Band 
Tome troisième
JPEG-Download
 

302

M E R 0 P E.

Le tyran règle tout ; il femble qu’il apprêteL’appareil du carnage, et non pas d’une fête.

Par l’or de ce tyran le grand - prêtre infpiréA fait parler le dieu dans fon temple adoré.

Au nom de vos aïeux et du dieu qu’il attefte,

Il vient de déclarer cette union funefte.

Polyphonte, dit-il, a requ vos fermens ;

Meffène en eft témoin, les dieux en font garans.

Le peuple a répondu par des cris d’alégreffe ;

Et ne foupconnant pas le chagrin qui vous preffe,

Il célèbre à genoux cet hymen plein d’horreur :

Il bénit le tyran qui vous perce le cœur.

M E R 0 P E.

Et mes malheurs encor font la publique joie ?

N A R B A S.

Pour fauver votre fils quelle funefte voie !

M E r o P E.

•C’eft un crime effroyable, et déjà tu frémis.

N A R B A s.

Mais c’en eft un plus grand de perdre votre fils.

M E r o P E.

{Hé bien, le défefpoir m’a rendu mon courage.

S Courons tous vers le temple où m’attend mon outrage.“Montrons mon fils au peuple, et plaçons-le à leurs yeux,Entre l’autel et moi, fous la garde des dieux.

11 eft né de leur fang, ils prendront fa défenfe ;

Ils ont affez long-temps trahi fon innocence,i De fon lâche affaffin je peindrai les fureurs :

| L’horreur et la vengeance empliront tous les cœurs.