DELA LIBE RTE. 19
La nature, en tout fens , a des bornes prefcrites ,
Et le pouvoir humain ferait feul fans limites !
Mais, dis-moi, quand ton cœur, formé de pallions,Se rend malgré lui-même à leurs impreffions,
Qu’il fent dans fes combats fa liberté vaincue ,
Tu l’avais donc en toi, puifque tu l’as perdue?
Une ficvre brûlante , attaquant tes refforts ,
Vient à pas inégaux miner ton faible corps.
Mais, quoi ! par ce danger répandu fur ta vie,
Ta fanté pour jamais n’eft point anéantie :
On te voit revenir des portes de la mort,
Plus ferme, plus content, plus tempérant, plus fort.Connais mieux l’heureux don que ton chagrin réclame:La liberté dans l’homme eft la fanté de Lame.
On la perd quelquefois ; Ja foif de la grandeur,
La colère, l’orgueil, un amour fuborneur,
D’un défir curieux les trompeufes faillies :
Hélas! combien le cœur a-t-il de maladies?
Mais contre leurs afifauts tu feras raffermi ;
Prends ce livre fenfé , confulte cet ami.
(Un ami, don du ciel, eft le vrai bien du fage.)
Voilà l’Helvétius , le Silva, le Vernage, (e)
Que le Dieu des humains, prompt à les fecourir,Daigne leur envoyer fur le point de périr.
Eft-il un feul mortel de qui l’ame infenfée,
Quand il eft en péril, ait une autre penfée ?
Vois de la liberté cet ennemi mutin,
Aveugle partifan d’un aveugle deftin.
Entends comme il confulte, approuve ou délibère;Entends de quel reproche il couvre un adyerfaire ;
Vois comment d’un rival il cherche à fe venger,Comme il punit fon fils, et le veut corriger.
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