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LA HEKRIADE.
Franqais, vous favez vaincre et chanter vos conquêtes:Il n’eft point de lauriers qui ne couvrent vos têtes;Un peuple de héros va naître en ces climats ;
Je vois tous les Bourbons voler dans les combats.
A travers mille feux je vois Condé (19) paraître,Tour à tour la terreur et l’appui de fon maître;Turenne de Condé le généreux rival,
Moins brillant , mais plus fage et du moins fon égal.Catinat (20) réunit, par un rare affemblage,
Les talens du guerrier et les vertus du fage.
Vauban (21) fur un rempart, un compas à la main, (/)Rit du bruit impuiffant de cent foudres d’airain.Malheureux à la cour, invincible à la guerre,Luxembourg (22) fait trembler l’Empire et l’Angleterre.
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Regardez dans Denain l’audacieux Villars, (25 )Difputant le tonnerre à l’aigle des Céfars;
Arbitre de la paix, que la victoire amène,
~ Digne appui de fon roi, digne rival d’Eugène.
Quel efb ce jeune prince (24) en qui la majeftéSur fon vifage aimable éclate fans fierté ?
D’un œil d’indifférence il regarde le trône.
Ciel! quelle nuit foudairie à mes yeux l’environne!
La mort autour de lui vole fans s’arrêter ;
U tombe aux pieds du trône , étant près d’y monter.
O mon fils! des Français vous voyez le plus jufte;Les cieux le formeront de votre fang augufte.
Grand Dieu ! ne faites-vous que montrer aux humainsCette fleur paffagère, ouvrage de vos mains ?
Hélas! que n’eût point fait cette ame vertueufe?