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TIRGIL E.'
fa fille , qu 'Enée ne lui demandait pas; de-là fuitune guerre cruelle ; encore ne commence-t-elle quepar hafard et par une aventure commune et petite.Tiirruis en combattant pour fa maîtrelfe eft tuéimpitoyablement par Enée ; la mère de Lavinie audéfefpoir fe donne la mort ; et le faible roi latin,pendant tout ce tumulte, ne fait ni refuferni accepterTitrnus pour fon gendre, ni faire la guerre ni la paix.Il fe retire au fond de fon palais , laiiïant Tutnus etEnée fe battre pour fa fille , fur d’avoir un gendre ,quoi qu’il arrive.
Il eût été aifé , ce me femble, de remédier à cegrand défaut : il fallait peut-être qu Enée eût à déli-vrer Lavinie d’un ennemi, plutôt qu’à combattre unjeune et aimable amant qui avait tant de droits furelle , et qu’il fecourût le vieux roi Latinus au lieude ravager fon pays. Il a trop l’air du ravilfeur deLavinie . J’aimerais qu’il en fût le vengeur; je vou-drais qu’il eût un rival que je pulfe haïr , afin dem’intéreffer davantage au héros. Une telle difpo-fition eût été une fource de beautés nouvelles. Lepère et la mère de Lavinie , cette jeune princelfemême, eulfent eu des perfonnages plus convenablesà jouer. Mais ma préfomption va trop loin ; cen’efl point à un jeune peintre à ofer reprendre lesdéfauts d’un Raphaël , et je ne puis pas dire commele Corrige : Son Pittor anche io.