AV AN T - PROPOS.
IX
Je croirois n’avoir rempli mon deffein qu’enpartie fi je n’ajoutois ici une idée fuccincte del’origine de la Nobleffe Suiffe. Je fuivrai ence point fcrupuleufement nos meilleurs Hifto-riens, & tâcherai de raffembler tout ce qu’ilsnous ont appris fur cette matière. Cette dif-cuffion, fi elle n’a pas le bonheur de plaire àcaufe de la foibleffe de la diétion, l’inexaéti-tude & le peu de choix des matériaux , aumoins n’ennuyera-t-elle pas par fa longueur.
C’eft une chimère que de vouloir faire re-monter l’origine de la Nobleffe Suiffe jufqu’autems des anciens Helvétiens; par une fuitetoute naturelle des étranges révolutions quiont fi fouvent bouleverfé leur patrie, la plu-part de leurs actions, leurs noms, leurs titresne font point parvenus jufqu’à nous. Ce n’eltpas qu’on ignore ce qui les concerne, au pointde n’avoir aucune connoilfance de leur gou-vernement & de leurs ufages : on fait queportés par inclination au métier des armes,les guerriers jouilfoient parmi eux de la plushaute conlidération, & avoient une grandepart au maniment des affaires publiques ; ilsformoient le corps de la Nobleffe, dont le