contraire, forment les genres de sels par les acides, et disent : sulfate de chaux , carbonate de baryte , nitrate de potasse , etc. Sel marin , sel commun , ou sel de cuisine , ou muriate de soude : c’est un sel neutre parfait, qui ne contient ni excès de base ni excès d’acide. Il est composé d’environ moitié de son poids de soude ou alcali minéral, de o ,33 d’acide marin ou muriatique, et de 0,17 d’eau de cristallisation. La nature offre le sel marin dans les eaux de la mer; à la surface du sol dans les climats chauds; dans les sources ou fontaines, dans le sein de la terre. Les acides dont les noms se terminent en ique forment des sels dont la terminaison est en ate ; ceux qui se terminent en eux forment les sels en ite. V. Acide. On compte environ cent trente-quatre sels connus. Pour reconnaître un sel, il faut examiner ses propriétés et déterminer d’abord son acide, ensuite sa base. Un chimiste auquel on remettra une substance saline inconnue observera d’abord sa forme, sa saveur, sa pesanteur; si ces propriétés ne lui donnent pas un caractère assez tranchant, il examinera si le sel est déliquescent, efflorescent ou inaltérable à l’air. Si lorsqu’on le chauffe avec du charbon, il donne du soufre, c’est un sulfate ; si au goût il présente la saveur sulfureuse, et qu’en contact avec un acide il dégage l’odeur du soufre, c’est un sulfitej si, jeté sur les charbons, il brûle avec une flamme blanche, vive et rapide, en se décomposant, et en mettant à nu sa base, c’est un nitrate ; si, mis en contact avec un acide, il laisse exhaler une vapeur rouge nitreuse, c’est un nitrite ; s’il décrépite sur les charbons, si l’acide sulfurique en dégage une vapeur blanche, suffocante, épaisse, et ayant l’odeur de pomme de reinette, c’est un muriate ; s’il allume les corps combustibles à une température moindre que les nitrates, et qu’après la combustion il reste dans l’état de muriate, c’est un muriate suroxigéné. Sel essentiel des plantes. Parmi les matériaux immédiats des plantes, on trouve le sel essentiel : on l’obtient en faisant macérer les plantes dans l’eau, et en faisant évaporer et refroidir les sucs qui les tiennent en dissolution. Les sels des plantes sont d’un grand usage dans les arts et en médecine. Cet exposé très-abrégé de la nature des sels et des moyens de les reconnaître n’est point déplacé dans notre ouvrage, où nous avons à parler de quelques principes de chimie propres à faciliter l’intelligence de plusieurs faits qui intéressent la physiologie végétale et la connaissance des terres. Sels de la terre et de l’air. M. Bosc, dans le Xouveau cours d‘agriculture , fait remarquer combien sont vagues ces dénominations employées par les auteurs des anciens ouvrages sur l'agriculture. Selon ces auteurs, dit-il, tout se passe dans l’acte de la végétation , au moyen des sels qui entrent en fermentation ou qui font fermenter la terre. 11 se produit en effet quelquefois des sels à la surface de la terre; mais ils sont bientôt ou entraînés par les eaux pluviales, ou décomposés par des causes qui sont encore peu connues. Si tout le nitrate de potasse et le muriate de soude qui se forment annuellement sur les murs et dans les terres qui renferment des substances animales et végétales propres à fournir de l’azote ne se décomposaient pas, nos sources, nos champs seraient salés, comme ils le sont en Perse, en Arabie, en Egypte et autres lieux. Le vrai est que ces sels paraissent et disparaissent sans, pour ainsi dire, qu’on sache comment. Sans doute ils ont été excusables ces agronomes qui, dans l’enfance de la chimie, ont tout attribué aux sels et fer- mens; mais aujourd’hui qu’on sait que les sels non- seulement ne fermentent pas, mais encore qu’ils s’opposent à toute fermentation lorsqu’ils sont en fortes proportions, que la terre végétale et encore moins les terres minérales, comme l’argile, la terre calcaire, le quarz, etc., ne peuvent fermenter, on ne peut aujourd’hui, sans une grande ignorance, recourir à ces explications dénuées de raisons. SEL » Les alcalis et la chaux produisent, il est vrai, quelquefois d’étonnans effets dans les'terres surchargées de terreau ou d’engrais ; mais c’est qu’ils rendent plus promptement spluble une partie dé ce terreau ou de ces engrais. Les sels neutres, loin de jouir de la même faculté, nuisent à la végétation, ainsi que mille et mille expériences l’ont prouvé. Il est cependant des lieux où l’on regarde le sel marin, à petite dose, comme, un excellent engrais; et il est certain que le sulfate de chaux ( le plâtre), qui est aussi un sel neutre, favorise singulièrement la végétation des prairies artificielles, sur lesquelles on le répand en poudre au printemps. Il nous manque encore des données pour expliquer ce fait. » On a bien dit que le sel marin étaitun stimulant qui n’agissait qu’en augmentant l’activité des autres agens de la végétation ; mais cela n’est pointprouvé. » Il ne serait cependant pas contre la raison d’admettre, d’après ce que j’ai dit plus haut de la disparition du sel marin et du nitre, qui se forment dans certains lieux en si grande abondance, que ces sels fussent absorbés par la végétation, et en partie ou en totalité décomposés. On ne peut nier en effet que les plantes qui croissent dans les marais formés par la mer, telles que les soudes, les salicornes, etc., n’enlèvent à la terre le sel marin qui s’y trouve et ne le décomposent, puisqu’en les brûlant on a beaucoup de soude et peu de sel marin, et que le sol se trouve dessalé. On a souvent fait voir, par l’incinération des tiges de l’hélianthe annuel (tournesol), de celles de la bourrache, etc., qu’elles contenaientun vrai nitre. » Au reste, ce ne sont pas des sels que les auteurs des anciens ouvrages d’économie rurale avaient en vue? lorsqu’ils employaient les dénominations vagues ci-dessus rappelées, c’étaient des êtres de raison qu’ils ne pouvaient pas faire tomber sous les sens. V. Acide, Alcali, Azote, Calorique , Carbone, Lumière, Hydrogène , Oxigènc , Terre et Physiologie végétale. » SELEN1TE, du grec sélêné , lune, et Ae lithos, pierre : pierre de lune. On donne ce nom au gypse ou plâtre, parce que, dit-on, les lames brillantes de ses cristaux réfléchissent l'image de la lune. Cependant il s’applique plus particulièrement au gypse tenu en dissolution dans l’eau. Les eaux séléniteuses ne se trouvent pas seulement dans les lieux où il y a des carrières de plâtre, il s’en trouve dans beaucoup de pays à couches calcaires. Ces eaux ne conviennent ni aux animaux ni aux plantes. Les caractères qui les font reconnaître sont d’être lourdes à l’estomac, de s’opposer à la cuisson des légumes, tels que les pois, les haricots , etc., de ne pouvoir dissoudre le savon, et de former un dépèt blanchâtre dans les vaisseaux où on les fait bouillir. Si on les emploie pour arroser des semis, elles causent de grandes pertes, en obstruant les racines des jeunes plants. La sélénite se précipite par l’exposition à l’air et le mouvement des eaux qui la contiennent. Les eaux des puits eu sont ordinairement plus chargées que celles des rivières, parce que dans celles- ci elles sont plus exposées à l’air et au mouvement. SELLER. Ce terme s’applique à une terre qui, se durcissant à la superficie, ne peut être labourée fa- Tome II. S E M 809 cilement, : pn dît : Cette teçre est bq)mej||pçt^etle gst sujette à se seller. ’ ” " .. SEMAILLES. Ce mot sp^diç ogftj^tüépt ration de semer les grains, de la $£tisjqq r pe ),çs femer, et des graines semées. Il net s^èmpfoie ,pa,s Ppur les semis dé bois : l’opération de semer s'appelle, dans ce cas, ensemencement , et lorsque l’ensemencement est exécuté, et que même les graines sont levées, le terrain semé s’appelle semis. SEMENCE, du latin semen. È’est, dans l’économie rurale et forestière, la graine des plantes qu’on répand dans une terre, afin de la faire produire et multiplier. SEMENCES FORESTIÈRES. Ce sont les graines des arbres qui se répandent naturellement sur le sol, ou que l’on récolte pour former des semis. Nous avons indiqué, aux articles Fruits des forêts et Glandée , les dispositions des lois qui défendent aux particuliers de ramasser les graines des arbres dans les forêts sans autorisation, et les exceptions prononcées à cet égard. L’article Graines forestières fait connaître les instructions de l’Administration , qui prescrivent d’en faire la récolte dans les années abondantes, et l’article Travaux indique la marche à suivre pour obtenir l’autorisation des dépenses. V. ces articles. Enfin nous avons traité , en parlant de chaque espèce d’arbre en particulier, des qualités que doivent avoir leurs semences, de la manière de les récolter, des procédés employés pour les conserver, des propriétés qu’elles ont de se garder plus ou moins long-temps, et des moyens de les employer le plus utilement, ainsi que des quantités dans lesquelles elles doivent être employées suivant les diverses circonstances. Ainsi nous pourrions nous borner à rappeler ici le titre des articles ou des divisions d’articles que nous avons consacrés, dans le cours de ce Dictionnaire , aux objets déjà traités. Cependant il nous paraît utile de réunir les principales observations applicables aux semences en général, sauf, pour les détails , à renvoyer aux articles particuliers, ainsi qu’à l’article Semis. Les semences offrent l’un des meilleurs moyens de multiplier les arbres, et l’un des plus économiques. à . Plantation et Semis. Mais, parles semences, on n’est point toujours assuré d’avoir précisément l’espèce d’arbre que l’on désire : souvent une grosse châtaigne produit un arbre qui n’en donne que de petites , et les graines d’orme produisent beaucoup de variétés, parce que les arbres d’un même genre se fécondent les uns les autres, d’où résultent des semences qui doivent produire des arbres métis. Cependant ces altérations sont moins fréquentes dans les arbres forestiers proprement dits que pour certains arbres du domaine de l’agriculture. La bonne qualité des semences est l’une des plus importantes conditions qui doivent assurer le succès d’un semis : nous disons l’une des plus importantes conditions, car elle n’est pas la seule, et nonobstant la bonne qualité des graines, il arrive souvent que des semis tout entiers périssent par le défaut des autres conditions. 102 8io SEM SEM On se procure des semences , soit en les faisant récolter soi-inème, soit en les achetant dans le commerce. Dans les deux cas, il faut savoir en reconnaître la bonne qualité, pour ne point faire de dépense inutile. Il est essentiel de savoir à quelles marques on peut reconnaître si les semences sont parvenues à leur parfaite maturité ; le choix qu’il en faut faire relativement aux arbres qui les portent ; la façon de les ramasser 5 la manière de les éplucher ; les moyens de les conserver ; la saison de les mettre en terre ; dans quelles circonstances if convient de les faire germer avant de les déposer dans la pépinière, et à quelle profondeur il faut les mettre en terre. C’est ce que nous avons détaillé avec le plus de pécision possible à l’article de chaque arbre, et ce que nous allons rappeler succinctement. Formes des semences. — Elles sont ou noyaux , ou osselets , ou pépins , ou graines , ou enfin connues sous le nom générique de semences. Maturité. — Quand un fruit bien conditionné tombe de lui-même ou presque de lui-même, les semences qu’il renferme sont mûres. Les cerises , nèfles et autres , qui se dessèchent ou se pourrissent sans se détacher des arbres, font juger de la maturité de leurs semences par celle des fruits. Les noix , marrons , châtaignes , glands , noisettes, faînes, sont inûrs quand ils tombent de l’arbre sans leur brou, quoique ceux de ces fruits qui tombent les premiers soient ordinairement verreux ; il en est de même des fruits capsulaires, tels que ceux du fusain , qui s’ouvrent et laissent tomber leurs semences quand elles sont parfaitement mûres. D’autres fruits capsulaires ou vésiculaires se dessèchent, et conservent leurs semences dans leur intérieur; quand, à leur ouverture , on trouve la pulpe desséchée, et que les semences ne sont plus adhérentes , on est certain de leur maturité. On peut en dire autant des fruits siliqueux, sur-tout quand les siliques et les semences elles-mêmes ont une bonne conformation, qu’elles sont bien remplies, que la superficie n’en est point ridée , et que les lobes sont bien formés et bien nourris. En général, les semences qui ne sont accompagnées ni d’aigrettes ni de membranes, sont mauvaises quand elles nagent sur l’eau ; et au contraire elles sont bonnes lorsqu’elles se précipitent au fond. On juge que les semences contenues dans des cûnes sont mûres quand les écailles de ces fruits commencent à s’ouvrir. 11 ne faut point ramasser les graines qui auront commencé à germer, à moins qu’on ne puisse les mettre très-promptement en terre. Les semences qui sont presque mûres achèvent de se perfectionner quand on les laisse quelque temps dans leurs charnus ou capsulaires. Choix. —Quand il s’agit d’arbres fruitiers, on fait toujours bien de prendre les semences sur les arbres qui portent les plus beaux fruits , pour en avoir de pareils; mais quant aux arbres forestiers , ce n’est pas toujours la même chose : souvent un etit gland , une petite châtaigne produit un plus el arbre que ne le ferait un gros gland ou une grosse châtaigne: par exemple, le chêne-vert, qui nourrit le kermès et qui n’est qu’un arbrisseau , porte de plus gros glands que des chênes, qui ont 4o ou 5o pieds de tige : celui donc qui n’est pas sûr de distinguer les espèces, doit donner la préférence aux glands produits par de beaux et grands chênes, plutôt qu’à de gros glands qui auraient été produits par des chênes de médiocre grandeur. Mais dans une même espèce , iL faut choisir les plus grosses semences. Il est encore bon de préférer les semences d’arbres de moyen âge et très - vigoureux a celles d’arbres jeunes ou trop vieux, et celles des arbres placés sur des clairières ou les lisières des forêts à celles des arbres renfermés dans les massifs. Manières de recueillir les semences. — 11 y a des semences qui tombent à terre, et qui sont assez grosses pour y être ramassées à la main , dans des corbeilles ou paniers, telles que les marrons d’Inde, les châtaignes, les glands : celles-là n’exigent presque aucun embarras pour en faire de grandes provisions. On a attention de donner aux cochons les glands qui tombent les premiers, parce qu’ils sont la plupart verreux, ainsi que ceux qui sont endommagés par les gelées d’automne. La récolte de la faine cause un peu plus de peine, parce que les semences en sont plus menues : avant de la ramasser , on nettoie avec des rameaux le dessous des arbres, pour ôter les feuilles et les petites branches sèches; et quand la faine est tombée, on en forme des tas avec le balai, et on la nettoie à-peu-près comme on ferait des pois : la graine d’orme se ramasse aussi au balai. V. Chêne, Châtaignier , Hêtre y Orme. Dans les bois où l’on met les cochons à la glan- dée, ainsi que dans ceux où il y a beaucouo de fauve, aussitôt que le gland a pris un œil jaune , et qu’il tient peu dans sa coupe, on le gaule et on secoue doucement les branches pour ne le point meurtrir : on ramasse sur-le-champ le gland , afin que les animaux ne le mangent pas. La graine d’orme se ramasse sous les arbres au printemps, et se sème sur - le - champ. Les fruits du mûrier tombent sous les arbros, et on les ramasse dans des paniers : les noix tombent d’elles - mêmes quand elles sont bien mûres, et on fait tomber celles qui restent, en les gaulant avec de grandes perches. On pratique la même chose pour les poires et les pommes dont on fait le cidre , et qui fournissent suffisamment de pépins pour les grands semis. A l’égard des semences du frêne, du charme , de l’érable, on aurait trop de peine à les ramasser à terre, parce qu’elles sont menues, et que le vent les porte de côté et d’autre; c’est pour cela qu’on les cueille à la main sur les^ arbres mêmes. V. Charme, Erable, Frêne. Les semences des bouleaux, des saules, des peupliers et des aunes, étant encore plus menues, sont tout autrement difficiles à recueillir : elles viennent à l’extrémité des plus petites branches, qui sont flexibles, ou élevées, ou assez écartées du tronc pour qu’on ne puisse y atteindre, et l'on est contraint d’abattre les branches pour en cueillir les semences. Cette récolte réussit rarement, parce que, trop mûres, les graines se perdent, et qu’avant la maturité elles ne lèvent point; mais elles réussissent à S EM SEM 811 merveille quand elles se sèment d’elles - mêmes. V. Aune, Bouleau, Peuplier, Saule. Il faut cueillir à la main lessiliques, qui s’ouvrent d’elles-mêmes, comme celles du cytise des Alpes : le temps de faire cette récolte est lorsqu’on remarque qu’il y en a déjà plusieurs d’ouvertes. Y. Cytise. Les baies ou les semences des arbrisseaux se cueillent à la main, ou s’il y en a une grande quantité , on étend sous les arbres un drap, on frappe sur les branches avec un bâton, ensuite on nettoie ce qui est tombé sur le drap : telle est la manière de ramasser les baies de genièvre. V. Genevrier. A l’égard des cônes des pins , des sapins, des mélèzes et des cyprès , on les cueille à la main par le moyen d’une échelle, comme quand on cueille les fruits de table , ayant attention de ne point faire amas de cônes dont les semences seraient tombées. C’est en automne jusqu’au mois de mars que l’on fait cette cueillette, en distinguant les cônes pleins d’avec les cônes vides : ceux qui sont pleins sont à l’extrémité des branches, à l’endroit où la nouvelle pousse commence ; ceux qui sont vides sont plus bas, à la partie de la branche qui a été produite deux ans auparavant : les pousses des différentes années se distinguent aisément par un nœud qui est à la branche , et par les branches latérales. y. Pin , Sapin , Mélèze, Cidre. Manières d'éplucher. — Il y a des semences , telles que le gland , qui se détachent des arbres dans l’état où elles doivent être mises en terre. Les marrons , les châtaignes , la faîne , les noix , les noisettes se détachent d’elles-mêmes, ou du moins très-aisément de leur brout quand elles sont bien mûres. Mais quant aux siliques , qui s’ouvrent dans le temps de leur maturité, et dont on veut avoir les semences, il faut les étendre au soleil sur des draps et les froisser ensuite entre les mains; les semences se trouvent sous les épluchures. Pour avoir celles des pins, sapins et mélèzes , on met les cônes dans des caisses exposées au soleil et à la rosée ; en peu de temps les écailles de ces cônes s’ouvrent, et les semences tombent au fond des caisses. Il y en a qui les font ouvrir au four; mais ce procédé ne vaut rien, en ce qu’il fait courir le risque de perdre le germe. On froisse les semences entre les mains pour en détacher les ailes membraneuses , qui ne font qu’embarrasser quand on sème. On doit de même froisser avec les mains les semences du platane, mêlées avec de la terre sèche > pour en détruire le duvet qui les accompagne, et qui, en subsistant, retient l’humidité et les fait moisir. V. , pour les autres procédés, les articles Mélèze , Pin , Platane , Sapin, et sur-tout Sécherie. Les siliques de l’arbre de Judée, du gleditsia et autres, ne s’ouvrent point d’elles-mêmes : on est obligé de les déchirer avec les doigts pour en tirer les semences- Les capsules qui s’ouvrent naturellement , comme font celles du fusain, veulent être cueillies à mesure qu’elles s’ouvrent ; il faut même déchirer avec les doigts celles qui ne se sont pas ouvertes sur les arbres. Il y a d’autres capsules qui restent fermées ; celles-là sont sèches, minces, et les semences en tombent aisément quand on froisse ces capsules entre les mains. Plusieurs semences, dont les enveloppes s’ouvrent, comme celles du frêne, ou dont les enveloppes ne s’ouvrent point, telles que celles de l’érable, peuvent être mises en terre avec leurs capsules sans aucun inconvénient : règle générale pour tous les fruits qui sont renfermés dant une coque mince. Il y a des fruits qu’on tire difficilement de leur chair : les poires et les pommes sont dans ce cas-là. On est obligé de les couper par quartiers pour en tirer les pépins. Cette précaution est bonne quand on veut semer telle ou telle espèce ; mais pour faire de grands semis, on a facilement les pépins , en faisant sécher le marc qui'sort du pressoir, que l’on fait cribler sur une nappe : les pépins se séparent aisément de la pulpe. On peut encore étendre sur terre une couche du marc qu’on retire du pressoir, faire recouvrir cette couche d’un lit de sable, et l’on verra paraître, au printemps suivant, une multitude de poiriers et de pommiers. La chair de ces fruits, qui se pourrit en terre, forme un fumier plus utile qjie nuisible à la germination de ces plantes : c’est pourquoi on peut mettre en terre avec leur chair les petits fruits charnus. Mais si c’est pour conserver et envoyer à quelqu’un, on pourra faire sécher au soleil les fruits qui sont un peu charnus , et mettre pourrir ceux qui ont plus de suc, pour retirer ensuite les semences, en les lavant dans l’eau. Si on a besoin de beaucoup de semences de fruits très-succulens, tels que les cerises, les fruits de l’obier, les mûres, etc. , on écrase ces fruits, on en laisse pourrir la chair pendant quelques jours, on lave ensuite ce marc dans quantité d’eau ; le suc et la chair se mêlent avec l’eau, et les semences se précipitent au fond : alors on verse peu-à-peu l’eau qui est chargée de la pulpe dont on veut se débarrasser ; on remet de nouvelle eau sur les semences , et on continue ces lotions jusqu’à ce que les semences paraissent tout-à-fait nettes. Ôn les fait ensuite ressuyer sur un linge en plusieurs doubles ; et quand elles sont bien sèches, elles sont en état d’être conservées. Mais les graines se conservent bien dans leurs baies, si on fait sécher celles-ci dans un local aéré. On les sème dans cet état au printemps, lorsqu’on ne peut pas les semer fraîches en automne ; ce qui serait bien plus avantageux. Manières de conserver les semences. — Il y a des semences qui se conservent long-temps en état de germer : la graine de sensitive lève au bout de vingt ans, d’autres au bout de huit ou dix ans. Mais il y en a d’autres qui, au bout de deux ou trois ans, sont incapables de germer ; quelques-unes exigent d’être mises en terre la même année qu’elles ont été recueillies. La fraxinelle et l’angélique veulent être semées immédiatement après leur maturité. Les semences se conservent très-long-temps en terre sans perdre la propriété de germer, on en a l’expérience. On peut distinguer les semences en huileuses, farineuses et résineuses. Les semences huileuses, telles que les noix, les amandes , les noisettes , la faîne, germent promptement, et se vident quand on les conserve dans un * 102 8l2 SEM SEM lieu un peu humide; en les plaçant dans un Heu chaud pour parer à cet inconvénient, l’huile qu’elles contiennent sé rancit: de sorte qu’elles ne se conservent nulle part aussi bien que dans un lieu frais et sec. V. Noyer, Hêtre. Les semences farineuses , telles que le gland , les marrons, les châtaignes, germent et se moisissent dans les lieux humides; elles se dessèchent dans les lieux chauds : ce sont donc encore les lieux frais et secs qui sont les plus propres pour leur conservation. V. Chêne , Châtaignier, Marronnier. Les semences résineuses se conservent bien dans leurs cônes, pourvu que la résine qui les environne ne se dessèche pas : en les tenant dans un lieu frais, les cônes ne s’ouvrent point, et la semence s’y conserve. V. Sécherie. La plus grande partie des semences fines se conservent mieux dans leurs enveloppes naturelles que quand on les en a retirées. Mais la méthode qui, en général, parait préférable à toute autre est celle de mettre les semences dans du sable bien sec : ce sable, se chargeant de l’humidité qui s’échappe des semences, ainsi que de celle de l’air, empêche qu’elles ne se moisissent; et sa traîcheur prévient que cette humidité ne se dissipe au point de trop dessécher les semences. Une autre observation importante, c’est qu’il faut que toutes les espèces de semences que l’on récolte fraîches, soient étendues bien clair et sans délai sur un plancher aéré , et remuées souvent, et que, lorsqu’elles sont sèches et qu’on n’en a qu’une petite quantité, elles soient déposées dans des sacs de grosse toile, qu’on suspend en l’air. Mais si on en a une certaine quantité , on les dépose sur un plancher qui ne soit pas trop exposé à la chaleur pendant l’été, et on les remue de temps en temps pour en renouveler l’air. Il ne faut pas laisser les semences sous le toit pendant l’été : on doit les placer dans une chambre sèche et un peu fraîche dans les parties inférieures d’un bâtiment. M. Hartig a fait à cet égard des expériences qui lui ont prouvé que les semences traitées de cette manière se conservent bien mieux que celles qu’on laisse exposées , pendant l’été , sur un grenier placé sous le toit. Cette observation est très-importante pour les grands magasins de semences. Nous parlerons plus spécialement , à l’article Semis , de la récolte particulière des principales semences forestières , de la manière de les conserver, des procédés par lesquels on en éprouve la qualité, et des quantités qu’il convient d’en employer par hectare, pour les semis en plein ou en rayons. Motifs qui obligent de conserver les semences. — La vraie saison pour mettre les semences des arbres en terre, est lorsqu’elles sont parvenues à leur parfaite maturité, et qu’elles se répandent d’elles-mêmes, sur-tout pour celles qui ne craignent pas nos hivers. Ainsi les semences d’orme, de pin, de sapin, se sèment au printemps, époque de leur maturité ; tandis que les glands, les faînes , les châtaignes, etc., se sèment en automne, parce qu’elles n’acquièrent leur parfaite maturité qu’en cette saison ; mais plusieurs circonstances obligent de s’écarter de cette règle, dictée par la nature. Elle n’est point praticable pour les graines qui viennent de loin ou qu’on veut expédier. Quant aux raisons qui détournent de mettre en terre les semences communes, telles que les glands, les faînes , etc. , aussitôt qu’elles sont récoltées , ce sont, i°. pour empêcher que celles qui sont un peu délicates, et qui se montrent avant la fin de l’hiver, ne soient endommagées par les gelées : on pourrait y remédier en couvrant de litière les semis qui ne seraient pas d’une grande étendue ; mais alors les insectes et autres petits animaux y feraient beaucoup de dégât. 2 °. Comme ces semences doivent rester ordinairement une partie de l’hiver en terre avant d’en sortir , elles sont exposées à la rapine de quantité d’animaux qui en sont friands , sur-tout dans une saison où la pâture leur manque , et communément les semis faits en automne lèvent moins épais que ceux qu’on fait au printemps. 3°. Dans les terres qui déchaussent, on perd sa semence lorsqu’il fait un fort hiver : ces terres se gonflent dans les temps de gelées, et en se gonflant élèvent la semence, qui reste à découvert lorsque le dégel arrive , et que ces terres s’affaissent. 4°- Dans les terres fortes, quand l’hiver est humide, et que le printemps est sec, la terre battue par les pluies, puis desséchée par le soleil, forme une croûte dure, qui empêche les tiges de se montrer : en ce cas, quand les semis ont été faits à la charrue , il est bon de les faire herser pour rompre cette croûte dure , avant que les arbres se montrent au dehors. Ces raisons n’ont pas lieu pour les semences qui mûrissent au printemps, qui lèvent de bonne heure: ainsi, comme nous l’avons dit, la graine d’orme, qui est dans ce cas , doit être mise en terre aussitôt qu’elle est tombée; car elle lève presque sur- le - champ , et les jeunes arbres qu’elle produit prennent une vigueur suffisante pour supporter les fortes gelées, et pour ne plus craindre la plupart des autres accidens. Les semences de l’épine blanche ne lèvent que la seconde année; mais comme elles sont assez fines et fort communes, en en répandant abondamment dans des endroits où il aura été semé d’autres bois, malgré la rapine des animaux et des insectes, elles réussiront si bien , qu’au bout de quatre ou cinq .ans on sera en état d’en faire lever beaucoup de plants pour en former des haies. Le genevrier réussit de même. Lorsqu’on conserve les semences du frêne pour ne les semer qu’au printemps , il arrive souvent qu’elles ne sortent de terre que la seconde année ; mais toutes les fois qu’on les cueille dans le mois d’octobre, et que sur-le-champ on les stratifie dans des pots avec de la terre, elles lèvent presque toujours dès la première année. On peut regarder comme une règle générale qu’il faut conserver dans du sable bien sec les semences qui ont une grande disposition à germer , ou qui lèvent promptement, et que l’on doit au contraire conserver dans de la terre un peu humide celles qui sont long-temps à sortir de terre. Quand il y a nécessité de faire germer les semences. — Quand on sème des bois , on a en vue S E M SÉM que les arbres prennent leur entier accroissement dans l’endroit même où on dépose la semence ; mais pour planter des avenues, des quinconces, etc., il faut nécessairement élever les arbres en pépinière, afin que lorsqu’ils sont parvenus à une certaine grandeur , on puisse les arracher et les replanter dans le lieu de leur destination. Dans le premier cas , il y a de l’avantage à répandre la semence telle que l’arbre la fournit ; mais dans le second , il est quelquefois convenable de ne la mettre en terre qu’après qu’on l’aura fait germer , pour en retrancher le pivot. Retranchement du pivot. — Cette racine est utile aux arbres, et les affermit contre les efforts du vent; cependant elle est très-préjudiciable, à ceux qu’on doit transplanter. Quand une racine a été coupée, elle ne s’allonge plus ; elle produit des racines latérales, qui s’étendent horizontalement dans la terre. Or, pour se procurer des arbres qui aient un bel empâtement de racines, il faut, après avoir fait germer les semences, rompre la radicule avant de les mettre en terre : que l’on supprime cette radicule totalement ou en partie, cela est indifférent. Précautions pour faire germer les semences. — Comme les noix , les amandes et autres fruits à noyaux se conservent assez long-temps sans germer , on les mettra dans du sable un peu humide : il sera même bon de les visiter vers la fin de février ; car si lesgermes ne se montraient pas alors, on ferait bien d’humecter un peu le sable, et même de mettre les vases qui contiendront ces semences, ou dans une couche, ou dans un lieu chaud, pour taire en sorte que les germes se trouvent suffisamment allongés vers la fin d’avril, et qu’on puisse en rompre la radicule en les mettant en terre. Quelques-uns arrangent ces semences tout près les unes des autres, sur la terre d’une planche de potager, puis les recouvrent avec des ais qu’ils chargent de pierres, et le printemps venu , ils trouvent ordinairement ces semences suffisamment germées. Il n’en est pas de même des glands , des châtaignes, de la faine, etc.; car si on mettait ces semences sur une terre qui ne fût pas sèche, ou dans du sable humide , non-seulement elles germeraient, mais souvent elles pousseraient de longues racines, et tout alors serait perdu. V. Chêne, Stratification et Semis. SEMESTRE ( COMETES DE. ) Y. VInstruction du ; 7 mai 1 8a3, au Recueil , t. III. SEMINAIRES. V. Bois des communes, Hospices et autres étahlissemens publics. Les anciens nommaient assez convenablement séminaire ce que nous appelons aujourd’hui Semis. V. ce mot. SEMINAL , seminalis. ( T. de bot. ) Q ui a rapport ou appartient à la graine. SÉMJNATION, seminatio. ( T. de bot.) C’est, à proprement parler, la dispersion des semences ou des graines des plantes. La nature, pour opérer cet effet de la manière la plus convenable à la propagation des espèces, a muni les semences d’ailes membraneuses, de crochets ou d’aigrettes, a enduit les autres d’une humeur visqueuse propre à les attacher aux corps environnans; on les a renfermées 815 dans des loges dont les panneaux élastiques les lancent au loin à l’époque de la maturité. Il en est même dont les animaux sont le véhicule, et qui, par un assez long séjour dans leur* intestins , ne perdent point la'faculté de germer. Ainsi, le vent, les courans d'eau , les animaux , la force d’élasticité des loges qui renferment les graines , et plusieurs autres causes, concourent sans cesse à la dispersion des semences. Y. Physiologie l'égét., re, section , où il est parlé de la sémination ou dissémination. Y. aussi Semis natuiel. SEMIS, du latin semen, semence. Ce mot se dit de la mise en terre des graines dont on veut obtenir des productions, et de l’endroit même où l’on a semé ces graines. Il s’applique aux semences d’arbres d’une manière plus particulière qu’aux semences des autres végétaux. La voie des semis est celle qui fournit des sujets en plus grand nombre , de la plus belle venue, de la plus longue durée : c’est celle qu’on doit employer de préférence toutes les fois que cela est possible. Cette observation s’applique sur-tout aux cultures forestières, où ce mode de propagation produit des arbres qui parviennent à tout l’accroissement dont ils sont susceptibles, qui résistent aux efforts des vents par leur pivot, qu’ils enfoncent dans le sein de la terre, et qui fournissent, en général, une qualité de bois supérieure à celle des arbres plantés ; enfin la multiplication des arbres parla voie des semis est la plus naturelle et ordinairement la plus économique. Y. ce que nous avons dit à cet égard à l’article Plantation. Comme nous avons traité , sous les mots Clairières, Graines forestières, et sur-tout à l’article Travaux, des dispositions réglementaires à observer par les agens forestiers pour l’exécution des divers travaux dans les forêts, pour le paiement des dépenses et les contestations auxquelles l’exécution des marchés peut donner lieu, nous n’aurons à nous occuper ici que de l’objet matériel des semis. Cet article sera en quelque sorte le résumé des divers articles de culture par voie de semis qui se trouvent dans ce Dictionnaire, à la suite de chacune des espèces d’arbres dont nous avons parlé. On distingue dans les forêts deux sortes de semis : le semis artificiel, celui qui s’exécute par la main des hommes , et dont il sera principalement question ici ; et le semis naturel , celui que la nature exécute d’elle-même , et qu’on appelle aussi sémination. PREMIÈRE SECTION. — Semis artificiels. Observations préliminaires. Le semis artificiel a pour objet de suppléer au semis naturel dans les cas où ce dernier ne peut avoir lieu. Ces cas se réduiraient à un bien petit nombre, ainsi que nous l’expliquerons dans la 2 e . section , si les forêts , et notamment les futaies, étaient conduites d’après la méthode des coupes par éclaircie, méthode d’après laquelle la nature est appelée à faire tous les frais du réensemencement. Lorsqu’il s’agit d’exécuter un semis, on doit por- S EM 814 SEM ter son attention sur les objets et les circonstances dont voici l’exposé : i°. Le choix des espèces d’arbres propres au terrain qu’on veut semer , sous les divers rapports de la qu alitédu so l , de la situatio n et du climat j a 0 . Le choix des arbres qui , sous le rapport des besoins de la localité , promettent un débit plus avantageux ; 3°. La qualité de la semence ; 4°■ L’époque la plus favorable pour l’exécution du semis ; 5°. La quantité de semences nécessaire pour l’espace quon veut semer ; 6°. La préparation du terrain ; 7 °. La manière d'exécuter le semis lui-même ; 8°. L’entretien et la conservation de ce semis ; 9 °. La manière de conduire la jeune forêt provenant du semis. Chacun de ces objets sera traité dans un chapitre particulier. Chapitre 1er. — ]j u choix des espèces (Larbres propres au terrain qu’on veut semer, eu égard d la nature du sol, à sa situation et au climat. Noua avons déjà fais cfcserveT, en parlant des plantations, que l’un des objets qui ihéritent le plus d’attention est le choix"de l’espèce de bois qui convient au terrain, parce que les peints, le te^ips et les dépenses sont perdus si l’on faitèun choix contraire à la nature du terrain , et quà si , par exemple, quelqu’un sème du pih sauvage sur un terrain marécageux , il aura tout aussi peu de succès que celui qui sème de l’aune sur un sable aride; Il en est de même d’un mauvais choix sons le rapport du climat, attendu que toutes les espèces de bois ne peuvent supporter un climat rigoureux. Comme, aux articles Climat , Terrain , et à l’article de chaque arbre, nous indiquons les terrains qui conviennent à chaque essence , ou qui lui sont contraires, ainsi que le climat et la situation qu’elle préfère ou exige , nous nous contenterons de présenter dans le tableau ci-après le résumé soitmaire de ces indications pour les principales espèces forestières. ' t IA B L LA U faisant connaître quel climat et quel terrain conviennent ou ne conviennent pas à chaque espèce de bois, etc. SEM 8i5 %> ■ 8 3 » •' «S v 5."2S !S 3 v« 0 ) 0 ) u vy ^ 0,9 0) o © 8if> S,E M Chai’itrje II. çhoix^des çspèpcs, d’arbrps$ui K ^Wuite/aphàil des, besoins locaux t promettent 2c MM#? ■ ; * ' Lo/iqV’O^ï a. rëconnj^es'espèges $’arbres qui peû-< verif àvôîr' iifl bon sqççèà a%ns un. ferraip , souple, rapport duÇsbl èf'djj ïlîmat, il/aut choisir ^ parpii ces*e?|>jé'pés, celles'6 ui promettent le plus mutjlitnp la èpnso’mmatiori. Pour cet effet , il convient de r£- cbe+rîherijriêjssoTrt ies besôiirs locatrx et de se diriger, en conséquence. V., à l’article Marchands du bois, quèlfëVsont les marchandises qu’on tire des, diÇfep’ rentes lésfiècès dé bdîs, : ,'çt quel est l’ordre (le Içi 115 qualités,pour çliaquq qspèiçe de marchandise. ; n , À*I^égard/des cultures à faire d’après les besoins d’un pays, voici. lç$,règles que : l’on-doit suivre s. i°. Dans les vides de:peu d’étendue qui se trouvent dans l’enceinte ©» près desébréts, on doit cultiver l-eepocedo-ft o is-qM * p e uple le oenton,-qm.en-. toure ces vides ou qui s’y rattache -, afin que tout le district soit, autant, que possible, planté d’essentes semblables ,Teft puisse être-soumis- au même mode d'exploitation©-. m 2 °J ' Bonr l’éàucatiion des bols de côn'sTrucfioiî, il faut non-seulement qile le terrain soit bon , mais encore que Insittratlon pafrftettè de transporter, soit par terre, soit par eau , les grosses pièces de charpente qu’on en obtiendra*. 3°. Quand on e9t shr le point de manquer de bois de construction, il tant semer des arbres résineux, parce qu’en yo ©b l ’6è ans ils péfuvfent,'dans lés bons terrains, fournir déjà dè'bons boiï de cette espèce; mois si,- d’a près T étât des forêts T le. défaut de bois de construction ri’est présumé devoir se faire remarquer que dans l’espace de i/jo ans et plus , c’est le cas de cultiver le chêne dans tons les vides qui conviennent à cette essence, parce qu’il lui faut cët espace de temps potrr croître, et que c’est de tons les bois le meilleur et le plus durable pour les constructions. On peut aussi, par la culture de Vorme, parer à la disette des bois de construction en moins de temps que par celle du chêne , mais moins en grand que par la culture des arbres résineux , parce- qu’on n’a pas par-tout à sa disposition des quantités de semences d’orme suffisantes pour faire des semis aussi considérables qu’avec les semences de pin ou du sapin. Toutefois, ce sont les localités qui doivent diriger à cet égard. 4°. Quand le bols d’œuvre manque actuellement ou est trop cher, ôn doit cultiver les bois résineux dans les terrains qui leur conviennent, pour les exploiter dans la révolution d-’une centaine d’années. Quant aux autres terrains propres au chêne , on y sèmera cette dernière essence , pour que, dans des temps plus recülés., la postérité y trouve Tes ressources dont elle aura besoin. 5°. Si le bois à brûler manque , c’est lç cas surtout de cultiver les. arbres résineux , employant le pin sauvage avec le .mélèze dans les climats tempérés',-‘et l’êpicéà dans les climats plus rigoureux, parce que ces arbres procureront, dans un espace de temps donné, une bien plus grande quantité de bois que les autres qspèces qu’on peut, cultiver en s EM à défaut «Marbres «éèffituxsy le O 1 '. Quand on vei&éiéver-des fn taies pour Savoir , on emploie drop réf érence *ÉoyVrÆf t-seul.y.sok mélangé, pâtre 4qe ©as.qojHt geujfeSrtl’^wbts vienne* es tfè». bien tn- tçtaaU,.çé iqtieqi SUlts le rapport de'la-qualité*Ü© levfs hôjs-9t,dftfcavantagea.«pi’_ils..p«ésente»*pdur le Wtticatiou doiyaqlefle faine,ils sont au, premier rauj£ des arbresforestiers. On mêleaussi, pqpr la-cpinp^fiioi) yde.ces futaies,-des ormes, des érables et des frênes, dontion peut obtenir im très- bon bois non-seulement pour le chauffage, mais en- tore pour des-Ouvrages précieux et pour le char- ronage. _ j°. QuancLpn veut former des taillis, on ûmploie de préférence le chêne, le charme ect le bouleau, qui fournissent fréquemment des quantités de semence considérables, qu’on obtientàbctn compte, étaient on peut faire des (semis en grand, et ontàche.aussi.d’y mêler de l’orme, de l’érable etdufrène ;.mais quand le tprrain est trop humide, on culbivft.l’auney-ile bouleau, le peuplier et le raarceauj En général, on doit,., par-.tout.où. les circonstancef le. permettent, préférer le chêne pour la formation; des taillis; parce que dans ce genre-d’exploitation il subsiste très-long-temps , donne un excellent imiq déiehauf- fage, .et qu’il procure encore ile grahds-iténéfices par les écorces qu’il fournit pour fesnasmerifes- • 8°. Dans les pays de vignoble, où les cerole9-pQur les tonneaux, les éclialas et le tdosvain .Dntûdn débit, on doit cultiver toutes les, espèces de brais propres à ces ouvrages, concurremmeiitmvoe le bouleau^ etcorrper cetni-ri dès .qu’il a acquis la grosseur nécessaire ou qu’il tend àétouffer l’essence dominante; mais on ne doit jamais mêler des. eemenceside sapin et d’épicéa avec celles du bouleau, parce que le fouet des branches de celui-ci rompt la cime très- fragile des jeunes pins et sapins. 9 °. Toutes les fois qu’on voudra procurer promptement un bon abri et de l’ombre à une espèce de bois délicate dans sa jeunesse , il-conviendra , si on est à portée de le faire, de semer avec cette espèce de bois une petite portion de graines de pin sauvage ; on enlève les jeunes pins dès qu’ils ont rempli l’objet qu’on s’est proposé, et qu’ils tendent à étouffer le semis qu’ils avaient protégé jusqu’alors | on ne doit en laisser aucun, n’auraient-ils que 4 à 5 pieds de haut. a Comme il n’existe, observe M. Ilartig, aucune espèce de bois qui croisse plus vite dans les premières années de son enfance , qui procure à-la-fois plus d’ombre et un meilleur abri., et qui soit, presque sous tous les rapports, d’un succès plus assuré que le pin sauvage, on doit, à tous égards , le préférer pour cet objet, et je puis, dit cet auteur , assurer qu’il m’a été fort souvent d’un très-grand secours pour les très-grandes cultures forestières que j’ai faites, même dans des climats très - rigoureux. Mais il iie faut pas négliger, quand on l’emploie comme protecteur d’un semis, de l’enlever en temps utile, parce qu’à raison de sa.prompte croissance, il .causerait par la suite à la jeune forêt autant de dommages qu’il lu; aurait été utile précédemment. » SEM SEW 817 Dans l’intérieur de la France , on ne pourrait guère faire usage de ce moyen d’abri , parce que la graine de pin saurage y est chère. Telles sont les règles les plus importantes que l’on doit suivre , en général, pour le choix des espèces de bois à cultiver. Elles n’excluent point la culture des autres espèces de bois, qui, à raison des circonstances particulières, et notamment dans les petits espaces vides , peuvent procurer des avantages plus considérables; mais ces règles s’appliqueront toujours avec succès aux cultures en grand et à l’établissement d’une forêt. Chapitre III. — Des semences qu’on doit se procurer pour l’exécution des semis. — Epoques et manières de les récolter .— Indication des moyens de conservation. Nous avons indiqué , à l’article Semence et aux divers articles qui traitent des arbres, les époques de la maturité des semences forestières, la manière de les récolter et conserver, et les procédés à employer pour en reconnaître la qualité ; nous rappellerons ici les principales observations qui concernent ces objets. La bonne qualité des semences est une condition essentielle pour le succès des semis; cette qualité dépend de l’âge de l’arbre qui les produit, du degré convenable de maturité, des moyens employés pour les conserver. Les glands se récoltent sur la fin de septembre et au commencement d’octobre, ou dès qu’il en tombe eu certaine quantité. On évite de ramasser ceux qui sont tachés ou piqués des vers, et on choisit ceux qui paraissent les plus sains , et en général les plus beaux et les mieux formés. Lorsqu’on ne peut les semer sur-le-champ, 011 doit les faire porter de suite sur un plancher, les étendre et les remuer tous les jours, jusqu’à ce qu’ils soient bien ressuyés; ensuite on en forme des tas d’un pied d’épaisseur, où ils restent jusqu’à ce qu’on puisse les semer. Mais si l’on devait différer le semis pendant un certain temps, il serait prudent d’examiner de temps en temps si les glands ne germent point, et dans le cas où ils commenceraient à germer, de les remuer une fois tous les deux jours. En général, les glands qui doivent être semés en automne n’exigent d’autres soins que ceux qui tendent à les empêcher de germer et de geler ; ce qu’on obtient très-bien en les déposant dans un magasin. Quant à ceux qui ne doivent être semés qu’au printemps , on les conserve en employant l’une des méthodes que nous avons indiquées à l’article Chêne. V. ce mot. Les faines se récoltent à la même époque que les glands, dès que leurs capsules commencent à s’011 vrir. On fait gauler les arbres avec de grandes perches, et on reçoit les semences sur des draps qu’on a étendus sous l’arbre , ou bien on attend qu’elles soient tombées, pour les ramasser avec un balai ou à la main. On les sèuie telles qu’on les a ramassées , c’est-à-dire avec leurs capsules ; mais lorsqu’on veut les avoir pures, on les passe au crible ou à la claie , et on les vanne à la Tome II. manière des grains, soit dans la forêt, soit dans une grange. Comme les faines s’échauffent et germent facilement, on doit éviter de les laisser séjourner dans des sacs, il faut les étendre dans un grenier et les remuer souvent. V., pour la manière de les conserver jusqu’au printemps, l’article Hêtre. Les semences de charme se récoltent dès que les capsules tombent; cette récolte se fait, soitàlamain sur l’arbre même, soit, ce qui est beaucoup plus expéditif, en faisant frapper sur les branches avec une longue perche, et en faisant recevoir la graine dans un drap étendu par quatre hommes, qui se portent à l’endroit où elle tombe. On la porte dans un endroit aéré, et on l’étend sur vin pLancher pour la faire ressuyer. Y. Charme. La semence de bouleau se récolte à la main, vers la fin de septembre et au commencement d’octobre ; on l’étend bien claire , sur un plancher, dans un lieu aéré , on la remue souvent, on la froisse ensuite dans les mains, et on la fait passer au crible pour en séparer les feuilles. V. Bouleau. Les semences d’érable se récoltent en octobre, dés que les ailes de ces semences sont devenues brunes. La récolte s’en fait à la main, par le moyen indiqué pour celles du charme. 11 faut les étendre de suite , et les remuer souvent pour les faire sécher. On peut les conserver pendant quelques années sur un plancher dans un endroit aéré. V. Erable. Les semences de frêne se. récoltent et se conservent par les mêmes procédés que celles de l’érable; mais il 11e faut pas les garder plus de 2 ans. Les semences d’orme se ramassent à la main ou avec un balai, dans le commencement de juin. Il faut les étendre de suite dans un lieu aéré ; car elles s’échauffent très - promptement si on les laisse dans un sac. V. Orme. Les semences d’aune se récoltent en octobre, dès qu’on s’aperçoit que les graines renfermées dans les écailles des cônes deviennent brunes et laiteuses. On porte les cônes dans un endroit modérément chaud , où on les laisse jusqu’à ce que les écailles soient ouvertes, et on en détache les semences en les agitant sur le crible. Elles conservent leur faculté germinative pendant quelques années, si 011 a eu la précaution , dans le principe , de les étendre sur un plancher aéré et de les remuer souvent; cependant les semences fraîches sont préférables. Les semences du sapin blanc se récoltent sur la fin de septembre et le commencement d’octobre par La cueillette des cônes , qu’on étend dans un lieu aéré , où ils restent jusqu’à ce que les écailles s’ouvrent et laissent tomber leurs graines lorsqu’on les agite; ou bien, on les expose à une chaleur modérée, on les passe au crible, on les frotte entre les mains, ou on les agite dans un sac rempli au quart, et on achève de les nettoyer en les vannant. Elles se conservent pendant plusieurs années; mais il faut avoir soin de ne pas les mettre en tas trop épais et de les remuer souvent dans le commencement. V. Sapin et Sécherie de'graines. Les semences d’épicéa se récoltent depuis le commencement de novembre jusqu’au printemps; on cueille les cônes à la main, comme pour le sapin, lo3 Si 8 ir.. Jn«}Uf «si, *«Kiq. • ■ ' * ■■r_ i :r.V- e ^ne.^aihka ttauf- oit zlIJ3mr(1B îil^: * l’°*tf .ff)rf a } re ,tom&erik g/^ne- -,. Jr^.-.ffiùWtce 0 ïpvcea peut £e conserver 3 eu 4 an^,'oq ,Péiend sur un plancher, dans rialieu aéré, en tas peu épais, et si on a l’atten'tion ^sur- typu^etL é^té, dç, la, remuer de temps, en tqmns ; rqais !fl,?qmençe fraîche est toujours bien préférable : elle est, à l’égard de l’autre, dans les rapports de io à 12 , et même 1 5 . V. Pin , et pour la préparation des semences en grand, l’article Séçherie. . JL.es semences de pin sauvage se récoltent de la même manière et aux mêmes époques que celles de l’épiçéa. L’épluchement des graines et leur conservation s’effectuent par les mêmes procédés. V. Pin et Séçherie. Les semences de pin maritime se récoltent aux mêmes époques et s’épluchent de la même manière. V. Pin. Les semences du mélèze se récoltent depuis le mois de février jusqu’au printemps. L’expérience a prouvé que lescônes récoltés dans le mois de novembre s’ouvraient bien plus difficilement que ceux qui avaient passé l’hiver sur l’arbre. L’épluchement des graines se fait de même que pour celles de l’épicéa. Elles se conservent pendant quelques années , si on a soin de les placer sur un plancher dans un lieu bien aéré, et de les remuer de temps en temps. Lorsqu’on n’en a qu’une petite quantité,elles se conservent parfaitement, ainsi que toutes les semences fines, dans un sac de grosse toile , suspendu dans un endroit aéré : là , elles sont à l’abri des souris , et l’air passe plus facilement à travers le sac grossier qui les renferme, que dansun sac de toile serrée.V. Mélèze et Séçherie. Les semences du pin-pignon se récoltent dans le milieu du mois d’octobre ; on expose les cônes dans une chambre modérément chauffée par un poêle pour les faire ouvrir. Cette grosse semence ne se conserve qu’un an, et il est toujours plus sûr de la semer en automne ou dès le commencement du printemps, que d’attendre plus long-temps. Les semences du pin-weimouth se récoltent en septembre , dès que les écailles commencent à s’ouvrir. On expose les cônes au soleil, et lorsque les écaillés sont bien ouvertes, on les agite pour en faire tomber la graine. On épluche celle-ci en la frottant dans les mains, et on la met dans un sac de grosse toile, qu’on suspend en l’air. De cette manière i elle se conserve pendant plusieurs années. Les semences de platane , quoiqu’elles mûrissent en octobre , se récoltent plus avantageusement au commencement du printemps; mais si on veut les cueillir en automne , il faut les laisser jusqu’au printemps dans les globules qui les renferment, et placer ces globules dans un lieu aéré. Les graines du faux acacia se récoltent en octobre , dés qu’on remarque qu’elles sont dures. La récolte s’en fait avec les gousses, que l’on expose au soleil ou dans une chambre.modérément chaude , où elles restent jusqu’à ce qu’elles s’ouvrent; on retire la semence avec les doigts ou par le battage lorsqu’on opéré'èrt grand PEU# «e èomsorve pendant plusieurs année*'; il Ote la ‘àiet dates des Baes degrosse tbHé, quë l’oii fct/spetid éié ; ùh liéte àérdf 1 ' " n ' ,J Nons né paélW-yriLpiàsici de 1* «tanière dè récolter et de conserver les serrtéfices dès autres espèces d’arbrea forestiers ppairca qne nous en avons déjà parlé en traitant dé 1 ces espèces d’arbres, et que d’ailleurs les récoltes qui s’en font se réduisent à de petites quantités. V. d’ailleurs l’article Semence. De l'épreuve! dés Semences pour en reconnaître la qualité. Le forestier ou le propriétaire qui se propose de faire des semis a un grand intérêt à s’assurer de la qualité des semences, puisque c’est d’après cette connaissance qu’il se déterminera à les faire ramasser ou à les acheter, ou enfin à en employer telle on telle quantité, suivant qu’il les aura jugées plus ou moins bonnes. Le défaut de connaissances ou de précautions à cet égard a été souvent la cause de grandes pertes en argent, et, ce qui est encore plus fâcheux, du dégoût pour les améliorations forestières. On doit donc recommander expressément aux cultivateurs forestiers de toujours s’assurer de la qualité des semences avant de les faire récolter, ou d’en faire l’achat, ou d’en faire l’emploi, et de plutôt différer un semis qtie de ramasser, d’acheter ou de répandre de mauvaises semences. Pour juger de la qualité d’une semence , il iaut savoir quel est, pour chaque espèce d’arbre, son état de parfaite maturité , et à quels caractères extérieurs et intérieurs on reconnaît cet état ; quelle est son odeur naturelle, enfin quel est son poids pour une quantité donnée. Lorsque l’examen qu'on a fait prouve que la semence présente des caractères conformes à ceux qu’elle doit avoir , on peut, pour la plupart des graines, compter sur sa bonne qualité ; mais il y en a pour lesquelles on ne peut distinguer ni leur âge , ni les méthodes vicieuses qu’on a pu employer pour les éplucher et les conserver. Comme nous avons indiqué, aux articles qui traitent des différentes espèces d’arbres, les moyens de reconnaître la qualité de leurs semences , nous renvoyons à ces articles. Toutefois , nous devons observer que ces moyeus se bornent à l’examen des semences sur place ; mais que si on a le temps de faire une expérience en petit, on jugera bien plus sûrement de leur qualité par le nombre de graines qui germeront. Cette expérience se fait sur-tout pour les semences qui lèvent promptement, et pour celles qui ne présentent pas d’autre moyen certain de vérification. Pour cet effet, on sème une certaine quantité de ces semences dans un pot ou dans une caisse remplie de terre; on place ce pot dans un lieu tempéré, on arrose la terre aussi souvent qu’il est nécessaire avec (îê l’eau tiède , et l’on observe combien de graines lèvent sur la quantité qu’on y a mise. Ce moyen est le plus certain pour reconnaître la qualité d’une semence. Les agens forestiers ne doivent pas négliger de faire de semblables expériences toutes les lois iju’ils ont à semer, au printemps , des semences d’aune, de bouleau, d’orme, d’érable et d’arbres S/EM résineu* ) qui-cmt,été c*n*ersépy, pendant l’hiyej; J t’est le moyen d , app‘réei£r i dtès-f exacte mep.t Içs ^ j- mences dont ils ont f^.d^s pf£.v^}9U£ ou ^u*il$ oni achetées, et. 4e ppuypifpropo^ppperjes tiuantités à en]plQyer..l>arJwterfi î .,. , lt . „. ' ' , 9 En général, il est,prudent de n’achetar des se T mences .d’arbresq«?à -de* nwwohaiwfc bien fcmé*, et de stipuler que lessemerfeas seront déposées et étendues aussitôt leur, armée dans Un lieu closet aéré, pour n’ètre pesées que 1 5 jours après: par ce moyen, qu’indique M. Hartig, on saura si.la semence n’a pas été mouillée , et si l’on n’eri a pas voulu augmenter le poids en y mêlant du sable fin. Si un marchand ne voulait pas souscrire à cette condition , le moyen suivant fera découvrir facilement si on a mouillé les semences de sapin, de pin, de mclèze ou autres graines de ce genre. On plonge sa main , qui doit être sèche, dans le tas de semences, on en saisit une poignée , que l’on serre fortement, puis on ouvre promptement la main ; si toutes les semences qu’on a prises tombent, elles sont sèches; mais s’il reste un grand nombre de graines attachées à la peau sèche de la main, nul doute que la semence n’a été mouillée pour en augmenter le poids et tromper l’aclieteur. f- Chapitre IV. ■— De la saison la plus avantageuse pour exécuter les semis. On peut admettre comme principe général que la saison où les graines forestières sont disséminées par la nature est la plus avantageuse pour faire les semis artificiels, lorsque d’ailleurs toutes les circonstances sont également d’accord avec le vœu de la nature ; mais lorsque cet accord n’existe point, il faut changer l’époque des semis s’il en doit résulter des effets utiles au succès de l’opération. Par exem- f ile, les faines tombent naturellement en automne sous a mère-plante ; elles sont ensuite recouvertes par les feuilles , elles germent dans le mois d’avril, et se trouvent abritées contre la gelée par l’arbre qui les a produites; mais si l’on sème des faines en automne dans un lieu découvert, elles lèveront bien aussi au mois d’avril ; mais les jeunes plants périront infailliblement par l’effet des dernières gelées du printemps, parce que , dans cette situation, ils sont privés de l’abri de la mère-plante. Dans les cas de l’espèce, on préviendra les dangers de la gelée en semant seulement au printemps les graines des arbres dont les jeunes plants sont sensibles au froid : ils ne lèveront qu’à l’époque où l’on n’aura plus de gelée à redouter. Il y a encore d’autres circonstances qui peuvent détourner de semer dans la saison de la maturité des semences, et que nous avons indiquées aux articles Saison et Semences. Voici, au surplus, les règles à suivre d’après l’expérience : Les glands se sèment en automne , dès qu’on les a récoltés, soit que remplacement des semis soit ou non abrité ; mais si l’on a à craindre qu’ils ne deviennent la pâture des sangliers , ou des porcs , ou des blaireaux, ou des mulots , on diffère le semis S&M jusqp Ppysi’ çpdfiu printefnps, pour les mettrç , autant que sible iftî’afcri de là voracité fle'cés’amrtïahSi. ’ tnisl, ' ..V j.wntiX. a-ü par de*’arnres places'' d’eux , et si d’aitTeurs on n’a rien â cràitjflfé'rfèJ 'porcs ou dés mulots, on peut sfemèr les ftlnéà en automne. . ‘ Le* châtaignes se Sèment en autémée ou aiiprin- temps, mais plus ordinairement à cette ‘deniière époque, à cause des mulots et des gelées, qui souvent font beaucoup de tort au semis. Les graines de charme se sèment en automne ou au printemps. Plus on les met en terre de bonne heure , plu* le succès du semis ést assuré. Les graines d’érable se sèment au printemps , quand l’emplacement n’offre point d’abri ; mais s’il s’agit de semer un vide dans une coupe, on choisit l’automne. Les semences de frêne se sèment le plus tôt possible en automne, ou dès le commencement du printemps. Les graines d’orme se sèment soit aussitôt leur maturité dans le mois de juin, soit, lorsque tels n’est pas possible, au printemps suivant. Les semis d’automne réussissent cependant, mais pas aussi sûrement que ceux du printemps. Les graines de bouleau se sèment en automne , dès qu’elles sont mûres, ou dans l’hiver, ou de bonne heure au printemps. Plus tôt on met les semences en terre, plus le succès du semis est assuré. I es graines d’aune se sèment en automne dès qu’on les a récoltées , ou de bonne heure au printemps. Les semis de ces deux époques réussissent lorsque la semence , la manutention et la température sont avantageuses. Les graines de sapin se sèment en automne lorsque l’emplacement est abrité, et dans le cas contraire au printemps. Les graines d’épicéa, celles de pin sauvage, celles de pin maritime , celles de mélèze et celles de pin- weimouth, se sèment de bonne heure au printemps ; mais toutes ces semences peuvent aussi se semer en automne. M. Hartig a fait, à cet égard , de nombreuses expériences, cpii ont été couronnées de succès. Les semis d’automne, dit-il, présentent cet avantage, que , dans les lieux à découvert et fortement exposés au soleil, où les plants périssent souvent, ils lèvent de bonne heure en automne, et n’ont rien à redouter des gelées. Les graines de pin-pignon se sèment soit en automne, soit au printemps ; mais dans les climats rigoureux les semis d’automne sont préférables, parce que le sol n’est dépouillé des neiges que dans le mois de mai, que les plants des semis du printemps lèvent trop lard. Les graines de platane et du faux acacia se sèment au printemps. A l’égard des semences des autres espèces d’arbres qui sont moins importantes dans l’économie forestière , on les sème à l’époque où elles tombant de l’arbre. Io3 * QjMttCTjMiuV» S/EiM semence À-employer .■tuq timsi nu nr— par s-kectmrg. ÎE jg ob eiijrtfinp t \ j «alanvi no *9 ( *>«•;:• -ti i»n .tgolii c8t evib-n-ic*.'' sbtiqoSit-?Gmpo*t«nti4e ( ièteraûner extcteotânt la qualité'rdâisfei^enco ixvécees^lre à d’fexècutioa d’an «uni* 4 Ctw «i-l’on, emploie trctp de eemende , il y a augmentation inutile de dépense, et ihçcwvénient •poar le,«emifvdont les plante, trop aergés, ne pros- .pèr^t.pas^g» fiau-contraire, on économise trou la semence, H y-scin suffisance de plants, ce qui oblige -à-de* regarni^ eh semences ou plantsqui toujours cpùtetat beaucoup plus cher que n’aurait coûté l’em- ploi d’un peu plus de semences dan* U première ieeîiTunlslnoe f.)ui3 eupMtMlMU'M-* i sifiiîT ; 9 i£Jo,d nu’b 3>tl?1o1 r 9 InJwœwmisorderpl'amsiOfj aobnad ï»; oubnetel ni PECE5. ; . fio décimètres carres), aL ' ViékoWt rPataaW* isa r,a "*“ j qg f no’i enp essaie] -:ol i/o eobèar; sohtenp étui p eioiJ cfcl no .i;i if ^dh'MitfJ ?HP.' I ?V.'! < qmg f.i± irai J, f fneepb-ia^ vùqap > eabatiaur Orrnd)! 0 .-’ ?\ / Y’? i'V- ! sm**oa frète.-. . ; î ’. V . -. : 3». *4 a'* à à> EraMéf . ’l î™ ; /H 4 Q u f ^ 4» * . ^ , lAirtiès. F 1 ! K I * opération. D’un autre côté , les herbes_a’e«p*tent nqitfké&u.' 7 ' . J 1 U J’ .“.<>* P‘i> du terrain et .étouffent les plants, tandis quç ; dans ....... les semis plue serrés ce sont les plants qui étouffent le*, herbes ülq ‘ et.uosup. Pour déterminer la quantité convenable doisemences à employer , Ü faut savoir î m .îsiq. iuu<. 1 °. A quelle distance doivent être les plant*.de chaque espèce d’arbre danala première année,,c1est-j à-dire à quelle distance ils doivent lever,-çour que,: après les pertes successive^ que le semis éprouvera. no ‘ d’aprèsl’expérienfe, ifi;-e*te. encore assez de plants pour former une jeune forêt dans un état convenablement serré ; îm-d-r-'"’ a°. Combien il faut,-d’après l'expérience, répandre par hectare de kilogr. de semence de bonne qualité, afin d’obtenir cette quantité suffisante de plants. En ce qui concerne la première proposition , il faut avoir égard à l’espède de bois que l’on veut semer, et considérer si les plants de cette essence s’enracinent promptement et profondément, ou s’ils sont dans le cas contraire, s’ils sont peu ou beaucoup sujets à souffrir de la chaleur et des insectes ; dans le premier cas, on emploie moins de graines pour une surface donnée que dans le second, et l’on trouvera, à l’àge où les dangers de la première éducation seront passés et où les pertes inévitables auront eu lieu , que le terrain contient par are ou hectare la quantité convenable de jeunes tiges de chaque espèce de bois. Parmi les espèces d’arbres dont les plants s’enracinent fortement à l’époque où ils lèvent dans le semis et peu de temps après, et qui par conséquent ont la propriété de résister bien mieux que les autres à la sécheresse, à la gelée et aux ravages des insectes, le chêne occupe la première place ; après lui, vient le hêtre , ensuite l’orne , puis le frêne, l'érable , Y aune , le bouleau , le charme. Quant aux arbres résineux , ils sont, sous ce rapport, dans l’ordre suivant : le mélèze, le pin , l'épicéa , le sapin. Voici, d’après M. Hartig, le minimum de la quantité de plants qui doit se trouver par pied carré dans le premier été d’un semis, pour que le repeuplement soit par la suite dans l’état serré qui lui convient. n Cliatme . . 7 1 < 1 MèTè*éi ; : .•. :-iupr, Pin? «? r. . . . . . ; Epicéa. . . . : .4 " Sapin ÉSStS B 'l ne sent ifas 4 vo râbles. iii.ïT a . sic/i 3 ■3 3 3 3 q 0 ’3' : ‘ - 4 t93i 3 4 -j"p a ’ -■ ‘ .I,| &. ;ll •p tati . 1 i>.3 ■ , itic’3to) -■ w 3* 1 - o*. m3q ;lU£ f, Pour obtenir ce nombre de planfsj'tjiil comme hoèsPavons dit, le minimtlm de cë cjuirJolt se H%u- verpar pied carré, M. Haitig a ïhdihné lés’qi/arif’ês dé semences ci-après , comme etstnt cetles que, a a,- pyès l’expérience, on doit semer par'bec tiré tl J- I ! . ESPÈCES DE SEMENCES. Glands... Faînes. Semences d’érable. ld. de frêne. Id. d’orme. Jd. d’aune. Id. de bouleau. Id. de charme, avec les capsules Id. id. sans capsules. Id. de sapin, avec les ailes... Id. id. sans ailes.... ld. d'épicéa, avec les ailes.... Id. id. sans ailes.... Id. de pin sauvage, avec les ailes Id. id. sans ailes.. Id. depinmaritimeaveclesailes ld. id. sans ailes.... Id. de mélèze, avec les ailes . Id. id. sans ailes.... 91 QT/ANfri^S’"’ DE SEyÈNCEs' 5 ; a employer \ par lièttàée ‘‘ dans les terrains gt.sjqpfi qn^^ f nda I -» v s a -Zoou i8ô 4.' 3o 170 3(5 3a '7 9 35 43 36 72 43 20 i5 i5 13 z4 »7 >7 >1 18 4* 3 37 96 8 36 20 J 4 4 12 3 i5 5 12 3 .frf,?» i ‘I- ‘X ■ïi, rs -Il '3)1’-* 9800 ^ 3 , 9 . 244. 60 5o 36 22 12 48 5o 48 96 66 24 18 18’ »4 3o 2Q l8 42 2 i 13X( 4 48 120 ’ib 43 26 *4 U 5 : 'f 4. 17 6 4 ,: J -l(*) 'Nous nvtmRréttuit les poids et mesures d’Allemagne. rA-3rf 0I, di,Jgs quantités quand elles se sont trouvéesionsi' derabJca. nui )n .I9t no 8-RM S EM 8ii Il est entendu que c^s quantités sont ainsi fixées Jiourüensfemesicswnient eji totalité d’un hectare; mais quan^’H Vi^i't del semel 1 par places.ûjLgjtr bandes,’ onproportionnç Jâ'qyà^tité de senîeïlces a l’étendue) lin La biffer 0 ù opcotuorY-or ; Supposé quel*# bandes ou les places que l’on ,veut^e.itifeï jtnrmenlJh’ moitié ou les trois quart s td’un terrait) , il ne faudra employer que la moitié 1 .ou les trois quart»des quantités ci-dessus fixée» par 1 hectare; mais comme dans ces sortes de cujtqpeyné petite place où le sem js ne réussit pas forme un; •ride très-apparent, et que fl’ailleurj les saptis par 'bandes ou par places peuvent.êfrg yn peu pliiSjSpr- irés que les nemi» en plein,.on doit y répaadre;pn) ?peuplus de semences: par exemple., un quartpn‘ !sus des proportions que noup avons établies pour,îes ( •semià pleins. Ainsi, que l’on ait à semer en glands 'un hectare de terrain, et que les bandes qu’on y 1 :aura défrichées pour recevoir la semence neforment -Stt&Jft.moitié du terrain, c’est-àrdiïÇ ynesuperficie de 5 o ares, dans ce cas, ce ne sera pas seulementla moitié de ^30 kilogr. de glands, ou 365 kilogr. qu’il faudra employer , on ajoutera le quart de cette dernière quantité,.par conséquent 91 kilogr.; ce qui formera 456 à 460 kilog. de glands à employer. Le tableau précé dent peut servir également à dé- ! teriuLner~tës quantités de sèlnehces à employer dans .'les cas de mélange de graines de différentes espèces ; d’arbres. Supposé que l’on veuille semer un hectare ide terrain vide, de manière à le repeupler d’un tiers tde chênes,- d’un tiers de hêtres et d’un tiers de bou- llea uac, dans ce,cas on emploiera : 4 Glands. 243 kilogr. : Faines. 5 j id. ! Semences de bouleau. 12 id. | Mais on sait qu’un bois ainsi composé de différentes essences ne les conserve pas toutes dans la fmêrtie proportion jusqu’au moment de l’exploitation En effet, si le semis qu’on aura composé des différentes espèces d’arbres ci-dessus est destiné à former une futaie, on y apercevra successivement un changement dans les proportions, et il arrivera, par exemple, que la forêt, à l’âge de 60 ans et même Iplus tôt, ne contiendra plus, quoique suffisamment peuplée, que des chênes et des hêtres, soit seuls, soit mélangés. Il est certain que, depuis l’époque du ■ semis jusqu’à l’àge de 3 o ans , une quantité considérable de tiges périssent étouffées dans le massif de ila jeune forêt. A cet âge, la distance des plants vifs (entre eux est encore de 2 à 3 pieds, et celle qui existe entre les brins dominans est de 4 â 5 pieds ; jinais à 60 ans ,un grand nombre de tiges ont encore pris le dessus , et la distance de ces tiges dominantes est à cette époque ordinairement de 6 à 8 pieds entre elles; enfin à 90 ans, cette distance est de 10 â 12 pieds. Ces faits, établis par l’expérience , doivent aussi être pris en considération quand il s’agit de fixer la quantité de semences à employer par hectare. Ainsi , supposons que l’on veuille ensemencer un terrain de 100 hectares, et que l’on vemlle.aiLssi rpi’à PàgtuJn. nne hr hrrhrrarahJr posé que de chênes , mais qu’onaie>.puisse «e procurer les 73 à 74,000 kikjgr.^de^lWfoiÈ êjtii seraient nécessaires à son ensemencement, on peut atteindre 1» tttélite) Iftit'fefé'WitfpidyaAftMalÿment *un*t|TrtfH J dé la quantité de glandfftltfcèsiJtaa pour un semis pur, c’est-à-dire 18a kilogr. par hectare , et en rempla- ehntuhjasr&éirfciflim trçuatfti ,ofcit”®à*r çqrikttog/J de senàeacâiu à» B6uleau 4 tstir awt jeunes chênes, et l’on parviendra ; si les'-chêhes prospèrent, à amener la forêt à l’état d’une chênaie pure àÿàge de 60 ou 90 ans au plus. Obÿetvôns ce mélange n’aura rien fait perdre du dôté dèè^rfky- dults, parce que les perches de charme qu’ew■ titrait ainsi se vendent aussi cher et même pfote'chÀ que celles de chêne, et que s’il s’agit de boùletfu^dle prix de ee-bois n’est pas beaucoup moins élet<é^'Surtout quand on l’emploie à faire des cercles de ttrtt- neaux. r On procède de la même manière pour dé^éèrfn- ner les quantités de semences à employer dartà'toùs les semis où le mélange desespèces as lieùj mniS^fétds ne devons pas terminer ce paragraphe sèni obfcéüfer, comme règle générale, que lorsque la ! $düienel odio aliquid facient in damnum vel preju~ dicium. régis veljuris sui. Nos formules sont beaucoup plus simples ; mais il ne serait peut - être pas inutile au moins que les commissions rapportassent les principaux articles du Code pénal relatifs aux Fonctionnaires publics. V. ce mot. Les divers âge ns de l’Administration forestière prêtent serment, devant le tribunal de première instance de leur arrondissement, de remplir avec exactitude e) fidélité les fonctions qui leur sont confiées; ils sout tenus de représenter au tribunal l’acte de leur nomination , leur extrait de naissance et l’acte de leur serment dans le grade qu’ils auront dû remplir auparavant. {Loidu 29 septembre 1791, tit. ///, art. il.) La loi du 16 thermidor an 4 autorisait les gardes forestiers qui ne résidaient pas dans 1a commune où le tribunal civil était établi à prêter leur serment devant le juge de paix de l’arrondissement où ils remplissaient leurs fonctions, à la charge d’envoyer de suite l’extrait de l’acte de cette prestation au greffe du tribunal civil. Mais l’art. 7 de la loi du 16 nivôse au 9 porte que les agens de l’Administration prêteront serment an tribunal civil de leur résidence. L’autorité administrative ne peut recevoir le serment que les gardes champêtres ou forestiers doivent prêter avant d’entrer en fonctions. ( Lettre du minist. de l’intér. du z 5 juillet 1818.) Aux termes du § 6 du tit. X de la loi sur l’enregistrement, du 22 frimaire an 7, les prestations de serment de tous les employés salariés de l’état autres que ceux compris dans le § 3 , n°. 3 du même titre, sout sujettes au droit fixe de i 5 fr. L’article cité du troisième § comprend les gardes forestiers et les gardes champêtres parmi ceux qui, pour entrer en fondons, ne sont assujettis qu’à un droit fixe de 3 fr. 11 semblait que l’arpenteur forestier pouvait aussi 11’ètre sujet qu’à ce simple droit ; mais le ministre des finances a décidé, le 24 messidor an 10, que la prestation du serment de l’arpenteur forestier était passible du droit de 1 5 fr. ( Instr. décadaires sur l’enregistrement , n°. i 38 .) L’art. 14 de la loi du 25 ventôse an 9 exige , à peine du double droit, l’enregistrement sur la minute dans les 20 jours. Il s’était élevé la question de savoir si les gardes des bois communaux, qui étaient assermentés devant le juge de paix , d’après la loi du 16 thermidor an 4 , devaient être assujettis à la prestation du serment devant le tribunal civil. Le ministre de la justice a, par une décision rapportée dans une circulaire de l’Administration des forêts du 5 brumaire an j 2 , statué qu’ils devaient prêter ce nouveau serment , mais seulement après qu’ils auraient reçu de l’Administration leur commission dans forme prescrite. SER La avênie décision porte que les gardes des bois des particuliers, dont il est parlé dans la deuxième iection du tit. II de la loi du 9 floréal an 9, et qui étaient assermentés devant les tribunaux de première instance, n’étaient point tenus de prêter un serment nouveau. Avant la mise en activité du Code (Finstruction criminelle de 1808 , un garde forestier qui avait déjà prêté serment devant un tribunal civil, alors de son arrondissement, n’était plus tenu d’en prêter un nouveau devant le tribunal de son nouvel arrondissement, ainsi que l’avait jugé la cour de cassation par ses arrêts des. 11 mars et, » 5 . avril 1808. Mais comme l’art. 16 du. Code de 1808 limite les fonctions des gardes champêtres et forestiers à la recherche, chacun dans le territoire pour lequel U est assermenté, des délits et contraventions de police qui auraient porté atteinte aux propriétés rurales et forestières, il en résulte qu’un.garde qui passe d’un arrondissement dans un autre doit.prêter serment devant le tribunal de son arromjissement actuel. C’est ainsi que l’a décidé la cour de cassation par ses arrêts des 6 août 1812 et 3 i juillet. 1818. Mais lorsqu’il est délivré à un agent ou garde ,eu exercice une nouvelle commission qui ne change ni son grade ni sa résidence, ainsi que çela a été fait lors de la restauration , il n’est dû aucun droit pour la nouvelle prestation de serment. ( Circul. du 5 octobre 1816. ) Un garde forestier, quoique légalement, assermenté en cette qualité, doit néanmoins prêter un nouveau serment lorsqu’il a été choisi par des particuliers pour veiller à leurs propriétés, après avoir été agréé par le conservateur, s’il s’agit de bois de particuliers; et par le préfet, si ce sont des biens ruraux dont la garde lui est confiée. Le fonctionnaire public qui a prêté son serment devant une autorité incompétente, et a néanmoins exercé ses fonctions comme s’il l’eût prêté régulièrement , ne peut , sous le prétexte qu’il n’a pas été reçu légalement dans ses fonctions, être déchargé de la peine attachée aux prévarications qu’il a commises en les exerçant. (Arr. de la C. de cass., du 11 juin 1813, rapporté au mot Serment, dans le Répertoire de jurisprudence .) Serment affirmatif. — Le serment affirmatif est celui par lequel on affirme qu’une chose est ou sera : tel est le serment par lequel les gardes doivent affirmer le contenu en leurs procès-verbaux. Cette affirmation par serment est requise à peine de nullité, ainsi que l’a décidé la cour de cassation par trois arrêts du 3 juillet 1812, en matière de droits réunis, et par un arrêt du 16 avril 1811 en matière forestière. V. Affirmation. A l’égard du serment affirmatif judiciaire, V. les art. i357 à i 36 q du Code civil. SERrE. Instrument de fer large et plat, qui est recourbé vers la pointe , adapté à un manche fort court, et dont on se sert pour couper du bois , pour émonder les arbres, pour débiter les menus bois. Nous avons fait, connaître, sous le mot Scie, la préférence qu’on devait accorder à ce dernier instrument sur la hache et la serpe pour, le façonnage des bois, de chauffage. SEV SE Y 835 L’usage de la serpe, ainsi que de la scie, est défendu par l’art. 44 du tit. XV de l'ordonnance de 1669, pour l’exploitation des bois sur pied. SERPE-BUCHERESSE. L’est même chose que la serpe; mais c’était le seul instrument dont pouvait se servir le propriétaire d’un terrain situé au-delà du fossé de séparation de son héritage et des forêts du roi, pour couper quelques bois ou épines venus sur ce terrain , opération qu’on appelait bûcher à la volée de serpe. Il fallait, pour user de ce droit, que le fossé appartint à celai qui voulait faire couper; car lorsque le fossé était commun , chacun , de son côté , pouvait faire couper le recru. SERPETTE. Dituinutlf de serpe. G’est un couteau Courbé en arc, avec lequel on taille les arbres et la vigne. On «’fen. sert aussi pour reqéper les jeunes bois. V. Recépage. SERVICE. Celui des agens des eaux et forêts est personnel; ils ne peuvent commettre pour le Faire.. ( Ord. de 1669, fit. XX, art. 9.) Y. l’article Traitement. Service militaire. Un arrêté du 28 frimaire an 5 .et la loi du 12 novembre 1806 ont dispensé, les gardes des forêts de tout service personnel et pat remplacement danà la .garde nationale. V. Garde nationale. Les services militaires comptent avec les services civils pour la pension de retraite. V. Pension. SERVITUDE. La servitude , dit le Code civil, art. 637, est utie charge imposée sur un héritage pour l’usage et l’utilité d’un héritage appartenant à un autre propriétaire. V. les art. 63 y à 710 de ce Code: V. aussi Domaines nationaux , Passage, TJsage. Les agens forestiers ne peuvent charger les ventes d’aucun usage , chauffage , droits ou servitude. ( Ord. de 1669, fit. III, art. 14. ) SESS 1 LE, sèssilis. ( T. de bot.) Privé de support propre;Oti immédiatement assis sur la partie donnant naissance. Ainsi, une feuille dénuée de pétiole , une fleur sans pédoncule, une anthère sans filêt, un stigmate sans style, etc. , sont sessiles. SÉTACÉ , setaceus. ( T. de bot. ) Menu , roide I et anguleux comme une soie de‘cochon. SEITER ou SEPTIER. Nom d’une ancienne mesure de graihs , de liqueurs, de terre, etc., qui variait non-se.ulement suivant les lieux, mais encore suivant les matières. Le setierdë Paris contenait 12 boisseaux de grain (1 hectolitre 56 litres), 32 boisseaux de charbon (4 hectolitres 16 litres). Dans le système des nouvelles mesures, l’hectolitre est le nouveau setiër. SEUR ou SUREAU. C’est une des neuf espèces de mort-bois dont l’art. 5 du tit. XXIII de l’ordonnance de 1669 pérmet,aux possesseurs des bois sujets aux droits de tiers et danger de faire usage, conforrtiémfent à l’art. 9 de la Charte normande de 1 3 1 5 . SEVE, humor plantarum. (T", de bot.) On comprend assez ordinairement sous cette dénomination toutes les liqueurs néiessaires à l’accroissement et ; à l’entretien des plantes; mais on ne doit pas cônfopdre la sève avec le suc propre;, ni avec Tome II. cette liqueur huileuse, gommeuse ou résineuse qui est filtrée par des gkjndes destinées à cet usage. La sève , dont les fonctions peuvent être comparées à celles que remplit le sang dans les animaux , est une liqueur limpide, sans couleur, sans saveur et sans odeur, qui ne sert uniquement qu’à l’accroissement du végétal et qui n’influe en rien sur ses qualités. V. Phj siologie végétale, 5 *. section. 11 n’est pas permis d’abattre les bois en temps de sève. Les anciennes ordonnances n’avaient aucune disposition à cet égard ; mais il y avait été suppléé par plusieurs réglemens des Tables do marbre et des juges en dernier ressort, entre autres par un réglement de la Table de marbre de Paris , du 4 septembre 1601, qui porte que « les marchands adjudicataires des ventes, ni autres personnes quelconques, ne pourront couper aucun Dois en temps de sève; savoir, depuis la mi-mai jusqu’à la mi-septembre, sous peine deconfiscation, et seront les officiers soigneux de ne faire aucune vente ou délivrance qu’à cette charge, » Saint-Ton , sur cet arrêt, dit que c’est non-seulement parce que le bois coupé en temps de sève n’est pas bon à mettre en œuvre, mais encore parce que les souches se trouvant découvertès pendant l’été, la sève s’en retire tellement qu’elles p’ont plus la Force de repousser; d’ailleurs, que l'expérience a si bien fait connaître qu’il est mauvais de couper les bois pendant qu’ils sont en sève., qu’il u’a pas été besoin d’en faire une défense expresse, d’autant moins que cela a passé en coutume dans toutes les forêts. V. sur cette importante question l’article Exploitation. L’art. 40 du tit. XV de l’ordonnance de 1669 porte que les bois futaies, et taillis iseront abattus dans le quinzième d’avril. Cépendant un arrêt du conseil d’état, du 26 février 1689, porte que les bois pourront être coupés jusqu’au t 5 de mai. L’art. 7 du tit. Il du livre XX 111 de l’ordonnance d’avril 1689 , pour la marine, fait défense en termes exprès d’abattre en temps de sève. V. Exploitation et Marine. Quoiqu’il ne soit pas question des particuliers dans ces articles, observe Chailland, il est toujours Certain qu’ils sont obligés de s’y conformer, par la grande raison de l’aménagement et de la conservation des bois dans le, royaume. Aujourd’hui on ne pourrait point poursuivre les particuliers, parce qu’ils feraient couper leurs bois en temps de sève, attendu qu’ils sont les maîtres de les administrer à leur gré. Mais les particuliers peuvent poursuivre les adjudicataires de coupes dans leurs bois, qui les feraientxoupcr en s èye.\Arr. de la C. de cass. , du o 3 janvier 181 3 . ; 1 Relativement aux moyens proposés pour enlever |a sève des bois, V. Ecorcement. Effets de la sève sur les bois coupés. Nous avons parlé de c'et objet sous le mot Marine. V. ce mot. • SEVRER , du latin separare. En vieux langage, kevrer signifiait seulement séparer. ' Dans le jardinage, sevrer signifie priver une plante de celle dont elle émane. On sèvre une bran- çhe greffée en approche , en la séparant de l’arbre io5 834 up SIG. an^réA fcttë'tèfi-aîfi; line niàréljtte/ ; éH-Ts( r séparant bFÂliW^ïe après fjiFeîlé'èsf’èhrtteÜésr '-' - ■'' PK y-GBfémè ‘ 4 MP atffj ftwd* 1 , dèS 1 Végéltàdc 'dat'dbs orgafiés’ éé*uA 4 ,- 'fié Piétidd éêfcîproq ü é ‘dèé fjuels lissé repriicFiAsent'. fCéi organéé-sOnk 1 VÉtamine et le' Pistil. ’V.‘ cfeü mdtrs 3 .'-‘ ' iLa’pItfjfart dés plantes réunissent les’ deük '&eites dans tQtrfeHké -fleUrs, et sont, pG eetté rirjèbïr, appelées hermaphrodites. ■ ï •'■• ’• Celles dont toutes les fleurs n’ont que des'éta- milites ifithipTstil, sont dites mâles ; et celles Vpifj au éèritraiVe ; n’ont que des fleurs à pistil f prenritentïé irbin'&ë-'jféntélfcsi^ ’ilu; 'Utiê plàrtte tjüi porte' tout*à-la-fois deS flëters rffàlèset dq$ fleurs femelles est nommée dndtogyne crû éiOAoîlfiter ' - ' ■ ' " ■ Uitêtetpèce’dié'pïante qui a toutes les fleuri -tnMés sur un individu , a reçu la dénomination de dlérlejké. Elle èsl'üàië polygam^', si elle’a des fleuls* biséâèées ou nÀisexéësj SaitsnV léraême individu, Soit sur divers individus. Une fleur petit aussi être insexêe ou neutre par le mané] l ué"coiirp , Tet d’organe' séVttél; V. Bàtaniqrceet Physiologie végétale , 6 e . section. SIEGiL, SIEUKIE. Qnfed est le sefos* propVé de ces' môts ? Désigneiit-ilfc , l’ufilè propriétaire fori- crér j l’âutrë -la propriété foncièite; ou sont-ils Synonymes dé seigneur; dé sejgneûrip? V., sur Ces questions, la discussion qui prTéteède un'Arr. dé la C. de cdss. du 27 octobre 1^07 , dans le Répertoire de jurtgpncdence, au mot Sieur, où il s’agit-d’un procès entré l’état et plnsîeurstebritinunes du département de la Sèiate-Inférieure, atf sujet de là propriété de 908 acres de terrains vagues dépendantde la forêt dite la Verte-Forêt. SIGNAUX. Les ingénieurs-géographes chargés de la confection d’une nouvelle carte de France établissent deS signaux pour la formation de leurs triangles. Us ont besoin pour cet effet d’arbres, qui leur Sont délivrés dans les forêts; mais iis ne peuvent les abattre sans permission. Cependant ces ingénieurs pouvaient ignorer à quelle autorité ils devaient s’adresser pour obtenir cette permission, et un arrêt de la cour dé cassation, du a3 octobre 1807, ava it jugé qu’il n’y avait pas lieu de les poursuivre , lorsqu’ils faisaient abattre un arbre en vertu d’ane permission qu’ils pouvaient croire légale, quoiqüe délivrée par une autorité non compétente. Ces erreurs ne peuvent plus avoir lieu aujourd’hui, d’après une instruction du 22 juillet 1818 , portant que ‘c’est aux agens forestiers qu’ils doivent s’adresser. Les bois à abattre sont estimés sur pied , et il èn ést dressé procès-verbal, pour le prix en être versé par le ministère de la guerre dans la caisse des domaines. V. VInstruction an Recueil. SIGNIFICATION,'du latin significàre^ signifier, Faction de signifier. Dans là pratique, c’est la notification, la connaissance qu’on donne d’un arrêt, d’une sentence , d’ùn acte quelconque , par voie de justice. .Aucune signification ni exécution ne peut être faite, depuis le i«. octobre jusqu’au 3i mars, avant* six heürey'âûf mâtin' et après six heures du soir; et depuis le I er . avril jusqu’au 3 o septembre, SIG -01 .. ■ avant quatre heures du matin et après neuLd&'SOir; nêé jfltrt Mtël'teUjotlrVde.'fête'léghle, ai «& nWtfon ;vértb^&e^^éhn$«ilOit'hhi^ugû r dânsiie' «mou il y ' iûlfalt 1 péVlf-'èfc 1 tlsfofiur déÇ.tjbdéldtr ptocddicÜ ’., .tuai li ■licriuor' Toute» ''SigmfiMtiOrisofoitefi à de s‘personnes publiques jrééjfesées jitinti de»" recevoir, doiv^it ■être visées sanê ftaié sur TérigmaLEn carde *efne,'l’original est- vîSe-' par- lé pfocuCewr-thi -roi p#è* le tribunal dé première Instance dé leur domicile.-les refusans-peUUéWt êthe ' condamnés ^fsuv les conclusion s * d tt fmifl ictère public,-à une ameadb-qtri' ne peut 'ètre'mbitrdte éfranes. >( Ib. ^ 1 089.' j Dans le cas où la loi éxige, pOut 4 da"signif»ca- tion d’un acte * qWe l’huissier quil’a faitySeit Cdm- mie spécialéOiedtà cette fin'par le juge', si cet huissier' commet une nullité dans -son-‘exploit , peut-il la réparer par une' nouvelle signification sans que lè juge l’y ait autorisé de nouveau ? Un arrêt de la cour de cassation, du aâ novembre rapporté, a té mot Signification^ dans lél B^pertoire de jurisprudence , jugé pour l’affirmative. *>io.- Un huissier-qui fait signifier par dn clerc ou'nïr toute aütre personne un acte'Oùnil iièelare qui la signification a été faite par lBi-mêàne ^commet un faux. ( Arr. -de la O. de cass. j dit oi juiu afo&.'gr Les gardes forestiers sont autdriséà à, faire la «»* gnification des procès -vterbatix y W'en’général ~lotk les actes auxquels la poursuite et l’instruction dés délits et malversations commis dans les lxffd.ëWo- rêts peuvent donner lieu, ainsi que lest significations des jugemens et les premiers commanüemens q U n’y a d’excepté que les saisies en -exécotioq>^de jugemens ,-qui doivent appartenir eatcHisivemeni aux huissiers des-Vibunaux. ( Arr. delaGi de oses., du 6 nivôse an 14< — Avis du-Gcms. d’état, Au r.16 mai 1807. ) V. Citation. ■ • ' Ils peuvent aussi faire les significations' dekiétvfe- mens. ( Décis. du min . des fin., du 17 février 1809.) Les agens forestiers sont cependant autorisés ù continuer d’employer le ministère de» huissiers^ mais pour économiser les frais-, ils doivent combiner les significations de manière' à en foire faire plusieurs à-la-fois dans les mêmes cantons par'le même huissier , qui ne peut exiger qu’un seul droit de transport. ( Instr. du Gr.-J., du G brumaire an i4, rapportée dans une ciroul . dePAdmdu ufrimaire suivant, n°. 294. — Lettre du Qr.—J ., du 16 messidor an 11 , insérée dans une circuli du »o thermidor an 11 > n°. \55. ) V. Frais de justices L’insertion de la copie des actes d’affirmation dans celle'des procès-verbaux signifiés aux prévenus n’est point indispensable pèur la validité de ces significations. ( Arr. de la C. de cass., du f2 octobre 1809.)- ■ Le prévenu ne peut exciper-du défautdo signification du procès-verbal dressé-contre lui, lorsque les faits y contenus sont rappelés dans la' citation Sur laquelle il comparaît. ( Arr. de la C. de cass., du 16 ventôse an 9. ) Une décision dü ministre de la justice, du <7 messidor an 1 a 1 , insérée dans une circulaire du 6 thermidor de la même année ( 24 juillet 1804 )> porte que la signification des jugemeBs de condam- S IL nation à l’amende et à la restitution, peut être faite paf e&traitK-n ii.ii'n . -•■v.-a sii/imi .’n*-» j jlVUi» su*v#nt. ufl.jugetneht.-d»,(tfyNt^l dvAjbfcân viljp çe/nenf* jugé à propos de se pourvoir, il faut, ÿçulspFv# aïte soi,t signifié, qjl’ygOttAoitirfpfï^^^v', •;. I Le* ifetftJteurs *(*b-respflnsfthlpa4n"défM‘l4q-;L gnifipatioe ^n* ;enet>éfis«eiir».,'4att% &x>çfis 4’une *a-? vente, iJ)éeiA., fjfop.jL L-. Lesrfjgttifiontinasis à'faire .<*udo*i irtite>4’-ua adjqdi-; c%u»ifie„. d»l eflüpçe ,devaisj psmr 4éiüs 4 oat 4•■esii respK«sal>Je,:djt)ivBi»t jê fret faites &vt,donfiftile> *6*1.49 cet adjndkat^iéét^etneBiétl «Uuniçfdei.oUic e\iiViii~^dit.labi(ntnl j§tQ. k>l si x/o e/n ol em ■ ‘ •La ^‘gxyftcfttioh d’un glgeràemtrpiii avait adjugé »1«> iroits d ? usege.à)unetcooimune n’était point suffi sente* j-nkys-nt éitè afeilenqu’au procureur-syndic d’nn.xéUstrîat^.auuUau:d. ! èt*e faite au procureur géMraJr-dt* département, j {,Arr. de la ff. de cas$ f > <&3p juillet, iHtn.ijL , : no. «lai- -ri,. l'ilm sglâtis fûrestiers n’ont point qvsU.té pour recevoir les eignifioa-tio* s, des entêtés desi conseils de préfectOTefo(xx, dVta féyri^t »£>a5. >. » dWfSigniliâétihmd’un-arràté de,préfet, dans lequel as. Ocotiiwr npe..deeûû>ti idu ministre, .emporte fa-si- gnificaiion de. cetfis décision» h)Ord. -du roi, du a5 juin il 8i.p.i > Y-* Appel ) Citation „Frais de justice, Gardesyifttffevien(,/Pre>aèe~ Verbaux, Tiercement, Usages.niz: ''1 la uti... d -oiSILEXé, mette latin qui signifie caillou. Cette fdon!e;|ijlaxidat»i-transparence de la corne ; elle en aéausaûdnsfiiifféreMtfiSi.tointes , depuis le noirâtre jusqu’au blondi* jaunâtre.. Flussa couleur est claire utpius elleost translucide. Çetfe ressemblance exté- rioMkceAavac la,'comte lui a fait donner par les Alle- nianÜs,la nrt*n de horn-stein , pierre de corne. On trouve le silex dans les pays à couche , soit dans.ied.'craies-,xsoit dans les argiles superficielles. .Xtarmlyse-de c'Btter pierre donne 98 parties sur iQO.'.tle; silice *«*'.terre siliceuse , et un peu de far èt iÜaluiHiiie. ,■ '.dira» silex forme toujours des masses isolées soli- 4黑, ou.: remplies ide cavités irrégulières. Avec les premières on fait de* pierres à fusil, à briquet, et on bâtit aies maisons; et avec les secondes on forme les anenl«s"de moulin, . -s.-La ides traction des montagnes qui contenaient; beaùcqup dé- silex, l’a rendu abondant dans les terres soumises à l'agriculture,, et il y a des can-i tonr-fiart étend»* dont le sol est presque entièrement, composé: do leurs fragmens, arrondis parle- frottement qu’ils -ont éprouvé dans , les rivières qui| lés-ont:cbarriés. Lorsque les,fragmens sont aplatis, ils, prennent le nom de galets ; lorsqu’ils.sont globuleux et de plus d’un pouce de diamètre,,on les appeUe ccfi7onjr ; lorsqu’ils ont quelques lignes seu-j le ment de grosseur, ils prennent la dénomination ■àâ Gravier et Sable. Y. ces mots, SÜJCE., du .latin silex., cajjUeu. L* sijjee ou terre silicêe ou siliceuse , terre çsp l’une ttearfieqf teams,' qüe 4’on C( 9 npftit n 9 pjfigp)d’b^ji; et ijuè/jidaiis l’éta*:itcSuel de,!* séi^r^m^gofé^id^a XûpMâe dea.aâbstascss simEiftS-ni al 8 b robimied, -rasbaoa sb zuaraeguj ffeb noilsodingis ni enp sJvoq SOL 855 La silice est la terre la" plus abondante qu’W'ÿ .44 ,pq«rAé#jt5ÇM gttfdf idans la ça«H?9*UiS l Y 4ù (tWc. .wj.tjg f &W8 posés, de, qette /ene,, et, c’est, dtfesijex ^e„pqntj, L) qqpiquq,le,.silex-^olt V - ét Qwfc oj anal» SILICULE, silicula. ( T. .de h ot- 1>, V '. logip vjgd&.t ^section. ■ ... . edla'J i-SlLiQUL, siliqua. f, T- de bot. ) Fruit^Uaiïftt fjrçplftnWé 1 allongé , équilafière,, .marqué dpdg^ut sutures longitudinales opposées, pluspq.mqjp^iÇXxr prÂHjéeSa -auxquelles ,ou, veps lesqqpllef» jpf gradpes sont s»Vaçliées. V. Physiologie vëgét^ r^ secfiçjfa SILLONNÉ , sulcatus. ( T. de éor.,) Égmarqua- bjg par dos lignes creusées eq gouttière s.uivanj la lop® 1 ®;»*.».- • mont ; «1 0 ■ -:••> a ni,; ô-ni nu il" SiMPÉÉ > ùmplee^l 'Ç, de bot,yQ\yc pe,se jf p t mifie pointa ou n’es^ point 1 formé de dlvqrsç^pièç^s distinctes. , xf ni sie/xf ,1 StJ^LLr é^HaM^ VF^de bot.,) Qui n ; un , line êcl^fiqruro arrondie^.,pu, bijen .çn-jpa^nç^d^f terminé de sinus. ,5 nvv rtV"Y .SANLÇyX, sinwsgs^i, 2>- rfe, bp*. le bord,a, des échancrures et des saillies également ax- rçndies par une courbure ou flexupsité continue , c’est-à-dire non interrompue par des angles-, SlTUÀ-'l^lON , du latin situs, assiette, position. Far situation, on entend, en agriculture qt économie forestjère, la position d’un terrain ou d’une forêt, jpit et ' V ‘ .. •*" ~ A ~" qu’on entend par rapport aux dillérens aspects tion plus ou moins grande des vents, de la gelée,f|t des autres météores. Après les différentes qualités du spl , rien n’influe davantage sur l’accroissement des arbres eÇ la qualité de leur bois que les situations et expositions. V. Arpentage, Climat, Colline et Côte, Cutetla- tion, Pépinière, Plantation. lj!)T SOL, solum. C’est le nom que l’on d ( onne 4 iftn terrain considéré suivant sa qualité. Les plantes yâ" rient beaucoup suivant la nature du fol et leur exposition. Elles éprouvent dans un sol étranger çe qu’elles éprouveraient dans un jardin où elles ne viendraient qu’à force de soins : les unes y perdent leur odeur et leur saveur; les autres, au contraire, l’acquièrent à un plus haut degré : ainsi,np.us -foyofis la lauréole gentille perdre toute son odeur agréablg, et les arbres fruitiers donner de bien meitleuxs iloU s .par la culture. V. Physiologie eëgét.,, ^}section^ Le sol varie autant que lacomposition delà tpçrç, que le climat , que l’exposition. -ne Mais on distingue communément en France^uiq principales espèces de sol : l’argileux pu^ glaireux , le crayeux ou calcaire , le sablonneux où graycfpux, le ferrugineux, le marécageux. V. Argi V-Æ ie > Calcaire, Sable et Terrain. , .-13a., xibo Il y a encore une ..jortç d^Yoî fort çonpjie'fyuis les pays de rnpq.tagnes^ srdoJoo . . ,8 i si .éion&b , sjiil ,eidmeJqeao£ us’upcuj mvs ’-i el ^iuuqJt> 5 ^, '. -c SOL 836 SOL végétale, 'K J Üti{ !rlh sotot nî trop'secs ni trop humi- 'flesj js6.iÉ‘ , l'es , {)onS , Sdîi - ,' r- lfes bols fertiles. V. à l’a r t i 1 l£'tdWRràir &iB difFébéntes'OSpêctes desbfs ' dhi 5 trihbîéiftfêttt èh he 'éonVierineèt nas aux nrfords "‘ 1 ''' - - “ ■ ■■■ SOL POt 1 R LIVRE*. Sdus le réginve des maîtrisai*, 'on'pei-bevaît te ’sril peur 1 livre -d» prix dés vehtes'éf àajudiéations des- Lois5 il se Tefsait- par l’adjàdlcafaiVe éhfre les mains du receveur et servait à payer lés droits, journées et taxations de 1 »officiers def, maîtrises et gruries suivant les élats ar- rétës par les grands-maîtres. ( Ord. de i66d-, tit XV, art. i5 efi6. ) M Le bol pour livre du prix des refîtes est aujourd’hui rem jjJacé par le décime pour franc.X. Décimé, SOLDATS. Ceiix qui commettent des délits dans l'éV forêts, ou des délits de chasse, sont soumis à la juridiction correctionnelle des tribunaux. ( Avis Hit Coni.'d’état. dtt'?>ofritctidor'an 14—! j sep- teriihrü' i 8 o 6 .') Spus le régime des maîtrises, ils étaient pareille- fii'enf Soumis à la juridiction de ces maîtrises à raison des délits forestiers. ( Ord. de 1669 , lit. XXVII, art. 25. ) SOLE, du fa tin solde , avoir coutume : coutume, saison. Ce môt bu dit, en agriculture; d’une cer- tainé étendüé de terré sér laquelle on sème successivement , .par année, des blés , puis de menus grains , et qu’on laisse en jachère la troisième année dans lés pays où les jachères sont encore en usage. Lorsqu’il se fait des concessions de terrains dans les forêts , à charge de les remettre en bois, on devrait insérer dans les actes de concession l’obligation de varier les cultures de manière à ne pas se mer du blé ou du seigle plusieurs années de suite, parce que ces grains épuisent promptement la terre. V. Succession de culture. SOLEIL. Le grand astre qui éclaire le monde. Les physiciens modernes pensent qu’il est composé de la matière du feu et de la lumière, qu’ils regardent comme la même , mais différemment mo difïée. Suivant le système de Copernic, le soleil est le centre du système des planètes et des comètes, autour duquel elles font leurs révolutions. La terre , en tournant autour du soleil, forme les années , et en tournant autour d’elle - même , et offrant alternativement au soleil tous les points de sa surface, elle forme les jours et les nuits. La lune tourne autour d’elle-mêmecommeautour de la terre, et, entraînée par cette dernière, elle tourne aütour du soleil, dont elle reçoit sa lu- mière. On suppose que le soleil est éloigné de la terre de 3 o millions de lieues , que sa lumière parvient à la terre en Sept miniltes , qii’il est fondé par une matière fonduê et ignescente, au moins à sa surface, sur laquelle se montrent de temps en temps des taches obibufeb, qtrî ri ht fait'voîr qii’iltcrurrtaitsur •lui- même en vingt-sept jours. 1 ; Rélatïvértienf à soii ïnfWèinéë sp't les végétaux , 'T '.‘CftàfèûY, Cïïmaï^Eàtpàsitlbn , J Ekjid^-lirmièreJ Quant aux délits commis-dans les forêts avant le lever.et après la coucher du soleil, Y. Amende ■cl les art. c et Sedwiit,XsX’XIlde lord, de 1669 , et 1 pour \esdéli£s- depAshe, Vart. 4 du tit. XXXI. SOLIDÀRl'i.TEufC’ifBty'relativement à. plusieurs créanciers d’une même chose, lé droit qu’a-chacun d’enxtlelse la ilaircf payer en totalité, et relativement à-phrSiefir»'débiteur»- l’obligation qui leur est imposée de payer ,’ -un-setllpour tous, la seaime qu’il» ddiverit-chr-conumiuc -Liiûfi-U suit, qu’il peut y avoir solidarité «intro-les créanciers ■ comme- entre les débiteursiiiVaj,poUi>i Ja solidarité-entre les créanfiers'jnleshinri 1197- 01*199 du.Code civil, et pour'la solidnoité-entredes débiteurs , le» art. .1200 à 1216 du-même Codei V. Adjudicataire , Caution. -, ! -En matière criminelle et correctionnelle» la solidarité a lieu entre tous les condamnés pour un même crime, ou pour un même'délit,.- relativement au paiement des amendes, des restitutions, dps dommages - intérêts et des frais. ( Code pénal, art. 55 . ) u SOLIDITÉ, du latin soliditas , qujilït est. solide. En géométrie , la solidité est la quantité ,d’espàce contenue sous un corjis solide. On a la Solidité cPun cube, d’un prisme, d’un cylindre,, ou d^qn paral- lélipijiède, en multipliant la base par la hauteur. La solidité d’une pyramide ou d’un Icône se détermine en multipliant ou la base entière par la troisième partie de la hauteur, ou la hauteur entière par la troisième partie de la. base. pour la manière de mesurer la solidité des arbres^L’ar- ticle Estimation et l’article Mesure. . .... Pour trouver la solidité de tout tôrps irxcgTmer , on met ce corps dans un vase prismatique droit 1 ; ton verse de l’eau dans le vase, jusqu’à ce'qufe-lé-feorps soit entièrement couvert, et on observe la hanfféur de l’eau dans le vase; on retire lè corps, ePrifiifib- serve dë nouveau la hauteur dç l’eau ; le Côïps-.sèVa égal en solidité à un prisme 'dotit-^ la ! Aserait la différence de ces hauteurs , et ; la balseCélle même du vase; c’est-à-dire que-là-solidité corps sera égale à celle représentée-par l'abaissement de l’eau dans le vase. C’est- le moyen que M. Hartig et d’autres physiciens ont employé pour connaître la solidité des bois d’une figure irrégulière dont ils voulaient apprécier la pesanteur relative. V. Cordage de bois. îir En physique, on entend par solidité la quantité de parties matérielles qui sont liées ensemble sous le volume d’un corps : ainsi la solidité d’un corps, prise dans ce 1 sens-là, n’est.«lutte'cholérique la quantité de matière liée ensemble «otHbdeéVo- lume de ce corps , laquelle quantité de matière toujours proportionnelle au poids du. corps. tU suit de cette définition, bien différente de celle .deâgéé- mètres-,- qu’il n’y a point de corps qui .ne eoit solide , puisqu’il n’y a point de corps qui ne soitrçonl- posél de parties matérielles : la solidité est donCAnie propriété essentielle à tons les corps. »n i-.- 11 SOLlrAl&Eu,; solitarius. X T. , de botA'j. Qt“' -friëstassocié'àiâMcaiimtitre semblable paraonipoint îl’tyrigîfteJ^èiq snu I: < SOP SOLIVE;' du latin saliva, feitde solum , sol. C’est 'trà’e sorte de charpente qui «art à former et à itfüfettir ietphmbhfeil A’itaAchambre, «ta -v- 1 La' solive’ancrermetétaifcensèe une-pièce det-itr pieds'de lofogaem-,'ttyant A poudet Id’étjUarKssagè ét'fèrm&ét 3 ; pïelds cubés. ■ ■■■'•*"• ' ’Dfcfri toÜS'les tmsés’ocdinaireiy ta toise était la mes rite •priHclpale. Vu Toisé'?*' Estimation. On ‘a'ppellrl acttSéUerrient, soliae où décùtèee une rtïe^urt'd’Un dijtlèihb de'MtèoreicuhejV. Mesure. Si, au lieu dVwployëp; dan* les édifices y des solives tfès-lifigHes| qui eçxig^nt-une grosseur considérable pbut*- Soutenir des poids- immenses y on dîspoèrtirlës cotostrtnrtitmsdenmaliièreà pouvoir tenir les solives plus cfcurles, par exemple, de 3, 4 ou 5 mètres, on ménagerait davantage les beaux arbres 'et les poutres ne seraient pas portées à des prix exorbitans. SOLVABILITÉ. V. Caution, Receveur. SOMMATION. A'c'tè par lequel on ièter'petle quelqu’un d’agir ou de faire quelque chose. V. Citation , Exploit. $OMMEtL DES PLANTES. On appéllQ'ainli un état opposé à l’épanouissement de quelques- unes des parti es du végétal, telles qiïe les fleurs jét sur- J tout les Feuilles , qui se referment et se Contractent quand le ciel est nébuleux, ou vers la fin d'y jour jusqu’au retour de la lumière. La contraction des feuilles pendant la nuit change que SOP S §7 pendant la nuit change quelque- Toïs la physionomie des plantes au point de les rendre difficiles à reconnaître. On peut remarquer ‘ c ef sur lès plantes de la famille des légumineuses, et entre autres sur le faux acacia. SOMMET , apex. ( T. de bot. ) Extrémité supérieure d’une pfente ou d’une partie de plante. rl ,SOMMIER. L’Administration des forêts a prescrite par son instruction du 3 o mars 1821 , la formation de plusieurs sommiers ou registres. V. Registre. , SQNQER UN ARBRE , c’est chercher à s’assurer, s’ü qst de bonne qualité. Pour cet effet, on est dans l’usage de le frapper avec une massue. Le son qu’il rend fait connaître s’il est sain ou carié : lorsque l’arbre sonne creux, il est mauvais; mais s’il ne sonne pas , il n’y a aucune conclusion à tirer pour sa bonne qualité; car lorsque le vice est dans l’intérieur d’un gros arbre, le son n’en est pas altéré. D’ailleurs les gerçures, la roulure, la geli- vure , la cadranure, ne sont presque pas sensibles quand l’arbrp est plein de vie , et le son du coup n’qst pas changé par ces défauts. SONNETTE. V. Clairon , Clochette. SOPHORA. Genre de plantes de la décandrie monogynie et de la famille des légumineuses, qui réunit neuf à dix espèces, dont une , le sophora du Japon, se cultive en pleine terre dans le climat de tParis et dans les parties méridionales) de la Prânce. M. Guerrapain a publié un mémoire sur le sophora du Japon , dont nous avons- rendu Compte dhhsilés Annales forestières de 1869.: /Vois avons fait (remarquer que peut - être Pauteur de ce: mémoire accordait à cet arbre une préférençei-^rop marquée sur.le fen* açacif, spf-iqut^i c|,mA^çn- ceroe l’écçnéisŸeménl pÇomppraSil', Ibres, et, nous, a vous fljfquf; ifliW Wf» .pfentatipes.dpnt ihw ^yot^ > nous avions au contraire remarqué que Pa.çq^^ypit : toujoUrseu lodcstus.d’une-ynnniqre'trp^jqprcpfp^cee. Quoiqu’il en $èit,,le rné;mv Ejle ^^p^téq^gn^a^sa^s 333 îxOP SÇP doute à cause de l’odeur forte qu’elle exhale. Elle devient erii& ià^iëéïfré qüé l’irferévifeHÂM'l '* • b “ Lé aôSs' én est'tfujr^ compàttei 'piéèartt ,"yenié ; nul dàW^^&’ît ïiè cfeVîe'rifie'd’irrré J gfândè‘TesÇ6uroe p'dütjîèi abt» "tjuaffiPiPVéra assez ' multiplié pOui qu’ôri'èh puisse faire*usagé (i). *»' C’est ùn arbre 1 forf et vigoureux, susceptible de v ivréf Injigî-temps , il pousse des racines pivotantes et ptofîÀtffes', 'tandis que celles de l’aèacia - robinier cô.ù'rènt sur la surface de la terre. t>'Sous et rapport, le premier doit nécessaire- mèrtf hioiW épuiser le terrain à la superficie que le: secOtld. 1 : i H It doit donc être préféré pour les allées , àve-t nues , et boreforpes des prairies , terres labourables! e’t 'vign^S. u ' mi ' u' ft ’iié doit pas- beaucoup nuire à ces derniers: végetàftjx , étant dépourvu de ces petites racines 1 et chè'éeltis qui dffeîneirt les plantes environnantes et absorbent tous les siics nourriciers qui abondent: a la superficie dé la terre. Cql'arbre cberclré sa nourriture dans des cou- che^ dè terre J(lus profondes et inaccessibles aux pfarttes'qui tiennent d’être citées ; ce qui est en agriculture un avantage inappréciable. m D*un autrè'éôté, sOn feuillage, qui est léger et susceptible des impressions du moindre zéphyr, n’arrête point la circulation de l’air, et doit conséquemment moins nuire à la végétation des plantes qui sont autour de lui, que les arbres à feuillages plus grands et plus touffus. Il peut se cultiver dans les terrains élevés , ainsi que dans les terrains bas et humides. » Le sophora résisfe à la force et à la violence des plus grands vents sans en être endommagé dans son' tronc ni dans ses branches. » L’acacia-robinier , au contraire , est souvent renversé, mutilé et fracassé par des vents ordinaires , sur-tout quand ils sont accompagnés de pluies;, l’eau charge son feuillage et fait ployer ses branches. Ces graves et fréquens accidens, auxquels le robinier est exposé , dérangent quelquefois l’économie. .et l’ordre d’une plantation importante, telle qu’une avenue. n Le sophora est aisé à travailler ; les ouvriers ne craignent point d’être estropiés en le façonnant en paisseaux ou échalas , fagots et bourrées. » Il ,n’en est pas de meme de l’acacia , qui est en quelque sorte inabordable ; les ouvriers ne le façonnent qu’avec répugnance , par rapport aux blessures que leur occasionnent ses redoutables aiguillons ; il faut nécessairement augmenter leur salaire peuç. les déterminer à mettre ce bois en œuvre. ■ 4 > Je suis loin néanmoins de déprécier la culture •le l’acaçia.; mais il est un fait constant, c’est que tous les terrains ne lui sont pas propres, et que souvent à vingt pas d’un acacia qui a poussé avec une vigueur étonnante, un autre acacia languit et dépérit yrilconvémert t que jeti’ai pas éproUvédavis le sophora, 'que'le cultivé- constata mentià côté- 1 de Pséaeia.- :iJ < » Le tronc du sophora s’élève droit; ses branches sont moins'divergentes qlié celles de i'acaoi* , il est, sous ce rapport plés Avantageux pour former-des avenues que le dernier. » Rien d’aussi facile que-la culture de cet arbr* précieux. 11 suffit-de semèé-ses graines, dans les mois d’avril et de mai;-en terne substantielle et légère, par planehes de'3’è 4 pieds de latgeér, en-rayons espacée de* 6 à 8 pouceà/UfanCjiorsquè lagraine est semée} c'OUvHr lés ’ plan chèsd 1 un. pé uoe dé ter- rean ou defurtttér légter.": uni m tsi » Elles lèvent au bout do vingt à trente jours aveedeux cotylédons ; comme toutes les planées légumineuses. ; • 9 : bnsi- » Il est nécessaire aussi de donner de légevs-ar^ rosemens aux planches , tant avant qu’après kl levée des graines. En un mot, ces semis doivent êtte gouvernés comme Ceux des acacias, tatalpas, Iria- canthos et autretf. - JÔL.ilqmoi » Avec ces petits soins, on obtiendra des individus de 3 à 4 pieds de haut, après six- mois^e Semis. » Les graines conservent leur faculté getiftintf- tive plusieurs années de suite, en lès triaihtènattt dans leur pulpe. - ' » J’ai eu en quatre années, celle de la sême/tie comprise, des sujets de îo à 12 pieds de haut, ylèti'-c' tant 4 à 5 pouces de tour. .nu; i » Les jeunes plants, après avoir 1 ét , ê Urra-ebésd avec précaution, doivent être mis en pêpiitÿèriv’hlM gouvernés comme les arbres que l’on est daiié’Pusâgeï d’élever de cette manière. - TD'j.'3œ-‘ n Au bout de quatre à cinq ans depl&ntatioit /'si les sujets ont été bien conduits , On aura deS arbrea bons à mettre en place, propres à faire des'avertîtes ou à border des prés, terres la'bourables'bièvijèèèV. •o Cet arbre, étant à feuilles composées,-dèît-êt're rangé dans la classe de ceux qui se riourrtS^érftqVrt' grande partie, aux dépens de l’air atmbsÇhêWque ^ et qui en absorbent les miasmes màlfaisanft olj:,1, t>oïq ■» Peut-être trouvera-t-ôn par bi fttite le 'rttfÿeftb de tirer avantage de sa pulpe et dè ses 'grâitrésl quand il sera suffisamment multiplié : dé Sa pulpe pour la teinture, et de ses graines pour en tirer'de l’huile ou nourrir la volaille (i)‘. i ' \V l! ‘ » Quelques auteurs avancent' que ce -bel afbre doit être préservé de la gelée pendant sa jeufleSssé , parce que souvent ses pousses èn sont endomrtâi' gées; depuis que je le cultive, je n’ai jamais 1 couvert mes plants , qui n’ont point souffert;,quoique élevés dans un terrain frais. 1 ■st Si l’on craignait cependant un hiver rigOirrêux datte l’année du semis, on pourrait, avantl’biver, faire jeter de la litière ou a pouces de terreau'ebrt- sommé sur les racines des jeunes plants ; cVatS'am 'à'-’ ■ ■ T . — ' "" -TT — 1 ■ - ' ^nn^L H Jf»}-Dans une note Me M.Ainvtot sur le -sophora, ou toic: ÀJne, dan*J* Ghinc et l<{ Japw) r i>« fleurs sont employées jaune - quijeirà tùnéjre lej, etofles exclusivement réservées pour ITiabiiTêmrnr oes ïeoioi au' soi 1 employer pour garantir 4ow ceujc-quft setit? sasceptibles , Le sol qui convient le mieux au sophora est sans-doute une terre substantielle et sablonneuse; mai s comme il se nourrit en grande partie aux dépens de l’humidité atmosphérique, ainsi que l’acacia-robinier, l’érable-negundo et les autres végétaux à feuilles composées, et pourvus de nombreuses bouches d’absorption , il prospère dans les terres de médiocre qualité , comme le prouve la Pratique des.pépiniéristes, qui l’éloignent des meilleures terres végétales , parce que , disent-ils , il se jette en rameaux - et'en bois; et ne donne pas assez de petites branches pour les marcottes. C’est précisément cette tendance des végétaux à s’élever rapidement sans Vàbandoriner aux branches latêràLes inutiles , qui caractérise favorablement le sopfeora compte arbre forestier.» SÔli 85 9 SORBIËft Ù f'wft trigynie et.de> AmilK uW. cpqp> lue .u&émwinftiprt^n se-n R tqpe ep gffiç nom de son fruit; en i. jpfpgs ; qp ; jkîaj^^ç sarbo; en provençal-, sauerB/em? efsop f^yStjfpufrto; en espagnol , servait en anglais,, sçnifâir éft ?¥£“ mand, sperbeer-,baum , vogel-beer^kaum et ha$tpr(- vogel-beer-baum , selon qu’il s’agUt dp; sor£;££ domestique ou cormier, du sorbier des. oiseaux £t,jlu sorbier hybride. L’étymologie du mot sqrîp ,f noos parait venir de sorbere, boire, sorbillium , breuvage, parce que Les anciens , ainsi qpe .çelf, se pratique encoreaujourd’hui dans plusieurs centrées, et notamment en Suède, faisaient un vin de cormes, sor- bium. Cependant nous ne garantissons pas L’exactitude de cette étymologie, et nous renvoyons au savant ouvrage de J. Bauhin, qui a examiné cet-oh- jet d’une manière particulière.,, . Histoire. — Les sorbiers ont été mentionnés, par les anciens : Théophraste en donne une longue description , et il dit, entre autres choses, que Le cormier a un bois dur, fort et coloré. ( Théoph,, liv. Il J,, chap. XII.) Pline, Columellc et Palladius parlent de la manière de conserver les cormes. ,£V. Pilé. , lib. XV, cap.XVII; Coin ni-, lib, XII, cap• XVI; P alla d. , lib. II.) Caton dit qu on lès conservait dans du vin cuit, après les avoir fait sécher : Sorba in. sapa cùm vis condere , belle . sicca et arida facias; Cato , L)e re rustied {cap. VII, f, i 3 ). Martial, dans les deux vers suivans, rappelle la propriété de la corme de resserrer le ventre Sorba sumus molles nimiunt durantia ‘ventres j Apliiis hœc puero , quant tibi, poma éabit. Lib. III. Pline fait mention de quatre sortes dè cormes; mais il paraît avoir confondu les sorbiers avec lés aliziers, ainsi que l’ont fait et que le font encore aujourd’hui plusieurs naturalistes ; car il dit qu’il y a line espèce dë sorbier qu’on nomme terminale, et que ses feuilles ressemblent à celles du platane; ce qui ne peut s’appliquer qu’à un alizier, et peut-être au kra- taigos ou krataigon des Grecs , et à notre cratcegus torminalis.W attribue à cette espèce la Vertu de guérir les coliques venteuses : Qi/artam genus terminale appellent, remedio tantum probabilé, assiduum pro ventu. {Plia., lib. XV, tap. XXI.) Il dit que la troisième espèce de corme, qui est ovale comme certaines espèces de pommes, estsujette à un excès d’acide : Hœc obnoxia acori. Virgile fait aussi mention des cormes acides en parlant des Scythes : il dit que, logés dans de profondes? cavernes, ils passent la nuit a jouer et à s’enivrer de boissOns fermentées et tirées deà cormes acides, imitant le jus de Ja ; vigne : , Hic noctem ludo ducunt , et pocula Iceti Fermenta atque acidts îmttantUr vitea sarbïs. ^ Georg., lit). III, v, 379. ! Description du genre .caractères de ce genre . sont, un calice persistant, à cinq divisions; une corolle à cinq pétalés; plusieurs'étamines'(environ vingt) insérées dans le calice ; trois styles, uo o.vaire inférieurs; une baie molle, ronde ou en forme de SOR 84o S, OR poire, renfermant trois semences cartilagineuses dans autant (le loges. ESPàdCS. On ne compte dans ce genre que trois espèces, qui sont indigènes d’Europe; savoir , i». Sorbier domestique ou Cormier, sorbier cultivé, sorbus domestica (Lin.), sorbus sativa (Mill.); en allemand , sperber-baum ; en anglais, true-service. 2°. Sorbier des oiseleurs ou des oiseaux, vulgairement le sorbier sauvagele cochêne, l’arbre à grives, sorbus aucuparia (Lin.) ; en allemand, vogelbeer-banm ; en anglais, quicken-tree. 3 °. SonBrER hybride, ou sorbier de Suède , ou sorbier de Laponie, sorbus hybrida (Lin.); en allemand , bastart-vogelbeer baum ; en anglais, bas- tard-servicey Observations générales. — Les sorbiors ont les feuilles alternes, ailées ou à demi ailées ; les fleurs blanches, disposées en corymbes terminaux, et les fruits gris ou rouges dans leur maturité. On peut ranger les sorbiers en deux classes; savoir, ceux qui portent des fruits semblables à de petites poires, et ceux qui produisent des fruits d’un beau rouge orangé , rassemblés par bouquets : les premiers sont les sorbiers cultivés ou cormiers et leurs variétés , les autres sont les sorbiers ordinaires ou cochéiies. Ces arbres croissent lentement; mais ils fournissent un excellent bois, et sont très- propres à la décoration des parcs, des jardins et des avenues. Leurs tiges sont droites, leurs branches se soutiennent bien , leur tète forme une pyramide très-garnie , et sont, dans la plupart des espèces , d’uu vert argenté. Les sorbiers ont d’ailleurs l’avantage d’être rarement endommagés par les insectes. Dans le mois de mai, ils sont quelquefois, tout couverts de belles fleurs blanches, et en automne les cochéiies sont chargés de nombreuses grappes de fruits rouges, qui contrastent agréablement avec le ton des feuilles. Ces fruits sont une bonne nourriture pour les bêtes fauves et pour les oiseaux ; ceuif du cochêne ou sorbier des oiseaux attirent les grives. Le Sorbier domestique ou Cormier (V. la Jig. à V Atlas, PI. XXV ) est un arbre de ladeuxième grandeur, qui s’élève jusqu’à 5 o à 6o pieds sur 6 à 7 pieds de tour; il a un beau port et une tige droite, terminée par une tête en forme de pyramide. Son écorce est d’un gris brun et gercée sur les vieux troncs, et rougeâtre sur les jeunes rameaux; ses feuilles rompent au mois de mai les boutons verdâtres qui en renferment le rudiment ; elles sont alternes, garnies de stipules, et composées de folioles sessiles, laitcêolées, iongues de 2 à. 3 pouces sur 9 à i 5 lignes de larçe, pointues, finement dentées , d’un vert foncé et brillant en dessus, blanchâtres et cotonneuses en dessous , et rangée^ par paire sur un pétiole commun , que termine une impaire. Lès' fleurs paraissent dans le mois de mai ; elles réunissent les deux Sexes, sont blanchâtres et disposées en corymbes au sommet des rameaux. Les fruits mûrissent dans le mois de septembre ; ils ont la forme de petites poires longues d’environ un f iouce ou un pouce et demi et de lagrosseurde 9a 1 a ignés; ils sont d’un vert jaune ou couleur de chair, souvent tachetés de rouge sur les faces , et suspendus à des queues d’un pouce de long; ils sont couronnés pur le calice, et renferment des semences oblon- ues : on les nomme cormes ou sorbes ; ils sont d’a- ord âpres , mais mûris sur la paille , ils deviennent assez doux et se mangent. Ils se conservent peu. Ils sont préférables aux nèjles, et très-recherchés par les animaux sauvages. C’est en partie par rapport à ces fruits que l’on réserve des baliveaux de cormier dans les forêts. Il ne commence à porter du fruit que dans un âge fort avancé. Culture . — Le sorbier domestique ou cormier se multiplie de semences, soit naturellement dans les forêts, soit dans des pépinières, par la greffe et de couchage. Climats , terrains et situation. — Cet arbre se rencontre dans les grandes forêts de l’Europe , en France, en Allemagne , et particulièrement dans les contrées méridionales, en Barbarie et dans les environs d’Alger. Il croit plus lentement que les autres sorbiers , et il se plaît dans un terrain substantiel , profond et frais ; cependant il vient encore dans toute autre espèce de terre. Il parvient quelquefois à la hauteur des grands arbres; mais il lui faut pour cela 200 ans : sa croissance , au reste, est d’autant plus accélérée qu’il est dans un meilleur fond et dans un pays plus chaud. La culture du cormier est difficile dans les premières années, et c’est pour cette raison , dit M. Bosc , que cet arbre 11’estpas aussi commun que la beauté de son aspect, le parti qu’on tire de ses fruits , et sur-tout l’excellente qualité de son bois doivent le faire désirer. Ce que j’en vais dire sera extrait en partie de l’article de cet auteur dans le Nouveau dictionnaire d'agriculture. On multiplie le cormier par ses graines, qu’on sème aussitôt qu’elles sont mûres (ou qu’on conserve en jauge pendant l’hiver) dans une planche bien préparée à l’exposition du levant. On ne doit recouvrir les semences que de 3 à 4 lignes de terre. Si l’on sème en automne, les plants lèvent au printemps suivant; ils sont surmontés de feuilles séminales ovales. Çes plants n’acquièrent qu’environ 3 pouces de haut dans la première année; on les repique dans un autre endroit à 6 ou 8 pouces de distance , et il en périt toujours beaucoup dans cette transplantation, quelques précautions qu’on y apporte. À 4 ans, il faut encore relever ces plants , qui alors ont plus d’un pied de haut, pour les mettre dans un autre lien et les espacer davantage. Il en périt aussi dans cette seconde transplantation. C’est alors qu’on les taille en crochet, qu’on les ébourgeonne et qu’on leur fait subir toutes les opérations de l’art; enfin, à 8-et 10 ans, ces plants, ayant acquis de 8 à 10 pieds de haut et 3 à 4 poueps de tour, peuvent ôt(e mis .en plice, ce qui en fait encore périr. M. llosc conseille ces diverses plantation^ pour former au sorbier des racines latérales et du chevelu , parce qu’il est persuadé que si on transportait cet arbre du liçu du semis, à 10 ou 12 ans, dans celui destiné à la plantation à demeure, il périrait infailli- SOR SOR blenient A cause de son long pivot et de son peu de chevelu : aussi conseillè-t-il de le semer en place, et c’est ce qu’on doit faire dans les cultures forestières en le mêlant avec d’autres essences. Quoique cet arbre vienne lentement, il y aura encore du profit à le multiplier, à cause de l’extrême cherté de son bois. Si on n’avait pas de semences, on pourrait employer aux plantations les jeunes jdants qu’on trouve dans les forêts. Ces jeunes plants servent aussi à former des pépinières. Dans les pépinières, on greffa aussi le sorbier domestique sur le poirier, ,1’aubépihe et les autres arbres de la même famille. Dans cé J cas , il croît plus vite ; mais les arbres qui en proviennent sont moins beaux , et sur-tout moins durables que ceux provenant de graines : on doit en conséquence ne les employer qu’à la décoration des jardins paysagers. Les greffes doivent être faites rez terre, et même en terre si elles sont en fente ; elles ne réussissent qu’autant u’on fait attention à l’état réciproque de la sève ans le sujet et la greffe , car il y a entre ces arbres une petite différence d’époque à cet égard. On greffe aussi le cormier sur lui-même pour en améliorer les fruits. Lorsqu’on a fait une greffe , on doit supprimer , les premières années , toutes les branches latérales. Exploitation. —Le sorbier domestique est si peu répandu dans les forêts, que son exploitation n’y compte presque pour rien. On en réserve, dausle balivage, comme fruitiers, pour fournir à l’aliment du gibier. Exploité en taillis, il repousse bien de souche , et se conserve très-long-temps. Qualités et usages. — Le bois du cormier est le plus dur et le plus pesant de nos bois indigènes. Il pese par pied cube, étant sec, 72 livres 2 onces. 11 a une teinte rougeâtre , la fibre homogène, le grain fin, et il est susceptible d’un beau poli; mais il faut l’employer très-sec, parce qu’il est sujet à se tourmenter et qu’il fait assez de retraite, perdant un peu plus d’un douzième de son volume par le dessèchement. Il est très-recherché pour les ouvrages qui exigent de la solidité, et pour les machines qui sont exposées à de grands frottemens, telles que des pièces de pressoir, des rouleaux , des cylindres, des poulies, des chevilles, des fuseaux et des allu- chons pour les moulins. On en fait aussi des varlopes, des rabots, des écrous, des meubles, des tables , des éouelles, des manches d’outils, des verges de fléau. On le vend très-cher pour ces divers usages. L’écorce et les fruits du cormier sont astringens. On emploie les fruits, étant cueillis avant leur parfaite maturité, séchés, réduits en poudre et bouillis dans du vin rouge, comme un remède excellent pour arrêter le cours de ventre, le flux de sang, les vomis- semens, les crachemens de sang, etc. On les mange après les avoir laissé amollir sur de la paille, comme on fait pour les nèfles ; mais ils sont un peu difficiles à digérer et ils occasionnent des vents : ils ne conviennent donc qu’à des estomacs robustes. On les cueille ordinairement avant leur complète maturité , qui s’achève sur la paille. On en fait une espèce de cidre en les écrasant et en les laissant fermenter : cette opération se fait comme celle en Tome II. 84 i usage pour le*cidre ordinaire. Si on n’a pas employé d’eau, la boisson est forte , enivrante 5 elle diffère eu du poiré pour le goût, cependant on la regarde ans plusieurs pays comme meilleure que le cidre et le poiré. On en fait beaucoup dans la Bretagne. Lorsqu’on n’a pas assez de cormes pour faire une certaine quantité de liqueur, ou qu’on se propose de faire une boisson rafraîchissante , on se contente d’écraser ce qu’on a et de le mettre dans un touneau qu’on remplit d’eau. Au bout d’un mois, on peut boire cette eau , qui est légèrement vineuse, et que, dans beaucoup d’endroits, on abandonne aux domestiques. M. Bosc dit qu’on mêle souvent aux cormes des pommes, des poires, des nèfles, des prunelles, mais que ce mélange ne contribue pas à améliorer la boisson. Il lui a paru que la corme-pomme était préférable pour la fabrication du cidre , mais que la corme-poire valait mieux pour être mangée; qu’au surplus la bonté de ces fruits tient beaucoup au sol et au climat, et que ceux des environs de Paris étaient inférieurs à ceux des parties méridionales de l’Europe. En Provence, on prend le fruit mûr, et au lieu ée le mettre sur la paille, on le coupe en deux morceaux dans sa longueur, et on en forme des chapelets qu’on suspend au plancher, où il sèche, et on le mange comme des pruneaux. On l’emploie aussi à faire du cidre. Il y a plusieurs variétés de cormier , et on en compte jusqu’à huit dans la nouvelle édition des Arbres et arbustes de Duhamel ,«et qui sont : i°. Le coi mier à gros fruit rouge et figuré en poire; 2°. Le cormier à gros fruit rouge pâle , qui approche de la figure de la poire ; 3 °. Le cormier dont le fruit est rouge d’un côté , et qui a la forme d'une poire ; 4 °. Le cormier dont le fruit est en partie rouge, et qui est ovale; 5 °. Le cormier à petit fruit rougeâtre , tardifet qui a la figure d’une poire; 6°. Le cormier à très-petit fruit; 7 0 . Le cormier des bois, qui ressemble au cormier cultivé; 8°. Le cormier des forêts , dont les feuilles sont panachées de jaune. Dans plusieurs endroits, et notamment dans la Bresse, on dit que si un animal ou un homme mordu par un chien enragé s’arrête sous un cormier, il n’en faut pas davantage pour déterminer sur-le- champ un accès de rage. C’est une fable à laquelle aucun homme raisonnable ne peut ajouter foi. Le Sorbier des oiseaux ou des oiseleurs (V. la fig. à l 'Atlas, PI. XXV) est un arbre de la deuxième grandeur , qui s’élève de 20 à 25 pieds au plus. Quelquefois il ne forme qu’un simple arbrisseau ou même un buisson. Dans un terrain doux, d’une situation moyenne , il croît assez vite , et forme, s’il est en massif de forêt, une tige droite et d’une certaine grosseur ; mais , pour cela , il faut qu’il soit élevé de graines, et non de drageons ni sur souche. Il est revêtu d’une écorce grisâtre et légèrement gercée sur le tronc; celle des rameaux est d’un brun foncé et lisse. Les feuilles paraissent dans le mois 106 842 SOR SOR «le mai ; elles sont pétiolées, alternes, ailées avec : une Impaire, composées de 11 à 1 5 folioles oppo- I séesj sessiles , lancéolées, aiguës à leur sommet, : dentées en ; sçie en leurs bords , d’un vert brun en 1 dessus , un peu cendrées en dessous, longues de a pouces à 2 pouces et demi sur 6 à 9 lignes de large, à nervures simples, latérales, alternes; les veinules réticulées ; le pétiole commun cylindrique en dessous, canalicule et strié en dessus. Les jeunes feuilles sont garnies des deux côtés , et notamment à la face inférieure , de poils soyeux, qui tombent plus tard. Si on frotte ces feuilles entre les doigts, elles répandent une odeur désagréable, caractère qui sert a les distinguer de celles du cormier, qui n’ont aucune odeur et qui sont d’ailleurs cotonneuses en dessous. Les fleurs paraissent dans le mois de mai : elles sont nombreuses , blanches , légèrement odorantes , disposées en un beau bouquet ou corymbe toufFu, étalé, axillaire, latéral et terminal ; les ramifications du bouquet spnt glabres, cylindriques, inégales, très-nombreuses ; le calice est pubescent, ainsi que les pédoncules propres , court, presque campanule, divisé à son orifice en cinq découpures concaves, aiguës , en partie persistantes ; la corolle est d’une grandeur médiocre , composée de cinq pétales concaves , arrondis.; les étamines sont nombreuses , un peu plus courtes que la corolle ; les pistils sont au nombre «le trois, quehjuefois de quatre ou cinq. Les fruits, qui mûrissent dans le mois de septembre, sont d’abord verts, puis jaunâtres, ensuite d’un rouge très-vif à l’époque de la maturité, qui arrive vers le mois d’août ; ils sont jaunes intérieurement, de la grosseur d’un gros pois, sphériques , un peu comprimés et ombiliqués à leur sommet, pulpeux, renfermant trois et même quatre ou cinq: semences oblongues Cartilagineuses et blanches. Les oiseaux , qui sont très-friands de ces fruits, les emportent et les répandent abondamment dans les bois. Cet arbre est assez commun dans les grandes forêts de l’Europe, en France , en Suisse, en Allemagne , au Canada et sur les hautes montagnes de la Caroline. L’Amérique , d’après l’observation de M. Michaux, fournit deux variétés remarquables de cet arbre : l’une, à feuilles fortement acuminées, l’autre , à feuilles insensiblement aiguës. Culture . — Il se multiplie comme le cormier par ses fruits, par drageons et par la greffe; mais il croit bien moins lentement, et il est moins difficile sur la qualité du terrain; il vient dans les fonds les plus bas, sur les rochers les plus arides , et même sur de vieux murs et dans le creux des vieux arbres ; cependant il reste en arbrisseau dans les mauvais terrains , et il réussit mal dans les lieux aquatiques. Les fonds qui lui conviennent le mieux sont les terres substantielles et les sables gras. Il supporte les climats les plus rigoureux, et on le trouve dans ces sortes de climats plus abondant que dans les régions tempérées. On sème les sorbes en automne, dans une terre douce, substantielle et bien préparée ; on les recouvre seulement de 3 à 4 lignes de terre, et on les arrose au besoin. Les plants lèvent au printemps ou au commencement de l’été suivant, avec deux petites feuilles séminales. S’il s’agit de semis à demeure, on se contente de donner les mêmes façons qu’aux autres essences ; mais s’il s’agit de pépinière pour former des arbres de décoration, on procède de la manière suivante, avec des chances de succès beaucoup I plus certaines que pour le cormier : on lève les plants dès le printemps de la seconde année, pour les repiquer à 6 ou 8 pouces , et 2 ans après on les change de place, en les espaçant à 20 pouces. A 6 ans , ils ont de 1 o à 12 pieds de haut, et peuvent être mis en place ; cependant il vaut mieux attendre la huitième année. Ils donnent déjà des fleurs à, cet âge. La greffe du sorbier des oiseaux se fait rez terre , soit en fente , soit en écusson, sur le sorbier domestique, pour le faire durer long-temps et lui faire acquérir plus de grandeur , et sur l’épine pour le faire croître plus promptement. On le greffe ericoTe quelquefois sur le néflier, le cognassier, le pommier, le poirier, l’alizier, etc. Exploitation _Cet arbre convient beaucoup en taillis, parce qu’il repousse très-bien de souche. On en réserve des baliveaux pour fournir du bois d’œuvre et de la nourriture aux oiseaux, notamment aux grives et aux merles, qui sont si nécessaires dans les bois pour la destruction des insectes nuisibles. La longévité du sorbier des oiseaux paraît ne pas aller au-delà de 100 ans. Qualités et usages. — Le sorbier des oiseaux, dit Varennes de Fenille, ressemble beaucoup, par la : couleur, la finesse du grain , l’homogénéité des fi- . bres et l’éclat du poli, à celui du sorbier cultivé, • encore plus à celui du poirier sauvage , dont il se rapproche d’ailleurs par son poids. Il peut être em- ( ployé aux mêmes usages, pour faire des vis de pres- |: soir, des montures d’outils, des tables, des rayons de roue, des timons de charrette, des cuillers et des i inanches de couteau en employant la racine, et pour ; faire d’autres ouvrages de tour et d’ébénisterie. Il est fort dur, et cependant moins que le sorbier cul- ■ tivé; il est aussi moins pesant, car, d’après la - moyenne proportionnelle déduite des expériences : de Varennes de Fenille etd’Hassenfratz,ilpèse, par : pied cube , sec, 5 i livres 12 onces. Comme cet ar- i bre ne parvient pas d’ailleurs à la même grosseur i que le cormier, il ne peut fournir des pièces d’aussi fortes dimensions pour les grands ouvrages. : Le bois du sorbier ou cochêne est très-bon pour t le chauffage. 1 Toutes les parties de cet arbre sont astringentes, î et peuvent servir à tanner les cuirs. On emploie ses ; rameaux dans la teinture noire commune, et l’on ■ prétend que son bois seul pourrait suffire pour tein- ■ dre en un noir très-beau et très-durable. Les baies . ont une saveur âpre, astringente et même nauséa- ■ bonde ; le suc en est purgatif, et employé comme î hydragogue et antiscorbutique. On assure néan- > moins que les habitans du Kamtschatka les mangent î quand elles ont été adoucies parla gelée. Dans le Nord, on en retire, par la distillation , une sorte d’eau- : de-vie que l’on dit très-bonne. Les Suédois font ■ du pain avec les fruits après qu’ils les ont fait sécher et pulvériser. Enfin, on sait que les oiseleurs 1 se servent de ses baies pour prendre les oiseaux. S OR Cette chasse, qui se fait beaucoup dans les Ardennes, consiste à placer des baies près d’un petit lacet, qui s’attache aux arbres de lisière à hauteur d’homme ; on prend une quantité prodigieuse de grives dans le temps des passages, qui ont lieu ordinairement après les vendanges de la Champagne. I.es poules et même les bestiaux les mangent aussi. Dans le Nord , on emploie l’écorce du sorbier , séchée et broyée, pour la nourriture des bestiaux pendant l’hiver. Les épines de ses fruits sont émulsives dans leur fraîcheur, et donnent de l’huile quand elles sont sèches. Le sorbier, comme arbre de décoration, se plante ou isolément, ou en petits groupes au milieu des gazons des jardins paysagers, ou sur le bord des massifs. On en forme des allées, des salles, des quinconces, etc. Par-tout il produit des effets agréables par son feuillage léger, élégant et d’un beau vert; par s>es fleurs rapprochées en larges parasols, et par ses fruits, qui, vers la fin de l’été, se teignent d’un beau rouge et restent sur l’arbre une partie de l’hiver. Le Sorbier hybride (V. la Jlg. à l'Atlas, PI. XXV) appelé ainsi, parce que , suivant quelques botanistes, et Linnæus sur-tout, il est produit par les deux autres, est un arbre de la deuxième grandeur , qui s’élève à 3o et 4o pieds , et qui se distingue des espèces précédentes par ses feuilles ailées seulement à la partie inférieure , entières ou lobées , ou à demi pinnatifides à leur partie supérieure. Il offre à- E eu-près le même port que le sorbier domestique. ’écorcfî est brune sur les jeunes rameaux, garnie de soie blanchâtre dans la première jeunesse, et marquées de taches blanches dans un âge plus avancé; celle de la tige est cendrée, feuilletée et finement gercée. Les feuilles sont alternes, pétiolées, longues de 4 à 6 pouces sur 3 à 4 pouces de large, ovales , obtuses, d’un vert foncé et brillant en dessus, cotonneuses en dessous, variables dans leur forme ; les unes , sur-tout les supérieures, presque entières dans toute leur longueur, lobées, irrégulièrement dentées, presque à demi ailées ; d’autres, c’est le plus grand nombre, ailées à leur partie inférieure. Les fleurs paraissent dans le mois de mai à l’extrémité des rameaux ; elles sont blanches, disposées en corymbe; les ramifications et les pédoncules sont tomenteux ; les calices presque lanugineux; les étamines de la longueur des pétales ; les fruits presque en forme de poire, blanchâtres et pubescens dans leur jeunesse , petits et rougeâtres à l’époque de la maturité, qui arrive dans le mois de septembre. Ils renferment quelques pépins de couleur jaune. Cet arbre croît naturellement dans la Laponie. On lè cultive en Europe pour l’ornement des jardins; son aspect, quand il est franc de pied , se rapproche infiniment de l’alizier blanc. Lorsqu’il est greffé sur aubépine, il prend la forme d’un saule têtard , c’est-à-dire la forme globuleuse ou ovoïde. Ce singulier effet s’explique, dit M. Bosc, en ce que cet arbre devenant fort grand, et l’aubépine restant toujours plus petite , les racines de cette dernière ne peuvent lui fournir la quantité de sève nécessaire à sa croissance ! en conséquence , il ne pousse que des SOU 34-0 rameaux faibles, mais nombreux, la nature voulaut le dédommager de son moins de racines en lui fp^ir- nissant beaucoup de feuilles. On multiplie ce sorbiér de graines et par la greffe comme les précédens. Il mérite d’être cultivé sous tous les rapports. Les baies ont un goût fade; cependant, au rapport de Linnæus, les paysans d’OKland et de Gotlqnd s’en nourrissent. Le bois est dur : on en faitdes axes de roues, des essieux, des pieux, des manches d’outils, etc. SOUCHE ou ETOC. Mots qui, suivant quelques étymologistes , viennent de l’allemand stock, qui signifie Bâton , tronc , souche , chicot; mais le mot français et le mot allemand pourraient tout aussi bien avoir pour origine commune le mot latin stifps, qui signifie la même chose. Une souche est la partie du tronc d’un arbre accompagnée de ses racines, et séparée du reste de l’arbre. L’art. 45 du tit. XV de l’ordonnance de 1669 enjoint aux adjudicataires de faire couper, recéper et ravaler, le plus près de terre qu’il se peut, toutes les souches ou étocs de bois pillés et rabougris qui sont dans les ventes. Un arrêt du conseil, du 29 juillet 1749 > défend expressément de les arracher st 5 us quelque prétexte que ce soit, et une sentence de la maîtrise de Paris, du i 5 mars 1754» a condamné plusieurs particuliers pour avoir contrevenu à ces défenses. Cependant les vieilles souches sont plus nuisibles qu’utiles dans un terrain : elles ne produisentque de mauvais bois ou n’en produisent pas du tout ; elles occupent donc sans profit une place qui pourrait être plantée ou semée avantageusement. Il existe dans les vieilles futaies une grande quantité de larges souches , qu’il est toujours de l’intérêt du propriétaire de faire enlever, opération qu’on appelle essoucher. Les plants de semence qui s’élèveront à leur place fourniront de beaux arbres, et d’une qualité de bois bien supérieure; car il est d’expérience que les arbres provenus de souche sont pour la plupart viciés dans leur intérieur, ce qui vient de ce que la souche, après avoir donné des rejets , meurt et tombe en potirriture , en communiquant le vice dont elle est altérée aux productions qu’elle a faites : aussi est-il bien difficile que les bois que fournissent les anciennes forêts des pays habités se trouvent de bonne qualité , à moins que le repeuplement ne s’en fasse par les semences , ainsi que cela se pratique pour les futaies en Allemagne, que l’on exploite par éclaircie. V. Exploitation. Nous avons, sous ce dernier mot, parlé de la manière d’enlever les souches et de couper les bois entre deux terres , pour prévenir les inconvéniens qui proviennent de la présence des vieilles souches ; nous avons indiqué aussi l’âge auquel chaque espèce de bois peut repousser de souche : il nous paraît utile d’ajouter ici quelques observations. La disposition de l’ordonnance qui prohibe les coupes en jardinant est fondée non-seulement sur la considération que la chute et l’enlèvement des arbres qu’on abat ainsi causent la mutilation d’un grand nombre d’autres arbres, mais encore sur ce 106 * 844 SOU fait', éônstttBé pkr'L’êxpëriencé, quë les 'soüchea des arferWafi^kk'nù’^dn' taàssif im[>éi\êtrtifefe‘ I à l’air j^êrisk^nf tdflj(ÿcffs*, , '‘ét qù’llse fonrtëïiWsî 1 , fittr Sùc- ceséffwi, y 4 n tënrj*s’] (îêi ‘■ridfe's 1 Viofrtlkeùx oanslee fbrtfi' dè n bt> 5 Vféùilhli< 'ùue l’on kv'ptoif&’ v en jardinait'.'’' 1 La tnèmë Ordonnance vent encore que l’on coifpe leî arbrfesle plus 1 pris de terre q«e possible,‘et cette disjiosilion est Fondée en principe 5 car la sève , eri montant par les canaux de la partie du tronc laissée hors de terre , perdrait une partie de la force active qui aurait produit des bourgeons, et d’un autre côté , les jets seraient moins droits et moins solidement fixés qtie sur-une souche coupée rez terre. En Amérique, observe M. Bosc, où l’on vent détruire les forêts', on coupe les arbres à 2 ou 3 pieds de terre. Mais quelle que soit l’attention qu’on ait chea nous découper les arbres prés de terre, on remarque, quelque temps après l’exploitation, que les souches sont encore saillantes hors de terre! cela arrive sur-tout dans lea : vieilles futaies , où la terre , gonflée par l’humidité et rendue poreuse par le détritus des feuilles , ne tarde pas à s’affaisser lorsque l’aire de la coupe est'èxposée à l’action du soleil et du vent, qui en dissipent l’humidité et lui font éprouver une sorte de dépression. Les arbres venus de grosses souches , avons-nous dit, ne valent jamais ceux qui proviennent de semences, et cela est facile à concevoir. Lorsqu’on abat un arbre, on divise brusquement par la moitié une organisation qui existait dans deux milieux, l’atmosphère et la terre. La région des racines doit périr si elle ne répare promptement les tubes ligneux et les feuilles qui lui sont nécessaires dans l’air. Cette réparation se fait promptement lorsqu’on coupe un bois jeune encore , et les nouvelles pousses n’ayant qu’une petite surface d’amputation à recouvrir de leur écorce, ne tardent pas à prendre la place de la partie retranchée et de s’identifier avec elle ; mais si l’on abat un gros arbre , si 011 laisse sa souche entière, tout le système radical continue de porter sa sève à la région de l’amputation : il en résulte une multitude de rejetons qui paraissent entre l’écorce et le bois , tout autour de la souche ou culée , et qui ne sont que collés par leur base à la circonférence de l’aubier ; le cœur du bois cesse de végéter. Il faudrait une écorce commune pour recouvrir aussitôt l’amputation, et une agglutination longitudinale contre une portion subsistante de l’ancien bois, pour que les pousses nouvelles pussent s’y appuyer et s’élever à la place de l’arbre abattu ; mais il n’eu est pas ainsi: la coupe étant horizontale et très-large et l’érection des pousses perpendiculaire r il n’est pas possible que l’enveloppe de quelques nouveaux jets parvienne à la recouvrir , il faut nécessairement que l’ancien bois reste long-temps à nu, et pendant ce temps il se sèche , il se fend , se carie et communique aux nouvelles productions le germe de la pourriture. Un moyen est indiqué pour prévenir ces incon- véniens : au lieu de laisser une culée entière, on l’enlève ou bien on la sépare de ses racines , dont on forme autant de canaux particuliers de végétation , qui ont plus de proportion avec les jeunes pousses SOU qu’ilÿdoivertt alimenter. Pour cet effets ©«ouvre la terre Autour de 4 ’àrbre qu’on veut abattre -1 , on découvre les racines et on les coupe à quelque distance d« iftJMSpdbserVâtiitqvJé l’ampdfatioé faite* 1* partie de la ratine qui «olt'iekerlen terre «oit nette et sans fbnttef bn descend 1 jusque sdus la culée; on conserve la |«rtio forte de Parbhce, et on gagne ainsi plusieurs pieds sur‘Sa longueur .-Tout es les racines qui allaienPan tréhc deviennent autant de pieds particuliers, qui fournissent de nouveaux rejets dès qu’elles ont la communication immédiate de l’air |*r cette eKtténfité 1 . Cetteespèce.de'démembrement des sotiches t trop/ vieilles est toujours avantageuse pour les bois erbaux du seqond s^tmhe^gç sont confronté? Wt çen* du premier,, sa, trouve. (Joa.jin? pox, aqtre? çst nmjqqeq,,^ en détail.,A oe* olfet,, doivieftt êljp rqjurés^n»#? procès-verbaux de décharge par le garde-vente; il est fait défalcation des .délits constatés par ces procès-verbaux.* çtqqi s P nt reconnus avoir, été, commis durant; .J’explqitaticm tombent à la charge de l’adjudicataire- { Qffcfi (669, tit. XVIt art. 5 . — Cah. des ch., V. Facteur, Récolement. On confond, dans quelques arrondissement et svjr-tout dans la conservation forestière dqAançy , dqux opérations très-distinctes , le.SOf4chetage,fi{ la vérification des réserves. La première opération est, comme pu vient,de le voir , autorisée par l’ordonnance de J 669 , et la manière d’y procéder est déterminée par ce réglement et par l’art. 09 du cahier des charges. Chaque adjudicataire peut, avant l’exploitation , faire procéder à ses frais, en présence d’un agent forestier et, .du garde du triage, par deux experts, l’un à son.choix, l’autre au choix dudit' agent, à la reconnaissance des délits qui peuvent avoiç été commis, dans sa vente et jusqu’à l’ouïe de la cognée. Cette opération n’a point pour ohj.et la vérification des arbres marqués en réserve dans la coupe. Mais si, depuis le martelage d’une vente et avant la délivrance du permis d’exploiter, un adjudicataire remarque que des arbres de réserve ont été évidemment coupés en délit, il peut demander que vérification soit faite des souches, et cette vérification rentre encore dans l’opération du souchetage. Mais jamais un adjudicataire ne peut exiger que l’opération du balivage soit vérifiée. Cette opération, faite conformément aux réglemens et constatée par un procès-verbal régulier, doit être tenue pour exacte après l’adjudication faite : aucune exception fondée sur des erreurs de nombre ou de classification des réserves , ne peut être élevée contre ce procès-verbal, qui doit faire foi jusqu’à inscription de faux, aux termes de l’art. i 3 , tit. IX de la loi du 29 septembre 1791 et d’un arrêt de la cour de cassation du 26 juillet 1810. Si l’ordonnance de 1669 ni aucune loi postérieure n’ont soumis les opérations de balivage et de martelage à des vérifications , le motif en est sensible : les marchands de bois ont eu tout le temps nécessaire avant les ventes pour faire eux-mêmes la reconnaissance des coupes , et pour s’assurer du nombre et des espèces de baliveaux réservés; les affiches leur ont fait connaître ce qu’ils ont acheté et ce qui doit être excepté de leur acquisition, et ce serait d’ailleurs rendre illusoires les opérations préliminaires aux ventes et les livrer à des contestations sans fin, que d’admettre qu’un adjudicataire pût en demander la réformation. Enfin , on le répète, les procès- verbaux de martelage sont, comme tous les autres procès-verbaux des agens et des gardes , des actes auxquels la foi est due jusqu’à inscription de faux. 11 est vrai que les agens peuvent commettre des erreurs ; mais, dans ce cas , l’adjudicataire a deux moyens pour se soustraire à une injuste responsabilité : il peut s’inscrire en faux contre le procès- 8# S ü U S O U \erbal de uuylejiuji;, ou il peqt, après la vérification qu T )l aura Jflitç, Tui-meme , signaler aux âge ns les ecrettr^ytÊil ^ura xerdajrquées, qt demander qu’on y aït égara lors du récolement. Si lés indications données par.^l’adjudicataire sont bien pr^çisqs, il sera du devoir des agens de vérifier la coupe, et dans tous les cas, d'appeler l’attention de l’Administration sur la réclamation de l’adjudicataire, pour qu’elle lui,épargne des poursuites qu’il n’aurait pas méritées. C’est à cçs moyens seuls qu’il faut s’en tenir ç on dénaturerait le caractère des opérations des agens si on admettait qu’elles peuvent être critiquées, attaquées, recommencées, quand et de la manière que cela conviendrait aux parties intéressées. Observons encore que la cour de cassation a décidé , par son arrêt du 26 juillet 1S10 , qu’il ne suffirait pas pour opérer la décharge d’un adjudicataire qu’il fit faire la reconnaissance de la coupe ou du déficit de quelques arbres de réserve par un garde ou un garde général , même avant d’exploiter , attendu que s’agissant de modifier les effets du procès-verbal de martelage, opération importante, qu’il n’appartient de fairp qu’aux mêmes agens qui ont procédé en premier lieu, ce serait rendre les employés inférieurs juges et réformateurs des opérations de leurs supérieurs. SOUCHETEUR. C’est un expert nommé pour faire en présence des agens forestiers la visite des souches. V. Souchetage. SOUILLE. Ce mot, dans plusieurs pays, signifie taillis. On l’emploie par opposition à celui de futaie, e t ou dit : La souille et la futaie se coupent séparément ; savoir, la souille d’abord, et la futaie ensuite j ne couper que la souille et réserver la futaie ; ce terrain n’est propre qu’à produire de la souille. SOUMISSION. C’est, en administration , un acte par lequel quelqu’un s’engage à faire quelque chose ou à payer une somme. V., à l’article Travaux, le modèle de soumission i faire pour la jouissance de terrains vides dans les forêts, à charge de repeuplement. "V. aussi l 'art. 4 12 du Code pénal, pour les peines prononcées contre ceux qui troublent ou entravent la liberté des enchères ou des soumissions A l’égard des soumissions des prévenus des délits , V. Délit , t. I,p. 769. SOUMISSIONNAIRE. C’ est celui qui fait sa soumission pour quelque paiement ou quelque ouvrage. V. Travaux. SOUMISSIONNER, C’est donner sa déclaration qu’on se soumet à payer tant de telle acquisition , ou à exécuter telle fourniture ou tel travail à tel prix. On doit soumissionner un bien qui est en vente , un marché. SOURIS , mus, musculus (Lin.). Quadrupède du genre et de la famille des rats-. La souris, beaucoup plus féconde que le rat, est aussi plus commune et plus généralement répandue On la trouve dans les forêts comme dans les lieux habités, et par-tout elle cause des dégâts, qui, bien que moins considérables que ceux du rat, parce qu’ils viennent d’un animal plus faible et.moins vorace , ne laissent pas d’être nuisibles par Leur multiplicité. Les glands et les autres fruits sauvages dans les bois, toutes sortes de grains dans les granges , toutes les provisions, les meubles , etc., sont endommagés par les souris : elles percent le bois pour se pratiquer un passage. Pour donner une idée de la fécondité des souris , Aristote dit qu’ayant mis une souris pleine dans un vase à serrer du grain, il s’y trouva peu de temps après cent vingt.souris , toutes issues de la même rnère. Les femelles prçduisep^, en effet , plusieurs fois pat an et dans toutes les saisons. Leur portée est de cinq à six petits, qui au bout de |5 jours sont assez forts ppur se'séparer et chercher à vivre. Mais la nature j qui a doué la souris d’une grande fécondité, a posé des barrières qui s’opposent à l’excès d’une multiplication trop rapide; une foule d’animaux s’en nourrissent, tels que les fouines, les belettes, les rats, les hérissons et principalement les chats, enfin presque tous les animaux de rapine et de nuit. On prétend que l’odeur du sureau et de l’hièble les éloigne. V. Mulot. SOUS, sub. Cette préposition, en botanique, équivaut à presque. Sous-orbiculé, suborbiculatus, c’est-à-dire presque orbiculé. Quelquefois aussi elle tient lieu de légèrement : sous-bifide. SOUS-ARBRISSEAUX, subfrutices. {Bot.) Les sous - arbrisseaux ou arbustes seraient appelés arbrisseaux s’ils avaient des bourgeons, et porteraient le nom A’herbessi leurs tiges n’étaient pas ligneuses, c’est-à-dire si Les parties qui composent leurs tiges n’avaient pas la même dureté et la même solidité que ce que nous appelions bois. Us persistent l’hiver, et nous en avons même quelques-uns dont la durée égale celle de certains arbres. Le thym , le romarin, le ciste , la bruyère, sont des arbustes. SOUS-INSPECTEUR DES FORÊTS. Les sous- inspecteurs ont été créés par la loi du 16 nivôse au 9, qui aorganisé l’Administration forestière. V. Administration ■ Ils ont, dans leurs anondissemens respectifs, comme les inspecteurs et les conservateurs , qualité pour constater et poursuivre les malversations commises dans les exploitations. ( Arr. de la C. de cass., des 29 avril 1808 et 22 novembre 1811.) De même pour poursuivre sur les procès-verbaux des gardes. ( Code d’instr. crim., art. 18, 19, 182 et 190.) Leurs fonctions administratives sont les mêmes que celles des inspecteurs , et les instructions concernant ceux-ci leur sont communes. ( Instr. du 7 gfAiirial an 9, § 3 , art. 7, ef 23 mars 1821 , art. 125 .) Us reçoivent en outre et exécutent les ordres de service qui leur sont donnés par le conservateur et l’inspecteur, et ils adressât, tous les 3 mois, à ce dernier ou au conservafUfejt.s’ils sont sous ses ordres immédiats, un extrait de leur journal. ( Jh. du 23 mars 1821, art. 125 .) Ils correspondent avec l’inspecteur ou avec ie conservateur, lorsque celui-ci est leur supérieur immédiat. (Ib. du 7 prairial an 9 , art. 5 . ) Ils tiennent pour leur sous-inspection les mêmes sommiers, registres et livre d’ordre que les inspecteurs. sou Ils font les mêmes tournées et procèdent aux mèr mes vérifications. Ils assistent également le conservateur dans sa tournée, et lui fournissent tous tes renseignemens propres à la rendre utile. Ils assistent aussi à celles de l’inspecteur qui ont pour but des opération? conjointes; ils lui donnent d’aitleors touslesrensei- gnemens qu’il désire d’eux. {Inst, du '7 prairial an 9, § 3 , art. 4 -) V. Administration,, Conservateur, (Tardes généraux, Inspecteur. SOUS-LIGNEUX. Ce qui n’a' pas la consistance aussi solide que celle du bois. On appelle aussi sous-ligneuses les plantes qui perdent leurs rameaux tous les ans et conservent leurs tiges. SOUS-PRÉFET. On nomme ainsi le fonctionnaire public qui, dans chaque arrondissement, remplit, sous la direction du préfet, les fonctions exercées autrefois par les administrations municipales et les commissaires de canton, à la réserve de celles qui sont attribuées aux conseils d’arrondissement et aux municipalités. {Loidu 28 pluviôse an 8, art. 9.) Las sous-préfets président, pour leur arrondissement, les adjudications des ventes de bois appartenant, soit au gouvernement, soit aux communes ou établissemens publics, les jours fixés par le préfet. {Loi du 29 septembre 1791, tit. VIII , art. 4.) V. Adjudication. Ils président également les ventes de chablis et autres menus marchés et les adjudications des travaux à faire dans les forêts. ( Ib .) Mais lorsque l’estimation des objets à vendre comme menus marchés n’excède pas la valeur de 200 fr., les sous-préfets peuvent commettre les maires pour en faire l’adjudication. ( Ib. ) V. Menus marchés. Ils donnent leur avis sur toutes les affaires concernant les bois des communes et des établissemens publics , qui leur sont renvoyées par les préfets. V. Conflit d’attribution, Pouvoir judiciaire , Préfet. Ils visent les certificats d’indigence délivrés à ceux qui prétendent être dispensés de consigner l'amende pour le pourvoi en cassation. {Code d’instr. crim., art. 420.) Ils peuvent recevoir les déclarations de volonté d’abattre que font les propriétaires de futaie. {Déc. du min. desfin., du 17 décembre 1823. — Circul. du 18 mars 1824. SOUSTRACTION DE PIÈCES. V. les art. 254 et i 55 du Code pénal, pour les peines à prononcer contre ceux qui s’en rendent coupables. SOUS-YEUX. On appell e ainsi les petits yeux ou I petits boutons qui poussent souvent au-dessous des véritables boutons des arbres, et qui sont destinés par la nature à les remplacer s’ils viennent à manquer. Ils ne poussent ordinairement qu’une seule feuille, qui sert à les nourrir, et qui est d’une forme différente des autres. Les jardiniers tirent quelquefois parti de ces sous-yeux pour se procurer de nouvelles branches à bois, soit en taillant au-dessus de celui qu’ils veulent ainsi métamorphoser, soit en enlevant tous les autres bourgeons, ou en coupant ou cassant l’extrémité de la branche. SOUTRAGES. On appelle ainsi, dans le dépar-| ternent des Landes, les feuilles mortes, herbages et STA 847 autres débris de bois que l’on ramassb'dàn&les forêts. On-ne peut enlever ces Objets sans dVpîi'rti permission dii proprietaire. ‘&Àrr. de la C. dé^ids'I, du octobre'îïizS. ) ' ‘ , u , . SÔYËUX , sericeus. ( T. d'e êof.ÿ.Couvei't de poils mous, serrés, couchés et luisans comme,dé la soie. SPARTIUM ou SPARTION. Y. Genêt: SPÉCIFIQUE. Le nom spécifique d’une plante est lé nom qui appartient à l’espèce. V. Botanique, 3 e . section. SPHÉRIQUE. {T. de bot.) Arrondi en sphère ou en globe. SPERME. Mot dérivé du grec, qui signifie graine ou semence, et ne s’emploie en botanique que dans les mots composés, comme monosperme, à une seule graine ; disperme, à deux graines ; polysperme, à plusieurs graines. SPHINX DU PIN. V. Insecte. SPINESCENT, spinescens. ( T. de bot. ) Dont le sommet s’amincit en pointe grêle, roide et piquante comme une épine. SPIRALÉ , spiralis. ( T. de bot. ) Tors ou roulé en spirale. SPIRÉE, spirea. { Lin. ) Genre de plantes de l’i- cosandrie pentagynie et de la famille des rosacées, qui renferme une vingtaine d’espèces, dont plusieurs sont cultivées, dans le climat de Paris, pour l’ornement des jardins, mais qui presque toutes sont étrangères. Comme ces plantes n’ont et ne peuvent avoir aucune importance dans l’économie forestière , nous n’en parlerons point. Le lecteur qui voudra les cultiver pourra consulter les ouvrages qui traitent de la culture des jardins et le Nouveau cours d’agriculture, à l’article Spirée. Les deux espèces qui se trouvent dans les bois sont : la spirée Jilipendule , qui croît en abondance dans les lieux secs et sablonneux, et dont les tiges ont de 2 à 3 pieds ; et la spirée ulmaire, plus connue sous les noms de petite barbe de chèvre, de reine des prés, d’ormière ou vignette, dont les tiges ont de 3 à 4 pieds, et qui croît dans les marais, les bois humides, les prés et aux bords des ruisseaux. SPONGIEUX, spongiosus. ( T. de bot.) D’un tissu lâche et compressible à-peu-près comme une éponge. SPONTANÉ, spontaneus. {T. de bot.) Qui naît ou a lieu sans le concours de l’art. STAMINAL, staminalis. {T. de bot.) Appartenant ou relatif à l’étamine. STAMINIFÈRE, staminiferus. [T. de bot.) Portant une ou plusieurs étamines. STAPHYLIER, staphylea. Genre de plante de la pentandrie trigynie et de la famille dés nerpruns, dont le caractère est d’avoir un calice coloré, à cinq divisions profondes ; cinq pétales redressés ; cinq étamines opposéesauxdivisions du calice ; deux ou trois styles; autant de capsules vésiculeuses, réunies depuis le milieu jusqu’à 1.» base , s’ouvrant intérieurement par la pointe, renfermant une ou deux graines osseuses; les feuilles opposées, pinnées ou ternées. Le mot latin staphylea vient du grec stapkyle ou staphylis , qui signifie grappe de raisin. Linné a STA 848 donné te noih à oe genre , parce que les arbrisseaux qui le composent ont les fleurs disposées en grappes. Gqt arbre'dBb mefitionné par Pline sous le nom de staphylodendron , liv. XVf chap. XVI . Oh connaît plusieurs espèces de staphyliers, dont une croit en Europe et une autre dans l’Amérique septentrionale. Le Stafhylier. a feuilles finnées, -vulgairement le faux pistachier, le nez coupé, staphylea pinnata (Lin.); en allemand, faufblattrige pini- per/tuss ; en anglais, five leaved bladder-nnt, est un arbrisseau qui parvient quelquefois à i 5 ou 20 ieds, mais qui reste souvent sous la forme d’un uisson. Il croit en Allemagne, en Italie et en Francei Son écorce est verte et noire sur les jeunes pousses, d’un gris foncé, et rayée sur les vieilles tiges; ses rameaux sont nombreux et opposés; ses feuilles, également opposées, sont longuement pé- tiolées, ailées par cinq ou sept folioles ovales, lancéolées, très-pointues, finement dentées, d’un vert foncé en dessus et clair en dessous, longues de 2 à 3 pouces sur un jiouce à un pouce et demi de large. Ses fleurs sont blanches, disposées en grappes pendantes, et se développent en avril et au commencement de mai. Le fruit consiste en deux capsules vésiculaires, ovales, réunies vers la base, acuini- nées par le style persistant, ouvertes par leur partie supérieure , contenant chacune une ou deux graines osseuses , de couleur jaunâtre et grosses comme de petites noisettes. Biles mûrissent au mois d’octobre. Culture. — On ne cultive cet arbrisseau que dans les jardins ; il n’y produit pas beaucoup d’effet, mais il vient dans toute espèce de terrain , pourvu qu’il ne soit pas marécageux et pas trop mauvais, et il s’accommode de toutes les expositions. Il se multiplie aisément de graines, de marcottes, de boutures et de rejetons. Il faut semer les graines dès qu’elles sont mûres, parce qu’elles rancissent facilement, à cause de l’huile qu’elles contiennent, et on ne les recouvre cjue d’environ un demi-pouce de terre. Les jeunes plants lèvent au mois de juin , accompagnés de deux grandes feuilles séminales en forme de lance; quelquefois ils ne lèvent que le second printemps. Il est plus prompt et plus sûr de cultiver le staphy- lier de rejetons, qu’on lève en automne, soit pour les mettre en place de suite , soit pour les disposer en pépinière , où ils restent un ou deux ans pour se fortifier. Qualités et usages. —Le bois du staphylier pinné est brun, ferme et d’un grain fin; mais comme l’arbre ne parvient jamais à une grosseur considérable, on ne peut l’employer à aucun ouvrage d’importance. Les fleurs fournissent beaucoup de miel aux abeilles; mais il est de très-mauvaise qualité et nauséabonde comme toutes les parties de la plante. On fait, avec les noix ou graines, des colliers, des chapelets. L’amande est oléagineuse , et elle a d’abord un peu le goût de la pistache, mais elle laisse dans la bouche une saveur âcre, et on assure qu’elle excite des nausées quand on en mange une certaine quantité. L’huile qu’on en Tetire paT expression est dotice et résolutive. STA Le StàPHVLIER A FEUILLES TERNiIes, OU A TROIS feuilles , staphylea trifolia (Lin.} ; en allemand , dreyblaltrige pinipernuss ; en anglais, three-leaved- bladder-nut, est originaire de l’Amérique septentrionale, où il s’élève autant que le précédent; mais dans nos jardins, où on le cultive, il reste plus petit. Il diffère du staphylier pinné par ses feuilles, qui n’ont que trois folioles, d’un vert un peu plus pâle et légèrement pubescentes en dessous; par ses fleurs, d’une forme plus allongée, et par quelques autres caractères des parties de la fleur. On le cultive peu , parce qu’il pousse moins de rejetons que le précédent, et que ses fleurs avortent plus souvent. Du reste il ne produit pas plus d’effet dans les jardins. Ces deux arbrisseaux ne méritent point d’être cultivés dans les forêts. STATISTIQUE. Mot emprunté de l’allemand statistich , qui pourrait avoir été fait du grec stasis , dont les Latins ont fait status , dans lé sens d’état, constitution, gouvernement, et de techné , art, science; ce qui voudrait dire l’art, la science du gouvernement. Peut-être aussi que l’allemand statistich est tout simplement un emprunt fait à la langue italienne, où l’on trouve les mots slatista et statistico : le premier , pour homme d’état, et le second pour ce qui appartient à un homme d’état. En économie politique, la statistique est la partie de l’économie politique qui a pour objet de faire connaître les richesses et les forces d’un état, en irésentant le tableau de son étendue territoriale, de sa population , de ses productions, de ses fabriques et de son commerce Statistique forestière. Elle a pour objet de déterminer la situation et la consistance des forêts, leurs ressources actuelles et futures. Quelques mémoires particuliers ont été publiés sur la situation, l’étendue, les essences et qualités de bois de plusieurs forêts. On les trouve dans l'è Mémorial forestier de l’an 11 ; mais ces mémoires sont loin d’être complets, ils ne présentent que des aperçus extrêmement vagues. D’autres mémoires rédigés par des forestiers sont mieux faits. Nous citerons la Topographie du Gers et la Description des Pyrénées , par M. Dralet; la Description de la forêt de Fontainebleau , par M. Noël; celle du Mont- Tonnerre , par M. Lintz. L’Administration forestière a pensé qu’un travail général, établi d’après des bases fixes et déterminées, pouvait seul remplir ses vues, en fournissant tous les détails qui intéressent le gouvernement. Elle a en conséquence prescrit des mesures pour obtenir cet important travail. Ce fut l’objet de sa circulaire du i 5 octobre 1807, n°. 365 . Cette circulaire est accompagnée de trois modèles de tableau, qui renferment toutes les indications propres à faire'Connaître ce qui constitue la statistique forestière, et le produit du bois, calculé d’après le terme moyen du prix des cinq derniers ordinaires. Une autre circulaire du 22 juillet 1808 , n°. 3^6 , manifeste le désir de l’Administration de connaître l’état d’exécution des instructions données sur ce travail. La statistique forestière se compose de deux choses principales ; savoir, i°. des plans , qui donnent SÏA STÈ U$ l’ étendue ^ la. çonjfigurafia/t et , 1 a, position relative de chaque pfirtiede bois> ainsi que des.landes, bruyères, terres vaines et vagues,qui. a» dépendent- ©u peu*- vèiit y. être rèu.tûss; , 2®. Des, renseignerions o\^ mémoires qui. doivent en'faire connaître la partis,physique. ... Le* états fournis ep yprtu de la cinculaire du. 1 5 odobre 1807 pu); fait qojKualtre.que, Je» forêts de l’êtàt, y compris celles desién'igréa et dulclergé, se composaient, ponr.l’ctenduç, du territoire, telle qu’elle existe aujourd'hui., d'environ,; ,900,000 hectares; savoir, le cinquième, eya- hau^i faillis,, demi- futaie ,et futaie , dont l’aménagement est.réglé à 4 °i 5 o, 6 ô, 7° » So, 90, 1 Qo j n?.o . et, t 5 o ans, et les quatre autres cinquièmes çn.taillis aménagés à 20, 23 et 3 o ans. V., au mot Aménagement , quels sont les aniénagemens et les essences dans chaque arrondissement forestier. Les forêts possédées par l’état avant la distraction des pays conquis se composaient, suivant les comptes rendus par l’Administration forestière en ilOÜ , de 2 , 3 a j, 802 hectares , dont le produit an- nu ?L,y compris celui de la pêche, d’environ 5 oo,o 00 francs, était de près de do,000,000 de francs. Suivant l’exposé de la situation de la France, présenté par le ministre de l’intérieur au corps législatif, fe 25 février 181 3 , la France, telle quelle était alors composée, aurait possédé en bois appartenant à l’état, aux communes et aux particuliers, huit,millions d’hectares dont le produit aurait été de cent millions, et nous aurions eu sur pied en hautes futaies, bordures ou baliveaux , de quoi construire plusieurs milliers de vaisseaux. Le rapport se terminait ainsi : a L’ordre est rétabli dans cette branche de notre agriculture; les forêts se repeuplent et se conservent; des routes et des canaux rendent accessibles celles qu’on ne pouvait exploiter; les nombreuses constructions civiles et militaires et de la marine sont abondamment pourvues, et nous ne tirons plus de l’étranger que pour 5 millions de bois par an; avant 1789, nous en tirions pour 11 millions. » La réduction du territoire, les restitutions faites à d’anciens propriétaires et les aliénations, ont réduit le sol forestier de la France aux contenances ci-après; Bois de l’état.1,200,000 hect. Bois de la liste civile, des princes et des communes et établisse- mens publics.2,000,000 Bois des particuliers. 3 ,100,000 Total. 6 , 3 oo,ooo hect. Nous avons fait observer, dans le Discours préliminaire, que de cette contenance il convenait de distraire le dixième pour les places vides et les chemins; ce qui la réduisait à 5,670,000 hectares; et d’après nos calculs , nous avons trouvé que le produit annuel de ce nombre d’hectares était d’environ 5,719,000 cordes de bois de chauffage , quantité qui était au-dessous des besoins de la consommation de plus de 2j6oo,ooo cordes, dont le déficit ne pouvait être couvert que par les combustibles minéraux, les Tome II. arhre»à|ia«s^efi)qs coupes anticipée* dans i*s<>boil restiljyé^ pq* ancien», propriétaires,.-et dans lasbot* ajiénntiet.pnrles déit Le bernons. V. le Dùcaurv pA- liminaire,\p\ 32 et suivantes. ; . Iltéjait important do connaître les ressources deda [France en bois,propres aux constructions navale», |c’est ce qui a déterminé le ministre de la marine à- ihargeEyen 1812, les officiers du génie, maritime , chefs d’arrondissemens, de former, pour les forêts ide.chaque département, des états destinés à faire connaître la situation de ces forêts, leur étendue, les ossenaes des arbres qui les peuplent, leur âge, la périodicité et l’étendue des coupes annuelles et leur produit présumé en pièces de marine. (Une circulaire de l’Administration forestière, du 10 février 1812, a invité Les conservateurs à donner aux ingénieurs de la marine les renseignemens nécessaires à la formation du travail statistique demandé par le ministre de ce département. Nousavons, comme on le voit, des renseignemens généraux sur les forêts de la France ; mais nous n’en avons point une statistique complète, puisqu’il faut, pour constituer un travail de ce genre, un plan exact de chaque partie de bois, et des renseignemens propres à en faire connaître toute la partie physique- Eu effet, sans le secours des plans et même de cartes, comment prendre et donner une idée exacte de la configuration et de la position d’une partie de bois quelconque, relativement aux autres qui l’environnent , soit immédiatement, soit à une distance plus ou moins grande? Il existe déjà un très-grand nombre de plans de forêts, qui ont été dressés, soit sous les maîtrises, soit depuis l’organisation d’une administration forestière. De plus, les plans des territoires des communes , levés pour le cadastre, offrent à cet égard des ressources importantes. Enfin les aménagemens qui se poursuivent avec activité procureront encore de nouveaux matériaux à la partie graphique et descriptive des forêts. V. sur la confection des plans VInstruction du 7 juillet 1824. Quant aux renseignemens relatifs à la partie physique des forêts, ils consistent dans les mémoires statistiques que rédigent les agens forestiers , et qui en font connaître la situation , l’orientement, l’exposition, l’étendue, l’origine, lanaturedusol, lesessences de bois, la futaie, le taillis, les minéraux et carrières, les bêtes fauves qui s’y trouvent, les routes et chemins, les fossés, les bornes, les rivières et canaux qui servent de débouchés, les maisons, les enclaves, les droits d’usage, les établissemens de consommation , le produit de chaque hectare calculé d’après le prix moyen des dix dernières années, le débit des bois et les marchandises usitées, le prix courant de ces marchandises, les améliorations à exécuter et le prix des travaux dans le canton. Y., pour la rédaction de ces mémoires statistiques, VInstruction du 7 juillet 1824* STERE, du grec stéréos, solide. C’est une mesure de solidité égale au mètre cube, ou d’un mètre carré de base sur un mètre de hauteur; ou autrement, c’est un corps de 3 pieds 11 lignes -~- a de ligne en tous sens. Le stère vaut donc, à très-peu de IÔ7 85o STR SUC chose près, 29 pieds 2 pouces cubes. En effet, qu’on se représente un carré ayant 3 pieds 11 lignes ~± de ligne en longueur et autant en largeur , il est évident qu#Æa superficie contiendra 9 pieds 5 pouces 7 lignes carrés : or, si l’on multiplie cette surface par 3 pieds 11 lignes , on aura 29 pieds et environ 2 pouces cubes, comme on l’a dit. Le bois se mesure souvent par double stère, qui forme à-peu- près la voie de Paris. Y. Bois de chauffage, Cordage, Estimation, Mesure. STÉRÉOMÉTRIE, mot formé du grec stéréos , solide , et de metron , mesure ; mesure des solides. C’est la partie de la géométrie qui enseigne la manière de mesurer les corps solides, c’est-à-dire de trouver la solidité ou le contenu des corps, comme des globes, des cylindres, des cubes, des vases , des vaisseaux , etc, La stéréométrie est une science nécessaire au forestier pour le cubage des bois. Nous en avons traité, sous ce rapport , au mot Estimation. STÉRILE, sterilis. ( T. de bot. ) Ne fructifiant point, ou bien inapte à recevoir ou opérer la fécondation. STIGMATE. V. Pistil. STIPULE, stipula. ( T. de bot. ) Appendice membraneux ou loliacé , accompagnant de chaque côté la base du pétiole d’une feuille, ou faisant le plus souvent corps avec lui. STOLON. Drageon produit par une tige couchée ou une racine rampante , que l’on nomme stoloui- fère. STOLON 1 FERE. ( T. de bot. ) Dont la tige pousse du pied comme de petites tiges latérales, grêles , stériles , susceptibles de radication , ou propres à la transplantation. STRATIFICATION , du latin stratum , lit, et de facere , faire : c’est l’action de mettre lit sur lit ; ce que les Latins appellent stratum super stratum. Dans le jardinage et l’économie forestière, la stratification se fait à l’égard des semences, qui, exposées à l’air, perdraient promptement leur faculté germinative, soit parce que leur périsperme se racornirait au point de ne pouvoir plus être ramolli par l’eau, soit parce que l’huile qu’elles contiendraient se rancirait et ferait perdre à l’embryon son principe de vie. La stratification consiste à mettre dans un trou fait en plein air , ou dans un vase placé dans une cave ou sous une remise , alternativement une couche de terre ou de sable, ou de bois pourri, ou de mousse, et une couche de graine. En général, la terre ou le sable qu’on emploie ne doit être ni trop sec ni trop humide: trop sec, il absorberait l’humidité des graines ; trop humide , il les ferait pourrir ou exciterait leur germination à une époque peu favorable au semis. Comme la stratification s’opère peu de temps après la récolte des graines , elles conservent encore asséz d’humidité pour la communiquer au sable ou à la terre avec laquelle on les stratifie. Observons aussi qu’il y a des semences, telles que les glands, les châtaignes, les faînes, "qu’il faut mettre dans du sable sec, parce qu’autrement elles germeraient et s’épuiseraient en racines. A l’égard des noix, des amandes et autres fruits à noyaux , on les met dans du sable un peu humide, et si 4 • U s 1 ' meme on s aperçoit qu’ils ne germent pas , on arrose légèrement le eable et on met le vase dans un lieu chaud, pour que les germes se développent peu de temps avant de les semer; ce qui fait qu’on peut en rompre le pivot, opération utile lorsqu’on sème en pépinière. Les graines privées du contact de l’air et de l’action de la chaleur par la stratification, ne perdent point leur eau de végétation, et sont bien plus long - temps à d’altérer que si elles fussent restées soumises aux influences de ces agens, sans lesquelles il n’y a point de germination. Les semences forestières que l’on peut conserver ainsi sont celles des arbres ci-après : chêne , hêtre , châtaignier, sorbier, if, tilleul, poirier, pommier, néflier, cornouiller, genevrier , marronnier d’Inde, noyer, mûrier, et les autres arbres dont les semences ont de l’analogie avec célles des arbres cfedessus. STRIÉ, striatus. ( Y 1 , de bot. ) Dont la superficie a des lignes parallèles qui l’élèvent et l’abaissent alternativement, mais qui sont mqins profondes que celles qui recouvrent la superficie sillonnée. STROBILE, strobilus. ( T. c/e bot. ) C’est un assemblage arrondi ou ovoïdal d’écailles coriaces ou ligneuses , imbriquées en tous sens d’une manière plus ou moins serrée autour d’un axe commun. C’est cette sorte de fruit que l’on nomme aussi cône, et qui est particulière aux pins, sapins, etc. V. Cône, STYLE. ( T. de bot. ) Portion moyenne du pistil , qui n’est pas essentielle à la fructification , et qui, lorsqu’elle existe, est insérée ordinairement ausommetde l’ovaire, quelquefois sur son côté ou à sa base, et porte le stigmate. V. Pistilet Botanique. STYRAX. V. Aliboufier. SUAGE DE BOIS. ( T. de marine. ) C’est l’humidité qui sort du bois lorsqu’un vaisseau est neuf, qu’il fait chaud et que tout est fermé. SUBORDINATION. Y. la Circul. du 8 août 1809 , qui prescrit des mesures pour assurer la subordination des agens inférieurs envers leurs supérieurs. SUBROGATION. Transmission des droits de l’un en faveur de l’autre. Les enchérissenrs sont successivement subrogés les uns aux autres par la renonciation du dernier à son enchère. ( Ord. de 1669,. XV, art. 26, 27 et 3 o. ) V. Enchérisseurs. SUBULÉ , subulatus. {T. debot.) Fait en alêne. SUC DES PLANTES. Les végétaux ont deux espèces de sucs très-différens : l’un, que Duhamel appelle la lymphe ou suc nourricier , et qui ne consiste quedans la partie de la sève propre à nourrir la plante, ou plutôt qui est la sève elle-même ; l’autre, qu’on appelle suc propre et qui constitue la vertu, les propriétés de la plante. La lymphe est une liqueur sans couleur, sans odeur et peu différente de l’eau , qui existe dans tous les végétaux en plus ou moins grande abondance. On peut, au printemps, retirer ce suc de plusieurs espèces d’arbres, particulièrement de l’é- rable , du bouleau, du noyer , du charme, de l’orme, du saule , etc. On l’obtient par la térébration, c’est-à-dire en perçant le tronc de l’arbre avec une tarière , quand la sève commence à monter, et en ayant soin que le trou soit fait de bas en haut. Une racine coupée par l’extrémité rend plus de suc qu’une branche , et lorsqu’on fait une incision vers le haut de la tige et une autre au bas, celle-ci donne constamment plus de sève que l’autre. Ue suc propre est uqe liqueur que l’on peut distinguer de la lymphe par sa couleur, par sa consistance et par sa saveur^ qui varient beaucoup. Ce suc est blanc dans un grand nombre de plantes, dans celles connues sous la dénomination de plantes laiteuses , vert dans beaucoup d’autres, comme dans la pervenche; jaune dans la chélidoine, rouge dans le millepertuis élégant et dans le bois decam- pèche. La couleur change ordinairement par suite de l’exposition à l’air, où elle devient souvent brune, quelquefois noire, comme dans le sumac radicant. La consistance du suc propre est mucila- gineusç ou gommeuse dans le cerisier , le prunier , l'abricotier ; gommo-résineuse dans l’euphorbe, le pavot ; résineuse dans les pins, les sapins , les genévriers. La saveur de ce suc est très-variable; elle est tantôt douce, tantôt âcre , tantôt piquante , tantôt amère. Sa vertu est purgative dans le jalap , narcotique dans le pavot, fébrifuge dans le quinquina, émétique dans l’ipécacuanha. Il y a des plantes dont les sucs sont les mêmes dans toutes les parties ; mais dans d’autres , les différentes parties offrent des sucs différens. Cette circonstance a lieu dans les feuilles, l’écorce , les fleurs, Tes baies et les graines du sureau. Les sucs propres sont quelquefois des poisons ; mais ce n’est que par l’habitude qu’on apprend à les connaître, parce qu’ils varient infiniment, que les plantes quiles fournissent appartiennent à toutes les familles, et que souvent dans la même famille, dans le même genre, il se trouve de ces plantes dont les sucs sont agréables , et d’autres qui les ont délétères ; la laitue en fournit un exemple. La circulation des sucs propres est prouvée par un grand nombre d’observations; mais cette circulation ne suit pas rigoureusement la même marche que la sève. Les canaux qui les renferment paraissent plus grands que ceux qui contiennent la lymphe; quoiqu’ils se trouvent en différens lieux, dans différentes plantes , ils sont, en général, placés dans l’écorceou l’aubier. V., à l’article Physiologie ■végétale, les mots Sève, Suc propre et Tissu vasculaire. Y. aussi l’article Résine. SUCCESSION. Quel est le mode d’évaluation des bois pour la déclaration et le paiement des droits d’enregistrement des mutations par décès? Comment doivent être considérées, pour la liquidation des droits de succession , les terres à l’usage d’une pépinière? V. Estimation. La vente faite d’une coupe de bois taillis par l’usufruitier, doit subsister nonobstant son décès, et le prix de cette vente fait partie de l’actif de la succession de cet usufruitier , quand même lors de son décès l’exploitation de la coupe n’aurait été que commencée. ( Arr■ de la C. de cass. ,du?i juillet 1818.) SUCCESSION DE CULTURE ou ASSOLEMENT. ( T. d’agric. ) Quoique l’art des •assrilerfcens appartienne plus à l’économie rurale qtflà l’écôtio- mie forestière, nous croyons devoir présenter un bref aperçu des considérations générale* qne-M. Yvart, membre de l’académie des sciences, et nqtre collègue à la société royale d'agriculture, 1 a données sur cette importante matière, dans 1 e-Nouveau cours d'agriculture. 11 nous sera facile d’en tirer des conséquences utiles à la culture des boit. a On désigne ordinairement, dit-il, sous le nom de sole chaque division annuelle et alternative' des terres, qu’on établit dans les exploitations rurales pour la commodité et le plus grand avantage de la culture. » De ce nom, qui paraît dérivé du mot latin solum , qui signifie sol, sont formés les mots assoler, dessaler , assolement. » Ainsi l’on dit qu’une exploitation est soumise à tel assolement, c’est-à-dire qu’elle est partagée en deux, trois, quatre , ou un plus grand nombre de divisions générales ou soles, selon que la culture séparée de divers genres ou de diverses espèces de plantes, y est admise chaque année. On dit qu’une terre a été dessolée lorsqu’on a changé son assolement habituel, et l’on désigne chaque sole sous le nom de la plante cultivée dans chacune des divisions, comme la sole du froment, celle du trèfle, la sole de l’avoine, celle de la luzerne , etc. De toutes les opérations agricoles, l’assolement est celle qui exige de la part du cultivateur l’attention la plus sérieuse et la plus soutenue, les calculs les mieux raisonnés, et la connaissance la plus approfondie de toutes les ressources de son art et de sa position locale. M. Yvart pose plusieurs principes sur l’art des assolemens : voici l’extrait de quelques-uns de ces principes. Premier principe. — Consulter i°. la nature du terrain; 2 0 . le climat; 3 °. la nature des végétaux qui paraissent y prospérer davantage; 4°* lus res- sources et les besoins locaux , les habitudes et les usages, la facilité ou la difficulté des débouchés , ses propres besoins; 5 °. la population et les ressources que présentent les ateliers, fabriques et manufactures; 6°. l’ordre des travaux nécessaires à chaque culture. Il donne, sur chacun de ces objets , des explications qui sont d’un grand intérêt, et qui ne peuvent être analysées. Second principe. — « Pour déterminer le retour périodique plus ou moins fréquent des mêmes végétaux sur le même champ, le cultivateur doit prendre aussi en considération la nature plus ou moins épuisante de chaque végétal, d’abord relativement à son organisation et à sa végétation particulières, et ensuite relativement au mode de culture auquel il doit être soumis. » Un très-grand nombre de faits décisifs démontrent que les végétaux ne tirent pas seulement leur nourriture de la terre dans laquelle ils sont implantés, mais aussi en très-grande partie de l’atmosphère dans laquelle ils sont plongés; que les racines ne sont pas par conséquent, comme on l’a cru long-temps, et comme un assez grand nombre de personnes le supposent encore, les seuls organes 107* suc 85a destinés à, transmettre aux -végétaux leur aliment, et qu’ils sont pourvus, sur toute leur surface, de pores inhalans ou suçoirs, destinés à soutirer de l’atmosphère, par le tronq, les rameaux et les feuilles sur-tout, qu’on doit considérercoramedes racines aériennes, aiiiai que de la terre, par les racines proprement dites, les difïérens principes alimentaires qui leur conviennent, et qui se trou veut disse minés en différentes proportions dans ces deux grands réservoirs. » L’ob servation et l’expérience démontrent également que les végétaux n’empruntent pas toute, et en tout temps, dans une proportion égale, leur nourriture de la terre et de l’atmosphère, c’est-à- dire que, relativement à leur conformation extérieure et à l’époque de leur végétation, ils absorbent plus de l’atmosphère que de la terre, et vice versa; qu’en généra] plus le tissu de leurs tiges et de leurs feuilles est lâche et poreux, plus iis sont dans l’état herbacé, moins ils empruntent de la terre; qu’au contraire plus ce tissu est lisse, serré et ligneux, plus ils approchentde l’époque de leur maturité et du perfectionnement de leurs semences, et plus le poids des semences farineuses ou huileuses est considérable, comparativement aux autres parties, plus la terre leur fournit de principes nutritifs. Il est encore bien démontré que, conformément à la loi sage et constante de la nature, qui fait servir la destruction des êtres organisés à l’entretien d’autres êtres qui leur succèdent, les débris des végétaux, lorsqu’ils sont détruits, ainsi que leur dépouille annuelle, tant qu’ils existent, réduits en terreau, rendent à la terre, sur laquelle ils se déposent naturellement en plus ou moins grande abondance , relativement à leur culture et à leur organisation particulière, une partie plus ou moins considérable des principes qu’ils en avaient empruntés, ainsique de l’atmosphère, et c’est ainsique la destruction même devient la source de la reproduction. » Enfin, l’expérience nous apprend aussi que plus les végétaux sont exposés de toutes parts aux influences atmosphériques, et plus la terre est remuée auprès de leurs racines et accumulée autour de leurs tiges, moins le sol sur lequel ils croissent s’en trouve épuisé » D’après ces vérités incontestables, il est évident que l’organisation , ainsi que le mode de végétation et de culture de chaque plante, doit avoir une très grande influence sur le plus ou le moins d’épuisement de la terre à laquelle elle est confiée. » M. Yvart range dans la classe des plantes épuisantes la plupart des graminées, et notamment le froment, te seigle, l’orge et l’avoine, parce que leurs grains absorbent beaucoup de carbone, que leurs feuilles sont rares et sèches, et que leurs racines sont traçantes; mais ces plantes deviennent améliorantes quand elles sont fauchées en vert, ou consommées sur place, parce qu’elles ont alors très- eu emprunté à la terre, et qu’elles lui laissent des ébris qui se convertissent promptement en humus. La culture au pied des plantes, en favorisant l’action de l’air , de la chaleur, de la lumière et de l’eau , produit, ainsi qu’on le voit par la culture en rayons du maïs, des.pommes dç terre, des topinambours et des haricots, les plus heureuses in- suc fluences sur la végétation : c’est pourquoi les binages sont si utiles. Les plantes les plus généralement cultivées en grand, dans la : nombreuse et utile famille des légumineuses, ont toutes les racines pivotantes, qui, en s’enfonçant dans la terre comme autant de coins, l’ouvrent, l’ameublissent, facilitent, par un effet purement mécanique , l’introduction des principaux agens delà végétation, et y déterminent une utile fermentation. Leurs tiges et leurs feuilles nombreuses présentent une grande surface à l’atino- spbère; leur tissu, toujours tendre et très-flexible, est lâche et spongieux; elles se conservent longtemps dans l’état herbacé et profitent des influences bienfaisantes de l’atmosphère. L'n grand nombre de leurs feuilles, qui se détachent très-aisément, et une portion assez considérable de leurs tiges, restent ordinairement sur le sol lors du fanage, et se trouvent promptement converties en terre végétale : aussi observe-t-on que ces plantes épuisent peu le sol, même lorsqu’on les laisse parvenir à maturité, et qu’elles l’améliorent ordinairement lorsqu’oi les récolte à l’époque de la floraison. Les fèves, munies de feuilles larges, très-poreuses et herbacées et de fortes racines pivotantes, possèdent au plus haut degré cette faculté améliorante lorsqu’elles sont convenablement cultivées sur les sols tenaces et humides, et sur-tout lorsqu’après avoir été houées, elles sont fauchées de bonne heure et non arrachées. Les ves- ces d’automne et de printemps, et les gesses, fauchées de bonne heure, ameublissent la terre et la préparent très-bien pour les récoltes subséquentes. Enfin les lupins, les trèfles, les rainfoins et les luzernes possèdent éminemment la propriété d’améliorer le sol, par les débris annuels de leurs feuilles, de leurs tiges et de leurs racines. Parmi les plantes crucifères, celles qui. sont le plus communément cultivées pour leurs usages économiques , étant pourvues de feuilles très-larges et et succulentes, telles que les choux, les raves, les navets, la moutarde, le colza, la cameline, etc., épuisent aussi très-peu la terre, lorsqu’on n’exige que le tribut de leurs feuilles et de leurs racines ; mais lorsqu’on les laisse mûrir pour en obtenir les semences huileuses, elles deviennent épuisantes, parce que les plantes oléifères empruntent beaucoup de la terre à l’époque de la maturité de leurs graines. La culture du chanvre, du lin, du pavot, du pastel et du tabac, sert ordinairement avec succès de culture préparatoire à celle des graminées annuelles; mais ce résultat avantageux doit être attribué à l’abondance des engrais et aux sarclages qu’ils exigent. Enfin le sarrasin est encore une plante améliorante par le grand nombre de ses feuilles, qui ombragent la terre, étouffent les plantes nuisibles et restent sur le sol après s’être conservées très-longtemps vertes; et aussi parce qu’elle parcourt en très-peu de temps, environ trois mois , le cercle de sa végétation, et que, toutes choses égales d’ailleurs, plus la végétation des plantes est courte et accélérée, moin elles épuisent la terre. Troisième principe. — a Lorsqu’on çreât devoir admettre dans un assolement des cultures cfui, suc d’une part, exigent des engrais abondans, et de- l’autre fournissent des produits qui ne sont pas restitués en grande partie au sol sous une nouvelle forme d’engrais, il est prudent de né'pas rendre' leur retour fréquent, et de les intercaler avec d’àu- tres cultures tout à-la-fois moins exigeantes et plus restituantes. Quatrième principe .— « Après avoir employé tons les moyens que l’art fournit 1 pouV mettre la terre dans un état convenable de netteté, d’ameublissement et de fertilisation, tels que les labours, les hersages, les roulages , les sàrclagels , les houages, les binages et battages, lés faüfchageb en vert, la consommation sur place, les àmendemens et les engrais, il faut s’attacher constamment à la maintenir rigoureusement daris cet état prospère, et à l’améliorer, s’il est possible, par le choix des cultures intercalaires, de manière que chaque récolte prépare le succès des récoltes futures, et que ce succès soit toujours assuré, sauf les intempéries des saisons. » L’auteur observe, en conséquence de ce principe, que les cultures ordinaires et successives des fromens, seigles, avoines et orges, épuisant considérablement le sol, on est obligé de leur faire succéder une année de jachère; mais que ce moyen qui ne répare point tout le mal, et qui diminue la somme des produits de la terre, doit être remplacé par des cultures intercalaires améliorantes, ou moins épuisantes, telles que celles i°. du trèfle, du sainfoin et de la luzerne; 2°. des plantes légumineuses, comme les fèves, les vesces, les gesses et pois; 3°. des racines, comme les raves, navets, betteraves, pommes de terre, topinambours, .carottes, panais, etc. ; 4°. de toutes les plantes destinées à être fauchées en vert, ou consommées en cet état sur place , ou enfouies à l’époque de la floraison ; 5°. enfin des plantes cultivées en rayons. Il appuie ces préceptes de nombreux exemples choisis dans les cantons de la France les mieux cultivés. Il en cite aussi qui sont particuliers à la Belgique. Il parle des sables arides de la Campine, que des soins industrieux et un bon système d’assolement sont parvenus à fertiliser. Parmi les moyens qu’on a employés pour y détruire la bruyère, on remarque les cultures suivantes : i°. pommes de terre; 2°. avoine et trèfle; 3°. trèfle; 4°- seigle, puis spergule la même année ; 5°. navets ou sarrasin; 6°. seigle, dont le grain est ordinairement converti en eau-de-vie, et auquel succède quelquefois un bois taillis. a Assez souvent, après plusieurs années de travaux préparatoires employées à la destruction de la bruyère, le cultivateur convertit ces déserts en d’utiles forêts de pins sauvages (pinus sylvestris ), qu’il éclaircit en jardinant au bout de îo à iï ans. Pendant la durée de leur productive végétation, la terre se couvre d’une couche de terre végétale plus ou moins épaisse, résultant des nombreux débris annuels des fenilles , des tiges et des cAnes qtii y pourrissent, et lorsque cette couche parait suffisante au cultivateur, il remplace ces arbres par les pommes de terre, qui servent toujours d’rritrodurtîbn aux excellens cours que nous avorts fslt'totfùttître.n Cet extrait de l’article de M. Yvart noùs paraît SUC 855 d’une grande "importanée pour les cùlturës'fêres- (ières. Il indique les moyens d’amèfiér petil â'petit les sables les pliis arides' à l’état' d’une^üttiire productive; il débèle eh'ritërrtë tenqfs'lé/\ïle'des cultures qui se font dans les fôfêtS sùrlfes terrains qu’on destine à être remis en bois. La plupart des soumissions portent que le cohééssionnaire'cultivera Le terrain en telle espèce de grains qu’il lui plaira, et presqàe toujours il cultive, pendant toute la durée de S!i jouissance, des blés, des seigles, des avoines, c’est-à-dire les plantes les plus épuisantes. Aussi très-rarement le sol, fatigué par ces cultures, produit-il de beau bois. Il y a cependant des arrqn- dissemens forestiers, tels que Celui de Strasbourg.et quelques autres, où l’on oblige le concessionnaire à alterner ses cultures, en commençant par celle de la pomme de terre, et les heureux résultats de cette attention se manifestent lors des repeupleinens en bois. Il vaudrait mieux accorder quelques années de jouissance de plus , en obligeant le concessionnaire à suivre l’ordre de cultures dé la Campine, que de lui permettre de cultiver constamment des céréales pendant un moindre nombre d’annees. On pourrait régler ainsi l’ordre et la succession de ses cultures : i°. pommes de terre; 2°. froment, sejgle, avoine ou orge; 3°. navets ou sarrasin; 4°- seigle; 5°. fèves, vesces ou gesses; 6°. pommes de terre, navets ou autres racines, en ayant toujours soin que la dernière culture, c’est-à-dire celle qui précède la plantation ou le semis en bois, soit en plantes améliorantes, et sur-tout en pommes de terre. Cinquième principe .— «Il est généralement avantageux de reculer le plus possible le retour des mêmes végétaux sur le même champ, ainsi que celui des espèces du même genre , et des individus des mêmes familles naturelles. » Ce retour doit être d’autant plus différé pour chaque végétal, que son analogue aura occupé originairement le sol plus long-temps , et l’aura plus épuisé et souillé. » Ce principe s’applique à l’économie forestière comme à l’économie rurale. M. Yvart ne se dissimule pas les nombreuses objections que l’on peut faire contre ce principe, il les rappelle au contraire; mais il les combat victorieusement. Il convient qu’on ne peutadmettre poyr chaque plante une nourriture particulière, puisqu’il faudrait supposer unè multitude infinie de molécules alimentaires dans la même terre où l’on voit croître ensemble une foule de végétaux très- différens ; il convient que l’analyse des terres n’y démontre réellement l’existence que d’un très-petit nombre de principes élémentaires, et qu’un champ épuisé par une production est rarement en état de fournir , sans une réparation préalable , à la végétation vigoureuse d’une autre espèce déplanté. Il reconnaît que l’aliment des végétaux est généralement très-simple; qu’on pourrait peut-être le réduire au carbone, à l’eau et à une bien faible portion de terre proprement dite; et que chaque végétal jouit de la faculté d’absorber cet aliment et de se l’assimiler en lfe décomposant, le digérant pour, ainsi dire, et le combinant avec des modifijeatipns particulières , chacun retenant de la sêvé et des gaz qu’il 854 SUC aspire la portion qui lui convient, et rejetant par ses excrétions ce qui lui est ou nuisible pu inutile. 11 sait que la différence de saveur, d’odeur et des autres qualités distinctives et très-nuancées de chaque végétal croissant sur le même terrain, comme la ciguë végétant à côté de la laitue , doit être bien plus attribuée à leur mode particulier de végétation, à leur disposition organique, et sur-tout à la nature de leur germe , principal élément de ces différentes qualités , qu’à une prétendue nourriture exclusive pour chacun d’eux, comme le démontrent d’ailleurs les plantes parasites, qui ne participent en rien des propriétés de celles sur lesquelles elles implantent leurs racines ; enfin il 11 e peut nier qu’un très-grand nombre d’exemples attestent que , dans certaines circonstances, la succession prolongée, pendant une longue série d’années, des mêmes plantes sur le même champ s’est faite avec avantage : toutes ces observations et ces faits, qui paraîtraient détruire la solidité du principe qu’il a établi, ne lui paraissent pourtant l’atténuer en aucune manière, et les résultats avantageux obtenus dans la culture de la même plante, pendant une longue suite d’années, ne sont dus qu’aux engrais multipliés et aux nombreuses façons données au terrain. M. Yvart observe d’ailleurs que ce qui se passe tous les jours sous nos yeux prouve que, bien que chaque plante puisse se nourrir d’alimens communs à toutes, chacune d’elles a cependant un mode particulier de prendre et de retenir ses alimens dans des proportions très-variées, et sur-tout à des hauteurs, à des distances et des profondeurs très-différentes, et de rendre ensuite à la terre, par ses dépouilles annuelles, plus ou moins des principes qu’elle en a tirés. A cette considération il eu ajoute de nouvelles, puisées dans les observations sui vantes : Humboldt rapporte , dans ses Aphorismes , que Brugmans, dans une dissertation sur l’ivraie vivace, lolium perenne (Lin.), a prouvé que « les plantes se débarrassent des sucs impurs par déjection , comme les animaux : Plantas , animalium more , cacare , primas exploravitindefessus Brugmans ,• et il ajoute que ce physicien , ayant mis cette ivraie dans un vase transparent plein d’eau, il trouvait chaque jour, à l’extrémité des racines, un amas de matière visqueuse qui s’était formé pendant la nuit, et qui, en étant détaché, se renouvelait le lendemain. M. Yvart rapporte aussi que plusieurs cultivateurs de mûriers ont remarqué que cet arbre ne peut subsister dès qu’il rencontre les racines mortes de son prédécesseur ; qu’on ne doit pas planter un mûrier à la place d’un autre, sans avoir préalablement enlevé toutes les vieilles racines, parce qu’il n’y réussirait pas; que même si un mûrier périt de maladie, les arbres voisins meurent en peu de temps. MM. Tessier et Thouin citent des faits analogues qui s’appliquent à d’autres végétaux. Le premier dit que si on remplace des ormes abattus par d’autres ormes, Us 11 e réussiront pas, et il ajoute que toutes les fois qu’il a fait remplacer un poirier par un autre poirier, il est mal venu. M. Thouin atteste, d’après sa longue et si utile expérience, que les racines cpij pourrissent dans la terre communiquent à SUC celles qui appartiennent à la même espèce de plantes un principe de mort, tandis qu’elles fournissent un engrais aux autres. Déjà Duhamel avait observé ( Traité des semis et plantations , p. 201 ) que les remplacemens des arbres morts sur dqs avenues par des arbres de même espèce, étaient très-difficiles,' et qu’il est arrivé que deux ou trois fois de suite les mêmes arbres sont morts successivement dans la même place, mais qu’on s’est bien trouvé de les remplacer par des arbres d’une autre espèce. « Nous avons, dit-il, planté avec tout le soin possible de heaux et jeunes ormes dans des avenues d’anciens arbres de même espèce : ils y ont péri, ou ils y sont venus très-lentement. » ~ M. Tessier nous dit encore qu’en général plus les espèces, sur-tout parmi les graminées, se rapprochent par les caractères botaniques et par les organes de la fructification, plus il est désavantageux de les semer immédiatement les unes après les autres, et vice versa , et il cite plusieurs exemples à l’appui de cette assertion. 11 pense aussi que ce qu’il a remarqué à l’égard des plantes céréales peut se remarquer à l’égard des arbres. « Le pommier, quoiqu’il s’éloigne peu du poirier par ses caractères botaniques, réussit mieux, s’il lui succède, qu’un autre poirier, et l’on doit encore attendre plus de succès des arbres dont les fruits sont à noyaux, lorsqu’on les met à la place des arbres dont les fruits sont à pépins. » A l’appui de ces observations, M. Yvart rapporte, dans l’intéressant article que nous analysons, plusieurs faits qui prouvent incontestablement que les plantes de même espèce qui sesuccèdentsur lemèrae champ, viennent généralement moins bien que celles d’espèce différente qu’on leur fait succéder. a Pourquoi donc, ajoute-t-il, l’homme n’imiterait-il pas, par la variété de ses cultures, l’exemple si déterminant que la nature elle-même lui présente chaque année sur cet important objet ? Epions-la avec les Barthès et les Bosc dans nos prairies et dans nos forêts, où elle règne encore en souveraine; nopsy verrons, avec le premier, « certaines plantes de nos prairies y abonder pendant une année, et d’autres entremêlées y souffrir, tandis que celles-ci y sont adoptées, à leur tour, en une autre année, et que les autres y souffrent. » Le second nous conduira dans les antiques forêts de P Amérique , qu’il a visitées d’une manière si utile pour l’instruction de ses concitoyens. Il nous y fera remarquer que ce lorsqu’on les abat pour la première fois , elles repoussent toujours en nature de bois totalement différente, c’est-à-dire que là où il y avait des pins , il v croit des chênes, et que là où il y avait des érables, il y croit des noyers, elc. 11 nous dira que cette transmutation est si marquée, qu’elle est généralement connue par les habitans, et même les autorise à croire que chaque espèce d’arbre se change en une autre par l’effet de la coupe. 11 en est de même en France, quoique d’une manière moins sensible, parce que les plus vieilles forêts sontjeunes en comparaison de celles d’Amérique ; mais le même observateur y a vu cependant une futaie séculaire de hêtre remplacée par un taillis de chênes et de charmes, et nous ajouterons qu’un autre observateur suc suc 855 non moins attentif, le célèbre botaniste Villars, nous a rendus témoins d’un fait analogue sur les montagnes du département de l’Isère , où une antique forêt de pins avait aussi fait place à une végétation spontanée de charmes et de chênés. » Ces observations sur les forêts sont de la plus exacte vérité, et on pourrait citer une foule d’exemples qui les confirmeraient. Mais il suffit de faire remarquer que beaucoup de localités qui portent encore aujourd’hui des noms tirés des espèces d’arbres qui y croissaient, en sont dépourvues en tout ou en partie : ainsi il y a des forêts qu’on appelle la châtaigneraie, la chênaie, la Sapinière , où les châtaigniers , les chênes et les sapins ont presque entièrement disparu. Il est d’ailleurs d’observation constante que lorsqu’on abat une futaie de chênes ou de hêtres, le sol se recouvre presque entièrement de bois blancs, tels que tremble, bouleau et marceau, bien que ces espèces en aient été enlevées plus de 6o ans avant la coupe des bois durs. Ces derniers ne reparaissent que petit à petit, sur-tout dans notre système d’exploitation , où l’on ne réserve pas assez de porte-graines. C’est ici le cas de répondre à une objection qui a été faite contre l’exploitation des futaies par coupes périodiques que l’on pratique dans les forêts de l’Allemagne , et qui consiste à perpétuer les essences de chêne et de hêtre dans les futaies de cette nature, en faisant la guerre aux bois blancs. On a dit que c’était contrarier le vœu de la nature, qui tend, à changer ses productions et à établir elle-même une sorte de rotation. Cette objection serait fondée si véritablement on s’opposait à toute production de bois blanc après une coupe de futaie , et si on ne conservait sur le sol que des chênes et des hêtres. Mais il n’en est pas ainsi : les bois blancs qui se montrenten quantité sont conservés jusqu’à l’époque de la première éclaircie, qui ne se fait qu’à 20, 25 ou 3 o ans; encore n’enlève-t-on pas tout le bois blanc dans cette première éclaircie, on en réserve par-tout où cela est nécessaire, pour tenir la forêt dans un état serré. La seconde ne se fait qu’à 5 o, 60 ou 70 ans, suivant les localités. On ne peut donc pas dire que ce système d’exploitation tend à conserver constamment sur le même terrain les mêmes espèces d’arbres; il tend seulement à procurer, à 100 ou 120 ans, de belles futaies pures d’arbres sains, vigoureux et bien filés, et à opérer un ensemencement naturel de ces mêmes essences. Au surplus, les bois étant au nombre des plantes améliorantes , on ne peut rigoureusement leur appliquer le principe des plantes céréales. Quoi qu’il en soit, quand il s’agit de faire un repeuplement dans un bois dont les souches sont usées et où l’on voit une tendance à changer de production, il sera avantageux de ne pas y remettre les mêmes espèces d’arbres, ou du moins de les mélanger dans une certaine proportion avec d’autres espèces. M. Yvart pose pour septième principe qu’il est avantageux d’intercaler la culture des végétaux à racines profondes , pivotantes et tuberculeuses avec celle dont les racines sont superficielles, traçantes, fibreuses. Si on voulait appliquer ce principe aux cultures forestières, il faudrait, dans les repeuplemens, s’at- tafcher à mettre des arbres à racines profondes, comme le chêne, dans l’endroit où il y avait des arbres à racines traçantes , comme le hêtre, l’orme, les peupliers. Mais outre que la profondeur du terrain ne permettrait pas toujours de placer des chênes là où il y avait des bois à racines traçantes, cette attention serait assez inutile, attendu que très-rarement un bois , sur-tout un bois d’arbres à feuilles, est composé d’une seule essence. Ce qui est très- important dans une plantation, c’est de mêler ensemble des espèces dont les unes soient traçantes et les autres pivotantes. Ainsi le mélange du chêne, du hêtre, du charme, du bouleau pour les taillis, formera un bois de longue durée, et le mélange du chêne avec le hêtre formera, dans des terrains convenables, des futaies qui prospéreront. Le neuvième principe , qui complète le système d’assolement proposé par le savant agronome que nous consultons, consiste à s’attacher, dans le choix des assolemens, à rendre le moins possible nécessaire l’emploi des engrais et des labours. Le premier moyen qu’il indique est praticable dans les terrains dont la couche supérieure ou la couche inférieure peu profonde retient aisément à la surface les eaux pluviales ou celles des déborde- mens, et il consiste à alterner les cultures avec des étangs artificiels et temporaires, comme cela se pratique dans la Bresse, la Brenne, la Sologne, le rorez, etc. (V. Assec. ) Le second est l’alternat des bois avec les cultures en céréales, comme cela se pratique dans la Campine, où, après avoir fait des cultures ordinaires, on plante des bois, qu’on défriche après un certain laps de temps, pour y faire de nouveau des cultures en grains. II cite aussi les es- sarts qui se pratiquent dans les Ardennes, et dont la description est rapportée par M. Tessier, dans l’ Encyclopédie méthodique , d’après M. Bourgeois, cultivateur instruit. J’ai parlé, au mot Sartage , de cette opération, qui m’est parfaitement connue, autant parce que je ne suis point étranger au pays où elle se pratique, que parce que j’ai eu à m’occuper des discussions administratives qu’elle a fait naître. Voici, au surplus, la description que donne M. Bourgeois de cette opération. a. Aux environs des villes de Mézières, Rocroi, Marienbourg et Givet, il y a plus de quarante paroisses, toutes assez considérables, qui n’ont point ou qui n’ont que très-peu de terres labourables. » Les villages du duché de Luxembourg et de la principauté de Liège, qui sont situés à la rive droite de la Meuse , depuis Charleville jusqu’à Givet, ne sont pas plus favorisés de la nature. y> Pour subvenir au défaut de terres labourables et se procurer leur subsistance, les habitans cultivent le sol des forêts, qui leur donne une récolte très-abondante en seigle; ce genre de culture se nomme dans le pays essarter, ou faire des sarts. » On exploite le bois à l’àge de 18 à 20 ans, et on ne laisse pas de baliveaux. » Pendant l’hiver , on coupe les bois blancs et on les réduit en bois de chauffage et de charbon. Le chêne reste sur pied, et on attend que la chaleur «g, . . Wft du printemps ait fait monter la sève pour en arra chèriW^bÆfe'YTjtiî r eît ¥tnp lovée' nivlèl 1 ralAérles,, li’èfféVèèi AWc’KW; le elièïë 1 ^ ûf’LÀ 1 lè rê- dtiit'-alflil? erf'&oîi àV cfete mtee W dè tiiâTËdViV '■a De^B^fcSïdfei^dëï ér^è'sicît^éV le’MtetM* 1 ob : " b,! ' & prtMriêtafre thé l'adjudicataire de la coupé la tait! dbvWéf’èti portions d’un arpent chaque ôü^-p^U- prèts',' ,! ei“'t>ènd par adjudication, au jilus offrant, la superficie. de chaque portion avec les branches pis^PAVs de ongne Içfe^ 'en appro-i y la. si tua ^ SUCCION DES RAClNfeS: ,J £è5raai 1 ^'^nt.; pompent et attirent les sju^s preql^qq déj ly {ÙTK, qt même ceux qui sont a des djsjtanpes jé.tojgnqps,. | jirm nn^à mncura mm loc cnortirc A/rîera*if ni aÀ'ÀtU l'enjaUt est. su- portanfê opération. C?es t. ceprincipe dont les abeilles.., -. recueillépt la^pa^tie, surabondante qui est connue, sous lierlippi dê.mjei. , . . . . Pj:e6quq.j(jût^lès plantes,, dans certainespir- constanccj^j;r^nssuder de,leurs feuilhe^ pp,.. de leur ecorcê Vine matière sucrée, connut) la prej-, 6 •. r, suivi mière, sous le nom dé Miiiat (Y. ce mot), la seconde «crus 'celui de manne ^ ce qui donne la certitude que le sucré est toujours pairie constituante de la sève,' quoiatle'ce ne soit quq de certaines espèces, comme la câline, l’érable, le boulbau, etc., qu'il soit possible de le retirer. » Nous bornons à ce peu de mots ce que sous avions à dire du sucre, en tant qu’il réside dans Içs plantes. Nous avons indiqué, à l’article Erable, les procédés employés en Amérique pour l’extraction de celle substance de l’érable à sucre. (V. ce mot.) Nous ajouterons que les tentatives faites en Europe pour obtenir du sucre de la sève des érables et des bouleaux n’ont pas eu un succès avantageux. Des ex- f iériencefc ont été faites en grand dans la Hongrie et a Moravie, où il existe des forêts d’érables, et l’on saitqn’on n’eu a pas obtenu les résultats qu’on s’en était promis. SUD (EXPOSITION AU). V. Climat, Exposition, Midi, Terre. 8UIFFE. C’est le pin suffis de Briançon. (Y. Pin.) Cette espèce de pin est abondante dans la forêt de la Grande-Chartreuse , département de l’Isère. SUISSES. Peuples qui habitent la Suisse. Un trfcité du âp septembre i 8 o 3 (4 vendémiaire an 12), rapporté dans lé Répertoire de jurisprudence , au mot Suisses , et qui règle les rapports de la Suisse avéé la France, porte, art. 19: « Pour prévenir les délits de contrebande et la dégradation des forêts voisines des frontières, les administrations des douanes et les agences forestières qui seront organisées dans les cantons suisses limitrophes, se concerteront avec ce!les de France et conviendront, sous l’autorisation de leurs gouvernemens respectifs, des mesures à prendre pour unir leurs moyens de surveillance, et pour se soutenir réciproquement. » V., quant aux actions et poursuites, le texte de ce traité dans le Répertoire , et l’article Etrangers de notre Dictionnaire. SUJET. En agriculture, on appelle sujet l’arbre qui doit recevoir la greffe. Tel est le sauvageon, sur lequel on greffe une espèce jardinière. SUMAC, rhus. Genre de plantes de la pentan- drie digynie et de la famille des térébinthacées, qui renferme plus de quarante espèces, toutes arborescentes , dont plusieurs sont employées dans les arts, et quelques-unes cultivées pour l’ornement des jardins. Parmi ces espèces , deux croissent naturellement en France, le sumac-fustet, rhus cotinus , L., et le sumac des corroyeurs , rhus coriaria. Le snmac-fustet est un arbrisseau d’environ 2 mètres , qui a l’écorce lisse ; le bois jaunâtre ; les rameaux grêles et tortueux; les feuilles pétiolées, ovales, lisses, nerveuses; et les fleurs jaunâtres et disposées en panicule au sommet des rameaux. Cet arbrisseau, qui se trouve dans les montagnes des dé- partemens méridionaux, est odorant ■ son bois, garni de l’écorce , sert à teindre en jaune, et ses Feuilles, qui sont regardées comme un poison pour les hommes et les animaux, sont employées à tanner les coirs. Quand le bois du fustet est agréablement veiné, les ébénistes et les luthiers l’emploient à divers ouvrages. Tome II. SUR 8'5 V 7 1 Cet arbrisseau fleurit dans le commencement,'de l’éte; il est employé pour l’ornement,pies jardins, à cause ^Cila. beauté de ses feuilles et de l’effet singulier que font ses panicules après la flomson. Il est sensible aux fortes gelées du climat de Paris; mais il repousse très-vite après avoir été recépé. On le multiplie de graines et de marcottes. Une terre sèche et légère et une exposition chaude lui sont favorables. Le sumac des corroyeurs, moins haut d’un tiers que l’autre espèce , a les rameaux écartés; l’écorce brune, velue; les feuilles composées de sept à huit paires de folioles ovales - oblongues , velues en dessous, dentées; les fleurs verdâtres, très-petites, ramassées au sommet des branches en épis (rès-denses et serrées. Il est originaire des parties méridionales de l’Europe : on le cultive dans les jardins des environs de Paris ; les gelées en font périr les tiges assez fréquemment, mais il repousse abondamment de ses souches. En Espagne et en Italie, cet arbrisseau est l’objet d’une culture assez étendue; on en coupe les jeunes rameaux à la fin de l’été ; on les fait sécher et réduire en poudre, pour les employer dans cet état au tannage des cuirs, et sur-tout à la préparation des peaux de chèvres. Les autres espèces de sumac que l’on cultive dans les jardins sont : le sumac de Virginie, rhus typhi- num ; le sumac élégant, le sumac glabre, le sumac- vernis, le sumac copalin , le sumac radicant et sa variété, le rhus toxicodendron , qui est un poison , ainsi que l’indique sa dénomination grecque. SUMPTUM. Ce mot est quelquefois employé pour Cahier des charges. SUPÈRE. V. Anthère, Calice , Corolle- SUPPLÉANT DE JUGE DE PAIX. V. Affirmation e t Juge de paix. SUPPORT. ( T. de bot. ) Partie d’une plante qui sert à en soutenir une autre. Le pétiole est le support de la feuille, le pédoncule celui de la fleur. SUPPRESSION DE PROCÈS-VERBAUX. V. Gardes, Procès-Verbaux. SURANNATION, suranné, du latin super , au-dessus, au-delà, et à 1 an nus , année : qui a plus d’un an de date. Ce mot se dit de tout acte public, lorsque l’année au - delà de laquelle il ne peut plus avoir d’effet est expirée. SURARB 1 TRE. Tierce personne dont on convient pour départager les deux arbitres nommés. SURCOMPOSE. Qui est composé ou divisé plus de deux fois. V. Feuille. SURCULEUX ( T. de bot. ) , du latin surculus , branche. 11 se dit de ce qui est garni de nouvelles branches. SUREAU, sambucus. Genre de plantes de la pen- tandrie trigynie et de la famille des chèvres-feuilles. Dénomination. —Il se nomme, en ancien français , seur, suseau, ou sus ; en grec, acté; en italien, sambuco ; en espagnol , sanco , sabuco ; en allemand, hollunder; en anglais, eldertree; en flamand, v lier-boom ; en slavon, bez } en suédois, fiaeder; en danois, hylde. Le nom générique latin de sambucus vient, suivant quelques auteurs, d’un 108 858 S ü R i.jcIb: >,»n . , .. . .1 , j»oï, arabe hui <Àgpi&t' purger, Rjaçinolaiis pause quîll; téçetirtie samkueu , : »ojn d’,ua instrument bp°Si?p s !« te rffli?\fe>S:pafi unç foliole.impaire , ordi- .njüïSinentj pfeift, grapiW^Us fçUalçîi;4«unp»pW rymhifei;raçs^ terminales; les pédoncules longs et cylindriques. Les fleurs parassent dfU«i pi pif,de juin. Les fruits ou baies qui. leur ^pccèqent sont d’abord verte», puis rougeâtres avapt la, ipa^ip-fte, . violettes ou noires dans le moi} de aepjjçfqjirfi^çpqqpejoii eüesîmûris- sent, de lagro^gpr d’p'l po^gqt contiennent trois semences. Eljes )l sçmt /très^recherebées par les oiseaux , qui les .eftiporteot et çx fonf’des serais naturels. C’est,ains^q^el^s .fiqnrient; naissance aux plants que Èog cençpptpe s^ÿ.lçs. vieux murs,çt dans les décombres |dçs,m^pnS;q , ,, ' Dans les jeunçs pppsses , Iç.çanal médullaire est très-large; il se rétrécit dans les vieilles tiges, et finit par disparaître presque entièrement., . Les variétés du sureau cqiqraun sont; 1 *, Jç sureau à fruits noirsf 3°. le sureau à fruits verts ; S 4 , le sureau à fruits blancs ,• 4°- le sureau à feuilles laciniées ; 5°. le sureau à feuilles panachées ,de blanc j 6°. le sureaù d feuilles panachées de jaune. Culture. — Il y a peu dlarbres » dft,L[jibainel ; Ç]uî soient moins délicats sur la nature -dq^çrrAin^.et qùi soient plus faciles à multiplier qqefe siiy^a,u : il reprend très-aisément par inarcotteye^m.çni^ par boutures; c’est ce qui fait qu’on ne p’^pae’gitere de l’élever de semence. On trouve rajremppT(le grospieds de sureau, si ce n’est derrière Iè^.'nj^isoris, près des étables, ou dans de vieilles masures. Le.^urçau 11 e craint point le froid, et pif le, trouve, ç^ans les climats du nord. On ne le cultive no^nt danses forêts; mais il est utilement plâcç d»n» les remisé? 5 parce qu’il attire les oiseaux par ses^amps^Qu- liamel conseille de le planter dans des, endroits dont on ne voudra point interdire l’usage au bétail. parce que l’odeur des feuilles de. cet‘arbre Jd préserve de la dent des animaux, et qu’eu bardaq^ces endroits avec des buissons de sureau., op les rend agréables, et qu’on en fait des retraites pour le gibier. On en fait en plusieurs epdroits , ( et nojàm- ment aux environs de Paris, des dmle^^Pur border les héritages. C’est principalement à p^t usage.qu’on doit l’employer. Les haies de sureau sont pèfi coûteuses , croissent rapidement, fie sprit attaquées que par les moutons et subsistent plus d’un sièple dans presque tous les terrains, pourvu qu’ils ne soient pas absolument arides ou marécageux. Mais elles ont besoin d’être rapprochées tous les trois ou quatre ans, parce qu’elles se dégarniraient du pied , et pour cet effet on remplace les pieds qui viennent à mourir par des plants d’une autre espèce d’arbres , tels que l’orme, l’érable champêtre, le sycomore, attendu, dit M. Bose, que si on employait du, plant de sureau, les pieds voisins de même espèce s’emparant de tous les sucs qui pourraient le nourrir, il périrait immanquablement. O 11 pourrait aussi boucher les tipus de peu d’étendue , en pliant de droite Ut de gauche les branches voisines , et en lés fixant en terré.çpmnue pour les marcottes. ■ w Si , 9*1 goufaj^ çmpjoyer là semence pour multiplier. C^t,.ar)>jp> n. la répandrait aussitôt qué le fruit est mïlr , et on la recduvfjrait de 3‘à 4 figues dp; terre. Ellq lèverait" au printemps suivant. Les plants se mofitrërit accompagnés dé très- i>UH petites feuilles séminales, et ils sont souvent assez forts pour être mis en -pfaçé dès l’automne ; cepen dant on mfeFèrê lès bont^rès ',' qui viennent encor plis vite. ' . ; " 1 r Celles-ci jS’exéçutent en automne! On prend dès branches de l’année 5 " (tvèiT'iin talon de bois de 2 aiis., et pp l’enfonce' à Ori pied ou 2 de profondeur. Elles poussannsouVeily dès jets'de 4 à 6 pieds dôé I4 preririèrp aiyrféè'il lëriqu’elles sont plantées dans un sol léger .et frais. Néanmoins U est bon de< né pas les fixer dans fa plaèé.où ailes doivent rester, sur-tout'quand ihsPagit de former mie haie dans un terrain sée, qiarte qu’il arrive, assez fréquemment qu’elles périssent pàYisüftédés'tliateursdel’été . On multiplie aussi qftèl'quéfois le sureau par re- jetoris et par racines. Qualités et usages. —Le bois des vieux pieds de sqreàu à une bellèf couleur jaune; il est très-dur, liant, ètriceptibfe d’un assez beau poli; il sert à faire (jifférens ouvrages ; les tourneurs en font des boite? , ét Tes tabletiers dos peignes communs , pour lesquels , après le buis, c’est un de? meilleurs bois uè’on puisSe eniployer. On en fait! aOSsi des piedsj de rdutefèl qükqtité d’autrespetits ouvrages délicats ; niais cdinmeil test sujet à se déjeter, il faut le tra- va^ilet Iprs/qd’il est bien ?ec: Il pèse, par pied cube, a raison de 42 livres 3 "onoes 6 gros. Lqs jeunes poésies de sureau sont remplies d’une nioetlè abdndantte. Les enfans de la campagne en fent dps cahonnières, des sarbacanes et autres petits' dbvrages propres à les amuser. Lorsque les tiges ont. dê 2 i ,r 3 jàns, elles sont employées à faire ét des tuteurs d’une assez longue durée. Ptty r bét effet,'pn les coupe rez terre, et elles four- bissçqt un"grand nombre de rejets. On en fait aussi des pjeux , qui'Sont presque incorruptibles. 11 n’y a point d’arbre qui soit plus utile en médecine et pour une infinité d’autres usages. cc ( Les fleurs sont résolutives, anodines et émoi-, lieriteï'/employées eu boisson théiforme , elles provoquant les speprs et rétablissent la transpiration (Iàns"'certaijies fièvres , dans les courbatures et dans, Igs éngûrgeméns catarrbeux de la poitrine ; frites avèc des oeufs , quand elles sont fraîches , elles purgent assez bien, ; appliquées en fomentation sur les tir y?ipèles, elles en tempèrent la chaleur , et elles; sont ppnue4 ,en général pour les maladies ou les inflammations de la peau. Ses feuilles, mangées jeunes «eu sulade, sont aus?i légèrement purgatives; échauffées et mises sur le front et les tempes , elles chassent la migraine; on en fait un bain vaporeux polir diminuer l’enflure de? jambes, sur-tout dans î’nydrQpisie. (jVoi/v. diction, d’/iist. naturelle. ) Cfn conseille la décocdon des fleurs et.des bran-' .cbes du sureau pour déterger les ulcères , et pour faire des fomentations sur les parties affligées d’éry-i sjpèLes. Le vinaigre, aromatisé avec les fleiirs de su-, .reau,est agré^ble.pour l’usagede la table. L’écorcedfc; sureau, infusée dans le vin blanc , est purgative et puissamment diurétique; enfin on fait des gâteuxi ajveq les baies de sureau et de ht farine dé^eigte^ qui| sont très-eptimés polir arrêter' 1 les tfijrfbéés et; fes dysente^?;;^bubamel.j;, m f ? V " | 11 1res fleurs de sureau onrune ô^eUj 1 Fbrtp , aro- SUÜ S5g matique , et les feuilles une odeur nauséabonde légèrement- vinilentexLê libéra# iitddoféf et cPnne saveur Vim pfetf ‘ Aère, ainsi 1 qùeles fenil?; 1 !! purge avec plêsrie-foroè'què lestH(îéeèclesrâoiiips>)Ufait évacuer par-fa même voie 1 feoaucobp de sérosité' 1 : on l’emploie arec •sfiteèa contïe l’hydropiribsim-ple et l’enflure 1 œdémateuse des jambes ; on fa'donne depuis demi-onfcè jusqu’à cinq onces j- en macération au bainimarie^ dans cinq onces d'eau ou «cié A/in,- Les fleurs, infusées dans du petit-lrit, sont efficaces tjon- tre les maladies de la peau. Avec les baies on fait un rob', un extrait diurétique et sudorifique pour les hommes. Les grains de la baie , macérés dans l'osai chaude et exprimés , donnent une huilé qui est, extérieurement, très-résolutrve ; ces grains sont purgatifs. Dans le nord, on fait préparer une espèce de vin assez agréable avec le suc de ses fruits, édulcoré par le sucre ou le miel. ( A Touv. éditi déDub- ) » Les feuilles , appliquées sur les douleurs de goutte et de rhumatisme, les font souvent disparaître. Leur décoction est un des meilleurs moyens qu’on puisse employer pour chasser les pueerëès , 'les cochenilles, les pilnalseS, les fourmis-, lès'éhfe- nilles , les galeruques , et-en«générât tous les inèeetes qui s’attachent en grand nombre 1 aux feuiÜéâ’des arbres. On prétend même que leur seule odeur-fait périr les punaises , les teignes , etc., qui infectent les appartemens. ’ » Les fleurs, infusées dans le-vinaigre,-lui communiquent leur odeur. C’est le vinaigre surat , si estimé dans certains cantons. Si on les met dans du moût de raisin, elles donnent au vin une saveur de muscat. On commence à en faire une grande consommation pour cet objet dans quelques endroits , et on ne peut que désirer qu’elle s’étende encore , puisqu’on augmente par là la bonté du vin sans inconvénient pour la santé et pour la bourse. Renfermées dans des boites avec des pommes , elles donnent le même goût à ces dernières. ( Nouv. cours d’agr. ) » Ses baies teignent les étoffes en brun Verdâtre , donnent, par la fermentation , un vin dont on retire une eau-de-vie susceptible d’être employée à beaucoup d’usages économiques , et même d’être bue lorsqu’elle a été fabriquée avec .les précautions convenables. » ( Ib. ) Les baies sont très-recherchées par les oiseaux , qui les emportent souvent au loin et qui les disséminent sur de vieux murs et dans des masftires , où i’on voit quelquefois des pieds de sureau qui en proviennent. : - Les sureaux produisent un bel effet dans 1 le? bosquets, à la fin du printemps, par leurs fleurs'toujours nombreuses; et eu automne, par la «onfeilr de leprs fruits, qui tranche avec la verdure- «des feuilles. On les fait monter pn arbre, ou--on- lfo tient pn buisson. Leur place est'au troisième rang de? massifs, contre les murs/derrière-les rochers et les fabriques. On doit les débatraâser du''bois mort et de ses jets gourmand?, qui s’élèvent souvent à 4 '» 5 on 6 pieds dans la même ânftée, avqtti-affe- ment les branches supérieures. -Parmi, le? 3 'variétés 'qye nous avons citées, on prèfère, pour la-déèorftfièh des èarcs. celles h feuille?" décomtéëi. 1 ' • teèâl}O r «-. les parcs, celles à feuilles découpéef. 1 $ 6 o SU# i. ja-JL^&aijrjtij cniisi(rtxut }tUgti, JB«t up es arifiipsuà daim deuxième; grandeur,;, cpjhiaaelélèVe. guère au-dessus de 8 à,»®i|tterelevéei en dessous p u- uhe nervure - /«rouge ÿ. Wsr ■flpui'sjen grappes y. ttombteuses, d’«n . jaune).paient »* 'baies d’uri rouge aSseBéelatantdll- /•flettrifr-dana-les-imuois dlavrll et de mai," Il habité, ttiwL. partie,de la France , les hautes montagnes de , l’Europe i, l’Allemagne, la Pologne, eto/oùioh ul&trqu.ré.dartstoutes sorte* de terrains, et aovwetit, dans les fissures des rochers.* 11 ne redoute que lés fonds .trop marécageux. On le cultive MOfnVne J.è précédent pour la décoration des jardins, où.il.pro- duit un- plùsdml.effet par ses fleurs en.grappes", ordinairement pendantes à L’eKtrémité dèsltéthbàux, et par la couleur.-éiClataAte-deeçs fruitsj qifi mûrissent dafts le tnpis fl’aoûfi On doit tirertfher k lo-faire .iuontef( 0 #i»iftikWùt,efeSsbranohfis latéfalps-et en supprimant les gourmands , et à lui former une grosse t&ti peWrnqtf’HlpfPtUûse un pffétplu* pitterelque.i M. Bosc est d’avis qu’on-emploie quelquefois la -W>iiaflôt^n»ispdtH-le nuiltipiior/ pM(trique t*i culture,,'par-.beMtu«e»ji-coiitinuéepefl«iant erre longife .•m^lfad’anBljee y-fait patdre : aux pUntes leur, -fotultjé gçmMativa, et que,,PaibriftseeWi,dont'il* s’agit;ne Brille que- par* lVln>ndance,;et le grosseur de ses {Cttitÿ, Il se reproduit, au ,reste très-bien de cette manière... .4 ,, Sçn hojf. gst.oju? dur,tjpfs-itelHiudbs aütrés-su-. .i est,également jauneetipropreà de petits, . WTOtg*» dé, toufi a3»U9-,Sui\RaH ; du Canaux ept unaibrisscau assez élevé, qui a les tiges droites, pleines, de moelle", annuelles d^ps- les jardins du nord } les feàîllcs ,^i|ées , avec, une impaire, à-sept ou neuf folioles , plus longues, plus étroites que celles du sureau . ^tynmuq K profondément, dentées j les fleurs blan- ,iy:bôs, .disposées. en .orahqlie£,,,un peu plu? larges; ,llw noise». Ilor,igin^ire ;1 de l’Amérique . ^fpteflriojtfalg, 1 Pp. ln-mi+ltiplje centime les autres , i/sÇ, i\ pousse J^eauçoiq* de rejetons de ses racines traçantes. .Ue^cgelées,-l’attaquent quelquefois , à çajuse de sa- nature .pep ligneuse et de sa grande végétation; mais çela est sans inconvénient. Il fait un 0 tr^s-beî effet par ses flgurs , qui ont souvent un PwiV/PgP':. ^:ôo Le SuREAu-Htéai^ py T %’H$ÛBM; a les racines vi- iiWSMHtba-cée*cannelées, anguleuses, , 9 j$qpepfif$ , .fnoeUeVSfifj et baut'ea dp 3 à 4 pieds ; les .-cinq ou sept folioles ovales, n br^ s ii l®*, fl e û cs blanches, disposées en 3iq^4fe;?^'j?l?d! < !Wes de gtipulqp; jqs bpies noires. Lfle4rj|t jVgrs .1^ milieq-de l’flflé' Onle trouve en lurqpedpn^ le» lieux frai^ et gras, et sur les, bords fl^riyiièfe^.. Il indique; tQujours uq terrain foit-et .tef'Hwpoo se! Je .«tsilur.ifsiur èeb ■! • .rtifh&pp 3 è>W ï î^i «4 «sltée depqi%fett long-temps ♦af*aF»isiisut:avoir’des vertus plus puissantes cont$e\l^-T«kladle quir'le'-su- reaurCoihmufl.nLorf bwtiaufonttitoudhenripoUn à lïhièbW (®mafl«*raiarmi f lds habi- laas de cette poutréfji/û eonnnatnoo al 9 U|»io*I : L’abondaiiceiderl’hièble flahSdej teh"e 4 cûkiitrsriu- leut aux récolte»,-;«tl(il est!diffioile- depl’jçxtirper. "Les laboureurs , en divisant) ®ejrts, ( Nauvéàtf eôursiF’ajpv») 93 ,Vviv Il parait queAettfppfenin, coupéeébdScom(p«Bée, fournit un excellent;engrâasy ! Qn.ij)0arraiV «utli en tirer de la potasse, en Jaofaisant brûlér in-awt/«a floraison. , ■/ iu| »aJ. .«iliist esh ails ■ SLRKNCflBKfiS. Qn imtat-donnerlce nom âbx enchères qui sc font ; après -l’estifnmtion t SliRFELILLE. { T.- de bob jnMembiwnei qui couvre quelquefois le kiouton,:et.qasse r déehn'e'par suite de son gros-sisseuientj La aorfeurlléidoiféitre regardée comme des écailU/s Iplus mincel qoegfes autres, qui se sont soudées, par d^érabqnls.mmoo SURGEON, du fa ti n aitrcicias pfjtit i dfc ssergeH;, s’élever. C’est un rejeton qiaxort dés»aeblee«l^n arbre et qui don rte naissance à nnq aouvellctége. V. Rejeton. ,--;b eruzetr'" «J SURMESURE-' On appelle tuimresure ce' qmi, lors du réarpentage d’une vente-, se trdiwiq eoœèder la mesure portée dans l’acte tPadj ud ir, altio nb va sa q L’ordonnance de 1669, tit.-XV, art. ro-, ,défénd aux arpenteurs de -mesürer une plus grande ni une moindre quantité d’ar.pens dans chique tliage que celle qtti.leur a é 4 é-jndkiuée, snus prétexte>fle cendre U'figure de la cpupc plusxégulière ,r>ucpour quélque autre considération que ce- soRr-ap:sorte , dit'Ce->»églenibnt,, que le plu» on le moins de'me- surrine /puisse excéder un arpent snr no, b peine d’interfliction.iet d’amende arbitraire f et s’ilsitcmn- bentljtia^u’èvtrods fois dans cette erreur, 4 poined'*è- tre déclarés incapables de faire la fonction.d’arpén- teur.-roiî '-vifa ni ■ -ni ' ' '/ x ' !■' ernl»»-. loindwt *9bs»pt«mbre.»7qi ^-titrXIYq arriefi, |?prtç i q\*è .UsîfcrceurJidelmesurej, kursqü’eUea-excé- flefbnt-urc-flrpetjt.àli seront à la charge décerix qui auront fait l’arpeaiIàge.'Gette.dfeptBiridn ré>n- tfSÜ®. chérit-sn* ceRe' r dé' > l'ordonnancé', ênéé: que ift#«rVi roursd'na^upraïui^inft'Y^^^S’d'tfn 'Vifigtlèiflej,' dauiianbfceu le tMie'fitmieiéBfeqittV'el'&rptetttèeff'Vi; &/■ !Parti<}le.^»peaft3k* ) de : >qu«tKJü6îa*lq j *; sb LardéL«j penlr lademande-ed paiement n’est point iqenfetinfff 'dqBSTleetraritie'd’un anÿ'fcxé par le tîbfcfe* civil, ce (codélnevsèappliqwan't pas au* affairesi'té- giasjpMDtlbidorinpttce^é-'twq^X'< ns iiii»’jtiaipao4i«tlAle(de>boiéétdnrde la 1 compétence xdefc tcibunàtioaq' les' 'rôctafnaaa peuvent, s’ils leiju- jigai^uctrabenabfcef ytsfkire-«thtuer sur leurs prétetn- Uonsw^iLDifcœb idiUTf mars 18*0.—- Ord. du mi, ~ dttn&büdéftei&bw i&lü'ï'rendue sur une réclama- ttiph idès mexehàÀds de bois de l’arrondissement de Reims. ) V. cette ordonnance au Recueil. iü.i Loœsqlreud&ni Une instance jiour recouvrement îjdn.pcia di’unGBumi&sure ow d’antres produits fores- : iB^rtjijbitnj. âlioppolition motivée sur les actes des j- forestiers , ler'directeur des domaines doit commudir|uèr''.i , «ipiKrsitioh an'conservateur, ou à Rageai fbreàtieria^jérieur, qui est tenu de faire u£iir«''las œriftcatianis'{nécessaires, et dé fournir ses vtbserüatioos par écrit:-sf' Circul. du 8 avril 1824. ) La surmesure dans les ventes des bois des com- ntunes et.destdtablüsemens publics, se paie sur le ■ ütêtoo pie(Lqueq>ounles bois de l’état ,'ainsi que le prescrijrentr un., drr’êt dm conseil du 19 novembre Gt^èb, (rapporté üfods.le'mot Outre-passe, et le cahier :desloharges concernant les-bois de ces établissemens. eji linfiu l’ordomtanœ de >669 est-applicable aux 93>oi» : de«" particuliers , pour les cas de moins de rjuesure. ou de surradsure. np Am. de la - C. de eass. ^Sw *5j/î(V/âsr-i8a2..) i • :o: si ?Lô> conservateur doit fcnmtir ali directeur de S domaines on état] des surmesures ,) pour que'Celui-ci «*>«poursuive Le recouvrement. {Iwiidn aq septem- Ahft.aipçji , tit.i VI y ‘art. lastrP du tô mars' ntops.+'oett-faip) ■ ■■.'. ; • r .-.sloyi' ini Chaque année, il est adressé à la direction*giénë- *alasqiy ëfattdes sirrinesure»lqt ? ckfcS mkiial d%iniet-' sures, rioiifpnmt auimodélein?: u «yid é il AtlpsJ 1 Ç a^ eepiembte c <5191^ ftt{ Vf..}a^af.u-uisfnsir, ' a SÜR'VBLLLAtibiifei ta 'suLvnitt^àtw trtelàliéé' aux fbrétls stexetee strr ;les'pef8ttné8# Ot 'iür' < les' ; (lho4es. ■ Lês'persOrines'feoitlriiisêltà Ita SuWéillàrtée partîCu- liérqcde î’AdrtiinistTaiidri 1 ferestière serlt t’nb]S < Æ?étarê* i défëiMblw 3 na dégaiWâTK^ I dê*- 1 êhA réï 1 /-b , réHS i èf üfbîiébnîj’j'lé vt- % mas du bois sec avec des instrumens défendus ; les eitfèVeînenfc en défit dte b^is/de plants 1 ,'(^e fruits, dé térrws éç‘bibles , d’hérbes., détfbuilléd mortes et iü trois , ef' , 3 é toiis -p^odulfs' 1 fëreStièrs'; lesd&mtnà- ges causés aux arbrçp ; Jes incendies j la,faljrica)jï>h du tfiarbon tel des' Cendr&s ; le feu allutné danlles forêts, landes et bruyères, et à des distances prohibées ; la construction de maisons , usines et afe- 1 iiefs Aussi dans les forêts et à des distances prohibées ; le commerce de bois par des préposés forestiers et autres personnes à qui la loi le défend ; l’établissement püès des forêts d’ouvriers qui emploient le bois; enfin tous les délits qui peuvent se commettre dans les bois royaux , communaux et d’établîs- semens publics', et dans tous les bois possédés par indivis avec le gouvernement, ou dans lesquels 0 jies droits; l’exercice de la chhsse et le port d’armes dans les forêts , sans permission; la ’déferise de prendre des aires d’bileaux,,de tiref sur les cerfs et les bichès par personnes’non autorisées; l’exécution des ordres'du grand-yeneuf pour la chasse, et des lois et féglemens sur cette partie ; l’exercice de la pèche' dans teséétangs ,‘ruîSseaux et rivières qui sè trouvent danl les forêts', et sur les.rivières navigables ; l’émploi dés filets , engivis , appâts , et de tous autres moyens prohibés ; l’exercice de la pê-t che aux jours et heurès défendus ; l’inhibition de jeter des immondices dans les rivières et étangs ,'fct toutes les dispositions conservatrices de la pêche. Tels sont les objets les plus .importuns qui appartiennent à la poliçe forpstièrje et donjt la. surveillance est confiée aux agens dé l’Administration. V. Potice, Délits. ' ' SUSPENSION , du latin suspendere , pour super pendere , attacher an haut, suspendre. En administration , la susjiensüon se;dit de l’acy tion d’interdire un fonctionnaire public de ses Ponctions. V. Interdiction. Les conservateurs peuvent ,• en cas d’urgence , suspendre provisoirement de leurs fonctions les prér posés des forêts sous leurs ordres, et pourvoir à leur remplacement. Ils informent aussitôt le directeur général des motifs de cette suspension -pour qu’il soit statué définitivement. ( Ord. de 1669, fit. III , art. 6 et 7. Loi du 29 septembre 1791, tit. IIIy art. 19. -— Circul. du 13 germinal an 10. — Instr. du 28 février 1818. — Instr. du ?3 mars 1821 , art. 23 . ) Le droit de suspendre , accordé aux conservateurs, n’était relatif qu’aux simples gardes; mais l’instruction du 23 mars 1821 porte que le conservateur peut suspendre jusqu’au grade de garde général inclusivement. Le directeur général peut suspendre, en conseil d’administration , les employés à sa nomination et ceux qui sont nommés sur sa présentation ; mais à l’égard dé ces derniers , il en rend compte au minisr tre des finances , pour qu’il soit statué définitiver ment. ( Ord. du roi, du 3 o décembre 1816. ) V. l 'a/l. 197 du Code pénal , pour les peines prononcées contre un fonctioBuaire qui, ayant été suspendu, auràit continué seS.'fpjictions. ,. tt „„ , Sty’VEf'C'esf le jcbêne-li^ge (JanVie département du Yar" ■. .V i v „ -V" SYCOYiO-RL. C’est une t^pÿcgjd'érqbje.^N . Lra - ble., . ■ , -, SïLVAtïQVE, syti'atùas. \ T.'% 'bot.'f Oui éroît danslesToréu.’l^ uo !nfV,,IJ ' SYÇVESTKE, syLveslris.^ Quj vient saji^ quLtufe ; mot employé 4ur ■vtçuit jgàv 2 qppjqsitièn a quelque- plante analogue. cultivée.' 1 r ‘ .. SyNALLAC^LATlQÜE^TÎu grec sunallafema ti - kos , mot composé de . ÿiin , avec^. et àe. allato , chfnger, changer âf^c r ^^jq^t l :,quijcj(^ifqc}ie )es échanges.. . . " ' , Dans la prdtîque ? fceptol,yè dipd’un. contrat qui eputieu) des engaeemens^ réciproques eptrq ïes-^çqn- tractans, et qui par 1 jconséqueijt est obligatoire de patt et d’autre. ftl n Le contrat est ; synallagmatique oq 'bilatéral lorsque les coijtractans S’obligept réciproquement les uns envers les autres. ( Code civil , art. i)OJ.) SYNGENESIE. Terme de botanique, compost- de deux mots grecs, qui signifient ensemble et génération. La syngénésie pst la classe XIX du système sexuel de Linné; ellesrenferme les plantes qui Ipnt plusieurs étamines réunies , en foriqe de gaine |ou de cylindre, par le ms anthères , e^quej^upjjojs , mais rarement , par leurs filejs. , . ,. , . SYNONYMES, syrionyma. ( T, de bpt.f^e t.ofll généralement les noms différensj^tanj geperiqués Kjue spécifiques . v quc les places Qnfi tj.es W ces.nomp T.fle les rapprocher.,/) e U tjpetle • ils appartiennent excljüjôpmçqt, J çs( appelé synonymie. 11 11e faut pas .confoiulte.îg àisec fa nomenclature ,-.qui est'simplenjp.ptA’fl£t;tfy donnér un nom à ui>e pjpqte nou\eJle^ Wf ffe 1 ver, à l’aide d’une méthode, celui qirpfi.tju êiêfqnp#- X. Botanique, 3 e . Section. 1 SYU 1 NGA, philadelphus. . Gentpde -plaqt^S dsj, l’icosandrie mouogynie., et .dq.la |smille dèj^wyi - toïdes, qui renferme deux eapète^ ,qge l’o.n^uXü.^ dans les jardins. ... .. . Le Syrinoa ordinaire, plila^tM^us pjaffipqfiius (Lin.) , est un arbriespa«, qn’jQtt QU y prigjq^re,,de l’Italie. Il ne s’élève.qu.’à 8 qu^AU.|>^a II a les rameaux brur .5 S les feuiMes.pppcssçus ^pétjo- lées, ovales-pointues , inégalement deniéos et rudes aa toucher; les fleurs blanches, odorante»,-Cl 4 i$- posées en petit nombre sur de- courts,pédoacuW, dans iss aisselles des feuilles,à,l’extrémité-des rameaux. 11 fleurit au commencement de l’été j OU h" multiplie de marcottes, de rejetons, et par .déchirement des vieux pieds. L’odeur de ses fleurs.pirop forte.près pour le> personnes délicates,, à.qui elle cause .des maux. eau ' J .4/i-, principes et de conclusions, un enchainernent, 114 tou^ de d^ctpnej dont^tj^yites les ya^tfof li^es enrfêmbîe, et" suivenf" i ou aêpètfdçpF Ie^s ungs.^.q^ IR'R.’i'/.J/d refngpt ,pit * '‘sur cej- t Ai 86’ autres. unè tains principes divei^entpi^'^nj|^ny|,j^i*ais des- «luels %n'ne'. péùif’s’écarter.'Y., so’usTe mot Bota- niqué , l’exnbsifiôn BYSÏÈOTE R: nouveaux poids ion ciu' système séxiiel de LiqpJL .ffiT^tŸÇOfe 'C’ëst 'l’ensemble des e£ mesures^ d^dujj;^ d’unë, base 1 1 uu vçn o iiic^ui ve ^ u^u 1 « omniunè ..le* mètre. ’. fyîesuie, t. 1 l'Or,, iWUMVnilj?. L'emploi du 'hbiïveiu J s^s'têm,e c ni^|ln(jûé ti'àps^eà actés' public s es t b rd on de’pa r des" Ibis j 1 cependant un procçs-verl)al dans lequel, on aurait employé çles mesurés autres que celles qu’il détermine , ne peut être argbé'^de nullité. ,'( Arr. de la C. de cass.' du' 11 'decèmbfe'iftvzdt n ■fl. . : . vy-v A i/ T. !:> -Iflù tq ?bl :( i.ji üb jmidî 11.. ‘'t'ABAtël'ïuk Bo*ns Fonds 'dans les 1 forêts et les anciennes! places ^charbon sont particulièrement propres a la c’ul'tur^ du tabac j'et Centime' les bois sont d’ailLeurs La voraHles 1 aux' cultures clandestines dé cefté^planté^’ tés jfràudëùrs les choisissent de préférence boiir y^fàirë dfes plantations illicites. L’ad- ml’nistrâtioU des impôts indirects a plusieurs fois siénaïééêé KbiisijL l’Administration des forêts, qui, par'sbS'bWc'uTalres dèà <5 octobre 181 3 , i 3 juillet et tj'àbUj^Vèït) 1 jSjî'ïbjUÎir 1822 , a invité les agens et 'lé^gérdël 6. émpê Cnër bette Fraude par des per- qitî'JtiôhS 'éxàLtà^‘ét à faire connaître aux préposés des contributions indirectes les plantations clan- destiirës'^pi’il's' dètôlivren't dans les bois de l’état, deS , 'H6fti’rtitm'éè ,I ét: des particuliers, pour en faire opéPbc'fa destritètion. Dans ce cas, les gardes participent aux amendes et indemnités, à raison des dêéOiW'eirtèt tju’ifti'fdtit'} £e 3 |k«l«.& [ubéottcoivreOt à la" saisie des tabacs dé 1 ctmWéBànrHflsàtlt 'pareillement admis à la ré- partftibn du pîbHhit dèk amendes et confiscations; ils’sotit', sdnx‘Ce rapport, assimilés aux préposés des èontribtrtiôWL indirectes et même autorisés à verbalisée ààÜsJéseéoùrs de ces demiërs. (Dépêche du min'déifin ., trk h Sut Ise par une Citcul. del’Adm. dtih.tdjuiH iBïï.-} 1 ,v Lès particuliers dans lés bois desquels se trouvent des plantations de tabac, dans les dèpartemens où cet té culture est prohibée, doivent être Condamnés aux pëines pdrtéëSpar la loi pouriefetté contravention’,• 1 nonobstant l’allégatitrti q'ù’ils n’fefi seraient point Jet arutetrrs. '{ ytf/7V de l& C. i de cass; du 3 Ô avril tQtôly 1 ■ ' • ,!: i ! TABLE Ï>B MARBRE. H'y avdiff, tsbüsfl’àneîéii régime ,' diffère rts sièges connus-sotri le'tître ^Qtérà.1 de Tables dé-marbre. Leur dértomirrdtibb'tù'rtirfititté venait de ce qu’autrefois ces j u ri d i cti orisi ; ÿ Pàt jçk, tenaient leurs Séances‘stir ht' r FàBlé J ^Se ' ftbmM '&pk était en Iff'gTandbsalle dit PàlaiS l '^' , JuSficir’, çtWdff fut détruite lors de l’incendie gaiuitæ •'fbirtés 4 as 1 qWridiet 5 ons déé’ 9 ’àWles s ^é l W*rbt@ ! fai ren^sppfiméçapjic.'/çdU. ^e févpp;, tçtp^, ^fljfftëflHS jMçWR 1 . paf chambre sq^yçjajpe ,f «*,$!*>% ^ tQ^lftoAr *W>fr I . '! •. lî jjr t n ( 'U_j M^is ta '^'able tle marbre dé Paris, et celle de Box- ^éam^ fiirent rétablies par ^es édits de niai 2704 et j uiilef. 17'é5 • ; . Les ofiiciçrji'des, 'l'ables de marbre, connaissaient dé tpus. les.prpc.ès concernant La propriété des eau^ etiiorêt», éf deiceüx qui leur étaient envoyés par le$ gran.ds-m^pres, à la charge de l’appel aux parle- • y ’ 4 e 9 » At. XIII , art. i er .. ,eé 3 v ), 11^5^qijnâis^aient pareillement, de même que les chambres souveraines , des appellations des.aqr.- tencesf'f'eéuues par les maîtrises, (, 1 b ., art. 2.) Triais il$.pé pouvaient connaître en première instance des matières ordinaires d’eaux et forêts , pé- cbe,et chasse; ni prendre connaissance de ce qui avait été jugé par les o/ficiers ^es maîtrises en vçrtu d’ordres particuliers du consçil i( et, mandemens des grands-maîtres; ni entreprendre, Üe ïéformations, moiu? de commission du roi pu ^es grands;«îaitrçt». lls‘ne pouvaient décréter sur de simples procès- verbaux des gardes,, ni adresser leurs çpmmissions qu’aux maîtrises ou juges royaux. ( Ont. de 166y, tit. XIII, art. a. — Arr. du ÇonS. de$ 6 octobn 1684, 3 o mai 168 5 . fl 9 septembre, 1691,., — Édit de mai 1708.) Les Tables de marbre ont étp supprimées per la loi du 7 septembre <700. TAILLE DES ARBRES. .Le mpt taille viept.é4 latin talea , qui signifie btanche d’arbre coupée, et que Varron emploie pour désigner la tpllle roqme. C’est l’art de disposer et de conduire les arbres; fruitiers pour en tirer plus d’utilité et d’agrément. Il consiste dans la suppression sage et. réfléchie dq leurs rameaux superflus et le raccourcissement de ceux qui sont nécessaires. Comme cet art est étranger à l’économie forestière, nOus nous contenterons d’observer que ses principes se réduisent A ceux-éi; i°. supprimer toiit canal direct de là sève; 2°, fixer les detix mères-lirânchés principales"'^ up aàjgle qfi, 4 5 degrés , 'ét lés deux inférieures à un angle Je 65 degrés; 3 °; maintenir l’éqüiTîbrc eè là proportion des branches dans lés deux côtés bu ailes de l’arbre; 40. tailler du fort au faible, c^e'st-à-dire entre le fort et lé faible de chaque branche bu bourgepn. L’opération par laquelle on supprime des.branches aux arbres dans des Vues differentes de celles qu’on a dans la taille proprement dite, reçoit diverses dénominations selon là manière'dont elle se fait. On dit tondre des éhàrmllles , dés haies, des bois, des ifs, etc. ; couper les nouvellés poussés poqr donner aux bordurës bu aux' palissades le co.up- d’oeil d’une Surface plané, ‘Opérations cpii së font avec dés Ciseaux; ébtlihckei Un arbre, lorsqu r àyec la serpë'dn.'èoupe s'es branchés àu niveau du.jtrqntf; élaguet ’ «Juana*’ott sCbotud* A supprimer avec, lè croissant quëlqùbs brhfiches'bàsSéS , à couper lés éV- trémiléslle'è'énès qéi sbnt'séniântes. u dàJis te Jéssein. de'übiinèf'aux 'àtèjds'âéhlfês 'd’âîgnémeht'juantis eh avenue le coup-d’çeil dAbteP^Apissèrie egàUnipni 1 | h t ^Hr^eVi ?Wdu 1 a rteifl ëri tfé h d û e II , y rel 1I1 d’u’në aVcadp, I d’une voûte, etc. ; élaguer se dit aussi du retràn- 864 T AI chôment'que Tou fait avec la serpe et la serpette des brandies d'ilia arbre, soit, s’il est jéùné', pt>ur le fairè^crôîtiV*en hauteur’, soit ^ si c’est urf gtand ar- bré’j'yŸtfr’étt «TOir les émondes on four airoieuef les intttnvin\ens d’une ombre trop épaisse. Dans ce dernier casj ôn dit aussi émonder. V. Atbresplantés sur les mutes, Elagage, Pépinière, Plantation. TAILLIS. Ce mot est pris adjectivément quand il est joint arec le substantif bois. Ainsi, on appelle bois taillis un bois que l’on taille, que l’on coupe dé temps en temps. Hors de ce cas , 'il est substantif, et l’on dit ; Un taillis , Un jeune taillis , Couper un tai{li$. Définition du mot taillis. — L’étymologie de te mot paraît venir du latin talea, qui signifi#une branche d’arbre coupée. Mais les Latins n’employaient pas le mot talea pour désigner un taillis; ils se servaient des mots crédita Sylva , bois que l’on coupé, que l’on taille'souvent. On entend paV taillis les bois de la classe des ar- breÿ ion* résineux qüi se coupent à diffère ns âgés, c’est-à-dire depuis'5 à 6' aris jusqu’à 3o ans. NouS disons de’ïâ’clasSe des atbreS n(jii résineux , parce que les arbres résiheüX nè’repo'ussentpoînt, et qu’il faut qu’uhbois puisse repoussèr dé Souches et d e racines, après'avoir‘été Coiipé, pour être considéré comme taillis : Sylva crédita est qurt in hHc'kabetur, ut ccedatur ; vel q'uàt sucàiSa , rursàs ex stirpibus, aut radicibus renascitur. ( Dig. ) Nous avons déjà donné , dans l’article Aménagement , la définition du mot taillis , sous le rapport de l*économiê forestière, et nous avons renvoyé à l’article dont nous nous occupons en de moment, pour la définition de ce mot sous le rapport de la législation. Il paraît qu’on a toujours été assez généralement dans l’usage de considérer comme taillis , en ce qui concerne fa propriété, l’usufruit et les délits, tous les bois de la classe de ceux que nous avons indiqués, qui sont au-dessous de 3o ans. En effet, Chailland, dans son Dictionnaire des eaux et forêts , dit que les taillis sont des bois réglés en coupes ordinaires, de îo, i5, io ou ans, suivant les coutumes et les ordonnances. Jousse, dans son Commentaire de P ordonnance de 166g, observe que l’on peut considérer dans les bois différens âges : savoir, i°. ceux qui se coupent tous les 8 ou 10 ans, et qu’on appelle bois taillis ; a®, ceux qui sont au- dessus de cet âge jusqu’à 3o ans, et qui sont appelés haut taillis ; 3°. céux qui sont depuis 4 ° jusqu’à 6o ans, qu’on nommé haut revenu ou demi-futaie ; 4«. ceux‘qui Sont au-dessus de îoo ans , qu’on appelle haute futaie. Guyot, dans le Répertoire de jurisprudence , dit que les bois taillis sont ceux qui sont sujets aux coupes ordinaires, lesquelles se font dans les temps fixés par les 1 coutumes; savoir , dans celles-ci, après une révolution de îo ans; dans celles-là',’ de S5 en i5 ans, et dans d’autres de 20 en 20 ans. Il ajoute que les bois de futaie sont ceiix- qui bnt3cfans, et tjü’on laisse ordinairement croître jusbà’àébQu’ils viennent sur le retour, et que, dans le arbîlt ébimmin, les'bois son tyùJb ri? à 27 ans, mois qùfèri'BlWrmaitJïië tU ftë'ïe'se'nt qù’à 4^ ans.-'. On Voit qué'lestoütmnes variaient beaucoup' sur T A I l’àge auquel un |>ois devait cesser d’être considéré corçime. tçijljs, pôur passer dan? la classe des fu- taies; mais'tjuq là règle la plus générale était celle qui a été adoptée par les lois des 20 juillet 1790 et 23 ndvemb*e >798, qui ont déclaré que tous les bois au-dessôus dé ‘3o* anS,_ seraient considérés comme taillis. Ces lois n’oqt pas eu pour objet, il est vrai, lés taillis dan!: leurs rapports avec la propriété , l’usage, l’usufruit ét les délits; elles n’pnt eu en vue que de fixer une basè pour l’assiette des impositions, c’est-à-dire pqutl’évalnartion des bois. Mais la règle (jù’elltesbnt posée, peut servir de guide dans les caSpü les‘ustigrs létaux, les coutumes et le Code civil gardent‘le silenètf sur l’âge auquel un bois cesse d’être taillis. ,fr Dans le langage ordinaire, on appelle jeune taillis le bois qui se coupe à 10'ans et au-dessous; moyen taillis, ou simplement taillis , celui que l’on coupe depuis 1 o jusqu’à 25 ans ; haut taillis ; haute taille , perchis ou gau Us , Celui qui s’exploite depuis 25 jusqu’à 3o ans, et même 4° dans les pays où l’usage est dè conserver la dénomination de taillis aux bois de cet âge. Les bois'prennent ensuite la dénomination de haut revenu, oü demi-fktalé /de futaie, de haute futaie et de vieille futaiç t suivant qu’ils avancent en âge. " Ici, nous devons faire observer que l’àge d’un bois n’est pas toujours ce qu’on doit considérer pour déterminer si c’est un taillis ou une futaie'. Les bois sont diversement aménagés, et ç’est principalement l’aménagement, ou, à défaut d’aménagement, l’usage où l’on est de couper en bois à tel ou tel âge, qui détermine sa classification dans les taillis ou dans les futaies, quel qqù soit ■ l’âge actuel de te bois. Par exemple, la foret de Vîilers- Cotterets est aménagée en futaie de i5o ans; on y fait des coupes chaque année, de sorte qu’il y a des bois qui ont depuis un an jusqu’à i5o ans. On ne peut pas dire que tout canton de cette fdrét où le bois n’a pas 3o ans soit un taillis; c’eSt Un recru de futaie, une futaie par destination. IP’ed 'est de même des forêts d’arbres résineux; qdi spnt toujours considérées comme futaie, quel que voit l’âge d’une forêt ou d’une partie de forêt fie cettè espèce. Nous dirons plus, un bois nouvellement plâùté se ta, dès l’instant de sa plantation, considéré comme futaie ou comme taillis, suivant sa'destination. Si ce jeune bois fait partie d’une forêt aménagée en futaie, il sera réputé futaie, tandis que ce sera tin taillis s’il fait partie d’un bois qui se coupe avkht 3o ans , ou si, d’après l’intention du propriétaire, ce bois est destiné à former un taillis. On avait élevé la question de savoir si un délit de pâturage dans une jeune plantation d’arbres forestiers qui n’a pas encore été coupée, et qui est des- tinéèà former un bois, devait être puni de la même peine que si le bois eût été coupé 5 ou, en d*aütres termes, si une plantation pouvait être considérée comme taillis avant qu’elle ait été coupée, taillée ; et l’on 'disait, “pour soutenir la négative , qu’ttne plantation devaibàvoir été coupée au moins une fois, pour' pouvoir prehdre là dénomination de tàilBs, S iiStprt‘c’étak Ik'febupe , la taille d’nn bois , qai U; isait réputer taillis. Ce que nous venons de dire k ; VP Pé^^qp gn l’W^fl»* 4tww?ç,%ïrr " *' fëÿljfjf 1 -. xo5pC^t/ww,./i<. ...JufVSr.fléWfep^P.i* ^¥.yWt.A- > .Sp4an,tit. Il, a}fr. 14 , t, jcÿ^tjjjpg^rjotq^ç 4 PP or P'eï 4 V. ( ,Là jpfupart des coutumes, dounaiejrt. aqsp-, ■jpcpt^/qivmQ^, c,’g$i ; £jpg ençur.qui avait flioisi La jouissance-d g la terre j> en : fj$iMft>>-é 1 -B;4*9 tl Ç8BéP 0 Wit, oant l’année., pour son droit de raçbat ,,u«f pQjçtjou 'rtiiBPBÎflPBr, 4 f^ C0t ar *. dam. la-reyenu des bois taillis. V. les. Cçptumes zBjMW $>?%*?£ .tçjçpyps ^Orléans t de Sens, de friantes , de Reims .^fplur 8 ..^ . , . _ * f. rement déci^éfi'jpar un arrqt v 4‘\,^IHW r b§a3fiipütsfobi, nous re- c 9$%^?& s &'Wi;£ s fc J^jçessaire d'appliquer unç, l >e .*flfefwfjf ( ¥ilfi ^fWh.éuiintroduit&es bestiaux djpjjne^^atita.tjon ^ quoique faisant partie d îwÇ#%i$$ tæluirjuipefljpnçt; ^ Pîdufjs délit; dans ikéB*i *HPi‘fPïS 4éjàsuj}i des,«ptpes,, parce que., * bois n^qouient aucuqepent qn Jt^çÿitj j et,ljçs.peuy '‘4 < \J?SSyi$i>fi a i s .»^ dommage.est,bien plits.çpn,- .fsplqitej je successeur; du .yqs^Vdurapyi l^naqbsl.;’ . a if%lhkttSdftî t iftflion > ^eTr?.,fiai.rÇ.l’objet d , unq ( ;ét. supçqsé qu* j 1$,. Jb;«4s ( .'|gs«fi9t. mlyetf* ^ÎWtaW^HWÏfo^aft».tel se«*:4w -Çode.fgr, -' - ! - -~-— J .. finit. .pi*ù\»\\Wvr oL :•:> ' '... tes taillis dans leurs rapports avec i la propriété# que régiepaj;,un Cçde civil uni- fyfSPi' J» ( «secr-pnii; !,■. ■ . -n , tf J fftiflSBPÉ s , 4 ft.n. 0 ^ taillis étaient comptées au ''k^WftïdlS^WHj^ifPjpfqlsd ainsi elles appartenaient ^îfMtifiÿîfiSpiÆirîpfffS^iPéndant la communauté, ,paqs-être tenu à. récompense: Q/i ( i(llfi4à,fi t *dix( f, a? cœduas qu.as vocantgerminales P e / t klf t \ni9.ti c R< s y nt quœ succisœ rursùs ex stir- f wfd ékus renascuntur, eas in fructu esse c emnhmxiïr sur la Coutume, tit. Il, ar tb^\T& r fM[fi SJV U Coutume de Paris , tit. III, ar i{'t$!hml , j9P s ? c f l 'Ilfl so P Traité du droit de garde, PpB Collection , au mot Fruits. V .-uîtf s Ihfe iÇ^VHPf.deffivernqis, chap. XXIV , ar A$è if&ÿhffhuK”tWAi 3 ci i Maine , tit. XVI, a rtrMij fatttétfifr-V, 4 ; Saint-Pol, W'iftMaiGP'.èüS Meaurp, chap. XXII, art. 174; -fy*d e Mtotk:JCI, art. îid; Chaumont, tit. XIII, "^W 4 tu u n. ' . 7 4l. <: jCes ; .^es , e l Jua.des, bois taillis coupés après la m^de L’un dps jçppjqints se partageaient entre le su v j \lyfjqt et les héritiers dn défunt, par. proportion du temps que la çpinjBunaulé avait duré. \.le Brun , PP’Pfpaphfdé%Cliv* I, chap.- V, no/nhfi 14,pé®, ¥‘Çhqroudes^eix ses Réponse^i,liy. JV.y rep. 18 f et les Coutumes - de Laçn, fif^X,, art. 106} Châlons^ . tit,, XÎJf* .. . uo : -u>d et . ^ 'nip n.ôst ■Mtiiïmne l??' revenu^ des .bois,.taillis dépepdaflt < l , ’WlffiP é H c ^>-qni n’avaienté^éjen âftq.d’étr^i cqppés c l u ’ftPfjp? la mort.du titulaire dé'füiftut.è^ j,açtagés e *ÿï»#^éci^rs fit le. WWmiiiÙhfmtte dis, tPrTtüfi flJlP ,|p flprnnt' avait ioxi j* l\nr.n£^ A X r 27.._ jT '■*/■ ?non9T «uc 11 ^ ip sD .tiiliat raluqèi iimiù Tome II. r Troyet Jrfe Paris, de Romorantiu, ,de Mehlà ^de Montarm&, de Chaumont , etc. , etc. , qui sont.rap-, portées dans le Factionnaire des.forets, de Chail-, laad, an mot Taillis- . ■ n ùjt jn..i •. Çepqqdawt quelques coutumcs rcliissieut absplu^ bieni: au seigneur toute part dansas boisptglle.^tait, i çntre.ajqtrçSa'.cpllçi dç.Jpoit,©^\iiV jtfr > art * loupe',. s. par., avjiqf,: .... P}\ SRJW^i^peV»,' .. que. le rachaf 4d ; vieqne, pe c^urgn.t.jefl i^çhat..»;, ! V. Lgs bois taillis qui jon)bajient;,én. coupe ol^i- naire pendant Iç temps de la.saisie féodale appartenaient entièrejnent-aUrseigneur saisissant; autre-, ment, è’est-à-dire s’ils.notaient pas en coupe a . le seigneur n’y pouvait rlén prétendre. C’était le sentiment de.JDupilqssi^ de Cbopin.et de Brodeau ,.et,, l’esprit dp plqsieu'rs , Pflétûmes- V. lej Dictionnaire de Challland, . ■ uoy ■■■ \ Sa/.’. -',nr VI. Lpwp.uyel.^cquereur, qpi,.pendant lç t«rme accordé pour l’action en retrait, avait abattu des bois taillis qui n’étaient nas. en àge.d’«tre:çoupéB, était tenu d’en restituer la valeur au retrayant. . les Coutumes de Melun , du Bourbonnais , rie Sens , de Mantes et de Clermont , dans le même pu -. Le Code civil fi définitivemant,ré^té,Ies dréits.^Jî’ l’usufruitier sur lesçoupes ordinaires déP bois V. les art, 5 a 1 .,^99, %i r fiqif, ■■■', ■ ^ L’article r 4 o°'.dn mêrnp ;Ççdei pÿÇin coupes de bpis tombent dans 1» .communauté, pour tout ce qui est considéré,,comiue usufruit., d’après les règles expliquées.au livre, 11, dudit Cod«i qrte si, lesçoupes de bois.qui,.en suivant les règles,,pou-. vaientêtre faites durant-(rcqommuiiauté ,,'et ne l.’dn.l point été, il en sera dA .récompon* e & l’épouÿ npn. propriétaire du fonds.ou à sèe b,éfitier% 0 ^.., Des arrêts. de : la cour de caqsatjou, de^è^ /gXt le ^ 1812, 8 septembre .*3 o^bre 1818 et a>- juin 1820, ont .décidé,qu’|là ^8,.^; faute futaie ou un taillis est-considéré,comme nreu-.' ble , dp mpment qu’il est .yeqdu; p.our, élçg Vi, ç^s arré.ts;d.ans le RecuejJ^âes VglejnensJfepffs^-, tiers, et leur analyse dans le gr^jeupt dd^P'é/ffraipp, aux mots Bois dfis particuliers ^e^ap. ftfi) ll »..vP , ^vW'*e l ‘S 9irn3T7 pi fy^rrE uÿrn [ I9S fit, bj-es tdw&i ?8flB si table qu’a4 S c%3 1 qù 1 M ?’agiUe.ségipçIfçs prppijétWB«9@Mj .4è ,JÏnfPlèvPMlb ftotop\?Vt& 'P** 109 866 TA I TAL i)U« des bois soart vendits ou destinés,à être ^eqdus séparément «lu spl, pi», os doit plu» le*;xegander qpe cb retardes-objets mobilfoFiSi, encore qu’iLs ( ne ^pieuft point actuellement détaohés de la terre, {Arr. , déjà cité, du ?h juin i 8ao. > Le propriétaire d’un bois, quoique gxevéd'hypothèque, peut en vendre la coupe Lorsqq’elle est.ar-i rivée à sa maturité, ou à lYpoque fixée pour l’exploitation. C’est ce qu’a décidé la cour de cassation, par un arrêt du 26 janvier 1809, rapporté dans le Répertoire de jurisprudence, au mot Taillis. Des taillis considérés sous le rapport de l'économie forestière .— Sur environ 6 , 3 oo,ooo hectares de bois qui existent en France, et qui se réduisent à 5,670,000 hectares, si on en distrait les clairières et les chemins, il y a tout au plus 576,000 hectares de futaies; il reste donc à-peu-près 5,094,000 hectares de taillis. Mais dans le fait, la proportion des taillis avec les futaies est encore plus considérable, car nous considérons comme futaies les quarts de réserve établis dans les bois communaux , et tout le monde sait que ces réserves qui, d’après les ré- glemens , devraient en effet former des futaies, sont aujourd’hui, pour la plupart, réduites à l’état de taillis : de sorte que l’on peut dire que la France ne possède presque plus de futaies, suite déplorable des mauvais systèmes d’exploitation, et de l’inexorable cupidité, qui a fait tomber nos antiques futaies pour les remplacer par des taillis dont les coupes donnent des jouissances plus rapprochées. Nous avons démontré, dans l’article Aménagement, que si l’exploitation des bois en taillis pouvait convenir aux propriétaires particuliers, il n’en était pas de même à l’égard de l’état, qui devait envisager non les plus hauts produits en argent que donnent les taillis, mais les produits en matières, qui sont beaucoup plus considérables et de meilleure qualité dans les futaies que dans les taillis. Cas où l'on aménage les bois en taillis. — Les cas où l’on aménage les bois en taillis sont les suivans: i°. quand les essences ou espèces de bois qui les composent, ne sont point susceptibles de former de grands arbres, ou qu’elles parviennent promptement à tout leur accroissement, telles que le mar- ceau , le tremble, lebouleati, le coudrier; 2 0 . quand le terrain est maigre, ou n’a que peu de profondeur et d’épaisseur de bonne terre ; 3 °. quand on manque de bois dans une contrée, et qu’on 11’a d’autre moyen, en attendant qu’il soit fait des plantations, que de réduire les futaies en taillis , changement qui soulage pour le moment, mais qui, s’il n’est pris de mesures pour la suite, tend à amener une ; plus grande disette; 4°- quand le propriétaire vise plus atix produits en argent qu’aux produits en matières, ce qui est le cas le plus ordinaire pour les. particuliers; 5 °. quand on a besoin, dans le pays, de jeunes bois pour faire des cercles, des échalas, des perches, du charbon. V., à l’article Aménagement, les explications que nous avons données sur Bes différentes circonstances, ainsi que sur les produits comparatifs des taillis et des futaies. De ^exploitation des taillis. —- Les taillis possédés par l’état, les communes et les établissemens pt»bl»fos> s’exploitent depuis l’àge de 18 jusqu’à 3 p *. . ans, mai» la plupart à 45.90*,. Ceux.que jxtssèdent lp» particuliers s@ ; coupent depuis 9 .jusqu’ù >8 ou mêmfeiao ajn*,;:l’àg*ide plus favorable-est ordinai- _çenientri8!ap*i LestpsfrtiQtlierdine ptluv*ie,nt autrefois les'couper àvatrt to.dnsij niais la loi du 29 septembre 1791 leur» rendo la.libre jouissance de leurs bois ; il leur est seulement défendu de les défricher- V . Rois dé partictt&erei Pour savoir.{tique!àgje il convient d’exploiter .un taillis et quel ost le mode d’exploitation le plus avantageux d’après l’état du. biois , il faut examiner les circonstance^ que nous venons d’exposer, et surtout la qualité du Berfain .et les essences dominantes. Nous avons donné,àtcet égard de grands dé- veloppernens sous le mot Exploitation, auquel nous renvoyons. lie l’estimation des coupes dans les bois taillis. —Nous nous bornerons à exposer ici les principales considérations qui doivent déterminer la valeur estimative d’une coupe. La première chose dont on s’assure est l’étendue de la coupe; on examine ensuite les essences dont elle est peuplée, la grosseur des brins, la consistance plus ou moins aerréeldes bois, les usages auxquels ils sont propres, clestèà- dire si 011 peut en faire de belle»perches, des cerceaux , des ridelles , etc., et si le bois peut doàner du tan pour la préparation des cuir6. Toutes ces choses évaluées en quantité et en .argent, d’après le prix du pays, on a une estimation assez juste des bois qu’on veut vendre, en déduisant néanmoins les frais de l’exploitation , qui forme uri objet considérable. Four ce dernier objet , on examine i°. ai les chemins sont difficiles; 2 0 . s’il y a loin de la dôitpe au lien où il faut livrer le bois; 3 °. combien il en coûte de voiture, soit pour le bois de corde, soit pour les autres bois; 4°- les frais pour l’abatage, la façon de la corde, l’équarrissage ou tous autres ouvrages; 5 °. ce qu’on donne au garde-vente ; les voyages qu’il faut faire à la forêt; 6°. la facilité du débit des marchandises; car si c’est dans un pays où les bois sont rares, les fagots, les bourrées, les ramilles, les copeaux, les souches et autres menus bois peuvent rembourser une partie des faux frais. On estime aussi les travaux mis à la charge de l’adjudicataire, et enfin le bénéfice qu’il doit faire, et qu’on évalue ordinairement au dixième de la valeur des bois. Nous renvoyons au Traité de Vexploitation des bois , par Duhamel, et à l’article Estimation du présent Dictionnaire , pour les détaite de l’estimation des bois et les calculs qu’elle exige. TALLE. Nom du châtaignier dans le département des Deux-Sèvres. TALON. Dans le jardinage et l’économie rurale et forestière, on donne ce nom à la portion inférieure d’une bouture qui a été coupée sur du vieux bois. La présence d’un talon est très-favorable à la reprise d’une bouture , en ce qu’il offre un bourrelet naturel, ou que faisant faire un coude à la sève, il favorise la formation d’un bourrelet d’où doivent sortir les premières racines. V. Bouture. TALUS, ov TALUT, ou TALLD. Le mot talus .est purement latin ; il signifie talon , <£i tout ce qui Vft en pe*.te comme le.talon. ,V T AM TAN En terme d» jardinage, d'économie rurale et forestière un talus est une pente de terrain ordinairement revêtue de gnaon , qui sert à Soutenir une terrassé, et*. Il y a des talus de toui les degrës d’inclinaison , depuis la ligne horizontale jusqu’à la li-: gne perpendiculaire. ÇNiatul on creuse un fossé dans' une terre de moyenriO"COnsi*tanee, il faut, pour empêcher l’éboulement des bords, leur donner une 1 inclinaison d’environ 45 degrés. Plus la terre est légère, plus l’inclinaison doit être considérable. C’est ainsi que dans les terres sablonneuses ou graveleuses on ne doit pas élever le talus à plus de 20 ou 25 degrés au-dessus de la ligne horizontale. Les fautes que l’on commet contre cette règle dans les forêts , sont cause que les fossés se comblent promptement et qu’il faut les curer si souvent. Les agens forestiers ne peuvent porter trop d’attention sur cet objet, qui occasionne de grandes dépenses. On assure le maintien des talus par des plantations d’arbres à racines traçantes, comme l’orme, le peuplier blanc, les épines , et même par des semis de graminées. Y. fossés'. Les penchans des montagnes sont des talus naturels. Lorsqu’ils sont très-inclinés, on doit les conserver ea nature de bois ou de prés. V. Montagnes. TAMARIX ou TAMARIS. Genre de plantes de la pentandrie trigynie, qui renferme plusieurs espèces, dont deux sont cultivées en France. Le Tamaiiix de France, ou a cinq étamines, ou Tahahix de Narbonne, tamarix gallica , est un arbrisseau de a à 3 mètres de haut, dont les rameaux sont nombreux, flexibles et revêtus d’une écorce grisâtre en dessus et rougeâtre eïl dedans; les feuilles sont très-petites et imbriquées sur les jeunes pousses; les fleurs petites, rougeâtres, disposées en épis grêles au sommet des tiges. 11 est très-commun sur le bord des ruisseaux et des rivières , dans les vallées inférieures des Alpes, et en général dans celles des parties méridionales de la France. Le Tamarix d’Allemagne ou a dix étamines, tamarix germanica, s’élève un peu moins que le précédent, Son tronc est dur; ses feuilles, une fois plus longues, sont serrées, plus obtuses et d’un vert glauque; ses fleurs sont plus rouges, plus grandes et plus écartées. On le trouve dans les campagnes humides de l’Allemagne, sur les bords du Rhin et dans les parties méridionales de l’Europe. Ces deux espèces sont rarement réunies naturellement dans le même lieu. Elles sont très-utiles dans les vallées des Alpes et des Pyrénées , où elles arrêtent fréquemment l’impétuosité des torrens par leurs rameaux flexibles et nombreux, et où elles fixent les terres par leurs racines traçantes et très-garnies de chevelu. Elles conviennent beaucoup dans la plantation des sables et des dunes, qu’elles servent à fixer, et où elles fournissent une ombre légère aux semis de pins. Elles ont la propriété de décomposer le sel marin mieux que les soudes, et par conséquent de rendre à la culture des terrains qui sont devénus infertiles par les débordemens de la mer. C’est pour éet objet qu’on Cultive la prefnière fesp^ée Isa#' les febédfc desétang» sâlés qui se trouvent ■ ettltfiùN'àïboniie' et' Montpellier: là, on coupe cet arbSste 2 ata» 8Ô7 pour retirer de'la-soude de ses cendres, 'én L’arrache au bout de'io ans , [ époque où il af iendtila terre la plus Imprégtiêé de sel marin propre'&'préda 4 reidn blé et d’uutrè» récoltes. On Fait de tourtes baies avec les deux espèces de tamarix. On lès cultive aussi pour l’ornement des jardins. Quoique les tamarix puissent croître dans tous les terrains, ils préfèrent cependant ceux qui sont incultes, sablonneux et humides. On les’propage de drageons et de boutures. Ces dernières se font an printemps à l’exposition du nord. Elles s’enracinent dans l’année. On les relève au printemps suivant pour les mettre eu pépinière, où elles restent pendant 2 ou 3 ans, qu’on les plante à demeure.. On propage aussi les tamarix de graines, que l’on sème au printemps dans un terreau mélangé avecdu sable. Les plantations de tamarix fournissent, tous les 2 ou 3 ans, un bon produit en bois de chauffage. Les différentes parties de ces arbustes servent à la médecine , comme apéritives , fébrifuges, antisyphilitiques. Les teinturiers emploient quelquefois leurs fruits comme astringens dans la teinture noire. On fait des pipes avec leurs rameaux, et de petits vases avec leur bois, qui se travaille très-bien au tour. TAN. Vieux mot français, qui signifie l’écorce verte de la noix avec laquelle on tanne. Quelques- uns veulent que ce mot soit une contraction du latin castaneus , couleur de châtaigne. On donne ce nom , dans les fabriques de cuirs , à l’écorce de chêne pulvérisée , dont on se sert pour préparer les peaux. On appelle aussi du même nom , dans les montagnes du Limousin, la seconde peau de la châtaigne , qui est très-âcre et qu’011 est obligé d’ôter pour manger le fruit. Nous avons indiqué, sous le mot Ecorce et à l’article Chêne , les procédés en usage pour enlever l’écorce destinée au tannage des cuirs. V. ces mots. La nécessité d’avoir du tan pour la préparation des cuirs, n’autorise pas les marchands à peler leur bois sur pied ; il faut toujours qu’ils y soient spécialement autorisés par le cahier des charges. V. Ecorce, Ecorcage. TANNAGE. L’opération du tannage a pour objet de rendre indissoluble à l’eau la gélatine qui fait partie constituante des peaux. C’est elle qui les rend dures et susceptibles d’étre employées à la fabrication des souliers et à une infinité d’autres usages. Outre l’écorce du chêne et de quelques autres arbres, il y a plusieurs autres matières cpie l’on emploie au tannage des cuirs. Y. Bouleau. TANNÉE. C’est le tan après qu’il a servi à la préparation des cuirs, et qu’il a perdu le tannin, c’est-à-dire le principe qui opère le tannage. On vend la tannée sou6 le 110m de mottes à brûler pour le chauffage , et on l’emploie aussi à former des couches dans les serres chaudes , à fumer les terres et à garnir des allées de jardin, ainsi que je l’ai vu souvent en Suisse. TANNERIE. C’est un établissement où L’on fait subir aux peaux l’opération du tannage, pour les rendre propres aux usage» auxquels on las destine. lin décret de la- conventibnf>dul6 ventêse an 2 , avait autorisé les àdtninisfiiateurs dedistrict à mettre eç VéquisitioB JOùs lesj boifeAè 1 chêne de- l’âge de 109* £68 TÀU TAU Üo ails et âil-'deSsfcms , pour être écêircës par les pro-i |ftiëfkiVé$‘i>üiês atqiiéféurs, suivait les besoins des tinifeHjeÿî éV’i taxer le$'é••■■■ *• 1 11 a été publié plusieurs procédés ‘jlofar détruire les taupes: voici celui qui est ihdicjué pat M. Draiet, ce Lorsqu’une taupe n’a fait qu’un trèu, dit-il , j’enlève d’abord la taupinière avec la bêche,'et je m’assure si elle n’a pas de tOttimnnieatiôn avec les taupinièresvoisines. Poury parvenir, je tousse dans l’ouverture que j’aî faite, C’fclst-à-dire à'l’ouverture des boyaux'( galeries') commencés. J’eÀ approche en même temps l’oreille. Si la taupinière n’a pas de communication, la taupe est peu* éKûgnbe ; effrayée par le bruit, je l’entends s’agiter et elle ne peut m’échapper. Jé débouvle le btoyau avec la houe et je rencontre la taupe'; ihain l’animal connaissant le danger, a peut-être èti le temps de s’enfoncer en terre, en y formant un boyau t alors j’ai deux moyens pour la prendre , je creuse tou bien je verse de l’eau. n Si en toussant, je n’ai ptos entendu l’anhnal s’agiter, c’est une preuve qu'il a an moins deux taupinières, et j’opère de la manière iuivante 1 je fais une ouverture de plus de g pouces dans la direction du boyau qui communique d’une taupinière à l’autre, je ferme avec un peu de terre les deux extrémités du boyau. Frappée par le grand air , ou craignant pour sa sûreté , la taupe vient quelques instans apïès pour réparer le dommage fait à sa galerie souterraine ; elle souffle ou pousse de la terre avec ses pattes. Qu’elle se présente à droite ou à gauche , jè sais de quel côté elle est, et j’opère comme dans le premier cas. ’ » Si une taupe a trois taupinières, je multiplie mes sections d’après les mêmes principes. I » Si une taupe a six taupinières, on fait d’abord une tranchée entre les deux plus centrales,' et en suite entre les deux autres du côté où on s’est assuré qu’elle se trouve. 33 Lorsqu’une ou plusieurs taupinières fraîches se trouvent près de vieilles taupinières , il faut d’abord faire des coupures qui interrompent toutes les communications entre les u nés et les autres, et lorsqu’on est parvenu à reconnaître l’endroit où la taupe se présente, on agit comme dans les premiers cas. 33 Si on attaque plusieurs taupes à-la-fois, on doit être très-actif et très-vigilant, parce que lorsqu’on est occupé à en guetter une, une autre peut traverser le boyau que l’on a découvert. Pour s’apercevoir plus facilement de ses mouvemens, on place, dans ce cas, un étendard de paille ou de papier, dont l’agitation ou la chute indique la présence de la taupe, à laquelle on rend encore le passage plus difficile par une petite motte de terre placée dans sa galerie. 33 On emploie aussi, pour prendre les taupes, des pièges tout faits, qui se vendent chez les quincailliers de toutes les grandes villes. Ils sont préférables à tous les autres moyens proposés. Enfin on les empoisonne avec des fruits ou des racines, ou même de la viande, dans lesquels on a mêlé de l’arsenic, de la noix vomique, etc; Ori prétend encore que des noix bouillies dans l’eau une heure et demie avec une poignée de ciguë, jusqu’à ce qu’élles fassent une pâte un peu iitolley iont, jiour les taüèes’,’*daiis les trous desquelles on en met,‘fin cjüi les fait périr, et détruit dgale- tnfeiit ïèsratii eü lès nliflots. un TEC TAVERNE, du latin tabema, qui signifie une. loge<îaiW avec de» planches, mie boutique, uo» échappe* Ce mot signifie aussi un mauvais cabaret, un mauvais lieu. Il est défendu aux gardes.,et à tous officiers des forêts de tenir taverne, Apei»ie, de destitution et de 5 o fr. d’amende. ( Ord. dé 1 669, Lit. XXVII, art. 3 1. Loi du 39 septembre 1791, tit. ///, art. i4.')> TAXATION. C’est l’action de taxer. V. Frais de justice. Taxation »ore6Tiêr*. Les Allemands appellent forst-taxation, taxation, fprnstiqre , ce que nous appelons estimation , mais dans un sens très-étendu. C’est, suivant la définition qu’en donne M. Hartig, la partie de la science forestière qui enseigne l’art d’estimer le nombre de stères de bois que contiennent las arbres isolément et tout un canton de bois5 de calculer les produits périodiques d’une forêt, c’est-à-dire ce qu’elle doit produire en bois chaque année, et pareillement ses produits en argent. C’est au moyen de la taxatiou que l’on parvient à asseoir l’aménagement d’une forêt et à régler çè qu’on y doit couper annuellement. La taxation se divise en trois parties principales : i°. L’estimation de ce qu’il y a actuellement de stères de bois dans une forêt; 2 0 . L’estimation des produits périodiques et annuels en matières; 3 °. L’estimation en argent. Nous avons traité de la première partie sous le mot Estimation, et des deux autres sous le mot Aménagement. V. ces mots. TAXATIONS. On appelle ainsi les droits qui sont attribués à certains officiers pour leurs opérations. V. Vacations. 11 n’est dû aucune taxation persounelle, aucune rétribution particulière aux agens forestiers, aujourd’hui qu’ils jouissent d’un traitement fixe. (Lois des ttS décembre 1790 et 29 septembre 1791. —— Gircul. du i er . prairial an 10.) Les tribunaux actuels ne peuvent, comme sous le régime des maîtrises, accorder aux gardes de gratification à raison des procès-verbaux rapportés par les employés. ( Circul. du 12 fructidor an i 3 , 3 o août r 8 o 5 . ) Il ne peut être exigé des adjudicataires aucune taxation sous prétexte de salaire de secrétariat, ou pour tout autre motif, et il ne doit leur être imposé d’autres charges que celles exigées par le cahier des charges. ( Instr. du y prairial an 9, art. 2, 3 et 4 - — Circul. du 17 -vendémiaire an 12.) TAXE DES FRAIS DE JUSTICE. V. Frais de justice. Taxe pour les frais d’expertise des bois a aliéner. V. l’ Instruction du 14 septembre. 1 8ië. TAYON. Les anciennes ordonnances,et coutumes donnent ce nom à l’arbre qui a les trois qges de la coupe. V. Pérot. . , - TECHNOLOGIE, du grec technê çt de logos, discours, traité: traité,des,a^:ts en général. Technologie forestière.: Les Allemands comprennent sous cette dénomination .ufijèoiuxuss.anoe TÉ M des bois,.sous le rapport des ar.Çf fu^xqitejs iksont propres, et ,}a manière de tés explojtèj: noijif, Jets divers usages qui Tes réclament - Le Traije rtftSj dÀ'/’fpf* (ations par Duhamel est une Rentable,"fçchnplpgie forestière. V. Êcqle forestière et Ma/çhands de bois- TÉGUMENT ou TEGMEN. Le tégument propre est la pellicule ou l’enveloppe imnvédiatç de l’amande d’une graine. V. Physiologie végétale, 3 °. section. \; TEIGNE. Maladie de l’écorce des arbres, /jui ne paraît pas différer essentiellement de la galte.j . Teigne des pins. « C’est, est-il dit daqs Je Nouveau cours d’agriculture, une maladie propre aux pînL Elle attaque principalement l’aublêr «t le liber, et commence par l’extrémité dés rameaux. On la reconnaît à la chute des feuilles, qui deviennent rouges; à de petites gouttes de résine qui sortepfde t’écorce; à une odeur putride de térébénthine ; à de grandes lanières d’écorce qui tombent d’elles- mêmes ; à l’aubier, qui paraît livide e t enflammé. Elle .fait périr un très-grand nombre d’arbres dans, certaines années. Sa cause a été attribuée du bostriche- typographe , parce que cet insecte recherche les arbres qui en sont infectés pour y déposer séS œufs. Selon Plenck , à qui on en doit l’expôsition,' elle est due à la suspension de la circulation et à l’alté-* ration de la sève qui en est la suite. Les Sécheresses prolongées la causent le plus souvent ; la pluie est son seul remède. » Nous avons donné, à l’article Insecte , la description de la maladie des pins que l’on vient de désigner sous le nom de teigne. Y. Insecte. TÉMOIGNAGE , du latin testimonium. C’eét un rapport d’un ou de plusieurs témoins s\h un fait , soit de vive voix , soit par écrit. Tout procès-verbal rapporté par un seul garde ou par un seul agent doit, pour faire foi en justice jusqu’à inscription de faux , être appuyé d’un second témoignage, si le délit qu’il constate est de nature à entraîner une condamnation au-dessus de 100 fr. ( Loi du 29 septembre 1791 , tit. IX, art. i 3 et i 4 - — Arr. de la C. de cass. des 8 thermidor an i 3 , 8 frimaire an 14 , i 4 mars 1807 , 5 septembre bf 21 octobre 1808, 19 novembre 1809, î^. rnars 1811 et 29 octobre 1824.’ ) Il en est de même du procès-verbal d’un seul garde, qui doit emporter une condamnation à la peine de l’emprisonnement. {Arr. du 3 i décembre 1819.) Mais un procès-verbal, lors même que la peine excède 100 fr., et qu’il n’y a qu’un seul garde verbalisant, fait foi en justice: jusqu’à-inscription de faux, si ce procès-verbal est signé ou appuyé par un autre témoin du délit. {Arr. delà C. decais. du 19 octobre 1809.) A plus forte raison, un procès-verbal dressé par un garde général fait foi jusqu’à inscription de faux, pour un délit entraînant une condamnation aussi de 100 fr., lorsqu’il est signé par ce garde général et un simple garde, quoique le garde ne l’ait point affirmé. {Ib. du 29 octobre 1824. ) Enfin , lorsqu’un procès-verhaJ est dressé, ftt affirmé par deux gardes, il n’a pas besoinpour les délits dont l’objet excède 100 francs, d’être soutenu 8 7 « TÉM par un second témoignage , attendu que ce second témoignage, exigé parla loi, réside dans le concours du second, garde à la rédaction dn procès-verbal. Arr. des 26 fructidor ai 111,1 6 frimaire et 3 o messidor an 12, 24 février et 21 juillet 1820 et i e ‘. mars 1822. ) Mais si un procès-verbal, dans le cas de l’art. 14 du tit. IX. de la loi du 29 septembre 1791 , n’est affirmé que par un seul garde, et que l’autre garde ne l’ait que signé , dans ce cas cet acte 11e pourrait faire foi en justice jusqu’à inscription de faux qu’autant que le second garde, témoin du délit, viendrait l’affirmer en justice, parce que c’est, à l’égard des simples gardes, l’affirmation qui, à proprement parler, constitue le procès-verbal, et qui commande la confiance de la justice. Remarquons qu’un procès-verbal, quoique devant entraîner une condamnation à une amende et à une indemnité dont les sommes réunies excèdent 100 fr. , et qui ne serait signé et affirmé que par un seul garde, n’est pas nul pour cela : il fait foi en justice jusqu’à preuve contraire. C’est ce qu’a décidé la cour de cassation par ses arrêts des 28 octobre et 3 i décembre 1824, en se fondant sur la combinaison des articles i 3 et r4 du tit. L\ de la loi du 29 septembre 1791 et de l’article i 54 du Code d’instruction criminelle. Cette décision est d’une grande importance pour la répression des délits: il ne suffira plus à un délinquant d’opposer à un semblable procès-verbal une prétendue nullité pour échapper à la condamnation ; il devra détruire les faits contenus au procès-verbal par la preuve contraire. On ne peut être reçu à prouver outre ou contre le contenu aux rapports des gardes, dans tous les cas où, d’après la loi, ces actes font foi en justice jusqu’à inscription de faux(^ 4 rr. du 20 novembre 1816; : d’où il suit qu’un tribunal ne peut ordonner la répétition d’un garde, et enjoindre de le faire citer à «on audience, lorsque le procès-verbal de ce garde n’est pas attaqué par les voies légales. ( Arr. du 28 août 1823.) V. Affirmation , Délit, Preuve , Procès- Verbaux TÉMOIN , du latin teslis. C’est celui qui a vu ou entendu quelque fait et qui en peut faire rapport. Les délits sont prouvés, soit par procès-verbaux ou rapports, soit par témoins à défaut de rapports et procès-verbaux , ou à leur appui. ( Code d’mstr. crim. , art. 1 5 4 et 189.) S’il y a nécessité d’entendre des témoins à l’appui d’un procès-verbal de délit, le tribunal doit, sur la demande qui lui en est faite , remettre le jugement et la cause. (' Arr■ de la C. de cass. du 8 juin 1809. ) Les témoins sont tenus de prêter serment à l’audience. V. Audience. ' Qüelfc sont les parens et alliés du prévenu qui ne peuventétre entendus comme témoins. V. Audience. Peines encourues par les témoins qui ne satisfont point à la citation. V. Audience. Cas où il peut être entendu des témoins en matière de délits forestiers. Ÿ. Appel, Audience, Prevvù testimoniale at Procès-Verbaux. fqasvexfeveur* 2 »Ai ‘eui ■ On retire du mélèze celle qui est la plus-èstimêi aj»fè» eeUe-«i, -et la plue employée en médecine et dans les arts;on l’appelle iuigpÏTemenl térébenthine de Venise. Elle est très-visqueuse, d’une couléur jaunâtre et d’une odeur forte ét aromatique , d’une saveur âcre,- légèrement amère. C’est du sapin commun que provient celle qu’on appelle térébenthine dû Strasbourg. On la reconnaît à sa consistance moins visqueuse , à sa couleur moins foncées saveur arnèrei.'Elle' épaissit et jaunit avec le temps. Enfin la térébenthine de Bordeaux s’obtient par la séparation de la partie la plusituide du galipot, par Je seul repos et l’influence de la lumière solaire : c’est la moins estimée. V. le mot Résine , où nous avons parlé de la térébenthine et de sa préparation. TERÉB 1 NTHE. Espèce de Ristac/iier. V. ce mot. TÉHÉBRATION, du latin terebra , tarière et àlactio, action. C’est l’action de percer avec une tarière. Dans l’économie forestière, ce mot exprime l’action de percer un arbre pour en tirer la résine, ou dans d’autres vues. TERMER UNE VENTE. C’est assigner le lieu et le jour de son adjudication. . TERMES DK LA LOI. Ils doivent être insérés dans les jugemens de simple police, à peine de nullité ; mais cette peine pour la violation de la règle n’est point applicable aux jugemens des tribunaux correctionnels. ( Arr. de la C. de cass., du 14 janvier 1819.) TERMINAL, terminalis. ( T. de bot. ) Qui occupe ou forme le sommet d’une partie quelconque TERNES, terni ou ternali. ( T. de bot.) Parties qui sont au nombre de trois sur un support com îutin , ou fixées trois à trois , soit au même point, soit sur le même plan d’un axe ou réceptacle commun. On appelle feuilles ternées celles qui se trouvent ainsi disposées. TERRAIN. .Mot qui vient du latin barbare terra nie m , fait de terra, terre: espace de terre. Ce mot se dit aussi de la terre par rapport à certaines qualités, comme d’être dure, légère, compacte, etc. V. Terre. Terrains vains et vagues. La loi du 28 août 1792 a autorisé les communes à réclamer la pro- priétédes terrains vainset vagues, dont les seigneurs n’avaient pas eu la possession exclusive et non contestée pendant 40 ans. La loi du 10 juin 1793 a ajouté que la possession quadragénaire et paisible ne suffisait point aux ci-devant seigneurs pour Constater leur propriété, et cela a été décidé de nouveau par un avis du conseil d’état du 17 juillet 1808. Mais les terrains autrefois vains et vagues et aujourd’hui en valeur 11e sont point dans le cas d’être réclamés par les communes. ( Arr . de la C. decass., du b germinal an 5 — 26 mars 1797, 24 mars 1807 et 27 avril 1 808. ) Les communesqui réclament,'en vertu des lois des Ai août 1792 et jo juin 1793 , la propriété dé ter- 87V rains wisiemqulture à l'époque deda publication fie; ces lois y sont tenues cbs justifier ds leur, ancienne propriété. (- Arr. du 8 décembre 18ifi> ¥c Miens communaux et Communes.. v ' às ■ '. Les 'terrain» communaux plantéq en . bais sont soumis au régime forestier. (Arr. des i 3 décembre 1811 et 9 avril i 8 i 3 . ) L’avis du conseil d’état, du t8 juin qui attribue aux conseils de préfecture le jugement des usurpations de terrains communaux, n’est applicable que lorsque la qualité communale du terrain n’est pas contestée ; et, dans le cas contraire, leN tribunaux ordinaires sont juges de la question de propriété. ( Ord. du roi du 10 février 1816. ) Les communes sont autorisées à rentrer dans la possession de leurs biens usurpés. V. l’Ordonnance du roi du a 3 juin 1819. Les terrains vains et vagues mentionnés dans les art. 9 et 10 de la loi du 28 août 1792, qui ne se trouvent pas circonscrits dans le territoire particulier d’une commune ou d’une ci-devant seigneurie , sont censés appartenir à l’état. ( Loi du 28 août 1792, art. 11.) Les terrains vagues situés aux rives ou dans l’intérieur des forêts ne peuvent être aliénés qu’en suite d’un rapport fait par les directeurs des domaines et après que les agens forestiers ont été entendus. ( Décis. du min. des fin. du 2 juillet 1810.) Tout terrain compris dans l’aménagement des bois est soumis au même régime que le surplus du bois, et les délits qui s’y commettent sont passibles des peines forestières. ( Arr. du 26 avril 1816. ) Le concessionnaire de terrains vagues dans une forêt ne peut y faire paître ses bestiaux sans permission. (Arr. du 21 septembre 1820.) Renseignemens demandés sur les terrains vagues appartenantà l’état. V. l’Instruction du 10 mai 1819. TERRASSIER. Ouvrier qui travaille au remuement des terres. TERRE, du latin terra. Ce mot a plusieurs significations : en astronomie , il désigne la planète que nous habitons ; en géographie , il se dit des diverses portions de la terre, comme terres australes, terres inconnues , terre ferme ou continent , par opposition aux îles; en marine, il entre dans la composition d’un grand nombre d’expressions qui forment le langage des gens de mer ; en minéralogie , il signifie le principe élémentaire qui forme la base de toutes les pierres ; en agriculture , il indique aussi le principe de toutes les espèces de terres. C’est sous ces deux derniers rapports que nous devons considérer la terre , en nous restreignant, autant que possible, à ce qui concerne les forêts. Nous profiterons , pour la rédaction de notre article , des savans .ouvrages de Duhamel, de MM. Bosc, de Burgsdorf, deHartig, et de quelques auteurs qui ont traité de la connaissance des terre» et de leur meilleur emploi dans L’économie forestière. § i er . —Notions préliminaires. La couche supérieure de la terre est destinée i recevoir les semences des végétaux , à développer leur germination à servir de point d’appui aux plantes et aux arbres, et à fournir à leurs racines TER 8 7 J. mie partie des fluides nécessaires à leur nourriture, llette couche est composée de différentes espèces de pierres.f|t ta terres, qui la modifient de mille manières , pt (a,rendent plu^ ou moins propre à la culture. Il y p. peu d’espaces où la terre, de si mauvaise qualité qu’elle soit, ne puisse nourrir quelques plantes ; mais toutes les espèces de bois ne conviennent pas à la même nature de terre : les unes y viennent bien, d’autres moins bien, et d’autres enfin n’y réussissent pas du tout. La qualité de la terre influe encore sur 1a qualité des bois; on sait que les chênes , les ormes, etc., qui ont cru dans des marais , ont leur bois fort tendre et sujet à pourrir promptement. Les terrains substantiels et fertiles produisent des arbres dont le bois est doux et liant ; les terrains secs produisent des arbres moins beaux, mais dont le bois est très-dur. Enfin, les arbres vivent plus ou moins long-temps, suivant la nature des terres où ils sont plantés. 11 est donc très-important que le forestier connaisse les différentes espèces de terres qui composent les terrains destinés à la culture des bois ou sur lesquels reposent les forêts, dette connaissance le guidera dans le choix des essences à multiplier et dans les opérations d’aménagement. § 2. — Des différentes espèces de terres. Les principales espèces de terres sont : les terres alumineuses ou argileuses , les terres siliceuses , les terres calcaires et les terres magnésiennes. 11 y a d’autres espèces de terres , telles que la zircone , la baryte, la stmntiane , la glucine , etc. , qu’il n’est pas nécessaire aux forestiers de connaître. Ces terres se rencontrent rarement dans l’état de pureté ; elles forment, par leurs mélanges dans des proportions très-variées, un grand nombre d’espèces ou variétés de terrains. Différentes couches superposées les unes aux autres, et qui, variant paV leur nature, leur couleur, leur épaisseur, etc., constituent la masse de la terre jusqu’à une certaine profondeur, ainsi que le font remarquer les excavations et les coupes perpendiculaires pratiquées dans le sein de la terre. On suppose que toute espèce de terre repose sur des bancs de pierre, et en définitive sur le granit. L’examen de ces faits appartient à la géologie ; nous ne devons nous occuper ici des différentes espèces de terres et de leur combinaison qu’er. ce qui concerne la culture des arbres. 11 est reconnu qu’il entre fort peu de terre dans la formation des plantes , ainsi que le prouve la faible portion de terre qui se trouve dans les cendres lessivées provenant des végétaux. Plusieurs expériences prouveraient même que les arbres et autres végétaux ne tirent aucune matière solide du sol où ils végètent, et que toute leur substance est formée des fluides de l’atmosphère : d’où l’on peut conclure que pour juger de la qualité des terres par rapport à l’accroissement des arbres, il faut principalement s’assurer combien une espèce de terre est propre par elle-même à recevoir , conserver , préparer et communiquer les fluides qui viennent du dehors, et dans quelle proportion elle-possède, par son mélange, cett* fncnïté. “ TER Dans leur état de pureté et d’isolement, les diverses espècçs de, terres sont, en général, impropres ou peu propres^ la y?gé talion des plantes : tels sont l’ argile , la traie , la .jpame et le sable. h'hfimus lui-même ou terreau, ainsi que la tourbe, ont besoin, suivant l’observation de plusieurs agriculteurs, d’êfjvç, fi l’état soluble pour servir à la nourriture des/yégét^ux, et i^s.n’arrivent artificiellement à sqt éte^qqç successivement par l’action des gaz atmosphériques pou par leur mélange avec des terres caktùrçes, avec descendre? et par l’éco- buage. Ainsi ,'|p,tet 1 rea,ù i et ta .toqrbe enterrés depuis long-temps une certaine profondeur , ne sont point propres a la végéltatipfi. Il en est de même des pierres et des roches nues où il ne se trouve point de parties terreuses. Mais, ainsi que nous l’avons dit, cet état de pureté et d’isolement est heureusement très-rare à la surface de la terre , et il y a fort peu de terrains où il ne soit possible de faire venir quelque espèce de bois; l’objet important est d’approprier lés essences au sol, et cela avec'd’àutant plus de raison , qu’qu ne doit pas songer , comme en agriculture èt dans le jardinage, à opérer des mélangea artificiels de terres, ou des amendemens qni seraifent! beaucoup trop coûteux. ' <1 D’ailleurs il ne faut pas perdre de 'Vite , ùbhs dit Duhamel, que les bonnes terres doivent êtri-réservées pour l’agriculture, et que celles de médiocre valeur étant destinées à être plantées en bois, c’est principalement du choix des essences qu’on peut attendre quelque succès. . : ■ On divise Les terres en deux classes principales, les terres fortes et les terres légères ; . ... . 'i * Le sable pur et l’argile pure sont les deux extrêmes, et de l’alliage des différentes espèces do sables et des différentes argiles il résulte des terrains de nature fort différente: plus il y aura de sahle ou de terreau , plus le terrain sera léger ; plut il y Aura, au contraire, d’argile, plus il sera compacte et plus la terre sera forte. § 3 . — Des terresfortes. ■ ' Les terres fortes sont les terres glaiseuses 014 argileuses et les terres marneuses. Ces terres , lorsqu’elles sont mouillées, sont douces au toucher, grasses et fangeuses, et elle» ont une pesanteur remarquable. Si on les pétrit et qu’on en forme un corps , elles se durcissent par lç dessèchement, et lorsqu’on les coupe avec un couteau, la coupure est unie et onctueuse au toucher, bien que ces terres ne renferment aucune matière huileuse. Toutes ces espèces de terres ont encore la propriété de se durcir tellement par le feu , qu’elles ne se laissent plus pénétrer par l’eau, ou du moins que très-difficilement. L’ argile est un mélange de silice et d’alumine, happant la langue et susceptible de se ramollir dans l’eau , de se durcir considérablement au feu. On la trouve par couches dont l’épaisseur et la profondeur varient beaucoup; quelquefois elle est pure", mais plus souvent elle est mélangée avec d’autres terres. Elle existe en masse dans les pays granitiques ou schisteux,- et parait y avoir été formée err même TER temps que lé ëchîste, dont au réste toutes lés argiles diffèrent peu. Il ÿ 'en a de beaucoup de couleurs : les plus ordinaires ’ soit la jaune, la "bleue et la verte. On eu tfôtave aussi de parfaitement blanche , de noire et 'dé tVïùleuîi 1 nielangéëà. Celle qui est blanche est’sÇiuvérir émpljoYée [four la fabrication de la poterie V^'dé laTorcelairte , et tômme terre à foulon. Les- diverses toülëurs dë ï’argile dépendent, suivant l’opînioff de Duhamel, de l’alliage des substances Métàlliéju'èB.’ L’argile qui contient beaucoup de sûbst’anceV Vîtrlûliques esit la moins propre pour la TCfl'étèftiôtt.'Eii général, l’argile pute etsans mékifgé"d , auctine Aètre espèce de terre est complètement LnŸértiljî. L’argile présente un tres-1 grand avantage par son mélange avec les terres calcaires, les terres siliceuses et autres terres légères, en retenant l’eau des pluies, que celles-ci laisseraient passer, si elles n’étaient point unies avec elle. C’est l’argile qui sert de lit à presque toutes les eaux oui coulent dans la terre et à sa surface : sans elle , dit M. Bosc, la moitié du, globe serait inhabitable. Êlif çxi^ej soitppipme partie constituante, soit commq.papti^ ipïégraaite, dans ün grand nombre de pierres : par exemple, le schiste, le gypse et la chaux çarbonatée* L’argile pure ne laisse point passer l’eau; cependant, eUei^’en imbibe à la longue : alors elle devient tçnaçe, susceptible de prendre sous la main toutes les forcées possibles, de se couper dans tous les sens et même de prendre une espèce de poli. Kl le .est/ absolument infusible, et éprouve beaucoup de retrait par la cuisson. Il V' n peu d’argiles pures : presque toutes sont mélangées dans des proportions sans nombre avec de la silice , de la chaux, du fer et autres substances, qui modifient de mille manières la qualité des argiles, quelquefois jusqu’à leur faire perdre leur propriété. Cette terre , comme nous l’avons dit, exerce une grande influence parmi les autres terres. C’est à elle que l’on doit, dans les pays à couches, sur-tout dans les ptaines, la formation et la durée des courans d’eau souterrains qui donnent naissance aux sources : c’est elle qui conserve l’humidité dans la couche supérieure du sol, soit lorsqu’elle s’y trouve mêlée ou qu’elle forme la couche inférieure. Il faut que les bancs d’argile ne soient ni trop éloignés ni trop rapprochés de la couche végétale, parce que , dans le premier cas, l’eau est trop profonde pour se vaporiser et pouvoir abreuver les racines des plants , et que , dans le second , elle s’évapore trop rapidement par l’effet de la chaleur et des vents. L’infertilité de l’argile peu mélangée avec d’autres terres vient de ce que les racines des plantes ne peuvent la pénétrer, de ce que l’eau y est trop abondante pendant l’hiver et après les pluies, et pas assez dans les sécheresses de, l’été , et de ce que’ par 'On retrait elle se fendille et comprimé les ràcines des plants bu des jeunes arbres. On fait perdre à l’argile sa trop grande ténacité en écobuant }a surface du terrain ; ce,qui est praticable quand on a à sa disposition des brindilles , Tome II. T EH 8 7 5 des femlïeS'et'des herbçs sèches.V.'^’p'i’ur plti» d'é dêveloppeièêiit^ l’article Argile. La matité, qui 1 est uri 1 mèlàijge de èitciâje et d’ar gile 1 suscteptîhlè dé së déliter a ' l*àir, est aussi très- compacte, mai? moins éiéqueuse que l’argilè; sa couleur varie beaucoup suivant les substances ferrugineuses qui's’y trouvent mêlées. Elle est ordinairement blàitthe , grisé, bleue , rougeâïre ou jaunâtre. Là marne se distingue de l’argile en ce que, si 0 ri y jette de l’eau forte lorsqu’elle est sèche , qlle produit une forte effervescence ; ce qui prouve qn’elle’renfèrme beaucoup de parties (calcaires, lesquelles, dans leur mélange , sont très-favorables à la Végétation : aussi lorsqu’elle est exposée à l’air et qu’elle se décompose , ce qui arrive très-promp- tement, elle produit beaucoup plus d’effet sur les plantés que l’àrgilë, dont la décomposition est bien plui’lentè. ( Néanmoins la marne pure, nouvellement extraite, 'est 1 tout aussi peu' propre à la végétation que l’argile qui se 'trouve dans le même état. On disfihgue les marnes en marnes argileuses et en marnés calcaires , suivant que l’argile ou le calcaire domine. Toutes lés marnes sont produites par le détritus des madrépores et des coquillages marins; elles ont été déposées en couches plus ou moins épaisses et voisines de la terre par les eaux , qui tenaient leurs molécules en suspension lorsque la mer couvrait les continens actuels. La glaise est une espèce d’argile, qui , comparée à l’argile ordinaire, est plus grasse et plus tenace. C’est Ta pliis forte des terres, celle qui se charge le plus d’humidité et qui la retient le plus fortement ; elle est plus douce, plus fine et plus gluante au toucher, que l’argile ordinaire ; elle se gonfle beaucoup par l’humidité et par l’effet de la gelée, ce qui, joint à sa densité, la rend impropre aux semis; mpis si elle est mêlée dans des proportions convenables avec des terres légères, elle devient très-fertile. V Glaise. Les terres fortes sont donc celles où doniineii.t la glaise, l’argile ou la marne. Plus elles se rapprochent de l’état de pureté, plus elles sont compactes, et moins elles conviennent à la culture du bois , parce que les racines des arbres ips pénètrent difficilement ; que d’ailleurs ces masses compactes d’argile ou de marne ne sont pas vivifiées par l’action dissolvante des météores, pt qqe lorsque les eaux des pluies et des neiges s’y introduisent, ces.eaux ne peuvent concourir à la nourriture,des plantes , attendu que le manque d’air et d’issue les reqd sta r gnantes , acides et de nature nuisible. Mais quand ces espèces de terres sont mêlée* du sables, de graviers , de pierrailles ou d 'humus, elles deviennent plus ou moins fertiles suivant Je, proportions du mélange. Lorsque , par exemple , un fond de glaise est allié à beaucoup de sable, il forme ce qu’on appelle un sable gras, espèce de terre excellente pour tous les arbres, puisqu’une pareille terre s’étend sans presque changer de nature jusqu’à l’eau, qu’on trouve à 3 ou 4 mètres de profondeur, a Nous y avons vu, dit Duhamel, croître presque avec un égal succès les arbres ordinaires du pays , tels que le chêne, le hêtre, le châtaignier, le charme IIO 874 TER et l’érable; l’orme y croît avec tant de force, qu’il est sujet à y périr en quelque sorte de réplétion ; le noyer y vient, mais à la vérité moins bien que dans des terres plus sèches ; les arbres de marais, comme les frênes , les peupliers , les saules et les aunes ,.y végètent assez bien , quoique moins promptement que dans les marais ; les arbres qui ne quittent point leurs feuilles en hiver, les chênes-verts, les ifs, les sapins , les pins , les mélèzes , les cyprès, y ont été plantés avec succès. Bien plus, on y voit réussir très-bien les arbres étrangers : les catalpas , les cèdres du Liban et de Virginie , les thuyas de la Chine et de Canada, le liquidambar aceris folio , le cyprès chauve , etc. On peut donc dire que ce terrain , très-substantiel, et qui est assez humide sans être marécageux, convient à toutes sortes d’arbres , quoique certaines espèces viendraient encore avec plus de vigueur dans des situations qui seraient plus analogues à leur tempérament. » § 4 . Des terres légères. Dans celte classe sont les sables et les terres où dominent le terreau , la terre de bruyère , la terre calcaire, la craie : voici la description de ces diverses espèces de terres. Le terreau ou humus est le résultat de la décomposition spontanée des animaux et des plantes. Les naturalistes modernes regardent la tourbe comme du terreau produit par la décomposition des plantes dans l’eau. Le terreau , dans les forêts, provient principale ment de la pourriture et de la décomposition des feuilles, des racines, des branches d’arbres et des herbes. Il est graveleux au toucher, poreux , sus ceptible de se gonfler par l’humidité, et de se pétrir lorsqu’il est mouillé ; mais aussitôt qu’il a repris son état de sécheresse , il se divise très-facilement. Sa couleur ordinaire est grise , brune ou noire. Il contient une partie des principes qui constituaient les plantes dont il provient, et comme les plantes se nourrissent des substances analogues à celles dont elles sont formées, ainsique le prouve l’engrais du hunier, il en résulte que le terrèau est extrêmement favorable à la végétation des arbres. Cependant le terreau pur 11’est p is fertile , et lorsqu’il se trouve eu grande quantité, il ne convient pas à la plantation des bois , parce qu’il se dessèche promptement et qu’il ne permet pas aux arbres de s’y fixer solidement; mais on ne le trouve, même dans les plus anciennes forêts , qu’à une profondeur convenable, et rarement il se rencontre à plus de 4 ou 6 pouces. Plus bas, il est déjà mélangé avec les autres terres, ordinairement l’argile, le sable et les pierres. Ce mé- hange du terreau avec lés autres terres dans les courbes inférieures provient de la pourriture des arbres et des racines, et on ne le trouve le plus souvent que jusqu’à, la profondeur à laquelle la plupart des racines atteignent et où elles se pourrissent. Les arbres creux offrent souvent du terreau extrêmement pur , qui provient de la décomposition de l’intérieur de ces arbres. Il a besoin d’être exposé pendant quelques mois à l’air et à la pluie pour développer toute sa puissance fertilisante. Quelques naturalistes, étonnés de ce que la grande TER quantité de végétaux qui se décomposent chaque année n’eût point formé une couche de terreau beaucoup plus considérable que celle que l’on remarque à la surface de la terre , ont recherché les causes de ce fait. M. l’atrin , dans le Dictionnaire d’histoire naturelle , rappelle l’observation que les arbres et les autres végétaux ne tirent pour leur nourriture aucune matière solide du sol où ils végètent, et que toute leur substance est formée des fluides de l’atmosphère; que cependant ils couvrent la terre tous les ans de leurs débris, d’où il semblerait résulter qu’à la longue un sol d’où l’on n’enlève rien, comme sont les campagnes et les forêts du nord du globe, soit en Amérique, soitenAsie, devrait journellement augmenter en épaisseur de terreau ; ce qui néanmoins n’arrive pas. Il a vu, dans l’Asie boréale, des forêts immenses de pins et de sapins de 80 à ico pieds d’élévation , dont les racines serpentaient dans une couche de terre végétale qui n’avait pas plus d’un pied et demi d’épaisseur , et qui reposait sur des dépôts fluviatiles de la plus haute antiquité. Il n’y en a pas davantage dans les déserts de ces contrées , qui se couvrent, chaque année, d’une riche végétation en plantes herbacées, et cependant co terreau n’est point entraîné par les eaux. Théodore de Saussure a conclu de ces observations que le terreau ou la lcrrevégètale éprouvait une décomposition graduelle qui la maintenait toujours dans une épaisseur moyenne ; d’un autre côté , les pluies l’entrainent dans les rivières et de là dans la mer. La chaux, les cendres, les écobuages, l’air , les pluies, ct'par conséquent les cultures , favorisent la dissolution du terreau , et le rendent très - propre à la végétation en dégageant les gaz et les fluides qui sénent'à la nourriture des arbres. V., pour plus amples détails, les Dictionnaires d’histoire naturelle et d’agriculture , et les Expériences de Théodore de Saussure. La terre de bruyère est un mélangé dé sable quartzeux avec du terreau dans des proportions variées. Elle est légère , rude au toucher; ellé colore fortement l’eau , et se gonfle beaucoup par l’humidité ; elle se pétrit étant mouillée; mais lorsqu’elle est sèche, elle se réduit en poussière par le plus léger mouvement et même spontanément. Elle a ordinairement une couleur grise ou brune ; mais elle affecte aussi beaucoup d’autres couleurs, même la noire. Un terrain qui contient beaucoup de terre de bruyère devient très-boueux par la moindre pluie, mais il se dessèche très-facilement. Cette terre non mél uigéç avec-d’autres terres est extrêmement mauvaise. Elle repose ordinairement, et sans intermediaire, sur des bancs de pierres, sur la roche, et souvent sur un lit d’argile à très-peu de profondeur. Dans tous les cas, elle a le grand inconvénient de se boursouffler par les gelées lorsqu’elle contient de l’eau , et de déchausser les plantes. On ne peut guère semer sur cette terre avec succès que lorsqu’elle est raffermie par quelques herbes et plantes, qui empêchent le déchaassetnent des jeunes plants. Il existe enFrance d’immenses étendues dé terres de bruyère , telles que les landes de Bordeaux , de la Bretagne , de la Sologne et de la Flandre, qui sont presque toutes en pays plat, couvertes'd’eau TER TER pendant l’hiver et très-sèches pendant l’été. Ces landes forment de véritables déserts, parce que les cultures céréales y sont extrêmement pauvres ; le bbis lui-même n’y vient ordinairement qu’à regret ; il faut des procédés particuliers pour l’y. cultiver, et il n’y atteint nulle part une grosseur considérable ; cependant les pins y acquièrent des dimensions assez fortes , ainsi qu’on va le voir tout-à-l’heure. Les arbres que l’on peut cultiver dans les sables de bruyère sont les pins et sapins , les bouleaux et quelques espèces de chêne , par exemple le chêne- tauzin, qui , suivant l’observafion de M. Bosc, mérite la préférence à cause de sa disposition à tracer, et que l’on trouve en abondance dans une partie des landes de Bordeaux. Voici quelques observations qui m’ont été communiquées par M. Steffens, ci-devant inspecteur forestier en Hollande, sur la manière de cultiver en bois les bruyères de ce pays. Le sol, qui est généralement sablonneux, peut être divisé en trois classes : bon dans quelques parties ; médiocre dans d’autres, et presque stérile dans tout le reste des bruyères. Le pin sauvage est l’essence que réclament également la nature du terrain et les besoins du pays. Le gouvernement en a fait des semis il y a quelques siffles sur des bruyères près de Bréda. La forêt de Masbach , qui est le produit de ces semis , fournit des pins que les constructeurs de la marine hollandaise estiment autant pour leur qualité et pour leur beauté que les pins de Riga. Cet exemple , imité par quelques riches propriétaires et par des corporations religieuses , a eu le même succès. Les termes de la croissance des pins, dans les trois classes de terrains dont nous avons parlé , sont ceux ci-après: dans la première classe, ioo ans; dans la seconde, de 4 o à 5 o, etdans la troisième, de 20 à 2 5 . Maisdans l’intervalle du semis à la plantation, on tire des produits par l’enlèvement des brins surabondans. Les exploitations des forêts de pins ne se font point en Hollande comme dans les autres pays, où on laisse des réserves en quantité suffisante pour opérer le réensemencement naturel; on y suit un autre procédé, qui consiste à couperà blanc etoc, et à réensemencer à la main après la coupe ; le second semis prospère déjà mieux que le premier, et la végétation est plus forte, par la raison que le sol s’est amélioré par la décomposition des feuilles tombées des arbres du premier semis. C’est ainsi cpi’au bout de troisou cpiatre révolutions, on élève de belles futaies de bois résineux dans un terrain qui était précédemment stérile. . .Moyens de préparer les terrains de bruyère et de les semer engraines résineuses. Nous supposerons quatre états dans lesquels ces terrains peuvent se trouver. i°. Terrains couverts d’une forte et haute bruyère et d’autres plants. — Il faut mettre le feu à ces bruyères dans les mois de mars et d’avril par un temps sec , en prenant les précautions nécessaires our éviter les accidens ; on donne ensuite un fort ersage avec la herse à dents^le fer, et On laisse le terrain se raffermir et se reposer jusqu’au mois d’a- 87 5 vril de l’année suivante , où l’on sème à la volée 1 5 kilogr. de graines de pin sauvage par hectare; après quoi , on fait passer dans toutes les directions un troupeau de montons, sans lui permettre de s’arrêter. Par ce moyen , on raffermit le terrain et on enterre légèrement les graines. Si le terrain était trop meuble , il ne conserverait pas assez d’humidité pendant l’été, et les jeunes plants périraient par la sécheresse. C’est le seul, mais très-grave inconvénient auquel les plantes résineuses soient sujettes ; le froid et les gelées tardives leur font rarement du mal. C’est aussi par cette raison que les semis de pins que l’on fait dans des terrains fraîchement labourés ou défoncés à la bêche ne prospèrent pas bien. Des semis faits sur des terrains légers qui n’avaient été nullement préparés ont souvent mieux réussi que sur des terres fraîchement labourées. 2°. Terrains couverts d’une mousse épaisse et d’un gazon serré qui ne permettraient pas aux semences d’arriver jusqu’ à la terre fraîche. —11 faut peler ces terrains en enlevant les gazons avec la houe à 2 et 3 pouces d’épaisseur» On fait avec ces gazons des fourneaux , qu’on brûle en été et dont on répand les cendres. On attend alors le printemps suivant pour exécuter les semis de la même manière qu’il a été dit plus haut. II faut bien observer que jamais on ne doit semer un terrain aussitôt après l’avoir brûlé , parce qu’a- lors les cendres l’échauffent trop , ce qui ferait périr les plantes ; mais, l’année suivante, les cendres se trouvent décomposées par les pluies et les gelées , elles ont fertilisé le sol, et toujours les semis y réussissent à merveille. Les terrains dont la surface a été brûlée offrent encore un avantage, c’est que l’herbe n’y revient que la seconde et la troisième année , tandis que la graine de pin lève de suite, et que les plants sont assez forts pour résister aux mauvaises herbes lorsque celles-ci se multiplient. 3 °. Sables ou terres de bruyère très - humides. — 11 faut y ouvrir des fossés ou rigoles de 18 pouces d’ouverture, qui les divisent en bandes de 7 à 8 pieds de large : la terre provenant de l’ouverture de ces fossés doit être répandue égalementsur toute la surface des bandes. Au printemps suivant, on fait le semis de pin comme il a déjà été dit. L’avantage de cette méthode dans le cas présent consiste en ce que les terres, jetées sur les bandes qui se trouvent entre les fossés, ont exhaussé ces bandes de manière à faciliter l’écoulement des eaux dans ces mêmes fossés. Il est entendu que plus le terrain est humide , moins les bandes doivent avoir de largeur, et plus par consécpient les rigoles doivent être rapprochées et profondes. D11 reste, on les dirige dans le sens de la pente du terrain. J’ai suivi, dans la forêt des Alluets, une culture de sables de bruyère avec JVI. Jacqueliu , inspecteur à Versailles. Nous avons employé la méthode des rigoles dans les parties humides , l’écobuage dans les parties plus saines , et la culture simultanée des semis et des plantations dans d’autres parties. Voici le détail de nos opérations : x°. Dans la culture par rigoles, le gazon fut re- ■ ;l1 rro* 8 7 6 TER TER tourné sur la bande non défrichée , de manière que tout le terrain présentait l’aspect d’une terre cultivée. Le semis de pin sauvage qu’on y a fait a bien levé , tant dans les rigoles que sur les ados ; mais il a péri en grande partie dans le fond des rigoles et dans tous les endroits où l’eau s’était retirée; il a bien réussi sur les ados et dans les parties saines du terrain , notamment dans les endroits abrités par les mottes de terre, par les plantes existantes sur le sol et par les ados ; ce qui prouve que , si le pin redoute la trop grande humidité , il redoute aussi la sécheresse. a°. Dans une plantation faite en bouleau depuis un an sur un terrain défoncé , et où la terre de bruyère était mêlée avec la pierraille et la terre calcaire , on a jeté à la volée des graines de pin sauvage. Le semis a assez bien réussi dans l’intervalle des plants ; mais il a eu un succès prodigieux autour des tiges de bouleau , qui cependant n’offraient que bien peu d’ombre , à cause du peu d’ampleur de leur tête et de la ténuité de leurs feuilles. Ce fait prouve encore que dans les terres qui se sèchent en été, comme les sables et les terres de bruyère, il faut des abris aux semis de pin. On peut suppléer à la plantation, qui est très-coûteuse, par des semences de céréales, ou, mieux encore, en semant avec le pin des graines de genevrier, d’ajonc et d’autres plantes propres à protéger les pins. 3 °. On a écobué la surface d’une partie de ces bruyères par le moyen ordinaire des fourneaux, dont on a répandu les cendres. Le semis y a très - bien levé. On a semé aussi du pin maritime et du sapin blanc dans un terrain défoncé, à côté de ceux dont nous venons de parler. Le pin maritime y a fait de grands progrès , mais le sapin n’y a point réussi. En général, nos semis ont eu un succès complet; ils forment aujourd’hui un très-beau bois, qui n’a besoin que d’être éclairci. Ces trois expériences prouvent que l’eau et la sécheresse sont les deux obstacles qu’on doit s’attacher à vaincre dans la culture des terres de bruyère; que les abris sont nécessaires dans les endroits secs , et que les saignées au moyen des rigoles sont indispensables dans les endroits humides. On peut procurer des abris en combinant le semis avec la plantation de bouleau , de saule-marceau et d’autres arbres de prompte croissance, soit en plantant des rangées de topinambours et en semant entre ces rangées , soit en semant avec le pin des semences de genêt et d’arbustes ou des céréales , soit enfin en couvrant le sol avec des branches ou de grandes herbes. Dans les landes de Bordeaux et dans celles du Mans, on cultive beaucoup le pin maritime. Il réussit parfaitement dans les dunes du golfe de Gascogne et des Landes, dont nous parlerons lorsque nous traiterons des sables. En Allemagne, c’est le pin sauvage qu’on emploie pour fertiliser les bruyères. Cette dernière espèce doit être préférée pour toutes lesparties dunord de la Fràuce, et d’ailleurs parce que son bois est de méillenré qualité. V. Pin. ‘JiU nârleraî point delà terre de bruyère comme moyen de culture dans les jardins , il me suffira de dire que cette terre, si stérile dans la campagne, devient très-productive par les soins et l’emploi raisonné des jardiniers et des fleuristes. On peut consulter à cet égard le Dictionnaire d’agriculture , le Traité du bon jardinier , par M. Delaunay, etc. De la terre calcaire .—La terre calcaire ou chaux, privée de son acide carbonique , se trouve rarement pure dans la nature; elle est presque toujours mêlée avec de l’argile , du quartz, du fer , etc. Les terres qui contiennent du calcaire font effervescence avec les acides ; elles sont abondantes dans les pays où il y a des débris de pierres calcaires , dont elles paraissent provenir. Quand la terre calcaire est dans son état de pureté ou peu alliée à d’autres terres, elle est infertile; mais si elle est convenablement mélangée , elle est très-propre à la culture d’un grand nombre d’espèces de bois; néanmoins les châtaigniers n’y réussissent pas. Les arbres qui réussissent le mieux dans les sols calcaires sont le bouleau , le peuplier blanc , le tremble , le marceau , le bois de Sainte-Lucie, le coudrier, le merisier, et au premier rang les pins. La craie est aussi une terre calcaire plus ou moins divisée, ordinairement blanche et pulvérulente, mais quelquefois colorée, et qui varie dans sa cohérence et dans sa composition ; elle est disposée par couches horizontales, souvent épaisses de plusieurs toises; elle est toujours superposée à plusieurs autres bancs calcaires d’une consistance plus solide. La craie , en général, a la même origine que les autres couches calcaires : c’est le dernier dépôt marin que l’épaisseur des couches inférieures a 1 empêché de participer aux émanations des fluides élastiques, qui sont les principes pétrifians. M. Patrin, à qui j’emprunte cette description, assigne trois causes à la formation des couches de craie : i°. la terre animale , provenant de la décomposition des corps marins; 2°. la vase calcaire, vomie par les volcans souterrains ; 3 °. le détritus des montagnes calcaires , qui est entraîné par les eaux. La plupart des craies ne sont presque jamais pures ; elles sont plus ou moins mêlées d’argile et de magnésie. L’analyse de la craie de Meudon, près Paris, a donné par i oo : carbonate de chaux , 70 parties ; silice , 19 , et magnésie , 11 parties. Mais, suivant l’observation de M. Bosc, et d’après ce que nous avons dit, la composition de toutes les craies n’est pas la même que celle ci-dessus; il y en a de colorées , qui contiennent du fer, d’autres qui se délitent à l’air et qui contiennent de l’argile ; ces dernières sont de véritables marnes- La craie se trouve abondamment en France, dans la Champagne , l’Ile-de-France, la Picardie et en Normandie. 11 y en a aussi en Pologne et en Angleterre; elle est quelquefois à une certaine profondeur de la terre , et dans ce cas elle ne nuit point à la culture des plantes ; mais souvent elle se montre à la surface, et dans ce cas elle rend le sol presque infertile , ainsi que le prouvent les plaines de la Champagne. Les principales causes de son infertilité sont attribuées à sa compacité, qui empêche les racine* des plantes de la pénétrer; aux fentes, qui laissent TER passer l’eau comme à travers un crible; à son peu de dureté , qui fait qu’elle se réduit Facilement en poussière que les eaux entraînent; enfin à sa couleur blanche , qui repoussé leé rayôns du soleil et empêche le sol de prendre le degré de chaleur convenable à la végétation. Cependant l’active industrie des habitans de la Champagne est parvenue à cultiver utilement les déserts de cétte province , et à y élever des hois. ' M. de Villarsy, dans un mémoire couronné par la Société d’agriculture ne Paris en 1812, a fait connaître les plantations en pi/is qui ont été exécutées depuis 20 ans danéle département de la Marne. 11 résulte de ce mémoire-, suividt le compte qu’en a rendu M. le comte François de Neufchâteau, que sur une surface de 2,n3 hectares qui étaient incultes ou stériles, il existe 33,2 i6,oco plants en plein bois, 549.800 hautes tiges, et 42t,3oo pins. Les bois ou taillis plantés dans les craies de la Champagne sont principalement composés de bouleaux , de coudriers, de saules-marceaux ou vordes , et d’aunes et de frênes dans les endroits humides. On associe aujourd’hui à ces essences le pin sauvage, pinus sylvestris , qu’on multiplie par la plantation, attendu que les semis industriels, qui par-tout ailleurs sont bien plus économiques , 11e réussissent pas dans ces terres, dont le grand inconvénient, outre celui de n’offrir aucun abri, est de se gonfler pendant l’hiver, de soulever les racines des jeunes plants , et de les laisser à nu en se rabaissant. Il paraît que les premiers pins qui furent plantés l’ont été il y a environ un siècle par le propriétaire de la terre de Colius , village très-près de Chàlons. Il fit venir los plants de la Bresse , et en forma une petite plantation pour masquer un coteau crayeux et fort nu en face de son château. Ces pins , arrivés à l’âge de leur fécondité , répandirent des semences qui levèrent spontanément, et c’est de ce seul bosquet que sont sortis tous ceux qui ont été transplantés snr tous les points de la Champagne. Un des plus anciens planteurs de ces pins fut le propriétaire de la terre de Cheniers, village situé dans la partie la plus aride de la Champagne pouilleuse. 11 envoya chercher, à la hotte, des jeunes pins àCollus. De nouveaux propriétaires ont joui des travaux de leurs devanciers ; ils ont fait abattre des pins dont on a bâti d’agréables maisons ; ils ont vendu beaucoup de bois très-propres à la construction , et retiré en peu d’années une somme de plus de 5 o,ooo fr. d’un domaine rural dont la totalité avait été vendue, il y a environ 5 o ans, 24,000 fr. , et le nombre d’arpens couverts maintenant en grands bois ne valait pas alors 7 à 8,000 fr. Le village de Cheniers n’avait pas, à cette époque, une haie vive d’épiuesou de pruneliers; maintenant il paraît placé comme au milieu des forêts des Vosges; il est entouré d’une masse de hauts et forts pins ; il possède une pépinière intarissable, et bien loin que les plantations aient nui aux récoltes, elles les ont favorisées prodigieusement. M. de Villarsy a exposé les méthodes suivies pour ce genre de plantation : elles se réduisent à trois. L» première , qui ne convient que dans les terres fortes et profondes, se fait sans labourer le terrain ; TER 877 on se contente de faire ce qu’on appelle des mou - vêts, ou de petites fosses dont la terre est Remuée de 33 cer.tim. de profondeur (un piedj.sqr^a même largeur : ces fosses sont espacées de 2 à 3 mitres (6 à 9 pieds), et disposées eu échiquier. On fait ces trous au printemps, afin que la terre ainsi couverte ait le temps de recevoir, pendant le reste de l’année, les influences de l’atmosphère : le brin est placé dans chaque fosse. Quelques cultivateurs commencent par labourer le terrain, en le relevant en sillons de sept à huit raies par sillon : c’est sur ces sillons qu’on fait des trous, dans lesquels on plante l’année suivante. Cette manière s’emploie avec succès dans- les terrains graveleux. La seconde méthode est celle des rigoles : elle consiste à faire de petits fossés ou rigoles de 33 cen- tini. de large , dont on relève la terre de chaque côté; on plante sur le bord de la rigole, à la distance de 5 o centim. environ : ces rigoles sont éloignées d’environ 2 mètres. La troisième méthode est celle qui a constamment réussi dans les plus mauvais terrains. Elle présente de grands avantages, mais elle est plus dispendieuse : on l’appelle plantation en ados. Elle consiste à faire des fossés d’un mètre de large sur 33 centim. de profondeur, à la distance de 3 mètres 25 centim. l’un de l’autre ; la terre sortie des fossés s’étend sur l’espace entre deux , et double ainsi l’épaisseur du sol. Dans le terrain où l’on pratique cette méthode , il serait utile de creuser davantage, puisqu’on ne trouve que le banc de craie ou d’un tuf crayeux très-dur ; mais cette craie , mise à découvert au fond des fossés et en partie portée sur l’a- dos, se divise par la gelée, et fournit par la suite un nouveau terrain en se combinant avec les feuilles qui tombent du bois. Les pins se plantent toujours en motte : c’est le poids et le volume de la terre composant la motte qui rendent le transport des pins dispendieux et difficile. Les cultivateurs soigneux font maintenir la motte au moyen de deux liens de paille que l’on passe dessous et en croix , et que l’on attache au bas de la tige près des racines. Le pin dont la motte s’écrase ou se détache des racines est un arbre mort. On plante aussi les pins seuls et sans mélange d’autres bois en échiquier, à 02, 38 ou 48 centim. de distance l’un de l’autre en tous sens , dans des trous faits d’avance , d’environ 5 o à 66 centim. de profondeur. Pour bien faire , aussitôt que le pin est planté , ou le butte en pilant la terre tout autour. Ce travail facilite la reprise et maintient l’arbre contre les coups de vent, cjui souvent le couchent dans des temps humides. Ceux qui ne buttent pas font une grande faute , que M. de Villarsy avoue avoir éprouvée lui-même. Si, au lieu de trous, on fait des sillons ou billons de 2 mètres 27 centim. à 2 mètres 60 centim. de large , c’est sur le milieu du sillon qu’on fait de petits trous à 4 mètres l’un de l’autre pour recevoir les pins; puis, entre chaque pin et à égale distance l’un de l’autre, on fait un petit trou à la bêche, et on pose un brin de vorde (saule-marceau) dans chaque angle. Cette manière est très-bonne; elle garnit TER 878 le terrain, et cette vorde plantée entre chaque pin fournit de très-bons fagots ; de plus, elle abrite les jeunes pins qui lèvent des graines tombées de ceux que l’on a plantés, et peu-à-péu le terrain se métamorphose en une pépinière intarissable de jeunes pin s, Tel est en abrégé le compte rendu du mémoire de M. de Yillarsy à la Société d’agriculture de Paris par son président, M. le comte François de Neuf- chàteau. Ce rapport suffira pour donner une idée du parti avantageux que l’on peut tirer des terrains crayeux, l’ai vu moi-même, dans la propriété de M. Allairc , administrateur des forêts , située à Pocancy , près Chàlons , et dans plusieurs autres propriétés de ce canton, des plantations de pins qui présentaient déjà de grandes ressources, et qui , dès l’âge de i 5 à 20 ans, donnaient lieu à des semis naturels d’une telle épaisseur qu’on ne pouvait les traverser. C’est dans ces semis que l’on prend les jeunes plants destinés à de nouvelles plantations. Si j’ai donné quelque étendue à cet article, c’est que l’objet en est de la plus haute importance pour l’économie rurale et forestière, puisqu’il s’agit d’arracher à la stérilité des plaines immenses dans une province située à peu de distance de la capitale , et de tant d’autres lieux de grande consommation. V. Pin sauvage. Les sa b les sont des' amas de fragmens de pierres qui ne different des pierres que par leur moindre grosseur, qui forment par conséquent le passage des terres aux pierres. Au toucher, les sables sont inégaux , rudes, anguleux et secs, caractères qui ,indépendamment de leur défaut d’adhérence , les font distinguer de toute espèce de terre ; leur masse, que l’on ne peut amollir ni dissoudre , acquiert cependant de la pesanteur et un peu de liaison par l’humidité. 11 y a des sables de plusieurs couleurs, dont les plus ordinaires sont le gris , le rouge , le jaune et le blanc. Leurs espèces sont aussi variées que celles des pierres. Le sable pur et dénué d’humidité est absolument infertile ; mais lorsqu’il est mêlé de quelques parties terreuses ou d 'humus^ il devient propre à la végétation, sur-tout dans les situations qui lui permettent de retenir un peu d’humidité. Dans ce cas, les masses de sable acquièrent plus d’adhérence entre elles , et forment un sol capable de fournir de la nourriture aux arbres. En effet, les sables rejetés par la mer , et nommément ceux du golfe de Gascogne , sont très-propres à la végétation des arbres et des plantes, parce qu’ils sont humides et chauds , deux qualités importantes pour la réussite et l’accroissement des végétaux. Toute espèce de sable ne sera donc infertile qu’autant que la sécheresse et l’aridité seront unies à son état de pureté et d’isolement de toute substance terreuse. Des semis de bois et des plantations d’arbres faits par Duhamel dans des sables fort secs et peu alliés de terre , y ont d’abord végété avec peine ; mais ensuite ils ont pris beaucoup de vigueur. Les jeunes arbres ont peine à subsister dans ces sortes de terrains, parce que l’ardeur du soleil les pénètre, en dessèche la superficie, et que les racines en souf- TER frent beaucoup. Ces raisons doivent déterminer à faire dans ces terrains légers les semis et les plantations en automne , préférablement au printemps, et à procurer de l’ombre aux jeunes arbres par des semences de céréales , d’ajoncs ou autres plantes, ou en combinant ensemble le semis et la plantation. Quand une fois les arbres ont pris une certaine force, et qu’ils ont jeté en terre de profondes racines, ils s’accommodent assez bien de ces terres fort légères, sur-tout les peupliers blancs et gris, les bouleaux, les hêtres, les châtaigniers, les pins, le bois de Sainte-Lucie, le saule-marceau, et même les chênes rouvre et tauzin, l’orme et les érables. Ces arbres y prennent beaucoup d’accroissement quand, dans ces sables , il se trouve de la terre fertile. Il y a plusieurs espèces de sables : les uns sont vi- trifiables , tels sont tantôt des fragmens de grès , et d’autres fois ceux de silex; d’autres sont des fragmens de pierres calcaires, qui sont plus propres à la végétation ; enfin il y a des sables ferrugineux et des sables volcaniques ; mais les sables les plus ordinaires sont les sables quartzeux. La différence des espèces de sable, outre la proportion de leur mélange avec les terres , donne lieu à de grandes variétés de terrains. Lorsque les sables sont purs et privés d’eau, ils deviennent le jouet des vents : on les appelle alors sables mouvans. 11 s’en trouve des étendues assez considérables dans les départemens de la Gironde, des Landes et du Nord, aux approches des bords de la mer. V. Dunes. Les terrains sablonneux sont les terrainsoùdominent le sable , le sablon et le gravier. Ils sont le produit ordinaire de la décomposition des granits et autres roches quartzeuses. Ils recouvrent des espaces considérables en France; mais heureusement qu’ils sont mélangés de certaine quantité d’argile, de terre calcaire et de terreau , qui les rendent propres à la culture de plusieurs plantes , et notamment à celle d’un assez grand nombre d’espèces d’arbres , telles que celles que nous avons indiquées au mot Sable. Les pins sur-tout méritent d’être cultivés dans les terrains sablonneux, en préférantle pin sauvage pour l’intérieur et le nord de la France , et le pin maritime pour le midi, parce que le premier redoute les sécheresses, et que le second est sujet à geler, même sous le climat de Paris. Le grand défaut des terrains sablonneux estd’être privés d’humidité , par la facilité avec laquelle ils laissent passer l’eau des pluies. L’important est donc de procurer de la fraîcheur aux jeunes semis, ce qu’on opère en mêlant aux semences de bois , des graines d’arbustes, comme celles de genêt, d’ajonc, d’épines, ou des semences de céréales , de topinambours, ou bien encore en combinant le semis du bois dur avec la plantation du bouleau, du marceau, du mahaleb, du peuplier blanc , du tremble. Les cultures sont très-économiques dans les terrains sablonneux , il ne faut que les gratter pour y faire des semis , et on doit éviter avec soin d’y trop enterrer les graines. Les terrains graveleux , que l’on confond souvent avec les terrains sablonneux , ont aussi l’inconvénient de la sécheresse, quoiqu’à un moindre degré TER TER «79 que les sables. On peut y élever du taillis de chêne- rouvre, d’orme, de bouleau, de marceau , de bois de Sainte-Lucie, d’acacia et de châtaignier. Il y en a même où l’on peut élever des futaies. La qualité de ces terrains dépend, en général, de l’humidité et de leur mélange avec les terres de diverses natures. § 5 . — Des terres mélangées. Nous avons dit que les terres se trouvaient rarement dans leur état de pureté, d’où il résulterait que presque toutes les terres seraient des terres mélangées. Cependant on donne ce nom aux terrains qui admettent dans leur mélange des proportions plus fortes que celles existant dans ceux dont nous venons de parler. Les meilleures terres mélangées sont celles qui sont composées d’une couche épaisse de terreau mêlé de sable ou de gravier , reposant sur une couche d’argile également mêlée de sable ou de gravier. Plus ces terres sont profondes , plus elles conviennent à nos bonnes essences forestières , sur-tout quand aux avantages ci-dessus elles joignent celui d’une heureuse position , qui ne soit ni trop sèche ni trop humide. Plus un terrain forestier s’éloignera de l’espèce de terre que nous venons d’indiquer , moins il sera favorable à la culture des bois; car, quoiqu’il y ait des arbres qui réussissent bien sur de très-mauvais terrains , il est certain qu’ils végètent bien mieux dans les bons, et il n’y a, à cet égard, d’exception que pour quelques arbustes bien peuim- portans dans l’économie forestière. On peut dire que presque tous les bois ne se plaisent pas dans les terrains compactes ou très-veules, ni dans ceux qui sont très-humides ou très-secs. Ainsi, la fertilité des terrains dépend de trois causes, de la proportion de leurs mélanges , de leur situation et de leur profondeur. Sous ces divers rapports, on divise les terres en terres grasses , médiocres , maigres, profondes , superficielles , arides , sèches , fraîches , humides , marécageuses. § 6. — Des terres substantielles, grasses etfertiles, et de leur influence sur l’accroissement des arbres et la qualité des bois. Ces terres se reconnaissent aux caractères sui- vans : r°. elles sont ordinairement d’une couleur brune jusqu’à 3 pieds de profondeur, et elles ne perdent cette couleur ni par l’elfet de la sécheresse ni par l’effet des pluies; 2°. elles ne retiennent pas l’eau connue les glaises, et elles ne la laissent pas non plus échapper comme les sables; mais elles en sont intimement pénétrées, de sorte qu’elles conservent assez long-temps la portion d’humidité dont elles se sont chargées; 3 °. elles ne se fendillent point à leursurfàce par l’effet de la sécheresse, et les pluies ne les rendent point trop boueuses ; 4°. lorsqu’elles sont humectées, on peut les pétrir entre les mains et en former des boules; mais elles ne sont jamais ductiles comme la glaise : quand après avoir été pétries elles viennent à se dessécher , elles ne se divisent pas comme le sable, ni elles ne se durcissent pas comme l’argile ; mais, en y jetant un peu d’eau, elles fusent en quelque sorte comme la chaux, et se réduisent en petites molécules, et jamais en poussière, comme les mauvaisses terres; 5 °. ces sortes de terres, après la p>luie, exhalent une bonne odeur lorsqu’elles sont frappées par le soleil ; y°. les eaux qu’elles contiennent ne s’aigrissent point ; 6°. elles donnent après les pluies, ou si on les met dansl’ea 1 ., beaucoup d’écume, ce qui est l’indice des matières grasses et onctueuses qu’elles renferment; 8°. elles sont à-la-fois poreuses, grasses et sableuses, et au toucher assez douces ; 9 0 . on voit à leur surface des plantes vigoureuses, des herbes de bonne qualité, du petit trèfle en abondance, et des arbres de belle venue. Ces terres fertiles se rencontrent toujours dans les fonds médiocrement humides , situés dans les lieux en pente ; les arbres y acquièrent leur plus haut degré d’accroissement, et doivent y être attendus en futaie. 11 y aussi des terres fertiles de différentes couleurs, qui sont à-peu-près aussi bonnes les unes que les autres, au moins pour les arbres. Quand la couche de ces bonnes terres s’étend à plusieurs pieds de profondeur, les arbres y viennen t grands, et leur bois est d’une excellente qualité; mais si la couche de bonne terre se trouve peu épaisse , il ne faut pas juger la qualité des bois par la qualité de la terre de la superficie, mais par celle de l’intérieur, qui se trouve alors être ou de l’argile, ou du sable, ou du gravier , ou du tuf, ou de la roche , etc. Si une bonne terre se trouve dans un fond où il y ait beaucoup d’eau , quoique les arbres y soient de meilleure qualité que dans les marais dont le fond est fangeux et tourbeux, cette abondance d’eau fait que le bois y est tendre ; si, au contraire, cette bonne terre est dans une situation élevée, comme dans ce cas elle ne laisse pas échapper l’eau à la manière du sable, et que d’ailleurs elle est substantielle, les bois y sont d’une très-bonne qualité ; la petite quantité d’eau qui les humecte se charge des principes qui doivent former une bonne sève ; cependant les arbres n’y croissent pas fort vite , parce qu’il n’y a pas assez d’eau pour faire la dissolution des matières. C’est, observe Duhamel, par cette raison qu’il est rare de trouver de grands arbres sur la croupe des montagnes exposées au midi, même dans les meilleurs terrains; mais aussi le bois de ces arbres est extrêmement dur, et à tous égards de la meilleure qualité. Les chênes, les ormes et autres grands arbres venus dans les bonnes terres plus sèches qu’humides, ont une écorce fine et claire; l’aubier plus mince que celui des arbres qui viennent dans les lieux humides; les couches ligneuses moins épaisses, très- adhérentes les unes aux autres, et toutes d’une contexture uniforme; le grain fin et serré , c’est-à-dire les pores fort petits; la couleur d’un jaune pâle et un œil brillant; plus de poids, même quand ils sont secs; ils deviennent par la suite extrêmement durs, ce qui contribue beaucoup à les défendre des attaques des vers; ils ont plus de force , et peuvent supporter un poids considérable sans se rompre; ils plient peu sous la charge, et se rompent par grands éclats quand ils sont surchargés, à la différence des bois gras, cjui cassent net et sans éclat; mais ils sont très-sujets à se fendre et àse tourmenter en se desséchant. Comme bois de chauffage, ils sont excellens, résistent longtemps au feu, donnent beaucoup de chaleur, forment en brûlant de gros charbons, et laissent beau- 88o TER TER coup de sels fixes dans leurs cendres, toutes marques certaines que ces bois sont de bonne qualité. Les couches ligueuses sont les unes plus épaisses, les autres plus minces et plus ou moins denses, suivant qu’elles ont été produites en différentes années lus ou moins sèches ou pluvieuses, et que les ar- res ont cru dans des terrains secs, ou dans des fonds humides, chauds, frais, etc. On peut conclure de tout ce qui vient d’être dit que le terrain le plus avantageux à la qualité des bois est celui qui est substantiel et plutôt sec qu’humide. Nous reviendrons, à la fin de cet article, sur l’influence des terres relativement à l’accroissement des diverses espèces d’arbres et à la qualité de leur bois. §7. — Des terres médiocres. Ce sont celles qui tiennent le milieu entre les bonnes et les mauvaises terres : elles sont généralement propres à la culture des bois. Leur médiocre qualité vient de ce que les terres ou les pierres qui en forment la base ne sont point assez mêlées avec des terres de qualité opposée, et de ce que les autres circonstances qui forment les bonnes terres agissent ici avec moins d’activité. Ainsi, on regarde comme terres médiocres les sables qui ne sont alliés qu’a une petite portion d’argile; les argiles peu mêlées de sable ou de gravier; les terres où le calcaire domine; celles qui se trouvent à une certaine hauteur ou dans des fonds un peu humides ; celles qui 11e retiennent pas assez d’eau ; celles qui n’ont qu’un certain degré de profondeur; toutes les terres enfin qui s’éloignent également des conditions requises pour constituer un bon fond et des défauts qui caractérisent un terrain de mauvaise qualité. § 8. — Des terres maigres. Elle s se rapprochent de l’état de pureté dont nous avons parlé. Leur peu de fertilité provient ordinairement de leur incapacité à retenir l’humidité. Les arbres y viennent mal 5 cependant on voit réussir les pins dans les sables secs et presque purs. A ces és- pèces de terres appartiennent l’argile, la terre calcaire, les sables secs, etc. Le mélange de ces terres avec d’autres de nature différente leur procure la fertilité qui leur manque dans leur état naturel. Les arbres, dans les terres maigres qui restent sèches pendant l’été , sont sujets à avoir des chancres, qui les altèrent quelquefois jusqu’au cœur.Dans les terres légères qui s’échauffent aisément dès le printemps, les arbres poussent avec force, et la sève, arrêtée par la sécheresse qui survient, occasionne des défauts que l’on nomme double aubier. § 9. — Des terrains profonds. Les terrains sont plus ou moins profonds. Les premiers sont ceux dans lesquels les racines des arbres peuvent s’enfoncer sans obstacle, jusqu’à 4 pieds et plus. Ils sont généralement propres à l’éducation de grands arbres, sur-tout quand ils joignent à l’avantage de la profondeur celui de la fertilité. On peut alors être assuré d’y voir croître avec vi- gueurdes arbres de presque tontes les espèces. Quand même la terre de dessus serait de médiocre qualité, on pourra espérer d’y élever de belles futaies , pourvu que cette terre s’étende à une grande profondeur sans changer de nature ; mais ces excellens terrains sont fort rares, car ordinairement la première couche de terre change entièrement de nature à 6 pouces ou à 1,2 ou 3 pieds. En ce cas, si le dessous était du sable, du gravier ou de la terre rouge dans lesquels les racines pussent pénétrer, le boisy viendrait bien ; si au lieu de sable on y trouvait une glaise pure, mais douce, qui n’endommageât pas les racines, elles s’allongeraient sur ce banc sans beaucoup le pénétrer,et les arbres profiteraient de l’eau que la glaise retient. Mais quand le dessous se trouve être un banc de pierres ou un lit de tuf, de marne, de craie , etc. , dans lesquels les racines ne peuvent pénétrer, une épaisseur d’un pied de bonne terre ne pourraitnourrirque de faibles taillis; 2 pieds de cette terre qu’on suppose fertile pourront suffire à d’assez beaux taillis; il faudra au moins 3 pieds pour fournir suffisamment de nourriture aux arbres qui doivent faire une demi-futaie, et pour une futaie il faut au moins 4 pieds. Au reste , tout cela ne peut être que des à-peu-près, car 3 pieds de terre très-substantielle et un peu humide fourniront plus de nourriture aux arbres que 4 et 5 pieds de terre maigre et sèche. ( Traité des semis et plantations , par Duhamel.') On voit même de gros arbres, noyers, frênes, ormes , dans les terres où le tuf blanc et serré se trouve à moins de 2 pieds de la superficie. Mais, suivant l’observation de Duhamel, c’esl parce cjue les noyers et les frênes jettent des racines dans le tuf, pourvu qu’il ne soit pas extrêmement serré, et parce que, d’un autre côté, les arbres qui se montrent si beaux dans les terrains dont if s’agit sont isolés, et que les ormes et les frênes étendent leurs racines fort au loin, et trouvent dans la superficie du terrain de quoi suppléer à ce qui lui manque en profondeur. Duhamel a planté avec succès des ormes, des frênes, des noyers, des bouleaux, des érables, des merisiers, des mahalebs , des cytises des Alpes, dans des endroits où il n’y avait au plus qu’un pied de bonne terre, au-dessous de laquelle on trouvait ce qu’on appelle une roche pourr ie , qui, dit-il, est un tuf blanc allié de beaucoup de pierres ou une sorte de marne très - graveleuse, entrecoupée de veines, les unes brunes et les autres jaunâtres. J’observe a cet égard que les arbres dont il s’agit auraient moins profité s’ils eussent été semés , parce que la racine pivotante se serait arrêtée sur ce luf, au lieu que , dans la plantation et par le retranchement de ce pivot, ils ont formé des racines latérales, qui ont trouvé, à une médiocreprofondeur, les sucs qui leur étaient nécessaires. Ainsi, dans les terrains qui ont beaucoup de fond et dont la terre, jusqu’à une certaine profondeur , 11’est pas contraire à la végétation, on peut élever de hautes futaies, et suivant que l’épaisseur de la première couche de terre sera moindre, ou que la terre du dessous sera moins bonne , on ne pourra y espérer que des demi-futaies et même des taillis. Dans les terrains de 18 pouces à 2 pieds de bonne TER terre et reposant sur un tuf serré, on peut élever des ormes, plusieurs espèces d’érables, des charmes, des uoyers, des frênes , des bouleaux, le faux acacia , le mûrier , le cytise , le peuplier blanc, les merisiers, le bois de Sainte-Lucie et presque tous les arbrisseaux. Dans ceux qui n’ont que to à ta pouces de bonne terre, on ne peut élever que des coudriers , des sureaux, des marceaux , des cornouillers, des sumacs a feuilles d’orme, des néfliers, des cytises, des merisiers , du bois de Sainte-Lucie et quelques autres arbrisseaux. Enfin, dans les terrains où le tuf n’est recouvert que de 5 à 6 pouces de bonne terre, on ne peut rien espérer d’une culture en bois, si ce n’est des bouleaux et des marceaux , qui viennent encore, mais faiblement. TER 881 § io. — Tableau des différentes espèces de terre. M. de Burgsdorf, dans son Manuel forestier, présente un tableau des terres simples et mélangées qu’il a considérées d’après leurs différences* leurs propriétés, leurs couleurs, les divers états dans lesquels elles peuvent se présenter, et les climats, situations et expositions où elles se trouvent; enfin , par rapport à leur profondeur, jusqu’à celle de 8 pieds, à laquelle les racines des arbres et arbustes peuvent pénétrer. Il en forme cinq classes, qui sont : les terres grasses , les terres fortes , profondes et compactes , les terres de moyenne qualité , les terres légères et mouvantes, les terres infertiles dans leur état nature /, et chacune de ces classes se divise en plusieurs espèces : voici un extrait de ce tableau. ESPECES DE TERRES. LEURS COULEURS ORDINAIRES. Terre végétale ou terreau Id. alliée à un peu plus de glaise que de sable. . Id. alliée à un peu plus de sable que de glaise. Id mêlée de sable seulement. Id. id. d’un peu d’argile. Id. id. d’un peu de glaise. Id. id. u’un peu de terre calcaire ou de craie Première Classe. noire, brune, rouge, bleue brune, rouge, bleue. , . . . OU PEUVENT SE TROUVER LES TERRAINS. Id. id. de cailloux , de graviers et /d’autres pierres. Terres grasses. frais, humide . noire noire, bleue brune, rouge bleue. . . . brune, bleue, brune, bleue. marécageux. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id , id. id. id. brune, bleue. Deuxième Classe. — Terres fortes, profondes, alliées d’un peu de terre végétale. sec, frais, humide, marécageux, aride, sec, frais, humide, marécageux, frais, humide, marécageux, sec, frais , humide , marécageux, frais, humide, marécageux. id. id. id. id. id. id. id. id. id. aride, sec, frais, humide, marécageux, frais, humide , marécageux. y°. Argile. ioo. Glaise.. : . ; . u*. Marne. Argile mêlée d’un peu de glaise. Argile mêlée d’un peu de marne Glaise id. d’un peu d’argile . . Id. id. d’nn peu de marne . . Argile id. de pierres. . Glaise id. de pierres.. Marne id. de pierres. bleue . brune , rouge, jaune, bleue, blanche. id. id. id. id. id. bleue, blanche . . . brune,rouge, jaune bleue, blanche. brune , rouge , jaune , bleue. jaune , bleue. brune, rouge , jaune , bleue, blanche, brune, rouge, jaune ........ bleue, blanche. *9 20 °. 21 °. 23 °. 24°. 2.V». 26°. 27 0 . 28°. 29 0 . 3o°. 3i°. 32 °. 33°. 34”. 3o°. 36°; Troisième Classe. — Terres de moyenne qualité . Un tiefs de glaise dans du sable , rouge, jaune jaune , bleue avec ou sans pierres. Id. d’argile id, id . Id. de glaise dans du terreau ei de la terre calcaire, avec ou sans pierres . îd, d’argile, id. id. id. , blanche. . jaune id. bleue. id. . . aride, sec, irais, humide, marécageux. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. Quatrième Classe. — Terres légères et mouvantes, mêlées d’un peu de terre végétale. Sable avec ou sans pierres. Terreau id. id . Sable mêlé de terreau. , . rou^e, id. jaune id. id. bleue id.. id.. , sec, id. id. frais id. id. humide, id. id. marécageux. id. id. Cinquième Classe. — Terres infertiles dans leur état naturel. Les penchans des montagnes entièrement couverts de pierres roulantes ... Les bancs de pierres fixes. • . . Les bancs d’ardoises pures. . . . La marne pure dans l’état solide. La craie pure dans le même état. Les bancs de pierres calcaires. Les roches nues. Les couches d’argile pure. Le terreau pur ........ Le sable vitriüable pur. . . La tourbe pure. ....... brune, rouge, jaune, bleue. id. iif. id. id . noire, brune, rouge, bleue. bleue , blanche. .. id. id ... id ... noire , brune, rouge, jaune, bleue, brune, rouge, jaune, bleue, blanche. id. id. id. id. id. . . rouge , jaune, blanche. noire, brune, rouge. . .. aride, sec, marécageux. id. id. frais , humide id. id. id. frais , humide, aride, sec, frais. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. marécageux. id. id. id.‘ marécageux. Tome II 11 1 TE Fl TER 882 §11. — Procédé pour reconnaître la proportion du mélange des terres. Ou emploie divers moyens pour reconnaître la proportion des mélanges des terres dont nous venons de parler : voici les plus simples. On fait çà et là, dans le terrain , des trous de la profondeur à laquelle les racines des arbres qu’on veut y mettre ont coutume de s’enfoncer , ce qui découvre à l’œil les dilférens lits de la terre ; mais comme ces fouilles sont un peu coûteuses , on peut se contenter de percer des trous avec une sonde, qui, rapportant de la terre du fond, met à même d’en connaître la qualité. V. la description de cette sonde dans le Traité des semis et plantations de Duhamel. On examine d’ailleurs l’état de végétation des arbres qui peuvent se trouver sur le terrain ou sur un autre analogue. On s’assure aussi de la qualité des terres par le lavage. Pour cet effet, on retire avec la sonde une petite quantité de terre , depuis la superficie jusqu'à une profondeur déterminée ; on la jette dans un grand vase de terre qu’on remplit d’eau ; on délaie bien cette terre jusqu’à ce que toutes les parties en soient parfaitement réduites, et restent en suspension dans l’eau : alors on laisse reposer le mélange pendant plusieurs jours, c’est-à-dire jusqu’à ce que la terre se soit précipitée au fond du vase et que l’eau reparaisse limpide. O11 verse avec précaution l’eau claire de la partie supérieure , et on fait évaporer petit à petit, dans un endroit chaud , celle qui reste, juscpi’à dessiccation de tout ce qui est dans le vase ; ensuite on rompt doucement ce vase, de manière que les couches de différentes sortes de terres puissent être vues dans leur épaisseur respective. Les pierres et le sable occupent toujours le fond , comme étant plus pesans ; viennent ensuite les terres argileuses, glaiseuses, limoneuses, et enfin la terre végétale ou le terreau, chacune suivant l’ordre de leur pesanteur; mais il est rarement utile de recourir à cette expérience , qui peut être remplacée par les autres indications que nous avops données, c’est- à-dire par l’examen de la végétation des plantes qui croissent sur le terrain, et par l’inspection des terres extraites de quelques trous creusés à différens endroits et à une certaine profondeur. La connaissance des parties constituantes d’un terrain est insuffisante pour déterminer le choix des espèces d’arbres à y cultiver, il faut encore considérer le terrain par rapport à sa situation l’objet du paragraphe suivant. § 1 2 . — Oc la situation des terrains. que soit d’ailleurs la nature de la terre, d’où l’on a distingué les arbres des vallées et les arbres des montagnes. il y a , comme nous l’avons dit, des terrains arides , secs, frais , humides , marécageux. Les terrains secs sont ordinairement ceux qui, indépendamment de leur peu de profondeur ou de leur constitution peu propre à conserver l’humidité, comme les sables , les terres calcaires et la craie , se trouvent exposés à l’ardeur du soleil ou dans une situation élevée, à moins cependant qu’ils ne soient dominés par une autre élévation, ou qu’il ne s’y rencontre des sources, comme cela arrive très-souvent sur les hautes montagnes, où l’air est humide et le terrain ferme et capable de retenir l’eau. L’aridité est un degré déplus de sécheresse, qui est dù à la température, à la nature peu substantielle du terrain, à la situation élevée du sol et à son exposition à une grande sécheresse- Les arbres qui réussissent le mieux sur les terrains secs sont les ormes, les charmes, les bouleaux, les peupliers blancs , les trembles, les marceaux, le mahaleb ou bois de Sainte-Lucie , les pins, etc. Lorsque les terrains ne sont pas trop secs , on y voit croître aussi les chênes, les châtaigniers, les érables, les frênes, les noyers , les merisiers ; mais ces arbres n’y acquièrent de grandes dimensions que lorsqu’il s’y est formé du couvert. Lorsque les terrains secs se trouvent garnis de bois , on doit se garder de les dépouiller des grands arbres jusqu’à ce que le jeune bois ait pris une certaine croissance : c'est aussi le cas de réserver beaucoup de jeunes baliveaux pour fournir de l’ombre et empêcher l’évaporation de l’humidité. Quand ils sont nus, ils exigent beaucoup de soins pour être mis en bois , parce qu’il faut y ménager des abris. (V. Dunes, Sables, Terres de bruyère.) On procure ces abris en semant de hautes herbes sur la surface du terrain , en y plantant des boutures de peuplier d’Italie, et en interdisant l’accès des bestiaux ; puis on y sème des graines de pin ou de bouleau. Les terrainsfrais, ordinairement situés dans des endroits en pente et dans les plaines, forment le milieu entre les terrains humides et les terrains secs. Ils sèchent difficilement pendant l’été , et rarement au- dessous d’un pied de profondeur; cependant ils ne contiennent, dans aucune saison , assez d’eau pour qu’il s’y forme des dépôts aquatiques. Ils conviennent à tous les arbres, à moins qu’ils ne soientd’une constitution trop homogène ou d’une trop grande La situation d’un terrain, quelle qu’elle soit, haute , basse , en pente, unie , a toujours une influence marquée sur la propriété des terres , et par conséquent sur la réussite et l’accroissement des arbres. 11 est même reconnu que la qualité de la terre influe beaucoup moins sur la vigueur des végétaux que la situation du terrain et la température de l’atmosphère. Eu effet, il y a des arbres qui ne viennent que dans des situations basses et humides, tandis que d’autres préfèrent les montagnes, quelle ce sera com p ac ; t é. On peut y élever de belles futaies quand ils ont du fond ; mais le bois n’y est pas aussi ferme que dans les terrains secs; en revanche, il y est plus élastique et plus propre aux ouvrages de fente. Les terrains humides sont ceux qui, d’après leur situation peu élevée et leur nature , conservent de l’eau une partie de l’année, et qui s’en débarrassent naturellement à l’époque de la sortie des feuilles sans cependant perdre leur humidité dans aucune saison. On les reconnaît aux dépôts des eaux qui se forment en automne et au printemps dans les trous pratiqués à la surface. Ces terrains conviennent particulièrement à une classe d’arbres qu’on appelle arbres aquatiques, tels que les aunes, les TEK TER saules, les peupliers , les frênes, les platanes, les tilleuls. Duhamel fait remarquer , et c’est un fait prouvé par l’expérience , que les bouleaux , les frênes , le peuplier blanc, le tremble et le marceau , qu’on peut regarder comme des arbres aquatiques, ou au moins comme des arbres de vallées, subsistent mieux dans les terrains arides que ceux même qu’il a conseillé de planter dans les plaines et sur les hauteurs. J’ai eu la preuve de ce fait dans beaucoup de plantations faites sur des terrains secs , où le bouleau, le marceau et le tremble avaient mieux réussi que les essences de plaines et de montagnes ; mais les arbres aquatiques ne viennent jamais mieux que quand leur tronc n’estpoint submerge, ou qu’il ne l’est que rarement et pendant un court espace de temps. Ils se plaisent sur la berge des fossés, parce que leurs racines s’étendent dans la terre pénétrée d’eau , ou dans la boue qui forme les côtés du fossé, mais point dans l’eau dont il est rempli. Les terrains marécageux sont presque entièrement submergés par les eaux ou exposés à l’être fréquemment. On les reconnaît facilement à leur défaut de fermeté et par la nature des plantes qu’ils produisent; ils reposent soit sur une couche de terre serrée, qui ne permet pas à l’eau de s’infiltrer, soit sur des terres sans consistance, formées de terreau , c’est-à-dire d’un mélange de terre et de débris de plantes et de racines pourries. Lorsque le mélange admet une telle quantité de débris végétaux, qu’étant séché, il puisse servir à l’aliment du feu, on l’appelle de la tourbe , et celle-ci est d’autant plus combustible qu’elle contient plus de bitume. ( On appelle bitume ou poix minérale toute substance résineuse et inflammable qui se trouve telle dans le sein de la terre.) Ces terrains ne conviennent point à la culture des bois, et on n’y voit croître, parmi les arbres utiles , que les saules, les peupliers, les aunes et le bouleau, dont même le bois n’est pas aussi bon que celui des arbres des mêmes espèces qui auraient cru dans un fond de bonne terre, où l’eau ne serait pas stagnante. Les arbres des terres très-humides ont le bois plus pesant lorsqu’il est frais, parce qu’il est plus chargé d’eau de végétation; mais ce bois est moins dur, moins dense , plus sujet à se pourrir et à être attaqué par les insectes que celui des arbres qui ont végété sur un terrain sain ; il devient très-léger en se séchant et prend beaucoup de retrait, et cependant ses pores sont larges et ouverts. Ce bois est connu par les ouvriers sous la dénomination de bois creux et gras. Il ne peut servir qu’aux ouvrages qui sont à couvert de la pluie. Il n’a pas la fermeté et la souplesse des bons bois; il est cassant, et ne peut supporter le clou sans éclater ; il ne se prête point aux contours qu’on veut lui faire prendre. Sa couleur, quand il est sec , est d’un jaune foncé , quelquefois tirant sur le roux. Lorsqu’en été les mares sont desséchées dans les forêts , on peut reconnaître les endroits aquatiques par les plantes qui y croissent, telles que la persi- caire , la menthe aquatique, la berle, les joncs. On parvient à dessécher les terrains marécageux par des fossés d’écoulement, mais jamais à en faire de 883 très-bons terrains. Il faut même se garder de les trop dessécher ; car alors ils deviendraient si légers et si veules, que dans cet état ils seraient encore moins propres qu’auparavant à la culture des bois. Je ne puis mieux faire connaître la nature des terrains marécageux, les différences qui existent entre eux et la manière d’en tirer parti, qu’en donnant ici l’extrait d’un mémoire que JM. Bosc a inséré dans les Annales de P agriculture française, t. LV 1 I, mars j81 4 * « Tout terrain creux ou en plaine, dit-il, quelle que soit sa nature , où l’eau séjourne constamment, est un marais, que cette eau provienne directement des pluies , qu’elle provienne de l’écoulement d’une ou de plusieurs fontaines, des infiltrations ou des débordemens d’une rivière, d’un ruisseau , d’un étang , etc. 33 Un terrain en pente et inférieur à des sommets susceptibles de laisserJàcilementinfiltrer leseauxdes pluies est toujours marécageux, ou, mieux, uligineux (mot emprunté des Latins, et employé ici pour désigner une espèce particulière de terrain marécageux), lorsqu’il est formé d’un banc d’argile, ou de marne très-argileuse , d’une épaisseur très-variable , surmonté d’une couclie de terre tourbeuse, qu’on prend pour de la terre végétale, également d’épaisseur variable , mais au plus d’un pied , terme moyen, lorsque l’eau qui le rend marécageux est celle de la pluie tombée sur les sommets et arrêtée par le banc argileux, laquelle s’épanche par des filets imperceptibles et très-nombreux, de sorte que la totalité de la couche supérieure en est à - peu - près également imbibée. 33 Cette eau est toujours un peu coulante, et comme celle des véritables tourbières, elle ne gèle que dans les hivers les plus rudes. Ses émanations sont peu dangereuses, car ce n’est que dans les jours les plus chauds qu’elles sont sensibles a l’odorat. 33 Les terrains uligineux offrent quelquefois ou des sources , et par suite des ruisseaux , dans les dépressions parallèles à leur pente , mais ces sources ne sont jamais abondantes ; ou des espaces véritablement marécageux dans les dépressions perpendiculaires à ces mêmes pentes, mais ces espaces ne sont jamais fort étendus. 33 Lorsqu’on marche dans un terrain uligineux, il cède et parait élastique ; quand on creuse un fossé perpendiculaire à la pente de ce terrain , il s’y fait constamment des suintemens d’eau rousse, suinte- mens qui augmentent dans les années pluvieuses, mais qui sont rarement assez forts pour former un ruisseau. 33 Quelquefois ce fossé , lorsqu’il est prolongé dans toute la longueur du terrain uligineux , dessèche la partie qui lui est inférieure ; quelquefois il n’y produit aucun effet, probablement parce qu’il se trouve dans le banc d’argile des fentes qui donnent passage à l’eau au-dessous du fond du fossé. 33 Dans quelque sens qu’on fasse les fossés dans les terrains uligineux, on doit être certain qu’ils seront comblés en peu d’années, à moins qu’ils ne soient d’une grande largeur , parce que la marne inférieure, délitée par la sécheresse ou par la gelée, tombe dans le fond de ces fossés , et que la terre vé- * 11 I TER TER 884 gétale supérieure tend toujours à descendre lorsqu’elle est gonflée et poussée par l’eau : aussi dès le premier hiver fait - elle une saillie plus ou moins forte sur le bord qui est du côté de la descente , saillie qui finit par tomber aussi dans le fossé. » Il est probable que la plupart des descentes de terrains qu’on a cités comme remarquables ont eu lieu dans des cantons uligineux. »' La végétation est très-vigoureuse dans les terrains uligineux; mais elle ne se compose que de plantes qui leur sont propres , et qui, pour la plupart, ne conviennent pas aux bestiaux. Presque partout cependant on les utilise en y menant pâturer les vaches pendant quelques heures chaque jour. » L’aune est le seul arbre utile qui s’accommode des terrains uligineux , et il y pousse si faiblement, que ses tiges, à 10 ans d’âge, ne sont pas plus élevées que celles du voisinage, qui n’ont que 2 ans. Le saule aquatique, la bourdaine et l’obier y sont assez communs , et offrent la même faiblesse de végétation. On y fait, avec quelques soins, reprendre le bouleau et le frêne, et ils y offrent le même phénomène. 33 Deux causes m’ont paru concourir à la moindre vigueur de l’aune dans ces sortes de terrains, la température toujours égale , c’est-à-dire froide pendant l’été , de l’eau qui l’imbibe, et la petite quantité de parties solubles que contient cette terre végétale. J’aurais pu ajouter le peu de profondeur de cette dernière couche , quoique l’aune ait les racines traçantes. 33 En effet, si l’eau des sources ou des puits , n’ayant que îo degrés environ de température, retarde évidemment dans nos jardins la végétation des plantes, qu’on en arrose une ou deux fois au plus chaque jour, quel doit être son effet lorsqu’elle abreuve constamment le pied des ormes en question? Inutilement j’ai cherché, en y mettant tous les soins possibles, principalement en apportantdans un trou suffisamment grand de l’excellente terre de jardin , à y planter des choux et à y semer des fèves de marais, qui, de tous les légumes, sont ceux qui aiment le mieux l’eau : les premiers n’ont pas poussé, et les seconds n’ont pas germé. 33 Quant au manque de parties solubles dans la terre végétale, cela demande quelque explication. 33 La tourbe des véritables marais, c’est-à-dire la tourbe pure, ainsi que je crois l’avoir fait voir, le premier, à son article dans le Nouveau dictionnaire d’histoire naturelle , en 24 vol., ne diffère du terreau que parce qu’elle n’a pas toutes les parties constituantes des plantes qui ont servi à la former’: en conséquence, elle brûle presque comme ces plantes auraient brûlé, et n’est propre à la végétation qu’après qu’on l’a laissée se décomposer, ou lentement, ou en l’exposant en couche mince pendant plusieurs années à l’air, ou rapidement au moven des alcalis et de la chaux. Or, la terre végétale des lieux uligineux est aussi une tourbe, mais un peu différente de celle que je viens de citer ; car elle est toujours mêlée de terre argileuse, de sable et de terreau, et ce parce que les plantes qui lui ont donné naissance n’étaient pas aussi grandes que celles qui croissent dans les eaux stagnantes , et qu’une partie des tiges et des feuilles de ces plantes se sont décomposées à l’air : aussi suffit-il de l’exposer en couches minces aux influences atmosphériques pendant un an, pour la transformer en un excellent engrais, ou de lui donner une fort petite quantité de chaux, pour la rendre en peu de jours propre à la végétation. 33 Ces faits, j’en ai acquis la preuve personnelle par des essais directs. 33 11 y a des terrains uligineux, je l’ai déjà dit, partout où des montagnes perméables aux eaux des pluies reposent sur un banc d’argile d’une épaisseur un peu considérable. La chaîne calcaire primitive qui lie les granits des Vosges à ceux des environs d’Autun, chaîne où se trouvent Langres, Dijon , Beaune , etc., en offre beaucoup.Ils sont communs autour de toutes les buttes à plâtre des environs de Paris , principalement autour de celles sur lesquelles est située la forêt de Montmorency. On en voit beaucoup dans le voisinage de la maison que j’habite dans cette forêt depuis 20 ans. Ainsi, j’ai été à même de les observer en géologiste , en botaniste et en agriculteur. x> M. Bosc parle ensuite de la difficulté d’utiliser ces terrains, des essais infructueux qu’on y a faits, et des fautes qu’on a commises dans ceux de la forêt de Montmorency , près de la vallée du château de Chasse. Quels que soient le nombre des fossés qu’on y a pratiqués et l’intelligence avec laquelle on les a divisés, ils n’ont produit aucune amélioration relativement au but qu’on se proposait, c’est-à-dire que les aunes qui se trouvaient dans ces terrains n’ont pas activé leur végétation ; qu’il n’y a poussé ni bouleaux, ni frênes , ni chênes , quoiqu’on y ait semé des graines de ces arbres : seulement quelques plantes différentes de celles du fond ont poussé sur les terres enlevées des fossés, terres qui étaient, par moitié , de la marne, de la terre végétale , et qui, par conséquent, remplissaient les données les plus favorables. M. Bosc termine son mémoire en disant que les terrains uligineux peuvent être mis en culture avec profit et d’une manière permanente quand on y procède avec intelligence, et qu’il ne s’agit pour cela , i°. que de creuser dans la partie la plus élevée un fossé assez profond non-seulement pour couper la nappe d’eau qui filtre sur la couche d’argile, mais encore les filets qui se sont insinués dans les fentes de cette couche, lequel fossé se dégagera dans d’autres fossés plus petits , creusés dans le fond des vallées; 2°. de mélanger la couche végétale ou tourbeuse avec la couche supérieure du banc d’argile ; 3 °. d’accélérer la décomposition de la terre végétale en semant sur la surface , plusieurs années de suite, avant l’hiver, une certaine quantité de chaux éteinte à l’air. Le mélange des terres se fait en défonçant le terrain et en ramenant à la surface une petite partie du banc d’argile ou de marne qui se trouve sous le terreau. On peut aussi écobuer les terrains uligineux ; mais on doit préférer à cette pratique , lorsque cela est possible, l’emploi de la chaux, qui est très-propre à favoriser la décomposition du terreau. 3 . Desséch em en t. TER TER § i3.— Accroissement des arbres et qualité de leur bois suivant les terrains , expositions et situations . Le chêne se plaît dans les terres fortes , dans les fonds d’argile mêlés de terre végétale, de sable, de graviers et pierrailles, et qui joignent à ces qualités la profondeur et un peu de fraîcheur; cependant il s’accommode assez bien de toutes sortes de terrains ayant quelque qualité. Dans les fonds humides , ainsi que dans les terres glaiseuses, son bois devient tendre et gras ; mais si sous la terre fertile il se rencontre du gravier, son bois est plus dur; en général , il ne vient pas bien lorsque immédiatement sous la couche de bonne terre il se trouve un lit d’argile épais et serré , des bancs de pierres , de craie, etc., impénétrables aux racines, ni lorsque le terrain est aquatique et marécageux. 11 aime les revers des montagnes , les expositions au nord et les plaines, et il parvient même sur les hautes montagnes froides à un âge très-avancé, mais rarement à une grosseur considérable. Le hêtre croit de préférence dans un bon terrain noir, frais , mêlé de sable, de gravier ou de petites pierres; mais il croit aussi dans un terrain de médiocre qualité, lors même qu’il n’a qu’un pied et demi ou 2 pieds de profondeur. 11 vient même dans les terres dures et qui ont peu de fond, et sur les roches entre lesquelles il peut enfoncer ses racines. 11 n’y a que les fonds très-sableux, très-argileux, aquatiques et marécageux, qui lui soient contraires. 11 aim'e les plaines et les expositions au nord sur les revers des montagnes. .Par-tout son bois est propre à quantité de petits ouvrages de raclerie et de boissellerie; cependant, pour la fente, il est plus propre dans certaines forêts que dans d’autres. Les hêtres de la forêt de Vil- lers-Cotterets , dont le sol est bon , sont meilleurs que ceux de la forêt de Fontainebleau , où le sol est assez généralement sablonneux. Les rames des galères et autres ouvrages qui exigent du ressort dans le bois , doivent être pris dans des arbres qui ont cru en massif dans une terre légère, qui ait beaucoup de fond, et qui ne soit ni trop sèche ni trop humide , parce qu’alors ils poussent avec vigueur et acquièrent une tige bien droite. Le charme vient très-bien dans toutes sortes de bonnes terres ; mais il se contente aussi d’un mauvais fond d’argile et d’une terre maigre. Il supporte une certaine humidité, et cependant il vient dans les lieux exposés au midi, pourvu qu’il s’y trouve un peu de terre ; il ne réussit point dans les sables arides ni dans les endroits marécageux , et il n’y a que dans les bons fonds qu’il prend assez de grosseur pour faire des pièces de service. Le bouleau vient dans les mêmes terrains que le charme , et de plus il croit mieux que lui dans les mauvais fonds sableux. On le voit aussi réussir dans les terrains humides, sur les côtes exposées au nord et dans les fonds les plus maigres, où la plupart des autres arbres périssent. Le bois du bouleau est de bien meilleure qualité dans les sables gras et humides que dans les endroits aquatiques. On ledit meilleur aussi dans les climats tempérés que dans les climats froids. 885 Le frêne se plait dans les terrains humides mêles de terre noire , d’argile, de sable ou de pierrailles ; mais il réussit dans toute autre espèce de terre. Quoique les terres marécageuses ou très-sèches ne lui conviennent pas , on l’y voit cependant réussir quelquefois ; il se plait particulièrement dans les fonds humides dont le sol est substantiel, et au bord des prairies. Si l’on veut élever des frênes pour en faire des perches, il faut les planter dans un terrain humide, afin qu’ils fassent des jets bien droits : quand ils viennent dans un terrain trop sec, leur bois est cassant. Les meilleurs frênes pour le charronage sont ceux qui ont crû dans une bonne terre, ni trop sèche ni trop humide , et qui ont été plantés en bouquets et non isolés les uns des autres. Le sycomore e t la plupart des autres espèces d’érables croissent dans toute espèce de terrains de bonne et de médiocre qualité, pourvu qu’ils soient un peu frais et qu’ils aient un peu de fond ; mais ils craignent la glaise trop forte. On les voit croître à l’ombre des autres arbres, et ils subsistent sur les côtes arides. Les expositions au nord et les vallons leur conviennent beaucoup. L’érable à feuilles de frêne demande un sol humide. Au reste, ces arbres ne fournissent guère de pièces pour la charpente ; mais leur bois est estimé pour le chauffage et pour des ouvrages de marqueterie et de menuiserie, sur-tout quand les arbres se trouvent remplis de nœuds. L’orvne.vient dans les mêmes terrains que le frêne. L’espèce à écorce lisse et à grandes feuilles, ulmus campestris , se plait beaucoup dans le sable gras. En général, les ormes sont peu difficiles sur les espèces de terres , parce que dans les terrains qui ont peu de fond les racines s’étendent au loin pour chercher leur nourriture à la superficie; mais pour cela il faut qu’ils soient plantés à une grande distance les uns des autres. Lorsque les terrains sont un peu secs , les ormes y croissent plus lentement que lorsqu’ils sont humides; mais leur bois y est de bien meilleure qualité. Dans les terres argileuses et les sables gras qui ont beaucoup de fond, les ormes sont sujets à des chancres qui les font périr , et leur bois y est tendre. Le châtaignier se plaît dans les terrains sablonneux, sur-tout quand le fond est un peu humide; il vient cependant dans des sables assez maigres quand il peut enfoncer ses racines à une grande profondeur : il ne réussit pas aussi bien dans les terres trop fortes et argileuses, et il ne s’accommode pas des terrains qui n’ont pas de fond. Quand on destine les châtaigniers à être élevés en taillis pour faire des cercles , il est bon que le terrain soit un peu humide : alors il produit de belles perches; mais ce bois est meilleur pour faire de la charpente et du merrain, quand le terrain n’est pas trop humide. L ''aune se plaît beaucoup dans un bon terrain constamment humide, sur la berge des fossés remplis d’eau, et on le voit croître dans des marais où l’eau séjourne des années entières et même dans des terres qui tiennent de la tourbe , et où il ne vient presque aucune autre espèce d’arbres, ou qui ne produisent que des souchets , des glaïeuls, etc.; cependant le bois d’aune est bien meilleur dans les terres qui sont rarement ou nullement submergées, 886 TER TER pourvu que l’eau s’y trouve à un pied ou deux de profondeur. Les saules se plaisent dans les mêmes terrains que l’aune ; ils viennent même dans toutes les espèces de fonds, pourvu qu’ils soient humides et légers. Les terrains constamment aquatiques, de même que ceux qui sont trop secs et les sables arides, ne leur conviennent pas. Ils croissent très - promptement dans les prairies, sur le bord des étangs, des rivières et des fossés remplis d’eau, où iLs pompent, par leurs racines et leurs feuilles, l’humidité qui leur est nécessaire. Le saule-marceau se passe facilement d’eau, et croît assez bien sur les hauteurs et même dans les sables. Le bois des saules qui ont cru dans un terrain un peu élevé est de meilleure qualité que celui des saules qui n’ont cru que dans l'eau. Les peupliers préfèrent un fond gras , sablonneux, poreux et humide,et ils y parviennent en peu de temps à une hauteur considérable ; ils viennent bien aussi dans toute espèce de terrain médiocre , pourvu qu’il soit léger. On plante avec assez de succès les peupliers de la Caroline et d’Italie dans les sables maigres ; mais ils n’aiment pas les terrains argileux et serrés, non plus que les terrains trop aquatiques. Néanmoins le peuplier noir vient mieux dans les fonds aquatiques , que ceux de la Caroline et d’Italie , et il vient même dans les marais où les autres périssent. Le tremble et le peuplier blanc viennent presque par-tout; mais le bois de toutes ces espèces de peupliers est de bien meilleure qualité dans les terrains médiocrement humides que dans ceux qui sont marécageux. Les merisiers , les cerisiers , les padus , les cytises , pour lesquels une terre franche , un peu sèche, est excellente , subsistent dans les terrains fort maigres et dans les terres calcaires et crayeuses. Le platane d’Occident à larges feuilles et le tu lipier aiment les terrains humides; le platane du Levant à feuilles découpées demande une terre douce qui ait du fond, et qui soit fraîche en dessous. Les sorbiers viennent bien dans des terres assez sèches, pourvu qu’elles aient du fond. Les sureaux , les sumacs , les coudriers , Vépine blanche, l’ azêrolier, l’ amé/anchier , le buisson ardent, les cornouillers, deviennent plus vigoureux dans une bonne terre que dans une terre de médiocre qualité ; mais ils ne périssent pas dans les mauvais fonds. Le pin sauvage se plaît particulièrement dans un sol mêlé de sable, de terre végétale et un peu profond; mais il vient encore passablement dans tout autre, même dans les plus mauvais fonds de sable , pourvu qu’il y ait un peu de terre. Il n’y a que les fonds argileux, aquatiques et marécageux qui ne lui conviennent pas. Il aime les revers des montagnes et les plaines sablonneuses ; mais sur les hautes montagnes il a beaucoup à souffrir des neiges et du givre, qui s’attachent en grande quantité à ses longues aiguilles et qui rompent sa cime et ses branches. Le bois du pin est plus résineux dans les terres chaudes et sèches que dans les autres. Le sapin commun ou à feuilles d’if vient de préférence dans un fond de bonne terre, mêlé d’un peu d’argile et de petites pierres ; mais on peut aussi le cultiver avec succès sur un sol de médiocre qualité. Les fonds limoneux , fangeux et aquatiques ne lui conviennent pas. Il vient très-bien sur les penchans des montagnes exposées au nord. Le sapin-pesse ou épicéa croît on ne peut mieux dans un terrain composé d’argile, de terre végétale et de gravier, sans qu’il ait beaucoup de profondeur , et il réussit aussi dans un terrain de médiocre qualité; mais il n’aime pas les endroits aquati- tiques, limoneux , ni les fonds trop sableux : les hautes montagnes lui conviennent également. Le mélèze préfère un terrain un peu profond, mêlé d’argile, de terre noire, de sable , de gravier ou de petites pierres , et il réussit encore dans toute autre espèce de fond de bonne et de médiocre qualité. Mais on doit se garder de le semer sur un terrain composé d’une argile trop dure , dans les fonds glaiseux, dans les mauvais sables, sur les roches et dans des endroits aquatiques ; il croît d’ailleurs très-vite sur les hautes montagnes et dans les plaines. C’est celui de tous les arbres résineux qui fournit le bois le plus ferme et le plus durable pour les constructions. Il donne un bon chauffage. Il résulte des observations qu’on vient de présenter que , dans les terrains fort humides, le bois des arbres est poreux , léger et tendre , et que leur sève a une grande disposition à fermenter ; que dans les terrains arides et secs on trouve rarement des arbres d’assez belle taille pour être employés à des ouvrages d’importance ; que les bons et beaux arbres se trouvent dans les fonds dont la terre est substantielle et qui ne sont point exposés à être inondés , à l’exception des arbres aquatiques, qui ne peuvent guère se passer du voisinage de l’eau , et que l’on estime plutôt à cause de leur haute taille que relativement à la qualité de leur bois , laquelle cependant est encore préférable quand ces arbres ont cru dans un bon fond élevé de3ou 4 pieds au-dessus de l’eau que quand ils ont été plantés dans des marais. Le Climat et l ’Exposition exercent aussi une influence sur l’accroissement des arbres et sur la qualité de leur bois. V. ces mots. Terre alumineuse. V. Argile. Terres arables. Les terres arables sont celles qu’on cultive pour en obtenir des récoltes : c’est l’opposé des terres incultes, des landes, des bruyères, des terres en nature de bois. Terre argileuse. V. Argile et Terre. Terres blanches. On donne ce nom , dans plusieurs pays, à des marnes argileuses superficielles , très-peu abondantes en humus, que la plus petite pluie rend dures et unies à leur surface, et que la sécheresse. la moins prolongée prive d’humidité. Ces terres sont peu fertiles et ne conviennent guère à la culture des céréales. Les prairies artificielles et les plantations de bois sont souvent ce qu’il est le plus avantageux de faire dans ces sortes de terres. On ne doit point chercher à y multiplier le bois par la voie du semis, qui n’y réussit pas. Y. Semis, Terre. Terre calcaire. V. Terre. Terre crayeuse. Y. Terre. TER Terre creuse. On entend par cette dénomination , dans quelques cantons, les terres susceptibles de laisser déchausser le blé et les autres céréales par suite des gelées de l’hiver. Les semis de bois n’y réussissent pas, c’est laplantation qu’il faut employer dans les terres creuses. Terres fortes. Sont celles où l’argile domine. V. Argile et Terre. Terre franche. Cette dénomination a une application variée suivant les lieux ; cependant on l’applique assez généralement à une terre argileuse mêlée au-delà de moitié avec de la silice ou du calcaire et une portion assez considérable de terreau. Les terres franches sont celles qui conviennent le mieux à la culture des arbres et même à celle des (éréales. V. Terre. Te rres froides. Ce nom s’applique généralement aux terres argileuses et humides, sur-tout lorsqu’elles sont placées à l’exposition du nord ou ombragées par de grands arbres. La végétation s’y développe plus tard qu’ailleurs. Quelquefois les terres froides sont des terres marneuses, qui, à raison de leur couleur blanche, n’absorbent pas les rayons du soleil. Ces terres, peu avantageuses pour la culture des céréales, peuvent être employées à des plantations de bois , sur-tout de bois blancs. Terre glaise. V. Glaise et Terre. Terre grasse. C’est une des dénominations communes de l’argile et de ses variétés ; mais on appelle aussi terres grasses celles qui contiennent beaucoup de principes nutritifs. V. Terre. Terres graveleuses. Y. Gravier, Sable, Sa- blon, Terre. Terres humides. Sont celles qui retiennent l’eau une grande partie de l’année ou toute l’année. Elles sont dans cet état, soit parce que les eaux superficielles des sources s’infiltrent dans la couche de terre végétale et s’arrêtent sur l’argile, soit parce que les eaux d’une rivière, d’un lac, d’un marais, s’y introduisent, soit parce que la nature de la terre est argileuse et propre à retenir l’eau , soit parce que la situation du sol ne permet pas l’écoulement ou l’évaporation des eaux surabondantes , soit enfin parce que le climat est très-pluvieux. 11 faut assainir ces sortes de terres par des fossés , des égoûts, et y planter les espèces d’arbres qui leur conviennent, comme les aunes , les saules, les peupliers, les platanes. V. Terre. Terres labourables. On appelle ainsi les terres qui sont en nature de culture ; mais si l’on veut parler des qualités qui conviennent à une terre pour être labourable , on entend par cette dénomination une terre composée d’argile , de terreau , de sable ou de calcaire , le tout mélangé dans des proportions convenables pour que cette terre puisse retenir la quantité d’eau nécessaire à la végétation et faciliter l’allongement des racines des plantes. Terres marécageuses. V. Terre. Terre marneuse. V. Marne. Terres métalliques. On donne ce nom aux terres qui contiennent des mines de métaux et principalement du fer. V. Mines. Terre noire. Lorsqu’une terre est noire , parce qu’elle contient beaucoup à'humus ou de terreau , TER 887 elle est très - fertile , à moins qu’elle ne soit trop sèche. Mais la tourbe, qui est composée des mêmes principes que le terreau, et qui est également noire, ne devient fertile que par une très-longue exposition à l’air, ou par son mélange avec la cnaux ou les alcalis. Cette différence est due à ce qu’elle est plus difficilement rendue soluble par l’action de l’air. Terre novale. Dans quelques cantons, les agriculteurs donnent ce nom aux terres nouvellement défrichées. Ainsi, les terrains vides que l’on défriche dans les forêts, de même que les bois qu’on arrache , forment des terres novales : ces terres produisent quelques bonnes récoltes 5 mais si le fond , comme c’est le cas le plus ordinaire , n’est pas de bonne qualité , bientôt ces nouvelles terres deviennent improductives comme terres arables et difficiles à remettre en bois. V. Défrichement , Semis. Terres ocreuses. Ce sont celles qui sont composées d’argile sablonneuse et surchargées de fer. Les proportions des parties qui les composent varient sans fin : elles sont peu fertiles. Les bois qui v croissent sont clair-semés et peu élevés; cependant il paraît que la culture du bois y est encore préférable à celle des céréales. Terre quartzeuse. Y. Gravier, Quartz , Sable , Silice. Terres rouges. On donne ce nom , dans beaucoup de cantons, aux terres argileuses ou argilo- sablonneuses surchargées d’oxide rouge de fer : ces terres sont très-infertiles. L 'ajonc et quelques autres plantes s’en accommodent. Terres sauvages. On donne ce nom, dans le ci- devant département de la Sarre et en général en Allemagne, aux terres qui ne se cultivent que de loin en loin, et qu’on abandonne le reste du temps au pacage des bestiaux. Terres sèches. V. , au mot Terre, ce que nous avons dit des terrains secs. Terre silicée. Y. Silice. Terres vaines et vagues. Y. Terrains. Terre végétale, ou Humus, ou Terreau. C’est la couche superficielle qui presque par-tout couvre le sol, et qui est communément composée de trois sortes de terres : l 'argile , la terre calcaire et la terre quartzeuse, mêlées des débris des corps organisés, et sur-tout des végétaux, qui, tous les ans, embellissent la terre de leur verdure, et tous les ans y laissent leurs dépouilles. V. Terre. Terres seules. On appelle ainsi, dans quelques endroits , les terres sablonneuses ou crayeuses qui ne retiennent pas l’eau, ou que l’air dessèche avec une grande rapidité. Ces terres peuvent être plantées en bois, dont on favorise la première éducation par des abris. Terre vierge. C’est celle qui n’a jamais été soumise à la culture. Terres ( Extraction de ). Il est défendu de tirer des terres à 6 toises près des rivières navigables, à peine de 100 fr. d’amende , ni d’en enlever dans l’étendue et aux reins des forêts, à peine de 5 oo fr. d’amende. ( Ord. de 1669 , tit. XXVII , art. 12 et 4 o.) 388 fET ^f^EERE AU . On donne ce nom a la terre produite pM&j 'bedsAàpipfesitiocl idesi végétaux: et des animaux dceDqtti concerne le terreau, jl’EiyifctN.iA » Terrain et Terre. •■-iXRWHj&B-*' Cïtait le registre contenant. le dew^rçbreinent; ides déclarations des particuliers ryti‘((télexaient d’une seigneurie , et le détail des 'Lrv& 9 H.$&*i s e* rentes qui y étaient dus. On disait ila^î, Je .même sens papier terrier, pied-terrier. La loi^Au \5 mars -1-790 a laboli cette forme de procès- dei..,-V,. Dé nombrepient, TÊTARfl. On appelle -ainsi un arbre dont on a coupe |a tige à une certaine hauteur pour lui faire prqdiyre » vers l'endroit, de l’amputation, des bran- chç^ que-.l’ott coupe Jiériodiquement après un certain jtiombifl.d’annéêsc , .Le§ arhréç dont on forme le plus ordinairement ■les jéiq,rds sont les çqules et les peupliers. Cependant jl ,y a çfes pays éù ljon voit beaucoup de têtards de ^Lu^eprs-patres espèces- dmrbres : celles qui conviennent le plus à ce mode d’exploitation sont l’érable, le châtaignier, le frêne, le platane, le merisier, le.chêne ,fe robinier , le sorbier, le tilleul et l’orme. Y. , à l’article Pépinière, chap. III, j 12, la manière de former ces arbres en pépinière. Quant à la distance, à mettre entre les têtards dans les pâturages,dont on veut ménager l’herbe, ellç.^îoit être dg S à ,6 mètres. V. l’article Planta tion , ckap. VI, § 3 . Lqs têtards forment de véritables taillis, avec la seule différence que leurs souches sont plus élevées que celles des taillis ordinaires. Les repousses sont un peu plus faibles à raison de l’espace que la sève a à parcourir; mais cette perte est compensée_par l’accroissement du tronc, et par l’herbe qui cfoit au pied. Les plantations de têtards sont d’une grande utilité $'elles fournissent beaucoup de bois de chauffage, et entretiennent la fraîcheur des pâturages dans lés pays chauds. M. Bosc dit que toutes les montagnes de,l^ Biscaye .sont plantées de têtards de,chêne, de châtaignier et autres espèces, dont les dépouillés fournissent le charbon qui alimente les nombreuses forges de cette contrée. On fait aussi en Allemagne de grandes plantations de têtards, et depuis plusieurs années , elles se multiplient en France de manière à retarder la disette du bois de chauffage, dont l’épuisement des forêts semble nous menacer. 11 faut, lorsqu’on coupé les branches des têtards, éviter d& les éclater, afin, de retarder la carie du tronc, qui a presque toujours lieu dans les saules et autres bois blancs, mais qui ne se montre quelquefois dans le chêne et les autres bois durs qu’a- près un siècle. Quelque», personnes çoupent les branches rez troncj mais il vaut mieux ne les couper qu’à 2 ou 3 pouqeà èl plus , parce que, cette méthode favorise la sortie des boArgéons, qui est bien plus facile sur le^eiyip boj^que^sur le vieux. Daris^es'pavs "où le fôjinjâ^e 'est'rardj on epupe, T.m * 1 *. tous les 2 ou 3 ans, les rameaux des têtards, çlan.s l’intervalle-4êflx gèVfcYp^cmrfTîn îdbhné'r 'les feuilles, Soitfbaicilèé^olésê’éhe's ail^ béStiaux. ■Le IroAcRéîdêtiétd^yqitifrrtî-îl- h’Sst r ^>as carré , donne du petipïfertî^ ilR èhâVpéHW-j'dt? tffeV planchas courtes. Il' estVJiiéhjttés éSpWesd’arbreS', .comme'le buis, le frêne ,'^erniedt PérâMë-syeomorc , dont IA tête fournit Ji» btVvf&rnf fêrt'W'chen’hé dans l’éfié- nisterie. ~n~. i ■’ " ' :«'i ta-»' • TÉTÉ. Eti |iârlarfr' I 3 J u?i ârfii‘e’ !L ce mot sè rend en latin par- tàütà. C’eSf lé‘sommet, la houppe, la' partie la plus élevée d’un arbre. Les bâcherons l’appellent cmpêail;'ns v .£u^u'^j1]lén"(l t nft 1 arbre quand ils n’aperÇoiwA point dç-'lidlsSridrt dansde'jtbupôan. TÉTRADYNAMIE. (.T. dé bot.^ De deux mots grecs qui signifient qu'âlrépùissdnce'f. La tétrady- namie forme la classe XV e . du système sexuel de Linné; elle'rènferme le^ plantés' quii^nl qpàtje grandes étamines", et deux plns courtes et'opposées, et dont le fruit est une siliqué oü une silicule, TÉTRAGYNlÊ. 'tT. dé bet.). De de ux rjupis principes du système sexuel, deJLanqe, sont de l’ordre IV* , tètragynief, quand. çl^ef ont quatre pistils. TÉTRANDR 1 E. f T. de bot.j De tjeuxt ;rctot*- grecs qui signifient quatre maris. La té^trandrie oel la classe IV du système sexuel;elle compjrsndiQ#tes les plantes qui ont quatre étamines égales pu hauteur. V. Botanique. ' . .i TÉTRAPÉTALÉE. Corolle compû^pf ,d,çplâtre pétales j , ' - TÉTRAPHYLLE. (, T. de lof ) Çomppaé ..-de quatre folioles. THERMOLAMPE. Du grec thermos, chaud , et de lampas , lampe : lampe à chaleur. C’est le nom que M. Lebon a donné à qn p^qle de son invention qui a pour objet de convertir le bois en charbon , de faire servir le calorique qui a opéré la carbonisation à cuire des pietset à.chauffer l’emplacement d’une cuisine , nlemplpyer l’hydrogène, dégagé du bois carbonisé’, à chauffer ou à éclairer. Ce poêle a encore la propriété de fournir du goudron, de l’acide pyroligneux. 3 . Charbon. TH 1 ÉRACHIENS. Habitant de la Thiérache, contrée de la Picardie. On appelle ainsi, dans les forêts des départemens formés de la çi-devant Picardie, de la Champagne et de l’Ile-de-France, des voituriers qui entreprennent de tirer le bois des forêts avec des charrettes qui ne sont garnies rie.ridelles que vers les roues, et qui sont foTt ooininu- des pour les mauvais chemins. Mais ces voituriers donnent lieu à beaucoup de plaintes par les dégâts qu’ils causent aux forêts où ils font paître leurs chevaux, et par les délits qu’ils commettent sur les propriétés des particuliers. Plusieurs fois on a proposé de défendre aux marchands de bois de s’en servir^ d’autant qu’il est difficile d’obtenir des condamnations contre ces voituriers, qui échappent à la surveilLonce pendant la nuit, et.qui, d'ailleurs^, présentent peu de solvabilité. V. Voi- turierij,. ' , T H U TIE THUYA, thuya. Genre de plantes de la monoé- cie monadelphie et de la famille des conifères . qui renferme plusieurs espèces d'arbres, dont deux sont cultivées en France dans les jardins d’agrément. Les thuyas se distinguent des autres arbres de la famille des conifères par leurs rameaux aplatis. Leurs fruits ressemblent beaucoup à ceux des cyprès, et ils n’en diffèrent que par la forme des écailles, qui sont ovales et non taillées en tête de clou. Leurs feuilles sont courtes, opposées, imbriquées et toujours vertes. Le Thuya d’Occident , thuya occidentalis (Lin.), est un arbre qui est originaire de l’Amérique septentrionale , et qui est cultivé dans les jardins de l’Europe, où il parvient à 3 o et 40 pieds de hauteur (10 à i 3 mètres). M. Michaux, dans son Histoire des arbres forestiers de FAmérique septentrionale , en fait la description dont suit l’extrait : Le thuya d’Occident est, de toutes les espèces de thuya, la plus intéressante par les bonnes qualités de son bois. Il est connu, dans le Canada, sous le nom de cèdre blanc , et dans le district du Maine, sous celui d ’arbor vitre , arbije de vie, qu’on lui donne aussi en France. Il s’élève, dans son pays natal, à 45 et 5 o pieds (i 5 à 17 mètres), sur une circonférence qui excède quelquefois 8, 9 et 10 pieds; dimensions, il est vrai , auxquelles il ne parvient que rarement, sa grosseur la plus ordinaire n’étant, à 5 pieds de terre , que de 10 à i 5 pouces de diamètre. Il parait que sa croissance est lente, M. Michaux ayant compté jusqu’à 117 couches concentriques sur un tronc de t 3 pouces et demi de diamètre. Son feuillage, toujours vert, est très-ramifié , et comme aplati ou étalé. Ses feuilles sont comme autant de petites écailles imbriquées et opposées les unes aux autres ; elles répandent une forte odeur aromatique lorsqu’on les froisse. Les fleurs mâles ont la forme de petits cônes ovales. Aux fleurs femelles succèdent également de petits cônes d’environ 4 lignes de long , de couleur jaunâtre, composés d’écailles oblongues, qui, à l’époque de la maturité, se partagent dans toute leur longueur, pour laisser échapper les graines : celles-ci sont petites et surmontées d’une aile très-courte. Cet arbre se trouve principalement dans les situations humides, sur les bords des lacs et des rivières, et sur-tout dans les marais. Il se reconnaît au premier abord par son port et son feuillage; il offre cela de particulier, que son tronc, très-ample au niveau du sol, diminue rapidement, et se termine par un sommet très-effilé; il est aussi très-rameux dans les quatre cinquièmes de sa hauteur; et ses principales branches, fort espacées, forment des angles droits avec le tronc; elles donnent naissance à un grand nombre de petits rameaux secondaires, qui sont inclinés , même pendans , dont le feuillage ressemble à celui du cupressus thyoïdes. Le tronc est couvert d’une écorce peu profondément crevassée, assez douce au toucher, et fort blanche dans les arbres qui sont exposés à la lumière. Son bois , de couleur rougeâtre, est peu odorant, fort léger , et d’un grain fin et tendre. Il est très-estimé, comme résistant le mieux à la pourriture; mais Tome II. 88y comme il est difficile d’en obtenir des pièces d’une certaine longueur, et qui aient un diamètre proportionné , on ne l’emploie presque jamais à la charpente dans le district du Maine. On le regarde comme infiniment précieux , pour en faire des pieux et des barres, qui servent à former tes clôtures des champs; les pieux durent de 35 à 4 ° ans, et les barres transversales 60 ans sans avoir besoin d’étre renouvelés. Les rameaux du thuya d’Occident, garnis de leurs feuilles, sont employés, dans le même pays, à faire des balais, qui exhalent une odeur aromatique. Kalm rapporte que de ses feuilles pilées et bien amalgamées avec du sain-doux on compose un onguent qui s’emploie avec beaucoup de succès dans les affections rhumatismales. Le thuya d’Occident a été introduit en France depuis plus de 200 ans; mais on ne l’emploie que our l’embellissement des jardins et des parcs. Les onnes qualités de son bois doivent engager à le propager dans le nord de l’Europe, où il peut se trouver des marais qui ne sont pas encore soumis à la culture. Cependant, observe M. Michaux, il semble qu’on devrait donner la préférence au cupressus thyoïdes, cyprès à feuilles de thuya, dont la tige est beaucoup plus élevée, le diamètre plus uniforme, la végétation plus accélérée et le hois aussi durable. Le Thuya d'Orient ou de l a Chine s’élève moins que le précédent. Ses branches sont plus longues, forment mieux l’éventail, et ne sont jamais pendantes ; elles sont au contraire ramassées en pyramide comme celles du cyprès. Ses feuilles sont plus petites, plus nombreuses, d’un vert plus gai. Ses cônes sont ronds, raboteux, gros comme le pouce, et ressemblent à ceux du cyprès. On le cultive beaucoup dans les jardins, où son aspect est séduisant par la singulière disposition de ses ra- meauls et le beau vert qui les décore ; mais il perd de ses agrémens à mesure qu’il vieillit. 11 n’a point l’odeur aromatique du précédent. Il est souvent endommagé par les grands froids au nord de Paris. Son bois, qui est fort dur, résiste aussi pendant longtemps à l’humidité , et il convient, comme celui du thuya d’Amérique, pour faire d’cxcellens pieux. Les thuyas se multiplient de graines, qu’il faut semer à l’ombre et au frais, vers le commencement du printemps, dans du terreau léger et bien divisé, tel que celui de bruyère; ils reprennent aussi de bouture et de marcottes. On les plante dans des terrains frais, légers et ombragés. THYMELÉE. V. Daphné. THYRSE. Disposition des fleurs pareille à celle des fleurs du marronnier. TIE. Instrument dont se servent les ouvriers qui font des ouvrages de raclerie dans les forêts. Y. u 4 s TIERCE-OPPOSITION. V. Opposition. TIERCER UNE VENTE. V. Tiercement. T 1 ERCEMENT. C’est l’augmentation du tiers du prix d’une chose après que l’adjudication en a été faite. * L’ordonnance de 1669, tit. XV, art. 33 , définit ainsi le tiercement qui se fait sur le prix des coupes de bois : Le tiercement est une enchère qui augmente 1 l 2 TIE 890 TIE . !o an '•■.il 'uch ii,j i-t-.ij.np,, ■ , dvliert le la. vqnty ,eÇ, Jait le quart sur le du t ‘ é ^ • •>m--àoi*t ■■qm-fhtfo-priif, f*f d * 1 ioo liv., le tiercementsèra P ar arpent. Le second feu s’allumait ensuite pour le doublement, c’est-à-dire que toutes les enchères qui se taisaient pendant ce second feu étaient doubles et réglées à 24 fr. pour la coupe entière, ou à 8 s. par arpent. Ce second feu étant éteint, on allumait le troisième pour le triplement, c’est-à-dire pour les enchères, qui alors devaient être de 36 liv. pour la coupe, ou de 12 s. par arpent. Après les trois feux éteints, l’adjudication était laite au profit du dernier enchérisseur, sauf les 24 heures ou tel autre temps, qui était fixé par le commissaire de la vente, et pendant lequel les enchérisseurs étaient admis à doubler, tiercer et demi- tiercer. Defroidour ajoute que pour exciter les marchands à enchérir avant, pendant et après les feux, on avait jugé à propos d’accorder certains privilèges : i°. le privilège de haute mise, et qui consistait en ce que celui qui avait fait cette haute mise avant le premier feu pouvait, pendant le deuxième et le troisième feu , ne faire que des enchères simples, tandis que les autres enchérisseurs devaient faire des enchères doubles ou triples; 2 0 . le privilège qui s’accordait pendant les feux à celui qui enchérissait le dernier, et qui était semblable au privilège de la haute mise; 3 °. enfin le privilège accordé à celui qui demeurait adjudicataire, et qui consistait, comme aujourd’hui, à pouvoir couvrir par une simple enchère les tiercemens et doublemens qui se faisaient dans les 24 heures après l’adjudication. L’ordonnance de 1669 n’a pas maintenu ce mode de procéder aux enchères pendant la durée des feux ; mais elle a maintenu la faculté de tiercer, demi- tiercer et doubler le prix des ventes après l’adjudication. Les motifs de cette disposition paraissent TflE encore fondée sur laré/çjfttjQïi des ccmps avant la mise, ea veurtp#, rppjs.-fvjQycd/fniJ que Ifs ageiisfoïefitiecsfprocàda^tf^lîç^tj^^pnrdes çpups, et qu'au pu£, J àpw^<^l»i)se l çfè^.pu a^ncecier 1» valeur avant l’audjui^aflonj on-ne.Yojt plus Iÿ nécessité de maintenir dçs >s«ranqliqr^, aussi forces qye : celles desliercempnf. JU’/irt.^jQ; du Gode t de procédure civile,,s ur nl lqf vfp.tes,fl’ipuneubh}s par suite de saisie, n 1 adrnet-,après l’adjnilçajion, que la surenchère du quart. Il semble que', pur la vente d’un objet mobilier) telqueçelui d’une coupe- de bois , il, serait bien suffisant 4p Sp» fü cinquième 1 du prix de l’adjudiç^tipn le taux (Je la première surenchère, qui alors remplacerait le tiercement, et au dixième le taux desautres surenchères qui pourraient être faites sur le cinquième. Il y aurait plus souvent des surenchères que dans l’état actuel, oii il faut qu’une coupe ait été bien mal estimée pour que le prix en puisse être .tiercé après l’adjudication. $ 3 - — Des dispositions réglementaires sur las tier- cemens , aemi-tiercemens et doublemens. Le tit. iV'cle'I’brdbnnance de 1669 contient j>Iu- sieurs dispositions sur les tiercemens, et l’art. 6 de l’arrêté du gouvernement, du 5 thermidor an 5 , porte que ces dispositions seront rappelées dans les cahiers des charges, et exécutées selon leurforme et teneur. Dispositions du cahier des charges pour 1826. « Pourront toutes personnes non prohibées et recoimues solvables tiercer, demi - tiercer ou doubler lef ventes jusqu’au lendemain midi du jour de l’adjudication; après lequel temps, il n’y aura plus lieu au tiercement, demi-tiercement ou doublement, sous quelque prétexte et pour quelque considération que ce puisse être. {Cah. des ch., art. i 5 , fondé sur Vord. âe 1669, tit. XV, art. 3 i.) » Le 'tiercement, même le doublement, faits dans le délai ci-dessus fixé, n’empêcheront pas de nouveaux tierceurs ou doubleurs d’être admis, pourvu qu’ils se présentent aussi dans le même délai, c’est- à-dire seulement jusqu’au lendemain midi du jour de l’adjudication. {Cah. des ch., art. 16.) » Les déclarations de tiercement, demi-tiercement ou doublement, seront faites au secrétariat du lieu de la vente. {Ord. de 1669, lit - XV, art. 3 a. — Cah. des ch., art. 17.) » Ces déclarations seront signifiées en entier, dans les 24 heures, à la requête des tierceurs, demi- tierceurs ou doubleurs, par un huissier ou par un garde forestier au receveur du domaine et aux adjudicataires, en parlant à leur personne ou à domicile, s’il en a été élu, sinon au secrétariat du lieu de la vente. {lb. —• Circul. du 5 juillet 1821.) V., à la suite de cette circulaire, les Modèles de déclaration et de signification des tiercemens, Recueil, t. II, p. 934.— Circul. du 18 juillet 1825.) » Ces significations seront également faites dans le même délai et la même forméj à‘ la requête du fonctionnaire présidant la vente} mais‘cptte double signification n’ayant pour objet' que Vdé slipnïéèr à celles que les tierceurs négligeraient dé fuiréjh&i tiér- TIE 891 ceurs,^demi-tiercçurs ou doubleurs ne pourront, dans^uçuh'ipas, sSqjfévdlSft - du définit \ïp éèttoder- mêr.e ‘sigiiifica^ioà p'dé^éléhèt dé S 'fêélama('ioHS : Sur la validité àés’iièfcê'nlertS, déliü-éreréemèhs èn dou- blèmëns. ( Cah. ifës’ch: , 'ith) ^ ^ oc » L’exploit contiendra ponctueHetnevit 1 l'heure À laquelle il aura été donné, et le* noms/ de ceui à qui lés huissiers ou gardes forestiers auront parlé, à peine de nullité dé l’exploit. {Ord. de 1669 , tit. XV, art. 32 . — Cah. des ch., art. 17.) »'Le demi-tiercement ne sera reçu tfue sur le tier- cement; maison pourra, d’une seule enchère, faire Le tiercement et demi-tiercèment ; 1 ce qui s’appelle doublement. ( Ord. de 1669, tit. XV, art. 35 . — Cah. des ch., art. 18.) » Cés actes, soit de simple tiercement, soit de demi-tiercement ou de doublement, donnent faits et signifiés, l’adjudicataire sera reçu à y mettre une simple enchère, et Sur cette enchère , qui devra être faite au secrétariat du lieu de la vente, dans les 24 heures qui suivront le délai fixé pour les déclarations en tiercement, demi-tiercement et doublement, les tierceurs, demi-tlerceurscm doubleurs, et l’adjudicataire, seront reçns à enchérir les uns sur les autres pendant 24 heures, à partir de l’expiration du délai accordé à l’adjudicataire pour mettre son enchère, et la vente demeurera au dernier enchérisseur sans plus revenir. ( Ord. de 1669, tit. XV, art. 35 . — Cah. des ch ., art. 19.-— Instr. du 1 4 juillet 1819. — Circul. du 5 juillet 1821.) » Tout tiercement et doublement faits par l’adjudicataire sur lui-même ne pourront être considérés que comme un supplément d’enchères , et n’empêcheront pas de surenchérir ces tiercemerit et doublement. Eu ce cas, les offres des enchérisseurs seront signifiées dans les 24 heures à l’àdjudicataire, et le concours d’enchères sera établi entre eux , ainsi qu’il est ordonné par l’article précédent. {Cah. des ch., art. 20. ) » Dans le cas où aucun des adjudicataires, tierceurs , doubleurs ou enchérisseurs, ne voudrait surenchérir, la vente demeurera à celui qui le premier aura tiercé ou enchéri. 33 ( Cah. des ch., art. 21. ) § 3 . — Questions auxquelles ont donné lieu les tiercemens. Les questions auxquelles les tiercemens ont donné lieu, soit sous le régime des maîtrises, soit sous le régime actuel, se rapportent: i°. à la qualité des personnes qui peuvent faire des tiercemens ; 2 0 . au lieu où ils doivent être reçus; 3 °. aux délais et aux formalités concernant la déclaration et la signification de ces actes ; 4°- au délai accordé aux tierceurs pour fournir caution ; 5 °. à la compétence des tribunaux pour juger des contestations qui s’élèvent ; 6°. aux effets des tiercemens tardivement faits et non signifiés suivant le voeu de la loi; 7 0 . aux enchères qui suivent les tiercemens ; 8°. à la collusion des fonctionnaires chargés de recevoir lesdits actes. Nous allons rapporter Les dîfférens cas OÙ ces questions se sont présentées, ej ( Jes décisions qui font intervenues. r i'b uV L . . • . n :-eb xi I 12 TIE 892 TIE I< Des personnes qui peuvent tiercer les* ventes et de celles qui n’ont pas cetteftcuUé. ■ ■ J0I3Jt|3i +>£ • ■■ I 'V.'-: llltt rit' «Î 3 èi> ' J : Toutèê Ie&- pesrsbnhes4è»lv*bl0s peoxontisarenclid-- rir les ventes Après l’adjudication , etâfft’y'» d’excepté que les agens forestiers, leurs alliés en ligne directe, et les personnes désignées par l’art, ai du tit. XV de l’ordonnance de 1669. {Cak. des ch., art. rij.) Un arrêt du conseil, du 3 i décembre 1712 (au Recueil) a réitéré la défense de recevoir les procureurs du roi', ni autres officiers de police ou de finance, pour adjudicataires ou cautions des \ entes ; mais cet arrêt, tout en cassant une sentence de la maîtrise de la Fère qui avait refusé le tiercement d’un parent des officiers forestiers , et l’offre qui avait été faite 18 jours après par un nommé Jolibois, non parent desdits officiers, de prendre le tiercement pour son compte, a ordonné que l’offre de Jolibois serait acceptée. On ne jugerait pas ainsi aujourd’hui, attendu que la déclaration faite par Jolibois ne pouvait équivaloir à un tiercement qu’au- tant qu’elle aurait eu lieu dans le délai fixé par l’ordonnance, c’est-à-dire avant midi du lendemain de l’adjudication. Une décision du ministre des finances, du 19 octobre 1807, a confirmé un arrêté du préfet du département du Nord, du 22 juillet de la même année, qui avait annulé un tiercement fait parle parent d’un garde du triage de la coupe vendue; mais elle a infirmé la disposition de cet arrêté, qui ordonnait qu’il serait procédé à une nouvelle adjudication , disposition qui était fondée sur l’arrêt du conseil que nous venons de Giter. Le ministre a considéré que si le tiercement était nul, l’adjudication reprenait toute sa force, et qu’il n’y avait pas lieu de procéder à une nouvelle adjudication. V. la décision au Recueil. L’art. 35 du tit. XV de l’ordonnance de 1669, reproduit par l’art. 19 du cahier des charges, veut que sur les tiercemens etdoublemens du prix des ventes, il soit ouvert un concours d’enchères entre l’adjudicataire et Ife tierceur et doubleur. Pour prévenir ce concours d’enchères, il est arrivé que des adjudicataires ont eux-mêmes tiercé ou doublé le prix de leur propre adjudication. Il s’est élevé alors la question de savoir comment on devait considérer un tiercement ou un doublement fait par un adjudicataire sur lui-même. Voici ce qui a été observé et décidé à cet égard. Si la loi n’interdit pas formellement à l’adjudi- catairè la faculté de tiercer et de doubler sa propre adjudication, il est néanmoins évident que le législateur, qui n’a pu supposer ce cas, n’a voulu parler que des tiercemens et doublemens faits par d’autres que l’adjudicataire, puisqu’il ordonne que l’ad- judicatainé, le tierceur et le doubleur seront reçus à enchérir l’un sur l’autre seulement. Cette disposition deviendrait impraticable, si ces trois qualités se trouvaient réunies dans la même personne, et le trésor séràit frustré des avantages que les enchères adfnises èhtré'les trois concurrens doivent luipro- ; cürér. • atioil- • ■ 6£ l fie ^pbint admettre l’adjudicataire à tiercer ou doubler sur lui-même, serait une mesure que la loi n’ordonne point, et ibpourrait en résulter du (préjudice pour le gouvernement. On peut donc re- 'oevoir, de la part de l’adjudicataire, un doublement et tiercement; mais on ne doit les considérer que comme un supplément d’enchères, qui ne peut empêcher un tiers de surenchérir les tiercemens et doublemens, et d’établir entre l’adjudicataire et cet enchérisseur le concours d’enchères ordonné par l’art. 35 du tit. XV de l’ordonnance. Dans ce cas, il est nécessaire, conformément à l’art. 32 , que les offres de l’enchérisseur soient signifiées dans le même jour à l’adjudicataire. {Extrait d’une lettre du min. des fin, du 10 fructidor an 10.) C’est d’après ces explications qu’a été rédigé l’art. 20 du cahier des charges, que nous avons rapporté. IL Lieu où les déclarations de tiercemens doivent être reçues. <1 L’ordonnance de 1669, tit. XV , art. 32 , et le cahier des charges, art. 17, portent que les déclarations de tiercemens seront reçues au greffe ou au secrétariat du lieu de la vente ; mais cette disposition n’étant pas prescrite à peine de nullité , il s’est élevé la question de savoir si un tiercement fait dans un autre lieu que celui indiqué était valable. Une décision du ministre des finances du-29 avril 1818, rapportée au Recueil avec toutes les circonstances de l’affaire, prononce que le tiercement est nul. III. Délais et formalités concernant les déclarations et significations de tiercemens ou doublemens. Le délai pour les déclarations de tiercemens ou doublemens ne peut jamais, quel que soit le nombre de ces surenchères, s’étendre au-delà du lendemain à midi du jour de l’adjudication. Les rédacteurs de l’ordonnance ont senti qu’un plus long délai retarderait sans utilité la clôture des ventes, et que d’ailleurs les intérêts du trésor étaient encore garantis par le nouveau concours d’enchères qui s’établit après les tiercemens ou doublemens. Mais pour que les enchérisseurs n’éprouvent aucun obstacle à faire leur déclaration, il est ordonné que les secrétariats des préfectures et sous-préfec- tures restent ouverts, dans le temps des ventes, pendant la durée du jour, et qu’il y ait constamment un commis capable de recevoir les actes et significations , et qui en délivre sans retard les extraits aux parties intéressées. ( Circul. du min. des fin. aux préfets, du 1 2 pluviôse an 12. — Circul. de l’Adm. des forêts du 23 prairial de la même année.) Le secrétaire de la vente doit marquer le jour et l'heure précise dans les actes qu’il dresse et délivre sur les adjudications , tiercemens et doublemens. Cette obligation était imposée aux greffiers des maîtrises, à peine de 3 oo fr. d’amende, et de tous dépens, dommages et intérêts pour la première fois, et sous pareille peine et de privation de leurs charges pour la seconde. ( Ord. de 1669, tit. XV, art. 34 . ) - %t TIE T1E 8 9 5 Il est nécessaire-d’appliquer aux secrétaires des -rentes Us peines énoncées,) sans pijéjudice à de plus fortes peines dans le cas defCoUneionfiEe projet de Code forestier contient .üner*0ispoqitirts., ! danjill 7 / Le 12, à 9 heures du matin, tiercement jd» cette vente par le rieur Maroilliez. . . > u•, - R Ledit jour, à midi et un quç.rt, demj-tieyçement parle sieur Philippon, qui fait insérer dan* d’acte l’observation qu’il s’est préænté ; 4 'n»<& moins 4 1un- nu tes, et qu’il a demandé si la veut» était tigijcée , question à laquelle le secrétaire de la sous-préfacture avait sursis de répondre, parce qu’il était occupé à rédiger un acte de cautionnement Ledit jour encore, à midi et demi, comparution du rieur Cousturier , adjudicataire, qui proteste contre le demi-tiercement comme tardivement fait, et déclare qu’il n’entend entrer en concours d’enchères qu’avec le tierceur seulement. Les actes de tiercement et de demi-tiercement sont apportés au sous-préfet pendant la séance consacrée à la continuation des ventes. Le sieur Çous- turier demande que les feux soient allumés entre lui et le tierceur, et que le demi-tiercement soit? déclaré nul. Cette demande est rejetée par le sous- préfet et le bureau , qui reconnaissent au contraire ta validité du demi-tiercement, fondée sur ce que le sieur Philippon s’était présenté avant midi pour demander si la vente était tiercée; demande qtfi annonçait bien l’intention de demi-tiercer dans le cas d’une réponse affirmative. Sur cette décision, le sieur Cousturier demande qu’il soit de suite allume un feu entre le tierceur , le denii-tierceur et lui comme adjudicataire ; mais le sieur Maroilliez repousse cette proposition, en déclarant qu’il veut profiter du délai de 48 heures que lui accorde le cahier des charges. Le sieur Cousturier adresse sa réclamation à M. le préfet : il observe qu’on ne lui a fiait signi- fier ni le tiercement ni le demi-tiercement; qu’il n’a point été appelé dans les 48 heures devant le sous-préfet pour un nouveau concours d’enchères ; que les tiercement et demi-tiercement sont devenus nuis faute de significations, et qu’on ne peut lui opposer la demande qu’il a faite dans la séance du 12, qu’il fût allumé des feux entre lui et les tierceurs, puisque cela ne pouvait les dispenser de faire faire les significations voulues par la loi, et que d’ailleurs sa proposition de mise aux enchères avait été refusée par le sieur Maroilliez, qui avait voulu profiter du délai de 48 heures que lui accordait l’art. 19 du cahier des charges, cr Or, dit-il, c’est un principe incontestable qu’une proposition ne forme pas, à elle seule, un engagement ; que pour avoir cet effet, que pour être rangée dans la, classe des contrats ou des conventions, il faut qu’elle soit acceptée; que, dans l’espèce, le sieur Maroilliez ayant refusé la proposition, il s’est lui-mêm» soumis à l’empire de. ces stipulations, et par cela jnême il a conservé à l’exposant tous les droits, tous les avantages résultant de l’art 17 du cahier des char- TIE TIE ge» t ainsi donc, relativement à l’exposant, il n’y a ni tiercement ni demi-tiercement. » Mata tm fêpond au sieur Cousturièr que rien ne proute que le# actes de tiercement et de deroi-tier- cement ne lui ont pas été signifiés, ainsi qu’il»l’ont été au receveur des domaines; qu’au surplus la protestation du réclamant équivaut à cette formalité, qui n’est prescrite que pour donner connaissance aux adjudicataires qu’ils sont dépossédés ; que le pétitionnaire ne peut prétendre ignorer l’existence d’un acte contre lequel il proteste, puisque ce n’est que sur la communication qu’il en a prise, qu’il a pu faireet qu’il a fiait effectivement sa déclaration de protestation ; ue cette prétention se trouve encore fortifiée parla emande du sieur Cousturier, que les feux fussent allumés entra lui et le tiereeur seulement, demande qui ne pouvait être admise, puisque les adjudicataires ne sont reçus qu’à mettre une simple enchère, sur laquelle alors les feux peuvent être allumés. Enfin on observe que la validité du denri-tiercement ayant été proclamée séance tenante, et le demi-tier- ceur ayant depuis fait recevoir en temps utile ses caution et certificateur, lui seul doit être avoué et reconnu adjudicataire, M. le préfet adoptant cet avis, et considérant d’ailleurs que l’interpellation faite, avant midi, au secrétariat de la sous-préfecture par le sieur Fhilip- pon, pour savoir si la vente était tiercée, lui a donné date utile, et qne, sous ce rapport, la prétention du sieur Cousturier doit être écartée, arrête que l’adjudication, ainsi que les tiercement et demi- tiercement faits ensuite, sont bous et valables, et que les sieurs Cousturier, Maroilliez et Pbilippon, sont admis à enchérir par-devant le sous-préfet entre eux seulement, et que les offres du demi-tiercement serviront de première enchère. Ces trois concurrens sont convoqués devant le sous-préfet; mais le sieur Cousturier proteste contre l’allumage des feux et contre la décision de M. le préfet : néanmoins, le sous-préfet passe outre à l’adjudication , et personne n’enchérissant, le sieur Philippon eRt proclamé adjudicataire. Pourvoi du sieur Cousturier auprès du ministre des finances contre tout ce qui s’est fait, se fondant toujours sur le défaut de signification du tiercement et du demi-tiercement. Il n’admet point que sa protestation soit une raison suffisante pour le priver du bénéfice de la formalité de la signifii^tion ; il ne peut reconnaître non [dus que son consentement à ce que.les feux fussent allumés puisse lui être opposé comme un aveu que le demi-tiercement fût valable , attendu que sa proposition ayant été nulle vis-à-vis de ceux à qui il la faisait, ne peut avoir de vertu à son égard. Suivant lui, l’interpellation faite , avant midi, par le sieur Pbilippon . afin de savoir s’il y avait eu un tiercement, ne peut équivaloir à l’acte même, parce que les termes du cahier des charges sont précis, et qu’ils portent que, sous quelque prétexte et pour quelques considérations que ce soit, les tiercemens ne peuvent être reçus après midi ; il demande quel sera le terme dans lequel on pourra faire et recevoir un demi- tiercement réel, lorsqu’on aura, comme dans l’espèce, non pas manifesté l’intention de demi-tiercer, mais fait verbalement r avaat, midi, use question de pure curiosité. Helativeiueatà l’adhésion qu’il a para donner au demi-tiercement dans la séance du 1a novembre, il observe qu’il n’a pas eu-l’intention de dispenser le sieur Philippon de le lui faire signifier. D’ailleurs, ajoute-t-il, cette signification , prescrite à peine de nullité,! ne l’est pas dans le seul intérêt des adjudicataires et des tierceurs; elle l’est aussi dans l’intérêt public, et- l’on ne peut la remplacer par des équivalons; et en admettant à la rigueur que l’adhésion qu’il a paru donner ait pu couvrir tout-à-la-fbis la nullité., du demi-tiercement comme tardif, et sa nullité fauta de signification, il faudrait encore que cette adhésion, pour former un contrat entre le sieur Pbilippon et lui, ait.eu lieu en présence de ce dernier, qu’elle eût été acceptée par lui, tandis qu’il n’a pas. même figuré au procès- verbal qui la mentionne. Enfin le sieur Cousturier soutient qu’il ne serait pas juste de séparer ainsi cette adhésion imparfaite de la condition qu’il y attachait, pour n’y trouver qu’un préjudice pour lui et un avantage pour le sieur Philippon, qui aurait conservé le droit de faire attendre l’adjudicataire et le tiereeur pendant 48 heures, lorsque l’adhésion du réclamant était naturellement subordonnée à la proposition de passer sur-le-champ à de, nouvelles enchères. Par tous ces motifs, le sieur Cousturier demande que S. Ex. le ministre des finances prononce l’annulation de l’arrêté de M. le préfet, et décide que le tiercement et le demi-tiercement sont nuis , et que l’adjudication est maintenue à son profit. Cette affaire a donné lieu aux observations suivantes : Il y a, a-t-on dit, deux questions à examiner : celle relative au demi-tiercement comme tardivement fait, et celle relative au défaut de signification tant du tiercement que du demi-tiercement. L’art. i 5 du cahier des charges porte que les tiercemens et demi-tiercemens ne pourront être reçus après midi du lendemain de l’adjudication, et il est constant que le demi-tiercement n’a été reçu qu’a midi et un quart. Si donc on s’en tient au sens littéral de cet article; si on ne consulte que la date écrite de la déclaration du demi-tiercement, nul doute que, dans le sens étroit de l’article , le demi-tiercement ne soit nul. Cette nullité a-t-elle été prévenue par la question que le sieur Philippon a faite, avant midi, au secrétaire de la sous-préfecture, pour savoir si la vente avait été tiercée; par la précaution qu’il a prise ensuite de faire mentionner l’heure précise de sa comparution dans l’acte du demi-tiercement; enfin, par la circonstance indépendante de sa volonté, qui a empêché le secrétaire de la vente de s’occuper sur-le-champ de recevoir sa déclaration? On est fondé à adopter l’affirmative, et à repousser l’opinion qu’il n’aurait fait, avant midi, qu’une question dépuré curiosité, ainsi que le prétend le sieur Cousturier. Cependant la déclaration du demi-tiercement n’est point textuellement renfermée dans l’interpellation faiteavant midi, puisque le sieur Philippon n’a fait qu’une simple question sans y rien ajouter. Ainsi, d’un côté, point de doute que son intention, en se présentant avant midi, n’ait été de faire une suren- TIE TIE chère ; mais de l'autre, nul doute aussi que l’offre positive n’ait été'faite, et reçue après le délai.- La décision de M, le préfet, portant que le demi-tier- ceur a acquis date suffisante par sa comparution à midi moins 5 minutes, parait juste au fond 5 mais il 11’est pas certain que les tribunaux, plus rigoureux observateurs des formes, admettent le même principe. Reste à examiner si l’adhésion que le réclamant a donnée à la décision du sous-préfet, qui porte que le demi-tiercement est valable, et la demande que ce même réclamant a faite par suite de cette décision, que les feux fussent allumés, ont pu couvrir l’irrégularité du demi - tiercement et le rendre valable. 1.'affirmative parait certaine; car l’adjudicataire étant seul intéressé à contester, et se désistant de sa protestation, a par ce fait renoncé au bénéfice de l’art. i 5 du cahier des charges. 11 oppose à ce raisonnement que la demande qu’il avait laite oti’on allumât les feux 11’a point été acceptée, li en conclut qu’il est rentré dans les droi’^, que lui assurait le cahier des charges Cette prétention ne parait pas fondée : en effet, la n’„estion sur la validité du deini- tiercement es^ soumise au sous-préfet et aux membres du Lnreau, séance tenante ; elle est décidée confie l’adjudicataire. Celui-ci, au lieu de protester contre la décision , en reconnaît le bien jugé, puisqu’il demande à l’instant, et sans faire aucune réserve, sans mettre aucune condition à sa demande, que le concours d’enchères soit ouvert entre lui, le tierceur et le deini-tierceur. Qu’importe que cette demande u’ait pas été acceptée, elle n’était pas conditionnelle , et le refus qu’a fait le tierceur, de renoncer au bénéfice de l’art. 19 du cahier des charges , ne détruisait point l’acquiescement formel que l’adjudicataire avait donné à la décision rendue sur la validité du demi-tiercement. La seconde question paraît aussi devoir être résolue dans le sens de la décision du préfet. Sans doute, le cahier des charges et l’ordonnance de 1669, qui lui sert de base , veulent que les tierce- raens et les demi-tiercemens soient signifiés à l’adjudicataire , parce qu’il faut un acte qui lui fasse connaître qu’il est dépossédé, et qui le mette à portée de concourir à de nouvelles enchères. Mais si cet acte est remplacé par un autre acte aussi respectable; si l’adjudicataire lui-même a pris connaissance, sur les registres du secrétariat, des tierce- raens faits sur lui, et s’il a agi d’après cette connaissance sur le fond même de la chose, peut-il exciper ensuite du défaut de signification? On ne le pense pas, et, dans l’espèce , l’adjudicataire est d’autant moins fondé à élever cette prétention, que ses protestations contre les tiercement et demi-tiercement, et l’adhésion qu’il y a donnée ensuite sont constatées par un acte irrécusable, le procès-verbal du sous-préfet et des autres membres du bureau de la vente. Ainsi, sous ce dernier point de vue, l’arrêté de M. le préfet paraît conforme aux principes. On a conclu, d’après ces observations, à ce que cet arrêté fût approuvé, en laissant toutefois au sieur Cousturier la faculté de se pourvoir devant les tribunaux, conformément à l’ordonnance du roi, du 6 mars 18r6 , qui attribue aux juges civils la con- 8y5 naissance des contestations relatives aux ^(jtjqdiça- tions de coupes de.bois. . iu ai; ,1 . ■■-)]/]„ < -iL’arrêtéfie JVL le préfet »iété approuvé p*r ston.-àeuSb Ex. Ad ministre de* finançai, du 2 4 . se P‘ tembté VBiy £au Recueil), et il ne parait,pas que l’affaine, ait été portée .devant les tribunaux, Observons cependant que ce qui a.été dit relativement au défaut de signification pourrait bien aujourd’hui être contesté, d’après les décisions qne nous rapporterons plus loin en parlant des significations, puisqu’on a reconnu qu’une simple notification n’était point suffisante. 7 0 . Un tiercement tardivement fait, ou qui n’a pas été signifié en temps utile , est-il valable, si, nonobstant ces irrégularités, l’adjudicataire couvre ledit tiercemerit par son enchère, mais en faisant réserve de ses droits ? Cette question se trouve décidée négativement dans l’espèce suivante : Le sieur Bouquet avait tiercé le prix d’une venté adjugée au sieur Demaison , dans le département de l’Aisne ; mais il n’avait pas fait signifier son âetts de tiercement en temps utile. L’adjudicataire réclama contre cette irrégularité, et soutint qn’Jl n’avait pu être dépossédé par un acte qui était nul aux termes de l’art. 3 a du tit. XV de l’ordonnance de 1669; cependant il couvrit le'tiercement par une enchère, sous les réserves et protestations de droit. Sur sa réclamation intervint, le aô juin 1818, un avis du comité des finances, qui fut approuvé le 24 septembre suivant par le ministre, portant que le tiercement était nul pour n’avoir pas été signifié-en temps utile, et qu’il serait fait remise au sieur De- maison, adjudicataire, des sommes par lui payées à raison de ce tiercement. V. au Recueil. 8°. Un tiercement est-il nul, parce que P exploit de la signification qui en a étéfaite n’indique point l’heure à laquelle cette signification a eu lieu ? Cette question a été résolue affirmativement, à l’occasion d’une adjudication faite, le 12 novembre 1818, d’une coupe de 1060 arbres, sapinset autre*, à prendre dans la forêt royale de Durbon , département des Hautes-Alpes. Le sieur Lachau était demeuré adjudicataire de cette coupe; mais le i 3 du même mois, à 10 heures et demie du matin , le sieur Girard tierça la vente , fit signifier son tiercement à l’adjudicataire, et présenta ses caution et certifica- teurae caution. Le 14, réclamation du sieur Lachau auprès,(de M. le préfet, auquel il expose que l’exploit de signification du tiercement était entaché 4e nullité, parce qu’il n’indiquait point l’heure de la notification prescrite , à peine de nullité, par l’ajt. 17 du cahier des charges : d’où résultait la conséquence que le tiercement lui-même demeurait nul et sans effet; que d’un autre côté aucune signification n’avait été faite au receveur des domaines, ce qui entraînait également la nullité du tiercement, suivant le même article. Il demanda, en conséquence, que le Gercement fait par le sieur Girard fût déclaré n.ul j pt.que l’adjudication faite à lui, pétitionnaire, ffit definitive, maintenue et exécutée. Cette demande a été accueillie par une décision TIE 896 T JE de S. Ex. le ministre des finances du 28 avril 1819. V. an RècueilV, La même élYôée avait'déjà été décidée , le tô 00- vembra'ifiid'j'à"l’égard'd’Un tiercement fait par le sieur Bimlef, crt dont l’exploit de signification ne contenait pasiPheure à laquelle il avait été donné. 9 0 . A plus forte raison, un tiercement qui n’est point signifié le même jour ( aujourd’hui dans les 24 heures )'ou n’est pas signifié du tout, est radicalement nul. ( Décis. minist. du 8 décembre 1806, et Avis du comité des fin. du 26 juin 1818. ) io°. Mais un tiercement qui ne serait fai* et signifié que le surlendemain d’une adjudication, parce que le jour intermédiaire serait un dimanche, n’en serait pas moins valable, attendu que les bureaux sont fermés les dimanches, et que l’exploit d’un huissier fait ces jours-là serait frappé de nullité. (Décis. minist. du 17 février 1810, conforme à l’arf. io 3 ? du Code dé procéd. civ. ) 1 t°. Si la signification d’un tiercement doit faire connaître ponctuellement l’heure à laquelle l’exploit de signification a été remis , en résulte-t-il qu’un acte de l’espèce soit nul, parce qu’il contiendrait ces mots : Environ les 3 heures après mitji } ou Environ tes 3 heures et demie ? line décision ministérielle du 22 ventôse an 12 (i 3 mars 1804) (au Recueil), statue que l’acte est valable, par le motif qu’il suffit que l’huissier désigne l’heure de ses significations d’une manière assez précise, pour qu’il soit facilement reconnu qu’elles ont eu lieu dans le délai prescrit et à une heure convenable. 1 2 0 . Un tiercement dont on n’a pas signifié en entier l’acte qui le constitue, et qu’on s’est contenté de notifier , est-il nul ? Le sieur Sorel se rendit adjudicataire, le 27 novembre 1816, devant le sous-préfet d’Abbeville, département de la Somme, d’une coupe de futaie dans la forêt de Crécy, moyennant 18,000 fr. Par acte jiassé le lendemain au secrétariat, le sieur Poissant a tiercé le prix de cette adjudication ; et par deux exploits du même jour, il a notifié son tiercement à l’adjudicataire et au receveur des domaines. Dans la séance d’enchères, ouverte le 29 sur ce tiercement, le sieur Sorel en a soutenu la nullité. Il s’est fondé sur ce que l’exploit de la veille, qui portait purement et simplement que le sieur Poissant avait tiercé le prix de l’adjudication par»acte eu bonne forme, ne remplissait pas le vœu de l’ail. 17 du cahier des charges, et ne constituait pas un tiercement régulier; il a soutenu que, pour la va- liditédu tiercement, ilfallaitque l’acte de ce tiercement fût signifié en entier. Les parties ont été réservées dans leurs droits , et renvoyées à y faire statuer. Le sieur Poissant s’est pourvu au conseil de préfecture, qui s’est déclaré incompétent, et l’a renvoyé devant l’autorité judiciaire. C’était en effet devant le tribunal que la cause devait être renvoyée, d’après plusieurs ordonnances, et nommément celle du 6 mars 1816 , portant que les tribunaux ordinaires soait seuls compétens pour connaître des contestations élevées soit sur les adjudications des coupes des bots domaniaux, soit sur le prix des adjudications. Sur ce renvoi, une instance s’est engagée au tribunal d’Abbeville. Le direcfeur des domaines et l’inspecteur des forêts sont intervenus dans la cause pour soutenir la valiilité du tiercement. Le tribunal avait à décider si, pour la validité du tiercement, il était nécessaire, aux termçs dé l’art. iy.du cahier des charges, que l’acte entier du tiercement fût signifié à l’adjudicataire, ou s’il suffisait que le fait du tiercement lui fût notifié. Par jugement du 4 février 1817, le tribunal a décidé que l’acte du tiercement devait être signifié en entier, à peine de nullité , et il a en conséquence déclaré nul le tiercement du sieur Poissant. Il a considéré que, d’après Part. 32 du tït. XV de l’ordonnance ae 1669, les tiercemens devaient être signifiés à l’adjudicataire, dans le lendemain midi du jour de l’adjudication, à peine de nullité de l’exploit ; qu’en fait le tiercement dont s’agit n’a pas été signifié; qu’à la vérité le tierceur a fait notifier qu’il avait tiercé, mais que le tiercement n’a pas été signifié, parce que signifier c’est donner copie; que laute d’avoir rempli cette formalité, l’exploit est de toute nullité, et que par suite le tiercement devient nul aussi faute de signification. On n’a pas cru devoir appeler de ce jugement, parce qu’en matière de formes tout est rtgoûreux • i 3 °. On avait contesté aux gardes le droit de faire des significations de tiercemens; mais une décision du ministre des finances du 17 février 1809, et l’art. 17 du cahier des charges, leur reconnaissent Ce droit. l4°. Une signification faite à la requête du secrétaire général de la préfecture est valable, attendu que l’ordonnance et le cahier des charge^ ne stipulent point l’obligation que la signification soit faite à la requête du tierceur plutôt qu’à celle du fonctionnaire qui préside la vente, ou d’un agent sous ses ordres. (Décis. minist. du 21 février 1812.) i 5 °. Le défaut de signature d’un tierceur au bas de son acte de tiercement n’est pas une cause de nullité lorsque d’ailleurs le tiercement est signifié. (/*•) i6°. Pour prévenir les fraudes dans la rédaction et la signification des tiercemens, il a été dressé des formules de ces actes, et stipulé par le cahier des charges, art. 17, que les significations pourraient être faites soit par un huissier, soit par u-n garde, et à la requête du fonctionnaire présidant la vente, sans que les surenchérisseurs puissent se prévaloir du défaut de la signification à faire à la rpquête du président de la vente, pour élever des réclamations sur la validité des tiercemens. V. la Circul. du 5 juillet 1821. IV. Délai accordé aux tierceurs pour fournir caution. Un adjudicataire ptétendait que le tiercement fait sur lui était devenu nul faute par le tierceur d’avoir fourni caution et certificateur dans les 5 jours à dater de l’adjudication; mais ce tierceur avait rempli la formalité du cautionnement dans les 5 jours de sa déclaration de tiercement, et il avait dès-lors satisfait au vœu du cahier des charges, puisque le délai ne doit courir qjue du moment où le tiercement est parfait. t)n arreté du préfet de la TIE TIE Vienne, approuvé par'décision ministérielle du 9 avril 1807 (au Recueil) x a rejeté la réclamation de l'adjudicataire, et pouY. éviter à l’avenir toyfe equfvoque, fl à été 1 sjiéfcîfiê'àTârt. 2.7 du cahier des charges qne le délai prfllf' fWiiénir cautîôn ne fournit que du jour de l’^djudîcatidn définitive ? \ . A qui appartient-il dé'Connaître des difficultés qui s’élèvent sur les tleréémcns 'etsur lés adjudications en général* ■' 1 ■ Il semblait résulta déSdl^poritipna :itèt#«Meul passible, des omissions jCBfumiçes. par, Ipfc d*n» «on exploit ! de,signification, na pouvait su so*isLr«ire « lîobligatipn de payer le montant du soir tiercement à titre dp folle-enchère. ■ C’est pourquoi elle avait, en l’an îa, inséré daim le cahier des cjharges un article• d’après lequel *1 était stipulé que tout tierceur ou doubleur q'ui n’aurait pas fait signifier en bonne et due forme son tier t ctmejit pu doublement, serait considéré comme fol ench une instruction du 14 juillet .18-19 , et deux decisions d«ts 4 janvier et 20 avril 1820, disposent que. l’adjpdi-. cataire peut, par une simple enchère, couvrir le, tiercement fait sur lui, et qu’il n’est pas nécessaire qu’il y ait eu un demi-tiercement sur le tiercement 113 TIE 898 TIE pour que ce'tté simple çucliérenlç l’adj udicataire $pi( I tJlj .sialtl au i^eêyeif a*TtV- r avait préteiidu,que l’acfjudica taire] enchère, sur; le Gercement, le ipur tierceu devait fiùre sou epthère. siu; le Gercement, te jp mèfuè de la signification de ce tiefcemeut, ot non dans la matinée du lendemain, c’était uue erreur. Si l’ordonnance de 1669 accorde.jusqu’au lendemain! midi du jour de l’adjudication pour faille le tierce-i ment, elle accorde aussi à l’adjudicataire, pour faire son enchère, le même délai, à partir du moment; où expire le délai fixé pour les déclarations de lier-] 1 emens, V. la Décis. minist. du 19 février 18.1 3 ; niais observez que cette décision porte, par erreur, que le même délai de 24 heures est accordé pour faire les demi-tiercemens. 3 °. Le silence de l’ordonnance de 1669, des lois subséquentes et de l’art. 19 du cahier des charges, laissait de l’incertitude sur le délai accordé aux.tier- i eurs, doubleurs et à l’adjudicataire pour enchérir! les uns sur les autres. L’Administration des forêts;, a fait connaître, par sa circulaire du 21 juin 1 14 1 3 , que, pour donner aux coricttrrens toute la facilité convenable , les enchères seraient reçues pendant 48 heures, à partir du lendemain midi du jour de! l’adjudication. Ce terme est aujourd’hui clairement exprimé par l’art. 19 du cahier des charges, qui accorde à l’adjudicataire 24 heures pour son enchère, et çqsuite 24 heures encore pour le concours d'enchères entre les tierceurs et l’adjudicataire. VIII. De la collusion des fonctionnaires avec les marchands , relativement aux tiercemcns et autres surenchères. Nous avons traité, à l’article Fonctionnaire, des peines prononcées par le Code pénal contre tout juge,, administrateur, fonctionnaire ou officier public qui se rend coupable du crime de forfaiture. C’est d’après ledit Code que seraient punis aujourd’hui les fonctionnaires qui supprimeraient des actes de tiercemens ou chercheraient à les annuler par des manœuvres frauduleuses. \ oici le dispositif de quelques arrêts du conseil qui ont fait l’application des peines prononcées en cette matière par l’ordonnance de 1669, soit contre les officiers des maîtrises, soit contre les enché risseurs. i°. Un.arrêt du conseil, du 26 juin 1725 (au Recueil f prononce i°. la condamnation à l’amende d’un greffier pour 11’avoir pas fait mention d’un tiercement sur l’expédition d’un acte d’adjudication ; 2P. la condamnation solidaire à 3 ,000 fr. d’amende du tierceur et de l’adjudicataire, pour s’être en tendus à l’effet de paralyser le tiercement et d’écarter les enchères; 3 °. la confiscation de la coupe; 4°. I’injonçtion aux grands-maîtres de se faire reprér senter les registres des enchères. Cet arrêt est fondé sur l’art. 23 du fit, XV de l’ordonpance.de 1669, qui défend aux .^nc.hétisseurç .d’empêchçr paftvoiqs indirectes les enchères ..ent 8 ur l’adjudication des Ventes de 1g ffirêt dfe Roityr*jy>^paur l’ordinaire de 1716. Le tiercement fut'ensuite! rèndu par le commis du greffier, et déthké avec l’original par Ducastel. Le procureur du.roi Éit iflforirier, et le roi s’étant fait représenter eu son conseil ladite information, ordonna , par arrêt du i ct . janvier 1726 < au Recueil ;, que ledit Ducastel, et Lemoine, gréffier, demeureraient interdits de toutes fonctions pendant 6 mois , et paieraient sçdiduirement aux mains du receveur général des dqmaines et bois le tiercement montant à 6,000 liv.., avec le.sou.e( les i4 deniers pour livre. 3 °. Le nommé Jogue s’était plaint au conseil du refus qu’avaient fait les officiers de la maîtrise d’Autun de recevoir son enchère, sur la vente de 9 arpens de taillis adjugés d’abord à Lazare Lemoine, garçon cuisinier de la veuve Lemoine, hôtesse du petit Louvre en la ville de Marigni, chez laquelle lesdits officiers étaient logés > et le lendemain adjugés au nommé Gautier, parent de ladite Lemoine, au moyen d’un tiercement fuit le même jour au préjudice de celui signifié par ledit Jogue , etc., pour raison de quoi celui-ci s’était rendu appelant de ladite adjudication. Il représenta i°. un exploit du 14 décembre, 9 heures et demie du matin, par lequel ledit Jogue déclarait au greffier en personne que, s’étant transporté, la veille, en la ville de Semeur, pour être présent à l’adjudication des 9 arpens de bois en question, il les avait portés à 27 liv. l’arpent; qu’ayant voulu les surenchérir pour se les taire adjuger , et s’étant trouvé qu’ils l’étaient sans qu’il s’en fût aperçu, sommait le greffier de lui déclarer le nom de l’adjudicataire, afin qu’il fût çn état de mettre un tiercement, aux offres qu’il faisait de donner bonne et suffisante caution ; et par le même ex- ploit.donnait assignation à Lazare Lemoine à comparaître devant les officiers sur les 11 heures du matin , à l’effet de procéder sur son tiercement ; 2°. autre exploit du même jour, à 10 heures du matin , par lequel Jogue déclarait au greffier qu’expliquant son premier exploit et le tiercement dont était parlé, il faisait mise d’une somme de 9 liv. 3 s. 4 den. sur chaque arpent adjugé audit Lemoine, et sommait les officiers de recevoir ledit Gercement en la manière accoutumée, leur déclarait que, s’il se présentait quelqu’un pour couvrir ledit tiercement, il offrait de le renchérir; 3 °. autre exploit du même jour environ midi, par lequel ledit Jogue déclarait au greffier qu’ayant tiercé l’adjudication et donné assignation à Lemoine, adjudicataire, pour procéder sur ledit tiercement, sur le refus des officiers de recevoir son tiercement, sommait le greffier de lui délivrer une expédition de ladite adjudication, et de tout ce qui s’en était suivi, pour prendre dans la suite telle mesure qu’il jugerait à propos ; à quoi U greffier répondit qu’il était prêt de donner une expédition de l’adjudication, en lui payant les frais, et,attendu qu’il était une heure après midi et qu’il ^eyaitpar.ler aVecles officiers pour aller faire la vente ih3sh>>às i l trif’é lltJVifen afdréftéi 1 dés ffefnOiàrtinceri, les bois qui eil étaient Tetttis envers'les'seigneurs particuliers J était contraire à L’édit du mois d’avril « 673, qui réservalriàties seigridure ce droit sir les hoistde leursAa*bauit;[ mai# pàr un arrêt qui fut révêtu de lëttrtfs-pàgentes;; le i 5 janvier 1675, le roi, sans s'arrêter à féi remontrances, (Adonna l’exécution de la riéclattttiOUq et permit aux seigneurs particuliers 1 , qui prétendaient avoir les droits de tier$;et danger Surles bois de leurs vassaux , à cause de leurs fiefs 1 , Üe faire régler et fixer par-devant la chambre de là réformation ce quipouvait leur être dû. Le même arrêt régla que ces vassaux seraient tenus de • payer, 1 chaque année , ■ les sommes auxquelles le droit de tiers et danger aurait été fixé, et de les comprendre dans les aveux et reconnaissances comme les autres redevances de leurs fiefs. Ainsi, ail moyen des arrêts et lettres-patentes que l’on vient de rappeler , les seigneurs particuliers ont cessé de pouvoir exiger les droits dé tiers et danger de leurs vassaux, et il ne leur est resté què la faculté d’en faire liquider le montant, et d’en exiger le paiement chaque année. L’art. 8 du titre cité) dé l’ordonnance dps eaux et forêts est ainsi conçu : cc Les droits de propriété par indivis avec autres seigneurs et ceux de grurie, grairie , tiers et danger, ne pourront être donnés, vendus ni aliénés en tout ou partie , ni même donnés à ferme , pour quelque cause et prétexte que ce soit, renouvelant, en tant que besoin serait, la prohibition contenue à cet effet au dixième article de l’ordonnance de Moulins, saus même qu’à l’avenir tels droits puissent être engagés ou affermés; mais leur produit ordinaire sera donné en recouvrement aux receveurs des bois ou domaines , dont ils compteront, ainsi que des deniers provenant dés ventes de 1 os forêts. » L’art. 3 du tit. I er . de la loi du 1O-29 septembre 1791 soumet à l’Administration gêné,râlé des forêts les bois possédés en grurie, grairie, ségrairie, tiers et danger , ou indivis entre La nation ,et des particuliers , ce qui suppose évidemment que le droit de danger, entre autres, n’avait pas été aboli par les lois des 4 août 1789, i 5 mars 1790, et i 3 avril 1791 , sur la féodalité. Mais, observe M. Merlin, dans le Répertoire de jurisprudence, i’abolition de ces droits n’a-t-eüe pas été prononcée par les lois des 20 août et 17 juillet 1793? Il est de fait que ces droits ne se perçoivent plus soit au profit de l’état, soit au profit des ci-devant seigneurs, sans doute parce que les preuves à établir d’après l’avis du conseil d’état du i4 ventôse an t 3 , approuvé le 17 du même mois, n’ont pu être faites. Cet avis exige qu’en cas de réclamation de la part des détenteurs de bois tenus à titre de grurie , tiers et danger , l’Administration générale ne peut poursuivre la prestation des droits de ce genre , qu’autknt qu’elle serait en état de justifier partitres spéciaux, 1 et conformément à la loi, que ces droit s avalant purement et simplement pour ;cause la iomtéSStem’diVfonds, et que même en ce ras la pres- 1 qShJd 1 Yèyflfiëllék ii°tjxptosh ■ tiërir it'darfgery ; hiêriie Rceueilï vivr : autres TIE TIE 99 * TIERS-DENIER. Droit qui appartenait au roi et aux seigneurs hatits-justieiers dans les provinces) «le Lorraitiej^deuBarr^t^^iji. Qlermontois^ fil qej uonsiatait danft lei^ifite dtj pnix^es veate 4 extraordinaires des-tais etl pàUtnageÉj-dea cbmhiunautés d’habitans.Ee droit ■feétéia.bcdi par la; loi du 1 5 mars J 790 à l’égard de#.bofs etatilieé biens 1 possédés en propriété pdr les op tu mortalités jj rirais il a; été conservé à.l’égurd dea.boâs-ètfbielis dont les communautés ne sont. qu'espères, et relativement à ries derniers, il fauteocone, suivant l’art. 2 delà loi du 28 août- 179?) que «jç, droit-se trouve réservé dans le titre primitif dç eOneeasion de. l’usage ; mais nous allons exposer surjpffcte. uvatièva l’ancienne et la nouvelle législation. PREMIÈRE SECTION . ANCIENNE LÉGISLATION. Le Répertoire de jurisprudence présente l’analy se des lois anciennes sur lesquelles le droit était fondé, et la,discussion de quelques-unes des questions qu’il avait fait naître.iL’article est rédigé par M. H***: voici l’extrait : I. « Ee a 3 mai 1664* le duc de Lorraine, rendu a ses états par la paix des Pyrénées, publia une ordonnance 1 concernant les bois des communautés laïques ile' ses duchés Je Lorraine et de Bar. En voici le préambule. « Quoique les bois, forêts, taillis et rapailles >3 dont jouissent les communautés des villes , » bourgs et villages des pays de notre obéissance, 31 leur aient été donnés par nous et nos prédéces- » seurs jiour leur bien commun, à titre d’usage et 33 d’usulruit seulement , néanmoins connue la vi- i> clssitude, mère des cliangemens, a fait que, par n la désertion et diminution des habitans, les fruits » et usages desdits bois s’étant trouvés plus grands 33 que le besoin qu’ils en ont eu pour leur simple 33 usage, lorsqu’ils en ont voulu faire profit par 33 quelque coupe extraordinaire, ils ont été obligés 33 de recourir à nous ou à nos prédécesseurs pour en 13 obtenir la permission , laquelle ne leur a été 00 » troyée qu’à condition qu’ils procéderaient es- 33 1 dites coùpès avec! la participation de nos officiers »' de gruriefeferi leür payant le tiers-denier à nous 33 dû pour raison des coupes et ventes exlraordi- » nairôs de bois taillis, et même de haute futaie. » 33 L’ordonnance contient dans son dispositif le réglement Suivant: « Faisons très-expresses inhibitions et défenses >3 auxdits habitans et communautés de prendre ni 33 couper leurs bois taillis que pour leur simple 3 j usage, suivant l’ordre qui leur en aura été une 3>. fois donné par nos officiers de grurie , en la ju- 30 ridiction desquels lesdits bois se trouveront si- 33 tués, comme aussi de couper ni abattre de hautes 33 futaies que pour les réparations de leurs édifiées 33 publics ou de leurs maisons particulière#,, s’ils 31» e/i ont le droit, sans auparavant avoir fait cou- >3 naître la quantité desdites hautes futaies, néces- » saire , par rapport de gens experts -qu'elles ne »-leur aient été mnrquéesiet délivrée»! enupréseifce 3»i denosdits officiers.de grurfe,,/$ujde gèfleiparetix. - 3» députés à cet elfpt-ileteu#utradé 9 'a f*iwdriœim& ) » vente ni coupe exir^or.dimiie defidUshorAddiH^' 33 et.de liante futaie sans la participation^ nos- » dits officiers , fie prurie, e/, sans, aupapavant, ën >3 pvéir-.obtemk pqrrwtfpQt Youfoys,^.fir^opnuns n,.qUé du prise- de$ditçs\pç.rttfifi fit dfifijrvât^deffilfrs .3 piftres as âges-, je tieç$ T dfuifir fin fiait pàypar !» préférence à «ns gruyers , qui sefont, ffiaus ri’tu ist rapporter profit aux comptes qu-’Us rendront du 3» fait de leurs charge,s. 33 Le rédacteur de l’article que nous analysons, observe , sur le piéambule de l'ordonnance ci-dessus, « i°. que la jouissance des communautés dérive de la concession originaire des bois faite par les ducs de Lorraine ; 2 0 . que bien que la concession ne fût. qu’a titre de simple usage , les communautés d’habitans étaient admises à faire des ventes extraordinaires, tant de bois taillis que de futaies : 3 ". que les seules conditions à remplir pou/ jouir de ce piofit, consistaient à demander au dur la permission de vendre, à ne consommer les ventes que par le ministère de ses officiers , et enfin à payer le tiers du prix produit par ces ventes. 33 L’avis des commissaires du roi Louis XI\ , en Lorraine, auquel un arrêt du conseil, du 19 octobre 1686, a donné l’autorité de réglement, py/terc qui suit, art. 38 : « Il y a un droit considérable dans les duchés de » Lorraine et de Bar sur les communautés laïques, 33 Ju tiers-denier, en cas de vente, non-seulement 33 des bois, mais aussi de panage et de toute, autre » chose utile. La cause de ce droit est marquée dan* 33 la déclaration de 1664» qui porte que toutes (e- 33 choses viennent de la concession des ducs; mai- 33 comme les seigneurs hauts-justiciers , et particu- 13 lièieiiiout ceux de l’ancienne chevalerie de Loi - 33 raine, prétendent avoir le même droit dans leur-. >3 hautes-justices, et que ceux qui en ont d’iudivi- 13 avec le roi prétendent aussi le partager comme 33 un fruit utile de In terre, que d’ailleurs il y , 33 quantité de bois ecclésiastiques et de particulier- 33 qui sont sujets aux mêmes droits sans qu’on ait pu 33 savoir la raison de cette différence, nous croyons 33 qu’il suliit à présent de recevoir ce droit dans tou- 33 tes les'communautés laïques qui sont dans les 33 hautes justices appartenant entièrement au roi, 33 et même dans celles qui ne sont possédées que 33 par simple engagement, 33 33 Cet avis, dit l’auteur, a été donné d’apres les anciennes ordonnances de Lorraine, citées dans le préambule, et qui sont des années i 6 o 5 , 1611 , 1616, 162.3, j 628 et i664-11 en résulte que le droit de tiers-denier a reçu, pour l’usage , diverses applications dans les forêts de la Lorraine et du Barrois : mais la cause n’en est bien connue que pour le ca- déclare par l’ordonnance (le 1664, c’est-à-dire celui où les communautés jouissent, à titre d’usage, de- bois dont le priuçe est demeuré propriétaire, En ce cas, la perception du tiers-denier est le fruit utile de la propriété , et le roi a voulu que , .pendant sa jouissance , ceitte perception lût continuée. .n. Ln arrêt du conseil.d’éjfct, du 5 mars. 1793, fournit encore les preu.vpsîgs plus claires surge point. ,u*h Eéitfoi .fftiErepf^n^r,^ xon qonseil Àei E ÇWmS fih Ap ‘K ? 3 n,tti T 1 E 902 TIE » 1664, par laquelle il Àt fait très-expresses inhi- ” u'l‘ , 'S ns l e Jii^fr^ es auxbabit^ns çqmpiHnautés » de couper bois pour leur K sim j$e,q^ge. y^ f. 9m/qe c?.qs$i,<-le co,uppr mi, ^battre » .de^utéf n^ams çyèÇ.ppor.ies r fil ,a fflfîft n ^ do.lems " èdifîpejÉ qu^qeleurs, maisons particulières, s’ils (tu 1» ont te droit, o ce, Le doute exprimé par ces dits en ont le droit t démontre avec évidence que Louis XIV et son conseil, ont entendu ciup les anciennes ordonnances (le Lorraine, et celte de 1664 qui les renouvelle , ne s’appliquaient qu’aux bois des communautés usagères; car il n’y eût pas eu de matière à douter sur le droit des communautés propriétaires de leurs bois d’y prendre des arbres, soit pour leurs •àlifices publics, soit pour leurs maisons particulière^. ». L’arrêt du 3 mars 1693 rappelle ensuite l’obligation de, s’adresser, de la part des communautés usagères, aux officiers des gruries ou au grand- maître pour les bois à vendre, et en voici le motif : afin que, par Cf moyen, Sa Jfiajesté soit payée du tiers-denier qui lui appartient dans le prix des ventes. C’est dçopçàce tiers-denier que le roi a borné le fruit de sa propriété sur les bois des communautés usagères, pendant sa détention de la Lorraine et du Barrois dans le 17 e . siècle. » Cet arrêt de 1693, dont l’exposé est si lumineux sur la nature des droits du roi dans le bois des usagers , n’a eu pour objet, dans ses dispositions, que de juger un point de compétence en faveur.du grand -maître des eaux et forêts de Lorraine et Bar- rois, contre le commissaire départi dans ces durliés IL » Jusqu’à présent les lois 11e parlent que du duc de Lorraine , et l’on ne voit encore que des prétentions de la part des seigneurs hauts-justiciers. » Enfin , le duc Léopold leur communique cette prérogative par l’art. 4 du tit. III de la déclaration du 3 i janvier 1724, qui porte : ce Le tiers-denier du prix des bois, fruits champêtres et autres usages et profits appartenant aux communautés situées dans les hautes justices patrimoniales de nosdits vassaux, sera distrait à leur profit, après néanmoins que nous en aurons permis la vente à l’égard des bois seulement , comme il est dit en l’article ci-dessus, laissant auxdits vassaux la faculté de donner auxdites communautés la permission de vendre les fruits champêtres et autres usages au profit desdites communautés, ainsi qu’ils le trouveront i faire par raison. » III. L’auteur discute, à l’égard des seigneurs, comme il l’a fait à l’égard du prince, la question de savoir si ceux-çi ont le droit de tiers-denier indistinctement sur tous les bois de communautés, ou seulement sur C£ux qu’elles ne possèdent qu’à titre de simple usage, et il décide que cette prérogative u’est attribuée que sur les bois possédés à titre d’usage. A cçt effet, il se fonde sur les expressions de l’ordonnance de 1664 , et de l’*rrèt du epuseil d’elat du 3 mars.1693, quine parlent que des bois donnés à titre d’usage et a usufruit, sur les ordonnances de 1707 et J724 1 rédigées dans le même esprit; enfin sur un Ayïs de M. Thibault, pjpçureur,général de la chambre des comptes.de JBar , qpicons,uUé A en 1771 n ut- • ti par l’Administration , sur les droits du roi dans les communaux du, duché de tW , tire de l’ordonnance de 4664 et du réglement de j734 la conséquence suivante: tx C’estdes.communaulés usagères dont » le législateur entend parler,, de celles dont les » boi* proviennent du domaine. 11 prévoit le cas >? de la vente;U,nererientaliors<]ue le tiers-denier; » il.reconnaît donc qde^à deux autres tiers appar- » tiennent à ces communautés. » « 11 est donc bien vrai, dit l’auteur, que dans la Lorraine, et conformément aux loi* de cette province, le tiars-denier n’a lieu que sur les bois usagers, et que les communautés sont, affranchies de cette servitude pour les boisi qu’elles possèdent à titre de propriété. » Est-il même possible que la chose soit autrement? Quelle injustice n’y aurait-il pas qu’un seigneur , après avoir aliéné ses bois à titre onéreux , eût néanmoins la faculté de prendre le tiers du produit de ces mêmes bois? Ce serait avoir tout-à-la fois le prix et l’objet vendu. IV. » On élève encore une autre question , celle de savoir si les seigneurs* en renonçant au tiers- denier, peuvent exiger le cantonnement, qui leur serait beaucoup plus avantageux? » La négative est sans difficulté. u Les ducs de Lorraine, en abandbnnaut à leurs sujets le droit d’usage le plus complet dans les forêts situées sous leur domination, s’y étaient réserve un droit utile qui devait être à jamais représentatif de leur propriété , et en- former tout le produit. Ce droit consistait dans le tiers-denier à prélever à leur profit sur le prix de toutes les ventes extraordinaires qui seraient faites dans les forêts usagères; le surplus, consistant, tant dans la jouissance des bois en nature pour le besoin des particuliers que dans les deux autres tiers du prix des ventes extraordinaires applicables au besoin général des communes , était compris dans le droit concédé par ces princes à leurs sujets et usagers. Cet état général des usages concédés par le duc de Lorraine a été par lui rappelé dans l’ordonnance du 23 mai 1664, connue la condition de la concession originaire. » Pour sentir la vérité de cette assertion, il ne fautquese rappeler les motifs qui ont fait introduire les cantonnemens. On a voulu, par eux , empêcher que le droit de propriété ne demeurât stérile et ne pût être toujours efface par le droit moindre de l’usager. Le principe de cette matière est donc qu’on peut restreindre un usage lorsque son étendue est telle qu’elle rend inutile le droit de propriété , ne proprietatis domino reddatur inutilis. C’est le motif donné aux cautonnemens, par Jean Eaber, 3 alla, Mornac et autres ; mais par une raison contraire, dès que l’auteur de la concession a veillé, dès le premier instant, à ce que la propriété qu’il se réservait ne lui demeurât pas inutile; dés qu’il a fixé lui- même le genre d’utilité qu’il entendait en retirer, il est évident qu’il n’y en a pas d’autre à lui procurer: il a borné lui-même les effets de son droit de propriété. Il â’y,a point d’extension nouvelle à lui donner , ce serait a lier contre la convention originaire et, la,(détruire sans motif. » V. la 2e, Section. ,Y>aL’autenr s’occupe ensuite de la question de TIE 11 .' in 1 ' ‘ tf savoir si la jurisprudence du tiées-denier doit être admise dans le Clermonfcols-y 'et Ü “âe 'pironoaèe pou* la négative. £esraisonneme«s«t}nt?ÊoiSés Sirféétffie les rooàuiDe'i»» historiques pwrivons qiiè ' la^rèateon de Lorraine ni ; élAitapcd»r'l*c«lteWfawtdu Clermdm- tois, qu’elle ne ie■ tJdukitulcjil#‘'skus l’hûlmftagfe et la souveraineté duiÈiq»4i>'èlle‘ft^r point la puissance législative; qui» ■pnt'ieenséqiieirt ses lois n’y avaient aucune àOUirHé} et quel les VroSs ordonnances des années X664 , 1709 al 17041 relatives an tiers-denier, -ne pouvaient concerner* le comté du Clermontois. il ajoutetqiue qwuid'riiôme les ordonnances des dues dq Lortalnfc wi raient eu force de loi dans le Clermontois, ces lois seraient abrogées par l’ordonnance de 1669, qni j dans le titre Des bois des communautés d’habitons , détermine, les droits des seigneurs sans parler du tiers-denier, et et qui, par sa dernière disposition) abroge les an^ viennes ordonnances. Mais il rapporte aussi les objections quisont faites à ses argumens. Voici ces objections. cr L’ordonnance de 1669, c l u * a toutes les loi»antérieures à sa publication, n’est relative qu’à la police des bois : elle ne change ni les titres particuliers des seigneurs, ni leur possession; elle ne touche à rien de ce qui a rapport à la propriété. Au contraire, elle ordonne que les cens, redevances, corvées, et autres charges, moyennant lesquelles les concessions auront été faites, continueront de s’acquitter; le tiers-denier en estime, et par conséquent il faudrait toujours le payer, quand bien même cette loi française devrait juger ie procès lorrain. 11 y. a mieux : si elle a été admise dans le Clermontois pour l’Administration des forêts, c’est que les princes de Condé l’ont bien voulu ; car la donation de 164b porte qu’ils les administreront comme bon leur semblera ; et il a été si peu dérogé à cette clause de la donation par l’ordonnance de 1669, que le prince de Condé a fait (avant la révolution) un réglement qui y ajoute une inlinité d’articles , et cpii en retranche beaucoup d’autres. C’est son grand- maitre, ce sont ses officiers qui veillent à la conservation du Clermontois , sans que les olficiers du roi puissent y aller par réforniation. C’est luicjui accorde ou refuseaux communautés la permission de faire des coupes ordinaires ou des ventes extraordinaires, tant des quarts en réserve que des futaies et taillis, quoique les art. 4 et 5 du titre XXIV de cette même ordonnance obligent de recourir au roi pour obtenir de semblables permissions, qui ne s’accordent (jue pour causes d’incendies , ruines, démolitions, pertesi et accidens extraordinaires. C’est encore ie prince qui fixe l’emploi des sommes provenues des ventes extraordinaires, et c’est son receveur qui en reste dépositaire; mais ce qui tranche toute difficulté à cet égard, c’est que, quand les commissaires du roi furent envoyés, en i 685 , dans la Lorraine et dans le duché de Bar pour examiner et constater les droits qui en dépendent, d’ordonnance de 1669 subsistait déjà depuis plus de 16 ans : elle était exécutée dans le royaume;' «Ile avait aboli toutes leslois.antérieures et contraires àsesdisposi— lions; elle avait introduit le triogéq ellé ne partait point du tiers-denier. Cependant les commissaires li • - -nqy. ; ' ^ IE dleepal icq « éôiQOD du roîoflt u 3 éèfiiré qil’ll existai VJan^lf^jEoir^iae, eométte'dahs 1 ie Bar roi s frltatiVàrifWd ‘rfôifmûüVant, uH ■droit dètièii-“dénié! délit ld duc ët\tëi's'ei^naur-. étaient'ettMcUrTemtifeHt'‘ërilpÜSéésÿfàjA. 1 liront 9 ilit qu^fs 'éfaiërtt d'avis que Poli , ctmtïn'u^t’.à'le''Faire percevoir au nom des ducs, et à eri'laîéïèj: jouir les séicneurs'iï liarenlr tomme pat le passif: n’en doute né ptisq ilsbnt pensé que Vordonnancq dè 1669 > rendue pour le royaume, ne changeait rj.eh'au sort du tiers-denier établi dans la Lorraine éi dans tout le Barrois indistinctement. Le roi l'à pensé comme eux, en donnant à leur avis la force ne réglement parl’arrêtde 1686.» Après avoir rapporté les motifs pour ét contre le tiers-denier dans lè Clermontois, l’auteur cite trois arrêts qui ont jugé que , dans le Clermontois , comme dans la Lorraine, les séigneiirs avaient le droit de tiers-denierdans tous les. bois dont les communautés d’habitansont l’usage. Le premier de ces arrêts , en faveur de la duchesse d’Elbeuf contre les habitans de Vienne-le-“Château , est du 4 mars 1775. ' ' Le deuxième, en faveur du prince de Condé, contre les habitans déStènay, esirdu'27 aoiit 1776. Le troisième, en faveur du sieur de Billante contre les habitans de Vuasly , estdu mois de juillet > 77 8 - Enfin l’auteur renvoie sur cette matière à diffé- rens mémoires dè M. Mauclcrc, avocat au parlement de Paris. DEUXIÈME SECTION. — nouvelle r.éois- LAT10X. I. A la suite de l’article dont nous venons de présenter l’extrait, M. Merlin rappelle que le droit de tiers-denier fut vivement attaqué dans l’Assemblée constituante, lorsque cette assemblée eut supprimé le droit de triage. Mais , dit-il , les attaques qui lui furent alors portées n’aboutirent qu’à la répression de l’abus qui en avait été fait. M. Merlin fut chargé de faire un rapport sur cet objet ; il examina les trois questions suivantes : , i°. Si le droit de tiers-denier devait être conservé à l’état et aux ci-devant seigneurs, relativement aux bois dont la propriété n’était point sortie de leurs mains, et sur lesquels les communes n’avaient que des droits d’usagé ; 2°. S’il en devait être de même àl’égaéd dès bois dont les communautés étaient propriétaires.; 3 °. Si, en supposant la conservation dy droit de tiers-denier quant aux bois dont les èbmmunautés d’habitans n’étaient qu’usagereS, oh rte devait pas,, à l’exemple de cè qui avait été déèrété'éèlativèment ail droit de triage pour les‘paya Messin , la Flandre et l’Artois, rétracter Iqs arrêts du conseil et les lettres-patentes, qui , depuis 3 o âns^ à’vaieçt distrait des usages deS coiqhiiinaütés' tjêrtaïnes portions de ces bois pôitr e^attfibuer'la^ib^AéSsiôn.éx- clusive aux seigneurs, moÿanrihrii;ileür èfetioiiéihfion au droit de tiérs-dfenier: . \} tu Va Sur la prorrtiêré' qtteStiort. jl^dîtt'W'Ï.W principes qui , dans* lé‘thtHt céjütimii j ont PaifidniêttVe le àantonnemeht’sotii'leé^miftkês’cjjof j J Ülîls lés provinces de Lorraine et du Barrois, ont fait assujettir TIE TIE 9°'i au lirait de tiers-denier les usages des communautés d’habitans. Ce droit n’est, de la part des communautés usagères qui le paient, qu’un abonnement de bénéfice que les seigneurs propriétairi s doivent tirer de la propriété qu’ils ont conservée, et c’est ce même bénéfice que ceux-ci exercent dans les autres provinces par l’action en cantonnement. Il ne peut donc pas y avoir doute sur la légitimité du droit de tiers-denier dans ce premier cas. » Il traite la seconde et la troisième question d’apres les principes qu’on a exposés ci-devant de M. H***. En conséquence, l’Assemblée constituante, adoptant les conclusions du rapport, décréta l’article suivant, qui est devenu le 32 du tit. Il de la loi du iô mars 1790. te Le droit de tiers-denier est aboli dans les provinces de Lorraine , du Barrois , du Clermontois et autres où il pourrait avoir lieu à l’égard des bois -■t autres biens qui sont possédés en propriété par les communautés ; mais il continuera d’être perçu sur le prix des ventes de bois et autres biens dont les communautés ne sont qu’usagères. Les arrêts du conseil, lettres-patentes, qui, depuis 3 o ans, ont distrait au profit de certains seigneurs desdites provinces des portions de bois et autres biens dont les communautés jouissent à titre de propriété ou d’usage, sont révoqués; et les communautés pourront, dans le temps et par les voies indiquées par l’article précédent ( c’est-à-dire en se pourvoyant dans les cinq ans devant les tribunaux), rentrer dans la jouissance desdites portions , sans aucune répétition des fruits perçus , sauf aux seigneurs à percevoir le droit de tiers-denier dans les cas ci-dessus exprimés. » Sur cette dernière disposition, M. Merlin fait remarquer que l’Assemblée constituante a consacré l’opinion de M. Id***, que dans les pays et les cas où le droit de tiers-denier a lieu, il n’est pas au pouvoir du propriétaire à qui il appartient d’y renoncer pour y substituer le cantonnement. C’est dans le même esprit, ajoute-t-il, que, par l’art. 8 de la loi du 19-27 septembre 1790, elle a dit: a II n’est nullement préjudicié par l’abolition du droit de triage aux actions en cantonnement de la part des propriétaires contre les usagers de bois, prés , marais et terrains vains et vagues, lesquelles continueront d’être exercées comme ci-devant dans les cas de droit, sauf à se conformer , pour les ci-devant provinces de Lorraine , des Trois-Evêchés et du Clermontois , à l’art. 32 du tit. II du décret du i 5 mars dernier. » II. L’Assemblée législative s’est occupée aussi du tiers-denier dans la loi du 28 août 1792. Cette loi porte , art. 2. : « Les édits , déclarations, arrêts du conseil, lettres-patentes , et tous les juge- mens rendus et actes faits en conséquence, qui, depuis la même année 1669, ont distrait sous prétexte .lu droit de tiers-denier, au profit de certains seigneurs des ci-devant provinces de Lorraine, du Bar- rois, du Clermontois et autres où ce droit pourrait avoir eu lieu , des portions de bois et autres biens dont les communautés jouissent à titre de propriété ou d’usage , sont également révoqués, et les communautés pourront, dans le temps et par les voies indiquées par l’article précédent, rentrer dans la jouissance desdites portions sans aucune répétition des fruits perçus, sauf aux ci-devant seigneurs à percevoir le droit de tiers-denier sur le prix des ventes de bois et autres biens dont les communautés ne sont qu’usagères, dans le cas où ce droit se trouvera réservé dans le titre primitif de concession de l’usage, qui devra être représenté. x> Ainsi cet article 11e maintient le droit de tiers- denierqu’en faveur des ci-devant seigneurs qui prouveront par titres primitifs, qu’en accordant l usage de bois ou autres biens à des communes , ils se sont expressément réservé ce droit, et il en prive tous les ci-devant seigneurs qui ne pourront pas rapporter cette preuve. « Mais, observe M. Merlin, ceux-ci perdent- ils pour cela la qualité de propriétaire qu’ils se sont nécessairement réservée en ne concédant que l’usage? Non, et c’est ce qu’a jugé un arrêt de la cour de cassation du 27 nivôse an 12. V. au Recueil. » A quoi leur servira donc la qualité de propriétaire, si elle ne leur donne plus le droit de tiers- denier? Cette qualité ne peut pas être infructueuse pour eux : une propriété dont on ne peut retirer aucun avantage n’est qu’un vain titre ; et la loi du 28 août 1792 ne peut pas avoir eu l’intention de réduire à un vain titre le propriétaire qui a bien voulu asservir sa chose à un droit d’usage envers une commune. » Il faut donc dire que, par cette loi, les ci- devant seigneurs qui ne peuvent pas justifier qu’il se sont réservé le droit de tiers-denier sur les communes usagères, sont ramenés aux termes du droit commun , c’est-à-dire qu’ils peuvent exercer le cantonnement. » \. l’arrêt précité du 27 nivôse an 12. Il résulte de ce même arrêt que le cantonnement n’avait pas lieu, avant la loi du 28 août 1792, dans les duchés de Lorraine et de Bar, et qu’il y était remplacé par le tiers-denier. III. La faculté accordée aux communes par les lois des i 5 mars 1790^28 août 1792, de réclamer les portions de biens dont elles avaient été dépouillées sous prétexte du droit de tiers-denier , ne peut s’étendre aux portions ainsi distraites avant l’ordonnance de 1669. \. le plaidoyer et l’arrêt du 14 brumaire an 1 3 . IV. I.es bois qui sont prouvés par titres être tenus au tiers-denier sont-ils , par cela seul, présumés appartenir en totalité à ceux qui en possèdent les deux tiers comme propriétaires absolus, et n’être grevés que d'un droit de tiers-denier? Juger qu’un ci-devant seigneur est propriétaire foncier de ces bois , sans qu’il prouve par titres primitifs la concession qu’il a faite des deux autres tiers, avec réserve de cette portion, est-ce contre - venir aux lois qui ont aboli tout droit de tiers-denier non prouvé avoir pour cause une concession de fonds ou de droit d’usage? Ces questions sont discutées dans un plaidoyer de M. le procureur général près la cour de cassation , qui précède l 'arrêt de cette cour , du 26 octobre 1809. Y. De ce qu’un bois était désigné , dans la Lorraine, par ces mots : Bois en tiers-denier, bois dans T IL TIL lequel le roi prend le tiers-denier , on ne peut pas en conclure que ce bois soit réellement de la classe de ceux qui étaient soumis au droit féodal du tiers- denier, supprimé par la loi du juillet 1793. Un tel bois peut au contraire être un bois indivis entre le gouvernement pour un tiers, et l’autre propriétaire pour deux tiers. ( Même arrêt du a 6 octobre 1809.) V. Biens communaux, Cantonnement, Commune , Triage, Usage. TIGE, coulis. ( T. de bot.) La tige est cette partie de la plante qui sort du collet de la racine, et qui s’élève au-dessus de la terre; elle soutient les rameaux, les feuilles et les organes de la fructification. On comprend sous le nom général de tige : t, 0 . Le tronc , truncus. C’est la tige des arbres dicotylédons. Elle s’amincit insensiblement et se ramifie à son sommet. Exemple: le chêne. 2°. Le stipk , stipes. C’est la tige des arbres monocotylédons. Elle est d’un diamètre à-peu-près égal dans toute sa longueur, et se termine par un faisceau de feuilles. Exemple : le palmier. 3 °. Le chaume , calmas. C’est la tige des graminées; elle est ordinairement creuse et toujours pourvue, de distance en distance, de noeuds, qui portent chacun une feuille dont le pétiole forme une gaine. Exemple : le froment, le roseau. 4 °. La tige proprement dite. Dénomination vague dont on se sert pour désigner les tiges qui ne rentrent pas dans les précédentes. Les tiges reçoivent différentes qualifications, suivant leur durée , leur consistance, leur forme, leur grosseur, leur composition, leur direction, l’état de leur superficie : ainsi, on appelle lige annuelle , celle des plantes annuelles et des plantes bisannuelles qui 11e poussent leur tige que la seconde année ; tige vivace, celle des arbres, arbrisseaux et arbustes; tige ligneuse , celle des arbres; tige herbacée , celle des herbes; tige cylindrique , celle qui est allongée et dont la section transversale, qui est circulaire, offre à-peu-près le même diamètre dans la plus grande partie de sa longueur, comme celle du sapin, etc. \ . Physiologie végétale, 4 e . section. TILLAC, du latin te gui a , fait de tegere, couvrir. C’est un ancien terme de marine qui signifie pour. TILLEUL , tilia. Genre de plantes de la polyandrie monogynie et de la famille des tillacées, qui renferme plusieurs espèces, dont une croît naturellement dans les forêts, et les autres sont cultivées comme arbres de décoration. Dénomination. — 11 se nomme en français tilleul, theil, til , tillet , tillau ; en grec, philyra ; en latin , tilia ; en italien , tiglio ; en espagnol, teza ; en allemand et en flamand, lin de ; en anglais, Linden,• en russe ou en slawon, lipa ou lypa; en suédois et en danois , lind. « Le mot bast, dit le traducteur de Pline, Poinsinet de Civry, qui, en langue suédoise, signifie toute sorte d’écorce , répond plus particulièrement au philyra des Grecs ou écorce de tilleul ( sur laquelle on écrivait autrefois ) , comme l’observe le docte Jean Jhre ; et cela confirme ce que j’ai dit ailleurs, que le mot latin vasa- ria , qui, chez Pline , signifie des registres , est' synonyme de chartœ , et vient du germanique bast , équivalent du cortex des Latins et du philyra des Tome II. : r)o5 Grecs. 33 Je dirai, à l’appui de ce qui vient d’être observé, que les Allemands appellent encore le tilleul bastholz , bois à écorce. Ainsi la dénomination grecque et la dénomination allemande désignent le tilleul par l’une de ses parties la plus employée dans les arts. Poinsinet de Civry pense que les mots tilia et tilleul peuvent signifier l’arbre ou la matière taillable par excellence, attendu que la racine de ces mots appartient évidemment aux expressions gothiques , tilja , asser cersim factus ; tœlia, ctrdere , etc.; d’où serait venu tilleul. J’ai rapporté, au mot Taillis , uneétymologie à-peu-près semblable. Ainsi tilleul, taillis signifieraient un bois facile à tailler, couper, ou qui se couperait souvent. Cependant cette étymologie n’est pas très- satisfaisante, et j’aimerais mieux celle donnée par Martenius, qui pense que tilia est formé d’un mot grec, qui signifie penna , aile , ainsi nommé à cause des bractées qui accompagnent le fruit, et qui ressemblent en quelque sorte à des ailes. Si j’entre dans quelques détails sur les dénominations des arbres et de leur étymologie, c’est que je suis persuadé que les définitions gravent des souvenirs plus profonds dans l’esprit que les meilleures descriptions , et qu’elles doivent intéresser l’homme cpii cherche à se rendre compte des idées qu’on doit attacher à telle ou telle dénomination. Cet ouvrage , au surplus , est destiné à des hommes instruits, et dont l’éducation est loin de s’effaroucher d’un peu d’érudition. Histoire.—i Théophraste et Pline ont parlé du tilleul et de ses usages. Pline dit que le bois servait à faire des boucliers , parce qu’il est très - flexible , et que ses plaies se ferment à l’instant. 11 rapporte que l’écorce était employée à couvrir les toits des chaumières, et qu’on en faisait des corbeilles et de grands paniers pour transporterie blé et les raisins: Cortex in magno usu agrestium. Vasa, corbesque, ac patentiora quœdam messibus convehendisvindemiis- quefaciunt , atque prœtextaluguriorum. ( P lin., lib. XVI, chap. IX. ) Le même emploi était attribué à l’écorce du hêtre, du sapin et de l’épicéa. Pline distinguait deux espèces de tilleul : l’une qu’il appelait improprement tilleul mâle, et l’autre tilleul femelle. Il reconnaît dans le premier un bois dur , noueux , plus roux et plus odoriférant ; une écorce plus épaisse, et qui, séparée de l’arbre, ne pouvait se plier : cet arbre, suivant lui, ne portait ni graine ni fleurs. Quant au tilleul femelle, Pline lui attribuait une grosseur plus considérable, un bois plus blanc et bien meilleur, et de plus la faculté de porter des fleurs et des semences. Il est probable que le premier était notre tilleul sauvage ou des bois , et que l’autre était le tilleul commun. Quant aux distinctions fondées sur les sexes, elles sont fausses, attendu que tous les tilleuls ont des fleurs hermaphrodites , c’est-à-dire qu’ils portent des fleurs qui réunissent les deux sexes. Pline ajoute qu’il y a entre l’écorce et le bois plusieurs tuniques et pellicules dont on fait des liens ( c’est le liber) , et que les plus minces de ces pellicules, appelées philyrœ , sont célèbres par l’usage qu’en faisaient les anciens pour les bandelettes de leurs I couronnes. Il dit aussi que les vers ne se mettenl I i/| TIL TIL g°6 jamais-dans le bois du tilleul ; que cet arbre est petit ( ce qui n’est pas eiact ), mais qu’il est fort utile : Inter- corticem ad lignum tenues tunicce multiplici tne/nbranâ y è quibus vincula , tilice vocantur ; te- nuissimcè earupi philyrœ , coronarum lemniscis célébrés , antiquorwm honore. Materies teredinem non sentit , proceritate perquam modicd , -vcrùm utilis. ( P Un ., lib. XVI, cap. XIV- ) Ovide fait allusion aux bandelettes des anciens dans ce vers des Fastes , liv. Y. Ebrius inuinctis [/hilyrd conviva capillis , SaUat, etc. Virgile rappelle l’usage que l’on faisait du tilleul pour les boucliers lorsqu’il dit : Ncc tilice leva aut torno rasile buxum, Eon formant accipiunt, ferroque cavanturaculo. Enfin s’il est permis de mêler la fable aux récits des naturalistes, nous citerons ce vers d’Ovide, qui, en parlant des arbres qu’attira la lyre d’Orpbée sur l’Hémus, fait mention du tilleul: Eec tilice molles, nec fagus , et innuba laurus. Ov. , lib. X , jVIetam. Pline a dit que le tilleul était petit: cette erreur est d’autant plus remarquable, qu’il y a peu d’arbres qui acquièrent une grandeur et une grosseur aussi considérables. On voit tous les jours des pieds de cet arbre qui étonnent par leurs dimensions; on en cite qui ont de 4 ° & 5 o pieds de circonférence, et dont on fait remonter la plantation au règne de Henri IY. Sa vie se prolonge en effet pendant trois ou quatre siècles. En auteur allemand dit que cet arbre peut végéter pendant six cents ans et plus, et que c’est à cause de cette grande longévité qu’on le prend ordinairement pour arbre de limite. Les plus gros tilleuls qu’on remarquait avant la révolution étaient ceux que le ministre Sully avait fait planter en même temps que les ormes qui portent son nom , devant les églises des villages et dans les places publiques. La vaste tète de ces tilleuls offrait aux habitans , lors de leurs récréations , un abri contre le soleil et la pluie. Miller dit avoir mesuré un tilleul qui avait 3 o pieds de tour à 2 pieds au- dessus de terre, et qui était encore en pleine croissance. Tliomas Brown fait mention d’un de ces arbres , dont la circonférence était de 48 pieds, et la hauteur de go. Rui dit qu’il existait de son temps , près de Neustadt, dans le duché de Wittemberg , un tilleul dont le tronc avait 27 pieds de tour ; la largeur de sa tête , du nord au sud , était de 140 pieds, et de 120 de l’est à l’ouest. Haller rapporte qu’on voyait en 1720, auprès de Berne , des tilleuls décrépis, plantés en 1410, dont quelques- uns avaient 36 pieds de contour. Duhamel dit que le tilleul parvient à une grosseur prodigieuse dans les terres argileuses mêlées de sable , et qu’il en a vu un que quatre hommes avaient de la peine à embrasser. On peut lire beaucoup d’autres exemples de la grosseur monstrueuse à laquelle cet arbre peut parvenir, dans VHistoire des plantes de Jean Bauhin , dansEvelin, Adanson, et plusieurs autres auteurs. Mais je ne puis m’empêcher de citer un tilleul qui existe encore près Melle en Poitou, sur la terrasse du château de Chaillier, cjui n’a peut-être pas son égal dans toute la France. Sa tige , qui est creuse , a 45 pieds environ de circonférence ; elle porte six branches parfaitement horizontales , dont le diamètre, à leur base, a 3 pieds 8 pouces : ces branches, qui depuis long - temps se seraient rompues sous leur propre poids sans les fortes étaies qui les soutiennent, ont 48 pieds de longueur, ce qui donne à cet arbre prodigieux une circonférence totale de 3i7 pieds. De différens points des branches horizontales s’élèvent 16 grosses branches perpendiculaires, de plus dé 46 pieds de hauteur et d’une grosseur proportionnée ; chacune d’elles forme seule un très- grand arbre : de sorte que ce tilleul, dont la hauteur est de 60 pieds, présente le spectacle d’une forêt sur une seule tige. Description du genre. — Les caractères de ce genre d’arbre sont un calice coloré et caduc , à 5 divisions profondes; une corolle à 5 pétales nus, ou munis d’une écaille à leur base, alternant avec les divisions du calice ; des étamines nombreuses à anthères arrondies; un ovaire ovale ou rond, velu , surmonté d’un style mince et persistant; un stigmate à 5 dents; une capsule petite , globuleuse, coriace, à 5 valves, partagée en 5 loges et ne renfermant qu’une ou deux graines , parce que les autres avortent. Les feuilles sont alternes, pétiolées , cor- diformes, dentées; les fleurs sont blanches ou jaunâtres , disposées en corymbes pendans à l’extrémité des rameaux , chacune insérée au milieu d’une bractée ou petite feuille lancéolée et colorée. On connaît six espèces de tilleul, dont deux sont indigènes à la France, une est originaire de Hongrie , et trois de l’Amérique septentrionale. ESPACES DE FRANCE. i°. Tileeul sauvage ou des bois, tïlia cordata , tilia europœa (Lin.) ; tilia rnicrophylla , (Vcntenat); tilia sylvestris (Desf.); tilia parvifolia Boikh.); en allemand, winter linde ; enecnç^acis^ common hme-trce. 2 0 . Tilleul commun , ou de Hollande, ou à grandes feuilles , ou tilleul des jardins , ou tilleul femelle, tiliaplatyphyllos (Ventenat); tilia grandi- folia (Borkh.) ; en allemand , sommer-linde j en anglais , broad leaved leme-tree. t ESPÈCES ÉTRANGÈRES. 3°. Tilleul argenté, tilia alba ou rotundifo- lia (Ventenat). 4°. Tilleul d’Amérique, tilia americanaflAn. ) ; tilia canadensis (A. Michaux) ; en allemand, ame- ricanische stvarzc linde ; en anglais , virginian black lime-tree. 5°. Tilleul blanc, tilia alba (Mich.) ; ou tilia heterophylla (Ventenat]); en allemand , america- nische weisse linde ; en anglais , large leaved caro- lina -wolly lime-tree. 6°. Tilleul pubescent , tilia pubescens (Ven- tenat) ; ou tilia laxiflora (A. Mich.). L’espèce principale, celle qui intéresse le plus les forestiers , est le tilleul des bois. C’est par elle que nous commencerons la description. Le TILLEUL SAUVAdE ou des bois ( PI. XXVI'il vulgairement le tillau , ou lillot, le til, le theil, le TIL tillet, le tilleu, le tillier, ou tilleul à petites feuilles, est un grand et bel arbre , qui trdît naturellement dans les forêts de l’Europe , où il se multiplie et s’étend beaucoup.' Il est très-vivace et continue de végéter lors même que son tronc est intérieure ment pourri et profondément creux. Sa tige est droite, et elle acquiert, dans les terrains et les situations favôrabl^, un$ grosseur et une élévation considérables; en massif.■ futaie, elle présente un fût des plus élancés 5, mais)isdléfi, elle étend considérablement ses branches et présente une forme arrondie. Cet arbre pousse une racine centrale et un grand nombre de racines traçantes. écorce des jeunes branches est grisâtre et unie, celle des troncs et des vieilles branches est un peu gercée et noirâtre. Les feuilles sont alternes , pétiolées, simples, entières , petites , ovales , en cœur , pointues en leur sommet, dentées en scie sur leurs bords,-glabres, d’uu beau vert en dessus, très-glauques en dessous , et velues sur les côtes ou nervures. Elles n’ont guère que a à 3 pouces de Long sur un à 2 pouces de large. Elles sont quelquefois chargées de galles, et ont l’inconvénient, pour les jardins, de tomber de bonne heure en automne; mais elles ne sont point sujettes à être dévorées par les insectes. Les fleurs paraissent vers la fin de juin, ou au commencement de juillet; elles sont disposées en corymbes, de couleur jaunâtre et portées plusieurs ensemble par un pédoncule commun très-délié, de couleur jaune , qui s’attache au milieu d’une petite feuille ou bractée , longue, étroite , lancéolée , unie et jaunâtre. Les fruits ou capsules mûrissent en octobre; ils sont globuleux, terminés par une pointe grosse comme un pois, Un peu velus et partagés en 5 valves. Ils contiennent une et quelquefois 2 semences, verdâtres , ovales , huileuses , recouvertes d’une peau brune; elles ont un goût de noisette. On pourrait donc retirer de cette semence une huile utile , si on voulait se donner la peine de ramasser les graines de tilleul, et s’il n’était pas si difficile de les retirer des capsules. Culture. On multiplie le tilleul par les semis, par les drageons enracinés, par marcottes et par boutures. La première méthode est préférable. Récolte et conservation des semences. — On ramasse la graine dès qu’elle est mûre ; on la laisse sécher à l’ombre pendant quelques semaines , afin qu’elle acquière une complète maturité. On peut la semer aussitôt qu’elle est récoltée, ou attendre le printemps suivant. Dans ce dernier cas , on la conserve dans du sable; sans cette précaution, elle ne lèverait que l’année suivante, et il arrive même assez souvent, malgré cette précaution , qu’il n’en lève qu’une partie. Les serais que l’on fait en automne lèvent au printemps , et ceux que l’on fait à cette dernière époque lèvent six semaines après. Les jeunes plants^de tilleul paraissent avec deux TIL D °7 feuilles séminales à-peu-près semblables à celles qui accompagnent les plants d’érable. Terrains , climats et situations.. — Le tilleul *e plaît dans les terres légères , profondes et fraîches, dans les-sables gras mêlés d’argile.: il vient aussi dans les terrains secs 1 et pierreux, dans les sables légers; mais il n’y devient pas gros, et il se dépouille de bonne heure. Les terrains argileux et compactes ne lui conviennent pas , non plus que les terrains trop humides. 11 y réussit mal, parce que, dans le premier cas , il ne peut développer ses racines , et que, dans le second, elles pourrissent, sur-tout quand il est placé aux bords des rivières, et qu’elles atteignent le niveau de l’eau. « Cet arbre, dit Yarennes de Fenille, demande en- core à être garanti des vents d’ouest; sans quoi, il est sujet à dçs chancres , qui le défigurent et le font périr: j’ai constamment remarqué qu’à cette exposition l’écorce en était rude et gercée , et que la rondeur de sa tige y était aplatie. » Il ne craint point le froid ; il habite les forêts du nord , et les montagnes d’une certaine élévation. On le trouve dans leDane- marck, la Bohême, et dans presque toute la Russie. Quand il s’agit de faire des semis de tilleul, on doit choisir une terre de bonne qualité , douce j légère et profonde. Semis. — On fait peu de semis de tilleul dans les forêts ; mais on en fait dans les pépinières , surtout de tilleul de Hollande dont nous allons parler, pour se procurer des plants destinés à la décoration des parcs et des allées. Les procédés de culture étant les mêmes pour les deux espèces, nous les exposerons ici , afin de n’avoir plus à y revenir. On prépare le terrain comme pour les autres semis , et lorsqu’il est suffisamment ameubli, on trace des raies de 2 pouces de profondeur, à la distknce de 2 pouces de largeur. C’est dans ces raies que la semence , quinze jours après qu’elle est récoltée, est jetée , et ensuite recouverte d’environ 3 ou 4 li- gnes / seuleinent par la terre des côtés. Comme cette semence est fort exposée aux ravages des mulots et des autres animaux du même genre, il est bon de la répandre un peu drue. « Dans les provinces méridionales , dit l’abbé Rozier, la superficie du sol demande à être couverte avec de la paille menue, ou avec des feuilles, afin d’entretenir un peu de fraîcheur dans la terre; quelquefois il faut l’arroser légèrement pendant le reste de l’été. Dans les provinces du nord, ces arrosemens sont en général inutiles, parce que la chaleur y est moins vive, et les pluies plus fréquentes. En semant par raies, le pépiniériste a plus de facilité de travailler le pied des arbres, et d’arracher les mauvaises herbes, que si la graine avait été répandue à la volée. Les raies ont encore l’avantage de permettre de laisser un an de plus les jeunes plants dans le sol du semis, parce qu’on a plus de facilité d’éclaircir et de supprimer les surnuméraires et ceux qui viennent mal.» Transplantation en pépinière. — a. C’est à la seconde année après le semis , c’est-à-dire après la germination de la graine , qu’on doit transplanter les sujets restés au séminaire ; ils profiteront beaucoup plus dans la pépinière mie sj on les avait transplantés la première an néç. Le, propriétaire aura TIL TIL 908 soin que l’on ' Commence par un des côtés de la planche ; qu’on ouvre un lossé au moins de a pieds de profondeur, et qu’on continue cette excavation d’un bout à l’autre. Eu suivant cette méthode, on prendra les racines par-dessous; on ■ n’en brisera aucune ,' et on conservera la totalité du pivot ! alors la reprise est immanquable. » On aura le même soin en plantant les jeunes sujets dans la pépinière : ils seront espacés en tous sens au moins de 3 pieds les uns des autres. Le propriétaire qui travaille pour lui les espacera de 4 pieds ; il sera assuré d’avoir des sujets qui ne fileront pas en grandissant, et dont la grosseur du tronc sera naturellement proportionnée à son élévation. Si le sol est foncièrement bon et fertile, il peut semer pendant les premières années , dans l’espace vide de 4 pieds, un ou deux rangs de haricots nains ou pois nains. La culture qu’on sera forcé de donner à ces légumes profitera aux arbres , et leurs tiges et leurs feuilles deviendront pour eux un bon engrais. » Le mode de plantation indiqué ci-dessus par l’abbé Rozier peut s’appliquer aux plantations en grand qu’on voudrait faire. Marcottes. — Les tilleuls se multiplient très-facilement de marcottes , et beaucoup de pépiniéristes préfèrent ce moyen très - prompt à celui du semis, qui pourtant mérite la préférence, parce qu’il donne des sujets plus vigoureux et plus durables. Les marcottes poussent de bonnes racines dans l’espace d’une année ; à ce terme, on peut les enlever et les placer en pépinière , en les mettant à 2 pieds de distance entre elles, sur des lignes espacées de 4 pieds. Le meilleur temps pour marcotter ces arbres et pour enlever les marcottes est la fin de septembre, quand leurs feuilles commencent à tomber. Four obtenir de bonnes branches à marcottes, dit Miller, on coupe un gros tilleul près de terre; il pousse, l’année suivante , un grand nombre de forts rejetons , qui seront très-propres à être marcottés l’automne d’après , sur-tout si l’on a soin d’en retrancher les plus petits pendant l’été; car si on les laissait croître tous , ils seraient beaucoup plus faibles. On couvre la souche avec de la terre, et tous les jets poussent des racines et fournissent du plant en abondance Lorsqu’on veut se procurer un grand nombre de marcottes, il faut planter, dans un terrain bien labouré , des tilleuls de six à sept ans , dont on coupe ensuite le tronc à y à 8 pouces au- dessus de terre. Les souches poussent un grand nombre de rejets que l’on marcotte en les couchant. On peut les lever une année après pour les mettre en pépinière , et au bout de quatre à cinq ans, ils pourront être plantés à demeure. Rejetons et boutures. On peut aussi multiplier les tilleuls par rejetons et boutures ; mais on ne fait pas aussi communément usage de ces méthodes, parce qu’elles sont moins sûres que celles des marcottes ; les rejetons donnent des arbres à racines trop traçantes, et les boutures réussissent rarement. Entretien des plantations en pépinière. — La transplantation étant faite en pépinière, comme nous l’avons dit, on s’occupe de'la culture et de la direction des plants. Après la première, ou. la seconde année de la plantation, on rabat rez terre les jeunes sujets pour les faire pousser un jet plus droit et plus gros, destiné à former la tige de l’arbre. L’hiver suivant, on la taille en crochet, c’est-à-dire qaa’on coupe ses branches latérales inférieures à 2 ou 3 pouces de longueur. En été , de l’année suivante , ou coupe en crochet rez tronc, et on arrête la croissance de la tige à 6 ou 8 pieds, en pinçant son extrérqité. Pendant tout ce temps, on donne deux ou trois binages d’été et un labour d’hiver au terrain. Ce n’est que la huitième ou neuvième année que les tilleuls; ont acquis assez de grosseur pour èlre transplantés à demeure ; ils ont alors environ 2 pouces de diamètre. Les plants qu’on a obtenus par marcottes se traitent de la même manière. Plantation du tilleul comme arbre de décoration. — Le tilleul, ^pr-tout celui de Hollande , dont les feuilles et les fleurs sont beaucoup plus grandes et plus belles, se plante sur les routes, en avenues , en quinconces, etc. ; et comme il se plie à toutes les formes qu’on veut lui donner avec le croissant ou les ciseaux, on en fait de beaux portiques , des boules en forme d’oranger, des palissades, des berceaux , des salles et des murs de verdure. On le plante en massif dans les jardins d’agrément, et on le place dans le voisinage des maisons d’habitation- En quelque lieu qu’il soit, et quelque forme qu’on lui donne, il produit toujours un bel effet par son port noble et gracieux , par ses rameaux nombreux et flexibles, et par son feuillage gai et touffu. Le doux parfum que ses fleurs répandent au printemps ajoute encore à l’agrément qu’il procure. Comme son accroissement est assez rapide , il peut, en dix ou douze ans, couvrir de son ombre les allées qui en sont formées; mais on lui reproche de se dépouiller de bonne heure , quelquefois même pendant l’été. Il se plante à des âges indéterminés. On en a vu réussir qui avaient plus de cinquante ans. C’est avec un tilleul que Duhamel fit la belle expérience de transformer des branches en racines , et des racines en branches, a Le tilleul , dit Valmont de Bomare, se prête facilement à la transplantation , quand même il aurait un pied de diamètre. » Cependant l’âge le plus ordinaire auquel on le plante , comme arbre de tige, est celui de sept à huit ans. On rafraîchit ses racines, on coupe l’extrémité de sa tige à 7 ou 8 pieds de longueur , et on raccourcit Les branches. La plantation se fait à des distances variables suivant l’objet qu’on se propose, Entretien des plantations de ligne . Cet entretien consiste à donner, pendant quatre ou cinq aBS, des labours au pied des arbres; à les garantir des insultes des hommes et des animaux; à les entourer de paillassons lorsqu’ils sont exposés , comme cela arrive souvent, à être endommagés par l’ardeur du soleil, qui fait lever l’écorce à l’exposition du midi; à tailler leur tête, soit poux les faire filer, soit’pour en former des berceaux, des boules , ou de* palissades. Exploitation. — Le tilleul sauvage, qui est l’espèce la plus répandue dans les forêts, et celui dont le bois estde meilleure qualité, a’expLpite en futaie, en taillis et par émondes. En futaie , on le coupe à 8o ep.ço ans, époque à laquelle il a acquis toutes les diiaensious qui le TIL TIL rendent utile pour les sculpteurs et les tourneurs. Il repousse très-bien de souche jusque dans un âge fort avancé. Il est tellement vivace, que l’on a vu de vieux tilleuls abattus et dont on avait retranché les branches , qui ont poussé, pendant la première année de l’abatage, des scions assez longs, qui ne sont morts qu’à la deuxièmeannée. Malgré l’avantage que cet arbre présente sous le rapport de sa reproduction, il n’eSt pas assez utile pour le laisser croître en futaie, et on trouve âssezdn tilleuls dans les plantations d’agrément pour fournir au besoin des arts. En taillis , il conviendrait par la facilité»avec laquelle il repousse , si son bois était de meilleure qualité. On le coupe à divers âges : à 8 ou 10 ans, pour en obtenir des ramilles et des fagots ;■ à «2 •ou 1 5 ans , pour en obtenir de l’écorce , des perches et des rondins ; et de 1 5 à 25 ans pour en avoir de forts brins, propres à plusieurs usages. L’âge le plusavancé auquel une souche coupée plusieurs fois puisse repousser, estde îoo à i 5 o ans. On ne doit pas réserver des baliveaux de tilleul , parce -qu’il étend beaucoup ses branches lorsqu’il estisolé, et qu’il étouffe le taillis. En général cet arbre nuit aux autres bois , et on doit plutôt chercher à le détruire qu’à le propager dans les forêts , à moins qu’il ne soit destiné à fournir de l’écorce. Feu M. le vicomte de Foucault, qui était sous- inspecteur à Senlis, m’adressa, en 181*, un mémoire sur lasaison à laquelle il convient d’écorcer le tilleul, et sur l’existence du lilleul de Hollande dans les forêts. 11 dit que cette dernière espèce, que l’on croyait confinée dans les parcs et les jardins , se trouve dans plusieurs forêts , où elle croit spontanément et en quantité avec l’espèce à petites feuilles; que les marchands de bois la distinguent très-bien, et qu’ils savent tous qu’elle est inférieure à l’autre pour la qualité de la tille; rai«.on pour laquelle on doit pré- iérer, dans les plantations, le tilleul à petitesfeuilles. « La coupe des taillis , dit-il, doit être terminée , suivant le cahier des charges, au i 5 avril; celle des arbres au j 5 mai, et les arbres à écorcer doivent être coupés et abattus avant le i 5 juin. Cette disposition du cahier des charges ne parait devoir s’appliquer qu’à la fabrication du tan ; et cet usage, malgré l’inconvénient de l’abatage des arbres en pleine sève , est légitimé par la nécessité. Aussi différens arrêts du conseil, tels que ceux des 8 février 1672 et 3 o mai 1702, ont-ils modifié l’art.28 du tit. XX\ II de l’ordonnance de 1669, qui défend à tous marchands de peler les bois de leurs ventes , étant debout et sur pied. Mais la prorogation 11e devait porter que sur le délai d’abattre , et non point sur la faculté d’écorcer sur pied. Le cahier des charges a évité l’un des deux inconvéniens , en retirant cette faculté aux marchands. » On a doifné , ce mo- semble , à cet article du cahier des charges beaucoup plus de latitude qu’il ne semblait en comporter, en l’appliquant à l’écorcement du» tilleul. Cet article porte que les arbres à 'éeorê^é'-'seroiH coupés et abattus avant le i 5 juin. Mais ce serait un très-grand abus d’ac- cordér nwtàntÇdfe' tèfnps “pour abattre une cépée de boits • bltfec qwe^poWr en àbattre une : de bois dur, 9°9 et de suivre à cet égard une règlepniforme pour une espèce dont la végétation,.est, Ipç^uçoup plus précoce. ’ , , M. de Foucault assure que flans l^rrQndissemçijt de Péroune., où il existe beaucoup d^.tüta^L > ét ç>u, depuis plus de vingt ans, les cépées de çqtte esçpnce étaient coupées dans les. mois de, .février^ n\ars et avril y quoique destinées à faire de la *7/e,,iI n’y avait jamais eu aucune réclamation des marchands de bois à cet égard. ^ Il appuie la possibilité et même l’avantage d’e- corcer les tilleuls dans les mois qu’on vient a’indi- ,quer, sur ce qui se pratique à l’égard de l’extraction •de la sève des érables dans le Canada , pays infîni- Iment plus froid que le nord de la France. Cette (extraction s’y fuit pendant l’hiver, mais avec plus ■ d’avantage néanmoins dans les mois de mars et d’a- ivril, lorsque les grands dégels succèdent à de forte.s gelées. Les forestiers qui, chez nous, feraient^l^- iguer des sycomores et des planes dans le mois netnéll 4 ment èxécutée. ( Circtd. du 2.5'octobre- rtSiIri) ‘ ' II. Lefe (îéblaratHHis'de volonté d’ébattre que font. Tome itî*' T,OI giû les propriétaires d’arbres futaies sont, sujettes au timbre. j^ZVç .ctii 1 5 avril 1S11.) . , ■ ïj én. éit le même des demandes en défriche- rpënf ^ et de foulés les pétitions qui sont adressées ajux administrations publiques. {Loidu i 3 brumaire an 7', art. 12.) lïI.'Lés actes et procès-verbaux des huissiers, gardes champêtres ou forestiers '(autres que ceux des particuliers) , et généralement tous actes et procès- verbaux concernant la police ordinaire, et qui ont polir 'objet, la poursuite et la répression des délits et contraventions aux réglemens généraux de police et d’impositions, sont visés pour timbre et enregistrés en débet, lorsqu’il n’y a pas de partie civile poursuivante , sauf à suivre le recouvrement cbntre des condamnés. (Loi du 25 mars 1817, art. f}.) Sûiit également visées pour timbre et enregistrées èjf débet îes c déclarations d’appel de tous jugernpns rfcndus en matière de police correctionnelle, lorsque iVppelaht est émprisonné. (fb.) Quant aux actes concernant l’administration forestière qui sont soumis au timbre, V. Adjudicà *- lion, Certificat, Commission , Enregistrement , Procès-Verbaux , Traitement. TINIER. Nom vulgaire du pin-cembro. V. Pin. TIRE ET AIRE. L’art. 11 du tir. XXV de l’ordonnance de 166g dit que les coupes seront faites à tire et aire, c’est-à-dire de suite, sans relâche et sans intermission de la vieille vente à la nouvelle, et en allant toujours devant soi. Le contraire, en allant çà et là, s’appelle fureter ou jardiner un bois. Les coupes à tire et aire ont pour objet de prévenir les abus auxquels peuvent donner lieu les coupes en jardinant, et pour ménager les souches des cépées abattues, qui périraient par la dent du bétail ou faute d’air. Ce mode est bon pour les taillis; mais V. Aménagement , Exploitation , Furetage. TISSU ORGANIQUE, TISSU CELLULAIRE, TISSU VASCULAIRE. V. Physiologie végétale, 2 ®» SCCt, TITRES. V. Archives. Titres anciens. V. Domaines nationaux. Titres des usagers. V. Usetges. TOISE , du latin tensa , fait de tensus -, participe de tendere , tendre. C’est le nom d’une ancienne mesure qui variait suivant les lieux. La toise dont on faisait usage à Paris, avant l’établissement du nouveau système métrique, contenait; savoir, la taise courante, 6 pieds de roi; la toise carrée, 36 ; et la toise cube , 216. V. Mesure. TOÎSÉ. Mesurage à la toise. En mathématiques, qh appelle le toisé la science ou l’art de mesurer les sürlbces et les solides, et de réduire la mesure en ' «jàlcul. îfrous avons parlé, sous le mot Estimation , de la manière de mesurer les bois, et sous le mot Mesure du rapport des anciennes avec les nouvelles mesures. V.- ces mots. Avant l’établissement du nouveau système métrique ,-on toisait les bois de différentes façons , suivant lés usagés dés lieux : voici l’exposé des deux ■ principales méthodes. ; L’une était de faire la réduction des pièoesen rao: ift < >v • 1: - r ' 115 TOI TON 9 l 4 pieds cubes. On l’employait pour les fournitures des bois de marine et de charpente dans les ports de mer. L’autre consistait à réduire tous les bois de charpente à la solive ou à la pièce ; elle se pratiquait; dans plusieurs provinces pour les fortifications, les bàtimenscivils, et particulièrement à Paris. Pour mesurer en pieds et en parties de pied le3 trois dimensions d’une pièce, la longueur , la largeur et Vepaisseur , on les multiplie l’une par l’autre , et le produit donne le nombre de pieds et parties de pied cubes contenu dans la pièce. Il faut multiplier l’épaisseur par la largeur, et le produit par la longueur; il faut ensuite diviser le second produit par i4i, ou prendre le douzième de ce total, et encore le douzième du douzième ; les parties restantes du premier douzième seront des lignes cubes, et les parties restantes du second douzième seront des pouces cubes. Exemple : soit une pièce de 20 pieds de longueur sur 10 pouces de largeur et 10 pouces d’épaisseur : 20 multipliés par to de largeur donnent 200, qui, multipliés par to d’épaisseur, donnent 2000 : en divisant par 12, on a 166 A-. Divisant ensuite 166 par 12, on a t 3 -77 : d’où il suit que cette pièce cube a i 3 pieds 10 pouces 8 lignes cubes, parce que 10 douzièmes de pied font autant de pouces, et 8 douzièmes de pouces font autant de lignes. l’ar rapport à la seconde méthode, on appelle solive , en fait de toisé, une pièce de bois carrée de 6 pouces d’équarrissage sur 12 pieds de longueur: ainsi ce qu’on nomme solive contient 3 pieds cubes ; mais, comme dans tous les toisés ordinaires, la toise est la mesure principale , on réduit la solive à un parallélipipède d’une toise de longueur sur 72 pouces carrés, ou la moitié d’un pied carré, qui est 344 pouces. En considérant ainsi la solive, on la divise, de même que la toise, en six parties égales, qu’on nomme pieds de solive : ainsi un pied de solive est un parallélipipède d’un pied de hauteur sur 72 pouces carrés de base. Le pied de solive se divise comme le pied de roi, d’abord en 12 pouces, et ensuite en douzièmes de pouces , c’est-à-dire en 12 lignes ; en sorte que le pouce et la ligne de solive sont des parallélipipèdes des 72 pouces de base sur un pouce ou sur une ligne de hauteur , et l’on réduit les bois carrés en solives de plusieurs manières. On mesure la longueur d’une pièce en toises, et sa largeur et son épaisseur en pouces; après avoir multiplié le nombre des pouces de la largeur par le nombre des pouces de l’épaisseur , on a le nombre de pouces carrés contenu dans la base de la pièce : on multiplie ce produit par le nombre de toises qui fait la longueur de la pièce, et l’on divise ce produit, qui indique combien la pièce contient de toises de barreaux d’un pouce d’équarrissage, ou, pour parler le langage des toiseurs , de toises pouces-pouces par 72, qui est la base ou équarrissage d’une solive ; et comme 72 barreaux d’un pouce carré et d’une toise de longueur font une solive, le quotient fait le nombre de solives contenu dans la pièce. Exemple : si l’on veut réduire en solives une pièce de bois de 5 o pieds de longueur, ou de 8 toises 2 pieds sur i 5 pouces d’équarrissage, on multipl e les deux côtés de la base l’un par l’autre : 1 5 pouces étant multipliés par i 5 pouces dbnndht 225 pouces carrés pour la surface de la basé^ôù’cm multiplie par 8 toises deux pieds, qui est la longueur de la pièce; on a i 8 ÿ 5 pouces-pouces, ou de barréaux d’un pouce carré de base ; en divisant 1875 par 72, qui est la surface de la base de la solive, on a 26 solives *3 pieds 3 pouces, qui est le toisé de cette Cette manière d’opérer étant suffisante, on n’en rapportera point d’autre; On remarquera seulement que ce qui reste d’une division est des pouces carrés , que l’on exprime par j j 7 j de pièce, et que 18 pouces font £ ; 24 pouces font - ; 36 pouces font 4 ; 48 pouces font et 54 pouces font à de ièce : Je surplus de ces fractions est des pouces , ont il faut 72 pour faire une pièce. Et pour plus de facilité , quand les solives de sciage pour les bàtimens ont 5 sur 7 pouces d’équarrissage , on a coutume de compter fa toise courante pour une demi-pièce; quoique le produit dé 5 multiplié par 7 ne soit que 35 , et que 35 et 35 ne fassent que 70 au lieu de 72 , il est d’un usage constant qu’une solive de sciage de 12 pieds de long sur 5 et 7 passe pour une pièce : ce qui fait une exception à la règle générale. Une pièce longue d’une toise, qui a 9 pouces de largeur sur 4 pouces d’épaisseur, est réputée une demi-pièce. Une toise de poteau de 4 et 6 pouces d’équarrissage fait une pièce. (Quatre toises de membrure de 3 et 6 font une pièce. Quatre toises et demie de chevron de 4 à 4 pouces font une pièce. Six toises de chevron de 3 et 4 pouces d’équarrissage font une pièce. Huit toises de chevrons de 3 et 3 pouces carrés font une pièce. Douze toises de barreaux de 2 et 3 pouces carrés font une pièce. Dix-huit toises de barreaux de 2 et 2 pouces carrés font une pièce. Trente-six toises de barreaux méplats de 1 et 2 pouces carrés font une pièce. Soixante-douze barreaux de 1 et 2 pouces carrés font une pièce. Les toiseurs qui savent ces règles de pratique abrègent beaucoup leur travail ; car s’ils ont à toiser , par exemple , une grille formée de barreaux de bois de 2 et 2 pouces carrés et de 6 pieds de longueur, ils voient sur-le-champ qu’il faut 18 barreaux pour faire une pièce ; ils réduisent de même en pièces de solives les poteaux, les membrures, les chevrons, etc., de différentes grosseurs et longueurs; ce qui abrège beaucoup le travail. Chacun peut de même se former une méthode particulière. V. Estimation , Mesure. TOMENTEUX. ( T. de bot. ) Cotonneux. TONDRE , du latin tondere. Dans le jardinage , on dit tondre un arbre, un arbuste, des palissades , des bordures de parterre, un gazon. V. Tonte. TONNEAU, de l’allemand tonne , et en latin doliurn. On appelle ainsi toutes sortes de futailles ou TON de vaisseaux de bois ronds, à deux fonds et reliés de cerclés, servant à contenir diverses espèces de marchandises liquides ou sèches. On appelle aussi tonneau une certaine mesure de liqueur , une certaine mesure de grains, sans appliquer' ce mot au vaisseau qui la contient ou peut la contenir. Enfin, on nomme tonneau , dans le commerce de mer, un poids égal à 2000 livres, et d’après lequel on est dans l’usage d’évaluer le port des navires et le prixdufret. Les tonneaux ou futailles sont composés de plusieurs planches ou douves réunies par des liens à côté les unes des autres , et qui présentent dans leur ensemble une espèce de cylindre court et creux, qui est renflé dans son milieu, tronqué et fermé à ses deux extrémités. La partie qui, le tonneau étant coupé, offre un plus grand diamètre, se nomme le ventre du tonneau ou le bouge. Quand les douves sont toutes préparées et qu’il ne reste plus qu’à mettre les cerceaux, elles forment ce qu’on appelle un tonneau ou une futaille en botte ; quand elles sont maintenues par des cercles , et que le tonneau a ses fonds et ses barres, il s’appelle tonneau monté. C’est alors qu’on pratique sur sa partie la plus renflée, dite la bouge , une ouverture à égale distance de ses extrémités, on la nomme trou du bondon. On donne le nom de merrain à l’espèce de bois employée à faire les douves et les fonds des tonneaux ; cependant le merrain de fonds porte spécialement le nom de traversin. V. Douvain, Merrain et Traversin. Pour fabriquer de bons tonneaux , les tonneliers doivent faire une ample provision de merrain, afin que le bois puisse acquérir, avant d’être employé, le degré de dessèchement convenable. Les bois de bonne fente, sans nœuds et sans défauts, qu’on peut diviser en planches ou lames minces, doivent être préférés : cependant on fait quelquefois usage des bois refendus avec la scie 5 mais les douves fabriquées de bois ainsi refendus ne sont pas aussi bonnes que celles des bois de fente, parce qu’on n’a pas pu les séparer suivant la disposition des fibres : on est obligé de commencer leur cintre par la scie , afin de pouvoir ensuite former avec moins de difficulté le bouge du tonneau, et cette opération est défectueuse. Quelques ouvriers amincissent avec l 'essette, marteau à tète ronde d’un côté, et à large tranchant recourbé de l’autre , la partie du milieu de la douve qui doit former le bouge , afin, disent- ils, de cintrer plus facilement leurs barriques. C’est encore une pratique vicieuse, puisque la partie qui doit être la plus forte dans la construction devient la plus faible. Le merrain et le traversin doivent être pris dans du bois de quartier dont on a enlevé l’aubier, autrement les douves seraient sujettes à se coffiner , c’est-à-dire à quitter leur forme et cesseraient d’être propres à la construction des tonneaux. On n’emploie guère que le bois de chêne pour en faire du merrain à futailles , parce que la fabrication des tonneaux exige un bois serré et qui ne pourrisse pas aisément. Le meilleur merrain est celui qu’on tire du cœur des arbres sains et choisis parmi les plus gros. On peut sans doute y employer aussi le châ- TON 91 5 taignier , le hêtre et quelques autres bois, à l’exception cependant des bois tendres, nommés bois blancs , qui occasionneraient un grand coulage, et des bois qui, par leur nature, pourraient communiquer aux liquides une odeur étrangère ; ces bois ne conviennent que pour les matières sèches. Duhamel dit que, dans l’Angoumois, on fait de bonnes futailles avec le jeune châtaignier; qu’on en fait aussi avec de l’acacia, et que dans les provinces méridionales on fait du merrain avec le mûrier blanc. Le merrain de cœur de hêtre peut être employé à défaut de chêne; les tonneaux qui en sont fabriqués ont même l’avantage de conserver plus longtemps les vins délicats et faibles , c’est une propriété de ce bois; mais pour les autres qualités, il est bien inférieur au chêne. Lorsqu’on est obligé de faire des tonneaux avec le hêtre, il faut avoir la précaution d’en prendre le merrain dans les hêtres crus sur taillis ou isolés, et jamais dans ceux des futaies pleines, parce que le bois de ceux-ci est trop tendre. 11 faut aussi avoir la précaution d’employer ces douves avant que le ver ait eu le temps de les piquer, ou , mieux, de les préserver de ces piqûres avec le moyen indiqué par Etlis et qu’il assure lui avoir complètement réussi. Ce moyen consiste à faire tremper les douves de hêtre dans l’eau, afin d’en faire dissoudre la sève. Il a pensé avec raison que c’est la sève restant dans le bois après son abatage que le ver va chercher pour sa nourriture, et qu’en la faisant dissoudre , il n’aurait plus de motif pour s’y introduire. Mais le chêne bien choisi est préférable à tous les autres bois pour la construction des vaisseaux vi- naires, parce que les fibres de son bois sont mieux liées et plus compactes. L’expérience de tous les pays vignobles prouve que le vin perd beaucoup moins dans de tels vaisseaux, soit pour la quantité, soit pour le spiritueux. M. Dutour, à qui nous empruntons quelques-unes des remarques contenues dans cet article, observe que cette vérité a été tellement mise au jour par les plaintes des acheteurs d’eau-^p-vie, que toute exportation d’esprit ardent hors du royaume est défendue si elle n’est pas faite dans des tonneaux de chêne ; on se servait auparavant de vaisseaux en bois de châtaignier, et quoique l’eau-de-vie fût au titre, et même au-dessus du titre, en sortant de nos ports, elle arrivait chez l’étranger, à Hambourg, par exemple, â un titre très-inférieur à celui qui est adopté dans le commerce. La perte dans les vaisseaux de chêne est peu considérable, et elle l’est d’autant moins , proportion gardée, que le vaisseau est plus grand. Toutes les douves, quoique de chêne, ne sont pas d’égale qualité : celles tirées de chênes trop vieux ou trop jeunes sont trop poreuses. Les douves doivent toujours être faites avec un bois convenablement sec, attendu que le bois vert donne de la mollesse au vin. Le bois rongé, vermoulu ou menacé des vers , doit être rejeté, ainsi que le bois qui tend à se pourrir; il en est de même des bois vergetés , des bois gras, de ceux qui proviennent d’arbres sur le retour et des bois roulés. On éprouve le merrain en le frappant sur le tranchant d’une pierre : s’il rompt par éclats ou par esquilles; s’il casse net, I l5* 9 i6 TÔN il est mauvais- On doit préféfer les douves qui ont flotté, parce Qu’elles ont perdu dans l’eaü une partie de leur sève ; mais on ne doit les employer que lorsqu’elles sont parfaitement sèches, et il fqqt éviter, en les retirant de l’eau, de les placer dans un endroit humide, où elles contracteraient bientôt une odeur de moisi. Les bois propres à la fabrication des tonneaux deviennent de plus en plus rares dans nos forêts. Les ci-devant provinces de la Bourgogne et de la Champagne, quoiqu’il y ait encore des forêts assez considérables, n’ont plus assez de futaie pour la fabrication du merrain. Elles ont recours aux forêts de la Lorraine et des Vosges. Le prix du merrain a presque doublé depuis 20 ans, et si la progression du prix continue pendant quelques années, on sera obligé d’abandonner une partie de la culture de la vigne. V. IDouvain et Merrain. Le lecteur qui voudra prendre une connaissance plus étendue de la fabrication des tonneaux j^que nous n’avons dû considérer ici que sous le rapport forestier) consultera très-utilement l’article Tonneau du Nouveau cours d’agriculture , où il est parlé aussi des différentes formes des tonneaux et de leur conservation. Tonneaux pour le transport des cendres fabriquées dans les forêts. Ils doivent être marqués du marteau de l’adjudicataire. ( Ord. de 1669, tit. XXVII , art. 2t.) TONNELIER. Ouvrier qui fait des tonneaux, cuves, et autres ouvrages composés de douves et cerceaux. V. Ouvriers. TONNELLE. Ce mot a la même origine que tonneau. C’est une espèce de berceau pour décorer les jardins. On les fait avec des treillages peints en vert, que l’on garnit avec des arbres ou avec des plantes sarmenteuses dont on assujettit les branches sur les treillages : ces sortes de décorations 11e conviennent que dans les petits jardins. TONNERRE, du latin tonitru. Bruit éclatant causé par l’explosion de deux nuées électriques. On voit assez fréquemment des arbres mutilés par le tonnerre ou par le vent : ce sont des arbres perdus si on n’a soin de couper rez ironc les branches rompues, parce que l’eau , s’introduisant dans l’intérieur du bois, y porte la pourriture ; ce qui rend l’arbre presque inutile pour toute espèce de seryice. On ne doit jamais se mettre àl’abri sous de grands arbres lorsqu’il tonne, parce que sous ces abris on est beaucoup plus exposé qu’ailleurs à être frappé de la foudre. Cet avis est d’une grande importance pour les personnes de la campagne, et celles qui, par état, comme les agens et gardes forestiers, sont souvent exposées aux dangers des orages. TONTE. Action de tondre les arbres, inter- lucatio. C’est l’action de retrancher les branches ou des branches aux arbres et arbustes, pour les empêcher de dépasser certaines limites dans leur accroissement, ou pour les forcer à prendre telle ou telle forme. On tond les arbres , les charmilles , les bois. On dit aussi, dans plusieurs endroits , tondre les TOU saules, les'pêupliers, les ormes, et en général les têtards. La tonte des charmilles se fait au croissant ou aux ciseaux ; celle des arbres se fait d la serpe. La premièr^'a lieu , tantôt deux fois; savoir, au mois de mat et au mois d’août; tantôt une seule fois , àlà fin dè ;ûin Ou au commencement de juillet. On ne la fait point en hiver, parce que les pousses du ‘pr'ùilêmjts seraient trop fortes et en trop petit nombre, èt qu’il faut qu’une charmille soit garnie le‘ plus possible de rameaux. La tonte dès saules se fait pendant le repos de la sève, comme la coupe des taillis. V. 'Têtard. La tonte des ormes et des autres arbres d’alignement se fait dans la même saison. V. Elagage. TOPINAMBOUR, helianthemum indicurn tube - rosum. Plante vivace, tubéreuse, du genre des hélianthes, qui peut procurer de grands avantages à l’agriculture par ses tubercules et ses feuilles, propres à la nourriture des bestiaux. Les agronomes recommandent de cultiver cette plante dans les places vagues des forêts et dans les taillis même, où deux ou trois récoltes ne porteraient point préjudice à la reproduction des bois et pourraient même la favoriser. On en recommande encore la culture en rangées plus ou moins écartées et dirigées du levant au couchant, pour fournir des abris contre le soleil de midi à tous les semis que la sécheresse empêche de prospérer, et notamment à ceux d’arbres verts. L’abri que peut fournir cette plante, qui s’élève à 5 et 6 pieds et dont les feuilles ont de 8 à 10 pouces de longueur, offre un puissant moyen de faire réussir les plantations de bois et même les cultures ordinaires dans les terrains arides de la ci-devant Champagne et dans les sables. Le topinambour ne redoute que les argiles sèches et les sols sans profondeur. Il se plante au premier printemps, lorsque les plus fortes gelées sont passées. On le butte comme les pommes de terre , et les tubercules peuvent ne s’arracher qu’à mesure des besoins et même après l’hiver. TORCHEPIN. Nom vulgaire du Pin-Mugho. V. ce mot. TORRENT, du latin torrens , impétueux, brûlant, précipité. C’est un courant d’eau très-rapide qui descend des montagnes, et qui provient ordinairement ou d’une pluie d’orage ou de la fonte des neiges. Ce sont les torrens qui sont les principales causes de la dégradation des montagnes et de leur affaissement continuel , occasionné par ces éboulemens journaliers , si souvent observés par les géologues , et ce sont des allaissemens semblables qui ont donné naissance à presque tous les lacs. V. Montagnes. TORULEUX, du latin torulus , petit cordon. C’est, en botanique, un corps oblong, solide, et alternativement renflé et contracté sans articulation. TOUFFE. Ce mot paraît provenir du latin tuta, qui, chez les Romains, signifiait un étendard composé de plumes liées ensemble. C’est un assemblage de choses nombreuses et très-rapprocliées, d’arbres par exemple : locus densus arboribus. C’est la réunion de plusieurs tiges d’un arbrisseau ou d’une TOU TOU plante herbacée,qu’on peut lever et planter ailleurs. On dit une touffe de lilas , de laurier. TOUFFU. Un bois touffu est celui qui est épais et dqnt les arbres sont très-rapproçh’és. TOURBE. Mot qui, suivantes çtymologisles, viendrait du saxon turfe , dont lçs Anglais ont fait turf, et le$ Allemands torff ou de l’arabe torb ou torbah, qui signifie terre. , , C’est une terre brune ou noire, onctueuse,, combustible , formée de débris de plantes. Elle contient plus ou moins de parties huileuses et autres, dont sont en général formées les plantes ligneuses et,herbacées. Lorsqu’elle est bien sèche et qu’on y met le feu, elle brûle long-temps, donne beaucoup de chaleur et répand ordinairement une odeur de soufre désagréable. M. Bosc considère la tourbe comme ne différant du terreau que parce qu’il est resté , dans la composition de la tourbe, des parties que le terreau a perdues, lesquelles seraient le mucilage, qui se transforme en une espèce d’huile dont les tourbes donnent des quantités notables à la distillation. Ainsi, observe-t-il, toutes les fois qu’il y a perte de principes , il n’y a pas de tourbe : et comme les plantes qui se décomposent à l’air perdent en effet de leurs principes, elles ne produisent que du terreau, tandis que celles qui s’altèrent dans l’eau, n’en perdant point, produisent la tourbe. M. Bosc observe encore que la chaleur étant presque toujours la cause de cette perte de principes, la tourbe est beaucoup plus rare dans les pays méridionaux que dans ceux du nord. Toutes les plantes herbacées, dit-il, peuvent fournir de la tourbe ; mais elle est due à celles qui vivent dans l’eau , et principalement à celles qui y sont abondantes, comme les potamots , les renoncules , les myriophylles , les charognes, les confer- ves, les sphaignes , les lenticules, les calitriches , les roseaux , les typlies , les scirpes, les ûuteaux , les butâmes , les prcsles, les rubaniers , les choins. Le même auteur observe, dahs le Nouveau dictionnaire d’histoire naturelle , que les arbres charriés dans les tourbières s’y conservent pendant un très-grand laps de temps , c’est-à-dire plusieurs siècles sans s’altérer, mais qu’ils en prennent la couleur, et qu’il est probable qu’à la fin ils se décomposent et se mêlent avec la tourbe, sans cependant, ajoute-t-il, qu’on ait aucun fait qui le prouve. Je puis assurer que cette décomposition a lieu ; j’ai vu en Allemagne des tourbières dans la grande forêt qui se trouve près de Brühl, à une petite distance de Cologne, où l’on rencontre assez souvent de très-grands arbres entièrement décomposés et dans lesquels on peut enfoncer la main comme dans l’autre tourbe. Ces arbres conservent toutefois, dans leur état de parfaite décomposition, une partie de leur forme primitive et même une apparence d’organisation ; mais le tout n’est que de la tourbe, que les ouvriers mêlent ordinairement avec l’autre tourbe. M. Faujas de Saint-Fond, qui a vu ces tourbières, en parle dans le Journal des Mines, n°. 36 , où il dit qu’il existe près de Cologne un prodigieux amas de bois fossile , qui forme une couche de plusieurs lieues d’étendue, qu’on exploite sur une épaisseur de 12 9*7 pieds, mais dont la masse totale va jusqu’à 4o pieds dans la profondeur. Ce bois fossile, que les naturalistes appellent terre d’ombre végétale , est connu , dans le commerce, sous le nom dé tèrre dè Cologne. O 11 l’emploie en peinture ; on s’en sert pour donner une belle couleur au tabac de Hollande, et On en brûle une immense quantité dans les usages domestiques. La plupart des tourbières se trouvent, soit dans les lieux très-bas, soit dans les situations très-élevées , et presque toujours dans les endroits qui sont aquatiques et marécageux ; cependant il y aussi des lieux dont la surface n’est que médiocrement'humide, qui renferment de Ja tourbe à une certaine profondeur, comme on en trouve aussi dans le fond des eaux stagnantes. Voici, d’après M. Hartig, quelques indications qui peuvent servir à découvrir la présence de la tourbe : i°. Quand le sol est noir ou de couleur brune, qu’il est assez élastique pour qu’en marchant dessus il s’abaisse et se relève, comme tout terrain marécageux; 2 °. Quand l’eau qui séjourne ou qui coule sur cette terre exhale une odeur désagréable, que sa couleur est brunâtre ou brune, et que sa surface est grasse et de couleurs très-variées; 3°. Quand les espèces de bois qui s’y trouvent, et qui d’ailleurs viennent bien dans les lieux humides , y sont rabougries ; 4°. Quand , à la surface du terrain, on trouve des roseaux, des joncs, le lède des marais, la bruyère quaternée, la camarine, l’airelle-caniieberge et beaucoup de mousse. On peutprésumer que, sous une semblable surface, il y a de la tourbe; mais on n’est pas toujours sûr d’y en trouver. Il faut, pour s’en assurer d’une manière plus exacte, faire un trou, et si on en retire de la tourbe, en prendre à diverses profondeurs, la faire sécher et l’éprouver au feu. M. Hartig fait observer que des morceaux de tourbe bien secs nagent dans l’eau comme le bois , et que la tourbe qui s’enfonce le plus est ordinairement celle qui brûle le mieux. Quand on a découvert une tourbière , on examine quelle est sa profondeur, quels sont les moyens d’en détourner l’eau et si les produits seront en rapport avec les frais d’exploitation. Four en exécuter le dessèchement, on fait pratiquer, dans les pentes et dans les endroits les plus bas, des-fossés d’une largeur et d’une profondeur suffisantes pour faciliter l’écoulement des eaux et rendre la tourbière exploitable; ensuite on ouvre une tranchée dans leffni- lieu de la tourbière ou vers la partie inférieure ; on enlève la couche de gazon qui recouvre le premier lit de tourbe, et l’on extrait la tourbe des deux côtés du fossé au moyen d’une bêche large et tranchante. A Amiens , on se sert d’une bêche particulière , qu’on appelle louchet, laquelle a un fer plus étroit, avec un appendice de la moitié de sa longueur , situé du côté gauche, faisant un angle obtus avec lui, et destiné à couper la tourbe sur deux faces à-la-fois. Les parallélipipèdes de tourbe ainsi coupés ont toujours la largeur et la hauteur du fer gi8 TOU de la bêche, c’est-à-dire 10 à 12 pouces de longueur sur 5 à 6 pouces de largeur et autant d’épaisseur. On fait sécher ces parallélipipèdes en les dressant d’abord en pyramides peu élevées et à jour , c’est-à- dire qu’on place sur la terre 5,6 ou 7 briques à la distance de quelques pouces les unes des autres, et qu’ensuite on les coupe par d’autres disposées en sens contraire, et ce toujours en diminuant d’une à chaque rangée. Au bout de i 5 jours, on défait ces petites pyramides, et on en construit avec les matériaux de plus grandes, mais disposées de même , excepté que deux parallélipipèdes sont toujours accolés. On laisse la tourbe dans cet état 8 à 10 jours, après lesquels on là change encore de forme , c’est-à-dire qu’on en construit des pyramides hexagones ou polygones, creuses en dedans : enfin, pour la dernière fois, on la dispose d’une manière plus serrée , en l’empilant en pyramides carrées, et on la laisse ainsi exposée à l’air, en la couvrant de joncs, ou même seulement de poussière de tourbe pour la garantir de la pluie, jusqu’à ce que l’acquéreur la vienne chercher. T. el est le procédé indiqué dans le Nouveau dictionnaire d’histoire naturelle, pour faire sécher la tourbe. M. Hartig dit qu’en Allemagne on sépare les parallélipipèdes par des lattes distantes de deux pouces les unes des autres. L’extraction de la tourbe commence ordinairement dans le mois de mai et dure jusque vers la fin de juillet. Plus tôt on ne peut Î >as toujours la couper, parce que les dernières ge- ées la rendent trop friable, et plus tard on n’a pas le temps nécessaire pour la faire sécher , à moins qu’on n’ait des hangars. 11 y a plusieurs autres procédés employés pour l’extraction de la tourbe , et dont on peut voir la description dans l 'Art du tourbier , par Roland de la Platière et dans le Nouveau dictionnaire d’histoire naturelle. M. Hartig recommande un ouvrage allemand, imprimé en qui a pour titre: Reim’s neue theoretische und praktische Abland- lung vom gesammten torfwesen , bis zum stich und -verkohlcn des torfes : Nouveau traité théorique et pratique de l’extraction de la tourbe et de sa carbonisation. Quand on extrait de la tourbe dans des lieux qu’on veut rendre à l’agriculture, on ne doit pas l’enlever jusqu’au sol, parce qu’il est ordinairement composé d’un sable ou d’une argile infertile; mais si on y laisse un demi-pied d’épaisseur de tourbe, qu’on mêle ensuite avec le sable ou l’argile par de bons labours, on rend cette terre propre à la végétation. 4^n sait en effetquela tourbe pure, qui est infertile par elle-même lorsqu’elle est en masse, peut servir d’engrais aux terres dans lesquelles on la mêle , et qu’elle devient fertile si on la laisse exposée à l’air en couches très-minces On opère le même effet par l’incinération et par l’action de la chaux, de la craie en poudre et des alcalis, qui la rendent soluble et propre à absorber l’acide carbonique. Lorsque la tourbe est extraite, on peut, si l’emplacement n’est pas trop profond, le planter en bois ou le convertir en prairie; ce qui parait plus utile que de le rétablir dans son premier état pour TOU y attendre la régénération de la tourbe, laquelle s’opère avec une grande lenteur. La tourbe est d’une grande utilité dans les pays où le bois est rare. Ses qualités varient beaucoup, tant sous le rapport de la chaleur qu’elle donne, que sous celui de l’odeur plus ou moins désagréable qu’elle répand. La tourbe la plus mauvaise est celle qu’on enlève à la surface des tourbières, et qui n’est guère qu’une espèce de terreau ; elle ne commence à etre bonne qu’à une certaine profondeur, où,.ayant été couverte par la charge des couches supérieures, elle s’est pénétrée plus intimement des décompositions végétales, et n’a rien perdu de ses principes. La meilleure est celle qui, étant peu chargée de parties terreuses , est pesante, noire ou d’un brun loncé ; elle ne prend que peu ou point de fentes par le dessèchement, elle se rompt difficilement , donne une chaleur forte et durable , et si on ne la brûle qu’après un ou deux ans, son odeur est la moins désagréable. La carbonisation de la tourbe lui ôte une grande partie de son odeur, et la rend propre à être employée dans beaucoup d’usines et même au feu des appartcmens. Dispositions réglementaires concernant les tourbières. Les dispositions de l’ordonnance de 1669, qui défendent d’enlever des terres, marnes, argile, etc., des forêts royales, s’appliquent à l’enlèvement de la tourbe avec d’autant plus de raison qu’il s’agit d’une terre d’une plus grande valeur. Quand on a tiré de la tourbe d’un terrain , il devient en quelque façon sans valeur, puisqu’on lui a enlevé sa production naturelle, et que pendant un très-long espace de temps ce n’est ordinairement qu’un amas d’eau bourbeuse. C’est pour cela que, par arrêt du 3 o septembre 1762, le grand-conseil a jugé que tourberun pré c’était aliéner le fonds. C’est encore sur le même principe qu’est fondé un avis du conseil d’état, du 20 décembre i 808 , approuvé le 3 o janvier 1809, qui applique aux acquéreurs des domaines nationaux sur lesquels il se trouve de la tourbe les dispositions des lois relatives au mode de jouissance des maisons, usines et bois, et d’après lesquelles ils ne peuvent faire aucune coupe ni ordonner de démolition avant d’avoir soldé le prix de la vente. Un décret du 22 frimaire an i 3 (V. au Recueil) approuve un arrêté du préfet du département du nord, du 9 ventôse an 1 1 , qui porte que la loi du 10 juin 1793, concernant le partage des biens communaux, est applicable aux tourbières, en ce qu’elle ordonne de tenir en réserve les terrains qui renferment des mines, minières, etc. La loidu 21 avril j8io , tit. VIII, sect. 2 e ., contient des dispositions sur l’exploitation des tourbières, et desquelles il résulte i°. que les tourbes ne peuvent être exploitées que par le propriétaire du terrain ou de son consentement; 2 0 . que tout propriétaire exploitant dans son terrain est tenu, à peine de 100 fr. d’amende, de faire sa déclaration à la sous préfecture ; 3 °. qu’un réglement d’administration publique doit déterminer les mesures relatives TOU aux travaux d’extraction ; 4°- q ue les propriétaires exploitanssoîé particulière , jI sëit cdrmrrunatrtés d’habitans, soit établissemens publics, sont temii.de s’y conformer. V. cette 16 i au Recueil et le déeret du 6 mai 1811. La loi du 20 juillet 1791 porte:' Art. 7. ce Lorsqu’un terrain sera exploité -en tourbière, on évaluera, pendant les 1.0 années qui suivront le commencement dù tVmrbage, sort revenu au double de la somme à laquelle il était éValué l’année précédente. Art. 8. » Il sera fait note, surchaquè-rôle, de l’année où doit finir ce doublement d’évaluation. Après ces 10 années, ces terrains seront cotisés comme les autres propriétés. » TOURBIÈRE.V. Tourbe. TOURNANT. C’est un coin de rue, de chemin, vite Jlexus; l’endroit où une rivière fait un coudé , ■ amnis divergium. En terme forestier, on appelle tournant un arbre réservé et marqué pour servir de borne à la vente d’une coupe , et qui se trouve dans un angle rentrant, à la différence du pied-cornier, qui se trouve sur un angle sortant. Y. Pied-Cornier. TOURNÉE. Ce mot vient du latin concursare , aller et venir, parcourir. C’est une course qu’un magistrat, qu’un agent de l’autorité fait dans un département pour inspecter un service public. Les grands-maîtres faisaient, tous les ans, une tournée générale dans les bois et forêts de leur département, de garde en garde et de triage en triage pour s’informer de la conduite des ofliciers, vérifier leurs registres , procès-verbaux , etc. ( Ord. de 1669, lit. III, art. 9.— Editdu mois de mai 1716, art. 37.) V. Visites. Les agens actuels sont tenus également de faire des tournées dans leurs arrondissemens respectifs. V., aux articles Conservateurs , Inspecteurs généraux,Inspecteurs et Sous-Inspecteurs, en quoi consistent les objets des tournées que ces divers agens doivent faire. ^ TOURNEE. Sorte de pioche à manche court, dont le fer est très-lourd, recourbé et terminé en pointe d’un côté , droit et coupant de l’autre. Il est très-propre au défoncement des terres argileuses et pierreuses. TOURNEUR. Mot qui vient du latin tornus , tour, instrument qui sert à façonner en rond le bois, l’ivoire, les métaux, etc. Un tourneur est l’ouvrier qui^fait usage de cet instrument. Les tourneurs en bois ne peuvent tenir atelier qu’à la distance de 2,222 mètres (demi-lieue) des forêts royales, à peine de 100 fr. d’amende et de confiscation de leurs marchandises. {Ord. de 1669, lit. XXVIII, art. 23 .) V. Ouvriers. Il y a des tourneurs qui s’établissent dans les fo*- rèts où l’on exploite beaucoup de hêtre; ils font avec' ce bois des moules à suif, des sébiles de toutes grandeurs, des fonds et des dessus de lanternes d’écurie, des rouets de poulie, des égrugéoirs, etc. ; ils établissent leur tour d’une façon très-grossière sous une loge, et un billot qui leur sert à dégrossir et ébaucher leurs ouvrages; ils fendent en deux une rondine d’un pied et demi de hauteur, dont chaque moitié doit servir à Taire un moule à suif ou une éîébite oh «litres ouvrages, Je dégrossissent sur le ibillot et le-tournent/, puis. les. mettent ep tas recouverts da copeaux, pour ; erppècHer qu’ils ne .se fendent au hâle jusqu’au samedi, jouf où on les enfume. Avec les noyaux qui sortent des grandes sébiles, on en fait de plus petites , ou bien on les réserve pour en faire du charbon. La façon des grandes et petites sébiles se paiqun même prix l’une dans l’autre. Les égrugéoirs et cuillers à pot sont ordinairement faits de bois blanc, et se tournent à-peu-près comihe les sébiles. Les rouets de poulies se font de tronces de frêne, de hêtre ou d’orme , cartellées et sciées selon la longueur que doit avoir le diamètre des poulies. TOXICODENDRON. C’est le sumac vénéneux. V. Sumac. TRACE. Ce mot se dit de la désignation d’un ouvrage au moyen de lignes, designatum lineis opus. l^es arpenteurs font le tracé des fossés, des laies et chemins dont l’ouverture est ordonnée dans les forêts. Y. VInstr. du 7 juillet 1824 sur la délimitation et l’aménagement des forêts. TRACHÉES DES PLANTES. Vaisseaux que l’on regarde comme servant de poumons aux végétaux , et qui sont composés d’une lame tournée en spirale sur ses bords. Y. Physiologie végét., 2 e . section. TRAFIC, de l’italien traffico, commerce, négoce. Le trafic que des gardes peuvent faire de l’exercice de leurs fonctions constitue un crime de la compétence des cours d’assises. {Arr. de la C. decass., du 12 novembre 1812.) Y. Cadeaux. TRAILLE, du latin trahere, traîner. C’est une sorte de bac pour passer les grandes rivières. TRAIN DE BOIS, ratis. C’est un assemblage de bois assujettis avec des perches et des liens qu’on met à flot sur les rivières. Nous avons décrit les trains de bois au mot Flottage. V. ce mot. TRAINAGE DES BOIS. On appelle ainsi l’action de faire descendre en traîneaux ou par glissage les bois des montagnes. V. Transport des bois. TRAINEAU , traha. Voiture sans roues pour traîner des fardeaux. V. Transport des bois. TRAITE. C’est, en terme de commerce, le transport des marchandises , exportatio ; en terme de douanes, un droit sur les marchandises à l’entrée et à la sortie ,portorium; en terme de banque, unelet- tre de change qu’un banquier tire sur son correspondant, et que ce dernier a commission d’acquitter. Traites pour ee paiement des coupes de bois. Nous en avons parlé au mot Adjudication , t. 1 , p. 107, et à l’article des Receveurs généraux. Y., au surplus, le Cah. des ch., art. 5 , 6, j et 8. L’arrêté du gouvernement du 27 frimaire an 11 , jnsêré dans une circulaire du 27 ventôse suivant f 18 mars i8o3), porte que le prix des adjudications des coupes sera payé en quatre termes : 3 i mars, 3 o juin , 3 o septembre et 3 i décembre ; que les adjudicataires souscriront des traites pour les époques ci-dessus au domicile du receveur général ; qu’elles seront en sommes rondes et sur papier particulier, et qu’une amende du vingtième de chaque traite non acquittée à son échéance sera encourue par l’adjudicataire en retard. TR A TR A 920 Une lettre du ministre des finances, en date du 16 fructidor an i 3 (3 septembre i 8 o 5 ) (au Recueil ), en réponse à plusieurs questions faites par un receveur général, contient des explications concernant le mode de paiement des ventes de bois, le terme de ces paiemens, l’acceptation des traites, le visa des contraintes, l’élection de domicile de la f iart des adjudicataires pour le paiement des traites, a proposition d’exclure des adjudications ceux dont les traites auraient été protestées, le délai pour fournir caution, l’époque où doivent se faire les ventes, le jugement qui doit précéder fa contrainte par corps, l’amende prononcée contre les adjudicataires à défaut de paiement des traites à leurs échéances. Cette lettre et les observations qui la précèdent renferment la solution d’un grand nombre de questions sur les objets que nous avons ci-dessus exposés. Nous y renvoyons, attendu qu’une simple analyse serait ici insuffisante. Les adjudicataires qui, par suite de renvois, ne sont mis en possession des coupes que postérieurement à la saison d’abattre, ne doivent faire leurs traites que pour l’ordinaire suivant, en payant un prix de feuille. ( Circul. du 14 février 1806.) Les traites doivent être rédigées suivant le modèle inséré au cahier des charges ( Circul. du 10 août 1812), et être timbrées avant leur confection. ( Dé - cis. minist. du 28 avril t820.) Les receveurs généraux sont seuls chargés de les faire souscrire. ( Instr. du 6 juin 1817.) Doit-on considérer une traite acceptée et délivrée comme formant dès ce moment le paiement de la somme qu’elle représente ? L’affirmative résulte d’une instruction ministérielle, du 12 décembre x 8 i 4 ) sur la loi du 5 du même mois, portant que les fruits échus et non perçus appartiennent aux propriétaires réintégrés dans leurs biens dont la confiscation avait été prononcée pour cause d’émigration ; mais qu’on ne peut considérer comme fruits non perçus les traites de coupes de bois, qui sont un véritable paiement effectué. Traites pour le paiement des coupes extraordinaires des bois communaux. V. l 'Ord. du roi, du 7 mars 1817; la Circul. du min. de Vint., du 1 1 juin suivant ; l 'Ord. du roi, du 5 septembre 1821, et le Cah. des ch. pour les coupes dans les bois des communes et des établissemenspublics. Traites que les fournisseurs de la marine DOIVENT DÉLIVRER AUX ADJUDICATAIRES. V. 1’ Ord. du roi, du 28 août 1816, art. 34 et 43 . TRAITE DES BOIS. C’est le transport des bois. V. Transport et Vidange. TRAITEMENT. Ce mot se dit de la manière de traiter une maladie , et il s’applique , par extension , à la minière de traiter une forêt. On dit: Traiter une forêt en futaie, en taillis, pour dire l’aménager, l’exploiter en futaie , en taillis ; Connaître le traitement des forêts de hêtres, de chênes, de pins. TRAITEMENT. On appelle traitemens les honoraires, les appointemens d’un homme en place. Traitemens des agens et gardes forestiers. Les officiers des maîtrises avaient des gages peu élevés; mais ils étaient payés de leurs opérations par des indemnités connues sous le nom de vacations, et ils recevaient en outre, sous le nom de chauffage, une indemnité en remplacement du chauffage en nature, qui avait été supprimé par le tit. XX de l’ordonnance de 1669. V. Chauffage, Vacations. Le décret du 29 septembre 1791 supprime toutes concessions et attributions de bois de chauffage, pâturage et de tous autres droits ou jouissances dans les forêts pour raison des fonctions forestières, et il fixe les traitemens des agens de tous grades. Mais la partie de la loi du 29 septembre 1791 , qui était relative à l’organisation d’une administration forestière, ayant été suspendue par la loi du 11 mars 1792, les officiers forestiers continuèrent d’être payés à raison de leurs vacations, et suivant le taux qui fut réglé par les lois des i 5 août 1792 et 29 floréal an 3 ( 18 mai 1795.) Ce ne fut que par suite de l’organisation établie par la loi du 16 nivôse an 9 (6 janvier 1801 ) que les agens et gardes eurent un traitement fixe et annuel. Quant aux arpenteurs, ils ont continué d’être payés à raison de leurs opérations, dont le prix par hectare a été déterminé par ladite loi du 16 nivôse an 9 , art. 5 . Les traitemens affectés aux divers emplois dans l’Administration des forêts, furent d’abord réglés par la loi du 29 septembre 1791, puis par la loi du 16 nivôse an 9, et ensuite, à l’égard de quelques grades, par les ordonnances du roi, des 11 octobre 1820 et 22 novembre suivans. Le traitement des agens et gardes ne court qu’à compter de la prestation de serment. ( Circul. des i er . messidor an 9 — 20 juin 1801 et 1 5 germinal an 11 — 5 avril i 8 o 3 .) Le mode de paiement des traitemens des agens et gardes a varié plusieurs fois. Il avait été réglé dans les derniers temps, d’abord par l’instruction du 12 février 1818, ensuite par celle du 23 mars 1821, art. 76 et 119, enfin par l’instruction réglementaire du 24 décembre 1822. Mais l’ordonnajjce du roi, du 4 novembre 1824, qui a réuni à là comptabilité du ministère des finances toutes les comptabilités particulières des administrations financières, a donné lieu à une instruction sur la liquidation et l’ordobnancement des dépenses en général, et par conséquent des dépenses relatives aux traitemens. V. cette Instruction et les modèles d’état qui l’accompagnent. Relativement à la saisie des traitemens, \ • Appointemens. Traitemens ou Salaires des gardes forestiers communaux. Ces traitemens sont payés par les communes, et à défaut par elles de pourvoir à la nomination de leurs gardes ou de leur fournir un traitement convenable, le nombre et le traitement des gardes sont réglés d’office par le préfet, sur l’avis des agens forestiers. {Ord. de 1669, tit. XXV, art. 14. — Loi du 29 septembre 1791 , tit. XII, art. 2. ) Il y est pourvu par la vente d’une portion suffisante des bois d’affouage. {Loi du 1 1 frimaire an 7 — I er . décembre 1798, art. 5 .) Mais si les communes n’ont ni revenus ni affouage suffisans pour payer le salaire de leurs gardes, TRA TRA il y est pourvu par des centimes additionnels. ( Loi du 22 mars >8o6.) Les communes ne peuvent refuser de pourvoir au salaire de leurs gardes et de celui des gardes mixtes, sous le prétexte que les prélèvemens sur leurs revenus sont interdits. ( Jüécis. du min. des fin., du 10 juillet 1820. ) Le traitement des gardes des bois communaux est acquitté par les receveurs des communes, à l’échéance de chaque trimestre et sur les ordonnances des préfets, auxquels les conservateurs adressent, pour chaque sous - préfecture, l’état des gardes en activité et du montant de leurs traitemens. ( Décret duZi janvier i 8 i 3 . — Circul. du 3 o mars suivant.) Traitement des gardes des bois grevés d’usage. Ils doivent être supportés par le propriétaire, à moins de titres contraires. ( Décis. min. insérée dans une Circul. du 12 août 1806.) Traitement (Cumul de). Y. au Recueil, t. II, p. 673, Vart. 78 de la loi du 28 avril 1816. TRANCHÉ (BOIS). On appelle bois tranchés ceux dont on est obligé de couper les fibres en les travaillant, parce qu’elles ne suivent pas dans l’intérieur de l’arbre une ligne droite : l.’orme tortillard est dans ce cas. TRANCHÉE. Mot qui vient du verbe trancher, couper, en latin truncare. C’est une ouverture faite en terre pour divers usages, comme pour faire écouler les eaux (V. Eau, Fossés ); pour faire une Plantation (V. ce mot); pour ouvrir un chemin, etc. On appelle aussi tranchées les ouvertures qui se font dans les bois, telles que les laies et chemins. 3 . Laies. TRANSACTION , du latin transigere, percer d’outre en outre, finir, terminer. Dans la pratique, c’est un acte par lequel deux ou plusieurs personnes terminent à l’amiable leurs diftérens , ou préviennent des contestations prêtes à naître. V., sur les transactions, les art. 2040 à 2054 du Code civil. Les communes et les établissemens publics ne peuvent transiger qu’avec l’autorisation expresse du gouvernement. ( Code civil, art. 2041.) Il faut de plus, à l’égard des communes, qu’il y ait une délibération du conseil municipal, prise sur la consultation des trois jurisconsultes désignés par le préfet. La transaction est ensuite homologuée par le gouvernement. (Arr. du Gouvem., du 17 frimaire a-n 11 — i 3 décembre 1802. ) Une transaction passée entre une commune et un ci-devant seigneur pour modérer les amendes forestières qui se prononçaient au profit du seigneur, ne peut déroger aux règles établies par l’ordonnance de 1669, ni préjudicier aux droits du gouvernement. ( Arr. de la C. de cass., du 26 décembre 1806.) V. Riens communaux et Communes. TRANSACTIONS SLR DÉLITS. Lesagens forestiers ne peuvent, à peine de prévarication, transiger avec les délinquans; ils doivent poursuivre tous les délits qui se trouvent constatés par les procès-verbaux qui leur sont remis. (Arr. du 14 mai i8i3.) Il s’est élevé la question de savoir si l’Administration pouvait, dans la vue d’éviter les frais de jus- Tome II. 9 ai tice, faire payer aux délinquans, sur soumissions faites par eux, les amendes et restitutions telles qu’elles sont fixées par l’ordonnance de 1669. Voici à cet égard ce que le grand-juge écrivait à S. Ex. le ministre des finances, le. « Le conservateur du 28*. arrondissement forestier a informé le président de i re . instance de Co- blentz que, dans la vue de ménager aux délinquans forestiers des frais de justice, qui souvent excèdent le montant des amendes et restitutions, il est autorisé par son Administration à recevoir des soumissions volontaires par lesquelles les délinquans s’obligeraient à payer, selon la nature du délit, les amendes et restitutions qu’ils auraient encourues, ainsi que les autres frais accessoires. 33 Il ajoute que, pour éviter toute erreur dans l’application de divers articles de loi qui doivent servir de base à la fixation des amendes et restitutions, le directeur général des forêts désirerait que les états de soumissions qui seront dressés par les inspecteurs et sous-inspecteurs fussent soumis à la vérification du président du tribunal, qui y apposerait son visa après s’être assuré de leur exactitude. 41 33 Je crois devoir communiquer à Votre Excellence les observations que le président du tribunal à Coblentz m’a adressées à ce sujet, et lui faire remarquer que la mesure adoptée par l’Administration générale des forêts non-seulement est irrégulière au fond, mais qu’elle présente encore de graves inconvéniens dans son exécution. » Premièrement, les soumissions dont il s’agit ne peuvent être considérées que comme de véritables transactions, et aucune loi 11’autorise l’Administration forestière à transiger sur les délits qu’elle est chargée de poursuivre. 33 II 11’en est pas de ces délits comme des simples contraventions en matière de droits indirects, à la répression desquelles le trésor public est seul intéressé. Le régime forestier n’a pas seulement pour objet de veiller à la conservation de la plus belle et de la plus précieuse partie des propriétés nationales, il tient encore à des motifs d’économie politique et d’utilité générale qui ont fait ranger dans la classe des délits proprement dits toute atteinte portée à ce genre de propriétés. Tout délit forestier intéresse essentiellement la vindicte publique, et entraîne une punition correctionnelle, dont la publicité est utile et même nécessaire pour l’exemple. 33 C’est dans cette opinion et d’après les réclamations même de Votre Excellence que, par ma circulaire du 1 5 décembre 1806 , j’ai recommandé aux tribunaux de mettre la plus grande sévérité dans la répression de ces sortes de délits, en leur observant que 5 dans aucun cas, il ne peut être fait de transaction sur délits constatés par les gardes champêtres et forestiers, et que les amendes encourues doivent toujours être prononcées par jugement. 33 Je crois qu’il est important de maintenir ce principe et de faire rapporter la mesure adoptée par l’Administration forestière, à moins qu’une loi ou un décret ne l’autorise formellement à transiger. 33 Dans tous les cas, il est hors des attributions de l’autorité judiciaire de concourir à ces sortes de transactions, dont l’objet est purement administra» 116 TRA 9‘i2 tif. En effet, si l’on prescrivait aux présidens des tribunaux de vérifier et viser les soumissions faites par les délinquans, ce serait les constituer en quelque sorte seuls juges du délit et de l’application de la peine : ce serait tout-à-la-fois leur imposer une responsabilité étrangère à la nature de leurs fonctions et gêner l’indépendance de leur opinion, dans le cas où les soumissions viendraient à être rejetées ou à entraîner des contestations judiciaires. » Je prie Votre Excellence de peser dans sa sagesse ces considérations, et de m’informer de la détermination qu’elle croira devoir prendre, n 11 résulterait de cette lettre que l’on ne pourrait se dispenser de traduire devant les tribunaux les prévenus de délits forestiers ; cependant il est des circonstances où la justice et l’intérêt même du gouvernement exigent que l’on termine administrativement quelques affaires relatives à des faits réputés délits. Nous les avons expliquées à l’article iDélit, § 6, p. 76g, et en même temps les décisions qui autorisent ce mode de transaction. TRANSPIRATION DES PLANTES. Nous avons déjà parlÉMe la transpiration des plantes à l’article Physiologie végétale, 5 °. section. V. cet article. La transpiration des plantes est une émanation d’eau sous forme gazeuse, que l’on attribue à la force vitale. Le calorique est regardé comme l’une des causes les moins équivoques de la transpiration. V. le même article. La transpiration dans les plantes est très-considérable, ainsi qu’on le voit pendant les jours secs et chauds de l’été , où toutes les plantes qui n’ont pas de très-longues racines se fanent. Haller a trouvé qu’un hélianthe annuel (soleil) perdait 20 onces d’eau par jour par la transpiration. Voici l’extrait de ce que dit M. Decandolle sur la transpiration : « Si l’on compare, dit-il, comme l’a fait M. Sennebier, la quantité d’eau pompée par une branche avec celle qui est transpirée, on trouve que généralement l’eau soutirée est à l’eau rendue comme 3 est à 2. Ce fait fournit une première induction qu’une partie de l’eau se fixe dans le végétal. La transpiration insensible s’opère par les pores corticaux : elle est plus grande dans les herbes que dans les arbres ; dans les herbes à feuilles minces que dans celles à feuilles charnues 5 dans les arbres à feuilles caduques que dans ceux à feuilles toujours vertes. Elle ne s’opère d’une manière marquée que dans les organes pourvus de pores corticaux, tels que les feuilles, les stipules, les calices, les tiges herbacées et les jeunes pousses; elle ne s’opère pas sensiblement par les corolles, les organes sexuels, les fruits, les racines et les écorces. En général, les plantes transpirent davantage dans un lieu chaud et sec que dans un lieu frais et humide; elles transpirent beaucoup plus lorsqu’elles sont exposées à la lumière que lorsqu’elles sont à l’obscurité , et beaucoup plus dans la nuit que dans le jour. » Lorsque la transpiration est modérée, chaque gouttelette d’eau qui arrive à l’orifice d’un vaisseau s’évapore, et la transpiration est ce qu’on appelle insensible; s’il arrive une trop grande quantité de liquide à l’orilice du vaisseau , l’évaporation ne peut avoir lieu subitement, et il se forme une gouttelette TRA d’eau. Ce phénomène a lieu notamment dans les feuilles pointues et à nervures simples, parce que les sommités de plusieurs vaisseaux aboutissent dans un même lieu, et que les gouttelettes d’eau , étant réunies, deviennent plus visibles et plus difficiles à évaporer. Aussi la sommité des feuilles des graminées est souvent munie, au lever du soleil, d’une gouttelette d’eau. » A ces excellentes observations, nous ajouterons que, sans la transpiration, les vaisseaux des végétaux, devenant trop pleins, ne seraient plus propres à opérer une nouvelle succion des fluides et à L’ascension de la sève ; et que le fluide expiré durant le jour par les plantes exposées aux rayons du soleil est de l’air vital, tandis que celui qu’elles exhalent à l’ombre ou pendant la nuit est de l’azote. V. Air, Acide. La transpiration ne s’aperçoit pas dans la plupart des végétaux, et pour l’apercevoir il faut les renfermer sous des cloches; mais elle est très-visible dans d’autres, comme dans la fraxinelle , dont les feuilles se couvrent d’une substance résineuse, et le marli- nia, qui laisse échapper une humeur visqueuse par ses poils. La manne que l’on trouve sur les mélèzes , les saules, les frênes, est un résidu de la transpiration. Terminons cet article par l’extrait des observations de Duhamel, applicables aux plantations. « La transpiration est très-nécessaire pour la végétation , le soleil et le vent la favorisent, et au contraire le froid et l’humidité la ralentissent. » Les feuilles en sont les principaux organes : elle se fait en proportion de la somme de leurs surfaces, et elle diminue à proportion qu’on retranche de ces feuilles. Indépendamment de l’action du soleil qui l’excite, elle devient plus considérable quand l’air est chaud, le ciel serein , et qu’il fait un vent sec. Pour qu’elle soit abondante, il faut que les plantes se trouvent placées dans un terrain humide et chaud, parce qu’alors leurs vaisseaux sont bien remplis de sève. » De ces principes il suit que la transpiration doit être abondante, principalement sur les coteaux exposés au midi, parce qu’à cette exposition l’action du soleil se reçoit plus immédiatement ; que les arbres exposés au levant doivent transpirer moins que ceux exposés au midi, parce qu’ils ne jouissent pas aussi long-temps du soleil, qui d’ailleurs n’a pas autant d’action le matin que vers le midi, et que quand le soleil commence à agir sur les feuilles, elles sont ordinairement couvertes de rosée, dont l’humidité diminue la transpiration; mais aussi ces arbres ne sont exposés aux inconveniens d’une transpiration trop abondante que quand, par des temps de sécheresse, il s’élève des vents d’est brùlans ; que l’exposition du couchant 11’est pas favorable à la transpiration, parce qu’au printemps et en automne les arbres n’y reçoivent pas long-temps la chaleur du soleil, et que*le vent qui frappe cette exposition est presque toujours humide ; que le nord étant la plus froide de toutes les expositions et celle qui reçoit moins de soleil , elle est la moins exposée à la transpiration ; que les arbres qui sont renfermés dans les fut. ies situées en plaine doivent transpirer peu , TUA TR A parce que leurs tètes étant resserrées par celles des autres, ils ont peu de feuilles, jouissent peu du soleil , et se trouvent bien abrités du vent ; qu’en conséquence il n’y a point de situation plus favorable à la transpiration des arbres que celle où ils restent isolés. » Les arbres plantés dans un terrain aride ne peuvent, faute de sève, transpirer autant que les autres , et les causes mêmes qui excitent la transpiration leur deviennent nuisibles. Dans les payschauds, où les arbres transpirent beaucoup, les feuilles se dessèchent quand l’humidité manque; mais quand les arbres se trouvent placés dans un sol humide, ils font des prodiges de végétation. Au contraire, dans les climats froids et humides, les feuilles remplies d’humidité tombent en pourriture quand les causes de la transpiration cessent de la mettre en mouvement. 33 Les sucs nourriciers qui se trouvent mêlés avec beaucoup d’eau passent dans les plantes : cette eau doit se dissiper par la transpiration, afin que les parties fixes de ces sucs puissent former le tissu des plantes. Cependant, de ce que cette transpiration est nécessaire à la végétation, il n’en faut pas conclure que l’exposition qui la favorise le plus soit toujours la meilleure. On voit dans une terre légère des arbres fort exposés au soleil, dont l’écorce se dessèche du côté du midi; accident qui arrive surtout aux jeunes arbres tirés d’une pépinière fort touffue et humide, et que l’on a replantés dans une terre légère et à l’exposition du midi. En conséquence de ce qui vient d’être dit, on peut croire que l’exposition du levant et même celle du nord sont préférables dans les pays chauds, dans les terres sèches et légères, et qu’au contraire celle du midi mérite la préférence dans les terres fortes, froides et humides. 33 TRANSPLANTATION. C’est l’action d’ôter une plante d’une place pour la mettre ailleurs, c’est par conséquent la même chose que la Plantation. V. ce mot. Certains arbres ont besoin d’être transplantés plusieurs fois en pépinière avant d’être placés à demeure , parce que cette opération a pour résultat la production d’un plus grand nombre de racines, qui assurent mieux la reprise de ces arbres : tels sont le chêne lorsqu’on veut le planter comme haute tige, et tous les arbres résineux, le pin, le sapin, le mélèze, le thuya, le genevrier. V. Pépinière. La transplantation des arbres est une opération dangereuse quand ces arbres sont d’un certain âge, ou que le plant est mal conditionné et mal pourvu de racines comme celui qu’on arrache des forêts , ou enfin lorsqu’on transplante d’un bon terrain dans une terre médiocre ou de mauvaise qualité et dans des situations fort différentes. On doit en général transplanter les arbres quand ils sont jeunes; effectuer les plantations plutôt avant qu’après l’hiver, sur-tout dans les terrains légers et secs; ménager les racines et ne supprimer que celles qui sont en mauvais état, éclatées et desséchées ; ététer les plants dans la proportion des racines qu’on est obligé d’amputer, parce que ce qui reste des racines ne peut plus fournir assez de suc pour la nourriture des c>a5 branches ; placer les arbres à-peu-près à la même- profondeur qu’ils étaient dans la pépinière, en observant cependant que dans les terres légères qui s’affaissent, il faut planter un peu plus profondément que dans les terres compactes; ne pas planter après ni pendant la pluie dans les terres fortes, encore moins dans un temps de neige ou de dégel, et dans toutes les circonstances où la terre, trop détrempée, ne pourrait pas bien s’arranger autour des racines. V. Plantation. TRANSPORT DES BOIS. Lorsque les bois sont abattus, il faut les livrer au consommateur, et c’est ordinairement de la facilité ou de la difficulté du transport que dépend le prix de cet objet de consommation. Il y a telle localité où la matière est surabondante et à vil prix, faute de consommation et de débouchés; tandis que dans telle autre il y a pénurie et cherté excessive. C’est donc en facilitant les moyens de transport des lieux de l’abondance à ceux de grande consommation, que l’on peut déterminer une plus juste proportion entre les ressources et les besoins, entre la valeur réelle et la valeur accidentelle des bois, et entre le prix des coupes dans les différentes localités. Combien de forêts étaient autrefois sans valeur, et qui donnent aujourd’hui de grands produits, parce qu’on leur a procuré des débouchés faciles , et combien d’autres se trouvent encore au-dessous de la valeur qu’elles obtiendraient, si des chemins, des canaux, ou des établissemens de consommation étaient placés à leur proximité ! Duhamel a décrit, dans le dernier volume de ses ouvrages sur les forêts, les différentes manières dont se fait le transport de chaque sorte de bois. M. Har- tig a aussi présenté sur le même objet d’excellentes observations dont nous allons faire usage, d’autant que plusieurs de ces observations , quoique pouvant être d’une application très-utile en France, ne paraissent pas y être assez connues; mais auparavant nous devons parler des dispositions réglementaires sur le transport des bois. CHAPITRE 1er. — dispositions réglementaires. L’ordonnance de 1669, tit. XV, art. 52, défend d’empêcher le transport des bois tant par terre que par eau, sous quelque prétexte que ce soit, même de péage , pontonage, à peine de tous dépens, dommages et intérêts. Plusieurs privilèges ont été accordés aux adjudicataires de coupes, tels que i°. celui de faire passer leurs charrettes sur les terres, depuis les forêts jusqu’aux ports des rivières navigables et flottables, en dédommageant les propriétaires à dire d’experts ; 2°. celui de faire creuser de nouveaux canaux et de se servir des eaux des étangs, aussi en dédommageant les propriétaires ; 3°. de jeter leur bois, à bois perdu, dans les rivières et ruisseaux, en avertissant 10 jours d’avance les propriétaires riverains par des publications aux prônes des paroisses, et en réparant les dommages; 4“- de faire passer leurs bois au travers des étangs et des fossés des châteaux; 5°. d’obliger les propriétaires à laisser de chaque côté des rivières et ruisseaux un sentier de 4 pieds de largeur, pour le passage des ouvriers qui poussent le bois aval de la rivière; 6°. de faire faire les répa- 116 * TRA 9 2 4 rations nécessaires aux rivières, faute par les propriétaires de le faire, et de se rédimer ensuite sur les sommes à payer aux propriétaires pour les dommages de leur fait 5 6°. de se servir des terrains voisins des rivières flottables et navigables pour y faire des amas de leurs bois; 70. de faire passer leurs ouvriers sur les héritages voisins : le tout moyennant l’indemnité due aux propriétaires. La plupart de ces facilités subsistent encore, et se règlent, ainsi que les indemnités qui en sont la suite, soit d’après le droit commun, soit d’après des réglemens spéciaux. V. Chômage , Flottage , Ha~ loge, Moulin, Navigation , Rivière , et le t. I delà Conférence sur l’ord. de 1669 , p. 909, où se trouvent cités les réglemens sur le transport des bois. La police des chemins, canaux et rivières étant dans les attributions des corps administratifs, c’est à eux à décider les contestations qui peuvent s’élever relativement au transport des bois; cependant il y a des cas où c’est à l’autorité judiciaire à prononcer. V. les mêmes articles que ci-dessus, et les mots Compétence, Conseil de préfecture, Cours d’eau, Pouvoir administratif et Pouvoir judiciaire. Deux décrets, l’un du i5 août et l’autre du 4 octobre 1793, chargeaient les corps administratifs de protéger le transport des bois destinés au service de la marine. Relativement aux obligations imposées aux adjudicataires des coupes pour le transport des arbres marqués dans leur vente pour la marine, V. les art. 5ç à 67 du Cah. des ch. gén., et le mot Marine. Le transport des bois à l’étranger est prohibé. V. Exportation. CHAPITRE II. - DU TRANSPORT DES BOIS PAR TERRE. Les bois se transportent par terre et par eau, selon que les circonstances locales permettent ou rendent plus avantageux l’un ou l’autre moyen. Comme nous avons traité du transport par eau sous le mot Flottage , nous ne parlerons ici que du transport par terre. M. Hartig classe ainsi les différentes méthodes de transporter ies bois par terre : i°. A dos d’homme et d somme ou à bât; 2 0 . Par le roulement du bois sur terre $ 3°. Par le jet exécuté à la main $ 4°- Par le glissement sur terre ou dans des couloirs artificiels; 5°. Par le traînage sur terre ; 6°. Par le -voiturage avec chariots, charrettes, brouettes ou traîneaux. Plusieurs de ces expressions, par lesquelles nous rendons les termes allemands de M. Hartig, ne sont point consacrées par l’usage dans notre langue forestière ; mais elles nous paraissent nécessaires pour distinguer en peu de mots les difterens moyens de transporter les bois, que nous avons à expliquer. § 1 ■ — Pu transport à dos d’homme et d somme ou d bat. Ce moyen s’emploie communément pour le menu bois lorsque la distance à parcourir n’est pas con- TRA sidérable : c’est celui qu’emploient les pauvres gens et les délinquans. On s’en sert aussi dans la vidange des ventes quand on veut ménager le recru, ou que l’on n’a pas d’autre moyen de faire sortir le bois, comme lorsque le terrain ne permet pas l’introduction des voitures. Les hommes, dans ce cas, transportent le bois sur leurs épaules, ou sur leur tête, ou sur le dos, ou avec des crochets. Les bêtes de charge le transportent sur leur dos avec des bâts. Les bois qui peuvent se transporter par ces moyens sont les bois de chauffage, les ouvrages de raclerie, comme pelles, bâts, attelles, colliers, panneaux, soufflets, et les bois de fente, comme lattes, écha- las, cerches, cercles de futaille, etc. On transporte aussi le charbon à somme dans de grands sars, que l’on place en travers sur le dos des chevaux, ou dans de petits sacs qu’on empile de long sur le bât des bêtes de charge. § 2 . — Du transport des bois par le roulement sur terre. Ce moyen de transporter le bois se borne à une petite distance, et ne peut avoir lieu que dans les pentes très-rapides. Four l’employer, il faut faire scier les arbres destinés à faire du bois de corde en tronçons de 4 à 8 pieds de long. On les fait rouler jusque dans le vallon , où l’on achève de les débiter. Ce moyen peut être autorisé lorsqu’on n’a pas à craindre que le recru et les. baliveaux en éprouvent du dommage; dans le cas contraire, il faut le défendre. Cependant il y a des cas où l’on n’a pas d’autre moyen de faire arriver les bois dans le vallon : alors il faut au moins défendre aux bûcherons de faire rouler le bois de tous les points de la coupe , et leur ordonner de ne le faire cjue sur un petit nombre de voies ou sentiers désignés, afin de ne pas endommager le recru sur toute la surface de la coupe. Lorsque les jeunes plants qui doivent repeupler une coupe sont très-petits, le passage du bois, en roulant, leur cause peu de préjudice; mais s’ils ont plus d’un pied de haut, ils en éprouvent un grand dommage. § 3. — Du transport des bois par le jet d la main. Dans les pentes très-escarpées, où d’ailleurs les pierres, les souches ou d’autres inégalités du sol, ne permettent pas de faire rouler les bois ronds, il faut les réduire en bois de fente et tâcher de les jeter dans le vallon ; mais ce moyen cause encore plus de dommage au jeune bois que le précédent, et on ne doit, lorsqu’il y a du recru, le permettre que dans quelques endroits désignés à cet effet. Il exige d’ailleurs de l’habitude de la part des ouvriers, qui doivent faire en sorte que les morceaux de bois qu’ils lancent retombent sur le bout, fassent plusieurs sauts et se transportent ainsi le plus loin possible. On continue le jet jusqu’à ce que le bois soit arrivé au bas de la montagne. § 4- — Pu transport des bois par le glissement ou glissage sur terre , ou dans des couloirs pratiqués à cet effet. Dans les montagnes, les chemins de débardage TR A TRA sont souvent interrompus par des pentes rapides, de sorte que les bois , arrivés à ces pentes, ne peuvent plus être transportés qu’en les faisant glisser sur le sol. Ce moyen est alors employé avec beaucoup d’avantage, et on l’applique non-seulement aux longues pièces de bois de construction et de bois d’œuvre, mais encore au bois à brûler. Quand on n’a qu’un petit nombre de pièces de charpente ou de bois d’œuvre à faire glisser sur la pente, et que cette pente n’est pas trop rapide, on les fait glisser dans le sens de leur longueur, et lorsque cela est nécessaire, on passe de petits rouleaux par-dessous, et on soulève les pièces avec des leviers pour en faciliter la marche; mais quand la pente est très-rapide, on enfonce dans le gros bout de la pièce une forte fiche de fer, terminée par un anneau mobile. On attache à cet anneau une longue et forte corde, qu’on entortille autour de l’arbre, et on fait glisser peu-à-peu la pièce dans la vallée, pendant qu’un ou plusieurs ouvriers lâchent doucement la corde, et que d’autres, lorsque cela est nécessaire, favorisent le mouvement de la pièce en plaçant dessous et en travers de petits rouleaux de bois, et en la soulevant avec des leviers. Cette opération s’appelle descendre à la corde. Mais quand on a beaucoup de pièces de charpente, de bois d’œuvre et de bois de chauffage à faire descendre d’un même point, on pratique un couloir ou glissoir artificiel pour expédier le travail. Ce couloir consiste dans un canal de 2 pieds et demi à i pieds d’ouverture et d’un pied et demi de profondeur, que l’on garnit de 6 à 8 perches ou jeunes tiges d’arbres, droites et unies, que l’on dispose de manière que le bois qu’on y place glisse de lui-même sur ce canal et se rende au bas de la montagne. Les couloirs qui ne sont destinés qu’au bois de chauffage peuvent être dirigés en ligne droite du haut de la montagne en bas; mais quand il s’agit d’en construire pour faire glisser des pièces de longueur, on doit les diriger de manière à ce qu’ils forment de longues lignes sinueuses, afin que les pièces ne tombent pas avec une trop grande vitesse et n’éprouvent aucun dommage. On doit aussi diminuer la rapidité de la chute vers l’extrémité du couloir, en le rendant horizontal à cette extrémité, et on y pratique, lorsque cela est possible, un étang ou un réservoir d’eau d’une profondeur suffisante pour amortir la violence de la chute et empêcher que les pièces ne se rompent en deux. Ordinairement la surface du sol, dans les pentes de montagnes , n’est pas telle que le couloir puisse reposer immédiatement sur la terre dans tous ses points. On remédie à cet inconvénient par des cales ou baudets, qui donnent au couloir le talus nécessaire. Le couloir est encore susceptible d’une amélioration importante, si, par un temps de gelée , on y répand de l’eau dont la congélation le revêt d’une croûte de glace, ou s’il tombe un peu de neige ou de verglas ; ce qui lui procure également une surface polie, et diminue les dommages causés par le frottement des bois qu’on fait glisser. Aussi, dans les pays où l’on emploie ce moyen de débarder les bois, le pratique-t-on ordinairement pendant l’hi- 9 a5 ver , et cherche-t-on à profiter autant que possible des avantages ci-dessus, même en travaillant la nuit à la lueur de brandons de bois. La plupart des couloirs ou glissoirs sont en bois; cependant on en a fait en fer dans quelques pays où l’usage de transporter ainsi les bois est permanent. Dans le ^Vurteinberg, dit M. Hartig, il y en a un qui, n’ayant que i 5 pouces de largeur et 9 pouces de profondeur, est surmonté d’un toit, pour que le bois ne puisse sauter au dehors. Quand la localité le permet, on peut faire les couloirs immédiatement sur la terre, et profiter de la gelée et de la neige pour faire glisser le bois ; mais ces couloirs ne sont point de longue durée, et ils finissent par occasionner des excavations trop profondes. Il y a encore une autre manière de construire des couloirs, et qui consiste à former des canaux avec de gros arbres évidés en creux et placés à la suite les uns des autres, de manière à former souvent un canal fort long. On dirige les eaux de la montagne ou d’un ruisseau dans ce canal, et l’on y jette les bois de chauffage, qui, à l’aide de la pente et des eaux, sont entraînés dans le vallon. M. Hartig observe que ce moyen est peu usité ; cependant M. Marcel de Serres dit qu’on l’emploie en Bavière. '§ 5 . — Du transport des bois par le traînement sur terre. Lorsqu’il y a des pièces de charpente et des bois d’œuvre dans des forêts épaisses, ou dont la situation ne permet pas d’y arriver sans y ouvrir des chemins et y causer du dommage, on prend le parti de faire traîner ces pièces sur terre jusqu’à l’endroit oii le transport peut s’en faire par les moyens ordinaires. Cette opération se fait de différentes manières. La première consiste à pratiquer une rainure circulaire de 2 pouces de large tout autour du gros bout de la pièce et à un pied de son extrémité, et à y attacher une forte chaîne, à laquelle on attèle des bœufs pour traîner la pièce; tandis que des hommes sont occupés à en favoriser le mouvement lorsque cela est nécessaire, en plaçant de petits rouleaux dessous , et en la soulevant avec de forts leviers. La seconde méthode consiste à enfoncer dans le gros bout de la pièce un fort crampon de fer, terminé par un anneau qui tourne dans la tête du crampon, et à attacher à cet anneau une chaîne, au moyen de laquelle on fait traîner la pièce. Comme ce crampon, qu’on enfonce à coups de masse, fend quelquefois la pièce , on a trouvé plus à propos de le former en pas de vis; mais il vaut encore mieux employer un crochet , qui, pour peu qu’il entre à force, n’échappe point. Ce crochet est également terminé à sa partie supérieure par un anneau mobile. 11 y a encore d’autres méthodes d’attacher les pièces de bois qu’on veut faire glisser sur le sol, qui varient suivant les localités et l’industrie des personnes employées à l’extraction du bois. Nous devons faire observer que les pièces que l’on fait ainsi glisser ne doivent pas être équarries, ou qu’elles ne doivent l’être que grossièrement, afin qu’on puisse emporter les parties qui auront été meurtries par le frottement sur la terre. TRA TRA 926 § 6. — Du transport des bois par chariots, charrettes et traîneaux. Les moyens qu’indique ce paragraphe sont les plus en usage ; mais comme l’état des chemins a une grande influence sur leur exécution, nous devons en dire un mot. On améliore l’état des chemins, 1 0 . En construisant de bons fossés sur leurs bords, en les bombant avec les terres qu’on en extrait, et en les régalant de manière à faciliter l’écoulement des eaux ; 2 °. S’il s’agit d’une pente, en donnant au chemin une direction sinueuse ou en zigzags, afin d’en diminuer la rapidité; 3°. S’il s’agit de fonds bas et humides, en établissant un premier lit avec de grosses pierres, et un second lit avec de plus petites et du sable ou de la terre ; 4°- Si on manque de pierres et qu’il s’agisse d’un terrain marécageux, en construisant un lit épais de rondins rapprochés les uns des autres, et fixés des deux côtés par des traverses et des piquets ; 5°. En construisant des ponceaux pour l’écoulement des eaux dans les endroits où les fossés et les sangsues ne suffisent pas. Les travaux, ceux d’entretien et de conservation, l’interdiction au public des chemins uniquement destinés à la vidange des bois, et l’observation des reglemens qui prescrivent l’emploi des roues à larges jantes pour les grosses voitures, sont les moyens de rendre plus facile le transport des bois par chariots, de donner plus de valeur aux coupes, et de prévenir les retards de vidange, qui sont si préjudiciables à la conservation des forêts. Voici l’exposé des méthodes suivies pour le charnu des bois : i°. Le transport avec des chariots est trop connu pour qu’il soit nécessaire d’en donner ici la description. On se sert ordinairement des chariots en usage dans le pays pour les travaux de l’agriculture ; mais quand il s’agit de transporter des pièces d’un grand poids, on fait usage d’un chariot particulier, qui est connu sous le nom de binard : il est plus bas que les chariots ordinaires , plus fort dans toutes ses parties et à roues à larges jantes. 2 °. Le transport avec des charrettes a lieu ordinairement pour les bois de chauffage , les fagots et pour les bois courts; mais on se sert pour les grosses pièces de charpente de charrettes qui sont connues à Paris sous le nom de fardiers, et qui sont fort longues. Ces voitures sont d’une grande commodité pour charrier les bois sur le pavé, ou dans les chemins où il n’y a point d’ornières, et quand on n’a pas besoin de faire tourner ces voitures dans des rues étroites ; elles se chargent et se déchargent très- aisément. Les pièces de bois se placent sous l’essieu, auquel on les fixe avec des chaînes. V. la description et la figure de cette charrette, dans le Traité du transport des bois, par Duhamel. Quand les pièces de bois sont courtes, on les charge sur des charrettes à ridelles, ou sur des charrettes de roulage et sans ridelles, sur lesquelles on les retient avec des chaînes qui embrassent ces pièces, passent dessous la voiture et sont serrées avec des perches qui font l’office de garrot; on se sert plus communément de ces voitures que de celles à ridelles. Lorsque les pièces sont plus longues que les charrettes, comme sont les chevrons, on les charge de biais sur la voiture, en sorte que le gros bout passe vers la droite du limonier, et que le petit bout qui traverse diagonalement l’essieu excède de beaucoup la voiture ; on fait passer le gros bout du côté droit du limonier , afin que le charretier, qui est à la gauche, puisse plus facilement conduire son cheval. Dans quelques départemens, on emploie une autre méthode : on ajuste à l’avant des charrettes deux forts ranchers avec une traverse, sur laquelle on met le gros bout des chevrons; et ce gros bout étant soutenu par le rancher, plus haut que la croupe du cheval, le limonier se trouve au-dessous. Cette méthode est fort bonne dans les chemins où il n’y a pas d’ornières profondes : autrement la première est préférable, parce que les che\ rons sont horizontaux, au lieu qu’avec le rancher ils portent presque à terre derrière la voiture. Ce qu’on vient de dire des chevrons doit s’entendre de toutes les longues pièces de bois qui n’ont pas trop de grosseur, comme des poutres de 25 pieds de longueur sur i5 ou 18 pouces d’équarrissage vers le gros bout. Indépendamment des voitures ordinaires, traînées par des animaux, on emploie aussi dans les coupes en exploitation de petites charrettes à deux roues, qui sont traînées par des hommes. On s’en sert pour transporter le bois destiné à la fabrication du charbon, sur les places où l’on veut établir les fourneaux. 3°. Le transport du bois avec des brouettes.a. lieu dans les coupes pour le conduire sur les chemins de vidange et les places à charbon. 4°. Le transport du bois en traîneau est très en usage dans les forêts de l’Allemagne : c’est souvent le moyen le plus facile et le plus économique. On l’emploie pour le transport des bois courts et des bois longs, en hiver par la neige et même dans toute autre saison. La forme des traîneaux varie beaucoup suivant les usages qti’on en fait ; mais tous ont cela de commun qu’ils reposent sur deux membrures. Pour transporter de longues pièces de bois sur des traîneaux, il faut le faire soit par la neige, soit, lorsqu’il n’y a pas de neige, sur une surface inclinée, couverte de mousse ou de gazon. Le traîneau propre à cette opération consiste en deux fortes membrures, de 4 à 5 pieds de long, liées par deux traverses en bois. On attache sur ce traîneau une pièce de charpente par son gros bout, que l’on fixe solidement, et on le fait traîner par des hommes ou des animaux sur un ou deux timons. Quand le chemin est bien couvert de neige et toujours en pente douce, un seul homme peut conduire jusqu’au bas de la montagne une très-longue et très-forte pièce de bois. Il faut que les chemins destinés à ce transport soient bien disposés, et que dans aucun endroit ils ne présentent la moindre élévation; car il serait impossible de la faire franchir par une masse aussi lourde. Pour le transport des bois courts et des bois de TR A TR A chauffage, on emploie des traîneaux beaucoup plus légers et plus grands; ils sont composés des membrures, de deux escabeaux et de quatre ranchers. On charge le bois sur les escabeaux et entre les ranchers , et l’on fait aller le traîneau en le tirant par un ou deux timons. Ce moyen simple de transport réussit parfaitement sur les chemins couverts de neige , qui sont d’ailleurs bien disposés pour cela : il faut donc, autant que possible, profiter de la saison de l’hiver pour l’exécuter. Cependant, quand cette saison ne suffit pas, on peut encore l’employer, sans le secours de la neige, mais seulement dans l’intérieur des coupes, pour transporter le bois destiné à former les fourneaux à charbon ou à être débité. M. Hartig, dont nous traduisons ici les instructions, décrit un autre moyen de transporter les bois en traîneaux, dont le système paraît avoir été la base des constructions qu’on a faites, dans ces derniers temps, sous le nom de montagnes russes. Lorsqu’on a, dit-il, une grande quantité de bois à transporter par un même chemin , on y creuse un glissoir dans une direction sinueuse et convenablement en pente, et on le garnit de rondins ou de bois de fente placés parallèlement et à la distance de i5 à 18 pouces les uns des autres; on attache des lattes des deux côtés sur ces bûches, de manière que le traîneau puisse glisser entre ces lattes, et l’on a soin de graisser avec du lard , du suif ou du savon les endroits des bûches sur lesquels les membrures du traîneau doivent frotter, pour rendre la descente d’autant plus facile quand le traîneau est fortement chargé. A côté de ce glissoir on pratique un autre sentier, ou du moins on établit un nombre suffisant de places sur les côtés, pour que les traîneaux vidés puissent être remontés sans rencontrer en chemin les traîneaux chargés. Le transport des bois par eau est, comme nous l’avons dit, traité sous le mot Flottage. V. cè mot. Le charbon se transporte soit dans des sacs, soit dans de grandes voitures garnies de claies, soit dans des bateaux. V. Charbon. CHAPITRE 111. -DES AVANTAGES DE FAIRE TRANSPORTER PROMPTEMENT LES ARBRES DES FORETS , ET D’EFFECTUER LE TRANSPORT SANS IMMERSION DANS L’EAU. Duhamel pose ces deux questions : Est-il plus avantageux de laisser quelque temps les bois dans les ventes, après qu’ils ont été équar- ris ou débités, ou de les en tirer sur-le-champ, et de les voiturer au lieu où l’on doit en faire l’emploi? Lequel est le plus convenable de voiturer les bois, soit par charrois, soit dans des bateaux à sec, soit à flot, comme en trains ou en radeaux, et quel est le degré d’altération que le flottage occasionne aux bois ? Sur la première question, il est certain, observe Duhamel, que l’on ne peut pas tirer trop promptement les bois des forêts, aussitôt qu’ils ont été équarris ou refendus à la scie de iong , suivant leurs différentes destinations; car en séjournant dans les forêts, la face qui porte contre terre se pourrit, celle de dessus se fend par le hâle, et l’eau qui entre 9 2 7 ensuite dans les fentes y occasionne la pourriture. D’ailleurs, dans les années chaudes et humides, les bois sont percés par différentes espèces de vers. Ainsi on est toujours bien plus en état de conserver les bois dans les chantiers que dans les forêts; cependant comme il faut quelquefois attendre des crues d’eau pour voiturer les bois par des rivières, ou un temps sec quand le transport doit se faire par terre, ou qu’cnfin il y a telle saison où les travaux de la campagne font manquer de voitures, il faut dans ce cas faire en sorte de rassembler les pièces de bois sur un terrain élevé et sec, les empiler sur des chantiers assez élevés au - dessus du terrain, et de façon que l’air puisse les traverser de toutes parts, et couvrir exactement ces tas de pièces avec des croûtes ou dosses qu’on a levées sur les bois de sciage, ou avec de gros copeaux ; mais le mieux est toujours de rendre les bois à leur destination le plus promptement qu’il est possible. Sur la seconde question, on doit observer qu’il serait avantageux pour les bois de charpente qu’ils pussent être voiturés aux lieux où ils doivent être employés, sans avoir été mis dans l’eau; et que, lorsqu’à raison de l’éloignement des forêts, on est obligé de les conduire à flot, il est à propos de faire en sorte qu’ils n’y séjournent que le moins possible , et sur-tout d’éviter de les remettre dans l’eau à plusieurs reprises. Lorsqu’on détruit les trains pour en charger les bois sur des vaisseaux, il faut avoir soin de les laisser se dessécher avant de les ^fermer dans la cale, parce que immanquablemeri^^ls s'échaufferaient plus ou moins, suivant la longueur du temps de la navigation. V. Flottage. Les bois tirés des forêts et rendus dans les magasins, chantiers ou autres lieux de leur destination , on doit chercher les moyens de les conserver ; ce qui présente plusieurs questions sur les effets de la sève, le temps de mettre les bois en œuvre, et la disposition qu’il faut leur donner dans les chantiers. V. Marine. Quant au bois de chauffage, quoiqu’il perde de son poids et de sa valeur par le transport dans l’eau , cet inconvénient est bien compensé par le moindre prix de ce transport. V. Flottage. IRAN SS L DATION, exsudatio. C’est l’action de transsuder, de passer au travers des pores par une sorte de sueur. V. Miellat, Transpiration des plantes. TRAVAUX DANS LES FORÊTS. Les travaux qui s’exécutent dans les forêts ont pour objet leur conservation ot leur entretien, et l’amélioration de leurs produits. Ce sont les délimitations, les abor- neinens , les aménagemens, les fossés de clôture et d’assainissement, les constructions de maisons forestières , la construction et réparation des routes, chemins, ponts, etc., les recépages, les élagages, les semis et plantations. Ces travaux s’exécutent par des entrepreneurs à prix d’argent, par des concessionnaires de terrains vagues, par les adjudicataires des coupes et par les gardes. V. Adjudication de coupes de bois, Concession, Gardes, Graines forestières. Les règles à suivre pour l’exécution des travaux, et notamment pour les repeupleinens, varient selon 928 TR A la nature des améliorations et les localités;- mais il est des,règles générales qui appartiennent à l’ordre administratif, et qui concernent les objets.-suivans : i")* La reconnaissance et la proposition des travaux à exécuter ; ni|»38l' . j . 2°. Le mode de procéder aux adjudications iet l’acceptation des soumissions ; >b ,ii i. 3 *. Les conditions à imposer; ; d 4°. La vérification et réception des travaux, et le mode de paiement; 5 °. Les contestations qui peuvent s’élever sur l’exécution des marchés; 6°. Le compte à rendre annuellement des amé- liorajions exécutées. § i er . — De la reconnaissance et de la proposition des travaux à exécuter. L’ordonnance de 1669, tit. III, art. 16 et 17, et tit. XXVII, art. 3 , et l’édit de mai de 1716 , art. 5 y et 58 , chargeaient les grands-maîtres de reconnaître, dans leurs visites, les travaux à exécuter, et d’en rendre compte au conseil. Les maîtres particuliers devaient également, d’après l’ordonnance de 1669, 4 tit. IV, art. 7, faire connaître, dans leurs procès- verbaux de visites, l’état des fossés, chemins et bornes, pour être pourvu à leur réparation. La loi du 29 septembre 1791 et les nouvelles instructions imposent aux conservateurs et aux agens l’obligation de reconnaître et de constater la nécessité dlj| travaux. Le» “conservateurs rendent compte, dans leurs procès-verbaux de tournées, des recépages, repeu- plemens, desséchemens et autres améliorations à exécuter (Loi du 29 septembre 1791, tit. VI) art. 8), des moyens les plus propres à y parvenir, des chemins à pratiquer pour assainir les forêts et y rendre les incendies moins dangereux, des aména- gemens à introduire ou à rectifier, des débouchés à donner aux produits, des espèces d’arbres qui conviennent au sol, de la préférence à donner au semis ou à la plantation, des repeuplemens'des terrains vagues qui avoisinent les grandes communes , et des pépinières à établir. ( Instr. du 7 prairial an 9, art. 9, 36 ,37 ,38 et 4 1. — Instr. du 23 mars 1821, art. 64, 65 et 66.) Lorsqu’il s’agit de routes à ouvrir dans les forêts pour en améliorer les produits, ils se concertent avec les ingénieurs des ponts et chaussées, et en présentent l’état à l’Administration. ( Circul. des 21 juillet 1808 et 16 novembre 1812. ) V. Routes, le Décret du 16 décembre 1811, et la Loi du 28 juillet ) 824. En général, la nécessité d’une amélioration quelconque dans tes forêts doit faire l’objet, 1“, d’un procès-verbal dressé sur les lieux par un agent forestier ; 2°. d’un devis estimatif des travaux; 3 °. d’un projet de cahier des charges. ( Circul . du 28 brumaire an 11.) Le procès-verbal doit indiquer le nom du bois, sa situation , son étendue, les tenans et aboutissans, et le détail des travaux à exécuter. 11 est bon qu’à ce procès-verbal soit jointe une copie du plan de la forêt, qui fasse connaître le lieu où les travaux doivent être exécutés. ( Ib. ) TRA Il convient aussi, lorsqu’il s’agit de repeuplement y que le. procès*-ver bal fasse connaître l’aménagement de la forêt, la nature et la situation du sol à repeupler, sa profondeur , les essenoes qui croissent suc le terrain ou dans les environs et celles qui y conviennent le mieux, le mode de culture à employer, celui du repeuplement, soit les sentis, soit la plahtatibii , et le nombre d’années d’entretien. xim s . Enfin on #e dpi; pas négliger d’indiquer le produit annuel ^ç*|Ia forêt, et l’amélioration que ce produit âoit recevoir par l’exécution des travaux proposés. Le devis estimatif doit faire connaître avec détail les opérations à faire, le prix particulier de chaque opération ou fourniture, et le prix total de l’entreprise. Ainsi , lorsqu’il s’agit de la construction d’une maison, on distingue les travaux de maçonnerie , de charpenterie, de menuiserie, etc., etc., et on détaille dans chaque chapitre tous les objets qui s’y rapportent, avec l’indication spéciale de leurs prix, et on joint un plan de la construction projetée; s’il s’agit de fossés, on en indique la longueur, la largeur et la profondeur, et le prix par mètre courant ; s’il s’agit de chemins, on en fait connaître la longueur et la largeur avec la profondeur que doit avoir l’encaissement, la nature et la quantité des matériaux à employer, et le prix par mètre de longueur ; s’il s’agit de semis ou de plantation, on indique i°. le prix du labour; 2°. celui de l’ar- racliage et du transport des plants, en en faisant connaître la quantité à employer par hectare ; 3 °. celui de la plantation aussi par hectare; 4°. celui du binage et des remplacemens pendant les années d’entretien ; 5 °. enfin le bénéfice de l’entrepreneur et le prix total. S’il s’agit d'un terrain vide dont on propose la concession temporaire et à charge de repeuplement, on indique la valeur des fruits que lé terrain peut produire chaque année , et la dépense à faire pour mettre le terrain en valeur et pour le repeupler. Le cahier des charges doit contenir toutes les conditions propres à assurer la bonne exécution des travaux et leur entretien , et à garantir les intérêts du gouvernement. On exige ordinairement une caution, ou bien l'on combine les paiemens de manière que le trésor ne soit jamais exposé à des pertes. On doit, pour les repeuplemens , par exemple , spécifier dans le cahier des charges la contenance des terrains , l’obligation par l’entrepreneur d’en faire faire le mesurage et le levé du plan à ses frais, celle de les entourer de fossés dont on indique les dimensions, le inode de préparation desdils terrains, l’époque à laquelle elle devra avoir lieu , le mode du semis ou de la plantation, et les époques où ils devront commencer et être terminés, les espèces et quantités de graines ou de plants à employer par hectare, l’examen préalable qui doit en être fait par les agens forestiers, le nombre d’années d’entretien et les binages et remplacemens à faire, les époques où les semis et plantations devront être examinés et constatés par les agens forestiers, le mode de paiement, la stipulation qu’en cas de retard ou de mauvaise exécution destravaux, ils seront TRA exécutés aux frais de l’entrepreneur et de ses cautions , qui en paieront le prix aux ouvriers employés par les agens forestiers; enfin on indique les frais à la charge de l’entrepreneur, l’obligation de fournir caution, et toutes les clauses particulières que peuvent exiger les circonstances locales. § 2. — Autorisation des travaux. Aucune espèce de travaux, excepté ceux que les gardes exécutent par zèle et sans frais, ne doit avoir lieu dans les forêts qu’en vertu de l’autorisation de l’Administration ; et il ne doit pareillement être fait aucune concession de terrain à charge de repeuplement , ni accordé aucun produit forestier ou permission d’user de quelque faculté que ce soit, dans la vue d’obtenir des travaux d’amélioration , qu’en vertu de la'même autorisation. ( Circul. des 4 fructidor an 9 — 12 germinal an 10, 22 octobre 1806 et 18 septembre 1807.) Les conservateurs adressent, en conséquence, à l’Administration les procès-verbaux, devis et cahier des charges dont nous avons parlé. § 3 . — Affiches et adjudications des travaux. Lorsque les pièces détaillées au § 1 ont été renvoyées au conservateur par l’Administration, il provoque l’adjudication au rabais sur la mise à prix déterminée par le deyis , et préalablement l’apposition des affiches, qui doivent faire connaître la nature et l’étendue des travaux à exécuter. Les affiches pour tous les travaux qui intéressent le gouvernement et les communes sont de rigueur, de même que pour les ventes et aliénations, parce qu’il est intéressant que le public soit prévenu des adjudications auxquelles il peut prendre part, et que, par le concours des entrepreneurs , on ne paie qu’un prix convenable. On suit donc à cet égard les formalités requises pour les ventes de bois et pour les adjudications de glandée. L 'adjudication des travaux relatifs à l’entretien et à l’amélioration des bois devait, aux termes de l’art. 4 de la loi du 29 septembre 1791 , être faite par-devant les directoires de district de la situation des bois; quant aux travaux qui devaient s’étendre dans plusieurs districts, c’était par-devant le directoire de département qu’il devait y être procédé. Les administrations centrales de département et les administrations municipales, ayant remplacé en l’an 3 les directoires de département et de district, elles furent autorisées à procéder aux adjudications. Enfin les préfectures et sous-préfectures ayant été organisées par la constitution de l’an 8, l’art. 9 de la loi du 28 pluviôse de ladite année, leur a attribué les mêmes fonctions dans leurs arrondissemens respectifs. Ce sont par conséquent les sous-préfets qui procèdent aux adjudications pour l’étendue de* leur sous-préfecture, et les préfets eux-mêmes dans l’arrondissement du chef-lieu. Lorsqu’il s’agit d’objets de peu d’importance, les sous-prefets peuvent commettre les maires des communes dans le territoire desquelles sont situés les bois. C’est ce qui résulte de l’article précité de la loi du 29 septembre 1791. T O.ME U. TRA 929 L’adjudication se fait dans le lieu ordinaire des adjudications et à l’extinction des feux, ainsi que pour les ventes de bois. Comme il y a similitude parfaite entre cette adjudication et celles qui ont pour objet des coupes de bois, il en résulte que les agens forestiers, leurspa- rens et alliés au degré prohibé par l’ordonnance, n’y peuvent prendre part. Du reste, on observe les formalités requises pour les adjudications de coupes de bois, relativement à la discussion et à la réception des cautions ou du cautionnement, à l’expédition du procès-verbal d’adjudication , à l’enregistrement, etc. Lorsqu’une adjudication est consommée, le conservateur en adresse le procès-verbal à l’Administration. Les dispositions de l’ordonnance de 1669 sur la faculté accordée aux adjudicataires de coupes de bois de renoncer à leur adjudication dans les 24 heures, au profit du pénultième enchérisseur, et sur la faculté du tiercement ou doublement, peuvent-elles s’appliquer à l’adjudication au rabais ; ou, en d’autres termes, peut-on, dans les 24 heures, offrir sur le prix d’une adjudication de l’espèce un rabais du tiers ou du double? Cette question s’est déjà élevée , mais sur un objet de peu d’importance, qui n’a pas permis de la faire décider. Nous pensons que rien ne s’oppose à ce que ces clauses soient insérées dans un cahier des charges ayant pour objet des travaux à adjuger au rabais; mais aussi qu’on ne peut les sous-entendre , si elles ne font point partie de celles qui ont été données à la connaissance des entrepreneurs , parce que le cahier des charges forme la loi d’après laquelle les parties ont contracté, et que rien n’y peut être ajouté ni retranché après l’adjudication. § 4 - — Soumissions pour pépinières, concessions de terrains à charge de repeuplement et pour plantations , à prix d’argent. En général, les travaux d’amélioration dans les forêts, comme toutes les entreprises qui intéressent le gouvernement, doivent être donnés par adjudication au rabais ; c’est le vœu de la loi, et la disposition précise de l’art. 16, tit. IIl de l’ordonnance de 1669 , en ce qui concerne les travaux à prix d’argent. Cependant cette disposition n’est pas toujours observée, sur-tout quand il s’agit d’objets de peu d’importance, ou de travaux dont l’exécution exige des connaissances particulières qu’on ne peut pas attendre de tout enchérisseur, tels que certains travaux d’art, la conduite d’une Pépinière (V. ce mot), une plantation difficile, etc. On s’écarte aussi de la règle pour les concessions de terrains à charge de repeuplement, parce que ces terrains ne conviennent souvent qu’à un cultivateur dont la propriété ou le manoir en est rapproché , et que l’adjudication entraînerait des frais qui ne seraient pas compensés par les rabais. Dans ces différens cas, on reçoit des soumissions par lesquelles les entrepreneurs s’obligent à exécuter, suivant les conditions qui leur sont imposées, soit par un cahier de charges , soit par le texte même II 7 TR A 93o T R A de la soumission, les travaux d’amélioration qui en font l’objet. Lorsque la soumission est signée par l’entrepreneur et par sa caution, s’il n’est point exigé de cautionnement, le conservateur ou l’inspecteur l’accepte provisoirement, au nom de l’Administration, à qui elle est adressée avec le procès-verbal constatant la nécessité des travaux et le devis estimatif, pour y être statué. Si la soumission est relative à des bois communaux, l’avis de M. le préfet est indispensable, et il doit être joint à la soumission. Une décision de S. Ex. le ministre des finances, en date du 26 thermidor an 12, porte que toutes les soumissions ayant pour objet des concessions temporaires de terrains vides dans les forêts domaniales, ne sont point soumises à la formalité de l’enregistrement; mais il a été reconnu, depuis cette décision , que l’affranchissement de la formalité Î iouvait entraîner de graves inconvéniens, en ce que es inscriptions hypothécaires prises en vertu des soumissions non enregistrées sont sujettes à des contestations relativement à la date du titre. Les instructions actuelles de l’Administration prescrivent en conséquence de faire enregistrer exactement les soumissions sur lesquelles il est fait des concessions temporaires de terrains à charge de repeuplement. Il y a plus, d’après les art. 2127 et 212g du Code civil, l’hypothèque conventionnelle devant être consentie par acte passé en forme authentique devant deux notaires et deux témoins, il est nécessaire que les actes de concession, dans lesquels on stipule qu’il sera pris hypothèque, soient convertis en actes notariés après que l’acceptation est faite par l’.ôd- ministration. Comme c’est le repeuplement qui est l’objet de la jouissance qu’on abandonne, il semble que les droits doivent être calculés à raison du prix de ce travail : or, les marchés qui intéressent le trésor, les autorités administratives et les établissemens publics, ne sont assujettis qu’au droit de 5 o c. par 100 fr. (Loi du 22 frimaire an 7, art. 6g.) 11 y a lieu de restituer les droits proportionnels d’enregistrement perçus sur des marchés passés avec le gouvernement, lorsqu'ils sont annulés par sa volonté. ( Décis. du min. des fin., du 8 nivôse an g, citée dans le Dictionnaire de l’enregistrement sous le mot Marché. ) $ 5 . — Constatation et réception des travaux. A l’époque indiquée par le cahier des charges pour l’exécution des travaux, l’agent forestier local en constate l’état par un procès-verbal, dans lequel il donne son avis, soit pour le paiement, soit pour la décharge de l’entrepreneur. Ce procès-verbal est adressé au conservateur, qui le vise et le transmet à l’Administration avec ses observations et son avis. Lorsque les conditions ont été fidèlement remplies, il est pourvu au paiement par un mandat sur le receveur des domaines; et s’il s’agit d’une entreprise exécutée moyennant la concession des fruits d’un terrain, l’Administration autorise le conservateur à donner décharge. (Circul. des 28 brumaire an 11 et 22 octobre 1806.) §6. — Des contestations relatives à F exécution des travaux et des autorités qui en doivent connaître. 11 arrive assez fréquemment que des contestations s’élèvent entre l’Administration et les entrepreneurs sur l’exécution des marchés. Cela a lieu notamment pour les repeuplemens qui doivent se faire par suite des concessions temporaires de terrains, à cause des changemens qui surviennent dans la solvabilité ou dans la bonne volonté des entrepreneurs depuis le moment de la concession jusqu’à l’époque fixée pour l’exécution des semis et plantations. On a été pendant long-temps persuadé que ces contestations devaient être jugées par les conseils de préfecture, attendu qu’il s’agit d’un acte administratif ( Circul. du 2.5 juin 180g); et que d’un autre côté, la loi du 1 1 septembre îygo (au Recueil) et l’art. 4 de celle du 28 pluviôse an 8, attribuent aux conseils de préfecture la connaissance des difficultés qui peuvent s’élever entre les entrepreneurs des travaux publics et les administrations sur le sens ou l’exécution de leurs marchés ; sur les réclamations des particuliers relativement aux torts et dommages procédant du fait personnel des entrepreneurs et non du fait des administrations; sur les indemnités dues à des particuliers, à raison des terrains pris ou fouillés pour la confection des chemins, canaux ou autres ouvrages publics. L’ne décision du ministre des finances, du 2 juillet 1812, porte que les contestations relatives à des travaux dans les forêts doivent pareillement être .soumises aux conseils de préfecture. Mais plusieurs conseils de préfecture ont refuse de connaître des contestations relatives aux travaux entrepris dans les forêts, soit de l’état, soit des communes, en se fondant sur ce que ces travaux ne pouvaient être rangés dans la classe des travaux publics dont parlent les lois des 11 septembre iygo et 28 pluviôse an 8. Ils les ont regardés comme des entreprises particulières à l’égard desquelles la compétence des tribunaux était exclusive; et quant aux concessions de terrains, ils les ont considérées comme les résultats d’un bail dont la connaissance appartenait également aux tribunaux. V. Bail. L’Administration des forêts n’a pas cru devoir attaquer devant le conseil d’état les arrêtés des conseils de préfecture qui se sont déclarés incompétens. Une ordonnance du roi, du 3 i juillet 1822 , distingue ce qu’on doit entendre par travaux publics dans le sens de la loi du 28 pluviôse an 8. Il s’agissait, dans l’espèce sur laquelle elle a prononce, d’une action en dommages et intérêts portée devant un tribunal contre l’entrepreneur d’un chemin vicinal qui avait dégradé un pré. Le préfet avait élevé le conflit sur le motif qu’aux termes de l’art. 4 de la loi du 28 pluviôse an 8, le conseil de préfecture était appelé à prononcer sur la réclamation ; mais l’ordonnance du roi a annulé le conflit, attendu que, d’après la loi invoquée, les conseils de préfecture sont bien compétens pour statuer sur les réclamations qui peuvent s’élever par suite dé travaux publics et en matière de grande voirie j mais que les difficultés relatives aux contestations occasionnées par des réparations faites sur des chemins communaux, ne TRA sont pas comprises dans l’exception portée par la loi, et que ces réparations ne peuvent être considérées comme des travaux publics et ne dépendent pas de la grande voirie. Il résulte de cette décision que pour qu’on puisse considérer des travaux comme travaux publics, il faut qu’ils soient réellement entrepris pour l’utilité générale des citoyens , et non pour améliorer les propriétés , soit de l’état, soit des communes. Cependant lorsqu’un conseil de préfecture ne se refusera pas à statuer sur les difficultés qui lui seront soumises du consentement des parties, il sera toujours utile d’y avoir recours, puisque les affaires s’y jugent sans frais; mais s’il y a refus de la part du conseil de préfecture de connaître de la contestation , ou de la part de l’entrepreneur de la lui soumettre, on ne peut alorsse dispenser de la porter devant les tribunaux. La jurisprudence du conseil d’état est toute en faveur de cette opinion ; car il a admis eu principe que, dans un gouvernement dont la responsabilité des agens du pouvoir administratif fait l’une des principales bases, on ne doit pas hésiter à faire décider par les juges civils les affaires qui intéressent le gouvernement et les particuliers. Ce principe est formellement énoncé dans un avis du conseil d’état du 27 avril 1819 (au Recueil ), relatif à une demande en cantonnement. C’est d’après le même principe qu’aujourd’hui on porte devant les tribunaux toutes les contestations relatives aux Adjudications des coupes de bois, aux Cantonnemens et aux Usages. V. ces mots. Quant aux routes que l’Administration des forêts fait construire ou réparer dans les bois du gouvernement, e4es font partie de la grande voirie, et les contestations qui peuvent s’élever à l’occasion des travaux qu’elle y fait faire, rentrent dès-lors dans la juridiction des conseils de préfecture. V. Travaux publics. §7. — Etats généraux des travaux à tenir dans les bureaux des conservateurs et à envoyer annuellement à l’Administration. Les conservateurs font tenir dans leurs bureaux un sommier, conforme au modèle n°. 17 (à VAtlas), des soumissions et marchés pour repeuplemens ou travaux dans les forêts. (Ins/r. du z3 mars 1821 , art. 66. ) Chaque annee, ils adressent à l’Administration , avant le i er . octobre, l’état des travaux et améliorations de tous genres exécutés depuis la même epoque de l’année précédente. Cet état est conforme au modèle n°. 18. ( Ib., art. 68.) Les inspecteurs tiennent, dans leurs bureaux, le même sommier pour leur arrondissement, et adressent au conservateur le même état. (Ib., art. io 5 .) Les conservateurs doivent joindre à l’état général des améliorations un état en double expédition des gardes des bois domaniaux qui, par des travaux dont le succès est assuré par 2 ou 3 ans d’entretien et constaté par des procès-verbaux, ont le plus de droit à des récompenses, en ayant soin que le nombre de ces gardes n’excède pas celui de cinq par inspection. C’est parmi ces préposés que l’Administration choisit ceux qui ont le plus mérité la distinc- TRA gar tion de l’encouragement. ( Circul. du 1 1 novembre 1821.) TRAVAUX PUBLICS. Ce sont ceux qui sont faits pour l’utilité générale des citoyens. La loi du 11 septembre 1790 et l’art. 4 de celle du 28 pluviôse an 8 attribuent aux conseils de préfecture la connaissance des contestations qui peuvent s’élever relativement à l’interprétation ou à l’exécution des marchés pour travaux publics , et aux réclamations des particuliers pour les dommages qu’ils éprouvent de la part des entrepreneurs et non du fait de l’Administration. Un grand nombre d’arrêtés du gouvernement et d’ordonnances royales ont déclaré bien fondés les conflits élevés par des préfets relativement à des poursuites de ce genre qui avaient été mal à propos dirigées devant les tribunaux. Une ordonnance du roi, du 8 septembre 1819, porte que c’est au conseil de préfecture que la réclamation d’un entrepreneur doit être soumise. Une autre, du 16 janvier 1822, statue qu’un entrepreneur n’est pas fondé à décliner la juridiction administrative à laquelle il s’est soumis , et que lorsque deux entrepreneurs ont conclu solidairement un marché avec une administration, l’un d’eux n’est pas recevable à attaquer devant le conseil d’état un arrêté que son associé solidaire a exécuté sans réclamation. Une autre, du 26 juin 1822, qui porte la même disposition, ajoute que les conseils de préfecture sont seuls compétens pour statuer sur les difficultés qui peuvent s’élever entre les entrepreneurs de travaux publics et l’Administration, concernant le sens et l’exécution des marchés. Une autre, du 10 juillet 1822, porte que lorsque des ouvrages ont été reçus par un ingénieur en présence de l’entrepreneur, et que ce dernier en a touché le montant sans réserve, il n’est pas recevable à demander un nouvel examen et une nouvelle liquidation. Une autre, du 3 l juillet 1822, porte qu’on ne peut considérer comme travaux publics les réparations des chemins vicinaux. V. ces ordonnances au Recueil, et l’article précédent, où nous parlons des travaux dans les forêts. Enfin des ordonnances du roi, des 22 janvier, 19 mars, 23 avril, 23 juillet, 6 et i 3 août, et 3 septembre 1823, et 4 février 1824, confirment de nouveau le principe que les contestations qui s’élèvent entre les entrepreneurs des routes , canaux et autres travaux publics, et les propriétaires riverains, pour fouille et extraction de matériaux et pour réglement des indemnités, sont de la compétence exclusive de-, conseils de préfecture. TRAVERSE, en latin impages. Pièce de bois qu’on met en travers pour en assujettir d’autres. TRAVERSE ou TRA^ ERSIN. On donne ce nom à des perches d’environ 5 mètres de longueur, qui s’emploient pour la construction des trains. ^ . Flottage. Traversin est aussi le nom que l’on donne aux pièces du fond d’une cuve , d’un tonneau : c’est la même chose que Douvain. V. ce mot et Merram. TRAVERSINS DE BARRES DE HUNES OU DE PERRO- 117 * TRI TRI 93a <2vi et. ( T. de m'ar. 1 ) Forts bordages courbans, qui ont autant dé longueur que les hunes ont de largeur; on les place en âvhnt et en arrière du mât, en laissant entre euk et lé mât assez d’espace pour y passer aisément le mât de hune , ce sont les traversins de barre de hune; mais si ce sont des traversins de barre de perroquet, on laisse l’espace nécessaire entre lè traversin de l’avant et Le mât de hune pour passer celui de perroquet. Traversins de bitte. Forte pièce de bois arrondie sur l’arrière et carrée sur l’avant, que l’on place sur l’arrière des piliers des grandes bittes. Traversins de chaloupe. Pièces de bois qui traversent la chaloupe à l’avant et à l’arrière pour la lier, et sur lesquelles on place une estrope double qui sert à crocher la caliorne pour s’embarquer. Traversin d’écoutille ou galiote. Pièce de bois qui traverse les écoutilles dans le sens de la longueur ou largeur pour servir d’appui aux panneaux , qui sont ordinairement de deux pièces. Traversin de linguet. Pièce de bois longue d’environ i 3 décim. (4 pieds), endentée sur un banc derrière et devant chaque cabestan, pour servir d’appui aux têtes des linguets, qui sont entaillés dedans et qui tournent sur leurs chevilles. Traversins de taquet ou d’oreille d’ane. Pièces de bois d’environ 16 décim. (5 pieds) de long et d’une force proportionnée, dans lesquelles on emboîte les taquets qui servent à amarrer les écoutes des basses voiles et les bras sur les gaillards. TRAVERSIER. V. Sergent. TREFONCIER. On appelait ainsi le propriétaire de bois sujets aux droits de tiers et danger , grurie, grairie , etc. : il n’en pouvait disposer au préjudice de ces droits; on le nommait aussi paréager. Y. Grurie et Tiers et danger. TREILLAGE. Ouvrage fait avec des échalas ou des perches de bois bien dressées, qu’on attache les unes aux autres avec du fil de fer , en formant des mailles carrées ou des losanges. On garnit de treillage les murs des espaliers, et l’on fait avec des treillages des berceaux et des tonnelles. On fait aussi des treillages pour défendre les semis et les plantations de l’approche des animaux. V. Palissade. On emploie toute espèce de bois pour faire des treillages , pourvu que les jets et les refends soient droits ; mais les bois les plus estimés pour la durée sont le chêne , le châtaignier et le frêne. TREMBLA1E. Lieu planté de trembles, popu- letum. TREMBLE ,populus tremula. C’est une des nombreuses espèces du genre Peuplier. V. ce mot. La Charte normande ayant limité l’usage du mort- bois aux neuf espèces qui y sont dénommées , on ne peut y comprendre le tremble ni le charme. {Arr. du Cons. , des io septembre 1748 et 14 juillet îyS&i)- TRÉSORIERS DES COMMUNES. V. Percepteurs. TRIAGE. Ce mot vient du verbe trier , qui signifie' Chbîsir, : ti?erd , ufl plus grand nombre avec choix, avèé-préféï'èricë. En'terme d’eaux et forêts , il se dit de certains cantons de bois, eu égard aux coupes qu’on en fait, et c’est dans ce sens que l’on dit : Dans cette forêt , on coupe cette année tant d’hectares dans un tel triage. Mais le mot triage est entendu diversement suivant les localités : tantôt il signifie, comme nous venons de le dire, certains cantons d’une forêt soumis au même ordre d’aménagement, et dans ce sens on dit t II y a tant de triages dans cette forêt , aménagés à 120 ans , tant à 3 o , tant à 25 , etc. ; tantôt, et c’est le plus souvent, on l’applique à la circonscription dans laquelle est renfermée la surveillance d’un garde, bien que cette surveillance puisse comprendre divers ordres d’aménagement et divers cantons ; mais , dans ce cas, le mot garderie serait bien plus convenable , et c’est, en effet, dans ce sens qu’on disait autrefois la garde , ou la garderie , ou la sergenterie de tel endroit. On entend encore par triages certaines divisions établies par des usages locaux , ou naturellement par des accidens de terrains ; enfin il y a des localités où la dénomination de triage se tire du nom de la forêt la plus importante d’une même masse de bois, ou de celui du principal canton, ou de quelque fait , de quelque événement local consacré par la tradition, ou même de la résidence ou du nom d’un garde. Mais il convient de restreindre cette dénomination à sa signification propre, en ne l’appliquant qu’à la désignation des diverses parties d’une même forêt, qu’on a triées, choisies pour former un même ordre d’aménagement, et par conséquent réserver ce mot pour désigner les cantons qu’on a soumis à tel ou tel âge d’exploitation. TRIAGE. Signifie aussi le droit qu’qn seigneur avait de faire distraire à son profit le tiers des biens communaux d’une paroisse ou section de paroisse , à laquelle il les avait concédés. Pour que le tiers pût être distrait au profit des seigneurs, il fallait que les bois ou autres biens communaux fussent de leur concession gratuite, sans charge d’aucun cens , redevance, prestation ou servitude, et que les deux autres tiers fussent suflisans pour l’usage de la paroisse, sinon le partage ne pouvait avoir lieu. ( Ord. de 1669, tit. XXV , art. 4 et 5 . — Arr. du i 5 juin 1 jbo.) Nous avons rapporté, dans le Recueil, t. I,p. 3 a 3 , une ordonnance du grand-maître des eaux et forêts de Paris, qui fait connaître la législation en matière de triage. V. cette Ordonnance. Le droit de triage a été aboli par la loi du 28 mars 1790, rendue sur un décret de l’Assemblée nationale du i 5 du même mois. Voici l’extrait du rapport fait, le 8 février 1790, à l’Assemblée nationale, au nom du comité des droits féodaux, par M. Merlin, sur le droit de triage; rapport qui se trouve en entier dans le Répertoire de jurisprudence , au mot Triage. Le rapporteur définit l’action du triage : c’est une opération qui consiste à. distraire le tiers des biens communaux d’une paroisse au profit du seigneur , de la concession gratuite duquel ils proviennent. Par cette expression de biens communaux , il entend, avec Coquille et le président Bouhier, non les biens dont une commune n’est TRI TRI qu’usagère, mais les biens qui lui appartiennent et dont elle est réellement propriétaire. Le triage n’a lieu que dans ce cas, et lorsqu’une commune n’est que simple usagère , ce n’est plus au tit. XXV de l’ordonnance de 1669 qu’il faut recourir pour déterminer les droits respectifs du seigneur et des ha- bitans , c’est à un autre genre de législation ou plutôt de jurisprudence , qui a sa source dans le Droit romain et dont le résultat s’appelle cantonnement. Le cantonnement est une opération qui consiste à réserver, à circonscrire le droit indéfini et illimité des habitans usagers sur une partie déterminée des fonds soumis à leur droit d’usage, afin de laisser le reste libre au seigneur propriétaire. Le cantonnement n’est, pour ainsi dire, que la combinaison de deux lois dans le Droit romain , dont l’une porte que personne n’est tenu de rester dans l’indivision, et l’autre que le droit de tirer des pierres de la carrière d’autrui, même moyennant une redevance, ne doit pas empêcher le propriétaire de jouir de son fonds. C’est de la réunion de ces deux lois que tous nos jurisconsultes ont conclu que l’usage d’un bois ou d’un marais, accordé par un seigneur à une communauté d’habitans, peut être restreint à une certaine partie du marais ou du bois quand le seigneur le requiert, et leur doctrine est consacrée par une chaîne d’arrêts qui embrasse près de trois siècles. Il faut donc bien distinguer le cas où les communes ne sont qu’usagèrcs d’avec celui où elles sont propriétaires. Dans le premier cas, le seigneur peut exercer contre elles l’action en cantonnement; dans le second , l’ordonnance de 1669 a accordé au seigneur l’action en triage , non pas, à la vérité, dans toutes les circonstances indistinctement, mais du moins lorsqu’il réunit en sa faveur le concours de plusieurs conditions. M. Merlin examine la question de savoir si cette action peut avoir lieu depuis l’abolition du régime féodal et des droits uniquement fondés sur la puissance seigneuriale. « On pourrait, dit-il, réduire la question à des termes plus simples, et dire : Le droit de triage est-il ou n’est-il pas un droitvéritablement féodal ou cen- suell Dérive-t-il ou ne dérive-t-il pas , soit de contrats d’inféodation , soit de contrats d’acensement ? Enfin , tient-il réellement par sa nature au système féodal, ou n’est-il que le fruit d’une extension abusive de la féodalité ? » Considéré comme droit féodal ou découlant de la féodalité, le droit de triage paraissait au rapporteur devoir être conservé , ou du moins soumis au rachat ; mais.dans le cas où ce droit ne serait point féodal et où rUdevrait son introduction à l’abus de la puissance seigneuriale , il paraissait ne pouvoir échapper à in réforme. Cette distinction le conduit à examiner l’origine du droit de triage. Il considère que ce droit est, à proprement parler, celui qu’a le seigneur de reprendre le tiers de ce qu’il a donné. 11 ne voit pas sur quel fondement les seigneurs jouissent d’un semblable droit ; ce car, dit- il, ce que mtils aVons donné purement et simplement n’est pas nous'^bt.ûl ne nous est pas permis d’en reprendre ni le tiétts, ni le quart, ni une partie queL- 9 35 conque. La qualité du donateur ni celle des donataires ne lui semblent pas autoriser cette distraction ; et, d’un autre côté , il ne voit pas que les actes de concession aient réservé ce droit; mais les feudistes, qui prétendent le justifier , font le raisonnement suivant : cc Une propriété peut être transférée par un seigneur à une communauté d’habitans de deux manières, moyennant un prix, soit payé comptant, soit distribué et réparti en redevances annuelles, ou gratuitement par la voie de la donation. Lorsque les communautés propriétaires se trouvent dans le premier cas, c’est-à-dire lorsqu’elles ont acheté leurs biens communaux ou qu’elles en paient des redevances , elles les possèdent d’une manière indépendante et absolue , et le seigneur , totalement exproprié , n’a rien à y réclamer. Si , au contraire, la concession a été gratuite, le seigneur conserve 1a faculté d’user de la chose comme le reste de la communauté. Ainsi, une forêt, un marais, concédés gratuitement à des habitans, forment entre eux et lui une propriété commune et indivise; mais personne n’est tenu de demeurer dans l’indivision, le seigneur peut donc en sortir lorsqu’il le juge à propos ; et comme son droit dans la chose commune est le plus éminent, sa portion doit être aussi la plus forte : c’est ce qui l’a fait porter au tiers par l’ordonnance de 1669.» A ce raisonnement le rapporteur oppose que le seigneur est aussi totalement exproprié dans le cas d’une concession gratuite , qu’il l’est dans le cas d’une concession à titre onéreux ; qu’il n’est pas vrai, d’ailleurs, que dans ce dernier cas le seigneur soit, relativement au simple usage des bois communaux, dans une pire condition que s’il avait concédé gratuitement. On se prévaut de ce que le seigneur qui a concédé gratuitement ne laisse pas que de jouir en commun avec les autres habitans ; mais il en est de même du seigneur qui a concédé à titre onéreux, et la preuve en est textuellement écrite dans l’ordonnance de 1669 , tit. XXV, art. 4 et 5 . a Quelle en est la raison ? C’est qu’en concédant à la communauté , le seigneur concède nécessairement à tous les membres qui la composent, et qu’ainsi tout en s’expropriant comme individu, il acquiert comme membre du corps au profit duquel il s’exproprie. De là il importe peu, quant à la faculté de jouir en commun avec les autres habitans, que la concession soit gratuite ou à titre onéreux : si elle est gratuite, le seigneur participe , comme membre de la communauté , à la donation qu’il a faite à celle-ci comme individu; si elle est à titre onéreux , il vend comme individu, et il paie, comme membre de la communauté, sa part du prix. Ainsi, dans l’un et l’autre cas , il a droit de jouir de6 biens concédés, et les autres habitans ne peuvent, à cet égard, qu’aller de pair avec lui. » Mais, de ce qu’on ne peut pas lui contester la jouissance en commun avec les autres habitans, s’ensuit-il qu’il puisse demander le partagedes biens sur lesquels s’exerce cette jouissance, et en prendre le tiers pour sa portion ? » Le rapporteur observe que si cette conséquence était juste pour le seigneur qui a concédé gratuite- TRI TRI g 54 ment, elle le serait aussi pour celui qui a concédé à titre onéreux, et que, comme on est forcé de convenir qu’elle ne peut s’appliquer à celui - ci, il est bien difficile de croire qu’elle puisse se soutenir par npport à celui-là. cc En second lieu , dit-il, ce n’est pas comme individu que le seigneur jouit des biens qu’il a concédés, c’est comme membre de la communauté, concessionnaire 5 il ne peut donc pas, comme individu, demander le partage d’un bien dans lequel, comme individu, il n’a aucun droit; il ne jouit que comme membre delà communauté, et à ce titre le dernier des habitans est son égal. Ainsi, il ne peut exiger un partage où le dernier des habitans peut l’exiger comme lui, et dès-lors il faut en revenir à ce principe conservateur des propriétés communales, que ce n’est pas aux individus qu’appartiennent les biens des corps politiques ; que , quoique membre d’une communauté, je ne puis individuellement m’approprier ni prétendre rien de ce qu’elle possède, et que conséquemment il ne peut jamais y avoir d’action en partage entre tin membre d’une communauté d’habitans, et la commune elle- même. » Il n’y a donc ni raison qui puisse justifier le triage , ni prétexte qui puisse en pallier l’odieux : aussi devons-nous dire à la louange de nos pères que l’origine n’en est pas fort ancienne. « Consultons les monumens les plus authentiques et les plus complets des premières sources de notre jurisprudence féodale; ouvrons les Assises de Jérusalem , les Etablissement de Saint-Louis , les Conseils de Pierre Desfontaines, la Coutume de Beauvoi- sis, par Beaumanoir; les Coutumes notoires du Châtelet , les Décisions de Jean Desmares. » Descendons, s’il le faut , à des temps plus modernes , et parcourons cette immense galerie de lois gothiques et bizarres, qui, dans le seizième siècle . ont été formées par le concours de plus de la moitié des habitans delà France, qu’y trouverons-nous sur le triage? Pas un mot ; et certainement on ne persuadera à personne qu’un silence aussi absolu, aussi universel, perpétué aussi long-temps, sur un droit d’une telle importance, soit compatible avec l’idée • ju’il ait alors existé, je ne dis pas des traces , mais une ombre de ce droit. « Aussi n’est-ce qu’au commencement du dix- septième siècle qu’il a été introduit, et comment l’a-t-il été? Par une confusion d’idées et de principes , qui a fait appliquer aux bois et aux marais concédés en propriété des règles particulières aux bois et marais dont il n’y avait que l’usage d’aliéné. Je m’explique. » J’ai déjà observé que le cantonnement était en vigueur depuis près de 5 siècles ; et en effet on trouve un arrêt du 22 décembre i 5 i 5 (Dissertations féodales , parM. Henrion de Pansey, t. 1, p. 460), qui l’ordonne entre la dame de Saint-Palaye et les habitans de sa seigneurie. On en trouve d’autres de i 53 1 (Ih .., de i 547, de 1 5^8 (Lois forestières , par Pscquet, t. II , p. 280), qui prononcent de même. Depuis , le nombre de ces arrêts est devenu presque incalculable. «Mais si la jurisprudence des tribunaux a toujours été uniforme pour l’admission du cantonnement. elle ne l’a jamais été, elle n’a même jamais dû l’être sur la quotité des portions respectives du seigneur et des usagers. Paries arrêts de i 53 i, 1 547 et i54o, le seigneur a obtenu les deux tiers et les usagers ont été réduits au tiers. 11 en a été rendu d’autres, qui ont adjugé aux seigneurs les deux cinquièmes, d’autres le quart; quelques-uns les ont limités au tiers , et de- ce nombre sont deux jugemens de laTable do marbre et de la chambre des eaux et fo.rêts de Paris, des 25 mai et a4 décembre 1607, que rapporte l’auteur des Lois forestières de France , t. //, p. 281.» L’auteur du rapport considère ces deux jugemens comme l’époque occasionnelle de l’introduction du triage, et il dit qu’à l’exemple de ceux qui n’avaient concédé à leurs habitans que des droits d’usage, quelques seigneurs qui avaient concédé aux leurs une véritable propriété, crurent pouvoir tirer aussi parti des bois et des marais dont ils s’étaient anciennement dépouillés, et qu’on ne fit pas une attention bien exacte à la différence qui se trouvait entre les uns et les autres, parce qu’il n’était pas toujours aisé de distinguer les concessions en simple propriété d’avec les concessions de simple usage. il fait remarquer qu’il a été rendu très-peu d’arrêts sur les demandes en triage avant l’ordonnance de 1669, et que les auteurs qui ont écrit sur cette matière ne nous en ont conservé que deux , l’un du 24 mai i 658 , l’autre du 1 3 novembre 1660; encore déboutent - ils tous deux les seigneurs : le premier , parce que le bois dont il s’agissait ne contenait que 5 o arpens ; le second, parce que le demandeur n’avait qu’une part indivise dans la seigneurie , et 11’é- tait ni assisté ni avoué de ses coseigneurs. « Ce qui prouve encore, ajoute-t-il, que les communautés d’habitans se défendaient mal contre les novateurs qui cherchaient à leur enlever , par la voie du triage, une partie de leurs domaines, c’est qu’au mois d’avril 1667 Louis XIV se crut obligé d’annuler par un édit tous les triages faits depuis 1620 , et de les soumettre à une révision dans laquelle tous les droits pussent être discutés avec attention et pesés avec impartialité. » On voit, par cette disposition , qu’un grand nombre de seigneurs avaient profité des troubles dont avait été agité le règne de Louis XIII et la minorité de Louis XIV , pour exercer le triage sur les biens de leurs communautés. 11 n’est pas douteux que par là il ne se fût formé une sorte d’habitude de regarder le triage comme un droit seigneurial. Aussi, la loi que nous venons de citer ne le con- danme-t-elle pas en lui-même , elle indique seulement un remède contre les abus qu’on en a faits , et c’ast à ce point que s’est également réduite l’ordonnance des eaux et forêts de 1669, la première de nos lois qui ait autorisé formellement la distraction du tiers des communes au profit des seigneurs. «Suivant cette ordonnance, lorsque des communes proviennent de la concession gratuite des .seigneurs , et que les deux tiers en sont sufiisans pour les besoins des habitansàqui elles ont été concédées, les seigneurs ont le droit île s’en approprier le tiers. « Je ne m’arrêterai pas à faire remarquer combien peu est réfléchie cette loi , qui fait dépendre l'exer- TRI TRI 9^5 cice actuel (l’un droit aussi important de la condition si éventuelle, si versatile de la suffisance ou de L'insuffisance des deux tiers pour les besoins des communautés , comme si la population , qui est la mesure de ces besoins, était invariable dans chaque paroisse; comme si la concession d’une commune avait pu , dans son origine , avoir d’autre objet que de pourvoir aux besoins,-non de telle ou telle époque , mais de tous les temps. » Mais , ce qui parait mériter une attention sérieuse , c’est le point de savoir si, d’après-les détails que nous venons de parcourir , le triage peut encore avoir lieu au profit des seigneurs. » Sur cette question, le rapporteur observe que l’Assemblée nationale a sans contredit le droit d’abolir par une loi ce qui a été établi par une loi, et que même le droit de triage se trouve déjà aboli par les décrets du 4 août 1789 , soit qu’on le considère comme un attribut de la seigneurie directe, et par conséquent comme un droit seigneurial, soit qu’on le considère comme un droit de justice, puisque ces droits sont supprimés. Toutefois, il pense que pour prévenir toute difficulté , il est nécessaire que la loi supprime formellement le droit de triage. Il examine ensuite la question de savoir si la suppression du droit de triage doit avoir un effet rétroactif, et il dit que rigoureusement elle devrait l’avoir, et l’avoir indéfiniment, parce qu’en abrogeant une loi injuste on ne fait, strictement parlant, que rétablir les choses dans l’état où elles seraient' si cette loi n’avait jamais existé. Mais il est dans la justice même un excès que les législateurs doivent éviter comme magistrats : en faisant les lois comme en les appliquant, il ne faut jamais être extrême , c’est le sens et l’objet de cette maxime, summum jus , summa injuria ; et en la combinant avec une foule de considérations particulières à l’exercice qui a été ci-devant fait du triage , il est impossible de n’en pas conclure que la suppression de ce droit 11e pourrait, sans les plus grands inconvéniens, refluer jusque sur le passé. Ce rapport fut suivi du décret du i 5 mars 1790, sanctionné le 28 du même mois (V. au Recueil) , dont l’art. 3 o a supprimé, pour l’avenir, le droit de triage , et l’art. 3 i a révoqué tous les édits , déclarations, arrêts du conseil et lettres-patentes rendus depuis 3 o ans , et qui avaient autorisé le triage hors des cas permis par l’ordonnance de 1669. L’art. 3 i établissait, comme l’on voit , une exception à la disposition de l’article précédent, qui limitait à l’avenir et excluait entièrement du passé les effets de l’abolition du droit de triage. Les motifs de cette exception sont expliqués dans le discours prononcé par M. Merlin le 4 mars 1790, et où il observait que contrairement aux dispositions de l’ordonnance de 1669 , des triages avaient été autorisés dans la Flandre et l’Artois , où l’on y avait assujetti des marais qui n’étaient pas dans le cas du partage. 3 . le Répertoire de jurisprudence , verbo Triage. L’Assemblée législative a été plus loin , elle a donné un eftet rétroactif à l’art. 3o du tit. II de la loi du i 5 mars 1790, et elles étendu la rétroactivité jusqu’à l’époque de la publication de l’ordonnance de 1669. V., au Recueil, la loi du 28 août 1792. Par suite des.lois que nous venons de citer , et de Celle du io juin 1793, plusieurs communes prétendirent que les triages exercés, même avant l’ordonnance de 1669 , étaient révoqués 5 elles intente- reut en -conséquence des actions en réintégration dans les parties de leurs biens communaux qui en avaient été distraites et abandonnées à leurs ci-devant seigneurs à titre de triage avant ce réglement; mais leurs prétentions n’étaient point fondées , et les ju- gemens qui les avaient accueillies furent annulés par la cour de cassation. ( Arr. des 14 brumaire an i 3 , 1 avril, 7 mai et 22 octobre 1806, 20 avril 1808 et 11 juin 1809.) Mais, d’un autre côté, il s’est élevé la question de savoir si l’art. i er . de la loi du 28 août 1792 . qui a révoqué tous édits, déclarations, arrêts, etc. , qui avaient autorisé le triage depuis 1669, n’avait pas été abrogé par la loi du 10 juin 1793. La négative a été décidée par la même cour , sur un plaidoyer fort étendu de M. le procureur général. ( Arr. du 9 mars 1809, confirmatif d’un Arr. de la C. d’appel de Caen , du 17 mars 1808.) De ce que l’art. 1 o de la section II de la loi du 10 juin 1793 porte que le ci-devant seigneur, quoique habitant , n’aura pas droit de partage dans les biens communaux quand il aura usé du droit de triage, en exécution de l’art. 4 du tit. XXV de l’ordonnance de 1669, s’ensuit-il qu’il doive conserver la portion qu’il a obtenue par l’exercice de ce droit? La négative est encore résolue par le même arrêt. La loi du 28 août 1792 a révoqué non-seulement les triages exercés sur les bois et forêts, mais encore ceux qui ont eu lieu sur les autres natures de biens. {Arr. du 9 mars 1809.) On ne peut opposer à une commune de n’avoir pas poursuivi, dans le délai de 5 ans, la revendication d’un bien qui a été l’objet d’un triage, si cette commune s’est réellement mise en possession de ce bien. {Ib.) En révoquant les triages exercés postérieurement à l’ordonnance de 1669 , la loi du 28 août J 792 a- t-elle entendu dépouiller les ci-devant seigneurs des droits de propriété qu’ils pouvaient avoir acquis , soit avant, soit après cette ordonnance, dans les biens indivis entre eux et ces communes? ( Décis■ négative , par Arr. de la C. de cass. du 20 avril 1807.) La disposition de l’art. 3 de la loi du 28 août 1792 , qui maintient les tiers-acquéreurs des biens dont les communes ont été dépouillées par droit de triage depuis l’ordonnance de 1669, est-elle applicable aux tiers-acquéreurs des biens dans lesquels les communes des ci-devant provinces de Flandre et d’Artois avaient été réintégrées par l’art. 3 i de la loi du i 5 mars 1790? L’affirmative résulte d’un arrêt de la cour de cassation, du 4 août i 8 i 3 , qui a rejeté un pourvoi émis contre un arrêt de la cour royale de Douai, du 11 août 1808 , qui avait maintenu des tiers-acquéreurs de biens provenant .d’un triage dans la propriété, possession et jouissance desdits biens. V ; . cet arrêt dans le Répartoiœ jurisprudence , au mot Triage. 9 36 T A 4 TRI Les comnuiueSj.ne^pçu^eçt revendiquer sur l’étetj subrogé aux, Cjorporatiçjjs ecclésiastiques les portions de biens çôronauifaux provenant de triage, que les ci-dçyànt seigneurs leur avaient concédées à titre dé donation, sur-tout quand les triages sont d’ùiie date antérieure 5 l’ordonnance de 1669 , ou lors même qu’ils seraient postérieurs à,cette ordonnance, quand les corporations ecclésiastiques n’avaient pas la qualité de seigneur. Ces corporations doivent être considérées comme le® particuliers , dont la loi du 28 aoAt 1793 maintient.la propriété dans les triages par eux acquis des ci-devant seigneurs. C’est cë qui résulte d’un plaidoyer de M. le procureur général près la cour de cassation , dans une affaire qui a été terminée par un arrêt de cette cour, du 14 brumaire an i 3 . V. au Recueil. Une copie, collationnée en l’absence du ci-devant seigneur, d’un acte prétendu signé : de lui et énonçant que tel bien lui a été abandonné par la commune pour son droit de triage, ne fait pas preuve contre lui et contre ses successeurs que c’est effectivement à titre de triage qu’il est devenu possesseur de ce bien. C’est encore ce qui résulte de la discussion établie dans ce savant plaidoyer. Une concession faite à une église pour cause de dotation ne peut être réputée gratuite, parce qu’elle emporte toujours l’obligation de prier pour son auteur, et que cette obligation est regardée comme onéreuse. (Ib.) Le triage était souvent confondu , avant l’ordonnance de 1669 , avec le réglement ou aménagement. V. le même plaidoyer. Les triages avaient lieu avant l’ordonnance de 1669 ; mais les abus qu’on en avait faits amenèrent l’édit d’avril 1667 , qui révoqua tous ceux faits depuis *637, et en ordonna la révision (Ib. — Arr. de là C. de cass., du 22 brumaire an i 3 -i 3 novembre 1804.') Mais les triages faits depuis 1687, qui, nonobs tant l’édit d’avril i 667 , avaient subsisté jusqu’à la loi du 28 août 1792, ont été maintenus par cette loi, dont l’effet rétroactif ne remonte pas au-delà de 1669. (Ib. — Arr. du 12 juin 1809.) Les tribunaux ne peuvent ordonner l’exécution des actes de triage qui ont été formellement révoqués et déclarés comme non avenus par la loi du 28 août 17925 ils ne peuvent dépouiller les possesseurs de portions de biens communaux, que la loi du 9 ventôse an 12, un arrêté de conseil de préfecture et un décret maintiennent en la possession et jouissance de ces mêmes portions de biens communaux ; ils ne peuvent, en aucun cas, connaître des actes administratifs. La prescription quinquennale ne peut être admise au préjudice des détenteurs de biens communaux, qui ont eu , depuis 1793, une possession non interrompue. (Arr. de la C. de cass ., du 20 août 1822.) V. Biens communaux , Cantonne ment, Commune, Usage. TRIANDRIE. (T. de bot.) De deux mots grecs ui signifient trois maris. La triandrie est la classe III u système sexuel : elle renferme les plantes qu ont trois étamines. TRIANGLE , triangulum. Figure qui a trois côtés et trois angles. forêts, TRI BU N AL^ du latin tribunal IJVqio que l’on donnait à' Roqi^ aij siégé élevé.0^ dV.tri.bnn sé plaidait' pour rendre l^jijsticg. 0 J } Dans pratiquej ce mot ti d’abp.rd signifié, les ait ensuite da corps des juges qhi rendent la justice etlde la juridiction même. v p ' Aujourd'hui.cette dénomination s’applique aux juridictions IftferapiW { celle d^ ççur est reservée pour désigner ieîj tribunaux supérieurs. V. Cour. 11 y a plusieurs sortes de tribunaux en France 5 savoir^les tribunaux de justice de paix, les tribunaux civils oti de première.inçtàncQ , le$ tribunaux dé polïçe correctionnelle Ies ( tribunaux, dt^^om- ï les., TRIANGULAIRE. Qui-a trois TBIANCCLATIOT.y. ,, 1824 , sur la délimitation et Uam^Mgeniént «l«s .’•! Inro (o ‘ * ' \ .merceles tribunaux maritimes. 11 est défendu aux tribunaux d (ti . e. s.'împjiscex dans connaissance‘dës'açtés admipistrams et d’en suê*‘ pendre l’èxécutjon J atlendp qpp les fopçtions judiciaires sont ééparées des fonctions admintsïrdtives. (Loi du 24 août 1790, tit. II, artt l 3 . —* Lof du 16 fructidor an 3 - Arr. de la Ô h de ca fsjj des 29 frimaire an 7-19 décembre 1 708 f , 3; A^ntpse an 7-23 février 1799» 27 février et £marf. i$nq, et 20 août 1822 .— s fJrd. du rvi f dû a8 àoi}t.^oa,2.) Lorsqu’un tribunal est inc.Oippeteptil ,né, ; doit rendre absolument aucune décision r,çlatiyqftU fond, pas même constater l’existence d’un fait; i^, doit renvoyer l’affaire devant qui de.droit. ( Arr. de la C. de cass.) du 1 er . avril 181 3 .) Tribunal de commerce. Y. , sur Ja juridiction des tribunaux de commerce , les art. 6 15 et 648 du Code de commerce de 1807. Tribunal de justice de paix en matière civile. V. le Liv. I du Code de procédure civile. Tribunal de simple police. Le Code d’instruction criminelle de 1808 porte , « Art. 137. Sont considères comme contraventions de police simple les faits qui, d’après les dispositions du 4 e - livre du Code pénal, peuvent donner lieu , soit à i 5 fr. d’amende ou au-dessous, soit à 5 jours d’emprisonnement ou au-dessous ,: qu’il y ait ou non confiscation des choses saisies et quelle qu’en soit la valeur. Art. 1 38 . La connaissance des contraventions de police est attribuée au juge de paix et, au maire , suivant les règles et les distinctions qui seront ci- après établies. » V. les art. 139 à 16 5 du même Code y sur la compétence des juges de paix, la manière de procéder devant eux , l’instruction des affaires de leur compétence et la prononciation du jugement. V. aussi Audience, Citation , Compétence , Jugement. Les tribunaux de simple police ne peuvent, dans leurs jugemens, s’écarter des dispositions des.régle- mens faits par les maires dans les matières qui sont du ressort de la police administrative municipale. Ils ne peuvent se dispenser d’appliquer les peines de simple police prononcées par ces régleinens. (Arr. de la C, de cass ., des 20 vendémiaire et 2 5 ventôse an 12, 3 o frimaire an i 3 , 7 décembre 1809 et TRI TRI 9 a 7 liai 1810, rapportes dans Le Recueil des gués* T dè^drblt, har "JJ. Merlin, au mot Tribunal •a^2LAiiJf: »jl h. 5kj#i.J-s.x.-.. ït-. -iA .W_ 11 mai lions' de pt/licè. "■l 2 Abéü i . ,u ife là mémé 'coùr , des i6 juin 1807 et 7 septembre 1812, rapportés dansla Péper- toire de jurispYudenbe, S il mot Procès- Kero'al. — Arr. des i^ frim'àttè'et'b pluviôse an 1 ÿ? Ijfévrier et 28 août 1807, 22 juillet, i 8 otj,^ 3 , 1 6et i.^kiai 1 81 12 novembre 1812 et 11 Juin 1 &iS, rappotte^ sbus les mùts'Tribunal depôiice âatj£ le Rép^tt/jire' de jurisphiBekce.) ‘ ‘ ”f _. , • ’ '* , L’arrêtdu 22, juillet 1808 eslj reJ^‘tif < àlinaj''i‘êfe du inaire de la ville d’Atidenaldéj ap^prôuv^'^ir Té préfet de l’Escaut, qui faisait dèfen'sé d’entasser des décombres au bord des canaux et rivières. Le tribunal de police avait renvoyé la personne prévenue de contravention à cet arrêté, sous le prétexte que les décombres qu’on lui reprochait d’avoir aépôsês* dli' bord d’une rivière l’avaient été sur sa propriété , et non sur le bord d’une rivière navigable j inavicomme l’arrêté était Conçu en termes généraux èt n’èlablis- sait point de distinction , la cour de cassation a an nulé le jugement du tribunal de police pour excès de pouvoir. Mais, observe M. Merlin, les arrêts ci-dessus ne portent que sur les objets à l’égard desquels la police mijujciçalë aLdûiinistrativé est autorisée, par l’art. 3 dû tit. II de la loi du 24 août 1790, à faire des réglemCnsq car ni les tribunaux de police ni aucun autre ne pourraient, en vertu de réglemens de maires et même dé préfets étrangers à ces objets , appliquer de peine quelconque à des peines non qualifiées délits ou contraventions, soit par des lois, soit par décrets ou ordonnances. M. Merlin rapporte à cet égard deux arrêts de la cour de cassation, des 2 juillet et i 3 août i 8 i 3 . Lorsqu’un juge de paix a été saisi comme juge civil, il ne peut dépouiller ultérieurement cette qualité pour prononcer comme tribunal de police. (Arr. de la C. de tass. du 1 er . avril i 8 i 3 , au Recueil.) Les tribunaux de police ne peuvent jamais, lorsqu’ils sont ihcompétens pour prononcer le maxi mum d’une peine, devenir compétens en ne prononçant que le minimum. Un arrêt de la cour de cassation du 25 juin ] 8 i 3 , rapporté dans notre Recueil', le juge ainsi. Il s’agissait de coupe et enlèvement de genêts dans un bois de particulier; le tribunal de police n’avait condamné le prévenu qu’à 3 fr. d’amende, conformément, avait-il dit, à l’art. 36 ' du tit. II de la loi du 28 septembre 17915 sur la polîée 1 rurale , èt à l’art. 2 de la loi du 23 thermidor an 4 - Mais la peine pouvait s’élever à U119 amende au-dessus de i 5 fr., puisque, d’après l’article 36 du tit. II de la loUdu 28 septembre 1791, le maraudage on enlèvement de bois dans les bois'cfé^ ^ iy '' particuliers doit être puni d’une amende double du dédommagement dû au propriétaire ; et, dans l’ës- 1 pèce, le dédommagement n’avait point été constaté. Le tribunal de police devait donc le regarder comme indéterminé ; ce qui suffisait pdur qu’il se déclarât incompétent. D’un autre côté , la peine pouvait, indépendamment de l’amende, s’élever à un emprisonnement de plus de i 5 jours, d’après l’article cité de la loi du 28 septembre 1791. Toue II. . 9 r » H est de principe , et'li ,f cipr de cassation l’a jugépar dei arrêts formels dès* f -1 vendémiaire , 4 brumaire et, i e *. messidor an 1 3 , 8juillet 1 iS06et 3 i janvier 182^ ^qué , pour déterminet la'ÿompétence des tribunaux | il faut avoir égard ait maximum de la peine gui peut être appliguée, et non à la peirié prononcée par le juge , n étant pas dans le pouvoir du jugé de se t'réer une compétence , èn restreignant la’ peine à celle pour laguelle la loi P a rendu compétent. Suivant l’art. j 39 du Code d’instruction criminelle, les juges de paix, comme juges de police, peuvent connaître des contraventions forestières poursuivies à la requête des particuliers lorsque l’amende ne peut excéder i 5 fr. Mais ils ne peuvent, en aucun cas, connaître des délits commis dans les bois de l’état, ces délits étant, d’après l’art. 179 du Code dinstruction criminelle de 1808, dé la compétences des tribupaux correctionnels. La cour de cassation l’avait déjà jugé ainsi sous l’empire du Code du 3 brumaire an 4 5 par les motifs que la coniikik- sance de ces délits avait été attribuée aux tribunaux correctionnels par la loi du 29 septembre 1791 , èt que d’ailleurs il 11’y avait point de délit dans les bois de l’état dont la peine ne dût excéder la contj' pétence des tribunaux de simple police. V., au Recueil , les Arr. des 8 messidor an 8, 26 pluvidsé' an 10, 16 frimaire et 7 nivôse an 14,2 janvier et 23 mai 1806, 6 août 1807. Enfin, ils ne peuvent connaître des délits de chasse, de pêche ni de port d’armes. ( Arr. du 23 février 1811.) Un tribunal de police ne peut accorder des dommages et intérêts qu’autant qu’il a décidé y avoir lieu à l’application d’une peine. (Arr. de la C. de cass., du i er . avril i 8 i 3 .) Tribunal civir. ou de première instance. Lés tribunaux de première instance connaissent des matières civiles , conformément aux Codes et aux lcd* du royaume. (Loi du 20 avril 1810 , art. 34 -) Nous faisons connaître leur compétence en ce qui intéresse le domaine en général, et le domaine forestier en particulier, aux mots Adjudication1 ilt$ coupes de bois, Cantonnement , Compétence, Con-, flit, Cours d’eau, Délit, Domaines nationaux, Exception de propriété, Propriété eCWsage. Tribunal de police cobÜection'Nelle ou Tribunal Correctionnel. Les tribunaux de première instance, en matière civile, connaissent, sous Jé 1 titré de tribunaux correctionnels , de tous les délits , forestiers poursuivis à la requête de l’Administra- , tipn, et de tous les délits dont la peine excède 5 joués d’emprisonnement et i 5 fr. d’amende. ) jfioded’instrl crim., art. 179 -)  l'egard des délits forestiers, ils sOnt saisis j>ar 1 lai citation donnée directement au prévenu ‘et Aux ' ‘personnes civilement responsables, par lé conservateur , inspecteur ou scius-inspecteûr, ou par IçS gardes généraux et, dans tous les cas, par je prqciuypi:' du tgi. (lb., art. 182.) • j Nous avons traité , dans le cours de c‘êt ouvragé', y de ]ft compétence des tribunaux correctioûiiets e^ 1, ’ des différentes parties de la procédure cil, jujlüqij: de délits forestiers. \ . Action , Appel, Audience , / ° ‘ ‘ Compétence , Défaut , Délits, Exécution I 18 Citation TRO g58 TRI des jugentens , Frais de justice, Jugement , Opposition , Pourvoi. \ oici quelques questions particulières concernant les tribunaux'côérectionnéls ; i°. Un tribunal qui reconnaît que léfait qui laieSt dénoncé né constitue ni un délit ni une contravention, peut-il néanmoins prononcer sur la demandé- en dommages et intérêts faite par la partie civile ? Un arrêt de la cour de cassation, dit i 3 juillet 1810 (V. au Recueil ) , décide que non , par Ietmo-; tif que, dès qu’il n’y a pas de délit reconnu, on ne peut prononcer sur des dommages,'et que c’est lp cas de renvoyer les parties à fins civiles. 2°. Suivant l’art. 182 du Code d’instruction criminelle , le tribunal est saisi, en matière correctionnelle, de la connaissance des délits de sa compétence par le renvoi qui lui en est fait , soit par la chambre du conseil du tribunal de première instance, soit par le tribunal de simple police, soit enfin 1 par la chambre d’accusation de la cour royale. V. les art. i 3 o , 160 et 23 o de ce Code. Mais le tribunal correctionnel ne peut-il pas , nonobstant ce renvoi, se déclarer incompétent, s’il reconnaît lui-même que le fait n'est pas de sa compétence ? Il le peut, ainsi que l’ont décidé les arrêts de la cour de cassation des 27 juin 1811 et 21 novembre de la même année , fondés sur ce que les ordonnances des chambres d’instruction ne sont point attributives, mais qu’elles sont seulement indicatives de la compétence. V. le Répertoire de jurisprudence, aux mots Tribunal de police correctionnelle, p. 216. 3 °. Les tribunaux correctionnels sont-ils compé- tens pour statuer sur les délits commis en contravention aux réglemens sur la police des forêts , approuvés par les préfets, lorsque d’ailleurs ces réglemens 1 sont fondés par les lois ? L’affirmative est décidée par des arrêts de la cour de cassation , des 29 mars 1806 et 6 février 1824. 4°. Un tribunal correctionnel peut-il, à titre de dommages-intérêts , ordonner l’affiche de son jugement , et en ce cas, le ministère public a-t-il le droit, lorsque la partie civile ne se plaint pas, d’interjeter appel du jugement? Un arrêt de la courte cassation, du 12 octobre 1812, reconnaît que le tribunal a ce droit, et décide qUe le ministère public est sans intérêt pour appeler du jugement. TRICAGE. En terme de marine, ce mot se dit des merrains dont les pièces, ayant la longueur et l’épaisseur exigées par le tarif de la marine, n’ont cependant pas tout-à-faitla largeur prescrite. Ces pièces, I quoique imparfaites, sont admises, désignées sous • le nom de tricage dans les arsenaux , mais en lon- ; gailles seulement de première et de deuxième es- I pèce , à raison de trois pour deux et dans la pro- • portion d’un cinquième de la fourniture totale , ! pourvu toutefois qu’ellesaient 117 millim. (4pouces i 4 lignes), minimum de largeur, avec la longueur et t l’ejmisseur d’usage. V. 'Merrains. j ’l R 1 COT , fustis. Bâton gros et court. TRIER, TRAYEli. Mot qui vient de trahere , tirer , choisir entre plusieurs. Y. Triage. TRÏFIDE , trifidus. ( T. de bot.) Qui est d’une seule pièce , mais divisée ou fendue en trois à-peu- près jnsqtPâ lamroitré, 'au moins. TRIGYNIE. (J 1 . de bot.) De deux mots grecs qui ûpnfièn'c trots femelles. Lorsque paf le nombre, la forme , Pijtsprtion ou la grandeur respective des 'étamines', où ’a déterminé la classe d’une plante, sélon les-•priùèipes du système sexirel, cette même plahfé l èÿï difltfoijié'rpé Ordrfe de cette classe , si elle a trois piitrfâ?’' 1 - Vi '- TRIJUQUÉ. V. PMitê. TRILOBÉ’. A trois' lobes. TRïLGCDLAlRE. A trois loges. TRIPHYLLE. ( T. de bot. ) Composé de trois pièceS ou de trois feuilles. TRIQUE. Gros bâton , parement de fagot. TRIQUER. C’est tirer les triques et morceaux de bois et bûches, pour les mettre à part, sur le port ou dans le chantier. TRISPERME. ( T. de bot. ) Portant ou renfermant trois graines. TR 1 VIA 1 RE , trivium. Carrefour, place où aboutissent trois rues, trois chemins. Y. Route. TROÈNE j ligustrum. Genre de plante de la dian- drie mônogynie et de la famille des jasminées. Dénomination. — Le troëne se nommé en italien ligustroj en allemand, liguster ; en anglais , p rivet ou prime-print. Quelques auteurs pensent que le nom latin ligustrum est dérivé du mot ligare, lier, parce que ses rameaux, souples et plians, s’emploient quelquefois à plusieurs ouvrages de vannerie ; mais cette étymologie est bien incertaine. V. , à cet égard , les Notes de Poinsinet de Civry , au liv. XII, ch. XXIV de l ’Histoire r.àturelle de Pline. Virgile compare l’éclat passager de la beauté à la fleur du troëne : . Nimium ne crede colori, Alba ligustra cadunt, vaccinia nigra leguutur. Le Troene commun , ligustrum xulgare (Lin. ; en allemand , rhainde -weide ; en anglais , common privet , est un arbrisseau de 7 à 8 pieds , qui croît naturellement dans nos bois, et dont on fait des haies, des palissades et des bordures. Il se divise en rameaux nombreux, opposés, glabres, étalés, flexibles, de couleur cendrée, garnis de feuilles ovales, lancéolées , glabres , lisses , très-entières , d’un vert gai , obtuses ou peu aiguës , persistantes dans les hivers doux. Ses fleurs s’épanouissent au commencement de l’été ; elles sont blanches , odorantes , nombreuses et rapprochées en thyrse au sommet des rameaux. Ses fruits ou baies sont de la grosseur d’un pois, mûrissent en automtte , se teignent d’une couleur noire et restent sur l’arbrisseau une partie de l’hiver. Les merles et les grives les mangent. On en retire une couleur employée par les enlumineurs, par les chapeliers, et dans le Nord pfmr peindre les cartes à jouer. Èn FlandVey on. en emploie le suc pour donner aux vins une^ couleur plus foncée. Le bois est très-dur et prôpre à des ouvrages de tour ; les jeunes rameaux s’emploient pour la vannerie, et on fait avec son bois un eharboh pifo'pre à la fabrication de la poudre à canon; les feuilles sont amères, détersives et astringentes : leur décoction T il O T il O est recommandé^ çn garga-rismes. dans .ieet ma,ux de| gorge les ulcère*,de la bouche, pour raffermir lçs gencives dans les affections scorbutiques , dans l’es- quinaocie. ' . • On propage Le troëne ' de drageons, de boutures et de graines. Il vient dans presque totales terrains, à l’ombre ou exposé à lfardeur duisqfejl. On en connaît plusieurs variétés » l’upqc fargeïftatillss? une seconde à feuilles panachées qui est celle d’Italie, à feuilles lancéçffiçf r ,ajguës, à tige plus forte et plus ' I > 'J !. ;, t : Les graines du troëne se pètpenp dèy;iedf] RUtu- ritei on les recouvre de 3/ou '4 lignes3ee»ir est del H décim. ( 2 pieds et demi). . La chevron équivaut au quart de la tronce , c’ystj- à-dire à 4 décim. (i 5 pouces).; , : La perche rie vaut que le liuilième dp la^tjrçwjce ^ c’est-a-dire 2 décim. (y à 8 pouces^ ' ' La demi-perche ne vaut que la moitié de là per- Cbe ou un décim. ( environ 4 pouces dè tour).• Ainsi la tronce que l’on prend pour régulateur dans les délivrances se divise en panne , chevron, perche et demi-perche , et chacune de ces pièces., dans l’ordre décroissant que l’on vient d’établir, ne représente que la moitié de la pièce qui la précède «le sôrte que la tronce étant de 16 dëcim. de t6ur , la panne n’est que de 8 décim. ; le chevron, de 4 5 la perche , de 2 , et la dèmi-perche , d’un, ou , ce qui est la même chose , une tronce vaut 2 pannes, 4 chevrons, 8 perches, 16 demi-perches. On estime que, relativement à l’accroissement, les arbres de chacune de ces classes qui se trouvent sur pied et mêlés dans les forêts, passent ordinairement dans celte supérieure tous les îo ou 12 ans , suivant la qualité du sol, c’est-à-dire qu’un arbre de 18 à 20 ans , que l’on considère à cet âge comme ne pouvant donner qu’une demi-perche, sera perche à 3 o ans , chevron à 4 ° j panne à 5 o , et tronce à 60 ans et au-dessus. Il faut convenir que ces classifications ne sont guère rigoureuses, et que dans la pratique elles peuvent donner lieu à de graves inconvéniens. En effet, lorsqu’il s’agit de faire une délivrance, c’est dans l’opération du martelage que se fait l’estimation , et c’est à l’œil que l’on détermine si l’arbre qu’on va marteler est tronce , panne , chevron ou perche. Il est évident que l’œil le plus exercé ne peut faire cette appréciation d’une manière toujours exacte, et d’ailleurs un arbre n’a presque jamais la dimension précise de la classe dans laquelle on le range. Il est vrai que l’on peut en prendre le diamètre exact au moyen d’un instrument, et calculer après l’opération tous les diamètres des arbres de même qualité pour déterminer le nombre des trpn- ces, pannes ou chevrons ; mais on sent combien une semblable opération exige de temps. Observons encore que , dans les martelages , ce 11e sont pas toujours les agens supérieurs qui font ces appréciations : ils suivent bien les opérations, mais on sait que plusieurs gardes les y assistent ; <[ue ce sont ces gardes, distribués sur plusxèurs lignes, qui tiennent le marteau, et appellent les arbres devant lesquels ils s’arrêtent pour les marquer en délivrance ; ils les qualifient aê tronces ou de pannes, etc., suivant qu’ils apprécient leur grosseur. L’agent supérieur, qui tient note, sur son calepin, des dénominations qu’il entend,,ne peut pas aller d’arbre en arbre vérifier si les gardes les ont bien appréciés: Ainsi , il est souvent obligé de s’en Vappbrter aux gafdès nfartëleurS. II fâîit remarquer .^ussi queles parties intéressées assistent aux opérations , et qu’il s’élève, entre eux etjes.agens des contestations snr„la classification, des ambres , soit par rapport à leups dimensions , soit p^r rapport à lqurs qivuitéa. Cest^téplamations > ^..impoptunités , la faiblesse gt l^gessité, de terminer , ne peuxeut- çlfes.pasfiairq ples> arbres nwr y‘ :ir- • p«j i nu • . J ) apres i usage suivi dans quelques endroits , Varbre vif Aoïi. être.sans défaut, et doit produire 60 planches ; un sapin est consùléré comme, irpncc lorsqu’il est affecté d’un vice.quelcoqque ,,quoique susceptible de produire autant, de planches et même plus que l’arbre vif: alprs il en ,e$t délivré deux pour le prix du vif, et ainsi de suite pour les quatre autres' classes , mais dans une proportion croissante , c’est-à-dire 2 tronces ou 4 pannes, ou 8 chevrons ou 16 perches, ou enfin 32 demi-perches pour l’arbre vif. Ces différentes espèces d’arbres ne sont pas toujours délivrées dans la classe àlaquelle elles appartiennent ; car souvent, lorsqu’un sapin est jugt plus ou moins vicié, il est estimé avec.ceux d’une classe inférieure : de sorte qu’une tronce peut n’èrre estimée que pour une panne, ou même que pour un chevron , et ainsi de suite pour toutes les classes suivantes. Un arbre vicié, dit-on , ne vaut pas la moitié de l’arbre vif : cela peut être vrai; mais il faudrait être fixé sur ce qu’on entend par arbre vicié, et sur Les caractères des défectuosités qui doivent faire ranger un arbre dans cette classe. Malheureusement les parties intéressées sont disposées à faire considérer comme arbre vicié celui sur lequel on remarque le plus léger défaut, tel qu’une louj>e>, qu’un chancre au pied , ou un froissement quelconque de l’écorce au corps de l’arbre. Les agens forestiers soutiennent, et avec plus de raison, qu’un arbre ne doit être considéré comme vicié que lorsqu’il est mort, ou carié ou affecté de gouttières, ou d’autres vices grayes qui en rendent la plus forte partie impropre à faire du bois de service. Les chablis sont, dans quelques localités, considérés seulement comme bois de corde, et cependant il est évident qu’un chaBlis sain vaut autant qu’un arbre vif. Les arbres morts sont encore moins estimés que les chablis: il est,vrai qu’uq sqpiq ^niprt.a peu de valeur; mais la faculté de classer .ainsi les arbres à délivrer, et les abus que l’on peut faire des qualifi- TRO cations y ajéuteijl ans inconVénréns itùmbréux que‘présén%ifr à èéf délivrance^.; ; ' -'P*?,} - " ,XJ ■ ■Oh doit ëdhs dpùte "favoriser les étais tisse mens Industriels/'terrif "<^Ü 'cbrisdmment j'e Bois clans les pays de fbfûts^'maïs il faut cOnveniycjîieles affectations que Fdfi a faites à cesétablRsëtaeqs, présentent toutes plus on moins d’âbûs'ri fiïdfrrihlsltrâ-! tion s’effoïee de faire diipfirttltWfEMiitië ce^ abus qui sont (lu Ressort dé'jàùôllue àtfaiïiflsfrafifrë’j^et; déjà ses efforts en ôift Trioihpîiê dttoiVÿm^euitfen-j droits où il y a des af fût ta, trbfis 1 D’àutj'ë^Véfotnte^ se préparent! - V 1 ™ '\ , TRONCHÉES. On dortiië ce'rionl'j'dfeTfà iè .dé-i partement de l’Aisne , à des chêneViêtaïds èpërV çà et là, et quelquefois foft‘rûultiplié's dans certains cantons, qu’on dépouille de leurs branches tous les six à sept ans. 11 > 1 ’i 9 " TRONÇON. Pièce de bois qui faisait partie, Les ulcères dans les- arbres sont souvent occasionnés par des blessures ; quelquefois aussi ils sont produits par la mauvaise qualité du sol ou par une trop grande abondance de sève. Dans ce dernier cas, on y remédie par des incisions longitudinales qui pénètrent jusqu’au bois. 'Quand un ulcère a peu d’étendue, on peut le guérir par une amputation suivie d’un pansement convenable. Mais il y a des ulcères cachés et universels : ce sont ceux qui se forment ..par l’effet d’une. Æsjve f eo*nompue entre le boiaet Vécqnje, qui séparsnt -oes deux -parties sans qu’fillps 'puissent, recouvrer leur adhérence et qui en détruisent l’organisxljio» proche en proche-; lorsqh’ôfi s’en aperçoit à-temps»,, et avant que l’ul- çère nitliait des progrès, il' faut faire, une incision ju*qu’&« vif tout autour de la plaie, et la couvrir avec de la fiente de vache, assujettie avec de la paille, ou quelques, haillons retenus par des liens d’osier. ULIGINEUX (LIEU ), locus uliginosus. Marécageux; putride, spongieux. V. Terre. UNIFLORE. Qui ne porte qu’une fleur ou dont les fleurs sont solitaires. - UNIFORME. Celui des administrateurs et des agens forestiersa été réglé par un arrêté du i 5 germinal an 9, et celui des élèves à l’Ecole forestière par l’ordonnance du roi du î". décembre 1824. V. au Recueil. L’art. % 5 g du Code pénal prononce la peined’Hn emprisonnement de 6 mois à-2 ans contre toute personne qui aurait porté publiquement un uniforme qui ne lui appartiendrait pas* UNILATERAL. Épi dont toutes les fleurs naissent d’un seul côté de la rafle commune. Plusieurs parties d’une plante sont dites unilatérales lorsqu’elles naissent toute^ du même côté sur le corps qui les porte. UNILOCULAIRE. A une seule loge, c’est-à-dire dont la cavité intérieure n’est divisée par aucune cloison complète. UNIPÉTALÉE (COROLLE). Consistant en un seul pétale. UNISEXÉE (FLEUR). Pourvue d’un seul sexe. UNI VALVE (PÉRICARPE ). S’ouvrant d’un seul côté au bord par une suture longitudinale. UNIVERSITÉ. Un décret du 11 décembre 1808 porte que tous les biens, meubles, immeubles et rentes ayant appartenu aux ci-devant collèges et universités, qui ne sont point aliénés ni affectés à un autre service public, sont donnés à l’Université. Mais d’après une décision du ministre des finances , insérée dans une circulaire du 22 février 1812, ce décret ne peut s’appliquer qu’aux bois d’une contenance moindre de i 5 o hectares, attendu que ceux d’une contenance plus considérable ont été déclarés inaliénables par la loi du 2 nivôse an 4, et réunis au domaine par l’arrêté du 24 thermidor an 9. Y. la Circulaire au Recueil. Un avis du comité des finances, du 9 janvier 1818, porte également que ces bois sont irrévocablement séunis au domaine. V. Fabrique. , USAGE et USAGER. Le mot usage vient du latin usus, formé d’nrf, se servir. Ce ternie a, dans la jurisprudence , deux acceptions différentes. 11 -est souvent employé pour désigner la faculté de se servir delà chose d’autrui, soit à litre de servitude, soit- précairement. Il désigne , dans l’autre acception , une manière d’agir qui est tournée en habitude , et dans ce sens il a une signification fort étendue , et qui comprend tout ce qui se pratique d’ordinaire dans un pays , par rapport aux différentes affaires qui s’y traitent parmi les hommes. L’«- sage est invoqué lorsqu’il s’agit de suppléer aux lois, soit pour les abroger , soit pour les interpréter. 944 Ç’est dans la, première-de ces deux acceptions qus nous avons ^ nous occuper des usages. Le Goje civil règleles droits d’usage et d’habitation entre les particuliers et les servitudes ou services fonciers. V. les art 6%5 -et suivons d# ce Code ,, et le Répertoire,de jurisprudence au mot Usages, où sont rapportées les règles de ces usages , suivant le /irait romain et les dispositions du Code civil.-- L’art. 636 du même Code porte que l'usage des bois et forêts est réglé par des lois particulières. Ainsi, l’ordonnance de 1669 et les autres lois et réglemens relatifs aux usages dans le6 bois et forêts doivent continuer, jusqu’à ce que le nouveau Code forestier ait été promulgué , de régir cette partie de la législation , tant à l’égard des bois de l’état qu’à l’égard des bois des communes et des particuliers. On appelle usagers les particuliers et les communes qui ont le droit de faire paître leurs bestiaux ou de prendre du bois dans les forêts. Comme nous avons traité des droits de pâturage , de panage et de glandée aux articles de ce /actionnaire qui concernant ces droits , nous nous occuperons principalement dans cet article des usages en bois. Toutefois, nous parlerons des autres usages quand il s’agira de l’application des principes généraux. PREMIÈRE SECTION. — des droits d’usage en général, de LEUR DISTINCTION ET'DES abus ATTACHÉS A L’EXERCICE DE CES DROITS. Les forêts couvraient autrefois la plus grande partie du territoire de la France; leurs produits excédaient de beaucoup les besoins de la consommation. Le souverain , les seigneurs et les corporations religieuses à qui elles appartenaient, ne retirant presque aucun produit de ces vastes propriétés , accordaient facilement aux communes et aux particuliers la faculté d’y prendre les bois nécessaires à leur chauffage et à leurs autres besoins, et celle d’y faire manger par leurs bestiaux les herbes et les fruits qu’elles, produisaient. Ces sortes de concessions étaient faites dans la vue d’attirer ou de fixer les cultivateurs dans des domaines qui attendaient la main de l’homme pour devenir fertiles: quelquefois aussi elles étaient déterminées par des prestations en argent ou en denrées de diverses espèces. Enfin, ;1 est arrivé souvent que l’usurpation des commîmes, long-temps tolérée, a constitué tous leurs titres, et qu’elles sont parvenues, à l’aide d’une jouissance illégale , mais immémoriale, à faire consacrer leurs prétendus droits par des actes authentiques. Cette vérité résulte d’un grand nombre de contestations qui se sont élevées sur des droits d’usage dont les actes primitifs de concession n’ont jamais pu être représentés, comme elle résulte aussi des titres qui ont été soumis à l'examen des conseils de préfecture , et par suite à celui de l’Administration des forêts , en vertu de la loi du a8 ven- têse an 11. Ainsi, les droits d’usage dans les forêts ont été acquis, les uns à titre onéreux , d’autres à titre gra- tuir , et un grand nombre par suite de l’usurpation que favorisait la négligence des propriétaires ou de leurs agens. USA Ces droits se divisent.ÿe-ÿneWs «k petits usages. Les grands usages sont i°. l'affouage^ qui est le droit de prendre dan* une-fjawêttlis bois de chauffage nécessaire Mtx-usagera-^a 0 * lu mamnnage, ou le droitde se 4 sûre:idêlivrec desarbres pcair la-construction et les réparations des bàtimens; 3°. le pâturage, ou pacage, qui.est le droit de faire paître le bétail; i? .\é panàge on ia paissôn, qui consiste dans la faculté de metter -les porcs dans une forêt pppr s’ÿ apu/tif d*gladds «t do faines. Lorsque.^» dreit a pour objet la faculté de fafrp manger le gland , iL prend le nom de glandée, ou. paigsua (le glands ; lorsqu’il s’applique à la faculté de faire manger les faines, il se désigne, suivant. les Coutumes , par le nom de fouine , ou poisson de faines. V- Glandée çt Poisson. Les petits usages consistent principale ment à enlever les hranches sècbesi, les bois mort»et les morts- k°rv* • < •. ‘ - «t>ê t ; On entend par mort-bois certaines espèces de peu de valeur, telles.qualestfanûas, marceause, épines, puînés ,(ou bois»,punais, ou cornouiller ), seiers ou sureau, aulnes,genêts, genevrier et ronces. (Charte normande donnée en i 3 i 5 , confirmée en cette partie par plusieurs ordonnances , et particulièrement par celle de 1669, tit. XXIII, art. 5,j Vn Malt- Bois. ,, Il est facile .d’jmaginer qouihisn sorteà d’abus les droits d’usage ont occasionnées dans des forêts : toutes celles qui en. sont gravées «sont le théâtre de grands excè», quelle que soit L’activité des gardes et des officiers à la surveillance desquels elles sont confiées. Ces droit* qui, dans le principe,-n’avaient été accordés qu’à quelques maisons ou à quelques individus , prirent à la fin une telle extension, que les forêts, notamment celles du .domaine du roi , en furent comme inondées; il n’y avait presque personne un peu voisin des forêts qui n’y f ût ou ne s’y dit usager. L’exercice du pâturage sur-tout et ses abus devinrent excessifs, il n’existait plus de proportion entre le nombre des bestiaux pâturant dans les bois et l’étendue de ces bois; on ne distinguait plus les véritables usagers de ceux qui en usurpaient les droits. V., au mot Pâturage, ce que nous avons dit sur les abus de cet usage. DEUXIÈME SECTION. - DES LOIS , RÉGLEMENS , ARRÊTS ET DECISIONS SUR LES USAGES ET SURj LA MANIÈRE DE LES EXERCER. Les désordres dont nous venons de parler, les dé- frichemens immodérés, l'augmentation de la population, les progrès de l’agriculture et de l’industrie, en général , avaient fait disparaître, dès le quatorzième siècle, d’immenses forêts , et fait craindre la disette d’une matière qui était livréeà tous ies -genres de consommation et de dévastation. Le gouvernement s’occupa déviais de conserver ce qui avait échappé à la destruction; plusieurs ordonnances , qui devinrent de plus on plus sévères à mesure que le sol forestier perdait de son etendue et de ses richesses, opérèrent quelques réformes utiles. Mais il était réservé à Louis XIV’ d’apporter une USA- gra®d». aaràiioMtkm dans «e*t«parti#xlela fegisla- tiopfferrestièM». ■' y • » Nous allons çpaneaarlrLla^nhmbnJUM série de* dfcpositikinrqmtOBl'ët&Veffidiiè* à Pègabi des droits d’usage, et des qtreitiwisqai se sonFétevéès sur ces droits. ■;.■! ■■ - - § ; er . —: pies fo>Js t dechauffage 4 vé étaient qçewdé* < ■ 1 : . X JJ.., X . . ,u Les ordonnancée de ^^WfîyJart»- MV^Ï ’&iJdW art. 5 o, et de.l 5 i$-, art. byjdêïè)rtAi*lafèn% 1 hé ihoile de procéder aox délivrante» âë^i&lifléçoHîéte# titre de dons, et elles dérendaiètSàtfcc doéatairés dales vendre, donner ou échanger; tatn Ces dons, qui étaient ôu héfédlWires j mr à vîè r , ou révocables à'vtïlortté; Al'posV ■une ? -seule fors, s’accordaient)ipeir dés lettiet Ai souverain, qiri'-tïe- vaient êtrel Vérifiées'à la Chain brades cénôpte's; { •Otë■. de i 346 , art. 20; de 1402 , art. 61 , et de i 5 l 5 , eut. 76.) 1 osiod-norr. ieq .: ■ . Il-étéit.défendu 0uxvar4ïerS ) fet‘qta?tib* l -no -iUl •••••, ■AL'rftait/égalementvdéfèndu dkeKétdr aùctm bois provenant de don, à peine d’amende arbitraire; ( Ord.' de>n&\ 8b aùùu%y de 140»,' hrti'üêf *ët Üe 1 5u'5 yr.i)if> mènnoieB: ro ■ agseu’i. À- Il ne iievaitnètrê "falti aucune 1 veéfe* pouf fournir lds dons'aeCordéaV k bois d»WH‘ être'prii sur les coupes ordinaires^ moyennant le-'dédommage- ment des adjudicataires. ( Ord. de juillet ity 6 , art. 20 ; de septembre de la même-, année , art. 16 ; de mars i 388 y art. 18-5 de septembre i4o3> nrt. 18, et de mars- j 5 i 5 , art. 35 .)' Le? chauffages concédésàtitregratuit depuis le règne deuFrançois l*r. furent révoqués par les états de Blois, tenusen novembre 15765 par l’éditconfirmatif de mai 1^79, art, 336 ; par une ordonnance de jan- vien5ç7, art. a, etparune autre de décembre i 58 i, qui déclarèrent compris dans la révocation les chauffages que des monastères à qui ils avaient été accordés avaient vendus-Ades particuliers. Il lut défendu , par l’édit de mai 1679 , art. 337, de faire à l’avenir aucun don de bois dans les forêts du roi , ni aucune coupe par pied d’arbre. Enfin, tous ces dons gratuits, à quelque époque que la concession en eût été faite , ont été révoqués et supprimés par l’ordonnance de 1669 , tit. XX, qui n’a maintenu que les chauffages accordés pour cause de fondations et dotations faites aux églises, et qui a renouvelé la défense de faire à l’avenir aucun don ni attribution de chauffage. Saint*\on fait, à l’égard de la révocation des usages prononcée par les ordonnances antérieures à celle de 1669, les observations suivantes : « Privilégia omnia panels concessa personis , in pemi- ciem pinrimorum in irritum devocantur. Les privilèges concédés gratuitement étant contraires au droit commun, les usages et chauffages nouvellement introduits au préjudice des anciens et vrais usagers, ne lient jamais les mains au successeur du prince qui les a concédés 5 il peut Iss- révoquer tou- Tojie II. tW-A 9-45 tftfol^eë-'qùéhïl?tiî semble, bien que gravissi- mum sit eis suètrekr epiodprrus coHatum est muiji- fceitHàpriricipaK-f Cassiod. I, t'ar: Ep. et quitht à Ceùx faux asagesj qui ont été donnés à ti-- tre onéreux, î la charge de quelques redevances , j:ofvéès , v prièfeS et oraisons envers Dieu , et autres choses éfemblabks, commeilfle souverain) semble v jltreteilu kii'92fesfc0«*-arfade son prédécesseur, té- iproqtJement Obligatoire , il doit être à la vérité plus etenu, et né s’en point départir sans causé urgente gt baillant’récompense.Néanmoins, pour le bien général et pour éviter la ruine notoire et évidente d’üne forêt, à cause de la diminution du bois en icelle, ne 1 pouvant plus supporter si grande quantité d’usages et chauffages , on a trouvé juste de les Î évoquer, non pas en baillant récompense , mais en ndeûftiisant -simplement et déchargeant les usagers gtf privilégiés de ce à quoi ils étaient tenus et obligés gn considération des droits qui leur sont êtes; » Les'prin'cipes qu’on vient de rappeler ont été ap- pUfptés nVsnt l’ordonnance de 1669, comme ils l’ènt été par cè réglement. V. indispensablement les IVb- tes de Pecquet sur le tit. XX de l'ordonnance de i 669 , au Recueil, t. I , p. 68 , où se trouve analysée la législation sur la révocation etlesrédfictibns des usages. § 2. — Des droits de chauffage qui étaient attribués aux officiers des eaux et forêts et à d’autres officiers. Les officiers des eaux et forêts jouissaient, chacun suivant son grade, d’une certaine quantité de cordes de bois qui avait été fixée d’abord par les ordonnances de juillet 1376, de septembre suivant, de mars i 388 , de septembre 1402, de mars i 5 i 5 et de décembre i 532 . Ces attributions de chauffage furent révoquées par une ordonnance de janvier 1539. Mais une ordonnance de mai 1578 attribua de nouveau des droits de chauffage aux officiers et gardes des eaux et forêts, en réglant la quantité de cordes affectée à chaque grade. Il fut pareillement accordé des chauffages aux grands-maîtres par les ordonnances de mai i 5 q 5 ^ lévrier i 586 et mai 1587. La délivrance des bois de chauffage était portée en charge sur les ventes, et il était défendu aux officiels de les faire prendre ou faire couper par eux- mêmes. Il leur était pareillement défendu de les vendre, donner ou transporter en d’autre lieu que celui de leur résidence, et de les employer à d’autre usage que pour leur chauffage. L’ordonnance de i 5 j 8 , en rétablissant les droits dé chauffage en faveur des officiers des maîtrises , leur enjoignit de prendre des lettres de provisions, lesquelles s’expédiaient moyennant une finance, qui était réglée à raison de la quantité de cordes attribuée à chacun d’eux. Cette injonction leur fut renouvelée par l’ordonnance de juillet i 58 o, et il fut fait défense, par celle de i 586 , de faire aucune délivrance à ceux qui ne représenteraient pas leurs lettres de provision et les quittances des deniers par eux payés. Cependant il fut accordé plusieurs exemptions 1 *9 g46 USA pour le paiement de ta. finance, soit parce que dans certaines Idéalités il-était impossibleOe'trotiver le bois nécessaire' po*ur la fourniture du 'chauffage des officiers, à cause de la dégradation des-forêts , soit parcè que aiÜeuVs le bois 4 tait à vil prix et d’une valèur inférieure à la finance qui était demandée. Des droits de chauffage furent aussi attribués, moyennant finance, à plusieurs autres officièrs ; sa- voir, à des receveurs généraux par ordonnance dq i 58 o; aux receveurs des domaines par ordonnance de j 583 ; au lieutenant général des eaux et forêts du royaume, ayant son siège à la Table de marbre à Paris , par ordonnance de janvier i 588 . Tous ces droits de chauffage furent révoqués par l’art. 3 dutit. XX de l’ordonnance de 1669, moyennant le remboursement de la finance que les officiers des eaux et forêts et autres pouvaient avoir J>ayée. ^ . , pour le complément de la législation sur les droits de chauffage, l’article Droit de chauffage , t. I de ce Dictionnaire , p. 6o5. S 3 .—Révocation de certains droits d’usage , et réduction des autres suivant la possibilité des forêts — Peines encourues par les usagers qui abusent’i. I. Nous avons vu dans les deux paragraphes précé- d'ens que les chauffages accordés à titre gratuit ou à titre de salaire avaient été révoqués par l’édit de mai 1579 , l’ordonnance de 1597 et par l’ordonnance de 1669. Les mêmes lois comprirent dans la révocation les droits d’usage concédés à titre gratuit, et à l’égard des droits acquis à titre onéreux, l’édit de mai iS’jf) et l’ordonnance de Henri IV de janvier i5ç 7 en prononçaient également la révocation , à la charge de pourvoir à l’indemnité et décharge des usagers. II. Mais ces dispositions ne furent définitivement arrêtées et réglées que par l’ordonnance de 1669. L’art. i er . du tit. XX révoque tous les droits de chauffage ; l’art. 2 veut que les usagers qui possèdent , pour cause d’échanges, indemnités, et qui justifieront d’une possession antérieure à l’année 1 56 o ou autrement à titre onéreux , soient dédommagés suivant évaluation faite au conseil; l’art. 4 ordonne que les communautés et particuliers qui jouissaient du droit de chauffage pour cause de redevance et prestations en espèces ou en deniers , services personnels de garde , corvées ou autres charges , en demeurent libres et déchargés; l’art. 5 veut qu’à l’égard des chauffages donnés et accordés pour cause de fondations et dotations faites aux églises, chapitres, abbayes, monastères, hôpitaux, ma- ladreries et autres communautés ecclésiastiques séculières et régulières, ils leur soient conservés en espèce , suivant les états qui en ont été ou feront arrêtés au conseil, eu égard à la possibilité des forêts, et que dans Le cas où elles se trouveraient dégradées et ruinées, en sorte qu’elles 11e les pussent porter sans un notable préjudice et diminution des revenus, la valeur en soit liquidée au conseil sur les avis des grands-maîtres, et employée dans les états pour être payée en argent, par chacun an, sur le prix des ventes , sans diminution ni retranchement; l’art. 6 porte que les religieux , hôpitaux et communautés qui ont chauffage par aumône , n’en auront à l’ave- USA nir aucune délivranoe en nature, mais seulement en déhiers; Ifart. y j’qu’il sera' fait) un général au conseil lie fous’loS 1 «haùffages )en noturo'-ou argent, contenant le» fiom» dè» Usagers , lb nombre et la qualité des bbis-jrpt'les nomades forêts où ils doivent être fouririi 1 , êt qu’il sèra envoyé des expéditions de cet état'à 1 liaKîhambfodescomptes et aux grands- moitre#, 1 et 1 Idefe 1 extraits 1 atlxgreffes des maîtrises 'pUrtlciiUècds';' l’ùtf. tiô'tévoqué ©t supprime tous les usagés dé’bôié ! i( bâtir «fi réparer, poux quelque cftuse'Bt Èfcdis qtiékjtie'prétexte que la-concession en ait été faite , nonobstant' toutes confié mations, lettre», tiéreèêt possession»;sauf, sULse trouraitqu’ils eussent'été scqufc ou concédés à titre dé fondation, dotation , ou p,u?4ute possession justifiée avant l’année t 56 o,-ou autrement à titre onéreux, de pourvoir à l’indemnité ou décharge des intéressés, ainsi qwe'de raison; l’art.nn et dernier porte .-.qu’il ne sera fait à l’qvetïrr. aucun don ni attribution de chauffage pour quelque cause que ce soit, st que si par importunité-Où ' autrement aucunes lettres ou brevet» ên aVaient été accoudés ou expédias, les cours de phrfometat,' chxnvbres des comptes et officiers ne devaient y avoir égard. > Unarrêtdu conseil, du 16 avril 1726 (au Recueil), fait défense aux habitans des villesat villages voisins de la forêt de Gompiègne , qui n’ont point été portés sur l’état arrêté au conseil, le h décembre 1673, d’exercer dans cette forêt des droits d’usage en bois, etfordonne l’exécution du tit. XX de l’ordonnance de 1669, qui a supprimé lesdits usages. La même Ordonnance de 1669, tit. XXVII, art. 33 , abroge les permissions et droits de feu, loges et toutes délivrances d’arbres, perches, mort- bois sec ou vert en étant, sans qu’il soit permis à aucun usager d’en prendre, faire couper ou enlever d’autre que celui qui est gisant , nonobstant tous titres , arrêts et privilèges contraires, disposition qui a été confirmée par un arrêt du i 8r . février x’jSi. Enfin , l’ordonnance de 1669, tit.XIX, maintient les droits de pâturage etpanage légitimement acquis; mais elle veut qu’ils soient reconnus dans les états arrêtés au conseil, de même que tous les autres droits dont elle ne prononce pas la suppression ; que ces droits ne puissent être exercés que dans les cantons déclarés défensables; que tous les usages , pâturages et panages soient réduits aux maisons usagères seulement, et suivant les états arrêtés au conseil ; que les grands-maîtres puissent régler le nombre des bestiaux suivant Y état et la possibilité des forêts ; que les usagers ne pourront user du droit de pâturage que pour les bestiaux da leur nourriture , et non pour ceux dont ils font trafic ou commerce. V. Pâturage. 111 . La loi du.28 août 179a , qui a excité tant de prétentions mal fondées de .la part des communes, avait fait penser à quelques-unes qu’elle les autorisait à revendiquer des droits d’usage dans des forêts domaniales, qui avaient été supprimés par l’ordonnance de 1669. Ces prétentions ont été repoussées par les arrêts delà cour de cassation des 1 er . frimaire, i 5 germinal et 22 floréal an 10, 26 vendémiaire an 12 et 17 juillet 1810. USA USA L’arrêt du 25 germinalian 10 est précédé d’un réquisitoire du procureur gépéral, dîns Iqqpel «q ma- f istrat a. examiné à .fond, eatfô. important question.. ,e dispositif dé d’arrêt porte qHft ,lVb 8 ; dg.la.-loi du 28 août 1792 ; n’ayant réintégré las communes que dans la jouissance des biens#* dtoba dont ejles avaient ôté iprivées par la , pu*ssài>cçlféodales, çfefst E ar une faussa interprétation (deunoivîo- ition manifeste do l’osdonn&oc.o-d^i i^û^ quejei jugement attaqué a réintégeé tom nanti es, défenderesses dans k droit d’usage-sur la,ifpsèt. dqipajiiale de Vernoisn V. ces arrêta au Recuail. Un arrêt de la même epur, du,* e t- prairial an 12 ,'21 mai 1804)* décide qu’une-coftjnvuna qui n’est pas portée sur les états arrêtés au, conseil ne peut aujourd’hui réclamer des droits-de pâturage ou de chauffage sur une forêt domaniale. é i,' IVw t Les anciennes ordonnances prononcent des peines sévères contre les usagers qui abusent de leurs droits. Suivant celles de juillet 1376,: ait. 3 o 5 mars 1 588 ,art. 29; septembre 1402, art^aç; mars i 515 , art. 465 janvier i 583 , art. 10 (Saênt-Yon, p. 365 et 368 ), les usagers qui avaient abusé devaient être punis par amendes, restitutions et privations de leurs droit* : l’amende et la restitution avaient lieu lors même qu’il y avait eu délivranoe faite per les officiers des forêts. Saint-Yon, p. 369, en rapporte plusieurs exemples mémorables. Le premier contre les habitans de Dieppe, qui , pour délivrance de 4 arpens de bois à eux faite par le grand sénéchal de Normandie pour la fortification de leur ville, furent condamnés à 240 liv. d’amende. {Arr. des juges en dernier ressort pour la réformation générale des forêts de la Normandie, du 12 août 1 535 .) Le second, contre Clément Gourien , notaire et secrétaire du roi, qui, pour amende, restitution, réparation , dommages et intérêts du bois à lui ou à ses prédécesseurs dèlivréen laforètdeRouvray, fut condamné en 200 écus. ( Arr. de la Chambre de réfor- mation des forêts de Normandie , du 3 o août 1578.) Le troisième, contre Jacques Duhamel et Jean de Croisemare , qui, pour bois à eux indûment délivré pour bâtir et brûler, furent privés du droit et condamnés; savoir, Duhamel en 3 oo écus, et Croisemare en i 5 o écus. {Arr. des juges en dernier ressort pour la réformation des forêts de Normandie du 3 i octobre 1578.) Le quatrième, contre les sieurs de la Rivière, qui, pour restitution du bois indûment pris et par excès à eux délivré en la forêt de Rouinare, furent condamnés en 5 oo éens envers le roi, sauf au procureur général à se pourvoir contre les officiers. {Arr. du 8 novembre 1578, rendu en la même réformation.) L’ordonnance de 1669 laisse subsister ces peines contre les usagers qui auraient abusé {Art. 7 du tit. XX, et 33 du tit. XXVII f, et il y a eu de ce un exemple en 1752, dans la maîtrise de Rennes , contre, le prieur de Gahart, qui, pour vente de chauffage et abus commis par l’acheteur, fut condamné en grosses amendesiat privé pour toujours du droit de chauffage ; et pour le cas où les officiers auraient fait délivrance excessive , veut ladite or- 947 dfujjwmce (Art. 7, tj u dt. XJÇ) qu’ils soient privés cie.leitES’tçharges c#qx 4 qui, les-délivrances auraient été faites condamnés à. la, .restitution dm quadruple 4etla ; Vfileur fies bois. Les amendes sont doubles contre les usagers,qui se rendent coupables de délits; ordinaires ; la récidive de leur .part entraine la perte de leurs droits et coutumes ; ils ne peuvent, à peine de confiscation , enyoyer au panage un plus grand nombre de porcs que celui qui a été déterminé par les officiers forestiers; les usagers trouves de nuit avec des haches,et autres instruirions dans les forêts, hors les grands chemins, doivent être emprisonnés et condamnés à l’amende ; enfin ils sont responsables civilement de leurs commis, charretiers, pâtres et domestiques. C’est ce qui résulte des art. 5 , 6 et 7 du tit. XXXII ,3 du tit. XYI 1 I, et 34 du tit. XXVII de l’ordonnance de 1669. D’après les art. 2 et 19 du tit. XXV’II, il est défendu aux usagers de faire des cendres sans permission , à peine d’amende et de confiscation , et d’é- branclier les chablis, à peine d’être poursuivis comme s’ils avaient coupé ces arbres par le pied. V. L’Administration forestière peut, dans tous les temps , examiner si les forêts peuvent supporter les chauffages et autres usages dont elles sont chargées, et si elle les trouve dégradées et ruinées, en sorte qu’elles ne les puissent supporter sans un notable préjudice, elle a le droit de réduire les délivrances. « Cette loi, dit Chailland , de modifier les droits d’usage sur la possibilité des forêts , n’est point une des rigueurs que l’on affecte de trouver dans l’ordonnance de 1669 , la nécessité en avait été reconnue, et il y avait été pourvu de toute ancienneté.» Charles V, à Melun , en juillet 1376 , art. 3 o, et à Paris, en septembre suivant, art. 26; Charles YI, à Yernon, en mars i 388 , art. 29, et à Paris, en septembre 1402, art. 29; François 1 er ., à Lyon, en mars i 5 i 5 , a enjoignons aux maîtres de nos eaux et forêts d’être diligens à voir et examiner les titres des usagers, etc. , s’enquérir de leur possession et manière d’user de l’état de là forêt et ce qu’elle peut souffrir, et ceux qui auront à outrage et abus usé , n’en soient pas laissés jouir, et les autres soient soufferts par attrempance mise, s’il convient, selon la possibilité des forêts et qualité des personnes. » (Saint- Yon , p. 365 .) Henri 111 , à Paris, en janvier i 538 , art. 10, « voulons qu’il soit informé par les grands-maîtres , leurs lieutenans et maîtres particuliers, de la possibilité ou impossibilité de nos forêts, et que suivant icelle les usagers qui se trouvent bien fondés en droits d’usage soient restreints, et soit de ce fait état et réglement par l’avis de nos officiers des forêts , qui soit gardé et observé. » (Saint- Ion, p. 368 ; Rousseau , p. 87 ; Code Henri III, p. 876.) L’ordonnance de Henri IV', du mois de mai 1697, ai t. 34 t ordonne que le nombre des porcs à mettre à la glandée sera restreint suivant l’estimation qui eu aura été faite par les officiers forestiers, disposition qui est répétée par l’ordonnance de 1669, tit. XVH 1 , art. 1er. .Un arrêt du conseil, du 26 mars 1777, a déclaré closes et fermées au pâturage les forêts de Roumare, 1J 9 * U/SA. USA 94a de Lalonde e* de Rouvray, défendu auxuægers d’y envoyer letria bestiaux jusqu’à: carqu’iLeneût été autrement urdoiànéq;et a dispensé des usagers d’ao quitter; pendant la durée des défenses, des rede« vances accoutumées. .;-n- in Cet arrêt:est fondé sur l’état de dégradation des bois. 1 ' in " . , . • l $ 4 - — Des titres des usagers. — Révision de ces titres, ordonnée à plusieurs époques . — Mamçre t d’y procéder. On voit les souverains constamment occupés à réprimer les abus des usagers et à les obliger à produire leurs titres. I. La plupart des ordonnances que nous venons de citer, c’est-à-dire celles de Charles Y, du mois de juillet 1 3 y 6 , art. 3 o, et du mois de septembre suivant, art. 26; de Charles VI, du mois de mars i 388 , art. 29 , et du mois de septembre 1402, art. 29 ; et de François I er ., du mois de mars i 5 i 5 , art. 46, enjoignirent aux maîtres des eaux et forêts d’examiner les titres des usagers, de s’enquérir de leur possession, de la manière d’exercer leurs droits, de l’état des forêts grevées d’usages et des ressources qu’elles pouyaient offrir , des abus commis par les usagers, afin de priver de leurs droits ceux qui en auraient abusé , et de restreindre dans tous les cas , ainsi que nous l’avons déjà dit, l’exercice des usages selon la possibilité des forêts et la qualité des personnes. Une ordonnance de Henri III, du mois de janvier 1 583 , art. i 1 , et une ordonnance de Henri IV, du mois de décembre 1589, prescrivirent à tous pré- tendans droits d’usage, pâturage, panage et autres droits quelconques, dans les iorêts royales, de prendre du Roi, dans le délai de 3 mois, des lettres de confirmation de leurs titres , concessions ou privilèges, et à défaut de quoi , le délai passé, voulaient qu’ils fussent déchus desdits droits, sans espérance de plus en jouir. Il fut ordonné par l’art. 11 de l’ordonnance de j 583 de dresser un état au vrai de tous les préten- dans droits d’usage, pour être examiné au conseil, ou par tels commissaires et députés qu’il plairait au Roi de nommer, et copie en être délivrée aux officiers des maîtrises et aux procureurs du roi de la Table de marbre et des sièges particuliers. Nous avons vu que l’ordonnance de 1669, tit. XIX, art. ) er ., et tit. XX, art. 7, avait pareillement ordonné la révision des titres des usagers et la confection d’un état général des usages. II. Mais depuis 1675, époque où les usages maintenus par cette ordonnance avaient été réglés au conseil, jusqu’au commencement du dix-neuvième siècle, il s’était introduit de nouveaux abus par rapport à l’exercice de ces droits; et, d’unautre côté, le sol forestier domanial s’était agrandi par la réunion des bois appartenant à différentes corporations supprimées et aux émigrés. Ces nouvelles acquisitions n’étaient point soumises au régime de l’ordonnance de 1669; elles étaient étrangères aux états arrêtée au conseil. Il fallait donc faire représenter aux prétendans droits d’usage les titres en vertu desquels ils jouissaient, et les soumettre à un examen qui mit l’autorité à portéerde^nger de la validité des droits rétlamés. Ce fut YobjBt; ■à* la loirida 128 ventôse an 11 (19 mars i8oâ) ,1 quilles * obligés dedéposer leurs titres ou actespossessoires aux secrétariats des préfectures. ' a L’ordonnante de 1669; a dit l’orateür du gou- rVemement erv présentant le projet de cette Toi , avait iprescrft'b&awcoup do précautions salutaires , uiiont été.*nlpartie abolies'on négligées, et cepen- amtpdepnisilàidate de celte Ordonnance, à'l’époque de la révolution , on .reconnaissait une diminution d’un tièrs d’ans la consistance des bois et forêts. » La 1 Frarioe a beaucoup'perdu par la vente des bois au-dessous de- 3 oo arpens, dont une grande partie a été arrachée par les nouveaux acquéreurs, et par les défrichemens que les propriétaires se sont permis de faire depuis que la loi du 29 septembre 1791 les a soustraits aux dispositions des anciens ré- glemens. ■ » Une cause plus générale encore de la détérioration des foré — est l’exercice abusif des droits d’usage. L’ordonnance de 1669 avait consacré deux titres à régler les précautions qui pouvaient prévenir les inconvéniens de l’exercice de ces droits, et malgré ces précautions de grandes forêtsétaient dévastées. » Les droits d’usage se divisent en deux clauses générales: l’une , du droit d’usage de prendre dans les forêts les bois convenables pour tout on partie de ses besoins; l’autre, dn droit d’y introduire et faire paître ses bestiaux. L’une et l’autre classe se subdivisent, et tous les usagers n’ont pas des droits égaux ni même un mode uniforme de les exercer. » L’époque de la révolution a été , pour presque tous les usagers, une occasion d’agrandir leurs prétentions et de multiplier les abus; les préfets, les administrateurs des forêts réclament de promptes mesures pour y remédier. 33 Ceux qui ne sont pas fondés en titres n’ont, dit-on , pour eux qu’une possession précaire et de tolérance. 33 Ceux qui étaient assujettis à quelques redevances féodales, en étant aujourd’hui dégagés par la suppression des droits féodaux , n’ont, pour réclamer l’exercice de cette servitude, que des titres anéantis. 33 Ceux enfin dont les droits d’usage ont été acquis à titre onéreux, devraient encore en abandonner l’exercice, si l’intérêt général le commande, en faisant préalablement procéder à l’évaluation de leur valeur, et en leur payant l’indemnité, soit par l’affectation d’un cantonnement, soit autrement : ces derniers usagers n’auraient aucun motif de plainte. 33 Le gouvernement a jugé que l’intérêt public demandait qu’on envisageât cetimportant objet sous tous ses points de vue; qu’il ne fallait pas considérer seulement ce que les forêts gagneraient par la suppression des droits d’usage , mais aussi ce que perdraient les villages et hameaux placés au milieu et sur les lisières des forêts. La France présente tant de diversité dans son sol, dans la culture, dans les habitudes et l'industrie de ses liabitans, qu’on ne peut guère lui-appliquer une mesure générale sans en redouter les inconvéniens. 33 La suppression de» droits d’usage dont jouit un USA USA.Î 949 villag© placé nhmseimjpayq jia«rTe>;a)U aie milieu il es mon tagries’qui n’ont point .-de ,débouché , qfeut 10 fairè désertfenipar. sas'habrtansq • et' lenr abandon faire manquer Les- bras nécessaireslà T’espLoitatiOrt des bois. Des propriétaires particuliers consentent, sans y être obligés’/ àL’introdustion-etnpàfcurage dans leurs forêts des chevaux qui seartieaiplpyé* ara trans- port. Lesboiset char bon sheiferaiosriibxfTaàts'qu'avec difficulté ou qu’aven des’lfrdis aoiwqdsaabLes.saris ces facilités, et ce que Tiotéràtpliiïé.slutidriie'pdppeaiil! guère être interdit sans-damgeiu , noilnfovèt r.l jj D’ailleurs, toutes.les,forêt*fi’-otj<)Bvlès mêmes essences ni les mêmes débonaehésyiet ooHesipiilne sont propres et ne sont destinées quîatr service des usines ne commandent pas autant, d’intérêt 1 que celles qui sont dans le voisinage de la mer ou des rivières navigables , et dont les bois sont propres aux constructions navales et civiles* » Ces diverses considérations ont détermidé le gouvernement à se borner aux premières mesures qui vous sont présentées. ' » L’art. iP r . a pour but de mettre un termel aux entreprises faites sans aucun droit par les nveraias de plusieurs forêts, et de faire reconnaître la nature et l’étendue des droits d’usage qui sont légitimes. jj Llordonnance! de i66q l’avait prescrit pour les forêts de l’ancien domaine ; elle reçut'* ù oet égard , son exécution dans les années « 6 p 3 ,1674 et 1675. 11 taut l’étendre aujourd’hui aux forêts qui sont nouvellement passées dans les'mains de la nation. jj 11 faut encore ol>server que toutes les prestations pour droits d’usage se trouvant supprimées par l’abolition du régime féodal, les droits d’usage qui seront maintenus ne semblent pas devoir être dispensés d’acquitter leur part des charges publiques, en proportion du revenu auquel ils seront appréciés , ce qui rend plus sensible la nécessité de les faire reconnaître. » L’art. s>. de ce projet dispense des formalités prescrites par le précédent ceux des usagers dont les droits ont été reconnus et fixés parles états arrêtés au ci-devant conseil. Les états qui furent dressés en exécution de l’ordonnance de 166g ont été soigneusement conservés, et il n’y a pas de nécessité de les renouveler, jj Tels furent les motifs qui firent surseoir à la révocation des droits d’usage , et ordonner que les titres des usagers seraient examinés. Cet examen a été fait par les conseils de préfecture, qui ont statué par des arrêtés sur les droits prétendus, et ces arrêtés ont été vérifiés, à Paris, dans les bureaux de l’Administration des forêts ét dans ceux du ministère des finances. Il a été reconnu qu’un grand nombre d’usages sont aoquis à titre gratuit, ou moyennant des redevances qui n’ont plus aucune proportion avec la valeur des; usages, tellement que des produits importuns.se trouvent:enlevés moyennant des prestations qui ne valent souvent pas les frais de perception. D’autres droits sont fondés sur des services personnels qui ont été supprimés comme appartenant à la féodalité, de sorte, que les titulaires jouissent gratuitement de droits que pourtant ils n’avaient obtenus qjjîàititre onéreux. Une autre-cldsse ; d’udagsts "fort: montbreùie .ar trouvé; W; moyen de ise 'sDttrtraijeiunipaipreenti.dB&'cqdxiianeesi qu’elle payai te airtTefois pest nfidrèprésentan 8 : q p èu ktà ■ tit nas a nécO- . riniâfe dofeqsidroits, ut bit celant les titres primitifs qui déterminaient le prix de la concession. Enfin.g il-etisteidetdroits tellement étendus., qu’ils équivalent à la propriété. r ' D’un aaitre cêté^on a accueilli peut-être a^ec trop tlé'htciljfé les demandes <ïè plusîeuiŸcorqraimes en 'îtiàlh'fëtfue de droits prétendus fur elles, au lieu de leur appliquer les règles établies pour reconnaître F authenticité et la -validité des titres des usagers.- ' III. Voici'celles de-ces règles que propose Saint- Ton pour les usages dans les forêts de l’ancien domaine : « 11 faut voir, dit-il, s’ils sont en bonne forme, soit pour l’écriture ou signature, qu’elle soit entière et non viciée par ratures ou par le scel, ayant égard au temps de la concession du droit d’usage , paaceîquedans quelques siècles on ne signait point, , tant la simplicité était grande ; voir si ce sont; titres récens et droits nouveaux; prendre garde qu’ils aient été vérifiés tant en parlement que chambre des comptes ; pareillement si l’usage a été octroyé pur le Roi ou autre seigneur auquel il ait succédé , qui fût lors propriétaire et seigneur incommutable , et non simple usufruitier, jouissant en apanage ou engagement de la forêt ou par usurpation, comme le roi Henri d’Angleterre, du temps duquel il y a eu plusieurs concessions et octrois d’usages et chauf- > lages ; si l’usage a été accordé à vie, à perpétuité ou pour une fois seulement, étant souvent arrivV que ceux qui n’avaient leur usage et chauffage que pour une fois se les ont fait continuer d’année en année, et par succession de temps ont rendu leur droit comme réel et personnel, au lieu qu’il n’était de son origine qu’à certain temps , et ce par la connivence des officiers, ou pour avoir tels usagers et privilégiés en eux-mêmes , charges et offices èsdites forêts, par le moyen desquelles ils se sont autorisés de droits d’usage et de chauffage , et se les ont attribués ou en plus grande quantité qu’il ne leur en appartenait, jj A quoi il faut ajouter, toujours pour les forêts de l’ancien domaine , que ces titres, tels qu’ils soient, ne sont valables s’ils n’ont été vérifiés et confirmés par lettres-patentes dans les temps qu’il a été prescrit , dans les termes suivans, par Henri III, en mai et juin i 5 d 3 , si Henri IV au camp d’Alençon , en décembre idbç : «Ordonnons à tous prétendans droits d’usage , pâturage , panage et autres droits quelconques en nos bois et forêts , de prendre de nous dans 3 mois lettres de confirmation sur leurs titres, concessions et privilèges qu’ils auront de nos prédécesseurs ou de nous, et en défaut de ce faire , ledit temps passé, les déclarons déchus desdits droits prétendus, sans espérance d’en pouvoir jouir; défendons à tous les prétendans droits d’usage, na- nage et pâturage, qui n’auront obtenu de nous confirmation d’en jouir et nos officiers, de leur permet- - tre, à peine de confiscation et d’amende arbitraire.n ( Saint - Yaa , p. 3 yo et 3 yi.} Un arrètédu gouvernement, du 16 messidor an 7, port© qu’en matière de droits d’usage on peut suppléer-aux titres primitifs et originaux par la preuve 9 30 USA d’une longue possession soutenue de quelques titres récognitifs ou énonciatifs. Cette disposition a été confirmée par la loi du 28 ■ventôse an 11, qui porte que les particuliers et les communes qui se prétendent fondés par titres en possessions, en droits d’usage, produiront les titres ou actes possessoires dont ils infèrent l’existence de leurs droits. Il s’était élevé la question de savoir si l’autorité administrative qui s’était chargée de l’examen des titres des usagers, pouvait procéder à l’audition des témoins lorsqu’elle jugeait nécessaire d’admettre les prétendans droits d’usage à justifier leurs prétentions parla preuve testimoniale. Une lettre du ministre de la justice, du 3 o messidor an 12 , rapportée dans une circulaire du i er .jour complémentaire de la même année (18 septembre )8o4), répond affirmativement : elle porte que l’autorité administrative peut et doit prendre tous les moyens propres à éclairer sa détermination ; qu’elle peut donc recevoir des déclarations ou nommer des commissaires pour se transporter sur les lieux , recueillir les déclarations et renseignemens nécessaires, et en dresser procès-verbal en présence des parties intéressées; mais que ces actes ne peuvent jamais être regardés comme des enquêtes judiciaires ni être assujettis aux mêmes formes. Mais aujourd’hui de semblables enquêtes doivent être faites par les tribunaux, ainsi que nous le verrons plus loin. Les lois des 28 ventôse et 29 germinal an 11 , qui ont ordonné la révision des jugemens qui adjugeaient à des communes des droits d’usage dans les forêts domaniales, ne sont point applicables à des jugemens rendus en faveur des particuliers. ( Arr. Au 11 février 1808.) IV. La loi du 5 décembre 1814j sur la remise des biens non vendus des émigrés, maintient, par son art. i er . , soit envers l’état, soit envers les tiers, tous jugemens et décisions rendus, tous actes passés et tous droits acquis avant la publication de la Charte, et qui seraient fondés sur des lois ou des actes du gouvernement relatifs à l’émigration. Une ordonnance du roi, du 24 mars 1820, décide en conséquence que les décisions et arrêts portant reconnaissance des droits d’usage , sont maintenus par ledit article de la loi du 5 décembre 1814, lorsqu’ils ont été rendus pendant les lois de confiscation et que d’ailleurs ils ont acquis, par l’exécution et l’acquiescement, l’autorité de la chose jugée. Cependant cette décision ne s’applique qu’aux actes de reconnaissance et de maintenue des usages , qui Ont été rendus par les autorités compétentes ; et comme les arrêtés des conseils de préfecture qui ont prononcé la maintenue des droits d’usage sont aujourd’hui considérés comme de simples avis, qui ne forment point obstacle à ce que les parties se pour voient devant les tribunaux, il en résulte que les anciens propriétaires réintégrés peuvent contester en justice les droits dont la reconnaissance n’aurait été prononcée que par l’autorité administrative. Une décision ministérielle , qui se borne à recon naître , au nom du domaine, les droits d’usage ac quis à des habitons d’une commune sur un bois qu’il détenait en vertu des lois sur l’émigration , ne fait USA point obstacle à ce que les parties discutent sur l’étendue desdits droits ou la qualité de ceux qui prétendent les exercer. Ces contestations sont du ressort des tribunaux. ( Ord. du riii , du 22 janvier 1824.) Toutefois , lorsqu’un droit de dépaissance a été reconnu sor un bois provenant d’an émigré et qui a été vendu nationalement, cette servitude doit être maintenue si elle, à ête: formellement imposée par l’acte d’adjtrdî 1 éa l ti< j m, jet l’émigré qui devient cessionnaire dé l’aétjnÂ’euf ttë peut en demander l’a- néantissemént,' ÇOrds fu roi, du rsb juillet 1823.) Une commune lie pènt Se maintenir en possession d’un bien national de première origine sous prétexte qu’elle en jouit depuis plus de 40 ans , si la jouissance ne consiste qu’en un droit d’usage, {Arr. delà C. de cass., du 1 tT . juin 1824.) Lorsque l’acquéreur d’un bois vendu arl nom de l’état a été mis, par son acte d’adjudication, aux lieu et place du domaine , relativement aux droits d’usage que dès tiers pouvaient prétendre sur le bois, cet acquéreur a droit et qualité pour contester ces droits d’usage. 11 peut même les contester lorsqu’il est intervenu des arrêtés de conseils de préfecture qui, long-temps avant la vente, avaient reconnu ces droits , si d’aillenrs ces arrêtés n’ont point été signifiés au domaine, et si lç ministre d^te finances 11’y a point acquiescé au nom de l’état. ■> Les contestations relatives aux droits d’usage et de pâturage réclamés par des communes oü des particuliers dans les forets de.l’état, sont du ressort des tribunaux. Un conseil de préfecture excède ses pouvoirs en maintenant des particuliers , à l’aide de titres anciens, de jugemens et d’enquêtes, dans la possession de droits d’usage dans les forêts de l’état. {Ord. du roi, du 7 mai i 8 ?. 3 .) § 5 . — Revendication de droits d’usage en vertu de la loi du 28 ventôse an 11. — Déchéance encourue faute de production de titres dans le délai fixé par cette loi. La loi du 28 ventôse an 1 1 avait accordé 6 mois pour la production des titres des usagers : ce délai a été prorogé de 6 mois par celle du 7 ventôse an 12 ; enfin il a été ordonné par la loi du 19 germinal an 11 aux communes qui avaient obtenu devant les tribunaux civils des jugemens qui leur accordaient des droits de propriété ou usage, et à l’exécution desquels il avait été sursis par la loi du 29 floréal an 3 , de produire lesdits jugemens devant le préfet de leur département, dans le délai de 6 mois, pour y être statué dans le délai d’un an. Ces divers délais étant expirés, la déchéance est encourue par tout prétendant droits d’iisage qui n’a pas fait sa production. {Lois des 28 ventôse an 11 et 7 ventôse an 15.) Observons cependant que le gouvernement n’a pas appliqué cette déchéance avec beaucoup de rigueur : on a continué , pendant un grand nombre d’années , à recevoir les titrés des usagers, et on les a relevés de la déchéance toutes les fois qu’ils ont pu donner quelque motif de leur retard. Mais cette indulgence devait avoir un terme, et le comité des USA finances du coppeil d’état, ayant été saisi d’une demande en r.ejeyç49,40.^l^nce, a émis, le i 3 août 1819 , u^ wis M appuyé.^seçtembre suivant, pa&U çûnÿüre^des Ênattççs^.eJt,qui porte : « 1 . Qu’il ne paraît pas possible qu’à l’avenir S. Ex. le raioistmf e^ des articles 6 f^et625 du Code civil , les drojt£ t^us^ge en général s’éteignent par le non-exercice .pendant 39^ aq^.,. pt au? s^l’art. 636 du même Code porte;.^ue,,Pesage, dés pois et forêts est réglé par des lois particulières, on ne voit cependant aucune Ipf qui ait fixé des règles particulières pour la prescription de, çes usages , d’où l’on peut conclue qu’ils rentrent» cet égard dans le droit commun 1 ^, . . » 4°. Que } qnanq: Igs droits d’usagé sont incertains, il^st tpqjour3 prudent, dans le ( sy$tème d’un gouvernement .représentatif, dont la responsabilité ministérielle est urj dos principaux élémens, de renvoyer là contestation dévarit les juges civils. »V. cet avis au Recueil. Ainsi, les communes qui n’ont pas produit dans les délais fixés par la loi les titrés sur lesquels elles fondent leurs prétentions à des droits d’usage dans une forêt domanfale, ont encouru la déchéance. ( Da'cis. du min. des fin ., du 8 mars 1824O Les conseils de prélecture sont compétens pour constater le dépôt en temps utile des titres établissant les droits d’usage des communes, conformément aux dispositions des lois des 29 germinal et 28 ventôse an 1 1 , et pour statuer sur la question de déchéance. ( Ord. du roi , des 17 décembre 1823 et 11 février 1824.) Les conservateurs doivent veiller à ce qu’il ne soit exercé dans les forêts domaniales aucun droit d’usage dont les titres n’auraient pas été vérifiés et confirmés, ainsi que le prescrit la loi du 28 ventôse an j 1. (Instr. dû 23 mars 1821 , art. 58 .) § 6 . — De la compétence en matière de droits d’usage. — Des arrêtés des conseils de préfecture en cette matière. I. Sous le régime des maîtrises , les grands- maîtres ou les commissaires départis dans les provinces étaient chargés d’examiner les titres des usagers ; de restreindre l’exercice des usages suivant la possibilité des'forêts; d’interdire l’entrée des forêts à ceux qui n’étaient pas fondés en titres; enfin de faire tous réglemens nécessaires pour la régularisation de ces droits. C’est cè qui résulte des ordonnances déjà citées dans le paragraphe où nous avons parlé de la réduction ou révocation des usages. Nous avons USA 951 • rapporté dans notre Recueil, t. 1 , p. 217,4^1 et 1 435 y d«s ùrdoffhattèfeV dïT gttirfdatna&rô 1 des eaOx et : forêts de.Paris , qui rêjdéwf'l’exerçicé dè» usages : dàné phtsiéiirs Fcrréts de son’déjtertenvent, et tjui , peuvent 1 être iûnsidérécs tomme de bons modèlesén • cë genre." 1 , " . Lès grands-maîtres étaient pareillement; chargé* i de connaître de tout ce qui concernait le réglement des usages et partage des bois, prés, pâtis, bruyères et grasses pâtures entre les seigneurs fet les habitons i des communautés. Cette attribution leur avait été dévôlue par les art. 22 du tit. III, et 11, 19 et 20 du tît. XXV de l’ordonnance de 1669, ainsi que par la déclaration du roi du 8 janvier 1716 et l’édit de mai 1716. Ils y furent maintenus par un ar- rêt du conseil (au Recueil) du 5 septembre lj 5 l. Mais lorsqu’il s’agissait de supprimer des usages fondés en titres, de priver des usagers de leurs droits pour cause d’abus ou de statuer.sur des questions contentieuses, nous avons vu que le conseil d’état et les chambres de réformation étaient chargés de prononcer. C’ést ainsi que tous les usages maintenus par l’ordonnance de 1669 ont été réglés parle conseil d’état, et que lorsqu’il s’agissait de priver des usagers de leurs droits et de prononcer contre eux des amendes , les arrêts étaient rendus par les juges commis pour la réformation des forêts. IL La loi du 28 ventôse an 11 , qui a ordonné aux usagers de produire leurs titres aux secrétariats des préfectures , ne disait pas un mot de l’autorité qui devait statuer sur les titres dont elle ordonnait la production aux secrétariats des préfectures et sous-préfectures.Le ministre des finances consulta, à cet égard, le ministre de la justice, et demanda quelle était l’autorité compétente pour prononcer sur les contestations que pouvaient faire naître les débits d’usage dans les forêts domaniales. La réponse du ministre de la justice, en datte du 3 o messidor an 12 (V. nu Recueil, t. I,p , 698), porte que, ce dans la règle ordinaire, c’est à l’Ad- nÿnistration à prononcer sur cette matière; qu’en outre de l’ordonnance de 1669, qui parait avoir écarté les formes judiciaires dans les régleménfe des droits d’usage , l’arrêté du 5 vendémiaire an 6 et la loi du 28 ventôse an 11 semblent également appuyer cette opinion ; que l’arrêté du 5 vendémiaire interdit l’exercice de tout usage dans les bois domaniaux aux usagers qui n’auraient pas justifié de levirs droits devant Tes administrations centrales de dépar 1 - tement, et que la loi du 28 ventôse est conçue dans le même sens , mais que ces dispositions n’excluant pas formellement le recours aux tribunaux après la 'décision de l’autorité administrative , il serait difficile de soutenir qu’il y a incompétence absolue des tribunaux à Cet égard ; que les lois , et notamment celle du 19 germinal an 1 1 , qui permettent aux procureurs dtt roi de se pourvoir contre les jitgeànens qui auraient mal-à-propos accordé des droits d’usage , reconnaissent d’une manière authentique la compétence judiciaire sur ces matières. Enfin , le ministre de la justice observe que les communes trouvent auprès des administrations les moyens de faire reconnaître leurs droits sans frais, et que les USA g5i USA administrations ont d’ailleurs plus de latitude que le^ tribunaux pour avoir egard non-seulement aux titres, mais aux considérations particulières. » C’est d’après ces instructions que presque toutes les décisions en matière d’usages dans les forêts domaniales , rendues en vertu de la loi du 28 ventôse an 11 , l’ont été par les conseils de préfecture. Les titres déposés aux secrétariats ont été communiqués aux agens forestiers , d’après l’ordre du ministre des finances inséré dans une circulaire du 4 vendémiaire an 12, et il y a été statué en suite des observations et avis fournis par ces agens. Les arrêtés des conseils de préfecture en maintenue des droits de pâturage , pacage et autres usages dans les forêts de l’état, en exécution de la loi dn 28 ventôse an 11, ne pouvaient être exécutés qu’après avoir été confirmés par l’autorité supérieure. ( Lettre du min. desfin-, du 28 septembre 1808, au préfet de ta Côte-d’ Or. — Circul. de l’Adm., du 16 juillet 1814O Cependant les agens forestiers ont été invités à ne point exercer des poursuites contraires aux dispositions de ces arrêtés , avant que l’autorité supérieure n’eût ordonné d’en suspendre l’exécution. ( Lettre du min. des fin., du 27 octobre 1809 , au directeur géne'ral des forêts.) Un arrêté du gouvernement, du 8 pluviôse an 11, a décidé que les conseils de préfecture ne pouvaient point annuler les arrêtés des administrations centrales qui les avaient précédées , et que le gouvernement avait seul le droit de statuer sur le maintien ou l’annulation des arrêtés de cette espèce. Par le même principe, il a été décidé qu’un conseil de préfecture, considéré comine tribunal, n’avait pas le droit de rapporter, réformer on modifier des arrêtés rendus par lui sur des contestations élevées entre des parties entendues contradictoirement, et que de tels arrêtés doivent être modifiés, réformés ou confirmés par l’autorité supérieure. {Décretsdes i e ^. septembre 181 j , 10 avril 1812, 21 juin i 8 i 3 . — Ùrd. du roi , des 14 août 1822 et 4 juin 1823.) Lorsque les conseils de préfecture étaient principalement investis du droit de statuer sur les droits d’usage , on reconnaissait cependant la compétence des tribunaux , l°. Lorsqu’il y avait des enquêtes à faire, des titres con les tés, des actes à interpréter, des juge- mens à examiner et des questions de droit à résoudre ( Décrets des 33 avril 1807 , "do juin j 8 i 3 . — Ord. du roi, du 18 novembre' 1814) j 2°. Lorsqu’il y avait des difficultés relativement à des servitudes, telles que des droits de passage, etc. {Avis du Cons. d’état , du 17 avril ] 807) j 3 °. Lorsqu’il s’agissait de prononcer sur une' réclamation de droits d’usage prétendus sur un boll de particulier. {Ord. du roi, du 1 i) mats 1820.) 111 . Suivant la nouvelle jurisprudence admise au conseil d’état, les tribunaux sont seuls compétens pour statuer au fond sur les droits d’usage réclamés dans les bois domaniaux. Attendu Qu’aux termès de la loi du 28 ventôse an h , les conseils de préfecture n’avaient à connaître que des déclarations et des productions de titras êxigéés par cétté' loi, et qu’én proriônÿartt atl fond sur l’application des lois générales aux droit* et aux titres des usagers, ils ont excédé' leurs pouvoirs. {Ord. du roi, des 4 septembre 1802,4 juin i 8 a 3 et 11 février 1834.) Attendu que lorsqu’il s’agit de régler l’étendue d’un droit, l^r'demande renterme une question de propriété, (et que, dans ce cas les délibérations des conseils de préfecture ne peuvent être considérées que comme de simples avis, qui ne fout point obstacle à.pe qpo .les parties fessent valoir leurs droits devant l’autorité judiciaire. {- Ord. du roi, des a 3 juillet 1820* 11 février, 24 mars, 29 juillet et b septembre i 8 a 40 Attendu que toutes les actions domaniales autres que celles relatives à la vente des biens nationaux et qui intéressent l’état sont de la compétence exclusive des tribunaux -, qu’ainsi les conseils de préfecture , en statuant au fond sur des droits d’usage, ont excédé leurs pouvoirs. ( Ord. du roi du 5 novembre 1823.) IV. Il ne résulte pas des ordonnances que nous vc- nonsdeciter que les arrêtésdesconseils de préfecture qui ont prononcé au fond sur des droits d’usage dans des bois qui sont restés entre les mains de l’état ou qui ont été aliénés par lui soient nuis ; mais il en résulte que ces arrêtés ne forment point un titre suffisant à l’égard des droits d’usage prétendus dans les forêts restituées à d’anciens propriétaires ✓ V. Comme les conseils de préfecture n’avaient point qualité pour régler les droits d’usage , le délai de pourvoi au conseil d’état contre leurs arrêtés est illimité et indéfini, parce que ces arrêtés n’étant considérés que comme de simples avis, la matière n’est point contentieuse. {Ord. du Toi, du 17 décembre 1823.) VI. Si les conseils de préfecture sont incompétens pour prononcer la maintenue de droits d’usage , à plus forte raison les préfets ne peuvent-ils pas statuer au fond sur les questions de cette nature j mais ils peuvent, sans l’autorisation des conseils de préfecture, intervenir dans les instancesqui intéressent l’état, soit en demandant, soit en défendant. {Ord. du roi, du 11 février 1824-) VII. Le maire , légalement autorisé, a seul qua. lité pour faire valoir devant les tribunaux les droits d’usage appartenant à sa commune : de simples ia- bitans ne peuvent s’attribuer ce droit. {Arr. de.la C, de cass., du i 5 juin 1824-) VIII. Le pourvoi formé par des tiers n’est pas susceptible d’être admis contre un arrêté qui reconnaît que les habitans d’une commung. sont fondés en titre pour exercer des droits d’usage et de dépaissance datls des bois régis comme appartenant a l’pfeb arrêté est étranger'à tous autres intérêts, et ne fait point obstacle à faction judiciaire que destierspeuvent intenter , soit en revendication de$ ^rp(itS/de propriété contre l’état, soit en contestation des droits d’usage contre la commune. {Ord. du roi, du 21 mai 1817.) IX. Le domaine est sans qualité pour introduire ou défendre devant l’autoritç a.âmin | istra,tjve des ac-> lions relatives à des droits d'usage, pré tendus s 9 r des ' forêts que des jugemèns passés en force'de chqse }u- USA gée avaient nttrîhué&ù un tî'érs '-(Orct.’tiüf.j du 2.0 novembre rtk>2.ÿ - 111 X. Ln-droit dhéiags acrofdé par d*3n,ciens titres comme accroissement d’un fief n’a pii survivre à l’abolition des fiefs; il s’est étoirit pàr cbînfu’sion avec les biens dont U faisait partie;.— Dans le cas de contestation en «ette matière, l’in te cjifétation defc titres appartiendra aux'tribunaux. (Bcris, 'min ., du 18 octobre 1822.)' i: XI. Les «gens forestiers et'lefc directeurs,dés domaines doivent être entendus sur l'es dilapidés en jouissance de droits d’usage. 11 ëst Convenable dè les informer des significations des jugemens qui intéressent l’état. ( Décis. min ., du i3 octobre 1823.) XII. Mais les agens forestiers n’ont point qualité' pour recevoir les significations des arrêtés des conseils de préfecture, et aucune exception ne peut, à raison de ces significations, être opposée au recours du ministre des finances contre lesdits arrêtés. {Ord. roy ., du 12 février 1823.) XIII. Il n’y a lieu d’attaquer devant le conseil d’état un arrêté de conseil de préfecture qui renvoie une commune usagère devant le ministre des finances, à l’etfet de décider si c’est à l’Administration forestière à fixer le nombre de bestiaux que celte commune peut mettre en pâturage dans un bois de particuliers-, {Ord. roy., du 18 juin 1823.) XIV. Lorsque l’Administration des forêts a constaté dans les bois des particuliers quelles sont les parties défensables, elle a consommé son ministère; mais s’il s’élève des contestations sur le nombre de -bestiaux à y introduire , c’est aux tribunaux seuls à statuer. ( Ord. du roi , du 4 février i8?./j.) XV. Les habitans d’une commune qui prétendent à des droits d’usage dans les bois d’un particulier ne peuvent, quand même leur titre ; limiterait un temps après lequel leur droit d’usage pourrait être exercé, y envoyer paitre leurs bestiaux avant que ces bois aient été déclarés défensables par l’Administration forestière. — Le tribunal saisi de leur demande s’écarte des formes de procéder en matière de possessoire en les maintenant dans la possession annale de leurs droits, quoique leur action ait eu pour objet non la possession , mais le fond du droit. ( Arr. de la C. decass ., du 26 janvier 1824.' XVI. L’habitant d’une commune ne peut, en son nom personnel, exercer isolément les actions de cette commune. — Celui qui a, sans délivrance préalable, coupé du bois dans une forêt où il prétend être usager comme habitant d’une commune, ne peut exciper de cette qualité pour faire surseoir à l’action correctionnelle. — 11 ne le peut, à plus forte raison, ii le bois qu’il a coupé n’est point de. la nature de celui auquel la commune usagère aurai; droit. (-/ 4 rr. de la C. de cass., des 2 janvier 1811 et 2.0 mars‘182.3.Y' XVII. Lorsqùe entré uné commune et un particulier il s’élève ù^te (jrieStio'n de droit d’usage et pacage à exercer Sur un'liditf privé, c’est aux tribunaux seuls qu’il appartient de prononcer sur l’appliçatjqn des lois générales dèp cftux n ’et forêts aux titres sur lesquels la cofnmuné appilié sa .réclamation. {Ord. du roi , des 19 mars To2o, A septembre 1822 et 26 mars i8s>3.) 1101 fl ‘ ' Tome II. USA 955 "XVIII.Est-ce au pouvoir judiciaire ou àl’âutorité' administrative à juger si un droit de'pâturage dans une forêt’dé l’état, aliéné par lui-même , emporte célui d’introduiré des moutons dans cètte forêt? £a cour dé.cassation a, par son arrêt du 16 juin ’i’ffo'ij 1 , décidé que s’agissant de l’interprétation d*Un acte de l’autorité administrative, cVst à cette autorité qu’il appartient de la donner. V. cet arrêt au H écueil. XIX. Les préfets peuvent prendre contre le pâturage des bestiaux , et notamment celui des chèvres , des arrêtés qui , rappelant les dispositions des lois en vigueur sur ce point, en provoquent sévèrement l’observation à leurs administrés : seulement ces arrêtés paraissent devoir être envoyés en projet au ministre des finances, avant de les rendre publics par la voie de l’impression. ( Avis du Cons. d’état , rapporté dans une circul. de l’Adm. , du 21 ventôse àn i3 , n°. 258.) §7. — Des droits d’usage compris dans les ventes de biens nationaux. Aucun droit de chauffage, pâturage ou autresdroits d’usage, de quelque naturequ’ils soient, dansles bois nationaux, non plus qu’aucune rente ou redevance affectée sur les mêmes biens , n’ont dû être compris dans les ventes des biens nationaux; toute vente de semblables droits ou redevances qui pourrait avoir été passée est et demeure nulle et révoquée. {Loidu 27 mars 1791.) Nonobstant cette défense, plusieurs domaines ont été vendus avec des droits d’usage dans les forêts réservées , et ces ventes ont donné lieu aux decisions suivantes : Lorsqu’un domaine a été vendu par l’état avec droit de parcours dans une forêt, et que l’acquéreur prouve que les anciens propriétaires ou lermiers de ce domaine pouvaient, en toutes saisons, faire paître leurs bestiaux dans toute l’étendue de la forêt t ce droit est susceptible d’être exercé, même dansles cantons qui n’auraient pas encore été déclarés défensables , pourvu que le gouvernement ait reconnu que l’acquéreur doit en jouir comme par le jrassé. (Air. de la C. de cass., du 9 juillet 1818.) L’exerçice du droit de dépaissance dans une forêt , lorsque ce droit a été compris dans une aliénation comme nécessaire à l’exploitation du domaine vendit, ne peut avoir lieu de la part des étrangers ou propriétaires riverains qui paieraient une rétribution à l’açquéreur, mais seulement de la part de celui-ç.i op de son fermier, et pour le nombre de bestiaux que l’explpitation exige. l^a,question de savoir si les bestiaux non prohibés peuvent, être introduits dans les cantons non défensables est du ressort des tribunaux. ( Ord. du tçi, du 6 décembre 1820.) , On ne peut accorder à un acquéreur des droits de pâturage dans une forêt voisine de l’objet vendu , sur le seul motif que ces droits auraient fait partie, de la jpuisçanoe du fermier non constatée par sph bajl, sj d’ifilleurs. le contrat ne se réfère au bail que relativement; à l’immeuble mis en vente, et n énonce aucun drpi.t dans la forêt. Dans; le cas où l’acquéreur prétendrait se prévaloir de la claùse générale 120 USA USA (p4 de servitudes actives et ; passives, insérée au contrat, Ce setait aux tribunaux qu’il devrait s’adresser. f Ord. du roi,du ig mars 1819.)'V. le nombre XVIII du paragraphe précédent. - • 1 § — Des usages sont toujours les, mêmes qu’jl's étaient au temps de la concession , si des titres . postérieurs ne les ont étendus. Nôus avons vu qu’il y a différens usages dans- les forêts : plusieurs consistent à prendre le bois sec , les autres le bois vif; d’autres à prendre les morts- bois ; d’autres enfin , à faire pâturer les bestiaux. A l’égard de quelques-uns , la quantité dès bois à délivrer ou le nombre de bestiaux à admettre au pâturage est limité, et à l’égard de quelques autres il éfct indéfini. Dans tous ces cas , ce sont les titres qui font la loi. ,'f Mais il y a, dit Pecquet, des règles générales établies à l’avantage du propriétaire pôur empêcher le dommage que l’usager pourrait lui causer, et c'est d'après le droit commun en cette partie que les éè- glemens de police et de bon ordre ont été faits dans tous les temps pour les forêts du roi. » Voici, sur la question principale, ce que rapporte 1 Chailland'dans son Dictionnaire des forêts : cc Les usages sont toujours les mêmes qu’ils étaient au temps de la concession, tant pour la qualité que pour la quantité, soit qu’ils passent, avec les ténemens auxquels ils sont attachés, aux mains de gens plus puissans et plus sujets à dépense; soit qu’ils passent naturellement et par succession à des familles plus nombreuses; soit que les communautés auxquelles ils ont été accordés soient augmentées par de nouveaux habitans. » On trouve dans l’ordonnance de mars i 5 i 5 (V. au Recueil) une disposition expresse à cet égard. « Pour ce qu’au temps passé , nos prédécesseurs rois et nous, avons eu et pourrions avoir au temps à venir plaisir de faire grâce et avantage à aucuns de nos serviteurs ou autres personnes ayant maisons près de nos forêts , en lieux de petite accence et de petits édifices , et leur aurions donné ou pourrions donner pour le temps à venir, pour icelles maisons, franchises d’édifier et ardoir des bois d’icelles forêts, et les pâturages pour leurs bêtes, et franc- panage pour leurs porcs , lesquels donataires ou leurs hoirs ou aucuns d’eux ont vendu icelles maisons aux grands seigneurs et grands riches hommesde notre royaume avec icelles droitures, lesquels seigneurs et fiches hommes ont fait de grands et notables édifices en ces lieux , qui anciennement et au temps des dons étaient de petite accence et de petit coustument à teilir, et aussi ont mis et mettent, chaquejour, grand et excessif nombre de bestiaux en nosdïtésfo- 1 rêts, et se tiennent souvent auxdits lieux pour l’ai- sement du bois qui leur convient pour leur chauffage , dont ils prennent en trop gràndè quantité , sans comparaison que ne pouvaient faire les donataires ou leurs heritiers, s’ils tenaient encore les- dites maisons, etc. Ordonné est que ceux à qui tels dôni ont été faits ne les pourront dorénavant transe porter à autres personnes qu’à leurs hoirs j et ail moûts à personnes qui en-puissent plus largement user qu’icêu.fi transporter-feraient s’ils tenhiént'. Or; voulons et ordonnons que ceuxù 'qWi les transports seraient faits des dons jà faits desdités 1 franchises soient contetis de prendre bûis pbdr édifier et ardoir èsdites maisons, en telle quantité comme pourraient faire lesdits donataires, eü égdrd à lèurétAt età leurs édifices", et semblablement des bestiaux en uosdites forêtsp cOmrtie'poùrraiènt faire lesdits donataires et leurs hbié y IqiPatftreWieUt n’eti soit souffert user par les msfitretpdéf naseaux et forêts dorénavant, etc. » Lest#étgle*pen&i deS‘juges en' dernier ressort au riégèfde'lrffTàbleidb marbre du Palais-, à Paris , des a t) octobre 'J no'jânvterv-aa février; i or . et 14 mars îd^'^pOUV latwêfde l'Aigue ç des 10, 12, 19 juin, 23 juillet et 3 o août i 5 Sa , pour'la forêt de Coucy; bt’dtes i 5 juillet- i 555 et 27 novembre j 556 , pour lai forêt de Cuise {Saint- Yon, p. 1067), portent que «aucun homme noble-, d’état marchand, ou autrement-opulent en biens, vient demeurer en l’une des tnaisônsusagères, ne pourra y avoir ni prétendre plus grand usage, soit pour chauffer ou' pour le pâturage de seS bêtes que celui duquel il aura droit. 53 Les mêmes reglemens, et deux autres rapportés aussi par Sainte Ton , ; p. 1068, l’un du 19 février i 554 , l’autre du ao janvier i 556 , pour les forêts de Montfort, portènt que « advenant qn’aucunes maisons usagères soient partagées en plusieurs parts et portions depuis 40 ans, et qu’en chacune d’icelles il y eût un ménage, il n’y aura què l’un desdits ménages, tel qu'il sera entre eux accordé, ou par justice ordOUrié,- qui jouira dudit droit d'usage , lequel accord ou ordonnance sera enregistré . » Sur quoi, Saint-Yon dit que, « par la disposition du droit, un ménage étant partagé en deux, chacun doit avoir son usage sans aucune augmentation ( Rouchel, ait mot Usage ; Coquille, Sur la Coutume de Nivernais, chap. XVII)', mais qu’ayant été reconnu qu’il est impossible de contenir divers ménages, en sorte qu’ils se contentent d’un seul droit, on a été obligé de faire faire ce réglement; comme aussi, si la famille d’un particulier auquel le droit d’usage a été accordé dans une forêt vient à augmenter par nombre d’enfans ou autrement, il ne peut user de son droit plus largement qu’il faisait au temps de la concession , quia in servitutibus mo- dus familiœ spectatur, quifuit eo tempore tjuo ser- vitus constituta est. » Cependant Imbert, en son Encbiridion , an mot Usage, et Legrand, Sur là Coutume dÿ Troyès, art. 168, glos. 2, prétendent que, a si l’usage a été accordé à quelqu’un et à sa famille , cefemotscf d sa famille reçoivent extension, en sorte que s’il vient à décéder laissant plusieurs enfaus, l’usage doit être : étendu et augmenté à raison du nombre dé» enfans, qtttafamiliœ nomine etiam servi continentur, l. ult., Cod. , De verborum. significatiane. » Pour les nouveaux habitans, votieî ce que dit Coquille en son Commentaire sur la Catitu'me 'de Nivernais, chap. XVII s « Si l’usflge a été Concédé à une communauté d’habitans , les ménages de nouveaux survenus ne doivent-changer l’nsage, et se disent nouvellement venus fiepuis les 3 o ans, quant aux seigneurs laïcs , et 40 àHs quadt tfux ecclésiastiques. Du Luc, en son Recueil d’arrêts, dit avoir été ainsi jugé au parlement de Paris pour l’abbé de USA Saint-Remi de Reims, à. la prononciation desep- temjt«ie-ij 54 i 5 ibæb pJi; Eaponi, ÜV. ;XA\%i ut. 111, rapporte le même arrêt.i: ■ tOD Saint-Yonlisii III, tit, XXlII*et;J > efiq.yet, t. II, p. 53 a, cit eut ,dea nrtèta aie? ag *oaen»bre 1549, jo déoe»b*e « 53 o et 26 juillet t £471 »i rendus }>at les juges;en.dentier ressort.sMisiégfcjdé Is-TtWe de marbre du Palais û Pjaris) q u bo rdp# W » trpa’ü M ’y ajfr a que les babitane.de» maison» Mtitt» 49, lapa aye»t la clôture de la forêt qui péiftseafi.jobljr duldnoit d’n -i sage, et non ceux-dès maisQflS.h&tie» [le nouveau, si ce n’est qu’elle» wienUsUràndenelieua: qtfonde- mens de maisons usagères* et Lors des examens qui oui été'faits par les conseils de préfecture des titres des usagers , en Tenu de la loi du ventôse an 11, la question dont il s’agit ici s’était .renouvelée* pi ■on avait demandé si les droits d’usage ne devaient ; pqs être restreints aux limite» qui leur laivaient.été données au ,temps de. la concession, bu si ces droits devaieota’étendre au nombre actuel des feux existais».dans commîmes, quelque considérable qu’il pût être devenu. S,-Bx.. le ministre des finances a répondu que cette question lui paraissait devoir être décidée par l’inspection dé» titres de concession; qu’en général omdévnitiboruer l’exercicgdes usages aux maisons usagère»,'à l’époque de la concession et au .nombre de» bestiaux, lorsqu’il a .été nommément, désigné dans le titre primitif, quelque soit lç nombre d’individus que représente la maison usagère, aides titres postérieurs n’ojit pas étendu cette faculté. ( Cirai l 4 e l’Adm ■, du 4 vendémiaire an 12 , n°. 170.). § 9- -^Ee propriétaire d’une forêt chargée d’usages peut-il en changer la nature ? * Le propriétaire d’une forêt chargée .d’usages en bois , dit Chaill&nd, ne peut la réduire en terres labourables : Et in effectu dicendum videtur quàd etc quo quis habet jus bocherandi in nemore, non debeat cultivari,nec reduci ad terram arabilem , ad prce/udicium. bocheragii. (Franc. Marc , t. I, question 1,97. ) C’est une jurisprudence universellement suivi#,.- ... ».dl ne peut l’abattre tout entière , et s’il l’avait fait, les usagers seraient bien fondés à demander; non» (feulement .l’affranchissement des redevances 4qe»"ÿour raison de l*usage, mais encore desdom-, •m*g^i#tiljiiérêts.proportionné» à leur perte, à moins que Ja-foflèt ne se trouvât dans un tel état de dégra-, «latiftn. qu’il fût absolument nécessaire de la reçéper à l’entiér pour la mettre en valeur : alors les usagers, n?4M*ai«ntrien»demander, parce qu’il est de prin- <ùpe,^.ru> que l'usage doit surseoir pour le eouîage- » ment de la forêt; 2 ? c .qsie l’usager ne doit jouir j» que.selon lapossihüité;dèlaforêt ; 3°. que le bois » vtwiantà manquer, lluuage cesse sans que le sei- » gneur soit-obligé de récompenser ou réassigner » ailleurs,.;» Ce.séqt: le», dispositions et même les, terrpes d’un arrêt del^pwironciation de la Pentecôte, raêt^irapporflé, par iPithou en JWS Notes ; par Pa-. puni, liv^jXlVs tit. -IU ,-,.art. ( et; Legrand.,, .Sûr ■la a ; sdftjl’efT. don na n oe do un >t Psris^jwsi-iwByier *583, art.j b, ■ USA 9 55 et 4 b -plusieurs néglemens des juga». eudernier ressort au. siège de lu Table deiRSJbte du Palais à Pa- rifc , rapportés par Saint-Yon , p, 3,68 >( et ^p&ÛA'Y- l’arf. 701 du Code civil. .. uV ^ . » Mais si le propriétaire voulait venflré partie de sa Forêt j lès usagers pourraient-ils l^en empêcher , prétèxfe que cette entreprise rendrait leur droit moins assuré? 11 fout dire que non, s’il est yrai qu’il restp assez de bois, pour la fourniture de cg.qui leur est dû chaque année, autrement Ie; r usa- gers sefaient plus maîtres que le propriétaire;.ce.qui répugne.à l’équité et à la nature même de lpurç.pn- gagemens réciproques. , fo. Aussi, voyons-nous que dans tous les tribunaux où la question s’est présentée, on a non-seulement décidé en faveur du propriétaire, mais encore on s’est porté à restreindre les usages à certaine partie de ; la forêt, afin que le reste demeyràt libre pt exempt, de toute servitude. Du Luc , lîy. |YI 1 ; P 4 çit.., f ,tù. VII, De usu nemorum , num,, JV 1 . Rat. in Consuetud. pictavien., art. 172 ; Coquilip, fur lç Coutume de Nivernais , lit. Des bois , art., 1 1 et 12; Papon, liv. XIV , .tit. III, arrêt i e f. et 2 ; le Vest, chap. CC 1 X; Saint-Yon, lit. III, tit, V, VI et suivant, en rapportent plusieurs exemples authentiques, et à présent le conseil ne fait aucune difficulté de l’accorder aux seigneurs qui le dépendant. Il y en a plusieurs exemples rapportés soys le mot Cantonnement. » Nous ajouterons à ce que dit Cbailland que, 1 a question est pleinement décidée par les ventes que l’état a faites de plusieurs forêts domaniales grevées d’usage ; que jamais une servitude ne pey b empêcher un propriétaire d’aliéner le fond qui en est chargé , et qu’il suffit de faire mention de cette servitude dans l’acte de vente pour éviter tout empêchement de la part de l’usager. i § 10. — De la prescription en matière d’usagés J. Plusieurs auteurs prétendent que le titre .sans la possession n’est pas suffisant, parce que l’usager qui, quoique fondé en titre, a cessé de jouir pendant le temps réglé par le droit civil, perd absolument son droit : Çensuimus ut omnes servi tûtes fion utendo amittantur, decennio contrà pressentes, vel viginti spatiu annorvm contrà absentes. ( L. Sicut, Coçl., De servit, etaqu.) Et que d’ailleurs l’usager qui-a cessé de jouir pendant un temps considérable d’un droit aussi avantageux que le sont les pacages ou c^nffaf, 65 dans le» forêts du roi est censé en avoir été privé pour abus et malversations, par ju- gpmens qu’il affecte de cacher, et dont plusieurs événmnens peuvent empêcher que les officiers devant lesquels, il vient après ce temps réclamer son droit n’aient eu connaissance. Jls ajoutent qye.la continuation du paiement des cens et rentes , qu’il aurait affecté de faire aux mains des receveurs et fermiers dû domaine, gens toujours prêts à recevoir, ne [fourrait rien opérer en sa faveur , parce que ces paiemens devraient toujours être regardés comme offert, par surprise , et reçus par inadvertance. ou cupidité- , e,.- I «>âê|ssi.; q djt-Çl;ftillf« d .. î , n ?h J?q^s«°n [Sartfcl.itoç.i pftrce f qflp.‘tflle pps^ssioft.fln^.f fre,re- I 20 * USA 9 56 USA gardée comme une usu^pafibn ébfnmencée'etrédrrfl- nuéê par gens puissàhs auxquels la* ' officiers fiVé- raient osé ou vpulu résister ^effilé ye'tfottVréf lé d'é» faut par quelque laps de t e m tjué 'ê p soi 1 . W C’est tk qüi résulte de Pôrdonnancé suivitiitè fl'é FranÇoiS I*v, rendue à Fdntâinèbleau eu septèmbra' i'Sdq ; « Déclarons que notre domaind est inà.liètlàble par quelque espèce ou manière qiié te sdlV. directes' ment ou indirectement, par jouissance, pbssëssibfi, usurpation, détention, bu autre façon ét mànièt? de le vouloir acquérir; aussi telles joüfssattcék, ’pdsi-' sessions et prescriptions procédant plus pdtivent de U connivence et négligence de nos officiels, qüi cjfiedr quefois , pour le crédit et faveur qu’ont eus les dé- lenteurs et possesseurs de notredit domaine à* I’en- tour des personnes de nos prédécesseurs ou de nous^ ou parla grandeur desdits personnages bu autïeirieirt, ont passé sous dissimulation lesditbs aliéhàtidns ; possessions et prescriptions qui seront pltis imp'nfables à nos officiers qu’à nous et à nos prédécesseurs rois : aussi pour montrer manifestement que nbps' n’aurions entendu souffrir lesdites prescriptions, àjns les interrompre par tous moyens à nous connus', jurions à l’avènèment de notre couronne, comme'atrssi avaient fait nos prédécesseurs rois de France, chacun en son temps, fait révocations générales desdites aliénations , et icelles fait publier et enregistrer en nos cours souveraines , afin qu’on n’en pût prétendre cause d’ignorance; partant, ordonnons que toutes aliénations, entreprises et usurpations faites sur notre domaine , par quelque laps de temps que. ce soit ou puisse être, seront sujettes à réunion et incorporation à notre domaine : voulons qu’ès-procès qui serons mus sur ladite réunion, uos juges et officiers n’aient aucun égard à quelque possession , jouissance et prescription que ce soit, ou par quelque laps de temps qu’elle ait duré , ores (encore) qu’elle excédât 100 ans; ains sans quoi arrêter à icelles, qu’ils aient a procéder aux jugeinens desdits procès, en faisaht droit sur les autres moyens et défenses des parties litigantes avec nous et notre procureur général, si aucunes ils ont ou ont alléguées auxdits procès. »( Code Henri III , liv. XVII, tit. IV.) V. plus loin un Arr. de la C. de cass., du 24 avril 1810. cc Quantaux usagesdansles forêtsdes particuliers, continue Chaillaua , le titre de la concession fait la règle. Au surplui; il faut suivre la coutume du lieu et le droit commun. »(Z-e Grand,sur la Coutumè de Troyes , art. 168 , glos. 2.) Sur la question de savoir si le droit d’usage se peut acquérir par prescription, Coquille, en ses Institutions au Droit français ,p. 5 y , répond que , « la possession qui doive être valable et légitime polir la saisine , et afin de maintenue et garde , où pour acquérir droit par prescription en droit d’qsage de bois, n’est pas comme les communes ét vulgaires possessions èsquelles le simple fait de jouissance suffit; mais en ce droit d’usage est requis d’avoir titre ou bien jouissance avec paiement de redevance, ou bien jouissance par temps immémorial qui vaut titre. La raison est que les bois ne sont fréquentés ordinairement ni souvent, qui fait que les jouissances doivent être tenues pour clandestines, qui sont régentées et du possessoire et de la prescrip-' tloh : atisSîselon' le- Droit romain , ès-servitudes qui n’bnt Cause continuelle 1 , là -possession de temps im- tnémèrial 'éâfc'ftetprise pour ta ‘prescription , sinon qtieFa Scieucé 1 ysttit de celui contre lequel on veut p^escrirè. V 1 ’ 0 A '- 1 1 1 - ' - 1 Tef éstri'tfs^rit'de plusieurs conte mes; 111 8fli'rant' II Céllés , dëi’iSe/ii, tit. XV, afi.xty, et A?/fUarétïélti'è.'XV\ J 'art{ aôi : le* lois et instructions nouvelles qui veulent qu’à défaut de titres primordiaux L’usager soit tenu de rapporter des actes récognitifs ou éaan- ciatifs soutenus de la jouissance. Mais il s’agit ici de savoir -si entrg ( particuliers , dans la Coutume de É\ s/;p/pu les-coutumes voisine^, la sçufo popses- USA 958 USA sion immémoriale du droit dhisageqiauvaiti tenir lieu de titres. >.m La cou» royale de Bourges a jugé que tedroil'd’u- sage ne peut être rangé dans la classe des.servitudes proprement dites ; que la coutume locale, étant muette sur le droit d'usage dans les. bois y on était fondé, avant la publication du Code civil, k recourir à des coutumes voisines , et que dès que le droit pouvait s’établir par la possession immémoriale ,• la preuve par témoins était admissible. La courde-cas- ; sation parait avoir confirmé ce principe en rejetant,) par son atrêt du 24 avril 1810 (au Recueil y, le pourvoi qui avait été émis contre la décision de la 1 cour royale de Bourges. Mais , comme nous venons de le dire , il.s’agit ici ! de droits d’usage entre particuliers ; car , à l’égard' de ceux qui s’exercent dans les forêts du gouvernement, il faut suivre les réglemens sur la matière ij or, il est certain que la preuve testimoniale ne,peut être admise dans ce dernier cas , ainsi que le porte formellement l’art. 9 de l’ordonnance de mars 1597, rapporté par Saint-Yon, p. 38 t ; et quoiqu’il T ait eu quelques exemples qu’elle ait eu lieu, ce n*a jamais été que par tolérance et sans tirer à conséquence. Il faut, on le répète, des titres constitutifs, ou récognitifs, ou énonciatifs, et encore à l’égard de ces derniers , il ne faut pas qu’on puisse opposer la maxime : Res inter alios acta. V. plus loin , au 9 1 5 , Questions diverses, les nombres XIVet XV. §11. — Ce qu’on entend par bois mort et mort- bois. Les usagers ne peuvent jouir de leurs droits que suivant la teneur de leurs titres. Bois qu’il est permis de délivrer. Les usagersne peuvent arracher les souches vertes au mortes. 1 . Bois mort et mort-bois. — Les ordonnances de juillet 1376,art. 4 oj de septembre suivant, art. 36 ; de mars i 388 , art. 39; de septembre 1402, art. 38 ; de mars i 5 i 5 , art. 55 , et d’octobre i 533 ( Saint- Yon, p. 3 75) , portent que par bois mort on entend celui qui est sec, soit debout, soit gisant, et que par mort-bois on entend certains bois verts en étant, comme le saule, le inarceau, l’épine, le puine ( l’épine noire) , le sureau , l’aune , le genêt, le genévrier et les ronces, et non autres bois, tels que charme, tremble, bouleau, érable et tout autre arbre non produisant fruit (comestible pour les hommes ou pour les animaux). Ces morts-bois sont ceux qui sont désignés parla Charte normande de 1 3 1 5 et par l’art. 5 du lit. XXIU de l’ordonnance de 1669. Des arrêts du conseil, des 10 septembre 1748 et 14 juillet 1750 (dans notre Recueil ), déclarent de nouveau que le bouleau, le tremble et le charme ue peuvent être rangés dans la classe des morts-bois. A l’égard du bois mort, c’est, comme l’expriment les ordonnances que nous venons de citer, celui qui est sec, et il faut qu’il soit entièrement mort et sec en cime et en racine , et sans verdure dans aucune de ses parties , ainsi que l’expliquent une ordonnance dev\l 5,54 y art» 29 -,, rapportée par - Saint- Yon , p. 3 g 4 » et,par Jlousseau , p. en les re- glemens des a décembre i 6 o 3 , art. 3 oi et âit, pour la.-forêt de . Cotupiêgney. 36 février a 5 q 8 , art. 8 , ,pOur la fprêh4e fiaiot-Uennain, ; .des : i 4 «t ;25 juin iàon, art, 9 »! .et. i8,, pour .les forêts, de. Chizay et d’AnliKty.>;S*.^te *5 mai « 533 .^Sain 6 - Yon. r 'p.ioy<, et 1071.) .koi - ■■ ..é \i • il « jouir minant leurs titres. — Les ordonnMMtesjdeitSgb^iftTt. 3 o ; de 14029 art. 29; de iÆt 5 de. léiB&y:veulent que lesof- ficiscs des-paux at forât» s'assurent des titres et de la possession! des 1 tfsagérs,, ppnr, réprimer les abus et ramener l’éxarçiçe des usages nia teneur des titres. L'ordonnance: ude juillet i 558 , rapportée par Saint-Yon, pAyiydefendaux officiers des forêts de délivre» aux usagers et:à ceux-ci de .prendre d’autres espèces de bois que celles désignées dans leurs titres, 4 peine contre les 1 usagers de- .privation de-leurs droits et d’amende arbitraire , et contre.les officiers de la perte .de leurs chairges et de tous dommages et intérêts.^ . d'i lin régleménfcpour la forêt de Villera-Cotterets, du i 3 novembre 1697 , art. 8 (Saint- Yon, p. *086), défend pareillement aux usagers d’y prendre des bois autrement que suivant la.teneur de leurs titres. .111. Rjis à délivrer (uix-usagms . v-r ■Comme .< rn ne peut exareer aucun .droit dans .les foièu :quYn vertu d’un,titre qui doit spécifier la naturfe du droit, c’est ce titre qu’il faut consulter pouir connaître les espèces et qualités de bois que Les usagers peuvent demander. A l’égard des bois j>our bâtir ou réparer les maisons usagères , on délivre ceux qui y comme non» venons de le dire , sont spécifiés par les titres,après que la nécessité des réparations a été . constatée pai gens à ce connaissant (i Réglement du 4 septembre 1601 , et plusieurs arrêts rapportés par Saint-Yon , p. 1081), et après que les agens forestiers ont vérifié si l’état de la forêt permet de tes accorder,qiuis- que les droits d’usage peuvent toujours - être restreints par eux suivant la possibilité des forêts,ainsi que le portent tous les réglemens , et spécialement l’ordonnance de i 583 , art. 10 , et l’ordonnance .de 1669, tit. XIX, art. 5 , et tit. XX, art-ifi», *3 Il n’en peut être délivré, quand il s’agit de bâtir sur d’anciens fonde mens, que pour les combles; planchers, cloisons, portes et fenêtres ;: et non pour les principaux pignons, lesquels doivent être faits.en maçonnerie. ( Arr. déréglera.des.y décembre « 65 a, 20 août 1582, 17 novembre 1 537 et 27 juin 1698, et autres rapportés par Saint- You, p. io 83 .)n J S’il s’agit d’une délivrance -à .plusieurs: habitons d’une commune, et qui ne puisse.être.prise sur les ventes ordinaires,.elle se lait am, maire; et te bois n’est distribué aux particuliers réchunans qu’après l’exploitation entièrement faite. Instr. djisaiSa’Bn- tôse as 11.) f m Dans ce cas , l’exploitation est laite par desxom- inissaires choisis aux frais de la commune, et capables de répondre des malversations.i()0«£. de r.669, tit. XXV, art. 11.) 'Toutes les règles prescrites- aux adjudicataires pour l’exploitation des bois tant communes aux usa- USA USA tp9 gers, ( Réglera. dest^ et a 5 juin 1602, art. 22 et % 5 . — Arr. de La- (?. de cass. ,des aâ> août' 1808 et %L> mars ifiiU)oc .fui ,£0^1 • >mû « ‘ : - ; U ne -doit lêtr» fait aucune nOttrelleidélivrahce aux usagers iquè n^>0t point»-jitttrfié jèei IVrti plobdes arbres qlui'.)t6Ui> .«nJr.iété précèd(fmm«nt délivrés. (Réglera. dii fysefLtembre »6oi ^ fe*\plttsi&prs arrêts rapportés par Saint- Yon,p. 1081.) • ■ ■ V Nous 1 etfcUis 1 pins k>»«. Jpi’iki'&C jvqovefl W <1 i s- poser autrement qu» ptwijlçurs''be8oi»sPflobi rr>J Les bois morts auxqnels lbsJüsp^àrsiont droit ne peuvent être que ceux doat fiona JiVJin* paria f et il est détendu par.l’art, "aq dd il’wdorittdnee-da i 55 $ d’en délivrer d’autres , et aux usagers dîen prendre qui ne soient, ainsi que le portent le* ordonnances 1 et réglemens précités, entièrement^ morts f-stitëét sans verdure dans toutes leurs parties^ à peined’étte punis comme délinqnans. . Les usagers pour le bois-vert gisantne peuvent prendre que celui qui est brisé orfarraclié^san-s délit ou malfaçon, c’est-à-dire naturèllémontet iafls le secours de la main de l’homme. (Arr. de règlent., du 22 octobre i 564 , cité par Saint-Yon, p. toyi.) Il leur est défendu de prendre les arbresde délit et les chablis. (Ord. de 1376, art. 43 e /475 > 388 , art. 46; de 1402, art. 4 5 etde>i 5 15 , art. 61. — Saint-YûHy p. 376.— Règlent, pour les forêts de Chizay et d’Aulnay, des 14 æ/ 26 juin 1602 ,art. 20 et 21 , ét Jugent, du 17 août 1 5 ç 3 , citée par le même, p. 1079 et 1080.) L’ordonnance de 1669, ***• XAV-II, art. 33 , a supprimé toutes délivrances d’arbres, perches, mort- bois sec et vert en étant , et défendu d’en enlever d’autre que gisant, à peine d’amende et de privation du droit d’usage. Il n’est donc pas permis aux usagers qui n’ont que le droit de ramasser le bois de le faire coupert, ni par conséquent" de se servir d’aucun instrument pour prendre le bois qu’ils ont le droit de ramasser. Déjà mt arrêt de réglement pour la forêt de Rou- vray en Normandie); du 22 octobre i 584 ,cité par Saint-Yon,p. 1072, etrapporté par Rousseau, p.676, avait ordonné que les usagers ne pourraient prendre quel*'bois entièrement sec et les branches de bois vert gisantes, rompues, brisées et abattues sans force du fetit'et'de main d’homme ou par autre industrie , et qu’il* ne pourraient se servir d’aucun autre ferrement que du maillet, de la houe et du coin, ni toueheraux troncs, corps et pieds de chêne et hêtre verts ,.nt»t debout, soit gisans par terre, le tout à peine d’amende. Une-proclajqatioiidu roi, du 3 novembre 1 784, fondéeturle»ordonnances et réglemens, défend'aux usagers de se servird’ancuneospèce de ferrement, ni même de crochets, pour enlever le bois sec et gisant. Conformément à ces dispositions , la cour de cassation a , par soii arrâtedu i 5 fructidor an 10 (2 septembre 1802) , décidé que le droit d’amasser le bois sec dans les forêts ne donne pas celui de le couper. Les usagers pourrie mort-bois ne peuvent prendre d’autres espèces que celles désignées en la Charte normande , et que nous avons dénommées plus haut, à peine de privation de leurs droits. ( Réglem . déjà cités , des i 5 mai 1 533 ; de 1598, art. 8; et des i/f.’et a 5 jûiiji.x 6 osy art.i2x..et iS-f-r- Arr. du Cons., du 14 juillet fjôo.) IVt II est défendu, à tous usagers et antres personnes quelconques de couper , reoéper ou arrache / ies soualtcs Vertes ou mortes des-arbres qui auront iité abattusidan-s les forêts, à peine d’être condamnes à l’amende an pied-de-tour des couches par eux coupée», recépées ouarrachéea. (Arr. dérèglent, pour la •Normandie, du t’b octobre t 554 * rapporté par Saint- Yan,p. 1072>.). 'La défense aux adjudicataires de coupes d’arracher les souches verte* ou mortes est contenue implicitement dans les art. 42 et 45 du tit. XV de l’ordonnance de 1669, qui veulent que les bois soient coupés et les étoc* ravalés à fleur de terre , et elle a été faite pour tout le royaume par un arrêt du conseil du 29 juillet 1749 » qui a condamné un adjudicataire pour avoir arraché des souches, bieu qu’il prétendit que la plupart de ces souches fussent mortes, etl qui a ordonné l’extension de l’art. 4 5 ci- dessus cité de l’ordonnance de 16695 et pour plusieurs forêts, par une ordonnance du grand-maitre des eaux et forêts du département de Paris , du 26 mars 1761 , et par deux sentences de la maîtrise de Paris, des i 5 mars 1754 et 1 5 .mars 1756, qui ont condamné des particuliers pour avoir fait des souches et souchons, et fait défenseà tous marchands de bols et autres d’arracher aucune souche ni souchon, d’entrer dans les bois et forêts avec cognées, serpes, ni autres ferremens, et d’acheter des bois ou souches de délit. L’art. 5 i du cahier des charges générales pour les coupes de bois défend également aux adjudicataires d’arracher aucun bois s’il n’y a clause contraire. V., pour les motifs qui peuvent déterminer à faire extraire des souches, le mot Souche . § 12. — Les usages ne s’arréragent point.— L’emploi des bois délivrés doit être justifié. — On nt peut transporter un usage (F uneforêt sur une autre. Les ordonnances de juillet 1376, art. 35 ; de septembre de la même année, art. 3 i ; de mars i 388 , art. 34 ; de septembre 1402, art. 33 , rapportées par Saint-Yon , p. 3 77 , et de mars i 5 i 5 , art. 5 o (V. au Recueil ), défendent de donner aux usagers récompensés ou arrérages pour les bois qu’ils auraient manqué ou négligé de prendre pendant une ou plusieurs années, à moins d’un ordre exprès du Roi, vérifié en la chambre des comptes. » L’ordonnance de juillet 1376 s’exprime ainsi : «Comme l’onditque les maîtres, verdiers, gruyers, gardes ou maîtres sergens qui ont été, se sont élargis par fol hardement, simplicité ou autrement, de res- 'tîtüer arrérages aux usagers qui sont au mieux temporels et momentanés, défendu que plus en tel cas ne soit, sans-exprès consentement de nous passé en notre chambre des comptes, -n L’ordonnance de 1 5 1 5 porte : « Il est ordonne que si nous donnons aucuns bois, et celui à qui il est donné ne le prend et lève dedans l’an, sa lettre, qu’il aura de don , serade nulle valeur, et nous demeurera le bois. r> Un réglement des juges en dernier ressort, du 20 août i 582 , contient lesmèmes dispositions. 9 < 3 ° USA Sur quoi, Saint-Yon fait, à l’endroit cité, les observations suivantes : « Les délivrances qui se font pour chauffage regardent la nécessité future de la personne , et non du passé. Les dimes se délivrent par anticipation à un nouveau curé pour qu’il puisse vivre pendant l’année ; la solde se paie aux gendarmes pour le service à faire ; la provision est ordonnée pour vivre 5 de même le bois d’usage est délivré à l’usager pour se chauffer à l’avenir : voilà pourquoi , n’en ayant plus besoin pour le passé, il n’est point recevable à en demander les arrérages. Cela est fondé sur la disposition du droit traitée par Ar- gentré , A 8, an Cod. , De transact., où le jurisconsulte rend la raison pourquoi de alimentes præ- teritis transigé potest, non de futuris, quia, dit ce jurisconsulte, nemo in prœteritum vivit, licet jam ■vixerit, et ea nunquam ad prœteritam vitam fui - runt destinata, idcoque contra voluntatem testatoris non transigitur. » Ainsi , ajoute Saint-Yon, des jugemens de la Table de marbre , des 27 octobre 1694 et 26 juin 1599, ont débouté des usagers de leur demande en arrérages de chauffage. Cependant, observe-t-il, on fait une distinction : s’il y a clôture de forêt, saisie du chauffage , ou autre empêchement donné à celui qui a usage au chauffage , alors , tanquam ex jus ta causa , on suppose par une fiction juste et favorable qu'il a emprunté le bois dont il s’est chauffé avec l’espérance de le remplacer par celui qui lui serait délivré. On ordonne dans ce cas la délivrance des arrérages. Autrement, il serait en la puissance du procureur du roi ou d’un seigneur de vexer les usagers par des clôtures de forêts et des saisies, et de les empêcher de jouir. C’est d’après ce principe que, par jugement de la Table de marbie, du i 3 septembre lôqd, il fut ordonné que délivrance serait faite à Hugues Hubert, garde de la forêt de Crécy , de deux années arriérées de son chauffage. » Le réglement du 4 septembre 1601 , rapporté par Saint-Yon, p. 1081, porte qu’aucune nouvelle délivrance ne sera faite aux usagers qu’ils n’aient justifié de l’emploi des arbres par eux obtenus, et plusieurs arrêts cités par le même auteur condamnent des usagers pour avoir vendu les bois qui leur avaient ■ été délivrés. D’autres arrêts, des 17 février iô 49 t *"• juillet i 55 i , 17 décembre i 552 , 20 août i582 (aui?e- cueil) et 27 juin 1698, cités par le même, p. io 83 , et par Pecquet, t. 11 , p. 534 , disposent qu’il ne sera fait aucune délivrance pour bâtir ou réparer qu’après visite faite des bâtimens, et qu’autant que l’emploi des bois précédemment accordés n’aura été justifié ; que lorsqu’il s’agira de bâtir sur d’anciens fonde- mensil n’en sera délivré que pour les combles, planchers , cloisons, portes et fenêtres , et non pour les murs , qui devront être faits en maçonnerie ; qu’en- fin les usagers doivent employer leurs bois dans l’espace d’un an , et en justifier à peine de confiscation et d’amende. USA $ > 3 . — Les usagers ne peuvent, à peine d’être punis comme déünquans, user de leurs droits qu’après une délivrance préalable, et que dans les cantons qui leur sont assignés. —Formalités à remplir pour les délivrances à faire aux usagers. — Ces délivrances doivent être faites sans frais. Plusieurs coutumes défendent aux usagers d’user de leurs droits sans une délivrance préalable du propriétaire : telles sont entre autres celles de Lorraine , lit. XV, art. 17 et 22; du ISivernais, chap. XVII, art. i 3 et 14, et de Sédan, tit. XV, art. 3 o 6 . Papon, liv. XIV, tit. III, dit formellement : « Habitans ayant droit d’usage de bois et forêt 11’en peuvent user à leur discrétion, encore que ce soit pour leurs affaires, mais doivent avertir le forestier, et lui faire marquer les arbres dont ils auront besoin; autrement, si après avoir opportunément et de temps et de lieu sommé le forestier, il n’y a satisfait, leur est permis de leur autorité privée en couper sans fraude : c’est la forme d’usage ordonnée par plusieurs arrêts de Paris, allégués par Imbert en son Enchiridion, au mot Usage. » Bouchel, au mot Usage, tit. 111 ; Coquille, en son Institution au Droit français,p. 5 y, et en son Commentaire sur la Coutume du Nivernais, posent pour principe que l’usager qui veut bâtir doit déclarer au seigneur propriétaire du bois quel bâtiment il veut faire , afin que le seigneur connaisse si ce bâtiment est nécessaire ou du moins fort utile, et s’il est selon la qualité de l’usager, autrement le seigneur peut refuser; que le réglement de prendre par marque ne se prescrit, quelque possession, même de temps immémorial, que l’usager puisse alléguer de prendre son bois à discrétion, parce que telle possession emporterait droit de propriété en bois de haute futaie, ce qui répugne à la qualité d’usager; qu’en cas de refus de la part du seigneur, l’usager petit prendre ce qu’il lui faut, mais toujours avec réserve et dans l’endroit le moins endommageable, suivant la règle que tout usager doit user comme un bon ménager ferait du sien propre. Coquille cite après un arrêt notable, du 1 er . février i 535 , au rapport de M. Berruyer, conseiller, entre le seigneur et les habitans de Saint-Mars, qui juge que les usagers, même ceux qui ont ample et plein usage, doivent prendre le bois par marque et délivrance. Le Grand , Sur la Coutume de Troyes, art- to8, glos. 2, dit à-peu-près la même chose, et cite le même arrêt. Bouvot, t. II, au mot Usage, quest. 2 , rapporte un arrêt du 11 août 1610 au profit des Chartreux de Dijon, qui juge que les usagers ne peuvent couper bois à bâtir sans permission du seigneur ou des officiers, lesquels seront tenus à la première réquisition, sans retardement, frais ni formalité de justice, de marquer le bois nécessaire, avec défense aux habitans de le convertir à un autre usage, à peine de tous dépens, dommages-intérêts et d’amende arbitraire. Un arrêt des juges en dernier ressort au siège de la Table de marbre de Paris, du 20 août 1582 (au USA USA Recueil ), portant réglement entre le seigneur et les habitas» de Pressigni, ordonne que eeux qui auronkùsagode bois à bâtir et réparer, ne pourront user de-leurs droits que suivant les délivrances qui leur seront faites par les officiers forestiers, et il leur défend de vendre leurs bois d’usage. Il porte en outre qu’ils ne pourront en prétendre que pour les combles, planchers, cloisons, portes et fenêtres, desquelles maisons ils feront les quatre principaux murs et pignons de maçonnerie et non de bois, et visitation préalablement faite par experts des choses qu’il conviendra faire et réparer; à la charge que celui auquel aura été donné du bois, sera tenu de le couper en saison convenable et l’employer dans l’an à la chose pour laquelle il aura été donné, 6ous peine de confiscation du bois et d’amende au pied-de-tour. Enfin, il fait défense aux usagers d'employer les bois à bâtir que pour les maisons existantes et pour celles à construire sur les anciens fondemens. Saint-Yon, p. 1081 et suivantes, rapporte plusieurs réglemens concernant les bois du roi, qui ordonnent qu’il ne sera délivré aucun bois pour entretenir et réparer les maisons usagères, que les réparations n’aient été jugées nécessaires par gens à ce connaissant, et qu’il ne soit prouvé que les bois des précédentes délivrances, s’il y en a eu, ont été employés suivant leur destination. Le même auteur rapporte, p. 877, 879, 38 o et 1081, des ordonnances qui défendent aux usagers de prendre eux-mêmes le bois dont ils ont besoin ; savoir, i°. Une ordonnance de Philippe-le-Hardi, de 1080, qui statua qu’aux usagers seraient faites livrées (c’est-à-dire délivrances) en lieux propres et commodes, et que si èsdites livrées ne se trouvait matière ou bois nécessaire auxdits usagers à suffisance , il leur en serait délivré ailleurs èsdites forêts par les forestiers; mais cela doit s’entendre des forêts grevées de l’usage, car il est de principe que lorsqu’une forêt ne peut plus servir l’usage, on doit restreindre ou suspendre l’exercice de ce droit ; 2 0 . Une ordonnance de François I er ., de janvier 1529, portant que les usagers ne pourront prendre aucun bois, sinon par délivrance, sous peine de privation de leur usage et d’amende arbitraire ; 3 °. Une ordonnance du même, de ( 54 o. qui leur défend de prendre aucun bois de leur autorité privée, et ordonne que la délivrance en sera faite par les officiers forestiers et d’après leur avis et discrétion ; 4 °. Une ordonnance de Henri III, du mois de janvier i 583 , qui défend à tous prétendans droits d’usage, particuliers, communautés et tréfonciers et autres, à peine de privation de leurs droits,, de couper aucun bois, sinon en vertu de lapermissipti des officiers, et en temps et saison convenables; et pareillement d’envoyer leurs bestiaux en pâturage dans les bois avant que ceux-ci n’aient atteint l’âge compétent et n’aient été déclarés défensables par les- dits officiers, à peine de confiscation du bétail et de payer le dommage ; 5 °. Un réglement de la Table de marbre , du 4 septembre 1601 , qui ordonne aux usagers de demander les délivrances par requêtes. Tome II. 961 Pecquet, dans ses Lois forestières, t. I, p. 23 , cite aussi plusieurs arrêts et réglemens qui ordonnent la même disposition : tels sont deux jugemens de 1263 et 1267 , qui défendent aux usagers d’user de leurs droits sans demander délivrance aux officiers ; l’ordonnance de mars i 5 i 5 , art. 67, portant qu’ils ne pourront jouir de leurs droits qu’après livréefaite; la même ordonnance et celle de 1629, qui règlent les droits des officiers pour les délivrances u’ils avaient à faire aux usagers; le réglement en ernier ressort, du 17 décembre i 537, pour les usages de la forêt de Retz, et celui du i er . mars 1549, pour la forêt de Cuise, qui renouvellent la défense d’user des droits d’usage sans délivrance préalable; un réglement de i 6 o 3 , qui ordonne la délivrance aux usagers fondés en titres ; un arrêt du conseil, du 20 mai 1698, pour la forêt de la Harte, en Alsace, qui déclare que c’est aux officiers des forêts et non aux intendans des provinces à connaître des délivrances; un arrêt du 4avril 1720 , qui ordonne que le maître particulier fera les délivrances aux usagers, et un autre du 12 août de la même année, qui rejette la demande de quelques ecclésiastiques tendant à user de leurs droits sans délivrance. ' Le Répertoire de jurisprudence, 4 e - édition , rappelle, au mot Usage, p. 342, un arrêt du 25 janvier iy 3 i , rendu en la Chambre souveraine des eaux et forêts; un autre de la Table de marbre, du 6 juillet >737; un troisième du 27 mars 1744, rendu en forme de réglement au parlement de Dijon; un arrêt de la Chambre souveraine des eaux et forêts du parlement d’Aix, du 17 juillet iy 5 o; et un autre du 6 juillet 1758, rendu à la seconde chambre des enquêtes du parlement de Paris, desquels il résulte également que les usagers, soit dans les bois de l’état, soit dans ceux des communes ou des particuliers, ne peuvent exercer leurs droits qu’après avoir fait connaître leurs besoins, et qu’après qu’il leur a été fait marque et délivrance des bois qui leur sont nécessaires. Cette jurisprudence, fondée sur les coutumes et les ordonnances, comme elle l’est sur la saine raison, a été confirmée par plusieurs arrêts de la cour de cassation ; savoir, par celui du 27 vendémiaire an 1 3 U9 octobre 1804), portant que les lois existantes sur la manière d’exercer les droits d’ustge doivent continuer d’être exécutées; ceux des 3 septembre 1808 et 10 septembre 1824, portant que les usagers ne peuvent, sans délivrance préalable. prendre des bois dans les forêts où ils exercent leurs usages; qu’ils ne le peuvent même quand les agens forestiers auraient refusé de faire droit à leurs demandes, attendu que les voies de recours à l’autorité supérieure leur sont toujours ouvertes; celui du 24 janvier 1812, portant que, quelle que soit la nature d’un droit à exercer dans une forêt domaniale ou communale, l’exercice de ce droit ne peut avoir lieu qu’après la désignation des lieux par les agens forestiers; un arrêt notable du 21 novembre 1812, précédé d’un réquisitoire de M. le procureur général, qui rappelle la législation sur la matière; celui du 24 août 1820, portant que les usagers dans les bois des particuliers ne peuvent y prendre des bois 121 USA USA 962 sans délivrance préalable 5 que leurs demandes peuvent être restreintes et même refusées suivant la possibilité des forêts, et qu’ils ne peuvent couper ni ébrancher les arbres sans permission ; celui du 18octobre 1821 , portant que les usagers ne peuvent s’affranchir des règles conservatrices prescrites par les lois pour l’exercice de leurs droits , attendu que l’importance d’un droit d’usage ne peut jamais lui imprimer le caractère ni les attributs de la propriété; celui du 9 mai 1822, portant que les usagers dans les bois des particuliers ne peuvent, sans commettre un délit de la compétence des tribunaux de police correctionnelle , prendre les bois dont ils ont besoin qu’il ne leur en ait été fait délivrance, et qu’ils doivent, si les propriétaires valablement requis n’ont pas égard à leur demande, s’adresser aux tribunaux; enfin une foule d’autres arrêts que nous avons cités à l’article Pâturage. Lorsque les usagers ont remis aux agens forestiers les devis dressés par les gens de l’art, et constatant la nécessité des réparations à faire à leurs bâtimens et le nombre d’arbres nécessaire, les agens forestiers peuvent les réduire suivant la possibilité des forêts, et procèdent à la marque et délivrance des arbres accordés. Dans quelques départemens, les devis sont présentés au maire de la commune usagère, qui forme un état général, et l’adresse accompagné de son avis aux agens forestiers. Cela est ainsi réglé pour la ci-devant maîtrise de Quillan , par un réglement du 29 octobre 1754 ; et dans quelques arrondisse- mens de la ci-devant Lorraine, par des réglemens spéciaux. On charge quelquefois les adjudicataires de coupes de fournir les bois d’usage ou d’affectation, et cette pratique devrait être généralisée, autant que possible, pour éviter les abus et les mauvaises exploitations. C’est d’ailleurs le vœu des réglemens, et notamment d’une ordonnance de i 54 o. {Saint-Yon , P■ 379 -). Les arrêts déjà cités , des 25 janvier 1781,6 juillet 1737 et 6 juillet 1758, portent, à l’égard des usages sur lesquels ils statuent, que la délivrance en sera faite sans frais par les propriétaires. C’est aussi la disposition d’un arrêt du parlement de Dijon, du 10 août 1610, et d’un autre du i 3 juillet t 6 i 3 , portant qu’un usager ne doit aucun salaire pour la marque de son bois; de l’ordonnance de 1669, tit. XIX, art. 3 , portant que toutes délivrances seront faites sans frais ni droits , à peine de concussion ; et d’une circulaire de l’Administration des forêts, du 2 septembre 1809, qui défend expressément aux agens et gardes de rien recevoir pour les délivrances qu’ils font aux communes et aux usagers. Mais c’est à l’usager à payer tous les frais des devis et des expertises que font les gens de l’art pour les bois qui lui sont délivrés. ( jüécis. minist., du 3 octobre 1821.) Le particulier d’une commune , qui a coupé du bois en délit dans une forêt de particulier sur laquelle la commune dont il est habitant prétend des droits d’usage, lesquels sont l’objet d’un litige devant les tribunaux civils, n’en doit pas moins être condamné sur-le-champ aux peines de son délit, sur-tout s’il existe un jugement qui ait défendu aux habitans de cette commune de faire aucune coupe dans la forêt en question pendant la litispendance sur le droit. ( Arr. de la C. de cass ., du 28 août 1823. ) § 1 4 - — Les usages sont personnels et incessibles —■ On ne peut vendre ni échanger les bois qui sont délivrés à titre d’usage, ni les transporter ailleurs qu’au lieu auquel ils sont affectés , ni les faire servir à d’autre usage qu’à celui qui est spécifié, ni enfn les employer à une industrie particulière. Les usagers doivent observer les régie mens dans l’exercice de leurs droits. « Quelques auteurs, dit Pecquet dans ses Lois forestières, ont soutenu que les usages étaient réels et non personnels. Cette maxime nous parait contredite, ou du moins cette définition ne nous paraît pas exacte : on peut distinguer les chauffages qui étaient attachés aux offices des eaux et forêts, et ceux attachés, par exemple, à une maison usagère. Dans l’un comme dans l’autre, il y a le sujet et l’objet : le sujet est la charge ou la maison, l’objet est la personne qui est revêtue de l’un ou possesseur propriétaire de l’autre ; en sorte qu’à la vue des différens réglemens qui ont été faits en cette matière et des inductions qu’on peut en tirer, nous estimons plus correct de dire que l’usage est réel quant au titre qui le produit, et qu’il est tout-à-la-fois personnel quant à la façon d’en user. C’est sans doute sur ce fondement que, par arrêt de la Toussaint 1720, il fut décidé qu’un locataire ne pouvait jouir de l’usage. C’est encore par cette raison qu’une ordonnance de chauffage ne peut jamais être expédiée que sous le nom du propriétaire de la chose à laquelle le chauffage est attaché , et non de son receveur ou fermier. » La défense aux usagers de vendre leurs bois et de les employer à d’autre destination que celle qui lui est affectée , est formellement comprise dans les ordonnances de 1376, art. 3 i ; i 388 , art. 3 i ; 1402, art. 3 o; i 5 i 5 , art. 10, et 1529, art. , rapportées par Saint-Yon, p. 378, et par Fontanon, t. II, p. 253 et 259. Elles portent : « Les maîtres ne pourront donner congé ou licence à un homme usager ou coutumier de ardoir ne user du bois de son usage et coutume autre part qu’au lieu pour raison duquel il prendrait ledit usage et coutume. Les verdiers ou maîtres sergens des forêts qui ores sont, seront tenus de jurer aux maîtres des forêts qu’ils ne souffriront que nuis de ceux à qui nous donnons bois en puissent vendre, ne donner, ne permuter aucune chose du bois qui leur sera donné, ne convertir qu’à tel usage comme nous leur avons donné; et si lesdits verdiers ou maîtres sergens le souffrent faire, ils feront amende volontaire et si perdront leurs services. » L’ordonnance de : 5 i 5 , art. 5 o (au Recueil ), défend aux usagers de transporter leurs droits d’un lieu à un autre. Les réglemens faits par les juges en dernier ressort, les 29 octobre, 20 janvier, 22 février, i er . et 14 mars, 29 octobre, 19 et 27 novembre 1549pour USA la forêt de Laigue ; 10, 12 et 19 juin, 23 juillet et dernier août i 55 i pour la forêt de Couci; 1 5 juillet 1 555 et 27 novembre 1 556 pour la forêt de Cuise, rapportés par Saint-Yon, p. 1067, portent que les habitons usagers ne pourront prendre de bois pour leur chauffage que pour un feu seulement en chacune de leurs maisons ; lesquels bois ils ne pourront employer à autre usage, ni vendre ou donner, soit aux étrangers, ou les uns aux autres, ni en user en autre manière que pour le chauffage, à peine de privation du droit et d’amende arbitraire. Pecquet cite un arrêt de la réformation des forêts en Normandie, du 27 août i 548 , qui défend à un verdier de vendre son chauffage; une ordonnance de janvier 1678, qui défend d’aliéner, donner ou autrement transporter les bois de chauffage; un arrêt du 17 mars 1579, qui condamne le nommé Per- rier pour pareil fait; l’ordonnance de i 58 i, qui fait les mêmes défenses, sous peine d’amende et de privation d’usage ; le réglement pour Dreux de 1587, qui établit la même loi; enfin le réglement du 20 août i 582 (au Recueil ), pour les usagers de la terre de Pressigny. Un arrêt du parlement de Grenoble, du 17 décembre 1782, que nous avons rapporté dans notre Recueil, porte également qu’un usager qui a coupé les bois dont il a besoin dans une forêt usagère, ne peut les échanger contre d’autres bois plus à portée de son habitation. Ces règles s’appliquent aux usages qui se délivrent dans les bois des particuliers, puisque les ré- glemens concernant la police et conservation des forêts domaniales leur sont applicables. Papon , liv. XIV, tit. III, dit en termes généraux : a Université d’habitans ayant usage de bois pour en prendre et employer à leurs affaires particulières, comme de bâtir et chauffer, n’en peuvent abuser, comme de le vendre et en prendre excessivement; et s’ils le font, et avertis après par le propriétaire , ne désistent, sont ingrats et dojvent être déclarés indignes et privés de l’usage : et ainsi fut jugé par arrêt de Paris contre les habitans de Roye, le 3 juin i 53 o. » Filleau, 2 e . partie, liv. VIII, p. 365 , rapporte un arrêt des juges en dernier ressort au siège de la Table de marbre du Palais à Paris, du 20 août 1682, qui ordonne que des bois provenant des taillis et coupes ordinaires, il sera délivré particulièrement aux habitans telle quantité de cordes, fagots et co- trets qu’il sera arrêté, sans qu’aucun en puisse vendre ou donner, ni transporter ailleurs qu’aux maisons usagères, sur peine, etc. V. Affouage- Bouvot, t. II, au mot Usage, quest. 2 , rapporte un arrêt du parlement de Dijon, du 11 août 1610, qui fait défense aux habitans d’employer à autres usages les bois qui leur auront été délivrés pour bâtir, à peine de tous dépens, dommages-intérêts et d’amende arbitraire. Imbert, en son Enchiridion , au mot Usage, rapporte plusieurs arrêts semblables. Les droits d’usage personnels ne se peuvent vendre, céder ni transporter en quelque manière que ce soit : Certissima apud prafectos sylvarum régula, ut usus sylvœ concessus huic vel illic* privato, cedi USA 963 cuiquam ab eo non possit. ( Momac, ad leg. 8, ff. De usu et habit. ) Mais si on ne peut vendre les droits d’usage seuls, on peut les comprendre dans la vente de la chose à laquelle l’usage est attaché, parce que l’un entraîne l’autre, et que, par exemple, pour les maisons usagères , le droit d’usage est une faveur accordée au domicile. Les usages réels ne se peuvent vendre ni céder seuls, mais bien avec les fiefs, maisons ou héritages auxquels ils sont attachés. {Bouchel, au mot Usage ; Coquille, quest. 3 o 3 , et en son Institution au Droit français , p. S 7 .) Ceux qui font métier et marchandise de bois ne peuvent jouir du droit d’usage, parce que l’usage est supposé accordé au besoin personnel, et ne peut être destiné â entrer dans le commerce, qui n’est autre chose qu’une aliénation par échange d’argent ou d’autres denrées. {Décidépar les juges en dernier ressort, du 5 février i 55 i , en faveur du comté de Tonnerre, et par le Régi. d’Aulnay, de 1602.) Saint-Yon, p. 1068, cite les arrêts que nous venons d’énoncer et une foule d’autres, qui portent qu’on ne doit pas comprendre au nombre des usagers les hôteliers, taverniers, boulangers , pâtissiers, rôtisseurs, brasseurs, teinturiers, plâtriers, chaufourniers, potiers de terre , briquetiers, tuiliers, tonneliers, charrons, tourneurs, sabotiers, menuisiers, charpentiers, charbonniers, cendriers, serruriers-maréchaux et autres, qui, par leurs métiers, usent ordinairement du bois ; et ces arrêts défendent auxdits artisans de prendre du bois à titre d’usage pendant qu’ils exercent lesdits métiers. Un arrêt des juges en dernier ressort, du 17 février i 549, défendit aussi aux marchands-ventiers qui se trouveraient usagers d’en exercer le droit pendant leur usance, et cela pour que le bois de leur usage ne fût pas confondu avec celui qui pourrait être objet de commerce ou de vente. Il a été décidé aussi, par le même arrêt, qu’une commune usagère devait jouir en commun. Celui qui a plusieurs droits d’usage dans la même forêt, à cause des différentes maisons usagères qui lui appartiennent, n’en peut jouir que pour celle qu’il habite ordinairement. (Jugé par arrêt des juges en dernier ressort, du i er . décembre i5o 2, rapporté par Saint~ Ton, p. 1078.) Les usagers sont tenus d’observer dans l’exploitation de leurs usages toutes les règles prescrites pour la coupe des bois. C’est l’esprit des réglemens des 17 décembre i 537, 18 janvier i 538 et 3 février i 539 pour la forêt de Rets; i er . mars i 549 pour la forêt de Cuise; 14 et 25 juin 1602 pour les forêts de Chizé et Aulnay, rapportés par Saint-Yon, p. 1084 et suivantes; et d’un arrêt du conseil, du 20 juillet 1756, pour l’ordre de Malte. Ils ne peuvent arracher les souches mortes ou vertes ( Arr. de régiem. , du i 3 octobre 1 554 ), 111 couper les bois à la scie ( Réglem. des et 2 5 juin 1602), ni prendre leurs bois dans les forêts que de jour {Arr. des 27 novembre i 556 et 26 février 1598, art. 7. — Ord. de 1669, tit. XXVII, art. 34 ), ni les jours de fêtes. {Réglem. des 14 et 2.5 juin 1 602 , art. 22. ) * I 2 J USA USA 9 6 4 L’usager est responsable des délits qui se trouvent avoir été commis dans les lieux et pendant le temps c'e son exploitation. ( Règlent . des i5 et 2.5 juin 1602, art. 22 et 2.5.) Les peines contre les usagers qui ont abusé sont l’amende à proportion du délit et la privation du droit. ( Ord. de janvier i 583 , art. 10, et plusieurs Arr. cités par Saint- Yon, p. 36 g ; du Luc, liv. VI, tit. VII, art. i er .; Papon, liv. XIV, tit. III; Ca- rondas sur le Code Henri, liv. XVI, tit. XVIII, p. 2, à moins que la Coutume ne prononce une peine plus ou moins rigoureuse ; Dumoulin, sur l’art. 71 de la Coutume de Chaumont; Legrand, sur la Coutume de Troyes, art. 174. j Aux termes des ordonnances de i 388 , art. 3 ; 1 4-02 , art. 3 i ; i 5 i 5 , art. 46 ,47 » 49 et 5 o ; i 583 , art. 2 et 10, les usagers doivent jouir selon la possibilité des forêts et les termes de la concession , ne prendre les bois pour chauffage, à bâtir ou réparer, qu’avec la permission et par marque et délivrance des officiers forestiers, faire la coupe le plus près de terre que faire se pourra, avec la serpe ou cognée et non à la scie, à peine de la faire réparer, l’exploiter et vider en temps et saison convenables , et sous les réserves prescrites, sans que ledit usage puisse leur être assigné dans une forêt non sujette, être transporté d’un lieu à un autre, ni s’arrérager à moins que la délivrance n’en ait été requise et poursuivie dans le temps, et si on fait l’adjudication des ventes à la charge de fournir par les marchands à ceux qui ont droit d’en prendre autre que du sec, ils en doivent payer la façon. Le réglement de In Table de marbre, du 4 septembre 1601 , défend, art. 27 et 28, a de 11e faire délivrance à aucun des usagers qu’ils ne soient notoirement résidans ès-maisons et autres lieux pour lesquels les concessions et octrois leur ont été faits, sans qu’il leur soit délivré de bois d’autre qualité, ni qu’ils en puissent transporter ailleurs, disposer ou appliquer autrement que suivant la teneur de leurs titres, sous peine de privation de leurs droits; comme aussi de ne faire aucune délivrance de bois pour bâtir, qui ne soit ordonnée par jugement de la cour ou par les grands-maîtres, après toutefois que les usagers qui requerront ladite délivrance auront fait apparoir de la dernière qui leur aura été faite, et des certificats de l’emploi des bois y mentionnés, nouvelle visitation faite des réparations des bâti- mens ; lesquels usagers demeureront chargés de l’emploi des bois à eux délivrés dedans un certain temps, et d’en rapporter certificat authentique; et comme les délivrances par pieds d’arbres sont la ruine des forêts et une occasion à une infinité d’abus, l’art. 29 dispose que les délivrances de bois vif à ceux qui en ont le droit, pour chauffer et pour bâtir, seront faites sur les ventes ordinaires de haute futaie par les mains des marchands-ventiers, en payant pour la façon des bois le prix ordinaire et accoutumé. A cette fin les usagers seront tenus de demander les délivrances par requêtes; savoir, de bois à bâtir avant le martelage des ventes , et pour le regard des chauffages, quinzaine avant l’adjudication, sinon en seront privés et exclus pour cette fois; qu’à défaut de ventes de haute futaie, lesdits chauffages seront délivrés par quantité de perches, quarts ou demi-arpens, ou telle autre quantité qu’il appartiendra, selon l’estimation et évaluation qui en sera faite par les grands-maîtres, et où lesdits taillis seraient entièrement engagés à des particuliers, il n’y aura d’ailleurs de bois suffisamment pour fournir lesdits chauffages , lesdites délivrances seront faites en dedans desdits taillis de l’ordinaire, en l’année de leurs coupes et non ailleurs , d’arbres sur leur retour, rabougris, éhoupés et autres moins dommageables, dont le martelage sera fait en faisant celle de la rétention des baliveaux, et en telle quantité qu’il conviendra, par prisée et estimation des gens â ce connaissant, et la vente et adjudication sur Jes enchères qui s’en feront à cordes de bois et non en argent, à la charge de fournir par les marchands adjudicataires lesdits chauffages; et les bois revenant bon à quoi la vente pourrait être en- chérie, demeurera entre les mains desdits marchands adjudicataires pour ceux de l’année suivante, à ce que la vente qui en devra être faite en soit d’autant diminuée, et ainsi consécutivement des années suivantes. » Ce réglement contient en outre des dispositions propres à opérer la réduction des usages ; savoir , que ces droits ne pourront être exercés que par les seuls habitans demeurant ès-maisons usagères, et nouvellement rétablies sur les anciens fondemens, à la reconnaissance desquels sera procédé par les officiers; que tout locataire en sera exclu, à moins qu’il ne soit issu du lieu, sauf les fermiers; que les usagers demeurant ès-maisons usagères ne pourront user de leurs droits d’usage pour le bois-pendant le temps qu’ils tiendront hôtellerie, taverne, brasserie, tuilerie, briqueterie, verrerie, chaufournerie, poterie, ou qu’ils seront boulangers, pâtissiers, charpentiers, menuisiers, tonneliers, ou exerceront autres métiers et arts auxquels il faut du bois; qu’en cas de partage des maisons usagères, les partageans ne jouiront du droit d’usager que pour un seul feu et manoir, lequel droit sera loti et licité entre eux, ainsi que bon leur semblera ; que défenses très-expresses sont faites aux usagers de vendre le bois provenant de leur usage, à peine d’amende pour la première fois, et de privation pour la seconde. Enfin, les usagers à qui il est assigné des coupes de bois sont déclarés responsables ni plus ni moins que les adjudicataires, par les art. 22 et 25 des ré- glemens des 14 et 25 juin 1602. Ces articles portent : « Enjoignons aux officiers de ne faire délivrance de bois à aucuns usagers , soit pour bâtir ou réparer, chauffage de four ou autrement, sinon à la charge de la rendre bien usée et vidée dans le temps compétent qu’ils pourront leur préfixer, eu égard à la quantité d’icelles, et de demeurer lesdits usagers responsables des délits qui pourront y être commis au son et ouïe de la cognée, suivant l’ordonnance ; et ledit temps de traite et de vidange expiré, de faire faire la reddition des dernières délivrances et perquisition des délits. » La nouvelle jurisprudence a consacré les sages principes adoptés par l’ancienne. Douze arrêts de la cour suprême , du 23 août 1808 ; deux autres des 29 juin et 10 août 1821 , et ceux que nous „ USA avons cités au § 8, ont jugé que, d’après le réglement ci-dessus, on devait appliquer aux communes chargées de l’exploitation de leurs bois d’usages les dispositions de l’ordonnance de 1669, relatives aux adjudicataires. V. ces arrêts au Recueil■ ' On ne doit pas leur permettre d’exploiter elles- mêmes, il faut les assujettir à la règle tracée par l’art. 11 du tit. XXV de l’ordonnance, en exigeant qu’elles aient, comine elles le feraient pour leurs coupes ordinaires, des entrepreneurs d’exploitation qui soient responsables de tous les délits, et soumis aux obligations imposées aux adjudicataires. Mais il serait encore préférable de leur faire délivrer leurs usages sur les coupes ordinaires, ainsi que le prescrivent le réglement du 4 septembre 1601 , et plusieurs autres cités par Saint-Yon, p. 1074. Un arrêt de la cour de cassation, du i 5 fructidor an 10 (a septembre 1802), porte que les usagers qui ne jouissent que de la faculté d’amasser le bois sec commettent un délit lorsqu’ils le coupent. La cour a encore décidé, le i 3 octobre 1809, qu’il y a délit de la part de l’usager ou affouager, lorsqu’il fait trafic des bois qu’il a droit de prendre ou les emploie autrement que pour l’objet à raison duquel ils lui ont été délivrés, cela étant défendu par les ordonnances de 1876, i 388 , art. 3 i ; 1402, art. 3 o , et i 53 q; par les arrêts du conseil de i 6 o 3 et 1770, et par les réglemens des grands-maîtres. V. Affouage. La décision serait la même contre un habitant à qui on aurait délivré dans une coupe communale un plus grand nombre d’arbres que celui dont il aurait eu besoin pour bâtir, si après que l’officier forestier, procédant à la justification de l’emploi, aurait reconnu les arbres restans et fait défense d’en disposer, ce particulier les avait vendus et fait enlever, au mépris de l’opposition et de la saisie qui lui en aurait été déclarée. Bien évidemment il serait passible d’une amende envers l’état, et de dommages-intérêts envers la commune, conformément à un arrêt du conseil, du 21 mai 1739, art. 11. Les usagers auxquels il est accordé, dars les forêts de l’état, des bois de construction pour être exploités à leurs frais, ne peuvent prendre que les piles des arbres délivrés, les branchages et débris devant être vendus au profit du trésor public. Lorsque les arbres délivrés aux usagers sont destinés à être convertis en planches, il leur est défendu d’en donner aucune partie aux propriétaires des scieries pour la refente desdits bois, à peine d’amende et de confiscation des planches indûment retenues : ainsi ordonné par arrêtés des préfets des dé- partetnens de la Haute-Garonne et de l’Arriège. Ces magistrats ont été conduits à cette mesure par la disposition de l’ordonnance de 1669, qui interdit aux usagers, de la manière la plus expresse, tout débit de bois, et par la considération des dilapidations résultantes de l’usage où étaient les propriétaires de scieries d’exiger pour leur salaire la planche du milieu de chacun des roules qu’ils refendaient; ce qui, par rapport aux usagers dans les forêts royales ou communales, rendait leurs délivrances plus considérables, et était, pour les propriétaires de ces usines, une occasion de commettre eux-mêmes des dé- USA 9 65 gradations, en leur procurant une ressource pour couvrir leurs délits. Ces arrêtés ont été confirmés par S. Ex. le ministre des finances, ainsi qu’il résulte de la circulaire de l’Administration des forêts, du 23 pluviôse an i 3 . § i 5 . — Questions diverses sur les droits d’usage. I. Qui de l’usager ou du propriétaire doit supporter les frais de gardes et nommer les gardes forestiers ? Il faut distinguer les forêts royales de celles des particuliers. Cependant il est ici un principe qui leur est commun : s’il est, en général, de stricte équité que celui qui retire des émolumens d’une chose en supporte proportionnellement les charges , ce principe ne peut s’appliquer qu’à ceux qui ont un titre égal, et non à ceux qui jouissent en vertu de conventions particulières. Les droits d’usage sont une servitude imposée sur les fonds d’autrui : l’usager n’est point propriétaire; c’est le titre qui consacre ses droits et qui en règle les charges. Si le propriétaire qui y a consenti n’a point stipulé que les usagers paieraient tout ou partie des frais de garde, ces frais doivent être supportés par lui seul, parce que l’usager , londé à jouir conformément à son titre, ne peut être tenu à d’autres obligations qu’à celles consignées dans ce titre. 11 suit évidemment de ce raisonnement que les usagers, s’ils n’ont jamais payé les gages des gardes, ne peuvent être astreints à contribuer à cette charge, qui en est une naturelle de la propriété. Cependant il ne faut pas que le propriétaire non- seulement soit privé de sa chose , mais encore qu’elle lui soit onéreuse ; et comme la délivrance des usages est toujours subordonnée à la possibilité des forêts, on doit recommander aux agens forestiers de commencer par marquer un certain nombre d’arbres pour être vendus au profit du gouvernement, et les particuliers sont fondés à en faire autant dans leurs bois. ( Décis. du min. des fin., rapportée dans une Circul. de l’Adm., du 12 août 1806, n°. 332 .) C’est donc au gouvernement à nommer et à payer les gardes des bois grevés de droits d’usage, à moins que le titre n’en impose la condition aux usagers ; cependant si ces derniers étaient depus long-temps dans l’usage de payer les gardes, il ne devrait pas y être dérogé. Quant aux particuliers propriétaires de bois où des communes ont des droits d’usage, c’est également à eux à nommer les gardes et à les payer, sauf titre contraire. On doit les contraindre à faire cette nomination, aux termes de la loi du 9 floréal an 1 1 ; s’ils s’y refusent, ce refus sera pris pour un consentement de leur part à ce que les communes usagères nomment les gardes , et rien n’empêchera alors qu’elles ne le fassent. S’ils abusent de leurs bois, il en sera agi contre eux , sur les plaintes des usagers, comme contre tous les propriétaires de bois sujets à des droits d’usage. (Mente Circul. de l’Adm. ) II. Une commune usagère dans les bois de l’état peut-elle être admise à renoncer à l’exercice de son droit, pour se dispenser d’acquitter la redevance établie à raison de ce droit? 9 66 USA Résolu affirmativement par une ordonnance du roi, du 2 avril 1823. III. L’usager dont la maison est assurée conserve- t-il ses droits à la délivrance des bois de marnage nécessaires à la reconstruction de cette maison en cas d’incendie'? Une décision ministérielle, du îo octobre 1823, résout cette question d’une manière affirmative. V. au Recueil. IY. Droits d’usage. — Droits de propriété. — Leur distinction résultant du mode de jouissance et de l’expression des titres. La qualification de bois communaux ne désigne pas toujours des bois dont la propriété appartienne à des communes. Cette expression remplace quelquefois celle-ci : Bois situés sur telle commune. D’où il suit que de ce que d’anciens titres désignent par ces mots : Bois de telle commune, des bois dont cette commune avait l’usage et dont il est prouvé par d’autres titres qu’elle n’ a jamais été propriétaire, il ne résulte pas que ces bois doivent être rendus à la commune , en exécution de l’art. 8 de la loi du 28 août 1792. Ces questions, traitées avec développement dans l’affaire entre la commune de Bourogne et le sieur Barth , se trouvent décidées par un arrêt de la cour de cassation, du 26 brumaire an 11 (16 novembre 1802), que nous avons inséré dans notre Recueil, t. I, p. 6 i 3 . V. L’usage dans une forêt est-il une servitude ou un droit de copropriété ? Nous avons rapporté, dans notre Recueil, t. Il, p. 706, les observations de M. Merlin sur cette question. Ce savant magistrat n’hésite point à déclarer que l’usage dans une forêt ne peut jamais être considéré comme un droit de copropriété , et il cite à l’appui de son opinion plusieurs arrêts de la cour de cassation. Ce droit est donc mis au nombre des servitudes, et si la loi du 28 août 1792 a donné à l’usager la faculté de faire convertir l’usage en un droit de propriété, c’est par une interversion du titre pri mitif et en formant un nouveau contrat; mais jusqu’à cette interversion, l’usage, tant qu’il existe et quelle que soit son étendue, porte un caractère inconciliable avec l’idée de la propriété. VI. Une commune ne peut revendiquer, en vertu de l’art. 8 de la loi du 28 août 1792, un bois qu’elle prouve avoir possédé animo domini, mais sans titre légitime de propriété, et pendant un temps insuffisant à la prescription. Elle ne peut présenter comme une preuve de sa propriété la reconnaissance non causée que son ci- devant seigneur en a faite par un acte extrajudiciaire dans le temps qu’elle jouissait de ce bois comme propriétaire. De ce qu’une commune était anciennement as sujettie à la main - morte, il ne s’ensuit pas que le bois dont elle n’a aujourd’hui que l’usage lui appartenait à cette époque en propriété. Aux termes de l’art. 9 delà loi du 19— 27 septembre 1790, un arrêt du conseil qui avait jugé une question de propriété, en ordonnant un cantonnement, n’est pas nul de plein droit, mais seulement sujet à révision. USA Ces différentes questions se trouvent discutées avec profondeur par le procureur général près la cour de cassation, dans son réquisitoire, sur lequel la cour a statué par son arrêt du 28 brumaire an n (9 novembre 1802), au Recueil, t. I, p. 6 o 5 . VII. Révision de cantonnement. — Application des lois des 19 septembre 1790, 28 août 1792 et 10 juin 1793. Un bois situé sur le territoire d’une commune, et dont elle prouve qu’elle a eu anciennement l’usage, n’est pas pour cela présumé lui appartenir; le ci-devant seigneur qui en a eu la possession comme propriétaire ne peut pas en être évincé, quoiqu’il ne présente pas un titre de légitime acquisition, ( Arr. de la C. de cass., du \\floréal an 10 — 4 mai 1802.) V., au Recueil, cet arrêt et le réquisitoire qui le précède. VIII. Une transaction par laquelle une commune , pour mettre fin à un procès pendant entre elle et son seigneur, sur la propriété d’un bois dont elle avait eu constamment F usage, a consenti que cette propriété fût partagée entre elle et son seigneur, suffit- elle , après qu’une longue possession l’a confirmée, pour faire réintégrer la commune, en vertu de l’art. 8 de la loi du 28 août 1792 , dans la totalité du bois? De simples présomptions , des expressions équivoques insérées dans la transaction , peuvent-elles autoriser P application de cet article à la réclamation de la commune ? Ces deux questions ont été résolues négativement par un arrêt de la cooir de cassation, du 8 messidor an 12, à l’égard des communes de Bellenod et d’O- rigny, département de la Côte-d’Or. Cet arrêt porte que ia cour d’appel de Dijon, en prenant pour base de sa décision (favorable aux communes) une transaction qui n’établissait nullement la preuve de leur ancienne possession, a fait une fausse application de l’art. 8 de la loi du 28 août 1792, qui autorisait les communes à se pourvoir en réintégration des biens et droits qu’elles prétendaient leur avoir été enlevés par la puissance féodale. V. l’arrêt au Recueil. IX. Dans les ci-devant duchés de Lorraine et de Bar, la concession faite à une commune de l’usage d’un bois emportait-elle, à raison du droit de tiers- denier auquel cet usage était assujetti envers le concédant, la translation de la propriété du bois même ? Le cantonnement avait-il lieu dans les ci-devant duchés de Lorraine et de Bar, avant la loi du 28 août 1792 ? Un arrêt de la cour de cassation, du 27 nivôse an 12 (au Recueil ), décide que l’art. 32 du tit. II de la loi du 28 mars 1790, et l’art. 2 de la loi du 28 août 1792 , ayant, relativement aux bois, établi une différence très-marquée entre le droit de propriété et le simple droit d’usage, puisqu’au premier cas elles n’assujettissent dans ces provinces les communautés à aucune sorte de droit, tandis qu’au second elles les soumettent, dans les cas prévus, à un droit de tiers-denier, il n’y a pas lieu d’adjuger aux communes la propriété des bois dans lesquels elles n’ont que le simple usage. X. La disposition de l’ordonnance de 1669, qui supprime les droits d’usage précédemment concédés USA USA aux communes dans les forêts de l’état, n’a point été révoquée par les lois des 28 août 179 3 10 j 11 * 11 1793 ; et ces lois ne peuvent autoriser les communes à réclamer de tels droits, si elles ne sont point portées sur les états arrêtés au conseil. ( Arr. de la C. de cass., des 7.5 germinal an 10 — i 5 avril 1802, 1 prairial an 12 et 17 juillet 1810.) XI. Les communes ne peuvent s’autoriser de la loi du 28 août 1792, pour demander l’annulation de cantonnemens exécutés en faveur d’usagers qui n’étaient pas leurs seigneurs. {Ainsi décidé par un Arr. de la C. de cass., du 17 -vendémiaire an 1 3 — 9 octobre 1804, au Recueil. ) Elles ne peuvent également s’appuyer de la même loi pour revendiquer les portions de leurs bois qui avaient été distraites par droit de triage au profit de leurs seigneurs. {Arr. des 14 et 22 brumaire an i 3 — 5 et j 3 novembre i 8 o 4 -) XII. Les communes qui, sous l’ancien régime , avaient attaqué par la voie de la cassation des arrêts des conseils du roi par lesquels, sur le fondement qu elles étaient simples usagères, des cantonnemens avaient été ordonnés au profit de leurs seigneurs, peuvent-elles suivre cette voie devant la cour de cassation ? Peut-on aujourd’hui casser comme incompêtem- ment rendu un arrêt de l’ancien conseil du roi, qui a ordonné un cantonnement au préjudice d’une commune qui se prétendait propriétaire et qu’il a jugée simple usagère ? En prononçant sur la demande en cassation d’un pareil arrêt, la cour de cassation doit-elle avoir égard aux lois portées depuis 1789 en faveur des communes, ou ne doit-elle considérer que les lois et maximes qui étaient en vigueur à l’époque où il a été rendu ? Avant la révolution, à qui des communes ou des seigneurs était, dans le doute, réputée appartenir la propriété des marais et des terres incultes dans lesquels les premières étaient en possession immémoriale de faire paître leurs bestiaux ? Des titres qui donnent à un ci- devant seigneur la qualité de seigneur très - foncier d’un marais , prouvent-ils que ce seigneur en est propriétaire, à l’exclusion de la commune qui y a fait paître ses bestiaux dans tous les temps ? Ces questions sont discutées dans un plaidoyer prononcé par M. le procureur général près la cour de cassation, le 17 nivôse an i 3 _L’arrêt du même jour qui le termine, décide que^lncien conseil d’état étant en possession de connaître de la matière des cantonnemens, il n’y a pas lieu de revenir sur les arrêts qu’il a prononcés, et, relativement à l’espèce , que l’arrêt attaqué n’ayant point accordé au seigneur plus qu’il ne demandait, l’ancien conseil d’état n’a fait que ce qu’il pouvait faire, et qu'enfin il résulte de l’examen de l’affaire que les communes réclamantes ne pouvaient pas dire qu’elles 11’avaient pas été valablement défendues. V. le plaidoyer et l’arrêt au Recueil, t. II, p. 1. XIII. On ne peut réputer terres vaines et vagues, à l’effet d’y appliquer l’art. 8 ' de la section 4 de la loi du 10 juin 1793, des biens qualifiés de vacans 9*>7 dans des titres très-anciens, mais qui depuis longtemps sont en nature de bois ou de biens productifs. Une commune dont on avait, dans le 16 e . siècle, limité le droit d’usage à une certaine portion de bois, ne peut soutenir que, d’usagère qu’elle était précédemment de cette portion , elle en a été rendue propriétaire par le jugement qui a ordonné de limiter son droit d’usage. ( Arr. de la C. de cass., du 24 mars 1807.) XIV. Les droits de vaine pâture et de panage dont une commune jouit dans le bois d’un particulier, autorisent- ils cette commune à demander le cantonnement ? L’y autorisent-ils si ces droits ne sont que précaires ; ou, si ayant même le caractère de servitude pendant que le fonds reste dans le même état, le propriétaire est le maître de le faire cesser, en faisant des changemens au fonds ? Quid , si les droits de vaine pâture et de pacage ne sont ni purement précaires ni révocables sous une condition entièrement dépendante du propriétaire foncier ? Que faut-il à une commune pour être censée usagère d’un bois ? Ces différentes questions se trouvent discutées dans un plaidoyer de M. Merlin, ancien procureur général près la cour de cassation, et qui précède un arrêt de cette cour, du 29 juillet 1812, inséré dans notre Recueil, t. Il, p. 49 2 - Sur les deux premières questions, ce magistrat observe : Que les droits de vaine pâture et de panage dont une commune jouit dans le bois d’un particulier, n’autorisent pas cette commune à demander le cantonnement, lorsque ces droits sont purement précaires, parce qu’ils ne constituent point en ce cas un droit d’usage, et que la loi n’accorde l’action en cantonnement qu’à l 'usager contre le propriétaire, comme elle ne l’accorde qu’au propriétaire contre l’usager ; Que ces droits n’autorisent pas non plus la demande en cantonnement lorsque, bien qu’ils ne soient pas purement précaires et qu’ils aient le caractère de servitude pendant tout le temps que le fonds qui en est grevé reste dans le même état, le propriétaire est le maître de faire cesser cet état, en remplissant à cette fin une condition écrite dans la loi, en faisant à cette fin à l’état des fonds un changement que la loi lui permet ; Qu’ainsi il ne peut y avoy- lieu à l’action en cantonnement de la part d’un^commune qui n’a dans les bois d’un particulier qu’un de ces droits de vaine pâture qui sont uniquement fondés sur la coutume ou sur la possession , et que le propriétaire peut faire cesser d’un instant à l’autre, soit en défrichant son bois et en le fermant, soit en le fermant sans le défricher ; Qu’à la vérité il est possible que ces droits de vaine pâture aient le caractère de servitude proprement dite, et c’est ce qui a lieu toutes les fois qu’ils se sont établis, nonobstant la contradiction du propriétaire , ou que l’exercice en a été accompagné du paiement d’une redevance; mais que dans ce cas encore le propriétaire peut s’en affranchir, même sans USA 968 indemnité, par la clôture de son fonds , ainsi quMl y est autorisé par la loi du 28 septembre 179t.' Sur la troisième question , M. Merlin observe que si ces droits de vaine pâture et de panage ne sont ni purement précaires, ni révocables sous une condition entièrement dépendante de la volonté du propriétaire foncier, il ne voit pas pourquoi ils ne pourraient pas autoriser la commune à demander le cantonnement. Sur la quatrième question, qui se rattache à la troisième, il établit en principe qu’une commune est usagère dans un bob, quand elle jouit, à perpétuité et irrévocablement, du droit d’y {aire paître ses bestiaux ou d’y mettre ses porcs en panage ; et qu’il n’est pas nécessaire, pour qu’elle soit usagère, u’elle joigne à ces droits celui de prendre du bois ans la même forêt. V., au Recueil, la discussion dont nous ne faisons qu’indiquer le résultat. XV. i°. Le propriétaire d’une forêt assujettie d des droits d’usage peut-il s’en affranchir par une possession contraire, et quelle doit être à cet effet la longueur de sa possession ? 2 0 . A-t-il pu s’en affranchir par cette voie avant P abolition du régime féodal, si ces droits d’usage étaient tenus de lui en fief? 3 °. En cas de contestations sur le fait de la possession contraire aux droits d’usage pendant le temps nécessaire pour en prescrire la libération, est-ce au propriétaire à en faire la preuve directe $ ou les usagers sont-ils tenus de prouver qu’ils ont joui au moins pendant une partie de ce temps ? 4 °. Si les usagers sont chargés de cette preuve, peuvent-ils la faire par témoins ou seulement par titres ? Toutes ces questions sont examinées et résolues par M. Merlin, dans ses Questions de droit, au mot Usage; et nous avons rapporté ses observations dans notre Recueil, t. II, p. 742, en tête d’un arrêt de la cour de cassation, du 26 juin 1818. La première question est résolue affirmativement, attendu que le droit d’usage est une servitude qui s’éteint par le non-usage pendant un temps qui était déterminé par les coutumes, et qui est fixé à 3 o ans par l’art. 706 du Code civil; mais à l’égard des prescriptions de ce genTe, qui ont commencé avant la promulgation du Code, il faut se référer aux règles de l’ancienne jurisprudence. (Art. 2281 du même Code. ) Sur la deuxième question, M. Merlin observe, et la cour de cassation a décidé, par son arrêt du 26 janvier 1818, queue seigneur pouvant, hors le cas de saisie féodale, prescrire les héritages que son vassal tenait de lui, il pouvait, à plus forte raison,, se libérer par la prescription des servitudes, et par conséquent des droits d’usage qu’il avait concédés en fief. Sur la troisième question, le jurisconsulte que nous citons fait la distinction suivante : ou les usagers sont actuellement en possession des droits d’usage que les titres dont ils sont munis constatent leur avoir autrefois appartenu, ou ils n’y sont pas. Dans le premier cas , les usagers n’ont rien à prouvér, d’après la règle ancienne, confirmée par l’art. 2234 du Code civil; dans le second cas, c’est USA à l’usager à prouver la continuation de sa possession , quoique porteur d’un titre constatant qu’il a possédé autrefois très - légitimement, nt cette opinion est fondée sur les art. 2262 et.2263 du Code civil. Sur la quatrième question, celle de savoir si, lorsque les. usagers sont chargés de prouver quhls ont exprçq.je.uçs droits dans les trente dernières années, ils. pe^yept,établir cette preuve par témoins, M. Mqrbn^çjnçptçp, clairement uu’ils ne le peuvent pas, et .sa, démonstration résulte de ce que les droits d'usage dans Içsjorèts, n’ayant jamais pu être exercés qu’après. des délivrances, il est évident que l’usager qui ng possède plus aujourd’hui, n’a d’autre moyen de prouver qu’il a possédé dans les trente dernières années que par la production des actes qui constatent ces délivrances. V., dans notre Recueil, p. 742 et suiv., la discussion importante dont nous énonçons ici les consé.quences, XVI. A qui du seigneur ou de la communauté est censée appartenir la propriété des bois, marais et terres incultes dont celle-ci a l’usage., et quel genre de preuve peut-on faire valoir en cette matière ? Le Répertoire de jurisprudence contient sur cette question les observations suivantes : 11 y a, dit le rédacteur de l’article, sur le premier membre de cettg question, deux systèmes, différens. Salvaing , De Pusage des fiefs, ç. hap. 96, dit que la présomption est pour les habitans , et que le seigneur ne peut la détruire que jiar un titre exprès. Il cite pour garant de son assertion le conseil 1 53 de Cravetta, professeur de droit dans l’université de Grenoble. Ce sentiment est adopté par Houdard. dans son Dictionnaire du droit normand, au mot Communes. « Il faut, dit cet auteur , mettre une différence entre le cas où le seigneur prouve, par des aveux, la concession qu’il a faite à ses vassaux d’un droit d’usage sur les bois ou marais, et celui où les vassaux’jouissent en vertu d’une possession immémoriale sans titre. » Au premier cas, Houdard convient que la propriété du seigneur ne peut souffrir aucun doute ; mais dans le second, dit-il, « la commune est présumée appartenir au roi et avoir précédé l’inféodation des seigneurs, présomption d’où il résulte que le fondataire n’a reçu l’investiture de son fief qu’à la condition de conserver aux vassaux qui en dépendaient l’usage de la commune, et de ne pouvoir y prendre part qie concurremment avec eux. » Les auteurs dt/-ressort du parlement de Provence tiennent un langage bien différent. Saint-Jean, dë C’est ce qui résulte de l’avis que le conseil de préfecture du département de la Manche avait donne , le 9 avril 1807, sur la transaction projetée entre le ci-devant seigneur d’Annoville et la commune d’Ouville. Voici comment il était couçu : cc Le couseil de préfecture du département de in Manche, vu la pétition de M. Michel, maire d’Annoville, dans laquelle il expose qu’il est propriétaire des terrains nommés les landes d’Ouvillc ; que cette dernière commune a toujours joui concurremment avec lui des droits de parcours et pâturage sur ces landes; que les droits respectifs des propriétaires et des usagers n’ont jamais été l’objet d’aucune contestation ; que les délibérations du conseil municipal, en date du 12 fructidor an i 3 et du 14 mai 1806 , l’avis du sous-préfet de Coutances, et la consultation de trois avocats nommés par arrêté de i\I. le préfet, à l’effet d’émettre leurs opinions sur cette affaire, ne laissent aucun doute à cet égard ; que l’arrangement qu’il a fait pour qu’un quart de ces biens lui demeure en toute propriété, déchargé de tous droits et servitudes quelconques, en renonçant à la propriété du reste, est également avantageux pour la commune et pour lui-mèine ; qu’occupé depuis plusieurs années à rendre à l’agriculture des terrains incultes, et une grande partie des landes d’Ouville offrant un sol convenable pour des semis d’arbres forestiers, il se propose il’eni- ployer à cette culture la portion qu’il se réserve d’une propriété qui est demeurée jusqu’à présent sans valeur ; que les travaux qu’il a terminés dans la commune d’Ouville présentent des vues plus él - vées que les calculs de l’intérêt particulier ; de pareils défrichemens étant rarement propres à augmenter la fortune de ceux qui se livrent à ce genre d’occupation ; pour quoi il demande cpie M. le préfet autorise les commissaires nommés par le conseil municipal d’Ouvilie à fixer provisoirement la partie des landes situées dans cette commune qui lai sera réservée , afin que le procès-verbal de cette op - ration, ainsi que les arrêtés de ce conseil, soient USA USA soumis en même temps à la sanction du gouvernement. » Vu la consultation des avocats nommés par arrêté de M. le préfet, dn 18 mai dernier; les avis du sous-préfet de Coutances; les nouvelles obsèrva- tions de M. Michel d’Annoville, avec les titres au nombre de dix-sept pièces, produits en exécution de l’arrêté du consèil de prêfêct'n're',’ du 2 mars 1807 ; " ‘ t -■!' « Vu la lettre du ministre de l’intérieur-adressée à M. Michel, le 28 frimaire an -12, portait que Son Excellence a voulu lui donner irrt gage de sa satisfaction pour les défrichemens qû’il à entWîpris et terminés, en lui faisant remettre par M. le préfet une médaille d’argent, que le gouvernement fait distribuer par forme d’encouragement à ceux qui se distinguent dans les arts utiles ; » Considérant qu’il résulte des anciennes reconnaissances , deà délibérations et requêtes des habi- tans d’Ouville, ainsi que de nouveaux arrêtés pris par le conseil municipal de cette commune, què le sieur .Michel d’Annoville est propriétaire des landes dont il s’agit, et que lesdits habitons n’ont jamais eu sur ces biens que des droits d’usage ; qu’à défaut de titres primordiaux , que le laps de temps ou peut- être des changement survenus dans les familles des propriétaires de ces biens ont fait disparaître , les pièces produites par le réclamant et par la commune établissent süffisamment leurs droits respectifs; que l’arrangement fait entré les parties, loin d’être préjudiciable pour la commune, doit au contraire augmenter ses revenus, en lui transmettant un droit ■le propriété sans lequel elle n’aurait pu , pour ainsi dire , tirer aucun parti de ses droits d’usage, puisqu’il est notoire que les landes d’Ouville, dans leur état actuel, sont presque de nulle valeur; » Considérant que les ouvrages que le sieur Michel a déjà fait exécuter pour le défrichement de plusieurs marais situés dans la commune d’Annoville, Hauteville, l’Ingreville et Mont-Martin-sur- Mer, sont des témoignages non équivoques de son désintéressement et du zèle qu’il mettra à exécuter les nouveaux travaux qu’il se propose d’entreprendre pour l’avantage du pays et pour le bien de l’agriculture ; » Estime qu’il y a lieu d’approuver l’arrangement fait entre le sieur Michel d’Annoville et les habitans de la commune d’Ouville, tel qu’il a été arrêté, rédigé et signé au conseil municipal, les 12 fructidor an i 3 et 14 mai 1806; arrête en outre que la pétition du sieur Michel, ainsi que tontes les pièces y jointes, seront transmises à S. Ex. le ministre de l’intérieur, pour être statué définitivement. x> < Pourquoi, dit M. Alerlin , après avoir rapporté cet avis, le conseil d’état ne l’a-t-il pas adopté? Parce que, ajoute -t- il, il s’agissait de landes, de bruyères , de terres vaines et vagues ; parce que ces sortes de biens sont, suivant l’art. 9 de la loi du 28 août 1792, censées appartenir aux communes, à moins que les d-devant seigneurs n’en représentent un titre légitime d’acquisition ; parce que l’exception qui limitait cet article en faveur des ci-devant seigneurs qui auraient possédé ces sortes de biens 07 1 pendant 4o ans, a été abrogée par l’art. 8 de la section 4 de la loi du 10 juin >793. » Mais sans doute le conseil d’état n’aurait pas hésité à reconnaître la propriété du ci-devant seigneur d’Annoville, s’il se fût agi de biens productifs. s) A l’appui de cette opinion, l’auteur rapporte un arrêt de la cour de cassation, du 12 mai i8i3, rendu à l’occasion du partage que les habitans de la commune de Magny - le - Freule avaient fait entre eux de la bruyère de ce lieu , par suite de la loi du 10 juin 1793, et contre lequel le sieur Robert, ci- devant seigneur de Magny, s’était pourvu par le motif que ses auteurs avaient toujours eu la bruyère en question, ainsi qu’il résultait de titres qui remontaient à > 586 . Entre autres moyens employés par le sieur Robert contre l’arrêt qui avait confirmé la commune dans la propriété de ces bruyères, il observait qu’il y avait ouverture à cassation pour violation des lois de 1792 et 1798', en ce qu’il s’agissait au procès d’un terrain qui était en partie productif au 4 août 1789, et dont les défendeurs n’avaient pas suffisamment justifié avoir eu l’ancienne possession. Un remarque dans les considérons de l’arrêt de la cour de cassation que, pour rentrer dans l’application de l’art. 8 de la loi du 28 août' 1792, les communes doivent justifier qu’elles ont anciennement possédé ; et cjue, pour rentrer dans celle de l’art. i er . de la section 4 de la loi du 10 juin 1793, il doit être justifié que le terrain que les communes se sont partagé, était vain et vague au 4 août 1789 ; et que la cour de Caen, qui avait rendu l’arrêt en faveur de la commune, n’avait pas positivement reconnu et déclaré cette ancienne possession de la commune de Magny. XVII « Aujourd’hui comme sous l’ancien régime , dit encore M. Merlin, lorsque les titres ou la possession, dans les cas où les lois des 38 août 1792 et la juin 1 yqi en reconnaissent la -validité, restreignent une commune à la qualité d’usagère, cette lommune ne peut rien prétendre au-delà. » La commune de Brunemont se prétendait propriétaire d’un marais situé hors de son territoire et dans celui d’Arleux, et sur lequel cependant le titre en vertu duquel elle réclamait ne lui accordai! qu’un droit de paisson ; elle se fondait sur une clause de ce titre, par laquelle le seigneur d’Arleux, de qui elle tenait sa concession, s’était uniquement réservé la hauteur et prééminence èsdits marais, et d’y pouvoir planter jusqu’ à deux routes et non plus , ainsi qu’à haut-justicier appartient. Far celte clause, disaient les habitans de Brunemont, le seigneur ne s’est réservé que la directe des marais; il en a donc abandonné la propriété utile. » Aon (répondait M. Alerlin pour la princesse de Berglies, agissant tant comme dame d’Arleux que comme cessionnaire des droits de la commune d’Arleux elle-même), le titre dont vous vous prévalez ne vous accorde qu’uu droit d’usage; il ne vous a donc pas rendue propriétaire : la réserve de la seigneurie ne peut pas seule opérer une translation de propriété. Ce n’estpoint par des conjectures qu’on parviendra à étendre au-delà de ses termes précis la simple concession d’un usage. * 122 97 J USA USA » Ces raisons l’out emporté sm les sophismes 4 e la commune de Brunemont ; et par arrêt du 20 juillet f779, au rapport de M. Rem y Des jardins, le parlement de Flandre a adjugé à tja, princesse de Berghes tous les droits qu’elle réclamait çomme propriétaire des marais dont il s’agit* ' » l/n ^utjre argument de l,a commune de Brune- mont, dans cettè affaire, était de dire que la concession de l’usage, d’un marais en emportait la propriété , parce. qu’autrefois, suivant elle, bempt usage était.indifféremment employé pour désignes- l’usu- Injjt.et la propriété. », Ce moyen n’a pas fait plus d’impression que le précédent , et en effet il n’en devait faire aucune. » A-t-il été un temps où les dénominations con- iondues, où les mots n’étaient pas faits pour représenter,les idées, où le style des actes était un piège pour,les siècles futurs? Non, cette espèce de chaos n’a.pxisté dans aucun temps; les dénominations ont tpujours.été prises dans la nature des choses, et jamais la même expression n’a été employée pour désigner deux .objets absolument contradictoires. L’usage n’a dpnc jamais, été confondu avec la propriété. Il ne faut, pour s’en convaincre, que jeter les yeux sur les monuinens qui nous restent des temps les plus •reculés. « Dans la célèbre ordonnance de 1280, 011 lit : Auo: usagers dans les forêts du roi seront faites livrées.,... à concurrence de ce qui leur sera nécessaire pour leur usage. L’usage, suivant cette ordonnance, est modifié selon les besoins de l’usager : l’usage était donc , dès-lors, bien distingué de la propriété; car la propriété ne reçoit jamais de pareilles modifications. » On retrouve la même précision dans toutes les ordonnances sur les eaux et forêts. Qu’on les parcoure, on verra dans toutes que la signification du mot usage n’a jamais varié ; que jamais on ne s’en est ser.vi pour désigner la propriété. » U .ne sera pas possible d’en douter, si l’on jette un coup-d’œil sur tes différentes coutumes. Celle de -Nivernais en renferme la démonstration. L’art. 21 du titfe JJ es bois porte : « Le seigneur proprié- » taire .peut vendre. de son bois usager, à la » charge dudit usage. « Voilà bien l’usage mis en opposition avep la propriété; on ne peut rien concevoir de plus décisif. « Tous les auteurs qui ont écrit sur cette matière nous offrent la même distinction entre l’usage et la propriété. » Tant qu’il porte la qualité cT usager , dit Coquille, il ne peut acquérir droit de propriétaire, » Boucher, chap. LX 1 I, n°. 3 i, s’exprime sur ce point d’une manière non moins énergique : « Ée » mot d’usage , dit ce magistrat, ne convient point « aux héritages que. nous appelons communaux , « et que les habitonspossèdent en propriété ; il n’est » applicable qu’au droit qu’on a sur le fonds d’au- » trui , suivant li règle res sua nemini servit. » XVIII. Lorsque les marais ou les terres incultes appartiennent à un particulier, l’usage dont ils sont grevés envers la commune peut-il empêcher le propriétaire de les défricher et de les mettre en •valeur ? " J’ai, dit M. Merlin, soutenu la négative dans le procès jugé au parlement de Flandre par l’arrêt du 20 juillet > 7_79, qui ést cité dans le paragraphe précédent, . , » Le fait était simple- Far transaction du 3 o mai 16 j 5 pie vicomte d’Arleux avait permis, consenti et Qcçdrdé que les habitons de Brunemont pourraient.' librement H sans contredit, de ce jour eu avfintj jierp^iuellerrtêni ht à toujours, envoyer paître leurs 'bestiaux ,à%rts‘ tes murais d’Arleux, aussi avant ‘èt fn aussi granÆè 'étendue qu’ils faisaient avant le procès. En recfnnàisSance de quoi, ceux de Brunemont! avaient promis 1 de payer par chacun mé- naçe présent et à venir, audit seigneur cPArleux, par chacun an ,la somme de 10 patards. » En 1779., la princesse de Berghes, vicomtesse d’Arleux, déterminée à défricher ses marais, se pourvoit contre la commune de Brunemont, et demandé que les habitatis soient déclarés déchus de leur usage, et subsidiairement qu’ils soient cantonnés. » Voiciyce. que je disais à l’appui de ses conclusions principalés : » 11 est vrai que la transaction de t 6 i 5 a -donné aux habïtans de Brunemont une servitude véritable sur les marais litigieux 5 mais résulte-t-il de là que la princesse de Berghes' ne peut pas les en priver par le défrichement de tes inêmès mirais? 11 faut convenir que l’affirmative se présente, àli'premier abord, sous une apparence très-spécieuse. Les lois romain^ semblent m^ttée en 1 principe que le propriétaire d’fin fonds sérvant ne peut jamais y rien taire qui gêne l’exercice delà servitude. La loi 5 , C., De servitutibus, porte que celui dont la maison est assujettie à la servitude altiùs non tollendi, doit être contraint de démolir tout ce qu’il a construit au préjudice de cet assujettissement. La loi 7 du même titre défend de détourner le cours d’une eau quœ ex veiere more atque observatione, per certa ioca profluens, utilitatem certis fundis, irrigandi causa, exhibet. Un autre texte (loi 1 3 , § 1 , D. , Communia preediorum) semble dire que celui qui a le droit de tirer des pierres du fonds d’un autre , ne peut en être empêché par la seule raison que celui-ci aurait besoin de son champ. Enfin on rapporte , d’après Bouhier, chap. XXIV, n°. 74 ) ^ es arrêts du parlement de Dijon, des 5 juillet i 53 o, 6 février 1622, 9 février 1626, 10 niai i 556 et 2mars 1715, par lesquels il a été jugé que des propriétaires de bois ne pouvaient les essarter ni les mettre en culture au préjudice des usagers, qui avaient le droit d’y prendre de quoi se chauffer et bâlir. » Toutes ces décisions semblent former une barrière insurmontable contre la demande de la princesse- de Berghes; mais né faut-il pas mettre une différence entre les servitudes qu’elles ont pour objet et celles dont il s’agit ici? Celui qui s’est interdit la faculté d’élever sa maison au-dessus d’une certàiue hauteur; celui qUi à donné à son voisin le droit de conduire dans 'son champ des eaux qui prennent leur source dans le lien ; celui qui a renoncé en faveur d"un étranger à l’exploitation d’une carrière de pierres qui lui appartient; celui quia accordé à une communauté d’habitans le droit de USA USA prendre, dans une forêt dont il est propriétaire, tout le bois dont elle aurait besoin pour se chauffer et pour bâtir : toutes ces personnes savaient, en accordant les servitudes dont on yi^nt de parler, qu'elles diminuaient les droits .et |gs avantages de leur propriété ; elles connaissaient toute retendue des concessions qu’elles faisaiçn^ elles se ^onfc donc privées du droit de les intçnmfttr •üànU'ja ,suiljè.paj quelque innovation que ce lut. et c’est yralibent î ,1 T , , “ ' A , l'IBnii l, -\\t leur egard qu on peut dire.: (£"oa femej pïqcuit^ ampliùs displicere non pojtest. ., . . ,. j . 33 Mais un seigneur qui a.dpnnéqu laissé prendre un droit de paisson sur des terres destinées çn apparence à demeurer éternellement eii.mcne, croyait r il, eu établissant ou en tolérant une servitude dé cette espèce, renoncer au droit que lt|i donnai^; la nature de faire valoir son bien? Jintenddit^il condamner ses successeurs à laisser dans une perpétuelle,juertie^la propriété qu’il leur transmettrait? Ses concessionnaires eux-memes pouvaient-ils avoir l’idée d’un droifaussi exorbitant? Aur-aiept - ils osé seulement lui en faire la demande ? Avec quelle indignation ne les aurait-il pas rcpouçsés, s’ils étaient venus lui dire : «Il y aura un temps où le 33 géqiq, secondé par des rois bienfaisans , trouvera 33 le moyeu de. tirer des richesp.es immenses du sein 33 de çcs terre? ingrates qui né .produisent aujour- 33 d’hui qu’une herbe faible pt languissante j accor- 33 dez-^ousjo droit de faire çnlever cptte herbe par 33 nos bestiaux, nous vous,en paierons une reae- 3) vance plus honorifique qu’utile , pt quand le nio- 33 ment de tirer parti de votre propriété sera venu , 33 nous vous opposerons vos bienfaits comme un obs- 33 tacle au défrichement que vous youdrez faire. » On sent combien une pareille proposition.aurait révolté le seigneur, combien même elle était éloignée de l’intention des usagers. D’aprèis cela, s’il est vrai qu’011 ne doit pas donner à un contrat plus d’étendue que les parties n’ont voulu lui en donner; s’il est vrai que actus ultra intentiojiem agentium operari non debent, ne doit-on pas restreindre le droit de paissondontil s’agit au tempsoù il plaira au seigneur^ de laisser ses terres en friche ; et ne serait-ce pas une injustice criante de maintenir encore ce droit, de lui conserver tout son effet dans un temps où le seigneur veut mettre son bieu en culture? 33 Ce n’est pas un nouveau système que nous proposons ici; c’est un sentiment adopté par des auteurs protonds, pt .confirmé par des arrêts solennels. 33 Capibiius (pratic . quivst. super gravant. Baron., t. II, p. 7 5 ), pt après lui Eo-warius (De grayami- nibus vassallorum, t. I, gravamen 36 , n. 1 3 ), auteurs allemands, soutiennent formellement que l’usage auquel un marais est asservi ne peut Jamais en empêcher le défrichement, par la raison que le seigneur n’est censé l’avoir accordé que pour le temps où il ne jugerait pas à propos de tirer avantage de sa propriété : Baronem posse reducere ad culturam bona sua jeudalia, tjuœ semper tenuitpro pascuis , licet in eis cives soluerint itabere ZJsutn , dicens, Usus quem.habent cives in dominalibus syl- vis concessionem interpfetari, rtbtts in eodem statu pcrm a n en tib us y et quàd prœvalere debeat jus vro- prietatis simpliçi commoditati Usûs, quia cà usus 97 3 concessus quotisque dominas utatur re sua ad eum statuai in quo est nunc destinata. Undè in kujus- modi casu cessabitgravamen, si id faciant Barones. Ce? auteurs limitent, comme on le yoit très-clairement', le 1 droit dé paisson accorrdé snr un marais au temps où t'e marais restera en friche: Eô Usuidon- cessus.auÿ dominai utatur re sud. » Lievést ràppottè un arrêt du parlement dé Paris qui à confirmé cette doctrine dé la maniéré la plus précise 1 , te priéiir de Saînl-Sauvenr de Meaux, dit- 11 , vSulait détVlfclr'èr' quelques terres' qn’H avait auprès dé lallOchétte : les habitans s’y opposaient, sur le fondement d’un droit de paissou. qu’ils efxfer- câiént sur ces terres depuis un teifips immémorial. (Un autre idrfeur assure même qu’elles avaient été âonnéès par le roi au prieur de Meaux, d la charge qu’il ne pourrait se clorre ni fermer, pour que les iiàbitans de la Rochette pussent, suivant F ancienne coutume, y faire paitre leurs bestiaux èn tout tèmpsj) Par f’arrêt qui intervint sur cette contestation, il fut'permis au prieur de convertir ses terres éfi culture ; il lui fut fait défense , au cas qu’il ne Và'ùlAt pas les défricher, de les mettre en réserve pôuf'sès propres bestiaux : Determinatum fuit quàd priifr poterat ipsam terram redigere ad agriculture m, stagnant vcl -vîneas ibidem facere, non tamen ipsam poterat claudere pro bosco nutriendo t elpastfiragio sibi proprio faciendo ; quin îpsi homines, quandà tpsa terra erit vacua, habeant suum pastaragium in eâdem. Voilà bien le cas où le seigneur laissé ses terres à l’usage de paisson, distingué très-précisément de celui où il veut les mettre en culture : dans le premier le droit d’usage est jugé irrévocable, dans le second il s’éteint dé lui-même; on ne peut rien de plus clair. 33 Bouhier, chap. LXII, n°. 72, établit nettement qu’il faut mettre une différence, relativement à la faculté de défricher, entre le droit de paisson et celui de couper du bois dans une forêt pour ibh usage. Il propose la question que nous agitons 'ici, et après avoir rapporté, d’après Chopin, Dtdomanio, liv. I, tit. XIV, n°. 3 , un très-ancien arrêt du parlement de Paris , par lequel il avait jugé qu’il n’était point dû d’iridènmité aiix usagers d’une forêt de l’état anéantie par différentes jietiteS'vefntfe's que les rois en avaient successivement faites 1 , il ajoute : « Quoi qu’il en soit, nbs anciennes coutumes de 33 Bourgogne avaient sagement pourvu à dejix cas 33 différens où cette difficulté peut se représenter; 33' car, par un de leurs articles(le 271 e .)', il était >3 porté que qui a vaine pâture en un bien , li sire 33 du lieu peut bien audit bois faire estang ou gai- 33 giiiagé, sans congié de ceux qui y ont te pâtu- 33 rage ; et dans un autre article (le 164 e . ), il était 33 dit que qui a usage en un bois , li sire ne le pèut 33 vénare, se il ne laisse ou li autres puisiertt ïiser 33 convenablement. Telle est la jurisprudence' qui a 33 toujours éu lieu en notre parlement; on en jugera 33 par les arrêts que je vais rapporter. Par un pre- 33 mler, qui fut rendu au rapport de M. Remopd ^ 33 le j 6 mal i 56 i ,1a cour confirma une sentence 33 du Iieuténant àu bailliage de Dijon , qiu avait 33 maintenu et gardé' précisément et défimtrvément 33' le cardinal dè Givry, en qualité de prieùt de USA USA 974 » Saint-Léger, en la possession d’avoir pu donner >3 11 o arpens de bois, dans lesquels les habitans! » d’Jistevaux avaient droit de vain pâturage, à cer- » tain particulier pour les essarter et mettre en cul- 33 ture et labourage, sauf auxdits habitans le droit, » de vain pâturage dans ces 110 arpens. n Ce magistrat rapporte ensuite les cinq arrêts cités plus haut, qui, mis eu opposition avec le premier, confirment la distinction qu’il propose entre le droit de paisson et celui de couper du bois dans une forêt. 33 tiette distinction a encorç été adoptée par plusieurs autres arrêts. Écoutons Dunod dans sqn J'raité des prescriptions : a On peut changer la na- 33 ture de son fonds, comme d’un bois en faire des >i prés ou des champs, nonobstant le vain pâturage 33 de la communauté du lieu : le parlement de Be- )i sançon l’a ainsi jugé, le 3 février t6o6, entre le 3 j seigneur et les habitans de Rapt. On pourrait si môme, faire ce changement quand il y aurait une v servitude établie , pourvu qu’on ne la détruisit >3 pas. quoiqu’on y apportât d’ailleurs quelque di- 33 minution. Ainsi, par arrêt rendu à la Tournelle, 33 au rapport de M. Tinseau, le 3 i juillet 1726 , il 33 a été jugé que M. de Beaufremont avait pu, non- 33 obstant une servitude de vain pâturage due aux 33 habitans de Guyons , convertir une forêt en 33 champs, en prés, et lever les seconds fruits des 33 près quand ils seraient mis en ban. 33 33 Voilà le parlement de Besançon d’accord avec ■ elui de Dijon : l’un et l’autre jugent que la servitude de paisson ne doit point empêcher le défrichement, sauf aux habitans à exercer leur droit sur les Hteules après la récolte, et ces décisions sont adoptées par deux jurisconsultes célèbres. Quels préjugés pour la princesse de Berghes! La jurisprudence de la cour lui en fournira de plus puissans encore. 33 Le sieur Remi, seigneur de Cantin, ayant remarqué que le mont dit de la Prayelle était susceptible de culture, en fit environner de fossés une partie, pour en faire une pépinière d’arbres; et sur les troubles qu’il éprouva de la part des habitans qui y avaient un droit de paisson , il se pourvut à la gouvernance de Douay, où il obtint, le t 1 juillet 1730, une sentence qui le maintint et garda dans le droit de jouir de tous les fruits du mont de la Prayelle et d’autres terrains qu’il y avait défrichés, et condamna les habitans à la réparation du trouble et aux dommages et intérêts. Cette sentence fut d’abord infirmée par un arrêt du 12 juillet 1742; mais cet arrêt fut lui-même réformé par un autre rendu en révision, le 19 juillet 1745, qui ordonna l'exécution du jugement de la gouvernance, et fut ensuite confirmé au conseil d’état par arrêts des 1-1 juillet 1746 et 20 août 1763. 33 Les habitans de Cantin se prévalaient d’une' possession immémoriale, et d’une sentence de la gouvernance du 24 mars i 568 , qui avait ordonné au seigneur de .laisser les terrains litigieux à l’usage de riez et pâturage commun, pour par lesdits merlans et habitans pouvoir y mener paître leurs bestiaux quand bon leur semblerait, selon qu’ils avaient fait de tout temps auparavant. Cette sentence, passée en chose jugée et suivie d’une possession constante de la part des babitans , formait certainement un titre aussi sacré que la transaction de i 6 i 5 , invoquée ici par la communauté de Brune- mont. Les babitans de Cantin en inféraient qu’ils avaient une servitude proprement dite sur le terrain contentieux , et c’est ce qui avait motivé l’arrêt rendu en leur faveur; niais comme und servitude de pâturage ne peut jàmàîs faire obstacle au défrichement, la toùt,' assemblée en révision, a anéanti l’arrêt qui avait motivé le système contraire, et sa décisiôfip attaquée d’abbtd par quatre particuliers, ensuite pàr la coinm'nàiàtité en corps, a emporté- deux foi à tttuè' leé sWffrag'és des réformateurs suprêmes de la justice. 33 C’est en faisant valoir l’autorité d’un arrêt aussi respectable que ld sieur Dubuisson en a obtenu un, le a juillet 1776 ,'aii rappbrt de M. Ofarel, qui reçoit encore ici l’Application la plus juste. >3 Ce seigneur jtossédait à Sàrtès-Razières un bois dit marais à qiiesne y dans lequel leS habitans vassaux de l’abbaye de Saint-Amand avaient un droit d’usage fondé suif tifie'Côntiession' dé Jean de Lan- das, l’un des auteurs du sieur Dubuisson, conçue en ces ternies -. l Nam 4 ’olojfieri tam prœsentibus quant futuris, quàd homines Sancti Amandi consuètudi- nem pascuee in perpetnum habebutrt in syhü de la Roziôre, quarn àcceptiin feuehim ab àbbatia Sàncti Amandi. Cette concession portait cettàîrèihent tous les caractères d’uriè servitude de' paisson 'fcèhsuetu- dintm pnscuœ in perpetuum habebutit; cependant l’arrêt cité a jugé qu’ellè né pouvait pas empêcher le sieur Dubuisson de mettre stiiibien en culture, et a fait défense aux habitans dé le troubler dans la perception des fruits qui en naîtraient. 33 Voilà donc deux arrêts de la cour , et trois des parlemens de Paris, de Dijon et de Resançon, qui déclarent des Servitudes de paisson éteintês par le défrichement dei terres qui y étaient assujetties. D’après cela, quelle difficulté y aurait-il de prononcer l’extinction de celle que réclament ici les habitans de Brunemont? >3 Tels sont, ajoute M. Merlin, les nioveiis que j’employais pour justifier les conclusions principales delà princesse de Berghes; ils n’ont pas eu le même succès que ceux qui appuyaient ses conclusions subordonnées : l’arrêt a ordonné le cantonnement, et mis hors de cour sur la demande en déchéance. Plusieurs juges m’ont dit que cètte demande n’aurait souffert aucune difficulté, si l’usage n’eût 1 pas été établi par une transaction sur procès et à titre onéreux ; encore ont-ils ajouté qu’elle auràit pu être adoptée dans toute son étendue, si la prineesse de Berghes, par ses conclusions subsidiaires , n’eût pas fourni à la cour un moyen de concilier les droits de la propriété avec les intérêts d’une communauté usagère, qui ne laissait pis que de mériter une certaine faveur. 33 M. Merlin observe qne la question a encore été jugée de même depuis la loi du >>8 septembre 1791, sur la police rurale. V. Vaine pâture. XIX. La délivrance faite à des usagers par une ancienne transaction, d’une certaine portion de forêt pour leurs droits d’usage y I sous la réserve du DROIT DE STEUniE , DES AMENDES, RENTES, FORFAITURES, CONFISCATION F.T AUTRES DROITS SIEVRIAVX, USA USA 97 $ suppose-t-elle la translation de la propriété de cette portion aux usagers, ou supposc-t-elle au.contraire la rétention de la propriété dans les mains du propriétaire de la foret ? ,.. ■ , Quel est,,gn un mot, dans les anciens titres, le sens propre dc çes mots MECK et ? . . Désignent-ils, l’un le propriétaire Jbncfer, l’autre la propriété foncière', ou sonfifls. yij.qfiiyeieA çfiTSEï- GXEva, de >, , . . h. ' Y., sur ces questions, la discussj^i*] qui précède un arrêt de la cour de cassation., du 27 octobre 1807, dans le Rêpert. de.juràspr., an nioténeuA 11 s’agit d’une transaction passée, en t 55 i, entra l’abbaye de Saint-Ouen, à Rouen, dix-sept communes usagères dans la forêt dite 1<1 Verte-Forét, par laquelle 900 acres de cette forêt furent abandonnés à celles-ci pouf leurs usages, avec la réserve, en-faveur des religieux , du droit de sieuria, amendes, rentes, forfaitures, confiscation autres droits sieuriaux. , . , ' ' , La cour d’appel de Rouçn avait considéré, dans son arrêt du 27 messidor an 12que. les,fnot6 sieu- rie et droits sieuriaux signifiaient ponr le seigneur, seigneurie,, droits seigneuriaux , le domaine direct et se? effets i, que pour celui qçi r ,n’étant pas seigneur, fieijfait, baillait à rente, sans se-.rien réserver du pfudoit utile ,ils signifiaient ce domaine fictif, ce dopiaine. de regard et de surveillance;,ce droit rél-persécutpire qjtft lui donuait-sur le fonds la qualité de, créancier ioncier ; cju’aiusi lep abbés et religieux de Saiut-üuen avaient originairement, ou inféodé comme seigqeur, ou baillé à rente comme propriétaires; que, dans le premier cas , par l’effet de leur réserve, ils ont conservé la seigneurie ou domaine dirept; que, dans le Nçcond, ils ont conservé le droit qu’a tout créancier foncier sur l’objet affecté à sa rente, mais que , dans l’un connue dans l’autre, la superficie dû, sol, dont le produit entier était, sans aucune restriction, sans aucune réserve, abandonné aux habituas à charge de rente et conséquemment à titre onéreux, est devenue leur chose, leur propriété exclusive; que, sous l’un et l’autre rapport, la réserve des religieux, bornée et limitée à la sieurie et droits sieuriaux, suppose nécessairement l’abandon de la propriété utile. Mais cette opinion fut combattue par l’Administration des forets ; par M. le préfet du département de la Seine-Inférieure, dans les mémoires fournis à l’appui de la demande en cassation de l’arrêt de la cour d’appel de Rouen 7 et en^dernier lieu, par M. le procureur géuéral près la cour de cassation, dans le plaidoyer fort étendu qu’il prononça dans cette af-i faire, à l’audience de la section des requête?, le 3 mars 1806. Ce magistrat considère.d’abord qu'avant la tran-j saction de i 55 i les communes n’étaient qu’usa- gères ; qu’à cette époque, quand on voulait faire cesser , dans une certaine perde d’un bois , l’exercice des droits qu,e les vsagërs avaient sur l’univer- sa lité , ce n’était point Cantonnement, mais par aménagement ou réserve que l’on procédait pour arriver à ce but; que, le i 5 féviier i 546 , François I er . adressa au premier de ses conseillers, à Rouen , des lettres-patentes expositives que le cardinal de Lorraine, abbe de Saint-Ouen et de Fécamp , lui avait remontré que les habltans circonvoisins de plusieurs forêts .dépendant de ces deux abbayes, sous prétexte de droit d’usage, y faisaient des coupes excessives; que, par ces lettres-patentes, le roi avait chargé son conseiller de réduire, modérer et limiter selon les ordonnances, les droits fondés en titres; qu’il est évident qued’objet de ces lettres-patentes était non pas d’intervertir le titre des usagers, de substituer dans lemr personne un droit de propriété à un droit d’usage, de faire ce qu’un siècle et demi après on a appelé cantonnement, mais de réduire, modérer et limiter icclui droit d’usage selon les ordonnances, c’est-à-dire selon lë mode prescrit pour la première fois par Fhilippe-le-Hardi en 1280, et constamment observé depuis; mais de faire un simple aménagement; mais de soustraire, par une simple réserve, une- portion des bois à l’usage des habitons circon- vaifins f mais, en un mot, délaisser les usagers dans leur état d^usagers et de borner l’exercice de leurs droits ; que l’opération'n’ayant pas été faite, les lettres-patentes furent renouvelées le 19 octobre i 55 i; que, par la transaction qui s’en est suivie, il est accordé aux habitans ,pour fournir les droitures par eux prétendues à ladite forêt, le nombre de 908 acres de bois de ladite forêt , pour en jouir, par lesdits usagers et leurs successeurs, exempts du chauffage dudit sieur abbé et religieux, franches ventes et autres ventes extraordinaires, par réservation expresse faite par ledit révérendissime cardinal, du droit de sieurie, amendes, forfaitures et autres droits sieuriaux , sur ledit nombre de 908 acres délivrés auxdits habitans dessus nommés , pour leurs droits de leurs coutumes et usages, tout ainsi comme ils faisaient en précédent. M. le procureur général examine les expressions de cette transaction, et il en tire la conclusion que les habitans ne doivent jouir des 908 acres que comme usagers. Passant ensuite à l’examen des droits réservés par les mots sieurie et droits sieuriaux , il raisonne d’abord dans la supposition que ces mots soient synonymes de seigneurie et droits seigneuriaux ; et, malgré cette supposition, il ne peut y voir l’exclusion du droit de propriété pour i’abbaye, parce que les 908 acres n’ont été délivrés qu’à titre d’usage , et les droits réservés 11e s’appliquent qu’à l’usage et non à la propriété ; et à l’appui de cette opinion, il cite un arrêt du 23 septembre 1 58 1 , qui, en restreignant le droit d’usage de la commune-de Bourberain à une portion de la forêt de Velours , a déclaré que , dans cotte portion, le seigneur ne pourrait dorénavant prétendre autre chose, fors la propriété nue, avec la chasse, justice, amendes, forfaitures et confiscation ■ De ces faits et raisonnemens, comme aussi d’un autre arrêt du 19 juillet i 65 y , qui avait déclaré formellement que des usagers 11e pourraient prétendie à aucun droit de propriété dans la moitié d’une forêt à eux adjugée pour leur usage, il conclut que la réserve stipulée par la transaction de i 55 i ne suppose pas l’aliénation de la propriété des 908 acres de bois accordés aux communes dont il s’agit. Mais il est loin de croire que ces mots sieurie et USA 97 6 droits sieuriaitx soient synonymes de seigneurie et droits seigneuriaux. Il cite Loyseau, qui écrivait dans un temps assez rapproché de la transaction de 1 55 1, et qui nous apprend que, dans ce temps-là même, on employait encore le mot sieur pour désigner un propriétaire, et que le mot sieurie l’avait été jusqu’alors pour désigner la simple propriété. Cet auteur distingue la signification du mot seigneur d’avec celle du mot sieur : le premier signifie autorité et supériorité, et le mot sieur emporte l’idée de la propriété. M. le procureur général ajoute que les possesseurs de simples fiefs qui n’avaient ni mouvance ni censive, et auxquels par conséquent n’était attachée aucune espèce de puissance publique, ne pouvaient pas se dire seigneurs, mais seulement sieurs, et il cite des arrêts de 1639 et 1649, qui firent défense à des personnes de cette qualité de s’appeler seigneurs , et leur permirent seulement de s’appeler sieurs de tel endroit. a De tout cela , dit-il, il résulte bien clairement que, dans la transaction de i 55 i et le jugement de 1 552 , l’abbé de Saint-Ouen et ses religieux, en se réservant la sieurie sur les 908 acres de bois dont ils ont abandonné l’usage aux dix-sept communes, loin d’en aliéner la propriété, l’ont au contraire retenue de la manière la plus expresse. » Nous ne poursuivrons pas plus loin l’analyse du savant plaidoyer de ce magistrat, qu’il faut lire dans son entier pour juger de l’ensemble de la discussion. 11 a été suivi d’un arrêt de la cour de cassation, rendu le 27 octobre 1807. Cet arrêt a rejeté, il est vrai, le pourvoi de M. le préfet; mais, ainsi que l’observe M. le procureur général par une note ajoutée à l’article du Répertoire de jurisprudence, cet arrêt de rejet n’a pourtant jugé qu’une seule chose , savoir, que la question de propriété était demeurée intacte de la part de la cour d’appel de Rouen, et par conséquent il n’a porté aucune atteinte aux moyens employés dans le plaidoyer pour établir que l’abbaye de Saint-Ouen était demeurée propriétaire des 908 acres dont elle avait abandonné l’entier usage aux dix-sept communes, en s’y réservant la sieurie et les droits sieuriaux. En effet, un arrêté du conseil de préfecture du département de la Seine - Inférieure, du 10 juin 1808, confirmé par un décret du 20 février 1809, a prononcé que le gouvernement devait être maintenu dans la propriété exclusive du sol desdits 908 acres, comme dépendant et ayant toujours fait partie de la Verte-Forêt; que les babitans des dix-sept communes devaient être pareillement maintenus et limités dans l’exercice de leurs droits d’usage sur les- dits 908 acres, conformément à teurs titres, notamment à la transaction de 1 55 1 et au réglement de i 55 z, à la charge des rentes et redevances qu’ils peuvent devoir. L’arrêté ajoute : sauf au gouvernement, sur l’intervention de l’Administration forestière , à prendre dans sa sagesse telle mesure qu’il jugera convenable pour le repeuplement et aménagement de cette portion intéressante delà Verte-Forêt, soit par la voie de cantonnement d’après les dispositions des lois, soit en indemnisant les usagers dans la proportion USI de la valeur de leurs droits d’usages, suivant les formes aussi voulues par les lois. V., comme complément de ce qui concerne les usages en général, les mots Affouage, Bestiaux , Cantonnement , Chauffage, Commune, Domaines nationaux, Glandée, Fanage, Pâturage, Récolement, Vaine pâture. USANCE, mot qui vient dn latin usus. Usance et exploitation sont synonymes en matière d’eaux et forêts : une vente en usance est celle que l’on exploite actuellement ; une vente usée est celle qu’on a achevé d’exploiter. L’usance comprend donc l’abatage et le façonnage des bois : nous avons indiqué, sous le mot Exploitation, la manière la plus avantageuse d’y procéder. Quant aux façons auxquelles on donne le nom de débit des bois, elles consistent à en faire du bois de charpente ou de marine, du merrain, du bois de fente et d’ouvrage, „du bois de sciage, de charro- nage ou de chauffage. Avant de débiter les tiges, 011 tire des branches quelques petites pièces d’équarrissage , qui valent toujours mieux que du bois de stères; on en fait aussi du bois de sciage, si les tronçons ont 2 mètres de longueur ou environ. Les branches servent à faire des courbes de bateaux, dont le débit est très-bon près de la mer et des rivières navigables , et des rais de roues et autres pièces de charronage, quand les bouts qui restent n’ont pas plus de 80 centim. de longueur; car, dans ce cas, ils seraient bons à distribuer en bois de fente. V. Marchands de bois. USER UNE VENTE , c’est en faire l’exploitation. USINES. On appelle usines des établissemens particuliers, tels que les forges, les verreries, les moulins, les fours à chaux , à briques et à tuiles. Il est défendu d’établir aucune usine pour la fonte du minerai , sans y être autorisé par une permission accordée par un réglement d’administration publique. {Loi du 29 juillet 179', lit. II, art. 2. — Loi du 21 avril 1810, 4 e ’- section, art. ) La même défense est faite à l’égard des martinets, verreries, tuileries, briqueteries, fours à chaux, et de tous autres établissemens qui nécessitent une augmentation de-feu. {Arr. du Cons., du 9 août 1723. —- Instr. du min. de l’intér., pour l’execution de la loidu 2 1 avril 181 o , relative aux mines, usines et salines. Tout demandeur en permission d’établir un ou plusieurs fourneaux ou usinas, adresse sa pétition au préfet. {Loi du 21 avril 1810, art. 74 -) H y désigne le lieu on il prétend former son établissement, les moyens qu’il a de se procurer le minerai, et l’espèce de combustible dont il prétend se servir pour alimenter ses fourneaux. {Loi du 28 juillet 1791, tit. II, art. 4 -) Cette pétition est communiquée à l’Administration des forêts, qui donne son avis sur l’établissement des bouches à feu en ce qui concerne les bois. {Loi du 21 avril i8to, 4 '- section, art 74.) Il est défendu de construire aucun moulin à scie sans la permission expresse du gouvernement. {Arr. du Cons., des 12 mars 1702,27 septembre 1729 et 28 janvier iy 5 o.) USI USI 97: Ces défenses ptaieBt déjà jjortée;5,pat lts.g^oiennes. lois, à l’egarU des établisse ni ejis à [construire. dans l’eoclQ? a reios.<ît à:un kilométré, ^.foièts , ^et suç Içç,fivleres.flottables et p^v»$$!*«•-t)CW- de i6<5çt \ tit^fXfçVU,^rt. iS«/-.4J.O Le g^uveriienj'ent, e;i. aceyrdantl^iAjemissi.Qn de. construire mie usine, imposé aux,#‘mji&ri^s .une taxe une fois payée,, .qui t.ig ptMj.t.el^e jlè 5 o fr. ni au-dessus J® Afi? -fc- > élÏS 5 - sl^uïç^t an«si quelquefois àiçertainqs ppljg^tiprjs', Çle y y e, ç e 1 (es «le semer ou planter une cgr(ajflé_ <^yanti^ dq- bois chaque année , ou dé faire usagede /a houille ppur une quantité déterminée de coinbustitife'à employer dans l’exploitation. Si quelques usines, sont reconnues nuisibles soit aux besoins de. la consommation , soit à la çonser, vation des forêts,, les agejis forestiers doivérip faire obliger les propriétaires à représenter les titreséu vertu desquels ils jouissent,; et lorsque ces titres ne sont point reconnus valables , ou qu’ils n’ont point été représentés dans les delais fixés , lep agens forestiers doivent provoquer la démolition, de ces éta- blissemens. , * Les contraventions aux lois ef. réglpniens que nous venons d| citer, c’est-à-dire àl’prdonnance de 1669, aux arrêts du conseil des 9 août 1723 et ?8 janvier 1750 , à là foi du 28 juillet 1 791 et à ce^édu 21 avril 1816 ,‘ qui âïrpndjnt de construire, sans autorisation du gduvëniemeiU , des moùlius a scie, des fourneaux ’, forges, martinets, verreries , ef autres élablissenïens qui occasionnent une augmentation de leu, sont de la comjVétenqe des' tribunaux. Les agens forestiers doivent en conséquence adresser au procureur du roi les procès-vqrbdux qu’ils rédigent contre les contrevenans. (Decret du 2*3 prairial an 12.) Lorsque les bois étaient très-abondans en France, le gouvernement, intéressé à favoriser l’industrie, affectait quelquefois au service d’une iisine une certaine quantité do bois, à la charge par le maître de cette usine cfen'payer'un prix déterminé. C’était sur-tout dans les pays qui manquaient de débouchés qu’avaient lieu les affectations. Le ministre des finances avait décidé, au mois de nivôse an 8, que toutes délivrances de bois aux usines seraient supprimées , nonobstant les baux, à compter de l’an 9, époque à laquelle les formes ordinaires des adjudications seraient substituéfes à ce mode , ainsi que le voulaient les lois des 8 septembre 1793 et i 5 fructidor an 4î et que les maîtres ou exploitatelujs d’usines ne pourraient plus s’approvisionner que par la voie ordinaire dti commerce. ( Circul. de la régie' des dom ., du 18 niéôse an 8. j Mais cettê décision a éprouvé des modifications 1 ,' et la régie a , par ilné aigre circulaire du i er . gfer- minal suivant , annoncé qu’elle 11e s'appliquait qu’aux baux que des corps administratifs s’étalent permis de faire des bois des émigrés, et que les baux ou affectations qui rivaient été ou pouvaient êtr.b laits de ces bois,ou ailtres'bois nationaux , en vertu, soit d’anciens arrêts du conseil, soit de prodama- tions ou arrêtés 1 dti' gouvernement, devaient être maintenus. Les préposés de Ta régie ont en conséquence été chargés de faire continuer les délivrances de .tou s les affouages dont il était question dans les baux régulièrêmèhl'consentis. De sqn côté , l'Administration des forêts a mar- , que à 'se$ agens .'que., quoiqu’en général le prix, pa^yé,au.gouvernement pour les affectations fûtype'ù proportionné' à là valeur des bois, il pouvait etre utile oici ce qui se pratiquait à l’égard des officiers forestiers. § 1 er . Des vacations, journées ou taxations qui étaient allouées aux officiers forestiers des maîtrises. mi Les journées et vacations des officiers des maîtrises étaient, dans presque tous les cas, sujettes à la taxe des grands-maîtres. V. les art. i 3 du tit. III , t 5 et 16 du tit. XV, 7 du tit. XVII , 1 er ., 6 et 12 du tit. XXIV, 16 du tit. XX Vet 4 du tit. XXVIII. Par arrêt du conseil du 16 décembre 1782, il fut fait détense aux officiers des maîtrises d’exiger aucun droit pour raison des visites qu’ils pouvaient faire dans les bois des ecclésiastiques et au très gens de main-morte, ou ailleurs, qu’ils n’eussent représenté aux grands-maîtres leurs procès-verbaux, pour, sur iceux, être pourvu à proportion du travail. Par autre arrêt du conseil du 5 avril 1735, les officiers de la maîtrise de Metz furent condamnés à restituer une somme de 2989 liv., qu’ils avaient reçue pour journées à l’assiette et martelage des bois appartenant au chapitre de Metz, sans attendre la taxe du grand-maître , et en 3 ooo liv. d’amende solidaire. Les vacations des officiers aux assiettes et adjudications des bois du roi se payaient d’abord , aux termes de l’ordonnance de 1669, sur le sol pour livre ; ou s’il n’était pas suffisant, sur le fond des ventes, suivant les états qui en étaient arrêtés par les grands-maîtres. V. les art. 25 du tit. III, et t 5 du tit. XV. Depuis, elles se sont payées par les receveurs généraux des domaines et bois, sur des états envoyés du conseil. Les vacations et journées employées aux affaires extraordinaires se payaient sur les deniers des amendes, suivant la taxe du grand-maître. {Art. 25 du tit III de l’ordonnance de 1669. Mais par édit donné au mois de mai 1716, art. 56 , 5j et 58 , il fut fait défense aux grands-maîtres et à tous autres d’ordonner le paiement d’aucune somme sur les deniers provenant des amendes, et il fut ordonné que chaque grand-maître enverrait, tous les ans, au conseil un état des sommes qu’il croirait devoir être payées aux officiers pour journées et vacations extraordinaires. Les journées et vacations employées à la reconnaissance des délits commis par les gens de mainmorte et par les particuliers, se payaient toujours par les délinquans, même dans le cas où le roi faisait grâce. Les vacations des grands-maîtres et autres officiers des eaux et forêts ne pouvaient être saisies ni arrêtées, pour quelque cause que ce fût, si ce 11’était pour amendes ou autres condamnations prononcées contre eux pour faits de charge. Ainsi jugé par arrêts du conseil des 9 décembre 1690, 24 avril 1703 et du ti juin 1715. Il n’en était pas de même des gages. V. Gages. Les vacations n’étaient point sujettes à la retenue du dixième. (Arr. du Cons. du i 3 juin 1716. ) Elles n’étaient sujettes à aucun droit envers les receveurs des épices et vacations. (Jugé par arrêt du Cons. du 12 février 1704• ) 11 était défendu à tous officiers de prendre aucun VAC VAC bois en paiement de leurs vacations, à peine d’interdiction et de 100 liv. d’amende, et aux marchands de leur en donner , à peine de 3 oo liv. ( Art. 7 du tit. II de l’ordonnance. ) Un édit du mois de niai 1708 avait réglé les vacations et journées des officiers; savoir, celles des maîtres particuliers, pour les affaires du roi, à raison de 12 liv. par jour, et celles des autres officiers à proportion. A l’égard des affaires des ecclésiastiques, communautés d’habitans et seigneurs particuliers, il était d’usage que les officiers fussent payés ainsi : les maîtres particuliers, à raison de 18 liv.; le garde- marteau, à raison de 12 liv., et autant pour le procureur du roi; l’arpenteur, 10 liv.; le gretfier, 9 liv. , et autant pour chaque garde ou huissier, lesquelles journées devaient leur être payées par les receveurs généraux des domaines et bois. Mais le dernier état de ces droits, à l’égard des affaires qui regardaient le roi, avait été fixé par un réglement du conseil du 29 juin 1729 , portant que, pour le balivage et martelage des ventes, il serait payé une journée pour 4 arpens de futaie ou iour 10 arpens de taillis, ou pour 6 arpens de ba- iveaux sur taillis de bois engagé , sans y comprendre le récolement; une journée pour la glandée, une pour les chablis quand l’objet serait modique, et le sol pour livre s’il était plus considérable ; à l’arpenteur, pour arpentage et réarpentage de chaque arpent de futaie, 20 sous, et pour chaque arpent de taillis, dix sous. La joitrnée du maître particulier lui était adjugée sur le pied de 9 liv. ; celle du procureur du roi , du garde-marteau et du greffier, sur le pied de 6 liv. ; à l’égard du lieutenant, il était dit qu’il aurait 12 liv. pour son assistance aux ventes. Quand il s’agissait des bois tenus en grurie, graine, tiers et danger, et autres bois indivis avec le roi, les journées et vacations des officiers et arpenteurs des maîtrises devaient ( comme cela se pratique encore ) être payées par les propriétaires des bois, à raison de la part et portion qu’ils avaient dans lesdits bois, et le surplus par le roi. ( Arr . du Cons. du 27 avril 1760.) Des arrêts du conseil des 28 juillet et 17 novembre 1719 réglaient particulièrement les vacations des officiers de la maîtrise d’Orléans. Ces arrêts se trouvent rapportés à la suite de l’art. 2.5 du tit. 111 de l’ordonnance de 1669, commentée par Jousse. § 2. Des vacations sous le régime actuel. Le décret qui fait suite à la loi du 29 septembre 1791 , en déterminant un traitement fixe pour les agens destinés à remplacer les officiers des maîtrises, porte (art. 17) que toutes concessions ou attributions de bois de chauffage, de pâturage et de tous autres droits ou jouissances dans les forêts ou biens nationaux , ou dans les coupes ou produits des ventes, pour raison de l’exercice d’aucune fonction forestière, sont abolies, sans qu’aucun agent de la conservation générale puisse s’en prévaloir, sous aucun prétexte , à peine de prévarication. L’organisation d’une Administration forestière, décrétée par la loi du 29 septembre i 791 T fut sus- 9.81 pendue, et les officiers des maîtrises continuèrent leurs fonctions jusqu’en 1801 ( an 9 ), où la loi du 16 nivôse de cette année mit en activité la nouvelle Administration forestière. Comme aucun mode n’avait été réglé pour le paiement des officiers des maîtrises qui avaient continué leurs fonctions depuis 1 la loi du 11 septembre 1790, qui les avait supprimés, un décret du i5 août 1792 ordonna que les officiers des ci-devant maîtrises , qui avaient continué leurs fonctions, seraient payés de leurs journées, vacations'et frais de voyage , pour les années 1791 et suivantes, jusqu’à l’organisation forestière définitive; savoir, pour balivage ou martelage des coupes ordinaires ou extraordinaires, à raison de 4 liv- >0 s. par arpent, mesure de roi (8fr. 82 c. par hectare); et d’une liv. 10 s. par arpent (2 fr. 94 c. par hectare) pour le récolement de la coupe ou vente usée. Et à l’égard des forêts de pins et sapins, et des arbres épars, il fut ordonné qu’il serait payé aux officiers qui en auraient fait la délivrance et le récolement 5 s. (25 c.) par pied d’arbre. L’art. 5 du même décret accordait aux gardes qui avaient travaillé aux martelages et récolemens 5 s. par arpent. Ces différentes taxes étaient partagées par égale portion entre les maîtres particuliers, procureurs du roi, garde-marteaux et greffiers; et à l’égard des gardes, les 5 s. par arpent étaient partagés à raison du nombre des gardes employés auxdites opérations. La loi du 29 floréal an 3 est venue ajouter à ces dispositions : elle a ordonné que la somme de 4 liv. 10 s. par arpent, attribuée aux officiers des ci-devant maîtrises par la loi du i 5 août 1792 , pour balivage et martelage des coupes ordinaires et extraordinaires, serait perçue pour chacune des opérations qui se feraient sur le taillis et la futaie sur taillis, lorsqu’elles auraient lieu à des époques éloignées au moins d’un mois l’une de l’autre ; Que lorsque ces deux opérations seraient faites simultanément, il ne serait perçu que le droit entier pour l’une d’elles, et la moitié du droit pour l’autre ; Qu’il ne serait perçu qu’un droit de récolement, soit que les deux opérations aient été faites ensemble ou séparément; Qu’il ne serait dû qu’un seul droit, si l’opération se faisait sur taillis seul ou sur des massifs de futaie , sauf l’application , dans tous les cas, de la loi du 4 pluviôse an 3 . De la combinaison de ces deux lois, il résulte que l’on doit calculer ainsi la perception des droits. VAC VAC 98 a LOI LOI TOTAL du (lu |5 HOllt *9 floréal PAR HECTARE. 1792. an 3. f. C. f c. f. c. f. c. I er . CAS, où les opé- rations de balivage et martelage se font sur le taillis et la futaie , à des époques éloignées au moins d’un mois Tune de l’autre. 8 82 8 82 17 61 20 58 Récolement. 2 94 » d 2 94 a*. CAS , où les deux opérations sont faites simultanément. . 8 82 4 4 ' i 3 231 16 1“ Récolement. 2 94 » » 2 94 • î e . CAS, où l’opéra- tion se tait sur le taillis seul. 8 82 1) » 8 82 h 76 Récolement. 2 94 }) X> 2 94 La loi du 16 nivôse an 9 a définitivement organisé l’Administration forestière qui avait été décrétée par la loi du 29 septembre 1791 , et dès-lors aucun droit de vacation n’a plus été alloué aux agens ni atix gardes forestiers pour raison de leurs opérations, soit dans les bois de l’état, soit dans ceux des communes, et il leur est expressément défendu d’exiger aucune rétribution particulière. ( Instr. du 28 février 1818.) Mais les mêmes vacations qui ont été réglées par les lois des i 5 août 1792 et 29 floréal an 3 , ont continué d’être perçues au profit de l’état pour les délivrances en nature faites dans les bois des communes et établissemens publics, pour dédommager le gouvernement des frais d’administration. Cela est fondé sur ce que , dans ce cas , les vacations doivent remplacer le décime pour franc, dont la perception n’a lieu que lorsqu’il y a vente de la coupe. {Instr. de U Adm. des forêts , du 2.5 ventôse an 11, approuvée par le min. des fin., le 1 5 germinal suivant.) Y. les explications données au mot Décime de ce Dictionnaire , et dans la circulaire du l 5 février 1825. Ces vacations sont du nombre des dépenses communales, dont le paiement doit être acquitté sur le produit de la portion des coupes annuelles dont la loi du 11 frimaire an 7 ordonne qu’il sera fait distraction pour être vendue. ( Décis. du min. des fin n insérée dans une circul. de l’Adm. des forêts , du 9 messidor an 11.) Il n’est dû que des droits de vacations pour les délivrances d’arbres épars sur les chemins, pâtis et autres terrains des communes. ( Décis. minist. des 11 novembre 1818 et 10 avril 1824 .) Une décision de S. Exc. le ministre des finances, du 5 août 1811, porte que lorsque la valeur d’une coupe délivrée en nature n’atteint pas le double des droits fixés par les lois des i 5 août 1792 et 19 floréal an 3 , cette coupe est alors affranchie des vacations, et que, dans ce cas, il ne doit être perçu que les droits de timbre et d’enregistrement des procès- verbaux d’arpentage, de balivage, martelage et récolement. u , V oici un exemple pour l’application de cette décision : soit une coupe de 10 hectares, dont la superficie , estimée par les agens forestiers, vaille 200 fr. , taillis seulement (on suppose qu’il n’y a point de futaie, ou qu’il n’en doit pas être exploité) ; le droit de balivage étant de 88 fr. 20 c., et celui de récolement de 29 fr. 4 ° c< j I e total des vacations serait de 117 fr. 60 c. Pour que la coupe dût des vacations, il faudrait que sa valeur fût de 235 fr. 20 c. : or, celle dont on parle n’étant estimée que 200 fr. , il en résulte qu’elle est affranchie des vacations. Mais observons qu’on doit prendre la valeur de la coupe, telle qu’elle existe, sans aucune déduction de frais de garde ni de contribution. L’agent forestier dresse, par bureau d’enregistrement , un état des vacations dues par les communes , hospices et autres établissemens publics, à raison des opérations de balivage et martelage effectuées pour la délivrance des coupes de. l’ordinaire actuel, et les récolemens des coupes usées faits pendant le même exercice. Ces états sont envoyés au conservateur, qui, sur le vu des procès-verbaux d’assiette et récolemens , taxe les vacations dues par chaque commune , et les transmet au préfet pour être ordonnancés. Us sont ensuite renvoyés parle conservateur au directeur des domaines pour en assurer le recouvrement. ( Circul. du 17 thermidor a/111; Instr. du 23 mars 1821, art. 63 . ) En cas de refus de payer, le receveur doit décerner contre les percepteurs des contraintes, pour être mises à exécution, d’après le visa du président du tribunal de la situation des bois , conformément à la loi du 12 septembre 1791- {Décis. du min. des fin ., contenue dans la circul. du 17 thermidor an 11.) Les vacations dans les bois indivis sont supportées par les copropriétaires , à raison de leurs droits. {Arr. du Cons ., du 27 avril 1760.; Le conservateur forme pour chaque exercice, et envoie , avant le 1 er . février,, à l’Administration un état général, conforme au modèle n°. 16, du produit du décime pour franc et des vacations sur les coupes des bois des communes et des établissemens publics, pendaut l’année précédente. {Instr. du 23 mars 1821 , art. 64.) VACATIONS DES ARPENTEURS. Les arpenteurs sont les seuls employés forestiers qui soient payés à raison de leurs opérations. La loi du 29 septembre 1791 , qui a supprimé tout droit de vacations en faveur des agens et gardes et le droit de 26 d. pour livre, qui se percevait sur les coupes des bois des communes, a laissé subsister les vacations des arpenteurs. ( Art. 19 du tit. XII de cette loi. ) La loi du 16 nivôse a u 9, a fixé leurs rétributions à 2 fr. par hectare de bois, dont ils font le mesu- V AI V A I rage, et à 1 fr. 5 o c. aussi par hectare de bois, dont ils font le récolement. Oette 'rétribution leur est payée sur les fonds déposés par les adjudicataires des coupes dans les caisses des retevefnVs des domaines pour les bois royaux, et dans celles des receveurs des finances pour les bois des communes. ( Circul. du i 1 juillet 1814. — Cah. des ch., art. 10.) Ce paiement doit s’effectuer sur le mémoire de l’arpenteur, certifié et arrêté par le conservateur. ( Instr. du 24 décembre 1 822. — Circul. du 1 3 décembre 1824, et du 26 septembre 1825.) A l’égard des rétributions pour arpentage de coupes délivrées en nature, elles sont payées parles percepteurs des communes. Les vacations des arpenteurs et autres, en ce qui concerne les expertises, sont taxées conformément au décret du 16 février 1807. ( Déc'ts. du min. des fin ., du 4 septembre 1818. — Instr. du r 4 du même mois , au Recueil , t. II, p. 774. ) VAGABONDS. Les vagabonds ou gens sans aveu sont ceux qui n’ont ni domicile certain ni moyens de subsistance, et qui n’exercent habituellement ni métier ni profession. {Code pénal de 1810, art. 270.) Toutes les anciennes ordonnances ont proscrit les vagabonds; celle des eaux et forêts du mois d’août 166g , veut que les maisons bâties sur perches dans l’enceinte , aux rives et à demi-lieue des forêts, par des vagabonds,et inutiles,soient incessamment démolies , et leur fait défense d’en bâtir de nouvelles dans la distance de 2 lieues , sous peine de punition corporelle. {Art. 17 du tit. XXVII.) Les art. 35 , 36 ,37, 38 et 3 ç du tit. XXVII de la même ordonnance , et les art. fi , fit et 47 de l’édit de mai 1716 contiennent des dispositions rigoureuses sur la répression du vagabondage dans les environs des forêts ; mais dans la forme actuelle du gouvernement, on ne peut guère employer, à l’égard des vagabonds qui peuvent se réfugier dans les forêts , que les moyens autorisés pour réprimer le vagabondage en général. V. les art. 269 à 282 du Code pénal de 1810. Les gardes , en cas de rencontre de vagabonds ou gens sans aveu rôdant dans les bois, doivent en informer sur-le-champ le garde général, qui fait passer cette information à la gendarmerie, et l’aide ou la fait aider pour les fouilles des bois quand elles sont reconnues nécessaires. ( Instr. du 7 prairial an 11 , § i fr ., art. 12. ) VAGUE. On emploie quelquefois ce mot substantivement, au lieu de celui de clairière, pour désigner le lieu d’une forêt oùifl n’y a point d’arbres. V. Clairières , Places vaines et vagues , Terrains vains et vagues. VAINE PATURE ou VAIN PATURAGE. Il y a deux sortes de pâtures : les pâtures grasses ou vives , et les vaines pâtures. Les pâtures grasses ou vives sont les landes, marais , pâtis et bruyères qui appartiennent à des communautés d’habitans , ou qui sont asservis envers elles à un droit d’usage, de manière qu’elles peuvent y faire pâturer leurs bestiaux. Les vaines pâtures sont, suivant la définition qu’en donnent Chailland , Brillon et autres auteurs, 9 B 5 les g nmd s '^chemin S'j 75 ! bois , les terres en friche, les prés et autres terres après la dépouille , et qui, par les Coutumes, sont sujettes au pâturage commun. Les Coutumes du Boulonais, du Nivernais , de Châlons et de Troyes ajoutent à l’égard des bois : « Les bois de haute futaie, les bois taillis après le Quatrième ou cinquième bourgeon ,• » et à l’égard des autres biens : « Généralement tous les héritages où il n’y a ni semences ni fruits, et qui , par la loi ou l’usage du pays, ne sont pas en défends. » Notre législation sur la vaine pâture se divise en deux époques : celle qui précède la loi du 28 septembre 1791 , sur la police rurale, et celle qui a commencé au moment de la publication de cette loi. Nous n’avons à nous en occuper qu’en ce qui concerne les bois. Le lecteur qui voudra avoir des connaissances générales sur la vaine pâture et sur les nombreuses questions auxquelles ce droit a donné lieu, pourra consulter le Dictionnaire des eaux et forêts de Chailland, qui rapporte les anciennes coutumes; le Répertoire de jurisprudence et les Questions de droit par M. Merlin, qui contiennent des documens très-importans sur cette matière ; enfin le tit. I er ., section 4 e . de la loi du 28 septembre, 6 octobre 1791 , sur la police rurale. § 1 er . Des Coutumes sur la vaine pâture dans les bois. Futaie. — La Coutume d’Auxerre , art. 169, celle de Troyes , art. 175, et celle de Bourgogne, art. 122 , portent que les bois de haute futaie sont en défends depuis la Saint-Michel jusqu’à la Saint- André; Celle de Hivernais , art. 3 et 14, qu’ils sont en défends depuis la Saint-Michel jusqu’à la Chandeleur ; Celle de Poitou , art. 191 , depuis que le gland commence à choir jusqu’à la Saint-André ; Celle de Berri , au chapitre Des droits présidiaux, art. 12, depuis la mi-août jusqu’à Pâques. Sur quoi Coquille, en son Institution au Droit français, pag. 55 , dit que dans les provinces où la défense commence à la Saint-Michel, si l’année se trouve plus avancée que de coutume, le propriétaire peut, par justice, avec sommaire connaissance de cause faire avancer la défense; qu’après la publication, les condamnations seront les mêmes pour le dommage et pour l’amende, comme si c’était après la Saint-Michel, et que, comme en permettant à toutes bêtes d’aller dans les boisdepuis la Chandeleur, ce serait ôter tout moyen de les repeupler par le gland et la faîne qui tombent des arbres , et sont enterrés par les porcs , en fouillant la terre au temps de paisson , les propriétaires des bois de haute futaie les peuvent tenir en défense toute l’année , en le faisant publier par l’autorité de justice , à moins que les sujets ou voisins n’y eussent droit d’usage , pour lequel ils payassent quelque redevance. Taillis. — Les Coutumes de Nivernais , titre Des bois, art. 7, et Blois, art. 224, portent que les bois taillis sont en défends jusqu’à ce qu’ils aient I atteint l’âge de 4 ans; V AI 984 V AI Celle de Bourgogne , chap. i 3 , art. 3 , qu’ils le sont jusqu’après la quarte feuille; Celles de Berri, titre IJ es droits prédiaux, art. 12, et Bourbonnais , art. jusqu’à 3 ans et un mois de mai ; Celles de Vitry , art. 118, et Troyes, tit. 11 , art. 176 , jusqu’à 5 ans, et toujours pour les chèvres ; Celle de Poitou, art. 196, jusqu’à 5 ans pour les chèvres, et 4 ans pour les autres bêtes ; Celle à'Auvergne, chap. XXIII, art. 24, jusqu’à 3 ans ; Celles de Sens, tit. XV, art. 148» à'Auxerre , tit. XIV , art. 262, et Bar, tit. XV, art. 20 5 , jusqu’à ce que la permission d’y entrer ait été donnée par sentence du juge ; Celles de Menât, art. 3 ,et de Combrailles , art. 2, jusqu’à 3 ans et un mois de mai ; Celle de Saint-Aignan , chap. I er -, art. 4, jusqu’à 4 ans ; Celle de Meaux , chap. XXII, art. 175, jusqu’à 5 ans ; Celle de Chaumont, tit. IX, art. 107 , jusqu’à 5 ans , et toujours pour les chèvres. Toutes ces coutumes sont abrogées, et les bois sont toujours en défends, tant qu’ils n’ont pas été déclarés défensables par les agens forestiers. Cette règle s’applique aux bois des communes et des particuliers comme à ceux des domaines , et les usagers n’y peuvent conduire leurs bestiaux que dans les cantons qui ont été déclarés défensables. Décret du 17 nivôse an i 3 . — Avis du Conseil d’é- tatdu 18 brumaire an 1 4 - — Arr. de la C. de cass. des I er . avril 1808, 7 juillet 1809 , i 5 mars 1S11 , 1 5 février et 1 2 avril 1822, 22 et 3 o avril , et 1 o septembre 1824. — Circul. du 20 juillet 181 1.) V. Bois défensables, t. 1 er ., p. 375; Défensabilité , p/748, et le mot Pâturage. § 2. Diverses questions sut le droit de vaine pâture. i°. Le propriétaire d’un héritage sur lequel une commune exerce un droit de vaine pâture peut-il, quoique ce droit soit établi ou reconnu par un titre , faire clorre l’héritage malgré cette commune? Résolu affirmativement par arrêts de la cour de cassation, des 4 fructidor an 9 et 25 décembre 1808, rapportés par M. Merlin dans le Répertoire de jurisprudence , à l’article Vaine pâture. 2°. Mais la clôture affranchit-elle du droit de vaine pâture réciproque ou non réciproque entre particuliers, si ce droit est fondé sur un titre? Résolu négativement par l’arrêt précité du 25 décembre 1808. 3 ”. Si le droit de vaine pâture n’est fondé que sur la coutume ou la possession, le propriétaire peut-il le faire cesser par la seule clôture de son héritage ? Résolu affirmativement par arrêt du 20 floréal an 1 à. 4 °- Est-il permis à un propriétaire forain d’envoyer ses bestiaux en vaine pâture sur les terres qu’il possède dans une commune voisine? Résolu affirmativement par arrêts du parlement de Flandre, des 24 novembre 1760, j 6 juin 1761 et : 4 aoôt 1776, rapportés dans les Questions île droit de M. Merlin , au mot Vaine pâture. 5 ". Les dispositions des art. 9, 1 o , i 3 , 1 4 et 16 de la 4 e section de la loi du 28 septembre 1791 sur la manière d’user du droit de vaine pâture, ont- elles dérogé aux usages locaux qui interdisent le pâturage des moutons dans les prairies après l’enlèvement des foins ? Résolu négativement par arrêt de la cour de cassation du 3 o brumaire an i 3 , rapporté dans le Répertoire de jurisprudence, à l’article Vaine pâture. 6 °. Les droits de vaine pâture et de panage dont une commune jouit dans le bois d’un particulier, autOrisent-ils cette commune à demander le cantonnement de ce bois ? M. Merlin, dans un plaidoyer qu’il a prononcé , le 29 juillet 1812, se prononce pour la négative dans les cas où les droits de la commune sont uniquement fondés sur la coutume ou sur la possession , ou enfin lorsque le propriétaire peut, d’après le titre, faire cesser l’usage; mais il admet que le cantonnement peut être demandé par les usagers lorsque les droits de vaine pâture et de pacage ne sont ni précaires , ni révocables par la volonté du propriétaire foncier. V., au Recueil , t. II, p. 49 2 > ce plaidoyer et l’arrêt de la cour de cassation du même jour, 29 juillet 1812. 7 0 . Que faut-il à une commune pour être censée usagère d’un bois? Est-il nécessaire qu’elle ait le droit d’y couper des arbres, d’y prendre des affouages; ou suffit-il qu’elle ait, à perpétuité et irrévocablement, le droit d’y faire paître ses bestiaux et d’y mettre ses porcs en panage ? V. le même Plaidoyer. 8°. Si une commune est censée usagère d’une forêt, par cela seul qu’elle a le droit d’y mettre ses bestiaux en pâturage ou ses porcs en panage , sous quel prétexte pourrait-on lui refuser l’action en cantonnement? V. le même Plaidoyer 9 0 . Que doit-on entendre par ces mots : droit de vaine pâture fondé sur un titre , pour lequel la loi du 28 septembre 1791 autorise l’action en cantonnement? Y. le même Plaidoyer. io°. Les habitans d’une commune à laquelle appartient un droit de vaine pâture ont-ils qualité pour le réclamer individuellement en justice? Réijplu négativement par arrêts de la cour de cassation , des 2 janvier 181 1 et 22 avril 1824. Y. , au Recueil, t. Il, p. 390 , et t. 111 , p. 222. 11°. Quelle est la distinction à'faire entre la vive pâture et le vain pâturage? Fri quoi consiste la première, en quoi consiste le second? ta 0 . Si la grasse et la vive pâture, exercée sur le fonds d’autrui, constitue une servitude proprement dite, en est-il de même de la vaine pâture ? \ . le Plaidoyer qui précède l’arrêt du 2 janvier 1811. i 3 °. Le pâturage dans les bois a-t-il aussi le caractère de vaine pâture? Y. le même Plaidoyer. i 4 °. Dans quelle nature de bois et pendant quelle saison le pâturage peut-il être réputé vive pâture , ou seulement vaine pâture? V. le même Plaidoyer. i 5 °. Le droit de vaine pâture pouvait-il, avant le Code civil , s’acquérir par la prescription? Y. le même Plaidoyer. I Nous renvoyons j aux articles Vaine pâture et Usage du Répertoire de jurisprudence et des Qttes-1 VAL VAR tions de droit , par M. Merlin , et aux articles Cantonnement , Pâturage et Usage de notre Dictionnaire , le lecteur qui voudrait avoir , sur cette matière , de plus grands développemens. VAISSEAUX DES PLANTES. V. à l’article Physiologie végét ., 2 e . section, le paragraphe qui a pour titre Tissu vasculaire. VALANEDE. Nom d’une espèce de chêne du Levant, dont le gland a une très-grosse capsule qu’on emploie dans les arts. V. Chêne. VALLÉE, VALLON. Ces deux mots, qu’on emploie souvent l’un pour l’autre, ne sont cependant point parfaitement synonymes. Une vallée est un espace entre deux ou plusieurs m ontagnes, qui a une certaine largeur; on dit : Une vallée abondante , fertile. Un vallon n’est qu’une petite vallée , un espace resserré entre deux coteaux. On dit qu 'Un jardin s’étend en partie sur la côte , en partie dans le vallon. Lorsque les vallées sont fort larges, comme elles reçoivent le soleil de toutes parts , leur culture ne diffère pas beaucoup de celle des plaines. Les arbres y viennent très-bien, et lorsque ces vallées ne sont point humides, le bois y est presque aussi bon que sur les coteaux. Mais les vallons renfermés sont ordinairement froids, sur-tout la nuit, même pendant les chaleurs de l’été, parce que, pour ces situations, le soleil se lève plus tard et se couche plus tôt que pour les plaines; l’humidité s’y concentre, et les gelées du printemps y sont quelquefois remarquables; aussi quoique la terre soit bonne , le bois n’y vient pas toujours bien, etsouventles arbres y sont rabougris. Les avantages et les inconvéniens des vallées et des vallons dépendent au surplus de leur situation et de leur exposition. Voici à cet égard quelques observations que nous empruntons à M. Bosc (Dictionnaire d‘agriculture ), et qui peuvent avoir leur application dans l’économie forestière. Si une vallée est tournée au midi, et si en même temps elle a des abris vers le nord , elle reçoit directement les rayons du soleil ; et comme rien n’en diminue l’intensité, cette vallce acquiert un degré de chaleur supérieur à celui des plaines et des montagnes du même climat : celle au contraire qui présente son ouverture au nord, ne recevant les rayons du soleil que lorsque cet astre est déjà fort élevé sur l’horizon, c’est-à-dire pendant peu de temps, et donnant entrée au vent du nord , est beaucoup plus froide que les plaines et les montagnes voisines ; la neige s’y conserve plus long-temps , et les gelées y sont plus tardives. Les vallées qui présentent leur ouverture au levant, recevant les rayons du soleil dès le matin dans leur direction, et pendant une grande partie de la journée sur un de leurs côtés, ont une partie de la chaleur des premières. Celles qui l’ont au couchant, ne recevant le soleil que pendant une faible partie de la journée sur un de lturs côtés, et encore moins de temps dans leur direction, ne sont pas beaucoup plus chaudes que celles exposées au nord. Il faut observer encore que la nature du sol et si couleur influent sur la chaleur propre aux diffé- Tojie II. 9 SS rentes sortes de vallées ; que la terre argileuse s’échauffe moins que la terre calcaire, et la terre blanche moins que celle qui est noire. On peut cultiver-généralement les mêmes espèces de plantes sur le milieu et sur les deux côtés d’une vallée tournée au midi, ainsi que sur ceux d’une vallée tournée au nord. Dans les vallées tournées au levant ou au couchant, il n’en est pas de même. En effet, l’un des côtés de ces dernières reçoit perpendiculairement les rayons du soleil pendant une grande partie de la journée ; mais l’autre ne les reçoit qu’obliquement et pendant peu d’instans le matin et le soir. Ce dernier côté, froid et humide à l’excès, repousse certaines espèces de culture ; mais les bois, sur-tout les arbres verts, y réussissent fort bien. Il en est de même des plantations de pommiers, de châtaigniers, de noyers, etc. Ces derniers arbres sont réellement habitans des vallées ; ils ne croissent bien que là, et sur-tout au nord, mais non dans le même terrain, le châtaignier voulant un sol quartzeux et léger , et le noyer un terrain argileux et frais. Mais si les vallées qui se trouvent entre les hautes montagnes présentent beaucoup d’avantages sous les rapports agricoles, elles présentent aussi de grands inconvéniens, à cause des gelées qui s’y prolongent , des avalanches et des torrens qui les dévastent. V. Colline, Exposition, Montagnes, Orage, Situation , Torrent. VALVE, valva. (T. de bot) Pièce ou segment d’un péricarpe déhiscent ou ouvert spontanément. Le nombre des scissures par lesquelles un péricarpe s’ouvre, détermine celui de ses valves , excepté dans le cas de circonscission. V. Physiologie végét., y e . section. VANNES. Les vannes sont de gros venteaux de bois de chêne que l’on hausse et que l’on baisse dans des coulisses pour lâcher ou retenir les eaux d’une écluse, d’un étang, d’un canal. On appelle encore vannes les deux cloisons d’ais soutenues d’une foule de pieux dans un batardeau. V. Moulins. VANNIERS. Ouvriers qui font des vans, des paniers , des hottes, des claies et autres ouvrages d’osier. Il leur est défendu de tenir leurs ateliers près des forêts royales. V. Atelier. VARANGUE. ( T. de mar. ) On donne ce nom à celle des pièces composantes d’un couple qui occupe la partie moyenne de son contour , et qui sert de réunion à ses deux branches. La varangue porte à plat par son milieu sur la contre-quille, pour former le dessous du vaisseau; ses extrémités font ordinairement le rond pour former le contour du membre en montant , se mariant avec le genou qui doit s’écarter de chaque bord avec les varangues, sur lesquelles il est chevillé. Dans les vaisseaux à fond plat, les varangues peuvent être de bois droit dans toute l’étendue du plat de la varangue , et se marier avec des genoux courbes dont les angles sont émoussés. L’extrémité de la varangue s’éloignant plus ou moins de la face supérieure de la quille, la différence entre ces distances a fait distinguer les varangues sous le nom de varangues piales, acculées , très-acculées ou demi-acculées. vx(\ 9 86 VEG VEG Les varangues plates n’ont aucun acculement ni I car la plante vit et s’accroît par intus-susception , relèvement des extrémités. Les varangues acculées sont celles qui terminent ou avoisinent les extrémités du vaisseau. Les varangues demi-acculées sont celles qui sont entre les maîtresses-varangues et les varangues acculées ; elles sont plus courtes que les unes et moins que les autres : ce sont les intermédiaires dans les façons du vaisseau, de l’avant ou de l’arrière. Les varangues qui sont placées au milieu d’un vaisseau portent aussi le nom particulier de varangues de fond. Enfin, dans les porques, qui sont autant de couples intérieurs, il y a aussi une pièce composante qu’on nomme varangue de porquej elle forme la partie inférieure des porques, et est semblable aux varangues des membres. V. les PL IIIet IV des bois de marine , et les mots Fourcats, Porques, VARENNE. Plaine inculte. Ce mot est aujourd’hui peu employé; il était autrefois synonyme de garenne , lieu destiné à la nourriture des lapins. La varenne du Louvre était une juridiction qui se tenait au Louvre , et qui avait pour objet la conservation de la chasse dans les plaines dans un rayon de 6 lieues de Paris VARIÉTÉ, varietas. ( T. de bot. ) Plante qui ne diffère de l’espèce à laquelle on la rapporte que par certaines notes évanescibles ou variables, produites soit par une culture continuée, soit par la reproduction par graine. V. Botanique , 3 e . section. VASE. Terre bourbeuse, sans consistance, qui se trouve au fond des rivières, des marais, des étangs et fossés. Il y a des arbres, tels que l’aune qui viennent, dans les terrains vaseux. La vase de la mer forme un bon engrais, sans doute parce qu’elle est chargée des débris d’animaux marins; mais il faut en général que les terres vaseuses qu’on retire des étangs soient exposées l’air pendant un certain temps pour devenir fertiles V. Limon. VASSELER1E. V. Marchands de bois VÉGÉTAL. Quoique nous ayons exposé, dans le cours de ce Dictionnaire, ce qu’il importait de con naître méthodiquement, relativement aux différentes parties d’un végétal et à ses fonctions, et que nous ayons, principalement à l’article Physio logie végétale , donné des développemens étendus sur ces objets, nous croyons devoir rassembler ici toutes les parties qui ont été considérées séparément et présenter un tableau dans lequel on puisse suivre le végétal dans tous ses degrés de développement depuis le premier instant de son existence jusqu’au dernier. Ce tableau sera extrait du Dictionnaire de botanique de Bulliard , revu et refondu par M. Richard On appelle végétaux ou plantes ( vegetabilia vel planta?) tout ce qui vient d’une graine, qui développe et vit sans avoir la faculté de se mouvoir volontairement, et qui perpétue son espèce moyen de ses graines, ou par quelques moyens équ valens, comme par les caïeux, les boutures , etc Le végétal ressemble au minéral par la privation de sentiment et de mouvement spontané; mais il en diffère essentiellement par la vie et l’organisation ; au lieu que le minéral ne vit point, et ce n’est ne par juxta-position que -son volume augmente. ._.e végétal ressemble bien plus encore à l’animal qu’il né ressemble au minéral ; comme lui, il naît, vit, il s’accroît, se reproduit et meurt; mais il n’a pas ce sentiment, cette faculté de vouloir, qui distingue l’animal. Tout ce qui semble approcher le plus de cette faculté dans le végétal, n’est que purement mécanique, et n’est nullement l’effet du sentiment ni de la réflexion. C’est d’après ces différences si marquées , que l’on a cru devoir diviser en trois règnes toutes les productions de la nature. Les minéraux composent le règne minéral ; les végétaux , le règne végétal; et les animaux , le règne animal. L’étude du règne végétal se nomme botanique,: cette science a, comme toutes les autres sciences, ses principes, son langage particulier. Les connaissances acquises d’après ces principes forment le botaniste , qu’il ne faut pas confondre avec le routinier , c’est-à-dire avec celui qui connaît les plantes sans avoir eu de principes, sans le secours de leurs Règne végétal. Botanique. Princiers. Botaniste. Routine. Caractères, caractères, et sans suivre aucune méthode. Semence. Une graine se présente, voilà l’œuf végétal, si l’on peut s’exprimer ainsi. C’est de cet ceul que va sortir la plante que nous allons suivre , à mesure qu’elle prendra successivement dif- férens degrés d’accroissement. Toute semence fécondée renferme Embryon dans cette circonstance , ne sont jamais aussi sujets à s’échauffer que ceux qu’on abat par le vent humide du midi. Mais avant d’adopter cette opinion , il faut examiner de quelle manière les différens vents peuvent influer sur la qualité du bois , et voir si l’effet de ces vents peut avoir une application précise dans le temps de l’abatage. Les thermomètres, les baromètres et les hygromètres , s'accordent à prouver que les vents du nord et du sud produisent des altérations bien différentes VEN VEN 99 5 dans l’air , et on a de fortes raisons de penser que ces altérations influent sur les végétaux. En effet, on voit, au printemps sur-tout, que les plantes poussent sensiblement quand les vents du midi régnent, tandis qu’elles paraissent rester dans l’inaction lorsque le vent du nord se fait sentir. D’ailleurs , tout le monde sait que les bois secs , ceux qui sont abattus depuis très-long-temps sont de vrais hygromètres très-sensibles aux altérations de l’air; les menuiseries se tourmentent , et par leur augmentation ou leur diminution de volume , elles produisent un bruit considérable , suivant qu’il règne différens vents. Mais quels sont les effets de ces changemens? Les hygromètres , au nombre desquels il faut compter toutes sortes de bois , et principalement ceux qui sont déjà secs, nous font voir que l’air est plus humide quand le vent du midi règne que quand c’est celui du nord : les thermomètres prouvent qu’il fait aussi plus chaud par le vent du midi que par celui du nord ; et les baromètres démontrent que dans cette même circonstance l’air est souvent plus léger, ou, ce qui revient au même, qu’il est moins élastique. Il faut rapprocher ces idées de ce qu’on connaît sur la fermentation de la sève , et l’on concevra que le vent du midi est bien plus propre à produire cette fermentation que le vent du nord. Aussi remarque-t-on dans toutes les opérations où l’on a besoin d’exciter la fermentation , et particulièrement dans le temps des vendanges , qu’elle s’opère bien plus promptement quand il règne un vent du midi que quand fe vent est du nord.» 11 est très-naturel de penser que cette chaleur humide qui excite si promptement la fermentation dans les liqueurs qui.en sont susceptibles, et qui fait corrompre en si peu de temps la chair des animaux, agit de la même manière sur les bois, qui sont remplis d’une liqueur très - disposée à fermenter. Il y a encore une autre cause d’altération à laquelle les bois sont exposés; c’est celle qui résulte de l’attaque des insectes , et d’après les expériences de Duhamel, dont nous rapportons ici l’opinion , le vent du midi favorise beaucoup plus leur multiplication que celui du nord. Enfin les bûcherons assurent que le bois est plus dur à couper par un vent du nord que par un vent du sud : cette même différence se fait aussi remarquer dans les bois qui sont déjà abattus depuis long-temps. Jusqu’à présent, observe Duhamel, tout confirme le sentiment ordinaire, et il parait incontestable que le vent du midi est plus contraire à la conservation des bois que celui du nord ; mais doit-on conclure de là qu’il faut abattre les bois de service quand le vent du nord souffle , et éviter de le faire quand ee- 1 ni du midi règne? C’est ce qui reste à examiner. On a dit, en parlant de la lune (V. Exploitation ), que les arbres qu’on abat ne meurent pas sur- le-champ , comme les animaux que l’on tue ; les liqueurs renfermées dans le corps des arbres ne se dissipent que peu-à-peu, et les parties solides du bois , telles que les vaisseaux , les fibres, les vésicules , ne perdent leurs ressorts que par degrés : en sorte que quelquefois, au bout de trois ou quatre Tome II. mois après qu’une branche aura été retranchée de son tronc, elle se trouve encore si bien organisée et si saine, qu’elle pourra reprendre de bouture , ou être greffée avec succès : il y a même des plantes qui se conservent en cet état pendant plusieurs années. D’après cela y a-t-il la moindre apparence qu’il puisse y avoir quelque avantage à abattre les arbres par tel ou tel vent ? N’est-il pas démontré que ces mêmes arbres seront également susceptibles des altérations de l’air , après qu’ils auront été abattus , ainsi qu’ils en éprouvaient les effets lorsqu’ils étaien t encore sur leurs souches? Il est possible que les arbres qu’on aura abattus dans une année où les vents auront presque toujours été sud, ou sud- est , ou sud-ouest, soient plus exposés à s’altérer que ceux qui le seraient dans une année où les vents du nord, du nord-ouest, ou du nord-est , auraient régné plus fréquemment. Mais il paraît très-inutile de prêter attention aux vents qui pourraient souffler précisément dans le temps qu’on abat, puisqu’on ne peut être sûr que tel ou tel vent qui régnerait alors, ne changera pas en peu de temps. Si on doit faire peu d’attention à la direction du vent quand on abat les arbres, il n’est pas aussi indifférent de les abattre dans les temps de grands vents, parce qu’on court alors le risque d’éclater les arbres, de les renverser les uns sur les autres et de les encrouer. Il est certain aussi que quand il s’agit d’écorcer les taillis, cette opération se fait mieux par un vent du sud que par un vent du nord ou d’ouest. Quant à l’influence fâcheuse des vents du nord sur les racines des plants qu’on veut mettre en terre, nous en avons parlé aux articles Pépinière et Plantation. V. ces mots. Les arbres abattus par les vents sont appelés chablis. V. ce mot. VENTE. Ce mot, dans le langage forestier, signifie l’adjudication qui se fait d’une certaine étendue de bois à couper, et cette étendue elle-même. C’est ainsi qu’on dit dans le premier cas : La vente de telle coupe a été faite tel jour ; Les ventes sont terminées ; et dans le seeond cas : Les ventes sont assises , sont exploitées , sont récoléesj Les adjudicataires sont responsables des délits commis dans leurs ventes ; Les limites de la vente Les ventes, dans ce dernier sens, prennent différentes dénominations : on appelle vente en usance celle qui s’exploite actuellement; vente usée , celle qui est exploitée et vidée ; jeune vente , celle où le bois commenceàrepousser ; vente arriérée , celle qui n’a point été adjugée ni exploitée à son tour. L’objet de l’aménagement des forêts est de les distribuer en ventes ou coupes réglées, de manière que, chaque année, on connaisse la coupe à mettre- en adjudication. V. Aménagement. Dans les forêts qui ne sont point aménagées , c’est l’usage qui supplée au défaut d’aménagement. Les ventes ou coupes qui sont ainsi réglées par l’aménagement ou par l’usage s’appellent ventes ordinaires ; tandis que celles qui se font dans les réserves sur les futaies, et dans toute partie de bois non soumise à un réglement de coupe , s’appellent ventes extraordinaires. 125 994 VEN anticipation , 'autorisation du gou- Les premières sont autorisées, chaque année, par l’Administration sur les états d’assiette ; mais les autres, de même que les coupes par ne peuvent être faites que par l’autorii vernement. Les ventes ou adjudications sont précédées, accompagnées, et suivies de plusieurs opérations et formalités , que nous avons indiquées avec détail au mot Adjudication , où nous faisons connaître , i°. Les renseigneinens et états à fournir avant les adjudications, l’époque de ces adjudications, et les fonctionnaires chargés d’y assister, t. l* r ., p. io 3 ; 2°. Les lieux où les ventes doivent se faire p. 104 3 °. Les personnes qui peuvent ou ne peuvent pas devenir adjudicataires, p. io4j 4°. Le nombre des associés permis, p. io 5 ; 5 °. Ce qui concerne les offres et enchères, les déclarations de command, les renonciations , les significations, p. io 5 ; 6 °. Les frais à la charge des adjudicataires , p. 106 ; 7°. Les paiemens du prix principal , p. 107; 8°. Les mesures prises pour assurer l’exécution des clauses des ventes, p. 107; g 0 . Les renseignemens à fournir par les agens après les ventes, p. 108 j io°. Les obligations à remplir par les adjudicataires avant l’exploitation, et ce qui concerne le permis d’exploiter, le souchetage, le facteur, le marteau de l’adjudicataire, et le registre du garde- vente, p. 108 ; 11°. Ce qui concerne l’exploitation , les ateliers, les loges , le salaire des ouvriers , les arbres de réserve , les bois de marine, les différences de mesure, les travaux mis en charge, p. 109; i2°. Ce qui a rapport aux délits , à la responsabilité des adjudicataires et aux poursuites, p. 111. i 3 °. Les délais de coupe et de vidange, p. 112; i4°. Les amendes encourues par les adjudicatai res en cas de délits, les peines pour l’emploi de faux marteaux, la compétence en cas de contesta tions sùr les adjudications et les tiercemens , p. 112. Sous avons traité d’une manière spéciale des ventes des coupes communales, sous les mots Adjudication, des ùoupes de bois des communes et des établissemens publics, p. 112 et suivantes. Mais indépendamment de ces deux articles généraux, nous avons traité, dans des articles spéciaux, de ce qui concerne les Affiches , Arbres de réserve , Arpentages , Assiettes des ventes , Baliveaux, Bois de marine, Cahier des charges, Cautions, Communes, Décime, Déficit, Enchères , Exploitation, Moins de mesure, Permis d’exploiter, Préscription, ' Récolement , Remplace, Renonciation, Responsabilité, Souchetage, Sur me sure , Tiercement, Vidange. Nôus avbns traité aussi des'.veqtes de coupes dans es bois des particuliers , p. 4 ô 7 j , 4°5 et 406. Enfin , nous indiquons à la Table des deux premiers 'volumes de notre recueil, au mot Ventes , les foiS 1 , Ééglemens , arrêts', et instructions concernant 'ft*< vemeb: ’ h ' ‘Le fèétWr, eii 1, sé pôrfan'i J ajix a’rticlés indiqués ét VER notamment au mot Adjudication , trouvera toutes les instructions relatives aux différentes partiès de cette importante matière. Ysnte des icois., fonds et SUPERFICIE,- 3’. Domaine. Vente de sois a la feuille. V. Adjudication à la feuille. Vente de domaines nationaux. V. Domaines nationaux, , , j Ventes far form e de menus marchés. V. Menus matchtjs. Ventes d’objets sÉQUESTr.És. V. Bestiaux , Juge de paix , Saisie. Ventes de plants. V. Plants. VENTIER,|Les ordonnances appellent marchand- ventier celui qui achète des bois dans les forêts et qui les y fait exploiter. Ce tenue n’est plus d’usage. Les marchands de bois sont aujourd’hui désignés sous le nom d’ Adjudicataires. Y. ce mot et Adjudication. VÉNTIS. Ce spnt les arbres abattus par les vents. V. Chablis et Faux vends. VENUE. Ce terme est synonyme de croissance. On dit d’un jeune arbre grand, droit, et dont la peau est lisse, qu’il est d’une belle venue. VER BLANC. C’est la larve du i paneton. ÿ. ce mot, Insectes et Vers. VERDERIE. Etendue de bols et de pays qui était commise à la gardé et juridiction d’un ver- dier. Les verderiés et sergenteries fiefj^e^, qui étaient desserres données ,à titre Je fief et de cens à des particuliers, à la charge dè garder les forêts du roi, ont été supprimées par édit du mois d’août 1669. V. Sergenteries. VERDIER. Ancien officier des eaux et forêts, dont la fonction a été différente selon les temps et les lieux, “et qui s’est appelé jprrdier, gruyer, Jbrcs- tier, châtelain, concierge, segrayer, maître-sergent et garde-marteau. VERGE. Ancienne mesure. V. Mesure. VERGLAS, du latin viridisglacies, glace verte. On donne ce nom à la glace qui s’étend et s’attache sur les pavés , en prenant une surface très-lisse; ce qui rend le marcher très-difficile pour les hommes et pour les chevaux. On donne le même nom à la glace qui se forme sur les arbres qua^d, après la pluie, il survient une forte.gelée. Cettegtaceleur fait plus de tort qu’ils n’en éprouvent des forlç^ ge- léès dans des temps secs , à cause dé l’Iiuniidite qui a pénétré l’écorce et l’aubièr. Lé verglctSiOpifqsiçpne des gelivures de toute éspècé aux pàrtïes'qui sont le plus exposées au soleil. 11 ne faut pas confondre le verglas, ave*;, ^ givre, qui est aussi un amas de glace sur lès firancuçs , niai, qui y est moins adhérent. Cependant Iq givre, lorsqu’il s’accumulq eu grénde. quantité., comme sur les pins et sapins j qui conservent leurs feuilles pendant l’hiver, leur fait béaucoùp Je tçrt^ V. Givre , Glace , Neige, VERGUE. {T. de mariff. ) Longue pièce ,de bois de sapin, arrondie sur son çtontour, dont les diamètres décroissent dans unfrertain rapport, depuis , ... . , . -i , -1 < a-. iLn 1 r ’ i , u d,. sa longueur jusqu a ses extre- a étendre 1e,c6jè d’une voile quelle milieu environ 1 mités-, et qui sert a< VER VER ggS conque. Le p|rand nombre «le vergues d’un bâtiment a porté à les distinguer par les noms des voiles qui sont lacées avec elles. VÉRIFICATEUR GÉNÉRAL DES ARPÉN TAGES. Une ordonnance du roi, du 22 novembre 1 Ü21 , porte qu’il sera adjoint aux inspecteurs généraux des forêts un géomètre-vérificateur général des arpen'tages. Ce vérificateur reçoit de l’Administration les ordres relatifs à ses tournées et vérifications, et il lui rend compte directement de ses opérations, de la même manière que les inspecteurs généraux. 11 prend auprès des agens forestiers les indications dont il peutavoir besoin pourl’utilité et la facilité de ses vérifications; s’assure dé ! la régularité et de l’exactitude des opérations des arpenteurs, tant' dans le cabinet que sur le terrain; se fait remettre les minutes dés plans et procès-verbaux qui sont entre les mains des arpenteurs, et vérifie s’ils sont dressés çonformément aux instructions de l’Administration , et àVèé lé soin et l’exactitude nécessaires. Il s’assure si les arpenteurs sont ( mun^s des in- strümens dont il leur a été recommandé de se pourvoir , et s’ils Ont en leur possession les instructions et modèles rédigés par l’administration ; et il en rend compte , ainsi que de la capacité,et de la conduite de ces agens. Il fait la vérification des arpentages et réarpentages ; et lorsqu’il retonnaît des erreurs notables , il étend ses vérifications à un plus grand nombre de coupes. Il fait cdnnaîtrè à l’Administration les différences qu’il a rècjinnues , et lui adresse, dans ce cas , les plans d’arpentages èt de réarpentages des coupes vérifiées , et il y joint ses pbservations. Il examine , tant dans les bois royaux que dans les bois communaux et d’établissemens publics , les travaux relatifs aux aménagemens. Il s’assure si les arpenteurs vérifient les bornes des forêts; s’il n’y a point d’usurpation à réprimer, et s’il est nécessaire de faire procéder à des reconnaissances de limites ; si celles qui ont été faites excitent ou non des réclamations , et s’il a été procédé à l’abornement des forêts délimitées ; et il vérifie, autant que possible, l’état des bornes et des fossés db clôturé. Lcfrstju’il remarque des désordres dans les exploitation^ et meme hors des exploitations, il en rend compte a l’Administration. 11 fait connaître également si lés travaux mis en entreprise et à la charge dés àdjudîcàtaires de coupes sont fidèlement exécutés. Chaque mois, pendant ses tournées, il adresse â l’Administration lé rapport du résultat de ses vé- 1 rifiCatibhs pendant le mojs r précédent, etindopeti- dammeiitrMé ses rapports mensuels, il adresse dps fàppôrts’Sjiécikùx sur les objets qui l’exigent. Il doit’prendre pour réglés de ses opérations et vérifications les dispositions éncore en vigueur de l’ordonnance de îôôçj.notamment celles dutit.XI de ce reglement sur les arpentages et réarpentages; celles de la loi du 29 septembre 1791, et celles du 16 nivôse, an 9 ; en ce qui'côncérnè les arpenteurs ; l’instruction spéciale' du 9 frimaire an 10 sur leurs opé-, rations, et la manière d’y procéder; la circulaire du 28 du même mois, qui développe cette instruction 5 celle du 6 floréal an 10 , relative aux réarpentages des coupes; celle du 14 floréal an 12 sur les aménagemens des bois communaux ; l’instruction du 24 messidor an 12 sur la reconnaissance et fixation des limites des forêts domaniales; la circulaire du 27 thermidor an 12 sur l’exactitude que les arpenteurs doivent apporter dans leurs opérations pour éviter les demandes en remboursement de moins de mesure; l’instruction du i 5 thermidor an 1 3 , servant de supplément à celle du 24 messidor an 12; la circulaire du 29 janvier 1807 sur le paiement des rétributions dues aux arpenteurs chargés des aménagemens de bois communaux; la décision du ministre des finances du 19 septembre 1811 , et les circulaires de l’Administration, des 24 octobre et 26 décembre de la même année , sur la reconnaissance et la fixation des limites des forêts domaniales et communales ; la circulaire du 20 septembre i 8 i 3 sur les aménagemens ; la décision du ministre des finances du 3 octobre 1821, sur les fossés de délimitation des bois communaux; enfin, le cahier des charges des coupes de bois, l’instruction générale du 20 mars 1821, et l’instruction du 23 juillet 1824 , sur les délimitations et les aménagemens. Il remplit, à l’égard des arpenteurs, la même mission que les inspecteurs généraux avaient à remplir à l’égard des agens ordinaires. — Ces procès- verbaux de vérifications , lorsqu’ils sont contradictoires, servent de base au paiement des différences de mesure. Tels sont, d’après les instructions données par l’Administration, leô mars i8î2et le 28 avril 1823, les devoirs et obligations imposés au vérificateur général des arpentages. V. Arpenteurs. VÉRIFICATION D’ARBRES DE RÉSERVE. V. Souchetage. Vérification de récolement. V. Récolement. VERMOULU (BOIS). V. Vermoulure. VERMOULURE, du latin vernis , ver, et de molere , moudre. On appelle ainsi le dommage fait aux boispar les vers, qui les piquent et les rongent. Le bois vermoulu est cassant et de nulle valeur. On a proposé plusieurs moyens pour prévenir, ou du moins pour retarder la vermoulure des bois. Us consistent pour le chêne , le noyer , le hêtre, l’orme, etc., qu’on emploie dans les ouvrages de menuiserie et de rbarronage, à les exposer à la fu* mée lorsqu’ils sont tout préparés; et quand ils sont mis en œuvre , à leur appliquer quelques couches de peinture à l’huile , ou un vernis d’essence de térébenthine. Quant aux bois de charpente, on les fait tremper pendant quelque temps dans l’eau douce ou satèç, ou dans une dissolution de vitriol, etc. Enfin, on a proposé d’écorcér les bois sur pied , un an avant de les abattre. Nous avons discuté ces moyens à l’article Marine. V. ce mot. Le, meilleur moyen de retarder la vermoulure des bois est dp n’en employer que de bien sains et de bien secs , et de le$ enduire d’un corps qui np laisse point pénétrer l’humidité. Cependant l’immersion des bqisdans l’eau, en dissolvant la partie extractive ou gommeuse de la sève qui sert de nourriture 125 * VID 996 VID aux vers, est très-propre à les garantir de la'vermoulure, puisque les vers n’y trouvent'plus qu*uàe fibre sèche et sans saveur. VERNE. Nom que l’on donne à l’aiine dans quelques parties de la France. V. Aune, VERNIS DU JAPON. C’est VAylanthe glanduleux. V. ce mot. VERRERIE. Lieu où l’on fait le verre, et l’art de faire le verre. V. Usines. VERS. On donne ce nom vulgairement hou-seu- lement aux vers de terre ( lombrics , mais encore aux larves de beaucoup d’insectes lorsqu’elles 'son|t' privées de pattes. Les vers qui détruisent les bois dans les forées appartiennent à un grand nombre dé genres de la classe des coléoptères, tels que antrible , lucane , synodendre , apate , ips, bostriche , lictus, mêlas sis, lymexilon, capricorne , prione, soperde , lapiH'^ lepture, callidic , rhagie. Ceux qui détruisent lès 1 bois dans les maisons se réduisent presqu’auX vril- lettes et aux ptilins ( M. Bosc ). V. Insecte. VERSE. On appelle ainsi une grande èorbeilLe de charbon qui en contient 35 livres. V. Charbon- VERTICILLE , verticillus. ( T. de bot.) Assemblage de feuilles ou de fleurs disposées autour d’une tige ou autour de ses rameaux , comme sur un axe commun. VÉSICULAIRE. (T. de bot.) Ce qui est en forme de petite vessie. VÉSICULES. Petites vessies qu’on observe sur les parties tendres des plantes, d’où est venu le nom de glandes vésiculaires. VEULE. Synonyme de faible. On dit qu’une plante est veule quand elle ne soutient pas bien sa tige ; que les arbres sont veules quand ils s’élô- 1 vent sans prendre assez de corps. Veule se dit aussi d’une terre trop légère. Ce mot est du style familier, et n’est plus guère en usage. VEUVES DES AGENS FORESTIERS. V. Pensions. VICOMTE. Ce mot est l’abréviation de vice- comte. Les comtes avaient anciennement le gouvernement et l’administration de la justice dans les lieux appelés comtés, et lorsqu’ils ne pouvaient résider ou vaquer eux-mçmes à l’exercifce de leurs fonctions , ils étaient remplacés par des' vice-comles ou vicomtes. \ • Les ordonnances de i 5 i 5 et de 1 58 ’a chargeaient les vicomtes de la recette du produit des ventSsdde bois, des amendes, confiscations, etc. La^retnière de ces ordonnances, en parlant des vicomtes-,- SjOultè' cheraitune partie des nouveau** jets de repousser , et le passage des boni mes, des animatux et des charrettes nuirait sensiblement à' ceux qui teseraient développé^. Sou* ces rapports, il estr essentiel que la vîdangÿ'àfe r fiMse peu de temps après la coupe ; ‘maïs il eit' iVrmbssihte de fixér d’une manière générale Têpdfpte\ laquelle les coupes doivent être vi- déesVCéètef^pbqUfe doîevarler suivant les localités , Cf Ja’dfpfi'éîflwaésMéboubhés et'deS moyens de Crans- ABt'lPf tfùaSÎ fedi anéfennesùordonnances ont-elles Wissê^l llaVbltrifite r desgrà mis-maîtres le pouvoir i) , tit. XV, art. 40 Mais les ordonnances défendent à ces officiers d’acifilhiér aucune prorogation du délai fixé par le -céHÿW'dps charges. ‘\Ord-. de Charles IX, de 6, 'af¥. ' 38 q de Charles VI, en mars 1 388 , art. 38 , et en séptembre art. de François F> r . p en ’M i 5 , art. 53 \de Louis XIV, en 1664-, tit. XV, art. 4a?f 311 La défti 5 sè!'Êiite 'aux officiers forestiers d’accirder iuctiit délai fie vidange et de rien changer auM'clàfu- sés portées ‘surle cahier des charges, a été renouvelée par un arrêt du conseil du 10 avril 1 y8q. > Un adpWtifcatâirè ne peut donc, sans >Coor la vidange des autres bois. ( Cak. des ch. de Pordinaire 1825, art. 49 .) ai :di Mais l’Administration autorise les conssrrhtéurs à.fixer d’autres délais , par une-clause particulière dû cahier des charges , dansflés endroitsoù--ki>«Om - tnerce du sabotage et des cercles y Ou d’adtres ¥ir- cpnstances locales en font sentir la néêés 5 û 6 . \Ib.) ' Tout adjudicataire qui', 1 'pour cause ntajedre et j^veurs duprojlpit des bois que las vipoqUes, JVfdîl on vqit, par l’ordonnance de ; 5 , 83 2) . qjjLpil y avait à-la-fois des vicomtes etdes jçcevpurs.cùargéi de p/es recettes, ' VIDANGE DES COUPES. C’est l’opérafion/pnr J/iquqlle pn vide, qn débarrasse, les.yp^ji^sajqs bois 1 ,HV 4 ‘ t ^ at t us >. J >pur tra^sçQrtet Uiflèu^s.III. est tres-impdrtant de fixée aux àdjndfcataifes lié' temps de la vidangé’; s£ onHavisaaUtfQg^Èmï-iefnk^ dhfis 'lès' coupés' 'le bois abattit et gisantyïl empê- , L . , ,_.imprévue, ne peut achevée la eoUpe-ou la -vidange toujours ou receveurs : de sorte qu'il parafitljüfà l’ês J -Hans; les termes prescrits-j ■etf'a-'bespin d'undulfei , poque de cette ordonnance il n’y ayqjpd’aajqes rbfi tiàf tenu d’en faire la débande’ h l’AdnniUstrqcion , ’jSSti l’intermédiaire du ciVd’servateur, - 40 - -jowra> au mefins avant l’expiràtSêin-difilit tormo. ( 'ArtX 5o { du Ch~h. des ch., basé *erTu/*'4'f rfw tic. XVxi» Fdrd. de 1669■) ''-'•ut " • ' 1 ;nolt '•¥! istv - ' L’adjudicataire doit-joindreunéidéplariliOn écrite et signée de lui d& la sithàttlôiS dè la d,ai.tire l’étendue 4 es^qis restant àj exploiter jcroJeS; quantité» et qualité^ de bois existant MielttiRarterte dè .la coupe , le^pàuses du retard dans l’exfdoijajioo oq la vidangey le délai qu’il est nécessaire d’aûen&der 1 , et l’estifwtipn par aperçu du dommage qui peut résulter du.délfi de cqupe ^u de vidangeif laquelle. esliuixtiqqi jés4c.ul^e'd’après les faits! constipés nay Uprepècynarfial, /»^3 U . égard au prix db» foifeuiLlqs dflit. «tWA visoirewimitrl’indeuniité àiPgyftf p%fl ^Wj'i'ekatajxe, sauf à l’augmeritw sl*i#OTè§da.K^q6e.ij jes ut- mages éprouvés étaipnt/pt^s^OBfldsrgplqsnuç ceux présumés. Les prorogations de dglgJ-nqur l’exploitation ou la vidange ccurentdnijour de l’expiraiipn des termes fixés par l’art, 49 cité plus haut, du cahier des charges, (Cah, des ch- de, i 8 a 5 t/pti- j- 5 o<) r La disposition du Cahier des charges . qui epcqje une indemnité pour prorogation de dglai de vidangé, est conforme-\à l’équité , puisque le nouveau délai dceordé est Un changement dans les clauses du con trat, qui est tout à l’avantage de l’adjudicataire. ’ L’anéien conseil d’état imposait quelquefois aussi l’obligation. aüx .adjudicataires de ■payer une £: indemnité. (Arr. du Cons., des aa juillet 1704 et 9 apfoBdé;sur les art. fio et fa da -lit. XV-de lloidt de >649.) ,, j Les tribunaux correctionnels devant lesquels teç poursuit la copÊscatiou dès bois peuvent pronojpnbç, lîijbdeinéité,ipuiisqu?elje a le caractère de l’amende, dlaprèalrirtrt.^Q de l’ordonnance de ifiô^y mai* i^sspe sont-pas.,tenus dé suivie la fixation pptbey; I>ar lftcbhierdes charges, qui- ne fait pas loi pour eus;. Ce sa rai t n uxi t r j b q r?a px cjvjl* qu’il conviendrait de porter l’action, si l’on voulait obtenir une indemnité telle; qu’Blle^at. fixée par le cahier des charges, parce qu’ajot:* jl l’agirait de l’exécution d’un contrat. V. l’ Instruction du 3 o juillet 1820, ,j ^Jenlèvemertt^^^habljs doit se faire dans lq riici r à . avril 1829, portant que, cc.l’adjudicataire qui n’exploite pas sa coupe diçns I e délai fixé ne commet point un délit..... «Cette décision renferme une erreur évidente , puisque jt 1 ordonnance de 1669 donne à ce fait le caractère,d’un délit ^ auquel elle applique la double peine de la confiscation et de l’amende. Ce n’est donc pas «levant les tribunaux civils, comme l’indique la décision, mais bien devant les tribunaux correctionnels que doivent être portées les actions relatives aux défauts d’eiydoitation et de vidange dans ley déjais 1 Ib'infracu'oè aux dispositions de l’ordçnndn^Jsjir L’qbligation imposée aux ddjqdiçatairé's die se renfermer dan* lés termes fixés par le .çabiçr dés qo.ar- gesipour l’entière exploitation de leurs cpupjp^, est tellement eousidérée-comme un délit, que, pour ^es bcfisdes particuliers, elle est également.punièyle la confiscation des bois, et que cette confiscation est toujours prononcée par les tribunaux cbrrecti^finpls et au profit de l’état. V. Y Arr. de la Ç. de fajf , du iq janvier 1811. , Tout ce qui vient d’être dit pour la vidange des coupes s’applique aux bois des communes des établissemens publics, d’après les dispositions de l’ordonnance de 1669, tit. XXIV, art. 9 ; tit. X!XV, art. 165 tit. XXXII, art. 28; d’après l’arrêté du gouvernement du 19 ventôse an 10,l’instrüctiqn du 25 ventôse an 11, approuve'e le 25 germinal suivant, et le cahier des charges concernant les co.upes dans lesdits bois. La traite ou vidange des bois se fait par, Jé?> c he- mins ordinaires des ventes, sans que les adjudicataires puissent en pratiquer d’autres, sous; lesjpeines portées par la loi. ( Cah. des ch. pour les coupes de 1825 , art. 71.) •. Dans certaines localités où la yiaauga est difficile, le gouvernement accorde ^ux adjuqicalfUtes et aux maîtres de forges la faculté dé faire paître dans le* quartiers défensables les cfievaux qu’ils emploient à la traite des bois pt.charbons, et modère, à leur egard , le taux des amendes pour les délits de pâturage. V. un Arrêté du gauvem., du i 5 brumaire an 12., et une Ord- du rot, du 9 février 182^. VIDES. V. Places vaincs et vagues, Plantation , Semis , ■ fravausc. VIEILLES ÉCORCES. V. Baliveaux. VlFf ARBRE). On distingue, dans la ci-devant L4>rrànlëylfes arbres vifs, les arbres viciés, les- arbres morts, lek chablis, dans les délivrances qui se font aux propriétaires-de scieries. L'arbre vif ^st celui qui est sans défaut et qui doit produire 60 planches. V. yVonce. - ’ ’ i " VIE^ BOIS). On nomrtie Sors Wfcelui qui' est eu étaiPde vigueur èt d’accrôîssenfiént , c’est mtsSÎ cèlui - - t ia>XU/ >c >• m-eu: 12: 1 revente une ne [le végétation. oonfis«8tj(On»I(Qq/ K i4qii409i 7 m^7PÉfî^ F r le 998 VIO droit commun, contre les lois, contre la liberté publique. Avant la révolution, les plaintes pour violences ou excès commis par les gardes et huissiers des eaux et forêts dans les fonctions de leurs charges, devaient être portées aux sièges des maîtrises, et non devant les juges ordinaires, auxquels il avait été défendu d’en connaître. (Arr. du Cons., des 19 mai 1708 , 23 décembre 1738,4 m °i t'jbx et *5 février l 7 s 7 -) . . r . . , Les gardes ou huissiers qui avaient fait violence et abusé de leurs armes devaient être punis par amende, destitution de leurs charges ou bannissement des forêts, même par peines corporelles s’il y échéait. ( Ord. de 1669, tit. X, art. 1 4 -> Mais les efforts que les gardes ou huissiers auraient faits pour se défendre dans une rébellion ne pouvaient, pas plus qu’aujourd’hni, être regardée comme violences. ( Arr. du Cons ., du i 5 février 1757.) Le Code pénal de 1810 porte les dispositions suivantes sur les violences et voies et de fait exercées par les fonctionnaires ou «ontre eux. « Lorsqu’un fonctionnaire ou un officier public, ou un administrateur, un agent, ou un préposé du gouvernement ou de la police , un exécuteur des mandats de justice ou jugement, un commandant en chef ou en sous-ordre de la force publique, aura, sans motif légitime , usé ou fait user de violences envers les personnes dans l’exercice ou à l’occasion, de l’exercice de ses fonctions, il sera puni selon lai nature et la gravité de ces violences, et en élevant la peine suivant la règle posée par l’art. 198. {Code pénal, art. 186.) » Toute attaque, toute résistance avec violence etj voies de fait envers les officiers ministériels, les gardes champêtres ou forestiers, la force publique , les officiers ou agens de la police administrative ou judiciaire, agissant pour l’exécution des lois, des ordres et ordonnances de l’autorité publique , des mandats de justice ou jugemens , est qualifiée , selon les circonstances, crime ou délit de rébellion. » y Code pénal, art. 209. ) V. les autres articles du Code pénal concernant les violences , c’est-à-dire les art. 228, 229, a 3 o, 23i , 232 , 233 , 256,309, 3 io, 3 n ,3i2,3i3, 3i5, 317, 32 1 , 327 et 3 a 8 . Les violences et voies de fait exercées contre des gardes en fonctions étaient jugées par les cours de justice criminelle et spéciale, avant la suppression de ces tribunaux. {Arr. de la C. de cass., des 6 fructidor an 1 3,8 mai 1807, i 3 maiet \ 6 juin 1808, 7 février 1811.) Cependant il était nécessaire, pour fonder la Compétence des cours de justice criminelle et spéciale , que ces violences eussent été commises par Une réunion armée de trois personnes ou plus. {Arr. de la C. de cass., du 10 septembre 1812.) Aujourd’hui, elles sont jugées, comme tout ce qui a caractère de crime, par les cours d’assises. L’art. 2 de la loi du 22 floréal an 11 , relatif à ceux qui emploient des violences ou voies dè fait pour interrompre l’exécution des actes émanés de l’autorité, est abrogé par l’art. 484 du Code pénal, et, remplacé par les dispositions contenues dans la VIO section 4". du chap. III, tit. I du liv. JII de ce Code. (Avis du Cons. d’état, du 4 février 1812, approuvé le 8 du même mois.) Le Code pénal s’applique â celui qui frappe un garde en fonctions, quand même Celui-ci n’agirait pas légalement dans l’exercice de ses foliotions. (Arr. delà C. de cass., du 2/ prairial an \ o— 10 juin 1802.) Les gardes ■champêtres et forestiers étant compris nominativement par l’art. 1 7 du Code d’instruction criminelle parmi les a^ens de la police judiciaire , il y a lieu à Iâ'îffeiné'èapîfàlé , qui est prononcée par ’art. 23 1 du Code pénal , lorsque les violences exercées sur leur personne ont été suivies de la mort dans tes 4o jours , et l’on.ne peut alléguer que les gardes n’étaient point dans l’exercice de leurs fonctions au moment où ils otit été homicides. (Arr. de la C. de cass.., du 9 septembre 1819.)' Remarquons que les'procès-verbaux des gardes., en ce qu’ils contiennent le récit des violences et voies de fait dont ils auraient été l’objet, ne font pas preuve én justice, et que ta culpabilité fies accusés doit s’établir par l’instruction requise en matière criminelle. V, Hebelliôn. VIORNE , vibumum. Genre de plante de la pen- tandrie trigynie ét c^e la famille des chèvrefeuilles. Dénomination.. — : Elle se nomme ën italien vi- burno ; en espagnol, vimbresjiç n allemand, schtfee- ballen-strauc'h ; qn anglais, -wiltt-yîne.Qn ne connaît point l’étymologie du mot •vibumum. Les anciens nommaient ainsi l’èspèce commune, vibumum lan- tana , et c’est de cette ëspèce que Virgile a parlé dans ces vers de Sa première églogue, où il dit que la ville de Rome élève autant sa tête^ntre les autres villes que les cyprès entre les flexibles viornes : f^eium keee tantilm alias inter caput extulit Urb es , Quantum le nia soient inter vibuma cupressi Description du genre. — Calice à cinq dents, Corolle en roue, cinq étamines, style nul, trois stigmates, baie monosperme. Ce genre renferme des arbrisseaux à feuilles opposées et à fleurs en cotym- bes, comme dans les cornouillers, qui font partie de la même famille. >T ESPÈCES. ,i, On compté environ vingt-quatre espèces dp viornes : une se troufè en Russie, une dans le Levant, trois croissent en Europe, deux dans l’Améfîque méridionale, huit dans l’Amérique septentrionale, et les autres au Japon. 1 Les espèces les plus çonnües en France .sont celles ci-après : j ( i°. VionNE-OniEE , viburnum opulus (Lin^ ; en allemand, schwalkenbeer-strauch 4 en anglais, marsh elder. ‘lü Viorne cotonneuse, V . lantana ‘(LimJj en allemand, schling-strauch, 'enanglais, comnion ■wa/y- faring-tree. 3 " 1 . Viorne-Laurier-Tin, V . tinus (Liii.^, 4°. Viorne a EEujat£S rüdes ( , V . ngulum ( Vent. ). 5°. Viorne nue, V . nudum . VIO VIO 6®. Viorne luisante, V.lentago ; eu allemand, canadisçhe schwalkenbeer-strauch ; en anglais, Canada Dibdrnum. 7°. VlORNE A FEUILLES DE PRUNIER, V■ prUfli- fofium;en allemand , p/laumenblaCtnee scfcwalken- beer-strauch ; en anglais, plutn. leaved viburnum. 8°. Viorne a feuilles de poirier, V• pyrifo- lium ; en allemand , bîtnblattrige schwalkenbeer- strauçh; en anglais , pear-leaued 9°. Viorne a ,feuiu es de cassin.É* ^ f adénoïdes. .„, 2S ,1 ! ;r:nn io°. Viorne a feuii les dï. grenadier , pn- nicifolium. , £<• ii°. Viorne dentée, V. dentatum. »n allemand, schwalkenbeer .- atraubh mit gezaJmten blattern ; en anglais, indented ■viburnum.. 12®. Viorne a feuilles d’érable, V, aeerifo- lium (Lin.) ; en allemand, ahom blattrige schwab- kenbeer - strauàh ; en anglais , maple leaved : pi- burhum. . Les deyx premières espèces sont les plus importances, sbus le rapport des Fotête . qt de l’ornement des jardins ; les autres ne! sont cultivées que dans le6 jardins de quelques curieux. ' < ..jj, La^|V iorne-Obier , ou simplement l’obier,, ou l’obier des bois/, et dans quelques pays le sureau d^eàtf, le sureau des marais, le sureau aquatique, est un ârorisseaUj de 12 à 15 pieds , que l’on trouve en Europe "et clans l’Amérique septentrionale, sur le bord aès^ ois, des rivière?, dans.tes prés humides, dans les terres marécageuses et dans les haies. Il a l’écorce des jeunes rameaux lisse ej; d’un vert gris, celle des tiges grisâtre et un peu gercée ; le bois rempli de moelle et cassant; les branches et les feuilles opposées ; les feuilles divisées en trois lobes, comme celles du groseillier ordinaire, assez longues, pointues, incisées , d’un vert clair des denx côtés , un peu plus mattes en dessous et nerveuses, et portées sur de longs pétioles munis de deux glandes au sommet, et de deux stipules caduques à la base : ces feuilles deviennent rouges en automne. Les fleurs paraissent au mois de» mai ; elles sont disposées en ombelles à l’extrémité des jeunes rameaux , légèrement odorantes ; celles du centre sont d’un blanc jaunâtre , petites et fertiles, et celles de la circonférence grandes et stériles. Les premières produisent des baies ovales, d’un beau rouge, âpres au goût, qu’on mange dans le Nord, et dont les oiseaux sont Irîands. Elles mûrissenl'en automne, restent longtemps spr l’arbre après la chute des feuilles ; elles contiennent une semence osseuse , plate et arrondie en' formé de cœur', et de couleur rouge. L’obier se multiplie de semences , que l’on met en terre'aussitôt après la maturité, et qu’on recouvre de 3 |à 4 lignes dy. terre. Les jeunes plant? nq paraissent ordinairement que 18 mois après; ilssont surmontés de petites feuilles séminales ovales,. On le multiplie dç préférence de marcottes, de rejets et même de boutures, q\ri se fout au printemps et qui s’enràcînént en peu de temps. Cet arbrisseau est en général peu délicat; il s’accommode de toutes sortes de terrains, pourvu qu’ils ne soient pas trop secs. TI n’est l’objet d’aucune.cul ture dans les forêts; son bois est très-dur et jaune , 999 propre à faire des baguettes de iusil, quelques petits ouvrages de tour et des chevilles pour les souliers. En Allemagne , on emploie ses jeunes pousses de 2 ansàfaire'des tuyaux de pipes. Dans les taillis, il est exploité en bourrées pour le chauffage. On dit qu’il donne un bon charbon pour la poudre à canon. Comme les bestiaux, sur-tout les chevaux et les porcs., en mangent les feuilles avec passion, et que cet arbrisseau repousse très-bien de souche, quelques auteurs ont proposé de le cultiver dans le6 marais pour cet usage. On doit aussi le placer dans les remises de gibier, à cause de ses fruits, qui attirent les oiseaux. 11 figure avantageusement dans les jardins paysagers, comme arbre de décoration ; mais il a produit une variété, qu’on appelle boule de neige, rose de Gueldre, qui lui est bien préférable sous ce dernier rapport, et qui est remarquable par la blancheur et la forme sphérique de ses fleurs, qui sont toutes stériles et ramassées en boule. On la cultive, à cause de sa beauté, pour la placer contre les murs, au troisième rang des massifs, dans tes angles des allées , autour des eaux, etc. : elle produit par-tout des effets brillans. On la multiplie de marcottes ou de rejets, qui fleurissent dès la seconde ou la troisième année. Comme ce sont principalement ses rameaux pendans et chargés de fleurs qui lui donnent de la grâce , elle ne doit pas être taillée au croissant ou au ciseau, comme on le fait quelquefois, mais seulement régularisée au moyen de la serpette lorsque quelques-unes s’emportent. On doit, autant que possible , la faire monter sur une tige , ce qui est facile par le moyen de la taille en crochet. Une autre variété de l’obier est le pitnina des Canadiens. Il est précoce, à grandes fleurs et à fruits plus gros et mangeables. On dit qu’on fait avec ses fruits un vin abondant en eau-de-vie. La Viorne cotonneuse ou commune, vulgairement inancienne, ou coudre mancienne , est un joli arbrisseau qui s’élève à i 5 ou 18 pieds , et qui croit dans les baies et dans les bois en Italie, en France, en Angleterre, en Allemagne et autres parties tempérées de l’Europe. Il pousse assez vite , et donne souvent, dès la première annee , des jets de 5 à 6 pieds. 11 a une racine rameuse , qui court à fleur de terre, l’écorce cendrée , unie ou légèrement gercée sur les vieilles tiges, brune et couverte d’un duvet blanc sur les jeunes pousses; ses branches sont flexibles, se% feuilles opposées, pétiolées , en cœur, nerveuses / légèrement dentées, coriaces, cotonneuses et jaunâtres en dessous, unies et d’un ver: &}air en dessus, rougeâtres au moment de leur chute Les fleurs sont blanches et disposées en ombelles a Ihactrémité des rameaux et légèrement odorantes ; elljçs se développent au mois de juin, ei l’on en voit les boutons dèscl’automne. Il leur succède des baies d’abord vertes, rouges ensuite , et noires à l’époque de leur parfaite maturité , qui arrive dans le mois d’-eetobre ; elles sont molles , assez grosses, ovales , aplaties, d’un goût doux, visqueux et peu agréable, ftt contiennent une semence large, très*plate ; can- nçléç ôt presque osseuse , qui, mise en terre en au- tomnê, ælève que i& mois après. Les plants se IOOO VIO montrent avec, deux feuilles^Tséminalçs, rondes,et épaisses. t La viorne cotonneuse se cultivé comme tapfécè dente ; elle aimé un terrain frais. 'On la place daqs les bosquets d’agrément', où elle formé des buissons touffus et naturellement arrondis^ qui se couvrent de fleurs en été, et ensuité de fruits dont la couleur variante produit un bel effet. On doit la planter aussi dans les remises, à cause de ses fruits^ qui attirent les oiseaux. Le bois de cet arbrisseau est blanc et dur; il contient beaucoup de moelle. On emploie les jeunes pousses , dans-quelques pays, à faire de petits cercles, des-"tiens, des paniers, des corbeilles, et en Allemagne on en fait aussi des tuyaux de pipes. Lorsqu’on le destine à ces petits usages, on le coupe tous les 2 ou 3 ans, et il repousse des jets sans branches, qui, dès la première année, ont de 4 & 5 pieds lorsque le terrain est frais et ombragé. Ce bois donne un charbon estimé pour la fabrication de la poudre à canon. L’écorce des racines sert à & briquer.de la glu par les mêmes procédés que celle du houx. Ses fruits sont astringens et rafraichissans; on les ordonne en gargarismes pour calmer les inflammations de la gorge , pour raffermir les dents , en décoction pour arrêter les dévoiemens, et en topique pour amortir le feu des hémorrhoïdes. En Suisse, on emploie aussi ses fruits pour faire de l’encre. Il y a une variété de viorne cotonneuse à feuilles panachées, que l’on propage par la greffe sur l’es pèce unie, ou en la multipliant de marcottes. La Viorne-Laurier-Thym est un joli arbrisseau, qui ne croitnaturellementqu’en Espagne, en Italie et dans le midi de la France, et que l’on cultive en pots ou en caisses dans les départemens du centre et du nord. Dans le premier cas , sa hauteur est de 8 à 9 pieds; dans le second, elle est réduite à celle d’un petit arbuste. Il est très-rameux, et il a un feuillage toujours vert et touffu, des rameaux carrés et un peu rouges, des feuilles opposées comme dans toutes les viornes, longues de 2 à 3 pouces, fermes, très-entières en leurs bords, ovales, aiguës, luisantes et d’un vert noir; des fleurs en ombelle à l’extrémité des rameaux, rougeâtres avant leur développement, blanches lorsqu’elles sont épanouies. Elles paraissent à la fin de l’hiver et se succèdent presque toute l’année. Les baies , lorsqu’elles sont mûres, sont d’un bleu foncé , ovales et longues de 3 ou 4 lignes. On connaît plusieurs variétés de cet arbrisseau , dont les principales sont celle a fleurs roses , celle à feuilles veinées, celle à feuilles panachées de blanc ou de jaune, celle à petites feuilles , celle à feuilles velues. Les lauriers-thyms peuvent se multiplier par les semences , par marcottes et par les drageons enracinés qui se trouvent au bas des gros pieds. Ces arbrisseaux ne sont pas délicats sur la nature du terrain ; mais ils craignent les grandes gelées. Nous en avons néanmoins dans les bosquets d’hiver qui y subsistent depuis 10 ans sans autre précaution que de jeter dans l’automne un peu de litière sur leurs racines. Si des gelées trop fortes font périr les branches, la souche repousse bientôt de nouveaux VIS jets- Lqs haies du}aurier-thyra sonttrès-purgaûves ; mais on n’en fait pas usage. ’ 1 ' . On cqltive encore dans les jardinâmes environs de Paris quelques autres espèces de"viornes, dont les principales sont celles ci-après, qui,‘ toutes, sont originaires'de l’Amérique septentrionale, et rie craignent point les froids db nos climats : i w . La viorne à fèuillej de prunier, arbrisseau de lo à 12 pieds, féumds’bVales-arroudièS, dentées en scîèj'-étlônguesdÿ’i tj&Üfces’suji j>lùà d’én de large; 2°. la viàrne'aféjà'MIèrflè'pàirieY, trés-vcùsinedel’es- pècë précédente^ 3 > 9 . ' là vlo'rne â rameaux pendans ou luisans, pieds , très-branchue , feuilles épRi$séV'eofcnme i^llés du laurier-thym, assez grandes , ovàlés-drVbndiés ; , et terminées en pointe ; 4°. la viorne dertfék", feuilles piissées, ovales, à 5 rosses dents et à nervures saillantes , tiges pleines e moelle . càSsantés et couvertes d’une écorce grisât!^, viorne nue, feuilles rivales ; entières , épaissesj crénelées et rudes au toucher ; 6”. la viorne à feuilles d’érable^ âya'dtf l’a'snect tFé la viorne-obier, diont elle diflfère ' par ' sè$ fdtlill es, qui Ôn t'du duvet en dessous, jlàr' tSJ pètioltes dépourvus de glandes et par ses ombelles, dont les fleurs de là circonférence' sont petites et fertiles tomme éellés du centre. VIORNE DES PAUVRES où L’HERBE AUX GUEUX.. C’est la clématite commune, avecl’écorèè de laquellê les panifiés se font dès ulcètès artificiels pour exciter la pitié. V. Clématite. VINETTIER. C’est \ t 'Epine<-Pbxette. V I ce mot. VISA DES ETATS OUTRAIS DE JUSTICE ET DE TRAIS d’arpentage. V. la Circul. du xi décembre 1824. Les agens forestiers peuvent, Avant d’appliquer leur visa sur les états de frais d’instance taxés par le juge , se pourvoir contre la taxe , si elle ne leur paraît point conforme aux réglemens. ( 'Décis. du min. des fin., du 8 mars 1824.) V. Frais de justice Visa pour timbre. V. Procès-Verbaux, Timbre. VISITE. C’est la recherche , la perquisition qu’on fait dans certains lieux , ou [jour y trouver quelque chose , ou pour voir si tout y est bien'en ordre. Visites dans les forêts. Ces visites étaient expressément recommandées auxofficiers des maîtrises parles ordonnances de i 346 , art. 4î » 3^6 , art. 4; 388 , art. 9 ; 1402 , art. 9 ; i 5 iô , art. 26 ; 'i 544 ? art. 6 ; i 554 , art. 24; 1 583 , art. 3 , et i 586 . Il est dit, par les ordonnances de i 3 y 6 et i 388 , que les forêts ont été grandement endommagées pendant les temps de guerre , à cause du défaut de visitation. Celles de i 388 , 1402 et i 5 i 5 ordonnaient que les maîtres des forêts les visiteraient une fois par an; celle de i 544 voulait que les visites se fissent de quinzaine en quinzaine , et les ordonnances de i 554 , i 583 et 1686 prescrivaient aux maîtres de faire leurs visites bien et dûment, de garde en garde, et en présence des verdiers et sergons, deux fois par an, et d’en envoyer aux grands-maîtres des procès-verbaux bien détaillés, et l’ordonnance de 1597 enjoignait aux grands-maîtres de tenir la main à ce que les officiers de leur ressort fissent leurs visitations de 6 mois en 6 mois, et en rédigeassent de bons et amples procès-verbaux. Enfin, l’ordonnance de 1669 aprescritauxgrands- maitres, aux maîtres particuliers, aux garde-mar- VIS teaux , aux gruyers et aux arpenteurs, dè faire leurs visites dans les forêts soumises à léur surveillante Les gtands-jnaitres devaient faire, chaque année une visité générale dans toutes les maîtrises et gru- riesde leur département, de garde en garde et dé triage en triage , pour ^. .s'informer âe là conduite des officiers, arpenteurs, gardes, .usagers, riverains et adjudicataires; 2®, Voir lés*régisses dp* procureurs du roi, gardes-marteaux, arpçnteurs, sçrgens à garde et greffiers j 3 . se.lairé.repijgsuufçr les pVo- cès-verbaux et tous acte; çojjcçrnaiit Içj'.déjifs, abus, malversations, usurpat;on^, i €t.‘es j coi)fr j ayéutlon , s en matière de forêts , chasses et jfîçbfifLjQfGt., de 1669 ,, tit. III, art. 9 ' j 4 °' désigner l’assfetÇg'dès ventes ; 5 °. visiter les rivières et pêcheries, et, réprimer les abus et usurpations. . . , fl i , Mêmes visites devaient être laites dansées bîÿ's, tenus en grurie-, a p a nage ,. e n ga ge ment „e t « sWr.urf, (■ Ib-, art. 19.) , ; . . ‘ . ^ ..' Les visites des graads.- ruqltpç» , qui.erabatd d.er vaient avoir lieu, dans .tputja l’étendue, .dp leur dé.- partement, ont étérèduibes îdeux ul* 4 fff es > P ar (Edit de mai 1716, art. fy.) * Les grands-maîtres pouvaient vlsitar lés bois des béuéfiÿes et communautés quand, bpnleur semblait Ord. de 1669 , tit. III, art\ ai^i, Ils pouvaient se faire accompagner par les maîtres particuliers , procureurs du rov, gardes-marteaux et gardes généraux [Ib, , tit. IIIart 9, pf titt V, art . 5 ); connaitre.de toutes actiqns intentées devant eux (Tit.lll, art..\*\,^ faire toutes sortes de réformations et connaître des délits commis soit par lesofficiers, soit parles particuliers (Ib., art. 4 ); mais hors le temps des visites, ils n’avaient point de juridiction. Les jugeraons et autres actes émanés des grands- maîtres pendant le aours de leurs visites, devaient être remis aux greffes des maîtrises. (Ord. de 1669 , lit. III, art. ao et'iô.rr-Edit de mai 1716, art. 36 .) Les maîtres particuliers étaient tenus de faire , de 6 mois en 6 mois, une visite générale dans les forêts royales de leur ressort , et des rivières navigables et flottables-, à peine de 5 oo fr. d’amende et de suspension pendant 6 mois, même de plus forte punition s’ils manquaient pour la seconde fois à faire lescîites visites. (Ord. de \66(),tit, IV, art. 6, et tit. XXIII, art. 29.) Ils pouvaient se faire assister par les gardes-raarr teaux et les seVgens. (/é.) Leurs procès-verbaux devaient faire connaître l’état des ventes ordinaires et extraordinaires faites pendant l’année , l’état, l’âge et la qualité des.bois de chaque triage ou garderie, le nombre et l’etsente des bois chablis ; l’état des fosaée, chemin* efc lxjr* nés ( Ht. IV, arts 7)^ être signés d’eux et des-ofifir ciers présens (lb*)y et être adressés dans le moi» aux grands-maîtres , -à peine de 3 oo fr. d’amende et de privation de gages-(•/£., i trt. 12.) Les maîtres étaient encore tenus de faire des visites particulières poèrVinstruîre plus parfaitement de la conduite des gardes, riverains, marchands, tacteurs, ouvriers, TOitutiérts, et de tout ce-qui concernait le service v pour en rendre compte aux grands-maîtres. (Ib., art. 7.) Tome IL VIS 1001 1 Ils devaient juger les délits constatés par leurs procès-verbaux de visite dans la quinzaine, à peine de demeurer personnellement responsables des amendés. (Ord. de 1669 , art. 8.) L’édit de 1716, art. 4 *j porte: a. Et comme nous avons été informés que la plupart des maîtres particuliers et gardes-marteaux ne font pas les visites générale* ordonnées par l’ordonnance de 1669, ou qu’ils en dressent des procès-verbaux sans sortir de leurs maisons , ordonnons que les art. 6, 7 et 12 du titre Des maîtres particuliers de ladite ordonnance, et l’art. 5 du tit. Des gardes- marteaux, seront exécutésselonleurformeet teneur; voulons que les procès-verbaux des visites générales soient lus et communiqués par lesdits maîtres particuliers et gardes-marteaux aux autres officiers de la maîtrise, avant qu’ils soient envoyés au grand- maître-du département, de quoi le greffier sera tenu de faire mention dans ses registres ; et en cas que les maîtres particuliers Envoyassent des procès-verbaux des “visites générales qu’ils n’auraient pas faites, voulons qu’ils soient privés de leurs offices , déclarés incapables d’en tenir aucun à l’avenir, bannis des forêts, comme fanssaires et prévaricateurs, conformément à l’art. 26 du tit. XXXlIde l’ordonnance de 1669. y> Si , dans le temps prescrit aux maîtres pour faire leurs visites générales, ils ne les avaient faites , les lieutenans étaient obligés de les faire avec les formalités prescrites aux maîtres. ( Ord. de 1669, tit. V , art. 4 ) gardes-marteaux étaient obligés de faire une visite chaque mois dans toutes les gardes des bois du roi, pour reconnaître si les sergens avaient rapporté fidèlement tous les délits ; à l’effet de quoi, les sergens étaient tenus d’assister les gardes-marteaux. A l’égard des bois en grurie, il suffisait , aux termes de l’art. 19 du tit. AXIII, que les gardes-marteaux y fissent une visite de 6 mois en 6 mois. Ils étaient encore obligés de faire des visites de quinzaine en quinzaine dans les ventes ouvertes, et leurs réponses, etc. (Ib., tit. VII, art. 5 .) Outre cela, ils étaient tenus d’assister aux visites des grands - maîtres, maîtres particuliers et autres officier^ lorsqu’ils en étaient requis. (Ib., tit. III, art . 9, et tit, IV, art. 6.) Les arpenteurs des maîtrises étaient tenus de visiter , une fois chaque année, les fossés, bornes, arbre» de lisière autour des forêts royales, pour connaître s’il y avait quelque chose de changé, arraché ,qu tyun»pprté, et au besoin ils devaient faire les assiettes , remises et remplacemens , suivant les ordres ,flqs grsuads-inajtres et les jugeinens des offi- ciâewei marquer l’alignement des fossés à re- faire-f bïb. , tit. XI, art. 7.) \. Bornes et jpossés.. Les sergens à garde étaient obligés d’être continuellement dans leurs gardes, et ne pouvaient s’absenter qu’après en avoir obtenu la permission du maître et-jdv* procureur dû roi, qui devaient commettre le plus prochain garde ou autre personneen la place de ceux qui ttaient absens. (lb.,tit. X, art. 6.) Ils étaient tenus d’assister les maîtres et gardes- 126 1002 VIV marteaux dans leurs -visites..( Qrd. de 1669, tit.IV, art. 6 , et lit. Vil, art. 5 ,) 1 Vj Gardes, ■ Les gntyers royaux devaient rvisiterde quinzaine en quinzaine , les «aux et fouets de leurs ■grurie*. (II)., tit. IX, art» 4 • ) Vu Gruyère Les grands-maîtres et. officiers des maîtrises pouvaient vau ter, quand bon leur semblait, leshois-appar- tenant aux ecclésiastiquesetoom numautéa, pour connaître s’il avait été commis des délits dans, les futaie^ ou dans les taillis; si les réserves avaient été dûment faites; si les usances avaient étéfaitesconformément aux ordonnances et réglemena, et pour y pourvoir suivant l’exigence des cas. V. Bois des ecclésiastiques et Bois des communes. Observations. — Les dispositions que l’on vient de rapporter sur les obligations imposées aux officiers des ci-devant maîtrises, relativement aux visites, prouvent toute l’importance que les réglement attachaient à ce que rien n’échappàt à la surveil^ lance de ces officiers, et à ce que toutes les parties du service fussent constamment soumises à leur vérification et à leur contrôle. C’est en effet dans les tournées, les visites et les vérifications que réside toute l’àme du service forestier, dont l’essence est le mouvement, l’activité et la surveillance;s’il manque de ce principe de vie, tout languit, tout périt. C’est dans les forêts mêmes, c’est sur le terrain qu’on administre les bois ; c’est en les voyant, en les examinant , que l’on juge de leurs ressources et de leurs besoins, que l’on réprime les abus, et que l’on introduit des améliorations ; c’est là que l’on devient forestier ; c’est par les communications continuelles des supérieurs avec les inférieurs que le zèle s’anime, que les connaissances se propagent, que la fraude et la mauvaise foi se découvrent, que le mérite modeste sortdel’obscurité, etque l’ignorance etle charlatanisme sont dévoilés. C’est par les procès-verbaux de visite que l’Administration supérieure s’éclaire sur les hommes et sur les choses, et c’est d’après Les lumières qu’elle en reçoit qu’elle règle sa confiance. Rien n’est donc plus important que cette surveillance, et tout système d’administration qui tendrait à en affaiblir les'ressorts serait faux et pernicieux. La loi du 39 septembre 1791 a réglé les visites à faire par les divers agens de l’Administration actuelle , et il a été ajouté aux dispositions de cette loi par des instructions particulières, que nous avons indiquées dans les articles qui concernent les Conservateurs , Inspecteurs généraux et Inspecteurs. V, ces mots. Visites domiciliaires. V. Perquisitions , Procès- Verbaux. VIVACE, perennis. Une plante est vivace quand la durée de sa vie va au-delà de 3 ans. Panai lés plantes vivaces, il y en a qui perdent leurs tiges tous les hivers, mais dont la racine reproduit, tous les ans , une tige nouvelle , et d’autres qui conservent leurs tiges en hiver. Les plantes qui ne vivent qu'un, a ou 3 ans se nomment annuelles , bisannuelles , trisannuelles. VIVE PATURE. C’est U saison de la glandée, qui dure depuis ba Saint-Michel jusqu’à fa Saint- André. V. Vaine Pâture. VOI VOIE DE BOIS- Anclonneitrtesure de bois de chauffage, connue actuellement sous le nom'de Stère. V., sous tas mot ^ la différèrice qui existe en - tre ces deuxmesuees. .in r.oitm -< r VOTES DE ijTL'IT , T°. ptnii'ctmtnÜndrë tin fonc- 'tjônn'àirô à’ënlèttVd iiné'ojlliiloij favorable OU à faire un âétè quéVcrori^éé’üê ^ort'ministère. V. Part. 170 dn CaÜepékat .Wf n’oi . d ■-t» ^Tioa,Jfinudyil e, )m -im v . . 2 . Contre les gardes .champêtres qu forestiers, la force pubftque® etc. V.'TevzV/. 209 er ai 9 du même Codçfeî Violence 4 °. 3 ù)l tajaerfé dies enchères. V. l 'art. ■ 4 ia qtfe mot Jfyi'Ghète, y h VOIRIE , du latin i>iaria , qui vient de via, chemin. Voirie ou vaierie, qui signifiait autrefois grand chemin, ou certaines places publiques.adjacentes, se dit aujourd’hui de ia police des chemins et de la juridiction qui exerce cqtte police- Cette partieidsila polies :a jété connue dos Ro- mainsip c’est, d’euxtqnæinoua jurons : emprunte h même terme. On distingue la gtande • et' la petite voirie. • :ui: noa lr - . ■■■ .. ' Avant la révolution, la grande voirie était attribuée aux trésoriers de francs, ..et la petite voirie appartenait à chaque jage. qui avait la police dan' l’étendue de son territoire, à moins qu’il y. eût un juge particulier pour.la voirm.-rsl" . m: La grande voirie ooittprend 1 toutes les routes royales ou grandes routes, .c’eat-dn dira celles dont l’établissement et l’entretien sont à la charge du trésor public, Les fleuves, rivières, canaux navigables ou flottables, et leurs chemins de halage. V. l’arê. 038 du Code civiL > La petite voirie comprend tous les autres chemins publics ou vicinaux, conduisant d’une commune à une autre, ou à un hameau, ou à une route; les rues, places, quais, promenades, qui ne font point partie des routes royales; les ruisseaux flottables et Les canaux appartenant aux communes. En matière de grande voirie, les contraventions sont de la compétence des conseils de préfecture, et non de celle des tribunaux. C’est ce qui résulte des lois des 38 pluviôse an 8, 39 floréal an 10 et 9 ventôse an i 3 , et d’une ordonnance du roi, du 36 août 1818, qui est au Recueil. La même autorité administrative est, aux termes de l’art. 4 d e l a loi du 38 pluviôse, seule compétente pour statuer sur les contestations qui peuvent naître entre les entrepreneuas des routes et les propriétaires riverains, à raison de l’extraction des matériaux pour la réparation de ces routes; et c’est a cette autorité, c’est-à-dire aux conseils de préfecture, à statuer sur les réclamations en indemnité des propriétaires dont les terrains ont étéepris ou fouiLlés pour la confection des chemins, canaux et autres ouvrages publics. Ces principes sont consacres par un grand nombre d’ordonnances du roi, entre autres par celles des 32 janvier y 19 mars, z 3 avril, a 3 juillet, 6 et i 3 août et 3 septembre 1823, et 4 février, s 3 juin et 21 juillet 1824* En matière de contravention à la loi sur le poids des voitures, c’est devant les mairesides lieux que l’on doit se pourvoir en première instance, saut 1003 VOI VOI J’appei au conseil deiprofectiireèf:Âh'crtj£a'« 23 juin j8oo.<^ * ::■ yt Inerr uni ■_ «n Observant, relativement àlaaorapéieBce, l’jue lorsqu’une contravention aux régieweasi rur la grande voirie emporte à,-la-(jçâ$ une aipppdfO^ptj pa». emprisonnement, Ifi conjçi de pf^feqtyfê.,,net peiit.pr^-) noncer que^a première dE,çefiid^px { jpçun 1 ^ dire l’amende; il doit, pour'rappli^Ucjn.dij/ÿl ^e* conde, renvoyer devant le tribunal,correctionnel, r , .1 \nJ^efevç J èntre iei conseil de préfecture du '(Jep^rtenient de' la Côte- d’Or et un tribunal de prémière'.itistàntie. 'du département , au sujet d’un délit de ce v génfe dont êtaït prévenu le sieur Pavillon. CetCe. ; déci$ionestcitée par M. Merlin, dans son Répertoire,, sm màt ■Cbe-> min, n°. i4- 1: , , C’est au gouvernementà.TiOBStater.lx.nécesiité do toutes constructions de dignes d la ïuer , et les conseils de préfecbure peuvent ordonner Jù démolition de celles construites Kans antaxisâitno»aj'^ Ord. du 16 Janvier îSaao)'. 1 uigniterit nO .simo; - Le particulier qui a fait construire sur les.bords d’une rivière nuvigahle, sans autorisation, maïs en se conformant à la distancie prescrite par les régle- inens; de peut être condamné)^ démolir son bâtiment sans indemnité,.dan»la snpposition où le gouvernement exécuterait le plan d’un canal qui n’est pas encore défisiitiiement adopté; mais .il peut être condamné à Famendê pour avoir fait des construc- tions non autorisées.: {.Qrd. roy. , du va novembre 1822.) V. Halage, Rentes. . . On tribunal de simple police n’est pas compétent pour statuer relativement à une contravention commise sur une route royale : l’autorité administrative est seule compétente. {Ord. du roi y du 3i juillet 1822.)' f Quant aux contraventions en matière de petite voirie, elles rentrent dans la classe des autres délits et contraventions, e’est-à-dire qu’elles sont de la compétence des tribunaux de simple police ou des tribunaux correctionnels, suivant que la peine est plus ou moins forte. Ces tribunaux ont le droit de connaitne des dégradations des. chemins vicinaux, ainsi que l’ont décidé un arrêt de la cour de cassation, du 3o janvier 1807 ; et par suite nn décret du 18 août de la même année, rapportés dans le Répertoire de M. Merlin), au moq Voirie-^ n^..4. :u< : U s’agissait, dans l’affaire qui a donné lieu à ces deux décisions, d’un fossé creusé sur la largeur d’un chemin vicinal et d’un autre fossé comblé par un riverain. Ces voies de fait furent poursuivies devant le tribunal de police, qui , se déclarant incompétent, avait renvoyé la connaissance de la contravention au conseil de préfecture. Sur la pourvoi contre ce jugement; la, cour de cassation ien a prononcé l’an- nutation,: parles motifsque la kfidu 19 ventôse an i3, qui donne compétente an certains cas, en matière de voirie, aux conseils (fia préfecture,me contient aucune disposition applicable aux voies de fait dont il s’agit, et qùe.s£ le .tribunal de police était incompétent à raison deila qualité dé l’amende à pronon-: cer, du moins ne devait-ii pasrenvoyerf'affaire an .conseil de. préfecture, puisque c’était au tribunal correctionnel à en coànnltrô.’. Lt’kàrèt de cassation a elé. suivi,du la part du préfet-, d’.un conflit qui revendiquait j>ar-devant l’autorké administrative la connaissance da délit} mais J’arrêtp -a été annulé ■ par le décret précité, dontle tfonsidérant portique ■las art. 6 et 7 de la loi 1*44?nW°*. derne.et ançie», qu| serait épqxc^é pftf i$s. v^Hrçs. Les voituriers ne pop,veut faire paître les bêtes 4 e voiture dans les ye.fljtas pi danq.les; forêts, peine de confiscation. desdites, bêtes : et d’ameftde,gl ÇgAi des eh. de i 8 a 5 , art.'.ç^ . Ils ne 6 peuvfluç transporter les.bçûs. que. t f>ar s Je4 cbeniir^iordi#flirP%dôs.,vqut£s (lb, n ar(.jj.\f, »> -h) faire avant Jftdftvftr,pu: pprè* le pqwqher 4p;SoieU r pi les fêtes, et, 4ttiuHttfee«RX ski*.?*. 48-).k: • : 1 Le? aflnîûe«an6e da tout çe,qui concernait la navigation.* lu çendnitq, la ruptnrqyet Je loyer dés- flottes*, bafi*, ipatéau*j'etçi f. V. ; fqmpétence ); mais elle ne dfttin*it aucune règle pour terminer les différons qui pouvaient s’élèver a l’occasion de ces choses. Chailland, dans son Dictionnaire des eaux et forêts, a réuni les anciennes, ordonnances, coutumes, réglemens et arrêts des cours souveraines, et autresautorités quipouvaientfaciliter les décisions. il rapporte l’ordonnance de février i 4 i 5 sur les voituriers amenant des marchandises par les rivières en la ville de Paris; la déclaration du roi, du 24 avril 1703, portant réglement pour la navigation sur la Loire et autres rivières y affluant; un arrêt du conseil, du 27 juillet 1723, qui ordonne que les voituriers qui, par malice ou autrement, auront endommagé les ouvrages qui se feront dans les rivière» poair fie service du public, seront condamnés en 3 oo liv. d’amende et au dédommagement des en- treproneufsy'àdire d’experts; trois arrêts du parle- iueiiti,de l; Brj3tagne, des 16 janvier 1727, i 3 mars 174a çg ..4-.mars 17^>x , pour la navigation sur la ri- vièred^jMilaine et autres, V. Cours d’eau , Navigation , Flottage , Rivière. L’ordonnanco de.1669, tit. XXXI, art. r 5 , déj< fend expnessément à tous;mariniers, contre-maîtres,, gouverneurs et autres compagnons de rivières^çpnr dtiisanLleure nefs, bateaux, etc., d’avoir aucun en- gûià j>ècher,.à peine de 100 £r. d’amende et de confiscation des englua. VOL DE BOIS. L?enlèvemént de bois coupés qt façonnés dans une vente , Ou.exposés sur la foi publique ,u’est point. ,pn simple défit forestier ; c’est, un véritable vol dopL Paqteur dogt être puni de la, jx ine dfi la réçlnsioq,,eq}qn les dépositions de l’art- 338 du Çodp. jjénak Le pçfçcigq rpu^acgg, pat -flet, article u*vait,.*‘W4eB%ïk' < Wn^Mî?*ïI' VU1 joo5 d^ig erm j nal a, _ i 7 et 35 ven - .t^seaftstpi ç^.wtnq il jfdjjé confirme depuis par ar- jf#* liHW,î^.3r,,n : . ; pu OU,'.' l Ce: 75ftl fit .çelp.i .4? pierge^ dans l?s.,çarn<;re&,,çu .'4e. poissjortsi.dajqs. les étangs, Viviers 09, réseryqjrq, ayant le caractère de crime - , la question de savoir .s’pls çn.^été commis avec les circonstances qui leur douent cq,.puractère, doit être soumise.au jury. .(Arr. du 27 août i 8 i 3 » ) .Le^.ypl de planches, exposées, sur la foi publique dans,,lés.champs, et non dans une vente , ne constitue qu’un, vol simple, qui doit être poursuivi par yoie de police correctionnelle , et puni conformément à l’art. 401 du Code pénal. ( Arr. du 5 mars ) « ' Un garde forestier qui commet un vol de,bois dans ,une coupe: affouagèrq placée sous sa.quryeil- 'iiiàeé steVend coupable d’un délit étranger à Vqxer- cice de ses fonctions de garde. Dès-lors il péût^êfre ■poœrsnSvi à raison de oe vol sans 'qu’il soit nécessaire de requérir l’autorisation préalable du gouver- -Jtemen t. (Arr. de la C. de, cass., du 5 decerhbre 18171) ■ > Vot DANS LES BOIS TAILLr8, FUTAIES ET AUTRES PLANTATIONS d’aRBRES DE PARTICULIERS OU Côll- , jaunes. La loi du 28 septembre 1791 qualifie ainsi les enlèvemens de bois exécutés frauduleusement. Elle porte ( art. 37 ) que le vol exécuté à charge de bête de somme ou de charrette, sera puni d’une détention qui ne pourra être moindre de trois jours ni excéder six mois , et que le coupable sera en outre- condamné à une amende triple de la valeur du dédommagement dû au propriétaire. Vol de nuit. Il suffit qu’un vol ait été commis entre le coucher et le lever du soleil, pour qu’il doive être considéré comme vol de nuit, attendu que l’on entend par le mot nuit tout l’intervalle de temps qui est entre le coucher et le lever du soleil. ( Arr. du 4 juillet 1823. ) Un délit de coupe et d’enlèvement de bois commis depuis le coucher jusqu’au lever du soleil doit êtrepuni, d’après l’art. 5 du tit. XXXIII de l’ordonnance de 1669 , d’une amende double de celle déterminée par l’art. I Cr . du même titre. Arr. des 28 mai 1812 et YUlDANGE DES COUPES. V. Vidange {üi VtllDES. V. Clairières, Places vaines efvqgugs^ ? t m ns > Travaux.,. f9iï . A ^ ub . ! , W j è.aq 0* la >■*. z jiri lu'v eel Jnegildo iup anci ' jiusi 1 o ' rüV.u nur^ii'çovr le vjrvu rt , iuo6 YEB ZON w. W ATR KG AM. C’est un canal ou fossé plein d’eau , qui sert à séparer les héritages y ou pour- aller d’une ville à l’autre, ou pour le dessèchement des marais. La connaissance de tout ce qui concernait les wa- tregans appartenait aux officiers des maîtrises. L’art. 9 du tit. III de l'ordonnance de 1669 recommandait aux grands-maîtres faisant leurs visites de s’informer de la conduite des gardes préposés au soin des eaux, rivières, canaux, fossés publics' et ■watregans. V. Cours d’eau. ,iJ ' WATRINGUES. Les commissions des watrin- gues sont chargées de répartir entre les communes et dans la proportion de Pintérêt de chaeuÀè d’ellçs le montant de la cotisation nécessaire à Perrtretifen dès travaux, et cette répartition est faite sans distinction du degré d’intérêt de chaque propriété par- tifculière. ( Ord. durai , du if> juin 1824.)' •tr au rup -.il : *8 YÊBLE. V. Sureau. Y - -.b kj YEUSE. C’est une espèce de chêne. V. Chêne. YPREAU. Espèce de peuplier qui nous vient d’Ypres, où il a pris son. nom. V. Peuplier. -.. - Z. ZESTE. On donne ce nom à la substance coriace qui divise l’amande de la noix en quatre parties. C’est aussi la paniç- ^ni^e qu’on coupe sur le dessus de l’écorce d’ùnë orange, d’un citron. ZONE. On a divisé le idabte.terrestre en cinq parties qü’on’appelle zonesJtîfelle tfü milieu est la zone fdrriae^les uetix cjui J la Suivent de chaque côté, sont les zones te/npérées'5 et les deux qui vont jus- què^t compris les pôles sbnt les zones glaciales. Il y a des arbres qui ne s’accommodent ni de la zone torride ni des zones glacialesi le chêriè est im arbre de la zonè^f empérée .* Mais il y én J à fc ,Yels que les pinS,'' , sÙp'£u^ n et fe btitjteülu qui yîéhpent dans les climâts chàUds, fempér^s i ef qu’on trôuve feétàtraùt'dknsldk'fcôliésfdlatial'éà? J,, ‘ 1 '' ^ lJn0 ' La^qüaiHtê’dëi ^drs VSrîe'è^ivânt les zones. V. Climat 3 no , zniûiB| ■■un zoi"em— is/n.u, îol 1ic.tr nevB rg-iri- 9T-1 > .. xroq ■ ■ ::-îiTr-.inq , .ale ,aoinlbiiq uvst *!• ■saoliaièqo :•:* f z-CO\ ab .lov : .."lie ornéirioiT ,e ?, .i 1 £ .noïluS eb dibeni uneldnl bnmg no - 3 JIUTJUD A 0 30 TH C UQ ) EU/OTO: il .zteinnoloo eh ieeéqze zezïevib zel tm àiiBi^ ■ :>e lelBmibaa'b lieront zei le -, . . ••>. . . neir-flib znab eiollue sa .b ::ü '4 n? I-' ■1 - U J.V1 TIN DU DICTIONNAIRE GENERAL DES S ( SV U H eu et. G.' f or, q loi Bi 103 1.3 ~ ( ;eiin .' iin03 , > ,.j: aü * ni-, •_ ,2 HU f B fcO* Idê'jjvtZ • a -| : olo" nhxu> ■ nei -no - ni uuilq zi on •• ivb , '»■ ioc- , Al.'.JiilJ 03G ê b! ebzxu—qfii ae. -;■ ■)? = ^AUXjjET;, FQftETS^, leve , enemmos uh ■ ' ■[ ■" in og».' il' Y i•tJiJii!: / 3 . 9 l; r,-î iqrnf’ i « • .a *• ! op zu- : . .0 . ■ ..eeiii» .1 ex- .<{1 . • -13111 ■' ' -llr îi.',-" - voi n<> la ■ jb le " » v -i .M iaq ]>, -ail''! â‘jia I-lii Al -il.' c ■ i : ■ *r XU£ eir . xusd -oosi iiiü xiuie ceb , 1 . n< U. liq -, làV, en» «u[ r li. Il a : j: . 3 £.^ .il ■v.r ' l'f î 'i 'i ! .Ji f • 7 ;* /*-■ !ï'ï i;.e : I -onsiq'- ' ’ ' ' / : nfi'l -no -.ex .? '. > %o\ -zig ,. x ■ , zenion le-nnhiV )ilij zeJt^eiiBjèi ■ m jfido » '‘i-ou . eiial - : :f:XU »3 )L 0-1 il f l»i - = ç. i ib iv . ; ,• Jr> zmal ■ »r '-H v;;nh:: 00 < “T/ ■' r itb enijji ;aa ii .1 u! kH zen ; .3le , zetéi t 3rat a:iaMo:>io33 .xno3 ,3..0A îi, r AD AJ 30 ■v- sb z.'ieinelgi» ■ zel le 'roi ael , i *u a ,aiod xub '-«ua-un ;-.noii ; Bi_-in x.u.. , leli.-. ' z. » b 1 xur-mtn£ «eb zeiï-alx,, 1e --»il jL nfibnelni zu elilu »gBi” . ; ii;l’lB , b zetnmod xu , ztuez îixir/aviliuo xi! •> - », i’un»ii ? i B zeedoBllB 2-jXXIIOZV.q xub le ;ui:rioü .R-.3 isq ; .8-nr ,îov s : 3.11713 T3 3JAR JH HIMO/IO:.' . .'irihr/hzHi'.pitin.c, »'i eu'q • ; ■■■». >b le engcquiBi tl zr. n ci>. îdgé- eb jzezueiaitil seviclix. =:»? sb le ( zelnev 1s aiaiLeB r ’eupiliemob xuBicirrr zeb &!!&'• -ir^oa éJO HIH 1 O 0 O JIH 3 AJ 3 Q gJUnKia*! ! '.v -s ,gil eevs , ,8-r.î lov ô ,esu- enn-kisi le eié.q»-»; i WitanchÂtl no { 3 T 0 IZ '-xeq \ 01 /RO:ri, z'cfgnc’J eh îinbBTl ( ovrjoi i- -lit ’ivnai/. A I, .île ïieq;.. èlm. 1 1 en 00 ;-' OUVRAGES,QUI SE TROUVENT CHEZ ARTHUS BERTRAND, LIBRAIRE, uip isiitp'tq . ‘ ■ .v m,vj{ Tie Haute feuille 3 n°. 23 , à Paris. VM VV1 vvm'X l/Wt VM4MVM WMVM11 oMdûlwoq (S'otuuuééiop jjouiù Îcv r m m ao ^iii‘ub n< --.A ! i!J. xxon il ôfc îLiïûcn^I vci ‘ ruiuccj eA^. i'<£btccvujet. AGRICULTURE, 9 BOfÂïforiüE, £! Éd0NOMIE RURALE ET DOMESTIQUE, EAUX ET FORÊTS. ,9anmo ai’ ocnO. ANNALES FORESTtÈRÉS,, faisftnt suite au Mémorial forestier. ( Vpir plus bas. Mémorial. ) Première année 1808 , xn-8. . . 7 fr. J.es années i8o9ài8i3, 1 vol. in-R, chaque année , à 10 fr. l’une. 5 <|fr L’année 1 8 x 4 » de , § fr. Les années 181 5 «V 1^16, 1 vol. lofr Nota. Chaque année se vend séparément. CALENDRIER DU JARDINIER , on Journal de sontravail, distribué pour chaqug mois del’année; ouvrage utile à foutès,les personnes qui veulent cultiver elles-mêmes leurs jardins, ou curieuses de pouvoir suivre et même diriger avec fruit les opérations de leurs jardiniers, etc. ; par Bastien. Troisième édit. 1 vol. in-i 2 , de 700 pages, avec un grand tableau inédit de Buffon. 4 fr. 5 o c. COTONNIER ( DU ) ET DE SA CULTURE, ou Traité sur les diverses espèces de cotonniers, sur la possibilité et les moyens d’acclimater cet ar buste en France, sa culture dans différens pays, et sur les propriétés et les avantages économiques, industriels et commerciaux du coton ; par M. Las- teyrie , 1 vol. in-8. , avec trois planches. 6 fr. DESCRIPTION DES PYRÉNÉES, considérées principalement sous les rapports de la géologie, de l’économie politique, rurale et forestière , de l’industrie et du commerce , avec cartes et ta bleaux ; ouvrage où l’on traite de la nature, de l’étendue et de la hauteur comparée de ces mon tagnes, de la température qui y règne, des plantes et des animaux qu’elles nourrissent, des points de vue remarquables, de l’origine et des mœurs des habitans, des eaux minérales , mines, carrières, etc. ; par .U. Dralet, 2 vol. in-8. 9 fr. ÉCONOME ( LE PARFAIT ) DE LA VILLE ET DE LA CAMPAGNE , contenant les principes, les lois et les réglemens de police relatifs aux biens ruraux, aux bois, aux forêts, aux baux à ferme, aux cheptels , aux métayers, aux épizooties et maladies des animaux domestiques; ouvrage utile aux intendans de maison , aux régisseurs , aux hommes d’affaires, aux économes, aux fermiers, aux cultivateurs, aux propriétaires et aux personnes attachées à l’ordre judiciaire, 2 vol. in-8. ; par P.-B. Boucher. 10 fr. ECONOMIE RURALE ET CIVILE, ou Moyens les plus économiques d’administrer et faire valoir ses biens de campagne et de ville; de conduire ses affaires litigieuses ; de régler sa maison , sa dépense , ses achats et ventes, et de rétablir sa santé et celle des animaux domestiques , etc. ; par Delalauze, 6 vol. in-8. , avec fig. 27 fr. ESSAI SUR LA NATURE DES ENGRAIS, par Arthur Young, traduit de l’anglais, in-12, 2 f. EXPÉRIENCES PHYSIQUES sur les rapports de combustibilité des bois entre eux, etc., formant un supplément à la deuxième édition de l’Instruction sur la culture du bois, à l’usage des forestiers; par M. Baudrillart, 1 s. in-12. 1 fr. 5 o c. INONDATIONS ( DES ) D’HIVER ET D’ÉTE , ou Traité de l’humidité par rapport à l’homme et aux animaux , contenant des avis aux habitans des pays inondés ou marécageux, et aux artisans qui travaillent dans l’humidité, sur l’assainissement des terrains marécageux, etdes maisons humides , etc., 1 vol. in-8. 1 fr. 80 c. INSTRUCTIONS SUR LA CULTURE DES BOIS, à l’usage des forestiers, traduitesde J.-L.Hartig; parM. Baudrillart, deuxième édition, 1 vol. *in-i2. 2 fr. MANUEL ( NOUVEAU ) FORESTIER, à l’usage des agens forestiers de tout grade , des arpenteurs , des gardes des bois royaux et communaux, etc., traduit de l’ouvrage allemand de Burgsûorf ; par M. Baudrillart, 2 forts vol. in-8. , avec 29 fig., et beaucoup de tableaux. i 5 fr. MANUEL DE LA MÉNAGÈRE à la ville et à la campagne, et de la femme de basse-cour; ouvrage dans lequel on trouve des remèdes éprouvés pour la guérison des bestiaux et des animaux utiles ; par madame Gacon-Dufour , 2 v. in-12 , figures. 5 fr. MANUEL DES PROPRIÉTAIRES RURAUX et des habitans de la campagne, ou Recueil, par ordre alphabétique , de ce que la loi permet, ordonne ou défend dans toutes les circonstances de la vie, et des opérations rurales , etc. ; par M. Sonnini, 3 '. édition revue, corrigée et augmentée par M. Thiébaut de Berneaud, 2 vol. in-12. 5 f. MÉMORIAL FORESTIER, ou Recueil complet et suivi des lois , arrêtés et instructions relatifs à l’administration forestière, de l’an ix ( 1801 ) à l’an xiv ( 1806 et 1807 ). ( p'oir plus haut Annales forestières .) 6 vol. in-8. , dont un de Tables. 4 2 fr. Les cinq volumes du Mémorial se vendent séparément , chacun 7 fr. MOYENS de conserver la santé des habitans de la campagne, et de les préserver de maladies dans leurs champs; par madame Gacon-Dufour, in-12. 2 fr. 5 o c. OBSERVATIONS PRATIQUES sur les bêtes à laine dans la province du Berri ; par Heurtault Lamerville , in-8. , nouv. édit. 3 fr. 25 c. PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE DU BOTANISTE, ou Dictionnaire interprète et raisonne des principaux préceptes et des termes que la botanique , la médecine , la physique , la chimie et l’agriculture ont consacrés à l’étude et à la connaissance des plantes ; par N. Jolyclerc , 1 vol. in-8. 6 f. PRINCIPES PRATIQUES SUR L’ÉDUCATION, sur la culture, la taille et l’ébourgeonnement des arbres fruitiers, et principalement du pécher, d’après la méthode de Pépin, et autres célèbres cultivateurs de Montreuil. Ouvrage qui a obtenu deux médailles d’or ; par Mozard , 1 vol. in-8. , figures. 2 fr. 5 o c. RECUEIL PRATIQUE D’ÉCONOMIE RURALE ET DOMESTIQUE; par mad. Gacon-Dufour, 3 e . édit. , 1 vol. in-12, avec le supplém. 3 fr. Le supplément se vend seul. 1 fr. 25 c. SYSTÈME SEXUEL DES VÉGÉTAUX, suivant les classes , les ordres , les genres et les espèces , avec les caractères et les différences ; par Chari.es Linné , i re . édition française, calquée sur celles de Murray et de Person ; augmentée de notions élémentaires, de notes diverses, et d’une concordance de la méthode de Tournefort avec les familles naturelles de Jussieu , etc.;par Jolyclerc, 2 e . édit., revue et augm., 2 vol. in-8. 12 fr. TARIFS d’après le système métrique , pour cuber les bois carrés et ronds ; par Noury, in-4. 6 fr. TRAITÉ DE L’ÉDUCATION DES MOUTONS, ouvrage accompagné de tableaux, indiquant les moyens d’accroître^ et d’améliorer un troupeau métis ordinaire , dans lequel on n’a introduit que des béliers purs, etc.; par M. Chambon , 2 vol. in-8. 12 fr. TRAITÉ COMPLET DE LA CULTURE, FABRICATION ET VENTE DU TABAC, d’après les procédés pratiqués dans laVirginie, l’Ukraine, la v'alteline, la Guiane française, et ci-devant dans la Guienne; auquel on a joint d’autres objets d’économie rurale, qui, réunis ou substitués au tabac, en rendent la culture plus utile aux propriétaires , etc. 1 vol. in-8. , fig. 5 fr. TRAITÉ DE LA PHYSIQUE VÉGÉTALE DES BOIS , et des principales opérations forestières , avec le modèle des actes à rédiger, terminé par le tableau des proportions que doivent avoir les bois de construction pour la marine, rapportées au calcul décimal ; par M. Goube , in-8. 4 fr. TRAITÉ DU RÉGIME FORESTIER, ou Analyse méthodique et raisonnée des lois , arrêts , régle- mens , décisions , instructions et circulaires concernant P organisation des officiers et employés forestiers , et la partie administrative de leurs fonctions , suivi des modèles d’états, procès-verbaux et autres actes. Ouvrage servant d’introduction au Traité des délits, des peines et des procédures en matières d’eaux et forêts, et faisant le complément du Code général des bois et forêts, de la chasse et de la pêche ; par M. Dralet. 2 vol. in-8. , avec 4° tableaux ou modèles. 10 fr. TRAITÉ DE L’ENGRAISSEMENT DES ANIMAUX DOMESTIQUES , où l’on décrit les qualités physiques qui disposent les bœufs , les moutons , les cochons et les volailles , etc. , à engraisser ; les vices de conformation ou les maladies qui les en empêchent ; les procédés les plus économiques d’engraissement en France, etc, ; par MM. P. Chabert et Fromage , 2 e . édition augmentée des méthodes anglaises d’engraissement , soit sur les pâturages, soit à l’étable ; par Lasteyrie , in- 12. 1 fr. 5 oc. TRAITÉ GÉNÉRAL DES EAUX ET FORÊTS , CHASSES ET PÈCHES, composé d’un Recueil chronologique des Réglemens forestiers, d’un Dictionnaire des Eaux et Forêts, d’un Dictionnaire des Chasses , et d’un Dictionnaire des Pêches , avec un Atlas contenant un grand nombre de tableaux et de figures ; par M. Bau- DRIELART. 7 Vol. in- 4 °- Le Recueiz chronologique des Réglemens contient les ordonnances, édits et déclarations des rois de France , les arrêts du conseil et des cours souveraines; les lois , arrêtés du gouvernement , décrets , ordonnances du Roi, arrêts de la Cour de cassation, décisions ministérielles , circulaires et instructions administratives. Le Dictionnaire général , raisonné et historique des Eaux et Forêts contient l’analyse des lois, ordonnances, arrêts et instructions; la police et la conservation des forêts ; les diverses méthodes de culture, d’aménagement et d’exploitation ; l’architecture navale , la botanique, la minéralogie, etc.,appliquées à l’économie forestière, avec l’étymologie et l’explication des termes forestiers et autres, employés dans l’ouvrage. L’ouvrage est imprimé, format in-4°. , sur beau papier, à deux colonnes et en caractère neuf, petit-romain. Le Recueil , qui a paru le premier, parce qu’il est la base de tout le travail sur la partie réglementaire, forme en ce moment sept livraisons , dont la dernière, qui vient de paraître, comprend l’année 1824. Le prix de chaque livraison est de 8 fr. L’aimée 1824 seule est de 6 fr. Prix des sept livrai ions parues. 54 fr- Le Dictionnaire des Forêts est terminé ; il a été f iublié en cinq livraisons. Le prix de chaque ivraison est de 10 francs, y compris l’Atlas, composé de cinquante planches. Prix, 5 o fr. Au i er . janvier 1-8.26, ces prix seront augmentés de 2 fr. par livraison pour le Recueil , et de 3 fr. par livraison pour le Dictionnaire : ces ouvrages étant sur le point d’être épuisés, cette augmentation sera sévèrement maintenue. Une nouvelle souscription estouverte , jusqu’au I* r . AVRIL 1826, POUR LES PERSONNES QUI DÉSIRERONT SE PROCURER CES DEUX OUVRAGES SANS . l’augmentation DES PRIX. Le paiement a lieu au fur et à mesure de chaque livraison. Les frais de port ne sont point compris dans le prix de l’ouvrage. ( Le Prospectus se distribue. ) Le TRAITE GENERAL sera incessamment com- Î dété par la publication d’un Dictionnaire des ’êches et d’un Dictionnaire des Chasses. Un Prospectus , qui est sous presse, fera connaître les conditions de la Souscription et l’époque de la publication de la première livraison. On peut cependant se faire inscrire dès à présent chez M. ARTHL’S BERTRAND, librairb-éditeur. Paris , Imprimerie de Madame HUZARD (née Vallet la Chapelle), rue de l'Éperon , n' * / * •ÎV"- 'M A m -•j~ê •-*,*■ ' i ^ - ' •■•••/ V WÎ R- • • '* terr-y.'. ■■''”.*> «gga J ,'y 1 *• . • js> ?X ; • t * , '.r \ • - - .' '-V-.V • -&vS- ,■ îsiJ- €~- v r ,mJtt.M % J! r - ;*v' \ ^,^',4 1 -\i JL- . * ^-‘a ^ 5 *•$ ^ jT" < * * * -«ÇfoïS*.< **f J&/V*4 4 > ' &m%mm:àsmi ^ £-/&-*. ~*1 •'/v&-jâwv. * - . - '■ v •**)?. -K*?': .-.V:*^:. .:• •••5Br* , 'W^.'-*5- .:'"^-v .;.'.. 1