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Tome douzième
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DELA LIBE RTE. 19

La nature, en tout fens , a des bornes prefcrites ,

Et le pouvoir humain ferait feul fans limites !

Mais, dis-moi, quand ton cœur, formé de pallions,Se rend malgré lui-même à leurs impreffions,

Qu’il fent dans fes combats fa liberté vaincue ,

Tu l’avais donc en toi, puifque tu l’as perdue?

Une ficvre brûlante , attaquant tes refforts ,

Vient à pas inégaux miner ton faible corps.

Mais, quoi ! par ce danger répandu fur ta vie,

Ta fanté pour jamais n’eft point anéantie :

On te voit revenir des portes de la mort,

Plus ferme, plus content, plus tempérant, plus fort.Connais mieux l’heureux don que ton chagrin réclame:La liberté dans l’homme eft la fanté de Lame.

On la perd quelquefois ; Ja foif de la grandeur,

La colère, l’orgueil, un amour fuborneur,

D’un défir curieux les trompeufes faillies :

Hélas! combien le cœur a-t-il de maladies?

Mais contre leurs afifauts tu feras raffermi ;

Prends ce livre fenfé , confulte cet ami.

(Un ami, don du ciel, eft le vrai bien du fage.)

Voilà l’Helvétius , le Silva, le Vernage, (e)

Que le Dieu des humains, prompt à les fecourir,Daigne leur envoyer fur le point de périr.

Eft-il un feul mortel de qui l’ame infenfée,

Quand il eft en péril, ait une autre penfée ?

Vois de la liberté cet ennemi mutin,

Aveugle partifan d’un aveugle deftin.

Entends comme il confulte, approuve ou délibère;Entends de quel reproche il couvre un adyerfaire ;

Vois comment d’un rival il cherche à fe venger,Comme il punit fon fils, et le veut corriger.

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