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Tome troisième
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LETTRE

lui reprochait trop de merveilleux. Il fe trompait;ce n’était pas ce merveilleux qui avait fait tomberfon ouvrage, c’était en effet le défaut de génie, et lafroideur de la vérification ; car voilàle grand point,voilà le vice capital qui fait périr tant de poëmes.L’art d’être éloquent en vers eft de tous les arts leplus difficile et le plus rare. On trouvera mille géniesqui fauront arranger un ouvrage, et le vérifier d’unemanière commune; mais le traiter en vrais poètes,c’eft un talent qui eft donné à trois ou quatre hommesfur la terre.

Au mois de décembre 1701, M. de la Grange fitjouer fon Amafis, qui n’eft autre chofe que le fujetde Mérope, fous d’au très noms : la galanterie règneauffi dans cette, pièce , et il y a beaucoup plus d’in-cidens merveilleux que dans celle de la Chapelle ,• maisauffi elle eft conduite avec plus d’art, plus de génie,plus d’intérêt ; elle eft écrite avec plus de chaleur etde force : cependant elle n’eut pas d’abord un fuccèséclatant, et habent fudfata libelli. Mais depuis elle aété rejouée avec de très - grands applaudiiïemens, etc’eft une des pièces dont la repréfentation a fait leplus de plaifir au public.

Avant et après Amafis, nous avons eu beaucoupde tragédies fur des fujets à peu près femblables,dans lefquels une mère va venger la mort de fon filsfur fon propre fils même, et le reconnaît dans l’inf-tant qu’elle va le tuer. Nous étions même accoutumésà voir fur.notre théâtre cette lituation frappante,mais rarement vraifemblable , dans laquelle un per-fonnage vient un poignard à la main pour tuer fonennemi, tandis qu’un autre perfonnage arrive dans

l’inftant

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