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Tome douzième
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SUR LA MODÉRATION.

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J’y fus pris. J’affervis au vain défir de plaireLa mâle liberté qui fait mon caractère ;

Et perdant la raifon dont je devais m’armerJ’allai m’imaginer qu’un roi pouvait aimer.

Que je fuis revenu de cette erreur grofTière !

A peiné de la cour j’entrai dans la carrièreQue mon ame éclairée , ouverte au repentir ,

N’eut d'autre ambition que d’en pouvoir fortir.Raifonneurs beaux efprits , et vous qui croyez l’être -,Voulez-vous vivre heureux ? vivez toujours fans maitrë. (g)O vous qui ramenez dans les murs de Paris Tous les excès honteux des mœurs de Sibaris ,

Qui plongés dans le luxe ^ énervés de m oh elfe *Nourririez dans votre ame une éternelle ivreffe *Apprenez , infenfés , qui cherchez le plaifir ,

Et l’art de lë connaître , et celui dé jouir.

Les plaifirs font les fleurs que notre divin maîtréDans les ronces du monde autour de nous fait riaîtfê;Chacune a fa faifon , et par des foins prudensOn peut en conferver pour l’hiver de nos ans.

Mais s’il faut lés cueillir , e'éft d une main légère 5On flétrit aifément leur beauté paffagère.

N’offrez pas à vos fens , dé molleffe accablés ,

Tous les parfums de Flore à la fois exhalés :

U ne faut point tout voir, tout fentir , tout éntendrè;Quittons les voluptés pour pouvoir les reprendre.

Le travail eft fouvent le père du plaifirJe plains l'homme accaolé du poids de Tort Ibifir.

Le bonheur eft un bien que nous vend la nature;

Il n’elt point ici-bas de moiffons fans culture:

Tout veut des foins fans doute , ét tout eft acheté;Regardez (h) Brofforet i dé fa table entêté $

Po'émesi G