ACTE SECOND.
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Z O P I R E.
Eh quoi! tout factieux, qui penfe avec courage,
Doit donner aux mortels un nouvel efclavage?
Il a droit de tromper, s’il trompe avec grandeur?MAHOMET .
Oui; je connais ton peuple, il a befoin d’erreur;
Ou véritable ou faux, mon culte eft nécelfaire.
Que t’ont produit tes dieux? quel bien t’ont-ils pu faire ?Quels lauriers vois-tu croître au pied de leurs autels ?
Ta fecte obfcure et baffe avilit les mortels,
Enerve le courage, et rend l’homme ftupide ;
La mienne élève l’ame et la rend intrépide.
Ma loi fait des héros.
Z O P I R E.
Dis plutôt des brigands.
Porte ailleurs tes leçons, l’école des tyrans;
Va vanter l’impofture à Médine où tu règnes, •
Où tes maîtres féduits marchent fous tes enfeignes,
Où tu vois tes égaux à tes pieds abattus.
M A H O M E T.
Des égaux! dès long-temps Mahomet n’en a plus.
Je fais trembler la Mecque, et je règne à Médine ;Crois-moi, reçois la paix, fi tu crains ta ruine.
Z O P I R E.
La paix eft dans ta bouche, et ton cœur en eft loin:Penfes-tu me tromper?
M A H O M E T.
Je n’en ai pas befoin.
C’eft le faible qui trompe, et le puiffant commande.Demain j’ordonnerai ce que je te demande;
Demain je puis te voir à mon joug affervi:
Aujourd’hui Mahomet veut être ton ami.
L î