DISSERTATION
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font devenus les vôtres. Vous avez daigné m’em-bellir, pour rendre encore plus refpectables auxnations les noms de Henri IV et de Louis XV , etpour étendre de plus en plus dans l’Europe legoût des arts.
Parmi les obligations que toutes les nationsmodernesj ont aux Italiens , etfurtout aux premierspontifes et à leurs miniftres , il faut compter laculture des belles-lettres , par qui furent adouciespeu à peu les mœurs féroces et groffières. de nospeuples feptentrionanx, et auxquelles nous devonsaujourd’hui notre politelfe , nos délices et notregloire.
C’eft fous le grand Leon X que le théâtre grecrenaquit , ainfi que l’éloquence. La Sophonisbedu célèbre prélat Trijfmo , nonce du pape, eft lapremière tragédie régulière que l’Europe ait vueaprès tant de fiècles de barbarie, comme la Calandradu cardinal Bibiena avait été auparavant la premièrecomédie dans l’Italie moderne.
. Vous fûtes les premiers qui élevâtes de grandsthéâtres, et qui donnâtes au monde quelque idée decette fplendeur de l’ancienne Grèce , qui attirait lesnations étrangères à fes folemnités, et qui fut lemodèle des peuples en tous les genres..
Si votre nation n’a pas toujours égalé les anciensdans le tragique, ce n’eft pas que votre langue har-monieufe, féconde et flexible , ne foit propre à tousles fujets ; mais il y a grande apparence que lesprogrès que vous avez faits dans la muflque, ontnui enfin à ceux de la véritable tragédie. C’eft untalent qui a fait tort à un autre.