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ACTE CINQUIEME.
Tout un peuple fuivait, morne, glacé d’horreur;J’entrevoyais fa rage à travers fa terreur ;
La garde retenait leurs fureurs interdites.
Orefte fe tournant vers fes fiers fatellites,
Immolez, a-1-il dit, le dernier de vos rois:L’ofez-vous? A ces mots, au fon de cette voix,
A ce front où brillait la majefté fuprême,
Nous avons tous cru voir Agamemnon lui-même,Qui, perçant du tombeau les gouffres éternels,Revenait en ces lieux commander aux mortels.
Je parle, tout s’émeut, l’amitié perfuade:
On refpecte les nœuds d’Orefte et de Pylade.
Des foldats avançaient pour nous envelopper;
Us ont levé le bras, et n’ont ofé frapper:
Nous fommes entourés d’une foule attendrie :
Le zèle s’enhardit, l’amour devient furie.
Dans les bras de ce peuple Orefte était porté.Egifthe avec les fiens, d’un pas précipitéVole, croit le punir, arrive , et voit fon maître.
J’ai vu tout fon orgueil à l’inftant difparaître,
Ses efclaves le fuir, fes amis le quitter,
Dans fa confufion fes foldats l’infulter.
O jour d’un grand exemple! ô juftice fuprême!
Des fers que nous portions il eft chargé lui - même.La feule Clytemneftre accompagne fes pas,
Le protège, l’arrache aux fureurs* des foldats,
Se jette au milieu d’eux, et d’un front intrépide,A la fureur commune enlève le perfide,
Le tient entre fes bras, s’expofe à tous les coups,Et conjure fon fils d’épargner fon époux.
Orefte parle au peuple, il refpecte fa mère;
Il remplit les devoirs et de fils et de frère.
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