CHANT TROISIEME.
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Déjà du haut des murs de la ville rebelle,
La voix de la victoire en fon camp le rappelle;
Mille jeunes anglais vont bientôt fur fes pasFendre le fein des mers et chercher les combats.
Essex (*) eft à leur tête, Effex dont la vaillanceA des fiers Caftillans confondu la prudence ;
Et qui ne croyait pas qu’un indigne deltinDût flétrir les lauriers qu’avait cueillis fa main.
Henri ne l’attend point; ce chef que rien n’arrête,Impatient de vaincre, à fon départ s’apprête :
Allez , lui dit la reine , allez , digne Héros ,
Mes guerriers fur vos pas traverferont les flots ;
Non, ce n’eft point Valois, c’eft vous qu’ils veulent fuivre ;A vos foins généreux mon amitié les livre.
Au milieu des combats vous les verrez courir,
Plus pour vous imiter que pour vous fecourir.
Formés par votre exemple au grand art de la guerre,Ils apprendront fous vous à fervir l’Angleterre.
Puiife bientôt la ligue expirer fous vos coups !L’Efpagne fert Mayenne , et Rome eft contre vous;Allez vaincre l’Efpagne, et fongez qu’un grand-hommeNe doit point redouter les vains foudres de Rome .Allez des nations venger la liberté ;
De Sixte et de Philippe abailîêz la fierté.
Philippe, de fon père héritier tyrannique,
Moins grand, moins courageux, et non moins politique,Divifant fes voifins pour leur donner des fers,
Du fond de fon palais croit dompter l’univers.