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LA HENRIADE.
Il leur ouvre lui-même, et fe montre à leurs yeux,Avec cet œil ferein, ce front majeftueux ,
Tel que dans les combats, maître de fon courage,Tranquille il arrêtait ou preffait le carnage.
A cet air vénérable, à cet augufte afpect,
Les meurtriers furpris font faifis de refpect;
Une force inconnue a fufpendu leur rage.
Compagnons, leur dit-il, achevez votre ouvrage,
Et de mon fang glacé fouillez ces cheveux blancs,Que le fort des combats refpecta quarante ans ;Frappez, ne craignez rien, Coligny vous pardonne;
Ma vie eft peu de chofe, et je vous l’abandonne.
J’euife aimé mieux la perdre en combattant pour vous..,.Ces tigres à ces mots tombent à fes genoux;
L’un faifi d’épouvante abandonne fes armes,
L’autre embraffe fes pieds qu’il trempe de fes larmes;Et de fes affaffins ce grand homme entouréSemblait un roi puiffant par fon peuple adoré.
(y’! Besme, qui dans la' cour attendait fa victime,Monte, accourt, indigné qu’on diffère fon crime;
Des aflaflins trop lents il veut hâter les coups ;
Aux pieds de ce héros il les voit trembler tous.
A cet objet touchant lui feul eft inflexible;
Lui feul à la pitié toujours inacceffibleAurait cru faire un crime et trahir Médicis,
Si du moindre remords il fe Tentait furpris.
A travers les foldats il court d’un pas rapide;
Coligny l’attendait d’un vifage intrépide;
Et bientôt dans le flanc ce monftre furieuxLui plonge fon épée en détournant les yeux,