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Tome dixième
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V

388 LE TASSE.

les arbres. Tancrcde trouve fa Clorinde enfermée dansun pin, et bleffée du coup qu’il a donné au tronc decet arbre. Armide s’y préfente à travers l’écorce d’unmyrte , tandis qu’elle eft à plufieurs milles dansl’armée d’Egypte. Enfin les prières de l’ermite Pierreet le mérite de la contrition de Renaud rompentl’enchantement.

Je crois qu’il eft à propos de faire voir commentLucain a traité différemment dans fa Pharfale un fujetprefque femblable. Céfar ordonne à fes troupes decouper quelques arbres dans la forêt facrée de Mar-feille, pour en faire des inftrumens et des machinesde guerre. Je mets fous les yeux du lecteur les vers deLucain et la traduction de Breheuf, qui, comme toutesles autres traductions, eft au-deffous de l’original.Lucus erat longo nunquam violatus ab tzvo ,

Obfcurum. cingens connexîs aéra ramis,

Et gelidas alt'e fummotis folibus umbras.

Hune non ruricola Panes, nemorumque potentesSylvani, Nymphtzque tenent ; fed barbara rituSacra Deûm, fiructce diris feralibus arce,

Omnis et humants lujirata cruoribus arbos.

Si qua fidem meruit Superos mirata vetujlas,

Illis et volucres metuunt injiflere ramis,

Et lufîris recubare fera: nec ventus in illasIncubait fylvas , excujfaque nubïbus atrisFulgura: non ullis frondem preebentibus aurisArboribus fuus horror ineft. Tum plurima nigrisFontibus unda cadit, Jimulacraque mœjla DeorurnArte eurent, cafifque extant informia truncis.

Ipfe fitus , putrique facit jam robore pallorAttonitos: non vulgatis facrata figuris