6 ®
O R E S T E.
P Y L A D E.
Le feul Egifthe
Dut recevoir de nous ce monument fi trifte.
ELECTRE.
Qu’entends-je ? ô nouveau crime ! ô défaftres plus grands !Les cendres de mon frère aux mains de mes tyrans !
Des meurtriers d’Orefte, ô Ciel, fuis-je entourée?o K e s T E.
De ce reproche affreux mon ame déchirée,
Ne peut plus....
ELECTRE.
Et c’eftvous qui partagez mes pleurs?
Au nom du fils des rois, au nom des dieux vengeursS’il n’eft pas mort par vous , fi vos mains généreufes
Ont daigné recueillir fes cendres malheureufes.
O R E S T E.
Ah ! Dieux !...
ELECTRE.
Si vous plaignez fon trépas et ma mort,Répondez - moi; comment avez - vous fu fon fort?Etiez-vous fon ami? dites-moi qui vous êtes,
Vous furtout dont les traits.... Vos bouches font muettesQuand-vous m’afTalfinez, vous êtes attendris.
o R e s T E.
C’en eft trop , et les dieux font trop bien obéis.ELECTRE.
Que dites-vous?
O R E S T E.
LaifTez ces dépouilles horribles.ELECTRE.
Tous les cœurs aujourd’hui feront-ils inflexibles?