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O R E S T E.
Il n’a que des foupqons , qu’il n’a point éclaircis ;Et Clytemneftre au moins n’a point nommé fon fils.Elle le voit, l’entend; ce moment la rappelleAux premiers fentimens d’une ame maternelle;Ce farig prêt à couler parle à fes fens furpris,Epouvantés d’horreur, et d’amour attendris.J’obfervais fur fon front tout l’eflfort d’une mère,Oui tremble de parler, et qui craint de fe taire.Elle défend les jours de ces infortunés,
Deftinés au trépas, fi tôt que foupqonnés ;
Aux fureurs d’un époux à peine elle réfifte,
Elle retient le bras de l’implacable Egifthe.
Croyez - moi, fi fon fils avait été nommé,
Le crime, le malheur eût été confommé ;
Orefte n’était plus.
ELECTRE.
O comble de mifère !
Je le trahis peut-être, en implorant ma mère.Son trouble irritera ce monftre furieux.
La nature en tout temps eft funefte en ces lieux,
Je crains également fa voix et-fon filence.
Mais le péril croiffait; j’étais fans efpérance.
Que fait Pammène ?
I p H I s E,
Il a, dans nos dangers preffans,Ranimé la lenteur de nos débiles ans ;
L’infortune lui donne une force nouvelle;
Il parle à nos amis, il excite leur zèle ;
Ceux même dont Egifthe eft toujours entouré,
A ce grand nom d’Orefte ont déjà murmuré.
J’ai vu de vieux foldats, qui fervaient fous le père ,S’attendrir fur le fils, et frémir de colère ;