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Tome quatrième
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T A N C R E U E.

A L D A M 0 N.

A regret jai parlé;

Mais ce fecret horrible eft par-tout révélé.

TANCREDE.

Ecoute, je connais lenvie et limpofture :

Eh ! quel cœur généreux échappe à leur injure !Profcrit dès mon berceau, nourri dans le malheur,Moi toujours éprouvé, moi qui fuis mon ouvrage,Oui dEtats en Etats ai porté mon courage,

Qui par-tout de lenvie ai fenti la fureur,

Depuis que je fuis, jai vu la calomnieExhaler les venins de fa bouche impunie,

Chez les Républicains, comme à la cour des rois.Argire fut long-temps accule par fa voix;

11 fouffrit comme moi: cher ami, je mabufe,

Ou ce monftre odieux règne dans Syracüfe.

Ses ferpens font nourris de ces mortels poifons,

Que dans les cœurs trompés jettent les factions.

De lefprit de parti je fais quelle eft la rage,Laugufte Aménaïde en éprouve loutrage.

Entrons : je veux la voir, lentendre et méclairer.

A L D A M O N.

Ah ! Seigneur, arrêtez ; il faut donc tout vous dire ;On larrache des bras du malheureux Argire ;

Elle eft aux fers.

TANCKEDE.

Quentends-je ?

A L D A M O N.

Et lon va la livrer

Dans cette place même, au plus affreux fupplice.