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OEESTE,
Va , de tes cruautés je fus affez complice ;
Je t’ai fait en ces lieux un trop grand facrifice.
Faut-il, pour t’alfermir dans ce funefte rang,Tahandonner encor le plus pur de mon fang ?N’aurai-je donc jamais qu’un époux parricide?
L’un maffacre ma fille aux campagnes d’Aulide,
L’autre m’arrache un fils , et l’égorge à mes yeux,,
Sur la cendre du père , à l’afpect de fes dieux.
Tombe avec moi plutôt ce fatal diadème,
Odieux à la Grèce , et pefant à moi-même !
Je t’aimai, tu le fais ; c’eft un de mes forfaits:
Et le crime fubfifte ainfi que mes bienfaits.
Mais enfin de mon fang mes mains feront avares :
Je l’ai trop prodigué pour des époux barbares:J’arrêterai ton bras levé pour le verfer.
Tremble, tu me connais_tremble de m’olfenfer.
Nos nœuds me font facrés , et ta grandeur m’elt chèreMais Orefte eft mon fils , arrête , et crains fa mère.
ELECTRE.
Vous paffez mon efpoir. Non, Madame, jamaisLe fond de votre cœur n’a conçu les forfaits.
Continuez , vengez vos enfans et mon père.
E G I S T H E.
Vous comblez la mefure , efclave téméraire.
Quoi donc , d’Agamemnon la veuve et les enfansArrêteraient mes coups par des cris menaçans !
Quel démon vous aveugle, ô Reine malheureufe?
Et de qui prenez-vous la défenlè odieufe?
Contre qui, jufte Ciel!... Obéiffez, courez:
Que tous deux dans l’inftant à la mort foient livrés.