né, & répandirent eux-mêmes divers bruits du deíïein des Francsd’entrer en Ethiopie , ce qui obligea le P. du Bernât & le Grec às'en revenir, qui étoit tout ce qu’ils defiroient. Le Sr. Poucet nevoulut pas même aller en Ethiopie,par la crainte, fans doute, d’ypérir, lorsque Mr. du Roule enapprocheroit ; & passa dans l’Hie-men. On m’assure même que le bruit de la Mission de M. du Rou-le ayant prévenu le sieur Murat en Ethiopie, le Roi l’a fait mourirlui & son frere à leur arrivée à Tangaísi, & c’est un de leurs valetsqui dit avoir été témoin de la chose, qui me l’a consirmé; ce qui estnéanmoins contraire, à ce que Mr. du Roule m’en écrivoit dans sàLettredu 18. Juin 170 ^.
Dans cette disposition de l’Ethiopie, où les peuples ont uneaversion indicible contre la Nation Franque depuis la dominationdes Portugais,& où je fçavois quedeRoi n’est pas le Maître,j’avoistoujours appréhendé que M. du Roule n’y fût pas admis. Sa Gran-deur est informée de la précaution que j’avois prise d'envoler lenommé Elias séparément de M.du Roule,afin de remplir fes inten-tions qui étoientd’être principalement informée de l’état de la Re-ligion en Ethiopie,& de ce qu’il y avoir à efperer en fa faveur.Ellea vû les instructions que j’avois données à cet Elias, & le mémoireque j’ajoûtai par fes ordres à celles de Mr. d u Roule,dans lequel jePavois prié en cas d’obstacle à son entrée en Ethiopie,d’y envoyeren fa place le sieur Macé,qui pouvoir passer pour Grec,en fçachantla langue ; j’étois même dans l’apprehension que Mr. du Roule nefût dépouillé dans la route,Srque le bien qu’il empIoiroit,&lebruitqu’il feroit dans les Caravanes ne lui suscitassent des embûches& ne l’expofassent à perdre la vie. Dans cette appréhension que jene lui déguisai pas, je lui avois proposé,pour éviter ce danger,d’en-voïerici un Turc de confiance & de quelqu’autorité, que j’auroisfait dépêcher parMehemet Pacha & le Divan duCaire comme leurEnvoyé, jufqu’au Roi d’Ethiopiessous des prétextes qui n’auroientpas manqué, & entre les mains duquel Turc, il auroit remis fousbon reçû ce qu’ii avoir de plus précieux, pour y avoir recoursquand il en eût été besoin. La dépense que cela auroit entraîné luifit rejerrer une proposition, qui auroit, sans doute, été son salut ;Penvie aussi d’emporter avec lui un plus grand nombre de préfenslui fit négliger contre mon avis la permission que fa Grandeurm’avoit laissé de régaler le Patriarche des Cophtes de quelques-unes des curiosités qui composoient les préfens du Roi ; en forte
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