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0 R E S T E.
Tremblez de voir fur vous, en ces lieux dételles,Tomber tous les fléaux du fang dont vous fortez.
O R E S T E.
Pourquoi nous impofer, par des lois inhumaines,
Et des devoirs nouveaux, et de nouvelles peines?
Les mortels malheureux n’en ont-ils pas allez ?
Sous des fardeaux fans nombre ils vivent terralfés.
A quel prix , Dieux puiflans, avons - nous reçu l’être?N’importe, eft-ce à l’efclave à condamner fon maître?Obéilfons , Pammène.
P A M M E N E.
Il le faut, et je coursEblouir le barbare armé contre vos jours.
Je dirai qu’aujourd’hui le meurtrier d'OrefteDoit remettre en fes mains cette cendre funefte.
O R E S T E.
Allez donc. Je rougis même de le tromper.
P A M M E N E.
Aveuglons la victime , afin de la frapper.
SCENE III.
P Y I. A D E.
A P P A IS E de tes fens le trouble involontaire,Renferme dans ton cœur un fecret néceflaire;CherOrefte! crois-moi, des femmes et des pleursDu fang d’Agamemnon font de faibles vengeurs.