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Tome dixième
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H O »! ERE.

fbit tombé fi bas , après s’être élevé fi haut. Legrand Corneille , génie pour le moins égal à Homère ,a fait à la vérité Pertharite, Suréna, Agéfilas , aprèsavoir donné Cinna et Polyeucte ; mais Suréna etPertharite font des fujets encore plus mal choifisque mal traités. Ces tragédies font très-faibles , maisnon pas remplies d’abfurdités , de contradictions etde fautes groflières.Enfin j’ai trouvé chez les Anglais ce que je cherchais; et le paradoxe de la réputationà!Homère m'a. été développé. Shakefpéare ,leur premierpoète tragique, n’a guère en Angleterre d’autre épi-thète que celle de divin. Je n’ai jamais vu à Londres la falle de la comédie auffi remplie à l’Andromaquede Racine , toute bien traduite qu’elle eft par Philips ,ou au Caton d’AddiJJon , qu’aux anciennes pièces deShakefpéare. Ces pièces font des monftres en tragédie.Il y en a qui durent plufieurs années ; on y baptifeau premier acte le héros , qui meurt de vieilleffe aucinquième ; on y voit des forciers, des payfans, desivrognes, des bouffons , des foffoyeurs qui creufentune foffe et qui chantent des airs à boire en jouantavec des têtes de mort. Enfin, imaginez ce que vouspourrez de plus monftrueux et de plus abfurde , vousle trouverez dans Shakefpéare. Quand je commençaisà apprendre la langue anglaife, je ne pouvais com-prendre comment une nation fi éclairée pouvaitadmirer un auteur fi extravagant : mais dès que j’eusune plus grande connaiffance de la langue , jem’aperçus que les Anglais avaient raifon , et qu’ileft impoffible que toute une nation fe trompe enfait de fentiment et ait tort d’avoir du plaifir. Ilsvoyaient comme moi les fautes groffières de leur