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Tome troisième
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LE FANATISME.

S C E NE I F.

MAHOMET , OMAR.

MAHOMET .

Toi , refte, brave Omar; il eft temps que mon cœurDe les derniers replis t’ouvre la profondeur.

D’un fiége encor douteux la lenteur ordinairePeut retarder ma courfe et borner ma carrière:

Ne donnons point le temps aux mortels détrompésDe raflurer leurs yeux de tant d’éclat frappés.

Les préjugés, Ami, font les rois du vulgaire.

Tu connais quel oracle et quel bruit populaireOnt promis l’univers à l’envoyé d’un dieu,

Qui, reçu dans la Mecque , et vainqueur en tout lieu,Entrerait dans ces murs en écartant la guerre;

Je viens mettre à profit les erreurs de la terre.

Mais tandis que les miens, par de nouveaux efforts,De ce peuple inconftant font mouvoir les refforts,

De quel œil revois-tu Palmire avec Séide?

O M A K.

Parmi tous ces encans enlevés par Hercide,

Qui, formés fous ton joug et nourris dans ta loi,N’ont de dieu que le tien, n’ont de père que toi,Aucun ne te fervit avec moins de fcrapule,

N’eut un cœur plus docile, un efprit plus crédule;

De tous tes MufulmanS ce font les plus fournis.

M A II O M E T.

Cher Omar, je n’ai point de plus grands ennemis.

Us s’aiment; c’eft affez.

omak.