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T A N C R E U E.
A L D A M 0 N.
A regret j’ai parlé;
Mais ce fecret horrible eft par-tout révélé.
TANCREDE.
Ecoute, je connais l’envie et l’impofture :
Eh ! quel cœur généreux échappe à leur injure !Profcrit dès mon berceau, nourri dans le malheur,Moi toujours éprouvé, moi qui fuis mon ouvrage,Oui d’Etats en Etats ai porté mon courage,
Qui par-tout de l’envie ai fenti la fureur,
Depuis que je fuis né, j’ai vu la calomnieExhaler les venins de fa bouche impunie,
Chez les Républicains, comme à la cour des rois.Argire fut long-temps accule par fa voix;
11 fouffrit comme moi: cher ami, je m’abufe,
Ou ce monftre odieux règne dans Syracüfe.
Ses ferpens font nourris de ces mortels poifons,
Que dans les cœurs trompés jettent les factions.
De l’efprit de parti je fais quelle eft la rage,L’augufte Aménaïde en éprouve l’outrage.
Entrons : je veux la voir, l’entendre et m’éclairer.
A L D A M O N.
Ah ! Seigneur, arrêtez ; il faut donc tout vous dire ;On l’arrache des bras du malheureux Argire ;
Elle eft aux fers.
TANCKEDE.
Qu’entends-je ?
A L D A M O N.
Et l’on va la livrer
Dans cette place même, au plus affreux fupplice.