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Tome dixième
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NOTES

la milia céUfie, apparut à cette fille , etc. Quoi qu’il en foit * fi lesFrançais ont été trop crédules fur la Pucelle d’Orléans, les Anglais ontété trop cruels en la fefant brûler; car ils n’avaient rien à lui reprocher,que fon courage et leurs défaites.

(14) Le cardinal Ma^arin fut obligé de fortir du royaume en 16ÇI,malgré la reine régente qu’il gouvernait ; mais le cardinal de Richelieufe maintint toujours, malgré fes ennemis, et même malgré le roi quiétait dégoûté de lui.

( 1^) Les opinions fur Colbert font fi oppoféesentr’elles, fes admirateursl’ont placé fi haut, fes détracteurs l’ont enfuite tant rabaiflé, qu'iln’exifte peut - être pas un feul livre où il foit mis à fa véritable place.

Pour juger un miniftre, il faut examiner fes lois et fes opérations, lesrapprocher des circonftances, de l’hiftoire de fon temps, et fut-tout deslumières de fes contemporains. Si un homme d’Etat a montré de l’huma-nité et de lajuftice; fi, quoique gêné par les circonftances et par lesévénemens, il a eu le bonheur du peuple pour premier objet; s’il a prouvéqu’il avait les mêmes lumières que les hommes éclairés de fon fièéle, ondoit refpecter fa mémoire, et lui pardonner de 11’avoir été ni ïupérieuraux événemens, ni au - defius de fes contemporains.

Colbcrty fils d’un marchand, d’abord commis d’un négociant, puis clercde notaire, devint intendant du cardinal Mayirin. Rouquet avait étéfurintendant dans les dernières années de la vie du cardinal ; fon admi-niftration était également onéreufe et corrompue.

Des traitans inventaient de nouveaux offices, de nouveaux droits furles confommations , réveillaient d’anciennes prétentions domaniales ,inventaient des privilèges exclufifs, des lettres de maîtrife , fefaientrevivre des arrérages d’impôts. Rouquet agréait ces projets, et en vendaitle produit aux inventeurs moyennant une fomme payée comptant. Legouvernement, alors très-faible, protégeait peu ces traitans; maiscomme ils ne donnaient qu’une petite partie de la valeur de ce qu’on leuraccordait, ils gagnaient encore beaucoup. Des parts dans les profits ,ou une fomme d’argent, décidaient de la préférence que le premierminiftre et le furintendant accordaient aux fefeurs de projets. Ces.emploisfubaîternes , et les détails de cette corruption , furent la première écolede Colbert . Le cardinal le recommanda en mourant au roi, comme unhomme qui lui ferait utile.

Le premier foin de Colbert fut de chercher à perdre Rouquet. Il lui était,aifé de montrer ù Louis XIV que ce miniftre n’était qu’un homme vain ,uniquement occupé de foutenir fes profufions par des moyens ruineux, etne Cachant qu’emprunter. Mais ce n’était pas fa difgrace, c’était fa perteque fes ennemis voulaient, parce que Rouquet , difgracié, eût pu éclairerle roi fur la conduite pafièe de Colbert et des autres miniftres. '