PREFACE.
XXVII
ajoute certains traits ädes physionomies de peintresesquissees dans le courant du livre.
Que si Ton voulait connaitre ä present ma profes-sion de foi artistique, je repondrais qu’il ne faut pointla chercher dans une preface, mais dans ce volumetout entier. J’ai dit sur tout et sur tous mon opinionsincere, je l’ai dite en me rappelant cette parole de Fie-vee dont tout critique, tout ecrivain devrait se Souve-nir : « Je parle toujours de quelquun comme sije lui par-lais ä lui-meme; »j’ai dit ce que je ressentais en pre-sence de teile ou teile ceuvre, et ne se juge-t-on pointsoi-meme en faisant connaitre le Sentiment intime quivous agite devant une ceuvre d’art? J’aime l’art par-dessus tout, non-seulement en dilettante, mais encoreen philosophe et je dirai en moraliste. Je l’aimeparce qu’il rend l’homme meilleur en l’affinant,et je repeterai bien haut qu’il faut developper vaillam-ment, car par lä aussi les peuples se revelent. Unejournee au Louvre vaut une legon de morale. Nonpas que nous aimions, en art, 1 'utile et la lecon; nonpas que nous voulions faire, comme Proudhon, d’unpeintre un pedagogue; mais nous croyons que la vie,dans ses manifestations elevees, l’harmonie de lacouleur, le charme du dessin, tout ce qui seduit,saisit, enthousiasme, penetre, produit un genereuxeffet sur lesämes. Et c’est pourquoi nous demandonsaussiäl’artiste non-seulementde brosser vaill ammentune toile, ce qui est d’ailleurs le premier des merites,mais de choisir encore dans le monde ce qui merited’etre offert en spectacle. Mais par-dessus tout,nous aimons, qu’on nous comprenne bien, la vie, la