NOTES DE B RIT AN N IC US.
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7 3 Le Kain prononçoit souhaitez-la avec un ac-<ent que n’ont point encore oublié ceux qui ontvu jouer Néron par ce grand acteur. Geoffroy.
7* Sujette est pour assujettie. On diroit aujour-d’hui , sujette du pouvoir. Sujet à , veut dire , accou-tumé à , sujet à s'enivrer, à perdre la mémoire, etc.
Aigxan.
7 3 Autre exemple de ecs expressions trouvéesqui étonnent par leur force et leur précision , aupoint de se faire remarquer même dans la perfec-tion de ce grand morceau , qui, dans son genre ,est unique au théâtre. La Harpe.
A qui se rapporte re gérondif, en mourant ?Est-ce au fils de Claudius , ou à Claudius lui-même ? C’est sans doute à l’un des deux ; et quandil n’y auroit que cette équivoque , ne seroit-ce pasdéjà beaucoup ? mais il y a plus. Telle est la na-ture de notre gérondif, qu’il sert à désigner unecirconstance liée avec le verbe qui le régit ; etpar conséquent il ne peut se rapporter qu’au sub-stantif qui est le nominatif de ce verbe, ou qui luitient lieu de nominatif. Ainsi dans la phrase deRacine , si nous la mettons dans l’ordre naturel,en 7n<j«ra7it se rapportera nécessairement à soins.
d’Oj.ivbt.
7 7 En général, ce participe ayant est peuagréable en poésie. C’est la seule fois qu’il setrouve, dans Racine , et encore dans un morceaunaturellement susceptible des formes du récit. Jene crois pas que Boileau ait mis en vers le motfljûnt:il se trouve beaucoup trop souvent dansceux de Voltaire. L’inconvénient de ce participeauxiliaire , c’est qu’il se joint toujours à unautre , ce qui rend la phrase lâche et traînante.
La Harpe.
7® La construction , un peu embarrassée, deces deux vers , est : « jouissant du fruit de tant desoins, à peine en avez-vous paru reconnaissantsir mois. • Aignan. î*
7 9 Quoique toutes les éditions faites pendantla vie de l’auteur portent,
J’gi vu favoriser de votre confiance ,
je pense , avec Racine le fils , que c’est une fauted’impression. Favorises au participe forme iciune belle inversion : J’ai vu Othon , Sénéoion , fa-vorisés de votre confiance. Geoffroy.
8ü Racine a voulu dire sans doute, J unie ,amenée par force à la cour, et il a dit tout le contraire; car enlevée à la cour ne peut signifier autrechose que dérobée, ravie, arrachée ù la cour. G.C’est , scion La Ilarpe , le sixième vers répréhen-sible de la pièce.
81 Porter et portent, petite négligence, plusremarquable dans de si beaux vers. Aigxan.
8 s Cette scène est une des plus belles qu’il yait au théâtre : les littérateurs la placent au mêmerang que celle d’Auguste et de China, de Cléo-pâtre et de ses deux fils , de Mithridale avec sesenfants. La différence qu’on peut remarquer entredes scènes si importantes et si théâtrales vientencore moins de la différence du génie des au-teurs, que de la différence du sujet. La plus in-téressante , sans contredit, est celle d’Auguste et
de Cinna , pareeque rien n’égalc la situation dumaître du monde , pardonnant à son assassin ;celle de Cléopâtre, dans Rodogunc , est la plusterrible ; celle de Milbridate est la plus brillante ;mais celle d’Agrippine et de Néron me paroît êtrela pins profonde pour l’art et la peinture des ca-ractères, et en même temps la plus grave et laplus austère pour le style. Voltaire a dit judicieu-sement, à l’occasion du discours de Cléopâtre àses enfants, dans Rodogune : • Tl semble que fia-
* cine l’ait pris pour modèle du grand discours« d’Agrippine à Néron : mais la situation de Cléo-« pâtre est bien plus frappante, l’intérêt est beau-
* coup plus grand, et la scène bien autrement> intéressante. » Geoffroy.
85 Vers célèbre, et d’une application malheu-reusement trop fréquente. Le dernier lien deNéron se brise, et, avec ce vers, tout le tyrans’échappe. ArGNAK.
8i Un ne peut dire l’enoie d’un dessein. Leterme est absolument impropre. C’est le septièmevers de ceux qu’on ne pouvoit pas laisser dans unepièce bien écrite. La Harpe.
85 En prose, il faudroh dire enchaîné par...L’exemple de tous nos bons poètes, depuis Mal-herbe , a prouvé que le de ablatif a plus de grâce enpoésie que le par, toutes les fois qu’il n’est pascontraire à la syntaxe et au génie de la langue.
La Harpe.
85 Les principales idées de ces vers sont em-pruntées à Sénèque. (De Clément., lib. I, cap.xai. )
8 7 Imitation heureuse de ce mot énergique ,timet timenles, « Il craint ceux qui le craignent. »Les uns en font honneur à Ennius, d’autres l’at-tribuent à Sénèque le tragique, et citent le se-cond ante de l’Ilercule furieux, dans lequel il nese trouve pas. Corneille a rendu avec moins deforce la même pensée, quand il a dit ( Pompée,act. I, sc. x ) :
Auteur des maux de tous, il est à tous en butte. 'Geoffroy.
88 Cette rime à l’hémistiche, dont l’oreille estblessée , auroit pu être évitée aisément, si Racineeût mis:
Mes larmes , je le vois, louchent mon empereur.
Aignan.
8 9 Voltaire a critiqué le rôle de Narcisse. Cen’est pas qu’il n’y ait remarqué un art fait pourservir de modèle datjs les rôles de cette espèce , ilne pouvoit pas s’y tromper: mais il voudroit queNarcisse eût un plus grand intérêt à faire le mal,qu’il fut intéressé à la perte de Britannicus. C’estdemander, en d’autres termes, que Narcisse soitdans la pièce un personnage plus considérablequ’il ne l’est, et cela se pouvoit-il ? L’intérêt re-latif de chaque personnage est toujours propor-tionné à la place qu’il occupe dans le plan et dansl’action ; cl l’affranchi Narcisse a-t-il besoin , pourêtre méchant , d’uu autre intérêt que de celui quirendoil scs pareils si puissants et si dangereuxdans Rome, l’intérêt de dominer son maître en