Je fuis loin d’être ingrat, non, mon cœur ne peut l’être.Z U L I M E.
Sans doute. ...
R A M X R E.
Mais en moi vous ne verriez qu’un traître,Si tout prêt à partir je cachais à vos yeuxUn obftacle fatal oppofé par les cieux.
Z U L I M E.
Un obftacle !
R A M I R E.
Une loi formidable, éternelle.
Z U L I M E.
Vous m’arrachez le cœur; achevez, quelle eft-elle?R A M I R E.
C’eft la religion. .. Je fais qu’en vos climats ,
Où vingt peuples mêlés ont changé tant d’Etats,L’hymen unit fouvent ceux que leur loi divife.
En Efpagne autrefois cette indulgence admife,Déformais parmi nous eft un crime odieux ;
La loi dépend toujours et des temps et des lieux.Mon fang dans mes Etats m’appelle au rang fuprême,Mais il eft un pouvoir au-delfus de moi-même,z u L i M E.
Je t’entends, cher Ramire, il faut t’ouvrir mon cœur,Pour ma religion j’ai connu ton horreur :
J’en ai fouvent gémi ; mais s’il ne faut rien taire,
A mon ame en fecret tu la rendis moins chère.
Soit erreur ou raifon, foit ou crime ou devoir,
Soit du plus tendre amour l’invincible pouvoir,
(Puiffe le jufte ciel excufer mes faibleffes ! )
Du fang en ta faveur j’ai bravé les tendreffes ;
C z