73 O RE S TE,
Quoi, j’abandonne Electre à fa douleur mortelle !
P Y L A I) E.
Tu l’as juré, pourfuis , et ne redoute qu’elle.
Electre peut te perdre, et ne peut te fervir :
Les yeux de tes tyrans font tout prêts de s’ouvrir :Renferme cette amour et fi fainte et fi pure.
Doit-on craindre en ces lieux de dompter la nature?Ah! de quels fentimens te laiifes-tu troubler?
Il faut venger Electre , et non la confoler.
o R E s T E.
Pylade, elle s’avance, et me cherche peut-être,
P Y L A D E.
Ses pas font épiés; garde-toi de paraître.
Va , j’obferverai tout avec empreffement :
Les yeux de l’amitié fe trompent rarement,
SCENE IL
ELECTRE, IPHISE, PYLADE,
Le perfide.... il échappe à ma vue indignée.
En proie à ma fureur, et de larmes baignée,
Je relie fans vengeance, ainfi que fans efpoir.
( à Pylade. )
Toi qui fembles frémir, et qui n’ofes me voir;
Toi, compagnon du crime, apprends-moi donc, barbare,Où va cet affaffin, de mon fang trop avare ;
Ce maître à qui je fuis, qu’un tyran m’a donné,pylade,
11 remplit un devpir par le ciel ordonné ;