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M E R 0 P E.
Le tyran règle tout ; il femble qu’il apprêteL’appareil du carnage, et non pas d’une fête.
Par l’or de ce tyran le grand - prêtre infpiréA fait parler le dieu dans fon temple adoré.
Au nom de vos aïeux et du dieu qu’il attefte,
Il vient de déclarer cette union funefte.
Polyphonte, dit-il, a requ vos fermens ;
Meffène en eft témoin, les dieux en font garans.
Le peuple a répondu par des cris d’alégreffe ;
Et ne foupconnant pas le chagrin qui vous preffe,
Il célèbre à genoux cet hymen plein d’horreur :
Il bénit le tyran qui vous perce le cœur.
M E R 0 P E.
Et mes malheurs encor font la publique joie ?
N A R B A S.
Pour fauver votre fils quelle funefte voie !
M E r o P E.
•C’eft un crime effroyable, et déjà tu frémis.
N A R B A s.
Mais c’en eft un plus grand de perdre votre fils.
M E r o P E.
{Hé bien, le défefpoir m’a rendu mon courage.
S Courons tous vers le temple où m’attend mon outrage.“Montrons mon fils au peuple, et plaçons-le à leurs yeux,Entre l’autel et moi, fous la garde des dieux.
11 eft né de leur fang, ils prendront fa défenfe ;
Ils ont affez long-temps trahi fon innocence,i De fon lâche affaffin je peindrai les fureurs :
| L’horreur et la vengeance empliront tous les cœurs.