n •flrv'' "-" h ú r. Q . 'ââáâAÁÀi ». . A»A ** s® m 4308 íA * t *& u » v i #| «•i if \ i 3T*»~ l ,^3 ^ . ' , AUAir' ‘ ‘, l .(l ’ , i >. ■:■/ m _ TRAITE' D E S TOVRBES COMBVSTIBLES- OP A R CHARLES PATIN. Docteur Regent en la Faculté de Medecine de Paris, jGNOS cer r AVCI ■i&vVí'-. .W’ A PARI S, Tu a n d v 13 ray, aux Efpics - Meurs, v & ( ruë 8 . Pierre V a r i q;v et, à rEnscigne l lacc^uer. d u Gril. J M. D C. L XIII. ■Auœc Trmìcgc ê Approbation* wm- A MONSEÌGNEVR MONSEIGN E VR D E LAMOIGNON PREMIER PRESIDENT. onseignevr; L ’vtïhte publique veut que ìe vous prefeme ce Discours des Tourbes, puis qiïil a ejle fait en fa faneur. La passion que vom tesmoigne ^ 'pour elle en toutes les rencontres, exige ausit des reconnoiffances de tous ceux qui prennent part à ses interefls. Et quelques foibles que soient les occasions de Vous les témoigner , elle croiroh auoir oublie ce qu'elle Vous doit, fi elle prenoit vw autre Patron & vn autre Prote Pleur que Vom. L'Eminente dignité de ' Prince du Sénat, ou la faueur du : Roy y ne font pm ìcy ce qu'elle considéré le plus & bien qu'elle sache que la pojseffìon de l'vne & de lautre, n'efl que t effet de Vofire incomparable mérité , elle se fonde encore beaucoup' plus fur Vosire Pieté. Ellesçaitque c'efi cette Pieté' qui fait la premiere & lu plus importante de Vos qualités ; que comme vne force majeure y elle en - traifne auec foy toutes les vertus > & qu'elle est inséparable de Ivúli te publique t Les Souuerains n'ont iamais ajseElè d'Eloge auec plus de pajswn que celuy de Pere dv P e v p le. Ceux qui donnent leur temps 3 & qui trauaillent incessamment pour le public 3 ne doiuentàls pas eflre honore ^ de ce titre auec plus de lustice 3 que tant d'Empereurs qui t ont: vfitrpè 3 qui fefaifoient appeller Peres de la Patrie 3 dont ils auoients ruine le gpuuernemenz o légitimé 3 par vne vsurpation tyrannique . Nous sommes 3 grâce s à Dieu , dans vn temps plus doux 3 où la' Paix a bien autrement poly les esprits : on n'a plusd'ambition' que pour les choses iujles on préféré linterest du public à celuy des particuliers : on ne songe plus qu'à des ìnuentions ingénieuses 3 dont tout le monde se doìue louer > & du dommage desquellespersonne ne se puisse plaindre. En vn mot 3 toux les François tachent d imiter leur Prince 3 que la Bonté Ja Cle?nence & lefoin du public rendent le plus grand Prince du monde. Apres luy > on doit cette conduitte aux principaux Aîagi- flrats.&àVom, Monseigneyr, plus qu'à personne , puisque tous vos desseins ne tendent qu'au bien public 3 & que la considération des panures efl toufiours la premiere de Vos pensées. Le soulagement que Vous donnes aux Parisens , dr particulièrement aux Panures ,par le moyen des Tourbes, ne fera pas inutile à la gloire de Voflre Nom: En leur procurant quelque aduantage , Vous Vous attire £ clamant plus les Eloges que Voflre Pieté mérité § & moy ïen prends loccasion de Vous témoigner par cet efcrìt , que ie fuis > & feray toute ma vie > MONSEIGNEUR* ' ; i ■y, i O > De Tarifs ce 2j* Fe- ttrier t iíóa yostre tres-liumblc & tres- obéissant feruiieur 3 Charles Patin* t 'sWA^ êH^s êà° êà V C> V V V V V C> P V D PREFACE £calìger dans son manuscrit. N ignorcroit peut-estre auiour- «i’huy l’vsagc des Terres Tourbes, si toutes les Prouinccs du monde auoient esté garnies dc forests, qui leur eussent fourny du bois suffisamment. Quelques Anciens auoient trouué par ce remede dequoy sc secourir,dans le besoin qu’ils auoient de choses combustibles. Les Hollandois, à qui cét vsage auoit esté inconnu , au.stì bien que tant d’autres choses excellentes qui font peries, ont recommencé de le pratiquer, & den faire fumer leurs fourneaux & leurs cheminées, depuis quatre cents ans: La nécessité a peut-estre cause cette inuentioa , aussi -tost que leur industrie*: & bien que par celle-cy ils íurpastenc preíque tous les peuples , il est certain que i’rndigencc du bois les a obligez dc chercher du secours d’ailleurs. L’Angleterre,la Sucde,Ie Dannemarc&vnc partie de l’Allcmagnc les ont suiuisî pourquoy la France nc se scruiroit- elle pas du mefmc aduanrage ,quoy quelle s en soit passée iusques à présent, PREFACE. â présent,&quelle le puisse faire dans Iasuittc auec autant de succez & de commodité qu'au- parauant. La Chasse est vn plaisir que les Princes & les bonnettes gens ont tousiours chérie, comme vn exercice digne de les occuper. Cependant on en peut considérer de deux fortes , dont l’vne qui est fondée fur la nécessité du Chasseur,cil bien plus pénible que celle où on ne s exerce que par plaisir. Vn Gentil-hommc qui peut jouir de toutes les douceurs de la vie dans Ion chasteau , ne laisse pas de sc fatiguer du matin dans la neige , & malgré les incommoditcz dc la faiíon , il trouuc plus d’aduantagc dans la pourfuitted’vne bécassine,que dans le repos dc íbn lit, Lc la douceur de fa famille. Pourquoy ne jouirons nous pas dc la mesinc liberté ? Y a-t’il quelque raison qui nous déterminé, & qui nous priue du bien, encore que nous nous en puissions passer? Pourquoy abandonnerons-nous vnc commodité qui íc présenté ? Nos Peres s’cn feroient fans doute feruis, si ils en eussent eu l'intelligence nécessaire ? La conferuation de nos forests, & la defpenfc que céc vfage peut épargner pour le secours des Riches 3c la nécessité des Panures, doiuent augmenter le dessein dc la faire valoir. Ic lien parle pas .en Intéresse , car a ce é PREFACE. regard , la chose m’est touc à fait indifférente: " Le bien dupublic m’animc, & comme i’ay lieu de croire que touc le monde y trouuerra son compte , & que personne n en souffrira de dommage , aussi puis-ie me persuader, qu’orv reconnoistra par l’vsagc , qu’on peur éclaircir cette matière ,& ía rendre re co m man d ab le , sans sc rendre suspect: d’aucun interest. Le discours que i’cntreprends ne regarde directement que la Physique-,toutesfols fa partie la plus precieuse , la plus nécessaire & la plus parfaite , qui est la Médecine , s’y trouue intéressée , parcc qu'cllc examine les bonnes Le lcsmauuaises quahtez dont IcsTcrres-Tourbes peuuenc altérer nos corps . & les rendre plus ou moins sujets aux maladies. Et c’est en effet la considération principale qui ma engagé L prendre dans 1 examen de cette matière, vn diuertissement qui cust du rapport auec la profession que i’exerce. Quelques Anciens , & plusieurs Modernes^ ©nt fait mention des Tourbes dans leurs escrits, mais elles y ont este traitées si différemment, & auec de si effranges réflexions , que nous n’en pouuons pas tirer des lumières suffisantes. Les vns s’en souuicnnenr en parlant du charbon de pierre : les autres ont placé cette Terre ardente auec d’autrcs merueillcs qu’ils décri- yoient t les autres en oot fait mention,cn parlant PREFACE. des choses métalliques & minérales. De tous ceux là personne n’a connu íuffisamment leur nature , leurs qualitcz & leur vsage. Le seul Martin Schoockius, Professeur en Philosophie àGroningue , en a cscrit express tres- pertinemment. le ne recommanderay pas icy son Ouurage par d’autre considération, que par le mérité de l’Autheur. Ce que i’ay veu de luy sur différents sujets m’oblige de croire, que c’cít vn des plus sçauants hommes du monde : & i’aduoue librement, que le petit Liure qu il en a fait Bi'a plus fourny de matière que tous les autres Autheurs ensemble, f ay suiuy sa Méthode & ses Chapitres autant que i’ay pûi du reste i’en ay fait comme la mode des habits lc persuade à chaque Nation; ce qui sied bien à i’Holîandoise, peut estre retranché quand on se veut habiller à la Parisienne. I auois appris quelque chose de ces Tourbes, par laRelation que des Picards ôc des Flamens m’en auoient faite. L’vfage qu’ils en pratiquent vers laRiuierc deSommc leur en auoit donne quelque intelligence ; mais en vérité ie les iuge bien negligens, de n’auoir pas eíclaircy le reste du monde de cét aduantage, puis qu’ils nous le pouuoient produire fans íe porter préjudice, quai n si ils auroient eu l’honneur qu’il y a de procurer à ses voisins,de nouuelles commoditez. La gloire d’vnc telle inuention , ou touc an P RE F A C E\ moins celle de fa publication, est dautant plus considérable , quelle apporte de profit & de commodité. lamais Tubal & Iubaln’éussent immortalise leurmemoire , si ils ne nous eussent communiqué les Arts dont ils estoienc les Autheurs. AmcrieVefpuce atrouué des Terres, qui iufques aux derniers siécles, auoient passé pour fabuleuses , ou pour inconnues ,, dont le nom léucillcra éternellement la mémoire de eeluy qui les a découuerres le premier, le pourrois en rapporter vue infinité d'excmples, dontic tiens le Lecteur tres-informé - Mais il est certain que M. Mai tin Schoockius nc doit pas estre priué de la gloire qu’il y a de produire le premier des raisonnements fur vne chose si vtile & si difficile: ie dirois plus de bien de lu y , si ie nc craignois que laminé qui est entre nous , ne rend 1 st la vérité suspecte de passion. Personne n'a trauaillé fur ce sujet en n ostré langue : ainsi la nouueauté donc tous les François sont passionnez , pourra faire donner quelque estime à mon Ouuragc,au deffaut d u mérite qu’il n’aura pû s’acquerir. Ils auront peut-estre encore plus d inclination à- le lire^ quand ils sçauront que 1 ambition de paroistre ne nva pas fait mettre la main à la plume , & que le leui zele de leur découurir quelque Ytilité, m’en a fait entreprendre 1e dessein» PREFACE. De plus , i’ay crû qu’il y alloic cn quelqu® façon dc l’honncur dc nostre Faculté dc Mcdecine dc.Paris , que tous les Sçauants reconnoissenr pour la plus eminente & la plus illustre du monde , quvn de ses Docteurs cn donnast les premières lumières. A la vérité, i'y aurois souhaitté l’employ d’vnc meilleure plume que la mienne -, mais au moins cccy fournira le dessein , & seruira de projet à quelque autre qui sera plus en estât dc lexecuter que moy. On me peut reprocher d’auoir fait quelques digressions, & de m’y estre trop estendurelies ne font ncantmoins pas fort longues * & dc plus, elles traittent de matières assez curieuses, dont féclaircissement & la nouueauté désennuieront vn Lecteur de bon fens.Quelques vns dc mes Amis , qui les auoient iugé dignes d'y estre inférées , m ont obligé à cette complaisance, que ie nc crois pas tout à fait inutile. C’cst pourquoy la censure méthodique d’vn Lecteur trop seuere, sera reíeruée pourd’autres fautes , dont ie tascherois dc me deffendre comme dc celle-cy fi ie les prcuoyois. On verra à la fin dej ce Traité,les Remarques & les Raisonnements du Sieur dc Chambré, à qui le public a lobligation de cet A duis des Tourbes. Son petit Ouurage luy fera autans d’honneur ,que beaucoup d’Autheurs s’imagi- PREFACE. nent cn auoir acquis par de grands Liures : Tout y est remply de curieuses & d’excellentes coniectures , & leur stile naturel ne les rend que plus agréables. Bien que les opinions quil propose ne soient pas suffisamment prouuées, ie les estime pourtant dautanc plus , qu’ií a découuerc des raisons probables &c vray-sem* blables de l’origine des Tourbes , qui estoic touc à fait inconnue , & dont pas vn Autheur ne s’estoitauisé. Ses coniccturessont touílours fondées fur vn sens commun excellent, & ie nc doute pas que par le fréquent ví'agc qu’il en aura , il ne nous donne encore en cette matière de nouveaux éclaircissements,dont lexperiencc journalière réueillcra le raisonnement. APPROBATION DE la FACVLTE* de Mcdecine de Paris. DECRETVM SALVBERRJMM Facultatis Mediae Par’tfienjts. D Te Sabbati XXV r r. Octobri? , m. dc. i.xrt. Dodoribus vcde rébus ad Facultatem í'pedan- tibusdeliberarent congrcgatis,cum M. Caholvs Patin obtuliííct Librum quem de 'surfis feu Cespitibus Bituminosis ex Sénatus-confulco effin- gendis exarauit, & id petiisset, vt eum sibi Iiceref fduente Facultate in lucem edere. Censuit Facilitas eius rogationi annuendum, & collaudandam quidem Viri Ornatiíîìmi ad litterarum tradationem impigre verfantis diligentiam : Librum vero Dodoribus M. Iac.Mentelìg, M Rgb. P a tj no,ôc M. Dionys. DoDARTO,eum Facultatis nomme comprobaturis, c fie committendumjVt prxfixis illorum íufFragiis ad Aucoris commendacionemillustriusin omnium manus emicrererun In cuius rei fidem hic syngrapham apposui. M o R r s se r, D:canus> H Vng Librum deCespitibus Bituminosis vbiper- legimus, Le materix nouitate arque veilitate, qu* nunc primum publicis commodis in vfum apud nos vemt, 2e nitore ílylidignum censuimus, qui in publicum prodeat , 2c in omnium manus veniat^ «liligcnter ôciucundeeuoluendus. Quapropter hume non tantumapprobatione,íedlaudearque commen- datione profequimur. Datum Parisijs , Kalendi Dccembnbus M. D c, lxii, R. Patin* Dodart. JAentel. EXTRAIT D X PRIVILEGE du Roy. O VIS , par la Grâce de Dieu, Roy de France & de Nauarre , Lee. Nostre bicn-Amé le Sieur C harles Patin, Docteur Regent en la Faculté de Medecine de Paris, Nous a remonstré qu’il auoit composé vn Traité Des Tovrbes Còmbvstibles , &c. A ces caulès , désirant fauorablement traiter ledit Sieur Patin , luy permettons de faire imprimer leditTraité Des Tovrbes, en telle grandeur,marge 6c charáctere que bon luy semblera , 5 cc. Descendant à tous Imprimeurs, Libraires 8c Estrangers , qui trafiquent en nostre Royaume, 6c autres personnes de quelque qualité &C condition qu’ils soient, d’imprimer, faire imprimer, n y mettre en vente ledit Traité Des Tovrbes, pendant le temps de sept années,à compter du iour que ledit Traité fera aclieué d’imprimer , fans la permission dudit Sieur Patin , à peine de trois mil liures d’amende, Le de tous defpens , dommages 6c jnterests. Donné à Paris le 14. Decembre 1662. Signé, Par le Roy en son Conseil , Rolland. Regiftré sur le Liure de la Communauté des Libraires & Jmprimeurs de celte Fille t le 17. Fevrier 1663. saluant ÍArrefl de la Cour du Parlement , du B. Avril 1633,0. condition que la difinbution dudit Liure sera faite par vn Librairf. I. Dv Bray, Sindic. TABLE A A A A A A >1 q» TABLE DES CHAPITRES contenus en ce Liure. Chàp.I. á \ Vclques autorité\ touchant îexcel- \ / Imce des Tourbes. p.ig i U. Des Pais où l'on trorne des Tourbes. 5 III. Des différentes opinions de t origine des Tourbes. 10 IV. Des opinions que nous reïettons da la formation des Tourbes. ij V. Des opinions que nom approuuons de la formation des Tourbes. 17 VI. De la matière des Tourbes , fçauoir du Bitume & du Souphre. % 5 VII. Des autres chofès combustibles qui ft froment dans les Tourbes. VIII. Des différences des Tourbes. 33 IX. Des différents noms des Tourbes, 35 X. Des raisons de la différence des Tourbes. jg XI. Des arbres qu on rencontre dans la terre en la fouissant pour trouuer des Tourbes » 44 XII. Des autres choses qu on rencontre dans la terre en la foúijfmt pour trouuer des Tourbes. 59 XII I. Sçmoìrfì la matière des Tourbes qu on tire de terre fe peut réparer par la fuite du temps . Table des Chapitres.' XI V. De la manière dont on a. accoufiumé de faire seicher les Tourbes. 67 XV. Des Cendres en général , (A- particulièrement dc celle des Tourbes. » 70 XVI. Des Charbons en général particulièrement de ceux des Tourbes. 76 XVII. De la Fumée,de la Flamme de laSuyeen général@r particulièrement de celles des Tourbes. 85 XVIII. De V incendie des feux souterrains. 91 Opinions (efi remarques du Sieur de Chambré fur la cause efficiente des Terres.Tourbes. iox Raisonnement du Sieur de Chambré fur £ Milité de la confellion des Tourbes aux enuirons de Paris , (efr fir. le Priuilege que luy en a accordé fa Majesté - 10; Breuet du Roy. U6 Ternes Patentes du Roy', 118 Vérification defdites Lettres Patentes en conséquence de l % Aduis de Meffieurs les Preuost des Marchands , Efcheuins , Dolteurs en Médecines des Notables Bourgeois. 111 A MONSIEVR DE CHAMBRE’ L Es Foyer de chaque Famille , Chambre’, feront autant d'Autels, Ou tes gazons brûlons font que ta gloire brille , Comme celle des Immortels. Nie. C es vi n, d’Angers^ A H. ct dt y? t2f l» ti* A V M E S M E. T V préparés au feu ce nouuel aliment , Auec tant d?artifice, Que l'on 7i>. Z A FACVLTE DE MENE CINE DE PARIS. 7 ,» ^<1 /tiiífrf n rit.4« //li/rt ^ .« T'.ihllKA »!»«»,• (’/ll/fl I TRAITE' fmmn àsM wîm DES TOVRBES COMBVSTIBLES- CHAPITRE I. Quelques dutorïtez^ touchant l*excellence des T ourhcs, ’est vne chose bien surprenante, que l’espric humain s’attache plus volontiers à considérer les choies rares , qu a rechercher celles qui font bien meilleures : la Curiosité le réueille & lc charme : Et comme dit Scneque, Il se plaît bien plus de remarquer lEclipse du Soleil, que l’éclatante lumière de ce bel astre. Les peuples négligent de considérer la Lune, quand elle est dans son plein , & leur superstition la fait admirer quand elle souffre. ~ A 2 . Traité des Tourbes j. ib. 7 . JtA compofitï fùnms t 'vtnosquotidicim etkm fi txdmk *at.tjti*st. rationedïgna fiunt jranfèant: contra minmamm quoq; ca ?' 1 ’ sérum fi infolita prodìemnt , (fecî^mlum dulce fiat. tììnc itaque cœtus afirorttm , quïbm ìmmenfi corporis pulchrïtudo dïfimguìtur , populum non conuocat : at cum aliqutd ex more mutatum cfî> omnium wultm m C£Ìo c fi. Sol fpecídtorem , nïfi cum déficit > non habct: ncmo obfcruiit Lumm nìfi laborantcm : Tune b. 8. les Papes íe seruent. PïBé fmt fijfiimm lapïdum fingular. tabellœ } non tantum pwiBis vernfque fkpenunwro^sed qj L iyia effigie beflì irum , p lan t arum , nonnunqitam & honûnmn. Jtaque cum 'voluptate contuearis ìn t.ibulis ï/iis angmllas , cyprïms , aumtas feu imitas , r an as , (pf wt multì aiunt, omnium pene befliamm N figuras quas alit lacm C iij 22 Traité des 'Tourbes Habitans de ces lieux là auoient accoustume d en brûler & de restruer leurs .cendres, pour faire du sel : beaucoup de particuliers en brû- loient exprès pour s’acquerir des richesses par ce moyen là: mais les Magistrats qûi ont pre- ueu qu en fouillant si frequemment dans les terres, on diminuoit fa force, &on la mettoic en estât de moins résister aux ondes impétueuses de l’Occan, ont fait de rigoureuses dessenfes de se seruir de ces Tourbes : cette loy a este obstruée iniques au temps de l’Empereur Charles-quint, qui relascha de cette feuerité, à la priere des Habitans, que la cherté du bois & le besoin de matière combustible reduiíoic à la derniere neccíïìtc. La quarriesme prcuue est, Que la terre mefmc des Tourbes st brûle à raison du Bitume, qui n’est rien autre chose qu'vne portion terrestre, disposée à reccuoir de la stâme. Pline examinant cette question , dit, que le Bitume est de la terre en des endroits , comme proche de Sidon en Syrie; & du limon end’autres, comme dans le lac de Iudée, c est celuy quon appelle Asphaltite, ou Mer Morte, & que ces deux matières s’espaisissent & forment vn corps - plus solide. Il y en a auíïï de liquide, tel que celuy de Zante, & celuy de Babylone , &c. .. . Bitumcn alibi hmus , alibi terra: limus de Index heu chap, //. vu diximus , ewergensj terra m Sjrta circa Sidonem Combustibles , Chap. V. 23 oppidum niamïmum : Spijpmtur hœc 'vtrAqne m dcnfìtatem co'èunt : e(ì vero liqmdmi bìtumen fìcut ^ , . x . í . , . 7 .. FoJJil.nat . Z&cynthum , £í? quod a Babylone imehitur. Le di- ligent Naturaliste George Agricola , montre que le Bitume de terre est noir , reluisant comme de la poix, tantost mol &tantostdur, qu’on peut aisément cailler en pierre, fort leger,. & en estât d’estre bien rost consommé par le feu. Peut-estrc est-ce de cette terre au territoire de Rizza, dont parle Pline , qui prend feu si par Lazard vn charbon ardant tombe dessus, SubieEiis Ariaa aruû fi çarbo tnciderit , ardere ter - £; ure s ram. Car encore que la terre d’clle-mefmc ne chaj>.to 7 . soit pas propre à brûler, si est ce quelle nen est pas fort éloignée, pour peu .qu elle s'en acquière de dispositions d’ailleurs. Cinquiesmement, cette matière s’engendrc continuellement de mesme que le Bitume 1c fouphre, qui tous deux encrent dans la composition des Tourbes, comme nous montrerons cy-dessus. Lc Monr dbena prouue assez la perpétuelle génération du fouphre, qui brûle depuis tant d années, & que les histoires les plus anciennes ont remarqué de la mesme maniéré qu’on lc void brûler auiourdhuy. Nous on discourerons plus amplement aut8. Chapitre de ce Traité, qui fera Des Incendies. La con- t rouer fe de la noblesse du Souphre ou du bitume est icy superflue, l’vn & lautre s’cngendra 2 H. Traite des Tourbes par sapposition de nouuelle matière, diíposee a en receuoir les impressions & les qualitez. D’ordinaire on dit que lc Souphre est le plus noble, comme estant vn principe plus vniuer- sel j Libauius prétend que ce premier rang doir estre donné au Bitume, puis qu’estan t considéré f lb ' V séparé de tout autre corps , on ne lc peut f, • • î r i r 4 . rcíoudre en d autres principes plus simples; ce qu’on ne peut soutenir du Souphre non plus que du Mercure & du Sel, que les Chymistes admettent comme les premiers principes des corps naturels. Nostre sixiesme& derniere assertion est, que les bois, les perches, les cannes, & les autres choses qu’on trouue entrelacées dans la matière des Tourbes , y sont attachées parle Bitume qui y est contenu , & qu'elles y ont esté comme enfermées par les terres qui les ont couuertes. Seneque donne vne comparaison qui vient fort à nostre suiet. 11 dit qu’vnccertaine líle, qu il appelle Flottante, est fondée sur des troncs d’ar- fiiommt. bres & des branches, qui ont esté liées & at- chap.tó. ^cbées ensemble par vne humeur grasse & collante. Lettes trttncos frondcf'que in Lieu fpcir/as pìnguts humor apprehendit & . 7 » 4- Olaus Fvormms m maftc. 2.6 ‘Traite des Tourbes que le Souphre y est: compris, & que lc Bitumé ZfLi.de ^ f a i t£ p vn Souphre destrempé, suiuant l’opi- nion de Cardan : toutefois y il est tres certain que le Souphre fait vnc partie essentielle de la composition des Tombes-. les Grecs l apeiloient 6e?o», peut-estre Ìí cause qu’il íeruoit à leurs Sacrificateurs dans leurs mystères. Baccius dic Bethenitu Chap. VI. 1J Sur cc propos Cardan dir, que la fuye est vne / 7 ^. j e efpccede Bitume* Sc Scaligertout aucontraire,./àà- veut que le Bitume toit vne efpcce de suye. Sans penetrer dans cette question,qui ne faitrienà f ■ nostre fuiet, nous disons que le Bitume Sc la § ex qua Indi liquorem e heim t , ad plu - rimos curandos morbos engendrées en ce lieu là, de mesme que Pline chap.u. a dit, qu’on trouuoit dans des mines, de lìuoire blanc & noir, & que la terre a des pierres qui participent de la nature des os ; voicy ses mots,. Thcophyxjhis aulor efl y cbur fissile candido nigro color eïmeniri , td ost e terni msà , ìmemrïque lipides ojjeos. Georges Agricola dit, que dans les mines d'Alun d’Hildeshcim , on trouue de l’Ebenc, qui ne se bruíle point. Libauius escrit ‘? /trte , > 1 , 1 ■ r , hnmlar. qu on trouue des cornes qui torrent de terre en uls.c.17. Thuringe, & que les charlatans les vendent pour estre cornes de Licornes. Elles font blanches & parsemées de petites taches noires en quelques rtmfic. endroits : leur matière ressemble à vne dent 2 - c ' : ' 6i pourrie, dont les parties se peuuent casser ai, sèment. sespere que le Lecteur me pardonnera la. digression touchant la corne de Licorne, & qu’iL ne la luge ra pas tout à fait mutile, ny malséante. La Licorne est vn animal, qu’ils disent estre en Arabie, ce qui est faux, il n’y en a point au monde, non plus que de Phénix, qu’on suppoíè tousiours dans des régions trcs-eiloignées, parce D iij 3 Q T *rai té dej T *ourbes qu’on n’en voir iamais. Les Cornes , qu on cròit estre de Licornes , font fans doute celles d’vn poisson: Il y a vn passage dans l’Histoire Liure 2 d’Angleterre de RobertIonsthon, qui les con’ cerne. Cet A-utheurdit, que vers l’année 1/77. l’ìllustre Voyageur Forbisher voulant pénétrer dans le détroit de F Amerique Septentrionale,à qui il a depuis donné son nom, en fut empes- ebé par l’horrible froidure que la flotte souffrit, & que vers le mois de íuillet il rclafcha dans 1 Isle voisine, qui efloit toute couuerte de glace & de neige. Eu visitant les costes auec vne petite barque, il trouua vn poisson mort , qui auoit vne corne, ou bec,d’vne aulne & demie de long, que quelques expériences ont rendu fauorables à la guérison du venin: c'est ce qui a donné lieu de les coníeruer dans les Cabinets auec grande curiosité. On a dit depuis qft’elles estoient d Arabie, ce qui n’a point d autre fondement que la Relation de quelques voyageurs, qui ont pris plaisir d'abufer de la crédulité' du monde par ce moyen: A beau mentir qui vient de loin, ce dit noffre Proucrbe, ils nous en- uoyeroient en Arabie voir si ce qu’ils disent n’estpasvray. Toutes les períonnes doctes ont rousiours crû qu'd n y auoit point d’animal terrestre de cette figure, 6 c que cette corne estoic celle d’vn Hippopotame,ou cheual marin,telquc le hazard le presenta dans son naturel aux yeux Combustibles , Chap. VII. g l de Forbisher. Le gain quon y a fait, & lappctic de la nouueauté a supposé beaucoup dautres choses de ces sortes de cornes, & des animaux qui les portent, qui n*ont pas plus de vray- fc nblance. Blesdikius dans son Histoire d’ís- lande, dit, que du temps qu’il cítoit dans cette Iíle-là,on y trouuavnos dépareille nature^qui ayant esté achepte à vil prix par vn Marchand d'Anuers, fut vendu peu de temps âpres nombre de milliers de Florins , pour la véritable corne de Licorne. Olaiis Vvormius, qui a di- It y 7 ligemment examiné les choies naturelles , a Mufti, donné la description & la figure de í’animal c ‘^‘ ‘ 4 ~ maritime qui la porte, que les peuples Septentrionaux , qui viuent de fa chair l'appellent Narhual Cette digression ne fera peut-esire pas ennuyeuse au Lecteur, mais retournons à ìios Tourbes. La seconde raison qui fait qu’on trouue de ces matières combustibles dans vne terre íi profonde,est, que le Bitume se coupe en disse - rentes parties & cn disterentes figures , donc qmdquisfois il reprefente des cscorces d’arbres,, des filaments, & autres choies. Pline parlant xj Me 7v ausii de ce lac de ludée, à qui le Bitume , dont de fin il est plein , a donné le nom d’Aíphaltite, dit,. f 7 ^/*" que ce Bitume s’esieuant c. 1. Traité des Tonrbes cn Latin Cespites Bitvminosz; Pline,, Cambden, Lcuinus Lemnius, Libauius, & plusieurs bons Autheurs se serucnt de ce nom. Il y saut adioustcr le second mot , à cause du Bitume qui les compose, & que le mot de Cespites ne signifie que des gazons simplement, comme dit Festus, Terra ïn moditmhteris cœsa 3 mm herba: Vne portion de terre coupée en forme de brique ou carreau, à laquelle í’hcrbe est encore attachée : c’estoit de cette matière dont on faisoit les A utels, témoin Horace, Heic 'vïutrn mihi cefyitem , ìmc Vcrbenas pueri pomte , & en vn autre endroit, -- Pujnujijue Cíirbo ìn Cespite Lib.^.ie Brifìj Cíf altj Germant# ìnferìorù populi fùam Darry 0n &' re ~ (dp Dorpenas habent , qu# congerie radicum Jimul & terreno Bitumine , qualis ejì terra Colonienfìs> confiant. Hoc genm Jblitarmm infla.mma.ri non est mirum > radic&s enim are f act# funt. Ie pense qu’il seroit plus vray de dire, qu'il y a des Tourbes où le Bitume est disposé íi bigearrement, qu’ii semble que ce soient des racines seiches. La troisième espece de Tourbes,dont parle Hadrianus I uni us, est presque semblable à la féconde -, excepté qu’clle se durcit au feu , ct qu’cilc yformevne espece de pierre. Beaucoup de gens ont crû que la petite, portion dc Sou- phre Le de Bitume qui y est, tait cet effet fur iâ grande quantité de terre ct de limon d estes, ché qui en fait le corps principal, mais ç.p n’est pas nostre opinion , non plus que de ceux qui disent, qu’eìles participent de la nature des charbons de pierre , tels qu on trouue en grande quantité dans le territoire dc Liège. 11 est certain que le peu qu’il y a de Souphrc, 42- Traité des Tourbeì n’empesche pas que le Bitume ne s’endurciíïc, qui y eiì en bien plus grande quantité': ce qui íe remarque dés que le feu y est allume' , car elles ne laissent pas de bruster, bien quel- les se rompent en pieces : & c’est ce que dic Georges Agricola , qui a tres - diligemment j,b 4 dc «aminé cette 190jj.fr c ; Bitume» nigrum ajfk- nat.fojjìl. Utim fùbciffile , (efôtámen accensum ardere. En eap.s. effet, il y a vn grand nombre de pierres différentes , qui se rompent & qui se fendent en pieces, qui participent de la nature du Bitume. Tan. 3. Libauius dit qu’alors il s’y rencontre deux qua- jìngHiar. litez differentes-, l’vne de Bitume,& l’autre du iib.s,.c.i2 p uc remperamment de la pierre, mais quelquesfois le Bitume y domine de telle façon qu’il y peut bruster facilement. C’est pourquoy t il dit en fuite , ljlebius lapis niger potijfmum eft, Bituminis e:> wsque plains y f. Ltb. 2. «af, 24.1. 56 'Traité des Tourbes pas la largeur, & qui font épaisses de plus de six. Que diroit-on de tant dautres choses qu’ott rencontre, dont on ne trouuc pas de raison conuainquance. On rencontre des dents noires en de certains lieux, en dautres on trouuc des pierres faites comme des langues de poisson; En Irlande il y a force Serpents de pierre , ou plustost de cailloux , que les Curieux gardent exactement dans leurs Cabinets, comme si en esset ce fussent de véritables Serpents qui eussent esté pétrifiez ; ce qui est faux , auílì bien que les pierres qu’on appelle Crapaudines, qu’on fuppoíe auoir esté engendrées dans la teste des Crapaux. Tout cela naist fans doute dans la terre mesme, dont ces corps tirent leur dureté, qui leur sert à former tant de choses différentes. Seneque en parle plusau long dans ses Questions Naturelles. Ce que les Charlatans vendent pour corne de Licorne,est encore de cette nature, & à ce propos nous rapporterons les paroles d’Anf. Booth. Cornu t fo(file Monocerotis lapis Ceratitesdià potest: colore (est Uuore cor?.u resert , forma etiam interdum : nam fiepius tam crajfium ac magnum repe- ritur , La Mer a ses qualitez, pour produire , & la Terre n’en est pas eirernptc, mefme dans ses animaux, ce qui prouue par vne comparaison moins difficile, la production des Coquilles, des Pétrifications & des autres choses alléguées cy dessus. Quelques - vns ont crû que c’estoient des restes deforests brustecs, dont la noirceur des extremicez aid-oitla conjecture: Mais ils none pas pris garde que le Bitume, quin’yapas acquis ta derniere coction , & qui n’y est attaché qu’unpHrfaitement, les trompe par fa couleur, puis qu il rend noir le corps à qui il s'attache, tans qu’il (oit besoin daller rechercher Tailleurs des causes plus éloignées. Nonobstant coures ces raiíons , nous ne nions pas que la Mer ne puisie auoir poussé fur tes riuages quelques arbres , qui auroient pû estre couuerts de limon , & acquérir cette qualité Bitumineuse dont est question. Forbis- her, dans fa célébré nauigationde lAmerique, en raporte des exemples, & lesHollandois ont escric qu’ils trouucrent des arbres dans l’em- bouchure d’vne riuierc de l iste qu’ils appel- lerent, Noua Zcm/u , bien qu’il n’en crust aucun dans toute l’estenduë de liste. Et comme on 'Combustibles > Chap, JT II. S9 peut* croire qu’ils y ayent esté iettez par la violence des vagues de la Mer, qui les auoic receus auec le courant de quelque grande riuiere : De mefme on peut dire que les Tourbières peuuent auoir receu quelques arbres de la Mer , qui estoient produits en quelques régions éloignées. CHAPITRE XII. Des autres choses cfuon rencontre dans la terre , en la fouissant pour ^ trouuer des T ourbes. A pres auoir discouru des arbres qui se trouuent dans les Tourbières , il est à propos de parler des autres choses qui s’y rencontrent, qui toutes le réduisent à deux choses; sçauoir aux naturelles, ouaux artificielles: les naturelles se re luisent au genre des minéraux, ou des végétaux. O , Quant aux minéraux, on y trouucvne certaine matière verte, semblable à la Chrysocolle, ou Borax , dont en passant il y a de quatre especes, de blanc, de gris, de vert à de noirâtre. On y trouue de plus vne certaine matière H ij L'tb.j • de Aíetall. c-31. Lib,2, de wat.eorum cjt*a ex terra es- fiannt. íinre ij-. 60 < T‘r aï té âet T *ourbct rougeastrc semblable à de la rouille ; ce que nous pensons estre vn effet de la liaison du Souphre & du Bitume , comme nous auons prouué cy dessus. Cette premierematière n’est pourtant pas de la vraye Chryfocolle, car elle ne íc doit trouuer que dans les mines dor, d’argenr, d'estain & de plomb, comme a fort bien remarqué Fallope. On y rencontre auíïi de petites pierres rouges, & d’autres vertes ; mais nous estimons que ces deux efpeces font produites par la matière descrite cy-deílus, auec cette differcnce, qu’elles ne brûlent point,, ce que font celles où le Bitume excede les autres matières. En fouissant mefme fort profondément , on trouue des eaux noirastres & rou* geastres, dont la saueur' est d sagreable au íîì bien que [odeur- ce qui ne se peut rapporter qu à la mixtion du Bitume. Agricola en parle - en ces termes, Etenim aqut c multnm Bïtmnmt& qudlcs funt aquœ maris mortui • multnm Sïilphuratœ „ amies Amgvì ; multnm’ atrwicnto [mono mfeSlœ , qu iles Ochr<£ ; non alunt p fice s , fìuc cedidœ , fie fri- guì& fuevint; modïce mt pitrum alunt. il dit qu’il y a beaucoup d eaux Bitumineuses, telles que font celles dc la Met morte, ou lac Afphalcice en Palestine; beaucoupdeSulpIiurécs, comme celles du fîeuue Anigrecn Thessalie : c’eítceluy dont parle Guide cn ies Métamorphosés,quand il dit, queIcsCentaures s’y estanslauez,pourfc Combuft'tbleé ) Chap. XII. 6l guérir des playes que leur auoit fait Hercule, auoient corrompu cette riuiere , & l’auoicnc rendu trouble, puante & vilaine i au lieu que ses eaux cíìoient auparauant claires , nettes & bonnes à boire. Il y en a pluíìcurs autres vitriolées, telles que font celles d'Ochra aux Alpes, dans lesquelles d n'y a aucun poisson , à cause de l’cxtremité du froid & de la chaleur. Quant aux Végétaux, quelques-vns prétendent auoir trouué dans ces Touibieres, des Pommes de Pin-, ce qui fe:;oit assez effrange, vu qu’on netrouuc point de Pins dans l’csten- duc des Païs bas , íi ce n’est vers Breda en Brabant : cc n’est pas que nous les voulions contredire , &bien qu’on nevoye que rarement de ces arbres dansées païs-làj ce n’eít pas vne conséquence qu’il n'y en ait pas eu autrefois. L’experience nous apprend, qu’on y éleue &c qu’on y cuhiuc, depuis foixante'ïins, desCeri- íicrs,dcs Ormes,des Tulipes & d autres elpeces de plantes, qui n’y auoientiamais paru auparauant. Nous ne demeurons pourtant pas /faccord, que cc qui paroist estre Pomme de Pin, cn soir absolument de véritable; ce ne font que Pins de Bitume imparfait, dont la forme Le la B^ure est en quelque façon efgalc. Deux disserentes raisons nous persuadent cette opinion. L’vne est le nombre des autres choses, que la mefme matière rcpreí'ente - on y H ííj 6l ^Traite des ^Tourbes cn trouuc qui ressemble à des noix de gland, d’autre à des œufs, & ainsi à disserentes autres especes. L’autrc raison est, que la disserente mixtion du Souphre,du Bitume,de la terre, & des autres corps qui en composent la niasse, s’y reconnoist assez aisément, & que le tout ensemble produit vne certaine Résiné qui la faiteon- Lii, 4. fondre aueccelle des Pommes de Pin. Agricola en parle en plusieurs Chapitres de son Liure,de la Nature des Fossiles. Et qui est-ce qui pouroit rendre raison des ieux de la Nature? Qui est-ce qui nous pouroit dire, pourquoyon rencontre des Tourbes bleues? & en vn mot de toutes les couleurs, & dont la matière est fort éloignée de 1 ordinaire? Nous aimons mieux dire auec Aurelius Augurcllus, 1.1b. 2. Mnìtti teçit sacro ìnmlucro Nxtura. , ne que vlli Chrystì- p as ( jj j'j ye q mc l cm ^ (ç/ rCt ^ ' On trouue atsssi dans les Tourbières beaucoup de choses qui font produites par artifice: on y a rencontré des Médailles, des Pierres grauées, des inscriptions Antiques, des morceaux d armures & d’autres choies semblables. Alors on peut croire que la Mer les y a poussez auec force limon , dont ils ont esté couuerts : ou que ces lieux ont esté remplis d’eaux, & que dans la reuolution des siécles , lors que les flcuues quittent leurs lits pour sefpandre aiíLurs, comme qn voir frequemment dans la Combustibles , Chap. XII 63 Loire & dans le Rhin, ou que par l’vfage des Moulins, donc les Hollandois fe font fore feruis pour defleicher leurs macérs, ces lieux, qui auo’enc feuy durant les guerres , de cache Ôc de réceptacle de leurs threfors, ou que les naufrages, ou d'autres accidentsy peuuent auoir mis par des rencontres différentes, íe font trou- uezdesteichez. On a rencontré autrefois tant de Médaillés qui portoienc l’infcription des A n- íonins Empereurs de Rome,versVechtproche d’Vtrcchr , que les habirans du lieu ont crû que leurBourgr.de fut nommée Antonine , ce qui ne nous paroillpas eítre confirmé d’aucune autre comecture. «chZUs «HfW XIII. S f auoir fi la matière des 'Tourbes, qu or? tire de terreuse peut réparer par la fuite du temps. D emetrivs Phalerien voyant trauaiíícr du monde auec vne extreme diligence dans des mines d’argçnt qui choient au territoire d'Athènes, diíoit d'eux qu’ils fouiíToienc -la terre aucc autant de courage , que fi ik 6 4- 'Traité d&s Tourlet eussent voulu arracher Pluton de son thrône, & laser forcer iusques dans les Enfers. On en pourroit dire autant des HoIIandois, dont Ja patience, le trauail& l'aisiduité, soncincon- ceuables en cette rencontre. C’est ce qui nous fait proposer cette question ; sçauoir si leur diligence n’épuifera pas ensin la source de leur trauail? & si ils trouucront tousiours de la matière capable de les satisfaire ? Ils font persuader que leurs Tourbes finiront quelques iours, mais ils se reíoluent en ce cas, d’cn aller cherches chez leurs voisins. Il y a beaucoup d’cn- droits en Picardie qui en font pleins, & qu’on négligé toutesfois, à cause de 1 abondance du bois, qui en fait mépriser la rencontre. Dans le Comté de Zutphen , dans la Seigneurie Cnuchar- d’Vtrecht , ôí du costé de Vvestphalie, on en deserípt. liouue en quantité, que la difficulté du trans- HoiUnd. port fait abandonner. D’où vient que la Seigneurie dOuer-lsiel pria Charles - quint, à ion couronnement, l'an 1518. d'empescher qu'on ne transportast ailleurs de leurs Tourbes. 11 reste à sçauoir si par succession de temps, cette matière se peut épuiser , ou si elle se restablir dans ce lieu mesine ,cn telle forte qu’on cn puise tousiours tirer. Il est certain qu’on ne fouit d’ordinaire que' dans la surface , qu’on remplit d autre terre, quand on a tiré la combustible, & qu ainsi la régénération n’yparoist pas: 1 'Comltéfttbles , Chap. 11 T, 6$ pas: Dc plus lespluyes & les labours applanif- fent dans la fuite des temps ; ce qui paroissoic auparauant fort inégal. . Quand meífne cette régénération sc pourroit faire , on lcmpesche en tirant la matière qui y seroit desia diíposée: la richesse que les Tourbes produisent, & la nécessité qu’on en a en certains endroits, fait qu’on ne sc donne pas la patienced’en attendre l’cfFet. Iules César entreprit autrefois la con- questc dc la Grande Bretagne , & pour satisfaire à son ambition, & pour s’enrichir des tiare- fors qu’y produisoit alors la pesehe des perles: Auiourd huy nous croyons que la source en soit tarie, & que cette précieuse matière en soit espuiséc , puis qu'en effet, il ne s’y en trouuc plus. Ce n'elì pas que beaucoup de gens nc soient persuadez , qu'on ne voye croistre à vc,ië d’œil, les veines de cette matière combustible. Le Pere Fournicr lesuite, semble estre de cette opinion, quand il dit dans fa Choro- graphie : Quod Ji euts terra herbojum demas cejfi- /„ Ceml tem pro foco , excrescit denuo , nec deprìmì sulum tatli aduertïtur. Ils tiennent aussi cela pour certain^*”’* en Efcosse , & prétendent que cette matière y croist continuellement , & qu’en moins dc quatre années, elle sy trouue dans la mefmc proportion que deuant que d’en auoir tiré les Tourbes. Neantmoins il n’y a aucune apparence, & la terre remuée, qui tient plus d’cf- I 66 traite des ‘Tourbes pace qu’auparauant, leur fait croire quelle s'augmente, & quelle se rengendredcnouucau. Ce n est pas que nous tenions certe proposition impossible, au contraire, nous en tommes persuadez en d’autres rencontres , & 1 expérience mesme nous expose des arbres qui font tombez de vieillesse dans ces fortes d’cndroits, à l’encour defquels le Bitume, le Souphre, & vnc troisiefme nature participante de ces deux, fe trouuc augmentée & engendrée-, mais cela ne te peut faire qu’auec vn grand temps, que nous ne íçaurions prescrire, & qui depend en pairie de la dilpoíìtion de la terre , qui fe trouue tanrost plus forte & tantost plus solfie.- la sablonneuse par exemple y est moins, propre que la grasse A la fangeuse. On peut faire icy vne remarque , qui est assez de conséquence -, c est que les terres ne portent des grains que faiblement auparauant qu’on en ait tiré les Tourbes -, mais âpres qu’on les a remplies d’autres terres, & qu’on les a fumées à l’ordinaire , elles deuiennent fors fertiles , & elles portent de bon grain , & en grande abondance. Nous perdons que la eau te de cette stérilité en doiue estre reiettée fur la quantité du Bitume qui y domine, 6c que les relies du zel que les eaux y pouuoient auoir porté , aident a {'abondance de leurs productions. Cette nisfmç raison est fauorable à Combufiillej , Chap. X11T. 6~j .ceux qui disent que les Moutons dc Zelandc cstoicnt plus tendres & plus délicats autrefois qu’auiourd’huy, à cause qu’ils paissent dans des prez que l’eau de la Mer inonde, & qui en sonc quelquesfois tous couucrts, dc telle forte que la qualité du Sel, qui y est dominante, en altéré la saueur & en diminue la bontés ccquiarriue auflì en leurs grains , au lieu que quand il n’y a quVn peu de Sel, les plantes & les animaux y profitent plus avantageusement. CHAPITRE XIV. De la manière dont on a accoufiumê de faire seicher Icj T omb&s . L es Tourbes ne font pas en estât de feruir des austi-tost qu’on les a tirées: Elles font alors si humides , quelles peuuenk plustost esteindre le feu que de l’allumer. Dans les Païs- bas, âpres les auoir taillées en forme de briques carrées , ils les exposent au vent & au Soleil. Si l ait sec les fauorise & qu il ne tombe pas dc pluye dessus, elles font parfaitement seiches en quinze iours, & pcuucnt bruster fort facilement. Quand elles font dcsscichées de cette manierez on en fait des monceaux ,que la pluye OlatíS f'vorm,t JiíuUo, lib. 2. caf.ss. 68 ‘Traite des T^ourbej n’incommode presque plus, car elle coule au dessus de leur crouste , qui est plus seiche , & le peu de matière qu’elle emporte, s attache » celles qui font dessous , de telle forte que la matière des Tourbes ne se pert pas , & tant celles-là que celles-cy ont vncdisposition prochaine à bien brusier. On tire les Tourbes fort commodément depuis le mois de May iufqucs à la S. Martin. Celles qu’on tire dans les mois d’Avril & le commencement de May , font suiettes à vn danger plus important ; car comme en ce temps, les pluyes font plus violentes que dans d'autres saisons, elles destrempent si fort cette matière, qu’clles en emportent auec leur courant , vne bonne partie : ce qui fait que le Marchand n’y trouuc pas ion compte , & n’en a. pas tant de reste à bien loing prés, que si elles auoient estéssauorablement desseichées. C’est cc qui nous fait damant plus admirer la nature des Tourbes, qui produit vn vfage tres-considérable , en changeant de quahtez. presque subitement. Dans le commencement c’est vn corps terrestre, plein d’eau , dont en. peu de temps on fait vn corps si sec, qu i! sert à faire du feu & ài’entrctenir. Les Coraux, tant blancs, rouges, que noirs, resientenc vn changement aussi subit à proportion , tant qu'ils. íòslt dans seau, qui est le lieu dc leur produ- \ / Combustibles , Chap. XIV, 6<) âion; ils y gardent leur nature de plante, & dés qu’ils font exposez à l’air , ils fe durcissent & acquièrent la qualité de pierre. O.rúhis qmd in jiaccm aquu tcgimr , hgnum cfi , ftjLtim vero atque mari ^. Gem extracïus 3 dum acrcm tmgit , m Lpuicm induramr. Cardan cn rend vncraison, & bien quelle ne vous paroisse pas suffisante, la dignité de l’Au- theur fait que i’en feray mention volontiers. jQuod Coraltmn è mari excerptum confeflim durefett, Desuhtì causa efl aer, tenue ilïmshumidmn fìccans , £sf frïgiu l partes ïlliHs cngcns. Refngeratur autem enflai e média, quia pars a'eris intro penetrans , frigida euadit. Fru- Jïraque efl Sex tus Empincm quando hmc pairocinmm Scepticisme) quœrit, hb. i. Fyrrh. hypoth. Laissons cette question à examiner à d'autres* & réunions à nos Tourbes : Celles qui font desseichccs petit à petit& qui font coníeruées- quelque temps dans vn lieu íec , font bien meilleures que celles qu’on faittf ícicher à la basse, & qu’on bru de incontinent âpres. La raison de cette proposition , outre son expérience , fe fait paroistre par vne eípece de croustc dure * qui est fur celles qui font íeichées promptement, qui est produite par vne chaleur tròp actiuc trop soudaine, & qui empeíche que l’humidué contenue au dedans des Tourbes nc puiíîe estre consommée-, ce qui n’arriuc pas à celles qu on garde quelque temps dans va grenier, ou dans quelque autre lieu sec. I iij 7 O ‘Traité des Tourbed Ce n est pas aussi qua la fin elles ne puis. sent estre trop seiches : lc Bitume dont elles tirent leurs bonnes qualitez, se rend alors fria- Dioscorid. blc } & se réduit en poudre quand il est trop fìf sj dcíleiché , au lieu que fa substance , qui est lente, grasse & gluante, se doit conseruer vnc certaine humidité naturelle, donc la perce & la priuation diminue son mérité, au lieu de l’hu- midité aqueuse qui luy est purement excre- mentiticllc, & qu on doit consommer au plu- tost: Celle-cy esteint le feu au lieu que l’autre rallume & le conserue; c’est à dire, qucn’env pcíchanc pas la communication de la chaleur, que luy donne la partie la plus tenue & laSul- phurée, elle arreste l’impetueuse actiuité de la chaleur, qui trauaille tousiouts à consommer ses obiers, & qui ne cherche qu’à destruire ce qu’on luy présenté, pour s’encretenir & pour sc nourir. - ê- chZW «S ê- chMMM CHAPITRE XV. Des cendres en général , & particulièrement de celles des Tourbes. \ A pres auoir discouru des Tourbes L dch ses accidents, il est iuste que nous par-. Combufithles , Chap. XV. Ji lions auífi de ses restes, c'est L dire de ses cen* dres, de ses charbons , de íà fumée, & de íà fuye. La cendre en gênerai est vne poudre qui reste de l’incendie, & en qui la chose bruíléc a esté réduite : Elle est appclléc par les Latins Lix ou Cink, toutesfois auecquefque differencc l’vnc de l’autre. Pline la définit cn ces termes, Ltttre jSt Lîx cinis est fici y ce qui fait dire à Nonius Mar- demur * ccllus, Lix a ws diettur , . 9 ■ avantageusement de la cendre' en général, en ces termes : Tninfpcidcinis cinerk djits adeo plucet , ait anteponmt fimo iumentorum. Sunt qui puluere quoque s' f'' À r • 1 f ColàK Qleiginopm , fujum rares Mit m h<mnt y (ep cmi ç ^ % tvujmre hune ì a.quofoquc meluti cxtmcío cwporc r pin~ guiquc liqtuiio confondit r vmuer[im misa compagi - nem reptile abf'umendo UbefkEUt 3 .aqium , a'èrcm , ìgnem procréât nonjum y ignïfque pabulï reliqulu q K iij. 78 'Traité des Tourbes retorridas pUne torréfiât -, Chap. XVI. ol malignité peut suffoquer ces.gcns-là , c’est s _ ^ pourquoy ils les doiuent éviter. Chnftophorus -Arte à.Veg.1 , tres-habile Medeein , dit, que cette Mecl - c ' s ' odeur pénétré iufqucs au cœur , & qu’ellc lc suffoque. Toutcsíois Marccllus Donatûs desapprouue ce sentiment , à cause que dans cette disposition, les actions vitales subsistent encore , âpres me sine que les animales font peries,, ce qui sc rcconnoist par le poux -, & il prouuc par là que le cœur n’y est offensé que par la sympathie qu’il a auec lecerueau. Hier. Mercurial dit, que les fumées de ces Charbons c*/. deffeichent la Teste , & qu’cn pressant les conduits , -elles interceptent le cours des esprits animaux, ce qui fait que la pluspart des fonctions en font perdues , ou tout au moins cmpeschées. Neantmoinssi cette raison estoit vraye , elle conuaincroit du mesine danger d'A poplexie,ceux qui habitent les païs chauds, & qui en respirent l’air , qui est de la mesine qualité. Il y a encore d’autres raisons pour lesquelles la chaleur des Charbons est plus périlleuse que celle du feu de bois, en ce que cclle-cy a toujours vnc humidité qui résisté , ( dont la fumée est vne conuiction euidente ) qui luy lert de remede : les mots Grecs en font tres- Cajsivs remarquables : Aid » d*. tSí «r ^roílm. ’&rì Kt$&fá.h}4!f *)d <& U/nd ht, Vtct. H 7Í< hfoSrru X$ì St, TV KSL7n><>S. q y) bN«e t>?í ô- 72ir Cyfscmea i\)<\a>7 irJ>e* A-f ’j tclÍ Ce n'est: pas à duc pour cela, que cous ceux. qui trauaillcnc à l’entour de ces tortes de Charbons, tombent dans ce danger d’A poplexie} les Apoíhjquaircs St les Arníans s’en (eruciu tons les ìours aux Pais-bas, fans qu on en remarque Combustibles , Chap. X VI. 83 d’accidents funestes} mais cn général on les doit roustours soupçonner de quelque méchante qtialité, dont les pituiteux sont plus incommodez que d’autres, en Automne principalement, en Hyuer. On remedieà l’incommoditedecesvapq^irs, en iectant vn peu de íel fur les Charbons ardents, il n’en garantit pourtant p's tout à fait. Le sel puriste les exhalai ions par ía seiche reste, & les attirant, il cmpefche le malin effet de leur vapeur. Il reste présentement à examiner si les m au u aises qualitcz du Charbon des Tourbes, font préjudiciables à la saute de ceux qui s’y chauffent, au point de sabstenir de leurvíage. Beaucoup de gens qui ne les connoissent pas, prétendent que fi vapeur peut frapper la teste, & leur délicatesse leur fait appréhender des incommodi-, tcz, dont l’vfagc les guérira. En voicy, ce me semble, la refponíe. Tout le Charbon cn général est malin, cependant par route la terre habitable, on s’cn sert tous les jours :1e Charbon des Tourbes n'est • pas plus méchant que celuy du bois, pourucu que les Tourbes soient bonnes , & quelles brustent fort bien. Car en passant, quand on les met envíage,il fautauoir loin d y mettre le feu de toutes parts, & de lesbien allumer auant que d’en tirer del’vtilité, crainte quelles ne s’cstci- 84 ‘Traité des Tourhes gnent, & qu’alors, sauce de chaleur, elles »e produisent vne vapeur plus grossière que leur ordinaire: l’vfage apprendra bien tost cela aux personnes qui s’en feruiront. Et quand mefmc leur Charbon neíèroit pas si siiin queceluy du bois, le peu qu’clles en produisent, fait qu’on ne les doit pas blafmer en cét article: De plus, nous estimons que pour agir auec toute la lèu- reté imaginable,on peut tousiours mettre dans le feu » quelque piece de bois, dont la fumes s’exhalant pat la cheminée, conduit austi celle des Tourbes , & qu’ainsi il n’en peur arriucr aucun accident. A la vérité, la méthode des Hollandais en cette rencontre,nous paroist plus périlleuse, lors qu’ilsestoufíenc de ce Charbon pour leurferuir à d’autres emplois : cette vapeur retenue, & attachée à leur matière , peut causer des douleurs de teste , dont on fe Içaic parer,, c est à dire, quand on n'en brûle que dans des cheminées, éc dans des lieux oû ses vapeurs, peuuenc auoir vn passage pour s’exhaler librement. Combujhblcs , Chap. X VII. 8j CHAPITRE XVII. De la Fumée , de la F lame & de la Suje en général , & particulièrement de celles des T ourles. PJ.ovr suiure sordre que nous nous sommes | proposez, il faut discourir de la fumée qui s’exhalc de la combustion des Tourbes. La Fumée en gênerai est vneexhalaison chaude & seiche, auec beaucoup de parties terrestres, qui se tiredes corps humides par la force de la chaleur. Nous ne prétendons pas, en disant que la Fumée est seiche , quellen’ayeaucune partie humide -, les raisons que nous déduirons cy- âpres, le proiracront suffisamment: Et de plus* st est tres-certain , qu’il s’éleue beaucoup da- uantage de Fumée des choses humides que des autres-, ce qu’on peut voir dans la combustion du bois verd, qui fume bien autrement que le fcc; mais nous disons qu’il y a moins d humide, aqueux, que dans les corps dont elle s’éleue.* Il y a disterence de la Fumée auec la vapeur, en ce que celle-cy s’estend plus gcneralement que i’autre, quelle contient comme son espece, & L iij 8 ó traité des bombes Sea t 2 ■ stui ne s’eleue iamais fans íuppofer vn feu brûlant, comme remarque Aristote. A l’eígard de la Fumée de nos Gazons combustibles , elle garde la nacurc du Birume à proportion qu’il y abonde, Ze sVleue dautanc plus qu'ii y a d'himudiré dans ces Tourbes, de telle forte qu’il s’en éleue bien moins de celles qui font fort seiches. Ce qust y a auífi de gras dans cette Fumée , dont ceux qui voudront y tenir quelque temps leur main, feront facilement 1 expérience,-est vne preuue infaillible de la prefencedu Bitume, kncoreque la couleur de cette Fumée paroisie noire, íî est-ce que c est vne rougeur noirastre, & qui ne denient noire que lors qu’clle s’épaistìt par la fuite du temps: ce qui est aisé à voir dans les cheminées, dont les parties du milieu font rousiours plus noires que les bords à proportion, à causequ’cllesferuenc de pastage à la plus grosse Fumée, & à la plus grande quantité. C'est vne choie digne de considération, que la Fumée des Tourbes qui s allument, sent vn peu la matière qui les compose- mais du moment qu elles font brustantes A bien allumées, cette odeur & cette vapeur íe distipent tout à fait. Bien que le Bitume soit noir paríoy meíme, ce qu on reconnoist par le Bitume liquide, F Asphalte , le PiíVafphaícc , íc Naphte noir, l'Ambre noir, la Poix, lelaiet, le Charbon de Combuftìbleâi Chap . X l r Is. 87 mine, & les Terres particulières, qui ont vnc nature conforme , & par les Tourbes mefmes, qui font noires à proportion du Bitume qui les compose, il ne laisse pas d’auoir de la rougeur, qui proccde du Souphre bruflant , & de i’air méfie dans la matière des Tourbes. *Le rouge est vne couleur qui proccde de- la mixtion du blanc & du noir, comme dit Theophrafte en ciuì !' 2 > son Traité des Couleurs : Et en effet, l’expe- ticnce en conuamcra ceux qui en douteront, fi ils veulent m ester du lait & de la fuye, car fans doute il en refusera vne couleur rouge. La Fumée des Touibes n’a rien de particulier qui d.itéré de celle des autres choses com- Soft. 10 bustibles. Aristote remarque, que la Fumée ProiilAc en général, incommode les yeux , & principalement ceux des hommes, à cause de 1 humidité extraordinaire de leur cerueau, qui fe répandant aussi fur les yeux, est émeueplus aisément que dans les autres animaux - & de plus, leurs yeux. font si délicats, & le sentiment de leuis membranes est si exquis, que ces exhalaisons chaudes, seiches &br uslées, venant à les frapper, y excite vnc démangé a lion faícheufe & mordicante, qui en fait íonir quelques laimcs.. Il y a vne choie fort remarquable de loi Fumée des Tourbes : c’est que l’argenc , le c mure & lestant s’y ternissent vn peu , & que for au contraire, y dénient plus jaune , plus saf.17. Traìte âes T *ourhes beau j & plus efclattant. Leuinus Lemnius le hk i.de remar que en ccs mocs : Turfsarum tanta vis eíì % tccult. r 1 ■ 1 . 1 ■ 1 r r n*t. mi- vm fréquentius bus mrè iAalïi S %&.ov 'Qn tdw | Qj&sdtsi, t»í plfyt AjjaLClcofyt La commodité & l’vtilité qu en receu’ont ceux qui s’en seruironc, feraconnoistrc par expérience, Terreur de quelques Autheurs qui ne les ont pas connues j & qui par conséquent n’cn ont pas parlé fort à propos ; ie n'allegueray icy qu’vn seul d’entre-eux , Andréas Cefalpinus,, d’ailleurs grand Médecin, qui en parle en ces termes. J n Glanda, Bclgij pcnmjula , lutum proucnït Lib.2 de niçrum in paluflnbm , cuius vlcbas aqv^ribm com- wetallicis à / ^ ' o òo ca j>. S3 . pofìtM durejcere tradmit in lapides , quibus .ia4 ar ieó. Palînge- nms. Vitrme , hure :. chap. 6. liure s- de fa Aie t l.o Je. cjz ‘Traite des Tories qualitez de ceux auprcs dcfquels ils estoicfit placez. La terre est froide à cause qu’elíe est proche de l’eau, l’humidité est dans celle cy austì bien que dans l’air ; l’air est chaud à cause du voisinage du feu, & le feu par cec ordre, doit communiquer à la térre, vne portion de la feichcresi'e. Ce font ces premieres qualitez,, donc dépendent toutes leurs actions, Dichi mimbile >sed non Fui sa. tamen refero , (esc. Le Mont Vefuuc , dans la Campanie,, proche de Naples , est celuy que les Anciens ont le plus remarque , peut-estre parcc qu'il estoic le plus connu & le plus proche des grandes Villes qu’ils habitoienc. Les paroles de . Galien íonc fort remarquables à ce propos:. Airam yàtJfas'* y JpQL Si qui en afxit vne Relation particulière , 8c Jean Bapr. Masculus, austi lesuite Ncapolitain , qui en sut témoin oculaire , 2 ce qu’en a dit dans vne Relation cn forme de lettre , feu M. Gabriel Naudé. Quelque rauage qui aye rendu cette Montagne di£ne de considération , rien ne la fait tanc remarquer, que la mort de Pline l'Oncle, qu'ott M iìj nuntnu,. liure 6 . Augustin . Lib.3. de Cimt. l)et,c.32. * 94 T*ra/Vé T "ourhei appelle j à cause de sa belle Histoire, IcNatura- Jjste : Ce Curieux personnage voulue s’cn approcher pour en considérer depre's la nature & l'existence; mais les vapeurs Sulphurécs de ces cauernes, mirent fin à fa curiosité auec fa vie. Sa mort est rapportée dans les Epistres de Pline son Neueu ,qui l’escrit tout aulong à CorncillejTacite. La mesme curiosité a cousté lavieau PhilosopheEmpedocles: cari Histoire nous apprend,qu’il íc précipita dans les gouffres du Mont Etna, pour faire croíïc à la postérité qu'il auoit esté rauy aux Cieux : mais il est plus probable Sc plus naturel, de croire que l’amour de la science Sc la connoiffance des choses naturelles luy inspirèrent le deffein de le recon- noistre de plus prés , & que son mal-heur l'y fit luccomber. Ce mesme Mont Etna en Sicile» qir’on appelle au paj 's 9 Monte Gïbelio^Vt celuy de toute la terre qu’on remarque pour le plus furieux. Il iette des pierres bruílées, des feux Sc des cendres auec tant d’impctuosicé, que la Mer,qui en est à fix mille , en est quelquefois toute couucrte-, Iugez combien les habitans de Tille en font incommodez, qui font souuent obligez d’aban- donner leur demeure Sc de chercher leur íaluc dans la fuite. Lan 1036. ces feux furent si grands, que Rome mesme cn fut couucrte, Sc 1 Egypte les apercent, quelque éloignée quelle Combustibles , Chap X VIII. 95s en Toit, parles cendres que les vents y auoienc pouíle*, dont elle fut comme inondée & accablée. Procope , qui parle d’vne pluye de Liure z. cendres qui tomba à Bizancc, peut estre expfl- de la , 1 . , , \ ^ 1 FHcrre des que par ces violences, ou du Mont Etna, ou du Mont Vesuue. Lucrèce, Pline, Strabon,^ ch Solin & Diodorc Sicilien, parlent amplement 10. & de cette Montagne & de ces feux. Virgile les descrit e'n ces termes, C^tem materies qmmmque efi fertìlis ignì Vt semel ac^sa efi , nwritur , nec refiat in Ma Quodrepetasitantmn cini& £?"fine femine terra efi. Hic semel atque iterum patiensp.cn: Mepet haufiis Jgnïbus , injlaurat vires, (esc. Et envn autre endroit: ■- fied horrificis lux ta tonat Aetna, ruinis , virgd. Interdumque a tram prorumpit adathera mbem 3^ »:id Turbine f umantem piceo & candcnte fauïlla Attolhtque globos flimmarum, & sciera lambit. Jnterdumjcopulos auulfaqlie visera montis , Erïgit eruBans,liqucf attaque fax a fub auras ' Cum gemitu glomerat , fundoque exefiuat imo. Le NÎont Chimera < 5 n Lycie, le Mont Olympe efj en Ethiopie , ITfle Hiera, ou Vulcanello cn/ e » Hist. Italie, l’vne des Cyclades dans la Mer Egée, Sc quelques-vnes des Canaries, font de cette mes- c f t ok me nature, bien qu’elles soient moins célébrés: les Voyageurs modernes ont auíli remarqué les monts Hecla ,,Helza Sc de Sainte-Croix en. Linre 13. de ses Annales. C et'aldir. Àc met c or . J. ib. 7. C eogr. 9 6 Traité des Tourbes Iíîande, Sc quantité d’autres dans Je nouucau Monde. La matière de ces feux est; fans doute le Souphre & le Bitume -, celuy-là s'allume plus facilement, & celuy cy conícruc le feu que 1c Souphre luy a communiqué. Corneille Tacite efcrir,quc dans le territoire des Vbiens, entre Iuliers & Treues, il s’éleua vn grand feu, que ny les eaux de pluye , ny les autres qu’on y apporta , ne peurenr esteindre ; ce qui ne íè peut appliquer qu’aux feux qi^g le Bitume produit, qui ablorbe le peu d’humidité qu on luy donne, & qui s’esteint plus aisément auec de la terre, du foin, ou d’autres choies par suffocation , que par des choses qui luy résistent &C qui font trop foibles pour le vaincre. On demande si ces feux qui iont attachez au Souphre & au Bitume, n’cn consomment pas lamaticre, & pourquoy onn’en voidiamais la fin: On respond que ces deux substances sc r’engendrent facilement , & qu’il ne faut pas plus de quatre ans pour y en produire Mutant qu’il cn.pouroitauoir esté'coníommé. Srrabon décidé cette question en ces mots , qui ont grand rapport auec la production des Tourbes, & qui íèront damant plus vtilement appliquez, qu’iís éclaircissent le principal fuiet de nostre discours. Jn Apollonutanm firiibus , Nmphxqq^ appdlcitur fìixum quoddam , ignem egerens jub quo fontes Comlttftiblej , Chap. XVIII. 97 fontessunt tep'uio fluentes Bitumine ,gkb.i rut apparût Bitmnnofc terres ardente ïbi : prope ìn tumulo , metallì efi Jeciura , (dp quïdquìd exfeinditur , id reflituitur Jucceffu temporis , terra quœ in fijfas ingeritur , m Bitumen ruertente. Dc plus, ces deux corps ne se bruflent pas comme du bois, le feu les attire comme il fait l’huile dc la lampe, car il faut comprendre qu’alors le Bitume &leSouphre y font fondus; d’où vient que quelquesfois leur fubifmce y est toute consommée , & la terre meíìme , qui 'auoit quelque difposirion d’en produire derechef , ce qui fait que ces feux font entierement esteints, faute de matière qui les entretienne. U y a vne autre difficulté touchant la production de la flâme en ces endroits-là-, car il est certain que le feu n’y estpastousioursconserué. Les vns disent que les rayons du Soleil la produisent ; mais outre qu’ils ne font pas Iemesme effet sur la poudre à canon,qui a des dispositions plus combustibles; ny fur le Bitume & leSou- phre, qui lu y seroient expolez : c’est que quand ie l’accorderois, à 1 égard duMontd'E- tlnopie , d’Etna ou duVesuue, qui sont situez dans vn climat Méridional, & où par conséquent, ils font plus violents, quelle apparence y auroit-il d’en approuuer le raisonnement du costé du Mont Hecla & autres en Islande, où les rayons du Soleil auxmois les plus chauds de N 98 Traité de* Tourbe* Tannée, n’ont pas assez d c force pour fondre Ja neige, qui cil continuellement dessus. Cette Isle cil le païs le plus Septentrional que les Anciens connoissoient : Seneque en a parlé fous le nom de Thulé , comme de Texcremitc in Me- du monde. deaaa.2. . . Ventent annts Sœculci ferïs , quìbtts Océan w Vïncnli rerum Us et , (dp tngens Patcat tellus , Typhi/qne nmos Detcgat orbes , Nec jìt te lins I L est bien difficile que les grands desseins & les grandes entreprises réussissent, tant à cause des difficultez légitimés qui s'y rencontrent, qu’à cause que íouuent on n est pas suffisamment informé de leur vtilité , & que ceux que linterest en rend ennemis, en tirent desaduantages considérables pour les détruire. O jo6 Raisonnement Mon dessein est de satisfaire le public en cette partie, &c de i'informer des circonstances les plus particulières qui pourront eíclaircir cette matière, & de le deliurer des erreurs où son ignorance le pouroir engager : asin que par certe connoissancc de cause &sur cette intelligence, il iuge par soy mesme dcl’vtilité de cesTerres- Tourbcs,&non pas suiuant la paillon de ceux qui se sont bandez contre cét cstablissement. le dis donc,que l’introduction des Tourbières n’est à charge à personne, qu’au contraire le public en tirera de grands auantages. Ic de- duiray séparément les prcuues de ces deux propoíi rions. Si cétcstablissementpouuoic apporter quelque preiudicc , ce seroit ou à ceux qui donneront les fonds qui produisent lesdites Tourbes, ou à ceux qui trauailleronc à leur confection & aménagement , ou à ceux qui en feront l’achapt. Les propriétaires des Tourbières ne font point intéressez en cela , puis qu’on ne les oblige nullement à bailler leur fonds,sinon volontairement, & de gré à gré, & qu’il demeurera à leur entiere liberté de me les vendre,ou de me les affermer, ou de ne le pas faire. Pour ceux qui doiuent trauaillcr à la confection desdites Tourbes , ce font perlònnes qui y trauailleront volontairement ,& moyennant le salaire dont on conuiendra auec eux. A l’égard du Sieur de Chambre. 10J des achcpteurs, la liberté nen fera pas moindre, & ainsi s’ils ne trougent vn profit affeuré dans cét achapt, ils nen feront pas prouision. Si quelques vns fe peuuent trouucr intéressez en cela , cc feront les íeuîs Marchands de bois & de charbon j lesquels à cause de l’abondance des Tourbes , íe verront obligez de donner leur bois & leur charbon à meilleur compte. Mais si ce peu de particuliers perd quelque chose à gagner , le profit en demeurera au public, & à vne infinité d’Artisans & de Pauures quis'en fourniront à vil prix. Les aduantages que l'elìabhssement des Tourbes produira infailliblement , seront icy examinez cn gros : leur vsage en fera connoistre encore de plus particuliers , que la feule expérience fournira précisément. La diminution du prix excessif du bois&du jj charbon, est lc premier aduantageque le public reccura de cét establishment , puis qu’il est visible que l’aboadance* des Tourbes, causera le rabais de IVn & de l’autre. La Ville de Paris enferme vne multitude II. innombrable de panures gens, qui souffrent beaucoup en Hiuer , parce qu’ils n’ont pas moyen d’achepter du bois. il íera pourueu à leur nécessité par le moyen de ces Tourbes, qui seront debitées à si grand marché , qu’il leur íera facile d’en faire prouision. •O ijj, Io8 Raisonnement Il y a plusieurs Artisans qui font obligez de consommer grande quantitéde bois à la confection de leurs ouurages & de leurs manufactures: tels font les Boulangers, Patiíîìers» Brasseurs de Biere , Teinturiers, Chapeliers, Fondeurs, Poriers , Verriers , Thuilliers , Chaucerres, Plastriers & autres ,tous lesquels Artisans font contraints de surhausser le prix de leurs ouura- ges , à raison de la cherté du bois qu ils con- iommenc en y trauaillant. Mais lesdites Tourbières estant establies, l’cspargne qu’ils feront cn l’achapt de la Tourbe,leur donnera lieu de diminuer le prix de leurs denrées, au grand aduanrage du public. L’experience a fait remarquer, que le feu de Tourbes a de certaines quahtez,qui purgent & qui purifient Pair , de maniéré que c'est vne choie fort rare , que de voir la Peste ou des maladies contagieuíès dans les Villes & les lieux où on envie. Paris jouira du meíme aduantage parí’vsage des Tourbes; A il y a da u ta n t plus d’occasion de l’efperer, qu’il est certain que ce seront les Panures & le menu peuple qui s’en fendront plus volontiers, chez qui d’ordinaire commencent ces maladies contagieuses. Les terres qui donnent la Tourbe, font terres marescageuses, inutiles,ingrates, & de peu de rapport à leurs Maistrcs,lesquels doresnauant en tireront des fermages & des profits considéra- d u Sieur de Chambré. 109 bles,au sujet de la confection defdites Tombes, & ainsi I on peut augurer de cét establissemenr, que ce feraausiì celuy de plusieurs familles. Les Tourbières ne fe pouuant pas aménager, fans employer vne fort grande quantité d’hom- mes & d’Ouuriers dc* diuerfes fortes, leur entreprise doitestre aplaudic, comme vn moyen capable de donner>dc loccupation, Sc du gain à vne multitude considérable de pauures personnes. Tous ceux qui ont traité de l’admi- nistration politique, ont obserué,quc les plus intelligens en cet Art des Arts , ont tousiours luge, qu’il estait si important de procurer dc Pcroploy aux gens de bras, qu’ordinauement ils les ont employez à de longs &de laborieux ouuragcs-, meíme íouuent fort inutils, tels que font tant d’Aqueducs, pour amener des eaux de fort loing en des lieux qui en auoient dc tfes'proches ; tant de Pyramides si peu necef faires , Sc tant d’autres trauaux qui paroissenc autant supctílus que somptueux. Le vulgaire loue la magnificence des Auteurs de ces ouïr rages , Sc les sages louent leur prudente charité , comme ayant íceu fournir à beaucoup cfArtisans dequoy s’occuper Sc fe íubstanter. Et cette feule considération excuse 1 inutilité de leurs entreprises. Mais lors que. la plus grande defpencc a pour objet quelque defléin profitable,tant auxOuuriers,qu’au public,on O iij VI. lio Raisonnement n’en fçauroit alors trop faire d’estime. Lestai blissement des Tourbières est de cette nature^ à mesme il a cet aduantage,que le bien qu’il produira n’est point passager , il fc doit au contraire continuer & fortifier de plus en plusj, c est ce qui fait que ce -dessein, ne peut estre dcsaprouué, íans pecber contre les plus solides maximes de la Politique ,& contre les principes de la prudence ciuile. VII. Les Artisans ne sont pas les seuls qui trou- ueront à gagner dans les Tourbières: les d messes Paroisses dans lesquelles on les ouurira , y rencontreront vn profit asseuré,dans le débit: de leurs viures, de leurs boissons, & des autres denrees, qu’elles donneront à ce gros nombre d'Artisans qui trauailleront à la Tourbe. Les exemples heureux mentent d estre fuiuis. L’Allemagne , la Hollande , les PaysJ bas & T Angleterre, tirent de notables profits de leurs Tourbières; Apres cela, nostre France ne doit pas mefpriser vnc institution íi aduantageuse. JX. L'on a défia commencé en Bretagne , en Anjou , & cn quelques lieux le long de la Riuiere de Loire , a faire l’ouuerture des Tourbières, & cela continue au grand contentement d vn chacun , & particulièrement à la satisfaction de plufieurs centaines d’ouuriers , qui rencontrent ià-dedans dequoy s’occuper,& au d u Sieur de Chambre. III soulagement vniuersel d’vnc infinité de pau- ures& d’Artifans, qui trouucnc la commodité d’vnc forest, & d’vn bûcher dans ces gazons, qu’on leur débite à vn prix tres-bas & tres- mediocrc. L’introduction de la Tourbe dans la Capitale de l’Esta t, fera connoistre son vtilitéà touc Je reste du Royaume ; & il est aifë de preuoir qu’aussi-tost que ce secret y sera diuulgué, toutes lesProuinccs qui fréquentent dans cette grande Ville de Paris, feront excitées de faire fouiller dans les entrailles de leur terre , pour en tirer ce fouuerain remede, contre la cherté cxcestìue du bois, A qui est l’vniquc, contre la dissipation des forests. Oiiy , l’ouuerture des Tourbières ferme la porte à la dissipation des forests , & des bois, que la nécessité & la rareté du bois à brûler, contraint iourncllement d’abattre auant le temps ; ce qui fait que le bois à bastir & de merrain monte de iour cn iourà vn prix exorbitant ,& du touc extraordinaire. Mais si la Tourbe est vne fois en vogue dans ce Royaume, on épargnera les forests , & dans ce ménage, la France trouuera chez foy , le bois à bastir, qu’elle fait soutien t venir des païs estoignez auec beaucoup de defpenfe. On pourroit dire encore daurres raisons, pour appuyer cet establishment tres-vtile,si X. XI IIL R œtso nnement celles qui viennent d’estre couchées, ne ícnr- bloicnt suffisantes : c’est pourquoy,sans s’arrester dauantage aux preuues de ion vtilité , il est besoin de ref pondre à quelques obiections qui íe peuuent laite contre ía publication. L’enuie meíme fera contrainte d’auouer,que la Tourbe fera ires profitable au public , mais peut-estre que la bizearrerie ne voudra pas íouíFrir la Grâce, qu’il a plû au Roy de mac- corder, en confideration. d’vn aduis si important-, laquelle consiste en la faculté de pouuoir, moy seul, faire trauailler aux Tourbes dans ie voisinage.de Paris. Mais n'est il pas de quelque iustice,de donner quelque reconnoisiance’à ceux qui procurent le bien & l’aduantagè du public ? h t qu’y a-t’il dé plus innocent, de plus raisonnable,& de moins à charge , que de leur aíîìgner leur récompensé sur les fruits de leurs propres rra- uauxîLa récompense pour estreiuste,doitcstre proportionnée au seruice rendu :.£t c’est vn grand & vn infaillible moyen de paruenir à cette proportion , que d’ashgncr l’Autheur de l’Aduis fur leste t de son Aduis meíme, puisque le plus ou le moins de ion salaire dépend de 1 abondance, ou de la stérilité de fa production , & que son loyer demeure perpétuellement proportionné à l’vtilité de ion inuencion, Í-C5 du Sieur de Chambré. T13: Les Estats les mieux policez ont tousiours esté fort libéraux de semblables récompenses, entiers cous ceux qui leur ont fait de pareilles ouuertures.L’Histoire de Zclandenous apprend, que Guillaume Bukenquems eut le Pnuilcge seul, pendant sa vie, de debiter duHaran la!lé,, pour s'estre le premier auisé de le íaller , & de le faire mettre en caque : & qu'apres son décéds ceux de l’iste Berulyet fa patrie , luy csteuerenc vn Tombeau aux.dcfpens du public. L’histoire de Henry le Grand nous enseigne,que ce Prince si curieux d’enrichir ses Sujets , inuita iusques aux Istrangers à trauailler à l’esta- bliílément dediuerses nouuellcs manufactures en son Royaume , &qu’il tascha de les y exciter par la concession de tels Priuilegcs- ; le refus desquels, ou pîustost l’apprehension de les voir impunément violez , a fait que mille beaux- secrets,. que 1 Vniucrs regrette tous les iours ont esté mal- heureusement enseuelis auec ceux qui les poíTedoicnr. La France , l’Angleterre" , la Hollande, F Allemagne, le Dannemarc,la SuedeJ’Espagne. tk le Portugal fe sont tres-bien trouuezd’auoir priuilegié les Compagnies, & les particuliers^ qui ont voulu les premiers faire des establiíle,. ments de commerce, dans les Royaumes & les- pais, ou ïes autres de leur nation n’auoient pas encore trafiqué. Et toutesiois& quantesqu’on seíl. voulu départir de cette maxime , fous* P 114 "Raisonnement prétexte de ne pas intéresser la libertépublique, les entreprises font demeurées fans reuíhtej cc qui a esté abandonné à tous, a esté mesprisé de tous -, la crainte de la perte , ou du moins l’apparence du trop peu de profit, à cause de l’impiudente concurrence des enuieux ôc des compétiteurs , ont fait demeurer en repos ceux qui auraient tout remué, pour faire rciiífir dc si beaux & de si grands desseins. Et il semble que ceux au'quels Dieu inspire premiercment ces lumières, en reçoiuent de toutes particulières, lesquelles venant à manquer aux autres , qui veulent marcher fur leurs traces, ils bronchent au milieu de la course,qui auroit esté heureu- ment achcuéc par ceux qu’ils ont voulu témérairement frustrer dc la légitimé récompensé deuë à leur intention. On peut dire que le Priuilege qui m’a esté accordé , oste la liberté publique : mais on respond à cela, que cette liberté a esté inutile iusques à présent à Paris, & qu’elle le serait de- mcíme que par le passé , si ic ne faisais valoir mon Priuilege car il est certain que peu de personnes s en seruiroient soit par le deffaue dc courage, soit par l’excez de la despeníe ,íoic pat l’ignorance de la conduittc des Tourbes, ou par d’autres considérations. Delà on laislè à iuger aux Prudents, quel est le plus expédient, de laisser les choses dans l’estat quelles estaient, ou de faire exécuter l’encreprile par des gens du Sieur de Chambré. Iiy entendus, résolus , pcrseucrans ,& en pouuoir d’y réussir , tels que font ceux qui ont formé cette compagnie , pour le temps qu’d a plíì à la bonté de fa Majesté de m'en accorder Ic Priuilegc j qui ne blesse aucunement la liberté publique,mais qui la surseoir seulement pour autant d'années quil en faut pour instruire ceux de ce païs, & leur donner ^intelligence nécessairedvn aménagement qu’ils ont ignoré iniques à présent. On me peut aussi objecter, que ie mettray tel prix qu’il me plaira à cette Marchandise dc Tourbes :La rcfponíe n’en est pas diíïìcile,les particuliers estans libres d’en achepter, il leur sera hbre auísi , si ils n’y trouuent pas leur compte , d’auoir recours au bois comme auparauant. Mais pour faire connoistre qu’il est imposiible que les Tourbes soient cheres, & qu’au contraire elles seront à bon marché, il n’y a qu’à considérer que si on ne les met pas à vn prix tres-mediocre , & fort au dessous dc celuy du bois; qù’on s’en pouruoira plustost que de Tourbes : Que cela arrivant , il s en cnfuiuroic la ruine des Entrepreneurs dc cette nouvelle confection , dcíquels on peut bien croire qu’ils ne seront pas sidépourueusdesens que de se mettre dans le perd,L: qu’ils sçauent bien que le bon marché fait se débit, & 1e débit large n t. Breuet ir 6 MM chULv MM chZMMW BREVET D V ROT Viovrdhvy trcntiesmc du'mois de Nouembrc,miI six cens cinquantc-huic, le Roy estant à Lion , voulant gratifier & .aucunement rcconnorstre les bons & agréables íèruices du Sieur de Chambré, Trésorier Payeur dos Gens- d’armes , & luy donner moyen de les ■.continuer à ladu-eni-r , &í en considération des jconnoissances particulières qu’il a des choses qui font tres-aduantageuses poux l’vtilité publique , & principalement pour les paunres ; Sa Majesté luy a accordé le pouuoir,, faculté , &í permistìonVde fairefaire seul, o,u par ceux qui auront droit de luy , pendant trente ans , des Tourbes à brufler dans lefpace & estendtië ; de, vingt-cinq lieues és enuirons de la Ville de Pans, le Iong& proche des Riuicrcs, Ruisseaux Le Marefcages, des Terres qui feront par luy ou ses Commis , à ce trouuées propres & commodes , du prix dcsquelles il fera tenu conucnir aimablement auec les Propriétaires d’icelles : Vovlànt Sadite Majesté, que si aucuns dcfdits fonds fe trouuent occupez fous titre de Bail & loyers d’argent, par quelques Tenanciers & Locataires, les Baux cn demeurent du Roy. ÏI7 cassez & résolus, cn cas que Iefdits Propriétaires les vendent & louent audit dc Chambre, ou se-s ayans cause, pour par ledit de Chambré en rouir & vser A ses ayans cause, pleinement 5c paisiblement du Priuilege & Bencfice à luy cy-dessus octroyé. Faisant dcsscnscs Sadite Majesté, à toutes autres personnes, de quelque qualité & condition qu’elles soient, de «'entremettre directement ou indirectement dans ladite estenduë,& durant ledit temps, ny fur lesditcsRiuicrcs & Ruisseaux,depuis leursource iusques'à leur fin, de faire & faire faire aucune dcídites Tourbes , à peine de confiscation d’icellcs, & vingt mil liures d’amcndc , Sçauoir lp tiers à l'Boípital General dc Parisje tiers audit Dc phambré,~& l’autrc tiers au dénonciateur; May a nt Sadite Majesté, pour tefmoignagc dc la volonté,commandé luy en expedier toutes Lettres neccssiires , & cependant le présent Breuet, qu'elle a voulu signer de fil main , & estre contresigné, par moy Conseiller Secrctaire d Estât 5c de les Commindemens & Finances. Signé, L O V IS, Et plus bas, De Lgmenie* Il8 Lettres Patentes *m> MAS chMssM LETTRES PAT ENTES. L O V I S par la grâce de Dieu , Roy de France &de Nauarre, à tous ceux qui ces présentés Lettres verront, Salut. Le Public, &c notamment les Paumes & Artisans , tant de nóstre bonne Ville de Paris que des enuirens, eílans entres-grandeneceflìté de bois à bruíler, tant pour fa rareté, que pour ton prix exceílif: Le Sieur De Chambré , Trésorier des Gens- d armes , Nous a remonstre que le véritable moyen d'y remedier estoit par la confection de certaines Tourbes à brufíer : que m«sme cét vsage apportera au Public , vn profit considérable pour la diminution dudit bois à bruílcr , qui doit arriuer vray íemblablemenr,, en ce que tous ceux qui en font vne grande consommation en leurs ouurapxs & manu- ,, O i factures , s’en pourront pasi'er employant desdites Tourbes ; & qu’ii peut facilement paruenir a l’accomphílcment de ce dcíìein , si viile pour la grande quantité de fonds marcs-, cageux de Terres &prez incultes,abandonnez,, ou de peu de valeur, propres à faire desdites Tourbes ; qu’il a reconnus & remarquez és enuirons de nostredite Ville dc Paris & lieux du Roy. II9 voisins ; Etdautanc que nous auons vnc force inclination au soulagement de nos Suiets, principalement des Pauures. Povrces cavses ôc autres bonnes considérations à cc Nous mouuans, ôc désirant gratifier ôc fauorablemcnc traiter ledit De Chambré , cn considération d’vn Aduis si aduantageux , ôc de ses bons ôc agréables feruices, & pour luy donner moyen de nous les continuer à l’aduenir ; Nous, cn confirmant nostre Breuet du 30. Noucmbre dernier ..cy-attaché fous le contrefeel de nostre Chancellerie, Auonsdonné& octroyé 3 donnons ôc octroyons, par ces présentés , signées dc nostre main, audit Sieur De Chambré,seul, le pouuoir , faculté & permission , de faire faire seul, ou par ceux qui auront droit de luy, pendant trente années consecutiues , à commencer du iour de l’estabhssement des Tourbes à bruster , dans l’espace ôc estendue de vingr- cinq Iicu'ês és enuirons de la Ville dc Paris, le long & proche des Riuieres , Ruisseaux ôc Marescages , dont les Terres seront par luy ou se s Commis à ce trouuées propres , à la charge qu’il fera tenu payer le prix desdites terres propres à la confection desdites Tourbes, au prix qu’il seraconuenu volontairement &à l’amiable , entre luy ou ses ayant causes, ôc les Propriétaires desdites Terres. VOVLONS que ceux desdits Propriétaires des Terres, Prez 12O Lettres Patentes Mareseages, de la qualité susdite , qui les luy vendront ou loueront , que les Baux qu’ils pouroient enauoir faits auparauant ladite vente* ou loyer, demeurent cassez & résolus. Et pour faire iouir ledit Sieur De Chambré, ou sos ayant causo, pleinement &c paisiblement du Priuilege à- luy cy-dessus octroyé , Nous auons lait Sc faisons tres-expresses inhibitions Sc dessenses à toutes autres personnes de quelque qualité & condition quelles soient , de s’entremettre. directement ou indirectement dans ladite eílenduë, Sc durant ledit, temps, ny fur leídites Riuieres & Ruisseaux,.depuis leur source iusques. à leur soi , àsoii:e &: faire faire defdites Tourbes,, se peine de consiseation d’ícelles, Sc de vingt: mil liures d-amende,applicable: Sçauoir,le tiers à l’Hospital General de Paris ,Je tiers audit De: Chambré Sc l’àutre tiers au Dénonciateur,, auquel* Nons en' auons soit Sc faisons don: irreuocable par cefdites présentes , pour en. ioiiir Sc vícr ,.en faire & disposer par ledit De: Chambré, ses hoirs , successeurs «Seayans cause, pleinement Sc, paisiblement. , pendant lesoites. trente années , ainsi que. bon luy semblera. S n donnons en mandement a nos Amcz & Féaux. Conseillers les Gens tenans nostre Cour de Parlement de Paris, Preuoít du lieu, Baillifs Sc Sencíchaux , les Lieutenans, luges Sc Officiers qu’il appartiendra,que decettuy noítre présent. don. Lettres Patentes 121 121 don & conce/fion^circonstanccs & dépendances, chacun à leur égard , ils ayent à faire registrer urement & simplement , & du contenu en ces présentés, ioiiir ôsvTer ledit De Chambré, ou ceux qui auront droit de íuy, pleinement & paisiblement durant ledit temps , cessant & faisant cesser tous troubles & empeíchemens contraires. Car ici estnostre plaisir : En tcímoin dequoy nous auons fait mettre* nostreSeel à ccsdires présentés. Donne’ à Lion, le dix-huitieíme iour de Dccembrc, Tan de grâce mil six cens cinquante-huit : Et de nostre Règne le feiziefme. Et fur lereply , Par le Roy, De Lomenie; scellé du grand Seau- de cire jaune. E s o ï t e s Lettres vérifiées en Parlement S, J efepticfmed’Aoustmil six cens soixante & deux , âpres auoìr veu par la Cour , & en conséquence de ses A rrestsJ’Aduís de Messieurs les Preuoit des Marchands Si Efcheuins de la Ville de Paris, du vingt-troisiesme d’A oust mil six cens cinquante-ncuf, contenant, que lesdires Tourbes feront de tres-grande vtilitéau Public-, Celuy des Sieurs Dcgorris, Gucnaut, Patin, Etayer, Raiflant& Blondcl, Docteurs Rcgenrs cn la Faculté de Medecinede Paris, du n. luin i6t>z. contenant qu’on fe peut fcruirvtilemcnc dcídites T ourbe s,A; qu cjies ne font aucunement 12^1 Lettres Patentes. préjudiciables à la santé : Et ccluy des Sieurs Rolland, Pocquelin ,Reims, Vitré,Bridaut,& labac,Bourgeois dc Paris,du 19. Iuinaudit an I661. portant que lesdites Tourbes peuuentcstre mises en vsage, &qu’il ne sc peut que le Public n’cn retire beaucoup d’vtilité. Les derniers Aduis donnez en íùittc de l'cípreuuc defdi- tes Tourbes , faites dans la grande Salle dc * Monsieur le Premier Président, en fa présence, & celle dc Monsieur Fcrrand Conseiller de la Cour , Doyen dc la grande Chambre , & de plusieurs autres de Meísieurs les Conseillers de .laditeCour,&dcsdits Médecins & Bourgeois. F I N. TABLE DES MATIERES contenues en ce Traité dçs Tourbes combustibles. I L y a deux fortes d'humiditez dans le Bitume, auiîì bien que dans la pluspart des choses, l’vife conferue- comme vn principe , & i'Uutre qui deflruit. pag. 70 I! y a du Bitume de beaucoup de différences. 2» Les qualitez que doit auoir le bon Bitume. 17 Les feux que le bon Bitume produit , s J esteignent d i ffi c 11 e m en t, mai s on les suffoque avec facilité. y6 Les montagnes ardentes ne-bmlent que par le moyen duSouphre&duBitume fondu qui y font. 77 Les Cendres participent de la couleur des Tourbes qui les ont produites.. 7 r Diffèrent víage de la Cendre des Tourbes. 74 Le Charbon des Tourbes n’est pas pluspreiudjciable à la santé que celuy du bois. 85 V-íàgedu Charbon des Tourbes aux Pais bas. 78.79 Les Vapeurs du charbon de bois font cres*nuisibles à la santé. 79* Les Forgerons ne peuuent chauffer leurs fourneaux aucc.du Charbon de bois. 77 Dans vn territoire de la Campanie au Royaume de Naples , il y a vne terre qui bruste, si vn Charbon tombe dessus, à ce que dit Pline. 23 Il y a trois sortes de Chryfocolle ou Borax* 5 9 * 11 y a des Coquilles de terre aussi bien que de Mer. jj, Les trois efpeces de Corail font flexibles dans l’eau,8c dures dans l’air, Cardan en apporte la raison. 69 > L’cstabliflcment des Compagnies a estably le grand» a*j Table des Matières. commerce en France,en Angleterre, en Hollafi* de, en Allemagne, cnDannemarc,en Suede ,en Espagne ôc en Portugal. iiï Henry le Grand a inuité les Estrangers d’establir des manufactures en France , par les Priuileges qu’il leur a donnez. ii.j Le Mont Etna en Sicile , est celuy qui bruste auec le plus de furie ôc de violence. 94 La Fiente de bœufqu'on brustejen Brabant, n est rendue combustible que par la paille qui y est entrelacée. 24 La Fumée des Tourbes purifie l’or, ôc le rend plus éclatant. 88 Guillaume Bukenquens est celuy qui a trouué l’in- uention defallerleharan, Ôc de le coníeruer dans des caques: ce qui luy en fit donner le Prìuilege, ôc qui luyacquist beaucoup d’honneur. 113 Seneque dit qu’il y a désistés stotantes. 24 Pline dit aussi qu’il y a des Istes flottantes dans des lacs d’AIIemagne. 4 6 Il n’y a point de Licorne au monde. 30 Les cornes qu’on fait passer pour cornes de Licornes, íont celles d’vn poisson. zo y a plus de vingt différences de choses qu’on vend pour estre Cornes de Licornes, qu’Anselme Booth possedoit toutes. J7 Les eaux retiennent la íàueur & l’odeur des Minéraux par où elles passent. 60 Les eaux Médicinales ne doiucnt estre mises en vsage que par leconfeil d’vn Prudent Médecin. 28 La Hollande ôc la Frise n’ont pas esté produites par la Mer, on les connoissoit dans l’Antiquité de la mesme maniéré qu’elles font auiourd’huy,- 15 IIy a eu autresfois de grands changements dans la dif- prafuion de la Mer ôc de la Terre r la Mer Egée I ' ' Table des Matières 1 -occupe vue partie de la Grece:le destroítde Scille ôc Caiybde s qui séparé l’Italie de la Sicile, n’a pas esté de tout temps, 6ec. 15 J1 y a des veines dans l'a Terre comme dans les animaux: on ie sert de ce mot pour les Métaux ôcles Minéraux. 18 Les Montagnes ne font pas abaissées depuis le commencement du monde. 15 Les mottes des Tanneurs & des Corroyeurs sont préjudiciables à la santé, & ne participent nullement des' bonnes qualitez des Tourbes. çt Louange de Paris. 9 On ëleue présentement aux Pais bas des Cerisiers, des Ormes, des Tulipes, 8c d'autres plantes qu’on n’y auoitiamais veu auparauant. 61 11 n’y a ny Pin ny Sapin aux Païs-bas, Sc cependant on y trouue des arbres, qui en brustant sentent fort leur résiné. ji On trouuoit autresfois des Perles fur la coste de la grande Bretagne, 6c on n’y en rencontre plus. 65 Le Priuilege qui a esté accordé au Sieur de Chambré de vendre seul des Tourbes, 6c d'en donner la permission à d’autres , ne blesse point la liberté publique. 114 Le Souphre est la graillé de la Terre. 39 Le Souphre du Pérou ne sent rien , celuy d’Italie sent fort mauuáis. . 16 Le Soupbres’engendre perpétuellement dans les entrailles du Mont-Etna, Sc des autres Montagnes brustantes. 13.6640 La Suye est pleine de Bitume. 89 La terre est tousiours disposée à produire de nou- uelles choses. 57 11 y a des Tourbesde toutes fortes de qualitez. 16 Les choses principales qui font brusser les Tourbes, Q. jy Table des Matières s sont le Bitume Sc le Souphre. r z* La vapeur des méchantesTourbes est maligne* zz L’originedesTerres-Tourbes. ioi Les inondations ont formé lesTerres-Tourbes. 104., Raisons principales de l’vtilité des Tourbes. 107 Ceux qui se seruent des Tourbes ne les admirent pas suffisamment,à proportion de l’vtilité qu’ils ea reçoiuent. z Les Tourbes de leur nature nesentent pas mauuais^ celles qui font tirées d'vne terre temperée sentent Fencens. z Les Tourbes font en víâge en Hollande, il y.a trois cons ans , à ce que diciscaliger. 4 L es Tourbes font le meilleur feu apresle bois,comme la Bierecstia meilleure boisson apresle vin. 4 II y avn peuple qui boit ce qu'il doit manger, &qiíi bruste ce qui le doit soustenir, c‘est à dire, Forge dont ils font leur Biere, Sc ies Tourbes donc ils se seruent pour brusier. y On n’a découuert iulques icy des Tourbes , qu’en Angleterre , aux Païs-bas ,en France, Sc en Allemagne , maisdly en a fans douce en beaucoup d'autres endroits. 6 LesTourbes qui font tirées proche de laMer,sentent bien plus mauuais que les autres. 43 LesTourbes Sulphurëes fondes plus legcres, & les moins vtiles. 43 Les Tourbes qui fe trouuent dans la surface de la terre, font les moindres .-les Tourbières qui font profondes en fournissent de meilleures. 39 Les Terres donc on n’a< pas tiré les Tourbes font stériles, ô£ a prés qu’onle-s en a tirées, elles deuiem nent tres-fertiles. 66 Les bonnes Tourbes fe tirent depuis la my - May iufquesau mois de Nouemhre. 68 ‘Table des Matières, 'On recommence à bruster desTourbes en.Zelande, depuis {‘Empereur Charles 'Quint. n Toutes les Terres dfc soy ont vne disposition combustible par la seicheresse qui leur est naturel le. r7 La couleur la pesanteur établissent les plus grandes différences des Tourbes : les plus noires & les plus pesantes font les meilleures. ZZ 'Galien a descrit Ic Mont-Vesuue de la mesme maniéré que nous le connoiiïons auiourd’huy. 91 Violences des feux du Mont Vesuue. 95 Galien enuoyoit les malades conualescents aux Tabies , à cause de la pureté de Pair , que leur communiquent le voisinage des feux du Mont- Vesuue. ros Pline, le Naturaliste, mourut en recherchant de trop prés la cause de l’incendie du Mont-Vesuue. 94 F I N. A ftd» A * A A A a. A * A A A A A A t iTí ît» íw tty • f îw m* w l-tt aikiiasta rts»ta^iA^'âLvgrt«r»,aL«risà»'a A PARIS, De ['Imprimerie de Pierre V a r iQv eï , rue S. Iacques,á P Enseigne du Gril, , prés S. Benoist. MÊMÈm ;?':WÍïl iá&Âwjœj V?A-y' *:■■.. ... 1MWMMV . . i^W