ACTE CINQUIEME.
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Toi qui mis à mes pieds tant d’Etats , tant de rois ,Deviendrai-je à la fin digne de mes exploits?
Tu m’outrages , Zamti, tu l’emportes encore ,
Dans un cœur né pour moi, dans un cœur que j’adore.Ton époufe à mes yeux, victime de fa foi,
Veut mourir de ta main plutôt que d’être à moi.
Vous apprendrez tous deux à fouffrir mon empire,Peut-être à faire plus.
I D A M i..
Que prétends-tu nous dire?ZAMTI.
Quel ell: ce nouveau trait de l’inhumanité ?
I D A M É.
D’où vient que notre arrêt, n’eft pas encor porté?
G E N G I S.
Il va l’être, Madame, et vous allez l’apprendre.
Vous me rendiez juftice, et je vais vous la rendre.
A peine dans ces lieux je crois ce que j’ai vu :
Tous deux je vous admire, et vous m’avez vaincu.
Je rougis, fur le trône où m’a mis la victoire ,
D’être au-deffus de vous au milieu de ma gloire.
En vain par mes exploits j’ai fu me fignaler,
Vous m’avez avili, je veux vous égaler.
J’ignorais qu’un mortel pût fe dompter lui-même,
Je l’apprends; je vous dois cette gloire fuprême :Jouiffez de l’honneur d’avoir pu me changer.
Je viens vous réunir, je viens vous protéger.
Veillez, heureux époux, fur l’innocente vieDe l’enfant de vos rois , que ma main vous confie;
Par le droit des combats j’en pouvais difpofer;
Je vous remets ce droit, dont j’allais abufer.