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LES PLAIDEURS.
Au fait.
Rebuftc...
Disms.
I.’lNTJMK.
DANDIN.
Au fait, vous dis-je.
L’INTIMÉ.
Legrand Jacques...
DANDIN.
Au fait, au fait, au fait.
l/lNTlMÉ.
Ilarmenopul, in Prompt.. .
DANDIN.
Oli ! je le vais juger.
l’intimé.
Oh , tous êtes si prompt !
( vite. )
Voici le fait. Un chien Tient dans une cuisine.
Il y trouve un chapon, lequel a bonne mine.
Or, celui pour lequel je parle est affamé ,
Celui contre lequel je parle autem plumé ;lit celui pour lequel je suis prend en cachetteCelui contre lequel je parle. L’un décrète :
On le prend. Avocat pour et contre appelé ;
Jour pr;s. Je dois parler, je parle , j’ai parlé.1IAN1UN.
Ta, ta , la , ta. Voilà Lien instruire line affaire !
Il dit fort posément ce dont on n’a que faire,
Et court le grand galop quand il est à son fait.l’intimi:.
Mais le premier, monsieur, c’est le beau,dandin.
C’est le laid.
A-t-on jamais plaidé d’une telle méthode?
Mais qu’en dit l’assemblée ?
LÉ ANDRE.
11 est fort à la mode.l’intimé , d’un ton véhémentQu’arrive-t - il, messieurs? On vient. Commentvient-on ?
On poursuit ma partie. On force une maison.Quelle maison? maison de notre propre juge!
Ou brise le cellier qui nous sert de refuge !
De vol, de brigandage un nous déclare auteurs!On nous traîne, on nous livre à nos accusateurs,
A maître Pclit-Jean, messieurs. Je vous atteste :Qui lie sait que la loi Si quiscants , Digeste,
De vi, paragraphe , messieurs... Caponihus 6 5 ,
Est manifestement contraire à cet abus ?
El quand il seroitvrai que Citron , ma partie,Auroit mangé, messieurs, le tout, ou bien partieDudit chapon : qu’on mette en compensation '
Ce que nous avons fait avant cette action.
Quand rua partie a-t elle été réprimandée ?
Par qui votre maison a-t-elle été gardée?
Quand avons-nous manqué d’aboyer au larron?Témoin trois procureurs dont icelui CitronA déchiré la robe. On en verra les pièces.
Pour nous justifier voulez-vous d’autres pièces ?
PETIT-JEAN.
Maître Adam...
l’intimé-
Laissez-nous.
PETIT-JEAN.
L’Intimé...
l’jntike.
Laissez-nous.
PKTIT-JEAN.
S’enroue.
l’intimé.
Hé , laissez-nous ! Euh
DANDIN.
Eub!
Et concluez.
Reposez-vous,
l’intimé, d’un ton pesant.
Puis donc qu’on nous permet de prendreHaleine , cl que l’on nous défend de nous étendre,Je vais sans rien omettre, et sans prévariquer.Compendieusement énoncer, expliquer,
Exposer à vos yeux l’idée universelleDe ma cause, et des faits renfermés en icelle.DANDIN.
Il auroit plus tôt fait de dire tout vingt fois,
Que de 1 abréger une. Homme, ou qui que t» sois,Diable, conclus; ou bien que le ciclle confonde !l’intimé.
Je finis.
DANDIN.
Ab!
l’intimé.
Avant la naissance du monde...naNnu'i , bâillant.
Avocat, ah! passons au déluge.
l’intimé.
Avaut donc
La naissance du monde , et sa création ,
Le monde, l'univers, tout, la nature entière,Etoit ensevelie au fond de la matière.
Les éléments , le feu , l’air, et la terre, et l’eau,Enfoncés , entassés , ne faisoient qu’un monceau,Une confusion, une masse sans forme.
Un désordre, lin chaos, une cohue énorme:
Unes krat tôto katuhæ vultos in orbe ,
Q UEM GrÆCC D ISERE CHAOS, RCDIS INDIGESTAQDE MOLES.( Dandin endormi se laisse tomber. )
Ï.ÉANDRB.
Quelle chute J Mon père !
PETIT-JEAN.
Ay, monsieur! Comme il dort!
LÈANDBE.
Mon père ? éveillez-vous.
PETIT-JEAN.
Monsieur, êtes-vous mort ?
LÉ ANDRE.
Mon père !
DANDIN.
Hé bien? bé bien? Quoi ? Qu’est-ce? Ab! aldquel homme !
Certes , je u’ai jamais dormi d'un si bon somme.MÉANDRE.
Mon père , il faut juger.
DANDIN.
Aux galères.
LÉA-NDRK.
Un ebien.
Aux galères!
Ma foi! je n'y conçois plus rien;De monde, de chaos, j’ai la tête troublée.Hé ! concluez.