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Tome dixième
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LA HENRIADE.

Il leur ouvre lui-même, et fe montre à leurs yeux,Avec cet œil ferein, ce front majeftueux ,

Tel que dans les combats, maître de fon courage,Tranquille il arrêtait ou preffait le carnage.

A cet air vénérable, à cet augufte afpect,

Les meurtriers furpris font faifis de refpect;

Une force inconnue a fufpendu leur rage.

Compagnons, leur dit-il, achevez votre ouvrage,

Et de mon fang glacé fouillez ces cheveux blancs,Que le fort des combats refpecta quarante ans ;Frappez, ne craignez rien, Coligny vous pardonne;

Ma vie eft peu de chofe, et je vous l’abandonne.

J’euife aimé mieux la perdre en combattant pour vous..,.Ces tigres à ces mots tombent à fes genoux;

L’un faifi d’épouvante abandonne fes armes,

L’autre embraffe fes pieds qu’il trempe de fes larmes;Et de fes affaffins ce grand homme entouréSemblait un roi puiffant par fon peuple adoré.

(y’! Besme, qui dans la' cour attendait fa victime,Monte, accourt, indigné qu’on diffère fon crime;

Des aflaflins trop lents il veut hâter les coups ;

Aux pieds de ce héros il les voit trembler tous.

A cet objet touchant lui feul eft inflexible;

Lui feul à la pitié toujours inacceffibleAurait cru faire un crime et trahir Médicis,

Si du moindre remords il fe Tentait furpris.

A travers les foldats il court d’un pas rapide;

Coligny l’attendait d’un vifage intrépide;

Et bientôt dans le flanc ce monftre furieuxLui plonge fon épée en détournant les yeux,