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Tome troisième
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23 °

LETTRE

ni qu’elle courût fur lui deux fois, le javelot et lahache à la main, ni que le jeune homme s’enfuîtdeux fois devant elle, en demandant la vie à fontyran.

Nos ufages permettraient encore moins que la con-fidente de Mcronc engageât le jeune Rgillhe à dormirfur la fcène, afin de donner le temps à la reine devenir l’y affaffiner. Ce n’eftpas , encore une fois, quetout cela ne foit dans la nature ; mais il faut que vouspardonniez à notre nation , qui exige que la naturefoit toujours préfentée avec certains traits de l’art;et ces traits font bien différens à Paris et à Vérone .

Pour donner une idée fenfible de ces différences ,quelegéniedes nations cultivées met entre les mêmesarts , permettez-moi, Monfieur, de vous rappeler iciquelques traits de votre célèbre ouvrage, qui meparaiffent dictés par la pure nature. Celui qui arrêtele jeune Crefphonte , et qui lui prend fa bague, lui dit :

Or dunque in tuo paefe i ferviHan di cotejle gemme ? Un bel paefeFia quefio tuo ; nel noflro una tal gemmaAd un dito regai non fconverrebbe.

Je vais prendre la liberté de traduire cet endroit envers blancs , comme votre pièce eft écrite ; parce quele temps qui me prelfe ne me permet pas le longtravail qu’exige la rime.

,, Les efclaves chez vous portent de tels joyaux !

,, Votre pays doit être un beau pays , fans doute;

,, Chez nous de tels anneaux ornent la main des rois.