4ï8 relation historique
domestiques Abissns, étant Mahométans, dévoient être rachetés.'
L’Ambassadeur vit bien que’ s’il venoit à les racheter duDouanier, toutes les puissances du Caire viendroient les unes aprèsles autres lui faire la même avanie ; c est pourquoi il leur réponditque si ces enfans étoient Mahométans, il en feroit un présent auPacha.
29°Mais le Supérieur des Jésuites,Résident au Caire, touché dezele pour le salut de ces deux enfans, ne voulut pas le laisser venirà ces extrémités ; c’est pourquoi il fut trouver Mr. le Consul, lepriant de faire cesser toutes ces intrigues que l'on foupçonnoitvenir du Drogman Fornetti, qu’autrement tout le mal retombe-roit fur le Consul.
30° Depuis ce jour-là, qui fut le 26. Juin, tout a cessé, & Mr. leConsul recommença à fournir la dépense de la maison de l'Arn-bafìâdeur,qu’il a continuée jufqu’au r o. Juillet qu’il fit encore unefois cesser de rien fournir.
Je ne doute point que Mr. le Consul n’ait crû bien faire, en fai-sant demander une lettre du Pacha pour la fureté de l'Ambassa-deur à Suez,dans l’apprehension qu’on ne lui fit de fâcheuses affai-res ; mais il n’étoit pas nécessaire de procurer un ordre pour la vi-site & la liste des hardes 3 ce qui a été le commencement des plain-tes que l’Ambassadeur a faites contre M le Consul & des soupçonsqu’il a formés de quelque mauvaise intention, dont il n’a plusdouté,lorfqu’étant arrivé au Caire, il vit la maniéré qu’on reçûtles complimens qu’on lui fit, les froideurs de Mr. le Consul, lespapiers & avertissemens qu’il lui fit donner, le changement de lanourriture Sc de la cessation de la dépense.
Mr. le Consul de son côté a prétendu avoir droit que l’Ambaf-fadeur lui fit voir ses pouvoirs , le sujet de ses Commissions & leschoses qu’il portoit en France ; ce que l’autre a crû ne pouvoir fai-re , à moins qu’il ne vit un ordre d u Roi, vers lequel il est envoyépour l’y obliger ; mais bien étoit-il prêt de manifester ses lettres decroyance, comme il a fait en les montrant à quelques personnesdignes de foi pour en donner des nouvelles à Mr. le Consul : cesmêmes personnes pourront rendre témoignage d’en avoir avertiMr. le Consul, Sc comment ce Mr. ne les a pas voulu croire.
Cependant,dans le même tems que Mr le Consul vouloir qu’onlui montrât les pouvoirs , & qu’on les lui refusât, il dit assés publi-quement que la Cour ne vouloir p oint d'Ambassadeur d’Ethiopiej