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Tome dixième
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294 ESSAI SUR LES GUERRES

perfonne du roi. Quoique ce complot eût été traméavec hardieffe et conduit avec fecret, il fut décou-vert au moment où il allait être mis en exécution.Les Guifes punirent les confpirateurs de la manièrela plus cruelle, pour intimider leurs ennemis et lesempêcher de former à l’avenir de pareils projets.Plus de fept cents proteftans furent exécutés ; Condéfut fait prifonnier et accufé de lèfe - majefté. On luifit fon procès, et il fut condamné à mort.

Pendant le cours de fon procès, Antoine , roi deNavarre, fon frère, leva en Guienne, à la Pollici-tation de fa femme et de Coligny , un grand nombrede gentilshommes, tant proteftans que catholiques,attachés à fa maifon. Il traverfa laGafcogne avecfon armée ; mais fur un fimple melfage qu’il reçutde la cour en chemin , il les congédia tous enpleurant. IlfautquefobéiJJc, dit-il; maisf obtiendraivotre pardon du roi. Allez , et demandez pardon pour vous-même , lui répondit un vieux capitaine : notre furetéejl au bout de nos cpées. Là-deffus la nobleffe qui lefuivait s’en retourna avec mépris et indignation.

Antoine continua fa route et arriva à la cour. 11 yfollicita pour la vie de fon frère, n’étant pas fur dela Tienne. 11 allait tous les jours chez le duc et chezle cardinal de Guife , qui le recevaient affis etcouverts pendant qu’il était debout et nue tête.

Tout était prêt alors pour la mort du prince deCondé , lorfque le roi tomba tout d’un coup maladeet mourut. Les circonftances et la promptitude decet événement, le penchant des hommes à croire quela mort précipitée des princes n’eft point naturelle ,donnèrent cours au bruit commun que François II avait été empoifonné.