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T A N C R E D E.
Doit vous apprendre , hélas ! fa dernière penfée :
Je m’acquitte en tremblant de cet affreux devoir.
A K G I K E.
O jour de l’infortune! ô jour du défefpoir!
A M E N A ï D E revenant à elle.
Donnez-moi mon arrêt, il me défend de vivre;
Il m’eft cher. ô Tancrède ! ô maître de mon fort
Ton ordre, quel qu’il foit, eft l’ordre de te fuivre ;J’obéirai_Donnez votre lettre et la mort.
A E D A M O N.
Lifez donc, pardonnez ce trifte miniftère.
A JM E N A ï D E.
O mes yeux! lirez-vous ce fanglant caractère?
Le pourrai-je? il le faut_ c’elt mon dernier effort.
(elle lit.)
„ Je ne pouvais furvivre à votre perfidie;
„ Je meurs dans les combats, mais je meurs par vos coups,, J’aurais voulu, cruelle, en m’expofunt pour vous,„ Vous avoir confervé la gloire avec la vie....
Hé bien , mon père !
(elle fe rejette dans les bras de Fanie.)
A K G I R E.
Enfin, les deftins déformaisOnt affouvi leur haine, ont épuifé leurs traits :
Nous voilà maintenant fans efpoir et fans crainte,Ton état et le mien ne permet plus la plainte.
Ma chère Aménaïde ! avant que de quitterCe jour, ce monde affreux que je dois détefter,
Que j’apprenne du moins à ma trifte patrieLes honneurs qu’on devait à ta vertu trahie ;