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T A N C R E D E.
Oui, je vous ai promis'
De marcher avec vous contre vos ennemis ;
Je tiendrai ma parole; et Solamir peut-êtreEft plus mon ennemi que celui de l’Etat.
Je le hais plus que vous; mais quoi qu’il en puilfe être,Sachez, que je fuis prêt pour ce nouveau combat,
C A T A N E.
Nous attendons beaucoup d’une telle vaillance;Attendez tout aufli de la reconnaiffanceOue devra Syracufe à votre illuftre bras.
TANCKEDE.
Il n’en eft point pour moi, je n’en exige pas ;
Je n’en veux point, Seigneur; et cette trille enceinteN’a rien qui déformais foit l’objet de mes vœux.
Si je verfe mon fang, fi je meurs malheureux,
Je ne prétends ici récompenfe ni plainte ,
Ni gloire ni pitié. Je ferai mon devoir ;
Solamir me verra, c’eft-là tout mon efpoir.
L O K E D A N.
C’eft celui de l’Etat; déjà le temps nous prefle.
Ne fongeons qu’à l’objet qui tous nous intéreffe,
A la victoire; et vous qui l’allez partager,
Vous ferez averti quand il faudra vous rendreAu polie où l’ennemi croit bientôt nous furprendre.Dans le fang mufulman tout prêt à nous plonger,
Tout autre fentiment nous doit être étranger.
Ne penfons, croyez-moi, qu’à fervir la patrie.
(les chevaliers fortent.')TANCREDE.
Ou’elle en foit digne ou non , je lui donne ma vie.