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Tome troisième
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ACTE SECOND.

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Z O P I R E.

Eh quoi! tout factieux, qui penfe avec courage,

Doit donner aux mortels un nouvel efclavage?

Il a droit de tromper, s’il trompe avec grandeur?MAHOMET .

Oui; je connais ton peuple, il a befoin d’erreur;

Ou véritable ou faux, mon culte eft nécelfaire.

Que t’ont produit tes dieux? quel bien t’ont-ils pu faire ?Quels lauriers vois-tu croître au pied de leurs autels ?

Ta fecte obfcure et baffe avilit les mortels,

Enerve le courage, et rend l’homme ftupide ;

La mienne élève l’ame et la rend intrépide.

Ma loi fait des héros.

Z O P I R E.

Dis plutôt des brigands.

Porte ailleurs tes leçons, l’école des tyrans;

Va vanter l’impofture à Médine où tu règnes, •

Où tes maîtres féduits marchent fous tes enfeignes,

Où tu vois tes égaux à tes pieds abattus.

M A H O M E T.

Des égaux! dès long-temps Mahomet n’en a plus.

Je fais trembler la Mecque, et je règne à Médine ;Crois-moi, reçois la paix, fi tu crains ta ruine.

Z O P I R E.

La paix eft dans ta bouche, et ton cœur en eft loin:Penfes-tu me tromper?

M A H O M E T.

Je n’en ai pas befoin.

C’eft le faible qui trompe, et le puiffant commande.Demain j’ordonnerai ce que je te demande;

Demain je puis te voir à mon joug affervi:

Aujourd’hui Mahomet veut être ton ami.

L î