ACTE QUATRIEME. ' 83
* E L E C T R E.
Vous voyez que les dieux ont refpecté leur vie ,
Us les ont arrachés à la mer en furie ;
Le ciel vous les confie, et vous répondez d’eux.
L’un d’eux... fi vous faviez... tous deux font malheureux,Sommes-nous dans Argos, ou bien dans la Tauride,Où de meurtres facrés une prêtreffe avide,
Du fang des étrangers fait fumer fon autel ?
Hé bien, pour les ravir tous deux au coup mortel,
Que faut-il? Ordonnez: j’épouferai Pliftène :
Parlez : j’embrafferai cette effroyable chaîne :
Ma mort fuivra l’hymen; mais je veux l’achever:J’obéis, j’y confens.
Voulez-vous me braver?
Ou bien ignorez-vous qu’une main ennemieDu malheureux Pliftène a terminé la vie ?
ELECTRE.
Quoi donc , le ciel eft jufte ! Egifthe perd un fils ?
De joie à ce difcours je vois vos fens faifis !
E L E C ( T R E.
Ah! dans le défefpoir où mon ame fe noie,
Mon cœur ne peut goûter une funefte joie ;
Non , je n’infulte point au fort d’un malheureux,
Et le fang innocent n’eft pas ce que je veux.
Sauvez ces étrangers ; mon ame intimidée
Ne voit point d’autre objet, et n’a point d’autre idée.
Va, je t’entends trop bien, tu m’as trop confirméLes foupçons dont Egifthe était tant alarmé.
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