EPITRE A MADAME
iS
reprend la dureté de fon caractère quand on lui faitdes reprochés trop violens, et qui s’appaife enduitepar les foumilïïons et par les larmes : le germe deceperfonnage était dans Sophocle et dans Euripide ,et je l’ai développé. Il n’appartient qu’à l’ignoranceet à la préfomption, qui en eft la fuite, de direqu’il n’y a rien à imiter dans les anciens : ■ il n’y apoint de beautés dont on ne trouve chez eux lesfemences.
' Je me fuis impofé, furtout, la loi de ne pasm’écarter de cette fimplicité, tant recommandée parles Grecs, etfi difficile à faifir: c’était-là le vraicaractère de l’invention et du génie, c’était l’elfencedu théâtre. Un perfonnage étranger, qui dansl’Oedipe ou dans Electre ferait un grand rôle, quidétournerait fur lui l’attention, ferait un monfhreaux yeux de quiconque connaît les anciens et lanature, dont ils ont été les premiers peintres. L’artet le génie confiftent à trouver tout dans fon fujet,et non pas à chercher hors de fon fujet. Maiscomment imiter cette pompe et cette magnificencevraiment tragique des vers de Sophocle , cetteélégance , cette pureté, ce naturel, fans quoi unouvrage (bien fait d’ailleurs) ferait un mauvaisouvrage ?
J’ai donné au moins à ma nation quelqu’idéed’une tragédie fans amour, fans confidens, fansépifodes ; le petit nombre des partifans du bongoût m’en fait gré, les autres ne reviennent qu’àla longue , quand la fureur de parti, l’injuftice dela perfécution et les ténèbres de l’ignorance fontdilïipées. C’éft'à' vous , Madame , à confefver les