2265 f-WAT I Anliquirluto Add.: PAOLO FRANCHINI FIRENZE LE SPECTACLE DU F EU ELEMENTAIRE, O U COURS D’ELECTRICITE* EXPERIMENTALE. Où l’on trouve l’explication, la cause & le Méchanisme du Feu dans son origine, de-là dans les corps, son action fur la bougie, fur le bois, & successivement sur tous les Phénomènes Electriques ; où l’on dévoile l’abus des pointes pour détruire le Tonnerre : on y explique en outre la cause de la chute des corps au centre de la Terre, celle de l’ascension de l’eau dans les tuyaux capillaires , &c. Que le Feu est le ressort, l’air l’agenc du Méchanisme de l’Univers. Par M- Ch. RabiçueaV, Avocat , Ingénieur Privilégié du Roi, pour tous ses Ouvrages de Physque & de Méchanique. Le Prix 6 liv. Broché. Chez í A PARIS, Jombert , Libraire du Roi pour l'ArtillerìeSc le Génie, rue Dauphine, à l’image Notre-Dame. Knapen , Libraire-Imprimeur, Grand’Salle du Palais au Bon Protecteur. Duchesne , rue Saint Jacques, au-dessous de la Fontaine Saint Benoît, au Temple du Goût. M. D C C. LIII. AVEC APPROBATION ET PRIVILEGE DU ROI, r.'JK AVIS. I L est utile de lire immédiatement après l’Avant- Propos, la T able qui est à la fin de ce Livre, par- ce qu’elle est un sommaire raisonné , contenant même quelques additions essentielles. L’Auteur ayant chez lui tous les Exemplaires de son Livre, il les signera avant de les fournir aux Libraires. Les Cours se font chez l’Auteúr, en íòn Cabinet, Privilégié du Roi, Hôtel de Mouy , rue Dauphine , près le Pont Neuf. Ce Cours est composé de plus de 60. Expériences nouvelles, & de 16.de comparaison, qui font aussi partiç de ce Traité. Fautes a corriger. s Lignes 7. 9. imposer » A7‘ 19 • % y- 48. r;, fig. 10. 76. i}. ouvert & court, 8û. 13, aorps , 83. 7. inégalité t 88.14. esprit, J02. 24. independent, 309. i.m’arendu, Ï40. 15. H. 3 . 34K 13. §. 4. J4J. 16. malheureusement, *76. 3. II. Exp. ai>. 12. acomme, 313. 7. proposition , 26;. 5. sens, 366 . 17. remarque, 368. 4. du battement, 268. 28. abouteille, psï rUi s«nne , Lifts 4 n’imposer. fig. 8. sig- 9 - ouvert de deux lignes & court. corps. inégalités. esprit. indépendant, m’a rendu. .4. • f* malheureusement» XI. Exp. a comme, proportion» sous. a remarqué» du battant, à la bouteille, ferme. ERRATA A augmenter au Spectacle du feu. Page 18 , ligne ; 3 , les corps , ajoute ^ Sc cîe toutes lès matières. P. i 9 , 1 . 6 , globules, Use\ parcelles. P. z i , /. $ j , ou plutôt , lìje\ Sc celle de la. P. ìz , /. i , après des corps, ajoutes plus pesans, est de l'essence de la matière, où 1 esprit d’air est plus rassemblé , reíerré Sc comprimé faus suivre le courant ; elle est d’atitant plus pesante, que les globules d’air font flexibles Sc compressibles ; ils se prêtent à sa chute jusqu’au repos. P. ii , /. 9 , le fluide , supprime ^ ces deux lignes & demie. P. iz , /. ii, comme, lise\ avec. P. z5 , /. 30, âpres minéraux, ajoute £ mais les. P. 1 j , /. 3 1 , après irréfonnables, ajoute ? ne doivent la génération qu’à leur efpece, par le Frottement. P. 15 , ï. 33 , apr^s solaires, ajoute^ c’est à dire, que les rayons solaires occasionnent une atmosphère de feu, où l’air tombe pour pours : ivre ce feu, Lc par la subdivision de la ma-ie r e qu’il étend occasionne sa croissance & sa maturité. P. 16 , l. t , solaire, li[e\ d’esptit de feu Sc d’air. P. 16 , /. 8 , le feu , lije\ Sc ce feu. P. 30 , /. 34, ce fluide , lise-* ce feu. P. 31 , /. 16, après se rétablir, life^ la ligne 11, quia été transposée, Sc reprenez, mais , Sce, A P. $i, l. i ; , Pair, Us. &c l’air est toujours comprimé. P. 3 ) , /. io , s'insinuera , ajoute^ l’air est ici de deux efpeces, celui qui marque fa courbe, fa pesanteur fur la cire , est l’air ordinaire , seulement plus rare à raison de»fa proximité de faction ; &c celui qui est au dedans de la mèche qui fait la flâme, est l’efprit d’air en action avec le feu. Le bleu comme fleur de soufre allumée, est l’esprit de feu volatil qui fe sépare de l’air pour former son atmosphère atthéiée , prêt à s’enflâmer fur le premier corps où le contact agira. P. j4 , /. 2S , il ne, Us. ce feu ne. P. 36 , /. 10 , gravité, ajout, pesanteur. P, ?7 , 17, de diamètre , ajout, suivant nos yeux; car comparé à la poudre de papillon, vue dans le microscope , ils sont de plus de six pouces de diamètre. P. 5S, /. 5 , grossier , ajout, dont la flexibilité donne lieu à une division proportionnée à la force du corps réuni, d’où dépend le plus ouïe moins de gravité. P. 50 , /. 5 , entré, Us. n'ayant pu tester. P. 50 , /. 8 , par continuité , ajout, de même qu’une goutte d’eau chargée de vin , dont le vin seroit extrait, reprendroit toujours une parcelle de vin tant que cet air s’uniroit & renrreroit dans un élément continuel d’eau Sç de vin ; cet air & ce feu ainsi. P., 90 , /. 9 , remplie , lij. rempli. P. 140 , /. 6 . ni, Us. & il ne fe feroit pas. P. 141 , /. 9 , qu’il y ait ; ajout, si l'électricité est farte à souffrir. . i P. 141 , /. 3 1 , je relire. Us. je leve perpendicttf Uirement. P. 141 , /. 3 z y maniéré, supprime^ maniéré. P. 1S 8 , /. 16 , s'y porte, ajout, en chassant : nsi le feu déja expliqué, fig. 48. page 141 ; ce qui s'entend toutefois, que l’arc soit en proportion, & contienne assez de chute d’esprird’air , sinon il se pourroit faire qu’il n’y eût point une irruption entiere, Sc on pourroit encore tirer des étincelles de la bouteille. P. 19; , /. 17, dominant . , pasiez le reste d« l’alinea, Sc lis. en place : le bleu pour le firmament , est la matière sulphureuse la plus spiritueuse à s’enflâmer mêlée à l’efprit d’air. Le blanc pour l’eau & l’air ; cet air ordinaire n’est que la vapeur aquatique , formée par la chaîne continuelle du planisphère. Le rouge est la matière terrestre aerienne Sc volatile encore animée du feu où l’air n'établit plus de courant & dont faction est rentrante. Le citron , pour la matière terrestre , alliée àl’xther encore artilisé éloigné de l’air. P. 11 6 , 1 . 21 , feu. ajout, avec des éclairs d'un rouge bleuâtre, à la rencontre de l’air, chap. 7 , se ct. P. r?; , l, 7, globules , lis. petite portion du planisphère. P. z 7 5, /. 10, dans le, lis ce. P' 175 , í- 13, après cours, ajout, au moins sensible. P. 175 , l. 26 , globules, lis. parcelles de feu. P. r.76 , 4 , & poulie, lis. Sc le pousse. P. 179, /. z , de ('univers, ajout, que tout agit par. P. 179 , 7 , matières, ajout, résistant & Faisarìt faisteau. P. 179 , /. 8 , ordinaire , a/oat. divisible dans j toutes ses bulles, à la faveur de la poudre dui feu qui les envelopent. Lettre sur la mort de M. Richman. P. 11 , /. i , pied, ajout, c’estainsi qu’il a été suffoqué. P. 1 1 , l. j , pour reprendre , lis. par où le feu a repris. Relation. P, 1 $./.<), conducteur, ajout.de l’électricité. P. 11 , l. 10 , par, lis que ne dir. P. 14, /. j4 , parvenu, lis. parvenue. P. 18 , /. ai j parce qu’il 7 a des, ///?dès que nous avons. Nota. On prévient les Lecteurs de se restouve- nir que lorsqu’ils trouveront le mot , feu, (que nous avions regardé dans un sens fini, n’étanr lors pas encore parvenu au développement du vuide, qui est le feu divin élémentaire, seul continent & étendue, tel qu’il sera défini amplement dans notre Mécanisme universel ) , qu’il faut le concevoir comme simple matière du feu, telqu’en la page ;o, §. 19, lig. 30. Le caillou ne doit contenir que le feu, pour dire la matière la plus subtile & volatile propre à caractériser le feu. I vA. N .vtî. itc. ■&. àíi. ■&■ Jc jjç. , AVANT-PROPOS. D E’s que les Lettres de Monsieur Franklin onr paru , je n’eusse pas manqué d’exécuter ses nouvelles Epériences, si mes occupations m’eussent laissé un moment libre pour y travailler. Le spectacle champêtre méchanique de la perdrix rouge ingénieuse m’ayant occupé, tant chez le Roy , qu’en mon Cabinet, à peine ái je eû le tems de lire l’Ouvrage de Monsieur Franklin. Enfin le bruit des barres électriques devenu trop intéressant m’a forcé à me livrer à certe partie. Le io. Juin dernier je fis poser une barre à l’Hôtel de Mouy, rue Dauphine, sur l’endroit le plus isolé de la Maiion : Cette barre a 34. pieds de haut ; elle fort libre d’environ 23. & toute son élévation peut j être à 90. pieds du rez de chaussée. Pour faciliter 1 expérience , j’ai introduit un fil de fer de communication à la barre, maintenu par des cordons de soye. Ce fil de fer descend à la fenêtre de mon Cabinet ; de sorte que s’il passe un nuage électrique , on tirera des étincelles du Cabinet avec un fil de fer coudé ; non que je pense décharger un huage de la foudre , piais seulement dans le A % AVANT- PROPOS. dessein de satisfaire les Curieux. Cette barre à peine posée , il m’efl survenu des affaires intéressantes qui m’ont occupé près d’un mois. Voyant accroître journellement le faux préjugé des barres , je me fuis trouvé obligé de me soulever iur des erreurs de faits considérables, où on donnoit tête baissée fans voir aucun Physicien s’en plaindre. Au moment où jetois prêt à livrer au Public une feuille volante à ce sujet , je me luis trouvé lié de plus en plus à refouiller la matière dans ion origine. Je me fuis embarqué fur des apparences qui ne m'avoient pas paru devoir me conduire íì loin. Pour ne pas perdre de vue mon sujet, j’ai tout négligé , je me suis renfermé en moi-même ; j’ai cherché des expériences familières, afin de parler aux yeux pour parvenir à être entendu de tout le monde. *Si je n’ai pas le bonheur d’un succès général, ]’aurai du moins l’avantage de persuader tous ceux qui me suivront sans partialité 8c fans prévention , souvent source malheureuse du peu de progrès dans les sciences* Un Sçavancou du moins membre dune So- * Toutes les expériences que j’ai imaginées, seront marquées d’une * ; & celles que j’ai prises pour parallèle dans l’explication du Méchaniûne > iêront marquées d’une f. .AVANT-PROPOS. % cieté qui lest assurément, détruit sur l'éti- quette du sac ce qu’il ignore , ou qu’il ne peut comprendre. 11 a honte d’applaudir à celui qu’il veut être son inférieur, il refuse de s’éclaircir, il a plutôt fait de condamner. S’il s’agit de quelque phénomène de fa sphère , il dit qu’ií donne les choses toutes unies* 8c que le reste est une supercherie qu’il méprise , faute de pouvoir définir. Voit-on les Esprits s’allier , travailler de concert ? Non , chacun est envieux de donner du sien , ou du moins de le publier, quoiqu’il appartienne souvent légitimement à un autre. Les exemples n’cn font que trop fré- qucns : on trouve st peu de personnes du même talent qui saillent pour travailler de concert, que nous ne parviendrons jamais au degré où l’homme pourroit atteindre. Je fuis un très-petit citoyen , cependant pour les choses qui peuvent concourir au bien général , les furieux de bon sens qui ne fe trouvent pas munis des instrurhens conve-* ftables pour expliquer leurs idées naissantes* peuvent venir chez moi, comme dans une Bibliothèque publique : je ferai charmé, si je puis concourir à 1 avancement. Les choses les plus petites en appparence , menent souvent l’esprit fort loin. - Je sens que cette difgression aura ses An- A ij 4 'AVANT -PROPOS, tagonistes ; mais elle ne déplaira pas aux studieux : les belles fleurs ne sortent pas toujours des plus grands 8c plus beaux jardins. Ce méchanismc que je dévoile, cette Electricité expérimentale n’a aucune expérience qui ne lui soit soumise. On les reprendra en plus grande partie , sur-tout celles qui semblent mériter une certaine explication , 8c on passera légèrement lur les autres. Elles ne se donneront que pour aider les personnes qui ne í'eroient pas à portée d’en faire la compilation. On les mettra dans un ordre commode pour ceux qui voudroient les exécuter. On ajoutera à la fuite les observations convenables pour faciliter le succès des expériences ainíì que des machines, avec quelques Notes fur les expériences qui semblent n’avoir point de connexion avec les autres. Je ne désignerai aucune machine, tous nos Auteurs en ont fourni à suffire. M. Boulanger a donné la description au net avec le plan de celle que j ai imaginée , tant pour la commodité publique, que pour la mienne particulière. Je ne rappellerai dans cet Ouvrage aucun système de ceux qui ont écrit sur ì’Elec- tricité. Ce seroit embarrasser fort mal à propos les Lecteurs, puisqu’aucuns n’ont ap- AVANT-PROPOS. 5 proche du but Ils n’ont fait que rendre compte de ce qu’ils ont vû , & de ce que les autres voyent également. A peu près comme une personne qui croyant expliquer le mé- chanifme d une montre , diroit quen cette montre , il y a un balancier qui va & quî vient, des roues qui tournent, une éguillcqui marque les heures, fans cependant nous apprendre quel est le ressort, l’agent qui conduit & comment il conduit. C’est ce mé- chanifme , ce ressort qu’il faut expliquer en déíignant toutes ses fonctions fur tel phénomène qu’on puisse proposer. Il sembleroic qu’on dût établir ce méchanisme avant d’at- taquer les barres qu'on a annoncées pour détruire le tonnerre. Comme il y adeser- «reurs de fait à cet égard , on commencera par les vérifier, & successivement à son tour le méchanisme confirmera leur inutilité & leur insuffisance. On n'a pu s’assurer dans cette carriers qu’en remontant à l’origine du feu, & en l’examinant dans toutes les progressions. Ort y reconnoîrra quil est 1 esprit de vie do-tous les êtres en général, le principe de la génération humaine ; que malgré les differens. degrés du feu & de quelque manière qu’ii. soit combiné, il est toujours le même» quoique fur disserentes matières & differens. 6 AVANT-PROPOS. corps. Si le feu sert d’intelligence pour les. prie de feu électrique, ce dernier de son côté n’a rien qui ne confirme tous les progrès de l’autre , & ils ne diffèrent que par le plus ou le moins de parties fpiritueules, fe trouvant dans des gradations différentes qui en varient les effets. Enfin on apprendra que l’elprit de feu & 1 esprit d’air font les agens secrets du méchanilme de l’Univers, donc faction fe perpétue à la faveur des différentes atmosphères du feu , qui font autant de vuide , où lair trouvant une issue continuelle , y entre , en chassant d’autant l’efprit de feu, dont l’attendance fe porte au firmament ; au lieu que l’efprit d’air tend toujours au centre de la terre, où font les atmosphères à remplir pour fe mettre en équilibre, Dès là on parviendra à connoître que la différence de lair ordinaire, d’avec les» prit d’air , & l’efprit de feu d avec le feu , nécessite l’afcension de l’eau dans les tuyaux capillaires , & la gravitation des corps au centre de la terre. Phenomenes dont on n’a rçndu aucune raison jusques à présent, 7 ELECTRICITE EXPERIMENTALE. CHAPITRE PREMIER. Erreur défait sur les pointes annoncées pour détruire le Tonnerre.. R O U V E R dans l’expérience dequoi expliquer le méchanifme de l’ELectri- cité , & prouver l’in suffisance des pointes , pour détruire le Tonnerre,,c’êíl ce qu’on se propose de démontrer.. Comme les faits font ordinairement des impressions qui déterminent pour le fond , il faut prévenir le préjugé. 11 faut donc les constater , pour- n’en imposer à personne. On a cependant commencé par des faits érronés furie Tonnerre Le Public raconte mille fois au-dessus de ce qu’ìl a vû & entendu ; & partie de ceux qui auroient dû réiléciux A i'ûi 8 Electricité fur ce qu’ils voyoient, n’ont eû que des yeux populaires. Ce torrent est lâché. Cependant il fera facile de remettre les choses au premier état ^ lorlqu’on voudra s’asturer de la vérité par l’expé- rience. Quoique les nouvelles expériences fur l’EIectri- cité , faites à Philadelphie , par M. Francklin , laiílent entrevoir un rapport entre le feu de la foudre & le fluide Electrique ; cet Auteur ayant formé fes conjectures avec une imagination qui a entraîné un grand suffrage , on ne peut s'empêcher de s’élever fur le prétendu effet des pointes annoncées dans le Public , pour détruire le Tonnerre. L’idée qu’on s’étoit faite à Paris , de pouvoir dissiper le Tonnerre , étoit donc rélative aux Observations & Expériences de M. Francklin, 8c les étincelles qu’on a* tirées d’une barre posée suivant le système de cet Auteur, ont donné lieu à des conséquences très-flatteufes , fans s’appercevoir qu’on péchoit dans leur principe. Car il y a une erreur de fait dans le Livre de M. Francklin. Lorfqu’il annonce pag. 28. 29. & 156. qu’une pointe tenue au- de flous du Conducteur , à la distance d’un pied , Juffit pour détruire l'Electricité par l’écoulement subit qu’elle entraîne ; il est constant que la pointe tenue à un pouce du Conducteur, n’empêche pas d’en tirer tics étincelles, non plus que l’éguille n’empêche pas d’électrifer le boulet, ni le canon de fusil, toutes choses égales. II faut donc bien rabattre de l’idée publique des pointes. Malgré l’expérience du 10 Mai dernier , faite par les foins de M. Dali- bard, à qui la Société fera toujours redevable d y la premiere entreprise & de plusieurs découvertes^ 5. 1. Attaquer les pointes d’unç çrreyç dç fait ^ Expérimentale. ,-ì$ pe doit rien diminuer du mérite de l’Ouvrâge dtf M- Francklin. 11 avoue lui-même page 153, édi~, tion de Paris 175a. septième ligne : «Depuisque « je les ai miles par écrit, & rappellées à tm, exa- « men plus íévére, j’avoue de bonne foi qu’il me « reste quelque doute à cet égard ; mais n’a-yanc « rien de mieux , je ne les rejette pas absolument, 33 pour qu’un Lecteur ingénieux ait occasion d’en « trouver une plus parfaite. « Cette erreur tombe donc fur ceux qui ont publié trop légèrement dan$ une gazette , un fait fau,x f comme une vérité de. principe. L’erreur de fait ci - dessus devroit suffire pou? anéantir cette idée , que la barre puisse attirer par un écoulement subit une nuée Electrique, & la dé-, charmer de la foudre. Comme on a des comparaisons a nous opposer avec l’esset réel des étincelles arrivé aux barres, il faut combattre ces comparaisons, toutes ingénieuses qu’elles soient, non dans un esprit de critique ; mais pour dévoiler la vérité. Commençons par la réalité du Phénomène à la barre, I. Expérience . Que l’on tienne au-destous du Conducteur, ainsi, qu’011 l’a déja observé, non à un pied, mais à un pouce, la pointe d’une éguille, si on est fur le gâteau , on en tirera des étincelles, fans rien diminuer de l’Electricité. Si on pose de la même maniéré une infinité d’aptres pointes, toutes également donneront des étincelles , fans diminution de celles du Conducteur. Ces faits constatés par l’expérience, il n’est pas surprenant qu’on tire des étinceUes de la barre, fen? diminution du Tonnerre. Jte Electricité Passons à l’expérience de la balance que l’on compare à un nuage électrisé, renfermant en lui la foudre. Un poinçon d’Orfévre ou corps émoussé attire le bassin de la balance électrifée , en lui faisant déposer son feu ; mais en présentant la pointe à ce même bassin , quoiqu’à côté du poinçon la balance reste en équilibre , & est déchargée de son feu électrique par l’écoulement imperceptible qui s’est fait par la pointe. II. Expérience . , L’esset de la pointe réussit à la vérité dans cette expérience, même avec une petite balance. Le peu qu’elle tire n’est pas capable de faire abais fer le bassin électrifé , Chap. 7. Sect. 4. 5. 19. mais supposons que la pointe pût attirer le feu électrique du bassin aussi subitement qu’on a voulu l’inlì- nuer , qu’en résulteroit-il ? Rien du tout. Au respect du Tonnerre, la comparaison est fausse à tous égards. Nous n’avons aucun nuage métallique qui puisse être le contenu & le contenant. Si cela étoit, on n’eut pû tirer des barres que quelques étincelles , & le nuage eût été fur le champ déchargé aux risques de ceux qui ont opéré. Le porte-voix de M. le Monier présenté par l’embouchure , ensuite par le pavillon, & ensuite couché , &c. li le nuage eut été dans l’efpece de la balance, tous ces corps l’eussent attiré pour déposer son feu , tel qu’en l’expérience du poinçon. Mémoire lû. à V A- cadémie en ijáz. 11 faut encore supposer que le nuage descende assez bas , & qu’une fois au-dessus de la barre , il y demeure le tems qu’il faut pour procurer l’écoulement de tout le Phénomène. Ou-- Expérimentale , f ^ fre ces raisons invincibles, l’expérience va nous» certifier lafoiblesse & l’inutilité des pointes par 1er deux suivantes. I. Expérience . Je pose sur une table une bouteille fortement électriiée , il en sort une aigrette sensible ; j’y présente la pointe même à un pouce , l’aigrette n’en a pas moins de force & de divergence, il y a plus, je touche avec cette pointe le fil de fer de la bouteille à plusieurs reprises ; cette bouteille est encore en état de donner la commotion , & elle n’est totalement déchargée que dans le cas où on laifiè- ïoit la pointe au fil de fer pendant quelques minutes, II. Expérience. Je mets la pointe à un pouce du Conducteur , j’électrife un carreau de vitre de seize pouces, mon carreau fe décharge malgré la pointe, & on. n’en fait pas moins l’union du métal au verre avec une explosion & un contact très-glapiíïànt. Ces faits que l’expérience certifie , font fans réplique ; 6c si quelque expérience mérite d’entrer en comparaison avec la foudre , ce sont assurément ces deux; dernieres. Outre qu’elles en marquent la violence, elles ont pour contenant le verre qui fera le nuage , & pour contenu la limaille ou atomes terrestres ramassés , enveloppés & comprimé s avec un torrent de fiâme que disserens chocs ont pû occasionner. §. i. Suivant ce qui résulte des faits la pointe ne peut être d’aucun usage par son insffisance, & les corps plus gros, droits, couchés équivalent 'EUclricîtê &. plus au poinçon. Un seul choc, ou étincelle tiré» «le ces corps & barres, auroit attiré & porté toute l’élasticité de la foudre. §. 2 . Comme on a observé que les barres pointues se chargent de plus en plus , il y a tout lieu de décider que cette charge vient d’une atmosphère que le premier moteur entretient par didétens srotemens qui insinuent toujours une flâme nouvelle, tant que l’orage dure , & tant qu’il se forme différentes atmosphères à toutes les barres Í [ui peuvent se rencontrer dans la nuée électrique ans détruire la foudre, comme Pexpérience nous l’a démontré ci-devant. Et qui est-ce qui ignore qu’une étincelle de feu fournit à allumer toutes les bougies qui se présentent, sans altération de la première ? M. Francklin connoiíïoit la valeur de ces faits incontestables , lorsqu'il a dit : Après avoir re- ?> mis les pointes à une épreuve plus sévére , je ne aj les ai pas trouvées fans difficulté. » 11 en sentoir toute l’inutilité au respect du Tonnerre , & lo mécanisme de l’Electricité achevera d’en faire vois totalement l’impoffibilité. Expérimentales n CHAPITRE II. Idée du mécanisme de sUnivers , pour parve~ ntr )t celui de lElectricité. I ^NTREPRENDREleméchanifme del’Elec- Ì tricité , après que l’Anonyme de l’Histoire de l’EIectricité ( imprimée à Paris IJÒZ. ) s’est érigé en Paris pour distribuer la pomme, c’est ou mépriser le jugement de ce nouveau Paris, ou revenir par opposition contre ce même jugement. Pour revenir par opposition , il faudroit que quelqu’un l’eût reconnu pour Juge fur une contestation indécise. Donner aux plus Sçavans de l’Eu- rope , comme au plus foible Citoyen qui peuc penser, un Arbitre, un Juge inconnu , il n’ya qu’un Jupiter , un Souverain qui le puisse faire. Encore connoît-on ses Commistaires : est-ce donc du consentement des parties que cet Anonyme décide ? Où a-t-il pris ce caractère ? Où font les expériences qu’il a faites, & dont il nous ait saie part, pour s’ériger en Juge ? Est-ce avec cet Ingénieur de l'Académie Royale des Sciences, Punique pour montrer avec perfection une machine électrique, cité page 23 1. qu’il a puisé ses principes , & trouve l’expérience 6 . qu’il dit devoir s’exécuter , fans dire qu’il l’a faite, page 131. seconde partie , &c. Cet Anonyme en nous citant un pareil Ingénieur , devoir mettre son Livre à la Bibliothèque Bleue , ahn d’équilibrer leur mérite ; cet Anonyme vient mettre cet hona-. sH .'Eltcirìclcé me sur la scène , comme un quelqu’un qui 55Te contente de peu, par goût & pour le pro- 55 grès de la Physique. 55 II vient ensuite décider des Expériences de Messieurs Gilbert , Otto- gueritk, Boyle, Hausbée , Gray, Dusay, Bofcè , Muchembrock , le Pere Gordon , Vinclcr , Vallon, l’Abbé Nollet, le Moniér* Jallabert , ôíc. Est-ce enfin l’Abbé Mangin qui a requis son suffrage ? II avoit eû, immtrito , celui de l’Académie de Dijon qui lui saisoit du moins honneur. Mais celui d’un inconnu, d’un Anonyme , est d’un bien petit poids , & d’un Anonyme qui ne donne rien de lui , sinon des traits de protection à quelques Sçavans sûrement très - peu flattés de son suffrage. 11 seroit à souhaiter que l’Anonyme sût aussi habile Physicien , qu’il est bon Copiste. II est si exact qu’il copie même jusqu’aux sautes d’impreflìon ; il donne le nom de soufflet à la commotion qu’on ressent dans l’expérience du Tableau magique de M. Franklin, fans s’appercevoir que ce mot a été corrigé dans l 'Errata , & qu’il avoit été donné fous le nom de soufflet pour comploter l’histoire supposée des conjurés. Notre Anonyme-remplit trois Volumes pour attaquer personnellement nombre d’Auteurs respectables, en déchirant, tronquant , & parlant fans être instruit , même accusant les autres de donner des systèmes dont ils étoient redevables à des Auteurs Anonymes , avant que de sçavoir s’ils ne partent pas de ces mêmes Auteurs, comme il arrive au respect de M. Boulanger, dont il prend lui-même la substance , en donnant la pomme à l’Abbé Mangin. Ses solutions, selon lui, mieux raisonnées , 11 se peut, je l’avoue , que ce soit -, par les loix d’un autre Mécanisme. „ En esset ce n’est toujours que des faits dont il rend compte , Ou des pensées qui ne font point nouvelles. Physique occulte de l’Abbé de Valmont, Edit. 1693* pag. 82. Boyle de atmosph. corpor. Poliniere 5. Edit. pag. 4. & 5. tome z. Manuel Philosophique , tome 1. pag. 160. & suivantes qu’il a copiées mot à mot en donnant le système de PAbbé Manginàlapage 114. le système, pag. 13 9. Nature du Pluide Electrique 1 56. combien il y a de fortes de feu électrique, &c. ( seconde partie de l’His- toire de l’Electricité. ) On sçait que le Manuel Philosophique n’est encore qu’un Copiste , une espèce de Dictionnaire ; il ne nous est donné que fous ce titre. Si l’Ouvrage de cet Anonyme eût été moins fatyrique, il pourroicêtre considéré en quelques parties, tout tendant au bien. En esset nous devons toujours tenir quelque compte à ceux qui s’efforcent d’entrer en lice. Si quelques-uns fe fonc trompés, méritent-ils des coups de Satyre ? L’in- terêt de la société est de tout ramasser, afin de choisir tout ce qui pourra servir à l’édifice.Ceux qui auront travaillé vainement, seront assez peinés.de ne pas participer à la couronne., fans être encore gratuitement & grossièrement badinés. Notre Anonyme qui fait métier d’Ecrivain, dit qu’on lui adresse ce qu’on aura de nouveau fur l’Electricité , qu’il le publiera av.ee éloge , en fe réservant aussi le droit de faire appercevoir les méprises. 11 a voulu ôter une paille à M. l’Abbé Nol- iet, au sujet de M. Pivaci, pag. 189. 190.191. 9e. 46 Electricité partie ; & il se laisse écraser par une poutre * dan$ le même moment ; qu’il rétorque contre lui toute la morale qu’il a faite à M. l’Abbé Mollet. 11 sentira à sortiori de quël ordre il parle. Encore M. l’Abbé Mollet pouvoit-il esperer par confraternité * que dans la vue 6c pour le bien de la société, il auroit une meilleure audience. ■ Notre Anonyme attend en réplique ceux qui oseront parler. Á cette même réplique de gens sans nom, je n’ai point de réponse, & ils ne font point capables d’arrêter le torrent qui me mene, n’ayant d’autre but que d’éclaircir les faits pour constater la vérité fans mésestimer qui que ce soit. Au contraire , je respecte fort les Grands-hommes qui ont travaillé utilement. Je me fais gloire de m’istruiré avec leurs Ouvrages, & j’eítime toujours ceux qui ont crû bien faire. Tous ont concouru à l’avance*- ment ; je n’ambitionne nullement le suffrage ni l’éloge de ces Ecrivains cabalistes qui font un métier de la Satyre. Ainsi il faut toujours être ert garde contre de tels écrits , & les honorer d’un iou* verain mépris , plutôt que de leur ouvrir une réponse ; les choses les plus vrayes, les plus belles > les plus justes, pouvant toujours être noircies. Je n’entends point attaquer ici cesGrands-hommes dont les compilations font de leur sphere , & qui ne les font que pour le bien public , en donnant des corrections suivant le tems, & des Comméri 1 - raires utiles à la Société. Cette difgrestion étoit dûe à notre Anonyme. Abandonnons - le entièrement, & suivons notre sujet. Z. i. Je me suis servi du terme d’idée du mé- chanisme de l’Univers, parce que ce méchanilmè demanderoit seul un Volume tout entier pour traiter le sujet plus à fond. Dans le précis où l’on se Expérimentale. \y se renferme pour ne prendre que ce qui a traie à l’Electricité, on est obligé de remonter jusqu’au Soleil. Le Firmament , la Lune, les Etoiles, &c. donc on ne rend aucun compte , n’interromperonc rien du système , parce qu'ils en font indépen- dans. Ouvrons les yeux seulement sur les quatre Elemens connus, le feu, l’air, leau & la terre ; l’Element du feu est le premier, eû égard aux autres Elemens : il est placé au Firmament , & est l’agent de tous les autres. II n’y a que lui qui puisse subsister seul ; c’est dans son sein que les autres ont pris leur origine. Le Créateur a placé dans cet orbe de feu , celui de l’air beaucoup plus petit. Or cet air n’a pû soustraire le feu de son continent ; ce même feu étoit nécessaire à son existence, pour rendre ce second Element fluide : en essetee ne scroic qu’une malse informe , inanimée , si le feu n’empêchoit sa réunion. §. z. L’air formant dans le premier Element du feu une grande atmosphère , cependant plus petite que celle du feu : ce qui est resté de ce feu, a formé un autre globe pur, tout esprit, sans mélange que nous admirons sous le nom de soleil,donc la force Sc la chaleur réunies , pénètrent tout. S. ;. Le globe du second Element, d’air & feu tout ensemble , en renferme un autre qui est celui de la terre ; & cette terre est le continent de l’eau, l’un & l’autre beaucoup moins lourds & beaucoup plus petits que le globe d’air. Ce globe d’air plus lourd , & supérieur les maintient dans son sein , où ils ont été formés. Aussi sont-ils imbus d’air & de feu, dégagés des atomes ordinaires de l’air grossier. $. 4. La terre pour contenir dans ses pores, cet 18 Electricité esprit d’air & de feu , ( c’est le nom qu'on doit leur donner au respect de l’air grossier) n’est cependant point fluide. C’est parce que cette matière n’est pas remplie comme l’air,de globules qui glissent les uns sur les autres. Elle est au contraire un corps opaque qui s’assemble en maífe, par le frôlement de les parties tenaces , dont la quantité & qualité résistent en volume à la division flamifìque, tant qu’il n’y a que l’el'prit de feu & d’air qui la pénétré , fans autre matière qui sournilse à ce feu , qui ledelseche & débarrasse de ses contraires : comme il se fait aux feux souterrains ; aux Monts , Gi- bel dans la Sicile, Hecla en lllande , Vefuve, dans la Campanie , & autres dans les llles Molucques, dans les Isles Philippines, dans le Perou, dans l’A- mérique , &c. qu’on doit ici moins considérer comme terre , que comme un assemblage de souffre , Zin , Bitume, réservés à ces Cantons , que la force solaire , l’air , le vent, & les disserens contacts, échauffent,embrasent, en écartant de dessus le feu le peu de parties qui s’oppolbient à son action fur ces corps. On peut regarder du même œil, les mines, les souffres, 6 -c. S- 5. Je sens que l’on opposera que ce système est idéal ; mais dès que cette idée est rélative à tous les effets de l’Electricité , qu’elle ne se dément en rien dans tous ses Phénomènes : on est certainement fondé à dire avec assurance, que tous les êtres dans ces mêmes Elemens font remplis & imbus de l’esprit de feu, quoiqu’ils enveloppent ce feu , qu’ils l’étouffent,lui ôtent son élasticité, fa force, fa couleur. Ainsi le feu , quoique subdivisé, mélangé , réside toujours dans les pores de tous les Corps séparément ou conjointement avec l’air, fous telles formes qu’ils ayent, tant par origine, que par Êxpènmentate. î <) Celles que l’Artiste peut leur donner. Cepôndarit ce feu, quelque vifqu’il soit, ne peut exercer son action , tant qu’il se trouve enveloppé Sc resserré est petites parcelles, par les globules d’air Sc autres corpuscules. Nous nommerons dans la fuite, ce$ •globules pointes d.'esprit de feu. §. 6. Ces parcelles pointuesd’esprit de feu, peu- vent être séparées de cet air Sc corpuscules, à l’abrî de certains corps où elles peuvent s’allier seules. Mais pour entrer dans ces corps particuliers, il faut qu’elles soient comprimées par des chocs ; par le frotement qui écarte leurs contraires. Ainsi dégagées , elles se divergent , s’étendent en Í jointe avec une extrême élasticité fur tout ce qui es avoiíine ; lorsque l’air par sa pesanteur s’insinue dans ce feu beaucoup plus léger, il le presse continuellement jul'qu’à fa réunion , & alors son équilibre est rétabli. §. 7. Cet esprit de feu, dont tous les êtres particuliers sont remplis, est donc une machine à dif- ferens agens , qui pour se mouvoir a besoin d’ust moteur : le frotement est le moteur , la clef, qui remonte le ressort ; Sc l’air est le ressort, le poids qui mene le mécanisme, tant qu’il trouve de quoi s’insinuer. §. 8. On dit ici, s'infimier ; une chose dans laquelle les autres sont, n’a pas besoin de s’instnuer ; les parties sont dépendantes du tout, & en sont indispensables & inséparables. Mais on réfléchira que le fluide de l’air renferme dans son sein , des corps, des agens, qui repoussent, resserrent, compriment ce même air, par leur déplacement, leur réunion dont chaque atome est susceptible. Malgré le système de Newton qui n’admet pas le plein impossible selon lui pour le mécanisme de B ij 20 EUclriciti l’Univers ; on distinguera que ce plein est susceptibles d’être comprimé, relierré , que le srotement est la force supérieure qui comprime. Cette force n’est occasionnée que par les difterentes matières opposées les unes aux autres par leurs pesanteur & leurs pores plus ou moins durs, où l’air tion , julqu’à ce que le frottement, les chocs so- 2.6 Electricité laires excitent & animent chaque espèce de matière. Les végétaux qui conservent lettr tronc par la force de leurs racines, font des corps où faction du feu est toujours conservée, quoique la température des saisons l’affoibliise beaucoup. Tantôt les grandes chaleurs ouvrent les pores, les destéchent trop , tantôt l’air trop lourd & épais n’y pénétré plus avec la même activité. Le feu y est languissant ; les brouillards, les fraîcheurs étouffent la superficie ; & le feu est conservé comme sous la cendre , jusqu’à ce qu’il trouve un tems où l’esprit d’air Sc de feu puisse vaincre ce qui s’oppose à sa sortie , à son action, & que l’air puisse s’y insinuer , pour faire pouffer toutes choses ; mais l’esprit de feu , l’air & la matière , une fois éteints dans les animaux, ne se renouvellent plus. Pour les perpétuer, le Créateur a attaché, imprimé dans ces animaux, une substance de vie perpétuelle par la génération, dont le frottement est l’agent ; les animaux des deux espèces, font la matière spiritueuse que le frottement assemble & dilate pour en former une atmosphère ignée d’esprit de vie : qui s’opére, lorsque les esprits font en parité de raréfaction pour s’enflâmer par le contact ou paflàge de l’air à la réunion des deux esprits frottés, tel que nous en- flâmons l’esprit de vin; Chap. 5. §. x 8. & 19 ; lors- qu’il est assez subtil & en parité , pour s’allier par le contact avec le fluide électrique, sinon le coup est manqué ; il faut procéder à un nouveau contact jusqu’à l’inflâmation. Ensuite cet esprit de vie se perpétue & reçoit son aliment par une continuité d’eíprit de feu Sc d’air qui se ralie toujours jusqu’à notre mort , sans attraction, ni répulsion; termes généraux qui ne signifient rien. Le Créateur a imprimé les sens animaux , Sc ces sens font poussés- Expérimentale. 2/ & excités par le plus ou moins d’activité, de domination d’une atmosphère plus ou moins pesante , que l’air & le feu animent ou détruisent dans les ditferens canaux qui répondent aux vibrations de l’homme ; & 11 l’homme ne se sert de la raison dont le Grand Artiste nous a gratifié , il cedera infailliblement à ces atmosphères dominantes. Une lampe tire a fa fin , la vigueur de la lumière s’affoiblit ; fi on n’y remet de l’huile , elle s’éteint. L’homme sensible aux foibleíïes , à la diminution ou surcharge des agens qui font en lui, cherche à remettre de l’huile pour avoir ce feu , cette lumière au degré où il la sentoit auparavant. C’est la cause de l’instinct animal. L’atmosphére qui le précede , ne reçoit pas ses contraires. Ces matières deman- deroient seules des Volumes : nous n’avons promis qu’une idée. 11 í'eroit à souhaiter que nous puissions parvenir à connoître la nourriture de notre atmosphère de feu & d’air qui entretient cette vie, ces contraires : mais cette matière est délicate & épineuse. Je ne suis pas allez bon Anatomiste pour m’étendre davantage ; & mon tems ne me permet pas cette étude , ni des disgreíîîons íi longues. II faut rentrer à notre sujet, ou plutôt le continuer ; car ce mécanisme fi naturel nous conduit imperceptiblement au développement de la matière électrique. §.15. Malgré tous ces progrès de notre parcelle d’esprit de feu quel’Astre solaire a produit par le frottement, les chocs, les fermentations, le pasiii- ge de mélange de différons esprits & matières, leur pesanteur & chute d’atmosphéres en atmosphères ; je ne puis paíl'er fous silence un feu plus sensible qui tombe fous nos sens, que nos besoins nous font désirer à chaque instant : il vient du Soleil , ou de nos parcelles d’eíprit de feu. ' 2Ì Electricité 5 l 6. Le Soleil par l’alìemblage de ses rayons portés fur un objet combustible , nous procure ce feu. On sçait communément qu’un miroir concave, même un simple verre de lunette , est capable de ramasser les rayons solaires ; que ces rayons le convergent en pointe, qu’on nomme foyer , ou point de réunion, qui forme une petite atmosphère de ce feu réuni : dans lequel l’air qui est en l’objet ou qui environne cet objet, vient s’insinuer ; la moindre petite parcelle qui y entre par fa pesanteur,expulse une pareille partie de feu , qui attachée à la matière forme fur cette matière une autre petite atmosphère, où l’air tombe de nouveau ; chaque partie s’accroît ; les chûtes font un choc, un frottement continuel. Plus l’atmofphére de feu s’agrandit ; plus Pair y fait de progrès, & l’un & l’autre font toujours en action par l’agi talion qu’ils donnent à cette atmosphère , jusqu’à ce que l’efprit de feu ait subdivisé toutes les parties de la matière , & l’ait réduite à rien qui puistè s’oppofer à la réunion de ce feu ; a-t’il tout parcouru ? L’air par la pesanteur s’insinue insensiblement; ou plutôt l’air qui le comprime, le force de se faire jour , de s’évaporer. Comme il succède proportionnément dans cette atmosphère autant d’air, que de perte d’efprit de feu, ì’équilibre fe trouve rétabli. Plus de feu sensible'*, ni de siâme £ parce qu’il n’y a plus d’action. §. 17. Comme il faut une réunion des rayons solaires pour parvenir à rassembler ce feu de la premiere espèce , aussi nos parcelles d’efprit de feu dans la féconde espèce, ont besoin de conserver ces parcelles fans les subdiviser , comme or* fait par l’Electricité. II faut donc un contact violent, fur des corps propres à conserver ce feu dans Expérimentait. 29 toute sa force ; au lieu que l’Electricité écrase & subdivise nos parcelles de feu avec trop de douceur & de finesse : ce qui produit une expension subite de la matière en pointes infiniment petites ; qui plus elles se propagent dans l’air au respect de Ion volume , moins elles ont de force : telle qu’un morceau de verre qu'on tire à l’infini devient auffi doux que la i'oye. 11 faut donc au lieu de la subdiviser , en avoir une forte parcelle ; il saut au secours du caillou & de l’acier, forcer par un choc, un frottement subit, une des parcelles de cet esprit de feu à entrer dans un corps où elle se trouve à l’abri des corpuscules ; ce que nous faisons par le contact du briquet avec la pierre. L’étincelle défendue par ce corps, agit avec toute fa force fur l’amadou, où ce feu trouve en tombant une nouvelle cellule , qu'11 parcourt & embrase, fans marquer de fiâme, juíqu’à ce qu’il ne trouve plus de quoi agir, & qu’il soit étouffé par les autres fluides. L’amadou épuré de matières , ne résiste pas long-temps à faction du feu ; l’équilibre se rétablit. S. > 8. Approchons une allumette à l’atmosphére de cet amadou , aussitôt l’air qui étoit en action à pou fier les parcelles d’esprit de feu dans les pores de l'amadou , insinue cet esprit fur le souffre , ( qui est un composé de nos parcelles de feu coagulées à des parties terrestres. ) Ce feu d’abord devient bleuâtre, tant qu’il parcourt fans mélange son même élément, ce souffre , cette matière où il est seul ; mais est-il parvenu au bois P Son atmosphère est-elle réunie ? L’air qui arrive par les côtés du bois, agite violemment cette flâme ; & comme les pores de ce bois où elle fe porte , font très-fecs & inflâmables , l’air y a plus d’action , zo ËleUriclté soit qu’il l’environne, ou qu’il vienne des pores , suivant que ce bois est; plus ou moins électrique. Ce qu’on aura lieu de reconnoître dans les S- 21. & 22. ci-après. 11 se communique ainsi à la bougie ; & nous le communiquons de même à toutes matières, en proportionnant ce feu par degrés, juf- qu’àce qu’il l'oit au point que nous voulons. Nous augmentons Ion activité par les soufflets, afin de précipiter l’air ; cet air sort des corps non électriques ( c’est à dire où l’esprit d’air & de feu sont en concurrence.) Pour y faire entrer le fluide de feu, Sc aux corps électriques ( où l’esprit de feu est seul) l’efprit d’air environnant, poulie la matière fondue ou le globule de feu dans la meche ; Sc l’air continue d’arriver par les côtés de cette meche, entre la cire Sc l’atmofphére. §. 1 9. Nous ne pouvons nous dispenser de faire ici quelques observations, pour plus ample intelligence de ce Méchanifme. Quoique nous ayons remarqué que l’esset des atmosphères consistât dans un amas suffisant d’une espece, qui est en état de résister Sc de resserrer les corps qui l’avoiíìnent, quoique plus péfans , tant que la matière s’y accumule , & qu’elle peut résister à la compression de celle qu’elle reflerroit. Si nous voulons tirer la matière du milieu de cette atmosphère , il faut lui ouvrir un canal pour da faire sortir Sc avoir une force qui la pousse. Dans l’efpece de la parcelle de feu, le caillou doit être électrique, c’est-à-dire ne contenir que lc feu pour être meilleur. Alors ce frotement ou contact soit en même - tems deux esters. 11 force les parcelles d’efprit de feu qui fe trouvent sous son coup, & les subdivise à l’abri de l’air , que ce coup a repoussé pour extraire le fluide seul ; & forme aussi.-tôt atmosphère. Et avec la même promptitude A activité inexprimable , cet Expérimentale. z ï esprit d’air de l’acier par sa pesanteur entre d’au- tant dans l’atmosphère du feu , & l’ayant forcé à prendre aussi subitement place dans une partie des pores de cet acier ; l’air environnant cette parcelle de feu , produit des chocs, agite, enflâme celui qui eíl dans cette parcelle d’acier , que l’air ref- Jerre tant qu’il trouve de la résistance. Cet air serrant ainsi de tous côtés ; par fa réunion, scorie & détruit toute cette parcelle. Enfin c’est un coin que l’air frappe , & qui agit tant qu’il trouve quelque chose qui lui résiste : ce qui entretient d’autanc l’atmosphere ; & alors cette étincelle est d’un rouge blanchâtre clair, où l’air domine , & est vainqueur. La parcelle d’acier n’est plus qu’une cendre, une terre, incapable de s’opposer à faction du feu ni de l’air, dont l’équilibre se rétablit ; mais si cette parcelle d’acier n’est pas chargée d’air en proportion, & que la poudre ou parcelle d’esprit de feu y domine trop : la réunion de ce feu sans un air suffisant, fait que la parcelle d’acier n’est point brûlée; ce feu ayant glisté sans entrer dans les pores.Cet te parcelle d’acier ne peut être attiréepar l’aiman. De ce principe aussi certain, qu’il est juste & naturel , il fuit que ces proportions graduées ne pouvant être exactes dans les effets, la cause est sujette à toutes ces variations : qui tombent cependant lous nos sens , de façon à ne pouvoir nous laisser aucun doute. S- 20. Nous venons de dire que la pierre doit être électrique. Ce n’est pas qu’on ne puisse avoir du feu de deux corps électriques, ou de deux corps non électriques ; mais il y a plus de difficulté. Bat- tés deux pierres à fusil l’une contre l’autre ; comme l’air n’a point de prise sur ce feu, il est rouge sans vigueur ; il est éteint presqu’en naissant ; l’air ZL Electricité extérieur l’étousse en l’environnant. Les corps non électriques frottés n’étincellent point par un choc l’un contre l’autre. Une parcelle d’acier qui contient de l’air, & l’autre qui en contient aussi, ne peuvent faire un vuide ou plutôt d’atmofphere ; les pesanteurs & les forces font égales. Cependant par un frotcment continuel du fer & de la lime , &c. Les parcelles de feu s’assemblent, parce que la matière qui s'use emporte les parties de l’air, & les écarte petit à petit , pendant ce tems les parties de feu s’accumulent, fe refoulent & exercent leur action an dedans ; l’atmofphere de feu continue , s’accroit : l’air est toujours resserré. Ce feu rallié à un certain degré trouvant des corps qui lui apportent de l’efprit d’air , il embrase ; linon il brûle fans s’enflâmer à défaut d’air en degré de proportion. Les autres métaux font trop mous pour cette opération. §. 21. Nous connoissons fussilamment l’origine du seu ; la pesanteur de l’air en remonte continuellement le ressort au respect des esprits. Mais nous n’avons encore rien dit a l’égard des corps & matières non spiritueuses, dont les parties subdivisées & les vapeurs humides s’évaporent en fumée. Nous n’avons pas expliqué, pourquoi nous avons deux matières mélangées dans la bougie, au lieu que dans le feu de bois, il ne s’en trouve qu’une sensible. Une bougie que l’on présente à une autre , ou à une allumette enflâmée, reçoit ce feu ; & l’at- mosphere d’esprit de feu, n’est pas plutôt formée , que dans l’instant, il s’en fait une seconde de l’efprit d’air, que la chaleur pénétre en entier; c’est même la cause de fa rareté, parce que cette chaleur écarte les autres corpuscules, dont l’air ordinaire Expérimentait. haïre est chargé , & cette chaleur vient de faction cie l’air & du feu sur la matière. L’atmosphere de l’esprit de feu ne peut soutenir long-tems la com- preilîon de l’air , s’il n’a de quoi exercer son action , & il n’a point d’action sans air. La cire Sc la mèche font remplis d’esprit de feu ; comment l’air se sera-t-il jour ? Qui lui ouvrira un canal ? C’est par la mèche que l’esprit d’air environne, Sc dont la pointe est dans l’atmosphere du feu, que l’air s’insinuera. Rendons ce Phénomène encore plus sensible. Car ne pourroit-on pas dire ; si la mèche ne contient que l’esprit du feu, étant électrique, en l’approchant d’une autre , elle n’a pu être animée par une parcelle d’air qui soit entree dans f atmosphère cte celle allumée, & qui en ait chaste autant’ «'esprit de feu. Comment a-t-elle eu son feu , sa lumière P Elle l’a eu sur le champ, sans le secours de l’air. Mais par la qualité de la matière qui n’é- tant qu’une avec l’autre, est comme une continuí~; te de souffre dans l’allumette , ou une allumette allumée qui en allumeroit une autre ;dc dans l’int- tant la plus petite partie de ce feu a formé Une' atmosphère environnée par l’air , austi-tôt raréfié à la circonférence du feu, auquel la mèche facilite le pastage pour entrer dans son atmosphère. Ce même air par fa pesanteur sait monter la cire par les petits canaux du coton. Austi voyons-nous que la pression de cet air fur la cire forme un concave, sig. 5, plane. 1. Comme l’efprit de feu dont la cire est remplie ne fe rallie pas, Sc que les canaux - une fois réduits en cendre ne peuvent le fixer, il s’échappe en pointe, poussé par l’air, < 5 c avec l’air à mesure que ces canaux ne lui résistent plus, Sc ils entraînent avec eux en fumée dans l’air les parties spiritueuses de la matière. L’atjrmfphere du feu Electricité descend à mesure que ces canaux son c divisés ; le volume du feu que la mèche introduit par la pression de l’air, étant toujours égal, ainsi que son évaporation , l’atmosphere est toujours la même , & les parties terrestres de la mèche tombent en cendre. Les colonnes d’air perpendiculaires font obligées de couder fur la matière; comme faction de l’air produit la chaleur , il fond la cire dans la forme de son arc , de son jet, de son passage à la mèche. Arrivé à l’atmosphere du feu , il s’échappe en flâ- me avec la fumée, à mesure que la pesanteur de l’air lui en fournit d’autre. Ainsi cette atmosphère ayant toujours un canal ouvert qui fournit, il lui faut une istue , fans quoi il n’y auroit point d’ac- tion. Cette action étant perpendiculaire, l’air arrivant en dessous, & s’échappant en dessus de l’atmosphere ; des corps qu’on y présente , ne sont ni poussés ni repoussés. Car il n’y a point de rayons aiver- gens niconvergens. §. 22 . Les deux matières que nous trouvons dans la bougie donnent lieu à une atmosphère détachée. Ce petit corps de la mèche la retient, Sc tire fa substance de la cire ; c’est ce qui diminue la propagation de ce feu , de cette lumière , pour nous en lailîèr jouir plus long-tems ; au lieu que le feu de notre foyer , ensin le bois étant un corps qui n’est que mèche, l’atmosphere du feu est en lui & fur lui. II ne s’est pas plutôt attaché à une partie, qu’il s’allie continuellement aux autres qui lui sont contigues autant comme le bois est sec , ou que le feu est excité & rallié par un grand air qui est au dedans de la matière, & qui arrive encore par le dehors. Et comme il y a des parties aqueuses 6c spiritueuses à exhaler, il n’y a point encore d’at- mosphere électrique. II est dans l’epece de notre bougie , fig. 6. plane, i. Expérimentait. 5 j Cependant si on prend des petites plumes ou atomes fort légers, qu’on les mette au-dessus de es feu, ils sont chaílës par le feu que l’air de dessous agite, & qui emmene le même feu en pointe; comme il perce en ditferens endroits , l’air qui vient pour y fournir, ne pouvant pousser les parties branchues de cet esprit de feu , glisse à côté, & les poulie quelquefois en bas. Ces jets irrégu- liers forment une atmosphère d’une autre eípece que l’Electricité. L’air sortant par la flâme & se divisant , conduit des colonnes ou cercles d’air dans la forme expliquée ci-devant. On peut les remarquer en la susdite figure. Les lignes ponctuées indiquent l’action des colonnes d’air. §. 2]. Si l’air grossier fe trouvoit borné fans pouvoir prendre son cours, arriver & sortir, comme lorsqu’on met une bougie sous un récipient , ou qu’on bouche une cheminée & l’ouverture dú foyer; dès-lors les parties aqueuses, terrestres, huileuses de la fumée ne pouvant fe faire jour, s’accumulent dans le récipient ; elles s’affaissent , chargent & compriment de plus en plus l’efprit de feu & d’air , & insensiblement Pétoussent plus ou moins vite à raison de la grandeur du récipient , ou autant comme le feu peut de lui-même subsister. Car si une mèche étoit extrêmement petite Sc courte fous un grand récipient, la bougie se con- sommeroit entièrement. L’efprit dé feu & d’air ne manque point , ni n’est point étouffé par la vapeur de la fumée , ni par son affaissement qui alors- h’élt pas assez considérable pour détruire l’action ; il se trouve toujours assez de courant en cette occasion : au lieu que dans les autres cas, faction- cesse faute d’écóulement & de jeu de l’air qui puisse entretenir ce méchanisme. Cij 5 6 Electricité 5. 24. La pesanteur de l’air nécessaire dans ce méchanisme, & d’accord avec tous les effets, ne laisse point douter de cette pesanteur, vû même qu’on reconnoîtra , cliap. 5. cinquième effet, S. 13. & 14. chap. 7. Z. 24. 25.6c 26. qu’elle est encore prouvée de visu. Je pourrois me dispenser d’en dire davantage : mass cette pesanteur est trop relative à la gravité des corps, pour omettre d’e- xaminer si notre méchanisme pèche en quelque chose sur cette gravité. Loin d’être en erreur , nous y reconnoîtrons le principe 6c le fondement de cette gravité. §. 25. Observons en effet pour cause invariable 6c indubitable, que l’atmosphere de feu perpétuelle que les rayons solaires, le feu ordinaire 6c touc le méchanisme des mouvemens 6c frottemens fur tous les corps ou matières, occasionnent continuellement , sont autant de vuides où l’air 6c l’espric d’air s’inlinue fans relâche. De-là vient la pente naturelle 6c déterminée des colonnes d’air au centre de la terre , ou les frotemens lé font fur la matière. Comme cet air en rentrant détruit ces atmosphères , quand il peut s’y insinuer , il force l’esprit de feu à prendre son cours en sens contraire vers le Firmament , où ce feu a une tendance continuelle , dès que ce feu n’est point accumulé 6c supérieur aux colonnes d’air environnant ; car dans ce dernier, cas, le tonnerre fuit le courant de l’air vers la terre, où il se divise quand l’air s’esl insinué pour reprendre l’équilibre. §. 26. L’esprit de feu toujours contigu 6c faisant partie de chaque globule d’air grolsiei\, rend cet air si fluide , si actif, si élastique, que c'e courant ne peut être vû , ni tomber sous nos sens. Le corps qu’on expose aux colonnes de cet air , Expérimentale. 37 «n fuie le courant, de même qu’un corps quelconque fuit le courant de la riviere fur laquelle il a été mis , à moins qu'une force motrice n’en dérange la direction. 5. zj . Si 011 fc représente bien cette flexibilité de l’air en tout sens, on concevra aisément pourquoi nos mouvemens font si libres au milieu de l’air fi péfant, & malgré cette détermination des corps au centre de la terre ; cette détermination étant li insensible, qu’elle ne dérange rien de cette mobilité , dès qu'il y a la moindre impulsion. On opposera peut être que l’air étant péfant par lui-même, 5 c étant de plus la caule de la péfanteur des corps du plus au moins , ces corps remplis d’ef- prit d’air semblent ne devoir pas avoir une chute si précipitée , 5 c que Pair de délions ne paroît pas devoir fléchir. Pour rendre une idée sensible de cette chute 5 c péfanteur dans Pair même, je prendrai pour comparaison une gerbe de bled qu’on voudroit poser tout doucement sur des épis fur pied , soit qu’on la mette fur la hauteur , soit qu’on la couche sur la longueur. Ces foiblcs épis ne pourront soutenir à beaucoup près la péfanteur de cette gerbe. Qu’on compare à présent l’esprit d’air avec Pair grollier. Les globules de Pair groísier font ailuré- ment de demie ligne & plus de diamettre , íuivanc les Expériences fur les tuyaux capillaires, chap. 5. sixième essec, $. 27. chap. 7. sect. 4. S- 21. au lieu que l’espric d’air dégagé des atomes qui l’envi- ronnent, est d’une divilibilité insensible. Or cet air grollier enveloppé de les atomes & d’efprit de feu , est l’épi de bled fur pied dans le champ , dont le- volume de son globule tient autant d’écart à proportion que cet épi de b.led. L’esprit d’air 5 c de íea C iij z8 Electricité réunis à un corps ou matière , liés 6c resserrés dans les pores de ce corps , est comme la gerbe de bled. Ainsi les moindres petits corps font toujours naturellement plus lourds que'les colonnes d’air grossier. Me voilà satisfait dès que je ne peux plus révoquer en doute cette péfanteur de l’air dans les corps, plus que dans l’air même, toutes choses égales. S. 28. Outre la pesanteur spécifique de l’air dans les corps , la matière est encore péfante d’elle- même , comme nous en pouvons juger par le verre & autres corps électriques terrestres , alliés parles huiles & les sels , &c. En tant que matière, ils font donc encore péfants, Sc même dans la réunion 6c finesse des pores, la matière plus multipliée donne lieu à une plus grande pesanteur de matière. Cette matière est si nécessaire au médianifme de l’Univers , que fans elle tout feroit inutile. L’air feroit un cocher, le feu les chevaux fans carrosse pour exercer leur action. La matière est la bûche que fend le Bûcheron , le feu est le coin, 6c cet air le Bûcheron. 5. 29. De quelque façon qu’on considéré cette matière, dès qu’il fera question de la gravité 6c tendance à la terre , tout est égal. Notre colonne d’air ne soutiendra pas plus la plume que le plomb, fans marquer son élasticité 6c fluidité ; il n’y aura de disserence que dans la vitesse qui fera proportionnée à la péfanteur du corps, dans l’air grossier seulement; car cette péfanteur ne le peut marquer dans le vuide ou fur l’efprit d’air. La plume 6c le plomb font égaux. Les colonnes font parallèles 6c aussi ferrées que celles du dedans de la matière , & la matière jouit de son poids, Aussi applatû-un ExpèrlmenìaU'. 59 extrêmement le plomb, pour le mettre d’égale pesanteur à la plume , asm que ses colonnes également actives fléchissent de la méme maniéré. Ce détail ainsi- que cette derniere partie du feu semblent étrangers à notre sujet ; mais comme ils nous font connoître les dissérens degrés où notre esprit de feu nous conduit, en lui procurant les forces nécessaires , il assure fa cause dans tous ses effets, & sert à démontrer que ce feu n’eílqu'ust sous differens degrés. 4 ° lUclrìcìtt .CHAPITRE III. De la matière Electrique. 5-. i. T A matière électrique est la même que JL' celle du feu, parce qu’elle n’est aytre chose que ces parcelles de feu que nous sçavons être répandues par tout. Si-tòt qu’un corps est frotté , ou en contact avec un autre, où ces parcelles puissent se rassembler , elles se détendent avec vitesse , s’applatissent, s’allongent en pointe ; elles forment un coin qui diviíé tout par le secours de l’air , qui frappe par fa pesanteur infiniment au-dessus de celle du feu. 5- n. La prévoyance du Créateur n’a pas donné à cet esprit de feu la liberté de tout consommer , «Sc ravager indistinctement par les disserens chocs qui peuvent arriver dans la nature. 11 a seulement limité son action à des corps particuliers dans les pores ou canaux desquels il puisse exercer toute ion activité , lorlqu’il rallie à lui allez de force pour y parvenir, ainfi que nous avons remarqué dans le Chapitre précédent, où l’air & 1’espritde feu ne font pas fuiíifans. II faut encore des objets fur lesquels ils puissent exercer leur action. Ce feu électrique a aussi des gradations par où il faut palier. Kendons ce Phénomène sensible. Allons à i’expérience. S. 3 . Nous pouvons considérer cet esprit de feu comme une goûte de couleur rouge quelconque jettée dans l’eau. Cette matière ne donne qu’un íìtnple coloris rouge qui forme d’abord une petite Explrìmtntale. 4.5 atmosphère colorée, qui se détruis insensiblement par la compressibilité de l’eau , & la divisibilité de la matière comprimée ; mais íì cette couleur tombe fur un tissu propre à la recevoir , elle y séjourne & s’y fixe totalement jusques dans toutes les parties où elle trouve des pores propres à la contenir, & à la garantir des autres qui lui font contraires. §. 4. Pour rassembler Pesprit de feu par le frottement , il saut que cet esprit de feu sorte d’un corps, & que celui qui frotte , puisse le recevoir seul à l’abri de Pair dont la pésanteur s’oppose toujours à fa réunion. Ce corps l’écrafe & le subdivise à l’infini, Sc sa réunion avec Pair intermédiaire qui l’agite en se divisant, nous donne la couleur de Pair & du feu tout ensemble , c’est - à - dire , d’un rouge blanchâtre & un peu bleuâtre, qui est la flâme. Cette flâme ne se manifeste que sous le frottement, si elle ne trouve un tissu ou des corps particuliers , où elle puisse le loger & se briser. Elle est comme notre couleur rouge. Elle a son atmosphère insensible. Le grand volume d’air la confond , & l’équilibre se rétablit. Mais présentons à ce feu un corps qui lui soit propre, où il puisse se loger, nous le verrons exercer son action sur ce corps, comme la couleur fur le sien. La couleur d’un grain de cochenille rassemblée fera peu sensible dans notre eau , si elle n’est proportionnée en volume. Ajoutons - en plusieurs grains : notre couleur réunie fera un corps distinct : mais ne trouvant rien à teindre, ce ne fera que de l’eau Sc de la couleur rouge. Voici positivement l’esset de l’Electricité primitive. Elle est renfermée en l'on atmosphère. C’est de Pesprit de feu , de la flâme, sous le frottement. Présentons, disons- fl Electricité nous, à cette couleur , un corps qui lui soit propre. ( II y a encore une chose à considérer à cet égard : quoique ce corps soit capable de recevoir cette couleur, il ne la recevra cependant qu’en superficie , suivant son espece , si on ne joint à cette couleur un mordant capable de préparer & fixer cette couleur ; ) c’est encore ici notre Electricité qui se manifeste bien à des corps de differens métaux par communication , fans être de ceux où le feu se caractérisé facilement par le frottement. S. 5. A-t’on joint à la couleur le mordant convenable qui produise par ses atmosphères & chûtes de l’air , une circulation dans les pores de l’étoffe ? Elle parvient à son point de perfection. De même approchons - nous de ce feu électrique , un corps très-fpiritueux, inflammable & épuré des contraires du feu, austi subtil que ce feu est léger ; alors un simple contact rassemble en ce moment & comprime aller d’air pour qu’il s’insinue dans la matière spiritueuse qui est à la rencontre, & l’en- flâme. Mais si cette matière est plus pétante que le fluide & l’air épuré de l’atmosphere électrique , elle ne peut s’allier, & s’enflâmer : le nouvel air que le contact apporte , n’exerce son action que fur l’air qui chaste autant de fluide enflâmé, fans entrer en action dans la matière spiritueuse qui n’est point au degré requis. 5- 6. Lorsqu’il est enflâmé , si on introduisoic cependant des corps fort combustibles par degré, on parviendroit à un grand feu. Voilà où se borne la force de l’Electricité. Cet esprit de feu s’échap- pe en pointe, reprend fa forme & son équilibre. Z. 7. Examinons maintenant la machine électrique ; voyons si les effets s’accorderont dans toutes les Expériences avec la matière dont je viens de donner l’intelligeQce. Expérimentale. 45 Les accidens qui arrivoient dans l’usage des globes, & la grande dépense des machines m’a fait lérvir du cylindre, dont nous sommes redevables au Pere Gordon, ( quoiqu’après lui un Artiste de Paris se soit fait afficher comme Inventeur des Machines cylindriques. ) J’ai rendu cette machine très-commode par des appuis diagonaux qui partent de la tablette , & se griffent iur tous les planchers ; de forte que ces machines font les plus sta- blés & les plus simples qui ayent été imaginées jusqu’à présent. L’accident arrivé tout récemment au globe de M. l’Abbé Nollet, a encore déterminé bien des personnes à préférer le cylindre au globe. 11 ne faut, ni grand apprêt, ni emplacement pour cette machine ; & toutes les Expériences s’y font exactement ; le moindre demi tour d’ar- chet fait paroître l’étincelle. C’est avec ces mêmes cylindres qu’on verra opérer les plus fortes Expériences , avec autant d’avantage que les globes , suivant les tems & les lieux. Nous venons de voir que la matière électrique n’est autre chose que des parcelles de feu , ( la subdivision de ces parcelles nous fait adopter le terme de poudre de feu électrique, ) extrêmement subtiles , répandues par tout d’origine ; qu’ainfi elles résident dans l’air & dans toutes choses créées. Cette matière par fa divisibilité entre dans tous les pores non électriques concurremment avec l’air dont-ils font remplis. Les corps électriques ont des pores où cette matière est feule. C’est ce dont il faudra toujours fe ressouvenir, §. 8. Cette matière qui fe dérobe à nos yeux, la rassemblerons-nous de la même maniéré que nous avons fait avec la pierre & le briquet ? Non. La machine que nous indiquons est differente ; 44 Electricité comme nos effets font ici moins violens, jl nous suffit d’un frottement doux qui écarte l’air & les corpuscules qui enveloppent & entraînent cette poudre d’esprit de feu. Ainsi nous prendrons feulement un tamis très-Hn , comme nous ferions pour avoir une graine mélangée avec plusieurs autres de différentes grosseurs. Cherchons ce tamis électrique. Le méchanifrne del’Univers nous a ci-devant instruit, & l’expé- rience nous a fait connoître qu’il n’y a que les verres, ou les corps résineux , le souffre, &c. & ceux formés dans des atmosphères du feu dont nous puiffions nous servir. Le verre est le meilleur. Le mince est préférable. 11 faut un corps qui puisse recevoir , & l’autre donner. 5- 9. Les métaux, demi-métaux & autres corps, &c. quoique formés par le feu, ont des parties terrestres , qui conservent toujours leurs pores très- ouverts, laistànt un libre cours à l’efprit d’air & de feu. La pression que cet air oppoléroit à chaque parcelle de matière électrique plus legere , l’empê- cheroit de pouvoir fe rassembler & former une atmosphère ; & fans une atmosphère qui dilate, & fans air refoulé qui comprime , point d’action. Cest pourquoi tous corps non électriques ne peuvent rassembler l’Electricité que par communication ; quoique ces mêmes corps fervent néanmoins au frottement, c’est-à-dire à le conduire au cylindre ; de même que l’acier avec la pierre, comme nous avons remarqué ci-devant. m Expérimentale. 4 $ CHAPITRE IV. Du frottement du coussin avec le Cylindre • M Ontons maintenant la machine avec son tamis ; un cylindre de verre fera ce tamis capable de ramasser séparément la poudre d’esprit de feu ; & un coussin qui frottera à ce cylindre, apportera & nous fournira continuellement cette matière au premier coup d’archet, fig. 7. plane. t. Si le coussin est seulement appliqué auprès du cylindre , quoique les pores du coussin laissent un libre cours à la matière , ils n’ont pas plus d’apticu- de à la rendre qu’à en recevoir de nouvelle. Lorsque tout est tranquille , & que l’air peut palier entre le coussin Sc le cylindre , la péfanteur est égale. Si on le tourne très-rapidement, fa rondeur laids glilser l’air ; le mouvement de l’archet Sc le roulement du cylindre de droit à gauche écarte des feuilles d’or exposées au-dessous fur un carton, fans les faire aller ni revenir. Un globe tourné rapidement , imprime seulement un ébranlement à peine sensible à quelques cercles d’air environnant, fans les faire tourner. Un cylindre ou globe qui auroit des rainures ou des petites aubes : ces rainures écartant l’air pendant la rotation , refouleroient les cercles ou colonnes d’air contigus , de la même maniéré que le mouvement fe feroit fait, suivant que la force de ce mouvement pourroit les étendre, ou que les autres colonnes forceroient l’air environnant de fe replier, fans le laisser pénétrer plus avant. 46 Electricité Approchons notre coussin fort près du cylindre , de façon qu’il presse contre ; ou tenons les mains un peu ferrées contre le globe , ce qui est la même chose ; alors oblervons quels font les effets, ensuite nous chercherons la caulè. Le premier effet nous démontre que le frottement force les premieres parcelles de poudre d’ef- prit de feu qui fe trouvent en pression, & qu’elles fe rassemblent & marquent une flâme sensible en fe séparant. Le second , que cette poudre d’esprit de feu se rassemble en parité du frottement, c’est-à-dire sur Jes endroits frottés fans arriver par les côtés. Le troisième , que les corps électriques ne détournent ni n’empêchent la matière d’arriver au coussin , pour entretenir l’atmofphere du cylindre. (On avoit crû fur des apparences assez marquées que ces corps électriques empêchoient la communication au conducteur, en mettant un verre épais fous le coussin. ) Le quatrième, que sorties par les pores de ces canaux , ils forment une ligne droite entrant de la même maniéré dans les pores du verre. Le cinquième , que l’air enfermé dans le cylindre, ne permet pas à l’efprit de feu électrique de s’y accumuler, parce que ce fluide électrique foulant & comprimant l’air de tous côtes ; cet air ne pouvant plus être resserré , force le feu électrique de replier & de sortir en dehors par les pores du verre opposés au frottement r ce qui forme atmosphère. Le sixième, que les corps legers que l’on présente à cette atmosphère d’esprit de feu, sont poussés jufqu’au cylindre, & repoussés au corps qui les présente à l’atmofphere, tant que ce corps y reste. Le septième, que quelque corps non électrique Expérimentale. 47 qu’on approche du cylindre ou de l’atmosphere , on y voit un point lumineux. Si c’est une pointe , elle forme une petite aigrette divergente. Le huitième, le doigt qu’on y porte, reçoit cette flâme sensible , sans piqueure ni contact. On verra évidemment par les observations suivantes , qu’elle est la cause des effets ci-dessus. OBSERVATIONS SUR LE PREMIER EFFET. Le frottement force les premieres parcelles de poudre d’esprit de feu qui fe trouvent en pression. Etant r assemblées , elles marquent une flâme sensible à leur séparation . 5. r. Le coussin ferré contre le cylindre, tient le globule d’air qui est mélangé de la poudre d’espric de feu, dans un état de pression par la colonne d’air supérieure répondant au cylindre ; tel qu’un jet d’eau dont on boucheroit l'ajutage avec le doigt pour l’empêcher de sortir, fig. 9. plane. 1. Le doigt «endroit en pression la colonne d’eau. Le restort de cette pression par le frottement force la poudre d’esprit de feu à s’allonger , & se resserrer dans les pores du verre en chassant en dedans celle qui étoit dans les pores de ce même verre ; en mê- me-tems aussi que cet air se dessaisit de la poudre d’esprit de feu , il est écarté par les côtés par l’ac- tivité de cet esprit de feu , par sa réunion supérieur en force, aux globules d’air environnant. D’ailleurs ^.8 Elcclrìcìti Ce t air par sa pesanteur, ne peut encore rester dans Cette atmosphère. II est donc rejette à la circonférence ; ainli il fait place à d’autres globules d’air qui font à leur tour dépouillés de leurs parcelles de feu, & ensuite écartés de la même maniéré par un frottement réitéré, dont faction épurant < 3 c l’esprit de feu & l’esprit d’air ; cet air pendant le départ est en action, il fait choc à l’esprit de feu, & nous fournir la flâme que nous appercevons fous le frottement. S. 2. Si nous allons à l'expérience, trouverons-nous de quoi nous assurer , que tandis que l’esprit de feu s’accumule, l’air est écarté ? Nous le reconnoîtrons sensiblement, si nous versons un peu d’huile , dans une assiette; elle formera une atmosphère ou étendue d’environ un écu de six livres ou plus. Ensuite versons une quantité suffisante d’eau, pour remplir la surface de cette assiette. Remettés des goûtes d’huile de la largeur d’une piéce de douze fols, plus ou moins, de différentes façons ; prenés ensuite un petit bout de plume ou autre chose quelconque , avec laquelle on puiste conduire un petit globule d’huile au grand ; & observés lors de fa réunion, fig. 10. plane. i. quel’eau qui accompagnoit la partie d’huile, ne pouvant fe faire jour dans cette atmosphère, pendant que l’huile fe joint , cette eau est écartée, & ne faisant qu’une tendance elle pouffe & resserre chaque globule qui arrive de la même maniéré. II est encore facile de l’entendre par les principes fuivans. §. 3. Les principes veulent que deux corps inégaux qui vont par concurrence à un autre qui peut les extraire, tel qu’un bluteau supposé où l’on met la farine & le son ; les principes veulent , dis - je , que le plus gros soit écarté, pour laisser la place à celui qui arrive par continuité à la fuite de l’autre. Expérimentale* 49 ïì né peut rester en place pendant Faction du store ment qui en soumit continuellement ; il ne peut non plus retourner en arriéré ; il n’a pas de force supérieure aux autres pour les repoullèr, Sc il a plus d’aptitude à entrer où il trouve moins de résistance. Par la même raison l’esprit de feu électrique est poulie par les côtés le long du verre ; puisque l’atmosphere du fluide extrêmement léger , Sc Pair très-pésant, fait un vuide au respect de l’air , & lui facilite l’écoulement. Mais comment , dira- t-on , le premier globule d’air , & successivement d’autrespeuvent-ils se perpétuer par ce coussin au- «se flous du frottement ? c’elt le second effet. O B SE R VA T10 N S SUR LE SECOND EFFET. JL a poudre cC esprit de feu sc rassemble en parité du srotement , c efi-k-dire sur les endroits srotès , fans arriver par les côtés . $. 1. Nous avons reconnu dans lé chapitre fécond qu'il n’y a aucun vuide dans la nature , & que fans vuide les corps peuvent agir. Ainsi il n’eit point étonnant, que fans faire un ébranlement de toute la malle, la poudre d’efprit de feu s’accumu- le par le srotement fur un corps qui peut la tenir en réserve Contre i’air ; d'où il résulte qu’il est de toute impossibilité que la matière arrive des côtés, ne trouvant jour que par le co u I fl n qui lui ouvre un canal dans l’atmosphere ; elle doit donc toujours y monter. Comme le verre ne conserve que l’es- D 5 a Electricité prit de feu , & rejette le globule d’air, il nous reste a expliquer qui est ce qui en fournit à ce coulsin par continuité. Z. z. Nous avons fait voir que l’air écarté par la f iression, & entré dans l’atmolphere électrique qui ’a rejetté , rentroit dans Ion elément primitif du feu , où il ne peut palier fans être imbu de cet esprit par continuité. Ainli réuni dans l’air , ils forment des colonnes, des cercles de renvoi par dessous le coussin , quelque éloigné qu’il soit du cylindre , dans la forme qu’on peut remarquer , tìg. io. plane, i. L’air B. qui sort à côté du coussin, est distingué par des petits 00 . Celui qui ferme l’at- mosohere , C. est ponctuée autour de cette atmof- moíphere , que l’air tend à resserrer en comprimant l’efprit de feu électrique , pour reprendre imperceptiblement son équilibre. §. 3. Ne peut-on pas nous reprocher que ce circuit est imaginé à plaisir ? que l’expérience ne vient point au secours ? l’expérience de l’eau avec l’hui- le , & la jatte où est le mercure agité par un corps intermédiaire , fig. 4. & 9. plane. 1. nous ont assuré ce. fait , autant qu’il est possible, & surabondamment les principes des fluides le veulent. C’est de leur essence : en esset, comment voudroit-on que Pair au sortir du coussin, & hors de l’atmofphere, reprit son cours, & coudât pour rentrer ; il faudroit qu’il dérangeât toutes les colonnes parallèles à fa sortie, qui est directe, comme on peut le remarquer en ladite sig. 10. & que la matière des pores du porte coussin ou du coussin ouverts de côté, {c’est-à-dire horisontalementi fùt chastee ou chaflât le courant du globule d’air , & de poudre d’efpric de feu montant. Comme ils n’ont pas de force supérieure à cette matière contenue dans les pores » Expérimentale. jt il faut qu’ils prennent leur chemin en dessous de la colonne qui est en marche au coussin , & dont I» tendance n’est point interrompue par le dessous ; au contraire il doit saisir l’endroit qui facilite leur cours, & où ils trouvent moins de résistance. §. 4. Cette marche au coussin sembleroit laiflêr à désirer un mouvement démonstratif , comme nous le voyons dans plusieurs autres Phénomènes : ici il n’en faut point attendre , ce n’est que Pair dont nous ne pouvons distinguer les traces. Les atomes qu’on y peut présenter , ne sont aucun jeu ; le globule d’esprit d’air quittant l’atmosphere électrique, fait choc à sa colonne, sans que chaque globule soit agité. II n’y a comme au choc des corps que la derniere bille, ou globule de la colonne qui porte le coup de ce mouvement. L'action étant éteinte par le passage dans l’air grossier, il reprend son action à l’entrée de l’atmosphere où il est libre de tomber. Ainsi il faudroit se refuser aux régies établies, à la raison , pour ne pas concevoir le cours indispensable de ce fluide électrir que, par le dessous du porte-coussin. W D fl 5 - Electricité OBSERVATIONS SUR LE TROISIE’ME EFFET. Les corps électriques ne détournent ni rìempêchent Lt matière £ arriver au coujjìn , pour entretenir /’ atmosphère d u cylindre. ( On avoir crû lur des apparences assez marquées, que ces corps électriques enrpê- choienc la communication au conducteur, en mettant un verre épais fous le coussin. ) Cet effet renferme trois objets à examiner. i°. Si les corps électriques, fous le coussin , ou une personne sur un gâteau ou autre corps électrique , portant la main au cylindre , détruilént & ôtent le cours de la matière électrique, fans en fournir à ce coussin , au frotement. 2°. Si cette atmosphère qui te forme autour du cylindre ou du globe , té trouvant toujours remplie, pourquoi íaut-il qu’on porte la main , ou un conducteur , pour que celui qui fournit la matière électrique , puisse se charger de cet esprit de feu électrique, qui avant ne se maniseltoit point en lui. 3°. Enfin pourquoi à ce conducteur cet esprit de feu électrique cesse. §. i. Pour l’intelligence de ces trois objets , on reprendra bien des expériences, dont la variété , le plus ou le moins de précautions, & d’oblerva- tions, ont donné lieu d’errer fur ces faits; pour m’as- Expérimentale. 5 j furer , je n’ai pas été lì heureux que l’Anonyme de l’Hiítoire de l’Electricité. Si Messieurs Boze & Wacson ont bien retourné leur imagination , & se sont trouvés embarrassés , je ne l’ai pas été moins qu’eux. 11 m’a fallu bien des tentatives, & des expériences réitérées de diverses maniérés ; je n’ai pù , que par cette voye être d’accord fur le courant de la matière électrique , entrant & sortant. I. Expérience .* 5- 2.. Pour lever tout doute, si la matière venoit du plancher & voir fi elle en étoit absolument dépendante; j'ai suspendu la machine électrique par des soyes prises de differens côtés , pour la rendre solide , fig. 11. plane, seconde, j’ai établi un fil de fer de communication à mon conducteur ordinaire , < 5 ç ayant électrisé pendant un long-tems, j’ai toujours trouvé la même égalité dans le Phénomène. J’ai retranché la communication du conducteur,, Sc n’ai laissé qu’un simple fil de fer pour y pouvoir toucher. L’Electricite a toujours donné en proportion au simple sil de fer. J’ai ensuite établi une communication de ce sil de fer à la porte par le côté- plus dElectricic-é. Cet esset retrouvera- fa place & ses observations particulières , où plutôt c’eít le même qu’au septième esset, §. 1. ch. 5. J’ai remis le sil de fer au conducteur, ct je me fuis mis fur un gâteau pour tirer l’archet , l'Electricité n’a pas moins donné. Assuré que l’air étoit nécessaire à l’entretien du Phénomène , fans dépendre des corps particuliers du plancher, il m’a fallu vérifier si , la machine ou du. moins le coussin conducteur de la matière , étant fur des corps électriques, il fo fai- frit un amas de l’efprit de feu fur ces corps électron D ii> yf Electricité ques, qui pût écarter l’air, & l’empêcher d’arriver par les côtés du verre : voyant qu’il ne pouvoir venir par-dessous , par la nature de ce corps électrique mis fous le coussin pour cet effet. II. Expérience. J’ai mis un verre épais de près de deux ponces eri dessous du coussin, fig. 1 2. plane, seconde, ayant attaché ce coussin au verre avec de la soye ; ensuite j’ai arrêté aux deux côtés des pilastres cette soye qui tenoic & forçoit le coussin à toucher contre le cylindre. Ayant électrisé 4. à 5. minutes , 1 e conducteur n’a plus donné d’étincelles. Quoique M. Francklin nous annonce ce sait, je ne me fuis pas arrêté à la légere ; le méchanisme d’un verre plus mince ou plus épais à un certain point, ne donnant pas plus d’acces l’un que l’autre à l’air, & à l’esprit d’air, j’ai toujours résisté à cette expérience, en sorte que j’ai cherché à écarter le corps électrique du cylindre. III. Expérience .* J’ai monté la machine à électriser sur le bord d’une soupente élevée d’environ 12. pieds. Le coussin étoit tenu au-dessous du cylindre par un grand bâton qu’une personne tenoit étant sur le gâteau. Ce qui faisoit un grand éloignement entre le gâteau & le cylindre ; & pour fixer ce coussin au cylindre , je l’ai attaché du haut par une soye qui traversoit le corps de la machine. Ayant d’abord porté la main au cylindre pendant que je faisois aller l’archet, celui qui tenoit le coussin fût aussitôt électrisé : assuré par-là de la place propre à Expérimentale. 5 5 nous produire le Phénomène ; pour juger plus sensiblement , j’ai ensuite établi un petit conducteur du fil de fer au cylindre par une soye qui le te-» noit suspendu ; & comme on étoit gêné pour la hauteur du coussin , & que le bâton qui le portoit , s’approchoit à deux pouces du corps, j’ai pris une tringle que j’ai fait couder pour nous éloigner à suffire, fig. 13. plane, seconde , & ayant donné quelque coup cTarchet , 1 ’Electricité s’ess fait sentir peu de tems au petit conducteur A. en s’afioi- blissant peu à peu. Ensuite dans cet état ne trouvant plus rien , je fuis descendu en faisant reprendre l’archet à une autre personne , j’ai sait recommencer fortement ; le petit conducteur A. a redonné quelque étincelle de feu rouge , dont le gâteau a pû être conducteur. Etant à bas, j’ai approché le doigt de la jambe de celui qui étoit lur le gâteau , fans en tirer aucune étincelle. Cependant j’ai trouvé qu’il y avoir un peu d’efprit de feu , par l’approche d’un petit liège , que je tenois suspendu à une soye, lequel s’est porté à la jambe en la suivant un peu pendant que je l’ai élevé, quoi- qu’écarté de plus d'un pouce de fa perpendiculaire. IV. Expérience. * J’ai vérifié cette Expérience d’une autre maniéré à plusieurs fois. Au lieu d’élever la machine à électriser, je l’ai laissée en place ; mais ayant ôté le coussin de dessous , je l’ai porté au côté , & éloigné de 1 z. pieds, fig. 14. plane, seconde. L’Electricité ayant cessé coshme en L’Expérien- ce précédente , je n’ai trouvé aucune marque d’E- lectricité aux pieds de la personne qui tenoic le porte-coussin. J’ai réitéré plusieurs fois , & je. me Diiij 5 6 Electricité suis enfin apperçû que laditference venoît du changement de gâteau En effet ayant repris l’autre de la veille, il s’est trouvé qu’ona remarqué comme auparavant des traces d’électricité aux souliers de celui qui étoit fur le gâteau, par l’approche du petit liège. Ce gâteau avoit une petite fente pref- qu’invihble , qui introduifoit quelque globule d’e£ prit d’air. Occupé à chercher le méchanifme , & la raison de cette extinction du Phénomène au coiv- ducteur, malgré le broiement il m’a fallu tenter de nouvelles Expériences , Sc recommencer les mêmes à difFerçns jours. V. Expérience . J’ai fait électrifer plus d’une demie-lieure, te-» nant en ma main le gros verre fur lequel étoit mastiqué le couffin, ce couffin appliqué contre le cylindre , fans voir pour cela arrêter l’Electricité du conducteur. VI, Expérience. J’ai monté ensuite sur un gâteau, & ayant éleo- trifé , malgré le verre tenu tous le couffin , on a re-. ÇÛ les étincelles à l’ordinaire. On en tire auífi de celui qui est fur le gâteau , mais plus foibles.. Et tnalgré un long-tems je n’ai pû voir arrêter l’Elecr tricité ; quand on est fatigué , que le couffin ne ferre pas , on sent l’Electricité diminuer ; mais appuyé-t-on un peu le couffin en forçant la main, fur le champ elle fe ranime comme avant & propor- tionnément au frotement : celui qui est fur ly f âteau , peur lui même tirer l’étincelle du coy- ucteur. Expérimentale. yp VII. Expérience.* Si je prens la chaîne du conducteur, tenant l’autre main avec le verre au cylindre , le conducteur n’a donné aucun signe de ^Electricité , soit qu’on ait mis simplement la main au cylindre , ou qu’on ait tenu le coussin garni de son verre, étanc toujours fur le gâteau , sig. i z. plane, seconde. VIII. Expérience. J’ai détruit la communication du conducteur , & ayant simplement la main au cylindre , étant toujours fur le gâteau , le conducteur s’est chargé à l’ordinaire. J’ai répété plusieurs fois pendant des demi-heures & heures , fans discontinuer ; dans cette position j’ai toujours tiré des étincelles du conducteur, IX. Expérience. Je charge de la même maniéré une bouteille à l’eau ou limaille, &c. armée ou non armée ; ce qu’on expliquera par la fuite ; & ayant quitté la main du cylindre & ôté la bouteille du conducteur, je mets pied à terre; & portant la main gauche au sil de fer de la bouteille, on a une violente commotion. La commotion est la même fans fe déranger de dessus le gâteau. X. Expérience. J'ôte la communication du conducteur , & ref- Çftnt fur le gâteau , portant une main au cylindre 5 1 Electricité pour sroter , si on vous touche, on ne ressent rien du tout. II y a seulement atmosphère au cylindre, & on ne remarque aucun signe au courant électrique à la personne qui est sur le gâteau. XI. Expérience. Mais si une autre personne porte la main B. fig. 16. plane, seconde , sur le cylindre , il devient introducteur de l’Electricité, & l’autre A. est le conducteur qui la reçoit. De sorte que si ces deux per- lbnnes se touchent, ils tirent une étincelle à l’or- dinaire, proportionnément à ce conducteur, & trè*- souvent plus soible. XII. Expérience.* Ayant remis le conducteur avec une communication au plancher , ou une personne sur le plancher mettant la main au conducteur, fig. 17. plane, seconde , étant toujours fur le gâteau avec une main au cylindre, si l’on vous approche le doigt, on tire l’étincelle ; mais toujours plus soible qu’en la maniéré ordinaire d’électriser. Si on porte le doigt au conducteur, on remarque une très-petite étincelle, & les feuilles y font agitées, poussées , & repoussées. Celui qui est fur le gâteau, tire l’étinceìleplus forte que les autres. J’ai recommencé l’Expérience quatrième avec une autre cylindre, & le même bon gâteau ; il ne m’a pas été possible de faire ceíler l’Electriciré. Avant que d’entreprendre l’explication de notre Phénomène fur les corps électriques, fur tout par rapport au verre, annoncé par M. Francklin, j’ai recommencé de nouveau ces Expériences avec un ExpirimentaU. linge ployé en seize , de deux pouces en quarré, mis par-deflusle coussin adapté au verre. J’ai tiré des étincelles pendant cinq minutes ; & il ne m’a pas été possible d’en tirer d’avantage du conducteur , quoiqu’on ait fortement électrisé. Le linge en étoit même comme en petite charpie extrêmement fine. Dans le même moment fans verre, mais avec le coussin ordinaire, j’ai eû des étincelles au conducteur pendant 4. minutes 30. secondes, comme à l’ordinaire : & ensuite elles font venues à rien, même en deux minutes. J’ai repris le verre & le coussin , en le tenant au cylindre pour entretenir la même force du frote- ment, & je n’ai pû en une demie-heure parvenir à détruire l’Electricité avec le même gros verre. II fe fait atmosphère à ce verre , comme au cylindre. On ressent comme une toile d’araignée qui vous résiste. On ne remarque la lumière dans l’obscurité qu’au lieu du frotement. §. 3. Le verre épais dont je me fers m’ayanc échappé, & donnant fur le verre du cylindre tournant , a jette tout d’un coup un brillant de lumière à distinguer les objets ; & m’ayant échappé une seconde fois , mon cylindre se cassa. J’avois écarté toute lumière pour examiner le courant de la flâme fous le frotement. J’aurois été immanquablement estropié, si je me fusse servi d’un globe, au lieu que mon cylindre tomba en morceaux fur le plancher fans s’écarter. La variété de ces Expériences m’a fait encore recommencer partie de ces Expériences avec le verre & gâteau bien féchés ; je n’ai pû arrêter l’E- lectricité au conducteur. Le lendemain j’attarchai le coussin avec du mas- 60 Electricité tic à mon morceau de verre, & mon verre au por- ,te-coussin. Ensuite ayant fait électriser pendant 7. minutes & demie, l’Electricité s’arrêta au conducteur. Je fis réélectriscr, tenant le verre en-defiòus avec la main , au lieu du - porte coussin ; l’Electricité cestâ plus vite. J’ôtai du mastic qui étoit resté au verre, Sc je fis réélectrifer ; elle s’arréta encore en très - peu de tems. Impatient de la variété des expériences que j’avois fait la veille, je mis fur le coussin qui étoit toujours fur le verre, un linge ployé en long , & tenant le verre à la main contre le cilindre , l’Electricité ne s’arrêta point. Voyant que la longueur du linge excédoit le verre, je le ployai en double beaucoup plus petit que le coussin. Avec ce linge je ne pûs arrêter l’Electricité du conducteur. Je poussai ce linge à bas, Sc remis le coussin , tenant toujours le verre; Sc l’Electricités'assoiblit bien promptement. Je remis dix fois alternativement le linge & le coussin : mais avec le linge je ne pûs jamais arrêter l’Electricité, qui s’arrêta toujours en peu de tems avec le coussin. Ayant électriíe le coussin fans verre dessous, ( ce coussin étoit le double de celui mastiqué au verre ) je ne pûs arrêter l’Electricité:j’avois mouillé unpeu la vis pour empêcher le poFte-coussin de baistèr ; mais ayant mis derechef le petit coussin qui avoit servi avec le verre pour voir lì cela dépendoit du coussin , l’Electricite ne diminua pas, tandis que ce coussin étoit fur l’autre N’ayant plus laissé que le dernier , l’Electricité dégénéra & s’arrêta. Voulant décider lì c’étoit ce défaut d’épaisseur, je ployai «n double ce même coussin , l’Electricité fut un Expérimentale » 61 peu plus de temps à diminuer & à s’arrêter : toutes ces expériences faites dans le même tems ; le coussin étoit un peu déchiré aux coins, & la houet- te de soye paroi doit. Ayant repris le coussin doublé , & í’ayant mastiqué au verre, il fut au moins du double plus long-tems à décliner ; à la fin, l’E- lectricité du conducteur devint peu sensible. Ayant recommencé le lendemain avec le gros coussin fans verre deiìòus, l’Electricité s’arrêta après 8. minutes de frotement. Le cilindre étant très- chaud par le frotement, je mis fur le champ le linge ployé fur le coussin : malgré la chaleur du cilindre je ne pus arrêter l'Electricité du conducteur. Ainsi il ne faut point attribuer l’arrêt de l’Electricité au cors électrique, ni à la chaleur du verre qui étoit extrêmement chaud , de même que le linge , fans pour cela arrêter ; mais il faut juger & décider que c’estle cuir échauffé & la foye du coussin qui empechentl’air de porter la matière à l’atmofphó re avec la même force & activité, & ainsi l’em- pcche de parvenir au conducteur. S. 4. Ces expériences ne nous permettent pas de douter qu’il y a une erreur fur ce fait. La communication au plancher n’est pas nécessaire , ainsi que nous l’avons reconnu. Le verre n’interrompt rien. L’atmofphére qui n’est jamais détruite au cilindre & au globe, en font la preuve encore plus évidente. Or cette matière si active comprimée par toutes les colonnes d’air , ne peut éviter le choc & le renvoy au coussin , malgré le verre ou autre corps électrique ; parce que cette matière est un fluide qui fe détourne aisément : ainsi au lieu d’abonder alors précisément par les tuyaux directs, le mé- chanifme fe dirige differemment. 11 souffre sans fe contraindre, fans blesser l’ordre des fluides, Té- 6 z Electricité cart de Pobjet, Pobstacle ; & glissant à côté du verre , forme aussi des colonnes courbes , comme nous Pavons dit ci-devant. Ch. 2. §. 8. & au 4e Ch. S» 3. 2'. effet, dont Paction & marche ne peut se manifester en la personne qui est fur le gateau. Inexpérience de l'huiledu mercure, fig. 4. & 9. plane. 2. nous démontre ce détour, ceméchaniíme sensiblement. On a observé que ce cours ne tombe pas fous nos sens, quoique le mercure nous le certifie sensiblement. Notre espèce ne différé qu’en ce que le mercure est un corps sensible & distinct dans notre air : mais cet air ne peut l’être à notre égard, que par Paction du frotement & les chocs ; ainsi que nous avons lieu de le reconnoître dans tout ce méchanifme. 11 n’est donc point étonnant que fur un corps é- lectrique, on ne trouve point de marque d’Elec- tricité en la personne qui est sur ce corps , parce que cette personne sait partie de la colonne d’esprit «Pair & de feu qui fournit au coussin, sans marquer d’action. Mais le frotement a-t’il formé & mis en mouvement l’efprit de feu électrique , ce feu ne cherche point à rétrograder ; il s’adapte au corps du cilindre , où il fait son atmosphère , ce qui est démontré au S- dernier du 2 e . effet ci-devant , & notamment au §. 10. & 11. du 4e. effet ci-après, & au §. i. du 2 e . effet Ch. 5. S- 5. L’explication des autres Phénomènes, c’est- à-dire , la raison pourquoi cette Electricité marquée au conducteur, s’arrête ; & pourquoi la personne qui est sur le plancher,mettant la main au ci- lendre, rend électrique celle qui est sur le gateau , dont on ne tiroit aucune étincelle , doit être remise au Ch. suivant §. 5. du 2. effet ; & les autres expériences particulières de la commotion avec la Expirìmtntaltl 6) bouteille, &c. au Chap. général des Expériences. On ne les a placées en ce Chap. que pour constater les faits essentiels au développement du mé- chanisme. OBSERVATIONS SUR LES IV. ET V. EFFETS. Les sarcelles de poudre d?esprit de feu sorties des pores du cousin , forment une ligne droite & entrent de la mèmemaniere dans les pores du verre . L'air du cylindre force le feu électrique de replier fous la même direction , dr de sortir en dehors par les pores du verre opposés au frotement , ce qui forme atmosphère . Ces observations font en partie relatives au í. & ze. effets; la cause en est toute décidée. Le renvoi que fait l’air du dedans du cilindre par son ressort, force l’esprit de feu à rétrograder hors du verre , à mesure qu’il échape de dellòus le frotement. Car tandis qu’il est fous le frotement, il exerce son action contre l’air du dedans , & le force de reculer d’autant. Mais chaque partie, qui se dégage en échappant ce frotement, est rendue avec la même élasticité, & de la même maniéré que le choc est venu. Rien ne détermine cet esprit de feu si prompt, si actif, à recevoir aucune courbe. La loy des corps à ressorts, veut qu’un corps qui arrive à un plan qui lui résiste, ce corps soit repoussé par la même ligne, de même que sangle de réflexion est égal à s angle d’incidence. 64 Électricité ■ §. 1. Ceux qui tiennent pour un tourbillon , diront que la rotation imprime des courbes , eû é- gardà la résistance des rayons, qui ont à repousser & à vaincre les parties d’air : outre que leurs moyens ton t faux , l’expérience est au secours , & nous fait totalement voir le contraire , & que tous les rayons de cette atmosphère font droits au dedans & au sortir du cylindre , fig. 18. plane. z*. I. Expérience . Cette Expérience est de M. Hauskbée. II imagina de mettre un cercle de fer à un pied de distance de la surface d’un petit globe,non perpendiculairement , mais latéralement ; il avoit attaché à ce demi cercle des fils de laine, allant jufqu’à demi pouce ou 3. lignes du globe. Ces fils perpendiculaires étoient pendant la rotation attirés tous ensemble par la surface du globe, & sembloient tendre vers ion centre ; & cette tendance fubsistoit 4. ou 5. minutes après le írotement cessé. La direction de ces fils étoit dérangée , dès-qu’on en approchoit le doigt ou autre corps ; ils en étoient attirés ou re- poustës sensiblement. II. Expérience . §. 3. Le même Auteur ayant introduit dans ce globe un axe garni dans son milieu d’un cylindre de bois, fig. 19. plane. 3. à la surface duquel é- toient attachés pareils fils , ces fils s’écartoient en rayons, & tendoient du centre à la circonférence. Donc il n’y a aucun tourbillon. L’efprit d’air qui tend à comprimer , n’a pas à fe détourner. Tous les rayons font tendus du centre du cylindre ou Expérimentait. Çf du globe ; rien n’agite la matière ; les lignes sont tout au plus ébranlées fans détourner en aucune maniéré. Ainíì point de tourbillon. §. 4. Ne pouvons - nous pas encore ajouter les Expériences suivantes , quoique surabondantes en preuve, dés qu’elles nous inliruifent de la nature & de la forme de l’atmofphére électrique ; elles fonc simples & sensibles. III. Experienct. * L’efprit de feu électrique arrivé par des pores droits, est repoussé de méme, seulement à raison de la largeur du frotement. Veut-on s’en convaincre ? 11 faut prefenter perpendiculairement fur le cylindre dans la même ligne de la calotte quf le resserre , & ce du côté opposé à l’archet ; il saut, dis-je, prefenter une petite balle de lie^e' suspendue par un fil de soye fort fin. On tiendra' cette balle à la hauteur d’un pouce au-dessus du cylindre. Vous voyez cette balle quitter fa perpendiculaire pour prendre la direction du frotement, fig. 20. plane. 3. par où sort l’esprit de feu électrique, que l’air plus rare à l’approche du fluide de feu, pousse continuellement ; Sc cette boule est tenue dans cet état fans être emportée à la circonférence du cylindre. Or l’atmofphére naturelle d'esprit de feu, n’est qu’au-dessus de ce frotement. Sì nous diminuons la largeur du frotement, la petite balle ne prendra toujours fa direction , son point , qu’à la colonne perpendiculaire , pour fe fixer au premier rayon de feu montant, qui tant qu’il la parcourt, la soutient comme la petite balle de liege que nous mettons au jet d’une fontaine de compression. Si dans d’autres Expériences, les ob- 6S- Electricité jets présentés semblent prendre une autre direction , ce n’eíl que les objets que nous y présentons » qui forment cette différence, & dans une autre espèce : ainsi que nous aurons lieu de le reconnoître dans la fuite. §. 5. II me paroit nécessaire de s’expliquer plus énergiquement fur cette atmosphère, parce qu’elle ne remplit pas de lumière toute l’étendue que nous comprenons fous le nom d’atmofphére. U ne balle suspendue au deffus du cylindre, dans les Ex- Í >ériences précédentes & suivantes, est encore dans 'atmosphère, sans que je voye la moindre flâme environner totalement le cylindre ; je n’en apper- çois même que fous le frotement qui se divise en croissant, parce que c’est la forme de la pression du frotement. Cette flâme est plus forte aux extrémités extérieures du coussin dans les parties qui touchent , qu’au milieu qui presse davantage , où on ne distingue point cette lumière. * ,, * M. Francklin n’a rien épargné pour fonder son mécha- „ nisme, pag. 199.11 dit que dans l’obscurité on peut voir le fluide électrique sur le couffin en deux demis cercles ou » croiflàns , l’un íur le devant, l’autre fur le derriere, pré- » cifément dans l’endroit où le globe & le couffin fe fépa- » rent. Dans le croiílànt antérieur , le feu paíle du couffin 3 » dans le verre. Dans l’autre il quitte le verre, & retour- » ne dans la partie postérieure du couffin. Quand on appli- y> que le premier conducteur pour tirer le feu du verre, le 35 croiílànt de derriere difparoit. » II est le seul qui à rapproche du conducteur , ait vû ce croiílànt de flâme disparaître. Celui de derriere & de devant paroissent assurément toujours également, tant que le couffin y est. Le croissant ne diminue, même fans partage distinct , que lorsque 1’ Electricité s’arrête au conducteur , comme on le verra ci - après. 11 fe trouve bien des erreurs de fait que j’ai peine à reprochera M. Francklin. Comme ces erreurs lui font toutes favorables, je ne puis penser que ce soit le Territoi- Expérimentale . 5- 6. Si nous nous ressouvenons que cette poudré dlefprit de feu assembléè à la saveur du verre ou, elle entre , écarte l’air des côtés, nous reconnoì* trons bien sensiblement ces distinctions de la flâ- me ; fous le milieu du coussin la flâme y est plus épurée » l'air plus écarté ; cet élement du feu né donne point fa lumière ; fa subdivision trop spiritueuse réchappe à notre vue; les corpuscules environnant jusqu’à notre œil, le couvrent, & nous empêchent de le reconnoître, tant qu’il n’est point en action par l’air. L’air qui s'échappe par les côtés, & le feu qui s’épure, tandis qu’il entre dans le verre, sont des chocs differens qui produisent de petités atmosphères, d’air & de feu : dont le frotement fait le départ, & nous rend par son actiost la flâme , une lumière sensible. Ce feu est floté par l’air comme l’eau dans la vanne d’un moulin ; cet esprit d’air au sortir du frotement, se trouvant sépare par sa nature à ne pouvoir rester dans l’at- mofphére que forme l’eiprit de feu ; ainsi plus de flâme : de même l’atmofphére du feu subsistant seul, rien ne l’agitant, plus de lumière. Quoique le feu réside toujours en atmosphère , il ne peut fs caractériser avec lui même, étant fans action dans fa grande division. Nous ne le distinguons point non plus dans le cylindre. Son passage à travers le verre, ne tombe point sous nos sens. L’air du dedans du cylindre nes*allie point avec lui. 11 n’a point de prise dans son atmosphère. 11s y sont distincts fans mélange , ye qui tious induise én £rreur, pour s’accommoder au système de cet Auteur , dont l’Ouvrage néanmoins mérite toujours beaucoup ; st je combats plusieurs faits , l’éloigní- ment justifiera tout. Je fuis obligé de dire vrai, fur ce que j’ai vû avec plusieurs Observateurs exacts. 68 Electricité parce que cet air n’est point raréfié au degré de l’esprit de feu. Ainsi leur atmosphère , leur choc ne peuvent s’allier. L’un dominant trop surl’autre, ils ne font que í'e comprimer jusqu’àce que l’équi- libre soit rétabli, que cet air ait tout repoussé au déhors. C’est là l’atmosphére du feu électrique pur, qui n'eiì visible qu’à l’approche d’un corps où il puisse se briser & s’attacher , tel qu’on le recon- noîtra dans le Chap. suivant. î V. Expérience, f . 5. 7. Ne nous objectera - t’on point à présent qu’une bouteille vuide d’air, suivant le terme usité , que nous entendons ici, d’air grossier , donne la fiâme au-dedans , dès qu’on la srote & l’agite simplement avec secousse ? ( Pour le succès de cette Expérience , il faut des matras de grandeur proportionnée où Pair raréfié ne domine pas , de même que fi ils font très-petits ; l'esprit de feu électrique étant supérieur , il ne se marquera aucune fiâme. ) Le sro- rement agitant cet esprit de feu électrique Sc d’air, celui du feu électrique qui y entre, produit des chocs & des secousses à l’esprit d’air ; leur mélange instantané , & la tendance à l’équilibre de l’esprit d’air à chaque atmosphère d’esprit de feu naissant , nous donne cette fiâme telle qu’au-dessous du coussin. V. Expérience, t Le vis-argent lumineux est dans la même espèce ; en le secouant, il tient lieu du frotement, & l’esprit d’air, & l’esprit de feu réunis, marquent la lumière & la fiâme. Expérimentale. 69 Nous pourrions encore rapporter ici l’ingénieuíe expérience des bouteilles du vuide de M. l’Abbé Nollet ; mais elle se trouvera jointe au dernier Chap. de réunion des expériences choisies, avec celles de la machine pneumatique. H. 8. Quoique le srotement n’augmente point l’atmosphére d’esprit de feu une fois fixée , que proportionnément à l’étendue de L’objet frotté ; comme l’atmosphére de notre feu ordinaire ,& de la bougie qui est toujours la même , tant qu’il y a égalité de mèche ou d’objet qui entretient ce feu ; il fe fait néanmoins deux courants bien differens. Dans l’atmofphére de la bougie ^ il y a un canal ouvert par où l’air conduit la cire à la mèche, & agite le feu qui s’évapore à mesure que cette mèche ne peut plus les retenir , & que le feu ne trouve plus rien à parcourir, du moins à force égale. S. 9. Dans l’atmosphére spiritueuse, électrique* flâmifique , les deux courans du. feu & de l’air , arrivent par concurrence en dessous de la mèche qui est le couffin ; mais ils n’ont pas le même départ pour entretenir son action. L’efprit de feu ici s’accumule fur le verre ; il n’en ronge , ni n’en divise aucune partie. Aussi ne s’en exhale-t’il rien ; l’air n’ayant point d’entrée dans l’atmofphére fa sortie est de côté , comme nous Pavons exactement expliqué. Quant à l’efprit de feu , il ne s’exhale point, parce qu’il n’a rien de terrestre à évaporer. C’est un esprit pur ; son action est toute cisserente. II s’étend suivant qu’il peut repousser & écarter la masse qui l’environne ; & parvenu à son degré de force., eû égard à la pesanteur ôc charge de la température , il n’y a que la même matière en. pression qui fournit à l’atmosrbére *, tant que le srotement dure. Comme une vessie: jo Électricité qu’on souffle, reste toujours tendue , tant que l‘on íouffle ; mais cestè-t’on , l’air du déhors la preste, & 1 équilibre se rétablit. C’est une fontaine dans son lit, qui lorsqu’elle a une charge proportionnée à la source, 11’a point d’écoulement, qifelle ne trouve de quoi se propager. S* io. Cet air en déclinant étouffe l’esprit de feu ; la stàme arrêtée austîtôt que le frotement a çelsé, il ne s’agit plus que de l’esprit de feu , que cet air environnant confond, en affaissant cet esprit de feu de cercle en cercle. V I. Expérience. * L’Expérience peut-elle prévenir nos objections ? Examinons. Je prends un très-petit morceau de liege, taillé en forme de larme que je suspends à tine soye fine, d’un pied de long. Je rapproche de l’équateur de l’atmosphére du cylindre, fig. 2.1. plane. 3. Après avoir électrisé un moment, je sais mettre l’archet bas, & j'observe que ce petit liege s’é- carte de la perpendiculaire par la force de l’esprit de feu électrique. Cet effet est contraire à la 3e. Ex- { >érience ci-devant. La position étant différente , e méchanisme ne peut être le même. La premiere balle est obligée d’aller chercher les rayons droits & perpendiculaires au frotement, & celle-ci est fur le champ exposée à ces mêmes rayons. Cependant l’air raréfié qui avoisine , 5 c tend toujours de son côté à comprimer cet esprit de feu ; cet air, dis-je employé son ressort sur ce petit corps, fur lequel il a plus de prise, 5 c lui ouvrant un passade dans l’atmosphére électrique , il le pousse enfin jyisqu’ap cylindre ; comme le frotement cessé, l’air Expérimentale . 71 comprime à son tour l’esprit de feu à rentres ; c et esprit en rétrogradant tient ce petit liege attaché au cylindre en le courbant & pressant en arc sur ce cylindre. Vil. & VIII. Expériences. * Pour m’assurer davantage, pendant que ce petit corps est ainsi adapté , je fais décrire une courbe à la soye , en la lâchant de maniéré qu'elle ait la liberté de glisser par son poids de dessus le cylindre , sig. zz. plane. 3. Quoique cette soye dût naturellement tomber , elle s’adapte aussi en arc au contour du cylindre, & y reste de même que le liege, tant que l’atmosphére dure , & lorsqu’elle vient à cesser , le liege & la soye quittent du bas, íìg. -3- plane. 3. parce que la tendance de la perpendiculaire A. B. est plus prête à vaincre la pression de la matière qui rentre en équilibre , que celle qui est au diamètre de l’atmosphére A. Si l’esprit de feu ne faisoit que glisser sur le verre , cette soye ne demeureroit pas attachée jusqu’à la fin à la partie supérieure ; ellequitteroirdu haut. C’est un défaut de ne pas vouloir s’entendre.. La. flâme ne passe point au-dedans du verre, à travers le verre. Elle est un mélange d’airqui n’y peut entrer ; mais l’esprit de feu électrique y passe & le parcourt. C’eíl la distinction qusil saut saisir pour le concevoir sans équivoque (cequ’onexpliquera encore plus sensiblement dans les Expériences de la bouteille ; j l'Expérience suivante prouve mieux cette gradation atmosphérique , cet assaisseïstcnv de l’air , la forme de i’atfnosphére. 7 * Electricité I X. Expérience. * $. j j. Je tiens perpendiculairement la petite houle de liege au-deffus du milieu du cylindre , fig. 24. plane, 3. l’atmosphére électrique ne peut soutenir cette balle sans la porter à la circonférence par la courbe droite ou gauche ; de même qu’une balle qu’on lâcherait fur le sommet d’une sphère , roulerait toujours à la circonferenced’uncôté ou d’un autre, par le plan le plus court fans circuler : Si Tare de l’atmofphére est plus grand , la petite balle est plus écartée ; cet arc diminue à mesure que l’atmosphére diminue , & que l’espric de feu est comprimé , Sc réduit à l’équilibre. L’Expérience piouve donc évidemment que, l’atmosphére du feu sans fiâme , est rélative au sxotement, &àl’étendue du frotement. Les sixième , septième & huitième effets ont trop de liaison avec ceux qui arrivent dans l’a:- molphére de communication, pour les reprendre à présent; ils auront leur réponse dans le Chapitre suivant. Expérimentale. 73 CHAPITRE V. Du conducteur ou propagation de l'Electricité aux corps non-éleétriques, N Ous sçavons que l’atmosphére électrique est d’autant plus étendue, que la température de l’air plus ou moins chargée lui résiste ; que si tôt qu’on arrête le frotement, l’air extérieur comprime l’efprit de feu , & l’assaiste jufqù’à ce que l’é- quilibre soit rétabli, §. i. Nous avons reconnu ci-devant des corps propres à recevoir l’Electricité par communication , & incapables de la recevoir par le frotement , parce que les pores de ces corps ou métaux , étant, avons-nous dit, remplis d’efprit d’air , ces corps ne peuvent servir à former d’atmofphére dans le même air aussi pétant, qui remplit aulli précipitamment le lieu du frotement. 11s en forment encore moins dans l’air grossier qui les environne , ainsi la matière du feu ne peut s’y accumuler. Comment donc s’en servir à présent pour rassembler la même matière ? Nous nous en servirons par la même raison. Les pores de ces métaux ou corps non électriques rempis d’efprit d’air & de feu , sont autant de tuyaux où le fluide électrique va par concurrence , & peut s’insinuer , lorfqu’il en sortira l’efprit d’air , pour faire place à un air nouveau, à notre poudre d’efprit de feu raréfié par le frotement. Qui sera sortir cet esprit d’air j & fera entrer cette poudre d’efprit de feu ? C’est FinégaUté de pesanteur, Nous en ayons dé j a Electricité rendu compte : mais pour rendre ce fait plus sensible, ayons recours à une Expérience familière en Physique fur la pesanteur & l’équilibre des corps fluides, fig. az. plane. 3. I. Expérience, -f L’on met une petite bouteille pleine devin dans un grand gobelet où il a de l’eau, surpassant totalement cette bouteille. Le vin reste dans cet état ; l’atmoíphére plus legere résiste au plus pél'ant , parce qu’ils ont leur colonne contigue. L’eau à niveau du goulot, ne peut forcer celle du vin, tant qvt’elle n’a pas de quoi le recevoir , & qu’elle s‘oppose autant à fa sortie qu’elle le presse. Elle n’a point de canal ouvert pour lui faire prendre son cours. Ces deux matières font ici en parité ; notre esprit de feu plus leger que l’esprit d’air, résiste à la pression de l’air environnant, tant que le frote- ment accumule de l’esprit de feu à son atmosphère, & le maintient dans cet état ; l’air grossier est la bouteille qui environne l’esprit de feu, & le comprime. Cet esprit de feu électrique enfermé , est notre vin plus léger ; l’esprit d’air est l’eau , qui est le corps pésant, qui veut s’insinuer. L’esprit de feu ne peut pas repousser l’air tout à la fois : l’esprit d’air 11e peut pas non plus y entrer tout à la fois. Quel parti prendre pour avoir cette matière ? 11 faut ouvrir un passage au fluide du feu , où il puisse être garanti de la masse de ce même air qui le re- fouleroit toujours ; il faut un canal qui le défende , & il faut que ce canal ne soit pas trop grand pour que le vin s’y distingue, sinon la pésanteur de l’eau ne laisseroit pas aster de force ni de tems à celle du vin , pour être apperçû , fans être mélangé ; Expérimentale. 7$ l’équilibre seroit sur le champ rétabli. De même si le canal électrique étoit contigu à un plancher, à la terre , au lieu d’être suspendu par des soyes ; le fluide électrique ne pourroit s’y accumuler; & ne pouvant suffire à remplir une si vaste étendue , il seroit confondu ; il saut donc que l’air grossier environne les corps, & qu’il les limite à un objet , qu’il puiflë preller , & où il puisse circuler. 11 . Expérience, t Otons notre bouteille de dedans le gobelet. Faisons sortir un peu de vin du goulot , & remettons notre bouteille dans l’eau comme elle étoit. Alors le petit goulot ayant ouvert un canal à l’eau, à l’abri de celle qui l’environne , cette eau tombe dans la bouteille, & fait sortir le vin par concurrence ; & nous voyons très - distinctement ces deux matières caractérisées l’une à côté de l’autre , fans mélange ; l’une conservant sa pé- santeur, l’autre son élasticité, comme dans le pas- se-vin , fig. 26. plane. 3. S’il se trouve entre ces deux fluides des corpuscules légers, ils font poussés & repoussés suivant le torrent de ces deux matières ; à moins qu’on ne prenne un paflè-vín trop large du tuyeau de séparation , comme trois sortes lignes, & au-dessus, où l’eau & le vin font tout d’un coup confondus , ainsi qu’on l’a observé ci-dessus. III. Expérience. Z. 2. Suspendons donc notre conducteur, c'est- à-dire une barre, un canon de fusil, un corps de fer blanc % ou autre quelconque non électrique j£ EUHriciti avec des électriques, comme des cordons de foye ; oupofons-le furd’autres corps électriques, telsque le verre , les résines. Enfin ayons foin que ce corps loir distinct d’autr.es corps non électriques , l’air extérieur l’environnant de toutes parts ; & joignons à ce condusteur non électrique une communication jusqu’à l’atmosphere cylindrique , afin de faciliter le courant de l’esprit de feu. Ce corps de communication du cylindre au conducteur , doit austi être non électrique , parce qu’un tuyeau de verre rétablissant pas un courant d’efprit d’air & de feu , ne peut être suffisant. Un tuyeau de verre ouvert & court de deux lignes , laisse passer l’air, & le conducteur fe charge foiblement. S’il est plein & long de 8. pouces, ou un pied ; ce conducteur ne fe charge point. Voyons les effets. Si-tôt que nous les connot- trons, nous en rendrons la cause sensible par des Expériences & des réflexions , toujours fondées fur les principes, qui nous assureront dans cette carrière ténébreuse. I. Effet. Je remarque d’abord qu’ayant sort électrifé lie cylindre , son atmosphère étant bien formée , si je cesse le frotement, & que je mette sur le champ les petites plaques de communication, il ne monte rien au conducteur , quoique l’atmofphere dure astèz de tems, Sc que les corps qu’on y présente soient poussés & repoussés. II. Effet. Si je continue le frotement, les petites plaques joignant au conducteur, à l’ijistant ces mêmes pli- Expérimentale. 77 ques Sc tout le conducteur font remplis d’esprit de feu , qui fe caractérisé en flâme , en aigrette aux extrémités des carrés , des pointes, des étoiles & petits fils de fer ou de laiton. Ce qui fait une atmosphère autour des plaques & du conducteur; mais bien différente de celle.du cylindre ou des corps électriques. III. E F F É T. Cette différence d’atmofphere ne change rien des petits corps légers qui y font pouffes & repoussés ; lorsque Pobjet qui présente ces corps, fe présente toujours pour les recevoir & renvoyer. IV. .Effet. ■ Si on abandonne à Cette atmosphère un corps extrêmement léger , il ne s’adapte pas an cancn ou conducteur, comme au cylindre. Le petit liège est repoussé, & la soye presque invisible ne soutient pas long-tems. V. Effet. II n’y a point de différence des corps non électriques , qu’on approche de cette atmosphère de communication. On voir à l’une Sc à l’autre atmosphère, la flâme ou aigrette , tant que le frotemenc dure. On les voit encore, si au lieu du frotement , on agite ces corps. '' VI. Effet. Si on approche un corps non électrique, comme 1* doigt, &£. on report cette flâme fans piqueure Jj8 Electricité ni contact à l’atmosphere cylindrique ; au lieu quà. l’atmosphere de communication, on sent une pi- queure, un contact. 7. Effet. Si on met le doigt ou autre corps , ou enfin uns chaîne au conducteur qui communique aussi à d’au- tres corps non électriques, julqu’à terre , ou adhérence , on ne peut remarquer aucun signe d’Elec- tricité au conducteur ; mais le cylindre n’a pas moins son atmolphere, & les corps y lont pouffes & repoussés, telle pointe qu’on présente au cylindre* 8. Effet. Si au lieu d’établir une communication à toute la masse, on léve promptement les plaques du conducteur , après qu’il a été charge d’électricité ; quoique les plaques ne touchent plus au cylindre , l’atmoíphere se conserve au conducteur. REFLEXIONS SUR LE PREMIER EFFET. Vatmosphère formée , qu oh arrête le frote - ment , & qu on metïe sur le champ les pe-> tites plaques de communication au cylin - dre , il ne monte rien au conducteur , quoique C atmosphère dure ajsez, de tems , cr que les corps qu on y présente , soient poujses & . repoufésj. y Z. j. Ce premier esset ne répond pas à l’Expé- Expérimentale. 7D rìence du passe-vin cité : ces plaques fburniíîent bien l’espric d’air & de feu dans l’atmosphere cylindrique ; mais elles ne font point remonter d’autanc l’efprit de feu électrique , parce que le fluide du feu rétrogradé. 11 a changé son cours , si-tôt que le frotement a cefle. 11 avoir une force expulsive ; & cette force manquant par le frotement, l’air environnant regagne insensiblement, & a fur lui une force compressive, à laquelle fe joint l’air des plaques , jufqu’à ce que l’équilibre soit rétabli. §. z. Les petites plaques de communication présentent en vain un canal à une eau qui se retire. La péfanteur de l’air n’est pas suffisante pour exercer son action dans cette atmosphère en renvoi ; & l’efprit d’air & de feu qui sont en concurrence dans ces métaux , chap. 7. sect. 4. des pointes, 5. 20. loin de forcer l’efprit de feu électrique à se resserrer, & prendre son cours à côté d’eux , où ils trouvent plus de résistance, ils le repoussent, ainsi que nous l’avons déja observé , en concurrence avec l’air extérieur : ce qui arriveroit pareillement à notre bouteille du paíse-vin, si le corps de la, bouteille avoit une istùe flexible à la pression de l’air , & que ce vin pût s’extravaser ailleurs , où il auroit plus d’aptitude à s’insinuer, qu’à remonter en pression à côté de l’eau. Ainsi l’Expérience ne cloche ni ne se contredit en rien. Elle viendra en parité en son tems. La chute de cet esprit d’air dans l'atmofphete, ne change rien dans les corps de communication, puifqu’il ni fait rien remonter; ainsi ils n’ont aucun courant, ni aucune action sensible. Ces corps n’innovent en rien, en se joignant à leur semblable ; aussi n’y sent - on aucun effet. Cette réflexion est si rélative à sa cause qui u’est qu’une, qu’on passe au secojjd effet. ta Electricité REFLEXIONS SUR Lí SECOND EFFET. Continuant le frotement , pendant que les petites plaques joignent le conducteur , ct l'infant ces mêmes plaques & tout le conducteur font remplis d'esprit de feu , qui fe caractérisé en flime , en aigrette aux extrémités des carrés , des pointes , des étoiles , & des petits fils de fer ou de laiton y ce qui fait une atmosphère autour des plaques & du conducteur ; mais cette atmosphère c fi bien differente de celle d u cylindre , ou des eorps électriques . 5- i- Ce second effet dépend totalement du frôlement : ce frotement remplit & force tout d’un coup l’atmofphere électrique à son degré par continuité. Cette atmosphère peut être comparée à notre paíse-vin , autant que le vin est renfermé par le verre , comme notre esprit de feu électrique l’est par l’air environnant. La communication descend jusques dans l’atmosphere électrique: de même que le tuyau ou goulot de la bouteille donne prise à l’eau pour agir sur l’atmosphere du vin ; de même auslî l’air extérieur qui environne ce corps de communication, est seau. qui environne la bouteille qui est dans le grand gobelet, Sc dont la pésanteur chaise autant de feu électrique.. Pour rendre la comparaison juste en tout sens, il nc Expérimentale. 81 ne faut pas rigoureusement s’attacher à la similitude dans faction ; car la pesanteur de l’air qui arrive par les plaques de communication, n’agit que par le frotement. Ce frotement résistant à cette pesanteur,.à cet esprit d’air & de feu inséparables, tant qu’ils peuvent avoir un libre cours ensemble, & l’air s’écartant à la circonférence , fait d’autant place à l’esprit de feu électrique , qui est continuellement accumulé par ce frotement, & avec tant d’activité, que le premier globule d’air ayant saisi une parcelle d’esprit de feu électrique, & successivement une infinité d’autres, leur grande fluidité & activité les réduit fur le champ en deux colonnes, l’une montant & l’autre descendant. L’air du dehors environnant le canon , se succède dans l’atmosphere cylindrique à la circonférence ; en même tems , & en même proportion l’esprit de poudre de feu électrique se replie à côté , & y monte concurremment jusqu’à «e qu’il ait rempli tous les pores de la ligne droite du canon ou autre corps , Sc par rétrogradation ceux des côtés. Ayant donc rempli toutes ces cavités , autant qu’elles en peuvent tenir , & selon que cet esprit a plus ou moins d’activité , il forme atmosphère ; cette atmosphère est toute feu au dehors des pores du conducteur, fig. zj. plane. z. distinguée par les hachures en petits rayons A. Quant au dedans, l’esprit d’air y est en concurrence, figuré par petits points Sc hachures ; parce que l’esprit de feu ne peut s’allier comme il fait au dehors. II se fait cependant un courant d’esprit d’air & de feu , lorsqu’on présente un corps à cette atmosphère , ainsi qu’il est expliqué dans le courant de ce chap. sinon il reste limité dans son canal , comme une eau dormante. Les oo marquent la co- F 8 2 Electricité lonnè de pesanteur en marche , Sc celle de renvoi des plaques au conducteur. 11 peut s’établir encore d’autres cercles Sc colonnes , lorsqu’il y a des pointes ou carrés qui donnent prise, & un courant à l’esprit d’air pour pénétrer dans l'atmosphère. La vûe de la principale direction fait aisément concevoir les autres. $. 2. Les soyes ou autres corps électriques qui fervent de support r ,donnent cours , & se remplissent de l’esprit de feu électrique , que l’espric a’air ne peut pénétrer, au moins jusqu’à quelques pouces. Ainíi li ces supports font allez longs , ou le verre allez épais, suivant qu’on les employé , l'es- prit d’air ne pouvant pénétrer dans l’atmosphere où l’esprit de feu est supérieur, cet esprit d’air des corps non électriques joignant n’entraînant que le superflu de l’atmosphere excédant, que le frote- ment continuel engendre en sus de l’armosphére ; il ne se fait point de dame en cette occasion , le superdu n’estpas adéz réuni en force. Quoique notre Expérience du paílè - vin diffère en quelque partie, on n’en sent pas moins la même cause -, Sc on conçoit aisément que quoique l’air ne prenne pas la place de l’esprit de feu , comme l’eau qui se met à la place du vin ; oh conçoit, dis-je, que dès que cet air s’unit à la circonférence , c’est la même chose ; & dès que l’ef- prit de feu fournit à proportion aux tuyaux de communication , c’est comme si dans notre passe- vin il y avoit un réservoir sans bornes qui fournilîc ce vin. S. 3. Nous avons quatre corps qui agissent dans le passe - vin ; * & nóus n’en avons que trois qùi * Eau, vin, verre qui contient la raadete, & Mr. Expérimentale. 8 J agiflènt dans l’Electricité. L’air ne doit entrer pour rien dans l’Expérience du paíi'e-vin. Si Peau a une pesanteur spécifique sur celle du vin , il est indubitable que l’air est la cause de la pesanteur de l’eau sur celle du vin, par la nature du vin qui contient en lui plus de parties de feu. Ce qui est la raison des inégalité du plus ou moins de pesanteur dans ces deux fluides , & dans tous les corps. Dans ce cas Pair ne peut être considéré comme un quatrième agent. Ses fonctions ne sont que la pélanteur. Le verre est le continent, tel que Pair grossier l’est de l’atmosphere. Ainsi nos sens ne peuvent se refuser à ce parallèle. §. 4. Nous remarquons que le torrent du feu électrique par communication, nous laisse entrevoir la flâme ou la lumière aux plaques qui frôlent fur le cylindre , aux mailles des chaînes , & aux parties aiguës. Dans toutes les circonstances où cette flâme se caractérisé , ce sont autant de chocs & petits frotemens des deux matières qui en font la cause , ainsi qu’on l’a démontré ci-devant , Chap. 4. premier effet, S- 1. Le passage du cylindre aux petites plaques ne se fait pas à l’enr trée fans effort, fans frotement, ainsi que de maille en maille , &c. Mais les aigrettes qui se forment aux extrémités des pointes , étoiles , &c. ont un frotement qui semble moins saisir notre jugement ; il ne se fait aucun passage d’un corps dans un autre. Si on fait attention que Pair , que l’atmosphere électrique épure , entrant par ces extrémités pointues des pores, quoique les même sdu corps, occasionne un frotement diffèrent tel que la derniere figure nous le représente par la divergence de l’esprit de feu en l’atmosphere; {dans toute la longueur nous reconnoiilòns que les rayons qui partent 8 ^ Electricité des pores , font une masse d’esorit de feu dominant , ou l’efprit d’air n’a pas aílez de prise pour y marquer son action , par une lumière , ou dame ; au lieu qu’à l’extrêmite des pointes , il ne se trouve que très-peu de pores qui lancent cet esprit de feu électrique ; ) nous dirons que cette pointe donne au feu électrique lyre issue plus facile à l’air, qui peut ct'autant plus lui résister , qu'il s’y accumule par fa pésanteur , fig. 28. plane. 3. il passe un premier filet de feu électrique qui se sait jour ; il en succède ensuite un second , &c. comme la réunion est fort étroite , l’air des côtés le rellèrre , & le lie considérablement. L’air qui se présente pour arriver à cette pointe par continuité , fend, écarte , & extravale ce feu si comprimé de tous côtés. Ce feu si resserré en entrant dans l’air , y reçoit autant de frotement & de contact par fa subdivision qui nous fournit de belles aigrettes , suivant que les jets, la compression & faction font plus ou moins grandes ou violentes avec une couleur bleue, blanchâtre. §. 5. Nous avons remisa ce paragraphe à expliquer pourquoi la personne qui est íur le plancher portant la main au globe ou cylindre , rend électrique celle qui est sur un gâteau , ou corps électrique qui formoit le frotement au cylindre , en y appliquant la main. Les observations qui ont précédé fur le méchaniíme de l’Electricité, nous dispensent de nous étendre beaucoup pour l’intelli- gence de cette Expérience. Dès-lors qu’une personne est fur un gâteau , Sc qu’elle coopere au fro- tement, elle fournit la matière à l’atmosphere de l’esprit de feu , qui s’accumule au verre ; mais sitôt qu’une autre personne porte une main au cylindre : celui qui étoit sur le gâteau devient élec- Expérimentale. 8 ç wisé , c'est - à - dire , reçoit l’Electrìcité. Comme l’Electricité ne peut prendre son cours hors de l’at- mosphere , que lorsqu’elle trouve un corps ou des tuyaux dans lesquels elle puiste se propager ; elle ne peut se propager en la personne qui communique au plancher ; l’esprit de feu qui se fait au cylindre excédant l'armosphere y n’est pas suffisant pour remplir la perte qui se feroit en cette per- fonne. Ainsi il faut que la matière abondant par l’une & l’autre , dégorge par celui où elle trouve moins de résistance. La fontaine d’attraction qui est un jet d’eau à syphon dans le vuide , peut ici entrer en parallèle, fig. 29. plane. 3. I. Expérience, t L’eau du bassin A. est la matière électrique fan» frotement ; le robinet est le srotement, eú égard à la premiere partie d’eau lâchée, qui a fait un vuide d’air grossier. ( On renverse cette fontaine& on met de seau par le canal à moitié de la phiole^ Ensuite on pose la fontaine sur son pied , & on lâche le robinet pour faire íortir l’eau jusqu’à 1. à z. lignes au plus au - dessus du jet ; puis on forme vite la canelle, & on remplit d’eau le bassin A. on rouvre la canelle , & ce jet dure dans la phiole jufqu’au haut d’icelle tant qu’on fournit de l’eau au bassin. ) Ainsi ce robinet donne cours à l’eau A. par la pression de l’air extérieur , qui malgré le vuide de la phiole ne pourrait y faire monter l’eau en jet, s’il n’y avoit un courant établi par le robinet. Ce vuide n’étant que d’air grossier , est rempli d’esprit d’air qui. résiste à la pression de l’eau & de l’air , tant qu’iL n’y. a point d’issue^ Sa on ferme le robinet, cette- eau s.’aceu*- E iij 86 Electricité mule au-dessus de fa torde, & remplit feutrée de la colonne perpendiculaire , qui fait ce vuide. Alors la colonne de deílòus n’ayant pas la force de repousser toute la masse, il n’y a plus d’action. Si le tuyau B. n’étoitpasau moins les deux tiers de la phioíe en fus fur la longueur, la colonne d’air ra- reHé fe feroit jour, & ne pourroit résilier à feutrée de l’air grossier; ainsi 1 action retourneroit. Voici les variétés que nous essuyons dans le Phénomène électrique. Dans l’Expériencc que nous citons, la personne qui est sur le gâteau, devient conducteur de l’efprit de feu , & l’autre produit la matière au srotement , ainsi il devient lujet à fatmosphere & contact du conducteur ordinaire. N’y a-t’il point ici contradiction à dire que la matière doit fluer par où elle trouve moins de résistance ? Dès-que l’air peut également conduire la matière en circulant autour de celui qui est fur le gâteau, comme par celui qui n’y est point, il n’y a pas plus de raison à prétendre que l’efprit de feu fera plus en perte dans l’un, que dans l’autre ; la résistance est égale , puisque l’un aussi-bien que l’autre fervent à fournir la matière au couffin. $. 6. II faut ici réfléchir qu’entre la matière nécessaire à former le feu électrique, & le feu électrique accumulé, il y a bien de la difference ; l’efprit de feu électrique , si vif & si actif, a aussitôt rempli le corps, fur lequel il fe propage, & y fait atmosphère, à la faveur du corps électrique qui le soutient ; au même instant cette atmosphère ferme le passage à l’air environnant. Alors la personne fur le gateau, est un tuyau rempli d’esprit d’air & de feu dans tous ses pores , & d’atmolphé- re d’esprit de feu à la circonférence ; au lieu que la personne qui communique au plancher, offre ua Expérimentale. %y canal sans bornes que l’esprît de feu ne peut rem? p'lir. Or la matière du feu électrique supérieure à lesprit de feu, prend son cours, & arrive fous le frottement par la main de celui qui est fur le plancher. §. 7. Les corps électriques intermédiaires au couffin, ne font aíïùrément pas la cause de l'ex- tinction de l’Electricité au conducteur, comme on l’a ci-devant démontré. 11 faut essayer de rendre raison de cette extinction si variable. Est ce au couffin , est-ce à la chaleur du verre, ou à la température de l’air qu’il faut s’en prendre ? Il me paroit fort difficile de fe résoudre. On trouve dans l’Expériencc tant de contrariété, que la cause s’é T chappe , fe dérobe ; fe montrant tantôt dans l’un , tantôt dans l’autre. Au moment que j’écris, je sens que j'avance fans voir la fin que je me propose. Je pense , & rien ne me satisfait. Je cours encore à í’Expérience, &c’estdans les ténèbres que je vais chercher la lumière. 11 . Expérience* * yélectrifedoncde nouveau avec mon couffin fans verre, ni autre corps électrique intermédiaire; après quelque tems le feu électrique du conducteur s’ar- rête. J’ôte toute lumière pour découvrir la marche de ce feu électrique. Je ne vois point de tìâme au couffin malgré le frottement ; cependant j’obfer- ve qu’il y a une atmosphère au cylindre laquelle Je distingue après le frottement cessé , en approchant unepetite- balle de liege suspendue par la íbye, ou des petites feuilles d’or. D’où l’on doit assurément augurer que Uefprir tTair ne peut arriver librement par le couffin > puaí r k iiiji S8 Ehclriciú qu’on ne voir point ce jeu de flâme au départ de l’air. Or il faut rélbudre que l’eiprit de feu par la force du srotement, & la chaleur qu’il rend à la circonférence , n’étant que ce feu ; il faut, dis-je , résoudre que cet esprit de feu écarte l’air qui ne peut venir jusqu’au lieu du srotement, & qui con- iëquemment n’apporte point de nouvelle matière. Alors le conducteur sert de srotement ; l’air qui arrive par les plaques, aufquelles on distingue la lumière ou lastâme,rend ses plaques alinstar de la parcelle d’acier du briquet qui est trop chargée d’efprit cfair , à proportion du feu qui est entré & qui absorbant cette atmosphère, détruit & repouste ce feu fans pouvoir le faire propager. Cet esprit de feu fe perd par le coussin , au lieu d’arriver par le coussin qui redevient conducteur. 6’il y a un corps électrique intermédiaire à un corps non électrique, il y forme son atmosphère,ainsi que nous venons de voir dans le paragraflfe précédent. III. Expérience . * J’ai encore revérifié dans le même tems & fans lumière ce courant de feu, de flâme manquant au coussin , dès-que le conducteur ne donne plus. J’ai ensuite pris le linge que j’ai placé sous mon couffin : malgré le srotement je n’ai pû voir arrêter l’Electricité , & durant tout ce tems, on voit toujours la flâme au coussin; ( la lumière étant censée éteinte, ) le verre ne s’échauflè pas moins qu’avec le coussin. Le coussin garni de soye , n’apas tant d’áptitude à introduire l’air & l’efpric d’air , que le linge. Ce linge ployé lui ouvre plus de jour ; au lieu que le coussin s’échauffe à un degré, que la peau en rend une odeur forte, Ce* Expirimentali. pores font plutôt remplis de ce feu, ainsi que la soye ; il n’y a pas assez d’air pour vaincre & donner cours à l’atmosphére. Aussi cette Electricité cessant , nous mettons ordinairement du blanc, comme pour dessécher & rafraîchir le cylindre ; mais la vraie fonction de ce blanc, n’efl que d’introduire l’air,& empêcher que le Couffin ne soit électrique, pour pouvoir rassembler de nouvelles matières fous le frotement. S. 8. L’atmosphére de communication des corps non-électriques, diffère en ce que dans ceux-ci , l’efprit de feu électrique, & l’efprit d’air font en concurrence dans ces pores ; le feu électrique en réunion au déhors à la circonférence forme l’at- moíphére, comme nous venons de l’expliquer : au lieu que nous avons vù que l’atmosphére cylindrique est sans mélange ; le feu électrique y est seul. Ce cylindre ou corps électrique ne fournissant point de canaux où l’air puisse entrer ; un petit corps étranger poussé par l’air environnant, quoiqu’à la rencontre d’un autre corps électrique , peut former ce tuyau , ce canal jufqu’auprès du cylindre; il peut encore être comparé avec la petite bouteille du passe-vin qui nous donne bien une idée sensible du méchanisme du fluide électrique du cylindre, par sa propagation aux autres corps. S. 9. Comment s’imaginer faction de tous ces pores del’objet de communication ? Quand nous présentons un corps rempli d’efprit d’air qui puifle entrer dans cette atmosphère, nous voyons à travers l’eau le petit filet de vin prendre perpendiculairement une colonne , parce qu’il n’y a qu’un objet ; ne pouvons - nous pas penser qu’une multitude de pores répétée dans ces corps, en se présentant à la ibis, n’auront pas la même tendance ? L’Expérien- HS Electricité ce viendra - t’ellc confirmer notre jugement ? IV. Expérience. * J’ai coupé le goulot d’une bouteille à médecine, fig. 30. plane. 3. assez avant pour pouvoir y placer neuf tuyau x de verre de plus d'un pouce de hau teur, les tuyaux de deux lignes de diamètre, sauf celui du milieu qui peut en avoir quatre. J’ai ensuite empli cette bouteille avec du vin rouge ; & l’ayant mile dans un grand bocal, je l’ai remplie d’eau. Aussitôt j’ai vû avec surprise sortir le vin de cinq de ces tuyaux ; qui perçant perpendiculairement & fan s mélange, lé réuniíloient a la surface de l’eau , & les quatre autres tuyaux équivalant à cause de celui du milieuaux cinq premiers,recevoient la chûte des colonnes d’eau, laquelle pouíïòit proportion- nément le vin au dehors. Cette sortie distincte & sans mélange, étoit contre mon attente. Je pensois, comme en l’Expérien- ce ordinaire du paslè-vin, que l’eau descendroit par chaque tuyau, & y feroit monter le vin par concurrence. Comme mes tuyaux sont assez grands, le vin comprimé par l’eau qui est descendue jusques dans la bouteille, a trouvé moins de résistance à passer par des tuyaux séparés , qu’à reprendre une colonne serrée à côté de l’eau. Quoique cette Expérience m’ait plû , je ne m’en suis pas tenu là ; ces tuyaux me laissoient encore des soupçons. V. Expérience. * J’ai pris un gobelet de verre ordinaire que j’ai fermé d’une plaque de fer-blanc mastiquée autour. Cette plaque a une trentaine de trous d’une demie Expérimentait. 91 ligne chaque ; excepté un de cinq à six lignes pour mettre plus commodément le vin. Ayant empli ce verre, j’ai bouché le trou,& j’ai remis ce gobelet dans mon récipient que j’ai aussi empli de nouvelle eau,sig. 31. plane. 4.Dans l’instant l’eauentrant par une partie de ces trous , a rechasié d’autant le vin, dont chaque filet distinct dans toute la hauteur jufqu’à l’eau , forme un effet semblable à celui de la bouteille. Cette seconde Expérience m’a conduit à la troisième qui me sembloit meilleure pour mon sujet. Je voyois dans ces deux premieres que l’air ne pouvoit faire exercer la pésanteur de l’eau , & le jet du vin que d’un même sens. Faire aussi un vase rempli de trous en tout sens, pour me figurer les pores du conducteur, rayonnant de tous côtés ; l’entreprise paroistòit opposée au bon sens ; il n’y a pas plus de raison qu’a vouloir emplir un panier percé. Mais comme je ne me décourage pas aisément ; qu’à chaque difficulté il faut estàyer de se retourner; je me suis imaginé de faire un petit cylindre d’un pouce & demi de diamètre fur pareille hauteur avec des trous extrêmement petits ( trois m’ont manqué pour avoir les trous trop grands depuis une ligne jusqu’à une demie ) en des- lùs & en dessous, & tout autour avec un de six lignes en dessus, où j’ai mis un tuyau de verre de près d’un pied pour pouvoir emplir ce cylindre aussitôt que je l’aurois plongé dans l’eau , sig. 32. plane. 4. VI. Expérience. * J’ai versé du vin par ce canal. Comme mes trou? sont très-petits, le vin s’est accumulé dans le petit cylindre avant l’eau ; mais l’eau environnant de toutes parcs, ne pouvant íbutenir cette atmosphère 9 2 . EleSrìclté du vin íàns y entrer aufli-tôt par fa pesanteur , alors j'ai vû, & trouvé ce que je cherchois. Le vin a formé des jets de tous côtés , & l’eau entroit à mi - partie pour rechalTer le vin, jusqu’à ce que l’équilibre fut rétabli. Tous ces jets ont suivi la direction droite de leur sortie ; mais ceux des côtés & de deilòus se sont repliés par les extrémités pour remonter fur la surface de l’eau, stege de son équilibre, à raison des petits rayons de vin mon- tans. Cette Expérience, quoiqu’elle différé en quelque chose, ne met pas moins le flambeau dans le coin le plus obscur. Qui pourra se refuser aux éton- nans effets des atmosphères si répétées dans la nature , & ne pas comprendre leur méchanisine ! RÉFLÉXIONS SUR LE TROISIE’ME EFFET. La dijférence d'atmosphère ne change rien ; les petits corps légers y font poujfes & repous sés , lorsque C objet qui présente ces corps se présente toujours pour les recevoir & renvoyer . 5- 1 . Cet effet trouve íà cause dans le précédent,, & se voit aussi très-clairement dans les Expériences. Ce courant d’esprit d’air , & d’esprit de feu électrique , permettent-ils de douter un moment que des atomes très-légers soient emportés dans cette atmosphère par l’air qui les conduit, & par l’espric de feu qui les repousse? Examinons , avons - nous dit, le paflè - vin ; nous reconnoîtrons le même Expérimentait. 93 effet par une infinité de parcelles sensibles, qui lbnt pou liées & repoussées de même qu’à notre cylindre. S. 2. Ces deux courans ne scmbleroient pas demander une plus ample recherche. Cependant il y a bien des observations à faire ; car on peut nous opposer qu’un corps léger exposé à l’atmosphere du cylindre, ne doit pas être poussé à cette atmosphère , & repoussé du cylindre au corps qui a poussé. 5. 3. Quoique nous ayons déja observé dans ce dernier chap. qu’un corps léger tenu par une soye , & présenté à cette atmosphère , est poussé par l’air qui s’insinue fur ce corps , & lui ouvre enfin un passage dans l’atmosphere , où étant une fois arrivé par fa pésanteur & sa chute , il s’adapte au globe ou cylindre, & y est retenu , le frotement étant arrêté ; à moins que ce corps ne soit trop lourd pour résister à la pression du feu électrique rentrant ; cette action du corps emporté au cylindre, dans ce cas, n’est point pour cela en parité 3 l’atmosphere de communication , ni au passe-vin. Où trouver donc cette égalité ? C’est lorsqu’un corps non électrique présente à cette atmosphère une parcelle quelconque électrique , ou non électrique , telle que de petites feuilles d’or ou de métal. Alors l’esprit ct’air & l’esprit de feu électrique prennent leur cours, comme au corps de communication, par les pores de tous ces canaux du corps non électrique ; ce corps leger est forcé de les suivre, & de céder à la pésanteur de l’air qui l’entraîne. Sa colonne ayant établi un canal dans l’atmosphere , le feu électrique y abonde. Comme cet elpritd’air arrivé jusqu’au cylindre, ne peut rester avec cet esprit de feu ; poussé par c? 94 Electricité feu il se replie & s’unit à la circonférence, tandis qu’une parcelle de ce même feu, 6 c successivement une autre jusqu’à l’infini, suit & entretient par l’ef- set du frotement la colonne d’esprit de feu qui se porte au corps présenté : ainsi tout corps leger eíl emporté par l’esprit d’air. Si ce corps est trop léger, filandreux , divisible & électrique, la colonne d’esprit d’air, comme on l’a déja observé , Tattachè contre l’objet, parce qu’il n’a point de ressort , & que le feu électrique palîè à travers. Comme l’air n’a point de prise , il reste attaché ; au lieu que s’il a du ressort, il cède à l’esprit de feu que cet air emmene. Ainsi ces corps font poussés & repoussés fans affluence ni effluence, & encore moins fans attraction , &c. termes occultes qui désignent des effets, fans rendre raison de la cause. I. Expérience, La petite feuille de métal enlevée en l’air, 6 c qu’on promene avec un tube bien électrisé ; dans l'instant qu’elle a été approchée de ce tube, il s’est formé une petite atmosphère. Cette feuille re- poustee par le tube qui a une atmosphère dominante, s’en écarte toujours. Mais est-elle touchée d’un autre corps non électrique P Sa colonne reçoit l’impulsion ; & la chûte de l’air que ce corps non électrique lui apporte, la renvoyé jusqu’au tube , pour se charger de nouveau d’esprit de feu, en suivant la colonne de sa chute , & celle de renvoi que l’esprit de feu électrique sait au même instant; elle entretient ainsi ce jeu & ce courant électrique. Si on touche cette feuille d’un corps électrique , comme d’un bâton de cire dE’spagne, poix, rési- Expérimentale. ne, &c. elle dépose son feu à. ce corps. L’air écarté n’ayant point de prise entre ce corps , il le rclserre au contraire en-delïòus, en l’environnanc dans son atmosphère. Rien ne le repousse. II relie adapté au corps électrique. Entre les corps électriques , il y a une observation essentielle à faire : c’est que le verre creux & mince ayant un air intermédiaire qui agite & repouíse l’esprit de feu de la feuille d’or , l’air A. environnant, fig. 33.plane. 4. s’insinue entre le verre au moment de la répulsion , il s’en empare fous la même colonne, & facilite la chute. Áinlì toutefois la foye , le verre & plateaux , quoique électriques produisent presque l’effet des corps no» électriques, à cause que l’air fe trouve supérieur, & confond le peu d’électricité en lui donnant cours par ce petit corps, en rejettant l’esprit de feu. C’est sous ces modifications qu’il ne faut pas perdre de vûe, qu’on répond d’ayance à plusieurs Expériences, qu’on citera à la fuite au Chapitre des Expériences détachées, qu’on a promis à la fin de cet Ouvrage. §. 4. Il y a encore une circonstance à observer aux atmosphères électriques & de communication; c’est que si un corps apporte une petite parcelle de métal à une atmosphère , & que ce corps qui apporte, soit très-promptement retiré , cette parcelle d’or s’envole , fans revenir , & fuit toujours au départ un rayon droit. La parcelle de feuille d’or déposant son air en entrant dans cette atmosphère , a pris autant d’ef- prit de feu électrique , qui fait à son tour une nouvelle atmosphère sur cet or,, que l’atmosphere cylindrique ou de communication rechasiè aussitôt. L’atmosphexe électrique cylindrique radias- ou flâme par la pression de l’air environnant , que l’agitation ébranle & force de rétrograder pendant ce frotemenr. RÉFLEXIONS SUR LE SIXIE’ME EFFET. Si on Approche un corps non électrique , comme le doigt , & c. on reçoit cette flâme fans pi que ure ni contact d l'atmosphère cylindrique ; au lieu qu d l'atmosphère de communication , on ressent une piqueure dr tm contact . S. i. Dans l’une & l’autre atmosphère, cet esse c nous fournit de la flâme , de la lumière. Sa cause est la même que celle que nous venons d’expliquer. Mais la piqueure, & le contact font bien diffe- rens. A rapproche de l’atmosphere cylindrique , ou des globes & bouteilles , on ne ressent qu'un petit cri de l’efprit de feu, que l’air du dedans poulie a ce même doigt, ou autre corps, tel qu’on a expliqué ci-devant, dans son méchanilme, à rapproche d’un corps quelconque Cet esprit d’air & de feu inséparables fans sintement , ne trouve point de résistance dans fa chute fur le cylindre. C’est un coup de marteau fur un corps mou, & fans ressort, par fa grande finesse & légéreté ; il ne rend aucun son ni contact. Expérimentale IOI §. 2. Comme l’efprit de feu en action > trouve dans le moment de cette chute dequoi s’infinuer , il ne peut souffrir cette pression, ni cette entrée , sans sortir d’autant. La rencontre & réunion de cet esprit de feu électrique qui s’allie avec l’espric d’air, qui est au corps, ou doigt, où il rentre, est- ce qui forme un très-petit pétillement, par l’humi- dité, & quand l’Electricité est forte ; souvent même il n’est pas sensible, il n’est que flâmifique par le contact , & son mélange au passage de ce corps. §. 3. L’atmofphere de communication du conducteur , auquel on présente un corps non électrique , a aucontraire un effet fort sensible, & très- surprenant. Car dès qu’on continue par le frote- * ment & la rotation, de donner cours à ce feu électrique , en lui présentant un corps non électrique on est comme frappé. Examinons bien cet effet , ôc fçachons pourquoi à l’approche d’un de ces corps non électriques, il fe fait une explosion, un contact, une piqueure , tel qu’un coup qu’on re- cevroit. Le corps que nous approchons du conducteur , étant de nature à repousser l’air de ce conducteur, & à ouvrir un canal à la matière électrique par l’efprit d’air qu’il apporte à cette atmosphère t cette matière électrique comprimée & resserrée par l’air qui l’environne , ayant un ressort fort actif pour s’élancer dans ce canal avec éclat, & y exercer toute son action ; ce corps & cette matière, dis-je,, sont les principes, de cette action., I. Expérience. L’air qui entre par le corps non électrique, cornme A. fig. 3 5. plane, 4. ou ïe doigt B. qu’on Giij, 1 02 Electricité approche jusqu’à l’armosphere électrique , frappa par sa chute, &. repousse au même instant, celui du conducteur ; à st le contact électrique. Mais cet esprit d’air n’a pû entrer dans l’atmosphere , sans qu’il n'en forte autant d’espritde feu électrique en perte dans le doigt, en y prenant son cours. §. 4. Si ce corps qu’on a présenté , est retiré promptement, n'ayant pas fourni assez de tems ni d’ouverture pour chasser tout l’esprit de feu environnant le conducteur , & détruire l’atmosphere ( cequ’on observe, lorsque le frotement est cessé; ) lî, dis-je, ce corps retiré , on rapproche le même doigt , en reportant de nouvel esprit d’air ; on sent encore un contact , une piqueure, mais bien inférieure. Le mélange d’esprit d’air entré dès la premiere approche, ayant d’autant assoibli l’élasti- cité de l’esprit de feu électrique, donc l’atmosphere est bien diminuée en s’échappanc par le doigt ; l’air environnant s’étant aussi rapproché d’autant. Retouche-ton une troisième fois suivant le tems P tout l’esprit de feu électrique se trouve écoulé & évaporé. L’air environnant a répris l’é- quilibre autour de ce conducteur , & insensiblement l’atmosphere cylindrique indépendent, s’af- saisie , & rentre aussi en équilibre , sans suivre le conducteur, comme l’Expérience le démontre, en approchant du cylindre un petit corps leger. La petite lame de liège suspendue à la soyes’y adapte, ainsi qu’on l’a observé ci-devanc : au lieu qu’au conducteur , si-tôt qu’il n’y a plus de marque sensible au doigt, il n’attire plus rien. II. Expérience,*’ S. 5. L’on peut par comparaison examiner vns Expérimentales io* vessie bien enflée. La sphere qu’elle décrit, eít l’écendue de son atmosphère. Si on retire la bouche ou le chalumeau ue l'ouverture » l’air extérieur tend à la comprimer, & à l’assaisser en chaí- sant l’air comprimé ; mais si fans attendre, on la perce , ou qu’on la creve , l’air grolsier ayant une colonne directe par cette ouverture , se prête plus vite à celui qui étoit comprimé ; & si on la perce une seconde fois, cette vessie ne peut plus contenir de matière fluide assemblée , parce que l’é- quilibre est rétablirien ne retenant & ne fixant cet air. Mais si le srotement continue , l’esprit de feu électrique si actif,a aussi-tôt rempli son atmosphère; & le contact est aussi violent, à chaque fois qu’on porte le doigt au conducteur. §. 6. Je vois bien le méchanisme de cet esprit d’air & de cet esprit de feu électrique , aussi - bien que son entrée & sa sortie : mais ce passage dictèrent , ne me. fait pas encore concevoir ces effets vio- lens du contact. Retournons à cette atmosphère formée dans tous les pores du conducteur ; & examinons de pr.ès tous les degrés de cette atmosphère. Dans ces corps non-électriques, l’esprit d’air & de feu y font en concurrence.. Ne va-t’on pas dire à présent : pourquoi l’eíprit de feu s’accuraulant ne chasse-t’ii pas fair de ce canon ,,de ces corps non-électriques ? C’est parce que la proportion de l’esprit d’air comme du feu., y est gardée,. tel que dans les globules d’air,. & le passe- vin ; c’est tout ce qu’ils peuvent faire que d’é.tablir leur choc & leur. action l’un à côté de l’autre , <5ç de former un courant qui les réunit, comme un seul corps & tendance, tel que l’eau & le vin. Ce vitf a-fil percé fa colonne ? U s’assemble & se réunie. G iii>. 7 04 Electricité cn atmosphère : aussi ì’esprit de feu électrique, ne trouvant plus de canaux où se loger, se réunit à la circonférence , où il abonde de tous côtés en se faisant jour ; il dilate toutes les colonnes d’air gorssier, c’est-à-dire , il écarte les corpuscules dont cet air est chargé. Cet air dilaté dépend encore de cette atmosphère, & forme l’étendue du ressort des colonnes agitées. L’espric d’air du premier corps qu’on approche , trouve une issue facile par ces colonnes d’air ébranlées;il va jusqu’àl’atmosphére électrique, & s’allie à l’efprit d’air épuré environnant cette atmosphère. La colonne ébranlée répondant à cette atmosphère, présente Un canal à l’esprit de feu électrique , qui s’y propage. Les corps légers qu’on offre à ce courant, suivent ces colonnes ; ils font poussés & repoussés. Cet air qui arrive à l’atmos- pliére du feu, sans la pénétrer entièrement, ne forme aucun contact contre ce fluide électrique trop léger. Mais approche-t’on auprès de l’atmofphére ? On voit la lumière, la flâme, par la réunion de ce feu électrique , & par son action à entrer à côté de l’esprit d’air. Pénetre-t’on jusqu’au plus rare de cette atmosphère? Alors le corps non- élctrique apportant à cette atmosphère , l’esprit d’air ; & cet esprit d’air extrêmement lourd , ne pouvant soutenir ion poids, de même que le vin ne peut soutenir la péíanteur de l’eau ; ce corps, dis-je , tombe en masse fur son semblable, à la colonne d’air du canon. II se sait par cette chute un contact d’autant plus vif 6c violent, que l’atmosphére est plus rare &, plus étendue. Cette chute si active, ne s’est faite qu’en repoussant, on le répete , autant d’es- prit de feu électrique, Sc avec la même précipitation. $. 7, L’Expéricnçe du passe-vin,nou$ a bien dé- Expérimentale. 105 montré le courant & le paílàge d’un corps dans un autre , ausîi-bien que son méchanisne ; mais dans le passage de cette atmosphère, nous n’y avons rien trouvé qui marquât de la violence. L’air comprimé dans le fufil à vent, peut très-bien entrer ici en comparaison ; qu’on pousse la souspape qui retient cet air pour en laitier entrer de nouveau, si on tient la main un peu près, on sent sortir cet air avec une violence qui repousse la main. Comme cette Expérience n’eíl pas à la portée de touc le monde, j’ai imaginé la suivante. III. Expérience. * S, 8. Je prends un récipient dont le bouton eít creux , 6g. 36. plane. 4. je mets dans ce récipient une petite balle de paulme ou de bois. J’emplis ce récipient aux deux tiers d’eau , en tenant la balle détins le trou, pour empêcher l’eau d’y entrer. Je retire de côté la tringle qui tenoit cette balle; aussitôt , l’eau se précipite dans la cavité du bouton , chasse l’air avec violence, repousse & jette la balle hors de l’eau , dont on reçoit un contact assez sensible pour une Expérience aussi simple & familière. La fontaine de compression, le fusil, &c. sont pour des essets plus violens que le simple contact. S- 9. Ce contact ne se fait que vis-à-vis les corps non-électriques. Les électriques ont une atmosphère de feu trop légere pour former ce contact, 5- 3. du zv. essetChap, 5, au lieu qu’auxobjets de communication on porte Pesprit d’air contre l’es- prit d’air. C’est un marteau proportionné au clou. Cet air sait positivement le choc des corps ; il n’a prise que sur lui-même, $, 10, La douleur que nous ressentons, est pi- Ic6 Ehclrìcitc quante, 6c rie ressemble pas tout à fait à celle d'un simple coup que l’on recevroit. Pour rendre raison de cette disserence ,qu’il nous soit permis de nous servir de la comparaison suivante. Si on frappe d’un coup de poing , un corps quelconque, on reíìèntira un contact ; mais si à côté de ce corps, on joint une pointe : alors on ressentira non-seulement le contact , mais encore une piqueure occasionnée par cette pointe. C’est précisément ce qui nous arrive dans cette occasion : lorsque l’air sort de notre doigt, & qu’il entre dans l’atmosphére électrique , il tombe sur l’air du conducteur ; ce qui fait le contact. Cet air par sa chute pressant l’esprit de feu électrique, renvoyé ce même fluide par la colonne contigue ; ainsi le doigt reçoit le contact par l’air qui reprend ion équilibre: 6c au même instant il ressent la piqueure , occasionnée par l’esprit de feu, qui s’échappe par ce même doigt. L’esprit d’air sortant du doigt , sait choc contre l’esprit d’air sortant du canon ; cela est bon , me dira-t'on Mais cet esprit d’air une sois sorti, votre doigt n’est pas le corps qui porte le coup : cependant il en ressent la douleur. Accordez-vous avec vous-même, ou rendez- nous cet effet plus sensible ; car dès-que l’esprit d’air ne revient point lur le doigt, il ne peut y avoir de contact. Les exemples ou comparaisons pour se le rendre sensible , sont sondés, 6c à la portee du jugement , dès-qu’on ne fait tomber la comparaison quo sur les parties qui en sont susceptibles. La balle, comme nous l’avons vû dans l’Expé- rience ci-devant, ne peut suivre Peau dans fa chute jusques dans le bouton du récipient ; mais elle remonte par faction de l’air plus léger, qui, s’écsiap- ExpènmtntaU. Ï07 pe , comme notre esprit de feu qui vient à k main par la même colonne. L’ébranlement & le renvoi à la main , sort du ressort de la maíïè qui entre : & c’est l’élasticité du choc arrivé à la chute de l’eau dans le bouton , qui ébranle la colonne, & produit le contact par contre coup au doigt, ou balle qu’on présente à la rencontre. De même le coup porté à notre doigt, ne doit être entendu autrement. Cet esprit d’air n’est pas comme une goûte d’eau qui tomberoit, & qui auroit été distante & séparée du doigt ; la multitude de ces globules se succèdent, de façon qu’ils ne font qu’un même corps, une même tendance avec le doigt. Ainsi il est incontestable qu’il ressent tout l’effort du coup , dès-que la colonne n’est point tranchée par aucun corps intermédiaire. Nous avons des degrés plus violens dans le contact, à qui on a donné le nom de commotion ; c’est la matière du Chap. suivant. $. 11. L’esset du contact, & son méchanisme si évidemment démontré, sembleroit nous autoriser à y renvoyer simplement les effets qui y font réla- tiss. L’Expérience des liqueurs enllâmées par ce contact, est trop curieuse, & a trop de vraisemblance au principe de la vie humaine , pour que je la passe si légèrement, & que »e distére plus long- tems à en parler. Rien n’est si admirable que cette inflâmation à rapproche du doigt par ce contact. §. 12. Ce qu’on a dit du feu au Chap. 2. $. r z. 13. & 14. tout vrai-semblable qu’il soit , ne se trouve pas satisfaire imagination. Quoiqu’on n’ait aucun méchanisme de vrai-semblance qui puisie tant soit peu concourir contre ce système, que je propose, l’on veut aujourd’hui avec raison, quand U se peu t,. & que la matière en est susceptible ; on ïo6 Electricité veut, dis—je, voir des Expériences démonstratives 3 ui appuyent notre raisonnement. J’ai senti pen- ant un long-tems , qu’on ne manqueroit pas de m’opposer que l’esprit d’air & sa pesanteur, ne sont pas démontrés. J’ai long-tems cherché, pour convaincre les plus obtinés ; ( quoique persuadé que quiconque voudra lire avec réflexion tout ce Traité , conviendra aisément de la justesse & nécessité absolue de tout ce mécbanisme, réglé par la pésan- teur de l’air. ) IV. Expérience. Ayant rempli d’eau un petit vase, que l’on pose sur la palette du conducteur, si on porte le doigt au-dessus de la liqueur ,. elle s’éleve en jet, vers le doigt, comme il se sait ordinairement à tous les fluides. Cet élévement est à l’instar de la flâme que nous voyons dans l’inflâmation de l’esprit de vin , au moment du contact. Son activité est si grande, qu’on a pû décider si cette action venoit du corps électrisé, ou de celui qui en approchoit. La pé- Janteur est si grande, & l’esprit de feu si élastique, & si léger, que le coup de cette chute & renvoi ne donne pas le tems à l’Observateur le plus exact, de remarquer d’où vient cette action. Car cet esprit de feu électrique est aussi prompt que la réflexion d’un miroir. $. 13. La question étant restée indécise jusqu’à. présent , j’ai imaginé l’Expérience suivante, pour en rendre raison. V. Expérience . * J’ai fait fondre de la cire dans un petit vase de Expérimentait. lèH «létal, sig. 37. plane. 4. cette cire fondue m’arendu le même effet que l’eau ci-dessus : mais ayant laiste un peu refroidir cette cire , j’ai reporté mon doigt avec confiance , persuadé que je trouverois la pésan* teur de cet esprit d’air. Aussi ai-je vû avec satisfaction que cette pésanteur, cet esprit d’air , tombant sur la cire , y fait une concavité. Cette cire étant un peu réfroidie,ne peut suivre l’activité de l’esprit de feu ; sa ténacité , ses colonnes contigues résistant à la pression de l’air, empêchent cette cire de se porter au doigt ; on ne reçoit que l’esprit de feu seul. Z. 14. Ce concave assez creux, marque bien évidemment cette chute & pésanteur : qu’il y a deux objets , l’un qui pousse , & l’autre qui est poulie. Celui qui est poussé , est l'esprit de feu. La fiâme le caractérise à la rencontre de l’air. Ce concave , cette pésanteur est la même autour de la mèche & à l’astemblagedes rayons solaires, qui brûlent aufíi en creusant; parce que cet air est toujours le même, dans toutes les progressions du feu. §. 15. l’esprit ae feu sort de cette cire électri^ée;ce la est certain; mais il ne fort pas de son propre mouvement ; il n’a son action qu’aurant qu’il est preste & comprimé ; cette compression ne lui vient que d’un corps étranger ; ce corps tout invisible qu’il est , nous est connu dans son action avec l’air, & non dans son même élément ; de même que nous ne pourrions voir dans l’eau des effets de compression de l’eau , si elle nous environnoit de toutes parts. Mais faction tournée fur un corps, nous dé- termineroit à décider de son mouvement, de son entrée, & de fa sortie. C’estcequela cire un peu réfroidie nous dévoile par ce concave démonstratif, & de plusde quatre lignes de profondeur. Jïio Electricité z. 1 6. La bouteille du Phosphore lumineux, qu’il faut déboucher , ne nous fait - elle p^s encore sentir tout l’effet de cet air, que c’est de son action que dépend la flâme ? f §. 17. Si dans cette Expérience l’efprit de feu avoit en lui une force active, même dépendante du frôlement ; ce que nous appelions Electricité, jl fortiroit de la cire en monticule à l’approche du doigt, & même fans le doigt ni autre corps quelconque ; ce qui n’arrive pas aux corps électriques ; puisque si on présente un bâtoti de cire d’Espagne , ou un tube de verre plein , &c. au lieu du doigt , il ne se fait aucun mouvement sur la cire. S’il y a quelques petits tubes qui en produisent, c’est que l’air coule à côté , ou au dedans de ce tube, & qu’il n’est pas parfaitement électrique , comme on l’a observé §. 3. furie 3 e . effet ci-devant. Y aura-tsil quelqu’un qui puiste se refuser à ce méchanisme? Non : je pense que d’une commune opinion nous admirerons ce principe de tout, & qu’en suivant de près cette connoillànce , ce prodige toujours adorable dans son Auteur, nous travaillerons à Rappliquer à nos besoins : quoique je doute que nous en puissions tirer quelqu’avanrage direct par l’Electricité ; parce que nous n’avons en nous rien de si spiritueux avec quoi il puisse s’allier. Cependant fa connoissance nous fera juger des progrès de bien des choses , & réfléchir fur des effets, qui ne proviennent souvent que de cette cause par les diílerentes atmosphères qui sc forment , & par l’activitéou passage de Pair si violent dans les fermentations : qui sont autant d’efiets électriques. §. 18. Quand toute notre étude se borneroit à connoître seulement la cause de tous les phénomènes , notre raison auroit déja beaucoup gagné. Si Expèrìmentdk. riT la matière est trop spiritueuse pour notre usage domestique , l’incompréheníìble Auteur de toutes choses y a pourvu, en nous la fournissant dans les degrés qui font à notre portée, & avec plus d’aisance. 11 veut bien encore souffrir que nous parvenions à la connoiffance de notre génération, de notre vie, par l’exemple de l’inflâmation de l’esprit de vin. Le frotement, principe de l’atmosphére de l’es- prit de feu autour de l’esprit de vin , continueroit inutilement, sans que pour cela cet esprit de feu, & cet esprit de vin puilfent s’allier l’un à l’autre ; ce font deux corps légers, l’un l’esprit de feu, l’autre la mèche & canaux bien épurés , où il est fans action ; il n’ont pas plus de tendance à s’unir l’un que l’autre ; leur nature les tient fans action, tel qu’une pendule dont le ressort n’est pas monté ; fagent manque. L’air cependant est au corps non- électrique qui contient & environne la matière , prête à agir, lorlqu’il pourra s’allier. Porte-t’on l’esprit d’air sur ces deux matières ? Si la raréfaction est égale , & que l’esprit de vin soit aster alkoolisé , ou la mèche assez fine & déliée ; cet esprit d’air sait une chute dans l’atmosphére du feu , dont le contact de l’esprit d’air , enstâme cet esprit de vin au milieu de cette atmosphère. Ainsi cet esprit de vin est seulement une matière, une mèche qui fournit de petites cellules fléxibles, que cet esprit de feu & d’air parcourt, & évapore jus- qu’à la fin. §. 19. Nos sens peuvent bien ici nous rendre raison de la parité de ce phénomène dans la génération. Le frotement doux, écarte les parties d’espric d’air qui s’oppoíènt au pastage , à la chute d’une matière spiritueuse, que nous nommons liqueur fé- ïî 2. Électricité minale. Ce frotement électrique sait en nous uns sensation, un chatouillement, par la finelse des pointes d’esprit de feu , à mesure que la raréfaction se fait, & que cet esprit de feu s’accumule à l’endroit froté. Alors la liqueur ne pouvant soutenir la légèreté de l’esprit de feu accumulé en atmosphère, quitte sa place & vient tomber dans la matrice , où est aussi l’atmosphére : le vagin n’est que le conduit qui mene au réservoir général , qui est cette matrice. II y a chez le sexe féminin une partie sexifique , cette partie est à ce sexe; ce que la partie sexifique de l’homme , est à l’homme. Cette partie est sujete à pareille raréfaction, chatouillement & sensation. Cette même partie, fait encore partie du frotement. Les pointes d’esprit de feu sont même plus sensibles chez le sexe féminin , puisque faction du clytoris en fournit, & que le sphincter ou entrée du vagin ne peut rassembler ce même feu sans, sentir aussi la douceur de ses pointes : l'irriration , la violence ne détruit point faction de f atmosphère. Le sexe féminin est dépositaire des petites sphères humaines qui font à f ovaire. Ces petites sphères font une matière électrique fans action, fans vie ; comme une bougie non-allumée, ou un œuf prêt à recevoir le feu de vie, le pépin ou graine : ou enfin comme f amadou ou allumette qui attendent cet esprit de feu. Tous ces corps fans faction , ne peuvent rien opérer , non plus que la pierre à fusil & le briquet, qu’on peut appeller ici en comparaison , ne produisent aucun feu sans contact , Chap. 2. 5. 17. & 19. L’œufsans chaleur au degré requis , ne peut pas former de foetus ; il est seulement la matière spiritueuse , Expérimentale. 11 ? tueuse , comme les graines dont nous saisons usage. Mais ont - elles acquis le degré de végétation , en H n faction , la vie ? Alors la matière spiritueuse prend une croilsance terrestre qu’elle reçoit par degrés , on se formant de la forme convenable à la matière. Immaturité arrivée, c’est alors un fruit : l’œuf produit un animal. Pour parvenir à donner à notre petite íjphére humaine , l’esprit de vie, la partie sexifìque de l’hom- me & celle de la femme par des frotemens réitérés , produisent leurs atmosphères- Lorsque l’hom- me ne peut plus soutenir la rareté de íòn atmosphère , l’esprit de feu & d’air , ou plutôt la liqueur séminale tombe dans la matrice. Si l’atmosphére s’eíl faite en pareil degré de raréfaction chez le sexe féminin, la chute séminale de l’homme à la réunion des deux atmosphères , occasionne une com- motion,par le -départ de l’air à la circonférence,qui unit la petite sphère tombée dc l’ovaire , & ne fait plus qu’un corps de la liqueur séminale avec le germe ou matière de lovaire. Cet esprit de feu allumé parle contact, ayant donc traversé la petite pellicule dans son union avec le germe , a sur le champ animé la matière , tel que l’esprit de vin. Enveloppés & defiendus dans notre petite sphère , nous recevons insensiblement & par degrés des alimens spiritueux, & nous ne naissons qu’au bout du rems que le Créateur a limité pour être en état de recevoir les alimens terrestres. La chute de la liqueur dans le sexe féminin,produite par le frotement du clytoris, n'entre pour rien dans la génération ; elle n’est établie que pour la décharge & courant de l’atmosphére ignée , né- ceflaire à cet esprit de feu. Quoique l’idée soit flattée par cette progrelion 114 Ehclrìcìtl de la vie, je crois en avoir allez dit ; cette matière mérite des bornes. Nous avons appris que nous vivons par l’entretien de ce feu électrique. Nous en connoiiTons la fragilité, fans pouvoir en connoî- tre la durée : employons nos momens utilement. Dans le moment que je semble quitter cette matière , je la reprends pour prévenir une objection qui m’est survenue, avec quelque addition , pour plus ample intelligence de ce Phénomène. §. 20. On nous opposera que M. Watson tient, que nous ne devons pas confondre ce feu élémentaire avec la flâme vitale & le calidum innatum des Anciens , puisque nous trouvons qu’on peut tirer d’un animal mort autant de ce feu , que d’un animal vivant, pourvu que l’un & l’autre soient éga-> lement électrisés. V I. Expérience. * Ces Expériences réitérées de part & d’autre, & dont j’ai voulu m’assurer aussi , font certaines. Quelques-unes m’ont fourni un Phénomène particulier, fur-tout un lapin mort, attaché au conducteur par les pâtes de derriere , fig. 3 8. plane. 4. Ce lapin avoit une queue assez longue, dont la position y fit porter le doigt par préférence. Cette queue' à la faveur du poile augmentoit son atmosphère environnant ; aussi la chute d’esprit d’air que ce doigt y lança, agita cette queue de façon que celui qui y portoit le doigt, s’imagina que l’E- lectricité ressufcito.it le lapin. Ce manège réussit autant de fois qu’on y porta le doigt ; ce qui prêta à rire à la compagnie par faction de cet anima! dans cette partie extérieure du corps. La chute d’air par son poids la fit baisser ; mais l’efprit de Explnmintalt . i r y feu électrique si actif par son courant, ramena cette queue par la colonne d’csprit de feu, autant qu’il pût approcher & communiquer son atmosphère, comme les autres corps qui font poussés & repoussés. $:' 2 i, Si M. Watfon eût saisi le méchanisme qui nous régie , il eût reconnu que ce feu électrique n’a rien de diffèrent de celui de la vie. 11 est toujours le même quant au feu ; mais en même tems il feroit convenu, que son action est différente dans 1 a matière. La vie ni la mort ne changent rien dans les pores ; l’efprit d’air & l’efprit de feu y résident toujours jufqu’à ce que les substances ayent changé de nature : mais ils y résident différemment. Le feu électrique fur les corps vivans, ne pénétre que les parties extérieures de notre corps. De - là il s’ac- cumule en atmosphère autour de nous ; aulieu que fur les corps morts il parcourt toute la maílè : ou plulôt toutes les colonnes d’efprit de feu sont agitées dans toute la matière, & ensuite forment atmosphère à la circonférence , de même qu’au corps vivant. Ce feu ne subsiste dans l’une & l’autre espèce qu’à la saveur de la communication du premier moteur où est le frotement ; cause unique de cette atmosphère. Ce feu électrique est sans action jusqu’à ce qu’on lui ouvre un passage, pat un corps étranger qu’on apporte à cette atmosphère , ou jusqu’à ce qu’il vienne en contact avec une matière aussi spiritueuse, sur laquelle il puiílè exercer son action. Nous venons de reconnoître que nous sommes formés d’un esprit de feu pareil à celui de l’Elec- tricité pendant tout le tems du frotement ; mais nous avons vû aussi que par le contact des esprits inflâmables , ce feu s’est fixé à la matière fpiri- T16 Electricité tueuse , & qu’il sublìíte alors de lui - même, au secours del’air, qui entretient l'on action au dedans, tant qu’il trouve de la mèche à coníòmmer. $. 22, 11 y a donc une difference totale. Pour l’entretien du feu vital, il faut une mèche qui saisisse fur le champ l’elprit de feu électrique, pour conserver faction que l’esprit de fen a reçue, par le contact de l’air ; de même que la bougie allumée a besoin d’un canal, qui fournisse la njatiere : il faut une issue qui entretienne cette action. Chap. 2. §. 21. 22. & a3.Ceméchanisme estausfilemê- me dans l’inflâmation de l’esprit de vin. Le corps qui contient cet esprit de vin , renferme l’esprit d’air & l’esprit de feu : lì cet esprit de vin étoit dans du verre , il ne s’enflâmeroit pas, parce que le verre conservant l’atmosphére , empêcheroit l’air d’a- gir à force égale. L’esprit de vin est un nouvel agent, qui , s’il se trouve en parité de l’Electrici- té sur un corps non - électrique , reçoit l’esprit de feu dans le moment du contact ; & cet esprit animé dans cette mèche,subsiste jusqu’à ce qu’elle soit consommée , évaporée, ainsi que nous l’avons déja expliqué. Cette difference d’action de l’Electricité au feu vital, est comme si nous disions, il ne faut pas confondre & considérer comme le même, le feu qui échausseroit extérieurement une lanterne, & celui d’une lampe qui brûleroit au dedans ; parce qu’on a éteint la lampe. Ce feu extérieur provient d’un autre agent ; il n’échausse pas moins, la même lanterne. 11 en faut dire de même au respect des corps morts ou vivans ; l'Electricité n’environne pas moins l’extérieur de ces derniers, comme elle agit auíli fur toute la matière des premiers. S. [23. L’action fe perpétue en nous par les ali-s Expérimentale . ’ 11 ’/ jnens qui font portés dans une trémie, d'où ils s’é- puifent à mesure que le frotement évacue la matière. Cette matière tourne en chile, & le chile se forme en sang ; le sang entretient Faction de l’esprit de feu & d'air , il porte la chaleur & la nourriture à notre corps, en s’étendant généralement dans tous les vaissaux & veines, §. 24. Accoutumés dès le berceau à remplir l’at- •mosohére d’esprit de feu ; notre corps sensible à rabbattemenc , à la foibleíso, s'il n’est dans son même équilibre , fait naître en nous la faim & la Ibis, La boisson est nécessaire pour délayer les matières, & empêcher l’esprit de feu de prendre le dessus. L’eau est la meilleure pour ceux qui sonc remplis d’atmofphére électrique ; elle apporte plus d’air que le vin. Aussi ceux qui boivent plus d’eau , conservent plus de liqueur séminale. 5. 25. Si notre atmosphère du feu excite en nous l’abbattemem & la foiblesse par les besoins, fa surcharge d’un autre coté en arrête faction dans tous- les tuyaux & conducteurs , de la même maniéré que l’Electricité s’aflaisseous’arrêre , Chap. 5. 5- 5-3 e * essec ; d’oìv l’on peut juger que la substance ou feu de vie accumulée au cerveau y fait une atmosphère : que cette atmosphère remplie , est comme la bouteille chargée. Ce méchanisme demanderoit un Traité entier ; il ne fera pas ailé de le rendre dans un vrai jour. Quoiqu’il en soit, voici toujours un méchanifme plausible. 11 ne se peut que cette surcharge se fasse ailleurs qu’au cerveau , dont la transpiration se fait par des canaux & un sitren sin x que co qui s’évappore , ìfempéche pas l’atmosphère du feu de prendre le dessus. & ce dominer. L’atrHosphère- une fois remplie «Sc surchargée , plus. d’action il faui que cette LS7- j i 8 Electricités mosphére soit dissipée par les évaporations êc sueurs. L’écoulement une fois iàit , l’atmol'phére du srotem.ent reprend son cours pour recharger ses canaux, sa mèche.: ainst alternativement le sommeil nous gagne, nous ae pouvons le vaincre!; mais nous pouvons le retarder par une grande dis lìpation, qui empêche ou détruise l’atmolphére,qui s’oppose à ce courant. Voilà en précis le méehanis- me de l'homme. Lette action cessante jl.n’y. a que le corps fans mèche ; c’est la cuilliere lans esprit de vin ; cette cuilliere ne reçoit pas moins l’ei'prit de feu & d’air, fans qu’ils acquièrent une union ,urife action suivie : le contact ne pouvant allumer Pek- prit de feu avec l’air, fans une matière qui les retienne ; linon ce n’est qu’un simple éclair, que l’air dominant étousse fur le champ. 7 §. 26. II me reste encore une petite difficulté à lever. L’elprit de vin enflâmé est - il.capable de recevoir l’Iilectricité , un courant d’esprit de feu & d’air P Non , il est rempli d’un feu supérieur à l’Electricité ; il ne peut que circuler autour de son atmosphère : mais le conducteur, ce qui ne dépend point de l’atmosphére de la mèche , en est sulcep- tible. Ainsi il n’y a en nous que l’axtérieur de notre corps qui le reçoit ; il ne passe point dans notre sang & chair qui en sont remplis. 11 Penvironne fans que son action en soit pour cela augmentée * malgré le contact & la commotion , que nous recevons fur les parties sensitives non-électriques dont nous sommes composés, & nonobstant l’Expé- * Le très-pen de transpiration que M. l’Abbé Nolset x remarquée sur les corps éJectrisés pendant cinq heures , n’eit point relative au sang » mais à la rareté de latmos- phére. Expérimentale. 1 1 rience du siphon capillaire , où l’eau acquiert plu& de célérité. VII. Expérience . Emplissez d’eau un petit seau de fer-blant, fig.. 39. plane. 4. dans lequel vous mettez un siphon capillaire. Vous observerez que l’eau tombe goûte à goûte ; mais si vous l’électrisez, cette eau acquiert une célérité , un courant continuel. M. i’Ab- bc Nollet a régulièrement observé, que cette accélération ne paroissoit qu’aux tuyaux capillaires. Les Expériences qu’il a faites avec differens tuyaux, ne laiflent fur ce fait aucun doute. Cette Expérience se trouvera aussi au Chap. général. §. zj. Cette Expérience marque à la vérité que les fluides peuvent acquérir de l’accéleration & plus de fluidité par AElectricité ; mais la comparaison n’est bonne qu’au respect d’un tuyau capillaire , où faction de l’eau se trouve languissante \ parce que flair gossier n’a rien d’assez pesant en dessus, & d’assez léger en dessous pour donner un courant à ces tuyaux capillaires, fans AElectricité. Cette petitesse des tuyaux tient les globules d’eau serrés , de forte qu’ils ont peine à sortir : ils ne sont tourner leur cercle ou colonne, que très-lente- ment , eû égard au frotement de ces tuyaux. Mais íi l’Electricité est communiquée à cette eau , dans le moment il te fait une atmosphère qui écarte cet air grossier au loin. La pésan- teur de l’esprit d’air en l’eau , ne trouve plus de résistance ; au contraire elle a une chiite facile à cause de l’aimosphére du feu qui environne ce tuyau. Cette cause de la célérité & fluidité dans les tuyaux capillaires, ne peur donc entrer en corail iii>. î 2S Electricité paraison avec notre sang ; en accélérer, ni en- interrompre faction ; puiiqu’ii a cette action en lui, dans un degré de force bien au dessus d’une simple atmosphère électrique,qui ne-peut produire de chaleur. Notre sang est encore supérieur à l’atmosphé- re électrique , de même que l’atmofphére de la bougie , & tout ce qui est flâme- VIII. Expérience. * Z. 2#. J’électrise un bougie par le moyeu d’uu fil de ser qui passe dans la flâme, fig. 40. plane. 4- Ce fil de fer coude pour joindre la bougie posée sur un guéridon de ser : ce guéridon est lur un gâteau. Ce fil de fer passe de deux pouces au-delà de la mèche , & on reçoit en électrií'ant, un contact au bout de ce fil de fer. J’ai porté le doigt à la flâme vis-à-vis le fil de fer, & p n’ai remarqué aucun ligne de l’Electricité. Le chandelier & le guéridon donnent le contact- I X. Expérience. * 5. 29. Je retire la bougie à la pointe du fil de- fer, fig. 41. plane. 4. Mon chandelier & guéridon me donnent toujours le contact , & je ne ressens aucun signe d’Electricité, vis - à - vis la flâme ; mais je porte le doigt au fil de fer en A. à un demi pouce , ou un pouce de la flâme’de la bougie ; je ne ressens encore aucune marque d’Electricité il faut être à un pouce & demi ou deux pour avoir le contact du fil de ser. L’Electricité étant forte, de petites feuilles d’or font pouflëes & repoussées a* fil de fer, au corps de la bougie » ou chandelle» ôc non à la flâme» Expérimentale . 12 ï X. Expérience. * S- 30. Ayant cessé la rotation du cylindre, j'emporte précipitamment & horisontalement le chandelier de dessus le guéridon ; je reçois le contact du chandelier. Ayant coupé ainsi la colonne de communication , je retourne porter le doigt au conducteur , au sil de fer : j’ai un petit contact ; je touche ensuite au guéridon de fer, & j’ai encore un autre petit contact. 5 - Zi- L’Electricité se propage assurément aux corps non-électriques libres, glissant à côté de l’at- mol'phére du feu de la bougie , fans la traverser ; puisque ce feu n’est point sensible au fil de fer qui coupe diamétralement cette bougie, & qu'il n’est sensible qu’à la distance d’un pouce & demi du centre dela bougie ; où l’Electricité environnante se propage au fil de fer : l’esprit d’air ne pouvant se caractériser qu’à cette distance. La bougie sans être allumée, & dans l’atmof- phére électrique, communique aussi l’Electricité, nonobstant l'Expérience de M. Waïts dont parle M. l’Abbé Nollet dans ses recherches fur l’Elec- tricité, nous la rapportons ici pour vérifier le fait. X í. Expérience. En cette Expérience, fig. 4 z. plane. 4. on pose deux bougies dans leurs Hambeaux fur une planche de-plus de deux pieds de longueur, distante du conducteur de 16. à 18. pouces. J’ai posé cette planche fur un guéridon de fer. Ce guéridon est fur un gâteau. Les lumières éteintes, n’empêcbenc point que les feuilles ne soient enlevées ; de plus lîi Electricité j’ai même reçu le contact de Pétincelle, quoique l’Electricité perde beaucoup de sa force , sur la table & gâteau. En vérifiant l’Expérience dans l’iní- tanc que je venois d’éteindre ces bougie ; je conviendrai que j’ai d’abord été dans la même confiance que M. l’Abbé Nollet. Mais comme j’avois éprouvé le contraire ci-devant, avec une bougie qui n’étoit pas récemment éteinte, j’ai eû peine à concilier ce contraste. Un peu de réflexion m’a sait aller au conducteur , & je n’ai presque point trouvé d’Electricité. J’ai jugé que l’exhalaison de la fumée , quoique les bougies eussent été éteintes avec une mouchette y arrêtoit l’Electricité. J’ai fait ouvrir les fenêtres pour introduire de nouvel air. Un peu après ayant réélctrisé , j’ai découvert que la flâme n’avoic point la puissance de conduire l’Electricité , ni d’empêcher qu’elle se propageât. J’ai tiré malgré la lumière éteinte une étincelle du petit conducteur A. cette étincelle néanmoins proportionnée à la perte qui se fait : mais au moins, aussi sensible qu’avec les bougies allumées. XII. Expérience. * Dans le tems le plus propre à l’Electricité , & malgré une forte électrisation, ayant suspendu une barre sur des cordons de soye , assez distante néanmoins du conducteur, pour qu’elle ne puiflè pas en recevoir l’Electricité ; si entre cette barre & le conducteur on fait un grand feu, on verra que l’Electricité ne se propage pas à cette barre, quoique la flâme remplisse l’espace, & établisse une communication du conducteur à cette barre. §. za. Le battement du pouls qu’on a trouvé plus actif à Montpellier d’une sixième partie, ne Expérimentale. jaj fe trouve pas ici de même. Quelque confiance que j’aye aux personnes de mérite qui l'on t certifié, j’ai éprouvé le contraire plusieurs fois. XIII. Expérience, M’étant mis fur un bon gâteau , tenant à la main une chaîne qui répondoit auconducteur, fig. 4). plane. je me fuis fait éiectrifer devant une pendule à secondes; j’ai compté pendant uneminu te, 62. 64. 66. battemens de pouls ; plusieurs fois 62. & 64. pendant chaque minute d’électrisiìtion : & fans être électrisé , 64. 70. plus & moins ; de forte qu’il ne me paroi t pas qu'on puisse statuer aucune accélération. J’ai électrisé avec plusieurs personnes ,, & de ces hommes qui ne se laissent pas frapper l’imagination ; l’Electricité ne leur a causé aucune'accélération. Dans des Expériences de cette nature , le tout dépend des personnes plus ou moins prévenues ; car souvent un petit contact fait faire des cris, & frappe l’imagination à tant de personnes , de l’un & de l’autre sexe, qu’ils ont la fièvre à l’approche de l’Electricité. E'odeur porte à la tête à quelques-uns. J’ai vû chez moi des Médecins & des Philosophes, n'oser recevoir le simple contact. Or si ce battement du pouls a augmenté à Montpellier, ce n’est pas une conséquence pour y compter, puisqu’on ne réussit pas par-tour. Í1 ne paroit pas possible d’introduire cet esprit de feu dans notre sang , qui est ainsi que nous l’avons remarqué , à un degré au dessus par la chaleur de la matiere.L’Expériencedu siphon &du thermomètre font d’une autre espèce. On a expliqué celle du siphon. Passons à celle du thermomètre. ÍZj. Electricité XIV. Expérience, §. 33. M. l’Abbé Nollet a fait tout ce qu’il a pû pour électriíer un thermomètre, & voir monter, » soit la liqueur, soit le vif-argent. Tantôt le ter- ,, mométre posé sur une cage de fer non-électri- » que électrisée, suspendue par de; soyes ; tantôt -, en exposant ces boules de thermomètre dans des -, aigrettes d’une grosiê barre, il tenoit ce tube » attaché au bout d’une baguette , & cela fans luc- -, cès. Ces Expériences réitérées plusieurs fois, il -, n’a pas vû monter la liqueur, malgré dix heures -, d’électrisation. II pense que ceux qui ont vû un „ autre effet , n’ont pas pris aífez de précaution -» pour empêcher une chaleur étrangère d’arrivèr -, au thermomètre. ,, A Montpellier on a vû monter cette liqueur. M. Jallabert nous le cite. M. l’Abbé Nollet & lui ne font pas des personnes suspectes r comment les concilier ? Sera - ce le défaut de précaution dont se plaint M. l’Abbé Nollet? Ceux qui prendront pour ces Expériences un grand & un petit thermomètre , seront en état de juger queM. Jallabert & l’Abbé Nollet sont peut- être d’accord sans le sçavoir. Car avec un petit thermomètre pôle fur un guéridon de fer , fig. 44. plane. 5. Ce thermomètre a dix pouces de long , près de deux lignes de diamètre, demie ligne de jet ou liqueur, la boule 8. lignes & demie : un £1 de fer entoure cette boule, en régnant le long du tuyau & conducteur ; ce guéridon est placé fur un gâteau. Ayant fait électrifer ; en deux minutes v l’Electrité monte d’une ligne & demie & plus. Ce que j’ai répété plusieurs fois avec le même succès* Expérimentale. sans quSl soir besoin de passer dix heures à élec- triscr. L’atmosphére n’augmente point en chaleur pour électriser long-tems ; lorsqu’elle est une fois a son point , le reste est tems perdu, à moins qu’on ne veuille voir les effets plus long - tems : de même que le son de la cloche n’augmente point, si-tôt qu’elle est une fois en branle. On juge de ce degré aisément dans le même air. Après deux à trois minutes, il ne faut pas esperer plus de dilatation , ou de légèreté dans l’air environnant. Au lieu qu’un grand thermomètre de deux pieds huit pouces de long , deux lignes & demie de diamètre, ouverture de la liqueur une ligne, boule seize lignes ; nous n’avons pû y appercevoir aucune augmentation , de quelque façon qu’on ait électrifé. II faut conséquemment que M. Jallabert se soit servi d’un petit thermomètre , & que M. l’Abbé Nollet ait fait usage d’un grand , comme j’ai fait pour découvrir ce contraste. De ces deux effets contraires, on en demande à présent la cause ! S. 34. Examinons ce qui se passe dans le petit thermomètre pendant l’électrisation.L’espritde feu qui s’insinue dans la boule & la liqueur , ne peut y entrer fans en augmenter le volume par fa dilatation,& fans chasser autant d’aurreesprit de feu électrique en perte par le corps qui tient le thermomètre. Pendant cet écoulement, ce feu électrique est en action au dedans,avec le peu d’air & esprit d’air de la liqueur ; cette action se marque en montant d’un degré & demi dans ce thermomètre. L’atmosphére électrique est-elle chaíïee, la liqueur a repris son niveau. Le gros thermomètre faciliteroit aussi-bien l’é- coulement du feu électrique, si dans celui-ci l'es- IL§ Electricité prit d’air supérieur ne l’empêehoít de pénétrer, ou du moins s’il ne l’absorboit à son arrivée, & ne te repoussoir, comme seroit une groslè boule avec une très-petite ; celle-ci allant frapper fur la groflb, seroit repoussée aussi-tôt, sans que la groflè reçût le moindre mouvement. II me paroít non-seulement douteux, mais impossible, que nos paralytiques électrisés , ayent reçu du secours par l’Electricité. Les efforts qu’ils ont fait, l’idée, la prévention , & le désir, ont occasionné le miracle fans l’Electricité; elle a seulement disposé les esprits. Voici une seconde preuve de l’insuffisance électrique, & que la cause de la guérison vient d’ailleUrs ; les remèdes chauds & violons , avec les frictions qu’on a données aux parties ont tous un pouvoir & une force au dessus de l’Electricité pour la simple propagation ; même s’ils font pousses à un certain degré , ils peuvent former atmosphère , par conséquent une chute nécessaire de l’air & du feu sur ces parties ; ce que ne Ç eut faire l’Electricité qui a son srotemenr externe. oilà tout ce qu’on peut raisonnablement augurer de ces évenemens, fans en attribuer la cause à l’Electricité. Mais ces paralytiques, outre qu’ils ont été éîec- trifés , ont eû la commotion. Si cette commotion eût été donnée , comme il pouvoit arriver au degré ou nous perçons une main de papier, ou nous tuons un animal. * Ces pauvres affligés auroient bien pû être blessés, aulieud’être guéris. La violence leur a laissé des pìquocemens, que les parties encore sensitives à la secousse , ont pû recevoir * ( L’animal a un trou dans les chairs par oû s’est conduit le feu réuni, le sang est brûlé, extravasé , & coagulé. Dans le pastàge & départ de l’air , & aux poumons , l’air ayant dominé fur ce feu passant, ce sang est d’un rouge vermillon. ) Expérimentale. 117 dans des petits canaux où le feu électrique a pénétré, en chassant l’air. Les nerfs ébranlés par l’écou- lement du feu électrique, l’air arrivant pour reprendre l’équilibre, ont pû faire remarquer une action aux parties molestées, fans que la guérison soit venue de l’Electricité. Je puis dire avec autant de vrai-íemblance , que si on eút donné des coups de bâton à ces pauvres affligés, & que leur idée eût été prévenue , le prodige auroit pû arriver comme par l’Electricité. Si le méchanifme de l’homme étoit bien démontré , trouveroit - on que ce fût par l’esset du mouvement ou accélération qu’on put réparer des nerfs qui ne font pas leurs fonctions ? Ne reconnoîtroit- on pas au contraire que la force de cette action dépend d'une autre cause. Chacun des os sont tous électriques. 11s ont autant de petites atmosphères chargées d’efprit de feu, dont l’écoulement fe fait par les nerfs, &c. reportées au cerveau , où chacune des atmosphères, dépendante de celle du cerveau ;y reçoit par nos volontés , unefensotion qui détermine nos actions fur une de ses parties. Cette partie ne pouvant plus soutenir atmosphère, ou privée de l’air, si ces canaux sont scoriés, elle est incapable d’être rétablie par l’Electricité. Un automate n’a rien de dérangé dans son mouvement. Son restort, son poids est très-bon ; mais un fil qui tient au levier qui fait aller le bras, est cassé , j’au- rois beau essayer d’augmenter le restort, le poids ce que j’ajouterois, feroit superflu. 11 faut vîte chercher le levier de ce bras, remettre la corde, & notre méchanifme ira, comme à son ordinaire. Si un corps étranger agit fur le bras comme l’Elec- tricité,ce bras agira suivant sa force motrice donc il reçoit rimpulfion ou le coup. Si ce choc a par > V ti8 Electricité hazard racroché le fil de ce bras : cela est: étonnant & admirable. C’eíì un pinceau jette de dépit, qui cn glapissant, a perfectionné l’ouvrage du Maître, au-dessus de ses propres lumières.La médecine doit étudier & chercher à développer ce Phénomène. Si le parfait méchanifme de l’hommeétoit totalement connu, nous avancerions à grands pas, pour perfectionner un art lì utile, dans lequel néanmoins on a fait de notre siécle des progrès considérables. Si PElectricité n’étoit pas une matière aussi spiritueuse qu’elle l’est , & qu’on fçût qui domine, ou de l’air , ou du feu ; on pourroit compter qu’en dilatant Pair environnant, & l’esprit de feu s’assem- blant en atmosphère autour des corps , elle y fe- roitquelqu’esset. Comme cette dilatation d’efprit de feu & d’air, n’est qu’un esprit, il ne peut nuire à notre santé , il ne peut jamais être supérieur à notre sang. Cependant le contact , ou plutôt cette commotion, dont nous traiterons au Chap. suivant, sont des effets , dira-t’on, capables de porter l’ef- froy à l’instar de la foudre. Aussi ces effets font- ils forcés, ainsi que nous venons de le dire, ils peuvent parfaitement causer de la douleur » estropier ceux qui sont assez imprudens poyr s’y exposer. Donc,dira-t’on, l’Electricité passe dans notre sang, elle y passe dans le moment de la commotion, de même que Pair grossier est chassé par Peau si - tôt qu’elle reprend équilibre , Exp. ci-après ; c’est ce dont on convient pendant cette action seulement. XV. Expérience . * Le contact & la commotion peuvent être com parés à une vessie dans l’eau , fig. 45. plane. 4 chargée Expérimentale. 1 2,p chargée de toute la malle de l’eau , ou plutôt à une vessie chargée d’un poids que le souffle a écarté en élevant cette vessie ; si on laisse échapper le vent par une simple piqueure,l’air qui sort de la vessie , occasionne une petite impulsion. Si le trou elì plus grand , le contact est plus fort, le poids descend plus vite ; Sc comme il est toujours soutenu, il n’y a que la chute de l’air contre l’air du dedans ; mais creve- t’on la vessie aux deux bouts, le poids tombe avec force : on a outre le contact à la rencontre de l’air, avec l’air, le coup de cette masse ■de l’air , qui occasionne la secoulîè. Cette Expérience nous aide à dévoiler ce qui lé passe dans la commotion. Le coup n’elt qu’au dehors, mais la douleur se porte au-dedans. Je ne m’étonne pas si quelques personnes ont employé un pareil remède fans succès. Je crois ne rien bazarder de soutenir qu’il est très-imprudent de le mettre en usage. 11 n’en est pas de même des végétaux. Ces corps tirent leur substance du Soleil, de la chaleur ; l’esi prit de feu Sc d’air environnant, peuvent y prendre le dessus, eû égard à la sinestè de la mèche ou matière qui entretient cette végétation. 11 se pour- roit encore faire que l’Elfictricité accéléré le retour périodique du sexe, & rende les évacuations plus abondantes pendant qu’on est électrifé ; parce que ce font des parties qui ont un cours. Cet amas du sang qui est destiné à la nourriture du fœtus, s’ac- cumule,& ne dégorge de son atmosphère, que lot si qu’il y a une surcharge, qui se fait proportionné- ment aux influences lublunaires qui dominent. La chute peut en être accéléréé,comme en la fontaine ci-après, fig. 54. quoique je doute fort de ces faits. Je crois encore moins qu’une personne qui,á' t té clectrisée, devienne plus prompte à la conception» 7 3o Electricité Ceux qu! ont donné créance à ces Phénomènes t àvoient assurément des intérêts particuliers, ou bien ils ont changé la forme d’électril'er. On a beau élec- triser l’esprit de vin, s’il n’est assez spiritueux, on ne parvient pas à l’inflammation. REFLEXIONS SUR LE SEPTIEME EFFET. Si on met le doigt , ou autre corps , ou enfin une chaîne au conducteur , qui communique aujjì a d’autres corps non - électriques , jusqua terre ou adhérence , on ne remarque aucun figne d'Electricité au'condufleur , mais le cylindre n a pas moins son atmosphère , & les corps y font poujfes Z4 Si on laisse cette bouteille au conducteur, Sc qu’on électrise , on ne sent d’autre effet à rapproche de cette bouteille, qu’une atmosphère d’eí- pric de feu , telle qu'au cylindre. II. Effet. Si je tiens cette bouteille en dessous par continuité, l’espace de deux à trois minutes , Sc qu’on touche ensuite de l’autre main au conducteur , ou au fil de fer de la bouteille , on ressent alors un coup ; dont la secousse ébranle tout le corps, & se marque sensiblement aux poignets, aux bras, aux coudes , à l’estomac, suivant les personnes, ou plutôt suivant les disserens tempéramens. Cette commotion arrive de bien des maniérés, qui partent toutes du même principe. Les bouteilles dorées ou non dorées, les quarreaux de vitres, 6-c. font de la même espece, pourvu qu’ils soient garnis de corps non électriques, attachés ou non attachés aux électriques. III. Effet. Si on met une balle de plomb suspendue au conducteur, Sc qu’on pose la bouteille garnie de son crochet, à deux lignes au-dessous de cette balle. La bouteille mise sur un plateau de verre ou corps électrique, qu’on présente à l’atmosphere de cette bouteille , à une ou deux lignes une clef ou autre corps non électrique un peu arrondi, il se sait alors un courant d’air & d’esprit de feu, qui se marque à la balle de plomb, au fil de fer ; on le voie Expcrìmtntale. 135* encore à la clef , tant que la bouteille peut fournir de l’esprit d’air , & se charger de l’esprit de feu électrique. IV. E F F E T. Une bouteille sélée, qui tient cependant Peau ^ ne peut se charger d’Electricité , si la fente est adhérente à la main qui la tient. Pareille sente ,. fêlure , ou cassure à jour ne diminne rien au cylindre. V. Effet. Que la charge réside dans la matière non électrique. Versons-nous de l’eau électrisée, en tombant fur la main elle porte un contact.. VI. Effet La bouteille chargée par le conducteur, qu au cylindre , entretient son atmosphère au dedans , lorsqu’elle est sur des corps électriques , ou suspendues à des corps électriques : mais si on approche,. r°. un corps non électrique, ou qu’on la prenne dans la main , le courant d’esprit de feu change de direction avec aigrette. Un grelot tus- pendu à côté de cette bouteille, est poussé, & repoussé suivant ce changement d’action... 3°. Deux bouteilles que l'on tient chargées ,. approchées l’une de l’autre , ne se déchargent point. 4 0 .. Si.orr approche l’une à côté de l’autre-, elles se déchargent toutes deux. 5°. Une bouteille chargée & approchée d’une autre qui ne-l’est point , la personne relient la moitié du coup ,, & les deux bouteilles sont à demi-chargées.. T 3 6 Electricité Ces Expériences qui semblent varier, dépen- dent toujours du même principe. M. Francklin eíl encore ici en erreur de tait & omission : qu’une bouteille soit chargée par le côté, elle se décharge également par le crochet , sans qu’il soit besoin 3e toucher le côté. II est vrai que M. Francklin a raisonné sur ces Expériences , fans les vériffier différemment, pour fçavoir íi elles ne se contredi- soient pas. C’est ce qu’on a fait ici de bien des maniérés, pour remplir mon dessein, & marcher à pas sûr. Aussi trouvera-t-on sur ce même ester j 6. Expériences nouvelles. Nos Observations fur ces chefs auront leur principe dans les précédens chapitres. Les routes dif- ferente* que l’esprit de feu électrique , & l’elprit d’air parcourent, ne peuvent nous échapper, IX. Expérience. 5- 7. Cette même Expérience de la commotion , se fait de bien des maniérés, en laissant simplement tomber un fil d-e fer dans un verre plein d’eau jul'qu’au trois quarts, ou bien encore dans une bouteille l’arge d’ouverture , &c. ce fil de fer part du conducteur. Si c’est un verre, on tient le gobelet du verre, fig. 5 3, plane. 5. la pâte passant à travers les doigts, afin que l’efprit de feu prenne directement son cours par cette main, au sortir des pores du verre , & facilite , par l’écoulement de cet esprit de feu, la charge de Peau, limaille ou plomb , &c. Z. 8. Cet écoulement est si nécessaire à faction , que si on prend le verre simplement par la pâte K ,^6 EUSrîciti A. la distance de cette pâte au corps, donne lieu à une atmosphère électrique trop forte , que l’air de la main ne peut dilsiper; il nc ib peut pas faire de charge faute d’écoulement, parce que l’cfprit d’air que la main apporte à la pâte du verre , ne peut se saisir de l’esprit de feu électrique, trop éloigné de ces petits corps, & qu’il ne peut avoir prise sur lui. ’ §. 9. Si on fait des vases avec des corps électriques , comme de la cire, de la poix, ou du souffre , &c. & qu’on se serve de ces vases , au lieu de ceux de verre, il ntí s’y forme point d'atmosphère capable de produire la commotion. D’où vient la difference de ces corps électriques. Dans ces derniers, ainsi que les soyes & gateaux de résine , l’esprit de feu a bien la liberté de s’é- couler par les pores de ces corps ; ils se prêtent à son passage , & sortant sans violence, fans effort , c’est un courant inanimé, fans action ni atmos- Í ihere en rentrant dans l’air : on le sent même à a main , pendant-qu’il traverse la cire , &c. au lieu que passant à travers le verre, dont les pores n’o- béisient point, il fait effort pour passer. S* 10. Le plomb, l’eau, la limaille , &c. porte bien l’efprit ct’air au fil de fer, & l’efprit de feu descend bien à ce plomb; l’air arrivant en dessus fournit à cette action pour faire sortir continuellement l’esprit de feu électrique : mais l’esprit de feu pénétrant tout à coup , la cire , la poix , le souffre , &c. il ne so fait point d’amas de ce feu autoui de ces petits.corps, plomb, limaille , eau, &c. au lieu que ces corps fur du verre , l’efprit de feu , étant obligé d’être fortement resièrré, ne sort pas si vite qu’il ne s’en accumule ; enfin il gagne le dessus, comme fait l’eau d’une fontaine intermittente. Expirïmentetleì I jff X. Expérience. f Remplis donc la fontaine intermittente, sig. 54. plane. 5. L’eau tombe naturellement dans le bal- îin, trouvant jour à agir par la colonne d’air qui arrive au-dessus de la surface de l’eau ; mais dès que l’eau bouche le passage de cette colonne d’air, répondant à la surface de l’eau, cette eau reste jui'qu’à ce qu’insenliblement cet air puiiîè,faire ua vuide au respect; de cette eau. * S» 11. de même ici l’efpric de feu électrique accumulé , & qui fait atmosphère, empêche la continuité de f écoulement, en interrompant faction ; * Cette eau ne peut agir malgré sa pésanteur , si la colonne d’air sur laquelle elle est lut résiste ; cette colonne d’air r •quoique plus légere que l’eau , lui résiste tant quelle ne trouve point de vuide , 8 c qu’elle n’a pas la liberté de céder en tournant. Elle n’a pas cette liberté, s’il y a quelque corps intermédiaire entr’eux : la figure 1. plane. 1. auroit beau estayer de tourner la roue , si cette roue étoit tranchée «Fun corps intermédiaire ; il faudroit vaincre cet obstacle r Sc attendre qu’il fût détruit pour qu’elle pu j lie tourner. Comme il faut que l’eau accumulée , qui interrompt le cours de l’air, spit écoulée 8 c dissipée, pour que l’air puiste circuler , sous le poids de l’eau. Si ce trou des jets étoit aster grand , pour qu’une première goûte cPeau pût diriger une colonne circulaire, qui lui faste une espece de vuide pour agir, alors elle soisiroie le chemin le plus court , & trouvant ainsi à s’insmuer » vuideroit ces tuyaux , malgré que la surcharge de l’eau du bassin bouchât l’air. Or ce n’eil point la pésanteur de l’air grossier qui occasionne ce courant : on l’a mal à propos entendu de la forte jusqu’ici, ainsi que dans les Expériences qui y ont rapport. II me semble déja entendre plus (Fun parti se soulever sur ces nouveaux principes , quoi qu’il en soit, je ne m’effraye point ; le tems, 8 c la raison appuyés de: Expériences, ramèneront tout à son point. 14 $ Electricité l’air ne pouvant plus aborder malgré la main, qui porte envain cet esprit d’air, il saut alors ce contact pour la détruire ; ainsi cette disserence loin de détruire notre méchanil'me , vient au renfort pour nous le rendre plus sensible & plus certain , comme nous l’allons remarquer dans l’Expérience suivante. XI. Expérience. * S. 12 . Si on met dans une calotte de cire des petits grains de plomb , le jeu de l’air arrivant par la main le long de cette calotte, en se précipitant sur ces grains, chaise ces grains à plus de sept à huit lignes de hauteur, sig. 55. plane. 6. comme s’ils vouloìent sortir ; ce qui n’arrive pas au verre, qui écarte l’air par l’étendue de son atmos- Î ihere électrique ; au lieu que l’atmosphere qui se ait à ces grains n’étant pas assez réunie , l’air abondant les expulse, ou du moins ceux fur qui il se trouve avoir plus de prise , c’est-à-dire, ceux des bords, dont l’esprit de feu s’allonge pour réchapper par le canal que lui présentent les doigts les plus proches ; les autres grains ont leur cours en perte à travers la cire. S. 13. Ne va-t’on pas se soulever, & dire qu’on se sert cependant de cette cire , &c. pour accumuler cette électricité. Les soyes, les gâteaux, &c. dont on se sert, sont nécessités à une proportion 6c épait- seur pour pouvoir produire atmosphère aux corps Î jolës desius ; aussi plus le gâteau est épais, plus 'esprit de feu a peine à réchapper : l’atmofphére. en devient plus grande, jusqu’au point où elle peut arriver : alors l’excédent de cette atmosphère, prend son cours. Quand cet esprit de feu électrique force la digue de son atmosphère, il se fait úne per- Expérimentale Ï49 te qui nes’arrête , ni ne peut s’accumuler. II n’y a pas pour cela deux fortes d'Electricité , comme avoit pensé M. Dufay, en admettant une Electricité vitrée & une resineuse.. 5 - 14. M. l’Abbé Nollet a électrisé avec un- globe de souffre ; quoique l’eflét ait été plus faible , l’efprit de feu que le frotement a engendré , est bien différent de celui qu’il faut conserver pour la charge d ? une bouteille. Celui du frotement qui s’ac- cumule tout d’un coup au corps électrique, étant fur son axe , écarte l’air de toutes pans ; il peut conserver l’efprit de feu électrique pendant un tems suffisant pour se caractériser, par la quantité que ce frotement fournit. Mais pour recevoir ce feu électrique , comme conducteur , il y a bien de la difr ference. Dans les corps qui n’ont point de reffòrt , Sc qui réadmettent pas l’air', ce feu est étouffé, il» est éteint, Sc détruit à mesure qu’il vient pour se propager : au lieu que conservant son reffòrt dans le verre,dont les pores font plus fins & durs, il s’àc- cumule ; la différence n’est donc point dans l'efprit de feu électrique , mais dans la qualité des corps électriques. §. r 5. Le carreau de vitre donne ta commotion, par le renvoi de l’efprit de feu en sens contraire , comme dans la bouteille , ainsi que les bouteilles, duvuide de M. l’Abbé Nollet, dont nous parlerons au Chap. général des Expériences. 5- 16. Le papier qui est percé, n’est qu’une démonstration de la violence & réunion à la rencontre de cet efpritde feu électrique, qui paffàntà travers le verre pour s’unir à celui qa’on porte par dessus k papier, brise tout ce qui s’oppofe à son pastage. Gomme cette réunion a une colonne que rien ne peut déranger, l’efprit dé feu fe fait jour en deffòuR 15 O Electricité du verre ; l’esprit d’air & l’esprit de feu électrique à la réunion sur une matière si tine , la perce par la fineiso de se; pointes réunies. Ce feu trop vif & trop spiritueux , ne nous laide qu’une marque inlV tantanée de cette action par une noirceur qui se distingue ; ce corps du papier n’étant pas encore assez spiritueux pour retenir cet esprit de feu » il le laisse échapper & évaporer sur le champ ; ce feu n'a pas le tems de le brûler, Téquilibre étant aussitôt rétabli. Dans l’Expérience du Phosphore d’An- gleterre qu’on enflâme dans un papier par le frote- ment, la flâme coule en éfleurant & noircissant ce papier. Cette noirceur est directement la partie humide & terrestre, qu'il faut vaincre & dissiper ; mais cet esprit de feu trop subtil s’échappant promptement , souvent ne peut consommer le papier. Z. 17. C’est encore par la commotion, que l’or semble s’inscruster dans le verre même. L’esprit de feu électrique arrivant seul à sa rencontre sur ce métal, où il a un libre cours v chasse l’air de ce métal ; comme cet airn’est pas à force égale , il est forcé de céder, & d’exercer ion action dans la place où il est; & comme l’efprit de feu domine au verre» & fur le verre, qui renferme cette petite bande de métal, & qu’il tend toujours à expulser l’esprit d’air, dès qu’il domine; cet air est écarté par son action, il brise ce métal,en s’échappant. L’esprit d’air chassé, cet or n’est plus que feu & or ; il a l’aptitude du fluide électrique , & il semble le suivre à travers le verre, où ii est adapté comme vitrifié. 5- 18. Réfléchissons ici que ce métal d’or* dont l’air est chassé par l’esprit de feu dominant » ne laiílè donc entre le verre & lui aucun air , qu’ainíì Expérimentale'. IJ f le verre & l’or sont en parité de matière. ^ XII. Expérience, f Comme les marbres mouillés, les hémisphères de Magdebourg , le cuir mouillé jetté fur un pavé , Hg. 56. plane. 6. font en parité avec leur adhèrent. L’esprit d’air le plus vif, ôté cFentre l’or & le verre , les resserre & unit par fa péfanteur., comme une même matière inattaquable à l’eau régale. Les petits coins des esprits de cette eau qui fouillent par-tout, n’ont point de prise entre ces deux corps. L’or & le verre alliés ensemble, ne sont plus qu’une nature , que l’esprit de feu électrique peut parcourir & pénétrer, fans les diviser.. Electricité ïji OBSREVATIONS SUR LE TROISIE'ME EFFE^\ Si on met une bulle de plomb suspendue ait conducteur , & q ulo n pose la bouteille garnie de son crochet a deux lignes au-dejsous de cette boule , la bouteille mise sur un . plateau de verre ou corps électrique , qu on présente k s atmosphère de cette bouteille , k une ou deux lignes , une clef ou autre corps non électrique , un peu arrondi , il se sait alors un courant d’air & dt esprit de feu, qui se marque k la balle de plomb y au Jil de fer , & k travers le verre k la cles y tant que la bouteille peut fournir de C esprit d,'air ì & se charger de l'esprit de feu électrique* S. i. Nous avons remarqué juíqu'ici, que l’efprît de feu électrique a besoin d’un frotement continuel pour son entretien ; qu’il lui saut de nouveaux canaux pour sa propagation ; que lorsqu’il est assemblé au conducteur , il est comme dormant , juf- qu’à ce qu’il trouve ces 'nouveaux canaux ; & que s’il trouve un corps électrique, il s’y assemble seul. 11 faut actuellement entendre fur ce troisièmeesset , qu’on offre en vain un autre canal à ce feu électrique , dès-que tous les petits canaux font remplis de cet esprit de feu électrique, & que ce feu électrique réuni, a formé une atmosphère. Ainíì la Expérimentale. I 5 J clef ou doigt qu’on présente à l’équateur de cette bouteille, ne renouvelle point faction , parce que cet esprit d’air ne peut pénétrer ; au lieu qu’avant que les petits grains de limaille, ou globules d’eau ayent été remplis, l’efprit de feu électrique poussoir son feu , Ion action à travers le verre, qui fai- soit un courant en perte : comme ce courant vient de l’air qui a cours dans ces parcelles, il faut qu’il puisse fournir jusqu’à ce que tout soit rempli. I. Expérience. Le fil de fer de la bouteille , fig. 57. plane. 6. porte l’esprit d’air à la balle, & reçoit le feu électrique : comme cet esprit de feu électrique est st actif, si subtil, il remplit au même instant la bouteille , où il trouve moins de résistance, & se porte au dehors en atmosphère. L’esprit d’air de la clef qui présente un canal à cet esprit de feu, re- chassé par le ressort de l’efprit d’air qui agit sur les petits canaux, s’en ressaisit au sortir du verre, avec un petit contact ( à cause du renvoi de l’esprit de feu , dont le ressort & faction , avons-nous dit, occasionne cette petite piqueure & contact , & eû égard à la rencontre de la colonne d’air extérieure , qui environne f atmosphère, & toujours en action fur la limaille, eau , &c^ ) 5. x. Cet esprit de feu électrique par ce canal fans bornes que lui offre la clef, est en perte , & conséquemment ne s'accumule point fur le verre. Aussi l’esprit d’air saisit ce moment, & arrive en dessus de chaque grain de limaille , pour agir contre cet esprit de feu, dont il se fait autant de petites atmosphères, eû égard à chaque grain ou globule. Le frotement qui pousse cet esprit 1 54 Electricité de feu à ces canaux , fait à chaque fois atmosphère au verre , il faut la détruire ; cet esprit de feu , ayant, on le répété, plus d’aptitude a entrer où il trouve moins de résistance, il faut présenter la clef : mais cette clef n’emportant pas tout au même instant, à cause de ce frotement continuel , qui ne laisse pas assez de tems àl’air pour s’insinuer assez subitement, ah n de remplir tous ces petits canaux , il faut donc attendre un certain tems pour gagner le dessus petit à petit , & parvenir à les remplir. Aussi la main entiere, un corps de métal qui enveloppe les bouteilles en godet, donne lieu à ces bouteilles de se charger plus précipitamment , parce qu’il empêche ^atmosphère de prendre si vîte le dessus, en conséquence l’air a plus de prise au - dedans. Dès - que les petits canaux font totalement remplis, l'esprit de feu électrique qui s’amaílè au - dessus de l’eau , au restant du verre, écarte , Sc ôte le courant à l’air : plus de communication ; le verre ne sert alors que de suspension à ces petits canaux , de même que la foye sert à soutenir notre conducteur. Tout l’esprit d’air qu’on porte à cette foye, ne détruit point l’at- mosphére ; il faut précisément que l’esprit d’air y pénétré par le contact, comme nous Pavons expliqué. Ce contact ne marque qu’au fil de ser , & non à travers le verre ; au carreau de vitre , il se donne sur la dorure ; ce qu’on comprendra aisément. Le carreau de vitre qui se charge d’esprit de feu , ainsi que tous les corps électriques , dont on reçoit la commotion, la charge Sc décharge ne diffèrent en rien : la cause est commune. Ces mots de décharge ne demanderoient- ils point une démonstration expérimentale par la balance ; il faut id nous contenter des effets relatifs que nous Expérimtntale. 155 sentons, & que nous ne sentirions point fans cette charge. Nous ne pouvons peser un corps électrique & non-électrique ; parce que comme électrique , il a toujours les pores remplis d’esprit de feu ; comme non électrique, ils sont en parité d’esprit d’air & d’esprit de feu. L’action qu'ils acquièrent, n’augmente point la charge. Cette légèreté est dans l’atmosphére environnant ; conséquemment hors de ces corps, point de poids appréciable par la balance. §. 3. L’esprit de feu électrique qui s’accumule , force le verre, & souvent il perce avec éclat ; ceci est fort accidentel. Je fais les Expériences très-fré- quemment : depuis plus de iix ans, il ne m’a jamais éclaté de bouteilles. Au reste la possibilité est naturelle. Nous avons des bouteilles qui. se trouvent plus minces dans des endroits que dans d’autres ; où il peut s’être fait quelque petit globule, où l’esprit d’air soit prêt à pénétrer, ou se soie trouvé en réserve par quelque grain de matière, de fable, de terre, ou d’humidité , qui peut établir une communication au dehors. Alors il est tout sensible que la réunion de l’esprit d’air du dedans , avec celui de la main, doit faire un violent contact. Si cet esset n’étoit pas accidentel , & qu’il vînt d’une trop forte compression du total, la bouteille éclateroit disseremment. Au reste , il ne paroît point possible qu’il arrive de la compression ; parce que l’efprit de feu arrête i’air, il ne pénétré plus , tout cet air environnant soutient la bouteille ; l’esprit d’air & de feu, lorsqu’ils font en action avec l’eau ou limaille, ont de l’étendue pour exercer cette action en tout sens. On remplit, comme nous l’avons expliqué , les bouteilles jusqu’aux trois quarts, aûn que l’esprit de feu puisse être 1^6 Electricité proportionné, & que l’esprit d’air des petits canaux ait de quoi exercer son action, & former une atmosphère au-dessus des globules d’eau. De même une bouteille trop petite, doit avoir une certaine quantité d’eau ou limaille , sinon f esprit de feu éteint faction de l’esprit d’air, & de l’air ordinaire ; il faut garder une proportion , dont la régie est souvent l’essai. OBSERVATIONS SUR LE QUATRIEME EFFET. Une bouteille felc'e , qui tient cependant t eau , ne peut se charger d'Eleólricité , fi la fente efi adhérente h la main qui la tient. Pareille fente dr cajsure a jour , ne diminue rien au cylindre. 5. 1. Ce quatrième esset du passage du fluide électrique à travers le verre, est fort contesté par * M. Francklin, pag. 183. 5. 8. » II tient que si le 5) fluide électrique avoit la liberté de passer à tra- » vers le verre, il s’écouleroit par la main qui lui 2, offre un courant, tel qu’il fe perd & s’écoule, » lorfqu’une bouteille estfélée, Pour vérifier ce fait, j’ai cassé une bouteille remplie de limaille ; au lieu d’une sel ure que j’eusse désiré faire, ils’est fait en même tems fur le côté un trou en rond d’un pouce de diamètre, & la fêlure part de ce rond jufqu’au dessous de la bouteille. J’ai fêlé une autre bouteille fans trou, fesser est égal. Expérimentaleì 15 /, I. Expériences Si on l’électrise tenant la main en-dessous, vous sentez à chaque instant que vous prenez la bouteille , une piqueure en contact, & la bouteille ne se charge point, quoique la main y soit sort long - tems. II. Expérience . * J’ai pris cette bouteille d’une autre façon, fig. 58. plane. 6. j’ai mis ma main du côté opposé au trou, & un peu éloignée de la fente ; la limaille étoit réunie pour ne point approcher de cette fente , cette bouteille s’est chargée à l’ordinaire. IL faut que le fil de fer soit un peu coudé en dedans pour toucher à la limaille ; si on n’usoitpas de cette précaution , la bouteille ne fe chargeroit point. Avec ces précautions , on ressentira la commotion comme dans l’Expérience du carreau de vitre, du verre d’eau , & autres corps électriques garnis de non électriques. §. 2. L’esprit d’air ne peut pénétrer du dedaqs au-dehors, & s’unir au corps non électrique dans toutes les façons de charger ; fans quoi il est impossible que l’esprit d’air &. l’esprit de feu réunis, ne fassent fur le champ équilibre. Or la bouteille féléene contient plus d’esprit de feu rallié en atmosphère , dès que l’esp'rit d’air a son cours. Cet esprit d’air paflè d’autant plus librement à travers une fêlure , qu’il parcourt les pores des métaux 5 c vases qui n’en contiennent pas moins ces fluides , eau , vin , liqueurs , &c. Cette explication est bien suffisante pour sentir l’impóssibiìité de cette charge. I jss Electricité S» Z. Quoique l’esprit de feu électrique aît un libre cours à travers les pores du verre, il ne l’a 3 u’autant qu’on lui offre un canal. Mais nous avons émontré que ce canal est inutile si-tôt que l’es- f irit de feu a pû se réunir, & arrêter le cours de 'esprit d’air. Z. 4. Une fêlure n’apporte aucun empêchement à l’effet des cylindres. Je me fuis lervi pendant trois ans d’un cylindre caste. Sur la fin, il s’en étoit même détaché un morceau de trois pouces de superficie , les effets n’en étoient pas moins vifs. Ainsi cela est égal pour assembler l’esprit de feu électrique par le frotement. §. 5. La flâme ne passe pas à travers le verre ; mais le feu y passe. Je nie luis crû obligé de rapporter toutes les Expériences que j’ai tentées , pour me certifier ce méchanifme. III. Expérience . * ‘ J’ai électrifé un grand carreau de verre de deux Í ieds quartes , au moyen chine chaîne qui totnboit essus, fig. plane. 6. & j’ai présenréaai-dessous de Oequarreau, un plateau de verre fur lequel étoient de petites hachures de feuilles d*or : ce plateau étoit positivement au milieu répondant à l’à plomb de la chaîne. Ayant fart aussi-tôt électrifer, les feuilles d’or surent enlevées , poussées & repoussées alternativement du plateau au quarreau. ÍV. Expe'rience.- * J’ai mis des feuilles en divers endroits, toujours au-dessous du carreau ; elles ont toujours été poussées 5 c repoussées. Expérimentait « í59 V. Expérience.* J’aï présenté de petites feuilles d'or au côté de ce carreau, elles font poussées tantôt au-dessus, tantôe au-dessous ; ce qui prouve indubitablement qu’il se tait sur le champ une atmosphère à ce verre, qui circule autour r s’épanouit, & retourne en dessous pour s’adapter au plateau, où trouvant un canal , elles s’échappenc. VI. Expérience. * Sur le même carreau, j’ai mis en monceau au- cour de la chaîne, une certaine quantité de ces petites feuilles d’or, comme on ^eut l'observer en la fig. ci-dessus citée. Elles font écartées de côté & d’au- tre ; en y présentant le doigt, elles font repoussées à la chaîne. 1 VII. Expérience.* Z. 7 . J’ai suspendu par une soye une parcelle de feuille d’or ; je l’ai mise dans une petite bouteille, d’environ trois pouces de longueur , for u» pouce & demi de diamètre, la bouteille bien bouchée & mastiquée. Ayant employé toutes sortes de façons pour électriser en dedans, la feuille d’or n’a donné aucun signe d’Electricité. ' VIII. Expérience. * 5- 8 . J’ai pris un grand bocal À. j’ai mis au fond de petites feuilles d’or hachées. J’ai couvert ce bocal d’un autre verre concave , qui porte fur l’ori- 1 5a Electricité fice da bocal, auquel je l’ai mastiqué. J’ai suspendu ce bocal par des soyes au conducteur , ligure 60 , plane. 6. J’ai fait tomber une chaîne B. du conducteur, dans le verre concave qui ferme la bouteille , & ayant fait électrifer , les feuilles d’or fe font enlevées, du bas en haut aster rapidement, donnant des marques de pulsion & répulsion. IX. Expérience . J’ai recommencé cette Expérience quelques heures après, elle n’a pas réussi avec tant de vigueur ; ce que j’ai attribué au mastic, qui pou- voit être encore chaud quand j’ai commencé cette Expérience. X. Expérience. * J’ai pris une bouteille à Médecine dans laquelle J’ai introduit de petites feuilles bien menues. J’ai suspendu cette bouteille à des soyes, sig. 61 . plane. 6. 1eS feuilles d’or ont été poussées de côté, a cause de la chaîne ; elles ont paru comme plus agitées par le goulot. X I. Expérience. J’ai vérifié le lendemain l’Expérience du grand bocal & celle de la bouteille , elles ont rendu les mêmes effets ; cependant le grand bocal n’a pas poulie & repoussé les petites feuilles d’or si vivement que dans la premiere Expérience. Expérimentait. i6i XII. Expérience. *- 5-. 8. J’aî fait faire par un émail leur de petites bouteilles longues en figure d’œuf. J’ai mis dans chacune des feuilles d’or hachées , & les ai faic fermer hermétiquement. En électrifant il ne m’a pas été possible de remarquer aucun signé d’élé<> tricité , malgré la chaîne , & de quelque façon que j’aye présenté le doigt à ces petits corps ; cè qui m’a fait juger que la petite bouteille , privée en partie d’efprit d’air , étoit tout à coup chargée de feu, & que le feu du dedans -est supérieur à l’air environnant. I r . • . V.’ ' XIII. Expérience. * J’ai reconnu la vérité de ce siut, en ouvrant úné de ces bouteilles ; l’efprit de feu dominant toujours , elle n’a donné aucUne marque d’Electrici- té, quoiqu’on ait porté la main áu petit œuf/ & qu’il y eût un petit fil de fer communiquant âu «ans. 1 ;?IS XI V .Expérience.* .... t 1 ;j . - -.>< vs •; ri e- J’ai ensuite mis du plomb granulé dans 'êetts petite bouteille afin d’y introduire de l’efprit d’air , 6c ayant porté lé doigt air fil de fer de cette bouteille, j’ai reçu un petit contact.- §. 9. Fajsons quelques‘réflexions fur ces Expériences. Les quatre premieres marquent bieh que le verre est fur le champ imbu de l’efprit de feu ; que ce feu parcourt tout ce corps électrique en tout sens, fans qu’il soit possible de décider si eec esprit de feu passe à travers. J&2 -Elcílncìtè Z. ro. Les cinq dernieres ne nous laissent aucun doute fur ce fait. Lespremieres, difons-nous, trop petites contiennent fur le champ trop d’esprit de feu pour donner cours à l’air d’agir. Mais dans celles-ci où cet air est réservé , on y remarque & distingue sensiblement ce courant d’elpric de feu électrique » quoiqu’il n’y entre point d’air nouveau , Çarce que l’efprit de feu ayant seulement un courant fous, différentes colonnes, il ne peut empêcher que l’efprit d’air des petites feuilles ne s’uniste aux colonnes d’air, en fe saisissant d’autant d’esprit de feu } ces feuilles une fois remplies font repoussées , & restent fans action à la circonférence du verre jufqu’à leur décharge. J’ai présenté le doigt au côté , vis - à-vis quelqu’unes de ces petites feuilles. On voit souvent'celles vis - à - vis de ce doigt, donner cours à l’efprit de feu qu’elles contiennent, ,par un petit mouvement qu’aucune des autre? environnant ne ressent. On ne peut donc .révoquer ;en doute.ee passage de l’efprit ce feu ^ électrique.à< travers le verre , quoiqu’il en soit en- _vitonné par fatrnofphere qui s’y forme.,; cette atmosphère ne s’y forme assurément qu’après avoir d’abord. rempli perpendiculairement , Sc en tout sens, tous les pores de ce verre , dont l’i- jiactioaríe nous permet pas dte jqger.aisément dans bien des Expériences. La pluçie agitée dans le cylindre vuiae d’air &,autres Expériences dp cette efpece , que Monsieur Franklin .rçjettej fftns, nous eq donner la cause , fe trouvenp expliquées par ce m'échanifme. * , . (.:■ ' - - : o. - . - . L . i* - Expérimentait. 1 6) OBSERVATIONS SUR LE CINQUIEME EFFET. JLa charge réside dans la matière non éleélrì - que , elle forte le contaél . Z. r. Elle rélìde dans la matière , cela est certain. Nos Observations & le méchanisme en font d’accord, auísi-bien que l’Expérience, puisque tenant un verre d’eau chargé d’électricité , fig. 53. ci-devant plane. 5. l’ayant retiré tout doucement de dessous le fil de fer, je porte le contact: à celui fur qui je verse la premiere goûte d’eau. S- 2. Cette Expérience est assez diiïìcile. Jel’ai recommencée plusieurs fois, pour m’en aíîùrer. J’ai penché l’eau au bord pendant qu’on électrisoit, afin de préparer la voye , c'est-à-dire, l’atmosphe- re , sans quoi il y a comme impossibilité de réussir : parce qu’en versant, quoi qu’insensiblement, l’esprit d’air a le tems dg^repousser l’esprit de feu. L’eau ayant donné son.fi?U Electrique au corps mon électrique , c’est-à-dire.,main sur laquelle on l’a jettée , j’ai remis de l’eau dans le verre ; cette eau a encore donné quelque ligne.d’électricité , & en présentant au dedans un petit liège , il est:, poussé au verre 3 : prçuve infaillible que la charge n’eít que dans la matière. Quaiqu’il arrive qu’une même bouteille chargée de limaUp ou plomb tranfi. vase dans un gobelet mis fur ^..gâteau ou dans une autre bouteille, ne rassçmble rien, & qu y, remettant de nouvelle matier/e , elle donne une marque d’éle$riçité , tout cela ne prouve rien ste 16 ^ Electricité contraire. Dans l’instant qu’on a retiré la bouteille du conducteur , fans fil de fer adhérent, l’air est en pression, & tend à renvoyer l’esprit de feu dans le verre ; & st-tôt qu’on touche , qu’on ôte , ou qu’on verse , l’esprit de feu électrique de chaque corps est rechassé successivement au fond , tant qu’il y a adhérence: & insensiblement il ne reste plus que l’efprit de feu accumulé dans le verre , il a son atmosphère, comme au cylindre. N’ayant pû être totalement détruit par l’écoulement , les petites feuilles y font poussées & repoussées à l’approche du doigt. Si on met de nouvelle eau ou autres corps non électriques en proportion de la bouteille, cette derniere matière ayant reporté des canaux à cette atmosphère qui environne le verre , la premiers f iarcelle de matière, porte l’efprit d’air, qui se sai- it d’autant d’csprit de feu , & par continuité les àutres, & la bouteille est rechargée; mais elle a beaucoup perdu de fa force. D’aill 'urs je demande si c’est dans le verre que réside la charge qui fe fait au conducteur ; on en a souvent de fortes étincelles. Ce n’est donc qu’au respect des corps non électriques que la charge fe fait. De l’eau qu’oa jette avec une feringu? à iìne personne fur un gâteau , & dont on tire reéìitêelle , celle qui tombe par continuité dans un vaso fur un gâteau,& qui porte aussi l’étincelle , marquent bien que la charge est dans la matière. Le verre n’est que le réservoir 01 * s’accumule l’esprit de feu, & dont la disposition Stt la nature donnent lieu à la charge, comme la fontaine de héron dotme lieu à une plus violente compression que le sirfVple jet, fig. 8. plane. 1 . ci-de- vant, qui n’a qu’uttépremiere chuté de l’eau dans ì» colonne d’air,au ltetì que l’autre a deux contre une. Ayant donc rempli cette fontaine de héron , si§. Expérimentale. 1 6 5 6 z. plane. 6. par le petit canal E. qu’on a renverse pour cet effet; ayant ensuite mis un bouchon à ce tuyau E. on redresse la fontaine , le jet en liaut. Sur le champ une partie de l’eau Ae se porte en la boule B. en repoussant l’air ; & l’espace A. B. se trouve vuide d’air grolîier. Jettons promptement de l’eau dans le godet C-, toute la masse C* fur le champ fait choc contre l’eau B ; & l’eau B. trouvant une issue bien libre , s’élance avec violence , & fait un choc contre l’eau supérieure A. dont l’élasticité & le choc font monter cette eau à un pied, & plus, au-dessus de son niveau. 5- 2. Nous reconnoissons même dans cette Expérience tout l’effetdela commotion, par le ressort de cet esprit d’air, qui étant plus léger entre les deux bouteilles A. B. l’esprit d'air relserré Sc allié par l’eau étant beaucoup plus pesant, y fait d’aur tant plus de progrès en chute, qui se marque au jet qui fort avec impétuosité. Ce jet forme contact: à la rencontre, avec vent & son , par son activité à frapper la colonne d’air qui lui résiste. §. 3. Dirons-nous à présent que cette compression vient de la bouteille ? La proposition seroit bien absurde & ridicule. Nous conviendrons donc que cette compression est dans la matière, c’est à- dire dans l’eau , au respect de l’air ; que le verre est le contenant qui a facilité la raréfaction de l’air, qui étoit intermédiaire aux deux phioles A. B. de même que l’esprit de feu électrique à la faveur du verre est en atmosphère autour des petits canaux, qui contiennent la matière, la charge : ils son c comprimés avec d’autant plus de force, qu’il se fait une chûte , un ressort , une nouvelle activité pour vaincre cette matière assemblée entre ces deux atmosphères, comme nous avons dit à l’arti- cle précédente L iij Electricité J 66 OBSERVATIONS SUR LE SIXIE’ME EFFET. La bouteille chargée pur le conduiseur , ou cite cylindre , entretient son atmosphère an dedans , lorsqu elle es sur des corps éleclrì- ques ou suspendus d des corps cleBriques - mais fi on approche , lo. un corps non électrique , ou qu on la prenne dans la main y le courant d'esprit de feu change de direction avec aigrette. 2°. Un grelot suspendu d. côté de cette bouteille , esl poussé & repoussé suivant ce changement d'aBiop. 30, Deux bouteilles que l’on tient chargées ^approchées l'une de l’autre , ne se déchargent point. 4 0 . Si on approche l'une k côté de Cautre , elles se déchargent toutes deux . 5 0 . Une bouteille chargée & approchée £ une autre qui ne l'eflpoint , la personne ressent la moitié du coup , & Its deux bouteilles font d demi-chargées. 5. r. Ce sixième effet a son jeu & méchanisme dans faction de l’air & de l’esprit de feu, qui varient & rétrogradent suivant l’impulsion tpsun nouvel esprit d’air leur occasionne. Expérimentale . l6j I. Expérience » Z. 2. La bouteille chargée par le crochet ou pat le côté , étant tenue par un cordon de soye , fig. •63. plane. 6. on ne remarque aucune aigrette au. fil de fer -A ; l’air ne peut agir sur ces petits canaux , limaille ou eau , au dedans de cette bouteille , à cause de l’atmosphere d’eíprít de feu dominant', marqué par des rayons. I I. Expérience. S- 3-Mais portons-nous la main droite au cul de cette bouteille, en la lâchant de la gauche, fig- 64. plane. 6. l’atmosphere du feu électrique de l’Expérience ci dessus , s’écoule d’abord par cette main parce qu’alors l’air agit fur chacun de ces- petits grains.chargés ; il comprime & chasse l’ef- prit de feu, au même instant que Pair a pû péné-^ trer l’atmofplxere du dedans de cette bouteille, às la saveur de l’écoulemenc qui s’est fait par la main de dessous. Cet air force l’efprit de feu de l’at- mosphere du verre au-dessus de la limaille , de remonter par le fil de fer, où il se fait deux courants- jufqu’a ce que l’équilibre soit rétabli. Ce courant ne peut se succéder au fil de fer , sans fe marquer au dehors.; vû que l’elprit d’air entrant pourrem-i, placer, fait contact avec l’esprit de. feu sortant, Sc. cause ainsi l’aigrette^ S- 4. 11 faut faire attention que lorsqu’on. dit. ici , & dans bien d'autres occasions , que l’air ne, peut entrer à cause de l’atmospherece n’est qu’ait respect d’une action marquée & caractérisée au dehors car tenant la bouteille par le cordon de soye,, Liiij Electricité elle ne se déchargeroit pas moins insensiblement: parce que cet air environnant, tendant à son équilibre , prendroit enfin le dessus , & il n'v auroit plus d’Electricité. Cette compression se fait sains flâme, comme aucylindre, des que le srotement cesse. Z. 10. Lc ii. du 5 e . ester. chap. 4. III. Expérience. S- 5. Qu’on présente au fil de fer ou à la bouteille une petite balle de liège tenue par une soye. Ayant une sois touché le fil de fer , elle est fort repoussée à la circonférence, comme lorsqu’on la présente au cylindre pendant le srotement. La cause est aussi la même. Z. 10. du 5 e . effet, chap. 4. IV. Expérience. 5- 6. La bouteille fur le plateau de vêrre , fig. 6;. plane. 6. où tenue par le cordon de soye , est la même chose ; on en fait sortir l’aigrette en portant la main au corps de la bouteille. 11 saut que la bouteille soit bien chargée pour ces Expériences. V. Expérience . $. 7. Si on suspend un grelot par un petit fil d’ar- gent à 5. à 6. pieds de hauteur, & à 4. ou 5. pouces de la bouteille , fig. 66. plane.‘6. la bouteille bien électrisée, dans cette position le grelot n’agit point, l’esprit dc feu est dans Pinaction, Pair le comprime fans courant. Le grelot lui offriroit bien un petit canal, si l’esprit de feu ne replioit de la même maniéré qu’il est entré , jusqu’à ce qu’on lui présente un corps,Jqui perce la premiere atmofi. Expérimentale. 169 phere, Sc occafione la répulsion de l’esprit de feu des petits canaux au dehors du verre, ainli que nous aurons lieu de le remarquer dans les Expériences suivantes. §. 8. Si on porte le doigt ou autre corps non électrique au fil de fer , fig. 67. plane. 6. au même inítant l’esprit de feu, qui étoit réservé en atmosphère dans le verre, au-dessus de l’eau , ou limaille , prend son cours en perte par ce corps non électrique préíénté. ( On dit en perte, quand l’ef- prit de feu ne peut s’accumuler. ) La colonne B. d’esprit d’air, Sc successivement l’air, ayant trouvé jour à pénétrer l’atmosphere, agit sur les petits canaux , Sc tend à chasier Sc comprimer l’esprit de feu de cette seconde atmosphère. S’il fe présente le moindre petit canal, l’esprit de feu s’échappe en suivant son cours , la bouteille ayant été chargée par le crochet. L’esset est cependant le même chargée par le côté, parce qu’il ne se peut faire de courant diffèrent ; loríqu’on présente un canal en perte par le crochet , l’esprit d’air détruit- également l’atmosphere , Sc passe ausc petits canaux , ensuite repousse l’esprit de feu à travers le verre, si le canal qu’il trouve peut dominer; aussi le grelot ne peut rester fans que l’esprit d’air dont il est conducteur, ainli que Ion petit fil d’argent extrêmement fin, ne fasse une chute dans cette atmosphère, Sc n’y établillc un courant d’esprit de feu, qui retient d'autant ce grelot au corps de la bouteille. L’air environnant resserrant l’atmosphere qui diminue, pousse Sc maintient le grelot contre le verre. Lorsque ce grelot s’élance fur une forte atmosphère , en apportant l’esprit d’air , sa chute plus vive , l’agite, Sc le fait circuler autour de la bouteille. Ce corps rond en arrivant avec vitesse , 170 Electricité ne peut dans cette chute violente rester à fa colonne. L’esprit de feu est supérieur, il tend à écarter l’air à la circonférence ; dès que ce grelot a été écarté, il tombe sur une colonne latérale , circulaire à la bouteille ; quelquefois il fait le tour, l’L- lectricité étant très-forte, le plus souvent il est renvoyé ; son à plomb l’entraînant , il est balancé jusqu’àce qu’il puisse se tixer. Cet effet arrive souvent avec stâme par Inactivité de l’esprit de feu à s’unir, & à percer à côté de l’esprit d’air. VI. Expérience. Z. 9. Si on présente le doigt B. au corps de la bouteille, fig. 68. plane. 6. diamétralement au grelot , ce grelot est repoussé ; parce que l’esprit d’air ne faisant plus sortir d’esprit de feu en perte par le crochet A. faute d’un écoulement dans les petits canaux , il n’y a plus de courant , plus d’action ; l’esprit d’air que le grelot apporte, est trop peu : le canal que le sil d’argent offre, n’est pas non plus suffisant pour donner l’écoulement à l’esprit de feu des petits canaux , & par-là operer la décharge de l’atmosphere supérieure C ; ainsi il est obligé de reprendre son à plomb. Cette atmosphère n’é- tant pas détruite si subitement , on est obligé de porter le doigt à la bouteille. Ce doigt dans l’ins- tant portant beaucoup d’esprit , d’air à cette atmosphère , le canal qu’il ouvre à cet esprit de feu , la détruit bien plus vite, & le grelot quitte la bouteille plutôt 5. 10. J’ai vû quelquefois un contact à rapproche du grelot à la bouteille. La cause est la même que celle qu’on a donnée au S. 3. sur le troisième effet de ce chapitre.. Expérimentale. 171 S. 11. Le doigt qu’on porte au fil de fer, ne donne point de contact, ou du moins très-peu ; parce que l’cfprit d’air nouveau est en action de répulsion, & qu’il s’unit en compression, lans trouver de résistance contre un corps qui s’en va. VII. Expérience. 5- 12. On prend deux bouteilles à l’eau non armées, qu’on charge par les crochets : tandis que vous tenez ces bouteilles de chaque main , approchés les crochets l’un de l’autre, vous ne relìentés aucun choc, contact , ni étincelle, fig. 69. plane. 6. Tandis que nous tenons une bouteille chargée, l’ef- prit de feu électrique a un écoulement en perte par celui qui tient, * & un dans l’air par le fil de fer. La péfanteur de l’air chaste & comprime la premiere atmosphère A. ensuite la péfanteur de l’air B. agissant de la même maniéré sur l’eau , limaille ou plomb , qui sont autant de petits conducteurs, rétablit insensiblement l’équilibre, en y substituant un autre esprit d’air & de feu ordinaire , &c. Ainsi approcher une bouteille chargée à une chargée, il n’y a ni étincelle ni choc ; le fluide électrique n’a aucune aptitude à changer son cours: l’air fait le même ester fur les deux. Elles ne le déchargent que comme elles auroient fait lans être contigues ; chacune a son écoulement distinct , & il n’importe que ces bouteilles soient dorées ou non. ( On dore les corps des bouteilles depuis & compris le cul jusqu’aux deux tiers du corps , quelques-unes moitié. ) Distinction que M. Franklin a omis , & qui est essentielle , au moins dans les Expériences suivantes, * On a mis des petits rayons aux mains, pour marquer ce courant. >72 Electricité puisque les effets font differens. Pour faire sentir cette difference , on remarquera dans la gravure une hachure plus pleine & plus noire , qui fera connoître celles qui font dorées. J’ai mis une f aux Expériences que j’ai cherché avec les bouteilles non armées, pour venir en comparaison avec celles armées de M. Franklin. Vm. Expérience * t 5. 13. Touchés le côté de l’une des deux bouteilles ci-deflus au crochet de l’autre, il n’en résulte encore aucune étincelle , fig. 70. plane. 7. Dans cet état rien n’innove en faction électrique ; chaque bouteille a son courant en perte par les mains qui tiennent , & l’air agit de même qu’en l’Expérience ci-devant. §. 14. Mais si vous posés une des deux fur un Corps électrique , & que vous la preniés par le crochet, approchés le côté de cette bouteille au crochet de l’autre, il en résulte quelquefois une cteincelle, fans que les bouteilles soient déchar- gées. 5. 15. M. Franklin a fait ces Expériences avec des bouteilles garnies r aufíì l’eflet n’est pas de même , puisque tenant la bouteille A. par le crochet , fig. 71. plane. 7. la bouteille B. tenue dans la main, comme ci-devant, a fa direction & écoulement de l’esprit de feu électrique par cette main B. & par le crochet C. seulement dans l’air. i/esprit de feu ne s’unit pas au corps A. pour s’échapper par cette main A. qui n’établit point de canal en perte à l’esprit de feu, par un écoulement subit , faute de pouvoir pénétrer l’atmosphére des petits canaux, donc Faction & décharge avec Expérimentale. j 7$ le tems, se tourneroic cependant imperceptiblement en renvoi par cette main A. L’air & l’ef- prit d’air environnant, ne fait que comprimer séparément l’atmoíphére de chaque bouteille : la direction de cet esprit de feu, ainsi fixée dans chaque atmosphère, l’air environnant , dis-je , les assaille également ; au lieu que li l’esprit d’air arrive par un corps non électrique, qui produise un échappement subit de l’esprit de feu , les deux atmosphères se détruisent sur le champ ; ce qui forme la commotion & décharge des deux bouteilles. 5- 16. On trouve quelquefois un simple contact à l’union des deux courans de matières électriques, surtout si la bouteille est humide ; quoiqu’il puisse arriver par la grande charge de la bouteille, & par la chute précipitée de l’esprit d’air dans l’atmof- phére, & par l’union de l’air, environnant à son équilibre. IX. Expérience, f $. 17. Approchez les crochets l’un de l'autre, on lent la commotion , & une des bouteilles n’est point encore déchargée, c’est-à-dire, celle qui est tenue par les crochets,fig. 72. plane. 7. & l’autre B. l’elt proportionnément à l’écoulement qui s'est fait au moment de l’attouchement : si on fait toucher plusieurs fois de la même maniéré , la bouteille B. se trouve alors déchargée entièrement. La bouteille A. donne une forte commotion en la prenant lorl'qu’on y porte le doigt; d’où il est aisé déjuger que c’est la bouteille B. qui a donné la première commotion, pujsqu'elle est déchargée : ces essets font en tout d’accord avec le méchanilme. 174 ■ Electricité Ce méchanísme íè présente ici différemment * l’esprit de feu électrique est naturellement en perte par le crochet, & par la main de la bouteille B. par la compression de la colonne d’air D. La colonne d’air C. agit très - foiblement fur la bouteille A. à cause de l’atmofphére premiere , qui fe coníerve à cette bouteille A. comme la main de la bouteille A. est un corps non électrique,qui apporte par le crochet qu’elle tient, de l’el- prit d’air , ainsi qu’un canal en perte à l’efpric. de feu. Cet air arrivant aussi subitement, que í’cf- f irit de feu s’éclipfe , & crevant tout d’un coup , 'atmosphère premiere de la bouteille B. & la iè- conde des petits canaux d’eau ou limaille , &c. on relient tout à coup le coup de la commotion, au moment de fa réunion à l’équilibre ; l’esset est le même, comme si on eût porté le doigt au crochet de la bouteille B. -aussi ne faisant qu’un même cercle , la bouteille A. n’a pas souffert la moindre décharge , puisque la prenant à la main , & touchant le fil de fer , on a, comme on l’a déja observé , la commotion de cette bouteille A. n’y ayant eu que la bouteille B. de déchargée. X. Expérience §. 18. Les bouteilles non armées ne fe chargent par les côtés , que comme un conducteur. JL’effet n’en est pas plus grand. Ayant retiré la bouteille qui touchoit par le côté au conducteur, si on porte le doigt au côté qui touchoit le conducteur, on a une très-foible étincelle avec un très-petit pétillement , fans rien remarquer, en touchant dans un autre endroit. Si on pose la bouteille fur un plateau , on observera de ne quitter le fil de ExplrìmentdU. 175 fer, qu’après qu’elle fera fur ce plateau ; la reprenant ensuite en dessous , fi on touche le fil de fer, on a l’étincelle du contact, c’est-à-dire , telle qu’au conducteur. La bouteille non garnie , fig. 73. plane. 7. que l’on tient par le crochet contre le conducteur , ne fe peut charger ; cependant l’efprit de feu qui perce , Sc entre vis-à-vis les rayons qui partent du conducteur, va en perte par la main qui tient le fil de fer. Comme il ne fe fait point ici de courant d’efprit de feu électrique , & d’efprit d’air , mais feulement un écoulement en perte de l’efprit de feu électrique , par la main de celui qui tient la bouteille , les parcelles de limaille ou colonnes d’eau , répondant au fil de fer par la main, ne font que comme un simple fil de fer, ou tringle de communication, où l’efprit de feu n’a pû s’ac- cumuler au degré de chaisier l’air , & d’y former atmosphère. Ainsi on n’en peut tirer qu’une simple étincelle : encore doit-elle être tirée de l’en- droit par où ce feu électrique est entré , & feulement vis-à-vis ; parce qu’ayant retiré la bouteille du conducteur , fig. 74. plane. 7. faction électrique est changée ; il n’entre plus rien par le côté qui touchoit au conducteur ; au contraire l’efprit de feu de l’atmofphére le dissipe par la main : l’efprit d’air abonde en charge fur les petits canaux; Sc fa sortie par le chemin qu’il s’est frayé , occasionne une foible étincelle; parce que l’efprit de feu s’unilsiant, & rétablilïànt l’équílibre, l'air fait un petit choc à fa réunion , bien diffèrent néanmoins de celui qui fe donne à la rencontre d’un pareil air, & lorsqu'il s’élance avec violence en Traversant son atmosphère. Ici cé n’est que son union à son équilibre, i’acmosphére cessante ; ce j 7 6 Electricité 3 ui doit s’entendre pour toutes les Expériences e cette espèce. ' II. Expérience . S. 19. Les bouteilles armées se chargent par le côté , & il est indiffèrent de toucher la dorure par le côté qui étoit adhérent au conducteur , ou par deílòus ; il suffit qu’on en touche la dorure, pour avoir la commotion. Ce méchaniíme différé donc, à cause que U bouteille est garnie , fig. 75. plane. 7. Cette bouteille A. en cet état, est comme une personne sur le gâteau : cette personne est le corps non électrique adapté en armure à la bouteille touchant au conducteur. Le verre intermédiaire à la personne qui tient la bouteille par le crochet , est le gâteau, qui porte à terre par la main qui communique au plancher, par où se fait l’écoule- ment de l’esprit de feu. ’ ; L’attouchement dans ce parallèle, est cependant diffèrent, l’un ne donnant que le contact ; au lieu qu’avec la bouteille , on reçoit la commotion. La commotion est à raison de la limaille , ou eau, &c. intermédiaire qui reçoit une charge, & qui fournit ensuite une seconde atmosphère au verre, & la bouteille se trouve chargée comme lì on la tenoit par le cul, excepté que la perte d’eí- { >rit de feu électrique s’en va ordinairement par e dessous, & qu’en cette espèce » faction est retournée : ce feu s’échappe par le crochet , ce qui arrive toutes les fois qu’on charge par le côté. L’el- Î >rit de feu électrique & l’air , ont par continuité e même courant fur l’armure ; cet esprit de feu Expérimentait. p íènd son cours au total fur chaqùe partie de limaille à côté de l’esprit d’air , gagne ensuite lo delTus , & forme atmosphère ; le superflu a sa force & résistance contre l’air , il s’échappe par la main qui tient le crochet. La bouteille non armée n’a pas moins ses petits canaux ouverts, & prêts à recevoir l’esprit ds feu ; comme cet esprit de feu n’arrive que vis-à-vis l’endroit qui porte au conducteur, ce peu qui arrive , se propage sans pouvoir fournir à toute la matière, comme fait l’armure, qui assemble dans l’instant beaucoup de feu, & à suffire pour former l’atmosphére indispensable en cette action. S. 10. On ne conviendra point ici, qu’il faut que la bouteille chargée par le côté , se décharge par le côté , puisque le côté opposé à la charge, Comme le dessous de l’armure , où la moindre partie touchée la décharge également ; chacune de ses parties étant contigues , elles ne font qu’un même corps , dont l’Expérience nous vérifie le fait. Si M. Franklin eût pris la bouteille dans ía main , dans la forme qu’on a dit ci-devant, Sc qu’il eût ensuite porté l’autre main au crochet , la commotion qu’il auroic sentie , ne lui auroit par permis d’avancer ce fait; parce qu’il est fort indifférent que l’effort se salle d’un côté ou d’un autre , lorsque l’agent qui frappe , a de quoi exercer son action. XII. Expérience. S- 2t. Prenez deux bouteilles armées, chargées par les crochets , une dans chaque main ; app-o- chez leurs crochets l’un de l’autre , iln’en résultera , ni étincelle, ni choc ; le méchanisme est lei M t7$ Electricité même qu'au paragraphe la. ci-dessus, septième Expérience. XIII. Expérience. Z. 22. Posez une des bouteilles armées fur le verre : levez-la par le crochet : appliquez son crochet au côté de l’autre ; il y aura une explosion , & les bouteilles seront déchargées. Nous avons à remarquer, que cette Expérience ne s’accorde point avec la huitième , quoique la même dans le contact. L’armure change tout le méchanisme, fig. 76. plane. 7. & donne lieu à une chute d’esprit d’air dans l’atmosphére de la bouteille B. ce que la bouteille simple non garnie ne sait point; elle ne donne point de courant à l’esprit de feu , lorsqu’on les approche ; au lieu qu’en celles armées, l’esprit d’air de l’armure A , qui tombe dans l’atmoíphére du fil de fer & bouteille B , chasse tout l’esprit de feu de cette bouteille B par la main qui la soutient, en détruisant les deux atmosphères. De même que l’air C , arrivant à la bouteille A , à cause du courant que l’armure a occasionné, détruit la premiere atmosphère , Sc donne cours à l’esprit de feu électrique des deux côtés ; sçavoir l’esprit de feu électrique des petits corps & canaux dans l’armure A , & successivement par la main B , tandis que l’esprit de feu de la premiere atmosphère , s’échappe en perte dans la main qui tient le crochet A , de forte qu’il ne subsiste plus d’atmosphére. L’union de l’esprit de feu en s’échappanr, a fait un vuide très - léger ; l’air circulant auísi vîte pour rétablir l’équilibre, on en reçoit toute la charge, & la pesanteur en-contrc coup. Enfin les deux bouteilles Expérimentale. 179 sont déchargées, en se vuidanc l’une par l’autre, comme un même canal. XIV. Expérience. * z. 2;. Siau lieu de faire toucher le crochet au côté , vous faites toucher les deux crochets, on relient la commotion ; la bouteille tenue par le crochet, n’eíl point déchargée ; le paragraphe 17. de l’Expérience 9. reçoit ici son application ; l’ar- mure ne change rien à l’atmofphére du dedans de la bouteille en fe touchant par les crochets, ainsi il fuífit d’y renvoyer. XV. Expérience . Z. 24» Chargez deux bouteilles, l’une par le crochet, l’autre par le côte ; appliquez le crochet de l’une au côté de l’autre , il n’importe pas , il n’y aura, ni choc, ni étincelle. La huitième Expérience ne sembleroit différer en rien avec cette derniere ; cependant nous observerons d’abord , h{=>- 77 ' P^nc. 7. que la bouteille B. a été char- gee par le crochet, & qu’on la tient par le côté. La bouteille A. chargée par le côté , est tenue par le crochet, ainsi tenues, elles conservent leur action électrique dans le même état que pendant leur charge. L’écoulement de l’efprit de feu électrique de la bouteille A , s’est fait par le crochet ; * ainsi l’efprit de feu électrique est dans cette même direction. Celui de la bouteille B. est en perte * Les rayons pointés qui partent de côté, oirt été mis pour distinguer toutes les bouteilles chargées par le côté. Electricité par la main ; tous les deux tendent à s’étoigner l’un de l’autre par faction de l’air C. qui fait échapper les deux atmosphères par la main A. au lieu de faire venir l’esprit de feu en chute dans le même courant ; ce qu’il faut pour produire le choc & la commotion ; l’efprit d’air de l’armure ne fait point de chute au crochet B. parce qu’il ne peut mouvoir aucune colonne qui lui facilite un vuide , où il ait prile,comme la fontaine intermittente, quand l’eau est au-dellùs de l'on trou , §. 11. i oe. Expérience , & la note. 2e. effet du présent Chapitre; car dès que les petits canaux ne le prêtent point à recevoir lefeu qu’il faudroit qu’ils entraînent pour circuler aíîèz,& faire la décharge de l’atmofphére , la bouteille A. ne peut exercer d’action fur la bouteille B. elles íe retirent aussi vite l’une que l’autre: ainii point de décharge : cette Expérience est la même que la septième ci-deílus. XVI. Expérience. S. 25. Posez sur le verre celle que vous teniez par le crochet, levez-la ensuite par les côtés, c’est-à-dire, la tenant à la main. Présentez les deux crochets l’un contre l’autre , il y aura explosion & décharge des deux bouteilles. Dans cette Expérience , fig. 78. plane. 7. faction est la même qu’en la treizième. La bouteille B. donne cours à l’esprit de feu électrique par la main dont on la tient. Le crochet de la bouteille A. par sa charge, a son cours par ce crochet ; son union avec le crochet B. ne fait plus qu’une même tendance & courant. L’esprit d’air de l’armure de la bouteille A. chargée par le côté , trouve des colonnes & cercles flexibles par la main A. qui em- Expérimentale. 181 mcne d’autant l’elprit de feu, & ainsi en perte par les deux mains ; ces deux bouteilles font en tout en union & parité. Elles ne font qu’un courant cfefprit de feu à leur approche. Cette approche fi subite , écartant tout a coup l’esprit de feu électrique , l’air agit , & reprend équilibre en lçs déchargeant toutes deux , par le renvoi en contre coup dans les deux mains.. XVII. Expérience. * 5. 26. Si au lieu de présenter les deux crochets » vous présentez indifféremment un des crochets au côté, il y aura commotion , & la bouteille donc le crochet a touché, est déchargée. ; i’autre redonne la commotion en y touchant avec l’autre. main. Cette Expérience présents le même courant au feu électrique, que celle ci- devant. Mais le mé- chanifme est bien diffèrent dans faction, fig. 79. plane. 7. La bouteille A. est dans l’efpèce de la neuvième ci-dessus ; étant approchée de B. par lec côté, l’-eíprit d’air de l’armure de la bouteille, opère le contact & commotion en renvoi par la main. A. comme si.on te noir au lieu de l’armure un simple fil de fer ; l’esprit de la bouteille A. n-’ayant son cours que par le crochet, ne reçoit point de contact ; les rayons de feu qçi’on figure à la main A. font en Í )ertede la bouteille B. ainsi l’un va par un côté & 'autre par l’autre, Au h'euqu’en l’Expérience treizième , S. 2.2. le courant de l'efprit de feu accéléré toujours, & tombe dans. l’armure ; conséquemment ces bouteilles doivent se décharger toute*, deux. EliBridti 182 XVIII. Expérience* * 5. 27. Les deux bouteilles chargées, l’une par le crochet, l’autre par le côté, posez sur le verre celle que vous teniez par le côté , reprenez-la par le crochet : approchez les deux crochets l’un de l’autre , il n’y a ni étincelle ni commotion. L’esprit de feu électrique des deux bouteilles A. B. fig. 80. plane. 7. a Ion cours en perte par les mains qui tiennent les crochets, quoique le courant de la bouteille B. dût renvoyer son feu électrique £ ar l’armure, & la bouteille A. par le crochet. ,’air environnant l’armure B. ne donne point de cours à l’esprit de feu ; or il n’y a point «'écoulement précipité. Chaque bouteille se décharge par la compression de l’air qui fait fluer l’esprit de feu par les deux mains, fans arriver des deux côtés. Ce feu électrique a plus d’aptitude à suivre celui des atmosphères , que l’air fait toujours remonter par les mains ou crochet A. B. 11 ne faut point perdre de vue que l’atmofphére de feu électrique prend toujours son cours par les crochets, pendant que l’air chasse & rétablit l’équilibre dans les petits canaux de l’eau ou limaille. XIX. Expérience . * 5. 28. Si on approche les deux côtés des bouteilles de la derniere Expérience tenues par les crochets, on reçoit la commotion, Sc les bouteilles font déchargées. Ces deux bouteilles, fig. 81. plane. 7. approchées par le côté , forment la même marche électrique qu’en la seizième Expérience. Cet ef- Expinmtntale. I.fîj prit de feu électrique en sortant de la bouteille B* prend un cours direct dans le corps de l’armure A. & en perte par la main A. La secousse ou du moins la commotion se fait à l’ordinaire par L’aie qui reprend son équilibre. XX. Expérience . * Z. 29.. Si au lieu detoucher lesdeux côtés, on faîc toucher indifféremment se côté d’une des bouteilles au crochet de l’autre, ses tenant toujours par ses crochets, la bouteille dent 1e crochet a touché, reste chargée, l’autre se trouve déchargée selon la force d’Eleòìricité. Cette Expérience , 6g. 82. plane. 7. est la même que la neuvième ci - dessus. L’action électrique passe de la main B. en A. de même que si ce n’étoit que la main B. qui eût touché avec un simple 61 de fer. XXI. Expérience * * S 30. Deux bouteilles armées, électrifées pat les crochets , ensuite posées fur deux plateaux de verre , 6g. 83. plane. 7. touchant avec un arc de 61 de fer C. les deux crochets , les deux côtés, un; côté & un crochet, point de décharge des bouteilles; mais si on porte l-’arc du crochet d’unft bouteille à son côté, elle se décharge à l’ordinaire^ C’est 1e même essét, si on charge une bouteille par le côté , & fourre parle crochet. Le 61 de fer en touchant aux crochets , a donné- une petiteétincelle fort foible. Les bouteilles ou crochets A. A. donnent chacun un. courant à l’efprit de feu , fans avoir plu* Mr ÌÌÌ> 184 EUciricìtc d’aptitude à s’unir par cec arc , que par l'approche des mains ; mais établissant par l’arc un courant en chute , on en conçoit aisément la décharge-» suivant qu’on la démontré.. XXII. Expérience. * S. ;i. J’électrise par le crochet une bouteille non garnie de dorure , l'ayant poseé sur le plateau de verre ou corps électrique ; ayant porté l’arc* du crochet au côté plusieurs fois de fuite , la bouteille ne se décliarge point totalement : lorsqu’elle est armée , elle se décharge au contraire tout d’un coup avec éclat, en une seule fois, L’approche de l’arc à la bouteille non armée , rend communément une très-foible étincelle au £1 de fer;quelquefois il en donne une plus sorty avec éclat, fans que pour cela la bouteille soit totalement déchargée. 11 saut la toucher plusieurs fois, & même plus de douze fois, avant de la décharger entierement , l'esprit de feu fe conservant en renvoi alternativement au plateau. Ce même arc touchant au côté du crochet, presqu’à la surface de la limaille, on remarque une agitation très-sensible à quelques - unes des parcelles de limaille do la bouteille non garnie, L’arc qui touche ne présenté qu’une très-pe- rite décharge ou colonne B. à l’esprit de feu électrique , qui a son cours par ce corps, & ne tire qu’une étincelle , lìg, 84. plane. 8. Cet arc fur c© corps électrique, eu donnant cours à l’efpríc de fc-u , reçoit le contact de l’air environnant ,.qui s’unit & remplace les côtés de la bouteille, lorsque faction est violente : cequ'oo a expliqué , Z. r. ae. assec* Z, 3, 3e. effet, §. ro, ôe, effet de çe Chapitre* / Expérimentale. 185 5. ; z. Si la bouteille est armée , il est égal qu’elle soit sur un corps électrique ou non électrique. Cette armure , ainsi que nous l’avons observé dans l’action électrique , emmene & détruit l’atmosphére électrique sur le champ, par la quantité de ces canaux réunis au corps de la bouteille. La chute & le contact étant violons, l’esprit de feu exerce son action en tout sens : l’équilibre fe rétablit fur lechamp. Z. 33. La limaille qu’on voit agitée , tandis que le fil de fer est porté du corps de la bouteille non armée au crochet, marque l’action de l’esprit de feu électrique, que Pair agite en circulant par le petit arc qui lui offre un courant , & dont le renvoi avec é^lat à la bouteille garnie , détruisant l’atmosphére du dedans, rétablit l’équilibre. XXIII. Expérience, t §. 34. Deux bouteilles, fig. 85. plane. 8. armées & garnies de limaille, l’une A. chargée par le crochet, l’autre B. fans être électriíee , étant postes fur des plateaux de verre ; oes bouteilles fe touchant par leurs crochets ; si on touche les deux côtés de l’armure avec Parc, il te fait une explosion avec éclat. Celle qui étoit totalement chargée , fe trouve déchargée à moitié , & l’autre devient à moitié chargée. Si on touche les crochets, point d’effet. Sion touche du crochetA.au côté B. idem ; mais si on trouche du crochet B. au côté A. il y a explosion. Si les deux bouteilles font tenues dans les deux mains , & qu’on les approche l’une de l’autre par les crochets , c*est la même chose que Rapprocher Parc ; on ne ressent que U moitié du coup * fig« 86, plane. 8, ,86 Electricité EXPLICATION. La bouteille A. en action à rapproche de celle B. qui présente un canal en perte à l’elprit de feu électrique , détruit ainsi la premiere atmosphère. Ce feu électrique , par les mains ou l’arc f roduit l’écoulement des petits conducteurs de la outeille A. en B. L’esorit d’air qui succédé en A. pour rétablir l’équilibre , ne peut faire sortir le total de l’esprit de feu électrique, parce que cet esprit de feu arrivant en B. y prend son niveau par l’air supérieur qui le contrebalance, comme l’eau dans un siphon qui transvase une liqueur d’un vase dans un autre , sig. 87. plane. 8. Or la commotion n’est que de moitié , cet esprit de feu n’ayant fait qu’une sortie de moitié, la chute & renvoi de l’esprit d’air, 6c de Pair pour se remettre en équilibre, a fait moitié moins d’effort que pour vaincre le total. En touchant les crochets des bouteilles avec l’arc, sig. 88. plane. 8. cet arc ne fait rien de plus que la chute de l’air grossier; il pousse en renvoi l’esprit de feu électrique par le cul de la bouteille A. cette bouteille ne communiquant avec B. dans cette action , cette action , dis-je, est superflue ; elle ne sert ni à charge ni à décharge. XXIV. Expérience. * 35. Je prends une bouteille armée, ou non armée , je la pose contre ma jambe nue, ou couverte d’un bas de soye ou laine, tout est égal ; cette bouteille, fig. 89. plane. 8. est suspendue par une soye douBlée, pour empêcher cette bouteille Expérimentale, I %f de tourner* Je porte de l’autre main un bout de i’arc à ma jambe au côté opposé à la bouteille , ou vis-à-vis le corps de cette bouteille , & l’autre bout de cet arc au crochet de la bouteille ; aussitôt je ressens la commotion dans le poignet , & à l’épaule du bras dont je tiens Tare ; * j’ai encore senti au même instant un froissement à la jambe vis-à-vis la bouteille. S» 3 6 . Dans toutes les occasions où on s’est servi de l’arc pour toucher , celui qui le tenoit, n’a rien ressenti ; pourquoi dans cette Expérience la commotion se porte-t’elle au bras ? Cherchons cette cause , nous la trouverons dans les Expériences suivantes, par lesquelles nous reconnoîtrons que le feu électrique , qui a coutume de prendre le chemin le plus court, se détourne pourtant, lorfr qu’il est forcé. XXV. Expérience, * 5 - 37. Au lieu de Tare simple , je prends ut» autre arc qui a pour manche ou poignée un tube de verre , fig. 90. plane. 8. alors la commotion se porte à la jambe des deux côtés ; l’efprit de feu électrique fort par le pied , ce qui occasionne un tressaillement dans tous les dcigtsdu pied XXVI. Expérience . * S. 3 S.J’électrisede nouveau cette bouteille; la tenant suspendue, je porte un bout de l’arc simple * On a distingué ce paflàge & courant de Fesprìt de feu , & remplacement de Pair par des petits pointa » & des rayons pour la Jprtie de l’esprit de feu. ‘ï 8 8 • Electricité à l’armure de cette bouteille , & l’autre bout au crochet : elle le décharge, sans que je rellènte le moindre contact. Cette derniere Expérience nous est d’un fort indice pour le méchanil'me des deux antérieures. Les deux atmosphères de la bouteille que nous Içavons être au-delîus de la limaille , au verre & au-dedans , ou du moins autour de la matière, font forcées par l’esprit d’air qui arrive , & qui circule de l’une à l’aurre , jusqu’à ce que l’équilibre soit rétabli sans chercher à lortir par le bras. Les colonnes de part & d’autre qui accompagnent cet arc , cette courbe, n’ont pas plus d’apticude à céder. L’eíprit de feu trouvant à se décharger par ce fil de fer où est Patmosphére , la chute de l’esprit d’air s’y porte , fans toucher à ce bras qui n’a reçû- aucun courant. Mais quand la jambe est intermédiaire , alors ce courant interrompu, se porte de la jambe à l’épaule , au poignet, de - là à Parc , & de Parc à la bouteille , comme fi la jambe étoic une personne intermédiaire au fil de fer, & que cet arc sût une autre personne. L’atmosphére que fait ce torrent en palfant de la jambe au bras, remplacée aulfitót par Pair , porte le coup , le choc aux jointures, pendant que l’équilibre se rétablit. Dans la seconde Expérience , la colonne d’es- prit de feu n’a aucune aptitude à'prendre le long de la cuiflè & du bras. Ce chemin est fermé par le verre. L’esprit de feu électrique est obligé de prendre son cours par le pied : forcé de sortir à Parc de fer qui lui présente un canal en perte par le pied , qui ne sait qu’un même courant ; alors fa bouteille le décharge , Péquilibre se rétablit. Comme Pat- mosphére a pris ton cours par les pieds , la malle dç l’air y porte le coup^ Expérimentale. 1 3<) XXVII. Expérience . * S. 39. En cette Expérience , fìg. 91. plane. 8. l’Electtricité prend aulsi le chemin le plus court. Dans la position suivante, trois personnes reçoivent la commotion ; la personne Á. étant sur un gâ^ teau , ayant la main à la bouteille ; la personne B. sur une chaise, reçoit à sa jambe la main de la personne A. la personne C. porte aussi la main à la même jambe de la personne B. 6c l’autre main à la boule ou chaîne du conducteur. Cette Expérience , dis-je, prouve que l’Electricité passe encore à travers les chairs de la jambe B. lorsqu’elle est forcée , 6c qu’elle n’a point d’issue plus prompte, ou qui lui résiste davantage ; elle part par le pied de la personne B. où elle sait une pression subite : au lieu que si la personne A. n’est point sur un gâteau , la personne B. ne ressent rien , & si la personne C. touche, il n’y a qu’un contact au bras qui touche ; 6t comme la personne A. tient la bouteille , elle ressent pareillement ce contact. XXVIII. Expérience. * S. 40. Je mets mes deux jambes l’une contre l’autre, fig. 9 z. plane. 8. tenant la bouteille élec- trisée à côté ; une autre personne tenant l’arc, le porte au corps de la bouteille, 6c à mes jambes, au côté extérieur à la bouteille. Celui qui tient Tare , ne ressent rien. L’atmosphére ne se porte point au corps ; elle pastè à mes deux jambes cù. elle porte le coup, avec tressaillement 6c commotion , 6c s’échappe ensuite par les pieds où est la tmdance Sc perte de l’atmosphere, qui se forme au moment au choc, 1AS EltSficltl XXIX. Expérience, 5- 41. Deux bouteilles chargées posées fur une table à cinq ou six pouces de distance, l’une chargée par le crochet, l’autre par le côté , sig. 93. plane. 8. on suspend une ballade liège entre les crochets de ces deux boslteilles ; ce liège poussé par Pair de l’atmosphere du crochet B. en est repoussé avec l’esprit de feu électrique, dont il s’est chargé fur le champ en entrant dans cette atmosphère , jusqu’au crochet A. y décharge son feu. Kemporté de nouveau à l’atmosphére B. cette balle est successivement lancée de l’une à l’autre bouteille : au lieu que si ces deux bouteilles font chargées par les crochets, sig. 94. plane. 8. le petit liège n’est point porté au crochet A. plutôt qu’au crochet B. quoiqu’en dise M. Franklin , qui erre encore en fait, d’autant plus qu’on a peine à le faire toucher à l’un ou à l’autre. En approchant la balle au-dessus, au côté, le petit liège est toujours écarté. 11 ne devoit donc pas dire page 51. a> Lorsque le liège aura été attiré & repouste par „ l’un, il ne sera pas attiré par l’autre. Les deux atmosphères qui rendent l’aigrette aux ils de fer, n’ont pas plus d’aptitude à recevoir ce liège , l’une plutôt que l’autre. Ce liège entre deux forces qui le repoussent, n’a point d’action supérieure ; il est cependant fort agité. Car si on approche cette petite balle, ou plutôt les deux bouteilles à ia fois, à deux ou à trois pouces de distance , ayant soin de les avancer uniformément, alors la petite balle reste en équilibre : mais s’il arrive que l’une ait été plus approchée que foutre , la pethe balle tombe dans l’atmosphere ExptrìmtntaU. 191 la plus proche , saisit le crochet, & y relie tanc que l’atmosphere dure. Si la balle a trop d’écart, ou qu’elle soit d’une certaine pesanteur, elle s’en retourne entre les deux crochets , fans nouvelle action . Ce petit liège est-il détaché , comme il est empreint de l’esprit de feu , il a son atmosphère particulière , il est plus léger ; si on lui présente un corps non électrique , l’esprit d’air tombe dans cette petite atmosphère , « adapte à ce corps le liège mobile , par la pression de l’air environnant, jusqu’à ce que l’équilibre soit rétabli. XXX. Expérience . Z. 4 2. La bouteille étant chargée à l’ordinaire , si on quitte la main qui tenoit cette bouteille, pour la porter au canon ou conducteur , fig. 95. plane. 8. vous tirez une étincelle pétillante. Reportez-la une seconde sois , si l’Electricité n’est extrêmement forte, vous n’en tirez plus d’érincel- le ; mais allez à la bouteille, si elle est garnie de métal, vous tirerés l’étincelle ; si elle n’est pas garnie , vous n’avez qu’une flâme fans choc. Touchez la bouteille garnie plusieurs fois , vous n’en tirerés point d’étincelle que vous n’ayez retouché le canon. Ainsi il faut aller alternativement du canon à la bouteille. Le même jeu des étincelles se fait également étant fur le gâteau. 5 - 43- Que quelqu’autre personne tire la seconde étincelle, elle n’en recevra pas plus de feu électrique , l’atmosphere étant retournée. Elecîric’ui t EXPLICAT 10 N. Le frotement cessé , ayant porté la main B , l’esprit d’air qui arrive au conducteur, comprime Sc renvoyé Pesprit de feu Electrique au cylindre Sc à la bouteille , s’ils en peuvent encore contenir ; Sc ce conducteur sc trouve déchargé , par l’ex- pansion qui s’est faite de son atmolphere d’elprit de feu électrique environnant, tant au cylindre , à la bouteille , que par le canal en perte que la main offre en arrivant à cette atmosphère. Porte- t-on la main C. à la bouteille, elle fournit un écoulement en perte de la charge des petits canaux de la bouteille , la seconde atmolphere 1e détruit ; l’air qui a prise, renvoyé l’eíprit de feu de ia premiere atmolphere de cette bouteille au conducteur ; de sorte qu’y portant la main, après avoir quitté la bouteille, on relient un contact , 5 c il se fait pareil renvoi d’eíprit de feu & d’air , juí- qu’à extinction Sc réunion a l’équilibre. XXXI. Expérience. * 44. Je descends dans un récipient, la bouteille de limaille , chargée par le crochet; cette bouteille est tenue par une soye longue de trois pieds ; cette soye est attachée au conducteur ; le fond du récipient est couvert de plomb granulé , où j’ai semé de petites hachures de feuilles d’or. Je fais électriser fortement , ces petites feuilles ne donnent aucun signe d’Electricité; mais ayant joint ia chaîne du conducteur , fig. 96. plane. 9. jufqu’au crochet de la bouteille, dans Pinstant les petites feuilles sont agitées pendant quelque tems ; elles s’écartent Expérimentale. 19 5 s s écartent ensuite à la circonférence, 5 c ne donnent plus de lignes d’Electricité , quoiqu’on porte la main vis-à-vis. Mais lì au lieu de porter la main èn deíïous du récipient, on la porte à la chaîne de la bouteille , après avoir celle d’électriíer, dans l’instant ces petites feuilles font agitées de nouveau , poussées Sc repoussées avec vivacité, jufqu’à ce que l’atmof- phere soit totalement détruite. Si on met la main sous le récipient pendant l’électrilàtion, fesser ne continue pas plus, que lorf- qu’on a simplement touché , parce que la main Testant, emporte l’Electricité en perte. Z. 45. Cette derniere Expérience jointe aux autres , ne confirme t-elle pas évidemment tout Tordre & méchanifme de l’efprit de feu Electrique ; que ce ne sont point ici des efforts d’imagination hazardés. L’efpritde feu qui s’échappe par la soye,. est si subdivisé à l’insini , & fans ressort, qu’il fe perd fans faire d’atmofphere, où l’efprit d’air dur crochet de la bouteille puillè arriver, pour établir Í ar continuité un courant d’efprit de feu dans la outeille. La chaîne ou fil de sor qui joint le crochet , est dans Pefpecè ordinaire. L’efprit de feu étend, ses rayons , forme atmosphère au dehors de la bouteille ; cet esprit de feu 1e marque par l’agica- tion des petites feuilles : la main Ac donnant un libre cours au-superflu de la seconde atmosphère de cette bouteille, ces petits corps font aussi une petite atmosphère; une fois à leur point, l’atmos- phére extérieure de la bouteille prenant le dessus , ils ne marquent plus d’action ; ils sont écartés à la circonférence, & unis aux corps électriques , jul- qu’à ce que le feu de l’atmofphere soit tout dissipé. 194 Eleclrìcìtc Alors l’efprit d’air des petices feuilles arrivant de nouveau à l’atmofphere de la bouteille , agice encore les petites feuilles d’or. S. 46. Si on porte la main B. au crochet , en retirant celle A , n’établit-elle pas encore visiblement un autre courant à l’esprit de feu par ces petites feuilles, dont les atmosphères au dedans de la bouteille , & au récipient, fe trouvant détruites , donnent un libre cours à l’air pour agir ? Ces petits corps dégagés recommencent de nouveau leur jeu électrique. On s’est suffisamment étendu fur cette propagation du feu électrique. Le chapitre des articles séparés renferme encore des Expériences qui y auront rapport. Voyons à présent s’il ne nous reste plus d’effets nouveaux : la couleur , le vent, le petit cri ou son qui accompagnent les aigrettes , Codeur de ce feu électrique , & les pointes pour produire les écoulemens électriques , feront l’objet du Chapitre suivant, en quatre sections. Expérimentale. I 9‘) CHAPITRE VII. De l'odeur , de let couleur des aigrettes , du son , du vent ou sifflement , & des pointes pour produire les écoulemens Electriques. SECTION PREMIERE. De la couleur des aigrettes lumineuses & des étincelles électriques. S. i. T A couleur ne se présente à nos yeux que JL; rouge dans son principe Sc sa fin. Les étincelles des pierres à fusil & du briquée nous marquent ces disserences , §. 19. chap. 2. ainíì qu’un charbon bien consommé , lç champignon d’une bougie, d’une lampe , où l’air n’a plus d’ac- tion , n’est que rouge ; au lieu que le feu de flâme eít d’un rouge blanchâtre mêlé de bleu au sortir du corps combuitible ; ces mélanges nous laissent entrevoir toutes les couleurs des esprits dominans. Le feu mélangé à la terre, dégagé de i’air, est une pétrification dont le mélange produit une couleur jaune-citron ; mais ce feu l'e marque-t-il avec l’air par le frotement ou communication , le rouge , le bleu & le blanc s’y distinguent ,& le jaune est peu sensible aux yeux ; le rouge pour le feu dominant, le blanc pour l’esprit d’air, le bleu pour ìe firmament, comme l’orbe général de tout, Sc le citron pour la terre ou souffre allié au feu. 5- 2. De ces quatre couleurs naissent toutes les autres ; leur variété, soit dans les prismes, íòic N ij jrç6 Electricité dans nos yeux , ne vient que du plus de domination de l’une fur l’autre , qui en change les nuances & la transparence. Tout feu & lumière rend ces couleurs, fi on les observe avec les prismes. I. Expérience. * Comme l’Electricité est toujours le même feu, fa couleur ne s’échappe point aux prismes. Les aigrettes nous permettent peu de recevoir toutes les couleurs : mais fi on porte le doigt , & qu’on observe exactement à chaque étincelle ou contact , les couleurs s’y distinguent, comme en la ílâme de la bougie. S. 3. La consommation des corps terrestres mélangés & brûlés par les spiritueux , nous laifle une cendre grasse opaque , qui est le noir, dont le mélange aux autres remplit toute la variété de nos couleurs , dans leurs disserentes nuances ôc tons. IL Expérience . Prenés une baguette d’un pied & demi, atta- chés-y des rubans , qu’on nomme saveur , on peut leur donner un tiers d’aulne de longueur. On les éloigne d’environ deux pouces les uns des autres , & tenant la baguette par un bout, on les présente parallèlement au conducteur, à un pied plus où moins, suivant le tems , fìg. 97. plane. 9. Le ruban noir est poussé au conducteur de plas loin que les autres ; après lui le blanc , le rouge , le bleu, le violet, le jaune. §. 4. Cette approche , cette accélération dif- ferente des couleurs, est fondée en raison de leur légèreté, & certe légèreté à raison de l’esprit de Expérimentale. 197 feu qui y domine , & de la matière qui tient le grain de lbye plus ou moins ferré. Cette caul* Sc mcchanil'me est simple & sensible, quoiqu’elle semble se contrarier ; car si le noir est plus spiritueux Sc plus léger , il devroit être'moins poulie que le blanc , le corps plus pésant ayant plus d’ap- titude à tomber dans l’atmosphere électrique ; ce que nous éprouvons en cirant ou en mouillant le ruban qui approchoit le moins : car en cet état il s’approche & se précipite plus vite. EXPLICATION . 5- 5. Le ruban-étant très-électrique, la colonne de feu ébranlée se porte au ruban, pour y établir un canal en perte. L'esprit d’air environnant s’adapte à ce ruban, & le poustè en allant en chute au conducteur. Le ruban par fa couleur a le grain plus ou moins ferré x Sc l’esprit d’air y a aulîi plus ou moins de prise ; mais s’il est mouillé, ciré , ou gommé, l’air a bien plus.de prise , Sc ce ruban le. précipite plus. vite., SECTION II. Dtt sifflement , ou son clecïrique : avec vent*. 5- i. Ce- souffle y ce vent, est une suite deschú»- tes de l’air pésant dans les différantes atmosphères*, de fa sortie, de son entrée dans les differens canaux ; cette action ne se peut caractériser autrement : sa sortie, son entrée tranchéee , &prestée-ù ces canaux estinévitable..L’Expérience de l’éolipile si familière, nous dispeníè d’en dire 'davantage i 19 S Electricité cependant n’ayant pas toujours une éolipile foui nos yeux , qu’on observe à l'on défaut une pomme qui cuit ; souvent l’air y est (i comprimé par la raréfaction du feu , que cette pomme crève avec un cri ou sifflement : il en est de même de l’Llectricité , la compression de l’air environnant l’atmolpliére, & l’illuç que cet air a par les carrés ou pointes, où l’atmofpliére du feu n'est pas si réunie , que l’air n’y puilie entrer , & y prendre cours, en faisant sortir l’efprit de feu électrique , cette compression & issue , dis-je , ne le peut faire fans sifflement , cri ou son 8 z fans vent. Cet elfe t est une fuite dépendante de faction. SECTION III. De Codeur. 5. 1. L’odeur que le srotement produit , en accumulant l’efprit de feu électrique , est dure , pénétrante prelque comme le Phosphore d’Angle- terre, le soutire allumé ; c’est l’expulíion où départ des parties acqueufes , grasiès & terrestres de Pair grolììer, dont les colonnes font frappées & refoulées , que l’eíprit de feu électrique chaise des corps non électriques, ferrugineux & íulphureux. S. 2. Cette odeur tient toujours de la nature du corps qu’on électrile : car le plomb granulé élec- trifé , rend une odeur semblable à celle qu’on ressent , lorsque Pon fond du plomb. La même chose nous arrive dans le feu ordínai- -re : qu’on y jette un os, &c. l’odeur ne change- t-elle pas tout à coup par faction de ce feu à dissiper toutes les parties grasses. Le coussin, à cause Expirímtntflle. 199 du cuir qui s’échausse, rend une odeurd’un cuir approché du feu. Mais il ne se manifeste aucune odeur au verre, qui étant engendré dans l’élement du feu, est dégagé de toute terrestréité. SECTION IV. Des pointes pour produire les e'coulemens Electriques . Les pointes ont été l’objet du premier Chapitre, rélativement aux faits dont on a dévoilé Terreur Sc Tabus. L’inutilité des pointes & leur foi- blesie , a été légèrement retournée en puissance dominante ; c’est ce qu'il faut actuellement prouver. §. r. Nous avons démontré Terreur de soir, âc qu’il étoit faux que la pointe pût à un pied arrêter & dissiper TElectricité ; qu’elle ne Tarrêtoit pas même à un pouce de distance. Sa puissance est encore inférieure en tout point : car que je pré^ fente le doigt à un pied du conducteur étant fur le gâteau, je fuis plus fortement électrifé, qu avec la pointe d’une aiguille. L’Electricité fe communique à un guéridon de ser éloigné de plus d’un pied d’une chaîne qui tient au conducteur- z. z. Outre cette erreur que je veux bien pafler pour un instant, dès que je répondrai que cette- pointe âc mille autres, tel qu’un hérisson , fig. 105. plane. 9. exposées à Tatmofphere du premier moteur , ne produisent aucune diminution, que toutes se chargent également ; ce qui est un soit véritable , fi elles font íur de bons gâteaux , ou suspendues par des foyes. Je demande li je né puis, N iiij. LSS Electricité ras conclure avec plus de vraisemblance , que fa barre est de toute inutilité, Sc que le feu qu’ell* nous fait sentir & appercevoir, provient du premier moteur , & non du conducteur. 5 - 3. Je sçais qu’on a dit que le feu électrique fo portoit d’un nuage à un autre , 5 c que dès-là on tient que ces deux nuages font à l’instar du conducteur : fi on est rempli de son sujet » & qu’on aon- noilìè les effets de l’Eleétricité , on sentira d’abord combien on en a imposé ; parce que pour que le nuage soit à l’instar du conducteur, il faut qu'il soit ausii à l’instar des effets ; ce qui n’est pas à beaucoup près , car aux conducteurs il n’y a jamais de commotion , il n’y a qu’un contact. S, 4. Pour expliquer la foudre , on nous donne pour comparaison la commotion qui a un autre principe. Que l’Auteur & ses Partisans s’accçrdent donc avec eux-mêmcs, 11 ne faut pas que les parallèles discordent, sinon c’est un piege où l'on attrape ceux qui vont sur la foi des autres, & qui ne réflechillènt pas assez. Mais vient-on à l’Examen, la pointe est émoussée, affoiblie jusqu’à l’inutilité, par la fausseté de ces comparaisons, 5. 5, On a mis une barre d’où l’on tire des. étincelles pendant un orage ; on ne ressent plus rien après l’orage passée, donc la barre a détruit & dissipé l’orage. Voilà comme le Public raisonne. Raisonnons présentement par principe : en éta-. blislànt un courant dans les corps non électriques, ils n’expulsent point la matière, elle y réside toujours : ces corps ne fervent que de jeu & canaux capables de lui donner cours, dès que le frotement Ranime. C’est une montre qui a toutes ses roues toujours prêtes à marcher ; mais il faut que le mo- ICV.r soit mçrité , en for te qu’une parcelle ayant été Expérimentale. íot animée de cet esprit de feu électrique, elle communique aufli-tôt avec toutes celles qui lui font contigues, ainli que le choc des corps communique Ion action à toutes les boules qu’il touche. Cet esprit de feu arrivé au bout du conducteur , s’attache aux autres parcelles du dehors. Comme ce font autant de petits corps libres & legers, ils s’éçartent à la circonférence , tant que l’efprit de feu peut les pénétrer & dilater ; ensuite il rétrogradé en tout sens , ce qui forme l’atmofphére , ainli que nous Pavons déja expliqué, chap. 5. effet, §. 1. & 1. Cette atmosphère formée, il n’y a plus de courant, que ce qui s’échappe par les soyes ou support , ou lorsqu’on y porte quelque corps nouveau , comme si à un mouvement on joint de nouvelles roues, ou au choc des corps une augmentation de billes. Z. 6. Or la moindre parcelle d’efprit de feu électrique de l’atmofphere du frotement, fournit la vie & Pactivité jufqu’au dernier globule, où il puisse fe propager & exercer son action ; c’est-à- dire à tous les corps non-électriques suspendus ou soutenus par des électriques ; dès là si la barre tire son esprit de feu du premier moteur, oud’un corps de communication , auquel ce premier moteur fourniíìe , il n'y a point d’altér&tion. 5. 7. Si on établit une communication du plancher à la terre par un fil de fer , qu’on a indiqué pour faire l’écoulement de la nuë électrique , l’é- coulement fe fera bien au respect de la barre ou conducteur ; on n’alîèmblera plus d’atmofphére par l'épanchement subit qui fe feroit fait de l’ef- prit de feu dominant cn surcharge , mais ce principe de feu ne fera pas détruit. Voyons-en la preu- yç par comparaison, Lorsque nous portons la main 202 Electricité au conducteur, communiquant d’ailleurs au plancher , nous observons que ce conducteur ne fournit ni étincelle ni contact : les plaques de ce conducteur adhérentes au cylindre ou globe , Sc le coussin n’en donnent pas moins leur lumière , qui marque sensiblement qu’il ne se sait aucune diminution du feu électtrique, qu’opére le frotement. Ce feu, quoiqu’il ne puisse s’accumuler pour faire atmosphère, ne coule pas moins dans les barres , ou dans la personne qui porte la main au conducteur. Or sans atmosphère extérieure , ne pouvant pénétrer au-dedans des corps , nous n’y reconnoif- sons point le courant de ce fluide électrique : ainsi qu’une cloche ne peut propager le son au-delà de son conducteur, ou du corps qui forme la cloche, si l’on se sert pour battant d’un simple clou d’épingle contre une cloche dix millle sois plus grosse que ce battant. Si le corps de cette cloche est au contraire plus mince , en proportion que son battan ; l’atmosphére du son , ou sa propagation sera étendue proportionnément Lux colonnes d’air ébranlées par la force du frotement de ce battant ; & même cette propagation augmentera toujours graduellement a la cloche , si elle est toujours aussi mince. Si cette cloche est augmentée en grandeur , épaisseur & massé, le choc , le frotement de ce battant ne sera plus fur des corps égaux, la masse arrêtera le son jusqu’à zero. De plus si vous portés la main à une cloche ordinaire, vous interrom- pés cette atmosphère , comme celle de l’Electri- cité , qui est très-comparable au son dans la propagation de son atmosphère , Sc dans la célérité de son contact , nonobstant le sentiment de M. le Monier , qui détermine la vitesse de l’Electricité trente fois plus grande que celle du son- Expérimentale. 203 5 - 8. Si M. le Monier eut comparé l'efset de la propagation électrique dans le conducteur , relativement au premier moteur & au frotement, il n’eût point trouvé cette difference dans l’elpece ci après. I. Expérience. Si je mets un canon de fusil pour conducteur de l’eíprir de feu électrique, qui part de notre cylindre, on remarque que la propagation est subite. S* y. Mais ii je prens vingt - quatre barres de fer de neuf à dix pieds, les ayant fait mettre fur des bouteilles , l’Electricités’est propagée par degrés, & a été trois secondes pour arriver du conducteur a la derniere des barres distribuées dans trois salles. Comme j’avois commencé par mettre ces barres les unes après les autres, j’ai remarqué qu’après douze coups d’archet, le frotement arrêté , on tiroir jufqu’à vingt-trois étincelles de fuite de deux barres , au lieu qu’on ne tiroit que douze étincelles de íìx barres , & feulement trois ou quatre des vingt-quatre ; bien entendu que chaque fois on les a réélectrifées. J’ai ensuite établi une communication à la barre que j’ai fait poser fur la maison ; ayant sait joindre un fil de for d u conducteur de cette barre à celle de mon cabinet , ( cette barre a plus de quatre-vingt dix livres de fer, à cause de son pied triangulaire qui pose fur trois bouteilles , ce pied est fait dans cette forme triangulaire par la nécessité du terrein , & pour être tranfportable , le fil de fer a encore plus de cinquante pieds , ) les étincelles y ont été portées, en s’assoiblilîànt néanmoins à peu de chose près du degré des autres. Ì04 Eletlrìcìtc S. io. La matière étant la même dans ces corps, comme au premier conducteur, elle n’a beiòin que du choc pour recevoir son activité, & pour former ensuite ion atmosphère. Chaque parcelle relative établissant son courant, j’ai jugé que ce choc étoit interrompu, ou du moins que l’esprit de feu électrique se perdoit : j'en ai attribué i’é- coulement au support. En effet j’ai mis par terre , autour des bouteilles , fig. 98. plane. 9. de petites parcelles de feuilles d’or fort menues, & ayant électrisé , ces feuilles d’or font poussées & repoussées au verre. Ainsi cette perte de l’esprit de feu, qui s’accumule fur le verre , fait qu’il ne fe fai t presque point d’atmosphére aux barres ; ce qui a occasionné le retard , & a empêché leur grande charge. Ces feuilles d’or agissent plus sensiblement à la premiere barre qu’à la seconde , & à la 3 e . qu’à la 4e. où elles ne font presque point sensibles. 11. Assuré de cette perte, qui ne se remarque point à mon canon de fusil, à mon porte-voix suspendu par des cordons de soye ; j’ai suspendu de même plusieurs de ces barres, elles ont augmenté l’Electricité, au lieu de fe trouver plus foible qu’à mon canon ordinaire. J’ai posé ensuite la premiere barre , d’un bout sur un gâteau , communiquant de l’autre bout aux autres barres supportées par des soyes ; malgré la masse du gâteau, je n’aj point remarqué dq diminution au respect de la soye. S. ia. Ce que j’ai observé de particulier aux barres fur "les bouteilles, c’eft que les étincelles, quoique foibles, s’y tirent en plus grande quantité ; parçe que le verre qui accumule l’esprit de feu électrique , fait atmosphère , en rend alternativement aux barres, dès qa’on les décharge ; au lieu Expìrìmintalt. 20 J que dans le contact des autres barres , ou conducteurs posés fur des soyes ou gâteaux ; tout Pesprit de feu électrique est en perte par celui qui porte le contact. Expérience 30e. $. 42. 43. chap. sixième , 6e. effet. 11 faut donc entendre que lorsqu’il sera question de la célérité de la propagation, on n’admettra point ces fortes de conducteurs extraordinaires. La propagation des conducteurs fur les soyes, ou corps résineux , est semblable à celle du son, en tant que nous comparons le battant avec la cloche, comme la communication du frotement avec le conducteur. Car au même instant que ce battant a frappé , toute la cloche entiere est ébranlée en toutes ses parties ; il y a irrégularité dans la comparaison de M. le Monier. L’efpace que le son a parcouru pour fe faire entendre , est un second effet, qui ne peut s’appa- reiller avec la propagation de l’Electricité ; car cet espace ne peut aller en parallèle qu’avec l’éten- due de l’atmofphére électrique, quis’accroít successivement, & proportionnement à la résistance & à la force de l'Electricité. Le coup du battant de la cloche repousse tous les petits globules d’esprit d’air & de feu dans tous les canaux. Leur choc violent , le contact que donne ce battant, ébranle tous ces petits corps réunis, qui augmentent l’activité du son, qui se perd d’au- tant moins , que dans la forme sphérique , ils reçoivent des angles en rayons de renvoi des uns aux autres. Ce mouvement ébranle la masse de l’air environnant qui se trouve dilaté de plus en plus, & forme l’atmofphére du son d’autant plus grande, qu’il trouve moins de résistance dans cet air environnant. 30 6 Electricité S. 13. C’est aussi la raison pourquoi dans l’Eleftri- cité un condudeur de fer blanc , ou carton garni de feuilles d’or ou papier doré , 6c généralement, tous les corps ronds, produisent proportion garcécs plus d’âtmofphere que les fers carrés; l’efprit d’air environnant l’atmofphére, y a moins d’illue. S- 14. Disons donc que la célérité de la propagation , & touc choc de corps contigus, mais libres dans leur sortie, est instantanée , 6c enfin la même ; sauf les atmosphères qui diffèrent à s’éten- dre, eû égard à la résistance qu’elles trouvent dans l’air environnant, 6c à la force qui les agite. Le coup de battoir, la lumière du canon , &c. de cette efpece, la propagation de ce battoir à la balle, l'at- touchement du feu à la poudre du canon, font la vraie propagation de ces corps ; mais l’atmoí- phére ou espace , où nous les entendons, est comme l’atmosphére de l’Electricité 6c du Ion. II. Expérience. 5. 15. Je rapporte finalement l’Expérience de M. le Monier ; il avoue , qu’elle l’a fort embarrassé, 6c qu’elle a renversé tout le système qu’il s’étoit formé ; il a suspendu 1314. pieds de fil de fer fur des cordons de loye, fig. 99. plane. 9. 6c ayant électrifé ce fil d’archal : « Si on approche le s, doigt de son extrémité A. l’Eledlricité celle 33 aulfi-tôt à l’extrêmité B. Or il est visible que 33 la matière répandue dans toute fa longueur, est, ,3 pour ainsi dire , rappellée fur ses pas, 6c se porte 33 vers le doigt. On ne sçauroit dire que cette 33 matière soit élancée dans le métal par l’explo- 33 sion de l’étincelle , puifqu’elle. fe porte au conss traire vers l’endroit où fe fait cette explosion, 6c » la produit peut-être elle-même. Expérimentale. 20J Si le système que M. le Monier s’étoit formé , eût été celui que notre méchanifme nous développe , il eût reconnu , ce fil de fer étant électrifé , <5c l’atmofphere formée, que ce fil de fer , dis-je , est semblable au réservoir du fufil à vent , qui nous est décrit dans la Physique de Desaguliers, où nous voyons que le magasin est un double canon , qui entoure ce fusil ; que ce réservoir chargé de la compression de l’air , comme notre Electricité dans son atmosphère , ne part avec éclat que par la chûte de l’air raréfié & comprimé qui s’échap- pe par la sous-pape dans l’instant que l’air grossier lui offre un vuide, où il vient reprendre son équilibre , il sort autant cf esprit d’air raréfié qu’il entre d’air ordinaire. II en est de même de ï'ef- Ï rit d’air que le doigt porte à cette atmosphère. 1 détruit fur le champ & aussi subitement l’efpric de feu électrique , qui formoit cette atmosphère ; l’air entrant rétablit l’équilibre. On peut jdonc n’en déplaise à M. le Monier , dire que l’air est entré , & s’est lancé pour fe mettre en équilibre , en chassant l’efpritde feu, qui sort, fans venir fur fes pas. Ge feu ne fort pas par le côté B. que Pair ferme & environne autour de son atmosphère ; au lieu que íi on porte le crochet de la bouteille en B. & le doigt en A. pour recharger ce fil cle fer , la sortie fe fera en A. quoiqu’entré par B. parce que la main A. lui ouvre un canal , & fait une espece de vuide : comme au choc des corps , ia derniere bille quitte ; mais si cette derniere bille n’a point d’efpace à parcourir , qu’elle soit fixe , alors la première a reçu le contre coup, & renvoi électrique fur elle-même. Cette action est si subite, qu’il ne faut aucun électromertre pour en juger; dès que l’agent ne peut rien sans la sortie ûo8 Electricité de l’autre, il n’y a nul instant à compter. S. 16. Je me luis un peu écarté , mais la dilgrel* lion étoit utile. Revenons & rappellons-nous que nous disions qu’il ne se sait aucune diminution du feu électrique par la pointe qui communique au plancher. Z. 17. Si ce principe du feu plus assemblé , proportion gardée , & toujours froissé 6c agité par les nues , est notre foudre, notre tonnerre, comme on rien peut douter, fur tout lorfqu’il a rassemblé dans son sein , des corps non électriques, comme l’eau , 6cc. *. II n’est pas douteux que Patmofpbére de ce feu n’est point altérée par les barres ni les pointes , & tons les corps électriques environnans, comme l’Expérience le prouve ; il faut la rencontre d’un nuage non électrique , dont la communication opère l’évaporation en interrompant le frotement, 6c en établissant en même tems la réunion en contrecoup jusqu’à l’équilibre ; sinon il va en chute dans * Arrêtons : on dit comme l’eau , Lee. Nous avons reconnu ci-devant par la division des élémens, que l’air est feu & air. ( L’air est feu & air , comme l’eau Ôc le vin mélangés ensemble ; ils sont inséparables de leur nature, eû égard à leur proportion; ce que nous avons reconnu jusqu’i- cì, en apprenant la façon de les extraire l’un de l’autre. ) Or ne doit-on pas comprendre en ce sens qu’il est au nombre des corps non électriques ? Non. Les corps non électriques ont une matière terrestre , un corps qui fixe , arrête & limite cet esprit de feu & d’air à ce corps , en telle quantité de la matière, au lieu que l’air n’a aucune réunion forcée , ses colonnes font libres dc toutes flexibles ; conséquemment l’air par sa pesanteur, & l’esprit de feu par sa légéreté, ayant occasionné sur des petits corps détachés , disserentes atmosphères , leur réunion est le corps indépendant de l’air ; & î’air n’est en ce cas qu’une bouteille qui contient la matière. l’air, Expérimentale . 2.QJ ï’aîr, 5 c s’élance fur terre, jusqu’à ce qu’il trouve des corps non électriques , dont le contact évapore , & rétablisse enfin cet équilibre. §. 18. Comme il s’adapte plutôt dans fa chute à des corps non électriques , il ne faut pas pour cela en conclure, qu’il y ait de l’avantage dans les barres 5 c pointes , pour détruire le Tonnerre ; parce qu’on ne peut juger de la force du contact qui arrivera, eû égard à supposition que fera l’ef- prit d’air de ces corps. Ainsi , il y a plus à craindre de mettre des barres , que de n’en point mettre , à moins que ce ne soit en plaine campagne , où le Tonnerre venant à être supérieur en force à ion écoulement, le danger ne seroit pas considérable , ne trouvant personne à sa rencontre. M. le Monier a reçu des étincelles à fa barre 5 c pointe exposée dans un tems où il n’y avoir pas le moindre orage. Comme on peut compter fur l’exactitude de ses Expériences, on doit aussi en augurer que ces barres fe chargent d’Electricité à l’inflar des corps approchés à une machine électrique , où cet esprit de feu se propage, tant qu’il trouve des corps fur lesquels il puisse exercer fon action. S. 19. II n’y a donc plus à combattre que la comparaison de la balance , la victoire des esprits pointus. Cette Expérience a en elle quelque chose de frappant. Si la pointe dissipe ce feu électrique,fans abbaisser la balance , il n’en résulte que de la foi- blessedansla pointe; elle peut être en parallèle avec une petite parcelle qui ouvriroit un canal presqu’in- sensible à la soupape d’un fusil à vent bien chargé. Si je prends ce fusil pour le tirer après 5. à ó. heures qu’il auroit fallu pour détruire la compres- «1 o Electricité sion de Pair du dedans, je ne puis plus avoir Pester que j’attendois, s’il ne i'e fût point fait de perte. Mais malgré cette perte , ce petit jour, iì j’avois tiré le fusil après avoir chargé, ou peu après , je demande aux sectateurs des pointes, s’ils voudroient encore au bout d’une heure recevoir le coup que peut porter ce t'ulìl; il en est de même duTonnerre; ib dirigera-dil à leur volonté, & ne lesexterminera- t’il pas avec leur pointe, h la nue creve par un Conrad à la rencontre d'un autre nuage,supposé le premier moteur arrêté , ou que celui - là même sût indépendant comme nos bouteilles ? 5. 20. Cette éguille, cette pointe, malgré tout, dira - t’on , a une puiílànce au - dellus du poinçon , puisqu’à côté du poinçon , & ce poinçon mis à la même hauteur qu’auparavant , puisque cette pointe , dis - je , quoique plus balle , ôte la vertu au poinçon , & décharge insensiblement la balance. Ce poinçon, je l’avoue, est sans ester fur la balance, sitôt qu’il est accompagné d’une pointe, parce que cette pointe ayant fa colonne extrêmement strie , ne trouve pas tant de résistance pour arriver & percer l’atmosphére ; elle pouce l’air plus aisément , & reçoit de plus loin l’esprit de feu élec- tique. L’Expérience de l’eau dans les tuyaux capillaires fig. 100. plane. 9. "j", qui excède son niveau d’un pouce & plus, est un fluide parallèle de l’eau au respect de l’eau. Cette fine colonne A. parvenue à ce degré par le choc , n’a point assez de liberté & de force pour contrebalancer la colonne B. cette fine colonne encore arrêtée par le ffotement de ce tuyau capillaire , reste en supériorité , sans blesser la loi de l’équilibre ; c’est pourquoi la.pointe monte plus aisément, & en proportion de la résistance de la colonne. Expérimentale. 2 r r $. 21 . Si je verle de l’eau dans un siphon donc la petite branche ait deux lignes d’ouverture, 6c même beaucoup moins , au lieu d’être capillaire comme celle désignée en A. sig. ioo. ci-devant ; l’eau que je verle dans ce vase prend sur le champ l’équilibre. Cette eau plus pésante que l’air environnant , mais retenue par le verre , ne peut tomber au centre de la terre. Tout ce qui est plus pesant doit aller au fond : ainsi sait l’eau qui renvoyé l’air en - dellus à son équilibre , tant que les globules d’eau ont une force 6c une liberté de supériorité. Cette eau étant plus pésante, est aulsi toujours supérieure tant qu’elle trouve du vuide , ou ce qui est le même , qu’elle peut fléchir «Sc faire tourner le moindre globule d’air environnant ; car dès que l’ouverture est une sois allez grande pour que cette goûte d’eau communique avec liberté fa chute ôc Ion choc à cet air, l’eau est contrebalancée des deux côtés à force égale, au respect de chaque goutejle vuide est des deux côtés au moyen de la flexibilité des cercles qui fe prêtent avec une activité presque inconcevable. L’efíet est le même sur un fléau de balance, ou un levier sur son point d’appui ; ce levier ne s’éleve-t’il pas , eû égard à son point d’appui , 6c à la force de la puiflànce? L’ébranlemem que la soible colonne a eû à la chute 6c arrivée de cette eau dans le siphon à branche capillaire A. est la cause de sa premiere élévation. Cette eau resserrée dans ce tuyau capillaire , 6c y étant balancée, ces globules trop petits, ont conservé leur ascension , en ne trouvant pas d’illùe aux tuyaux capillaires pour vaincre aucun globule d’air, 6c acquérir un vuide , une action nécessaire : d'où l’qn est sondé à dire que chaque globule d’air est siu moins d’une sorte ligne j 2 I 2 Electricité d’où suit ausfi la nécessité de faire des petits trous à une fontaine de compression , à la tour de Danaé, Expérience de l’Auteur, aux Tatevins , &c. Chap. 5. 6e. effet, 7e. Expérience pag. 119 Chap. 6. ze. effet, 10e. Expérience, pag. 147. S’il étoit possible de mettre ae l’eau fans causer de choc , on seroit convaincu du fait ; il est malgré cela fi sensible , que je ne pense pas qu’on puisse s’y refuser. Comment comparer à présent la pointe avec cette eau ? fi l’eau a une raison 5 c cause naturelle de fa ténacité 5 c ascension ; la pointe en fait ton t autant , ou plutôt la matière n’est remplie que de tuyaux capillaires , que Pcfprit d’air occupe continuellement. Or l’ébranlement dc la masse, le choc des colonnes de l’air , toujours extrêmement flexibles à la moindre puistànce, font circuler l’ef- prit d’air jusques dans la pointe ; & lorsque cet esprit d’air trouve un vuide , un air auíîì raréfié que lui, ou même plus rare,telle que l’atmofphére électrique , il s’y unit, 5 c il y tombe avec plus de célérité que l’air qui fort du marteau ou poinçon ; cet esprit d’air du marteau présente un faisceau réuni qufétant obligé de faire plus d’écart fur les colonnes où il a aptitude, est retardé à proportion de la résistance c’est une loi invariable en méchanique. On revient à la charge 5 c l’on dit encore la pointe à côté du poinçon , ôte la vertu au poinçon : à cela je réponds; cet esprit d’air qui s’échappe par la pointe , perçant donc plus vite l’atmofphére électrique , en lui facilitant un canal en perte , est la cause cessante de faction qu’opéreroit le poinçon, s’il étoit seul ; car dès que ce poinçon ou marteau apporte un faisceau d’efprit d’air à l’atmofphére qui a déja pris cours , cet esprit d’air, dis-je, balance un peu le bassin, fans venir à bout de. le faire Exp irimentalc. z j J baiíïër ; l’esprit de feu de l'atmosphère ne se prête point à prendre un courant par ce poinçon ; ainli cet air relie à la circonférence pour comprimer & forcer plus vite l’efprit de feu à reprendre, équilibre,ayant plus d’aptitude à fuir par ce courant que d’en former un second. Si je prellè fortement avec un poinçon une vessie remplie d’air , je la. creve , s’il n’y a point d’issue par où l’air puiíle s’échapper ; mais s’il y a le moindre petit trou , je ne puis la crever ; elle obéit à mcn impulsion , dès qu’il y a une décharge , un courant ; ce qui ne- donne pas plus de vertu à cette pointe. Encore pour. réussir dans cette Expérience comme dans la vef-, fie , ne faut-il pas donner un coup de poinçon trop. flirt ; car il creveroit la vessie, & l’air l'e feroit jour fans attendre l’évaporation du petit trou de la pointe. Aussi a-t’on foin de ne pas approcher le poinçon un peu près de la balance ; car approché a un demi pouce de mes petites balances, malgré la pointe du même niveau que ce poinçon <5t à côté , la balance ne baillé pas moins. M. Franklin , pag. z6. convient que pourqu’urt corps émoussé produise le même effet que la pointe , il faut qu’il íòit approché à un pouce de distance , & qu’il tire une étincelle. Ceux qui ont voulu faire valoir les barres & pointes au-dessus de l’Autenr , doivent porter tout le poids d u détour qu’on a pris. pour essayer de .tromper le public. §. zz. Veut-on se convaincre encore mieux de L’inutilité des pointes, & s’assurer qu’elles attirent , ainsi que le poinçon , ou plutôt que l’esprit de feu y porte la balance en venant à ce poinçon , & à la pointe , toutes forces égales d’ailleurs , suspendez à un fil de soye double une feuille de métal , fig. ioi. plane. y. * O iij ^14 Electricité 5. 2;. Approchez la bouteille pour charger cette feuille , ce qui se fait en y touchant : dès que dette feuille est chargée , elle a son atmosphère ; & lì elle est clans son à plomb , proche d’un corps électrique où non électrique , elle s’y envole,, s’y applique , & fe colle avec le corps électrique ; s’il est non électrique , elle dépose son feu, & l’air supérieur la chalie. S. 24. J’ai pris un marteau à tête ronde , qu’on nomme un marteau à emboutir; j’ai présenté ce marteau au-delìous de cette feuille. Si on saisit exactement le milieu , cette feuille marque une Courbe qui caractérise la chute de l’esprit d’air ; mais il ne peut soutenir cet équilibre , même 6g. ioi. plane. 9. elle se baisse comme un levier sur íòn point d’appui , lorsque la puissance est supérieure à la résistance. $. 2). Si je présente ce marteau au côté de cette feuille, quoiqu’un peu éloigné, elle s’y lance, & fe décharge à l’instant. Si je présente à cette feuille clectrisée une pointe ou une éguille, quelque 6ne qu’elle soit , 6g. 102. plane. 9. * ( celle dont je me fuis servi, étoit 6 6ne , que pour la présenter de plus loin , je l’ai mise au bout d’une plume, ) cette feuille vient se lancer à la pointe , mais elle n’est pas pour cela privée de son feu électrique. Cette feuille étant plus étendue en surface , contient plus d’électricité que l’éguille : aussi s’y ap- proche-t’elle alternativement 5. 6. à 7. fois, juf- qu’à ce qu’elle ait tout dissipé. 5. 26. Si on écarte la soye qui suspend la feuille d’or, de façon qu’elle tienne cette feuille horison- talement, ou qu'elle faste beaucoup moins de courbe ; si-tôt qu’on l’a électrifée, elle résiste & repousse, par son atmosphère,l’air qui íormoic fe cour- Expérimentait . 215 be. Si on y touche avec quelque corps , elle y dépose son feu, 6c reprend sa courbe. Z. 2.7. * Je prends le marteau rond , 6c je l'ex- pose au - dessus de cette feuille nouvellement rechargée. L’on voit alors distinctement la chute de l’esprit d’air arrivant,qui se remarque par la courbe qui se fait : la pointe produit le même effet, 6c cette feuille est poussée 6c non attirée ; son esprit de feu íì actif, st - tôt qu'il peut pencher, glisse dans la colonne contigue. L’air arrivant lui sait faire la bassecule si précipitamment, qu’on a crû devoir juger qu’il y avoit une attraction , ternie qu’on ne pouvoit définir autrement ; au lieu qu’il y a une chute d’esprit d’air , qui repousse autant d’esprit de feu dans ce corps , qui lui facilite un passage. Cette foible chute de l’air , 6c renvoi d’esprit de feu en proportion , sero:t tout à fait impuissant au respect de la foudre » supposé que le premier moteur n’entretînt point cet écoulement, & que ce feu eût la complaisance d'attendre son épuisement 6c sa décharge. S. 28. Nous avons reconnu l’insustìsance des pointes au conducteur, au premier moteur ; si nous les suivons par-tout, nous découvrirons toujours qu’elles font chimériques pour détruire le Tonnerre ; son effet fur les corps électriques garnis 6c chargés, tels que nos bouteilles de la commotion , est encore lans réplique. Prenez une éguille attachée à un sil de fer , au lieu d’être attachée à la plume , tel que nous l’avons indiqué ci-devant , & portez cette pointe au fil de fer de la bouteille chargée, que vous tenez de l’autre main ; vous avez la commotion à l’ordinaire. Ainsi abandonnons les pointes : disons cependant quelque choie fur l’analogie qu’il y a des éclairs, 6c du Ton- O iiij 1 16 Electricité ncrre avec les Phénomènes électriques. Voyons à nous mettre en état de porter un jugement certain íurees effets li bisarres & si terribles, dont nous ne pouvons esperer de nous garantir , qu’en nous mettant à l’abri fous des corps électriques , où l’efprit de feu n’ayant point de communication avec l’air, ne fasse que glisser fans contact ni commotion ; il faut lui faciliter pour cet effet des corps non électriques environnant , où il ait plus d’aptitude à se propager en perte. 5. 2.9. Les éclairs rouges fans éclat, partent de deux nuages électriques,qui fe froissent l’un l’aiitre, de la méme maniéré que j’ai éprouvé en tenant un gros verre fous le cylindre qui m’a cassé en électrifant, 5. 3. 3 e . effet, 12 e . Expérience, Ch. 4. c’est ici le premier effet du frotement , l’efpric de feu entre en charge. Quand le bruit ne fe succède point, c’elt qu’il ne s'exerce que lùr le nuage électrique avoilinant. Mais trouve-t’il un nuage chargé d’eau & corpuscules non électriques, il lui fournit cet esprit de feu ; ce nuage rencontré par un autre de même nature non électrique , ce dernier apporte un contact contre la charge des autres ; le contact fe répété si iubite- ment, qu’il semble un boulet de canon qu’on roule fur une voûte de planches. Cette continuité a lieu pendant la charge de ce nuage , comme, la bouteille qu’on charge à deux lignes du conducteur; on y reconnoît un contact continuel pendant la charge; le bruit est accompagné d'éclairs très-vifs. Eníìn ce dernier nuage électrifé de même par une communication ou chute de i’atmof- phére , trouve dans fa course où il est environné d’autres nuages non électriques, &c. ces nuages que l’air agite en s’unissant de tous côtés, lorfqu’iU Expérimentale. 2 vp parviennent à la rencontre , forment le contact: violent de la commotion. Cet esprit de feu réuni tombant contre des nuages totalement électriques 6c chargés , n’a pas plus d’aptitude à se porter aux uns qu’aux autres : son courant l’entraî- ne dans l’air fur les corps où il peut exercer son action. Comme cet amas de feu est infiniment au- destas de notre Electricité 6c contact , son atmosphère électrique est extrêmement violente, 6c les effets en font aulfi très - dangereux , la bizarrerie est la même ; cependant nos Expériences nous mettent en état d’en juger. S- 30. La foudre échappée de son nuage,est poussée par les colonnes d’air environnant en tout sens ; celle qui répond à un corps non électrique, est la plus foible a son égard , 6c où il a plus d’aptitude a se rendre, s’il ne trouve aucune force qui le rejette 6c l’oblige de s’élancer ailleurs : ce qui semble se prouver par la maniéré dont il tomba à Banville en Beauce en 174.3. f a colonne en perte ré- pondoit au Clocher de la Ville; il brisa quelques fers ; il fut à l’Horloge où il coupa une corde des cloches ; de - là il se lança au bénitier qu’il arrachas porta derriere la Vierge, qui est au haut de l’Eglise , 6c ainlì de chute en chute, il se perdit 6c se dissipa. EXP L IC ATI O N du Vhcnomene. En arrivant à l’Horloge , ce corps non électrique n’étoit pas suffisant pour opérer sur le champ la perte totale de l'esprir de feu. L’esprit de fe u dominant la partie d’air qui y étoit entrée ; cett e il 8 EU&ricìtè partie d’air n’ayant pû modérer Paction de l’esprit ae feu, ce feu au contraire par son atmosphère produisit un contact, dont le choc& renvoi détruisit ce qui se trouva à sa rencontre , tel que la corde. Le bénitier souffrit l’effet d’une commotion par la charge d’eau & le contact qui y arriva avec atmosphère. Le contact violent n’ayant pû être supérieur , ni détruire le reste de ce feu, l’air en suivant son courant, son atmosphère pour reprendre l’équilibre , força & emporta ainsi se bénitier. S- 3 i. Dans ces momens de contact & commotion , si les matières, avoisinant le contact, font combustibles au degré que nous avons remarqué ci-devant dans les Expériences du feu, Chap. 2* Z. 18. & fui vans, elles s’embrasent. Il en est ainsi de tous ses effets. On a vû des métaux de differentes espèces alliés ensemble, comme si on les eût soudés : ce phénomène est à l’instar de l’or , uni au verre, Chap. 6. 2 e . effet, §. 17. 18. Z. 32. 11 y auroit une insinité d’exemples à citer fur les effets de la foudre. Nous nous bornerons à celui qui arriva à Paris le 8. du mois de Juin 174,7. à 6. heures 3. quarts du soir. Une nuée fort épaisse parut au-dessus du clocher des Grands Augustins. Cette nuée s’abbaissant & s’ouvrant, lança un globe de feu qui vint tomber fur le coq du clocher de leur Eglise ; il divisa ce coq en deux parties ; une fut lancée dans le parterre du Cloître, l’autre moitié fut partagée en trois, dont Pune tomba du côté du Pont Saint Michel, la sconde sur le toit de l’Eglise , du côté de la vallée, & la troisième enfin sut emportée dans la grande cour du Couvent. Ce globe de feu glissa le long des fers qui formoient la flèche, & les écarta des chevrons , à un desquels la croix resta néanmoins Expérimentale. 219 toujours attachée. Ce globe de feu dépouilla toute la flèche du clocher , de forte qu’il n’y relia point d’ardoisos. De-là il tomba fur le toîtdu Cloître qui elì au-dessous , d’où il fut donner dans une fenêtre de l’elcalier du Jubé , du côté de ce même Cloître ; il arracha tous les carreaux de cette fenêtre presque hors de leurs plombs , de façon qu’ils n’y tenoient chacun que par une petite partie; il perça chacun de ces carreaux d’un trou rond de la circonférence d’une balle de plomb. 11 paflà ensuite dans l’Eglise , après avoir arraché une pierre du mur fous la fenêtre des cloches de l’horloge. Arrivé dans l’Eglife par le côté droit, il traversa au côté gauche, & fut couper en deux parties le cordon de la sonnette qui répond à l’orgue, cette partie détachée fut portée fur les formes des Chantres. Suivant cette aile gauche, il coula le long du tableau ou est représenté Henri IV. qu’il perça en quatre endroits , comme si c’eût été des trous d’ai- guille; de-là sur la droite, il fut arracher une pierre au-dessus de la porte de la Sacristie. Cette pierre fut divisée en deux parties, dont une fut lancée fur la pierre sacrée de l’Autel , l’autre derriere l’Autel. En parcourant le Chœur, il brûla les sou- cils d’un enfant d’environ huit ans, qui fut huit jours fans voir clair. 11 reprit ensuite par la Nef, brûla le bas entier d’une fille de dix-huit ans , fans lui endommager la jambe, & remonta enfin par le clocher , où il noircit plusieurs pièces de charpente , en laissant une odeur de souffre qui se répandit sur la voûte de l’Eglise. Tels sont les effets qu’il produisit, & les routes qu’il a paru tenir suivant les faits & conjectures ; car malgréla quantité de monde qui assistoit au Salut, lorsque cet orage arriva , personne ne put en rendre un compte exact '220 Electricité' de visu. La frayeur si naturelle au bord du danger, est bien capable d’ôter le sang froid qu’il fau- droit avoir pour examiner des faits auífi surprenant que terribles. Cause de ces Phe'nomenes. L’explication de tous ces Phénomènes <5c autres semblables paroîtra sensible , quand on reconnoî- tra , comme nous l’avons déja fait, que la foudre, ce globe de feu , a une tendance aux corps non électriques, & qu’il est encore à relîòrt, quoique fluide , lorsqu’il est forcé de céder au contact qu’il reçoit par l’air environnant, qui cherche à rétablir l’équilibre des différentes atmosphères , que ce feu fait fur tous les corps, où fa tendance le porte pour fa décharge. La nuée étant aílez baffe, le coq s’est trouvé f >réfenter un canal en perte à cette foudre. Toute a nuée contigue a occasionné une commotion , dont le premier contact n’a pû fe faire fur ce clocher , fans que le globe de feu réuni, n’aic écarté de son atmosphère les barres proportionnémene à la résistance qu’il falloit pour laisser passer & épancher ce globe de feu. Les chocs ont renvoyé la force de l’atmofphére du côté de la fenêtre du Jubé; ce globe de feu s’est ensuite étendu, & a rempli les vitres & plombs. Ce feu , pour se faire jour, a écarté de côté tous les plombs des vitres comme chaque plomb non électrique , s’est trouvé réuni dans le contact au centre de chaque atmosphère que ces carreaux ont reçu , ils ont été obligés de céder au feu dominant ; l’efprit d’air chassé a fait le trou, le reste de l’atmofphére dé- íendoit le verre, & l’a conservé dans son entier* Expérimentait. iit Comme chaque plomb a été forcé de la même maniéré, ausli tous les carreaux de vitre ont-ils eû ce même trou. La pierre de derriere l’horloge s’opposoit à la colonne de ce feu ; l’air écarté l’a arrachée & emportée. Cette violence & contact; remplacé par í’air a repoussé subitement ce feu dans disserens angles, en le renvoyant comme une balle de paul- me. 11 est ainlì susceptible d’autant de bizarrerie , que le renvoi des angles & des courbes peut dominer ; dès-là il estlingulier , mais compréhensible, qu’il acomme joué à la paulme dans l’Eglife des Augustins ; qu’en passant près d’Henri IV. il se soit porté quelques petites colonnes divergentes qui ayent occasionne ces piqueures ; que ce feu porté à angle droit, ou tombé à bas, soit rejailli à la pierre d’au - dessus de la porte de la Sacristie , de même qu’à celle d’au-dessus de l’horloge; que le contact ait divisé la pierre, & l’ait éclipsée d’un côté & d’autre ; que renvoyé en ligne droite, cependant latéralement à la jambe de cette fille , il ait brûlé son bas , de même qu’un flambeau qui auroit passé rapidement, fans avoir le tems de faire plus de ravage. Ce feu de la foudre dans son atmosphère spiritueuse , n’a point donné prise à Pair, ainsi n’a point occasionne de douleur, ce c air ayant sur le champ repris Péquilibre, & étouffé ce feu spiritueux ; qu’ainsi Pensant ait eu le soucil brûlé & perdu la vûe pendant huit jours , ce font' des .fuites naturelles du passage de ce feu , l’efpric d’air de l’œil ayant été altéré j.& ayant souffert' pendant ce passage. j - . - L’odeur est une fuite des bois brûlés & des corps - froissés, don t. la partie fulpburèufe á été attaquée-jí tans que Pair ait i ..eû J .ie iems de-ie dissiper- paf- 12Z Eltclricìtl parcelles. Cette odeur ne provient que des corps que le Tonnerre a lacéré & parcouru , Chapitre 7. Section z. de l'odeur. Solution. Tous les faits ci-devant vérifiés Sc constatés par les diverses Expériences , ne nous onc-ils pas dévoilé ce secret misterieux de l’Electricité ? Pou- vons-nous douter qu’il ne soit le même que notre feu ordinaire sous une espece plus spiritueuse ? que sa légèreté dans fa réunion , la finellè Sc la pesanteur de l’air qui cherche toujours à reprendre ion équilibre , ne soit le principe Sc la cause de tous çes effets, fous les modifications spiritueuses qu'on a établi entre l’esprit d’air, avec l’air groífier, & l’esprit de feu électrique avec le feu même ; que relativement à ces mêmes effets, l’Electricité est de tout tems ; aussi a-t-elle toujours été reconnue par les frotemens de différons corps, comme l’am- pre, la cire d’Eipagne , &c. qui enlevent la paille. Son succès Sc accroissement est l’ouvrage de bien des Sçavans qui otìt mis tout en usage , sur - tout depuis quelques années, pour découvrir partie des Phénomènes qui nous ont enfin amenés à. la vraye découverte des atmosphères. Ces atmosphères íònt de vrais vuides ou reiìòrts que l’esprit d’air remonte continuellement jusques dans les plus petits atomes Sc progressions de la nature. Ce qui entretient la tendance & courant de l’air au centre de la terre, Sc celui du íeu au Firmament ; ôc ainsi la tendance des corps au centre de la [ferre. C’est fous cette distinction sensible de l’air grossier d’avec l’esprit d’air , que nous reconDoiflóns que le moindre des corps est plus lourd que ia co- Expérimentale. 2.2$ lonne d’air par l’union de l’esprìt d’air à la matière beaucoup plus pelante que l’air grossier, d’où vient la chute ou accélération plus ou moins vive. Nos Expériences nous font aussi remarquer que cec air grossier ne peut se prêter à Faction de l’eau dans les tuyaux capillaires , même jufqu’à demie ligne d’ouverture ; parce qu’a cette propoiition la matière nc peut vaincre & faire tourner le globule d’air ; qu’ainiì Faction étant arrêtée , l’eau des tuyeaux , capillaires ne peut reprendre l'on niveau , & l’eau des fontaines intermittentes , tate-vins , Tours de Danaé,Syphons, &c. reste suspendue , malgré la pélknteur , juíqu’à ce qu’elle trouve un vuide, ou qu’elle puillè vaincre l’obstacle, & faire circuler la colonne d’air ; íàns attendre , comme on le pen- foit ci-devant, que Fair vienne presser fur la surface de l’eau. C’est par cet air & feu réunis en action fur la matière , que nous vivons , tant que nous pouvons entretenir, & fournir la mèche à ce feu; a moins que quelqu’accident ne l’éteigne subitement , fans attendre l’attenuation Sc consommation de la matière, ou à moins que quelque atmosphère n’arrête le courant de Fair. Nous sommes encore instruits que l’clprit de feu électrique Sc l’efprit d’air n’agillènt que fur la matière spiritueuse ; qu’ainlì T électricité ne peut être d’aucun ìiiage pour notre soulagement, Sc que prise dans son exces , & forcée de palier , elle doit être fort préjudiciable, en chalìànt & écartant par son passage , l’air & l’esprit d’air du lieu où les fonctions sont nécellàires à la vie. Enfin il ne nous reste aucun doute que les essets de la foudre ne peuvent être calmés ni arrêtés par la soiblesse des pointes , Sc qu’ainlì tout l’avantage de l’Electricité est de nous démontrer sensiblement cette grande œuvre Sc mé- àrH Electricité chanisme de l’Univers, qu’il faut travailler à appliquer à chaque corps en particulier , pour en con- noître la foiblesiè ou la domination , & par là concourir au bien de la société. -:a CHAPITRE Expérimentait, 22 5 CHAPITRE VIII. La maniéré dont on doit faire les Expériences de CElectricités avec les Observations convenables pour en faciliter le succès , dr quelques Notes furies Expériences qui semblent n avoir point de connexion avec les autres , divisées en trois ferlions, * PREMIERE SECTION. Comment on doit faire Us Expériences de V Electricité. PREMIERE EXPERIENCE. O N présente au cylindre une petit tringle de bois , où font attachés des fils de laine à une traverse en forme de rateau ; ces fils présentés à deux ou trois lignes , tendent en ligne droite au cylindre , Chap. 4. 4 e . effet, §. 2, pag. 64. fig. 18. plane. 2, II. Si on a un axe traversant un cylindre garni de pareils fils de laine , tous ces fils se dressent en ligne droite du centre à la circonférence , Chap. 4. 4e. effet, §. z. pag. 64. fig. 19. plane. 3. * Pour plus de commodité, on rapproche de fuite les Expériences qui fe font avec les mêmes inítrumens, comme le gâteau , les bouteilles , &c. P Electricité Z26 III. Une balle exposée au-dessus de la calbtte du cylindre , elt portée au-deslùs du frotement, en quittant son à plomb, Chap. 4.4e. effet, 5. 4. pag. 65. fig. 2.0. plane. 3. IV. Le cylindre bien électrisé, arrêtés le frotement ; présentés ensuite la petite larme de liège , elle est écartée ; elle s’adapre ensuite au cylindre en arc, Chap. 4. 4 e . effet, S- io. pag. 70. Hg. zr;plane. 3. V. Si on lâche la soye jusqu’au tiers du cylindre, le bout tombant en bas, Lette soye s’adapte Sc s’allie au cylindre, où l’atmolphére finissant, on remarque que ce liège quitte du bas, Chap. 4. 4 e . effet ,§.10. pag. 71. fig. 22. Stz}. plane. 3. VI. Tenez au-deíïùs du cylindre une petite balle de liège, Sc cela exactement au milieu, l’atmosphére chassera cette balle à droite ou à gauche, Chap. 4. 4e. effet, Z. n. pag. 72. fig. 24. plane. 3. VII. Vous observez que ceux qui portent les doigts , ou le coussin, au cylindre ou au globe, font lumineux , fans picotement nrrupture dans l’air, com- Expérimentale. . axp me ìl se saie en couchant un corps non électrique électrisé. VIII. Que l’on présente au globe ou cylindre un couteau à i. 2. 3. 4. à 5. pouces & plus de l’équateur du cylindre, suivant la force de l’Electricité , on le remarquera lumineux. IX. Si on yprésente des corps légers, ils font pouffes Sc repoufles ; iì on y approche le doigt, on n’y remarque qu’une flamme sensible fans piqueure. X. Qu’on arrête le frotement après avoir bien électrisé le cylindre , & qu’on lâche les plaques du conducteur , l’Electricité ne lé manifelte point au conducteur. XI. Que l’on faslè toucher le tuyau de fer blanc ou barre de fer , &c. ceux qui le touchent, en tirent des étincelles plus ou moins fortes selon le tems, Chap. 5. 6e. effet, 5. 3. pag. 101. fig. 35, plane.4. XII. Qu’on ajoute une petite tringle de fer au bouc d’un bâton bien sec; fixez cependant ce bâton, par le moyen d’une corde, au canon ou barre, les étincelles que vous tirerez du bâton feront plus fortes , quoique íans pétillement ni bruit j au lieu que çel- ' 3^8 Eltclriciti les de la barre se feront entendre. II en est de même si on prend son habit par la basque, pour approcher de la chaîne un bouton de cuivre doré, il ne se fait pas de contact ; l’esprit de feu coule dessus avec bruit au départ de l’air ; mais si on tient la main au-deílous du bouton , quoiqu’à travers l’ha- bìt, le contact est à l’ordinaire ; la colonne d’air est ébranlée, & porte le coup jufqu’au doigt, fans interruption. XIII. Au lieu de tuyau , suspendez une tasse de chicorée auprès du cylindre, vous en tirerez des étincelles, comme d’un corps métallique. XIV. L’arbre de Jupiter ou pot de basilic, ( on jette un peu d’eau fur la terre ) mis fur la barre , les branches ont a leurs «xtrêmitées des aigrettes lumineuses. XV. Qu’on adapte au canon , le bout à l’étoille , on remarque à chaque extrémité une aigrette de feu avec vent, lorsqu’on approche un peu le dedans de la main, Chap. 5. 2fi. effet, S- 4. pag. 84. fig. 28. plane. 3. XVI. Un petit hérisson fournit une quantité prodigieuse d’aigrettes , & presque point de contact , parce que l’atmosphere d’esprit de feu électrique domine beaucoup plus que l’air, à la faveur des Expérimentale. ut} pointes, & vûla quantité réunie & proportionnée au sujet , fig. 103. XVII. Un gland d’or ou,d!argent en frange , fait une- gerbe lumineuse de quatre à cinq pouces de long» XVIII. Plusieurs verges de fer fur une table , à deuir* lignes les unes des autres , & de la chaîne qui communique a l’Electricité , on voit couler le feu par toutes les extrémités. XIX. Adaptez au conducteur une petite jatte remplie de cire blanche ; faites-la fondre , portez ensuite le doigt au-dessus , la cire commençant à se réfroidir sur les bords, vous verrez que votre doigt imprimera un concave, ce que ne fera point un bâton de cire. d’Efpagne ou de verre , qui ne donnera aucune marque de pésanteur y Chap. 5. 6e. effet, 5- 13. 14. 15. 16. & 17» pag. 108. fig^ 37. plane. 4 * XX. Dix-sep t Expériences se sont axée le.gáteau. Que l’on donne unecuilliere à la main de celui qui elì sur le gâteau , que l’on y mette de l’esprit de vin , & qu’une autre personne plonge perpendiculairement le bout du doigt au milieu de ia cuilliere; il enflammera l’esprit de vin; si on présente ^3 o Electricité un morceau de glace,qu’on tient avec une serviette 'pliée , pour óter l’humide, fi on présente , dis-jc , cette glace au jet d’une éolipile remplie d’esprit de vin , en tenant la caffòlette, cet esprit de vin sera pareillement enflammé, Chap. 5. 6e. effet, §. 18. pag. 11 o. IXI. Que l’on safle mettre quelqu’un sur le gâteau , qu’il applique une main au cylindre garni de son couffin, & l’autre au-defl'us de corps légers , ils font pouffes & répondes. XXII. Au lieu de mettre la main au cylindre , qu'on tienne la chaîne serrée ; qu’ensuite on touche quelqu’un , ou qu’on soit touché , on en tire des étincelles lumineuses avec pétillement. XXIII. Cette même personne étant sur le gâteau , que l’on prenne du tabac dans fa tabatière, le tabac sera lumineux ; si la tabatière a du métal, on en tirera des étincellles. XXIV. La personne furie gâteau, qu’on lui donne une épée à la main , on verra sortir du bout une aigrette de feu avec vent, que l’on sent en approchant la paulme de la main auprès. Ceci se fait & se voit encore sur les angles des barres, ou au bcuit de la chaîne ou des fils de fer , &c. Expérimentale . 23 r XXV. Si on a un écu dans les dents, ou autre piéce de métal, ( car tous les métaux & demi-métaux reçoivent; l’Electricité .par communication.,,au lieu que tous les corps résineux , les cristaux. & verres l’arrêtent, j'si l’on touche cette piéce, où que celui qui est fur le gâteau touche une autre personne qui l'a entre ses dents, vous ressentez un picotement en voyant l’étincelle. Si l’Electricité étoit forte, il y auroit du danger. XXVI. Si celui qui est fur le gâteau tient une chaîne à la main , & que d’icelle il en frappe en coulant fur des habillemens d’or ou d’argçnt, ils parodient tout en feu. Ce qui s’étend a toutes les personnes conti- gues par leíiites f toffes.De même si on tient un plat d’argent ou autre , le doigt qu’on présente , portant un air qui ne peut percer, celui du feu qui a pris son cours, il repoufle par fa pesanteur ce petit corps, qui est libre dans î’atmosphére, 6 î dont il suit toujours U direction. FIN. TABLE m ìTx i re <0> irl > <*jP ggp gx> o Tt ob «Lî £*E> qy jWkWMM/wVwVMMAîV >VV wV /ïVrJV^i\ì%\?3\^JVAJ\rn» TABLE DES MATIERES. Contenues dans ce Volume, & Sommaire instructif fur chaque Chapitre. ìl tjl essentiel ie parcourir ce Sommaire aprìs l'A- vant-Propos , pour avoir une idée de la matière , & la mieux concevoir , lorsqu on lira chaque Chapitre. II se trouve en outre quelques réflexions & Expériences échappées dans le courant de l'Ouvra- ge , qu un Lecteur fera bien aise de retrouver. Elles peuvent prévenir ses difficultés , & applanìr ses doutes ; ainfl avant de décider , on aura attention’ de voir , su n y a rien à reprendre , soit en cette Table y soit au renvoi des pages en differens Chapitres , où les effets se trouvent rapprochés ; soit enfin aux Observations & Notes , qui font la seconde & troisième Section du dernier Chapitré , . CHAPITRE PREMIER. Erreur de fait sur les pointes. P Our réduire les choses au premier état , on commence par relever les erreurs de fait, fur les pointes annoncées, pour détruire le Tonnerre , P*g* 7 -_ La pointe tenue au-dessous du conducteur, n’e.n-" d * 74 . TABLE pêche pas d’en tiret des étincelles, non pi us que 1’éguille n’empêche pas d’électriser le boulet, ni le canon de sulil, toutes choses égales, pag. 8. Une infinité de pointes mises au-dessous du con- du cteur,n'empêchent pas encore de tirer des étincelles de ce conducteur, premiere Expérience. 9. Seconde Expérience.La balance abaistée par le poinçon , 5 c non par la pointe , est un fait dont on convient. 10. Mais on reconnoîtra que c’est rinertie 5 c impuissance de la pointe au respect de la balance. idem . EtChap. 7^Sect. 4. J. 19. 209. Premiere Expérience. La pointe ne diminue point l’aigrette d’une bouteille chargée. 1 l Seconde Expérience. Le carreau de vitre fe décharge , & on perce le papier malgré la pointe tenue en-délions du conducteur. idem. La barre s’électrise par tes nuées , comme une bougie est allumée par une autre, fàns diminution , ni altération de cette premiere ; ce que le méchanisme du Chap. 7. Sect. 4. achevadenous. certifier.. CHAPITRE II. Idée du méchanisme de l'Univers , pour parvenir à celui de l'E leclricité. 1., 'p. L 'Elément du feu est le premier »eû égard aux fubséquens; il subsiste seul, il est l’agent de tous^ & les autres ont leur origine en lui. ‘ 4 ' 17. L’air est le fécond Elément ; il est plus petit, S» 2, idem* DES MATIERES. 275 Ce second Elément plus petit, est divisé en globules ; chaque globule a réuni à fa matière autant d’efprit de feu , qu’il en peut contenir ; ( comme Peau fait fur le vin, ôc tous corps péta n s fur les légers, en tant que fluides. ) L’excé- dent de cet esprit de feu s’est trouvé réuni en globe , pour former le Soleil, dont la force 6c la chaleur pénétrent tout. idtm.. La terre & l’eau font une matière , ou des corps formés dans'ce second Elément ; ils sont imbus des globules d’efprit d’air 6c de feu , dégagés des atomes, infectes, 6cc. 6c autres matières qui n’y ont aucun couírs , idem. La terre n’est point fluide ; c’est un composé de parties branchues, qui s’accrochent les unes 6c les autres ; ce qui cause son opacité ,.fa masse , tantqu’elle n’est point dominée par Pefprit.de feu, §.4. ^ 18. Ce système n’est point idéal y il est nécessité aux effets , qui y sont tous relatifs ,.5.5.. idemi. L’esprit- de feu 6c d’air réside- toujours conjointement ou séparément dans les corps, sous celles formes qu’ils ayent ; mais il ne peut exercer son action tant qu'il essreflèrré dans les globu-r les d’air. ' 1 & la pesanteur de l’air , 1 sont. le ressort 8c la clef qui remontent continuellement le méchanisme , $.7. idtm. Tout elt plein dans la-nature , S- 8. idtnï. Le vuide est cependant indispensable , & Newton pensoit doctement en l’admettant 1 il lui man- quoit un rayon de lumière , une distinction, fans laquelle il n’a pù se faire entendre. II ne s’agit que de reconnoître ce vuide » malgré lé plein. i 20. Quatre Expériences le prouvent ; le vuide n'est que la légèreté d une matière réunie , qu’une plus pesante tend toujours à diviser & remplacer ; premiere espece de vuide. 2t L’esprit de feu & l’esprit d’air plus ou moins do- minans dans les corps on matières, fout.la cause de leur plus ou moins de pesanteur , $. 27. & 28. pag. 37. & 38. Quoique l’Expérience du bocal, fig. 3. plane. 1. page 22. ne contienne que de l’eau , les srote- mens des agens produisent autant de petites atmosphères électriques, qui facilitent faction des corps renfermés dans ce boéal ; çe frotement fait ici un vuide d’une seconde espece, &c. • » idem. L’un &l’autre vuide ne fe caractérisent qtìe par la grande flexibilité & mobilité de tous les cercles & colonnes d’air. 23. Ce vuide une fois connu fous le nom ss’atmosphé- jes, qui est son terme propre , par i’amas & DES MATIERES. 27? réunion de matière , peut encore conserver celui de vuide , à cause de ses fonctions. On remonte au feu du Soleil pour l'entretien de ces atmosphères journalières , & le mobile du mé- chanisme de l’Univers > Z. j o. pag. 23. Ce Soleil est un esprit pur, sans mélange , qui n’a besoin d’aucuns corps terrestres pour fa substance ; aussi est - il inaltérable & infini , étant totalement indépendant de sa nature. a4. On observe qu’il ne saut pas confondre L’air grossier avec l’esprit d’air, S. 14. 25.. On démontre que ce n’est que par cet agent que tour s’engendre dans la nature , les végétaux , les minéraux , les animaux , & la régénération humaine , Z. idem, 26. parag. 19. n w Le feu dont nous jouistôns pour nos besoins, ou vient du Soleil , ou de nos parcelles d’esprit de feu, S. 15. zj. On rassemble les rayons solaires av.ec un miroir concave , ou une simple lunette ; cette réunion fur la matière , y forme une atmosphère , où le progrès de l’air, qui s’inlinue , poustè & agite- ce feu par continuité fur cette matière jusqu’à sa destruction , §. 16. i8. La maniéré de tirer la poudre-d’esprit de feu des corps, est différente , on ne la rallèmble pas si aisément que le feu du Soleil ; parce qu'il faut écarter l’air qui la resserre & la confond; ainsi il faut avoir un corps qui la contienne feule , & un autre tout prêt a la recevoir au même instant. Pour que cet autre puiíîè la recevoir , il faut un agent qui l’y pousse. La pierre à fusil est lecorps qui contient cet esprit de feu seul ; nous recon 7 noierons à cet essec fous le nom de corps Hec- S iij tyi T* A' B L E trique , tous ceux de cette nature ; & p">uf corps non Electrique, tous ceux qui ont l’eiprit de feu & d’air par concurrence, ( comme est le briquet. ) Dans l’a non du contact, à Rapproche de ces deux corps froillës , l’eiprit de feu fait atmosphère , l’elprit d’air de l’alcier y tombe , en même-tems l’efprit de feu rentre d’au- tant dans cette parcelle d’acier. Cet esprit de feu que l’air agite & poursuit continuellement, exerce son action en tout sens sur la matière , jufqu’à ce qu’elle soit réduite en cendre, §. 17. 1 8. 19. pag. 2$. 2 9. 30. On peut encore tirer le feu de deux corps non.Elec- triques, mais il y a trop de difficulté , Z. 20. De cette étincelle on passe à l’amadoue , à l’allu- mette, & par ces degrés, on vient allumer la bougie. On remarque que dans cette bougie il y a deux matières sensibles , la mèche & la cire ; on apprend que de ces deux matières, l’une n’est que le canal de l’autre, dont l’une fournit à ce canal pour en limiter l’atmosphere & la durée ; ce que nous ne reconnoilìòns point dans le bois, où la matière a autant de canaux que de pores. Nons y voyons sensiblement faction de l’air & du feu ; leur entrée , leur sortie s cp qu’ils emmenent, comme la fumée; que le départ des matières terrestres en cendre , tombe à terre , & en quoi ce courant d’action différé de l’Electricité , §• 21. & 22. pag. 3 2.. 33. & 34. II faut un écoulement pour entretenir le feu ; il faut que l’air conducteur de la matière spiritueuse ignée , le succède sans obstacle , sinon il est étouffé comme la bougie fous un récipient, ou vne cheminée bouchée, $.23. ZZ DES MATIERES. 579' On observe pour cause invariable du méchanisme de l’Univers, les atmosphères perpétuelles que le feu solaire , & les agens terrestres entretiennent ; ces vuides recevant par continuité la chute de l’esprit d’air, il établissent la nécessité de la gravitation des corps au centre de la Terre ; parce que tous les corps & matières sont plus pé- fans que l’air ordinaire , quoique d’origine la cause de leur pésanteur. Toute la matière est créée dans l’air , elle conserve sa pésanteur , quoique devenue Electrique ; parce qu’il n’y a que le vuide, ses canaux de resserrés dans cette matière, fans expulsion de ladite matière ; ainsi la pésanteur y est conservée , même plus ; puisque les pores plus serrés allient plus de matière, Z. 24. 25. 26. 27. 28. 29. pag. 36. 37. 38. Ce détail du feu, loin d’être étranger à l’Electricité, il nous confirme qu’il n’est qu’un dans ses degrés. 39 - CHAPITRE III. De la mature Electrique. C ETTE matière est la même que celle du feu de la pierre à fusil , il faut aussi pour la rassembler un corps propre à la recevoir ; elle a ses degrés de force bien inférieure , aussi la nommerons-nous poudre d’esprit de feu Electrique, pour caractériser son extrême division. Il ne ta u t point de contact violent pour la rassembler, il ne faut qu’un simple tamis assez fin. Un cylindre de verre sera ce tamis, & le frotemenc de ce tamis S iiij 2ÎO TABLE corps Electriques , avec un corps non Electrique , qui fourniíìè & apporte continuellement cette matière. La matière une fois réunie, eíl alors susceptible de contacts sensibles ; si on les donne fur des matières très - spiritueuses , elle les enflâme. Ce feu marque une couleur que nous nommons flâme. Cette couleur n’est sensible que fous le froteruent , & au départ & arrivée de l’air, ou lorsque l’air sait quelque chute en s’unissant à la matière ; voici où 1e borne la force de l’Electricité ; cependant si on joignoic des matières très- combustibles par degrés, on parviendroit au plus haut degré du feu. Les corps non Electriques ne peuvent servir à rallier par se frotement notre poudre d’esprit de feu ; l’air y domine trop pour être chassé sans une violence bien au-dessus du simple frotement. Ce Chapitre a 9. parag./>. 40. jusques & compris 44. CHAPITRE IV. Du frotement du couffin avec le cylindre . E coussin doit être serré contre ce cylindre , P*g- 45 * Ce Chapitre est composé de huit effets essentiels. Le frotement assemble & tamise les globules d’air, pour en extraire la poudre d’esprit de feu seul , & leur départ marque une flâme sensible. Observations fur cet effet en 3. parag. & 2. Expériences. 47. Second effet. La poudre d’esprit de feu se rassemble sur les endroits frottés , ct dans la même DES MATIERES. à. direction que le frotement. La matière y arrive toujours en dessous du coussin. Observations en' 4. parag. avec 3. Expériences. pag. 49. Troisième effet. Les corps Electriques ne détournent ni n’empêchent la matière d’arriver au coussin, pour en entretenir l’atmosphére du- cylindre. Observations en 5. parag. & 12. Expériences. 52. Voyez aussi la seconde note, Section 3. Chap. 8. 26 8. L’armosphére se conserve toujours fous le cylindre , les corps Electriques n’arrêtant point la matière qui fournit au frotement, 5. 4. 61. L’action est seulement changée , l’esprit de feu prend son cours disseremment, S* 7* 87. Quatrième & cinquième effet. Comment se forme l’atmosphére cylindrique ; il ne se fait point de - tourbillon ; la matière entrant en ligne droite , sort de même. Les Observations fur ces effets font en 11. parag. neuf Expériences. 63. Sixième effet. Les corps légers font poussés jusqu’au cylindre, & repoussés au corps qui les présente. Septième effet.Les corps non Electriques exposés à cette atmosphère, íont lumineux avec aigrette. Huitième effet. Le doigt qu’on présente à cette atmosphère , reçoit cette flâme lumineuse sans piqueure ni contact. Ces trois derniers effets font renvoyés au Chapitre suivant. 72. Et leurs Observations fur ce Chapitre suivant, sone au 3e. effet. pag. 93. Au ;e. effet. pag. 98. Et au 6e. effet. pag. ioo. > \ ‘ TABLE sîr CHAPITRE V. Du conducteur ou propagation de VElectricité aux corps non Electriques. O N a reconnu que ces corps croient incapables de rassembler l’Electricité par le frotement , & qu'il s n’étoient propres qu’a la propagation , pag. 73. parce qu’étant remplis d’esprit d’air , ils ne peuvent former d’atmosphére aans le même air ; au lieu que la péíanteur de cet esprit d’air arrivant dans une atmosphère formée , il en fait sortir autant d’esprit de feu de cette atmosphère , dès qu’il y a un courant qui fournit le vuide ; car lans courant point d’action ; comme l’eau dans les paíle-vins fait sortir autant de vin , qu’il entre d’eau. On rapporte 2 . Expériences de comparaison très - sensibles , & démonstratives ; on y voit même l’entrée & sortie des petits corps qu’on présente à cette atmosphère , pag. 74. Voyez la note 4. 3 e . Section du Chapirre b. pag. 270. Comment le conducteur se joint au cylindre ou atmosphère, 3 e. Expérience , 75. Les soyes & gâteaux font les supports des conducteurs ; ce que nous devons entendre par conducteur, c’est un canal , un réservoir, où cet esprit de feu peut s’accumuler : or il faut proportionner le réservoir à la matière , pag. 1 30. & 204 ou tout au moins le fil de communication , 3 s. observation, section seconde, dernier Chapitre , pag. 2.(31. DES MATIERES. 2-r La communication se fait foiblement aux corps électriques suspendus ; elle ne s’y fait point du tout, s’ils sont pleins & longs d’un pied ou environ ; au lieu qu’un tuyau de verre, ouvert de deux lignes, l’efprit d’air trop proche , facilite un certain écoulement, $. 2. pag. 76. Et la section troisième des Nottes , Chap. 8. } . note , pag. 271. Ce Chapitre renferme huit effets. Le premier. Pour connoître la forme & étendue de l’atmosphére, on employé l'Expérience qui nous fait voir que cette atmosphère formée, est en affaissement, si-tôt le frotement cessé ; le canal qu’on offre à cet esprit de feu est inutile, & l’air des petites plaques, qu'on descend à cette atmosphère, s’unit en force, pour comprimer plus vite cet esprit de feu, tel que le poinçon , fait sur la pointe : Chap. 7. sect. 4. des pointes, §. 20. 2 10. Les réflexions, pag. 78. 79. Le second effet est le passage < 5 c entrée de l’espric de feu aux conducteurs pendant tout le frotement; cet esprit de feu réside dans la matière, fe communique à toute la colonne dès le premier choc ou frotement, fans expulser l’air. 11 se remarque en aigrette aux extrémités des carrés & pointes, ce qui fait partie de l’atmosphére, qui différé de celle des corps électriques. Les réflexions sor cet effet sont appuyées de six Expériences , neuf parag. pag. 80. jusqu’à 92. §. 5. 6. & 7. sect. 4. du Chap. 7. pag. 200. 201. 202. il est même bon devoir jusqu’à 207. ^Nouvelle observation à une objection qu’on se fait sur ce second effet. Pourquoi cet elprit de feu électrique , qui s’accumuie fur une. barre ^ *U TABLE &c. fourniflknt à tous les pores également, ne produit pas le même effet , comme lorlqu’il est; parvenu à la parcelle détachée du briquet,dont il est parlé ci-devant?La raison que l’on en a donnée , est que l’esprit de feu est trop spiritueux & subdivisé ; à cela il saut ajouter que faction, la vie dépend d’un contact imprimé dans la matière, Or l’esprit de feu, qui communique à tous les conducteurs, y arrive fans contact ; il ne se fait point de sortie détachée, comme dans la parcelle d’acier : ( cette parcelle d’acier, n'a pas plutôt reçu l’esprit de feu, que n’ayant qu’une petite parcelle de matière proportionnée , où î’air nouveau poursuit toujours le feu, jusqu’à ce qu’il ait consommé tous les pores de cette petite parcelle , faction s’y perpétue ; & cette action divisant la matière, produit la chaleur. ) Toutes les parcelles réunies dans un conducteur , établissent un courant distinct ; ce corps léger n’a pas le tems de limiter, & arrêter son cours ; l’air le poursuit lans mélange , nì action au-de- dans de ces conducteurs ; de même que l’eau ne s’allie point avec le vin , dans la branche du paífe-vin, cité fig. «6. plane. j. pag. 75. & notamment la trentième , même planche , pag. 99. où l’eau & le vin prennent le chemin , où ils trouvent moins de résistance ; au lieu qu’une goûte d’eau sur une de vin s’allie ; de même la parcelle d’air & de feu , fur la parcelle de matière en action par le contact , n’a plus de courant distinct ; l’air domine au-dessus de la pointe du feu , le globule d’esprit d’air & d’esprit de feun’entre sur ce petit corps qu’à proportion que les premiers font forcis. Le contact que l’on donne fur l’eípm de feu, accumulé en atmos- DES MAT I E R E S. à** • phére au cOrps non électrique , ne porte pas 1* feu électrique à ces corps ; au contraire , il vient en perte au corps présenté ; l’air écarté par degrés de raréfaction, ne s’alliant point, ne peut agir à moins qu’on offre à la rencontre une ma* tiere fort inflâmable, dont la raréfaction tienne lieu de la violence du contact qu’il faut pour porter faction dans la matière. L’inflâma- tion donnée, l’atmofphére change , & c’est un courant fans amas , tel qu’au feu expliqué ci- devant. Il n’extrait point le feu seul , & il ne peut pas produire les chûtes d’air naturel, qu* noiis éprouvons dans l’écoulement des atmosphères électriques. Troisième effet. La difference d’itmofphére ne change rien au respect dès petits corps légers qu’on présente, tant que le corps qui présente, reste pour les recevoir : 2e. Expérience, 5 e. paragraphe , pag. 92. jufqu’à 97. Le quatrième effet différé, en ce que ces corps abandonnés à l’atmofphére de communication , ne s’adaptetrt point au canon comme au conducteur , ' 97. Gnquiéme effet. Les corps présentés à l’une & l’autre atmosphères, rendent également rai- grette pendant le frotement , & si au lieu du ftotement, on les agite. Réflexions en quatre Expériences , pag. 98. jufqu’à it>~. Le sixième effet différé aux corps cylindriques r la - flâme fe porte au doigt sens piqueure ni contact ; au lieu qu’on ressent cette piqueure & contact à l’atmofphére de communication. Quinze Expériences nous développent ce curieux phénomène. Les réflexions font ev ZH> paragraphes * pag. 100. jufqu’à 130. 286 ' TABLE Elles nous font voir que quoique l’esprit de feu s’accumule au conducteur , il n’expulse point pour cela l’espric d’air , qui est en ce conducteur , Z. 6 . pag. 103. La cinquième Expérience allure sans équivoque la pél'anteur de l’air, & de l’efprit d’air ; de-là nous fait cormoître avec les subséquentes,, que les coups que nous recevons, ne font que les effets de cet air pesant, qui ayant été écarté par l’esprit de feu, retombe sur nous, pour reprendre son équilibre. Elles nous font cormoître que le feu électrique est le principe de la vie humaine ; mais.qu’une fois uni à la matière ou mèche dont notre corps est composé, il est en action & agitation continuelle à un degré de force & chaleur que l’Elec- . tricité ne peut acquérir d’eile-même. Quoique - d’un autre côté ce feu électrique ait en lui un pouvoir de faire des atmosphères & distraction totale de l'air, en pouvant s’accumuler& parla . de repousser l’air, & de produire à son rétablisse- - ment, à l’équilibre des effets très - surprenans. Ce qu’au contraire notre feu supérieur ne peut - faire , l’air ayant une issue d’un côté , Sc Réchappant continuellement de l’autre, il pousse toujours, par son action , la pointe dans toute la matière, fans pouvoir extraire le feu seul; c’est ainsi que;s’entretient.le feu de vie. Mais si ce courant varie , que l’air soit totalement écarté par l’assemblage, & trop de domination de l’esprit de feu,ce sont des engorge- mens ou atmosphères qui arrêtent le méchanis- , me, que la loupe médicale cherche à prévoir : -, dès qu’elle pénétrera çes atmosphères , on ira à pas fur. Ge feu électrique étant donc infé- DES MATIERES. 28/ rieur en force , il ne pénerre point notre sang; ' " il ne passe point en nous , à moins qu’il ne íoic forcé , & réuni en force suffisante pour fe faire jour, & écarter d’autant l’efprit d’air du lieu où il est ; s’il est; intérieur , il ne fait que circuler autour de nous , pag. 116. & 118. L’Electricité accéléré la chute de l’eau dans le siphon capillaire , 119. Sans accélérer lemouverpent du pouls, 123* L’on voit monter la liqueur dans un petit thermomètre , S* 34* 125 Les Paralytiques n’ont pú obtenir une guérison directe par l’Electricité , 126. Le septième effet marque toujours une atmosphère sensible au cylindre , quoiqu’on ne puisse rien sentir au conducteur , lorsqu’on y touche, ce conducteur communiquant d’ailleurs à terre ; parce qu’en ce cas , la personne , ou ses conducteurs , ne peuvent rien conserver de sensible , l’Electricité ne fournissant pas un feu capable de remplir toute la terre , dès que le canal est fans borne, ou plutôt il ne fait point de vuide , 1,30. Le huitième effet. On n’arrête point l’atmofphére du conducteur, ni du cylindre, en interrompant leur union. TABLE * 3 « CHAPITRE VI. Les atmosphéns du feu électrique accumulées au verre, produisent la commotion, O Utre les conducteurs que nous avons reconnus dans le Chapitre dernier , l’Electrici- té se propage encore differemment sur les corps non électriques, mis ou assemblés » fur ou dans du verre ; cette propagation alors produit deux atmosphères ; la premiere au respect du verre , la seconde au respect de ces corps non électriques. 11 faut également, pour leur écoulement & entretien , un canal en perte, pour produire leur atmosphère. Les bouteilles à médecine sont plus en usage que les autres : on les garnit d’un fil de ser ; on les remplit d’eau, limaille ou plomb ; cela est à peu de chose égale ; on explique la maniéré de les préparer & de s’en servir. On a réduit leurs effets à fix principaux , pag. 133. Le premier. La bouteille fans canal en perte , ne rend qu’une atmosphère telle qu’au cylindre , 1)6. Le second. Si on présente un canal, les atmos- Í jhéres se forment ; on ressent, à l'approche de a main, qui vient en interrompre le cours, une piqueure , un contact d’une violence , qui lui a fait donner le nom de commotion. L’esprit de feu se perdant des deux côtés à la fois , vient à la rencontre ; l’air qui remplace cette atmosphère, ce vuide qui s’est fait dans le passage , nous DES MATIERES. 28- bous frappe avec íecouíTe & contre-coup. Douze Expériences nous certiflenc ce passage du feu , & le rétablissement de l’air à ion équilibre , pa.g. 1 38. jusqu’à 145. Tous les corps Electriques ne sont pas capables de produire l’atmcfphére de la commotion , les gâteaux, cire , &c. il n’/ a que le verre , Z. 8. y. iz.pag.òc 1461 148* L’atmosphére formée fans courant, arrête , comme la fontaine intermittente, par le défaut d’ac- - t ion, S. 10. pag. 14.6. Cette fontaine intermittente appellée ici en com-* parailòn, en y réfléchissant , nous présente & décidé une queltion intéreílante en Physique. On avoit pensé jufqu’ici que l’eau attendoic la pression de l’air pour agir ; on étoit bien dans Terreur ; cette eau plus lourde que Tair , n’at- tend point de pesanteur ; mais un vuide, une liberté de circuler , 10e. Expérience , óc la note ,/>*#. 147. Et pag. 2x3. On diítingue aisément cette action & courant d’esprit de feu , qui cherché à s’échapper par les canaux qu’il peut rencontrer ; on voir qu’il enlève dc emmene avec lui du petit plomb granulé, J. 1 2. pag. ■ 148. La commotion du carreau de vitre , au lieu de bouteille , vient de la même caule & maniéré ; ce ne sont que les mêmes Expériences déguisées. On perce la main de papier. L’or est privé d’air en s’unissant au ve.re; ces violens essets sont semblables a ceux du Tonnerre ; ce n’est toujours cjue le paflàge du feu, qui écarte Tair ; la violence du feu brise & pénétre tout. L’air étant écarté de deux corps, quoique de T 2po TABLE disserens métaux & nature, ils font unis en un ; aussi l’or n’est ni fondu ni vitrifié , §. 16. 17. 18. pag. j 49. Troisième effet : pour prouver le canal & la nécessité de l’entrée & écoulement continuel du feu Electrique, la réflexion est jointe à une Expérience , pag. IZ2. Quatrième ester : une bouteille fêlée ne peut fe charger d’Electricité , si la fente est adhérente à la main qui la tien r. Les fentes & cassures ne nuisent point au cylindre. Par cet effet M. Franklin a cherché à prouver que l’Electricité ne pafloit point à travers le verre. 14. Expériences, 10. paragraphes nous font voir que l’ef- prit de feu y pallè , & parcourt le verre librement ; s’il ne pafloit point, il n’y auroit point de charge. M. branklinesten contraste avec lui- même ; il n’y a que la flâme qui n’y paflè point ; & lorsque nous l’appercevons dans une bouteille fermée , &c. ce n’est que le jeu de l’ef- prit d’air du dedans qui fournit cette flâme, pag. 1 56. jusques y compris la pag. 1 62. Cinquième effet : la charge ou atmosphère réside dans la matière , aussi-bien qu’au verre ; hors du verre elle porte le contact ; ce qu’on observe en trois ,paragraphes , pag. i6z. Sixième ester : les bouteilles chargées par le conducteur ou au cylindre , la direction & épanchement de ces atmosphères changent suivant les disserens courans qu’on y établit. L’équili- bre fuit cette charge par-tout ; les corps y font portés comme au cylindre , & repoufles de la même maniéré : il y a à observer que les bouteilles pour fe charger avec plus de force , ou du moins plus vîte » on les dore ; ce qu’on a DES MATIERES. 291 nommé Armure. Les effets diffèrent entre celles armées , & celles non armées. Le même principe & méchanisme ne se dement point » malgré la variété de 3 1. Expériences, & la dif- serente façon de les charger & décharger. Elles -font divisées dans 44. paragraphes , pag. i 66 a jufqu’à la pag. 1 92. Et troisième note » Sect. 3. du Chap. 8 .pag. 270. CHAPITRE VIL Eh t'odeur , dé la couleur des aigrettes , du son , d u. vent ou sifflement , & des peintes pour produire les ecoulemcns Electriques , expliqués en quatre Sections. PREMIERE SECTION.. De la couleur _ L A couleur n’est produite que par le feu, Sc n’est rélative qu’à ce même feu , mélangé d’air & matière pendant faction. On en établit la gradation, à raison du plus où moins de domination ftir la matière, & dans la- matière : de là on en fait la nuance de toutes les autres. L’explication est en 3. paragraphes, 2. Expérien- <^s,pag. 195. TABLE 494 SECTION IL J) u sifflement , ou son Electrique , avec vent. La seconde Section est sur le bruit, soy ou crL avec sifflement ou vent, qu’on restent 8 c qu’on entend aux aigrettes ; il n’est causé que par faction & chute de l’air dans tous. les aitferens vuides ou atmosphères , pag. 197. SECTION III, De Vodeur. Çette odeur ne vient que du froissement & départ des parties spiritueuses , de la matière attachée fur les corps , & de l’eiprit de feu du dedans qui est aster agité pour commencer à exercer sou action fur les parties spiritueuses à fa rencontre, Comme ce feu n’établit point d’action aster déterminée , d’entrée & sortie dans les pores , mais seulement autour, c’est-là raison pourquoi cette odeur se conserve , sans s’exhaler, pag. 198. SECTION IV. Des pointes pour produire les écouleme ns Electriques. L’erreur & l’abus fur les faits ont été démontrés \ on fait voir à présent qu’une barre n’a point dissipé l’orage , pour s’être trouvée électrisée, ( Quoiqu’U ait pû arriver que la foudrç s’y fqit DES M A T I ERE S. 29; lancée , plutôt qu’ailleurs , dès qu’elle s’est trouvée à fa rencontre. ) La matière n’est point expulsée des corps électriques , quoi qu’elle ne soit pas sensible auxconducteurs en perte,qui touchent a terre. L’el'prit de feu du frotement nç coule pas moins, ou ce qui est le même , ne produit pas moins le choc & faction à celui de la matière, Aux conducteurs limités il n’y a aucun tems à attendre ni à observer pour la propagation : c’est toujours 1 c choc des corps. La pre- n.siere bille touchée a communiqué son feu 3 toutes également ; ( la propagation de l’Elec- tricité est aussi prompte que celle du son , par 7 ce que la propagation du son , ne doit être prise que du battant arrivant à la cloche ; son attouchement est inslantané comme l’Electricité. Ou ne doit confondre l’étendue de l’atmofphére , l’efpace où on entend le son, avec le coup du battant, qui est un effet électrique , & en tout pareil à l’Electricité ) au lieu que s’il y a un vuide intermédiaire à remplir , comme pour support, li on prend des bouteilles , ce choc est interrompu ; il ne peut former d’atmofphére , Sc s’accumuler extérieurement, qu’après que les bouteilles ont été imbues de cet esprit de feu; alors il fe fait un retard ; c’est la difference de$ atmosphères, qui a fait ce retard ; l’atmolphére de l’Eiectricité, ou d u moins son étendue, n’est pas plus prompte que le son , toute proportion gardée. Úne pointe que l’on tient à une toile & plus de l’Electricité, n’est pas lumineuse fui; le champ, 6c on a cependant sur le champ le contact : on a encore omis l’Expérience suivante. * Je suspends par un fil de fer ou chaîne une bctle deplostibau bout de 1 z .barres dispersées L94 TABLE dàns plusieurs salles , & supportées comme um conducteur ; on présente au - deílòus de lar balle un petit guéridon où font des feuilles d’or hachées fort menu. On voit ces feuilles enlevées , aussi vite qu’on commence à mouvoir sar- chet ; si on annonce le mouvement par un cri précipité , les feuilles parodient devancer la voie. Le son & l’Electrícité , tout choc, &c. ne diffèrent en rien , proportion gardée ; on voit l’effet de su n aussitôt qu’on entend l’autre , 15. paragraphes trois Expériences nous le prouvent./^. 199. On reprend le sujet des pointes ; l'on démontre que les barres ne peuvent rien produire d’avan- tageux, par l’analogie du Tonnerre ; on fait encore voir le faux & s abus de la balance , dont les Sectateurs des pointes ont fait flèches ; Ton termine cette Section par quelques Phénomène des plus intéressans fur le Tonnerre , notamment celui arrivé aux Grands Augustins en i747.Finalement fuit la solution de cet ouvra- f ;e, page 218. jusqu’à 224 u la page 95. la feuille d’or électrisée, à laquelle on présente une boule de verre électrisée, dit M. Dufay, est rejettée; on observera que c’est parce que ce corps électrique ayant une atmosphère formée , ne peut donner cours à l’atmofphére de ce petit corps. Sur la sixième note, page 271. l’atmofphére diminuante par l’écoulement, nécessite encore cette tendance au doigt. DES MATIERES. 295 CHAPITRE VIII. La maniéré dont on doit faire les Expètiences de l’Electricité , avec les Observations convenables pour en faciliter le succès . On trouvera finalement quelques Notes Jur les Expériences qui semblent n’avoir point de connexion avec les autres. SECTION PREMIERE. La maniéré dont on doit faire les Expériences de VElectricité. C ES Expériences font au nombre de 120. On a réuni les plus intéressantes & les plus belles ; on n’a point repris une partie de celles qui fonc. distribuées dans cet Ouvrage , qui ne font que pour la certitude du méchanifme, pag. 22 5. &c« SECTION SECONDE. Observations pour faciliter le succès des Expériences . Ces Observations font au nombre de trente , pag. 26 d. & suivantes. SECTION TROISIE’ME. Notes fur certaines Expériences qui semblent n’avoir point de connexion avec les autres.. Ces notes font au nombre de six, pag. 268. On n’a pas expliqué le méchanifme du feu Electrique fur chaque Expérience énoncée en la Section première du Chapitre. S. pares que ce feíoic i 9 « TABLÉ DES MATIERES, Sté. souvent des redites: il suffit d’avoir mis le Lecteur en état de faire l’application des principes, & d’ê- tre sûr qu’ils font invariables. Les deux roues de M. Franklin n’auroient pas besoin d’une plus ample explication que leur essct ; cependant on observera en deux mots que le mé- chanisme se conçoit aisément par les Expériences expliquées. L’esprit d’air des petits dés se porte au fil de fer de la bouteille, de même que les autres corps suspendus ou lâchés > vont àuncorp électri- sé. Dès que cette roue est extrêmement mobile , elle fuit, comme tout autre corps , la direction > le courant de la bouteille chargée par le crochet ; chacun de ces dés & verre ayant leur charge & atmosphère fans écoulement, ils ne peuvent plus se charger ; mais dès qu’on change de bouteille , celle éhargée par le côté ayant reçu une charge diamétralement , au lieu de perpendiculairement, la main ou le corps non électrique adhèrent, ne repousse pas l’eíprit de feu des petits canaux en perte par le ha\it, mais latéralement ; conséquemment l’eíprit de feu des petits plombs & verre de la roue, a plus d’aptitude à s’unir en perte par la bouteille , en comprimant l’esprit de feu qui est déja ça affaissement & perte. La seconde roue présente encore moins dé difficulté ; elle reçoit fa charge comme le carreau de vitre & la bouteille ; chacune de ces balles ont leurs atmosphères ; les dés se présentent pour recevoir l'écoulement de l’esprit ae feu , & le rendre à la balle de dessous alternativement, & de là en perte par la tige de forte que Técóuleflnent, le Vuide étant continuel, cette roue accéléré beau- íoup, & ne finit que iorfqu’on arfête le fro cerner c. Fin d* /» Tablé. - - - APPROBATION . J ’Ai lû par ordre de Monseigneur le Chancelier , un Manuscrit intitulé , Spectacle du Feu Elémentaire dans tous ses d ; ç rés , ou Cours d'EleBriciti Expérimentale , & je n’y ai rien trouvé qui puilïè en empêcher Hmpreíîîon. A Paris, ce i z. Mars i75h L-^IROTTE. PRIVILEGE DU ROY. L OUISïar ia grâce de Dieu, Roy de France & de Navarre : A nos amez & féaux Conseillers, les Gens tenans nos Cours de Parlement , Maîtres des Requêtes ordinaires de notre Hôtel, Grand-Gonseil, Prévôt de Paris , Baillìfs, Sénéchaux, leurs Lieutenans Civils, & autres nos Justiciers qu’il appartiendra : Salut. Notre amé le Sieur Rabiqueau Nous a fait exposer qu’il désireroit faire imprimer & donner au Public un Ouvrage de sa composition , qui a pour Titre , Spectacle du Feu Elémentaire dans tous les degrés t ou Cours d'Electricité Expérimentale , s’ilnous plaiíòic lui accorder nos Lettres de Privilège pour ce né- ceíïàires: A ces causes , voulant favorablement traiter l’Exposant, Nous lui avons permis Sc permettons par ces Présentes, de faire imprimer fondit Ouvrage , en un ou plusieurs volumes, & autant de fois que bon lui lèmblera, & de le faire vendre & débiter par tout notre Royaume , pendant le tems de six années consécutives , à compter du jour de la date des Présentes. Faiíòns défenses à tous Imprimeurs - Libraires, & autres personnes de quelque qualité & condition qu’elles soient, d’en introduire d’impression étrangère dans aucun lieu de notre obéissance ; Comme aussi d’imprimer ou faire imprimer, vendre, faire vendre, débiter ni contrefaire ledit Ouvrage, ni d’en faire aucun Extrait , fous quelque prétexte que ce soit, d’augmentation, correction, changement ou autres , fans la permission expresse & par écrit dudit Exposant, ou de ceux qui auront droit de lui, à peine de confiscation des exemplaires contrefaits, de trois mille livres d’amende contre chacun des contrevenans , dont un tiers à Nous, un tiers à l’Hôtel-Dieu de Paris , & l’autre audit Exposant, ou à celui qui aura droit de lui, £c de tous dépens, dommages & intérêts : A la charge que ces Présentes seront enregistrées tout au long fur le Registre de la Communauté des Imprimeurs & Libraires de Paris , dans trois mois de la date d’ìcelles, que l’Impression dudit Ouvrage fera faite dans notre Royaume, & non ailleurs , en bon papier & beaux caractères , conformément à la feuille imprimée attachée pour modele fous le contre-scel des Présentes, que l’im- Î iétrant se conformera en tout aux Regiemens de a Librairie, & notamment à celui du 10 Avril 17z 5. Qu’avant de l’expofer en vente , le Manuscrit qui aura servi de copie à l’Impression dudit Ouvrage , fera remis dans le même état oùl’Ap- probation y aura été donnée ès mains de notre très-cher & féal Chevalier, Chancelier de Eran- ce le Sieur de L amoi gnon, &qu’ilen fera ensuite remis deux Exemplaires dans notre Bibliothèque Publique, un dans celle de notre Château du Louvre , un dans celle de notredit très-cher & féal Chevalier , Chancelier de France, le Sieur de La- moignon, &Jun dans celle de notre très-cher & féal Chevalier Garde des Sceaux de France, le Sieur de Machaulc , Commandeur de nos Ordres, le tout à peine de nullité des Présentes : Pu contenu desquelles vous mandons & enjoignons de faire jouir ledit Exposant & ses ayans causes , pleinement & paisiblement, sans souffrir qu’il leur soit sait aucun trouble ou empêchement. Voulons que la copie des Présentes, qui fera imprimée tout au long au commencement ou à la fin dudit Ouvrage , soit tenue pour dûement signifiée , & qu’aux copies collationnées par l’un de nos amez & féaux Conseillers Sécrétaires , foi soit ajoutée comme à l’original. Commandons au premier notre Huissier ou Sergent fur ce requis, de faire pour l’exécution d’icelles tous Actes requis & nécessaires, fans demander autre permission , & nonobstant clameur de Haro, Charte Normande & Lettres à ce contraires : Car tel est notre plaisir. D o n n e* à Versailles le neuvième jour du mois d’Avril, l’an de grâce mil sept cent cinquante-trois, Sc de notre Régné le trente-huitiéme. Par le Roy en son Conseil. Signé, S AINSON. Régis réfurie Registre XIII. de la Chambre Royal» des Libraires & Imprimeurs de Paris , N° 160. fol. izj. conformément au Règlement de 1723. qui fait défenses , Article IV. à toutes personnes de quelque qualité qu elles soient , autres que les Libraires ou Imprimeurs , de vendre, débiter & faire afficher aucuns Livres , pour les vendre en leuts noms , soit qu ils s'en disent les Auteurs ou autrement ; & à la charge de fournir à la susdite Chambre Royale neuf Exemplaires , prescrits par l'Article i c>8. du même Règlement. A Paris le 13. Avril 1753. Signé , Hérissant, Adjoint-. ) / ..j .r; «s- /» j . ■ / - . 0 , . • -j - '■ -no'j 1 - • O V '+ K 1 ■i: v. , V.. ... ... ■ \ L.~\ LETTRE ELECTRIQUE SUR LA MORT DE M. RJCHMANN ,L V LETTRE SUR LA MORT DEM. RIC H MANN> PROFESSEUR A PETERSBOURG, 'Tué par le Tonnerre 3 en faisant ses Expériences Electriques avec la relation de cette fatale Histoire 3 dçnt on donne la cause Physique ; & celle de touc le Phénomène 3 & comment s*engendre le Jour 3 les Saisons 3 les Eclairs 3 le Tonnerre 3 enfin pour « quoi ce dernier cause tant d’accidens . O U S me marquez M. que vous ne /errez que d’apprendre que j’ai donne m craité fur l’explication & la cause Physique de tous les Phénomènes de l’Elec- rncitè , 6c íiir l’abus des pointes pour détruire le Tonnerre , & vous me priez de vous en envoyer zo Exemplaires , pour des Mrs de votre Académie , qui ont oui dire que M. Richmann n’euc pas été tué , s’il eut connu ce Livre nouveau. L’Histoire Tragique de M. Richmann mérité bien qu’on plaigne l'on fort, en louant son zèle, A X mais on ne peut s’empècher de le regarder comme téméraire , d’avoir agi fur la foi des Sectateurs des pointes, fans connoître la valeur de son entreprise. La Gazette d’Allemagne nous a fourni une relation qui me paroi t a (fez exacte, fur les circonstances de cette mort, quoiqu’il y ait un peu de confusion, dans ce qu’elle dit de la position de l’Eguille de' l’Electricité , avec la barre & le vase , dont la communication n’est pas indiquée trop clairement ; mais qu’on suppose allez pour les effets. C’est d’a- près cette relation que je vais vous donner une explication de ce Phénomène ; la cause en est évidemment démontrée dans le Traité que je vous envoyé, lorfqu’on en fera une juste application. ALLEMAGNE. De Hambourg le 14 Septembre IJSS* On voir ici une relation circonstanciée du tragique accident arrivé à M. Richmann, Professeur à Pe- rersbourg, lequel fut tué d’un coup de foudre le 6 du mois dernier, en faisant ses Expériences Electriques fur le Tonnerre. L E Ô Août vers le midy 3 M. Richmann voyant un orage s'élever du côté du Nord 3 Je disposa à continuer ses Observations : il y avoit avec lui M. SoKolow Graveur de U Académie. L’endroit où il saisoit ses Expériences étoit une efpece de galerie longue de 16 pas fur 4 de large 3 ayant son entrée vers le Nord 3 & une fenêtre du côté du midy. On ne fiait fi cette fenêtre étoit alors ouverte ou non , tout ce qu‘on peut dire avec certitude 3 c’efi qu’il y avoit pr'es de la fenêtre une armoire de la hauteur j de 4 pieds fur laquelle on avoìt fixé Vaiguille de l’Eleïlricité 3 & posé un vase de verre rempli en partie de limure de cuivre jaune dans lequel descendait une barre de fer de Vépaisseur d’un doigt & de la longueur d 3 un pied 3 au haut de cette barre otì avoit attaché un fil d’archal qui descendoit du toit de la maison 3 & entrait par le haut de la galerie. Le Professeur jugeant a Vaiguille que lorage dévoie être sort éloigné 3 assura M. SoKolow qu’iln’y avoìt point encore de 'danger 3 mais qu’à l’approche de Vorage il pourroit y en avoir 3 M. Richmann fie tenoit à la distance d’un pied de la barre de fer 3 continuant d’obferver attentivement l’aiguille : le Sieur SoKolojy vit quelques momens après 3 fans qu’on eut touché à la Machine 3 un globe de feu bleu & blanchâtre d’environ 4 pouces de diamètre 3 sortir de la barre de fer & frapper le front de M. Richmann , qui 3 sans jetter le moindre cri , tomba à la renverse contre le mur ; a ce Phénomène succéda un. coup comme celui d’un petit canon. Le Sr SoKoloiV en fut renversé par terre & sentit quelques coups , comme fi on Veut frappé fur le dos : on a reconnu depuis 3 que le fil d’archal s’étant rompu , les morceaux de ce fil l’avoient atteint 3 & avoient laissé des traces de brûlure fur son habita Après être un peu revenu de son premier saisissement 3 il se releva ; & s’appuyant d’abord contre Varmoire, il jetta la vûe du côté de M. Richmann qu’il ne cróyoit qu’étourdi du coup : une épaisse fumée l’em- pêchoït de Un voir le visage 3 & hti fit appréhender que le feu n’eut pris à la maison. Ll sortit de la galerie tout effrayé 3 & appella le piquet de la Garde. Madame Richmann qui avoit entendu le coup , vint à la galerie qu’elle trouva remplie de fumée * M. SoKoîojF venoit d’en sortir í On peut s’imaginer Ai 4 < la douleur & la conjlematìon de cette Dame y lors' que se retournant elle vie son Epoux étendu furie dos fans donner le moindre signe de vie : elle eut d’abord recours aux sels , aux liqueurs y & à tout ce que fort extrême agitation lui permit d’employer pour tâcher de retirer son mari d'un état que sa tendresse lui repré- sentoit comme une espece de léthargie. Tout sut inutile y elle ne put jamais lui faire reprendre ses esprits. Le Professeur Krafqensein s’y rendit io minutes âpres avec un Chirurgien qui ouvrit la veine à M ,. Richmann ; mais il n 1 en sortit qu’une goûte de sang; & on ne lui sentit plus de pouls. M. de Kratyenfiein tenta inutilement de lui souffler à diverses reprises dans la poitrine > comme on a coutume de faire aux personnes étouffées. Cependant on ne lui vit aucune marque de convulsion , ni aux bras ni aux jambes 3 &c. Mais on remarqua à la partie supérieure du front y où les cheveux commencent une tache rouge ovale de la grandeur d’un rouble 3 tirant un peu fur le côté gauche 3 où le sangavoit été comprimésans que la peau fut aucunement offensée. Le soulier du pied gauche s’ef trouvé déchiré en deux endroits du même côté Jans aucune marque de brûlure j à côté des déchirures, on apperçut de petites taches blanches. Lorsqu’cn Veut déchaussé on trouva au même endroit une tache de sang extravasé grande comme un rouble.. En examinant le corps y on remarqua au côté gauche depuis les hanches jusqu’au cou 3 huit taches rouges & bleues , tant grosses que petites outre quelqu’autres qui resfembloient à celles que la poudre à canon fait en brûlant la peau. On vif ta ensuite la galerie. Un éclat de la porte de la cuis ne 3 long de deux pieds y & de la grosseur d’un tuyau de plume y avoit été jettésur les dégrés de l’escalier 3 qui y étoit contigu. Le vase de verre étoit café jusqu’à la moitié de sa 5 Hauteur 3 & la limure de cuivre dispersée ainsi que quelque petits morceaux de fil d'archal'. Le lendemain fur les instances de VAcadémie 3 lé' Professeur Krar^enslein & le Sr Klein , son adjoint en Anatomie 3 firent l'ouverture du corps 24 heures après l’accident. D’abord on remarqua que les taches de sang extravasé s’étoient fichées & endurcies fins que le poil eut été brûlé : on enleva ensuite là peau- & l’on trouva que les taches loin de pénétrer jufi qu’aux muscles & aux os 3 &c ; ne paroijsoient pas même fur la graisse qu’elles couvraient. La cervelle n’ avoit rien souffert. Lee partie antérieure du poumon étoit auffì dans fi situation naturelle entre le mediaflin & les côtes Jans aucune blessure : le cœur n’étoit point non plus offensé 3 mais il ne s’y trouva point de sang , La partie postérieure du poumon particulièrement du côté droit étoit noirâtre 3 & toute, couverte de sang extravasé : dans le creux de la poitrine 3 il y avoit environ une demi-livre de fing pur ; en séparant la trachée d’avec l’orifice cìu ventricule 3 on en trouva la partie postérieure extrêmement molle 3 mince & déchirée : lès branches de l’artère étoient remplies . de fing , partie clair, partie écumeux. Avant d’ou- vrìr le corps , & lorsqu’on le tourna 3 . il en étoit sorti un peu de sang par la bouche. Les intestins grêles é’oient sains & en bon état 3 mais le pancréas étoïv blessé & rempli de fing •' le reste des entrailles 3 comme le soye 3 la rate 3 &c.. étoient ausjî sains qu’on: puisse les avoir. Quant à l’accident même 3 le Professeur auroit pu demeurer encore quelque tems dans la galerie fins. passer pour téméraire ni courir naturellement aucun, danger 3 puisque l’orage étoit encore éloigné de près- de 6 degrés de fin horizon : au moyen des / ou d coups qui l’ont précédé 3 & qui étoient fort faibles a . A 3 , 6 on en a pu aisément calculer la dislance par l'inter- valle de i s à 20 secondes entre U Eclair & le Ton- nerre qui tua M. Rìchmann. Le Conseiller Lomonojsow saisoit une pareille expérience chc{ lui tout proche de la maison de M. Rìchmann } & il ne remarqua que de grosses étincelles dans le tems même que ce coup fut fi funefie au Professeur. Pour pouvoir sentir la force de cette explication, il sautd’abord avoir attention de ne rien donner au préjugé , au contraire il faut rigoureusement «'arracher aux faits constatés par l’expérience , & ne point perdre de vue la distinction du feu ordinaire, qui est en action avec l’air fur la matière , d’avec celui de ^Electricité ou du Tonnerre, qui n’estque l’efprit de feu pur fans aucun air , cet air étant alors toujours écarté à la circonférence, Chap. 2. Idée du Méchanisme de l’Univers pour parvenir à celui de l'Electricité , pag. i; &c. de mon Traité du Spectacle du Feu Elémentaire. * Ceci bien entendu, on passera au chap V. 6c. ester,pag. 125 & 126. Ch. VH.fect. 4 §. 20 jusqui 3o,p. 215,116 ôc 217. Vy ci le 'Titre de cet Ouvrage. * Le Spectacle du feu Elémentaire, ou Cours d’Electricité expérimentale; où l'on trouve rexplicatìon , la cause & 1 c Méchanisme du Feu dans son origine , de-là dans les corpsson action fur la bougie, sur le bois , ôc successivement sur tous les Phénomènes Electriques ; où l'on dévoile l’abus des pointes pour détruite le Tonnerre : on y explique en outre la cause de la chute des corps au centre de la Terre, celle de l'ascension de l’eau dans les tuyaux capillaires, ôcc. Que le Feu est le ressort, fie Pair l’agent du Méchanisme de t’Univers. Par M. Ch. Rabiqtjeau , Avocat, Ingénieur Privilégié du Roi , pour tous ses Ouvrages de Physique & de Méchaniquc. Les Libraires Ic trouvent à Paris, chez l'Au- teur, Hôtel Je Mcuy , rue Dauphine , près le Pont-Heuf , ou l’on fait les Cours composts de plus de 60 Expériences nouvelles,fie de comparaison qui font partie du Traité , qui se vend aussi chez Jombert Libraire du Roi , pour l’Artillerie ôc le Genie, rue Dauphine Ù l'Image Notrt~- Dam , & au Pal.xij chci Grange Libraire, galicrie des Prisonniers* ? Pour plus d’íntelligence je reprens ici Torigine du Tonnerre jusqu a sa réunion à l’équilibre avec l’air ; j’espere que vous me fçaurez bon gré de vous éclaircir fur cette matière : le développement cn est curieux & intéressant. Les effets non-seulement nous mettent en état de conjecturer, mais même ils nous assurent que l’Auteur de la Nature ayant formé les quatre Eié- mens, (ch. i pag. 13, &c.) celui du Feu a été le premier , l’Air le second , dont chaque globule a réuni à sa matière autant d’esprit de feu qu’il en peut contenir, comme seau fait sur le vin ; la Terre Sc l’Eau font une matière ou des corps formés dans ce second Elément ; ils font imbus des globules d’esprit d’air Sc d’esprit de feu ( on dit d’esprit, parce qu êtant dans les pores de ces Corps , ils font dégagés de tout Atome, insecte,Lcc. Sc autres matières qui ne s’y assemblent point, comme dans l’air groílier que nous respirons). L’équilibre a fixé ces Elémens à raison de leur pésanteur , Sc c’est Tordre naturel. Mais le Méchanisme demande une circulation continuelle qui nous amene le jour, la nuit Sc les difi- ferentes saisons : où est la source de ce Méchanisme? comment le comprendrons-nous ? qui en fera la force motrice ; Le feu Sc l’air agissant sur la matière terrestre. Le feu ayant été amalgamé avec l’air, autant que ce dernier en a pu contenir, le premier étant bien plus étendu,il est resté un Globe formé de cet Excèdent réuni,qui est le Soleil, tout esprit de feu,le feu pur, Corps extrêmement léger par la subdivision inombrable de ses pointes , Sc dont l’union totale porte la chaleur, le feu de vie, la lumière fur tout ce qui l’environne. Or, ce Globe de feu communique, donne à son lever la lumière Sc le feu à chaque glo-< r baie d’aír & de feu réunis, qui forment autant de rayons solaires, tousse le communiquant les uns aux autres, enfin jusqu’au centre de la Terre & au fond de EEau. Ainsi arrivé à la matière terrestre,celle* ci étant divisible lui présente autant de canaux que- de pores, à la faveur desquels le feu acquiert une action , qu’il exerce fur certe matière, ou il prend Ion cours , comme par autant de Siphons , a mesure que f air s’y insinue pour en remplir les vuides, ce qui ne se peut faire que par dégrés , & le plus ou le moins de domination & d’éloignement du loleil ; d’où naissent les saisons. Saisissons ces faits, la Terre en recevant la lumière T & faction des rayons solaires au premier instant de l’origine du Soleil, n’a pu être échauffée que par dégré, & à mesure que le feu a sait du progrès, en déssechant les matières ; ce qui demande un tems que nous pouvons comparer au Prin- tems ; pendant lequel faction solaire est insinuante & douce comme à son lever , & agit modérément sur les corps & les matières que f air plus condensé rellerroit. Ces Corps ayant acquis en eux laction du feu à un certain degré ; il s’en exhale «sautant plus de parties , qui réunies nous produisent enfin f Eté , le Soleil étant dans son plus haut dégré : de même que chaque jour il nous donne la chaleur du midi ; s abaissant ensuite sur f horizon il laisse la liberté à ces colonnes de feu de s’ex- haler par la pression de cet air , qui s’insinue d’au- tant, pour remplir la place , à mesure que la matière se consume ; alors se trouvant plus d’air que de feu , la chaleur décline, c’est 1 après-midi, ou f Automne. Ces Corps dilatés, ces mèches desséchées deviennent à rien, &c n’exhalent presque plus de feu : la matière ne résisté plus , elle rentre dans . 9 le repos, faction de vigueur cesse , plus de chaleur,c’est le soir, enfin l’Hy ver. Cette mèche ou matière étant consommée, l’équilibre se rétablit, l’air, le feu & la matière sont remis à leur premier état : le Soleil recommence à s’insinuer fur la Terre , où trouvant de nouvelle matière , il agit de nouveau, & successivement, redonne le jour, & toutes les saisons. Il est maintenant aisé de comprendre qu’en Eté le feu s’élevant de tous côtés , en sortant abondamment des Corps & des Matières , il se réunit aisément en volume capable de résister malgré sa legerete , a 1 air environnant, qui tend a comprimer Sc à reprendre l’équilibre , tant que cet air ne trouve aucune issue pour s’insinuer & diviser ce feu réuni. l’Expérience du passe-vin nous en fournit un exemple assez sensible (pag. 75 , 90 & 91.) Ce nuage de feu se soutenant ainsi , & agité par les nues , s’allie à un autre semblable , Sc leur union se fait avec une lumière rouge , fans bruit. Chap. VII. §. 19. p. 11 6. Ce nuage de feu souvent enveloppe Sc s’unit en cercle au tour d’un nuage d’eau , ou d’un nuage d’air ordinaire , ainsi ce nuage est éiectrisé, c’est- à-dire environné de feu. Un autre en enveloppe un autre ; ces derniers se rencontrent d’où naissent les éclairs, d’un rouge bleuâtre , avec bruit, (§. 29 & 30 pag. 21 6 Sc ny) même ch. L’air poursuivant continuellement les parties du feu juíqu’à la réunion à l’équilibre , né- ceflaire pour le Méchanisme , forme les vents, les ouragans, les nuages de pluye Sc de grêle causés par les parties de feu plus ou moins dominantes, Sc les differentes chutes des uns aux autres, enfin le Tonnerre. Cette foudre échappée de son nuage, est pouíîee par les colonnes d’air environnant en tout sens » celle qui répond à un Corps non électrique, où Fespnt de feu & l’esprit d’air sont en concurrence, est la plus foible à son égard, & où il a plus d’ap- titudc à se rendre , si il ne trouve aucune force qui le rejette & Foblige de s’élancer ailleurs : en ce cas , l’objet fur lequel il s’élance , est sujet à être brûlé 1 ; mais si ce leu est divisé en Atmosphère , au tour d’un nuage fort étendu , en entrant en charge sur les nuages avoisinans , il perd beaucoup de fa force , & en ce cas , souvent il ne brûle point ; mais l’objet qui se présente pour ouvrir un canal à sa réunion , est déchiré & brisé par la sécouste de l’air rentrant en équilibre, pag. 21S même chap. H. 31. où l’on voir l'explicarion des esters de la foudre qui tomba fur le clocher des grands Augustins en r 747. Examinons à présent ce qui s’est paíTé au respect de M. Richmann ; suivant les faits, le nuage de la foudre étois étendu , plusieurs pointes électriques jjerçoient dans ce nuage ; ces barres semblables a d’autres nuages capables d’être électrisés, s’électriserent effectivement, & formoient à leur égard autant de nouvelles Atmosphères , qui ne tendoient qu’à s’écouler par le premier canal qui se présenteroit. Le vase de verre rempli de limaille a été l ins trament funeste qui a occasionné tout le malheur. Ce vase ayant reçu d’abord une premiere charge au destus de la limaille , avoir une Atmosphère bien supérieure à celle d’une simple barre , chap. 6 , le effet pag. 138, &c. L’armoire operoit le courant du Feu ou de la Matière Electrique par, le plancher ; comme M. Richmann a présenté un xanal de réunion , de l’Atmosphère du verre avec l'écoulement qui repondoit à ion pied , c’étoit I« chemin le plus court pour reprendre équilibre, _tel que je le démontre dans une Automate Electrique que j’ai imaginé pour mes Expériences 8c Cours. Cette figure admirable ne frappe point celui qui porte son doigt au doigt de la figure , quoiqu’il tienne la chaîne qui communique aux Lieds de cette figure , 8c cju’il établisse un courant par les deux extrémités : parce qu’un autre objet établit un courant plus court par un éclair dune singulière beauté ; inrerrompt-on ce coursant intérieur î alors celui qui porte le doigt est frappé, & ressent une bonne commotion. Cens figure hérissé des rayons pendant la charge , ce «qui prévient qu’on doit être frappé : il n’y a aucuns rayons quand le courant est intérieur. * M. Richmann n’a pu résister au passage du feu réuni par les deux bouts ; ce feu en passant s’est allié le feu de vie de M. Richmann , eu écartant en même-tems l'air, de forte qu’il n’est resté que la matière incapable de vie, fans ce feu 8c cet air. Les differentes taches de sang extravasé, séché & coagulé, écumeux , ces parties blessées 8c déchirées, font les suites de l’interruption de son action & de la répulsion de l’air pendant ce courant de feu arrivé par le pied 8c par le front, dont la réunion est ce que nous appelions commotion , à cause de faction du feu réuni ; aussi le choc , l'essort le plus violent se marque-t’il au corps au lieu de la réunion du feu & de l’air. * Comme mon cabinet privilégié du Roi > Hitel de Motty me Dan- fhine , est un Spectacle toujours ouvert au Public , on peut pour trois livres par représentation, voir á son gré tel Phénomène , ou PkcC Mcchaiuquc que l'on souhaite. IZ La fumée épaisie n’est probablement venue que de la limaille de cuivre, ou le feu a fait effort au moment de sa réunion ; ce feu n’a laissé qu’une fumée , n’ayant pu agir que sur les parties spiritueuses , sulphureufes qu’il a entraî ìe en brisant le verre & le fil de fer , au mcment de la réunion de l’air à l’équilibre. Les éclats de ce fil de fer qui fe font lancés de côtés & d’autres , ont divisé éc affaibli beaucoup l’Atmosphere ; chacun de ses morceaux de fil de fer , de ses parcelles de limailles , &c. ne recevant plus de charge de la barre , de l’orage , ne pouvoient porter <^ue le coup du simple contact: 3 & non d’une réunion du Feu. Ce contact: violent a renversé M. Sokolovv, qui venoit de voir la chute du feu ou éclair que M. Richmann avoir reçu : M. Sokolovv avoir encore entendu le coup de la commotion ou réunion de l’air , qui avoir fait le bruit d’un petit canon , par le rétablissement à l'équilibre , & le froissement de l’air contre l’air ; dont le coup est ordinairement d’aurant plus grand , qu’il y a eu de vuide ou de feu échappé ; il n’a pas été renversé par cette commotion , mais par le violent contact: que l’Atmosphere du fil de fer a occasionné en faisant couler le Phénomène au tout de lui ch. V. 6e. effet pag. i oo , &c. Comme ce Phénomène a trouvé une issue , M. Sokolovv n’a eu que le coup du remplacement de l’air , que ce Phénomène avoir soulevé autour de lui. Quant à la brûlure , ce fil de fer mince avoir été froissé & presque brûlé par la violence du contact. Dans íà rupture , il a conservé assez de feu pour efflérer & marquer la trace de fa chute sur Pétoffe. L’éclat qui est sorti de la porte de la cuisine est *í €fìCore un débris du simple contact: 8C non de la commotion - , quelque trait de Feu Electrique s’étant attaché Sc ayant ç>ris cours par cette porte, les parties d’air écartées ont brisé ce morceau , le reste du feu bien affoibli s’est trouvé enfin réuni à l’équilibre. Voici la cause de ces terribles esters par des principes sûres , relativement au Traité que je vous envoye. C’est mal-à-propos que les Auteurs de la relation disent que M. Richmann auroit pu encore demeurer quelque tems dans la galerie , parce que Forage etoit éloigné , au moyen des z ou 6 coups qui ont précede. Leur calcul Géométrique n’est point à raison du fait, ni en raison Electrique ; parce que ce n’est point Feffet d’au- cuns de ces 5 à 6 coups de Tonnerre, mais de celui de l’Atmosphere & charge du vase , donc l’Eclair , Fétincelle & le coup ont été occasionnés par M. Richmann , qui présentoir, avons-nous dit, un chemin plus court à la réunion du feu en charge au verre. Le Conseiller Lomonostow n’a eu que des étincelles à fa barre , cela est naturel, il présentoir toujours un écoulement à la Matière Electrique ; il n’étoit sujet qu’aux contacts plus ou moins violens, suivant la charge ; au lieu que dans la commotion, le feu arrivant des deux bouts , force , passe au corps , & tend à s’unir comme je lai démontré ch. 6 ci-dessus ; en outre on ne fait pas mention de la charge d’une bouteille chez ce dernier. Il pourroit encore y en avoir eu une , Sc que l’écoulement se fut fait par ailleurs. Sans cela j 0000 personnes dans Fespece de Monsieur Rich- mann , & à la fois, n’échapperoient jamais à une pareille commotion, dont la force n’est relative *4 assoit vers le goulot de la bouteille qui soutient e bout de la barre , & j’ai remarqué que ce goulot de bouteille renversée, étoit cassé, & qu’un éclat enlevé faisoit une petite breche qui interrompoit la circonférence du verre posé dans le trou ou anneau d’un barreau de fer qui part du pied de la figure. Cette échancrure du verre faciliroit un écoulement de la barre au morceau de fer„, de forte que les étincelles se lançoient de la barre^électrique i la branche du support, comme lorsque l’on tient la balle de plomb à deux ou trois lignes d une grosse bouteille pendant l’électrisation. Ayant attaché au pendule le fil de fer de communication à la terre, le cliquetis a cessé j ayant ôté le même conducteur, le cliquetis a recommencé : mais la pluie considérable qui donnoit de côté , ayant interrompu faction de ces vives étincelles 3 j’ai pris le fil de fer de communication à la terre, & je f ai encore accroché au pendule de cette barre , ( non dans f espérance de décharger le nuage ^ mais seulement pour, dans le cas où la nue venant à s’ouvrir, & le foudre à s'élancer fur cette barre, lui indiquer un relie qui termine le Cabinet de M. Itabiqueau, où les Curieux vont voir les différens Spectacles & Cours de Physique. On le urouve cirez lui toutes les après-midi. 7 chemin de préférence , quon pourroit présumer moins préjudiciable, fi l’écoulement n’étoir point considérable , & que venant à faire fracture fur le côté indiqué par ce fil de fer, il feroit préférable à tout autre écoulement qui se pourroit faire pat Tintérieur du bâtiment. ) Je me suis retire dans la petite maison de devant pour y joindre ma compagnie. Comme il manquoit quelques clous à vis aux marches de l’escalier qui est pratiqué dans la calotte du Dôme où est la Renommée, j’ai renvoyé mon domestique pour rétablir ce qui pouvoit manquer. Dorage ayant toujours continué , deux coups de tonnerre violents Lc peu distans l’un de l'autre ont ébranlé toute la petite maison où nous étions, & au même instant de l’éclair qui a précédé chacun de ces deux coups, malgré l’épaiífeur de la calotte de plomb & des courbes, mon domestique a entendu à h barre un sifflement successif, comme si c’eût été le jet d’une fusée. II comptoir que ses cheveux venoient d’ctre grillés par ce jet, ce qui lui a fait porter la main à fa tcte, fans rien trouver d’endommagé : dans l’instant ayant ouvert la trappe pour aller voir à l’endroit où il avoir aussi vu le cliquetis de la barre avant la pluie, il n’a rien ap- percu : m’ayant appellé, il s’est remis à son ouvrage. Je suis monté préci pitamment : comme j’arrivois vers lui, le second éclair a paru accompagné du mcrne jet de fusée. Aussitôt j ai monté jusque vers la figure , pour y observer ce qui se paíloit, j’ai porté le doigt à la barre , quoique persuadé qu’il ne devoir rien y avoir, attendu le fil de fer de communication à la terre ; aussi n’ai-je effectivement rien reffenti. Pendant les deux éclairs violens , le foudre c-ít tombé chez les Dames de Port-Royal, environ à A iv s 600 pas ordinaires d’éloignement de chez moi, & B. presque sur la même ligne, comme A Les Jardiniers Sc rous ceux qui s’y font trouvés, n’ont observé d’autre feu qu’un grand éclair avec un coup violent. Quelques-uns s’étant prosternés, & les autres étant tombés au moment de cet éclair, personne du dehors n’a vu exactement : beffroi les a même empêché déjuger du second gros coup , cjui a néanmoins été fort sensible à tous ceux qui croient de sang froid. La Maîtreííe des pensionnaires a observé un second éclair & un second coup après celui qu’elle venoit d’entendre , & elle pense que le tonnerre est entré par les fenêtres au premier gros coup qui a repenti à plusieurs endroits, en déplaçant une grosse pierre cTenviron dix-huit pouces en quarté , qu’il a fendue ; il a brisé la plus grande partie des vitres & des bois avec des fentes de tous les côtés , çn laissant quelques légeres. traces tirant íur le noir vers la rupture des bois. Le Jardinier ayant apperçu une fumée sortir des fenêtres des classes , est accouru, & on a été à la fuite pour visiter si le feu avoir pris quelque part des trois étages qu’on a parcourus jusqu’en bas : il paroît qu’il est entré par la cheminée dont la tète se trouve en partie abattue ; il a passé de l’escalier dans un corridor , où il a enlevé une partie des carreaux. On a rema qué pendant environ une demi-heure une fumée épaisse qui prenoit du haut en bas, mais plus forte en haut Sc dans les ch minées j elle avoir fadeur de poudre, comme un reste de feu d’artifice. Le foudre est encore tombé près de Vaugirard fur Jean Baptiste Monec dit la Jeunesse 3 & fur le nomme la Flotte. 11s croient fur la chaussée neuve, plus près de Vaugirard que de l’Ecole Militaire distant de 2000 pas ordinaires ou environ de chez moi & du Port-Royal fous une ligne angulaire Sc _B. aiguë, comme C au respect de A Ils avoient distinctement observé Sc entendu le premier Çros coup de tonnerre , mais a l’éclair qui a précédé le second gros coup , Monet s’est trouvé renversé. La Flotte est resté mort sur la place, Sc Monet a été près d’un quart d’heure sans se pouvoir lever, le foudre C» l’ayant frappé à l’épaule gauche où il restent encore quelque douleur sans marque. De l’épaule le foudre s’est échappé le long de fa jambe droite, en prenant du genouil au pied, où il a eu une contusion avec enflure Sc tache bleue , qui s’est distippée peu à peu, ne lui restant plus qu’une légere douleur. La Flotte étoit à fa gauche : ils re- venoient aux Invalides. Monet n’a remarqué d’au- tre feu que l’éclair, fans fumée ni odeur. Tout ce qu’on a observé, c’est qu’à l’endroit où ils étoient, du côté de Monet , dit la Jeunejse t le foudre a fait une breche de quatre à cinq pieds à un petit mur de terre qui sert de simple clôture. Ce petit mur en partie de côté , est éloigné d’environ 15 pieds de l’endroit où l’accident leur est arrivé : le débris est tombé du côté de la Jeunejse . Réduisons présentement ce phénomène au simple ester qu’il devoir produire par la barre. Cette barre est isolée, telle qu’il faut pour être bien électrique. Plusieurs Seigneurs Sc tous les voisins de IO nom en ont vu & ressenti les effets ( cl ) ; Sc quiconque voudra s’en convaincre, le peut journellement. 11 verra que pour isoler cette barre, j’ai irisa) Nonobstant la Critique d’un habile Sectateur des. pointes , qui a dccidc que cette Barre étoit mise contre les réglés , & quelle ne pouvoit produire d’effet, attendu qu’une Barre électrique devoir être Bolée de tous côtés } qu’ainsi étant tenue dans la main de la sigu"e , Sc ensiiire posent par le bas for un barreau de se r , elle ctoit contre les principes. Mon Cabinet étant toujours ouvert à tous les Curieux , ce judicieux Critique devoir s’aíforer du fait, au défaut de son imagination , & ne pas décider sens sçavoir. Tant que les hommes ne s’uniront point pour courir a la vérité , loin d’avancer, la confusion se mettra toujours parmi eux : ce peu d’union apporte le dégoût aux autres ; il y a plus, la discorde est de la partie , elle vient de percer jus- qu au centre des pointes. M. de Lord en son magnifique Cabinet, où il a sait des Cours avec un applaudissement général, annoncés au Public en la premiere cdition de M. Franklin, pag. 10 de l’Avcrtissement, se trouve supprimé dans la seconde cdition que vient de donner M. Dalibard. N’est-ce pas sc donner en spectacle ? quel fruit tirer des observations de gens qui se divisent, & dont la partialité va jusqu a la soustraction de s’ctre jamais connus ; M. l’Abbé Nollet se sent auílì de la dispute cn beaucoup d’endroits, surtout au second Volume de M. Dalibard. Non seulement ce n'est plus M. l’Abbc Nollet, tel que la décence l'exige ; mais c'est par affectation , l’Abbé dit ceci ou cela : il est vrai qu’à la pag. 179 M. Dalibard se plaint que l'Abbé a marque plus de partialité que M. Franklin. II eût été plus a propos de faire valoir le bon des expériences de M. Franklin , Sc convenir des erreurs données sous son nom , ou ne rien dire du tout. II y a bien d’autres Auteurs confondus vaguement & à mots couverts, on se promet de les relever dans la foire de l'ouvrage , mais le défaut de munition physique, & la poursuite des uns a fait perdre de vue les autres ; de sorte que cette seconde édition ne nous avance aucunement, sinon d’apprendre à connoître les hommes, Sc a ne rien donner au suffrage Sc a la critique, sons être exactement instruit par soi-meme. I ï rroduit dans la main de la figure le col d’une forte bouteille qui retient cette barre : vers le pied de la figure il fort un support de fer, formant un anneau dans le bout, Se aller grand pour y mettre un goulot de bouteille renversée , qui reçoit le bas de la barre bien mastiquée au verre ; au dessus de ces deux verres il y a un petit parasol formé à la barre pour garantir une pluie directe. Voici exactement tout ce qu’on peut exiger pour le succès de l’expérience. D’après les faits constans arrivés, trouver le cliquetis redoublé d’étincelles pétillantes en l’endroit où le verte étoit cassé, n’avoit rien qui ne fut aisé à concevoir. L’esprit d’air du fer prochain trouvant jour à entrer dans le rare de l’atlimosphere formée à la barre, y est entré en faisant d’autant sortir le feu par intervalles subits : cette interruption ou fermeture donnoit lieu à des chocs, au bruit & à l’éclat de la lumière, suivant qu’il a été évidemment démontré dans mon Traité du spectacle du feu élémentaire par quinze expériences. Les réflexions font en 34 paragraphes, page ioo jusqu a 150. Mais après avoir mis le conducteur accroché en l’anneau de suspension , Sc savoir renvoyé jusqu à terre , & après avoir reconnu qu’il opéroit ^écoulement, ne restant aucun phénomène à Panneau , après cela , dis-je, qu’il se soit fait à deux fois différentes une fusée en perte avec bruit dans le meme endroit où le cliquetis s’étoit entendu , cela est opposé à l’expérience des barres , & nous fait donc bien voir leur impuissance ; qu’elles s’em- prégnent bien de cette matière électrique , mais non pas qu’elles soient suffisantes pour l’écoulemenr, puisque nonobstant le conducteur jusqu’à terre , une partie du phénomène s’est éclipsé de côté. Par l’explication du tonnerre que nous avons don- \ née, pag. íi6 , §• 19 , il y a lieu de dire, avec quelque sorte d’aífurance , que le méchanisme s’est pafle ainsi, D’abord un nuage de feu s’allie souvent d un autre sans que leur union nous soit sensible j enfin plus près de nous, ils s’uniíTent encore d d’autres avec éclair, fans rupture totale du nuage froide à la rencontre d’un autre ; mais si ce nuage de feu se trouve tout à fait enveloppé d’un autre d’eau ou d’air, celui de feu est violemment comprimé , & dès qu’il arrive un choc à un autre nuage de pareille nature d’air ou d’eau , ceux-ci supérieurs en tout ne cherchant qu’à s’unir lors du choc, alors le feu ou le foudre s’échappe : il se trouve si comprimé par cet air environnant, & par celui qui entre dans le choc , que fa force de percussion est inexprimable, & ses effets plus ou moins violens , selon que le nuage de feu a été plus ou moins fort, II s’en peut trouver une quantité à la fois de cette nature , ainsi qu’il est arrive le z z. Cela n’empêchç pas qu’il ne subsiste encore beaucoup d’autres nuages de feu qui so dissipent fans éclat, dès qu’ils ne font pas entièrement enveloppés & comprimés. D’autres se dissipent en s’unifiant à d’autres nuages d’eau supérieurs en forces, dont le choc & la division nous fournit les pluies 8c les grêles , suivant la domination 8c le passage subit des nuages d’eau dans des nuages de feu. Celui dont la barre a reçu des étincelles , étoit un nuage de feu non comprimé ( a ), où l’esprit d’air de la barre , lorsqu’elle est électrique , s’insinuant, accumule d’autanr l'esprit de feu qui forme athmosphere, comme en la f-r) Ne peut-on pas penser qu'ctant dans l'air, ceux de feu devroient toujours ctre comprimes ! Comme cette compression dépend d’une surcharge pour éclater , ils ne sont pas tous à ce point, & d’ailleurs le continent de tout sorbe cé- 15 figure 17, page 8 1 de mon Traité du spectacle dû feu, §. 1. Or, dès que l’esprit d’air n’arrive que par le filtre des pores de la barre , le feu prend le dessus , & il n'a pas assez de réunion subite & de preílìon pour produire seul la commotion. Ayons recours à une comparaison exacte & sensible. Supposons pour un instant qu’une très-grosse vessie ( bien enflée du feu de l’électricité ou (a) vui- de , ) soit l’athmosphere de feu dans la nue, & qu’un grand récipient d’eau soit l’air ; que cette vessie soit attachée de façon qu’elle soit au milieu de cette eau. Ayez deux tuyaux exactement joints l’un contre l’autre, tenant à la vessie ; que l’un de ces deux tuyaux soit court pour y faire entrer l’eau, 8 c que l’autre soit assez long hors de l’eau, pour que le vuide ou feu s’échappe. Qu’arrivera-t’il ? Que l’eau entrant contiendra la force de la compression totale que celle qui est environnante, exerce fur toute la vessie , & qu’il ne réchappera du vuide ou feu qu’à proportion de la petitesse du tuyau, à moins qu’il ne vienne quelque secousse qui faste une pression différente. Alors le fluide trouvant un canal ouvert, il en résultera que nonobstant cette leste où réside le plus de feu , & l’amas des vapeurs , font des nuages de différentes especes, dont la compression 8 c I unité varient à chaque moment. (a) Si on se sert de ce mot, ce n’est que pour faire mieux concevoir la chiite de l’air pour agir, ce qui ne peut se faire sans action , & toute action est dépendante du feu accumulé, dont la légèreté forme atmosphère, où l’air pesant tombe comme dans un vuide ; la place de ce feu ne se rendant point à nos yeux sous un sens figuré, a fait adopter le mot de vuide, (mot convenable pour s’expliquer plu? méchaniquement) mais ce vuide n’est qu’un vuide de tout air, comme une vessie enflée va être le vuide au reípect de l’eau dans l’expé* tience de comparaison qui suit. *4 entrée de l’eau, il s’éjaculera plus de vuide ou feu, suivant que ce canal sera forcé , & l’achmosphere ensuite sera d’autant proportionnée à la force de la seconde. Voici exactement tout l’effet que peut produire la barre suivant un méchanisme fondé, au lieu que celui de la commotion, ou chiite du tonnerre différé totalement. Soit toujours notre vellìe au milieu de l’eau, sauf qu il faut la considérer comme n’ayant point de pellicule qui résiste à l’unité des fluides, soit, dis-je , notre veille dans l’eau ; je jette de haut d’autre eau , la secousse & l’ondulation font choc contre le vuide ou feu , & l’ouvrent en deux. Ce dernier ne pouvant résister à l’effort, alors les deux matières a air tendantes à s’unir, s’unissent effectivement, & ne le font qu’en expulsant rapidement tout le feu qui s’unit à celui que le choc a produit, & avec lequel il scchappependant faction en se subdivisant à l’infini. Le frottement & la séparation de l’air nous fait un éclair blanc. Tout ce méchanisme étoit nécessaire pour juger de l’écoulement qui s’est fait en fusée, malgré le conducteur lancé jusqu’à terre ; ce méchanisme nous rend certains que par Tordre qui a dû se passer au moment du rétablissement à l’équilibre , lors de la commotion ou chute du tonnerre à chaque fois qu’il est tombé , l’agitation & pression qui s’est ■faite , a forcé le feu par cette barre ; de même qu’une liqueur qu’on hltreroit par la chausse, laquelle étant pressée par quelque secousse , éjacule- roit de côté, nonobstant le courant limité dans le col d’un vase ou récipient; & comme certe p tesson n’est qu’une éjaculation forcée, sans venir d’un contact qui brise & ouvre assez la nuée pour tout dis- sipper, les pointes ne font ni utiles , ni à craindre ; esses font sujettes à se rencontrer sous le choc de la commotion , comme le reste du bâtiment, & si M. Richmann (a) a été tué , il cherchoit des effets dont il ignoroit la cause motrice. S’il se fut tenu aux simples étincelles que la barre pouvoir naturellement fournir, il n’eût probablement pas été suffoqué. L’effet de la barre ou pointe, différé de celui qui ic passe au conducteur de l’électricité, où le moteur est toujours le même. Lorsqu’une sois ce conducteur a laissé échapper l’esprit d’air pour aller chercher l’armosphere de feu, Sc que ce feu s’est trouvé aíTez réuni pour interrompre le courant de l’air extérieur du conducteur, ( lequel air raréfié remplaçoit celui qui a produit le feu ) il ne peut plus y avoir d’aug- mentation ; au lieu que nos barres électriques exposées dans l’atmosphere d’un nuage de feu, ont à craindre une compression des unités de différens nuages ; & ainsi font sujettes à une crue d’atmos- phere Sc une pression, comme il est arrivé à ma barre. M. Richman, au lieu de la simple barre, avoir introduit un fil de fer de communication dans un rase de verre. Ce verre a facilité une atmosphère distincte & environnée d’air , Sc cette atmosphère forcée est parvenue jusqu’au front de M. Richman ; le choc, la rupture & la chute de l’air arrivant, en expulsant le feu, ont produit la fatale histoire de sa mort, telle que nous lavons démontrée en la lettre , page 10 & suivantes. Quant aux suites de l’orage Sc de ses effets, par rapport au feu, à l’odeur, &c. ce qúe j’ait dit page 11 6 Sc suivantes de mon Traité du feu Elémentaire , & en ladite Lettre, suffit ; Sc on se seroit , ( a ) Ma relation sur cette mort ayant été très-publique, je la cite seulement, & ceux qui veulent être plus instruits, U trouveront avec le Livre du Spectacle du feu. 1 6 contenté d’y renvoyer, si on ne se trou volt oblige de faire quelques observations fur la Lettre de M. Ferrand, qui nous est parvenue comme on étoit prêt de donner cette relation au public. On ne reprendra néanmoins ici que ce que l’on trouve indispensable pour l’intelligence des faits avec la cause, relativement à l’Anatomie qui a été faite du nommé la Flotte. LETTRE de M. Ferrand 3 Maitre-es-Arts de la Faculté de Paris 3 & Chirurgien à r Hôtel Royal des Invalides 3 a M. Vacher 3 Docteur en Mtde~ cine , fur la mort d’un homme 3 occasionnée par le Tonnerre. » Monsieur, connoissant votre goût pour la Phy- „ sique, & l’avidité ayee laquelle vous saisissez tous „ les objets qui ont rapport à votre art, j’ai cru de- „ voir vous communiquer ce qui a été observé à l’ou- „ verture du cadavre d’un Soldat Invalide, tué par „ le tonnerre le 1 z Mai. „ Une petite portion de cheveux brûlés au côté gauche de la tête, & une (a) échymose assez consi- „ dérable aux paupières de l’oeil droit, firentd’abord „ soupçonner que le coup avoir exercé son action sur „ le crâne & fur le cerveau ; ce qui détermina M. „ Guerin , Chirurgien-Major des Mousquetaires , à „ examiner l’un & l’autre : mais il n’y trouva rien „ qui pût vérifier le soupçon. II n’y avoir point de „ rente à la boîte osseuse, point de fracture , point „ de contusion. Le cerveau, avec sa couleur & sa con- „ sistance naturelle , paroissoit n’avoir soussert aucun „ ébranlement. II n’y avoit point d’épanchement dans (a) Tache noire à la peau, occasionnée par l’effusion du sang hors de ses vaisseaux. ses l 7 ses ventricules , ni fur aucune partie de fa fub- -« Lance ; les vaisseaux croient feulement engorges j « comme ils le font à la fuite des morts violentes : -- en un mot, le cervelet & la moelle alongée croient « absolument sains. , c On fut donc obligé de tourner ses recherches « du côté de la poitrine. J’en fis moi-meme l’ou- -- verture. Le cœur ctoit en bon état, aussi bien que -- le lobe droit du poumon j mais le lobe gauche émit « affaissé, & les trois quarts environ de fa surface postérieure étoient couverts d’une tache violette ti- « rant fur le noir. « Je pense, Monsieur j que d’après ce petit ex-« posé, on pourra deviner la cause de la mort de cet « nomme : f affaissement du lobe gauche du poulmon « semble l’indiquer. En ester ne paroît-il pasvraifem- -- blable qu’il a été étouffé soit par la vapeur du fou- « fie qui, au sentiment des Physiciens, est un poi-« son très-prompt pou tous les animaux, soit par « le défaut d’air ? Car ne pourroit-on pas dire aussi « que lorfqUe la foudre, dans l’instant de la déton- « nation, aura chassé ce fluide en le privant de son « élasticité , cet homme fe fera trouvé dans un vuide « parfait, & qu’il fera mort de la même maniéré « que les animaux que l’on enferme fous le récipient « de la machine pneumatique? « Je passtrois les bornes que je me fuis prescrites , « si je failois les frais d’une dissertation en réglé. Mon « but a seulement été de vous faire part de l’obfer- « vation pour vous laisser le foin d’en raisonner. ssai« l’honneur d’être , &c. « Le premier soupçon qu'on avoir eu que le tonnerre avoir exercé son action sur le crâne & sur le cerveau, étoit le vrai, rélativement à l’effet, soutenu du principe de la cause efficiente, malgré cou- i8 tes les parties qu'on a trouvées faines & fans fentes à la boîte osseuse. Si l’étude de la Médecine &: de la Physique étoit aussi liée qu’elle devroit l’être, 8c que sans entêtement ni partialité on voulût travailler tous de concert , qu’on fut scrupuleux de s’instruire, on sçau- roit que l’électricité nous a appris à connoître des corps Sc des matières où l’esprit de feu seul, le feu pure a un libre accès, tandis que dans d’autres il est en concurrence avec l’esprit d’air ( a ) : delà on ne douteroit point que, sans aucune rupture nì fentes à la boîte osseuse, l’esprit de feu, le feu de la foudre est entré par le côte gauche de la tête , 8c ■a passe par te cerveau, toutes ces parties animées étant électriques. Qu’on électrise un crâne humain, on verra que Je feu y passe librement, 8c comme ce crâne s’é- lectrise fans contact, tel que la calotte de cire, l’es- prit d’air n’occupe point ces parties osseuses ( b ) ; ainsi il y passe librement, ou il faudroit qu’il fût trop subdivisé 8c comprimé : alors il fait trou 8c brise la matière. Il peut moins, comme il peut plus : ainsi on ne devoir pas pour cela abandonner une apparence si marquée. II y avoir d’autant plus de fureté à la suivre, que les faits indiquoient cette route par la position de la Jeunesse 8c de la Flotte, lors du passage du feu ; puisque ce feu a pris en ligne oblique du côté gauche de la tête de la Flotte, de-là à l’épaule de la Jeunesse, plus petit que là ( a ) Cet esprit d’air est l’air qui est dans les corps & les matières , comme l’eau filtrée dans le jonc au respect de celle de l’étang. ( b ) En électriíant un crâne, il faut prendre garde de tenir la main vis-à-vis les sutures, ou que la limaille que l’on peut y mettre, se trouve au dessus, parce que ces sutures taillent échapper l’aír. *4 Flotte, Sc enfin au pied droit dudit la Jeunesse il, y a apparence même que Ion pied éroit levé pour marcher, sans quoi de l’cpaule il n’eût pas été à cette jambe, couverte par le corps (u). La mariere du tonnerre, cet esprit de feu en Réchappant , ne formoit, selon les apparences , q u'un. petit ruisseau j ce qui fait que la matière a résisté, n’ayanc pas eu le temps ni la force d’embraser : cependant les cheveux, comme plus fins, ont été brûlés en 1 endroit désigné , & la peau , en résistant davantage, n’a eu qu’une tache noire. L’air, en reprenant son équilibre, a renversé la Jeunesse, tandis que la Flotte a été suffoqué ; ce dernier s’é- tanr trouvé dans la réunion & à la rencontre des deux airs, il a souffert toutes leurs compressions. M. Rikman au contraire a été suffoqué par le feu, qui a chassé l’air de côté, page 11 de ladite Lettre ; effet contraire à la mort de la Flotte. II y ea a d’aucres que le feu consomment, Sc qui tombeur ( a ) Les faits font si essentiels à saisir, que je no puis m’empêcher d’en citer un exemple. Un accident arriva à mon père il y a quarante ans. Un de les confrères aVbit pris ses pistolets. Après s’en être servi, il les rencit thaïes. Mon pere absent, ne íçavoit pas qu’on avoir touche a ses pistolets. Comme il éroit a table avec un ami, la conversation tomba fur les armes. mon pere voulant soire voir les siennes, prit un de ses pistolets , & faisant jouer la batterie , il lâcha trois balles cans le corps de son ami. Mon pere tomba évanoui; le bielle crut être tué : on vint au secours, & les Chirurgiens du lieu ayant viíitc le blessé, îe pansèrent, ensuite un d'eux essaya de fonder pour avoir les balles. Leur sonde ne pouvant se faire jour, ils crurent que les chairs s’étoient remises, & ils résolurent de suivre seulement la plaie en la pansant journellement. Comme le malade ne guérissoit pas , malgré qu’il n’eût rien d’attaqué au coffre, on dit qu’ilfalloit avoir un tel qui palfoitpour habile homme. Notre nouveau Chirurgien n’eût pas plutôt visité le malade, qu’il se sic instruire des faits, & d’après ces faits il sic mettre . en cendre lorsqu’on les touche ; tout dépend de l’é- chappement du feu plus ou moins réuni, & plus ou moins comprimé: telqu’une pierre en tombant, ne fait qu une légere marque , une contusion, une rupture ; tandis quelle tue, écrase, Sc peut aller jusqu’à consommer & réduire en poudre , en chassant le feu avec autant de vitesse, que le feu lui-même reserré & comprimé sépare la matière, suivant que cette pierre est; grosse, Sc que la force de la chûte & de l’objet sur qui elle agit , sont en puissance ou résistance , ce qui fera toujours autant de variété que d’essets. M. Ferrand ayant eu le courage de faire des recherches pour l’avancement de son art, auroit pu prévenir un petit défaut d’attention, qui est, que lorsqu’on veut faire une anatomie en réglé au sujet d’un cadavre , il faut suivre tous les faits. Nous en avons rapporté un exemple assez sensible pour en tirer ensuite les conséquences, Sc voir si rien ne cloche, c’est la premiere chose à laquelle on a manqué. 11 falloir s’insttuire exactement de celui qui est resté , non feulement de ce qu’il a vu, mais encore de ce qu’il a senti. Monet, dit la Jeunesse, dit n’avoir vu ni senti aucune odeur, ni aucune fumée : or il est idéal de présumer que la vapeur du soufre ait suffoqué la Flotte : d’ailleurs quand cette odeur se seroit fait sentir , ce ne seroit pas la vapeur odoriférante qui n’est qu’une exhalaison, mais la qualité spiritueuse qui est si multipliée, qu’elle forme une athmosphere où l’air est interrompu, & nous mon pcre & le malade dans la même situation Sc attitude où ils étoient lors de l’accident: eníùite il sonda le malade; il retira deux balles coulées entre cuir & chair : la troisième qui avoir tourné derriere les reins , fut arrachée à travers la peau: ilpaníà le malade, qui guérit peu de temps après. II Ste la liberté de jouir de celui qui nous est nécessaire ; tel que l’animal sous la machine Pneumatique , fans être pour cela comprimé. Car on meurt comme une lumière qui tire à fa fin, & qui s’éreint ; ainsi ni l’une ni l’autre de ces deux causes mortelles ne subsistent dans le cadavre, dès qu’il y a contusion avec affaissement de mort violente. La mort causée par la machine Pneumatique , est languissante ; notre vie étant semblable à la bougie allumée, chapitre II, §. r7 jusqu’à 23,6c page 115 , §. 21 de mon Traité, examinons, plus amplement comment s’éteint la lumière fous la machine. Pneumatique. L’examen en est d’autant plus intéressant, qu’avant mon Traité, personne n a développé ce méchanisme que par des termes occultes d’a.ttraction, ou que par des globules à qui on fup 5 pose un agent de réaction qui les fait agir par des- ressorts secrets, dès que quelque puissance a im- E rimé le premier mouvement 3 ce qui s’appelle en. on François, n’avoir rien dit de plus par l’attrac- tion. 11 faut d’abord entendre comment cette bougie tire fa substance, pour pouvoir juger de sa fin. Le feu & l’air sont notre élément : ils sont les. principes de notre.vie, dumouvement & du repos. Dès que Pefprit de feu &c cet air sont mêlés ensemble , comme de l’eau Sc du vin, ils font en équilibre. L’eau que nous connoiílons plus pesante que le vin, ne se met en équilibre que par une subdivision proportionnée à la légéreté du vin ; mais comment se pent-il que Peau & le vin en équilibre, acquièrent ensuite une force pour agir ? ce sera par Paction. La premiers impulsion qui frappe» subdivise encore la partie Iégere du vin en un I million, &c, de parties: alors Peau plus pesante » qui n’a rien souffert de cette subdivision, a con- 11 serve route sa pesanteur, jusqu’à ce que toutes les parties subdivisées se soient remises, fi faction a cessé •, au lieu que toute la subdivision ayant occasionné d’autanr l’unité de l’air, ou eau, qui s’est prêté à cette subdivision, cet air ou eau devient bien plus pesant. Or le premier choc, la premiere atmosphère du feu formée, soit par le briquet, &c. Chap. II, §. 17 & fui vans , se trouveroit aussitôt éteinte, s’il ne fe présentoit quelque corps à laquelle elle puisse s’allier, par fa chiite & unité, avec le nouveau corps \ Sc ces deux resteroient fans action, s’il ne s’en al- lioit d’autre avec eux r de même cette action se multiplieroit à l’infini, s’ils pouvoient s’unir à un tout. Comme ce tout anéantiroit tout, la sagesse suprême a mis des bornes à l’étendue de cette action , par la nature des choses & leur division : l’homme en est le dépositaire, & a le jugement d’en faire usage suivant ses besoins. L’honime parvenu à la connoistance du feu engendré par 1c premier choc, s’est aussitôt apperçu de la perte de ce feu, que de son existence. II a fallu chercher à captiver ce feu pour en jouir , Sc la petitesse de letincelle nous a fait lui chercher un corps proportionné. Une certaine écorce 011 champignons , veloutée, très-desscchce , Sc même presque brûlée du Soleil, fut exposée à ces étincelles : cette petite bluette de feu ayant fait du progrès , Sc la quantité réunie, agitée par le venr , ayant enflammé, on a eu la lumière 4 la chaleur. Ayant reconnu un ordre graduel qu’il falloir observer pour fixer Sc limiter ce feu sur un objet, l’industrie humaine s’est exercé, & on a trouvé les meches, les huiles j delà le suif _, la çire , &c. Le feu étant une fois porté à la mèche, voyons comment il subsiste ? Deux causes militent! Ia fois. 11 faut faction continuelle du feu ; & il faut auílt que la matière se substitue en s échappant, ce que nous avons clairement démontré au Chapitre second , paragraphe ci-destus cité. Nous y avons observé que cette athmosphere fixée , l’air s’uniíloit successivement, & arrivoit tout autour de la me- che : & comme la meche fixoit letendue de faction , dès qu'elle étoit subdivisée, le feu s’échap- poit en pointe, en emmenant la fumée en perte par la chute & pression continuelle de l’air. Revenons fur nos pas , afin de ne nous point méprendre : le choc a formé un vuide , en faisant replier le feu, l’air devenu plus lourd à la faveur de cette subdivision, est tombé dans le vuide ou athmosphere de feu; Sc cette athmosphere se fût fermée par le retour du feu sur ses pas, si on ne lui eût présenté la matière, la meche de la bougie. Ce feu pour lors , au lieu de s étendre en tout sens , s’attachant à cette meche, la subdivise à l’infini, l’esprit d’air rentrant & le poursuivant à proportion. Cette subdivision de matière exige un nouveau continent pour cette matière détruite ^ car si cette matière n’est point expulsée, sa division remplira le vuide que faction avoir produit , Sc fera rentrer le feu & l’air dans le repos. Comme la force de la colonne aérienne environnante ne peut s’exercer Sc faire de chute , enfin arriver à Pathmofphere que par la fuite du feu pour conserver le vuide, se feu de son côté ne peut trouver jour à s’échapper , qu’autant que tout le fluide se prête à sa fuite. Ainsi cet air s’y prête nécessairement, & il n’a pu tomber dans l'athmofpliere qu’en entraînant avec lui toute fa colonne circulaire. Cette colonne circulaire devient d’auranc pîus. lì IV grande que I’athmosphere est étendue. Elle ne suit pas non plus exactement la ligne circulaire , dès que ce feu & cet air íont en action fur la matière , parce qu’alors ils forment des cercles ovales fort prolongés, & presqu’en pointe, tel que je lai démontre par les figures z Le 6 de la premiere planche de mon Traité. L’air descend à la meche en l’environnant de toutes parts, Sc l’athmofphere de feu formée au milieu, ouvre un canal en perte au dessus , juf- qu’à ce que la force de faction soit arrivé à zero j Sc alors f air conservant sa même force, Sc le feu se perpétuant dans la matière , ils continuent jus- qu’à la destruction totale de cette matière. A présent ne concevons-nous pas aisément, qu’il faut une é-endue d’air pour établir ce circuit & perte jusqu’à zero, Sc que fi on forme une digue, un obstacle à cette étendue Sc épanchement, c’est ôter le vuide ou feu , & par conséquent faction. C’est ce qui arrive à laminai mis sous un récipient de la machine pneumatique. La lumière, f animal & nous, ne faisons qu’un , quant à la vie : le principe du feu est le même. 11 faut une subdivision à l’infini jusqu’au repos pour avoir la même température. Or , si on diminue cette division , la lumière s’affoiblir, f animal bâille , tombe en sincope : il n’est pas pour cela privé de 1 esprit d’air que nous ne pouvons tirer par la machine pneumatique , puisque les cuivres y donnent un libre cours par leurs pores ; mais ce qui reste de cer esprit d’air ne peut suffire á fa vie : le feu ne peut plus s’exha- ler, Sc subdiviser la matière à l’infini. Ainsi cette matière ne pouvant prendre aucun cours , dès qu’elle est parvenu à s’équihbrer avec l’efprit d’air qu dedans, plus de vie. Cet équilibre est lent à Je fixer, suivant la qualité de ranimai, ou la grosseur de la bougie. Car une petite bougie ne s’é- temdra pas fous un grand récipient, qui lui laissera assez détendus d’air pour dissiper lç feu & la matière. D’après ce méchanisme ausfi nouveau qu’il est fondé en principes , & sujet aux loix du mouvement à raison de sa subdivision & fluidité, il fauc convenir que les parallèles fur la mort de la Flotte tué par le tonnerre, discordent totalement. Dès que nous voudrons raisonner , on conviendra qu’il y a de la différence entre souffler une bougie, ou dire quelle s’est éteinte faute d’huile. Pour le Vulgaire la chandelle soufflée ou éteinte, sera toujours le même , parcs qu’on entend par l’une ou l’autre maniéré, qu’on est privé de la lumière ; mais pour celui qui veut raisonner par principe, suivant faction , tic conséquemment c’est une absurdité qui induit en erreur, L'affaissement se fait bien au poulmon , mais fans tache violette. Cette tache du côté gauche marque encore un reste du passage prochain du feu , & on auroit clû suivre l’Anatomie de toute cette partie gauche jusqu’au deflous du pied, parcs que malgré la chute oblique, la tache du lobe pouvoit faire présumer encore un reste de fuite , ce feu se perdant jusqu’à zero. Comment arrivera-t’on à remédier à nos maux journaliers, dès qu’on ignorera les fonctions du feu éc de l’air ? Est-il possible de rétablir une machine dérangée, si on n’en connoît point le méchanisme? La Médecine a bientôt décidé, en disant que la machine est dérangée. Quand j’ai mal à la tête, je sçais bien que ma machine est dérangée ; mais ie sçais aussi, suivant mon méchanisme du feu, que n’ayant reçu ni coup, n’ayant pris aucune surcharge d’alimens, il fautquece soit faction, f agitation, mes 16 inquiétudes qui occasionnent une athmosphere de feu trop forte, & arrête le courant de l’air : ainsi j’ai besoin d’introduire un air plus spiritueux que celui que je puis respirer ; & pour me soulager par principe de méchanique, je prends un pot d’argent ou d''étain, ou autre, même de verre, rempli en patrie d'eau; je le mets fut ma clieminée, & je tiens mon front appuyé dessus. L’esprit d’air tombe insensiblement dans mon athmospbere de feu, la diminue peu à peu , & au bout d’un quart d’heu- re ou de [demi-heure , je jouis d’une tranquillité qui me renvoie à mes occupations. Tel remede ne doit rien valoir pour l’intérêt médical : mais que les autres soient payés plus cher, & si d’auílï simples nous font du bien ; ce font les foins , les avis donnés à propos , l'étude qu’il conviendroit faire, qui doivent être fans prix. Je ne puis me dispenser de rendre compte au Public que je dois la vie à mon système du feu. Après avoir été saigné sept fois pour une fluxion de poitrine, & avoir pris deux médecines , la fievrer me quitta : mais il me resta un feu violent au dedans avec une pesanteur si étouffante que je croyois avoir le corps fous la table d’un pressoir, avec une pression du dernier tour de roue. Dans cet état de pression je perdis connoiflànce. Revenu de mon abattement, la tête libre , je réfléchis fur cette pé- fauteur qui m’étouffoit si cruellement : j’observai Î iue le défaut de nourriture ôc les drogues avoient ormé dans mon corps une athmosphere de feu intérieur , qui faute d’etre balancé par un nouvel air circulant, me faisoit au contraire supporter tout le poids de l’air seul au respect: du feu. Sur le champ j’ai cherché les moyens de rétablir l’air au dedans, f our contrebalancer celui du dehors: je le fis avec uccès, en allant néanmoins par degrés. Je pris d’a~ • 17 bord une soupe, au lieu de la médecine ordonnée; 8c comme cette soupe devenoit trop spiritueuse, Sc ne fournissoit pas aller promptement de l’esprit d’air, j’en pris une seconde, qui fut aussitôt digérée. Ces soupes trop spiritueuses, peuvent se comparer à du papier que j’aurois pris pour entretenir un grand feu ; ce qui m’a fait prendre un corps plus rempli d’air. J’ai eu recours à une pomme un peu chautîée ; à peine l’eus-je mangée, que l’eíprit d’air entrant dans l’atmoíphere au feu intérieur, me procura de la tranquillité, & je reposai près de quatre heures. A mon réveil je me trouvai bien plus libre. J’ai fait faire une bouillie , cette nourriture étant encore trop spiritueuse , j’ai pris de la salade de cresson, de chicorée, Sc un poulet, que j’ai mangé par intervalles (u) ; mon état ayant changé totalement de face, MM. de la Médecine me trouvèrent le poulx bon , Sc jugèrent que leur rein ede avoir fait un grand effet. On continua d’écrire les ordonnances , Sc dès qu’on eut fini , je rendis compte de Tissage que j’avois fait de la derniere. On changea de batterie, Sc au lieu de prendre de la ihériaque pour me fortifier Testomac, on décida que je devois continuer de me conduire comme j’avois fait, puisque je connoissois ce qui m’étoit utile. Dans le même mois, une jeune dame attaquée d’une fluxion de poitrine ainsi que moi, se plaignait d’étouffèr 8c de brûler. Nonobstant les pti- sanes & les bouillons, la chaleur s’est portée au bas- ventre, & elle est morte d’avoir eu trop de secours. Le vuide parfait que M. Ferrand entend devoir s’opérer par la machine Pneumatique, est faux : on ne peut que spiritualsser Tait, au lieu que le vuide parfait, au respect de l’air, n’est qu’où réside Fessa) Les mêmes alimens pourrpienc être préjudiciables à d'autres tempérameus.. 2.S prit de feu, le feu seul -, ce qu’on ne peut faire avec aucune machine pneumatique, ou il faudroit qu’elle fût toute de verre, encore ne réusiîrait-on pas, cora- tne nous l’avons observé, cet esprit d’air ne pouvant être retiré par un corps où il a une liberté active de circuler, dès qu il v a la moindre action. Voilà donc bien des défauts de connoistànce qui induisent en erreur j comment y remédierons-nous, fi nous ne trouvons que des hommes désunis ? faut- il jetter les fondemens d une Physique nouvelle i elle épuise la santé, elle occasionne des dépenses considérables Ces obstacles que je présente, ne doivent point dégoûter celui qui voudroit Rappliquer à l’étude de la Nature ; mais je lui conseille de suspendre son zele , ses veilles & les dépenses juscpi’à ce que les temps & les hommes soient changes , que le goût de la Nation faste quitter la babiole, éc que cette Nation se plaise aux nouvelles découvertes, &C à être relevée de son erreur, dès qu’on se présentera pour l’en convaincre. Un peu d’ordre peut ramener tout, puisqu’il y a de Académies brillantes & respectables dans tous leurs Membres : il faut que ces mêmes Compagnies élisent pour la Nation douze Physiciens, dont quatre soient Médecins, & que leur feule occupation soit les découvertes Physiques relativement au mécha- nismedu feu & de Pair, en nous expliquant comment ils agissent en nous ôc fur nous. Leurs recherches doivent s’étendre à nous rendre compte de tous les pas de la Nature. II faut pour cela qu’ils aient une maison libre, un cabinet complet: là ils recevroient &c vérifieraient les expériences & les nouvelles découvertes qu’on ferait libre de venir proposer & essayer chez eux. Ces Physiciens feraient les Commissaires perpétuels de tout ce qui seroit présenté {a) , au lieu que des CommilTaires pris du centre des Académies, souvent se trouvent récusables dans l’idée publique ; soit parce qu’on sçait qu’en proposant telle chose, ce sera un tel Auteur qu’on nommera, & qui se trouve partie intéresiee ; dcs-là la confiance manque : l’utile & le vrai ne peuvent jamais percer* Ces douze colonnes de la faine physique brille- roient pour le bien de l’État, & le soulagement de notre vie. 11s ne pourroient rien entreprendre qui pût donner atteinte à leur liberté de senrimens , ne pouvant rien donner au particulier. Aussi con- viendroit-il qu’il Fût décemment pourvu à leurs dé- Í ienses, de forte qu’ils puissent travailler conrinuel- ement, Sc se sacrifier sans envie Sc fans désir. 11 s ■donneroient un cours complet par trois mois ; les séances seroient de quatre heures j elles ne seroient que pour ceux qui se dévoueroient entièrement à J erude, & on ne se trouveroit point compromis. Voilà en bref le but de Rétablissement que j’ai proposé sous le titre de Temple Enciclopédique pour í’ornement de la Place de notre auguste Monarque Louis XV le Pacifique. Dès que cette Ecole fera fondée , j’exhorte à la course tous les génies vifs Sc d’une grande imagination ; ils espéreront du secours fans dépense, Sc ils pourront jouir du fruit de leurs veilles. Cette dissertation m’a paru d’autant plus indispensable , que tous les Grands, en venant au Cabinet voir la Renommée imaginée pour la Place de Louis X/^, demandent journellement que je les instruise de mon projet annoncé au Public le 14 Mars 1755, fous le titre de Spectacle Druydonumé- (a) Les parties ne seroient nommées qu’après le jugement , dans le cas où l’objet seroit reçu par les Académies où nos Physiciens seroient leur rapport. Zô . roglifìque. íls eri trouveront ici le principal objet. La réunion méchanique de tous les Arts & de tous les talens eût été le comble où TArtiste eût fau de grands progrès, à la gloire de la Nation tk de notre auguste Monarque. Une loterie perpétuelle * appellée la loterie des Arts , eût fourni de quoi remplir cet établissement , qui auroit rendu l’Etat plus grand , plus riche, plus puissant : ces dépenses immenses n’auroient fait que circuler. On s’est plaint que je n’ai point eu de ménagement dans mon Traité du spectacle du feu élémentaire ; qu’il falloir plus de politique pour s’allier les esprits. Comme j’ai cru que la vérité ne devoir pas craindre la cabaíle, j’ai dit vrai fans précaution , & ceux qui se trouvent intéressés, peuvent faire face. J’ai attaqué les faits , & non les personnes , étant au contraire convenu, malgré Terreur, 3 u’on doit toujours beaucoup à ceux qui s’efforcent 'entrer en lice , & encore davantage à ceux qui en ont déja. recueilli les lauriers. ILLETTRE de M. Rabiqueau j Avocat à VAuteur du Mercure j en réponse à celle de M. Ferrand Maître-ès-Arts en l’Univerfité de Paris & Chirurgien à VHôtel Royal des Invalides _, inférée au Mercure du premier Novembre 17 s6. ^Monsieur, si je ne consultois que mon intérêt pour punir l’amour-propre de mon adversaire , il me suffiroit de prier nos Lecteurs de parcourir ma relation , & de la confronter à la réponse du sieur Ferrand : on trouveroit que cette relation a pour objet de rendre compte du tonnerre tombé sur le Port-Royal, & sur la Flotte, soldat invalide ; faits arrivés par deux coups de tonnerre presque successifs , & pendant lesquels il s’est passé à ma barre un phénomène particulier & intéressant, dont je rends compte au public , en continuant de prouver l’abus des pointes, & qu’elles ne font ni utiles, ni à craindre , Sc on reconnoîtroit que ce n’est qu’à la fin de la dix-septieme page que je commence à relever les faits fur la lettre du sieur Ferrand. Toute ma critique se réduit à près de huit lignes, page 20. -- M. Ferrand ayant eu le courage de faire des » recherches pour i’avancement de son art, auroit » pu prévenir un petit défaut d’attention , qui eft » que lorsque l’on veut faire une anatomie en réglé, » au sujet d’un cadavre, il faut suivre les faits pour -- en tirer les conséquences, & voir si rien ne clo- » che : c’est la premiere chose â laquelle on a man- ,, qué. » Pouvoit-on plus de modération pour relever des faits essentiels? On a eu recours aux principes pour faire tomber le sentiment du sieur Ferrand ; à 1 s tout ne contient pas plus de cinq pages. C C’est au public impartial & judicieux à juger celui qui écrit par démangeaison de parler (a) d’avec celui qui n’a en vue que de concourir au développement de la vérité. Pourroit-on ne pas applaudir à la naïveté de ces conjectures modestes : c’est ceci ou bien cela qui est la cause de telle chose (-) ? Et ne doit-on pas rite de cet écolier qui appelle ses maîtres ? Est-ce ainsi qu’on va à la découverte ? Dans les doutes on fuit les auteurs les plus accrédités ; mais je ne propose aucune hypothèse : c’est un méchanisme fonde. La nouveauté de mots sensibles & plus significatifs, effraie notre apprentis, qui ne connoît que le vuide parfait ou la matière subtile , pour dire , l’air raréfié d’avec l’air grossier. Le feu est auífi la matière subtile. Ce feu 8c cet air sont pourtant bien dif- férens : ils agistent continuellement ensemble. Comment entendre leurs différentes fonctions dans toute la nature , fi on ne les différencie pas. On a donc laissé à chacun leur propre nom ; & comme il y a des momens où ces élémens font plus vifs , plus spiritualisés, on n’a pu distinguer ces degrés & ces variations, qu’en les spiritualisant. Ainsi rien de si naturel que la différence du vin d’avec l'esprit de vin , Lee. au lieu que la matière subtile est une selle à tous chevaux ; l’attraction , la matière affluante & effluanre, les globules à ressorts secrets ne font que des hypothèses imaginées en place des qualités occultes de la vieille physique. Malgré tout, les mots ne font que des conventions; il ne s’agit que de les entendre, 8c on les comprend (a) Le sieur Ferrand, après avoir étalé tout son sçavoir ( dans l’avant-derniet alinéa de fa première lettre, qu’on trouve ru ot à mot à la page 17 de ma relation , ) abandonne modestement à M. le Vacher le foin de raisonner. (é ) Mème endroit ci-deffus cité à la page 17. aisément, si on suit pas à pas mes expériences. Mais que celui qui ne les connoît pas, prenne un ton décisif pour les rejetter, c’est une enfance. Suffit-il d’opposer que tels ôc tels maîtres des mers n’ont pas été dans un pays nouvellement découvert , pour prouver qu’il n’existe pas. Un principe vrai n’a besoin d’aucun garant : tôt ou tard le vrai se fait jour, la partialité se dissipe, la mode se perd, Ôc le vrai insensiblement arme sous main. Je ne me reprocherai donc point d’avoir pris un titre hardi pour expliquer la cause ou le mé- chanisme du feu (a ), en écartant toutes les hypothèses des auteurs qui ont écrit fur l’électricité : j'en ai donné la raison à la page 4 de mon avant-propos. Je ne me fais pas moins honneur d’assurer que je fuis parvenu avec le secours de leurs travaux. Leurs différentes expériences m’ont présenté les difficultés en tout sens j ils ont accumulé les matériaux: il y auroit de l’ingratitude , si la société ne leur en tenoit aucun compte. Aussi ai-je dit, en mon particulier (é), que je me fais gloire de m’instruire avec leurs ouvrages. Malgré cela , je n'ai pu prendre le titre d’eíTai pour expliquer un méchanisme certain : mais pour m’autoriset dans ma foibleíTe , j ai exposé, pour parallèle , que les belles fleurs ne sortenr pas toujours des plus beaux ôc des plus grands jardins. Je ne puis dissimuler que mon système étant le fruit d’un travail dur 6i assidu, fondé sur des expériences nouvelles , très-aflurées, il est important au public d'être détrompé par ces grands Maîtres. S’ils font citoyens, il faut qu’ils s’uniflent pour fa- (*) En mon Traité du spectacle du feu, & du cours de l’électricité , qui se vend chez Jorabert & Lambert, & que l’on trouve aussi en mon Cabinet, ainsi que ma Relation. [b) Page 1 S. . 54 . çonnef le diamant, lui donner son vif & son poli, ou il faut qu ils prouvent qu’on ne leur a exposé qu’une pierre fausse, qui doit être mise au rebut. Comme ma relation a d’autres objets que le sieur Ferrand, tel qu’on Ta observé , & que de plus, dans les deux dernieres pages, on y développe un projet utile à la société, en faisant l’ornement de la place dé Louis XV, ceux qui me suivront de près, reconnoîtrontque je ne manque en rien au respect dû aux Académies, mais que j’attends une occasion & des commissaires. Voici l’unique motif qui m’a fait prendre la plume , n’ayant pas de réponse à faire à M. Ferrand, qui dissimule les faits, qui ignore les principes , & qui, à défaut de raison, n’a écrit que pour faire le joli, le plaisant, & que pour m’accufer de trouver indistinctement de l’esprit partout. 11 me force de le désavouer, & de lui aire que je n’en reconnoîs pas dans son écrit, (a) Je me réserve à rendre compte , en son temps , cTtm tiers de la lettre de M. Ferrand, supprimée par le Censeur. (/>) On y développera le caractère &c les solides moyens de ce nouvel Athelete. Ne trouverons-nous que des hommes, & non des citoyens ! J’ai Thonneur d’être, &c. (a) Que notre Phénix du monde fçavant voye les cinq der-i Iiîeres lignes de ma Relation , & la page 15 , lig. ri de mon Traité du spectacle du feu. (b) M. Ferrand ayant publié son manuscrit avant l’im- pression , gens plus fins que lui nous en ont remis une copie fidelle, & nous avons le bonheur d’avoir le chef-d’œuvre tout entier. Les Cours du spectacle dufeU , 1" Représentations méchant qu es, fe continuent , toutes les après-midi, auC abinet privile'gié du Roi , de M- R abìqueau , rue Saint Jacques , vis-k-vïs les Filles Sainte Marie, ob l’on trouve nombre d'ajfortimens curieux en optique, méchanìqtte , &c. Vu Tapprobation , permis d’imprimcr. BERRYER. Píanc/te. IP Pçu/ .tu. Fí'^.s Pcuj.tttL Fúj.A.PiUJ.P Pçuj .20. Fúj MAMâ Wmíii- 't $ymi. Patj .4$- F,uj- Pa.cj, 47 -Fi ef-, ? U/.J./' Pqç.58. Fu/.iS Pae/'OS. flî&s] LM^UsSM/ lliill í^fêi'ëUm; ■om liil! i«iiiii;mimminiinnw Jr/crns/w. 3 Pao ,6 Pu/’'-Zo.> ;■ Fqq. b fi Fiq . oi <0*7-71 Fu7. ofi>. Fa q-74. 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