■444 RELATION HISTORIQUE
que ce Patriarche, qui avoit été prévenu parle P. Bichot de cettedestination, se trouva piqué de s’en voir privé, & n’oublia rienavec les principaux de la Nation , aisés disposés à nous haïr, pourtraverser ici d’abordla permission accordée par Mehemet Pacha àMr. du Roule de partir vers l'EthíopieJui aïant fait au nom de toutefa Nation presenter une Requeste par le corps des Janissaires, queMehemet Pacha déchira,comme feus l’honneurd’en informer ence tems-là S. G. Je croiois que c’étoit une adresse des Marchandscabalés contre moi,qui agissoient certainement de leur côté pourempêcher ce départ. Les Cophtes n ayant pû réussir auprès du Pa-cha écrivirent, comme j’en ai été informé , au Roi d Ethiopiedes lettres qui n’ont pas manqué de seconder les dispositions deces quartiers-là. Ce fut aussi par le moyen de quelques-uns dèsleurs établis à Sejout, & par le canal d'un Pere Italien que futpratiquée en ce lieu la sédition qu’il y eut contre Mr. du Roule àson passage, ainsi que le Gouverneur du lieu rassura à mon Drog-man, & à celui de Mr. du Roule ; & j'ai sçû d’un confident du Pa-cha régnant, qu’aussi-tôt son arrivée en Egypte sur la fin de Tan-née x 704-. les Cophtes s’adresserent à lui pour l'engager à faire re-venir Mr. du Roule, dont il s’excusa fur ce qu’il n’étoitplus enEgypte, & que cette affaire avoit été consommée du tems de sondevancier. Ces ressources ayant manqué,on fit écrire par les T uresdu Caire au Pacha de Dongola & aux Marchands compofans laCaravane où étoit Mr. du Roule, les lettres les plus terriblesdont il dressa un verbal que je n’ai pas reçu ; & cela n’ayant pas en-core réussi,on fit écrire jusques au Roi de Sannaar ainsi que S G. avû dans le précis de la lettre de Mr. du Roule du 1 s. Juin. 11 estsûr que les Turcs ne sont pas gens à porter leurs \ ûës si loin , && toutes les traverses que Mr. du Roule essuya à Sejout & àDongola, & le malheur qui lui est arrivé à Sannaar,sont l’effet despratiques de ses ennemis auprès de ces mêmes Turcs.
Sa Grandeur observera s’il lui plaît, que par les récits des Nu-biens,& même fur les particularités de la lettre de Mr. du Roule,portant que le Ministre du Roi de Sannaar n’avoit pas voulu qu’onouvrit les balots où étoient les prefens pour celui d’Ethiopie , &fur 1 envoi depuis de quatre personnes d’Ethiopie qu’on croioitvenus pour les recevoir, que le Roi de ce lieu & celui de Sannaarcroient également d’accorddel’attentat fait à Mr. du Roule.
Le premier, qui n’étoitpas maître d’admettre Mr. du Roule en