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O R E S T E.
E G I S T II E.
Oui, j’en crois cette haine juréeEntre tous les enfans de Thiefte et d’Atrée ;
J’en crois le temps, les lieux marqués par cette mort,Et ma foif de venger fon déplorable fort,
Et les fureurs d’Electre, et les larmes d’Iphife,
Et l’indigne pitié dont votre ame eft furprife,
Orefte vit encore : et j’ai perdu mon fils !
Le déteftable Orefte en mes mains eft remis ;
Et quel qu’il foit des deux , jufte dans ma colère,
Je l’immole à mon fils , je l’immole à fa mère.
Hé bien, ce facrifice eft horrible à mes yeux.
E G I S T H E,
A vous ?
Allez de fang a coulé dans ces lieux.
Je prétends mettre un terme au cours des homicides,A la fatalité du fang des Pélopides.
Si mon fils, après tout, n’eft pas entre vos mains,Pourquoi verfer du fang fur des bruits incertains ?Pourquoi vouloir, fans fruit, la mort de l’innocence?Seigneur , fi c’eft mon fils , j’embraffe fa défenfe.
Oui, j’obtiendrai fa grâce, en dufle-je périr.
E G I S T H E.
Je dois la refufer, afin de vous fervir.
Redoutez la pitié qu’en votre ame on excite.
Tout ce qui vous fléchit me révolte et m’irrite.L’un des deux eft Orefte, et tous deux vont périr.Je ne puis balancer, je n’ai point à choifir.
A moi, foldats.