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Tome troisième
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ACTE CINQUIEME. 3*3

Egifthe ! Il a frappé le coup le plus terrible.

Non, d’Alcide jamais la valeur invincibleN’a d’un exploit fi rare étonné les humains.

N A R B A S.

O mon fils ! ô mon roi, qu’ont élevé mes mains !

I S M E N I E.

La victime était prête, et de fleurs couronnée;L’autel étincelait des flambeaux d’hyménée ;Polyphonte , l’œil fixe, et d’un front inhumain,Préfentait à Mérope une odieufe main;

Le prêtre prononçait les paroles facrées;

Et la reine au milieu des femmes éplorées,

S’avançant triftement, tremblante entre mes bras,

Au lieu de l’hyménée invoquait le trépas:

Le peuple obfervait tout dans un profond filence.Dans l’enceinte facrée en ce moment s’avanceUn jeune homme, un héros, femblable aux immortels :Il court, c’était Egifthe; il s’élance aux autels;

Il monte, il y faifit d’une main alluréePour les fêtes des dieux la hache préparée.

Les éclairs font moins prompts ; je l’ai vu de mes yeux,Je l’ai vu qui frappait ce monftre audacieux.

Meurs, tyran, difait-il; Dieux; prenez vos victimes.Erox, qui de fon maitre a fervi tous les crimes,

Erox, qui dans fon fang voit ce monftre nager,

Lève une main hardie, et penfe le venger.

Egifthe fe retourne, enflammé de furie ;

A côté de fon maître il le jette fans vie.

Le tyran fe relève, il bleffe le héros ;

De leur fang confondu j’ai vu couler les flots.