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Tome dixième
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CHANT SECOND.

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Pourfuivant des profcrits les troupes égarées ,

Du fang de fes fujets fouillait fes mains facrées :

Et ce même Valois que je fers aujourd’hui, (ii)

Ce roi qui par ma bouche implore votre appui,Partageant les forfaits de fon barbare frère,

A ce honteux carnage excitait fa colère.

Non qu’après tout Valois ait un cœur inhumain;Rarement dans le fang il a trempé fa main:

Mais l’exemple du crime affiégeait fa jeunefle,

Et fa cruauté même était une faiblelfe.

Quelques-uns , il eft vrai, dans la foule des morts,Du fer des alfaffins trompèrent les efforts.

De Caumont, ( kk ) jeune enfant, l’étonnante aventureIra de bouche en bouche à la race future.

Son vieux père, accablé fous le fardeau des ans,

Se livrait au fommeil entre fes deux enfans ;

Un lit feul enfermait et les fils et le père.

Les meurtriers ardens, qu’aveuglait la colère,

Sur eux à coups preffés enfoncent le poignard:

Sur ce lit malheureux la mort vole au hafard.

L’eternei en fes mains tient feul nos deftinées:

Il fait quand il lui plaît veiller fur nos années ;

Tandis qu’en fes fureurs l’homicide eft trompé.D’aucun coup, d’aucun trait Caumont ne fut frappé;Un invifible bras, armé pour fa défenfe,

Aux mains des meurtriers dérobait fon enfance;

Son père à fes côtés, fous mille coups mourant,

Le couvrait tout entier de fon corps expirant;

Et du peuple et du roi trompant la barbarie,

Une fécondé fois il lui donna la vie.