CHANT SECOND.
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Pourfuivant des profcrits les troupes égarées ,
Du fang de fes fujets fouillait fes mains facrées :
Et ce même Valois que je fers aujourd’hui, (ii)
Ce roi qui par ma bouche implore votre appui,Partageant les forfaits de fon barbare frère,
A ce honteux carnage excitait fa colère.
Non qu’après tout Valois ait un cœur inhumain;Rarement dans le fang il a trempé fa main:
Mais l’exemple du crime affiégeait fa jeunefle,
Et fa cruauté même était une faiblelfe.
Quelques-uns , il eft vrai, dans la foule des morts,Du fer des alfaffins trompèrent les efforts.
De Caumont, ( kk ) jeune enfant, l’étonnante aventureIra de bouche en bouche à la race future.
Son vieux père, accablé fous le fardeau des ans,
Se livrait au fommeil entre fes deux enfans ;
Un lit feul enfermait et les fils et le père.
Les meurtriers ardens, qu’aveuglait la colère,
Sur eux à coups preffés enfoncent le poignard:
Sur ce lit malheureux la mort vole au hafard.
L’eternei en fes mains tient feul nos deftinées:
Il fait quand il lui plaît veiller fur nos années ;
Tandis qu’en fes fureurs l’homicide eft trompé.D’aucun coup, d’aucun trait Caumont ne fut frappé;Un invifible bras, armé pour fa défenfe,
Aux mains des meurtriers dérobait fon enfance;
Son père à fes côtés, fous mille coups mourant,
Le couvrait tout entier de fon corps expirant;
Et du peuple et du roi trompant la barbarie,
Une fécondé fois il lui donna la vie.